Health and Social Services — 29 January 2013 (40th Legislature, 1st Session)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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(30 octobre 2012 au 5 mars 2014)
Le mardi 29 janvier 2013 - Vol. 43 N° 4
Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent
Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale
Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et Centre-du-Québec
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Table des matières
Auditions
Agence de la santé et des services sociaux du
Bas-Saint-Laurent (ASSS -- Bas-Saint-Laurent)
Agence de la santé et des services sociaux de la
Capitale nationale (ASSS-Capitale nationale)
Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et
du Centre-du-Québec (ASSS-Mauricie et Centre-du-Québec)
Intervenants
M. Lawrence S. Bergman, président
Mme Suzanne Proulx
M. Jean-Marie Claveau
M. Norbert Morin
Mme Diane Gadoury-Hamelin
M. Denis Trottier
Mme Hélène Daneault
Mme Stéphanie Vallée
Mme Danielle St-Amand
Mme Rita de Santis
M. Yves Bolduc
* Mme Isabelle Malo, ASSS-Bas-Saint-Laurent
* M. Robert Maguire, idem
* Mme Cathy Bérubé, idem
* M. Michel Plante, idem
* M. Marc St-Laurent, idem
* M. Guy Thibodeau, ASSS-Capitale nationale
* M. Jacques Fillion, idem
* Mme Monique Saint-Pierre, idem
* M. François Desbiens, idem
* M. Gaétan Lamy, ASSS-Mauricie et Centre-du-Québec
* M. Marc Lacour, idem
* M. Gilles W. Grenier, idem
* M. Gilles Hudon, idem
* Témoins interrogés par les membres de la commission
Journal des débats
(Neuf heures cinquante-sept minutes)
Le Président (M. Bergman): À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
La commission est réunie afin d'entendre l'Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent dans le cadre de l'étude de ses rapports annuels de gestion 2007-2008 à 2011-2012, en application de la
Loi sur les services de santé et les services sociaux.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Richer (Argenteuil) est remplacé par M. Claveau (Dubuc); M. Roy (Bonaventure) est remplacé par M. Trottier (Roberval).
Auditions
Le Président (M. Bergman): Alors, je souhaite la bienvenue à l'Agence du Bas-Saint-Laurent. Et j'inviterais Mme Malo, présidente-directrice générale, à nous présenter les gens qui vous accompagnent et à faire votre présentation. Vous disposez de 30 minutes et vous étiez ici, devant cette commission, le 30 janvier 2008. Alors, je vous souhaite la bienvenue ici, aujourd'hui. Merci d'être ici. Mme Malo.
Agence de la santé et des services sociaux du
Bas-Saint-Laurent (ASSS
Bas-Saint-Laurent)
Mme Malo (Isabelle): M. Bergman, président de la commission, membres de la commission parlementaire, Mmes et MM. les députés, bonjour à tous et merci de nous recevoir dans le cadre de l'étude des rapports annuels de gestion et de nos activités des années 2007 à 2012.
Je suis Isabelle Malo, présidente-directrice générale de l'Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent. Et permettez-moi de vous présenter les membres de l'équipe de direction qui m'accompagnent aujourd'hui: d'abord, à ma droite, M. Michel Plante, directeur des affaires médicales, universitaires, des services de santé et hospitaliers; Mme Cathy Bérubé, directrice des programmes clientèles et des services à la communauté; Dr Robert Maguire, directeur de la santé publique; à l'arrière, M. René Dumont, directeur des ressources humaines, de la qualité et de la performance; M.
Marc St-Laurent, directeur régional des ressources informationnelles; et, finalement et non le moindre, M. Richard Pineau, conseiller à la Direction des ressources financières et matérielles.
** (10 heures) **
J'ai le plaisir d'être ici pour vous présenter le chemin parcouru par les établissements du réseau de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent au cours des cinq dernières années. Mon objectif principal est de vous démontrer qu'au fil du temps les établissements de notre région et l'Agence de la santé et des services sociaux ont conjugué leurs efforts pour offrir à la population du Bas-Saint-Laurent une gamme de services de qualité et avantageusement accessibles. Nous croyons également que nous avons déployé les efforts nécessaires afin d'adapter sur une base continue les services à l'évolution des besoins, des orientations et des spécificités de notre région.
Au cours de la présentation, nous ferons état des caractéristiques générales de la population de notre région et de son bilan de santé, comment le réseau régional est structuré actuellement, quels ont été les défis que nous avons relevés et les avancées dans l'organisation des soins et services et la dispensation de ces services à la population depuis 2007. Nous parlerons de ressources budgétaires, des investissements consentis et des projets d'optimisation réalisés ou qui sont en cours dans notre région. Nous terminerons finalement la présentation par nos perspectives et défis pour les années à venir.
Nous souhaitons vous partager notre vision et ce qui nous anime, soit de tendre vers une réponse de grande qualité et la mieux adaptée possible, en fonction des ressources disponibles, aux besoins de la population du Bas-Saint-Laurent.
Je vais d'abord vous parler de la population de notre région. Le Bas-Saint-Laurent, c'est 201 336 personnes, une population stable et qui devrait se maintenir stable au cours des 10 prochaines années, ce après quoi nous prévoyons un léger déclin de la population.
C'est un vaste territoire de 300 kilomètres de littoral divisé en huit MRC, une superficie totale de 22 185 kilomètres carrés. 113 municipalités dans le Bas-Saint-Laurent, trois seulement ont plus de 10 000 habitants, 70 ont moins de 1 000 habitants, et 42 municipalités sont considérées comme dévitalisées en fonction des indices du MAMROT. 50 % de la population vit dans les principaux centres urbains du Bas-Saint-Laurent. Pour l'autre moitié dans la région, on parle davantage de ruralité, de dispersion et même d'isolement des communautés, dans certains territoires.
Le revenu moyen disponible par habitant est sous la moyenne québécoise, dans notre région. D'ailleurs, 58,6 % des personnes âgées bénéficient du supplément de revenu garanti, ce qui témoigne de la pauvreté. 20,2 % de la population est actuellement âgée de 65 ans et plus, ce qui fait du Bas-Saint-Laurent une des premières régions qui vit actuellement le vieillissement accéléré de sa population. Nous connaissons également un phénomène d'exode des jeunes, dans notre région, un phénomène qui n'est pas dramatique, toutefois.
En contrepartie, j'aimerais vous faire part que nous connaissons un nombre significatif d'augmentation des naissances. Au cours des cinq dernières années, on parle de 300 naissances de plus par année, et ce phénomène semble vouloir se maintenir. En tout cas, il se confirme d'année en année depuis maintenant sept ans. L'espérance de vie dans notre région est tout à fait comparable à celle de la moyenne québécoise.
Quel est le bilan de santé des Bas-Laurentiens? D'abord, la situation est globalement comparable à la moyenne québécoise. On peut même dire que les Bas-Laurentiens ont un état de santé plutôt bon. Parmi les indices favorables, je souhaite porter à votre attention un faible taux de grossesses à l'adolescence, un taux de crimes contre la personne qui est moins élevé dans notre région, un décrochage scolaire qui est moins important également, un taux brut de mortalité par cancer plus bas qu'au Québec. Globalement, les habitudes de vie des Bas-Laurentiens et les comportements favorables à la santé sont présents chez une proportion significative de la population.
Par ailleurs, certains indices défavorables sont aussi présents: une importance plus grande des maladies chroniques dans notre région, particulièrement pour les personnes aux prises avec des maladies cardiovasculaires ou des problèmes de maladie pulmonaire obstructive chronique. Nous connaissons aussi un taux plus élevé de mortalité due aux accidents. Et la détresse psychologique est présente chez une proportion importante de la population, probablement due au revenu moyen plus faible et à l'isolement de certaines communautés.
Le réseau de la santé et des services sociaux dans notre région, c'est 10 établissements publics, huit centres de santé et de services sociaux qui ont des budgets entre 15 millions pour le plus petit et 170 millions annuels pour le plus gros, un centre jeunesse, un centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en trouble envahissant du développement et deux établissements spécialisés à vocation régionale qui relèvent de centres de santé et des services sociaux. Je parle ici du centre de réadaptation en déficience physique L'InterAction et le centre de réadaptation en dépendance L'Estran.
Nous avons 132 organismes communautaires qui se partagent un budget de 16,3 millions, 14 entreprises ambulancières, 7 696 employés qui sont à pied d'oeuvre dans le réseau de la santé de la région, 254 omnipraticiens, 187 médecins spécialistes, et 44 pharmaciens qui oeuvrent dans les établissements. Nous avons un réseau de places en famille d'accueil pour jeunes, des ressources de type familial et des ressources intermédiaires pour les adultes et les personnes âgées, qui est bien organisé dans notre région. Nous bénéficions également de 4 729 unités locatives en ressources privées pour aînés qui sont réparties entre 161 ressources privées.
Quels sont les enjeux et les défis que nous avons relevés entre 2007 et 2012? J'aimerais d'abord vous parler des actions que nous avons menées sur les déterminants de la santé.
D'abord, au niveau des jeunes, le projet le plus marquant est assurément notre projet COSMOSS. COSMOSS est l'acronyme pour Communauté ouverte et solidaire pour un monde outillé, scolarisé et en santé. Le projet COSMOSS a vu le jour il y a maintenant près d'une dizaine d'années. Nous avons conjugué nos efforts, nos ressources dans la région autour de la réussite scolaire et du bien-être des jeunes Bas-Laurentiens.
En collaboration étroite avec la fondation Chagnon, le MELS, la CRE, Emploi-Québec, la commission jeunesse, le MAMROT et les centres de santé et de services sociaux de l'ensemble du Bas-Saint-Laurent, nous avons déployé des intervenants COSMOSS dans chacun des territoires des MRC, qui animent la concertation de chacun des milieux et qui aident les réseaux locaux de services à actualiser moult projets pour améliorer la santé des jeunes.
Les projets tournent autour de la réussite scolaire, de la diminution de la pauvreté, de la promotion des saines habitudes de vie et de l'activité physique, en fait, tout ce qui touche le bien-être des jeunes.
De l'initiative COSMOSS est également née une initiative en travail de rue dans notre région. Les travailleurs de rue, au nombre de 16 dans le Bas-Saint-Laurent, pour un investissement de 860 000 $ par année, travaillent dans tous les territoires de MRC. Ils travaillent non seulement auprès des jeunes de 12 à 30 ans pour les problématiques de dépendance, mais ils adressent aussi les défis que vivent les jeunes au niveau des problèmes socioaffectifs, des problèmes de santé physique, des problèmes de détresse, les problèmes en lien avec des maladies transmissibles sexuellement, les problèmes familiaux et également le décrochage scolaire.
Au niveau des aînés, nous avons développé un partenariat régional au niveau du modèle vieillissement en santé des communautés. En étroit partenariat avec l'Institut national de santé publique, nous avons mis en place des tables locales de concertation autour du phénomène du vieillissement dans chacun des territoires des MRC. Ces tables sont sous le leadership des CSSS et invitent, dans le fond, les partenaires intersectoriels autour des tables à réfléchir à développer des stratégies communes autour du vieillissement de la population.
En ce qui concerne la population en général maintenant, nous avons développé des stratégies régionales pour soutenir les réseaux locaux de services dans tout ce qui touche l'amélioration de la santé globale de la population bas-laurentienne. Nous avons mis à jour notre plan d'action régional de santé publique, qui mise particulièrement sur les pratiques cliniques préventives, et nous avons également soutenu les établissements afin qu'ils puissent mettre à jour leur plan d'action local de santé publique dans chacun des territoires de MRC.
La consolidation des services de première ligne. C'est sûrement l'axe le plus important sur lequel nos actions ont porté au cours des dernières années. Au niveau des jeunes et des jeunes en difficulté, nous nous sommes assurés que 100 % des femmes qui ont accouché ont été suivies par le programme de services intégrés en périnatalité et petite enfance dans l'ensemble de la région. Nous avons connu une amélioration significative grâce à des efforts importants afin de diminuer les délais d'intervention en vaccination auprès des jeunes.
D'ailleurs, la majorité des territoires des MRC ont connu une nette amélioration de la performance à ce niveau. Seulement deux territoires restent encore, je vous dirais, davantage en suivi en ce qui concerne cet aspect. Le programme d'intervention en négligence L'EnTrain est maintenant implanté dans six des huit CSSS de notre territoire, de concert étroit avec le Centre jeunesse du Bas-Saint-Laurent. L'agence a octroyé non seulement du soutien financier, mais également du soutien clinique afin d'aider les établissements -- les CSSS -- à déployer cette approche auprès des jeunes.
En matière de santé dentaire au niveau des jeunes, nous avons amorcé un programme d'application d'agents de scellement dentaire sur les molaires permanentes des jeunes de cinq et six ans afin de prévenir la carie dentaire. Grâce à l'étroite collaboration des commissions scolaires, 1 117 jeunes ont été rejoints au cours de l'année 2011-2012. C'est un programme en étroite collaboration avec la Direction régionale de santé publique.
** (10 h 10) **
Dans le programme des maladies chroniques maintenant, nous avons mis en place des équipes interdisciplinaires dans chacun des CSSS de notre territoire. Un investissement de 2,9 millions récurrent a été consenti depuis l'année 2009. Des infirmières cliniciennes, des kinésiologues, des nutritionnistes se sont joints aux équipes présentes dans chacun des centres de santé et de services sociaux et travaillent en étroite collaboration avec les médecins du territoire, aussi avec les groupes de médecine familiale en place.
Nous avons mis en place du suivi systématique pour les clientèles souffrant de maladies cardiovasculaires, de diabète et de maladie pulmonaire obstructive chronique. Nous avons développé des programmes d'enseignement et nous connaissons une augmentation significative des clientèles rejointes au niveau du programme en maladies chroniques.
Au niveau de la santé mentale maintenant, nous avons consolidé une équipe de première ligne dans chaque territoire de MRC. Un investissement de 2,4 millions récurrent a été consenti depuis les années 2008-2009. Nous avons implanté dans chaque territoire de MRC un programme de suivi étroit de la clientèle à risque suicidaire. Nous avons revu nos trajectoires de services et mis en place un guichet d'accès aux services dans chaque territoire de MRC afin qu'il y ait une porte unique au niveau des services de première ligne en santé mentale.
Pour nos personnes âgées en perte d'autonomie liée au vieillissement, nous avons augmenté significativement la clientèle rejointe par les services de soutien à domicile. D'ailleurs, nous avons réalisé des projets d'optimisation des services de soutien à domicile dans l'ensemble des territoires des MRC. Le Réseau de services intégrés pour personnes âgées, RSIPA, est passé d'un niveau d'intégration de 32 % en 2008 à plus de 61 % en 2012, et nous continuons de nous améliorer au niveau de l'intégration de ce programme. Nous avons développé de multiples actions concertées sur la problématique de la maltraitance.
Nous avons diminué de façon importante le recours à l'hébergement institutionnel en CHSLD au profit des actions pour soutenir les personnes à domicile le plus longtemps possible ou les orienter vers des ressources plus légères, mieux adaptées à leurs besoins. L'approche adaptée aux personnes âgées en centre hospitalier a été implantée également dans les six centres hospitaliers du territoire bas-laurentien. Nous avons, comme agence, soutenu cliniquement et financièrement les centres hospitaliers afin que cette approche en centre hospitalier puisse devenir une réalité.
Dans le secteur des soins palliatifs, nous avons 43 places de développées dans notre région, dont 13 dans les deux maisons de soins palliatifs du territoire, situées à Rimouski et à Rivière-du-Loup. Nous avons également 30 places en établissement public, ce qui fait de nous une région qui a actuellement atteint le niveau de places en soins palliatifs qui est escompté d'ici les années 2015.
Dans les organismes communautaires, 132 organismes communautaires se partagent actuellement une enveloppe de 16,3 millions. J'aimerais vous souligner qu'en 2007 cette enveloppe était seulement de 12,5 millions.
Malgré l'absence de crédits substantiels accordés aux régions pour développer le programme communautaire, nous avons tout de même reconnu quelques nouveaux organismes au cours des dernières années et accordé du développement budgétaire pour un montant de 1,4 million au cours des cinq dernières années.
Je vais maintenant vous parler de l'amélioration de l'accès aux services. D'abord, l'accès aux médecins de famille. Je vous l'ai dit tout à l'heure, nous avons 10 groupes de médecine familiale qui se partagent des investissements de 2,8 millions. Actuellement, dans notre région, 77 % de la population a accès à un médecin de famille. Nos effectifs médicaux sont globalement bons, nous avons 254 omnipraticiens sur un plan d'effectifs de 265, et 187 médecins spécialistes sur un plan d'effectifs de 229.
Le défi dans notre région, ce n'est pas d'attirer les médecins -- nous sommes une région qui, bon an, mal an, attire bien les effectifs médicaux -- le défi, c'est de les retenir à long terme une fois qu'ils sont installés. Et nous poursuivons des efforts importants avec le Département régional de médecine générale pour bien comprendre le phénomène des départs après quelques années et développer des stratégies de rétention dans notre région.
Au niveau de la protection de la jeunesse, je souhaite vous faire part que nous sommes une région pour laquelle on peut soulever l'excellence, autant au niveau de l'accès, de l'évaluation que de la prise en charge. Nos délais sont extrêmement bas, bien en deçà des standards qui sont convenus par le gouvernement. Nous avons un centre jeunesse qui est bien organisé, qui est structuré et qui est performant à plusieurs niveaux.
Dans le grand programme Déficience physique, nous avons consolidé notre offre de services en centre de réadaptation pour l'ensemble des déficiences, au cours des dernières années, avec un investissement de 1,1 million récurrent depuis les années 2007-2008. Nous avons également mis en place un programme d'évaluation de la capacité de conduite automobile et d'adaptation de véhicules pour les personnes aux prises avec une déficience physique. Nous avons connu une augmentation significative, d'ailleurs, du nombre de personnes rejointes par les services de notre Centre de réadaptation en déficience physique.
On peut parler d'au moins 1 000 clients de plus rejoints par année, depuis les trois, quatre dernières années, par le centre de réadaptation. Nous observons une tendance favorable au respect des standards du plan d'accès, particulièrement en CRDP, et nous notons une amélioration en ce qui concerne le respect des standards du plan d'accès en CSSS, bien que nous considérons que des efforts doivent se poursuivre à ce niveau.
Dans le programme Déficience intellectuelle et trouble envahissant du développement, nous avons mis en place un nouveau modèle de partage des responsabilités entre le CRDITED et les CSSS de la région. Une
partie de la clientèle qui était historiquement prise en charge par le CRDITED a amorcé un transfert sous la responsabilité des CSSS, particulièrement pour les clients qui ont besoin davantage de services généraux ou de services spécifiques. Actuellement, ce transfert de clientèle est complété dans quatre territoires de MRC et nous devrions finaliser le transfert d'ici la fin des années 2013. Nous avons souhaité, par ce geste, renforcer aussi la spécialisation des services offerts par le CRDITED de la région.
C'est un investissement de plus de 815 000 $ qui a été consenti annuellement au cours des dernières années. Nous observons dans ce programme également une nette amélioration du respect des standards du plan d'accès, même si, là aussi, des efforts doivent se poursuivre.
Au niveau de l'accès à la chirurgie, nous connaissons une amélioration significative de la production chirurgicale, et nos résultats sont globalement très bons dans le Bas-Saint-Laurent. Nous considérons que des efforts doivent se poursuivre pour le respect des délais pour les personnes qui requièrent une prothèse totale de hanche ou une prothèse totale de genou. Par contre, nous sommes performants pour l'accès aux chirurgies de la cataracte, de la chirurgie d'un jour et globalement pour les chirurgies avec hospitalisation dans notre région.
En oncologie, nous avons mis en place une roulotte mobile de dépistage du cancer du sein au tournant des années 2007-2008, le projet SARA. Cette unité mobile de mammographie, qui circule dans sept territoires de MRC de notre région, permet aux femmes de bénéficier à proximité de leur domicile d'un vaste programme de dépistage du cancer du sein. L'accès au traitement en radio-oncologie est performant dans notre région, 99 % des personnes qui requièrent ce service y ont accès dans un délai de moins de 28 jours. Mentionnons que ce service est maintenant suprarégional, il couvre la totalité du Bas-Saint-Laurent, la totalité de la Gaspésie et une
partie significative de la Côte-Nord. Au niveau de la chirurgie oncologique, la situation reste à consolider, et nous le reconnaissons. Actuellement, nous répondons aux standards de chirurgie dans une proportion de 59 % sur une cible de 70 %. Et nous devons travailler en étroite collaboration avec les principaux centres producteurs pour continuer d'améliorer notre performance.
Dans les urgences de la région du Bas-Saint-Laurent, nos résultats sont favorables, bien en deçà de la cible de durée moyenne de séjour sur civière de 11 heures. Actuellement, à la dernière période, la durée moyenne de séjour sur civière est à 8,8 heures dans notre région. Deux CSSS présentent toutefois certaines fragilités, ils sont suivis étroitement par l'agence de la santé et des services sociaux. Nous leur avons demandé un plan d'amélioration de la situation et les aidons à mettre en oeuvre les actions afin d'améliorer cette performance.
En ce qui concerne le pourcentage de personnes sur civière pour des délais supérieurs à 24 ou 48 heures, ils sont très, très bas dans notre région, mais nous continuons de suivre ce standard de façon continue.
La dialyse. Nous effectuons une bonne prise en charge des besoins des personnes qui souffrent de problèmes d'insuffisance rénale dans notre région. Nous avons une augmentation importante de la demande dans ce domaine. Au cours des 18 derniers mois, la demande est passée de 35 clients réguliers à plus de 60 au Centre hospitalier régional de Rimouski. Nous avons consolidé ce service pour un montant de 460 000 $ et nous travaillons actuellement activement sur un projet de desserte satellite à partir de Rivière-du-Loup pour les clientèles du Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et Basques.
Ce projet, qui nécessite la collaboration des néphrologues de Rimouski et des internistes de Rivière-du-Loup, devrait devenir réalité au début de l'année 2014.
Deux établissements de notre région ont été désignés comme producteurs en chirurgie bariatrique au cours de l'année 2011-2012 et sont déjà en oeuvre pour offrir à la population de notre région et de la Gaspésie ce type de chirurgie.
** (10 h 20) **
En pathologie, nous avons développé, depuis 2012, une organisation de services en anatomopathologie suprarégionale qui couvre maintenant la totalité de la Gaspésie et une
partie de la Côte-Nord. Ce projet novateur, grandement supporté par le ministère de la Santé et des Services sociaux, nous amènera encore plus loin dans la dispensation d'une offre de services suprarégionale, et une deuxième phase de développement est prévue au cours de la prochaine année.
Nous avons également développé une mission universitaire dans le Bas-Saint-Laurent. Il s'agit d'un campus clinique satellite de l'Université Laval, avec le soutien du ministère de la Santé et des Services sociaux. Le nombre d'externes... Donc, l'ensemble du programme d'externat de deux ans en médecine peut maintenant se faire en région, au Bas-Saint-Laurent, et le nombre d'étudiants en externat est passé de cinq à 18 au cours des deux dernières années. Nous avons octroyé, pour développer cette nouvelle mission, un montant récurrent de 457 000 $ au CSSS de Rimouski-Neigette.
Je vais maintenant vous parler de la qualité et de la sécurité des services. Au niveau des infections nosocomiales, nous avons consenti des efforts extrêmement importants pour améliorer notre performance dans la région. Nous faisons un suivi étroit des cibles provinciales. Nous avons amélioré nos processus de soins et nos processus d'isolement. Nous avons créé des postes de conseillères en prévention des infections dans chacun des établissements de la région. C'est un investissement de 572 000 $ qui a été consenti.
Nous avons aménagé des chambres à pression négative, augmenté de façon significative l'achat de petits équipements, augmenté le nombre de chambres individuelles dans les principaux centres hospitaliers, et nous avons également fait des efforts, au cours de la dernière année particulièrement, pour travailler le dossier des zones grises pour supporter les établissements afin de bien identifier les secteurs qui sont moins bien couverts par les processus de désinfection. Un montant de 822 000 $ a été consenti aux établissements, en 2011-2012, spécifiquement sur ce dossier-là.
Nous avons également développé un programme de surveillance régionale en étroite collaboration avec notre direction de la santé publique.
Les visites d'inspection dans les centres d'hébergement de soins de longue durée. Nous effectuons, comme agence, un suivi étroit des recommandations et des plans d'amélioration des établissements qui sont visités par l'équipe du ministère. Une ressource de notre agence est dédiée à ce dossier afin de supporter les établissements dans l'amélioration de la qualité des soins et services offerts en CHSLD.
Au niveau des ressources privées pour aînés, l'ensemble des résidences -- les 161 résidences privées pour aînés actuellement -- sont certifiées ou en voie d'être recertifiées, selon les échéances du processus. Une ressource est également dédiée à ce dossier dans notre agence, elle s'occupe des inspections et de la qualité des soins et services dispensés dans les ressources privées pour aînés.
Dans le grand chantier des ressources humaines, nous avons développé une offre de formation diversifiée. Nous voulons soutenir nos gestionnaires. Nous avons développé un programme de relève, nous avons accordé du soutien afin de pouvoir offrir du mentorat aux nouveaux gestionnaires qui sont en exercice depuis moins de trois ans et nous avons également développé un programme de formation afin que l'ensemble des gestionnaires de la région soient formés en matière d'optimisation.
Nous avons implanté un programme de mentorat, d'externat et de préceptorat dans le secteur des soins infirmiers. Nous avons développé également des programmes spécifiques de formation en étroite collaboration entre les établissements de la région et l'agence, particulièrement au niveau des risques obstétricaux, un programme de formation pour former des assistantes techniques en pharmacie en région, au niveau des services aux jeunes, au niveau des programmes en maladies chroniques, au niveau du programme dépendance, au niveau de la prévention des infections, bref une offre de formation assez diversifiée.
La main-d'oeuvre indépendante n'est pas très importante dans notre région, le recours y est plutôt faible. Par contre, nous avons quand même demandé aux établissements qui présentaient quelque fragilité dans ce secteur-là, particulièrement dans le secteur des soins infirmiers, de nous déposer des plans d'amélioration afin de contrer le recours à la main-d'oeuvre indépendante.
Le recours aux heures supplémentaires reste à diminuer, même s'il est dans la moyenne québécoise. Nous travaillons avec les établissements des projets d'organisation du travail afin de développer des stratégies afin de réduire le recours au temps supplémentaire.
Le dossier de l'assurance salaire est un défi dans notre région. Actuellement, le taux d'absentéisme avoisine les 6 %, ce qui est au-delà des cibles qui nous ont été données. Nous avons requis, au cours des 18 derniers mois, le soutien du programme de santé des organisations et des individus du ministère afin de nous aider à comprendre le phénomène, à soutenir les organisations pour établir un diagnostique et des plans d'amélioration de cette situation-là au niveau de l'absentéisme en assurance salaire.
Nous avons développé un programme régional qui bénéficie de l'expertise et du soutien de trois personnes spécialisées, particulièrement dans les problèmes musculosquelettiques et dans les programmes adaptés de retour au travail au niveau de la détresse psychologique. On l'appelle le programme PRATA. C'est un programme extrêmement intéressant, et on souhaite consolider, au cours de la prochaine année, ce programme-là en mettant en place un centre d'expertise régional en matière de gestion de l'absentéisme en assurance salaire. Nous souhaitons vivement que notre performance pourra s'améliorer à ce niveau.
Dans le dossier des systèmes et des technologies de l'information, nous avons adopté une planification stratégique régionale en ressources informationnelles pour les années 2010 à 2015. Nous avons mis en place une gouverne en matière de ressources informationnelles qui implique les instances cliniques -- je souhaite le préciser, parce que c'est extrêmement important -- dans les choix que nous avons et que nous aurons à faire en matière de technologies de l'information, que les cliniciens soient au coeur des choix exercés par la région.
Les travaux préalables à l'implantation du dossier client informatisé et du DSQ dans notre région sont en voie d'être complétés. Nous avons élaboré, au cours de la dernière année, notre plan d'affaires afin d'aller en appel d'offres pour le déploiement du dossier client informatisé dans notre région. Le dossier médical électronique dans notre région, c'est déjà une réalité depuis plusieurs années. Plus de 100 médecins en bénéficient déjà et, avec la nouvelle entente de la FMOQ et du ministère, nous sommes en démarche pour recréer une nouvelle mobilisation de l'ensemble des médecins du territoire bas-laurentien, incluant les médecins des cliniques privées.
L'équilibre budgétaire, c'est une réalité dans notre région. Je sais que ça préoccupe tout le monde. Avec un budget net de fonctionnement de 474 millions en 2011-2012, l'ensemble des établissements de la région ont atteint l'équilibre budgétaire au cours de la dernière année, et nous souhaitons que cette tendance favorable pourra se maintenir. La loi n° 100, nous atteignons actuellement nos cibles de réduction et nous respectons la loi n° 100 sur la cible de 10 % de diminution des activités administratives d'ici le 1er avril 2014. Nous avons déjà atteint 7,3 % du respect de ce standard.
Nous avons adopté un cadre de gestion régional en soutien aux projets d'optimisation. 21 projets d'optimisation sont actuellement soutenus par l'agence régionale, et des économies à échéance de plus de 2,9 millions sont escomptées. Nous avons des projets régionaux de mise en commun de l'assurance salaire, du regroupement du traitement de la paie, regroupement des activités en services juridiques, également au niveau de l'approvisionnement.
En conclusion, M. le Président, au cours des cinq dernières années, les établissements et l'agence ont conjugué leurs efforts pour améliorer l'accès, consolider les services du territoire, accroître l'arrimage des activités à tous les niveaux et tendre vers notre objectif ultime d'améliorer la santé de la population des Bas-Laurentiens. Nous avons gardé un souci constant de gérer judicieusement les ressources de notre région.
Nous sommes vraiment fiers des avancées que nous avons réalisées. Elles témoignent de l'engagement des acteurs locaux et régionaux à assurer pleinement leur mandat avec compétence, rigueur et parfois même avec courage. Évidemment, le travail doit se poursuivre, car les défis qui nous attendent sont très élevés pour les années à venir.
Pour nous permettre d'aller de l'avant et de réaliser notre vision, nous souscrivons totalement aux orientations du gouvernement et sommes convaincus qu'il nous faut nous mobiliser autour de certaines priorités, d'abord la primauté des services de première ligne et l'action concertée sur les déterminants de la santé par la promotion des saines habitudes de vie et la prévention des maladies chroniques.
Également, nous souhaitons que nous puissions établir des choix concertés, compte tenu des enjeux complexes émergents et des besoins en constante évolution de notre population, dont les enjeux particuliers associés, dans une région comme la nôtre, autour du vieillissement en santé et en sécurité de nos aînés.
Ce vers quoi nous souhaitons continuer de tendre, ce sont des services accessibles, de grande qualité, offerts en fonction d'une réponse appropriée aux besoins de chaque personne, et ce, au moment requis. Je vous remercie de votre attention, et nous sommes maintenant vraiment disposés à répondre à l'ensemble de vos questions.
Le Président (M. Bergman): Mme Malo, merci pour votre présentation. Maintenant, pour la période d'échange avec les membres de la commission, 40 minutes pour les membres du côté gouvernemental, 40 minutes pour l'opposition officielle et 10 minutes pour le deuxième groupe d'opposition.
Alors, j'inviterais maintenant Mme la vice-présidente de cette commission, la députée de Sainte-Rose.
** (10 h 30) **
Mme Proulx: Bonjour. Alors, écoutez, dans un premier temps je veux vous remercier pour votre présentation. Je sais que c'est beaucoup de travail de préparer une reddition de comptes, de préparer une audition comme vous le faites, et, vraiment, je vous remercie d'avoir pris le temps de nous tracer un portrait, qui me semble assez complet, de votre région.
Ce que je remarque... en fait, il y a plein de choses, il y a vraiment plein de choses. J'aurai l'occasion d'y revenir, là. J'aurais quelques questions et demandes d'information aussi. Notamment, votre projet COSMOSS me semble quelque chose d'extrêmement intéressant. Et je pense que c'est dans la bonne direction quand on parle de concertation de tous les partenaires, de toutes les instances pour oeuvrer au mieux-être collectif.
Alors, ça, j'aimerais ça que vous nous donniez un petit peu plus de détails sur votre projet COSMOSS, comment vous en êtes arrivés à ce type de projet là, et comment la concertation s'est amorcée, et est-ce qu'il y avait une problématique particulière qui a fait en sorte que vous êtes allés vers la mise en place d'un projet comme celui-là.
Par ailleurs, j'aurais aussi une question. Je voudrais vous parler de santé mentale. Alors, je constate, dans les résultats, là, que, malgré votre volonté de consolidation des services de première ligne, malgré un investissement de 2,4 millions et malgré la mise en place de guichets d'accès dans chacune des MRC, il y a quand même moins de personnes qui ont eu accès à des services de première ligne. Vous nous avez souligné, là, quelques difficultés, mais j'aimerais ça que vous élaboriez un petit peu plus sur comment se fait-il que les cibles d'accès en santé mentale n'ont pas été atteintes et quelles sont les difficultés particulières que vous avez rencontrées à ce niveau-là.
Le Président (M. Bergman): Mme Malo.
Mme Malo (Isabelle): Oui. Alors, écoutez, au niveau COSMOSS, bien, COSMOSS est né il y a à peu près une dizaine d'années, comme je vous ai dit tout à l'heure -- puis je vais amorcer un début de réponse puis je vais laisser mes collègues compléter -- mais on avait des fragilités, on a encore des fragilités dans une région comme la nôtre, hein? On a parlé de dispersion sur le territoire, de faibles revenus.
On avait également une problématique assez importante autour du décrochage scolaire, je vous dirais, au début des années 2000, et ça nous préoccupait énormément au niveau de la Direction de la santé publique notamment. Puis il y avait toutes sortes d'enjeux aussi associés au bien-être des jeunes, des problématiques importantes au niveau de la protection de la jeunesse.
Alors, en collaboration avec la fondation Chagnon, qui se sont intéressés à notre région, on a pu mettre à contribution d'autres acteurs intersectoriels pour convenir qu'il fallait travailler ce dossier-là collectivement dans une région comme la nôtre, que, seuls, on ne pouvait pas arriver à changer vraiment les choses mais qu'ensemble, toutes les instances, je vous dirais, intersectorielles au niveau régional mais également déclinées au niveau local, on pouvait, si on conjuguait nos efforts, améliorer la santé et le bien-être des jeunes. Donc, on a concentré beaucoup nos efforts autour de la réussite des jeunes et de leur bien-être.
On a mis en place une structure de concertation régionale sur laquelle, par exemple, moi, je siège avec le directeur régional, la directrice d'Emploi-Québec, le directeur général de la CRE. En fait, on est plusieurs acteurs, la Direction de la santé publique est présente. Et on s'est assurés que, dans chaque territoire de MRC, il y aurait également une table de concertation locale COSMOSS.
Et, sur la table de concertation locale COSMOSS, là, ce n'est pas juste le CSSS qui est présent, bien que le CSSS anime et assume un leadership, mais c'est le milieu de la petite enfance, c'est l'éducation, c'est la commission scolaire, c'est la polyvalente, c'est également les municipalités qui sont là, les organismes communautaires qui travaillent auprès des jeunes, les personnes responsables de l'emploi. Donc, tous les acteurs autour du vécu des jeunes sont présents dans chacun des territoires des MRC. C'est une structure imposante.
C'est pour ça qu'il a fallu mettre en place aussi des agents de concertation COSMOSS locaux dans chacun des territoires des MRC qui relèvent d'une coordination régionale.
C'est un investissement significatif à chaque année, c'est 2... c'est ça, 1,8 million à peu près, je pense, c'est 1,8 million par année, la structure COSMOSS. Et puis, dans le fond, dans chaque territoire de MRC, ils ont des plans d'action. On a des projets, on est alliés avec Kino-Québec, il y a des projets aussi au niveau de la sécurité et l'alimentation auprès des jeunes, les petits cuistots dans les centres de la petite enfance, dans les écoles. Enfin, les projets, là, ils sont multiples puis ils prennent différentes formes, toujours avec un objectif d'améliorer la santé globale de nos jeunes. Alors, c'est extrêmement porteur.
Je disais, tout à l'heure, d'emblée, qu'on avait un faible décrochage scolaire, en tout cas, dans le Bas-Saint-Laurent, plus bas que la moyenne québécoise, et nous, on est convaincus que c'est parce qu'on a vraiment conjugué nos efforts. On est même allés voir les employeurs pour les convaincre qu'un jeune du secondaire ou du cégep il fallait que ça ne travaille pas trop d'heures par semaine.
Puis on les a sensibilisés à ça pour dire: Si on veut se mobiliser autour de la réussite scolaire, on comprend qu'il y a des problèmes de défi de recrutement de la main-d'oeuvre, mais les jeunes, c'est important aussi qu'ils soient scolarisés, c'est un des vecteurs les plus importants de la richesse à moyen terme.
On sait que la pauvreté engendre la pauvreté, engendre aussi des problématiques sociales. Donc, ce qu'on veut, c'est que nos jeunes soient scolarisés, et c'est le focus sur lequel on a axé nos interventions.
M. Maguire (Robert): La seule chose que je peux rajouter, c'est qu'il y avait un objectif partagé vraiment par tout le monde, au début, concernant la réussite scolaire. Et les premières réunions qui ont eu lieu, c'étaient surtout des réunions où c'étaient les gens du milieu de l'éducation qui étaient invités, et, par après, le réseau de la santé a pris la balle au bond un petit peu, Et on a toujours gardé l'objectif sur la réussite scolaire. Je veux dire, c'était ce que c'est qui animait et motivait tout le monde alentour de la table.
Quand on avait des questions à poser, c'est: Qu'est-ce que c'est que, toi, tu peux faire, toi, tu peux faire, toi, tu peux faire pour améliorer la réussite scolaire? Et évidemment on tombe un petit peu moins dans nos chicanes de morceaux de tarte.
Et probablement que c'est un peu ce qui a fait la réussite parce qu'à ce moment-là il y avait les gens du secondaire puis il y avait les gens des commissions scolaires, les gens des cégeps, les gens de l'université, et tout ce monde-là réalisait que plus la réussite scolaire allait être intéressante, plus, en bout de ligne, l'université allait être florissante puis allait avoir des étudiants. Et je pense que c'est un peu un mixte de tout ça qui a fait que, l'objectif étant très, très clair, et mesurable, et mesuré, ça a stimulé le monde à travailler de façon intéressante.
Le Président (M. Bergman): Merci, Mme la députée de Sainte-Rose. Il vous reste trois minutes sur ce bloc de 10 minutes, si vous voulez. Et je vous demande...
Mme Proulx: Alors, j'aimerais vous entendre sur la santé mentale.
Le Président (M. Bergman): ...je demanderais les gens de l'agence pour être succincts avec leurs réponses, car il y a des blocs de 10 minutes, et ça va tellement vite. Alors, Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx: Oui. Alors, c'est ça, je vous réitère, je voudrais vous entendre sur la santé mentale.
Mme Malo (Isabelle): Au niveau de la santé mentale, les problématiques sont diverses. J'aimerais d'abord vous dire qu'on a parfois de la difficulté à combler les postes dans une région comme la nôtre, particulièrement les postes de psychologue. C'est un type d'emploi pour lequel on a des défis de recrutement assez significatifs, ce qui fait que, des fois, l'accès aux services en première ligne peut être restreint.
On est très sensibles aussi au fait, je vous dirais, de toutes les approches qui sont adoptées, particulièrement dans les établissements de première ligne, là, au niveau des CLSC, sur comment les clientèles sont suivies, s'assurer que les équipes d'intervention en première ligne vont faire davantage du suivi systémique bref plutôt que de l'intervention sur une longue période, parce qu'évidemment compte tenu que les ressources ne sont pas si imposantes que ça, il faut qu'il y ait un roulement de la clientèle et qu'elle soit référée aussi par la suite.
Et on se préoccupe beaucoup, actuellement, dans notre région, du continuum de services en santé mentale. On s'est rendu compte que, malgré les investissements qu'on avait consentis, là où le bât blesse de façon particulière, c'est dans les continuums. Il y a des silos qui sont encore extrêmement importants entre les services communautaires de première ligne, les équipes médicales d'omnipraticiens sur le terrain et les services spécialisés.
Et, dans le fond, la problématique, ce n'est pas tellement les ressources comme les corridors de services qui ne sont pas encore très fluides dans le secteur de la santé mentale. Je ne pense pas que c'est un problème spécifique à notre région, mais, à partir du moment où on l'a, bien... en tout cas, il est bien connu, bien, notre défi pour les deux prochaines années, ça va être de travailler justement sur la fluidité dans la circulation de la clientèle dans ce continuum-là.
Le Président (M. Bergman): M. le député de Dubuc, s'il vous plaît.
M. Claveau: Si on veut aller un peu plus loin, Mme Malo, du côté de la santé mentale, le temps alloué à la formation, la supervision de tout le domaine de la santé mentale dans votre région, est-ce que vous lui accordez beaucoup...
Mme Malo (Isabelle): Je vais laisser la parole à Mme Bérubé.
Mme Bérubé (Cathy): Bon, en termes de temps de supervision, on a des superviseurs cliniques dans chacun des territoires des MRC, particulièrement en première ligne et puis on fait affaire aussi avec le centre national d'expertise en santé mentale, qui vient faire comme des audits cliniques avec chacun des territoires. Il y a même eu des territoires de CSSS où on est allés deux fois. Alors, ça, je vous dirais, c'est une à deux fois par année, et, dans notre plan de match, ça fait
partie aussi en continuité de poursuivre cette démarche-là. Parce qu'on l'a questionnée cette année, on a dit: Étant donné la responsabilité populationnelle des CSSS, est-ce qu'on maintient cette fréquence-là avec le centre national d'expertise? Et on a conclu que oui, justement pour assurer la qualité de ces services-là.
Le Président (M. Bergman): Monsieur...
M. Claveau: Vous y mettez suffisamment de priorité au niveau... Parce qu'on voit que, du côté de la santé mentale, il y a une problématique particulière, là, quant à la desserte de services pour ceux dans le besoin. Mais vous y mettez suffisamment d'énergie? Vous avez un plan action clair concernant le personnel en place même si vous êtes en déficit?
Mme Malo (Isabelle): Bien...
Mme Bérubé (Cathy): Oui.
Mme Malo (Isabelle): Vas-y. Vas-y.
Mme Bérubé (Cathy): Peut-être aussi en lien avec les questions de madame tantôt parce que je trouve que c'est interrelié. L'été dernier, on a fait comme un audit avec l'ensemble des acteurs au niveau de la santé mentale. Ça veut dire les gens du communautaire, de la première ligne, de la deuxième ligne. On a fait, en tout et partout, je vous dirais, autour d'une dizaine de rencontres avec une centaine de personnes qui ont été rencontrées.
De là auraient sorti différents enjeux, de communication, des enjeux aussi de respect des mandats de chacun de ces paliers-là, communautaire, première, deuxième ligne, de communication beaucoup, ce qui fait que récemment on a choisi, comme agence, d'investir des sous, pas loin... bien, 800 000 $, là...
Mme Malo (Isabelle): Oui, 800 000 $.
Mme Bérubé (Cathy): 800 000 $ qu'on devrait actualiser, là. Ça a été autorisé récemment, au dernier forum des D.G.
Mme Malo (Isabelle): Il y a deux semaines.
** (10 h 40) **
Mme Bérubé (Cathy): Oui. Ce qui fait qu'on a un plan d'action pour mettre en oeuvre ces actions-là, qui ont été prévues à tous les niveaux, comme je vous l'ai mentionné, communautaire, première, deuxième ligne. Et on va suivre ça avec différents indicateurs, parce que ce qu'on souhaite aussi, c'est y aller avec des mesures non récurrentes avec des indicateurs de suivi pour s'assurer que ça tient vraiment la route dans le sens des orientations.
Le Président (M. Bergman): ...on va changer de groupe maintenant. Collègues, le député de Côte-du-Sud est avec nous et aimerait intervenir, et son temps sera compté sur le côté de l'opposition officielle. Est-ce que j'ai le consentement de nos collègues pour laisser le député de Côte-du-Sud intervenir? Consentement? M. le député de Côte-du-Sud...
M. Morin: Merci, M. le Président. Merci aux collègues de...
Le Président (M. Bergman): Et bienvenue à cette commission.
M. Morin: Oui, merci. Donc, bonjour, Mme Malo. Madame messieurs, bonjour. Vous avez parlé d'optimisation des soins à domicile, de choix concertés. Vous vous doutez bien à quel sujet je vais vous demander d'intervenir, compte tenu que ça apporte son lot de contraintes, de décisions difficiles pour notre CSSS de Kamouraska, l'optimisation des soins de services à domicile. Donc, j'aimerais que... Ça prend beaucoup de communication, beaucoup d'information.
Et je choisis cette tribune pour que vous me disiez le but de la fermeture de Thérèse-Martin, qui cause certaines problématiques dans la municipalité de Rivière-Ouelle, la mairesse en tête. Mais ce qu'ils ont besoin, c'est d'avoir une réponse à leur questionnement et de comprendre le pourquoi des gestes du CSSS, donc...
Je sais que vous êtes à la fine pointe de la connaissance de ce dossier et j'ai reconnu en vous beaucoup de dynamisme, de détermination. Vous étiez prêtes à faire votre rapport ici, à cette table. Je crois que mes collègues ont dû s'apercevoir de votre dynamisme. Et nous en sommes très fiers, compte tenu que le CSSS de Kamouraska a besoin de l'agence pour supporter ses décisions. Donc, j'aimerais que vous me parliez de Thérèse-Martin, Mme Malo.
Mme Malo (Isabelle): M. Morin, bien, ça me fait plaisir que vous me posiez la question, parce qu'effectivement c'est un dossier d'actualité passablement chaud ces semaines-ci. Nous avons amorcé, je vous dirais, dans le Bas-Saint-Laurent, il y a déjà maintenant sept, huit ans, une transformation importante de l'offre de services à nos personnes âgées.
Pour toutes sortes de raisons qui appartiennent au territoire et puis dont je ne veux pas débattre aujourd'hui, malheureusement le CSSS du Kamouraska a connu un retard important dans la transformation de l'offre de services aux aînés, opération, je vous dirais, qui est complétée ou qui est très, très avancée dans la majorité des territoires de MRC du Bas-Saint-Laurent.
Alors, aujourd'hui, la décision qui a été prise par le conseil d'administration de l'établissement à l'automne dernier, c'est de réduire le nombre de places en hébergement et de soins de longue durée. Dans le territoire du Kamouraska, on a un nombre de lits qui avoisine les 3,3 lits par 100 personnes de 65 ans et plus, ce qui est énorme. En fait, le recours à l'hébergement institutionnel en CHSLD n'est pas l'exception, était la règle de base.
On a, bon an, mal an, toujours une vingtaine de places de libres dans le territoire des MRC. Rivière-Ouelle étant un des petits CHSLD du territoire, il y en a quand même deux autres. Et, dans le fond, on a choisi, comme on l'a fait dans tous les autres territoires de MRC du Bas-Saint-Laurent, de diminuer un peu le recours à l'hébergement institutionnel au profit de l'intensification des soins et services à domicile.
On le sait, les aînés, ce qu'ils souhaitent, c'est pouvoir rester chez eux le plus longtemps possible, à condition toutefois d'avoir des conditions réunies -- puis on le reconnaît -- afin de pouvoir vivre en santé et en sécurité avec le soutien du réseau de la santé et des services sociaux et de leurs familles.
Alors, on constate, dans le territoire du Kamouraska, qu'un nombre important de lits sont occupés par des personnes adultes qui ont une déficience motrice, qui devraient pouvoir bénéficier d'un encadrement différent puis d'un type d'hébergement mieux approprié à leurs soins puis à leur condition. Il y a également des personnes qui ont des démences de type Alzheimer, mais sans contrainte importante au niveau moteur, qui seraient beaucoup mieux et qui pourraient bénéficier d'un environnement prothétique en ressources intermédiaires ou en ressources privées qui seraient davantage adaptées à leurs besoins.
Le choix qui a été fait, de fermer Thérèse-Martin parce qu'il fallait convenir de réduire le nombre de places, on souhaite tendre, dans une région comme la nôtre, vers un maximum de 2,5 à 2,7 lits par 100 personnes de 65 ans et plus. Ça correspond aux standards actuellement qui sont mis de l'avant par le gouvernement, et on y croit fermement. Déjà dans notre région, je vous dirais qu'on a au moins deux, trois régions qui sont à 2,2, 2,3 lits par 100 personnes de 65 ans et plus, sans pression sur le système. Pourquoi?
Parce qu'on a mis en place une offre de services hiérarchisés, pas à partir des structures en place, à partir des besoins des individus. Et c'est ce grand virage-là qu'on est après prendre dans le territoire du Kamouraska. Je suis très sensible au fait que ça crée un sentiment un peu de grogne dans la municipalité de Rivière-Ouelle. Il fallait réduire le nombre de places.
Parmi les trois CHSLD présents sur le territoire, c'est celui de Rivière-Ouelle qui a été retenu parce que nous considérons... ou le conseil d'administration de l'établissement considère, que c'est celui qui était peut-être le moins bien en état parmi les trois CHSLD. Et, dans le fond, cette réduction de places là, qu'on fait actuellement de façon très, très progressive puis, vous le savez, dans le respect des clients-familles... dans le fond, au fur et à mesure qu'il y a des places qui se libèrent dans les deux autres petits CHSLD du territoire, on réoriente la clientèle.
C'est un processus qui va peut-être prendre encore neuf, 10 mois à se réaliser, mais ce qui est important, c'est que ça se fasse dans le respect des clients et qu'on ne mise pas sur le maintien des structures, mais qu'on travaille en fonction des besoins de chacune des personnes.
Comme agence, nous nous assurons qu'il n'y a pas de pression sur le système, qu'il n'y a pas personne en attente d'hébergement et de soins de longue durée qui est dans un lit de courte durée ou qui est à domicile dans une condition fragilisée. Ça, pour nous, c'est extrêmement important. Et on croit profondément à la transformation qui est en cours. Puis je vous assure, M. Morin, que, si je n'avais pas cette certitude-là...
Pour nous, ce n'est pas un dossier d'économies financières, c'est un dossier de transformation de l'offre de services. D'ailleurs, les économies qui vont être récupérées par le CSSS, on va s'assurer qu'elles soient réinvesties dans les soins et services à domicile pour la population du Kamouraska. Déjà, on a offert un soutien financier de transition, comme agence, à l'établissement pour lui permettre déjà de renforcer ses activités de soutien à domicile d'ici à ce que différents crédits puissent se libérer.
Le Président (M. Bergman): M. le député de Côte-du-Sud.
M. Morin: Oui. Merci, M. le Président. Donc, ce qu'on entend aussi: Fermeture, septembre 2013, compte tenu que vous me parlez... dans le respect des résidents, ça ne tient pas. Parce qu'il circule que la fermeture va être faite en septembre 2013.
Mme Malo (Isabelle): Écoutez, je pense que l'établissement... Puis je ne veux pas répondre pour le conseil d'administration de l'établissement, là, qui sont maître d'oeuvre de la transformation en cours. On a parlé que, quelque part à compter de l'automne 2013, probablement qu'éventuellement il ne resterait à peu près plus de clients. Déjà le mois prochain, je pense que la direction de l'établissement a choisi de faire certains réaménagements pour ne pas que les clients... parce qu'il y en a de moins en moins, il en reste actuellement 27, à peu près, ou 28 sur 48, donc il y a déjà beaucoup de places de libres.
Ramener les clients sur un même étage, je pense que tout ça va se faire progressivement, puis éventuellement le conseil d'administration devra faire des choix.
Moi, ce que je peux vous assurer, c'est qu'on va garder une vigie, comme agence régionale, puis on va s'assurer que les choses se fassent dans le respect des clients-familles. C'est vraiment vers eux que je dois porter mon attention de façon continue afin que ces gens-là soient bien, en sécurité et qu'on atténue au maximum leur niveau d'anxiété dans les changements qu'ils pourraient vivre.
M. Morin: Je vais faire la même chose que vous, chère madame, je vais suivre le dossier comme vous, surtout dans le respect des résidents, le respect des personnes. Merci beaucoup. Je crois que vous avez répondu à plein de questions que les gens se posaient puis vous avez mis les points sur les i et la barre sur les t. Merci.
Mme Malo (Isabelle): Merci, M. Morin. Merci à vous.
Le Président (M. Bergman): Alors, Mme la députée de Masson.
Mme Gadoury-Hamelin: Bonjour. Écoutez, moi, j'ai plutôt des commentaires, mais je voudrais vous dire bravo pour votre dynamisme. Je pense que vous... Ce que je sens, en tout cas, c'est que vous connaissez bien vos bons coups, mais vous connaissez aussi vos zones de faiblesse. Donc, je pense qu'à mon avis ça fait votre force.
Je connais très bien le dossier COSMOSS pour y avoir, dans mon ancienne vie, travaillé dans le réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec et je sais que le carrefour de votre région est impliqué aussi dans cette démarche-là, alors. Et je pense que vous avez, dans le cadre de COSMOSS, saisi l'importance de travailler en collaboration et je pense qu'on sent la volonté et que ça fait toute la différence du monde dans des milieux tissés serrés comme le vôtre. Moi, je trouve que c'est très bénéfique.
Vous savez, il y a un proverbe africain, vous le savez peut-être, qui dit que ça prend toute une communauté pour élever un enfant. Je pense que vous avez vraiment saisi cet enjeu-là.
Je sens aussi... ce que je trouve intéressant, j'aimerais ça qu'on puisse répéter votre implantation et votre dynamisme peut-être ailleurs, dans des plus grands centres, parce que, quand vous nous parlez de taux d'espace pour les 65 ans et plus, pour les places disponibles, vous avez toujours une vingtaine de places disponibles pour accueillir des gens en CHSLD, moi je peux vous dire que, dans ma région, entre autres, on parle de deux à trois ans sur une liste d'attente pour avoir accès à une place en CHSLD, puis j'ai des cas de comté à profusion dans ce sens-là.
Ça fait que je pourrais dire que je vous envie malgré tout, mais vous avez fait aussi votre force, je pense. Et, ce que vous avez aussi...
Rapidement, bien, nous, vous savez que, le gouvernement, on va faire un virage important, dans les prochaines... dans les prochains mois, par rapport à l'assurance autonomie. L'intention de garder le plus possible les aînés qui souhaitent vieillir à la maison, de leur donner les moyens de le faire, c'est une volonté de notre gouvernement. Et, avec ce que vous nous avez tenu comme propos, je pense que vous avez déjà amorcé dans ce sens-là, et ça, c'est tout à votre honneur. Toutes ces choses-là vont se passer facilement pour vous, j'imagine, dans les prochains mois et dans la prochaine année.
Mais, écoutez, c'est sûr que je suis tout à fait d'accord aussi avec ce que vous avez dit par rapport aux corridors de services en santé mentale. C'est important que ces corridors-là de services... pour avoir travaillé dans ces secteurs-là, parallèlement effectivement il faut amorcer des choses et il faut que la volonté de travailler en collaboration soit plus grande qu'elle est. Je pense que c'est la solution aussi de beaucoup de situations en santé mentale qui va dans ce sens-là.
Alors, moi, c'est ce que j'ai à vous dire: Moi, je sens énormément le dynamisme de votre région par votre entremise et je vous dis bravo, continuez dans ce sens-là. Puis, en plus de ça, vous réussissez à faire ça sans déficit, alors c'est un autre bon point. Puis c'est sûr que vous connaissez vos zones de faiblesse puis vous avez l'intention d'y travailler. Je pense que c'est tout à votre honneur aussi. Bravo.
** (10 h 50) **
Mme Malo (Isabelle): Merci.
Le Président (M. Bergman): Mme Malo, commentaires?
Mme Malo (Isabelle): Merci. Mais, écoutez, j'apprécie votre commentaire. Effectivement, je pense qu'il faut être lucide, il faut reconnaître ce qu'on fait de beau et de bien, mais il faut surtout adresser les défis qu'on a encore, puis on en a, ils sont nombreux. À tous les jours, notre travail, de toute façon, c'est de relever les défis puis les problématiques puis de soutenir les organisations et les organismes sur le terrain. Donc, dans le fond, à partir du moment où on a un bon portrait, qu'on a une bonne maîtrise de quelle est la situation dans notre région, bien on peut adresser, en tout cas, les choses de façon appropriée.
Le Président (M. Bergman): M. le député de Roberval.
M. Trottier: Merci, M. le Président. Je vous remercie pour la qualité de votre présentation, je pense que c'était extrêmement clair. Vous avez abordé un peu, dans votre conclusion, peut-être des solutions pour l'avenir dans le domaine de la santé. Si je vous demandais si vous avez des suggestions à nous faire qui pourraient nous permettre d'assurer une meilleure santé sans additionner de frais, qu'est-ce que vous nous feriez comme suggestions?
Mme Malo (Isabelle): Bien, moi, je vous dirais que, la première chose, il faut travailler sur la prévention et la prévention de la maladie, sur les saines habitudes de vie puis sur la prévention des maladies chroniques. Vous savez, on ne changera jamais rien comme société si on ne travaille pas en amont de l'apparition des problèmes, donc travailler sur le bien-être des jeunes, travailler sur les générations à venir, bien prendre soin de nos aînés aussi.
Mais, si ce n'est pas d'investir financièrement, en tout cas c'est d'investir en termes d'actions intergouvernementales, je dirais, interministérielles pour que vraiment il y ait des actions concertées sur les déterminants de la santé qui soient mises en place.
On nous parle actuellement d'une politique nationale en prévention, promotion, on salue cette initiative-là comme région parce qu'on y croit beaucoup. Travailler sur les saines habitudes de vie à tous les niveaux, tu sais, bouger plus, manger mieux, là, ce n'est pas un mythe. Si on réussit à faire ça comme société, on va travailler à diminuer le système et la pression sur le réseau de la santé et des services sociaux puis en plus on va avoir une population, dans notre société, qui va être plus en forme, plus active, plus en santé puis qui va vivre plus vieux aussi dans des conditions de santé qui sont plus acceptables. Donc, moi, je vous dirais que, si j'ai un souhait, c'est celui-ci.
Le Président (M. Bergman): M. le député de Roberval.
Une voix: Veux-tu rajouter?
Des voix: ...
Le Président (M. Bergman): M. le député de Dubuc.
M. Claveau: Alors, c'est bien. Oui. Alors, on peut vous féliciter pour l'ensemble des résultats, toute votre équipe. Par contre, on a toujours des points à corriger. Puis j'avais des petites questions par rapport, entre autres, à l'atteinte des cibles au niveau des chirurgies, différentes chirurgies. C'est atteint à presque 100 % dans certains domaines, quand on regarde au niveau de la cataracte, chirurgie d'un jour, etc. Par contre, du côté des chirurgies de la hanche, du genou, on dit qu'on n'atteint pas les cibles. On parle de problèmes de saisie de données.
Également, un autre élément de votre rapport, qui est questionnable, concernant les services, entre autres, pour les gens avec des déficiences, quant à la priorité puis les délais requis, là, pour leur donner un service, qui ne sont pas atteints non plus lorsque la situation est élevée ou urgente, et on dit encore une fois que c'est un problème de saisie de données.
Alors, moi, comme question: Est-ce que c'est un manque de rigueur? Est-ce que c'est une conscientisation qui n'est pas faite à différents niveaux mais... C'est quoi? Puis est-ce que c'est corrigé? Est-ce que le problème existe toujours, le problème de saisie de données? Si oui, quelles actions ont été prises?
Mme Malo (Isabelle): Je vais laisser la parole à M. Plante, mais vous dire qu'on ne se défile pas en disant que c'est un problème de saisie de données. C'est notamment un problème de saisie de données qui a été bien capté, je vous dirais, l'année dernière et sur lequel on a travaillé très fort, cette année, pour améliorer la situation parce qu'on s'est rendu compte, effectivement, qu'il y avait des gens sur les listes d'attente et que ce n'était pas approprié, et puis là, bien, dans le fond, ça faisait aussi... ça ne traduisait pas bien nos résultats.
Mais il faut travailler aussi, je vous dirais, au niveau de la planification des programmes opératoires, à s'assurer que, là où il y a des délais plus courts, notamment pour les gens qui ont besoin de prothèses totales de hanche ou de genou, de s'assurer que les respects sont vraiment respectés. Et ça nous prend la collaboration, évidemment, et la disponibilité des orthopédistes pour faire ça. M. Plante.
M. Plante (Michel): Oui, vous avez tout à fait raison de le souligner, on a eu des problèmes qu'on a identifiés au point de vue de la saisie de certaines données par rapport à la chirurgie de la hanche et du genou, dans le sens où on inscrivait très tôt ces personnes-là sans nécessairement avoir de requête opératoire, dans un premier temps. Deuxième temps, on évaluait mal certaines périodes d'examen préopératoire qui ont fait en sorte qu'on est venus allonger des temps d'une façon un peu virtuelle.
Ce qu'on a fait, c'est: avec chacun des centres, on a revu les modes de processus de saisie de ces données-là. Parce que c'est un immense système qu'on vient d'instaurer il y a peut-être à peu près trois ans dans le réseau de la santé, trois ou quatre ans, dans tout le plan d'accès aux services spécialisés. Donc, on les prend tranche par tranche dans ce système-là. On a eu des écueils avec les chirurgies ciblées des hanches et du genou, mais actuellement on travaille avec chacun des établissements pour revoir ces processus-là, les choses s'améliorent et on rentre dans les cibles progressivement.
Vous aviez souligné -- puis je vais juste glisser un petit peu, rapidement -- les délais en oncologie, où, là, on ne respecte pas tout à fait les cibles. Ce sont de nouvelles cibles. Actuellement, on est aux alentours de 61 %, 62 % sur une cible de 70 % de chirurgies réalisées à l'intérieur de 28 jours. Encore là, ce n'est pas un problème de saisie de données, c'est un problème d'identification des cas, ce qu'on appelle les suspicions de cancer.
On travaille avec nos chirurgiens actuellement pour qu'ils puissent mieux les identifier dans leurs requêtes opératoires pour qu'ils soient priorisés à ce niveau-là parce qu'à la fin de ce système-là, par type de chirurgie réalisée, arrive un délai cible, et c'est là qu'on doit véritablement s'assurer que les chirurgiens... qu'ils déclarent ces suspicions de cancer là.
Ceci dit, il y a deux cibles dans ce volet-là: 70 % à l'intérieur de 28 jours; 90 % à l'intérieur de 56 jours. Sur cette deuxième cible là, on est aux alentours de 86 %, 87 %. Donc, il faut retravailler à bien saisir les données, identifier convenablement les suspicions de cancer et surtout faire en sorte que, dans nos priorités opératoires, avec les collègues chirurgiens... de les prioriser réellement. Mais, ceci dit, lorsqu'on regarde nos pourcentages, on s'aperçoit que c'est un nombre assez relativement petit de cas.
Le Président (M. Bergman): Merci, M. le député de Dubuc. Alors, Mme la députée de Groulx, vous avez deux blocs de 5 minutes. Pour votre premier bloc de 5 minutes.
Mme Daneault: Je vais essayer d'être rapide. Bien, merci, merci pour l'excellente présentation. Je vais être concise parce que je n'ai pas beaucoup de temps.
Je voulais poser la question. Vous avez 10 GMF sur votre territoire. Je voulais savoir où vous en étiez dans l'informatique au niveau des groupes de médecins de famille. Est-ce qu'ils sont en communication avec les centres hospitaliers ou c'est seulement à l'intérieur des GMF, l'informatique? Première question.
Et est-ce que vous avez des corridors d'accès offerts aux groupes de médecins de famille vis-à-vis les centres hospitaliers, les différents centres hospitaliers de votre région?
** (11 heures) **
Mme Malo (Isabelle): Sur les 10 groupes de médecine familiale, si je ne me trompe pas, sept sont déjà réseautés avec les centres de santé et de services sociaux, donc davantage les deux qui sont à Rimouski, actuellement qui sont en processus d'informatisation parce que c'est des groupes de médecine familiale plus nouveaux, et il y a celui du Kamouraska, qui est un groupe de médecine familiale qui n'a pas choisi d'aller vers le même applicatif que les autres groupes de médecine familiale ont choisi dans la région, pour lesquels on a encore un enjeu de créer un lien informatique avec le CSSS.
Mais on est très sensibilisés à la question et puis on pense pouvoir adresser la problématique avec la nouvelle entente FMOQ-MSSS qui a été signée dernièrement, cet automne, de façon à s'assurer qu'à travers une nouvelle mobilisation régionale on va s'assurer, là, que tous les groupes de médecine familiale non seulement vont être informatisés, mais vont être réseautés et vont avoir accès à tous les résultats de laboratoire radiologie présents dans la région. Je ne sais pas si M. Plante et M. Saint-Laurent veulent compléter.
M. Plante (Michel): Peut-être pour une précision. Il faut comprendre que, dans la région du Bas-Saint-Laurent, depuis 2005-2006, dans le volet des GMF notamment, on a mis en place ce qu'on appelle la CMV, la clinique médicale virtuelle. C'est un DME, un dossier médical électronique, où, avec le consentement du patient, on a fait en sorte de partager à l'ensemble de la communauté médicale que le patient autorise à avoir accès l'ensemble de ses résultats. C'est une avancée, quelque chose qui est très, très significatif pour nos médecins.
Et actuellement, dans la révision de ce modèle-là, avec l'entente de la FMOQ et du ministère, on a encore tout dernièrement obtenu l'accord de nos 10 chefs de GMF, en disant: Écoutez, il faut maintenir ce même objectif-là pour assurer la fluidité, la continuité de l'information clinique pour le patient auprès de tous les médecins auxquels il a accès.
Mme Malo (Isabelle): Donc, c'est encore en consolidation, mais on est très avancés comme région à ce niveau-là.
Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Groulx.
Mme Daneault: Oui. Les coûts qui sont rattachés à ça, est-ce que vous les connaissez?
Mme Malo (Isabelle): Les coûts. Oui, oui!
Une voix: ...
Le Président (M. Bergman): Présentez-vous aux tables, s'il vous plaît.
Une voix: Pardon?
Le Président (M. Bergman): Présentez-vous aux tables, s'il vous plaît.
M. St-Laurent (Marc): Au niveau des coûts, pour ce projet-là, qu'on a consentis depuis 2004... Parce qu'en fait ce programme-là était un programme qui était expérimental initialement. Nous avons fourni un soutien pour les serveurs qui étaient implantés au technocentre, un soutien au niveau pilotes cliniques, au niveau des chargés de projet. On a contribué également à assumer les coûts de licence pour les différentes cliniques. Alors, exemple, au niveau des licences et des... c'était un montant de 150 000 $ par année qu'on consacre à ça, et, au niveau des ressources, donc, c'est deux ressources qui sont consacrées, ce qui correspond environ à un montant à peu près équivalent de 150 000 $.
Le Président (M. Bergman): Est-ce qu'on peut avoir votre nom, s'il vous plaît, monsieur?
M. St-Laurent (Marc): Marc St-Laurent, directeur régional des ressources informationnelles.
Le Président (M. Bergman): Merci. Alors, Mme la députée de Groulx.
Mme Daneault: Ce que je comprends: c'est 150 000 $ récurrents annuellement pour l'ensemble des services informationnels de votre agence. C'est ça?
M. St-Laurent (Marc): Non, du tout. Là, ce que je parle, c'est spécifiquement pour le soutien du programme d'informatisation première ligne, le DME, qu'on avait mis en place bien avant qu'il y ait un programme de négocié avec la FMOQ. C'est ce qui nous a permis d'avoir actuellement 100 médecins qui utilisent régulièrement la clinique médicale virtuelle, la CMV. D'ailleurs, à ce niveau-là, on a les résultats de laboratoire, l'imagerie, on a quatre cliniques qui ont commencé à faire la numérisation des notes cliniques. Alors, on a donc des cliniques qui sont vraiment presque passées au sans papier.
Le Président (M. Bergman): Merci. Mme députée de Gatineau.
Mme Vallée: Alors, bonjour, Mme Malo, bonjour, Mme Bérubé, messieurs. C'est un plaisir de vous voir et de vous entendre, surtout sur l'état de votre agence, l'état de santé de votre agence, finalement.
Je me préoccupe beaucoup de la question des jeunes qui sont hébergés en centre jeunesse, d'autant plus que, dans mes anciennes fonctions parlementaires, j'ai eu la chance de travailler étroitement avec la mise en oeuvre de la Stratégie d'action jeunesse 2009-2014. Alors, vous ne serez pas surpris de m'entendre vous questionner sur le déploiement du PQJ, du Programme de qualification des jeunes sur votre territoire.
Je vous donne un petit peu ma préoccupation, c'est que j'entends un peu à travers les branches que le PQJ, en région, est implanté effectivement dans les centres urbains, mais qu'on rejoint les jeunes des communautés rurales. Et je vous entendais, et puis là, là, c'était de la musique à mes oreilles, parce que vous sembliez avoir une sensibilité très particulière à l'isolement des jeunes des communautés rurales de votre région.
Et effectivement je voyais dans le rapport que vous aviez 10 jeunes pris en charge dans les services des PQJ et je me disais: Est-ce que ces 10 jeunes là sont à Rimouski ou est-ce qu'ils demeurent dans leur territoire?
Alors, j'aimerais ça que vous m'expliquiez un petit peu comment se met en oeuvre le Programme de qualification des jeunes dans votre territoire.
Mme Malo (Isabelle): Je vais laisser la parole à Mme Bérubé particulièrement, mais ce que je peux vous assurer, c'est qu'on a une direction de centre jeunesse qui est extraordinaire, je veux le mentionner. Parce que souvent on entend parler des centres jeunesse puis on peut se faire les détracteurs des soins et services qu'ils offrent aux jeunes. On a un centre jeunesse qui est extrêmement bien structuré, très performant. Et le Programme de qualification des jeunes, c'est une réalité.
D'ailleurs, la structure même de notre centre jeunesse fait en sorte qu'il y a des points de service dans chacun des territoires de MRC. Ce n'est pas centralisé à Rimouski ou à Rivière-du-Loup, mais il y a vraiment des équipes dédiées qui travaillent sur le terrain auprès des jeunes dans chacun des territoires de MRC. Cathy, je vais te laisser compléter.
Mme Bérubé (Cathy): Bien, ça va dans le même sens, dans le sens que finalement on essaie de déconcentrer l'offre de services, ce qui fait qu'en autant que faire se peut on répond plus dans les milieux plus locaux plutôt que de centraliser cette offre de services là. Ça fait que c'est bon pour ce programme-là, mais l'ensemble des services aussi.
Mme Vallée: Est-ce qu'il existe, sur votre territoire, un centre d'hébergement pour les jeunes adultes 18-30 ans qui pourraient avoir besoin d'être encadrés dans leur cheminement, dans leur début de vie adulte, et qui pourrait parallèlement être mis en place ou qui est mis en place en collaboration avec les services offerts par les intervenants du Programme de qualification des jeunes?
Mme Malo (Isabelle): Non. Il n'y pas de centre d'hébergement parce que vous comprenez que, compte tenu des masses critiques, dans une région comme la nôtre, pour avoir des volumes suffisants, il faudrait peut-être prendre un jeune de Matane puis l'amener au Kamouraska, puis, bon, on ne veut pas non plus déraciner les jeunes.
Par contre, dans le Programme de qualification, le centre jeunesse s'assure, dans son offre de services, d'avoir des appartements ou des types d'appartements, là, qui sont davantage supervisés dans le programme de transition vers l'âge adulte pour s'assurer que les jeunes sont suivis et ne sont pas laissés à eux-mêmes à l'arrivée de 18 ans.
Mme Vallée: Vous en avez combien, comme ça, des appartements supervisés sur le territoire?
Mme Malo (Isabelle): Je n'ai aucune idée du nombre...
Mme Bérubé (Cathy): C'est variable parce qu'on s'adapte vraiment en fonction des besoins. Ça veut dire qu'à un moment donnée ça se peut qu'on n'en ait pas du tout, puis il arrive un besoin, à ce moment-là on négocie comme à la pièce avec des promoteurs pour tenter de répondre au mieux aux besoins de ces gens-là.
Mme Vallée: Et comment... de quelle façon vous l'articulez sur le territoire, vous prenez en charge? Quelle est la portion qui est prise en charge par l'agence, par le jeune? Comment vous fonctionnez? Parce que c'est très variable d'une région à l'autre.
Mme Malo (Isabelle): Moi, je n'ai pas le fin détail, malheureusement, mais on pourrait vous revenir avec la réponse si vous le souhaitez. Je sais que c'est particulièrement pris en charge par le centre jeunesse. Le centre jeunesse, à même sa façon de gérer ses ressources, c'est organisé pour être capable de répondre à ces besoins-là. Donc, on nous interpelle spécifiquement à ce niveau-là très rarement, je vous dirais. Mme Bêche et son équipe... et son conseil d'administration, dans le fond, assument totalement leurs responsabilités. Nous, on est en vigie, en soutien aux besoins. Mais je n'ai pas la donnée fine que vous me demandez.
Le Président (M. Bergman): Mme Malo, pour la suite de cette réponse, si vous pouvez déposer ça avec les extraits de la commission pour qu'on envoie la réponse à tous les membres, si vous faites une suite de cette réponse.
Mme Vallée: Je vais attendre les suites avec beaucoup d'intérêt parce que c'est...
Mme Malo (Isabelle): Parfait.
Mme Vallée: ...votre façon de faire semble un petit peu différente des façons qu'on peut voir dans d'autres régions, puis ça peut être une source d'inspiration aussi pour ceux qui cherchent à travailler... Je vois Mme Bérubé qui fait signe.
Mme Bérubé (Cathy): Je voulais juste vous dire qu'à l'intérieur des deux dernières années moi, je n'ai jamais eu de demande qui s'est rendue à l'agence dans ce sens-là. Tu sais, ça va dans le sens que Mme Malo disait, c'est comme géré à l'intérieur du centre jeunesse.
Mme Malo (Isabelle): Mais on va vous chercher l'information puis on va vous la faire suivre, ne craignez pas.
Mme Vallée: Merci. Toujours dans le dossier des centres jeunesse, vous avez souligné l'excellence de vos intervenants et l'excellence de votre centre jeunesse. Comment se fait le recrutement des familles d'accueil? Parce que ça aussi, c'est un élément qui a défrayé la manchette au cours de la dernière année, les manques de ressources, les difficultés qu'ont certains centres jeunesse d'aller chercher les familles d'accueil, d'intéresser les citoyens à devenir famille d'accueil.
On se rappelle de certaines publicités qui étaient dans différents quotidiens, où on voyait la binette d'un jeune enfant qui recherchait une famille d'accueil. Donc, sur un territoire comme le vôtre, qui est aussi vaste, qui est aussi éclaté, comment se fait ce recrutement-là?
** (11 h 10) **
Mme Malo (Isabelle): À ma connaissance à moi, écoutez, puis je ne suis pas une spécialiste de la question, mais il n'y a pas eu de grandes campagnes, on n'a pas besoin de faire ça. Le réseau des centres jeunesse, dans notre territoire, est déjà bien implanté. Donc, je vous dirais qu'au besoin ils vont passer peut-être des fois, occasionnellement, certaines publicités, puis encore, je n'en vois pas très, très souvent.
Mais c'est un réseau qui est bien structuré. Je sais qu'il y a même eu une certaine réduction du nombre de places au cours de la dernière année. Parce que le centre jeunesse se gardait toujours même un bassin assez significatif de places disponibles au cas où. Mais il y avait beaucoup de « au cas où » , alors... Et puis ça, c'est des frais aussi, là, pour l'établissement. Donc, ils ont réduit un peu le nombre de places. Et les ressources sont présentes dans chaque territoire de MRC. Donc, ça se fait par les contacts, par le bouche à oreille, par des stratégies de recrutement.
Je sais qu'il y a des personnes qui sont dédiées, aux centres jeunesse, au volet ressources, donc qui travaillent activement, là, à s'assurer que le nombre de places disponibles dans la région est suffisant.
Mme Bérubé (Cathy): Puis actuellement on a 245 places RTF puis sept IRI pour centres jeunesse. Puis habituellement, quand il y a des besoins plus spécifiques, là, plus criants, je dirais, ils peuvent à la limite aller en appel d'offres, ce qui est extrêmement rare parce que le réseau est assez tissé serré. Puis des fois aussi ils ont comme un réseau, je dirais, comme une espèce de liste d'attente, là, de familles d'accueil où ils peuvent aller chercher des familles d'accueil à ce niveau-là pour renforcir s'il y a des besoins comme spécifiques.
Puis des fois aussi, ils y vont comme à la pièce, tu sais, pour un besoin spécifique pour un enfant, bien, des fois, il peut y avoir un jumelage comme ça plus personnalisé qui est fait aussi, là.
Mme Vallée: Vous avez mis également un programme d'intervention en négligence, le programme EnTrain. Je comprends que ce n'est pas tous les CSSS qui offrent ce programme-là, mais j'aimerais vous entendre un petit peu sur le programme EnTrain.
Mme Bérubé (Cathy): Le programme EnTrain, c'est un programme de négligence. Actuellement, il est déployé dans six territoires de CSSS et, d'ici le printemps, il devrait être déployé dans les deux autres... un début, c'est-à-dire, de déploiement dans les deux territoires qui ne l'avaient pas implanté à venir jusqu'à présent. C'est des rencontres particulièrement en groupe avec les parents qui ont ces besoins-là.
Ce qu'on a fait aussi, c'est Initiative AIDES. Ça, c'est un projet qu'on commence, là, dans la région, c'est un peu en lien avec COSMOSS. Et puis on va chercher tout le réseautage de la communauté. C'est un projet qui est parti en Angleterre, et puis, en Angleterre, les chercheurs qui avaient identifié ce projet-là se disaient: Ça ne se peut comme pas que tout le monde de la communauté soit au courant de ce projet-là. Ils ont fait comme le test, ils se sont promenés dans la rue et ils demandaient aux gens, aux policiers, à M. et Mme Tout-le-monde: Est-ce que vous connaissez AIDES? Et les gens disaient oui.
Alors là, ils ont vu que c'était une solution qui était très, très intéressante, parce que c'est tout un continuum pour les enfants, pour s'assurer qu'on réponde tout le temps aux besoins de ces gens-là, autant au niveau du scolaire, au niveau familiale, à tous, tous les niveaux, autant aux dépanneurs, partout où les enfants peuvent avoir des services à différents niveaux.
Mme Vallée: ...justement la référence au programme AIDES, puis j'aimerais... Quelle est la distinction entre le programme AIDES et l'Engagement jeunesse?
Parce que l'Engagement jeunesse, qui était également prévu à la Stratégie d'action jeunesse, c'est ça que ça se voulait, c'est-à-dire, c'était un réseautage sur les territoires de tous les services destinés aux gens jeunes puis éviter qu'un jeune recommence à chaque fois son histoire auprès d'un intervenant, qu'il y ait un continuum de services justement d'un intervenant à l'autre et que les intervenants, entre eux, sachent où référer le jeune plutôt que de le laisser glisser parfois, là, entre deux dossiers ou entre deux bureaux. L'objectif de l'Engagement jeunesse c'était justement ce réseautage-là.
Alors, quelle est la distinction entre AIDES et l'Engagement jeunesse?
Mme Bérubé (Cathy): AIDES, je dirais, il est plus restrictif, dans le sens que c'est un programme négligence en CSSS, un programme de première ligne qui a un lien avec la deuxième ligne, avec le centre jeunesse, parce que c'est vraiment un partenariat. C'est sûr qu'il y a des liens avec le COSMOSS pour aller chercher la communauté, mais Initiative AIDES est encore plus large que ça, dans le sens qu'Initiative AIDES englobe à la fois le programme EnTrain, en négligence, avec le COSMOSS et l'ensemble de la communauté. C'est vraiment un projet de société écosystémique.
Mme Vallée: Merci.
Le Président (M. Bergman): Merci. Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx: Oui. Alors, je voudrais vous parler de vos résultats financiers. On constate que vous avez atteint l'équilibre budgétaire, ce qui est tout à fait... tout à fait louable. Je regarde quand même les résultats. Si on prend les résultats des trois centres, il y a des écarts importants entre l'année financière 2010-2011 et 2012-2013 où on est parti de... le déficit à, pour certains, des surplus quand même importants.
Donc, j'aimerais vous entendre sur quelles ont été les bonnes pratiques que vous avez pu mettre en place pour atteindre cet équilibre budgétaire sans affecter nécessairement les services. Alors, on sait que les besoins sont grands, les ressources sont limitées, il y a des défis, il y a un arbitrage important à faire dans chacun des projets en fonction des priorités établies, mais comment vous avez pu... Quels ont été les éléments sur lesquels vous êtes intervenus pour retrouver l'équilibre budgétaire?
Mme Malo (Isabelle): Suivi étroit, responsabilisation, je vous dirais. Il nous faut, comme équipe agence -- et ça fait
partie de notre rôle -- être en lien continu non seulement avec les directions d'établissement, mais avec les directions des finances des organisations. Il faut auditer, dans le fond, les états de résultats périodiques de façon continue. Puis on ne commence pas à la période 8 ou à la période 9 à regarder les résultats budgétaires des organisations.
Moi, ça va faire deux ans bientôt que je suis à l'agence du Bas-Saint-Laurent et je vous dirais que le suivi budgétaire des organisations, c'est une préoccupation de tous les instants dont je me mêle directement comme P.D.G., en collaboration avec l'équipe agence. Donc, on a des rencontres avec les établissements, les directeurs des finances, mais également les directeurs généraux. Au besoin, je contacte personnellement les présidents de conseil d'administration aussi si je sens qu'il y a un glissement qui se produit. On regarde les projets d'optimisation aussi, c'est extrêmement important.
On est dans des années de restrictions budgétaires, donc on veut s'assurer que les établissements ne sont pas à la dernière minute non plus dans l'actualisation des mesures de réductions budgétaires.
Donc, certaines organisations ont présenté un surplus l'année dernière, mais on peut notamment constater que c'est parce qu'elles avaient pris de l'avance dans leur plan d'optimisation, qui va se poursuivre jusqu'à l'année 2014 par des mesures structurantes. On s'assure aussi que, si l'établissement nous propose des mesures qui peuvent avoir un impact d'une quelque façon que ce soit sur l'offre de services à la population, ils nous soumettent... ils nous les soumettent et on doit les approuver.
Donc, évidemment, c'est vraiment une question de suivi étroit, rigoureux, mais d'abord et avant tout de responsabilisation des personnes, de courage managérial, de rigueur. Et puis il faut revenir avec notre discours continuellement, en disant: On gère des deniers publics, et ça doit se faire de façon rigoureuse. Et l'équilibre budgétaire, ce n'est pas une option, c'est une obligation légale. Et puis on est tenaces, on est vraiment tenaces, donc.
Mais ça se fait en collégialité, ça se fait ensemble, ça se fait avec les établissements. Quand les établissements, ils comprennent qu'on est là pour les aider puis les soutenir à atteindre une performance financière puis qu'ils ne nous voient pas comme l'imposition nationale et qui arrive -- ou régionale -- avec sa matraque, bien, on développe des liens de collaboration et de confiance, puis ils acceptent de mettre leur fragilité sur la table, puis on accepte de les regarder avec eux. Mais...
Le Président (M. Bergman): M. le député de Dubuc.
Mme Malo (Isabelle): ...tout n'est pas facile, hein?
M. Claveau: ...Mme Malo, de vos explications. On voit qu'il y a beaucoup d'écart, par exemple, entre certains CSS qui étaient déficitaires, Témiscouata, Basques, Rimouski, 500 389 $, 440 000 $, pour, par la suite, dégager un surplus en 2011-2012. Aussi, également, si on regarde dans l'ensemble des établissements, c'est les écarts, là: 2009-2010, il y avait un surplus de 985 000 $; 2010-2011, 43 000 $; et 2011-2012, 2 927 000 $. Alors, comment vous expliquez les écarts? Est-ce que vous vous êtes attaqués spécialement à ceux qui avaient le plus de difficulté ou... je ne sais pas quoi, là.
Mme Malo (Isabelle): C'est sûr...
M. Claveau: Mais vous avez une recette, peut-être, qui serait à aller reproduire ailleurs dans certains cas?
Mme Malo (Isabelle): J'aimerais ça vous dire qu'on a une recette particulière. Puis, à moins que M. Pineau me contredise, on n'a pas de recette particulière. C'est sûr que, quand un établissement présente des fragilités puis qu'il a de la misère à arriver, bien, on prend le taureau par les cornes puis on s'assure qu'il va mettre des mesures structurantes qui vont pouvoir pérenniser. Mettre des mesures ad hoc non récurrentes, là, c'est joli, ça peut donner des beaux résultats à court terme, mais ça n'assure pas la pérennité à long terme.
Donc, quand on se rend compte qu'un établissement est vraiment en fragilité -- puis on a une situation, là, en 2012-2013, là, dans un établissement -- bien, c'est de travailler sur des mesures structurantes, regarder qu'est-ce qui a fait qu'il y a eu un glissement qui s'est installé. Des fois, c'est une grosse chose, des fois, c'est une somme de petites choses ou il y a eu un glissement dans la vigie, je vais dire ça comme ça. Des fois, il arrive des impondérables aussi, hors du contrôle de l'organisation. Mais c'est de bien capter la problématique à la base puis d'adresser les enjeux.
Donc, j'aimerais vous dire que j'ai une solution miracle. Oui, il y a des fluctuations, puis c'est correct parce que, dans un établissement une année, il peut y avoir, je ne sais pas, moi, une situation d'affluence parce qu'il y a de la grippe de façon importante dans un territoire, le taux de vaccination a été en baisse, les infections nosocomiales -- mon collègue me chuchote -- qui peuvent être importantes. Donc, budgétairement parlant, une organisation, ce n'est pas monocorde, hein? Ça fluctue continuellement.
Il peut y avoir des fois des coûts de mazout, des coûts d'assurance salaire qui peuvent avoir un impact important sur la stabilité budgétaire d'une organisation. Donc, notre devoir à nous, c'est de supporter l'établissement, de bien comprendre le phénomène puis d'appliquer les bonnes mesures pour redresser la situation.
** (11 h 20) **
Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Masson.
Mme Gadoury-Hamelin: Oui. Moi, j'avais une autre question. Quand vous avez parlé tantôt -- attendez que je reprenne ma petite note, là -- des corridors de services pour améliorer au niveau de la santé mentale, j'aimerais vous entendre, madame, sur... vos idées là-dessus puis les choses que vous envisagez mettre en place. Je pense que ça pourrait être utile peut-être à d'autres organisations. Parce que je sais que c'est un secteur qui est un peu chatouilleux au niveau des collaborations. Ce n'est pas toujours simple, ce secteur-là. Puis on sait qu'on a d'énormes besoins à la grandeur du Québec à ce niveau-là aussi. Ça fait que j'aimerais vous entendre sur vos idées.
Mme Malo (Isabelle): Oui. J'aimerais qu'elles soient miraculeuses, mais je pense qu'on a bien compris, comme région, là où étaient nos écueils. Puis on identifie que nos principaux écueils, c'est justement dans les continuums de services, comme Mme Bérubé a mentionné tout à l'heure en tout cas, et ça, c'est frais de la dernière année, là, suite à l'audit qu'on a fait.
Quand on rencontre les médecins du territoire -- et M. Plante a fait une tournée, là, de plusieurs groupes de médecine familiale au cours de l'automne parce que plusieurs GMF sont en renouvellement -- je vous dirais qu'à peu près tous les médecins nous ont dit que les relations ou, enfin, les communications dans les corridors de services en santé mentale étaient relativement ténues. Parce qu'on leur a posé la question, on voulait valider l'information qu'on avait recueillie sur le terrain, et cet énoncé-là, là, il se confirme à peu près partout, dans tous les territoires de MRC.
Mme Gadoury-Hamelin: Vous avez dit « ténues » ?
Mme Malo (Isabelle): Oui, très, très peu, là, donc très, très peu.
Mme Gadoury-Hamelin: O.K., c'est bon.
Mme Malo (Isabelle): Donc, on s'est dit: Bien, O.K., il y a là vraiment un enjeu. On l'a identifié comme étant un élément sur lequel il faut vraiment travailler.
Notre défi pour l'heure et ce qu'on a convenu au niveau de notre équipe agence, c'est qu'on allait se créer un petit comité, je vous dirais, d'acteurs de première ligne, de médecins omnipraticiens, de médecins psychiatres, probablement avec quelques professionnels de l'agence, et on va réfléchir à quels sont les mécanismes ou les outils qu'on pourrait mettre en place au cours des deux, trois prochaines années pour améliorer la fluidité dans les continuums, la circulation de l'information.
Les gens ne savent pas souvent ce qui se passe au niveau des interventions de première ligne, les médecins omnipraticiens ne sont pas au courant des interventions qui sont faites par les équipes de première ligne sur le terrain. Ça nuit, je vous dirais...
Une voix: ...
Mme Malo (Isabelle): ...non, puis ça nuit à avoir un vrai plan de services intégrés pour les personnes aux prises avec des problématiques de santé mentale.
Par ailleurs, on se rend compte qu'on a mis beaucoup d'efforts, dans notre région, au cours de la dernière décennie, sur la prévention du suicide, et ça, ça a donné des résultats extrêmement intéressants. On était une région qui avait un taux très, très élevé puis on a réussi à contrer ça. Le défi reste présent, puis il faut continuer à s'en occuper, mais, quand on identifie une problématique puis qu'on met des actions -- comme là, on a mis vraiment des équipes d'intervention en prévention du suicide dans les territoires -- on peut arriver à changer les choses.
Alors, moi, je pense qu'avec les actions qu'on veut mettre en place au niveau de la circulation de l'information et des continuums de services... Évidemment, on souhaiterait avoir des outils informatisés. À court terme, ce n'est peut-être pas possible dans ce domaine-là, mais c'est quand même possible de se donner des mécanismes, des stratégies et puis de faire en sorte que les acteurs aussi, sur le terrain, se connaissent mieux dans les territoires.
Mme Gadoury-Hamelin: Qu'ils soient plus en confiance.
Mme Malo (Isabelle): Exact, exact. Oui, il y a un problème de confiance dans les différents paliers...
Mme Gadoury-Hamelin: ...de partage, oui.
Mme Malo (Isabelle): ...puis moi, je pense, en tout cas, de ma perception à moi, puis c'est partagé avec mon équipe, que, si on réussissait à adresser ce défi-là, probablement que la continuité et la qualité des soins et services pour les personnes qui souffrent de santé mentale seraient nettement améliorées.
Le Président (M. Bergman): Merci, Mme Malo.
Mme Gadoury-Hamelin: Je pense que vous faites un bon diagnostic.
Le Président (M. Bergman): Merci, Mme Malo. Mme la députée de Groulx, vous avez 5 min 30 s.
Mme Daneault: Je continue dans le domaine de la santé mentale. Est-ce que vous avez, sur votre territoire, des psychiatres répondants?
Mme Malo (Isabelle): Oui. Je peux vous laisser en parler, mais... La réponse, c'est oui, puis ça reste à consolider par ailleurs.
M. Plante (Michel): On a la
partie ouest du territoire qui est dotée d'un psychiatre répondant et on est en démarche pour en trouver pour la
partie est. Mais, ce qu'on nous dit actuellement, le psychiatre répondant, avec toute l'équipe de l'ouest du territoire, donc c'est le KRTB, Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata, Les Basques, c'est un apport très significatif dans la pratique médicale.
Mme Daneault: Votre délai d'attente est de combien, le savez-vous, pour une consultation?
M. Plante (Michel): Oh! Ça se fait excessivement rapidement. On est des petites équipes puis les gens se connaissent. Le psychiatre répondant, il faut s'en souvenir, son but, c'est de soutenir l'omni dans sa pratique, pas selon ses cas référés mais dans sa compréhension des problématiques. Et le psychiatre répondant que nous avons, le Dr De la Sablonnière, actuellement, est très efficace pour assurer le retour auprès des demandes de ses collègues.
Mme St-Amand: Ce que je comprends, c'est que vous allez l'étendre à l'ensemble du territoire.
M. Plante (Michel): C'est notre volonté, mais il faut trouver la bonne personne, qu'il y ait quelqu'un qui se propose aussi.
Mme Malo (Isabelle): Dans les deux territoires aussi, est, ouest, il y a toujours, à tous les jours, un psychiatre de garde, 24/7. Donc, on s'assure, dans le fond, que les médecins omnipraticiens ou les équipes de première ligne qui ont besoin d'avoir accès rapidement à un psychiatre ont accès à un psychiatre de garde en tout temps.
Mme Daneault: Est-ce que les généralistes des groupes de médecins de famille ont accès aussi à des corridors d'accès privilégiés pour l'ensemble des spécialités ou seulement en psychiatrie?
M. Plante (Michel): L'ensemble des spécialités, non, je ne pense pas. Les ententes qu'on a souvent, c'est l'accès au plateau technique, aux cliniques externes spécialisées dans certains domaines. On a aussi, sur le territoire, l'accueil clinique qui existe, qui est amplement utilisé dans le CSSS de Rimouski-Neigette pour justement faciliter, pour les cas subaigus, l'accès à une consultation à spécialité. Donc, ce sont des outils qu'on installe progressivement.
Il faut comprendre que... Tout à l'heure, on parlait de l'importance de la circulation de l'information clinique. Ça aussi, c'est le défi qu'on a de faire adjoindre tant l'organisation des services, les corridors de services que faciliter aussi la circulation de l'information clinique. C'est l'un des très grands défis qu'on a, là, surtout dans une optique de consolidation et de primauté de première ligne.
Mme Daneault: Avez-vous noté des résultats depuis l'instauration des corridors d'accès au niveau du temps d'attente à l'urgence?
Mme Malo (Isabelle): Vous savez, on n'a pas d'enjeu particulier à l'urgence dans notre région. Notre durée moyenne de séjour sur civière dans l'ensemble des établissements, en tout cas dans la moyenne des établissements, est bien en deçà de 11 heures. À la dernière période, on était à 8,8 heures de durée moyenne de séjour globalement dans la région.
Il y a deux établissements qui présentent certaines fragilités. Rimouski-Neigette notamment, c'est le plus gros centre. Évidemment, durant la période des fêtes, pas besoin de vous dire que... avec la grippe, on a rencontré là tout un défi. Mais, dans la majorité des autres territoires de MRC, je vous dirais que ça va très, très bien au niveau de la durée moyenne de séjour sur civière.
Ce qu'on fait avec Rimouski puis Rivière-du-Loup, c'est que, compte tenu qu'on a constaté les fragilités au cours... depuis le milieu de l'automne, on leur a demandé, de façon spécifique, de nous faire un plan d'action et d'amélioration et de ne pas s'occuper seulement de ce qui se passe à l'urgence -- c'est qu'est-ce qui se passe en amont puis qu'est-ce qui se passe dans le centre hospitalier qui fait que, des fois, les gens restent dans les lits de courte durée, qu'il y a des personnes en fin de soins actifs qui occupent des lits dans des proportions trop significatives à notre goût -- et puis, dans le fond, de regarder l'ensemble du continuum.
Donc, quand on leur demande de travailler, et ce qui est le cas actuellement, un plan d'amélioration de la performance de l'urgence, on ne travaille pas juste sur l'urgence, on travaille sur le continuum autour, en amont et en aval. Et c'est sur ça qu'on travaille actuellement avec eux. D'ailleurs, je pense que, cette semaine et même la semaine prochaine, on a des rencontres avec les deux centres hospitaliers, là, pour lesquels on considère que la performance à l'urgence reste à améliorer.
Mme Daneault: Merci.
Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis: Merci, M. le Président. Bravo, félicitations, Mme Malo et votre équipe, vous faites un très bon travail. Mais ma tâche, c'est de poser des questions. Alors, j'ai une très courte question sur les GMF, mais je veux parler plutôt de la santé mentale et de taux de suicide. D'abord, les GMF, et c'est très court. Dans votre rapport, vous avez indiqué que le GMF du Boisé Langevin a été implanté en janvier 2012, devenant ainsi le 11e GMF...
Mme Malo (Isabelle): C'est une erreur.
Mme de Santis: O.K. Parce que, partout, je vois qu'on fait référence à 10, et je me dis: Où est passé le 11e?
Mme Malo (Isabelle): Vous avez un très bon oeil. C'est vraiment une coquille dans le document, parce qu'il y a 10 groupes de médecine familiale.
Mme de Santis: Merci. Maintenant, je veux passer à quelque chose qui me préoccupe un petit peu, parce que, dans votre rapport annuel, vous n'avez donné aucune information sur le pourcentage de personnes ayant des problèmes de santé mentale qui ont reçu des services de première ligne dans un délai de 30 jours. Il manque aussi les renseignements ou les informations sur le pourcentage de personnes ayant des problèmes de santé mentale qui ont reçu des services de deuxième et troisième ligne dans un délai de 60 jours. Je mentionne ça, d'un côté.
Je regarde un tableau qui a été publié sur le site du Commissaire à la santé et au bien-être, et là je vois que le taux ajusté de mortalité par suicide... vous êtes la région avec le deuxième plus grand taux de suicide. Je vois aussi que le délai moyen d'attente de l'usager pour une première intervention en santé mentale, ça va à 88,8 jours, et là vous êtes 13e sur 15. C'est des choses que je trouve préoccupantes parce que je trouve que c'est aussi relié à un taux de suicide qui est très élevé.
Et je vois aussi que le taux de réadmission dans les 30 jours en raison d'une maladie mentale, et ça, c'est en pourcentage pour 2010 et 2011, là aussi vous êtes 13 sur 15, et c'est un taux assez élevé.
Alors, face à ça, je me demande: Pour le suicide, est-ce que vous avez des programmes de prévention? Qu'est-ce que vous faites particulièrement pour ce problème qui est assez important dans votre région? J'aimerais comprendre aussi pourquoi le taux de réadmission est tellement élevé et qu'est-ce que vous faites pour réduire ce taux. Et j'aimerais vous encourager que, dans l'avenir, d'inclure des renseignements dans votre rapport annuel. Je ne suis pas du domaine de la santé et je trouve ça difficile de suivre des rapports annuels que je dois lire et sur lesquels je dois commenter. Merci.
** (11 h 30) **
Mme Malo (Isabelle): Au niveau de la prévention du suicide...
Le Président (M. Bergman): Madame...
Mme Malo (Isabelle): Dr Maguire, pour la prévention du suicide.
M. Maguire (Robert): Vous en avez une bonne là. Au niveau de la prévention du suicide, évidemment j'essaie de me remémorer un tableau que j'ai vu jeudi ou vendredi dernier, qui devrait être publié prochainement par l'Institut national de la santé publique. Et, si je me souviens bien, il y a des années où c'était 60 et il y a des années où ça s'était amélioré de façon significative, c'était à peu près 20, si je me rappelle bien, ou quelque chose du genre. Mais c'est un tableau que vous n'avez probablement pas dans ce document-là, c'est un tableau, là, qui va sortir dans les prochains jours.
Par rapport à la prévention du suicide, ce qu'on a développé au cours des dernières années, c'est d'abord des groupes sentinelles. Il y a deux centres de prévention du suicide dans le Bas-Saint-Laurent, un à Rivière-du-Loup et un à Rimouski, et ces gens-là assurent une formation assez importante. Il y a entre 1 500 et 1 800... là, je ne suis pas nécessairement bon dans les chiffres, mais bon, mettons, 1 650 sentinelles qui ont été développées dans tout le territoire.
Et aussi ce qu'on avait développé au cours des dernières années, c'était un suivi, de s'assurer que les gens qui... On sait que les gens qui vont se suicider sont des gens qui ont des problèmes de santé mentale importants et souvent qui ont des périodes dépressives importantes. Et, quand on est capables de s'assurer que les gens vont pouvoir rencontrer assez rapidement leur médecin de famille, avoir une prescription d'antidépresseurs ou d'autres activités...
Et là-dessus on a mis du financement pour que, entre le pharmacien, les gens du centre de santé et les omnipraticiens, il y ait un suivi qui puisse se faire pour s'assurer, par exemple, entre autres, que les gens prennent bien leurs médicaments.
C'est les grandes activités, là, je veux dire, essayer de faire en sorte que les gens, les omnipraticiens, les travailleurs du CSS, les pharmaciens, puissent s'assurer que, par exemple, les gens vont bien prendre leurs médicaments, et, comme je vous disais tout à l'heure par rapport aux groupes sentinelles, quand les gens ont besoin d'aide, bien, qu'ils puissent la recevoir assez rapidement.
Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis: O.K. Merci pour votre réponse. Et, quant au taux de réadmission dans les 30 jours, est-ce que vous avez prévu quelque chose pour réduire ce taux?
Mme Bérubé (Cathy): Peut-être juste au niveau des statistiques, tantôt, vous disiez qu'il n'y avait rien au niveau du rapport. Si vous le souhaitez, on pourrait vous les transmettre, là, les nombres de demandes, les délais moyens, premier service, deuxième service, tout ça. Si vous le souhaitez, on pourra vous les rendre disponibles. Tantôt, quelqu'un a posé la question à savoir c'était quoi, là, les idées pour organiser en santé mentale, tout ça...
Mme de Santis: Je m'excuse...
Mme Bérubé (Cathy): Oui?
Mme de Santis: Je ne crois pas que j'ai une réponse. Pourquoi le taux de réadmission est tellement élevé?
Mme Malo (Isabelle): Bien, si tu me permets, Cathy? Je pense que c'est passablement en lien avec ce que je vous ai expliqué tout à l'heure. On a un problème de fluidité dans le continuum de services. Et, à partir du moment où les gens ont leur congé, il faut que l'équipe, par exemple, de l'hôpital psychiatrique de Rimouski ou de Rivière-du-Loup... il faut qu'il y ait une bonne prise en charge qui soit faite par le médecin de famille, que le médecin spécialiste en psychiatrie continue certaines interventions en externe, mais qu'il y ait quelqu'un qui prenne le relais aussi au niveau de la première ligne.
Et c'est là actuellement où, nous, on identifie qu'il y a des difficultés parce, lorsqu'il y a une fin d'épisode d'hospitalisation... je ne dis pas qu'il n'y a pas un
sommaire d'hospitalisation qui est transmis au médecin traitant, mais la prise en charge par l'équipe de première ligne pour s'assurer de poursuivre les actions et les défis auxquels la personne qui souffre est confrontée, je pense que c'est là que le bât blesse. Et ça peut faire en sorte justement que les gens vont rapidement retourner à l'hôpital pour retourner chercher les soins et services dont ils ont besoin.
Donc, on a vraiment un travail à faire au niveau de cette circulation-là de l'information, je vous dirais, de la première ligne vers la deuxième ligne, mais de la deuxième ligne aussi vers la première ligne quand une personne a fini son épisode d'hospitalisation, où on considère qu'on a une fragilité, là, dans la circulation de l'information.
Mme de Santis: Qu'est-ce que vous pouvez faire de concret pour que cette situation-là change?
Mme Malo (Isabelle): Bien, moi, je vous dirais qu'il faut qu'à chaque fois qu'il y a un client qui a une fin de soins actifs, que le médecin omnipraticien et que l'équipe de première ligne soient sollicités pour poursuivre l'intervention auprès du client. Ça peut se faire aussi en collaboration avec les organismes communautaires, les équipes de suivi d'intensité variable ou les équipes de suivi intensif dans le milieu, dépendamment des problématiques des jeunes. Mais il faut vraiment qu'il y ait une référence et une prise en charge qui soient faites.
Mme de Santis: Et vous allez l'encourager.
Mme Malo (Isabelle): Absolument. Et c'est là-dessus qu'il faut qu'on travaille. Puis on le sait, là, c'est toute la fluidité dans le suivi de la clientèle dans le continuum où on a une fragilité comme région.
Mme de Santis: Merci.
Le Président (M. Bergman): Merci. Alors, c'est le côté du gouvernement. C'est votre dernier bloc: vous avez 8 min 50 s. M. le député de Roberval.
M. Trottier: Oui. Merci, M. le Président. On entend souvent que, dans le domaine de la santé, il y a beaucoup de lourdeur d'administration, que ça coûte très cher, qu'il faudrait couper là-dedans. Qu'est-ce que vous en pensez? Puis est-ce que vous avez des suggestions par rapport à cet aspect?
Mme Malo (Isabelle): C'est une grande question. Dans notre région, même si on a choisi d'avoir huit CSSS, dont certains sont très petits, malgré tout, on a une performance, toutes proportions gardées, là, au niveau de l'équité entre les régions, de plus de 2 millions. Et c'est ce qui nous confirme, dans le fond, que « small » peut être aussi « beautiful » et que c'est possible, malgré une petite organisation locale, d'avoir des structures qui ne coûtent pas plus cher et qui rendent des services de proximité dans les différents territoires de MRC.
Je pense qu'au niveau des services administratifs il faut accepter aussi de lâcher prise un peu, en tout cas pour les années à venir, compte tenu des défis financiers auxquels on est confrontés. Et là je ne parle pas nécessairement de fusion d'établissements, mais on peut parler de mise en commun de plusieurs activités d'administration et de soutien entre les établissements. Un regroupement du traitement de la paie, là, ça, ça peut se faire sur une base régionale; ça pourrait même aller plus loin que ça à terme. Regrouper nos centres d'expertise en assurance salaire.
Ça coûte très, très cher, avoir des équipes spécialisées ou des ressources spécialisées en suivi rigoureux des dossiers d'absentéisme dans chacun des établissements. Je pense que c'est des choses qu'on peut faire. Probablement qu'on développerait davantage d'expertise et qu'on pourrait améliorer notre performance comme réseau.
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