Culture and Education — 21 September 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2016-09-21
Quebec — Committees
Également,
il y a aussi une flexibilité à l'égard de l'utilisation des sommes. Il y a
des enveloppes qui, aujourd'hui, oui,
vont transiter par les commissions
scolaires, mais vont se diriger directement vers les écoles, et ça s'inscrit également et surtout dans un plan qui est beaucoup
plus grand ou, je dirais, qui nous amène à court, mais surtout à moyen terme...
qui est la politique sur la réussite
éducative. Depuis mon arrivée... puis j'en étais convaincu, qu'on se devait
d'avoir une réflexion à l'égard d'où devrait être le réseau de l'éducation
dans les prochaines années, comment est-ce qu'on peut faire pour augmenter la diplomation, comment on peut mieux soutenir nos
élèves avec des besoins particuliers qui sont très importants et comment on peut inscrire l'éducation tout au long de la
vie. Et ce n'est pas anodin, et ce n'est surtout pas étranger au fait
que j'ai la capacité de pouvoir discuter de ça, ayant deux responsabilités
ministérielles importantes, c'est-à-dire le ministère
de la Famille et le ministère de l'Éducation, pour être capable d'agir plus tôt, de s'inscrire
dans la réflexion sur l'éducation même en petite enfance et tout au long de la
vie par la suite. Parce que les gens le savent, le savent de plus en plus, si vous avez envie de parler d'alphabétisation,
vous n'avez qu'à m'appeler, je suis toujours
très touché, et interpelé, et intéressé par la question.
Donc, il y
aura cet automne des consultations. Ça va se faire un peu en parallèle de notre
exercice qu'on fera ici, à l'Assemblée
nationale, avec les collègues. Mais il y a beaucoup
de choses dont on pourra parler dans le cadre de cette consultation-là. J'invite d'ailleurs, Mme
la Présidente, si vous me permettez
de le faire, les gens à continuer de participer à l'inscription pour des mémoires lors des
consultations régionales. Aux partenaires, lorsqu'il y aura la grande rencontre
du 1er décembre, et surtout aux citoyens,
aux enseignants, aux parents, à tous ceux qui sont intéressés par l'éducation, de s'inscrire en ligne et de faire une démarche sur les
différents questionnaires, là, qui sont offerts.
Donc, je pense que la tonalité n'est pas la
même, si je peux prendre cette expression-là. Je pense que le débat va être un
peu différent, même si on va parler de choses dont on connaît. C'est peut-être
la raison pour laquelle les consultations seront plus courtes. Dans le fond,
plusieurs organisations ont déposé deux mémoires en quelques mois, on va peut-être se dire parfois la même affaire, mais je sais
qu'on va en parler différemment parce
que ça s'inscrit dans un cadre
qui est différent. Et, s'il y a une chose dont je suis très heureux et très
fier, c'est d'avoir la capacité, Mme la Présidente, de dire aujourd'hui que l'ensemble des gens qui s'intéressent à l'éducation, l'ensemble des gens qui ont interpelé le ministre à l'égard de l'éducation ont eu accès à du
temps, ont eu accès à de l'écoute, et c'est toujours un plaisir et
un beau privilège pour moi de faire ce que je fais.
Donc, je
souhaite une belle rentrée à tout le
monde et je dis aux collègues : Merci
de participer aussi sérieusement que vous le faites, comme vous l'avez
fait la dernière fois, à cet exercice-là. Merci.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup, M. le
ministre. Alors, j'invite maintenant
le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, de recherche et
de la persévérance scolaire et député de Lac-Saint-Jean à faire ses remarques préliminaires pour un maximum
de 3 min 30 s.
M. Cloutier : Je vous remercie, Mme
la Présidente. Alors, à mon tour de souhaiter la bienvenue à tous mes collègues de l'Assemblée nationale, évidemment aussi à tout le réseau du milieu de
l'éducation, qui, à nouveau, va venir nous rencontrer.
Mme la Présidente, il faut quand même se
souvenir du pourquoi que nous sommes réunis aujourd'hui en commission parlementaire, il faut quand même se
souvenir de l'origine du projet de loi n° 86. Bien sûr, on est sur le
projet de loi n° 105, mais le projet de
loi n° 86, à l'origine, était une réponse à la problématique de la
taxation et de la représentation des
Québécois sur les commissions scolaires et comment on pouvait accroître la
participation au processus démocratique. Force est de constater que le projet de loi, qui était très attendu, le
projet de loi n° 86, qui devait entrer en vigueur pour la rentrée scolaire... se sont succédé les délais, ce
qui fait en sorte que, lors du dernier dépôt du projet de loi n° 86, au
mois de décembre, on a eu des auditions, et, de toute évidence, il y a eu
beaucoup de commentaires qui ont été émis quant à la faisabilité ou non.
Ceci étant
dit, je constate que nous avons repris des éléments qui sont de nature un peu
plus consensuelle, même si la qualité
des mémoires, il faut le souligner, nous invite quand même à une réflexion qui
est sérieuse. Mais je constate quand
même que l'aspect de la taxation scolaire est complètement évacué, de même que
la participation aux élections. La vraie question, c'est comment
accroître la participation des Québécois dans le processus démocratique, et je
ne le retrouve pas dans le projet de loi.
Maintenant,
je ne peux pas non plus passer sous silence, M. le ministre, que vous invitez
les Québécois à cette grande démarche
pour la réussite scolaire. Et c'est ce que nous avons souhaité dès le départ,
donc, il y a deux ans, alors maintenant
c'est clairement un pas dans la bonne direction. Par contre, ça nécessitera
aussi des modifications à la
Loi sur l'instruction
publique, et là je me demande un peu... Là, vous nous amenez en commission
parlementaire sur un projet de loi,
mais c'est évident que vous allez arriver avec un autre projet de loi qui va
venir encore modifier la
Loi sur l'instruction publique. Je me demande un peu, dans l'ordre des choses, si ça n'aurait
pas été préférable de, d'abord, écouter, entendre, déposer votre politique puis, ensuite, d'adopter
toutes les modifications que vous jugez nécessaires à la
Loi sur
l'instruction publique pour vous donner toutes les marges de manoeuvre. Je me
demande si on n'est pas en train de mobiliser à nouveau le réseau de
l'éducation pour cette commission parlementaire et qu'on ne sera pas obligé de
faire le même exercice dans six, huit, 10, 12 mois avec les consultations et
les autres modifications que vous souhaiterez apporter.
Puis, ceci
étant dit, on va participer de bonne foi, on va entendre les intervenants,
mais, quand même, je vous invite à cette réflexion : Est-ce qu'il y
a des outils que le milieu aura de besoin pour mettre en oeuvre cette politique
pour la réussite scolaire, qui ne se
retrouvera pas dans le projet de loi actuel et qui va nécessiter d'autres
modifications? Moi, j'ai peur que la
réponse, ça soit oui. Et, si c'est le cas, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu de
suspendre quelques mois encore pour qu'on fasse l'ensemble de l'oeuvre?
Je vous soumets la réflexion, vous verrez dans vos orientations.
Puis je ne
peux pas passer sous silence non plus, quand vous dites : On est en
réflexion pour aider les élèves en difficulté, j'ai envie de vous
dire : Embauchez les professionnels, les psychoéducateurs, les techniciens
en éducation spécialisée, et toute la liste. C'est de ça dont le Québec a de
besoin de façon très, très, très urgente.
Maintenant que mes
remarques sont faites, je vais souhaiter la bienvenue, vous dire qu'on va
participer de bonne foi. Si nous réussissons
à adopter le projet de loi rapidement avec les bonnes modifications, tant
mieux, mais je nous mets quand même en garde de ne pas travailler en
double sur la consultation parallèle qui a cours présentement. Voilà, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député. Alors, j'invite la porte-parole du deuxième groupe de
l'opposition et députée d'Iberville de faire des remarques préliminaires pour
un maximum de 2 min 30 s.
Samson : Merci, Mme la Présidente. Ce sera bref. Je salue tout
l'ensemble de mes collègues, mesdames, monsieur,
et l'ensemble des participants que nous allons entendre aujourd'hui et demain.
Vous aurez remarqué certainement
l'absence de mon collègue expert en matière d'éducation, le député de Chambly, qui
est, malheureusement, retenu au chevet d'un membre de sa famille. Alors,
je lis très assidûment depuis le milieu de la nuit de façon à me familiariser le mieux possible avec l'ensemble des
mémoires qu'on a reçus et le projet de loi. Alors, je vais essayer de
faire ça comme une grande fille, et on verra ce que ça donne.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup, Mme la députée
d'Iberville. Alors, on va passer les auditions. Je souhaite la bienvenue aux représentants de la Fédération des comités
de parents du Québec. Merci d'être là. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre présentation,
et, par la suite, on passera à une période d'échange entre les élus.
Alors, sans plus tarder, la parole est à vous.
Mme Payne (Corinne) : Alors,
mesdames et messieurs, bonjour. Je suis accompagnée aujourd'hui de Mme Lyne Deschamps puis
M. Marc Patrick Roy, mon vice-président. Nous sommes contents
d'être ici, même si on ne pensait pas
qu'une autre consultation était nécessaire. D'abord, parce que vous déjà
entendu tout le monde et, ensuite, parce
que les parents s'attendaient à ce que le dossier soit réglé avant la rentrée
pour ne pas vivre une autre année dans le flou de la loi.
Les parents
du Québec sont favorables au projet de loi n° 105 dans la mesure où il
tourne autour du principe de subsidiarité
et de la volonté de donner aux écoles et aux parents une meilleure emprise sur
les processus décisionnels qui les concernent. Pour les parents du
Québec, le projet de loi doit répondre à cinq besoins précis.
Premièrement,
le principe de subsidiarité doit être réel à tous les niveaux. C'est ainsi que
l'école pourra réellement être placée au centre des processus
administratifs et décisionnels du réseau public d'éducation.
Deuxièmement,
il faut que le guide de bonnes pratiques arrive rapidement. Pour les parents,
un tel guide constitue un outil
essentiel au respect des principes de subsidiarité et de gestion efficiente des
ressources de la commission scolaire. On
n'a pas le temps de faire 12 mois de consultation. Des bonnes pratiques et des
outils existent déjà, il faut en tirer parti et agir rapidement afin de changer l'interprétation à géométrie variable.
D'ailleurs, la fédération tient à vous offrir son aide et son expertise
dès maintenant afin de mettre en place un tel guide des bonnes pratiques.
Troisièmement,
il doit être clairement indiqué dans la loi que le conseil des commissaires
doit expliquer par écrit s'il refuse
des recommandations du comité de parents sur le plan de l'engagement vers la
réussite. Ceci est un élément du projet
de loi n° 86 qui est disparu et qui représente pour les parents un recul
par rapport au pouvoir d'influence accru dont ils estiment avoir besoin. Ce n'est pas équitable
qu'une telle explication ne soit pas obligatoire, alors que dans le projet
de loi, pour le comité de répartition des ressources, ça existe. Qu'est-ce qui
est bon pour minou, ça doit être bon pour pitou.
Quatrièmement — puis
on croit vraiment que c'est un oubli — les commissions
scolaires doivent être
soumises à une reddition de comptes publique dans une volonté de la plus grande transparence des institutions publiques. En plus, des parents voulaient une reddition de comptes tant pour les services de
garde que pour tous les frais chargés
aux parents. Je rappelle ici de mon
arbre de Noël de la consultation que nous avons faite, c'est la ligne qui est 100 %... tous les parents du Québec
veulent avoir les redditions de comptes.
Cinquièmement,
les parents souhaitent avoir le droit de vote au conseil des commissaires,
mais, à lui seul, c'est tellement et
tellement loin de l'esprit du projet de