Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 5 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2016-04-05
Quebec — Committees
(Quinze heures trente-trois
minutes)
Président (M. Morin) :
Bon milieu d'après-midi, tout
le monde. Comme nous avons le quorum,
je déclare la séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles
ouverte. Je demande à toutes les personnes de vérifier vos téléphones
cellulaires ou vos tablettes, tout ce qui fait du bruit.
La commission est réunie afin de poursuivre les consultations
particulières et auditions publiques dans le cadre de l'étude du livre vert
intitulé Orientations du ministère de l'Énergie et des Ressources
naturelles en matière d'acceptabilité sociale.
Mme la présidente, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Richard (Duplessis) sera
remplacée par M. Ouellet (René-Lévesque); M. Villeneuve (Berthier), par
M. Lelièvre (Gaspé); et Mme D'Amours (Mirabel), par M. Surprenant (Groulx).
Le Président (M. Morin) :
Merci beaucoup. Cet après-midi, nous entendrons Développement économique
Sept-Îles, qui sont présents, l'Institut du Nouveau Monde, la ville de Gaspé et
le Conseil du patronat du Québec.
Donc, je
souhaite la bienvenue à nos invités. Vous savez que, pour les fins
d'enregistrement, on vous demande de vous
identifier, et vous avez 10 minutes pour nous exposer votre point de vue
sur l'acceptabilité sociale. Donc, la parole est à vous.
Brouillette (Marc) : Alors,
bonjour, M. le Président. Mon nom est Marc Brouillette. Je suis le vice-président
de Développement économique Sept-Îles. Je vais immédiatement céder la parole à
M. Tremblay, qui va se présenter et partir le bal.
Tremblay (Russel) :
Donc, bonjour, M. le Président. Russel Tremblay, Développement économique
Sept-Îles. Je suis directeur adjoint et commissaire aux infrastructures
stratégiques.
D'entrée de jeu, on a fait un mémoire synthèse
d'un petit peu les deux mémoires qu'on a faits au cours de la dernière année, notamment sur le chantier de
l'acceptabilité sociale. On l'a bonifié avec les études stratégiques sur
les hydrocarbures. On avait parlé
d'acceptabilité sociale également dans les EES. Et ça donne à peu près neuf
recommandations.
La première,
le premier point, l'acceptabilité sociale, est-ce que c'est l'affaire d'un seul
ministère? Quand on parle de
l'acceptabilité sociale, c'est une multitude de ministères ou entités
gouvernementales qui sont concernés, que ce soit le MESI, le MERN, le MTQ, le MDDELCC, Santé, Société
du Plan Nord, dans le cas comme une ville comme Sept-Îles, Stratégie maritime, encore une fois une ville
comme Sept-Îles, et j'en passe plusieurs. Puis ça, c'est rien que les
entités qui sont provinciales. Quand on
intègre le municipal et le fédéral, ça en fait une multitude. Le problème dans l'acceptabilité sociale,
c'est : Quand on en a un, des maillons de la chaîne, qui ne fait pas son
travail, ça dérape souvent dans des dérives populaires. Donc, pour nous, c'est vraiment important qu'on ait un
document de référence commun, et connu de tous, et appliqué par tous. Donc, notre première
recommandation, c'est : Définition uniforme de l'acceptabilité sociale
prise en compte et appliquée par tous les ministères et intervenants
impliqués.
La deuxième
recommandation, c'est l'importance de la communauté d'accueil. Premièrement,
c'est qui, les experts du milieu? Pour nous, c'est assez clair, les
experts du milieu, c'est ceux qui sont imputables, que ce soit au niveau économique, environnemental, de la ville en tant
que telle. Donc, c'est les gens qui sont les experts du milieu qui
peuvent apporter un «input» qui soit
intéressant au niveau de l'acceptabilité sociale. Ça signifie aussi un partage
d'information depuis le tout début de chacun
des projets. Bien souvent, dans l'inconnu, c'est là que les tensions se lèvent
et se montent, et impliquer la
communauté d'accueil fait, pour nous, du sens d'être en priorité. Donc, la
deuxième recommandation : La communauté hôte d'un projet doit être
une
partie prenante en amont du processus de discussion entre le MERN et le
promoteur, ce qui facilitera une meilleure intégration des projets de
développement.
Notre
troisième point, puisque le BAPE est le gardien de l'acceptabilité sociale, on
sait... De toute façon, vous avez eu
déjà plusieurs présentations où c'est qu'on parlait souvent qu'il y a trois
composantes à l'acceptabilité sociale, soit
l'environnement, le social et l'économie. Ce qu'on se rend compte : quand
c'est les audiences du BAPE, c'est souvent des lieux de défoulement
populaire. Les impacts négatifs sont très bien documentés, les mesures de
compensation également, mais les impacts
positifs le sont beaucoup moins. Puis, quand on veut avoir vraiment une bonne
prise de vue d'un dossier en
particulier, c'est important d'avoir les deux côtés de la médaille. Donc, notre
troisième recommandation : Une refonte du BAPE est nécessaire afin qu'il prenne
en compte toutes les dimensions de l'acceptabilité sociale, qui devra
consulter et informer la population avec un panel d'experts des différents
ministères.
Notre
quatrième recommandation, nous, dans le débat de Mine Arnaud, qui a fait
beaucoup d'encre dans notre communauté,
on a eu un outil scientifique qui a été appliqué pour, disons, évaluer
l'acceptabilité sociale. C'est une grille d'analyse qui a été montée par
la Chaire d'éco-conseil de l'UQAC, où c'est qu'on a essayé de mettre ça de
façon scientifique, l'acceptabilité sociale,
en sachant que ce n'est pas une photo, l'acceptabilité sociale, c'est un concept
qui évolue. Et cette grille-là nous a permis
de vraiment... si on referait l'exercice à toutes les années, on peut voir
l'évolution de toutes les notions de
l'acceptabilité sociale, savoir où est-ce que le promoteur score, où est-ce que
le promoteur peut améliorer, ce que la population perçoit des efforts.
Donc, c'est un élément qui devrait être pris en compte lorsqu'on va mettre en
application l'acceptabilité sociale, de mettre des principes scientifiques.
Notre
cinquième recommandation, c'est un gouvernement proactif. Dans tout débat, il y
a des questions qui sont légitimes,
autant des citoyens que par des opposants systématiques, les questions sont
légitimes. Bien souvent, on va voir dans les médias des fausses vérités
ou l'utilisation du nom des ministères : tel ministère a dit ça, la Santé
a dit telle affaire. Malheureusement, ce
n'est pas les ministères qui ont parlé, c'est des citoyens. Si le ministère ne
répond pas, qui doit réagir? Est-ce
que le promoteur peut parler au nom d'un ministère? Il ne peut pas. Puis, quand
il se fait interpeller sur une
question de santé, le promoteur, il ne peut pas parler, les commissions
industrielles ne peuvent pas parler, les villes ne peuvent pas parler,
il y a juste la Santé qui peut parler. Quand il n'y a pas de réponse, qu'est-ce
qui arrive? Le vide se remplit. Donc, c'est
là qu'on voit où est-ce qu'il y a un soulèvement populaire, parce que les gens
vont commencer à avoir des craintes,
qui sont justifiées parce qu'ils n'ont pas les réponses. Ils vont essayer de trouver
des réponses où est-ce qu'ils vont
chercher de l'information. Bien souvent, ça va être sur Internet, sur Facebook.
On s'entend que, bien souvent, ce genre
d'information là fait en sorte qu'on part sur des mauvaises prémisses. On a eu
de nombreux exemples d'une dérive du débat dans notre région quand les
experts ne se sont pas prononcés, ce qui a le résultat que le débat s'est
transporté sur un débat d'émotions où
l'esprit de rigueur scientifique n'avait plus sa place. Donc, notre sixième
recommandation, c'est que le Québec s'est
doté d'une fonction publique performante, qui a le devoir de protection des
citoyens, d'assurer une pérennité économique et d'offrir un milieu sain,
rétablir les faits dans les plus brefs délais fait
partie de sa mission.
M. Brouillette (Marc) : Alors, je
vais assurer la suite, M. le Président.
Le Président (M. Morin) :
Allez, M. Brouillette.
M. Brouillette (Marc) : On l'a déjà
souligné à plusieurs reprises, autant au niveau de la présentation en commission parlementaire de la
Loi sur la Société
du Plan Nord ou les deux projets de
loi sur les mines, n° 79 et
n° 43, l'importance d'avoir un fonds de diversification économique. C'est
un élément indispensable, dans un contexte d'acceptabilité
sociale, de tout projet d'envergure,
notamment minier ou autre, qui peut se réaliser au Québec. Alors, c'est
un fonds, évidemment, qui va, je dirais, répondre à des besoins, souvent des
besoins au niveau des infrastructures pour une municipalité ou un milieu, à
diminuer l'impact négatif que peut avoir un projet dans un milieu qui accueille un investisseur, permettre aussi à une municipalité ou un milieu de se diversifier, de sortir d'un réseau mono-industriel. Bref, en bout de piste, à partir des redevances ou de retours qui pourraient être versés dans ce fond de
diversification économique là, notre
sixième recommandation, c'est la mise en place d'un fonds de diversification
économique et social par territoire
de MRC opéré notamment par un comité, ou l'équivalent d'un Comax, composé des
acteurs socioéconomiques des entreprises et des décideurs politiques.
Ce qu'il est
important aussi de souligner, et on l'a vécu malheureusement trop souvent sur
la Côte-Nord récemment, et je le dis,
là, de façon très, très sereine, il faut que l'administration, au-delà de nos
lois que nous avons, actuelles, fasse
en sorte qu'on écourte les délais auxquels sont confrontés les projets
d'envergure. Les investisseurs, la communauté, les gouvernements aussi,
il faut le dire, les élus, il faut trouver une façon de se rendre plus
facilitateurs au niveau du développement de
ces projets-là. Et ça, ça fait
partie malheureusement aussi de la question
d'acceptabilité sociale. Alors, dans
un contexte semblable, vous savez, les opportunités d'affaires, quand ça prend
deux ou trois ans à partir d'un projet qui est présenté devant le BAPE, il faut trouver une façon de réduire ça
pour que l'opportunité d'affaires demeure et qu'on ne perde pas
l'investisseur. Dans ces circonstances-là, notre septième recommandation,
c'est : Québec doit s'engager à diminuer
drastiquement les délais associés à des projets économiques et à renouer avec,
je dirais, un esprit de facilitateur au niveau du développement de nos
affaires.
La huitième recommandation, on est tout à fait
d'accord avec la mise en place d'un bureau de coordination des grands projets au sein du ministère. C'est
l'orientation 5, objectif 2, action 2. Évidemment, la difficulté
qu'on va avoir, c'est qu'il faut que ça soit fait de façon à être arrimé
avec tous les autres organes, et organismes, et bureaux qui vont exister : bureau de la commercialisation au
niveau de la Société du Plan Nord, les développements qui sont faits,
exemple, par Investissement Québec, les
développements qui sont faits par les ZIP, arrimé avec la Stratégie maritime,
arrimé avec la stratégie de développement de l'aluminium. Alors, il faut
que tout ce monde-là se parle pour que l'investisseur, la société, tout le
monde sache qu'il y a juste une porte d'entrée, qu'il n'y en a pas 12 000.
conséquemment à ça, ce qui est important, c'est qu'il faut que les gens au sein
du ministère, ce soient des gens qui accompagnent immédiatement tout
investisseur, c'est notre dernière recommandation, M. le Président. Ça devrait
compléter le 10 minutes.
Président (M. Morin) : Merci. Il vous restait 40 secondes.
Merci. Donc, M. le ministre, vous avez 15 minutes pour échanger
avec nos invités.
Arcand : Merci, M. le
Président. D'abord, bienvenue, M. Brouillette et M. Tremblay. Bienvenue. Et
j'ai lu évidemment avec beaucoup d'attention votre mémoire, et inutile
de vous dire jusqu'à quel point le développement économique, particulièrement à Sept-Îles, me tient à coeur. Alors, ça,
je pense que c'est... Je dis ça d'entrée de jeu. Ça me tient à coeur