Public Finance — 16 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2018-05-16
Quebec — Committees
Le Président (M. Bernier) : Je
vais y réfléchir jusqu'au moment où on devra se prononcer sur la question.
M. Marceau :
Voilà. Mais je voulais un
titre qui pourrait, il me semble, être plutôt bien.
Alors, ça pourrait être quelque chose
comme : loi favorisant un meilleur encadrement de l'économie numérique en
matière de commerce électronique, de
transport rémunéré de personnes et d'hébergement touristique et modifiant
diverses dispositions législatives. Alors, je vous laisse méditer
là-dessus, M. le Président.
Président (M. Bernier) :
Oui, mais ce qu'on va faire, c'est que, votre proposition, on va en faire une
photocopie puis on va permettre
également aux collègues de méditer également. Donc, je ne serai pas seul à
entrer en méditation.
M. Marceau : O.K.
Parfait.
Le Président (M. Bernier) :
C'est bien? Vous avez déjà des copies?
M. Leitão : Non, non, mais...
Le Président (M. Bernier) :
Non? On va en faire des copies.
M. Leitão : On va en faire des
copies. O.K.
Président (M. Bernier) : Vous, vous aviez un autre
titre à
proposer?
M. Leitão :
Non, non, ça va. C'était une autre chose que je voulais proposer, M. le
Président.
M. Bonnardel :
C'était l'harmonie.
M. Leitão :
Non, c'était une autre...
Le Président (M. Bernier) :
C'est autre chose?
M. Leitão :
Une autre chose.
Le Président
(M. Bernier) : C'est bien. On regardera la chose quand elle se
présentera.
Donc,
cela implique donc que nous allons passer au
chapitre VII, Encadrement des
établissements d'hébergement touristique,
section I, les dispositions de modification. Donc, M. le ministre, vous avez
une entrée en matière à nous faire avant de débuter ce chapitre.
M. Leitão :
En effet, M. le Président. Donc, j'ai une courte présentation à faire, et puis
par la suite on va rentrer dans ce
bloc, qui contient plusieurs parties, et, bon, on en discutera quand... le
moment venu. Mais on va commencer.
Alors,
le chapitre, ce
chapitre du projet de loi modifie principalement la
Loi sur les
établissements d'hébergement touristique
afin de, premièrement, permettre l'exclusion, par règlement, de certains types
de résidence de l'application de certaines
des dispositions de la loi et la détermination de modalités concernant toute
exclusion prévue par règlement, et, deuxièmement,
ça permet de transférer à Revenu Québec la responsabilité des inspections et
des enquêtes et l'application de la
section VI de cette loi relative aux infractions. À cet effet, les règles
applicables aux inspections et aux enquêtes seront celles prévues par la
Loi sur l'administration fiscale.
Des modifications
sont également proposées à la
Loi sur la taxe de vente du Québec afin
d'introduire la substance des définitions
des expressions «établissement d'hébergement» et «prêt-à-camper» dans cette
loi, pour ainsi éliminer les renvois au Règlement sur les établissements
d'hébergement touristique.
De plus, les
modifications proposées à la
Loi sur l'administration fiscale visent à prévoir
les infractions et les amendes lorsqu'une personne contrevient à ces
obligations relativement à la perception de la taxe sur l'hébergement.
Enfin,
des dispositions transitoires sont proposées afin de prévoir les modalités du
transfert, à Revenu Québec, d'employés
du ministère du Tourisme affectés à des fonctions d'inspection ou d'enquête
relatives à l'application de la
Loi sur les établissements d'hébergement
touristique.
Alors, c'est ça, en
général, le
chapitre XII, donc l'encadrement des établissements
d'hébergement touristique.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Donc, discussion peut-être d'ordre général.
M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Peut-être juste clarifier ce que Revenu Québec fait présentement en matière de
contrôle de l'hébergement touristique puis ce qu'elle fera désormais.
M. Leitão :
Oui. Je demanderais à M. Sylvain Vinet s'il pouvait peut-être venir nous...
de Revenu Québec, de venir nous expliquer cette question.
Le Président
(M. Bernier) : Donc, M. Vinet, en vous identifiant ainsi que
votre titre.
M. Vinet
(Sylvain) : Oui, bonjour.
Le Président
(M. Bernier) : Consentement pour que M. Vinet puisse prendre
la parole?
M. Vinet
(Sylvain) : Bonjour. Sylvain Vinet, directeur général des enquêtes, de
l'inspection et des poursuites pénales.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. La parole est à vous.
M. Vinet
(Sylvain) : Donc, en fait, on n'a aucun pouvoir, actuellement, pour
faire de l'inspection d'établissement touristique. L'hébergement
touristique, les pouvoirs sont dévolus actuellement au ministère du Tourisme.
M. Marceau :
Puis, une fois le transfert effectué, qu'est-ce que vous allez pouvoir
inspecter précisément?
M. Vinet
(Sylvain) : Donc, on sera en mesure de faire de l'inspection,
l'application de la
Loi sur les établissements touristiques, donc d'obtenir leur attestation. La classification va
demeurer au ministère du Tourisme. Nous, on va s'assurer que les gens l'ont faite, la demande, ou répondent
aux exigences, ont présenté les informations. On va aussi inspecter la
taxe sur l'hébergement, l'application de la taxe d'hébergement de 3,5 %,
qui va être présentée plus tard. On va aussi s'assurer
de sensibiliser les gens qui font de la location d'hébergement touristique à la
remise des taxes applicables... en fait, la notion de petit fournisseur.
Et donc on va faire toutes ces informations-là.
M. Marceau :
Ce dernier bout là, c'est Airbnb, là, c'est de ça qu'on parle?
M. Vinet
(Sylvain) : Bien, il n'y a pas juste Airbnb, il y a une multitude de
plateformes et de possibilités. Vous pouvez même annoncer dans le métro,
chez vous, avec une petite annonce...
M. Marceau : Chalet à louer.
M. Vinet
(Sylvain) : ...«chalet à louer». Donc, ces gens-là seront visités pour
s'assurer qu'ils respectent l'ensemble de la réglementation qui va être
adoptée.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Granby.
M. Bonnardel :
Est-ce que ce sont les effectifs du ministère du Tourisme qui vont être chez
vous ou ce sont de nouveaux effectifs que vous allez...
M. Vinet
(Sylvain) : Donc, la loi prévoit le transfert des gens qui sont
présentement au ministère du Tourisme. Et,
de la façon dont la loi a été articulée, ça va être une loi fiscale. Donc,
l'ensemble du travail d'inspection et d'enquête sera maintenant fait par
des gens de Revenu Québec, auquel le ministre a octroyé 25 ETC de plus.
M. Bonnardel :
25. Il y en avait combien présentement?
M. Vinet (Sylvain) : Au
ministère du Tourisme?
M. Vinet (Sylvain) : Ils sont
trois. Il faut aussi comprendre que le ministère du Tourisme peut faire faire
de l'inspection par d'autres organismes,
donc le ministère du Tourisme a délégué l'inspection aussi à d'autres... à
trois autres organismes, là. Je ne suis peut-être pas le spécialiste
pour pouvoir en répondre.
Donc, il y a
des inspections qui se font. Le fait de faire les modifications législatives
qui sont proposées, ça va faire en sorte qu'il n'y aura que Revenu
Québec qui, à ce moment-là, fera de l'inspection d'hébergement touristique.
M. Bonnardel :
Donc, 28 personnes attachées spécifiquement aux commerces d'hébergement...
M. Vinet (Sylvain) : À
l'hébergement touristique.
M. Bonnardel :
...hébergement touristique, là. O.K., sur tous les sites possibles, québécois,
que les gens peuvent utiliser, là.
M. Vinet
(Sylvain) : Oui, tout à fait. Auxquels pourraient s'ajouter aussi
l'ensemble des autres. C'est quand même un certain nombre d'inspecteurs.
M. Bonnardel : ...de
plateformes, oui.
M. Vinet (Sylvain) : Donc, on
est capables de faire des blitz ou de faire... en fonction des besoins.
Le Président (M. Bernier) :
Donc, si on voit du monde lire des babillards, c'est vos gens.
M. Vinet (Sylvain) : Pardon?
Le Président (M. Bernier) : Si
on voit des gens lire les babillards, c'est vos gens.
M. Vinet (Sylvain) : Bien, ça
pourrait être des gens intéressés par une location ou des gens de chez moi.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Rousseau.
M. Marceau :
Juste pour être au clair, pour Airbnb, donc, ça, désormais... Si je comprends
bien, il n'y a pas, d'une part, une question de pouvoir puis, d'autre
part, une question de ressources. Donc, présentement, il n'y a pas grande
inspection qui se fait ou pas grand contrôle qui se fait. Est-ce que c'est
correct de dire ça?
M. Vinet
(Sylvain) : Je crois que ce n'est pas correct de dire ça. Je pense que
le ministère du Tourisme fait le travail qu'il a à faire, il y a des...
avec d'autres personnes.
M. Marceau :
Mais pourtant... Je vous dis ça, puis moi, évidemment, je n'ai pas de
connaissance fine de ce qui se fait
au ministère du Tourisme, là. Dans le fond, peut-être que vous allez pouvoir me
le dire. Mais en même temps on entend beaucoup les grands hôteliers plaider que...
bien, les grands hôteliers puis les petits hôteliers aussi, mais les
hôteliers qui ont pignon sur rue, plaider
que la concurrence d'Airbnb est déloyale parce que, bon, il n'y a pas les mêmes
standards, souvent les taxes ne sont pas
payées, bon, je pense que vous connaissez ce discours-là. Peut-être me
dire : Est-ce qu'on peut
s'attendre à ce qu'une fois le projet de loi adopté... à une réduction de cette
concurrence déloyale, là, qui est évoquée par les hôteliers?
Le Président (M. Bernier) :
M. Vinet.
M. Vinet (Sylvain) : Donc, en
fait, l'objectif, c'est d'amener les gens à la conformité fiscale. Donc, le
fait de rajouter des effectifs et le fait de
permettre aussi à des gens... J'ai, donc, d'autres inspecteurs, donc je peux...
j'ai une force de frappe, je vais le dire de cette
façon-là, qui est beaucoup plus grande. Oui, j'ai 28 personnes, mais,
si les exigences le présentent, je peux en
mettre 50. Donc, je vais gérer à même les effectifs que j'ai pour l'inspection.
Et vous vous rappelez aussi qu'Airbnb est visé par une entente sur la
taxe sur l'hébergement, qu'elle perçoit déjà.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. Vinet.
M. Leitão : Donc, moi, je pense
que...
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Leitão :
Oui. À la fin de la journée, quand on aura adopté ces dispositions, je pense
que ces questions d'iniquité vont être... seront sur le point d'être
réglées.
M. Marceau :
Peut-être pour être plus précis, puis
ce n'est peut-être pas à vous mais peut-être plus au ministre
de répondre... Des hôteliers m'ont suggéré
que l'entente avec Airbnb qui prévoit la taxe sur l'hébergement touristique aurait dû aussi incorporer la taxe de vente, la TVQ.
M. Leitão : Oui, ça, c'est un
peu plus compliqué.
M. Marceau : Oui, O.K. Mais est-ce que... Puis je vais juste compléter la réponse pour que vous ayez tous
les éléments. Est-ce qu'avec le projet de
loi on peut s'attendre à ce qu'on obtienne quelque chose qui est équivalent,
mettons, à ce qu'on aurait obtenu en incorporant de façon explicite la récolte
de la TVQ par Airbnb dans l'entente?
M. Leitão :
Ce qu'on va obtenir, avec l'entente et avec le projet de loi, c'est que Revenu
Québec, maintenant, comme M. Vinet
a expliqué, va avoir une force de frappe un peu plus dédiée à cette situation.
Et donc elle va pouvoir faire de
l'information, elle va pouvoir s'assurer de la conformité. Parce qu'il y en a
probablement beaucoup, de citoyens, encore, qui ne sont pas conscients que, s'ils louent leur chalet ou quoi, à
partir d'un certain montant, 30 000 $, là, ils doivent aussi
percevoir la taxe de vente. Et Revenu Québec va s'assurer que cela...
Peut-être, M. Vinet, si vous voulez...
Le Président (M. Bernier) :
M. Vinet.
M. Vinet
(Sylvain) : Donc, effectivement, les inspecteurs vont en profiter pour
faire de la sensibilisation, comme je mentionnais
tantôt. C'est aussi de rappeler aux gens que, dès qu'on passe le seuil de petit
fournisseur... Donc, vous pouvez être
sur Airbnb mais ne faire que 10 000 $, vous n'êtes pas tenu de
percevoir la TPS, TVQ. Mais, si vous faites de la tenue de livres pour 25 000 $, la somme des
deux fera en sorte que vous dépassez le seuil. Donc, on va informer les gens
sur la perception de la TVQ, TPS, ainsi que les déclarations d'impôt.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Moi, ça me
va. Je vais laisser François...
Le Président (M. Bernier) :
M. le député de Granby.
M. Bonnardel : Ça
me va aussi. C'est clair pour moi.
Président (M. Bernier) : Ça vous va aussi? Bien, si ça
vous va, à ce moment-là, on va commencer à étudier les articles.
M. Leitão :
Très bien, M. le Président. Nous avons une série d'articles, 191 à 198, qui
sont relativement techniques, il me
semble. Mais alors on va y aller, on ne va pas prendre plus de temps que ça.
Mais on prendra le temps qu'il faut.
Alors,
article 191 :
L'article 7 de la
Loi sur les établissements
d'hébergement touristique (chapitre E-14.2) est modifié, dans le
troisième alinéa :
1° par l'insertion, après «catégorie
d'établissements», de «, un type de résidences»; et
par l'insertion, après «dispositions», de «selon les modalités qu'il
détermine».
Alors,
l'article 7... Excusez-moi.
L'article 191 du projet de loi
modifie l'article 7 de la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique afin que le règlement
d'application de cette loi puisse exclure certains types de résidence de
l'application de certaines de ces
dispositions de la loi et qu'il puisse contenir des modalités concernant toute
exclusion qu'il prévoit.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Ça va? M. le député, ça va? Est-ce
que l'article 191 est adopté?
Le Président
(M. Bernier) :
Article 192. M. le ministre.
M. Leitão :
Le 192, M. le Président, c'est : Les sections IV et IV.1 de cette loi
comprennent les articles 32.2 à 35.3...
Je reprends, excusez-moi. Les sections IV et IV.1 de cette loi, comprenant
les articles 32.2 à 35.3, sont abrogées.
Alors,
on fait ça parce que... de concordance avec l'introduction du nouvel
article 55.1 de cette loi par l'article 195, qu'on va voir un
peu plus loin, qui transfère à Revenu Québec la responsabilité des inspections
et des enquêtes et de l'application de la
section VI de la
Loi sur les
établissements d'hébergement touristique.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Ça va, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Granby, ça va?
L'article 192 est-il adopté?
Le Président
(M. Bernier) : 193. M. le ministre.
M. Leitão :
L'article 37 de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement, dans le paragraphe 5°, de «ou 32 ou du premier alinéa de
l'article 34» par «et 32»; et
2° par la suppression
du paragraphe 7°.
Alors,
l'article 193 est aussi un
article de concordance avec l'introduction du
nouvel
article 55.1 de la loi introduit par l'article 195, qu'on va voir très bientôt, et qui transfère à
Revenu Québec la responsabilité des inspections et des enquêtes et l'application de la
section VI de
la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique relative aux
infractions. Puisque les règles nécessaires
aux inspections et aux enquêtes seront celles prévues à la
Loi sur
l'administration fiscale, l'infraction liée à une entrave à l'exercice
des fonctions de l'inspecteur ou de l'enquêteur sera celle prévue à la
Loi sur
l'administration fiscale.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Moi, M. le Président, ça me va.
Le Président
(M. Bernier) : Ça vous va? M. le député de Granby, ça va? Est-ce
que l'article 193 est adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Adopté. 194.
M. Leitão :
L'article 55 de cette loi est modifié par le remplacement de «Le» par
«Sous réserve de l'article 55.1...»
Alors,
l'article 194 est aussi de concordance avec
l'introduction du nouvel
article 55.1 de cette loi par l'article 195,
qu'on va voir immédiatement après, et qui
transfère à Revenu Québec la responsabilité des inspections et des
enquêtes.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Ça va, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va? M. le député de Granby, ça va? Est-ce que
l'article 194 est adopté?
Le Président
(M. Bernier) : 195. M. le ministre.
M. Leitão : Alors, l'article 195, dont j'ai parlé plusieurs fois dans les
articles précédents, alors, de quoi parle-t-on? Alors, l'article 195 :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 55, du
suivant :
«55.1.
Le ministre du Revenu est chargé des inspections et des enquêtes ayant trait à
l'application de la présente loi et
de ses règlements ainsi que de l'application des dispositions de la
section VI; à ces fins, la présente loi est réputée une loi fiscale
pour l'application de la
Loi sur l'administration fiscale (chapitre A-6.002).»
Alors, l'article 55.1
que nous introduisons ici transfère au ministre
du Revenu la responsabilité des
inspections et des enquêtes et de l'application
de la
section VI de cette loi relative aux infractions. À ces fins, cet
article 55.5
prévoit que la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique est réputée
une loi fiscale pour l'application de la
Loi sur l'administration fiscale.
Ainsi, le ministre du Revenu pourra appliquer les règles relatives aux
inspections, aux enquêtes et aux poursuites pénales prévues par la Loi
sur l'administration fiscale lorsqu'il exercera ses responsabilités liées aux inspections et aux enquêtes et à l'application de
la
section VI de la
Loi sur les établissements d'hébergement
touristique.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Juste faire dire une évidence au ministre, là, c'est que le ministre du Revenu,
quand vient le temps d'appliquer un certain nombre de règles, a plus de
pouvoirs que le ministre du Tourisme dans l'application de règles identiques.
Est-ce que c'est correct de dire ça?
M. Leitão : Est-ce que c'est
correct de dire ça?
Le Président (M. Bernier) :
M. Vinet.
M. Vinet (Sylvain) : Non, je
dirais que non. On transpose les mêmes infractions qui étaient prévues dans le
ministère du Tourisme.
M. Marceau : Non, ma question,
c'est plus sur les pouvoirs des inspecteurs puis la capacité d'obtenir de
l'information.
Le Président (M. Bernier) : ...la
cueillette de l'information par rapport aux pouvoirs.
M. Vinet (Sylvain) : Les
pouvoirs d'inspection sont les mêmes. C'étaient les mêmes qui étaient exercés.
Les pouvoirs d'inspection...
M. Marceau :
O.K. Mais on s'entend que Revenu Québec est capable de croiser l'information
avec une quantité incroyable d'information dont il dispose, ce que n'a
pas le ministre du Tourisme.
M. Leitão : Peut-être que...
Le Président (M. Bernier) : Bon,
Me Jean-Philippe Lebrun, ministère des Finances. Consentement pour que Me
Lebrun prenne la parole? Me Lebrun, la parole est à vous.
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : Merci, M.
le Président. Donc, les pouvoirs sont équivalents. C'est que, dans les
dispositions de la
Loi sur l'administration fiscale, Revenu Québec a un régime
qui est adapté à sa forme, mais les pouvoirs sont équivalents, au niveau des
inspections et d'enquêtes, à ce qui se fait pour tous les autres ministères ou
organismes qui appliquent les dispositions.
M. Marceau : Oui. Je me suis
peut-être mal exprimé. Je voulais dire que Revenu Québec dispose de plus de
moyens, entre autres parce qu'il dispose de plus d'information que le ministère
du Tourisme. J'ai tenté de préciser...
M. Vinet
(Sylvain) : Donc, effectivement, je dispose de plus de moyens que le
ministère du Tourisme pour des inspections et des enquêtes.
M. Marceau :
O.K. Parce que, sinon, j'allais vous dire : Pourquoi on fait ça? Là, on
n'était pas loin de dire ça, là. Là, vous m'avez convaincu que ça vaut
la peine de le faire. O.K.
Le Président (M. Bernier) :
Étant donné les informations que vous possédez déjà.
M. Marceau : Merci de m'aider.
Le Président (M. Bernier) :
C'était le but de la question du député de Rousseau. M. le député de Granby.
M. Bonnardel : Ça
Le Président (M. Bernier) : Ça
va? Est-ce que l'article 195 est adopté?
Le Président
(M. Bernier) : 196.
M. Leitão :
196, alors :
L'article 60.4 de la
Loi sur l'administration fiscale
(chapitre A-6.002) est modifié par le remplacement de «ou à l'un des articles 350.55, 350.56 et 350.56.1»
par «, à l'un des
articles 350.55, 350.56 et 350.56.1, au paragraphe 2° de
l'article 350.61 ou à l'un des articles 541.25 à 541.28, 541.30 et
541.32».
Alors, l'article 196 que nous venons de
lire modifie l'article 60.4 de la
Loi sur l'administration fiscale afin de
prévoir qu'une personne qui contrevient à
ses obligations relatives à la remise d'une facture dans le
secteur du transport par taxi ou à la perception de la taxe sur l'hébergement
soit passible de l'amende prévue à cet article.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau, ça va?
M. Marceau : Ça va, M. le
Président.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Granby, ça va? Est-ce que l'article 196 est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Article 197.
M. le ministre.
M. Leitão :
L'article 541.23 de la
Loi sur la taxe de vente du Québec
(chapitre T-0.1) est modifié :
1° par le remplacement de la définition
d'«établissement d'hébergement» par la suivante :
«"établissement
d'hébergement" signifie un établissement dans lequel au moins une unité
d'hébergement est offerte en location contre rémunération, pour une
période n'excédant pas 31 jours, à des touristes sur une base régulière
lors d'une même année civile et dont la disponibilité de l'unité est rendue
publique;»;
2° par le remplacement de la définition de
«prêt-à-camper» par la suivante :
«"prêt-à-camper"
signifie une structure installée sur [une] plateforme, sur roues ou directement
au sol, et pourvue de l'équipement nécessaire pour y séjourner, incluant
un service d'auto cuisine;»;
3° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Pour
l'application de la définition de l'expression "établissement
d'hébergement" prévue au premier alinéa, un ensemble de meubles et d'immeubles, contigus ou groupés, ayant en commun
des accessoires ou des dépendances, peut constituer un seul établissement d'hébergement pourvu que les meubles et
immeubles qui le composent soient exploités par une même personne et
consistent en un même type d'établissement d'hébergement prescrit visé au
premier alinéa de l'article 541.24.»
Alors, les modifications apportées à l'article 541.23 de la
Loi sur la taxe de vente du Québec
par l'article 197 du projet de loi sont de nature
technique et visent à ramener la substance des définitions des expressions
«établissement d'hébergement» et «prêt-à-camper» dans cette loi pour ainsi
éliminer les renvois au Règlement sur les établissements d'hébergement
touristique.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Oui, merci, M. le Président. Donc, la définition
n'est pas modifiée, n'est pas changée d'aucune façon?
M. Leitão : Me Lebrun, je pense
qu'elle est précisée...
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : Je vais
vérifier en même temps, mais, oui, à mon souvenir, là, on avait vraiment...
on importait la même définition qui était dans le règlement. Oui, c'est exactement
la même.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député.
M. Marceau : Puis c'est plutôt rare qu'on veut
s'acheter de la rigidité, là. Pouvez-vous nous dire pourquoi le mettre dans la loi plutôt que de laisser en règlement?
Parce qu'habituellement on apprécie
la flexibilité qu'offre le fait que ce soit un règlement.
M. Marceau :
C'est ça. Si quelqu'un trouve un défaut... Parce que, moi, mettons, dans le 2°,
«prêt-à-camper», je ne sais pas qu'est-ce que ça inclut puis ce que ça
n'inclut pas, là, mais il m'apparaît que...
Président (M. Bernier) : Pourquoi l'inclure au niveau de la loi
plutôt que de le placer dans un règlement qui nous donnerait plus de
souplesse par rapport à la définition ou l'identification?
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : Bien, étant donné qu'on transfère les pouvoirs d'inspection, d'enquête
à Revenu Québec, c'est pour faciliter l'application de ces définitions-là par l'Agence du revenu. Donc, c'est
pour ça qu'on a besoin de l'intégrer à la loi, avec tout le régime qui
encadre les inspections, d'enquête de Revenu Québec.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
M. Marceau : O.K., je comprends. Alors que, si c'était resté un
règlement, ça aurait été plus difficile pour Revenu Québec de
l'appliquer ou ce ne serait pas tombé sous la houlette de la
Loi sur l'administration
fiscale. C'est ça?
Le Président (M. Bernier) : Me
Lebrun. Mme Forget, peut-être.
M. Lebrun (Jean-Philippe) : Peut-être
Nathalie Fournier pourrait venir expliquer.
Le Président (M. Bernier) :
Donc, consentement que Me Fournier puisse prendre la parole? Consentement.
Allez-y, Me Fournier.
Mme Fournier (Nathalie) :
Nathalie Fournier, Revenu Québec.
Avant, la
définition était vraiment par renvoi aux définitions qui étaient incluses dans
la
Loi sur les établissements d'hébergement
touristique. Ce qu'on veut éviter, là... On veut vraiment que notre assiette,
au niveau de la taxe sur l'hébergement,
soit autonome. Donc, si, au niveau de la
Loi sur les établissements
d'hébergement touristique, il y avait des
modifications qui étaient apportées à la définition d'«établissement
d'hébergement touristique»... que ce soit maintenant autonome, qu'au niveau de la taxe sur
l'hébergement on ait notre définition pour appliquer l'assiette, pour appliquer
la taxe d'hébergement, peu importe s'il y a
des modifications qui sont apportées à la définition d'«établissement
d'hébergement touristique», aux fins de l'application de la
Loi sur les
établissements d'hébergement touristique. Mais tout est... Présentement, là, c'est l'équivalent. Il n'y a
rien de changé à ce niveau-là, sauf qu'on veut vraiment être autonomes
au niveau de l'assiette de la taxe sur l'hébergement.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, Me Fournier.
M. Leitão : On intègre ça,
maintenant, à la
Loi sur la taxe de vente du Québec.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Rousseau.
M. Marceau :
Est-ce qu'on peut s'imaginer que, dans le futur, si des modifications sont
faites à l'une, on va faire des modifications à l'autre?
Le Président (M. Bernier) : Me
Fournier.
Mme Fournier
(Nathalie) : On a toujours été harmonisés avec les concepts. Ça dépend
toujours de la politique fiscale.
M. Marceau :
O.K. En tout cas, je comprends ce que vous dites. C'est bien raisonnable. C'est
juste rare qu'on veut perdre en souplesse puis gagner en rigidité. Mais
je comprends que... En tout cas, je comprends l'argument que vous mettez de
l'avant.
Le Président (M. Bernier) : Ça
vous va?
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Granby, ça va? Est-ce que l'article 197 est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
198. M. le ministre.
M. Leitão : Alors, à
l'article 198, M. le Président, nous avons une série d'amendements à
proposer. Et probablement qu'on pourrait les
faire en bloc, mais on va peut-être d'abord les expliquer, bien sûr. On devrait
peut-être d'abord commencer par l'article 198 lui-même.
Le Président (M. Bernier) :
Oui, bien, c'est ce que je vous ai demandé.
M. Leitão : C'est ça. Et puis
par la suite on passera à cette série d'amendements.
Alors, voilà, l'article 198 :
L'article 16.1 du Règlement sur les établissements d'hébergement
touristique (chapitre E-14.2, r. 1) est remplacé par le suivant :
«16.1. Une disposition réglementaire à laquelle
l'article 36.2 de la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique
(chapitre E-14.2) fait référence désigne les articles 11.1, 11.2,
13.1 et 16.»
Alors, les
modifications apportées à l'article 16.1 du Règlement sur les
établissements d'hébergement touristique par l'article 198 du projet de loi sont de nature technique et
visent à énumérer les dispositions réglementaires qui constitueront des infractions auxquelles
l'article 36.2 de la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique
s'applique en cas de contravention.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Ça me va, M. le
Président.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Granby, ça va? Donc, est-ce que l'article 198 est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Donc, tel qu'entendu, en ce qui regarde les articles 198.1 à 198.11, qui
sont des amendements qui introduisent ces
articles, on devrait avoir une explication des amendements d'une façon générale
et par la suite une explication... un
peu de la même façon dont ça s'est fait hier au niveau du commerce
électronique, qu'on puisse expliquer d'une façon générale...
M. Leitão : En effet, M. le
Président.
Le Président
(M. Bernier) : ...par la suite, s'il y a des questions, en ce qui
regarde les oppositions, bien, on pourra y répondre, mais, pour éviter d'avoir à lire l'ensemble de tous ces
documents-là, qu'on puisse au moins les expliquer pour que les gens qui
suivent nos travaux puissent comprendre...
M. Leitão : Je suis sûr qu'on pourra l'expliquer beaucoup
mieux que moi, mais, en général, ce que les amendements qu'on va proposer, 198.1 jusqu'à 198.11... vont
répliquer ce qui se fait avec Airbnb et toutes les autres possibles
plateformes qui pourraient exister. Donc, on essaie de prévoir toutes ces
autres possibles plateformes, et c'est pour cela qu'on a besoin d'une série
d'amendements, pour prévoir ça.
Président (M. Bernier) : Donc, ce qui a été entendu avec Airbnb
serait à ce moment-là appliqué à tout autre genre de commerce ou
d'entreprise dans ce même domaine par l'adoption de ces amendements?
M. Leitão : Exactement. Très
bien.
Le Président (M. Bernier) :
Donc, c'est Me Johanne Forget qui va nous donner les informations.
M. Leitão : Oui. Et aussi
Me Truchon pourrait compléter.
Président (M. Bernier) : Me Truchon également. Alors,
bienvenue, mesdames. Donc, consentement pour que Me Forget et
Me Truchon puissent prendre la parole? Consentement. Donc, allez-y.
Mme Forget
(Johanne) : Il faut se
rappeler qu'à l'été 2017 Revenu Québec a pris une entente avec Airbnb
concernant la perception de la taxe
sur l'hébergement. Donc, on a permis à Airbnb de s'inscrire au fichier de la
taxe sur l'hébergement pour percevoir
la taxe sur l'hébergement des fournisseurs de... les exploitants, si on veut,
des petits fournisseurs d'unités d'hébergement.
Le jour où
cette entente-là a été dévoilée au public, on a aussi déposé un bulletin
d'information pour prévoir un régime qui permettrait aux plateformes de
venir s'inscrire volontairement pour pouvoir percevoir au nom de leurs fournisseurs. En fait, c'est facilitant dans le
cas d'Airbnb, mais je veux plus parler des plateformes, parce que ce
qu'on introduit dans la législation, on
parle de plateformes numériques. Donc, la plateforme s'inscrit au fichier,
malgré que ce ne soit pas un
exploitant et que ce ne soit pas un intermédiaire. Donc, on permet à la
plateforme de s'inscrire au fichier de la taxe sur l'hébergement pour percevoir un taux qu'on a prévu de
3,5 % par nuitée. Alors, on n'a pas, là, la possibilité que ce soit
3,50 $ ou 3,5 %, c'est vraiment déterminé à 3,5 % par nuitée.
Ce qu'on fait
dans les amendements, on modifie presque tous les articles qui sont déjà
contenus dans la
Loi sur la taxe de
vente du Québec qui concernent la taxe sur l'hébergement pour venir introduire
la notion de plateforme numérique, ce
qui n'était pas là déjà. On prévoyait la taxe sur l'hébergement pour les
exploitants et pour les intermédiaires. Maintenant, presque tous les
articles sont ouverts pour prévoir les plateformes numériques.
Président (M. Bernier) : Oui, oui, allez-y, M. le député de
Rousseau, au fur et à mesure, faire les échanges.
M. Marceau : C'est plus simple
que de garder les questions... Dans les plateformes numériques, il y en a, effectivement, c'est assez clair que ce n'est pas
des intermédiaires, là, c'est comme une place de marché, là, de chalets
à louer. Mettons, si quelqu'un va là-dessus,
il va trouver le nom d'un propriétaire qui a un chalet à louer à un endroit
où on veut aller, puis nous, on l'appelle,
on communique avec le propriétaire, et effectivement la plateforme n'est plus
du tout au coeur de la transaction.
Mais, dans des plateformes du genre d'Airbnb et d'autres équivalents qui
pourraient exister, la plateforme est
vraiment au coeur de la transaction, entre autres parce qu'on paie à travers
cette plateforme-là. Donc, ma question,
c'est : Est-ce que vous... Enfin, ça, je ne suis pas au clair, là, je ne
suis pas parfaitement au clair de pourquoi vous dites
que ce n'est pas nécessairement un intermédiaire, parce que je pense qu'Airbnb
est un intermédiaire, là, d'une certaine façon.
Le Président
(M. Bernier) : Me Forget.
Mme Forget
(Johanne) : Dans la définition qu'on retrouve à 541.23, actuellement,
de l'intermédiaire, c'est l'acquéreur d'une
fourniture d'une unité d'hébergement qui la reçoit pour effectuer uniquement de
nouveau la fourniture. Donc, l'intermédiaire achète un bloc et
refournit. Donc, ce n'est pas le...
M. Marceau :
Ah! O.K. C'est ça.
Le Président
(M. Bernier) : O.K. Il se met en banque un bloc de réservations.
M. Marceau :
O.K. Juste pour être au clair, Airbnb, est-ce que c'est un intermédiaire, pour
vous?
Mme Forget (Johanne) : Non. Airbnb n'acquiert pas les unités pour les
revendre, c'est une plateforme pour offrir...
M. Marceau :
...faire de la recherche puis aussi pour faire la transaction. L'argent passe...
Mme Forget
(Johanne) : C'est pour mettre en contact deux personnes, dans le fond.
Le Président
(M. Bernier) : C'est un lieu de rencontre.
M. Marceau : O.K. J'essaie juste de comprendre, parce que,
là, je croyais qu'on étendait les... enfin, on prenait, dans le fond, ce qu'il y a dans l'entente Airbnb
puis on l'incluait dans la
Loi sur la taxe
de vente pour que les
équivalents d'Airbnb soient couverts dans le
cas où ils émergeraient, puis là vous êtes en train de me dire, bien, qu'Airbnb
n'est pas une plateforme. C'est pour ça, je suis un peu mêlé.
Le Président
(M. Bernier) : Me Forget.
Mme Forget (Johanne) : O.K., je vais reprendre. Ce qu'on a présentement dans la taxe sur l'hébergement, ce qu'on a, ce qui existe présentement, l'assujettissement, c'est le fournisseur de
l'unité d'hébergement et l'intermédiaire. On parle d'un intermédiaire. C'est quelqu'un qui achète, qui acquiert un bloc, qui acquiert
des unités pour les revendre. Ce n'est pas
le cas d'Airbnb présentement. Ce qu'on fait, c'est qu'on modifie notre loi
pour venir introduire la notion de plateforme numérique, l'équivalent
d'Airbnb, pour ne pas la nommer, dans la législation.
M. Marceau :
Et on va exiger des plateformes numériques qu'elles récoltent...
M. Leitão :
La taxe sur l'hébergement.
Mme Forget (Johanne) : En fait, c'est un régime volontaire. Donc, elles
viennent s'inscrire volontairement pour faciliter la perception de la taxe sur l'hébergement. Donc, on inscrit
la plateforme au lieu de 5 000 petits exploitants qui doivent
venir s'inscrire présentement au fichier de la taxe sur l'hébergement.
Le Président
(M. Bernier) : Ça limite, à ce moment-là, le nombre
d'inscriptions. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Oui, bien, là, je vous ai interrompue. Est-ce que
vous vouliez ajouter des choses avant que je... Enfin, moi, ma question naturelle,
je reviens à quelque chose que j'ai soulevé plus tôt, c'est : Pourquoi ne
pas profiter de ça pour récolter
aussi la TVQ? Pourquoi juste la taxe sur l'hébergement? Parce qu'à partir du
moment où la plateforme s'inscrit pour la récolte de la taxe
d'hébergement il me semble que le pas à franchir pour rajouter la TVQ n'est pas
très grand. Peut-être qu'il y a des problèmes que je ne vois pas, là.
Le Président
(M. Bernier) : Me Forget.
Mme Forget (Johanne) : La taxe sur l'hébergement, elle est perçue à
partir du premier dollar de fourniture. La TVQ, elle est perçue à partir du 30 000 $ de fourniture. Donc,
la plateforme Airbnb ne connaît pas la situation du fournisseur, ne sait pas si le fournisseur a
fourni pour 20 000 $ ou pour 30 000 $ de fourniture parce
que le fournisseur peut également
louer autrement que via la plateforme. Donc, la plateforme n'a pas
l'information pour percevoir la TVQ au nom de l'exploitant.
M. Marceau :
À moins que le fournisseur fasse savoir à la plateforme qu'il a atteint le
seuil de 30 000 $.
Le Président
(M. Bernier) : Me Forget.
Mme Forget (Johanne) : Ça n'a pas été... La politique fiscale n'est pas
dans ce sens-là. Puis il faut dire aussi qu'on ne parle pas de la
majorité. 30 000 $ de fourniture... En fait, le seuil de petit
fournisseur n'est pas atteint dans plusieurs cas.
Le Président
(M. Bernier) : S'il atteint le seuil de 30 000 $, à ce
moment-là, c'est à lui à aller s'enregistrer directement à Revenu Québec. C'est
Mme Forget
(Johanne) : Tout à fait.
Le Président
(M. Bernier) : O.K. M. le député de Granby.
M. Bonnardel :
Oui. Vous avez dit, voilà quelques minutes, que l'inscription d'un futur
concurrent d'Airbnb, c'était volontaire. C'est ça que vous avez dit,
hein?
Mme Forget
(Johanne) : Oui.
M. Bonnardel :
Ce n'était pas obligatoire. Je veux juste comprendre. Hier, on parlait de
Netflix pour les biens intangibles,
numériques. Je vous ai nommé Netflix, pour ne pas le nommer, Spotify, vous
m'avez dit que ce sera obligatoire qu'eux
s'inscrivent. Alors, en quoi, demain matin, s'il y a un concurrent d'Airbnb qui
arrive au Québec, qu'il ne soit pas obligé de s'inscrire comme
plateforme numérique qui pourrait concurrencer... Je veux saisir en quoi pour
un c'est important puis, pour l'autre, ça ne l'est pas.
Le Président
(M. Bernier) : Me Forget.
Mme Forget (Johanne) : En
fait, la situation qu'on visait hier, le commerce électronique, on
parle de fournisseurs étrangers, les
fournisseurs hors Québec. Dans le cas de la taxe sur l'hébergement, les
fournisseurs sont au Québec, ce sont des
petits fournisseurs au Québec, donc on n'est pas dans le même ordre d'idées.
Et, pour la taxe sur l'hébergement, c'est vraiment pour faciliter l'administration
de la taxe sur l'hébergement pour les petits fournisseurs québécois, donc on
n'est pas du tout dans la même réalité.
Bonnardel : O.K.
Mais une plateforme numérique comme Airbnb, mais qui est soit canadienne ou qui
est nord-américaine, qui utilise un peu le même principe qu'Airbnb, s'il y a un
concurrent qui s'en vient au Québec, eux, ils ne seront pas obligés de
s'inscrire? C'est ça que vous dites?
Le Président (M.
Bernier) : Me Forget.
Mme Forget (Johanne) : Les règles qu'on introduit présentement prévoient un régime facultatif pour les
plateformes numériques.
Bonnardel :
O.K. Donc, je saisis bien, là. Un concurrent d'Airbnb, demain matin,
nord-américain, peu importe, mondial propose aux Québécois, encore une fois,
une plateforme différente ou améliorée, cette entreprise numérique ne sera pas
obligée de s'inscrire pour percevoir les taxes. C'est ça?
Le Président (M.
Bernier) : Me Forget.
Mme Forget (Johanne) : C'est un régime facultatif pour l'inscription de
la plateforme, mais il faut penser que l'assujettissement à la taxe sur
l'hébergement n'est pas facultatif. Le fournisseur, au Québec, est tenu de
percevoir la taxe sur l'hébergement, présentement.
Bonnardel :
Attendez. Airbnb, on a signé avec eux une entente.
Mme Forget
(Johanne) : Oui.
Bonnardel :
Airbnb, ils sont... c'est mondial. Alors, si un autre concurrent arrive, il
veut faire le même travail, concurrencer, Airbnb va lever la main, demain
matin, va vous appeler : Écoutez, on a signé une entente, on perçoit la taxe — puis
vous me corrigez si je n'ai pas raison, là — puis, de l'autre côté, une entreprise
qui arrive puis qui veut faire le même boulot, alors, elle, là, du jour
au lendemain, c'est volontaire, elle n'est pas obligée de s'inscrire? Comment...
Le Président (M.
Bernier) : Me Forget.
Bonnardel :
Corrigez-moi si je me trompe, là.
Président (M. Bernier) : La
complication, ce qu'on essaie de comprendre, c'est pourquoi
Airbnb, lui, signe une entente puis
quels sont... puis, par rapport à d'autres, similaires à Airbnb, qui arrivent de
l'extérieur, ils ne sont pas obligés de s'inscrire. C'est un peu ça, là,
le problème de compréhension qu'on a. Allez-y, Me Forget.
Forget (Johanne) : Là, je
vais répéter ce que je viens de vous dire. On est dans un contexte québécois.
Les fournisseurs sont au Québec, ils sont tenus de payer la taxe sur
l'hébergement, de percevoir et de verser la taxe sur l'hébergement. La
plateforme Airbnb, on a conclu une entente. C'était une entente qui était
facilitante pour les petits fournisseurs,
qui n'ont pas à venir s'inscrire sur le fichier. Donc, c'est une entente qu'on
a prise avec eux, et on offre la possibilité à d'autres plateformes
d'offrir le même service à leurs petits fournisseurs.
M. Leitão : Je pense que le...
Bonnardel : Donc, moi, si je fais affaire avec Airbnb, je
n'ai pas à vous verser la taxe parce
que c'est Airbnb qui la collecte puis qui a une entente avec le gouvernement. Le même chalet que je possède, je décide de ne plus faire
affaire avec Airbnb, je fais affaire avec une autre plateforme, la taxe n'est
pas collectée?
Mme Forget
(Johanne) : Vous avez l'obligation de la percevoir et de la verser. Si la plateforme avec laquelle
vous faites affaire n'est pas venue
s'inscrire volontairement, vous avez la responsabilité, en tant que
fournisseur, de percevoir et de verser la taxe sur l'hébergement.
Bonnardel : Si je
ne fais pas des revenus de 30 000 $ et plus, je ne la perçois pas.
Une voix : La taxe de vente.
Mme Forget (Johanne) : Le 30 000 $,
c'est pour la TVQ.
Bonnardel : La taxe
d'hébergement, elle, je dois la percevoir.
Mme Forget
(Johanne) : C'est au premier
dollar, la taxe sur l'hébergement, elle est due au premier dollar. Donc,
si vous faites le choix de faire affaire
avec une plateforme qui ne s'est pas inscrite volontairement, vous avez à vous
inscrire vous-même et à percevoir et à verser la taxe sur l'hébergement.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
Leitão : Donc, j'ajouterais que, donc, pour un propriétaire d'un
chalet au Québec, s'il songe à faire affaire avec une autre plateforme qu'Airbnb, ça va être plus
compliqué pour lui, parce qu'Airbnb, maintenant, lui facilite un peu la
vie en percevant directement le...
Bonnardel :
Mais ça devient quand même... Respectueusement, ça devient quand même
compliqué, là. Moi, si j'ai un chalet
ou deux, trois, peu importe, puis
j'utilise plusieurs plateformes... Je comprends ce que vous me dites,
là, mais là, ce n'est pas uniforme pour
personne. On a une entente avec Airbnb, qui, elle, la collecte, puis, de
l'autre côté, c'est moi, comme consommateur, qui dois concevoir que la
loi existe puis que je dois percevoir la taxe sur l'hébergement.
Mais, bon, je ne sais pas pourquoi on... Il y aura
peut-être une ou deux, là, plateformes numériques qui va se mettre en place dans les prochaines années. Je ne vois
pas en quoi on ne pourrait peut-être pas obliger ces plateformes qui
font affaire avec... qui font affaire au Québec... En tout cas, je trouve ça
particulier, là, c'est...
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre, avez-vous des choses à ajouter en ce qui regarde...
Leitão : Écoutez, c'est un choix qui a été fait purement d'un point de
vue pratique, pragmatique. Avec Airbnb, on a eu des discussions directes, et donc on l'a fait comme ça. Pour
d'autres plateformes, peut-être qu'on leur parlera et on aura ce type de discussion avec eux, mais ça
aurait été, à mon avis, difficile de rendre cette adhésion obligatoire pour
les autres plateformes. Alors, c'est plus simple comme ça.
Le Président (M. Bernier) : M. le
député de Granby.
Bonnardel :
Je ne suis pas nécessairement rassuré, parce que je suis persuadé qu'un jour ou
l'autre, si ce n'est pas dans six mois, ce sera peut-être dans un an, il
y aura un autre concurrent qui va arriver au Québec...
Bonnardel :
Il y en a déjà, oui, au Canada ou autres, là. Alors, de ne pas obliger ces
entreprises à s'inscrire pour percevoir...
Je ne sais pas, mais, dans la loi, là, je ne vois pas comment... Vous êtes
plein de bonnes personnes, là, qui avez, j'imagine, imaginé puis compris
tout l'aspect numérique, là, qui nous touche depuis des années déjà puis qui va
nous toucher encore plus.
Leitão : Mais, dans le cas de l'hébergement, donc, la taxe sur
l'hébergement, et éventuellement la TVQ, c'est un peu différent du reste du commerce électronique parce que ce sont les
fournisseurs locaux, donc les Québécois, qui détiennent des propriétés
et qui veulent les louer. C'est à eux à payer la taxe.
Avec Airbnb, on facilite la vie de ces
propriétaires de chalet parce que la plateforme elle-même va percevoir
la taxe sur l'hébergement. D'autres
plateformes, en regardant l'environnement compétitif au Québec, vont peut-être
arriver à la conclusion que peut-être elles aussi vont l'offrir à leurs
clients, mais c'est facultatif.
Président (M. Bernier) : Supposons, si le groupe de M. Vinet
s'aperçoit qu'il y a une plateforme, une nouvelle plateforme, comme Airbnb, qui vient faire affaire
au Québec, est-ce qu'à ce moment-là on communique avec pour lui demander
de prendre entente? Me Forget, est-ce qu'il y a...
M. Leitão :
Moi, je pense que c'est quelque chose que, si ce n'est pas le cas, ça devrait
être le cas.
Président (M. Bernier) : Ça pourrait être le cas, à ce moment-là?
Est-ce qu'on peut répondre oui ou non?
Mme Forget (Johanne) : Je pense que, dans l'exercice de l'équipe de
M. Vinet, les inspecteurs, les enquêtes et inspections... je pense
que, lorsqu'ils vont faire la tournée, c'est quelque chose qui va probablement
être abordé.
Le Président (M.
Bernier) : Et à ce moment-là ils pourraient rentrer en contact avec
ces gens-là.
Mme Forget (Johanne) : Pour leur offrir... pour leur expliquer le
fonctionnement et l'inscription facultative, tout à fait.
Le Président (M.
Bernier) : Oui, M. le député de Granby.
Bonnardel : Je reviens... Chaletsalouer.com ou autres, là,
qui existent déjà, là, sur cette plateforme, si je loue un chalet, ce n'est pas indiqué, à ma connaissance,
que je vais payer une taxe sur l'hébergement ou que le locateur doit percevoir la taxe sur... Où je veux en venir, c'est que...
loin de moi de dire que les gens font exprès pour ne pas percevoir la taxe ou
l'envoyer, mais, entre vous et moi, là, est-ce qu'on peut prétendre qu'il y en
a un sur deux... ou que 100 % des gens vont envoyer ou vont percevoir
cette taxe? C'est pour ça que je me dis que, s'il existe déjà des sites, au
Québec, que tout le monde connaît ou à peu près, pour louer une maison ou un
chalet, est-ce qu'on ne devrait pas minimalement l'indiquer ou
obligatoirement demander à ces plateformes
d'indiquer... parce que le locateur doit percevoir la taxe? Parce que je
suis persuadé que vous ne pouvez pas me rassurer en me disant que 100 %
des gens qui louent leurs chalets, au Québec, perçoivent la taxe sur
l'hébergement.
Le Président (M.
Bernier) : Me Forget.
Mme Forget (Johanne) : Peut-être un ajout d'information, là. On m'indique
qu'effectivement Revenu Québec est déjà en communication avec les
principales plateformes pour...
Bonnardel :
Ah? Pour?
Mme Forget
(Johanne) : Pour solliciter leur inscription.
Le Président (M.
Bernier) : Leur adhésion.
Bonnardel : Bien, rendu là, solliciter ou obligatoirement
demander à ces plateformes de s'inscrire... Encore une fois, je vous
dis, vous ne pouvez pas me confirmer que 100 % des gens, puis loin de moi,
encore une fois, de dire... respectueusement, que tout le monde collecte ce
montant. C'est quand même, comme mon collègue de Rousseau le mentionnait, une concurrence, dans une certaine
mesure, déloyale pour ceux qui sont inscrits en bonne et due forme au ministère du Tourisme, les hôteliers, et tout ça,
les auberges. Il reste que, tous ceux qui réservent ou qui ont des
maisons à louer, je ne le sais pas, là, si
on faisait un petit sondage, là, je ne suis pas certain que la taxe est perçue.
Donc, si vous faites déjà le travail, au ministère, à l'agence, pour
discuter avec ces gens... Il n'y en a pas 36 au Québec, là. Je ne sais pas.
Le Président
(M. Bernier) : Bon, premièrement, en vous identifiant.
M. Lemieux
(François) : Bonjour. François Lemieux, Revenu Québec.
Le Président (M. Bernier) :
Est-ce qu'il y a consentement pour que M. Lemieux puisse prendre la
parole? Consentement. Allez-y, Me Lemieux.
M. Lemieux
(François) : Dans le fond, l'application ou... le bulletin
d'information qui a été rendu public en juillet passé...
Le Président
(M. Bernier) : Juste un petit peu plus fort.
M. Lemieux
(François) : ...c'était pour faciliter la mise en place de l'entente
avec Airbnb. Suite à ça, on a communiqué
avec différentes plateformes. Bon, comme vous le savez, c'est un régime
volontaire. Donc, nous sommes en discussion avec ces plateformes-là et
on attend qu'ils procèdent à leur inscription.
Au niveau de l'obligation, c'est vrai
qu'éventuellement c'est une éventualité qu'on pourrait imaginer, qu'on
pourrait amener. Par contre il y a encore beaucoup de travaux à faire pour y
arriver. La taxe sur l'hébergement, comme mes collègues l'expliquaient, bon,
c'est... les fournisseurs sont ici, au Québec. Donc là, ça rend plus
compliquées les modifications législatives pour qu'ils perçoivent... que la
plateforme numérique étrangère perçoive cette taxe-là.
M. Leitão :
Parce qu'on doit s'assurer non seulement que la taxe est perçue, mais qu'elle
nous est remise aussi.
M. Lemieux (François) : Et le taux de non-conformité des utilisateurs de
cette plateforme-là était assez élevé. Il
y a beaucoup de petits joueurs qui
fournissent, donc, des nuitées, des petits montants. C'est sûr que c'est
facilitant, dans un cas comme Airbnb,
qui est le plus gros joueur dans le domaine de l'économie collaborative pour l'hébergement de courte durée. Donc, en
ayant une entente avec cette entité-là, il y a beaucoup
d'argent qui vont quand même rentrer dans les coffres de l'État.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député.
M. Bonnardel : ...plateformes québécoises, présentement, ou canadiennes, là, qui existent, là, pour la location de
chalets, là. En quoi ces entreprises
ne pourraient pas, autrement que volontairement, être obligées de s'inscrire
demain matin? Je comprends qu'il peut peut-être
y avoir certaines entreprises internationales qui sont plus susceptibles peut-être d'être problématiques, là, mais
en quoi, en quoi certains sites au Québec ou canadiens ne pourraient pas
percevoir immédiatement... Je ne sais pas, là.
M. Lemieux
(François) : Il existe plusieurs
types de plateforme. Par contre, il y a plusieurs plateformes, notamment québécoises,
qui ne perçoivent pas, qui ne sont pas
partie prenante de la transaction. Donc,
quand on élimine ces plateformes-là, il en
reste beaucoup moins. Et parmi celles-là, bien, Airbnb représente probablement 90 % de
l'ensemble des locations qui se font comme ça, par Internet.
Le Président
(M. Bernier) : Merci, Me Lemieux.
M. Bonnardel :
...sur certains sites qu'on connaît, je vais sur ce site, je sais que je paie
comme... bien, comme... c'est une
publicité que je fais, réalité, là, je me mets sur le site, puis vous décidez
de m'appeler, puis la transaction ne se fait pas entre le site comme tel, là... c'est entre moi et vous, sauf que le
locataire ne sait pas nécessairement qu'il devrait payer une taxe
d'hébergement.
tout cas, je ne sais pas, là, ça reste, pour moi, encore problématique. Puis on
ne règle pas la problématique, là, de
la concurrence déloyale que ceux en bonne et due forme qui sont inscrits, là...
Je ne sais pas, là. J'essaie d'aller plus loin puis de penser que... Si
on est là-dedans déjà, comment on ne pourrait pas minimalement informer ou
demander à ces plateformes... Parce que, quand
tu... si tu paies un 100 $ pour mettre ton chalet sur une plateforme
numérique, bien, tu devrais avoir
minimalement, dans le contrat que tu signes, avec ta carte de crédit, que tu es
obligé, je ne sais pas, là... vous devriez
peut-être, comme agence... s'assurer que ces plateformes indiquent que le
locataire doit percevoir la taxe d'hébergement. Au moins, ce serait un
plus pour que... les futurs locataires le savent, là.
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Ça, je pense, c'est un travail que Revenu Québec... Puisque Revenu Québec est
déjà en train de monitorer... ce n'est pas
un bon mot, mais, enfin, de suivre ces plateformes de près. Donc, c'est un
travail que, oui, moi, je souhaiterais
que, dans ces travaux, là, Revenu Québec indique à ces plateformes-là qu'il y a
la responsabilité de... que le locateur a la responsabilité de percevoir
et payer la taxe sur l'hébergement.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va? M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Bien, moi, je veux revenir sur la question de la TVQ. Puis là vous avez
mentionné le seuil de 30 000 $. Est-ce que l'entente ne pourrait
pas prévoir... là, je comprends qu'elle est signée, mais une version révisée
de l'entente ne pourrait pas prévoir que, quand le seuil de 30 000 $
est atteint, la TVQ est récoltée?
Le Président (M.
Bernier) : Me Forget.
M. Marceau :
Parce qu'il y a des cas où on est certains qu'on est en haut de
30 000 $, là, évidemment.
Mme Forget
(Johanne) : Je ne peux me prononcer pour une politique fiscale
éventuelle. Pour le moment, la mesure, elle
est vraiment en taxe sur l'hébergement. Compte tenu de ce que je vous ai
mentionné tout à l'heure pour le 30 000 $
de seuil pour les petits fournisseurs, l'annonce de politique fiscale, c'était
pour cibler la taxe sur l'hébergement.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
...ce qu'on peut ajouter, c'est que cette entente-là aussi facilite beaucoup la
communication entre Airbnb et Revenu Québec.
Donc, Revenu Québec pourra avoir, donc, de l'information additionnelle pour
aller s'assurer que les personnes qui facturent plus que
30 000 $...
Marceau : ...une étape ultérieure pourrait prévoir aisément
que, dans les... parce qu'évidemment ça ne couvrira pas l'ensemble des cas,
mais, quand quelqu'un sur Airbnb a facturé pour plus que 30 000 $, ça
devient une évidence qu'il devrait payer la
TVQ, qu'il devrait récolter la TV. Puis je pense qu'on accrocherait, de cette
manière-là, aussi des joueurs
précisément dont se plaignent des hôteliers, hein, c'est-à-dire les gros
joueurs qui ont des tours à condos qu'ils louent comme... par Airbnb, des tours complètes, là, ça existe
maintenant au centre-ville de Montréal, qui sont toutes louées par
Airbnb. Puis, ces gens-là, j'imagine que, donc, ils paient la taxe
d'hébergement, mais, la TVQ, on ne le sait pas. Ça fait que...
Mais
de toute façon je propose de ne rien changer, c'est une suggestion pour la
suite, là. Je comprends qu'on fait une étape aujourd'hui, on pourra en
faire d'autres un autre jour.
Leitão : Et aussi je suis sûr que le groupe de M. Vinet suit ça
de très près, surtout ces personnes ou entreprises qui possèdent
plusieurs propriétés et qui les louent à court terme. Je pense que c'est un
terrain qui intéresse beaucoup Revenu Québec.
Le Président (M.
Bernier) : C'est bon? Bon, moi, ce que je vous propose, c'est
qu'on regarde chacun des amendements qui
sont proposés, qu'une explication
sommaire soit présentée par Me Forget
sur chacun des points. À ce moment-là, ça pourrait nous éclairer. Je ne
sais pas si vous êtes d'accord.
M. Marceau :
Je pense que M. le ministre a quelque chose à vous dire.
Leitão : Je pense que... Moi, je suggérerais qu'on les adopte en bloc,
les amendements, peut-être une présentation très
sommaire de ce que les
amendements contiennent et puis qu'à la fin on les adopte en bloc.
Le Président (M.
Bernier) : C'est ça, c'est ce que je propose.
Président (M. Bernier) : C'est simplement qu'on puisse au moins
savoir c'est quoi. Puis par la suite, bien, on les adopte en bloc
rapidement. O.K.?
M. Leitão :
Très bien. Mme Forget.
Mme Forget (Johanne) : En fait, je vais reprendre, là, un peu ce que
j'ai dit dans l'introduction. À 541.23, je ne sais pas si vous voulez
suivre, 541.23, c'est l'article de définitions. Donc, on introduit
principalement «plateforme numérique d'hébergement»...
Le Président (M.
Bernier) : C'est 198.1.
Mme Forget
(Johanne) : 198.1, le premier article, c'est un article... c'est une
modification dans la
Loi sur l'administration fiscale, mais la modification
principale commence à 198.2.
Le Président (M.
Bernier) : 198.2.
M. Leitão :
Et là on revient au 541.
Mme Forget
(Johanne) : 541.23. On introduit principalement la définition de
«plateforme numérique d'hébergement».
Le Président (M.
Bernier) : 541.24.
Mme Forget (Johanne) : Attendez un petit peu. À 541.24, bien, c'est
l'assujettissement à la taxe. Donc, on prévoit que la plateforme
numérique sera assujettie, là, pour percevoir le 3,5 % par nuitée.
Le Président (M.
Bernier) : 198.4.
Mme Forget (Johanne) : Le 541.25, c'est la règle sur la perception de la
taxe sur l'hébergement. Donc, ça, ce sont
toutes les règles qui existent déjà, qu'on élargit pour prévoir les règles pour
les plateformes. Donc, 541.25, on
parle de la perception de la taxe. 541.26...
Le Président (M.
Bernier) : 541.26 ou 198.5.
Mme Forget (Johanne) : ...on parle
du versement, ce sont les règles de versement. 198.6, ce sont des règles de remboursement.
Alors, toutes les mêmes règles qui existent déjà qui seront transposées pour
les plateformes.
Président (M. Bernier) : 198.7.
Mme Forget
(Johanne) : C'est un ajout, c'est une nouvelle disposition, mais c'est
également des règles de remboursement.
Le Président (M.
Bernier) : 198.8.
Mme Forget
(Johanne) : 198.8 modifie le 541.28, le 541.29 et le 541.30. On parle
des règles d'inscription de la plateforme.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. 198.9.
Mme Forget
(Johanne) : 198.9 introduit un nouvel article, 541.30.1, toujours dans
les règles d'inscription.
Le Président (M.
Bernier) : 198.10.
Mme Forget
(Johanne) : La même chose pour 198.10. On introduit 541.31.1. C'est
pour l'annulation de l'inscription, prévoir les règles d'annulation de
l'inscription.
Le Président (M.
Bernier) : 198.11.
Mme Forget
(Johanne) : 198.11 qui apporte des modifications de concordance à
541.32 en lien avec les modifications apportées à 541.24 et 541.25.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va?
Président (M. Bernier) :
Donc, est-ce qu'on est prêts à adopter les amendements?
M. le député de Rousseau.
Président (M. Bernier) : Ça va?
Donc, est-ce que l'amendement introduisant l'article 198.1 est-il
adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'article 192.2... l'amendement
l'introduisant est-il adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'amendement introduisant l'article 198.3
est-il adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'amendement introduisant l'article 198.4
est-il adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'amendement introduisant l'article 198.5
est-il adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'amendement introduisant l'article 198.6
est-il adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'amendement introduisant l'article 198.7
est-il adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'amendement introduisant l'article 198.8
est-il adopté?
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 198.9 est-il adopté?
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 198.10 est-il adopté?
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 198.11 est-il adopté?
Le Président (M. Bernier) : Merci.
Nous en sommes...
M. Leitão : ...technique, votre
rythme accéléré.
Le Président (M. Bernier) : Bien,
c'est ce que je vous avais dit, hein?
M. Leitão : C'est très bien.
Président (M. Bernier) :
Merci, Me Forget. Donc, nous en sommes maintenant aux dispositions transitoires particulières, aux
articles 199 à 206. M. le ministre.
Leitão : Très bien, M. le Président. Donc, les dispositions
transitoires particulières, bon, on va y aller. Alors, 199 :
Sous réserve des conditions de travail
qui leur sont applicables... Et ça, ce sont des mesures, ici, M. le
Président, qui concernent le transfert des employés à Revenu Québec.
Alors :
Sous réserve des conditions de travail qui leur sont applicables,
les employés du ministère du Tourisme affectés à des fonctions d'inspection ou
d'enquête relatives à l'application de la
Loi sur les établissements
d'hébergement touristique et identifiés par le sous-ministre du Tourisme le (indiquer
ici la date de la sanction de la présente loi) deviennent, à compter du (indiquer
ici la date correspondant au 60e jour
qui suit celui de la date de la
sanction de la présente loi), des employés de l'Agence du revenu du
Québec.
Donc, c'est juste pour mettre en place...
Le Président (M. Bernier) :
Transférer le personnel du Tourisme vers Revenu Québec.
M. Leitão : Exact. C'est juste ça.
Le Président (M. Bernier) : M. le
député de Rousseau.
M. Marceau : Peut-être juste
nous dire c'est quoi... Là, on va jusqu'à 206, M. le Président?
Le Président (M. Bernier) : Oui. 199
à 206 inclusivement.
M. Marceau :
Bien, peut-être juste avoir une discussion sur l'ensemble de ces
dispositions-là, sur les droits des employés, leur rémunération, leur
classement, leur retour dans la fonction publique, et ainsi de suite.
Le Président (M. Bernier) :
Me Lebrun.
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : Merci, M.
le Président. Donc, effectivement, donc, les articles 199 à 206, c'est
tout le régime applicable aux droits des
employés qui vont être transférés à l'Agence du revenu par rapport à leurs
fonctions, par rapport à leurs conditions de
travail. Donc, 199, on prévoit le transfert, et les employés ont 60 jours
pour indiquer leur intention de demeurer à Revenu Québec ou de, selon les articles suivants, demander d'intégrer un emploi dans
la fonction publique, d'être mutés ou de faire un concours de promotion
pour demeurer dans la fonction publique.
Leitão : N'oublions pas
juste — excusez-moi
d'interrompre — que Revenu Québec, c'est une agence,
donc, un statut un peu différent. C'est pour ça que... Allez-y.
Le Président (M. Bernier) :
Continuez, Me Lebrun.
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : Exact.
Donc, vous avez, comme vous l'avez mentionné, les avis sur la
classification que les employés auront. Ça, c'est à l'article 201.
202, on
prévoit que, si jamais les activités de l'Agence du revenu par rapport aux
inspections, aux enquêtes sont transférées à quelqu'un d'autre ou si on
change... le législateur décide de changer toute la formule de l'Agence du revenu, bien, les employés qui ont été transférés
du ministère du Tourisme à l'Agence du revenu auront un droit de retour
dans la fonction publique.
203, c'est... l'employé qui refuse d'être transféré à l'Agence du revenu du
Québec va être affecté temporairement à l'agence, jusqu'à tant qu'on lui
trouve une autre fonction dans l'appareil de la fonction publique.
204, si
jamais un employé est congédié par Revenu Québec, il a un droit d'en appeler,
conformément à la
Loi sur la fonction publique.
À 205, on
prévoit le transfert des documents, des dossiers du ministère du Tourisme à
Revenu Québec pour les fins de l'application des dispositions.
Et on prévoit
aussi, à 206, que les droits sont transférés au ministre du Revenu. Comme je
vous le mentionnais au début, ce sont des règles habituelles, standards,
à chaque fois qu'on transfère des employés.
Le Président (M. Bernier) : Merci,
Me Lebrun.
M. Leitão : Alors, moi, je
suggérerais, si ça peut faire, qu'on puisse les adopter en bloc, ces
articles-là.
M. Marceau :
...poser deux petites questions. La première, juste répéter, c'est bel et bien
25 employés dont il est question ici?
Le Président (M. Bernier) :
Me Lebrun.
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : Des
employés transférés, au moment où on se parle, il y en a deux. Tantôt, on
a mentionné qu'il y en avait trois au
ministère du Tourisme. Il y a déjà un employé qui a exercé son... bien, en
fait, qu'il a obtenu un autre emploi
dans la fonction publique. Donc, il reste deux employés qui seront transférés à
Revenu Québec. Mais à Revenu Québec ils ont...
M. Marceau : Ah oui! il y en
a déjà 25, excusez-moi, vous avez raison.
M. Lebrun (Jean-Philippe) : Exact.
Le Président (M. Bernier) :
C'est ça, il y en a déjà 25 à Revenu Québec.
M. Marceau : Oui, c'est ça. Il s'en
ajoute deux... trois ou deux.
Président (M. Bernier) : Il y en a trois qui proviennent de
l'hôtellerie. Le restant, c'étaient des contrats que le ministère du
Tourisme avait avec des firmes.
M. Marceau : C'est beau.
Le Président (M. Bernier) :
C'est beau? Est-ce qu'on est prêts...
M. Marceau : Pourquoi on les
adopterait en bloc, là? On va les adopter un par un, plutôt?
Le Président (M. Bernier) :
On va les adopter un par un.
M. Marceau : Sans que vous
les lisiez. Si c'est ça que vous vouliez dire, ce n'est pas pareil, là.
Président (M. Bernier) : Non, non, mais de toute façon je fais
l'appel des articles pour fins d'adoption à chaque fois. Donc,
l'article 199?
Le Président (M. Bernier) :
Adopté.
L'article 200?
Le Président (M. Bernier) :
L'article 201?
Le Président (M. Bernier) :
L'article 202?
Le Président (M. Bernier) :
L'article 203?
Président (M. Bernier) :
L'article 204?
Le Président (M.
Bernier) :
L'article 205?
Le Président (M.
Bernier) :
Article 206?
Président (M. Bernier) : Adopté. Bon, nous en sommes maintenant
à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec. Donc, M. le
ministre, si vous voulez nous parler de ce
chapitre et en quoi ça consiste.
Leitão : Aussi, oui. En effet, M. le Président, on a ici une courte
présentation, et puis par la suite on pourra en discuter.
Alors,
les dispositions de ce
chapitre modifient la
Loi sur les collèges
d'enseignement général et professionnel afin de permettre à l'Institut
de tourisme et d'hôtellerie du Québec, l'ITHQ, d'établir un centre collégial de
transfert de technologie et au ministre
responsable de l'Enseignement supérieur de prévoir, dans les règles budgétaires
applicables aux programmes d'études
collégiales, l'application de subventions à l'ITHQ pour l'établissement et le
maintien d'un tel centre.
plus, les dispositions de ce
chapitre modifient la
Loi sur l'Institut de
tourisme et d'hôtellerie du Québec afin notamment d'augmenter les nombres minimal et maximal de membres du
conseil d'administration de l'ITHQ et de la représentativité du
personnel de direction et du personnel enseignant au sein de ce conseil,
d'augmenter la durée des mandats des membres
du conseil d'administration et de préciser le nombre de renouvellements
possibles, de permettre la nomination
des membres du personnel selon un plan d'effectifs et de normes établies par
l'ITHQ plutôt que suivant la
Loi sur
la fonction publique, de permettre à l'ITHQ, sous l'autorisation du ministre
responsable de l'Enseignement supérieur, de décerner les grades, diplômes, certificats ou autres attestations
d'études universitaires auxquelles conduit un programme d'enseignement
de niveau universitaire.
Enfin,
ce
chapitre contient des dispositions modificatives de concordance concernant
les régimes de retraite des membres
du personnel de l'ITHQ et des dispositions transitoires liées aux changements
de statut d'emploi des membres du personnel de l'ITHQ et au mandat des
membres actuels de son conseil d'administration. Voilà.
Alors, ça, de façon
générale, c'est ce que les articles 191 à 206 contiennent.
Le Président (M. Bernier) :
Non.
M. Leitão :
Non? Je me suis trompé?
Le Président
(M. Bernier) : Moi, j'ai les articles 280...
M. Leitão :
Non, j'étais à la mauvaise feuille, M. le Président. 280 à 297.
Le Président
(M. Bernier) : ...à 289.
Président (M. Bernier) : Oui, mais là ça, ce sont les
dispositions transitoires particulières, mais c'est tout le chapitre. Je
suis d'accord avec vous et je ne vous obstinerai pas, sauf que, là, on va
regarder les articles 280 à 289.
M. Leitão :
C'est 289, en effet, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : Si ça ne vous dérange pas, c'est ce qu'on fait.
M. Leitão :
Pas du tout.
Président (M. Bernier) : Donc, O.K., au niveau de discussions
d'ordre général, M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui. J'essaie de me retrouver. O.K. Bon, l'essentiel de ce qui se trouve là,
là, me convient parfaitement, puis je trouve que c'est une bonne chose que ce
soit adopté.
cours des échanges que j'ai eus sur ce sujet-là, il y a seulement deux réserves
qui ont été exprimées, que j'ai entendues,
puis je veux les exprimer pour que vous puissiez y répondre, M. le ministre.
Alors, je vais commencer tout simplement
par dire que l'idée que, par exemple, l'institut de... que l'ITHQ puisse
octroyer des diplômes universitaires, je
pense que c'est une très bonne chose. Puis l'idée que l'ITHQ ait plus de
flexibilité dans ses plans d'effectifs puis dans sa rémunération aussi, je pense que, plutôt que de
suivre la
Loi sur la fonction publique, là, qui est plus contraignante,
je suis à l'aise avec ça aussi. Donc, pour l'essentiel, ce qui est là me
convient. Donc, j'y vais sur les deux réserves.
première réserve qui m'a été dite, c'était que le fait que l'ITHQ puisse
désormais offrir des diplômes universitaires
aurait pu mener ou pourrait mener à ce que l'ITHQ délaisse la cuisine,
appelons-là, de base ou de... pas de bas
niveau mais, en tout cas, la cuisine de base alors que, donc, on se comprend qu'avec
l'enseignement universitaire on parle de haute cuisine, puis de
gastronomie, puis ainsi de suite. Donc, présentement, on enseigne les choses
plus élémentaires aux gens qui sont plus tôt
dans leur parcours académique puis plus... Ça va. Alors, une des craintes qui
était exprimée, je vais être bien clair, c'était que l'enseignement de la
cuisine de base serait désormais négligé au profit de l'enseignement de la
cuisine universitaire ou même de la recherche. Bon, ça, c'était la première
inquiétude.
Et le
corollaire de cette inquiétude-là, c'est que présentement, à l'ITHQ, il y a des
gens qui sont des professeurs de cuisine de base. O.K.? Ils n'enseignent
pas la haute cuisine, ils enseignent la cuisine de base. Je suis en train de
vous expliquer le raisonnement qui m'a été
transmis. Si la cuisine de base prend moins de place, bien, les professeurs de
cuisine de base, ils vont se retrouver moins
utiles, ils pourraient même perdre leurs emplois, bon, au profit de gens qui
font de la cuisine de haut niveau.
Et là les
dispositions qui sont prévues dans le projet de loi prévoient un retour à
fonction publique pour ceux qui pourraient
perdre leur emploi à la suite de ce qu'on vient d'annoncer, mais la difficulté,
évidemment, c'est que retourner dans
la fonction publique, quand on est un professeur de cuisine de base, ce n'est
pas évident, parce qu'il n'y a pas beaucoup de gens... Bien, peut-être que le ministre des Finances a à son emploi
quelqu'un qui fait sa cuisine à tous les jours, mais ça me surprendrait. Ça fait que, donc, la question,
c'est : Qu'est-ce qu'on fait pour rassurer ces gens qui, bon, vont voir
leur monde changer puis pour qui il n'y a
pas d'endroit évident où ils pourraient retourner dans la fonction publique?
Voilà.
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Leitão :
O.K. Non, ce sont des préoccupations qui nous ont aussi été transmises. Je
pense que l'objectif de l'ITHQ, ce
n'est pas de délaisser sa mission de base, sa mission première. Ce qu'ils
souhaitent faire, c'est d'ajouter des cours
additionnels et d'ajouter des formations additionnelles de niveau
universitaire, même, surtout dans le domaine de la gestion, la gestion hôtelière, la gestion hôtelière étant
quelque chose que l'ITHQ juge qu'au Québec ça pourrait se faire un peu
mieux. Et donc ils sont prêts à rentrer dans ce domaine-là.
Et puis, en
plus, nous, au gouvernement, le ministre devra toujours autoriser l'ITHQ quand
ils veulent décerner de nouvelles
catégories de diplôme. Donc, si jamais on voyait qu'il y aurait une
multiplication de nouveaux programmes, c'est clair qu'on aurait toute la
discrétion pour mettre fin à ça.
Mais
l'institut n'a pas d'intention, n'a aucune intention de délaisser sa mission de
base. Et d'ailleurs la loi continue, donc, de prévoir que cette mission
initiale soit maintenue. Donc, je ne vois pas de... Non seulement l'institut
n'a pas l'intention de délaisser sa mission
de base, mais la loi prévoit qu'on va continuer de nous assurer que cela se
fait. Voilà.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
M. le député de Rousseau, d'autres questions?
M. Marceau :
Bon, bien, écoutez, M. le Président, moi, ça me va. Je pense que la
préoccupation que je vous ai expliquée,
qui provenait d'employés de l'institut, est une inquiétude qui ne devrait pas
susciter de nouvelles inquiétudes, en principe.
Donc, les craintes, à ce que j'entends le ministre me dire, ne sont pas
fondées, puisque l'institut a l'intention de conserver sa tradition d'excellence en cuisine de base et d'étendre ses
activités à d'autres... Et donc, écoutez, moi, dans ce contexte-là, ça
me va, il n'y a pas de problème.
Le Président (M. Bernier) : Ça va? Donc, on va passer à l'étude
article par
article. Ça va?
Article 280. M. le ministre.
M. Leitão : Très bien. Alors :
L'article 17.2 de la
Loi sur les collèges d'enseignement général et
professionnel (chapitre C-29) est modifié par l'ajout, à la fin, de
l'alinéa suivant :
«Pour
l'application du présent article, l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du
Québec est assimilé à un collège.»
Le Président (M. Bernier) : Merci.
Questions? Oui? Ça va? M. le député de Granby, est-ce que ça va?
Bonnardel : Ça va.
Le Président (M. Bernier) : Ça va.
Est-ce que l'article 280 est adopté?
Le Président (M. Bernier) : 281. M.
le ministre.
M. Leitão :
L'article 25
de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«De telles règles peuvent aussi prévoir l'allocation
de subventions à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec pour établir
et maintenir un centre collégial de transfert de technologie. Dans un tel cas,
le ministre consulte également l'institut avant d'établir ces règles.» Voilà.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Rousseau, ça va?
M. Marceau : Oui, absolument.
Le Président (M. Bernier) : M. le
député de Granby.
Bonnardel : Ça va.
Le Président (M. Bernier) : Ça va.
Est-ce que l'article 281 est adopté?
Le Président (M. Bernier) : 282. M.
le ministre.
Leitão : Alors :
L'article 5 de la
Loi sur l'Institut
de tourisme et d'hôtellerie du Québec (chapitre I-13.02) est
modifié :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «7» et «11» par, respectivement, «11» et «[5]»;
2° par l'ajout, au début du deuxième alinéa, des
phrases suivantes :
«Un membre
est un directeur de l'institut désigné par ses pairs. Un membre est un
enseignant de l'institut désigné par ses pairs.»
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Ça va, M. le
Président.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Granby.
Bonnardel : Oui, ça
va, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
Est-ce que l'article 282 est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
283. M. le ministre.
M. Leitão :
L'article 7 de
cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «deux» par «trois»;
2° par l'insertion, après le premier alinéa, des
suivants :
«Le mandat
des membres du conseil d'administration peut être renouvelé deux fois à ce seul
titre, consécutivement ou non.
«En outre des
mandats accomplis à
titre de membre du conseil, celui du président du conseil
peut être renouvelé deux fois à ce titre, consécutivement ou non.»
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : C'est bon pour
moi, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Granby.
Bonnardel : Ça va.
Le Président (M. Bernier) :
Est-ce que l'article 283 est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Adopté.
Article 284.
M. Leitão :
L'article 14 de
cette loi est remplacé par le suivant. Alors, 14, le nouveau :
«14. Les
autres membres du personnel de l'institut sont nommés selon le plan d'effectifs
et les normes qu'il établit.
«Sous réserve des dispositions d'une convention
collective, l'institut détermine les normes et barèmes de rémunération, les avantages sociaux et les autres
conditions de travail des membres de son personnel conformément aux
conditions définies par le gouvernement.»
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
Marceau : Ça va, M. le Président. Juste confirmer qu'un peu plus loin on va faire les règles
transitoires. Oui, c'est ça. En 290 et 297, ça va être le retour à la
fonction publique pour ceux qui ne seraient pas heureux de leur vie à
l'institut, si ça existe. Parfait.
Le Président (M. Bernier) :
J'ai besoin d'un beau «oui» au micro.
Le Président (M. Bernier) : Merci
beaucoup. Est-ce que l'article 284 est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Adopté.
Article 285. M. le ministre.
Leitão : Alors,
l'article 17 de cette loi est modifié par l'insertion, après le paragraphe
2° du premier alinéa, du paragraphe suivant :
«2.1° établir
un centre collégial de transfert de technologie, conformément au troisième
alinéa de l'article 17.2 de la
Loi sur les collèges d'enseignement
général et professionnel (chapitre C-29).»
Président (M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau, ça va? M. le député de Granby, ça va?
L'article 285 est-il adopté?
Le Président (M. Bernier) :
286. M. le ministre.
M. Leitão : Alors, l'article 19
de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, des alinéas suivants :
«Il peut également,
aux conditions qu'il détermine, autoriser l'institut à décerner le grade,
diplôme, certificat ou autre attestation d'études universitaires auquel
conduit un programme d'enseignement de niveau universitaire.
«Le ministre peut déterminer les renseignements,
les analyses et les documents nécessaires devant lui être fournis par
l'institut avant de formuler une demande d'autorisation en vertu du présent
article.»
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Oui, M. le
Président.
L'article, comme il est formulé, me convient.
Par contre,
j'ai une question pour vous. En 285, on vient de donner l'autorisation à l'institut d'établir un centre collégial de transfert de technologie, ce qui peut conduire à du financement, là, de la
part du ministère de l'Éducation, mais je ne vois pas
d'équivalent pour un centre de recherche universitaire. Donc, on donne l'autorisation
à l'institut d'octroyer des diplômes universitaires, mais des centres de recherche universitaire, ça aussi, ça peut recevoir des subventions
de l'État. Donc, est-ce que... Enfin, ma question, c'est : Pourquoi il en
est ainsi?
M. Leitão : Peut-être que notre
collègue...
Le Président (M. Bernier) : ...tous.
O.K. Pouvez-vous vous identifier, s'il vous plaît?
M. Leclerc (François) : François
Leclerc, ministère des Finances.
Le Président (M. Bernier) :
Pouvez-vous répéter?
M. Leclerc (François) : François
Leclerc, ministère des Finances.
Le Président (M. Bernier) :
Consentement pour que M. Leclerc puisse prendre la parole? Consentement. M.
Leclerc.
M. Leclerc
(François) : En fait, le projet de loi ne fait pas de l'institut un établissement universitaire,
ça demeure un établissement collégial, mais il peut avoir accès aux CCTT, aux centres collégiaux de
transfert de technologie et des diplômes
universitaires. Ça
fait qu'il n'a pas accès nécessairement à des chaires de recherche
universitaires comme les établissements universitaires au sens de la loi.
M. Leitão : Donc, ce n'est pas une
université.
M. Leclerc (François) : C'est ça.
M. Marceau : O.K. Mais ça peut
donner des diplômes universitaires.
M. Leitão :
Exact. Si le ministre l'autorise.
M. Bolduc : Du premier cycle.
M. Marceau : Comment vous
dites?
M. Bolduc : Premier cycle.
M. Leclerc (François) : De
premier cycle. Puis ce sont des diplômes... Actuellement, ce sont des diplômes
autofinancés, donc ils ne reçoivent pas de subvention du gouvernement.
M. Marceau :
Oui. O.K. Donc, bon, évidemment, ça n'empêchera pas les gens qui oeuvrent à
l'institut de mener de la recherche de niveau universitaire s'ils le
désirent, là, on s'entend. Mais, juste pour être bien au clair, est-ce que
certains professeurs vont avoir le statut de professeur d'université ou ils
vont avoir le statut de professeur de collège?
Le Président (M. Bernier) :
M. Leclerc.
M. Leclerc
(François) : C'est une bonne question. En fait, ce sont des
professeurs de l'institut, selon les barèmes de l'institut, là, en
fonction des conventions collectives. Ça fait que, pour avoir la précision, je
ne sais pas si...
Le Président (M. Bernier) :
M. Lebrun.
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : Bien, le
statut des professeurs va demeurer le même, donc ce sont des... les
conventions collectives vont demeurer, mais ils n'acquièrent pas un statut de
professeur universitaire. C'est un statut de professeur associé à l'ITHQ, là.
M. Marceau :
O.K. Mais ce n'est pas anodin, ce que je vous dis, parce que la façon dont ils sont
traités... Mettons que vous êtes professeur d'université puis vous
faites des demandes de subvention, le fait que vous soyez professeur
d'université ou professeur de collège, ça n'a pas le même impact, puis vous
n'avez pas accès aux mêmes concours nécessairement
non plus. Ça fait que ce qu'est l'institut, c'est important, puis ce que sont
les professeurs aussi. Mais on peut
imaginer aussi des profs qui vont se rattacher... qui vont être à l'institut,
mais qui vont aussi avoir une tâche ou un statut de professeur invité ailleurs dans une université. On peut imaginer
plein de scénarios. Moi, je veux juste savoir ce qu'il en est, mais ce
n'est pas... ça ne freine pas tout, là, loin de là, là.
M. Leitão :
Non, l'institut lui-même, donc, n'a pas le statut d'université, donc l'institut
lui-même ne peut pas avoir des
chaires de recherche. Maintenant, les individus, les personnes, les profs qui
vont travailler à l'institut et donc offrir ces cours-là, ils pourront
exercer ailleurs aussi.
M. Marceau :
C'est qu'il me semble avoir entendu Mme Frulla mentionner le fait qu'il y
avait l'ambition d'avoir de la
recherche académique de calibre universitaire à l'institut, ce qu'il faut
encourager, je crois. Je veux juste m'assurer que les moyens sont à la
disposition de l'institut pour y parvenir.
M. Leclerc (François) : ...possiblement
dans leur plan d'affaires.
M. Leitão : C'est ça. Mais,
pour l'instant, on n'est pas là. On n'est pas rendus là encore.
Le Président (M. Bernier) : Ça
M. Marceau : Oui, ça va, M. le
Président.
Le Président (M. Bernier) :
Est-ce que l'article 286 est adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Article 287.
M. Leitão :
Article 287,
M. Président : L'annexe C de la
Loi sur le régime de négociation des
conventions collectives dans les secteurs
public et parapublic (chapitre R-8.2) est modifiée par l'insertion, selon
l'ordre alphabétique, de : «L'Institut de tourisme et d'hôtellerie
du Québec».
Donc, on vient inscrire l'ITHQ.
Le Président (M. Bernier) : Ça
va? M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Qu'est-ce que ça
fait, M. le Président, quand on appartient à la liste?
Le Président
(M. Bernier) : Me Leblanc.
M. Marceau :
C'est-u une bonne affaire, d'être dans la liste, ou si c'est une mauvaise
affaire?
M. Lebrun (Jean-Philippe) : Bien, en fait, comme vous pouvez voir, c'est la
Loi sur le régime de négociation des conventions collectives dans les
secteurs public et parapublic. Donc, c'est pour rendre l'institut dans ce
régime-là, là.
Je pourrais obtenir
plus d'information. C'est, en fait, la légiste responsable, vu que le...
M. Marceau :
...la question de les assujettir au régime de négociation du secteur public ou
pas en appartenant à la liste. Moi, j'ai l'impression...
M. Leitão :
Je pense que ma compréhension de cela, c'est que...
M. Marceau :
Mon impression, c'est non.
M. Leitão :
...c'est non, ils vont être... ils vont négocier directement avec le...
M. Marceau :
Entre eux, c'est ça, hein, ils vont...
M. Leitão :
...avec la direction de l'ITHQ.
M. Marceau :
Donc, ils ne sont pas régis par, enfin, tout l'appareil qu'on a mis en place
pour les négociations collectives. Ils vont faire leur affaire de leur
côté. C'est ça?
M. Leitão :
Donc, de la même façon que l'Agence du revenu, ou Hydro-Québec, ou les autres
organismes.
Le Président
(M. Bernier) : Ça leur donne un statut d'indépendance...
M. Marceau :
Je vous laisse conclure si c'est une bonne...
Président (M. Bernier) : Ça lui donne un statut d'indépendance,
d'indépendance, M. le député de Rousseau, vous devez connaître... Ça
donne un statut d'indépendance, vous devez connaître ça.
M. Marceau :
Je vous laisse conclure que c'est une bonne ou une mauvaise affaire, M. le
Président.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Donc, est-ce que l'article 287 est adopté?
Le Président
(M. Bernier) : 288.
M. Leitão :
288. Alors, l'annexe I de la
Loi sur les régimes de retraite des employés
du gouvernement et des organismes publics
(chapitre R-10) est modifiée par le remplacement, dans le
paragraphe 1, de «l'Institut du tourisme et de l'hôtellerie du
Québec, à l'égard des employés du Service de l'éducation des adultes» par «l'Institut
de tourisme et d'hôtellerie du Québec».
Alors,
l'article 298 modifie l'annexe I de la
loi sur
les régimes de retraite par concordance avec l'article 284
de notre projet de loi.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, ça me va.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va? M. le député de Granby.
Bonnardel :
Ça va.
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'article 288 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : 289.
Leitão : 289. On est dans les régimes de retraite du personnel
d'encadrement.
Donc,
l'annexe II de la
Loi sur le régime de retraite du personnel d'encadrement
(chapitre R-12.1) est modifiée par
le remplacement, dans le paragraphe 1, de «l'Institut du tourisme et de
l'hôtellerie du Québec, à l'égard des employés du service de l'éducation
des adultes» par «l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec».
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau, ça va?
M. Marceau :
Oui, ça va.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Granby, ça va?
L'article 289 est-il adopté?
Président (M. Bernier) : Adopté.
Nous en sommes aux dispositions transitoires particulières, les articles 290
à 296.
M. Leitão :
Me Lebrun, est-ce qu'il y a quelque chose de particulier, de manière
générale, sur ces articles-là?
M. Lebrun (Jean-Philippe) : Bien, en fait, tout ce que je peux dire, c'est
que c'est équivalent aux autres articles qu'on a vus pour le transfert des employés du ministère du Tourisme vers l'Agence du revenu. Donc, c'est des dispositions
qui sont relativement standards, avec
la particularité que c'est juste un... c'est que les employés demeurent à
l'ITHQ. On leur donne le droit d'être transférés à la fonction publique
de la même façon. Donc, c'est des équivalents, avec ces particularités-là, là,
vu que les employés ne changent pas d'emploi, en principe.
M. Marceau :
C'est leur statut qui change, tout simplement.
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : Exact.
M. Marceau :
De combien d'employés parle-t-on, juste pour... Tantôt, c'était deux. Là, c'est...
M. Leitão :
J'ai l'impression que ce serait un peu plus que deux, mais je ne peux pas vous dire
combien d'employés il y a à l'ITHQ.
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : On peut vérifier, ce ne sera pas très long.
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : O.K. 40, on nous glisse à l'oreille,
40 employés.
Marceau : Une quarantaine
d'employés. O.K. Puis les dispositions, donc, sont-elles identiques à celles de tout
à l'heure ou il y a des différences?
M. Lebrun (Jean-Philippe) : Elles ne sont pas tout à fait identiques parce qu'on ne prévoit pas un transfert comme dans le cas du ministère du
Tourisme, mais, en fait, c'est qu'on
vient réputer que le changement de statut est comme une aliénation d'entreprise
au sens du Code du travail, ce qui veut dire que les accréditations syndicales
et conventions collectives sont poursuivies. On ne change pas les relations de
travail entre les employés et l'employeur.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, Me Lebrun.
Marceau : Puis le droit de
retour ou le droit... Dans ce cas-là, il retourne... enfin, il ne retourne pas,
mais le droit de se faire muter dans
la fonction publique, pour un employé qui ne serait pas heureux, c'est
combien de temps que ça dure, ça? Est-ce que c'est pour toujours ou bien
c'est pour une période de temps limitée?
M. Lebrun (Jean-Philippe) : C'est une bonne question que vous me posez. Je
n'ai pas la réponse, il faudrait qu'on fasse
des vérifications, là, mais, en principe, tant que ces employés-là...
ça s'applique aux employés actuels, puis il n'y a pas d'expiration à
ces dispositions-là. Donc, si, par exemple, on décide de
changer le statut de l'ITHQ par
rapport aux employés plus tard, dans quelques
années, bien, les employés aujourd'hui vont conserver les droits qu'on leur
accorde, permanents. Aujourd'hui, bien, on me dit que c'est permanent.
M. Marceau :
C'est permanent, ce qui fait que cette personne inquiète dont je vous parlais
plus tôt...
M. Leitão :
Aura toujours...
Marceau : ...pourra
constater ce qui se produira. Et puis, si, dans cinq ans... On a confiance que,
dans cinq ans, cette personne-là va être encore heureuse, mais, si jamais
elle ne l'était pas...
M. Leitão : Comme par
exemple... Juste un exemple : Les employés de l'Assemblée
nationale sont dans la fonction
publique, il y a toujours possibilité d'être transféré... aux employés de cuisine, je
veux dire, de l'Assemblée
nationale.
M. Marceau :
O.K. Vous avez fait des vérifications. Parfait. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va?
Article 290.
Leitão : Alors,
article 290,
donc :
Sous réserve des conditions de travail qui leur sont applicables,
les membres du personnel de
l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec en poste (indiquer
ici la date qui précède celle de l'entrée en vigueur de l'article 284)
sont, à compter du (indiquer ici la
date de l'entrée en vigueur de l'article 284), réputés être nommés conformément à l'article 14 de la
Loi sur
l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (chapitre I-13.02), tel
que remplacé par l'article 284 de la présente loi. Voilà.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Ça me va, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Granby. Ça va? 291.
M. Leitão :
291... Mais on adopte le 290?
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'article 290 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté.
Leitão : Alors : 291. La nomination des employés de l'institut
prévue à l'article 290 est réputée constituer l'aliénation d'une entreprise pour
l'application des articles 45 et 46 du Code du travail
(chapitre C-27) et 2097 du Code civil.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Ça me va, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va, M. le député de Granby? Est-ce que
l'article 291 est adopté?
Leitão : 292. Tout employé de l'institut visé à l'article 290
peut demander sa mutation dans un emploi de la fonction publique ou
participer à un processus de qualification visant exclusivement la promotion
pour un tel emploi conformément à la
Loi sur
la fonction publique (chapitre F-3.1.1) si, le (indiquer ici la date qui
précède celle de l'entrée en vigueur de l'article 284), il était un
fonctionnaire permanent.
L'article 35 de
la
Loi sur la fonction publique s'applique à un employé qui participe à un tel
processus de qualification visant exclusivement la promotion.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui, juste une question. Qu'est-ce qui arrive si le fonctionnaire n'est pas
permanent?
M. Leitão :
Alors, je penserais qu'il n'a pas les mêmes... il n'a pas le droit de...
Le Président (M.
Bernier) : Y a-t-il une réponse ou il faut faire un appel à tous?
Leitão : Donc, c'est ça, il n'a
pas de... Si l'employé à l'ITHQ n'est pas permanent, donc, il ne fait pas
partie de la fonction publique, présentement.
Le Président (M.
Bernier) : C'est bien. Merci.
M. Marceau :
Mais est-ce que...
M. Leitão :
Mais il faudrait passer le processus de qualification.
M. Marceau :
C'est ça. Parfait.
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que ça va?
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que l'article 292 est adopté?
Le Président (M. Bernier) : 293.
M. Leitão : Alors : 293.
Lorsqu'un employé visé à l'article 292 pose sa candidature à la mutation
ou à un processus de qualification visant
exclusivement la promotion, il peut requérir du président du Conseil du trésor
qu'il lui donne un avis sur le
classement qu'il aurait dans la fonction publique. Cet avis doit tenir compte
du classement que cet employé avait
dans la fonction publique le (indiquer ici la date qui précède celle de
l'entrée en vigueur de l'article 284), ainsi que de l'expérience et de la scolarité acquises depuis qu'il est
réputé nommé conformément à l'article 14 de la
Loi sur l'Institut
de tourisme et d'hôtellerie du Québec, tel que remplacé par l'article 284
de la présente loi.
Dans le cas
où un employé est muté en application de l'article 292, le sous-ministre
ou le dirigeant de l'organisme de qui il relève lui établit un classement
conforme à l'avis prévu au premier alinéa.
Dans le cas
où un employé est promu en application de l'article 292, son classement
doit tenir compte des critères prévus au premier alinéa.
Le Président (M. Bernier) : Merci. M.
le député de Rousseau.
M. Marceau : Ça me va, M. le
Président.
Le Président (M. Bernier) : M. le
député de Granby.
Bonnardel : Ça me
va aussi.
Le Président (M. Bernier) : Ça va? Est-ce
que l'article 293 est adopté?
Le Président (M. Bernier) : Bon,
vous avez bien travaillé.
M. Leitão : ...très bien travaillé,
M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
Cependant... Je vous remercie de votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Président (M. Bernier) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
des finances publiques reprend ses
travaux.
Je vous rappelle que la commission est réunie
afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi concernant principalement la mise en oeuvre de certaines
positions des discours sur le budget du 17 mars 2016 et du 28 mars
Lors de la
suspension de nos travaux, cet avant-midi, nous étions rendus à
l'article 294 du projet de loi. Je vous cède donc la parole, M. le
ministre.
Leitão : Très bien, M. le Président. Alors, l'article 294, on est
encore dans la
section de l'ITHQ, on parle des transferts d'employés.
Alors :
En cas de cessation partielle ou
totale des activités de l'Institut, l'employé visé à l'article 290 qui, le
(indiquer ici la date qui précède celle de l'entrée en vigueur de
l'article 284), était fonctionnaire permanent a le droit d'être mis en
disponibilité dans la fonction publique au classement qu'il détenait alors.
En cas de
cessation partielle, l'employé mis en disponibilité continue à exercer ses
fonctions au sein de l'Institut jusqu'à
ce que le président du Conseil du trésor puisse le placer conformément à l'article 100
de la
Loi sur la fonction publique.
Lorsque le
président du Conseil du trésor procède au placement d'un employé en
disponibilité, il lui attribue un classement qui tient compte des
critères prévus au premier alinéa de l'article 293. Voilà.
Le Président (M. Bernier) : Merci. M.
le député de Rousseau.
M. Marceau : Moi, ça me convient, M.
le Président.
Président (M. Bernier) : M. le député de Granby.
Bonnardel :
Ça va.
Le Président (M. Bernier) :
Ça va? Est-ce que l'article 294 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) :
Article 295.
Leitão : 295. Un
fonctionnaire permanent de l'Institut qui est, conformément aux conditions de
travail qui lui sont applicables, mis
en disponibilité dans la fonction publique avant le (indiquer ici la date qui
précède celle de l'entrée en vigueur de l'article 284) est affecté
à l'Institut jusqu'à ce que le président du Conseil du trésor puisse le placer
conformément à l'article 100 de la
Loi sur la fonction publique.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Ça me convient, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Granby.
Bonnardel :
Ça va.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va? Est-ce que l'article 295 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) :
Article 296.
Leitão :
Sous réserve des recours qui peuvent exister en
vertu d'une convention collective, un employé visé à l'article 290 qui est congédié peut en appeler conformément
à l'article 33 de la
Loi sur la fonction publique si, le (indiquer
ici la date qui précède celle de l'entrée en vigueur de l'article 284), il
était un fonctionnaire permanent.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau, ça va?
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Granby, ça va?
Bonnardel :
Oui.
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'article 296 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté. Nous en sommes à l'article 297, pour lequel il
y a un amendement.
Leitão : En effet, M. le Président. Alors, bon... Mais, comme je pense qu'on doit commencer par l'article...
Le Président (M. Bernier) : Oui, commençons par l'article.
Par la suite, vous viendrez nous expliquer l'amendement.
M. Leitão :
Oui. Comme vous verrez, l'amendement est très simple.
Alors,
l'article 297 : Le mandat des membres du conseil
d'administration de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec en poste le (indiquer la date de l'entrée
en vigueur de l'article 282) est, pour sa durée non écoulée, poursuivi
aux mêmes conditions. Les dispositions de
l'article 7 de la
Loi sur l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du
Québec, telles que modifiées par l'article 283 de la présente loi,
ne s'appliquent pas à ces membres.
Alors, c'est ça, l'article 287...
Le Président (M.
Bernier) : 297.
Leitão : Excusez-moi, 297.
L'amendement, c'est que... À l'article 297 du projet de loi, supprimer la deuxième phrase.
donc l'amendement vise à rendre applicable aux membres actuels du conseil d'administration de l'Institut
de tourisme et d'hôtellerie du Québec la limitation du nombre de renouvellements
possibles de leur mandat. Alors, c'est tout simplement ça.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
Le Président (M. Bernier) : Oui, M.
le député de Granby.
Bonnardel : Quelle
sera la composition du conseil d'administration de l'institut, du nouvel
institut, si on peut l'appeler ainsi, là? Comment il sera constitué? De qui?
M. Leitão : Oui. Je pense que ce
qu'on avait indiqué, dans les articles précédents, c'est que... Je pense qu'on
augmente le nombre de membres du conseil d'administration de trois à cinq.
M. Leitão : Oui. Bon, je pense que
les membres actuels demeurent. Il y en aura d'autres qui seront nommés.
Bonnardel : Est-ce
que tous les différents corps
professoraux pourront y siéger, sur ce conseil
d'administration, ou...
M. Leitão : C'est une bonne
question.
Le Président (M. Bernier) : ...du conseil
d'administration. Pas les noms mais les statuts. Me Lebrun.
M. Lebrun (Jean-Philippe) : Merci, M.
le Président. Donc, à l'article 282 du projet de loi, on a modifié l'article 5 de la
Loi sur l'ITHQ pour prévoir qu'il y
aura, parmi les membres du conseil
d'administration, un membre
qui sera un directeur de l'institut, qui
aura été désigné par les autres directeurs de l'institut. Il y aura aussi un
membre enseignant de l'institut, qui aura été désigné par l'ensemble du
corps professoral.
Bonnardel : Par
l'ensemble du corps.
M. Lebrun (Jean-Philippe) : Exact.
Bonnardel : O.K.
Qu'il soit professionnel, collégial ou universitaire. C'est ça?
M. Lebrun (Jean-Philippe) : Un
membre des enseignants, exact.
Bonnardel : O.K.
Merci.
Le Président (M. Bernier) : Ça vous
va? M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Ça va, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que l'amendement à l'article 297 est adopté?
Le Président (M. Bernier) : Est-ce
que l'article 297, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Bernier) : Merci.
Nous en sommes maintenant à l'étude du
chapitre XVII.1, au niveau de
l'amendement qui introduit de nouveaux articles concernant la surveillance des
transactions immobilières, les articles 310.1 à 310.3. M. le ministre,
nous expliquer d'une façon générale ce à quoi ces articles vont nous conduire.
Leitão : Donc, ici, maintenant, dans cette section, nous allons
rentrer dans cette
partie du projet de loi qui parle de surveillance des
transactions immobilières. On avait parlé de ces enjeux-là lors de la mise à
jour économique de novembre mais aussi lors
de notre budget. C'est un sujet qui nous préoccupe. Et donc nous avons décidé
de surveiller de plus près ce qui se passe dans le monde immobilier pour
pouvoir intervenir, si tel est le cas, si c'est nécessaire, si on remarque des
mouvements comme on a vu dans les autres grandes villes canadiennes.
Et, pour
pouvoir bien nous guider dans une possible intervention, il nous fallait
l'information. Et donc, avec les changements législatifs qu'on va
proposer ici, on va se donner la possibilité d'avoir accès à de l'information,
surtout concernant les droits sur les mutations immobilières, pour voir
vraiment ce qui se passe dans le marché immobilier «in real time», donc, pour avoir de l'information. Donc, il fallait
faire des changements législatifs, que nous proposons ici, pour pouvoir
avoir accès à cette information et décider plus tard si c'est nécessaire
d'intervenir ou pas.
Alors, il y a quelques articles, il
n'y en a pas beaucoup, mais il y en a quelques-uns, ils sont importants.
Alors, on va y aller. Donc, on commence par...
Le Président (M.
Bernier) : 310.1. M. le ministre.
Leitão : 310.1. Donc, on est, comme je viens de dire, dans le
chapitre XVII, la surveillance des transactions immobilières, la Loi concernant les droits sur les
mutations immobilières.
L'article 310.1 :
L'article 9 de la Loi
concernant les droits sur les mutations immobilières (chapitre D-15.1) est
modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
outre, doivent être inscrits sur le formulaire de présentation de la
réquisition d'inscription au registre foncier, prévu au troisième alinéa de l'article 2982 du Code civil, les
renseignements déterminés par règlement du gouvernement, sur recommandation du ministre des Finances et du
ministre responsable des ressources naturelles. Ces renseignements sont collectés aux fins de l'élaboration, par le
ministre des Finances, des politiques en matière économique, fiscale,
budgétaire et financière, conformément à l'article 2 de la
Loi sur le
ministère des Finances (chapitre M-24.01).»
Alors,
ce nouvel article, l'article 310.1 du projet de loi, modifie
l'article 9 de la Loi concernant les droits sur les mutations immobilières afin de permettre au
ministre des Finances, au gouvernement et aussi au ministre de l'Énergie
et des Ressources naturelles, parce que
c'est ce ministre-là, de l'Énergie et des Ressources naturelles, qui est aussi
responsable du registre foncier, de prévoir
dans un règlement les renseignements qui devront être transmis à l'occasion de
l'inscription d'un transfert immobilier au
registre foncier afin d'assurer un suivi des transactions immobilières. Un tel
suivi pourra servir à l'élaboration de politiques en matière économique,
fiscale, budgétaire et financière. Voilà. Ça, c'est 310.1.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
Marceau : Oui. De mémoire, il n'y a pas si longtemps, peut-être deux
ans, il avait été question du fait que, dans le cas de transactions qui
impliquaient des personnes morales, plutôt que de faire un transfert de
propriété, on faisait simplement un
transfert d'actions entre les deux personnes morales, ce qui permettait aux parties prenantes à la
transaction d'éviter de payer les droits de
mutation immobilière, ce qui fait que... puis je devrais peut-être
ouvrir une parenthèse pour dire que,
de mémoire, cette question-là a été, je vais dire, réglée ou partiellement
réglée, je ne suis pas parfaitement au fait de la
qualité de la solution qui avait été retenue à l'époque, mais ça pose la question
de l'utilisation des droits de mutation immobilière pour se faire une meilleure idée du marché immobilier. On
comprendra que, si certaines transactions échappent aux droits de mutation immobilière, ça devient un
mauvais indicateur de l'état du marché immobilier que d'utiliser les droits de mutation. Ça fait que, bon, évidemment,
les articles qui sont là sont des articles
qui sont bons, en ce sens qu'ils permettent
à l'État puis au ministère
des Finances d'obtenir plus d'informations sur les transactions, mais la question
qui se pose, c'est : Est-ce que
ça va être... est-ce que le portrait qui va pouvoir être dressé à partir de ces informations-là va être complet, va permettre
d'appréhender l'ensemble des transactions sur le marché immobilier?
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Moi, je pense que oui, parce que ce qu'on s'apprête à faire ici, c'est de nous
donner la possibilité d'avoir de meilleures informations en ce qui concerne le marché de l'immobilier résidentiel. Parce que
c'est là, entre autres choses, qu'on
veut s'assurer que, bon, est-ce qu'il y a beaucoup d'acheteurs non résidents, etc. Donc, on aura un peu plus d'information là-dessus.
L'élément
auquel vous faites allusion, et c'est très important, c'était surtout des
mécanismes en place pour l'immobilier commercial, donc, des entreprises
qui étaient propriétaires d'immeubles, ou des centres d'achat, etc. Et donc il
y avait ce truc-là qui leur
permettait de vendre des actions sans vendre l'immeuble comme tel. Revenu Québec a mis en place des mesures pour s'assurer de l'intégrité du système,
pour démasquer un peu ces choses-là. Je pense que ça fonctionne. On
pourrait peut-être demander aux gens de Revenu Québec de nous parler un peu de
ça. Mais ce qu'on vise ici, c'est surtout l'immobilier résidentiel.
M. Marceau : Oui, c'est ça. C'est sûr que... J'entends ce que
dit M. le ministre, mais j'aimerais bien quand même, si c'est possible, que Revenu
Québec nous fasse un état des
lieux sur la question des transferts d'actions. Ou c'est trop
tôt, peut-être.
Le Président
(M. Bernier) : Un appel à tous. Y a-t-il quelqu'un dans la salle
qui peut venir nous trouver?
M. Leitão :
Je pense qu'il y a quelqu'un. Monsieur...
Le Président (M. Bernier) :
M. Lemieux? Me Forget, M. Lemieux?
Le Président
(M. Bernier) : Me Forget, vous êtes la gagnante.
Mme Forget
(Johanne) : En fait, les modifications auxquelles vous faites référence ont été apportées dans un projet
de loi fiscal qu'on a présenté il y a effectivement deux ans, là. On a apporté
des modifications à la
loi sur les immobilisations...
les droits sur les mutations
immobilières. Ce que Revenu Québec a comme mandat, dans ce domaine-là, c'est
un droit supplétif, qu'on appelle, ou une taxe dans le cas de non-respect de
certaines obligations.
Ce que vous
décrivez, ce qu'on a bloqué comme stratagème, si on veut, c'est géré dans la
loi sur les transactions immobilières... — j'oublie tout le temps le
titre de la
loi — sur les
droits sur les mutations immobilières. Donc, c'est le ministère des Affaires municipales qui a en charge
cette loi-là. On est intervenus dans un projet de loi fiscal parce qu'on
a une petite responsabilité, à Revenu
Québec, concernant la taxe qui s'applique, un droit supplétif qu'on appelle.
Mais, pour ce qui est de la mesure
comme telle, c'est le ministère
des Affaires municipales qui est responsable de cette section-là de
la loi.
M. Marceau : Merci
pour votre réponse. Puis, dans le cas où c'est le droit supplétif qui
s'applique, est-ce que les informations dont il est question ici vont
être récoltées? Les informations qui doivent apparaître, lorsqu'on fait une
réquisition pour inscription au Registre foncier, dans les cas où c'est un
droit supplétif plutôt que le droit de mutation habituel, est-ce que les
informations vont être récoltées?
Le Président (M. Bernier) : ...
Mme Forget
(Johanne) : Johanne Forget.
Je ne suis pas au fait des modifications qui sont introduites dans le
projet de loi en cours, je suis désolée.
Le Président (M. Bernier) :
Me Lebrun.
M. Lebrun
(Jean-Philippe) : Merci, M.
le Président. En fait, c'est vraiment deux mesures distinctes. Pour
avoir le renseignement, la meilleure porte
d'entrée, c'est le Registre foncier. Il faut dire que la très grande majorité
des transactions immobilières se font
par le Registre foncier, il y a une publicité de la transaction. Donc, les
informations qui vont être obtenues vont donner quand même un très bon
portrait du marché résidentiel.
M. Marceau : Sauf qu'on se
doute bien que ceux qui utilisent les stratagèmes dont il est question ici sont
possiblement de gros joueurs, des joueurs
plus avisés. Enfin, si je me trompe, vous me le dites, là, mais a priori on se
dit que quelqu'un qui a les moyens de tenter des stratagèmes comme ceux-là, ce
sont des gens qui ont des grosses équipes puis qui...
M. Lebrun (Jean-Philippe) : C'est
sûr.
M. Marceau :
Puis la question, en fait, juste revenir... Je me rappelle des chiffres, un
peu, qui ont été présentés dans le
cadre du budget, qui étaient fort intéressants, là. Il suffit de quelques très
gros joueurs qui sont très actifs, entre autres, de l'étranger, là. C'était vraiment la question de l'acquisition par les
étrangers de beaucoup d'immeubles au Québec. On se doute bien que ces grands et ces gros-là qui font des grosses
acquisitions, qui font beaucoup d'acquisitions, ils ont les moyens d'essayer des stratagèmes. Maintenant, si Revenu
Québec est capable de les bloquer, désormais, la question ne se pose
plus. C'est ce que je ne sais pas.
Leitão : Tout à fait. Mais ce qu'on vise ici... Parce que ces
transactions-là... Même si ce sont de très gros joueurs étrangers, ils devront
quand même passer par le Registre foncier. Donc, nous, l'information qu'on
recherche ici, c'est justement de savoir s'il y a de tels phénomènes, s'il y a
quelques étrangers qui achèteraient un très grand nombre de propriétés. En
ayant accès à cette information-là, là, on pourra élaborer des mesures pour
contrer de tels stratagèmes.
Marceau : Mais je veux juste être très clair, moi, je ne suis pas
contre ce qui est là, là, j'ai juste soulevé un problème parce qu'il m'apparaît... Disons, une grosse compagnie
étrangère en immobilier qui achète une grosse compagnie locale en immobilier ici, qui acquiert carrément
l'entreprise, là, qui acquiert l'entreprise québécoise, donc ils
achètent, ils déboursent 50 millions,
là, puis ils achètent, là, un très, très gros joueur du secteur immobilier
québécois, là, par l'achat d'actions. Bon, là, évidemment, la personne
morale change de propriétaire. Ma question, c'est : Est-ce que vous allez attraper ça avec vos informations, là? Mettons que
c'est des tours à condos, donc on est dans le résidentiel, là, une
grosse, grosse, grosse entreprise, là, qui est locale, qui détient des tours à
condos puis qui vend ça.
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
Leitão : Je comprends votre question, mais là on est dans une
situation qui est un peu différente parce que, là, on serait dans une situation de transfert
d'entreprise ou d'acquisition par un étranger, et ça, c'est une autre question,
mais qui ne... Ce qu'on vise ici, ce n'est pas ça. Ce qu'on vise ici, c'est de
détecter des tendances, spéculatives ou pas, dans l'immobilier résidentiel, où des personnes achètent beaucoup de
propriétés dans le but de, bon, les revendre plus tard, peut-être.
Donc, si quelqu'un achète... si une entreprise XYZ basée, je ne
sais pas, moi, en Belgique achète une compagnie québécoise qui, elle,
est propriétaire d'un parc immobilier d'appartements à louer, par exemple, bon,
ça, c'est une transaction qui va être
surveillée d'une autre façon. On ne vise pas ça ici, on vise les propriétés
résidentielles individuelles pour
voir s'il y a une concentration d'acheteurs non résidents ou
une forte augmentation, pour qu'on puisse suivre le marché de plus
près.
M. Marceau : Je
comprends qu'avec tout ça on capture
une très, très grande
partie du marché. Bon, il en reste un bout, peut-être, qui
échappe. Je ne sais pas l'ampleur de ce qui nous échappe.
Je veux juste
aller dans un deuxième... aborder une deuxième question, c'est celle des terres
agricoles, qui, bon, elles aussi, lorsqu'il y a transaction, sont... évidemment,
ça passe au Registre foncier, là. Est-ce que vous allez être capables de détecter, grâce à ça, ce qui fait
objet de grands débats au Québec depuis plusieurs années, là, c'est-à-dire le fait qu'il y aurait spéculation dans nos terres agricoles? Et
puis, bon, vous savez comme moi que les agriculteurs, les producteurs agricoles sont nombreux à s'en plaindre et puis
surtout à dire à quel point ça empêche la relève de prendre la responsabilité de l'entreprise agricole. Est-ce
que vous pensez pouvoir nous en dire plus grâce à ça, par la suite?
Leitão : Moi, je pense
que oui, parce qu'en fin de compte ce
qu'on dit ici, c'est que... d'avoir les renseignements déterminés par règlement, donc, par règlement, on
peut décider qu'on va avoir cette information aussi sur les propriétés agricoles. Ce n'est pas quelque chose que
nécessairement on vise dans le cadre du marché immobilier résidentiel,
mais, par règlement, on aurait la capacité de le faire.
M. Marceau :
Juste pour... Peut-être que c'est parce que ça m'échappe, là, ou c'est
peut-être dans les articles suivants, mais
les articles qui sont ici, 310.1 en particulier, ne parlent pas d'immobilier
résidentiel, là. Je comprends que c'est votre objectif, là, mais...
M. Leitão :
...c'est plus général, parce qu'on nous dit...
M. Marceau :
C'est plus général ici, c'est ça, c'est pour ça que...
M. Leitão : ...donc, «les renseignements
déterminés par règlement du gouvernement, sur recommandation du ministre
des Finances». Donc, ça peut être...
M. Marceau : Avez-vous l'intention de récolter ou
de produire des statistiques pour le secteur agricole particulièrement?
M. Leitão : Honnêtement, de façon très claire,
ce n'est pas quelque chose qui était visé par cette partie-ci du projet
de loi. Moi, je visais surtout le marché de l'immobilier résidentiel. Mais, en
collaboration, en consultation avec mon collègue
le ministre de l'Agriculture, on peut toujours, on aura toujours la capacité de
le faire. Il n'y a rien qui nous limite, on peut le faire.
M. Marceau :
Bien, en fait, oui, très bonne idée, M. le ministre. Moi, je vous invite à le
faire. Parce que mon recherchiste...
superrecherchiste, plutôt, me rappelait qu'à la CAPERN il y a eu une
recommandation en ce sens-là qui a été faite au ministre de
l'Agriculture...
M. Marceau : Voilà. Votre collègue ici, de
Mégantic, pourrait vous en dire encore plus. Vous pouvez consulter...
Une voix :
Puis il y a du travail de fait, mais ça pourrait...
M. Marceau : Et, c'est ça, il y a du travail qui
est déjà fait, mais je pense que, si on avait plus d'information, ce
serait toujours mieux, là.
M. Leitão :
Donc, ça pourrait se faire...
M. Marceau : Il y a même moyen de le faire par
secteurs agricoles, là. Il y a beaucoup de choses qui peuvent être
faites.
M. Leitão :
Oui, ça peut se faire.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va-t'y?
M. Marceau :
Oui, ça va-t'y, certain!
Le Président (M.
Bernier) : Si ça va... M. le député de Granby, vous, comment ça
Bonnardel : Ça va
très bien.
Président (M. Bernier) : Ça va très bien? Bon, bien, on va continuer,
dans ce cas-là.
L'article 310.1, l'amendement qui l'introduit
l'article 310.1, est-ce que c'est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : O.K. 310.2.
M. Leitão :
310.2.
L'article 12 de la
Loi sur le ministère des Ressources naturelles
et de la Faune (chapitre M-25.2) est modifié par l'insertion, après le
paragraphe 17.70, du suivant :
«17.8° collecter
les renseignements visés au troisième alinéa de l'article 9 de la Loi
concernant les droits sur les mutations immobilières
(chapitre D-15.1) ainsi que les compiler et les transmettre au ministre
des Finances, selon les modalités convenues avec celui-ci.»
Alors, ce nouvel
article 310.2 du projet de loi modifie l'article 12 de la
Loi sur le ministère
des Ressources naturelles et de la Faune afin que le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles collecte les renseignements transmis
à l'occasion d'un transfert immobilier aux
fins du suivi des transactions immobilières. Les modalités de la compilation
des renseignements et de sa transmission au ministre des Finances feront
l'objet d'une entente administrative.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
C'est quoi, la différence entre 310.1 et 310.2?
Le Président (M.
Bernier) : Me Lebrun.
M. Lebrun (Jean-Philippe) : Merci, M.
le Président. Donc, 310.1, c'est la
façon dont laquelle le Registre foncier va obtenir l'information de la part des parties à une transaction
immobilière, et à 310.2 ce qu'on vient prévoir, c'est la communication des renseignements entre le Registre foncier, qui est chapeauté,
là, par le ministre des Ressources
naturelles et... les transmettre au ministère des Finances.
Le Président (M.
Bernier) : Merci beaucoup. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Ça me va, merci.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Granby.
Bonnardel :
Ça va.
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce que l'amendement introduisant l'article 310.2
est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : 310.3.
Leitão : 310.3.
L'article 17.4 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
premier alinéa, de «et 17.7°» par «, 17.7° et 17.8°».
Alors,
ce rendement... cet amendement, pardon, propose de modifier l'article 17.4
de la
Loi sur le ministère des
Ressources naturelles et de la Faune par concordance avec le nouvel
article 310.2
qui ajoute un paragraphe 17.8° à l'article 12 de cette loi. Cette modification
permettra de porter les dépenses relatives à la collecte des renseignements nécessaires
au suivi des transactions immobilières au débit du Fonds d'information sur le
territoire.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, les mots «Fonds d'information sur le
territoire» me rappellent un vieux souvenir.
Le Président (M.
Bernier) : Contez-nous ça.
Marceau : Il a été créé il y a quelques années, de mémoire,
avec un fond de tiroir de je ne sais trop où. Et la question que je vous
pose, c'est : Y a-t-il... comment se porte-t-il, le Fonds d'information
sur le territoire? Est-ce que quelqu'un s'en rappelle?