House Proceedings — 21 September 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-09-21
Quebec — Debates (Hansard)
Je tiens aussi à
exprimer ma profonde gratitude et mes plus chaleureuses félicitations aux
membres de cette indispensable organisation
pour le dévouement exemplaire dont ils ont su faire preuve au cours de ces
quatre dernières décennies pour assurer sa pérennité, son efficacité
ainsi que son attractivité.
Mille mercis! Bon
40e anniversaire et longue vie au Club FADOQ de Contrecoeur ainsi qu'à ses
membres!
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Verchères.
M. le député de Laval-des-Rapides pour votre déclaration.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le Président. J'ai le plaisir, à l'occasion de la rentrée
des classes, de faire une tournée des écoles primaires de ma circonscription. J'aimerais profiter de ce premier mot du député pour saluer les efforts de Mme Lancup et de Mme Lesage, directrices des écoles
Sainte-Marguerite et l'Arc-en-Ciel, pour l'organisation d'activités
ludiques et éducatives à l'occasion de la rentrée des classes. J'ai été
admirablement surpris par l'originalité des activités et
très heureux de constater
l'implication sans faille de l'ensemble du personnel et du corps enseignant.
Ils ont tous fait preuve d'un
enthousiasme communicatif que je tiens à souligner.
félicite donc l'ensemble des
personnes impliquées dans ces activités, le personnel et le corps enseignant,
les parents mais également les élèves à qui je souhaite beaucoup de
succès en cette nouvelle année. Et je leur donne rendez-vous à très bientôt
pour une prochaine visite des écoles. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Laval-des-Rapides.
M. le député de Masson.
Lemay : M. le Président, en fin de semaine dernière, soit les 16 et 17
septembre, nous avons eu l'honneur et le plaisir de voir défiler sous nos yeux le Championnat canadien amateur 10
danses dans le cadre du cinquième anniversaire du Défi Danse Mascouche.
couples de partout au Canada se sont disputé le
titre pour lequel ils devaient
se qualifier dans les 10 danses, soient cinq de style standard et cinq
de style latin. Il va de soi qu'ils nous ont éblouis par la grande beauté de
leurs prestations de danse.
Chaque
année, plusieurs nouveautés s'ajoutent à la programmation afin de faire du Défi
Danse Mascouche un événement incontournable dans le calendrier des
compétitions de danse au Québec. C'est tout un honneur pour les Mascouchois de recevoir ces compétitions dans leur
ville. J'aimerais féliciter tous les participants et les récipiendaires.
termine en saluant chaleureusement Marie Bolduc et
Jean-François Messier, les créateurs et les organisateurs du Défi Danse Mascouche, eux-mêmes champions
canadiens, pour leur excellent travail et je leur dis merci de nous faire
partager votre passion. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Masson. M.
le député de La Prairie.
Merlini : Merci beaucoup, M. le Président. Participer aux Jeux
olympiques représente pour quiconque un exploit, un rêve à réaliser. Je
suis donc extrêmement fier de souligner la récente participation aux Jeux
olympiques de Rio de plusieurs personnes de
ma circonscription, soit Marie-Ève Beauchemin-Nadeau en haltérophilie, Ecatarina
Guica en judo, Céline Gravel, qui a
été juge au tir à l'arc, ainsi que Suzanne Morisset, qui a arbitré trois matchs
de soccer féminin, incluant celui de
la finale. Quelle que soit la
discipline à laquelle elles ont participé, quels que soient les résultats
qu'elles ont obtenus, elles ont
toutes fait preuve de détermination, et leur participation est un bel exemple
qui mérite grandement d'être souligné.
Je suis donc très
heureux de mettre en évidence leur présence à ces jeux et leur remettre la
Médaille de l'Assemblée nationale du Québec. Elles ont certes vécu des hauts et des bas, mais
elles n'ont jamais lâché, et, pour moi, cela est un exploit. Marie-Ève, Ecatarina, Céline
et Suzanne, félicitations et bonne continuation! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de La Prairie. Mme la
députée de Taillon, à vous la
parole.
Lamarre : M. le Président, je tiens à rendre hommage à M. Jacques Savard et à souligner le
travail colossal qu'il a réalisé au
cours de ses trois années de mandat à la présidence du Club Optimiste
Bellerive. Sa constance, sa détermination et son savoir-faire ont joué
un rôle déterminant dans les succès du Club Optimiste.
Jacques
sait convaincre. Son enthousiasme et sa préparation, que ce soit pour défendre
le dossier de la persévérance scolaire
ou pour organiser une activité-bénéfice, ne se démentent pas. Jacques est un optimiste
inspirant, oui, parce qu'il est un membre actif du mouvement Optimiste mais
aussi parce qu'il incarne les valeurs de l'optimisme. Il est toujours souriant, disponible, convaincu et
convaincant, et cela lui permet de souvent accomplir ce qui semblait
impossible.
C'est
grâce à toi que je suis devenue membre et que j'ai pu être témoin du grand
respect et de l'amitié qui règnent dans les clubs Optimiste. Merci de
tout coeur pour ta contribution au mouvement Optimiste et à l'endroit de toute
la communauté de Taillon et du grand Longueuil. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de Taillon. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, pour votre déclaration.
de Santis : Merci, M. le Président. L'éducation, c'est la liberté, la clé de la réussite.
Carmel-Antoine Bessard, une ingénieure en génie chimique native de Montréal-Nord,
représente très bien cette philosophie.
Pourtant,
elle a connu son lot de difficultés. Née dans un quartier difficile, elle accumulait
les soucis avec ses parents au point
de fuguer et de quitter le domicile familial à l'âge de 15 ans. Portrait
typique d'une décrocheuse, me direz-vous. Mais, prenant conscience que la réussite était sa seule option pour
changer de vie, elle a mis la main à la pâte en acquérant des
compétences grâce à une persévérance exemplaire.
Depuis 2008,
cette bénévole pour l'opération Retour à l'école de la Chambre de commerce du
Montréal métropolitain donne des
conférences dans les écoles de Montréal-Nord afin de sensibiliser les adolescents à l'importance d'une bonne éducation. Elle n'hésite pas à citer en exemple
sa propre expérience personnelle. Comme elle le dit si bien :
«L'école m'a permis de découvrir d'autres horizons, de sortir de chez moi, de
rêver.» Merci, Mme Bessard.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. M. le député des Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard : Merci,
M. le Président. L'Adoberge Chaudière-Appalaches célèbre cette année son 25e anniversaire. Cette maison d'hébergement, membre du regroupement des Auberges du coeur, accueille des adolescents de 12 à 17 ans
vivant différentes difficultés
personnelles ou familiales et qui souhaitent entreprendre une démarche vers le
changement.
Depuis
25 ans, ce sont des milliers de jeunes qui ont trouvé refuge à l'Adoberge
et bénéficié de leurs services. Ils y trouvent soutien, écoute et
accompagnement qui leur permettent de se prendre en main dans un cadre
sécurisant et respectueux.
Aussi, je
profite de ce moment pour rappeler l'importance de soutenir une telle ressource
qui apporte répit aux jeunes ainsi qu'aux familles. Je félicite
M. Jérôme Métivier, directeur général, ainsi que tous les intervenants
pour le travail exceptionnel qu'ils font jour après jour afin que tous les jeunes qu'ils accueillent puissent prendre un nouveau
départ. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député des Chutes-de-la-Chaudière. M. le
député de Sherbrooke, à vous la parole.
M. Fortin
(Sherbrooke) : M. le Président, j'aimerais aujourd'hui souligner de nouvelles intronisations au Panthéon
des sports de Sherbrooke en vue de la deuxième
cérémonie d'intronisation qui aura lieu ce soir et dont je suis le président
d'honneur. Il s'agit d'une reconnaissance exceptionnelle pour des personnes et un événement majeur qui ont
contribué au développement de la culture sportive à Sherbrooke et en
Estrie.
intronisés sont donc : les jeux de la XXIe Olympiade de Montréal de 1976 à Sherbrooke en handball et en soccer à
titre d'événement; l'équipe de volleyball masculin du Vert et
Or de l'Université de Sherbrooke de 1974‑1975; les bâtisseurs
Roch Loignon en patinage de vitesse courte piste, Clément Fortier en sport
amateur et Jean-Paul Ricard en boxe; et finalement les athlètes Gregory
Stevenson en aviron, Lloyd Langlois, Jean-Marc Rozon et Nicolas Fontaine en ski
acrobatique ainsi que Maryse Turcotte en haltérophilie.
En terminant,
j'aimerais remercier chacun des intronisés pour leur contribution remarquable au patrimoine sportif de l'Estrie. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Sherbrooke. Enfin, M.
le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
D'Amour : Alors,
permettez-moi, M. le Président, de vous raconter. Il y a
tout juste deux semaines, j'ai eu le privilège
d'assister aux festivités entourant le 50e anniversaire de l'Association
féminine d'éducation et d'action sociale, l'AFEAS, de
Trois-Pistoles.
Reconnues
pour leurs prises de position éclairées sur une foule de sujets, elles ont véritablement marqué l'histoire de notre
coin de pays. Que ce soit en
matière de santé, d'éducation, de conciliation
travail-famille, elles ont été
présentes, ont collaboré avec une
multitude d'organisations non
seulement de Trois-Pistoles, mais de l'ensemble
de la région des Basques.
Aujourd'hui, de mon siège de l'Assemblée
nationale, M. le Président, je souhaite leur rendre un hommage particulier pour leur ténacité, leur engagement,
leur fidélité à leurs valeurs et à leurs principes. Ça a fait une différence
dans la vie des gens
de chez nous. Je les remercie, je les salue. Et, bien sûr, vous allez me
permettre de leur souhaiter un
autre 50 ans. En langage politique, 50 ans, là, c'est pas mal de
mandats. Alors, elles l'ont fait avec coeur au cours des 50 dernières années, elles ont su se
renouveler et sans doute seront-elles présentes dans nos vies pour encore
50 ans, et on s'en réjouit à l'avance. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Voilà qui met un
terme à la rubrique Déclarations de députés, et je suspends les travaux de
l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, veuillez vous asseoir... Non, excusez. Mmes, MM. les députés, nous
allons nous recueillir pendant quelques instants.
Alors, merci. Veuillez
prendre place.
Alors,
nous allons poursuivre les affaires
courantes, parce que
j'avais des gens à saluer, mais on va attendre qu'ils arrivent. Elles ne
sont pas là ou ils ne sont pas là. Alors, nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni de présentation de projets de loi.
Mais,
à la rubrique Dépôt de documents, je cède
la parole à M. le premier ministre pour un dépôt
de documents. M. le premier
ministre.
M. Couillard : Oui, merci, M. le Président. Conformément
à l'article 26 de la Loi
sur l'administration publique, je dépose le rapport annuel de
gestion 2015‑2016 du ministère du Conseil exécutif.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, le document est déposé. M. le ministre de la Santé et des Services sociaux. M. le
ministre.
Barrette : Merci, M. le Président. Je dépose aujourd'hui le rapport
annuel de gestion 2015‑2016 de l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux, les rapports
annuels de gestion 2015‑2016 du CHU de Québec et Université Laval et du centre intégré de la santé et des services
sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec ainsi que les rapports
annuels 2015‑2016 sur l'application de la procédure d'examen des plaintes et de
l'amélioration de la qualité des services du
CHU de Québec et Université Laval et du centre intégré de la santé et des
services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.
Vice-Président (M. Gendron) : Ces documents sont déposés. M. le
ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, à vous.
Blanchette : ...le rapport annuel d'activité 2015‑2016 et les états
financiers de la Fondation de la faune et de la Société des
établissements de plein air du Québec, communément appelée la SEPAQ.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci. Le document est déposé.
Pour
ma part, je dépose le rapport d'activité du Commissaire à l'éthique et à la déontologie
de l'Assemblée nationale pour l'exercice 2015‑2016.
Je dépose également quatre décisions du Bureau
de l'Assemblée nationale. Alors, le document est déposé.
Comme nos invités sont arrivés, on va faire la
présentation de nos invités. Alors, j'ai le plaisir de souligner la présence dans les tribunes du gouverneur de l'État
du Goiás de la République fédérative du Brésil, M. Marconi Perillo,
à l'occasion de sa visite. Bienvenue chez
nous. Alors, on vous souhaite un bon séjour à l'Assemblée nationale du Québec.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
et député de Labelle. M. le député de Labelle, pour le dépôt.
M. Pagé :
Oui, merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
qui, le 20 septembre 2016, a procédé à l'étude du plan stratégique 2016‑2020
d'Hydro-Québec.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, rapport déposé.
M. le député de La Peltrie. M. le député de
La Peltrie?
Caire : Excusez.
C'est de sa faute, M. le Président, c'est un agent perturbateur.
Alors, M.
le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 76 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant qu'une borne pour la
recharge d'une automobile électrique est un accessoire facultatif;
«Considérant
que la Régie du bâtiment du Québec n'a pas le mandat d'obliger l'installation
d'accessoires facultatifs;
«Considérant qu'un règlement
forçant l'installation d'un tel accessoire ferait la promotion d'une idéologie
politique et n'ajouterait [...] rien à la sécurité du public;
«Et l'intervention réclamée se
résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de ne pas adopter un règlement
qui rendrait obligatoire l'installation
de bornes destinées à la recharge de véhicules électriques afin de respecter
les propriétaires d'immeubles et que ces derniers soient entièrement
libres d'installer les accessoires facultatifs.»
Je certifie que cet extrait est
conforme à l'original de la pétition.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de Portneuf... Et
j'attire votre attention, il y en a
plus d'une et il y en a pas mal, de pétitions, aujourd'hui, en ce début de
session, donc soyez attentif. Alors, M. le député de Portneuf, allez.
Matte : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 967 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
l'éloignement des hôpitaux de Québec, les services de santé dans Portneuf sont
sous-financés et ne répondent pas à la demande des 52 000
Portneuvois et Portneuvoises;
«Considérant
que des études comparatives démontrent que l'Hôpital régional de Portneuf n'a
pas les ressources nécessaires pour donner les services spécialisés de
proximité que la population est en droit de recevoir;
«Considérant les promesses des ministres
précédents;
«Considérant
que la Fondation des services [de] santé et sociaux de Portneuf a amassé des
sommes considérables pour l'acquisition d'un TACO et l'implantation
d'une clinique de chimiothérapie;
«Considérant
que le CIUSSS de la Capitale-Nationale refuse de doter la région d'un TACO, de
lits pour soins de courte durée, de
traitements d'hémodialyse, d'accorder plus de ressources pour Portneuf et
suspend les services mammographie;
«Considérant que le troisième étage de l'hôpital
est toujours vacant;
«Considérant que, par manque de soins
spécialisés de proximité, des patients abandonnent leurs traitements;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés demandons au ministre de la
Santé et des Services sociaux : de rencontrer le comité [des] citoyens; de réaffecter des ressources humaines,
matérielles et financières à l'Hôpital régional de Portneuf, en particulier
pour son service d'urgence; de recevoir, dans
la MRC de Portneuf, une part juste et équitable des médecins et des professionnels de la santé oeuvrant sur le
territoire de la Capitale-Nationale; de rétablir deux groupes de médecine familiale
afin d'assurer une présence des médecins sur
tout le territoire, en particulier dans le nord et l'ouest de la
circonscription de Portneuf.»
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition. Également,
je désire souligner que ces 967 signatures s'ajoutent à celles
d'une pétition papier signée par environ 19 000 personnes. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, extrait de pétition déposé. Je
cède la parole maintenant à Mme la députée de Taillon pour sa pétition.
Mme la députée.
Mme Lamarre : Merci, M. le
Président. Je salue les représentants de la Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie du Québec qui sont dans
nos tribunes. Et je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 14 201 pétitionnaires. Désignation : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que, depuis 2006, un doctorat de troisième cycle
est obligatoire pour obtenir le
titre de psychologue au Québec;
«Considérant
que, dans le cadre de ce doctorat,
les étudiants doivent accomplir un internat obligatoire de
1 600 heures qui est actuellement non rémunéré;
«Considérant que cet internat représente une
année de travail à temps plein généralement effectué dans les réseaux publics de la santé et des services sociaux et de l'éducation, et que les internes offrent des services professionnels
à la population québécoise;
«Considérant
qu'en plus de travailler sans être rémunérés les internes doivent débourser
entre 1 300 $ et 6 000 $ de frais de scolarité
pendant l'année d'internat;
«Considérant qu'en Amérique du Nord seul le
Québec ne rémunère pas ses internes en psychologie et que la moyenne canadienne
se situe à plus de 31 000 $;
«Considérant
que les internes en psychologie accomplissent environ 80 % des tâches du
psychologue dans le cadre de l'internat;
«Considérant
que les internes offrent leurs services sous un minimum de supervision qui
représente 12,5 % de leurs heures d'activités;
«Considérant que les résidents en médecine du
Québec, avec un nombre d'années et d'études et un niveau d'autonomie comparables aux internes en
psychologie, sont rémunérés à hauteur de 45 000 $ lors de leur
première année de résidence;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec de rendre obligatoire une juste rémunération des internats en psychologie au Québec et de défrayer la rémunération de
tous les internes en psychologie oeuvrant dans le secteur public.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Vice-Président (M. Gendron) : Extrait de pétition déposé. Et je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
pour le dépôt de sa pétition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 557 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le projet de TransCanada sous son
intitulé "Énergie Est" représente une source de questions
dont les enjeux nous concernent tous [et toutes];
«Considérant
que ces enjeux dépassent clairement
les intérêts privés et que les enjeux publics et citoyens
doivent être priorisés par le gouvernement qui est responsable de
défendre le bien commun;
«Considérant que les récentes études du BAPE ont
permis de sérieusement mettre en doute la maîtrise de TransCanada dans son propre projet, notamment en ce qui concerne les risques éventuels et les plans de secours en cas de
catastrophe majeure;
«Considérant qu'il n'existe à ce jour
aucune consultation digne, fiable et légale de la population dans son ensemble;
«Considérant la
croissance des craintes légitimes de la population à l'échelle provinciale en
ce qui concerne ce dossier;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
mettre en place une consultation référendaire provinciale afin de permettre à l'ensemble
de la population de s'exprimer;
«Qu'il n'y ait pas de travaux entamés avant que le verdict de la consultation ne soit rendu et exigeons une garantie gouvernementale à cet
effet;
«Que la réponse ainsi
donnée soit considérée comme légitime et fasse autorité sur toute autre objection.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Vice-Président (M. Gendron) : Extrait de pétition déposé. Et je cède à
nouveau la parole à Mme la députée de Taillon parce que vous en avez une
autre. À vous.
Mme Lamarre :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 4 918 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que, depuis 2006, un doctorat de troisième cycle est obligatoire pour obtenir
le
titre de psychologue au Québec;
«Considérant
que, dans le cadre de ce doctorat, les étudiants doivent accomplir un internat
obligatoire de 1 600 heures qui est actuellement non rémunéré;
«Considérant
que cet internat représente une année de travail à temps plein généralement
effectué dans les réseaux publics de la santé et des services sociaux et
de l'éducation et que les internes offrent des services professionnels à la
population québécoise;
«Considérant
qu'en plus de travailler sans être rémunérés les internes doivent débourser
entre 1 300 $ et 6 000 $ de frais de scolarité
pendant l'année d'internat;
«Considérant qu'en
Amérique du Nord seul le Québec ne rémunère pas ses internes en psychologie et
que la moyenne canadienne se situe à plus de 31 000 $;
«Considérant que les
internes en psychologie accomplissent environ 80 % des tâches du
psychologue dans le cadre de l'internat;
«Considérant
que les internes offrent leurs services sous un minimum de supervision qui
représente 12,5 % de leurs heures d'activité;
«Considérant
que les résidents en médecine du Québec, avec un nombre d'années d'études et un
niveau d'autonomie comparables aux
internes en psychologie, sont rémunérés à hauteur de 45 000 $ lors de
leur première année de résidence;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec de rendre obligatoire une juste
rémunération des internats en psychologie au
Québec et de défrayer la rémunération de tous les internes en psychologie
oeuvrant dans le secteur public.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Vice-Président (M. Gendron) : Extrait de pétition déposé. Et, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
également, vous avez une deuxième pétition. Allez, à votre tour.
Mme Massé :
Un retour de vacances actif. Je dépose donc l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale signée par 1 745
pétitionnaires, qui, aujourd'hui, doivent être très heureux. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu que le
rapport de la Commission des institutions de mai 2015 sur les
consultations particulières et auditions
publiques sur le projet de règlement relatif au règlement sur le changement de
nom et d'autres qualités de l'état civil
pour les personnes transsexuelles ou transgenres invite le gouvernement à
entreprendre rapidement des actions afin de faciliter la vie des mineurs
et juge la situation urgente;
«Attendu que le sexe
apparaissant à l'acte de naissance dicte la mention de sexe qui apparaît sur
les autres documents d'identité civile tels que la carte d'assurance
maladie, le code permanent et la carte étudiante, le permis de conduire
et le passeport;
«Attendu
que les mineurs peuvent faire une demande de changement de sexe dans d'autres
provinces canadiennes — y
compris le Québec maintenant — notamment en Colombie-Britannique [et] en Alberta et en Ontario;
«Attendu
que selon les chartes québécoise et canadienne des droits et libertés, tous ont
droit à l'égalité ainsi qu'au respect
de leur vie privée, ce qui ne peut se concrétiser sans avoir les documents
cohérents à sa présentation et à son identité de genre;
«Attendu que
les jeunes transgenres vivent un niveau disproportionné de discrimination, situation
qui est exacerbée par l'impossibilité
d'obtenir des documents d'identification cohérents avec [leur]
présentation et [leur] identité de genre;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du Québec
de déposer et d'adopter un projet de loi afin de permettre le changement de
mention de sexe à l'acte de naissance des enfants transgenres sans délai.»
Et je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition et que la loi a été modifiée.
Vice-Président (M. Gendron) :
Extrait de pétition déposé, et je cède la parole maintenant à M. le député de Borduas pour la présentation de sa motion. À vous.
Jolin-Barrette : Oui. Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 289
pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que Retraite Québec administre les
régimes de retraite de tous les travailleurs du Québec;
«Considérant que Retraite
Québec est responsable de
l'application de la
Loi sur le régime de rentes du Québec;
«Considérant
que la rente du conjoint survivant sert à assurer un revenu de base et une
qualité de vie décente au conjoint du cotisant décédé;
«Considérant que les cotisations à Retraite
Québec pour le Régime des rentes sont faites uniquement pour les travailleurs
et les employeurs du Québec;
«Considérant que l'actif accumulé au Régime des
rentes appartient en totalité aux cotisants du Québec;
«Considérant que, pour certains Québécois, cette
rente est considérée comme le seul revenu de retraite;
«Considérant
que les régimes complémentaires de retraite sont assujettis à la
Loi sur les
régimes complémentaires de retraite;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec : de modifier la
Loi sur le régime des
rentes du Québec pour que les
modalités entourant la rente du conjoint survivant soient similaires à ceux
proposés dans la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite et dans
la
Loi sur le régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes
publics; de garantir la rente du conjoint
survivant à 60 % de la rente du cotisant décédé, selon sa cotisation, sans
égard aux facteurs qui pourraient faire diminuer cette rente.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Vice-Président (M. Gendron) : Extrait de pétition déposé. Toujours à
vous, M. le député de Borduas, pour votre seconde pétition. À vous.
Jolin-Barrette : Oui. Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
3 518 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que tous les plans d'eau du Québec
doivent être accessibles pour tous les Québécois, selon la Politique nationale
de l'eau;
«Considérant que l'impact économique du nautisme au
Québec est important, notamment par la vente de bateaux, d'équipements de
pêche, de carburant et de permis de pêche;
«Considérant
que les municipalités peuvent réglementer l'utilisation de leurs rampes de mise à l'eau, notamment en exigeant d'imposants tarifs, en vertu de la
Loi sur
les compétences municipales;
«Considérant
que les municipalités rendent moins accessibles leurs rampes de mise à
l'eau envers les non-résidents;
«[...]Considérant
que les Québécois se déplacent désormais vers les États-Unis
pour naviguer ou pratiquer la pêche sportive afin de bénéficier de la
gratuité des rampes de mise à l'eau;
«Considérant
que les rampes de mise à l'eau gratuites au Québec se font de plus en plus rares, occasionnant ainsi un fort achalandage sur ces sites;
«Considérant
que le gouvernement n'a apporté aucune modification législative
concernant l'accessibilité aux plans d'eau du Québec suite au dépôt
d'une pétition à l'Assemblée nationale au mois de juin 2015;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'intervenir auprès des
municipalités relativement aux tarifs déraisonnables imposés pour
l'utilisation des rampes de mise à l'eau.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Vice-Président (M. Gendron) : Extrait de pétition déposé. Je reconnais
maintenant M. le député de Richelieu pour la présentation de sa
pétition. M. le député, à vous.
Rochon : Oui, merci, M. le
Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 237 pétitionnaires. Désignation : citoyennes et citoyens
du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Attendu que
Maurice Martel fut député de la circonscription de Richelieu de 1966 à 1970 et
de 1976 à 1985;
«Attendu que M. Martel fut ministre du
Revenu en 1984 et en 1985;
«Attendu que M. Martel fut un pharmacien
reconnu dans la région et par ses pairs;
«Attendu que M. Martel fut à l'origine de
l'interdiction de vendre des produits du tabac en pharmacie;
«Attendu que M. Martel s'est battu et a
obtenu que la région de Sorel-Tracy soit dotée d'un cégep;
«Attendu que M. Martel fut le président des
fêtes du 350e anniversaire de Sorel-Tracy;
«Attendu que le 375e anniversaire de
Sorel-Tracy sera célébré en 2017;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec que le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de
l'Électrification des transports, à l'occasion du 375e anniversaire de
Sorel-Tracy en 2017, renomme le pont Sorel-Tracy de l'autoroute 30 du nom
de Maurice-Martel.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Extrait de pétition déposé. Ça termine la rubrique Dépôt de pétitions.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Non, mais il n'y a plus de temps imparti.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
Nous en
sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède
la parole à M. le chef de l'opposition officielle pour sa question. M.
le chef.
Gaudreault : Oui, merci, M. le Président. Dans le dossier RONA,
le premier ministre, autoproclamé le plus transparent de l'histoire, a décidé hier qu'il en avait fini avec la
vérité. Alors que nous tentons de comprendre le contexte qui entoure une des plus importantes transactions
financières des dernières années au Québec, une transaction qui a mené à la perte d'un important siège social et qui met
en péril plusieurs de ses fournisseurs, bien le premier ministre a décrété
qu'il ne répondrait plus aux questions et que le débat est clos. Mais ça ne
marche pas comme ça, M. le Président.
On cherche à
savoir qui est imputable. Nous avons le directeur de cabinet de Jacques Daoust
qui a affirmé sous serment qu'il a
informé le bureau du premier ministre le 2 juin en s'adressant à
Jean-Louis Dufresne, le bras droit du premier ministre. Le problème, c'est que le premier ministre a maintenu sa
version erronée des faits dans les jours qui ont suivi. Alors, il y a juste deux possibilités, que le
premier ministre aime ça ou pas : premièrement, ou bien M. Dufresne a
commis un manquement grave en
omettant d'informer le premier ministre ou, deux, le premier ministre fait
encore accroire de ne pas le savoir, comme dans le dossier du MTQ.
Quand le
premier ministre a-t-il été informé du dossier RONA pour la première fois par
son chef de cabinet? On veut savoir quand, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, on
ne sera pas surpris qu'à la même question on apporte la même réponse. Effectivement, ce dossier-là appartient au passé
parce que c'était une transaction consensuelle, c'est ce qu'on oublie de dire
à la population. Le gouvernement n'avait aucune autorisation à donner dans ce
dossier-là, c'est bien démontré et ça a été
bien expliqué par les gens d'Investissement Québec, et la décision majeure sur
le plan de la transaction a été prise non pas par le gouvernement ou
Investissement Québec, ça a été même dit par l'ancien président de RONA, mais
par la Caisse de dépôt, qui a décidé de se
départir de son bloc d'actions. Et c'est ce qu'il faut dire et répéter, parce
que c'est la vérité, et c'est ce qui
importe pour les Québécois, qui veulent également entendre parler du bénéfice
d'avoir équilibré les finances
publiques au Québec, de contrôler notre dette, d'investir en économie, en
éducation et en santé comme jamais auparavant
on n'a pu le faire parce qu'on ne s'était jamais donné les marges de manoeuvre
comme celles qu'on a maintenant.
Alors, je
comprends que les deux oppositions ne veulent pas entendre parler du plan du
gouvernement, mais je peux leur indiquer dorénavant qu'à chaque question
j'indiquerai et je rappellerai aux Québécois que les grands bénéfices de la discipline budgétaire qu'on a
donnée au Québec sont maintenant à portée de main, on les récolte avec des
investissements dans l'économie, dans la
santé et dans l'éducation. On avait dit que c'est ce qu'on ferait; on le fait
et on va continuer à le faire, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, première complémentaire, M. le chef de
l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui. M. le Président, ce n'est pas parce que
l'offre de Lowe's n'était pas hostile qu'il n'y avait plus de problème. Le premier ministre, il ne
changera pas là-dessus, là, il ne changera pas la réalité des faits. L'offre
n'était plus hostile la deuxième
fois. Pourquoi? Parce que Lowe's a payé plus cher. Mais les impacts
économiques, eux autres, sont les mêmes : on perd un siège social,
on met à risque des fournisseurs, on inquiète des travailleurs.
On veut juste savoir
quand le premier ministre a été informé du dossier RONA la première fois.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : ...M. le leader.
Fournier : Oui, pas de problème, M. le Président. Parce que c'est intéressant d'entendre maintenant
au moins la reconnaissance que, dans le cas de la transaction de cette année, on n'était pas dans
la même situation qu'en 2012. Il ne s'agit pas d'une
transaction dans un cas d'hostilité, au contraire. Comme vient de le dire le
chef de la première... de l'opposition officielle, M. le Président, c'était
parce qu'il y avait eu une prime.
D'ailleurs, je lis
ici un des passages de la déclaration de la Caisse de dépôt et placement en
date du 3 février dernier, qui disait
ceci — là, je ne lis pas tout mais un passage : «Considérant [...] la prime de
105 % par rapport à la valeur moyenne[...]. Dans l'ensemble,
la caisse estime que la transaction mènera au maintien ou à la croissance de
l'activité économique générée par les bannières de RONA au Québec.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Fournier :
La Caisse de dépôt, qui gère le...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. Tout à fait. Alors...
Gaudreault : ...que
le premier ministre n'est pas à l'aise, là, il fait répondre
quelqu'un d'autre. La réalité, là, c'est
qu'en vendant toutes ses actions au pire moment Investissement Québec a pavé
la voie à Lowe's pour acheter RONA, mais,
pire que ça, il a fait perdre aussi plus de 100 millions au gouvernement parce qu'ils ont vendu leurs actions 13 $, alors que tout
le monde a vendu plus tard à 24 $. Qu'on soit pour ou contre la vente de
RONA, c'est une aberration économique. Il y a quelqu'un qui doit être
responsable.
Le premier ministre
a-t-il été informé, oui ou non, par son chef de cabinet?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Alors, une
fois qu'on a réglé que c'est deux choses différentes parce qu'il n'y avait pas
de cadre hostile cette année, une
fois qu'on a dit ça, on revient donc dans une situation qui est identique à
celle que le Parti québécois a fait face dans le cas de la vente de Provigo à
Loblaws. Et là, dans ce cas-là, c'est le PQ d'aujourd'hui avec le péquiste
d'hier qui redevient péquiste aujourd'hui, qui est le chef de la CAQ, M. le Président. Ces gens-là, lorsqu'ils étaient au gouvernement, ils ont
regardé Provigo puis ils ont dit : C'est comme ça que ça va aller, ça va
être vendu à Loblaws. Aujourd'hui, tous les deux sont en train de nous dire que
c'est donc effrayant, on n'aurait pas dû permettre ça. En 2012, il y
avait une attaque hostile, elle a été arrêtée. En 2016, lorsqu'il y a eu une
offre qui était au-delà, avec une prime...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Fournier :
...le bas de laine des Québécois en a tiré profit, tous les Québécois en ont
tiré...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Troisième complémentaire, M. le...
Gaudreault : C'est incroyable, M. le Président! On parle de la
protection de nos sièges sociaux au Québec, de nos fleurons, on parle de perte de plus de 100 millions de dollars,
et le premier ministre s'en lave les mains, reste assis.
Est-ce que le premier
ministre, qui se prétend soi-disant le premier ministre le plus transparent de
l'histoire... Est-ce qu'il peut accepter
qu'on va entendre en commission parlementaire M. Dufresne et M. Bachand
pour faire toute la lumière sur cette histoire, M. le Président?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le leader du gouvernement.
Fournier : Un peu plus puis il nous demande de nationaliser les
quincailliers, M. le Président, un peu plus.
est en train de regarder quelle situation la Caisse de dépôt, qui s'occupe...
Je vais le dire franchement, là : Entre lui et moi et la Caisse de
dépôt, je suggère aux Québécois de prendre l'avis de la Caisse de dépôt. La
Caisse de dépôt regarde, pour l'ensemble des
intérêts du bas de laine des Québécois, qu'est-ce qu'on doit faire; en 2012,
avec Investissement Québec,
dit : Ce n'est pas le moment; en 2016, dit : Voilà une offre qui est
intéressante pour le bas de laine des Québécois, pour l'ensemble des Québécois. Et là il faudrait qu'on ait deux poids,
deux mesures. Quand c'est le temps du PQ, il n'y a pas de problème, mais, quand c'est le temps des
libéraux, il y a des problèmes. Un peu de cohérence. Dans ce cas-ci, la Caisse de dépôt indiquait que c'était à l'avantage
de l'ensemble des Québécois. Ce n'est pas le PQ qui a raison, c'est la
Caisse de dépôt.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le député de Sanguinet, pour votre question.
Therrien : Merci, M. le Président. À l'avantage des
Québécois, oui, en effet. Hier, un premier fournisseur québécois de RONA a officiellement perdu son
contrat avec Lowe's. Ça va bien. La ministre de l'Économie a pourtant déclaré il y a 15 jours, et on s'en rappelle,
qu'elle a réagi dès l'annonce du rachat de RONA en mettant sur pied un
programme d'accompagnement des
fournisseurs pour qu'ils continuent de faire affaire avec Lowe's. La ministre a
même invité les fournisseurs inquiets à contacter son ministère. Celui
qui a perdu son contrat avec Lowe's, hier, a appelé au ministère pour
s'enquérir du nouveau programme. Il s'est fait répondre, imaginez, qu'on
n'avait jamais entendu parler de ce programme
en question. La ministre avait promis de les accompagner et de les protéger, et
le premier qui perd son contrat est incapable d'obtenir de l'aide. Ça,
c'est le résultat de votre inaction.
le Président, est-ce que la ministre de l'Économie a fait un suivi sur ce cas
et peut-elle nous dire combien de fournisseurs sont en danger de subir
le même sort?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre de l'Économie, de l'Emploi et de
l'Innovation... Non.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Alors, lorsqu'il y a eu...
Vice-Président (M. Gendron) : Mme la ministre de l'Économie, de la
Science et de l'Innovation, à vous la parole.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, M. le Président, lorsqu'il y
a eu l'achat de Lowe's et qu'il y a eu cette transaction-ci, nous avons fait un
certain nombre de choses. Ce que nous avons voulu faire, c'est d'abord avoir
le siège social canadien ici au Québec. Nous
avons voulu nous assurer qu'il allait y avoir les bannières RONA ici, au Québec,
qui allaient être maintenues et que nous allons également maintenir les
emplois.
Après,
ce que nous avons dit, c'est que nous allions accompagner les fournisseurs,
qu'on allait développer un plan pour
accompagner les fournisseurs dans leur transition. Il y a deux semaines, il y a
eu une discussion avec le président de Lowe's par rapport au programme
qui a été mis en place, et, lors de cette rencontre-ci, nous avons convenu que,
la semaine prochaine, nous allons rencontrer
à nouveau le président de Lowe's avec des fournisseurs de RONA pour, justement,
présenter le programme aux différents
fournisseurs. C'est ça que nous avons dit que nous allons faire pour accompagner
les fournisseurs. Et, quand on parle d'accompagnement des fournisseurs, de quoi
parlons-nous exactement? Est-ce qu'il y en a
qui ont des besoins au niveau du numérique? Est-ce qu'il y en a qui ont besoin
d'avoir des fonds de roulement additionnels?
Est-ce qu'il y en a qui ont besoin d'avoir une vitrine pour présenter leurs
produits au niveau international? C'est ça que nous avons fait, M. le
Président...
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
Mme Anglade :
...et c'est ce que nous allons continuer à faire avec les fournisseurs. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le député de Sanguinet, première complémentaire.
Therrien :
...définitivement, ne répond pas à la question. Elle met en place une politique
chimérique d'accompagnement que personne n'a
vue encore. Elle n'a aucun engagement écrit parce qu'elle, elle considère que
la vente de RONA, c'est une bonne
affaire pour le Québec. C'est ça qu'elle a dit dès le départ. Alors que le
premier ministre, lui, courageux et
visionnaire comme toujours, a supplié la compagnie américaine de soutenir les
fournisseurs québécois, aujourd'hui Lowe's lui offre une gifle en plein
visage.
Et moi, je
veux savoir de la ministre — puis j'espère qu'elle va répondre à ma
question — comment
la ministre de l'Économie peut-elle encore penser que la vente de RONA
est une bonne nouvelle pour le Québec.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Mme
la ministre.
Anglade : Je vais rappeler à mon collègue de l'opposition que je me
suis également levée ici, dans cette Chambre, pour dire qu'il n'y a
personne qui peut se réjouir de la perte d'un siège social. Cela dit, nous
étions dans un contexte où il y avait consensus que des gens qui voulaient
vendre et des gens qui voulaient acheter...
Maintenant,
par rapport aux fournisseurs, ce qu'il est important de dire, il y a 2 500
fournisseurs, en moyenne, qui faisaient
affaire avec RONA, il y a 2 500 fournisseurs présentement qui sont en
discussion avec Lowe's, et ce que nous voulons
nous assurer de faire, c'est d'accompagner ces fournisseurs-là pour faire des
diagnostics spécifiques dans le but de les
soutenir pour qu'ils puissent conquérir de nouveaux marchés. Le Québec, M. le
Président, ce ne sont pas des assiégés. Le Québec, ce sont des
conquérants, et on va accompagner ces conquérants.
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le député de Sanguinet pour votre deuxième complémentaire.
Therrien : M. le
Président, Investissement Québec demande au gouvernement : Est-ce qu'on vend les actions ou non? Eux,
incapables de prendre une décision, s'en lavent les mains. Si on avait détenu
les actions d'Investissement Québec
pour RONA, si on les avait détenues en 2016, on aurait eu un pouvoir de négociation. Vous ne savez pas qu'est-ce
ça veut dire, vous autres, un pouvoir de négociation. On aurait eu
entre les mains un pouvoir de négociation pour avoir des engagements écrits, et pas un programme d'accompagnement
fictif, chimérique. On aurait pu s'asseoir avec Lowe's et leur exiger le
maintien des emplois.
Vous avez perdu le pouvoir de négociation. C'est
ça, l'histoire de RONA puis d'Investissement Québec, réveillez-vous...
Le Vice-Président (M. Gendron) : À
vous...
Le Vice-Président (M. Gendron) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Aïe! S'il vous plaît! La question est terminée.
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît, M. le
député de Sanguinet,
ça allait bien, là. La période de la question est terminée.
Vice-Président (M. Gendron) :
Chut! Je répète, la période... Votre question est posée, et j'attends la réponse. Mme la
ministre de l'Économie.
Anglade : M. le Président, je pense que, de l'autre côté, il y a
confusion des genres, on confond élever la voix avec élever le débat.
C'est ça qu'on est supposé faire ici, dans cette Chambre, M. le Président.
Dans
la question sur RONA, M. le Président, effectivement, nous avions eu une rencontre avec le président de Lowe's, il
y a deux semaines, pour présenter le
plan d'accompagnement. Lors de cette rencontre, ce qui a été discuté, c'est
que nous voulions avoir une deuxième rencontre. Et c'est également ce que j'ai
dit en entrevue dans les semaines précédentes,
nous allons avoir une autre rencontre à la fin du mois pour déterminer comment
ce plan allait être déployé parmi les
fournisseurs. C'est ce que nous allons faire, M. le Président, et nous
allons accompagner toutes les personnes qui veulent aller conquérir
d'autres marchés à l'international. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, Mme la ministre de l'Économie. Et je reconnais maintenant Mme la députée de Taschereau pour votre question.
À vous.
Maltais : Merci, M. le Président. Je vais vous raconter une histoire. J'espère que, cette fois-ci, le premier ministre va écouter les faits. Il
était une fois un ministre qui annonce une subvention de 1 million de
dollars dans sa circonscription pour moderniser une station de ski. Il disait
hier que, si la subvention ne venait pas, la station de ski faisait faillite. Les chalets au pied de la station de ski
auraient aussi perdu toute valeur. Mais le projet de modernisation, associé
à un promoteur privé qui allait bâtir de beaux, nouveaux chalets à louer qui
allaient prendre beaucoup de valeur... L'attaché
politique du ministre a tellement travaillé qu'il s'est vu remercier par le
promoteur, comme il est d'usage, bien
sûr,
en public lors de la conférence de presse. Mais, étonnamment, il l'a tellement
aimé qu'il lui aurait confié la gestion et l'entretien des chalets. Yvon Nadeau, cet ex-employé du ministre,
est le même qui est sous le coup d'une enquête au Commissaire au
lobbyisme et qui a valu au ministre une enquête du Commissaire à l'éthique.
Est-ce que le
ministre des Transports peut nous confirmer que son
ex-employé Yvon Nadeau a obtenu un contrat de gestion d'accueil et
d'entretien des chalets au pied du mont Adstock, sauvé par le ministre?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le ministre des Transports.
Lessard : Merci, M.
le Président. Hier, j'ai eu
l'occasion, donc, de réitérer, par
rapport à la plainte qui a été
déposée concernant l'activité, donc... c'est-à-dire la demande de subvention de
l'entreprise de M. Nadeau. Je tiens à réitérer,
M. le Président, la chose suivante. Il y a trois ans et demi, M. Nadeau a
quitté mon bureau de comté pour se lancer en affaires. Il y a deux ans et demi, il a appliqué dans un programme
des Ressources naturelles dans le temps que la députée de Vachon était la ministre et que moi, j'étais
whip de l'opposition officielle, donc alors qu'on n'était pas le gouvernement.
Quand le Parti québécois a mis fin à l'amiante dans mon secteur, on a fait un
comité de relance. Vous devez vous en souvenir,
quand vous avez mis fin à l'amiante? Oui. Chez nous, il y a eu des conséquences
sur les travailleurs. Je lui ai demandé de venir travailler à mon bureau
de comté, mais, avant tout, il m'a indiqué qu'il avait, donc, une demande pendante au ministère des Ressources naturelles.
Nous avons rencontré à ce moment-là, donc, le Commissaire à l'éthique sur cette situation. Savez-vous quoi? J'ai
rencontré le Commissaire à l'éthique ce matin, je lui ai offert toute ma
collaboration. Il va faire la lumière
là-dessus parce que ce n'est pas la députée de Taschereau, avec ses petits raccourcis,
qui va le faire, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : S'il
vous plaît! Oui. Attention! Ce n'est pas grave, là, mais attention! On
poursuit. Mme la députée de Taschereau, pour votre première complémentaire.
Maltais : M. le Président, je vois que le ministre évite de parler du
dossier du Mont-Adstock. M. Nadeau et sa conjointe se retrouvent à opérer la gestion, l'accueil et
l'entretien du chalet alors qu'ils travaillent tous les deux pour le
ministre et qu'ils ont travaillé ardemment à obtenir la subvention qui a permis
de faire ces chalets.
Quand le
ministre a-t-il été mis au courant
que ses employés géraient la location de chalets privés au pied d'une
station de ski dont la rénovation a valu une subvention...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le ministre des Transports.
Lessard : Alors, la Coopérative de solidarité, ce n'est pas
M. Nadeau qui a demandé la subvention au ministère des Loisirs, c'est une communauté
fiduciaire qu'on appelle une coop de solidarité. Savez-vous quoi? On s'est
débattus ardemment pour l'avoir, comme les autres,
pour remplacer quoi, M. le Président? Des canons à neige pour faire de la neige — on
manquait de neige — remplacer
quelques pièces après le «chairlift»... excusez-moi, le remonte-pente, hein, et
bâtir un garage. Pour qui? Pour la communauté
fiduciaire qu'est la coop de solidarité, M. le Président. C'est ça, les
faits.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Les chalets du Mont-Adstock ont pris de la valeur et ont été bâtis à cause de
la subvention de 1 million de dollars qui a été donnée au Mont-Adstock.
Quand
le ministre a-t-il été avisé que ses employés faisaient la
gestion, l'entretien, la location de chalets qui avaient bénéficié de la
subvention qui était allée au Mont-Adstock? Quand? Quels contrats? On veut tout
savoir. Vous êtes transparents...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre des Transports.
Lessard : M. le Président, ça va être bienvenu au Mont-Adstock parce qu'à toutes les années on en perd, de
l'argent. À toutes les années, toutes les
activités sont déficitaires, dans lesquelles les organismes, le fonds régional
de Desjardins doit remettre
constamment de l'argent. C'est ça, notre réalité en région. M. le Président,
j'ai agi correctement, j'ai respecté les règles. C'était vrai hier,
c'était vrai aujourd'hui, ça va être encore vrai demain.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le chef du deuxième groupe parlementaire pour votre
question.
Legault : M. le Président, le premier ministre nous a déjà dit
ici, en Chambre, que, lorsqu'il allait recevoir une demande de remboursement du Directeur général des élections pour des
dons illégaux, qu'il était pour rembourser immédiatement. Or, en juillet dernier, le Directeur général des
élections a fait parvenir au Parti libéral une demande de remboursement pour des dons illégaux pour
500 000 $. 500 000 $, un demi-million de dons illégaux, ce
n'est pas rien. Or, M. le Président,
deux mois plus tard, le Parti libéral n'a toujours pas remboursé. Le premier
ministre nous dit qu'il est en train
de faire des vérifications. M. le Président, j'ai déjà été vérificateur, là, ça
ne prend pas deux mois pour faire ce genre de vérification.
le Président, peut-être que le premier ministre conteste une
partie du
500 000 $. Moi, j'aimerais qu'il nous dise aujourd'hui quelle
partie du 500 000 $ il conteste. Pourquoi il ne rembourse pas l'autre
partie avec laquelle il est d'accord? Donc, moi, je voudrais qu'il dise clairement
aux Québécois ce matin, là, après deux mois de vérifications, combien de dons
illégaux va-t-il rembourser, puis quand.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, bien sûr, on va rembourser toutes les contributions
qui, au terme du processus qui est en cours, seront considérées et constatées
comme étant illégales par le DGE. On l'a toujours fait, on va toujours le
faire.
Maintenant,
il oublie, encore une fois, de mentionner quelques détails qui sont loin d'être
anodins. D'abord, la somme qui a été
réclamée dans le premier envoi du DGE — et on est le premier parti politique à avoir
indiqué qu'on le ferait — a été immédiatement retirée des coffres du
parti pour être placée en fidéicommis, donc en réserve pour éventuellement
être remboursée totalement.
Deuxièmement,
ce qu'il a oublié de dire aussi — peut-être qu'il ne le sait pas — c'est avec l'accord du DGE qu'on a entrepris une démarche, qui est actuellement en
cours, sur l'examen des réclamations du DGE, la validité des preuves ou des évidences qui sont contenues dans leurs
dossiers, et, en bout de ligne, on va se conformer aux conclusions du DGE,
qui a accepté de faire cet exercice avec
nous. Donc, ce n'est pas nous qui, dans notre bureau, faisons les
vérifications. On le fait
actuellement au bureau du DGE avec les officiels du bureau, et, en bout de
ligne, je le redis très clairement, comme on a toujours fait, on va
rembourser les sommes qui seront réclamées.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe.
M. Legault : M. le Président,
le premier ministre confond deux choses : mettre de l'argent en fiducie
puis rembourser le DGEQ. Ce n'est pas la même chose. M. le Président, ça ne
tient pas debout, deux mois pour faire ces vérifications. Pourquoi, M. le Président, à chaque
fois qu'il s'agit d'intégrité, ça traîne au Parti libéral? Plus ça change,
plus c'est pareil au Parti libéral.
Quand va-t-il rembourser le demi-million?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît, là! Bien, plus d'ordre. M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
vais être obligé de répéter. Puis, contrairement à ce qu'il vient de dire, je comprends très bien la différence entre mettre des
sommes en fidéicommis puis faire un remboursement. Et on l'a indiqué dès le début, pourquoi c'est important — et j'ai confiance que les Québécois
comprennent très bien cette démarche-là — c'est qu'on se retire même la possibilité d'utiliser ces sommes pour nos
opérations courantes jusqu'à la fin du processus, qui est un processus de bonne foi, qui n'est pas fait
unilatéralement par notre parti, mais avec le DGE au moment même où nous
nous parlons.
Ça va arriver
à son terme, il y aura une conclusion du DGE qui pourra nous dire deux
choses : ou bien l'entièreté des
sommes, comme je l'indiquais, est due, ce qu'on va payer, ou bien,
effectivement, il y a des endroits où il y a des zones d'incertitude,
donc on va retirer ces sommes-là de notre demande. Ce n'est pas à moi de le
dire, ce sera au DGE de le conclure, et, en bout de processus, on va faire
exactement...
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
M. Couillard : ...ce que le DGE va
nous demander de faire.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le premier ministre. Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième
groupe.
M. Legault :
M. le Président, il me semble que c'est assez clair, là, s'il discute avec le
DGEQ, c'est parce qu'il n'est pas d'accord avec une
partie du
500 000 $.
Disons qu'il
y a 400 000 $ avec lequel il est d'accord puis 100 000 $
avec lequel il n'est pas d'accord... Est-ce qu'il peut nous dire combien
de dons illégaux, selon lui, le Parti libéral a reçus puis pourquoi il ne
rembourse pas ce montant-là?
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le premier ministre.
Couillard : Notre collègue,
que j'apprécie beaucoup, a tendance parfois à enfoncer des portes ouvertes, là.
Je lui ai dit, encore une fois, que c'est un
processus qui est fait avec le DGE, et, en bout de ligne, la somme qui va être
remboursée, de concert avec le DGE, selon
ses réclamations finales, va être publiée. Alors, toutes les réponses seront
faites.
Il y a un
autre parti politique également qui, peut-être, est en train de faire le même
processus. Je sais que, dans son cas,
il est allé au remboursement, il l'a annoncé. Mais, compte tenu de la somme
demandée, compte tenu de la nature des
éléments, le DGE a accepté, M. le Président. On ne lui a pas demandé de le
faire, il a accepté de faire un processus juste de revue. Et, en bout de ligne, je lui réponds très clairement, je
lui répète très clairement, parce qu'il oublie de le dire, on va
rembourser toutes les sommes...
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
M. Couillard : ...que le DGE
considérera qui sont dues.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le premier ministre. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Borduas pour sa question.
Jolin-Barrette : Merci, M.
le Président. Ce matin, on a révélé des faits troublants relativement à
l'embauche de Yan Plante au cabinet du premier ministre. M. Plante s'est
approprié illégalement des documents. D'ailleurs, on vient d'apprendre
que M. Plante a confirmé cette information-là.
Tout à l'heure, le premier ministre,
dans le corridor, a dit : M. Plante est arrivé chez nous sans information,
et on ne lui demande aucune information. M. le Président, la semaine
dernière, le bureau du premier ministre a confirmé aux journalistes que
toutes les vérifications avaient été faites relativement à Yan Plante, à savoir
s'il s'était approprié des documents. La
réponse du bureau du premier ministre a été : Nous avons fait les
vérifications, et Yan Plante nous confirme qu'il n'a pas obtenu de documents. Deux versions, M. le Président :
le 7 septembre, l'affaire Schautaud; le 9, on apprend que
M. Plante aurait détruit des documents.
Est-ce que le premier
ministre peut tolérer dans son équipe quelqu'un qui a volé des documents?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le leader du gouvernement.
Fournier : Bien, d'abord, allons-y rapidement avec les faits.
Ni le gouvernement ni le Parti libéral du Québec n'ont eu aucune information venant ou concernant l'avis de la CAQ. Et je
rajoute : Ça ne nous intéresse pas. On sait ce que la CAQ a fait, de toute façon. Elle est dans
une transformation en ce moment, il faut bien l'avouer. On avait constaté
que les députés la quittaient, on a constaté
que le personnel la quitte. Puis on sait pourquoi, parce que le chef de la CAQ nous a annoncé, il n'y a pas longtemps — je pense que c'était au printemps — qu'il avait fait une acquisition
extraordinaire, il y avait un
péquiste, M. Gobeil, qui était sur la charte de l'exclusion, qui venait
d'aller les rejoindre. Ça fait que, là, le test d'expulsion est devenu maintenant la règle à la CAQ. Alors, ce qu'on
voit en ce moment, c'est une péquisation de la CAQ.
c'est ça, le vrai sujet qui concerne la CAQ. C'est ça, les vraies matières. Il
y a la vraie question qui devrait se poser à la CAQ : Comment ça se fait
que le monde nous quitte? Comment ça se fait que le monde s'en va? Ça se peut-u
que c'est parce que, s'ils veulent être
péquistes, ils vont aller au PQ, mais ça ne sera pas certainement d'aller à la
CAQ, qui essaie d'être partout à la
fois? Mais le chef de la CAQ ne fera jamais oublier qu'il était péquiste, qu'il
est animé par le même nationalisme de peur que le Parti québécois, et
c'est de ça dont il ne veut pas parler.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Fournier :
Pour le reste, ça ne nous intéresse pas.
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! La présidence n'a pas de commentaire à faire sur les propos entendus, si ce n'est que de dire :
Ça prend quand même un minimum de quorum pour entendre les réponses. Alors,
première complémentaire.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je trouve ça vraiment dommage. Je pose une question
sérieuse au leader du
gouvernement, au premier ministre, je m'attends à une réponse sérieuse.
Est-ce
que le premier ministre peut cautionner l'embauche, avec des deniers publics,
avec de l'argent de masse salariale
du cabinet, de son propre cabinet du premier ministre, d'un individu qui s'est
approprié sans droit, illégalement, des
documents? Est-ce que le premier ministre peut cautionner ce genre de
comportement là dans son entourage? Qu'il se lève et qu'il réponde.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le leader du gouvernement.
Fournier : ...sérieusement, je suggère à mon collègue d'aller à
l'extérieur du salon bleu répéter exactement ce qu'il vient de dire.
Alors, je l'invite, je vais voir ce qui va se passer pour la suite des choses.
J'ai hâte de voir ça.
Pour
le reste, là, ce que je lui dis, très sérieusement, nous n'avons aucun document
venant de la CAQ qui a été reçu ou
transmis au gouvernement du Québec, au Parti libéral du Québec. Je ne sais pas
ce qu'il veut de plus, mais il n'y en a pas. Alors, à partir de là, qu'il se pose lui-même des questions sur ce
qu'il fait dans son mouvement politique et pour quelle raison il y a
tant de monde qui veut quitter ce parti-là.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Encore une fois, M. le Président, le premier ministre ne répond pas. On
a la confirmation qu'il y a au moins
une dizaine de documents confidentiels et stratégiques de la CAQ qui étaient en
possession de Yan Plante. Celui-ci a même confirmé tout à l'heure qu'il
avait en sa possession ces documents-là.
le Président, est-ce que le premier ministre est d'accord de conserver
quelqu'un à son emploi qui a ce genre de
comportement là? Le premier ministre, après avoir cautionné le mensonge de
Jacques Daoust, cautionne maintenant le vol de Yan Plante en le gardant
à son emploi.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Un instant! Oui. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Je pensais que vous étiez pour faire l'appel au règlement.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Bien, c'est sûr que vous le savez.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Un instant! Non, merci.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Oui, oui, moi aussi. Règle générale, cette
expression-là, on ne peut pas l'utiliser ici, c'est l'imputation d'un motif.
Alors, il faut faire attention au langage utilisé, je le rappelle. Mais on l'a
entendu, ça a été fait, alors réponse.
Fournier : Tout ce que je peux dire, M. le Président, je tiens
à le répéter, là, on n'a pas de document qui vient de la CAQ. Ça ne nous intéresse pas, les documents
de la CAQ. De toute façon, on ne présume même pas que vos documents
stratégiques soient bien, bien intéressants.
Quand
on y pense, quand on voit l'orientation que vous avez prise, d'avoir l'air à
vouloir être absolument comme le PQ, mais juste un petit peu à l'extérieur,
c'est comme si votre chef se plaignait du temps où il a quasiment été candidat
à une course à la chefferie, mais il avait
été mis un petit peu de côté, puis là il se dit : Bien, je vais m'en faire un, PQ à moi. Bien, il s'en est fait un, PQ, chez vous, vous
perdez du monde. Il y a une époque où vous aviez une coalition. Vous avez
fermé la porte de la coalition, vous êtes redevenus un autre PQ.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je peux entendre la prochaine question. Question
principale, alors, M. le
député de Rosemont. M. le député de Rosemont.
Lisée : Oui, c'est un
fait. M. le Président, on a discuté ici avec le ministre de la Santé, il y a quelques mois,
du problème du rationnement des soins à
domicile. La Protectrice du citoyen avait dit : J'ai fait enquête, et,
dans plusieurs régions, le ministère
de la Santé réduit les soins à domicile, les heures parce qu'il n'y en a pas
assez pour tout le monde. Le ministre a dit : Ça n'existe pas. Je
lui ai montré une lettre qui concerne Michel Pigeon, qui habite dans mon comté, où le ministère a dit : Nous réduisons
vos heures dans le souci d'équité envers tous les usagers, souci
d'équité...
Vice-Président (M. Gendron) : M. le député de La Peltrie et M. le
leader du gouvernement, la période de questions
se poursuit. Si vous avez des choses à vous dire après la période, bien, vous
êtes les bienvenus, mais, pour le moment, je voudrais entendre...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Non, non, mais, écoutez, je n'ai pas le choix, moi, là,
j'entends plus les deux intervenants qui s'interpellent que celui qui a la
parole pour poser la question. Alors, excusez, M. le député de Rosemont, vous
pouvez recommencer au complet. Non? Veuillez poursuivre.
Lisée : Alors, M. Pigeon est un handicapé de Rosemont qui va
travailler à temps plein tous les jours, il a besoin de ces services-là. Il a demandé à la protectrice
si ce rationnement était correct. La protectrice a dit non, a demandé au
ministère de la Santé de rétablir immédiatement toutes les heures, le ministère
refuse.
Comment
ça se fait que, même quand la protectrice dit spécifiquement, dans un
cas : Rétablissez les heures, le ministère refuse?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux, à
vous la parole.
Barrette : On va commencer, M. le Président, par rétablir un fait,
c'est au centre intégré de santé et de services sociaux que la demande est adressée, pas au ministère. Mais je suis
content que le député de Rosemont s'adresse à cet élément-là, M. le Président, je suis très content.
Au Québec, là, on est revenus à l'équilibre budgétaire pour avoir des marges
de manoeuvre spécifiquement pour aller
intervenir là où les besoins sont les plus grands, et voilà un bon exemple.
Voilà un bon exemple.
Il nous fallait avoir
les marges de manoeuvre pour pouvoir le faire, et, il y a deux jours, j'ai fait
une annonce spécifiquement là-dessus, M. le
Président, où on a dit que nous allions utiliser les prochaines marges de
manoeuvre en CHSLD pour tous les
aspects qui les concernent, mais en soins à domicile. En soins à domicile
pourquoi, M. le Président? Parce que
les besoins sont tellement grands, tellement grands qu'on n'est pas capables de
subvenir à tous les besoins et qu'on
doit faire des choix. Comment faire des choix, M. le Président? En faisant des
évaluations correctes, en décidant comment
bien faire les choses, en développant sur tout le territoire les meilleures
pratiques. On s'engage à le faire, là, on est dedans. Les gens qui nous écoutent, ils nous entendent transformer
le système dans leur bénéfice, mais on ne peut pas tout faire, M. le
Président...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant, en terminant.
M. Barrette :
...et je vais revenir avec plaisir à la prochaine question de notre collègue
de...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
Lisée : Bon, d'abord, je constate que maintenant le ministre de
la Santé ne nie plus qu'il y a eu rationnement dans les soins à domicile. D'ailleurs, la lettre de son CIUSSS, dont il
rencontre, toutes les deux semaines, tous les présidents, tous les présidents adjoints — il connaît très bien cette lettre, je lui
avais montrée en commission parlementaire — donc ils disent : Chers Québécois, nous avons rationné les soins à
domicile pour avoir des marges de manoeuvre pour pouvoir parfois leur en
remettre.
Mais,
il y a deux jours, M. le Président, le CIUSSS a dit :
Malgré ce que dit la
Protectrice du citoyen, il n'est pas question de rétablir avec les
marges...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : C'est terminé. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, le député de Rosemont est, évidemment,
pris en flagrant délit de sophisme. Dans sa première question, il a parlé du ministère, et là il vient nous dire
que la lettre qu'il avait devant lui, dans ses mains, était adressée au
CIUSSS. Merci.
Ceci dit, M. le
Président, j'ai dit une chose claire...
M. Barrette :
Bien, comme dirait le député de Rosemont...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : S'il vous plaît!
Le Vice-Président
(M. Gendron) : On va voir si ça a le même effet. Veuillez poursuivre.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Sérieusement, veuillez poursuivre...
Barrette : Oui. Et j'ai
indiqué dans mon annonce de lundi, M.
le Président, que, pour les plus démunis comme M. Pigeon, les M.
Gagnon ou les Mme Tremblay, parce
qu'il y en a d'autres, il nous faudrait aujourd'hui, M. le Président, 970 millions de dollars pour livrer ça. Quand
le PQ était au pouvoir, M. le Président, là, puis qu'ils annonçaient des
déficits, ça ne les bâdrait pas. Bien, nous...
M. Barrette :
Bien, il n'y a pas de «bon». C'est ça, la réalité.
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant, en terminant.
M. Barrette :
Alors, aujourd'hui...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Excusez. Alors, deuxième complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
Alors, on est dans un cas où l'évaluation dit : M. Pigeon a besoin de tant
d'heures. Là, par souci de rationnement et d'équité, on lui coupe le
tiers de ses heures. La protectrice dit : Ça ne se peut pas, il va perdre
sa job, rétablissez les heures. Son ministère,
qui est dans les CISSS et les CIUSSS aussi, c'est lui qui les a organisés,
continue à dire non. Il y a trois
jours, la protectrice dit : Faites ce que je vous dis, et, il y a deux
jours, son ministère a dit : Il n'en est pas question...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
C'est terminé. M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Barrette : ...M. le Président, la Protectrice du citoyen a dit :
Vous n'avez pas encore fait la démonstration, il y a encore des travaux qui sont en cours. Mais l'enjeu ici, M. le
Président, l'enjeu, là, c'est la société au complet, c'est tous les gens
qui ont besoin, hein? L'enjeu, là, c'est de faire mieux avec ce que l'on a,
parce qu'on n'en a pas assez. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle je me bats si fort
pour qu'on ait, dans notre collaboration fédérale-provinciale,
plus de sous à dépenser aux bons endroits
comme les soins à domicile. Alors, c'est ça, la réalité, M. le Président, il y a des enjeux
qui se quantifient, qui passent par des dollars, et il faut
gérer ça avec rigueur, un mot abstrait pour le Parti québécois.
Vice-Président (M. Gendron) :
M. le député de Mercier, en question principale. M. le député de Mercier,
à vous.
Le Vice-Président (M. Gendron) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît!
M. Khadir : Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Oui, franchement, laissez... Celui qui a
la parole, c'est le député de Mercier. À vous.
M. Khadir : Merci, M. le Président. La ministre
de l'Économie a souhaité, tout à l'heure, qu'on élève le débat. C'est le but pour lequel je voudrais aujourd'hui
prier, inviter le ministre des Transports de soumettre sa démission de sa
propre initiative, et je vais expliquer pourquoi.
Le ministère
des Transports est un des deux ministères pointés du doigt par la commission
Charbonneau. D'énormes problèmes
d'irrégularité existent dans ce ministère. D'ailleurs, il y a une commission de
l'Assemblée nationale qui se penche sur ce problème-là.
Le ministre,
à cause des irrégularités et des questions qui entourent deux de ses attachés
politiques, actuellement, malheureusement, n'a plus l'autorité morale
pour s'occuper d'une tâche aussi colossale, aussi importante en matière d'éthique et de responsabilités. Il ne peut
assumer en toute sérénité cette tâche, donc je lui demande aujourd'hui, pour
restaurer la confiance du public dans les institutions, de soumettre...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le ministère des Transports, pour la réponse, à vous.
Lessard :
M. le Président, j'ai réitéré à cette Chambre à plusieurs reprises, je vais le
faire encore une fois, dans le cadre
de mes fonctions... Donc, il y a des gens qui ont donc déposé une plainte, le
Parti québécois a déposé une plainte officiellement concernant l'aspect
d'un contrat donné à l'entreprise de M. Yvon Nadeau.
Je tiens à
réitérer, il y a trois ans et demi, lorsqu'il a quitté mon bureau pour se
lancer en affaires, il a joint un groupe. Il y a deux ans et demi, il a donc déposé, dans un programme du
ministère des Ressources naturelles, alors que j'étais le whip de l'opposition officielle... En 2014, je lui
ai demandé, suite à la décision du gouvernement du Parti québécois de
mettre fin au dossier de l'amiante, de venir à mon bureau de comté, de
travailler pour mettre en place trois comités. À cette occasion-là, j'ai demandé de rencontrer le
Commissaire à l'éthique, étant donné qu'il avait une demande pendante dans un autre ministère, ce que nous avons fait.
Ce matin, j'ai rencontré le Commissaire à l'éthique, et, à ma connaissance,
c'est une instance de cette Assemblée, j'ai
offert toute ma collaboration. Puis savez-vous quoi, M. le Président? J'ai
respecté toutes les règles.
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le député de Mercier, première complémentaire, à vous.
M. Khadir : M. le Président, j'aime la réponse
du ministre, mais je crois que ce n'est pas suffisant. À une question qui lui a été posée, le premier ministre n'a pas
répondu lorsqu'on lui a demandé s'il avait toujours confiance en son ministre
des Transports. Par omission, il a montré
qu'en fait il était lui-même... le premier ministre était ébranlé. C'est une
question qui va de la confiance du
public dans les processus, dans les institutions. D'ailleurs, en juin, le
premier ministre souhaitait rétablir
ça, ça devait être l'ère du renouvellement de la confiance. Je pense que le
ministre des Transports ferait du bien au Québec en...
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le ministre des Transports, pour la réponse.
Lessard :
M. le Président, j'ai entrepris une série de réformes importantes au niveau du
ministère des Transports suite à
différentes recommandations soit du Commissaire au développement durable, soit
du Vérificateur général, soit par le
travail fait par mes prédécesseurs, donc une série de mesures et de processus
pour s'assurer de la conformité des contrats, la conformité des processus, la reddition de comptes adéquate, la
formation en éthique auprès de tous les employés de l'État, différentes démarches qui seront
présentées dans les prochaines semaines en commission parlementaire, puis, à
ce moment-là, M. le Président, il sera en mesure de juger si les correctifs
sont apportés à tous les jours.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Deuxième complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : En raison du jugement très sévère
qu'a posé la commission Charbonneau sur le gouvernement libéral précédent, sur le ministère du Transport, c'est
une tâche colossale qui a besoin d'un ministre au-dessus de toute critique,
au-dessus de... je ne dirais pas «soupçon», mais au-dessus de tout, disons,
soupçon qu'il puisse avoir des difficultés à assumer cette tâche.
Or, il n'a
pas la sérénité actuellement, étant donné les questionnements graves sur deux
de ses attachés. Je lui réitère ma demande qu'il donne sa démission, ça
va renouveler la confiance...
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le ministre des Transports, à vous.
Lessard : C'est
intéressant d'entendre ses nuances sur le soupçon, sur l'apparence d'un
peut-être... d'un commencement. Alors, moi,
à tous les jours c'est des lundis, M. le Président, à tous les jours on
applique les meilleures pratiques au ministère des Transports pour
s'assurer, un, de faire la promotion des bonnes règles qui sont appliquées; deuxièmement, les règles qui sont améliorées;
troisièmement, de barrer la route à tout ce qui s'en éloignerait. J'ai
rencontré tout le personnel. La
direction est au travail, les actions sont posées quotidiennement, on est prêts
à répondre en commission parlementaire
à tout moment pour s'assurer que la population en a pour son argent, que les
règles sont respectées et que tout est fait correctement.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le ministre des Transports.
Mme la députée d'Iberville, pour votre question. À vous.
Samson : Merci, M. le Président. Une question facile. M. le Président,
après plusieurs années de tergiversations,
le gouvernement a finalement annoncé, il y a quelques semaines, l'implantation
d'une faculté de médecine satellite
en Outaouais en collaboration avec l'Université McGill. Le premier ministre a
toutefois omis de mentionner lors de
l'annonce un détail important : 50 % des cours seront donnés en
anglais durant la première année et demie de formation des étudiants. En 2014, pourtant, il a déclaré
publiquement que les étudiants de l'Outaouais auront le droit de recevoir
un enseignement complètement en français.
Dans
les autres facultés de médecine du Québec, les cours sont offerts en français,
mais pas en Outaouais. Le gouvernement a choisi l'Université McGill, mais, si elle veut
offrir des cours en Outaouais, elle doit franciser son enseignement.
Est-ce
que le ministre responsable de la
Promotion de la langue française peut garantir aujourd'hui que tous les
cours seront offerts en français lors de l'inauguration de la faculté de
médecine en Outaouais en 2020?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre de l'Enseignement supérieur, à vous.
Mme David
(Outremont) : Tout d'abord, M. le Président, quelle belle nouvelle que
d'avoir pas moins de 96 nouveaux
étudiants en médecine à terme des quatre années, 24 par année, étudiants qui
vont, au lieu d'être à Montréal à
étudier en anglais, parce que c'est une délocalisation — ils prennent leur quota, ils en prennent 24
et ils vont être en Outaouais... ces
24 là vont être dans un milieu francophone! Il y en aura 96 à terme. On va
tripler le nombre d'étudiants qui
sont en médecine en Outaouais. On va doubler le nombre de résidents en médecine
de famille. Il va y avoir au moins 200 étudiants de plus qui
circulent en résidence et en premier cycle de médecine.
C'est
une extraordinaire nouvelle. Les gens en Outaouais étaient parfaitement
souriants, très heureux. Et, oui, 92 % de l'enseignement se fera en français. Le 8 % restant, dont on
parle de 50 % de la première année en visioconférence... plusieurs, plusieurs raisons pour ça. La première,
c'est qu'on parle du RUIS de l'Université McGill, le RUIS étant le Réseau
universitaire intégré de santé...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : ...Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Pardon?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Mme David
(Outremont) : Bien, je continuerai tout à l'heure.
Vice-Président (M. Gendron) : C'est ça. C'est en plein ça. Alors, la
première complémentaire, Mme la députée d'Iberville.
Samson : ...on peut se
rendre en Outaouais en passant par n'importe où. Mais, M. le Président, le Parti libéral
minimise toujours la défense et la primauté du français, il trouve toujours des
excuses. Aujourd'hui, M. le Président, la
CAQ exige du gouvernement et de l'Université McGill de corriger la situation
et d'offrir des cours en français lors de l'inauguration de la faculté
de médecine en 2020. Ils ont trois ans pour le faire. C'est un délai
raisonnable, un effort raisonnable et légitime qui démontre la primauté du
français.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
David (Outremont) : Je vais
continuer. Ce n'est pas long, 45 secondes, pour expliquer ces choses-là,
mais ce que je veux dire, entre autres, c'est que l'Université de Montréal à l'UQTR avait... à Trois-Rivières, avait l'Université du Québec
à Trois-Rivières, qui pouvait donner tout cet enseignement des sciences
fondamentales de base, ce qui fait que, jusqu'à preuve du contraire,
l'UQTR enseignait en français, et c'était donc très facile de faire cette
circulation.
L'université
qui est là — ça
s'appelle l'UQO, l'Université du Québec en Outaouais — n'a
pas cette infrastructure et ces cours de base en sciences fondamentales,
en médecine, donc ça doit se faire avec l'université McGill. Et je cite l'Université McGill, attention, parce qu'ils ont écrit une
lettre pour bien expliquer, j'espère que ma collègue a lu la lettre...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Mme David
(Outremont) : ...puis, si elle avait très bien lu la lettre... J'y
reviendrai.
Vice-Président (M. Gendron) :
Deuxième complémentaire. Mme la
députée d'Iberville, deuxième
complémentaire.
Mme Samson : M. le Président, c'est
incroyable. Avec le choix du gouvernement, un étudiant francophone québécois
qui désire s'inscrire à la faculté de médecine de l'Outaouais devra nécessairement
être parfaitement bilingue. Si l'Université
McGill est incapable de franciser ses cours pendant la première année et demie
de formation d'ici trois ans, le gouvernement doit se retourner vers une autre faculté de médecine francophone qui
sera capable de le faire.
Est-ce que le gouvernement
va corriger son erreur?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre de l'Enseignement supérieur, à vous.
Mme David
(Outremont) : En tout cas, je pense qu'on est dans la même lignée de
ce dont le leader de notre gouvernement parlait, de cette tendance, qui circule
du PQ à la CAQ, de parler du français dans ces conditions-là, qui sont des
conditions qui ne sont même pas exactes, en plus.
David (Outremont) : Eh bien,
moi aussi, je défends le français, ça s'adonne. Nous aussi, parce que c'est
nous qui avons passé le premier règlement pour...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : S'il vous plaît! Un instant! S'il vous plaît!
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Moi, ça me prend les conditions pour les
entendre. M. le député de La Peltrie,
ce n'est pas nécessaire, ce que vous faites, là. Mme la ministre.
David (Outremont) : Que
défendre le français ne soit pas libéral? Je m'excuse, nous avons été les
premiers, au mois de juin, à adopter
ce fameux règlement pour l'affichage en français, qui a été un
renforcement de la loi 101. Alors, on en est très fiers.
David (Outremont) : Oui,
puis ça a été une très, très belle initiative, et notre gouvernement, on en est tous très...
Puis, deuxièmement,
vous pouvez être assurés que McGill travaillera...
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci. C'est terminé. Alors, M. le
député de Terrebonne, pour votre question.
Traversy : Merci, M. le Président. Hier, le premier ministre a refusé de se lever pour dire s'il était pour ou
contre le projet d'Énergie Est. Le BAPE ne
s'est toujours pas prononcé sur ce projet, et on sait que les
audiences de l'Office national
de l'énergie sont présentement suspendues.
Pourtant,
on apprend ce matin que le ministre de l'Environnement a donné le feu vert à
TransCanada pour que l'entreprise
commence, dès aujourd'hui, des travaux de levés sismiques, à Saint-Augustin,
tout juste à côté d'une réserve naturelle.
Tout le monde est contre, à Saint-Augustin, pour, justement,
ces tests sismiques, M. le Président. La population,
le conseil municipal, tout le monde lance un cri du coeur pour que le premier
ministre entende leur message. En Colombie-Britannique,
la première ministre, elle défend son territoire et sa population. Elle a dit
non, sans ambiguïté, au projet de
Northern Gateway. Elle l'a fait pour sa population et pour défendre son
patrimoine naturel, la Rainforest, qui est un joyau environnemental.
Est-ce
que le premier ministre peut aujourd'hui se lever ici, en Chambre, défendre
notre patrimoine, défendre notre fleuve
Saint-Laurent et dire une fois pour toutes que le Parti libéral est contre le
projet d'Énergie Est? C'est son occasion en or aujourd'hui.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, M. le ministre des Ressources naturelles, à
vous.
Arcand :
Bien, merci, M. le Président. Je pense qu'on aura l'occasion, M. le Président,
cet après-midi, de débattre sur cette
question-là. Comme vous le savez, le projet Énergie Est, c'est un projet
complexe : il y a des préoccupations de sécurité; il y a des
préoccupations que nous comprenons de la part des citoyens pour des questions qui touchent l'eau, entre autres; il y a des
questions de retombées économiques. Et la position de notre gouvernement dans
le cas du projet Énergie Est, a toujours été
la même. Nous avons posé sept conditions, des conditions très importantes,
pour la réussite de ce projet.
Et, encore une fois, le
gouvernement, dans ce dossier-là, M. le Président, il n'a pas à être le
promoteur. Le gouvernement, dans ce
dossier-là, a à faire un travail sérieux, un travail rigoureux sur ces
questions-là, et, contrairement au
Parti québécois, nous, avant de nous prononcer là-dessus, on va attendre,
encore une fois, les conclusions du BAPE et des études sur ces
questions-là, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Cette dernière réponse met fin à la période de questions.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la
rubrique des motions sans préavis, et, en fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation, je cède la parole à M. le leader de l'opposition
officielle.
Marceau : Merci, M. le Président. Alors,
je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec le député de Granby et le député de Mercier, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que le Groupe de travail sur la protection des
entreprises québécoises a produit un rapport étoffé sur le maintien et
le développement des sièges sociaux au Québec;
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement de mettre en oeuvre d'ici la fin de l'année 2016 les
recommandations contenues dans ce rapport.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, merci, M. le leader de l'opposition officielle.
Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion, M. le leader adjoint du
gouvernement? Y a-t-il consentement?
Vice-Président (M. Ouimet) : Pas de consentement. Je cède la
parole maintenant à M. le député de La Peltrie pour une nouvelle
motion sans préavis.
Caire :
Merci, M. le Président. Je demande le consentement pour déposer la motion
suivante conjointement avec la députée de Vachon :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que, le 13 juillet 2016,
M. Jean-François Saulnier, directeur territorial du ministère des Transports, confirmait que le
ministère des Transports détient des études pertinentes à l'évaluation du
lien Québec-Lévis, et que ces études sont
constituées de renseignements techniques et financiers, de recommandations
et d'avis effectués au ministère des Transports;
«Qu'elle
demande au ministre des Transports de rendre publiques toutes les études qu'il
détient à cet effet d'ici la fin de la semaine.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci, M. le député de La Peltrie. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion, M. leader adjoint du gouvernement?
Sklavounos : ...à
des discussions, M. le Président, nous ne pouvions pas nous entendre sur le
libellé, un amendement refusé.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
M. le leader, oui.
Caire : ...explications.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Je comprends. Il n'y a pas de consentement.
Maintenant,
nous en sommes à la présentation d'une autre motion sans préavis. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la Chambre
pour débattre de la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte de la
demande d'injonction permanente déposée par les Innus de la Minganie afin
d'empêcher les forages exploratoires sur l'île d'Anticosti;
«Qu'elle salue la volonté de la municipalité de
L'Île-d'Anticosti de tenir un référendum sur le projet d'exploration d'hydrocarbures et soutienne la candidature de cette île
au statut de patrimoine mondial de l'UNESCO; et
«Qu'elle rappelle à Pétrolia et Investissement
Québec que les ressources naturelles appartiennent au peuple québécois
et que la souveraineté populaire doit prévaloir sur les intérêts commerciaux
des entreprises pétrolières et gazières.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, Mme la députée. Y a-t-il consentement? Pas de consentement.
J'ai commis
une petite erreur à l'endroit du ministre
des Affaires municipales. J'aurais dû
vous entendre avant la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Alors, l'erreur est bien involontaire. Je vous cède la parole pour la
présentation d'une motion sans préavis.
M. Coiteux :
Erreur corrigée, forcément erreur pardonnée, M. le Président.
Alors,
je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le ministre
responsable de la Capitale-Nationale, la députée de Taschereau,
le député de La Peltrie et la députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec rende hommage à M. Gilles Lamontagne; un homme
d'exception qui fut une source d'inspiration pour tout le Québec;
«Qu'elle souligne
qu'il a marqué profondément le Québec et particulièrement la ville de Québec,
que ce soit comme aviateur lors de la
Seconde Guerre mondiale, en tant que maire de Québec de 1965 à 1977, ministre
fédéral et lieutenant-gouverneur du Québec;
«Qu'elle reconnaisse le dévouement et l'engagement
de cet homme qui a voué sa vie à la défense du bien commun et à
l'amélioration de la qualité de vie de ses concitoyens;
«Qu'elle salue son
héritage notamment au développement de la colline Parlementaire, à la
construction de l'édifice Marie-Guyart et au
chantier de l'autoroute Dufferin-Montmorency, faisant ainsi entrer la ville de
Québec dans la modernité;
«Qu'elle
rappelle sa distinction comme chevalier de l'Ordre national du Québec en 2000
et chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur de France en 2006 ainsi
que plusieurs autres distinctions telles que le
titre de chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1985, un
doctorat honorifique en droit du Collège militaire royal de Kingston en
1986, la médaille des Nations unies en 1987, un doctorat honorifique en
administration du Collège militaire royal de Saint-Jean en 1989 et le
titre
d'officier de l'Ordre du Canada en 1990;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale observe une minute de silence en sa mémoire.»
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le ministre des
Affaires municipales.
Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion, M. le leader adjoint du gouvernement?
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Ça va?
Alors,
la motion est adoptée, et, en conséquence, nous allons nous lever pour observer
une minute de silence à la mémoire de Gilles Lamontagne.
(11 h 13 — 11 h 14)
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci. Veuillez vous asseoir.
Y a-t-il d'autres
motions sans préavis?
Sinon,
nous passons à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions. M. le
leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui. Merci, M. le Président. J'avise cette
Assemblée que la Commission de la santé et des services sociaux poursuivra les consultations particulières
à l'égard du projet de loi n° 99, Loi modifiant la
Loi sur la protection
de la jeunesse et d'autres dispositions, aujourd'hui, à compter de
11 h 30 pour une durée de 1 h 30 min et de 15 heures à
17 h 15, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des
institutions, quant à elle, poursuivra les consultations particulières à
l'égard du projet de loi n° 98, Loi
modifiant diverses lois concernant principalement l'admission aux professions
et la gouvernance du système professionnel,
dès maintenant, pour une durée de 2 h 15 min, à la salle du
Conseil législatif, et complétera de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine; et finalement
La Commission de la
culture et de l'éducation entreprendra les consultations particulières à
l'égard du projet de loi n° 105, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction
publique, dès maintenant, pour une durée de 1 h 45 min, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, et de 15 heures à
18 h 45, à la salle du Conseil législatif.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Est-ce qu'il y a
consentement pour déroger à l'article 143 du règlement concernant
l'horaire des travaux des commissions? Consentement.
Pour
ma part, je vous avise que la Commission de l'administration publique se
réunira aujourd'hui, à la salle des Premiers-Ministres
de l'édifice Pamphile-Le May; en séance de travail, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, afin de
préparer l'audition d'Investissement Québec concernant le
chapitre 1 du
rapport du Vérificateur général de juin, intitulé Investissement
Québec : information sur la rentabilité financière et la performance
économique ; e n séance publique,
de 15 heures à 18 heures,
afin de procéder à l'audition d'Investissement
Québec; puis, en séance de travail, de 18 heures à
18 h 30, afin de statuer sur les observations, les conclusions et les
recommandations à la suite de cette audition.
Nous en sommes maintenant à la rubrique des renseignements
sur les travaux de l'Assemblée.
Alors, la
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
M. le Président, auriez-vous l'amabilité d'appeler l'article 21 de notre
feuilleton, s'il vous plaît?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, à l'article 21 du feuilleton,
M. le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire
propose l'adoption du principe du projet de loi n° 110, Loi concernant le
régime de négociation des conventions collectives et de règlement des
différends dans le secteur municipal.
Alors, M. le
ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, je vous
cède la parole.
M. Coiteux : Oui. Alors, merci, M. le Président.
Alors, le projet de loi n° 110, intitulé Loi concernant le régime
de négociation des conventions collectives et de règlement des différends dans
le secteur municipal, que j'ai présenté à l'Assemblée nationale le 10 juin
dernier, propose de nouvelles règles spécifiques au processus de négociation et
de détermination des conditions de travail
et de règlement des différends dans le milieu municipal. Le projet de loi a
fait l'objet de consultations
particulières et d'auditions publiques en commission parlementaire à la
mi-août, et je serais heureux, M. le Président, que cette Assemblée
en adopte, aujourd'hui même, le principe.
J'aimerais prendre quelques instants, M. le
Président, pour vous situer le contexte dans lequel s'inscrit ce projet
de loi et les objectifs qui sont visés.
Vous savez, depuis plusieurs années, les municipalités
réclament que soient reconnus leur caractère de gouvernement de proximité, leur rôle important en matière de
livraison de services publics à la population, et ça a donné lieu, en ce qui
nous concerne, à des engagements solennels à
leur égard, engagements solennels qui ont été nommément inscrits dans le discours inaugural du premier ministre en 2014,
et le gouvernement du Québec s'est donc inscrit dans cette démarche de cesser de voir en les municipalités des
créatures du gouvernement du Québec, mais des partenaires à part entière, et
ça, ça s'inscrit dans plusieurs
sphères, notamment dans cette sphère spécifique au projet de loi n° 110
qui est celle de revoir le cadre de
négociation des relations de travail pour refléter le caractère particulier
d'une municipalité, qui n'est pas la même
chose qu'une entreprise privée. Alors, ça s'inscrit dans un fil conducteur qui
consiste à présenter, d'ailleurs, plusieurs projets de loi : celui
sur la capitale nationale, qu'on a déposé au printemps; ceux sur la
redéfinition des relations Québec-municipalités
et celui sur le statut de Montréal comme métropole, des projets que nous avons
l'intention de déposer cet automne.
Le projet de loi n° 110, pour sa part, dans cette
modernisation générale des relations entre le gouvernement du Québec et les municipalités, dans la nécessité de
les reconnaître telles qu'elles sont, comme des institutions démocratiques
redevables devant l'ensemble de leurs
citoyens, vise à assurer un équilibre entre différents principes, en
particulier entre la nécessité
d'assurer des conditions de travail acceptables, décentes, propices d'ailleurs
à attirer et retenir le personnel tout
en respectant pleinement le droit de négocier et, en même temps, de s'assurer
que ça reflète le caractère particulier des villes comme institutions démocratiques redevables devant ces
citoyens et comme finalement un gouvernement de proximité.
Alors, pour la première
fois de l'histoire du Québec, c'est un projet de loi qui viendrait reconnaître
qu'une municipalité a ses caractéristiques,
des caractéristiques qui lui sont propres, et qu'elle ne peut pas être vue dans
ce contexte comme nous verrions une entreprise privée.
Nous proposons, en
effet, de nouvelles dispositions législatives tout en continuant d'accorder la
priorité au processus de négociation de
bonne foi entre les municipalités et leurs employés. Le projet de loi introduit
des principes directeurs qui
devraient guider les parties et toutes les personnes concernées dans la
négociation ou dans la détermination des conditions de travail des
salariés dans le secteur municipal.
L'article 1
du projet est très important,
puisqu'il se propose de jeter les bases de ce principe d'équilibre entre les
attentes et les droits des salariés et les
impératifs d'une gestion efficace et efficiente des ressources financières
municipales dans le meilleur intérêt
de l'ensemble des citoyens. Il y est question d'équité, de conditions de
travail justes et raisonnables et de l'intérêt commun.
Certaines dispositions du projet de loi n° 110 sont
propres aux policiers et aux pompiers, alors que d'autres sont communes à tous les salariés. Alors, parmi les
dispositions communes, soulignons que le projet de loi prévoit une période de 120 jours de négociation avant l'intervention
d'un tiers; pour les policiers et les pompiers, 120 jours après le début de la
phase de négociation; et, pour les autres
catégories, 120 jours après la date d'acquisition du droit de grève. Si les
parties ne parviennent pas à une entente après cette période, le
ministre du Travail devrait nommer un médiateur pour une période de 60 jours, laquelle pourrait être
prolongée de 30 jours à la demande du médiateur. En cas d'échec de la
médiation, le médiateur devrait faire
rapport aux parties. Le projet de loi prévoit également que la durée des
conventions collectives serait de
cinq ans dans le secteur municipal. Parmi les dispositions qui s'appliquent aux
policiers et aux pompiers, le projet de loi n° 110 prévoit, en cas d'échec de la
médiation, que le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du
territoire soumette le différend à
l'arbitrage d'un conseil de règlement des différends. Le conseil devrait rendre
sa décision dans un délai de six
mois, délai que le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du
territoire pourrait prolonger deux fois. Rappelons que le mécanisme de
règlement proposé s'enclencherait automatiquement en cas d'échec de la
médiation.
Le conseil de
règlement des différends serait composé de trois personnes nommées par le
gouvernement sur recommandation du ministre.
Ces personnes, choisies à partir d'une liste établie pour cinq ans, devraient
posséder une expérience reconnue en
relations de travail ou dans le domaine municipal ou économique. La décision du
conseil devrait être rendue selon
l'équité et la bonne conscience à partir de la preuve recueillie. Le conseil de
règlement des différends devrait
également tenir compte de certains critères propres à la situation particulière
de l'employeur municipal, par exemple la
situation financière et fiscale, les conditions de travail des salariés, la
politique de rémunération, la situation économique locale, de même que
les perspectives salariales et économiques du Québec.
Parmi les dispositions qui s'appliquent aux autres
catégories de salariés, le projet de loi prévoit, en cas d'échec de la médiation, que les parties auraient la
possibilité de poursuivre la négociation ou de demander conjointement que leur
différend soit soumis à l'arbitrage, comme le permet d'ailleurs le Code du
travail. La décision de l'arbitre serait exécutoire
et constituerait la convention collective. Rappelons que cet arbitrage serait
soumis à des modalités particulières. D'autre
part, cet arbitre devrait tenir compte, dans sa décision, des mêmes critères
que ceux proposés pour le conseil de règlement
des différends. Précisons en outre qu'un mécanisme additionnel est prévu. En
effet, à la demande de l'une ou l'autre
des parties et dans des circonstances exceptionnelles, le ministre pourrait
nommer un mandataire spécial pour la durée
qu'il déterminerait et qu'il pourrait prolonger. Cette nomination suspendrait
la possibilité d'un recours à l'arbitrage. Au terme de son mandat, le mandataire soumettrait aux parties et au
ministre un rapport contenant ses recommandations, lesquelles devraient prendre en considération les
mêmes critères que ceux établis pour les décisions du conseil de règlement
des différends.
Voilà, globalement, M. le Président, les principales
dispositions contenues dans le projet de loi n° 110. S'il est adopté, le projet de loi jettera les bases du
principe d'équilibre entre les attentes et les droits des salariés et les impératifs
d'une gestion efficace et efficiente des
ressources financières publiques. Le projet de loi constitue une réponse à
l'engagement pris par notre
gouvernement, notamment dans l'Accord de partenariat avec les municipalités
pour la période 2016‑2019. Ce projet de loi viendrait également, tel
qu'il a été présenté, modifier le Code du travail ainsi que le Règlement sur la
rémunération des arbitres.
Cela étant dit, M.
le Président, j'invite cordialement les membres de l'association... pardon, les
membres de l'Assemblée à adopter le principe
du projet de loi n° 110, Loi concernant le régime de négociation des
conventions collectives et de
règlement des différends dans le secteur municipal. En terminant, j'aimerais
remercier mes collègues députés ainsi
que tous les participants, organismes, associations, municipalités et
regroupements qui ont fait valoir des commentaires très pertinents au
cours des consultations particulières. Un merci particulier à M. Pierre Michel
Auger, député de Champlain et président de la Commission de l'aménagement du
territoire. Merci.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Alors,
merci à vous, M. le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation
du territoire, en vous faisant un rappel amical : on doit désigner un
député par son
titre et non pas par son nom.
Alors, le prochain
intervenant, M. le député Blainville. Je vous cède la parole.
M. Laframboise : Merci beaucoup, M. le Président. Il me fait plaisir de prendre la
parole, évidemment, sur le projet de loi n° 110.
D'abord, j'en
profiterai, dès le départ, pour remercier le ministre et évidemment tout son
personnel, les collègues du parti
gouvernemental, les collègues de l'opposition officielle, d'ailleurs, qui m'ont
permis aujourd'hui de prendre la parole tout de suite après le ministre — donc, je les remercie également — et évidemment tous les intervenants qui ont
comparu devant notre commission parlementaire.
Le projet de
loi, qui a 15 pages, n'est pas à la hauteur des interventions, parce que je
vous ai apporté le cahier, là, juste des mémoires qu'on a lus, et en
plus des comparutions qu'on a eues devant notre commission parlementaire.
Évidemment, un projet de loi important, évidemment, pour moi qui est issu du
milieu municipal — donc,
18 ans en politique municipale,
conseiller, maire, préfet de MRC et président de l'Union des municipalités de
1997 à 2000 — mais
aussi important parce qu'il y a un écart, et
ça, je suis convaincu que les représentants du milieu syndical nous écoutent
aujourd'hui, parce qu'ils étaient très
assidus à toutes les journées où a siégé notre commission. Il y a un écart. Peu
importe ce qu'on peut en penser,
qu'on soit d'accord ou pas, il faut constater, comme citoyens, au nom des
contribuables du Québec, qu'il y a un
écart important de rémunération entre les travailleurs du milieu municipal avec
les travailleurs de l'État, et cet
écart-là, M. le Président, n'est pas né depuis la crise de 2008, là, c'est un
écart qui s'est accru au fil des ans. Puis, je vous dirais, le moment du
début de l'écart, c'est dans les années 80.
Il faut se
souvenir qu'il y a eu, en 1982-1983, des mesures qui avaient été prises assez
rigoureuses, à l'époque, par rapport
aux employés de l'État par le gouvernement du Parti québécois sous René
Lévesque, qu'il y avait eu l'adoption du
projet de loi n° 68, qui était une modification aux régimes de retraite.
Je vous dis ça, parce que ça a des odeurs de déjà-vu, ce qu'on a vu comme projets de loi au cours des
dernières années, là, au cours de la dernière année. En 1982-1983, il y avait
eu le projet de loi n° 68, la
modification aux régimes de retraite. Le projet de loi n° 70, une baisse
drastique de salaires, de 20 % des salaires, pour les trois
premiers mois de 1983, parce que le gouvernement ne réussissait pas à
s'entendre. Puis, à
l'époque, souvenez-vous, c'était la crise économique, il y avait une crise
économique un peu comme on a vécu en
2008. Alors, il y a eu le projet de loi n° 72, maintien des services
essentiels, parce que ça brassait, évidemment, dans les conditions de
travail et dans le milieu de travail des employés de l'État. Puis le projet de
loi n° 105, qui a imposé 109 conventions
collectives avec gel pour trois ans des employés de l'État, puis la fameuse loi
n° 111, qu'on a appelée la loi de retour au travail, la fameuse loi
matraque, mais qui s'appliquait toujours aux employés de l'État.
Mais la
grande différence, c'est que ces projets de loi là n'ont pas touché les
employés municipaux. Et c'était l'entente du temps. Donc, nous, ce qu'on avait
comme information de la part des élus quand j'étais président de l'Union des
municipalités, c'est qu'il y avait eu une entente puis que le milieu municipal
n'était pas touché. Bien, inévitablement, ça a commencé là, l'écart.
L'écart s'est creusé à partir de 1982-1983. Entre 1997 à 2000, on estimait
l'écart entre 15 % et 25 %. Donc,
il y avait déjà des analyses qui étaient faites par Statistique Québec. Au
moment où on se parle, les écarts sont
entre 20 % et 36 %. C'est entre 20 % et 40 %, mais il y a
eu... 39 %, là, mais il y a eu quand même une récupération par
rapport à la loi lorsqu'on a adopté, en cette Assemblée, le projet de
loi sur
les fonds de pension.
Donc,
inévitablement, là, il y a eu quand même un certain rétrécissement de l'écart,
mais il reste que cet écart-là, qui
s'est accumulé au fil des quatre dernières décennies, bien, a eu un impact
important sur les salaires, évidemment, et sur les budgets d'opération des villes. Donc, ça, inévitablement, ça veut
dire que les villes, au Québec, paient leurs employés, pour des tâches comparables, plus cher que dans
le... pour les... que les employés du gouvernement. Bon, ce n'est pas tout
pareil, on va se comprendre, là, parce que
ce n'est pas toutes les villes qui sont égales au Québec. Il y a
1 100 municipalités au Québec, l'écart n'est pas aussi
important, ça, j'en conviens.
Mais il reste
quand même que, quand on regarde, quand on fait de la macropolitique, les
employés municipaux... Et puis je donnais en commission parlementaire un
exemple, parce que j'ai un maire de municipalité de moins de 3 000 habitants qui a affiché un poste,
et qu'il y avait plus de 60 personnes qui avaient appliqué pour le poste
puis ça ne provenait pas de sa municipalité, ça venait de partout au
Québec. Donc, ça, ça veut dire que les emplois qui sont offerts dans le milieu municipal, bien, c'est intéressant, puis il y a
des citoyens, des Québécois, des Québécoises, qui rêvent de travailler dans le milieu municipal. Puis c'est
correct, là. Le problème qu'on a en tant que décideurs publics puis de
protecteurs des poches des contribuables, c'est de savoir : Est-ce qu'on
continue à creuser cet écart-là?
Donc, le
projet de loi qui est déposé devant nous, c'est une façon d'éviter, encore une
fois, de creuser l'écart. Et je veux
que les citoyens qui nous écoutent comprennent bien que la Coalition avenir
Québec n'a pas pour but... on ne veut pas
réduire le salaire des employés, là, ce n'est pas ça qui est l'objectif. On
veut essayer de contrôler, qu'au fil des ans l'écart se réduise. Donc, on n'est pas... On n'appuiera pas ce projet de
loi là en disant : Demain matin, on va réduire les salaires des
employés municipaux de 20 %. Ce n'est pas ça qui est l'objectif, mais pas
du tout. D'ailleurs, notre chef a toujours dit que ce qu'on avait comme
objectif, comme parti politique, c'était d'accroître les revenus de tous les contribuables du Québec. Donc, mon objectif, ce
n'est pas nécessairement de réduire le salaire des employés municipaux, mais c'est de contrer l'augmentation des salaires
de façon à ce que l'écart qu'il y a entre les employés de l'État et ceux du
milieu municipal se resserre, donc inévitablement être capable de restreindre.
Et ce projet
de loi là est un pas dans la bonne direction, et ça... M. le Président, il faut
comprendre que, dès le départ, on a
dit au gouvernement qu'on était prêts à supporter le projet de loi.
Inévitablement, on ne donnera pas carte blanche au gouvernement, vous avez bien compris, M. le Président, que ce n'est
pas ça qui est notre objectif. Mais, tel que le projet de loi est conçu, d'avoir des dispositions pour
les policiers et pompiers et des dispositions pour les autres travailleurs,
c'est quelque chose qui... De toute façon,
dans le milieu municipal, les élus le savent, les policiers et pompiers,
évidemment, compte tenu de leurs
fonctions, n'ont pas le droit de grève. Donc, c'est des choses qui sont
toujours appliquées et sont toujours...
parce qu'ils doivent toujours être en devoir, M. le Président. Donc, c'est
normal qu'on ait une façon différente de revoir les modifications des
conventions collectives. Et ça, évidemment...
Parce que ce
projet de loi là a pour but d'apporter une certaine paix, je vous dirais, dans
les relations de travail, par ces
délais, par le fait que les conventions collectives devront s'appliquer pour un
minimum de cinq ans, par cette façon de
voir. Et inévitablement il introduit des nouvelles façons de penser dans les
relations de travail, et ça, je comprends, là, puis j'entends, là, même si je ne les vois pas, les représentants du
milieu syndical nous dire : C'est la première fois qu'entre autres le conseil de règlement des
différends relèverait du ministère des Affaires municipales plutôt que de
relever du ministère du Travail. Mais je pense qu'on est rendus là, M.
le Président.
Si on veut
être capables de resserrer cet écart-là entre la rémunération des employés
municipaux puis ceux de l'État, il
faut être capables de penser autrement, donc d'être capables de voir les
relations de travail d'une nouvelle façon pour l'avenir, et tout
simplement parce que les municipalités... les employés municipaux ont des
protections que d'autres travailleurs n'ont
pas. Ils ont la même protection que les employés de l'État, du gouvernement du
Québec. C'est-à-dire que les
municipalités sont des créatures des... dans le cas ici, là, en tout cas, c'est
des créatures du gouvernement du Québec. Une municipalité au Québec ne peut pas faire faillite. Il y a eu des
preuves dans le passé — moi, j'ai assisté à ça — où le
gouvernement du Québec faisait un chèque à une ville, dont je ne nommerai pas,
parce qu'elle avait un déficit annuel. Puis,
pour ne pas être capable d'avoir une ville qui ne paie pas ses dettes, c'est le
gouvernement qui les payait. Puis le premier ministre a dû nommer le
directeur général de la ville pour dire, à un moment donné : Il faut être
capable de gérer cette ville-là pour arrêter
que ça soit Québec qui verse les sommes puis que les contribuables paient tous
pour leur propre municipalité avec
leurs taxes, puis en plus pour les impôts, pour une ville qui n'est pas
capable, bon, de... parce qu'elle a trop d'employés, puis plein de
raisons, là.
Donc,
inévitablement, les employés municipaux ont cette protection-là : les
villes ne peuvent pas faire faillite. Puis
finalement un des représentants, puis je ne le nommerai pas, là, mais un
représentant du milieu syndical, a dit, en commission parlementaire : Puis il manquerait plus rien que ça,
qu'ils puissent faire faillite! Bien, ça, évidemment, ça veut dire quoi? Ça veut
dire qu'on est condamnés... c'est-à-dire que les contribuables québécois sont
condamnés à payer les salaires qui
seront toujours négociés. Et, si la façon dont les relations de travail se
discutent... par rapport évidemment à
la médiation, à l'arbitrage, ou toutes les façons possibles, puis c'est à
l'avantage des syndicats, bien, inévitablement, ils paieront toujours plus pour les services. Puis,
d'une manière ou d'une autre, ils n'auront pas le choix, parce que la ville,
elle ne peut pas faire faillite. Donc, inévitablement, on augmente les
taxes. Donc, c'est pourquoi il faut créer... On est à l'aise, nous, avec un conseil de règlement des différends qui relève du ministère des Affaires municipales plutôt que du ministère du Travail, pour
dire : Bon, bien, il faut maintenant considérer les employés municipaux
comme une classe d'employés à part.
Puis souvent,
bon, les représentants du milieu syndical nous disent : Bien là, il faut
se comparer à l'entreprise privée. L'entreprise
privée, elle a un avantage et un inconvénient, vous me direz, là, elle peut
faire faillite, bon, ce que ne peut pas
faire une ville, puis elle peut déménager si jamais elle trouve que ses
employés lui coûtent trop cher. Donc, elle peut décider de s'installer dans une autre province ou dans un autre pays,
c'est un choix, alors que la ville ne peut pas déménager, là.
Donc, à quelque part, il faut comprendre qu'on
est à cette ère-là, et je vous dirais que les syndicats sont... les représentants
des travailleurs, je pense qu'ils sont conscients de cette situation-là. Qu'ils
ne veulent pas, ou qu'ils ne soient pas
intéressés, ou qu'ils décident... Le problème
qu'on a par rapport à... Et je vous le dirais en tant que représentant de la Coalition avenir Québec : Le problème
qu'on a, c'est que... Et j'ai posé la question, puis ils s'en souviendront, à
tous les représentants du milieu
syndical : Bon, une fois que c'est écrit «fin», là, que, le processus de
relations de travail tel qu'on le
connaît présentement avec l'arbitrage qui semble toujours penché sur le même
côté, là, on dit qu'on y met fin, est-ce
qu'on peut s'asseoir pour trouver une façon intelligente de régler le problème?
Leur réponse est toujours la même, c'est : Non, on va contester devant
les tribunaux cette loi-là.
Donc,
inévitablement, pour nous, en tant que formation politique, qui avons comme
principal objectif de protéger le
portefeuille des contribuables puis de s'assurer qu'ils paient justement pour
les services qu'ils ont... le juste prix pour les services qu'ils ont, puis considérant que la rémunération des
employés municipaux est supérieure à ceux des employés de l'État, donc inévitablement, bon, notre
objectif, c'est, encore une fois, de faire avancer ce projet de loi là et de
s'assurer qu'il est le plus
respectueux possible. On aurait aimé travailler avec le milieu syndical pour le
bonifier, ces gens-là ne sont pas intéressés.
Donc,
évidemment, nous, on aura des amendements à déposer en commission parlementaire
lorsque viendra le temps d'étudier
article par article. Évidemment, dans le conseil de règlement des différends,
bien, vous comprenez, quand il y a un
conseil, il y a trois personnes qui sont nommées, il y a une nomination, le
gouvernement se garde le pouvoir de nommer.
Donc, évidemment, vous comprendrez que ce qu'on souhaite, nous, c'est que ce
soit un processus transparent, où tous les partis... en tout cas, toutes
les personnes qui seront nommées auront à être avalisées. Parce qu'il y a des procédures. Dans d'autres situations semblables,
est-ce que ce sera l'Assemblée nationale? En tout cas, nous, ce qu'on souhaiterait, c'est que tous les partis qui sont
représentés en cette Chambre aient la possibilité d'émettre les commentaires
requis par rapport à la nomination de ces représentants-là.
Donc, ce
seront des changements, mais, tant soit peu, je vous dirais, qui ne seront pas
des changements qui mettront en
danger, là, le projet de loi tel qu'il est présenté. Mais, encore une fois,
c'est... Puis nous, on tend encore la main, là, c'est-à-dire que, si jamais les représentants des milieux syndicaux
voulaient nous soumettre des modifications législatives pour bonifier le projet de loi, en étant
conscients qu'il y aura une réforme des relations de travail, bien, on sera intéressés
à soumettre ces amendements-là. Mais je vous
dirais qu'à date on n'en a pas reçu, là. J'en profite aujourd'hui pour tendre
la main, mais on sent un climat de confrontation dès le départ.
Et ça, encore
une fois, nous, on va agir, tout au long de la commission parlementaire, tout
au long de l'étude du projet de loi
article par article, avec respect de la capacité de payer des contribuables. Je
pense que c'est, encore une fois, notre
devoir. Et ces négociations-là qui ont eu lieu entre le milieu municipal l'ont
été dans le cadre des dernières ententes avec le gouvernement, mais ce sont quand même des demandes qui sont dans
le milieu municipal depuis des décennies. Donc, inévitablement, je pense qu'à quelque part... Être capable de
rétablir l'équilibre des forces dans les relations de travail, moi, je
pense que c'est un pas dans la bonne direction, que fait le projet de loi.
Puis, encore une fois, ce que je dis au ministre,
c'est qu'on sera capables de déposer, en temps et lieu, les amendements pour être
capables de faire... bonifier, en
espérant que le tout se fera dans le respect puis, encore une fois, en vous
disant que j'espère qu'on se reverra dans un avenir rapproché ici, en
cette Assemblée, pour adopter le projet