Transportation and the Environment — 13 April 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2021-04-13
Quebec — Committees
(Neuf
heures trente-trois minutes)
Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de
l'environnement ouverte.
commission est réunie virtuellement afin de procéder aux
auditions publiques dans le cadre des consultations
particulières sur le projet de loi n° 88, Loi
modifiant la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune et
d'autres dispositions législatives.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Une voix :
Son micro est fermé.
Une voix :
Votre micro, madame.
Secrétaire : Désolée.
Donc, je recommence. M. Lamothe
(Ungava) sera remplacé par M. Girard (Lac-Saint-Jean); M. Ciccone (Marquette), par M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee); Mme Melançon (Verdun), par M. Polo
(Laval-des-Rapides); Mme Ghazal
(Mercier), par Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue); et M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), par M. Gaudreault (Jonquière).
Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, ce matin, nous débuterons par les remarques préliminaires puis nous
entendrons par visioconférence les groupes
suivants : la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs et l'Association
des conducteurs de chiens de sang du Québec.
Alors
donc, j'invite maintenant le ministre
des Forêts, de la Faune et des Parcs
à faire ses remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de
six minutes. À vous la parole.
Dufour : Bien, merci beaucoup, Mme la Présidente, de me permettre de faire des remarques
préliminaires et, encore une fois, je pense que c'est important de le mentionner, de
m'excuser de ne pas avoir le fond d'écran qui devrait être applicable normalement
à ce moment-ci.
Donc, je suis bien
heureux, par contre, de pouvoir maintenant faire les remarques préliminaires et
aussi de remercier tous les gens qui sont
autour de la table, si on pourrait dire, virtuellement, parce que
ce n'est quand même pas à tous les jours qu'on a la chance de
parler d'un projet de
loi sur la faune. Donc, merci à vous tous et toutes qui
êtes présents aujourd'hui pour le début des consultations particulières sur le projet
de loi n° 88.
Je tiens à souligner d'entrée
de jeu que ce projet de loi porte spécifiquement sur des enjeux liés à la faune
et non à la gestion des forêts, qui est un autre mandat que nous avons, ainsi
que les parcs, au niveau du ministère de la Forêt,
de la Faune et des Parcs. Donc, je
souhaite donc que nos échanges d'aujourd'hui puissent se concentrer sur ce sujet.
D'ailleurs, ce n'est
pas souvent que nous avons la chance de mettre la faune en avant-plan dans un projet
de loi. Permettez-moi de vous rappeler qu'historiquement cette loi-là a été
mise en application en 1984. La dernière modification s'est faite en 2009.
Donc, on peut voir qu'au niveau de la faune, au niveau d'un projet de loi,
souvent, il y a quand même des délais qui sont assez grands entre les
différentes interventions.
Donc, je pense qu'on
est aujourd'hui dans un moment important pour améliorer tout cet aspect-là, et
j'ose espérer, et j'ose croire qu'on aura des bonnes discussions avec
l'ensemble des intervenants qui vont venir présenter leurs discussions
particulières au niveau de leur organisme et, naturellement, aussi avec les oppositions
pour essayer de faire en sorte qu'on ait un beau projet de loi qui soit,
naturellement, pour le futur des utilisateurs de la forêt, aussi de la faune.
Donc, je pense qu'on a quelque chose dans les mains qui est très, très
intéressant pour discuter et d'en faire un beau projet de loi.
Nous comprenons davantage
aujourd'hui les menaces qui pèsent sur nos espèces animales et surtout les conséquences socioéconomiques et environnementales
de ces menaces qui pourraient se manifester dans les prochaines années. Notre législation se doit donc d'être
modifiée pour mieux répondre aux enjeux fauniques actuels et émergents
en déposant des propositions pour moderniser la loi. Notre gouvernement
s'engage pleinement à protéger notre patrimoine
faunique en se dotant d'outils nouveaux ou plus performants pour agir et ainsi
répondre aux préoccupations des citoyens.
sais que ça fait vraiment des heureux aussi au sein de notre gouvernement. J'ai
des gens, entre autres quelques députés, qui participent, justement, à cette commission,
qui vont être très heureux... qui sont très heureux de voir qu'on a pris une
tangente intéressante dans ce projet de loi là.
ce sens, le projet de loi n° 88 a été élaboré selon trois axes. Premièrement,
il viendra améliorer l'encadrement des
activités de conservation et de mise en valeur de la faune. Cela nous donnera
les bons outils pour défendre efficacement notre biodiversité contre
certaines menaces comme les maladies ou les espèces exotiques envahissantes. Ce
faisant, nous arriverons à mieux protéger nos espèces vulnérables et menacées
ainsi que nos différents territoires fauniques.
projet de loi a notamment pour objectif de nous permettre
d'agir plus rapidement et efficacement lorsqu'une situation est
susceptible de compromettre la santé et la conservation de la faune. Souvent,
je me fais un plaisir de mentionner le bien-être animal... doit être mis à
l'avant-plan. C'est dans ce contexte que nous souhaitons moderniser la loi dès maintenant de façon à assurer
un patrimoine faunique résilient pour les générations d'aujourd'hui et de demain.
Deuxièmement,
un meilleur encadrement des activités fauniques signifie une plus grande
capacité d'agir pour contrer le braconnage. Les actes nuisant à la faune et aux
habitats fauniques sont des actes répréhensibles et doivent être traités
comme tels. La majorité des amendes émises à la suite des infractions liées à
la faune n'ont pas l'effet dissuasif souhaité puisqu'elles n'ont pas été
révisées depuis 1991. Donc, lorsqu'on fait un calcul assez rapide, c'est presque... c'est plus de 30 ans où ces
amendes-là ne sont pas ajustées. De plus, leur montant présente un écart important comparativement à celui qui est
prévu pour des infractions similaires dans d'autres lois du Québec.
Nous envisageons donc
de revoir certaines amendes à la hausse et même de moduler ou de créer de
nouvelles infractions qui tiendront compte
de l'évolution des méthodes utilisées par les braconniers.
L'application de ces mesures est la responsabilité de nos agents de protection de la faune qui sont
en première ligne. Avec les modifications apportées par le projet de loi n° 88, ils auront de nouveaux pouvoirs pour enquêter
sur ces délits et seront formés en conséquence. Ainsi, tout sera en
place pour dissuader mais également punir adéquatement les actes répréhensibles
envers notre patrimoine faunique.
Troisièmement, les
façons de faire du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs seront
modernisées et simplifiées afin d'être plus
agiles et plus performantes. Nous favoriserons l'allègement réglementaire et administratif pour améliorer l'efficacité de l'organisation. Notre
objectif est bien entendu de toujours mieux servir la population québécoise
et de répondre à ses attentes et à ses besoins. Je suis persuadé que le projet
de loi n° 88...
Présidente (Mme St-Pierre) : Je dois vous interrompre... je dois vous
interrompre ici, M. le ministre, parce que vous avez fait vos six
minutes. Alors, je vais maintenant céder la parole au député de
Laval-des-Rapides pour ses remarques préliminaires. Vous avez quatre minutes.
Polo : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je salue le ministre, tous
les collègues présents et, bien sûr, tous les invités qui vont nous
accompagner, là, au cours des prochains jours, lors de ces consultations.
D'entrée
de jeu, Mme la Présidente, j'aimerais mentionner et saluer ma collègue de
Mille-Îles, qui est ma collègue normalement présente à cette commission
et qui a échangé avec le ministre en préparation pour ces consultations, et la
remercier, lui dire que mon soutien est avec elle et que malheureusement, pour
des raisons de force majeure, M. le ministre
et chers collègues, elle ne pouvait être présente, là, ces jours-ci, mais on
l'accompagne dans la situation qu'elle vit actuellement.
commencerais, Mme la Présidente, par mentionner que, globalement, c'est un
projet de loi qui est important, qui nécessitait d'être ramené à l'avant-scène.
Comme nous le savons tous, c'est un projet de loi qui avait commencé à
être déposé lors de la législature précédente. De nombreux intervenants avaient
fait part de la nécessité de moderniser cette
loi-là, de moderniser les différentes dispositions en lien avec la faune. Et globalement le projet de loi est bon, selon ma lecture. Ceci dit, tout au long des prochaines journées, des
prochaines présentations, nous aurons l'occasion de pouvoir justement identifier de quelle façon
ce projet de loi peut être amélioré, peut être peaufiné, peut être bonifié. Il
y a certainement des éléments qui méritent des questions plus précises.
J'aimerais également
souligner un peu ma déception, Mme la Présidente, compte tenu que c'est un projet
de loi qui touche bien sûr les grands territoires de notre belle province, de
notre belle nation, et, malheureusement, les Premières
Nations ne participent pas aux différentes consultations. Je crois qu'il y a eu
différentes communications qui ont été effectuées, mais malheureusement,
au cours des prochains jours, nous n'aurons pas aucune organisation, aucun représentant des Premières Nations qui
participeront à ces audiences. Et elles sont, en grande partie, les premières
concernées ou directement affectées par ce projet de loi là.
Donc,
je me dois de mentionner, de souligner que nous avons tous une responsabilité
globale, en premier lieu, bien sûr,
l'équipe du leader du gouvernement, mais nous tous, de façon générale, de
s'assurer que nous favorisons une meilleure
participation et une participation active, justement, des premiers concernés du
public, premièrement, si on peut dire, desservi et qui sera affecté par
les débats qui auront lieu dans ce projet de loi là.
Donc, je termine mes
remarques préliminaires ici, Mme la Présidente. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Merci, M. le député. Alors, maintenant, je cède la parole
à la porte-parole du deuxième groupe d'opposition. Et vous avez une minute seulement.
Lessard-Therrien : Merci, Mme la Présidente. Donc, considérant le peu de temps que j'ai, j'en
profiterai pour saluer les collègues,
saluer le ministre, évidemment, vous saluer, Mme la Présidente, et saluer
tous les groupes, là, qui vont
défiler devant nous dans les prochains jours. Merci aussi beaucoup,
là, pour tous les mémoires reçus, donc les activités de la faune, là, qui sont extrêmement importantes
pour nous. Provenant d'une région éloignée, forte de chasse et pêche, ça me concerne, là, vraiment
au premier degré. Donc, me voilà bien heureuse d'être sur ce projet de loi avec vous pour les prochaines semaines. Merci.
Présidente (Mme St-Pierre) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Jonquière. Vous aussi, vous avez une minute.
Gaudreault : Oui. Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente. Je
voudrais saluer tout le monde à mon tour,
surtout saluer mon collègue député de Bonaventure, qui ne peut participer à cette commission parlementaire parce qu'il
est sur d'autres commissions
parlementaires. Alors, c'est avec lui que je travaille étroitement sur ce
projet de loi. Il faut savoir que
nous avons, de notre côté, effectué une tournée faunique, il y a quelques
années, qui nous a permis de faire un
constat absolument intéressant et important sur l'accès et l'attractivité
également pour la relève, sur la modernisation des enjeux relatifs à la faune, notamment la débureaucratisation du
ministère de la Faune, augmenter l'accès aux territoires fauniques,
augmenter la productivité faunique.
L'attractivité de la
relève, pour moi, ça m'apparaît absolument important. C'est au coeur.
Développer une surveillance aussi accrue
contre le braconnage, sur lequel nous allons nous opposer continuellement.
Alors, nous, c'est les enjeux qu'on va surveiller, puis on va questionner nos
intervenants là-dessus, puis on va s'assurer que le projet de loi réponde le plus possible à ces enjeux-là. Le
ministre peut être assuré de notre collaboration, mais surtout assuré de
nos amendements.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Merci, M. le député. Donc, je souhaite la bienvenue aux
représentants de la Fédération québécoise
des chasseurs et pêcheurs. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé. Par la suite, nous procéderons à la
période d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter et à procéder à votre exposé. Alors, vous avez la parole.
M. Renaud (Marc) : Merci, Mme la Présidente. Je me présente, Marc Renaud, je suis
président de la Fédération québécoise chasseurs et pêcheurs et je suis
accompagné de notre directeur général, M. Alain Cossette. Alors, Mme la
Présidente, M. le ministre, MM. et Mmes les députés, on vous remercie de nous
accepter dans cette convocation-là.
Alors, la Fédération
québécoise des chasseurs et pêcheurs est un organisme sans but lucratif dont la
mission est de représenter et défendre les
intérêts des chasseurs et des pêcheurs du Québec. Afin de poursuivre ces
objectifs, nous pouvons compter sur
l'appui de notre filiale Sécurité nature en regard du développement du
comportement responsable des
chasseurs et pêcheurs et de notre fondation Héritage faune en regard de la
conservation et de la mise en valeur de la faune. C'est donc en vertu de
notre mission de défendre les intérêts des chasseurs et des pêcheurs sportifs
que nous participons à la rencontre d'aujourd'hui sur le projet de loi
n° 88.
Lorsque le
gouvernement annonce des modifications aux règlements et aux lois qui encadrent
la chasse et la pêche, il est de notre rôle de nous assurer que ces
modifications soient pertinentes à la résolution des réels problèmes concernant
la conservation de la faune, sa mise en valeur ou la sécurité des personnes. À
cet égard, nous sommes donc plutôt déçus de
ce projet de loi, qui renforce encore plus l'encadrement légal de la chasse et
de la pêche et prévoit un régime d'amendes extrêmement sévères.
voulant cibler les braconniers, on atteint la vaste majorité des utilisateurs
qui sont respectueux des règlements. Selon
notre expérience, une loi aussi sévère aura comme effet de décourager les
citoyens qui seront pris en infraction, en particulier pour les cas de
nature mineure. Nous sommes pourtant ici dans un secteur de loisirs où nous
pourrions nous attendre à un cadre légal beaucoup moins répressif et misant
davantage sur l'éducation.
Il faut mettre ici en
évidence qu'il y a très peu d'accidents de chasse et de pêche et que la faune
exploitée est en bonne santé. Absolument
rien n'indique le besoin d'ajouter des restrictions. Nous comprenons l'utilité
de moderniser certains libellés de la loi, mais cela se fait
présentement au détriment du plaisir de la pratique et de la mise en valeur de ces activités. À notre avis, on tente de munir
le Québec d'une loi faite pour punir sévèrement les braconniers, qui mettent
en danger la pérennité de la faune, mais, ce
faisant, on brime durement la masse des chasseurs et des pêcheurs qui sont,
comme les citoyens en général, des gens raisonnables qui ne veulent pas avoir
affaire avec la justice.
Au cours des
dernières semaines, nous avons eu des rencontres avec le ministère au sujet du
projet de loi et nous avons reçu certaines explications sur son bien-fondé.
Lors de ces échanges, on a bien tenté de nous rassurer en nous indiquant que
les agents de la protection de la faune utiliseraient leur pouvoir
discrétionnaire pour l'application de la loi
et qu'il n'est pas de leur intention de donner inutilement des constats
d'infraction. Pourquoi, alors, reformuler certains libellés qui
n'étaient pas problématiques et les rendre plus restrictifs?
Sans
dire qu'un tel projet de loi ferait disparaître la chasse et la pêche, nous
sommes convaincus que des citoyens paieront inutilement pour son
intransigeance. Plusieurs d'entre eux délaisseront leur activité s'ils ont à
payer 500 $ et plus d'amende plus les frais pour des infractions qu'ils
auront souvent commises par inadvertance.
Voici quelques
commentaires au sujet des amendes. Nous jugeons que les amendes proposées dans
le projet de loi sont, pour la plupart, inutilement excessives et
ne correspondent pas à la gravité des gestes posés, dont plusieurs n'ont même pas d'incidence sur la préservation de
la faune et de ses habitats. Un exemple, le fait qu'un parent capturant quelques poissons avec ses enfants alors qu'il ne
respecte pas, par mégarde, toutes les conditions liées à son droit d'accès
puisse se retrouver avec des amendes totalisant 1 500 $ plus les
frais nous semble nettement abusif.
montant prévu pour ne pas avoir porté son dossard ou avoir porté un dossard non
conforme, pourtant acheté de toute
bonne foi en magasin, est de 500 $
plus les frais. Combien de chasseurs parfaitement au courant qu'ils doivent
porter un dossard ignorent qu'ils ne peuvent
pas porter un sac à dos par-dessus celui-ci ou encore qu'aucun logo ne peut
venir en diminuer la surface orangée?
Nous
sommes en accord avec l'augmentation des amendes dans le cas de braconnage important
et pour les récidives. Mais même les amendes les moins sévères découragent la
pratique de la chasse et de la pêche chez ceux qui sont pénalisés pour
des infractions techniques et mineures, souvent faites par simple inattention.
D'ailleurs, l'arrivée du «ticketing», il y a
quelques années, qui permet à une personne d'éviter les tribunaux, serait utile
pour établir une meilleure pondération des amendes pour les infractions
purement techniques.
On nous a informés
que les amendes ont été fixées en accord avec les pénalités existantes en vertu
de d'autres lois. Pourtant, une vérification au Code de la sécurité routière
démontre qu'une panoplie d'amendes moins sévères sont utilisées au Québec.
Plusieurs infractions au Code de la sécurité routière valent des amendes de
30 $ à 60 $, de 20 $ à 300 $ ou encore de 300 $ à
600 $, notamment pour celles d'un usage d'un téléphone cellulaire au
volant. Une révision doit être faite afin de déterminer une échelle d'amendes
raisonnables et équitables.
moment de l'étude du projet de loi n° 161, en 2018, le ministère nous
apprenait qu'une quatrième catégorie d'amendes avait été prévue à
l'article 171 de la loi en 1983. Cette catégorie comportait des amendes
moins élevées pour les infractions qui n'ont
pas de réelles conséquences sur la conservation de la faune ou la sécurité des
personnes. Cette catégorie devrait être ramenée et utilisée.
Nous demandons même
depuis longtemps l'instauration d'un système d'avis d'infraction sans amende
qui permettrait aux agents de protection de la faune d'informer et d'éduquer
les gens au sujet de la loi et des règlements tout en leur évitant des
poursuites et des démêlées inutiles avec la justice.
Voici maintenant les
commentaires sur les appareils d'éclairage. La loi actuelle prévoit, à
l'article 30.2, que «nul ne peut utiliser un projecteur la nuit pour
déceler la présence d'un animal dans un endroit fréquenté par le gros gibier».
Cette disposition amenant d'importantes problématiques, nous demandons depuis
plusieurs années de corriger la situation, ce que ne fait pas le projet de loi,
même qu'il la complique.
L'article 22
mentionne : «Nul ne peut utiliser un réflecteur ou un appareil
d'éclairage, de vision nocturne ou d'imagerie thermique la nuit pour déceler la
présence d'un animal dans un endroit fréquenté par le gros gibier.» Dans la
réalité, il y a du gros gibier partout au Québec. Que fait-on alors de tous les
gens qui, la nuit, cherchent leur chien, des insectes ou qui, comme on en fait
la promotion, pratiquent l'observation de la faune? Pourquoi ne remplace-t-on pas simplement le mot «animal» par «gros gibier»
et qu'on n'ajoute pas la notion d'arme, puisque ce dont il est question
ici, c'est le braconnage du gros gibier la nuit?
Maintenant,
concernant l'obligation de présenter une pièce d'identité, l'article 26
indique une nouvelle obligation de porter une pièce d'identité avec
photo en plus de son permis de chasse et pêche. Qu'adviendra-t-il des adultes
qui pratiquent des activités en vertu du permis d'un conjoint ou des jeunes et
des étudiants qui le font en vertu du permis d'un parent? Est-ce que des
préjudices sont portés à la faune ou aux habitats à cause d'une utilisation
douteuse des permis? Non. Nous croyons qu'il est inutile d'ajouter cette
disposition. Il ne faut pas non plus que cet article, qui est lié à
l'obligation de posséder une autorisation, débouche sur le contrôle des
chasseurs en terre privée.
Maintenant,
concernant la conservation de la chair, l'article 31 précise que nul ne
peut négliger la conservation de la chair d'un gros gibier qu'il a tué à
la chasse, à l'exception de la chair d'ours. Nous croyons que les notions de
conservation de la chair concernent un aspect éthique sur lequel on ne peut
légiférer. Plusieurs éléments extérieurs peuvent influencer la conservation de
la venaison : réaction d'un gibier suite à un tir, bête blessée et
retrouvée tardivement, climat, bris d'équipement, etc. Une personne pourrait
donc être accusée d'avoir négligé la conservation de sa venaison, alors que
cela est survenu à cause d'un élément extérieur à la pratique de la chasse. L'éducation
est importante et demeure la voie la plus efficace pour agir sur de tels
éléments.
Maintenant, je vous
amène vers le caractère excessif de l'article 37, qui modifie l'article 71.
En vertu de cet article, une personne qui a récolté un gibier ou pris un
poisson ne pourra le conserver si elle est en contravention de la loi, même si
celle-ci est de nature technique ou mineure. De plus, les amendes sont
augmentées significativement dans ce cas-là.
Donc, pour en revenir
à notre exemple d'une personne qui porte un sac à dos par-dessus son dossard,
si elle récolte des petits gibiers, elle
sera passible de 1 000 $
d'amende plus les frais et plus passible de perdre son certificat de
chasseur pour deux ans. Si elle abat un orignal, ce sera une amende minimum de
2 500 $ plus les frais plus la perte possible de son permis.
Nous
demandons donc de ne pas modifier le libellé de l'actuel
article 71, qui
couvre une série limitée d'articles qui ont un lien avec des infractions
menaçant réellement la conservation de la faune. De telles dispositions sont
inacceptables et ne font pas de discernement entre les gens qui commettent des
infractions en toute bonne foi et ceux qui pratiquent sciemment du braconnage.
On ne peut pas comparer
une infraction liée au port du dossard à celle d'un braconnier qui utilise un
piège pour immobiliser un cerf afin de
l'abattre. Il est important de se prémunir contre le braconnage et il est
normal qu'une personne qui contourne indûment la loi... de tuer un
gibier ou prendre un poisson ne puisse légalement le posséder, mais de
nombreuses infractions techniques n'ont aucune incidence sur la faune et ne
méritent pas ces sanctions.
Nos derniers commentaires concerneront la
recherche de gibier blessé. Nous sommes très heureux de voir dans le projet de loi des dispositions qui
permettront la recherche de gibier avec des chiens et détermineront les
conditions sous lesquelles il sera permis d'abattre un animal blessé
avec ou sans chien. L'utilisation de chiens de sang pour retrouver des gibiers blessés attire l'attention
sur l'importance de mieux encadrer la recherche de gibier blessé après tir.
Pour que les
règlements éventuels concordent le plus possible avec les besoins sur le
terrain, nous demandons cependant que le texte de l'article 61 soit
modifié en y ajoutant le mot «et de la nuit» après le mot «journée» et qu'on
ajoute à 61.2 les mots «achever en présence d'un chien» après le terme
«localiser avec l'aide d'un chien».
En conclusion, dans sa forme actuelle, ce projet
de loi n'est pas l'outil qu'on aurait pu souhaiter pour contribuer au dynamisme
de notre secteur. Il s'agit plutôt d'un document ajoutant des restrictions supplémentaires
à celles qui existent déjà, assorties d'un nouveau régime d'amendes
excessives...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Je
dois vous interrompre, puisque vous avez terminé votre...
M. Renaud (Marc) : Je vous remercie
beaucoup.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Vous
avez terminé votre portion de 10 minutes. Alors, maintenant, je passe la
parole à M. le ministre, qui a 16 min 30 s. M. le ministre.
Dufour : Oui, merci beaucoup.
Premièrement, merci à la fédération de nous faire part de
leurs commentaires. Comme on mentionne, c'est grâce à ces
commentaires-là qu'on va être en mesure d'améliorer le projet de loi. Donc, sûr
et certain qu'il y a eu un gros travail qui a été fait jusqu'à maintenant par
toute l'équipe du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs; il y a eu
des consultations, il y a eu des rencontres. C'est sûr et certain que,
lorsqu'on dépose un projet de loi, on est bien conscient qu'on n'est pas au... comment dire, il est
possible qu'il y ait des interactions négatives, si on pourrait dire,
qui ne répondent pas à l'ensemble des demandes.
Donc, première chose, j'aimerais quand même...
Ce que je comprends de ce que vient de nous présenter la Fédération des
chasseurs et pêcheurs, c'est vraiment la portion amendes, donc, qui semble être
vraiment un élément, on pourrait dire, qui agresse un peu la fédération sur cet
aspect-là. Parce que, si on regarde, il n'y a pas que sur les amendes que ce projet de loi là touche, il y
a différents éléments que ce projet
de loi là va toucher. Et ce que je
remarque de l'intervention, c'est que
vous vous êtes vraiment attardés sur le côté des amendes, et puis on aura
la chance, tantôt, là, d'en reparler une fois que j'aurai terminé mon
laïus.
L'autre côté, ce que je m'aperçois, par contre,
c'est que vous avez quand même sorti l'élément des chiens de sang, qui est un
élément vraiment nouveau, je pense, dans ce projet de loi là, qui est vraiment
quelque chose de très intéressant pour le bien-être animal, pour bien gérer la situation.
Donc, écoutez, moi, je suis bien, bien content de ce côté-là par rapport à cet élément-là que vous parlez, que le chien de
sang vous satisfait. Naturellement qu'il semble y avoir quelques mots au niveau de certains articles qui
ne font peut-être pas l'affaire, mais, dans l'ensemble, vous avez quand même précisé que l'aspect des chiens
de sang, c'est quelque chose d'important.
Donc, si on revient un petit peu aux amendes,
tantôt, que vous avez mentionnées, il y a quand même une place qui m'a fait un
petit peu réagir, c'est quand vous avez parlé de l'article 26, par exemple.
C'est un peu... si on prend l'adage au niveau de la carte avec photo, bien,
c'est un peu le même principe qu'un 48 heures lorsqu'on octroie... au niveau... lorsqu'on a un phare,
mettons, qui a été brisé sur la route, qu'on roule avec un phare brisé, avec
une lumière en moins, souvent, un policier va donner un 48 heures
pour aller faire réparer son phare, bien c'est un peu la même chose. Dans
l'article 26 quand on prend... de le lire, on permet quand même un
sept jours au chasseur de retourner
montrer qu'il avait bien une carte, qu'il était bien la personne en qui que la...
l'agent de la faune a interpelé, etc. Donc, il y a certains éléments
comme ça que je peux comprendre que vous avez peut-être des objections sur
certains frais, sur certains montants, mais
il y a d'autres éléments que vous avez soulevés qui m'ont un petit peu, quand
même, surpris. Et on aura, naturellement, à en discuter de façon plus
profonde sur certains éléments que vous avez amenés.
Le restant, bien, on n'a pas parlé beaucoup des
refuges fauniques, on n'a pas... Vous n'avez pas non plus touché à d'autres
éléments, gouvernance des zecs, par exemple. Donc, moi, ce que je comprends et
puis... c'est que vous êtes quand même
sensiblement en accord avec plusieurs éléments de ce projet de loi là. Donc, si
j'ai à me référer un peu aux documents du projet de loi en lui-même, qui
a quand même au-delà d'une centaine d'articles, bien, quand que je vois qu'on a vraiment juste... semblerait
être l'élément des amendes, bien, des amendes, c'est des chiffres, hein,
c'est des choses qu'on peut discuter, qu'on peut regarder puis qu'on peut voir
est-ce qu'on a les justes, bons moyens.
L'autre élément qui m'interpelle dans ce que
vous avez présenté, et vous l'avez nommé quand même deux, trois fois,
c'est d'instruire les gens à la pratique de la chasse et de la pêche. Et c'est
un élément, puis je dois vous l'accorder,
c'est peut-être un élément qui a été un petit peu oublié dans ce projet de loi là. Je pense que c'est important de le mentionner. Je crois que
d'avoir des trousses pédagogiques pour bien faire comprendre la notion de la
chasse et de la pêche, particulièrement dans les régions qui ne sont pas des
régions éloignées, donc les régions des grands centres, bien, oui, ça pourrait
être quelque chose de très intéressant à élaborer et à discuter pour faire en
sorte qu'on aurait la chance d'instruire nos jeunes des grandes régions, de
Montréal, de Laval, du centre-ville de Québec, qui ne sont
peut-être pas des chasseurs, qui ne comprennent pas tout à fait qu'est-ce qui
en est toujours de qu'est-ce que c'est que la chasse, qu'est-ce que c'est que
la pêche, et ça pourrait peut-être même, justement, faire en sorte qu'on a une
situation où est-ce que les gens pourraient peut-être trouver plus acceptable,
chez certains, la chasse et même d'avoir une arme pour aller à la chasse. Parce
que, des fois, c'est même aussi cet élément-là qui nous est présenté dans les
gens qui sont contre la chasse, souvent c'est parce qu'il y a une arme qui est
utilisée.
Donc, je pense qu'il y a quelque chose là que
vous avez soulevé qui mérite attention. Est-ce que c'est ce projet de loi là
qui doit faire office? Est-ce que c'est par le biais du milieu scolaire, par le
milieu de l'éducation? Écoutez, moi, je
pense que c'est des éléments très importants et j'aimerais ça vous entendre sur
ce sujet-là, au niveau de l'éducation de nos gens et non simplement sur
l'aspect d'amendes. Donc, j'aimerais vous entendre là-dessus, M. Renaud.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Il
faudra ouvrir votre micro. Voilà.
M. Renaud (Marc) : Oui. Je peux
prendre la parole?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Oui,
allez-y, M. Renaud.
M. Renaud (Marc) : Bien, M. le
ministre, oui, vite fait, on avait seulement 10 minutes, donc on a parlé
peut-être plus des côtés qui nous chatouillaient plus. Dans l'ensemble du
projet aussi, il y a des très bons côtés.
Et, au niveau de l'éducation, bien, comme
fédération, on s'est toujours préoccupés de la fédération. Puis effectivement il doit... de la fédération! De
l'éducation. Et je pense sincèrement qu'on doit, avant de faire des amendes
ou de la réprimande... plutôt de la sensibilisation et de l'éducation. Que ça
soit au niveau scolaire, je trouve que c'est un
bon point de vue, que ça soit par les biais de toute forme de sensibilisation,
d'éducation, par l'intérieur de nos pourvoiries, nos zecs, de nos
réserves, par des choses qu'on fait déjà depuis plusieurs années, éduquer. Et
on voit que le milieu a changé, le milieu faunique. Les utilisateurs ont pris
une tournure différente, et tout ça grâce à l'éducation.
D'ailleurs, c'est pour ça qu'on ramène sur les
amendes. Avant d'avoir des amendes sévères, on dit : Notre grosse
préoccupation, c'est : Où est-ce qu'elle va être, l'éducation? Si les
amendes sont sévères, on perd des joueurs, on n'aura même pas la chance de les
éduquer.
M. Cossette (Alain) : Mme la
Présidente, est-ce que je peux renchérir?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Oui.
Allez-y, M. Cossette.
M. Cossette (Alain) : Parce que
c'est comme ça qu'ils nous ont dit de...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Oui,
oui.
M. Cossette (Alain) : O.K. Au niveau
des amendes, c'est parce qu'où est-ce que ça a été rajouté... avant, c'était : «Nul ne peut abandonner la chair
[...] d'un gros gibier», et là on a rajouté «ou ne peut en négliger la
conservation». Puis c'est de là, l'importance de l'éducation. Si on
prend... Maintenant, on chasse beaucoup plus tôt qu'avant. Il y a un
réchauffement climatique. Puis c'est de là qu'on dit : Pourquoi que vous
rajoutez cette notion? Le but, c'est de donner des tickets à des gens où est-ce
qu'il arrive des problèmes. Il n'y a personne qui veut payer les montants qu'on paie pour avoir des amendes. S'ils perdent
leur venaison, c'est qu'il y a des circonstances. Là, avec ça, on vient
dire que, là, on va pouvoir donner des amendes. Et pourquoi qu'on met juste le
gros gibier, alors, alors qu'il y a le petit
gibier puis il y a la pêche? Ça fait que, pour nous autres, tel que c'était
libellé avant, on ne peut pas l'abandonner. Mais la notion «ou ne peut
négliger la conservation»... Et c'est de là que nous autres, on a fait des
vidéos montrant des orignaux, incitant les
gens à les mettre en quartiers, à enlever la peau tout de suite pour rafraîchir la viande le plus rapidement possible, puis de
la protéger, puis s'en aller le plus tôt possible dans les endroits où est-ce
qu'on va pouvoir faire la boucherie. Et on fait ces vidéos-là, qui sont même
incluses dans les formations maintenant, c'est dernièrement, à cause de ces
changements-là. Mais, en même temps, laissons faire l'éducation le travail.
Souvent, ça arrive avec des novices. Puis, je le répète, les gens ne veulent
pas perdre leur venaison. Puis les gens paient assez cher pour participer à ces activités-là qu'ils ne veulent encore moins
la perdre puis de se faire donner un ticket en plus. Je ne pense pas que
c'est une bonne façon d'opérer. Puis on espère que ça va rester tel que ce
l'était avant. Merci.
Présidente (Mme St-Pierre) :
M. Renaud, est-ce que vous avez quelque chose à ajouter? Non? M. le ministre, j'ai vu la main levée de trois de vos collègues
de votre formation. Je vous le signale seulement. Si jamais vous voulez
passer la parole à vos collègues, j'ai trois de vos collègues qui voudraient
prendre la parole.
M. Dufour : Oui. C'est des collègues
aussi très impliqués dans le domaine de la faune, donc je serais très heureux
de les entendre.
La Présidente (Mme St-Pierre) : O.K.
Alors, M. le député Bourget, vous avez levé la main.
M. Campeau : Oui. Bonjour. La question,
M. Renaud, c'est... Je comprends ce que vous dites au sujet des amendes, mais je suis un peu surpris en même temps, parce que comment on va faire pour décourager le braconnage
si on n'augmente pas les amendes? Je veux dire, je
pense que c'est... Et que des amendes qui datent de 30 ans, on n'avait comme pas le choix de les augmenter. Puis, en même
temps, j'aurais comme comparaison à vous dire : Bien, ça ne m'inquiète
pas beaucoup, les amendes sur l'autoroute, moi, ma vitesse que je vais, je n'en
aurai jamais. Ça fait que, tu sais, je
comprends quand même qu'il peut y avoir des cas où c'est limite, où les gens ne
savent pas. Nul n'est censé ignorer la loi, c'est bien beau, mais, des
fois, il peut en manquer des bouts. Mais, en même temps, je compte sur
l'intelligence des agents de la faune, comme on le voit des policiers, qui,
franchement, donnent plus d'avertissements que de tickets. Vous avez l'air
d'être très, très, très inquiets des amendes, puis je ne vois pas comment on
aurait fait autrement, pour dissuader le braconnage, que d'augmenter les
amendes. Mais je suis d'accord avec vous sur l'idée de l'éducation. Alors, j'ai
de la misère à comprendre pourquoi cette inquiétude si forte sur les amendes.
M. Renaud (Marc) : Si vous me
permettez, Mme la Présidente, je peux répondre?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Oui,
M. Renaud. M. Renaud, oui.
M. Renaud
(Marc) : On n'est pas contre
les amendes contre le braconnage, loin de là. Il doit y avoir des amendes plus sévères pour les braconniers et les
récidivistes. Aucun problème, loin de là. On le dit, d'ailleurs, dans notre
mémoire, qu'on est en faveur. Par contre, il y a des amendes qui sont
élevées pour des infractions techniques et mineures. On vous a donné le
dossard, mais juste avoir une ligne à pêche dans mon camion à côté d'un lac où
est-ce que c'est interdit de pêcher pourrait être une infraction. Et là, l'infraction,
si j'ai du poisson en plus, on double. Ça fait que c'est tout le côté technique
et mineur, qu'on dit, parce qu'on veut pogner des braconniers.
Puis les agents de protection de la faune, c'est
comme les policiers. On peut être chanceux d'avoir des policiers, des agents de
protection de la faune qui sont compréhensifs, mais il y en a d'autres qui
pourraient arriver, parce que c'est leur devoir, puis agir, puis de donner tout
de suite l'infraction, au-delà de son plaisir, parce qu'il a un compte à rendre
à son patron. Ça fait que de permettre aux agents de protection de la faune
d'utiliser de leur bon jugement peut être laissé à... bien, laissé à sa
discrétion, carrément, puis il peut être un jeu dangereux.
Si on est bien encadrés dans la loi, s'il y a du
braconnage, pas de problème. Mais les techniques mineures... Puis qui ça ne lui
est pas arrivé? Comme vous disiez, sur l'autoroute, qui n'a pas dépassé avec
une vitesse excessive puis qui mériterait une amende? Bien, il y a quand même
l'amende au niveau du Code de la sécurité routière. La plus élevée est à peu
près de 1 900 $, si je me souviens. Là, on parle de 2 500 $
pour une technicalité, du fait que je m'en vais chercher mon orignal. J'ai
chassé, j'ai tué mon orignal, je découpe un premier quartier, je le mets dans
mon dos, je cache mon dossard directement. J'ai mon arme à feu. Mes chums ne
sont pas loin, ils m'aident, mais eux autres sont à la chasse. Je suis en
infraction puis pourtant je n'ai pas voulu être en infraction.
Ça fait que c'est ce côté-là, nous, c'est le
côté technique et mineur. Mais, non, le braconnage, on n'est pas pour ça. On...
M. Cossette (Alain) : Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Oui,
M. Cossette, allez-y.
M. Cossette (Alain) : Oui. On a
modernisé, voilà plus de 10 ans, l'aspect de donner des tickets pour des
infractions qui sont d'ordre mineur et technique. Et c'est de là que...
Pourquoi que le gouvernement n'utilise pas tous ces types de ticket là avec des
prix moindres? C'est ça qu'on dit, nous autres, dans notre mémoire.
Puis, l'autre chose qu'on demande aussi, c'est
la notion d'avis d'infraction. Ça fait que c'est une notion qui n'est pas là. Donc, l'avis d'infraction, ça serait
quelque chose qui est encadré. Et là vous allez voir s'il y a
des récidivistes, ils les auront, les tickets, à ce moment-là. Nous
autres, qu'est-ce qu'on dit, c'est que : Arrêtons de vouloir essayer de
donner des gros tickets puis trouvons le moyen de le faire. Puis c'est de là
qu'on espère que les parlementaires, vous allez
amener cette notion-là de tout ce qui est «ticketing», qui existe présentement
depuis plus de 10 ans... puisse être relié à des frais moindres. Puis qu'est-ce qu'on dit aussi : Donnez des
avis d'infraction, rendez ça légal dans votre système de loi.
M. Campeau : J'aurais d'autres
questions, mais je vais laisser la parole aux autres.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Mme la députée d'Argenteuil, vous avez 1 min 30 s
Grondin : Mme la Présidente, je vais laisser mes collègues parce que
mon collègue député de Bourget a posé la même question.
La Présidente (Mme St-Pierre) : D'accord.
Alors, Mme la députée de Saint-Maurice. Non, excusez-moi, Lac-Saint-Jean.
Excusez-moi. M. le député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Je vais me dépêcher. Moi, c'est concernant
l'article 31, qui m'interpelle beaucoup. Moi, je ne partage pas nécessairement votre opinion, M. Marc, dans
le sens que la conservation du gibier est la responsabilité du chasseur. Je suis un... je pratique le sport de
la chasse depuis mon tout jeune âge. Et, vous savez, il y a bien des facteurs
qui influencent ça, hein? L'inspection de l'arme à feu, la qualité des
cartouches. Le chasseur a la responsabilité aussi de s'assurer de son tir. Et moi, je vois beaucoup de
choses en forêt. Des gens, une fois qu'ils ont fait l'abattage de leur cervidé,
ne s'occupent pas de leur bête. On voit des choses aussi
dans les salles d'abattage, des salles de découpe. Je parle avec des gens aussi dans ma région qui ont des
salles de découpe, qui m'interpellent, tu sais, en disant : Il y en a qui
n'ont pas le respect de leurs bêtes. Moi, je pense que, oui,
effectivement, les températures changent, on a beaucoup plus de chaleur,
réchauffement climatique, mais une bête, normalement, une fois l'abattage fait,
c'est important, là, de la récupérer
rapidement, et on est en mesure de conserver le gibier. Oui, il peut arriver,
des fois, des choses, des événements, mais, normalement, le chasseur doit
s'assurer de la qualité de son tir, doit s'assurer de tout ça. Puis je pense que
c'est important, là, d'avoir des... Cet article-là est important, là. Moi, je...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Votre portion est terminée pour ce qui est de la portion
du gouvernement. Alors, merci beaucoup.
Donc, je passe maintenant la parole au député de Laval-des-Rapides. Monsieur,
vous avez 11 minutes.
M. Polo :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Écoutez, d'entrée de jeu... Vous
m'entendez bien?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui, on vous entend bien. Et là je pense qu'on ne vous
entend plus.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : On a un petit pépin technique.
Une voix :
Saul, on a perdu ton écran aussi.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, est-ce que, par consentement, vous voulez qu'on
inverse puis qu'on revienne à M. le
député de Laval-des-Rapides? Ou peut-être M. le député de D'Arcy-McGee,
s'il est en ondes, a peut-être... peut peut-être prendre le relais? Ou
est-ce qu'on suspend? Qu'est-ce que je fais, Mme la secrétaire? Aidez-moi.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : O.K. Alors, nous allons suspendre un instant pour essayer
de régler ce problème technique.
(Suspension de la séance à
10 h 15)
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Donc, nous reprenons nos travaux. M. le
député de Laval-des-Rapides, vous avez la parole.
M. Polo :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. D'entrée de jeu, je tiens à mentionner
que ce qui me surprend un peu, là, des paroles du ministre à ce niveau-ci,
c'est que, parmi le mémoire, là, qui nous a été présenté, c'est clair que les
principales préoccupations tournent, bien sûr, autour des amendes. Et on
voudrait bien parler d'éducation, et j'en
suis, quoiqu'actuellement le système d'éducation est bien occupé avec d'autres priorités, là, actuellement, M. le ministre, mais, avant tout, l'interprétation qui est
effectuée par ce projet de loi là, de la façon qu'il est rédigé, tout d'abord, il y a un sentiment
de déception. Parce que, ce que j'en comprends, c'est que ça fait des années
qu'ils font des représentations pour,
justement, bien s'assurer que le projet de loi était bien... ou, en fait, leurs
préoccupations et leurs doléances étaient bien reçues.
Mais, deuxièmement,
ce que ce projet de loi là formule à même le contenu et les dispositions du
projet de loi, c'est que c'est un message de beaucoup de répression. Bien sûr,
on s'entend que tout ce qui touche le braconnage doit être dénoncé, mais, à ce
stade-ci, ce qui en ressort beaucoup, énormément, bien sûr, c'est les
augmentations d'amendes. C'est là où je suis un peu en porte-à-faux avec
certains des commentaires des collègues qui ont participé ou qui sont intervenus
précédemment, parce qu'on le sait, que ce soit sur l'autoroute ou que ce soit
dans d'autres contextes, bien sûr, les amendes peuvent être appliquées selon,
bien sûr, la discrétion de la personne qui l'applique, mais, par la suite, bien
sûr, on nous demande, un peu comme sur l'autoroute lorsqu'une erreur de vitesse
nous mène à dépasser la vitesse limite, on nous recommande d'aller contester.
Et bien, bien souvent, on le sait, M. le ministre, très peu de gens contestent parce qu'ils ne veulent pas se retrouver à
faire face aux dédales administratifs associés à ça. Donc, je suis bien
d'accord avec les représentants de la fédération que le volet amendes devrait
être revu, nécessairement, afin de,
justement, laisser une plus grande marge de manoeuvre pas seulement aux agents
de la faune, mais, justement, une plus grande marge de manoeuvre aux
gens qui pratiquent, que ce soit la chasse ou la pêche dans le cas présent.
Ce que je trouve
intéressant, c'est de prévoir... Ma question ou mon commentaire est de prévoir
une catégorie d'infractions techniques qui n'acceptent pas le bien-être animal
et qui peuvent être dues à des gestes faits par manque d'attention. L'exemple
du dossard dans le noir est très révélateur. Ces infractions pourraient faire
l'objet d'amendes allant de 50 à 500 $. Et, exemple, par exemple, de
gradation, le port du dossard avec un sac à dos, ça peut être égale à 50 $
ou ne pas porter de dossard, à 500 $. Et donc l'une des erreurs, par
manque d'attention et... ou, dans d'autres cas présents, ça peut être toute
forme de négligence. Pouvez-vous continuer à élaborer sur, justement, le fait
d'y aller avec une grille de gradation, s'il vous plaît?
M. Renaud (Marc) :
Je vais laisser mon directeur général vous répondre, monsieur.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. Cossette.
M. Cossette (Alain) : Oui. Merci. La
grille de gradation est très simple. Vous avez présentement, là, le principe
que, quand on a amené le «ticketing»... Puis on avait travaillé ça avec les
gens du gouvernement à l'époque, des agents de protection de la faune. Et la
grille, c'était que les agents pouvaient remettre immédiatement... puis ils le
font, là, présentement, ils remettent un ticket à des individus. Quand ils
remettent ce ticket-là, c'est d'ordre technique ou mineur. Donc, c'est :
Servez-vous de tout ce qui est fait en «ticketing» pour garder ça de façon
mineure, à des prix raisonnables.
Là, c'est complètement déraisonnable, les prix
qui sont là. C'est de là qu'on demandait ça, que ça soit en place. Puis on pensait que la loi, quand elle
viendrait se moderniser, ça aurait été mis en place. Puis on l'a soulevé, là,
ce n'est pas soulevé d'aujourd'hui, là, on l'a soulevé puis on espère que, maintenant,
les parlementaires, quand vous allez jouer votre rôle, c'est d'arriver à amener
ça très simple : «Ticketing» existe, créez cette catégorie-là, et puis
avec des amendes qui sont raisonnables.
On l'a dit tantôt, M. Marc Renaud vous l'a
dit, des amendes pour les braconniers puis des récidivistes notoires, bien, qu'ils
paient. Mais, malgré tout, il faut se souvenir d'une chose aussi, nos amendes
sont tellement élevées que, dernièrement, il y a eu des morts qu'on a vus sur
les chantiers de construction de... et, quand je parle des chantiers de
construction, c'est au niveau des réseaux routiers, souvent, le monde, parce
qu'il roule trop vite, le syndicat demande
d'augmenter ces amendes-là, des routiers, demande d'augmenter ces amendes-là à
1 000 $. Là, vous avez une
infraction qui va chercher ça facilement. Un dossard, c'est 500 $ plus
200 $ environ en frais administratifs. Ça veut dire 700 $. On
est très loin de ce qu'on vous mentionne avec le réseau routier. Puis c'est ça
qu'on essaie de faire comprendre, c'est de là qu'on a mis les amendes reliées
au code de la route.
Puis l'autre aspect qui est important, qui
amène, justement, cette notion d'éducation là, c'est d'avoir des avis
d'infraction. Il y a des changements, souvent, qui s'opèrent au niveau de la
réglementation. Bien, je vais vous donner un exemple bien simple. Il y a
quelqu'un, un couple, qui allait, à chaque année, un voyage de pêche. Quand il
y a eu le changement pour la longueur de taille pour les dorés, ils avaient un
doré dans un vivier, vivant, avec un centimètre de moins que la gamme de
tailles prévue, il est vivant, il a été pris, il a été remis à l'eau, ils ont
eu un ticket. Ils nous ont appelés, nous autres, au bureau, cri du coeur :
On abandonne nos activités.
Nos associations puis nous autres, comme
organisation, on travaille fort pour avoir cette relève-là. Bien, il faut qu'on
ait les outils, qu'ils soient là en conséquence. On parle de moderniser une
loi, c'est ce que le ministre disait d'entrée de jeu, puis on sent qu'il y a
une écoute, ça fait qu'à ce moment-là, si on veut vraiment la moderniser,
donnons la notion d'avis d'infraction puis donnons la notion que, quand il y a
du «ticketing», de mettre des amendes en conséquence. Parce que tout est fait,
là, c'est juste de le libeller aux bons endroits dans ce projet de loi là.
M. Polo : Merci. En lien avec
l'enjeu sur l'éclairage nocturne, on est conscients que c'est un enjeu réel. La
chasse au gros gibier, c'est un contexte où, si on peut dire, c'est une game de
patience. Le chasseur doit rester caché, parce que, justement, il attend le bon
moment, pour que... jusqu'au moment où le gibier se pointe. Et ce n'est pas
rare que le chasseur ne soit en mesure de tirer qu'en fin de journée, donc
quand la nuit tombe, le soleil se couche. Et, si c'est le cas, il est rare que
le gibier, hein, ou la bête en question meure instantanément ou sur le coup,
bien souvent, pour retrouver la bête, il doit être accompagné ou il doit être
aidé afin de pister l'animal après coup.
La recherche nocturne sans source d'éclairage,
c'est une situation très, très, très dangereuse. On comprend, il faut qu'il y
ait un arbitrage entre la lutte au braconnage, on s'entend, mais également la
santé et la sécurité du chasseur. Le mécanisme d'éclairage, ce n'est peut-être
pas la bonne cible. Lequel, selon vous, serait le bon équilibre à trouver, justement, pour lutter adéquatement au
braconnage mais également assurer la santé et la sécurité du chasseur?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. Cossette, il y a quelque chose qui obstrue votre caméra. Parce qu'ici
la technique nous dit que votre caméra est active, mais on ne vous voit pas.
Alors, je ne sais pas s'il y a une feuille de papier ou... Mais, de toute
manière, vous pouvez continuer à répondre si on ne peut pas ravoir votre
caméra, parce qu'on vous entend, alors ce qui est plus important encore.
M. Cossette
(Alain) : Oui. Il n'y a
pas de feuille, il n'y a rien. Il
n'y a rien qui a changé, je ne comprends pas.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
O.K. Bon, alors, allez-y, on va rester en mode audio.
M. Renaud (Marc) : Je vais
commencer à répondre. Je vais laisser poursuivre mon directeur général après.
Pour le niveau d'éclairage, notre inquiétude,
c'est que, dans le libellé présentement, toute forme d'éclairage en haut de
6 volts, bien, aujourd'hui, on pense juste aux conducteurs de chiens de
sang, ils ont de grosses lumières accrochées
sur le thorax, qui ont peut-être 6 volts et moins, 6,2, même, je pense,
ça fait que la technologie d'aujourd'hui,
ça peut augmenter. Dans le libellé, il n'est pas parlé... Si on veut vraiment
cibler les braconniers, le braconnier va avoir
des armes à feu avec lui, donc il
faut faire attention, puis là, bien,
avec le projet de loi, avec les chiens de sang aussi, qui vont faire de la recherche avec armes à feu, bon,
ils auront les outils nécessaires puis les chiens. Mais, présentement, tel que c'est libellé... On
parlait d'éducation. Il se fait beaucoup d'éducation aussi la nuit pour les amphibiens, hein, le printemps, on veut
ramasser des vers de terre, on veut... Il y a plein d'alternatives où est-ce que
les gens... Ils vont-tu regarder si la lumière a
6 volts, hein? Elle en a peut-être 8, elle en a peut-être 10. On ne fait
pas une activité qui est illégale. Ça fait qu'au niveau du libellé... C'est
dans le libellé qui est important.
Et puis je vais laisser aller mon directeur
général pour vous expliquer un peu comment le libellé, on le voit. Vas-y, Alain.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Il ne vous reste que 1 min 20 s. Alors...
M. Cossette
(Alain) : O.K.
Sommairement,
à l'époque, on a eu le «ticketing». On était supposés, dans le prochain
projet de loi, venir régulariser la situation de l'éclairage. L'éclairage,
présentement, c'est uniquement une mesure administrative et qui parle de
6 volts, alors que toute modernisation a fait que tout est en haut de...
l'éclairage a complètement changé. Nous autres, qu'est-ce qu'on dit, c'est
qu'enlevons toutes ces notions-là, puis, si vous voulez vraiment prendre du
monde, bien, changez «animal» pour «gros gibier», parce que... pas dans un
endroit où est-ce qu'il y a
du gros gibier, c'est la province au complet. Et puis, ce qu'on dit, c'est qu'à ce moment-là «avec une arme à feu». C'est qu'on veut attraper les gens qui vont
faire du braconnage, pas ceux qui se promènent en forêt. On parlait de sécurité
tantôt. Marcher dans le bois avec un petit
éclairage, ce n'est pas la même chose qu'avoir un éclairage qui vous permet, justement,
de passer par-dessus plein d'obstacles. Ça fait que c'est... Là, je
n'ai plus de temps, ça fait que je vais vous arrêter ça là, mais c'est ça,
en gros.
M. Polo : Merci beaucoup. Merci,
Mme la Présidente.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, merci. Donc, maintenant, je cède
la parole à la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Vous disposez de 2 min 45 s.
Lessard-Therrien : Merci, Mme la Présidente. J'aurais beaucoup de questions, mais, bon, en deux minutes, là, je
ne peux pas faire des miracles. Ça fait qu'une des questions que je voudrais
vous poser... Dans votre mémoire, là, à la
page 5, vous dites que «les plus importantes menaces à la faune et à ses
habitats ne proviennent pas de la chasse et de la pêche». Moi,
j'aimerais vous entendre sur... Vous, là, dans vos yeux de spécialiste du bois,
d'amateur de forêt, parce que vous allez à
la chasse, vous allez à la pêche, vous êtes sur le territoire, c'est quoi, le
constat que vous faites des menaces qui sont les plus importantes à la
faune et à ses habitats?
M. Renaud (Marc) : M. le D.G.,
je vous laisse aller.
M. Cossette (Alain) : Oui. Ce n'est
pas compliqué, les plus grandes menaces, c'est toujours l'étalement urbain, c'est la destruction d'habitats qu'on a présentement, l'utilisation de produits chimiques à outrance. Ça fait que ça, c'est des menaces réelles. Au Québec, même avant qu'on ait
une modification à la
loi sur le développement de... dans le cadre du développement
durable, là, l'environnement, là, on avait une force au Québec, c'était de
remblayer tous les étangs. On a éduqué, nous autres mêmes les gens à dire
comment c'est important, ces habitats-là, d'avoir la diversité de ces
habitats-là. Quand on a de la chasse aussi, exemple, le dindon sauvage puis les
cerfs de Virginie en Montérégie, ce sont souvent les chasseurs qui ont empêché
de faire tout couper les forêts parce qu'ils voulaient garder leurs terrains de
chasse au lieu de se les faire raser pour épandre du fumier, pour répondre à
des normes. C'est des choses comme ça qu'on voit globalement sur le terrain.
Et puis je profite de l'occasion pour rappeler
qu'au niveau des chiens de sangs ça serait important d'avoir la notion de jour
et nuit. Puis, dans la notion de mise à mort, c'est important pour nous autres
que, quand on arrive par règlement, c'est pour les gens de chiens de sang, mais
aussi pour les chasseurs, pour pouvoir achever une bête qui est souffrante en
dehors des heures légales.
Mme Lessard-Therrien : O.K.
Vous m'avez amenée ailleurs, là. Tu sais, quand vous parlez des produits
chimiques, là, pour l'habitat, à quoi vous faites référence? Est-ce que c'est
les pesticides qu'on met dans les champs agricoles? Est-ce que c'est le contrôle
de la végétation en dessous des lignes d'Hydro? À quoi vous faites référence
quand vous parlez de produits chimiques?
M. Cossette (Alain) : À toutes
ces façons de faire qu'il faut qu'on modernise. Et puis on a toujours été
impliqués là-dedans. Et puis il faut faire... Ce n'est pas pour rien qu'on a
une diminution de nos oiseaux. S'il n'y a plus
d'insectes, on a un problème là. Puis sans compter... L'autre dynamique qu'on ne
parle jamais, c'est l'avènement des chats domestiques qu'on
laisse à l'extérieur. C'est 200 millions d'oiseaux tués par année au Canada.
Mais je ne veux pas embarquer là-dedans, ça va en dehors du sujet, là.
Présidente (Mme St-Pierre) : Oui. Cette portion est terminée. Alors, maintenant, je cède la parole
au député de Jonquière. Vous
disposez, vous aussi, de 2 min 45 s.
M. Gaudreault : Oui. Bonjour.
Merci beaucoup d'être présents. Moi, je vous trouve très sévères à l'égard du
projet de loi n° 88. Vous êtes les premiers concernés, étant les
représentants des chasseurs et de pêcheurs au Québec. Pour moi, il y a deux
piliers absolument incontournables qu'on doit développer au Québec,
c'est-à-dire de garder la démocratisation puis l'accès au territoire. Ça, ça a
été une bataille de longue haleine. Moi, je viens d'une région où il y avait des clubs de chasse, là, on pense au Price, on pense
à Alcan. Donc, il faut démocratiser l'accès à la faune puis il faut s'assurer
d'une relève aussi pour les générations futures.
Moi, j'aimerais vous entendre un petit peu plus
sur l'enjeu de la relève. C'est quoi, votre analyse? Est-ce que votre
membership, par exemple, est vieillissant depuis quelques années? Est-ce qu'il
y a un intérêt de la relève? Et en quoi ce projet de loi vient décourager ou
encourager la relève? Et est-ce que la question des amendes, là, sur laquelle
vous mettez beaucoup d'accent, est vraiment décourageante, je dirais, pour la
relève?
M. Renaud (Marc) : Bien, point
de vue relève, ça a toujours été une de nos préoccupations puis un souci, parce que la relève, on en a besoin dans tous les
secteurs d'activité. Et on est présentement en train de faire un sondage
pour se préparer au prochain plan de gestion du petit gibier et on voit qu'il y
a une augmentation — surtout
avec la pandémie, on est un secteur d'activité qui a été favorisé — de la
relève. Elle est là, la relève, elle s'en vient. Oui, on a une population
vieillissante, comme dans, aussi, beaucoup de secteurs d'activité, puis il y a
eu un temps où est-ce qu'on disait... je pense qu'on ne laissait pas la place à
notre jeune relève, puis là elle est train de la prendre, sa place.
Point de vue des amendes, notre préoccupation
dans les amendes, vous le voyez dans notre mémoire, ça fait toujours référence
à ce que... le découragement des gens. Ça fait que la relève peut être facilement
découragée, la relève qui commence à la chasse. Là, le ministère des Ressources
naturelles est en train de faire une consultation, justement, sur l'appropriation
du territoire public, veut dégager plus de baux de
villégiature. Donc, il va y avoir beaucoup
de nouveaux venus, de relève qui va rentrer en forêt.
Mais, si, en partant, tu fais une faute
technique et tu te fais marteler avec une contravention élevée à perdre ton
permis — parce
qu'il n'y a pas de demi-mesure, hein, là, on veut gérer l'exception en
punissant la majorité des gens — bien, cette relève-là, si déjà avoir
accès aux territoires, c'est dur et, en plus, une fois rendu dans le territoire,
elle fait une erreur technique mineure, elle est susceptible de perdre son permis,
d'avoir une amende salée, bien là on va venir perdre notre relève. On n'aide
pas, là. Sur un côté, on travaille pour la relève, sur l'autre côté, on sent
qu'on va éloigner la relève.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Je
dois vous interrompre ici. Alors, ça a été un plaisir de vous rencontrer lors
de cette rencontre, cette audience. Et je vous remercie d'avoir participé à
notre commission parlementaire.
Je vais suspendre quelques instants pour que
nous puissions accueillir nos invités. Alors, je vous souhaite une très,
très belle fin de journée. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 35)
Présidente (Mme St-Pierre) :
Je souhaite la bienvenue aux représentants de l'Association des conducteurs de
chiens de sang du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé. Par la suite, nous procéderons à la période d'échange avec
les membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter puis à
procéder à votre exposé. La parole est à vous.
M. L. Roy (Sylvain) : Alors,
bonjour. L'association a déposé une lettre, qui constitue son mémoire, et je
vais prendre... étant donné que ce n'est pas tellement long, je vais prendre le
temps de la lire pour vraiment encadrer notre position. Et ensuite
M. Lemay sera là pour terminer et répondre grandement aux questions. C'est
un conducteur qui a une très longue expérience, c'est un membre fondateur de
l'association.
Donc, dans une lettre du 11 avril qu'on a
adressée à la Direction des commissions parlementaires, on traitait du projet
de loi n° 88, et plus particulièrement de
l'article 32, qui ouvre sur les articles 61.1 et 61.2 de la
Loi sur
la conservation et la mise en valeur de la faune.
Alors, la lettre disait : «L'Association
des conducteurs de chiens de sang du Québec, en son som et au nom de plusieurs milliers de chasseurs accompagnés par
nos membres sur le terrain, se [réjouit] du projet de loi n° 88. Il a été réclamé pendant tant d'années. Il viendra, nous
l'espérons, encadrer dans un modèle éprouvé le travail des conducteurs de chiens de sang dans leurs recherches de grands
gibiers blessés à la chasse. Notre regroupement remercie le ministre
pour cet appui inédit à la préservation de notre faune.
«L'Association [...] a pour
mission de promouvoir et [de] rendre accessible l'utilisation des chiens
pour retrouver les grands gibiers blessés.
Elle regroupe dans ce dessein toutes les personnes physiques ou morales
intéressées à développer la recherche des grands gibiers blessés à
l'aide d'un chien. Elle fait la promotion du respect de la faune et agit
concrètement à la mise en valeur de cette ressource.
«Vu ces considérations, elle a le devoir faire
des recommandations auprès des autorités compétentes pour favoriser l'adoption
[d'un] règlement facilitant la recherche des grands gibiers blessés. Voilà
précisément l'objet de la présente.
«L'article 32 du projet de loi [...]
prévoit inclure dans la Loi [...] les articles 61.1 et 61.2 qui traitent d'abord
de l'abattage d'un animal blessé
mortellement à la suite d'une activité de chasse et ensuite de la possibilité pour une personne d'aider à localiser un tel animal avec l'aide
d'un chien.
«Ces
dispositions pourront s'appliquer conformément aux conditions qui seront
déterminées par règlement du ministre.»
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Monsieur, votre document obstrue la caméra. On ne vous
voit pas.
M. L. Roy
(Sylvain) : Oui, je m'excuse.
Article 61.1 :
«Le ministre peut,
par règlement, déterminer, en fonction de zones, de territoires, d'endroits, de
périodes de l'année et de la journée et de catégories de personnes les
conditions dans lesquelles une personne est autorisée à abattre un animal
blessé mortellement et hors d'état de fuir à la suite d'une activité de chasse
ou de piégeage ainsi qu'à l'aide de quel type d'arme elle peut le faire.
«61.2.
Une personne peut aider, contre rémunération et aux conditions déterminées par
règlement du ministre, à localiser avec l'aide d'un chien un animal visé
à l'article 61.1.
«Nous
nous interrogeons quant à la portée concrète de ces dispositions et considérons qu'il est nécessaire d'y apporter une précision supplémentaire
et incontournable.
«Comme les articles
de la loi s'interprètent les uns par rapport aux autres et qu'on retrouve le
mot "nuit" à l'article 56 de la loi, suppléant au mot
"journée", il nous apparaît essentiel que la nuit soit également
mentionnée à l'article 61.2, en ajoutant : "à localiser de jour
comme de nuit, à l'aide d'un chien".
«Tel que le texte de
loi est libellé actuellement, la recherche durant la nuit de gibiers
présumément morts serait impossible à
encadrer par voie réglementaire. Or,
il est très fréquent que des gibiers soient tirés dans la dernière heure légale de chasse. Selon les statistiques des
10 dernières années de l'Association[...], 47 % des recherches
assistées d'un chien s'effectuent au crépuscule et/ou à la noirceur.
«Comme les périodes
de chasse au grand gibier sont fixées de la mi-mai jusqu'au 30 juin pour
l'ours et débutent aussi tôt qu'à la fin août pour les cervidés à certains
endroits, la température extérieure fait qu'il est primordial que le gibier
soit récupéré dans un court délai. Afin d'en préserver la venaison, on ne peut
attendre [le lever] du jour. La modification qui sera apportée à l'article 59
de la loi démontre d'ailleurs l'importance que le ministre [...] accorde au
fait de voir à la conservation de la venaison du grand gibier chassé. Dans ces
circonstances, nos membres doivent être
autorisés à effectuer la recherche du grand gibier présumément mort de nuit,
aux conditions déterminées par le ministre.
«L'Association [...]
développe depuis plus de 15 ans une expertise certaine et reconnue dans la
recherche et la sauvegarde du grand gibier blessé. Son analyse attentive du projet
de loi n° 88 suscite chez ses membres de nombreux questionnements quant au
contenu de la réglementation subséquente qui établira les normes de conduite
des conducteurs de chiens de sang.
«Ceux-ci entendent rapidement
proposer à toutes les parties prenantes et aux décideurs un canevas idéal du menu réglementaire
qui permettra que se continue et s'améliore le modèle actuel de l'activité de
la recherche au sang.
«De plus, mentionnons
que le service [du] conducteur de chien de sang répond à un besoin d'une
clientèle vieillissante et une clientèle de plus en plus soucieuse du bien-être
animal. Ces clientèles désirent ainsi s'assurer que l'animal blessé soit
retrouvé et récupéré dans les meilleurs délais. Notons que plus de 80 %
des États américains et que l'Ontario ont
légiféré pour encadrer cette pratique devenue essentielle à une pratique
éthique de la chasse. Notamment, vous trouverez en
annexe un tableau
résumé de l'encadrement légal de la recherche avec chien de sang en Ontario et
dans les États américains limitrophes au Québec. Plusieurs pays d'Europe ont
quant à eux encadré cette pratique depuis plusieurs [...] décennies.
«Dans l'optique de la
mise en valeur de la faune, tout gibier blessé mortellement doit pouvoir faire
l'objet d'une recherche à l'aide d'un chien afin d'être récupéré. Cela est
primordial afin de préserver le caractère noble de la chasse et surtout de
traiter avec respect les animaux chassés et blessés.
«Selon les statistiques
colligées par l'association, depuis l'avènement des chiens de sang dans les
activités de recherche [de] gibier blessé au Québec (2008), plus de
10 000 recherches ont été effectuées. Plus de 4 000 gibiers
ont ainsi été récupérés, dont plus de 1 700 gibiers récupérés morts
la nuit. L'Association [...] est fière d'avoir développé et mis en place la recherche de gibiers blessés avec chien de
sang au Québec, conformément à une pratique reconnue
internationalement dans les juridictions soucieuses de la saine gestion de la
faune.
«La loi a été rédigée
à une époque où la conduite avec chiens de sang n'existait pas au Québec. Nous
devons aujourd'hui moderniser cette loi, à
l'image de nos voisins, pour ainsi répondre aux besoins grandissants des
300 000 adeptes de chasse au Québec.
«Depuis plus d'une
décennie et encore aujourd'hui, l'Association[...], par ses actions, forme
annuellement une centaine de conducteurs en
devenir et sensibilise des milliers de chasseurs aux bonnes pratiques en
matière cynégétique.
modification de la loi permettra [...] aux Québécois
un service de qualité sans coût additionnel pour l'État.
«L'Association [...] tient à remercier les artisans de ces
nouvelles dispositions législatives. Elle espère fortement que la demande
formulée [par] la présente sera prise en considération.»
Nous
vous prions d'agréer nos salutations les plus distinguées, la lettre est signée
par M. Denis Fortier, président de l'association.
Si vous permettez, en
bas de la lettre — ...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Il vous reste 2 minutes maintenant.
M. L. Roy
(Sylvain) : ...oui — vous trouverez un tableau synthèse d'une
analyse des législations et réglementations des juridictions limitrophes
au Québec, c'est-à-dire l'Ontario et les États américains qui sont tout près de
nous, où vous pourrez voir que, un, une législation a été
adoptée, une réglementation l'a été également, et vous pourrez voir que la
plupart des modalités de la recherche y sont adressées. Je vais maintenant
permettre à M. Lemay de s'exposer brièvement.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Vous
n'avez que 1 min 30 s, M. Lemay. Allez-y.
M. Lemay (Simon) : Oui. Donc, je
n'ai pas grand temps, mais je vais juste compléter l'allocution de Sylvain en
disant qu'on représente l'Association des conducteurs de chiens de sang, mais
on représente surtout le besoin de 300 000 chasseurs et que nous
avons l'appui, là, depuis l'existence de l'ACCSQ, là, de la FédéCP, la
Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, de la Fédération des
pourvoiries, de la SEPAQ, la fédération des zecs. C'est tous des organismes qui
ont besoin du service de chiens de sang. Et le but de la discussion du projet
de loi, c'est de faire avancer et encadrer la législation au Québec.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Merci. Alors, je note, pour le bénéfice de nos collègues, que la lettre a été transmise ce matin en tant que mémoire. Elle est
maintenant sur Greffier. Est-ce que je vous ai coupé la parole, M. Lemay?
M. Lemay (Simon) : Non, non, ça va,
je voyais que...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Vous
avez terminé? Parfait.
M. Lemay (Simon) : Je suis
respectueux du 10 minutes que vous nous avez donné, ça fait que...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Il
vous restait quelques secondes. Mais maintenant je vais passer la parole à M.
le ministre. M. le ministre, vous avez la parole.
M. Dufour : Bien, merci beaucoup,
Mme la Présidente. Bien, bien heureux de vous avoir parmi nous. Vous le savez,
depuis que j'ai pris le poste de ministre de la Forêt, de la Faune et des
Parcs, c'est un dossier qui me touche beaucoup. Je pense qu'un des éléments,
moi, qui me préoccupe toujours, au niveau de la faune, c'est davantage le
bien-être animal. Et, vous l'avez mentionné tantôt, je pense que l'histoire des
chiens de sang, c'est vraiment là pour améliorer la situation lorsqu'une bête
est blessée, pour achever ses souffrances et non qu'elle périsse de façon très
dramatique. Donc, je pense que c'est... vous êtes un joueur important.
Comme vous l'avez mentionné, dans des
juridictions, particulièrement européennes, vous avez été reconnus depuis
nombre d'années. On voit les chiens de sang en montagne, on voit au niveau de
la chasse, naturellement, mais pour toutes sortes de bêtes. Donc, je pense que
le fait de pouvoir mettre de façon légale dans un projet de loi la situation
des chiens de sang, bien, pour moi, c'est un ajout très important pour la faune
québécoise.
Naturellement que vous le savez, il y a des
projets pilotes, hein? Ce n'est pas d'hier qu'il existe quand même un certain
travail qui se fait au niveau des chiens de sang. Il y a des projets pilotes
qui existent. Actuellement, c'est sûr et certain que la manière d'achever la
bête, lorsque vous êtes sollicités pour le faire, elle est préoccupante parce
que vous n'avez le droit qu'à une arme blanche. Vous n'avez pas le droit de
transporter la fameuse carabine. Mais il reste, je pense, que, par rapport à
cet enjeu-là, le fait qu'on le met dans un projet de loi, de vraiment cibler, je
pense qu'on arrive à quelque chose de très intéressant.
C'est la même chose, je pense qu'il faut penser
aussi à la formation. Moi, honnêtement, j'ai été quand même surpris à l'époque, lorsqu'on a commencé à
retravailler le projet de loi, parce que, comme le collègue de Laval-des-Rapides l'a mentionné, ce projet
de loi là avait quand même débuté sous l'ancienne législation, avec l'ancien
ministre, M. Blanchette, qui, malheureusement, a eu un petit problème de
santé à un moment donné, et le projet de loi n'a pas pu aboutir. Moi, c'est un
élément que j'ai fait rajouter au projet de loi. Et, comment dire, c'est très
important de bien encadrer aussi la formation de ceux qui vont avoir à agir
comme chiens de sang. Et moi, comme je disais, j'ai été un petit peu surpris de voir qu'on avait au-delà, déjà, de
500... pas loin de 500 pilotes de chiens de sang. Donc, il reste, quand
même, là-dedans, je pense, qu'il y a tout un
élément de formation qui mérite d'être fait et aussi, je pense, une certaine
certification. Donc, il y aura... ce n'est pas parce que le projet de loi est
une fin en soi. Je pense qu'il y aura peut-être d'autres éléments qui seront
importants de travailler.
J'aurais peut-être deux questions : une
question qui nous a été soulevée tantôt par la fédération des chasseurs
pêcheurs et un autre élément qui est plus ou moins... peut-être plus une
présentation, que vous nous donniez un petit peu
le sens, parce que... pour donner, je pense, de l'information à tout le monde
autour de la table ici. Quel type de chien... Naturellement, je ne pense
pas que n'importe quel pitou, là, va faire le travail. Donc, quel type de chien
fait le travail comme... pour conducteur de chien de sang?
Et naturellement la question, elle me vient un
petit peu de tantôt, de l'intervention de la FédéCP sur la question de
l'éclairage, parce que, dans le projet de loi, on parlait, entre autres, de
l'éclairage, et la FédéCP nous soulevait le
point qu'il faut penser aux chiens. Si vous introduisez l'aspect des chiens de
sang, bien, automatiquement, eux autres, ça pourrait peut-être devenir
une problématique de la manière que le libellé est fait au niveau du projet de
loi. Donc, c'est les deux points que j'aimerais vous entendre par rapport à cet
effet-là. Donc, merci.
M. Lemay (Simon) : Bien, quel type
de chien, M. le ministre, l'ACCSQ est un club multiraces qui... Ce n'est pas
autant au niveau de la race du chien qu'il faut établir qu'est-ce qu'un chien
de chasse. Mais moi, je crois que l'ACCSQ a dit : La
reconnaissance de la conduite au sang doit être faite par soit un examen ou une
certification quelconque qui dit que ce conducteur-là a le bagage pour faire de
la conduite au sang.
Qu'est-ce que c'est, la conduite au sang,
l'entraînement de la conduite au sang? C'est le but de la formation que vous
parliez tantôt, que l'ACCSQ donne depuis plusieurs années maintenant. On a,
comme vous le disiez, 500 personnes qui sont venues à cette formation. Et
la reconnaissance de la capacité doit être de celle du conducteur plus que de
celle du chien. Le chien, à partir de quand il a été dressé par le conducteur
et que le conducteur et le chien font équipe pour retrouver le gibier blessé,
c'est comme ça qu'on reconnaît la compétence de cette équipe-là.
Et vous aviez parlé de la certification, bien,
effectivement, l'ACCSQ a travaillé sur un document de certification dans
l'éventualité qu'une loi serait déposée et qui nous permettrait de faire le
travail. Nécessairement, il y aura besoin d'une reconnaissance pour pas que
n'importe quelle personne et n'importe quel chien soit conducteur de chien de
sang.
Bien, après ça, pour votre lumière, que la
FédéCP a parlé tantôt, bien, bien entendu, moi, je... il faut que l'utilisation
de la lumière, dans la loi, soit encadrée pour qu'on puisse utiliser des
lumières quand qu'on va en forêt la nuit. Je
vous rappelle, par exemple, que la question de notre présentation a été de
dire : Dans l'article de loi, de la manière que vous l'avez écrit, on ne voit pas le mot «nuit». Si je vous vois
poser la question que vous voulez... quelle lumière on a besoin, c'est que vous concevez... je comprends
que vous concevez qu'on doit travailler la nuit. Est-ce que la nécessité
d'écrire le mot «nuit» dans l'article vous
paraît aussi préoccupante que nous?
J'ai le goût de vous retourner la question.
Et effectivement ça serait très intéressant ou
très important que les conducteurs sachent à quelles lumières ils ont droit, parce qu'actuellement la manière que
l'ancienne loi est écrite, c'est comme : toute lumière n'est pas permise
où il y a du grand gibier. Bien entendu, c'est une loi qui n'est pas... qui a
été écrite probablement pour empêcher ce qu'on appelait le jack à l'époque, là,
le braconnage sur lumière, mais... Cette loi a été écrite pour éviter ça, mais,
en même temps, a mis... a embêté les 300 000 chasseurs qui reviennent
avec leur arme le soir et leur «front light» dans le front. Ils n'ont comme pas le droit de faire ça. Ça fait qu'il faut
vraiment encadrer la loi là-dessus et savoir, les conducteurs de chiens
de sang, quelles lumières on a droit.
M. Dufour : Mais, si vous me
permettez, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Allez-y, M. le ministre.
M. Dufour : Oui. Peut-être
j'aimerais, justement, pour... Et je suis content que vous ameniez le point sur
le type de chien, en fin de compte, sur le conducteur et le chien, parce que,
si on regarde au niveau européen, souvent, le chien qui est le plus utilisé
pour faire ce type de recherche là, c'est les chiens de Hanovre. Donc, j'ose
espérer que, quand même, il y a un gros travail au niveau de l'association sur
la capacité de... la qualité des chiens à faire le travail de chien de sang,
parce qu'on le sait qu'il peut y avoir d'autres types d'animaux, d'autres types
de bêtes, mais celle qui est davantage
utilisée européennement parlant, c'est le chien de Hanovre. Donc, ça, pour moi,
en tout cas, c'est un élément, je pense, qu'il est important de
préciser.
L'autre élément que j'aimerais mentionner, bien,
c'est sûr et certain, en mettant des chiens de sang dans un projet de loi comme
le projet de loi n° 88, c'est aussi pour faire en sorte que le Québec
devienne un leader, démontre un leadership dans cet aspect-là. Et ça, j'ai
énormément confiance en votre association pour être capable de nous amener à un
niveau de... comment dire, que les gens nous regardent, que les autres
provinces nous regardent et soient fières de voir qu'est-ce qu'on fait au
Québec de ce côté-là. Donc, ça, je n'ai aucun doute que vous avez la volonté de
montrer la qualité de chiens de sang qu'on pourrait développer au Québec.
Je vais laisser maintenant mes collègues du...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Oui,
j'ai une demande de Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice. Allez-y, vous avez
la parole.
Tardif : Bonjour. Merci d'être là. Merci pour votre présentation.
M. Dufour a été humble, notre ministre, mais effectivement, là, il
a travaillé très fort. Et c'est un point pour lequel il prend acte. Et il a mis
tous les efforts nécessaires pour ajouter cette nouvelle activité là dans le
cadre de la loi, et on lui en remercie et on le félicite.
Et je
constate, de votre côté, que c'est intéressant de voir qu'il n'y
a pas de problème de relève. Vous semblez avoir quand même beaucoup de demandes à chaque année pour la formation.
Vous nous parlez aussi, là... En regardant le tableau, je voyais que
vous allez nous proposer un canevas idéal pour encadrer, disons, de soir, de
nuit... et là on parle bien, là, là, de la récupération, évidemment, du gros
gibier uniquement.
Je voudrais que vous nous donniez un peu un
avant-goût, là. J'imagine que ce canevas-là va se baser sur qu'est-ce qui
existe déjà dans le Nord-Est américain ou en Ontario. Donc, si vous pouvez nous
donner... nous parler un peu plus davantage, là, de ce que vous voulez nous
proposer.
M. L. Roy
(Sylvain) : Bien, juste
en... Je vais laisser Simon parler, mais je voudrais vous indiquer une chose,
revenir juste rapidement en arrière pour que... M. le ministre disait :
L'association préconise la diversité des chiens. Alors, comme dans la société, c'est ce qui fait la qualité des
ressources. Donc, pour nous, il peut y avoir des bons pisteurs dans
beaucoup de races.
Ceci étant dit, pour le modèle, vous avez un
tableau synthèse qui est rationalisé pour les fins de l'exercice. Mais on a fait un exercice beaucoup plus large que
ça dans beaucoup d'autres juridictions, européennes et américaines, et on ne voulait pas non
plus perdre la commission là-dessus. Et donc le modèle qui va... Il faut
savoir, là, que la réglementation, il
y a beaucoup plus de points que ceux qu'on a adressés, là. Il n'y a pas juste
la nuit. Il n'y a pas juste l'éclairage. Il y a beaucoup de points
techniques qui ne sont pas adressés actuellement dans le projet de loi, qui
vont devoir être adressés par la réglementation, et il y a un travail qui va
être fait là-dessus, consciencieux. Beaucoup de choses qui sont en jeu,
l'accréditation, la formation, qu'est-ce que les conducteurs vont pouvoir
posséder lors d'une recherche avec qui et comment.
tout ça, ça va devoir faire l'objet d'une présentation. Je vais laisser Simon
peut-être y aller un peu plus là-dessus, du point de vue pratique.
M. Lemay (Simon) :
Moi aussi, là, je dois préciser quelque chose. M. Dufour, là, vous avez
dit que le rouge de Hanovre était comme le
chien le plus utilisé en Europe et que c'était le chien de travail. Mais il
faut se rappeler que l'Europe a plus
de deux décennies d'histoire de recherche au sang. L'organisation là-bas, là,
l'équivalent de l'ACCSQ, c'est l'UNUCR, l'union des conducteurs de...
l'Union... l'UNUCR, en tout cas, l'Union nationale... peu importe, l'UNUCR — je ne me rappelle pas exactement de
l'acronyme — et
qu'eux ils sont un club multiraces, et que le chien qui a été le plus utilisé en Europe dans ces deux
décennies-là a été le teckel à poil dur, et que c'est vrai que maintenant
le chien le plus utilisé, c'est les rouges. Mais on parle en tête de liste de
probablement 20 races utilisées. Ça fait que ce serait une erreur de
penser que le chien pour faire de la recherche est le rouge. Il y a vraiment
plusieurs races qui peuvent faire de la très bonne recherche. La race des
rouges est une race qui a été spécialisée à la recherche. C'est un excellent
chien pour la recherche, effectivement, mais loin d'être le seul chien qui peut
faire ce travail-là. Donc, nous, on
représente des membres qui sont multiraces. On a toutes sortes de races dans
notre groupe. Et voilà c'était juste une précision, M. le ministre,
que je voulais ajouter.
L'autre point que
vous me demandez, c'est de discuter par rapport au règlement qu'il serait
possible de faire avancer dans les détails qui sont faits. Moi, j'ai été...
M. le ministre, vous avez dit, là, c'est vrai qu'avant on se référait
beaucoup aux réglementations qui étaient faites sur l'Europe. Notre historique
de la création de l'ACCSQ a été fait intimement avec nos amis français qui sont
venus nous aider à monter notre formation. Notre influence de conduite au
Québec a vraiment... L'importance de la France, là, a vraiment influencé le
type de conduite qu'on fait au Québec. Ces
dernières années, on a pris connaissance de ce qui fait du côté américain. Il y
a United Blood Trackers, qui a été
mené par John Jeanneney, qui est une référence mondiale de la recherche au
sang, et on a trouvé de ce côté-là aussi des similitudes ou des...
L'Europe, écoute, a
une grande expérience, la France a une grande expérience de la conduite au
sang. Les États-Unis ont une similarité avec nous par rapport au gibier qu'ils
récoltent, l'orignal, l'ours et le cerf de Virginie. Tous les États qui nous touchent ont légiféré sur la conduite au sang,
et ça ne fait pas si longtemps qu'on en est conscients, on doit
l'admettre, à l'ACCSQ. On avait tellement le canal français qu'on n'avait pas
tant vu, là, ce qui se faisait du côté américain. Et, du côté américain, ils
ont vraiment bien établi la façon de travailler.
comprends, M. le ministre, que vous parliez tantôt de l'Europe, parce que
ce qu'on vous a amené depuis 2017, là... le projet de loi qui a été...
on faisait beaucoup référence à l'Europe. Et on trouve qu'aux États-Unis il y a des choses qu'ils ont faites qui
ressemblent énormément à notre besoin. Ça fait que les références... Là, vous
me demandiez : Qu'est-ce qu'il y a là-dedans? Bien, chacun des
États, ce n'est pas pareil, mais il y a un fil conducteur qui est quand même là, qui permet au conducteur,
par... après avoir reconnu la qualité de conducteur par un examen, eux, dans leur cas, un examen qui ferait
référence à la formation de United Blood Trackers. Tu dois passer un examen qui
te permet d'être titulaire d'un
permis de conduite au sang. Et, dans cette réglementation-là, bien là, après
avoir réussi l'examen, c'est l'exemple qu'eux autres... qu'on vous cite.
Est-ce que c'est ça,
la méthode qu'on va utiliser? Ça pourrait être ça. Ça pourrait être une autre
méthode, là, l'accréditation ou la certification qu'on parlait, mais ça vient
tout au même. C'est de donner une reconnaissance à des individus qui ont la compétence de le faire, finalement, ce
travail-là, et leur permet, entre autres, de porter une arme, l'arme de la saison de chasse. Disons, si je
prends l'État du Maine ou du Vermont, c'est l'arme de la saison de chasse.
Ça fait que, si c'est une saison à l'arc,
arbalète, bien, c'est l'arme de la saison de chasse. Si c'est la période de
carabine, c'est...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : ...
M. Lemay
(Simon) : Oui?
Présidente (Mme St-Pierre) :
Je dois vous interrompre ici pour donner la parole au député de Laval-des-Rapides. M. le député.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Vous devez ouvrir votre micro, s'il vous plaît.
M. Polo :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Vous m'entendez bien?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui, très bien.
M. Polo : Parfait. Merci à nos
représentants ou, enfin, nos exposants. Je commencerais, Mme la Présidente, par un premier commentaire, question. Vous nous
dites dans votre mémoire que, depuis 2008, il y a eu 1 700 gros
gibiers qui ont
été récupérés morts la nuit. Donc, si on fait une règle de pouce, on
obtiendrait environ 150... 142 bêtes sur une base annuelle. Est-ce que vous observez une augmentation
de l'usage de vos services pour les chasseurs dans le temps? Vous venez
de parler de l'Europe, que c'est une pratique qui est beaucoup plus employée,
beaucoup plus... qu'il y a beaucoup plus
d'histoire en Europe. Mais qu'en est-il du Québec et surtout de l'évolution de
la progression au cours des dernières années?
M. Lemay (Simon) : Écoute, on est...
Je réponds à la question. On est rendus aujourd'hui, là... La création de
l'ACCSQ, c'est en 2008, on parle de... ça fait donc 13 ans que l'ACCSQ répertorie
les recherches. Nos membres, on leur demande de compléter des fiches de
recherche à chacune des recherches qui sont faites et de les remettre à
l'ACCSQ, et c'est compilé. À ce jour, nous avons 10 000 recherches de
compilées, hein? Des fois, ce n'est pas tous les membres qui les envoient, mais
on a 10 000 recherches de compilées. En 2008, on parle de
114 recherches qui avaient été compilées. Et puis maintenant on compile,
disons, pour faire un chiffre, là, 1 500 recherches par année. Les
trois dernières années, ça a été à peu près 1 500 recherches par
année qui ont été compilées par l'ACCSQ, avec un taux de récupération des
gibiers de 40 %, avoisinant 40 %, 41 %, 42 %.
M. Polo : ...sur la période de trois
ans. C'est ça?
M. Lemay (Simon) : 1 500 par
année, oui.
M. Polo : 1 500 par année.
M. Lemay
(Simon) : Sur les trois
dernières années, il y a vraiment une progression. Moi, j'ai les chiffres
devant moi, là, que je regarde, là,
114, 289. Et ça a parti de 114 il y a 13 ans, puis maintenant on fait
1 500 recherches par année, oui.
M. Polo : Une nette progression, là,
à ce niveau-là. On voit, dans le tableau comparatif de l'encadrement des chiens
de sang, qu'il y a une période de recherche préétablie dans l'ensemble des
territoires limitrophes. Je sais que vous avez fait mention des différents
États, que ce soit l'Ontario ou des États du Nord-Est américain, et vous avez
élaboré un peu plus, là, sur le type d'encadrement en termes de période que
vous considérez comme étant adéquate. Pouvez-vous continuer à élaborer sur,
justement, ce type d'encadrement et la période qui pourrait être considérée
comme adéquate par rapport à l'encadrement?
M. Lemay (Simon) : Bien, la période...
C'est sûr qu'il faut qu'on ait le droit de faire la recherche pendant les périodes de chasse, bien entendu. Dans ces
étés-là, ils proposent de faire 24 heures ou 72 heures de plus,
dépendamment des États... de la
période, bien entendu. Si quelqu'un tue, tire un gibier à la dernière minute
légale ou la dernière demi-journée
légale, bien, ça serait intéressant de pouvoir y aller la nuit qui suit et le
lendemain. Ça, je trouvais l'idée très bonne.
Les États ont légiféré des choses comme... Dans
les États, c'est le conducteur qui porte l'arme le jour, c'est le conducteur
qui porte l'arme la nuit. Dans certains États, on demande à ce que ce soit le
chasseur qui porte l'arme pour le jour et le conducteur en dehors des périodes
légales, donc la nuit ou le 24 heures subséquentes à la chasse, parce que
c'est lui qui est le titulaire du droit de chasser en dehors de la période de
la chasse légale. Qu'est-ce qu'on a comme...
Une idée, moi, que j'ai trouvée très intéressante, là, puis qui répond à un
besoin, vraiment, c'est d'avoir une autorisation,
une délégation de... pour un handicap... une incapacité, c'est-à-dire, plutôt
que... en tout cas, une incapacité d'aller en forêt.
Moi, je suis pourvoyeur, là, je ne suis pas
juste conducteur de chien de sang. J'ai une pourvoirie de chasse à l'orignal au
Québec, et ma clientèle est définitivement vieillissante. J'ai des clients de
80 ans. Bien entendu, de dire à un monsieur qui a de la misère à monter
les escaliers à l'auberge de venir : Suis-moi dans le bois pour aller
récupérer ton gibier blessé, bien, ça serait intéressant qu'on ait une façon,
si c'est le chasseur qui doit récolter le gibier, qu'il puisse nous déléguer
l'utilisation de son permis, parce qu'il faut comprendre que dans... la
difficulté qu'on aura dans l'écriture du nouveau règlement, c'est que le règlement
dit qu'un chasseur ne peut pas récolter plus de gibier qu'il n'est autorisé. Ça
fait que, si on récolte le gibier des autres, il faudra, dans la loi penser à
comment qu'on fait pour qu'on puisse mettre le tag de la personne qui a blessé.
Vous voyez, tu sais, là, là, bon. Il y a ces petites choses à faire. Bon, j'imagine que ça, c'est à vos gens qui
écrivent la loi, les règlements, de penser à ça, mais il y a
toute cette problématique-là, là.
Après ça, qu'est-ce que je peux vous dire? C'est
un peu ça, les grandes lignes... et qui répond aux besoins. Toutefois, j'ai vraiment
trouvé, écoutez, je vous le disais, là, que les États-Unis ont vraiment avancé au
niveau de la réglementation et j'ai été un peu surpris de ça, là, moi, que ça
fait si longtemps qui est dans la conduite. Mais ça m'a surtout fait constater
comment le besoin était important. J e vous redis le chiffre, là, il y a
plus de 80 % des États qui ont légiféré
sur la conduite au sang, qui ont encadré comment ça doit être fait. S'il y a
80 %, c'est parce que le besoin, il est là, là, tu sais.
M. Polo : En effet. En effet.
M. Lemay
(Simon) : Et, bien entendu,
c'est grâce probablement à tout le travail qu'avait fait John Jeanneney avec United Blood Tracker,
qui a fait les bonnes démonstrations, et que ça a été accepté par la majorité.
les 20 %, là, qui ne l'ont pas fait, là, c'est souvent des États très,
très, très au sud, là, où qu'on ne parle pas des
mêmes gibiers puis des mêmes besoins. Mais il y en a quand même
84 %, pour être plus précis, qui ont légiféré, là. Je trouvais ça vraiment
intéressant.
M. Polo :
Mme la Présidente, je vais poser une dernière question. Par la suite, je vais
inviter mon collègue de D'Arcy-McGee à poser une question.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Très bien.
Polo : Mais ma question...
ma troisième question est en lien avec la certification. Donc, tout ça
est relativement nouveau, mais... Donc, je donne l'exemple, dans l'Est
des États-Unis, il est nécessaire d'avoir un permis pour faire la pratique de conducteur de chien, alors qu'en Ontario
ils n'ont pas le même type d'encadrement. Selon vous, qu'est-ce qui
devrait mener à une certification? Est-ce qu'un éleveur qui vient faire un
examen... Est-ce que c'est un cours interne de formation avec un examen, etc.? Quel type de procédure ou de démarche
devrait mener à une certification, selon vous?
M. Lemay
(Simon) : C'est une question que j'ai un peu de difficulté à répondre
puisque peut-être que... La consultation avec nos membres est-elle rendue là,
comment faire la certification? Je vous avouerais qu'on avait déjà pensé faire
une certification, et il y a une lourdeur d'association qu'une association
bénévole comme la nôtre est-elle capable supporter? C'est une question. Si on
est capable de la supporter ou si on a de l'aide financière pour la supporter,
je crois que ça serait la bonne façon de faire une formation, parce que la
formation qu'on a actuellement, c'est une
formation beaucoup d'initiation, comment devenir conducteur de chien de sang,
comment entraîner un chien. Une certification, ça serait conducteur
avancé, toutes les technicalités de comment abattre, c'est quoi, les droits,
c'est quoi, les nouveaux règlements.
Toute cette chose-là pourrait... et avec une certification et avec un examen,
puis qu'il faudrait être membre de l'ACCSQ. Ça, c'est une avenue qui
serait probablement la bonne, une bonne façon de faire. Est-ce que l'ACCSQ, association
bénévole, a la force de soutenir ça? Ça, c'est une question. Il faudrait que ça
vienne avec des coûts.
Ou encore on fait
comme les États-Unis et on fait un examen. L'examen, ils demandent 80 % de
note de passage. Le matériel nécessaire à apprendre... à passer l'examen est
sur le Net, et c'est le matériel de l'United Blood Trackers, si on prend cet exemple-là. On pourrait faire un modèle comme ça, qui, peut-être,
serait moins dur à soutenir, un peu comme le cours de dindon, les
certifications qu'on a sur le Net maintenant avec la FédéCP. Moi, je crois que,
dans ça, il y a moyen de faire les
choses pour que les gens soient bien formés, bien au fait de la loi, des
nouveaux règlements, et c'est quoi, le code d'éthique qui
doit être appliqué dans ça.
Et chez nous, à
l'ACCSQ, bien, on répond d'un code d'éthique. L'ACCSQ a un code d'éthique, ça
fait que ça viendrait aussi... à l'intérieur de ce permis-là, probablement,
d'être membre de l'ACCSQ. Et donc, nous autres, il faut que les gens détiennent leur permis, il faut que les gens n'aient
pas d'infraction, qu'ils n'aient pas de plainte, qu'ils n'aient pas
toutes sortes de choses. Ça fait que l'outil est facilement créable, là, pour
être capable de reconnaître la qualité de conducteur de chien de sang.
M. Polo :
M. Lemay, avant de terminer...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Il ne reste que 1 min 30 s.
M. Polo :
Oui, avant de terminer, je vous invite vraiment à consulter vos membres. Je
pense que ça aiderait particulièrement, là, les fonctionnaires ou ceux qui vont
rédiger les règlements à bien adapter la certification en fonction de votre
expertise, également. Merci, Mme la Présidente.
M. Lemay
(Simon) : N'ayez crainte que, vu les avancées qu'on fait actuellement,
et si le projet de loi se dépose, l'ACCSQ sera prêt à répondre précisément aux
besoins... puis qu'est-ce qu'on peut faire. Je vous le garantis. Il y a vraiment
un engouement dans notre groupe. On est vraiment contents que ça avance — on
remercie encore le ministre — pour ce projet de loi là et on espère
qu'il sera adopté.
M. Polo :
Merci, M. Lemay.
Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le député de D'Arcy-McGee, vous avez 45 secondes, alors c'est soit une
courte question ou un commentaire.
Birnbaum : Bon, voilà,
j'aimerais vous inviter à nous dire clairement, parce qu'il me semble que ça
s'impose... Il y a des règlements
détaillés à venir si cette loi est pour avoir toute son... Comment
proposez-vous être impliqués de façon constructive dans la confection des règlements
très, très nécessaires de tout ce qu'on entend?
M. L. Roy (Sylvain) : Très rapidement, il y avait
déjà une table de concertation avec le bureau du sous-ministre, à laquelle on a été invités de façon privilégiée avec quatre ou
cinq autres groupes, et on entend participer activement à toute table où on sera invités à être
partie prenante pour déposer nos
modèles et exposer ce que nos membres veulent.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Merci.
M. L. Roy
(Sylvain) : Simon, peut-être.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Merci. Alors, je passe maintenant la parole à la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Vous avez 2 min 45 s.
Mme Lessard-Therrien : Merci, Mme la
Présidente. J'aurais une question bien technique, là, pour mieux comprendre, tu
sais, le concret, pour être capable ensuite de souhaiter le réglementer. Quand
un chasseur perd son gibier, bon, fait appel au conducteur de chien de sang,
retrouve le gibier, la question doit se poser : Mettons que le gibier, finalement,
il n'est pas mort, là, ça fait que qu'est-ce... comment se comporte le
conducteur de chien de sang? Mettons qu'on peut l'achever parce qu'on est avant
la tombée de la nuit, est-ce qu'il faut vérifier la condition de l'animal? S'il
peut survivre, est-ce qu'il faut le laisser survivre? Tu sais, comment ça
fonctionne concrètement, là, sur le terrain?
M. Lemay
(Simon) : Bien, c'est une
bonne question dans le sens que... Je vois un peu le sens de
votre question, là. Tu sais, la problématique qu'on a, là, qui... Pourquoi
c'est marqué «hors d'état de fuir» et «gibier mortellement blessé»? Tu
vas me dire : Comment qu'on fait pour voir que la blessure, elle n'est pas
superficielle ou elle n'est pas... Bien, c'est... en présence d'un chien,
approcher un gibier qui n'est pas blessé mortellement, c'est pratiquement
impossible, à moins d'arriver à un endroit par surprise, qu'il est là et qu'on
n'a pas fait de bruit, parce que le chien est bruyant, notre déplacement est bruyant. Écoute,
moi, je suis guide de chasse, là, amener un chasseur à côté d'un gibier qui
n'est pas blessé, c'est un gros travail difficile.
Donc, en
présence d'un chien qui halète, qui fait du bruit, qui déplace... on n'approche
pas les gibiers pas blessés. Quand qu'on... Mais un gibier blessé,
blessé mortellement, ça a du chien, là. Donc, je ne veux pas faire... Mais une balle de panse, une balle de foie, c'est des
balles qui sont mortelles, mais qui prennent du temps à enlever la vie à
l'animal, et c'est surtout ces cas-là qu'on veut régler.
Ça veut dire que, là, ce qui arrivait, c'est
qu'on n'a pas le droit d'avoir une arme. On approche le gibier : Ah! O.K., il est couché devant moi. Il est couché
devant moi. Bon, là, je n'ai pas le droit, là, je n'ai pas le droit d'avoir mon
chasseur avec une arme, je n'ai pas le droit
d'avoir une arme. Là, je vais me retirer avec le chien, je vais aller au
véhicule porter le chien, ramener le chasseur, et, s'il est vraiment
moribond, moribond, il va avoir resté en place. Mais, bien souvent, là, ça a du chien, ces bêtes-là, là, tu
sais, ça a du «go ahead», là, ça fait qu'il... Là, le brouhaha qui est arrivé,
le dérangement qu'il a eu, à un moment donné, il prend des bonnes
respirations, il se relève puis il se déplace.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Je
suis obligée de vous interrompre ici. C'était fort intéressant et même
passionnant, mais je dois passer la parole au député de Jonquière. M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, merci. Merci
beaucoup pour votre présentation. En tout cas, moi, je... il y a un gros
caractère pédagogique, là. Je suis vraiment heureux de vous entendre.
Maintenant,
vous dites que vous êtes... vous vous réjouissez du projet de loi n° 88, vous espérez son adoption. C'est parfait, parce qu'il y a un premier encadrement, là. Puis, quand
je compare avec ce qui se fait autour du Québec, c'est un peu gênant,
là, qu'on ne soit pas avancés plus que ça. Maintenant, est-ce qu'il n'y a pas
une contradiction? Parce que, d'un côté, le but du projet de loi, c'est de
protéger la viande, là, la qualité de la viande ou du gibier avec des amendes
pour que les chasseurs puissent bien protéger la viande, mais, de l'autre côté,
on limite votre rôle en limitant, là, par
exemple, l'intervention la nuit avec les chiens de sang. Est-ce qu'il n'y a pas
une forme de contradiction dans le projet de loi que vous voyez à cet
égard?
M. L. Roy (Sylvain) : Je vais
répondre rapidement, Simon, juste du point de vue technique. L'interprétation
qui va être donnée aux articles, là, c'est celle que nous, on a bien voulu lui
donner, et on espère avoir un
article de loi qui
va permettre une réglementation complète. C'est pour ça qu'on demande certaines
modifications. Mais actuellement le texte de loi, il est fait pour que la
réglementation vienne modeler comme il faut qu'est-ce qui va se passer sur le
terrain.
Donc, à ce stade-ci, moi, je ne vois pas de
contradiction, comme vous le pensez. Ça va dépendre de la suite qui va être
donnée par la réglementation. Simon.
M. Lemay
(Simon) : Si contradiction
il y a et si le projet a des réticences, à quelque part, à nous donner des
droits, je crois que c'est parce que c'est une activité qui est quand
même récente. 10 ans, ce n'est pas si vieux que ça. C'est quoi, le travail? Vous me posez des
questions : C'est quoi, le travail? Nécessairement, au départ, il y a une
culture, au Québec, qui interdit la chasse avec des chiens, et ça a été
décidé... Les Européens ont fait complètement l'inverse. Les Européens, ils disent : Appâter un
gibier, là, ça, c'est mauvais, c'est braconner, mais chasser avec des chiens,
c'est noble. Au Québec, on a fait l'inverse. Quand est arrivé
l'avènement des chiens de sang, récupérer des gibiers blessés avec un chien, là on avait cette culture-là, qu'un
chien, c'était braconner, c'était... on n'utilise pas ça, un chien, pour
chasser. Là, on ne parle pas de chasser, on parle d'utiliser un chien
pour faire de la recherche d'un gibier blessé. Et peut-être qu'il y a eu des réticences de la part de la
conservation de la faune, de la part des fonctionnaires, de la part de
certaines gens à dire : Wo! C'est quoi, cette affaire-là? Qu'est-ce
qu'on va faire avec les chiens?
Je crois
qu'en 2015, en 2018, aujourd'hui, en 2021, il y a une évolution,
du moins, je l'espère, où est-ce qu'on dit : Ah! c'est ça, les conducteurs
de chiens de sang. On en a besoin. Bien
entendu, de sortir la loi, tu sais...
Moi, je crois qu'on est rendus ouverts, et j'espère qu'on va...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : ...
M. Lemay (Simon) : Oui, allez-y.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Je
vais devoir vous interrompre ici. Alors, évidemment, je vous remercie pour votre contribution à ces travaux. Et, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'après les affaires
courantes.
Alors, merci encore, vraiment, d'avoir été parmi
nous ce matin. Ça a été très, très intéressant, très éclairant.
Donc, nous
allons terminer la visioconférence. Ceci met fin à cette
partie de séance. Je
vous invite désormais, mes chers collègues, à raccrocher et à mettre fin
à la visioconférence. Vous recevrez, 45 minutes avant la reprise des travaux, un autre lien pour cet après-midi. Donc,
vous devrez vous rebrancher cet après-midi pour participer à nos travaux.
Alors, voilà. Merci infiniment. Bonne fin de
journée. Au revoir.
(Suspension de la séance à 11 h 25)
La Présidente (Mme Nichols) : Alors,
votre attention! La Commission des transports et de l'environnement reprend ses
travaux.
La commission
est réunie virtuellement afin de
poursuivre les auditions publiques dans le cadre des consultations
particulières sur le projet de loi n° 88, Loi modifiant la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune et d'autres dispositions
législatives.
Cet après-midi, nous entendrons la Fédération
québécoise des gestionnaires de zecs, la Société pour la nature et les parcs du
Canada,
section Québec, Nature Québec et la Fédération des trappeurs
gestionnaires du Québec.
Alors, voilà, le premier groupe que nous
entendrons est les représentants de la Fédération québécoise des gestionnaires des zecs. Alors, je vous rappelle
que vous disposez, messieurs, de 10 minutes pour votre exposé, et, par la
suite, nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la
commission. Je vous invite donc, évidemment, à ouvrir votre micro, et à
vous présenter, puis à procéder à votre exposé.
M. Garon
(François) : Alors, merci,
Mme la Présidente, MM. les députés, membres de la commission, M. le ministre. Mon nom est François Garon. Je suis
directeur général, comme on le disait tantôt, de la Fédération québécoise
des gestionnaires de zecs. Je suis accompagné de mon président, M. Jacques
Smith.
La Fédération québécoise des gestionnaires de
zecs tient en premier lieu à vous remercier, là, pour l'occasion qui lui est
offerte de présenter à cette commission ses commentaires portant sur le projet
de loi n° 88, projet de loi modifiant la
Loi sur la conservation et la
mise en valeur de la faune. Zecs Québec souhaite que les commentaires présentés
dans le présent mémoire puissent permettre, en fait, de bonifier le projet de
loi comme tel.
En premier lieu, Zecs Québec tient à citer, là,
le fait qu'on s'en vient, avec le projet de loi, avec une nouvelle gouvernance comme mode de solution. D'entrée de
jeu, la Fédération québécoise des
gestionnaires de zecs est heureuse de
constater que le projet de loi a pour effet non seulement de modifier,
notamment, les mécanismes de gestion de gouvernance des zones
d'exploitation contrôlée, communément appelées zecs, mais également d'accorder
le pouvoir au ministre de confier à Zecs Québec des mandats précis en lien avec
cette nouvelle gouvernance et de pouvoir jouer de façon concrète son rôle de représentante. Rappelons que, bien que la
loi ait fait l'objet de cinq modifications depuis son entrée en vigueur, en 1984, la dernière
remonte à 2019... 2009, dis-je, aucune de ces modifications n'avait pour objet
de revoir le mode de gouvernance comme tel des zecs.
La fédération est heureuse de constater que ce
nouveau projet de loi s'inscrit directement à travers les grands principes
directeurs qui sont le fondement même des zecs, qui sont l'accès au territoire,
la participation citoyenne, la conservation
de la faune ainsi que l'autofinancement des zones d'exploitation contrôlée. Le
pouvoir accordé au ministre d'agir au
niveau des règlements
généraux d'une zec pour demander d'exiger que des règlements
généraux soient modifiés s'ils ne respectent pas les quatre principes
directeurs ci-haut mentionnés permettra, selon nous, sans aucun doute de
remettre les pendules à l'heure en lien avec plusieurs dossiers administratifs,
réglementaires et fauniques en cours.
Rappelons en
effet que les organismes gestionnaires de zecs ont été créés, comme vous
le savez, en 1978, à la suite de la
décision du gouvernement de l'époque de mettre fin aux clubs privés sur le
territoire québécois. Malheureusement, nous constatons qu'en 2021 quelques zones
d'exploitation contrôlée sont revenues presque comme des clubs privés au fil du temps, faute, évidemment, d'une saine gouvernance. Le Québec compte 63 zecs qui sont réparties dans
l'ensemble du territoire québécois. Autant il y a des zecs, autant il y
a des façons de gérer. Puis il y a des règlements qui sont différents d'une zec à l'autre, lesquels ne
respectent pas, selon nous, tous les quatre principes qu'on mentionnait tantôt. Donc,
nul doute qu'en ayant un cadre directeur similaire pour l'ensemble de tous les OGZ,
l'ensemble des zecs, bien, évidemment, ça va permettre d'uniformiser la
gestion du réseau, ce qui n'est pas le cas actuellement, vous pouvez en être
certains.
Il est fortement espéré que les modifications
prévues à l'article 49 du projet de loi modifiant l'article 106.4 de cette loi permettront à Zecs Québec
de pouvoir intervenir concrètement, à la demande du ministre,
dans le processus réglementaire des zecs et d'exercer toute fonction ou
réaliser tout autre mandat utile à l'accomplissement de son rôle de
représentante du ministre auprès des 63 zecs du Québec. Pour l'heure, Zecs
Québec doit seulement compter sur son
rôle-conseil auprès de ces dernières, ce qui, de toute évidence, pose vraiment
problème dans de nombreux dossiers. La gouvernance étant disparate d'une
zec à l'autre, il va sans dire que plusieurs dossiers traitant d'un même sujet
sont malheureusement gérés différemment, avec des résultats bien souvent
différents.
Zecs Québec attend
donc avec impatience de pouvoir constater, à travers la nouvelle réglementation
à venir, quel sera le véritable rôle qui lui sera attribué par le ministre. Il
a en va, évidemment, de l'avenir comme tel des organismes gestionnaires de
zecs. Le plus bel exemple qu'on peut vous donner, c'est l'exemple des
injonctions qui ont été prises dans le cadre du dossier de la crise autochtone,
l'an passé, où, malheureusement, une zec parmi les 63, a pris des mesures légales pour la question des barricades qui avaient
été levées par les autochtones. Le ministre est au courant
que nous, Zecs Québec, nous n'étions pas d'accord du tout avec cette
intervention, mais on n'avait aucun pouvoir par rapport à ça. Alors, il
est arrivé ce qui est arrivé, l'injonction a quand même été présentée devant le
tribunal. Ça n'a vraiment pas aidé, ça, c'est certain.
Les conflits d'usage
du territoire des zecs, c'est un autre sujet qu'on voudrait discuter avec vous.
C'est dans un ordre d'idées... autre ordre d'idées, là. Zecs Québec aimerait
porter à l'attention du ministre une difficulté en lien avec l'article 109
de la loi eu égard à son application et qui concerne les ententes de commerce
autorisées et signées avec un tiers. Ça, c'était une demande qu'on avait
discutée avec les gens du ministère, mais, malheureusement, ça n'a pas été
retenu. Alors, les stipulations actuelles édictées à cet
article précisent que
le ministre peut refuser toute autorisation de commerce notamment lorsqu'une
activité, ou un service, ou un commerce fait déjà
partie d'un plan de
développement d'activités récréatives... voyons, récréatives... en tout cas,
vous comprenez ce que je veux dire, là, «récréoactives», PDAR, qu'il a approuvé
en vertu de l'article 106.2.
Zecs Québec souligne
que, compte tenu de sa rédaction, l'application de cet
article pose un réel
problème pour plusieurs de ses zecs. Dans la
majorité des cas observés au fil du temps, Zecs Québec considère qu'il y a de plus en plus d'ententes de commerce pour
des fins d'activités récréatives qui sont autorisées par le ministre, et ce,
bien que lesdites ententes soient bel et bien inscrites dans un plan de développement
d'activités récréatives approuvé en vertu de l'article 106. En d'autres
termes, le mot «peut», là, il n'est pas... on ne peut pas dire qu'il est
utilisé très souvent. Cela a pour conséquence de faire bénéficier à un tiers
des revenus qui devraient être normalement versés à la zec. Ajoutons qu'il appartient à un organisme gestionnaire de zec de
gérer une activité récréative inscrite à son PDAR, donc son plan de développement
d'activités récréatives, et non pas à un tiers.
Alors, ça, c'est un
problème majeur de financement. Ça nous apporte évidemment des problèmes parce
que, vous savez, les zecs, c'est des organismes sans but lucratif, ils n'ont
pas beaucoup... énormément d'argent, et le peu d'activités qui peuvent être un
bénéfice pour eux, bien, si on accorde des ententes de commerce avec un tiers
et puis que les revenus s'en vont au tiers en question, bien, évidemment,
l'organisme n'a pas ces revenus-là. Alors, on ne répond pas, évidemment, au critère qu'on parlait tantôt, hein, les
quatre principes directeurs, qui est l'autofinancement. On s'en va à
l'encontre de ça.
Zecs Québec estime
que l'article 109 de la loi devrait être modifié de façon à prévoir
qu'aucune entente de commerce concernant une activité autorisée par le ministre
et faisant
partie intégrante d'un PDAR ne soit autorisée au bénéfice d'un tiers autre que la zec. Donc,
nous, ce qu'on prétend, c'est dire : À partir du moment où la zec a
inscrit dans son plan de
développement d'activités récréatives une activité qui est autorisée par le
ministre, bien, à ce moment-là, je
veux dire, ça devrait être la zec qui devrait être le tributaire, finalement,
de la gestion de cette activité-là et évidemment obtenir les revenus qui
viennent avec. Ce n'est pas, comme je vous disais tantôt, ce n'est pas
nécessairement le cas.
À défaut de ça, nous,
ce qu'on préconise, c'est que, si on ne modifie pas le 109, bien, en fait,
nous, ce qu'on prétend, c'est qu'il y aurait peut-être une autre solution.
L'autre solution qui pourrait être envisagée serait de prévoir un ajout à l'article 109 pour
permettre à un organisme gestionnaire de zec de recevoir une forme de redevance
quelconque lorsqu'une entente de commerce est conclue avec un tiers. Zecs
Québec est d'avis qu'il s'agirait, encore là, d'un excellent moyen, là,
pour permettre à un organisme gestion des zecs d'augmenter ses revenus.
ailleurs, Zecs Québec tient à souligner au ministre un conflit entre
l'article 109 de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de
la faune et la
loi sur les domaines des terres de l'État, qui mérite, selon
nous, une attention particulière.
Là, j'aborde un
dossier qui touche, en fait, deux ministères qui se trouvent à être le...
Présidente (Mme Nichols) : M. Garon, il vous reste
45 secondes pour votre exposé. Je vais vous demander... juste faire
attention, la régie me dit que c'est peut-être vos documents qui accrochent sur
le micro, qui font des bruits sonores pour ceux qui vous écoutent.
M. Garon
(François) : D'accord. Merci, madame. Alors, comme nous le savons, la
gestion des baux sur les terres publiques du domaine de l'État relève du MERN,
en vertu de la
Loi sur les terres du domaine de l'État. Il faut comprendre ici
qu'un bail émis par le MERN en vertu de cette loi confère légalement à son
titulaire un droit de propriété. Or, toute
autre loi ou tout autre règlement ne peut priver ou restreindre l'exercice de
ce droit accordé. L'exercice de ce
droit privatif a pour conséquence que tout plan de développement d'activités et
autres règlements adoptés en vertu de
la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune ne sauraient s'appliquer
sur une parcelle de territoire déjà sous bail.
Donc,
autrement dit, ce qu'on veut dire, c'est qu'à partir du moment où le ministère de l'Énergie et Ressources
naturelles émet un bail avec un tiers, bien, à ce moment-là, le tiers bénéficie
finalement de ce bail-là. Et puis, même si, par ailleurs,
il y aurait une activité qui serait faite sur le territoire, bien, encore là,
ça ne serait pas la zec qui en bénéficierait, mais ce serait effectivement le
tiers qui bénéficie du bail émis par le MERN.
La Présidente (Mme
Nichols) : C'est très bien. Alors, je vous remercie, je vous remercie
pour votre exposé. Peut-être que vous aurez la chance de continuer dans les
échanges. On va maintenant débuter la période d'échange. Et, M. le ministre, la
parole est à vous. Vous disposez d'un temps de 16 min 30 s.
M. Dufour :
Merci beaucoup. Bien, premièrement, M. Garon, M. Smith, bien content
de vous avoir parmi nous aujourd'hui. Vous le savez, les zecs, pour nous... bien, de mon côté,
c'est quelque chose que je trouve important. D'ailleurs, si on recule juste de voilà quelques
jours, on a été en mesure, au niveau du budget, là, d'octroyer des montants
justement pour moderniser les installations, les mettre aux normes. Donc, on
était bien contents de pouvoir aller sur cet aspect-là, même dans un budget de
pandémie. Donc, on était bien heureux de pouvoir vous donner un coup de pouce.
Et ça, c'était suite, si M. Smith se souvient, à une rencontre que vous
m'aviez convoqué où il y avait les différents gestionnaires de zecs qui nous
avaient exposé justement certaines problématiques au niveau des eaux usées, etc. Donc, ça n'a pas été réglé dans la
même année qu'on a eu cette rencontre-là, mais, écoutez, on a été capables,
là, d'aller chercher certaines sommes cette année dans le budget, donc très
heureux.
D'un autre côté, bien
content que vous le mentionniez aussi, puis je dois quand même vous préciser
que le collègue de Jonquière, M. Gaudreault, l'a précisé tantôt, l'arrivée
des zecs, ça s'est fait sous un gouvernement du Parti québécois en 1978. Et
c'était justement pour mettre en place une démocratisation, je pense, je
reprends le mot que Sylvain a mentionné tantôt, une démocratisation de ces
secteurs-là. Je pense que c'est important de suivre, et puis peut-être qu'au
fil du temps on a laissé aller un peu, justement, le phénomène des zecs en
pensant que tout était beau, que tout fonctionnait très bien. Mais vous-même,
vous l'avez bien dit, il y a différentes gouvernances de zecs qui sont revenues
peut-être un peu à un principe de territoire privé, si on pourrait dire ça
comme ça.
Donc, le projet de
loi, il est là pour ça, pour essayer justement d'essayer d'améliorer cette
gouvernance-là. J'aurai d'ailleurs une ou
deux questions par rapport à ça tantôt, M. Garon, quand j'aurai fini mon
exposé. Puis justement vous allez
avoir, comme disait la présidente, vous allez avoir la chance de nous
entretenir un petit peu plus longtemps, là, sur certains éléments, peut-être, que vous aviez par rapport aux
questions qu'on va vous poser, que ce soit nous-mêmes ou bien encore les
partis d'opposition qui vont pouvoir aussi vous poser quelques questions.
L'objectif, nous,
dans ce dossier-là, dans cette gouvernance-là des zecs, c'est d'arriver à un
projet de loi qui soit modernisé, qui soit aux couleurs du jour. Vous l'avez
bien dit, dernière modification en 2009. Souvent, c'est plate à dire, la faune est un dossier qui n'est pas automatiquement le
plus visible. Donc, on a la chance de
faire quelque chose avec ce projet
de loi là, et c'est ça, l'objectif qu'on a en tête présentement, d'arriver à
améliorer le concept faunique du Québec avec
ce projet de loi là. Donc, on ose espérer qu'on aura une belle résultante, là,
qui va aboutir avec tout le travail de tous les collègues, là, qui sont
autour de la table présentement.
Vous parliez
tantôt... si on va un petit peu plus en profondeur par rapport à vos dires
aussi et puis par rapport à votre document de présentation, vous parliez tantôt
de l'article 109, donc les ententes de commerce. Ça aussi, je vais avoir
une question précise.
Et puis j'aimerais
peut-être vous entendre un petit peu sur un dossier qui nous concerne
présentement, puis je suis certain que le
collègue de Bonaventure, s'il serait là, serait très heureux que je l'aborde
avec vous, c'est le dossier, présente