Health and Social Services — 5 November 2025 (43rd Legislature, 2nd Session)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
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30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
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Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version préliminaire
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 5 novembre 2025
Vol. 48 N° 3
Étude détaillée du projet de loi n° 103, Loi visant principalement à réglementer les sites de consommation supervisée afin de favoriser une cohabitation harmonieuse avec la communauté
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures vingt-cinq minutes)
Le Président (M. Provençal)
: À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé des
services sociaux ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude détaillée du projet de loi n° 103, Loi visant principalement à
réglementer les sites de consommation supervisée afin de favoriser une
cohabitation harmonieuse avec la communauté.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Non, M. le
Président, il n'y a pas de remplaçant.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Alors, lors de l'ajournement
de nos travaux hier, nous étions à l'étude de l'article 667.7 amendé par
la ministre et il y avait un échange qui était réalisé entre la députée de D'Arcy
et Mme la ministre, alors, entre autres en lien avec la notion de distance et d'un
site. Alors, je vous laisse la parole.
Mme Prass : Je pense qu'on a
pas mal conclu la conversation hier, mais juste il faut respecter... Donc, c'est
ça, la question des... Ça n'arrive pas souvent, où il y a un chalet qui loge un
CPE dans un parc, mais, justement, je voudrais vous demander plutôt, dans l'article,
une précision, parce qu'on parle d'une installation d'un centre de la petite
enfance ou d'une garderie au sens de la loi des services de garde éducatifs à l'enfance.
Je veux juste m'assurer que les garderies familiales... est-ce que... Pour
vous, est-ce que les garderies familiales font
partie des garderies pour
lesquelles il faudrait cette distance de 150 mètres?
Mme Bélanger : OK. C'est une
bonne question. Ce que je comprends, là, qui est visé dans l'article, c'est
«une installation d'un centre de la petite enfance — ça, ça va — ou
d'une garderie au sens de la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance».
Mme Prass : ...vous demande
la définition.
Mme Bélanger : Je
demanderais, M. le Président, peut-être, qu'on me précise, je ne sais pas si le
ministère peut le faire, là, quand on dit une installation ou une garderie...
En fait, quand on dit «une garderie au sens de la
Loi sur les services de garde
éducatifs», est-ce qu'on parle de garderie familiale? Oui?
Le Président (M. Provençal)
: Alors, Maître, je vous demande
toujours de vous renommer, vu qu'on débute, et votre fonction, et après ça vous
donner la réponse, s'il vous plaît.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci, M.
le Président. Mathieu Bérubé, avocat pour le ministère de la Justice. Ici,
quand on... on fait une référence à une garderie, ce n'est pas les résidences...
ah, excusez-moi, pas les résidences, mais les ressources en services de garde
éducatifs. Donc, autrement dit, ça vise vraiment juste les garderies
institutionnelles, là, qui sont visées par la loi, là.
Mme Prass : Donc... Oui,
parce qu'on se comprend que ce serait très difficile de faire l'habitation puis
les permis qui sont donnés. OK. Donc, je vous... c'est ça, je voulais juste
faire cette clarification-là. Je vais laisser mon collègue poursuivre et je
reviendrai également.
Le Président (M. Provençal)
: Député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci. On
était là-dessus justement. J'ai aimé la réponse, c'est la réponse que je m'attendais,
mais, Me Bérubé, si vous pouviez nous indiquer le chemin, là, légal, parce que,
là, l'article parle vraiment de la... au sens de la loi, ça fait qu'elle couvre
la loi au complet. Est-ce que c'est parce que les RSGE, là, les services de
garde à l'enfance familiale sont dans... dans une autre loi? Peut-être juste
nous préciser la démarche légale qui vous permet de répondre.
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
juste un petit instant, là, j'ouvre le texte de loi en même temps que je vous
parle. Bon, évidemment, c'est un cadre juridique que je maîtrise un peu moins,
là, voilà. Bon, cette loi-là, évidemment, vise les centres de la petite enfance
puis les garderies qui sont titulaires d'un permis. Quand on réfère... ne
bougez pas, au milieu familial, c'est qu'il y a eu une autre loi, j'imagine,
qui...
M. Bérubé (Mathieu) : ...à
eux.
M. Cliche-Rivard : ...deux
chapitres différents, là.
M. Bérubé (Mathieu) : Il y a
deux chapitres, hein? Attendez un peu. Probablement que c'est des concepts qui
sont différents en fait, ça ne doit pas être libellé de la même façon, là. Ne
bougez pas.
M. Cliche-Rivard :
Chapitre
3, c'est les services de garde en milieu familial.
M. Bérubé (Mathieu) : Ah!
voilà, excusez, oui, voilà, en fait, le concept de garderie, c'est réellement
les titulaires de permis, au même
chapitre que les centres de la petite
enfance,
chapitre 2 de la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance,
alors qu'en milieu familial c'est réellement les services de garde en milieu
familial, le
chapitre trois. Donc, on ne vise pas le
chapitre 3, ici, quand on
réfère aux garderies et aux CPE, c'est réellement le
chapitre 2, là, qui
s'applique là, qui est visé.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
le mot «garderie», c'est lui qui règle l'ambiguïté, disons, du sens commun, là,
de tout le monde, là. Un milieu familial n'est pas considéré une garderie au
sens de la loi. Évidemment que, dans l'usage des citoyens, citoyennes, on
débattra une autre fois, là, mais c'est ça qui permet... Pour vous, c'est assez
clair, Mme la ministre, ou si on pourrait exclure précisément le
chapitre 3? Il
y a eu des questions, quand même, de la part de beaucoup de groupes. Moi, tu
sais, la réponse légale me satisfait, là, mais je vous pose la question de...
• (11 h 30) •
Mme Bélanger : Bien, je pense
que la réponse pour moi aussi est claire. Puis là, bien, après ça, quand vient
le temps d'interpréter une autre loi, je pense que c'est assez clair. Je n'en
ferais pas référence spécifiquement, là, dans cet article-là, oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Bien je veux dire, nos travaux sont enregistrés, là, puis, pour interprétation,
tout ce qui se dit ici va pouvoir être utilisé. Donc, moi, ça me satisfait
aussi, puis c'est bien qu'on l'ait précisé, justement, avec la démarche légale.
Merci à l'équipe légale de l'avoir clarifié.
Tout à l'heure où hier, il y avait des
discussions sur le fameux 150 mètres, justement, le parc, le CPE. Vous avez
donc précisé que le CPE, son lieu, c'est son CPE, ce n'est pas le parc
avoisinant ou ce n'est pas le quadrilatère où ils vont prendre une petite
marche, là, je veux dire, on parle du CPE physique, alors que la cour d'école,
elle, fait intrinsèquement
partie de l'idée du terrain de l'école. C'est une
discussion qui est quand même différente. J'aurais peut-être voulu vous
entendre juste préciser exactement que, dans le cas de l'école, la cour d'école
est incluse, là.
Mme Bélanger : En fait, ma
compréhension, c'est oui, parce que, quand on regarde par rapport aux sites
d'injection supervisée, c'est l'ensemble de son terrain. Donc, si on fait la
juxtaposition par rapport à une école, bien, ce serait l'ensemble de son
terrain.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme Bélanger : Le terrain de
l'école, naturellement.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, dans les deux cas, dans le point de départ puis dans le point d'arrivée,
on trace le 150 mètres, ça fait que, je veux dire, tu sais, hier, on avait la
discussion que ça part d'un bord, ça part de l'autre, mais, finalement, peut
être de nous préciser ça, le 150 mètres, il est circonférence de tout.
Mme Bélanger : Bien, en fait,
je veux juste revenir au texte, là. Pour moi, c'est... quand on dit «le
voisinage d'un lieu visé au deuxième alinéa s'entend, outre du terrain sur
lequel il est situé, d'une bande contiguë d'une largeur de 150 mètres mesurée
perpendiculairement à partir des limites extérieures de ce terrain »,
alors...
M. Cliche-Rivard : Exact.
Donc, de son terrain.
Mme Bélanger : De son terrain.
M. Cliche-Rivard : Donc, dans
l'exemple...
Mme Bélanger : Son terrain.
Très important.
M. Cliche-Rivard : Bien, c'est
ça. L'exemple d'un CPE qui, lui, posséderait sa cour arrière, son terrain, ça
en fait partie, mais l'exemple du CPE qui utilise les installations publiques
municipales, là, ça n'en fait pas partie. Il y a quand même une distinction
claire là-dessus.
Mme Bélanger : Oui.
M. Cliche-Rivard : Je veux
quand même profiter de l'occasion, parce que ma collègue fait... puis je veux
profiter, là, qu'on soit ici, fait référence à des discussions qui ont lieu
notamment sur le cas de la maison Benoît Labre puis des rumeurs, là, des
fausses informations qui ont été divulguées ou partagées à l'effet que les
discussions entreprises avec votre prédécesseur sur le déplacement du site de
consommation supervisée allaient entraîner un déménagement du site à proximité
du CPE, puis, en l'occurrence, du CPE Patapouf, qui est à côté du parc Vinet,
là. Je veux quand même profiter de l'occasion pour démentir l'information
publiquement. Il n'y a pas de discussions à l'effet qu'on rapprocherait ou
qu'on aurait à proximité d'un CPE le nouveau ou le futur site de consommation
supervisée. Je pense que les gens vont être contents d'entendre ça, là.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je n'ai pas été interpelée, vous comprenez-, là, que je suis arrivée il y a
quelques jours, moins d'une semaine. Je n'ai pas été interpelée spécifiquement
par ce dossier-là. Dans le fond, vous faites référence au fait que le site
Benoit Labre déménagerait, éventuellement. Alors, le dossier, je ne sais pas où
il en est, là, honnêtement, je n'ai pas pris connaissance de ça, mais ce qui
est important de retenir, c'est qu'il faut que ça se fasse dans le respect de
la loi. Alors, ça, c'est extrêmement important. Donc, je ne sais pas où en
étaient les discussions, mais, de toute façon, ce qui va s'appliquer pour les
futurs sites, ce sera ce qu'on adoptera, je l'espère, ici même.
M. Cliche-Rivard : Tout à
fait, puis on y reviendra, là, Mme la ministre, en temps opportun. Évidemment
que le changement de chaises, là, de la semaine dernière...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Cliche-Rivard : ...à même
le projet de loi, crée ces zones de turbulence, puis vous allez avoir le temps,
là, puis on prendra le temps d'aller au fond des choses. La Maison Benoît-Labre,
effectivement, est venue présenter un mémoire dans lequel elle accepte la
relocalisation, elle est d'accord. On reviendra plus tard sur ce que ça veut
dire sur les engagements financiers en lien avec cette relocalisation-là. Puis,
à la suite de ça, il y a eu des discussions trilatérales entre l'ex-ministre,
le maire d'arrondissement de l'époque et moi-même, pour évaluer où, mais d'aucune
intention était de rapprocher ça des CPE. On va suivre la loi, puis c'est la
loi qui sera appliquée.
Mme Bélanger : Tout à fait.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Autre intervention? Mme la
députée de D'Arcy-McGee, vous avez une dernière intervention à réaliser?
Mme Prass : Oui. Je poserais
une question. Plus tard dans le projet de loi, on parle de consulter le
ministère de la Famille et le ministère de l'Éducation avant de faire l'autorisation
d'un site de consommation supervisée. Est-ce que ce sont... Parce que là on
parle du 150 mètres. Est-ce que ce sont des... Est-ce qu'il y a... Quand vous
ferez vos consultations auprès de ces deux ministères-là, est-ce que vous
envisagez la possibilité qu'ils vous disent, par exemple : Pour telle, telle
raison, nous, on n'est pas à l'aise avec l'emplacement qui est à 150 mètres, on
pense que ça devrait être plus loin, ou quoi que ce soit? Est-ce que ça
viendrait, dans ce cas-là, bien, c'est ça, avoir une influence sur la décision?
Parce que vous consultez, justement, vos partenaires qui sont... qui
représentent les institutions et la population qu'on veut protéger à un certain
point avec ce projet de loi.
Mme Bélanger : Oui. Bien, il
y a deux choses, là. La loi, c'est la loi, bien sûr, mais, après ça, si on peut
avoir une entente entre les parties, quand vient le temps de faire un plan d'action
ou le plan de cohabitation, bien là, il faut laisser ça aux partenaires, là,
autour d'une table. Mais il reste que la loi, c'est la loi, là. Alors, à un
moment donné, que le ministère de l'Éducation dise : Bien, je ne suis pas
d'accord avec la loi, ça va être un peu délicat, là, OK? Alors, donc, c'est
important, là. Je pense que les balises... On est dans une perspective de
cohabitation, il faut le rappeler. Et puis le 150 mètres a été, je pense, bien
travaillé, bien évalué. On voit l'impact que ça a sur les centres supervisés
actuels. Il y en a deux, dans le fond, qui ne sont pas... Dans les 13 que nous
avons actuellement, là, il y en a deux qui ne répondent pas à ce critère-là. Donc...
Mais, pour les prochains, il faut respecter la loi.
Mme Prass : Donc... Puis
on... j'imagine, on élaborera plus loin quand on en arrive à cet article-là.
Donc, c'est quoi le but, un petit peu, de consulter le ministère de la Famille,
l'Éducation s'ils vous donnent leurs conseils, leurs opinions et vous, vous
dites : Bien là, il faut qu'on suive la loi, donc?
Mme Bélanger : Non, non. Bien,
en fait, je pense que c'est une question de partenariat, de convenir... parce
qu'il peut y avoir des éléments à considérer au niveau éducatif, mais il reste
que, sur la distanciation, il faudrait vraiment qu'il y ait des éléments
importants. Puis, tu sais, chaque situation, je l'ai répété hier, est unique.
Chaque localisation est particulière dans un environnement donné. Ça fait qu'on
ne peut pas faire du cas par cas ici. Mais ce qui est prévu, c'est qu'il y ait,
je vais prendre le terme juste, là, une consultation des ministères concernés.
Donc, c'est une consultation, donc...
Mme Prass : Et, dans le même
sens, j'imagine, si jamais ils vous disent... disons qu'il y a l'implantation d'un
site de consommation à 170 mètres d'une école, par exemple, pour telle, telle
raison, le ministère de l'Éducation vous dit : Bien, nous, on pense... on
pense qu'il y a des éléments qui font en sorte que ça atteint les jeunes, ou
quoi que ce soit, est-ce que... Ma question est : À quel point est-ce
que... Quel poids est-ce que vous donnez aux consultations que vous allez faire
quand une suggestion vous est faite qui est contraire à l'avis que vous auriez
reçu, par exemple, de Santé Québec?
Mme Bélanger : Oui. Mais,
écoutez, là on rentre dans des hypothèses où il y aurait des points de vue
différents. Alors, moi, j'aime mieux vraiment regarder les articles qu'on est
en train d'adopter. Ça va être la base de notre travail. Les décisions doivent
se prendre dans le respect de la loi. On travaille bien avec les milieux d'éducation.
Entre les ministères, il y a une habitude de collaboration. Je pense que les
objections pourraient plus venir de groupes citoyens que du ministère de l'Éducation
comme tel. Puis je pense que, s'il y a des points qui sont soulevés, ce qui est
important, c'est justement de pouvoir avoir des mesures préventives, peut-être
d'ajouter...
Mme Bélanger : ...d'autres
éléments, ça devra être discuté au niveau du plan de cohabitation. Tu sais, je
pense que c'est dans ce sens-là, là, il faut écouter, bien sûr, mais à un
moment donné, il y a une ligne qui est tracée aussi, là. Parce que l'objectif,
c'est être capable de prendre des décisions puis d'être efficace dans ce genre de
projet là, mais de tenir compte des appréhensions avec d'autres moyens, bien,
je pense que ça, c'est tout à fait nécessaire.
Mme Prass : OK, moi, j'y
reviendrai davantage, parce que... plus... quand on arrive à l'article, parce
que je pense que quand même, les situations hypothèses sont importantes pour
voir un petit peu où on se situe et quelle est la valeur du processus. Donc, je
reviendrai quand on arrive à cet article-là.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, parce que, là, on débordait de l'article. J'étais
pour vous demander d'attendre qu'on traite cet article-là. Y a-t-il d'autres...
Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
• (11 h 40) •
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Il reste deux points, là, un des premiers points, Mme la
ministre, la ville de Québec est venue nous parler de barrières naturelles sur
le 150 mètres, là, qui feraient en sorte que... peut-être que le
150 mètres ne serait pas nécessairement optimal, en ce sens où, finalement,
s'il y a une rivière, ils nous ont donné des exemples, là, un cours d'eau, ils
nous ont donné l'exemple d'une falaise, ils nous ont donné l'exemple aussi d'un
boulevard, par exemple... Est-ce que ça, ça a été réfléchi? C'était quand même
un point apporté par le maire Marchand, là, qui est venu ici nous dire qu'il
comprenait l'objectif du 150 mètres, mais qu'il manquait peut-être un
petit peu de... de granularité puis de nuance sur des barrières qui feraient en
sorte que, finalement, il n'y en a pas, de contact, là. Avez-vous réfléchi à
cet aspect-là de votre côté?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
j'imagine que ça a été pris en compte, là, dans la rédaction de l'article, là.
C'est sûr qu'il peut y avoir toutes sortes de barrières naturelles, et ça doit
être adapté à ces situations-là. Est-ce que le maire en avait fait des... une
proposition particulière? Bon, il peut y avoir toutes sortes de situations,
bien sûr, là, donc, mais je ne pense pas qu'on doive énumérer toutes ces
situations-là, naturelles, potentielles, qui pourraient survenir, là, que ce
soit une falaise, une colline, une rivière et se mettre à énumérer ça, là, dans
le projet de loi. Mais je pense que la distance de 150 mètres, c'est
quelque chose qui est mathématique, qui est facile à mesurer. Puis, bien sûr,
après ça, c'est de contextualiser ça en fonction, là, de l'environnement.
M. Cliche-Rivard : Bien, vous
dites : Ça pourra être évalué en fonction de l'environnement, mais
l'article, si je comprends bien, il est assez catégorique, là, tu sais, il n'y
a pas de discrétion sur l'article. À 150 mètres, en fait, vous vous
enlevez un pouvoir, là, par la loi, là, à 150 mètres, vous n'avez pas de
discrétion, alors que ça pourrait être une... un petit peu contre-intuitif dans
un cas précis où ça fonctionnerait, là. Est-ce que vous avez réfléchi à cette
option-là de ne pas vous exclure le pouvoir, puis de l'évaluer, vous, tout
simplement?
Mme Bélanger : Bien, peut-être
un exemple de ça, j'aimerais ça vous entendre dans... Donc, ça voudrait dire
qu'à l'intérieur, par exemple, du 150 mètres, il y aurait un ruisseau...
est-ce que...
M. Cliche-Rivard : Qui
sépare.
Mme Bélanger : Qui sépare, et
qu'après il y aurait des terrains privés, advenant, disons, ça peut arriver
dans la vie. Alors, qu'est-ce qu'on fait avec le 150 mètres? Bien, tu
sais, si on applique ça directement avec la loi, bien, le site ne
s'installerait pas là. Alors, pour moi, c'est pour ça qu'il faut revenir au
150 mètres. Parce que, là, après ça, on va se mettre à faire plein
d'exceptions. Alors, moi, le 150 mètres, pour moi, là, il est important.
Puis de toute façon, s'il y a une rivière, puis une falaise, puis qu'il y a
plein de choses comme ça, je ne sais pas... En tout cas, peut-être ça va amener
d'autres situations difficiles. Ça fait que je resterais sur le
150 mètres.
Le Président (M. Provençal)
: ...il y aura toujours une notion de jugement dans ce qui
vous sera présenté.
M. Cliche-Rivard : Bien,
j'aimerais ça... moi, c'est la notion que je veux apporter à cette
discussion-là, M. le Président, parce que, dans ma lecture, l'équipe légale
nous le confirmera, dans ma lecture, il n'y en a pas. À la lecture, c'est
que... mettons qu'il y a une barrière naturelle, puis que ça tombe à 130 mètres,
il n'y a pas de jugement, c'est juste interdit par la loi.
Puis j'apporte à peu près le même point
que vous, en disant : Peut-être qu'il faudrait une nuance de jugement sur
le fait que, s'il y a un boulevard qui sépare, il n'y aura pas de traverse puis
il n'y aura pas de contact, bien, la ministre devrait se garder le pouvoir
discrétionnaire, c'est un peu ça la discussion, de décider oui ou non.
Là, la loi vous... vous vous empêchez de
pouvoir dire oui. C'est votre réponse, là. Dans le sens... c'est l'interzone
aussi qui rappelle ça dans son mémoire, là. Il y a quand même deux groupes qui
sont venus nous dire : On comprend, le 150 mètres, ça a bien du sens,
mais il va arriver des cas spécifiques où vous pourriez vous donner le pouvoir
discrétionnaire. Là, vous ne l'aurez pas là-bas, là.
Mme Bélanger : Bien,
exactement. Puis je pense qu'à ce moment-là, bien, il y a...
Mme Bélanger : ...une
recherche de solutions, de trouver un espace qui répond à la loi. Alors, on
parle des futurs sites, naturellement. Et je pense qu'on doit s'en tenir à ça,
parce que sinon, on arrive avec justement le pouvoir discrétionnaire d'une
ministre en fonction de... une panoplie d'exemples, là, que vous... qu'on a...
qu'on vient de discuter. Moi, je laisserais ça assez... assez ferme, à ce
niveau-là. Je n'énumérerais pas toutes les situations où cela pourrait survenir
puis... alors...
Le Président (M. Provençal)
: ...Mme la ministre, c'est que vous
êtes confortable avec le libellé ici puis vous ne sentez pas le besoin d'avoir
un élément supplémentaire.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Il y avait justement, Mme la ministre... puis c'est un... c'est
un peu ça, la discussion, hein, sur le 150 mètres, la... la discussion sur
le fait que là, vous vous enlevez un pouvoir à vous, là. Dans le sens où, dans
150 mètres, vous ne pourrez pas le faire. C'est ce que la loi va... va
prévoir. Vous allez émettre des autorisations, des fois, des refus
d'autorisation, mais, dans le 150 mètres, vous ne le posséderez pas, ce
pouvoir-là. En ce sens, ça va toujours être non, par la loi, dans le
150 mètres. Là, il y avait des discussions de plusieurs groupes sur
justement le fait de vous permettre ou non un pouvoir discrétionnaire sur...
peut-être qu'à la limite, vous, vous pourriez juger, ou le futur ministre
pourrait juger du 150 mètres. Puis, l'exemple, c'était le... le BRAS en
Outaouais qui, finalement, fait l'objet, là, si j'ai bien compris, de clauses
de droit acquis, mais qui démontre quand même... eux autres sont à
100 mètres de deux CPE... je les ai visités, je ne sais pas si, vous, vous
avez cette chance-là, mais qui démontre que ça marche pour le BRAS Outaouais à
100 mètres de deux CPE. Et que là, vous prenez donc la décision de les
maintenir, avec l'amendement qui viendra. Est-ce que vous ne seriez pas... ce
ne serait pas plus juste pour vous de vous maintenir le droit de décider, oui
ou non, dans le 150 mètres?
Mme Bélanger : Bien, ça nous
ouvre donc, là, la discussion que là, ça vienne des groupes, que ça vienne des
contraintes naturelles, que ça vienne des parents... ça nous ouvre, ça, là, à
donner un pouvoir discrétionnaire puis de dire : Bien là, on va se mettre
à évaluer à chaque fois, c'est le ministre qui va décider puis qui va trancher,
puis là, dépendamment des ministres, bien, l'interprétation, et tout ça... Moi,
je pense que, dans... dans une situation comme ça, il faut avoir une balise
ferme. Puis, après ça, bien, il y aura une démonstration. Puis je donne
l'exemple de l'Outaouais. Si la cohabitation est exemplaire et fait l'affaire
de tous, bien, il y aura une documentation qui viendra expliquer tout ça. Mais
je ne pense pas qu'il faut donner le pouvoir discrétionnaire là-dessus, parce
qu'il va arriver autant de demandes des organismes, des municipalités, des
familles. Bien, écoutez, là, à un moment donné, il y a une règle, puis je pense
que là, il faut la respecter. Puis je pense que le 150 mètres, c'est pour
les... les emplacements futurs. Donc, en le sachant, bien, les projets vont
être planifiés en conséquence.
Tu sais, parce que, là, on prend des
exemples de projets existants, mais dans le futur, si je suis un organisme puis
que je veux aller de l'avant, bien, je vais essayer de prendre un terrain qui
respecte le cadre de référence, les lois, etc. Ça fait que j'irais vraiment
dans ce sens-là... interprétation, là, puis d'avoir des éléments...
M. Cliche-Rivard : Moi, je
pose la question, là, mon idée, puis mon opinion, je vais être super
transparent avec vous, je voulais juste dire que je trouvais effectivement que
ce n'était pas simple, hein, puis qu'on n'avait pas personne ici... Moi,
peut-être le premier, là, l'intention de revivre ce qu'on a vécu avec
l'ouverture de la Maison Benoît Labre à proximité de l'école primaire, puis
qu'on se souhaite de ne pas rejouer dans ce film-là.
De l'autre côté, j'ai aussi l'inquiétude
de ce que les villes et les groupes sont venus nous dire sur la difficulté de
trouver des locaux puis la difficulté d'ouvrir des futurs sites. Et là,
peut-être ma demande envers vous, c'est que le ministère puis la DRSP puis Santé
Québec sera quand même disponible pour accompagner ces futurs groupes là dans
la recherche de groupes. Parce que ce que j'ai comme information, moi, c'est
que Benoît Labre a cherché pendant sept ans son terrain avant de le trouver,
là. Ce n'est quand même pas... ce n'est quand même pas rien ou pas évident. Et
évidemment, ils sont tombés sur ce terrain-là, qui finalement ne fait pas
l'affaire de grand monde, mais c'était le seul disponible au moment donné qui
respectait les règles de zonage aussi... de la ville. Donc, mon souhait, c'est
aussi... c'est... je pense, ce que les groupes sont venus dire puis les villes
aussi, c'est qu'il ne faut pas non plus trop restreindre l'accès à des
futurs...
M. Cliche-Rivard : ...à
l'ouverture de futurs sites. Donc, moi, ce que j'entends de votre part, c'est
que vous allez accompagner les groupes ou les futurs sites convenablement pour
qu'on ne se retrouve pas à avoir finalement des sites qui n'ouvrent plus, là.
Mme Bélanger : Oui. Bien, en
fait, on se met un ensemble de balises importantes puis on définit les rôles et
responsabilités dans ce projet de loi là, et c'est justement pour éviter... je
pense, c'est pour améliorer le processus, d'être plus efficace. Alors donc,
dans ce contexte-là, pour moi, le 150 mètres, je pense que c'est la
meilleure mesure qu'on peut avoir. Puis on parle du futur, puis je n'en doute
pas, que l'organisme Benoît Labre a eu de la difficulté à trouver... se trouver
un terrain, mais il y en a, des terrains dans toutes les municipalités puis on
est capables de trouver des terrains, j'en suis convaincu, qui respectent ces
balises-là pour la sécurité de tous, qu'ils soient situés à l'endroit où les
utilisateurs aussi ont une facilité à se retrouver. Ça fait qu'il y a
différents éléments, mais je pense qu'on a des mesures pour améliorer vraiment
notre processus décisionnel et de mise en œuvre.
• (11 h 50) •
M. Cliche-Rivard : Et vous
confirmez, là, que le ministère ou bien Santé Québec sera disponible pour
accompagner ces groupes-là dans la recherche, dans l'appui?
Mme Bélanger : Bien, c'est
les attentes que j'ai, puis je pense qu'on en a discuté hier, c'est le rôle
aussi... autant de Santé Québec que les parties prenantes de Santé Québec, là,
les différentes directions concernées, c'est leur rôle d'accompagner, travail
de partenariat.
M. Cliche-Rivard : Et vous me
le confirmerez aussi, peut-être Dre Quach nous le confirmera aussi, ces
services-là, ils doivent être à proximité des autres services, hein, puis des
grands centres. Sinon, bien, la démonstration est faite qu'elles ne sont pas...
elles ne sont pas utilisées ou sont peu fréquentées. Donc, tu sais, le message
on l'envoie sur 150 mètres, on l'envoie à la population que, là, c'est la
ligne sur les CPE, sur les écoles, mais que, finalement, les quartiers vont en
vivre puis ces sites-là vont exister, puis ce n'est pas vrai qu'on va les
déménager dans les parcs industriels ou à distance non atteignable. J'aimerais
quand même ça vous entendre sur le parcours de l'usager puis à quel point la
proximité des autres services rend, en fait, obligatoire le fait que ça se retrouve
quand même dans les centres.
Le Président (M. Provençal)
: Dre Quach, je vais vous demander de
vous renommer puis votre
titre en même temps.
Mme Quach-Thanh (Caroline) : Oui,
parfait. Merci, M. le Président, Caroline Quach-Thanh, directrice
nationale de santé publique. En fait, je le confirme, là, puis Léa Frédérique
nous l'a bien fait valoir hier que le parcours de soins doit être à proximité,
autrement on n'aura pas d'adhésion. Mais donc, il n'y a rien dans ce projet de
loi là qui dit que ça doit être à des endroits qui ne sont pas conséquents. Je
pense qu'en fait, quand les directions régionales de santé publique font ces
évaluations-là avec les organismes communautaires, dans le plan régional, il y
a déjà cette réflexion-là de s'assurer que les services sont au bon endroit
pour les bénéficiaires. Donc, pour moi, ce n'est pas... ce n'est pas un enjeu,
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Donc, quand on discutait, là, justement de l'entre deux de ce projet de loi là,
c'est : Oui, on trace la ligne à 150 mètres, mais oui aussi, citoyens
et citoyennes, résidents, résidentes, la cohabitation passe par aussi
l'existence de ces services-là puis on va devoir apprendre tous et chacun à
vivre avec cette cohabitation-là, qui va être, de manière optimale, je le
souhaite, améliorée avec les moyens des dispositifs puis le plan de
cohabitation qu'on verra ou tout ça par la santé publique, mais que ça va
toujours faire
partie du cœur des quartiers centraux.
Mme Bélanger : Bien, en fait,
c'est absolument essentiel. Je veux dire, on développe des services pour les
usagers, donc il faut développer ces services là où les usagers se retrouvent,
là, bien sûr. Alors, l'esprit de cette loi, c'est vraiment la cohabitation.
C'est pour ça qu'on fait tout ça, là. Alors... Puis je pense que le fait que
nos directions santé publique et les directions santé mentale dépendances sont
très au fait des bonnes pratiques, là, dans le fond, dans ce domaine-là, alors,
je suis consciente, puis naturellement les groupes aussi qui vont faire valoir
l'importance d'avoir des services de proximité.
M. Cliche-Rivard : Peut-être
une dernière question de mon côté, M. le Président, puis je remercie la
ministre de ses réponses, là, sur les éléments un et deux, sur la
Loi sur
l'instruction publique, en fait, les écoles, ça va concerner... ça concerne les
écoles primaires et secondaires, hein? C'est... On confirme?
Mme Bélanger : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Au niveau collégial ou universitaire, là, c'est là où on trace la ligne, là,
les gens sont adultes puis on ne fera pas de disposition d'exception. Ça fait
qu'essentiellement dit, les établissements qui accueillent les enfants, les
mineurs.
Mme Bélanger : Exact.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Y a-t-il d'autres interventions? S'il
n'y a pas d'autre intervention, cela signifie que nous allons... Je vais
demander à la ministre...
Le Président (M. Provençal)
: ...de nous faire la lecture de 667.8. Vous pouvez lire
directement l'article, hein, madame...
Mme Bélanger : Excusez, je
n'ai pas compris, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Vous pouvez lire uniquement le paragraphe 667.8.
Mme Bélanger : Celui-ci?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme Bélanger : OK. Donc :
«667.8. Avant d'accorder une autorisation, le ministre consulte le ministre de
l'Éducation, du Loisir et du Sport, le ministre de la Famille, des Aînés et de
la Condition féminine et la municipalité sur le territoire de laquelle se situe
le local visé par la demande.» Commentaire,
article 667.8. Cet
article
oblige le ministre de la Santé à consulter ses homologues de l'Éducation et de
la Famille ainsi que la municipalité concernée, avant d'accorder son
autorisation à l'égard d'un local. Cette obligation vise à permettre à ces
derniers de communiquer au ministre de la Santé des informations qui pourraient
être pertinentes à sa prise de décision à l'égard de la demande d'autorisation.
Le Président (M. Provençal)
: Avant de procéder aux interventions, on vient de me
signifier que le député de Saint-Henri—Sainte-Anne a besoin que l'on suspende
pour pouvoir faire une intervention au salon rouge. Alors, je vais faire... Je
vais suspendre les travaux.
(Suspension de la séance à 11 h 56)
Haut de la page
12 h (version non révisée)
(Reprise à 12 h 27)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va reprendre nos travaux.
Nous étions à 667.8. Mme la ministre en avait fait la lecture, avait lu le commentaire,
et j'en suis maintenant aux interventions. Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : ...M. le ministre.
Je suis curieuse... je comprends la nature de vouloir consulter le ministre de
l'Éducation, Loisirs et Sports, celui de la Famille. Je vous avoue, celui des Aînés
et, peut-être, de la Condition féminine, je comprends un petit peu moins. Si
vous pouvez nous expliquer le raisonnement de vouloir les consulter de façon
obligatoire.
Mme Bélanger : Oui. Mme la
députée, vous posez une très bonne question, j'ai moi-même eu cette question en
préparation. Et je laisserais Me Bérubé...
M. Bérubé (Mathieu) : Merci, M.
le Président. Ici, en fait, c'est une règle d'écriture, là, comme considérant.
Dans le corpus législatif, le
titre des ministres est déjà prévu dans la loi
sur l'exécutif, donc on lit déjà les différents titres : le ministre de l'Emploi
et de la Solidarité sociale, ministre de la Santé et des Services sociaux. Ça ne
réfère donc uniquement qu'au
titre du ministre, mais dans les faits, on
comprend que les fonctions peuvent être partagées entre différentes personnes,
c'est d'ailleurs ce qui se passe, puis on... c'est modifié par décret, et tout.
Mais quand on réfère ici au ministre de la Famille et au ministre de l'Éducation,
c'est, évidemment, les ministres en
titre sur l'Éducation et la Famille. Le
titre, bon, peut être un petit peu trompeur, là, de la Condition féminine.
C'est quoi, l'autre? Aînés, voilà. Mais il s'agit, effectivement, du ministre
de la Famille, là, oui.
Mme Prass : OK. Oui, parce
que j'ai déjà travaillé quand c'était le ministre de la Famille, des Aînés et
Condition féminine, justement, donc ça fait du sens. Et est-ce que vous leur
donnez un délai? Parce qu'encore une fois, tu sais, on veut... c'est un
processus, on le sait, qui va être assez long, avec les autorisations, etc.,
les analyses, mais on ne veut pas que... on ne veut pas... on ne veut pas qu'il
y ait des délais davantage. Donc, pour vous, quand vous allez faire ces
consultations auprès des différents ministères, est-ce que, par exemple, c'est
dans l'espace de 30 jours qu'on veut votre avis? Juste pour que ça ne traîne
pas et rallonge le processus d'autorisation.
Mme Bélanger : Bien, effectivement,
il n'y a pas de...
Mme Bélanger : ...de durée...
ou d'échéance, je devrais dire, identifier dans la loi. Moi, je suis
confortable de le laisser comme ça, parce qu'il ne faut pas oublier que, pour
moi, la majeure, là, la personne... le ministère qui conduit vraiment le
projet, c'est vraiment avec Santé Québec, qui ont le leadership, ils consultent
leurs partenaires. Habituellement, dans nos règles ministérielles, ça se fait à
partir du moment où un ministère consulte un autre ministère, habituellement,
ça se fait quand même assez rapidement.
Mme Prass : ...et si jamais,
j'imagine, par exemple, ça prend trop longtemps, il y aurait un rappel, par
exemple, de Santé Québec qui pourrait se faire pour dire : Là, on attend
votre...
Mme Bélanger : Oui, tout à
fait, tout à fait, oui.
• (12 h 30) •
Mme Prass : Et est-ce que...
Parce que là, en fait, c'est vous... bien, c'est le ministre qui fait la
consultation après avoir reçu l'évaluation de Santé Québec.
Mme Bélanger : Exact.
Mme Prass : Et donc, comme
j'abordais le sujet un petit peu plus tôt, quel poids est-ce que leur avis
pourrait avoir sur votre décision si le ministère de l'Éducation contredit
l'analyse qui a été faite par Santé Québec? Je vous donne un exemple, là, c'est
vraiment hypothèse. Par exemple, il y a une école pour des jeunes avec des
besoins particuliers à 160 mètres d'un site futur, mais on sait que les
jeunes, comme ils ont des besoins particuliers, par exemple, ne restent pas
toujours dans la cour, des fois, ils vont aller aux alentours. Par exemple, on
vous donne cet avis-là de la part du ministère de l'Éducation, tandis que vous
avez reçu une... une analyse positive de la part de Santé Québec, est-ce qu'en
les consultant ça pourrait faire en sorte que votre décision finale sera
l'inverse de l'analyse que vous avez reçue compte tenu de ce qu'ils vont vous
informer?
Mme Bélanger : En fait, quand
on consulte, c'est justement pour avoir un éclairage, là, ce n'est pas juste
une formalité. Alors, je pense que les commentaires qui peuvent survenir, que
ce soit du ministre de l'Éducation, le ministre de la Famille, bien, ils sont
pris en compte, là, bien sûr, puis c'est là que les plans de cohabitation,
notamment, doivent être ajustés. Donc, pour moi, c'est une mesure qui est
vraiment importante. Donc, le ministre, avant d'accorder son autorisation, va
consulter, absolument, le ministre de l'Éducation et de la Famille. C'est
justement en mesure préventive, je le vois vraiment comme ça.
Mme Prass : D'après vous,
est-ce qu'il y aurait... puis one ne fera pas... on n'inventera pas de
situation, mais, d'après vous, est ce qu'il y aurait la possibilité, comme j'ai
dit, vous à vous, vous avez un avis contraire à l'avis de l'analyse du
ministère qui ferait en sorte que vous renverserez... renverserait la décision
de Santé Québec, parce que c'est une analyse, une suggestion qu'ils vous font?
Mais est-ce que vous voyez l'hypothèse d'une possibilité que, lors de ces
consultations, on vous donne une information qui fait en sorte que ça... si
c'est le contraire de l'analyse qu'a faite Santé Québec?
Mme Bélanger : Oui, puis, à ce
moment-là, je vous dirais que les ministres concernés vont faire valoir leur
point aussi. Les équipes vont habituellement travailler ensemble. L'objectif,
rendu là, quand on est dans des consultations avec les autres ministères, bien
sûr, c'est d'essayer de trouver... de s'assurer qu'on a vraiment considéré
toutes... toutes les dimensions. Alors, on fait ça régulièrement au
gouvernement de se consulter entre ministres, un ministère, entre guillemets.
Les équipes sont habituées de travailler ensemble. Il faut tenir compte... La
grande majorité du temps, on va tenir compte ou amener des aménagements, là,
qui vont dans l'esprit de ce que les ministres concernés vont nous donner comme
information.
Mme Prass : Et c'est également
mentionné que vous consulterez la municipalité sur le territoire, sur lequel le
site se retrouverait. Je vous pose la même question, parce qu'une municipalité
qui gère son terrain... qui gère son territoire plutôt, excusez-moi, peut
aussi, par exemple... Eux, ils ne sont pas prêts à recevoir un site de
consommation pour quelle que soit la raison. Est-ce qu'encore une fois... Donc
là, c'est la gouvernance municipale, la gouvernance du gouvernement provincial.
Est-ce qu'il n'y aurait pas... Est-ce qu'il y aurait cas... possibilité où une
municipalité vous donnerait encore une fois un avis contraire à celui de Santé
Québec, qui ferait en sorte que ça pourrait changer votre décision?
Mme Bélanger : Oui, mais, écoutez,
rendu à cette étape-ci, ce serait surprenant qu'une municipalité d'un
territoire s'objecte, ce serait vraiment surprenant, parce que le plan d'action
est avancé, le plan de cohabitation...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) Mme Bélanger : ...et c'est
clair que si, pour toutes sortes de raisons, une municipalité s'objectait, bien
là, il faudrait que les parties prenantes se rassoient à la table et révisent
les plans qu'on transmet au ministre. Parce que ça part de là, hein, c'est
vraiment... moi, je le vois, vraiment, travail important, les municipalités, ça
se passe quand même sur leur territoire, et qu'une municipalité s'objecte,
rendu à ce stade-là, où on est... Parce que là on est rendu au niveau de l'autorisation,
donc, il y a eu beaucoup de travail de fait, rendu là. Tu sais, quand le
ministre autorise, c'est qu'il y a eu des étapes de faites. Alors...
Mme Prass : Je vous donne l'exemple.
On vient d'avoir des élections municipales, il y a quelques jours. Disons qu'entre-temps
il y a un changement de gouvernement au niveau municipal, qui n'a pas été
impliqué lors de l'évolution des plans, etc., et qui est un avis contraire que
le gouvernement qui était présent... qui a initié ce projet, si vous voulez.
Mme Bélanger : Je vous dirais,
ça dépend où est rendu le projet. Si le projet n'a pas encore été autorisé,
puis qu'il y a un acteur du plan qui manifeste une problématique, mais l'objectif,
ce n'est pas d'aller de l'avant, là, c'est de rasseoir les parties prenantes puis
qu'ils se reparlent. C'est justement pour empêcher ce qui est arrivé, malheureusement,
dans certaines situations où le municipal n'était peut-être pas bien attaché
avec les partenaires, ou les services policiers n'étaient pas bien... n'avaient
pas été nécessairement informés. Alors, c'est pour éviter tout ça, là. Ça fait
que c'est clair que... Mais, pour moi, là, c'est avant d'accorder une
autorisation, ça fait que là on est quand même, habituellement, là, y'a quand
même un travail qui est fait, là.
Mme Prass : Donc, selon votre
interprétation, si jamais il y a des problématiques avec les consultations qui
sont faites au niveau de ces partenaires, ce serait pour retourner à la table. Donc,
votre vision, ce serait de retourner à la table avec les partenaires et de
trouver une solution.
Mme Bélanger : Écoutez, c'est
quand même des partenaires majeurs, là, je veux dire, quand on dit qu'une...
Bien, c'est parce que là vous donne un exemple, dans le fond, je ne veux pas
prendre cet exemple-là. Mais les municipalités, dans le fond, je conclurai en...
en disant : Ils ont un rôle primordial là-dedans. C'est extrêmement
important, puis ils ont un rôle pour la localisation, mais ils ont un rôle, quant
à moi, encore plus important que ça. C'est quand même eux qui dirigent leur municipalité.
Ils ont une obligation d'assurer des services sécuritaires à la population.
Donc, pour moi, là, s'il y avait un élément, dans un dossier que je recevrais,
qui met en relief qu'une municipalité, par exemple, c'est clair que, comme
ministre, je n'adopterais pas ce plan-là sans que toutes les parties prenantes
aient fait un consensus. Ça, c'est clair, pour moi, le niveau municipal est
extrêmement important.
Puis habituellement, je veux quand même
juste le mentionner parce qu'on est enregistré, il y a quand même des beaux
projets qui se réalisent. Il y en a des beaux au Québec qui... Ce n'est pas
facile de mettre en place des sites de consommation supervisée pour toutes les
raisons qu'on a discuté depuis quelques heures. Puis on a quand même, la
plupart du temps, des municipalités qui sont très engagées dans le processus,
qui travaillent très bien avec les acteurs de santé publique, qui travaillent
déjà ensemble dans les plans de lutte contre l'itinérance, par exemple, ils sont
habitués de travailler ensemble. Moi, j'ai confiance que les municipalités vont
pouvoir dire ce qu'ils ont à dire, avec les différents intervenants, lorsque
vient le temps de faire soit les plans d'action ou éventuellement le plan de
cohabitation.
Mme Prass : OK. Mais je pense
que ce qui est rassurant dans votre réponse, c'est que le but, c'est toujours
de ramener les gens à la table pour avoir un consensus, pour que le projet avance,
puis il n'y a pas une opinion qui va faire en sorte que ça va mettre le bâton
dans les roues pour l'autorisation. Ça fait que je pense que c'est ça qu'on
voulait entendre de façon rassurante pour les organisations. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Tu sais, là on est à l'étape... c'est ce qui était un peu
spécial, puis on en a parlé à 667.7, là, vous avez quand même déjà accordé l'autorisation,
puis là on consulte, tu sais, on aurait pu le lire dans l'autre sens. Mais là,
tu sais, tout ça, vous l'avez à... tu sais, on pourrait le lire à l'équivalent
de 667.6, là, plutôt, avant que vous y émettiez l'autorisation. Ça fait que vous
allez consulter tout ce monde-là avant. Une de mes questions, c'était par
rapport à la place des citoyens puis à la place du communautaire, notamment, dans
la consultation, est-ce que les citoyens se font entendre? À quel...
M. Cliche-Rivard : ...part
là-dedans. Si oui, c'est-tu exclusivement à travers la municipalité ou,
finalement, au conseil de ville, ils font valoir leurs affaires, le
communautaire, même chose? Où est-ce que c'est réfléchi, ça, la... à l'étape
de... l'autorisation? Peut-être, vous me direz, ça vient plus tard dans le plan
de cohab, là, mais où est-ce que c'est réfléchi, la place des citoyens,
citoyennes?
• (12 h 40) •
Mme Bélanger : Votre question
est excellente, là. Je pense que c'est vraiment important, dans le fond, la place
des citoyens puis toute la mobilisation en lien aussi, là, avec ça. Ça vient
effectivement un peu plus loin, puis ça vient dans le plan de... de
cohabitation. Alors, on pourra le reprendre là. C'est... Votre question est
tout à fait pertinente. Puis on pourra parler, comment on mobilise les
citoyens, etc., à ce niveau-là.
M. Cliche-Rivard : Dans le
plan de cohabitation?
Mme Bélanger : Dans la
cohabitation. Retenons que c'est vraiment là, là, que ça doit se faire.
M. Cliche-Rivard : Au moment
où vous, vous allez adopter l'autorisation, du moment où la ville vous
dit : Feu vert, là, vous allez... vous allez de l'avant. Mais là, à ce
moment-là, on n'a pas consulté les citoyens, là, outre que par la ville. C'est
ce que je comprends de... de la réponse?
Mme Bélanger : En fait, oui.
Puis, pourquoi je souris, c'est que... on va manquer de temps, là, dans la...
la présente séance, on va pouvoir reprendre ça probablement cet après-midi,
mais on avait préparé un amendement pour parler du plan de cohabitation.
M. Cliche-Rivard : ...de...
de lire ça, évidemment.
Mme Bélanger : OK. C'est pour
ça que vos questions sont tout à fait pertinentes. Mais peut-être qu'on
pourrait les garder à ce moment-là parce que toute la question de la
mobilisation citoyenne... Puis, ça, c'est un élément, mais à quel moment le
ministre adopte le plan d'action... parce qu'hier on a parlé longtemps de ça.
On a déjà fait une différenciation, là, je pense, intéressante entre les deux
plans, mais à quel moment, pour éviter d'avoir des délais. Ça fait qu'on va
vous faire.... un petit peu plus tard, là, on arrive avec un amendement qu'on
pourrait vous déposer très bientôt, là, pour que vous puissiez... l'étudier.
M. Cliche-Rivard : ...l'étudier
avec l'ouverture habituelle, Mme la... la ministre, c'est sûr. Mais, pour être
clair, tu sais, mettons, des citoyens qui voudraient se mobiliser à l'encontre
du projet, initialement, mettons, au niveau de l'étape de l'autorisation, leur
place, si je comprends bien, serait, bien, via les... vous, là, via la
ministre, finalement, mais surtout via la Ville, et ils pourraient mobiliser
leur conseil municipal, leur conseil de ville.
Mme Bélanger : ...qu'on
arrive avec un amendement, pour que ces deux plans là se fassent en... en
juxtaposé, là, je vais prendre ce terme-là. Mais on aura l'occasion d'en
discuter tantôt, justement, pour ne pas refaire... En fait, l'objectif, c'est
qu'il y ait de l'efficacité là-dedans, là. Ça fait que le plan d'action, par
les partenaires, on a dit le plan de cohabitation, Santé Québec, ses parties
prenantes, et donc tout ça, là, on va ramener ça dans un... dans un meilleur
synchronisme. OK?
M. Cliche-Rivard : ...l'avez
prévu pour les citoyens. Ça va. On... On verra ça tout à l'heure. Vous... Vous
l'avez prévu aussi, pour le milieu communautaire, de la même façon? Parfait.
Dernière question sur le libellé exact.
Quand on parle de municipalité, là, ici, à 667.8, dans le terme, par exemple,
d'une grande ville comme Montréal, avec ses arrondissements, qu'est-ce qu'on
consulte exactement? Est-ce que vous, vous allez chercher l'approbation d'un...
d'un arrondissement, finalement, ou de la ville-centre? C'est quoi la réflexion
qui a été faite de ce côté-là? Parce que, des fois, on l'a vu, là, dans la...
Je vais donner l'exemple très clair du Sud-Ouest. C'est une mairie de Projet
Montréal, mais la ville-centre est... elle est avec Ensemble Montréal. Il peut
y avoir des visions différentes de gouvernance entre l'arrondissement puis la
mairie. Qu'est-ce qui est réfléchi, de votre part, là, entre... dans ces
grandes villes là, comme Québec aussi ou Trois-Rivières, où il y a des
districts qui seraient peut-être en.... pas nécessairement alignés avec la
ville-centre?
Mme Bélanger : Oui. Je vais y
aller vraiment très spontanément, là. Mon premier réflexe, ce serait de dire
qu'on travaille avec la ville-centre. Il ne faut pas oublier. Puis je vais vous
donner l'exemple du plan de lutte contre l'itinérance. C'est quand même la
ville-centre qui porte le plan de lutte contre l'itinérance. Bien sûr, après
ça, tous les arrondissements, et tout ça, là, chacun peut avoir ses propres
actions, mais comme ministre, mon intervenant, c'est vraiment le maire ou la
mairesse de... de la ville-centre. Alors, je vous dirais que c'est... moi,
c'est vraiment comme ça que je le vois, donc la municipalité concernée. Je ne
sais pas si, du côté... Me Bérubé, vous pouvez intervenir là-dessus pour
compléter. Est-ce qu'il y a lieu de compléter ma réponse?
Le Président (M. Provençal)
: Maître Bérubé, s'il vous plaît.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien,
merci, M. le Président. Bien, en fait, la réponse de la... de la ministre est
tout à fait juste, là, on vise la municipalité, là, et non les conseils
d'arrondissement comme tels, là.
M. Cliche-Rivard : Mais je
peux présumer, puis vous me le direz tantôt, là, avec votre discussion de
tantôt, si vous avez une... un arrondissement qui se bat, là, avec véhémence
puis qui ne veut rien savoir, vous ne serez pas...
M. Cliche-Rivard : ...nécessairement
mieux avancé, là. Ça fait que j'entends que l'objectif de consultation, ici,
est envers la ville-centre, mais que, si vous, vous voyez dans votre rapport
que le maire de l'arrondissement vient de faire sa campagne sur un non puis qui
a été élu sur un non, par exemple, que, là, il envoie clairement le message que
ça ne passe pas dans son quartier ou vice-versa, hein, ça peut être tout à fait
le contraire, je ne veux pas stigmatiser ou présumer de personne, ça pourrait
être tout à fait le contraire, là, vous allez quand même devoir vous asseoir à
la même table pour réfléchir, là, quand même.
Mme Bélanger : Oui, mais, je
répète, mon partenaire principal va être... va demeurer la ville-centre qui...
Puis là, bien, les mobilisations avec les arrondissements, en tout aspect des
arrondissements, là, peuvent se faire, mais il y a une responsabilité de la
ville-centre là-dedans.
M. Cliche-Rivard : Parce que
l'arrondissement pourrait être superouvert à l'accueillir puis la ville-centre
pourrait vous dire : Non merci, puis là vous vous retrouvez dans l'autre
situation aussi.
Mme Bélanger : Oui, tout à
fait, inversement.
M. Cliche-Rivard : Inversement.
Mais là auquel cas vous maintiendriez que, si la ville-centre dit non, vous
n'allez pas avancer. C'est ce que je comprends de la réponse.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
on va... tu sais... Je veux dire, l'objectif ici, là, c'est de répondre aux
besoins des usagers puis... Et, dans une perspective où on reconnaît... je veux
juste quand même rappeler qu'il y a une crise des opioïdes, au Québec, c'est
plus de 630 personnes par année qui décèdent d'une surdose. C'est quand
même grave. C'est plus de 50 personnes par mois, pratiquement deux
personnes par jour. Bien, je pense qu'il y a un consensus sur les
responsabilités des différents paliers de gouvernement de faire une différence
pour contrer la crise des opioïdes, bien sûr, au niveau provincial, nous, c'est
ce qu'on est en train de faire aujourd'hui, mais je pense que les municipalités
aussi ont cette... ont, je pense... ils ont cette responsabilité-là. Et je
pense qu'on arrive à un changement de paradigme, et j'espère que cette loi va
faire en sorte... c'est pour ça qu'on est ici, de faire en sorte qu'on soit
plus efficace tout le monde ensemble.
M. Cliche-Rivard : Puis qu'on
s'entende clairement, là, les villes sont venues nous dire oui, là, ici.
Gatineau est venue dire oui, Québec, Montréal, l'UMQ. Personne n'est venu
dire : On pèse sur break.
Mme Bélanger : ...
M. Cliche-Rivard : Tout le
monde comprend qu'à deux surdoses par jour au Québec il va falloir qu'on s'active
pour sauver des vies, puis ça... j'ai entendu beaucoup d'ouverture et beaucoup
de réalisme aussi dans la voix des élus, des mairesses, là, qui sont venus nous
parler. Ça fait que tant mieux, tant mieux. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Y a-t-il d'autres interventions?
N'ayant pas d'autre intervention, nous allons procéder à l'étude de
l'article 667.9, pour lequel, Mme la ministre, vous aurez un amendement à
déposer. Alors, vous pouvez y aller.
Mme Bélanger : ...la lecture,
OK. Alors donc : «667.9. Le ministre peut assortir l'autorisation qu'il
accorde des conditions qu'il juge appropriées pour assurer :
«1° la continuité des services offerts
dans le local autorisé avec tout autre service fourni par Santé Québec ou par
un autre prestataire de services du domaine de la santé et des services
sociaux;
«2° la propreté, la salubrité et la
sécurité dans les environs du local;
«3° la mise en place de toute mesure
visant à ce que les activités liées aux services offerts dans le local,
qu'elles soient intérieures ou extérieures, n'excèdent pas les inconvénients
normaux du voisinage.»
Commentaire.
Article 667.9. Le
présent
article permet au ministre de la Santé d'imposer des conditions qui
incomberaient au titulaire à qui l'autorisation serait accordée. De telles
conditions doivent viser à assurer l'un ou plusieurs des éléments énumérés au
paragraphe 1° à 3°.
Le Président (M. Provençal)
: Et vous allez nous lire votre
amendement, s'il vous plaît, puis votre commentaire.
Mme Bélanger : Oui, tout à
fait. Alors...
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce qu'il y a possibilité de le
projeter, s'il vous plaît?
Mme Bélanger : Donc, je vais
débuter la lecture pendant que la projection se met en place. Donc :
Remplacer, dans le paragraphe 2° de l'article 667.9 de la
Loi sur la
gouvernance du système de santé et de services sociaux, proposé par
l'article 1 du projet de loi, «dans les environs du local» par «à
l'intérieur du local et sur le terrain de l'immeuble dans lequel il est situé».
Commentaires. L'amendement vise à préciser
la portée des conditions que le ministre de la Santé peut imposer à un
titulaire d'autorisation à l'égard de la propreté, de la salubrité et de la
sécurité.
Est-ce que je dois lire ça aussi? Non. OK.
Le Président (M. Provençal)
: Excellent. Alors, interventions sur
l'amendement? Oui, M. le député de Saint-Henri Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Ça fait que je...
M. Cliche-Rivard : ...ce que
je comprends, c'est que ça fait écho aux discussions qu'on a eues
préalablement, là, sur ce qui... sur ce sur quoi l'organisme a des leviers,
finalement, là, puis, à contrario, sur... ce sur quoi il n'y en a pas. Ça fait
que, là, quand c'est son terrain, puis l'intérieur de son local,
« propreté, salubrité, sécurité » nous semble tout à fait judicieux.
Puis dans l'autre sens, c'est ce qui avait été dit en consultation, tu sais, la
propreté avoisinante, là, on en reparlera peut-être dans le plan de
cohabitation, évidemment, mais ça ne sera pas lié à l'autorisation puis aux
conditions d'autorisation, parce que ça va dépasser la simple responsablité
d'organismes. Même chose pour les corps policiers, les corps policiers vont
faire leur travail. Puis, si les organismes appellent... si l'organisme appelle
le corps policier, qui ne se déplace pas, bien, l'organisme ne peut pas assurer
la sécurité dans les... C'est ce que ça dit avant, c'est dans les environs du
local, alors que ce n'est pas sa juridiction. Donc, pour moi, on répond là à un
besoin important. Puis il y a des choses effectivement qu'on va reporter au
plan de cohab qui dépassent le local, qui dépassent les environs du local,
évidemment. Ça fait qu'on y reviendra sur le plan de cohab à ce moment-là.
• (12 h 50) •
Le Président (M. Provençal)
: Excellent. Autres interventions sur l'amendement? s'il n'y
a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement déposé par Mme la ministre
à l'article 667.9 est adopté? Adopté.
Maintenant, je pense que la députée de D'Arcy-McGee
a elle aussi un amendement à 667.9. On va le projeter, Mme la... Et je voulais
mentionner que tous les amendements présentement ont été reçus et sont sur
Greffier, incluant celui que Mme la ministre faisait mention tout à l'heure,
avec... dans son échange avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. Alors, Mme
la députée, je vous invite à nous faire lecture et la... et votre commentaire.
Mme Prass : Oui, merci.
Donc : Modifier l'article 667.9, tel que proposé par l'article...
l'article 1 du projet de loi, par l'insertion dans le paragraphe du
deuxième alinéa, et après «sécurité» de «et de la cohabitation». Donc l'article
modifié se lirait comme suit :
« 667.9. Le ministre peut assortir
l'autorisation qu'il accorde des conditions qu'il juge appropriées pour
assurer :
« 1 : la continuité des services
offerts dans le local autorisé, avec tout autre service fourni par Santé Québec
ou par un autre prestataire de services du domaine de la santé et des services
sociaux. La propreté...
« 2 : la propreté, la salubrité,
la sécurité et la cohabitation dans les environs du local, et la...
« 3 : La mise en place de toute
mesure visant à ce que les activités liées aux services offerts dans le local,
qu'elles soient intérieures ou extérieures, n'excèdent pas les inconvénients
normaux du voisinage. »
Donc, nous, on a... on a trouvé que
c'était important et essentiel d'ajouter dans... disons, ce qui est attendu
des... de ces organismes, on mentionne la propreté, la salubrité, la sécurité
et la cohabitation. Évidemment, on sait qu'il va y avoir un plan de
cohabitation qui devra être déposé avec la demande d'autorisation de toute
façon. Donc, il y a un travail qui aura déjà été fait, et les organismes vont
s'organiser en conséquence. Donc, nous, on pense que c'est important de... que
ça soit mentionné également que des conditions que Santé Québec juge
appropriées pour assurer la cohabitation également fassent
partie de ces
éléments-là.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la ministre.
Mme Bélanger : Bien, je
remercie la députée pour la présentation de son amendement. Cependant,
d'ajouter « la cohabitation » à ce stade-ci, c'est trop tôt. Puis il
ne faut pas oublier que la cohabitation, elle va être vraiment discutée et
adressée... excusez l'anglicisme, mais dans le plan de cohabitation. Alors, de
l'ajouter là, alors qu'on a précisé que c'est à l'intérieur du local et sur le
terrain... parce que là on ouvre la porte justement à donner la... Quand on
voit le mot « cohabitation », là, on revient sur les discussions
qu'on a eues, c'est-à-dire ouvrir la porte à ce que les... l'organisme ait une
responsabilité d'animer quelque chose, là, en lien et de la cohabitation.
Alors, c'est vraiment dans le plan de cohabitation qu'on doit retenir, là,
votre intention à ce niveau-là, mais dans l'amendement qu'on a adopté
précédemment, c'est clair qu'on amenait ça seulement à l'installation comme
telle, et le terrain de l'installation.
Mme Prass : Mais justement, le
terrain de l'installation... parce que je pense que, pour plusieurs, je
comprends que le plan de cohabitation va venir plus tard, mais le terme, je
pense, est important pour plusieurs personnes. Ils veulent savoir que... Parce
que, si on est responsable pour la sécurité, par exemple, la cohabitation
rentre dans ça, donc...
Mme Prass : ...et, je
comprends, c'est à l'intérieur du local, mais, comme on a dit, sur le terrain
de l'immeuble aussi, ils ont une certaine responsabilité. Donc, pour nous, puis
on a entendu de la part de plusieurs groupes aussi, c'est un élément pour eux
qui était important que ça soit là pour qu'on comprenne bien que ça fasse...
puis, comme on a dit, on va voir, avec le plan de cohabitation, qu'il va y
avoir plusieurs éléments qui vont être là, mais c'est l'idée que, si on veut
s'installer dans le quartier, on a une responsabilité, à tout le moins sur
notre terrain, de s'assurer... parce que, comme on mentionne la propreté, la
salubrité, la sécurité, pour moi, ça va main en main. Donc, c'est question
de... aussi de rassurer les citoyens dans les quartiers où vont s'installer ces
sites de consommation que cet élément est pris en considération et qu'il y a
une certaine responsabilité, comme on a dit, à tout le moins sur le terrain de
l'immeuble.
Mme Bélanger : OK. Bien,
écoutez, j'entends ce que vous dites, mais il faut aussi voir que tantôt,
justement, on a modifié par l'amendement, on ne parle plus «dans les environs
du local».
Mme Prass : ...
Mme Bélanger : C'est ça.
Mme Prass : ...terrain de
l'immeuble.
Mme Bélanger : Sur le terrain
simplement... bien, le local d'abord et sur le terrain de l'immeuble. Je pense
que...
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme Prass : Bien, si je peux
juste finir...
Le Président (M. Provençal)
: ...c'est parce que la... il y avait
une autre intervention, c'est pour ça, de Mme la députée, puis, après ça, je
vais céder la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne. Mme la députée,
allez-y.
Mme Prass : Merci. Mais c'est
justement, avec l'amendement qu'on vient d'adopter, qui mentionne le terrain de
l'immeuble, ça s'applique davantage à l'article original qu'on... dont on
parlait juste de... des environs. Donc, encore une fois, c'est une question.
Parce qu'on veut que les choses aillent de la bonne façon pour les sites de
consommation, qu'il y ait cette... qu'il y ait ce sentiment-là aussi, là où ils
vont s'installer, qu'ils vont être un bon partenaire dans ce sens-là et, dans
ce contexte-là, sur le terrain de l'immeuble où ils se trouvent.
Mme Bélanger : OK.
Le Président (M. Provençal)
: Avez-vous... Allez-y, Mme la ministre.
Mme Bélanger : Peut-être
juste une question de précision, là. Dans le cas où un organisme a son site sur
un terrain et que, sur le site à côté, il y ait des campements qui
s'installent, comment on interprète la cohabitation avec ça? Puis comment on
voit le rôle? Ça fait que, vous comprenez, pour moi, c'est pour ça que la
cohabitation, là, on arrive dans quelque chose qui est...
Une voix : ...
Mme Bélanger : ...je ne veux
pas dire... oui, peut-être pas moins concret, mais on arrive à un concept, là,
qui n'est peut-être pas si évident que ça à définir, quand on parle de cohabitation,
là. Alors, les discussions qu'on a eues, c'était vraiment de dire aux
organismes de ramener les responsabilités aux organismes sur ce qu'ils ont du
contrôle. C'était ça, notre objectif ultime. En amenant cet élément-là... Je
comprends l'esprit de ce que vous amenez, mais je pense qu'on est mieux de
l'adresser dans le... quand on va parler du plan de cohabitation. C'est là
qu'on devrait l'adresser, parce que, là, on est vraiment... ça peut être
interprétable, surtout que, là, «dans les environs du local», là, tantôt...
Mme Prass : ...
Mme Bélanger : C'est ça.
Mme Prass : ...plus les...
mais, justement...
Mme Bélanger : Ce n'est plus
dans les environs, on parle du terrain, là.
Mme Prass : C'est ça. Donc, l'hypothèse
que vous venez de donner ne tiendrait pas parce qu'on ne parle pas des
environs, on parle vraiment du terrain. Donc, moi, ma... bien, mon
interprétation, c'est : le campement, c'est l'espace public qui ne... pas
sur le terrain. Donc, encore une fois, avec l'amendement que vous... qu'on
vient d'adopter, qui limite à l'intérieur du local et sur le terrain, est-ce
qu'il n'y a pas une certaine responsabilité, sur son terrain, pour s'assurer
qu'à tout le moins les moyens, les mesures de cohabitation soient mis en place,
soient pensés?
Mme Bélanger : OK.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
Mme Bélanger : Oui, ça va pour
l'explication.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne, compte tenu de l'heure, je vous demanderais de
réserver... parce que vous allez avoir juste le temps d'initier votre
intervention et...
Alors, on... je suspendrais, et on se
revoit à 15 heures. Ça va pour tout le monde? Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
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15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 07)
Le Président (M. Provençal)
: Rebonjour à tous. La Commission de la
santé et des services sociaux reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude
détaillée du projet de loi n° 103, Loi visant principalement à réglementer
les sites de consommation supervisée afin de favoriser une cohabitation
harmonieuse avec la communauté.
Lors de la suspension de nos travaux, nous
étions en discussion et en échange sur l'amendement qui avait été déposé par Mme
la députée de D'Arcy-McGee à l'article 667.9. Alors, les échanges n'avaient pas
été complétés. Mme la députée, souhaitez-vous que je vous cède la parole?
Mme Prass : ...M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
Mme Prass : Donc, on poursuit
la conversation. Comme j'ai mentionné avant qu'on suspende, c'était la
question, surtout, avec l'amendement qu'il convenait d'adopter de la part de la
ministre, qui limitait, si on veut, l'article 667.9 à... au fonctionnement à l'intérieur
du local et sur le terrain de l'immeuble. Donc, juste pour revenir, c'était
questions de, tu sais, les éléments... On sait qu'il va y avoir un plan de
cohabitation qui va être... qui va devoir être déposé par les organismes, mais
compte tenu de l'article qui est devant nous et de l'énonciation de la
propreté, de la salubrité, la sécurité, on trouvait qu'ajouter la cohabitation,
ajouter le mot «cohabitation» viendrait boucler l'article. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui, bien, en
fait, j'ai eu l'occasion de répondre, de répondre tantôt. Je comprends l'intention
qui est en arrière de ça, la seule chose, c'est que je me demande si on ne devrait
pas davantage traiter de ça lorsqu'on arrivera au plan de cohabitation. Alors,
c'étaient vraiment les commentaires, là, je ne reprendrai pas tout ce que j'ai
mentionné...
Mme Bélanger : ...surtout
qu'on avait déposé un amendement limitant, dans le fond, la responsabilité en
lien avec la propreté, la salubrité et la sécurité à l'intérieur du local et
sur le terrain de l'immeuble. Donc, pour moi, le terrain de l'immeuble, c'est
pleine responsabilité de l'organisme en question. Puis, la cohabitation, bien,
logiquement, il ne devrait pas y avoir de cohabitation sur le terrain de l'immeuble,
ça devrait être seulement les... les usagers et leurs proches qui viennent
chercher leurs services. Voilà.
• (15 h 10) •
Le Président (M. Provençal)
: Merci, Mme la ministre.
Mme Prass : Si je peux...
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y, Mme la députée.
Mme Prass : Oui. Je comprends
qu'on va... on va vraiment se pencher sur toute la question du plan de
cohabitation, donc on pourra revenir à ce moment-là. Mais juste pour... un
élément dont vous venez de répondre, qu'il n'y a pas vraiment d'éléments de
cohabitation sur le terrain de l'immeuble, parce que, bien, c'est leur... c'est
là que les services se rendent. Pas tout à fait d'accord dans ce sens-là parce
qu'il peut y avoir des terrains d'immeubles qui sont... qui font aussi
partie
d'un espace public. Donc, il faut prendre ça en considération également pour
que... tu sais, la cohabitation, ça commence... ce n'est pas juste dans le
quartier, ça commence... ça comprend vraiment les alentours et le site lui-même.
Donc, c'était dans ce contexte-là.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Bien, sur
le fond, je ne suis pas contre ce que dit ma collègue, là, mais le mot
sécurité, il est là, là. Sur son terrain, l'organisme va avoir la
responsabilité de la sécurité. Donc, s'il y a des enjeux de sécurité,
l'organisme est responsable. Donc, je suis d'accord avec le fond de son
intervention, là, je ne suis pas d'accord sur le cohabitation, parce que là, on
est venu quand même séparer les choses. Donc, moi, je suis à l'aise avec la
position de Mme la ministre, là. Puis, tout ce qui relève de la sécurité, de la
salubrité puis la propreté sur le terrain de l'organisme, ça va être son
travail, ça l'est déjà de toute façon de s'en occuper.
Le Président (M. Provençal)
: C'est beau?
Mme Bélanger : ...Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement de la députée de D'Arcy-McGee.
Voulez-vous un appel nominal, madame? Par appel nominal, Mme la secrétaire,
s'il vous plaît.
La Secrétaire : Alors, pour,
contre, abstention. Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
: Mme Bélanger
(Prévost)?
Mme Bélanger : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire
Mme Blouin (Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
Mme Abou-Khalil (Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Donc, l'amendement qui
avait été proposé par Mme la députée de D'Arcy-McGee à l'article 67...
667.9, excusez-moi, est donc rejeté. Y a-t-il d'autres interventions sur
l'article principal? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Donc, on a traité effectivement du point deux, là, sur la
propreté, salubrité, sécurité avec l'amendement adopté par la ministre, par Mme
la ministre. La continuité des services, j'aimerais vous entendre sur ce
premier élément-là, sur l'autorisation que vous pouvez accorder, parce que là,
l'autorisation, elle est émise envers le titulaire, là, l'organisme. Et là vous
mettez une condition de continuité des services offerts. Peut-être juste comme
nous l'expliquer ou... Parce que là, je comprends, avec les services offerts
dans le local, ça va. Avec tout autre service fourni par Santé Québec ou autre
prestataire de services dans le domaine de santé, services sociaux, si vous
pouvez nous donner un exemple, ce serait apprécié.
Mme Bélanger : Bien, en fait,
je comprends, là, par cet... cet
article là, qu'on parle de continuité de
service avec d'autres programmes de soins et services offerts dans le réseau de
la santé et services sociaux, par exemple Programme de formation sur la
dépendance. C'est un exemple que je donne. Un autre exemple, ça pourrait être
en lien avec des activités de prévention en lien... ou de suivi de première
ligne en lien avec la santé mentale. Donc, on n'est pas vraiment dans la
mission même des sites de consommation supervisée, mais il est possible que les
usagers aient besoin de services complémentaires, ça fait que c'est dans ce
sens-là que je vois une continuité de services offerts. Mais on le voit, là, c'est
quand même assez ciblé, là, offert dans le local avec tout autre service fourni
par Santé Québec, ça fait que c'est tous les programmes fournis par service...
par Santé Québec qui seraient pertinents naturellement, là, on ne se mettra pas
faire de la chirurgie...
Mme Bélanger : ...dans les
centres de sites de consommation supervisée, mais tout ce qui est à caractère
psychosocial, formation, prévention, ça pourrait être quelque chose, là, qui...
donc, s'assurer de la continuité.
M. Cliche-Rivard : Je vous
comprends bien. Merci de la précision. Le lien, par contre, entre
l'autorisation qui est délivrée puis ça, c'est ça qui me semble moins clair,
là, dans le sens où... parce que, là, vous mettez une condition à
l'autorisation. Donc, oui, j'autorise à condition que, puis «les conditions
que», c'est des choses qui sont moins liées directement du contrôle de
l'organisme versus celui d'après. Le suivant, il est très clair pour moi, là,
propreté, salubrité, tout ça. Le premier, j'aimerais peut-être... si vous
pouvez le démêler ou je ne sais pas si vous pouvez nous aider à mieux
comprendre. Finalement, l'organisme, il n'est pas responsable de ce que Santé
Québec offre, ça fait qu'il pourrait perdre son autorisation sur la base d'une
condition non remplie.
Mme Bélanger : ...dans ce
sens-là que c'est inscrit, c'est juste que dans le sens que le ministre peut
assortir son autorisation en mettant une condition, en disant : OK, on
accepte le projet, mais, en même temps, on aimerait qu'une demie-journée par
semaine, les activités de formation du programme dépendances, je vous dis ça
comme ça, là, un exemple, puissent avoir lieu dans vos locaux. Donc, ça
pourrait être dans ce sens-là, mais c'est des activités connexes à la mission
des sites de consommation supervisée. Alors, je pense que c'est vraiment dans
cet esprit-là, là, que ça a été écrit, là. Puis il ne faut pas oublier que
c'est des prestataires de services qui... puis les programmes fournis déjà par
Santé Québec.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que ça va, M. le député?
M. Cliche-Rivard : Bien, tu
sais, je ne tiens pas mordicus à cet élément-là, mais, pour moi, ça ne demeure
pas si clair dans le sens où, tu sais, ce que vous fournissez comme
autorisation, vous fournissez des conditions, puis ces conditions-là doivent
incomber à l'organisme, puis, dans les faits, s'ils ne respectent pas les
conditions, bien, on va le voir tantôt, il y a des retraits d'autorisation, tu
sais. Ça fait que, là, vous émettez les conditions, puis, dans le commentaire,
vous dites aussi : Le présent
article permet au ministre de la Santé
d'imposer des conditions qui incomberaient au titulaire. Ça fait que moi, ma
compréhension, c'est que les conditions qui sont à 667.9 doivent incomber au
titulaire, alors qu'à 669.1, je ne sais pas trop qu'est-ce que le titulaire
peut avoir à faire ou dire ou comprendre de cette affaire-là.
Mme Bélanger : ...c'est sur
son terrain. Puis le ministre, dans le fond, ce qu'on dit là-dedans «peut
assortir l'autorisation qu'il accorde des conditions qu'il juge appropriées en
lien avec les trois éléments puis en lien avec la continuité de services»,
bien, je pense que c'est dans cette volonté-là. Est-ce que, Dre Quach,
vous voulez intervenir, peut-être? Oui?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, docteure.
Mme Quach-Thanh (Caroline) :
Oui, tout à fait. En fait, ce qu'on me souffle à l'oreille, c'est que, ce qu'on
veut, c'est vraiment assurer un réel maillage entre le SCS et les autres
services, pas juste pour ne pas qu'il fasse cavalier seul, mais c'est juste
pour être capable de l'orienter un peu. Par exemple, fournir des informations
puis des liens... des références aux personnes qui fréquentent le SCS. C'est
vraiment pour cette continuité de service là.
M. Cliche-Rivard : ...comme
une référence avec une IPS ou comme une référence avec...
Mme Quach-Thanh (Caroline) : Oui,
ce qu'il serait nécessaire.
M. Cliche-Rivard : ...toxico,
détox.
Mme Quach-Thanh (Caroline) : Juste
pour pas que le SCS soit tout seul sans le reste des services qu'on a essayé
d'intégrer, la demande initiale.
M. Cliche-Rivard : L'autre
élément, c'était la question des inconvénients normaux du voisinage, là, ça,
c'est le troisième point, qui a été quand même pas mal discuté, un petit peu en
termes de définition notamment, là, de ce que ça voulait dire exactement, les
inconvénients normaux du voisinage. Est-ce qu'il y a eu de la réflexion de
votre part? Il y a des groupes qui demandaient peut-être une définition, il y a
peut-être... Tu sais, on s'entend qu'il n'y a rien nécessairement de normal,
entre guillemets, dans la vie d'un quartier en lien avec un site de
consommation supervisée, mais que ça fait
partie de la réalité d'aujourd'hui.
Ça fait que j'imagine que vous l'avez peut-être réfléchi, peut-être que
l'équipe légale y a réfléchi, c'est revenu quand même plusieurs fois dans les
consultations particulières.
Mme Bélanger : Je ne sais
pas, Me Bérubé, si vous voulez intervenir là-dessus, là, mais, tu sais, les
inconvénients normaux de voisinage, on parle de bruit, on parle de nuisances
publiques, des inconvénients normaux. Là. J'avoue que c'est...
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Merci, M. le Président. L'idée ici, derrière le sujet sur lesquelles pourraient
porter les mesures en matière d'inconvénients normaux, c'est un concept
juridique qui existe déjà, là, au Code civil, qui est prévu à 976 de ce
code-là. Autrement dit, que les voisins doivent accepter les inconvénients
anormaux du voisinage... du voisinage, pardon, qui n'excède pas les limites de
la tolérance qu'ils se doivent sur la nature ou la situation de leur... ou
souvent les usages locaux. Autrement dit, ça renvoie à l'idée que tout
propriétaire au Québec doit tolérer ce qui est tolérable. Évidemment, il y a
une volumineuse jurisprudence dans tout cet article-là puis je pense que ça ne
sert à rien d'énumérer tous les cas, là, mais il y a des...
M. Bérubé (Mathieu) : ...la
jurisprudence en matière de bruit, il y a la jurisprudence en matière
d'activités quelconques, mais je veux dire, ça renvoie en fait à l'idée que
tout propriétaire d'un lieu se doit d'accepter les inconvénients normaux et non
deux qui sont anormaux, là.
• (15 h 20) •
M. Cliche-Rivard : Là,
on a eu des discussions sur la responsabilité de l'organisme à l'intérieur de
son local, dans son local, dans le plan d'action. Là, on intègre un vocable de
voisinage, là, à ce stade-ci, alors que c'est un vocable qu'il me semble on
devrait plutôt davantage voir au niveau de la cohabitation. Est-ce que, là,
dans la réflexion de ce que vous avez eu ensemble, suivant les deux termes
qu'on a développés ensemble, le plan d'action... cohab, il me semble que, là,
on est en train de basculer dans le cohab, là, parce qu'on parle de
tranquillité à l'extérieur du site, on parle d'inconvénients normaux du
voisinage. On est... On n'est pas nécessairement ou on n'est plus
nécessairement à l'intérieur du local ou son terrain. Puis si on l'est,
clarifions-le, parce que là, on est vraiment en train de dire les activités aux
services offerts dans le local, qu'elles soient intérieures ou extérieures,
n'excèdent pas les inconvénients normaux du voisinage. Ça fait que, là, tu
sais, clarifions. On est-tu encore en train de parler du terrain?
Mme Bélanger : Je pense
que oui. J'ai tendance à dire oui, parce que là, on est vraiment dans le plan
d'action et dans la responsabilité de l'organisme. Et oui, il pourrait y avoir
des activités, par exemple de la musique. J'essaie d'illustrer mon propos, là.
Donc, ils ont leurs propres responsabilités pour s'assurer de diminuer les
inconvénients à leur niveau. Mais je comprends qu'après ça il y a, dans le plan
de cohabitation, d'autres éléments qui pourraient être en lien avec ça, qui va
au-delà de la responsabilité de l'organisme, mais je pense que l'organisme
comme tel, parce que là, on est vraiment plus au niveau du plan d'action puis
de la responsabilité de l'organisme, effectivement, il y a une responsabilité
de s'assurer à leur niveau, sur leur terrain puis dans les locaux, vraiment...
Moi, je reviens toujours à ça. Je trouve que c'est ça, notre... qui est notre
balise. Naturellement, en dehors de ça, et bien là, c'est les autres partenaires
qui... qui pourraient avoir cette responsabilité-là, là...
M. Cliche-Rivard : Donc,
pour qu'on se comprenne bien, là, vous donnez l'exemple, puis c'est un bel
exemple, je pense, de la musique, là, tu sais, sur leur terrain précis. Et
mettons, il y a une cour arrière, là aussi, de contour. Puis là, bien, une
fête, là, ou je ne sais pas, moi, il y a de la musique très forte. Comme
n'importe quel autre responsable de son propre terrain, il serait sujet à une
poursuite ou à une plainte au sens d'inconvénients normaux du voisinage. Mais
pour tout ce qui découle puis qui dépasse, là, on est dans une discussion qu'on
aura à venir sur les... sur la cohab.
Mme Bélanger : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait que tant et aussi longtemps que ça reste sur le terrain...
Mme Bélanger : Ils ont
leurs propres responsabilités...
M. Cliche-Rivard : C'est
ça. Et là, quand vous dites la mise en place de toutes mesures visant à ce que
les activités de lien n'excèdent pas, donc, ça serait, genre, l'engagement du
nombre de... Le bruit, là, par exemple, n'importe quoi.
Mme Bélanger : Voilà.
M. Cliche-Rivard : Non,
mais je... Le bruit ou des lumières.
Mme Bélanger : Des
lumières, oui.
M. Cliche-Rivard : Donc,
vous n'êtes pas ouvert avec des «follow spots» 24-7 au point tel où le voisin,
il a le «follow spot» dans sa fenêtre puis il n'est pas content, là, par
exemple.
Mme Bélanger : Vous avez
tout à fait raison. J'ai hésité à prendre cet exemple-là d'ailleurs.
M. Cliche-Rivard : C'est
un exemple. Donc on est vraiment là en termes de conditions liées, encore une
fois, à leur local et à leur terrain.
Mme Bélanger : Oui.
M. Cliche-Rivard :
Tantôt, là, pour revenir sur le point précédent. Encore une fois, aussi, il y a
le point de pourquoi vous parliez, là, d'assurer une continuité de service,
mais il y a la question de l'autonomie aussi des groupes puis de ne pas leur
forcer nécessairement à la... contre leurs principes puis contre leur autonomie
des services. Ça a été réfléchi ça aussi, j'imagine. Tu sais, ils sont souvent
plutôt optimistes et contents de recevoir des services à l'intérieur, là,
surtout pour ceux que j'ai rencontrés, les soins médicaux pour les pieds, c'est
assez dramatiquement important pour les gens qui vivent dans la rue, là, notamment.
Mais il y a une... Il y a une volonté quand même assumée, Mme la ministre, de
ne pas imposer aux communautaires non plus des services, une trajectoire de
services. On a parlé de tout ça, de l'autonomie aussi, là.
Mme Bélanger : ...des
services, on le disait tantôt, là, ça doit... Leurs missions doivent s'inscrire
dans des trajectoires de services. Après ça, bien, il y a quand même toute
l'autonomie, toute l'autonomie des organismes communautaires, là, qui peuvent
décider eux autres mêmes de s'associer à différents autres partenaires. Ça peut
être des organismes aussi dans l'offre de soins et services. Ça fait que, oui,
tout à fait, là. C'est... C'est souhaitable...
M. Cliche-Rivard : Bien,
c'est...
Mme Bélanger : Et c'est
souhaitable. Oui.
M. Cliche-Rivard : Au
contraire, ceux que j'ai vus...
Mme Bélanger : C'est ça, exactement.
M. Cliche-Rivard :
...avaient la capacité, comme SPQ, d'ouvrir une clinique tout à fait avec des
soins médicaux dans le sous-sol.
Mme Bélanger : Tout à
fait.
M. Cliche-Rivard :
Dopamine aussi si je ne me trompe pas. Bref, les autres sont plutôt heureux,
là, d'avoir une IPS ou un soin médical...
M. Cliche-Rivard :
...ponctuelle, même chose à Benoît Labre, il y a une visite médicale par
semaine. Tu sais, ce genre d'affaires là. Encore une fois, comme on l'a dit, il
ne faut pas rien forcer, puis c'est de même que ça fonctionne, parce qu'eux
autres ils répondent aux besoins de leur clientèle de toute façon. Parfait!
Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Autres interventions? Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Quand on dit que « le ministre peut assortir l'autorisation
qu'il accorde des conditions qu'il juge appropriées », puis et on parle de
propreté, salubrité, sécurité. Si c'est le cas et que vous demandez ou... que
le site de... de consommation soit assorti sur certaines conditions, est-ce
qu'il y a un élément financier qui pourrait venir de la part du gouvernement?
Parce que, si on leur demande d'ajouter certains éléments, comme je dis, pour
la propreté, la salubrité, la sécurité, ça peut être des caméras, ça peut être
une brigade de propreté, quoi que ce soit, est-ce que... si vous l'exigez de
ces organismes, est-ce qu'il y a un soutien financier qui vient avec ces
demandes de la part de la ministre?
Mme Bélanger : Oui. Bien,
c'est une bonne question. Bien, effectivement, là, à partir du moment où
l'organisme décrit son plan, son plan clinique, définit quels sont... quelle
est la clientèle, quels sont les services qu'ils vont en faire, quelles sont
les ressources humaines, matérielles, financières. Habituellement, dans
l'allocation des programmes, il y a toujours une composante ressources humaines
clinique, mais il y a une composante aussi administrative dans laquelle on
retrouve les éléments de salubrité, sécurité, administration... bien, sécurité,
aussi, parce que dans certains cas, ça pourrait être de mettre un agent aussi.
Ça peut arriver dans certaines situations. Je ne dis pas que c'est ça, la
pratique, mais ça pourrait arriver dans certains cas.
Alors, dans le fond, tout ça va être
défini au moment où l'organisme va définir son plan et va faire sa demande.
Puis après ça, bien là, naturellement, c'est les arbitrages, là, avec...
Mme Prass : Mais on...
Mme Bélanger : Mais, de
toute... tu sais, vous...
Mme Prass : ...
Mme Bélanger : C'est... pour
moi, là, c'est... on n'est pas dans le superflu, là, on est dans ce qui est
attendu qu'on finance habituellement dans un programme, qui est un programme,
là, qui est prioritaire pour les services de santé, on parle de propreté,
salubrité, de sécurité. Ça fait que, donc, c'est... et donc tout ce qui peut
venir avec ça, là.
Mme Prass : Donc, si jamais,
suite au dépôt du plan, il y a des éléments que vous demandez qui soient
ajoutés pour la propreté, la salubrité, la sécurité, il y aurait possibilité
qu'il y ait une aide financière qui vient également pour appuyer cette demande
que vous faites auprès d'eux.
Mme Bélanger : Oui. Puis ça se
fait par entente, je veux dire, par discussion. Puis je peux vous donner un
exemple. Je l'ai vécu en 2017, un des organismes avait besoin qu'on fasse des
travaux mineurs de rénovation, justement parce qu'il n'y avait pas de salle
individuelle. Un autre organisme avait besoin qu'on fasse une porte extérieure
en lien avec le code des bâtiments. Alors, c'est des exemples, et donc
naturellement les demandes sont faites, puis c'est évalué. Puis il y a des
règles, des standards à respecter là-dedans. Mais habituellement, là, on n'est
pas dans du superflu, là, on est vraiment dans le respect des règles.
Mme Prass : Il faut juste
s'assurer que les organismes ont le financement pour faire ce qui est demandé
du gouvernement. Pour retourner au point de mon collègue, à propos des
inconvénients normaux du voisinage, c'est comment que vous allez prendre acte
qu'il y a un enjeu? Par exemple, est-ce que... parce que là il n'y a pas de
mécanisme de plainte, donc est-ce que c'est une personne qui appelle la police
puis dit : Il y a trop de bruit qui sort? Est-ce que c'est une plainte
qu'ils vont faire directement à l'organisme? Comment est-ce que la ministre, le
ministre vont être... vous allez être au courant d'une situation de plainte
dans le contexte d'un inconvénient normaux du voisinage.
Mme Bélanger : Bien, en fait,
le ministre ne devrait pas à être au courant au jour le jour des plaintes qui
pourraient survenir. Ce qu'on demande dans le plan d'action, c'est que
l'organisme identifie dans le fond, parce que, là, on est dans le plan,
identifie comment il va justement mettre soit des mesures préventives ou pour
être... répondre aux besoins qui pourraient survenir. Ça peut être de la part
de la clientèle, ça peut venir de la part du voisinage, mais ça peut être aussi
des autres partenaires. Ça fait que, donc... qui seraient situés, par
exemple... parce que, là, on parle de voisinage, là, qui seraient situés à
proximité des locaux. Ça fait que, là, c'est à l'organisme à prendre les
mesures pour essayer de rétablir la situation. Pour ce qui concerne son terrain
puis sa bâtisse, là, on est là-dedans.
Mme Prass : Puis je vous donne
un exemple où j'ai rencontré des parents, des citoyens à côté de... qui nous
ont dit qu'ils ont une cour arrière, et des fois c'est très bruyant le soir et
ils font des plaintes et rien n'arrive...
Mme Prass : ...Donc, si cette
mesure veut être applicable, quel est le mécanisme selon lequel on va savoir
qu'il y a un inconvénient normal du voisinage? Est-ce que... Comme j'ai dit, il
n'y a pas de mécanisme de plainte, donc c'est si... Je pense que la majorité
des organismes sont de bonne foi, mais il y a des situations où ils vont
dire : Non, moi, je ne suis pas d'accord avec la plainte du citoyen, ça
fait qu'on va continuer à fonctionner de la même façon. Quel est l'élément qui
fait en sorte que ceux... cet...
Mme Bélanger : ...en fait...
bien, la question est bonne, puis c'est important justement, là, qu'il y ait un
processus pour les plaintes, mais je vais demander à Me Bérubé d'intervenir.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y.
• (15 h 30) •
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. Là, actuellement, au projet de loi, il n'y a pas de mécanisme
comme tel, mais tout citoyen peut évidemment former... formuler n'importe
quelle plainte à un ministre, là. Tu sais, ce n'est pas... il n'y a rien qui
l'empêche, autrement dit. Mais ce n'est pas... comment je pourrais dire, ce
n'est pas le fait de respecter... Évidemment... Autrement dit, le fait, comment
je pourrais dire, de créer des inconvénients normaux, évidemment, là, ça, ça ne
dérange pas personne, là, si tout le monde est d'accord sur le fait que c'est
normal. Si la personne fait une plainte au... à la ministre, par exemple, pour
dire : Ça, ça m'apparaît très anormal, il y aura la possibilité, comme on
va le voir plus loin, à 667.12, d'imposer des conditions supplémentaires en
cours de validité d'autorisation qui doivent toujours respecter ces sujets-là
qui sont prévus à 667.9. Ce qui peut mener à la révocation de l'autorisation,
c'est vraiment le non-respect des mesures. Ce n'est pas nécessairement le fait
de créer des inconvénients qui sont anormaux. Ça, il y a d'autres recours
judiciaires qui existent pour les citoyens s'ils veulent s'en plaindre, là.
Mme Prass : Oui, puis je ne
parle pas de retirer l'autorisation, mais, encore une fois, s'il y a des
éléments apportés que l'organisme doit faire certains changements, justement,
pour ne pas aller au-delà des inconvénients normaux, comment est-ce que soit
Santé Québec, le CIUSSS, le gouvernement va être mis au courant du fait que
cette situation existe?
Mme Bélanger : ...À partir du
moment... bien, en fait, ce n'est pas à un ministre de gérer toutes les
plaintes, là, naturellement, mais à partir du moment où un citoyen ferait une
plainte, mettons, dans cet exemple-là où il y a du bruit dans la cour, bon, et
que cela n'a pas été traité puis que j'aurai une correspondance d'un citoyen,
bien, la première chose que je ferais aujourd'hui, au-delà du fait qu'on ait
adopté cet article-là ou non, en fait, je demanderais à un état de situation.
C'est comme ça qu'on fonctionne, vous comprenez? Puis... Et là, bien, selon
l'état de situation, il y a un... il faut enclencher un processus de remédier à
la situation, là. Donc, il ne faut pas oublier que Santé Québec est quand
même... je veux dire, il faut être responsable. Tantôt on va en parler, là, il
va y avoir une responsabilité au niveau du plan de cohabitation. Ça fait qu'on
est là-dedans aussi, là. Ça fait que, tu sais, il ne faut quand même pas oublier
ça, là, parce que, oui, comme ministre, on en reçoit, là, des événements, et
tout ça, puis on demande un suivi habituellement, mais on ramène la
responsabilité là où elle doit être établie, là.
Mme Prass : Oui, mais je
reviens à...
Mme Bélanger : On ne
passerait pas directement. Comme ministre, je ne passerais pas directement par
l'organisme. C'est ça que je veux vous dire, dans le fond. Ça fait que je
passerais par Santé Québec, de dire : Bien là, regardez ça avec soit
vos... avec vos directions concernées et partenaires. Alors... Donc, c'est ce
que je ferais puis je m'attendrais à avoir une résolution de la situation, là.
Mme Prass : Donc, pour les
citoyens qui vivent des inconvénients au-delà du normal du voisinage, quel
devrait être leur processus pour aviser Santé Québec ou les instances
responsables que ça existe?
Mme Bélanger : Bien, je pense
qu'on pourrait peut-être le reprendre dans le comité de cohabitation parce que,
là, on est dans l'autorisation du ministre par rapport au plan, alors... Puis
il faut quand même être réaliste, là. Je le répète, ce n'est pas à un ministre
de mettre en place un processus de gestion de plaintes et de s'assurer qu'il
soit en place et de répondre lui-même à certaines situations. Dans le fond,
ici, on parle de mesures... On doit s'assurer qu'il y a des mesures, des
activités qui sont offertes qui n'excédent pas les inconvénients normaux du voisinage.
Parce que, là, on a glissé sur : Oui, mais là s'il y a une plainte? Ce
n'est pas ça, l'objet, là. Là, on parlait plus de mesures mises en place pour
le bon voisinage, là. Alors, c'est juste... parce que, là, on a comme... on
discute d'un processus de plainte qui n'est pas en fait lié à ça du tout, là.
Mais votre question est pertinente, mais peut-être qu'on pourrait le prendre
d'un petit peu plus tard.
Le Président (M. Provençal)
: Avant de céder justement la parole au
député de Saint-Henri Sainte-Anne, vous savez, Mme la ministre, depuis ce
matin, elle parle d'un amendement où on va amener la notion du...
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15 h 30 (version non révisé
e) Le Président (M. Provençal)
: ...du plan de cohabitation. Alors, je vous suggère qu'on
termine de traiter cet article-là. Puis, avec votre consentement, on pourrait
traiter l'amendement de Mme la ministre, qui va peut-être clarifier certains
points avec votre consentement. Ça va? Mais, ceci étant dit, vous aviez demandé
la parole pour une intervention sur le 667.9, M. le député.
M. Cliche-Rivard : C'est une
très bonne idée, M. le Président. Effectivement, ça va nous permettre de
rétablir des choses, puis je pense que c'est aussi prévu avant, c'est dans les
articles antérieurs. Ça fait qu'on va avoir une meilleure idée d'où est ce qu'on
se situe avec les modifications.
Le Président (M. Provençal)
: ...de référence.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Avec
ce qui était discuté, tu sais, quand même, quand on lit le troisième point, c'est
la mise en place de mesures visant à ce que les activités liées aux services
offerts, ça fait qu'il faut quand même que ça ait un lien avec les activités qu'opère
le site. Bon, ils peuvent avoir quand même avoir des activités sociales, là, on
s'entend, mais ce n'est pas tout et n'importe quoi, il faut que ça ait un lien
directement avec les organismes, ce que l'organisme dispense comme activités, ça
fait, quand même, circonscrire cet élément-là.
Et puis, évidemment, comme Me Bérubé, vous
l'expliquez, ça concerne leur responsabilité individuelle sur leur territoire,
sur leur terrain, mais, puis là, ça, on le verra dans le plan de... mais,
malheureusement, s'il y a du matériel de consommation qui est déposé à 100 mètres
de là, bien là, on n'est pas dans ces éléments-là, là on est plutôt dans le
plan de cohabitation, puis on en parlera à ce moment-là. Pour moi, on reste
encore dans le niveau du plan d'action qui concerne l'organisme à l'intérieur
de son local puis de son immeuble. Pour ce qui est de la plainte, on y
reviendra, là, mais, tu sais, il y a certainement un lien avec le comité de bon
voisinage qui lui s'en... on y reviendra. Moi, on m'explique aussi que le Commissaire
aux plaintes des CISSS et des CIUSSS a une responsabilité aussi de recevoir des
plaintes liées à des organismes qui sont en collaboration avec vous.
Mme Bélanger : ...tantôt, c'est
un élément que je voulais m'assurer de vérifier, les commissaires aux plaintes,
en fait, sont prévus dans la loi. Elles sont présentes au sein des
établissements. Puis elles ont aussi une responsabilité de recevoir des
plaintes de certaines catégories d'organisme. Je veux juste m'assurer que les
organismes qui oeuvrent au niveau, là, des sites de consommation supervisée
sont visés par le recours des établissements aux commissaires aux plaintes.
Parce que les commissaires aux plaintes, dans le fond, au début, quand ça a été
mis en place, c'était vraiment au sein de l'établissement, après ça, on a
étendu ça à l'ensemble du territoire, de réseau local de services, mais pour
certaines... pour certains organismes.
M. Cliche-Rivard : Exactement,
puis c'est ce que... c'est ce que je pense qui est déjà en place, mais vous nous
le reconfirmerez. Donc, moi, M. le Président, ça va pour cet article-là. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: ...est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, je vous... avec votre consentement, je vous propose de
traiter à moins... À moins que vous donniez un avis contraire, Mme la ministre,
on pourrait traiter de l'amendement qui introduit l'article 667.5.1 dans l'article 1
et qui va parler notamment du plan de cohabitation. Alors, consentement? Et on
va profiter de votre amendement à l'écran parce qu'on introduit maintenant un
nouvel article.
Mme Bélanger : Alors donc, vous
avez reçu cet amendement-là aux... il y a environ deux heures, deux heures et
demie, cet après-midi, sur Greffier.
Alors, maintenant, on y va. Donc, insérer,
après l'article 667.5 de la
Loi sur la gouvernance du système de santé et
des services sociaux, proposé par l'article 1 du projet de loi, le suivant :
«667.5.1. Santé Québec produit, en
collaboration avec le demandeur, la municipalité sur le territoire de laquelle
se situe le local visé par la demande, le corps de police qui a compétence sur
ce territoire et tout autre partenaire de santé Québec identifie, un plan de
cohabitation qui vise notamment à définir les rôles et responsabilités de
chacun afin d'assurer la propreté, la salubrité et la sécurité à l'intérieur du
local, sur le terrain de l'immeuble dans lequel il est situé et dans les
environs de celui-ci.
«Le plan doit prévoir la mise en place d'un
mécanisme favorisant la participation citoyenne, afin notamment de connaître
les préoccupations de la population liées à l'offre de services de consommation
supervisée...
Mme Bélanger : ...Santé Québec
transmet ce plan au ministre et coordonne les actions requises pour son
application.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, si vous pouvez monter pour le commentaire.
S'il vous plaît.
Mme Bélanger : S'il vous
plaît.
Le Président (M. Provençal)
: Merci.
Mme Bélanger : Alors,
l'amendement vise à obliger Santé Québec à produire un plan de cohabitation
visant à définir les rôles et les responsabilités du demandeur d'autorisation,
de la municipalité, du corps de police et de tout autre partenaire identifié
par Santé Québec.
Le plan doit inclure un mécanisme
favorisant la participation citoyenne et doit être transmis au ministre. Santé
Québec doit coordonner les actions requises pour l'application du plan.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme la ministre.
Alors, Mme la députée de D'Arcy-McGee, pour une première intervention sur cet
amendement.
Mme Prass : ...Président.
Quand vous parlez d'environ, quelle est la définition... Par exemple... Bien
non, c'est ça, je vais vous laisser répondre avant de vous donner l' exemple.
Mme Bélanger : En fait, donc,
simplement mentionner l'objectif, ici... Vous savez, depuis le début de nos
travaux, on a parlé beaucoup du plan d'action, de la responsabilité de
l'organisme, puis on a fait référence souvent à un plan de cohabitation. Puis,
au début, dans nos discussions, là, ça s'entremêlait. On a voulu vraiment faire
une distinction entre les deux. Alors, ici, on arrive davantage avec la
responsabilité de Santé Québec, qui doit produire ce plan, mais avec les
acteurs concernés, vous voyez bien. Donc, chaque acteur a sa propre
responsabilité, OK? Donc, l'organisme, bien sûr, mais la municipalité, les
services de police, etc., et autres partenaires. Donc, c'est un plan
d'ensemble. Donc, c'est un plan qui doit être produit, et ce plan vise vraiment
le volet... On en a parlé beaucoup, là, entre autres, la propreté, la
salubrité, la sécurité à l'intérieur du terrain et l'immeuble. Ça, ça va, donc,
ce sera une portion du plan du partenaire qui se retrouvera dans ce plan-là,
mais, en plus, en déborde du terrain et du local pour ajouter la notion des
environs de celui-ci. Alors, c'est vraiment cet élément-là, puis on ajoute la
dimension de la participation citoyenne.
Mme Prass : ...environ, ça
représente un certain périmètre, ça représente... C'est ça, on essaie d'avoir
une idée de ce que ça peut représenter, parce qu'encore une fois c'est ouvert à
interprétation.
Mme Bélanger : Bien, c'est
difficile pour moi, là, de vous donner une définition précise de «les
environs», là, puis je ne veux pas faire référence, cette fois-ci, aux 150
mètres, mais c'est les environs. Je ne sais pas si du côté de Me Bérubé... vous
pouvez compléter. Pour moi, ça me semble assez clair, là.
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé, vous avez une précision.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
merci M. le... le Président, pardon. Effectivement, les environs, non, il n'y a
pas de définition, là, tout va dépendre, là, des différents partenaires qui
vont s'asseoir et s'entendre, là, au niveau du plan de cohabitation, mais il
n'y a pas de... Évidemment, tu sais, je pense qu'ils vont probablement
s'inspirer de ce que prévoit la loi, tu sais, autrement dit, le voisinage est
défini comme étant le terrain pus une bande contiguë de 150 mètres. Les
environs, peut-être qu'ils vont dire que ça vaut, je ne sais pas, moi, 200, 250
mètres, peu importe, mais dans la mesure où ils auront identifié ce qu'ils
entendent par «les environs», là.
Mme Prass : ...différents
partenaires ont différentes perspectives de ce que représentent «environs».
C'est qui qui va juger?
Mme Bélanger : ...travail de
collaboration, vous savez. On ne demandera pas aux services de police
d'identifier c'est quoi, les environs du périmètre précis. Chacun a sa
responsabilité. Par exemple, un arrondissement, sa notion d'environnement
immédiat, bien, ça fait référence autour des services à une dimension qui est
peut-être un peu plus élargie. Le service de police va travailler d'une autre
façon.
Ça devient compliqué d'essayer
d'identifier c'est quoi, les environs. Les environs, pour moi, c'est clair que
tout ce qui est autour du 150 mètres... puis on ne l'a pas mis là, mais ça,
pour moi, c'est les environs, c'est là où on ne peut pas construire et
installer un site, mais les environs pourraient déborder de ça, là, ça peut
aller dans un coin de rue, ça dépend dans quel contexte on va être.
Mme Prass : ...par exemple,
il y a un site de consommation qui est sur une rue commerciale. Disons, en
coin... à la coin... au coin de cette rue-là, il y a un petit parc, est-ce que
le parc ferait
partie des environs?
Mme Bélanger : Bien, chaque
cas devra être évalué. Ça dépend. Ça dépend de la distance entre le parc puis
le site de consommation. Ça dépend des trajectoires habituelles des piétons. Il
y a plusieurs éléments à considérer, là...
Mme Prass : ...un petit peu
parce que...
Mme Bélanger : Mais... Mais
je ne peux pas... tu sais, on ne pourra pas écrire dans le projet de loi que
«tout parc qui serait à côté d'un site», tu sais. Parce que je reprends votre
exemple, là. Il faut rester quand même... Il faut laisser les gens, ils ont
leur expertise, leur expérience, identifier, dans leur plan, c'est quoi pour
eux qu'ils considèrent que... ou sur lequel ils devront intervenir. Je pense
que ce serait très compliqué pour nous, il n'y a pas un site de consommation
supervisée qui va être placé exactement à la même place au Québec, il n'y a pas
une ville qui est tout à fait organisée de la même façon. Ça fait que d'aller
mettre des balises à ce niveau-là, ça va être extrêmement compliqué et ce ne
sera pas réaliste dans l'application. Ça fait que, si, dans le fond, on est dans
une... une dimension de partenariat, les partenaires ont... leur expertise, les
services de police, ils savent ce qu'ils font, les municipalités savent ce
qu'ils font. Le partenaire fait son propre plan. Lui, il sait, là, c'est quoi,
son périmètre. Puis, après ça, ça va être d'identifier ensemble. Puis je... je
vous rappelle qu'il va y avoir des acteurs clés de la santé publique, par
exemple, d'autres experts. Ils vont faire leur plan sans moi. C'est ce que je
m'attends comme ministre. Je n'ai pas besoin de préciser davantage. Je... Je
trouve que c'est des gens intelligents autour de la table qui ont une expertise
puis une responsabilité quand même importantes, ils sont capables tout à fait
d'identifier un plan d'action ensemble.
Mme Prass : Puis c'est qui
qui tranche? Comme j'ai dit, si les forces de l'ordre, la municipalité, ils ne
s'entendent pas, ils ont des... des idées différentes de ce que ça représente,
c'est Santé Québec à la fin de la journée qui va trancher?
Mme Bélanger : Bien... bien,
écoutez, pas tout à fait. C'est une bonne question. Parce que, vous savez, les
services de police habituellement relèvent des municipalités. Leur supérieur
immédiat, ce n'est pas Santé Québec. Santé Québec produit en collaboration avec
tous ces partenaires-là, puis là, la... la responsabilité de coordonner la...
la concertation, mais elle ne devient pas le supérieur immédiat du service de
police, là. Je ne voudrais pas qu'aujourd'hui les services de police pensent
que Santé Québec va être, là, le... va avoir une autorité sur eux. Mais ils ont
leur propre expertise de santé, de sécurité, de santé publique. Alors, c'est un
travail de collaboration. C'est écrit d'ailleurs dès... d'entrée de jeu, là.
Mme Prass : Oui, mais on peut
collaborer, mais ne pas être d'accord... toujours d'accord.
Mme Bélanger : Ça, c'est
possible, puis... Oui.
Mme Prass : Donc, c'est ça.
Moi, j'essaie juste de déterminer, avec différents points de vue ou différences
d'opinions, sur ce que ça peut vouloir dire, environ, dans un certain projet,
c'est qui... c'est qui, à la fin de ce processus-là, qui va décider que...
qu'est-ce que représente environ, pour ce projet... pour un tel projet...
Mme Bélanger : Je... Je
reviens, ça va être les partenaires. C'est des gens intelligents. C'est des
instances formelles qui existent au Québec, on leur demande de faire un plan
d'action, c'est eux qui vont définir. Ce n'est pas le ministre qui va définir
c'est quoi, les environs pour chacun des sites de consommation supervisée qui
vont lui être produits. Dans le fond, ce qu'on s'attend, c'est que ces
partenaires se mobilisent et définissent leur plan ensemble. Alors... Et ce
serait même, je dirais, contre-productif qu'un ministre, bien, gère les
services de police puis commence à identifier les mesures précises. Ce n'est
pas ça, l'objectif. C'est vraiment le partenariat, dans le... dans le respect
des responsabilités des partenaires, là. Ça fait que... Puis je... je le lis en
même temps, là, pendant que je vous parle, mais honnêtement, pour moi, c'est...
c'est très, très clair, là, le libellé qui est là. Puis n'oublions pas, là,
que le rôle ici, là, c'est de ramener la responsabilité à Santé Québec. C'est
ça, l'esprit, là, de cet article-là. C'est qu'est-ce que Santé Québec doit
faire. Alors, je pense qu'on a pas mal de matériel là-dedans. Donc, voilà.
Mme Prass : Bien, je reviens
avec l'exemple. Si le demandeur...
Le Président (M. Provençal)
: ...c'est parce qu'à ma lecture on
parle d'une collaboration avec le demandeur. Donc, le demandeur va... il va
avoir besoin de collaborateurs, il va utiliser les forces du milieu. Si on
parle... Dans ça, on parle entre autres de l'aspect du corps de police. S'il y
a quelqu'un qui connaît bien le terrain, normalement, c'est les corps de police
qui connaissent très bien le secteur. Souvent, au niveau municipal, les
municipalités tiennent en... un registre des différentes plaintes qui peuvent
être formulées en cours d'année sur les... sur leur territoire, donc ils ont
déjà des éléments pour pouvoir, selon moi, établir ce plan de... de
cohabitation là. Moi, c'est... c'est la façon dont je le percevais. Puis ce
n'est pas pour vous in