Institutions — 17 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CI 2016-05-17

Quebec — Committees

Institutions — 17 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CI 2016-05-17

Quebec — Committees

(Dix

heures treize minutes)

Président (M. Marceau) :

Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de

la Commission des institutions ouverte. Je demande à toutes les personnes dans

la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils

électroniques.

la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 64,

la

Loi sur l'immatriculation des armes à feu.

M. le secrétaire, y

a-t-il des remplacements?

Le Secrétaire :

Oui, M. le Président. Mme Montpetit (Crémazie) est remplacée par M. Bolduc

(Mégantic); Mme Hivon (Joliette) est

remplacée par M. Roy (Bonaventure); M. Leclair (Beauharnois) est remplacé par M. Bergeron (Verchères);

et Mme Roy (Montarville) est remplacée par M. Spénard (Beauce-Nord).

Président (M. Marceau) : Très bien,

merci. Alors, lors de l'ajournement de nos travaux le jeudi

12 mai 2016, nous

discutions d'un amendement proposé par le député de Verchères

et introduisant l'article 2.2. Alors, je vais le relire et puis

après je vous donnerai la parole, M. le député de Verchères. Alors, l'amendement

se lit comme suit :

Le projet de loi est

modifié par l'ajout, à la suite de l'article 2, de l'article

suivant :

«2.2.

L'entreprise d'armes à feu ou le cédant d'une arme à feu doit,

avant d'en transférer la propriété, s'assurer que le cessionnaire est effectivement

titulaire d'un permis l'autorisant à acquérir et à posséder une telle arme à

feu.»

Voilà où nous en

étions. M. le député de Verchères.

Bergeron : Merci, M. le Président. Je suis de ceux qui pensent qu'il n'y a rien de tel que de se parler

pour se comprendre, et disons qu'on

s'est parlé beaucoup la semaine dernière, puis on a poursuivi la

discussion un peu plus tôt ce matin de

façon informelle. Et, bien que, je le

précise d'emblée, M. le Président, j'aie toujours des doutes, personnellement, quant aux réserves... quant aux

appréhensions qu'entretient toujours le ministre à l'égard du fait que l'introduction d'un amendement dans le corps de la

loi pourrait affaiblir — parce que c'est le terme qu'on avait utilisé la semaine dernière, «affaiblir» — l'ensemble, alors bien que j'aie toujours

des doutes quant à ces réserves et ces inquiétudes de la part du ministre, je comprends et conçois

qu'il veuille — ça, je

l'avais bien compris la semaine dernière, là — procéder autrement pour parvenir au même résultat. Encore une fois, là-dessus,

j'ai des doutes quant à la solidité de l'avenue que nous propose le

ministre.

Ceci

dit, on ne peut pas indéfiniment retarder l'adoption de l'ensemble sur la base

de ce désaccord manifeste. Et, si d'aventure

l'objectif que nous poursuivons est le même, malgré les réserves que moi, je

puisse avoir, bien, je crois qu'il faut finalement en arriver à la conclusion qu'il nous faut bouger. Je

regrette, je le réitère, M. le Président, je regrette que nous en soyons

là aujourd'hui, mais, une fois les regrets exprimés, bien, on peut... On peut

pleurer indéfiniment sur le lait renversé, mais ça ne nous avance guère, et,

une chose est certaine, nous devons avancer, justement.

Alors,

deux questions : une que j'ai déjà eu l'occasion de poser au ministre et

que je lui réitère aujourd'hui, et une autre

à laquelle, j'imagine, il aura l'occasion publiquement d'apporter une

précision. La première. J'apprécie que le ministre veuille consulter les formations politiques

d'opposition quant à la rédaction initiale d'un règlement. Ma préoccupation

est ce qui arrive après la prépublication.

Sur la base des commentaires qui auront été formulés au terme de la

consultation, le gouvernement

apportera ou n'apportera pas des modifications au projet de règlement. Est-ce

qu'il y a une ouverture de la part du ministre à ce qu'on puisse se

reparler... à ce qu'on puisse se reparler...

Le Président (M.

Marceau) : Vous allez venir avec votre deuxième question après?

Bergeron :

...qu'on puisse se reparler...

Le Président (M.

Marceau) : Ah! excusez-moi.

Bergeron : ...si d'aventure le gouvernement décidait d'apporter

des modifications au projet de règlement après la prépublication?

Première question.

deuxième question. Actuellement, il n'y a pas d'article habilitant, dans la

loi, nous amenant à un projet de règlement

sur la question de la vérification de la détention du permis de possession et

d'acquisition d'armes à feu. J'aimerais connaître les intentions du

ministre, pour le bénéfice des collègues et de la foule en délire qui nous

écoute, j'aimerais connaître les intentions du ministre à cet égard.

Le Président (M. Marceau) : ...M. le

député de Verchères. Questions très claires. M. le ministre.

M. Coiteux : Je vais

commencer peut-être par la deuxième question. Alors, j'ai l'intention, quand on

va poursuivre nos travaux, au moment

où on arrivera à l'article 7, de déposer un amendement qui va faire

explicitement référence à un règlement

qui va préciser les conditions de transfert. Et donc les conditions de transfert

vont être indiquées, comme la... La nécessité d'un règlement prévoyant les

conditions de transfert va être dans le corps de la loi, en ce sens, si on

adopte un tel amendement. Donc, là-dessus, il y aura un lien qui va être fait

entre le règlement et la nécessité de préciser les conditions de transfert.

Maintenant,

concernant la première question, je réitère que mon intention, c'est de trouver

un chemin pour parvenir aux mêmes

fins que celles qui animent le député de Verchères par le dépôt du premier amendement

puis du deuxième amendement. Et

certainement que je vais consulter en préconsultation. Il est vrai que, par la

suite, il peut y avoir différents commentaires.

Je pourrai revenir sur les conditions générales auprès des mêmes personnes que

j'ai consultées. Ça ne sera pas nécessairement le même exercice de

consultation, mais je serai là pour donner les orientations générales.

Le Président (M.

Marceau) : Très bien. Merci. Est-ce que ça va pour tout le monde? Oui.

M. le député de Beauce-Nord.

Spénard : Oui. Bien, merci, M. le Président. Évidemment,

cette consultation-là, avec les règlements à apporter, on l'avait demandée la semaine dernière, parce

qu'on s'aperçoit qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'articles qui

sont constitués par les règlements à venir.

Maintenant, votre

réponse, M. le ministre, suite à la question de mon collègue de Verchères,

votre réponse sur va-t-il être

possible, suite à la prépublication des règlements, de modifier ces

règlements-là par amendement, est-ce que ça, ça a été... Est-ce que vous

me dites oui là-dessus?

Le Président (M.

Marceau) : M. le ministre.

Coiteux : Je ne suis pas tout à fait certain de comprendre. Modifier

les règlements par amendement à la loi?

Spénard : Par amendement aux règlements. Est-ce qu'on va

pouvoir les modifier, les règlements, si on s'aperçoit... Parce qu'il y a beaucoup de règlements à venir dans ce

projet de loi là. Alors, moi, ma question, c'est que, lorsque vous allez sortir la prépublication des

règlements, et vous dites que vous allez consulter vos collègues là-dessus,

les collègues qui sont ici, à la commission parlementaire sur le projet d'immatriculation des armes à feu, est-ce que

ça va être possible de modifier certains règlements ou de discuter de

certains règlements dans l'espoir d'apporter une modification à ces règlements-là?

Le Président (M.

Marceau) : Je... donner la parole à M. le ministre. Allez-y.

Coiteux : Oui. Bien, j'ai

dit que je m'engageais à une consultation formelle au niveau de la prépublication et qu'après, suite à tout cela, je reviendrais

auprès de mes collègues pour préciser les grandes orientations. Je ne veux pas refaire le

même type de consultation, mais je n'ai pas l'intention de vous tenir non

informés des suites. Alors, dans ce

sens-là, je vais certainement vous revenir.

Le Président (M.

Marceau) : Est-ce que ça va pour...

Spénard :

Merci.

Le Président (M.

Marceau) : Ça va pour tout le monde?

Spénard :

Ça me va.

Président (M. Marceau) : Ça va, M. le député de Beauce-Nord, oui? M. le

député de Verchères,

peut-être juste pour être au

clair, est-ce que vous voulez que nous votions sur votre amendement?

Bergeron :

Avec votre permission et celle des collègues, je retirerais l'amendement, M.

le Président.

Président (M. Marceau) : Très bien.

Alors, ça me prend le consentement de tous les collègues. Ça va du

côté gouvernemental? M. le député de Beauce-Nord, c'est bon? Alors, l'amendement

est retiré.

revient donc à l'étude de l'article 2... le 3, pardon. Bien, je suis prêt à vous

entendre. Alors, M. le ministre.

Coiteux : ...à l'article 3?

Juste un instant, je veux juste vérifier si je n'ai pas un amendement.

J'ai un amendement au 3, mais

je commence par l'article lui-même, je crois, non? Quelle est la meilleure...

Président (M. Marceau) : Effectivement, vous avez distribué un amendement à la commission. Mais là, quant à la...

M. Coiteux :

Oui. Donc, je commence par l'article.

Le Président (M. Marceau) : C'est ça.

M. Coiteux : D'accord. Alors, l'article 3 se lit comme suit : «Le propriétaire de

l'arme à feu doit en demander l'immatriculation au ministre, aux

conditions et selon les modalités déterminées par règlement du gouvernement.

demande d'immatriculation doit être faite dès la prise de possession de l'arme

à feu. Toutefois, le propriétaire d'une arme à feu qui s'établit au

Québec dispose d'un délai de 45 jours, suivant son établissement, pour en

demander l'immatriculation.»

Alors,

cet

article prévoit que la demande d'immatriculation est faite au ministre de la

Sécurité publique selon les modalités

et conditions établies par règlement du gouvernement.

prévoit de même que la demande d'immatriculation est faite dès la prise de

possession de l'arme à feu, sauf pour

le propriétaire d'une arme à feu qui s'établit au Québec,

qui dispose d'un délai de 45 jours pour immatriculer son arme.

Président (M. Marceau) : Très bien.

Et puis voulez-vous, peut-être pour les... ou pour s'assurer que... bon,

enfin, pour que ça aille un peu mieux, voulez-vous nous présenter tout de suite

l'amendement pour que...

Le Président (M.

Marceau) : Je pense que c'est plus logique, là.

M. Coiteux :

C'est plus logique.

Le Président (M.

Marceau) : Alors, je vais vous laisser y aller.

M. Coiteux :

Alors, l'amendement est le suivant :

L'article 3 du projet de loi est modifié par l'ajout, à la fin de la première

phrase du deuxième alinéa, de ce qui suit : «ou dès que l'arme à

feu est présente sur le territoire du Québec».

Alors, ça changerait

le texte de la manière suivante :

«Le propriétaire de

l'arme à feu doit en demander l'immatriculation au ministre, aux conditions et

selon les modalités déterminées par règlement du gouvernement.

demande d'immatriculation doit être faite dès la prise de possession de

l'arme à feu ou dès que l'arme à feu est présente sur le territoire du Québec. Toutefois, le propriétaire d'une arme à feu qui s'établit

au Québec dispose d'un délai de 45 jours,

suivant son établissement, pour en demander l'immatriculation.»

amendement est proposé afin d'ajouter à ce qui est déjà

prévu : que la demande d'immatriculation doit également

être faite dès que l'arme à feu est présente sur le territoire du Québec.

Le Président (M. Marceau) : Excellent. Merci. Juste pour m'assurer : Les

collègues, vous avez bel et bien le texte de l'amendement entre vos mains? Oui? C'est bon. Alors, je suis

prêt à entendre les commentaires et réflexions sur l'amendement du ministre.

M. le député de Verchères.

Bergeron : M. le Président, j'essaie de comprendre le rationnel derrière cet amendement.

Quand on dit : «Dès que l'arme à

feu est présente sur le territoire du Québec», on fait référence à quoi? C'est lorsqu'une

arme fabriquée ailleurs arrive chez l'armateur ou lorsque quelqu'un qui

arrive de l'extérieur se présente sur le territoire du Québec?

C'est

parce que, là, il

y a comme deux exceptions,

l'exception pour la personne qui veut s'établir au Québec

et, elle, dispose d'un délai de 45

jours; et l'exception concernant le chasseur qui vient sur le territoire

du Québec et pour en repartir quelques jours plus

tard, à qui on ne veut pas imposer l'obligation d'immatriculer son arme.

Cette disposition-là

qui est amenée en amendement semble, à première vue, contradictoire par rapport

à ces deux exceptions-là. Parce qu'on

dit : Vous devez l'enregistrer dès que vous arrivez avec sur le territoire

du Québec, à moins que

vous soyez là pour chasser ou à moins que vous ayez le goût de vous établir au Québec,

ce qui exclut pas mal à peu près tout le monde qui arriverait avec une arme sur le territoire du Québec.

Donc, ça s'appliquerait à qui, ça, précisément, cet amendement «ou dès

que l'arme à feu est présente sur le territoire du Québec»?

Le Président (M.

Marceau) : Merci, monsieur.

Coiteux : C'est pour prévoir

le cas de figure où un résident du Québec achèterait son arme, par exemple, en Ontario. Alors, il en prend possession en Ontario

puis ensuite il revient chez lui. Donc, dès qu'il entre sur le territoire

du Québec, il a l'obligation de l'immatriculer, parce que l'immatriculation ne

se fera pas au moment de la possession s'il l'achète en Ontario, alors qu'elle aurait pu se faire au moment de la

prise de possession s'il l'avait achetée chez un marchand au Québec. C'est vraiment pour éviter, là, cette... c'est un terme anglais

qui me vient, mais enfin cette échappatoire possible, là. J'avais le

terme «loophole», là, dans...

Bergeron :

Bien, «échappatoire», c'est très bien.

Le Président (M.

Marceau) : M. le député de Verchères.

Bergeron : M. le

Président, là je cherche à

comprendre, maintenant... Merci, M. le ministre, pour cette

réponse. Maintenant, je cherche à comprendre pourquoi on fait une

distinction pour quelqu'un qui vient s'établir au Québec.

On donne 45 jours parce qu'on présume qu'il va avoir bien d'autres

choses à penser avant d'enregistrer son arme à feu?

Coiteux : Oui. C'est parce que, dans le... un nouveau résident doit...

bon, il doit... c'est l'immatriculation de son véhicule automobile, il y a toute une série de démarches : sa

carte d'assurance maladie, bon, etc., il y a toutes sortes de choses à faire. Donc, on donne un délai de

45 jours dans ce contexte général. Mais le résident du Québec, lui, c'est

un résident du Québec, il est déjà en règle par rapport à tout le reste et il

n'a que cette obligation-là.

Bergeron : Et, quand on dit : «Dès que l'arme à feu est

présente sur le territoire du Québec», là, il franchit la frontière, là. Est-ce que la première chose

qu'il doit faire, là, c'est ouvrir son portable puis enregistrer son arme dret

là, ou est-ce qu'on lui permet

d'arriver chez lui, pouvoir se connecter en ligne sur une ligne dure, et non

pas «on air», pour faire... pour inscrire toutes ses données

personnelles dans le fichier?

Moi,

je cherche juste à comprendre le «dès que». Alors, dès que... Parce que vous

vous souviendrez, M. le ministre, je

me permets de faire la remarque, que l'APPQ, entre autres, avait faite... nous

avait alertés au fait qu'est-ce que ça prend effet... Non seulement, là, le «dès que», est-ce que l'immatriculation

est effective sur-le-champ ou est-ce qu'il y a un délai de traitement qui ferait en sorte que, bien qu'on

s'inscrive, bien qu'on enregistre notre arme dès sa prise de possession,

l'enregistrement ne serait effectif que dans

un délai de... on ne sait pas trop? Alors là, il y avait une préoccupation de

la part des policiers, les policiers souhaitaient que l'immatriculation

soit effective sur-le-champ. Tu l'enregistres, c'est immédiatement effectif.

Alors, ça, il faudra éventuellement qu'on nous apporte une réponse à cela.

Mais je reviens à mon

cas de figure. Le citoyen québécois qui traverse la frontière ontarienne ou la

frontière américaine avec une arme, quand on dit «dès que», c'est techniquement

dès qu'il met le pied au Québec, et là il n'est peut-être pas dans des conditions idéales pour procéder à ça, là. Alors,

le «dès que», est-ce que, d'un point de vue légal, il y a une marge?

Le Président (M.

Marceau) : M. le ministre.

Coiteux : Bien, le point de vue légal, c'est les dispositions

générales qui parlent d'un délai raisonnable, dès qu'il est en... dès qu'il a la possibilité de le

faire. Donc, peut-être qu'il est en chemin vers sa résidence et, lorsqu'il est

rendu à sa résidence, il a tous les moyens

nécessaires pour pouvoir le faire. Donc, c'est cette notion de délai

raisonnable qui n'est jamais

nécessairement précisée, là, au jour près ou à l'heure près, mais, c'est clair,

il faut que ça soit fait rapidement.

Bergeron : Donc, dans les heures qui suivent l'entrée sur le

territoire, voire les minutes qui suivent l'entrée sur le territoire

québécois.

M. Coiteux :

Bien, comme on prévoit une immatriculation possible via Internet puis que la

plupart des gens aujourd'hui y ont accès, au

moins à leurs domiciles, bien, dès qu'il est retourné à la maison, c'est le

temps de s'acquitter de ses responsabilités.

Bergeron : C'est bon. Maintenant, quant à la préoccupation

des policiers... Parce que le texte de loi précise qu'on doit

enregistrer dès que, donc dans le délai raisonnable, comme vous venez de

l'évoquer, mais est-ce que cette immatriculation

prend effet immédiatement dès que l'enregistrement... dès que le citoyen, le

propriétaire a procédé à son enregistrement?

Est-ce que celle-ci est effective dès ce moment-là? Parce qu'il y avait une

préoccupation, de la part des policiers,

à l'effet qu'il faut faire en sorte que cette immatriculation puisse être

effective à l'instant même, sur-le-champ.

Le Président (M.

Marceau) : M. le ministre.

Coiteux : Bien là, dans la solution informatique, il y aura une

confirmation qui va être émise dès que les données auront été saisies, là, par l'acquéreur ou le

cédant, là, selon le cas, là. Et il pourrait y avoir, dans certains cas, des

vérifications qui doivent être faites

pour confirmer un certain nombre de choses. Donc, il y a quand même peut-être,

dans certains cas, un petit délai supplémentaire

pour la vérification des informations qui auront été transmises, mais, au-delà de ça, il y a

confirmation d'immatriculation — c'est

ce qu'on prévoit dans la solution informatique — dès que les données auront été saisies.

M. Bergeron : Mais, pour le policier qui, dans les minutes

suivantes, consulterait le registre, est-ce qu'il pourrait retrouver l'arme de cet individu enregistrée dès

les minutes suivant l'enregistrement ou l'entrée des données, si je puis dire?

M. Coiteux : Encore une fois, là, là-dessus, la solution

informatique, il va falloir qu'elle soit bâtie sur le délai le plus petit possible entre le moment où les données

sont saisies puis leur disponibilité pour les policiers sur le territoire. Donc, on va travailler

là-dessus pour avoir une solution informatique rapide.

M. Bergeron : Et le choix du ministre, c'est quoi, en

fonction de cette préoccupation qui nous a été exprimée par les policiers?

M. Coiteux : Bien, dès que c'est enregistré dans le fichier d'immatriculation en bonne et due forme, selon le format final, et il faut que ça

soit sans délai, autant que possible, accessible aux policiers.

Le Président

(M. Marceau) : M. le député de Verchères.

M. Bergeron : Advenant la situation où... Je ne sais pas

quel sera le délai. Vous dites qu'il doit être le plus court possible, mais advenant... puis là, évidemment, c'est une possibilité théorique, mais advenant le cas où, entre le moment où les données ont été saisies et le moment où

l'immatriculation est valide, il y a une vérification qui doit être faite... ou

on trouve l'arme puis elle est encore sans propriétaire, il se passe

quoi? Parce que j'imagine que c'est la préoccupation qu'avaient les policiers

lorsqu'ils sont venus nous faire cette remarque ici en consultations

particulières.

M. Coiteux :

On va travailler pour que ça soit le plus rapide possible. On ne parle pas de

semaines, là, on parle... Mais,

vraiment, c'est beaucoup le travail sur la solution informatique. Mais il y a

des informations de base qui doivent être

validées. Si quelqu'un a mal saisi son adresse, on va se réadresser à la

personne en disant : Bien, ce n'est pas tout à fait ça. C'est la

même chose avec l'enregistrement des naissances, l'enregistrement des décès, il

y a quand même des vérifications de base qui

sont faites, donc ça peut occasionner un très léger délai. Mais l'objectif ici,

c'est d'en arriver à avoir le plus

petit délai possible, donc le plus près possible de l'instantanéité, disons ça

comme ça. Dans certains cas très particuliers, on pourrait peut-être ne

pas y arriver, mais il faudra y arriver le plus vite possible.

Le Président (M. Marceau) : M.

le député de Verchères, avez-vous d'autres questions?

M. Bergeron :

Non, je comprends que ce qu'on va viser, c'est l'instantanéité, mais je

comprends aussi qu'il va y avoir...

il risque d'y avoir une espèce de flou, de période de flou qui sera la plus

brève possible mais pendant laquelle il

peut survenir des situations que cherchaient à éviter, je pense... auxquelles

voulaient nous alerter les policiers. Puis je ne suis pas sûr qu'on ait

vraiment envisagé il se passe quoi durant cette période de flou là advenant le

cas où il y ait une vérification ou advenant

le cas où on tombe sur une arme pour laquelle on a saisi les données mais pour

laquelle l'enregistrement n'est

toujours pas effectif, là. Alors, je veux juste insister sur le fait que les

policiers nous ont alertés à cette

éventualité et qu'on se retrouve dans une situation aujourd'hui où, bien qu'en

exprimant le souhait que le délai soit le plus bref possible puis qu'on vise l'instantanéité... dans un monde

idéal, il faudrait que ce soit instantané, effectivement, mais dans

l'éventualité où ce ne serait pas instantané, il y a une période de flou qui

sera plus ou moins longue.

Tu sais, ça

n'a pas les mêmes incidences, l'enregistrement d'un mariage, que l'enregistrement

d'une arme à feu. Ça, je pense que

tout le monde le conçoit autour de la table, là, puis qu'il n'y a pas

nécessairement un policier qui va avoir besoin, pour des motifs de sécurité publique, de vérifier

l'enregistrement d'un mariage. Mais l'enregistrement d'une arme à feu, dans une préoccupation de sécurité

publique, évidemment ça soulève une autre... il y a une autre dimension qui

entre en ligne de compte maintenant.

Alors, je

comprends des réponses du ministre qu'on vise l'instantanéité, on n'est pas en

mesure de garantir à ce stade-ci

cette instantanéité, et qu'il y a donc un délai qu'on espère le plus bref

possible, mais que, dans ce délai, il y aura un flou auquel les

policiers cherchaient à nous alerter, et qu'on n'a manifestement pas trouvé, pour

le moment, de solution pour tenter de combler... de préciser ce flou puis de

faire en sorte qu'il n'y ait pas de trou, justement.

Le Président (M. Marceau) :

O.K. Bien, merci. M. le député de Beauce-Nord, avez-vous une intervention?

M. Spénard :

Oui. Encore ici, on s'aperçoit... Merci, M. le Président. Alors, encore ici, on

s'aperçoit que ça procède par règlement à venir. Alors, c'est pour ça

qu'il y a un peu de flou autour de la question.

Mon collègue

de Verchères parlait... et moi aussi, j'ai beaucoup de misère, dans un projet

de loi, là, lorsqu'on met «dès que»,

«dès que l'arme à feu est présente sur le territoire du Québec», parce que le

«dès que», autant l'interprétation des

policiers... Parce que le député de Verchères défendait la compréhension des

policiers, mais il y a une chose qu'il faut défendre aussi, c'est la compréhension des propriétaires d'armes à feu

ou des acquéreurs d'armes à feu. À un moment donné, il faut qu'ils comprennent, eux autres aussi. Ce n'est pas juste

une affaire de police, cette immatriculation des armes à feu là. Ça ne regarde pas juste les corps

policiers, cette immatriculation-là, ça regarde aussi tous les propriétaires

d'armes à feu. Alors, pour les

propriétaires d'armes à feu, «dès que l'arme à feu est présente sur le

territoire du Québec», c'est quoi que

ça veut dire? Va-t-il falloir aller en cour et avoir un règlement de juge qui

dit : Il y a le délai raisonnable... Est-ce que c'est sept jours,

huit jours? Quelles sont les circonstances indépendantes comme quoi ça n'a pas

été enregistré? Comment qu'on définit ce

flou-là pour les propriétaires d'armes à feu ou les futurs acquéreurs d'armes à

feu? Comment qu'on définit ça?

Puis ma

deuxième question, qui est assez importante, parce qu'on s'est aperçu depuis de

nombreuses années qu'un des gros

problèmes au gouvernement du Québec, M. le ministre, si je peux dire... Ce

n'est pas de votre faute, et je ne veux pas vous blâmer là-dessus, mais vous avez mentionné que ça passe par les

solutions informatiques, alors permettez-moi de douter fortement des solutions informatiques depuis les dernières années

dans l'appareil gouvernemental. Je pense que de nombreux cas de dysfonctionnement de ces solutions informatiques là

ont été mis au grand jour et... C'est à cause que je trouve ça flou, moi, qu'on dit : Bien, on

va avoir une solution informatique; le Directeur de l'état civil, bien, il

enregistre les mariages puis les

décès puis... Oui, mais là ce n'est pas la même affaire, là. «Dès que l'arme

est présente sur le territoire du Québec», on dirait que ça... Oh!

regarde, on pitonne, puis ça va se faire tout seul.

En tout cas,

il y a tellement de flou dans cet article-là, justement parce qu'on procède par

règlement encore à venir : «par

règlement, le gouvernement», «sur des modalités déterminées par règlement du

gouvernement». Sauf que, lorsqu'on marque

avec un amendement que... «Dès que l'arme à feu est présente sur le territoire

du Québec», pour le propriétaire ou

l'acquéreur d'une arme à feu qui va le chercher en Ontario ou au

Nouveau-Brunswick, parce qu'on va être la seule province au Canada à avoir un tel système

d'immatriculation, alors qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire, bien... Bof!

Je ne sais pas, moi. Ça veut dire que, quand il va rentrer, il faudrait qu'il

enregistre. Mais comment de temps qu'il a? Est-ce

qu'on ne fixe pas... Pourquoi que nous ne fixons pas, mettons, sept jours pour

enregistrer son arme à feu? Ce qui serait très précis. Parce que, là,

autant ça laisse de la latitude aux corps policiers de saisir l'arme... Si, au

bout de deux jours, elle n'est pas enregistrée, est-ce qu'ils peuvent saisir

l'arme? Si, au bout de 24 heures, elle n'est pas enregistrée, ils peuvent saisir l'arme, puis le propriétaire ou

l'acquéreur d'armes va se retrouver avec des accusations et des amendes?

Alors, c'est très flou.

Peut-être que

vous voulez préciser par règlement à venir, mais c'est parce que ça donne toute

la latitude aux forces policières de

saisir l'arme à feu à la minute qu'il tombe en territoire québécois puis

d'aller en cour. Et ça, c'est... Puis le pauvre acquéreur d'armes à feu va être obligé de payer de ses poches

encore une fois pour aller en cour, pour se défendre et établir le délai

raisonnable par un juge.

Je ne le sais pas. On peut-u préciser un peu

plus cet article-là, s'il vous plaît?

Président (M. Marceau) :

Merci, M. le député de Beauce-Nord. Beaucoup de questions pour vous, M. le

ministre.

M. Coiteux :

Ah! bien, il y a eu deux questions. Je pense qu'on a eu une présentation du

Directeur de l'état civil qui... en

tout cas, peut-être qu'elle n'a pas convaincu le député de Beauce-Nord, mais

elle a convaincu beaucoup de personnes, je crois, quant à la capacité, compte tenu de l'expérience... Puis il

n'y a personne qui parle de problèmes particuliers, au Directeur de l'état civil, à l'heure actuelle dans

l'enregistrement des naissances. C'est le même genre d'expertise qui va être sollicitée ici. On ne réinvente pas la roue.

Alors, moi, j'ai confiance qu'on va le faire correctement. Je n'ai pas ce

pessimisme-là.

Et, d'autre

part, bien, des fois, on ne peut pas tout préciser dans le corps de la loi,

mais on peut préciser des choses très

détaillées dans un règlement, d'une part. Et tout à l'heure on a eu une

discussion sur la recherche de l'instantanéité. Alors, si on recherche l'instantanéité, je n'ai pas l'intention d'écrire

«sept jours» pour ceux qui vont en Ontario, alors que, pour ceux qui achètent au Québec, c'est tout

de suite. Vous comprendrez. Alors, il

va falloir que ça soit arrimé solidement

sur la notion que, dès qu'on est en mesure de le faire quand on entre sur le

territoire, on le fait.

Président (M. Marceau) :

Très bien. Merci. D'autres interventions? Je pense que M. le député de Verchères voulait prendre la parole.

M. Bergeron : Bien, je veux juste rassurer mon collègue de Beauce-Nord... mon collègue de Beauce-Nord. Voilà un

commentaire de ma part où il n'y a pas d'hiatus entre ce que

recherchent les propriétaires d'armes et ce que recherchent les policiers. Parce que la question

que je posais, si vous ne l'avez pas remarqué, n'avait aucune incidence pour

les propriétaires. La question est de

savoir : Une fois que le propriétaire se conforme à l'obligation légale,

qui est déjà prévue par la loi,

d'enregistrer son arme... de par le projet de loi, d'enregistrer son arme,

c'est quoi, le délai? Parce que j'imagine que le propriétaire, là, lui, il se dit ou elle se dit : Si je me

donne la peine d'enregistrer mon arme, j'espère que l'enregistrement va être effectif le plus vite possible, là. Tu

sais, tant qu'à se donner ce trouble-là, il ne faut pas s'organiser pour qu'une

arme, en bout de piste, puisse disparaître

dans la brume puis se ramasser là où elle ne devrait pas se ramasser parce

qu'il y aura eu un délai de

x temps entre le moment où on aura saisi les données puis le moment où

l'enregistrement aura été effectif dans le registre.

Alors, je

tiens à rassurer mon collègue, là, ce coup-là, c'est une question de nature

technique pour savoir : Une fois qu'on a saisi les données, là, ça

prend combien de temps avant qu'elles puissent être disponibles pour les forces

policière, entre autres, hein? Alors, ça

prend combien de temps pour que ces données-là soient effectives dans le

système? Alors, c'était simplement

l'objet de ma question. Il n'y a aucune incidence pour les propriétaires

d'armes à feu, c'est en termes d'efficacité des opérations, tout

simplement.

Le Président (M. Marceau) :

Très bien. M. le député de Beauce-Nord, vous voulez reprendre la parole?

M. Spénard :

Oui. Merci, M. le Président. L'efficacité de l'enregistrement dépend avant tout

d'une compréhension claire de la part des propriétaires d'armes à feu sur les

obligations de la loi. Alors, moi, que... je pense que c'est une prémisse de base, alors c'était ça, le sens de ma question,

moi, M. le Président. Et le ministre a semblé me répondre par... Ils vont

prévoir ça un peu plus clairement dans les règlements à venir, si j'ai bien

compris.

Le Président (M. Marceau) :

Voulez-vous intervenir, M. le ministre, là-dessus?

M. Coiteux : Bonne

compréhension.

Président (M. Marceau) : Compréhension commune, on dit. C'est

très bon. D'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, on va procéder à la mise aux voix

de l'amendement déposé par le ministre. Alors, est-ce que l'amendement

est adopté?

Président (M. Marceau) : Sur division? O.K. Toujours, vous m'avez

dit, pour la suite des choses, oui?

Président (M. Marceau) : O.K. Parfait. Ce sera clair. Alors,

maintenant, sur l'article lui-même, est-ce qu'il y a des interventions?

Alors, comme il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 3, tel

qu'amendé, est adopté?

Une voix :

Sur division.

Président (M. Marceau) : Sur division, donc. Parfait, merci. On

va passer à l'article 4. Alors, M. le ministre.

M. Coiteux :

L'article se lit ainsi : «4. Le ministre procède à l'immatriculation d'une

arme à feu par l'inscription, dans le fichier qu'il tient à cette fin,

des renseignements prévus par règlement du gouvernement.

«L'immatriculation

subsiste tant que l'arme à feu et son propriétaire demeurent les mêmes.»

article prévoit donc que le ministre de la Sécurité publique procède à

l'immatriculation d'une arme à feu par l'inscription,

dans le fichier que ce dernier tient à cette fin, des renseignements prévus par

règlement du gouvernement. Il précise de plus que l'immatriculation

subsiste tant que l'arme à feu et son propriétaire demeurent les mêmes.

Le Président

(M. Marceau) : Très bien. Merci. Interventions? M. le député de

Verchères.

M. Bergeron :

Oui, M. le Président.

L'article coule de source, là, je pense qu'il n'y a pas

lieu de prolonger indûment le débat.

Simplement une petite précision. On se souvient que l'Association des

directeurs de police du Québec souhaitait un amendement à cet article, amendement par lequel le ministre

vérifierait l'exactitude des renseignements inscrits au fichier. Alors,

si vous le voulez bien, M. le Président, j'en ferais une proposition

d'amendement.

Alors,

l'amendement se lirait comme suit :

L'article 4 du projet de loi est

modifié par l'insertion, après le premier alinéa, de l'alinéa

suivant :

«Le ministre vérifie

l'exactitude des renseignements inscrits au fichier.»

Le Président (M. Marceau) : Très bien. On va suspendre, le temps de prendre

une copie de cela et puis de la distribuer aux collègues.

(Suspension de la séance à

10 h 46)

Le Président (M. Marceau) : O.K. Alors, on reprend. Alors, le député de Verchères

a déposé un amendement, que

j'ai fait circuler. Maintenant, je vais vous donner la parole, M. le député de Verchères,

peut-être si vous voulez simplement m'expliquer votre amendement ou...

M. Bergeron :

Bien, je crois que je l'ai fait très, très brièvement...

Le Président (M.

Marceau) : Vous n'avez rien à ajouter à ça.

Bergeron : ...en

l'introduisant, là, en rappelant qu'il s'agit d'une préoccupation qui nous a

été exprimée par l'Association des directeurs de police du Québec. C'est

simplement pour s'assurer, comme l'évoquait M. le ministre il y a quelques instants, que des vérifications

sommaires soient effectuées, ne serait-ce que pour s'assurer de l'exactitude

des données nominatives, là. Alors, je pense

qu'il y avait une préoccupation, puis cette préoccupation se traduit dans cette

proposition d'amendement, qui nous avait d'ailleurs été suggérée aussi par l'Association des directeurs de police du Québec.

Le Président (M.

Marceau) : Parfait. Alors, merci à vous. M. le ministre, est-ce que

vous voulez réagir?

Coiteux : Bien, en fait, je

proposerais à mes collègues qu'on entende le Directeur de l'état

civil sur qu'est-ce qui est

possible puis qu'est-ce qui est moins possible de faire dans des circonstances

comme ça.

Le Président (M.

Marceau) : Suggestion comme... Peut-être, M. le député de Beauce-Nord

avant qu'on...

Spénard :

Oui. Merci, M. le Président. Sur cet amendement, c'est parce qu'on a dit, lorsqu'on

a reçu les groupes, qu'on ne voulait pas

traiter les propriétaires d'armes à

feu comme des criminels, on voulait agir de bonne foi, et tout, et cet amendement-là vient exactement dire

le contraire, c'est-à-dire qu'on va tout vérifier parce qu'on ne se fie pas à la bonne foi des propriétaires d'armes

à feu.

Deuxièmement, là, ici, on parle d'un fichier.

«Le ministre vérifie l'exactitude des renseignements inscrits au fichier.» De

quelle manière? Comment est-ce que les policiers vont vérifier? Parce que la

vérification de l'exactitude des renseignements inscrits au fichier, ça se fait avec l'arme entre les

mains. Ça se fait avec quoi? Ça ne se fait pas avec d'autres choses que

ça si tu veux revérifier.

Alors, est-ce

que la Sûreté du Québec ou les corps policiers ont bien évalué leur demande

lorsqu'ils ont demandé ça? Parce

qu'ils vont être obligés d'en vérifier à peu près 1 700 000. Alors,

moi, je me demande comment on va procéder, si on accepte cet

amendement-là. Je trouve ça complètement aberrant et ridicule.

Président (M. Marceau) :

O.K. Bon, on entend ce que vous avez à dire. Par ailleurs, il y avait une

proposition du ministre d'entendre le

Directeur de l'état civil, qui est présent puis qui pourrait répondre aux

questions. Est-ce que vous consentez,

malgré ce que vous venez de dire, M. le député de Beauce-Nord, à ce que nous

entendions le Directeur de l'état civil?

Le Président (M. Marceau) : Ça vous

va? Je suppose que, M. le député de Verchères et Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, les collègues aussi, ça va? Donc,

c'est M. René Bernier. C'est bien ça? Reno Bernier, pardon.

Excusez-moi.

M. Bernier (Reno) : ...au ministre,

effectivement, c'est Reno. J'ai vérifié encore hier.

Président (M. Marceau) :

Donc, c'est l'extrait du registre qu'on m'avait transmis qui était difficile à

lire. M. Bernier, peut-être vous présenter correctement, alors que

je l'ai fait incorrectement.

M. Bernier

(Reno) : Je n'ai pas choisi le bon siège. Alors, bonjour, tout le

monde, M. le Président, M. le ministre, Mmes et MM. les membres de la commission. Je suis Reno Bernier, je suis

le Directeur de l'état civil. Alors, je vais me rendre disponible pour

répondre à quelques questions pour aider à votre réflexion.

Président (M. Marceau) :

Parfait. Merci à vous d'être là. Alors, j'imagine que je vais donner la parole

au député de Verchères, qui était celui qui a introduit l'amendement

qui...

Bergeron : En fait,

c'est plus le ministre qui a introduit le Directeur de l'état civil, alors

j'imagine que...

Le Président (M. Marceau) : M. le ministre,

dans ce cas-là.

M. Coiteux : Alors, je vais poser

une question. J'aimerais que... si vous pouvez nous expliquer, dans le fond, comment cet amendement-là, en pratique, là,

pourrait être compatible avec ce qu'on est capable de faire du point de vue,

là, du fichier d'immatriculation,

parce que ça donne comme une obligation de résultat, alors que ce qu'il faut

faire, c'est prendre les moyens de

s'assurer que globalement il y ait toutes les mesures en place pour s'assurer

que le fichier serve aux fins pour

lesquelles il a été créé. Alors, ça va au-delà de la pure vérification des

renseignements, quand c'est possible de le faire, après quoi, il faut présumer effectivement de la bonne foi. Mais

je vais poser la question au Directeur de l'état civil.

Le Président (M. Marceau) :

M. Bernier.

M. Bernier

(Reno) : Alors, oui, merci. Alors, M. le ministre, ce que j'en pense à

cet effet-là, je pense que c'est tout

à fait important de s'assurer qu'il y ait des mesures de vérification qui

soient mises en place pour s'assurer... dans le fond, je vais utiliser l'expression «de l'intégrité» comme telle des

données qu'il y a dans le fichier et, ces mesures-là, je pense qu'elles

vont devoir être variées.

Il y a effectivement des vérifications qui

doivent être faites quant aux renseignements qui sont fournis par les citoyens. Ça va de soi. Il y a aussi des mesures

de sécurité qui doivent être mises en place pour s'assurer que les données,

une fois saisies au système, ne seront pas altérées. Il faut s'assurer, par

exemple, de contrôler les accès au réseau de production,

au fichier. Il va falloir avoir des pare-feux, il va falloir avoir des

autorisations au niveau des employés. Peut-être qu'on va faire des enquêtes de sécurité aussi, comme le veulent les

bonnes pratiques, auprès du personnel qui va devoir travailler sur ce

fichier-là.

Donc, tel que

libellé, peut-être que ça limite un peu le mandat que va avoir le ministre et

le registraire de s'assurer de

l'intégrité des données, qui est beaucoup plus large que juste le volet de

valider les informations fournies. Dans les faits, au niveau de la

validation des informations fournies, il y a plusieurs mécanismes qui sont

possibles et qui sont envisagés. Par exemple, il existe des référentiels

d'adresses pour s'assurer que l'adresse est exacte. Il existe aussi un tableau de référence des armes à feu au

gouvernement fédéral, auquel il est prévu que nous puissions accéder pour

vérifier les types d'armes qui vont

être déclarées, pour s'assurer qu'on ne déclare pas un frigidaire, par exemple.

Il y a également des vérifications de l'identité du citoyen qui vont

devoir être mises en place. Toutefois, pour certaines informations, d'autres sortes de validation vont être faites, qui

ne sont pas nécessairement ce qu'on appelle des vérifications de l'exactitude. Par exemple, il va y avoir des

interventions de contrôle par les policiers sur le terrain. Si on constate que

l'arme n'est pas à l'adresse où elle avait été déclarée, une sanction va

pouvoir être imposée.

Donc, vous

voyez, je trouve que, tel que libellé, c'est peut-être un petit peu difficile

de s'assurer que chacun des renseignements

va être, comme tel, validé, mais, si on était plus global, bien, c'est certain

que ça pourrait être très facile d'envisager comment on gérerait ça, là. Et puis on

le fait déjà, à l'État civil, hein? On a déjà toutes sortes de mécanismes, là,

de vérification des données qui sont

fournies, mais on n'a pas comme tel, dans la loi, quelque chose qui dit que ça

va un peu de soi qu'on vérifie

l'exactitude des renseignements. C'est l'intégrité des données du registre de

l'État civil, donc on le fait de facto de toutes sortes de façons.

Puis on ne va

pas dévoiler publiquement non plus comment on va le faire, parce que ça

pourrait encourager des fraudeurs ou

autres à détourner les mesures. Si on dit trop précisément qu'est-ce qui est

vérifié, de quelle façon, à quel moment, comment, c'est facile après ça

de le détourner puis de l'éviter, surtout que c'est public, ce qu'on discute.

Le Président (M. Marceau) : M. le

député de Verchères.

Bergeron : Ce que je comprends de ce que le Directeur de l'état civil

nous dit, c'est que ce qu'il vérifie ne répond pas en tous points à la

définition des renseignements inscrits au fichier. C'est bien ça?

M. Bernier

(Reno) : Effectivement, parce que... Il faudra voir le règlement

aussi, tout ce qu'il va y avoir, dans le règlement, comme

renseignements, puis il faudrait être peut-être un peu plus large, là, pour

nous permettre de le faire autrement qu'en termes de vérification de

l'exactitude comme telle.

Il ne faut

pas retarder non plus l'immatriculation. Vous parliez tout à l'heure de

l'instantanéité. C'est important qu'on

puisse faire, en deux ou trois étapes, des couches de sécurité, puis de

vérification, puis de validation, puis de contrôle pour pouvoir déclencher le plus rapidement

possible une information, dans le registre, qui pourrait être certifiée peut-être

dans les heures suivant l'inscription comme telle.

Bergeron : Vous comprenez, M. le Président, que l'Association des

directeurs de police ne nous a pas fait cette proposition-là de façon

innocente. J'imagine que ce que les directeurs de police voulaient éviter,

c'est qu'on se retrouve dans une situation

où on se retrouve avec un fichier dont les données pourraient s'avérer plus ou

moins exactes, plus ou moins

périmées, plus ou moins précises, et conséquemment se faire dire qu'après avoir

investi 20 millions de dollars dans cette opération, bien, comme on

a pu allègrement le dire du registre fédéral, les données ne sont pas bonnes.

Alors, est-ce

qu'on a une plus grande garantie que les données vont être vérifiées, puis pas

juste les données, là, tout ce dont

vous nous avez parlé et ce dont vous ne nous avez pas parlé, que tout ça puisse

être vérifié? Est-ce qu'on a une plus grande garantie qu'effectivement,

en n'inscrivant rien, tout cela va bel et bien être vérifié à la satisfaction

des directeurs de police pour éviter qu'on

puisse éventuellement dire du fichier que les données ne sont pas bonnes? Ou

est-ce qu'il vaut, au contraire, mieux étendre la portée de l'amendement

que je viens de proposer?

M. Bernier

(Reno) : À cet effet-là, je laisserais le ministre, là, vous répondre,

là. C'est vraiment au niveau de l'opportunité.

Nous, on va s'assurer de mettre en place avec la plus grande rigueur ce que

vous allez décider. Ça, on peut vous le garantir, que ça va être très

rigoureux.

Le Président (M. Marceau) : Très

bien. Merci, M. Bernier. Alors, je vais passer la parole au ministre.

Coiteux : Alors, avant de faire une proposition un peu dans le sens de

ce que posait comme question le député de

Verchères, on n'est pas rendus à l'article 18, mais, à l'article 18,

on précise bien qu'il y a des sanctions pénales en cas de fausse déclaration. Alors, ça fait

partie des

mesures qui vont assurer l'intégrité des données contenues au fichier puisque,

quelqu'un qui nous aurait donné des renseignements faux, qu'on ne pourrait pas

dans l'immédiat, au moment de l'immatriculation,

avoir vérifiés, bien, s'il a contrevenu à cette obligation de donner des

informations exactes, il y a une sanction pénale qui va s'appliquer, et

ça fait

partie des mesures, ça fait

partie des mesures prévues pour s'assurer

de l'intégrité.

C'est pour ça

que... puis là il y a différentes façons de procéder. On peut procéder en

proposant un sous-amendement qui

remplace l'amendement. Ça peut être la façon de faire. Si c'est le cas, moi, je

serais prêt à déposer un sous-amendement qui viendrait répondre à la discussion que nous avons actuellement, et ce sous-amendement consisterait à... et je le déposerai, là,

ou je le dépose dans l'immédiat?

Le Président (M. Marceau) : Je vais

vous laisser le lire et puis...

Coiteux : Bien, en fait, ça

viserait à remplacer l'amendement déposé par le député de Verchères

par le suivant :

«Le ministre met en place des mesures pour

s'assurer de l'intégrité des renseignements inscrits au fichier.»

Président (M. Marceau) :

Juste dire, là, effectivement, on ne peut pas par un sous-amendement remplacer complètement un amendement. Maintenant, si le député

de Verchères est prêt à faire sien le texte que vous venez de proposer, M.

le ministre, là, il y aurait moyen

que le député de Verchères retire son amendement et dépose, à la

place, le vôtre, ou bien il retire son amendement, puis vous le déposez

vous-même.

Alors là, ce que je peux faire, c'est suspendre

30 secondes, le temps que vous vous parliez.

Bergeron : Si ça

sied à M. le ministre, on pourrait procéder de cette façon-là.

Le Président (M. Marceau) : De quelle

manière, là? J'en ai proposé deux.

Bergeron : Bien, c'est-à-dire que, bien, on va y aller avec la première. Si M. le ministre est d'accord à ce que je retire celui-là puis que je propose l'autre,

on va procéder ainsi. S'il préfère le proposer, ça ne me dérange pas non plus.

Je ne tiens pas à avoir la paternité de

cette modification-là. Je vais simplement retirer le mien, puis il

pourra, à ce moment-là, le proposer.

Le Président (M.

Marceau) : Comme vous voulez. Donc, est-ce que, premièrement, j'ai...

Est-ce que vous acceptez de retirer votre amendement?

Ça me prend le consentement de tout

le monde. Ça va? Et là est-ce que

quelqu'un est prêt à déposer

un nouvel amendement?

M. Coiteux :

...vous pouvez le faire.

Bergeron :

...la proposition de ce que vient de lire M. le ministre.

Président (M. Marceau) :

Oui. Parfait. Dans ce cas-là, donc, je vais le prendre. Alors, j'ai un amendement du député de Verchères, qui se

lit comme suit...

Le Président (M.

Marceau) : Donc, l'amendement du député de Verchères se lit maintenant

comme suit :

L'article

4 du projet de loi est modifié par l'ajout, à la fin de la première

phrase du premier alinéa, de ce qui suit :

«Le ministre met en

place des mesures pour s'assurer de l'intégrité des renseignements inscrits au

fichier.»

Voilà. Alors, je vais

suspendre pour qu'on en fasse des copies et qu'il soit distribué.

(Suspension de la séance à

11 h 17)

Président (M. Marceau) :

Alors, nous reprenons. Alors, on a un amendement du député de Verchères, qui, donc, a

déjà été lu. Est-ce que j'ai des interventions sur cet amendement? M. le député

de Verchères.

Bergeron :

D'abord, merci. Merci au ministre pour sa collaboration. Maintenant, je tiens simplement à préciser que je comprends le point sur l'article 18,

mais peut-être y a-t-il des situations, et il en évoquait lui-même une lors de la

précédente discussion, où une personne

aurait simplement mal enregistré ses données. Alors, je ne crois pas que, dans ce genre de situation là, il faut en arriver tout

de suite aux mesures pénales puis faire payer une amende à un citoyen qui, de

bonne foi, aurait mal inscrit ses données ou

inscrit certaines données dans une mauvaise case, puis ainsi de suite. Mais des

processus de vérification permettent justement d'éviter cela sans qu'on ait

besoin de recourir aux mesures pénales.

Alors,

c'était un peu l'objectif qui était poursuivi par l'amendement et qui, je

crois, sera poursuivi avec l'amendement qu'on a sous les yeux

maintenant.

Président (M. Marceau) : Très bien, merci. D'autres interventions?

Oui, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.

Massé : Oui. Bonjour, tout le monde. Désolée de mon retard ce matin.

J'aurais voulu être à l'adoption de l'article 3, mais mon don

d'ubiquité n'est pas encore bien peaufiné. Je travaille sur le dossier.

l'amendement, je pense qu'on a trouvé une façon de s'assurer que les données

qui sont là... avec les explications du

directeur, là, on voit qu'il y a ce souci-là, puis c'est normal parce que, si

on a un registre, il y a une responsabilité d'assurer l'intégrité. Il nous a bien expliqué ça aussi sur

la question des personnes trans. Alors, je vois l'importance de l'intégrité

des données du registre ici aussi.

Ma question — et là

vous me direz si je suis hors d'ordre, M. le Président, je suis toujours à

peaufiner mon apprentissage de l'étude

article par

article — ma

question est à l'effet de ce qu'on voit dans l'article 4, là, incluant la question de l'intégrité, c'est la question de

l'immatriculation, de l'intégrité et, bon, le dernier alinéa, qui tombe sous le

sens. Moi, puisque les policiers nous

avaient aussi amené cette préoccupation, c'est... Est-ce que les policiers vont

avoir accès en temps réel à ces

données-là? Tu sais, au moment de l'immatriculation, où ce processus-là se

fait, est-ce que les policiers vont avoir ça en temps réel?

Le Président (M.

Marceau) : Très bonne question, il me semble. M. le ministre.

M. Coiteux :

La réponse est oui. Ce qu'on va mettre en place comme fichier va permettre

cela.

Mme Massé :

Puis est-ce que M. le ministre a déjà une idée...

Mme Massé : Pardon, excusez-moi.

Mme Roy (Arthabaska) :

Le Président (M. Marceau) : Ah! Mme

la députée d'Arthabaska, vous vouliez la parole?

Mme Roy

(Arthabaska) : Non,

non, je voulais juste lui signifier que ce n'était pas le bon micro qui était

ouvert.

Président (M. Marceau) :

Est-ce que ça va? On a des techniciens qui sont éveillés et aux aguets, il n'y

a pas de danger. Alors, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.

Massé : Travail d'équipe.

Est-ce que, dans le fond, tu sais, admettons, les policiers, ça va être

aussi à travers le travail fait par les gens de l'état civil que tout ça

va être axé? Est-ce qu'on a déjà cette idée-là assez claire?

Coiteux : Oui. Il va y avoir

une passerelle d'accès pour les policiers pour pouvoir aller chercher les renseignements qui sont nécessaires à leur travail, là.

Le Président (M. Marceau) : Autre question?

Massé : Bien, en fait, je

trouve vraiment ça intéressant, parce que ce que je comprenais que les policiers

venaient nous dire, et aussi d'autres

groupes de représentation, c'est que,

dans le fond, on voit, là... entre le moment de l'immatriculation et la quête de données, si on parle de temps réel,

c'est qu'on voit qu'il y a peu de trous. Et ce qu'on avait compris, dans la perte des armes, ou tout ça, ce

que moi, à tout le moins, j'ai compris avec les policiers et d'autres groupes,

c'est que plus on laisse des espaces où il y

a des trous comme ça, bien, plus on se met à risque que notre registre, bien,

soit boiteux, entendons-nous, là, mais qu'il y ait des failles.

Alors là, ce

que je comprends bien, c'est dans l'application de tout ça qu'on verra à peaufiner

effectivement, un petit peu plus tard

peut-être, à l'article 7 et autres, mais qu'en temps réel les policiers, à

partir du moment où il y a... une immatriculation

va être faite par le vendeur, ou on verra, là, au niveau des règlements, mais

qu'à partir de ce moment-là les policiers vont y avoir accès. Moi, si

c'est ça, je pense qu'on s'en va vers un registre qui tient plus la route.

Président (M. Marceau) : Merci, Mme la députée. Ça va pour M. le

ministre? Mme la députée d'Arthabaska.

Mme Roy

(Arthabaska) : Alors, merci. Bonjour. Je suis contente de me

joindre à ce stade-ci, même, j'aurais voulu être là avant, mais il y a

des fois que les circonstances ne se présentent pas.

Maintenant,

je comprends que ce registre-là tient sur... tout l'échafaudage du registre

tient sur le fait que la validité de

l'identité de la personne qui s'inscrit doit être la bonne. À partir du moment

où ce n'est pas la bonne identité, tout le reste en découle. C'est comme un château de cartes ou un jeu de dominos.

Tout le reste en découle, puis rien des autres informations ne sont

utiles, puisque ce n'est pas de relier une personne à une arme par son

immatriculation.

Vous pensez

peut-être, M. le Président, que je vais faire un détour, là, mais laissez-moi terminer

mon raisonnement. L'endroit où il y a, puis je pense que ça ne prend pas

des statistiques à n'en plus finir... où il y aurait une plus grande concentration d'armes à feu, puis ça... c'est

traditionnellement dans les territoires autochtones. On peut s'entendre que,

la chasse étant une activité traditionnelle,

il y a plus per capita d'armes à feu, j'imagine, dans les territoires

autochtones que dans le reste du Québec.

Sauf que,

lors de son intervention à ma question, qui n'a peut-être pas été remarquée

beaucoup, on avait... J'ai posé la

question lorsque l'Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador

sont venues ici lors des consultations publiques,

et c'est le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, qui a

répondu. Je leur ai dit : Il me semble que les membres des

Premières Nations ne s'inscrivent pas au registre de l'état civil. Ils sont

inscrits dans un registre fédéral. Je me

demande comment vous allez faire, là, à ce moment-là, pour amalguer les deux. Y

avez-vous pensé, à cette difficulté-là?

Le Président (M. Marceau) : O.K.

Donc, peut-être, M. le ministre...

Coiteux : ...au Directeur de l'état civil. Je pense que, si on est

tous d'accord, il pourrait répondre à la question.

Président (M. Marceau) :

Moi, je pense qu'il y a consentement. M. Bernier, est-ce que vous voulez

répondre à la question de la députée d'Arthabaska, s'il vous plaît?

M. Bernier

(Reno) : Tout à fait. C'est une bonne question. Il existe, en fait,

trois registres. Il y a le Registre des Indiens, qui est géré par le gouvernement fédéral, auquel,

effectivement, les personnes autochtones doivent s'inscrire pour bénéficier de l'encadrement qui découle de cette

loi. Il y a aussi au Québec ce qu'on appelle les registres autochtones,

qui sont un autre registre de populations, qui est tenu par le ministère de la

Santé pour l'accès aux soins de santé. À la

base de ces deux autres registres là, il y a le registre de base au Québec, qui

est le registre de l'état civil, qui est tenu par le Directeur de l'état civil, et, dans ce registre-là, les personnes

autochtones doivent s'inscrire aussi. D'ailleurs, pour bénéficier de l'inscription dans les registres

indiens et les registres autochtones, ils doivent d'abord être inscrits chez

nous, au registre de l'état civil, sinon ils ne peuvent

pas prouver leur naissance dans ces deux autres registres là. Et on a même

mis en place une déclaration unique qui

simplifie leur démarche, puisque, lorsqu'ils viennent s'inscrire à l'état

civil, on transmet au gouvernement

fédéral et au ministère de la Santé la naissance, les données électroniques,

pour qu'ils puissent les inscrire dans ces registres-là.

Donc,

pour répondre à votre question, oui, on y a pensé, et c'est tout à fait logique

parce qu'ils doivent déjà s'inscrire au registre de l'état civil.

Mme Roy

(Arthabaska) : Merci. J'ai une deuxième question, M. le

Président.

Le Président (M.

Marceau) : Oui, allez-y. Allez-y, Mme la députée.

Roy (Arthabaska) : J'ai eu la chance ou la malchance de

déménager récemment et je me suis servi de ce qu'on appelle le service Web, où on peut changer notre adresse dans tous

les services québécois, genre ministère du Revenu, l'assurance

automobile, la Régie des rentes. On fait ça dans une opération, on change notre

adresse.

Allez-vous

la... Je pense qu'il va falloir qu'on inscrive le directeur du registre de

l'état civil si on a une immatriculation

d'arme à feu. Parce qu'ils disent : Si vous avez un permis de conduire,

cochez assurance auto; si vous faites

une déclaration d'impôt, cochez ministère du Revenu. Je pense qu'il faudrait

probablement inscrire le registre de l'état civil à cette démarche-là.

Le Président (M.

Marceau) : O.K. M. Bernier.

Bernier (Reno) : Écoutez, il va falloir l'examiner parce que, dans la

portée de la loi, il y a les adresses de résidence, certes, qui peuvent être mises à jour par le

Service québécois de changement d'adresse, auquel vous faites référence, le

fameux SQCA, mais il y a aussi les adresses où les armes vont être détenues,

puis il n'y a pas nécessairement une adéquation

toujours entre l'adresse de résidence et l'adresse où va être détenue l'arme.

Par exemple, ça peut être dans un chalet, dans une pourvoirie, dans un camp de

chasse, bon, etc. On va l'analyser, ça. Le ministre nous avait lui-même

posé la question, et nous avions pris bonne note de bien l'examiner.

qu'on veut s'assurer, c'est de simplifier les démarches du citoyen, mais de ne

pas créer de confusion aussi, à savoir :

Je le fais-tu par le SQCA, mon changement d'adresse, ou je le fais directement

au fichier des armes à feu? Et on va l'évaluer,

mais peut-être que, pour ne pas prendre de chance, dans un premier temps,

peut-être que les gens vont devoir vraiment

s'adresser au fichier des armes à feu pour mettre à jour leurs adresses, pour, par la même

occasion, s'assurer que l'arme n'a

pas changé de place, puis éventuellement d'évaluer, en termes de simplification,

si on ne pourrait pas faire une

partie avec le SQCA éventuellement.

Mme Roy

(Arthabaska) : Merci, ça répond à mes questions.

Président (M. Marceau) :

Parfait. D'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre

intervention, on va voter sur l'amendement du député de Verchères.

Alors, est-ce que l'amendement est adopté?

Le Président (M.

Marceau) : Adopté.

Le Président (M.

Marceau) : Oui. Est-ce que c'est sur division ou est-ce que c'est adopté?

Président (M. Marceau) : Adopté. Très bien.

Maintenant, sur l'article 4 lui-même, est-ce que j'ai d'autres interventions?

Oui, j'ai M. le député de Beauce-Nord.

Spénard : Oui. Sur

l'article 4 — merci, M. le Président — là,

on commence à parler du fichier puis... Ah! M. le Directeur de l'état civil est parti. En tout cas, moi, j'aimerais savoir... J'ai beaucoup de questions là-dessus, sur le fichier

comme tel. Premièrement : Qui va avoir accès au fichier? J'imagine, le Directeur

de l'état civil, les employés et les corps

policiers. Est-ce qu'il y en a d'autres? Est-ce que le fichier...

Est-ce que l'accès au fichier va être automatique? Dans le sens que les corps policiers nous ont dit, ici,

que le fichier fédéral, ce n'était pas automatique, il fallait qu'ils le

demandent à part, alors que, dans les

autres provinces, la minute qu'une personne est arrêtée et qu'on prenait son

adresse, ça sortait automatiquement. C'est ça que tous les corps

policiers nous ont dit pour se défendre d'avoir si peu d'inscriptions, de

demandes au registre fédéral.

Alors, je les

crois, mais est-ce que ce fichier-là ici, au Québec, va être automatique

pour ceux-là qui y ont accès, dans le

sens de dire : André Spénard se fait arrêter... Hein, j'ai le droit de dire mon nom? Oui, ça doit? En tout cas, le

député de Beauce-Nord se fait arrêter

pour un excès de vitesse, et le policier, dans son chose, en pitonnant

«André...» En pitonnant «le député de

Beauce-Nord pour excès de vitesse», est-ce qu'il a accès automatiquement au

fichier, comme c'est le cas dans les autres provinces du Canada, en ce

qui concerne le fichier fédéral?

Le Président (M.

Marceau) : M. le ministre.

Coiteux : Le Centre de renseignements policiers n'est pas monté de cette façon-là, pour que ça sorte de façon automatique,

mais, si un policier a besoin de l'information, il va pouvoir interroger le fichier. Maintenant,

le fichier, et l'accès au fichier, va

devoir respecter la

loi sur les renseignements

personnels, et les policiers vont

accéder aux informations qui sont nécessaires dans l'exercice de leurs

fonctions. C'est comme ça que ça va être fait.

Le Président (M. Marceau) : Très

bien. M. le député de Beauce-Nord.

Spénard : En ce

qui concerne la confidentialité des renseignements personnels, je suis bien d'accord avec vous, mais pourriez-vous m'éclairer? Parce que,

là, on dit que... «Assurer l'intégrité des renseignements inscrits au

fichier», on ne sait pas encore quelles

sortes de renseignements qu'il va y avoir eu là-dedans. Ça va venir par règlement. Chose certaine,

il va y avoir l'immatriculation d'une arme à feu, il va y avoir l'adresse du

propriétaire. Est-ce qu'il va y avoir

plus que ça? On ne le sait pas encore, ça va

venir par règlement. On nage un peu, dans ce projet de loi, sur un acte de foi

et de bonne volonté envers le ministre comme tel, mais on ne sait même pas...

Parce que

comment se fait-il que, dans les autres provinces... Parce que, là, je me mets

à la place du policier, là il va être

obligé d'avoir accès à deux registres différents, c'est-à-dire les armes de

poing au fédéral et les armes longues au provincial. Est-ce que la Sûreté du Québec... Je ne comprends pas que

les corps policiers soient si différents que ça des autres provinces, parce que, les autres provinces,

c'est automatique, le fédéral. Ici, ce n'est pas automatique, je ne sais

pas pourquoi, ça doit être une solution

informatique quelconque d'un ministère. Mais, moi, ce que j'aimerais savoir,

c'est que la Sûreté du Québec va

avoir accès au fichier fédéral pour les armes de poing et un autre fichier, et

ça, ça ne peut pas se faire

automatique : Est-ce que ce monsieur a des armes? Expliquez-moi pourquoi

que ça ne peut pas se faire automatique, M. le ministre, s'il vous

plaît.

Le Président (M. Marceau) : M. le

ministre.

Coiteux : Bien, c'est les façons dont les corps policiers ont monté

les plateformes de demande de renseignements. Mais actuellement ils n'ont pas accès à un fichier d'immatriculation des

armes d'épaule, il n'existe plus. On va en créer un, donc ils vont y accéder, et ils vont accéder à la fois au registre

fédéral sur les armes à utilisation restreinte, c'est un fichier distinct, puis ils vont accéder au fichier

québécois des armes d'épaule, ça va être une autre source de renseignements, mais

ce n'est pas la même banque de données. Ce n'est pas géré par les mêmes

personnes. Donc, les policiers vont accéder aux deux.

Le Président (M. Marceau) : Le député

de Beauce-Nord.

Spénard : Merci. Ici, on parle d'un fichier, là, et moi,

j'ai... Parce qu'au fédéral le fichier, en ce qui concerne les armes de poing,

est toujours accessible, les armes à autorisation restreinte,

et tout. Et ici on parle d'un fichier pour les armes longues, alors... Et vous me dites que ce ne sera pas automatique

parce que le système n'est pas monté comme ça. Mais moi, j'aimerais ça savoir pourquoi

que ce n'est pas monté comme les autres corps de police. Vous n'avez pas de

réponse, M. le ministre? Parce qu'on a décidé que c'était comme ça?

Le Président (M. Marceau) : M. le

ministre.

Coiteux : Bien, on ne peut

pas décider, nous, au Québec, des pratiques en Ontario. Chaque province a ses

façons de faire les choses. On a nos façons de faire les choses.

Spénard : Ce que vous me dites, c'est que les neuf autres

provinces ont une façon uniforme de faire les choses en ce qui concerne le registre fédéral, et nous,

nous sommes l'unique à ne pas faire les choses comme ça au registre fédéral.

C'est ce que les corps policiers nous ont

dit en commission parlementaire, qu'on était la seule province où ça ne se fait

pas automatiquement.

Le Président (M. Marceau) : M. le

ministre.

Coiteux : Je vous ai simplement

dit que je n'ai pas d'influence sur les pratiques en Ontario

puis en Saskatchewan, directe,

parce qu'on ne légifère pas là-bas, mais on légifère ici.

Spénard : C'est justement pourquoi je vous pose la question, M. le ministre, c'est parce qu'on légifère ici. Alors, pourquoi qu'on ne fait

pas l'accès automatique et au registre fédéral et au registre provincial en

même temps? Comment va se faire... Je vous ai posé la question quelques fois,

et vous allez en discuter le 19, là, avec M. Goodale, je crois, vous avez eu ça

comme réponse, vous allez en discuter le 19 avec M. Goodale, mais comment

va-t-on faire l'arrimage entre le fédéral et

le provincial, en ce qui concerne les armes à feu, pour avoir un registre

d'immatriculation par le Directeur de

l'état civil qui va être 100 % fiable? Avec les PPA, est-ce que vous allez

exiger les permis de possession et

d'acquisition dans l'immatriculation québécoise des armes longues? Comment va se faire

l'arrimage avec le fédéral pour avoir

toutes les données des possesseurs de PPA? Comment va se faire tout ça, à part

de me donner la réponse que vous allez rencontrer M. Goodale le 19? Est-ce

qu'il y a des projets de règlement sur la table pour essayer de clarifier un

peu ça?

Le Président (M. Marceau) : M. le

ministre.

Coiteux : Bon. Je ne sais

pas si on est exactement dans une discussion sur l'article

4 modifié par l'option de l'amendement, mais, ceci dit, j'ai dit un

petit peu plus tôt que j'avais l'intention — puis je l'ai dit la fin de

semaine dernière aussi — de

préciser que les modalités de transfert devaient être prévues par règlement,

et puis j'ai donné l'assurance qu'on

s'assurerait de parvenir aux fins... On a eu une discussion sur un amendement

à un moment donné puis on a décidé de prendre un autre chemin, finalement. Alors, je n'ai pas grand-chose à rajouter sur ce

que j'ai déjà dit là-dessus, mais j'aurai l'occasion de déposer un amendement

pour faire une référence explicite aux modalités de transfert.

Le Président (M. Marceau) : Merci.

M. le...

Spénard : Il n'y a

pas de réponse. Alors, je n'ai pas de question, M. le Président.

Le Président

(M. Marceau) : Vous n'avez

pas de question, vous avez dit? Je m'excuse, je ne vous ai pas entendu, M.

le député de Beauce-Nord.

Spénard : J'ai

dit : Bien, il n'y a pas de réponse, donc je n'ai plus de question.

Le Président (M. Marceau) : Bon,

c'est comme vous le voulez. Mme la députée d'Arthabaska.

Mme Roy

(Arthabaska) : M. le Président, la réponse du directeur du

registre de l'État civil à la question d'«où se trouvent les armes à feu» a éveillé en moi une autre question, qui,

je pense, mérite d'être répondue, sur qui a accès au fichier. Si les armes à feu sont dans des

pourvoiries ou dans des chalets, est-ce que les agents de fédération de la

faune vont avoir accès au fichier?

Le Président (M. Marceau) : M. le

ministre.

Coiteux : Bien, lorsqu'on a

commencé nos travaux, j'ai déposé une série d'amendements concernant les

agents de la faune notamment,

là, qui tenait compte des consultations que nous avions eues sur...

L'important, ici, puis on n'a pas

encore adopté tous les articles puis on n'a pas encore adopté

la loi, mais l'important, c'est que les gens immatriculent leurs armes. Et ça veut dire, au moins,

minimalement, leur nom, l'adresse et où est entreposée l'arme. C'est ça, les renseignements de base qui doivent être contenus

dans le fichier. Le module d'enregistrement va être construit pour qu'on

ait ces renseignements de base là, et l'ensemble

des renseignements qui devraient être contenus va être prévu par règlement. C'est ce qu'on a discuté en long

et en large déjà, beaucoup.

Le Président (M. Marceau) : Mme la

députée d'Arthabaska.

Mme Roy

(Arthabaska) : Bien,

pour être une fille de La Tuque puis avoir été souvent en forêt, il y a

plein de chalets qui n'ont pas

d'adresse, M. le Président, et des pourvoiries avec des chalets sans adresse

aussi, là. Les agents de la faune, s'ils veulent être efficaces, il va falloir

qu'ils sachent où sont les armes, peut-être.

Et il va falloir trouver des

modalités un peu plus précises à ce sujet-là. J'ose imaginer que vous

avez pensé à ces obstacles-là.

Le Président (M. Marceau) : M. le

ministre.

Coiteux : On y a pensé, mais

on veut aussi que les agents de la faune jouent leur rôle pleinement. Et on ne veut pas nuire aux activités de chasse dans les

pourvoiries, donc on a prévu les modalités nécessaires.

Le Président (M. Marceau) : Très

bien. D'autres interventions? Très bien. Alors, puisqu'il n'y a pas d'autre intervention, on va procéder au vote sur l'article 4

tel qu'amendé. Alors, est-ce

que cet

article 4, tel qu'amendé, est adopté?

Le Président (M. Marceau) : Parfait,

il est adopté. Merci. Alors, M. le ministre, on va passer à l'article 5, s'il

vous plaît.

Coiteux : Oui, qui se lit

comme suit : «Le ministre attribue un numéro unique d'arme à feu à l'arme à

feu qui n'a jamais été immatriculée et un numéro d'immatriculation pour

chacune des armes à feu qu'il immatricule.»

Mme Roy (Arthabaska) : ...M. le

Président...

Le Président (M. Marceau) : Oui, Mme

la députée d'Arthabaska.

Mme Roy (Arthabaska) : Avec le consentement de tout

le monde, il y a

juste un petit bout de mon intervention que j'ai oublié, et je voulais vous dire, M. le Président, que,

certaines réserves indiennes, il n'y a pas d'adresse non plus. Donc, il

va falloir y penser.

Le Président (M. Marceau) : O.K. Parfait. Merci de nous avoir dit ça. On va

continuer sur l'article 5. M.

le ministre, voulez-vous nous

expliquer ce que dit l'article 5 maintenant que vous nous l'avez lu?

Coiteux : Alors, ce que ça

dit, c'est que cet

article prévoit que le ministre attribue un numéro

unique d'arme à feu à l'arme à feu

lors de sa première immatriculation. Il attribue aussi un numéro d'immatriculation pour chacune des armes qu'il immatricule.

Le Président (M.

Marceau) : O.K., donc votre explication, c'est le texte de l'amendement.

Le Président (M.

Marceau) : Parfait.

M. Coiteux :

Parce que parfois les choses sont suffisamment claires.

Le Président (M. Marceau) : Cela arrive. Cela arrive. Alors, des

interventions? Oui, M. le député de Bonaventure.

M. Roy :

Merci, M. le Président. M. le ministre, quand on parle d'un numéro d'immatriculation,

c'est bien le numéro qui est inscrit sur l'arme, ou c'est un autre numéro? Parce

que je pense que...

Coiteux : Bien, ça pourrait

être le numéro de série, effectivement. S'il y

a un numéro de série, ça va

être ça. Maintenant, il est possible aussi que l'arme a déjà été

immatriculée et puis qu'elle avait un numéro dans le registre fédéral. Donc, ça pourrait être aussi ce numéro-là. Donc,

on va préciser, là, mais ça va être un numéro unique, c'est ça qui est important.

Le Président (M. Marceau) : Oui. M.

le député de Bonaventure. Ah! pardon. M. le ministre, allez-y. Excusez-moi, vous voulez

compléter?

M. Coiteux :

Je peux préciser...

Le Président (M.

Marceau) : Oui, oui, allez-y.

Coiteux : Je peux

préciser : s'il y a un numéro de série, c'est le numéro de série.

C'est dans le cas des armes qui n'ont

pas de numéro de série, il va falloir quand

même lui attribuer un numéro. Ça

pourrait être, dans ces cas-là, le numéro du registre fédéral, si ça

avait... déjà le cas.

Le Président (M.

Marceau) : Merci.

Roy : Écoutez,

c'est juste pour éviter la confusion entre le numéro de série et le numéro d'immatriculation. Dans le cas d'une vérification, comment on va faire pour savoir

si le certificat qu'on a correspond au numéro de l'arme si ce n'est pas le même numéro? Donc, il va falloir avoir de la

cohérence dans l'identification de l'arme. C'est très important.

Le Président (M.

Marceau) : Voulez-vous que nous suspendions, le temps de clarifier,

oui?

M. Coiteux :

...une suspension, parce que j'ai un problème de sémantique.

Le Président (M.

Marceau) : On va clarifier. On va suspendre et clarifier. Voilà.

(Suspension de la séance à 11

h 45)

Le Président (M.

Marceau) : Alors, nous reprenons. M. le ministre, je vous redonne la

parole.

Coiteux : Alors,

démêlons-nous dans la sémantique, hein? Alors, la première étape pour se

démêler dans la sémantique, c'est que

moi-même, j'exprime correctement les choses, là. Et le numéro unique, c'est le

numéro d'identification qui va suivre, pendant

toute sa durée, l'arme. Alors, elle peut changer de main, cette arme,

puisqu'elle peut être vendue à d'autres personnes, de numéro unique va toujours

être là. Bon.

Le numéro

d'immatriculation va différer. Alors, à chaque fois qu'il y aura

une immatriculation, il y aura un numéro d'immatriculation, mais on va immatriculer une arme qui aura un numéro

unique. Ce numéro unique va être le numéro de série lorsqu'il y a un numéro de série, mais, lorsqu'il

n'y a pas de numéro de série, il va falloir lui attribuer ce numéro

unique qui va suivre toute la vie... toute la durée de possession de cette arme

par une personne ou à une autre. Alors, il y

aura un numéro unique qui sera

attribué, différent de celui du numéro de série, dans les quelques cas où

l'arme n'a pas de numéro de série.

Le Président (M. Marceau) : Très

bien. M. le député de Verchères.

Bergeron : Bien là, est-ce

qu'on doit comprendre, finalement,

que chaque arme se verra attribuer deux numéros, un numéro unique puis

un numéro d'immatriculation?

Coiteux : Non, c'est comme

le véhicule automobile qui a un numéro de série mais que, lorsqu'il

change de propriétaire, il y a une nouvelle plaque avec un numéro de

plaque qui est différent. Ça va être la même chose ici : le numéro d'immatriculation, il va y en avoir un

nouveau à chaque fois que l'arme en question ayant son numéro unique est immatriculée

de nouveau par une autre personne.

Bergeron : Vous remarquerez la différence entre un véhicule

automobile puis une arme, c'est qu'on ne peut pas appliquer une plaque sur l'arme. Et, justement, tout le débat

autour du burinage, c'était : De quelle façon... Quel impact ça a

d'altérer l'arme en y gravant, en y inscrivant, en y collant un numéro

d'immatriculation? Alors, moi, j'avais cru comprendre

que, pour régler ce problème-là, le numéro d'enregistrement, le numéro...

le numéro de série, dis-je, serait le

numéro d'immatriculation. Mais là on comprend qu'il y a ce numéro qu'on

appelle, pour les besoins de la cause, le numéro unique, donc le numéro de série, c'est le numéro unique, pour

reprendre la terminologie employée à l'article 5, mais

qu'il y aurait un autre numéro qui serait attribué à cette

arme, qui est un numéro d'immatriculation. Et là, si je ne m'abuse, un peu plus loin, on dit que le numéro

d'immatriculation doit apparaître sur l'arme. Et là ça, ça occasionne un

problème, là, parce qu'à partir du

moment où je croyais qu'on s'était entendus pour que le numéro

d'immatriculation soit le numéro de

série, si le numéro d'immatriculation diffère du numéro de série, ça pose un

problème quant au fait d'apposer ce numéro d'immatriculation sur l'arme,

d'une part.

Et, d'autre

part — puis ça,

on va y revenir, mon collègue va y revenir un peu plus loin, à

l'article 8 — à un moment

donné, est-ce qu'on va demander au

propriétaire d'arme à feu en plein bois de produire son numéro

d'immatriculation? Ça aurait été

simple si le numéro d'immatriculation avait été le numéro de série. Tu

dis : Regarde le numéro de série, check dans ton registre, puis c'est ça, mon numéro d'immatriculation qui est

en lien avec mon nom, mon adresse, ainsi de suite. Mais là, si, en plus, il faut demander aux

chasseurs de trimbaler avec eux un petit papier, qui va délaver à l'eau, qui va

être tout mou, ainsi de suite, là on va se retrouver avec des problèmes,

puis c'est là que ça va commencer à grogner, là.

Alors, moi,

sincèrement, M. le ministre, j'avais compris que le numéro d'immatriculation

puis le numéro de série, ça serait la même affaire. Là, on comprend que le

numéro de série, c'est le numéro unique, au sens de ce qui est inscrit

là, puis qu'il va y avoir, par-dessus ça, un

numéro d'immatriculation, et là ça risque d'occasionner un certain nombre de problèmes, puis je viens d'en

évoquer au moins deux.

Puis, qui

plus est, on dit, à un moment

donné : On «attribue un numéro

unique d'arme à feu à l'arme [...] qui n'a jamais été immatriculée et un

numéro d'immatriculation pour chacune des armes qu'il immatricule». Bon, là, ça

non plus, ce n'est pas clair, parce qu'on comprend qu'une arme qui n'a jamais été immatriculée on attribue un numéro unique

et qu'on attribue un numéro d'immatriculation pour chaque arme qu'il immatricule. Au niveau du libellé, là, ce n'est

pas clair.

Ce n'est pas

clair parce que, là, on nous dit : Chaque arme pour... «À

l'arme à feu qui n'a jamais été immatriculée». Là, on ne précise pas : «Chaque arme qui n'a pas de numéro de

série», on dit : «Chaque arme qui n'a jamais été immatriculée». Alors, «chaque arme qui n'a jamais

été immatriculée», il y a deux questions qui se posent : Est-ce qu'on parle de l'immatriculation au Québec ou est-ce

qu'on parle de l'immatriculation fédérale? Parce que, là, on n'a toujours pas réglé la question d'est-ce qu'on peut utiliser ou

non les données du registre... les données québécoises du registre fédéral. Alors, quand on dit : «Une arme qui

n'a jamais été immatriculée», qu'en est-il d'une arme qui a

été immatriculée au fédéral? Est-ce qu'on attribue un numéro unique d'arme à feu à une arme qui aurait été

immatriculée au fédéral et dont on aurait les données à notre disposition?

Alors, pour

dire les choses crûment, je trouve que l'article 5 est un peu mal foutu et

est source de confusion pour le

lecteur, y compris pour les législateurs que nous sommes, actuellement, là.

Alors, en termes de libellé, ce n'est pas clair. Puis là on vient de soulever un problème qui, à mon sens, est un pavé

dans la mare, c'est-à-dire que le numéro d'immatriculation n'est pas le

numéro de série, et là ça occasionne d'autres problèmes. Si ça avait été le

numéro de série, ça aurait été simple comme bonjour, puis là, si ce n'est pas le

numéro de série, ce n'est plus simple comme bonjour.

Le Président (M. Marceau) : O.K.

Merci, M. le député de Verchères. M. le ministre.

Coiteux : Je pense que la discussion que nous avons est au fait que ma

première intervention, pas le libellé de

l'article, ma première intervention n'était pas aussi claire que le libellé de

l'article, je pense, puis c'est ce que j'ai essayé d'amender ici.

L'immatriculation

n'est pas conférée à l'arme, mais au propriétaire de l'arme, et le propriétaire

de l'arme peut changer à travers le

temps, puisque l'arme peut être cédée à quelqu'un d'autre. Donc, il est normal,

si elle est attribuée à un propriétaire, que son numéro change en

fonction du propriétaire. Mais l'arme elle-même, elle doit avoir une identité permanente. Cette identité permanente,

c'est ça, le numéro unique, c'est ce qu'on appelle le numéro unique. Donc,

il faut distinguer l'immatriculation du

numéro unique, ce que ma première intervention n'a pas permis de clarifier.

C'est ce que j'essaie de clarifier maintenant.

Alors, ce

numéro unique, lorsqu'il y a un numéro de série, c'est le numéro de série,

parce que le numéro de série, il est permanent, il ne doit pas changer

dans le temps. Il arrive, dans le cas de certaines armes, qu'elles n'aient pas

un numéro de série. Alors, il va falloir

leur attribuer une identité par un numéro unique qui va être différent du

numéro de série qui est inexistant.

Alors, la première fois qu'on va immatriculer l'arme, il est important de lui

donner cette identité qu'est le numéro unique. Si c'est le numéro de

série, ça va être le numéro de série. Et, quand on immatricule, le propriétaire reçoit un numéro d'immatriculation.

Mais, s'il cède à quelqu'un d'autre, cette même arme, qui a son numéro

unique, est cédée à quelqu'un d'autre, cette arme-là suit, mais le nouveau

propriétaire, il a besoin d'avoir son numéro d'immatriculation. S'il avait le même que l'ancien, c'est comme si

c'était encore le même propriétaire, donc on aurait un problème pour comprendre la suite des choses. Il

faut suivre la traçabilité. Et d'ailleurs il est prévu que les policiers puissent interroger le fichier à la fois

par numéro de série — tel numéro de série, c'est rendu où, c'est

qui qui l'a? — comme

par numéro d'immatriculation. Donc, l'interrogation va pouvoir se faire

d'une façon ou d'une autre.

Alors, je

regrette, là, si j'ai entraîné un petit peu de confusion dans ma première

intervention là-dessus, mais c'est vraiment

ça : l'identité de l'arme par le biais du numéro unique, et

l'immatriculation non pas attribuée à l'arme, mais attribuée au propriétaire de l'arme. Et là mon exemple des

plaques n'était pas le bon, j'avoue, c'est plutôt mon certificat d'immatriculation comme conducteur... comme

propriétaire d'un véhicule automobile qui immatricule une automobile en particulier. Mais, si je le cède à quelqu'un d'autre, cette personne-là va avoir sa propre immatriculation mais avec le même numéro, en ce qui concerne le véhicule, son

numéro de série.

Président (M. Marceau) : Très bien.

Merci. Est-ce qu'il y a encore des questions? Oui, M. le député de Bonaventure.

M. Roy : Bien, écoutez, est-ce que ça ne

vient pas complexifier les choses pour en arriver justement à un registre qui peut être très coûteux? Parce que,

là, on se ramasse avec... Bon, vous avez le numéro de l'individu ou l'identification de l'individu qui a l'arme, mais

pourquoi ne pas juste suivre le propriétaire du numéro unique de l'arme

et faire des transferts? Là, on a deux numéros qui vont être différents :

on a l'arme puis on va avoir les différents propriétaires.

Je comprends bien que vous voulez avoir un fichier sur... bon, je ne sais pas,

moi, je vais avoir un numéro x à

l'achat d'une carabine qui a un numéro permanent. Bien, pourquoi ne pas faire

en sorte que le numéro de l'arme suive le propriétaire? Et, s'il y a un transfert, bien, c'est le numéro de l'arme

qui change de titulaire... ou, en

tout cas, le numéro unique, et

non pas de créer une autre structure de gestion du transfert qu'il a... En tout

cas, on discute, M. le ministre.

M. Bergeron : ...serait attribué au

propriétaire...

M. Roy : Si le numéro de l'arme est transféré... Bon, moi,

j'ai une arme, il y a le numéro qui m'est accolé à moi. C'est moi, Sylvain Roy, bon, telle adresse, cette

arme m'appartient, voici le numéro unique de l'arme. Moi, si je la vends à

mon collègue ici présent, bien là, le numéro n'est plus collé à une propriété

qui est mienne, il sera à la sienne, mais ça sera le numéro de l'arme.

Mais là

c'est juste de comprendre le danger potentiel de créer une structure de... Je

sais que vous avez fait un corollaire avec le numéro de l'automobile,

puis tu as la plaque qui est associée... mais on essaie d'éviter quand même, bon,

l'obésification des bases de données via un

paquet de chiffres puis qu'à un

moment donné c'est là que ça coûte un

bras, là. Mais on discute, M. le ministre. Est-ce que c'est possible de faire en sorte que le numéro de

l'arme suive le propriétaire et ne pas redonner un nouveau numéro au

propriétaire?

Le Président (M. Marceau) : M. le

ministre.

Coiteux : C'est parce que

ce n'est pas au même propriétaire, on s'entend? Donc, le propriétaire qui cède

son arme, là, elle n'est plus immatriculée à son nom. Alors, lui, que le

nouveau propriétaire ait son propre numéro pour l'immatriculation, ça ne le

dérange plus, là. Mais, si quelqu'un achète une arme, il achète une arme qui a

un numéro d'identification, c'est ça qu'il

achète. Il achète une arme qui a un numéro de série, comme lorsqu'on achète une

voiture automobile, elle a un numéro

de série, c'est ça que j'achète. Et on identifie le véhicule automobile en

particulier par le numéro de série... pas

uniquement, là, on ajoute la marque, etc., mais, dans les renseignements de base, là, de base, fondamentaux, il y a le numéro de série.

Alors, ce numéro de série, dans la vaste majorité des cas, il identifie l'arme

en question.

Maintenant,

il n'identifie pas le propriétaire. Le propriétaire, c'est ça, l'objectif du projet de loi, c'est qu'il doit l'immatriculer. Il doit l'immatriculer. Si ça

reste sa propriété pendant toute son existence, bien, il n'y aura jamais de

nécessité de l'immatriculer à un autre nom. Mais, le jour qu'il y aura

immatriculation à un autre nom, s'il la cède à quelqu'un d'autre, bien,

l'arme qui a le numéro unique, le numéro de série est transféré à une personne

qui l'immatricule à son nom. Alors, c'est ça qu'il s'agit, là, ici.

Donc, le

numéro qui pourrait être apposé par

étiquette, et non pas gravé, dans les cas où il n'y a pas de numéro de série, dans les rares cas où il n'y a pas de

numéro de série, ce n'est pas le numéro d'immatriculation, c'est le numéro

unique, un numéro unique qui serait donné au

moment de la première immatriculation de l'arme, si elle n'a pas déjà été

immatriculée, qui

serait donné au même moment pour lui conférer une identité permanente. Mais le

propriétaire, il ne peut pas être présumé permanent. Il le sera dans

certains cas, mais pas dans tous les cas.

Maintenant, en ce qui concerne... Si je

peux juste compléter?

Le Président (M. Marceau) : Bien

sûr, bien sûr.

Coiteux : En ce qui concerne l'évaluation des coûts du fichier

d'immatriculation, on a tenu compte de cette solution-là. Donc, ça ne

change absolument pas nos estimés, là, au contraire.

Le Président (M. Marceau) : Très

bien. J'avais Mme la députée d'Arthabaska avant Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,

mais il nous reste 30 secondes. Allez-y, Mme la députée d'Arthabaska.

Mme Roy (Arthabaska) : Ah!

bien, je serais peut-être mieux de refaire mes commentaires à la prochaine...

Le Président (M. Marceau) :

Prochaine séance?

Mme Roy (Arthabaska) :

...après l'ajournement, là...

Le Président (M. Marceau) : O.K. Je

pense qu'on...

Mme Roy (Arthabaska) : ...pour que

ce soit fructueux comme échange.

Le Président (M. Marceau) : Je pense

que vous avez raison.

Alors,

écoutez, compte tenu de l'heure, la commission va suspendre ses travaux

jusqu'après les affaires courantes, soit vers 15 heures, où elle

poursuivra un autre mandat à la salle Louis-Joseph-Papineau. Merci, tout le

monde.

(Fin de la séance à 12 heures)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCI 2016-05-17
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions ci-41-1 journal-debats CI-160517
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier5e9205d029b3daaad29673044f58c49798fa1f89

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