Culture and Education — 9 February 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2021-02-09
Quebec — Committees
(Neuf
heures quarante minutes)
La Présidente
(Mme Guillemette) : Bon matin, tout le monde. Merci d'être
présents ce matin. Donc, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est
réunie ce matin afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69,
Loi modifiant la
Loi sur le patrimoine culturel et d'autres dispositions
législatives.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Rizqy (Saint-Laurent)
est remplacée par Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé); Mme Labrie
(Sherbrooke) est remplacée par Mme Ghazal (Mercier); et Mme Hivon
(Joliette) est remplacée par M. Bérubé (Matane-Matapédia).
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Donc, quelques petites règles
sanitaires : le port du masque obligatoire pendant toute la séance, sauf
lorsque nous prenons la parole.
Au moment d'ajourner
nos travaux la semaine dernière, la ministre s'apprêtait à proposer un
amendement à l'article 37 du projet de loi. L'amendement est disponible
sur le Greffier.
Donc, Mme la
ministre, je vous cède la parole pour nous présenter l'amendement.
Mme Roy :
Oui. Merci beaucoup. Bonjour, tout le monde. Alors, nous reprenons. Cet
amendement se lit comme suit :
L'article 37,
article 118 de la
Loi sur le patrimoine culturel. Remplacer
l'article 37 du projet de loi par le suivant :
L'article 118
de cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par la
suppression de la première phrase;
2° par la
suppression de «toutefois».
Commentaires :
L'amendement proposé aurait des effets... les mêmes effets que la version
initiale de l'article 37 à la
différence que cette version élargit le pouvoir d'aide, prévu à
l'article 151 de la
section IV du chapitre... pardon, l'article 151 de la
section VI
du
chapitre IV de la
Loi sur le patrimoine culturel, aux municipalités
régionales de comté.
Et l'article 118
actuel, tel qu'il serait modifié, se lit ainsi :
«118. L'administration
régionale Kativik, lorsqu'elle agit comme municipalité locale aux fins du
présent
chapitre en vertu de
l'article 244 de la
Loi sur les villages nordiques et l'Administration
régionale Kativik (chapitre V-6.1), n'a pas à faire approuver ses
règlements par le ministre des Affaires municipales, des Régions et de
l'Occupation du territoire pour qu'ils entrent en vigueur.
«Les pouvoirs prévus
au présent
chapitre peuvent également être exercés, selon le cas, sur des
terres de réserve ou sur les terres visées
par la
Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec (L.C. 1984, c. 18)
par une communauté autochtone, compte tenu des adaptations nécessaires
et, à cette fin, les mots "municipalité locale" s'entendent aussi d'une communauté autochtone représentée par son
conseil de bande au sens de la
Loi sur les Indiens (L.R.C. 1985,
c. I-5) ou de la
Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec.»
Mme la Présidente,
compte tenu des questions qui avaient été posées à la précédente séance et
compte tenu de la complexité de l'article, nous pourrions suspendre pour
discuter avec le légiste spécialisé en la matière puis revenir par la suite,
avec le consentement des oppositions.
Des voix :
Consentement.
La Présidente (Mme Guillemette) : Il y a consentement. D'accord. Donc, nous allons
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 43)
La Présidente
(Mme Guillemette) : Donc, nous reprenons les travaux. Je céderais
la parole à Mme la ministre, qui avait lu l'amendement de l'article 37. Nous avions suspendu quelques instants pour
des explications, donc.
Mme Roy :
Oui. Alors, c'est ça, les légistes nous ont donné les explications très
pointues à ce type d'article là, qui, grosso modo, change deux mots sur un
article qui existe déjà depuis 2011‑2012, là, l'article 118, en tout
respect des droits de tous. Donc, bien, je propose de passer au vote sur
l'amendement.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Parfait. D'autres commentaires sur
l'amendement?
Présidente (Mme Guillemette) : Donc, nous... le vote pour l'amendement, M. le secrétaire, s'il vous
plaît.
Le Secrétaire : Mme Roy
(Montarville)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lemieux (Saint-Jean)?
Le Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme St-Pierre (Acadie)?
Mme St-Pierre :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Le Secrétaire : Et
Mme Guillemette (Roberval)?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Abstention. Donc, l'amendement à l'article 37 est adopté. Y a-t-il
d'autres commentaires sur l'article 37 dans son entier? Oui, Mme la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Bien, tout d'abord, bonjour, Mme la ministre. Bonjour, les membres
de la commission et toutes les équipes qui travaillent sur ce projet de loi là.
Bien, je suis bien contente d'être revenue. Je
sais qu'on ne peut pas parler de notre absence, mais j'étais dans un autre
projet de
loi sur la consigne et le recyclage, un autre sujet. Et, sinon, c'est
sûr que j'aurais été avec vous tout le long, ça, c'est sûr et certain, mais je
n'ai pas encore réussi à avoir le don d'ubiquité.
Donc, j'avais... peut-être qu'il y a des
questions que je veux poser qui ont déjà été posées. En tout cas, dans l'espace
public, elles l'ont été.
Comme cet article-là introduit... il rend le
chapitre IV applicable aux MRC, est-ce que toute la critique qu'on avait
entendue lors des consultations particulières, aujourd'hui même par une lettre
de Mme Phyllis Lambert et Serge Joyal, par rapport à ce projet de loi, le
fait de dire qu'avant c'étaient les municipalités, puis on donne ça aux MRC, ça
revient... c'est du pareil au même? Parce que, souvent, c'est les mêmes
personnes qui sont là, donc il n'y aura pas de changement.
Désolée si cette question-là a déjà été posée
puis a été discutée. Je la pose quand même parce que c'est un questionnement
qui a été beaucoup, beaucoup amené, même par les... si je me rappelle bien, par
l'Union des municipalités du Québec en disant que, bien, on ne comprend pas
qu'on donne ça aux MRC. Ça ne change pas vraiment grand-chose de garder ce
pouvoir-là à ce niveau de pouvoir là, au lieu que ça soit peut-être plus le
gouvernement du Québec.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme la ministre.
Mme Roy : Oui. Bonjour.
Alors, je suis contente de vous revoir.
Et la question que vous posez ne fait pas
référence du tout à l'article 37, mais ça va me faire plaisir de répondre
tout de même, parce que je comprends très bien ce que vous faites, ayant déjà
été assise à votre place, alors je comprends très bien ce que vous faites. Et
les craintes que vous avez ou qui ont été exprimées par certains, bien, on va y
répondre puis on va y répondre de façon à ce qu'elles disparaissent. Parce que,
lorsque nous serons dans la portion concernant les MRC et les villes... Parce
qu'il faut bien que vous compreniez que cette loi-là, il y a une portion qui
touche l'actuelle
Loi sur le patrimoine culturel, mais il y a une autre
importante portion qui, elle, va amener des modifications majeures importantes,
inédites, jamais vues dans le monde municipal et qui se sont travaillées de
concert avec le ministère des Affaires municipales. Et les craintes qui sont
soulevées sont, justement, à l'effet que les entités municipales n'ont pas
d'obligation. Vous me parliez de plusieurs types d'obligations qu'elles ne
remplissent pas... En fait, elles n'ont pas d'obligation. Elles n'avaient pas
d'obligation d'inventaire. Elles n'avaient pas d'obligation, par exemple, de se
doter d'un règlement de démolition et d'autres types d'obligations qu'elles
n'avaient pas, donc, par exemple, le manque d'entretien par abandon.
Les articles
qui s'en viennent — alors,
je ne peux pas vendre la mèche parce qu'on n'est pas rendus là — vont
répondre à toutes ces interrogations, à toutes ces questions. Ils vont
réconforter ceux qui avaient des craintes parce que nous allons imposer des
obligations inédites, qui n'ont jamais été faites avant. Et on va pouvoir,
d'ailleurs, de cette façon, mieux protéger notre patrimoine bâti.
Mme Ghazal :
Donc, ça va être des obligations qui vont être imposées pour les MRC, pas pour
les municipalités. Elles n'en ont jamais eu, elles n'en auront pas, ça
va être les MRC.
Mme Roy : Quand nous
serons rendus là...
Mme Roy : Ça va plus
loin que ça, c'est vraiment inédit. Ce que nous faisons — puis
on a travaillé... j'ai travaillé une foule d'amendements, d'ailleurs, avec mes
collègues du ministère des Affaires municipales — on va imposer des
choses aux villes, aux MRC, qui ne le sont pas actuellement et qui n'ont pas
été imposées en 2011‑2012. C'était plus de la bonne foi, de la collaboration.
Ici, on va plus loin et on dit : Vous devrez faire ça. Vous devrez avoir
un inventaire. Vous devrez vous doter d'un règlement de démolition. Parce qu'un
des spécialistes est venu nous dire : Le fait qu'il n'y ait pas de
règlement de démolition — ce
que la plupart... 60 % des municipalités n'en ont pas — ce
qu'ils font, c'est que, à partir du moment où quelqu'un veut démolir un
bâtiment, il se présente, puis on lui donne le permis. Ça ne se passera plus
comme ça. Elles devront toutes se doter d'un règlement de démolition. Et, avant
qu'une démolition... un permis soit octroyé, il devra y avoir un processus
d'analyse rigoureux, ce qui n'est pas le cas actuellement. Et il y aura
d'autres dispositions législatives qui vont venir réconforter les craintes de
plusieurs observateurs, soyez-en assurés. C'est pour ça qu'on modifie la loi,
mais on n'est pas rendus là dans l'analyse, mais c'est là qu'on s'en va.
Mme Ghazal : On n'est pas
rendus dans les articles, c'est ça, qui en parlent.
Mme Roy : Exactement.
Exactement.
Mme Ghazal : O.K. Très bien.
Merci.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Oui, Mme la députée de l'Acadie, je crois que vous avez une question.
Mme St-Pierre :
Bien, je veux juste dire que je ne doute absolument pas de vos bonnes
intentions, puis ce... s'est passé dans l'actualité nous rappelle toujours que
notre patrimoine est fragile parce qu'il y a des gens qui ne le respectent pas. Mais les municipalités, à l'époque, ont demandé...
disaient : On veut avoir la latitude, parce que ça coûte des sous,
et ça va nous obliger à augmenter les taxes municipales parce qu'il va falloir
qu'on paie pour ces éléments-là.
Alors, je vous invite à éclaircir un peu cette
situation-là, parce que vous allez probablement avoir à discuter du budget avec
M. le ministre des Finances. Et on pourra discuter aussi du Fonds du patrimoine
culturel, voir comment est-ce que le Fonds du patrimoine culturel peut peut-être
contribuer à cet effort-là, qui s'alimente à même, comme vous savez, la taxe
sur le tabac...
Mme Roy : La taxe sur
les cigarettes.
Mme St-Pierre : ...qui
a été divisée en deux parties : une
partie pour les infrastructures
sportives, l'autre
partie pour le patrimoine culturel. Ça a été créé par ma
prédécesseure, Mme Line Beauchamp.
Alors, il y a des outils pour accompagner, mais,
moi, ce que je comprends, c'est qu'il va falloir qu'on rassure aussi. On peut leur dire : Vous avez
l'obligation de... mais «l'obligation de» va devoir venir avec un
accompagnement financier clair et probablement total parce que c'est énorme. Il
y a des petites municipalités qui n'ont pas beaucoup d'argent et qui se voient
obligées, si on y va comme on va y aller... puis je pense qu'il faut aussi
faire comprendre qu'à un moment donné tout le monde doit contribuer. Mais les
taxes municipales vont probablement augmenter, et ça, il faut en être
conscients.
Mme Roy : Vous allez me
permettre de vous arrêter ici. De un, on n'est plus sur l'article 37...
Mme St-Pierre :
Oui.
Mme Roy : ...et, de
deux, c'est une hypothèse, ce que vous dites, dans la mesure où on n'est pas
rendus à ces articles-là.
Mme St-Pierre :
O.K.
Mme Roy : Et, pour ce
qui est du financement, je suis d'accord avec vous que ça coûte des sous, et
c'est pour ça qu'on a commencé, d'ailleurs, de façon parallèle, avec notre
programme patrimoine et municipalités. Nous avons injecté 52 millions,
nous les soutenons. Et je suis contente de vous entendre dire que ça coûte des
sous. On ne peut pas tout faire tout d'un coup, et nous
allons procéder par étapes, naturellement, parce que ça coûte des sous. Mais
nous sommes en discussion avec les MRC, les municipalités, avec l'Union des
municipalités, justement, parce qu'on est
conscients qu'en imposant des obligations, il y a naturellement des frais
rattachés à ça. On en est pertinemment conscients et on ne peut pas tout
faire du jour au lendemain, ça se fera de façon graduelle. Mais, pour ce qui
est de la base... sur la base que nous sommes, là, nous sommes présents, nous
allons accompagner, ils le savent. Et je suis, naturellement, déjà en
représentation auprès du ministre des Finances à cet égard-là.
Et nous allons discuter plus amplement des...
lorsque nous serons dans le
chapitre qui traite, puis on y arrive, ce n'est pas
très loin, là, à tout ce qui va toucher les municipalités. Mais c'est vraiment
pour rassurer ceux qui ont des craintes. Il y aura de grands changements à
l'égard des lois municipales, de la LAU entre autres, concernant la protection
du patrimoine.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Merci, Mme la ministre. Oui, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui, merci. Bien,
peut-être que ce n'est pas en lisant l'article. Moi, j'avais vraiment
l'impression qu'on donnait des pouvoirs aux MRC, ce qui n'y était pas, en
lisant le commentaire. Ça dit vraiment : «L'article 37 du projet de
loi propose de modifier l'article 118 de la
Loi sur le patrimoine culturel
afin de rendre applicable aux MRC le
chapitre IV de cette loi, à
l'exception des sections II et V et de toute disposition s'appliquant
spécifiquement à une municipalité locale. [Donc,] cette modification
[permettra] aux MRC de disposer de nouveaux pouvoirs relatifs à
l'identification et la protection du patrimoine culturel.»
Donc, la question de dire... de posée, ce que je
vous ai demandé... ce que j'ai demandé à la ministre au début, le fait que,
maintenant, il y avait des dispositions de la loi qui s'appliquaient aux
municipalités s'appliquent maintenant aux MRC, c'est exactement ce que le
commentaire dit par rapport à ce que fait cet article-là, cette
modification-là. Je voulais juste comprendre, parce que la ministre disait que
ce n'était pas le sujet, c'est plus tard, alors que le commentaire dit
exactement ce que je mentionnais dans ma question.
Mme Roy : À l'égard des
obligations qui seront créées, c'est plus loin, parce que, là, cet article-là
parle de 118, qui, lui, est plus loin, qui, lui, traite, entre autres, des
peuples autochtones. Alors, c'est vraiment à l'égard des peuples autochtones,
ce qu'on dit qu'il est possible ou non, et on dit ce qu'ils peuvent ou non.
Dans le fond, c'est un
article de concordance, là. On n'est pas rendus dans les
pouvoirs... les nouveaux pouvoirs que nous allons donner aux MRC, à tout
l'appareil municipal et aux nouvelles obligations également, mais on y vient.
Mais, oui, de toute façon, bien, vous, vous
étiez là au début, ça faisait vraiment
partie des grandes lignes, là, de ce
projet de loi, créer des inventaires, s'assurer qu'il y ait des règlements de
démolition. Puis c'est un gros, gros problème. Rappelez-vous du spécialiste qui
est venu nous dire : Comme il n'y a pas de règlement de démolition, bien,
ça démolit à tour de bras. Et, ça, on va dire : Wo! Attendez.
Par ailleurs, il y a d'autres dispositions qui
s'en viennent, et elles ont été travaillées de concert avec les Affaires
municipales pour rassurer et aussi resserrer les obligations des villes à
l'égard du patrimoine.
Mme Ghazal :
Bien, c'est pour ça, là. Peut-être, aujourd'hui, les critiques sont plus
acerbes, disons, dans l'espace public,
mais, au début, lors des consultations, les gens ont dit : O.K., c'est une
bonne chose. Même moi, j'ai dit : C'est une bonne chose. Il y a quand
même des obligations qui s'ajoutent
qui n'étaient pas là avant. Ça, on en convient, elles existent.
C'est le fait de dire, par exemple, que ce
soient maintenant les MRC et non plus les municipalités... Je comprends que les
municipalités n'avaient pas d'obligation. Là, maintenant, les MRC vont en
avoir...
Mme Roy : Tout le monde
aura des obligations.
Mme Ghazal : ...et les
municipalités aussi, mais l'idée, c'est le fait de concentrer ça entre les
mains, quand même, de gens qui n'ont pas... qui, disons, ont d'autres
responsabilités, et la gestion du patrimoine n'est pas... Même si on les
oblige, comment est-ce qu'on s'assure que c'est respecté avec le peu de moyens
qu'ils ont? Cette critique-là reste malgré le fait que, oui, on en convient, il
y a eu des ajouts et des exigences que cette loi-là amène, des nouvelles
exigences qui n'existaient pas. Ça, on en convient, c'est une bonne chose, mais
ça reste que, que ce soient les MRC ou les municipalités, on ne peut pas
dire : Ah! c'est les MRC maintenant. C'est quand même le même monde qui
est là, et c'est rare que les MRC vont aller à l'encontre, par exemple, de ce
qu'une municipalité va dire. C'était plus cette critique-là, et c'est ce que je
voulais entendre comme réponse de la part de la ministre.
Mme Roy : Alors, je vous
dirai que les amendements qui s'en viennent vont vous réconforter, à cet
égard-là, qu'on a bien entendu les critiques et qu'on veut s'assurer que... Pour
nous, les villes, les MRC sont des partenaires et non des antagonistes. On veut
vraiment les embarquer dans tout ce processus de protection du patrimoine.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la ministre. D'autres commentaires? Donc, nous pouvons passer au
vote sur l'article 37, amendé.
Le Secrétaire : Mme Roy
(Montarville)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lemieux (Saint-Jean)?
Le Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme St-Pierre (Acadie)?
Mme St-Pierre :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Le Secrétaire : Et
Mme Guillemette (Roberval)?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Abstention. Donc, l'article 37 amendé étant adopté, nous passons à
l'article 38. Mme la ministre, je vous laisse nous le présenter.
Mme Roy : Oui. Le
premier...
Mme St-Pierre :
Est-ce que je pourrais, avant qu'on continue, poser une question? Est-ce que
c'est... Vous avez mentionné, tout à
l'heure, beaucoup... plusieurs amendements qui vont venir parce que vous avez
entendu ce que les gens sont venus dire en commission parlementaire.
Est-ce que ce serait possible d'avoir le dépôt de ces amendements-là?
Mme Roy : Je vais être
très transparente avec vous, madame, comme je le suis toujours, ils sont
toujours... Ce matin, j'étais dans un comité, le Comité de législation. Ils
doivent passer maintenant au Conseil des ministres cette semaine. Donc, lorsque
ce sera prêt, vous les aurez avec grand plaisir.
Mais, comme je vous dis, si vous me demandez
pourquoi on les a à ce moment-ci, c'est parce que ceux-là ne sont pas de notre
responsabilité à tous, du côté du MCC, mais devaient se travailler avec les
Affaires municipales. Et, comme vous le savez, les Affaires municipales sont
actuellement à l'étude d'une autre loi, et il fallait nous assurer que nous
allions à la même vitesse et que nous disions les mêmes choses, parce que ma
collègue la ministre des Affaires municipales travaille aussi, de son côté, à
la protection du patrimoine. Donc, les deux lois vont s'arrimer une avec
l'autre, ce qui n'a jamais été fait. Et donc c'est pour ça que, comme je vous dis,
je ne les ai pas là, mais, quand nous les aurons, nous les déposerons avec
grand plaisir.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Merci, Mme la ministre.
Mme Roy : Alors, 38, et
l'amendement n'est pas tout de suite, il est après, hein? O.K. bon, 38, alors
l'article 38 : Les articles 119 et 120 de cette loi sont
remplacés par les suivants :
«119. L'abrogation d'un règlement
d'identification et de citation d'éléments du patrimoine culturel visés au
présent
chapitre se fait de la même manière que pour l'adoption [d'un tel
règlement]. Toutefois, le conseil de la municipalité doit, au moins
90 jours avant l'adoption du règlement d'abrogation, aviser de son
intention d'abroger un règlement de citation :
«1° le registraire du patrimoine culturel;
«2° lorsqu'il
s'agit d'une municipalité locale, la municipalité régionale de comté dont le
territoire comprend le sien;
«3° lorsqu'il s'agit d'une municipalité
régionale de comté, la municipalité locale dans laquelle se trouve le bien
faisant l'objet de la citation.»
Et je le poursuis parce qu'il y a deux grands
alinéas ou chapitres ou... deux grands paragraphes, pardon. 38, se
poursuit : Les articles 119 et 120 de cette loi sont remplacés par
les suivants :
«120. Une municipalité régionale de comté doit
adopter et mettre à jour périodiquement un inventaire des immeubles construits
avant 1940 qui sont situés sur son territoire et qui présentent une valeur
patrimoniale. Elle peut également y inclure des immeubles dont la construction
est plus récente.
«Le ministre
peut [inscrire], par règlement, le mode de réalisation, de consignation et de
diffusion d'un inventaire.
«Une municipalité locale peut contribuer à la
connaissance du patrimoine culturel en réalisant des inventaires de ce
patrimoine situé sur son territoire ou qui y est relié. Le cas échéant, elle
informe la municipalité régionale de comté des immeubles qu'elle a inventoriés.
«Est assimilée à une municipalité régionale de
comté aux fins de l'application du présent
article toute municipalité locale dont le territoire n'est pas
compris dans celui d'une municipalité régionale de comté, à l'exclusion
d'une communauté autochtone visée au deuxième alinéa de l'article 118 ou
d'un village nordique, cri ou naskapi.»
Maintenant,
je peux vous faire les commentaires, mais j'ai un amendement. Je ne sais pas si...
comment faire ça.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Mais, pour faciliter la compréhension, puis, ce qu'on avait convenu
ensemble, on va y aller avec l'article 119 et ensuite on ira avec le 120.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Alors, est-ce que l'amendement était pour l'article 119?
Mme Roy : Non, pour le
Présidente (Mme Guillemette) : Parfait. Donc, on va discuter du 119, puis après on déposera
l'amendement pour le 120.
Mme Roy : D'accord. Pour
le bénéfice des gens qui nous écoutent, l'amendement pour le 120 va toucher la
fameuse date, 1940, parce qu'on vous a bien entendu et on veut procéder
au-delà. Mais oui, mais oui.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Merci. Donc...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme Roy : Il n'y a pas
d'amendement sur le 119. Donc, les explications, le commentaire : C'est un
article de concordance ici. Vous voyez, on reparle de l'article 118 un
petit peu plus loin. Non, c'est dans le 120. Alors, l'article 38 du projet
de loi propose d'apporter à l'article 119 de la
Loi sur le patrimoine
culturel des modifications de concordance liées aux nouveaux pouvoirs des MRC
relatifs à l'identification et à la protection du patrimoine culturel. Il
entend également... il étend, pardon, également le délai de 60 à 90 jours
pour la transmission d'un avis d'intention d'abrogation au registraire du patrimoine
culturel.
Information additionnelle : C'est de la
procédure, là. En fait, c'est vraiment de la concordance entre les différents
outils de planification territoriale, dont les schémas d'aménagement, de
développement des MRC, les plans d'urbanisme, les règlements d'urbanisme des
municipalités. Quand on dit «de concordance», c'est que, dans la loi actuelle,
on fait vraiment une transposition des pouvoirs de la ministre aux MRC, entre
autres, aux villes, aux MRC. Les villes en
ont déjà, mais les MRC, bien, il y a
ce pouvoir-là qui est l'abrogation d'une citation d'un élément qui est déjà
cité. Donc, on lui transfère le même pouvoir, comme... C'est un miroir, donc ça
devient de la concordance.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre :
Donc, on donne aux MRC le même pouvoir que la ministre. C'est ce que vous
dites?
Mme St-Pierre :
Bon. Est-ce que ça veut dire que la MRC a un pouvoir d'ordonnance? Autrement
dit, la MRC pourrait, constatant quelque chose, immédiatement décréter qu'on
arrête tout, le temps qu'on examine et qu'on se fasse une idée basée des
recherches ou l'examen plus approfondi du dossier. Ça, c'est ma première
question.
Ma deuxième question, c'est : Quelles sont
les situations où on peut abroger une citation ou une identification? Est-ce
que c'est... Un, est-ce que c'est déjà arrivé depuis l'adoption de la loi en...
en fait, elle a été adoptée en 2011, mais elle est entrée en vigueur en 2012...
donc, il y a neuf ans? Et, si ce n'est pas le cas, bien, rafraîchissez-moi la
mémoire. Dans quel cas on peut lever une citation ou une identification?
Mme Roy : Je passerais
la parole à Me Dumont relativement à l'obligation d'ordonnance, la
possibilité d'avoir des ordonnances.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Est-ce qu'il y a consentement pour que Me Dumont prenne la parole?
Mme St-Pierre :
Là, on est dans le scénario où on défait la chose, là. C'est ça, là?
Mme St-Pierre :
Bon, O.K.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Donc, il y a consentement. Me Dumont, vous allez vous présenter et ainsi que
votre fonction.
M. Dumont (Luc) : Oui, bonjour.
Luc Dumont, avocat à la direction des affaires juridiques du ministère des
Affaires municipales. Au niveau de la mécanique de l'abrogation de la citation,
les mécanismes sont prévus, là, pour... ça
vaut pour... Dans le fond, la municipalité qui a cité un immeuble en particulier peut
abroger la citation. Il y a une mécanique qui est prévue dans la loi, et
ça se fait de la même façon que... ça se fait de la même façon, dans le fond,
que l'immeuble a été cité.
Mme St-Pierre :
Oui, je comprends, mais on détricote, là, c'est le scénario où on détricote
quelque chose qu'on a tricoté. Pour le détricoter, il faut quand même qu'on
sache pourquoi on détricote. Est-ce que la municipalité ou la MRC... Bien là, dans
ce cas-là, on va donner d'autres pouvoirs à la MRC, la MRC pourrait... Dans
quelles circonstances la MRC pourrait retirer une identification ou une
citation? Est-ce que ça peut être la construction d'un réseau structurant ou
d'une autoroute?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Allez-y, Mme la ministre.
Mme Roy : Si vous
permettez, Mme la députée...
Mme St-Pierre :
Oui, allez-y.
Mme Roy : ...comme ce
sont des pouvoirs qui existent déjà à l'égard de la ministre de la Culture et
que nous faisons une concordance pour les MRC, et vous nous demandez dans
quelles circonstances, je passerais, avec le consentement,
naturellement, la parole à la sous-ministre qui est responsable du patrimoine,
Mme Malack, entre autres.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Est-ce qu'il y a consentement?
Mme St-Pierre :
J'ai demandé aussi si ça s'était produit depuis l'adoption de la loi.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Est-ce qu'il y a consentement pour laisser la parole à Mme Malack?
Mme St-Pierre :
Consentement.
Présidente (Mme Guillemette) : Oui. Donc, Mme Malack, vous allez vous présenter avec votre
fonction. Merci.
Mme Malack (Dominique) :
Bonjour. Dominique Malack, sous-ministre adjointe au ministère de la Culture.
Alors, écoutez, on est en train de faire les vérifications, mais, de mémoire,
oui, ça s'est déjà passé, une abrogation de citation, j'en suis presque
certaine. Les cas de figure peuvent être variables, évidemment. Il appartient
au conseil municipal de citer, et, sur certains objectifs, et, à travers le
temps, ces objectifs-là peuvent être appelés à être transformés. Il y a aussi
des cas où des bâtiments peuvent avoir été endommagés par des sinistres. Donc,
ça peut arriver à ce moment-là aussi. J'aimerais attendre un petit peu plus de
précisions pour vous revenir avec des cas plus concrets si vous êtes d'accord.
Mme St-Pierre :
O.K. C'est parce que je me pose la question. Est-ce qu'on devrait... Est-ce que
ça serait pertinent de mettre dans la loi les cas où la MRC peut procéder à une
abrogation d'un règlement d'identification ou de citation? Je pose juste la
question. Parce que, là, on est conscients, ce qu'on cherche, c'est vraiment la
ceinture puis les bretelles, hein? Et on se dit : Bien, si on est pour
faire en sorte que les MRC acquièrent plus de pouvoirs, bien, il faut aussi
mettre les MRC dans une situation où il va falloir qu'elles expliquent pourquoi
elles veulent abroger une citation ou une identification. Comme vous dites, ça
peut être un sinistre, ça peut être du vandalisme, puis ce n'est pas réparable,
ça peut être... Mais est-ce que ça peut être, par exemple : on décide
qu'on veut faire passer une ligne de métro à tel endroit, puis on rentre direct
dans, je ne sais pas, les Soeurs de la Providence, puis... Comprenez-vous, là,
la situation?
Mme Roy : ...ministre va
s'opposer, là.
Mme St-Pierre :
Pardon?
Mme Roy : Là, vous
parlez de...
Mme St-Pierre :
Oui, la ministre va s'opposer, c'est sûr, mais...
Mme Roy : Vous parlez
d'immeubles classés aussi, là. Ici, on parle d'immeubles cités.
Mme St-Pierre :
Mais là on parle de cités ou identifiés... ou identification et citation. Mais,
comprenez-moi bien, là, moi, je suis vraiment en accord pour qu'on puisse faire
en sorte qu'on puisse vraiment donner des responsabilités, mais ces
responsabilités-là doivent venir aussi avec des explications quand la MRC
décide... si la MRC décidait d'agir pour abroger une citation ou une
identification, parce que c'est toujours là que ça nous arrive dans la face, je
dirais. C'est qu'à un moment donné, s'il y a, par exemple, un incendie
criminel, ça veut dire qu'on pourrait dire à la MRC... bien, la MRC pourrait
dire : Bien, eh! c'est malheureux, il y a eu un incendie criminel, bien,
on ne peut plus rien faire avec ce bâtiment-là, il n'est absolument pas
récupérable, on enlève la citation, puis... ou l'identification, s'il y a eu un incendie criminel. Puis qui dit
incendie criminel dit intention criminelle aussi, alors il y a... Je ne
dis pas que les gens seraient de connivence, mais peut-être qu'il faut mettre
des balises à ça, là. Moi, je pense qu'on pourrait peut-être... On peut peut-être
suspendre un petit peu.
Mme Roy :
Non, non, je veux procéder, parce que...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Je vais laisser la parole à Mme la ministre.
Mme Roy : Oui. Je veux
procéder, parce que, lors du début de nos travaux où votre collègue était
assise là, on a bien dit aussi qu'on
rajoutait tout un processus. Parce
que les MRC ne seront pas laissées à
elles-mêmes. Il y aura tout un processus, lorsqu'elles prendront des
décisions, d'analyse de critères, d'avis publics, d'audiences publiques et ça
ne l'est... pour nous assurer, justement, qu'il y ait cette protection que vous
recherchez à l'effet que les décisions sont
prises, mais sont prises en connaissance de cause, si décisions sont prises, et
que le public est impliqué.
Puis ça, c'est nouveau, ce n'est pas... Tout ce
processus, c'est un processus qui est totalement nouveau, ce processus d'analyse
avant que les MRC prennent une décision. Donc, ça, ça demeure, et ce sera
l'effet cumulé des articles 37 et 51 du projet de loi à l'égard... Quand
vous parliez du pouvoir d'ordonnance, vous demandiez s'ils pourront faire des
ordonnances, là. Alors, ajoutez 37 et 51 ensembles, ça va leur permettre
ça. On n'est pas rendus à 51.
Mais tout le processus, et la question est très
légitime, là, c'est tellement du droit nouveau que ça soulève ces questions-là,
bien entendu. Mais on crée un processus pour tous types de bâtiments qui seront
dans l'inventaire patrimonial, qui seront patrimoniaux, qui seront cités, ou
pas, parce qu'ils peuvent être dans l'inventaire sans être cités également.
Donc, on crée un processus d'analyse. Ça n'existait pas avant. Ce n'est pas
compliqué, il n'y en avait pas, ils faisaient pratiquement ce qu'ils voulaient.
Certaines villes étaient beaucoup plus, comment dirais-je, intéressées ou
rigoureuses, ou avaient les moyens de le faire, et d'autres municipalités, on
l'a compris, non, moins, avaient besoin d'accompagnement, et on le comprend, et
nous serons là pour ça. Cependant, oui, on va s'assurer qu'il y ait des
processus rigoureux avant que des décisions soient prises sur les bâtiments.
Alors, ça répond à votre question. Oui, pour
l'ordonnance, si on additionne 37 et 51, mais on n'est pas encore à 51, vous
étiez trop vite. Et, par ailleurs, avant de déciter... et ça semble extrêmement
rare puisqu'on est en train de fouiller pour voir les cas d'exception où ça se
serait passé, mais c'est de la concordance, parce que ça existe actuellement,
puis on donne les mêmes pouvoirs qui existent au monde municipal.
Mme St-Pierre :
C'est sûr que le diable est dans les détails, mais il n'y avait pas de
processus... c'est quand même le conseil local du patrimoine qui se penchait
sur la question pour une citation. Il y en a un, il n'est peut-être pas
parfait, mais il y en a un, certain processus. Ça ne peut pas être un conseil municipal
qui décide, du jour au lendemain : Bang! On cite un bâtiment. Il se
documente, regarde l'historique...
Mme Roy : Bien, ils
n'ont pas tous des comités, ce n'est pas toutes les villes qui ont des comités
pour se pencher sur le patrimoine, là.
Mme St-Pierre :
Mais là vous allez le donner à la MRC, ce pouvoir-là. Moi, je pense qu'on
pourrait... je réitère ma demande de suspendre quelques instants parce que
j'aurais une proposition à faire à la ministre.
Mme Roy : Mais nous avons une réponse, Mme la sous-ministre a une réponse pour les fois où ça se serait produit.
La Présidente (Mme Guillemette) :
D'accord.
Mme Malack (Dominique) :
Bonjour. J'ai obtenu de l'information un peu plus précise à vous livrer ici. On
a, depuis la
Loi sur les biens culturels, 1 150 citations qui se sont
faites par les instances municipales, donc par des municipalités, et, sur ce
lot, il y a eu 40 abrogations, donc, qui représentent à peu près 3 %
des cas d'espèce.
Mme St-Pierre :
Bien, si ma mémoire est bonne, la citation, avant la
Loi sur le patrimoine
culturel, n'existait pas. C'était... Vous avez parlé de la
Loi sur les biens
culturels. La citation... Ça a été une façon de déterminer qu'est-ce qu'on peut
citer et qu'est-ce qu'on peut classer. Le classement relève du national,
disons, puis les citations relevaient... Mais peut-être que je suis dans
l'erreur, peut-être ma mémoire... Mais, quand vous dites 40 abrogations,
est-ce qu'on peut avoir la liste de ces abrogations-là, s'il vous plaît?
Mme Malack (Dominique) :
Probablement. On pourra peut-être la déposer, oui. Je ne l'ai pas ici, mais on
va l'obtenir auprès des fonctionnaires.
Mme St-Pierre :
Parce que, si on vous a donné des chiffres, c'est que c'est accolé à une liste.
Mme Malack (Dominique) : Oui,
oui, tout à fait. Et c'est depuis 1986 que le pouvoir de citation existe.
Mme St-Pierre :
1986? O.K.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Donc, les documents seront déposés sur le Greffier?
La Présidente
(Mme Guillemette) : Parfait. Merci. On va l'envoyer au
secrétariat de la commission.
Mme St-Pierre :
O.K. Est-ce qu'on peut suspendre, s'il vous plaît? J'aurais une proposition à
faire.
La Présidente (Mme Guillemette) :
On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 22)
Présidente (Mme Guillemette) : Donc, nous reprenons nos travaux à l'article 119. Nous
avions suspendu quelques instants pour des précisions. Donc, Mme la ministre,
je vous cède la parole.
Mme Roy : ...des
échanges ont eu lieu. Moi, je n'ai rien à rajouter pour le 119.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire sur l'article 119...
Oui, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui, merci. Moi,
j'aurais des questions par rapport peut-être à ce qui a été discuté, parce que c'est
quand même important, quand on parle du droit de déciter. Puis, après l'intervention
de la députée de l'Acadie, je voulais dire qu'il faudrait que ça soit
tellement, tellement restreint, il faudrait même que ça soit interdit. Mais je
comprends que, plus tard, il va y avoir des articles qui vont dire quels sont
les critères qui vont faire que ça va être possible. Et la ministre aussi
parlait de l'exigence que chacune des... que les municipalités ou les MRC aient
un règlement de démolition.
Est-ce que... Là, je n'ai pas tout lu l'article
au complet, je ne connais pas le projet de loi autant que la ministre, qui en est fière, évidemment,
donc elle le connaît sur le bout de ses doigts. Est-ce que, dans ces
règlements-là, c'est écrit dans la loi les exigences minimales de
qu'est-ce qui devrait être écrit comme processus? Sans aller dans le détail,
mais que doit contenir, par exemple, le règlement dans ces municipalités-là?
Parce que chaque municipalité... il y en a une qui va être beaucoup plus
stricte puis une autre va être extrêmement sévère que c'est presque impossible
de déciter. Donc, est-ce que, dans la loi, il y a un
article où il y a ces
exigences-là sur qu'est-ce que le règlement de démolition doit contenir?
Mme Roy : Vous allez
trop vite, Mme la députée, on est à l'article 38, et il en sera question à
l'article 78.
Mme Ghazal : Pour parler du
contenu de ce qu'il y aurait dans...
Mme Roy : Pour parler
des règlements de démolition.
Mme Ghazal : C'est ça. Parce
que moi, je sais, il y avait une discussion avec la députée de l'Acadie, qui...
et j'avais l'impression qu'elle s'en venait avec un amendement, mais
finalement, non, parce que moi, j'étais prête à dire : Bien oui, c'est une
très, très bonne idée, de donner peut-être le pouvoir, si on veut, de vie ou de
mort à la décision de citer ou déciter à la ministre pour qu'il y ait comme une
sorte de reddition de compte ou pour dire : Bien, il y a quelqu'un qui a
pris la décision puis qui l'assume jusqu'au bout, et ce n'est pas n'importe
quelle municipalité, c'est la ministre et c'est une chose très, très importante.
Mais, finalement, les bretelles à cette ceinture-là sont ailleurs dans d'autres
articles.
Mme Roy : Bien, en fait, il y en a déjà, parce qu'ils sont
obligés d'aviser le ministre. Alors, en cas d'insatisfaction, je peux
agir, là. Il y a une obligation, là.
Mme Ghazal : Puis cette
obligation-là d'aviser n'a jamais existé. C'est ce qui fait que la ministre se
réveille le matin en sachant que la pépine est... de démolition. Ça n'a jamais
existé, ça, avant?
Mme Roy : En fait, relativement à la citation des MRC, ça
n'a jamais existé puisque c'est une nouvelle disposition.
Mme Roy : J'ai
dit : Relativement à la décitation des MRC, j'ai dit, ça n'a jamais existé
puisque c'est une nouvelle disposition.
Mme Ghazal : Donc, les démolitions puis la négligence, on
laissait, par exemple, des bâtiments être négligés, c'était une façon de déciter par les faits. Ça
n'existait pas, mais c'est ce qu'il se faisait. Maintenant, en informant la
ministre...
Mme St-Pierre :
Excusez-moi, là, c'est parce que...
Mme Ghazal :
Oui, pardon.
Mme St-Pierre : ...c'est
une erreur, ce que tu viens de dire, là. C'est, déciter... Quand c'est cité, il
y a une procédure de citation, mais les bâtiments qui sont abandonnés, et tout
ça, ils n'ont jamais été cités, les municipalités ne les citaient pas, puis là
les... Alors, il n'y avait pas de processus de citation, c'était ça. Donc, à ma
connaissance, il n'y a pas eu de bâtiment abandonné qui avait déjà été cité.
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
est-ce que c'est possible juste d'animer cette assemblée, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Allez-y, Mme la députée.
Mme Ghazal : Très bien. Donc,
c'était comme une image pour dire une sorte de décitation symbolique, même si
ce n'était pas cité et décité, ça, je le comprends. Mais ce que je veux dire,
c'est que, dans les faits, sur le terrain,
dans la vraie vie, des bâtiments, ils étaient démolis à la fin. C'était une
façon de laisser tomber ce patrimoine-là. Là, maintenant, il y a une
nouvelle procédure, et donc elles citent et elles décitent.
Maintenant, pour déciter, le fait d'informer la
ministre ou le ministère, finalement, ils sont informés et ils peuvent avoir
leur... si je peux dire, leur droit de veto, le ministère.
Mme Roy : Oui. En fait,
c'est toute la nouvelle procédure. C'est ce que je vous disais, ça s'en vient
avec les articles prochains, parce qu'ils ont été travaillés de concert avec le
ministère des Affaires municipales et qu'on touche, entre autres, à la
loi sur
l'aménagement, on touche des règlements qui sont des règlements municipaux, on
crée de nouvelles obligations, on crée de nouveaux devoirs. Et tout ça, c'est
du droit nouveau.
Mme Ghazal : Parce que...
Mme Roy : Et la réalité,
là, c'est que tu te réveilles, puis tu regardes dans le journal, puis tu
apprends que quelque chose a été démoli. Alors là, avant que quelque bâtiment
patrimonial ne soit démoli, il y a un processus qui devrait être entamé par les
instances municipales pour qu'il y ait une analyse rigoureuse qui soit faite,
et la ministre devra en être informée. Il y aura des délais, vous allez voir,
subséquemment, là.
Mme Ghazal : Et c'est dans
l'article 67, donc, du projet de loi.
Mme Roy : 78 du projet
de loi, entre autres.
Mme Ghazal : 78, donc, du
projet de loi.
Mme Ghazal : Et pourquoi les experts
sont... restent quand même inquiets par rapport à ça?
Mme Roy : Bien, écoutez,
je pense que... allez leur demander, là. Ils ont leur opinion, que je ne
partage pas nécessairement, parce que nous allons, comme je vous ai dit
d'entrée de jeu, nous allons ajouter des amendements qui vont venir, je pense,
réconforter le milieu, parce que ça n'a jamais été fait, toutes les obligations
que nous créons et les processus d'analyse que nous allons exiger.
Mme Ghazal : O.K. Puis je sais
que, tout à l'heure, vous avez dit... la ministre a dit que les amendements vont être... il faut qu'ils soient discutés avec
d'autres ministères, notamment le MAMH. Et éventuellement, quand ça va
être prêt, ça va être déposé ou c'est uniquement quand on arrive aux articles
que la ministre va les déposer au fur et à mesure?
Juste... je pose la question, parce que dans... chaque ministre, c'est un peu
différent, puis, des fois... Par exemple, moi, je suis sur un projet de
loi, et tous les amendements du ministre ont été déposés parce qu'il l'a fait
d'un coup.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Je pense que la ministre l'a bien expliqué tout à l'heure, là, si...
Mme Roy : Écoutez, au
fur et à mesure que j'aurai les autorisations pour chacun des amendements, là, on
va les déposer, et, quand je les aurai, ça va me faire plaisir.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Il y a un arrimage à se faire avec le MAMH, c'est pour ça que les amendements
ne sont pas déposés. Donc, la ministre avait déjà répondu à cette question.
Mme Ghazal : Très bien. Ça fait
que c'est au fur et à mesure qu'on arrive à l'article...
Mme Ghazal :
...et non pas quand les discussions seront terminées. C'est ce que je
comprends.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Tout à fait.
Mme Ghazal : Est-ce que... Pour
chaque municipalité, on parle d'un processus, mais ce n'est pas un processus
qui est le même partout. Ou est-ce que ça va être le même processus partout
pour... avant de décider?
Mme Roy : Bien, c'est ce
qu'on veut, avoir le plus d'homogénéité possible, le plus d'uniformité
possible.
Mme Ghazal : Et donc la
réponse, c'est oui, ça va être exactement le même processus partout au Québec,
dans toutes les MRC, selon l'article 77.
Mme Ghazal : 78. Oui, c'est parce
que je ne l'ai pas changé. O.K.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait, merci. J'avais la députée de l'Acadie qui avait une question ou un
commentaire.
Mme St-Pierre :
Oui, je vais juste préciser que, quand on a parlé des cas antérieurs, là, une
cinquantaine, je réitère qu'on va vouloir avoir la liste déposée par...
La Présidente (Mme Guillemette) :
On a convenu de... la liste serait envoyée au secrétariat de la commission et
serait déposée sur le Greffier. Ça avait été convenu.
Mme St-Pierre : O.K.
Si c'était possible de l'avoir assez rapidement.
Mme Roy : Et ce sont 40.
La Présidente (Mme Guillemette) :
40. Oui.
Mme St-Pierre :
Une quarantaine. C'est ça.
Mme Roy : C'est ce que
le sous-ministre disait, 40.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Tout à fait. Donc...
Mme Roy : 40 cas
depuis 1986.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Ce sera bel et bien déposé, Mme la députée.
Mme St-Pierre :
Et, dans ces cas-là, est-ce qu'il y avait eu une procédure ou ça a été juste
une décision de la municipalité de décider? Vous ne le savez pas?
Mme Roy : Je ne le sais
pas plus que vous, là, madame, là, je n'étais pas là en 1986. Je n'ai pas
toutes ces informations-là à brûle-pourpoint, là.
Mme St-Pierre :
Moi non plus, je n'étais pas là, mais... Non, mais, si c'est écrit quelque part
qu'il y a eu une abrogation, c'est qu'il y a eu peut-être un processus qui a
été... qui avait été déjà en place. O.K. C'est beau.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Donc, d'autres commentaires sur l'article 119? Ça va? Donc, nous
pouvons passer à l'article 120. Mme la ministre.
Mme Roy : Oui. Alors, je
sens qu'on va bien discuter à l'article
L'article 120, j'aurai
également un amendement à faire puisque j'ai bien entendu les partis
d'opposition, les groupes également, et on va le bonifier de façon importante.
Donc : 38. Les articles 119 et 120 de
cette loi sont remplacés par les suivants :
«120. Une municipalité régionale de comté doit
adopter et mettre à jour périodiquement un inventaire des immeubles construits
avant 1940 qui sont situés sur son territoire et qui présentent une valeur
patrimoniale. Elle peut également y inclure des immeubles dont la construction
est plus récente.
«Le ministre
peut prescrire, par règlement, le mode de réalisation, de consignation et de
diffusion d'un inventaire.
«Une municipalité locale peut contribuer à la
connaissance du patrimoine culturel en réalisant des inventaires de ce
patrimoine situé sur son territoire ou qui y est relié. Le cas échéant, elle
informe la municipalité régionale de comté des immeubles qu'elle a inventoriés.
«Elle est assimilée à une
municipalité régionale de comté aux fins de l'application du présent
article
toute municipalité locale dont le territoire n'est pas compris dans celui d'une
municipalité régionale de comté, à l'exclusion
d'une communauté autochtone visée au deuxième alinéa de l'article 118 ou d'un village nordique, cri ou naskapi.»
Commentaires et ensuite l'amendement?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Oui, commentaires et ensuite l'amendement, exactement.
Mme Roy : Alors, les
modifications qui sont proposées par l'article 38 rendent obligatoire pour
les MRC la constitution d'un inventaire des immeubles construits avant 1940 sur
leur territoire qui présentent un intérêt patrimonial. Des immeubles plus
récents pourront aussi y être inscrits par les MRC.
Le ministre pourra réglementer la constitution
et la diffusion de ces inventaires.
La réalisation d'inventaires par les villes
demeure, quant à elle, facultative, à charge pour elles de partager leurs
travaux avec la MRC, le cas échéant.
Un certain nombre de municipalités locales ne
sont pas comprises dans le territoire d'aucune MRC. Ces municipalités devront
produire elles-mêmes un inventaire d'immeubles qui présentent une valeur
patrimoniale. Cette obligation ne s'appliquera
pas aux collectivités autochtones, qui pourront tout de même choisir de
produire un tel inventaire.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci.
Mme Roy : Maintenant,
j'ai un amendement.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Donc, vous allez nous présenter l'amendement. On va suspendre...
Mme Roy : Bien oui, pour
que vous l'ayez, là. Oui, on va suspendre.
Présidente (Mme Guillemette) : Exactement. Donc, on va suspendre pour pouvoir envoyer au
secrétariat et le distribuer.
(Suspension de la séance à 10 h 49)
La Présidente (Mme Guillemette) :
Donc, nous reprenons nos travaux avec l'amendement qui a été déposé par Mme la
ministre à l'article 120. Mme la ministre, je vous cède la parole.
Mme Roy : Merci,
Mme la Présidente. Alors, l'article 38,
article 120 de la Loi
sur le patrimoine culturel :
Modifier l'article 120 de la
Loi sur le
patrimoine culturel, proposé par l'article 38 du projet de loi :
1° par le remplacement du deuxième alinéa par
les suivants :
«Le ministre peut, par règlement :
«1° prescrire le mode de réalisation, de
consignation et de diffusion d'un inventaire;
«2° prolonger jusqu'à l'année que fixe le
règlement la période de construction visée par l'inventaire et, le cas échéant,
déterminer le délai de réalisation de la nouvelle portion de l'inventaire ainsi
que des mesures de protection applicables dans ce délai aux immeubles
nouvellement visés.
«Le règlement visé au paragraphe 2° du deuxième
alinéa est soumis, avant son adoption, pour consultation à la table des
partenaires prévue au troisième alinéa de l'article 11.2.»;
2° par le remplacement du dernier alinéa par le
suivant :
«Est assimilée à une municipalité régionale de
comté aux fins de l'application du présent
article toute municipalité locale
dont le territoire n'est pas compris dans [le calcul] d'une municipalité
régionale de comté, à l'exclusion d'une
municipalité locale dont le territoire est compris dans celui d'une agglomération
dont la municipalité centrale est visée à l'article 2.1, d'une
communauté autochtone visée au deuxième alinéa de l'article 118 ou d'un
village nordique, cri ou naskapi.»
Commentaire.
Les pouvoirs réglementaires concernant l'inventaire sont tous rassemblés. Le
premier paragraphe prévoit le pouvoir de déterminer par règlement les
modalités de confection de l'inventaire, ce qui était déjà prévu par
l'article 120 tel que proposé au départ. Le second paragraphe prévoit,
quant à lui, la possibilité nouvelle de prolonger au-delà de 1940 la portée de
l'inventaire devant obligatoirement être fait par les MRC.
Ensuite, alors, pour ne pas créer de difficulté
d'interprétation quant à l'application des mesures transitoires prévues par le
projet de loi aux fins du premier inventaire, deux mesures seraient prévues.
Premièrement, le nouveau règlement permettrait l'adoption de ses propres
mesures transitoires, dont le délai octroyé pour faire la portion d'inventaire
nouvellement ajoutée.
Deuxièmement, une modification à l'article
d'entrée en vigueur prévoirait que le paragraphe 2° du deuxième alinéa
entre en vigueur après cinq ans, de telle sorte que la date de 1940 ne pourrait
être modifiée pendant au moins cinq ans, soit la période d'application prévue
des articles 107 et 109. Notons au surplus que la table des partenaires
devra être consultée avant de prolonger la période couverte par un inventaire.
Enfin, l'amendement propose un ajustement au quatrième
alinéa afin de tenir compte du nouvel
article 2.1 de la
Loi sur le
patrimoine culturel, proposé par l'amendement à l'article 1.1 du projet de
loi.
Ça, ce sont les commentaires tels quels. Je vous
ajouterais qu'il n'y a rien de parfait. C'est un compromis, compromis,
naturellement, entre un idéal et la capacité de réaliser ces inventaires-là
dans le temps. Mais on ouvre et on obligera à faire des inventaires pour les
immeubles d'après 1940 partout à la grandeur du Québec. Voilà.
Présidente (Mme Guillemette) : Parfait. Merci. Avant de continuer, juste vous aviser que le document
qu'on avait demandé qu'il soit déposé au secrétariat, sur le Greffier, est
maintenant déposé sur les 40 sites, qui a été décité.
Mme St-Pierre :
Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Donc, des commentaires sur l'amendement de Mme la ministre?
Mme St-Pierre :
Merci, Mme la Présidente. Tout d'abord, juste une question générale. Sur
l'inventaire qui relèverait du ministère de la Culture, est-ce qu'il y a un
endroit où on dit que le ministère de la Culture doit faire son inventaire? Parce que la Vérificatrice générale
avait l'air aussi à dire que c'était aussi... le ministère de la Culture
n'avait pas d'inventaire. Donc, est-ce que ça va relever des MRC pour converger
vers un grand inventaire national ou si...
Et aussi
l'autre questionnement que j'ai : La différence entre un registre puis un
inventaire? Parce que la loi créait le registre,
l'inventaire, c'est aussi... ça va
être ce qui va avoir été cité, je
pense, par les municipalités.
Non, pas nécessairement?
Mme Roy : Non. Enfin,
peuvent être inventoriés des immeubles qui ne sont pas cités. Et c'est ça, le problème.
C'est qu'actuellement faire des inventaires, c'est-à-dire avoir le portrait global de tout ce qui est patrimonial au Québec,
bien — ...
Mme Roy : ...excusez-moi — on ne
l'a pas, et il n'y a pas cette obligation-là. Et vous pouvez avoir, dans un
inventaire, des bâtiments qui ne sont pas protégés, mais c'est ça qu'on n'a
pas. On n'a pas le portrait global, au Québec, des édifices qui ont une valeur
patrimoniale.
Ce qui est intéressant, cependant, c'est que les
plus grandes villes — on
s'entend, là, Montréal, Québec et les villes où on a, par exemple, là, le
Vieux-Trois-Rivières, les endroits, là, qui sont très patrimoniaux — elles
ont déjà des inventaires, ce qui est extraordinaire. Donc, ce sont plutôt les
plus petites municipalités où ces inventaires-là n'existent pas.
Alors, vous me disiez : Quelle est la
différence entre un inventaire et un registre? Dans l'inventaire, il y a des
immeubles qui n'ont pas de mesure de protection nécessairement, mais qui sont
patrimoniaux. Et, dans le registre, celui qui est tenu par le ministère de la
Culture, c'est le registre des immeubles, entre autres, qui sont classés.
Et, par ailleurs, pour poursuivre sur ce que
vous disiez, également, c'est que l'intention que nous avons, c'est que les
inventaires qui seront réalisés à la grandeur du Québec, de un, dans cet
article-là, on dit clairement que, par règlement, on va dire comment ils vont
se faire, quels seront les critères, on va accompagner les gens et, par
ailleurs, ce que nous souhaitons, c'est que ces inventaires-là basculent,
ultimement, dans l'inventaire du ministère, soient, d'une certaine façon...
Maintenant, avec les nouvelles technologies, on peut avoir accès à ces
informations.
Mme St-Pierre :
O.K. Alors donc, comme vous dites dans l'article, le ministre peut «...prescrire
le mode de réalisation, de consignation et de diffusion d'un inventaire». Ça
veut dire que l'inventaire pourrait être à géométrie variable, c'est-à-dire, la
région de la Gaspésie pourrait avoir un modus operandi de son inventaire
différent de la MRC d'Antoine-Labelle.
Mme Roy : Non, c'est le
contraire, on veut uniformiser la méthode. On veut uniformiser la méthode et
nous assurer que tout soit, ultimement, basculé à l'inventaire du ministère.
Mme St-Pierre :
Donc... Excusez.
Mme St-Pierre : Il faudrait peut-être, dans ce cas-là,
écrire «prescrire un mode unifié de réalisation». Parce que, la façon dont c'est écrit là,
ça suggère qu'il pourrait y avoir différentes façons de faire l'inventaire
puisqu'il y a des municipalités qui ont déjà commencé leur inventaire.
«...de consignation et de diffusion d'un inventaire.» La ministre peut, par règlement, le règlement, il va être... ça va être un règlement
pour l'ensemble des MRC ou si c'est un règlement par MRC?
Mme Roy : Je vais passer
la parole là-dessus à Me Legros ou Mme Malack.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme Malack.
Mme Roy :
D'accord, à Mme la sous-ministre.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Est-ce qu'il y a consentement?
La Présidente
(Mme Guillemette) : Consentement. Mme Malack.
Mme Malack
(Dominique) : Oui. Alors, au niveau de l'intention, c'est clairement
d'avoir un inventaire unifié, fédéré et uniformisé. La ministre, tout à
l'heure, a fait référence au programme de soutien pour les municipalités, de
52 millions, qui a été annoncé. Les mesures de la loi viennent s'imbriquer
aussi avec des mesures d'aide financière. Ce programme-là prévoit un réseau
d'agents qu'on finance à travers le Québec, et ces agents-là ont, notamment, le
mandat d'être relayeurs pour la connaissance et les inventaires. Donc, on vise,
je vais dire, une approche tentaculaire avec un seul inventaire fédéré, des
éléments de ressources professionnelles dans chacune des MRC et municipalités
participantes qui sont coordonnées par le ministre pour aller dans un seul
inventaire.
Mme St-Pierre :
Et ces 50 millions là, est-ce qu'ils sont récurrents?
Mme Roy :
C'est un programme de 52 millions, et c'est 52 millions que nous
donnons. Et c'est de l'appariement, donc les villes qui ont embarqué en mettent
autant. Donc, actuellement, c'est 104 millions de dollars qui sont
investis pour la restauration de patrimoine. Ce qui est intéressant avec ce
programme inédit, c'est que ce ne sont pas uniquement des bâtiments qui
jouissent d'une mesure de protection qui peuvent y avoir accès. Comme je vous
disais tout à l'heure, il y a de très beaux bâtiments qui mériteraient ou
d'être classés ou d'être cités qui ne le sont pas et qui auraient besoin de
restauration et ils pourront y avoir accès via ce programme-là.
Et vous comprenez
qu'actuellement on est en négociation avec le ministre des Finances pour aller
chercher plus d'argent pour notre patrimoine. Et cet argent-là, ce n'est pas...
là, on ne parle pas du Fonds du patrimoine culturel, on parle vraiment d'argent
à part qui a été investi pour nous assurer que... On commence, d'ailleurs, à
faire ces inventaires puisque les villes et MRC qui y ont souscrites... il y a
96 ententes qui ont été négociées, si ma mémoire est bonne. Entre autres,
il y a l'embauche d'agents de patrimoine pour nous aider, d'ailleurs, pour
aider ces villes-là à faire leur inventaire. Comme je vous disais, d'ailleurs,
certaines ont déjà des inventaires qui sont bien faits, qui répondent aux
normes et critères, donc, ceux-là, déjà, il y a beaucoup travail qui est fait
et qui sera basculé.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci.
Mme St-Pierre :
O.K. Donc, s'il faut une formule d'appariement puis qu'il y ait des ententes,
les municipalités ou les MRC qui ne
feront pas l'entente n'auront pas accès à ces 52 millions là, s'il n'y a
pas d'entente. Il faut qu'il y ait une entente?
Mme Roy :
Là, on parle d'un programme normé, là. Pour le programme normé, oui, là. Mais
ça, c'est... Pour le programme normé, oui, il faut qu'il y ait une entente.
Mais je pense qu'avec... il y a eu tellement de demandes qu'initialement on
devait en refuser. Alors, il y a un engouement pour le patrimoine. Et les
municipalités sont de plus en plus conscientes que la protection du patrimoine,
c'est une responsabilité collective, et de plus en plus de municipalités et de
MRC veulent embarquer. Et ce qu'ils nous disaient et ce qu'ils ont dit devant
différentes commissions et différents documents que j'ai lus, c'est qu'il n'y
avait pas de ressource, il n'y avait pas d'expertise puis il manquait de sous.
Alors là, on donne de l'expertise et on donne des sous. Et tout ça, naturellement,
se fera graduellement, Mme la députée. Vous étiez la première à me
dire : Naturellement, ils vont demander des sous. Alors, on y va de
façon... on y va, on est étapistes. On y va graduellement, mais ça avance,
parce qu'on ne peut pas tout réaliser du jour au lendemain avec une somme...
Mme St-Pierre :
O.K. Mais, malgré ce que vous nous dites et les sommes que vous avez
consenties, le Fonds du patrimoine culturel, qui peut aider à la restauration
d'un bâtiment cité, Mme Suzanne Roy, présidente de l'Union des
municipalités du Québec, est venue vous dire, en commission : Les
municipalités hésitent à utiliser la citation des bâtiments privés... car elles
ne peuvent offrir du soutien financier. Il n'y a pas de... Là, on parle de
l'inventaire, mais il n'en demeure pas moins qu'il y a un problème d'argent. Et
je pense que, oui, il y a une formule d'appariement, ça va, mais il y a des
municipalités qui n'ont pas les moyens même de faire la formule d'appariement.
Moi, je pense qu'il faut aussi être réalistes, que ça va conduire à des coûts
supplémentaires pour les municipalités et les MRC et, éventuellement,
possiblement des augmentations de taxes municipales.
Mme Roy :
Ah! attends, attends. Je vous arrête, là, parce que je ne veux pas embarquer
sur ce débat-là, là, dans la mesure où c'est purement hypothétique. Et nous
accompagnons les municipalités puis les villes. Puis on est en négociation,
entre autres — vous
parliez de Mme Suzanne Roy, que je connais très bien — avec
l'UMQ, avec la fédération, pour les accompagner et pour trouver de l'argent
dans différentes enveloppes. Vous me parliez du fonds, bien, il y a aussi le
programme que j'ai mis sur pied, il y a d'autres enveloppes disponibles. Et je
suis en négociation actuellement avec le ministre des Finances. Parce que,
c'est une priorité pour nous, on veut protéger et on sait qu'il faut que ça se
fasse graduellement.
Alors, à cet égard-là, par
exemple, l'obligation d'inventaire, bien, elle est pour tous, elle est pour
tous en même temps. Alors, il y a des
priorités, et on ne peut pas réaliser l'inventaire complet du jour au
lendemain, mais nous allons y arriver. Et moi, je suis confiante. Mais
je ne voudrais pas... Parce que moi, je considère les municipalités, les
villes, les municipalités, les MRC comme des partenaires et je ne suis pas
prête à dire... je ne suis pas prête à lever des épouvantails et à dire qu'il
faudra trouver d'autres sources de revenus, là. On va y aller graduellement en
fonction des obligations puis en fonction des devoirs à faire. Puis on est là
pour accompagner, puis c'est ce qu'on tente de faire avec eux, et c'est...
Voilà.
Mme St-Pierre :
O.K. «Épouvantail», le mot est peut-être un peu fort. Je pense qu'il faut aussi...
nous, notre rôle, c'est de soulever des questions et de rassurer aussi les gens
qui nous écoutent, là. Parce que je pense qu'il y en a qui suivent ça de près,
cette commission parlementaire là, et on est ici en mode de collaboration et de
coopération. Alors donc, quand vous dites, quand vous parlez : C'est
hypothétique, dans la loi, c'est quand même écrit : «Le ministre peut, par
règlement...» Alors, ce n'est pas «Le ministre doit, par règlement», «peut, par
règlement». Donc, on est dans l'hypothèse que le ministre, peut-être, un jour,
va faire un règlement. On pense que vous allez le faire, le règlement, mais
«peut, par règlement» demeure une possibilité qui peut ne pas s'appliquer.
Donc, vous allez «prescrire le mode de
réalisation — ce
qu'on comprend, c'est que le mode de réalisation va être fait de façon
uniforme, le type d'inventaire, la façon de le faire ou le système va être
uniforme aussi pour ne pas qu'on ait des disparités régionales, une façon de
faire à une place ou une façon de faire à l'autre — de consignation et de
diffusion [d']inventaire».
L'autre question que j'ai, c'est :
«prolonger jusqu'à l'année que fixe le règlement la période de construction
visée par l'inventaire», donc ça voudrait dire qu'une MRC qui n'aurait pas
complété son inventaire après cinq ans pourrait se voir, par la ministre,
accorder un délai supplémentaire? Est-ce que c'est ça que je dois comprendre?
Le deuxième... dans votre amendement, «prolonger jusqu'à l'année que fixe le
règlement la période de construction visée
par l'inventaire et, le cas échéant, déterminer le délai de réalisation de la
nouvelle portion de l'inventaire», est-ce qu'on parle ici de la nouvelle
portion qui dépasserait 1940?
Mme Roy : Oui, c'est ça.
Mme St-Pierre : O.K.
Parce que, moi, la façon dont je le comprends, c'est qu'une MRC qui n'aurait
pas terminé son inventaire après cinq ans pourrait obtenir la possibilité
d'avoir un nouveau délai.
Mme Roy : Je vais vérifier. La question est bonne. Je vais
vérifier, parce que je n'ai pas le libellé tout d'un trait du nouvel article, comme c'est un amendement,
là. Mais je pourrais passer la parole à Me Legros, qui va vous
préciser.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Est-ce qu'il y a consentement?
Une voix : Oui, il y a
consentement.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Me Legros, vous allez vous nommer ainsi que votre fonction.
Mme Legros (Julie) : Oui.
Bonjour. Julie Legros, avocate à la direction des affaires juridiques au
ministère de la Culture.
Donc, l'article 120, on nous demande ici...
dans le fond, le règlement, l'inventaire qui est prévu à l'alinéa 1°, donc
notre inventaire, on a cinq ans. La loi va prévoir, dans les mesures
transitoires... le projet de loi, dans une autre disposition, à
l'article 107, va prévoir qu'ils ont cinq ans pour faire l'inventaire
avec la date de 1940. Ce qu'on vient ajouter ici, avec notre deuxième alinéa,
le pouvoir de prolonger la période, donc on vient donner un pouvoir
réglementaire pour pouvoir fixer une date plus contemporaine, comme 1975, qui
a, de facto, l'effet de prolonger la période.
Ce pouvoir-là va pouvoir être exercé dans cinq ans. On va avoir un
amendement qui s'en vient, à l'article 113 du projet de loi, pour
que ce pouvoir-là puisse être exercé à partir de cinq ans.
Donc, je vais dire le premier inventaire, pour
l'appeler ainsi, de l'alinéa 1°, de 1940, les municipalités ont
cinq ans pour le faire. C'est vraiment le pouvoir réglementaire qu'on
vient rajouter ici, là, pour prolonger la période. C'est vraiment quelque chose
qui va pouvoir être exercé après cinq ans. On va pouvoir changer la date. Et,
dans ce règlement-là, on va pouvoir préciser un délai pour les municipalités
pour faire ce bout-là, complémentaire, de l'inventaire. Et on vient aussi
prévoir des mesures, on pourra mettre des mesures, dans l'intervalle, dans ce
délai-là, que les municipalités pourraient avoir à respecter.
Mme St-Pierre :
Ça, c'est une belle explication. Mais, si une MRC n'a pas terminé son
inventaire après cinq ans, qu'est-ce qu'il arrive? C'est quoi...
Mme Legros (Julie) : Le projet
de loi ne prévoit pas de sanction.
Mme St-Pierre : O.K.,
il n'y a pas de sanction, donc...
Mme Legros
(Julie) : Comme dans les
lois municipales, toutes les obligations municipales, il n'y a pas de
sanction.
Mme St-Pierre : O.K. Mais là on n'est pas dans une loi municipale, on
est dans une loi du ministère de la
Culture.
Mme Legros
(Julie) : Oui, mais, pour le moment, là, il n'y en a pas de prévu au
projet de loi.
Mme St-Pierre :
Et ça ne serait pas nécessaire de vraiment mettre des... bien, en fait, de
rendre ça vraiment, vraiment, obligatoire, la... Parce que, la réalisation de
l'inventaire, il ne m'apparaît pas obligatoire, si... il va être obligatoire
quand vous allez adopter votre règlement, mais il n'est pas obligatoire dans la
loi.
Mme Roy :
Oui, il va être obligatoire dans la loi. Si vous allez voir les mesures
transitoires, il est obligatoire tout de suite, là. On sort d'ici, il est
sanctionné puis c'est obligatoire. Ce n'est pas dans le temps, là.
Mme St-Pierre :
Mais, le règlement, il n'est pas encore adopté pour leur donner le modus
operandi.
Mme Roy :
...des mesures transitoires, il y a des spécialistes qui sont là, il y a des
agents de développement patrimoniaux qui ont été engagés, il y a la table des
partenaires, qui, elle, va se créer rapidement. Ça fait que, tout ça, c'est un
processus qui va se mettre en branle tout en même temps, là.
Mme St-Pierre :
Mais le règlement, il va arriver quand? Est-ce qu'il est déjà en rédaction?
Est-ce qu'il est rédigé, le règlement?
Mme Roy :
Me Legros, pour la date de règlement.
Mme Legros
(Julie) : Nous, on n'a pas le mandat, actuellement, de... on n'est pas
en rédaction de règlement. Mais la loi va prévoir qu'après cinq ans la
ministre pourrait, en tout temps, adopter un règlement pour changer la date,
donc, si elle le veut, à ce moment-là, là, si elle le veut, dans cinq ans.
Mme Roy :
Et, par ailleurs, la constitution...
Mme St-Pierre :
Donc, les premiers cinq ans, vous n'avez pas besoin de règlement pour
l'inventaire, ou si ça prend un règlement pour dire aux municipalités :
Voici comment vous devez faire votre inventaire, aux MRC?
Mme Roy :
On peut commencer tout de suite. On peut commencer tout de suite et en faire
basculer tout de suite. Il y aura des articles, subséquemment, qui vont nous
parler de ça. Je vous parlais, entre autres, de grandes villes qui avaient déjà
des inventaires pertinents qu'on pourrait déjà basculer. Par ailleurs, il est
impératif, cet inventaire-là, là, l'article 120, là. Ce n'est pas... c'est
vraiment une obligation qui est donnée aux MRC.
Mme St-Pierre :
«...doit adopter et mettre à jour périodiquement un inventaire...»
Mme Legros
(Julie) : Si je peux préciser un élément, le pouvoir réglementaire de
prévoir le mode de consignation et de réalisation, lui, est effectif à la
sanction de la loi.
Donc, le règlement
qui va encadrer l'inventaire impératif de l'alinéa un, là, de 1940, cet
inventaire-là, le pouvoir réglementaire de dire comment il se fait, ça, c'est
tout de suite à la sanction de la loi. C'est le pouvoir de changer la date qui
est vraiment reporté dans cinq ans.
Mme St-Pierre :
O.K. Mais ça va prendre quand même un règlement pour avoir le modus operandi de
la fabrication de l'inventaire.
Mme Legros
(Julie) : Tout à fait. Puis il peut être pris à la sanction de la loi.
Mme St-Pierre :
Mais vous dites... vous n'êtes pas en rédaction de règlement, ça fait que c'est...
Mme Roy :
On ne va pas la sanctionner demain matin non plus, là. Je pense, ça peut aller
rapidement à partir du moment où cette loi-là sera adoptée, là, parce que ça
fait, quoi, un an et demi qu'on y travaille, là. On a une petite idée qu'il
fallait apporter un peu plus de... comment dirais-je, compléter la loi de 2011.
Alors, on sait qu'il
y a des devoirs à faire, là. Le premier devoir, c'est de l'adopter, de faire
les amendements, dont on vous parlait tout à l'heure, de concert avec la
ministre des Affaires municipales, parce que c'est vraiment un droit nouveau
qu'on crée et... mais, par ailleurs, à l'égard aussi de la table des
partenaires, etc., des obligations... des nouvelles obligations qui sont créées
pour le ministre.
St-Pierre :
O.K. Donc, on a l'assurance que, dans cinq ans, on aura l'inventaire qui est...
dont la date s'arrête à 1940. On a cette assurance-là.
Mme Roy :
Et... C'est-à-dire la date s'arrête... elle peut être après. Et n'oubliez pas
que c'est un minimum...
Mme St-Pierre :
Oui, oui, oui, mais...
Mme Roy :
...c'est-à-dire que les villes qui auront des immeubles inventoriés... Et ils
peuvent inventorier de leur plein gré... ils peuvent inventorier après 1940,
tout de suite, là.
Mme St-Pierre :
Oui. Oui, oui.
Mme Roy : C'est
important quand même à souligner, là.
Mme St-Pierre :
Mais ce que je veux dire... Mais c'est que, dans cinq ans, on a l'assurance
qu'il va y avoir au Québec un inventaire de tout ce qui est patrimonial, tout
le patrimoine bâti au Québec.
Mme Roy : C'est
l'intention de la loi.
Mme St-Pierre :
Après ça, dans votre... Après ça, vous allez ajouter un autre règlement qui va
dire : Maintenant, il faut procéder — je dis n'importe
quoi — 1940-1960.
Mme St-Pierre :
Après ça, 1960-1980 dans un autre cinq ans. C'est ça?
Mme Roy : Et ça, ça sera
déterminé par la table des partenaires aussi, parce que... Moi, je ne suis pas
spécialiste en patrimoine. Les spécialistes nous disaient 1940 puisque ça
correspond à une époque, mais force est de constater que, dépendamment des
spécialistes auxquels vous parlez... Il y a différents spécialistes,
différentes époques et différentes priorités pour ce qui est d'inclure dans un
inventaire... Donc, on dit : Ils vont pouvoir déterminer ensemble la date
qui sera appropriée pour basculer... forcer à basculer davantage d'immeubles.
Donc, à partir de quelle date? Bien, ça, c'est
une date qui sera déterminée par les experts.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Ma collègue
dit : Est-ce qu'on a la garantie? Mais je veux juste rappeler que, si une
MRC est en défaut, si je comprends bien, il n'y a pas de sanction. Donc, ce
n'est pas... S'il arrive quoi que ce soit, si une MRC ne répond pas à la
demande, tu sais... l'esprit de la loi, il n'y a pas de sanction.
Donc, est-ce qu'on a la garantie? Est-ce qu'il
ne faudrait pas, justement, avoir une sanction ou, en tout cas, s'arranger pour
que la MRC doive absolument le faire et, si elle ne le fait pas, bien, il y a
des conséquences? C'est une question que je pose.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme la ministre, commentaires?
Mme Roy : Bien, je n'ai
pas de commentaire à ajouter. C'est une obligation, et il y a des sanctions
dans la loi, il ne faut pas oublier, Mme la députée. Il y a déjà des sanctions
relativement aux propriétaires d'immeubles, aux gens qui auraient... qui
seraient délinquants à l'égard du patrimoine.
Donc, il y a déjà des sanctions qui existent, et
on verra, ultérieurement, il y a des demandes qui nous ont été faites par le milieu municipal.
Et, ultérieurement, quand les règlements... pas les règlements, pardon, mais les
amendements relativement au milieu municipal... On va parler de sanctions, mais
c'est dans un paragraphe subséquent.
Mme Robitaille : Mais la
fonctionnaire, Mme... votre nom... l'avocate...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme Malack?
Mme Robitaille : Pardon?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Me Legros?
Mme Robitaille : Me Legros
nous dit qu'il n'y en a pas de sanction. Donc, je ne sais pas, là, mais c'est
quoi, les sanctions? Là, maintenant, la ministre nous dit qu'il y en a. Je ne
comprends pas, il n'y en a pas de sanction. Donc, c'est les explications que
j'ai entendues, là, du côté de Me Legros. Donc, je pense qu'il faut garder
ça en tête.
La Présidente (Mme Guillemette) :
D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre :
Bien, je pense, ça va vous prendre une bonne équipe de juristes parce que vous
allez avoir beaucoup de règlements à faire.
On a parlé des sites patrimoniaux la semaine dernière... avec les plans de
conservation qui vont vous conduire à des règlements puis...
Alors, vous allez avoir énormément de boulot. Puis je pense que les règlements
vont être très, très, très attendus après la sanction de la loi et attendus
assez rapidement.
Moi, je n'ai pas
d'autre commentaire sur cette portion-là, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Guillemette) : D'accord. Donc, s'il n'y a pas d'autre
commentaire, nous pouvons passer au vote sur l'amendement de Mme la ministre.
Le Secrétaire :
Mme Roy (Montarville)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Lemieux
(Saint-Jean)?
Le Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, Mme St-Pierre (l'Acadie)?
Mme St-Pierre :
Pour.
Le Secrétaire :
Et Mme Guillemette (Roberval)?
La Présidente (Mme Guillemette) : Abstention. Donc, l'amendement à
l'article 38 est adopté. Est-ce qu'il y a...
Mme St-Pierre :
...la Présidente. Alors, on peut...
La Présidente
(Mme Guillemette) : Parfait. Donc, nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à
11 h 37)
La Présidente
(Mme Guillemette) : Donc, nous reprenons les travaux. Mme la
députée de l'Acadie, je vais vous laisser nous présenter votre amendement.
Mme St-Pierre :
Merci, Mme la Présidente. Alors, c'est l'article 38, entre parenthèses,
120 :
L'article 120, modifié par l'article 38 du projet de loi,
est modifié par l'insertion, à la fin du premier alinéa, de «L'inventaire doit
également inclure les sites archéologiques et les ensembles patrimoniaux
présents sur son territoire.»
Alors, on peut...
Comme le temps est quand même... C'est assez difficile de pouvoir élaborer. On
pourrait élaborer à la reprise, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Tout à fait. Donc, nous allons suspendre les
travaux et revenir cet après-midi avec la suite des discussions.
(Suspension de la séance à
12 heures)
La Présidente
(Mme Guillemette) : Donc, bon après-midi, tout le monde. Lors de
la suspension de nos travaux, cet avant-midi,
la députée de
l'Acadie venait de présenter un amendement
à l'article 38 du projet de loi. Est-ce qu'il y a des interventions au sujet de cet amendement? On avait eu le...
l'amendement avait été déposé, mais il n'avait pas été lu, je crois. Donc, Mme la députée de l'Acadie, je vous laisse la parole pour nous présenter
votre amendement.
Mme St-Pierre :
Je ne veux pas vous contredire, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Il avait été lu, je pense, hein?
Mme St-Pierre :
Je l'avais lu, oui.
La Présidente
(Mme Guillemette) : O.K. Oui, ça me revient.
Mme St-Pierre :
Mais je peux le relire, ça va me faire plaisir.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Ça va. Donc, sur l'amendement de Mme la
députée de l'Acadie, est-ce qu'il y a des interventions? Allez-y, oui.
Mme St-Pierre :
Merci, Mme la Présidente. Tout d'abord, sur la question des sites
archéologiques, qu'il y ait un inventaire des sites archéologiques, je
pense que c'est très important. Je pense qu'on pourra avoir plus d'informations
sur les éléments qui sont connus déjà du ministère de la Culture et des
Communications. Mais je me réfère ici... c'est parce que j'ai lu avec intérêt
le mémoire qui a été déposé par les Hurons-Wendat, et je me suis dit que ça
serait intéressant de parler de leurs préoccupations, parce que c'est le
mémoire de la nation huronne-wendat.
Et, dans ce mémoire, on dit qu'on est surpris de
constater qu'aucune modification à la loi concernant le patrimoine... qu'il n'y
a aucune modification concernant le patrimoine archéologique. Il s'agit d'une
occasion, une opportunité à ne pas manquer — je cite — «pour
améliorer les dispositions légales à cet égard. [...] la nation huronne-wendat
n'a pas été invitée à intervenir lors des commissions parlementaires, alors
qu'elle manifeste depuis longtemps son intérêt pour la question. Les
informations que nous détenons sur le projet de loi n° 69
proviennent essentiellement des différentes
annonces publiques; aucune consultation en amont n'a été entamée auprès de [la]
nation.»
Et on fait référence aussi au fait que la
Vérificatrice générale a parlé du patrimoine immobilier essentiellement. On
comprend que le projet de loi, le but du projet de loi, c'est de faire en sorte
qu'on puisse régler cette situation-là relativement au patrimoine immobilier.
Mais nous sommes ici pour légiférer, alors on peut, dans le cadre d'un exercice
d'analyse de projet de loi, on peut amener des éléments qui peuvent contribuer
à améliorer une loi. Parce que c'est une loi
qui vient améliorer la loi qui a été adoptée il y a... en 2011 et qui est
entrée en vigueur en 2012.
Donc, dans son rapport, dans son mémoire, la
nation dit, en parlant du rapport de la Vérificatrice générale : «À la
suite de la publication de ce rapport, la nation huronne-wendat s'est adressée
à la ministre de la Culture et des Communications [...] afin de lui transmettre
ses préoccupations face à la destruction des sites archéologiques de ses
ancêtres, lieux à la fois sacrés et historiques — je cite — et
source de richesses culturelles pour ses membres et les générations à venir.»
Donc, c'est une préoccupation de la nation. Et je suis certaine que ce n'est
pas la seule à se préoccuper de cette question-là.
On dit qu'«au Québec [...] l'information
disponible sur le site du ministère de la Culture[...], on parle de plus de 9 000 sites archéologiques[...]. En
ce qui concerne le nombre de rapports, en date de décembre 2019, il se
[situerait] [autour de] 7 000.» Donc, on n'a pas le chiffre exact. Et on
fait référence également à l'Ontario : «À la lecture de ces chiffres, il
apparaît que l'Ontario a su mettre en place des mécanismes plus efficients pour
protéger le patrimoine des Premières Nations, dont celui de la nation
huronne-wendat.»
Et ça dit ici, plus loin dans le mémoire :
«...il faut d'abord les documenter de façon systématique, ce qui ne se fait
malheureusement pas actuellement. Le MCC ne chapeaute aucun projet
d'acquisition de connaissance à grande échelle ni d'inventaire des ressources
archéologiques...» Alors, je pense qu'on aura peut-être des explications plus
approfondies relativement à cette affirmation-là qu'il n'y a pas, au ministère,
«d'inventaire des ressources archéologiques, ce qui fait en sorte que les quelques
projets d'archéologie préventive et les recherches universitaires sont les
sources principales de nouvelles données sur le patrimoine archéologique québécois».
J'insiste parce que, je me dis, il pourrait y
avoir peut-être une possibilité de rassurer la nation huronne-wendat mais aussi
rassurer ceux et celles qui s'intéressent à l'archéologie au Québec. Donc, je
pense qu'on a, sur cet aspect-là, une
richesse considérable. Il y aurait beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail pour les archéologues. Il y en a qui s'activent, mais on peut
penser qu'il y en aurait pour beaucoup d'années pour pouvoir vraiment analyser
à fond ces sites archéologiques. On est vraiment riches dans ce domaine.
Alors, ça dit aussi que «le MCC n'a tout
simplement pas mis en place les outils nécessaires pour évaluer et gérer ce
type de patrimoine. Comment déterminer les sites archéologiques qui possèdent
une valeur patrimoniale alors que les données actuelles ne couvrent qu'une
infime
partie du territoire?»
On continue en parlant de la
Loi sur le développement
durable : «Concrètement, la protection du patrimoine culturel, dont fait
partie le patrimoine archéologique, ne s'est toutefois jamais matérialisée. Le
manque d'exemplarité de l'État à ce sujet a d'ailleurs été relevé [par] le
rapport du Vérificateur général [...] au constat 6 — je
cite : "L'État ne fait pas preuve d'exemplarité en matière de
sauvegarde et de valorisation du patrimoine immobilier."»
Et la nation fait sienne cette affirmation en
disant : «Cette constatation s'applique également au patrimoine
archéologique, dans la mesure où l'impact des autorisations données par les
différents ministères sur le patrimoine archéologique n'est pas évalué. Comme
le patrimoine archéologique est encore peu connu au Québec, l'absence d'un tel
mécanisme a des impacts négatifs importants, dont le principal est la
destruction des sites sans qu'ils aient pu être documentés et que l'histoire
qu'ils contenaient n'ait pu être racontée.»
Alors, c'est, je pense, un sujet qui est fort
pertinent puisque nous sommes dans la bonification de la
Loi sur le patrimoine
culturel. On étudie le patrimoine culturel. Oui, il y a un focus, dirais-je,
sur le patrimoine immobilier, mais j'attire l'attention de la ministre. Et
aussi, avec toute la sensibilité des nations autochtones, je pense qu'on doit porter une attention très particulière à ce mémoire de la nation
huronne-wendat.
Et on pourrait, bien sûr... Et on
fait référence plus loin aussi aux restes humains : «...il n'y a
aucun règlement national sur le traitement à réserver à des restes humains
découverts lors de fouilles — je ne savais pas ça. Dans leur lettre à
la ministre, les professeurs d'archéologie réclament d'ailleurs l'adoption d'un
protocole national "à l'égard des restes humains".» On pourrait, à ce
moment-là, évidemment, à un moment donné, saisir le ministre de la Justice, qui
pourrait peut-être faire une correction au Code civil du Québec.
On parle aussi des
artéfacts, qui est un sujet fort important, parce que j'ai, dans ma
circonscription, un musée qui est vraiment très important au Québec, qui
s'appelle Le Musée des maîtres et artisans, qui est un musée qui a une importante collection. Et le musée est présentement... Il y
a une demande auprès du musée pour la restitution d'artéfacts. Et je pense que
là aussi on va avoir éventuellement des situations sur lesquelles il va falloir
se pencher. Ça dit ici : «La propriété des artéfacts et vestiges archéologiques
n'est pas déterminée dans [le projet de loi]. Selon le MCC, elle reviendrait au
propriétaire du terrain, position qui découle des dispositions du Code civil du
Québec. Cela fait en sorte que des
propriétaires privés, des organismes publics et des ministères sont considérés
par le gouvernement du Québec comme propriétaires du patrimoine
archéologique de la nation huronne-wendat.»
Là, je m'éloigne un
peu de notre sujet. Je pense que la question des sites archéologiques, c'est un
sujet important, sujet qui doit être analysé en profondeur, et c'est la raison
pour laquelle on amène cet amendement-là. On se dit que, plus loin, on pourrait
donner un plus long laps de temps pour établir cet inventaire-là.
Et je pourrai, dans
une deuxième intervention, parler de la question des ensembles patrimoniaux
présents sur le territoire, puisqu'on confie aux municipalités régionales de
comté cette tâche-là de préparer les inventaires. Je pense que... Je comprends
qu'on ne pourrait pas faire un inventaire de biens qui sont à l'intérieur de
maisons qui appartiennent à des propriétaires privés, mais on pourrait
peut-être envisager d'inclure, dans cet inventaire-là, ce qui appartient aux
municipalités ou au secteur public. Je pense peut-être à un tableau, ça peut être
une sculpture, ça peut être un autre élément, des meubles qui sont d'une grande
valeur patrimoniale. Ça pourrait se faire parce que les municipalités
n'auraient qu'à l'inscrire dans leur inventaire. Je pense que ce n'est pas
quelque chose qui serait difficile pour elle, et ça viendrait vraiment, je
pense, compléter le tableau, alors de là notre amendement.
C'est un amendement
qui fait en sorte qu'on viendra enrichir le projet de loi n° 69 de la
ministre et donner encore plus de panache, et de pouvoir faire en sorte qu'on
puisse élargir cet inventaire-là dans nos inventaires. Je pense qu'on viendrait vraiment marquer... faire un
pas important, surtout à la lumière de ce que la nation huronne-wendat est venue déclarer dans son
mémoire, qui est vraiment bien écrit, très fouillé, et qui soulève des
questions, je pense, très, très, très sérieuses.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci, Mme la députée. Des interventions
concernant l'amendement? Oui, Mme la ministre.
Mme Roy :
Oui, merci, Mme la Présidente. Alors, vous allez me permettre de répondre aux
prétentions de la députée puis surtout d'amener des précisions à l'égard, en
autres, du mémoire dont vous parlez, de la nation huronne-wendat. Nous avons eu
des communications avec eux à plus de deux reprises concernant cette commission
parlementaire, entre autres. Il faut que vous sachiez que la commission avait
également invité l'Assemblée des premières
nations Québec, Labrador à venir ici et, bien, ils ne sont pas venus. Alors, je
voulais vous le souligner également.
Par ailleurs, votre
amendement, ce que vous demandez, naturellement, c'est l'obligation de tenir un
inventaire, et là vous arrivez avec la notion d'inventaire archéologique et des
biens, des ensembles patrimoniaux. Je dis, depuis le début, et je vais le
répéter ici, que ce projet de loi ne porte pas sur l'archéologie, porte sur le
patrimoine immobilier. C'est l'essence même de ce projet de loi.
Et, en ce qui a trait
à votre demande spécifique qui serait de demander aux MRC de faire des
inventaires sur les sites archéologiques ou encore les ensembles
patrimoniaux — des
ensembles, pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, ce sont différents
objets — à
cet égard-là, je passerais la parole à la sous-ministre responsable, entre
autres, Mme Malack, si vous le
permettez, parce que ça implique, et on en a discuté en dehors des ondes, ça
implique des notions de sécurité lorsqu'on parle d'archéologie et faire
un inventaire archéologique. Demander de faire un inventaire archéologique et,
naturellement, de rendre tout ça disponible pour tous, il y a certaines
problématiques de sécurité, et j'aimerais
entendre... j'aimerais que nous puissions entendre Mme Malack à cet égard,
et également sur le fait de demander que des ensembles patrimoniaux
soient également inventoriés. Alors, je passerais la parole, avec votre
permission.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Parfait. Il y a consentement pour céder la
parole à Mme Malack?
Une voix :
Consentement.
La Présidente (Mme Guillemette) :
D'accord. Vous pouvez y aller. Merci.
Mme Malack (Dominique) : Bonjour. Dominique Malack, sous-ministre adjointe au ministère de la
Culture.
Pour débuter,
peut-être, par les ensembles de biens mobiliers, la proposition présente tout de
même, là, des difficultés importantes de mise en oeuvre. Vous avez eu
l'occasion de le dire, là, la question des biens privés, évidemment, les biens
qui sont dans des résidences, les biens mobiliers, par destination, peuvent
être vendus, ne sont pas ancrés dans un territoire municipal. Donc, il y a des
enjeux là aussi de mise à jour, je dirais, des ressources. Et Mme la ministre
le réitérait, là, la portée du projet de loi est essentiellement sur le
patrimoine immobilier.
Maintenant, je
m'attarderais un petit peu plus longuement sur la question de l'archéologie.
Effectivement, l'archéologie est une richesse considérable et fragile, hein,
donc qu'on peut perdre. Le ministère de la Culture tient un inventaire des
sites archéologiques du Québec. Ce n'est pas un inventaire public pour des
raisons de sécurité de ces sites-là. Les sites archéologiques peuvent faire
l'objet de pillage. Il y a des récolteurs intéressés qui peuvent avoir envie
d'y aller. On a des sites subaquatiques. On a des sites rupestres au Québec.
Quand on en parlait, j'expliquais : Un peu comme Lascaux, on ne veut pas
qu'il y ait des graffitis qui s'exercent. Un certain nombre de ces sites sont,
d'ailleurs, classés, mais on ne diffuse pas, dans plusieurs cas, leur
emplacement, et on ne diffuse pas non plus la totalité de l'information. Par
contre, cette donnée, cette information-là, elle est disponible pour les
archéologues du Québec qui sont membres d'une association, donc d'un ordre.
En termes, aussi,
d'archéologie et de conservation, le ministère est mandataire pour le
gouvernement du Québec du laboratoire et de
la réserve archéologique, sur Semple, à Québec, qui est une infrastructure où
est conservée la totalité des artéfacts découverts sur des sites du
gouvernement du Québec. Lorsque, par exemple, le ministère des Transports
réalise des travaux, un site archéologique est découvert, ces artéfacts-là sont
traités, versés, numérotés à l'inventaire.
Nous avons aussi une collection de référence, qui est, je vais le dire, la
crème de la crème de l'archéologie, qui est numérisée, diffusée sur
Internet, donc ces artéfacts-là. Donc, il y a quand même plusieurs choses qui
se font.
Maintenant, évidemment, la posture du ministère
n'est pas de fouiller pour avoir le plus de connaissances possibles, parce que,
ce qu'on souhaite, ce qui conserve le mieux les sites archéologiques, c'est
toujours de ne pas les fouiller. On les fouille lorsqu'il y a un projet, par
exemple, d'infrastructure qui oblige à passer là, mais un site qui n'est pas
découvert, c'est souvent le site qui est le mieux préservé. Alors, voilà.
Merci.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la sous-ministre. D'autres interventions? Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Très brève.
J'entends la ministre. J'entends aussi la sous-ministre, mais je reviens sur...
Et je comprends qu'on traite du patrimoine bâti ici, c'est l'esprit de la loi,
c'est ce dont on veut... on veut circonscrire, entre autres. Bien, c'est le but
premier. Mais, puisqu'on ouvre la loi, puisqu'on revient sur cette loi, puis...
est-ce que, quand même, et j'entends très bien là, mais est-ce que les biens
immobiliers des municipalités ne pourraient pas quand même faire l'objet d'un
inventaire? Est-ce que... Je comprends, dans les... Je comprends pour ce qui
est des propriétés privées, mais, pour ce qui est des biens des municipalités,
est-ce qu'on ne pourrait pas faire un inventaire, justement, par souci de
préserver puis s'assurer qu'au moins c'est bien là, ces ensembles patrimoniaux
là qui appartiennent aux municipalités soient bien préservés?
Mme Roy : L'objet de la
loi est de préserver et de nous assurer qu'il y ait des inventaires des
bâtiments et non des biens meubles.
La Présidente (Mme Guillemette) :
D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui, merci. Juste
une question par rapport au commentaire de la ministre, le fait que le projet
de loi ne touche pas l'archéologie, il touche les bâtiments patrimoniaux ou le
patrimoine. Comme il y a d'autres articles... En, fait la loi traite de
l'archéologie, la
Loi sur le patrimoine culturel. Il y a des sections entières
qui en traitent. Donc, c'est certain qu'il y a des gens qui veulent en
profiter, qui travaillent en archéologie, la communauté huronne-wendat, donc,
qui disent : Bien, on va en profiter, on est dans cette loi-là, faisons
des amendements pour pouvoir changer ce qui ne marche pas en lien avec
l'archéologie. Mais, si on ne peut pas le faire dans le cadre du projet de loi
maintenant, dans le fond, qu'est-ce que la ministre répond à ces gens-là? Il va
y avoir un autre projet de loi qui va être déposé en lien avec l'archéologie?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme la ministre.
Mme Roy : Oui, merci. Je
réponds que ce projet de loi là est fait en grosse partie, également, en
réponse au rapport de la Vérificatrice générale, et que son enquête portait sur
la gestion du patrimoine immobilier au Québec. Et, vous le savez tout comme
moi, on apprend dans les journaux à tout bout de champ que des immeubles sont
en péril. Alors, c'est vraiment pour changer la façon de faire, pour nous
assurer que les municipalités mettent en place... c'est-à-dire, nous mettons en
place pour elles un processus qu'elles devront suivre avant qu'il y ait
démolition de quelque bâtiment que ce soit, ce qui n'est pas le cas
actuellement, ça n'existe pas.
Alors, je vous réitère que ce projet de loi là
traite du patrimoine immobilier. Voilà. Et, non, j'ai choisi, délibérément
choisi de ne pas rouvrir toutes les sections du projet de loi. Nous considérons
qu'il y a urgence et urgence d'agir, et c'est à l'égard du bâtiment. C'est à
l'égard du patrimoine bâti qu'il y a vraiment des problèmes actuellement avec
ce qu'il se passe dans la communauté. Voilà.
Mme Ghazal : Mais j'entends ce
que la ministre dit, mais, je veux dire, j'ai rencontré puis, peut-être, même
d'autres membres de la commission ont rencontré des gens qui travaillent, des
archéologues qui travaillent en archéologie et qui... où il y a beaucoup,
beaucoup de problématiques et beaucoup d'inquiétudes. Puis c'est un domaine
extrêmement important, qui tombe sous la responsabilité de la ministre. Donc,
ma question, c'est : Est-ce qu'il va y avoir un autre projet de loi qui va
être déposé? Parce qu'ils voient comme une porte, ils voient une fenêtre
d'ouverture, où ils disent : On est dans la loi, le projet de loi modifie
des articles de la
Loi sur le patrimoine culturel, profitons-en pour faire des
améliorations avec qu'est-ce qui ne marche pas en ce moment sur le terrain de
l'archéologie. Puis j'ai toute une liste, là, je n'en parlerai pas tout de
suite, parce que ce n'est pas exactement le sujet de l'amendement, mais c'est
quand même une question importante.
Donc, j'aimerais que la ministre réponde à ces
groupes qui ont vu là une fenêtre d'opportunité pour régler des problèmes en
lien avec l'archéologie. En ouvrant la loi qui en traite, ils voient des
amendements. Moi, je suis... préparaient des amendements. Est-ce que ça veut
dire qu'on ne touchera pas, ou, si la ministre dit : Bien, il va y avoir un projet de loi pour toucher uniquement les
éléments qui touchent... en lien avec l'archéologie, que ce soit cette loi-là
ou d'autres? Si la réponse, c'est oui, bien, la réponse va être entendue, puis
je pense qu'elle va être satisfaisante.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Mme la ministre.
Mme Roy : Alors, à court
terme, je ne touche pas à l'archéologie. Je vous répète que ce projet de loi
est là pour nous assurer que nous puissions mettre un processus rigoureux pour
éviter des démolitions sauvages en catastrophe. C'est vraiment le patrimoine
bâti. Et nous instaurons un processus rigoureux, inédit qui se fait de concert
avec le ministère des Affaires municipales pour protéger les bâtiments. Alors,
voilà.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Mais on pourrait
profiter... Merci, Mme la Présidente. On pourrait profiter, par exemple, pour
peut-être soulever... ou sensibiliser la ministre par rapport à certaines
problématiques en lien les sites archéologiques. Tout à l'heure, on a eu la
réponse de votre sous-ministre par rapport au fait que, peut-être, il n'y a pas
lieu d'avoir un inventaire de tout. Mais, au fur et à mesure qu'on avancera, peut-être,
dans les articles, moi, je pense qu'il va y avoir des éléments sur lesquels on va vouloir... des problèmes
qui existent sur le terrain en lien avec l'archéologie sur lesquels on
va sensibiliser la ministre. Même si on est dans le projet de loi n° 46,
on va... pas 46, mais le projet de loi n° 69, sur le patrimoine
culturel, on va lui demander quand même la patience de nous écouter par rapport
à ces questions-là.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Roy : Oui. Je vous
souligne à nouveau que l'urgence est vraiment relativement au patrimoine bâti,
et que la Vérificatrice générale nous le rappelait, n'a pas fait commentaire
particulier à l'égard de problématiques urgentes
qui toucheraient l'archéologie. Elle nous dit : «Le patrimoine immobilier
fait face à des menaces continuelles, multiples et variées :
dégradation naturelle, impact de l'activité humaine, pressions de nature
économique, etc.» Donc, c'est à cet égard que nous agissons aujourd'hui, Mme.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? Oui, Mme la députée de
l'Acadie.
Mme St-Pierre :
Alors, la Vérificatrice générale peut prendre des mandats de son propre chef,
mais elle peut aussi se voir confier des mandats par un ministre, par le
gouvernement. Est-ce que ce serait une possibilité, qu'on demande... puisque
c'est la Vérificatrice générale qui motive cette loi-là, qu'on lui demande
d'analyser la question des sites archéologiques? Parce qu'il y a une
contradiction entre Mme la sous-ministre et ce que le mémoire vient dire ici.
Puis j'ai beaucoup de respect, là, pour Mme la sous-ministre, mais, ici, on dit
qu'on ne connaît pas... on n'a pas d'inventaire de sites archéologiques, et Mme
la sous-ministre nous dit qu'il existe un inventaire des sites archéologiques
mais qu'il est gardé secret pour les raisons qu'on peut comprendre, le pillage
ou...
Mais est-ce qu'il y a une possibilité de nous
renseigner davantage, même si vous ne donnez pas les lieux, de nous renseigner
davantage sur cet inventaire-là? S'il existe, tant mieux, mais il ne semble pas
que c'est unanime, cette affirmation-là. Ça, c'est la première des choses.
Sur les ensembles patrimoniaux, bien, on pourra
en reparler tout à l'heure, mais on parle d'objets. Je vais vous parler d'un
objet qui n'est pas dans... Je vais vous donner un exemple, qui n'est pas un
objet qui est dans un... qui est sous la responsabilité d'une municipalité,
mais c'est un objet qui était sous la responsabilité... en fait, qui est enfermé au ministère de la Sécurité publique.
C'est le registre de la prison qui emprisonnait les patriotes. Ce registre-là
est à la prison de Bordeaux.
Sa conservation...
Le directeur qui était là, il
a été suspendu de ses fonctions. La conservation peut nous apparaître adéquate
parce qu'il est dans un truc fermé, mais est-ce que c'est normal que des
artéfacts, que des documents de cette importance-là soient dans une prison
plutôt qu'aux Archives nationales ou dans un musée? Ça, c'est la question que
je pose. C'est vrai que je bifurque peut-être un peu, mais je donne un exemple.
Quand on dit : Bien, les tableaux ou les
oeuvres peuvent être vendus, peuvent déménager, bien, justement, si c'est dans
un inventaire, la municipalité qui va se risquer à vendre son Ozias Leduc, il
va falloir qu'elle s'y prenne de bonne heure, parce qu'elle va l'avoir inscrit
dans son inventaire. La municipalité qui va avoir en sa possession un
Jean-Julien Bourgault ou un Médard Bourgault va devoir l'inscrire dans son
inventaire. Si elle veut revendre... si le Jean-Julien ou Médard Bourgault est
vendu à New York, bien, il y a du monde qui vont lever un flag, puis ils vont
dire : Bien là, c'est parce que vous ne pouvez pas vendre Jean-Julien
Bourgault, vous ne pouvez pas vendre un Médard Bourgault puis l'envoyer à New
York. C'est ça.
Puis, comme
on suggère — et on
pourra arriver, peut-être, à une entente — que les municipalités, puisqu'elles
connaissent leurs biens, puissent l'inscrire dans l'inventaire, ce ne sera pas
plus compliqué d'inscrire ces choses-là, parce qu'elles les connaissent déjà, ces
biens-là, puis elles pourraient inscrire dans l'inventaire ces biens-là puis on
serait assurés de leur protection. Il peut y avoir un petit document qui est
gros comme ça, qui est tout petit, mais qui peut avoir une valeur patrimoniale
majeure, et il est entre les mains d'une municipalité, et on ne le sait pas.
Un des premiers gestes que j'ai posés quand
j'étais ministre et qui m'a vraiment émue, c'est quand j'ai signé le document
pour classer un carnet d'Émile Nelligan. C'est-à-dire, il était gros comme ça,
le carnet. Il est entreposé au Musée des beaux-arts ici. Mais c'est... des
choses comme ça, c'est... Oui, le bâtiment, il est important parce qu'on le
voit, puis il y a des reportages de télévision, puis tout le monde les voit,
mais il y a des éléments qui sont en possession des municipalités qui
devraient, à mon avis, se retrouver dans un inventaire.
Alors, sur la question des
sites archéologiques, je comprends l'argument sur la question de protection et
de sécurité. Ça m'inquiète un peu quand vous dites : Bien, il y a des
choses qu'on connaît, on sait, c'est classé, mais ce n'est pas classé
publiquement, puis on a peut-être une grotte de Lascaux quelque part au Québec
puis on ne le sait pas. Mais, si on ne le
sait pas, on ne peut pas avoir des projets pour développer le projet autour de
la grotte de Lascaux. Mais, bon, ça, ça peut être des projets qui
pourraient... Puis probablement qu'il y a des choses aussi qui appartiennent aux Premières Nations qui sont enfouies, puis sur
lesquelles on ne fait pas de recherche, parce qu'on n'a pas d'argent,
parce qu'on dit : On ne veut pas piller... on ne veut pas que le site soit
pillé ou...
Bon, c'est sûr que ça demande énormément de...
il faut vraiment entourer toutes ces recherches-là, mais je réitère qu'on
devrait se poser la question et se dire qu'on est dans un exercice important de
révision de la
Loi sur le patrimoine
culturel. C'est... D'abord, ça s'appelle la
Loi sur le patrimoine culturel et d'autres dispositions législatives.
En tout respect, je pense que... je comprends que vous restez sur le mandat de
la Vérificatrice générale, mais je pense qu'on peut, dans un exercice comme ça,
saisir l'occasion pour ajouter des choses et bonifier la loi, surtout à la
lumière de témoignages comme la nation huronne-wendat, surtout à la lumière de
ce document qui a été déposé ici même, en commission parlementaire. Ça serait,
d'ailleurs, un beau message envoyé à la nation qu'elle aura au moins été
écoutée. Alors, c'est ma remarque. C'est pour faire avancer, puis c'est pour
bonifier le projet de loi puis faire avancer la protection du patrimoine au
Québec.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la députée. D'autres interventions sur l'amendement? Donc, s'il n'y
a pas d'autre intervention, nous pouvons... D'autres interventions sur
l'amendement? Oui, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui. Bien, je ne
sais pas... Oui, très bien, merci, Mme la Présidente. C'est parce que j'étais
certaine que la ministre allait répondre. Parce que la collègue lui demandait
quel message vous envoyez. Ça ne peut pas être juste : Non, moi je regarde
uniquement le rapport de la vérificatrice et je ne regarde jamais rien. Ce
n'est pas grave, là, des fois, par exemple... Les gens voient qu'il y a un
problème avec tout le patrimoine archéologique. On est dans la
loi sur le
patrimoine archéologique. La réponse ne peut pas simplement être : Vous
êtes hors d'ordre. Ils...
Mme Roy : ...attention,
Mme la Présidente, là, elle m'attribue des propos que je n'ai pas dits, là. Je
n'ai pas... je n'ai jamais dit ça, là.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Oui, tout à fait. J'aimerais qu'on garde nos propos courtois. Ça se passe bien
présentement. Donc, je vous cède la parole, mais...
Mme Ghazal : Donc, on ne peut
pas dire aux gens que, bien, la seule réponse que j'ai, c'est : Moi, je
réponds à la Vérificatrice générale. J'aimerais quand même savoir est-ce que la
ministre...
Mme Roy : Je vais vous répondre, si vous voulez, à cet
égard-là. On répond à une problématique actuellement, et, tous autant
que vous êtes ici, vous constatez qu'il y a une problématique avec la
protection des bâtiments patrimoniaux, des bâtiments de façon générale, des
bâtiments patrimoniaux. C'est ce qui nous intéresse par-dessus tout. La problématique,
elle est là. Alors, c'est une loi que nous faisons parce qu'il y a urgence
d'agir. Nous devons agir. Il y a eu le rapport de la Vérificatrice générale,
mais, vous allez voir, lors des amendements que nous allons déposer, qui
touchent entre autres la
loi sur l'aménagement, l'urbanisme et l'aménagement,
qu'on va beaucoup plus loin que ce que... que le rapport de la Vérificatrice
générale.
En fait, il faut que vous compreniez que les
mesures qu'on met de l'avant sont inédites, n'ont jamais été mises en
application par aucun gouvernement, et feront en sorte qu'on va pouvoir mieux
gérer notre patrimoine immobilier et nous assurer qu'il y a tout un processus
rigoureux qui sera mis de l'avant avant qu'un bâtiment patrimonial ne soit
démoli. Ça, la Vérificatrice générale ne nous a pas demandé de faire ça.
La Vérificatrice générale, ce qu'elle a dit,
cependant, c'est qu'il manquait beaucoup de choses au ministère. Il manquait de
transparence, il manquait... etc., là. Bon, je ne vais pas recommencer tout ce
qu'elle disait, mais nous allons... dans nos réponses, nous allons plus loin
que ce que la Vérificatrice générale a demandé. Cependant, je vous dis que le
projet de loi ici, ce n'est pas mon intention d'ouvrir sur l'archéologie.
Voilà.
Présidente (Mme Guillemette) : Merci. D'autres interventions? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Bien, encore
une fois, quand est-ce qu'on a la chance de rouvrir une loi comme ça puis de
l'étudier et de la bonifier? Là, on ouvre des chapitres, on propose un
amendement qui ne vient pas révolutionner tout le projet de loi, là, ça ne
change pas l'esprit du projet de loi, mais ça ajoute des éléments qui font en
sorte que, bien, ça va être plus solide,
puis ça répond aussi aux consultations qui ont eu lieu, aux gens qui sont venus
aux consultations puis qui ont demandé certaines modifications
importantes, dont... On a parlé des sites archéologiques, on a parlé... la
nation huronne-wendat est venue parler et elle a demandé des choses. On ne peut
pas simplement dire : Bien non, là, on n'en parle pas, on est très... on
reste exactement sur le patrimoine bâti. On ne demande pas de changer tout le
projet de loi, on a un amendement qui vient bonifier le projet de loi. Ça fait
que c'est dans ce sens-là.
Et, comme disait ma
collègue, si on a un recueil de poésie d'un poète connu qui est dans une
municipalité, qu'une municipalité préserve,
ou n'importe quoi, un tableau, n'importe quoi, bien, c'est important,
peut-être, de l'inscrire à un inventaire pour
protéger. Et c'est pour ça qu'on est ici aujourd'hui, c'est pour ça qu'on se
rassemble. On se rassemble pour, justement, éviter que, bon, du patrimoine bâti
soit démoli impunément, mais aussi que des oeuvres, que des ensembles
patrimoniaux soient aussi... qu'on les perde. Et là on a la chance d'amener un
amendement qui pourrait aider, et je pense que la ministre devrait l'entendre.
Et c'est dommage de la voir fermée comme ça.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Oui, merci. En fait, moi, ma question, c'est : La ministre, tout à
l'heure, elle a dit qu'elle était en contact assez régulier, je pense, avec la
nation huronne-wendat. Ça fait que, donc, peut-être que toutes ces discussions
ont déjà eu lieu depuis le dépôt du mémoire. C'est juste nous rassurer ici puis
nous le dire.
Quand, par exemple,
ils demandent : «Pour s'assurer d'une prise en considération adéquate des
enjeux et réalités des Premières Nations, il doit y avoir une consultation sur
le patrimoine archéologique basée sur l'échange, l'écoute, le dialogue et le
respect mutuel entre [les] nations. Et la nation huronne-wendat souhaite
prendre part activement à ces processus.» Quand elle dit que «les principes
d'archéologie préventive doivent être inclus au projet de loi», ça, la ministre y a répondu, le projet de loi, c'est uniquement
le patrimoine, mais c'est plus les
questionnements et les inquiétudes qu'elle a.
Peut-être que la ministre
a déjà ces discussions-là, et elle pourrait nous dire : Oui, ces
éléments-là, je ne les rejette pas du revers de la main, c'est vrai que
l'archéologie et la façon qu'elle est faite, ça touche principalement les
communautés autochtones et les Premières Nations, et que ce n'est pas la situation
idéale, disons. Et qu'est-ce qu'elle leur répond, uniquement pour nous le dire,
parce que, nous, on se fait le porte-voix des gens qui viennent, qui
connaissent ça? Moi, je ne suis pas archéologue, je ne connais pas ça, mais
j'ai parlé avec des personnes. Et là la ministre nous dit : Moi, c'est
uniquement le patrimoine culturel. Mais que répond-elle? S'il n'y aura pas
d'ouverture de... s'il n'y aura pas de projet de
loi sur l'archéologie, quelle
est l'alternative? On va attendre un autre gouvernement? C'est juste... À moins
qu'il y ait d'autres projets ou d'autres éléments, d'autres actions que la
ministre fait pour répondre à ces inquiétudes-là... C'est vraiment ça, la
question que, moi, en tout cas, je porte.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Mme la ministre.
Mme Roy :
Oui. Nous avons fait des correspondances avec, justement, la nation pour dire
jusqu'à quel point nous sommes sensibles à leurs préoccupations. Et, à chaque
fois qu'un sujet touche leur nation, nous, nous faisons des correspondances,
là, nous communiquons avec eux. Alors, je veux vous réconforter et conforter à
cet égard-là. Je voulais que vous le sachiez.
Et, par ailleurs, il
faut que vous sachiez que les municipalités peuvent citer des biens. Quand vous
parliez du pamphlet tout à l'heure, là, ils peuvent aussi... ils pourront
aussi... c'est-à-dire, ils peuvent citer, les municipalités, mais, dans notre
projet de loi, plus loin, à l'article 127, on leur donne la possibilité de
citer. Ça, c'est... Ah! c'est l'actuelle. Ils peuvent déjà — il y
a beaucoup de papiers — ils
peuvent déjà citer un bien.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Oui, Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre :
Bien, justement, puisque les municipalités peuvent citer puis qu'elles citent,
bien, moi, je me dis, bien, saisissons l'occasion, disons-leur : Bien,
quand vous allez faire votre inventaire, incluez les ensembles patrimoniaux qui
sont en votre possession. Je pense qu'on pourrait peut-être s'entendre sur
cette notion-là. J'ai bien compris les remarques de Me Groleau...
La Présidente
(Mme Guillemette) : Me Legros.
St-Pierre :
...O.K., sur le fait qu'on ne peut pas aller dans les maisons privées puis
aller regarder qu'est-ce qu'ils ont dans leur salon puis dans leur salle à
manger, là, et dans leur chambre à coucher. Alors, ça, je le saisis bien. Mais
on voit la maison, alors on peut décider que la maison a une valeur
patrimoniale puis on l'inscrit à l'inventaire.
Ça, ça va de soi, et ça serait la proposition qu'on peut faire. Et on va avoir un amendement, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Il faut voter sur celui-là avant d'en déposer
un autre.
Mme St-Pierre :
Non, il paraît que non.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Non? Un sous-amendement.
Mme St-Pierre :
Oui, un sous-amendement.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Mais le sous-amendement ne peut pas être
déposé par la même personne qui a déposé l'amendement.
Mme St-Pierre : ...bien, Paule, tu vas déposer le sous-amendement. Est-ce qu'on peut suspendre, s'il vous plaît?
La Présidente
(Mme Guillemette) : D'accord, nous allons suspendre quelques
instants, le temps de déposer le sous-amendement.
(Suspension de la séance à 15 h 58)
La Présidente (Mme Guillemette) :
Donc, nous reprenons nos travaux sur le sous-amendement présenté par la députée
de Bourassa-Sauvé. Donc, Mme la députée, si vous voulez bien nous
présenter votre amendement... votre sous-amendement.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Il est aux écrans ici.
Mme Robitaille :
Non, non, je sais, mais j'ai des petits yeux, j'ai des petits yeux. O.K. Alors
donc, le sous-amendement se lit comme suit : L'amendement à
l'article 120, modifié par l'article 38 du projet de loi, est modifié
par la suppression des mots «les sites archéologiques et» et le remplacement de
«présents sur le territoire» par «dont elle est propriétaire».
Alors, ça se lirait comme suit :
«L'inventaire doit également inclure les ensembles patrimoniaux dont elle est
propriétaire.» Donc, «L'inventaire doit également inclure les ensembles
patrimoniaux dont elle est propriétaire.»
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Des commentaires, questions sur le sous-amendement?
Mme Robitaille : ...on en a
parlé tout à l'heure, on en a parlé amplement tout à l'heure. On réitère l'idée
que, bon, on est rendus là. On est là, c'est pour bonifier la loi. Bien sûr, on
entend la ministre, elle parle... l'essentiel, l'esprit du projet de loi, c'est
le patrimoine bâti, mais on veut quand même bonifier la loi. Et là elle a amené
aussi dans le projet de loi ce concept d'ensemble patrimonial. Donc, pourquoi
ne pas, justement, par souci de protection de notre patrimoine national, faire
en sorte que les MRC, les municipalités auraient, dans leur inventaire, une
liste de ces ensembles patrimoniaux là? Et donc, et ce qu'on fait, c'est qu'on
comprend et on entend la sous-ministre. C'est, évidemment... Et ça serait
circonscrit aux biens immobiliers... aux biens mobiliers qui sont propriétés de
la MRC et de la ville. Les villes, les MRC ont des bibliothèques avec des
archives, des archives qui sont un pan de notre histoire, et il faut les préserver. Et donc ce sous-amendement-là, bien,
vient protéger notre patrimoine dans ce sens-là.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la députée. Des questions, commentaires concernant le
sous-amendement? Oui, Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre :
Bien, je pense qu'on a démontré à la ministre qu'on a fait quand même un bout
de chemin. On a compris la question
des enjeux de sécurité relativement aux sites archéologiques. On souhaite qu'il
y ait peut-être un groupe de
travail qui se mette sur la question des sites archéologiques pour peut-être
qu'éventuellement on puisse avoir une autre modification à la loi,
éventuellement, lorsque, dans quelques années, la loi pourra... on pourra
rouvrir la loi. Mais il n'en demeure pas moins que c'est une préoccupation
très, très, très marquée sur la question des sites archéologiques, mais on
comprend, bon, on se range derrière ses arguments.
Mais, sur la question des ensembles patrimoniaux
dont elle est propriétaire, moi, je pense que ce n'est pas plus compliqué. Ça
ne serait pas compliqué pour une municipalité de le faire. Ça va être rassurant
pour la population : ça veut dire que ces objets-là ne pourront pas être
vendus ou sortir sans que la population soit au courant ou même on ne pourra pas abroger non plus une citation sans que la
population ne soit au courant. Parce qu'on dit : Elle peut être citée, oui, ça peut être cité, les
bâtiments aussi peuvent être cités, puis on leur demande de les mettre dans
un inventaire. Et la Vérificatrice générale
s'est justement basée sur cette question d'inventaire là pour élaborer son
rapport.
Alors, je pense qu'on vient de faire un bout de
chemin. Moi, j'invite la ministre à se ranger de ce côté-là. On pourrait avoir un projet de loi qui aurait un
aspect qui n'est pas très demandant, je pense, pour les municipalités, et,
de toute manière, les municipalités vont
devoir se pencher sur leur patrimoine. Alors, en incluant les ensembles
patrimoniaux, les archives, ce qu'elles possèdent, on vient aussi enrichir,
aussi, la connaissance des Québécois. Je pense que c'est intéressant comme ajout, un petit ajout qui va, à mon avis, être un grand pas
pour la protection du patrimoine
culturel.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la députée. D'autres interventions? Donc, s'il n'y a pas
d'autre... Oui, Mme la ministre.
Mme Roy : Oui. Je
comprends où la collègue veut en venir. Je comprends très bien ce que vous
dites. On a fouillé, puis j'ai questionné des juristes pour la suite de choses,
l'inventaire est vraiment dédié pour les biens immeubles, pour les immeubles.
Vous avez mis dans votre loi l'article 127, qui permettait de citer des
biens meubles. Et, lorsqu'un bien meuble est protégé, il est cité, il bascule
non pas dans un inventaire, mais dans un registre, et ce sont les
articles 5 et suivants qui s'appliquent.
Alors,
je pense que, quoique l'idée est très louable, je comprends ce que vous voulez
dire : les inventaires sont réservés pour les biens immeubles, pour les
immeubles et non pour les biens meubles, les objets, que le registre existe
pour les basculer. Donc, à cet égard, moi, je n'ai pas d'autre commentaire.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Parfait. Merci. Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire,
nous pouvons voter sur le sous-amendement de l'article 160... 120.
Excusez, j'étais rendue loin.
Le Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, Mme St-Pierre (Acadie)?
Mme St-Pierre :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Roy (Montarville)?
Le Secrétaire :
Pour les membres de la commission du groupe parlementaire formant le gouvernement,
M. Lemieux (Saint-Jean)?
Le Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Le Secrétaire :
Et Mme Guillemette (Roberval)?
La Présidente
(Mme Guillemette) : Abstentio