CAT — 5 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CAT 2013-06-05
Quebec — Committees
(Onze
heures quarante-cinq minutes)
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, tout le monde est présent? Alors, ayant
constaté le quorum, jedéclare la
séance de la Commission de l'aménagement du territoire ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs téléphones cellulaires.
Alors,
la commission est réunie ce matin afin de procéder à l'étude détaillée du
projet de loi n° 42, Loi instituant le Gouvernement régional
Eeyou Istchee Baie-James et apportant certaines modifications législatives
concernant le Gouvernement de la nation crie.
Alors, M. le
secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Gadoury-Hamelin (Masson) sera
remplacée par M. Ferland (Ungava); Mme Boulet (Laviolette) sera remplacée par
M. Kelley (Jacques-Cartier) ce soir; M. Iracà (Papineau) sera remplacé M. Kelley (Jacques-Cartier) ce matin et
cet après-midi; M. Rousselle (Vimont) sera remplacé par Mme Gaudreault
(Hull); et M. Spénard (Beauce-Nord) sera remplacé par Mme St-Laurent
(Montmorency).
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, est-ce qu'il y a consentement pour les
remplacements? Parfait. Alors, nous
allons commencer immédiatement. Nous sommes un peu en retard. Pour ceux qui
sont ici, nous nous en excusons. Ça fait
partie des travaux
parlementaires, selon la sagesse du député de...
M. Kelley :
Jacques-Cartier.
La Présidente (Mme
Champagne) : Jacques-Cartier. Voilà.
M. Kelley :
Champlain, Jacques-Cartier…
La Présidente (Mme Champagne) : Champlain, Jacques-Cartier. Oh! que ça va être
facile à retenir, Champlain et Jacques-Cartier. Quel beau team, n'est-ce
pas?
Alors, nous allons
donc débuter avec les remarques préliminaires. Je vais demander à M. le
ministre de faire ses remarques. Et je vous rappelle que vous disposez de 20
minutes, M. le ministre, pour remarques préliminaires. La parole est donc à
vous.
M. Lelièvre : Merci, Mme la Présidente. Bonjour à tout le monde. Écoutez, nous allons
maintenant entreprendre l'étude de
chacun des articles du projet de loi n° 42, Loi instituant le
Gouvernement régional d'Eeyou Istchee Baie-James et apportant certaines
modifications législatives concernant la nation crie, un exercice démocratique
important pour les communautés cries et jamésiennes qui vivent sur ce vaste
territoire nordique.
projet de loi de 98 articles, qui viendrait modifier une douzaine de lois du
Québec en plus d'en abroger une, je l'ai
présenté à l'Assemblée nationale le 14 mai dernier et son principe a été
adopté le 28 mai. Dès le lendemain de l'adoption du principe, les
29 et 30 mai, la commission a mené des consultations particulières et auditions
publiques. À cette occasion, une dizaine d'organisations
ont accepté l'invitation des parlementaires à faire valoir leur point de vue
dans ce dossier. Leur présence et leur esprit d'ouverture témoignent de
l'intérêt de cette pièce législative.
Parmi
les intervenants figurants : le grand chef du Grand Conseil des Cris
accompagné d'autres représentants de la
nation crie; la mairesse et les maires des quatre villes dites enclavées, soit
Chibougamau, Chapais, Lebel-sur-Quévillon et Matagami; la présidente et les présidents des localités de Valcanton,
Villebois, Radisson; et le maire de la municipalité de Baie-James; ainsi
que des représentants de la Conférence régionale des élus de la Baie-James. Je
tiens à remercier les participants pour leur
contribution substantielle au travail du législateur. La présence d'acteurs
politiques et socioéconomiques de la région a donné lieu à des échanges
de qualité qui pourraient aider à préciser ou à bonifier certains aspects du
projet de loi.
Au terme de ces travaux, Mme la Présidente, j'ai
pu constater que les objectifs du projet de loi ont été bien accueillis dans leur ensemble. Par exemple, le
Grand Conseil des Cris a souligné que les dispositions respectaient l'esprit
et la lettre de l'Entente
sur la gouvernance dans le territoire Eeyou Istchee Baie-James que le
gouvernement du Québec et les Cris ont signée le
24 juillet 2012. Par ailleurs, les Jamésiens se sont dits
enthousiasmés par ce projet novateur et souhaitent
travailler rapidement avec les représentants de la nation crie dans un esprit
de collaboration et de partenariat pour assurer le développement de leur région. Mon objectif consiste donc à
faire entériner une législation rassembleuse qui respecte les termes de
l'entente et qui favorisera le développement d'une relation constructive entre
les communautés crie et jamésienne.
Dans les
grandes lignes, je rappelle que le projet de loi que nous allons étudier
transformerait la gouvernance du territoire de Baie-James en instituant
le Gouvernement régional Eeyou Istchee Baie-James, qui aurait juridiction
sur le territoire formé des terres de catégorie III de l'actuelle municipalité
de Baie-James, municipalité fondée en 1971 dans
la foulée des grands projets hydroélectriques. Cette instance de gouvernance
mixte serait codirigée par les Cris et les Jamésiens non autochtones.
Elle compterait aussi un représentant sans droit de vote nommé par le
gouvernement du Québec au moins pour les cinq premières années. Ce gouvernement
régional viendrait remplacer la municipalité de Baie-James, de laquelle serait
par ailleurs retranchée la juridiction des terres de la catégorie II, c'est-à-dire
des zones délimitées qui jouent… ou entourent les terres de la catégorie I
occupées par les communautés cries.
L'Administration
régionale crie serait renommée Gouvernement de la nation crie, et celle-ci se
verrait confier des compétences et
des responsabilités par le gouvernement du Québec sur les terres de cette
catégorie, soit la catégorie II.
Le territoire
de la municipalité de Baie-James comprend trois localités ainsi que quelques
hameaux en plus des populations établies
en périphérie des quatre villes dites enclavées dans son territoire. Pour leur
part, les communautés cries, au
nombre de neuf, sont installées sur les terres de catégorie I, sauf une,
Oujé-Bougoumou, qui fait temporairement
partie du territoire de la
municipalité de Baie-James. Comme les villes enclavées, les terres de la
catégorie I seraient exclues de la
juridiction du gouvernement régional mais les communautés cries y seraient tout
de même représentées.
Avant de
conclure, Mme la Présidente, j'aimerais rappeler que ce projet de loi constitue
une initiative qui vise à harmoniser les relations entre le
gouvernement, les Jamésiens et les Cris au sujet de la gouvernance du
territoire de Baie-James. Dans les circonstances, je souhaite que nos travaux
contribuent à le faire progresser vers sa sanction. Je suis maintenant disposé à entendre les commentaires et les questions des
membres de cette commission. Je suis persuadé que cet exercice
démocratique important permettra de valider les dispositions de ce projet de
loi. Merci.
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le ministre. Alors, je vais donner la parole maintenant au porte-parole
de l'opposition officielle en matière d'affaires autochtones, le député de
Jacques-Cartier. Ensuite, il y aura, bien
sûr, la porte-parole du deuxième groupe d'opposition. S'il y a d'autres
parlementaires également qui ont des commentaires à faire, vous serez
les bienvenus, bien sûr. Alors, M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Bonjour, good morning, (S'exprime dans une langue
étrangère). Je veux signaler la présence d'Abel Bosum
qui est le représentant de la nation crie qui était un des auteurs de l'entente
qui a été signée entre le gouvernement du Québec et la nation crie le 24
juillet dernier. Alors, merci pour votre présence ici aujourd'hui.
Et je vais
faire miennes les remarques préliminaires du ministre. C'est un projet de loi
rassembleur, c'est vraiment innovateur
qu'est-ce qui est proposé devant la commission aujourd'hui. Alors, l'opposition
officielle entend travailler d'une façon très positive pour avancer ce
projet de loi parce que qu'est-ce qu'il y a là-dedans, c'est vraiment une
vision originale de comment on peut
gouverner une grande région du Nord-du-Québec. Et c'est du jamais-vu dans le
contexte politique québécois et canadien d'avoir
un gouvernement dit mixte où l'ensemble de la population sur le territoire
concerné, c'est-à-dire les Cris et les Jamésiens, dans notre jargon, vont
travailler ensemble, vont assister à la naissance d'une nouvelle entité
gouvernementale le 1er janvier 2014. Alors, je pense qu'on a tout intérêt
de faire notre travail en commission parlementaire correctement.
Mais il y a toujours le devoir aussi, une fois
que... Un principe qui est souvent évoqué, c'est l'intention du législateur. Alors, il faut poser nos questions,
il faut examiner le texte comme il faut parce que, oui, on aura le texte
du projet de loi tel qu'adopté, mais il y aura toujours l'intention autour de l'adoption
de ces articles qui sont importants aussi.
Alors, on va prendre le temps pour comprendre chaque
article parce que je pense
que c'est très important. Et c'est toujours dans l'objectif que nous
autres, autour de la table, ici, on fait le débat sur la loi habilitante, si
vous voulez, mais, une fois que cette entité
existe, ça va être aux acteurs de la région de faire fonctionner pour faire
vivre cette entité. Alors, c'est un grand défi.
On a eu les
témoignages, à la fin, du Grand Conseil des Cris, mais également les maires,
les présidents, les localités et d'autres acteurs de la région concernée
qui ont partagé leur point de vue, et tout le reste. Alors, je pense qu'on a
tout intérêt de leur donner la loi habilitante qui est la plus claire possible.
Et, après ça, ça va être à eux autres de faire vivre ça, de comment, sur les prochains 10 ans, qui est le premier
horizon prévu dans le projet de loi… qui va réussir que ça fonctionne
parce que, comme j'ai dit, c'est du jamais-vu.
Alors, c'est
vraiment un projet intéressant. Comme je dis, ça donne vie aux travaux qui ont
été commencés par le gouvernement précédent. Il y avait la signature, le
24 juillet, entre le grand chef Matthew Coon Come et également le premier ministre du Québec, Jean Charest.
Alors, je pense que qu'est-ce qu'on voit ici, c'est la suite logique. Et,
dans une grande foulée des grands actes posés par le gouvernement du Québec, à
la fois par le gouvernement de M. Bourassa, le premier ministre Bourassa, le
premier ministre Bernard Landry aussi avec la «Paix des Braves», il y a
une longue tradition
bipartisane pour améliorer la qualité des relations avec la nation crie. Mais,
au même temps, il y a des Jamésiens, il y a nos pionniers qui vivent. Je
pense que le témoignage, entre autres, du maire Lemoyne de Lebel-sur-Quévillon,
est un bel exemple de quelqu'un fier de sa région, qui défend bien sa région.
Alors, qu'est-ce qu'on vise ici? C'est de comment
mettre tous ces ambassadeurs ensemble pour la région d'Eeyou Istchee
Baie-James. Et, je pense, c'était le maire de Matagami, René Dubé, qui a
dit qu'une fois qu'ils mettent toutes leurs forces ensemble faites attention, à
Québec, parce que ça va être vraiment une puissance additionnelle.
Alors, juste en terminant, on souhaite de
procéder. Je pense que c'est un projet de loi très innovateur pour le Québec. Mais on a le droit aussi de s'assurer que
c'est fidèle à l'entente qui a été signée et on donne des règles assez
claires pour les acteurs qui doivent faire
vivre cette entité une fois que la loi est adoptée. Merci beaucoup, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le député de Jacques-Cartier. Alors, j'invite maintenant la porte-parole du deuxième groupe d'opposition à
faire ses remarques préliminaires. Alors, Mme la députée de Montmorency,
la parole est à vous.
Mme St-Laurent : Merci, Mme la
Présidente. Je tiens à saluer, d'ailleurs, tous mes collègues. Présentement, nous saluons… — pas seulement présentement — nous saluons l'initiative du gouvernement de
favoriser une participation des Cris
à leur gouvernance. Et, vous savez, Mme la Présidente, que ce projet de loi est
une première, hein, nous sommes très avant-gardistes, c'est une première
au Canada.
Je tiens
également à remercier tous les participants qui nous ont fait part et de leurs
préoccupations et aussi de leur bonne
foi dans cette gouvernance. Parce que vous savez que des relations harmonieuses
de partenariat sont toujours un gage d'amélioration des conditions de
vie des habitants de la région. On a vu quelques préoccupations. On a devant nous un projet de loi... Vous savez, comme dans
toute bonne chose, il y a toujours des petites améliorations à faire,
pas de changements radicaux mais des améliorations. Nous préparons donc l'étude
détaillée de ce projet de loi, et notre participation à ce projet de loi, nous
l'abordons avec optimisme compte tenu de toutes les représentations qui nous
ont été faites.
Et, encore une fois, je dis merci à tous les
participants. On a eu des participants de qualité qui nous ont fait
comprendre... Surtout moi qui ne suis pas une experte, je suis une juriste, je
ne connaissais rien, je dirais, en droit autochtone
et sur les relations avec les autochtones et les Jamésiens, et je vous dis que,
sans ces gens-là, je ne pourrais jamais
faire de recommandations et participer avec autant, je dirai, de joie et d'espoir
à ce projet de loi. Je pense que tous ensemble... Et, comme je connais
mes collègues de l'opposition et du gouvernement, ils ont toujours été, dans
les commissions parlementaires, de bonne
foi. Et je tiens à dire aux gens qui nous écoutent qu'il n'y a aucune
partisanerie dans ces commissions parlementaires et tout le monde est toujours
de bonne foi pour arriver à une entente finale sur ce projet de loi. Je vous
remercie, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Champagne) :
Merci, Mme la députée de Montmorency. Donc, on va souhaiter que vos
voeux se réalisent avec ce projet de loi là. Et je n'en doute même pas parce
que c'est un projet de loi qui est fort rassembleur.
Alors, je vais demander s'il y a d'autres collègues de l'Assemblée qui veulent
prendre la parole. Alors, je vais donc donner la parole au député de
Sainte-Marie—Saint-Jacques
pour quelques remarques préliminaires.
M. Breton : Merci, Mme la
Présidente. Je suis très heureux d'être à cette commission parlementaire pour
le nouveau régime de gouvernance sur le territoire d'Eeyou Istchee de la
Baie-James. Et, comme personne qui travaille depuis
de nombreuses années sur le dossier de l'environnement, de la gestion des
ressources naturelles, du développement durable, je pense qu'un vaste territoire comme ça ne peut pas se gérer
dans une optique de développement durable sans qu'il y ait un
partenariat, sans qu'il y ait une entente faite entre les gens des premières
nations et les Jamésiens.
Et, ce
territoire-là, évidemment, quand on pense à ce territoire-là, on pense d'exploration
et d'exploitation de mines, de forêts, évidemment d'hydroélectricité, on
pense à un potentiel éolien, on peut penser à de la biomasse, mais on pense
aussi à de la conservation, conservation forestière. Et je suis certain, parce
que j'en ai déjà parlé avec le grand chef de
la nation crie, Matthew Coon Come, que la nation crie a vraiment en tête de
faire en sorte que ce qu'ils vont léguer à leurs enfants va être un territoire qui va être là pour les générations
futures. C'est pourquoi je suis vraiment enthousiaste à l'idée qu'on
puisse faire adopter ce projet de loi pour qu'on ait ce nouveau gouvernement
régional pour le début de 2014. Et je veux
souligner l'apport du député de Jacques-Cartier qui a contribué, justement, à
faire avancer ce dossier-là. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Est-ce qu'il y a d'autres
collègues qui voudraient intervenir à ce temps-ci? Non? Alors, s'il n'y a pas
de motion préliminaire, et je pense qu'il n'y
en a pas, nous allons donc députer... débuter — débuter et non pas députer — l'article
article par article.Alors, nous
allons débuter l'étude
article par article. Alors, je vais donc, M. le
ministre, prendre en considération l'article 1du projet de loi. La parole est donc à vous pour la lecture, et l'explication,
et ensuite l'échange entre les parlementaires.
Lelièvre : Merci, Mme la Présidente. Donc, souhaitons-nous des bons
travaux.
L'article 1, j'appelle
l'article 1 :
«1. Dans la présente
loi, à moins que le contexte n'indique un sens différent, on entend par :
"Convention" : la convention visée par la Loi approuvant la
Convention de la Baie James et du Nord québécois (chapitre C-67);
"communautés cries" — on entend : toute collectivité de Cris pour laquelle des
terres de la catégorie I ont fait l'objet
d'un transfert en vertu de la
Loi sur le régime des terres dans les territoires
de la Baie-James et du Nouveau-Québec (chapitre R-13.1) ainsi que celle
des Cris d'Oujé-Bougoumou;
«3° "Cris" — ce
sont : les personnes
admissibles en vertu du
chapitre 3 de la convention;
«4° "Cris d'Oujé-Bougoumou" — c'est-à-dire :
la collectivité qui comprend les personnes identifiées à
titre d'affiliées à la
communauté connue sous la désignation Oujé-Bougoumou et correspondant à celles
inscrites ou admissibles à
titre de bénéficiaires cris en vertu de la
convention, et agissant par l'entremise de l'Association Oujé-Bougoumou Eenuch — excusez
ma prononciation — jusqu'à
ce que la Bande d'Oujé-Bougoumou soit constituée en administration locale dotée de la personnalité morale en vertu de la Loi
sur les Cris et les Naskapis du Québec (Lois du Canada, 1984,
chapitre
18) et, par la suite, la Bande d'Oujé-Bougoumou;
«5° "municipalités enclavées" — signifie : la ville de Chapais, la ville de Chibougamau, la ville de
Lebel-sur-Quévillon et la ville de Matagami;
"terres de la catégorie I", "terres de la catégorie II" et
"terres de la catégorie III" : ces terres, au sens du
titre III de la
Loi sur le régime des terres
dans les territoires de la Baie-James et du Nouveau-Québec, situées au sud du 55e parallèle, et les terres de la catégorie I
ayant fait l'objet d'un transfert pour la communauté crie de
Whapmagoostui.»
notes explicatives à l'article 1. Bon, l'article 1 du projet de loi prévoit
certaines définitions qui sont nécessaires à la compréhension et à l'application
de ses dispositions.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, merci, M. le ministre. Alors, est-ce qu'il
y a des commentaires sur l'article 1? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Juste une courte question, Mme la Présidente. Juste pour bien comprendre, il
faut inclure une référence à les terres de catégorie I de Whapmagoostui
parce qu'ils vont siéger sur le gouvernement régional mixte. Alors, c'est pourquoi… parce qu'ils sont au nord
du 55e parallèle. Et, juste pour les fins de l'enregistrement, il reste
un travail à faire, notamment entre les Cris
et les Inuits pour la suite des choses, parce que c'est une question qui est
laissée en suspens et, je pense, c'est important.
And I think I'll repeat it in English
for Mr. Bosum. In this first article, we make a reference to Whapmagoostui, but there is
unfinished business with the Kativik Regional Government when it comes to
looking at some of the questions around Category II Whapmagoostui land.
So, that's my question for the minister just ago, that there is work that's
left to be done north of the 55th parallel.
Alors,
juste pour les précisions, parce que je pense important de noter qu'il y a un
devoir à faire avec les Inuits parce que
Whapmagoostui est au nord du 55e parallèle, c'est une communauté voisine avec
Kuupjjuarapik qui est un village
nordique. Alors, je pense que c'est juste clair qu'il y a un devoir à faire
pour le gouvernement auprès des Inuits, et rien, dans l'article 1 et d'autres
définitions, n'empêche ce travail qui reste à faire.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : Merci. Je remercie le député de Jacques-Cartier pour sa question. Oui,
écoutez, je pense que vous avez très bien saisi l'objectif de cet
article, et le personnel du MAMROT me confirme que vous avez une bonne lecture.
La seule nuance, c'est que l'exigence n'est pas du côté du gouvernement, mais
plus du côté des Cris, qui doivent, eux, s'assurer de l'adhésion, là,
effectivement, de ce conseil également.
M. Kelley :
Juste pour les fins de l'enregistrement, Mme la Présidente, au moment des
négociations, je sais qu'il y avait des rencontres entre... de mémoire c'était
Matthew Coon Com, grand chef, et Pita Aatami, qui était le président de la Société Makivik à l'époque. Je ne
sais qu'il y avait des pourparlers après avec Jobie Tukkiapik. Mais ça,
c'est les choses qui sont les devoirs qu'il reste à faire. Et je veux juste
mettre ça au clair dans notre définition, et tout le reste, qu'il y a des
discussions qui continuent entre la nation crie et les Inuits au
Nord-du-Québec.
La Présidente (Mme
Champagne) : Merci, M. le député de Jacques-Cartier. M. le ministre.
M. Lelièvre :
Oui, merci, Mme la Présidente. L'information que nous avons est à l'effet
effectivement qu'il y a des négociations, des discussions, des négociations. On
ne peut pas dire que tout est toutefois réglé, mais il y a des discussions.
M. Kelley :
Non, non, mais, je veux juste… pour noter...
M. Lelièvre :
Le contexte est le bon.
M. Kelley :
C'est dans le contexte actuel. Et l'autre, et je sais que c'est un dossier qui
n'est pas facile, et Abel Bosum, comme ancien maire d'Oujé-Bougoumou… Mais on
dit, dans les notes explicatives, que tout le statut, la
confirmation du statut d'Oujé-Bougoumou comme neuvième communauté crie est en
évolution. Est-ce qu'on a une idée d'un
échéancier ou... Finalement, quand on peut régler ce dossier? Je veux juste...
Je vois ça également dans le... Est-ce
que c'est dans le quatrième alinéa de l'article 1? Est-ce qu'on a une idée où
on est rendus avec la confirmation? C'est curieux, parce qu'on a fait l'ouverture,
quoi, il y a une vingtaine d'années, d'Oujé-Bougoumou, alors. Mais c'est un
processus assez complexe, merci beaucoup, pour en arriver avec une reconnaissance
et le finaliser. Alors, j'essaie juste... où on est rendus au niveau de
terminer ces travaux.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
M. Lelièvre : Oui, merci, Mme la
Présidente. Écoutez, comme le député de Jacques-Cartier vient de dire, c'est un
dossier qui remonte à plus de 20 ans, donc il serait hasardeux de mettre une
échéance à ce moment-ci. Les discussions se poursuivent. On parle, si on veut
être positifs, peut-être que, dans un avenir rapproché, peut-être en termes de... on parle peut-être d'ici un an, mais
on comprend que, dans un dossier comme ça… on peut bien avancer un dossier, mais c'est
juste à
titre exploratoire. Je ne voudrais pas m'avancer sur une échéance,
engager le gouvernement à cet effet-là.
M. Kelley : Non, non. Et ce n'était
pas mon objectif, mais c'est juste… encore une fois, c'est parmi les travaux à
compléter. Et je pense que c'est important et je prends l'occasion d'ici, ce n'est
pas pour mettre une date fixe et, le
lendemain... Mais je pense que c'est très important, parce que, juste pour la
clarté dans les fins de l'article qui est
en question ici, qu'ils sont ces travaux qui sont en train de normaliser la
situation. Mais je suis très conscient — une
expérience personnelle — à
quel point ça, c'est un dossier qui n'est pas facile.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, merci, M. le député de Jacques-Cartier. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires, M. le ministre?
Lelièvre : Juste pour
conclure. Selon les informations que nous avons, les discussions vont très
bien. On parle d'un potentiel de règlement à court terme. Donc, on
espère d'ici un an, mais, encore là, c'est un souhait.
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, merci, M. le ministre. Donc, est-ce que je dois considérer, s'il
n'y a pas d'autres commentaires, l'article 1 comme étant adopté?
Présidente (Mme Champagne) :
Parfait. Alors, si ça va comme ça tout le long, mes amis, nous allons
travailler vite et bien. Alors,
article 1, adopté. Alors, M. le ministre, nous
allons passer à l'article 2.
M. Lelièvre : Merci, Mme la
Présidente.
L'article 2 se lit tel que suit :
«Le ministre
des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire est
responsable de l'application de la présente loi; sauf lorsque le
contexte s'y oppose, le mot "ministre" y désigne ce ministre.»
Donc, dans les notes explicatives, l'article 2,
donc, prévoit que c'est le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire qui est
le responsable de l'application de la loi. Il y a lieu de préciser que cet
énoncé ne s'applique qu'à la
partie du projet de loi qui concerne le
Gouvernement régional d'Eeyou Istchee Baie-James.
Dans le cas
du Gouvernement de la nation crie, le ministre responsable est désigné par le
gouvernement en vertu de l'article 112 de la
Loi sur l'Administration
régionale crie. À l'heure actuelle, la ministre déléguée aux Affaires
autochtones est responsable, sous la direction de la première ministre, de l'application
de cette loi.
La Présidente (Mme Champagne) :
Commentaires, M. le député de Jacques-Cartier?
M. Kelley : Alors, juste pour
préciser le rôle du ministre délégué aux Affaires autochtones et juste faire la
distinction. Vous avez ça dans les notes
explicatives, mais, pratico-pratique, qu'est-ce que ça veut dire dans l'application
de ce présent projet de loi?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
M. Lelièvre : Oui. Écoutez, tout ce
qui relève des lois sous l'égide du ministère des Affaires municipales est
exclusivement sous la juridiction du ministre des Affaires municipales. Par
contre, comme on le sait, la ministre déléguée
aux Affaires autochtones a quand même une responsabilité globale, plus
générale, de voir à la bonne marche et d'être aussi à l'écoute des
besoins des communautés autochtones.
Donc, le tout va se faire dans un esprit de
collaboration, de complémentarité, mais, compte tenu que le projet de
loi n° 42 est basé, je dirais, de façon très large, de façon très
substantielle sur la mise en place d'une municipalité, d'une MRC et d'une
conférence régionale des élus, ce sont tous des éléments qui sont sous l'égide
des Affaires municipales. Donc, la grande
majorité des interventions touchant le domaine municipal, tant au niveau local
que supralocal ou régional, vont être sous la gouverne du ministre des
Affaires municipales.
Mais, compte tenu que nous avons — je
pense que c'est une tendance qui a été appliquée dans les derniers... au sein
des derniers gouvernements, puis vous connaissez très bien ce dossier-là — compte
tenu que nous avons aussi,
hein, une gouvernance attitrée aux Affaires autochtones, il va de soi que le
travail doit se faire dans un esprit de collaboration très étroite entre
les deux ministres.
La Présidente (Mme Champagne) :
...M. le ministre. M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Et j'insiste sur ça
parce qu'on a même vu ça dans le témoignage... C'est un petit peu compliqué
parce qu'on a à la fois le devoir de tenir une relation nation à nation avec la
nation crie qui... Il y a des motions qui étaient adoptées à l'Assemblée... des énoncés de principe qui étaient adoptés à
l'époque du premier ministre René Lévesque, à l'époque, de l'Assemblée nationale, alors, un certain cadre pour
gouverner nos relations avec la nation crie. Mais le fait innovateur dans ce projet de loi, c'est effectivement
les pouvoirs d'une municipalité, d'une MRC, la conférence régionale des élus, même certaines choses qui découlent des
lois qui touchent les ressources naturelles, où on va donner certaines
responsabilités à cette nouvelle entité.
Alors, c'est juste pour clarifier les rôles,
mais, je pense, entre autres, parce que c'est la source d'une certaine
frustration chez les Jamésiens, parce que, oui... Et on a vu ça parce qu'il a
réclamé un genre d'entité jamésienne. Et on
fait les parallèles avec l'Administration régionale crie et l'Administration
régionale Kativik. Mais il y a toujours cet élément additionnel qui est le devoir du gouvernement du Québec d'entretenir
les relations nation à nation, également de s'occuper des obligations
qui découlent de la Convention de la Baie James aussi. Alors, il y a des choses
qu'on demande à l'Administration régionale
Kativik à faire qui n'ont pas vraiment d'équivalents dans la région de la
Jamésie parce qu'ils sont couverts par les lois d'application générale au Québec.
Alors, je
pense que c'est une loi assez importante. Alors, je prends le temps pour faire
ça ici. On est dans un
article qui est
assez anodin, dans un certain sens, mais je pense qu'il y a certains principes
ici qui sont importants à énoncer, que, oui, le gouvernement et le ministère des Affaires municipales a l'application
de ces lois qui sont très importantes, mais il y atoujours ce devoir gouvernemental additionnel que…
En principe, c'est le premier ministre parce que les ministres sont délégués aux Affaires autochtones et c'est le
ministère, le Conseil exécutif qui demeure le maître d'oeuvre, si vous voulez, dans les relations avec les
Premières Nations. Mais je pense que c'est important de protéger, identifier le
rôle de la ministre déléguée des Affaires
autochtones, parce qu'elle a le devoir, avec le Conseil exécutif, pour
maintenir ces relations nation à nation aussi.
Alors, ça ne
change pas l'article, ce n'est pas ça que je suis en train de faire, mais je
pense que c'est une précision qui est
très importante. Et, je reviens toujours, moi, je pense que les Québécois, le
gouvernement du Québec peut être fier du travail que nous avons fait
depuis des années avec la nation crie. Et, si, un jour, ça peut être un genre de modèle pour améliorer les relations
avec d'autres premières nations au Québec, ça peut être intéressant, parce que nos
relations avec les 11 nations ou les 10 nations et les Inuits sont à géométrie
variable. Et je pense qu'il y a
beaucoup d'éléments intéressants dans notre relation qu'on a eue, depuis une
quarantaine d'années, entre le gouvernement du Québec... C'est une
remarque bipartisane ou non partisane, mais je pense que c'est un élément
intéressant. Alors, il y a toujours un rôle important, pour le
ministre délégué aux Affaires autochtones, à jouer. Ce n'est pas pour modifier le texte de projet de loi, Mme la
Présidente, mais je pense que c'est important, à ce moment, de le souligner.
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le député de Jacques-Cartier. M. le ministre, est-ce qu'il y a un
commentaire là-dessus?
Présidente (Mme Champagne) :
O.K. Je vous donne un instant. Absolument. Avec plaisir. Deux instants,
même. Alors, M. le ministre, avez-vous un commentaire sur les commentaires du
député de Jacques-Cartier?
M. Lelièvre : Je trouve les
commentaires extrêmement pertinents puis, effectivement, je crois que c'est
dans cet esprit-là que le projet de
loi n° 42 a été élaboré. J'entends bien, puis notre gouvernement est
en accord avec le principe de négociation de nation à nation entre les
autochtones et le gouvernement du Québec. Puis je suis convaincu que... On va
se souhaiter bonne chance pour que chacun joue son rôle, chacun des deux
ministres, incluant la première ministre, qui ultimement est la grande
répondante de ce merveilleux dossier.
Présidente (Mme Champagne) :
Je sais que j'ai une demande de question... d'intervention, c'est-à-dire,
de la part de la députée de Montmorency. Alors, Mme la députée, sur l'article
2, bien sûr.
Mme St-Laurent : Oui. Mme la
Présidente, comme juriste, vous savez qu'on est très fort sur la sémantique. D'ailleurs,
dans le projet de loi n° 17, on a passé une demi-heure sur une virgule.
C'est que la
mairesse de Chibougamau et le maire de Chapais nous ont fait prendre conscience — parce
que mes remarques s'adressent pour l'article 2 et pour l'article 3 — ils
disent qu'à leur avis, et je leur donne raison aussi, en français, le nom
devrait être «Gouvernement régional de Baie-James Eeyou Istchee». Et je pense
que le vrai nom en français devrait être celui-là. À l'article 3...
La Présidente (Mme Champagne) : Mme
la députée de Montmorency, on va terminer l'article 2, puis, si vous voulez,
vous reviendrez à l'article 3 pour l'intervention pertinente, sinon on va mêler
les cartes. Alors, vous êtes d'accord avec ça?
La Présidente (Mme
Champagne) : Je vais terminer le 2 puis...
St-Laurent : …c'est parce qu'il va falloir revenir sur l'article 2
pour l'amender par la suite.
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui, oui, je vais vous garder votre droit de parole,
évidemment. Alors, s'il n'y a pas d'autres commentaires, est-ce que l'article 2
est adopté?
La Présidente (Mme
Champagne) : Adopté. Parfait. Donc, nous allons passer à l'article 3.
Et je retiens que Mme la députée de
Montmorency aurait une intervention à faire à cet article-là, mais on va
procéder comme à l'habitude avec la présentation par le ministre. Alors,
M. le ministre.
M. Lelièvre :
Merci, Mme la Présidente. Nous aurions une demande afin de reporter le débat
sur l'article 3 pour le moment.
La Présidente (Mme
Champagne) : Complètement? Vous suspendez?
La Présidente (Mme Champagne) : Ils suspendent, oui? Est-ce que tout le monde est
d'accord pour suspendre cet article-là? Bien sûr qu'on va y revenir, là.
C'est parce qu'il y a plusieurs modifications, j'ai cru comprendre. Alors, on
suspend cet article-là pour le moment, mais il n'est que suspendu, parce que ça
peut amener, je pense, des échanges un petit peu... peut-être plus longs ou
plus costauds. Mais, peu importent les raisons, si c'est accepté, ça me prend
le consentement. Alors, il y a consentement?
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait. Donc, nous allons passer à l'article 4, M. le
ministre?
M. Lelièvre :
Merci, Mme la Présidente.
L'article 4 se lit comme suit :
«Le gouvernement
régional est un organisme municipal et est régi, sous réserve des dispositions
particulières prévues par la présente loi, par la
Loi sur les cités et villes
(chapitre C-19). À ce titre, il possède les compétences d'une municipalité
régie par cette loi et est assujetti aux lois qui sont applicables à une telle
municipalité; il possède également toute autre compétence qui lui est dévolue
par la loi à tout autre titre.
gouvernement du Québec peut toutefois rendre inapplicable, en tout ou en
partie, toute disposition d'une loi au
gouvernement régional ou à [toute autre]
partie de son territoire. Le décret
entre en vigueur à la date de sa publication à la Gazette officielle
du Québec ou à toute autre date ultérieure qui y est fixée.»
La Présidente (Mme
Champagne) : L'explication.
M. Lelièvre :
L'article 4 établit la nature municipale du gouvernement régional. Pour
l'essentiel, le gouvernement régional
est un organisme municipal régi par la
Loi sur les cités et villes, donc une
municipalité locale régie par cette loi, mais dont le nom ne comprend
pas le mot «municipalité», contrairement aux municipalités constituées par
décret en vertu de la
Loi sur l'organisation territoriale municipale.
Comme
la municipalité de Baie-James qu'il remplace, le gouvernement régional possède
les compétences des municipalités
régies par la
Loi sur les cités et villes et est assujetti aux lois qui leur
est applicables, le tout sous réserve des dispositions particulières
prévues par le projet de loi.
L'article
4 prévoit également que le gouvernement régional possède également toute autre
compétence qui lui est dévolue par la loi à tout autre titre. Cet énoncé
vise à tenir compte du fait que le projet de loi prévoit qu'il agit à
titre de conférence régionale des élus,
article 61 du
projet de loi modifiant la
Loi sur le ministère des Affaires
municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire.
Le deuxième alinéa de
l'article 4 permet au gouvernement du Québec de rendre toute disposition
législative inapplicable au gouvernement
régional. Une disposition semblable existe déjà au bénéfice de la municipalité
de Baie-James, soit l'article 35 de la
Loi sur le développement et l'organisation
municipale de la région de la Baie-James.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, merci, M. le ministre. Donc, commentaires? M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Oui. Juste, je pense, pour expliquer davantage le deuxième alinéa, je comprends
que ça donne suite à l'entente, mais
est-ce qu'on a une idée d'un exemple ou qu'est-ce qui pourrait être visé par ce
pouvoir de rendre inapplicable? Juste un exemple, qu'est-ce que ça
pourrait être. J'essaie de voir, d'un cas précis, qu'est-ce qu'on veut donner
au gouvernement, c'est quoi, la marge de manoeuvre ou le pouvoir qui est
cherché par l'article.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
Lelièvre : Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, c'est un
article général qu'on utilise dans certains cas.
Pour le bénéfice, là, de… bon, de mes collègues qui sont ici, cet article-là
existe depuis plus d'une vingtaine d'années au niveau de la municipalité de Baie-James et, selon les informations que
nous avons, il n'a jamais été mis en application. Donc, c'est ce qu'on
appelle un
article parapluie ou... hein, c'est une police d'assurance au cas
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Et c'est le genre
de paragraphe que, quand nous sommes à ce côté de la table, on est toujours
pour et, à notre côté de la table, on pose
toujours les questions. Alors, il y a des grandes traditions qui existent dans
notre Parlement, et c'est juste... On cherche toujours. Alors, si j'ai
bien compris, depuis une vingtaine d'années, c'est un genre de police d'assurance
qu'heureusement on n'a jamais utilisé.
M. Lelièvre : C'est l'information
que j'ai.
Kelley : J'essaie d'imaginer,
par contre, c'est quoi, le contexte, ou c'est quoi, un exemple où ça pourrait
être intéressant pour le gouvernement, où, dans nos relations avec soit la
nouvelle entité... Est-ce que c'est ça qui est visé, qu'on va exempter la nouvelle entité de certains pouvoirs qui semblent d'ordre
général dans la
Loi sur les cités et villes? J'essaie juste de capter
exactement c'est quoi potentiellement. Et je comprends qu'on n'a pas d'exemple,
alors… Mais juste... j'essaie toujours d'imaginer qu'est-ce que pourrait être l'utilité
d'une telle clause.
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le député de Jacques-Cartier, merci. J'ai l'impression que c'est
une protection ultime, hein? Alors, M. le ministre, commentaire supplémentaire?
M. Lelièvre : Écoutez, c'est
vraiment la... Je comprends très bien la question. Maintenant, c'est le genre
de... Écoutez, on est en train de mettre en
place une gouvernance qui est novatrice, comme on l'a mentionné, sur un
territoire qui est vraiment unique, très
particulier, et, il ne faut pas se le cacher, on est en train de mettre une
gouvernance à partir d'une loi qui
existe, qui est la
Loi sur les cités et villes, et, bon, les différentes lois
connexes qui touchent le monde municipal.
Ces lois-là s'appliquent
dans des territoires généralement au sud du 49e parallèle, dans des
territoires, on pourrait dire, plus
ordinaires, hein, des municipalités, des villes, bon, de campagne, urbaines,
etc. Et là, à partir d'un modèle de... légal qui légifère au niveau de l'ensemble
du monde municipal au Québec, on tente d'appliquer ça à une nouvelle municipalité, une nouvelle MRC dans un territoire
complètement différent. Donc, il est possible qu'au fur et à mesure qu'on
mette en place la gouvernance on se rende compte qu'il y a peut-être des
obligations ou des pouvoirs qui sont prévus dans les lois ordinaires, qui ne
sont pas applicables. Donc, le ministre aura le loisir de modifier, s'il juge
opportun, certains de ces pouvoirs-là que la nouvelle municipalité ou nouvelle
MRC pourra demander.
Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article
Kelley : ...que j'endosse la
notion d'une certaine flexibilité, mais, par contre, c'est les lois qui ont été
adoptées par l'Assemblée nationale. Je comprends les propos du ministre, c'est
vraiment un recours... dernier recours. S'il y a vraiment un problème, il y a toujours l'obligation d'informer, via la Gazette
officielle , la population concernée. Mais c'est juste encore dans
toute l'optique de l'intention des législateurs, on vise ici vraiment un
recours exceptionnel, que, compte tenu,
entre autres, le contexte nordique, compte tenu l'originalité du modèle qui est
mis en place, on veut mettre ça comme précaution. Alors, c'est la fin de
mes commentaires, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Oui, M. le député de Chapleau.
Carrière : Merci, Mme la
Présidente. C'est juste des questions de précision, là. Et je lis, là, dans les
notes explicatives, que la municipalité de la Baie-James... et également
pourquoi la
Loi sur les cités et villes au lieu du Code municipal?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
M. Lelièvre : Écoutez, la
Loi sur
les cités et villes, je dirais, est peut-être un peu plus... va un peu plus
loin, généralement, dans l'ensemble des
pouvoirs accordés aux municipalités. On sait qu'on est, au Québec,
présentement, en refonte, hein,
depuis... vous le savez, vous avez été impliqué de longue date dans le monde
municipal. Je ne sais pas quand on va voir le jour, mais il y a un
objectif à l'effet de refondre le Code municipal et la
Loi sur les cités et
villes pour avoir un seul code des municipalités. Et on a cru... on croit que
la
Loi sur les cités et villes est peut-être... se colle peut-être davantage à la nature de la future loi
qui pourrait être adoptée, on l'espère, dans les meilleurs délais,
attendue depuis longtemps.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Chapleau.
M. Carrière : Oui, effectivement, attendue depuis longtemps.
Et, quand on parle de «toute autre compétence», est-ce qu'on fait, en
lien… ou est-ce qu'on va voir plus tard toute la question des pouvoirs de MRC,
gouvernement régional... Et comment on va, entre les deux, voir la déclaration
de compétence?
La Présidente (Mme
Champagne) : Allez-y, M. le ministre.
M. Lelièvre :
Effectivement, pour répondre à votre question, il y a des articles plus précis
concernant les pouvoirs des MRC et l'acquisition
de compétences puis les modalités qui s'appliquent. Il y a des articles précis
là-dessus dans le projet de loi n° 42.
La Présidente (Mme Champagne) : Donc, c'est très bien. Merci. M. le député de
Chapleau, autres commentaires? Alors, est-ce que je considère l'article
4 comme étant adopté?
La Présidente (Mme
Champagne) : Adopté. Voilà. Et on en est rendus, M. le ministre, à l'article
M. Lelièvre :
L'article 5 : «Le territoire du gouvernement régional est
constitué du territoire de la municipalité de Baie-James tel qu'il
existait le 31 décembre 2013, distraction faite des terres de la catégorie II.»
L'article
5 définit le territoire du gouvernement régional. Le territoire du gouvernement
régional sera celui de la municipalité de Baie-James, distraction faite
des terres de la catégorie II. Ces dernières seront donc dorénavant des territoires
non organisés en municipalité. On verra que le Gouvernement de la nation crie
pourra toutefois y exercer certaines compétences de nature municipale.
Le territoire du
gouvernement régional sera donc constitué uniquement de la plus grande
partie
des terres de catégorie III situées au sud
du 55e parallèle. Les territoires des quatre municipalités enclavées en sont
exclus : Chibougamau, Chapais, Matagami et Lebel-sur-Quévillon.
La Présidente (Mme
Champagne) : Commentaires, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Oui. Je comprends. Mais, encore une fois, au niveau pratico-pratique, on va
prendre le premier paragraphe. L'exclusion
des terres de catégorie II, ça change quoi dans la vie? En comparaison avec les
municipalités de la Baie-James existantes,
alors, qui ont un certain pouvoir ou — je ne sais pas le mot précis — juridiction sur les terres de
catégorie II, ils ont enlevé la municipalité de la Baie-James. Dans la vie
quotidienne, est-ce que ça change grand chose
au niveau des services à la population ou est-ce plutôt pour consacrer aux
nouvelles instances de Gouvernement de la nation crie des pouvoirs
additionnels?
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, merci, M. le député. Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre :
Mme la Présidente. Il n'y a pas de population sur les terres de niveau II,
aucun résident.
M. Kelley :
Oui. Mais au niveau des avis sur la gestion des ressources naturelles, au
niveau de... est-ce qu'il y a des choses qui
changent dans tout ça ou... J'essaie de voir qu'est-ce qui est la nouveauté
dans la présentation. Peut-être c'est ça, ma question.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre. Alors, on va prendre quelques secondes.
M. Lelièvre : …Mme la Présidente, on peut résumer l'article 5. Comme objectif,
dans le fond, c'est… Tout se bâtit sur la base que l'article 5 permet de
donner des pouvoirs supplémentaires à la nation crie pour pouvoir exercer
certaines responsabilités sur les ces terres qui, jusqu'à aujourd'hui, étaient
légiférées par le gouvernement du Québec. Ce sont des terres publiques. Donc, cet article-là
va permettre à la nation crie de pouvoir participer à la gestion
conjointe, hein, parce qu'on parle de délégation de gestion de la part du
gouvernement du Québec. Donc, les Cris vont pouvoir, sous l'égide des lois du Québec, exercer certaines juridictions qui
seront déléguées par le gouvernement au niveau des terres de niveau II,
notamment au niveau des ressources naturelles, de la villégiature, etc.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
On va voir ces prévisions plus loin dans le projet de loi, je pense, ou...
M. Lelièvre :
Oui, on va...
M. Kelley :
Je pense qu'on aura l'occasion pour revenir...
M. Lelièvre : Dans la...
M. Kelley : Mais juste... J'essaie de… en tout temps juste
comprendre l'objectif de l'article et c'est quoi qui est proposé comme changement. Alors, c'est vraiment...
c'est mettre la table, si vous voulez, pour ce genre de délégation de
pouvoir qu'on va voir plus loin, au niveau de la création du Gouvernement de la
nation crie.
M. Lelièvre :
Effectivement, notamment sous l'angle des dispositions qui sont amenées par le
ministère des Ressources naturelles. C'est surtout dans cette section-là qu'on
va retrouver ça.
La Présidente (Mme
Champagne) : Autres commentaires?
M. Kelley :
C'est juste que, dans le deuxième paragraphe... ou alinéa… alinéa…
alinéa… — certains
mots en français sont plus faciles à dire que d'autres — l'obligation
de dire «la plus grande
partie des terres», c'est quoi, la petite
partie
exclue?
M. Lelièvre :
Le fait d'utiliser l'expression «plus garde partie», on me dit, est relatif au
fait que les terres de niveau III débordent en partie, hein, du territoire
actuel, là, de la municipalité de Baie-James, en l'occurrence, autour du 55e
parallèle. Donc, c'est pour ça, pour faire référence à... il y aurait une
partie qui serait à l'extérieur, là, du territoire actuel.
La Présidente (Mme Champagne) : Merci pour le commentaire. M. le député de
Chapleau, suivi de Mme la députée de Montmorency.
M. Carrière : Merci, Mme la Présidente. Dans le mémoire, là, que M. Lemoyne est
venu nous présenter avec ses collègues, qui faisait... sur la Conférence
régionale des élus de la Baie-James, il nous parlait de ses interrogations sur toute la question du PRDIRT, là, la Plan régional
de développement intégré des ressources et du territoire, la question du
plan régional d'utilisation des terres et ressources sur les terres publiques
de catégorie II. Il nous mettait en garde, là, il disait que «les
Jamésiens sont aussi présents sur [ces terres-là] et considèrent qu'ils
devraient être aussi consultés concernant l'élaboration de [ces deux
plans-là]». Ils en font même une recommandation, là, c'est leur première recommandation : que le
gouvernement doit prévoir la consultation des Jamésiens dans l'élaboration de
ces deux plans-là. Qu'est-ce qu'on fait de cette recommandation-là?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui. Merci, Mme la Présidente. Il n'y a aucun problème, les Jamésiens
et les Cris font conjointement
partie du gouvernement régional. Donc, à
ce niveau-là, les deux parties vont pouvoir être consultées, vont pouvoir s'exprimer et déterminer ensemble soit les
orientations d'aménagement, de développement reliées à ce territoire-là,
parce qu'ils font partie... C'est le
Gouvernement régional Baie-James Eeyou Istchee qui va être consulté, qui va
intervenir. On parle des terres de
niveau III. Donc, les Jamésiens vont être
partie prenante de la nouvelle
entité, de la nouvelle gouvernance, donc, à ce titre-là, vont pouvoir
être impliqués... non seulement consultés, mais impliqués dans les décisions.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député de Chapleau.
M. Carrière :
Je comprends pour les terres de catégories III. Moi, je parlais des terres
de catégorie II. Et, si j'ai bien
compris, la semaine dernière, ce que M. Coon Come nous disait, c'est qu'il y a
déjà une forme de consultation qui existe ou qui...
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui. Pour les terres de niveau II, ces terres-là vont être
administrées par les Cris mais sous l'égide des lois du gouvernement du Québec. À ce niveau-là, il y a des... J'ai
entendu la même chose que vous, effectivement, lors des consultations particulières. Il y a en place des
modes de communication, des modes d'échange, des discussions qui se font
de façon naturelle entre les deux communautés. Mais, sur le plan strictement
légal — à
moins qu'on ne m'informe du contraire — sur
le plan légal, du côté des terres de niveau II, c'est la nation crie qui
va être le gestionnaire délégué par le gouvernement du Québec.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : Je fais part d'une inquiétude des gens de Radisson, qui est
une municipalité tout près. On sait que les Cris deviennent gestionnaires des
terres de catégorie II. Vous voyez Radisson qui est très près — ici,
on les voit dans le haut — et
ces gens-là, ils étaient inquiets. Ils donnaient, par exemple... si les Cris
sont gestionnaires... Et on sait
que... En lisant l'article, de toute façon… Vous parliez de leurs compétences.
Je pense qu'on parlait des territoires de chasse et de pêche, entre
autres. À ce moment-là, les gens de Radisson sont tout près, et les gens de
Radisson sont venus nous expliquer qu'il y a
des gens de ce territoire-là qui viennent à Radisson, et vice-versa. Ils
voyagent beaucoup, là, indépendamment de qui gère quoi.
À ce moment-ci, les gens
de Radisson sont extrêmement inquiets. Justement, comme ces droits de chasse et
de pêche vont être gérés par les Cris, ils sont extrêmement inquiets pour eux.
Est-ce que, M. le ministre, vous pouvez nous dire, pour enlever leur
inquiétude, qu'est-ce qui va arriver exactement avec cette loi-là par rapport
aux gens de Radisson qui allaient à la chasse, à la pêche sur ces territoires,
etc., dans le concret?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
Lelièvre : Oui. La question
de la députée de Montmorency est très importante. Puis on a senti
effectivement ce questionnement-là de la part des gens, notamment des
localités. Écoutez, ce qu'on peut dire de plus rassurant aux gens qui ont des préoccupations, c'est que ces
terres-là, les terres de niveau II demeurent des terres propriété de
l'État qui vont continuer à être gérées
selon les règles de l'État québécois. Donc, toute la question de l'accès
public, de l'accessibilité et de la
pratique d'activités va quand même continuer à demeurer. Donc, oui, il y a un
pouvoir de délégation qui va être exercé
entre le gouvernement du Québec et la nation crie, mais tout ça va se faire
dans le cadre des règles actuellement en vigueur au Québec, et qui s'appliquent ailleurs sur d'autres
territoires, et qui garantissent l'accessibilité à ces territoires-là.
Donc, c'est
sûr qu'il peut y avoir des craintes. Il va devoir y avoir une formule de
communication, une formule d'échange des pratiques entre les deux
communautés. Mais il faut dire que présentement les Cris bénéficient déjà, depuis longue date, d'exclusivités en termes de
chasse, de pêche, de piégeage sur ces territoires-là. Donc, ça a déjà
été concédé dans le passé. Présentement, ce qu'on fait, c'est qu'on ajoute des
pouvoirs délégués potentiellement, mais toujours
garder en tête que ces délégations-là vont se faire dans le respect des lois
générales du Québec, qui prévoient l'accessibilité à l'ensemble de la
population.
La Présidente (Mme Champagne) : Mme
la députée de Montmorency.
St-Laurent : Mais justement
pour les gens de Radisson, si jamais votre voeu pieux ne s'exerce pas et
qu'ils ont des problèmes, quels seront les
pouvoirs, à ce moment-là, de ces gens, les gens de Radisson? Que pourront-ils
faire?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
M. Lelièvre : D'abord, il faut
toujours garder en tête que c'est une pratique qui est en place depuis
plusieurs décennies à l'effet que, les territoires visés par les terres de
niveau II, on a accordé… le gouvernement a accordé des droits exclusifs de pêche, de chasse, de piégeage.
Donc, ce sont les Cris qui ont des droits exclusifs depuis… de longue
date. Donc, la préoccupation que moi, j'ai entendue, de la part des gens de
certaines localités, dont Radisson, c'est une préoccupation à l'effet de
circuler sur le territoire.
Je vous
dirais, pour répondre à votre question, qu'advenant le cas qu'il y ait des
ajustements qui soient nécessaires ce sera la responsabilité du
gouvernement du Québec, via ses différentes instances, entre autres le
ministère des Ressources naturelles, qui a
des droits… Au-delà des droits qui sont concédés, le ministère des Ressources
naturelles a une responsabilité de
voir à l'accessibilité universelle en termes notamment de passage. Donc, les
gens pourront s'adresser au gouvernement du Québec via ses différentes
entités.
La Présidente (Mme Champagne) : Mme
la députée de Montmorency.
St-Laurent : Est-ce qu'à ce
moment-là, M. le ministre, on ne pourrait pas être un peu plus précis dans
la loi pour reconnaître ces droits-là des gens... je parle de Radisson, mais du
droit de circulation des personnes sur les terres de catégorie II gérées par
les Cris?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
Lelièvre : L'objectif est
très louable. Je ne suis pas un juriste, il y a des gens plus compétents que
moi en la matière ici. Mais il y a un principe, hein, pour avoir
travaillé dans le domaine municipal puis dans les lois, là, depuis près de 30 ans, il y a un principe général, que
vous connaissez sûrement, qui dit que ce qui est exprimé dans une loi
générale n'a pas nécessairement intérêt à être reconduit dans une loi
spécifique, hein? Donc, si on écrit ce genre de situation là dans cette loi-là, est-ce qu'on va reconduire
aussi, pour réconforter, par exemple, d'autres entités sur d'autres
éléments? Moi, écoutez, je trouve l'objectif très louable, mais il faudrait
peut-être vérifier, sur l'aspect légal de la chose, si c'est quelque chose qui serait souhaitable ou qui ne
deviendrait pas peut-être problématique, là, du fait d'inscrire une
disposition comme ça dans une loi tel le projet de loi n° 42, là.
La Présidente (Mme Champagne) : Mme
la députée de Montmorency.
St-Laurent : Moi, je pense que ce serait beaucoup plus rassurant et
prudent parce que vous savez comme moi...
Vous dites ici : Il y a une loi générale par rapport à ça. Mais vous savez
comme moi qu'on est quand même situés
très loin, et les gens vont interpréter la loi telle quelle, ils ne penseront
pas nécessairement à telle loi qui pourrait leur donner le droit de
circulation, etc. Vous savez qu'on ne pourrait pas faire ça dans tous les
projets de loi, de mettre la règle générale,
mais je pense que, dans ce cas-ci, ce serait extrêmement important compte tenu
de la situation, compte tenu de la
nouvelle gouvernance et compte tenu également, je dirais, de la... je ne dirais
pas de l'éloignement des gens, mais je vais dire tout simplement l'insécurité des
gens, mais aussi du fait qu'ils n'ont pas tous cette connaissance-là. C'est
certain que, si on demeure à Québec, les lois municipales, les lois de règles
générales, on les entend tellement souvent, on les connaît. Mais, eux autres,
dans les régions éloignées, surtout sur des droits de passage, ils ne les connaissent
pas.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre :
Je comprends très bien votre préoccupation, qui reflète bien la préoccupation,
hein, de la part d'une grande
partie des
citoyens de ce territoire-là. Ça a été exprimé. Écoutez, on peut peut-être
évaluer la faisabilité dans le comment.
Est-ce qu'on ajourne cet article-là pour prendre le temps d'y réfléchir ou...
Écoutez, je ne sais pas si d'autres... si la première opposition
voudrait s'exprimer aussi là-dessus.
reçois bien votre demande. Ce qu'on a cru bon, dans l'élaboration du projet de
loi, c'est de ne pas aller aussi loin que ça. Il faut dire qu'il y a
aussi l'entente qui, elle, contient des dispositions, qu'on me dit, qu'on va
trouver, des dispositions qui vont un peu
plus loin. Et l'entente qui a été signée entre le gouvernement et la nation
crie continue toujours à être valide. La loi vient mettre en vie, hein,
cette entente-là. Il y a un contexte général à tout ça.
La Présidente (Mme Champagne) : Mme la députée de Montmorency, je vais vous
laisser faire un commentaire. Je sais
que M. le député de Jacques-Cartier également veut parler. Et je vous rappelle
que, oui, on peut discuter longtemps, par
contre, en étude détaillée, on dépose un amendement, sinon ça va être éternel
comme discussion. Alors, si vous avez un amendement à déposer, je
pourrais le recevoir. Par contre, de quand même permettre, là, de terminer, du
moins, la discussion… Alors, je vais vous
permettre également un commentaire et un commentaire du député de Jacques-Cartier.
Sinon, bien, je demanderai qu'on dépose un
amendement afin de pouvoir discuter sur quelque chose de tangible.
Alors, Mme la députée de Montmorency.
Mme St-Laurent : Ce que je veux demander simplement au ministre et à ses experts :
de voir si on ne pourrait pas faire
un amendement. Ce sont eux, les experts. Parce qu'ils vont regarder la
Convention de la Baie James, c'est eux qui peuvent étudier s'il y a
possibilité d'amendement. Et je pense que le ministre est de très bonne foi et
évidemment les légistes du ministère aussi. Et c'est ce que je demande
présentement.
La Présidente (Mme Champagne) : Mais vous le faites d'abord sous forme de
suggestion. Alors, M. le ministre, je vous entends. Suite à ça, il y a
M. le député, également, de Jacques-Cartier qui voudrait intervenir.
M. Lelièvre : Merci, Mme la Présidente. On m'informe... On vient de me préciser qu'à
l'article 79.12 il y a un élément qui peut peut-être préciser un peu,
là, l'objet de votre suggestion. C'est-à-dire, si vous me permettez, je vais le
lire rapidement. «Si le ministre retourne le...»
On parle au niveau
des différents plans de planification de développement, on dit : «Si le
ministre retourne le projet de plan pour
révision, sa demande doit être accompagnée de motifs écrits relatifs à la santé
ou à la sécurité publique, à la conservation ou à la protection de l'environnement
ou à ce qu'il considère comme des restrictions déraisonnables à l'accès du
public ou à la mise en valeur des terres et des ressources.» Il y a quand même
déjà un mécanisme qui témoigne de cette préoccupation-là, et ça, c'est lors de
l'élaboration des différents plans.
La Présidente (Mme
Champagne) :
L'article 79.12.
M. Kelley :
À l'intérieur de l'article…
La Présidente (Mme
Champagne) : À l'intérieur de l'article?
M. Lelièvre :
Qui est l'article 48 du projet de loi.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, je vais donner la parole au député de
Jacques-Cartier, là. S'il y a d'autres interventions, on pourra les prendre.
Et, suite à ça, bien, on passera, s'il le faut, au vote, là. Oui.
M. Kelley :
Juste un petit peu répondre à l'invitation du ministre. Je comprends très bien
les choses qui ont été dites par le
président de la localité de Radisson. Je comprends aussi, dans la législation,
c'est difficile de légiférer le bon voisinage. Et, si je commence d'énumérer
tous les droits de toutes les personnes, je dois commencer à énumérer tous les droits qui découlent de la Convention de
la Baie James au niveau de la chasse et pêche, les activités... Alors,
ça devient très compliqué. Moi, je pense qu'on
a... On va voir, dans l'article 48, il y a des mécanismes qui sont déjà
prévus dans le projet de loi pour régler les différends. Alors, moi, je propose
qu'on laisse l'article 5 tel quel. Parce que, si on commence — avec
tout le respect, Mme la députée de Montmorency — d'énumérer des droits
des personnes sur le territoire, on risque d'être ici pour un certain temps.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mais est-ce qu'on convient que l'article 48, au moment où
il arrivera, comme ça indique des mécanismes quand même prévus, on pourra
repréciser rendus là et qu'on pourrait passer immédiatement à l'adoption de l'article
5? Alors, est-ce qu'on est d'accord pour l'adoption de l'article 5?
La Présidente (Mme Champagne) : Parfait. On va passer maintenant à l'article 6.
Je vous rappelle que nous en sommes à un petit peu plus de
10 minutes de la fin de notre rencontre de ce matin, parce que nous devons
quitter absolument pour 13 heures, du fait qu'il y a une rencontre ici, là, sur
l'heure du dîner.
Alors, M. le
ministre, lecture de l'article 6, s'il vous plaît.
M. Lelièvre :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, à ce moment-ci, j'aimerais proposer à la
commission la suspension de l'article 6, qui
est un article… Donc, j'annonce les couleurs immédiatement. C'est un
article
qui a fait l'objet de plusieurs interventions, hein, lors des
commissions.
Mme St-Laurent : À peu près tous les représentants en ont parlé par rapport aux
localités, les représentations des localités, entre autres.
M. Lelièvre :
Effectivement. Donc, c'est un sujet très important, dans le cadre du projet de
loi. Donc, on proposerait de suspendre l'article 6, qui a des conséquences
également, conséquemment, sur les articles 7, 8 et 9 et 10 inclusivement. Donc,
ça nous amènerait à la lecture de l'article 11.
La Présidente (Mme Champagne) : Donc, la demande — et ça me prend un consentement — suspension
des articles… On avait déjà suspendu le 3,
donc on pourrait suspendre le 6, le 7, le 8, le 9 et le 10, là, et passer
immédiatement au 11, pour les raisons invoquées. Alors, est-ce qu'il y a des
commentaires avant d'accepter la suspension? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Oui. Je comprends très bien. Juste une invitation au ministre. J'imagine, on
est en réflexion quant à faire des modifications ou non. Le plus tôt qu'on
peut partager les propositions d'amendement avec les membres de la commission, juste pour la bonne conduite de nos
travaux, mieux c'est parce que vous avez des instances comme un comité de législation et un conseil des ministres
si jamais des modifications… Également, nous avons un caucus et nous devrons regarder… Alors, je sais qu'on est déjà le
4 juin, je suis très sensible au calendrier. Alors, pour le bon
fonctionnement de la commission, quand le ministre peut partager sa réflexion
sur les modifications éventuelles ou non, ce serait préférable. Merci beaucoup,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, la demande est faite de fournir rapidement
s'il y a des amendements. Alors, M. le ministre, avez-vous un
commentaire sur la demande du député de Jacques-Cartier?
M. Lelièvre : Je suis en accord avec le commentaire du député de Jacques-Cartier, et
probablement qu'aujourd'hui nous pourrions vous déposer nos propositions
de reformulation.
La Présidente (Mme Champagne) : Et donc je comprends que les articles 6, 7, 8, 9
et 10 sont suspendus pour le moment. Alors, il y a consentement?
Parfait. Donc, nous allons passer à l'article 11.
M. Lelièvre :
L'article concernant les séances du conseil. «Le conseil tient une
séance ordinaire au moins une fois par mois, sauf disposition à l'effet
contraire dans le calendrier de ses séances.»
Donc,
l'article 11 prévoit que le conseil du gouvernement régional tient une séance
ordinaire au moins une fois par mois, sauf disposition à l'effet
contraire dans le calendrier de ses séances.
L'article
11 déroge ainsi à l'article 319 de la
Loi sur les cités et villes. Ce dernier
ne permet pas aux municipalités de tenir des séances du conseil moins
souvent qu'une fois par mois. L'obligation prévue par l'article 319 d'avoir un
calendrier des séances est toutefois maintenue.
La Présidente (Mme Champagne) : Commentaires sur l'article 11. M. le député de
Jacques-Cartier. Mme la députée de Montmorency.
Article 11.
Mme St-Laurent : Mme la Présidente, on dit que l'article 11 donne suite à l'article 93
de l'entente. C'est exact?
La Présidente (Mme
Champagne) : Est-ce que c'est exact, M. le ministre?
Mme St-Laurent :
Oui. À ce moment-là, ce serait difficile d'y déroger. Le seul problème, je
pense qu'il y a un représentant qui... un
participant qui a parlé… «Sauf disposition à l'effet contraire dans le
calendrier de ses séances». C'est parce qu'on n'imaginait pas faire une
séance moins d'une fois par mois. Ça, ça a créé quelques problèmes. Mais, comme il est déjà dans l'entente… Est-ce que
vous pouvez répondre à cette question-là, pour le «sauf
disposition»?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
Lelièvre : Effectivement. La
règle générale prévoit que chaque municipalité doit tenir minimalement une
séance ordinaire mensuellement. Il ne faut
pas oublier qu'il y a également la possibilité de tenir autant de séances
extraordinaires que requis. Il y a des modalités, d'ailleurs, qu'on va voir
tantôt, qui s'y appliquent. Puis, encore là, on laisse une certaine discrétion au niveau de l'établissement
du calendrier par la future gouvernance régionale. C'est une demande qui
est quand même incluse dans l'entente. Donc, c'est un élément qui a été discuté
par les deux parties.
Nous, on
considère qu'on peut laisser... faire confiance aux deux parties pour tenter d'atteindre
l'objectif d'avoir une séance minimalement une fois par mois, mais on sait
qu'on est quand même dans une région nordique, question météo, question de distances, on voulait prévoir une certaine souplesse.
Et, si jamais il y a une séance mensuelle qui n'est pas prévue, on
pourra toujours suppléer par des séances extraordinaires. Maintenant, là on
parle du calendrier des séances ordinaires,
régulières. C'est toute la question de territoire très spécifique qui nous
amène à ouvrir cette porte-là.
Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires, Mme la députée de Montmorency?
St-Laurent : Oui. Sauf que
ça a été discuté par des participants, et les participants n'étaient pas
d'accord de passer, par exemple, deux mois…
presque deux mois sans séance. Et, lorsqu'on parle de séances extraordinaires,
il ne faut pas oublier, c'étaient des séances qui pouvaient être faites
par vidéoconférence, les personnes n'étaient pas présentes physiquement pour la plupart du temps. Et moi, je
vous dis, même si ce sont de grands territoires nordiques, je ne peux
pas croire que, dans un mois, on ne peut pas trouver un moyen de se rencontrer
une journée dans l'espace d'un mois. Peut-être que j'ai tort, là, écoutez, mais
je vous parle de préoccupations de certains participants.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : Écoutez, c'est une
question de... Je ne pense pas que vous avez tort. Vous avez une opinion qui
mérite d'être prise en compte. Je partage votre préoccupation. Rares sont les
municipalités, surtout des municipalités avec
une complexité aussi particulière que celle de la future municipalité de
Baie-James Eeyou Istchee… C'est sûr que le gros bon sens commande que normalement il devrait y avoir une séance
minimalement une fois par mois. Maintenant, ça a été négocié, si on peut dire, entre les parties et le gouvernement de
la façon suivante. Puis les seules raisons qui militent en faveur de
cette exception-là, ce sont les questions géographiques, climatiques
particulières du secteur en question.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Berthier.
Villeneuve : Oui. Moi, je le
vois comme une certaine flexibilité. Parce que, s'il y avait une rencontre qui
était prévue, exemple le 28 du mois, et que quelqu'un ou plusieurs personnes,
pour toutes sortes de raisons, ne puissent pas
y être, et là, de par la loi, ils doivent tenir la séance, et les personnes
intéressées au plus haut point au sujet convenu ne peuvent pas être là… Bon, ils peuvent toujours
faire une séance puis discuter, là, mais il n'en demeure pas moins qu'ils
vont s'être peut-être rencontrés, jamais totalement inutilement, bien sûr, mais
en ne pouvant discuter de points qui étaient
prévus. Donc, ils vont pouvoir le faire le premier du mois qui suit. Alors, c'est
fantastique. Moi, je vois ça comme vraiment une flexibilité, une plus
grande flexibilité, puis je ne pense pas que... Effectivement, on soulevait le
point des séances spéciales, bien là, on peut en faire comme on veut. Alors,
personnellement, pour avoir été maire pendant neuf ans, je peux vous dire que
séances spéciales, on en avait autant sinon plus que séances ordinaires. Merci.
Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le député de Berthier. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Je comprends les
commentaires de la députée de Montmorency, mais il y a des choses incontournables comme le «goose break» et les
autres choses qui sont dans le calendrier aussi. Alors, moi, j'aime l'idée
de flexibilité. Moi, je pense, il y aura beaucoup d'ouvrage à faire pour cette
nouvelle entité, alors je ne crains pas qu'il
n'y aura pas de réunion. Encore une fois, l'objectif cherché, c'est d'avoir les
rencontres une fois par mois, mais, à cause
des raisons que le ministre a invoquées, d'avoir une certaine flexibilité, je
pense, c'est de mise. Alors, moi, je pense qu'on peut... L'intention est
là qu'il faut se rencontrer souvent. Une fois par mois, c'est l'idéal, mais
laisser une certaine flexibilité pour les circonstances, je pense, est tout à
fait logique.
Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le député. Il y a également le député de Chapleau puis M. le ministre.
Carrière : Oui, peut-être
juste une précision ou une question, là. Dans le fond, si l'article 11 prévoit
que le nouveau gouvernement régional doit fournir un calendrier des
séances, bien ça va être déjà préétabli, donc sûrement qu'il y en aura une douzaine qui seront déjà prévues. Est-ce que c'est
en début d'année que ce calendrier-là doit être soumis? Un, est-ce qu'il
doit être soumis au ministère des Affaires municipales et, deux... ou soumis
aux citoyens, là?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
M. Lelièvre : On me dit que c'est la
règle générale, donc, qui s'applique, c'est-à-dire que le conseil adopte un calendrier puis, tant qu'il n'est pas modifié,
il s'applique d'année en année. On peut dire, par exemple, que c'est le
premier lundi du mois que… puis, tant que ce n'est pas révoqué ou modifié, c'est
ce qui s'applique.
Maintenant,
juste un élément d'information complémentaire peut-être pour répondre en
partie
à la préoccupation de la députée de Montmorency et certaines personnes
qui l'ont exprimé, ce questionnement-là. Si jamais il y avait de l'abus, hein, à l'effet que les séances régulières
ne sont pas tenues ou retardées indûment, durant les cinq premières
années on a quand même une personne-ressource du ministère des Affaires
municipales, un observateur, qu'on peut dire, qui va être présent, et je pense que, si jamais il y avait des lacunes à ce
niveau-là, je crois que le ministre en serait informé puis on pourra
intervenir.
Parce que c'est
important, là. Oui, on laisse une souplesse, on fait confiance à la nouvelle
instance, mais je partage la préoccupation, là, puis elle est légitime,
puis elle est vraiment de premier ordre. La transparence, la saine gestion, l'accessibilité à l'information, puis aussi l'extrême
importance d'asseoir les Cris et les Jamésiens ensemble autour d'une même table fait en sorte que ça commande d'avoir
des réunions de temps à autre. Puis, on va voir tout à l'heure, on a des
éléments de préoccupation au niveau de la
présence physique aussi des gens pour apprendre à se connaître et
travailler ensemble. Donc, l'observateur peut peut-être... du ministère est
peut-être une alternative à votre préoccupation.
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le ministre. Alors, est-ce qu'on peut passer à l'adoption de l'article
Des voix : ...M. Breton.
La Présidente (Mme Champagne) : Ah!
M. Breton avait une question. Je m'excuse. Il me faisait de grands
signes. Et j'avais une autre préoccupation : c'était l'heure qui me
préoccupait. Une voix : …
Bien non! Alors, je m'excuse. M. le député de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Breton : En fait, moi, je
pense que la préoccupation de la députée de la deuxième opposition était
légitime. D'un autre côté, a contrario, ce n'est
pas parce qu'il y a des séances du conseil à tous les mois dans certaines
municipalités que c'est un gage de transparence; on l'a vu récemment, aussi.
Donc, il faut présumer de la bonne foi des gens qui vont siéger sur ce
conseil-là.
La Présidente (Mme Champagne) : On
reçoit bien votre commentaire, M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Alors, nous allons passer à l'adoption officiellement de l'article 11?
L'article
11 est-il adopté?
Présidente (Mme Champagne) :
Adopté. Parfait. On passe à l'article 12. Il ne nous reste que peu de
temps. Nous avons le temps de lire l'article et peut-être d'en discuter plus
tard parce que nous devons vraiment quitter pour 13 heures. Et, je vous le dis
tout de suite, là, nous allons nous retrouver à la salle 1.38, là, à
15 heures cet après-midi.
M. Kelley : On est en pénitence là?
La Présidente (Mme Champagne) :
Pardon?
M. Kelley : Est-ce qu'on est en
pénitence?
La Présidente (Mme Champagne) : Je
me suis posé la question...
M. Kelley : 1.38, je trouve, on n'est
pas chanceux.
La Présidente (Mme Champagne) : Je
me suis posé la question, parce que vous savez qu'il n'y a pas personne qui...
La Présidente (Mme Champagne) :
…justement, mais il n'y a pas de caméra.
M. Breton : En fait, si je ne m'abuse,
le député de Jacques-Cartier va rester ici à 13 heures?
M. Kelley : …on préside un caucus
ici.
La Présidente (Mme Champagne) : À
15 heures, pour le caucus, oui.
M. Kelley : Non, de 13 à 15.
Présidente (Mme Champagne) :
Ah! De 13 à 15. Mais, à 15 heures, nous allons nous retrouver
effectivement...
M. Kelley : Mais je vais être là.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mais, avant de retrouver... est-ce qu'on permet au
ministre de lire l'article... pas l'article... oui, de lire l'article 12?
Lelièvre : Merci, Mme la
Présidente. Bon, là, j'aurais une question reliée au fonctionnement. Nous avons
une modification, un amendement à déposer concernant cet article-là. Est-ce que
vous suggérez que je lise quand même l'article initial, les notes explicatives
et l'amendement, ou je commence par l'amendement?
Présidente (Mme Champagne) :
L'article d'abord et l'amendement après. C'est bien ça? On me conseille
fortement cela. Alors, je vous conseille fortement cela.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Lelièvre : Merci, Mme la
Présidente. Bon, à l'article 12, on dit :
«12. Un
membre du conseil peut participer aux délibérations et voter à une séance du
conseil à distance, par la voie du
téléphone ou d'un autre moyen de communication, pourvu que le président du
conseil, ou la personne qui le remplace, et le greffier soient présents
au même endroit et que le moyen de communication utilisé permette à toutes les
personnes participant ou assistant à la séance de s'entendre mutuellement.
«Le procès-verbal de la séance doit mentionner
le nom des membres qui participent ainsi à la séance et le moyen de
communication utilisé; ces membres sont réputés être présents à la séance.»
Notes
explicatives.
L'article 12 prévoit la participation à distance aux séances du
gouvernement régional, à certaines conditions. Il s'agit d'une
disposition qui vise à épargner des frais de déplacement trop élevés dans le
contexte où les membres du conseil ont des distances importantes à franchir pour
participer aux séances du conseil.
Une disposition tout à fait semblable existe
déjà pour les membres du conseil de la municipalité de Baie-James — l'article
38.4 de la
Loi sur le développement et l'organisation municipale de la région
de la Baie James — ainsi
que pour les membres de trois MRC et trois municipalités locales, aux fins de
leur participation aux séances du conseil de leur MRC, qui sont dans des
conditions semblables,
article 164.1 du Code municipal.
L'amendement qui est proposé se lit comme
suit : À l'article 12, premier paragraphe, ce serait de remplacer...
Est-ce que l'article a circulé pour le remettre
aux participants?
Lelièvre : O.K., parfait.
Donc, à l'article 1, ce serait de remplacer, dans le premier alinéa de l'article
12 du projet de loi, «le président du
conseil, ou la personne qui le remplace, et le greffier soient présents au même
endroit et que le moyen de communication utilisé permette à toutes les
personnes participant ou assistant à la séance de s'entendre mutuellement» par
«le moyen de communication utilisé permette à toutes les personnes participant
à la séance de s'entendre mutuellement».
Paragraphe 2. Insérer, après le premier alinéa
de l'article 12 du projet de loi, l'alinéa suivant :
«Un membre du
conseil ne peut se prévaloir de ce droit que si le président ou la personne qui
le remplace et le greffier sont
présents à l'endroit où siège le conseil et, dans le cas d'une séance
ordinaire, s'il y a quorum à cet endroit.»
Présidente (Mme Champagne) :
M. le ministre, je pense que je vais vous suggérer quelque chose et qui
va peut-être satisfaire tout le monde. On va imprimer l'amendement...
M. Lelièvre : Il circule, là?
La Présidente (Mme Champagne) :
...on va le déposer, parce que les gens n'ont pas l'amendement en main
présentement.
M. Kelley : Et on va
reprendre à 15 heures.
Présidente (Mme Champagne) :
Et on va reprendre à 15 heures parce que le temps nous manque, et je
sais qu'il y a des gens qui attendent à la porte, là.
Alors, compte tenu de l'heure, nous suspendons
les travaux jusqu'à 15 heures cet après-midi, à la salle 1.38, qu'on
appelle la salle des Premiers-Ministres, d'ailleurs.
(Suspension de la séance à 13 heures)
La Présidente (Mme Champagne) : À l'ordre,
s'il vous plaît! Alors, la commission reprend ses travaux.
Je vous rappelle que la commission est réunie
cet après-midi afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 42, Loi instituant le Gouvernement régional Eeyou Istchee Baie-James et
apportant certaines modifications législatives concernant le Gouvernement de la
nation crie.
Alors, lors de la suspension, nous en
étions à l'étude de l'article 12 et son amendement. Alors, M. le
ministre, la parole à vous. Vous aviez fait lecture, d'ailleurs, tant de l'article
12 que de l'amendement. Alors, tout le monde a l'amendement entre ses mains, je
crois. Si ce n'est pas le cas, on vous le transmettra. Alors, je vais demander
à M. le ministre maintenant de commenter
cela, et, s'il y a des commentaires venant, bien sûr, de l'opposition
officielle, de faire également les commentaires. M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Lelièvre :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, l'article 12, on avait débuté la lecture de
l'amendement. Voulez-vous que je continue?
Je n'avais pas fini, de mémoire, là, j'étais rendu à la «disposition telle que
modifiée». Donc, si on poursuit la lecture — tout le monde en a une
copie, oui — bon,
ce qu'on dit, c'est, dans la
section Disposition telle que modifiée par l'amendement proposé :
«12.
Un membre du conseil peut participer aux délibérations et voter à une
séance du conseil à distance, par la voie du téléphone ou d'un autre moyen de
communication, pourvu que le moyen de communication utilisé permette à toutes
les personnes participant à la séance de s'entendre mutuellement.
membre du conseil ne peut se prévaloir de ce droit que si le président ou la
personne qui le remplace et le greffier
sont présents à l'endroit où siège le conseil et, dans le cas d'une séance
ordinaire, s'il y a quorum à cet endroit.»
Comme
notes explicatives, on dit : Cet amendement prévoit que, dans le cas d'une
séance ordinaire du conseil du gouvernement régional, la participation à
distance sera possible s'il y a quorum à l'endroit où siège le conseil et si le
président et les greffiers sont aussi
présents à cet endroit. Dans le cas d'une séance extraordinaire du conseil, il
suffira que le président et les greffiers soient présents.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, est-ce qu'il y a des commentaires? M. le député de
Chapleau.
M. Carrière : J'essaie de faire le lien entre la note explicative et l'article, là,
qui dit : La participation à distance sera possible s'il y a quorum, et je ne vois pas où on parle de quorum
dans l'article 12, à moins que je l'aie manqué, là, je...
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : La mention «s'il y a quorum à cet endroit» apparaît au deuxième
paragraphe de l'article 12, tel que modifié. Est-ce que c'est... C'est
clair?
M. Lelièvre :
Ce n'est pas simple, là. On a modifié beaucoup de choses, vous avez raison.
M. Kelley :
Et peut-être, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Avec l'amendement, on change quoi exactement?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
M. Kelley :
L'enlèvement de certains mots, c'est fait pour alléger le texte ou quoi
exactement?
M. Lelièvre :
C'est pour ajouter le fait qu'il y ait une présence physique d'un minimum de
représentants, physiquement. C'est une
demande qui avait été déposée lors des auditions. Et, si je me souviens bien,
on parlait même de six représentants de part et d'autre. Là, j'aurais
besoin que mes collaborateurs me rassurent à ce niveau-là.
M. Lelièvre : L'objectif puis ce qui est présenté, c'est d'avoir six représentants
cris et six représentants jamésiens physiquement présents lors des
séances ordinaires, séances régulières, et l'article 13, de l'autre côté, qui
parle du quorum, vient confirmer le tout.
Alors,
on peut dire que c'est un élément de renforcement par rapport à l'obligation d'avoir
physiquement des gens qui se voient, hein, yeux à yeux pour pouvoir
mieux échanger, mieux collaborer et mieux bâtir cette nouvelle entité là. C'est
ça qui avait été mentionné lors des...
M. Kelley :
Mais je pense...
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Mme la Présidente, on a évoqué la notion d'une présence physique, et je pense
qu'il y avait un certain intérêt qu'il y
aurait un quorum présent physique. Alors, c'est ça. Mais, par les règles que la
nouvelle entité va établir, d'autres personnes peuvent se joindre par
téléphone, ou vidéoconférence, ou toute autre forme de technologie existante ou
future.
La Présidente (Mme Champagne) : Est-ce qu'il y a d'autres questions concernant l'article
12 et… Bien, son amendement, d'abord. Il n'y a pas d'autres... Oui,
alors, M. le député de Deux-Montagnes.
M. Goyer :
Parce que je veux bien comprendre. Ça veut dire que quelqu'un qui est membre du
conseil, mais qui n'est pas là physiquement, il ne compte pas dans le quorum de
12, si je comprends bien, là.
La Présidente (Mme
Champagne) : Est-ce que vous avez bien compris, M. le député de
Deux-Montagnes? M. le ministre.
M. Goyer :
...vous dites, M. le ministre, 13 membres forment le quorum, mais ça veut dire
que quelqu'un qui est membre du conseil mais il assiste à la réunion par
vidéoconférence, il n'est pas calculé dans le quorum quand vous l'indiquez à
votre amendement à 12, là.
M. Lelièvre : Non, ce n'est pas tout à fait ça. Si on se reporte à l'article 13 — parce
qu'il y a un complément entre les
deux articles — on
dit que le quorum est constitué de 12 membres, six du côté des Jamésiens, six
du côté des Cris, et c'est le quorum
minimum. Il faut que, physiquement, il y ait au moins 12 personnes, donc six de
chaque côté, pour former un quorum pour permettre de siéger, donc 12, et
six minimalement de chaque côté. Les autres membres peuvent être virtuellement
présents soit par le téléphone ou vidéoconférence.
M. Goyer :
Donc, ils ne font pas
partie du calcul du quorum quand quelqu'un n'est pas
présent physiquement. C'est parce qu'avec votre amendement c'est ça que
vous dites.
M. Lelièvre : Il y a deux quorums. Il y a deux quorums, dans le fond.
Il y a un quorum pour avoir 12 personnes physiquement présentes; et
ensuite on dit «le quorum régulier», bon, qui est le quorum à majorité simple,
qui aussi s'applique pour pouvoir continuer à siéger.
La Présidente (Mme
Champagne) : Est-ce qu'il y a d'autres questions? M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley :
…dans le sens de deux quorums, alors je peux, en principe, avoir 11 Cris et un
Jamésien sur place et... Non, il faut avoir six et six.
M. Kelley :
Alors, si j'ai bien compris la question du député de Deux-Montagnes, alors il
faut avoir quorum sur place qui est
tel que décrit en 13 et auquel les personnes en ligne n'ont aucune influence
sur le quorum. C'est bien ça?
M. Lelièvre : Il faut avoir minimalement 12 personnes, dont six Jamésiens et six Cris
physiquement sur place, minimalement, pour avoir quorum pour délibérer.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, est-ce qu'il y a d'autres questions? M. le député
de Berthier, un commentaire?
M. Villeneuve : C'est un commentaire. Ce qu'on comprend, c'est que ceux qui sont sur
vidéoconférence, donc qui ne sont pas représentés par un hologramme ou
qui ne sont pas là du tout de façon physique ne peuvent pas être comptabilisés
comme étant des gens qui font en sorte qu'on a le quorum. Donc, ce sera une
étape ultérieure dans...
La Présidente (Mme
Champagne) : …compréhension, M. le député de Berthier, était la bonne.
N'est-ce pas, M. le ministre?
M. Lelièvre :
Oui, effectivement, on confirme.
La Présidente (Mme
Champagne) : Bonne compréhension. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur l'article 12? Alors, est-ce que l'amendement de l'article 12
est adopté?
La Présidente (Mme
Champagne) : Est-ce que l'article 12 amendé est adopté?
La Présidente (Mme
Champagne) : Adopté. Voilà. On est déjà rendus à l'article 13. Alors,
M. le ministre, la parole est à vous.
M. Lelièvre : Merci, Mme la
Présidente.
L'article 13 se lit comme suit :
«13. Le
quorum pour la tenue des séances du conseil est de douze membres, comprenant au
moins six membres du groupe visé aux
paragraphes 1° et 2° de l'article 6 et six membres du groupe visé au paragraphe
3° de l'article 6», également.
La Présidente (Mme Champagne) :
Commentaire.
M. Lelièvre : C'est à peu près ce qu'on
vient d'expliquer.
La Présidente (Mme Champagne) : Pas
de commentaires? Est-ce que l'article 13 est adopté?
La Présidente (Mme Champagne) : On
est rendus au
Article 14, M. le ministre.
M. Lelièvre :
L'article 14 se lit
comme suit :
«14. Aux fins
de déterminer l'endroit où le conseil tient ses séances, le territoire du
gouvernement régional est réputé comprendre le territoire des
communautés cries et celui des municipalités enclavées.
«En l'absence d'une décision du conseil à cet
effet, il tient ses séances à l'endroit déterminé par le ministre, conformément
à l'article 92, pour la tenue de la première séance.»
La Présidente (Mme Champagne) :
Explications et commentaires?
Lelièvre : Le premier alinéa
de l'article 14 permet au conseil du gouvernement régional de tenir ses
séances sur le territoire des communautés
cries et des municipalités enclavées. Cette disposition déroge à l'article 318
de la
Loi sur les cités et villes,
qui oblige que le lieu où se tiennent les séances du conseil soit situé sur le
territoire de la municipalité.
Le deuxième
alinéa de l'article 14 prévoit qu'en l'absence d'une décision du conseil à cet
effet, les séances du conseil du gouvernement régional se tiendront à l'endroit
déterminé par le ministre, conformément à l'article 92 du projet de loi. Cette disposition est transitoire
et permet au ministre de déterminer le lieu de la première séance du
conseil du gouvernement régional.
Présidente (Mme Champagne) :
Commentaires, M. le député? MM. les députés? Mme la députée? Oui. Alors,
M. le député de Chapleau.
M. Carrière :
L'article 14, pas
tellement, là. Par contre, si je vais voir l'article 92, il dit que c'est le
ministre qui détermine où a lieu la... dans le cadre de l'autonomie municipale,
ce n'est pas quelque chose qui me fait... que je trouve très sexy, là, mais...
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre, M. le député de Chapleau trouve que ce n'est pas très
sexy. Alors, avez-vous un commentaire?
M. Lelièvre : Je respecte cet
avis-là. Je vais essayer d'expliquer pourquoi il n'est pas sexy. Écoutez, ce n'est
peut-être pas une réponse satisfaisante,
mais je suis obligé de la mentionner, c'est l'article qu'on retrouve
généralement quand on crée une municipalité
ou une MRC. Entre autres, quand on crée une MRC pour la première fois, c'est le
ministre qui détermine le premier lieu, parce que, le conseil n'ayant jamais
siégé, donc il ne peut fixer le lieu. Donc, c'est une prérogative de base, là,
qu'on retrouve. Sinon, il aurait fallu prévoir un mécanisme par consultation
pour établir le premier lieu, alors que, là, on dit : C'est le ministre
qui va trancher; ensuite, le conseil déterminera son lieu selon les modalités
de l'article 14.
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce que ça convient? Alors, est-ce que l'article 14 est adopté?
La Présidente (Mme Champagne) :
Adopté, quoique non sexy. C'est ça. Voilà.
La Présidente (Mme Champagne) : C'est
en plein ça.
L'article 15, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lelièvre : «15. Toute personne
qui assiste à une séance du conseil à distance, par la voie du téléphone ou d'un
autre moyen de communication, peut poser aux membres du conseil des questions
orales durant la période de questions.»
Dans
les notes explicatives, on dit :
L'article 15 complète l'article 12. Il
tient pour acquis que les membres du conseil
qui participent aux séances du conseil à distance doivent le faire de manière
publique et prévoit que les personnes qui assistent à la séance à
distance peuvent également poser des questions orales durant la période de
questions, de la même manière que durant une séance normale du conseil.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, commentaires? M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Oui. Visés ici ce
sont les citoyens, si j'ai bien compris, qui peuvent poser les questions
selon... Et est-ce que, dans la
Loi sur les cités et villes, la durée de
la période de questions est prédéterminée ou est-ce que ça, c'est le genre de
choses que le gouvernement régional peut établir?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
M. Lelièvre : Merci. Dans la
Loi sur
les cités et villes, qui va s'appliquer dans le cas de cette nouvelle
municipalité, la
Loi sur les cités et villes précise que le conseil peut, par
règlement, adopter des mesures légiférant ou réglementant la période de
questions, la durée et la portée des questions. Puis là je vois votre député
confrère qui a une vaste expérience
là-dedans, qui connaît bien la mécanique, hein? Donc, oui, il faudra que ce
pouvoir-là soit exercé par règlement du futur conseil qui va stipuler la
durée, est-ce qu'on doit s'identifier, le nombre de questions, etc., comme les
municipalités ordinaires, entre guillemets.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Chapleau.
Carrière : Dans le cas où
les... Ce que je comprends, c'est que tous les citoyens du nouveau
gouvernement régional pourront, par un moyen
technologique quelconque, en tout temps, assistés par un autre moyen qu'être
présent, ils pourront poser des questions?
Ce serait une première, là, parce que, dans une municipalité, il n'y a pas ce
mécanisme-là, là.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
Lelièvre : Vous avez raison,
c'est une première au niveau des participants, des citoyens et citoyennes.
Par contre, ce mécanisme-là existe déjà au
niveau des membres du conseil de la municipalité de Baie-James, qui, à
distance, pouvaient participer, mais, pour
les citoyens, c'est une première. C'est pour permettre, oui, de favoriser la
participation sous une forme virtuelle, téléphone, ou vidéoconférence, ou
autrement.
Présidente (Mme Champagne) :
M. le député de Berthier, M. le député de Deux-Montagnes et peut-être M.
le député de Jacques-Cartier. Alors, M. le député de Berthier.
Villeneuve : Merci, Mme la
Présidente. C'est très intéressant, effectivement, et puis je comprends les...
Donc, on a beaucoup de questionnement, pour avoir vécu plusieurs années cette
période de questions là, qui est différente de celle de l'Assemblée nationale,
soit dit en passant, qui est tout aussi palpitante par moment aussi. Mais ce
qui est intéressant, c'est qu'on vienne le
camper dans la loi, parce que, oui, c'est vrai que la période des questions,
elle est balisée par le Code municipal, par les cités et villes, mais là
il y a un élément qui est très clair dans la loi ici, là, qui vient... La
période de questions devra s'adapter à cet article-là, et ça, c'est tout à fait
extraordinaire, à mon sens, à tout le moins, parce que moi, j'en... Je suis
tout à fait d'accord. Merci.
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci. M. le député de Deux-Montagnes, oui.
M. Goyer : Oui, peut-être un
éclaircissement, Mme la Présidente. Parce que, quand je lis l'article 15 puis
je regarde la note explicative, il n'y a pas
de concordance. Parce que «toute personne»… puis on dit que c'est les
membres du conseil. Ça fait que c'est toute personne membre du conseil qui
assiste à une séance du conseil. Il me semble qu'on devrait marquer, après
«toute personne», «membre du conseil».
Si on veut, par la suite, que les citoyens à
distance peuvent poser des questions aux membres du conseil, il faudrait faire
le 15a, «toute personne», si on veut faire les choses dans les... Si je veux
comprendre comme il faut, là, c'est de même que ça devrait être.
Et mon deuxième point, «peut poser aux membres
du conseil», moi, quand j'étais conseiller municipal, il fallait toujours que je pose la question au
président ou au maire du conseil. Là, il peut poser une question à tout
membre du conseil.
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre, je vais vous laisser expliquer au député de Deux-Montagnes.
Oui.
Goyer : Bien, je n'étais
pas là. C'est le ministre qui peut décider.
M. Lelièvre :
Oui. Je comprends votre questionnement. Écoutez, quand on parle, au premier...
dans la note explicative, c'est là qu'il peut y avoir confusion, mais, bon,
après lecture, après les explications que j'ai reçues, là, ça s'explique. On dit, à la
première ligne : «…il tient pour acquis que les membres du conseil qui
participent aux séances du conseil à
distance doivent le faire de manière publique…» D'abord, ce qu'on dit, on vient
ajouter un élément d'information à l'effet
que les membres du conseil qui ne sont pas présents à l'endroit où on siège
devront être présents dans un endroit public. Ça, c'est une autre
affaire.
Après ça, on arrive avec
les participants. On dit que «les personnes qui assistent à la séance…»
Là, c'est les participants. Là, on explique qu'est-ce qui se passe.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député, est-ce que c'est suffisant comme
explication?
M. Lelièvre :
Ce n'est pas clair?
M. Goyer :
Bien, c'est vous le maître d'oeuvre, M. le ministre.
M. Lelièvre :
Non, non, mais c'est important. Votre question est pertinente. Si ce n'est pas
clair, il faut le préciser, là.
M. Goyer :
Bien, c'est parce que je pensais que le droit de parole est différent selon le
chapeau qu'on porte. Toute personne, tout citoyen qui assiste, à un
endroit public où il y a un membre du conseil qui assiste par technologie, il
peut poser une question aux membres du conseil. Ça, c'est l'article 15. Mais ce
qu'il faudrait rajouter, c'est que toute personne membre du conseil pose des
questions. Moi, je pensais qu'on venait préciser finalement qu'il ne fait pas
juste écouter, le membre du conseil, il peut poser des questions à son propre
conseil.
M. Lelièvre :
Là, il faut...
La Présidente (Mme
Champagne) : Allez-y, M. le ministre.
M. Lelièvre : Mme la Présidente, là il faut comprendre qu'on parle... C'est un
article 15 qui vise les participants et non pas les membres du conseil.
Dans l'explication, la note explicative, on amenait un peu plus large. Mais il
faut vous rapporter aux trois dernières lignes de l'article 15, dans les notes
explicatives, vous allez comprendre le sens. Effectivement, ça peut porter à
confusion, mais, moi, dans ma lecture à moi, ça fait le travail.
La Présidente (Mme
Champagne) : L'objectif est atteint. Merci, M. le ministre. Alors, M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Oui. On trouve cette obligation pour les membres d'être en public… est-ce qu'on
la trouve dans un autre
article ou est-ce que c'est juste un ajout qui n'est
pas à sa place?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
M. Lelièvre :
Non. On m'informe que c'est le seul
article qui vient préciser que...
M. Kelley :
Alors, il n'y a pas vraiment une obligation.
M. Lelièvre :
Vous avez raison.
M. Kelley :
Moi, je pense, quelqu'un peut le faire à partir de sa maison, parce que sinon
on présume que le maire de Matagami, s'il ne peut pas être présent
physiquement, doit le faire aux bureaux municipaux ou quelque chose comme ça, un représentant cri doit le faire à partir du
bureau de la nation... au bureau de la communauté crie. Alors, il n'y en
a pas... Alors, ça sème la confusion. Mais,
si j'ai bien compris, si je lis 15, il n'y a aucune obligation que le membre
fait ça publiquement. Alors, il peut prendre son téléphone à la maison et se
joindre à la rencontre ou...
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, la question est posée. M. le ministre.
M. Lelièvre :
Je comprends votre préoccupation puis je la partage, même. Effectivement, dans
la note à la page 37, on vient préciser, on
dit qu'«il tient pour acquis que les membres du conseil qui participent aux
séances du conseil à distance doivent le faire de manière publique».
Mais ça, c'est dans la note explicative.
Mais,
effectivement, je vais poser la question aux gens qui m'accompagnent, puis, s'il
n'est pas… Puis là je pose la question en même temps aussi, parce que c'est
important, là : S'il n'est pas inscrit ailleurs dans le projet de loi qu'à
l'article 15, là, si on n'a pas écrit ailleurs que les membres du conseil
doivent être dans un endroit public, comment peut-on
s'assurer, donc, qu'ils respectent cet objectif-là? C'est un objectif, mais ce
que je comprends, ce n'est pas écrit dans la loi comme tel. C'est ce
que... Je comprends bien votre préoccupation? C'est ça?
M. Kelley :
Oui. Soit, j'imagine, au lieu physique de la rencontre, c'est public.
M. Lelièvre : Ça, il n'y a pas de
problème.
Kelley : Alors, on va être
autour d'une table, et il y aura l'appareil, et on va entendre la voix de
quelqu'un qui est là via son téléphone, mais ça ne veut pas dire que la
personne… lui-même est en public. C'est plutôt qu'on peut entendre sa voix en
public à la rencontre. Alors, la note explicative n'explique pas exactement le
sens de l'article, si j'ai bien compris.
La Présidente (Mme Champagne) :
...article 15, oui. Alors, M. le ministre.
Lelièvre : Oui,
effectivement, il y a peut-être lieu d'apporter une précision pour... Puis là,
si on veut s'assurer que les personnes qui ne sont pas physiquement
présentes à l'endroit où se tient la séance du conseil, si on veut s'assurer que ces gens-là, qui ne sont pas
présents à la séance même, soient présents ailleurs, dans un endroit public,
comme vise la note explicative, je pense qu'il y aurait peut-être lieu d'apporter
une précision.
Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce que je comprends bien, M. le député de Jacques-Cartier, que vous
souhaiteriez que l'explication soit corrigée ou l'article corrigé?
M. Kelley : Moi, je pense que l'article
est correct.
La Présidente (Mme Champagne) : C'est
l'explication qui vous...
Kelley : C'est plutôt la
note qui sème la confusion. Mais je veux m'assurer que mon interprétation est
bonne. Et je reviens à l'entente
signée : «Les séances du conseil sont publiques. Une séance du conseil
comprend une période au cours de laquelle les personnes qui y assistent
physiquement ou au moyen de communications électroniques peuvent poser des
questions orales aux membres du conseil.»
Alors, il n'y
a aucune… dans l'entente signée il y a un an, aucune obligation que le représentant
de Matagami ou d'Oujé-Bougoumou doit être en public sur un téléphone.
Parce que, si c'est ça, le cas, il faut définir un lieu public, et, je pense, ça complique davantage l'affaire.
Alors, c'est la séance comme telle au lieu physique où se trouve le
quorum, c'est ça ou l'obligation d'être public. Et, pour le reste on peut faire
ça à partir de la maison, si on n'est pas présent physiquement, si j'ai bien
compris, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Champagne) :
Je pense que vous avez bien compris. Alors, M. le ministre, votre
proposition sur l'explication serait de corriger l'explication?
M. Lelièvre : Si vous permettez, j'aimerais
consulter les gens qui m'accompagnent pour être bien certain parce que, moi, ça
a soulevé une autre interrogation, votre question.
Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce que vous préférez qu'on suspende quelques minutes, M. le ministre?
M. Lelièvre : Quelques minutes.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, on va suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 49)
Présidente (Mme Champagne) :
Bon. Alors, nous allons reprendre nos travaux et, pour fins d'enregistrement,
nous allons suspendre l'article 15 afin de
permettre la correction de l'explication. C'est bien ça? Donc, suspendu
jusqu'à...
Kelley : ...Mme la
Présidente, de s'assurer qu'est-ce qu'on veut faire, qu'est-ce qu'on veut dire,
parce que je pense qu'il y a deux écoles de pensée. Il faut juste mettre
ça au clair pour les acteurs régionaux.
Présidente (Mme Champagne) :
Excellent, M. le député de Jacques-Cartier. Donc, nous le suspendons et
nous passons à l'article 16. Alors, M. le ministre, si vous voulez faire la
lecture de l'article 16.
M. Lelièvre : Oui, Mme la
Présidente.
L'article 16 se lit comme suit :
«16. L'avis
de convocation d'une séance extraordinaire du conseil est signifié aux membres
du conseil au plus tard 48 heures avant l'heure fixée pour le début de
la séance.»
Comme informations complémentaires, on
dit :
L'article 16 prévoit le délai pour la convocation d'une séance extraordinaire du conseil. En dérogation avec l'article
323 de la
Loi sur les cités et villes, qui prévoit un délai minimal de
24 heures, l'article 16 prévoit un délai minimal de 48 heures.
La règle selon laquelle tout membre présent à
une séance peut renoncer à l'avis de convocation, prévue à l'article 325 de la
Loi sur les cités et villes, continue de s'appliquer.
Donc, c'est un élément de temps qu'on ajoute
compte tenu des distances et du territoire à couvrir.
Présidente (Mme Champagne) : Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article
M. Kelley :
Alors, on déroge à cause...
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. On déroge à cause de la distance…
M. Lelièvre :
Exactement, la distance, les particularités du territoire.
M. Kelley :
...plutôt que 24 heures, on donne 48 heures pour les déplacements nécessaires,
et tout le reste.
La Présidente (Mme
Champagne) : C'est clair comme explication. Est-ce que l'article 16
est adopté?
La Présidente (Mme
Champagne) : Adopté. On en est à l'article 17.
M. Lelièvre : «17. Le nombre de membres nécessaire pour convoquer une séance
extraordinaire du conseil est de dix, comprenant au moins cinq membres
du groupe visé aux paragraphes 1° et 2° de l'article 6 et cinq membres du
groupe visé au paragraphe 3° de l'article 6.»
L'article
17 prévoit une règle particulière en matière de convocation d'une séance
extraordinaire du conseil du gouvernement
régional. Cette règle déroge au deuxième alinéa de l'article 324 de la
Loi sur
les cités et villes, qui prévoit que,
dans le cas où le conseil comprend plus de sept membres, le nombre de membres
nécessaires pour exiger la convocation d'une séance extraordinaire est
de 40 % des membres du conseil, donc neuf membres dans le cas du conseil
du gouvernement régional.
La Présidente (Mme
Champagne) : Commentaires? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
On voit un petit peu reflétée ici la notion de double majorité. Plutôt que
neuf, on va à 10, parce que, comme ça, il y a les membres importants des
deux parties. C'est bien ça ou...
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui. Écoutez, oui, grosso modo, si on avait
appliqué la loi telle quelle, ça aurait été neuf membres. Là, on
parle de 10 pour respecter la parité des deux groupes.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, est-ce qu'on considère que l'article 17 est
adopté?
La Présidente (Mme
Champagne) : Adopté. On en est déjà à l'article 18.
M. Lelièvre :
L'article 18 se lit comme suit :
«18. Le Gouvernement
régional est doté d'un comité exécutif.
«Le mandat d'un
membre du comité exécutif est de deux ans.»
Dans les notes
explicatives :
L'article 18 prévoit que le gouvernement régional est doté
d'un comité exécutif. La seule tâche qui incombe au conseil du gouvernement
régional consiste à en désigner les membres. Cette décision se prend à la
majorité simple.
En vertu des articles
70.1 et 70.2 de la
Loi sur les cités et villes, qui sont applicables, le comité
exécutif du gouvernement régional sera constitué de cinq membres, dont le
président du conseil qui en sera président d'office.
L'article 95 du
projet de loi prévoit des règles temporaires quant à la composition du comité
exécutif du gouvernement régional. Ces règles seront applicables jusqu'au 1er
janvier 2023. Elles prévoient que, jusqu'à cette date, les quatre membres
désignés du comité exécutif devront être choisis à parts égales parmi les
membres des deux groupes représentés au conseil — Cris et autres membres
du conseil.
La Présidente (Mme
Champagne) : Commentaires? M. le député de Chapleau.
M. Carrière :
…c'est le seul endroit, à l'exécutif, qu'il n'y aura pas la parité parce que le
président sera en alternance, à la fois soit
les Cris ou soit les... O.K. Et tout le monde était d'accord avec... Est-ce qu'on
a consulté sur cet article? Je ne m'en rappelle plus, là...
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
Lelièvre : Oui.
Effectivement, c'est vraiment un article... Bon, c'est un des seuls endroits, à
ma connaissance, là, où il n'y aura
pas à parité, compte tenu de la présidence. Il n'y a pas eu, à ma souvenance,
de commentaire lors des consultations particulières, donc c'est un bon
signe. Puis, en plus, l'article 18 donne suite à l'entente, à l'article 112 de
l'entente. Donc, c'est même conventionné dans l'entente. Donc, ça a été
négocié, je présume.
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Donc, l'article 18 est adopté?
La Présidente (Mme Champagne) :
L'article
19. M. le ministre.
M. Lelièvre : Au niveau des
employés.
«19. Le gouvernement régional doit nommer un
directeur général et un directeur général adjoint et, dans la mesure du possible, assurer un équilibre en termes
de représentation des Cris et des personnes qui ne sont pas des Cris
dans la dotation de ces postes.»
L'article 19
oblige le gouvernement régional à nommer un directeur général, bon, et un
directeur général adjoint. Afin de favoriser la participation des Cris à
l'administration du gouvernement régional, ce dernier devra, dans la mesure du
possible, assurer un équilibre en termes de représentation des Cris et des
personnes qui ne sont pas des Cris dans la dotation de ces postes.
La Présidente (Mme Champagne) :
Commentaires? M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Oui. Alors, juste
toute la notion, «dans la mesure du possible», c'est juste la disponibilité des
personnes aptes à prendre les responsabilités,
tout le reste. Et, plutôt que désigner un-un, on va garder la souplesse pour le
gouvernement régional de prendre les décisions qui s'imposent?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
Lelièvre : Oui.
Effectivement, la notion de «mesure du possible» trouve sa place dans le fait…
On connaît la rareté de la main-d'oeuvre.
Ce sont des postes, quand même, qui requièrent des compétences particulières.
On est dans un territoire où les ressources humaines doivent être
relativement rares, hein? Si on se fie à la pénurie de main-d'oeuvre dans l'ensemble du Québec, ça ne doit pas être
mieux dans le Nord-du-Québec. Donc, à cause de la rareté, vous l'avez
bien exprimé, c'est ce qui nous amène à ne pas être catégoriques.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Chapleau.
Carrière : Que fait-on… ou
quel est le lien avec cet article-là et le fait que, pour une période de cinq
ans, les gens qui sont déjà à l'emploi de la CRE…
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
Lelièvre : Il va y avoir un
lien à faire, on va arriver tantôt à l'article qui touche ce qu'on appelle la
sécurité d'emploi pour cinq ans suite à un
regroupement. Écoutez, selon moi, les employés qui sont visés par ces deux
postes-là devraient être protégés, malgré
que, si ce sont des employés qui sont déjà en place dans la municipalité de
Baie-James, à mon avis, ils vont
bénéficier de la protection, mais, si ce sont des nouveaux employés, à ce
moment-là la clause du 50 ne s'appliquerait
pas, mais disons que c'est... On va y arriver tantôt, aussi, à cette clause-là.
Mais il y a un lien à faire entre les deux. Mais, à ce moment-ci, c'est
juste la question d'assurer l'équilibre entre les deux postes clés que sont
direction générale et direction générale adjointe.
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a d'autres questions sur l'article 19? M. le député de
Jacques-Cartier.
Kelley : Ou peut-être dans
la même optique, est-ce qu'il y a un choix à faire ou est-ce qu'automatiquement
le directeur général de la municipalité de la Baie-James va automatiquement
devenir le directeur général de la nouvelle entité? Et est-ce qu'un directeur
adjoint est… Alors, j'essaie de voir à quel moment il y aura le choix pour...
On parle d'un nouveau directeur général. Est-ce qu'il y a vraiment un choix à
faire à court terme ou non?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
M. Lelièvre :
Il y a déjà une direction générale à la Baie-James. Et, selon les informations
que j'ai, il n'y a pas de direction générale
adjointe, hein? Il n'y a pas de direction générale adjointe encore, donc il y
aura un poste à pourvoir. Je crois qu'il
faut laisser... Oui, il y a la prérogative… On dit que nul... quelque chose
comme... Je résume ça dans mes mots,
là, mais, par rapport à la clause des regroupements et des constitutions de
nouvelles municipalités, on dit qu'aucun employé ne peut, du seul fait d'un
regroupement, subir de diminution de traitement, etc. Donc, au-delà de ça, moi,
je considère que ça va
être... à mon avis, ce serait... on doit laisser la décision de la sélection et
de l'engagement du personnel au nouveau conseil, qui devra évaluer si
les ressources en place sont disposées à répondre aux nouvelles exigences de la
nouvelle entité.
La Présidente (Mme
Champagne) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? M. le député,
non?
M. Kelley :
L'esprit de mes commentaires était toujours : on a les principes et on a
le pratico-pratique, alors c'est juste de l'arrimage entre les deux.
La Présidente (Mme
Champagne) : C'est ça.
M. Kelley :
Je comprends le besoin de s'assurer une sécurité d'emploi dans la transition
qui fait
partie de l'entente, mais également on veut s'assurer que, la
nouvelle entité, il y aura le reflet des deux composantes, c'est-à-dire les personnes, des employés qui viennent de la Jamésie
et les employés qui viennent d'Eeyou Istchee aussi. Alors, on cherche, à
moyen terme, au rythme de croisière. Alors, on a ces deux objectifs : une
assurance, une sécurité d'emploi pour les employés de la municipalité de la
Baie-James existante, mais on veut voir évoluer une main-d'oeuvre crie
également autour de cette entité. Et, je pense, c'est ça qui est un des enjeux
intéressants dans le projet, si j'ai bien compris.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre, c'était bien compris comme ça?
Voilà.
M. Lelièvre : C'est bien la... Votre compréhension est bonne. C'est l'esprit, en tout
cas, qui sous-tend le projet de loi.
Mais, au niveau de l'article 19, on s'entend que là on précise strictement dans
le cas des deux postes de D.G. et D.G. adjoint.
Mais l'esprit que... en tout cas, l'objectif que vous venez de mentionner, c'est
ce que j'ai entendu, et, j'espère, c'est dans cette optique-là que la nouvelle entité va pouvoir prendre des
décisions dans le futur pour respecter les deux communautés puis viser
une parité. C'est des phrases et des objectifs que j'ai entendus depuis que je
suis dans ce dossier-là. J'espère qu'ils vont être mis en application.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, est-ce que l'article... Non, il n'est pas tout à
fait adopté. Alors, il y a le député de Chapleau qui a une question.
M. Carrière : Oui. Ce que madame disait, là, au ministre, si j'ai bien compris, que,
présentement, il n'y a pas de directeur général adjoint, donc il n'y a
pas... Il y a peut-être quelqu'un qui occupe la fonction d'adjoint au directeur
lorsque, lui, ne peut occuper la fonction,
mais que ce n'est pas un poste à temps plein. Là, par cet article-là, est-ce
qu'on exige au gouvernement régional d'avoir un poste à temps plein de
directeur général adjoint?
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre :
Oui, effectivement. Parce que la façon qu'il est libellé, on dit : «Le
gouvernement régional doit nommer un
directeur général et un directeur général adjoint…» Donc, selon l'information
que j'ai, il n'y a pas de directeur général adjoint, donc ce serait...
La Présidente (Mme
Champagne) : Un poste à pourvoir.
M. Lelièvre :
...un nouveau poste à reconnaître. Est-ce qu'il y a quelqu'un dans l'organisation
qui peut automatiquement le faire? Ça va être à l'organisation à l'évaluer.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député.
M. Carrière : …ce qu'on voit souvent dans les plus petites municipalités, la personne
qui a le
titre de directeur général adjoint peut être à la fois, je ne
sais pas, moi… Un exemple, quand, moi, j'étais maire, il était directeur des
travaux publics aussi. Donc, la majeure
partie de son travail était comme
directeur des travaux publics, et, quand la directrice
générale ne pouvait y être, bien là... ou quand il y avait des mandats de la
direction générale… Mais là ce que je comprends,
c'est qu'on exige au gouvernement régional qui a évalué les besoins de créer un
poste de directeur général adjoint.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
M. Lelièvre : Écoutez, moi, ce que je lis à la lettre, c'est qu'on doit avoir un
poste de directeur général adjoint, mais je ne crois pas — puis là les gens au contentieux me corrigeront — je
ne crois pas qu'avec le libellé actuel ça empêcherait d'atteindre l'objectif que vous avez déjà mis en
application chez vous, dans votre organisation, c'est-à-dire qu'il peut
y avoir quelqu'un... On ne parle pas d'exclusivité
de fonction, à mon avis. Ça, je crois que ça rentre dans la régie interne et,
si...
M. Lelièvre :
Hein? Je comprends très bien votre préoccupation puis je la partage. Si jamais
l'organisation décidait de nommer un
directeur général adjoint mais qui serait également directeur des ressources
humaines ou directeur des loisirs… Est-ce qu'à première vue on attache un caractère d'exclusivité
à partir de ce qui est écrit là? Moi, je ne le vois pas de même, là,
mais il y a des juristes autour de moi qui vont peut-être dire autre chose.
M. Lelièvre :
C'est dangereux, ça.
Des voix :
Ha, ha, ha!
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : À date, il n'y a personne qui m'a dit le contraire de ce que je viens
de vous dire, dans les deux juristes à côté de moi.
La Présidente (Mme
Champagne) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
M. Lelièvre :
…d'accord avec ça?
La Présidente (Mme
Champagne) : Donc, l'article 19 est adopté?
M. Lelièvre :
On nous avait aussi soumis une proposition…
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui.
Lelièvre : Je m'excuse,
Mme la Présidente. Si ça peut vous... Si vous croyez que c'est opportun, on
peut en discuter. Le mot «nommer»,
est-ce qu'ici c'est la particularité de devoir nommer? Parce qu'effectivement,
quand on dit «nommer», c'est comme s'il fallait reconnaître, recommencer
un processus ou officialiser un processus. On pourrait remplacer le mot «nommer» par «avoir» ou «bénéficier de», «avoir». Donc,
là, ça voudrait dire qu'on serait... si c'est le fait de ne pas reconnaître quelqu'un qui est déjà en
place, on pourrait dire «avoir», mais là on parle de «nommer», donc ça oblige la nouvelle entité à officiellement poser
un geste de reconnaissance, de nommer, alors qu'avoir un directeur
général est-ce qu'on peut prendre
automatiquement celui qui est en place puis le... Moi, je pense qu'il va
falloir que ça se fasse quand même...
Écoutez, c'est une proposition qu'on... une suggestion qu'on vient d'amener. Si
ça vous sécurise, on peut en débattre.
La Présidente (Mme
Champagne) : Bon. Alors, voulez-vous débattre de cela ou vous laissez
ça tel quel?
M. Carrière : Non. D'abord, c'était juste que, dans le fond, mon seul
questionnement : Est-ce que ça donnait l'obligation au gouvernement
régional d'avoir et un D.G. et un D.G.A., les deux à temps plein, là? Et là on
leur dit déjà qu'est-ce que vous allez faire. Ça fait que c'était
là-dessus où je me questionnais.