Culture and Education — 7 February 2013 (40th Legislature, 1st Session)
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(30 octobre 2012 au 5 mars 2014)
Le jeudi 7 février 2013 - Vol. 43 N° 3
Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, volet Enseignement supérieur
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Table des matières
Enseignement supérieur 1
Remarques
préliminaires 1
M. Pierre Duchesne 1
M. Gerry Sklavounos 3
M. Stéphane Le Bouyonnec 6
Discussion
générale 7
Document déposé 30
Autres intervenants
Mme Lorraine Richard, présidente
M. Daniel Breton
M. Émilien Pelletier
M. Jean D'Amour
M. Sylvain Roy
Mme Françoise David
Journal des débats
(Neuf
heures trente-trois minutes)
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : À l'ordre, s'il
vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de
la culture et de l'éducation ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Enseignement
supérieur
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du volet Enseignement
supérieur relevant du portefeuille
Enseignement supérieur, Recherche, Science et Technologie pour l'exercice
financier 2013‑2014.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. M. Bureau-Blouin (Laval-des-Rapides) sera remplacé par
M. Breton (Sainte-Marie—Saint-Jacques) et Mme
Roy (Montarville), par M. Le Bouyonnec (La Prairie).
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci. Nous
allons débuter par les remarques préliminaires puis nous allons procéder à une
discussion d'ordre général par des blocs de 20 minutes environ, incluant les
questions et les réponses.
La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée le vendredi 8 février, à la fin du temps qui est
alloué à l'étude de ce volet.
vous informe que la députée de Gouin a signifié son intention de participer à l'étude
de ce volet cet après-midi. Elle disposera d'un
temps de parole de 20 minutes.
Puisque
nous avons débuté nos travaux à 9 h 34 et qu'une période de
3 h 30 min doit être consacrée à l'étude de ce volet ce matin, y
a-t-il consentement pour poursuivre au-delà de l'heure prévue, soit jusqu'à
13 h 34... je m'excuse, 3 h 4? Il y a consentement?
En terminant, je vous
invite, aux fins de l'exercice de l'étude des crédits, à poser de courtes
questions et, incidemment, à fournir des
réponses tout aussi brèves, et de façon à favoriser le plus grand nombre d'échanges
possible.
Remarques préliminaires
Nous débutons sans
plus tarder avec les remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de
15 minutes pour vos remarques préliminaires, vos remarques d'ouverture. La
parole est à vous, M. le ministre.
M. Pierre Duchesne
M. Duchesne : Bonjour, Mme la Présidente. Alors, je vous salue, bien
sûr, députée de Duplessis, mais mes collègues députés également, député de
Bonaventure, député de Sainte-Marie—Saint-Jacques, député de Saint-Hyacinthe,
député de Laurier-Dorion et le député de La Prairie. Alors, je tiens,
donc, à peut-être commencer en vous présentant un état général, qu'on comprenne
bien pourquoi on en est rendus où on en est rendus aujourd'hui.
C'est donc un grand
plaisir pour moi d'être ici présent pour présenter, bien sûr, défendre, comme
on dit en termes parlementaires, les crédits de l'Enseignement supérieur. C'est
un exercice qui se déroule, je le répète, dans un contexte un peu particulier. Le 19 septembre dernier, j'ai hérité d'un
nouveau ministère, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la
Technologie. Ça faisait une bonne vingtaine d'années que l'on n'avait pas eu un ministère de l'Enseignement supérieur au
Québec. Je n'ai pas besoin de vous expliquer pourquoi la première ministre a considéré essentiel d'en recréer un. La
crise que nous avons traversée depuis un an est très certainement l'une
des pires crises que nous avons connues au Québec. Elle a eu des coûts
financiers, des coûts humains. Elle a divisé les Québécois, elle a semé la discorde dans les familles et dans les milieux
de travail. Je pense qu'il est important, alors que nous abordons l'étude des crédits, de se rappeler
les événements qui nous ont conduits là où nous sommes aujourd'hui.
Revenons en arrière.
En 2008, un gouvernement libéral est élu sur la base d'un programme où il n'y
avait aucune mention des droits de scolarité. En décembre 2010, ce gouvernement
organise une rencontre avec les partenaires du milieu de l'enseignement
supérieur. Très clairement, la hausse des droits de scolarité était devenue l'objectif prioritaire de ce gouvernement. C'est
la première chose que les gens m'ont dite quand, en octobre, j'ai
commencé mes consultations en vue de la préparation de notre sommet : Ne
faites pas comme les libéraux, m'ont-ils dit. Ne pipez pas les dés comme eux. La consultation de décembre 2010 avait pour
seul but de faire accepter une hausse massive et brutale des droits de scolarité. Ça n'avait pas été un succès, cette
rencontre des partenaires. La moitié avait claqué la porte sans attendre
la fin.
Quelques mois plus tard,
en mars 2011, le gouvernement libéral annonçait officiellement sa décision déjà prise. À partir de l'automne
2012, les droits de scolarité devaient être haussés de 325 $ par année
pendant cinq ans, un total de 1 625 $.
Et on introduisait, du côté du Parti libéral, le concept de juste part sans
expliquer pourquoi, au Québec, il fallait s'en aller vers un modèle à l'américaine où on finance les universités à
partir de l'endettement des jeunes qui cherchent à s'établir dans la
vie. C'était un gros changement avec des implications importantes. Tout au long
de l'année, les étudiants ont commencé à s'organiser — on
parle de 2011 — à s'organiser contre cette hausse brutale. Ils ont
commencé à expliquer leur point de vue, à
convaincre des gens que la hausse était trop importante. En février
2012 — ça fait tout juste un an — ils ont commencé à
voter des mandats de grève générale illimitée.
Dès le début, le gouvernement libéral a très
mal évalué la résistance à sa politique. Le gouvernement libéral s'est dit que les étudiants critiqueraient pendant deux ou
trois semaines puis qu'ils rentreraient dans le rang. C'était une erreur, une erreur stratégique importante. Quand
vous êtes un gouvernement, vous devez vous assurer de préserver, de maintenir la paix sociale. Vous ne devez pas
provoquer les gens, vous devez avancer avec respect envers toutes les
entités de la société. Les libéraux se
disaient que les étudiants et les citoyens qui les appuyaient ne croyaient pas
assez en la justesse de leur cause pour mettre en danger leur session.
Le mouvement ferait peu de bruit mais s'étiolerait rapidement.
Le gouvernement libéral n'a pas compris qu'il
y avait des gens dans la société qui considèrent qu'il est important de conserver
un système universitaire reposant d'abord sur la solidarité entre les
générations plutôt que sur l'endettement des jeunes. Le gouvernement libéral n'a pas compris non plus qu'il avait
perdu son autorité morale. Il n'a pas compris que son refus, pendant des années, de mettre sur pied
une commission d'enquête sur la corruption lui avait fait perdre toute
sa crédibilité et limitait sa capacité à lancer des réformes controversées qui
divisaient la population.
• (9
h 40) •
Après le scandale des garderies et de la
carte de crédit de l'ex-député de LaFontaine, après les histoires de soirées de financement et de billets pour Céline Dion de l'ex-députée
de Bonaventure, après l'histoire des contrats sans appel d'offres à l'entreprise
ABC Rive-Nord de l'ancien député d'Argenteuil, après l'histoire du deuxième
salaire versé secrètement pendant des années
au premier ministre Jean Charest — 75 000 $ versés par
année sans que personne ne le sache
pendant au moins 10 ans par le PLQ, et ça provenait de contributeurs, on n'a
jamais su de qui, au juste — après cette autre bavure, le
gouvernement libéral n'était pas en bonne position pour gérer une crise
sociale, c'est le moins qu'on puisse dire.
La contestation a donc grandi et grandi. Le
22 mars 2012, il y avait 200 000 manifestants dans les rues de Montréal, la plus
grande manifestation au Québec depuis 10 ans. Plus de 300 000 étudiants
étaient en grève, et encore plus avaient pris position contre la hausse brutale des droits de scolarité. C'est à
partir de ce moment que le régime libéral s'est dit que son plan initial risquait de ne pas fonctionner, et c'est
là que les choses se sont mises à déraper. Quelqu'un au gouvernement, au
gouvernement libéral, a réalisé à ce moment-là que ce serait peut-être plus
facile de faire une élection sur la crise étudiante,
de faire une élection sur le dos de toute une génération. Ce serait plus
facile, faire une élection là-dessus que sur le bilan de leur gouvernement en matière de lutte contre la corruption.
On a ainsi espéré que les gens plus âgés soient en colère non pas contre ce gouvernement libéral et
ses histoires de corruption, mais contre leur jeunesse. On a déchiré le
tissu social au Québec, et ce gouvernement s'est
dit — ce gouvernement libéral — qu'il pouvait gagner une
élection de cette façon.
Le gouvernement libéral s'est donc entêté. Il
ne fallait pas discuter, il ne fallait pas arriver à un compromis. Il fallait en remettre, il fallait faire monter les tensions
sociales. Il fallait préparer les élections le plus rapidement possible. On connaît la suite, Mme la Présidente. On refuse de
rencontrer les leaders étudiants, on multiplie les déclarations incendiaires
pour faire monter la pression toujours plus,
on met en danger la paix sociale au Québec. On se défend d'instrumentaliser
la crise, dit-on, au PLQ, mais, au lieu de calmer le jeu et de s'asseoir avec
les partenaires, on fait des blagues sur les jobs
dans le Nord, et je pense que j'aurai l'occasion de rappeler cette mauvaise
blague un peu plus tard. On accuse même un poète comme Fred Pellerin de
faire de l'intimidation.
Dans un contexte aussi tendu, il fallait s'attendre
à des dérapages, et il y en a eu à Montréal, à Victoriaville, au collège
Lionel-Groulx, aussi à Québec. On a mis de la pression sur les étudiants, on a
mis de la pression sur les policiers, on a mis de la pression sur les administrations collégiales, sur les
administrations universitaires. On a mis de la pression sur les Québécois, dans leurs familles, qui devaient
regarder ces images insoutenables pendant plusieurs soirs. Il commençait
à y avoir des débordements et même des blessés. Les coûts commençaient à
augmenter, les sessions commençaient à être en danger, les injonctions se
multipliaient. Les policiers, les recteurs, les directeurs de cégep étaient
exténués. Je me souviens d'une déclaration d'un recteur disant : La
décision doit se prendre de l'autre bout de l'autoroute 20, à Québec, on attend
toujours. Les professeurs exténués, les étudiants ne savaient plus à quoi s'en
tenir.
Au lieu de calmer le jeu, encore une fois de
façon très irresponsable, le gouvernement libéral lançait de l'huile sur le feu, une
loi spéciale a été adoptée pour casser le mouvement de protestation. Une loi
inique, inapplicable, d'ailleurs. Une loi
qui a été aussitôt critiquée par le Barreau du Québec, par tous les défenseurs
des droits et libertés et même par l'ONU.
Le gouvernement libéral faisait bloc, mais on
sait que, même parmi ses rangs, il y en a qui se rendaient compte, Mme la
Présidente, que quelque chose ne fonctionnait pas. Du haut de leur tour d'ivoire,
quand même, certains voyaient. L'entrevue qu'a donnée Line Beauchamp
dans Le Journal de Québec en fin de semaine est particulièrement éclairante. Je la cite. À propos de la loi n° 78, elle nous dit : «Il n'était pas envisageable pour moi
de déposer une telle loi à l'Assemblée
nationale — c'est la ministre de l'Éducation du temps qui
parle — comme me le demandait le premier ministre, avec l'appui du caucus et des députés.» Ça vous montre à quel point le
gouvernement libéral franchissait une
frontière morale en venant limiter le droit des gens de manifester et en
envoyant la police sur les campus.
Je cite encore une fois Line Beauchamp :
«Je m'opposais à la présence de
policiers sur le parvis des cégeps et à l'intérieur des murs [de l'université] — nous
dit la ministre de l'Éducation du temps. Ce sont des images que j'ai
trouvées insupportables.» Mme Beauchamp n'est pas la seule à
avoir trouvé ces images insupportables, tout le Québec se souvient de cette crise.
Pourtant, au sein du gouvernement, du
gouvernement libéral, ça ne bougeait pas. Je cite encore la ministre de l'Éducation
du temps, Line Beauchamp, qui a pris toute la pression pour ce premier ministre
du temps : «Personne ne voulait
bouger — dit Mme Beauchamp. On me disait, "Faut pas reculer,
Line, mais règle-nous ça." C'était insoluble — dit-elle — et totalement déchirant pour moi.» Vous savez très bien qu'elle a
démissionné dans les heures suivant...
précédant, en fait, l'adoption de cette loi.
Mme Beauchamp voyait bien que la
judiciarisation du conflit ne pouvait qu'empirer les choses. Sept universités, 18 cégeps se sont retrouvés avec des
injonctions. Les recteurs, les directeurs généraux n'ont pas trouvé drôle de se
faire prendre en otage par le gouvernement.
Il ne faut pas avoir passé beaucoup de temps à l'université ou au cégep
pour comprendre que les injonctions et la
présence policière, ça ne crée pas un contexte très favorable aux études et àl'apprentissage. Et puis il y a eu encore
les requêtes pour outrage au tribunal. À l'Université de Sherbrooke, la
rectrice en a reçu une, au cégep de l'Outaouais, au cégep de Sherbrooke.
On peut se considérer heureux, Mme la
Présidente, qu'il y ait eu un changement de gouvernement, parce qu'on ne sait pas où
tout cela nous aurait menés. Je demande aux Québécois de réfléchir, si le
gouvernement libéral a choisi d'aller en élection sur la crise
étudiante, qu'est-ce que ça aurait donné s'ils avaient continué dans cette
logique infernale.
En arrivant au pouvoir, notre gouvernement a
fait en sorte que le calme revienne sur les campus. Nous avons annulé la hausse brutale et on a abrogé la loi n° 78.
Tous les aspects liés à la limitation du droit de manifester, les attaques au droit d'accréditation des associations
étudiantes, tout cela a été éliminé. Ça a été mon premier décret même pas 48
heures après avoir été nommé ministre.
a aussi pris connaissance des coûts de la crise. Là, c'est important parce qu'on
sait que le gouvernement libéral a souvent
dit que, hein, l'économie et eux ne faisaient qu'un. Bien, on s'aperçoit, plus
le temps avance, qu'ils sont bien
loin d'une logique économique qui se tient. Petit à petit, au fur et à mesure
que les informations rentraient, nous avons pu évaluer l'importance du coût économique de cette crise. Il y a eu les
coûts sociaux, on aura l'occasion d'en reparler.
Les coûts économiques. Mme la Présidente, les
universités ont dépensé environ 13 millions de dollars en salaires supplémentaires pour les chargés de cours.
Pendant cette crise, les universités ont subi 12 millions de pertes pour
des cours annulés. Les universités ont dû
dépenser 4 millions pour la sécurité, pour réparer les bris, pour couvrir
les dépenses administratives liées à
cette crise. Au total, Mme la Présidente, 29 millions seulement pour les
universités. Et là on n'est pas dans l'enseignement. Pour les cégeps, la
grève a coûté un autre 30 millions de dollars en heures supplémentaires.
Il y a eu ensuite les coûts des services de
police. Et on a vu trop de ces images, je vous le rappelais tout à l'heure. Un coût en termes de stress pour les forces
policières, d'épuisement professionnel, mais aussi un coût en termes
monétaires. On évalue à 30 millions de dollars les coûts liés aux services
de police pour gérer cette crise que le gouvernement
ne voulait pas gérer : 20 millions à Montréal; 6,7 millions pour
la Sûreté du Québec; 1 million à Québec; 800 000 $ à Longueuil; 700 000 $ à Gatineau;
400 000 $ à Sherbrooke. À ces montants, il faut ajouter un
autre million de dollars en publicités que le gouvernement libéral a
diffusées pour tenter de gagner l'opinion publique alors que les manifestations se multipliaient. Un million
pour dire aux Québécois : On a fait erreur, mais croyez-nous quand
même.
Au total, la crise a donc coûté
90 millions. Ce n'est pas rien, ça, Mme la Présidente, 90 millions. C'est l'impôt des Québécois, ça, 90 millions qui nous
seraient bien utiles aujourd'hui. Donnons une idée concrète à ceux qui nous
écoutent, aux Québécois, de qu'est-ce que c'est, 90 millions. Ça équivaut
presque à ce qu'a rapporté la hausse des droits de scolarité des cinq dernières
années. Les cinq dernières années, le gouvernement avait mis fin au
gel — le gouvernement libéral — et avait augmenté les
droits de scolarité pendant cinq ans pour que cet argent soit versé aux
universités. Alors, on me dit que c'est terminé pour l'instant...
• (9
h 50) •
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Conclusion, M. le ministre.
Duchesne : ...j'aurai l'occasion,
sûrement, de revenir. Merci.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. J'invite maintenant le
porte-parole de l'opposition officielle, le
député de Laurier-Dorion, à faire ses remarques préliminaires pour un maximum
de temps de 15 minutes.
M. Gerry Sklavounos
M. Sklavounos : Merci, Mme la Présidente. D'abord,
vous saluer, ainsi que votre équipe, saluer les
collègues ministériels, les collègues de l'opposition,
deuxième groupe d'opposition et saluer le ministre et tous les gens du
ministère et du cabinet du ministre qui l'accompagnent et qui vont nous
assister dans ces travaux.
Je n'allais pas commencer de cette
façon — vous voyez, je n'ai pas de discours préparé et d'écrit — j'allais donner l'occasion au
ministre de faire ses remarques préliminaires et voir quelle approche et quel
ton le ministre voulait donner à cette étude de crédits. Ce qui frappe,
Mme la Présidente, dans les remarques du ministre, c'est que le ministre a passé... Et c'est bien 15 minutes de remarques
préliminaires que nous avons, il a passé ces 15 minutes à parler contre,
contre les libéraux. Dans les 15 minutes de remarques préliminaires, ce
ministre n'a pas dit un mot pour, pour les universités. Je suis en présence d'un
ministre de l'Enseignement supérieur qui vient d'ouvrir son étude de crédits en
attaquant pendant 15 minutes l'ancien gouvernement, en n'ayant rien de positif
à dire, en n'ayant rien de positif à mentionner sur sa propre administration,
des attaques. Il me semble... Et j'ai présidé une commission, Mme la
Présidente, et j'ai siégé comme membre à plusieurs reprises, je crois que c'est
la première fois que je suis témoin de remarques préliminaires aussi partisanes
venant d'un ministre...
M. Breton : Point d'ordre, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Oui, M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Breton : «Le député qui
a — pris — la parole ne peut [...] attaquer la conduite d'un
député, si ce n'est par une motion mettant sa
conduite en question.»
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques. M. le député de
Laurier-Dorion, veuillez poursuivre. Je vous invite à la prudence. Tout ça doit
se faire, ce débat, dans un bon climat.
Sklavounos :
Absolument. Le climat que M. le ministre a instauré lui-même avec ses remarques préliminaires, on dirait, pendant un moment, qu'on allait
voir le ministre quasiment sortir son carré rouge et le porter, Mme la
Présidente.
M. Breton : Point d'ordre.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques, soyez assuré
que je vais
diriger les travaux avec extrêmement de diligence, et je vais donner la parole
au député de Laurier-Dorion pour qu'il poursuive tout en l'invitant à la
prudence une autre fois.
M. Sklavounos : Absolument. Et je pense qu'il faut rappeler la liberté d'expression
à mon collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
On est en commission parlementaire. Je sais que le collègue a eu un petit peu
de difficultés par le passé avec la liberté d'expression, mais je lui
rappelle qu'en commission parlementaire il faut permettre aux députés de s'exprimer librement. Nous sommes à l'Assemblée
nationale, et je ne vais pas tolérer les tentatives de censure venant du
collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Alors, ce que...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques, écoutez, je
vais... et M.
le député de Laurier-Dorion, je vais vous inviter à faire en sorte que nous
puissions poursuivre les échanges. Nous sommes à l'étude des crédits, le député de Laurier-Dorion a la parole
pour le 15 minutes de ses remarques préliminaires. Soyez assuré que, si ses propos faisaient en sorte
que nous ne soyons plus dans un climat serein, je vais intervenir.
Merci.
Sklavounos :
Merci, Mme la Présidente. Alors, ce que nous savons, c'est que, dans 15 minutes
de remarques préliminaires, le ministre a
parlé contre les libéraux, pas une fois pour les universités. Et, je vais vous
dire, Mme la Présidente, on a déjà eu l'occasion,
en Chambre durant nos débats, de se faire rappeler dans des articles de
journaux par des leaders étudiants
que le ministre était au front avec eux le printemps passé. Ce n'est pas moi
qui le dis, c'est dans des articles,
c'est des déclarations venant de différents leaders des associations
étudiantes. Il y a eu certaines personnes qui ont même mentionné que c'était
bizarre, pour une personne qui était journaliste à ce moment-là, qui était
censée avoir un regard et une attitude neutres, de se faire qualifier par un
leader d'une association étudiante comme quelqu'un qui avait été au front. Peut-être que le ministre va pouvoir, dans sa
prochaine prise de parole, nous expliquer pourquoi, selon lui, Martine
Desjardins a dit et a partagé avec une journaliste que M. le ministre était au
front.
M. le ministre nous parle beaucoup de la crise. Je fais un rappel, le ministre
était au front selon les associations étudiantes, la première ministre était dans la rue
avec les casseroles durant le même printemps, les députés du
gouvernement arboraient fièrement leurs carrés rouges en Chambre et à l'extérieur
parfois, malgré le fait que Mme Marois l'enlevait
à l'extérieur — elle portait son carré rouge seulement à l'intérieur
de l'Assemblée nationale — et ils ont fait une tentative d'instrumentaliser
ce mouvement étudiant...
M. Breton : ...point d'ordre, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Oui, M. le
député de Sainte-Marie—Saint-Jacques, quel est votre point d'ordre?
Breton : Le
point d'ordre, c'est l'article 35, qui dit que ça attaque la conduite d'un
député et ça impute des motifs indignes à un
député ou... C'est ça, impute des motifs indignes à un député, «instrumentaliser».
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques. M. le député de Laurier-Dorion, encore une fois, je vous invite
à la prudence. Vous savez qu'on ne peut pas imputer de motifs.
Sklavounos :
Parfait. Alors, nous avons été témoins d'une tentative du gouvernement, qui
était, dans ce temps, l'opposition officielle,
de faire du gain politique à travers une identification puis d'avoir épousé un
mouvement qui l'a placé dans la situation
où, aujourd'hui, le ministre a une énorme dette politique. Et vous l'avez
entendu, le ministre, parler avec passion contre les libéraux, contre l'ancien
gouvernement comme si tout ce qui a été fait par l'ancien gouvernement était
mauvais.
Alors,
la suggestion que j'ai pour le ministre et pour le déroulement des travaux, c'est
de lui rappeler que c'est le ministre de l'Enseignement
supérieur. Et il me semble qu'à chaque fois que ce ministre prend la parole,
Mme la Présidente, c'est pour annoncer des coupes, pour annoncer des coupes. Et
c'est normal. Étant à la place du ministre, j'aimerais venir ici et changer de
sujet, parlant de l'ancien gouvernement, parlant de la crise qu'on a quand même
encouragée en arborant les carrés rouges, en étant au
front avec les étudiants, en jouant de la casserole. Il me semble que c'était une première pour une personne qui
prétendait devenir première ministre. Mais que le ministre nous parle
pour les universités. Parce qu'il me semble
que c'est la première fois que nous avons un ministre responsable de l'Enseignement
supérieur qui voit les universités strictement comme une dépense, et non pas
comme un investissement, qui cherche chaque occasion pour leur couper les
vivres et... alors que le ministre nous a annoncé clairement pour 2012‑2013...
Et le ministre aime le
mot «brutal». Le ministre aime le mot «brutal», mais je
vais lui donner le premier consensus... Et, peut-être, ce n'est pas le
consensus que lui aimerait qu'il ressorte de son sommet, le premier grand consensus du sommet du ministre, c'est que tout le
monde... Et ce n'est pas un consensus, je me suis trompé. M. le ministre
a créé de l'unanimité à son sommet.
Syndicats, associations étudiantes, recteurs, tout le monde, absolument tout le
monde a décrié les coupes brutales imposées
par ce ministre avec quatre mois restant dans l'exercice financier de nos
universités. Des coupes impossibles,
impossibles alors qu'il sait pertinemment que 80 % des budgets des
universités sontincompressibles,
alors qu'il reste seulement quatre mois dans l'exercice. Impossible que ça ne
touche pas les services aux étudiants, impossible. C'est une tentative
du ministre, évidemment, d'exécuter une commande.
Alors
que son gouvernement se trouve dans la difficulté, le ministre connaît très
bien que transférer le déficit du gouvernement aux universités ferait mieux paraître
les livres de ce gouvernement, qui essaient de nous dire qu'ils sont en voie de régler le déficit, comme d'autres moyens,
manoeuvres, de ne pas inclure le 1,8 milliard de Gentilly à l'intérieur
du déficit du gouvernement, et d'autres manoeuvres de ce genre-là pour essayer
de mieux paraître les livres. Ce qui est important dans...
M. Pelletier
(Saint-Hyacinthe) : ...Mme la
Présidente, un point d'ordre, moi aussi.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Monsieur...
Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Selon l'article 35, on ne peut pas prêter des intentions
à quelqu'un ici, là, en cette Chambre, parce
qu'on est tous de bonne foi. Alors, j'inviterais le député à faire preuve de
prudence.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. le député de
Saint-Hyacinthe...
• (10 heures) •
M. Pelletier
(Saint-Hyacinthe) : Le mot «manoeuvre», là, ça
fait sous-entendre...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : J'ai bien
entendu vos propos, M. le député de Saint-Hyacinthe. Encore une fois, le député de Laurier-Dorion, je suis convaincue que je
peux compter sur votre collaboration pour la suite de nos travaux. Je vous ai invité à la prudence à
plusieurs reprises. Je comprends que ce que le Québec a vécu
dernièrement, c'était assez difficile pour
tout le monde, mais je vous invite à la prudence encore une fois et je vous
demande de poursuivre.
Sklavounos :
Merci, Mme la Présidente. Je vais simplement dire à mes collègues de l'opposition officielle que... du gouvernement — je suis l'opposition
officielle — du gouvernement que nous sommes en commission parlementaire à l'Assemblée nationale. C'est ici
que devrait régner la liberté d'expression, et je crois voir plusieurs
rappels au règlement alors que je crois que vous êtes très en mesure de modérer
nos débats.
Alors,
ce que je peux dire, continuant, Mme la Présidente, c'est que nous avons devant
nous un ministre qui ne respecte pas la
signature du gouvernement. Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est le syndicat
des professeurs de cégep. Nous sommes devant un ministre qui a appelé les gens
à un débat, le Sommet sur l'enseignement supérieur, alors qu'il y a plusieurs décisions qui ont été
prises : gel des droits, bonification d'aide financière, une ouverture d'un
chantier sur le droit de grève, que j'appelle
le droit de bloquer les portes, des coupures brutales dans les cégeps, brutales
dans les universités, un ministre qui a leurré l'ASSE en les invitant...
M. Breton : ...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. le député de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
M. Breton : «Leurrer» prête des intentions.
Sklavounos :
Vous avez raison, je vais reformuler. Un ministre qui a invité l'ASSE et d'autres associations étudiantes,
les recteurs et tout le monde à une table où tout était sur la table. Et, au
fur et à mesure, on s'est rendu compte que tout était sur la table, mais on n'avait pas le droit de toucher ce qui
était sur la table. Alors, on invite les gens à discuter une fois que les compressions sont faites. On
invite l'ASSE à discuter alors qu'on leur dit : La gratuité est à la table
mais n'est pas à la table. Vous pouvez en
discuter, mais vous ne pouvez pas l'avoir. On invite les recteurs à discuter en
ayant été le premier et, j'espère, le seul
ministre responsable de l'Enseignement supérieur qui a nié... C'est le premier
ministre de l'Enseignement supérieur négationniste de l'histoire du Québec, qui
a nié le sous-financement, qui avait fait consensus depuis une décennie.
En 2002, c'est un gouvernement du Parti
québécois qui était en place lorsque le MELS a fait une étude conjointe avec la CREPUQ et qui a établi à environ
300 millions de dollars le sous-financement. C'est le Parti québécois en
2002, et le ministre de l'Enseignement supérieur qui s'est fait élire et qui
arrive en 2012 nous disant : Je ne suis pas convaincu, je n'ai rien vu, je
n'ai rien entendu. Tout ce qui s'est passé avant moi, ce n'est pas bon, il faut
refaire la démonstration
pour moi. Les autres ministres de l'Enseignement supérieur, qu'ils soient
péquistes, qu'ils soient libéraux, avaient,
évidemment, été... Je ne sais pas quoi dire. Moi, par contre, moi, je veux que
vous le démontriez à moi, car tout ce qui s'est fait avant que j'arrive
n'est pas bon, à la poubelle.
Alors, je pense que c'était la première fois
qu'on avait entendu un ministre de l'Enseignement supérieur dire qu'il ne voulait pas plus d'argent, qu'il ne voulait pas
investir. Et c'est triste parce que nous nous trouvons dans une situation où il
y a d'autres gouvernements à d'autres endroits — je ne veux pas
nécessairement mentionner la Chine, mais c'était
dans les nouvelles récemment — qui vont investir 250 milliards
de dollars et que nous, nous avons en place un ministre qui, à chaque fois qu'il prend la parole, c'est pour soit
nier le sous-financement soit le remettre en question, soit imposer des
coupures, soit passer son temps dans le passé, figé dans le passé où il était
au front, et nous parler de l'ancien gouvernement au lieu de nous parler de ce
qu'il va faire. Nous sommes aux crédits et nous regardons 2013‑2014, et je demande au ministre : Est-ce
que ces coupes brutales qu'il a imposées aux universités vont être
récurrentes pour 2013‑2014? Est-ce que le ministre va imposer de façon
récurrente ces coupures brutales, Mme la Présidente, impossibles pour les universités? Si le ministre a lu le journal, il
doit être... Il reste combien de temps, Mme la Présidente?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Il vous reste moins d'une minute.
M. Sklavounos : Moins d'une minute. À l'UQAC, on met
du monde à la porte. La rectrice de l'Université
McGill et d'autres recteurs... Il fait un
sommet, il n'invite pas les chercheurs, il n'invite pas les chargés de cours.
Les orientations sont faites. Nous
sommes effectivement, malheureusement, devant un sommet où les dés sont pipés
par un ministre qui a reçu une commande. La commande, c'est de couper,
et le ministre est en train d'exécuter cette commande, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci. J'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe d'opposition et
député de La Prairie à faire ses remarques préliminaires pour un maximum
de temps de 10 minutes.
Stéphane Le Bouyonnec
M. Le Bouyonnec : Merci, Mme la Présidente. Chers
collègues députés, M. le ministre, le personnel du ministère, bonne
journée, bon début d'étude de crédits, qui, effectivement, a démarré sur un ton
qui, au-delà du ton, comporte un élément
de discours qui nous ramène véritablement au coeur de la crise. Et,
effectivement, je partage en
partie l'analyse qu'a faite le ministre
concernant le rôle que le gouvernement précédent a joué quant à cette crise.
Cependant, depuis lors, nous avons eu des élections.
Le précédent gouvernement a été sanctionné, un
nouveau gouvernement l'a remplacé, et un
ministre a été nommé pour trouver une solution à ce qu'on pourrait appeler le
problème du financement des universités. Et,
M. le ministre, vous nous avez parlé dans vos remarques introductives du rôle
que le précédent gouvernement avait joué pour perturber la paix sociale, j'aurais
aimé vous entendre sur le rôle que vous comptez
jouer, vous, pour remettre à la priorité numéro un le rôle de nos universités à
l'intérieur de la société québécoise.
J'aurais aimé vous entendre, ce matin et
ainsi que dans les rencontres préparatoires du sommet, et peut-être qu'on va attendre de voir au sommet... J'aurais aimé que
vous puissiez vous draper d'un rôle de pédagogue, puisqu'on est à l'Enseignement supérieur, que vous puissiez nous
parler — pédagogue, j'entends pédagogue aussi pour les étudiants
qui écoutent, pour la population, pour les
parents de ces étudiants-là — que vous nous parliez de la qualité de
l'enseignement et de la recherche dans nos
universités, qui sont menacées, où, simplement pour, par exemple, rétablir le
ratio étudiants-professeurs, nous aurions besoin d'embaucher
immédiatement quelque 850 professeurs dans le réseau universitaire et, ainsi,
pouvoir davantage et mieux encadrer nos étudiants.
• (10
h 10) •
J'aurais aimé vous entendre parler aussi du
problème de persévérance que nous avons au cégep, où 40 % seulement des étudiants
du cégep complètent dans les temps prescrits, soit deux ans au général ou trois
ans au niveau professionnel, leur diplôme. Et, si on leur donne deux ans
de plus, ce n'est que le deux tiers des étudiants.
J'aurais aimé vous entendre parler aussi de l'importance
de la recherche dans nos économies évoluées où on sait que 50 % de la croissance des pays de l'OCDE est conduite par
l'activité des diplômés universitaires.
J'aurais
aimé vous entendre parler de l'importance des étudiants étrangers pour notre
croissance économique, d'avoir davantage de ces étudiants et, surtout, de les
garder avec nous par la suite plutôt que de leur payer, entre guillemets, des
études pour les voir repartir dans leur pays.
J'aurais aimé vous entendre parler de l'encadrement
de nos étudiants, où on sait très bien que beaucoup travaillent, que le
système de prêts et bourses actuel, bien qu'étant fort généreux, n'est pas
suffisant, que nous avons encore de la difficulté à faire en sorte que
nos étudiants progressent vers le deuxième et le troisième cycle.
J'aurais
aimé vous entendre parler aussi, comme ministre, puis comme pédagogue, et comme
leader de votre gouvernement dans ce dossier, directement à la population du
Québec pour leur dire :
Malgré la crise, nous devons maintenant retomber
sur nos pattes et faire en sorte que nous puissions sortir gagnants de tout ce
qui s'est passé.
Ce que je déplore de l'opposition officielle,
cependant... Évidemment, l'opposition est là, Mme la Présidente, pour critiquer, mais je
n'ai pas entendu mon collègue porte-parole de l'opposition officielle présenter
une nouvelle solution, alimenter le
débat de manière constructive pour faire en sorte que le ministre puisse s'alimenter
de nouvelles propositions pour régler le problème des frais de
scolarité. Je comprends, par ailleurs, qu'il y a une course au leadership.
Mais, justement, à même une course au
leadership, ça aurait été l'occasion pour l'opposition officielle de faire
preuve d'imagination parce que la dernière proposition, manifestement, a
été rejetée à la fois par les étudiants, mais par une bonne part de la société
civile.
De notre côté, nous somme convaincus que, dans
l'état actuel des finances publiques du Québec, et, M. le ministre, vous l'avez réalisé, vous étiez aux
premières loges... Parce que je suis convaincu — j'avais un peu de
peine pour vous — je suis
convaincu que vous ne vous attendiez pas à démarrer ce sommet avec les coupures
de 124 millions imposées aux
universités. Je suis convaincu que vous ne vous attendiez pas non plus à faire
des coupures aussi drastiques dans les fonds
de recherche québécois en santé, en culture et en nature et technologie, des
coupes, là, de l'ordre de 18 % qui ont provoqué ce qu'on a
provoqué, on a vu dans les médias dernièrement.
Mais
vous le savez comme moi que, si vous avez été un bon soldat pour imposer ces
coupures-là à la population universitaire, c'est
parce que votre collègue le ministre des Finances fait face à un déficit
accumulé consolidé de
250 milliards et à un service de la dette qui nous pompe 10 milliards
par année — c'est presque le double du budget de votre
ministère — et que, finalement, vous vous rendez compte, vous-même,
que le gouvernement québécois peut difficilement faire plus. Quand allons-nous
dire, finalement, que les étudiants et, surtout, leurs parents doivent faire
davantage? Du côté du deuxième groupe d'opposition, nous, nous l'avons dit,
nous croyons que plusieurs centaines de millions
de dollars doivent venir de la contribution des étudiants. Et, d'ailleurs, de
ce point de vue là, nous n'étions pas tellement loin du budget Bachand
de 2010.
Nous avons proposé une solution créative qui
a fait jaser, qui a été supportée par la Fédération des chambres de commerce ou par la
rectrice de McGill, par exemple. Je regrette, M. le ministre, que vous l'ayez
rejetée en quelques heures et je vais
vous dire pourquoi. Parce que je pense que votre rôle comme ministre... et le
gouvernement actuel, de tenter de hausser
les frais de scolarité de manière centralisée avec une proposition globale pour
l'ensemble des étudiants, comme l'ont
expérimenté les libéraux d'ailleurs, c'est un casse-gueule total. Puis je peux
vous en parler parce qu'en 1978, étant moi-même
leader étudiant, je luttais aussi pour le gel des frais de scolarité. 30 ans
plus tard, avons-nous avancé? Nous n'avons pas avancé.
Notre proposition vise à faire en sorte qu'une
centralisation au niveau de Québec, c'est quelque chose que nous devrions laisser
derrière nous. Nous devrions donner davantage d'autonomie aux universités pour
qu'elles puissent, selon leur statut,
augmenter les frais de scolarité et aller chercher de l'argent là où on peut
encore en trouver pour améliorer la qualité de la recherche et de l'enseignement.
Nous avons proposé une solution équilibrée qui faisait en sorte que quatre grandes universités représentant 55 %
de la population auraient davantage d'autonomie. Ces quatre universités
représentent 85 % des budgets de recherche. D'accord, nous avons tracé une
ligne. Peut-être, pourriez-vous tracer la ligne
un peu différemment, mais nous croyons que c'est une solution qui permettrait
au système de sortir de l'ornière.
Pour
les autres universités, nous avons proposé la modulation avec effet neutre
moyennant indexation. Nous réalisons — et
nous le disons aux étudiants — qu'il y a une forme d'inéquité à voir
les étudiants de science politique payer 40 % du coût de leur
formation versus d'autres qui n'en paient que 10 %. Encore une fois, nous
pourrions proposer aux étudiants, dans
certains cas, des diminutions de frais de scolarité et, dans d'autres cas, des
augmentations, mais qui seraient
équitables. Nous pensons aussi que le système des prêts et bourses pourrait
continuer d'accompagner nos étudiants dans
les deux systèmes, de telle sorte que nous ne puissions refuser à un étudiant
québécois particulièrement intéressé par ses études et brillant l'accès
à l'une ou l'autre de nos grandes universités.
J'aurais
aimé aussi vous parler davantage de ce que j'ai... Mme la Présidente, j'ai
perdu le compte du temps, si vous pouviez...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Il vous reste environ 2 min 30 s.
M. Le Bouyonnec : Deux minutes. Je vous remercie.
Grand choc à l'intérieur des rencontres préparatoires sur le sommet, le rôle
de l'entreprise privée. M. le ministre, est-ce que vous réalisez que nous avons
dans nos universités nos syndicats de
professeurs, des étudiants, des gens qui sont tout à fait allergiques au fait
de voir nos grandes corporations investir
dans la recherche, soit dans des fonds de recherche, soit dans des donations,
soit dans des formes de commandite comme
mettre un nom d'un dirigeant d'entreprise d'une grande famille québécoise sur
le sommet d'un building, une forme d'allergie?
L'entreprise privée est, dans nos universités, relativement mal accueillie. J'aurais
aimé entendre le ministre, en parlant d'économie, indiquer aussi que le
secteur privé peut faire davantage pour le système universitaire, moyennant qu'il
soit bien accueilli.
ce chapitre, des chiffres intéressants. Dans les 10 dernières années, l'entreprise...
les fonds de recherche d'entreprises, dans
notre collaboration universités-entreprises, sont passés de 152 à
172 millions sur 10 ans. Si on fait un taux de croissance de ça, ça signifie 1,3 % d'augmentation par
année moins que l'inflation. L'entreprise aussi doit faire sa part, mais
l'entreprise doit être accueillie. Et, pour ça, il nous faut un signal fort du
ministre.
Nous
avons accueilli favorablement le fait que nous parlions de gratuité scolaire...
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le député de La Prairie,
malheureusement, votre temps est écoulé.
Le Bouyonnec : J'aurai l'occasion de
revenir sur le sujet. Merci, Mme la Présidente.
Discussion générale
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Parfait. Je vous remercie. Je suis
maintenant prête à reconnaître une première
intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. M. le
député de Laurier-Dorion, la parole est à vous.
M. Sklavounos : Merci. Merci, Mme la Présidente.
Alors, d'abord, le ministre l'a bien mentionné, la première décision qui a
été prise par le gouvernement de la première ministre, c'était le 20 septembre,
ça a été d'annuler la hausse des droits
de scolarité. J'aimerais que le ministre nous dise rapidement, d'abord, à quel
montant il évalue cette hausse, quel montant, c'est-à-dire, que ça
représente pour le gouvernement, juste le montant exact, selon les calculs du
ministre.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
M. le ministre.
M. Duchesne : Oui. Mme la Présidente, la crise que
nous a léguée l'ancien gouvernement libéral, on est maintenant en mesure de dire qu'elle a coûté, pour l'instant,
là, 90 millions de dollars, 90 millions de dollars...
Sklavounos : Juste pour me
clarifier...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Monsieur le...
M. Sklavounos : Je suis désolé, peut-être que ma
question n'était pas claire. Je parlais juste de l'annulation de la hausse des
droits. Juste pour le ministre, au cas où il n'a pas compris la question, je
parlais du montant de l'annulation de la hausse des droits, pas des
autres choses que le ministre voudrait parler en ce moment.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Parfait. M. le ministre.
Duchesne : Alors, justement, j'y
arrivais. La crise que nous a léguée le précédant gouvernement a coûté
90 millions, et on continue de voir et de mesurer les impacts et les
conséquences. Et on n'a pas encore parlé des conséquences
sociales et humaines. 90 millions, M. le député de Laurier-Dorion, c'est l'équivalent
de la hausse que vous aviez prévue pour l'année prochaine et l'année
suivante. Vous avez dépensé ça dans une crise mal gérée. 90 millions, M.
le député de Laurier-Dorion, c'est l'équivalent des hausses des cinq dernières
années...
voix : ...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Un instant, M. le ministre.
• (10
h 20) •
M. Sklavounos : Je n'ai pas de problème que le
ministre s'adresse à moi directement à l'extérieur, mais, puisque nous sommes en commission, peut-être qu'il serait
mieux d'adresser ses réponses à la présidence au lieu de «à vous» et «M. le
député de Laurier-Dorion». Je pense que ce serait mieux.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le député de Laurier-Dorion, je
pense que le ministre répond aux questions,
laissez-lui le temps. Et je lui cède la parole, je suis convaincue qu'il vous
répond.
M. Sklavounos : Non, mais juste la question de ne pas
s'adresser à moi, mais s'adresser à vous. C'était plus...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Directement?
Sklavounos : Oui, c'est ça. C'est
plutôt ça. Merci.
Duchesne : Mme la Présidente, je vais
donc m'adresser à vous en espérant qu'évidemment le député de Laurier-Dorion
écoute...
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Excusez-moi. M. le ministre, on va
bien s'entendre pour la suite des choses. Vous vous adressez à moi, et ainsi le
député de Laurier-Dorion aura sa réponse. Vous devez passer par moi.
Merci.
M. Duchesne : Je le précise, là, parce que,
90 millions, il faut bien voir qu'est-ce qu'on aurait pu faire avec ça. Ça, c'est l'équivalent
des deux hausses que le précédent gouvernement avait prévues pour les deux
prochaines années. C'est ça,
90 millions. 90 millions, au moment où on a besoin d'argent, où on a
besoin de réinvestissements, où on a besoin de plans stratégiques pour
assurer le développement de nos universités...
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le ministre, excusez-moi. Oui, M.
le député de Rivière-du-Loup.
M. D'Amour : Question de règlement, Mme la
Présidente. Mon collègue de Laurier-Dorion a posé une question on ne peut
plus claire. Et c'est la période des crédits, il a le droit de poser une
question. Elle est claire, elle a le mérite, là, cette question-là, de
tout dire. Est-ce que le ministre pourrait y répondre sans faire des détours
jusqu'à l'an prochain?
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Écoutez, M. le député de
Rivière-du-Loup, on n'a pas, ici, à juger de
la réponse du ministre. Le ministre est libre de donner la réponse qui lui
convient. Donc, pour la suite de nos travaux, je
vous invite tous à la prudence. Je ne voudrais pas intervenir à toutes les
quatre à cinq minutes parce que je pense que les gens qui nous écoutent
veulent vraiment qu'on parle des crédits budgétaires. Donc, je vous demande à
tous votre indulgence. M. le ministre, veuillez poursuivre.
M. Duchesne : Alors, Mme la Présidente,
90 millions, c'est le coût de la crise, de la crise libérale, et ça représente les hausses des droits de scolarité que le
gouvernement libéral avait prévues pour les deux prochaines années. Ça
représente, ce 90 millions — c'est peut-être difficile à
entendre du côté des banquettes de l'opposition, mais il faut le
dire — ce 90 millions représente les hausses des cinq dernières
années. On recule en arrière de cinq ans en termes monétaires à cause de cette
crise. Au moment où nos universités veulent s'assurer d'un développement, de
sommes d'argent, de pouvoir prévoir le développement de nos universités...
Sklavounos : Mme la Présidente...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Oui, M. le
député de Laurier-Dorion.
Sklavounos :
...écoutez, j'ai déjà présidé une commission, je veux bien être patient, mais
le ministre parle de tout, sauf de la
question. Je comprends qu'il peut prendre le chemin qu'il veut, mais là je
pense que le ministre est en train,
vraiment, de jouer le temps. Je préférerais que le ministre aborde... Je lui ai
posé une question très particulière...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le député de Laurier-Dorion, je vous rappelle l'article
81 :«Aucun rappel au règlement ne peut être fondé sur l'opinion que la réponse à
une question posée à un ministre est insatisfaisante.»Souvent, on n'a pas toujours les réponses qu'on
voudrait. Je vous invite, M. le ministre, à poursuivre, peut-être être
un peu plus bref dans vos réponses pour permettre le plus d'échanges possible.
Merci.
Duchesne : Je
serai bref. L'opposition officielle nous a dit qu'on parlait contre le
précédent gouvernement. Ceux qui pourront réécouter mon allocution de tout
à l'heure vont voir que tout cela était basé sur des faits et ça mettait
en lumière une crise que tous les Québécois
ont vue. Il n'y a pas de reconstruction là-dedans. Je suis désolé, je suis
désolé. Peut-être que l'opposition
officielle aimerait qu'on reconstruise le passé. Mais ce passé-là, il existe,
et notre gouvernement, mon
gouvernement doit vivre avec. Et les faits parlent peut-être contre le
précédent gouvernement, mais les faits sont têtus, Mme la Présidente, et
c'est ce que ce passé que nous ont légué les libéraux... Ils ont déconstruit un
climat social sur les campus des universités et des cégeps, et nous devons
reconstruire... et nous devons reconstruire.
Sklavounos : Mme la Présidente, ici,
je dois insister...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Un instant.
Sklavounos :
...j'ai 20 minutes... Vous allez me permettre, s'il vous plaît, Mme la
Présidente... J'ai 20 minutes dans ce bloc-là, et j'ai le ministre qui part sur
un autre monologue, en train de répéter beaucoup de ce qu'il a dit dans
ses remarques préliminaires. Et je comprends que c'est les messages clés et la
cassette que M. le ministre veut sortir, je comprends, mais est-ce qu'il
pourrait faire ça de façon plus courte et arriver au moins à répondre aux
chiffres? Je lui ai demandé un chiffre. L'annulation de la hausse des droits de
scolarité, une décision qui a été prise par la première ministre le premier
jour... le premier Conseil des ministres, quel est le montant...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le député de Laurier-Dorion, j'ai demandé au ministre
d'être bref dans ses réponses, je suis sûre qu'il
va... Vous allez terminer, M. le ministre, je vous invite à répondre à la
première question du député de Laurier-Dorion pour qu'on puisse avoir des
meilleurs échanges possible.
M. Duchesne : Alors, dans un esprit de collaboration, je vais
réexpliquer, redonner une réponse en espérant qu'elle pourra satisfaire...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : ...si possible.
Duchesne :
Alors, il me demande le coût pour la compensation ou pour l'annulation...
quelle était la hausse des droits de scolarité. Bien, c'était de 32 et 64, on
arrive à près de 90 millions. Et 90 millions, je le répète, c'est les
coûts de la crise que nous a léguée le Parti libéral du Québec.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre.
M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos : Mme
la Présidente, j'aimerais poser une question au ministre clairement sur cette annulation. Il reste combien de temps, d'abord, Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Il vous reste
environ 12 minutes.
M. Sklavounos : 12 minutes. À la lumière des
résultats électoraux à la dernière élection générale, le gouvernement a recueilli environ 31,95 %, un petit
peu moins qu'un tiers des suffrages, notre formation, 31,2 %, et la
Coalition avenir Québec, 27,05 %, donc
58,25 % pour des formations politiques qui avaient des différends,
plusieurs différends d'ailleurs, mais
qui étaient pour des formations politiques qui avaient pris position pour une
hausse. Peut-être, on n'était pas nécessairement d'accord avec le
montant. La Coalition avenir Québec a reculé, sentant la soupe chaude, là, lorsqu'on s'approchait du
rendez-vous électoral, alors qu'ils avaient démontré beaucoup plus de courage
plus tôt dans leur discours concernant le montant.
J'aimerais savoir si, le ministre, si c'est
quelque chose qui lui est venu à l'esprit, vu qu'il a été élu, et Mme Marois avait... Mme la
première ministre avait exigé une majorité pour pouvoir annuler la hausse des
droits de scolarité. Il y a des articles
à ce sujet, Mme la première ministre s'est exprimée clairement. Lorsque le
résultat est rentré, et 58,25 % de la population a voté pour une formation politique qui était pour la hausse,
et que le suffrage, le vote du Parti québécois a été moins que le tiers, est-ce que c'est venu à l'esprit
du ministre, qui, d'ailleurs, aime beaucoup se placer dans une situation
de consultation et d'écoute, au moins le dire, est-ce que cette question-là...
Est-ce que le ministre estime que cette question-là aurait dû faire l'objet d'une
consultation avant que son gouvernement prenne la décision précipitée, sans consultation ni compromis, d'annuler la hausse des
droits de scolarité? Est-ce que le ministre peut répondre si c'était une
question de consulter la population, s'il
croit, lui, aujourd'hui, que, sur cette question-là, qui était quand même
divisée, et vu les résultats électoraux et la minorité, qu'il aurait dû y avoir
consultation sur cette question-là?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Duchesne : Mme la Présidente, oui, j'ai bien
pris note du résultat électoral. Et vous me parliez du pourcentage que le Parti libéral est allé chercher,
31,2 %, je crois. C'est le pire résultat de l'histoire du Parti libéral
depuis le début de la Confédération
canadienne, là. Et je ne parlerai pas de la ventilation de ce vote-là, là,
parce qu'il y a des très mauvaises nouvelles
pour votre parti. Pour ce qui est du reste, notre gouvernement, et même le
Parti québécois, n'avait jamais caché cette position et l'a défendue en
campagne électorale. Je crois que vous nous avez même reproché de défendre
cette position qui était d'éliminer la hausse brutale des droits de scolarité.
je vais vous amener même à des faits, le programme du Parti québécois de
2011 — pas 2012, 2011 : «Un gouvernement [du Parti
québécois] rétablira le gel des droits de scolarité à la fin de la hausse 2007‑2012
jusqu'à la tenue [d'un] sommet sur l'enseignement
supérieur et l'adoption d'une loi-cadre qui régira les droits de scolarité et
les autres frais afférents, qui
préservera l'accessibilité économique et l'accessibilité régionale, qui
respectera la capacité de payer des étudiants et qui visera à diminuer l'endettement
étudiant.»
La population du Québec, pendant la campagne
électorale, je crois, savait où était situé le Parti québécois et où était situé le
vôtre. Alors, ça, c'était très clair, et on a respecté de façon assez, je
crois, respectueuse et rapide une position qui était bien connue du
public.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Laurier-Dorion.
• (10
h 30) •
Sklavounos : Alors, je crois avoir
compris que le ministre nous a dit que la consultation n'était pas nécessaire à travers ses propos. Alors, je prends
bonne note du ministre que la consultation n'était pas nécessaire selon
lui à ce niveau-là.
Je note également, le ministre a fait référence au
programme électoral du Parti québécois, qu'il y a une
partie là-dedans, le
ministre doit le connaître bien, qui promet un réinvestissement important,
massif dans l'enseignement supérieur. Alors, j'aimerais, vu qu'on est sur le
sujet du programme... D'ailleurs, le programme du Parti québécois promettait également que les investissements en
recherche fassent du Québec un des meilleurs dans l'OCDE concernant la
recherche. Ce qu'on connaît, c'est que, malheureusement, on respecte le
programme quand on veut et, à d'autres moments,
on ne respecte pas le programme. Au niveau de l'annulation, qui était une dette
peut-être envers certains alliés politiques
du moment, on a décidé de respecter la promesse, mais, pour ce qui était du
réinvestissement, l'investissement dans
l'enseignement supérieur, ce que nous savons, c'est que le ministre, alors qu'il
avait convoqué le monde universitaire à un sommet, a imposé... Et on va
dire «imposé». Le ministre pourrait peut-être nous ajouter des éléments,
mais il a convoqué à une réunion les
recteurs des universités qui s'est tenue pas loin d'ici, il me semble, et,
selon les informations que j'ai, leur a imposé cette compression. Ce n'était
pas une consultation, c'était une imposition d'une coupure.
Alors, vu que c'est fait et que les recteurs
ont tous, et à l'unanimité... pas seulement les recteurs, les syndicats, les associations
étudiantes, tous les commentateurs ont décrié à l'unanimité ces coupes, est-ce
que le ministre pourrait nous dire aujourd'hui... D'abord, première
question : Est-ce que ces coupes vont être récurrentes? Nous sommes ici en
train de regarder 2013‑2014, je trouve ça
difficile que le ministre fasse des crédits en parlant de 2013‑2014 et que nous
ne savions pas encore, que personne ne soit au courant de ce qui les
attend dans quelques mois. Est-ce que le ministre peut répondre simplement à la
question? Est-ce que ces coupes seront récurrentes pour 2013‑2014? Sinon, quel
montant? Est-ce qu'il y aura des coupes en 2013‑2014?
M. le ministre a déjà, par ses déclarations,
intimé qu'il y aurait... que ça risquait d'être récurrent, mais il ne s'est pas prononcé
clairement. Et je pense que, que ce soient les médias, les membres du
gouvernement, l'opposition officielle, deuxième
groupe d'opposition, les recteurs, les associations étudiantes, les syndicats,
veulent savoir le plus rapidement possible,
ce qui est important. On ne peut pas discuter crédits sans savoir ce que le
ministre propose d'investir. Autrement, tout ce qu'on discute aujourd'hui
pourrait être annulé par la suite d'une décision du ministre qui viendrait couper
ce qu'il nous promet aujourd'hui.
Mme la première ministre a déjà semblé
indiquer que le plan de réinvestissement du Parti québécois n'était pas assuré. Ça, on le
sait, ça a été dit par la première ministre elle-même. Mais est-ce que le
ministre lui-même pourrait nous dire aujourd'hui
est-ce que les coupes vont être récurrentes? Quel montant de coupes vont subir
nos universités, premièrement, et nos cégeps en 2013‑2014? Il me semble
que c'est une question très claire pour M. le ministre. M. le ministre.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député de Laurier-Dorion. M. le ministre.
M. Duchesne : Beaucoup d'éléments dans cette
question, Mme la Présidente. Le député de Laurier-Dorion a parlé de comparaison avec l'international, la Chine, il a
parlé de la Chine. Je vais donc lui donner les chiffres suivants, Mme la Présidente, les dépenses en
éducation — primaire, secondaire, postsecondaire — par
étudiant. La Chine dépense, par
étudiant, 1 593 $; le Québec dépense 10 000 $ par étudiant.
Quand on se compare, c'est loin d'être décourageant. Le ratio
étudiants/professeur par rapport au reste du Canada : au Québec, un
professeur pour 22 étudiants; l'Ontario, un professeur pour
27 étudiants; l'Alberta, un professeur pour 27 étudiants;
Colombie-Britannique, un pour 27. Je vous rappelle, le Québec, un pour 22.
Voilà donc pour une
partie des comparaisons.
consultation, le député de Laurier-Dorion semble s'inquiéter à ce sujet. Je
veux rappeler — et je pense que la population le voit beaucoup — que nous
avons décidé d'engager une très large consultation pour s'assurer qu'on
puisse régler cette crise-là. Avant le sommet, il y a eu quatre rencontres
préparatoires, une première à Québec...
Sklavounos : Mme la Présidente, je
suis désolé...
M. Duchesne : ...la deuxième...
Sklavounos : ...le temps file, vous m'avez
indiqué qu'il reste cinq minutes. Alors, simplement...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : On va en concéder deux de plus par rapport à tous les
échanges que nous avons eus sur une question
de règlement. Donc, je vais être souple à ce niveau-là, je vous en accorde...
Sklavounos : Oui. Alors, si le
ministre pourrait arriver plus rapidement à la question que je lui ai posée, je
pense qu'on va...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. le député de
Laurier-Dorion, si vous voulez poser le plus de questions possible et que le ministre puisse y répondre... Mais moi, je
ne peux pas juger de la pertinence des réponses du ministre, le ministre a tout le loisir de vous
répondre selon son bon vouloir. J'ai toujours invité depuis le début à ce
qu'on facilite les échanges. Donc, questions brèves, réponses brèves. Merci.
Duchesne : Et,
sur la consultation, je serai bref mais précis, quatre rencontres
préparatoires : une à Québec, une à Trois-Rivières, une à Rimouski, une à
Sherbrooke. À chaque fois, il y a entre 150, 200 personnes, des gens du
monde universitaire, des gens d'affaires,
des associations patronales, des recteurs, des syndicats, des gens... Et, dans
les syndicats, ça va des professeurs,
chargés de cours, personnel de soutien... Il y a du personnel administratif, il
y a des associations étudiantes, il y
a tout le groupe de la recherche qui est représenté de différentes façons. Tout
le monde est là. Et, à ces quatre rencontres, on a eu des rencontres
citoyennes à quatre endroits sur le territoire, et une université d'hiver qui a
regroupé 450 étudiants, Mme la Présidente. Ça, c'est pour la consultation.
m'a parlé des recteurs, la rencontre avec les recteurs qui a l'air à beaucoup l'intéresser.
Depuis que cegouvernement-là est en place, la première ministre a décidé qu'il n'y
allait pas y avoir un ministre qui allait s'occuper de l'éducation, il
allait y en avoir deux. Et, moi, ma responsabilité, c'est l'enseignement
supérieur, cégeps et universités.
Mme la première
ministre a rencontré tous les recteurs, ça a duré trois heures de temps. Tous
autour d'une même table, j'étais à côté d'elle, ils nous ont dit qu'ils n'avaient
jamais vu ça, que jamais un premier ministre n'avait rencontré en même temps
tous les recteurs, porté autant d'attention. Et la fonction que j'occupe comme
ministre de l'Enseignement supérieur m'amène à tous les rencontrer, et mon
ministère — et la haute fonction publique en la personne de la
sous-ministre — fait des rencontres personnalisées avec tous les
recteurs afin de s'assurer qu'il y a un dialogue
et que toutes les questions liées au déploiement des universités, à la qualité,
à leurs programmes, à la question financière soient discutées avec
beaucoup d'attention.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
ministre. M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos : Est-ce que les coupes de
125 millions annoncées pour 2012-2013, imposées aux universités seront
récurrentes pour 2013-2014, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. le ministre.
Duchesne : Mme
la Présidente, le gouvernement libéral nous a laissé, en plus d'une crise
sociale... Et là on recolle les pots, là, il nous reste quelques semaines pour se préparer
pour un sommet. Ça, c'est le premier héritage qu'il nous a légué.
deuxième, hein, le deuxième, la situation financière catastrophique, un déficit
qui est le double de ce qui avait été annoncé, des projets d'infrastructure... On n'a
pas vu ça et on pourra en reparler, j'imagine, là, on pourra reparler de
la firme Secor, que ce gouvernement connaît bien. Il y a une bonne étude qui a
été faite qui met en évidence tous les dépassements des plus importants projets
d'infrastructure de 80 %.
Et, sur l'importance
de bien gérer, je dirai, Mme la Présidente, au député de l'opposition
officielle que ce gouvernement précédent n'a pas eu le courage de bien gérer
ses finances publiques. Déjà, pendant... c'est au mois de juin, la ministre du
Conseil du trésor a envoyé une lettre à la ministre de l'Éducation pour lui
demander de faire des coupes — je reprends les mots du député de Laurier-Dorion — ...
M. Sklavounos : Juste...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Oui.
Sklavounos : Mme la Présidente, il
reste deux ou trois minutes, vous m'avez indiqué...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Trois minutes.
Sklavounos : Si le ministre s'engage
à répondre dans les deux à trois minutes, je n'ai pas de problème de le laisser
continuer. Autrement, je vais simplement rappeler qu'il n'y avait même pas de
préambule à ma question. J'ai demandé une question très, très précise, alors je
pense que, là-dessus, le...
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le député de Laurier-Dorion, j'ai
entendu votre question, je vous l'ai dit, ce n'est pas à la présidente à juger de
la réponse du ministre. J'essaie de vraiment faire bien mon travail
comme présidente et de faire en sorte que le temps soit alloué, autant à l'opposition
qu'au gouvernement, de façon juste et équitable.
Donc,
M. le ministre, est-ce que vous aviez terminé votre réponse?
Duchesne : Bien, s'il y a une autre
question, je suis prêt, mais il y a encore des éléments, là, il y a encore des
éléments à donner.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Parfait. M. le député de Laurier-Dorion, autre question?
• (10
h 40) •
M. Sklavounos : En fait, même question : Est-ce
que le ministre peut nous dire, oui ou non, si les compressions, les coupes annoncées à nos universités pour
2012‑2013 vont être récurrentes en 2013‑2014?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
M. le ministre, en vous indiquant qu'il vous reste à peu près une minute pour
répondre à la question.
Duchesne : Une minute? Vous savez, il
est important de bien rappeler la situation financière que nous a léguée cet
ancien gouvernement. Et, je termine sur ce que j'avais commencé de dire, le 27
juin 2012, la présidente du Conseil du
trésor du gouvernement libéral envoie une lettre à la ministre de l'Éducation
lui disant : Ma chère amie — parce que c'était une
dame — il faut couper vite, il faut être responsable de
265 millions. Rien n'a été fait. On a dit : On va envoyer ça dans la
cour.
Sklavounos : Excusez-moi, rappel
au...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Non, il reste...
Sklavounos : Est-ce qu'il reste
encore du temps?
Duchesne : ...je vais terminer, Mme
la Présidente, si c'est possible.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Non. M. le député de Laurier-Dorion,
je vous l'ai dit, je vais laisser les quelques
secondes qui restent au ministre pour terminer sa réponse.
Sklavounos : Dernière chance, M. le
ministre. Dernière chance. Merci, Mme la Présidente. Dernière chance.
Duchesne : Alors, la...
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Excusez-moi. M. le député de
Laurier-Dorion, je comprends que c'est la
première fois que je préside une commission, mais c'est moi qui la préside.
Sklavounos : Absolument.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Veuillez répondre, M. le
ministre, pour quelques secondes, s'il vous
plaît.
Duchesne : Alors, la présidente du
Conseil du trésor du précédent gouvernement écrivait à la ministre de l'Éducation
du précédent gouvernement pour lui dire d'être responsable et d'engager des
coupes de 265 millions. Rien n'a été
fait. Savez-vous le pire, Mme la Présidente? La présidente du Conseil du
trésor, c'était Mme Courchesne; la ministre de l'Éducation, c'était Mme
Courchesne.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci...
M. Duchesne : ...
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : ...M. le ministre. Merci pour le
premier bloc. Nous allons maintenant aller
vers le second bloc, le deuxième bloc, et la parole est du côté du
gouvernement.
M. Roy : Merci. Eh bien, bonjour, Mme la
Présidente. Très heureux de participer à cette première étude des crédits pour moi.
Bonjour, M. le ministre. Salutations à mes collègues de la première opposition
et de la deuxième opposition. Salutations à mes collègues ici, mesdames
et messieurs du ministère.
Je comprends bien que, bon, le Parti libéral
ou, à tout le moins, les députés de la première opposition n'aiment pas qu'on
parle du bilan du Parti libéral et de sa gestion de la crise étudiante, mais c'est
essentiel que nous abordions cette question. Vous savez, le Parti
libéral s'est toujours targué d'être le parti du développement, de la saine
gestion, de la prospérité, du partage du
bien public, etc., mais il n'en demeure pas moins que la crise étudiante, selon
un
article et ce que... selon le
ministre nous a dit tout à l'heure, un
article du Journal de Québec et
de Montréal du 7 février, aujourd'hui, nous parle de 90 millions de dollars partis en fumée. Mais il y a une
autre variable aussi qu'il faut rajouter à ces pertes-là, c'est les pertes engendrées par les différents commerces
qui ont vu une baisse significative de la fréquentation dans le
centre-ville de Montréal. Donc, on a des pertes directes, qu'on peut
quantifier, de 90 millions de dollars, et on a des pertes indirectes que nous allons quantifier ou qui vont
être quantifiées éventuellement liées au détournement de la
fréquentation de la ville de Montréal. Donc,
certes, le Parti libéral s'est targué d'être le parti de l'économie, du
développementéconomique. Il n'en demeure
pas moins que nous avons assisté à, vraiment, une situation où il y a eu un
gaspillage et un désintérêt de la prospérité économique de Montréal liés
à cette crise.
Moi, j'ai une question au ministre :
Est-ce que nous avons des chiffres concernant les pertes indirectes liées à la non-fréquentation, sur l'île de Montréal, de différents
commerces et si, éventuellement, nous allons être en mesure d'en avoir une, une
évaluation?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, M. le député de Bonaventure. M. le ministre.
M. Duchesne : C'est une très bonne question. Et on
avait eu des observations de la Chambre de commerce de Montréal, le Conseil
du patronat, d'organisations de commerçants qui disaient être complètement
essoufflés, qui n'en pouvaient plus
de cette crise, surtout à Montréal. Et je sais qu'il y a certaines
organisations qui sont en train de faire le cumul de ces chiffres-là, et
nous serons en mesure, probablement, d'aller plus en détail là-dessus.
Mais vous me donnez l'occasion, effectivement,
de revenir sur le coût de la crise, du 90 millions qu'a coûté cette crise sociale. Je
le rappelle, les universités ont dépensé, en salaires supplémentaires pour les
chargés de cours, 13 millions pour répondre à cette crise-là. Ils
ont subi 12 millions de pertes, ces universités-là, pour des cours
annulés. Ils ont dû dépenser 4 millions
pour les coûts de sécurité, réparer les bris. On couvrait les dépenses
administratives liées à tout ça. Donc, pour les universités, on parle de
29 millions, uniquement pour elles.
Pour les cégeps, un autre coût de
30 millions de dollars en heures supplémentaires. Et les cégeps, là, vous savez, le personnel,
les gens qui travaillent, là, commençons par parler d'eux. Le personnel
administratif et autres, là, ont dû vivre dans un climat excessivement tendu à cause de cette crise-là. Le
personnel de direction, les professeurs, les étudiants, ils ont dû se taper une session qui a été coupée au
printemps, qui a été reprise à l'été, on a mis une session plus courte
ensuite au retour, à l'automne, en
septembre, et sans compter que ces gens-là, là, dans les sessions, je dirais,
compressées, se sont trouvés à travailler même pendant les fêtes. Alors,
ça, là, c'est le coût dont... On n'évalue pas, là, mais on a demandé beaucoup
de choses à ces gens-là.
Les coûts des services policiers estimés par les
forces de police, j'en ai parlé tout à l'heure. La publicité de 1 milliondu gouvernement du Parti libéral pendant
cette crise-là pour dire : On s'en va dans le mur, mais on ne vous le dira
pas.
Alors, 90 millions, c'est la somme que
le gouvernement du Québec verse pour une année entière à l'Université du Québec
à Trois-Rivières. Savez-vous combien ça fait vivre de gens? C'est 1 600
emplois, l'UQTR. C'est 200 programmes, c'est 12 500 étudiants qui
en profitent. Quand on veut mettre des figures, là, sur 90 millions, c'est
ça. 90 millions, ça équivaut à peu près
à ce que l'on verse dans une année aux HEC Montréal. Ça emploie 1 300
personnes, 12 500 étudiants provenant de 132 pays. Quand on coupe
90 millions, là, c'est ça qu'on coupe.
Dès notre arrivée au pouvoir, nous, il a
fallu lancer un sommet puis il a fallu s'assurer que ce sommet nous amène ailleurs, et c'est
là-dessus qu'on travaille. Et la démarche n'en est pas une d'improvisation, ça
a été annoncé avant une campagne
électorale, ça a été maintenu pendant une campagne électorale, et notre
gouvernement, depuis le début, ne cesse de mettre, je dirais, des
efforts, de la persistance et toutes ses compétences pour répondre à ce que le
public nous demande : Gérez-les, mettez fin à cette crise, dénouez la
crise. Voilà.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Oui, M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Oui. Merci beaucoup, M. le ministre.
Donc, si je comprends bien, les études en ce qui à trait aux coûts indirects vont venir par la suite, puis vous avez
quand même très bien quantifié le 90 millions, bon, via les services
potentiels qui auraient pu nous être offerts. Merci beaucoup.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci. M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Breton : Merci, Mme la Présidente.
Différents éléments que je voudrais souligner, Mme la Présidente. D'abord, bon,
vous savez, je suis un petit nouveau, mais ce qui m'étonne, c'est que M. le
député de Laurier-Dorion... ayant déjà présidé une
commission, je me serais attendu à ce qu'il sache la raison pour laquelle nous
sommes ici. En effet, nous ne sommes pas ici pour les crédits budgétaires 2013‑2014,
mais les crédits budgétaires 2012, 2013, 2014.
Ensuite
de ça, on a parlé de pogrammes. Les gens qui me connaissent savent que j'ai une
bonne mémoire. Parlons-en, d'un programme.
Je me rappelle, en campagne électorale en 2003, le Parti libéral avait dit qu'il
était contre la construction des centrales au gaz. Or, dès son arrivée
au pouvoir, il a autorisé deux projets : le projet de la centrale du
Suroît...
D'Amour : Question de pertinence.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
M. le député de Rivière-du-Loup.
D'Amour : Question de pertinence. On
est rendus dans les centrales au gaz, est-ce qu'on pourrait simplement poser
des questions et tenter d'avoir des réponses un peu structurées?
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le député de Rivière-du-Loup, je
suis convaincue que le député de
Sainte-Marie—Saint-Jacques va se rattacher à l'étude des crédits qui nous
concerne.
Breton : En fait, la pertinence, vous
allez voir, Mme la Présidente, elle est très simple, c'est : On parle de
pertinence, on parle de cohérence et on parle de bonne gestion. Donc, si je
reviens à ce que je disais, c'est que ce gouvernement-là
a autorisé deux projets de centrales au gaz, et, le 5 juillet 2004, le
gouvernement libéral a autorisé la construction
de la centrale de Bécancour, un projet qui devait coûter 0,065 $ du
kilowattheure et, lorsque la centrale a commencé à fonctionner, le prix
était rendu à 0,105 $ du kilowattheure, ce qui donne...
D'Amour : ...Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. le député de
Sainte-Marie—Saint-Jacques, je suis désolée,
mais je vous demanderais d'aller à la question, s'il vous plaît.
• (10
h 50) •
M. Breton : Oui, vous allez voir. On parle d'une
hausse de 75 % de l'énergie. 75 % de hausse, ça vous rappelle quelque chose, ça?
D'Amour : Question de pertinence.
Breton : Vous allez voir.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
M. le député...
M. Breton : Si vous écoutez, vous allez
comprendre. Cette centrale-là a été ouverte pendant 15 mois et, depuis, elle est
fermée. On considère — puis ça, c'est les chiffres
officiels — que, d'ici 2020, ça va nous coûter 2 milliards de
dollars pour garder la centrale fermée...
D'Amour : Question...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Non...
D'Amour : Question de règlement, Mme
la Présidente.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Oui, M. le député de Rivière-du-Loup.
M. D'Amour : Je pense que le député s'est — Rivière-du-Loup—Témiscouata — s'est
trompé de commission, là. Là, là...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
M. le député de...
D'Amour : ...on parle de coût de l'énergie...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
M. le député de Rivière-du-Loup, merci.
voix : ...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Non, c'est moi qui ai la parole présentement. M. le député de
Sainte-Marie—Saint-Jacques, je vous demande encore une autre fois de vous rattacher
aux questions qui vont avec l'étude des crédits qui nous concerne. Merci. Je
souhaite votre collaboration, à tous.
M. Breton : Ce qui m'amène aux 2 milliards
de dollars. Considérant qu'on a besoin de tout l'argent disponible pour faire
en sorte de financer l'enseignement supérieur, ma question est la
suivante : M. le ministre, 2 milliards de dollars de plus dans
les coffres de l'État... N'eût été de la gestion — comment
dirais-je? — particulière du gouvernement précédent, qu'auriez-vous
pu faire avec 2 milliards de dollars de plus dans vos coffres?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député. M. le ministre.
Duchesne : J'aurais
pu faire beaucoup. Il faut que la population comprenne que le... Ce que les Québécois versent par
leurs impôts dans les universités à chaque année, c'est 3 milliards de
dollars. Tous les Québécois, à chaque année,
versent, envoient, par des subventions via le ministère, 3 milliards de
dollars dans les universités. 2 milliards, vous me posez la question — Mme la
Présidente, le député m'a posé la question — c'est, grosso modo, l'argent
qu'on verse dans tous les cégeps du gouvernement du Québec pendant un
an. C'est des sommes considérables.
vous me parliez de ce projet de TransCanada, et je ne peux pas m'empêcher de
vous parler des différents autres projets d'infrastructure développés par le
précédent gouvernement mis en évidence par le rapport Secor, où on parle
de dépassements de plus de 80 %, ce qui
fait qu'il y avait un déficit annoncé par l'ancien ministre de, quoi,
900 millions, puis on était rendus à 1,8, ce qui fait qu'on a des
dépassements de 80 % et que ça met des pressions sur l'ensemble des
finances publiques. Et il y a une loi qui existe, qui dit : Il faut
M. D'Amour : Mme la Présidente.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Excusez-moi, M. le ministre. Oui, M. le député de
Rivière-du-Loup, question de règlement? Quelle
est votre question de règlement?
D'Amour : Encore
une fois, sur une question de pertinence. On n'est pas à la commission
transports, hein, on est sur les crédits en
matière d'enseignement supérieur, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : M. le député de
Rivière-du-Loup? M. le...
D'Amour : J'aimerais
qu'il y ait plus de rigueur de votre part parce qu'on s'écarte du sujet.
Tantôt, on était dans les coûts
énergétiques...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Non. M. le
député de Rivière-du-Loup, écoutez, vous avez fait plusieurs questions de règlement. Je l'ai dit à plusieurs reprises, je n'ai
pas à juger de la réponse que le ministre veut bien donner. On est dans des questions budgétaires, et
je pense que, sincèrement, le ministre s'est rattaché à la question qui
avait été posée. Continuez, M. le ministre.
Duchesne : Et je
vais faire plaisir au député de Rivière-du-Loup, je vais parler d'un dossier
qui a amené aussi un bon questionnement social, c'est le gâchis de l'îlot Voyageur. On
parle de perte de 280 millions de dollars. Et vous, là,
205 millions pour éponger les pertes et une subvention de
2,5 millions par année pendant 30 ans, c'est ça que vous avez laissé
à tous les Québécois en héritage.
ce n'est pas moi qui le dis, là, c'est les Québécois qui le disent, et même le
Vérificateur général du temps, Renaud
Lachance. Il ne doit pas être très mauvais, Mme la Présidente, Renaud Lachance,
il est rendu à la commission Charbonneau. Renaud Lachance qui disait que le
gouvernement Charest doit assumer une part du blâme pour les conséquences désastreuses de la mauvaise gestion
de l'UQAM. Ce triste épisode, Mme la Présidente, est survenu alors que le gestionnaire du portefeuille, le ministre
de l'Éducation du temps et le député de Saint-Laurent, qui est actuellement
chef du Parti libéral, monsieur îlot Voyageur...
Le Vérificateur
général notait en 2005 que les agences de notation de crédit avaient relevé l'importance
de l'endettement de l'UQAM. Je cite le
Vérificateur général Renaud Lachance qui est maintenant à la commission
Charbonneau sur la corruption dans la construction, entre autres. Renaud
Lachance disait : Photocopie de la conférence
de presse du 4 juin 2008.«Le ministère de l'Éducation — dirigé
par le député de Saint-Laurent — ne fait pas un suivi de ces rapports
des agences de notation de crédit.
[...]en bout de piste — je cite encore le Vérificateur
général — le train a continué son chemin pour se retrouver
dans une situation difficile que l'on connaît aujourd'hui.»
Renaud
Lachance dit : Même photocopie, mais C
entrecoupé... Ah, Seigneur!!!!Des notes internes du ministère de l'Éducation, dirigé
par le député de Saint-Laurent, qui ont été écrites en mai 2005, en juin 2005 puis une
analyse des projets immobiliers faite en août 2005, dont on ne
parle pas... On ne parle pas de ouï-dire, on parle de notes internes et d'analyses
internes du ministère, aucun suivi n'a été fait. Si le suivi avait été plus rigoureux, le ministère de
l'Éducation, dirigé à l'époque par le député de Saint-Laurent, aurait pu
déceler, dès la fin de 2005 ou au tout début
de 2006, certaines difficultés à venir et Photocopie.sensibiliser
l'université à l'importance d'une
gestion plus serrée du projet de l'îlot Voyageur. Ce n'est pas moi qui dis ça,
c'est le Vérificateur général du temps.
280 millions,
Mme la Présidente, le gâchis de l'îlot Voyageur. Michel David, chroniqueur au Devoir ,
a dit :Photocopie.«S'il avait été dans le privé, [le député de
Saint-Laurent] aurait sans doute perdu son emploi après la négligence dont il a
fait preuve dans le dossier de l'UQAM. Le
rapport du Vérificateur général est accablant pour l'ancien ministre de
l'Éducation.»
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
ministre. Il reste moins d'une minute. Donc, la parole au député de
Saint-Hyacinthe?
Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Alors,
Mme la Présidente, il me fait plaisir d'intervenir aujourd'hui à cette
commission pour l'étude des crédits. Alors, je vais poser ma question
directement à... Je voudrais revenir justement au gâchis de l'îlot Voyageur, que vous venez justement d'amorcer, des
pertes de 280 millions de dollars. C'est important, je pense, pour tous ceux qui nous écoutent aujourd'hui,
et pour les étudiants, et les associations étudiantes, les recteurs d'universités,
et tout ça, qui ont vu 280 milliards de dollars de gaspillés, on peut
dire, par les... C'est de l'argent des contribuables québécois, ça, et on parle
aujourd'hui dans les crédits budgétaires que le gouvernement... Il a engagé des coupures pour 2012‑2013, mais c'est des
coupures parce que, justement, il y a eu du laxisme dans la gestion des
fonds publics dans les années passées, et il faut bien se remettre sur pied
actuellement avant de poser des gestes.
Moi,
je vais demander au ministre qu'est-ce qu'il entend faire, justement, avec l'îlot
Voyageur et de permettre, justement, à ce que
la population du Québec puisse récupérer, justement, une
partie des argents qui
ont été gaspillés par l'ancien gouvernement. Merci.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député de Saint-Hyacinthe. M. le ministre.
M. Duchesne : Vous avez raison de parler de gaspillage, de gâchis dans
le cas de l'îlot Voyageur. Et tous les Montréalais
et ceux qui viennent à Montréal voient cette espèce de monument au
désoeuvrement, à la mauvaise gestion d'un
ancien gouvernement, et ça dure, hein? Vous voyez, le temps passe, et tout, et
il faudra voir quelle utilisation on va en faire. Ce n'est maintenant plus... Vous voyez, à cause de ce qui s'est
passé sous la responsabilité de mon ministère, le Conseil du trésor tente de corriger, d'administrer,
de passer outre ce gâchis, mais ça va coûter cher, et il faudra voir
comment on peut y arriver.
Vous
savez, les Je T mis une photocopie pour valider
ceci.signaux étaient pourtant clairs, là. Dès 2005, des signaux clairs
auraient dû amener le gouvernement libéral de l'époque à réagir. Le personnel du
Vérificateur général, quand ils se sont mis le nez là-dedans, ils n'ont eu
aucun mal à retrouver dans les papiers du ministère de l'Éducation des
documents qui indiquaient que le projet de l'UQAM comportait des risques
sérieux. Ou bien le ministre ne les a pas vus ou bien il n'a pas réagi. Ça, c'est
la question qu'on peut se poser.
Vous
savez, les Québécois nous demandent beaucoup plus de rigueur. La confiance est
à rétablir avec les élus. Les déploiements des
campus, les nouveaux pavillons, et tout ça, quand on écoute les gens chez nous,
là, ils nous disent : Est-ce qu'on peut
savoir où ça s'en va? Est-ce qu'on peut voir qu'est-ce que vous allez faire
avec ce développement futur? Parce que la population croit aux
universités et aux cégeps, ils en sont fiers. Mais tous les Québécois paient
pour le développement des universités. Or,
il n'y a que 30 %, hein, des jeunes qui vont aller à l'université, qui
vont arriver avec un diplôme. Ça, ça
veut dire que 70 % des familles, environ, là, paient de leurs impôts pour
le développement des universités mais
le font parce qu'ils savent que ça profite à l'ensemble, que ces diplômés, lorsqu'ils
seront sortis de leurs cours, vont avoir un meilleur salaire, vont avoir
une meilleure formation intellectuelle, un bon sens critique, vont jouer un
rôle important dans notre société, que ce
soit à construire un pont, à écrire un livre, à se développer, bref... puis à
entraîner le reste de sa famille, probablement, puis la famille qu'ils
formeront.
Alors,
la population nous demande de la rigueur là-dessus, et le ministère de l'Enseignement
supérieur a développé, depuis qu'il est arrivé, un rapport avec chaque recteur pour dire :
Un, il faut une transparence dans la gestion et, deux, il faut surtout qu'on arrive au sommet avec des
propositions qui vont nous permettre de régler cette crise-là pour qu'enfin
on se consacre à l'essentiel, hein? L'essentiel, c'est le développement des
universités et cégeps, c'est la valorisation de l'enseignement supérieur. Parce qu'une nation comme le Québec a besoin d'universités
compétitives, fortes et, surtout, de jeunes têtes qui vont être capables
de nous amener à la... une grande fierté, en fait, d'avoir des jeunes qui vont
se comparer à n'importe qui dans le monde
quand ils vont être présents, quand ils vont travailler pour des grandes
transnationales, quand ils vont travailler pour leur gouvernement, quand
ils vont travailler pour des petites entreprises.
• (11 heures) •t
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci.
Duchesne : Puis
là ça va de celui qui a son diplôme universitaire à celui qui a fait sa
formation technique, hein?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre. Nous allons passer à un autre
bloc, et j'invite à prendre la parole le
député de La Peltrie.
M. Le
Bouyonnec : Oui. Merci, madame. J'aimerais
souligner, là, que je trouve un peu pénible...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Excusez-moi, M. le député, je n'ai pas bien prononcé le
nom de votre comté, c'est La Prairie, et
non La Peltrie.
M. Le
Bouyonnec : Oui. La Peltrie,
bien ce n'était pas une erreur trop grave parce que c'est mon collègue,
La Peltrie. Alors, quand même, merci.
Non,
je vais... Je suis un peu désolé de voir l'abus de procédure, Mme la
Présidente, aujourd'hui, là, surtout de la part de mes collègues. Je ne pense pas que ça
entretient un climat qui soit propre à obtenir du ministre, là, des
réponses. Alors, moi, je vais faire le pari, là, en posant mes questions
respectueusement, d'obtenir du ministre des réponses claires. M. le ministre... Et, d'ailleurs, je fais un parallèle aussi
avec la question de l'opposition officielle sur la récurrence des
coupes. Pour moi, il m'apparaît évident que la récurrence des coupes... si on
va vers un gel des frais de scolarité, bien il y a des chances que les coupes soient
récurrentes. Donc, la sortie du sommet va conditionner ce qui va arriver
après. Difficile de poser la question s'il y a récurrence des coupes si jamais
on ne sait pas, finalement, avec combien on va sortir du sommet.
question, elle est simple, M. le ministre : Est-ce qu'au-delà... On sait
qu'il y a le gel, on sait que vous avez rejeté
la gratuité puis on sait qu'il y a les trois
scénarios d'indexation qui semblent, un petit peu, faire... enfin, avoir
l'oreille de Mme la première ministre.
Avez-vous dans vos cartons ou dans vos réflexions des scénarios significatifs de
hausse des frais de scolarité pour
nous sortir de la crise, que ce soit la proposition de la coalition ou d'autres
idées que vous pourriez avoir? Est-ce que vous avez encore ce type de
scénario?
Parce
que, à moins que je ne m'abuse, mais, au sommet, à la fin, vous n'allez pas
faire voter les participants. Parce que, si
vous les faites voter, vous avez plus de la moitié des gens qui viennent des
syndicats de professeurs et des étudiants,
donc ce ne sera pas un vote démocratique. À la fin de la journée, avec vos
collègues, vous allez prendre une décision.
Y a-t-il, pour le bien de nos universités, encore dans vos cartons un scénario
possible d'augmentation significative des frais de scolarité à la
hauteur de quelques centaines de millions? Je ne veux pas le quantifier,
mais simplement dire au-delà de l'indexation.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député. M. le ministre.
M. Duchesne : Mme la Présidente, j'apprécie la façon dont le député
approche les échanges. Vous savez, ce qu'on
s'assure, là, c'est de faire qu'on puisse traverser ensemble cette période
difficile qui nous mène à l'équilibre zéro de façon la plus responsable possible. Et mon ministère rencontre chaque
recteur et tente de s'assurer, dans l'effort financier qui est demandé, que ça puisse se faire dans la
collaboration. Parce qu'on reconnaît qu'il y a un effort à faire, puis
que ce n'est pas sans difficulté.
Pour nous, la
valorisation puis l'importance qui est accordée aux universités et cégeps est
inestimable, elle ne peut pas être mesurée.
Alors, du moment qu'on a traversé cette période difficile qui nous amène à
2014, il n'y a pas de récurrence. Je
réponds, Mme la Présidente, à la question bien posée du député : Il n'y a
pas de récurrence, nous allons retourner en 2014‑2015 avec les montants
du budget d'avant, avec les augmentations qui seront considérables. Pour
témoigner de l'importance qu'on accorde à nos universités, on maintient notre
engagement au plan de financement d'ici 2018‑2019,
on assure un financement additionnel aux universités. Nous allons compenser
pleinement l'annulation de la hausse
des droits de scolarité et, dans le cadre du sommet qui est en marche, nous
allons demander à tous les partenaires, y compris les étudiants, de discuter avec nous et de voir comment ils
peuvent s'assurer de participer à tout ça. Et je vous dis, au moment où on se parle, que les directeurs
d'établissement, des universités peuvent être rassurés sur la force de
nos convictions pour que, dans l'avenir, ces
institutions-là puissent profiter d'un financement stable et qui s'étend dans
le temps.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
ministre. M. le député de La Prairie.
Le Bouyonnec :
Merci, M. le ministre. Je comprends de votre réponse que vous n'avez pas voulu confirmer ou infirmer
le fait qu'il puisse y avoir dans vos cartons un scénario d'augmentation
significative des frais de scolarité. J'ose espérer que votre défaut d'y répondre clairement ne signifie pas que
vous avez complètement écarté ce scénario pour le bien de nos
universités.
je reviendrais à la fameuse coupe des 124 millions et puis les coupes au
niveau des fonds de recherche surtout. Lorsque
vous avez préparé les crédits avec vos collègues... Et peut-être que je vais
faire travailler, là, les gens du ministère à côté de vous, là. Ils ont
peut-être des calculatrices, puis, éventuellement, ce n'est pas à vous de faire
toute la job. Je remarque qu'au niveau des prêts et bourses, au niveau des
bourses, il y a 46 millions de plus, puis on peut présumer — je n'ai pas été capable de trouver la
réponse — que le 46 millions, c'est, en fait, les mesures
d'atténuation de la hausse des frais de scolarité maintenue. Autrement dit, la
hausse n'a pas eu lieu, mais nous avons quand même 46 millions de plus de bourses. Puis, quand je fais le parallèle
avec les fonds subventionnaires, c'est 30 millions. Ça fait que je me dis... je faisais une équation simple, je me
disais : Est-ce que vous auriez pu, comme ministre, dire, par
exemple : Je ne peux pas me permettre
de couper dans les fonds subventionnaires parce que j'attaque les bourses de
nos chercheurs, etc., donc j'annule la promesse des libéraux, là, d'avoir
un ajustement au niveau des prêts et bourses? Est-ce que vous aviez cette latitude-là? Moi, ça m'aurait été un
choix judicieux de dire : Écoutez, compte tenu des coupures, du
contexte, nous n'allons pas pouvoir
maintenir cette promesse des libéraux, compte tenu que, de toute façon, il n'y
a pas eu hausse des frais de
scolarité parce qu'il y a eu gel, et ça nous aurait évité de voir un
30 millions de coupes, là, au niveau des fonds de recherche, là,
surtout en santé, qui ont fait très mal, comme vous le savez.
La Présidente (Mme Richard,
Duplessis) : Merci. M. le ministre.
Duchesne : Oui.
Comme vous le savez, les prêts et bourses, il y avait certaines mesures qui
étaient déjà en marche, qu'on était rendu en
septembre, il n'était plus possible, là, avec les... ce qui avait été attribué,
on ne pouvait pas amener, là, une décision qui était déjà en marche, là, compte
tenu de l'année universitaire qui était en marche.
Vous
me parlez, là, de la question des hausses. Je veux quand même vous dire qu'à
cet égard-là — et je vous ai vu pas mal, je pense, à l'ensemble des rencontres
préparatoires — il y a eu des consensus qui ont été définis, sur
lesquels on a atterri. Et je vous cite M.
Dorval, président du Conseil du patronat, qui — c'était à la
rencontre de Trois-Rivières — a abordé la question des contributions, et il a bien incarné, je pense, le
consensus de tous les acteurs sur place en disant : La seule chose
dont vous avez moins entendu parler, finalement, c'est une augmentation
brusque — j'aurais pu ajouter brutale, mais lui
a dit brusque — et ça, avec tout ce qui s'est passé le printemps
dernier, on est plus gêné et timide d'en parler.
Quand
on gouverne, il faut s'assurer de prendre des décisions, un, qui sont
applicables et, deux, qui ne créeront pas une crise sociale qui va menacer la paix
sociale. Et je pense qu'à l'avenir tout gouvernement doit s'assurer,
lorsqu'on parle de la façon dont on investit
dans nos universités et dont on demande aux étudiants et à tous les acteurs de
collaborer... de s'assurer que ça puisse se faire
en tout respect pour tout le monde et qu'on va être capable d'en arriver à une
situation où, socialement, ça va être
accepté, hein? On a beaucoup parlé de l'acceptation sociale dans les projets
environnementaux. Excusez-moi, mais, dans des projets d'avenir comme celui de
développer nos universités et cégeps, diable! il faut s'assurer d'avoir une
acceptation sociale. Et, si un gouvernement sous-estime ça, bien là ça va
passer...
parle d'universités, là. Moi, je vous prévois que, dans les cas d'universités
où on va dire : Voulez-vous voir des cas où un gouvernement a mal géré une crise,
là... Bien, la crise de l'année dernière, ça va rentrer dans les
universités, ça va faire l'objet d'études de... ça va être une étude de cas où
on va aller en détail pour expliquer : Voici, il y a eu un avertissement, on ne l'a pas fait, voici, on ne l'a
pas fait, et on pourra peut-être conclure... peut-être que des
universitaires concluront que le précédent
gouvernement voulait envoyer le Québec dans le mur parce qu'il pensait qu'il
allait gagner une élection sur le dos d'une génération.
• (11 h 10) •
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
ministre. M. le député.
M. Le
Bouyonnec : Oui. M. le ministre, sur
le déficit accumulé des universités... Parce qu'aussi il faut éventuellement effectuer un rattrapage. Nous avons
deux niveaux de déficit, le déficit accumulé puis qui devrait s'agrandir
avec la problématique des fonds de pension, puis aussi on a l'entretien
accumulé, qui est un autre 1,5 milliard. Les sommes sont à peu près
égales. Par contre, lorsqu'on regardait votre documentation — j'essaie
de retrouver mes notes — au 30 avril 2011, nous avons
2,2 milliards de déficit accumulé. Je n'ai pas réussi à trouver la somme
pour le 30 avril 2012. 30 avril 2011, c'est
il y a presque deux ans maintenant, et il semble que les chiffres manquants qui
nous permettraient de faire le calcul sont les données venant de l'université
de Trois-Rivières et les données venant de l'Université McGill.
Comment
se fait-il que le ministère, lorsqu'on arrive en février 2013, ne puisse pas
nous donner une idée précise du déficit
accumulé du réseau universitaire en date du 30 avril 2012, si vous voulez, là,
pour reprendre une date qui est un peu plus éloignée?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député. M. le ministre.
M. Duchesne : J'ai quelques chiffres sur les bourses de plus. Vous me
parliez d'un montant tout à l'heure, 46 millions
de plus. Il y en a 14,7, c'est attribuable aux bonifications qui sont là.
Mais 25,4 millions, c'est nouvelle clientèle. C'est une bonne nouvelle, ça, il y a une nouvelle
clientèle qui profite de bourses qui sont dans notre réseau
universitaire.
Pour
ce qui est des déficits à prévoir, je crois qu'il y a des déficits dans
certains cas. Je vais vérifier ce que vous me
dites pour deux universités, mais on me dit... Oui, c'est ça, le rapport
financier n'est pas encore déposé pour les deux
universités. Alors, on ne peut pas aller au-devant du rapport financier. Vous
me parliez de McGill et de l'université de Trois-Rivières, je crois, et on est train — ça, vous devez
comprendre aussi, là — on est en train... Quand je parle de rencontres personnelles avec chaque recteur, de s'entendre
pour les objectifs qui sont fixés, là, pour cette année, pour l'année passée puis pour l'année qui vient, on est en
train de définir une façon qui va être la plus accommodante pour tous.
Oui, on est fermes sur l'objectif, hein, qui
est d'atteindre la cible, mais on est souples sur les moyens. Donc, c'est pour
ça que tout n'est pas encore attaché
et qu'on est même en train, au moment où on se parle et dans ces derniers
jours, avec plusieurs universités,
là, d'avoir des ententes qui vont respecter la situation financière dans
laquelle on vit. Ça bouge beaucoup, là, il faut le comprendre, là.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
ministre. M. le député de La Prairie.
M. Le
Bouyonnec : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Vous avez parlé, M. le ministre, tout à l'heure de l'îlot Voyageur
qui était vraiment une dérive, là, une dérive de gouvernance au niveau de l'institution
puis une dérive de gouvernance au niveau du gouvernement même, du gouvernement
du Québec. Parlant de gouvernance, je reviens sur le fait que... Ne trouvez-vous pas un peu bizarre — autrement
dit, si les universités devaient être des compagnies publiques avec une reddition de comptes, là, normalement,
maximum, six mois après, les chiffres doivent être publiés — que,
pour deux de nos universités, nous n'ayons pas aujourd'hui l'information? Et
vous, comme ministre, que pensez-vous de ces
actions-là, surtout que vous avez quand même un ministère avec une masse
salariale importante? On dit même que les universités font beaucoup de
rapports et qu'au niveau de la fonction publique la rétroaction n'est pas
tellement forte. Mais pourtant, sur cet élément-là, les finances de ces
universités, nous avons deux universités qui n'ont pas fini de rendre des
comptes.
Nous
savons aussi qu'au niveau de la gouvernance, les conseils d'administration des
universités, plus de la moitié, en général, si
on prend... plus de la moitié, finalement, des membres des conseils d'administration
sont de l'interne, c'est-à-dire, évidemment,
les recteurs, syndicats de professeurs, syndicats du personnel de soutien. Sur
la question de la gouvernance, est-ce
que vous avez l'intention aussi, en même temps, en marge du sommet, de
resserrer cette gouvernance pour éviter
les problématiques comme l'îlot Voyageur — je pourrais prendre le cas
que je viens de mentionner — ou même le fait que, dans les 10 dernières années, la masse salariale des
administrations universitaires à haut niveau a augmenté de 175 %? Sur les 30 hauts
gradés de l'Université de Montréal, 10 de ces 30 là font plus de
200 000 $ par année. Justement, on a une commission qui va bientôt commencer sur le salaire des élus, on
pourrait mettre ça en parallèle. Avez-vous l'intention de faire ça, M.
le ministre, là, d'attaquer la gouvernance universitaire?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député de La Prairie. M. le ministre.
Duchesne : Bien,
je l'ai dit, on n'est pas dans la confrontation ou les attaques, donc ce n'est pas...
Je ne dirais pas
attaquer, mais, vous le voyez, la volonté du nouveau gouvernement, c'est d'avoir
non pas un, mais deux ministres de l'Éducation.
Et il y en a un qui s'occupe spécifiquement de l'enseignement supérieur, c'est
mon cas, c'est les cégeps et les universités.
Alors, il y a plusieurs questions qui émanent de vous, mais qui émanent de la
population. Et, sur la gouvernance, là,
pour les gens qui n'ont pas eu l'occasion de suivre de près tout ce qui se
passe — puis, on comprend, là, les gens sont occupés dans la population — bien il y
avait un cahier thématique dans une des rencontres qui portait uniquement
sur la gouvernance et le financement des universités.
Alors,
oui, ce que je veux insuffler à notre ministère... le ministère de ce gouvernement,
parce que ce n'est pas le mien, quand même, là. Ce que je veux insuffler à
ce ministère que je dirige, c'est... Un, on va commencer par s'assurer
que nous puissions développer les outils
nécessaires pour encore augmenter notre capacité de bien guider, dans les
grandes orientations générales, les
universités et les cégeps. Et ça, il faut s'assurer que, dans la gestion, il y
ait plus de transparence, mais plus
aussi... puis ça, c'est... Vous savez, le Vérificateur général, même dans le
cas de l'îlot Voyageur, il y avait un scandale
là, il n'y en pas eu ailleurs, là, mais il disait : Il faudrait, au moins,
que les états financiers soient comparables, tu sais, que ce soit fait, puis qu'on puisse... Bon. Alors, ça, on va
veiller puis on va s'assurer d'avoir un groupe dans le ministère qui est
un groupe de recherche pour aller chercher des informations aussi de nature
financière pour pouvoir les compiler de façon correcte.
rétroaction, vous avez raison... Mme la Présidente, le député a raison, la rétroaction,
il faut que notre ministère, on demande... On l'a entendu de directeurs d'établissement,
de recteurs, dire : Vous nous demandez ça de papier, et il y a très peu de rétroaction. Bon, il faut arrêter ça.
Alors, on va demander un peu moins de papier, un peu plus précis. Il y
aura une rétroaction, et, comme ça, on
pourra avancer puis être toujours plus près de la qualité et près d'une gestion
qui est toujours plus transparente.
Parce que la population nous demande d'être encore plus transparents. On a une
confiance... On le sait, nous, les élus, les directeurs d'établissement, on a
une confiance à rebâtir.
Sur la gouvernance...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre. Désolée, le temps écoulé pour ce
bloc-ci...
M. Duchesne : Bon, j'y reviendrai.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Nous allons procéder à l'autre bloc avec le
gouvernement, et je vais céder la parole, pour
ce bloc-ci, au député de Saint-Hyacinthe.
M. Pelletier
(Saint-Hyacinthe) : Merci, Mme la
Présidente. Alors, M. le ministre, vous avez déclaré tantôt... Depuis le début, on parle quand même d'une crise
budgétaire, on parle quand même de certaines coupures qui ont été faites au niveau du ministère et pour les crédits
budgétaires, mais ce n'est pas... Moi, ce que je veux vous ramener, c'est
sur... Vous avez mentionné ce matin
150 millions qu'on a perdus à Bécancour avec une centrale au gaz qu'on
doit payer puis qui ne rapporte pas. On parle de 280 millions pour
l'îlot Voyageur qui ont été perdus, on parle de... Vous avez mentionné — puis je vais vous
ramener là-dessus — que la ministre du temps, de l'Éducation et
Conseil du trésor, qui avait contrôlé
des dépenses de 265 millions — ça, c'était sous l'ancien
gouvernement — des coupures qui n'ont jamais été... qui ont été commandées mais qui n'ont jamais été
réalisées... Et ça, c'est sans parler de la dérive qu'il peut y avoir eu
aussi au niveau de la gestion de certaines
primes inacceptables au niveau des universités à certains endroits. Mais je
pense que ça fait beaucoup, beaucoup d'argent, ça, M. le ministre,
pour... C'est beaucoup d'argent aussi qu'on reporte sur le dos des étudiants,
qu'on a reporté sur le dos des étudiants pour essayer de justifier que les
universités étaient sous-financées.
On a aussi mentionné
que notre population devrait peut-être payer un peu plus pour avoir plus d'argent
pour financer davantage nos universités. Mais, quand on regarde tous ces
chiffres-là, M. le ministre, pensez bien que c'est quand même un portrait d'une mauvaise gestion qui a été faite dans tous
les projets qui ont été mis de l'avant par l'ancien gouvernement... ou la majorité des projets, et
vous... Moi, je veux savoir, au niveau de la ministre comme telle du
temps, qu'est-ce que vous entendez faire
pour qu'on reprenne confiance dans nos institutions, qu'on reprenne confiance
dans nos gestionnaires, qu'on reprenne confiance, justement, dans nos
institutions universitaires. Parce que, là, actuellement, il y a un flou, et puis qu'est-ce qu'on va faire
pour éviter que ce genre de dérive là arrive dans l'avenir? Comme
ministre, vous, de l'Éducation supérieure,
qu'est-ce que vous allez faire, qu'est-ce que vous allez proposer pour qu'on
arrive à des solutions, justement, pour éviter que nos contribuables
soient surtaxés ou surchargés à cause de mauvaises décisions d'un gouvernement?
• (11 h 20) •
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, M. le
député de Saint-Hyacinthe. M. le ministre.
M. Duchesne : Vous le savez, c'est un peu ça, le
sommet. Et c'est beaucoup ça, le sommet, c'est de rétablir la confiance, de
rétablir un dialogue entre différents acteurs qui, normalement, mettent l'ensemble
de leur temps à enseigner à des élèves, où, normalement, l'ensemble des
gens vont étudier, où d'autres sont en train de gérer leur institution, où d'autres sont en train d'administrer
leur institution, puis ça va du haut à... je dirais, de la direction à la
classe. C'est à ça que ça sert, le
sommet, c'est de rétablir... de nous ramener à une réconciliation. Parce que
moi, là, je me souviens, il y a quelques
années, quand je suis arrivé à la maison avec mon diplôme universitaire, c'était
la joie dans la maison, j'étais le premier de ma génération à avoir ça,
et il faut qu'il y ait plus de familles qui ressentent cette émotion-là. Donc,
les universités puis les cégeps, c'est la
même chose. Quand on arrive avec un diplôme d'études collégiales à la maison
puis on est le premier de la génération, il y a une fierté.
Alors, les cégeps et les universités, là, il
faut être capable d'en parler au Québec, puis arrêter d'avoir de la tension dans le visage,
puis que ça devienne une rencontre autour de la table pendant le souper où on
va se crêper le chignon. Ce n'est pas
normal, ça, là, là. Il y a eu une situation qui a dégénéré, qui fait que,
maintenant, à chaque fois qu'on parle des universités puis des cégeps entre nous, c'est avec... En tout cas, il n'y
a pas beaucoup de sourires dans le visage. Bien là, il faut que ça
change.
Et le sommet... On le voit, là. Ce n'est pas
que ce n'est pas facile. Je remarque, cependant, qu'il y en a qui s'amusent à mettre en opposition des réflexions, des
déclarations. Ça, il faut peut-être aussi rassurer la population là-dessus, là.
Il n'y a pas personne dans les acteurs du
milieu de l'enseignement supérieur qui a avantage à ce qu'il y ait un échec
au sommet. Je ne pense pas, moi, qu'un
recteur d'université veut se retrouver avec de l'instabilité. Je ne pense pas
que les étudiants qui ont fait des
sessions répétitives, qui ont travaillé fort, veulent se retrouver encore à se
poser la question à savoir qu'est-ce qu'on va faire. Les professeurs,
ils veulent se consacrer à ce qu'ils font puis à leur passion. Alors, le sommet
sert à ça.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le ministre. Quel
intervenant reprend la parole? Le député de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Breton : Mme la Présidente, je dois
dire que, pour moi, les heures qu'on va passer ici avec M. le ministre seront
très importantes parce que, pour que les gens, au Québec, comprennent bien ce
que ça représente pour Sainte-Marie—Saint-Jacques,
pour ma circonscription, ce qui est arrivé, c'est que, dans ma circonscription,
il y a l'Université du Québec à Montréal, où
il y a des dizaines de milliers d'étudiants qui fréquentent cette
université-là, qui restent dans ma circonscription. Il y a le cégep du
Vieux Montréal où il y a d'autres milliers d'étudiants qui fréquentent cette institution. Il y a le parc Émilie-Gamelin