CRC — 26 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
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31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
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28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
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16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
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12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
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Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Version préliminaire
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 26 février 2026
Vol. 48 N° 25
Étude détaillée du projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
13 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
Journal des débats
11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures quarante et une minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte. La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) est remplacée par M. Lévesque
(Chauveau), Mme Prass (D'Arcy-McGee) par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont),
M. Tanguay (LaFontaine) par Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) et M. M. Fontecilla
(Laurier-Dorion) par M. Zanetti (Jean-Lesage).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Donc, lors de l'ajournement de nos travaux,
hier, en fin de journée, nous en étions à l'article 20 du projet de loi
tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 20?
Mme Setlakwe : ...Mme la
Présidente...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : ...Merci,
Mme la Présidente. Bon matin à vous tous. On avait discuté de l'amendement. On
est sur l'article... l'article dans son ensemble, n'est-ce pas? Et on prévoit,
donc, qui y est assujetti... Pour revenir sur... on a longuement, discuté, là,
de la question de... d'ajouter, donc, les intervenants à la DPJ. Je pense que
le débat a été fait, mais j'aimerais entendre le ministre, ce matin, réagir à l'article
de Radio-Canada. C'est quand même en lien avec les discussions qu'on a eues. D'entendre
qu'il y a quand même plusieurs personnes qui doivent quitter le réseau, le
réseau de l'éducation, parce que toute cette question de port de signes
religieux pousse certaines personnes à quitter. J'aimerais l'entendre réagir à
cet article, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : ...la
Présidente, je m'attendais à ce que cette question arrive aujourd'hui. Je pense
qu'il va falloir en discuter brièvement, longuement, mais je pense qu'il
faudrait le faire à l'article 15, parce que la question qui est soulevée
dans un... dans l'article... c'est la question de droit acquis puis de date de
droits acquis, etc., puis c'est l'article 15. Donc, si vous permettez, on
est un peu hors sujet. Je ne dis pas qu'on n'en discuterait pas, mais il y a un
moment où on va être précisément sur le sujet. Donc, j'attendrais, parce qu'on
n'est pas dans le sujet...
Mme Setlakwe : Je comprends.
Vous n'avez pas tort, M. le ministre.
Une voix : ...
Mme Setlakwe : On va y
arriver, mais... mais quand même, je pense qu'il y a un parallèle à faire entre
le déploiement des... de mesures récentes par le biais du projet de loi
n° 94 et l'impact que ces mesures ont sur le système de l'éducation, et
ici, à l'article 20, l'impact potentiel que pourraient avoir, sur le
milieu de la protection de la jeunesse, des mesures qu'on... dont on discute
ici, dans le projet de loi n° 9, vous voyez, le
parallèle que je veux faire. L'impact que... Dans le fond, ma question,
c'est : Est ce que la lecture de l'article et des données qui sont
rapportées amène le ministre à, peut-être, changer son fusil d'épaule ou
remettre en question sa... sa détermination, là, à inclure le réseau de la DPJ
dans le projet de loi n° 9
M. Roberge : Non, Mme la
Présidente, il n'y a pas de remises en question de la... de l'orientation
gouvernementale.
Mme Setlakwe : Merci, donc...
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Je pense que
ça fait le tour pour l'annexe 2, je... si vous me laissez juste quelques
instants.
Peut-être juste... oui, juste réexpliquer le, la raison pour laquelle
on ajoute «régulièrement» dans l'annexe 2. Et qu'est-ce que... qu'est-ce
qu'on vise à...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...puis l'amendement, il a été adopté. Le «régulièrement»
était dans l'amendement. Ça a été adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je suis désolée.
Des voix : ....
Mme Setlakwe : Non, non, on
va... Non, c'est bon, je n'ai pas d'autres questions, mais vous avez raison.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, est-ce que vous avez d'autres interventions sur
l'article 20 tel qu'amendé?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il était sur l'amendement.
Mme Setlakwe : Oui, non, je
n'ai pas d'autres questions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, s'il n'y a pas d'autres interventions, est-ce que
l'article 20 tel qu'amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté.
Une voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Sur division. On passe donc... donc à l'article 15. On
va lire l'article parce qu'il n'avait pas été... pardon?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mais l'article 15 n'avait pas été lu, si ma mémoire
est bonne, de toute façon, on va relire l'article 15, OK? Puis après ça,
il y a un amendement avec quelques petits ajustements, mais, le temps de recevoir
l'amendement, on va lire l'article 15, M. le ministre.
M. Roberge : Très bien, Mme
la Présidente. Alors, 15 :
L'article 31 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le paragraphe
5°, de «au sein de la même
commission scolaire» par «de manière prédominante
au sein du même centre
de services scolaire»;
2° par l'ajout, à la fin, des paragraphes
suivants :
«6° à une personne visée au paragraphe 11°
de...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...pas période.
M. Roberge : Excusez-moi.
«6° à une personne visée au paragraphe 11° de l'annexe II le
(indiquer ici
la date qui précède celle de la présentation du
présent projet de loi), et ce, tant qu'elle exerce la même fonction de manière
prédominante au sein de la même organisation;
«7° à une personne visée à l'un ou l'autre
des paragraphes 12° et 13° de
l'annexe II qui fournit un service
conformément à un contrat autre qu'un contrat de travail en cours le (indiquer
ici la date de la sanction de la présente loi), sauf si ce contrat est
renouvelé après cette date;
«8° à une personne visée au paragraphe 14°
de l'annexe II le (indiquer ici la date qui précède celle de la
présentation du présent projet de loi), et ce, tant qu'elle fournit le même
service au sein de la même organisation;
«9° à une personne visée au paragraphe 15°
de l'annexe II le (indiquer ici la date qui précède celle de la
présentation du présent projet de loi), et ce, tant qu'elle exerce la même
fonction au sein de la même organisation.».
Commentaire explicatif : Cet... cet
article modifie l'article 31 de la
Loi sur la laïcité de l'État, afin de
prévoir un droit acquis au bénéfice des catégories de personnes qui sont
nouvellement assujetties à l'interdiction de porter un signe religieux en vertu
de l'annexe 2de la loi, telle que modifiée par l'article 20 du projet de
loi. Il ajuste également le régime de droits acquis applicables aux directeurs,
directeurs adjoints et enseignants d'un centre de services scolaire, en
précisant que ce droit s'applique uniquement lorsque ces personnes exercent de
manière prédominante la même fonction au sein du même centre de services
scolaire. Cette modification harmonise leur régime avec celui prévu dans la
loi, visant notamment à renforcer la laïcité dans le réseau de l'éducation pour
les autres membres du personnel des centres de services scolaires. Les
modifications proposées visent à assurer une application cohérente du régime de
droit...
M. Roberge : ...à qui entre
les différentes catégories de personnes désormais visées par l'interdiction du
port de signes religieux. Elles permettent également de maintenir l'équilibre
entre la protection des situations professionnelles existantes et l'objectif
législatif de renforcer la laïcité dans les institutions publiques.
L'amendement...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Vous avez un amendement. Il est dans Greffier, mais
vous le voyez également à l'écran. M. le ministre, je vais vous demander d'en
faire la lecture.
M. Roberge : Oui.
Amendement :
Article 15 : au paragraphe 2° de l'article 15
du projet de loi :
1° remplacer, dans le paragraphe 7° de
l'article 31 de la
Loi sur la laïcité de l'État (chapitre L-0.3) proposé,
«12 et 13» par «12, 13, 16 et 17»;
2° insérer, après le paragraphe 9° de cet
article 31, le paragraphe suivant :
«10° à une personne visée aux
paragraphes 18 et 19 de l'annexe II, le 25 février 2026, et ce,
tant qu'elle exerce la même fonction au sein de la même organisation».
Commentaires explicatifs : La modification
au paragraphe 7° de l'article 31 vise à prévoir un droit acquis pour les
personnes qui fournissent des services dans une installation sous l'autorité
d'un centre de la petite enfance ou d'une garderie subventionnée à la date de
la sanction de la présente loi.
L'ajout du paragraphe 10° vise à prévoir
un droit acquis pour les intervenants dans le domaine de protection de la
jeunesse, en date du jour qui précède le jour du dépôt de l'amendement, et ce,
tant qu'il exerce la même fonction au sein de la même organisation.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, c'est en concordance avec l'article qu'on vient
d'adopter.
M. Roberge : Exactement, Mme
la Présidente, il y a de la concordance avec ce qu'on vient d'adopter.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...des interventions sur l'amendement?
Mme Setlakwe : Oui. Est-ce
que le ministre pourrait, s'il vous plaît, nous expliquer la raison de son
amendement? Parce que le libellé est différent de celui qui avait été déposé la
semaine dernière, je crois. Non?
M. Roberge : Mme la
Présidente, est-ce qu'on peut juste suspendre une seconde? Parce que je veux
juste vérifier...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 50)
(Reprise à 11 h 55)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, M. le ministre, je pense que vous avez fait quelques
vérifications. La parole est à vous.
M. Roberge : Oui, merci. Je
voulais être certain de bien répondre à la question de la collègue. Donc, on
est dans la concordance. Donc, nous avions déposé un amendement, la semaine
dernière, au 15, il n'a pas été lu, donc on n'a pas besoin de le retirer, on
l'échange pour un nouvel amendement. Et qu'est-ce qui change entre l'amendement
déposé la semaine dernière, non lu, et celui-ci, c'est juste de la concordance,
puisque l'article 20, portant sur la DPJ, n'est pas identique, cette semaine et
la semaine dernière, il y a eu une bonification, donc il fallait que la...
l'amendement au 15 suive. Mais il n'y a pas de changement de sens, là.
Mme Setlakwe : Très bien,
donc c'est compris. Là, sur l'amendement... évidemment, l'amendement, c'est de
la concordance, donc je n'aurai pas de commentaire. Mais je peux avoir des
commentaires sur l'article 15, n'est-ce pas?
M. Roberge : Absolument.
Mme Setlakwe : OK, parfait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
l'amendement? S'il n'y a pas de... d'autre commentaire, est-ce que l'amendement
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Donc, on revient sur l'article 15, tel qu'amendé.
Mme Setlakwe : ...allée trop
vite, parce que, pour moi, c'est important qu'on ait le débat sur la date qui
est fixée pour le droit acquis. Est-ce que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est dans... c'est dans l'article.
Mme Setlakwe : C'est dans
l'article. On est dans l'article.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est ça. Donc, l'amendement... donc, l'amendement, on
vient de l'adopter. On revient à l'article, tel qu'amendé, et là vous avez vos questions.
Mme Setlakwe : Parce que...
Oui, bien, c'est ça que j'ai dit, peut-être que... parce que, moi, j'aimerais
qu'on ait le débat sur la date à laquelle on établit le droit acquis, puis
j'aimerais que le ministre nous l'explique, là. Est-ce que c'est...
M. Roberge : On peut en
parler.
Mme Setlakwe : Oui. OK, merci.
Non, non, c'est ça, on en parle parce que... Puis nous, on aura des
amendements.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...donc là, l'amendement, on vient de l'adopter. On revient
à l'article 15, tel qu'amendé. Vous avez vos questions, vous allez pouvoir
déposer vos amendements.
Mme Setlakwe : Puis
j'aimerais bien comprendre ici, techniquement, qu'est-ce qu'on est en train de
faire. Donc, à partir de quel jour est-ce qu'on va faire la détermination des
personnes qui bénéficient d'un droit acquis?
M. Roberge : Bien, merci pour
la question. Je pense que c'est important de clarifier, il y a des gens qui se
posent cette question-là. Depuis 2019, depuis notre première
loi sur la laïcité
de l'État, puis ça a été ensuite la même chose avec n° 84
en 2025, puis on poursuit en 2026, c'est au moment du dépôt du projet de loi,
ou du dépôt d'un amendement qui touche un corps d'emploi, que la règle de droit
acquis s'applique. Donc, au dépôt du projet de loi n° 9,
nous l'avons déposé l'automne dernier, donc, c'est à partir de ce moment-là qu'il
y a le droit acquis. Pour la DPJ, c'est à partir du moment du dépôt de... des
amendements qui viennent toucher à la DPJ. Donc...
M. Roberge : ...que le droit
acquis s'applique. Voilà.
Mme Setlakwe : Oui. Donc,
pourquoi vous faites cette distinction? Pourquoi ce n'est pas la... ce n'est
pas la sanction?
M. Roberge : Bien, c'est
comme ça depuis le début, donc dès... depuis 2019, ça a été au dépôt du projet
de loi n° 21 qu'on disait : Le droit acquis s'applique à ce moment-là. Ce
n'est pas à la sanction de la loi, puis ce n'était pas ça ni pour la loi 21 ni
pour la loi 84, et ce ne le sera pas non plus pour la loi n° 9.
C'est à partir du dépôt soit du projet de loi avec les articles ou, lorsqu'on
arrive avec un changement, comme on l'a fait avec la DPJ, de l'amendement qui vient
toucher un corps d'emploi, la clause de droit acquis s'applique à ce moment-là.
Mme Setlakwe : Pour le régime
de la DPJ, c'est jour du dépôt?
M. Roberge : Oui.
Mme Setlakwe : Mais là vous
ne voyez pas, pour les éducatrices, un enjeu, là, qui pourrait s'apparenter à
l'enjeu qui a été mis de l'avant pour... pour les écoles? Vous ne voyez pas
qu'on pourrait secouer le réseau puis faire en sorte qu'il y ait des
bouleversements puis des gens qui... qui vont devoir quitter ou... Vous ne
voyez pas un enjeu, là, avec la date? Vous ne voulez pas repousser la date?
M. Roberge : Non, je ne crois
pas qu'il y ait d'enjeu. Il y a eu... Il y a eu un
article ce matin où on parle
de personnes dans le réseau de l'éducation qui ont été embauchées, je pense,
pour la rentrée scolaire 2025, et, en tout cas, il semble y avoir eu un
malentendu, là, je ne peux pas présumer de tout, mais il y a des gens qui ont
été embauchés alors que la loi était déposée, la loi 84 était déposée, mais pas
encore sanctionnée.
Une voix : ...
M. Roberge : Pardon?
Une voix : ...
• (12 heures) •
M. Roberge : Excusez-moi, j'ai
dit 84, c'est 94. Désolé, là. C'est 94 depuis le début. J'ai dit plusieurs fois
84. À chaque fois, c'est 94. Désolé. La loi 94, qui renforçait, là, la laïcité
dans nos écoles, portée au... par un ministre puis terminée par la ministre
Sonia LeBel, OK?
Donc, la loi avait été déposée au
printemps 2025. Elle a été... Et la clause de droits acquis s'appliquait à
partir de ce moment-là, donc les gens embauchés après la date de dépôt
n'avaient pas la clause de droits acquis. Il y a des gens qui ont été embauchés
dans l'intervalle. Les centres de services scolaires, je ne sais pas s'ils ont
averti les personnes en disant : Bien, écoutez, tant que la loi n'est pas
sanctionnée... on ne peut pas présumer qu'elle soit sanctionnée, mais, le jour
où elle est sanctionnée, si vous souhaitez porter un symbole religieux, bien,
vous n'aurez pas cette clause de droits acquis. Et je sais fort bien que
plusieurs centres de services scolaires se sont acquittés de cette tâche. J'en
ai discuté avec la ministre de l'Éducation, qui me l'a dit. Les centres de
services scolaires avaient reçu l'information. Au dépôt du projet de loi, là,
l'ensemble des centres de services scolaires étaient informés de cette
situation, le savaient, ont reçu cette information-là.
À l'embauche, l'automne dernier, plusieurs
centres de services scolaires se sont acquittés de leurs responsabilités, ont
dit : Bien, écoutez, nous embauchons des gens, il y a une loi qui est à
l'étude, si elle est sanctionnée, la clause de droits acquis ne s'appliquera
pas pour les gens que nous embauchons en ce moment. Est-ce que tout le monde a
été informé exactement de ça? Je ne peux pas dire, je n'étais pas dans la salle
au moment de l'embauche, mais l'état de droit était ceci : les DG étaient
avisés, et il est arrivé que des gens ont été embauchés, portent un symbole,
n'ont pas la clause de droits acquis, pour pouvoir conserver leurs emplois,
doivent retirer leurs symboles. Tout ça, là, a été dûment fait, expliqué aux
DG, discuté en commission. La loi est votée, la loi est sanctionnée.
Ce n'est pas l'objet de la loi ici, mais
je comprends la question, puisqu'il y a un parallèle. On est sur le même
principe d'une clause de droit acquis qui s'applique et à partir de quand. On
ne traite pas ici du dossier spécifique des écoles publiques de l'article de
journal de ce matin, mais on traite de ce qui pourrait arriver, par exemple, à
la DPJ. Mais là je doute qu'on se retrouve dans la même situation, puisque
l'écart entre le dépôt du projet de loi ici et la sanction est beaucoup plus
court. Puis, particulièrement pour la DPJ, là, ça ne fait vraiment pas
longtemps qu'on l'a... qu'on l'a déposé, et je pense que ça résonne, les gens
sont au courant.
Donc, voilà, c'est... c'est l'usage depuis
2019. C'est comme ça qu'on fonctionne. Je pense que ça devrait être
suffisamment clair.
Mme Setlakwe : Merci. Mais
j'ai encore des questions, là. On va arriver aux CPE, mais revenons quand même
au système d'éducation, c'est celui qui est visé...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais devoir suspendre. J'entends les cloches. Je pense
qu'il y a un vote.
Alors, on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 03)
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12 h (version non révisée)
(Reprise à 12 h 17)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux.
Nous en étions donc, au moment de
suspendre, à l'article 15 tel qu'amendé. Qui avait le droit de parole? Je
pense, c'est vous, le ministre, ou Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Donc, je vais prendre les interventions, hein, les interventions. Mme la
députée de Bourassa-Sauvé? Oui, vous allez poursuivre?
Mme Setlakwe : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
Mme Setlakwe : Bon, j'ai
peut-être des enjeux de mémoire, mais j'avais l'impression que le ministre
était en train de répondre ou... en tout cas, peut-être que je vais...
Mme Setlakwe : ...une question
pour renvoyer la balle dans son camp? Non, mais la question, c'est...
évidemment on est sur à quel moment est-ce que le droit acquis est établi. Et
puis on est en train de discuter, évidemment, non pas de... du système
d'éducation, si on veut, là, parce qu'on est dans la... plutôt dans les CPE
puis dans les intervenantes à la DPJ, mais il n'en demeure pas moins que, là,
aujourd'hui, la revue de presse, il y a des articles qui nous indiquent que ça
ne s'est pas passé... ça ne s'est pas passé sans... sans friction, sans
bouleversement dans le déploiement du projet de loi n° 94. Le ministre est en
train de parler quand même de comment ça s'était passé, le déploiement des
nouvelles mesures en vertu du projet de loi n° 94. Et puis moi, j'étais... bon,
peut-être que c'est effectivement à mon tour de poser une question puis de lui
demander : Mais est-ce que... ce que je semble comprendre de la part du
ministre, c'est que le réseau avait été, dans le fond, averti, il y avait eu
des communications dès le dépôt du projet de loi n° 94. Est-ce que c'est la
même chose ici, donc? Mais je dirais, même, malgré le fait que les
communications aient eu lieu en bonne et due forme dans le système d'éducation,
pour les mesures prévues à 94, il y a quand même des bouleversements dans le réseau,
on en... on les voit encore aujourd'hui. Est-ce que, pour le projet de loi
neuf, les communications ont eu lieu déjà, là? Est-ce que vous... vous êtes
rassurés que tous les intervenants, au niveau des CPE sont bien... sont bien
outillés, ils ont déjà envoyé la nouvelle dans... dans le réseau, incluant
les... toutes les garderies qui vont être visées pour justement s'assurer qu'on
n'ait pas ce genre de bouleversement?
• (12 h 20) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, c'est une question un peu rafraîchie, on va dire.
M. Roberge : Oui. Non, c'est
bon. C'est de bonne guerre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, juste pour le bénéfice de... des gens qui nous
écoutent, 94, c'est une loi, maintenant, elle est adoptée. Non, mais c'est
parce que c'est... c'est du jargon que nous, on connaît, mais pour les gens qui
nous écoutent, 94, c'est adopté. Là, on est sur le projet de loi neuf, question
rafraîchie. M. le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Vous avez raison. Des fois, on parle, on utilise le terme «projet
de loi» pour les lois qui sont déjà adoptées et sanctionnées. Donc, oui, je
sais que, dans les divers réseaux, les communications ont été faites auprès des
fédérations ou des organismes au dépôt du projet de loi, dont on parle ici, projet
de loi n° 9, qui a été déposé l'automne dernier, en 2025.
Mme Setlakwe : ...j'aimerais
quand même entendre le ministre réagir de façon un petit peu plus détaillée,
là, sur... sur ce qu'on a lu dans les différents articles, ce matin, au niveau
de la clause grand-père rétroactive, et il y a des témoignages de différentes
personnes qui oeuvrent au sein de nos écoles. Il y a des éducatrices en service
de garde qui, entre autres, s'occupent de jeunes avec des besoins particuliers.
Il y a beaucoup de cas concrets qui sont mis de l'avant, qui illustrent nos...
nos propos tenus, là, ces derniers jours, où on réalise finalement que ce...
c'est... ce n'est pas si simple que ça de présumer ou de penser que les femmes
qui portent un voile vont tout simplement accepter de le retirer. On voit très
bien, là, des cas concrets où il y a des femmes qui disent... Puis là je les
cite, là, sans les... sans les nommer. Une dame qui s'appelle Marième :
C'est impensable pour elle de retirer le hijab. On me... on me déchire entre
mon identité, mes valeurs et ma carrière.
Le point que je veux faire, Mme la
Présidente, puis j'aimerais entendre le ministre réagir, c'est... c'est que
moi, j'ai eu l'impression, dans nos échanges, que, pour justifier le fait que
l'impact ne sera pas si grand ou... sur les personnes concernées ou sur le
réseau, bien, on se dit : Les gens n'ont qu'à enlever le voile durant les
heures de travail. Or, on voit bien que, dans plusieurs cas, bien, ce n'est pas
aussi simple que ça. Le voile ne sera tout simplement pas retiré. Et donc il y
a des personnes qualifiées, des personnes qui oeuvrent dans nos réseaux, qui
offrent des services importants, qui vont faire le choix, malheureusement,
déchirant de quitter le réseau. J'aimerais entendre le ministre réagir
là-dessus.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, par rapport
à la loi actuelle, je ne crois pas que ce qu'on dit va arriver, là, ma... ma
collègue fait référence à un
article de journal qui parle de ce qui s'est passé
dans le...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...vous voulez dire.
M. Roberge : Oui, excusez-moi,
dans le projet de loi actuel, je ne crois pas qu'il va y avoir ce que ma
collègue dit, fait référence à un
article du journal qui parle d'un nombre
très, très limité de personnes. Je pense que c'est en bas de 10 personnes dans
le réseau de l'éducation pour ce qui s'est passé l'automne dernier. Donc, je...
M. Roberge : ...clarifier ça.
Ensuite, bien, ma collègue dit : Écoutez, un symbole religieux, ce n'est
pas... ce n'est pas banal, me dit-elle, il y a des personnes qui préfèrent
s'abstenir de travailler dans un secteur plutôt que de retirer un symbole. Mais
ça va, d'une certaine manière, dans le sens de ce que je dis, de ce que le
gouvernement dit, symbole veut dire quelque chose. Parce que ma collègue nous
disait... hier ou avant hier, elle nous disait : Vous savez, c'est... Un
bout de tissu sur la tête, ce n'est pas ça qui change... Ce sont ces termes.
Moi, ce que je dis, c'est que ce n'est pas juste un bout de tissu. Ah oui, oui,
ma collègue a dit : Ce n'est pas un bout de tissu sur la tête qui dit...
qui définit ce que la personne va faire ou les gestes que la personne va poser.
Moi, je suis d'accord avec ça, qu'un
symbole, que ce soit quelque chose que je porte ici, quelque chose que je
porterais sur ma tête, quelque chose que je porterais dans mon cou, ce n'est
pas un morceau de tissu, ou un morceau de bois, ou un morceau de métal, ça veut
dire quelque chose. Et c'est parce que ça veut dire quelque chose que l'État
légifère pour assurer des services qui respectent les quatre principes de la
laïcité.
Quand on a décidé de retirer le crucifix
au-dessus du trône du président ou de la présidente à l'Assemblée nationale, on
n'a pas dit : Heille! on enlève-tu un morceau de bois? Ce n'était pas un
morceau de bois, là, c'était un crucifix au-dessus du trône du président ou de
la présidente de l'Assemblée nationale, ça voulait dire quelque chose. On s'est
dit : Ce symbole-là veut dire quelque chose qu'on ne veut plus dire
aujourd'hui dans le cadre de l'Assemblée nationale. On va le sortir, on va le
mettre dans une alcôve. Ça fait partie, je vous dirais, plus d'une exposition
muséale maintenant. Donc, ce n'est pas juste un morceau de bois.
Et un symbole religieux, ce n'est pas
juste un morceau de métal ou un morceau de tissu, ça veut dire quelque chose.
Et je vous dirais que ça renforce notre volonté d'avancer pour renforcer la
laïcité au Québec.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Setlakwe : Oui. Bien, je
veux juste réagir rapidement à ce que le ministre vient de dire avant de céder
la parole à ma collègue. Là, j'ai senti que j'avais été cité, là, que c'était
un bout de tissu. Je pense que j'ai fait différentes interventions qui étaient
très claires à l'effet que... Bien, j'ai fait différentes interventions. Il y
en avait une qui était... qui était à l'effet de ne pas présumer que c'est si
simple pour une personne qui porte le voile de l'enlever durant les heures de
travail. J'ai ramené ça à un droit fondamental d'exprimer comme... bien, du
droit de religion de porter le voile.
Et ce que j'ai aussi dit, j'ai rapporté
les paroles de différents experts, là, je relisais encore hier ce que la Ligue
des droits et libertés nous enseigne à l'égard des femmes voilées : Il ne
faut pas... il ne faut pas penser qu'on les aide, là, avec les... ces différentes
mesures législatives et qu'on les aide à s'émanciper ou qu'on leur... qu'on
leur rend service, ou quoi que ce soit, parce que, dans les faits, c'est
peut-être mal comprendre. Dans les faits, on est en train de justement brimer
des femmes en leur fermant des portes à certaines carrières, en leur fermant
des portes à certaines... à certaines professions. Puis, encore une fois, les
priver d'éducation, les priver de carrière, les priver de certains emplois, ça
ne les aidera pas. Alors, il ne faut pas présumer que c'est si simple
d'enlever... d'enlever le voile qui est un... oui, qui est un tissu.
J'ai aussi dit dans un autre contexte que
porter un signe religieux, porter un voile, ce n'est pas... ce n'est pas garant
de... absence de... ce n'est pas... Il ne faut pas faire des amalgames avec du
prosélytisme. Il y a eu des codes déplorables, notamment à l'école Bedford,
dans ma circonscription, très près de chez moi, qu'on s'est tous indignés
devant ces... devant ces gestes, devant ce qui s'est passé dans cette école-là,
comment les enfants avaient été... avaient été traités, mais les personnes qui
ont commis ces gestes dérogatoires ne portaient pas de signe religieux. Donc,
une personne qui ne porte pas de signe religieux peut faire... peut faire du
prosélytisme, une personne qui en porte, il ne faut aucunement présumer qu'elle
en fera, au contraire.
J'ai aussi dit... je pense, c'est
important de clarifier mes propos, là, j'ai aussi dit que, dans un contexte de
service de garde, il est possible que des enfants posent la question. C'est ce
qu'on nous a dit à propos du port du voile, et j'ai relaté ce que... moi, je
n'en porte pas de voile, là, mais j'ai relaté ce que certaines personnes nous
disent : C'est très facile...
Mme Setlakwe : ...très facile
de dire, de répondre à un enfant qui pose la question : Pourquoi vous
portez un morceau de tissu sur votre taille? Pourquoi vous portez un foulard?
Pourquoi vous portez un voile? C'est très facile de répondre «parce que c'est
mon choix», au même
titre qu'un autre choix vestimentaire, et de passer à un
autre sujet. Ça n'implique pas qu'il faut avoir une discussion au niveau de la
religion. Alors, voilà, Mme la Présidente. Je voulais recadrer mes
interventions. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Merci. Je cède la parole à la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, chers collègues. M. le ministre, hier, je vous demandais
si... donc, vous aviez, donc, des inquiétudes au niveau, donc, des défis de
recrutement, là, sachant qu'on parle ici, bien, initialement, d'un réseau,
maintenant de réseaux au pluriel, qui sont aux prises avec une grave pénurie de
main-d'œuvre. On donnait l'exemple système d'éducation, puis vous nous
disiez : Bien, en éducation, donc, ça s'est très, très bien passé, puis il
n'y en a pas eu d'enjeux. Ce matin, donc, on a un article, donc, qui quantifie
les défis quant à l'application de la clause grand-père, donc, qui découlait du
projet loi n° 94. Considérant ce qu'on a lu ce matin,
est-ce que vous avez des inquiétudes dorénavant, dans les réseaux qui sont
assujettis au projet de loi n° 9?
M. Roberge : Non, Mme la
Présidente. Je pense que ce qu'on a vu ce matin témoigne d'une période de
transition. Je ne suis pas certain que l'information a été transmise
correctement. Je ne peux pas le savoir à ce moment-ci. On est dans une période
de transition. Je pense que de clarifier les choses va amener une adhésion qui
va être forte, et je ne crois pas que ça va poser des enjeux dans les réseaux.
Mme Cadet : Qu'est-ce que
vous voulez dire, de clarifier les choses? Ça veut dire quoi pour vous?
• (12 h 30) •
M. Roberge : Bien, j'appelle
ça une clarification du contrat social, ce qu'on fait ici. On est dans la
lignée de la déconfessionalisation de l'État et de nos institutions qu'on
appelle, aujourd'hui, la laïcisation. Mais il y a clairement une marche de plus
de 50 ans qui avance toujours dans cette même direction. Les plus grands
pas ont été faits avec la loi n° 21 en 2019, avec...
94 en 2025, maintenant avec la loi n° 9, avec aussi
l'adoption de la
loi sur le modèle québécois d'intégration à la nation
québécoise. Donc, ici, tout ceci définit le contrat social, les règles du
vivre-ensemble, et je pense que le flou nous dessert en ce moment. Il y a des
gens qui pensent que depuis la loi 21 de 2019, par exemple, les symboles
religieux ne peuvent plus être portés dans des CPE. Ce n'est pas le cas. Mais
certains, par inférence, y croyaient. Donc, il y a comme une espèce de
confusion. Puis on vient clarifier les choses et je pense que la clarification
va servir tout le monde.
Mme Cadet : ...sur le... sur
le dernier point, je ne pense pas qu'il y ait nécessairement, donc, de
confusion en tant que telle. Je comprends que certaines personnes, donc, vous
ont exprimé... puis c'est leur droit comme citoyen que... peut-être que
selon... selon celle-ci, donc, il aurait été... que c'est donc... que c'était
donc leur volonté qu'il y ait application, donc, au réseau des services de
garde. Mais je pense qu'au niveau du réseau lui-même, l'AQCPE est venue nous
voir... je n'ai pas l'impression qu'avant le dépôt du projet de loi qu'il y
avait confusion de leur côté, à savoir comment les embauches devaient...
devaient se faire ou ne pas se faire. Donc, avec égard, je n'ai pas
l'impression que le terme «confusion», donc, c'est celui qui nous permet le
mieux de desservir les besoins du milieu, ni qui... il n'est pas celui qui
permet donc de sous-tendent en fait le dépôt, donc, de ce projet de loi ci.
Je vous reviens sur les chiffres en
éducation, nous dit : Au moins 500 personnes pourraient perdre leur
emploi parce que ces personnes-là, donc, auraient été embauchées, donc, après
le dépôt du projet de loi n° 94, donc, le 19 mars 2025, en ce moment, puis
on l'a vu hier, on le voit aujourd'hui, tout le monde est en train de nous
parler ça. Donc, chacun... tous les médias nous disent : Il y a des
enjeux. À un moment donné, il ne faudrait pas qu'on soit.... qu'on répète la
même problématique avec le projet de loi neuf. Donc, vous, vous n'avez, encore
une fois, je répète ma question, donc, aucune inquiétude face à ce que vous
avez lu ce matin dans tous les journaux québécois?
M. Roberge : Les... Ce qu'on a
vu dans les médias, on parlait d'un nombre très limité de personnes. Et je ne
crois pas qu'il faut transposer ceci au projet de loi qu'on étudie en ce
moment. Je pense que c'est suffisamment clair que l'information va percoler.
Donc, non, je n'ai pas ces inquiétudes-là.
Mme Cadet : Bien... dit «va
percoler». Ça veut dire qu'elle n'a pas déjà percolé? Parce que c'est sûr que,
si vous mettez une date de... une date d'entrée en vigueur de la clause
grand-père au dépôt du projet de loi, il faudrait que l'information ait déjà
été transmise, pas qu'elle va percoler.
M. Roberge : Non,
l'information... j'ai répondu tout à l'heure, l'information a été transmise...
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12 h 30 (version non révisé
e) Mme Cadet : ...dans l'ensemble
des CPE?
M. Roberge : L'information a été
transmise...
Mme Cadet : Parce que c'est
des OBNL, ce n'est pas comme en réseau de l'éducation, où est-ce que c'est les
centres de services scolaires. Donc, on est venu nous expliquer que les CPE, c'était
des OBNL privés avec le conseil d'administration, donc des parents qui opéraient
un petit peu comme des écoles privées subventionnées. Je n'ai pas le dossier de
la Famille, je ne le savais pas, donc, avant le... le projet de loi. Donc ,je
pense qu'on a été informés de comment ça fonctionnait. Donc, comment est-ce que
les mécanismes vont vous permettre d'assurer que cette information a été
transmise, considérant donc la forme juridique des CPE?
M. Roberge : J'ai confiance
que ma collègue la ministre de la Famille a activé les réseaux et transmis l'information.
Je pense que ça a été fait.
Mme Cadet : OK. Vous pensez
que ça... que ça a été fait. Puis, si ça n'a pas été fait, qu'est-ce qui va se passer,
vous pensez, au... dans le réseau?
M. Roberge : Bien, l'information
est disponible. C'est la responsabilité des gens de s'informer. S'il y a des
personnes qui ont été embauchées depuis le dépôt du projet de loi et qui
portent un symbole en ce moment, bien, pour l'instant, ces personnes-là peuvent
le porter puisque la loi n'est pas sanctionnée. Je ne peux pas présumer, mais
on va dire : Admettons que la loi serait sanctionnée dans un avenir
rapproché, bien, ces personnes-là ne pourraient pas avoir de clause de droits
acquis parce que la clause de droits acquis s'applique la veille du dépôt du
projet de loi.
Des voix : ...
Mme Cadet : Bien, Mme la
Présidente, donc, j'ai un amendement à déposer. Je comprends qu'il est déjà sur
Greffier. C'est ce qu'on m'explique.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Dans quelques secondes. Télécino est en train de
travailler.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, ça va être ma génération.
Mme Cadet : Je ne sais pas c'est
quoi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est ma génération. Ça ne sera pas tellement long.
Des voix : ....
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, on comprend que c'est un amendement déposé à l'article 15
tel qu'amendé. Voilà. La magie a opéré. Alors, Mme la députée, je vais vous
demander d'en faire la lecture.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Donc,
article 15 : Modifier l'article 31 de la Loi
sur la laïcité de l'État, tel qu'amendé et proposé à l'article 15 du
projet de loi par le remplacement, dans les paragraphes 6, 8 et 9, des
mots «qui précèdent celle de la présentation» par «de la sanction».
L'article modifié se lirait comme suit :
31, paragraphe 6°, à une personne visée au paragraphe 11° de l'annexe II,
le (indiquer ici la date de la sanction du présent projet de loi), et ce, tant
qu'elle exerce la même fonction de manière prédominante au sein de la même
organisation;
7° à une personne visée à l'une ou l'autre
des... à l'un ou l'autre des paragraphes 12° et 13° de l'annexe II, qui
fournit un service conformément à un contrat autre qu'en contrat de travail en
cours (indiquer ici la date de la sanction de la présente loi).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...c'est pour ça.
Mme Cadet : OK. Merci. Merci.
Sauf si ce contrat est renouvelé après cette date;
8° à une personne visée au paragraphe 14°
de l'annexe II (indiquer ici la date de la sanction du présent projet de
loi), et ce, tant qu'elle fournit le même service au sein de la même
organisation;
9° à une personne visée au paragraphe 15°
de l'annexe II (indiquer ici la date de la sanction du présent projet de
loi), et ce, tant qu'elle exerce la même fonction au sein de la même organisation.
Donc, ici, Mme la Présidente, on dirait qu'on
lit des lois fiscales, là, ça a l'air pas tout... toujours tout à fait clair lorsqu'on
fait la lecture pour les gens du public qui nous suivent, mais je vous... Vous comprenez,
Mme la Présidente, ici, donc, le dépôt de cet amendement-là, donc, visant à
confirmer, donc, l'argumentaire que vous en train de déployer au Parti libéral
du Québec, de nous assurer qu'on ne vive pas, donc, la même situation que le
réseau de l'éducation est en train de vivre. On le sait, donc on parle ici d'un
projet de loi qui a été déposé lorsqu'on parle de date de la présentation,
donc, en novembre dernier, là, on pourra reconfirmer la date exacte, mais
certainement que, depuis cette... cette date-là, donc, il y a eu des embauches
dans le réseau, Mme la Présidente. On l'a vu dans le réseau de l'éducation,
certainement qu'il y a eu des quiproquos...
Mme Cadet : ...parce que si, ce
matin, tous les médias, donc, Le Journal de Montréal , La Presse ,
Radio-Canada. Donc, quand on a, donc, nos principaux médias qui, tous, nous
parlent de licenciements qui ont eu lieu, qui nous parlent d'un potentiel...
Puis je vous ramène à l'article de Radio-Canada qui nous disait : Donc,
oui, il y a des dizaines d'employés qui portent un signe religieux, qui ont
déjà été licenciés ou qui sont en absence forcée. Il y en a, au moins,
500 autres qui pourraient perdre leur emploi s'ils refusent de se plier à
la loi. Vous comprenez ici que les... qu'ici il y a un cafouillage qui, non
seulement, donc, oui, touche les principaux intéressés, c'est une chose, mais
surtout qui touche les services. Le ministre nous a dit, de son côté, puis le
ministre a été ministre de l'Éducation, bien, il dit : Mais oui, fort
bien, donc, il nous faut, donc, des services.
Donc, à ce moment-ci, nous croyons qu'il
serait opportun de viser ici la date de la sanction pour s'assurer qu'on n'ait
pas des bris de service. Je pense que, quand on est en train de regarder un
peu, donc, on pondère la balance des inconvénients ici puis qu'on se dit :
OK, il y a des personnes qui sont déjà à l'emploi, on ne parle pas de personnes
futures, là, on parle des personnes qui sont déjà à l'emploi de ces différents
OBNL, donc, des différents CPE ou des services de garde privés aussi, donc, en
installation, parce qu'ils sont visés par ces paragraphes-ci, bien, à ce
moment-ci, bien, il nous semble tout à fait opportun, qu'on parle ici à, d'au
moins, d'une entrée en vigueur, donc, de la clause grand-père, plutôt à la date
de la sanction plutôt qu'à la date qui précède la présentation du projet de
loi, On a l'occasion de pouvoir corriger, donc, une problématique qui est vécue
en date d'aujourd'hui dans le réseau de l'éducation, n'aggravons pas la
situation dans le réseau des CPE.
• (12 h 40) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Juste avant de vous laisser la parole, M. le ministre,
c'est un document qui est dans Greffier, ça ne modifie en rien la proposition
que vous faites, mais, dans le haut, c'est le projet de loi n° 9
et non n° 7.
Mme Cadet : Ah! OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je comprends que c'est un modèle qu'on utilise des fois,
mais parce que c'est dans Greffier, on va en faire...
Mme Cadet : Ah! parce que
c'est dans Greffier, OK, parce que je n'en ai pas fait la lecture au début,
j'ai commencé à l'article...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mais c'est pour ça que, juste parce que c'est un document
qui est disponible, on va faire la modification.
Mme Cadet : Je comprends. OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre, la parole est à vous.
M. Roberge : Bien, merci, Mme
la Présidente. Donc, je vois... bien, je m'attendais un peu à cette
proposition. Le débat, c'est de dire : Est-ce que la clause de droits
acquis s'applique au dépôt du projet de loi ou d'un amendement très particulier
ou à la sanction? C'est une question qu'on s'est posée, là, il y a
sept ans, en 2019, puis on a décidé d'appliquer la clause de droits
acquis au dépôt, au moment où on annonce cette intention ferme d'aller dans une
direction. Je pense que l'information est connue à ce moment-là et je pense que
c'est une bonne politique qu'on a appris... qu'on a appliquée à la fois
en 2019, on l'a appliquée en 2025, on arrive. Je pense qu'il y a une
cohérence, aussi, législative a gardé cette même trame. Donc, bien que je
respecte la proposition de la collègue, je ne souscris pas à son argument. Je
n'ai pas l'intention de voter en faveur de l'amendement.
Mme Cadet : Pourquoi cette
décision-là avait été prise initialement?
M. Roberge : Écoutez, ce
n'est pas moi qui pilotais le projet de loi n° 21 en 2019, c'est une
orientation gouvernementale qu'on conserve par cohérence.
Mme Cadet : Non, mais je vous
entends, M. le ministre, mais parfois, tu sais, quand il y a des observations
qu'on est en mesure de faire par rapport à l'application d'une disposition dans
un projet de loi précédent, bien, c'est ce qu'on fait. Tu sais, je veux dire,
quand on rouvre des projets de loi, on le fait régulièrement, là, on modifie
des dispositions passées, on se dit : Ah! bien oui, puis ça, on en
profite. Puis, parfois même, tu sais, je veux dire, quand on pose des
questions, tu sais, on est dans l'opposition, c'est notre travail de poser des
questions sur des suppositions, on se demande : Ah! mais pourquoi il est à
l'amendement qui est là, puis ensuite, bien, on nous dit : Ah! Bien, à ce
moment-là, on n'y avait pas pensé de cette manière-là, on n'avait pas réfléchi,
donc, à tel ou tel impact, puis on en profite pour le corriger. Donc, ça se
fait, M. le ministre.
Donc, ici, je vous... vous me dites :
On est en train, donc, d'utiliser la date du dépôt du projet de loi parce que
c'est ce qu'on a fait par le passé. Je suis certainement, tu sais, d'avis que
c'est important, donc, la cohérence législative, tu sais, je vous pose souvent
cette question-ci, tu sais, notamment quant à la rédaction des différentes
dispositions des projets de loi qu'on étudie. Donc, je vous entends sur ce
critère-là, mais... mais parfois, je veux dire, quand on voit quel est l'impact
sur les réseaux, surtout lorsqu'on parle de... disons, de plus... de volumes
plus importants, là, ce qui était manifestement peut-être moins le cas avec la loi
n° 21, mais avec le projet de loi...
Mme Cadet : ...94, c'est ce
qu'on voit, c'est ce qu'on voit sur le terrain puis on le voit ce matin. On le
voit ce matin dans les journaux. Donc, c'est pour ça que... je vous avouerais
que je pense que c'est important que vous nous répondiez sur les motifs qui
ont... qui ont sous-tendu le fait d'avoir une clause de droits acquis qui est
entrée en vigueur au moment du dépôt du projet de loi et non pas à la date de
la sanction. Je pense que c'est important pour l'ensemble des parlementaires
qu'on l'ait aujourd'hui plutôt que de simplement nous répondre... mais, par
cohérence législative, vous êtes capable d'obtenir cette réponse-là. Je
comprends que vous ne l'étiez pas à ce moment-là, mais je pense qu'on a... dans
l'espace dont nous disposons cet après-midi ou cet avant-midi, qu'on a la
capacité d'obtenir la réponse. Est-ce que vous pouvez, donc, nous répondre sur
qu'est-ce qui a motivé cette décision-là il y a sept ans?
M. Roberge : Ce que je peux
dire, c'est que je trouve ça tout à fait logique de dire... à partir du moment
où on annonce l'intention, on dit : Bien, à partir de ce moment-là, ceux
que c'est antérieur à cette annonce ont une clause de droits acquis. Ensuite,
il n'y a pas la clause de droits acquis, mais il y a aussi la logique du fait
que l'intention du gouvernement, c'est qu'à terme 100 %, par exemple, des
enseignants, des enseignantes ou des intervenants DPJ ou des éducateurs et
éducatrices en CPE ne portent pas de symbole. Parce qu'on donne une clause de
droits acquis, mais c'est pour faciliter la transition vers un environnement où
ces personnes-là, à terme, n'en portent plus. C'est là qu'on se dirige.
Un jour, toutes les personnes qui en
portent soit l'auront retiré volontairement, soit auront pris leur retraite ou
changé de poste et tous ceux qu'on aura embauchés n'en porteront pas et nous
n'aurons plus le port de symbole religieux pour ces personnes dans ces
fonctions pendant les heures de travail.
Donc, je pense que, dans cette logique,
oui, on accepte de faire le compromis, la clause de droits acquis, mais
l'intention, c'est d'aller le plus rapidement possible, et je pense qu'elle est
là, la logique.
Mme Cadet : Vous n'avez pas
répondu à ma question, M. le ministre. Je veux savoir ce qui... puis je vous
entends, je suis votre raisonnement à date, mais je veux pousser la... je veux
pousser ça un petit peu plus loin. Vous dites : Bien non, c'est une
question de cohérence législative. Je veux dire, pourquoi est-ce qu'on l'a fait
initialement? Puis sous-question ici, on parle de cohérence, juste à
titre
informatif, puis pour notre bénéfice, parce que moi, je n'ai pas la réponse
ici, est-ce qu'on en a ailleurs, dans notre corpus législatif, des dispositions
dont la date d'entrée en vigueur est au moment du dépôt du projet de loi?
M. Roberge : Bien, ce que je
sais, c'est qu'on l'a pour les mesures qui touchent la laïcité.
Mme Cadet : Oui, je
comprends, pour 21 puis 94, mais ma question... c'est parce que vous dites :
C'est une question de cohérence législative. Bien, à l'époque, à 21, si la
question de la cohérence législative se posait, est-ce qu'ailleurs, dans notre
corpus législatif, on a des dispositions dont la date d'entrée en vigueur est
au moment du dépôt du projet de loi?
M. Roberge : On peut essayer
de trouver cette réponse-là, mais qu'il y en ait ou pas ne change pas
l'intention du législateur que ça s'applique le plus rapidement possible. Comme
je répète, la clause de droits acquis, c'est un compromis qu'on fait. On aurait
pu décider aussi qu'il n'y a pas de droits acquis, qu'on dise : À partir
de telle date, pour travailler dans le réseau, il n'y a pas de port de symboles
religieux. On aurait pu prendre cette décision-là, mais on a décidé de faire la
clause de droits acquis, mais elle mesure... En choisissant ça, on la fait de
manière restreinte pour atteindre l'objectif qui est un environnement où il n'y
a pas de port de symboles religieux. Donc, moi, je trouve que c'est tout à fait
logique.
Et, si on adoptait votre proposition,
bien, on passerait la date de droits acquis... au lieu d'être le
26 novembre, c'est-à-dire la date qui précède la date du dépôt, le projet
de loi a été déposé le 27 novembre... Donc, comment où on se parle, la
cause de droits acquis, c'est pour les gens qui portaient un symbole religieux
dans les réseaux visés par le projet de loi n° 9, le 26 novembre. Puis, si on vous écoutait, on irait
plutôt vers la date de la sanction de la loi. On ne peut pas en présumer parce
que les travaux parlementaires ne sont pas complétés, mais, vraisemblablement,
ça serait quelque part en mars. Novembre, décembre, janvier, février, mars, je
ne pense pas que ça changerait grand-chose. Je ne vois pas tant le gain, si on
donnait suite à la proposition.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 26 novembre et avant.
M. Roberge : Oui, bien sûr,
ceux qui le portaient à ce moment-là.
Mme Cadet : Oui, avant, oui,
oui.
M. Roberge : Oui.
Mme Cadet : Bien, je vous
entends, mais c'est... quand même, on peut présumer qu'il y a peut-être eu,
donc, des embauches dans l'intervalle. C'est pour ça que je pose la question,
parce que c'est une chose dont... je vais donner l'exemple du 94. En fait,
c'est ça, le projet de loi a été déposé le 20 mars. Donc là, la clause de
droits acquis s'applique en date du 19 mars. Donc, entre le 20 mars
puis le 30 octobre, il y en a eu, des embauches. On peut présumer que la
plupart de ces embauches-là ont probablement plus eu lieu au printemps...
Mme Cadet : ...qu'à l'automne
suivant... mais, quand même, on a... ça nous donne... mon Dieu, ça, c'est
presque un peu plus de... c'est un peu plus de six mois, donc, à ce moment-là,
donc, on comprend, donc, toute la complexité, donc, d'avoir à gérer l'entrée en
vigueur d'une clause de droits d'acquis au moment de la présentation du projet
de loi, quand on ne parle pas d'un temps de battement, là, de trois jours. Ici,
on a quand même eu le temps des Fêtes dans... entre temps. On peut présumer
qu'il y en a eues, des embauches ici, et si je vous dis ça, ce n'est pas parce
que nous, on veut être tatillon ici, là, c'est parce qu'on... il y a des gens
dans le réseau qui nous disent : Bien, déjà là, nous, on pense que non
seulement il faudrait modifier la clause de droits acquis d'abord à la
Loi sur
l'instruction publique, là, ça, c'est une chose, celle qu'on a... celle qui a
été votée au projet de loi n° 94, c'est ce qui est
demandé ce matin dans les articles, mais ils demandent surtout : Bien,
regardez, on est en train de foncer dans le mur, ça ne fonctionne pas. On a des
gens, près de 500 personnes, qui pourraient être touchés par ça et que ça
pourrait occasionner des bris de services. Ne répétons pas cette erreur-là dans
d'autres réseaux, alors que la même journée qu'on sort cette information-là, on
a passé trois semaines à demander de quantifier, donc, l'enjeu, qu'est ce que
ça pourrait représenter, puis finalement, Radio-Canada nous sort, donc, ce
matin. Donc, à ce moment-ci, bien, puisqu'on a cette donnée supplémentaire là,
bien, comment est-ce qu'on s'assure, donc, de ne pas répéter cette erreur?
C'est le... c'est l'objet, ici, de la question.
M. Roberge : Mme la
Présidente, de mon côté, je ne considère pas que c'est une erreur, puis je veux
juste faire attention, des fois, on reprend des chiffres qui sont dans les
médias, on sort 500, 500. 500, je ne sais pas de... à quoi on fait référence
exactement ici. Est-ce que ce sont des personnes qui ont été embauchées dans
l'intervalle entre le dépôt et la sanction de la loi 94? Vraiment? Et là,
on présume que ces 500 personnes-là portent toutes un symbole et
refuseraient toutes de l'enlever. C'est beaucoup de présomptions pour arriver
au chiffre le plus gros possible, pour faire la plus grosse nouvelle possible.
On en prend puis on en laisse.
• (12 h 50) •
Mme Cadet : Mme la
Présidente, je reviens, donc, au dépôt du... de la date de dépôt du projet de
loi, donc, le 27 novembre. J'ai sous les yeux le communiqué de presse qui
annonçait le dépôt du projet de loi n° 9, qui nous
disait : Dépôt du projet Loi n° 9, Québec
renforce son modèle de laïcité. 27 novembre 2025, midi. Donc, six ans
après l'adoption de la
Loi sur la laïcité de l'État, le gouvernement du Québec
veut renforcer davantage le modèle de... québécois de laïcité. Le nouveau
projet de loi déposé par le ministre responsable de la Laïcité vise notamment
les garderies subventionnées, les réseaux d'enseignement privés subventionnés,
les institutions d'enseignement supérieur ainsi que l'espace public, donc, qui
a été modifié par la suite. On a... bien évidemment que la DPJ n'y était pas à
ce moment-là, et différentes mesures sont prévues interdisant du port de signes
religieux, notamment pour les employés des centres de la petite enfance, des
bureaux coordonnateurs, de la garde éducative en milieu familial, des garderies
subventionnées, des écoles privées subventionnées et pour les personnes qui
dispensent un service d'un programme d'accueil, de francisation ou
d'intégration sous réserve d'un droit acquis pour le personnel qui exerce la
même fonction au sein de la même organisation.
Mais ici, dans le communiqué, on ne nous dit pas que la clause de
droits acquis est au moment du dépôt du projet de loi. Donc, tantôt, vous
lisiez... Oui. Vous pensez que les principaux intéressés ont été avisés, mais
ici, donc, vous-même, donc, quand vous avez pris la peine d'envoyer un
communiqué pour dire : Bien, voici l'intention du législateur, ce qui est
légitime, c'est votre devoir de le faire. Vous avez transmis un communiqué à
l'ensemble de la société leur indiquant : Bien, voici ce que nous comptons
faire. Voici un projet Loi qui est déposé et ce qui va se passer. C'est
difficile, en toute bonne foi, de demander à tous et chacun de présumer que
cette clause de droit acquis là, nécessairement, était applicable au moment du
dépôt du projet de loi quand on sait qu'un projet de loi, bien, ça passe par un
processus, des commissions parlementaires, qu'il y a des amendements et
qu'habituellement, en fait, les dispositions, une fois qu'elles sont adoptées,
qu'elles sont sanctionnées, ne sont pas rétroactives, là, ça, c'est la règle de
base. C'est un peu difficile de leur demander de présumer ça quand, dans votre
propre communication, au niveau de ce qui est prévu comme mesures, au projet de
loi, bien, vous ne précisez pas que la clause de droit acquis, bien, elle est
applicable au moment du dépôt du projet de loi et non pas au moment de la
sanction, comme toutes les autres dispositions du projet de loi.
M. Roberge : Bien, d'abord,
cette incohérence avec la loi 21 puis la loi 94 qu'on venait
de... qu'on venait d'adopter, c'est assez facile de voir, puis je ne pense pas
qu'il faut confondre un communiqué de presse destiné aux médias puis le projet
de loi. Donc, je veux dire, c'était facile pour les gens d'aller consulter le
projet de loi, et dans le projet de loi, l'article était là. Donc, si on est
visé par un projet de loi, puis on parle des ministères, mais on parle des
associations, des regroupements qui comportent tous des avocats en leur sein.
Je pense qu'on peut présumer que les gens...
M. Roberge : ...que les gens
n'ont pas juste le communiqué puis en disant : Ah! bon, bien, voilà la loi
au complet résumée dans le communiqué. On n'ira pas lire le projet de loi. Je
pense que les gens peuvent lire le projet de loi.
Mme Cadet : M. le ministre,
moi, je suis avocate, moi, je suis législatrice. Moi, je lis les projets de
loi, ça fait
partie de mon travail, mais je pense qu'une étudiante en
services... techniques de services à la petite enfance au cégep, je ne pense
pas que son premier réflexe, ça va être nécessairement de se dire : Hé!
moi, j'ai vu dans les nouvelles qu'il y a peut-être quelque chose qui va venir
me toucher et je vais aller sur le site de Légis Québec. Tu sais, ce n'est pas
quelque chose qui est nécessairement, donc, le premier réflexe de M. et Mme
tout le monde, vous le conviendrez. Vous l'avez vous-même, en fait, souscrit à
cet argument-là en nous disant : Bien, écoutez, loi n° 21, les
services de garde n'étaient pas visés, il y avait de la confusion, les gens
pensaient que c'était visé. Donc, à ce moment-là, est-ce que vous diriez la
même chose, donc, de tous ceux qui ne savaient pas que la loi n° 21 ne
s'appliquait pas au réseau des services de garde de la petite enfance? Ils
auraient pu aller regarder le projet de loi aussi, non?
M. Roberge : Non, là, ce
n'est pas du tout ce que j'ai dit. Je parlais des associations et des regroupements,
je ne parlais pas des étudiants. Et, même si un étudiant était allé lire le
projet de loi, bien correct, il aurait pu lire le projet de loi, bien sûr, et
je ne lui reproche pas de ne pas l'avoir lu s'il ne l'a pas lu, d'aucune
manière, ça ne change pas l'état du droit.
Mme Cadet : Bien, l'État du
droit, on est en train de le façonner en ce moment, là. L'état du droit, c'est
une fois que le droit est sanctionné, quand le projet de loi est déposé, c'est
l'intention du législateur. Donc, on... il y a... Donc, c'est toujours, donc,
malléable à ce moment-là. Donc, ça, c'est la première des choses.
Puis ensuite, bien, on disait donc :
Les dirigeants de CPE, c'est une chose, les associations, c'est d'une part,
mais les dirigeants de CPE, ce ne sont pas, donc, des entités de l'État, donc
ce n'est pas la fonction publique, ce sont OBNL avec leur propre gestion. Puis
les OBNL, ça, c'est une chose, parce qu'on a eu l'AQCPE, mais on sait aussi que
le projet de loi vise les garderies privées subventionnées. Donc, souvent,
donc, ce sont quand même... je veux dire, ce sont des professionnels, là, mais
ce ne sont pas des professionnels du droit, ce ne sont pas des professionnels
de la législation, ce ne sont pas des gens qui sont nécessairement, donc, proches
de leur regroupement en tant que tel, ce sont des individus qui décident de se
partir une garderie privée, qui ont droit à des subventions pour ce qui est de
la capacité, donc, des parents, donc, de pouvoir, donc, y contribuer. On
s'entend qu'on est... on n'est pas exactement... disons, on a... il y a... ici,
on a un continuum, là, parce que, là, on le sait, que ça a été le chaos dans le
réseau de l'éducation, alors que, là, c'est des centres de services scolaires
qui sont, donc, des entités de l'État qui ont eu de la difficulté à appliquer
les dispositions sur l'entrée en vigueur de la clause... «la clause
dérogatoire», la clause de droits acquis dans le PL n° 94, mais ici on a
des entités qui sont beaucoup moins proches de... disons, là, on se comprend,
il y a beaucoup moins de proximité avec l'État en tant que tel, sont moins des
extensions de l'État que ne pouvaient l'être des centres de services scolaires.
Donc, comment est-ce qu'on peut se dire que, si c'est déjà difficile pour les
centres de services scolaires de l'appliquer... que ce ne sera pas tout aussi
difficile, sinon plus, pour les CPE puis les garderies privées subventionnées?
M. Roberge : Bien, Mme la
Présidente, là, je ne pense pas que c'est le chaos dans le réseau de l'éducation,
là. Les enfants vont à l'école, les gens travaillent, les parents sont
rassurés, les bulletins sont émis, les apprentissages se font, les enfants sont
en sécurité. Je pense qu'il faut prendre garde, là, d'en mettre un peu plus que
le client demande. Je ne pense pas que c'est le chaos dans le réseau scolaire
au moment où on se parle.
Mme Cadet : Bien, ça ne
répond pas à ma question, M. le ministre. Mais...
M. Roberge : Bien non,
mais...
Mme Cadet : OK. Je comprends
que vous avez mis en exergue, donc, un des aspects de mon intervention, c'est
correct, alors je vais le reformuler. Les centres de services scolaires, donc,
trouvent l'application difficile. Moi, je m'en fais parler comme porte-parole,
on a vu différents articles qui nous l'indiquent, qui... Et il y a des
demandes, donc, qui sont faites qu'à tout le moins que... non seulement, d'une
part, qu'on puisse modifier la date d'entrée en vigueur de la clause
grand-père, mais... bon, que, si ça, ça ne se fait pas... mais qu'on soit au
moins capable de laisser les personnes qui interviennent finir l'année pour ne
pas que ça devienne, bien, encore une fois, donc, complexe, donc, pour les
enfants qui ont développé un lien d'attachement avec lesdits individus qui sont
touchés.
M. Roberge : Mais là, juste,
Mme la Présidente, je pense, ma collègue dépose un amendement puis plaide pour
une autre affaire parce que, là, ce qu'elle propose, c'est que, pour le projet
de loi n° 9, la mise en oeuvre soit à la sanction, mais ce qu'elle nous
dit, c'est qu'il faudrait changer la
Loi sur l'instruction publique. Ce n'est
pas l'objet ni du projet de loi ni de son amendement.
Mme Cadet : Bien, Mme la
Présidente, si c'est recevable, je peux déposer aussi cet amendement-là. On
peut... on peut suspendre. Mais l'objectif, ici, c'était de donner, donc, un
exemple concret puis qu'on... qu'on voit un peu ce qui se passe dans notre
réseau, pour appuyer l'argumentaire qui sous-tend, donc, cet amendement-ci
qu'on est en train de décider de... qu'on est en train d'étudier et qui est
recevable. Mais on peut suspendre et vérifier si l'autre est recevable. Moi, je
peux le déposer...
Mme Cadet : ...la suspension
puis on va regarder ça.
M. Roberge : Ce sera à vous de
voir. Mais je ne crois pas parce que le projet de loi neuf ne porte pas sur ces
mesures-là. Ce sont des mesures d'un autre projet de loi, le projet de loi neuf
ne s'intéresse pas à ce sujet.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va rester sur l'amendement. On va rester sur l'amendement.
M. Roberge : Oui, c'est ça.
Bien, écoutez, Mme la Présidente, on dit des fois : On est d'accord de ne
pas être d'accord. Nous, on pense que c'est au dépôt du projet de loi ou de
l'amendement ,dans le cas de la DPJ, et non à la sanction, mes collègues
pensent que c'est à la sanction que devrait s'appliquer la clause de droits
acquis. Ils ont déposé un amendement qui va en ce sens-là. Nous allons voter
contre cet amendement.
Mme Cadet : OK... Mme la
Présidente, je relis encore, donc, les... les... les articles au niveau, donc,
des... des contrecoups de la situation dans... dans le réseau de l'éducation.
Puis je disais, donc, effectivement, donc, c'est qualifié, donc, de complexe, donc,
la question de la clause grand-père, qu'il y a des précisions qui sont
demandées à Québec avant d'agir, parce qu'il y a certains centres de services
scolaires qui disent : Bien, nous, on n'a pas été avertis de la façon dont ça
allait être fait. Puis ça, c'est, encore une fois, donc, des entités de l'État.
On comprend bien ici que c'est... Si vous
n'aimez pas... c'est correct, là, peut-être que le terme chaos, pour vous, ne
représente pas la situation en tant que telle, mais quand une directrice d'école
qui se dit frustrée par la situation et qui nous dit que ça fragilise les
milieux parce qu'on perd des employés de qualité, donc pas des employés qui
font du prosélytisme, là, même pas des employés qui sont... non qualifiés, mais
les... les employés qui sont de qualité, qui font bien leur travail et qu'en
plein milieu d'année, alors qu'on a 2 000 postes d'employés de soutien à
pourvoir... qui à pourvoir à la rentrée scolaire...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Chers collègues, compte tenu de l'âge, je vais suspendre
les travaux jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Haut de la page
13 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 14 h 02)
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Bon, alors, nous reprenons. Alors, la commission des relations avec les
citoyens reprend ses travaux. Nous... nous poursuivons, pardons, l'étude
détaillée du projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement
de la laïcité au Québec.
Avant de suspendre nos travaux, ce matin,
nous étions à l'étude de l'amendement de la députée de Bourassa-Sauvé à l'article 15.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet amendement?
Mme Cadet : ...Mme la
Présidente, bon de l'après-midi. Mais, merci, je pense, donc, qu'avant la
pause, nous avions quand même vu, donc, plusieurs aspects de l'amendement que
je proposais. J'aimerais... en fait, peut-être, donc, un... OK, parfait. Donc,
à ce moment-ci, Mme la Présidente, donc, moi, je pense que ça... ça allait, je
pense qu'on peut passer au vote, alors, sur l'amendement.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui?
Bon, parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement
est...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Ah, un vote? Parfait. Mme la secrétaire.
La Secrétaire
: Oui.
Pour, contre, abstention, Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire
: M. Roberge
(Chambly)?
M. Roberge : Contre.
La Secrétaire
: M. Lévesque
(Chauveau)?
M. Lévesque (Chauveau) :
Contre.
La Secrétaire
: M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre...
Haut de la page
14 h (version non révisé
e) La Secrétaire : ...Mme Schmaltz
(Vimont)?
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Abstention. OK. Donc, l'amendement est rejeté.
Mme Cadet : ...j'ai un autre
amendement, et je comprends qu'il est déjà sur Greffier que nous n'avons pas
besoin de suspendre.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Donc, est-ce que nous allons procéder à la lecture de l'amendement?
Mme Cadet : Nous attendons de
le voir à l'écran. C'est bon nous pouvons...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Donc vous allez faire la lecture, j'imagine?
Mme Cadet : Parfait, nous
pouvons commencer, j'en fais la lecture.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait, alors allez-y.
Mme Cadet : Projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement de la laïcité,
article 15 :
Modifier l'article 31 de la
Loi sur la laïcité de l'État, tel que proposé
par l'article 15 du projet de loi :
1° par le remplacement, dans le paragraphe
six, des mots «exercent la même fonction de manière prédominante au sein» par «est
à l'emploi»;
2° par le remplacement dans le paragraphe
huit des mots «fournit le même service au sein» par «est à l'emploi»
3° par le remplacement dans le paragraphe
neuf des mots «exerce la même fonction au sein» par «est à l'emploi».
L'article modifié se lirait comme suit :
«6° à une personne visée au paragraphe 11
de l'annexe deux, le, donc, de voter sur le dernier amendement, donc c'est
toujours valide (indiquer ici la date de... la date qui précède celle de la
présentation du présent projet de loi), et ce, tant qu'elle est à l'emploi de
la même organisation;
«7° à une personne visée, à l'un ou l'autre
des paragraphes 12 et 13 de l'annexe deux, qui fournit un service
conformément à un contrat autre qu'un contrat de travail en cours le (indiquer
ici la date de la sanction de la présente loi), sauf si ce contrat est renouvelé
après cette date;» Il n'y a pas de changement au septième paragraphe.
«8° à une personne visée au sein... visé
au paragraphe 14° de l'annexe II (indiquer ici la date qui précède celle
de la présentation du présent projet de loi), et ce, tant qu'elle est à
l'emploi de la même organisation;
«9° à une personne visée au paragraphe 15°
de l'annexe II le (ici, indiquer ici la date qui précède celle de la
présentation du présent projet de loi), et ce, tant qu'elle est à l'emploi de
la même organisation.»
Donc, même si... même s'il s'agissait d'une
lecture rapide, je comprends que la lecture est valide, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Mme Cadet : Parfait. Parfait. Quand
on arrive au bout de la lecture, on n'a plus tout à fait, donc, le même
entrain. Donc, vous aurez compris ici, Mme la Présidente, plusieurs personnes
sont venues nous voir lors des consultations, nous ont émis, donc, ce type de
recommandation ci qui, dans l'esprit, là, de ce qui nous a été proposé,
souvent, donc, on... on le simplifie à sa plus simple expression en disant :
Bien, il faudrait que la cause de droit acquis, elle soit attachée à la
personne et non au poste. Même pas plus tard qu'hier, encore une fois, je l'ai
dit, j'étais avec des membres de la coalition des partenaires en éducation qui,
eux-mêmes, encore une fois, nous disaient : Mon Dieu, ça n'a pas de bon
sens, donc que ce soit attaché à la... au poste et non pas à la personne en ce
moment, parce que ce qu'on voit, donc, encore une fois, donc, dans tout l'imbroglio
de la mise en œuvre des articles de loi du projet de loi n° 94, bien ce qu'on
a vu, c'est non seulement, donc, un défi dans la communication au niveau des
embauches, donc, à la suite de la présentation du projet de loi, mais aussi le
fait que certaines personnes qui se pensaient couvertes par le projet de loi, puis
certaines administrations qui pensaient que ces... étaient couverts parce qu'elles
se disaient : Bien, voyons, vous avez été embauché avant le dépôt du
projet de loi, donc vous êtes corrects, mais qu'un moment donné, ils se sont
rendu compte que ces personnes-là ont accepté d'autres tâches dans l'intervalle,
et que, donc, même si leur employeur leur avait donné, donc, des promotions,
que ces personnes-là se sont dit : Ah! bien, tu sais, je suis admissible,
je suis déjà... je travaille déjà, donc, dans le milieu, bien, manifestement, bien,
elles sont couvertes parmi, donc, les 500 personnes, là, dans le... dans
le réseau de l'éducation, qui, elles, se voit à devoir prendre, donc, une
décision tout à fait déchirante, alors que, normalement, elle ne pensait pas,
donc, y être assujettie, que l'information n'était pas transmise adéquatement.
Donc ici, je pense que c'est pertinent, alors
que, là, le ministre, donc, vient de rajouter le fait que les amendements... en
fait, que la clause grand-père, pour tous les assujettis, bien, elle est valide
au moment de la présentation du projet de loi, bien, je pense que ce serait
pertinent, surtout qu'on l'a vu, dans le communiqué, ça n'avait pas
nécessairement été annoncé. Dans l'espace public, quand on va dans le réseau,
moi, je serais curieuse de voir jusqu'à quel point, donc, cette information-là
a bien déjà percoler puis que, bien, qu'on n'ait pas eu dans l'intervalle, tu
sais, des gens qui devaient déjà avoir une promotion, puis que cette... est
entrée en vigueur, donc, par la suite, puis qui, pour toutes sortes de raisons,
en viennent, et là je parle du réseau, mais ici, bien évidemment, 11, 14 et 15,
ce n'est pas juste le réseau des CPE ou des garderies privées subventionnées, là,
mais ce sont les ensembles des assujettis...
Mme Cadet : ... à... au projet
de loi neuf, bien qu'il n'y ait pas eu ce type de changement là dans
l'intervalle et que, là, cette personne-là se retrouve à devoir quitter, alors
qu'elle avait déjà été embauchée avant le dépôt du projet de loi.
Je pense, Mme la Présidente, que c'est la
chose tout simplement humaine à faire. Puis j'entends le ministre, de
dire : Bien, la clause droits acquis, pour lui, bien, ce n'est pas juste
un droit acquis, là, c'est-à-dire que, tu sais, pour moi, un droit acquis,
bien, c'est de dire : Bien, une personne qui est là, bien, une fois qu'on
lui reconnaît ce droit acquis là, bien, elle... elle peut poursuivre un peu
comme les autres salariés, là, c'est-à-dire que, bien, si elle a été embauchée
avant que le législateur ait déposé son intention, bien, peut continuer de
cheminer dans l'organisation, elle peut grandir, elle peut croître. Elle a la
même latitude de... de mobilité professionnelle que ses collègues de travail.
Et pour moi, donc, je ne pense pas que ça
enlève à l'esprit du projet de loi ou à l'esprit de l'intention du législateur
de renforcer la laïcité dans notre réseau d'une manière qui... bien évidemment,
on comprend, on ne s'entend pas sur... sur le fond, sur l'application, on ne
met pas le curseur à la même place. On s'entend sur des principes, mais nous,
on ne pense pas qu'ici, considérant les défis dans le réseau, considérant tout
ce qu'on est venus nous dire, qu'on parle nécessairement ici de de
prosélytisme, mais bon, on entend que le ministre et nous, on... on ne sera pas
à la même place là-dessus. C'est correct, on est en démocratie. Mais
maintenant, bien, ce qu'on lui demande, c'est de s'assurer, pour que ce soit le
plus facile possible au niveau de l'exécution dans le réseau, que la clause de
droits acquis pour les assujettis concernés puisse entrer en vigueur... bien,
en fait, puisse s'appliquer, donc, à la personne, donc qu'elle ait accès à
cette mobilité professionnelle et non pas... et non pas aux postes comme c'est
le cas en ce moment.
• (14 h 10) •
La Présidente (Mme Schmaltz) :
D'accord. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Donc, je vois l'amendement proposé qui viendrait, je dirais, donner
davantage de durée ou étendre la... l'application de la clause de droits
acquis, mais il faut voir que l'intention, je le répète, c'est par exemple dans
un milieu, allons-y avec les CPE, à terme, le plus rapidement possible, qu'il
n'y ait plus de personnes qui portent de symbole religieux en application avec
les principes de la laïcité de l'État. Donc, on veut s'approcher de là. On
aurait pu dire : Bien, à partir de telle date, voilà. On a décidé de
faire... mesures transitoires, mais l'objectif, il est bien nommé, et c'est
parce que c'est un objectif qui est assez clair que, depuis le début, je le
répète, c'est vraiment une séquence, hein, la loi 21, la loi 94... avec la loi
neuf. Dans les trois cas, on a cette idée que c'est... la personne a une clause
de droits acquis, mais que cette clause-là est restreinte à un poste en
particulier. Je comprends que mes collègues aimeraient étendre cette clause de
droits acquis, mais ce n'est pas notre perspective.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Vous parlez
de loi 21, M. le ministre, est-ce que le... Il y a absence, donc, de signes
religieux depuis sept ans dans le... chez les assujettis de la loi 21, est-ce
que votre... bien, je vais vous laisser répondre cette question-là puis je vais
poursuivre.
M. Roberge : Maintenant, je
pense que ma collègue sait très bien que non, puisqu'il y a des gens qui ont
des droits acquis qui peuvent le porter.
Mme Cadet : Donc, ce que vous
nous dites, donc, à terme, l'objectif de s'assurer que la clause de droits
acquis soit appliquée à la personne... en fait, de votre côté, donc, de votre
point de vue, que le... l'objectif pour vous, que la clause de droits acquis
soit appliquée au poste plutôt qu'à la personne, bien, ça, ça va permettre
qu'il n'y ait plus de signes religieux dans les postes qui sont visés. Là,
j'essaie de bien comprendre ce que vous, vous nous avez dit, là, dans votre
préambule. Vous dites : Bien, on le fait comme ça, comme ça, à terme il
n'y en aura plus. Mais je ne vois pas quelle est la distinction.
Parce qu'en bout de ligne, ce qui arrive,
c'est que les personnes qui choisissent de continuer de le porter, bien, elles
demeurent dans leur poste. Des gens ont des factures à payer, ils ne vont pas
tout simplement se dire : Ah! bien, je vais tout simplement, donc,
nécessairement, donc, changer de milieu de travail, parce qu'avec ma clause de
droits acquis, bien, j'ai une certaine forme d'ancienneté, donc, je peux rester
dans mon milieu. La différence avec les autres collègues qui sont assujettis à
la même convention collective puis qui ne portent pas de signe religieux, bien,
c'est que ces personnes-là ont droit à une certaine mobilité professionnelle
dans le même environnement. La mobilité n'est pas à l'échelle québécoise
nécessairement dans les conventions collectives, là, on le sait, mais au moins,
donc, il y a cette équité-là dans la façon de l'appliquer, mais la personne,
habituellement, demeure dans son poste. Ça fait que j'essaie de saisir votre
argumentaire quand vous nous dites : Bien, comme ça, bien, si on
l'applique à... au poste puis pas à la personne, bien là, il n'y en aura plus.
C'est ça que vous nous avez dit, non?
M. Roberge : Non, ce n'est pas
ce que je dis...
M. Roberge : ...c'est qu'à
terme, à terme, un jour il n'y en aura plus. Et c'est cohérent avec le
caractère très transitoire. On est dans un processus de transition. Le fait que
la clause de droit acquis soit attachée à la personne pendant qu'elle est à ce
poste-là ça renforce le caractère transitoire de la mesure.
Mme Cadet : Bien, je vous
entends sur, à terme, il n'y en aura plus, mais quel est... de votre analyse,
parce que... je vous entends, c'est... je vous entends, vous dites : Dans
le fond, nous, on met une clause de droit acquis, en disant : OK, à terme,
il n'y en aura plus. Mais est-ce que... Puis là je comprends, on a déjà
dit : On n'a pas besoin d'une analyse d'impact réglementaire pour un projet
de loi comme celui-ci. Mais, quand même, tu sais, quand vous vous êtes posé la
question, en vous disant : Bien, si on... notre objectif... C'est ce que
vous nous partagez, vous dites : Bien, nous, notre objectif, c'est qu'à
terme il n'y en ait plus. Est-ce que vous avez des... des études ou, à tout le
moins, des... certains faits, certaines données qui précisent le fait que, si
la clause de droit acquis est attachée au poste, plutôt qu'à la personne, vous
allez plus rapidement vous rendre à votre objectif qu'à terme il n'y en ait
plus, de signes religieux?
M. Roberge : Bien, je
pourrais donner un exemple. Un éducateur spécialisé qui aurait cette clause de
droit acquis, et qui porte un symbole religieux, qui décide de devenir
enseignant, bien, en changeant de poste, retirerait son symbole et poursuivrait
sa carrière à
titre d'enseignant.
Mme Cadet : J'essaie de...
OK... dans le fond, vous y allez avec... avec la prémisse... Dans le fond,
votre prémisse, c'est... c'est que la personne va enlever son... son signe
religieux. Ce qu'on voit en ce moment dans le réseau, factuellement, puis ma
collègue l'a souvent exprimé, là, parfois, pour des raisons que vous et moi,
peut-être, on ne comprend pas, qui ne sont pas dans nos réalités à nous, comme
individus... mais, bien souvent, donc, ce qu'on voit c'est que la personne,
nécessairement, ne fait pas... ne fait pas ce choix-là. Au prorata, là, ce
n'est pas le choix qui est effectué.
Donc, si on reprend puis on se dit :
OK, bien, vous, on vous a embauchée, vous êtes dans le réseau des services de
garde éducatifs à l'enfance, ça fait plusieurs années que vous êtes là. Quand
vous avez été embauchée, bien, il n'y avait pas de présentation du projet de
loi, donc, bien évidemment, donc, vous avez le droit, donc, de demeurer dans le
réseau. Mais si cette personne-là, je veux dire, donc, poursuit, donc, dans ses
fonctions, on n'ira... on n'arrivera pas plus vite à votre... votre objectif de
se dire : Ah! bien, à terme, il n'y en aura plus. Tu sais, ma question
est-tu claire?
M. Roberge : Bien, oui, vous
la reposez, mais j'ai déjà donné un exemple qui illustrait le contre-argument,
où quelqu'un change de poste, retire le symbole et poursuit sa carrière. Donc,
dans ce cas-là, le fait de changer de poste viendrait avec l'obligation de
retirer le symbole, et donc cette personne-là retirerait son symbole au moment
de changement de poste. Donc, on se comprend. On n'est pas d'accord, mais je
comprends ce que vous exprimez, vous comprenez ce que j'exprime.
Mme Cadet : OK. Je pense que
ma collègue veut ajouter point. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui, merci, Mme
la Présidente. Je veux juste revenir sur un élément de la réponse du ministre.
Vous avez mentionné que nous, collègues, on demande d'étendre la clause de
droit... droit acquis. La demande vient du milieu, là, ça a été spécifiquement
demandé par l'AQCPE, par la CSQ. Est-ce que vous reconnaissez que la demande
vient de leur part?
M. Roberge : Bien,
honnêtement, je ne sais pas si la demande vient de leur part. C'est vous qui en
faites la proposition. Je ne peux pas vous dire...
Mme Setlakwe : Dans leurs
mémos.
M. Roberge : ...de qui vient
précisément... Peut-être que c'était... faisait
partie du mémoire, précisément,
de faire cette... cette demande-là.
Mme Setlakwe : Mais là... Bien
oui.
M. Roberge : Je ne me rappelle
pas de toutes les propositions de tous les mémoires, là.
Mme Setlakwe : Mais... bien,
voyons, on en a... oui, on en a parlé avec eux, mais... D'une part, la demande
provient du milieu. Je pense que ça vaut la peine de se remémorer les
discussions en consultations, et aussi, les mémoires qui ont été déposés. Mais
j'irais même plus loin. La demande du milieu, c'est un moratoire, c'est de ne
pas aller dans le sens de ce que le projet de loi fait. Alors... alors, il
était clair, pour moi, dans leur mémoire, à la lecture de leur mémoire... Et
aussi, dans le cadre des consultations, ce qu'on a entendu, c'était :
N'allez pas là, les véritables enjeux pressants dont il faut s'occuper, c'est
la pénurie d'éducatrices qualifiées. Et donc il y a une demande expresse,
explicite, claire, concrète d'un moratoire. Si d'aventure le gouvernement
n'entend pas cette demande, ce qui...
Mme Setlakwe : ...manifestement
est le cas. Alors, ces mêmes groupes nous disent : Retravaillez, s'il vous
plaît, la clause de droits acquis pour l'attacher, attacher ce droit à la
personne et non à sa fonction. Et donc, deuxième demande, ce qu'on entend,
c'est que la réponse du gouvernement, c'est non. Demande un, moratoire, réponse
non. Demande deux, réponse du gouvernement, non. Est-ce que ma compréhension
est bonne?
M. Roberge : Mais moi, je
pense qu'il faut avancer. Le projet de loi part des constats des Québécois, des
désirs des Québécois, exprimés de beaucoup de manières, notamment de la part de
beaucoup de sondages. Puis, des fois, il y a une déconnexion entre des... des
organismes, des regroupements puis la volonté des citoyens. Moi, j'écoute les
lobbys, j'écoute les regroupements, j'écoute les syndicats, mais je ne leur
obéis pas. Mon patron, moi, c'est... ce sont les Québécois, ce sont les parents
et les gens auxquels je pense, ce sont les jeunes. Ce sont nos valeurs, nos
principes qui nous guident. Puis, on est dans... je dirais, dans une dynamique
de gestion du changement. C'est toujours plus facile de faire l'an prochain ce
qu'on faisait l'an passé, c'est sûr, mais les Québécois ne veulent pas ça. Les
Québécois s'attendent à ce que le gouvernement bouge et renforce la laïcité. Je
comprends que, dans cette période de changement, plusieurs regroupements
disent : Ah! on est confortables avec la situation actuelle, on a des
craintes avec les changements qui pourraient arriver. Je comprends ça, mais
notre volonté est entière d'avancer.
Mme Setlakwe : Merci. Mais
c'est clair, mais à chaque fois que je pense que c'est ma dernière
intervention, j'écoute ce que le ministre dit, je me dis : Je vais
répondre.
M. Roberge : Mais non, mais
c'est un débat, c'est correct.
• (14 h 20) •
Mme Setlakwe : Mais oui, ça
se fait quand même dans la courtoisie et le respect. Quand le ministre dit...
quand le ministre dit : Moi, j'écoute la population, mais, bien entendu,
Mme la Présidente, que nous, ici, là, sur les banquettes de l'opposition, on
écoute la population. Puis, je pense que la population, quand on leur pose des
questions spécifiques, particulières, parfois prises isolément, là, on peut
répondre certaines choses, mais je pense que la population s'attend des
parlementaires, dans notre démocratie qui fonctionne si bien, qu'il y ait un
débat de fond, et qu'on prenne cette question ou qu'on la considère dans son
contexte, dans... dans une réalité terrain, puis qu'on... qu'on débatte de
l'opportunité d'aller de l'avant, oui ou non, et aussi l'opportunité d'aller de
l'avant, à ce stade-ci, dans le contexte spécifique dans lequel évoluent, là
ici, c'est nos enfants, nos éducatrices, et puis ce qu'on entend du milieu,
quand on... justement, on a cette... réflexion approfondie et qu'on a la chance
de débattre avec les... pas de débattre, mais d'entendre et de lire ce que
nous... nous soumets, de façon très bien faite, là, de façon très étoffée et
bien argumentée. Quand ils nous disent : Ce n'est pas le temps et ce n'est
pas opportun en ce moment d'aller de l'avant avec ça, parce qu'il y a un manque
criant d'éducatrices qualifiées, parce qu'il y a des milliers d'enfants qui
attendent des places en garderie, parce qu'on voit une incohérence avec le fait
que le gouvernement est en train de recruter dans les pays du Maghreb
actuellement. Alors, c'était juste pour répliquer à cet élément-là, là. On
écoute la population, on écoute... on essaie de prendre les meilleures
décisions dans le contexte actuel, avec ses particularités et ses spécificités.
Et je réitère aussi que même nos jeunes, hier, je citais le mémoire de... de
l'UEQ, il y a aussi la FEQ qui s'est prononcée sur le projet de loi, portent la
voix de leurs confrères, consœurs qui sentent... qui se sentent brimés et qui
sentent qu'on leur ferme des portes, au Québec, là, quant à certains choix
de... choix de carrière. Donc, ça aussi, c'est à prendre en considération.
Donc, voilà, c'est la précision que je voulais apporter, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? Oui.
Mme Cadet : Merci, madame...
Merci, Mme la Présidente. Puis, tu sais, moi aussi, je tiens à saluer que
parfois on a peut-être des moments un peu plus difficiles, mais je pense qu'on
parvient quand même à... à débattre sereinement, mais c'est certain que le...
le débat ici, il est vif, parce que la...
Mme Cadet : ...la divergence
de point de vue, elle est... elle est profonde. Mais si... Il y a tout ce qu'on
se dit depuis tantôt, puis j'entends M. le ministre, donc il est... il est ferme
sur ses objectifs. Puis moi, je le dis souvent, tu sais, quand on a des
objectifs en politique, oui, il faut être ferme sur les objectifs, mais on peut
être souple sur les moyens. Puis c'est là-dessus que je me dis : c'est un
peu notre dernière chance. On le sait, il nous ne reste plus beaucoup
d'articles, hein, de loi, donc c'est le dernier moment, donc, de convaincre le
ministre. Je vais peut-être inviter à faire cet exercice-ci, M. le ministre,
donc qu'est-ce que ça vous prendrait, disons, comme... comme argumentaire, là,
pour vous convaincre? Tu sais, qu'est-ce que ça vous prendrait... dire, ah!
bien, tu sais, tu sais, on a toutes ces données-là. Par exemple, en service de
garde, on le sait, on a 30 000 enfants qui sont sur les listes d'attente,
il nous manque à peu près 3 400 éducatrices. Je reprends, donc, tantôt,
vous demandiez qui l'a demandé, là, la clause de droits acquis soit attachée à
la personne plutôt qu'aux postes. Bien, la CSQ, lorsqu'ils sont venus en
commission parlementaire, ils l'ont dit de façon explicite dans leur
présentation, puis ça fait aussi
partie de leur mémoire. Donc, il y a tout ça
qui est là, puis le réseau... puis je vous entends, il y a une... et après ça,
je veux dire, il y a une volonté populaire puis on se dit : Mais on est
tous d'accord avec cette volonté-là, on est tous là pour porter la voix du
peuple. C'est notre travail.
Maintenant, dans les moyens. Comment
est-ce que ça s'articule? Bien, je pense que... puis, tu sais, nous, au Parti
libéral du Québec, bien, on pense que ceux qui auront à vivre avec les
dispositions sur lesquelles on est en train de travailler en ce moment, bien,
notre objectif, c'est aussi de leur faciliter la tâche. On n'a pas arrêté de
parler d'allègement réglementaire. Votre gouvernement en parle souvent, puis on
est d'accord avec ça. Donc, comment est-ce qu'on s'assure de leur faciliter la
tâche? Parce que, moi, je fais le pari que les dispositions qu'on est en train
d'étudier en ce moment posent certains défis de gestion. On l'a vu dans les
réseaux scolaires. L'actualité nous en témoigne, Mme la Présidente.
Donc, si on veut s'assurer de leur
faciliter la tâche, pas juste parce qu'il y a une résistance au changement...
Moi, ce que j'ai entendu de la part des gens qui sont venus en commission, ce
n'est pas : On est contre la laïcité, ça n'a pas de bon sens, au
contraire, tout le monde est venu nous dire qu'on comprend le fait, pour le
Québec, d'avoir une démarche sur plusieurs décennies, se dire : OK, bon,
on arrive à un certain consensus puis on passe à une prochaine étape. Moi,
c'est ce que j'ai entendu de la part des groupes. Ce que j'ai entendu de la
part des groupes, c'est que c'est normal, c'est correct qu'on puisse avoir ce
débat-là, même s'il n'est pas prioritaire. Mais, maintenant, ils nous ont aussi
dit : Bien, nous, on a, bien, d'une part, une certaine latitude pour gérer
certaines situations, mais, si vous êtes pour quand même légiférer là-dessus,
puis ça, ça vous appartient comme gouvernement dûment élu, mais autant nous assurer
de nous faciliter la tâche.
Donc, M. le ministre, comment est-ce qu'on
pourrait arriver à un... une voix mitoyenne, là, quelque chose...Si vous
dites : Ça, là, ça, ça ne marche pas comme ça, comment est ce qu'on
s'assure que, dans l'application des dispositions qui sont présentées
aujourd'hui, qu'on arrive à quelque chose qui puisse, au moins, alléger le
fardeau de ceux qui ont à jongler avec la pénurie de main-d'œuvre, de ceux qui
ont à décevoir parfois des parents à cause des bris de service?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Je pense, la
clause de droits acquis en soi est une mesure. Je comprends que ma collègue
nous parle d'un enjeu de pénurie de recrutement, c'est vrai, mais je veux juste
mettre des choses en perspective. Il n'y a jamais eu autant de places en
garderie au Québec qu'en ce moment. Donc, le réseau se déploie à chaque année.
On arrive à embaucher des gens à chaque année. Il est déployé à 95 % en ce
moment, ce n'est pas 100 %, mais ça augmente. On a attiré
7 500 nouvelles éducatrices au cours des dernières années, donc il y
a des défis, il y a des défis pour déployer puis... des services de garde, mais
je veux juste dire qu'on est sur la bonne voie. Puis moi, j'ai... je suis
confiant qu'il ne faut pas sacrifier nos avancées en matière de laïcité. On est
capable d'avancer dans le déploiement des services de garde puis d'avancer en
renforcement de la laïcité, on n'est pas obligé de sacrifier l'un pour l'autre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement?
Mme Cadet : ...écoutez, Mme la
Présidente, je pense que nous avons épuisé notre argumentaire à ce stade-ci.
J'aimerais... J'aurais aimé peut-être prendre le temps de répondre au ministre,
mais je suis persuadée, Mme la Présidente, que vous allez nous dire qu'il faut
qu'on demeure sur le sujet de l'amendement et non pas qu'on continue de
débattre...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On revient... on revient au texte après.
Mme Cadet : ...exactement, et
non pas qu'on continue de débattre, donc, sur l'ampleur de la pénurie de
main-d'œuvre dans nos services éducatifs à l'enfance, parce que je suis
certaine que l'AQCPE et la CSQ auraient un bon nombre d'argumentaires qui vont
à l'encontre de ce que... de ce que le ministre vient de...
Mme Cadet : ...de déployer
ici... nombre de parents aussi qui seraient, donc, en désaccord avec le...
disons, donc, les données, les statistiques qui ont été énoncées par le
ministre. Donc, je pense qu'à ce stade-ci, donc, on est prêts à passer au vote,
puis je vais demander un vote par appel nominal, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Alors, on va passer au vote.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire : M. Roberge
(Chambly)?
M. Roberge : Contre.
La Secrétaire : M. Lévesque
(Chauveau)?
M. Lévesque (Chauveau) : Contre.
La Secrétaire : Mme Schmaltz
(Vimont)?
Mme Schmaltz : Contre.
La Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
La Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
La Secrétaire : Mme Lecours
(Les Plaines)?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abstention. L'amendement est donc rejeté. Nous revenons
donc à l'article 15 tel qu'amendé. Oui.
Mme Cadet : ...Mme la
Présidente. Est-ce qu'on avait eu l'occasion de regarder pour la recevabilité
de l'amendement, donc, qui avait été discuté un peu plus tôt sur les
modifications à la
Loi sur l'instruction publique? On a discuté, donc, avant...
avant la pause de 13 heures.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non, c'est ça, ça... comme ça n'a pas été déposé, là.
Mme Cadet : Ah! OK, il faut
déposer, pas avant de...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il n'est pas rédigé.
Mme Cadet : OK. Avant de...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais... je vais suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 14 h 29)
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14 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 14 h 41)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, à votre question, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, ce n'est pas
à la présidence de juger de la recevabilité, surtout pas en amont, OK, c'est
aux parlementaires de juger la recevabilité d'une... d'un éventuel amendement.
Alors, je réponds à votre question.
S'il y a... si les parlementaires soulèvent
la recevabilité, à ce moment-là, là, je vais devoir prendre une position,
une... pas une position, mais une décision, merci, sur la recevabilité, mais à
votre question, pour le moment, je ne peux pas en amont décider de quelque
chose que je ne vois pas et qui ne serait pas à moi de décider.
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Donc, on apprend tous les jours. À ce moment-ci, donc, je
demanderais une suspension afin que nous puissions soumettre notre amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 42)
(Reprise à 15 heures)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, au moment de suspendre, nous en étions au dépôt d'un amendement
par la députée de Bourassa-Sauvé. Je le vois devant. Alors, Mme la députée, je
vais vous demander d'en faire la lecture. C'est à l'article 15.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Projet de loi neuf,
Loi sur le renforcement de la laïcité.
Article 15 : Modifier l'article 706.1 de la
Loi sur
l'instruction publique par le remplacement, dans les paragraphes un et deux,
des mots, «19 mars» par «30 octobre».
L'article modifié se lirait comme
suit : «706.11. 1 : à un membre du personnel qui exerce, le
30 octobre 2025, une fonction au sein d'un centre de services scolaire, et
ce, tant qu'il exerce la même fonction au sein du même centre de services
scolaire;
«2 : Un membre du personnel qui
exerce, le 30 octobre 2025, une fonction au sein d'un centre de services
scolaire et qui, après cette date, exerce une nouvelle fonction en plus de
celle qu'il exerçait préalablement, et ce tant qu'il exerce de manière
prédominante la première fonction au sein du même centre de services scolaire.»
Voilà. Oui, je pense que... je pense que
c'est une erreur de frappe, pour le reste, Mme la Présidente, le troisième
paragraphe, il n'est pas modifié.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On l'oublie, on l'oublie.
Mme Cadet : Ça va. On a perdu
un peu notre momentum, là, mais c'est... besoin de le relire avec plus de
momentum, Mme la Présidente. Je pense que ça convient pour les frais... pour
les fins de la commission. Alors, je reprends ici, Mme la Présidente. Donc, vous
nous avez entendus, en fait, M. le ministre, donc, vous nous avez entendus, un
peu plus tôt, vous dire : Bien, regardez, donc, là, nous en sommes à
l'étude du dernier
article du dernier amendement de la
Loi sur le renforcement
de la laïcité. Donc, c'est un peu l'article de la dernière chance, M. le
ministre. On l'a vu ce matin, dans les différents journaux, à quel point les...
les modifications qui ont été faites par le projet de loi n° 94 à la Loi
sur l'instruction publique, à l'effet que la date d'entrée en vigueur de la
clause grand-père était au moment... était à la veille de la présentation du
projet de loi, bien, comment est-ce que ça a causé des difficultés dans le
réseau.
Je sais que tantôt vous nous disiez :
Chaos, on n'aime pas ce terme-là. Disons que ça... ça a causé de la difficulté.
Ça a causé de la complexité. Ça, au moins, là, on l'a lu dans différents
articles, le terme «complexité» est revenu. Ici, vous voyez, on met un peu de
l'eau dans notre vin, je vous dis, je comprends très bien, l'objectif n'est pas
de revoir, donc, le fond, les modalités du projet loi 94, au niveau des
changements qui ont été apportés à la
Loi sur l'instruction publique, parce
que, bien évidemment, on aurait pu reprendre, là, ce qu'on... le débat qu'on
vient d'avoir sur l'application de la clause grand-père à la personne plutôt
qu'au poste. Parce qu'effectivement, dans le PL no 94...
Haut de la page
15 h (version non révisé
e) Mme Cadet : ...c'est ça qui est
arrivé. Mais je vous entends dire : OK, bon, ça, ça, c'est fait, ça, ça
relève, de toute façon, donc, d'un autre article. Mais ici, on est en train d'étudier
la clause grand-père en nous disant : Bien, regardez la date d'entrée en
vigueur de cette clause, elle est importante. Je l'ai dit pour deux raisons,
bien, d'une part, bien, parce qu'il y a des centres de services scolaires qui
là nous disent : À l'aide, à l'aide! Ça a tellement été compliqué qu'on refait
cette demande-là.
Donc là, l'amendement qui est déposé en ce
moment, oui, c'est le fruit de notre travail, du travail du Parti libéral du
Québec, mais c'est aussi, quand on fait notre revue de presse, ce qui a été
demandé par le réseau, ce qui a été demandé, disons, par les acteurs qui
interviennent au sein du réseau, disent :S'il vous plaît, législateurs,
bien, soyez en mesure de retravailler un élément, donc, ajouter une couche de
complexité à un réseau qui est déjà très complexe. Puis, pendant qu'on est en
train d'étudier une clause grand-père, bien, je me dis : On a cette chance-là,
M. le ministre, on a cette chance-là d'être autour de la table et de modifier,
bien, la clause grand-père qui a été apportée à un autre texte législatif qui s'en
va dans le même sens. Donc, à mon avis, on a cet espace-là pour pouvoir
corriger, peut-être que vous n'aimez pas le terme «correction», mais, disons,
aller de l'avant, écouter, faire preuve, disons, donc, d'écoute et d'empathie,
pas juste pour les principaux assujettis, mais surtout pour notre réseau qui
est déjà à bout de souffle.
J'ai mentionné hier, on a eu des
intervenants... en fait, tous les intervenants du réseau d'éducation, c'était
quand même assez impressionnant, tous les intervenants qui sont venus puis ils se
sont associés pour demander de la stabilité au réseau. Puis, à travers tout ça,
des journalistes leur ont demandé : Mais est-ce que, justement, le PL n° 94 est venu mettre de l'instabilité dans le réseau? Et,
à ça, rapidement, facilement, ils ont répondu aux journalistes oui. Donc si,
si, on se dit que c'est la priorité des priorités, si on se dit qu'on veut être
agile et donc répondre à des demandes qui ont été faites par ce même réseau là
qui porte à bout de bras, à bout de bras l'avenir de nos enfants, bien, je
pense, M. le ministre, qu'on a une occasion en or de pouvoir le prouver à l'ensemble
du réseau.
Donc, aujourd'hui, ce que je vous demande,
ce qu'on vous demande avec cet amendement-ci, bien, c'est de faire amende
honorable sans jeu de mots, Mme la Présidente, puis de veiller à ce qu'on
puisse régler, là, aujourd'hui, comme ça, parce que je sais que le ministre, c'est
un homme d'action, il veut régler les choses rapidement, facilement. Il dit :
Bien, il y a une problématique, on veut la régler. Bien là, il y a une
problématique qui a été soulevée par les gens du réseau, puis l'application ne
se fait pas toujours de la même manière un peu partout. C'est complexe, il y a
des griefs, il y a des cas qui sont en suspens. Il y a des gens qui nous disent :
Au moins, faites en sorte que les gens... que ces adultes-là puissent finir l'année
scolaire, parce que là il y a des enfants qui se sont... bien, qui se sont
attachés, mais sinon on va avoir des bris de service en cours d'année. On se
tourne vers nous, M. le ministre. Qu'est-ce que vous leur répondez?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Je vois la nature de l'amendement. Les collègues souhaiteraient
modifier la
Loi sur l'instruction publique en ce qui a trait aux modifications
apportées par le projet de loi... la loi, maintenant, 94. Merci, Mme la
Présidente, qui veille au grain. Mais on est exactement sur le même débat qu'on
a fait plus tôt ce matin puis en après-midi, c'est-à-dire : Est-ce qu'il
est opportun d'avoir une clause de droits acquis qui s'applique au moment où on
fait connaître le projet de loi puis que le projet de loi le dit d'ailleurs, le
projet de loi le précise, là, la clause de droits acquis s'appliquera à partir
du jour précédant la date du dépôt, ou est-ce que la clause de droits acquis
devrait s'appliquer plus tard, dans ce cas-ci, quand même, plusieurs mois plus
tard, à la sanction? C'est une question qu'on s'est posée depuis 2019, lorsqu'on
a adopté notre
loi sur la laïcité de l'État, la loi n° 21,
puis on a fait le choix à ce moment-là.
Et, depuis, avec la loi n° 94
et avec le projet de loi n° 9, de dire que c'était
plus pertinent de donner la clause de droits acquis la veille du dépôt, que
cette mesure-là s'applique pour les gens qui étaient en emploi la veille du
dépôt du projet de loi, et je pense que c'est...
M. Roberge : ...c'est
l'intention du législateur, qu'il y a une cohérence gouvernementale et
législative de le faire dans ces trois pièces législatives qui se parlent, qui
traitent des mêmes objets et qui doivent le faire, je pense, avec la même
approche. Donc, je comprends les intentions des collègues, mais je ne souscris
pas à leur argument. Je pense qu'on devrait maintenir la loi telle qu'elle est.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Cadet : Merci, M. le
ministre, pour votre réponse. Vous comprendrez qu'aujourd'hui l'objectif, c'est
vraiment de porter la voix de ce réseau. Puis l'objectif, c'est vraiment nous
assurer de faire en sorte qu'il n'y en ait pas, de bris de service pour nos
jeunes. Puis, s'il y a trois médias différents, donc pas juste un seul journaliste,
parce que... mais trois médias différents, donc avec trois angles différents,
habituellement, qui nous rapportent cette même nouvelle, qui nous disent :
Bien, regardez, s'il y a certaines difficultés d'application, il m'apparaissait
opportun de déposer cet amendement-là aujourd'hui.
Vous l'avez constaté vous-même, donc, il y
a quand même plusieurs mois entre la date précédant le dépôt du projet de loi
et la date de la sanction de celui-ci dans le cadre du projet loi 94. On a
parlé, donc, des... des embauches, donc, dans l'intervalle. Donc, ça, c'est une
chose, puis vous y avez fait mention dans votre première réponse. J'aimerais
peut-être vous entendre, subsidiairement, M. le ministre, sur les personnes
ayant changé de poste, là, dans... dans l'intervalle, là, puis comment est-ce
que ça, ça s'articulerait aussi dans le cadre du projet de loi neuf. Là, donc,
personnes qui étaient embauchées avant, donc ici, avant le 19 mars, pour
ce qui est du... de la
Loi sur l'instruction publique, mais dans notre cas,
donc, avant le 24 novembre, puis dans l'intervalle, auraient donc des...
des changements de poste. Parce que ça aussi, là, ça, c'est l'un des... des
défis d'application que l'on voit dans le réseau puis l'un des... l'une des
raisons pour lesquelles les gens se lèvent puis aujourd'hui demandent au
législateur québécois d'agir.
• (15 h 10) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Bien, la loi 94,
là, pour la nommer par son vrai nom, c'est... pardon, Loi visant notamment à
renforcer la laïcité dans le réseau de l'éducation et modifiant diverses
dispositions législatives. Bien, cette loi-là a été discutée, elle était claire
au départ, c'était écrit dès le départ, lors du dépôt, comme pour la loi 21, que,
pour bénéficier de la clause de droits acquis, il fallait être à l'emploi avant
le dépôt du projet de loi, puis ensuite, bien, ça ne change pas, là,
autant...la loi 21 que 94 que dans le projet de loi neuf, les gens qui
bénéficient d'une clause de droits acquis l'ont tant qu'ils et elles conservent
ce... un poste précis. Lorsqu'ils changent de poste, ils perdent cette clause
de droits acquis. On en a parlé un peu plus tôt aujourd'hui.
Mme Cadet : ...je pense que ma
collègue veut intervenir.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : ...rapidement,
je pense qu'on voit ici qu'on est face à un refus, là, d'accorder une souplesse
qui est tout à fait... tout à fait raisonnable. J'abonde vraiment dans le même
sens que ma collègue, puis je salue sa détermination, son écoute du réseau.
Elle est en contact étroit. Il y avait des gens qui étaient présents hier,
comme elle l'a rapporté. On lit ce matin, donc, une série d'enjeux qui sont
réels, qui sont vécus. Puis je veux bien, là, que le souhait initial ait été
d'avoir une cohérence législative, mais il me semble qu'il aurait été
souhaitable, de la part du gouvernement, de montrer une certaine souplesse. Donc,
ici, force est de constater que le gouvernement persiste et signe et procède à
une entrée en vigueur telle qu'initialement prévue, nonobstant, nonobstant,
c'est le mot, nonobstant les difficultés et les enjeux qui sont... qui sont
vécus dans le... dans le système et aussi de façon générale, donc, avec tout ce
renforcement et ces différentes mesures qui sont mises de l'avant avec le
projet de loi n° 19. Ces mesures-là sont... sont clairement adoptées et
imposées, nonobstant aussi des droits fondamentaux. J'ai... terminé, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non, c'est... je pense que vous avez dit 19, c'est neuf que
vous vouliez dire.
Mme Setlakwe : 9. Je suis
désolée, vous avez raison, c'est le projet de loi neuf. Merci de me corriger.
Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On est dans beaucoup de chiffres. Merci beaucoup. Oui.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Cadet : Simplement pour...
pour conclure, là, Mme la Présidente...
Mme Cadet :
...parce que
je pense qu'on a fait le tour des interventions ici, là, je note
qu'effectivement que, malgré les difficultés documentées, puis ça, je veux
vraiment le noter parce qu'auparavant on n'avait pas nécessairement... on avait
des appréhensions. Aujourd'hui, ces difficultés d'application sont documentées,
quand je dis aujourd'hui, ce n'est pas une figure de style, là, c'est vraiment
aujourd'hui. Nous avions l'occasion, je pense, comme parlementaires, d'être à
l'écoute du réseau, de venir faciliter la tâche tout en maintenant l'intention
du législateur, qui est, donc, de renforcer la laïcité, donc, dans ce réseau.
J'entends que le ministre refuse de... de donner raison à ceux qui portent
notre réseau, nonobstant les chiffres qui nous ont été nommés, nonobstant les
situations maintenant documentées et chiffrées, et, à ce stade-ci, Mme la
Présidente, je vais demander un vote par appel nominal.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Le vote est demandé. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé).
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont).
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire
: M. Roberge
(Chambly).
M. Roberge : Contre.
La Secrétaire
: M. Lévesque
(Chauveau).
M. Lévesque (Chauveau) :
Contre.
La Secrétaire
Mme Schmaltz (Vimont).
Mme Schmaltz : Contre.
La Secrétaire
Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel).
Mme Boivin Roy : Contre.
La Secrétaire
Mme Lecours (Les Plaines).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abste