Public Finance — 10 November 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2020-11-10
Quebec — Committees
Le Président (M.
Simard) : Très bien. M. le député.
M. Barrette :
Je comprends donc que ce que je viens de dire est conforme avec l'état d'esprit
de la ministre, il n'y aura pas de changement de l'annexe I.
Mme LeBel :
J'ai exprimé ma position la semaine passée en termes clairs. Donc, ma position demeure
inchangée par rapport à ce que j'ai dit la semaine passée, M. le Président. On
pourrait faire du «back-and-forth» comme ça toute la journée, mais, honnêtement,
ma position demeure inchangée.
Barrette : O.K. Alors, la
position qui a été exprimée, là, pour ceux qui nous suivent, est à l'effet
qu'il n'y aura pas de changement de l'annexe I, dans l'intention de
la ministre.
Mme LeBel :
...relire mes paroles, la position que j'ai exprimée, c'est celle qui est
sortie de ma bouche. Alors, elle demeure inchangée.
M. Barrette :
Donc, il y a une hésitation étonnante de reprononcer les mots qui ont été
prononcés. C'est correct. On a tous compris que...
Barrette : Bien oui, mais,
regarde, c'est très facile de dire dans le micro : J'ai dit ça puis ça n'a
pas changé, je n'ai pas l'intention de changer l'annexe I, mais ça
n'arrivera pas, n'est-ce pas?
Mme LeBel : De quoi? Qu'est-ce qui
n'arrivera pas?
M. Barrette : De le redire.
Mme LeBel : Bien, j'ai dit la
semaine passée qu'il n'y avait pas question d'ajouter quoi que soit à la liste.
Donc, ma position demeure inchangée.
M. Barrette : Très bien, merci.
Alors, on continue, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Tout à
fait, M. le député.
Barrette : Alors, on revient
à l'annexe I. Alors, ma position là-dessus, M. le Président, puis
j'aimerais que la ministre nous explique sa position, pourquoi elle a...
D'ailleurs, je veux remercier la ministre d'avoir répondu à la demande que j'avais faite sur le 61. La première
section, là, du projet de loi traite des pouvoirs de l'AMP, et j'avais
demandé ça parce que je trouvais que 61
n'était pas clair là-dessus. En fait, il n'y avait à peu près
rien, là, dans 61, à cet égard-là.
J'avais
souhaité, dans un amendement que j'avais déposé, que 61... que le prochain projet de loi, là, si ça devait arriver, et ça arrive, donne à l'AMP les mêmes
pouvoirs que ceux conférés au BIG, là, au Bureau de l'inspecteur général de
Montréal ou de Laval. Et ici, à 1, on le fait en partie, mais on le fait limité
aux 181 projets. Pourquoi on ne le fait pas pour l'ensemble des projets
qui sont dans les autres zones de Montréal, où il y a un BIG, là? Pourquoi on
limite ça à ces 181 projets-là?
Le Président (M. Simard) : ...
Mme LeBel : Oui. Merci, M. le
Président. Brièvement, effectivement, c'est une position qui a été clairement
exprimée par mon collègue et qui a, je le dirais, une certaine valeur, à
laquelle j'ai beaucoup réfléchi, je ne vous le cacherai pas. Il fait
partie de
mes intentions ministérielles... et on verra comment le processus se fera,
mais je peux parler de ce que j'aimerais faire et j'ai l'intention de faire. Après
ça, on pourra voir... de revoir la
Loi sur l'Autorité des marchés publics et de
faire en sorte éventuellement qu'effectivement ce type de pouvoir là puisse
s'appliquer à plus large échelle.
Toutefois, je considère qu'il y a d'autres
aspects également qui doivent être discutés avec l'AMP, au niveau de leur loi
et de leurs pouvoirs. Je considère que cette réflexion-là, M. le Président,
doit également être arrimée avec la
réflexion qu'on veut avoir sur la
loi sur les contrats publics, entre autres, la révision, je vais le dire très simplement, pour ne pas
qualifier mes propos de simplistes, parce que c'est beaucoup plus complexe
que ce que je vais exprimer, mais, entre autres, de revoir la règle du plus bas
soumissionnaire.
On a entendu, en commission parlementaire, M. le
Président, beaucoup de commentaires superintéressants, je pense, entre autres,
du G15 et de plusieurs groupes environnementaux et non environnementaux également,
sur le fait qu'il faut revoir ce qu'on met dans nos appels d'offres, mais aussi
la structure de la
loi sur les contrats publics, pour penser innovation,
nouvelles technologies, développement durable, donc comment on peut aussi, en
accord avec les ententes qu'on a avec les
États-Unis, entre autres, l'Ontario et l'Europe, sur les accords de libération
du marché, s'assurer aussi qu'on peut injecter beaucoup plus d'achat
local, sans compromettre nos accords, naturellement, dans le respect de ces
accords-là, dans la
loi sur les contrats publics. Donc, est-ce que ça se fait
aussi dans les appels d'offres? Est-ce qu'il faut modifier la loi pour ça,
d'ajouter aussi une meilleure notion de qualité et un peu, peut-être, moins
d'accent ou moins de poids dans le calcul sur le prix? Donc, il y a plusieurs
options à voir.
Et moi, je considère que les deux doivent
être... les deux réflexions doivent se mener à... doivent s'arrimer,
c'est-à-dire ce qu'on fera avec la
loi sur les contrats publics, quant à moi,
doit aussi se faire dans la réflexion sur l'AMP, qu'est-ce qu'on pourra faire
pour que l'AMP puisse suivre adéquatement le bateau. Plusieurs autres demandes,
que je ne discuterai pas ici, sont aussi sur la table, en discussion avec le
Secrétariat du Conseil du trésor, sur ce que l'AMP aimerait faire aussi dans
ses pouvoirs de vérification, par rapport à la liste des entreprises
autorisées, à
titre d'exemple. Donc, il y a plusieurs choses, autres que cette
section-là, à faire. Je pense qu'il serait... qu'il est approprié de continuer
cette réflexion-là.
Et c'est pourquoi qu'à très court terme, compte
tenu des commentaires qui avaient été soulevés dans la première mouture du
projet de loi n° 61 sur les enjeux et les craintes
que l'intégrité de nos marchés publics soit compromise compte tenu de
l'accélération de certains projets d'infrastructure, j'ai pris la décision...
naturellement, en discussion avec les équipes, mais j'ai pris la décision de
mettre déjà de l'avant, pour un nombre de projets limité, ces pouvoirs-là qui,
à toutes fins pratiques, amènent l'AMP au niveau du BIG. Il y aura... il y a eu
quelques petites nuances qui ont été apportées, puis on pourra voir, au fil des
discussions, dans les différents articles, comment on pourra adresser — je
sais que c'est un anglicisme, là, mais c'est celui qui me vient en tête — adresser
les enjeux et les questions qui ont été soulevés, là, par rapport à peut-être
certaines ambiguïtés sur notre rédaction de certains articles, mais on va
pouvoir en discuter.
Donc, écoutez, je ne peux pas être plus
transparente que ça. Je ne tournerai pas autour du pot plus longtemps. Pour
l'instant, je demeure convaincue que l'ensemble du projet de loi n° 66
doit demeurer un projet de loi temporaire et ciblé sur
les projets de la liste en
annexe I, mais que cette possibilité-là de rendre,
éventuellement, je dirais plus à moyen terme qu'à long terme, mais à court
terme... c'est parce que court terme, en parlementaire, c'est relatif, mais
disons le plus rapidement possible, de poursuivre cette réflexion-là avec
l'AMP. Puis ça va lui permettre également d'exercer ces pouvoirs-là, puis elle
pourra nous voir s'il y a certains correctifs à faire. On a déjà quelques
petits correctifs, peut-être, à proposer, là, à première vue. Donc, c'est le
sens de ma position, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le député de Rosemont, souhaitiez-vous... M. le député de Jonquière, intervenir
à ce stade-ci, question d'équité? M. le député de La Pinière.
Barrette : Je n'ai aucun problème avec l'équité, au contraire, M. le
Président. Gênez-vous pas pour donner la parole à mes collègues.
La question, l'angle que j'aborde ici, n'est pas
du tout en lien avec la réponse que j'ai eue. Je ne parle pas ici de changer les pouvoirs de l'AMP, de changer la
loi de l'AMP. Je comprends très bien et je suis même en faveur de ce que la ministre
veut faire en ce qui a trait à la gestion contractuelle, on va dire, au sens
global du terme, des contrats, notamment en ce qui a trait à tout ce qui est processus
d'adjudication, paramètres à mettre dans le devis et ainsi de suite. Je suis non
seulement en faveur mais j'ai expérimenté ça à plusieurs reprises dans le
passé, et ce sont tous, les éléments que la ministre a notés, des éléments
pertinents, sans exception.
Sauf que,
pour aller là, ça prend une refonte d'un certain nombre de choses, notamment, puis j'insiste là-dessus, parce
que la ministre a traité de plusieurs éléments, les plus importants en
quantité, je dirais, étant les processus d'adjudication. Et ça, ça va demander
un changement en profondeur d'un certain nombre de lois, et ça, ça va prendre
un projet de loi complexe, et ça, ça va prendre du temps, et ça, il n'y a
aucune garantie que ça va se passer dans cette législation-ci. Il n'y a aucune,
aucune, aucune garantie que ça va se passer dans cette législature.
Je serais même pas mal prêt à parier que ça va
aller dans un prochain gouvernement, pour toutes sortes de raisons. La
première, c'est que ce n'est pas la première fois que ce sujet-là vient sur la
table. La deuxième, c'est que, par définition, ça prend du temps. Puis, en
fait, il y a une troisième raison, c'est qu'on est rendu loin dans le mandat,
et il y a d'autres dossiers qui vont prendre beaucoup de temps parlementaire, à
date.
Alors, moi, mon angle, là, il n'est pas en
opposition avec ce que la ministre veut faire dans le futur. Au contraire, ce qu'elle devra faire, ce qu'elle
souhaite faire, ça va être fait et ça va venir après la situation
actuelle. Alors, moi, ce que je souhaite, et c'est ma surprise...
Pourquoi... Même si, un jour, il va y avoir une nouvelle situation législative de loi revue et ainsi de suite,
pourquoi on ne permet pas à l'AMP, aujourd'hui, malgré le fait que la loi va être révisée
un jour, d'oeuvrer sur tout le territoire des contrats, en dehors de Montréal
et Laval, parce qu'essentiellement, c'est eux autres qui ont un BIG? Pourquoi
on ne leur permet pas d'oeuvrer là?
Ils vont se retrouver dans une situation
imparfaite, évidemment. Évidemment, puisqu'on veut la changer. Si la ministre
nous dit : On veut la changer, c'est parce qu'elle trouve qu'il doit y
avoir des améliorations. O.K., on est d'accord, je suis d'accord avec ça.
J'espère que ça va être dans cette législation-ci. Ça va venir, probablement, à
cette commission-ci, M. le Président, je présume, puis je vais être très intéressé
à participer à ça, très intéressé. Mais pourquoi, aujourd'hui, dans l'état
actuel du droit d'aujourd'hui, pourquoi on ne permet pas à l'AMP d'agir
partout? Ça n'enlève rien à l'intention et à
l'utilité de ce que la ministre veut faire. Rien, rien, rien, ça ne change
rien. Qu'est-ce qui empêche l'AMP, aujourd'hui, dans son imperfection
actuelle en termes de lois et règlements, d'agir ailleurs?
Mme LeBel : Peut-être que j'aurais
besoin d'une précision sur ce que mon collègue a comme intention, puis je m'explique. Il y a deux choses, là. Il y a agir
partout et il y a agir sur tous les contrats sur lesquels elle a
présentement juridiction en théorie, là. Je m'explique. On a ajouté des... Dans
le cadre du projet de loi n° 66, on ajoute certains
pouvoirs à l'AMP, mais on demeure, au moment où on se parle, dans le cadre de
son giron d'origine, c'est-à-dire les contrats provinciaux, disons-le comme ça,
et gouvernementaux, et, bon, des mandataires de l'État également, et non pas
municipaux.
Il y a une raison très... il y a une raison pour
ça, puis c'est la même raison qui a modifié le gouvernement de mon collègue à
ne pas, en 2018... ou à retirer, plutôt, en 2018, du projet de loi d'origine,
tout le secteur municipal de la portée ou de la juridiction, si on veut, de
l'AMP, à l'époque, parce qu'il y a un enjeu extrêmement important d'autonomie
municipale. Et je pense que c'est une conversation qui devra avoir lieu avec
les acteurs concernés.
Moi, j'annonce mes couleurs, je