Culture and Education — 29 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2015-04-29
Quebec — Committees
Président (M. Habel) : Alors
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de la culture et de l'éducation ouverte. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder à l'étude
du volet Éducation préscolaire et enseignement primaire et secondaire des
crédits budgétaires du portefeuille Éducation, Enseignement supérieur et
Recherche pour l'exercice financier 2015‑2016.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blais (Saint-Henri—Sainte-Anne) est remplacée par M. Morin
(Côte-du-Sud); M. Fortin (Sherbrooke) est remplacé par Mme Vallières
(Richmond); Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger) est remplacée par M. Auger
(Champlain); Mme Hivon (Joliette) est remplacée par M. Rochon
(Richelieu); et M. Turcotte (Saint-Jean) est remplacé par M. Bergeron
(Verchères).
Président (M. Habel) : Merci
beaucoup, M. le secrétaire. Nous allons débuter par les remarques
préliminaires puis nous allons procéder à
une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant
les questions et les réponses. Et la mise aux voix des crédits sera effectuée
ce soir, à la fin de l'étude de ce volet.
Alors, comme
nous avons débuté nos travaux à 11 h 18 et qu'une période de deux
heures doit être consacrée à l'étude
de ce volet cet avant-midi, y a-t-il consentement pour poursuivre au-delà de
l'heure prévue, donc jusqu'à 13 h 18? Y a-t-il consentement?
Parfait.
Alors, nous allons débuter avec les remarques
préliminaires. M. le ministre, vous disposez de 17 minutes.
M. Blais : Merci, M. le Président.
Nous poursuivons aujourd'hui cet important exercice qu'est l'étude des crédits
du ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Au
cours de cette session, nous aborderons plus
en détail le volet Éducation préscolaire et Enseignement primaire et
secondaire. D'abord, pour ce premier tour
de parole qui m'est accordé, je présenterai quelques-uns des dossiers qui sont
prioritaires en ce moment au ministère, et ce, brièvement, car, vous le
savez, ils sont très nombreux.
Toutefois,
avant d'entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de saluer une nouvelle fois
mes collègues parlementaires qui
participeront aux échanges et remercier de leur présence les membres de mon
cabinet et les représentants du
ministère qui m'accompagnent, en particulier Mme Marie-Claude Champoux,
sous-ministre, et les membres de son équipe; et M. Stéphane
Gosselin, qui est à ma droite, directeur du cabinet, ainsi que des membres de
mon cabinet.
Je le disais lors de l'étude des crédits
provisoires du ministère, l'éducation constitue l'une des responsabilités
gouvernementales dont le budget de dépenses est le plus élevé. Celui-ci
atteint, en effet, 17 milliards de dollars cette année, tous ordres d'enseignement confondus, soit un budget en hausse de
plus de 2 milliards de dollars depuis 2010‑2011. Si l'on s'en tient
aux sommes affectées à l'enseignement primaire et secondaire, elles atteignent
plus de 9,2 milliards de dollars pour 2015‑2016. Ces investissements
attestent de l'importance que nous y accordons.
La majeure
partie de ces sommes est effectivement prévue pour l'organisation des services
éducatifs. Prenons, par exemple, les sommes dédiées au soutien des
élèves handicapés ou en difficulté qui ont été maintenues et même indexées annuellement au cours des dernières
années. En 2013‑2014, le ministère a consacré
2 280 000 000 $ aux services à ces élèves. Il s'agit
là d'un investissement majeur. Pensons également aux besoins en
infrastructures. Cette année, l'enveloppe budgétaire réservée aux commissions
scolaires dans le cadre du Plan québécois des infrastructures 2015‑2025 est de 1,4 milliard de dollars. Ces
investissements permettront encore cette année la réalisation de
nombreux projets, notamment d'ajout
d'espaces en formation générale et en formation professionnelle, le maintien de
bâtiments, d'embellissement de cours d'école.
Depuis la création du ministère de l'Éducation,
il s'est écoulé 50 années d'efforts et de succès qui ont fait progresser le Québec dans toutes les sphères
d'activité, et ce, de façon magistrale. Si l'année 2014 a permis de
souligner nos réussites passées, force est
de constater qu'un nouveau
chapitre de l'histoire de l'éducation au Québec est
en train de s'écrire. Nous jetons dès maintenant les bases de nos succès
futurs et mettons en place les conditions qui permettront au système éducatif de relever les défis du
nouveau siècle : soutenir le réseau dans le développement des
compétences du XXIe siècle et dans son évolution au sein d'une société
numérique, améliorer l'efficience pour consacrer le plus de ressources financières aux services éducatifs,
poursuivre les efforts visant la réussite scolaire et l'adoption d'un
mode de vie physiquement actif, continuer à se démarquer parmi les meilleurs au
monde.
Pour être en
mesure de relever ces défis, il est impératif de dégager une marge de manoeuvre
qui nous permettra de diriger un
maximum de ressources vers les élèves. À cet égard, les contribuables québécois
sont en droit d'exiger que nous gérions
l'ensemble du système d'éducation de manière efficace, responsable, rigoureuse.
C'est ce que notre gouvernement a entrepris dès son arrivée au pouvoir
en nous engageant dans cette démarche de rigueur budgétaire. Nous avons dû, et auront encore à le faire d'ailleurs, prendre des décisions parfois difficiles, mais nécessaires
pour pouvoir conserver notre liberté de choix et celle des générations
qui nous suivent. Nous appelons à la collaboration des partenaires du milieu
dans cette période importante.
Ainsi, l'an dernier, le ministère a prêché par
l'exemple et posé des gestes concrets pour optimiser ses façons de faire et pour se recentrer sur sa mission
éducative, notamment en abolissant ses directions régionales.
Parallèlement, il a aussi lancé à l'ensemble
du réseau scolaire un appel à la rigueur, à l'innovation et à la collaboration.
Cette année encore, de nouveaux pas ont été franchis, seront franchis
sur la voie de l'efficience. Je pense notamment à la fusion du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport et de celui
de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et de la Science, un
geste qui nous permet de tendre vers une
optimisation des effectifs et surtout un meilleur arrimage entre les différents
ordres d'enseignement.
Depuis mon arrivée en poste, j'ai également
poursuivi la réflexion quant à la modernisation du réseau scolaire. J'ai la conviction que nous pouvons
rendre le réseau scolaire public plus efficient, plus moderne pour la
réussite du plus grand nombre. Nous reconnaissons le travail de l'ensemble des
partenaires. Cependant, nous savons que nous pouvons
faire mieux. C'est pourquoi, avec l'équipe du ministère, j'étudie différentes
pistes d'action pour faire en sorte de mettre en place les conditions
permettant d'offrir, à la grandeur du Québec, des services toujours plus
performants et de qualité pour que tous les
élèves puissent bénéficier des mêmes chances de réussite, d'augmenter
l'efficience du réseau pour ainsi
dégager des ressources financières et les canaliser vers les services aux
élèves, d'actualiser les modes de gouvernance
du réseau scolaire, notamment par l'abolition des élections scolaires. Cette
démarche d'actualisation dans laquelle nous nous engageons nous
permettra de nous concentrer sur les enjeux qui sont au coeur de notre mission
et de recentrer les services vers les écoles afin que ce soit véritablement les
élèves qui en bénéficient.
Les grands enjeux et dossiers pédagogiques pour
2015‑2016. Tout d'abord, la valorisation de la profession enseignante et la formation des enseignantes et
des enseignants. Au-delà du processus de modernisation du réseau
scolaire, plusieurs dossiers retiendront
notre attention cette année. Laissez-moi vous les présenter brièvement. Je
tiens à rappeler que le Québec
possède l'un des meilleurs systèmes d'éducation au monde et que nos
enseignantes, nos enseignants font un travail remarquable. Pour
continuer de nous démarquer, nous devons toutefois poursuivre nos efforts
d'amélioration en continu.
J'entends
donc travailler à améliorer la formation des enseignantes et des enseignants
qui jouent un rôle central dans le
système d'éducation et dans la réussite des élèves. Transmetteurs de savoir et
intervenants de première ligne, ils se doivent d'être des modèles. S'il est essentiel de valoriser leur rôle, nous
devons également faire un effort supplémentaire pour que les meilleurs
candidats possible puissent accéder à cette profession importante pour nos
enfants et pour l'avenir de notre société.
Je souhaite
donc que nous rehaussions les exigences relatives à l'admission dans les
programmes d'enseignement, notamment
en ce qui a trait à la maîtrise du français. Je souhaite également faire la
promotion de l'accès à l'enseignement pour les diplômés issus de
disciplines fondamentales comme les mathématiques, l'histoire ou les sciences.
Deuxièmement, une stratégie de renforcement de
l'apprentissage des langues. Parmi les priorités, j'entends réserver une large place à l'amélioration et à la
mise en valeur de l'apprentissage du français, et ce, du préscolaire
jusqu'à l'éducation des adultes. Reflétant la priorité que le gouvernement y
accorde, l'amélioration du français se trouvera au coeur d'une stratégie de renforcement des langues. Je l'ai déjà dit à
maintes reprises, je crois profondément que l'école doit faire encore
davantage de place à la lecture, et ce, à tous les niveaux. Du temps de qualité
doit être dégagé chaque jour pour que nos enfants prennent l'habitude et
surtout développent le plaisir de lire, et nous y veillerons.
La stratégie de renforcement des langues inclura
également un volet consacré à l'amélioration des compétences en anglais langue
seconde, une demande d'ailleurs formulée par une majorité de parents. En effet,
dans le monde d'aujourd'hui, une
connaissance fonctionnelle de cette langue permet de s'accomplir sur plusieurs
plans, qu'on pense au marché du
travail, aux études supérieures, aux voyages, aux loisirs, sans compter l'accès
aux multiples sources d'information disponibles sur Internet.
L'une des façons de favoriser l'apprentissage de
l'anglais est de l'offrir de façon intensive en cinquième ou sixième année du primaire et de le rendre
accessible au plus grand nombre possible d'élèves. Très conscient des difficultés
particulières... particuliers, pardon, qu'il
aura à relever à cet égard, notre gouvernement est déterminé à en assurer une
implantation progressive et structurée, et ce, dans le respect du rôle du
conseil d'établissement de chaque école pour tenir compte de la réalité de
chaque milieu.
C'est cette même préoccupation de donner aux
élèves toutes les chances de réussir qui nous anime lorsque nous abordons le
déploiement de la maternelle quatre ans à temps plein en milieu défavorisé. En
cette deuxième année d'implantation, ce
service éducatif connaît un beau succès. En effet, alors qu'il comptait
50 classes en 2013‑2014, il s'étendait à 76 classes au début
de l'année scolaire en cours, et ce, partout au Québec. Près de
960 enfants profitent ainsi d'activités
diversifiées et signifiantes qui soutiennent leur développement global et à
long terme. Le déploiement se poursuivra.
Dans
un tout autre ordre d'idées, la prochaine année nous donnera l'occasion de
renforcer notre action en matière de lutte
contre la violence et l'intimidation à l'école. Je vous rappelle que, dans la
foulée du Forum sur la lutte contre
l'intimidation tenu en octobre dernier, le premier ministre s'est engagé à ce
qu'un plan d'action gouvernemental concerté
soit élaboré au cours de l'année 2015. Important partenaire de la démarche
menée par ma collègue la ministre de la Famille, ministre responsable
des Aînés, ministre responsable de la Lutte contre l'intimidation, le ministère
de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur
et de la Recherche collabore aux travaux, partage l'expertise qu'il a
développée dans ce domaine.
Devant les enjeux de
société préoccupants que sont la violence et l'intimidation, nous devons nous
assurer de la cohérence des actions des
écoles avec celles de l'ensemble de la société. Je suis convaincu qu'un tel
arrimage de nos actions permettra d'accentuer le mouvement de
mobilisation de l'ensemble de la société pour faire en sorte que le Québec soit
un endroit encore plus inclusif, respectueux, sain et sécuritaire.
conclusion, parallèlement à l'avancement de tous ces dossiers pédagogiques,
nous poursuivrons nos actions visant
la persévérance et la réussite scolaire, l'éducation tout au long de la vie et
la lutte contre l'analphabétisme, autant d'enjeux stratégiques pour le développement et l'avancement de notre société.
À mon sens, les défis de taille qui se posent à nous
justifient pleinement les efforts que nous consacrons à assainir les finances
publiques, à réduire la bureaucratie, à
simplifier les structures du réseau. Puisque notre développement et notre prospérité collective sont liés à notre
capacité de former avec succès des citoyens éclairés et outillés adéquatement,
nous avons besoin de cette marge de manoeuvre qui nous permettra de diriger un
maximum de ressources vers les élèves.
Voilà qui complète ce
survol des actions ministérielles à venir dans le secteur de l'éducation
préscolaire et de l'enseignement primaire et secondaire. Nous sommes maintenant
prêts à répondre à vos questions, chers collègues.
Le Président (M. Habel) : Merci, M.
le ministre. Je tiens à mentionner
que le temps non utilisé par un groupe parlementaire pour ses remarques
préliminaires est toujours ajouté à son enveloppe de temps globale.
Alors, maintenant, je suis prêt à entendre la
porte-parole de l'opposition officielle et députée de Pointe-aux-Trembles
pour faire ses remarques préliminaires pour un maximum de 10 minutes.
Léger : Merci, M. le Président. Alors, je salue les collègues
du deuxième groupe d'opposition, je salue le ministre et son équipe, son personnel, les collègues ministériels,
évidemment tout le ministère, je sais que c'est toujours beaucoup de
travail à préparer, les crédits, toute cette étude de crédits.
contre, vous allez comprendre que je suis toujours quand même très, très
chanceuse, comme d'autres collègues, de
pouvoir faire cette étude de crédits là et d'être capable de porter la voix de
la population, mais particulièrement des jeunes, et des parents du Québec, et tout le personnel des enseignants,
la direction d'écoles, les professionnels du monde de l'éducation, qui
s'attendent à ce qu'on puisse avoir des réponses du ministre aujourd'hui par
cette étude de crédits.
suis, en même temps, autant heureuse de pouvoir le faire pour parler en leur
nom, mais autant très triste et avec même
un brin de colère avec ce qui se passe depuis la dernière année. Et je peux
comprendre que le ministre est en poste depuis quelques mois... je ne sais plus combien de semaines, mais
j'espère qu'il ne nous dira pas ça aujourd'hui parce qu'il y a quand même des gens autour de lui qui
sont là depuis pas mal plus longtemps que le ministre actuellement. Et
j'ai une tristesse, évidemment, parce que ça ne va pas bien en éducation
présentement. C'est même très triste, ce qui se passe en éducation
présentement.
le ministre nous a parlé de quelques pistes d'action qu'il veut faire, là, mais
je pense que, dans le quotidien, ce n'est pas ça qui se passe. Il y a
trois mots, présentement, dans le quotidien, de ce qui se passe avec le
ministère de l'Éducation, c'est :
bricolage, cafouillage, coupes sauvages. C'est ce qui se passe, actuellement,
dans le milieu de l'éducation, c'est
ce qui se passe, actuellement, sur le terrain. Alors, je ne peux pas être très
heureuse aujourd'hui de parler des coupures, qui sont importantes
actuellement puis qui vont avoir des conséquences parfois désastreuses et
parfois catastrophiques dans les régions du
Québec. Et ça, le ministre, il va falloir qu'il nous réponde aujourd'hui. Pour
moi, c'est important d'être capable
de demander au ministre toutes les implications et les effets directs et
indirects des coupures de ce gouvernement-là devant nous. Et, en même
temps, on s'attend à un plan d'éducation. Il a beau nous sortir quelques éléments que j'entends dans les remarques
préliminaires du ministre, mais, en même temps, quand on voit qu'un plan
d'éducation va peut-être se faire en 2020‑2025, je ne sais pas, mais moi, je
pense qu'on est en 2015, je crois qu'on est en 2015.
Alors, la dernière
année qu'on vient de passer... parce qu'on fait l'étude des crédits de cette
année-là, 2014 à 2015, du 1er
avril 2014 au 31 mars 2015, et... Je ne sais pas, mais, si on pose la
question à quelqu'un, on ferait juste un vox populi : Qu'est-ce que vous avez entendu de l'éducation des
dernières semaines, derniers mois et de la dernière année?, j'espère qu'on aura une réponse intelligente à
donner aujourd'hui, parce que, si je regarde le gouvernement devant moi,
dans la dernière année en éducation, à part
des éléments que je vais vous conter un petit peu tout à l'heure puis qu'on va
avoir le temps de se reparler, je ne vois
rien de positif qui s'est passé la dernière année, à part de quelques annonces
par-ci, par-là, là. Moi, je parle
d'une vision puis je parle de la suite des choses, je parle de construire le
Québec, je parle des effets directs sur nos jeunes puis la réussite
scolaire.
J'entends
le ministre, des fois, dire : La réussite scolaire, la réussite scolaire.
Mais, quand on voit des coupures drastiques...
des coupures draconiennes, pardon, qui est le vrai terme français, je ne pense
pas qu'il y ait de quoi se réjouir.
Alors, M. le
Président, je vais garder mon temps pour les questions plus précises par après.
Alors, je tiens à dire que je ne vois pas... Le ministre devant moi, j'espère
qu'on ne pourra pas toujours dire que c'est le ministre de la décroissance,
mais que ce soit le ministre qu'on est fiers en Éducation au Québec.
Président (M. Habel) :
Merci, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles. Alors, un temps de six minutes sera
ajouté à votre enveloppe globale.
Maintenant, je suis prêt à entendre le porte-parole
de la deuxième opposition et député de Chambly pour faire ses remarques
préliminaires pour un maximum de sept minutes.
Roberge : Merci, M. le Président. Alors, je salue aussi, évidemment,
la présence du ministre, de mes collègues parlementaires au gouvernement, de toute l'équipe ministérielle, qui, on le
sait, travaille très, très fort, évidemment
de ma collègue de l'opposition officielle.
Alors, ces
remarques préliminaires, je vais les faire, j'espère, assez brièvement pour
laisser plus de temps possible aux
questions, mais quand même je pense que c'est important de jeter les bases
puis d'y aller avec, peut-être, des énoncés de principes qui sous-tendent
ensuite les questions et les orientations.
Au coeur de l'engagement politique de ma
formation et au coeur de mon engagement politique aussi, il y a le principe de l'équité entre les générations. Et
c'est un principe au nom duquel on peut faire bien des choses. Comme on
peut faire dire aux chiffres tout et son contraire, on peut, au nom du principe
d'équité entre les générations, faire des choses
formidables et des choses aussi terribles. D'atteindre l'équilibre budgétaire au nom de l'équité entre les générations,
c'est la moindre des choses. Je pense que c'est une évidence, enfin dans notre
contexte démographique. Si on avait quatre enfants ou cinq enfants par famille,
ce serait peut-être autre chose, mais, dans notre contexte démographique,
d'atteindre l'équilibre budgétaire, c'est nécessaire.
Maintenant, comment on le fait? Voilà toute la
question, parce que, dans une vision à long terme qui vient justifier cette atteinte de l'équilibre budgétaire, il faut voir un continuum puis il faut penser
que ce n'est pas une industrie, une entreprise qui fait une
rationalisation pendant deux, trois ans puis qui va développer des marchés
dans les années à venir. Le gouvernement, c'est du monde, c'est des jeunes, puis, quand on parle d'éducation, c'est la jeunesse. Donc, on ne peut pas, pendant deux, trois
ans, sacrifier des jeunes en disant : Bien, plus tard, ça ira mieux, parce
que, pour eux, ça n'ira pas mieux. Ce n'est pas possible de rattraper le tort
qui peut leur être fait.
Et depuis — je
l'ai répété à quelques reprises, mais je pense c'est important — très
longtemps, depuis 1608 et avant, nos
ancêtres et les immigrants qui se sont joints à nous ont toujours
essayé de laisser mieux à la génération qui s'en vient, bâtir et laisser
mieux, ne pas faire des châteaux de sable. On fait un château de sable, c'est
bien amusant; arrive la marée, il ne reste
rien. Ça, ce n'est pas bâtir pour les générations à venir. Mais je pense qu'au Québec
les acteurs, de manière générale, et
les gouvernements, de bonne foi, ont
essayé de laisser mieux à la génération à venir. Et, en éducation, c'est
l'essence même de ça, donc, de bâtir, puis de donner aux jeunes des compétences pour
s'actualiser et bâtir un Québec qu'ils vont laisser à leurs enfants, et
ainsi de suite.
Donc, s'il y a
un domaine où on ne peut pas diminuer la qualité et la quantité des services au
nom de l'équité entre les
générations, bien, c'est l'éducation. On peut réorganiser, on peut administrer autrement,
on peut améliorer l'efficience, on ne
peut pas diminuer la quantité et la qualité de services directs aux élèves au
nom de l'équité entre les générations pour ces mêmes élèves. C'est le pire des sophismes, là. On se doit d'aider
plus, on se doit de trouver des façons d'aider mieux nos jeunes, on ne
peut pas les aider moins.
Pourtant,
c'est ce qui nous semble... c'est ce qui arrive. C'est ce que disent les
acteurs directs sur le terrain, c'est ce que disent les parents, les
professeurs. Évidemment, chacun des groupes, des fois, est représenté par des
groupes de pression qui ont leur agenda,
leurs intérêts, autant le gouvernement que des commissions scolaires, que des
fédérations de tous groupes, mais, quand on questionne directement les gens
directement sur le terrain, là, qui ne sont pas à travers un porte-parole, ils nous disent la vérité. Et on
n'aide pas plus, on n'aide pas mieux, on aide moins nos jeunes à
réussir. Et ça, bien, c'est un constat extrêmement grave qui nous dit qu'on ne
va pas dans la bonne direction, et on ne peut que le déplorer.
Je pense que l'éducation, des fois, on l'entend,
on entend parler que c'est un service essentiel. On ne peut pas seulement
penser que c'est un service essentiel pour limiter la capacité des
regroupements, là, à faire des moyens de pression.
Si c'est un service essentiel, bien, les enseignants doivent enseigner, j'en
suis, mais le gouvernement doit s'assurer de ne pas lui-même couper dans les services essentiels, sinon on va
faire appel à qui? Normalement, c'est le gouvernement qui doit s'assurer que les services essentiels
sont rendus. Si le gouvernement lui-même sabre dans l'éducation, il est
où, le mécanisme d'appel? Ça n'a pas de
sens. Ça n'a pas de sens, c'est lui qui devrait être le premier défenseur de la
jeunesse et des services qu'on leur offre
pour atteindre cette fameuse égalité des chances. Et l'égalité des chances, ça
ne veut pas dire l'égalité des moyens. On peut aider plus certains, on
peut donner une aide supplémentaire par région, par école, par élève avec des mesures professionnelles, mais il
faut atteindre cet objectif-là et ne pas confondre l'objectif et les
moyens. Et, quand on coupe dans les moyens, bien, évidemment, c'est plus
difficile d'atteindre l'objectif.
Alors, je vais m'arrêter ici en espérant avoir
des réponses aux questions aujourd'hui. Et même je vais avoir un petit peu plus
d'espoir que ça, non seulement avoir des réponses aux questions, mais même des
engagements à faire mieux. Merci.
Président (M. Habel) : Merci
beaucoup, M. le député de Chambly. Alors, je suis maintenant prêt à
donner la parole à la porte-parole de l'opposition officielle pour un premier
bloc de 27 minutes.
Mme Léger :
Merci, M. le Président. Alors, il y a quelques semaines, lors de l'étude du
quart des crédits, le ministre de l'Éducation a avoué que les écoles du Québec
subiront des compressions au moins aussi importantes que l'an dernier. On a parlé, l'an dernier, de
150 millions, les commissions scolaires parlent de 350 millions.
Alors, de ce que j'entends du
ministre, c'est au moins... à peu près 150 millions... si c'est similaire.
Mais on doit quand même se dire que ces
coupures, aujourd'hui, elles deviennent comme cumulatives. Le 150 millions
de l'année passée, il n'aura pas le même effet que le 150 millions d'aujourd'hui, parce que celui de l'année
passée, il est fait, on l'a déjà coupé. Alors là, on en ajoute encore 150 millions cette année. Je vais
faire un petit résumé un peu de l'histoire de la dernière année, quand je vous
dis : Ça se résume en trois mots, bricolage, cafouillage, coupes sauvages.
Bricolage, il
faut quand même se dire que tout ce qui s'est passé dans les fusions de
commissions scolaires qui se faisaient
sur un bout d'une carte, sur un bout de table n'importe comment, j'ai prié le
ministre à ce qu'il puisse nous la déposer,
qu'on puisse avoir un projet de loi, qu'on puisse travailler sur quelque chose.
Ça a été de périodes de questions en
périodes de questions où, toutes les fois que j'intervenais, j'avais toujours
des réponses assez évasives, puis ça demeurait toujours quand même un
bricolage sur un coin de table.
Cafouillage,
évidemment, parce que je pense qu'on n'est pas sans savoir de la dernière
année — ça a
coûté même le poste du ministre,
votre prédécesseur — différentes
déclarations d'un bord et de l'autre, qu'on parle d'achat de livres,
qu'on parle des fouilles à nu, qu'on
parle... bon, on aurait une liste, une litanie de déclarations malheureuses,
malencontreuses. C'est notre dernière année, ce cafouillage-là.
Et là,
mettons, on est rendus encore avec des coupes que je dis sauvages parce
qu'évidemment il faut parler du cumulatif
de ces coupes-là, qui va être des résultats difficiles pour la suite des choses
de toutes les écoles du Québec. Mais la
stratégie du gouvernement s'est faite en deux temps : la première, c'est
un peu... c'est le déni, de dire : Non, non, non, il n'y aura pas de coupes, il n'y aura pas de coupes,
c'est non, il faut qu'ils aillent dans les frais administratifs puis il
faut s'assurer que c'est des décisions des écoles du Québec, des commissions
scolaires, c'est leur décision. Moi, je leur demande
quand même cette coupure de 150 millions, mais il ne faut pas que ça
touche aux élèves, il ne faut pas que ça touche aux services pour l'aide aux enfants en difficulté, il ne faut
pas que ça touche à l'aide alimentaire, il ne faut pas que ça touche à
l'aide aux devoirs, etc.
L'an passé,
le ministre nous avait dit qu'il était pour publier les règles budgétaires...
Quand il publierait les règles budgétaires, ça donnerait, dans le fond,
un résultat avec le même type de déni. En fait, il n'a pas donné le choix aux écoles : Vous devez couper, puis voici la
liste de programmes à couper. Et on a un ensemble de coupures possibles
parce que l'enveloppe était globale, puis anciennement l'enveloppe était dédiée
particulièrement pour mieux répondre aux besoins
des élèves, l'ensemble de l'enveloppe des besoins aux élèves... il y avait
l'aide alimentaire, évidemment,
l'aide aux devoirs, Écoles en forme et en
santé, lecture à l'école, amélioration du français, prévenir l'intimidation et
la violence dans les écoles, les
besoins particuliers, l'accueil et la francisation. C'est une liste
d'allocations qui ont été regroupées au sein d'une même enveloppe, qui,
anciennement, étaient des enveloppes dédiées spécifiquement.
Mais là en donnant une enveloppe... en ayant
l'allocation générale, ce que les commissions scolaires ou les écoles demandaient... Par contre, quand tu la
coupes puis là tu dis : Je vous la coupe, bien là, vous-mêmes, là, les
écoles, coupez où vous voulez dans ça... Ça
fait que c'est un peu une sous-traitance. Si on envoie ça, là, on fait la
coupure générale puis on dit : Maintenant, c'est à vous à couper, alors là on dit à nos commissions scolaires ou à nos écoles du Québec : Bien,
coupez où vous voulez. Donc, on refile la facture, dans le fond. On refile le
fardeau de cette coupure-là directement aux écoles.
Puis là, bien, maintenant, après des mois qu'on
a nié les faits, le gouvernement a fini par être rattrapé par la réalité, les coupes libérales frappaient vraiment durement les écoles, puis il a fallu
qu'on rattrape tranquillement chaque fois. Donc, on ne touche pas, ne touchez pas, puis nous, on n'est pas responsables.
On envoie ça dans les commissions scolaires, on envoie ça dans les écoles du Québec, puis ce n'est pas de notre
faute. Mais maintenant on reprend la même chose. Alors là, on se retrouve, maintenant, cette fois-ci,
devant le ministre, qui nous dit : Je vais vous demander d'aller dans les
frais administratifs, ça va être difficile.
Parce que le premier ministre nous a dit ça. Je suis allée aux crédits avec le
premier ministre, le premier ministre a dit
ça, c'est la semaine passée, il a dit : On le sait que ça va être un
moment difficile, mais, vous savez,
je pense qu'il y a lieu... puis on se dit ça, et on est capables que ça ne
touche pas le service aux élèves, puis qu'on est capables de... puis
essayez d'aller dans l'administratif, puis ne touchez pas ailleurs.
Alors, M. le Président, c'est évident que ce
n'est pas ça qui se passe présentement. On constate que la même tactique se fait en cette deuxième année là et
c'est encore au moins, tout au moins, comme dit le ministre,
150 millions qu'il va y avoir de
coupures. Alors, comment pensez-vous... M. le Président, comment le ministre
peut penser que ces coupures ne toucheront pas les élèves directement?
Comment il pense que les écoles du Québec vont faire avec ce cumulatif-là de
coupures? Voilà la question au ministre.
Le Président (M. Habel) : M. le
ministre.
M. Blais : Alors, une réponse courte
pour commencer : Ils vont le faire parce qu'ils l'ont fait dans le passé. Parce qu'on est passés au travers dans le passé,
on va passer au travers aussi cette année. C'est un test pour la
solidarité, là, des Québécois, là, cette
année, hein? C'est un test pour la solidarité et à ceux qui vont se solidariser
de la situation. On espère que ce
sera le plus grand nombre. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites, puis,
d'une certaine façon, je pense que, pour ouvrir un débat, s'entendre sur
une base factuelle commune, c'est toujours utile, hein? Parce qu'une fois qu'on
a une base factuelle commune on peut ensuite argumenter peut-être sur les valeurs
ou sur les arbitrages à faire. Donc, il faut
bien comprendre, hein, que l'effort, et... alors, l'effort que l'on fait au
Québec, il est réel et il est important. Nous avions à résorber
7 270 000 000 $. Ça, c'est les chiffres du Vérificateur
général quand nous sommes arrivés. Il fallait résorber
ça, on a décidé de le faire sur deux années complètes. Donc, nous sommes dans
la deuxième année. C'est impossible pour le ministère de l'Éducation...
Mathématiquement parlant, M. le Président, c'est impossible pour le ministère de l'Éducation de ne pas faire une
contribution, hein, à cet effort-là, compte tenu de l'importance qui se
joue, hein, le poids qu'il détient sur le budget du Québec.
Ce n'est pas
la première fois que ce type d'effort là est demandé au Québec. C'est pour ça
que j'ai commencé en disant : Ça
s'est déjà fait par le passé, et même on a fait plus dans le passé, là, que ce
qu'on attend des Québécois et du milieu
de l'Éducation, là. Quelques chiffres, hein : 1996 à 1998, la diminution
du budget du ministère de l'Éducation, 3,9 %...
en 1996‑1997, pardon; 1997‑1998, 5,8 % de diminution du budget du
ministère de l'Éducation par nos collègues du Parti québécois; 1998‑1999,
une diminution de 0,4 %.
J'ai ici un
extrait du Soleil du 28 mars 1996, le
titre : L'éducation
écope — c'est
sous le Parti québécois — Des compressions sans précédent de quelque
600 millions de dollars . En
dollars d'aujourd'hui, ça serait autour de 900 millions de dollars. Et c'est curieux, j'étais dans le secteur
de l'éducation à l'époque, je me souviens très bien de cette période-là,
ça avait aussi touché les universités. Je me souviens très bien des
conséquences, on a pris un certain retard au niveau de l'embauche des
professeurs. Il y a eu gel d'embauche des professeurs pendant une année ou deux
et ensuite — tiens
donc! — il y a eu une relance au niveau du
financement. On a atteint des périodes... en 2007‑2008, augmentation de
6,1 %. Et je me rappelle de cette
période-là, j'y étais, j'étais directeur de département. Il y avait des
capacités, des possibilités d'embaucher des professeurs, donc il y avait
vraiment, là, une relance, parce qu'il y avait des possibilités qui étaient ouvertes.
Et il y a eu, donc, de très bonnes années. Je continue : 2008‑2009,
6,8 % d'augmentation au ministère de l'Éducation, ensuite on a du
2,4 %, on a du 3,6 %, du 2,5 %, etc.
Donc, ici,
là, il me semble qu'on peut avoir une base factuelle commune, hein? Il y a une
année difficile à traverser, elle est
nécessaire. C'est impossible de penser que le ministère de l'Éducation ne
contribue pas à l'équilibre budgétaire. Maintenant, c'est une question, ensuite, si on s'entend sur cette base
factuelle là, de voir quels sont les meilleurs choix possibles et ce que nous envisageons, que nous
avons déjà envisagé et que nous envisagerons, là, pour la prochaine
année. Mais c'est sûr que tout le monde doit faire un effort.
Et moi, je me
souviens... je regarde, là, 1998‑1999 sous le Parti québécois, dernière année
des grosses coupures, 0,4 %. 1998‑1999, je suis professeur,
enseignant, ma première année sabbatique, 90 % de mon salaire plus, hein,
des montants de dépenses importants pour
faire un séjour à l'étranger. Donc, malgré ce contexte de coupures, hein, bien,
les professeurs de l'Université Laval, là...
je suis sûr, les professeurs des autres universités au Québec continuaient à
vivre, continuaient à pouvoir se déployer, faire des séjours à l'étranger, etc.
Donc, ce que
l'on fait aujourd'hui, là, ce n'est pas nouveau, ça s'est déjà fait, et bien
pire. Et aujourd'hui je ne veux pas
accuser le Parti québécois de l'avoir fait, je dis simplement que nous avons
passé au travers. Et en plus on a connu de meilleures années par la suite et on a pu se refaire. Et ceux qui sont
dans le milieu de l'éducation comme moi, qui ont été témoin de cette période-là ont bien vu le
rattrapage qui a été fait, notamment dans les universités, ce que je
connaissais mieux, disons, à cette époque.
Donc, c'est
le message qu'on doit lancer à la population : Il y a un effort réel, on a
déjà fait des efforts beaucoup plus importants dans l'histoire récente
du Québec, on a passé au travers. Je suis certain, là, qu'il y a eu, hein, des
conséquences, etc. Peut-être que, dans certains cas, dans... comme à
l'Université Laval, diminution de l'embauche des professeurs pendant un certain
temps... mais on s'est refaits par la suite. Et, moi, c'est le message d'espoir
et de solidarité que je veux lancer, là, aux Québécois pour la prochaine année.
Le Président (M. Habel) : Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
M. le Président, on entend à la fin un message d'espoir et de solidarité... Je
pense que le ministre... je pense
qu'il ne réalise pas... Je peux bien comprendre qu'il parle qu'au fil des
années le ministère de l'Éducation est un ministère important, puis
qu'il a à faire certaines compressions, puis qu'au fil des années il y en a
toujours eu pour... mais ce n'est pas de ça
que je lui parle, M. le Président. Ce n'est pas ça que je dis au ministre,
particulièrement. C'est qu'il y a un cumulatif de coupures, puis qu'à un
moment donné l'élastique est rendu à son maximum.
Est-ce qu'il sait qu'en 2015, qui s'en vient, on
est au maximum? Alors, il me fait la litanie que c'est normal qu'il y ait des coupures, c'est toujours
difficile, il y en a eu avant, il y en a toujours eu, ta, ta, ta. Là n'est pas
la question, présentement, M. le
Président. La question est : Actuellement, actuellement, en 2014 et 2015,
les coupures qui viendront ou qui
sont en train de se faire seront difficiles à absorber pour la suite des
choses. En ayant un discours de réussite éducative, en ayant un discours
d'aider nos enfants en difficulté, en ayant un discours d'aider nos enfants
dans des situations particulières, en ayant
un discours de vouloir que les enfants du Québec puissent mieux réussir, si...
en même temps, il fait ce
cumulatif-là, qu'il arrive aujourd'hui à faire ces coupures-là, c'est sûr qu'il
y a un impact. Puis j'aimerais que le ministre puisse le réaliser et non
pas simplement nous dire aujourd'hui que c'est normal qu'il y ait des coupes,
puis c'est... on doit tous faire ça, chaque ministère.
Je lui pose
une question encore plus précise : Il y a des règles budgétaires qui
doivent être annoncées bientôt... Et j'ai fait une motion tout à l'heure
en Chambre : «Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement que les
règles budgétaires qui seront prochainement remises aux commissions scolaires
protègent explicitement les services directs aux élèves, dont notamment l'aide
aux devoirs, l'aide alimentaire et l'achat de livres.» C'est cette motion-là, tout
à l'heure... Le gouvernement n'a pas accepté d'être en accord, de donner son
consentement par rapport à cette motion-là.
Donc, ce que je veux entendre du ministre : Les prochaines règles budgétaires,
est-ce qu'il va protéger les services aux élèves?
Président (M. Habel) : M. le ministre.
M. Blais :
Donc, je n'annoncerai pas aujourd'hui les règles budgétaires, là, du budget qui
débute, ni demain. Avant, il y a
encore un peu de travail à faire au
niveau du ministère
sur ces règles budgétaires. On doit ensuite rencontrer des commissions
scolaires, voir si on s'entend bien,
si on a une compréhension commune. Parfois, c'est un peu complexe. Par
la suite, les règles budgétaires, là, seront, bien sûr, présentées.
L'enjeu, là, pour les
règles budgétaires, le scénario est assez simple, hein? Les commissions
scolaires nous ont demandé, dans un contexte
d'effort budgétaire, d'avoir une plus grande latitude par rapport aux règles budgétaires et pouvoir faire des choix. L'argument
est valable prima facie, c'est : Nous sommes plus près de notre réalité et
nous connaissons nos besoins, etc. Les
règles budgétaires, un peu à ce qui est proposé par ma collègue,
là, les règles budgétaires qui
viennent du ministère, qui sont
enfoncées dans la gorge des commissions scolaires parfois sont contre-productives,
elles ne nous permettent pas de faire des
choix intelligents. Laissez-nous à nous qui sommes près, là, des élèves, de
leurs besoins, de situations
particulières qui varient, là, d'une commission scolaire à l'autre,
laissez-nous la possibilité de faire des choix.
Je dois avouer que,
hein, je suis certain, dans beaucoup de cas, ça a été une bonne mesure. Dans
beaucoup de cas, dans beaucoup de commissions scolaires, il y a eu des choix
intelligents — on
n'en parle pas suffisamment, malheureusement — qu'on n'aurait pas faits au ministère, c'est
clair. Mais, on le sait bien, il y a eu un certain nombre de choix qui
ont fait les manchettes et qui aujourd'hui nous font réfléchir sur cette
demande qui est réitérée par les commissions scolaires de leur laisser la plus
grande latitude possible.
Le Président (M.
Habel) : Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : M. le Président, je ne veux pas nécessairement savoir
la date et l'heure qu'il va déposer les règles budgétaires, je veux
savoir s'il va protéger explicitement les services directs aux élèves. C'est
ça, ma question que je demande au ministre.
Mais
en même temps je veux en profiter pour revenir sur le rapport de la firme
Raymond Chabot Grant Thornton... que
j'ai posé à la période de questions ce matin. Il m'a dit qu'il était très en
accord avec le rapport ce matin. Il m'a laissé entendre que c'était un bon rapport, les recommandations... bien, la
moitié de ces recommandations-là, parce que... des recommandations pour
une des coupures de 40 quelques millions de dollars, 40,6 millions de
dollars, et il y en a 22,4 millions qui
touchent directement les professionnels : 93 professeurs au primaire
et secondaire régulier que le rapport nous
dit de couper, 36 orthopédagogues — on sait le travail des orthopédagogues dans
les écoles, c'est majeur pour l'aide avec les enseignants — 56 professeurs
pour les jeunes handicapés ou en trouble d'apprentissage, 27 techniciens
en éducation spécialisée, huit préposés aux
handicapés. C'est ça, les mesures du rapport Raymond Chabot Grant
Thornton, c'est ça, le rapport. Alors, M. le
Président, quand je dis au ministre : Est-ce qu'il va, dans les règles
budgétaires, protéger explicitement
les services directs aux élèves dont notamment l'aide aux devoirs, l'aide
alimentaire, l'achat des élèves... mais c'est aussi lorsqu'il me dit que, dans le rapport qui a été soumis,
qu'il est d'accord avec les mesures, c'est des mesures d'aide directe
aux enfants... Alors, est-ce que le ministre est d'accord avec ces mesures-là
ce matin?
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
Blais : Donc, que je crois, là, qu'il y a une lecture un peu biaisée
du rapport et que les informations, là, qui ne sont pas nécessairement
disponibles, et que ma collègue a peut-être obtenues des sources de la CSDM,
hein...
Le premier élément
qu'il faut retenir du rapport, c'est la page 1, hein, parce que, dans la
page 1 — je
vais me permettre à mon tour de lire — on dit : «En termes de taille, la CSDM
est deux fois plus grosse que la deuxième plus grosse commission
scolaire au Québec, soit la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. La CSDM
dispose de 211 % du budget de Marguerite-Bourgeoys, de 208 % de son
nombre d'établissements et de 196 % de son nombre d'employés. Toutefois, le nombre d'élèves est seulement — seulement — 77 % plus élevé. En fonction de
comparables, on investit entre
75 millions et 136 millions de plus à la CSDM par élève. Les EHDAA
constituent 28,6 % de la clientèle de la CSDM, ce qui est [...]
plus élevé que le réseau, dont le taux s'élève à 25,8 %.»
Léger : ...j'ai demandé au ministre s'il va faire les coupures
que le rapport lui demande, de 22 millions sur 40 millions, et je lui ai bien dit que
c'étaient les professeurs, les orthopédagogues... pour protéger les jeunes
handicapés, à la page 27 de la
section D5.
C'est la moitié, 22 millions sur 40 millions. C'est ce que je pose
comme question au ministre.
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
Blais : M. le Président, ma réponse c'était de la ramener à la page 1,
qui montre l'écart de ressources favorable à la CSDM et ensuite situer
l'extrait que ma collègue utilise.
y a deux moments dans le rapport. Il y a la possibilité, pour 2016‑2017, pour
la CSDM, de revenir à l'équilibre budgétaire.
J'espère bien, hein, qu'elle va y arriver. C'est très clair qu'elle peut y
arriver. Ensuite, il y a une question à long terme : Est-ce que la
CSDM peut traverser, hein, une période de coupures en se réorganisant, en
redéployant ses services? Et là, bien sûr,
il y a un ensemble de propositions, elles sont multiples. On retient les
propositions, là, qui nous intéressent le plus. De l'autre côté, il y a
plusieurs propositions qui montrent que les écarts sont très importants en terme de ressources et, à la faveur de la CSDM,
qui nous indiquent, quand on regarde les extrants, c'est-à-dire quand on
regarde les résultats, la réussite, qui nous
indiquent que ce n'est pas nécessaire nécessairement d'avoir ce même type
de déploiement pour arriver à des résultats qui sont valables.
Léger : M. le Président, bienvenue au ministre qui a eu besoin
d'un rapport pour se faire dire qu'il y a une clientèle plus lourde à
Montréal parce que plusieurs écoles accueillent des enfants en difficulté qui
viennent d'un peu partout aux alentours de
Montréal et de l'île de Montréal. Alors, il a eu besoin d'un rapport pour qu'il
voie ça. Mais, en même temps, le
ministre ne peut pas me dire : Il y a d'autres choses dans le rapport. La
moitié des recommandations, un peu plus, 22 millions sur 40, il y a
plus de la moitié des recommandations, c'est des coupures de postes, des
coupures d'aide aux enseignants dans les
écoles, d'aide à nos jeunes en difficulté, d'aide à nos personnes... enfants
handicapés, d'aide pour toutes sortes
de soutiens à nos enfants qui ont des situations particulières. C'est ça, le
rapport. Alors, le ministre, il peut bien
me dire qu'il peut regarder ailleurs, mais c'est ça que ça veut dire, le
rapport. Est-ce qu'il va couper ces mesures?
Le Président (M. Habel) : M. le
ministre.
Blais : Écoutez, là, les demandes qui sont faites à la CSDM, c'est
9 millions, là, d'ici 2016‑2017. C'est quoi? Mais ce n'est pas 1 % de son budget, qui est
un budget de 1 milliard de dollars. On n'en demande pas plus à la
CSDM, soit dit en passant, qu'on en demande
aux autres commissions scolaires. Et c'est drôle, les autres commissions
scolaires réussissent à le faire. Et je ne
comprends pas aujourd'hui pourquoi ma collègue s'époumone à prendre la défense
de la CSDM. Écoutez, là, la page 2,
hein : «...nous constatons que les porteurs des projets en cours de
réalisation ne s'attachent pas à des
projections concrètes de bénéfices attendus ni à des plans de projets
structurés, si bien que les retombées des pistes sont difficilement prévisibles. À cet égard, nous pouvons qualifier
l'approche de gestion de la commission scolaire de traditionnelle basée
sur l'expérience passée et peu appuyée par des outils de gestion lui permettant
de programmer les conséquences des actions ou des changements mis en place.
[...]ce qui explique l'imprévisibilité des résultats.»
Et on gère
1 milliard de dollars à la CSDM, quand même, hein? J'ai géré une faculté
qui avait 40 millions de dollars de budget annuel, on réussissait
quand même à gérer nos déficits, à avoir une prévisibilité sur deux ans. Donc,
je ne comprends pas pourquoi, en tout
respect, ma collègue s'époumone à défendre la CSDM aujourd'hui, alors qu'on a
un rapport indépendant — ce n'est pas mon rapport, c'est un rapport indépendant — qui montre bien le chemin à suivre
pour revenir à l'équilibre budgétaire dans les meilleurs délais.
Le Président (M. Habel) : Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Je ne m'époumone pas à défendre la commission scolaire de Montréal, je défends
les enfants en situation particulière, enfants en difficulté, l'aide aux
enseignants, les ressources demandées, puis il va les couper de 22 millions. Puis là on parle de la
commission scolaire de Montréal, mais, s'il veut, je vais lui parler d'autre
chose, je vais lui parler de Laval.
M. le Président, 16 millions... je vais vous déposer la lettre de la
commission scolaire de Laval qui parle de 16 millions. J'ai été ministre responsable de Laval, je suis très,
très consciente qu'il y a beaucoup d'efforts qui se font à la commission scolaire de Laval, dans les écoles de
Laval, particulièrement pour les enfants en situation difficile. Alors,
on vient de savoir que le 16 millions va être surtout dans les enfants en
difficulté.
Alors, M. le
Président, il peut bien me parler de Montréal. Ça fait que, là, il va me dire
que je m'époumone aussi pour Laval.
Je vais continuer, il y en a plein. J'en ai plein, j'ai plein de collègues qui
me donnent plein de démonstrations de différentes
commissions scolaires puis de services directs qui touchent aux enfants. On en
a plein en Montérégie, on en a plein... J'avais la députée de Duplessis
qui m'en a aussi fait la démonstration.
Alors, à
Laval... qu'est-ce que vous allez faire avec Laval? Ils vont couper
16 millions pour les enfants, dans son budget pour, déjà, la rentrée de 2015, particulièrement dans les enfants
en difficulté. Alors, c'est des compressions majeures.
Alors, je vais déposer la lettre, M. le
Président.
Le Président
(M. Habel) : Donc, vous
faites le dépôt de la lettre. Ça va être distribué à tous les
parlementaires. M. le ministre.
M. Blais : Oui. Alors, bon, je vois
que ma collègue a abandonné un petit peu la défense de la CSDM. Je comprends. La situation de Laval est assez
différente d'abord parce qu'on parle du budget à venir, hein, et ce budget
n'est pas connu par la commission scolaire de Laval, et, à la fois les montants
dont ils vont disposer, mais aussi les règles budgétaires dont la commission va
disposer qui pourraient, je dis «qui pourraient», qui sembleraient peut-être
être différentes comme règles budgétaires de ce qui a été fait pour l'année
dernière.
Ensuite, et
je le dis en tout respect, là, pour la commission scolaire de Laval, j'ai peu
d'expérience au ministère, mais j'ai compris une chose assez
simple : lorsqu'on nous interpelle sur les budgets, lorsque les entités
comme une commission scolaire nous
interpellent sur les budgets, il y a trois colonnes, hein? La première colonne
c'est celle de la période actuelle,
où on donne des chiffres importants, en général gonflés, calculés rapidement,
qui donnent l'impression, hein...
350 millions, je pense, qu'on a vus pour les commissions scolaires. Bon,
ils n'ont plus répété ce chiffre parce qu'on a dû les ramener quand même poliment à l'ordre... qu'il n'y avait aucune
coupure qui pouvait ressembler à 350 millions pour l'année en cours. On a vécu ça avec les
commissions scolaires. Laval a fait la même chose, a déduit du
350 millions sa part, 16 millions. Première colonne, on
informe le public, on alerte le public, on essaie de se positionner.
Deuxième colonne, et
c'est celle-là qui est la plus intéressante, c'est... Lorsque c'est possible,
et c'est arrivé dans le cas de Laval, on
nous demande une possibilité d'avoir un déficit. Cette possibilité-là, on
accepte de l'examiner. On accorde
parfois, sous certaines conditions, hein, et pour une période limitée dans le
temps, qu'une commission scolaire fasse un déficit. Ce qui est intéressant dans le
cas de Laval, c'est que les dernières années, lorsqu'il y a eu une
demande de déficit qui a été accordée, elle
a toujours fait mieux à la fin de l'année que ce qu'elle avait négocié avec le
gouvernement. C'est dire qu'on va partir de très loin, quand on parle de
16 millions, et, quand on va finir l'année... et on pourra s'en reparler
l'an prochain.
Le Président (M.
Habel) : Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Bien, la lettre que je viens de déposer, de la
commission scolaire de Laval... Je cite : «Toutefois, le
gouvernement a récemment annoncé des compressions budgétaires additionnelles de
200 millions dans le domaine de
l'éducation. Avec cette annonce, la commission scolaire de Laval estime qu'elle
sera contrainte de retrancher au moins 16 millions
dans son budget à la rentrée 2015. Devant cette réalité, il n'est plus possible
de préserver le modèle actuel, et nous sommes confrontés à identifier
des pistes qui affecteront inévitablement les services aux élèves.»
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre, pour 12 secondes.
M. Blais :
Alors, simplement de dire que la présidente de la commission scolaire de Laval
n'avait pas à sa disposition les règles
budgétaires qui lui permettaient de faire une affirmation comme celle-là, et
vous verrez, dans les prochains jours, semaines, qu'on est probablement
assez loin de ce type de coupure pour Laval.
Le Président (M. Habel) : Merci beaucoup, M. le ministre. Je suis prêt
maintenant à reconnaître quelqu'un de la banquette ministérielle, le
député de Papineau. C'est à vous pour un temps du gouvernement de
23 minutes.
M. Iracà :
De combien, M. le Président?
Le Président (M.
Habel) : De 23 minutes.
M. Iracà :
Merci. Alors, merci beaucoup, M. le Président. À mon tour de saluer mes
collègues de la
partie gouvernementale, et
de l'opposition officielle, et de la deuxième opposition, toute l'équipe
également qui accompagne le ministre,
une équipe exceptionnelle qui fait un travail acharné de tous les instants. Et
ça me fait encore plaisir d'être ici, aux crédits de l'Éducation, comme
l'année passée. Je salue également... je prends le temps de saluer les... à peu
près 1 200 employés qui
travaillent dans le domaine de l'éducation dans mon comté, Papineau, dans les
diverses écoles qui existent au niveau primaire, secondaire dans mon
comté, tant dans la Petite-Nation que dans le secteur Buckingham, Masson-Angers, Gatineau, secteur Templeton. Alors,
je les salue, ces employés, parce que
je les connais à peu près tous
pour les avoir côtoyés pendant plusieurs années. Je sais également qu'ils font
un excellent travail et qu'ils font une différence sur le terrain avec les
étudiants et qu'ils ont à coeur la réussite scolaire de leurs étudiants.
On a fait le choix,
puis je vais faire la mise en contexte et je vais parler des regroupements de commissions
scolaires, mais on a fait le choix, nous, au gouvernement, de ne pas
léguer, à nos enfants, une hypothèque. Alors, on a fait le choix d'agir
avec une rigueur budgétaire pour, justement, assurer la pérennité de nos
services, tant en santé, dans différents
services sociaux et aussi, également, un élément important, en éducation. On
veut s'assurer, là, qu'on lègue à nos enfants un régime budgétaire
équilibré, mais un régime avec des services sociaux adéquats, qui fonctionnent.
éducation, le ministre l'a mentionné en introduction, nous sommes, dans
le monde, classés, à chaque année, dans
les meilleurs au monde au niveau de l'éducation et de notre taux de diplomation, le
taux de performance en éducation. On est
toujours classés dans les meilleurs au monde. Alors, il faut quand même
se le rappeler, mais, pour qu'on demeure là, pour qu'on puisse y demeurer, il
faut s'assurer que la prochaine génération puisse avoir les moyens de
faire en sorte de se maintenir dans
ce peloton de tête là. Donc, ça passe nécessairement par une rigueur
budgétaire, et, comme je mentionnais hier,
ce n'est pas parce qu'on est dans les meilleurs qu'on ne doit plus se poser des
questions. Qu'est-ce qu'on peut faire au niveau des structures? Qu'est-ce qu'on peut faire améliorer ce qui est
en place? Je pense que, justement, c'est l'occasion de le faire en ce moment, pendant qu'on a un bon
succès au niveau éducation si on se compare avec les autres pays du
monde. C'est le temps de le faire, cet exercice-là, et c'est le temps de
regarder nos structures. Je pense que c'est le temps de regarder les structures
que l'on a, d'où le thème des regroupements de commissions scolaires que je
veux aborder.
veux faire un petit rappel aussi pour rectifier le contexte politique des
dernières années. Il faut quand même se rappeler que le précédent gouvernement a, pendant 18 mois, là, il faut
le faire, fait des coupes de 288 millions en 18 mois. On est loin de ces montants-là, là. Et on se
souviendra de la taxe déguisée des commissions scolaires, qui avait
haussé les taxes pour absorber les coupes
dans les écoles que le Parti québécois avait faites, 280 millions, là,
288 millions. Alors, et ça, ça
avait été fait sans égard aux personnes... La députée de Pointe-aux-Trembles
parlait des difficultés de certains élèves dans les écoles, qui avaient
besoin de services. Tu sais, il y a eu des coupes de 288 millions sans
égard à ces élèves-là, ces enfants-là qui avaient besoin de services à ce
moment-là.
Alors,
nous, on veut s'assurer de ne pas défendre la bureaucratie, de ne pas défendre
les structures, mais défendre, justement, l'élève dans la classe qui a
besoin de services, qui a besoin d'un éducateur spécialisé, qui a besoin d'un psychologue,
qui a besoin d'aller voir un orienteur, qui a besoin d'aller voir un
travailleur social parce qu'il vit des difficultés
dans sa vie, que ce soit de manière permanente ou temporaire, mais qui a besoin
d'un coup de pouce, d'un coup de main pour faire en sorte qu'il puisse
réussir son année scolaire. C'est là-dessus, nous, qu'on veut prioriser et non
sur les structures et la bureaucratie.
Ceci étant dit, j'ai été président de commission
scolaire pendant 10 ans. J'ai géré un budget d'à peu près 65 millions avec
mes collègues autour de la table. Quand je suis arrivé là, moi, je me souviens,
là, je ne me souviens pas
de l'année, mais je me souviens, quand je suis arrivé là, la commission
scolaire était déficitaire de 3 millions, 3 millions sur 62 millions à peu près, à ce moment-là,
et on a réussi, M. le Président, en à peu près une année, à résorber le
déficit, non seulement résorber le déficit
de 3 millions, mais de dégager un petit surplus. Comment? En restructurant
au niveau du transport scolaire. On a
restructuré le transport scolaire pour faire en sorte qu'il n'y ait pas d'autobus jaune vide qui se déplace d'un quartier à l'autre. On s'est assuré
que les autobus soient optimisés au niveau de la capacité de ces
autobus-là pour qu'ils embarquent le plus
d'élèves possible et on a sauvé beaucoup d'argent. On a restructuré au niveau
informatique également, au niveau du dédoublement de postes. Et il n'y a aucun
service aux élèves qui a été affecté.
On a réussi à
résorber un déficit de 3 millions et dégager un surplus par la suite, et,
pendant les 10 ans que j'ai été là, on
a déposé des budgets équilibrés. Alors, je sais de quoi je parle quand on dit...
Je pense qu'on est capables de faire des efforts dans les structures
actuelles que nous avons pour s'assurer que les services demeurent tout en
absorbant des coupes pour faire notre part pour agir avec rigueur budgétaire
pour s'assurer qu'on lègue à la prochaine génération un service de qualité et
qu'on s'assure de la pérennité des services.
Alors, le
réseau scolaire actuel est en place depuis 1988 parce qu'avant il faut se
souvenir qu'il y avait beaucoup, beaucoup
de commissions scolaires. Je pense, c'était 142, le nombre, mais sous toutes
réserves, je ne me souviens pas du chiffre
exact, et, après ça, ça avait diminué à 68 commissions scolaires... 64
commissions scolaires. Donc, depuis, le nombre de commissions scolaires
n'a pas changé, mais l'environnement a grandement évolué, notamment en ce qui
concerne l'évolution du nombre d'élèves dans chaque commission scolaire, en
hausse importante dans certaines régions et en diminution dans d'autres
régions.
Le nombre
d'élèves en formation générale des jeunes, en formation professionnelle et en
formation générale des adultes varie
grandement d'une commission scolaire à l'autre, passant de 749 à la commission
scolaire de la Moyenne-Côte-Nord à
97 429 à la commission scolaire de Montréal. Plus de la moitié des
commissions scolaires francophones, 33
sur 60, et anglophones, six sur neuf, essentiellement situées en région,
regroupent moins de 10 000 élèves en formation générale des jeunes, en formation générale des
adultes et en formation professionnelle. Les disparités entre les
commissions scolaires en termes d'effectifs
scolaires, de coûts par élève et notamment de variété des services offerts aux
élèves ont amené le gouvernement
actuel à annoncer, très tôt dans son mandat, son intention de revoir les
structures et les modes de gouvernance des commissions scolaires.
Je me souviens, moi, à l'automne dernier, à
l'occasion de quelques rencontres Table Québec-Commissions scolaires, avec Mme la présidente de la Fédération
des commissions scolaires, Josée Bouchard, que je connais très
bien, que je salue parce que je suis certain, M. le Président, qu'elle nous
écoute attentivement, à l'heure actuelle; avec sa directrice générale, Pâquerette Gagnon que je salue également;
également le vice-président, M. Richard Flibotte que je salue, des gens de coeur... J'étais là, moi, quand
Josée a gagné son élection à la présidence de la Fédération des
commissions scolaires, où elle avait succédé
à André Caron qui avait été là pendant 10 ans. Donc, je les salue. C'est
des moments que j'ai vécus avec eux, des beaux moments, et c'est des
gens quand même qui sont dévoués.
Et, malgré les divergences d'opinions lors des
rencontres Table Québec-Commissions scolaires, parce qu'on s'entendait sur beaucoup de choses, mais il y a
des choses où qu'on s'entendait moins, puis c'est normal... Je les salue
parce qu'ils ont toujours été au
rendez-vous. Ils ont toujours été au rendez-vous. Et aussi il y avait les
représentants des commissions
scolaires anglophones qui étaient là — mon collègue David pourrait vous en parler
plus longuement tout à l'heure — mais eux également, les représentants des
commissions scolaires anglophones, ont toujours été au rendez-vous, ont
toujours été là lors de ces rencontres.
Et, lors de
ces rencontres à l'automne dernier, il a été déposé des scénarios pour des
regroupements de commissions scolaires
et pour analyse. Alors, la fédération
des commissions scolaires francophones, anglophones sont reparties
avec les différents scénarios proposés pour
faire état de ça aux commissions
scolaires qu'ils représentaient, et
chaque commission scolaire est revenue par voie de résolution avec... disant
souvent ceci, disant : Nous, on aimerait mieux le statu quo. Alors,
évidemment, une bonne majorité des commissions
scolaires disent : On aimerait
mieux le statu quo, que ça ne bouge pas, qu'on demeure comme ça. Mais,
advenant le cas que ce n'est pas ça, dans la résolution... la majorité des
résolutions disaient : Bien, voici,
vous avez proposé, je ne sais pas, moi, dans une région, une commission scolaire; nous, on aimerait mieux en avoir deux, alors qu'initialement
c'était quatre.
Alors, toutes les commissions scolaires sont
revenues avec des résolutions suite à la proposition initiale qui avait été faite par le ministre précédent en
disant leurs préférences. Mais évidemment, ce qui se dégage, ce qui s'est
dégagé de ça, c'est qu'il y avait quand même
beaucoup d'ouverture pour des regroupements, pour des fusions, pour
travailler ensemble. Et je me souviens, moi,
juste avant de partir, quand j'étais président, on parlait déjà, à mots
couverts, là, mais de fusion de
services entre les commissions scolaires, que ce soit en transport, en
informatique, au service de la paie, aux ressources humaines. Ça se parlait déjà, mais évidemment, l'être humain
étant ce qu'il est, les gens veulent souvent garder ce qu'ils ont et les gens peuvent être
réfractaires aux changements. Donc, c'est normal, ça fait
partie de la vie.
Donc, il faut, je pense, à la lumière
du premier jet qui a été envoyé, être ouvert au changement, et je pense qu'à la
réception des résolutions je pense
qu'on s'est aperçus qu'il y avait quand même des commissions scolaires, et des
gens, et des personnes qui travaillent en éducation, en lien avec les
structures, qui étaient très ouverts, très ouverts au changement pour faire en
sorte qu'on simplifie la bureaucratie, qu'on simplifie la structure.
Donc, ma
première question, parce que je vais avoir une sous-question pour le ministre
en lien avec les regroupements de
commissions scolaires, les structures, la bureaucratie. Je sais que le ministre
a accordé une entrevue, qu'il a
donnée récemment. Je pense que ça a permis de confirmer, à mon avis, que le
chemin choisi était celui du regroupement des commissions scolaires. Alors, dans un premier temps, j'aimerais
revenir un peu en arrière dans ce débat afin que le ministre nous expose les raisons qui justifient
les interventions projetées sur des structures des commissions
scolaires.
Président (M. Habel) : M. le ministre.
M. Blais :
Merci beaucoup, merci à mon collègue, merci, M. le Président. Écoutez, les
interventions sur les structures en général,
ce n'est pas a priori pour marquer la réussite scolaire. Les études les plus
sérieuses sur la réussite scolaire
disent encore aujourd'hui que la réussite, elle dépend avant tout d'un
enseignant et d'une stratégie pédagogique, là. Mais surtout c'est important parce qu'on y met beaucoup de ressources,
on y met beaucoup d'énergie et de temps, et, si on peut les rendre plus
efficientes, bien, c'est autant de gains, hein, pour la mission première de
l'éducation. Donc, on a quatre fronts devant
nous, hein, auxquels nous avons décidé de nous attaquer. Vous les avez
mentionnés, donc il y a la question des taxes scolaires, de la fusion
des commissions scolaires, de la gouvernance et des élections.
vais commencer peut-être par les taxes scolaires. Les taxes scolaires, bon,
c'est une taxe foncière dont l'origine remonte
au XIXe siècle, donc cette taxe-là, elle est antérieure à l'impôt sur le
revenu, 1917 pour l'impôt sur le revenu, là, au fédéral. Donc, je pense, pour les taxes scolaires, 1846 ou 1854, quelque
chose du genre, on pourrait me le dire peut-être derrière. Et ce régime-là a beaucoup évolué pour tenir compte, bien sûr,
de l'évolution, hein, de, disons, de l'hétérogénéité qu'il y a au niveau foncier, hein? Mettons-nous en
tête ce qu'était le XIXe siècle,
etc., il y avait probablement une certaine homogénéité, une certaine continuité dans la valeur foncière. Aujourd'hui, les choses évoluent très rapidement.
Donc, c'est un outil fiscal qui est
difficile à manipuler — vous l'avez déjà manipulé, hein, mon collègue, en tout cas, dans
votre vie antérieure — pour
assurer l'équité et pour assurer la prévisibilité.
Lors
du dernier budget, mon gouvernement a annoncé son intention de réviser la taxe
scolaire. À vrai dire, la taxe scolaire,
elle est en partie, disons, en
partie seulement, contrôlée par le gouvernement
du Québec. C'est le cas depuis
de très nombreuses années, mais l'enjeu maintenant, c'est d'assurer qu'il
puisse y avoir une certaine équité et avoir aussi une certaine prévisibilité dans ses augmentations. Ce n'est pas
facile. Ceux qui se sont penchés sur la question, surtout sur l'enjeu de l'équité, hein, vont vous dire que
c'est assez difficile comme outil, là, à manipuler, comme outil fiscal, du
moins la conception de l'équité qu'on se fait, là, au XXIe siècle. Et ça, il y
a un engagement de notre part.
la question maintenant des élections scolaires, écoutez, il y a beaucoup de
débats au Québec sur cet enjeu depuis plusieurs années. Mon gouvernement
a toujours appuyé les commissions scolaires, continue d'appuyer le rôle, hein,
d'une entité intermédiaire. Appelons ça encore commissions scolaires ou un
autre nom si vous préférez. Mais on sait qu'il
y avait un enjeu plus difficile avec les élections scolaires. Mon prédécesseur
s'était levé ici, en Chambre, en disant, bon, en s'adressant à la population et en lui disant : Écoutez, il
y a un test. Je vous demande ce que vous en pensez, et allez voter, donc vous signifierez votre intérêt pour cette modalité-là. Parce qu'encore une fois, quand on regarde ce
que la population veut, elle veut une représentation, elle veut être
présente sur les commissions
scolaires, mais elle ne croit plus aux modalités actuelles de la
représentation. C'est comme ça qu'il faut le dire, je crois.
Donc, mon
prédécesseur, quelques jours avant de quitter ses fonctions, bien, il avait
annoncé qu'il ne croyait plus au mode
électif. J'ai réitéré, là, il y a quelques semaines que je n'y croyais plus non
plus. Vous comprenez qu'il peut y
avoir certaines réticences, notamment par rapport à ceux qui ont connu, qui ont
exercé puis qui sont élus aujourd'hui, mais je pense vraiment qu'il faut
passer à autre chose, et les options sont nombreuses. Une fois qu'on a décidé
que ce modèle-là de désignation n'est plus
le modèle auquel on souscrit, on peut se tourner vers d'autres modèles de
désignation qui nous permettent, là,
d'assurer la présence d'une communauté, là, sur les instances de gouvernance du
milieu scolaire. Donc, moi, je ne suis pas très inquiet sur notre
capacité à trouver des modèles. Je pense qu'au contraire on va avoir plusieurs propositions
dans les prochaines semaines, prochains mois.
Il y a
un enjeu particulier, vous le savez, avec la communauté anglophone. La
communauté anglophone a des droits, ça lui est reconnu notamment par l'article
23 de la charte canadienne. J'ai la responsabilité, comme ministre de l'Éducation, de protéger les droits de la communauté anglophone et de trouver un
arrangement, là, qui va lui permettre de faire en sorte qu'elle ait encore... demain comme hier, qu'elle ait
encore le contrôle, comme lui accorde la charte des droits, le contrôle sur ses institutions. Donc, je ne suis
pas vraiment inquiet qu'on va aussi trouver une formule avec
la communauté anglophone pour faire en sorte qu'elle soit rassurée à ce
niveau-là.
Donc, troisième
enjeu, les fusions des commissions scolaires. Alors, ça, c'est un sujet assez intéressant
et pour lequel il peut y avoir beaucoup
de passion et... parce que, bien
sûr, la difficulté
au Québec, c'est surtout pour les petites commissions scolaires. À vrai dire, quand on examine de près, on se
rend compte qu'il y a certaines petites commissions scolaires qui réussissent à tirer leur
épingle du jeu en termes d'efficience, c'est-à-dire à offrir des services aux
élèves à un coût qui est comparable à des
plus grosses. Mais c'est plutôt l'exception que la règle. En général, les plus
petites ont de la difficulté, et le
regroupement peut être une bonne solution ou encore, vous l'avez évoqué, là, le
partage, la collaboration au niveau du partage de responsabilités.
La question qui est
intéressante, parfois qui est plus difficile à aborder, c'est la question de l'identité,
hein, c'est-à-dire les citoyens sont portés à s'identifier à une commission
scolaire, et il peut y avoir de la résistance au changement. On l'a connu par le passé, on l'a connu encore récemment
dans les débats sur les fusions, mais ce qui est intéressant à remarquer, et le Québec est un beau laboratoire pour ça, c'est que vous avez, sur
le territoire québécois,
des commissions scolaires très grandes, une grande étendue, je pense à
certaines commissions scolaires anglophones, dont
la performance, en termes de réussite scolaire, est exceptionnelle. Alors, on
voit bien que même la question de la taille,
de l'étendue sur un territoire, ne fait pas loi nécessairement, on a des
exemples ici même — il
ne faut pas regarder dans d'autres provinces — de
réussite.
Donc, c'est la raison
pour laquelle on veut aller vers des fusions. Je pense qu'on a des très bonnes
raisons de montrer que certaines commissions scolaires, en
tout cas, quand elles sont fusionnées — on
l'a fait par le passé — ont
réussi à livrer, hein, un meilleur coût des
services, et, surtout, il faut le faire pour les élèves, s'assurer que les
services se rendent un peu partout, là, sur le territoire et au meilleur
coût.
Le dernier élément, je vais terminer là-dessus,
M. le Président, c'est l'enjeu de la gouvernance. Alors, quel
est le type de gouvernance qui nous convient aujourd'hui, au XXIe siècle, compte
tenu à la fois du rôle du ministère de l'Éducation, du rôle des commissions
scolaires, hein, et de l'école? Et, quand j'entends mes collègues en Chambre,
j'entends presque toujours la préoccupation de faire en sorte que les écoles
aient le plus de moyens à leur disposition pour
prendre des décisions qui conviennent à leur environnement, qui conviennent
à leur culture. Donc, on parle de plus en plus de décentralisation.
Alors, on va examiner ça aussi dans les prochains mois.
Loi sur l'instruction publique n'est pas une loi centralisatrice, soit dit en passant. Quand on regarde la loi, on la lit attentivement, on se rend compte que les outils de la
décentralisation sont déjà dans la loi, il s'agit de savoir si on
peut, mais aussi si on veut les appliquer,
qu'est-ce qu'on est prêt à décentraliser, pour lequel il y aurait
un gain, et qu'est-ce qui mérite d'être partagé par une entité, là, qui
est un peu plus, disons, supérieure, que ça puisse être une commission scolaire
ou même le ministère. C'est le genre de question qu'on se pose en ce moment par
rapport à l'avenir de la gouvernance des commissions scolaires.
Le Président (M. Habel) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Alors, je suis prêt à reconnaître le porte-parole de la deuxième opposition, le député de Chambly,
pour un bloc de 21 minutes.
Le Président (M. Habel) :
21 minutes.
M. Roberge :
Merci. Merci, M. le Président. Alors, il y a évidemment les acteurs classiques
de l'éducation qui sont impliqués au premier
chef dans l'éducation de nos jeunes, donc les écoles, les directions
d'école, les commissions scolaires. Il y a aussi des partenaires, des organismes qui
prennent des initiatives extrêmement intéressantes, et j'ai le goût de vous entretenir ce matin de la Fondation
Lucie-et-André-Chagnon, qu'on appelle tout
simplement souvent la
fondation Chagnon, impliquée depuis longtemps au Québec. Elle contribue à la mobilisation
d'un grand nombre d'acteurs de la société civile, donc des organismes, des institutions,
des intervenants, pour renforcer la capacité d'agir sur beaucoup d'objectifs qu'ils se sont fixés dans des sphères
déterminantes de la réussite scolaire. Depuis 2007, il y a
des partenariats à long terme et à différentes longueurs selon les différents
organismes, parce que la fondation Chagnon parraine plusieurs organismes.
On pourrait nommer celui... réussir, pour la persévérance scolaire, Québec en
forme, un qui me tient particulièrement à coeur, c'est Avenir d'enfants, qui fait objet
d'une entente depuis 2009, une entente sur 10 ans — donc, je
parlais de partenariat à long
terme — où le gouvernement s'était engagé à mettre 15 millions par année, la fondation, elle, met 25 millions par année.
Donc, c'est 40 millions par année qui sont ajoutés... enfin, qui sont
dédiés à cette société Avenir d'enfants, qui
a fait l'objet d'une révision dernièrement. Les parlementaires ont dit que
c'était très bien, il y a
peut-être des lacunes, comme dans tout organisme, là, pour améliorer... que ce
soit plus effectif, peut-être, mais il
y a quand même une satisfaction générale.
veux questionner plus précisément par
rapport à un autre organisme,
l'organisme qui s'appelle Réunir Réussir, comme on dit des fois, R² ou R au carré, là, pour les deux R, Réunir
Réussir, qui, elle, fait la valorisation de l'éducation, qui aide et encourage l'encadrement
parental, donc on n'est pas dans la petite enfance, dans le 0-5 ans, comme
Avenir d'enfants, qui est plus dans la
réussite scolaire, la persévérance scolaire, qui fait du développement de plusieurs
ressources, des acteurs qui agissent directement sur la persévérance scolaire dans les communautés. Donc, la fondation
Réunir Réussir, qui est extrêmement importante, qui est dans plusieurs communautés.
Et j'aimerais savoir où en est l'entente de partenariat entre le gouvernement
et la fondation Réunir Réussir.
Blais : Si je ne me trompe
pas, là, il y a des ententes qui vont se terminer bientôt. Donc, dans le cas de
R 2 , hein, je pense que c'est réussir réunir, c'est le 30 septembre
2015; il y en a une autre, QEF, c'est le 31 mars 2017; et, dans la
dernière, c'est le 30 septembre 2019. Le AE, c'est...
Une voix :
Avenir d'enfants.
Blais : Avenir d'enfants, d'accord.
C'est le 30 septembre 2019. Donc, il y a un certain nombre, hein, il y a
des fins des ententes qui sont annoncées. En ce moment, il y a des discussions
pour renouveler ces ententes-là. Il y a un intérêt,
il y a des visions qui ne sont pas nécessairement communes, hein, tout à fait normal, dans la
discussion pour une entente. Donc, il y a des choses qui ont assez bien
fonctionné dans ces ententes, donc on est assez contents, mais on veut prendre le temps, avant de négocier une
nouvelle entente, pour bien, bien connaître exactement quelles sont les
attentes, parce que la fondation Chagnon, vous le savez, a quand même des
attentes assez importantes, nous devenons des partenaires,
hein, nous ne décidons pas, là, de manière unilatérale. Il y a une discussion
bilatérale, parfois, qui implique aussi d'autres ministères, et c'est
dans ce contexte-là, là, qu'on envisage de débuter, là, des négociations pour
l'entente qui se termine.
Mais ce n'est pas
impossible aussi que la fondation Chagnon se repositionne, hein? Je pense
que...
Blais : Donc, ce n'est pas du
tout impossible qu'elle se repositionne. On me dit, bon, pour le moment, en
ce moment, là, la fondation ne prévoit pas le renouvellement de ces ententes.
Ça pourrait venir un peu plus tard, lors de discussions, mais je pense que la
fondation veut se repositionner par rapport à ses priorités.
Président (M. Habel) : M. le député de Chambly.
M. Roberge :
Écoutez, c'est extrêmement, extrêmement inquiétant, parce qu'on avait quelque
chose qui fonctionnait très bien, la fondation Réunir Réussir, donc R 2 ,
active, on parle de 50 millions de dollars par année. 50 millions de dollars par année, c'est
énorme, et... Donc, 25 millions du gouvernement, mais 25 millions aussi
qui ne viennent pas, là, des taxes et
des impôts, qui viennent d'une fondation privée, et là vous me dites qu'il est
possible, même probable, que la
jeunesse et que les jeunes soient privés de ce 50 millions là. Donc, le
gouvernement se prive de 25 millions qui
viennent d'une fondation privée, et le gouvernement, donc, n'investira pas ce
25 millions là. J'aimerais savoir qu'est-ce qui accroche. Est-ce
que c'est le gouvernement qui refuse d'allonger les 25 millions par année?
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
Blais : Oui, peut-être... Donc, les 25 millions dont il est
question ne sont pas enlevés aux enfants. Ce 25 millions là, bien
sûr, il appartient à la fondation, puis la fondation a décidé de ses priorités,
ce n'est pas au gouvernement de décider des
priorités de la fondation. Ces 25 millions sont peut-être disponibles pour les
enfants ou d'autres missions. En ce moment,
c'est la fondation qui nous l'a dit, hein, c'est ce qu'on m'explique, qu'elle
pensait réviser ses priorités. Donc, elle n'a pas annoncé qu'elle
voulait renouveler les ententes à long terme, mais cependant on discute avec la
fondation Chagnon pour voir à la... pour s'assurer que la fin des ententes,
hein, qu'elles ont... qu'on poursuive nos activités jusqu'à la fin des
ententes. Donc, on est entre deux périodes. Il faut reconnaître le droit à la
fondation Chagnon de choisir ses priorités.
Le Président (M.
Habel) : M. le député de Chambly.
Roberge : Je ne questionne absolument pas, absolument pas l'autonomie
de la fondation Chagnon à diriger ses choses,
là. Je ne suis pas là, là. J'ai posé la question, je vais la reposer :
Est-ce que le gouvernement, le gouvernement, lui, s'engage à mettre ce
25 millions dans la réussite scolaire? Advenant le cas où le gouvernement
échoue à s'entendre avec la fondation Chagnon,
bien, ça serait-u drôle, il économiserait tout à coup 25 millions, parce
qu'en ce moment, là, la fondation Chagnon met 25 millions, le
gouvernement, là, en met 25 millions. Ce que je comprends, c'est que cette
entente est en péril. Si la fondation
Chagnon investit son 25 millions autrement, écoutez, ça serait dommage si
ça ne va pas en réussite scolaire. Mais moi, je questionne le
gouvernement. Ce 25 millions-là, sera-t-il au rendez-vous pour les jeunes
de toute façon?
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
Blais : Merci, merci pour la question. Donc, la fondation Chagnon...
Donc, d'abord, on va terminer les ententes. Les ententes actuelles sont
maintenues. La question qui nous intéresse, je pense, moi et mon collègue,
c'est : Est-ce qu'il y aura des
nouvelles ententes? Ce qu'on m'a dit, c'est que la fondation Chagnon veut
demeurer sur le terrain de la réussite scolaire, c'est ce qui
l'intéresse, ça serait encore sa priorité. Il semble que la formule est
peut-être changée. Vous savez comme moi que,
disons, les champs d'application de la réussite scolaire sont assez nombreux.
Alors, on verra, là, quelle est la
vision de la fondation Chagnon et si, bien sûr, nous la partageons, hein, parce
qu'il faut bien... hein, c'est une entente bilatérale. Et, si nous la
partageons, les chances sont assez bonnes, me dit-on, là, qu'on puisse
continuer dans le domaine de la réussite scolaire.
Le Président (M.
Habel) : M. le député de Chambly.
Roberge : Je sais que les autres ententes sont en cours, on ne les
questionne même pas. Mais, pour réussir réunir, R 2 , si l'entente n'est pas reconduite avec la
fondation Chagnon, le gouvernement s'engage-t-il d'une autre façon
d'investir ce 25 millions dans des mesures liées à la réussite scolaire?
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
M. Blais :
Votre question, c'est... Finalement, la formulation, c'est : Est-ce que
vous allez ajouter 25 millions supplémentaires à votre budget pour combler
le déficit, hein, le manque à gagner du départ de la fondation Chagnon pour
qu'on continue le même niveau d'activité? Alors, aujourd'hui, je ne suis pas en
mesure de vous répondre à cette question-là.
On n'est pas du tout en mesure. Notre priorité, là, c'est de maintenir une
relation avec la fondation Chagnon, qui
nous permette éventuellement d'avoir une autre entente, donc d'avoir encore ces
25 millions. Mais, encore une fois, le gouvernement du Québec est intéressé, je pense, comme mon collègue, à
avoir des partenaires. Mais cette entente-là, elle doit être bilatérale,
et on doit y voir nos intérêts, et on doit avoir la même lecture de nos
objectifs.
Alors, il est trop
tôt, pour le moment, pour dire que cet argent-là va disparaître. Ce que je
comprends, c'est qu'il y a un intérêt pour la fondation Chagnon de continuer.
Si jamais il y a une rencontre sur des objectifs, hein, si jamais il y a une rencontre sur un programme qui
pourrait, hein, nous convenir et dont on pourrait faire la preuve que c'est un R 2 , disons, amélioré,
c'est ça, l'enjeu, alors, à mon avis, les chances sont bonnes qu'on puisse
poursuivre.
Pour le moment, cet
argent n'est pas disparu, ne s'est pas évanoui. On a la même sensibilité, je
pense, de part et d'autre, de faire en sorte
que ça puisse se continuer, mais pas, bien sûr, à n'importe quelles conditions.
Je pense que c'est la même chose du côté de notre partenaire.
Le Président (M.
Habel) : M. le député de Chambly.
M. Roberge : Donc, advenant le cas
où, sur la validité du programme et l'objectif final, il y avait une entente entre la fondation Chagnon et le gouvernement, le 25 millions
du gouvernement est-il budgété et disponible pour être au rendez-vous au 30 septembre? Parce qu'évidemment
que, si l'argent n'est pas là, il n'y aura pas d'entente. On sait que la
fondation Chagnon a l'argent. Le gouvernement, dans ses mesures de coupures,
a-t-il prévu cet argent-là de manière à ce que l'entente soit renouvelée?
Le Président (M. Habel) : M. le
ministre.
M. Blais : Les appariements, là, de
l'entente avec la fondation Chagnon, ces appariements-là viennent du Secrétariat à la jeunesse, hein, ne viennent pas
directement du ministère de l'Éducation. Donc, c'est des ententes, là,
qui sont un peu au-dessus de nous.
Cependant, bien, vous le savez, les sommes que le ministère de l'Éducation
investit dans la réussite scolaire
sont assez importantes. Il y a une
partie des enjeux que vous soulignez, là,
qui appartiennent au Secrétariat à la
jeunesse. Mais, bien sûr, on va participer aux discussions, parce qu'il faut
commencer par définir si, comme gouvernement, donc pas uniquement le
ministère de l'Éducation, mais, comme gouvernement, on veut poursuivre ce type
d'entente là, si on trouve que c'est gagnant-gagnant.
Le Président (M. Habel) : M. le
député de Chambly.
M. Roberge : Merci. Écoutez, on ne
peut pas être plus dans le flou. La seule chose qu'on sait, c'est qu'on ne le sait pas, c'est que, le 30 septembre, l'entente
finit. Sera-t-elle renouvelée? On ne le sait pas. Les programmes
seront-ils là? On ne le sait pas. Les
enfants qui comptent sur ce programme auront-ils
l'aide? On ne le sait pas. Les intervenants pourront-ils agir? On ne le sait pas. Le gouvernement a-t-il le 25 millions? On nous dit que c'est au-dessus de nous. Mais je questionne le gouvernement,
il me dit que c'est au-dessus de nous. Bon. Alors, avançons. Avançons. C'est
comme... il y a déjà un politicien qui a
déjà dit : Nous sommes au bord du gouffre. Suivez-moi, nous ferons un pas
en avant. J'ai l'impression que je viens d'entendre cette maxime répétée
à nouveau.
Les enfants en difficulté d'apprentissage, parce
qu'il y a plein de façons de les aider et d'en parler, de ces enfants
vulnérables. Parmi les enfants qu'on dit EHDAA, donc élèves handicapés ou en
difficulté d'adaptation et d'apprentissage,
la sous-catégorie qui augmente le plus proportionnellement, ce sont les enfants
ayant un trouble du spectre de
l'autisme, qu'on dit ayant un fameux TSA. En cinq ans, le nombre d'élèves ayant
cette caractéristique a doublé, une augmentation de 100 %, ce qui
est énorme.
Or, les services pour venir en aide à ces
enfants-là n'ont pas doublé. Donc, forcément, c'est plus difficile en 2015 qu'en 2010, si on a un diagnostic, d'avoir
des services, et même avoir un diagnostic prend souvent plus d'un an.
Donc, c'est clair, on ne les diagnostique pas assez vite, et, une fois
diagnostiqués, c'est comme si on mettait une étiquette puis, après ça, on les
mettait sur une liste d'attente. On dirait un rapport comme on en a vu ces
dernières années.
Alors,
qu'est-ce que le gouvernement va faire pour améliorer la rapidité à laquelle
les enfants peuvent avoir un diagnostic?
Et je demande particulièrement si c'est... Les parents s'inquiètent à savoir
est-ce que leur enfant a un trouble du spectre de l'autisme.
Le Président (M. Habel) : M. le
ministre.
M. Blais :
Oui, merci. Donc, l'enveloppe, là, pour cette clientèle-là, soit un enfant
handicapé, déficit d'attention, au Québec,
est de 2,8 milliards de dollars sur une enveloppe, pour le primaire et le
secondaire, de 11 milliards de dollars. Donc, c'est énorme, hein? Moi, ma première réaction, quand je suis
arrivé au ministère, c'est que j'avais l'impression que c'était
difficile d'expliquer, puis mon collègue l'a dit, cette clientèle-là a doublé
pour différentes raisons, notamment parce que les mécanismes d'évaluation sont
beaucoup plus importants qu'ils l'étaient par le passé.
Alors, pour
comprendre exactement comment ça fonctionne aujourd'hui, les commissions
scolaires reçoivent un finalement
additionnel pour cette clientèle, et c'est les commissions scolaires
elles-mêmes qui décident du déploiement des ressources pour s'assurer que, bon, ce déploiement-là ressemble le plus
possible aux besoins. Donc, on n'intervient pas commission scolaire par
commission scolaire pour dire : Bien, vous, pour ces enfants-là, voilà la
ressource que vous allez mettre en place,
pour tel autre enfant, voici une autre ressource, etc. Les commissions
scolaires sont en mesure de faire ces choix.
préoccupation, et c'est une... disons, c'est une préoccupation d'un ministre
qui arrive et qui prend contact avec les
dossiers, c'est de voir l'importance de l'augmentation de cette enveloppe,
l'importance de l'augmentation du nombre de cas diagnostiqués. Et une de mes inquiétudes, c'est : Est-ce qu'on
priorise, en ce moment, au Québec, les bonnes clientèles? Parce que, si
on démultiplie les cas répertoriés — je pense que c'est vraiment
ça qui arrive en ce moment — une
de mes inquiétudes, c'est : Est-ce qu'on assure que les cas, disons, les
plus lourds, les plus importants ont les ressources à leur disposition
tellement la pression sur le système a augmenté ces dernières années? Donc,
j'ai demandé, là, aux fonctionnaires de regarder ces aspects-là.
L'enveloppe
est très importante, elle est en poussée croissante. On doit contrôler, bien sûr,
nos coûts. Les jeunes dans ces
situations-là, les élèves, sont de plus en plus nombreux. La question, c'est de
savoir : Est-ce qu'on priorise bien, hein, au niveau de
l'intervention?
Le Président (M. Habel) : Merci beaucoup. Pour un temps restant de trois
minutes, M. le député de Chambly.
M. Roberge :
Très brièvement, sur le diagnostic, est-ce que le ministre croit qu'il y a en
ce moment un surdiagnostic des enfants ayant un TSA?
Blais : Bien, c'est un
jugement clinique que je ne peux pas faire. Je ne suis pas en mesure de faire
un jugement clinique. Ce qui est
certain, c'est qu'on diagnostique aujourd'hui des enfants qui n'étaient visiblement pas
diagnostiqués quand j'étais à l'école primaire et secondaire puis qui
souffraient probablement — je
me rappelle de certains de mes compagnons,
de mes compagnes — de
troubles de déficit d'attention ou de léger autisme. Je me rappelle de quelques
personnes. Aujourd'hui, on a une capacité
de diagnostic qui est beaucoup plus importante. Ça, je le reconnais. Est-ce qu'il faut parler de surdiagnostic? Je ne porterai pas un jugement clinique là-dessus.
Mais, clairement, il y a eu une poussée très importante de cette enveloppe et du nombre
d'enfants diagnostiqués, et la question, c'est de savoir : Est-ce qu'on peut continuer à ce rythme-là?
Est-ce que ce rythme-là est soutenable? Et, s'il n'est pas soutenable, est-ce
qu'on devrait voir à mieux prioriser nos actions?
M. Roberge :
Oui, clairement, et ce n'est pas quelque chose qui est payant. J'ai lu, des
fois, dans les médias, où on questionnait
le diagnostic des commissions
scolaires en disant : Bien,
s'ils sont plus financés pour tel type d'élève, peut-être que les commissions scolaires sont intéressées à surdiagnostiquer. Pour moi,
quand on va sur cette piste-là, là, on
fait erreur. Diagnostiquer coûte cher, puis, après ça, il y a
une obligation de services pour ces enfants-là. Ça fait
que, pour moi, c'est quelque chose qui est à écarter, ce n'est certainement pas une façon de se financer ou ce n'est certainement
pas de la malveillance des commissions scolaires que de donner un diagnostic à un enfant. Le
problème, c'est qu'ensuite les commissions scolaires n'ont pas les
moyens d'aider les enfants et les professeurs qui, voyant leur clientèle
changer, voyant les enfants identifiés, sont dans une obligation de les aider.
Et donc le problème ensuite, c'est qu'il y a peut-être... C'est
sûr qu'il n'y a pas un surdiagnostic, mais c'est encore plus sûr qu'il n'y a pas un suraccompagnement, il
y a un sous-accompagnement de ces enfants-là qui ont besoin d'aide.
D'ailleurs,
le Protecteur du citoyen s'est penché sur cette question
il n'y a pas très longtemps — ah!
j'ai du temps, je me demandais, le
président me faisait signe — et il s'est questionné sur les enfants ayant
un TSA ou d'autres handicaps, et il y
a des recommandations extrêmement importantes du Protecteur du citoyen qui...
Une des recommandations, je vais vous la lire, afin de viser une plus
grande équité : «...définir une date de référence standard — donc
la date d'entrée dans le réseau — pour [positionner les enfants sur une] liste
d'attente — ce qui
est un bon parcours de services.» Parce que, c'est bien facile, une fois qu'on s'inscrit pour un diagnostic ou un
service d'aide, mais, des fois, ça peut être au CLSC, ça peut être à
l'hôpital, ça peut être à l'école, et on peut être sur deux, trois listes
d'attente et attendre et attendre encore.
Donc, est-ce que, de
manière globale, comme ça, je vais y revenir plus tard, mais est-ce que le
ministre a pris connaissance du rapport du Protecteur du citoyen et a
l'intention d'y donner suite?
Le Président (M. Habel) : Merci, M. le député de Chambly. Écoutez, M. le
ministre, vous pouvez y répondre sur le temps du gouvernement ou vous
pouvez y revenir par la suite.
M. Blais :
On va revenir là-dessus.
Le Président (M. Habel) : Parfait, merci. Donc, je vais céder la parole
maintenant au député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : Merci, M. le Président. M. le ministre, chers collègues du
côté ministériel, collègues de l'opposition,
de la deuxième opposition, les membres du cabinet, mes estimés anciens collègues
du ministère, que j'ai le plaisir de côtoyer depuis longtemps, mes
salutations.
J'aimerais, M. le
Président, réaborder la question des élections scolaires, en constatant que le
ministre en a parlé déjà, mais il me semble
qu'on parle d'un enjeu qui fait couler beaucoup d'encre, et avec raison. C'est
un enjeu très important, et on veut
s'assurer que nos réflexions sont rigoureuses. Je me permets de dire que ce
débat a été déclenché, des fois, par la formation de deuxième opposition
de façon un petit peu trop facile. Mais là on a un enjeu devant nous, et le
ministre s'est prononcé, on a des pistes à suivre.
Juste un petit
rappel. Quand on parle des dernières élections qui ont eu... le
2 novembre 2014, le taux de participation pour l'ensemble du Québec a
atteint un niveau historique et malheureux de quelque 5,54 %. C'était de l'ordre
de 4,87 % pour ce qui a trait aux 60 commissions scolaires francophones du
Québec; un taux beaucoup plus intéressant, mais quand même inquiétant, de
16,88 % pour les neuf commissions scolaires anglophones.
Pour
avoir coordonné, dans ma vie professionnelle antécédente, deux campagnes
électorales scolaires pour les neuf commissions scolaires anglophones à
travers le Québec, je sais que l'exercice n'est pas facile, de faire connaître les candidats et candidates, d'inciter un intérêt
médiatique, de se procurer les budgets nécessaires. Par contre, le taux
de participation, ce novembre passé, en parle longuement. De toute évidence, il
y a un problème.
Par contre, de ma
compréhension, et j'inviterai tantôt le ministre à le préciser, il ne remet pas
en question le palier de gouvernement qui s'appelle actuellement commission
scolaire. C'est un palier qui lie l'école publique à sa communauté, un palier qui est perçu par les Québécois d'expression
anglaise, comme les Québécois de la communauté majoritaire, j'oserais dire, comme une pierre angulaire de l'avenir même
de cette communauté dans le cas de la communauté d'expression anglaise
surtout.
Ça, je peux vous
affirmer sans équivoque, pour avoir été le directeur général pour 10 ans de
l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec, quand on parle
de ce palier, on parle d'un lien essentiel avec la communauté, avec les écoles. Dans le cas de ces
neuf commissions scolaires anglophones, elles ont et elles continuent de
toujours privilégier l'innovation et la
flexibilité. Ça s'impose quand on parle des écoles très écartées, des
populations d'une faible densité.
L'innovation est de mise chaque matin, et, de ce qui se passe au sein de la
commission scolaire, ça descend à l'école pour équiper et outiller les
enseignants, enseignantes pour faire leur travail essentiel en ce qui a trait à
la réussite scolaire.
Souvent, les
programmes d'une excellence hors pair sont développés, élaborés par le réseau
des conseillers pédagogiques et en
orientation, ce qui fait en sorte que parmi les 10 meilleures commissions
scolaires sur le plan persévérance
scolaire apparaissent six des neuf commissions scolaires anglophones. Alors, je
trouve ça d'une importance capitale de décortiquer, de scinder les
questions des élections et l'avenir de la démocratie scolaire à la notion de
ces instances imputables à la population et ces instances-là locales.
qui m'amène, M. le Président, à me permettre deux questions au ministre, de lui
demander, dans un premier temps, s'il
est en mesure de nous assurer qu'il ne remet pas en question l'existence des
commissions scolaires, ni leur imputabilité, ni leur rôle primordial au
sein de leurs communautés, mais qu'on est en train de parler de l'enjeu des
élections à suffrage universel.
Suite
à ça, j'aimerais l'inviter d'élaborer un petit peu, si on est pour passer à un
autre modèle que les élections à suffrage
universel, d'élaborer sur les modèles possibles qui sauvegarderaient
l'implication de la communauté au sein de ces commissions scolaires.
Le Président (M. Habel) : M. le député de D'Arcy-McGee. Je tiens à rappeler
au gouvernement qu'il lui reste un bloc de 18 minutes. Donc, M. le
ministre.
M. Blais :
Merci beaucoup. Effectivement, je pense que ça mérite d'être dit et redit.
Donc, ce qui est remis en question maintenant, là, par le gouvernement, là,
c'est la pertinence du modèle des élections scolaires tel qu'on l'a connu. À vrai dire, il faut faire attention parce
qu'on a souvent une courte vue en cette matière. Les élections scolaires
universelles, au suffrage universel que l'on connaît aujourd'hui, je pense,
remontent à 1973 — est-ce
que je me trompe? — ou peut-être 1976, mais je pense que c'est
1973. Auparavant, c'était un modèle qui était un peu plus... quasi
censitaire, hein, plutôt que le suffrage universel. Donc, c'est une... dans
l'histoire, la longue histoire des commissions scolaires, là, le suffrage
universel est assez récent.
Donc,
ce que l'on a dit, et je pense qu'il y a quasi consensus en Chambre là-dessus,
c'est que nous avons encore besoin d'un organisme d'entité intermédiaire
pour appuyer les écoles. On ne veut pas que les écoles commencent à s'occuper des salaires, qu'elles s'occupent à
elles seules des rénovations, qu'elles s'occupent à elles seules du
transport scolaire, alors que plusieurs
écoles peuvent bénéficier, hein, du transport scolaire. Donc, il
y a une surdécentralisation
qui serait nocive, là, au développement d'un projet scolaire, et c'est pour ça qu'on a besoin d'une entité administrative, là, qui puisse appuyer les écoles. Donc, notre objectif,
ce n'est pas du tout de remettre en question cette entité-là — appelons-la
commission scolaire, probablement qu'elle va s'appeler encore commission
scolaire dans le futur — mais
de trouver un nouveau modèle de désignation.
Alors, mon collègue
me demande : Bien, quel pourrait être ce modèle? Est-ce qu'on a des idées?
Je vais être prudent là-dessus, mais je vais dire un peu ce que j'ai déjà
évoqué comme possibilité. Vous savez, il y a déjà certains scénarios. Quand il est fait par des personnes
assez connues, là, au Québec, dont M. Proulx, l'ancien président du
Conseil supérieur de l'éducation, qui pensait qu'on était rendus à une époque
où on pourrait désigner des représentants, des représentants qui sont déjà associés directement, impliqués dans le
milieu scolaire... Alors, qui sont ces personnes? Bien sûr, les parents, tout d'abord; ensuite, ajoutons
des représentants du milieu municipal peut-être. Pourquoi? Parce qu'on sait bien qu'il y a des intérêts communs entre le
milieu municipal et le milieu scolaire. Il y a des infrastructures, hein,
que les uns et les autres peuvent utiliser,
donc il y a peut-être un avantage à ce qu'il y ait une représentation à ce
niveau-là. On a parlé, qui...
M. Proulx, si je me souviens bien, parlait de représentants du milieu
collégial qui ont un intérêt marqué pour la réussite des élèves,
d'autres ont parlé, même, de représentants du milieu communautaire ou du milieu
des affaires. Donc, on a une idée que l'on
peut trouver différentes personnes pour qu'une communauté soit représentée
correctement au sein de cette instance-là.
Il y aura un enjeu
plus particulier. Je sais que mon collègue a cette sensibilité par rapport à la
communauté anglophone, là, parce que, là,
nos obligations, là, disons, nos obligations constitutionnelles sont claires.
Et là, encore une fois, moi, je suis sûr... puis je l'ai mentionné à des
représentants de la communauté, je vais le dire : On va trouver des solutions. En fin de compte, les Québécois, qui
sont une minorité linguistique en Amérique du Nord, sont bien placés
pour comprendre l'importance d'avoir un contrôle sur leurs institutions. Pensons
simplement aux autres francophones du Canada,
on le sait bien, lorsqu'il est question de protéger leurs institutions, la
première qui est en cause, c'est l'école, hein, parce que l'école est un véhicule de transmission culturel fondamental.
Donc, je pense qu'il n'y a personne ici, au Québec, qui ignore
l'importance pour une communauté d'avoir un certain contrôle sur ses
institutions.
l'ai dit, je le répète, j'ai une obligation, à
titre de ministre de
l'Éducation, de défendre, de protéger les intérêts de cette communauté. Je suis certain qu'on va
trouver un véhicule, là, qui va convenir et qui, finalement, est peut-être
un peu plus d'avenir que le véhicule actuel, qui a probablement mal vieilli
avec le temps.
Le Président (M.
Habel) : M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Merci, M. le Président. Si je peux me permettre une petite question d'appoint
sur ce sujet, et on passerait à un autre sujet après... Est-ce que le ministre
compte... travaille de près avec les instances actuelles, s'il y a l'ouverture,
je l'espère, pour explorer d'autres modèles?
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
Blais : Oui, disons que... Bon, vous comprenez qu'avec les commissions
scolaires pour le moment c'est plus difficile, mais, même là, il y a un
enjeu qui est intéressant pour elles, pour les commissions, parce qu'on
travaille sur plusieurs fronts. On l'a
mentionné tout à l'heure : on travaille sur le front des taxes scolaires,
là où elles ont une expertise, sur la
question de la gouvernance, là où elles ont une expertise, et la question
importante des fusions, où elles peuvent nous aider beaucoup, là, à
avancer. Il y a un désaccord, pour le moment — on ne peut pas le nier — sur
l'enjeu des élections, mais, même là, même là...
Je pense que la plupart des commissions scolaires ont résisté... à l'époque,
rappelez-vous, dans le débat qui allait
permettre à des parents, hein, donc, identifiés par les conseils
d'établissement, si je ne me trompe pas, à être présents aux réunions
des commissions scolaires. Rappelez-vous qu'il y a eu un peu de résistance à l'époque. Et les commissions scolaires le
reconnaissent et aujourd'hui, bien, ils trouvent qu'on est passés à autre
chose, que l'apport des parents était, bien
sûr, un apport qui était fort utile. Donc, je pense qu'on va, à un moment
donné, dépasser la résistance et
aller vers des propositions. Moi, je les invite, là, à faire des propositions. Elles ont une expertise, et puis on ne veut pas la perdre, là,
pendant ces changements.
Le Président (M. Habel) : Merci beaucoup,
M. le ministre. M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : Merci, M. le Président.
J'aimerais passer à une autre question, maintenant, qui va dans le même sens. Tout à fait un autre sujet, mais je crois
qu'il faut qu'on se rappelle que tous ces gestes sont dans l'optique de maximiser la réussite scolaire. Un sujet qui
touche profondément à ça, c'est la
formation des enseignants et enseignantes.
On parle de
cette profession bien souvent comme vocation, et à juste titre. Un de mes actes
dont j'ai été le plus fier quand
j'étais directeur général de l'Association des commissions scolaires
anglophones a été de dégager une petite somme pour promouvoir l'école publique — quelque chose, d'ailleurs, qu'on a besoin de
faire à chaque jour — et,
pour le faire, on a interpellé les Québécois
d'une certaine renommée de nous rappeler d'un enseignant ou une enseignante
qui a changé leur vie. Et moi, j'ai eu le plaisir de compléter la campagne en
faisant lire les entrevues avec, entre autres, Brian Murray, le directeur général des Ottawa Senators — on peut parler bien de lui, compte tenu que
les Canadiens se sont débarrassés des Senators — et
j'ai fait l'entrevue avec lui, et ça n'a pris que trois secondes — pour
un homme d'un certain âge qui connaît
actuellement des problèmes de santé, alors nos pensées sont à lui — ça n'a pris que quelques secondes pour parler de son prof de gym aux
années 60. M. Murray, on peut s'attendre, peut-être était un grand
athlète dans le temps aussi, mais son prof
de gym lui a pris en main et il a dit que... bon : Vous cherchez une
carrière en athlétisme, dans les sports? Vous avez à vous mettre à la
tâche pour les sujets qui comptent, vous former comme citoyen. Et ce prof l'a
accompagné puis il l'a mis sur la bonne voie.
Je trouve
qu'on ne peut jamais dire trop souvent comment ces gens-là sont des
intervenants, après des parents, enfin,
les plus clés dans l'avenir de nos enfants, ce qui nous interpelle à nous
assurer qu'on prend soin de cette profession et qu'on lui donne l'appui nécessaire. Et ça ne suggère pas qu'il n'y a
pas des actions à apporter pour améliorer la profession et la formation
des enseignants.
En 2004, dans son avis sur la profession
enseignante, le Conseil supérieur de l'éducation recommandait au ministre de
l'Éducation «de rappeler que l'enseignement est une profession dont l'exercice
exige l'acquisition d'une expertise
[particulière] et que cette expertise se traduit, dans les faits, par la
maîtrise de compétences professionnelles, d'établir des "normes professionnelles" pour l'exercice de la
profession enseignante afin de spécifier les seuils de compétence
nécessaires pour accéder à la profession et pour l'exercer». Dans ce même avis,
le Conseil supérieur de l'éducation recommandait aux universités «de rehausser
le niveau d'exigence pour l'accès à la formation initiale des enseignants,
concernant la langue d'enseignement».
Plus récemment, le comité d'experts dirigé par
Mme Pauline Champoux-Lesage et M. Marcel Leblanc s'est à nouveau penché sur cette question. Ce comité a eu
pour mandat de mener une réflexion sur la gouvernance, l'administration,
la gestion et le financement des commissions scolaires et de formuler des
recommandations au gouvernement en ces
matières. Dans le rapport, qui a été remis en juin 2014, ces experts
mentionnent que, et je le cite, «la qualité
de la formation initiale des enseignants et les exigences liées à l'obtention
d'un brevet d'enseignement sont d'autres facteurs importants qui
contribuent à la réussite éducative tout en valorisant la profession. En
Finlande — l'exemple
qu'on aime citer assez souvent — un pays souvent cité [...] les critères
d'admission aux programmes de formation en enseignement sont élevés et un
diplôme de maîtrise est requis pour avoir le droit d'enseigner.»
Les experts ajoutent : «10 ans après
le constat effectué par le Conseil supérieur de l'éducation, le comité considère que les critères d'admission aux
programmes de formation en enseignement dans les universités québécoises
ne sont toujours pas assez exigeants.»
Ce qui
m'amène, M. le Président, à poser la question suivante au ministre : Quand est-ce que des
changements seront apportés afin de s'assurer que ces recommandations seront
mises en oeuvre? Et est-il possible de mener ces changements à coût raisonnable
ou bien faut-il prévoir des budgets importants pour mener des grandes réformes?
Le Président (M. Habel) : Merci, M.
le député de D'Arcy-McGee. M. le ministre, il reste 6 min 15 s.
Blais : Très bien. Avant de répondre à la question, je vais revenir,
si vous voulez bien, sur votre introduction. Je vais rendre un hommage
personnel. Moi, j'ai trois enseignants qui m'ont marqué — vous
allez voir que c'est assez hétérogène — donc : soeur Émilienne Brisson,
peut-être qu'elle nous écoute aujourd'hui, mais, bon, elle souffre d'Alzheimer, donc je ne sais pas si c'est possible
pour elle maintenant de nous suivre, mais c'est celle qui m'a initié à
la musique quand
j'étais à l'école primaire; le Pr Andrew Quinn, au cégep, il était un
existentialiste qui m'a initié à la philosophie et qui m'a fait lire tout Jean-Paul Sartre avant mes 20 ans; et le
Pr Jean-Nicolas Kaufmann, qui était mon directeur de thèse avec Georges Leroux, qui m'ont initié, là,
à la philosophie analytique. Moi, c'est trois enseignants qui, peut-être
dans une même salle, ne se seraient
peut-être pas entendus, mais, à différents moments, là, de mon propre parcours,
là, d'étudiant, qui m'ont marqué mais vraiment profondément, chacun
d'entre eux, profondément, et puis je les remercie.
Maintenant,
sur la question de la formation des enseignants, écoutez, on l'a vu encore ce
printemps, les futurs enseignants du
Québec ont de la difficulté à réussir, en fin de parcours, des examens de
français. Et, quand on regarde d'un
peu plus près, disons, les critères pour les exigences, en général les
exigences sont relativement faibles. Dans certains cas, on parle de moyenne, au collégial, autour de
20, 21. Comme je disais souvent à mes propres étudiants... Moi, j'avais bloqué, disons, j'avais contingenté des programmes
de ma faculté, il y a quelques années, à 22, et je disais aux étudiants qui considéraient que j'étais élitiste en
demandant une cote R de 22, je leur disais : Écoutez, si vous avez
une cote R de moins de 22, c'est probablement parce que vous avez
eu du bon temps au cégep; alors, il faut être content, là, du bon temps que vous avez pris pour vous, mais vous avez
un problème sérieux. Et, je le dis plus sérieusement, nous avions des indications
claires que les risques d'échec d'un étudiant en sociologie ou en sciences
politiques qui rentrait avec une cote R plus faible que 22 étaient très élevés. Et ça, ça veut dire quoi? Ça
veut dire des personnes qui ont vécu échec par-dessus échec parce que l'université n'a pas eu le
courage de lui dire : Écoutez, on ne pense pas que ça va aller pour vous ou encore, si vous voulez vraiment rentrer,
faites vos preuves, et, quand vous aurez fait vos preuves, vous pourrez accéder
à la...
je connais un peu la logique qui est parfois, parfois clientéliste dans les
universités québécoises pour des raisons que je comprends et je pense que là où on n'a pas le droit de se
permettre, disons, de faire d'erreur, c'est dans la sélection des étudiants. Je
ne dis pas que la cote R fait foi de tout, hein? Ça a été repris, parfois
un peu caricaturé, mais la cote R, hein, on le sait, est un excellent
prédicteur de réussite, hein? On peut avoir de bons résultats quand on a une
cote R plus faible parce qu'on
se découvre, un jour ou l'autre, une vocation, un intérêt, mais en général la
cote R est un excellent prédicteur de réussite.
Donc,
les solutions à notre disposition, là, sont doubles : ou bien on demande
aux universités d'avoir un plancher de
cote R ou bien on contingente carrément le programme, comme on fait dans
d'autres domaines, notamment. Bon, le programme
le plus connu, c'est le programme de médecine. Évidemment, si on va vers le
contingentement, il faut que l'on
accepte d'avoir une gestion de l'offre, hein, et donc il ne faut pas créer
artificiellement une rareté de cette profession-là. On sait qu'il y a
des secteurs, déjà, où on a de la difficulté à recruter. C'est pour ça que j'ai
demandé aussi — vous
rassurer — pour voir s'il y a un profil possible, oui,
un profil possible pour des étudiants qui ont bien performé dans les disciplines, notamment, bien sûr, les disciplines
scientifiques où on a des besoins — l'histoire, le français aussi — qui
sont reconnus. Donc, il y a déjà un passage
qui est possible, mais ce passage-là, je le trouve assez lourd, donc, si on
pourrait le simplifier et le faciliter au Québec... Parce que je pense qu'avec un bon encadrement, avec des stages
appropriés, il est possible pour un historien
passionné qui a eu d'excellents résultats d'enseigner l'histoire au Québec. Il
me semble que ce serait un peu
inquiétant que ça ne soit pas possible. Donc, augmenter le bassin et surtout
augmenter le bassin d'étudiants qui ont été performants, qui ont un
engouement. On voit en ce moment des étudiants qui commencent dans les facultés
de pédagogie, d'éducation, et qui... pour
lesquels l'enseignement était leur troisième choix. Vous vous rendez
compte, hein? Alors, j'espère qu'ils vont
trouver quelque chose à leur mesure dans ce troisième choix là, mais c'est un
indicateur sérieux, là, qu'on ne valorise pas suffisamment cette
profession, ni à l'entrée ni dans la perception populaire, d'ailleurs.
Le Président (M.
Habel) : Merci beaucoup. M. le député de D'Arcy-McGee, il vous reste
30 secondes.
Birnbaum : Bien, tout simplement peut-être, M. le
Président, pour demander au ministre
s'il est confiant que les instances
vont être au rendez-vous pour ces nouvelles exigences, c'est-à-dire les universités, les élèves
qui risquent de choisir cette profession.
Le Président (M.
Habel) : M. le ministre.
Blais : Oui, donc il y a un enjeu de gestion de l'offre et de la
demande. Ça, je reconnais que c'est plus complexe que pour les facultés de médecine. Pour les
universités, écoutez, tout dépend, bien sûr, de leur financement, hein,
parce que celles qui ont peut-être péché davantage par clientélisme, celles-là,
il pourrait être plus difficile d'avoir une version contingentée de leurs
programmes.
Mais la fin, ce n'est
pas le financement, là, hein, la fin, c'est d'aller chercher les meilleurs
candidats possible.
Le Président (M.
Habel) : Merci beaucoup, M. le ministre. Donc, je vous remercie pour
votre collaboration.
commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, où elle poursuivra l'étude du
volet Éducation préscolaire, enseignement primaire et secondaire.
Je tiens à signifier
aux députés et aux gens qui nous accompagnent qu'ils peuvent laisser leurs
documents dans la salle lors de la suspension, elle sera sécurisée, et on se
revoit à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à
13 h 17)
Le Président (M. Habel) : Alors, à
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de la culture et de l'éducation reprend ses travaux. Je demande à toutes les
personnes de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude du volet Éducation
préscolaire, Enseignement primaire et secondaire. Donc, je cède
immédiatement la parole à la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Merci, M. le
Président. Alors, nous poursuivons l'étude des crédits pour la
partie primaire
et secondaire. J'aimerais qu'on puisse
parler de l'annonce du gouvernement cet automne dernier, dans le fond, qui
s'est faite sur les fusions des commissions scolaires. Vous l'avez
abordé un peu tout à l'heure, vous avez dit... le ministre a dit, M. le Président, qu'il travaillait sur plusieurs
fronts. J'ai bien écouté qu'il parlait des taxes, et de la gouvernance, et
des fusions. Nous avons eu, je pourrais dire,
depuis cet automne, différentes déclarations par rapport à ça. On a des
commentaires aussi des différentes associations, ou groupes, ou mouvements
syndicaux, peu importe, qui ont eu quelquefois
des discussions avec des gens du ministère, et nous voulons... nous ne savons
pas, à ce moment-ci, où s'en va le gouvernement par rapport à ces
dossiers, ces trois dossiers-là, si ce n'est qu'on a entendu que le ministre
nous a parlé de... par rapport aux élections... ses déclarations par rapport
aux élections scolaires la semaine dernière.
Je veux
mettre ça clair auprès du ministre, nous avons clairement dit que nous, comme
formation politique, nous sommes pour les fusions, mais des fusions
intelligentes. Et nous avons déjà, lorsque nous étions au pouvoir... Dans le budget de mon collègue député de Rousseau, le
ministre des Finances, ça avait été clairement identifié, ce désir de
vouloir faire les fusions de commissions
scolaires. Et là ce que j'aimerais savoir du ministre... C'est que j'avais eu
des discussions avec votre
prédécesseur par rapport... qu'il ne fonctionnerait pas nécessairement juste
par décret, que ça se fasse dans un projet
de loi. J'ai dit en période de questions : Est-ce que le ministre peut
être clair aujourd'hui? S'engage-t-il à faire adopter une nouvelle carte des commissions scolaires dans
un projet de loi et non par un simple décret ministériel? Le ministre de
l'époque m'a dit : Ma réponse est
simple, oui, ça va être un projet de loi. Donc, il a été clairement identifié
que c'était un projet de loi.
Par contre,
je dois quand même dire au ministre que c'est... lorsqu'on veut donner un
nouveau modèle d'organisation scolaire
ou de vouloir faire des fusions des commissions scolaires, d'une part, il faut
quand même se dire que les commissions
scolaires... il faut que le ministre puisse savoir que les commissions
scolaires, c'est un budget de 10 milliards, les commissions scolaires, et ça fait 170 ans qu'on a des
commissions scolaires au Québec. Je peux comprendre qu'on veut
peut-être, sur un bout de table, faire un peu de bricolage, parce que c'est ce
qu'on a senti, les derniers mois, que c'était du bricolage, c'était fait sur un
bout de table.
Alors,
j'aimerais bien savoir du ministre comment il va procéder par rapport à ce défi
de vouloir faire des fusions de
commissions scolaires. Est-ce qu'il va le faire dans un projet de loi où on va
y retrouver les taxes scolaires, la gouvernance et les fusions des
commissions scolaires? Et, de sa réponse, je vais poursuivre, dépendant ce
qu'il va me dire.
Le Président (M. Habel) : Merci, Mme
la députée. M. le ministre.
M. Blais : Donc, en ce moment, là,
la projection qui est faite, là, c'est qu'effectivement, ces quatre différents fronts là, on puisse les aborder à l'intérieur
d'un projet de loi. Disons, je mets peut-être... je serai prudent sur les... je
serais prudent sur — je
vais augmenter ma voix aussi, là — la question des taxes scolaires parce
que, bon, là, est-ce qu'on veut utiliser ce
véhicule-là ou pas? Il est un peu tôt, mais, pour les autres, on pense que ça
serait nécessaire d'y aller par un projet de loi.
Mme Léger :
M. le Président, on ne peut pas arriver avec un projet de loi sans qu'on ait eu
le temps de discuter avec les
partenaires. Et j'ai beaucoup d'inquiétude sur la manière que fait le
gouvernement dans différents dossiers, celui de consulter plus ou moins les partenaires. Il y a peut-être une petite
rencontre de temps en temps, c'est toujours derrière des portes closes, c'est toujours, hein, des petites
rencontres privées. Je pense qu'on est en droit d'avoir des grandes
consultations préalables à cette
initiative-là que le gouvernement voudra faire avec un projet de loi. Je crois qu'il faudra peut-être, au bout de la ligne, d'avoir un projet de loi, mais, avant
de faire un projet de loi... Parce qu'à date le gouvernement, lorsqu'il
dépose des projets de loi, souvent, c'est
des... ou c'est des projets de loi qui... parfois c'est de l'improvisation,
c'est mal ficelé, puis on a toujours à retravailler, amender par-dessus
amendement.
Alors, ce que
je demanderais au ministre, c'est qu'il puisse y avoir des consultations
larges, préalables avant de déposer un projet de loi pour que tout le
milieu de l'éducation puisse venir, pour que le milieu de l'éducation puisse donner leur opinion. Ils ont des idées, le milieu
de l'éducation. Tous les gens qu'on rencontre ont beaucoup d'idées à
mettre sur la table puis tous les gens qu'on rencontre sont cons