House Proceedings — 12 November 1997 (35th Legislature, 2nd Session)
1997-11-12
Quebec — Debates (Hansard)
Journal des débats (Hansard) of the National Assembly
Version finale
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35 th Legislature, 2 nd Session
(March 25, 1996 au October 21, 1998)
Wednesday, November 12, 1997 - Vol. 35 N° 132
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Table des matières
Affaires du jour
Affaires inscrites par les députés de l'opposition
Motion proposant que l'Assemblée déplore l'absence de politique visant à éliminer l'exclusion et à diminuer le fossé économique et social entre les générations
M. Claude Béchard
M. André Boisclair
M. Robert Benoit
M. Claude Boucher
M. Yvon Vallières
M. Gilles Baril
M. André Boulerice
M. Claude Béchard (réplique)
Vote reporté
Présence de M. Guy Lechasseur, ancien président de l'Assemblée nationale
Affaires courantes
Déclarations ministérielles
Intégrité du territoire québécois
M. Jacques Brassard
M. Jean-Marc Fournier
M. Jacques Brassard (réplique)
Document déposé
Présentation de projets de loi
Projet de loi n° 170 Loi modifiant la
Loi sur l'aide financière aux étudiants
Mme Pauline Marois
Mise aux voix
Projet de loi n° 173 Loi instituant le fonds spécial de financement des activités locales et modifiant la
Loi sur la fiscalité municipale
M. Rémy Trudel
Mise aux voix
Projet de loi n° 174 Loi modifiant la
Loi sur les explosifs
M. Pierre Bélanger
Mise aux voix
Projet de loi n° 161 Loi modifiant de nouveau la
Loi sur les impôts, la
Loi sur la taxe de vente du Québec et d'autres dispositions législatives
Mme Rita Dionne-Marsolais
Mise aux voix
Dépôt de documents
Rapports annuels de l'Université Bishop's, de l'Université Concordia, de l'Université McGill et de l'Université de Sherbrooke
Rapport annuel du ministère des Transports
Rapports annuels de l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec et de l'Ordre des physiothérapeutes du Québec
Rapport de mission du Bureau et de la XXIIIe session ordinaire de l'Assemblée internationale des parlementaires de langue française
Dépôt de rapports de commissions
Étude détaillée du projet de loi n° 158 Loi abrogeant certaines lois permettant la constitution de personnes morales en matière agricole et modifiant diverses dispositions législatives
Dépôt de pétitions
Cesser les coupures en éducation
Reformuler l'avant-projet de loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique
S'assurer que la réforme du régime d'aide sociale respecte les valeurs démocratiques
Questions et réponses orales
Effectifs du ministère des Transports rattachés au Fonds d'amélioration du réseau routier
Constitution de fonds spéciaux pour amortir des dépenses
Subventions en matière de voirie municipale
Octroi d'un permis d'absence temporaire à un détenu
Opposition du Procureur général à une demande d'intervention de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse devant la Cour supérieure
Refus de tenir le Parlement de la rue sur la colline parlementaire
Réponses différées
Retrait d'un médicament contre l'ostéoporose de la liste des médicaments remboursables par la RAMQ
Votes reportés
Motion proposant que l'Assemblée déplore l'absence de politique visant à éliminer l'exclusion et à diminuer le fossé économique et social entre les générations
Motions sans préavis
Féliciter les lauréats des cinq Prix québécois de la citoyenneté
M. André Boisclair
M. Pierre-Étienne Laporte
Mise aux voix
Avis touchant les travaux des commissions
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée
Affaires du jour
Projet de loi n° 160 Loi modifiant la
Loi sur la sécurité dans les sports et d'autres dispositions législatives
Adoption du principe
M. Rémy Trudel
M. Norman MacMillan
M. Rémy Trudel (réplique)
Mise aux voix
Renvoi à la commission de l'aménagement du territoire
Projet de loi n° 159 Loi modifiant la
Loi sur le ministère des Transports afin d'instituer le Fonds de gestion de l'équipement roulant
Reprise du débat sur l'adoption du principe
M. Jean-Claude Gobé
M. Gilles Baril
M. Régent L. Beaudet
M. Russell Copeman
Journal des débats
(Dix heures deux minutes)
Le Président: MM. les députés, veuillez vous asseoir.
Affaires du jour
Affaires inscrites par les députés de l'opposition
Motion proposant que l'Assemblée déplore l'absence de politique visant à éliminer l'exclusion et à diminuer le fossé économique et social entre les générations
Nous allons débuter aujourd'hui les affaires du jour par les affaires inscrites par les députés de l'opposition. Alors, à l'article 35 du feuilleton, en vertu de l'article 97 de notre règlement, M. le député de Kamouraska-Témiscouata présente la motion suivante:
«Que l'Assemblée nationale déplore l'absence de politique du gouvernement du Parti québécois visant à éliminer l'exclusion et à diminuer le fossé économique et social qui se creuse entre les jeunes et les autres générations.»
La répartition du temps a été établie de la façon suivante: L'auteur de la motion disposera d'un droit de réplique de 10 minutes; cinq minutes sont allouées à chacun des députés indépendants; 50 % du temps restant est alloué au groupe parlementaire formant la
partie gouvernementale; 50 % du temps restant est alloué au groupe parlementaire formant l'opposition officielle. Dans ce cadre, le temps non utilisé par l'un des groupes s'ajoutera à celui de l'autre groupe, tandis que le temps non utilisé par les députés indépendants pourra être distribué entre les groupes parlementaires. Les interventions ne seront soumises à aucune limite de temps.
Alors, maintenant je suis prêt à reconnaître un premier intervenant. M. le député de Kamouraska-Témiscouata.
M. Claude Béchard
M. Béchard: Merci, M. le Président. Je peux vous dire que c'est ma première motion du mercredi, mais ce n'est pas avec un grand plaisir que je présente cette motion ce matin. Ce n'est pas avec un grand plaisir parce que présenter une telle motion, qui déplore l'absence de politique du gouvernement du Parti québécois visant à éliminer l'exclusion et à diminuer le fossé social qui se creuse entre les jeunes et les autres générations, c'est parce que ça ne va pas bien au niveau des jeunes. Et ça, je pense que la majorité des gens, autant au gouvernement que dans l'opposition, s'en rendent bien compte quand ils se promènent un peu dans la rue.
Je suis un peu déçu de voir ce matin que en tout cas, sans doute qu'il m'écoute le ministre responsable de la jeunesse est sans doute occupé à d'autres fonctions parmi ses nombreuses responsabilités qui sont un peu à la base du fait de cette marginalisation des questions jeunes au Québec depuis l'arrivée du premier ministre actuel.
M. le Président, j'ai l'intention de démontrer comment ce gouvernement-là a laissé tomber les jeunes et à quel point la problématique jeunesse n'est plus au coeur des priorités. J'ai aussi l'intention de démontrer les conséquences de cette négligence-là et, surtout, de proposer des solutions pour aider les jeunes à participer pleinement au développement du Québec et à s'assurer que cette richesse que sont les jeunes soit au coeur des préoccupations de tout le monde et redevienne au coeur des préoccupations du gouvernement actuel.
Pour commencer, M. le Président, depuis l'arrivée du Parti québécois au pouvoir en 1994, on va faire un petit bilan de ce qui s'est passé. En 1994, M. Parizeau arrive puis décide de garder les jeunes au centre de la machine gouvernementale, soit au Conseil exécutif, au sein de son cabinet. Il en prend lui-même la responsabilité, avec un adjoint parlementaire, ce qui fait que la cause jeunes, qui est une cause horizontale, qui touche tout le monde, qui touche tous les ministères, demeure une priorité pour M. Parizeau.
D'ailleurs, c'est là qu'on a vu apparaître de nouvelles structures, les carrefours jeunesse-emploi. Il semble que la meilleure façon, pour ce gouvernement-là, de régler les problèmes des jeunes, ce soit de créer des structures. On est rendu avec tellement de guichets uniques que le jeune qui rentre chez un centre d'employabilité ou là où on offre des services pour les jeunes a l'impression, un peu, d'entrer chez Eaton, dans les portes tournantes. Il tourne, il tourne, il tourne.
Il entre, il ressort, mais il ne sait pas où aller au juste, parce qu'on est rendu à peu près à une vingtaine de guichets uniques, tous plus uniques et distincts les uns que les autres. Donc, le jeune ne se retrouve pas vraiment.
Ensuite, M. Parizeau a proposé la Route verte , un bien beau projet, bon pour l'environnement. C'est un beau projet. C'est bon pour les muscles, mais ce n'est pas vraiment avec de l'asphalte, M. le Président, qu'on règle le problème des jeunes. D'ailleurs, le ministre actuel en a annoncé, des pistes de patins à roues alignées, dernièrement, puis ça n'a pas réglé grand problème dans mon comté.
Ensuite, il y a eu le plan Paillé. Le plan Paillé, ça, ça a eu un impact aussi chez les jeunes. On ne peut pas vraiment dire que ça a eu un effet positif. On en ressent encore les effets négatifs, M. le Président. On a encore des conséquences. On a encore des commerces qui ferment à cause de ce fameux plan Paillé. On se rend compte que, finalement, tous les argents qui ont été investis là, ça a été investi plus dans un gouffre, sans aucune planification, sans savoir où on allait puis quelles seraient les conséquences.
C'était beaucoup plus à des fins référendaires, donner l'illusion qu'on créait temporairement des emplois, que vraiment une relance économique ou un moyen concret de relancer l'économie à moyen puis à long terme.
M. Parizeau avait cependant une parole sage qui était qu'il ne fallait pas emprunter pour payer l'épicerie. Il ne serait pas fier de voir son parti, actuellement, voir son gouvernement créer des fonds et reporter ça sur 15 ans non pas seulement pour payer l'épicerie, M. le Président, mais pour payer des routes, pour payer ensuite de l'équipement routier, pour payer des autos. On est rendu qu'on emprunte pour ça puis qu'on le met sur 15 ans, M. le Président, puis on a l'air tout fier de ça de l'autre côté.
Mais il y a une chose qu'on peut dire, c'est qu'au moins, pour M. Parizeau, il gardait lui-même cette responsabilité-là. Depuis l'arrivée du premier ministre actuel, on se rend compte que les jeunes ne sont plus au centre des préoccupations.
J'ai beaucoup de respect pour le ministre actuel, qui est un jeune, qui doit être conscient aussi des problèmes que vit la génération de jeunes dans notre société, mais qui, malheureusement, ne semble pas faire le poids au Conseil des ministres, ne semble pas faire le poids dans l'appareil gouvernemental, peut-être parce que, pour lui-même, ce n'est pas une priorité la preuve, il n'est pas là ce matin; j'espère que quelqu'un va quand même lui rapporter mes propos. Mais l'une des...
Une voix: M. le Président, question de règlement.
Le Président: Alors, je voudrais vous rappeler, M. le député de Kamouraska-Témiscouata, que notre règlement prévoit qu'on n'indique pas l'absence de quelque collègue que ce soit de l'Assemblée parce que c'est interprété, selon notre règlement, comme prêter des motifs à nos collègues et c'est interdit par le règlement. Alors, je considère qu'à ce moment-ci vous avez bien compris le sens du règlement. Merci.
M. Béchard: Oui. Merci, M. le Président. Mais, toujours pour démontrer que ce n'est pas une priorité pour ce gouvernement-là, les jeunes, j'ai ressorti, juste pour voir, l'organigramme du cabinet du ministre responsable de la jeunesse pour me rendre compte qu'il y a une seule personne dans son cabinet qui est responsable des dossiers jeunes, mais qui, en plus, partage cette responsabilité-là avec trois autres responsabilités. Donc, non seulement on n'en fait pas une priorité, mais on marginalise les dossiers jeunes au sein même du cabinet du ministre responsable.
(10 h 10)
Il y a différents éléments qui montrent clairement le manque d'influence et le manque de poids du ministre actuel en ce qui a trait aux dossiers jeunes et à l'impact que ça a. On peut penser au pelletage aux municipalités. On peut penser à l'augmentation des taxes scolaires qui font en sorte que ce sont des jeunes familles, les jeunes, qui ne peuvent pas acquérir une première propriété parce que les taxes sont trop élevées. On retarde encore une fois l'insertion des jeunes et on contribue à leur exclusion de la société. On peut penser aux coupures au niveau des allocations familiales.
C'est encore les jeunes qui sont touchés là-dessus. C'est encore de l'argent de moins que les jeunes ont pour dépenser. C'est de l'argent de moins que les jeunes ont pour faire bien vivre leur famille, et penser à créer une famille, et, encore là-dessus, il y a des coupures au niveau des allocations à la naissance, qui font en sorte que les jeunes hésitent encore plus à avoir des enfants et retardent leur projet d'avoir des enfants.
On peut penser finalement, juste pour donner un exemple, à la réforme de la ministre de l'Éducation qui est décriée à peu près par tout le monde, autant par les étudiants que par les enseignants. Donc, ça démontre clairement que les jeunes ne sont pas au coeur des priorités de ce gouvernement-là.
Le ministre siégeant au Conseil des ministres, c'est une question de curiosité, mais j'aimerais bien savoir, quand tous ces dossiers-là passent au Conseil des ministres, quand on discute de ça, ce qu'il en dit, comment il intervient là-dessus, parce qu'il doit être conscient de ça, c'est sa responsabilité. Moi, je serais curieux, M. le Président, de voir un jour dans les procès verbaux du Conseil des ministres si le ministre est intervenu lorsqu'on a proposé ces réformes-là qui se traduisent par des coupures chez les jeunes. Est-ce qu'il a posé des gestes? Est-ce qu'il s'y est opposé?
Qu'est-ce qu'il a dit à ce niveau-là? On va peut-être le savoir si, un jour, comme certains de ses anciens collègues, il se décide à écrire un livre puis à relater ses mémoires. C'est peut-être là qu'on va voir si, vraiment, il accordait une importance aux jeunes à l'intérieur des dossiers qui étaient traités au Conseil des ministres.
Ça a un impact, ça, M. le Président, ce manque de volonté là et ce manque de poids politique au sein de l'appareil gouvernemental et cette marginalisation-là des dossiers jeunes. Ça a comme impact que, chez les jeunes entre 15 et 24 ans, les pertes d'emplois se font sentir concrètement. On regarde en octobre 1997, il y a 5 100 postes de moins qu'en octobre 1996. Le taux d'emploi est passé de 43,8 % à 43,1 %. Le taux d'emploi diminue.
On dit même que les jeunes ont continué à déserter le marché du travail 4 000 d'entre eux se sont retirés de la population active et ça, ça a pour effet de réduire le taux d'activité chez les jeunes, ce qui fait en sorte que les jeunes abandonnent, les jeunes n'ont même plus l'espoir de se trouver un emploi. Ils laissent complètement de côté la possibilité ou l'espoir de se trouver un emploi décent qui leur permettrait de participer au développement économique du Québec.
Et ça, je suis certain, il y a des gens qui vont dire que c'est des chiffres, que l'opposition en met et que l'opposition fait exprès pour montrer les pires données, mais il y en a une autre. Juste pour montrer la variation de l'emploi de janvier 1997 à octobre 1997 par rapport à janvier 1996 à octobre 1996, le seul endroit, M. le Président, où il s'est perdu des emplois et où le taux d'emploi a baissé, c'est chez les jeunes de 15 à 24 ans. On dénote qu'il y a eu 16 000 emplois de moins cette année que l'année passée: 3,5 % de moins de jeunes travaillent. Ça, c'est les faits, mais il y a aussi faits. On peut dire que c'est en allant sur le terrain qu'on voit vraiment ce qui se passe.
Il y a deux choses là-dessus. La première, c'est... Présentement, on est en train de faire une tournée des cégeps et des institutions scolaires. Juste la semaine dernière, il y avait une dizaine de mes collègues qui étaient dans cette tournée-là. Cette semaine, il y en a encore sept, huit qui sont sur le terrain à rencontrer des groupes, à rencontrer des jeunes dans les institutions scolaires pour voir ce que les jeunes ont à dire, dont entre autres le chef de l'opposition. C'est lui qui a proposé de faire le tour.
Il est là et il est en train de travailler, en train de rencontrer les gens et en train de faire le tour pour voir ce que les jeunes ont à dire. Il faut les écouter. Pas juste faire semblant, il faut les écouter. Donc, cette tournée-là a été déclenchée par le chef parce qu'il voulait savoir ce que les jeunes pensent, comment on peut améliorer et c'est quoi, l'état de situation. C'est comme ça qu'on l'apprend, c'est en allant sur le terrain.
Ce qui ressort, les quelques points qui ressortent, M. le Président, c'est clairement le manque de vision à long terme et le manque de vision face à cette problématique qui touche plusieurs secteurs. Dans tous les secteurs d'activité, il y a toujours une
partie où il faut porter une attention particulière aux jeunes. C'est ça, avoir une sensibilité pour les jeunes.
Tous se souviennent de la promesse du Parti québécois en 1994 de ne pas hausser les frais de scolarité; ils se sont engagés à le faire, une belle promesse électorale. Ils ont essayé de renier cette promesse-là, M. le Président. Il a fallu que les jeunes se mobilisent, il a fallu que les jeunes sortent dans la rue pour encore une fois faire reculer la ministre de l'Éducation là-dessus. Là, par la suite, ils ont promis une loi-cadre sur les frais de scolarité; il n'y a rien de fait là-dessus, et on attend encore.
Donc, ce qui ressort de la tournée qu'on fait dans les institutions scolaires présentement, c'est qu'en ce qui a trait à la formation, à l'apprentissage, à l'acquisition d'expérience en milieu de travail il n'y a rien de fait. Il n'y a rien de fait non plus au niveau de l'exode, de la formation en région qui est un des bons moyens de contrer l'exode chez les jeunes. Il n'y a rien de fait là-dessus.
Ça, c'est l'opposition. On peut dire que c'est le bilan de l'opposition c'est ce que les gens nous disent mais il y a aussi d'autres jeunes, d'autres personnes qui trouvent que ce gouvernement-là creuse l'écart entre les jeunes et les autres générations. Je peux vous citer en exemple des articles parus hier et aujourd'hui dans La Presse où, entre autres, on dit: «Il ne faut pas se faire d'illusions. La plus grosse vague d'embauche depuis la Révolution tranquille, que vient d'annoncer le premier ministre québécois Lucien Bouchard, ne changera pas la situation de la majorité des jeunes.
Des milliers de membres des corps enseignant et infirmier qui poireautaient sur les listes d'attente depuis des années et des nouveaux diplômés de ce secteur pourront se dénicher un emploi stable.» Mais les autres, M. le Président, les autres, qu'est-ce qu'on en fait?
Il y a aussi ce matin, toujours les mêmes jeunes et personnes un peu plus âgées qui travaillent ensemble pour trouver des moyens de s'assurer de créer un pont entre les générations qui disaient: «Ainsi, dans les secteurs d'emploi bien rémunérés et syndiqués, les jeunes sont peu présents. Dans le secteur des pâtes et papiers, les jeunes de moins de 30 ans représentaient 37 % des effectifs en 1976 comparativement à 11 % en 1996. Dans le secteur de la construction résidentielle, les jeunes sont passés de 35 % des effectifs en 1976 à 11 % en 1996.»
On se souvient tous du déchirement de la loi 142 que ce gouvernement-là a fait, mais ça n'a pas eu pour conséquence d'améliorer la situation des jeunes sur les chantiers de construction. Puis ça, je suis sûr que vous vous en faites tous parler dans vos comtés parce qu'on m'en parle, à moi aussi, puis on trouve ça déplorable, puis on ne comprend pas quels sont les intérêts qu'on a cherché à protéger en déchirant cette loi-là pour la remplacer par quelque chose qui ne fait que protéger les gens qui sont syndiqués, les gens qui sont bien implantés, puis on tasse carrément les jeunes des chantiers de construction.
Personne ne comprend ça, M. le Président. Puis on peut regarder du côté de la fonction publique. En 1976, les jeunes constituaient 43 % des effectifs contre seulement 6 % en 1995.
Un autre élément qui m'a surpris ce matin, puis je l'ai trouvé bien intéressant parce que je me souviens d'avoir déjà entendu un critique jeune de l'opposition je pense que c'était en 1994, lors d'une étude des crédits qui déchirait sa chemise sur les clauses orphelin, puis que c'était épouvantable. Bien, ce matin, je me rends compte, en lisant ça... «Nous avons relevé, entre autres, trois types de pratiques inéquitables c'est toujours le même groupe, M. le Président qui creusent l'écart entre les générations.
Ainsi, pour rationaliser les dépenses, plusieurs organismes ont opté pour le gel de l'embauche plutôt que de partager le fardeau des compressions entre tous les travailleurs. Dans d'autres cas, le salaire des travailleurs en début de carrière est abaissé, alors que le salaire des plus anciens est maintenu et parfois même augmenté. Enfin, certains règlements de conflits de travail sont conclus par la création d'une nouvelle échelle salariale moins généreuse pour les futurs travailleurs, dite clause orphelin ou de double échelle.»
Celui qui déchirait sa chemise en 1994 là-dessus, il semble que son action n'a pas porté, puisque la situation est encore dénoncée et semble être aussi grave que ce qui se passait en 1994 malgré l'amélioration tangible qu'il y avait eu au niveau des clauses orphelin de 1990 à 1994. C'est un retour en arrière, M. le Président.
(10 h 20)
Et il y a un autre fait, là-dedans, qu'il ne faut pas oublier. On parle des clauses orphelin, pour certains jeunes; c'est encore une chance parce que, au moins, ils ont un emploi. Ils sont moins bien rémunérés puis ils sont sur d'autres conditions en raison des clauses orphelin, mais, au moins, ils ont un emploi. Mais regardez un autre geste qui a été posé. On peut penser au programme de préretraite dont tout le monde se pète les bretelles de l'autre côté. Il ne faut pas oublier une chose, on a hypothéqué les jeunes sur 15 ans là-dessus. Ils vont payer pendant 15 ans pour que des gens aient pu prendre leur retraite. C'est les jeunes qui vont payer pour ça, M. le Président, encore.
Mais, en plus de ça, on regarde où était le ministre quand cette annonce-là a été faite, quand ce programme-là... Est-ce qu'il a pensé à des moyens tangibles de protéger les jeunes contre les effets pervers de ce programme-là, c'est-à-dire les gens qui prennent leur préretraite, qui s'en vont chez eux et qui reprennent un contrat, qui reviennent dans l'administration publique et qui volent un emploi aux jeunes? Est-ce qu'il a fait quelque chose là-dessus?
Et l'autre pratique qu'on dénote beaucoup, M. le Président, c'est ces gens-là qui ont pris leur préretraite, qui sont chez eux et qui prennent un contrat à deux, trois jours par semaine dans des entreprises privées, juste comme un petit «sideline», juste pour s'amuser. Mais ça, M. le Président, c'est encore des emplois de moins pour les jeunes. C'est encore des occasions de moins qu'on donne aux jeunes d'acquérir de l'expérience et d'acquérir un premier emploi qui leur amènerait les revenus pour créer une famille et participer pleinement à la société québécoise.
Donc, non seulement ce gouvernement-là contribue à accentuer le phénomène, mais par ses pratiques il les coule dans le ciment.
Ce qui est un peu désolant, c'est qu'on ait l'impression, M. le Président, que ce gouvernement-là baisse les bras, baisse les bras devant ces situations-là, et on ne sent pas que le ministre a le goût et est capable de mettre son poing sur la table et de dire à ses collègues: Un instant! les jeunes, ça va devenir une priorité; les jeunes vont être au coeur de nos préoccupations. On ne sent pas ça. Puis ce n'est pas juste l'opposition, M. le Président, c'est l'ensemble des jeunes du Québec qui disent ça, M. le Président.
Les jeunes, ça devrait être une priorité. Je ne comprends pas que ce ne le soit pas. C'est l'avenir de notre société. Si on veut bâtir une société plus forte, une société d'avant-garde, une société qui va relever les défis qui sont devant nous, bien, il faut que ce soit une priorité. Il ne faut pas que ce soit juste une petite occupation à laquelle on vaque une quinzaine de minutes par jour. Il faut que ce soit une priorité, M. le Président.
Je vais vous ressortir plusieurs éléments que j'ai vus et je suis certain que le ministre les voit, ces éléments-là, aussi. On n'est pas plus fins que les autres, dans l'opposition, on voit les mêmes choses. On ne comprend pas que le gouvernement n'agisse pas à ce niveau-là. On peut parler de l'analphabétisation chez les jeunes. Il y a des gens qui rient d'entendre ça. Mais c'est une réalité. C'est une réalité, M. le Président.
L'itinérance chez les jeunes. J'ai acheté dernièrement à Montréal une petite revue que les itinérants jeunes vendent 2 $. Et pour se faire sans doute bonne bouche et un peu s'en laver les mains, le ministre paie de la publicité dans cette revue-là. Il s'achète de la publicité là-dedans. J'ai trouvé ça un petit peu fort, M. le Président. On peut penser au phénomène des gangs de rue...
M. Boulerice: M. le Président, M. le Président...
Le Président: M. le leader adjoint du gouvernement, sur une question de règlement?
M. Boulerice: Sur une question de règlement. M. le Président, je comprends que le député de Kamouraska-Témiscouata est un jeune parlementaire mais, par contre, je pense qu'il a vécu dans l'entourage de ce Parlement. Il sait fort bien, M. le Président, qu'on ne peut prêter des intentions à un ministre. Personne dans ce Parlement, et lui-même, ne fait de la publicité sociétale, histoire de se donner bonne conscience, etc.
Alors, je vous demanderais, M. le Président, de l'inviter à beaucoup plus de prudence dans ses propos. Depuis le début, il...
Le Président: Alors, je considère, M. le leader adjoint du gouvernement, que le député de Kamouraska-Témiscouata était dans son droit jusqu'à maintenant et n'avait pas prêté d'intentions. C'est un fait, il peut exprimer son désaccord; vous pouvez être, de votre côté, d'accord avec le geste qui pouvait être posé par un de vos collègues. Je crois que c'est une question d'appréciation, à ce moment-ci.
M. Béchard: Merci, M. le Président.
Le Président: M. le leader adjoint du gouvernement, je ne veux pas qu'on fasse une polémique inutile autour de ça.
M. Boulerice: M. le Président, avec tout le respect que j'ai pour vous, je pense que j'étais effectivement dans mon droit. Il prête des intentions quant aux gestes que le ministre pose en termes de soutien économique, parce que la publicité est un apport économique à ce journal itinéraire que je connais beaucoup mieux que lui puisqu'il est fait par les gens de ma circonscription.
Le Président: M. le député d'Argenteuil, sur la question de règlement.
M. Beaudet: M. le Président, je pense que le leader adjoint est celui qui prête des intentions au ministre actuellement. Le député de Kamouraska-Témiscouata n'a prêté aucune intention au ministre, et c'est le leader adjoint qui prête des intentions. Il dit que c'est pour un soutien économique. On n'a jamais parlé de soutien économique. Il a juste mentionné qu'il supportait, par des annonces dans le pamphlet, une entreprise. C'est le leader adjoint qui prête des intentions, M. le Président. Alors, qu'il se corrige lui-même. Qu'il ne parle pas de ce que le député de Témiscouata peut mentionner.
Le Président: M. le député de Kamouraska-Témiscouata.
M. Béchard: Merci, M. le Président. On va revenir à d'autres éléments si celui-là semble soulever une polémique. On peut parler de tous les phénomènes de taxage dont on entend parler dans les écoles. Ça, ce n'est pas juste en ville, M. le Président. Ce n'est pas juste en ville, c'est aussi dans mon comté. Que fait le ministre là-dessus? Je ne l'ai jamais entendu parler de ça. C'est un phénomène qui touche les jeunes, qui est dangereux. On ne l'a jamais entendu parler.
On peut penser au suicide chez les jeunes, à l'exode des jeunes des régions. On peut penser à l'appauvrissement des jeunes en général qui est provoqué, en partie, par les politiques du gouvernement actuel. On peut parler des travailleurs autonomes. On peut parler de décrochage scolaire. Je voyais un article, là, où c'est encore à 39 %, 40 %.
Qu'est-ce qu'ils font là-dessus, M. le Président? On dirait qu'il n'y a rien. C'est la théorie du «bof»: Bof! ce n'est pas grave. Bof! ça va passer. Bof! ça devait être la faute de l'ancien gouvernement. Bof! c'est peut-être la faute du fédéral. Mais on n'entend pas de solutions concrètes à ça.
Quand on parle d'exclusion, tous se souviennent du sommet socioéconomique de l'année passée. Qu'est-ce qu'il a fallu que les jeunes fassent pour y aller? Il a fallu qu'ils créent un sommet parallèle. On ne les avait même pas invités, M. le Président. On ne leur fait pas de place au gouvernement, puis on ne leur fait même pas de place à l'extérieur. Il a fallu qu'ils fassent un sommet parallèle pour réussir à avoir un siège au sommet socioéconomique. Qu'on ne vienne pas se vanter que c'est une priorité pour ce gouvernement-là, les jeunes.
La grande question qu'il faut se poser, c'est: Quelle image, quel signal on envoie aux jeunes, M. le Président, quand on pose des actes comme ça? Qu'est-ce que les jeunes perçoivent de la performance de ce gouvernement-là? Il semble définitivement que les jeunes se sentent abandonnés, se sentent délaissés. C'est certain qu'on peut me traiter de négatif j'ai élaboré des faits qui ne plaisent pas au gouvernement mais ce sont des faits et c'est la réalité. On va me traiter de négatif. On va dire que je sors juste les points noirs et que je n'ai pas de solutions, et même que je radote.
C'est vrai, les gens vont dire ça. Mais, pourquoi on est obligé de le faire? Parce que ces gens-là, M. le Président, ça fait trois ans qu'ils n'ont absolument rien fait pour les jeunes. C'est normal que ça fasse trois ans qu'on soulève les mêmes problèmes, ils ne font rien pour les régler. C'est absolument normal, M. le Président, qu'on fasse ça.
C'est absolument normal et, si ça continue comme ça, je suis certain que dans un an, juste avant les élections, on va être obligé de refaire le même genre de motion parce que, encore une fois, il n'y aura rien eu de fait pour les jeunes. Encore une fois, on aura augmenté le fardeau fiscal imposé aux jeunes. Encore une fois, on retarde leur insertion dans la société québécoise. Bien oui, et on va le refaire s'il faut le faire. Mais ce qu'on veut, c'est des solutions.
Je vais juste vous donner un petit aperçu de ce que c'est, M. le Président, un gouvernement pour lequel les jeunes sont une priorité. Ah! puis ils vont être heureux, on va retourner en arrière. On va retourner aux années du gouvernement libéral. Souvenez-vous. Souvenez-vous, M. le Président, de la création de la Société d'Investissement Jeunesse. Souvenez-vous de la création du Conseil permanent de la jeunesse qui visait à donner une voix aux jeunes, à leur permettre de prendre une place.
Souvenez-vous de l'augmentation, année après année, des crédits voués aux programmes jeunesse, de 1985 à 1994, une augmentation tangible de l'aide qu'on a donnée aux jeunes. C'est ça, un gouvernement qui a comme priorité les jeunes.
Souvenez-vous de la mise en place d'une mesure d'investissement jeunesse en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine pour contrer l'exode des jeunes. Ça, là, on va juste l'expliquer et peut-être que ça va donner des idées et ils vont peut-être avoir le goût de continuer. C'est un programme où les jeunes entrepreneurs, en plus de profiter des programmes en place, ceux qui étaient originaires de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine et qui voulaient retourner chez eux avaient une aide particulière pour favoriser ce retour-là en région, M. le Président.
On peut penser à la tournée et au train de mesures pour les jeunes mis en place au printemps 1994. Ça, ça a eu pour résultat concret, M. le Président, de créer des emplois chez les jeunes et de faire diminuer le chômage chez les jeunes. C'est ça que ça a eu pour effet. Les gens se demandent: Comment ça, en neuf mois, en 1994? Et ça, on le dit, nous, parce qu'on en est fiers, mais il y a aussi des gens du Devoir et d'autres quotidiens et de revues spécialisées qui l'ont dit: Ça a été la meilleure année de création d'emplois au cours des 20 dernières. En 1994, pendant neuf mois, 77 000 jobs, M. le Président.
Ça, ça diminue le chômage chez les jeunes, ça favorise l'insertion des jeunes. Il n'y a personne qui applaudit, mais c'est la réalité. C'est ça, travailler pour les jeunes.
(10 h 30)
On a annoncé 50 000 places de stage, M. le Président, en campagne électorale, pour favoriser l'acquisition d'expérience chez les jeunes, pour les aider à trouver ce premier emploi qui est si important et si difficile à trouver; 50 000 stages, une façon concrète d'aider les jeunes. On ne peut pas dire qu'ils ont repris cet engagement électoral à leur compte, ils n'ont rien fait à ce niveau-là. Encore une fois, ce sont les gens qui le disent, des gens extérieurs au Parti libéral du Québec. Ce sont des gens qui ne sont pas impliqués en politique. Ce sont des gens qui constatent la réalité, M. le Président.
Moi, j'aimerais beaucoup que le ministre responsable de la jeunesse nous prouve que, pour lui, la jeunesse est au centre de ses priorités. J'aimerais beaucoup, parce que, pour nous, ça l'est. Pour le chef de l'opposition, ça l'est. Pour moi, ça l'est. Ça l'est pour l'ensemble des membres de notre groupe parlementaire. Et un des gestes concrets...
En tout cas, si jamais on peut proposer des idées puis qui feraient en sorte qu'il passerait peut-être un peu plus de temps sur le dossier jeunes qu'un quart d'heure par jour, j'aimerais ça, M. le Président, qu'il demande à ses fonctionnaires de le mettre au courant de ce qui se passait au niveau des jeunes, de toutes les idées qui étaient sorties, pour en prendre là-dedans.
Moi, je propose un geste bien simple, qui n'est pas une panacée puis qui n'est pas une fin en soi. Mais il pourrait facilement, M. le Président, déposer ou proposer à l'Assemblée nationale d'adopter une déclaration sur les jeunes, une espèce de charte des droits et responsabilités des jeunes, pour voir sur quelle base l'action de ce gouvernement-là... sur quoi il se base pour agir. Donc, on aimerait ça, si c'est possible, qu'il le fasse. On le propose. Qu'il en dépose une, puis je suis certain que, si ça a du sens, l'ensemble des parlementaires de mon groupe seraient d'accord avec ça, et ça nous montrerait qu'il donne une priorité aux jeunes. Mais ce n'est pas une fin en soi.
Il pourrait continuer et proposer une politique jeunesse, une politique qui permettrait de ramener les jeunes au centre des préoccupations de l'appareil gouvernemental, qui permettrait de passer du discours à l'action, qui pourrait inclure, par exemple, un groupe-conseil qui agit rapidement sur des interventions particulières quand il y a des crises chez les jeunes, dans tout ce qui les concerne. Ça pourrait être là-dedans.
Il pourrait y avoir même une clause, M. le Président, dans les mémoires qui sont déposés au Conseil des ministres pour savoir c'est quoi, l'impact de cette politique-là chez les jeunes. Est-ce que c'est bon? Est-ce que ce n'est pas bon? Est-ce que ça a un impact? Est-ce que ça n'en a pas? Ce n'est pas des gestes qui coûtent des millions, M. le Président, mais c'est des gestes concrets.
En tout cas, j'espère, M. le Président, s'il y a un souhait qu'on peut se faire, à tous, en tant que jeunes, et même en tant que société, c'est de voir le ministre cesser de baisser les bras, cesser de faire bof!, puis de passer à l'action pour les jeunes puis pour le Québec. Merci, M. le Président.
Le Président: Alors, M. le ministre de l'Immigration et des Relations avec les citoyens.
M. André Boisclair
M. Boisclair: M. le Président, j'ai écouté avec attention les propos du député de Kamouraska-Témiscouata. Je suis heureux, d'abord, qu'il nous fournisse cette occasion de faire le point par la motion qu'il présente à l'Assemblée nationale. Je prends bonne note que ces propos nous viennent d'un député à qui le chef de l'opposition n'a pas encore cru bon de confier de responsabilités particulières. Je prends aussi bonne note que ces discussions se font en l'absence du chef de l'opposition lui-même...
Une voix: Wo! Wo!
Le Président: Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures, M. le ministre, et vous savez que ce qui est interdit au député de Kamouraska-Témiscouata vous l'est également.
M. Boisclair: Non, je remarque, M. le Président, qu'à plusieurs reprises le chef de l'opposition s'est indigné de voir que ce soit un ministre autre que le premier ministre qui ait le dossier jeunesse, lui-même se vantant de confier temps et énergie au dossier jeunesse, et je remarque, M. le Président, qu'il n'est pas encore intervenu sur la motion et que...
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Boisclair: M. le Président, peut-être cela viendra-t-il. Mais je remarque à ce moment-ci qu'il n'est pas encore intervenu. Sans doute est-il retenu par des occupations importantes qui l'empêchent d'être parmi nous, et je comprends que le chef de l'opposition est bien...
Le Président: Vous savez, M. le ministre, qu'on ne peut pas signaler l'absence ou la présence d'un collègue à l'Assemblée, parce que, à ce moment-là, c'est prêter des motifs et c'est interdit par le règlement. Même si on peut faire toutes les nuances pour excuser l'absence, le fait est qu'on ne peut pas faire ce genre d'intervention là. Vous le savez très bien, vous avez de l'expérience. Je vous demande de vous en tenir sur le fond des choses.
M. Boisclair: M. le Président, je note cependant que le député de Kamouraska-Témiscouata, qui n'a pas encore un dossier particulier sur lequel travailler, a décidé de faire du dossier jeunesse, semble-t-il, une priorité. J'espère qu'il saura convaincre le chef de l'opposition de lui confier un dossier, de lui montrer jusqu'à quel point les jeunes parlementaires en cette Assemblée peuvent jouer un rôle important.
Et la seule chose qui m'inquiète, c'est que, après avoir entendu les arguments et propos du député de Kamouraska-Témiscouata, je ne suis pas convaincu qu'il va lui passer le dossier jeunesse parce que, à l'évidence, ce n'est pas de la façon dont il l'a fait et par la démonstration qu'il nous a présentée qu'il a réussi à faire avancer les choses.
M. le Président, ce que je voudrais d'abord dire, c'est dénoncer un peu cette attitude qui consiste à vouloir traiter les jeunes de façon particulière, comme si les jeunes étaient des citoyens à part, comme si les jeunes réclamaient une politique qui se distingue des grands enjeux gouvernementaux, comme si les jeunes Québécois et Québécoises n'étaient pas des Québécois confrontés à l'ensemble des défis qui animent la société québécoise, de rappeler, comme le député de Kamouraska-Témiscouata l'indiquait tout à l'heure, que, finalement, les jeunes, dans son livre à lui, seraient uniquement des citoyens qui devraient pouvoir compter et être intéressés par des enjeux qui les touchent spécifiquement, alors que, au contraire, s'il y a bien quelque chose que huit ans de vie parlementaire m'ont appris, c'est que les jeunes, bien sûr, vivent des défis particuliers, mais les jeunes sont conviés aux mêmes grands rendez-vous que l'ensemble des Québécois et des Québécoises.
Et, lorsque nous parlons de lutte au déficit, lorsque nous proposons de revenir à une certaine équité sur la question des finances publiques, lorsque nous parlons de développement local et régional, lorsque nous donnons les outils pour en arriver à une véritable politique active du marché du travail, lorsque mon collègue de la Santé propose concrètement des politiques pour revoir le réseau de la santé, les jeunes ne sont pas exclus de ces politiques.
Bien au contraire, M. le Président, si nous agissons de façon parfois dure, nous l'admettons, si nous agissons et sommes confrontés à des choix difficiles, c'est bien parce que nous sommes soucieux de ne pas pelleter les problèmes par devant, mais bien parce que nous souhaitons faire en sorte que le discours de la solidarité entre les générations, que le discours de la responsabilité à l'endroit de la jeune génération en soit un qui s'illustre par autre chose que par des mots.
Et, si nous avions une façon de caractériser l'action gouvernementale, si nous avions un objectif qui pourrait résumer l'engagement du gouvernement, c'est bien celui de redonner l'espoir à l'ensemble des Québécois et des Québécoises à l'endroit de l'action gouvernementale, leur faire la démonstration que l'État n'est pas obligé d'être un boulet qu'ils traînent à leur pied, mais que l'État peut être un outil utile au progrès du peuple québécois et de ses institutions et que, à cet égard, les jeunes en seront les premiers bénéficiaires.
Donc, j'invite le député de Kamouraska-Témiscouata à ne pas voir les jeunes de façon particulière, à réclamer uniquement des petites mesurettes qui, à droite et à gauche, pourraient faire en sorte que le gouvernement pourrait illustrer et montrer patte blanche et indiquer soudainement que nous avons une politique jeunesse faite de mesures comme celles que le député de Kamouraska-Témiscouata indique, avec une clause au Conseil des ministres, dans les mémoires qui sont présentés au Conseil des ministres sur l'impact sur les jeunes.
Je pense que, s'il y a des jeunes qui, aujourd'hui, nous écoutent à la télévision, ils souhaitent bien davantage pouvoir participer au développement, souhaitent être capables de participer pleinement, à la mesure de leurs ambitions, au devenir de la société québécoise, et c'est à ce défi que nous devons nous attaquer et c'est à ce défi que, déjà, le gouvernement, dans bien des secteurs d'activité, agit à l'heure actuelle.
M. le Président, je pourrais, ici, aligner une série de chiffres. Je pourrais placer le député devant ses propres contradictions et, cependant, je ne ferais d'aucune façon, je pense, progresser le débat. Je me permettrai cependant d'évoquer un certain nombre de gestes concrets posés par ce gouvernement, qui illustrent que les jeunes, bien sûr, sont des citoyens à part entière mais qu'ils sont confrontés à des besoins particuliers et que, sur ces besoins particuliers, le gouvernement a agi et le gouvernement continuera d'agir.
Essentiellement, ce que le gouvernement cherche à faire, c'est d'adapter ses services aux besoins des jeunes, aux problématiques particulières qu'ils vivent et, à cet égard, je pense que, concrètement, nous pouvons rapporter progrès.
(10 h 40)
Je pense particulièrement à la mise sur pied des 75 carrefours jeunesse-emploi, qui est cette nouvelle institution apparue dans le paysage social, dans le paysage économique du Québec, qui permet à des jeunes d'avoir accès à des services de très grande qualité. Alors que ceux-ci étaient auparavant ballottés d'un organisme à un autre, d'un organisme tant communautaire qu'un organisme du secteur privé qu'un organisme gouvernemental, nous avons proposé aux jeunes Québécois et Québécoises... Et cela s'est fait dans l'enthousiasme.
D'ailleurs, dans un si grand enthousiasme, M. le Président, que les députés de l'opposition ont été les premiers aussi à réclamer la mise sur pied de ces carrefours jeunesse-emploi.
Donc, nous avons avec cet outil été capables je le pense sincèrement et modestement de répondre à un besoin essentiel, de faire en sorte qu'il y ait une porte d'entrée pour tous les jeunes, toutes catégories confondues, qu'il soit un jeune gradué, qu'il soit un jeune aux études qui a besoin d'un placement pour un emploi d'été, un jeune qui est à la sécurité du revenu ou à l'assurance-chômage, qu'ils puissent obtenir des ressources hautement compétentes, des ressources spécialisées pour répondre aux besoins des jeunes.
Je pourrais rappeler, M. le Président et ce sera peut-être douloureux pour le député de Kamouraska-Témiscouata le succès qu'a connu le plan Paillé et l'appui...
Le Président: M. le ministre.
M. Boisclair: M. le Président, je comprends qu'effectivement il y a, dans certains cas, des taux de faillite qui peuvent apparaître élevés. Mais est-ce que, ici, on va cracher... Est-ce que les députés qui sont devant moi soudainement se mettent à cracher sur 35 000 emplois au Québec? Le silence est revenu assez rapidement.
Alors, est-ce que je peux rappeler que, si ça n'avait pas été de cet effort particulier où on a dit à un moment donné: Ces jeunes qui ont de bonnes idées, qui ont un potentiel, à qui font parfois défaut un certain nombre de capitaux pour pouvoir partir leur entreprise, on a décidé de leur donner un coup de pouce, de prendre des risques dans certains cas. Toutefois, pour être sûrs que les choses se fassent avec le plus de sérieux possible, ceux qui ont pris la responsabilité de gérer ce risque et de l'étudier, ce sont des institutions financières.
Est-ce que ce n'est pas ça, offrir des services adaptés à des jeunes? Est-ce que, chaque fois qu'une initiative nouvelle va apparaître à l'Assemblée nationale, les libéraux, l'opposition officielle, vont adopter le comportement qu'ils viennent de manifester? Qui sont-ils devant nous? Ce programme aurait créé 5 000 emplois, 10 000 emplois, nous devrions nous en réjouir. On nous demande d'être originaux. On nous demande d'innover. On nous demande de proposer de nouvelles mesures. Nous l'avons fait avec le plan Paillé, et les libéraux sont les premiers à nous dénoncer.
Le député de Kamouraska-Témiscouata, qui était conseiller du chef de l'opposition, à l'heure actuelle devrait avoir honte et devrait se rappeler que son chef, dont il vante les louanges à l'heure actuelle, s'est opposé à la mise sur pied du plan Paillé. Trente-cinq mille emplois n'auraient pas été créés si ça n'avait pas été du plan Paillé. Que le député de Kamouraska-Témiscouata aille faire le tour de sa circonscription, ou je l'invite à venir dans la mienne rencontrer des entrepreneurs qui ont bénéficié du plan Paillé et qui sont très heureux de ces initiatives.
Les 125 députés de l'Assemblée nationale ont dans leur comté des entreprises qui aujourd'hui fonctionnent, créent de l'emploi grâce au plan Paillé. Est-ce que vous avez le courage de venir vous promener avec moi puis dire que c'était une mauvaise initiative? Franchement, M. le Président, décevant, décevant comme première intervention du député de Kamouraska-Témiscouata!
M. le Président, la perfection n'est pas de ce monde, mais au moins reconnaissons qu'il y a des gens qui essaient de faire des choses et qui essaient d'innover. Et, s'il y a des difficultés avec certains programmes, soit, faut-il les rajuster, mais n'allons pas, comme ça, tasser du revers de la main ce qui est des succès réels pour des jeunes et n'allons pas mettre à l'écart toute forme de nouvelles initiatives. Parce que c'est avec un comportement défaitiste comme celui de l'opposition qu'un gouvernement va peut-être se questionner sur sa volonté d'innover et sur sa capacité d'innover.
Si, chaque fois que le gouvernement propose quelque chose de nouveau, de neuf, qui donne un appui concret aux jeunes, vous vous levez pour dénoncer ce genre d'initiative parce que ce n'est pas parfait, parce que ce n'est pas selon les normes, je vais vous dire que ça ne nous incitera pas à le faire, puis ça ne sera pas un appui que je réclame de la part de l'opposition pour aller plus loin dans la réflexion. Ce n'est pas ce genre de chose qui va nous aider concrètement et qui va aider le député de Kamouraska-Témiscouata qui, comme moi, je le pense honnêtement, a une préoccupation. Ce n'est pas ce genre de comportement qui va nous aider.
Je pourrais aussi faire état d'autres mesures, du gel des frais de scolarité. Je pourrais faire état de bien d'autres mesures qui ont été prises par le gouvernement. Mais là ne serait pas mon propos, M. le Président. Ce sur quoi je voudrais mettre l'attention, c'est sur une situation bien réelle de pauvreté. Le député a rappelé qu'effectivement les jeunes, au cours des 10 dernières années, ont été confrontés à des défis particuliers.
Je rappelle que depuis la récession les jeunes ont perdu 138 000 emplois et qu'il nous faudrait créer donc ce nombre d'emplois pour retrouver le niveau d'emplois qu'ils occupaient avant la récession. Ces 138 000 emplois, c'est quelque chose d'exigeant: c'est à l'heure actuelle cinq ans de création d'emplois à temps plein pour le Québec.
Comment arrivons-nous et comment pouvons-nous faire en sorte de véritablement opérer ce rattrapage? Ce n'est pas uniquement une politique jeunesse qui nous permettra de le faire. Et je pense que, s'il y a des axes sur lesquels il nous faut jouer, c'est d'abord celui de la qualité de l'éducation, d'une bonne formation de base que nous devons offrir à l'ensemble des Québécois et des Québécoises. Et, à ce chapitre, la ministre de l'Éducation, avec laquelle je collabore à plusieurs reprises, a proposé des pistes très concrètes.
Il faut faire en sorte, M. le Président, d'offrir à des jeunes non seulement une bonne formation de base, mais une formation qui est qualifiante. C'est pour ça que de nouvelles places ont été créées pour des stages, c'est pour ça que les gens, au Sommet socioéconomique, se sont tous mobilisés et que nous avons invité nos partenaires à agir et à s'engager concrètement.
Je pense qu'il faut aussi faire en sorte de donner accès à des jeunes aux différents réseaux, qui sont ceux tant de la fonction publique que des réseaux qui sont à l'extérieur de la fonction publique. Je suis heureux de rapporter qu'au moment où on se parle 9 000 jeunes sont entrés dans la fonction publique. Essentiellement comment? Parce que nous avons pu proposer un programme innovateur de mises à la retraite. Donc, 9 000 jeunes sont maintenant dans la fonction publique; ils n'y étaient pas avant ces mises à la retraite.
Et 15 000 personnes qui étaient essentiellement sur des postes à temps partiel, qui avaient des postes à statut précaire, sont maintenant sur des postes à temps plein; la grande majorité de ces personnes sont des jeunes.
Donc, ce que nous proposons aux Québécois et aux Québécoises et ce que nous proposons aux jeunes, ce n'est pas uniquement une politique jeunesse, je dirais que c'est un gouvernement jeunesse, gouvernement jeunesse qui a décidé de s'attaquer à ces deux grands leviers: celui de l'éducation, celui de la formation, et celui du soutien à l'emploi. Ces deux mesures seront déterminantes. Ce sont ces deux mesures sur lesquelles nous pourrons agir pour l'avenir et avec un préjugé favorable, qui est celui du développement local.
S'il y a une chose que les jeunes de partout à travers le Québec réclament avec force et vigueur, c'est d'être capables de pouvoir agir dans leur milieu, c'est d'être capables de mettre à profit leur expertise, d'être capables de mettre au profit du développement de leur région des ressources qui sont présentes dans leur région.
Concrètement, comment traduisons-nous cette ambition? C'est en donnant aux milieux de vie, aux communautés, des outils dont ils ont besoin. Concrètement, ça s'appelle la mise sur pied d'un centre local de développement, ça s'appelle une politique active du marché du travail qui est adaptée à la réalité des régions.
Donc, M. le Président, au lieu de faire une liste et d'essayer de dresser des bilans, comme le député de Kamouraska-Témiscouata essaie de le faire, je l'invite plutôt à s'inscrire dans des grands débats qui ont cours à l'heure actuelle au Québec. C'est en pouvant agir sur ces débats que nous serons capables, je pense, lui et moi, de faire avancer la cause des jeunes. Je pense que c'est de cette façon que nous pourrons redonner espoir à une bonne
partie de nos compatriotes qui, aujourd'hui, légitimement, se posent des questions. Mais c'est en participant aux grands débats qui animent le Québec moderne que nous pourrons faire avancer le dossier des jeunes. Ce n'est certainement pas en voulant faire un débat à part sur uniquement la situation des jeunes, comme s'ils étaient des citoyens à part, que nous serons capables de faire progresser les choses.
Ce qu'il faut, c'est adapter les services, pas uniquement une politique jeunesse qui traiterait des éléments bien pointus, mais faire en sorte que les préoccupations de ma collègue de l'Emploi et de la Solidarité, avec sa politique active du marché du travail, répondent aux réalités, que les gens de l'éducation et d'ailleurs puissent agir sur ces réalités concrètes.
(10 h 50)
Donc, en somme, M. le Président, proposons une vision et un débat politiques où les jeunes sont inclus dans tous les débats de l'heure. C'est de cette façon que je pense que le député de Kamouraska-Témiscouata réussira à faire quelque chose de plus utile que ce à quoi nous avons assisté ce matin. Je vous remercie.
Des voix: Bravo!
Le Président: M. le député d'Orford, maintenant.
M. Robert Benoit
M. Benoit: Oui, M. le Président. On pourrait peut-être lire la motion parce que j'ai l'impression que le ministre a été complètement à côté de la track tout au long du discours qu'il vient de faire. Il nous a parlé d'à peu près tout, sauf de la motion. Et je voudrais la lire pour les gens qui nous écoutent, pour les jeunes qui nous écoutent ici, aujourd'hui. Alors, la motion qui a été déposée par le jeune député de Kamouraska et je vais parler de lui tantôt, parce que c'est un modèle chez les jeunes au Québec:
Que l'Assemblée nationale déplore l'absence de politique gouvernementale on a pu voir, on l'écoutait, le ministre; c'était une salade aux fruits comme je n'ai jamais entendu l'absence de politique du gouvernement du Parti québécois visant à éliminer l'exclusion et la diminution à diminuer le fossé économique je vais parler surtout de l'aspect économique, moi et social qui se creuse entre les jeunes et les autres générations, M. le Président.
Je vais d'abord dire qui est ce député qu'on a entendu. Il vient de gagner une campagne électorale. Ce n'est pas un faiseux, ce n'est pas un pelleteux de nuages; c'est un fils d'agriculteur dans son comté, un gars qui a été élevé sur la ferme et qui, un bon jour, est allé étudier, oui, au séminaire de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, et qui, après, a fait l'Université Laval, et qui, après, a été conseiller de deux premiers ministres, M. Bourassa et M. Johnson très bon conseiller de ces deux premiers ministres.
Parce que, contrairement au PQ en ce moment, le dossier des jeunes, le dossier par excellence des jeunes a toujours, du temps que nous avons été au gouvernement, été la responsabilité d'un premier ministre. Pas d'un ministre occulte qu'on ne sait pas trop... qui s'occupe de tout et de rien, M. le Président une autre salade aux fruits. Au bureau du premier ministre, M. Bourassa avait la responsabilité des dossiers des jeunes, et M. Johnson aussi avait la responsabilité, dans l'ensemble de l'opération gouvernementale, du dossier des jeunes, et celui qui était le conseiller de M.
Bourassa, c'était ce député que vous venez d'entendre.
Par la suite, il a quitté parce que, oui, au Parti libéral, on a pas mal de gens qui viennent du milieu des affaires, et on s'en réjouit d'ailleurs parce qu'on est capable de tenir le discours des gens d'affaires et comprendre les gens d'affaires. Alors, il est allé dans le milieu des affaires. Non seulement il a connu les opérations gouvernementales, mais il a connu les opérations d'affaires. Il est maintenant un député. Il a été élu.
Et il faut se le dire, il faut le rappeler au PQ: dans une terre canadienne-française, catholique, dans le Bas-du-Fleuve, il a été élu avec 4 000 voix de majorité ces gens-là l'oublient un jeune Canadien français. S'il n'y a pas d'insatisfaction chez les jeunes, il y a quelque chose qu'ils ont compris là-bas. Eux autres, ils ont compris qu'on en aurait un, jeune, qui va parler au nom des jeunes du Québec, qui va les défendre et qui les comprend en plus.
Et il est le premier, d'ailleurs, à parler d'exclusion. Le discours du Parti libéral vient de très loin, où on a toujours pensé que les jeunes faisaient à part entière
partie de la société, à part entière
partie de la société québécoise et canadienne. Et je me souviens d'un nombre incroyable de congrès des jeunes. On en avait un encore en fin de semaine à Drummondville, où nous avons parlé de démocratie. Je me souviens de celui de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, je me souviens de celui de Montréal, de celui de l'Université Laval, de celui de l'Université de Sherbrooke. À tous ces congrès jeunes, toujours, les jeunes ont été mis au centre de l'action politique du Québec, non seulement au centre, mais
partie prenante de l'ensemble des décisions de la société québécoise. Et, pour s'assurer que ça soit le cas, ça relevait du bureau du premier ministre, non pas en quelque part dans l'appareil gouvernemental avec un paquet d'autres affaires.
M. le Président, quand j'entends le ministre nous dire que c'est une priorité de l'État québécois, les jeunes, je m'excuse. Il y avait un sommet socioéconomique à Montréal. Tout le monde et son père y ont été invités. Il y avait assez de monde dans cette salle-là, ils ont été obligés de remonter l'air conditionné tellement il faisait chaud. Ils en avaient oublié une gang, M. le Président. Savez-vous laquelle? Savez-vous quelle gang ils avaient oubliée, M. le Président? Les jeunes.
Ils ont été obligés de se tenir un sommet socioéconomique en parallèle, à la pluie battante, avec les pancartes, dans le milieu de la rue René-Lévesque. Oui, on les avait oubliés, les jeunes, M. le Président. Puis, à un moment donné, le PQ a dit: Wo! Aïe! on a oublié un gros morceau, là. Aïe! c'est toute une priorité; on les a oubliés dans le plus grand sommet qui n'avait jamais été organisé à part de Bélanger-Campeau.
Alors, là, ils ont essayé de récupérer. On les connaît, nos amis les péquistes, la récupération. Ils ont essayé de récupérer à un moment donné puis d'organiser une autre patente. Il était trop tard, le mal était fait. Les jeunes n'étaient pas au Sommet socioéconomique et ils en voudront au PQ jusqu'à la prochaine élection. Et comptez sur nous autres pour leur rappeler qu'ils ont été exclus du Sommet socioéconomique, M. le Président.
Quand on me dit qu'on fait des efforts de l'autre bord, j'espère qu'on fait des efforts, parce que, au-delà du débat très partisan qu'on a à faire, nous, de l'opposition, et eux, du gouvernement, M. le Président, il y a dans le comté du premier ministre ce matin 21,8 % des jeunes qui ne travaillent pas. C'est du jamais vu. Et je peux vous citer en-têtes après en-têtes de journal. Le chômage atteint le cap de 20 % chez les moins de 30 ans, une première dans la région , M. le Président. Le Soleil . Une première dans la région, M. le Président, moins de 20 % des jeunes qui ne travaillent pas.
Moi aussi, j'ai des jeunes, et c'est dramatique. Moi aussi, j'ai des voisins qui ont des jeunes. Moi aussi, j'ai des frères et soeurs, beaux-frères, belles-soeurs qui ont des jeunes et qui ont de la misère à se trouver des emplois. Et soyez assurés qu'on ne se réjouit pas, de ce côté de la Chambre, loin de là. On offre notre collaboration. À chaque fois que le gouvernement voudra notre collaboration pour aider à faire avancer les jeunes, pour les inviter dans des sommets socioéconomiques pour que le dossier repose à partir du bureau du premier ministre, on sera là pour les supporter, M. le Président.
Mais, quand on voudra les exclure dans les grands sommets, là on va parler. Soyez-en assurés. Les jeunes nous envoient des signaux, particulièrement dans la région de Québec, et j'espère que vous êtes sensibles à ces signaux-là.
Notre député nous a dit qu'il a fait du porte-à-porte. J'ai fait du porte-à-porte avec lui. Notre chef est après en faire aujourd'hui, du porte-à-porte, à l'Université de Montréal et dans la région de Trois-Rivières chez les jeunes avec sept députés qui sont sur le terrain dans les universités. Oui, M. le Président, nous sommes après rencontrer les jeunes un par un sur leur terrain.
Nous sommes après leur dire ce que vous n'avez pas fait et ce que le programme du Parti libéral propose pour la prochaine élection, ce que, nous, on fera pour les jeunes, comment on les intégrera dans la société et comment la richesse collective sera répartie à l'ensemble de la société québécoise. Merci, M. le Président.
Le Président: M. le député de Johnson.
M. Claude Boucher
M. Boucher: M. le Président, je suis toujours heureux d'intervenir en cette Chambre, surtout après que mon collègue de l'Estrie, le député d'Orford, eut pris la parole. C'est une personne, comme vous avez pu le constater, M. le Président, qui parle beaucoup, parle rapidement et dénonce beaucoup de choses. Il oublie fondamentalement ce que son gouvernement a fait et qui est à la racine justement des maux que nous connaissons actuellement.
Ce débat-là, M. le Président, nous pourrions nous en passer, puisque c'est un débat qui nous situe hors du réel. La motion telle qu'elle nous est présentée nous arrive de nulle part et ne va évidemment nulle part. Mais la vérité ayant ses droits et le parlementarisme ses règles, nous allons répondre à l'opposition évidemment de bien des façons, mais nous allons répondre maintenant particulièrement aux propos de notre député.
La pire des exclusions, M. le Président, vous le savez très bien, c'est celle de l'emploi. On peut se sentir exclu dans la société parce qu'on est d'une autre couleur, on peut se sentir exclu parce qu'on n'a pas la condition physique pour faire du sport, on peut se sentir exclu parce qu'on a des difficultés de langage, mais la pire des exclusions, celle qui exclut le plus les gens, et particulièrement les jeunes, c'est l'emploi. Une exclusion due à l'emploi a des racines, et la principale racine de l'exclusion due à l'emploi, c'est évidemment le lourd déficit que nous ont laissé les libéraux et la dette qui est énorme, le déficit maintenant que nous devons combattre.
Je ne connais pas d'entreprise ou d'individu, M. le Président, dans mon comté ou partout au Québec qui peut avoir des projets, qui peut avoir des plans de développement quand elle est étouffée par la dette. Toute entreprise, avant de pouvoir créer des emplois, avant de pouvoir se développer, doit commencer par rétablir sa situation financière. Mais les libéraux, eux, ont oublié cette condition préalable et ils nous ont laissé dans une situation extraordinaire sur le plan financier.
Ce que nous allons faire maintenant, M. le Président, ce que nous avons commencé à faire depuis trois ans, c'est de rétablir la santé financière du Québec, c'est de faire en sorte que cette condition préalable au développement économique, nous puissions la rencontrer dans les plus brefs délais.
(11 heures)
Le déficit que nous ont laissé les gens qui nous parlent ce matin et qu'ils tentent d'oublier désespérément a plus que doublé pendant leur dernière année de pouvoir, la dette, c'est-à-dire. Et le déficit, quant à lui, à leur dernière année, a triplé. Le gouvernement du Parti libéral a laissé...
On le rappelle souvent ici, en Chambre, et je pense qu'ils n'aiment pas qu'on le leur rappelle, ils n'aiment pas ça, mais c'est fondamental puisque c'est la première cause de ce qui nous arrive actuellement et des difficultés que nous rencontrons, ils nous ont laissé un déficit qui n'aurait jamais été atteint par aucun des gouvernements qui nous a précédés, un déficit de 5 700 000 000 $.
Le gouvernement libéral, auquel appartient maintenant le jeune député de Kamouraska-Témiscouata, est un gouvernement qui a raté systématiquement ses objectifs financiers par une moyenne de 1 000 000 000 $ par année pendant la dernière année de pouvoir.
Voilà pourquoi le gouvernement s'est attaqué à régler ce problème. Je le disais tout à l'heure, la dette a explosé, et, pire, ce gouvernement qui nous fait la leçon sur des mesures qu'il aimerait que nous adoptions pour réintégrer les jeunes à l'emploi a perdu, dans les dernières années de pouvoir, le contrôle complet de ses dépenses. Alors, vous comprendrez, M. le Président, pourquoi les propos qu'ils nous tiennent ce matin sont des propos qui ne sont pas tellement crédibles.
Le gouvernement du Parti québécois, dès qu'il a pris le pouvoir, s'est donné comme objectif de rétablir la santé financière du Québec, première condition pour créer des emplois puis se donner des projets d'avenir. Nous avons même adopté une loi, M. le Président, une loi antidéficit. Savez-vous pourquoi nous l'avons fait? Nous ne l'avons pas fait parce que nous n'avions pas, nous, l'intention de le faire, et nous voulions nous encadrer, comme souvent il faut le faire, s'encadrer, mais nous l'avons fait au cas où, un jour, peut-être, ce qui n'est pas prévisible évidemment, les libéraux reprennent le pouvoir.
Comme ils ne sont pas crédibles et comme ils sont dangereux lorsqu'ils gèrent les fonds publics, nous avons établi une loi qui oblige le gouvernement à réduire son déficit. L'année passée, nous avons atteint l'objectif que nous nous étions fixés, de 3 200 000 000 $ en 1996-1997; 2 200 000 000 $ cette année, le ministre des Finances, notre collègue, nous a assurés que nous allions atteindre cet objectif financier; 1 200 000 000 $ en 1998-1999.
Vous savez, M. le Président, que, lorsque nous aurons cessé d'emprunter pour les dépenses courantes, et ce sera le cas quand nous aurons atteint le 1 200 000 000 $ de déficit, nous dégagerons même un surplus que nous pourrons consacrer à des investissements productifs pour l'économie.
Nous avons réduit nos dépenses gouvernementales systématiquement depuis 1976 et, pour la première fois en 25 ans, le gouvernement du Québec a réduit ses dépenses de plus de 1 000 000 000 $. En 1997, les dépenses de programmes gouvernementaux ont été réduites par rapport à l'année précédente. C'est une première dans l'histoire moderne du Québec. En 1996, nous avons réduit le déficit de 700 000 000 $, sans hausser les impôts et les taxes.
Je pourrais continuer à aligner ces chiffres-là qui évidemment déplaisent à l'opposition mais qui sont tellement réels et qui font en sorte que nous pouvons maintenant garantir le progrès du Québec. Évidemment, tout ce que nous avons fait s'est fait dans un contexte où nous pouvons maintenant assurer l'emploi. Et l'emploi, c'est fondamental, vous le savez, pour la réintégration des jeunes.
Les départs volontaires à la retraite, vous connaissez notre programme, M. le Président, ont fait en sorte que plus de 24 000 Québécoises et Québécois vont améliorer leur situation de l'emploi, dont 13 500 qui vont obtenir un emploi régulier. Savez-vous, M. le Président, et notre collègue ministre l'a évoqué tout à l'heure, que 9 000 enseignants et enseignantes, surtout des jeunes d'ailleurs, vont accéder pour la première fois au réseau de l'éducation du Québec? Tous les gens, tous les professeurs, toutes les personnes que nous rencontrons actuellement dans le réseau de l'éducation nous disent qu'il y a un souffle de jeunesse dans le réseau de l'éducation.
Moi, j'ai deux jeunes, M. le Président, qui se destinent à l'enseignement et, quand ils sont entrés à l'université ou au cégep pour aller vers cette profession, j'étais un peu inquiet. J'étais un peu inquiet parce que je me disais: Les libéraux nous ont laissés dans un telle situation économique qu'on ne sera plus capable d'assurer des emplois pour ces jeunes; la population enseignante vieillissant, mes jeunes n'auront pas d'emploi dans un domaine qu'ils chérissent.
Mais voilà maintenant que ces jeunes, dont l'une est à l'université actuellement, vont sûrement, avec ce Programme de départs volontaires, obtenir un emploi en sortant de l'université. Un autre de mes fils qui est au cégep, lui aussi maintenant a repris espoir. Je les vois maintenant plus dynamiques dans leurs études et plus heureux pour poursuivre cette profession-là parce qu'ils ont la certitude qu'ils vont pouvoir avoir un emploi.
Cette semaine, nous fêtons la Semaine de la citoyenneté. Notre collègue ministre, d'ailleurs, qui a pris la parole tout à l'heure, est ministre responsable de cet événement. J'ai rencontré, au cours de la semaine, une jeune femme originaire du Mali qui se cherche un emploi depuis trois ans en éducation, qui a les permis du ministère de l'Éducation, qui a la formation, une femme qui est toute disposée à consacrer ses énergies et ses talents au service du Québec. Elle n'avait pas réussi à obtenir un emploi jusqu'à maintenant.
M. le Président, grâce au programme gouvernemental de départs à la retraite, cette jeune femme va pouvoir entrer sur le marché du travail. Voilà un exemple parmi des centaines où même les immigrants qui arrivent au Québec peuvent obtenir des emplois dans l'enseignement, par exemple, à cause de notre Programme de départs volontaires.
Je vais vous raconter aussi, M. le Président, une expérience que j'ai vécue dans mon comté d'une jeune femme qui se cherche un emploi dans le domaine de la santé depuis des années. Cette jeune femme travaillait dans une entreprise très connue dans ma région, la région de Valcourt. Elle avait une dette d'étudiant qui était importante, elle arrivait difficilement à rencontrer ses responsabilités financières et même qu'elle allait être mise à pied par la compagnie pour laquelle elle travaillait. Temporairement, bien sûr, mais mise à pied. Des salaires, évidemment, qui ne sont pas très élevés.
Cette jeune femme vivait donc une situation financière dramatique. Et voilà qu'elle m'a appelé la semaine passée. Elle m'a appelé pour me dire: M. Boucher, imaginez-vous, j'ai pu rentrer dans le cadre de ma profession, ce que j'aimais faire dans la vie, j'ai pu rentrer au service du Centre universitaire de santé de l'Estrie. Elle a pu entrer, M. le Président, pourquoi? Parce que, avec les départs à la retraite volontaires, il y a beaucoup d'emplois qui se sont créés dans le secteur de la santé, et cette jeune femme là a pu obtenir un emploi.
Alors, voilà des exemples, et nous pourrions les multiplier. Et probablement que l'opposition libérale pourrait le faire, puisqu'ils ont, dans leurs bureaux de comté, des gens qui viennent leur dire: Eh bien, vous savez, vous pouvez fermer mon dossier, n'est-ce pas, parce que je me suis trouvé un emploi dans l'enseignement, parce que je me suis trouvé un emploi dans le réseau de la santé ou je me suis créé un emploi grâce au plan Paillé.
Tout à l'heure, le député de Kamouraska-Témiscouata décriait le plan Paillé, et notre collègue ministre a rétabli les faits en disant: Bien, écoutez, comment peut-on lever le nez sur 35 000 emplois? Trente-cinq mille emplois, je trouve que notre ministre a été prudent, puisque les chiffres que nous avons, c'est 55 000 emplois que le plan Paillé a créés et 10 500 entreprises et des investissements de plusieurs millions. Alors, je ne comprends pas comment l'opposition peut décrier ce genre d'objectif là. Combien de jeunes dans mon comté, dans la région de l'Estrie, ont pu trouver des emplois grâce au plan Paillé?
Alors, comment l'opposition libérale, maintenant, peut-elle mettre de l'avant une motion qui décrit une situation qui est irréelle? Ce que le gouvernement fait, c'est clairement axé sur la création d'emplois et l'inclusion des jeunes sur le marché du travail.
Les employés à pourboire. Combien de jeunes femmes et de jeunes hommes qui travaillent dans la restauration sont soumis à des conditions effroyables? Vous le savez, sans conditions de travail, payés sous la table, comme on dit, travail au noir, sans assurance-emploi, sans protection au niveau de la santé et de la sécurité au travail. Tous ces jeunes, maintenant, grâce à l'initiative de ce gouvernement un projet de loi sera déposé bientôt, vous le savez, M. le Président vont pouvoir bénéficier de conditions de travail qui sont maintenant adéquates.
C'est pour les jeunes qu'on fait ça et c'est pour favoriser leur intégration complète. Quand on n'a pas d'assurance-emploi, quand on est payé au noir, quand on a des petits salaires, quand on est sans protection, comment peut-on se sentir inclus dans une société? Voilà une mesure que le gouvernement va prendre bientôt et qui va être favorable à l'inclusion des jeunes.
(11 h 10)
Nous avons mis au service des jeunes 100 000 000 $ pour leur intégration à l'emploi cette année. Nous avons réduit la semaine de travail, M. le Président, mesure favorable au partage du travail. Le partage du travail favorise l'inclusion des jeunes sur le marché du travail. Nous avons augmenté le salaire minimum de 13 % sur deux ans. Il n'y a aucun corps d'emploi au Québec qui a eu une augmentation semblable, 13 %. C'est extraordinaire, donc, cette mesure qui fait en sorte que les employés les moins bien rémunérés de la société sont ceux qui ont eu la progression salariale la plus importante.
C'est juste et raisonnable qu'il en soit ainsi. Mais voici une mesure dont oublie de parler l'opposition et qui est très favorable à l'inclusion des jeunes.
Les investissements privés, M. le Président, au Québec, et étrangers, particulièrement. La dernière année de pouvoir du gouvernement libéral, 500 000 000 $ d'investissements étrangers. Cette année, notre collègue ministre des Finances nous annonce qu'il y aura probablement plus de 5 000 000 000 $ d'investissements, M. le Président. 5 000 000 000 $ d'investissements étrangers en 1997, c'est 10 fois plus que les investissements étrangers sous le régime libéral, la dernière année de pouvoir des libéraux.
Dans notre seule région... Et je vois que mon collègue de Richmond est présent, certainement qu'il applaudira quand j'en parlerai.
Dans son comté, un investissement, le plus gros investissement industriel au Québec et je suis certain qu'il fait attention de ne pas se réjouir devant nous, de ne pas sourire, de ne pas applaudir, même 700 000 000 $ d'investissements dans la région d'Asbestos, et ça, un investissement direct, 720 000 000 $, création de 350 emplois directs et, si on multiplie par quatre, M. le Président, on s'imagine tous les emplois indirects qui seront créés, en aval comme en amont de ce projet-là, tous les emplois indirects qui seront créés grâce à cet investissement-là. C'est cette année, ça. C'est maintenant.
La construction de cette entreprise-là, si tout va bien, va commencer en avril.
Autre projet important et je parle juste de ma région, parce que je sais que tous mes collègues de l'Assemblée nationale, ici, y compris les collègues de l'opposition, pourraient en nommer, des projets, en nommer partout, des projets autre projet dans la région de Lac-Mégantic, plus de 120 000 000 $ d'investissements par l'entreprise Tafisa Canada, des investissements étrangers et productifs, qui vont créer plus de 100 emplois directs. Dans ce secteur de Lac-Mégantic, d'ailleurs, dans cette région, il n'y a pas de chômage. C'est une région dynamique, extraordinairement axée sur le développement.
Tous les jeunes de cette région-là, maintenant, peuvent trouver des emplois. Les gens me disaient, la semaine passée, quand nous avons annoncé des investissements pour la liaison ferroviaire: Mais on va être obligés d'importer des employés d'ailleurs. On va être obligés d'importer des employés parce qu'il n'y en a plus dans la région qui sont capables de rencontrer nos besoins en termes d'emplois.
Autre projet, M. le Président, à Sherbrooke, nous avons annoncé récemment l'entreprise Newman Aluminium, qui va créer plusieurs emplois en haute technologie. Nous pourrions en parler dans la région de Valcourt, là où on a perdu des emplois. Actuellement, nous avons un projet pour un véhicule à quatre roues, un VTT tout à fait exceptionnel, et nous allons reprendre les employés qui ont quitté, grâce à ce projet-là qui se fait chez nous. M. le Président, nous pourrions aligner pendant longtemps les projets et les réalisations positives de notre gouvernement.
Je vais laisser la chance à mon autre collègue de prendre la parole, mais je vais terminer en vous disant ceci: Je trouve ça extraordinaire de voir le député d'Orford et aussi, devant moi, le député de Richmond partager l'opinion de l'opposition que le gouvernement ne remplit pas ses obligations par rapport à l'inclusion des jeunes.
Mais vous devriez les voir, M. le Président, ces députés, lorsqu'ils vont inaugurer un carrefour jeunesse, sourire aux lèvres, poser dans le journal régional La Tribune , et, deux fois plutôt qu'une, M. le Président poser, deux fois plutôt qu'une en se réjouissant de la mise en place, dans leur comté, d'un carrefour jeunesse-emploi, que le député de Kamouraska a décrié tout à l'heure.
Alors, j'aimerais que ces personnes-là se parlent et, si elles sont en désaccord avec cette initiative du gouvernement, bien, qu'elles cessent de se promener dans les médias pour s'en réjouir. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Brouillet): Je vous remercie, M. le député de Johnson. Je vais maintenant céder la parole à M. le député de... un blanc de mémoire...
M. Vallières: Richmond.
Le Vice-Président (M. Brouillet): ...Richmond. Excusez. Très bien. M. le député de Richmond.
M. Yvon Vallières
M. Vallières: Merci, M. le Président. D'abord, vous me permettrez de vous indiquer que c'est avec grand plaisir que je viens joindre ma voix à mes autres collègues pour supporter la motion qui est présentée par le nouveau député de Kamouraska-Témiscouata et qui, à sa face même, M. le Président, témoigne de l'intérêt que nous avons de ce côté-ci de la Chambre de nous assurer, par les moyens dont nous disposons comme opposition, que le gouvernement du Parti québécois assume pleinement ses responsabilités et, dans ce cas-ci en particulier, à l'endroit d'une situation qui existe malheureusement dans trop de régions au Québec, soit l'exode des jeunes.
Il s'agit, M. le Président, d'avoir participé, comme je l'ai fait personnellement dans le comté de Kamouraska-Témiscouata, à quelques élections, qu'elles soient partielles ou autre, pour se rendre compte qu'on s'adresse là à une problématique réelle dans le milieu. Cette problématique, elle est tellement réelle que, si ce n'était le fait que le gouvernement est actuellement confronté à pareille motion, probablement que, si on prenait les députés du gouvernement un par un derrière le trône, ils témoigneraient eux-mêmes du contexte qu'ils vivent dans leur région, d'exode de la population et, dans certaines régions ou sous-régions, d'exode de notre jeunesse.
C'est sûr que c'est triste, M. le Président, et ça peut amener des collègues ministériels à réagir comme l'a fait le député de Johnson tantôt, en voulant, plutôt que de regarder l'action de son gouvernement, blâmer celle des autres qui étaient là précédemment. En autant que je suis concerné, M. le Président, il y a eu un jugement, là, il y a des élections générales et c'est le gouvernement en place qui est là et qui se doit de mettre en place des mesures qui visent à corriger certaines situations.
Je veux simplement rappeler, M. le Président, que même le premier ministre actuel, quand il est arrivé en poste, il y a de ça un peu plus d'un an maintenant, un an et demi, lui-même faisait le constat que le gouvernement qu'il venait de remplacer littéralement n'avait pas joué son rôle pleinement dans le domaine du développement régional. Il faisait ça dans la région de Rivière-du-Loup, de passage. Il indiquait que le gouvernement avait beaucoup parlé de développement régional, mais qu'il n'avait pas fait grand-chose, qu'il n'y avait pas eu d'action concrète.
Force nous est, M. le Président, de constater, un an et demi après cette déclaration du premier ministre lui-même, que le contexte n'a pas changé. Il y a bien par-ci, par-là des petites affaires qui sont faites à droite et à gauche et on voit souvent les commissionnaires que sont les secrétaires régionaux nous faire des annonces à droite et ou à gauche. Mais est-ce qu'on peut profiter d'un plan réel d'action, quelque chose de planifié, intervention musclée, pour s'assurer qu'il n'y a pas d'exode de nos jeunes à l'intérieur des régions? On est obligé de répondre dans la négative, M. le Président.
J'attirais moi-même l'attention du gouvernement en mars dernier en m'adressant au premier ministre lui-même, en cette Chambre, vis-à-vis l'exode des jeunes, vis-à-vis le contexte du chômage extraordinaire qui sévit dans plusieurs régions. Je mentionnais à ce moment-là au premier ministre, dans sa propre région, un taux de chômage de 26 % chez les 15-24 ans. Que nous répondait à ce moment-là le premier ministre du Québec en cette Chambre, le 27 mars dernier? Il nous disait: «J'ai dit que mon gouvernement travaillait activement à l'élaboration d'une politique concrète de régionalisation.
Nous sommes en train de mettre la dernière main à un livre blanc qui sera rendu public justement prochainement.»
M. le Président, il y a bien eu livre blanc de rendu public, mais là encore, après les paroles de papier, le ministre responsable du Développement des régions, comme solution concrète à l'exode des jeunes en région, nous a lancé des documents, des livres blancs, des périodes de tournées d'information. Plus récemment, on nous a parlé du guide d'implantation des CLD, centres locaux de développement, qui devraient être, selon le ministre responsable du Développement des régions, la solution à tous les problèmes de chômage qu'on connaît en région, à l'exode des jeunes qu'on connaît en région.
Et je lisais encore plus récemment, ce matin, M. le Président, dans le feuilleton de ce matin de nos travaux à venir, la création d'un ministère des régions.
(11 h 20)
C'est sûr, M. le Président, qu'il faut qu'il y ait des symboles quelque part pour essayer de montrer que ce gouvernement, à l'intérieur de ce mandat, aura au moins réussi à adopter une politique, même s'il ne l'a pas appliquée. C'est là qu'on est rendu.
On est rendu au point où ce gouvernement a tellement tardé à mettre en place des politiques réelles, des solutions réelles pour le développement des régions et pour éviter l'exode de nos jeunes en région, qu'il va maintenant bulldozer une réforme, parce qu'à la mi-janvier, là, on va exiger des municipalités régionales de comté qu'elles demandent une accréditation de centre local de développement.
Et tout ça, M. le Président, cette volonté du gouvernement d'agir rapidement, est dû au fait que, s'il ne le fait pas maintenant, à la fin du présent mandat, on sera en mesure de dire qu'il n'a accouché de rien, qu'il n'a rien mis sur la table véritablement pour défendre les intérêts et surtout sauvegarder l'avenir de notre jeunesse dans nos régions.
J'en prends à témoin, M. le Président, une publication récente, de septembre 1997, dans le journal La Tribune de chez nous où on nous indiquait...
Malgré les discours qui peuvent être faits de l'autre côté, il y a des gens qui nous disaient... et je cite quelqu'un de bien connu dans notre région, qui n'est pas nécessairement un allié politique, qui nous dit: «Ça sert à quoi de mettre sur pied des politiques de la famille si on n'est pas capable de garder nos enfants ici?» Le maire de Coaticook, André Langevin, se disait, dans cet article, préoccupé par le phénomène de l'exode des jeunes qui vide littéralement certaines municipalités de grandes forces vives en les privant d'individus qui sont souvent très bien formés.
Comment ne pas s'inquiéter face à pareilles déclarations? Des gens comme Daniel Pitre, que je pourrais signaler également, qui se préoccupe énormément, dans la région d'Asbestos, du maintien des jeunes, de Nathalie Desrochers, d'André Langevin, de Mme Renée Hallé, dans la même région. Il n'y a pas que l'opposition libérale qui se préoccupe de l'avenir puis de l'exode des jeunes dans les régions. Et malgré les discours des ténors d'en face, moi, je crois beaucoup plus en l'intervention des gens du milieu qui sont aux prises avec des problèmes majeurs d'exode, de chômage également.
On pourrait multiplier les articles de journaux. Il y en a à profusion dans toutes les régions du Québec, des gens qui se plaignent de cette situation, et ce, face, il faut bien l'avouer, à l'inaction du gouvernement.
Évidemment, M. le Président, nos amis d'en face peuvent bien signaler des projets d'investissement à droite et à gauche. Il y en a eu un important dans mon milieu, récemment annoncé, un projet de 720 000 000 $, par Noranda, soit l'implantation de Magnola Asbestos. Oui, je peux témoigner de ma grande satisfaction de l'implantation d'un pareil projet dans notre milieu.
Faut-il, par ailleurs, rappeler au député de Johnson, qui le mentionnait tantôt, que les véritables artisans de la venue de ce projet dans le comté de Richmond, Asbestos en particulier, ce n'est pas le gouvernement du Québec, ce sont les gens du milieu qui ont tout mis en oeuvre pour attirer chez nous Magnola. Ce sont des gens comme Bernard Coulombe, d'Asbestos, à qui je veux rendre un hommage particulier.
C'est à lui qu'on doit ça, à lui et à d'autres comme André Bachand, qui était à ce moment-là maire d'Asbestos il est devenu député fédéral dans le comté de Richmond-Arthabaska comme Michael Avedesian également, un dirigeant de cette entreprise qui a cru dans la possibilité de notre milieu de relever le défi d'un investissement de 720 000 000 $ chez nous.
Oui, M. le Président, je m'en réjouis, mais je n'ai pas de félicitations à faire au Parti québécois ou au gouvernement du Québec, qui est là par le biais de la Société générale de financement. Oui, et tant mieux! Faut-il rappeler que la Société générale de financement était une créature du Parti libéral du Québec, d'un gouvernement libéral? Alors, oui, je m'en réjouis, je me réjouis de cet investissement, mais n'empêche qu'une population comme Asbestos, qui, dans la seule mine de JM Asbestos, comptait 2 200 travailleurs en 1982, est passée à 700. C'est de la récupération d'emplois que nous faisons présentement.
Tant mieux si elle se fait, mais restent encore de nombreux emplois à créer pour se donner une structure industrielle davantage diversifiée et moins tributaire de notre richesse naturelle première qui est l'amiante et, éventuellement, le magnésium. Le travail n'est pas terminé; au contraire, il se continue.
Et, M. le Président, vous me permettrez, puisque je ne disposais que de sept minutes, de vous indiquer que toutes les études qui sont actuellement préparées par des gens qui ne sont pas présents en cette Chambre, qui sont très objectives, témoignent du fait que le gouvernement actuel est en panne sèche de moyens pour stimuler l'économie locale et régionale.
Globalement, quand on regarde la façon dont ce gouvernement performe par rapport à l'économie canadienne en général, c'est une vraie catastrophe. On ne crée pas au Québec suffisamment d'emplois. On est à quelque
part comme 3,8 %, 4 % de l'ensemble des emplois qui ont été créés, au Québec, depuis la venue du nouveau premier ministre, M. Bouchard, en cette Chambre, 3,8 % à 4 % des emplois créés, sur l'ensemble du territoire québécois, alors qu'on a 25 % de la population. C'est une donnée qui n'est pas compliquée à comprendre, et, chaque fois qu'on a l'occasion de lire des statistiques, on constate que le Québec traîne de la patte par rapport à l'ensemble des autres provinces canadiennes, plus particulièrement de l'Ontario qui est souvent notre point de comparaison.
Et quand on fouille un peu plus et là, je rejoins la motion du député de Kamouraska-Témiscouata c'est toujours la strate des jeunes 15-24 ans qui est le plus en problème. Encore au cours du mois d'octobre, les dernières statistiques révélées nous indiquent que chez les 15-24 ans les pertes d'emplois se font sentir plus durement, on compte 5 100 postes de moins en octobre de la présente année qu'en octobre 1996.
Si on continue, M. le Président, chez les jeunes le chômage est encore en hausse, particulièrement chez les hommes; ceux-ci voient leur taux de chômage augmenter de deux points de pourcentage, 21,8 %, alors que les femmes enregistrent une baisse de 1,4 % pour se situer à 16,1 %. Il y a des taux de chômage dans certaines régions qui sont catastrophiques.
Permettez-moi de revenir à la charge pour revendiquer auprès du gouvernement l'obligation qu'il a de fournir un véritable plan d'attaque face à ce fléau qu'est l'exode des jeunes de nos régions. M. le Président, je visitais récemment des cégeps, j'étais entre autres dans le cégep de Drummondville. Et qu'est-ce qu'on me disait dans le cégep de Drummondville comme mesures qu'a prises ce gouvernement pour réussir à atténuer ce qui se passe au niveau de l'exode de nos jeunes?
Bien, croyez-le ou non, une des solutions qui a été mise de l'avant, et qui met en péril le programme de formation continue au cégep de Drummondville... les compressions budgétaires de ce gouvernement imposées par la ministre de l'Éducation font en sorte que le poste de responsable pour la prospection d'entreprises qui reçoivent en stage des étudiants qui vont se préparer, faut-il le mentionner, à aller sur le marché de l'emploi, qui souvent, quand ils font leur stage, viennent déjà à bout de se dénicher un emploi pour quand ils auront terminé leurs études on compromet ce programme-là dans le cégep de Drummondville; on le compromet et largement.
Alors, cette personne-là n'existe plus, elle n'est plus en poste pour faire la prospection d'entreprises.
On avait récemment le même problème dans le cégep de Victoriaville où, avec l'entreprise Cascades, on a demandé de l'argent au cégep pour être capable de former des enseignants en entreprise afin que ce qu'ils donnent aux étudiants corresponde le plus possible aux besoins de l'entreprise qui, elle, après ça, est prête à engager ces jeunes-là, les garder dans nos régions, en faire des gens qui vont contribuer à notre économie, à notre développement social, économique. Bien non, M. le Président. On n'est pas capable de trouver les 17 000 $ dont on a besoin, à cause des coupures du gouvernement, une fois de plus.
Donc, on n'est pas capable d'ajuster les besoins de l'entreprise et des jeunes aux besoins réels du marché du travail à cause de décisions qui viennent de ce gouvernement.
Alors, comment, M. le Président, ne pas venir témoigner ce matin de la nécessité d'accoucher d'un véritable plan d'action qui va garder nos jeunes en région et, plus globalement, va garder la population dans les régions, va permettre aux régions de croître et de se développer économiquement, socialement et de façon communautaire également? Je vous remercie, M. le Président, du court temps qui m'a été accordé. J'aurai certainement l'occasion de revenir à satiété sur le sujet, à moins que le gouvernement n'intervienne rapidement pour corriger le contexte que nous décrions ce matin avec vigueur. Merci.
Le Vice-Président (M. Brouillet): Je vous remercie, M. le député de Richmond. Je vais céder la parole à M. le député de Berthier. M. le député, il reste à votre groupe parlementaire 17 minutes.
M. Gilles Baril
M. Baril (Berthier): Merci, M. le Président. Il me fait plaisir d'intervenir sur cette motion et il me fait plaisir aujourd'hui, puisque c'est une motion qui interpelle le gouvernement et la société sur une question qui est constamment d'actualité, qui est la question des jeunes... Mais ce n'est pas une question où j'interviens une fois par semaine ou une fois par mois ou une fois par année tout comme certains députés d'en face parce que, bon, aujourd'hui, c'est la question de l'ordre du jour puis là il faut parler là-dessus. Ça fait 18 ans que je suis engagé dans la cause des jeunes, M. le Président.
(11 h 30)
Je voudrais relever certains propos qui ont été soulevés par l'opposition libérale. D'abord, M. le Président, les jeunes l'ont manifesté lors de la formidable Commission des jeunes sur l'avenir du Québec, il y a 5 000 jeunes à travers le Québec qui étaient venus nous l'exprimer, ce que les jeunes veulent, en fin de compte, au Québec, ce n'est pas d'un demi-pays, c'est d'un pays complet et reconnu. Les jeunes veulent sortir du statu quo économique, social et constitutionnel dans lequel ils sont plongés depuis de multiples années. Alors, ça, c'est le premier constat, M. le Président.
Deuxième constat, c'est de reprendre un peu... Et je pense que c'est important d'expliquer puis d'aller plus en profondeur concernant les propos qui ont été soulevés particulièrement par le député de Kamouraska-Témiscouata.
D'abord, il faut comprendre que le gouvernement qui nous a précédés, dont le chef de l'opposition actuel a eu des responsabilités extrêmement importantes, pour ne pas dire colossales, dans l'ancien gouvernement de feu Robert Bourassa, avait fait du dossier jeunesse un dossier de peu d'importance et avait réussi à ériger, par toutes sortes de décisions gouvernementales, toutes sortes de barrières qui empêchaient les jeunes de retrouver leur dignité puis leur fierté puis un minimum d'espoir dans notre société.
Je vais vous donner un exemple. Il faut comprendre que l'actuel député de Laporte a plongé les jeunes dans un véritable cafouillis, quand on sait qu'il a érigé, pendant des années, alors qu'il était à la tête du ministère de la Sécurité du revenu, 123 mesures d'employabilité qui confrontaient les jeunes. Les jeunes se retrouvaient véritablement dans un livre d'Astérix au pays des fonctionnaires où ils étaient victimes d'un match de ping-pong entre une mesure puis une autre. Puis, quand ça ne faisait pas à Québec, on l'envoyait à Ottawa. C'était ça, la réalité puis la marque de commerce du gouvernement libéral qui nous a précédés.
Pour répondre à ce cafouillis, qu'est-ce qu'on a fait? On a mis en place cette extraordinaire solution. On peut la mépriser, on peut en rire, mais on se rend compte qu'elle est efficace. Même les députés libéraux, quand ça a été annoncé par Mme Jeanne Blackburn, tout le monde s'est empressé de s'approprier cette solution, et ça s'appelle les carrefours jeunesse-emploi.
Aujourd'hui, un jeune, qu'il soit de Kamouraska-Témiscouata, de Berthier, de Joliette, de Trois-Rivières ou d'ailleurs, il peut arriver dans ce centre d'accueil, ce centre d'information où il pourra trouver une solution qui répond à ses aspirations. Que ce soit sur le plan de la formation professionnelle, que ce soit sur le plan du retour au travail, que ce soit sur le plan de l'entrepreneurship, le jeune retrouve là les solutions qui lui conviennent. Donc, contrairement au cafouillis bureaucratique, nous, nous répondons non pas par des beaux discours, par des belles théories, mais par des mesures concrètes.
Je voudrais relever aussi, parce que le député de Kamouraska-Témiscouata en a parlé, la Société d'investissement-jeunesse. Il faut en parler, de la Société d'investissement-jeunesse. Ça a été institué à la Bourse de Montréal, ça ça, ça avait bien de l'incidence sur le développement de l'entrepreneurship pour les gens de Kamouraska-Témiscouata à je ne sais plus quel étage, puis ça étudiait à peu près deux, trois dossiers par année.
C'était ça, la structure que le Parti libéral avait mise en place, une structure loin du monde, cachée dans la tour de la Bourse de Montréal, qui étudiait, bon an, mal an, deux à trois dossiers par année, où la moyenne de temps pour étudier un dossier d'entrepreneurship, qui prend à peu près 48 heures dans nos carrefours jeunesse-emploi, ça prenait à peu près six mois. C'était ça, la solution de l'entrepreneurship aux jeunes du Québec à l'époque où les grands savants, les Ti-Jos-connaissant du développement économique ont gouverné le Québec pendant huit ans.
Troisième élément important. Nous, on n'a pas créé une SDI patroneuse, dépensière et gaspilleuse; 1 000 000 000 $ qui a été dépensé dans toutes sortes de petites décisions politiques au Conseil des ministre de l'époque pour favoriser les amis du régime. Nous, qu'est-ce qu'on a fait? On a mis en place le programme Paillé. Et, je m'excuse, c'est sûr qu'un programme ne peut pas être parfait à 100 %, puis on serait un menteur de dire aujourd'hui qu'un programme peut être efficace à 100 %. C'est de la fausseté de dire ça.
Mais on peut dire que le programme Paillé, par exemple, a répondu à une aspiration profonde de toutes les régions du Québec, c'est-à-dire des jeunes, de se lancer en affaires. C'est devenu une caractéristique profonde de notre développement économique de voir des jeunes partout, à 18 ans, 19 ans, 20 ans, 22 ans, se retrousser les manches, aller au bout d'un rêve ou d'une belle idée puis mettre ça en marche. Puis le gouvernement a mis, par l'entremise du programme Paillé, un extraordinaire programme de soutien pour le permettre aux jeunes.
Et ça a donné des résultats parce que, comme l'a dit le ministre tantôt, le ministre des Relations avec les citoyens, ça a créé bon an, mal an 35 000 emplois. Et, comme le dit souvent le vice-premier ministre , il y aura peut-être dans 10 ans ou dans 15 ans un futur Quebecor, un futur Softimage ou un futur Bombardier.
M. le Président, le gouvernement du Parti libéral de Robert Bourassa est surtout responsable d'avoir bloqué l'accès à la fonction publique et péripublique aux jeunes du Québec. 3,3 % des jeunes composaient l'appareil public et péripublic quand le gouvernement de Robert Bourassa a été chassé du pouvoir au Québec. C'était ça, la réalité. 3,3 % à Hydro-Québec, 3,3 % dans le secteur de l'enseignement, 3,3 % dans la fonction publique.
Que ces gens-là ne viennent pas me dire qu'ils ont mis pendant huit ans des mesures efficaces pour essayer de donner de l'air, de rajeunir ce corps institutionnel de première importance pour l'avenir de la société québécoise. Qu'est-ce que notre gouvernement du Québec a fait depuis qu'il est là? Il a pris le taureau par les cornes. Il ne s'est pas lancé dans des petites mesurettes.
Notre gouvernement a décidé de mettre en place des grands chantiers qui donnent déjà des effets: chantier de l'employabilité avec les carrefours, chantier de l'entrepreneurship, chantier des départs volontaires assistés pour permettre à des jeunes d'arriver particulièrement dans le secteur de l'enseignement dans nos écoles au Québec.
Le député de Kamouraska-Témiscouata pourra dire ce qu'il voudra, j'ai inauguré il y a un mois et demi une nouvelle école secondaire à Lavaltrie. 75 %, M. le Président, des gens qui vont y enseigner ont moins de 30 ans. C'est ça, la réalité. C'est ça, l'espoir que le gouvernement du Québec, à travers ce défi difficile d'atteindre l'objectif du déficit zéro... On a décidé de s'attaquer comme gouvernement et comme équipe responsable. Alors, aujourd'hui ces mesures-là, dans le secteur de la fonction publique et péripublique, vont permettre à des jeunes diplômés particulièrement de retrouver la dignité et la fierté et de prendre la route de l'espoir.
M. le Président, on a parlé d'éducation. S'il y a bien un secteur que le gouvernement a privilégié, c'est l'éducation. Sauf qu'on voit que dans les vieilles structures libérales, particulièrement les commissions scolaires au Québec, avec la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Mme Drouin, qui s'est employée farouchement à défendre le statu quo, on l'a vu à plusieurs reprises... On sait que, nous, on a décidé de rationaliser et de dégraisser une structure qui n'avait plus de bon sens et qui ne répondait plus nécessairement aux aspirations des jeunes élèves au Québec.
Bien, on a vu pendant des mois, de très longs mois, la présidente de la Fédération des commissions scolaires défendre ces structures, mais jamais à aucun moment elle n'a parlé des élèves. Ça, c'est une pensée qui flirte étrangement avec la pensée libérale. On se bat pour des structures parce que, bon, peut-être que la structure nous est fidèle politiquement, mais dans le fond on ne veut pas discuter des vrais enjeux.
Autre chose qui a été lancée pour les jeunes pas plus tard que lundi, avec le vice-premier ministre du Québec: Discreet Logic, 600 nouveaux emplois à Montréal. Il y a eu Ubi Soft il y a quelques mois. Montréal est en train de devenir une sorte de Silicone Valley en Amérique du Nord. Le député de Kamouraska-Témiscouata pourrait peut-être en rire, mais je pourrais peut-être lui servir de guide pour aller visiter ces entreprises pour voir que la plupart des gens qui y travaillent ont moins de 25 ans et vont gagner des salaires, bon an, mal an, entre 50 000 $ et 100 000 $ par année. C'est ça, la réalité.
On peut peut-être cracher là-dessus, mais la stratégie gouvernementale mise en place est en train de permettre à Montréal d'émerger comme étant un nouveau leader important, non seulement en Amérique, mais sur le plan planétaire, du multimédia.
Je voudrais quand même relever la chose la plus importante qui a été soulevée par les libéraux: leur intérêt pour les jeunes. La seule fois que le Parti libéral a eu quelque chose de dérangeant et de significatif pour la société québécoise, qu'il y a eu quelqu'un qui incarnait à cette époque-là, à ce moment-là, les aspirations de toute une génération, bien, on l'a chassé du Parti libéral. C'est l'actuel député de Rivière-du-Loup. Alors, que ces gens-là ne viennent pas se lever aujourd'hui pour nous faire des discours.
Ils ont chassé un des éléments les plus dynamiques et significatifs de la jeunesse politique du Québec il y a quelques années, qui incarnait les derniers relents de la pensée politique de Jean Lesage et de Georges-Émile Lapalme.
(11 h 40)
Pour terminer, M. le Président, je dirai ceci: Nous, on ne fera pas des tournées pour faire la promotion de mesurettes, mais on fera définitivement une vraie tournée, en 1998, pour parler du véritable enjeu qu'attendent les jeunes depuis des générations, du pays à bâtir, du pays à construire, celui de permettre au Québec d'adhérer au concert des nations et d'avoir, une fois pour toutes, l'égalité non pas avec la sympathique province du Nouveau-Brunswick, mais avec les autres peuples de la terre. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Brouillet): Je vous remercie, M. le député de Berthier. Il reste encore six minutes au groupe parlementaire. Je céderai la parole à M. le député de Sainte-MarieSaint-Jacques.
M. André Boulerice
M. Boulerice: Oui, M. le Président, je vous remercie. Avec votre permission, je conclurai les interventions du groupe ministériel quant à la résolution présentée par M. le député de Kamouraska-Témiscouata. M. le Président, l'honorable député libéral de Kamouraska-Témiscouata de toute façon, par ses interventions, on a vu qu'il était d'abord libéral et jeune après, c'était évident dans ses propos pensait faire en cette Assemblée une grande entrée, mais je pense qu'on dira peut-être plus tard que, finalement, sa grande entrée, il l'a faite en sortant.
M. le Président, sa résolution dit «visant à éliminer l'exclusion et à diminuer le fossé économique et social qui se creuse entre les jeunes et les autres générations». Quand on a vu l'ineffable député d'Orford dire qu'ils étaient la formation politique qui attirait le plus de gens d'affaires, je répondrai: Belle affaire, M. le Président! Ces gens d'affaires ont laissé 6 000 000 000 $ de déficit au Québec. Nous étions en train d'être la génération qui allait laisser à la suivante beaucoup moins que, nous, nous en avions reçu de la génération précédente.
Le fossé, l'écart entre les générations, c'est ce club d'hommes d'affaires oh! quelle belle affaire qu'ils semblent former et qui était au gouvernement durant neuf ans qui a laissé effectivement ce fossé se creuser.
Le député de Kamouraska-Témiscouata, M. le Président, se plaignait que le Conseil permanent de la jeunesse, etc. M. le Président, les jeunes, ce n'est pas du «placoting club» qu'ils veulent dans une tour...
M. Baril (Berthier): À la Bourse.
M. Boulerice: ...à la Bourse, comme le disait mon collègue et ami député de Berthier, c'est des mesures concrètes. Pas plus tard qu'il y a un mois, Centre d'intégration jeunesse remettait les diplômes pour un cours de formation et stages qui s'appelait «commis comptable et archiviste». C'est votre humble serviteur, M. le Président, qui avait l'honneur de remettre les diplômes. Il y en avait 10 dans la formation «commis quincailler» et il y en avait 10 dans ce qui est la formation «archiviste».
J'ai remis les diplômes, voilà, mais j'ai quand même posé la question aux personnes responsables en disant: Parfait, il y a 10 diplômes qui sont remis. C'est combien d'emplois? Sur les 10 qui avaient suivi cette formation de «commis quincaillerie», eh bien, huit avaient trouvé un emploi. J'ai dit: Les archivistes, eux? Sur les 10 qui l'avaient suivie, neuf avaient trouvé un emploi.
Alors, au lieu d'un «placoting club», moi, je préfère des mesures très concrètes, M. le Président, qui font en sorte que ces jeunes retrouvent leur dignité, trouvent un travail qui est valorisant, trouvent un travail qui est rémunérateur et se remettent dans le circuit de la vie normale de quelqu'un dans un pays.
Alors, s'il préfère une espèce de sénat jeunesse, où des gens vont placoter sur un paquet de choses, alors que ceux qui sont le long de la route attendent des choses concrètes de façon à se trouver un emploi, je le laisse à son choix de cette belle équipe oh! belle affaire de gens issus du milieu des affaires. Mais la seule affaire qu'ils ont faite, c'est effectivement de nous mettre en sorte que, nous, on n'est pas capables de faire des affaires parce qu'on est criblés et endettés à cause de leur passage durant neuf ans.
Carrefour jeunesse-emploi, M. le Président, on a inauguré celui pour le grand Plateau et Centre-Sud; deux points de services, un sur le Plateau, un pour le Centre-Sud. Quand j'ai fait l'inauguration avec mon collègue le député de Mercier et ministre d'État à la Métropole et notre collègue la députée de Hochelaga-Maisonneuve et ministre d'État de l'Emploi et de la Solidarité, au moment où on a eu terminé le lancement, etc., il y a un jeune homme, dont je ne me souviens plus du prénom, qui est venu me voir et qui a dit: Vous savez, M.
Boulerice, je n'ai pas encore trouvé d'emploi, mais le fait d'être venu ici, au carrefour jeunesse-emploi, d'avoir bénéficié de leurs conseils savoir comment faire une recherche d'emploi, comment me présenter, comment me vendre moi-même, vendre mes qualités, ce que je sais faire, ce que j'ai appris au départ j'ai énormément repris confiance en moi et je suis persuadé que je vais me trouver un travail parce qu'ils continuent de m'aider.
M. le Président, est-ce qu'il n'y avait pas plus beau témoignage que celui que ce jeune homme m'a fait? Alors, qu'est-ce qu'il souhaite, lui? Qu'est-ce qu'il souhaite, notre cher collègue qui vient malheureusement de rater son entrée? Eh bien, un sénat, un «placoting club»? Non. Ce sont des mesures comme celles-ci, ce sont des mesures effectivement comme vient d'en parler le député de Berthier, cette société informatique. Montréal est la première ville des 15 plus importantes villes nord-américaines en termes d'emplois reliés aux hautes technologies.
Et je pourrais peut-être vous parler d'une initiative du gouvernement du Parti québécois, qui a été de favoriser la création d'une école centrée sur l'infographie. On connaît le succès de Softimage? Eh bien, voilà! Elle est située à Montréal, de surcroît dans le plus beau des comtés, je le confesse avec vous, M. le Président.
Je suis allé les visiter, je suis allé voir ces jeunes qui apprenaient le métier d'infographe. Savez-vous quel est le taux de placement, M. le Président? 98 %. On se les arrache. Je préfère des mesures concrètes comme celle-ci que de restaurer un sénat où les petits amis du régime vont se retrouver, vont faire un «placoting club» patronné justement par les brillants hommes d'affaires qui nous ont mis dans le trou durant neuf ans. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Brouillet): Je vous remercie, M. le député de Sainte-MarieSaint-Jacques. Je vais maintenant céder la parole à M. le député de Kamouraska-Témiscouata pour sa réplique de 10 minutes. M. le député.
M. Claude Béchard (réplique)
M. Béchard: Merci, M. le Président. Je suis un petit peu déçu d'avoir entendu ce que j'ai entendu ce matin ici, parce que, premièrement, je me suis rendu compte d'une chose, c'est que j'avais absolument raison de présenter cette motion-là, puisqu'il ne semble pas à l'évidence que les jeunes sont au coeur des préoccupations de ces gens-là. Juste pour parler des deux dernières interventions. En ce qui a trait au député de Berthier, j'ai eu droit en direct à une de ses plus belles envolées. On se serait cru en pleine période de sondages BBM. Peut-être que ce sont de vieux trucs qu'il a gardés?
Juste pour montrer le peu de crédibilité de son intervention, le député de Berthier était l'adjoint parlementaire du premier ministre en 1995, lors des crédits, alors que le premier ministre lui-même, M. Parizeau, a annoncé la mise en place des carrefours jeunesse-emploi. Il ne s'en souvient même pas, M. le Président, il disait que c'était Mme la députée de Chicoutimi qui avait fait cette annonce-là, alors que c'est le premier ministre lui-même, duquel il était l'adjoint parlementaire.
En ce qui a trait au député de Sainte-MarieSaint-Jacques, M. le Président, c'est certain que je suis un petit peu déçu du mépris qu'il montre envers moi, envers un jeune collègue qui entre ici, en disant que ma plus belle entrée sera ma sortie. Mais ça, je veux dire, c'est son jeu. Je ne veux pas descendre à ce niveau-là. Mais je suis surtout déçu du mépris qu'il a démontré envers des jeunes qui, depuis des années, travaillent pour améliorer la situation des jeunes, de leurs jeunes collègues du Québec. C'est ça qu'il a fait. En m'insultant, il a insulté tous ces jeunes-là qui veulent se tenir debout, qui rentrent dans les structures puis qui parlent pour défendre leur génération.
Pour revenir aux autres interventions, M. le Président, et à cette motion, je suis un petit peu inquiet du discours que j'ai entendu de la part du ministre responsable de la jeunesse. J'ai bien reconnu, là, dans son discours, celui qui est venu dans mon comté pendant l'élection partielle proposer une solution concrète pour les jeunes: une piste de patins à roues alignées. C'était le même. C'est lui qui a fait ça. Je l'ai reconnu ici. Ses solutions ont à peu près la même ampleur.
Ce qu'il a proposé ce matin, ça a à peu près la même ampleur que ce qu'il est venu annoncer dans la joie et l'effervescence dans le cadre des élections partielles. Ce que les jeunes veulent, M. le Président, ils ne veulent pas uniquement qu'on s'occupe d'eux de façon particulière, ils veulent juste qu'on s'occupe d'eux en général. Ils veulent qu'on s'occupe d'eux en général, mais ce n'est pas ce que fait ce gouvernement-là, absolument pas. C'est, encore une fois, dire n'importe quoi pour tenter de cacher la vérité.
(11 h 50)