House Proceedings — 13 June 2018 (41st Legislature, 1st Session)
2018-06-13
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante-deux minutes)
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, bon mercredi. Veuillez prendre place.
Nous allons
procéder à ce qui est prévu, c'est-à-dire les déclarations de députés. Et je cède maintenant
la parole à M. le député de Laval-des-Rapides pour sa déclaration de ce
matin. M. le député, à vous la parole.
Polo : Merci, M. le Président. Avec la fin des classes
qui approche à grands pas, je tiens aujourd'hui à prendre la parole pour féliciter tous les élèves des
écoles primaires de ma circonscription pour tous les efforts soutenus au cours
des derniers mois. En tant que député,
j'ai moi-même pu être témoin de toutes leurs étonnantes réalisations, des
jeunes de Laval-des-Rapides et Pont-Viau, et je ne peux qu'être fier de
les voir s'épanouir ainsi à leur plein potentiel.
Je tiens
aussi à remercier tous les parents bénévoles et notamment les parents membres
des conseils d'établissement des écoles primaires de ma circonscription,
qui se dévouent sans relâche pour le bien-être des enfants dans leur milieu scolaire : Marcel Naud, de l'école
Marcel-Vaillancourt, Sébastien Grimard, de l'école Léon-Guilbault, Michel Côté, de
l'école Sainte-Marguerite, Nicolas Parent, de l'école Jules-Verne, Tania
Dos Santos, de l'école Coursol, Roxane
Borgès Da Silva, de l'école de l'Arc-en-Ciel, Suzanne Mathieu, de l'école
J.-J.-Joubert, Suzanne Klockars, de l'école
Saint-Gilles, Diane Hétu, de l'école Saint-Julien, Stéphanie Checroune, de
l'école Simon-Vanier et Brigitte Auclair, de l'école Eurêka.
Merci, encore une fois, pour votre dévouement.
Et bon été à toutes et à tous. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Je vous remercie, M. le député de Laval, de votre déclaration. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée de Pointe-aux-Trembles
pour sa déclaration de ce matin. Mme la députée, à vous.
Mme Léger : En cette dernière semaine de vie
parlementaire pour moi, puisque je ne solliciterai pas un nouveau mandat le 1er octobre prochain, comme vous le
savez sûrement, et que nous sommes dans les derniers jours de cette session
de printemps 2018, qui se terminera
vendredi, je veux prendre le temps, en cette période de la déclaration de
députés, afin d'exprimer mes
remerciements à tous les dirigeants des organismes, des institutions, des
entreprises et des établissements de ma
circonscription ainsi que leurs équipes. Par leur passion, leur dévouement,
leur leadership, Pointe-aux-Trembles et Montréal-Est se portent mieux.
J'ai tant de
fois utilisé ce moment des déclarations de députés pour souligner une
reconnaissance, une célébration ou un moment marquant de leur parcours
ou un événement de leur organisation que cette fois-ci c'est l'ensemble de l'oeuvre que j'aimerais souligner et leur
signifier ma reconnaissance. Merci à vous tous de faire de notre coin de pays
un endroit agréable à vivre et de
continuer à lutter tous les jours pour qu'il soit meilleur et à la hauteur des
attentes et des préoccupations des Pointeliers et des Montréalestois.
Bonne continuité!
Vice-Président (M. Gendron) : Bravo! Merci. Je cède maintenant la
parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine pour sa déclaration de ce
matin. M. le député, à vous.
M. Chevarie : M. le Président,
aujourd'hui et demain se tiennent les fameux soupers au homard de la Fondation Madeli-Aide. Les bénéfices de ces
soupers permettent de verser des bourses à des étudiants madelinots qui
doivent poursuivre leurs études à l'extérieur des Îles-de-la-Madeleine ainsi
que de soutenir la réalisation de projets visant à accroître la réussite et la
persévérance scolaires dans les écoles des Îles.
Cette année, la Fondation
Madeli-Aide souffle 20 bougies, 20 ans à soutenir les étudiants de
l'archipel dans leurs projets d'études. Je souhaite un bel anniversaire à cette
fondation, tellement importante pour notre milieu. Qu'il y ait encore de
nombreuses années à la poursuite de cette honorable mission!
Bravo et
merci aux bénévoles qui s'impliquent ardemment et à tous ceux et celles qui
soutiennent généreusement
Madeli-Aide! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci pour votre déclaration. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Lévis pour sa déclaration de ce
matin. À vous, M. le député.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. Samedi aura lieu La Grande journée des petits entrepreneurs, une
seule journée pour permettre aux jeunes de cinq à 12 ans de partout à
travers la province de vivre une expérience entrepreneuriale unique.
Louis-Philippe
Labbé a 11 ans. Il est un jeune entrepreneur de Lévis. Pour accroître
l'achalandage de sa journée, Louis-Philippe
s'est adressé à l'organisation de la Fête de l'eau de Lévis et a obtenu
l'autorisation de s'installer sur les lieux
de l'événement pour maximiser l'achalandage. Ça, c'est le sens des affaires, M.
le Président! Ils seront 17 petits entrepreneurs à se joindre à Louis-Philippe samedi.
Alors là,
vous vous demandez sûrement quelle est l'entreprise de Louis-Philippe. Ça
s'appelle Les Délices de Câlin, des
biscuits pour chiens faits maison. L'ingrédient secret : du fromage. Et
Louis-Philippe a pris le soin de faire approuver sa recette par un
vétérinaire.
Louis-Philippe
n'est pas seulement entrepreneur, il vient de terminer sa sixième année du
primaire et entrera en sport-études ski de fond au secondaire, à Lévis.
À ce jeune
homme déterminé, créatif et persévérant, qui est avec nous avec sa famille
aujourd'hui ici, au salon bleu, je souhaite un bel avenir. Nous sommes
fiers de toi.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci pour votre déclaration. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Vanier-Les Rivières pour sa
déclaration.
Huot : Merci, M. le Président. Je salue aujourd'hui le travail des
élèves de deux groupes de formation préparatoire au travail de l'école secondaire Vanier pour leur succès dans le cadre
du projet cinéma Clip de l'organisme Fusion Jeunesse.
Clip propose des initiatives qui favorisent la
persévérance scolaire en explorant l'univers cinématographique. Un groupe d'élèves guidé par Mme Sophie
Duquette a réalisé du début à la fin le court métrage intitulé Un amour
épicé , donc écriture du scénario,
découpage des scènes, tournage, interprétation, montage, etc., un processus
long et parfois difficile, qui
demande aux jeunes beaucoup de persévérance. Ce film a représenté l'école
secondaire Vanier au Gala Clip, à Montréal, le 17 mai dernier. Il a remporté le Prix du public, le prix de la
meilleure réalisation et le prix des Studios Mels. Un autre court
métrage, intitulé Musa , des élèves de l'enseignante Édith Moreau, a,
quant à lui, été présenté hors concours.
Félicitations,
donc, aux enseignantes Sophie Duquette et Édith Moreau, qui ont canalisé
l'énergie et le talent de leurs
élèves, et qui leur a permis de mériter de beaux honneurs, et félicitations en
particulier aux élèves, qui ont relevé un beau défi de persévérance et de
créativité qui leur ouvrira certainement de beaux horizons! Merci.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie. M. le député de
Rosemont, pour votre déclaration de ce matin. M. le député, à vous.
M. Lisée :
M. le Président, ce samedi
16 juin aura lieu un événement majeur dans ma circonscription, le Forum social de Rosemont, un forum de participation citoyenne
s'inscrivant dans la démarche Décider Rosemont ensemble.
Ce sera l'occasion pour les citoyens
de choisir les priorités du quartier, celles autour desquelles les citoyens,
intervenants communautaires, institutions et élus élaboreront des actions porteuses de changement social local
pour les cinq prochaines années.
Le forum est
l'aboutissement de la grande consultation citoyenne. En tout, 1 600 personnes ont été sondées
sur le Web, dans la rue ou lors de
cafés urbains. J'ai d'ailleurs pu échanger avec des citoyens
lors du café des élus, où j'ai animé une discussion très productive.
Décider
Rosemont ensemble est un processus inclusif, créatif et
rassembleur. C'est donc un rendez-vous, le 16 juin prochain. J'ai hâte d'être aux côtés des participants, lors du Forum social de Rosemont,
pour penser ensemble l'avenir de notre quartier. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie de votre déclaration,
M. le député de Rosemont. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Beauce-Nord pour sa déclaration de ce matin. À vous.
Spénard :
Merci, M. le Président. Comme c'est ma dernière minute du député, étant donné
mon retrait de la vie politique, permettez-moi de rêver un peu.
J'ai rêvé que
tous les politiciens, une fois élus, travaillaient tous dans la même direction,
soit le mieux-être global de toute la communauté québécoise, sans
partisanerie politique.
J'ai rêvé qu'au salon bleu tous et toutes
occupaient un fauteuil délimité non pas par l'appartenance à une formation politique, mais par leur champ
d'intervention propre. Imaginez, M. le Président, le ministre de la Santé assis
avec la députée de Taillon et le député de Lévis, travaillant ensemble.
J'ai rêvé que
la cote d'amour des Québécois pour leurs députés était très haute et que la confiance
envers leurs élus était inébranlable.
J'ai rêvé, et
soudain je me suis réveillé, M. le Président. J'ai fait un beau rêve, mais il
reste beaucoup de travail à accomplir pour le réaliser. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) : Même à la retraite, vous avez le droit
de poursuivre vos rêves. Alors, bravo!
Je cède
maintenant la parole à M. le député de Huntingdon pour sa déclaration de ce
matin. M. le député, à vous.
Billette : Merci beaucoup,
M. le Président. Dernière chance que j'ai de siéger avec vous. Je vais vous
souhaiter une bonne retraite.
D'abord, il
me fait plaisir de souligner aujourd'hui le travail exceptionnel du Club Optimiste
de Huntingdon et de souhaiter à tous
ses membres un excellent 45e anniversaire. J'aimerais d'abord féliciter
les membres fondateurs du club, grâce à qui tout a commencé, ainsi que
tous les membres qui se sont impliqués au fil de ces 45 ans.
Depuis 1973,
le Club Optimiste de Huntingdon joue un rôle très actif dans la communauté en
s'impliquant auprès de nos jeunes.
Depuis 45 ans, c'est plus de 800 000 $ qui a été versé aux
jeunes de la région. Jour après jour, les membres se dévouent pour nos jeunes afin de les encourager
à donner le meilleur d'eux-mêmes. Ils s'impliquent avec une énergie
incomparable et ne ménagent pas les efforts, avec près de
3 000 heures de bénévolat annuellement.
À tous les
membres du Club Optimiste de Huntingdon, je vous remercie chaleureusement pour
la qualité de votre implication et
pour votre grande générosité. Votre engagement est remarquable, et c'est une
fierté pour moi de savoir que notre communauté peut compter sur des
personnes aussi exceptionnelles que vous. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie pour votre déclaration,
M. le député de Huntingdon. Et je cède maintenant la parole à M. le
député de Sherbrooke pour sa déclaration de ce matin. M. le député, à vous.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais inviter
toutes les Québécoises et tous les Québécois
ainsi que vous et l'ensemble des collègues de l'Assemblée nationale à visiter
Sherbrooke et la magnifique région de l'Estrie pour la période des
vacances.
Vous le
savez, M. le Président, la conciliation famille-travail-études est une priorité
pour notre gouvernement, mais, en
Estrie, la conciliation vacances-famille l'est aussi. Que ce soit pour la Fête
du lac des Nations, le Festival des traditions
du monde, les fresques murales du centre-ville, le Marché de la Gare, le lac
des Nations ou encore nos magnifiques musées,
Sherbrooke est la destination estivale par excellence pour les familles, qui
peuvent y passer du temps de qualité ensemble.
À
titre de
député de Sherbrooke et de ministre de la Famille, je suis heureux de vous
inviter à venir nous voir à Sherbrooke
cet été. Vous serez charmés par la plus belle ville du Québec et par les gens,
qui la rendent aussi la plus accueillante. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : La côte King. Alors, je vous remercie,
M. le député de Sherbrooke. Et cette dernière déclaration met fin à la
rubrique des déclarations de députés.
Et les travaux sont
suspendus pour quelques instants. Les travaux sont suspendus.
(Suspension de la séance à 9 h 52)
Le Président : Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
J'ai le plaisir de souligner la présence, dans
nos tribunes, d'une délégation de parlementaires terre-neuviens-et-labradoriens dirigée par le président de la
Chambre d'assemblée de Terre-Neuve-et-Labrador, l'honorable Perry Trimper.
Ils sont ici pour célébrer, en fait, la
première rencontre de la relation bilatérale entre l'Assemblée nationale du Québec et l'Assemblée législative de
Terre-Neuve. Ça fait plus de 30 quelques années que nous espérions ce moment, et il est arrivé. Alors, encore une
fois, merci beaucoup, M. Trimper, vous avez été... Et M. Trimper, que
vous connaissez, entre autres, est parfaitement bilingue, comme
plusieurs des membres de la délégation labradorienne et terre-neuvienne.
Je souligne
aussi la présence de M. Camille Picard, qui a été député de Johnson et qui
est avec nous. M. Picard, et de M. Jean Damphousse, Jean
Damphousse qui a été député de Maskinongé. Ah! il est là-bas, voilà.
Alors, nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni de présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Permettez-moi de déposer une opinion juridique, constituée d'une
analyse et d'une conclusion, de Me
Robert De Blois concernant le rapport d'enquête de la Commissaire à l'éthique et à la déontologie déposé le 5 juin dernier relativement
au député de Brome-Missisquoi.
Le Président : Alors, ce
document est déposé. Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : Oui, M. le Président. Alors, permettez-moi de déposer en cette Chambre le rapport annuel
d'activité et de développement durable 2017‑2018 d'Investissement
Québec.
Le Président : Ce rapport est
déposé. M. le ministre de l'Énergie.
M. Moreau : M. le Président,
je dépose le rapport annuel 2017-2018 de la Régie de l'énergie.
Le Président : Le rapport est
déposé. Mme la ministre de la Culture.
Mme Montpetit : C'est avec beaucoup
de plaisir que je dépose aujourd'hui le plan stratégique 2018-2023 de l'Office québécois de la langue française et de la
Commission de toponymie, ainsi que la nouvelle politique culturelle du Québec, accompagnée par le Plan d'action
gouvernemental en culture 2018-2023 du ministère de la Culture et des
Communications.
Le Président : Ce document
est déposé. Ces documents sont déposés.
Et à Dépôt de documents, pour ma part, je dépose
copie d'une lettre, en date du 7 juin 2018, que j'ai reçue de Mme la whip en chef du gouvernement, Mme Nicole
Ménard, concernant le rapport d'enquête de la Commissaire à l'éthique et à la déontologie des membres de l'Assemblée
nationale au sujet du député de Brome-Missisquoi. Je dépose également
copie de ma réponse à cette lettre.
Je dépose le
rapport du Vérificateur général à l'Assemblée nationale pour
l'année 2018-2019, tome de juin 2018.
Je dépose le rapport d'activité 2017-2018
du Commissaire au lobbyisme.
Je dépose le rapport d'activité de l'Assemblée
nationale.
Et enfin je dépose les quatre décisions du Bureau
de l'Assemblée nationale.
Président : Oui, vous
avez un dépôt de document, madame... Ah! bien, oui, excusez-moi, Mme la ministre de la Justice, vous avez raison.
Alors, Mme la ministre de la Justice, nous allons vous écouter.
Mme Vallée : Merci,
M. le Président. Alors, j'ai le
plaisir de déposer le rapport de mise
en oeuvre du Programme de
remboursement volontaire.
Le Président : Voilà, c'est
fait. Voilà un document de déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci, M. le Président. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 114 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que l'école primaire Hochelaga est
fermée depuis 2012;
«Considérant que, d'ici 2022, 225 élèves
s'ajouteront sur le territoire et que les prévisions sont basées sur des normes
gouvernementales plus conservatrices que la réalité;
«Considérant qu'Hochelaga-Maisonneuve vit une
croissance démographique importante et que l'impact se ressent sur l'ensemble
des écoles du quartier;
«Considérant que l'école primaire Hochelaga
donne accès à des installations propices à l'épanouissement des enfants :
parc, piscine, bibliothèque et centre de la petite enfance;
«Considérant qu'après plusieurs consultations,
de nombreux acteurs, dont l'arrondissement Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, se sont
exprimés favorablement sur un projet de centre communautaire de loisirs associé
aux installations de l'école;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec :
«D'accorder les sommes nécessaires à la
commission scolaire de Montréal afin de réhabiliter l'école primaire Hochelaga;
«D'accorder
les autorisations requises à un projet de centre communautaire de loisirs
associé aux installations de l'école; et
réviser les normes gouvernementales des prévisions d'effectifs scolaires afin
de tenir compte de tous les facteurs qui les influencent.»
Et je certifie que
l'extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, M. le Président. J'aimerais profiter de l'occasion pour remercier les
parents de l'île Sainte-Thérèse et du secteur Talon qui se sont mobilisés pour
cette pétition.
je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
345 pétitionnaires, qui totalisent,
avec la précédente, 1 000 pétitionnaires. Désignation : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que les parents de l'île Sainte-Thérèse à Saint-Jean-sur-Richelieu ne peuvent
choisir l'établissement scolaire qui correspond le mieux à leur
préférence;
«Considérant
que le Règlement sur les services de garde en milieu scolaire a pour objectif
d'assurer un soutien aux familles des
élèves en offrant, notamment, un lieu adéquat à ces derniers en plus de veiller
au bien-être général des élèves qui le fréquentent;
«Considérant
que le service de garde en milieu scolaire est un incontournable dans la vie de
plusieurs familles ayant des enfants
d'âge préscolaire et primaire et que ces familles doivent concilier les
responsabilités reliées au travail et à la vie familiale;
«Considérant que la
distance parcourue entre le service de garde et la résidence nuit au bien-être
général des élèves, à la conciliation travail-famille et diminue le temps
alloué aux études;
«Considérant
que les parents d'enfants de l'île Sainte-Thérèse et des environs ont entrepris
diverses démarches pour que les
enfants soient instruits plus près de leur lieu de résidence et pour qu'un
service de garde soit établi plus près de leur lieu de résidence et que
ces démarches ont été refusées;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de prendre action afin de
donner suite à la demande des parents
des enfants de l'île Sainte-Thérèse et ainsi offrir un service de garde en
milieu scolaire sur l'île Sainte-Thérèse.»
Et je certifie que
cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Je me permets de
mentionner que je dépose cette pétition au nom de ma collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques, et je veux également souligner la
présence en tribune des représentants de la CSN, des métallos et du
SCFP-Québec.
Je dépose donc
l'extrait de cette pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
15 273 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Et les faits
invoqués sont les suivants :
«Considérant que la consigne sur les bouteilles de bière brunes
assure un taux de récupération de près de 100 %;
«Considérant que 218 millions de bouteilles de vin et de spiritueux sont vendues
chaque année au Québec;
«Considérant que le recyclage du verre avec la collecte
pêle-mêle est largement déficient et que seulement 14 % du
verre placé au recyclage est effectivement recyclé, selon le bilan 2015 de
RECYC-QUÉBEC;
«Considérant
que les contenants de verre et ce qu'ils contiennent viennent souiller le
contenu du bac de recyclage, augmenter les risques de blessure et que
leur collecte pêle-mêle complique le tri par couleur;
«Considérant
qu'une usine de fabrication de verre québécoise peine à s'approvisionner en
verre et doit en importer à des coûts
plus élevés ou diminuer la proportion de verre broyé dans ses recettes, ce qui
entraîne une hausse des émissions de gaz à effet de serre émis lors de
la production de verre;
«Considérant
que la Société des alcools du Québec est une société d'État et que les
Québécois s'attendent à ce qu'elle assume ses responsabilités sociales
et environnementales;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'instaurer une consigne sur
les bouteilles de vin et de
spiritueux et d'organiser une collecte séparée de celles-ci, le tout dans une
perspective de renforcement du système québécois de consigne du verre. Nous
demandons également de tenir une commission parlementaire pour étudier
l'enjeu du recyclage du verre.»
M. le Président, je
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. M. le député d'Arthabaska.
Lefebvre : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 39 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que de nombreux usagers ont
l'obligation d'avoir un véhicule à forte cylindrée pour assurer la sécurité de tous les usagers de la route dans le transport
d'importantes charges, telles qu'une remorque, une tente-roulotte ou autre;
«Considérant que les
coûts additionnels de l'immatriculation de forte cylindrée sont importants,
soit entre 227,69 $ et 570,94 $ annuellement, comparativement à
191,94 $ pour les autres propriétaires;
«Considérant
que les propriétaires de véhicule à forte cylindrée acquittent des frais
annuels plus élevés pour une utilisation
parfois de seulement 5 000 kilomètres, alors que d'autres
propriétaires de véhicule à petite cylindrée paient beaucoup moins, mais souvent pour une plus grande
utilisation de la route, allant jusqu'à 25 000 kilomètres, par
exemple;
«Considérant que
l'objectif de cette mesure est de réduire les émissions de gaz polluant;
«Considérant
que, si le gouvernement désire réduire les gaz à effet de serre, il gagnerait
davantage à effectuer des tests de pollution annuellement sur les
véhicules âgés de plus de 10 ans;
«Considérant
qu'un véhicule à petite cylindrée âgée pollue beaucoup plus en moyenne qu'une
forte cylindrée récente;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'abolir la surprime
d'immatriculation pour les propriétaires de véhicule à forte cylindrée;
«De fixer un seul
coût d'immatriculation pour tout véhicule privé;
«D'ajouter
un test annuel de systèmes d'échappement pour les véhicules âgés de plus de
10 ans qui servira à réduire les gaz à effet de serre.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. Et
j'ai reçu de la part de Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve
une demande... en fait, deux demandes de dépôt de pétitions qui sont non
conformes. Est-ce que j'ai un consentement pour le dépôt? Consentement.
Madame, pour les deux.
Poirier : Merci, M. le Président. Alors, cette pétition
s'ajoute à la précédente. Donc, en moins de deux semaines, c'est plus de
800 personnes, dans Hochelaga-Maisonneuve, qui se sont mobilisées.
Alors,
je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
563 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que l'école primaire Hochelaga est fermée depuis 2012;
«Considérant
que, d'ici 2022, 225 élèves s'ajouteront sur le territoire et que les
prévisions sont basées sur des normes gouvernementales plus conservatrices que
la réalité;
«Considérant qu'Hochelaga-Maisonneuve
vit une croissance démographique importante et que l'impact se ressent
sur l'ensemble des écoles du quartier;
«Considérant
que l'école primaire Hochelaga donne accès à des installations propices à
l'épanouissement des enfants : parc, piscine, bibliothèque et centre de la
petite enfance;
«Considérant qu'après plusieurs
consultations, de nombreux acteurs, dont l'arrondissement Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, se sont exprimés
favorablement sur un projet de centre communautaire de loisirs associé aux
installations de l'école;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec :
«D'accorder les sommes nécessaires
à la commission scolaire de Montréal afin de réhabiliter l'école primaire
Hochelaga;
«D'accorder les autorisations requises à un projet de centre
communautaire de loisirs associé aux installations de l'école; et
«De réviser les normes
gouvernementales de prévision d'effectifs scolaires afin de tenir compte de
tous les facteurs qui les influencent.»
je certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. Vous avez déjà le consentement
pour la deuxième, madame.
Mme Poirier :
Merci, M. le Président. Celle-ci aussi s'ajoute à celle que j'ai déposée hier
et, même chose, en quelques semaines, des centaines de personnes ont
signé.
Alors, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 285 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les mesures Services intégrés en périnatalité et pour
la petite enfance ainsi que Milieux de vie favorables — Jeunesse
du Plan d'action régional intégré de santé publique de Montréal permettent à
des milliers de familles de recevoir des services de proximité offerts
par des organismes communautaires;
«Considérant
que la révision, par la Direction de la santé publique, des paramètres de
l'indice identifiant les besoins et répartissant le financement de ces
deux mesures risque de modifier les montants alloués à chaque organisme;
«Considérant
que cette nouvelle réalité risque de causer une diminution de services directs
en périnatalité et petite enfance dans certains quartiers;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec que le financement des mesures Services
intégrés en périnatalité et pour la
petite enfance ainsi que Milieux de
vie favorables — Jeunesse
du Plan d'action régional intégré
de santé publique de Montréal soit maintenu
pour les groupes bénéficiaires actuels et que l'enveloppe globale fasse l'objet
d'une bonification pour répondre au niveau de besoins identifiés par le nouvel
indice utilisé par la Direction de la santé publique.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé. J'ai reçu, de la part de Mme la députée de Taillon, une demande de dépôt d'une pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un consentement? Consentement. Mme la
députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 6 274 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que la rémunération des médecins représente 21 % du budget de la santé et
des services sociaux, lequel constitue 38 % des dépenses de l'État québécois;
«Considérant que le revenu des médecins québécois
est supérieur de 11,5 % à celui de leurs homologues ontariens, lorsque
comparé en fonction des coûts de la vie;
«Considérant
que les médecins québécois gagnent 7,6 fois le salaire moyen des Québécois,
alors que ce rapport est de trois fois pour les médecins français et
quatre fois pour les médecins britanniques;
«Considérant
que le Québec se situe au 10e rang des provinces canadiennes pour le temps
d'attente pour rencontrer un médecin;
«Considérant
que la rémunération à l'acte amène les médecins à encourager leurs
patients à consommer plus de soins, entraîne
des coûts de gestion importants, n'incite pas les médecins à déléguer des actes
à d'autres professionnels de la santé;
«Considérant
que le droit d'incorporation accordé aux médecins en 2007 leur permet de
réduire substantiellement leur niveau d'imposition et diminue d'autant
les revenus du gouvernement;
«Considérant
que d'autres modes de rémunération sont possibles et permettent d'assurer un
meilleur accès aux services de santé pour l'ensemble de la population;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de revoir le mode de
rémunération des médecins afin de réduire la part du budget du
gouvernement consacrée à la rémunération des médecins et assurer une meilleure
accessibilité aux services de santé et sociaux.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions.
la rubrique Interventions portant sur
une violation de droit ou de privilège ou sur un fait personnel, je vous avise
que j'ai reçu ce matin du député de
Brome-Missisquoi une lettre relativement au rapport de la Commissaire à
l'éthique et à la déontologie des membres de l'Assemblée nationale dont
il a fait l'objet.
rappelle que l'intention du législateur, lorsqu'il a procédé à l'étude puis à
l'adoption du Code d'éthique et de déontologie
des membres de l'Assemblée, en 2010, était de permettre à une personne visée
par un rapport du commissaire d'être
entendue. D'ailleurs, à l'article 102 du code, on prévoit qu'une personne
visée par un rapport du commissaire, qui n'est pas député, peut demander
à être entendue en adressant un avis écrit à la présidence, qui convoque sans
délai la Commission de l'Assemblée nationale pour entendre sa déclaration.
Dans
la mesure où un député visé par un rapport de la commissaire ne peut se
présenter en Chambre et qu'il désire néanmoins
se prévaloir de son droit d'être entendu en transmettant un plaidoyer écrit à
la présidence, je considère qu'il est
de mon rôle à
titre de président de veiller à respecter les droits des
parlementaires et de lui permettre de le faire.
C'est donc dans ce cadre que je dépose la lettre du
député de Brome-Missisquoi ainsi qu'il apparaît que son état de santé ne lui
permet pas de se présenter à l'Assemblée nationale.
Je laisse le
soin aux députés d'en prendre connaissance, en vous rappelant que le député
fait savoir qu'il voudrait que les
députés lisent entre autres les pages 1 à 8 de ce rapport, en vous
rappelant que, conformément à l'article 103 du Code d'éthique et de déontologie des membres de
l'Assemblée nationale, l'Assemblée doit procéder au vote sur le rapport de la commissaire lorsque cette dernière a
recommandé l'application d'une sanction. Il s'agit d'un vote par appel nominal
au deux tiers des membres de l'Assemblée, qui aura lieu à la rubrique des votes
reportés à la prochaine séance.
Nous sommes
donc rendus... Je vous avise qu'après la période des questions et des réponses
orales sera tenu le vote reporté sur
le rapport de la Commission de l'Assemblée nationale sur les suites du mandat
d'enquête découlant de la motion présentée par le député de Groulx en
vertu des articles 324 à 327 du règlement.
Nous en
sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales. Et je cède
la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
M. Lisée :
M. le Président, nous avons avec nous, dans les tribunes, des représentants du
monde agricole de toutes les régions
du Québec. Alors, j'aimerais que le premier ministre donne de vraies réponses. Depuis deux jours, le
Parti québécois essaie de faire voter
par le gouvernement libéral des motions qui disent qu'ils vont s'opposer à
toute augmentation des quotas d'importation de lait. Il refuse. Ils ont
refusé hier, ils ont refusé avant-hier.
C'est louche,
M. le Président. Ça veut dire qu'en ce moment, malgré les
belles paroles du premier ministre et de son ministre, ils sont en train de
céder pour une troisième fois les fermes du Québec, les fermes laitières du Québec,
face aux pressions, dans ce cas-ci, des
Américains. Et on a su hier que le commerce... que le secrétaire à l'agriculture des États-Unis a révélé que, bien oui, le Canada a
déjà fait des concessions à la table des négociations sur le lait, mais
ça ne suffit pas pour M. Trump. Mais
c'est trop pour nous, c'est trop pour les agriculteurs. Déjà, les
concessions que le gouvernement
libéral a faites coûtent 30 000 $ par ferme laitière.
Pourquoi le
gouvernement refuse de dire qu'il s'opposera à toute augmentation des quotas
d'importation de lait?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Parce qu'on l'a
déjà dit à de nombreuses reprises, M. le Président. C'est la raison pour
laquelle nous répétons cela. Et je le
remercie de me permettre, devant les producteurs présents et ceux de mon comté,
qui sont mes voisins, de dire que, s'il y a une formation politique qui
a défendu avec âpreté la gestion de l'offre, c'est la nôtre.
Et je suis
content qu'on soit, j'espère, unanimes, parce que, dans d'autres formations
politiques, il y a eu des écrits qui
peuvent laisser douter que peut-être que oui, peut-être que non, sur la gestion
de l'offre. De notre côté, il n'y a aucun compromis possible. Pourquoi?
Parce que les agriculteurs, les producteurs laitiers ont déjà fait des
compromis à la faveur de l'AECG, à laquelle
le Parti québécois a consenti, d'ailleurs. Ils ont accepté, compte tenu de
l'ensemble de l'impact de l'accord,
de faire une encoche. Il y a eu une autre encoche dans le Partenariat
transpacifique, et en plus, actuellement, les prix donnés par les transformateurs aux producteurs sont en baisse,
ce qui leur cause des impacts financiers considérables.
Alors, nous, on est attachés à l'agriculture, on
est attachés à une ferme et à une agriculture de taille familiale. Comme je l'ai dit l'autre jour, une ferme où tu
vois le nom de famille sur le silo, c'est le genre de ferme qu'on veut garder
chez nous. C'est le genre d'agriculture
qu'on va garder chez nous, et on va s'opposer à tout nouveau compromis sur la
gestion de l'offre, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée : Des belles
paroles. Des belles paroles, mais qui a donné au premier ministre le mandat
d'accepter l'encoche pour l'accord
transpacifique qui va coûter 300 millions par année à nos fermes? Qui lui
a donné ce mandat-là? L'Assemblée n'a pas voté pour ça.
Nous, on vous
a soumis hier une résolution disant que l'Assemblée va s'opposer à tout nouvel
accord international qui va augmenter
les quotas de lait. Le premier ministre, et ses ministres, et ses députés
refusent de le voter. Pourquoi?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Parce que je
suis obligé de dire que l'histoire, malheureusement pour mon collègue, montre
que sa formation politique n'a pas
toujours eu le même discours. On se souvient que... sur le libre-échange
Canada-Europe, appui sans réserve du Québec alors dirigé par les
collègues de l'opposition officielle. Il y a également eu, par le chef de
l'opposition officielle, un discours au CORIM, le Conseil des relations
internationales de Montréal, et je le cite : Les négociations «entre le Canada et l'Union européenne pour conclure un
accord de libre-échange [ont lieu], et que [le] Québec pourrait accepter
un compromis.
«"On va
juger au mérite", a-t-il déclaré, en insistant sur le fait que la question
des emplois était cruciale dans cet enjeu. [...]Si on perd beaucoup
d'emplois dans le milieu laitier à cause de ça... On décidera au mérite.»
Alors, il veut donner l'apparence d'un soutien ferme
et constant...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...à la gestion de
l'offre, ses paroles donnent un tout autre message, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Les faits, les faits. Les faits, c'est que le premier ministre a fait voter par
cette Assemblée une entente qui a
coûté 200 millions par année aux fermes. Nous ne l'avons pas votée. Les
faits, c'est qu'il s'est donné le mandat de dire oui à l'accord transpacifique, qui va coûter 300 millions.
Nous ne l'avons pas voté. Et là il refuse de voter une motion pour dire
que ça suffit.
Pourquoi
est-ce que les faits ne sont pas de son côté? Pourquoi il refuse de voter une
motion qui dit : Plus aucune concession sur les importations de
lait? Pourquoi?
Le Président : S'il vous
plaît! M. le premier ministre.
Couillard : Je ne sais pas
pourquoi on dit bravo de l'autre côté, puis je pense que ça va rendre songeurs
les producteurs laitiers, compte tenu du fait que ses positions, de son
parti et de lui-même, sur la question ont été, disons, hautement variables
selon les périodes, je pense qu'on peut le dire de cette façon-là, compte tenu
du fait qu'on vient, d'ailleurs, de voter
ici même, à cette Assemblée, une motion sur les questions de commerce dans
laquelle on retrouve les mots
suivants : «[Qu'elle] réaffirme son soutien entier au maintien intégral du
système de gestion de l'offre et aux agriculteurs
qui y participent.» On est unanimes là-dessus. J'espère qu'on l'est encore,
malgré ses déclarations passées sur l'agriculture.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Alors, je m'adresse aux agriculteurs de tout le Québec qui sont ici, là, et je
m'adresse à travers vous, M. le
Président. Vous avez vu? Pas de réponse. Il ne veut pas voter une motion disant
que c'est fini, l'augmentation des quotas
d'importation. Il ne veut pas dire qui lui a donné le mandat de céder, dans le
transpacifique, pour 300 millions. Il ne veut pas le dire.
Alors, c'est
clair, dire qu'on va protéger la gestion de l'offre, c'est des belles paroles,
mais refuser de s'opposer à toute augmentation des quotas d'importation,
c'est là où vous lâchez les...
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Bien, M. le
Président, parler au CORIM de compromis nécessaires, c'était quoi? C'est bien
facile, ça. Puis c'est classique du
Parti québécois, c'est classique, ça, les grands principes d'un côté ou de
l'autre, selon qu'on est au gouvernement ou dans l'opposition.
Mais moi, je
suis content que les producteurs soient là aujourd'hui, puis je n'ai pas besoin
de m'adresser à eux ici seulement, à
l'Assemblée nationale, j'ai juste à aller sur le rang Saint-Eusèbe, près de
chez nous, parler à M. Bouchard, qui est un pionnier de l'industrie
laitière, puis il sait très bien ce que je pense de la gestion de l'offre.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Taschereau.
Maltais : On a découvert l'influence très libérale de Marc
Bibeau pendant la commission Charbonneau, et s'y est ajoutée l'influence
du toujours très libéral George Gantcheff dans le scandale de la SIQ. La Vérificatrice générale nous confirme ce matin que
Marc Bibeau et George Gantcheff sont favorisés par le gouvernement pour
les baux signés dans ses immeubles. La SQI ne faisait à peu près pas de
vérification avant de signer des contrats
avec Bibeau-Gantcheff. Pour huit contrats signés avec Bibeau, la VG évalue que
l'analyse de marché n'a été adéquate pour aucune d'entre elles, zéro en
huit. Quel dommage que la commission Charbonneau n'ait pas convoqué Marc Bibeau... le faire témoigner. Belle décision,
entre autres, de la procureure-chef de la commission, la candidate de la CAQ, Sonia LeBel. Pour Bibeau comme pour
Gantcheff, la SQI est quelqu'un qui livre des ponts d'or.
Est-ce que le
gouvernement va annuler dès maintenant les baux signés par la SQI avec Marc
Bibeau et George Gantcheff ou c'est encore un hasard qui frappe le Parti
libéral?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Arcand :
M. le Président, d'abord, premièrement, tous les faits qui sont reprochés sont
des faits qui se sont produits avant 2008, et, M. le Président, le
ménage a été fait au sein de la Société québécoise des infrastructures. Et d'ailleurs, récemment... Et je remercie la
Vérificatrice générale, qui a eu l'occasion de dire que le gouvernement s'est
doté maintenant d'une vision
immobilière, et cette vision immobilière va permettre de sauver des coûts
importants à l'ensemble des
Québécois. Certains immeubles seront un peu plus à l'est de Montréal plutôt que
d'être au centre-ville. Nous allons retourner plus souvent au marché. Le
gouvernement va vouloir être plus propriétaire que locataire maintenant parce
qu'on s'est rendu compte que c'était, dans certains cas, beaucoup plus
avantageux d'être propriétaire. Toute l'équipe de la Société québécoise des infrastructures a été changée au cours des
dernières années. Et, en fait, il y aura des nouvelles grilles d'analyse également. Et la Vérificatrice générale,
M. le Président, a eu l'occasion de saluer cette vision immobilière dans son
rapport. Je pense, M. le Président, qu'on est...
Le Président :
En terminant.
Arcand :
...tout à fait dans la bonne direction.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Il faut annuler les baux parce que les baux courent encore,
puis l'argent, il se ramasse encore dans les poches de Marc Bibeau et
George Gantcheff. C'est ça, la réalité sous le gouvernement libéral, zéro
analyse adéquate en huit pour le grand
argentier libéral de l'ex-premier ministre Jean Charest, grand invité d'honneur
du congrès libéral récent. Toujours la même gang.
Allez-vous annuler
les baux de George Gantcheff et de Marc Bibeau, ceux qui n'ont pas été invités
à la commission Charbonneau, gracieuseté de la CAQ?
Le Président :
Monsieur...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le président du Conseil du trésor.
Arcand :
Bien, M. le Président, je voudrais profiter de l'occasion également... de
rappeler à la députée que non
seulement il y a eu l'analyse de la Vérificatrice générale, mais il y a eu
également une étude qui a été réalisée en 2017, et c'est une étude de la firme
Raymond Chabot Grant Thornton, et, encore
une fois, M. le Président, je vais quand même vous donner une bonne nouvelle, parce qu'il est important
de répéter cette nouvelle-là, et cette nouvelle dit essentiellement la chose suivante, M. le
Président, elle dit encore une fois dans cette analyse que les loyers de
88 % des baux de la SQI sont en dessous du marché.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais :
Mais 100 % des analyses de Marc Bibeau sont inadéquates. Voilà le vrai
chiffre. Le rapport du VG nous dit :
Ils ont été favorisés. Ça fait 15 ans que Marc Bibeau est protégé, ça fait
15 ans qu'il se cache dans les coulisses
libérales. Il n'a pas été convoqué encore par l'UPAC, mais surtout par la
commission Charbonneau. Gantcheff et Bibeau amassent les millions aux
frais des contribuables, ils vivent aux crochets de l'État.
Allez-vous annuler
les baux?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Arcand :
Bien, d'abord, M. le Président, je pense que le Parti québécois veut se
substituer aux enquêtes policières dans ces
différents dossiers. Je pense qu'on doit laisser la police faire son travail.
Et, M. le Président, sur ces questions-là, encore une fois, pour toutes
les questions qui ont touché les questions de fraude, en 2008 en particulier,
je l'ai dit et je l'ai répété, le gouvernement veut récupérer les sommes en
jeu. Nous avons mandaté un grand cabinet d'avocats
pour intenter des poursuites et nous attendons les suites de l'enquête de
l'UPAC dans ce dossier, qui va nous permettre d'avoir tous les éléments
et la preuve en main, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, au cours des deux derniers mois, le premier ministre a fait
des annonces et des réannonces
préélectorales pour 38 milliards de dollars, mais le premier ministre n'a
rien annoncé pour régler le problème d'équité fiscale entre les régions.
Les familles du Saguenay—Lac-Saint-Jean
et de la Mauricie paient un taux de taxe scolaire trois fois plus élevé que
d'autres régions. Concrètement, ce que ça veut dire, pour une maison moyenne,
les familles des Laurentides paient 250 $ par année de taxe scolaire, et
les familles de la Mauricie puis du Saguenay—Lac-Saint-Jean
paient 750 $ par année de taxe scolaire, trois fois plus, 500 $ de
plus pour la même valeur de maison, pour les mêmes services. C'est
totalement injuste. Le premier ministre nous dit : Je n'ai pas d'argent.
C'est un peu court comme réponse, parce que
pourquoi il choisit de pénaliser les citoyens du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de la Mauricie?
Donc,
je répète ma question, que j'ai posée à plusieurs reprises, mais sans
réponse : Pourquoi le premier ministre demande-t-il aux citoyens du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de la Mauricie de payer trois fois le taux de la taxe
scolaire qui est payé dans les Laurentides? Pourquoi?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Non, M. le Président, ce que mon collègue oublie de dire, c'est que la
grande majorité des citoyens du Québec
vont avoir une baisse de taxe scolaire, une baisse de taxe scolaire, et il a
voté contre la baisse de taxe scolaire. Alors, on se fera un plaisir de
lui rappeler ça.
Maintenant,
je vais lui répéter la réponse que j'ai donnée déjà. On ne dit pas qu'on n'a
pas l'argent, on l'a, l'argent, mais
on va le mettre dans la réussite des enfants. On va le mettre dans la réussite des
enfants, on a déjà mis 672 millions
pour réduire et rendre les taxes scolaires
équitables dans chaque région. Déjà, c'est un grand progrès. Un autre 700 millions? Non, non, c'est trop. Le 700 millions, c'est avec les
enfants dans les salles de classe qu'il va.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, on le sait, le premier
ministre, c'est le champion patineur
pour ne pas répondre aux questions. Donc, je réponds...
Legault : Je répète
ma question. Dans les Laurentides, les gens paient 250 $ en moyenne de taxe scolaire. Dans
sa région, du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
ils paient 750 $.
Qu'est-ce qu'il a
contre les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean?
Pourquoi il les regarde de haut?
M. Couillard : Alors, je pense qu'au cours des prochaines semaines la population du
Québec va comprendre la vraie nature
du chef de la deuxième opposition, et ce genre de question là, ce genre de
remarque là. Comme s'il y avait des
gens ici, dans cette Assemblée, qui veulent nuire à une région plus qu'une
autre! Ça n'a aucun sens. Je veux expliquer pourquoi on ne voulait pas aller plus loin que l'équité d'une même
région : parce qu'on veut garder l'argent pour les enfants, pour
l'enseignement.
Mais
je ne sais pas, lui, qu'est-ce qu'il a contre la Mauricie, parce qu'il a signé
un document de réforme électorale qui enlève
des circonscriptions à la Mauricie. Il s'oppose à l'éolien, alors qu'il y a
1 000, 1 000 travailleurs à Cap-de-la-Madeleine. Qu'est-ce qu'il va aller dire dans le comté de
Champlain aux travailleurs de Marmen? Comment il va justifier son attitude?
En fait, il n'y a aucune préoccupation pour
les régions, particulièrement pour les régions rurales, dans cette formation
politique là...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...parce qu'il n'a aucune connaissance personnelle de la
réalité.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Les gens qui écoutent le premier ministre voient bien
son petit jeu, hein, il est rendu dans l'éolien.
répète ma question, troisième fois : Pourquoi les gens des Laurentides
paient 250 $ de taxe scolaire, puis les gens de la Mauricie puis du Saguenay—Lac-Saint-Jean paient 750 $ pour la même
valeur de maison, pour les mêmes services? Est-ce qu'il ne voit pas un
problème d'équité? C'est quoi, son problème?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : C'est quand même assez surprenant — puis je laisserais les citoyens juger de
ça — que le
collègue, qui a été ministre de
l'Éducation alors que la même, même, même situation existait n'a jamais dit le
moindre mot là-dessus, et, tout d'un
coup, ça lui semble être une question très importante. Je vais lui répondre
que, moi, M. le Président, je veux que
l'argent nouveau dans le réseau de l'éducation, oui, serve à équilibrer les
inégalités dans une même région, mais aille surtout dans une salle de
classe.
Mais,
puisqu'il est sur les budgets et l'argent, il va falloir, un jour, qu'il dise
aux Québécois combien d'argent ça va
prendre puis combien de temps ça va prendre pour avoir des maternelles quatre
ans partout sur le territoire du Québec. Moi, j'ai la réponse. Lui, il ne veut pas donner la réponse parce que
son cadre financier, on le sait maintenant, n'aura — je peux déjà l'annoncer — aucune
crédibilité.
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, le rapport de la Vérificatrice générale est sans appel, les
avantages consentis à George Gantcheff et à
Marc Bibeau sont avérés. Il a fait l'objet de favoritisme de la part de ce
gouvernement. On a signé des baux
trop longs — ça
excédait les 10 ans, qui sont normaux pour la SIQ — sans concurrence, sans vérifier s'il y avait
d'autre alternative. On les a renouvelés
automatiquement, sans poser de question. C'était Marc, pourquoi on aurait posé
des questions? Pire que ça, M. le Président,
on a trompé le conseil d'administration de la SIQ. Pour justifier des taux de
loyer obtenus pour ces immeubles, on a présenté, à
titre de comparable, des
immeubles d'une valeur supérieure.
Combien ça nous a
coûté de Bibeau dollars, ce favoritisme-là?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Arcand :
Je pense que vous comprenez, encore une fois, la personnalisation qui est faite
dans ces commentaires qui ont été faits par les deux groupes
d'opposition. Je pense que la population pourra, à ce stade-ci, juger.
Mais une
chose est claire, M. le Président, et je vais vous lire une citation qui a été
faite par la Vérificatrice générale dans
son rapport en disant essentiellement la chose suivante : Le ménage, à la
Société québécoise des infrastructures, au cours des dernières années, a été fait. Avec cette
vision immobilière qui sera déployée d'ici 2023, les efforts se font et se
feront pour rendre encore cette société encore plus performante.
cette vision comprend notamment l'élaboration de grilles d'analyse et également
de notions qui vont faire en sorte
que, pour des décisions majeures en matière de baux et en matière d'achats, ça
va prendre différentes formes et, entre autres, ça va aller de l'approbation par le conseil d'administration,
approbation du Conseil du trésor et, dans des montants substantiels, par
l'approbation même du Conseil des ministres, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : La Vérificatrice générale a aussi dit dans sa
présentation qu'elle avait constaté plein d'anomalies dans les contrats signés avec Marc Bibeau et George
Gantcheff. Peut-être que le ménage a été fait à la SIQ, je ne suis pas sûr
qu'il a été fait au Parti libéral, par exemple.
Est-ce
que le nombre d'anomalies constatées
dans les baux est équivalent au nombre de Bibeau dollars que vous avez
engrangés pour les faveurs consenties à Marc Bibeau? C'est ça, la question.
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Arcand :
M. le Président, le Conseil du trésor, la Société québécoise des
infrastructures collaborent parfaitement à toutes les enquêtes qui sont en cours au moment où on se parle. Nous
avons mandaté à deux reprises la Vérificatrice générale, une fois en
novembre 2016 et une autre fois l'an dernier, en avril 2017. On a mandaté
la firme Raymond Chabot Grant Thornton pour
analyser les baux. Et, encore une fois, nous avons dévoilé la vision
immobilière du Québec, M. le Président. Alors, nous faisons le maximum.
Nous sommes prêts à poursuivre lorsque nous aurons les preuves qu'il y a eu des
malversations dans ces différents dossiers, et nous avons mandaté une firme
d'avocats...
Le Président :
En terminant.
M. Arcand :
...M. le Président, et donc, pour nous, c'est...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
M. Caire :
M. le Président, il y a encore trois mois, le gouvernement signait un nouveau
bail avec Marc Bibeau alors
qu'il faisait l'objet d'une vérification. Le président du Conseil du trésor
peut bien me dire : Oui, mais on a fait un grand ménage à la SIQ, comme je vous le dis, c'est au Parti libéral
qu'il est, le problème. Le favoritisme est clair pour cet argentier, ce
collecteur de fonds du Parti libéral, il a fait l'objet de vos faveurs.
question qui se pose, c'est : En échange de combien de Bibeau dollars...
Il y a combien de Bibeau dollars...
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Arcand :
M. le Président, encore une fois, normalement, quand on décide d'accuser des
gens, il faut quand même avoir des
preuves. Il faut qu'il y ait des preuves sur des accusations qui doivent être
portées, M. le Président. Alors, nous,
ce que nous faisons à ce stade-ci, c'est que nous attendons les preuves. S'il y
a des preuves, M. le Président, vous pouvez
être assuré que nous allons prendre nos responsabilités et que nous allons
poursuivre les fautifs, M. le Président, et cette situation est très
bien comprise de tous.
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Les parents d'enfants
handicapés majeurs vivent une grave injustice. Financièrement, c'est plus avantageux pour les parents de placer leur
enfant handicapé dans une famille d'accueil que de les garder à la maison. Ils
réclament plus d'équité, plus d'aide. Il y a un an, la ministre des Services
sociaux a rencontré Parents pour
toujours. J'étais là lorsqu'elle a promis de s'occuper d'eux. Pendant un an, M.
le Président, les fonctionnaires et
la ministre ont travaillé avec Parents pour toujours, mais, le 28 mai, le
gouvernement libéral a annoncé que leur dossier relevait finalement du ministère de la Famille. Un
an pour arriver à cette conclusion, un an de perdu, un an d'espoirs envolés, retour
à la case départ. Désolé, vous n'êtes pas au bon département.
Pourquoi la ministre
a trahi Parents pour toujours?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Blais : Alors, M. le Président, je pense que le collègue a un petit blanc de mémoire. Il
devrait se rappeler qu'ici même, il y a à
peine quelques semaines, on a voté le projet de loi le plus important pour l'avenir et la situation
des personnes handicapées au Québec. C'est un projet
de loi qui touche 124 000 personnes handicapées, donc pas
uniquement les enfants de Parents
pour toujours, mais l'ensemble des personnes handicapées. Et ce projet-là a été
déposé par mon gouvernement, et
l'essentiel du projet de loi, c'est d'augmenter, comme il est demandé,
notamment par un certain nombre de parents, d'augmenter, d'ici quatre ans, les revenus disponibles des personnes à
la solidarité sociale et de leur faire atteindre la Mesure du panier de consommation. C'est considéré comme
une des mesures les plus progressistes de notre gouvernement depuis que
notre gouvernement est en place.
Nous répondons à une
vieille idée fondamentale : Pouvons-nous faire plus pour les personnes
handicapées? Jamais un gouvernement, avant
ce gouvernement, n'est allé aussi loin. C'est un programme de
1 250 000 000 $. Nous l'avons voté ensemble, je le
rappelle à mon collègue.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, le ministre ne comprend pas, je parle
d'aide aux parents. En avril, j'ai questionné
la ministre, elle m'a répondu — et je vais prendre le temps de la
citer : «J'ai réglé Parents jusqu'au bout!, ils peuvent me faire confiance pour Parents pour
toujours.» J'ai rencontré les parents hier, ils se sentent trahis par la
ministre, ils ont perdu confiance, car elle n'a pas respecté sa
promesse.
Pourquoi la ministre
n'a pas transféré le dossier au ministère de la Famille avant?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Alors, M. le Président, oui, oui, j'ai réglé le
dossier de Parents jusqu'au bout!, bien que ce n'est pas moi, à la fin, qui a eu le bénéfice. Puis moi, je ne travaille
pas pour avoir des étoiles, je travaille pour la population, M. le Président. Alors, M. le Président, je me
rappelle très bien du cheminement du dossier de Parents jusqu'au bout!,
ça a été long, mais on est arrivé à quelque chose de très probant.
que je dis au groupe de Parents pour toujours, je le sais, qu'ils vivent des
situations difficiles, je le sais, que ça peut leur apparaître long, mais on va arriver, on travaille en équipe,
tous les ministères. Ce n'est pas juste le ministère de la Santé, il y a
le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, il y a le ministère de la
Famille, il y a plein de ministères qui y travaillent, et, M. le Président, on
va arriver à trouver des bonnes solutions.
Il y avait trois
revendications faites par ces gens-là : soutien financier, l'accès aux
services et la conciliation travail-famille, 15 millions...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, un an plus tard, un an plus tard,
Marie-France Beaudry, porte-parole de Parents
pour toujours, a dit hier que la ministre est une très bonne comédienne,
qu'elle l'a crue : «...la
session parlementaire [se
termine] et notre dossier [a été] tassé sur le coin du bureau», a-t-elle dit,
Marie-France Beaudry.
Pourquoi le
gouvernement libéral n'a pas corrigé cette inéquité vécue par les parents
d'enfants handicapés majeurs, pour qui il
est plus avantageux de placer leurs enfants que de les garder à la maison? Ce
n'est pas rien. Chose certaine, les parents vont s'en souvenir.
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Mme Charlebois :
M. le Président, je le répète, je comprends que ces parents-là vivent des
situations particulières. Trois
revendications. Soutien financier, c'est une chose. Il faut rappeler que ces
jeunes-là, quand les parents arrivent au bout de la prime de Retraite Québec, bien, ces jeunes-là qui deviennent des
adultes ont l'aide sociale qui est bonifiée par le programme de mon collègue. L'accès aux services,
c'est ce qu'on fait avec l'OPHQ, donner l'accès aux services et expliquer
mieux. 15 millions ont été offerts pour la conciliation travail-famille,
et on continue d'investir, M. le Président.
qu'on veut faire, là, c'est de faire des activités de jour, tout ça. Si ces
personnes-là veulent devenir des familles d'accueil, il va falloir qu'elles respectent les conditions qui...
traitent les familles d'accueil, puis il va falloir avoir plusieurs
enfants. Il faut une forme d'équité dans l'ensemble du réseau, M. le Président,
et j'ai à coeur de trouver une solution.
Le Président : En terminant.
Mme Charlebois :
Je l'ai trouvée pour Parents jusqu'au bout!, je vais la trouver pour Parents...
Le Président : Principale, M.
le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, au Québec, il vient tout juste d'être décidé qu'il n'y aurait
pas de culture de cannabis à domicile. Mais, aujourd'hui, Justin Trudeau
a confirmé qu'il n'avait aucune intention de permettre aux provinces d'interdire ou non la culture à domicile, il a
décidé que la culture à domicile sera permise pour le cannabis. Après la Davie,
les pipelines, le rapport d'impôt québécois,
le gouvernement fédéral montre encore qu'il n'a aucune considération pour
les élus du Québec. Notre volonté devrait être respectée, mais elle ne l'est
pas.
Peut-on
m'expliquer, M. le Président, comment il est possible qu'à minuit moins une on
en soit rendus à régler ce différend
avec Ottawa devant les tribunaux? Faire rire de nous, se faire dire non par
Ottawa puis contester ce non devant les tribunaux, est-ce que c'est ça,
la politique d'affirmation libérale?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier :
La politique d'affirmation, M. le Président, c'est d'affirmer que nous avons
des compétences et qu'en aucun cas nous n'allons renoncer à les exercer.
C'est ça, la politique d'affirmation.
Qu'en est-il
dans ce dossier? S'il est légitime pour Ottawa de décider, en vertu du Code
criminel, de décriminaliser, il est
aussi légitime — et ça
fait
partie de nos compétences — de régler les questions de commercialisation
et de production. Nous n'avions pas
sur notre écran radar la décriminalisation, on a respecté, néanmoins, la
décision légitime. Il en avait été question
durant la campagne électorale fédérale, et, je dirais, surtout ma collègue avec
les autres députés ont travaillé sans relâche durant la dernière année
pour arriver à une pièce législative adoptée hier.
Le minimum,
M. le Président, c'est qu'on se serait attendus à un respect réciproque de la
part du fédéral. Si on respecte
l'exercice de leurs compétences, ils devraient
respecter l'exercice de nos compétences. Et cette déception, elle est
totale, et j'espère qu'ils sauront voir devant eux que le Sénat réitérera une
revendication que les provinces...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : ...ont en vertu de la
Constitution.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, on est rendus qu'on repose sur le Sénat canadien pour faire respecter
les lois du Québec. M. le
Président, ce qui est en train de
survenir, c'est la preuve de l'échec du gouvernement libéral que j'ai
devant moi à faire respecter la
volonté québécoise, c'est la démonstration de votre échec.
J'imagine que vous allez nous dire que vous êtes encore fiers d'être
Canadiens.
Moi, devant ça, je ne peux dire à quel point je
suis choqué de ce comportement du gouvernement fédéral, et j'aimerais savoir,
là, concrètement...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : Bien, ce que je vais
faire, c'est que je vais répondre à votre question, surtout un élément de la première que je n'ai pas pu répondre. Vous avez
dit que nous allions aller devant les tribunaux, c'est... malheureusement,
malheureusement, ce sont les citoyens qui
vont devoir payer pour l'ambiguïté créée par Ottawa. La compétence que nous
exerçons, nous l'avons, et j'imagine que
j'ai votre appui dans l'exercice de nos compétences. J'imagine que nous avons
l'appui de tous les députés de cette
Assemblée lorsque nous parlons par les adoptions de nos lois. Or, cette
compétence, elle existe, nous l'avons
affirmée, et c'est le fédéral qui décide d'imposer une ambiguïté qui va amener
les citoyens à payer des frais. Je demande encore à ceux qui gouvernent
à Ottawa...
Président : En terminant.
M. Fournier :
...un minimum de respect réciproque pour nous et pour les citoyens.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, c'est un fiasco, et les Québécois vont
vivre dans l'ambiguïté causée par votre échec, par votre incapacité à
faire entendre raison à Ottawa, votre incapacité, hein, c'est votre
responsabilité.
M. le Président, combien de temps ça prendra pour qu'on ait la réponse? Combien
de temps les Québécois devront-ils
vivre dans cette incertitude? Qu'est-ce que vous allez faire concrètement
demain matin pour que les Québécois sachent ce qui doit être fait?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Très simplement leur dire que nous avons adopté une loi
hier, cette loi dit ceci : Il n'y aura pas de production à domicile. La production sera permise à des producteurs
agréés pour éviter de banaliser le produit. L'objectif que nous avions, ce n'était pas d'ouvrir la porte
toute grande, c'était de se dire : On va y aller étape par étape pour être
capables de mesurer les éléments qui vont
être le moins dommageables pour la santé publique, pour la sécurité publique,
pour les citoyens. Il n'y a pas de fiasco
dans ce qu'on a fait. Je m'attendais à ce que vous nous appuyiez, que vous
appuyiez la loi qu'on a adoptée et que
vous passiez le message à l'ensemble des Québécois. Nous allons respecter notre
loi et allons dire au fédéral
que, la prochaine fois, on se souviendra du manque de respect qu'ils ont.
Le Président :
Principale, M. le député de Mercier.
M. Khadir : M. le
Président, c'est ma dernière question
à l'Assemblée nationale, et ça va porter sur l'amiante. Je suis
rentré ici il y a 10 ans avec un poème de Godin en guise
d'assermentation :
«T'en souviens-tu,
Godin
astheure que t'es
député
des mille métiers
[et] misères
l'amiantosé [le
silicosé
le cotonisé le
byssinosé]
celui qui tousse sa
journée
celui qui s'arrache
les poumons...»
Je m'adresse au ministre
parce qu'en fait j'ai l'impression que ce poème s'adresse à nous, les médecins
qui sommes devenus des députés. Les décès liés à l'amiante augmentent au
Québec.
Malgré les prévisions, la fermeture des
mines n'a pas éliminé ce problème : 118 décès en 2015, 121 décès en 2016,
145 en 2017. Le ministre est radiologue, il sait mieux que tous nous autres ici que l'amiante tue sous toutes ses
formes. Je lui demande s'il est prêt à arrêter cette augmentation, s'il
veut bien s'engager à poser un geste.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, je ne peux que renchérir sur les
problèmes de santé qui peuvent être causés, évidemment, par un certain nombre de substances qui, historiquement, ont
été utilisées dans une industrie qui a causé un certain nombre de
maladies. Alors, évidemment, notre histoire, au Québec, comme partout, je
dirais, dans le monde occidental, elle est
faite d'un épisode, d'une période où nos normes étaient telles que, oui, c'est
vrai qu'il y a des citoyens, des travailleurs qui en ont souffert, qui en ont
souffert, des conséquences, et ça a duré très, très longtemps. C'est la
raison pour laquelle les normes de travail,
les normes environnementales, les normes ont été ajustées au fil du temps, pour
faire en sorte que nos travailleurs
soient protégés. Nous sommes dans une situation actuellement où, évidemment,
avec des nouvelles normes par rapport
à ce qui existait dans les années 30, 40, 50, on est dans un environnement où
les travailleurs sont protégés.
Est-ce qu'il y a lieu, encore aujourd'hui, de revoir ces normes? C'est une
question qui est légitime. C'est le genre d'élément que nous révisons.
Le Président : En terminant.
Barrette : Par contre, aujourd'hui, je pense que nous avons une
protection qui est certainement à la bonne hauteur.
Président : Première complémentaire, M. le député de Mercier.
Et, en passant, je vous souhaite un bon anniversaire.
M. Khadir : Vous êtes bien
aimable, M. le Président.
L'amiante, à
elle seule, il faut le rappeler, tue plus de gens que toutes les autres causes
de mortalité liées au travail réunies. La norme d'exposition ici, au
Québec, est 10 fois plus permissive qu'au Canada, 100 fois plus qu'en France.
Est-ce que le
ministre peut m'aider à convaincre ses collègues qu'il faut resserrer la norme d'exposition à l'amiante à un fibre par centimètre cube comme au Canada
et comme aux États-Unis? Je
pense que le ministre
peut aider à le faire.
Le Président : Mme la
ministre du Travail.
Mme Vien :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, effectivement, la CNESST, comme
nous tous ici, on est préoccupés par
les enjeux qui sont soulevés par notre collègue. D'ailleurs, durant l'année
2017, M. le Président, et à la demande
du comité qui est chargé de la révision des normes à la Commission des normes,
de l'équité salariale et de la santé
et sécurité du travail, cette dernière commission a tenu des auditions
publiques sur 350 contaminants. Il y a quand même 387 personnes qui y ont participé, près de
100 employeurs également étaient présents. On a voulu sonder les reins et les coeurs de ces gens-là, voir quels étaient
les enjeux, quelle lecture faisaient-ils de la situation dans les milieux de
travail...
Le Président : En terminant.
Président : À
titre de deuxième complémentaire, M. le député de
Mercier, je me fais le porte-parole de tous les membres de cette Assemblée, puisque c'est votre dernière question, de
vous remercier pour l'apport original et manifestement important que vous avez eu au cours des 10 dernières
années dans cette Assemblée. M. le député de Mercier, en deuxième
complémentaire.
M. Khadir : M. le Président, je vous suis
reconnaissant. J'espère obtenir une réponse un peu plus favorable de la part du ministre de la Santé et de la ministre du
Travail. Il y a ici, avec nous dans les tribunes, Dre Denise Soulière, de
l'Association de santé publique, qui a déjà
été directrice de santé publique, et M. Yvon Savage, atteint d'amiantose. Les
deux sont ici. Les deux ministres pourraient
peut-être accorder un 10, 15 minutes à la fin de la période de questions pour
qu'on discute de ça parce qu'il faut
surmonter les obstacles à la CNESST. La ministre le sait bien, j'ai besoin de
l'aide...
Le Président : Mme la
ministre du Travail.
Mme Vien :
Bien là, je suis désolée, M. le Président, j'ai manqué un peu de temps tout à
l'heure pour terminer ma réponse au
député. Évidemment, on est préoccupés par la situation. Donc, on a tenu ces
auditions, ces consultations publiques,
et nous aurons donc des recommandations qui nous seront formulées au cours de
l'été. Nous serons très attentifs aux recommandations qui nous seront
faites.
Et, bien entendu, M. le député, vous savez bien
qu'on va vouloir rencontrer cette personne que vous nous suggérez de voir après la période de questions. Si
le ministre de la Santé peut se joindre à moi, nous le ferons en duo ou en
trio. Merci beaucoup.
Le Président : Principale, M.
le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, depuis six mois, la CAQ dénonce la décision
du Parti libéral d'avoir légalisé les écoles
religieuses illégales. Avant la loi n° 144, tous les enfants devaient
obligatoirement être exposés à tout le programme, passer les examens
ministériels et viser l'obtention d'un diplôme. Ce n'est plus le cas. Le
ministre de l'Éducation a réduit les
exigences de ce que le gouvernement considère comme une éducation de qualité à
très peu de choses : pas de programme, pas de sciences, pas d'examen ministériel, pas de diplôme. En faisant ça, il permet à des parents de
s'inscrire pour faire de l'école à la maison et
d'envoyer, dans les faits, leurs jeunes dans des écoles religieuses illégales
10 heures, 20 heures, 30 heures-semaine,
il n'y a pas de limite. C'est clair que le gouvernement libéral n'a pas fait ça
pour protéger les droits des enfants.
Donc,
au nom de quoi le gouvernement a-t-il baissé les exigences? Au nom de quoi
a-t-il sacrifié le droit à une éducation de qualité pour tous nos
enfants?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx : Oui, M. le Président. On a travaillé le projet de loi n° 144, M.
le Président, pour faire trois choses. On
a travaillé d'abord sur la fréquentation scolaire en se disant
collectivement : Les sans-papiers, il faut aussi leur offrir l'école gratuite. On a, comme gouvernement, on a,
comme société, adhéré à des ententes internationales. Et vous savez quoi, M. le Président? Nous ne les respections
pas. Alors, aujourd'hui, ce sera fait, les sans-papiers pourront aller à
l'école, les enfants des sans-papiers pourront avoir accès à l'école au
Québec.
a également travaillé sur les établissements, les établissements illégaux, ces
établissements qui ne sont pas des
écoles, sur lesquels nous n'avions aucune emprise. Aujourd'hui, on pourra
investir les lieux, on pourra aller faire les vérifications, on pourra identifier les enfants. On travaille avec le
ministère de la Santé parce que, grâce à la RAMQ, on pourra même identifier qui sont les enfants qui
n'ont pas de code permanent alors qu'ils sont en âge de fréquenter l'école,
puisque c'est une obligation, fréquenter l'école.
Troisièmement,
M. le Président, on a travaillé sur l'enseignement à la maison. Il y a à peu
près 2 000 élèves qui sont
inscrits au gouvernement pour l'enseignement à la maison. Il y en a peut-être
des milliers, M. le Président, qui le font sans collaboration avec le
gouvernement. Ça va changer parce qu'on s'est donné les moyens, des pratiques
pour réaliser l'instruction de leurs enfants dans un modèle...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...qui respecte le choix des parents.
Le Président :
En première complémentaire, M. le député de Chambly.
M. Roberge : M. le Président, à notre demande, le gouvernement
a déposé la jurisprudence sur laquelle le ministre prétend s'appuyer. C'est faible. On l'a analysée,
et, contrairement à ce que le ministre et le premier ministre disent, rien
dans la jurisprudence ne l'oblige à réduire
les exigences. À
titre d'exemple, une des décisions invoquées par le ministre
traite de l'installation de tentes de prière dans les tours à condos. Ça n'a
rien à voir.
Au nom de quel lobby
le ministre a-t-il sacrifié le droit à l'éducation des Québécois?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx : Oui, M. le Président. En commission parlementaire sur le règlement, ce
que nous n'étions pas obligés de faire, M. le Président, mais ce que
j'ai accepté de faire pour que les parlementaires puissent travailler à
bonifier ce règlement, nous avons bonifié ce
règlement. Il est aujourd'hui édicté, M. le Président, il se retrouve dans la Gazette
officielle . Vous y verrez des
domaines d'apprentissage qui sont nécessaires. Parce que l'objectif, c'est
quoi? C'est qu'un jour il puisse y
avoir intégration, réintégration, retour ou tout simplement s'inscrire à
l'école. C'est notre souhait, M. le Président. Mais il faut le
respecter, le choix des parents. Il faut travailler avec eux dans le cadre
d'une collaboration. Et ce que fait le collègue, c'est de dire : Vous qui
ne voulez pas travailler avec nous, arrangez-vous.
M. le Président, les enfants, on veut avoir un oeil dessus, mais on veut respecter le
choix des parents. On veut qu'ils soient éduqués. C'est ce qu'on veut
pour notre société.
Le Président :
En deuxième complémentaire, M. le député de Chambly.
M. Roberge : M. le
Président, à la suite des travaux en
commission, le ministre a souvent dit qu'il voulait aller plus loin, mais qu'il ne pouvait pas au nom de la
jurisprudence. On l'a poussé jusqu'à ce qu'il dépose la jurisprudence. On l'a analysée, et il n'y a rien qui l'empêche de
protéger les enfants dans la jurisprudence déposée. Pour défendre la très
mauvaise décision du gouvernement libéral de légaliser les écoles religieuses illégales, il a invoqué des
arguments juridiques factices. Il nous a tous induits en erreur.
Est-ce que le ministre
peut nous dire...
Le Président : Attention! S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît, M. le... S'il vous plaît, M. le député de Chambly, veuillez retirer les derniers propos que vous avez...
M. Roberge :
Les arguments déposés étaient factices...
Président : Non, non!
Je vous demande de retirer les derniers propos, c'est tout. Continuez votre
question après.
M. Roberge :
...mes derniers mots.
Le Président :
Parfait. Merci.
M. Roberge :
Au nom de quel lobby a-t-il agi?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx : Oui. M. le Président, je ne terminerai pas la session comme le
collègue l'a fait pendant quatre années. Je ne ferai pas ça, M. le
Président. D'abord,
s'il veut analyser de la jurisprudence avec moi, il est le bienvenu. C'était
mon travail, j'adore ça, je vais le faire encore.
Deuxièmement, M. le Président, l'école à la maison est un phénomène de société.
Partout dans le monde, on cherche des
façons de réconcilier ces parents qui veulent un autre choix de l'école pour
leurs enfants, et notre responsabilité est de s'assurer
qu'on n'en échappe aucun. On a mis en place un processus. Le ministère
sera impliqué. Les commissions
scolaires ont des obligations.
Les parents seront trouvés, M. le
Président, parce qu'il y aura cette corrélation avec la RAMQ, qui fera en sorte que,
s'ils ne font pas le bon choix...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...c'est l'obligation scolaire... c'est la fréquentation scolaire obligatoire.
On fait ce qu'on a...
Le Président :
Principale, M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : M. le
Président, les parents de Parents jusqu'au
bout! ont dû se battre, se battre pendant des mois, se battre pendant des années. Nous avons fait la
bataille à leurs côtés, et le chef de
l'opposition officielle, avec eux, à
leurs côtés, ils ont dû se rendre à Tout
le monde en parle pour que le ministre
de la Santé daigne enfin s'occuper de
ce dossier-là.
assez occupé, il le transfère à la ministre aux Services sociaux. La ministre
aux Services sociaux le transfère au ministre de la Famille, qui a l'odieux de dire non, de refuser aux
parents de l'aide et de les faire attendre pendant des mois pour obtenir... Et là, aujourd'hui, surprise, le ministre de la Solidarité sociale se lève puis dit :
On les aide à l'aide sociale.
C'est parce qu'on parle de Parents pour toujours, et Parents pour toujours,
ce que ça veut dire, c'est qu'on veut aider les parents d'enfants de 18 ans et
plus. Et ce n'est pas parce qu'un enfant a 18 ans et plus que le parent n'a plus
besoin d'aide.
Est-ce que le gouvernement
va enfin écouter leur demande et les aider?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
M. Blais : Alors, si mon collègue a le temps cet été, je vais l'inviter à rencontrer
l'association des parents handicapés de
Charlesbourg, hein? Pour quelle raison? Parce qu'ils ont louangé le
gouvernement du Québec pour ce qu'ils ont fait pour leurs enfants, parce que, le collègue a raison, un
jour, ces enfants lourdement handicapés, ils ont 18 ans, et, à partir
de ce moment-là, ce que souhaitent les
parents, leurs parents, c'est de pouvoir les garder à la maison, quand c'est
possible, et obtenir de l'aide autant en termes de services que l'aide
financière.
nous, on ne le fait pas uniquement pour les Parents jusqu'au bout!, on le fait
pour l'ensemble des parents, au Québec,
qui ont des enfants handicapés qui vont atteindre un jour 18 ans et qui
verront les montants qu'ils reçoivent
aujourd'hui de la Solidarité sociale augmenter, les conditions aussi changées
complètement pour que ces parents-là puissent davantage accueillir leurs enfants, les garder avec eux, leur offrir les
meilleurs services possible. Ensemble, on l'a fait pour l'ensemble des personnes handicapées au
Québec et l'ensemble des enfants handicapés, qui, un jour, auront 18 ans.
C'était historique, ça l'est encore
aujourd'hui. C'est la meilleure réponse qu'un gouvernement pouvait offrir à
cette situation.
Le Président :
Principale, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
M. le Président, les pêcheurs de la Gaspésie ont appris en même que nous que la
pêche sera fermée à partir de
vendredi, et ce, pour une durée de 14 jours. Cet arrêt touchera 70 des
163 détenteurs de permis de pêche en Gaspésie et entraînera
inévitablement la fin précipitée de la saison de pêche. Déjà, on parle d'une
perte d'au moins 800 emplois dans les
usines de transformation, et la décision n'est même pas encore effective. C'est
toute l'économie de la Gaspésie qui va
en souffrir, et les pertes seront considérables pour toute la chaîne de
production. Les pêcheurs comprennent
très bien qu'il faut protéger les baleines noires et la biodiversité, mais ils
ont besoin d'être soutenus par l'État, qui demande aux pêcheurs
d'amputer une
partie de leurs revenus. Le fédéral a octroyé 325 millions
aux provinces de l'Atlantique, zéro pour le Québec.
Est-ce
que le ministre, M. le Président, peut, pour une fois, se tenir debout et exiger
d'Ottawa la juste part afin de soutenir nos pêcheurs de la Gaspésie?
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
M. Lessard :
Oui. M. le Président, la question est sérieuse concernant, évidemment, la
présence d'un mammifère protégé dans nos eaux, dans nos territoires de
pêche traditionnels.
Alors
donc, j'ai été informé lundi, en parlant à des industriels, que le fédéral
s'apprêtait peut-être à fermer une zone
de pêche, ce qui allait remettre en question, donc, la possibilité pour
terminer la pêche au homard, principalement, puisque les crabiers
pourront dans des secteurs plus éloignés. Ça rappelle l'histoire aussi qu'on
dit au fédéral de nous permettre de pêcher
plus rapidement, donc, pour éviter
d'être en confrontation ou en cohabitation pendant que les mammifères
sont là. Donc, le fédéral n'a pas acquiescé à cette demande-là à cause de
l'état des glaces.
Mais
donc, après ça, donc, on a parlé aussi aux pêcheurs hier, avant-hier, on est en train d'évaluer comment on peut aider. Mais, nécessairement, j'ai envoyé un message très clair au gouvernement fédéral qu'il est plus que temps que l'argent arrive pour aider
les pêcheurs parce qu'aujourd'hui on en aurait besoin.
Alors,
on se tient ferme là-dessus, et je m'attends à ce que le gouvernement fédéral aide les pêcheurs en cette période difficile.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Gendron) : Comme annoncé précédemment, on va maintenant procéder au vote
reporté sur le rapport de la Commission de l'Assemblée nationale sur les
suites du mandat d'enquête découlant de la motion présentée par le député de Groulx
en vertu des articles 3.24 à 3.27 du règlement.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : S'il vous plaît! Un vote, là, il faut le faire
dans l'ordre.
Alors, que les
députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Billette (Huntingdon), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
Mme St-Pierre (Acadie), M. Leitão (Robert-Baldwin),
M. Arcand (Mont-Royal), M. Coiteux (Nelligan), Mme David
(Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Nichols (Vaudreuil),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), Mme Charlebois (Soulanges),
M. Barrette (La Pinière), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Lessard
(Lotbinière-Frontenac), M. Moreau (Châteauguay), M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys), M. Heurtel (Viau), Mme Vien (Bellechasse),
Mme Ménard (Laporte), M. Fortin (Pontiac), Mme Tremblay (Chauveau), M. Fortin (Sherbrooke), M. Reid
(Orford), M. Morin (Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency),
M. Ouellette (Chomedey), Mme Montpetit (Crémazie), Mme Boulet
(Laviolette), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme Melançon (Verdun), M. Blais (Charlesbourg),
Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Carrière (Chapleau), M. Drolet
(Jean-Lesage), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau), M. Bolduc
(Mégantic), M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Girard (Trois-Rivières), M. Huot
(Vanier-Les Rivières), M. Rousselle (Vimont), Mme Vallières (Richmond),
M. Auger (Champlain), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est),
M. Giguère (Saint-Maurice),
M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M. Merlini
(La Prairie), M. Plante (Maskinongé), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Sauvé
(Fabre).
M. Lisée
(Rosemont), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette),
M. Marceau (Rousseau), Mme Léger
(Pointe-aux-Trembles), M. LeBel (Rimouski), Mme Maltais (Taschereau),
Mme Lamarre (Taillon), M. Bergeron
(Verchères), Mme Richard (Duplessis), Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve), M. Gaudreault (Jonquière), M. Rochon (Richelieu), M. Pagé
(Labelle), M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. Villeneuve
(Berthier), Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne),
M. Kotto (Bourget), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Roy
(Bonaventure).
M. Legault (L'Assomption), M. Caire
(La Peltrie), M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Picard
(Chutes-de-la-Chaudière), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme Samson
(Iberville), M. Roberge (Chambly),
M. Laframboise (Blainville), M. Lefebvre (Arthabaska),
Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne (Johnson), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), Mme Guilbault (Louis-Hébert),
M. Paradis (Lévis), M. Spénard (Beauce-Nord).
M. Nadeau-Dubois
(Gouin), M. Khadir (Mercier), M. St-Denis (Argenteuil),
M. Busque (Beauce-Sud).
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il
des députés qui sont contre cette motion? Y a-t-il des abstentions?
La Secrétaire
adjointe : M. Lelièvre (Gaspé), Mme Ouellet (Vachon).
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le secrétaire général, pour le résultat du
vote.
Secrétaire : Pour : 108
Contre :
Vice-Président (M. Gendron) : Donc, la motion est adoptée. En conséquence, ceci met fin au débat
ajourné le 16 mai 2018 sur la motion inscrite par le député de Groulx en
vertu des articles 324 à 327 du règlement.
Nous en
sommes maintenant aux motions
sans préavis, et, selon nos règles,
un membre du deuxième groupe de
l'opposition, et il s'agit de M. le député de Lévis... pour la présentation de
sa motion sans préavis. À vous.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M.
le Président. Je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec la députée de Taillon, le député de Mercier et le député de
Gaspé;
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse qu'après 15 ans de gouvernement libéral plus de
1 631 000 patients sont toujours orphelins d'un médecin de famille, que
1 665 000 patients sont allés dans les urgences en 2016‑2017
pour des petits problèmes
de santé faute d'accès en première ligne, que les urgences débordent
constamment, que 14 000 patients attendent depuis plus de six mois pour une chirurgie et que 59 %
des patients sont incapables de voir un médecin de famille ou une infirmière le jour même ou le lendemain
lorsqu'ils sont malades;
«Qu'elle
déclare que la politique en santé du gouvernement libéral lors des
15 dernières années est un échec.»
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il
n'y a pas consentement.
Un membre du
groupe formant le gouvernement. Je reconnais Mme la ministre responsable de l'Enseignement supérieur. Allez, Mme la
ministre, pour la présentation de votre motion.
Mme David : Oui. Merci, M. le Président. Alors, je
salue, ici présents dans les estrades, des représentants du réseau
de l'Université du Québec, comprenant principalement, évidemment, la présidente
du réseau, Mme Johanne Jean, présidente du réseau de l'université, ainsi
que ceux qui l'accompagnent, du réseau.
Alors, M. le Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, le
député de Chambly, le député
de Gouin, la députée de Vachon, le député de Gaspé :
«Que l'Assemblée nationale souligne le
50e anniversaire du réseau [de l'Université] du Québec;
«Qu'elle
souligne l'apport important de ces universités dans la société québécoise et particulièrement dans nos régions; et
«Qu'elle
rappelle la nécessité d'investir dans le réseau [de l'Université] du Québec afin qu'il puisse continuer de
participer à l'avancement de la connaissance et au développement et à la
prospérité du Québec.»
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je suis certain que mes deux
collègues de l'Abitibi ne m'en voudront pas de saluer d'une façon spéciale mon ancienne rectrice. Alors, nos
hommages. Vous êtes la bienvenue à l'Assemblée nationale.
M. le leader adjoint du gouvernement, y a-t-il
consentement?
M. Tanguay :
Nous proposons de l'adopter sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, la motion est adoptée.
Nous passons
à la suivante, un membre du groupe formant l'opposition officielle, et je reconnais
Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve pour la présentation de sa motion
Mme Poirier : Alors, M.
le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin
de présenter, conjointement avec le député de Gouin, le député de Gaspé et la
députée de Vachon, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande aux partis politiques de s'engager à fournir tous
les services nécessaires aux élèves
handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage, et ce, avant de
procéder à une nouvelle baisse de la taxe scolaire.»
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay : ...pas de
consentement.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, il n'y a pas de consentement.
Je reconnais
maintenant Mme la députée de Vachon pour la présentation de sa motion. Mme la
députée, à vous la parole.
Mme Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Je demande le
consentement de la Chambre pour redéposer la motion suivante conjointement
avec le député de Matane-Matapédia, le député de Gouin et le député de
Gaspé :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de mettre en place un
crédit d'impôt sur la masse salariale
des journalistes afin d'apporter son soutien au maintien à la diversité d'accès
à l'information avec une mesure accessible et équitable pour toutes les
structures d'entreprises», M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay : Pas de
consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Il n'y a pas de consentement. Ça
met fin aux motions sans préavis. Ça va? Ça met fin aux motions sans
préavis.
Nous sommes
maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M. le
leader du gouvernement.
M. Tanguay :
Oui. M. le Président, j'avise cette Assemblée que la Commission de
l'aménagement du territoire entendra
les intéressés et procédera à l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt
privé n° 236, Loi concernant la Ville de Sherbrooke, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission
de l'économie et du travail entendra les intéressés et procédera à l'étude
détaillée du projet de loi d'intérêt
privé n° 237, Loi modifiant la Loi de la Société du port ferroviaire de
Baie-Comeau—Hauterive,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des finances publiques entendra
les intéressés et procédera à l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt
privé n° 235, Loi modifiant la Loi concernant L'Industrielle-Alliance
Compagnie d'Assurance sur la Vie, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle des
Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May;
La Commission
des institutions entendra les intéressés et procédera à l'étude détaillée des
projets de loi d'intérêt privé suivants, et ce, dans l'ordre ci-après
indiqué : d'abord, le projet de loi d'intérêt privé n° 238, Loi
concernant les immunités accordées à
l'Agence mondiale antidopage, le projet de loi d'intérêt privé n° 240, Loi
concernant La Fabrique de la paroisse Saint-Jacques-le-Majeur, ainsi que le
projet de loi d'intérêt privé n° 241, Loi visant à déclarer la compétence
d'un célébrant, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle du Conseil législatif,
et, si nécessaire, de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
finalement, M. le Président, la Commission de la culture et de l'éducation
poursuivra l'étude détaillée à l'égard du
projet de loi n° 400, Loi modifiant la Loi concernant la succession de
l'honorable Trefflé Berthiaume et la Compagnie de Publication de La Presse, Limitée, aujourd'hui, de 15 heures à
18 heures, de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle du Conseil
législatif. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Je vous remercie, M. le leader adjoint.
Nous en sommes
maintenant à la période Renseignements sur les travaux...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Oui, je vous entends.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : S'il vous plaît! Par exemple, il faudrait un peu
plus de silence si je veux entendre la question de Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve tel que le règlement le prévoit.
Mme Poirier :
Merci, M. le Président. Alors, je sollicite votre éclairage pour une question
de directive concernant le suivi
donné aux pétitions. On le sait, on est dans un nouveau régime avec des
élections à date fixe, alors il nous arrive aussi de nous poser des
questions là-dessus aussi.
Alors,
l'article 64.3 de notre règlement prévoit que «dans les quinze jours de la
présentation de la pétition, la commission,
à la demande d'un de ses membres, se réunit en séance de travail pour décider
si elle se saisit de la pétition». En
date d'aujourd'hui, neuf pétitions ont fait l'objet d'une demande de saisie en
vertu de cet article, respectivement à la Commission des institutions, à la Commission de la santé et des services
sociaux et à la Commission des transports et de l'environnement. Ces trois commissions ont jusqu'au 29 août 2018
pour décider si elles souhaitent ou non se saisir de ces pétitions, date
déterminée en fonction des interruptions de délais prévus à l'article 64.7
du règlement et du fait que la législature se termine le 29 août 2018 en
vertu de l'article 6 de la Loi de l'Assemblée nationale.
Puisque
l'article 64.3 du règlement prévoit que la commission se réunit à la
demande d'un de ses membres, pouvez-vous
nous confirmer que les commissions concernées ont bel et bien l'obligation de
se réunir en séance de travail d'ici
le 29 août? Et, entre autres, je vous signifie qu'il s'agit, pour la
Commission des institutions, de la pétition sur le mandat d'initiative sur le phénomène des groupes à
dérive sectaire, la commission des services sociaux, concernant l'accès
aux médecins de famille pour les personnes vivant en centre hospitalier, pour
la pétition concernant le traitement par perfusion
de vitamine C au Québec, concernant la mise en place d'un programme de
financement de services structurés d'accompagnement,
concernant l'abolition des sacs de plastique à usage unique dans les commerces
à la commission du travail, concernant le trafic lourd sur les voies
d'accès à l'autoroute 25, en tant que tel.
Alors,
M. le Président, j'aurais besoin de votre éclairage et une directive pour qu'on
puisse se gouverner et que les parlementaires puissent bénéficier de
leurs droits qui leur sont déterminés.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vous remercie de votre
demande de directive. Et, quand la présidence en émet une, directive, pour qu'elle ait un sens, il faut prendre le
temps de regarder les arguments qui ont été évoqués, de regarder la réglementation à laquelle on est
assujettis. Je vous ai bien entendue. Je vous remercie de la manière que vous
l'avez présenté. L'engagement que je prends
aujourd'hui, c'est que cette question-là sera prise en délibéré. Et, comme
il ne reste que deux séances, rapidement, on vous donnera les indications
requises.
M. Tanguay :
...si vous permettez. Évidemment, comme toujours, le principe général, c'est
que la présidence n'a pas à se prononcer sur des questions
hypothétiques. Alors, elle devra établir cet élément-là en ce qui concerne la
directive qui vous est demandée.
Ceci
dit aussi, beaucoup de ces discussions-là qui auront cours, qui vont se
poursuivre, relèvent des commissions elles-mêmes. Alors, en somme, le
délai, oui, maximum jusqu'au 29 août, je veux souligner le fait que ça relève
des commissions et qu'il y aura toujours,
comme c'est le cas présentement, des discussions en cours pour nous aider à
arriver à une solution.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie — juste une minute — de votre point de vue, mais une chose
qui est certaine, c'est que la question de
directive s'adresse toujours à la présidence, et il appartient à la présidence
d'analyser les éléments que vous venez d'évoquer pour être capable de
dire : Non, ce n'est pas une question qui va relever de la présidence en
vertu de tel et tel aspect, et on va donner la réponse.
Alors, oui, Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Juste ajouter un détail, M. le Président. Il ne s'agit pas de questions hypothétiques.
On est dans un nouveau cadre qui est
avec des élections à date fixe, et nous avons, dans ce cadre-là, avec l'article
64.3, une obligation de se réunir dans les délais prescrits. Alors, le délai,
je veux bien qu'il s'étende au 29 août, mais, puisque notre session se
termine dans les prochains jours, j'aimerais avoir un éclairage.
Vice-Président (M. Gendron) : C'est ce que j'ai pris comme
engagement, que la présidence va vous donner une directive, parce que
c'était ça, la demande. Alors, nous avons terminé les éléments prévus.
Alors, aux affaires
du jour, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Oui. Je vous prierais d'appeler l'article 28, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Gendron) : Pouvez-vous m'apporter... parce que j'ai laissé, madame... la table...
l'article 28. C'est parce que je l'ai laissé sur mon
bureau et, pour l'appeler, j'aimerais ça l'avoir. Merci.
Alors, à l'article...
vous avez dit à l'article 28?
Vice-Président (M. Gendron) : C'est ça. Un instant. À l'article 28 du feuilleton d'aujourd'hui... on va y arriver parce qu'il faut s'y rendre. Oui, à l'article 28 du feuilleton
d'aujourd'hui, c'est : l'Assemblée prend en
considération le rapport de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles
sur le projet de loi n° 184, Loi favorisant l'établissement d'un
service public de recharge rapide pour véhicules électriques.
je suis prêt à entendre les interventions, et c'est M. le ministre des Ressources naturelles et de l'Énergie. Alors, M. le ministre, à
vous la parole pour votre intervention.
M. Moreau : Oui, merci,
M. le Président. C'est vraiment
le volet Énergie dont on parle aujourd'hui, puisqu'il s'agit d'un réseau de bornes de recharge rapide. Et, comme vous
l'indiquez, nous sommes à la prise en considération du rapport de la commission.
Alors, vous le savez,
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles a procédé, le 11 juin dernier, à
l'étude détaillée du projet de loi
n° 184 favorisant l'établissement d'un service public de
recharge rapide pour véhicules électriques. D'ailleurs, je veux remercier les leaders de tous les partis
pour avoir permis le travail rapide et l'introduction rapide de ce projet
de loi là.
C'est
un projet qui va en droite ligne dans les efforts que le Québec
doit poursuivre pour la transition énergétique et réduire son empreinte
carbone. Le projet de loi vise particulièrement à donner au secteur québécois
du transport électrique un nouveau coup
d'accélérateur, un coup d'accélérateur en multipliant la disponibilité des
bornes publiques offrant une recharge
rapide, mettant ainsi de l'avant un incitatif supplémentaire pour accélérer
l'intégration des véhicules électriques sur les routes du Québec.
D'entrée
de jeu, permettez-moi de remercier le président et le vice-président de cette
commission, qui ont fait un excellent travail en dirigeant nos travaux.
Je veux également saluer mes collègues députés du gouvernement, ceux de l'opposition officielle et ceux du deuxième groupe
d'opposition qui ont participé à cet exercice clé. Grâce au travail efficace
que nous avons réalisé ensemble, nous serons
en mesure de franchir les dernières étapes du cheminement législatif de ce
projet de loi. Je le souhaite vivement et je remercie à l'avance mes collègues.
L'étude
détaillée nous a permis de constater à quel point l'adoption du projet de loi
n° 184 fait l'unanimité, tant de la
part des députés de l'Assemblée nationale que de la part des citoyens et des
groupes concernés. Certains estiment que ça ne va pas assez vite, ça ne va pas
assez loin, ça ne va pas assez haut, ce n'est pas assez fort. Mais ça, c'est
l'avis de, je pense, tous les projets de loi. Le député de l'opposition
officielle qui va intervenir a fait grandement état de ça. J'ai trouvé, à
certains égards dans nos travaux, que, malgré sa contribution, il voyait
l'avenir un peu de façon terne. Je l'ai invité à avoir plus d'optimisme, mais je suis convaincu qu'il dira... en fait,
j'espère qu'il dira que c'est certainement un pas dans la bonne direction, étant lui-même un
électromobiliste et étant lui-même conscient de l'importance d'accroître le
réseau.
Puis, lorsqu'on regarde ce qui s'est fait ailleurs
dans le monde, si on prend l'exemple de la Norvège, qu'on aime bien citer en exemple parce que la Norvège, c'est
le champion toutes catégories du nombre de véhicules électriques, on
réalise que, malgré tous les incitatifs qu'a mis en place la Norvège, c'est
véritablement lorsqu'ils ont mis en place un réseau
très structuré de bornes de recharge rapide que l'augmentation du nombre de
véhicules électriques sur leurs routes a été exponentielle.
ce titre, donc, je tiens à remercier les organisations qui ont présenté un
mémoire lors des consultations particulières tenues le 5 juin dernier : l'Association des véhicules
électriques du Québec, l'AVEQ, Hydro-Québec et Roulez électrique. Dans
ce dernier cas, Roulez électrique, ils avaient beaucoup, beaucoup de réserve
parce qu'eux veulent avoir un ratio beaucoup plus important de bornes de
recharge rapide.
projet que l'on met sur pied prévoirait un ratio d'une borne de recharge rapide
pour 115 véhicules, ce qui est au-delà
de ce qu'Hydro-Québec, selon la littérature qu'elle a étudiée et selon les
témoignages des représentants d'Hydro-Québec, estime être le ratio idéal, qui serait d'une borne par
250 véhicules. On va donc au-delà de ce ratio-là, mais je comprends
que Roulez électrique ne seront pas satisfaits de cet élément-là.
Quoi qu'il en
soit, nous, on estime que nous allons loin, que nous y allons bien parce que la
façon dont on veut déployer le réseau
va faire en sorte qu'il n'y aura pas d'impact sur les tarifs d'électricité des
consommateurs. Et ça, je pense qu'il y a une mesure d'équité entre l'ensemble des consommateurs
d'électricité au Québec et les électromobilistes qui bénéficient des
avantages du réseau qui sera mis en place.
Les deux
organismes soutiennent que l'implantation de bornes de recharge rapide devrait
se faire de façon encore plus accélérée. C'est ce que je mentionnais. Je
suis toutefois convaincu qu'il est plus responsable, et c'est le rôle du gouvernement de prendre des décisions
responsables, de déployer le réseau de bornes de recharge rapide en fonction de
la croissance du nombre de véhicules
électriques sur les routes du Québec. C'est d'ailleurs ce qui permettra de
maintenir... de n'avoir aucun impact
sur les tarifs d'électricité et c'est la condition par laquelle nous pouvons
garantir cet impact tarifaire nul à tous les clients d'Hydro-Québec. Il
y a une question ici de justice envers tous.
C'est donc
avec la conviction d'investir dans un projet essentiel pour la filière du
transport électrique que nous avons
bâti le projet de loi n° 184, une pièce maîtresse parmi les incitatifs qui
visent à favoriser l'émergence de véhicules électriques. Il est essentiel pour
le Québec de mettre en oeuvre un nouveau modèle de financement qui sera en
mesure d'accélérer le déploiement de ce type de bornes de recharge rapide, et le projet de loi n° 184 répond justement à ce besoin sans
impact sur les finances publiques et sans impact sur les tarifs de distribution
d'électricité d'Hydro-Québec.
Comme vous le
savez, le Québec, et même le monde entier, vit présentement de grands changements en
matière d'énergie. Fort heureusement,
ici, nous avons la chance immense de pouvoir compter sur une énergie propre et renouvelable,
l'hydroélectricité. C'est le choix qu'a fait
le Québec. Il s'agit d'un choix
judicieux. Je dis «chance» parce que l'accessibilité à notre hydroélectricité est sans conteste un
atout qui nous permet de faire de meilleurs choix énergétiques, et ce projet
de loi là en est un exemple concret.
De nos jours,
l'adoption de meilleurs choix énergétiques est devenue une responsabilité
quotidienne, en particulier en
matière de transports. Dans ce contexte, faire le choix d'un véhicule
électrique devient un choix logique. Nous nous sommes fixé des objectifs ambitieux, et c'est normal d'avoir des
objectifs ambitieux parce que c'est ce qui nous pousse à nous dépasser.
objectif, c'est d'intégrer 100 000 véhicules électriques immatriculés
sur les routes du Québec d'ici l'horizon 2020, 300 000 d'ici 2026, et enfin
1 million de véhicules électriques d'ici 2030. Au rythme actuel, nous
doublons le nombre de véhicules
électriques d'année en année, et, bien qu'ils soient ambitieux, ces objectifs
nous apparaissent être réalisables.
Déjà, plusieurs incitatifs sont en place pour
favoriser l'émergence des véhicules électriques, comme le rabais à l'achat et le remboursement pour l'acquisition
et l'installation d'une borne de recharge à domicile ou en milieu de travail.
D'ailleurs, M. le Président, je me permets
de souligner un fait qui est peut-être méconnu dans ça : 90 % et même
plus de 90 % des recharges de véhicule électrique sont effectuées à
domicile. C'est tout à fait logique. Lorsque les gens rentrent du travail,
ils branchent la voiture et ils la retrouvent entièrement chargée le matin
venu.
Alors, ce réseau-là ajoute un élément de
confiance, et c'est ce que la Norvège a mesuré, d'ailleurs. Ils ont exactement les mêmes statistiques que nous. La très,
très, très grande majorité, pour ne pas dire presque l'entièreté, des recharges se font à domicile, mais l'accroissement
du nombre de véhicules est directement lié à l'existence du réseau. Pourquoi? Parce que, lorsqu'un électromobiliste — c'est
l'expression, le néologisme convenu — circule,
bien, il veut, au moment où il voit
sa charge se réduire, avoir la certitude d'avoir sur son parcours, en quelque part, une borne de recharge pour ne pas tomber en panne. C'est
l'équivalent d'un réseau de stations-services pour les voitures à essence.
Déjà,
donc, je le disais, on a mis en place plusieurs incitatifs et nous veillons également
à rendre accessible un plus grand
nombre de bornes publiques de recharge rapide d'une puissance de 50 kilowatts.
Toutefois, nous devons faire plus, un coup de pouce additionnel est nécessaire.
Par exemple, et je donnais l'exemple de la Norvège, le président
de la Norvège a choisi de subventionner la construction de bornes de
recharge rapide, et c'est là où la hausse des véhicules électriques a été telle que la Norvège est maintenant
devenue le leader mondial en matière d'électrification des transports. Cet exemple très concret montre bien à quel point le
déploiement d'un tel réseau dense et fiable peut avoir un effet multiplicateur
sur l'acquisition des véhicules électriques.
Le Québec a
tous les atouts pour convertir progressivement
ses transports à l'énergie électrique. Notre électricité est propre, très propre, c'est de l'eau, et
renouvelable, c'est la pluie et la neige, et on en a en abondance,
particulièrement cette année dans le
Grand Nord. Elle est nettement moins chère que l'essence. On disait qu'un plein
à une borne de recharge rapide, selon
ce qui est anticipé, coûterait environ 4 $. Aujourd'hui, le plein
d'essence, c'est n'importe où entre 55 $ et 65 $. Notre réseau électrique est bien développé
et fiable, parce qu'encore faut-il rendre à la borne l'énergie et le réseau d'Hydro-Québec. Notamment, le réseau
d'Hydro-Québec Distribution est fort bien équipé et très fiable pour ce faire. Si nous voulons atteindre les objectifs que nous nous
sommes fixés avec le Plan d'action en électrification des transports 2015‑2020, il est impératif d'augmenter le nombre
de bornes de recharge rapide disponibles sur notre territoire, et je pense
que, sur ce point-là, tout le monde est
d'accord — et je
vois le député de Saint-Jérôme qui opine positivement du bonnet.
Je rappelle
par ailleurs que la norme véhicules zéro émission, la norme VZE, est entrée en
vigueur en janvier dernier. Cette
norme, qui impose aux constructeurs
de véhicules automobiles de vendre une certaine proportion de véhicules légers
à zéro émission, devrait jouer un rôle important
dans l'atteinte de la cible de 100 000 véhicules électriques en
circulation en 2020. J'anticipe sur
les propos du député de Saint-Jérôme, qui vous dira : La loi n'est pas assez
sévère, n'a pas assez de dents. Je
rappellerai seulement que nous sommes dans une étape progressive de sa
mise en application, qu'elle peut être révisée sur une base régulière
et qu'au fur et à mesure de la capacité des constructeurs de fournir et des
distributeurs d'avoir ces véhicules on
pourra imposer des normes qui sont encore plus sévères, le cadre législatif
nous le permettant.
Pour assurer le déploiement et la gestion du
réseau étendu de bornes de recharge rapide, qui de mieux placé qu'Hydro-Québec? C'est ce que le projet de loi prévoit. En tant
que distributeur d'électricité, Hydro-Québec est, en
effet, bien placé pour rentabiliser
des projets d'infrastructures de recharge rapide. En plus de la neutralité
tarifaire, qui est très importante, que permettra la société d'État, plusieurs
avantages indirects découleront du
déploiement du réseau de bornes de recharge par Hydro-Québec. Par exemple, la
balance commerciale de la province sera avantagée du fait que l'on remplace
l'essence, un bien importé, par de
l'électricité propre et renouvelable qui est produite localement. Le projet
stimulera la nouvelle économie du transport électrique, qui fait appel à
une vaste gamme d'entreprises présentes au Québec, les fabricants de bornes et de modules électriques, l'ingénierie et les
électriciens. Le marché pour les véhicules électriques d'occasion pourra
se développer, ce qui démocratisera l'accès à ces véhicules propres en les rendant
abordables pour l'ensemble de la population.
Et on voit d'ailleurs s'accroître le marché des véhicules électriques usagés,
notamment chez les jeunes qui doivent se déplacer dans des circuits
urbains ou ailleurs au Québec.
propriétaires de véhicules électriques bénéficieront d'économies récurrentes
estimées à 2 000 $ par année, en moyenne, qu'ils pourront réinjecter dans l'économie du Québec, et les
appels de propositions en vue de l'acquisition, de l'installation, de la maintenance des équipements feront appel à
diverses entreprises parmi lesquelles de nombreux fournisseurs québécois
pourront se qualifier.
Pour
permettre à Hydro-Québec de procéder
à ce déploiement massif, il s'avère cependant nécessaire d'instaurer un modèle de financement permettant une grande agilité et une rapidité
d'intervention. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes penchés sur ce projet de loi, favorisant l'établissement d'un service public de recharge rapide pour véhicules électriques.
que le projet de loi propose concrètement, c'est la modification de la
Loi sur Hydro-Québec dans le but de permettre au gouvernement
de fixer par règlement les tarifs d'utilisation d'un service public de recharge
rapide pour véhicules électriques et, deuxièmement, la modification de la
Loi sur la Régie de l'énergie afin de
permettre à celle-ci de tenir compte,
dans la fixation des tarifs de distribution d'électricité, des revenus requis
par Hydro-Québec pour assurer l'exploitation d'un service public de recharge rapide et des préoccupations économiques, sociales et
environnementales que peut lui indiquer le gouvernement.
le Président, avec ce projet de loi, nous garantissons à la fois le déploiement
rapide de ce type de borne et la pérennité de ce service public.
D'ailleurs, l'équipe du Circuit électrique veillera à coordonner l'implantation
du service public de bornes de recharge
rapide sur des sites stratégiques répondant aux besoins des électromobilistes.
Et je salue toute l'équipe du Circuit
électrique, des gens d'un grand dévouement et qui croient très sincèrement au
déploiement du réseau, et à l'augmentation du nombre de véhicules
électriques, et aux bénéfices que tous les Québécois en retireront.
Le projet de loi
favorisant l'établissement d'un service public de recharge rapide pour
véhicules électriques permettra également de
concilier les actions d'Hydro-Québec avec les orientations et les politiques
gouvernementales en matière de
réduction des émissions de gaz à effet de serre. Avec ce projet de loi, nous
prenons les mesures nécessaires pour
favoriser l'émergence des véhicules électriques sur nos routes et pour
accélérer la transition énergétique du Québec, nous nous donnons les moyens pour atteindre nos cibles
gouvernementales. Nous proposons une solution qui n'aura aucun impact
financier ni pour le gouvernement ni pour les consommateurs d'électricité, et
la formule que nous proposons maintient cet
équilibre, et c'est cet équilibre qu'il faut maintenir : aucun impact
financier pour le gouvernement et aucun impact financier pour les consommateurs d'électricité. Les coûts liés à
l'exploitation d'un service public de recharge rapide pour véhicules électriques seront intégrés à la
base tarifaire et n'engendreront aucun impact sur les tarifs de distribution
d'électricité, compte tenu de l'augmentation
des ventes d'électricité. C'est la raison pour laquelle le déploiement doit se
faire au rythme de l'augmentation du parc.
Nous
appuyons les entreprises québécoises qui fabriquent des bornes de recharge
rapide et nous garantissons aux utilisateurs
de véhicules électriques des prix constants par rapport à ceux de l'essence,
qui fluctuent sans arrêt et, malheureusement, à la hausse. En bout de ligne, ce projet de loi agira comme catalyseur
pour l'achat de véhicules électriques au Québec.
Lors
des consultations particulières, comme je l'ai mentionné précédemment, nous
avons eu la chance d'entendre les
représentants de l'Association des véhicules électriques du Québec,
d'Hydro-Québec et de Roulez électrique. Tous étaient d'avis que le déploiement massif d'un service public de recharge
rapide était incontournable pour atteindre nos objectifs en matière d'électrification des transports. Un tel
déploiement accélérera la transition vers l'électromobilité, ce qui aura pour effet de réduire de façon
significative les émissions de gaz à effet de serre du parc automobile et les
coûts de santé qui y sont associés.
Le projet de loi que
nous proposons s'appuie sur le principe d'utilisateur-payeur en utilisant les
revenus qui proviennent de l'augmentation
des ventes d'électricité pour défrayer les coûts d'exploitation d'un service
public de recharge rapide. Avec le déploiement massif d'un service
public de recharge rapide, nous poursuivrons la réalisation du pacte énergétique que nous avons scellé avec l'ensemble
des Québécois et nous permettrons au Québec de renforcer son leadership
en matière d'électrification des transports.
conclusion, M. le Président, voici qui résume la nature des discussions tenues
lors de l'étude détaillée du projet de loi n° 184, favorisant
l'établissement d'un service public de recharge rapide pour véhicules
électriques. Son cheminement, tout
aussi rapide, témoigne de l'évidence d'une réelle volonté partagée, je le
souhaite, par les collègues des oppositions d'adopter ce projet de loi afin d'accélérer le déploiement, au Québec,
d'un réseau public de bornes de recharge rapide pour véhicules électriques. Pour y arriver, nous avons
profité du précieux apport des acteurs du domaine de l'électrification des
transports et d'Hydro-Québec qui sont venus commenter les mesures mises de
l'avant soit en personne soit en nous faisant parvenir un mémoire, et je
les remercie tous et toutes chaleureusement.
Il nous reste
maintenant à franchir la dernière étape du cheminement du projet de loi, dont
l'adoption est désormais à notre portée
avant la fin de cette session. Dans l'intérêt du Québec, dans l'intérêt des
Québécois et au bénéfice des
générations futures, j'espère que nous y arriverons dans les meilleurs délais.
Et je vous remercie de votre attention.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vous remercie, M. le ministre
de l'Énergie, dans les circonstances.
Et je cède la parole au porte-parole de l'opposition officielle en ces
matières, M. le député de Saint-Jérôme, pour son intervention sur le rapport de
la commission. À vous, M. le député de Saint-Jérôme.
Bourcier : Alors, M. le Président, je voulais tout simplement saluer le fait que vous me présentez probablement pour la dernière fois de la
législature dans ces circonstances-ci et également que je m'adresse à l'Assemblée
et au salon bleu. Alors, c'est un honneur pour moi d'être présenté par vous, M.
le Président. Je voulais également saluer la collaboration du ministre
de l'Énergie lors des consultations sur le projet de loi n° 184 et également la collaboration des collègues qui étaient présents ainsi
que de tout le personnel.
M. le ministre tantôt, M. le Président, mentionnait que j'avais peut-être
une vision plus sombre des choses. Au contraire,
je suis toujours de bonne humeur, M. le Président. Par contre,
loin d'être noir, je suis peut-être plus exigeant, parce que c'est le rôle de l'opposition officielle, et c'est mon rôle, en tant que critique en
électrification des transports, d'essayer d'améliorer les choses et d'augmenter
les bénéfices que les Québécois pourraient avoir avec, justement,
le projet de loi n° 184.
Alors, M. le Président, le gouvernement du Québec s'est donné comme objectif, en 2020, d'avoir 100 000 véhicules électriques qui circulent sur les routes du Québec. En quatre ans, on
est rendus à 25 000, et là on voudrait en faire apparaître 75 000 en deux ans. Pourtant, M. le
Président, le mi