House Proceedings — 13 November 2013 (40th Legislature, 1st Session)
2013-11-13
Quebec — Debates (Hansard)
En réalité, le Café Le Signet est une entreprise
d'économie sociale dont la mission principale est de venir en aide à des personnes en difficulté d'insertion en leur
offrant des stages en emploi. Au-delà de cette vocation sociale, le Café Le Signet contribue également à
l'épanouissement culturel de Sainte-Rose. Depuis 2011, M. Guy Boucher et son équipe de bénévoles présentent des concerts
intimes dans la salle du café, permettant aux créateurs d'ici de
s'exprimer. Ils travaillent aussi à la
production d'un album regroupant des artistes s'étant produit au Café Le Signet.
C'est donc un honneur pour moi de
souligner les efforts soutenus du Café Le Signet… et de ses bénévoles qui se dévouent et
s'investissent pour la communauté, contribuant ainsi à faire de Sainte-Rose un
endroit où il fait bon vivre pour tous. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Cousineau) : Merci. Merci, Mme la députée de
Sainte-Rose. Je cède maintenant la parole à la députée de Bourassa-Sauvé. Mme
la députée.
de Santis : Merci, M. le Président. En fin de
semaine aura lieu le grand banquet pour souligner le 50e anniversaire du tournoi de hockey mineur de Montréal‑Nord.
Créé par le maire de l'époque, M. Yves Ryan, le tournoi a évolué au fil des ans, mais son
succès n'est jamais démenti. De mosquito, à atome, à tournoi
atome-junior, comme on le nomme aujourd'hui, ce sont des dizaines de milliers
de jeunes qui y ont pris part, dont Denis Savard et Normand Dupont, justement
de Montréal‑Nord, qui ont ensuite joué dans la Ligue nationale. Le tournoi
rappelle aussi d'heureux souvenirs à ceux qui ont vu «le Rocket» Maurice
Richard arbitrer les matchs d'ouverture.
Félicitations
et merci aux grands bénévoles André Ouellet et Stéphane Welsh, qui se dévouent
sans compter pour faire du tournoi une grande réussite et qui permettent, à chaque semaine, à près de 500 jeunes
Nord-Montréalais de pratiquer notre sport national en rêvant de faire carrière
un jour chez les professionnels. Bravo et bon gala du 50e.
Vice-Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé. Je cède maintenant la parole au député de
Chutes-de-la-Chaudière. M. le député.
M. Picard : Merci, M. le
Président. L'église du Très-Saint-Rédempteur est, depuis 75 ans, le témoin de la foi
des gens de la communauté de Saint-Rédempteur. Bien ancrée au coeur des rituels de notre patrimoine religieux
depuis 1938, aujourd'hui encore, elle est le
lieu de rassemblement qui marque les moments importants de la vie. De nombreux
souvenirs sont rattachés aux célébrations entourant cet anniversaire. Aussi, du 10 au 17 novembre, plusieurs activités communautaires et culturelles
vont souligner l'histoire de l'église et de la communauté.
À cet égard, je tiens à féliciter tous les
organisateurs et les bénévoles pour leur dévouement et l'excellence de leur travail. Je
profite de cette occasion pour remercier également tous ceux et celles qui, par
leur générosité et par leur foi, auront contribué, au fil des ans, à
créer ce lien d'attachement à l'église de Saint-Rédempteur. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Chutes-de-la-Chaudière. Je cède maintenant la parole à la députée d'Iberville. Mme la députée.
Bouillé : M. le Président, je veux souligner... Je veux profiter
de l'occasion qui m'est donnée aujourd'hui pour souligner la participation d'un talentueux
pianiste de ma circonscription, Simon Brevet, au concours Pianomanie de
Saint-Césaire. Les 75 pianistes inscrits ont démontré leur talent musical devant plus de 400 personnes.
Simon
Brevet est sorti grand gagnant de ce populaire concours avec une note de
93 %. Il s'est également vu remettre le prix Jean-Michaël Lavoie. Je tiens à lui rendre hommage
pour son courage, sa détermination et sa passion
pour la musique, et je lui souhaite bon succès dans sa carrière et dans ses
études. Je salue également ses parents pour
leur dévouement envers ce jeune artiste prometteur. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Cousineau) : Merci. Merci, Mme la députée d'Iberville. Je
cède maintenant la
parole au député de Laurier-Dorion. M. le député.
Sklavounos : M. le Président, le 15 novembre, nous soulignons la journée mondiale
du recyclage. Le recyclage a comme premier objectif de récupérer les déchets et de leur donner une deuxième
vie.
La journée du recyclage a
été instaurée aux États-Unis en 1994, et son objectif était de
promouvoir laconsommation de produits fabriqués à partir de matériaux recyclés. Aujourd'hui, le concept de recyclage va beaucoup plus loin et constitue un élément essentiel de notre
quotidien.
Au Québec, alors que le taux de récupération résidentielle était de 20 % en
1999, en 2010, il a atteint les 65 %.
Cela représente plus de 600 000 tonnes de matières
résiduelles. S'il est souvent devenu un réflexe de trier et recycler dans la grande majorité des
foyers québécois, il reste encore beaucoup de travail à faire. C'est pourquoi
j'invite nos citoyens, leurs familles,
mais aussi nos municipalités, entreprises et nos diverses institutions à
continuer nos importants efforts collectifs. Après tout, il est de notre
devoir de préserver notre planète pour les générations à venir. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Merci. Merci, M. le député de Laurier-Dorion. Je cède maintenant la parole au député de Sainte-Marie—Saint-Jacques. M. le député.
Breton : Merci,
M. le Président. Le 23 novembre prochain, Au Coup de pouce Centre-Sud
fêtera son 40e anniversaire. Ce centre est un
lieu unique d'échanges et de rencontres. Je suis un témoin privilégié de la
richesse de l'accompagnement que ces gens-là font auprès de leurs usagers. Je
connais Au Coup de pouce Centre-Sud bien au-delà
de mon arrivée comme député de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Quelle équipe dynamique, intelligente,
gentille, avenante, une équipe du tonnerre,
quoi. Vous vous en doutez, j'aime travailler avec eux. Je côtoie ces gens
passionnés, généreux de leur temps et de leur expertise, ouverts à expérimenter
de nouvelles avenues et respectueux des besoins et des limites de leurs
clients. Au fil des années, le Coup de pouce Centre-Sud n'a pas perdu de sa
vitalité.
Un merci tout particulier à Gisèle Caron,
directrice générale, de continuer à faire croître les projets et à mettre les adultes au
centre de leurs préoccupations. Continuez, vous et votre personnel, de puiser
dans les ressources solides de votre
expérience et de vivre l'audace des rêves qui élargissent les horizons de
solidarité. Nos meilleurs voeux pour ces 40 années d'éducation auprès de la communauté. Vous contribuez à
améliorer, année après année, la qualité de vie de la population du
territoire dans toutes ses dimensions. Et merci de nous offrir un lieu qui nous
ressemble et qui nous rassemble. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Je cède maintenant la parole au député de Papineau. M. le député.
Iracà : M. le Président, je désire souligner le parcours
exceptionnel de l'artiste M. Christian Quesnel. Auteur-illustrateur de nombreuses bandes dessinées, récits graphiques et
livres jeunesse, il vit à Saint-André-Avellin, dans la Petite-Nation. Il a participé à plusieurs manifestations culturelles
d'envergure en France, en Suisse, en Finlande et
au Canada. À l'automne 2008, il devient le
premier artiste en bande dessinée à remporter le Prix de la création artistique du Conseil
des arts et des lettres du Québec pour l'ensemble de son oeuvre. En 2009, il est
l'artiste qui inaugure le studio du Conseil des arts et des lettres du
Québec à Londres. En
2012, son récit Coeur d'argile remporte le Flamand littéraire dans la catégorie Bande
dessinée et récit graphique au gala de reconnaissance des auteurs de l'Outaouais. En 2013, il repousse les frontières
de l'art graphique avec son Ludwig , qui ressasse de grands moments de la
vie du compositeur et de l'auteur. On parle ici de B.D. symphonique, un
concept alliant plusieurs formes d'art.
De par son grand talent, Christian Quesnel
fait rayonner la région de la Petite-Nation et de l'Outaouais à travers le monde.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Papineau. Je cède maintenant la parole au député de Laval-des-Rapides.
Bureau-Blouin :
Merci, M. le Président.
Le 25 octobre dernier, le 16e colloque intergénération a été organisé par la Maison
des grands-parents de Laval et l'école Mont-de-La Salle. Cette journée
intergénérationnelle a rassemblé plusieurs dizaines de jeunes de quatrième secondaire ainsi que plusieurs dizaines d'aînés dans une atmosphère d'échange et de partage.
participants ont discuté de thèmes tels que le pouvoir, l'intolérance, la paix
et la liberté. Jeunes et aînés ont ensuite assisté à une pièce de théâtre
portant sur les générations, l'éducation et les nouvelles technologies. Ces échanges intergénérationnels font
partie d'une tradition bien ancrée à
l'école secondaire Mont-de-La Salle. Ils permettent de bâtir des
ponts durables entre les générations.
Je tiens à féliciter les organisateurs et les
partenaires de cet événement ainsi que chacun des participants
pour leur engagement envers une société dans laquelle les échanges intergénérationnels sont une
composante essentielle du bien-être et de l'épanouissement collectifs. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Cousineau) : Merci. Merci, M. le député de Laval-des-Rapides. Alors, cela met fin à la rubrique Déclarations
de députés.
suspends pour quelques instants.
(Suspension
de la séance à 9 h 57)
Président : Bon mercredi
matin, chers collègues. Nous allons nous recueillir.
Merci.
Veuillez vous asseoir.
Eh bien, je
remarque, dans nos tribunes, qu'un de nos anciens collègues est avec nous,
M. Benoît Laprise, ancien député de Roberval.
Et, pour ceux qui ne le sauraient pas, je vous annonce que c'est la
journée internationale de la gentillesse.
Alors, j'aimerais ça si c'était la journée internationale de la gentillesse à
tous les jours, mais essayez aujourd'hui de faire en sorte que ce soit toute la journée la journée
internationale de la gentillesse.
Alors,
nous poursuivons les affaires courantes. M. le leader du gouvernement.
Bédard : À l'évidence, ce n'est pas la journée
du silence, M. le
Président. Effectivement,
de la gentillesse, et, comme nous avons une motion à cet effet, nous pourrions peut-être, de façon
exceptionnelle, l'adopter avant la période des
questions. Ça pourrait inspirer nos collègues d'en face de maintenir un climat
qui s'inscrit dans cette belle journée, M.
le Président. Mais j'attends le consentement, je crois qu'il ne viendra pas, M.
le Président. Alors, à ce moment-ci, je vous demanderais d'appeler
l'article e de notre feuilleton.
Le Président : Alors, à
l'article e du feuilleton, M. le ministre de la Justice présente le projet de
loi n° 61, Loi visant principalement le
recouvrement de sommes payées injustement par des organismes publics
relativement à certains contrats dans l'industrie de la construction. M. le
ministre.
St-Arnaud : Oui, merci, M. le Président, c'est très gentil de
me donner la parole.
Alors, M. le Président, il me fait plaisir de
déposer le projet de loi n° 61, Loi visant principalement le recouvrement de sommes
payées injustement par des organismes publics relativement à certains contrats
dans l'industrie de la construction.
Alors, M. le Président, ce projet de loi a
pour objet de prévoir des règles adaptées au recouvrement de sommes payées
injustement à la suite de fraudes ou de manœuvres dolosives dans le cadre de
l'adjudication, de l'attribution ou de la gestion de contrats publics
dans l'industrie de la construction.
Plus particulièrement, ce projet de loi
reconnaît au ministre de la Justice, en sa qualité de Procureur général, le droit d'intenter des
recours en réparation pour des préjudices causés à certains organismes à la
suite de fraudes ou de manoeuvres dolosives
dans le cadre de l'adjudication, de l'attribution ou de la gestion de tout
contrat public dans l'industrie de la construction.
projet de loi aménage ensuite l'exercice de ce droit de recouvrement, notamment
en établissant certaines présomptions, en permettant au ministre de transiger
et de donner quittance au nom des organismes et en prévoyant que le droit
d'intenter un tel recours se prescrit par cinq ans.
Le projet de loi prévoit également que tout
programme de remboursement que le ministre crée afin que puisse être remboursées
certaines sommes obtenues dans le cadre de l'adjudication, de l'attribution ou
de la gestion de tout contrat public
dans l'industrie de la construction pour lequel il aurait pu y avoir fraude ou
manœuvre dolosive doit être publié à la Gazette officielle du Québec .
projet de loi prévoit également qu'une personne désignée dans le cadre de
l'application d'un programme ainsi créé pour
tenter d'amener les parties à s'entendre n'est pas contraignable et ne peut
être poursuivie en justice en raison d'un acte accompli de bonne foi
dans l'exercice de ses fonctions.
projet de loi prévoit également la création d'un fonds affecté au financement
des activités réalisées dans le cadre de
l'application de la loi.
Le projet de loi
apporte par ailleurs des modifications à la
Loi sur les contrats des organismes
publics afin de faire en sorte qu'une
entreprise qui est déclarée coupable de certaines infractions ne voie pas
automatiquement sa demande d'autorisation de contracter refusée par
l'Autorité des marchés financiers, mais que cette condamnation puisse plutôt
être prise en considération par l'autorité dans l'évaluation de l'intégrité de
l'entreprise aux fins de la délivrance de cette autorisation.
Enfin,
M. le Président, le projet de loi prévoit des dispositions transitoires et
finales, notamment quant à la cessation
d'effet de certaines dispositions.
Je vous remercie, M.
le Président.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader
de l'opposition.
Moreau : Alors, M. le Président, aux réactions, j'avais le goût
de poser la question au leader du deuxième
groupe d'opposition, mais, c'est la Journée de la gentillesse, je vais la poser
au leader du gouvernement.
Est-ce
que vous avez l'intention de tenir des consultations particulières sur ce
projet de loi, particulièrement pour entendre le Barreau du Québec et le Directeur des poursuites criminelles et pénales, compte tenu de la nature des notes que nous a lues
le ministre de la Justice?
Le Président : M. le leader du gouvernement.
Le Président : Je vais entendre ensuite le leader du deuxième groupe
d'opposition.
Bédard : Ah! Bien, peut-être avant, là, oui.
Le Président : M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Deltell : Ce n'est pas pour répondre à la question de mon collègue de l'opposition
officielle, mais bien plutôt pour… Bon, vous
avez remarqué qu'on trouve que c'est une excellente idée. On salue
l'inspiration. Cela dit, M. le Président, on aimerait savoir, bon, évidemment, s'il va y avoir des consultations, mais aussi : Comme
le projet de loi est déposé avant le 15 novembre, est-ce qu'il est dans l'intention du gouvernement, puisqu'il
est très important d'agir rapidement dans ce dossier-là, de faire adopter ce projet de loi d'ici la fin
de nos travaux?
Le Président : Alors, deux questions pour vous, M. le leader du gouvernement.
Bédard :
Sur la première, quant à nos volontés, nous sommes dans un gouvernement minoritaire, qu'il soit déposé avant ou
après le 15 ne change rien sur le principe que ça va prendre de toute façon une
collaboration de tout le monde, donc. Cette
date est un peu fictive en ce qui concerne ce projet
de loi, mais évidemment nous souhaitons son adoption
dans la présente session. Mais nous le ferons en collaboration et en
souhaitant que cette collaboration soit
au rendez-vous. Donc, pour nous, c'est un acte d'une
importance réelle et ça nous permet d'agir concrètement et rapidementpour mettre en place
des mesures pour récupérer ces sommes. Donc, les délais, pour nous, sont importants, mais en même temps nous tenons
compte de la situation.
Quant à la demande de
consultations,
le Directeur des poursuites criminelles et
pénales ne sera pas appelé en commission parlementaire pour la raison suivante : le projet de loi ne touche d'aucune façon quelque
poursuite criminelle ou pénale que ce soit. Il laisse de côté toute possibilité… il n'y aura
aucune possibilité pour un individu ou une compagnie qui fait face à une accusation criminelle ou pénale de régler dans le cadre du processus qu'on met de l'avant. Le processus criminel va suivre son cours, les gens vont répondre de
leurs actes. Ce que nous mettons en place actuellement, c'est un processus civil sur les sommes.
Donc,
si le Barreau peut être appelé, effectivement, nous… Ça sera à nous à se parler pour
voir un ou deux groupes pertinents pour nous
aider à avancer dans le cadre de l'étude
article par
article.
Président : Finalement, est-ce que l'Assemblée accepte
d'être saisie de ce projet
de loi? L'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de
loi. Alors, c'est
adopté. M. le leader de l'opposition officielle.
M. Moreau : Oui, un instant. Vous avez quelque
chose à me demander, là, M. le Président?
Le Président :
L'article i.
Une voix : Êtes-vous sûr?
Moreau :
Non, non. La Journée de la gentillesse a vraiment de l'effet, M. le
Président. Alors,
auriez-vous la gentillesse d'appeler l'article i du feuilleton, s'il vous
plaît?
Président : J'aurai cette
gentillesse, M. le leader de l'opposition.
Alors, à l'article i du feuilleton, j'ai reçu le rapport
de la directrice de la législation sur le projet de loi n° 210, Loi modifiant
la Loi fusionnant Centre de réadaptation Mackay et L'Association montréalaise
pour les aveugles sous le nom de
Centre de réadaptation MAB-Mackay / MAB-Mackay Rehabilitation Centre. La
directrice de la législation a constaté que les avis ont été faits et publiés
conformément aux règles de fonctionnement des projets de loi d'intérêt privé. Et je dépose ce rapport.
En conséquence, Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce présente le projet de loi d'intérêt privé n° 210, Loi modifiant la Loi fusionnant Centre de réadaptation
Mackay et L'Association montréalaise pour les aveugles sous le nom de Centre de
réadaptation MAB-Mackay / MAB-Mackay Rehabilitation Centre.
L'Assemblé
accepte-t-elle d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader du gouvernement?
Bédard : À ce moment-ci, M. le Président, conformément… Ah!
Vous n'avez pas le rapport?
voix : C'est adopté.
Président : C'est adopté? Adopté. À vous.
Bédard : Alors,
conformément, M. le
Président, à l'article 267 du règlement, je fais motion pour que le
projet de loi d'intérêt privé n° 210
soit déféré à la Commission des institutions et pour que le ministre de la
Justice en soit membre.
Président : Est-ce que cette motion est adoptée?
Président : Cette motion est
adoptée.
la rubrique Dépôt de documents, madame… M. le ministre du Développement… de l'Environnement… M. le ministre du Développement durable.
Blanchet : M. le Président, J'ai l'honneur et un plaisir que je
vous laisse imaginer de déposer le document pour consultation publique
quant à l'inversion du flux de… de l'oléoduc, dis-je bien…
Blanchet : …l'oléoduc 9B d'Enbridge.
Le Président : C'est beau. C'est beau, ce document est déposé.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le député d'Ungava et président de la Commission
des institutions.
Ferland : Merci, M. le Président. Je
dépose le rapport de la Commission des
institutions qui, les 7, 8 et 12 novembre 2013, a tenu des auditions publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet de loi n° 49, Loi modifiant diverses lois professionnelles et d'autres
dispositions législatives dans le domaine des sciences appliquées.
Président : Alors, ce rapport
est déposé.
Nous
en sommes maintenant rendus à la rubrique des pétitions. J'ai M. le député de Chauveau.
Deltell : Merci, M. le Président. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale et signée par 600 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec;
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que la réglementation de la Régie des alcools des courses et des jeux, en ce qui
concerne les concours publicitaires, s'adresse à tous les types de concours;
«Considérant que la Régie des alcools, des courses et des jeux réglemente par le fait même les concours publicitaires disponibles sur Internet;
«Considérant que la réglementation de la Régie des alcools,
des courses et des jeux est restrictive quant
à la présentation de concours aux citoyens ou résidents de la province de Québec, par les tiers
désirant le faire;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du Québec de modifier la réglementation de la Régie des alcools, des courses et des jeux, afin de permettre aux tiers le
désirant de présenter ouvertement, librement et sans restriction des concours publicitaires disponibles sur Internet, pour
que les citoyens
et résidents du Québec puissent y participer.»
certifie que cet extrait est conforme au règlement et à l'original de la pétition.
Président : L'extrait de cette
pétition est déposé. J'ai reçu, de la part de Mme
la députée de l'Acadie, une demande de dépôt d'une pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un consentement pour le dépôt? Consentement. Mme la députée, nous vous
écoutons.
St-Pierre : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 459 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le projet de charte des valeurs, tel que présenté,
en lui-même par sa forme, crée des injustices et réfute
les droits protégés par les chartes canadienne et québécoise à tout individu d'afficher ses
croyances religieuses;
«Considérant qu'une telle situation amènera
tout le Québec dans un chaos juridique interminable
et extrêmement coûteux pour ses citoyens et ses citoyennes déjà trop fortement taxés;
«Considérant qu'une telle charte amènera inévitablement des
inégalités et des injustices, en permettant, de façon subjective à l'un et en refusant à l'autre, selon la catégorie de gens, le port
de signes religieux;
«Considérant que l'acceptation de l'expression et de la démonstration
spirituelle, du sentiment religieux ou de son
absence totale ou partielle, de ses croyances ou non-croyances fait
partie
intégrante et sans aucune restriction des droits individuels et collectifs
protégés par nos chartes canadienne et québécoise;
«Considérant que nous croyons sincèrement :
«Qu'une
telle charte, en tenant l'un dans l'ignorance de l'autre, divisera et créera
des tensions insoutenables;
«Que de ne pas permettre de connaître ses
différences, pourtant si évidentes, amènera nos générations futures à toutes sortes
d'intolérances, d'injustices et de frustrations sociales;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«C'est pourquoi nous, soussignés, demandons
au gouvernement du Québec d'abandonner son projet de charte des valeurs québécoises et d'ainsi démontrer au
reste du Canada et au monde entier notre différence en tant que peuple
d'accueil, tolérant et respectueux des diversités qui font sa richesse autant
culturelle, sociale et économique.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait
de cette pétition est déposé.
J'ai reçu, de la part
de M. le député
de La Prairie, une demande de dépôt de
pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un consentement? Consentement. M. le député de La Prairie, nous vous
écoutons.
Le Bouyonnec : M. le Président, merci. À nouveau, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par
201 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que des
accidents, dont certains mortels, surviennent de façon répétée autour de
l'intersection Saint-Jean/de la Bataille Nord et Sud;
«Considérant que le
rapport du coroner a conclu que le virage à gauche sur la [...] 104 vers le
chemin de la Bataille était périlleux et que le ministre des Transports du
Québec devait intervenir de manière urgente;
«Considérant
que la Régie intermunicipale de police Roussillon dénombre 64 accidents entre
2003 et juillet 2013 autour de l'intersection
de la route 104 et du chemin de la Bataille Nord et Sud;
«Considérant
que l'état actuel de cette intersection contribue à l'instauration d'un
sentiment d'insécurité et de peur chez les
résidents de la région;
«Considérant
que des demandes de la part des citoyens afin d'installer une signalisation
adéquate à l'intersection [...] se font
régulièrement, depuis près de 15 ans et que rien n'est réalisé par le ministère
des Transports du Québec;
«Considérant
que les nombreuses résolutions du conseil municipal de la ville de La Prairie
adoptées en 1999, 2003, 2007, 2009, 2010 et
2013 n'ont abouti à aucune action de la part du gouvernement du Québec;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au ministère des Transports du Québec qu'il agisse dans
les plus brefs délais afin d'adopter les
mesures adéquates pour assurer la sécurité des résidents et visiteurs qui empruntent
l'intersection du chemin Saint-Jean/chemin de la Bataille Nord et Sud, ce qui
consiste en l'installation de feux de circulation ainsi que l'installation d'un
passage piétonnier protégé.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions
portant sur une question de droit ou de
privilège.
Nous en sommes donc
rendus à la période de questions et réponses orales. J'invite M. le chef de
l'opposition officielle à poser la première question.
M. Fournier :
Merci, M. le Président. Sans analyse et fondements réels, le code vestimentaire
est un fouillis d'attentes incompatibles et
contradictoires. Tantôt, c'est l'égalité hommes-femmes, déjà protégée à la charte
des droits; tantôt, une neutralité à définition variable soi-disant en
péril; tantôt, la laïcité coercitive et l'exclusion du religieux de l'espace
public. Ce projet n'est pas fonction d'un problème réglé mais d'une élection à
gagner.
Commission des droits de la personne écrit, à la page 11 de son avis, et je
cite : «…l'État doit [...] être en mesure
de justifier sa norme[...]. Ainsi, l'État
doit d'abord démontrer, preuve à l'appui, que l'objectif poursuivi est urgent
et réel...»
commission poursuit : «Comment justifier l'urgence de l'objectif lorsqu'on
ne présente aucun cas où le port de signes religieux par le personnel de l'État
québécois aurait compromis la neutralité religieuse de l'État?» Fin de la
citation.
semaine dernière, j'ai demandé quel problème le gouvernement voulait régler
avec son code vestimentaire discriminatoire.
La première ministre m'a répondu : C'est pour répondre aux drames que l'on
a connus.
La première ministre
peut-elle nous révéler ce matin les drames qu'elle a en tête? Son ministre de
la Justice lui a sûrement fourni la liste
qu'il devra présenter devant les tribunaux. Les gens à qui vous avez enlevé
l'emploi ont le droit de connaître la raison de leur exclusion.
Le Président :
Mme la première ministre.
Marois : Alors,
merci, M. le Président.
Je remercie le chef parlementaire de l'opposition officielle
d'aborder cet important enjeu pour la société
québécoise. Je ne sais pas où était ce chef de
l'opposition parlementaire… de l'opposition
officielle… chef parlementaire de l'opposition officielle lorsque son gouvernement a
demandé à MM. Bouchard et Taylor de présider une commission
d'enquête pour justement aborder ces questions. C'est sans doute parce qu'iln'y avait aucun problème, que ça ne méritait pas qu'on se penche sur une telle question. Or, on l'a fait pendant un long moment avec un
résultat qui a été zéro, M. le Président,
puisque le gouvernement qui nous a précédés, le gouvernement libéral, a reçu le rapport Bouchard-Taylor et n'a jamais fait les
corrections ou adopté les politiques qui auraient dû être adoptées, tant en matière d'accommodements raisonnables que de port de
signes religieux.
D'ailleurs, la commission Bouchard-Taylor
proposait elle-même que certaines catégories de personnes en autorité ne portent pas
de signe religieux ostentatoire. Donc, si eux ne pouvaient pas… pouvaient ne
pas en porter, ça ne va pas brimer leur droit à l'exercice… à la pratique de leurs
convictions et à l'exercice de leurs convictions, M. le Président.
Ce que nous faisons : nous proposons des
balises qui s'appuient sur des principes fondamentaux qui sont en fait des valeurs
universelles auxquelles nous adhérons, tous et toutes autant que nous en sommes
dans cette Assemblée. Nous croyons
que l'égalité entre les femmes et les hommes est un principe fondamental, est
une valeur fondamentale qui jamais ne devrait être niée. Elle devrait
servir à interpréter toutes les lois, tous nos comportements, toutes nos
politiques, tous nos règlements, M. le Président. La neutralité de l'État
s'inscrit dans la même perspective.
Président : Première complémentaire, M. le chef de
l'opposition.
Fournier : La première ministre n'appuie son code vestimentaire
sur aucune analyse et aucune science. Sans fondement réel, on se retrouve avec
un fouillis d'attentes qui entraînent des dérapages et des contradictions spectaculaires. Son propre ministre déclare qu'il
ne veut pas faire garder ses enfants par une personne qui porte un
symbole religieux, mais le même ministre se paie une publicité gouvernementale
avec sa photo dans le feuillet paroissial.
C'est-u ostentatoire, un feuillet paroissial?
Président : Mme la première ministre.
Marois : Alors,
M. le Président, on constatera que toutes les raisons sont bonnes pour refuser
de débattre de ce projet. C'est ce dont nous fait état le chef parlementaire de
l'opposition officielle. Je l'invite d'ailleurs à participer au débat, à avoir une attitude peut-être différente
de celle de son parti au moment… qu'a eu
son parti au moment où on s'est trouvés devant des grands choix entre les intérêts
individuels vers… les droits individuels versus les droits collectifs.
Je me souviens d'un parti libéral qui s'est opposé farouchement à l'adoption de la loi 101, alors qu'aujourd'hui on met aux nues cette loi, y compris
le Parti libéral, parce qu'on sait qu'on a réglé un certain nombre de
problèmes. Il en va de même de la charte, M. le Président.
Président : Deuxième complémentaire, M. le chef de
l'opposition.
M. Fournier : M. le
Président, je veux que ce soit bien clair, je n'ai aucun problème avec le
phénomène religieux, mais le PQ, lui, veut
faire un problème d'élection du problème religieux. Vous affirmiez dimanche que
vos candidats ne porteraient pas de signe religieux parce que la neutralité de
l'État est menacée. Le même jour, dimanche, votre ministre place sa photo payée
par les fonds publics dans le feuillet paroissial.
Je vous pose la question : Est-ce que vous allez continuer les contradictions, mélangés dans vos convictions comme vous
l'êtes?
Président : Mme la première ministre.
Marois : Alors, M. le Président, le projet
de charte qui est devant nous, qui concerne...
Marois : Non, je ne suis pas mal à l'aise, pas
du tout, pas du tout. Au contraire, je suis particulièrement fière du
projet que nous avons déposé.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Marois : On m'interpelle, excusez-moi, M. le Président. On m'a interpellée. Évidemment,
spontanément, j'ai réagi, mais je vais m'adresser à vous, M. le Président.
Nous
voulons clarifier les choses, au contraire, et nous voulons nous assurer qu'un
certain nombre de valeurs auxquelles nous
adhérons... Je suis persuadée que les gens de l'autre côté de cette Chambre
partagent notre point
de vue à cet
égard. Mais la foi sans les œuvres, ça ne veut rien dire. Alors, à un moment donné, si on a
des convictions...
Le Président : En terminant.
Marois : ...si on a des valeurs, il faut s'assurer qu'on puisse les
mettre en pratique, M. le Président.
Le Président : Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Fournier : Moi, je veux bien que la première
ministre nous parle de ses convictions, M. le Président. La conviction du ministre qui porte le dossier est de dire : si c'est
pour l'égalité hommes-femmes, on l'a déjà
mis dans la charte.
Si c'est pour nous dire, comme il a dit à la première ministre : C'est la neutralité de l'État... Je pose tout simplement la question. Moi, je n'ai
pas de problème avec le phénomène religieux, mais vous, vous avez de l'air d'en
avoir un.
je vous pose la question : Pourquoi votre ministre paie une publicité
gouvernementale dans le feuillet paroissial?
C'est-u ça, la neutralité de l'État, selon vous? Dites-nous qu'est-ce que vous
pensez de sa photo.
Le Président :
Mme la première ministre.
Marois :
Alors, moi, je ne vois pas vraiment de contradiction là où en voit le chef
parlementaire de l'opposition officielle...
Président : S'il vous plaît! La question a été posée dans
l'ordre, j'aimerais entendre la première ministre avec le même respect. Mme la première ministre...
Le Président :
J'ai compris. Oui, que l'on se calme. M. le leader.
Bédard : ...32. Écoutez, un, on n'a pas beaucoup de
questions sur la charte des valeurs. On va en profiter, mais j'aimerais que nos gens d'en face aient la même
écoute que nous avons sur leur question.
Le Président :
C'est exactement ce que je viens de dire. Mme la première ministre.
Marois :
Alors, M. le Président, justement, et on fait la démonstration éloquente, s'il
en est, que nous respectons les convictions de chacun et de chacune. Et la
liberté de religion, cela existe, et c'est ce que nous voulons parfaitement et
particulièrement respecter, M. le Président.
Alors,
dans le cas du ministre responsable des Institutions démocratiques, je
comprends qu'il contribue à son église, mais
il ne demande pas, par ailleurs, à son église de participer à ses activités,
comme certains de ces députés l'ont demandé, M. le Président.
Le Président :
Je vais être obligé de sortir un goupillon, là, si vous ne vous calmez pas.
Est-ce qu'il y a une prochaine question? Oui, M. le député de Brome-Missisquoi,
en principale.
Paradis : Oui, M. le Président. Hier, les oppositions ont
questionné le gouvernement péquiste sur le trou
de 2,3 milliards creusé entre les mois d'avril et juillet derniers.
Réaction sur les banquettes péquistes : on s'applaudit à répétition, on
est fiers de la situation financière déficitaire.
le Président, dans ce contexte, j'ai revérifié toute la revue de presse sur le
sujet. Tous les analystes, tous les
économistes, tous les commentateurs se désolent de la situation. Unanimement,
ils soulignent la baisse des revenus et la hausse des dépenses. Ils
s'inquiètent d'un trou de 2,3 milliards de dollars en quatre mois.
Comme le Conseil national du PQ est terminé, le gouvernement péquiste
peut-il revenir sur terre et admettre qu'il y
a un grave problème de finances publiques?
Président : M. le ministre des Finances.
Marceau : M. le Président, le député de Brome-Missisquoi a soulevé la question du contrôle des dépenses, et je vais simplement lui rappeler ce que je lui
ai dit à plusieurs reprises.
Tout d'abord, je vais lui
rappeler ce qu'il nous a déjà dit quant à l'excellence de la gestion du gouvernement, excellence
qu'il a soulignée à plusieurs reprises.
Deuxièmement, sur le contrôle des dépenses, les
comptes publics que nous avons déposés il y a deuxsemaines
ont confirmé que le taux de croissance des dépenses en 2012‑2013 était de 1,2 %. Pour cette année, le contrôle se poursuit. Le mensuel
des opérations financières faisait état de dépenses qui étaient légèrement
supérieures parce que c'est le début de l'année. C'est conforme à la tendance historique. Et c'est également le
cas parce qu'il y a eu un versement de subventions conditionnelles aux universités au mois de
juillet, cette année, plutôt qu'en août l'an dernier, ce qui donne une impression de hausse de
croissance des dépenses, ce qui n'est pas le cas en pratique. Et cela se
confirmera, M. le
Président, je vous le dis, je vous
l'affirme, cela se confirmera lors de la mise à jour que nous déposerons
prochainement. Et vous pourrez constater toute l'excellence du contrôle
des dépenses de notre gouvernement.
Le Président : Première complémentaire, M.
le député de Brome-Missisquoi.
Paradis : Oui. M. le
Président, quelques
citations parmi tant d'autres. Carl Renaud, Canal Argent : «Le déficit du gouvernement [...] a grimpé de près de 28 % entre les mois de juin et [de] juillet dernier.» Paul Journet, La Presse ,
Le déficit continue de se creuser : «[Le] Québec échoue [...] à
de Montréal : «[Les péquistes] sont
dans le champ avec leurs prévisions budgétaires.»
Qui a raison, les
analystes ou les péquistes?
Le Président : M. le ministre des
Finances.
Marceau : En tout cas, M. le Président, moi, je me surprends de
voir le député de Brome-Missisquoi, qui était très vite sur la gâchette quand il y avait des
fluctuations dans
les chiffres de l'emploi, ne plus en parler
soudainement. Je trouve ça bien, bien
surprenant. Je vous rappelle que, tout au long des derniers mois, je n'ai eu
cesse de dire qu'il fallait comparer
les premiers mois de l'année 2013 avec les premiers mois de l'année 2012. Et je
continue, M. le
Président. Et là, si je prends les
10 premiers mois de l'année 2013, hein, donc de janvier à octobre, les 10
premiers mois de l'année 2013 avec
les 10 premiers mois de l'année 2012, eh bien, le chiffre qu'on obtient, M. le Président,
c'est 53 300 emplois
de plus au Québec cette année. C'est ça que ça
donne, M. le Président. Il était convaincu qu'il allait...
Le Président : En terminant.
M. Marceau : Alors, écoutez, je reviens sur la question des... Bon, je
reviendrai.
Le Président : Vous reviendrez. Deuxième complémentaire, M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis : Le ministre des
Finances se complaît dans
sa marge d'erreur. D'autres citations, M. le Président. Jean-Luc Lavallée, Journal
de Montréal : «[Les] chiffres [du ministère] des Finances
révèlent un trou budgétaire encore plus [inquiétant]. La tendance est inquiétante.»
Michel Hébert, Journal de Montréal : «Les électeurs sont [...] confus : on leur promet une pluie de milliards, [alors] que l'économie piétine et que le budget est toujours déficitaire.»
M. le Président, au lieu
de s'applaudir, est-ce que les péquistes pourraient cesser d'ignorer le problème...
Le Président : M. le ministre des
Finances.
Marceau : M. le Président... Alors, juste pour finir sur
l'emploi, parce que le député ne revient pas, donc, la prévision que nous
avions faite au moment du point de mars dernier, c'était 44 500. Et donc,
à 53 000, on est en avance.
Sur le contrôle des
dépenses, je le réitère, le passé est garant de l'avenir, nous avons obtenu une
performance exceptionnelle pour 2012‑2013.
Pour cette année, nos cibles sont en bonne voie d'être atteintes. Il y a, dans
le mensuel des opérations financières
auquel a fait référence le député de Brome-Missisquoi, une impression qui n'est
pas conforme à la réalité. Notre
gouvernement contrôle et va continuer à contrôler les dépenses, ce que l'ancien
gouvernement libéral n'est jamais parvenu à faire, M. le Président, je
vous le rappelle, je vous le confirme. Voilà.
Le Président : Principale, M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, au
chapitre des improvisations budgétaires, il y a aussi l'assurance autonomie. Le ministre de la Santé dit que la caisse autonomie sera
financée à même les impôts et les taxes que
paient déjà les contribuables. C'est aussi
la première
ministre elle-même qui le
dit. Combien devrons-nous payer? Impossible de
le savoir puisque le livre blanc ne contient aucun cadre financier.
Malgré
nos nombreuses demandes, ce gouvernement est toujours incapable de
répondre aux questions soulevées sur le financement de cette nouvelle
structure. Hier en commission parlementaire, la Protectrice du
citoyen a dit qu'elle avait de vives
inquiétudes, elle a demandé qu'un cadre financier précis soit dévoilé.
M. le Président,
la seule assurance qu'ont les Québécois actuellement, c'est l'assurance qu'ils devront
payer, et ils veulent savoir combien.
Président : M. le ministre de la Santé.
Hébert : M. le Président, d'abord, la Protectrice du citoyen, hier, a soumis un mémoire extrêmement intéressant qui appuyait l'assurance autonomie, parce qu'au cours des dernières années, et elle l'a dénoncé
à plusieurs reprises, il y a eu très peu
d'investissement dans les soins à domicile, et ça, c'est le gouvernement
libéral qui nous a précédés. Leur obsession par rapport aux coûts de
l'assurance autonomie, M. le Président, nous confirme que, pour les libéraux,
les soins à domicile, ce n'était pas une
priorité, ils ne voulaient pas investir dans les soins à domicile, et les
personnes âgées, les personnes
handicapées, les proches aidants, actuellement, reconnaissent le vrai visage du
Parti libéral, parce que ce n'était pas, pour eux, une priorité de
garder les gens à domicile.
La Protectrice du citoyen soutient notre
initiative, M. le Président, et nous fait un certain nombre de suggestions qui sont extrêmement
positives et que nous allons considérer, M. le Président. Le cadre financier,
nous l'avons mis dans le livre blanc,
c'est là, M. le Président. Il y a même une annexe, deux pages de cadre
financier, et nous avons le cadre financier. Pour la première fois, nous avons soumis… nous avons fait des
projections sur le statu quo et sur l'assurance autonomie, qui nous permet, à terme, de mieux contrôler les
dépenses publiques. Et c'est ça, l'avantage de l'assurance autonomie.
Non seulement ça redonne aux personnes âgées
une liberté, mais en plus ça nous permet de mieux contrôler les coûts, M.
le Président.
Président : Complémentaire, M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) :
…trois lignes de… juste des dépenses prévues au cours des 15 prochaines
années, rien sur la contribution de chaque
usager, rien sur le coût des services. Au niveau du SMAF, on doit avoir une
évaluation du coût que ça va coûter; il
n'est pas capable de nous le dire. Tous les groupes sont venus lui dire qu'ils
ont des inquiétudes sur le financement. Mais les Québécois, M. le
Président, vont devoir la payer, cette facture-là.
Le ministre nous a dit qu'on réglerait ça aux
élections. Il a dit ça pas plus tard qu'hier. Il faut que le ministre soit transparent et dépose aujourd'hui un cadre financier
que tous les groupes demandent.
Président : M. le ministre de la
Santé. M. le ministre.
Hébert : M. le Président, les trois lignes dont le député de Jean-Talon parle sont supportées par deux
tableaux, M.
le Président, qui sont extrêmement explicites sur
les coûts, les coûts de cette assurance autonomie. Lorsque le député de Jean-Talon dit que tous les groupes le réclament, en fait, le député de Jean-Talon n'a pas écouté les groupes. Son
monologue à répétition envers les groupes, c'est justement son obsession du cadre
financier. Ce qu'il appelle le cadre financier, c'est de savoir quel sera le
montant des allocations.
On va prendre le temps d'écouter les gens sur
le livre blanc, M. le
Président, on va prendre
le temps de déposer un projet de loi. On aura des
règlements à
ce projet de loi qui préciseront les allocations…
Président : En terminant.
Hébert : …et qui
préciseront exactement ce à quoi ont droit les personnes âgées, M. le Président.
Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : M.
le Président, il n'y en a pas, de cadre financier. Mais une
chose nous semble claire : ce sont les
contribuables qui vont payer la facture, certains deux fois plus qu'une. Écoutez, un citoyen qui gagne, par exemple, 40 000 $ par année subira non seulement une hausse
d'impôt pour financer la nouvelle structure péquiste, mais, en plus, quand il
aura besoin des services, il devra encore payer pour les obtenir.
Il serait temps de
savoir à partir de quel revenu il faudra payer et à combien s'élèvera la
facture.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Hébert :
On voit le vieux réflexe libéral, hein : un problème, une taxe. Et c'est
le réflexe que le député de Jean-Talon a.
Moi,
je vous référerais, nos amis libéraux, là, à votre chef, le fantôme du
parlement, Philippe Couillard, là, qui a publié un document extrêmement intéressant — sa
photo est d'ailleurs là — document intéressant, pour le
compte de la firme
Secor, et qui propose l'assurance autonomie, et qui dit même que ce système
permettrait un meilleur contrôle des coûts selon le test du revenu, les
rôles et responsabilités des acteurs publics et privés, la modulation des
prestations et services en fonction des besoins, une saine émulation entre les
prestataires de services. Philippe Couillard.
Êtes-vous pour ou
contre l'assurance autonomie?
Le Président :
En terminant.
Hébert :
Êtes-vous pour ou contre votre chef?
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, les règles parlementaires prévoient
que demain, 15 novembre, c'est la date
limite pour déposer des projets de loi si on
veut qu'ils soient adoptés avant la fin de la session. Je comprends ce que
vient de nous dire le leader, on peut
toujours, avec le consentement de tous les députés, faire ce qu'on veut, mais
il reste qu'il nous reste moins de
quatre semaines d'ici la fin de la session : toujours rien d'annoncé concernant un projet de loi pour régler le problème des régimes de
retraite des municipalités, 5 milliards de déficit.
M. le Président, ce qu'on comprend, c'est que le gouvernement du Parti québécois n'a pas l'intention
d'adopter un projet de
loi sur les régimes de
retraite pour donner plus de pouvoir aux municipalités d'ici la fin de l'année. Le problème, c'est qu'on est à l'époque de l'année où les municipalités préparent leur budget pour l'année prochaine. Donc, après avoir augmenté la taxe santé libérale, après avoir sous-contracté des hausses de taxe
scolaire, bien, le gouvernement est en train indirectement de forcer les
municipalités, pour l'année 2014, à augmenter leurs taxes.
Donc, je pose la question
à la première ministre : Est-ce que, oui ou non, elle a l'intention d'agir, de
faire adopter un projet de loi ou si c'est encore les familles de la classe
moyenne qui vont payer plus de taxes au Québec?
Le Président :
Mme la première ministre.
Marois : Alors, merci, M. le Président. Je remercie le chef
du deuxième groupe d'opposition de sa
question. Je vais corriger une chose
cependant, nous n'avons pas augmenté la taxe santé libérale, nous l'avons
éliminée pour les gens à bas revenus
ou à moyens revenus. Nous l'avons diminuée et nous avons transféré ce poids
vers les plus hauts revenus. Cela a donc été neutre, au plan de la taxe.
Il n'y a pas eu de hausse de taxe, mais il y a eu une diminution du fardeau
pour les revenus moyens et les gens à faibles revenus et un transfert vers les
hauts revenus. Premier fait à corriger.
Deuxième chose que je
veux aborder et qui répond strictement à la question du chef du deuxième groupe
d'opposition… d'ailleurs, j'ai répondu la semaine dernière, mais je peux
recommencer. Nous avons reçu le rapport D'Amours,
il a été soumis en commission parlementaire. Il y a eu un certain nombre de
recommandations qui nous ont été
faites. La ministre a pris… a reçu ces recommandations-là, a travaillé sur un
certain nombre de propositions qui vont être éventuellement déposées, un plan d'action, dans un premier temps, dans
lequel on retrouvera des propositions concrètes qui seront dirigées
autant vers les représentants des travailleurs que vers les représentants des
municipalités pour voir… Et il y a d'autres
organismes que les municipalités. On l'oublie toujours, hein, mais il y a les
universités puis il y a les services de garde aussi, il y a les
garderies.
Alors, nous
proposerons une façon de procéder pour arriver à une entente sur des corrections
à apporter au déficit des régimes de
retraite, M. le Président. Nous sommes très conscients de l'ampleur des
problèmes et nous savons que les solutions…
Le Président : En terminant.
Marois : …ne
peuvent pas s'imposer d'autorité. Nous allons donc travailler avec ceux et
celles qui sont concernés à les trouver, ces
solutions, M. le Président.
Président : Première complémentaire, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, concernant d'abord la taxe santé, c'est vrai, il y a juste les
riches qui gagnent plus de 18 000 $
par année qui vont continuer de la payer. Ça, c'est la définition de la
première ministre. Maintenant, ce qu'elle
nous dit, là, elle a encore besoin de comités. Elle a eu un rapport, au
printemps, de M. D'Amours. Elle vient nous confirmer qu'elle n'agira pas
pour aider les municipalités à éviter les hausses de taxe.
Est-ce qu'elle va finir par comprendre que
les gens sont tannés de payer des hausses de taxe? Quand va-t-elle agir?
Président : Mme la première ministre.
Marois : Bon.
Alors, je pourrais revenir sur la taxe santé, je pense que je vais lui envoyer
les documents, M. le Président, ce sera peut-être tout aussi efficace pour lui
montrer qu'effectivement, en bas de 42 000 $ de revenus, il y a des
gens qui ont vu leur taxe diminuer de moitié et, dans d'autres cas, c'est de…
au total, M. le Président, cette mauvaise taxe régressive du
gouvernement libéral. Bon.
Et maintenant je reviens sur la question des
retraites. Bon, qu'est-ce que je peux ajouter de plus? D'abord, un, M. D'Amours
lui-même, Alban D'Amours, qui présidait le comité, a dit : C'est normal
qu'il se prenne un certain temps parce
que tout ça, c'est complexe. Je pense que le chef du deuxième groupe
d'opposition, qui est lui-même de formation comptable, sait très bien que c'est très complexe, tous ces aspects de
nos régimes de retraite, qu'il y a eu effectivement…
Président : Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
M. Legault : Ce n'est pas
moi qui le dis, c'est l'UMQ. L'Union des municipalités dit : Vous devez
agir maintenant, sinon on va être obligés
d'augmenter les taxes en 2014.
Quand
la première ministre va-t-elle avoir le courage de défendre enfin les familles
du Québec?
Président : Mme la première ministre.
Marois : Je pense que ça va. Je vais rassurer le chef du
deuxième groupe d'opposition : quant à ma capacité de défendre les
familles du Québec, ma feuille de route n'est
pas trop mal.
Cela étant, sur la question des régimes de retraite, c'est facile, M. le Président, de se lever et puis de dire de
façon péremptoire : Réglez ça, ayez le
courage de faire ceci, ayez le courage de faire cela. Est-ce qu'il veut qu'on
mette le Québec
à feu et à sang ou il veut qu'on trouve de vraies solutions? Moi, je veux qu'on
trouve de vraies solutions. C'est un vrai problème qui est dû à, d'abord…
Président : En terminant.
Marois : …certaines décisions, malheureusement, qui ont été prises, entre autres à la Caisse de dépôt…
Président : Principale, M. le député de Nicolet.
Martel : M. le Président, le projet de loi n° 37, qui
propose un moratoire sur le gaz de schiste, est un sujet sensible et délicat. Malheureusement, ce
gouvernement a décidé d'agir de façon cavalière, sans tout le respect et la
prudence requis. Plutôt que de faire des consultations dans
l'ordre habituel, il a choisi de faire de la partisanerie. Tout le monde sait
qu'on est d'accord avec le moratoire; le ministre de l'Environnement a
échoué dans sa tentative de faire croire le contraire.
contre, nous devons être responsables et garder une porte ouverte. Nous avons
proposé une motion au gouvernement, que nous
allons présenter tout à l'heure. Nous proposons qu'il y ait des règles
transitoires pour s'assurer que,
durant le moratoire, les activités de forage nécessaires à l'acquisition des
connaissances scientifiques soient maintenues.
Est-ce que le ministre est
d'accord avec notre main tendue ou préfère-t-il encore le dogmatisme et la partisanerie?
Président : M. le ministre de l'Environnement.
Blanchet : M. le Président, je savais que la Journée de la
gentillesse viendrait avec un cadeau, et je remercie mon collègue de
Nicolet-Bécancour.
Je cherche encore à comprendre comment il se
fait — et je suis sûr qu'il y a une explication logique — que tous les partis à
l'Assemblée nationale se disent en faveur du moratoire, mais le seul parti qui
vote pour, c'est le Parti québécois. Il y a une espèce d'incohérence.
Cela dit, malgré tout ce qui a été répété
dans les notes, malgré tout ce qui a été répété dans les notes remises aux collègues, il est un usage tout à fait acceptable,
surtout dans la foulée de ce qui est arrivé avec le pourtant important projet de loi n° 43, il est tout à fait
acceptable, dans nos règles, de dire : Pouvons-nous adopter le principe?
Et même, par le principe, nous vous offrons la chance de dire que vous
êtes d'accord avec le principe du moratoire. Par la suite, bien sûr, bien sûr,
bien sûr, nous voulons entendre tout le monde. Merci, M. le Président.
Président : Complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M.
le Président, le ministre semble être dans un mode de gentillesse intéressant.
Il sait très bien que présentement il y a une
poursuite de 250 millions de dollars qui nous pend au bout du nez, de Lone
Pine Resources. Mon collègue vient de lui
proposer qu'il y ait des règles transitoires pour s'assurer que, durant le
moratoire, les activités de forage nécessaires aux connaissances
scientifiques soient maintenues.
Comment
le ministre peut-il s'opposer à ça? À moins qu'il nous cache quelque chose.
Président : Évidemment, M. le député de Granby…
Le Président : Je dis tout
simplement : Évidemment, M. le député de Granby, on ne peut pas présumer
de ce genre de question là. M. le ministre de
l'Environnement.
Blanchet : Je ne pousserai pas la gentillesse jusqu'à donner
mon numéro de cellulaire au député de Granby. Cela dit, la…
Président : M. le leader du gouvernement.
Bédard : Je
voulais que tout le monde prenne son respir, effectivement, pour permettre à
mon collègue… Mais pourtant il voulait le
numéro de la ministre des Ressources naturelles hier.
Président : Bon, M. le ministre de l'Environnement.
Blanchet : Je
conçois bien, M. le Président, qu'à certains égards je ne me qualifie pas.
Outre ça, je rappellerai au collègue que la poursuite qu'il mentionne n'est
pas relative au gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, et, dans
un deuxième temps, je veux insister sur le fait qu'on parle effectivement d'une
procédure judiciaire, sur laquelle je m'abstiendrai de faire des commentaires.
Et, toutes les questions soulevées, je souhaite qu'elles soient abordées en
commission parlementaire…
Président : Deuxième complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M.
le Président, je vais permettre au ministre de communiquer avec moi par Twitter ,
puis ça va être correct là-dessus.
Maintenant, on ne doit pas mettre en
opposition développement économique et environnement. Il faut trouver un équilibre pour
rassurer la population aussi. Je suis très inquiet, M. le ministre, de vous
entendre aujourd'hui. La ministre des Ressources
naturelles est contre le développement des mines, vous êtes contre,
aujourd'hui, une entente, et qu'on soit capable d'avoir, donc, des
recherches scientifiques importantes, des projets de forage.
Est-ce que, oui ou
non, vous allez accepter la motion de mon collègue aujourd'hui?
Le Président : M. le
ministre de l'Environnement.
Blanchet : Vous savez, un projet à prétention
scientifique qui se situe dans l'arrière-cour d'un citoyen qui ne veut pas l'accueillir est éminemment discutable, d'entrée de
jeu. Mais, parlant de retombées économiques, je pense que la région représentée par mon collègue de Nicolet-Bécancour ne
souffre pas présentement, puisque IFFCO, Quest, RER, le fonds de
diversification… Les annonces à caractère économique sont nombreuses dans une
région qui en avait bien besoin, mais elles sont nombreuses. Et je suis convaincu qu'on
peut très bien attendre que l'Assemblée nationale dispose de l'enjeu du gaz
de schiste avant de lever un moratoire qui reste essentiel. Et, contrairement à
ce qui a été dit, il n'y a pas de moratoire de facto.
Président : Principale, Mme la députée de Gatineau.
Vallée : M. le Président, alors, depuis le début des
consultations sur l'assurance autonomie, on a beaucoup
plus de questions que de réponses sur la mise en place de cette nouvelle
bibitte péquiste. La semaine dernière, on a reçu le cri d'alarme de 86 membres du Mouvement des personnes
handicapées pour l'accès aux services. Ils sont tous inquiets et nous
disent d'une seule voix qu'ils ne peuvent pas appuyer le projet du ministre
dans sa forme actuelle, faute de cadre
financier. Ils sont, eux aussi, très préoccupés par la tarification que devront
payer leurs membres afin de conserver des services qui, jusqu'à
maintenant, sont gratuits. Ils se sentent exclus de la structure. Ils terminent
leur lettre en nous mentionnant — et je lis : «Les personnes en situation de handicap ne sont
pas en perte d'autonomie, mais elles sont en quête d'autonomie.
Malheureusement, le livre blanc présenté par le gouvernement, bien qu'intitulé L'autonomie
pour tous, ne va pas dans cette direction.»
Est-ce
que le ministre peut admettre que son projet ne répond pas aux besoins des
personnes handicapées?
Président : M. le ministre de la Santé.
Hébert : M. le Président, lorsqu'on a lancé l'idée de
l'assurance autonomie, j'ai rencontré l'ensemble des établissements et des organismes qui s'occupent de personnes handicapées,
de déficience physique, de déficienceintellectuelle,
et ces organismes et établissements m'ont signifié leur intérêt à faire
partie
de ce grand projet. Le livre blanc, qui
est actuellement en consultation, vise, justement, à recueillir l'opinion de
l'ensemble des acteurs dans ce domaine de façon à ce que nous puissions avoir un projet de loi qui puisse répondre
aux préoccupations de tous les acteurs qui sont concernés par
l'assurance autonomie.
Nous
avons accueilli plusieurs groupes, plusieurs groupes représentant les personnes
handicapées, plusieurs groupes représentant
également les établissements qui donnent des services aux personnes handicapées
qui nous ont fait d'excellentes
suggestions pour bonifier le projet d'assurance autonomie et faire en sorte
qu'il soit encore mieux adapté à la situation
des personnes handicapées. On nous a même suggéré, M. le Président, de pouvoir
diminuer la limite d'âge, que nous avions établie dans le livre blanc à
18 ans, de pouvoir la diminuer dans certains cas pour certaines personnes de moins de 18 ans qui pourraient bénéficier
également de l'assurance autonomie. Alors, nous allons analyser
l'ensemble de ces suggestions pour arriver avec un projet qui sera l'autonomie
pour tous.
Président : Première complémentaire, Mme la députée de
Gatineau.
Vallée : M. le Président, hier — on en a parlé tout à l'heure — c'est la Protectrice du citoyen qui s'est adressée aux parlementaires. Elle nous a exprimé
d'importantes réserves sur le contenu, mais surtout sur l'absence de contenu du livre blanc. Elle soutient que
l'assurance autonomie, c'est, d'abord et avant tout, conçu pour les
personnes aînées, les personnes en perte
d'autonomie, et que les personnes handicapées ne s'y retrouvent tout simplement
pas. Elle nous dit clairement que la
réflexion gouvernementale se doit d'être complétée. Là, c'est la Protectrice du
citoyen qui parle.
Est-ce
que le ministre va…
Président : M. le ministre de la Santé.
Hébert :
M. le Président, nous sommes en train de faire nos devoirs. Nous avons fait une
proposition, nous accueillons actuellement
les mémoires des groupes et nous prenons très au sérieux ces mémoires, ces
suggestions, ces recommandations.
Jusqu'à maintenant, on a un appui, M. le Président, qui ne
se dément pas à ce projet d'assurance autonomie
parce qu'il y a des situations inacceptables, qu'a dénoncées, d'ailleurs, la
Protectrice du citoyen, en termes d'accès au soutien
à domicile, en termes d'inégalités dans les régions du Québec par rapport à cet
accès aux soins à domicile, et nous croyons
que l'assurance autonomie est une excellente réponse — et
la Protectrice du citoyen est d'accord avec
nous — à ce problème d'accès et
d'équité. Et je crois que l'ensemble…
Le Président :
En terminant.
Hébert : …des intervenants qui vont nourrir notre réflexion
permettront d'avoir un projet extrêmement
intéressant pour le Québec.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée :
Il n'y en a pas, de réponse, M. le Président, et c'est encore plus clair… Lorsqu'on a entendu la Confédération des organismes des personnes handicapées du Québec, la COPHAN, ils avaient plein de questions pour le ministre, et des questions qui sont restées sans… qui sont demeurées
sans réponse.
Quel va être le seuil à partir duquel les personnes
handicapées vont devoir payer pour recevoir de l'aide pour des activités de la vie
quotidienne? Ça va coûter combien? La
facture qu'on va leur refiler, M. le Président, aux personnes handicapées, elle va être de combien? On ne le sait toujours
pas.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Hébert : M. le Président, il y a actuellement, que ce soit
pour les personnes âgées ou les personnes
handicapées, des coûts importants par le maintien à domicile, par le soutien à
domicile, et il y a actuellement dans le réseau des incitatifs à utiliser la
solution d'hébergement, notamment pour des jeunes handicapés qui se retrouvent
en CHSLD.
on veut être capables, M. le Président, de pouvoir renverser cette tendance-là
et de donner un véritable choix tant aux
personnes handicapées plus jeunes qu'aux personnes âgées de pouvoir rester chez
elles, recevoir des services, il faut
changer la façon dont on organise les services de soutien à l'autonomie. Et
c'est ça, l'assurance autonomie, c'est ça qui va permettre aux gens de
pouvoir continuer à vivre dans leur milieu de vie et de recevoir les services dont ils ont besoin, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Beauce-Nord.
Spénard :
Merci, M. le Président. Ça fait des décennies que les Beaucerons attendent l'ouverture de l'autoroute 73 en Beauce. Ils se sont longtemps battus et
attendent toujours son ouverture complète. Une
section de cette autoroute est
pourtant prête à Saint-Georges, mais il manque une seule chose toute simple
pour que la route soit praticable, l'électricité
pour les lampadaires. Imaginez-vous, M. le Président, les poteaux sont là, les
fils sont là, il ne manque que le branchement au réseau électrique. Ça
fait depuis janvier 2013, soit 11 mois, que les poteaux sont installés sans être branchés. Pendant ce temps-là, savez-vous c'est
quoi, la solution au ministère des Transports? Je vous le donne en
mille, le MTQ a décidé d'installer des génératrices à essence pour alimenter
des lampadaires.
question s'adresse à la ministre des Ressources naturelles : Peut-elle
nous dire si la politique d'électrification
des transports inclut des routes aux génératrices à gazoline?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Gaudreault : Oui. Merci. Merci
beaucoup, M. le
Président. Le prolongement et… l'objectif de compléter l'autoroute 73 dans la région de la Beauce est une priorité de notre
gouvernement. D'ailleurs, nous avons annoncé notre intention de poursuivre les
travaux à cet égard.
Concernant, maintenant, l'éclairage, mais aussi
l'installation de feux de circulation, j'avais eu, d'ailleurs, l'occasion d'en discuter avec le
collègue de Beauce-Sud il
n'y a pas longtemps, la semaine dernière, et,
écoutez, le message est très clair, notre
objectif est d'aller le plus rapidement possible pour, justement, ouvrir… et faire en
sorte que la circulation puisse se faire rapidement sur ce tronçon de l'autoroute 73. Et je peux assurer cette Chambre
qu'on est là-dessus, et ça va se faire très
bientôt.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : M. le Président, ce n'est pas le seul problème
d'électrification dans ma région, deux parcs industriels de la Beauce, soit
Beauceville et Saint-Georges, trois usines attendent depuis des mois d'être
branchés au réseau électrique pour
fonctionner. La demande de prolongement au réseau a été faite en mai 2013. Deux
entreprises doivent entrer en
opération en décembre, mais Hydro parle d'un branchement en 2014. Les maires
des deux villes concernées sont en furie.
La minouche… la ministre des Ressources naturelles peut-elle faire en sorte que ces
industries puissent fonctionner dès leur
construction terminée?
Président : Mme la ministre des Ressources naturelles.
Président : S'il vous plaît!
Président : Ce n'est pas le premier lapsus qu'on entend ici.
Mme la ministre.
Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Le député a tout à
fait raison…
Président : Mme la ministre.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. Le député a tout à fait raison d'être préoccupé. Je
vais faire le suivi auprès d'Hydro-Québec et
je vais lui apporter une réponse.
Président : Deuxième complémentaire, M. le député de
Beauce-Nord.
Spénard : Alors,
M. le Président, les citoyens et les entreprises de la Beauce sont désespérés
du service de branchement d'Hydro-Québec. Ils veulent du service. Le gouvernement peut
bien rêver au monorail, il oublie le projet concret qui crée des emplois et développe l'économie des régions. M. le
Président, Hydro-Québec est devenue un frein au développement économique des régions.
La ministre des Ressources naturelles peut-elle donner un traitement-choc à
Hydro pour qu'ils nous branchent? Allo! Allo! Allo, là! Y
a-tu un boss dans la cabane?
Président : Mme la ministre des Ressources naturelles.
Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Je pense que, comme je
l'ai dit plus tôt,
le député a raison d'être préoccupé. Je pense que c'est important que les industries et les projets puissent être alimentés du côté de
l'électricité dans sa circonscription
et je vais faire les suivis nécessaires auprès d'Hydro-Québec.
Président : Principale, M. le
leader de l'opposition et député de Châteauguay.
M. Moreau : M. le Président, le ministre de la Gouvernance souverainiste est
dans l'embarras. Mercredi dernier, le 6 novembre, il affirmait à TVA disposer des factures et qu'il était
prêt à envoyer les factures au gouvernement fédéral pour la tragédie de Lac-Mégantic la journée même, disait-il. Le lendemain, interrogé en
Chambre, il affirmait avoir envoyé les
factures depuis trois semaines. La même journée, en fin de journée, il disait
qu'aucune facture ne serait envoyée à Ottawa, mais une entente pour
signature. Jeudi matin, les travaux de décontamination coûtaient 5 millions. Jeudi
après-midi, ils coûtaient 4 millions par jour.
M. le Président,
ce que l'on sait, c'est que le gouvernement fédéral, depuis le mois de juillet,
est disposé à verser 60 millions de
dollars pour venir en aide au Québec dans le
cas de cette tragédie.
Est-ce que le ministre de la Gouvernance
souverainiste peut déposer aujourd'hui, comme il s'y était engagé la semaine dernière, les factures qu'il aurait envoyées
depuis trois semaines au gouvernement fédéral?
Président : M. le ministre des Affaires intergouvernementales.
M. Cloutier : M. le
Président, j'ai effectivement envoyé l'ensemble de la documentation nécessaire
au gouvernement fédéral il y a maintenant plus
de trois semaines. Sur réception ou sur signature de l'entente, il y a
effectivement un décaissé qui se fera à la hauteur de 25 millions.
Mais,
M. le Président, le plus important pour nous, c'est que les citoyens de
Lac-Mégantic retrouvent une vie normale le plus rapidement possible. Il y a un
travail extraordinaire qui a été fait jusqu'à maintenant à la fois par le gouvernement, par les élus municipaux, mais un
geste de solidarité exceptionnel de l'ensemble de la population
québécoise. Le gouvernement du Québec a
assumé la totalité des dépenses, M. le Président, jusqu'à maintenant malgré le
fait qu'il s'agisse pourtant d'une
responsabilité du gouvernement d'Ottawa. La sécurité des transports des
matières dangereuses estune
responsabilité du gouvernement fédéral, et, malgré cela, le gouvernement du Québec s'est tenu debout, a défendu sa population et a surtout soutenu la population
locale de Lac-Mégantic. La totalité des documents a été transférée au
gouvernement fédéral, et nous sommes en attente d'une réponse d'Ottawa.
Président : Première complémentaire, M. le leader de
l'opposition.
M. Moreau : M. le
Président, se tenir debout, c'est aussi faire preuve de responsabilité et
d'envoyer les factures au gouvernement fédéral. Il a dit qu'il les avait
envoyées depuis trois semaines. Il s'est engagé à déposer ici, en
Chambre, l'ensemble des documents, il ne les a
toujours pas déposés.
Qu'est-ce
que vous attendez? Est-ce que vous voulez une chicane avec Ottawa ou prendre
soin des gens de Lac-Mégantic?
Président : M. le ministre des Affaires intergouvernementales.
M. Cloutier : M. le
Président, le document envoyé à Ottawa, sur signature, il y a… le gouvernement
fédéral doitpayer jusqu'à la hauteur de 25 millions. M. le Président, si ça, ce
n'est pas une facture, je ne sais pas ce que c'est. En échange du document, on
paie 25 millions.
Pour la suite des choses, M. le Président, je
pense que les Québécois comprennent bien qu'on n'enverra pas une copie de chaque dépense au gouvernement fédéral. La
façon dont ça fonctionne, c'est le contrôleur, le vérificateur
des finances du Québec qui confirme que les sommes ont bel
et bien été dépensées pour la population de Lac-Mégantic, et, en échange, le gouvernement fédéral…
Président : En terminant.
Cloutier : …décaisse l'argent.
Président : Deuxième complémentaire, M. le leader de
l'opposition.
M. Moreau : L'ensemble des
documents, là, qu'il a déposés à cette Chambre, qu'il aurait envoyés à Ottawa,
là, ça tient sur une ligne. C'est honteux et ridicule.
S'il
ne sait pas la différence entre des factures et une estimation alors qu'il est
capable d'évaluer, selon les heures de la journée, à 5 millions ou
4 millions les frais de décontamination, pourquoi ne produit-il pas les documents qu'il a envoyés à Ottawa et
pourquoi ne pas envoyer une entente chiffrée à Ottawa qui nous permettrait
d'avoir les 60 millions de dollars qu'ils se sont engagés à verser aux gens de
Lac-Mégantic? Pourquoi… ne faites pas votre travail?
Président : M. le ministre des Affaires intergouvernementales.
Cloutier : Alors, M. le Président, bien sûr que l'entente qui a
été envoyée concerne le premier montant de
60 millions. Et, si le député avait été attentif dans les échanges qu'il y
a eu récemment avec le gouvernement fédéral, il aurait vu la déclaration du ministre Lebel vendredi à l'effet que le
gouvernement d'Ottawa allait, effectivement, décaisser le fameux premier
60 millions.
Pour
la suite des choses, pour les travaux de décontamination, il y a des
pourparlers avec le gouvernement d'Ottawa, M. le Président, et ça va bon train.
Maintenant, M. le Président, je questionne le ton qui est utilisé par l'opposition. Parce qu'en bout de course, M. le
Président, ce que les gens s'attendent, ce que les Québécois
s'attendent, c'est que nous travaillions tous ensemble pour la population, pour
mettre pression...
Président : En terminant.
Cloutier : ...sur le gouvernement fédéral, M. le Président,
parce qu'il n'y a aucune raison que nous ne défendions pas tous ensemble les
intérêts du...
Président : Cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Alors, nous en sommes à la rubrique Motions sans préavis. En fonction de nos règles
et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant
un député membre du groupe formant l'opposition officielle. M. le député
de Chomedey.
Ouellette : M. le Président, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le
député de Lévis et le député de Blainville :
«Que
la Commission des finances publiques entende le président-directeur général du
Fonds immobilier de solidarité de la
Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, M. Normand Bélanger,
ainsi que son prédécesseur à la Solim, M. Guy Gionet, concernant les
révélations des dirigeants du Fonds de solidarité FTQ suite à leur audition en
commission parlementaire le 5 novembre 2013.»
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de consentement. Nous passons à
la motion suivante. Nous passons à la motion suivante, je reconnais un membre
du deuxième groupe d'opposition, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Merci,
M. le Président. Je demande le consentement de déposer la motion suivante conjointement avec le député de Laurier-Dorion et le
député de Blainville :
«Que
l'Assemblée nationale demande au ministre de l'Environnement de s'engager à
adopter des règles transitoires à court
terme pour s'assurer que durant le moratoire proposé sur l'exploration et
l'exploitation du gaz naturel dans le
schiste, les études et les besoins en développement de connaissances
scientifiques de l'évaluation environnementale se poursuivent et que de
nouveaux forages soient autorisés à ces fins strictes.» Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Cousineau) : Merci. Merci, M. le député de
Nicolet-Bécancour. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Bédard : Non, malheureusement.
Le Vice-Président (M. Cousineau) : Il n'y a pas de consentement. Nous
passons à la motion suivante. Je reconnaisun membre du groupe formant le gouvernement, M. le ministre de
l'Environnement, Développement durable, Faune et Parcs.
Blanchet : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Jean-Talon, le député de
Drummond—Bois-Francs, la députée de Gouin et le député de Blainville, la motion suivante, en soulignant,
d'ailleurs, la présence des gens de l'AQDR dans nos tribunes :
«Que
l'Assemblée nationale souligne, en ce 13 novembre, la Journée de la
gentillesse;
«Que
l'Assemblée nationale salue les efforts soutenus de l'AQDR Centre-du-Québec
depuis 3 ans pour faire connaître davantage cette journée au Québec, ce
qui pourrait [mener] à la reconnaissance officielle de cette journée.»
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre de l'Environnement. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
M. Traversy : M. le
Président, il y a consentement pour débattre de cette motion pour une durée d'approximativement une minute par intervenant, en
commençant, bien sûr, par M. le ministre et député de Johnson, suivi par le
député de Jean-Talon, le député de Drummond—Bois-Francs et la députée de Gouin.
Le Vice-Président (M. Cousineau) : D'accord. Donc, je comprends qu'il
y a quatre interventions, quatre intervenants pour un temps d'une durée
d'une minute. Je commencerai avec le ministre de l'Environnement, Développement
durable, Faune et des Parcs.
Blanchet : M. le Président, c'est un plaisir de pouvoir
intervenir sur cette motion parce que, depuis
plusieurs années, en effet, les gens de l'AQDR du Centre-du-Québec nous
expriment leur désir de voir reconnaître, alors qu'on reconnaît plein de journées à toutes sortes de causes toutes plus
pertinentes les unes que les autres, de voir reconnaître la Journée de la gentillesse, qui, dans le cadre de
leur action, de leurs interventions… que moi, j'ai toujours compris
comme étant une journée où on travaille sur
la compréhension mutuelle entre les générations, on travaille sur l'écoute, on
travaille sur l'ouverture, toutes vertus qui, d'ailleurs, sont les bienvenues
dans cette enceinte. Et je souhaite sincèrement et vivement que, rapidement, on
puisse donner à cette journée toute la
reconnaissance officielle qu'elle mérite pour l'impact qu'elle pourrait avoir
sur nos pratiques, nos moeurs et l'ensemble de nos comportements. Je vous félicite et je vous remercie.
Le Vice-Président
(M. Cousineau) : Merci…
Le Vice-Président
(M. Cousineau) : Merci, M. le ministre. M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, je me
joins au député qui vient de parler pour
remercier l'AQDR d'accorder autant
d'importance à une qualité qui, pour moi, est primordiale, qui est la gentillesse.
Puis je rappellerais que la gentillesse,
c'est d'abord une attitude personnelle et un état d'esprit. Également, la
gentillesse, ça démontre le respect envers les autres. Et, M. le
Président, j'aimerais rappeler que, quand les gens sont gentils, ça crée un
climat, une atmosphère qui permet une meilleure collaboration.
je terminerais en rappelant ce que j'aime beaucoup en éthique, la règle
d'or : Si vous êtes gentil avec les
autres, les autres vont être gentils avec vous. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Cousineau) : Merci, M. le député de Jean-Talon. Je passe
maintenant la parole au député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui. Merci, M. le Président. Je salue la
délégation de l'AQDR ici présente. À travers
elle, je félicite cette association qui aide
les aînés à exercer leur pleine citoyenneté et renforce leurs liens avec les
jeunes. Je rends hommage à la présidente fondatrice ici présente, Mme
Louise Rajotte, pionnière en défense des droits et promotion de l'esprit
civique. Elle anime l'association en tant qu'intervenante sociale depuis plus
de 25 ans.
J'accorde
une grande importance au respect et à la prévention de toute forme de violence
et d'intimidation. La Journée de la gentillesse indique la voie du savoir-faire et du
savoir-être à tous les âges de la vie. J'invite mes collègues à donner
l'exemple en appliquant une règle de base : traiter les autres comme nous
voudrions que nous soyons traités. J'appuie
sans réserve la démarche entreprise par l'association de défense des droits des
personnes retraitées et préretraitées du Centre-du-Québec afin que le
gouvernement décrète le 13 novembre Journée de la gentillesse. M. le Président,
ensemble, célébrons cette journée.
Vice-Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Alors, je passe maintenant la parole à la
députée de Gouin. Mme la députée.
David : Merci, M. le Président. Je voudrais d'abord, bien sûr,
saluer l'AQDR du Centre-du-Québec pour cette très belle initiative qui nous permet de
parler d'un mot qu'on n'utilise peut-être pas assez souvent. Et, au fond,
la gentillesse, c'est quoi? C'est
l'attention à l'autre, et surtout si cet autre est vulnérable ou différent,
c'est de reconnaître les qualités et
les efforts, la persévérance d'autrui, c'est de prendre le temps d'écouter,
retenir un peu son jugement, chercher à comprendre. Et tout cela, c'est
la véritable base du vivre-ensemble, un vivre-ensemble entre amis, dans nos
familles, mais aussi dans nos communautés.
même, la gentillesse existe entre députés et, je le crois, elle existe aussi
entre, vraiment, l'immense majorité des députés et le formidable personnel de l'Assemblée
nationale, sans qui notre travail serait impossible. Je pense que nous pourrions faire un pas de plus et nous épargner
entre nous des paroles parfois blessantes, des paroles que nous
entendons parfois ici, dans cette Chambre.
Chaque député, chaque ministre, quelle que soit son opinion ou son appartenance
politique, c'est une personne digne de respect et de gentillesse. Merci.
Vice-Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la députée de Gouin,
pour vos bons mots. Est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Président (M. Cousineau) : Adopté avec gentillesse,
parfait. Est-ce qu'il y a d'autres motions sans préavis? Donc, je comprends
qu'il n'y a pas d'autres motions.
Vice-Président (M. Cousineau) : Oui? Excusez, monsieur… Oui, M.
le député de Mercier.
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le député de Mercier, à vous la parole.
Khadir : En fait, M. le
Président, je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement et avec toute la
gentillesse du ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la
Faune et des Parcs ainsi que la gentillesse — quel beau mot, hein, de la langue française — ainsi que la gentillesse du député de Laurier-Dorion,
du député de Nicolet-Bécancour et du député de Blainville :
«Que
l'Assemblée nationale réitère l'importance du Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement;
«Que l'Assemblée nationale presse le ministre
de l'Environnement, du Développement durable et des Parcs de faire preuve de
transparence et de diligence dans la nécessaire réforme du cadre d'évaluations
environnementales québécois.»
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Merci. Vous comprendrez, M. le député, que j'aurais dû vous demander avant, selon l'article 84.1, s'il y a
consentement pour que vous puissiez présenter… Non, c'est vrai, vous êtes au
niveau des députés indépendants, vous avez raison.
Est-ce
qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
Traversy : Merci, M. le Président. Il y a consentement sans
débat pour la motion.
Vice-Président (M. Cousineau) : Est-ce que cette motion est
adoptée?
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Adopté. Merci. Est-ce qu'il y a d'autres motions? Nous allons passer… Oui, M. le leader adjoint du gouvernement.
Traversy : J'aimerais demander le consentement de cette Chambre
pour déposer une deuxième motion de la part du gouvernement.
Le Vice-Président (M. Cousineau) : Voilà. Alors, là s'applique
l'article 84.1. Le gouvernement ayant déjà présenté une motion à cette séance,
ça nous prend une autorisation pour déroger à l'article 84.1, pour présenter
une deuxième motion pour le
gouvernement. Est-ce qu'il y a consentement? Est-ce qu'il y a consentement? Mme
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Merci, M. le Président. Si c'est concernant
Enbridge, il y a consentement.
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Alors, oui, il y a consentement. Alors, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Traversy :
Merci, M. le Président. Alors, je fais motion, conformément à l'article 146 du
Règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, à compter du 26 novembre 2013 — prochain — procède
à des consultations particulières en vue d'étudier l'acceptabilité pour le Québec du projet proposé par Enbridge Pipelines inc. sur le renversement vers l'est du
flux de l'oléoduc 9B situé entre North Westover et Montréal décrit notamment dans le document intitulé Inversion
du flux de l'oléoduc 9B d'Enbridge.
«Que la commission évalue, le cas échéant, les
conditions nécessaires pour rendre ce projet acceptable
selon les principes du développement durable,
soit le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique pour le Québec;
«Qu'à cette fin, la commission entende — les
organismes suivants: Enbridge, le ministère de
[l'Environnement et du Développement
durable], de la Faune et des Parcs, la ministre des Ressources naturelles, le
ministre des Finances, le ministre
des Transports [et] des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du
territoire, l'Association
pétrolière et gazière du Québec, Ultramar/Valero, le Conseil patronal de
l'environnement du Québec, la Fédération des chambres
de commerce du Québec, l'Association industrielle de l'est
de Montréal, la Chambre
de commerce de Montréal métropolitain, la Chambre de commerce de l'Est de Montréal, la
Chambre de commerce de Lévis, l'Unifor, le Conseil du patronat du Québec, Manufacturiers et exportateurs du Québec, M.
Pierre-Olivier Pineau, professeur
[aux] HEC Montréal, l'Association canadienne
de pipelines d'énergie, l'Institut économique
de Montréal, Suncor, la Table de concertation de la pétrochimie et du
raffinage, le Conseil des bassins versants des Mille-Îles et Conseil du bassin versant de la région
Vaudreuil-Soulanges, la Confédération des
syndicats nationaux, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, le Syndicat canadien des communications, de l'énergie
et du papier, Greenpeace, l'Association québécoise de lutte contre la
pollution […] — aussi appelée AQLPA — Équiterre, Nature Québec, Regroupement national des conseils régionaux en
environnement du Québec, l'Union des municipalités du Québec, la Fédération
québécoise des municipalités, le PARACHEM, l'Institut économique de Montréal, l'Institut de recherche en économie contemporaine, le
Mohawk Council of Kahnawake, la MRC d'Argenteuil, la MRC de Deux Montagnes, la MRC de Thérèse De Blainville, la
MRC […] Vaudreuil Soulange — la MRC des Moulins, M. le Président — la ville
de Montréal, [de Lévis,
de Laval, de Mirabel], et finalement l'UPA; et
«Qu'une
période de 15 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires;
«Que
le temps dévolu au parti formant le gouvernement et au parti formant
l'opposition officielle pour les remarques
préliminaires soit de 6 minutes chacun et que le temps dévolu au deuxième
groupe d'opposition soit de 3 minutes;
«Que
la durée maximale de l'exposé d'Enbridge soit de 60 minutes et que
l'échange avec les membres de la commission soit d'une durée maximale de
90 minutes;
«Que le temps dévolu au parti formant le
gouvernement soit de 41 minutes; et que le temps dévolu aux [partis formant] l'opposition soit de 49 minutes;
«Que la durée maximale de l'exposé du
ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, de
la ministre des Ressources naturelles, du ministre des Finances[…], du ministre
des Transports, des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation
du territoire soit d'une durée respective de 10 minutes et que l'échange
avec les membres de la commission soit d'une durée maximale de
35 minutes — on y arrive, M. le
Président;
«Que le temps dévolu au parti formant le
gouvernement soit de 16 minutes; et que le temps dévolu aux députés de l'opposition soit de 19 minutes — pour cet échange;
«Que la durée maximale de [l'exposition] pour
chacun des [...] intervenants soit de 10 minutes [chacun] et que l'échange avec [...] la commission soit d'une durée
maximale de 35 minutes;
«Que
le temps dévolu au parti formant le gouvernement — et de l'opposition — soit [réparti] de 16 minutes
et [...] de 19 minutes — comme on l'a dit tout à l'heure;
«Qu'une période de 15 minutes soit
prévue pour les remarques finales partagée de la même façon que pour les remarques préliminaires;
«Que
la commission fasse rapport à l'Assemblée nationale au plus tard le
6 décembre 2013;
«Que la ministre déléguée à la Politique
industrielle et à la Banque de développement économique du Québec soit membre de ladite commission[...]; et
«Que
cette motion devienne un ordre de l'Assemblée nationale», M. le Président.
Le Vice-Président (M. Cousineau) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. Est-ce que cette motion est adoptée? Madame…
Excusez-moi. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Juste une petite
précision, M. le Président : la ministre responsable de la politique doit être membre de la commission pour la durée
du mandat. Et, oui, c'est adopté.
Vice-Président (M. Cousineau) :
Alors, c'est adopté.
Nous
allons passer maintenant à la rubrique Avis touchant
les travaux des commissions. M. le leader
adjoint du gouvernement.
Traversy : Merci, M. le Président. Alors, c'est très une belle motion
que nous venons d'adopter. J'en suis très fier
et je pense
que les Québécois le seront également.
Sur ce, j'avise cette Assemblée, à la rubrique touchant les
travaux des commissions, que la Commission de la santé et des services sociaux poursuivra les consultations
particulières et les auditions publiques sur
le document
intitulé L'autonomie pour tous, livre blanc sur la création d'une assurance
autonomie, aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée d'une heure
ainsi que de 15 heures à 18 heures, à la salle
du Conseil législatif. Et ce sera tout pour aujourd'hui, M. le Président.
Vice-Président (M. Cousineau) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. Pour ma part, je vous
avise que la Commission de l'administration
publique se réunira aujourd'hui, à la salle des Premiers-Ministres
de l'édifice Pamphile-Le May, en séance de
travail, après les affaires
courantes jusqu'à
13 heures, afin de préparer l'audition
portant sur les services à domicile; en
séance publique, de 15 heures à 18 heures, afin d'entendre le ministère de la Santé et des Services sociaux, les agences de la santé et des services sociaux de Lanaudière et de Montréal, les centres de santé et de services
sociaux d'Ahuntsic, de Montréal-Nord et de Gatineau; et en séance de travail,
de 18 heures à 18 h 30, afin de
statuer sur les observations, les conclusions et, s'il y a lieu, les
recommandations à la suite de cette audition.
vous avise également que la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles se réunira en séance de travail aujourd'hui, de
15 heures à 16 h 30, à la salle RC.161 de l'hôtel du Parlement,
afin de procéder à l'organisation de ses travaux.
Nous
allons passer maintenant à la rubrique Renseignements sur les travaux de
l'Assemblée. Est-ce qu'il y a des
interventions? M. le leader de l'opposition officielle.
Moreau : M. le Président, comme c'est la Journée de la
gentillesse, nous n'avons aucune question à
adresser au gouvernement aujourd'hui à cette rubrique.
Vice-Président (M. Cousineau) : Bien. Alors, je vais maintenant
passer la parole… Merci, monsieur. Je vais
maintenant passer la parole au leader du deuxième groupe d'opposition. M. le
leader.
Deltell : Presque. Alors, M. le Président, comme c'est la Journée
de la gentillesse, je tiens à saluer
l'ouverture manifestée par le gouvernement
pour les auditions concernant la question de l'oléoduc. Nos demandes d'entendre
certains groupes ont été acceptées, nous les en remercions.
Maintenant, M. le
Président, au cours des 24 dernières heures, le gouvernement a déposé deux
projets de loi extrêmement importants :
projet de loi n° 60, projet de loi n° 61. Le projet de loi
n° 60, on le sait, ça concerne la charte, et le projet de loi n° 61, ça concerne ce que nous
avons appelé l'opération Remboursez-nous, donc deux projets de loi importants.
Nous
comprenons, à la suite des propos tenus par les différents leaders, qu'il y
aura d'abord des consultations, suivies de l'adoption du principe. M. le
Président, je me demande comment il se fait que, pour ces importants projets
de loi, on agit de la sorte, c'est-à-dire
consultation et après ça adoption de principe, comme ça a été fait dans 24
autres projets de loi, et que ce n'est pas le cas pour le projet de loi
n° 37.
Le Vice-Président
(M. Cousineau) : Bon. Alors, je vous rappelle que la rubrique
s'appelle Renseignements sur les travaux de
l'Assemblée. Bon, vous avez bien campé votre position. Maintenant, est-ce qu'il
y a une réponse du côté du gouvernement? M. le leader du gouvernement.
Bédard : Oui, M. le Président. Je suis content d'être ici et
pouvoir répondre à la question de mon
collègue, fort importante. Je pense que c'est plutôt simple, les raisons qui
justifient le fait que nous procédions d'une façon ou d'une autre. Nous avons eu malheureusement une expérience douloureuse
dans le cas de la
Loi sur les mines. Ça a un impact, ce qu'on fait ici. Quand on décide par surprise, là, de battre
le principe d'un projet de loi après que des dizaines de groupes soient venus à l'Assemblée, venir
témoigner de leur appréciation, eh bien, évidemment, l'image qui en
ressort de notre Assemblée n'est pas très
glorieuse, je vous dirais. Et ça ne démontre pas une preuve de très grand
professionnalisme, peu importent les
opinions qu'on peut véhiculer. Et le fait d'avoir laissé déplacer des gens
pendant des semaines pour venir
expliquer et préparer leurs mémoires sur quelque chose qui n'a pas franchi
l'étape qu'elle aurait dû franchir, je pense que ce n'est pas de
nature à nous amener, M. le Président, à montrer le visage le plus glorieux de cette Assemblée.
Donc, à ce
moment-ci, nous avons d'autres exemples. Nous voulons procéder en consultations
avant ou après. Ce qu'on veut éviter dans les
cas qui sont contestés, c'est de faire déplacer les gens pour rien. Donc, si on
est contre le principe, là, on va… qu'on le dise tout simplement, qu'on est
contre le principe, puis après ça on procédera aux consultations. Le principe, vous le savez, c'est très large, hein? Le
principe, c'est de dire, par exemple dans les gaz de schiste : Est-ce qu'on est pour ou contre le
moratoire? Puis après ça, dans le détail, on peut jouer. Mais ce n'est pas
vrai qu'encore une fois on va avoir des
vastes consultations qui ne vont mener à rien quant à l'étape du principe du
projet de loi. Nous sommes un
gouvernement minoritaire, nous sommes une Assemblée où le pouvoir est partagé
entre les différents partis. Il faut
utiliser ce pouvoir, je pense, de façon judicieuse en faisant en sorte que ces
personnes qui utilisent des moyens parlementaires
pour faire entendre leurs voix soient respectées. Donc, nous avons fixé des
conditions particulières dans certains
projets de loi. On peut être d'accord ou pas, mais ça, c'est le pouvoir du
gouvernement. Il reste que, même en situation
minoritaire, nous avons ce pouvoir de dire à quel moment nous le souhaitons. Et
donc c'est aux gens à réagir en conséquence.
Il n'y a pas de règle immuable par rapport aux consultations, à quel moment
elle doit être. Moi, j'ai vu une chose et son contraire. J'ai même vu,
dans une étude
article par
article à un moment donné, suspendre l'étude
article
par
article et faire une consultation. Tout est possible, mais il faut
maintenant, dans certains projets de loi, dire où est-ce qu'on s'en va au
niveau du principe. Voilà, tout simplement.
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le leader du gouvernement. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, la
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. M. le leader
adjoint du gouvernement.
Traversy : M. le Président, je vous demanderais d'appeler
l'article 22 de notre feuilleton.
Le Vice-Président (M. Cousineau) : Alors, à l'article 22 du
feuilleton… Voilà. L'Assemblée prend en considérationle rapport de la Commission des finances publiques
sur le projet de loi n° 41, Loi modifiant la
Loi sur la fonction publique
principalement en matière de dotation des emplois. Y a-t-il des interventions?
M. le président du Conseil du trésor.
Bédard : Tout
simplement vous dire, M. le Président, qu'à cette étape-ci nous allons nous
exprimer… informer la Chambre que nous allons nous exprimer lors de la prochaine étape de
l'adoption finale. Et je ferai part à
nos collègues ici,
en cette Chambre, de nos bons mots quant à la façon que ce projet de loi s'est déroulé en commission parlementaire. Ce fut fort constructif et intéressant. Donc, à ce moment-ci, je ne ferai pas d'autre commentaire, d'autant plus que j'ai
un point de presse avec mon collègue sur le projet de loi qu'on vient de déposer concernant la récupération des sommes, et il y a le Conseil
des ministres après.
Donc, je vais garder mes commentaires pour ma collègue de Laporte, pour mon collègue des Chutes-de-la-Chaudière, lors de l'étape de l'adoption finale.
Vice-Président (M. Cousineau) : Merci, M. le président du conseil…
Le Vice-Président (M. Cousineau) :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Merci, M. le président du Conseil du trésor. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la
députée de Laporte, à vous la parole.
Mme Ménard : Oui, bonjour.
Bonjour, M. le Président. Alors, c'est avec grand plaisir que je prends la parole aujourd'hui dans le cadre du débat sur la prise en
considération du projet de loi n° 41, Loi modifiant la
Loi sur la fonction
publique principalement en matière de dotation des emplois.
Très
généralement, ce projet de loi vient établir diverses modifications à la Loi
sur la fonction publique.
Ce projet de loi modifie le processus de
dotation des emplois pour permettre, entre autres, que l'on puisse nommer un candidat dès qu'il a complété le processus de
qualification.
De plus, les concours et les listes de
qualification seront remplacés par des processus de qualification et des banques de personnes qualifiées.
projet de loi n° 41 prévoit aussi d'octroyer au Conseil du trésor la
possibilité de réglementer les nouveaux processus
de dotation relatifs aux étudiants qui ont occupé un emploi d'étudiant ou ont
fait un stage et de déterminer les conditions du retour de retraités,
selon lesquelles celui-ci pourrait être nommé de nouveau.
Ce projet de loi transfère également des
pouvoirs au Conseil du trésor, notamment celui de fixer des normes pour le classement des fonctionnaires, et, à son
président, de nouvelles fonctions en matière de gouvernance en gestion des
ressources humaines.
Enfin, la
Loi sur la fonction publique
modifiera la gestion et les responsabilités
confiées à la Commission
de la fonction publique ainsi que les dispositions pénales, tout en prévoyant des mesures transitoires.
Alors, M. le Président, ce projet
de loi vient s'inscrire
en continuité avec les mesures proposées par mon
ancienne collègue et ex-présidente du Conseil
du trésor, Mme Michelle Courchesne. Elle
proposait dans le projet de loi n° 72, présenté en mai 2012 et qui portait le même nom que
l'actuel projet, l'essentiel des mesures que l'on y retrouve.
En plus de la présentation de son projet de loi, Michelle Courchesne avait également mis sur pied la Stratégie de gestion des ressources humaines 2012‑2017 — Une fonction publique moderne au service des Québécois. D'ailleurs, des consultations ont
été menées afin d'éviter avec… d'arriver, plutôt, avec le dépôt de certains
aspects de cette stratégie.
La disponibilité de la main-d'oeuvre, la pérennité et
l'évolution de l'expertise, l'agilité dans les façons de faire étaient et sont
toujours les principaux enjeux. Je salue la reconnaissance de la valeur de ces
mesures par le gouvernement.
M. le Président, les défis auxquels la fonction publique québécoise devra faire face avec la
baisse démographique et la rareté de la main-d'oeuvre qui
s'accentuera au cours des années à venir sont importants. D'ici 2016, il est
prévu qu'il n'y aura pas assez de nouveaux travailleurs pour combler tous les départs, tout le contraire de la
réalité d'il y atrois décennies, alors que l'employeur pouvait se référer à un bassin de main-d'oeuvre abondant. Face à ce changement démographique
important, la fonction
publique doit s'assurer
d'attirer des travailleurs et des travailleuses qualifiés. Une réforme des
processus de dotation des emplois de la fonction publique s'imposait donc. Les défis afin de conserver une fonction publique de qualité sont nombreux. Il importe aujourd'hui de faire face
à ces défis.
Lors
des consultations
particulières, cinq
groupes, plus un mémoire du Forum des jeunes de la fonction publique,sont venus nous dire que les mesures apportées dans ce projet de loi étaient intéressantes et que la
modernisation dans l'application des
modalités était primordiale. Plusieurs recommandations ont été faites, lesquelles nous avons tenu compte lors de l'étude
article par article. Entre autres, la Commission de la fonction publique nous a fait part des défis importants dont
ils font face comme l'objectif de réduction de la taille de l'État, qui est toujours une préoccupation, au même
titre que la qualité des services donnés à la
population. De plus, les ministères doivent composer avec les départs massifs à la retraite, le remplacement d'un
employé retraité sur deux, sans oublier le maintien et l'amélioration de la
qualité des services offerts.
Une de leurs grandes difficultés est d'attirer
et de garder le personnel dans certains secteurs; la modernisation du système de recrutement est donc cruciale pour faire face à ces défis. Actuellement, décrocher un emploi peut prendre de trois à
12 mois. Dans ces conditions, un futur employé a le temps de se voir
offrir un autre travail ailleurs. C'est ce que révèle une consultation menée par le Forum des jeunes de la fonction publique,
laquelle démontre que 70 % des répondants ont attendu plus de trois mois, et près
du quart, plus d'un an avant de décrocher un emploi. Ce projet de loi
vient permettre, comme je le mentionnais il y a quelques instants, que l'on
puisse nommer un candidat dès qu'il a complété le processus de qualification.
D'ailleurs,
l'Alliance des cadres de l'État a accueilli très favorablement la
simplification du recrutement. Ils nous ont dit que cette nouvelle approche permettra à
l'État d'être plus concurrentiel avec le marché de l'emploi et
facilitera les démarches des gestionnaires à la recherche d'employés.
Un autre élément important du projet de loi est que chacun des ministères aura
l'obligation de déposer sa stratégie
quinquennale de ressources humaines. Les dirigeants devront donc réfléchir sur
leurs façons de faire et voir à poser des gestes concrets pour les moderniser.
Alors,
M. le Président, ce grand défi de la gestion des ressources humaines est un phénomène
propre à l'ensemble du marché du travail. La compétition est féroce, et la relève est
courtisée de toutes parts. La fonction publique doit donc s'ajuster, à
l'instar des autres employeurs. Ce projet de loi est un grand pas dans la bonne
direction.
suis fière de vous dire, M. le Président, qu'à
titre de porte-parole de
l'opposition officielle nous avons contribué pleinement et rigoureusement à la bonification de
ce projet de loi et nous avons eu l'écoute du ministre. Permettez-moi de
ne vous citer qu'un exemple de nos échanges lors de l'étude détaillée en
commission parlementaire.
l'article 40 du projet de loi qui modifie l'article 129 de la
Loi sur
la fonction publique, nous pouvions lire, et
je résume, qu'une personne qui commet une manœuvre frauduleuse et déclarée
coupable cesse d'être admissible à tout concours
ou examen pour une période de deux ans. Alors, vous comprendrez, M. le
Président, que nous trouvions cette période
beaucoup trop courte. Donc, nous avons eu de bons échanges, des échanges
fructueux, et nous avons recommandé au ministre de prolonger cette
période jusqu'à cinq ans. Alors, le ministre a accepté notre recommandation.
Alors, M. le
Président, je dois vous dire que je suis satisfaite des échanges qui ont eu
lieu en commission parlementaire sur l'étude
détaillée du projet de loi n° 41. Les travaux ont été constructifs et
productifs. D'ailleurs, je tiens à remercier
tous les membres de la commission qui ont contribué à ces travaux ainsi que le
président de la commission, la secrétaire
et tout le personnel. Je remercie aussi le ministre et le président du Conseil
du trésor, qui a été à l'écoute de toutes nos recommandations. Et, bien sûr, un merci à tous ceux qui l'ont
accompagné, mais un merci très spécial à Mme Roy, qui accompagnait le ministre et le président du
Conseil du trésor, qui, tout au long des travaux, a répondu à toutes nos
interrogations et nos demandes d'une manière franche et directe, ce qui nous a
permis de mieux comprendre les enjeux et les défis de la gestion des ressources
humaines de la fonction publique.
Alors,
M. le Président, le projet de loi n° 41 vient optimiser le processus de
dotation des emplois dans notre fonction publique. Alors, en conclusion, M. le
Président, en attirant les talents, en maximisant les services offerts, en
minimisant la gestion, la fonction publique
québécoise sera à même de mieux servir les Québécois. Bref, la fonction
publique doit se démarquer et prouver
qu'elle est un employeur de choix, un employeur de premier plan, alors je réitère,
M. le Président, notre accord sur l'adoption du projet de loi
n° 41, Loi modifiant la
Loi sur la fonction publique principalement en
matière de dotation des emplois. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la députée. Je suis
prêt à entendre un prochain intervenant. Oui,
M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
Picard : Merci, M. le Président. M. le Président, je tiens à
remercier, dans un premier temps, les
parlementaires qui ont participé aux travaux de la commission sur cet important
projet de loi, le projet de loi n° 41, ce projet de loi qui va permettre
d'actualiser le processus de dotation, de dotation d'une fonction publique
qualifiée et compétente.
Il y a une nouvelle procédure qui va s'appliquer. Au lieu
d'avoir les fameuses listes d'aptitudes, maintenant ça va être changé, on va avoir maintenant… Lorsqu'un
candidat va participer à un processus de qualification, il pourra être nommé
dès le moment où il est déclaré qualifié. Aussi, M. le Président, on a prévu
des règles pour les étudiants, les stagiaires qui travaillent durant la période
estivale dans la fonction publique. On a prévu des règles afin de permettre qu'ils puissent intégrer la fonction publique. Et
aussi, avec l'exode des fonctionnaires qui quittent pour la retraite, on
a prévu certaines règles aussi… on a permis, plutôt, au Conseil du trésor
d'établir les règles par le projet de loi pour que les
gens à la retraite puissent revenir travailler durant une période déterminée.
Je tiens à … Je
corrobore les propos de la députée de Laporte sur le bon climat et le travail assidu des parlementaires. Le ministre a fait preuve d'ouverture aussi lorsqu'on a … on a
eu de bonnes discussions, on a pu amender le projet de loi, on a pu
l'améliorer. Et, comme disait tout à l'heure aussi la députée de Laporte, c'est la suite du projet
de loi n° 72 qui avait été présenté par Mme Courchesne.
Alors,
en terminant, M. le
Président, le deuxième
groupe d'opposition va
voter en faveur de ce projet de loi là. Merci.
Vice-Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions?
Vice-Président (M. Cousineau) : Alors… Attendez que je vous
nomme, M. le député de Verdun. Alors, à vous
la parole, M. le député de Verdun.
Gautrin : M. le Président, c'est avec plaisir que je vais
intervenir ici sur ce projet de loi. Comme l'a
rappelé ma collègue la députée de Laporte, nous sommes en faveur de ce projet
de loi.
y avait une situation qui était une situation qui est préoccupante dans la
fonction publique québécoise. La situation préoccupante est la suivante : nous avons
besoin d'attirer, dans la fonction publique québécoise, des meilleurs
éléments, et le processus de nomination
faisait en sorte qu'il y avait un délai important entre le moment où la
personne était qualifiée et la personne, elle était embauchée. Alors, on
a ici, dans le projet de loi, voulu corriger cette situation, corriger cette situation pour permettre réellement… permettre aux
jeunes de pouvoir être embauchés directement après qu'ils aient passé
les examens de qualification.
Deuxième
élément, il y a un élément, et ce n'est pas mineur, dans le projet de loi qui
va toucher les étudiants qui sont en stage. Les étudiants qui sont en stage
actuellement sont… en général, commencent… font un stage dans la
fonction publique, acquièrent une certaine expérience et, bon, à l'heure
actuelle, devaient repasser par tout le processus avant de pouvoir être
engagés, le cas échéant, dans la fonction publique. Le projet de loi va
modifier… évidemment, ne les dispense pas de devoir passer les examens et les
éléments de qualification, mais, une fois qu'ils ont réussi à passer les
examens de qualification, de pouvoir avoir une possibilité d'engagement assez
rapidement.
faut être conscients, M. le Président, qu'on se trouve dans une situation — et
la tendance va aller en s'augmentant — dans
laquelle on ne va pas être en surplus de main-d'oeuvre qualifiée, mais on va se
trouver en besoin et en demande de
main-d'oeuvre qualifiée. Déjà, dans certains secteurs — et je pourrais vous en citer un certain nombre dans
certains secteurs, par exemple le secteur de l'informatique, les secteurs du
génie civil, dans les secteurs de la comptabilité — on
se trouve en compétition, par rapport à nos employés, par rapport à nos fonctionnaires,
on se trouve en compétition avec un marché du travail qui est très demandeur pour ce
type d'emploi, et, si on retarde, lorsque… Imaginez, imaginez, M. le
Président, que vous soyez encore un jeune qui termine ses études universitaires
dans ce secteur. Je comprends que c'était
comme… Vous et moi, on y était il y a un certain temps, mais imaginons que vous
seriez un jeune qui termine ses études universitaires dans ce secteur,
et il choisit, il est intéressé de venir travailler dans la fonction publique québécoise. Mais actuellement,
actuellement, si on ne change pas la loi comme telle, si on ne change pas
nos processus qui sont mis de l'avant, ça
peut prendre... Entre le moment où il a signifié son intérêt, le moment où il a
été passer les tests de qualification
et le moment où il reçoit, à la fin, une offre finale d'emploi, il peut
s'écouler, M. le Président, entre trois à quatre mois dans un marché
extrêmement compétitif. Et mettez-vous à la place, M. le Président, de ce
jeune. Dans un marché extrêmement compétitif, d'un côté, il est en attente,
pendant deux à trois mois, d'une décision éventuelle de la fonction publique québécoise,
et le marché privé lui
offre très rapidement,
parce que la décision
dans le monde
privé peut se faire beaucoup plus rapidement… lui offre un emploi, c'est-à-dire lui fait une offre d'emploi très
rapidement, M. le Président. Et c'est ce qui se passe à
l'heure actuelle. Très rapidement, ces
personnes, souvent les personnes les plus qualifiées, nous les perdons, nous
les perdons.
Alors,
le projet de loi vient ici changer cette situation, va
permettre que, dès qu'on aura pu assumer ou
adapter la qualification du jeune... il
pourra être engagé dans un processus beaucoup plus rapide qu'il n'avait été... qu'il n'était le cas. Et, de
surcroît, M. le
Président, de surcroît,
si tant est que ce jeune, en plus, ait été stagiaire, c'est-à-dire a été
stagiaire pendant l'été, etc., dans une des
fonctions du gouvernement, il pourra encore plus rapidement,
une fois que… bien sûr une fois où on aura
assumé sa qualification, être engagé dans la fonction
publique québécoise.
Moi,
je vais vous raconter une anecdote qui m'est restée. À l'époque, en 2006‑2007, j'avais à l'époque, dans la fonction publique,
un jeune extrêmement brillant, un jeune extrêmement brillant, et on avait voulu
l'engager dans... Il avait une
formation en sciences politiques et particulièrement une spécialisation dans
les technologies de l'information. On avait voulu
l'engager. Il avait, bien sûr, passé les éléments de qualification, mais on
attendait, on attendait. D'une part, il n'y avait pas de poste. On pouvait
éventuellement envisager de l'avoir sur des postes temporaires, etc.
même personne, dans la fonction publique fédérale, on lui a offert ce qu'on
appelle la ligne royale, où on leur permet
d'avoir le chemin ou… le recrutement pour les personnes qui vont éventuellement
pouvoir un jour obtenir, assumer des postes
de directeur ou éventuellement de sous-ministre adjoint ou de sous-ministre.
Voyez-vous la rapidité avec laquelle la fonction publique fédérale a pu
bouger par rapport à notre situation?
Alors,
M. le Président, c'est pour ça que, d'une part, comme l'a très justement
rappelé notre collègue de Laporte, c'était Mme Courchesne qui avait initié cette
réflexion qu'il y avait dans la difficulté... compte tenu de la difficulté
qu'on avait de recruter les jeunes les plus brillants, qui avait initié cette
réflexion, réflexion qui avait donné lieu à un projet de loi qui malheureusement, M. le Président, parce que le vœu de la
démocratie a fait en sorte que nous ne soyons plus au gouvernement… qui
était tombé, mais la sagesse... Et je dois saluer actuellement la sagesse du
député de Chicoutimi et président du Conseil du trésor. Il a été assez sage
pour remettre et rappeler un projet de loi qui, somme toute, M. le Président, et comprenons-nous bien, somme toute,
reprend les mêmes idées que celles qui avaient été mises de l'avant par notre collègue la députée d'alors, la députée de
Fabre d'alors, que maintenant je peux appeler par son prénom... par son
nom, je veux dire, qui est Mme Courchesne.
Alors,
M. le Président, l'importance — et vous êtes bien conscient,
hein? — que va avoir dans les années qui
vont venir, dans les années qui sont devant
nous… l'importance de la gestion des ressources humaines, c'est quelque
chose qui, dans tout ce qui est politique de
gestion, va devenir de plus en plus important. Alors là, le projet de loi va
faciliter aussi, va faciliter les mécanismes de gestion.
aurait pu avoir une tendance... À la fois, il donne au Conseil du trésor une
possibilité d'être un leader, quelqu'un qui
initie, qui soutient, qui veut soutenir réellement ou donner la voie dans ces
grandes tendances. Par contre, il respecte — et
ça, c'était un point qui était important, et je me rappelle à quel point ça a
été important à la fois pour le député de
Mont-Royal et pour la députée de Laporte — à l'heure actuelle, il respecte le fait que…
l'autorité de gestion du sous-ministre.
Autrement dit, comprenez-moi, dans l'équilibre du projet de loi vous avez,
d'une part, au Conseil du trésor, la
responsabilité d'initier en quelque sorte ces changements, mais l'application
des changements, la responsabilité de la gestion, la responsabilité qu'a
le sous-ministre de gérer son personnel est parfaitement maintenue dans le
projet de loi, M. le Président.
vais terminer, parce que je pourrais parler de ça bien longtemps... Je vais
terminer ici pour rappeler que, comme l'a rappelé très justement ma collègue de Laporte, le débat ou l'analyse en commission parlementaire s'est fait dans un esprit de collaboration, comme souvent la majeure
partie des projets de loi se font, un esprit de collaboration entre, bien sûr, les parlementaires de l'opposition et, je dois dire, les parlementaires ministériels, et on arrive, aujourd'hui dans
ce projet de loi n° 41, M. le Président,
à améliorer considérablement la situation de la gestion des ressources humaines
au gouvernement du Québec. Je vous remercie. Nous allons voter tous ici, avec
brio, en faveur de ce projet de loi.
Le Vice-Président
(M. Cousineau) : Merci, M. le député de Verdun. Est-ce qu'il y
a d'autres intervenants concernant cette prise en considération? M. le député
de Mont-Royal.
Arcand : Merci
beaucoup, M. le Président. En tant que membre de la Commission des finances publiques, je suis très
heureux, M. le Président, de pouvoir prendre la parole aujourd'hui pour cette
prise en considération du projet de loi n° 41. Vous savez, M. le
Président, pour le public, de façon générale, tout le monde qui ont un certain
âge se rappellent probablement qu'évidemment la fonction publique, durant les
années 60, c'était… évidemment, il y avait ce
qu'on appelait à l'époque beaucoup de patronage, c'était le terme qui était
utilisé à l'époque, dans les années 60, les emplois dans la fonction
publique. Je me rappelle même de voir, récemment sur certains canaux
spécialisés, la série Duplessis , où est-ce qu'on… Il n'y avait pas de
règle très, très précise dans l'attribution des emplois au sein de la fonction
publique.
fil des années, M. le Président, on a voulu stopper, d'ailleurs avec raison, ce
favoritisme qui existait au sein de la fonction publique. Et, au fil des années, ce
qui est arrivé, bien sûr, c'est qu'il y a eu, M. le Président, énormément
de règles qui ont été faites dans le but,
bien sûr, de s'assurer que toute la question de la dotation des emplois au sein
de la fonction publique se faisait
selon des critères dans lesquels il n'y avait pas… évidemment, le moins de
favoritisme possible. Les responsables des ressources humaines
intervenaient à ce niveau-là.
Aujourd'hui,
je pense que la donne, elle est changée. Premièrement, plus que jamais, le
gouvernement du Québec, entre autres, est aux prises, actuellement, avec
probablement une plus grande compétition qui existe, compétition avec
d'autres paliers de gouvernement, compétition, parfois au niveau des emplois,
avec des entreprises privées. Il est donc,
M. le Président, urgent… il était urgent pour le gouvernement de se doter
véritablement de certaines politiques et il était nécessaire que ces politiques-là soient modifiées. Alors, d'une
période, je dirais, presque préhistorique où le patronage régnait en maître, on est allés dans une société
dans laquelle il y a eu moins de favoritisme. Et aujourd'hui je pense
qu'il est temps pour l'État aussi de revenir à des formes de rigueur et
d'intégrité qui sont toujours importantes, bien sûr, mais également je pense que, plus que jamais, les
citoyens s'attendent de l'État, et donc de ses employés, qu'ils rendent
des comptes dans la société. Et donc
l'objectif, en bout de ligne, qu'est-ce que c'est? C'est de pouvoir faire en
sorte qu'on ait effectivement les meilleurs employés possible, la
meilleure formation possible et la meilleure source, si on veut, de gens qui
travaillent au sein du gouvernement du Québec.
M. le Président, je pense que le projet de loi aujourd'hui
est un projet de loi qui améliore essentiellement un certain nombre de choses : la question de la
disponibilité de la main-d'oeuvre, la pérennité et l'évolution de l'expertise.
Et également, M. le Président, l'agilité
dans les façons de faire, je pense que c'était particulièrement important. Je
discutais l'autre jour avec un professeur du
HEC qui disait, entre autres, qu'à un moment donné, lorsqu'il y a trop de
réglementation, le danger d'avoir trop de
réglementation, c'est qu'il n'y a plus personne qui devient imputable, et trop
de réglementation, c'est presque
aussi pire que de n'avoir aucun contrôle sur la gestion. C'est donc dire que ce
projet rétablit quand même un certain
nombre de choses, permet à l'État, à un moment… Et je pense que la députée de
Laporte avait, à ce moment-ci dans
l'étude du projet de loi, fait part d'observations particulièrement
importantes; la députée de Laporte avait l'avantage d'être une personne qui vient du secteur privé et