CAT — 14 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CAT 2016-04-14

Quebec — Committees

CAT — 14 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CAT 2016-04-14

Quebec — Committees

(Dix-huit heures trente-deux

minutes)

Le Président (M. Auger) : À l'ordre,

s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission

de l'aménagement du territoire ouverte. Je demande à toutes les personnes dans

la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.

La commission

est réunie afin de procéder à l'étude du volet Métropole des crédits budgétaires du portefeuille Affaires municipales et Occupation du territoire

pour l'exercice financier 2016-2017.

M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?

Le Secrétaire : Oui, M. le

Président. M. Carrière (Chapleau) est remplacé par Mme Montpetit

(Crémazie); M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine) est remplacé par

M. Sklavounos (Laurier-Dorion); M. Hardy (Saint-François) est

remplacé par M. Birnbaum (D'Arcy-McGee); M. Rousselle (Vimont) est

remplacé par M. Tanguay (LaFontaine); M. Gaudreault (Jonquière) est

remplacé par M. Péladeau (Saint-Jérôme); et M. Lelièvre (Gaspé) est

remplacé par M. Lisée (Rosemont).

Président (M. Auger) : Merci beaucoup. Nous allons débuter par des

remarques préliminaires, puis nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ

20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux

voix des crédits sera effectuée à la fin de l'étude de ce volet.

Nous débutons donc avec les remarques

préliminaires. M. le ministre, vous disposez de 12 minutes.

Coiteux : Oui. Merci, M. le Président. Mes chers collègues, l'ensemble

des personnes qui nous accompagnez ce

soir, les gens du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du

territoire, les gens dédiés à la Métropole aussi, mesdames messieurs,

donc, bonsoir.

À la suite de

la présentation du discours du budget 2016-2017 par le ministre des Finances et

de la présentation du budget des

dépenses par le président du Conseil du trésor, l'étude des crédits nous donne

aujourd'hui l'occasion d'examiner plus

attentivement les réalisations et les projets de notre ministère,

particulièrement pour l'important volet que représente Montréal et la région métropolitaine. Comme vous

le savez, notre premier ministre m'a confié le mandat d'agir comme

ministre responsable de la région de Montréal en complémentarité avec mes

responsabilités relatives aux Affaires municipales et à l'Occupation du

territoire ainsi qu'à la Sécurité publique.

Montréal,

notre métropole, joue un rôle primordial dans la création de richesse et dans

la prospérité de l'ensemble du

Québec. Montréal, je ne vous apprendrai rien, est une ville innovante,

créative, une métropole culturelle et un pôle stratégique de savoir. Montréal, donc, et sa région métropolitaine

possèdent des atouts indéniables qui lui permettent de se démarquer et

de rayonner, notamment auprès des investisseurs étrangers. Montréal est à la

fois un pôle mondial dans plusieurs secteurs

de pointe — l'aérospatiale,

le multimédia, les sciences de la vie — appuyé par des grappes industrielles performantes, une économie du savoir qui se

démarque avec de nombreux centres de recherche, des chercheurs de calibre

mondial et un réseau de 11 établissements universitaires, dont quatre

universités et sept écoles affiliées, un bassin de main-d'oeuvre qualifiée et

multilingue et un environnement fiscal compétitif.

Notre

gouvernement reconnaît le rôle moteur de la métropole pour favoriser la

vitalité économique du Québec. C'est

pourquoi, à l'aube du 375e anniversaire de la ville de Montréal, de

concert avec les acteurs du milieu, nous travaillons à renforcer son positionnement concurrentiel sur

la scène nationale et internationale comme place d'affaires. Il existe

une très bonne collaboration entre le

gouvernement, les villes et la Communauté métropolitaine de Montréal. Cette

synergie favorise le développement de la

métropole. Les interventions, qui se font de façon concertée et cohérente, avec une vision stratégique et

durable pour le Grand Montréal, ne peuvent qu'être propices aux investissements

et à l'innovation.

Ceci étant

dit, afin de favoriser le rayonnement et le développement de notre métropole,

le gouvernement souhaite reconnaître

aussi le statut particulier de métropole à la ville de Montréal. Tel qu'inscrit

dans l'Accord de partenariat avec les municipalités

2016-2019, le gouvernement a pris l'engagement de déposer un projet de loi

visant à accroître l'autonomie de la métropole et à la doter d'outils

pour lui permettre d'assumer efficacement les responsabilités qui lui

reviennent.

Comme je le

mentionnais il y a quelques instants, Montréal s'apprête donc à célébrer en

2017 le 375e anniversaire de sa

fondation. Pour créer des ponts, partager la vivacité de Montréal et mettre en

lumière sa richesse, le gouvernement du Québec est au rendez-vous à

titre de partenaire

majeur des festivités du 375e anniversaire de Montréal. Afin de

marquer l'importance de cet événement, le gouvernement du Québec a réservé en

2016-2017 21,7 millions pour les festivités du 375e, somme qui s'ajoute au montant déboursé au cours des deux

dernières années. D'ici 2018, ce sont 60 millions qui auront été investis dans ces célébrations, qui

seront génératrices de réjouissances, bien sûr, mais également de

retombées économiques pour Montréal, mais pour l'ensemble du Québec aussi.

Par ailleurs,

quelque 250 millions seront consacrés à des projets de legs majeurs,

notamment la construction d'un nouveau pavillon au Musée des beaux-arts

de Montréal, un projet de 18,5 millions, l'aménagement et la mise en valeur du parc Jean-Drapeau, un projet de

35 millions, le réaménagement touristique de l'oratoire Saint-Joseph, un

projet de 26,4 millions, et la réhabilitation de la gare maritime et de la

jetée Alexandra, un projet de 20 millions.

gouvernement du Québec est au rendez-vous pour assurer la pérennité des

infrastructures névralgiques de la métropole.

Le Plan québécois des infrastructures 2016-2026 prévoit des investissements de

27,3 milliards pour la région de Montréal, soit 30,7 % de

l'enveloppe totale du PQI. Plusieurs projets sont en marche, tels que la

reconstruction de l'échangeur Turcot — on parle ici d'un

investissement total de 3,7 milliards de dollars; le remplacement des

voitures MR-63 du métro de Montréal,

1,9 milliard; la construction du CHUM, 3,1 milliards; du CUSM,

1,6 milliard; l'agrandissement

du CHU Sainte-Justine, 807 millions; et de l'urgence Hôpital

Maisonneuve-Rosemont, 83,7 millions; et également l'aménagement du

site de la gare de triage Outremont, 30 millions.

Par ailleurs,

M. le Président, une entente commerciale est intervenue en 2015 entre le

gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec. Elle

permettra dans l'avenir la mise en oeuvre de projets d'infrastructure spécifiques. Cette entente énonce les principes

qui encadrent le modèle d'affaires développé pour la réalisation, la

gestion et le financement de projets

d'infrastructure majeurs. Cette initiative représente le premier jalon d'une

démarche novatrice visant à la fois à permettre aux Québécois de

bénéficier de la vaste expertise de la caisse en matière de grands projets

d'infrastructure et à cette dernière de faire fructifier les épargnes de ses

déposants, l'épargne des Québécois. Dans le cadre

des discussions avec la caisse, deux projets structurants pour la région

métropolitaine ont été identifiés en priorité. Ils pourraient voir le jour une fois les étapes

préalables complétées. Il s'agit d'un système de transport collectif sur le

nouveau pont Champlain et d'un train allant jusqu'à l'Ouest-de-Montréal en

passant par l'aéroport.

La vitalité et la prospérité de la métropole

sont essentielles à la croissance et au rayonnement du Québec. Plusieurs programmes d'aide financière relevant de

mon ministère, le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, sont réservés en ce sens. Parmi

ceux-ci, le Fonds d'initiative et de rayonnement de la métropole, un

budget de 17 millions en 2016-2017, administré par le Secrétariat à la

région métropolitaine, qui est un levier important dont dispose le gouvernement du Québec pour stimuler l'activité économique,

culturelle et sociale de la métropole. Ce fonds participe au financement de la scène événementielle de la métropole,

soutient des initiatives économiques pour renforcer la compétitivité et

l'attractivité de la région métropolitaine. Il soutient également des démarches

visant à favoriser le développement social dans les quartiers moins favorisés.

Plusieurs

autres contributions financières annoncées dans le budget 2016 confirment ou reconduisent le soutien

du gouvernement dans plusieurs secteurs phares. D'une part, l'entente pour

soutenir le développement économique

de Montréal, nommée Montréal 2025, avec une enveloppe de 24 millions de

dollars en 2016-2017, permet de financer plusieurs projets structurants. Signalons notamment

la phase I de l'autoroute Bonaventure, la revitalisation urbaine aux abords du site Outremont, le soutien à une dizaine

de grands festivals, la programmation

du Partenariat du Quartier des spectacles et le plan commerce de la

ville de Montréal.

D'autre part,

dans le cadre du Plan métropolitain d'aménagement et de développement, le PMAD,

de la Communauté métropolitaine de

Montréal, en vigueur depuis 2012, le gouvernement soutient la réalisation de la

trame verte et bleue du Grand Montréal avec

une enveloppe de 50 millions de dollars. Ceci inclut le sentier cyclable

et pédestre, les projets TOD de densification urbaine et les plans de

développement de la zone agricole notamment.

Enfin, le Fonds de développement des

territoires, déployé partout au Québec, profite tout autant aux grandes

agglomérations et aux MRC de la région métropolitaine de Montréal. Il vient

directement appuyer le développement local et régional dans la région de

Montréal.

En terminant, M. le Président, le gouvernement

joue un rôle actif et proactif en faveur du développement de Montréal,

locomotive économique du Québec. Notre intervention par nos mesures budgétaires

et nos programmes d'aide financière auront

des retombées économiques durables pour le Grand Montréal. Et je tiens à

rappeler qu'il existe un bel esprit

de collaboration entre les acteurs stratégiques de la région métropolitaine,

ceux du gouvernement, ceux des villes, ceux de la Communauté

métropolitaine de Montréal, mais également les acteurs économiques ainsi que de

toute la société civile. C'est cette concertation qui favorise justement

l'essor de la métropole.

Merci, donc,

pour les quelques minutes accordées. Et il me fera, bien entendu, plaisir

d'échanger avec tout le monde ici présent ce soir par la suite.

Le Président (M. Auger) : Merci, M.

le ministre. Nous allons maintenant continuer avec M. le député de Saint-Jérôme

pour ses remarques préliminaires, pour une durée maximale de sept minutes.

Péladeau : Merci, M. le Président. C'est à mon tour, donc, de saluer

la présence du ministre, des membres de la députation gouvernementale, de mon collègue le député de Blainville

et, évidemment, de mon collègue le député de Rosemont, Jean-François

Lisée. Je n'ai pas le droit de le dire, hein?

Le Président (M.

Auger) : On va se reprendre.

M. Péladeau :

Alors, j'aimerais quand même débuter en disant que le chef du Parti libéral,

durant la campagne électorale, avait

mis l'accent sur deux thèmes, deux thèmes extrêmement importants, l'économie et

l'éthique. Avec tous les embarras que

le gouvernement a connus ces dernières semaines, on est obligés de conclure

qu'au niveau de l'éthique c'est un

échec lamentable. Mais ce n'est pas tout, M. le Président, sur le plan

économique, là, je pense qu'il est très utile... Et probablement que le ministre est là pour en

témoigner, puisqu'il a fait

partie de ce fameux trio économique, trio

économique qui a été démantelé. Alors, c'est

utile de rappeler qu'il n'y a aucun emploi qui a été créé durant les

12 derniers mois. En fait, la

performance du gouvernement à cet égard est tellement mauvaise que le premier

ministre lui-même a abandonné cette fameuse

promesse du 250 000 emplois, et on est obligés de constater aussi que

l'effet libéral n'était, en fin de compte, que le fruit de la propagande

du Parti libéral du Québec.

Alors, sur le

plan économique, dans le fond, le plan, celui du gouvernement, était de piger

dans les poches des contribuables parce que c'est comme ça que nous nous

sommes ramassés avec une augmentation de taxes d'environ 1 500 $. Ce n'est certainement pas le

plus performant des plans économiques. Alors, la stagnation économique qui

sévit depuis deux ans a été jumelée avec un plan d'austérité qui a fait

extrêmement mal à l'éducation, qui fait mal à notre métropole et qui fait

extrêmement mal également aux familles montréalaises.

Vous l'avez dit, M. le ministre, Montréal doit

posséder tous les atouts pour assumer pleinement son rôle de locomotive du Québec. Alors que la conjoncture est

probablement la plus favorable des 20 dernières années — nous avons eu un dollar canadien en baisse de façon significative, 30 %,

qui devrait rendre nos entreprises manufacturières encore plus compétitives, nous avons eu également

une baisse du prix du baril de pétrole extrêmement significative — et alors que l'Ontario a créé 85 000 emplois

depuis les 12 derniers mois, une économie sensiblement équivalente à celle

du Québec et, évidemment, aussi de Montréal, où on retrouve des activités

manufacturières, encore une fois, au Québec, c'est zéro pour les

12 derniers mois.

Alors, le

gouvernement n'avait pas de plan économique, il n'a toujours pas de plan économique, et j'ose

espérer que le ministre

aura l'occasion également de nous donner plus de détails s'il entend mettre

en place des mesures pour qu'on ait un véritable plan économique de

notre métropole.

C'est vrai que le premier ministre évoque

fréquemment la situation internationale pour justifier les piètres performances que nous connaissons. Alors, je viens

de le mentionner, l'économie américaine a créé 3 millions

d'emplois, 7 millions sur les trois

dernières années, et notre positionnement, avec les éléments auxquels je

faisais référence, devrait nous

permettre de, justement, faire en sorte d'obtenir, un, d'une part, une balance

commerciale de plus en plus favorable, mais également, d'autre part, des

investissements internationaux importants. Alors, on constate que Montréal a

reçu 1,3 milliard d'investissements internationaux en 2013, et en 2014, M. le ministre, vous

connaissez certainement vos chiffres jusqu'au bout des doigts,

c'est 867 millions, donc une chute drastique.

Les gens

d'affaires, M. le Président, sont inquiets, sont inquiets devant l'incapacité

de ce gouvernement à générer des résultats positifs et à prendre fait et cause pour nos

entrepreneurs. Ce gouvernement a agi en spectateur, en spectateur devant la vente de nos fleurons, de nos fleurons

du Québec inc., et les impacts sont extrêmement nombreux. D'ailleurs, déjà, lorsque le Cirque du Soleil a été

vendu, ceux et celles qui évoluent dans ce quartier extrêmement riche de Montréal — riche

en termes culturels — bien,

se sont plaints rapidement que nous laissions tomber toutes les

contributions philanthropiques auxquelles le Cirque du Soleil était

antérieurement très attaché.

Alors, on peut, effectivement, conclure qu'il en

sera de même pour le siège social de RONA, qui, selon votre collègue la ministre

de l'Économie... elle considérait la vente comme étant une bonne nouvelle. Ce

sera certainement également la même chose en ce qui concerne St-Hubert. Et nous

l'avons constaté avec Astral, ça a été une perte du pouvoir décisionnel et accompagné, évidemment, d'une perte de la

direction, de toutes les hautes rémunérations qui les accompagnent. Et

les hautes rémunérations, vous savez ce que ça veut dire, M. le ministre. Ça

veut dire payer des impôts, ça veut dire

participer aux missions sociales qui sont celles de l'État, c'est-à-dire

l'éducation et la santé. Si nous n'avons pas de contribuables grandement

rémunérés, bien, évidemment, alors, à ce moment-là, nous allons avoir des lacunes et certainement des pertes en ce

qui concerne notre capacité, justement, de pourvoir à ces missions essentielles.

Alors, au

chapitre de l'emploi, c'est véritablement

la catastrophe. Cette situation, malheureusement, reflète l'incompétence du gouvernement

et requiert une action immédiate. Encore une fois, je suis certain que le ministre

est bien au fait des chiffres, mais permettez-moi quand même, malgré tout, de

lui rafraîchir la mémoire. Le nombre de chômeurs, M. le ministre, est passé de

97 200 en avril 2014 à 116 700 en février 2016. Au cours de la même

période, M. le Président, le taux de chômage a bondi, passant de

9,4 % à 11 %, et le taux de chômage, du côté de ceux et celles

qui ont décidé de venir s'installer ici, au Québec, est largement supérieur à

la moyenne nationale.

Alors,

j'aurais plusieurs autres remarques. Je veux, par contre, insister — parce

que je veux aller un petit peu plus vite, étant donné que vous m'avez

mentionné qu'il restait, donc, juste une minute — il y a une problématique

qui nous intéresse énormément, que nous ne sommes pas les seuls à nous y

intéresser, c'est le projet Énergie Est. Vous savez,

M. le Président, que les maires de la Communauté métropolitaine de Montréal sont sortis, sont sortis pour dénoncer ce

projet. Et pourquoi ils dénoncent ce projet? Parce qu'il n'y a aucune retombée économique,

et ça fait porter essentiellement tous les risques, tous les risques liés à l'environnement

à notre grande communauté. Alors, j'aimerais que le ministre puisse éventuellement

nous indiquer quelle est la position de son ministère, de son gouvernement...

Le Président (M. Auger) : Merci, M.

le député.

M. Péladeau : ...à l'égard de ce

grand projet caressé par les Albertains de l'Ouest canadien.

Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Saint-Jérôme. C'est tout

le temps que nous avions, malheureusement. M. le

député Blainville, de la deuxième opposition, pour cinq minutes, pour vos remarques préliminaires.

M. Laframboise : Oui. Merci beaucoup, M. le

Président. D'abord, saluer M. le ministre et son équipe, M. le chef de

l'opposition officielle, le député de Rosemont, les collègues du parti

gouvernemental, évidemment, Steve Brabant, mon recherchiste, qui

m'accompagne.

Évidemment,

ça me fait plaisir d'être le porte-parole de la métropole pour notre parti, la Coalition avenir Québec. Par contre, on va

profiter du temps qui nous est donné, M. le ministre, évidemment, pour poser

toutes les questions nécessaires afin d'avoir les éclairages requis.

Il ne faut jamais

oublier que les dernières données de Statistique Canada montrent que c'est dans

l'île de Montréal que le taux de chômage est le plus élevé au Canada, le taux

de chômage bat tous les records avec 11 % et une perte de 2 500 emplois. Puis évidemment,

chez les nouveaux arrivants, le taux de chômage, pour les immigrants de langue française, va même jusqu'à 27 %. Donc,

inévitablement, M. le ministre, on vous posera des questions

pour voir comment le gouvernement entend essayer de réduire, évidemment,

le taux de chômage sur l'île de Montréal, d'autant plus que, M. le ministre, votre gouvernement a annoncé un projet de

loi sur la métropole

qu'on attend de façon... En tout cas,

le maire de Montréal a l'air à l'attendre depuis longtemps.

Évidemment, pour nous aussi, parce que c'est important

que la métropole et puis... De notre part, vous le savez, donner la marge de

manoeuvre à la métropole pour être capable de faire face à tous les défis

qu'elle a, c'est important de le faire.

Par contre,

le temps va manquer, M. le ministre. La session, on arrive au printemps, et il y a

des délais à respecter pour qu'on

soit capables de discuter des projets

de loi. Donc, les journées comptent, là.

Après les crédits, il ne restera pas gros

de journées pour être capable de déposer le projet de loi. Donc, évidemment,

on va essayer de voir avec vous, là, quelle

importance vous apportez puis dans

quel délai vous allez être capable de donner à la métropole le projet

législatif qu'elle a de besoin pour être capable de relever les grands défis.

Donc, je vais

m'arrêter là, M. le Président, puis, le temps qu'il me reste, vous pourrez le

rajouter sur mes périodes de questions.

Président (M. Auger) : Avec plaisir, M. le député de Blainville. Nous

allons commencer nos échanges avec un premier

bloc pour 21 minutes. M. le député de Blainville... pas Blainville,

excusez. Rosemont ou Saint-Jérôme? M. le député de Saint-Jérôme.

Péladeau : Merci, M. le Président. Donc, j'aimerais revenir un petit

peu sur mes remarques préliminaires et j'ai

une question, évidemment, bien spécifique au ministre. Vous avez vu que la

performance des investissements étrangers avait été en forte baisse, et vous vous souviendrez probablement que

cette présidence était assumée par votre nouvelle collègue la ministre de l'Économie. Alors, c'est

lié à notre capacité de créer des emplois. Alors, il ne faut pas se

surprendre que... Si le taux de chômage a

augmenté de façon aussi significative, il est relié au fait que, tristement,

les investissements étrangers ont

diminué. Alors, j'aimerais bien savoir qu'est-ce que le ministre pourrait nous

dire pour expliquer cette hausse spectaculaire

du taux de chômage. De nouveau, je lui rafraîchis la mémoire parce que c'est

assez invraisemblable, là, on passe

de 9,4 % à 11 %, là, en moins de deux ans. Alors, c'est une situation

extrêmement préoccupante, et j'ose espérer qu'il va être en mesure de

pouvoir nous donner les explications appropriées.

Alors,

je reviens sur la question des investissements étrangers parce que, là aussi,

c'est une composante essentielle de notre économie montréalaise. Alors,

j'ose espérer qu'il aura l'occasion de préciser ses objectifs, et la façon, et

les méthodes qu'il entend utiliser pour faire en sorte qu'il puisse les

rencontrer. Il m'apparaît essentiel... Parce que la stagnation dans laquelle le gouvernement nous a plongés, le régime de

l'austérité qui a pris sa place, cette obsession du déficit zéro nous obligent à constater et à

conclure, vous qui avez une formation dans le domaine économique, que

les résultats sont loin d'être au

rendez-vous. Et, avec les chiffres de mars dernier qui ont été publiés, bien,

c'est 22 500 emplois à

temps plein qui ont été perdus. Alors, je ne sais pas si ça suscite un petit

peu chez le ministre des inquiétudes, mais je pense que la population,

les citoyens, les citoyennes de la région de Montréal et toute la population du

Québec sont très inquiets à cet égard.

Le ministre nous a

parlé du secteur aéronautique. Oui, indéniablement, nous le constatons, c'est

un secteur extrêmement important. C'est un

secteur aussi qui fait la fierté des Québécois et des Québécoises. C'est un

secteur qui procure, là aussi, des

emplois hautement rémunérés. Alors,

nous attendons toujours la transaction qui a été annoncée par votre collègue l'ancien ministre de l'Économie,

qui faisait

partie du trio, lui aussi, économique et qui semble avoir

fait l'objet d'un démantèlement, lui aussi,

pour aller aux Transports. D'ailleurs, c'est un petit peu curieux de constater...

Il semble qu'il ait la responsabilité de ce

dossier tout en étant ministre des Transports, mais c'est Investissement

Québec qui va porter l'investissement. Mais

Investissement Québec relève de la ministre de l'Économie. Peut-être que le

ministre va être en mesure de nous expliquer quel est ce genre de perspective

byzantine. C'est peut-être une nouvelle façon de gouverner, mais, chose

certaine, lorsqu'on parle de Bombardier, lorsqu'on parle du plus important

investissement qu'Investissement Québec aura

réalisé au Québec, 1,3 milliard de dollars, alors que la structure fait

l'objet d'un très grand nombre de commentaires, et tristement ils sont

loin d'être positifs...

Alors qu'entend faire le ministre, puisqu'il est

lui-même appelé à défendre les intérêts de cette industrie, pour faire en sorte que, là aussi, le gouvernement

fédéral... Parce que vous savez, M. le Président, les Québécois, là, à

chaque année, ils

envoient 50 milliards, 50 milliards de leurs impôts et de leurs taxes

à Ottawa. Est-ce que vous ne considérez pas légitime, uniquement

légitime que nous puissions, nous aussi, avoir notre argent pour le faire

fonctionner au niveau économique? Est-ce que

vous considérez que se satisfaire d'un chèque de péréquation est un modèle

économique viable? Évidemment, vous conviendrez rapidement avec moi

qu'en ce qui me concerne ce n'est pas le cas.

Alors, j'aimerais bien que le ministre puisse

nous expliquer ce qu'il entend faire pour ce secteur aussi important de

l'aéronautique. Quelles sont les mesures qu'il va déployer? Et quand

pourrons-nous avoir la garantie et l'assurance

que... Bombardier, malgré le fait que nous y investissions 1,3 milliard de

dollars, continue à faire des mises à pied dans les activités qui nous

concernent ici, au Québec.

Président (M. Auger) : M. le ministre, la parole va être à vous, mais,

en passant, j'aimerais faire une remarque. En fait, je répartis le temps de façon équitable entre les questions et

les réponses, j'essaie d'équilibrer le temps, donc soyez assurés que ça

se fera d'une façon équitable. M. le ministre.

Coiteux : Oui. Bien, M. le Président, le chef de l'opposition

officielle a eu une question finale, mais, à vrai dire, il y a eu plusieurs questions dans son

intervention. Donc, vous me permettrez de toucher à différents points, hein,

parce qu'il a touché à beaucoup de choses.

Donc, oui, je vais parler de Bombardier, mais je vais commencer par le contexte

général, il y a un certain nombre de questions qui ont été soulevées par le

chef de l'opposition.

D'abord, le chef de l'opposition a gentiment, je

dirais, dit que je suis un homme qui connaît ses chiffres. Effectivement, je suis quelqu'un qui m'intéresse

aux chiffres, mais justement, les chiffres, il faut les regarder dans

leur contexte. Alors, je comprends, là, ils

disent : Ah! en 2013, c'était le Parti québécois au pouvoir, il y a eu

tant de... un et quelques milliards d'investissement étranger, puis là

ils comparent 2015. Le problème, c'est qu'il faut comparer du comparable aussi,

là. En 2015, il y a eu 48 projets d'investissement étranger dans la région

de Montréal, alors qu'en 2013 il n'y en

avait eu que 39, donc un plus grand nombre de projets réalisés. Et, en 2013,

les 39 projets avaient permis de créer

2 729 emplois, alors qu'en 2015 les 48 projets qui se sont

matérialisés dans la région de Montréal en ont créé 3 449.

Alors, d'où vient la différence des chiffres?

C'est parce que ce qu'omet de dire le chef de l'opposition, c'est qu'il y a un projet parmi ces 39 qui représentait

un gros montant d'investissement — pas tant d'emplois que ça,

finalement, mais un gros montant — c'était le projet d'Ericsson, qui valait

plus de 400 millions. Alors, ça crée une distorsion dans les chiffres de cette comparaison 2013-2015. Dans les

faits, là, depuis qu'on est arrivés, il y a plus de projets

d'investissement étranger sur le territoire

de Montréal, et ça a créé davantage d'emplois que pendant le court mandat du

Parti québécois, le plus récent, là, le mandat minoritaire qui a duré

18 mois. Alors, ça, ce sont les chiffres, ce sont les faits.

Quant à

l'emploi, je vais être obligé de décevoir aussi le chef de l'opposition

officielle là-dessus, probablement aussi

le député de Rosemont, qui semble s'intéresser aussi beaucoup à cette question,

on s'y intéresse tous. Et là, ici, qu'on me comprenne bien, M. le Président, puis tous ceux qui nous écoutent ce

soir, ce n'est pas parce que je suis en train de dire qu'on ne peut pas faire mieux à Montréal, puis

qu'on ne va pas faire mieux à Montréal, et qu'on ne doit pas faire

mieux, de toute façon, à Montréal, mais les faits sont les faits. Les faits

sont les faits. Quand le Parti québécois était au pouvoir, pendant ces 18 mois, il y a eu des pertes

d'emploi à Montréal, il y a eu des pertes d'emploi à Montréal.

Entre 2013 et 2014, il y a eu

des pertes de 16 000 emplois à Montréal. La tendance, heureusement, a

été inversée depuis parce que, pour la dernière

année complète qu'on peut regarder, là... 2016 est jeune encore, 2016 n'est pas

terminée, M. le Président, vous savez

bien, mais 2015, on a le total de tout ce qui s'est fait, puis on est capables

de voir l'ensemble de l'année 2015, puis on est capables de la comparer avec l'ensemble de l'année 2014. Et,

alors que, dans la période précédente, il y avait eu des pertes de

16 000 emplois, bien là il y a eu une hausse de presque

22 000 emplois, dans les faits, pour la période de

2014 à 2015. Alors, ça, ce sont les faits.

Alors, je

veux bien entendre la dernière statistique mensuelle puis les compilations de

quelques mois en 2016, mais, depuis

qu'on est arrivés au gouvernement, il y a eu un inversement de la tendance,

plus de projets d'investissement direct

et étranger dans la région de Montréal avec plus de création d'emplois dans la

région de Montréal. Ce sont les faits. Alors, tout le reste,

là-dessus...

Maintenant, il me reste une minute, M. le

Président?

Président (M. Auger) : À peu près, dans la répartition du temps

avant d'avoir une autre question de la part de l'opposition officielle.

M. Coiteux : Bien, écoutez,

pour Bombardier, je vais être bref, en une minute, on aura peut-être l'occasion

d'y revenir. Mais je pense qu'on n'a pas de

leçons à recevoir, là, on n'a absolument pas de leçons à recevoir de

l'opposition officielle sur la question de Bombardier.

L'opposition officielle — et la

deuxième opposition, par ailleurs, mais je leur laisserai le loisir de poser

leurs questions — depuis le début, M. le Président, a fait tous

les efforts possibles pour torpiller un projet absolument extraordinaire qui est celui de la CSeries. Et que

le gouvernement intervienne pour soutenir la CSeries, c'était le bon

geste à faire, ça reste le bon geste à faire, et bien entendu qu'on va

travailler avec le gouvernement fédéral.

On reviendra

sur la question des impôts qui sont payés au gouvernement fédéral parce que ça,

c'est une question qu'on aura

l'occasion de discuter. Parce qu'il y a une lecture, du côté de l'opposition

officielle, qui est très teintée par leur projet souverainiste, et de ça

aussi on va en parler parce que leur projet, il a des conséquences pour

Montréal. Et ces conséquences-là, on l'a vu pendant leur court règne de

18 mois...

Le Président (M. Auger) : M. le

député de Saint-Jérôme.

M. Péladeau : Alors,

vous savez, M. le Président, les chiffres, là, ça ne ment pas, les chiffres ont

la tête dure. Alors, voici les chiffres de l'enquête sur la population

active : en avril 2014, il y avait 941 000 emplois et, en

mars 2016, il y en a 941 000. Alors, c'est la stagnation la plus

complète. Entre-temps, évidemment, aussi, le taux de population a augmenté, et

c'est ce qui nous amène à une hausse significative du taux de chômage. À cet

égard, M. le Président, la réponse du ministre est tout à fait insatisfaisante

ou même inexistante.

Alors, puisque le

chômage a augmenté et puisque le ministre veut également parler du gouvernement

fédéral, j'aurais une question simple à lui

poser : Est-ce qu'il considère — parce qu'il a, évidemment, écouté aussi

attentivement que moi le budget fédéral, le

budget Morneau — normal

que le gouvernement fédéral ait donné une prime de 20 semaines

supplémentaires aux chômeurs en Alberta et n'en ait pas donné autant aux

chômeurs de Montréal? Est-ce qu'il considère

que cette situation est équitable? Est-ce qu'il considère que cette situation

est l'oeuvre de cette justice que nous attendions de la part du

gouvernement fédéral à l'égard des chômeurs?

Le Président

(M. Auger) : M. le ministre.

M. Coiteux :

Bien, on ne fera pas la guerre des chiffres, là, mais il y a eu des pertes

d'emploi à Montréal et dans l'ensemble du Québec pendant leurs

18 mois. Puis depuis on a inversé la tendance, et il y a eu plus

d'investissement, plus de création d'emplois. Et l'année n'est pas terminée, en

2016, et les gestes qu'on pose vont permettre d'en créer encore davantage.

Écoutez, honnêtement,

je n'aimerais pas échanger, à l'heure actuelle, la situation du Québec et la

situation de Montréal en particulier avec la

situation de l'Alberta, hein? Parce que c'est ce à quoi fait référence le chef

de l'opposition officielle, l'Alberta

vit une crise majeure, on le sait tous, liée à l'effondrement des cours du

pétrole. C'est un véritable drame pour

l'Alberta, c'est un véritable drame pour les personnes qui sont concernées parce que ce n'est pas seulement

que le taux de chômage a augmenté, mais il a augmenté absolument

brutalement. Puis il

y a d'autres régions au pays où ça a

été le cas.

Alors,

que le gouvernement fédéral décide d'adapter le programme

d'assurance-emploi pour tenir compte que, dans certaines régions, il y a eu une variation

substantielle du chômage très subite, très immédiate, c'est leur affaire. Mais

ce que je constate, par ailleurs, c'est qu'indépendamment des années qu'on peut considérer, systématiquement le Québec reçoit plus

de la caisse d'assurance-emploi qu'il y met dedans. Et c'est d'ailleurs vrai

que le Québec verse moins d'impôts globalement au gouvernement

fédéral que le gouvernement fédéral en reverse par différentes formes au Québec à chaque année. Et il

y a un écart considérable de plusieurs

milliards de dollars année

après année autant dans l'un des

items que dans l'autre, et c'est pour

ça que ça soulève des questions importantes sur l'idéologie du Parti québécois, qui est une menace réelle pour l'ensemble du Québec, mais particulièrement

pour Montréal.

Président (M. Auger) : Je vous remercie. M. le député de Saint-Jérôme, pour une autre question. Allez-y, M.

le député.

M. Péladeau :

Bien, j'ai bien hâte, éventuellement, que le ministre puisse, M. le Président,

nous faire la démonstration, là, de la

théorie qu'il a fait valoir, là. Je sais que le premier ministre utilise fréquemment la théorie du trou, mais il ne l'a aucunement prouvée jusqu'à ce

jour.

Mais

je réitère ma question : Est-ce

qu'il trouve que c'est normal que les

chômeurs de l'Alberta aient 20 semaines de plus? Est-ce qu'il considère que l'argent que les Québécois

et les Québécoises contribuent à la

caisse d'assurance-emploi a une moindre valeur que celui qui est contribué

par les Albertains et les Albertaines? Comment peut-il expliquer qu'il y

ait un régime aussi discriminatoire envers les Québécois?

Le Président

(M. Auger) : M. le ministre.

M. Coiteux : La fameuse théorie du trou à laquelle fait

référence le chef de l'opposition

officielle, c'est l'Institut

de la statistique du Québec qui le calcule. Alors, on peut peut-être contester

certains chiffres, on peut peut-être contester certaines études, mais ceux-là

sont difficiles à contester, très honnêtement.

Et je pense avoir déjà

répondu à la question du chef de l'opposition officielle, si je considérais

juste ou non le fait que le Québec

reçoit davantage de la caisse d'assurance-emploi qu'il

contribue année après année

indépendamment de la conjoncture actuelle. Bien, je ne trouve pas ça injuste, je

trouve que c'est plutôt un aspect positif de fonctionner à l'intérieur d'une fédération. Une fédération que vous contestez, par ailleurs, parce que... Et c'est une manifestation ici... Est-ce

que c'est juste, ceci? Est-ce que

c'est juste, cela? C'est un discours de victime. C'est toujours

un discours de victime. Et ce

discours de victime, ce n'est pas un discours de gagnant. Montréal,

c'est une ville de gagnants. Montréal, c'est une ville qui a des atouts pour gagner la concurrence internationale. Montréal ne s'inscrit pas dans ce discours de

victime.

Le Président

(M. Auger) : Merci. M. le député de Saint-Jérôme.

M. Péladeau : Merci, M.

le Président. Je réitère ma question

au ministre : Est-ce

qu'il considère équitable que les chômeurs de l'Alberta aient

20 semaines de plus que les chômeurs du Québec?

Le Président

(M. Auger) : M. le ministre.

M. Coiteux : Je vais répondre

une troisième fois à cette question. Il y a des régions au pays — pas

seulement en Alberta — qui ont vécu une hausse absolument

spectaculaire de leur taux de chômage au cours de la dernière année. Si ça nous était arrivé à nous, qu'est-ce qu'on réclamerait?

Alors, il y a des ajustements qui ont été apportés. Oubliez cette

parenthèse-là, il n'en reste pas moins qu'année après année le Québec reçoit

plus qu'il verse dans la caisse d'assurance-emploi.

Et, d'autre

part, bien franchement, je le dis à l'attention du chef de l'opposition, je ne

voudrais pas échanger la situation actuelle du Québec et de Montréal

avec la situation de l'Alberta, qui vit une récession majeure.

Le Président (M. Auger) : M. le

député de Rosemont.

M. Lisée :

M. le Président, c'est quand même extraordinaire. Je suis la politique depuis

une trentaine d'années et je me

souviens de gouvernements libéraux qui se battaient. C'étaient des gagnants,

ils se battaient quand le gouvernement fédéral

faisait des choses injustes envers les Québécois. Ils se battaient, ils

disaient : Ça n'a pas de sens. Gérard D. Levesque, ce n'était pas un sanguin, mais, à chaque budget,

il disait : Le gouvernement fédéral a fait ça, on n'a pas eu notre

part, on réclame notre part.

là, historiquement, au Québec, on a eu une crise énorme dans la forêt, on n'a

pas eu 20 semaines de plus de chômage pour nos

chômeurs en forêt. Maintenant, ils inventent ça parce que c'est l'Alberta qui

est en... Mais je suis content pour les

Albertains, les chômeurs albertains. Mais je n'en reviens pas qu'on ait un

ministre de la Métropole qui ne dise

pas : Nous aussi, dans la métropole, il y a plus de chômage. Nous aussi,

dans les régions du Québec, il y a plus de chômage. On devrait avoir l'équité avec l'Alberta. Qu'est-ce que ça vous

coûterait de demander ça? Un coup que vous l'auriez ? Un coup qu'à

demander l'équité vous l'auriez? De quoi avez-vous peur?

Le Président

(M. Auger) : M. le ministre.

M. Coiteux : C'est curieux, hein, dans les échanges que nous

avons, on a exactement le même pattern qu'il y a toujours. L'opposition officielle, le Parti québécois,

lorsqu'il gouvernait, est-ce qu'il se préoccupait des questions économiques? Il préparait le terrain pour relancer

le projet de l'indépendance. Qu'est-ce qui se passait à Montréal pendant

cette période-là? Ce qui se passait à

Montréal pendant cette période-là, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, moins

d'investissement étranger, pertes d'emploi, climat d'inquiétude.

Et on aura l'occasion de discuter d'autres

aspects de votre passage au pouvoir pendant les 18 mois, mais là,

aujourd'hui, est-ce qu'on est en train de parler d'économie? Non. On serait en

train de parler du Québec victime du fédéralisme.

C'est ça qu'on entend, là, ici. Ils veulent faire un débat sur le Québec

victime du fédéralisme, alors que le Québec

gagne à l'intérieur de la fédération canadienne. On peut le faire, ce débat-là.

Moi, je suis prêt à le faire pour les quatre

heures de nos échanges ce soir. Puis savez-vous quoi? Les Québécois qui vont

l'écouter vont penser comme ils ont toujours

pensé. Les Québécois pensent que votre projet est la plus grave menace à la

sécurité économique de l'ensemble des Québécois, et particulièrement

ceux de la métropole.

Le Président (M. Auger) :

Merci. M. le député de Rosemont.

M. Lisée :

M. le Président, on a bien compris que, pour le ministre senior du gouvernement

libéral, il n'est pas question de

demander l'équité pour les chômeurs québécois au gouvernement fédéral. Ce

serait mal vu, ce serait malvenu, ce serait quasiment être vu comme un

séparatiste. Tous ses prédécesseurs libéraux ont pourtant mené ces bagarres-là.

À l'intérieur d'une fédération qui

fonctionne, il y a des intérêts et des arbitrages. Si on n'est pas en train de

demander sa juste part, on perd.

Et là le

ministre, je veux qu'il me donne ses chiffres. Parce que moi, je les ai, là.

Enquête sur la population active pour

l'île de Montréal — l'île

de Montréal, O.K.? — lorsqu'ils

ont pris le pouvoir — je

leur donne le mois d'avril, disons qu'ils

n'étaient pas tout à fait installés — en

mai, il y avait 9,2 % de chômage. Maintenant, il y en a 11 %; le mois

dernier, 11 %; le mois dernier, 10,7 %; le mois d'avant, 10,3 %.

En mai 2014, il y avait 95 700 chômeurs; ce mois-ci, le mois dernier, 117 000; le mois d'avant,

116 000; le mois d'avant, 114 000; le mois d'avant, 110 000. Ça

augmente tous les mois. Alors, lui, s'il a d'autres chiffres pour l'île

de Montréal que ceux de Statistique Canada, j'aimerais qu'il les dépose.

Et, pour

l'investissement étranger, l'année pleine où le Parti québécois était là, une

année record d'accompagnement d'investissement étranger sur la RMR,

1,3 milliard de dollars. Jamais réalisé avant, jamais réalisé après.

Alors, s'il a d'autres statistiques à nous

déposer sur le nombre d'investissements étrangers à Montréal l'an dernier,

qu'il les dépose parce que, pour l'instant, nous, on a des vrais

chiffres de Statistique Canada...

Le Président (M. Auger) : M. le

député de Rosemont...

M. Lisée : ...et de Montréal

International puis, pour l'instant, on n'a que des paroles.

Le Président (M. Auger) : Merci

beaucoup, M. le député. Nous allons poursuivre le prochain bloc avec le

gouvernement pour environ 21 minutes, et je cède maintenant la parole au

député de D'Arcy-McGee.

M. Birnbaum :

Merci, M. le Président. M. le ministre, MM. les députés de

Saint-Jérôme, de Rosemont, de Blainville,

l'équipe du cabinet de M. le ministre et l'équipe ministérielle, chers

collègues du côté ministériel. Écoutez, si on est pour parler du sort économique de Montréal, on est en train de

parler du sort économique du Québec dans son entier, évidemment, et il me semble que, pour le faire, il

faut comprendre les enjeux. Trop souvent, il me semble qu'on parle d'une espèce de

dichotomie, de dichotomie. Est-ce que ce qui va à Montréal va à l'encontre du

développement régional, et vice versa? C'est d'une évidence qu'on parle

d'une synergie, d'une symbiose qui est présente toujours et qu'il est beaucoup

plus efficace qu'on l'évacue d'un débat éternel et stérile sur le sort du

Québec au sein du Canada.

Je crois que c'est

important aussi de situer les réalités économiques de Montréal, qui regroupe

quelque 4 millions d'habitants, soit

49 % de la population du Québec, et où se concentrent 50 % des

emplois du Québec, et qui génère 53,35 % du PIB du Québec. Les

enjeux se font ici en grand pourcentage.

Pour parler de cette

symbiose, je crois qu'on a un bel exemple. Si on peut se fier au Wall Street

Journal d'aujourd'hui, on espère que Delta va poursuivre l'achat de quelque

75 avions de Bombardier série C — on voit les formations de l'opposition déchirer les chemises

là-dessus — avec un

autre 50 d'option. On voit que les deux formations de l'opposition se posent des questions, et là on

est en train de continuer à voir que ce geste des spectateurs, pour

reprendre le mot de Saint-Jérôme, va faire en sorte... beaucoup

de bénéfices pour Montréal et le Québec dans son entier. Alors, si c'est comme ça

qu'on agit comme gouvernement spectateur du sort économique de Montréal et du Québec,

tant mieux pour nous.

Même

si on regarde le dossier d'emploi, il faut noter que Montréal

passe de la 20e place à la cinquième

parmi les 33 métropoles

nord-américaines de plus de 2 millions d'habitants en ce qui a trait au

PIB per capita. Admettons-le, on a un défi devant nous toujours,

mais les statistiques des derniers mois indiquent que Montréal est en relance

sur le plan emploi aussi.

On sait qu'on parle,

à Montréal, d'une grande capitale du savoir, et sa compétitivité est assez

claire quand on regarde nos secteurs stratégiques, nos grappes industrielles de

haute technologie. On peut parler longuement de notre capacité de savoir en termes de... les universités, les quatre qui se

trouvent à Montréal. Et on note que 56 % du capital de risque investi au Québec, ça se réside à Montréal

et, comme je dis, pas juste au bénéfice de la population de la région,

mais des industries, les populations partout au Québec.

faut aussi noter que notre emplacement stratégique nous invite à profiter de

l'Accord économique et commercial global

entre le Canada et l'Union européenne ainsi que dans le cas du Partenariat

transpacifique. Toutes les composantes sont en place à Montréal pour en

profiter.

Tout cela pour dire

que, quand on compte tous ces atouts avec notre capacité de recherche et

développement très ancrée dans les secteurs

très stratégiques et prometteurs pour l'avenir, on a les atouts en place pour

vraiment faire du progrès.

Bon,

ce qui m'amène à inviter le ministre, M. le Président, de nous parler de notre

vision — il me

semble que ça va se situer sur la

terre assez ferme — économique, de

nous parler de la vision du ministre ainsi que de notre gouvernement sur

le développement économique de notre métropole.

Le Président

(M. Auger) : M. le ministre.

M. Coiteux :

Oui, merci. Peut-être, la meilleure façon pour moi de décrire quelle est notre

vision et puis comment j'aborde, là,

le thème, là, de comment on va appuyer le développement économique de Montréal,

comment on appuie déjà le développement économique de Montréal...

J'étais l'invité récemment de l'ensemble des grappes de Montréal, AéroMontréal, AluQuébec... bien, de Montréal et

d'autres régions du Québec, mais, quand même, une présence très forte à Montréal dans certains cas , AluQuébec, le

Bureau du cinéma et de la télévision du Québec, Cargo M, Mmode, Montréal

In Vivo, Finance Montréal,

TechnoMontréal, Écotech

Montréal, et, lorsque j'ai rencontré l'ensemble des... — puis ça ne fait pas longtemps, ça fait quelques semaines,

peut-être une semaine ou deux, là, maximum, là, ça fait quelques jours à

peine que je les ai rencontrés — ce qu'ils m'ont présenté, c'est un Montréal

de gagnants, c'est un Montréal d'entreprises qui sont compétitives, c'est un Montréal où les

fournisseurs s'allient avec les entreprises qui sont les entreprises-phares de

leurs secteurs respectifs. Ce sont des

entreprises qui sont capables de travailler ensemble pour définir les grandes

priorités. Ce sont des entreprises qui sont capables aussi de définir

quels sont les grands enjeux et quelles sont les grandes politiques

d'accompagnement qui vont les aider à prospérer. Et le gouvernement du Québec

est un partenaire de l'ensemble de ces grappes.

Alors,

dans ce Québec de gagnants, dans ce Montréal de gagnants, j'ai dit :

Savez-vous quoi? On devrait sortir plus souvent ensemble, sortir à l'intérieur du Québec, à Montréal même, juste

pour célébrer ces grands succès de Montréal parce qu'il y a un discours de victime qu'on entend de

l'autre côté parfois qui ne correspond pas à la réalité de Montréal. Ce

n'est pas ça, Montréal, d'accord? Alors, il

faudrait qu'on sorte plus souvent pour célébrer cette compétitivité, cette

grande force de Montréal. Puis, des

fois, il faudrait sortir à l'extérieur aussi pour faire encore davantage du

point de vue de l'investissement étranger.

Tous

ces gens-là, en même temps... Parce qu'on essayait de faire l'inventaire, dans

le fond, des convergences. Il y en avait beaucoup, mais on essayait de

comprendre aussi quels étaient les enjeux communs. Et, parmi ces enjeux communs, bien, il y a souvent le manque de

main-d'oeuvre spécialisée. Alors, à Montréal comme ailleurs au Québec,

c'est souvent pas un manque d'emploi, c'est souvent un manque d'employés

qualifiés qui est le problème.

Alors,

c'est clair que... je disais tout à l'heure : Il y a eu de la création

d'emplois beaucoup plus importante en 2015, pour l'ensemble de l'année 2015, par rapport à 2014, alors

qu'il y avait eu une diminution de l'emploi

de 2013 à 2014 sur le territoire de Montréal. C'est vrai, mais

ça ne veut pas dire que nous, comme gouvernement, on ne veut pas faire plus que

ça. Mais on sait que, pour faire plus que ça, il faut que Montréal attire le

talent, garde et attire le talent. S'il y a quelque chose qui est important

pour Montréal, c'est de garder son talent et d'attirer davantage de talents.

Et là,

voyez-vous, M. le Président, ça, ça nous différencie, mais vraiment

totalement de l'opposition

officielle, totalement. Je ne sais pas pourquoi, mais ils ont des enjeux avec

l'attraction du talent, surtout s'il vient de l'extérieur. Et là je ne veux pas faire de procès d'intention,

je veux juste me baser sur les faits et sur les conséquences économiques

potentielles de ces faits, surtout pour une

région comme Montréal. Lorsque le Parti

québécois a gouverné la dernière

fois et qu'on a assisté à un déclin de l'économie

du Québec et de Montréal en particulier, il y avait deux débats en particulier, là, qui venaient, je dirais, tendre les esprits

et déstabiliser l'économie de Montréal. Il y avait le débat sur la charte des valeurs puis il y avait la relance du débat

linguistique, qui sont deux choses qui, normalement, font énormément de tort à Montréal pas seulement

sur le plan social, parce que ça inquiète les gens, il y a

des gens qui ne se sentent pas bienvenus dans une société comme celle-là, qui est celle que l'opposition officielle se plaît à vouloir développer, malheureusement, mais même les gens d'affaires, même les gens d'affaires, pendant cette

période-là, avaient hâte qu'on puisse sortir de ce climat malsain puis

qu'on puisse passer à un climat beaucoup plus sain...

Le Président (M. Auger) : Juste

un instant, M. le ministre. Juste un instant. M. le député de Rosemont.

M. Lisée :

Je vais vous soulever généralement la question de la pertinence. On étudie les

crédits du ministre de la Métropole,

l'action du gouvernement pendant l'année dernière et l'année à venir. Alors, je

veux bien qu'il fasse quelques commentaires

politiques, mais, s'il veut faire l'ensemble de son commentaire sur ce qu'un

ancien gouvernement a fait ou sur un projet d'indépendance, je pose la

question de la pertinence.

Le Président (M. Auger) :

Merci. M. le député de Laurier-Dorion.

M. Sklavounos :

Sur le règlement, M. le Président, vous savez très bien que la pertinence, au

niveau des crédits, doit être interprétée de manière flexible. Et je

pense que, lorsqu'on touche au sujet de la charte des valeurs, qui est

intimement liée à l'emploi, vu les barrières que cette charte imposerait, si

jamais elle avait été adoptée, aux minorités culturelles, je pense que c'est

des plus pertinents.

Le Président (M. Auger) :

Merci. Oui, M. le député de Rosemont.

M. Lisée : Juste pour

terminer, on parle des crédits du gouvernement actuel. Alors, s'il veut

proposer une charte, très bien.

Le Président (M. Auger) :

Merci. Dernière intervention.

M. Sklavounos :

Il y avait plusieurs questions de la part de l'opposition officielle sur

l'emploi. Quant à moi, le ministre est directement sur la question, M.

le Président.

Le Président (M. Auger) : M. le

ministre, vous pouvez continuer.

M. Coiteux :

Et donc ça avait des conséquences très, très, très bien perçues par les milieux

d'affaires. Le rapport Créer un

nouvel élan à Montréal , publié par la BMO Groupe financier et le Boston

Consulting Group... Et on se rappelle du

rôle de Jacques Ménard, le président, là... écrivait : «Les leaders — puis là on parle des leaders

d'affaires — [...]ont été

nombreux à ranger le caractère cosmopolite de Montréal parmi ses principaux

atouts, ont exprimé des préoccupations quant au maintien de cette caractéristique fondamentale de notre métropole.»

Et là parlant, d'ailleurs, du projet de charte : «Elle viendrait perturber un vivre-ensemble

exceptionnellement harmonieux en introduisant une discrimination à

l'emploi — on

parle de l'emploi, là; elle rendrait plus

difficiles l'attraction et la rétention de talents — qui est le défi numéro un pour

l'économie de Montréal — alors

que la croissance démographique de Montréal est déjà faible; elle viendrait

aussi cautionner une certaine forme d'intolérance.»

Si on me dit

que ça n'a pas rapport avec l'économie de Montréal, ça, ça vient des milieux

d'affaires, ça, M. le Président, ce genre de choses là. Dans notre

vision de Montréal, elle est basée sur le soutien actif, le soutien actif à la créativité, le soutien actif à la création de

savoir, et le savoir qui est fait par nos chercheurs, mais aussi par les

chercheurs qui viennent d'ailleurs dans le monde, les étudiants étrangers qui

viennent s'installer à Montréal et qui décident de rester à Montréal parce que c'est en combinant cette

créativité et ce savoir qu'on a l'innovation. C'est où, le futur de

Montréal? C'est où, le futur économique du

Québec, si ce n'est pas dans l'innovation? Mais l'innovation, au

XXIe siècle, c'est dans une société ouverte qui attire et qui garde

le talent, qui crée donc les conditions pour attirer, retenir et promouvoir le

talent sur le territoire. C'est exactement la différence entre notre approche

et l'approche de l'opposition officielle.

Président (M. Auger) : M. le député de D'Arcy-McGee, en vous

rappelant qu'il reste 10 minutes au bloc.

M. Birnbaum :

Merci, M. le Président. Merci. Alors, si j'ai bien compris, on parle d'une

vision où on prend toute notre place comme gouvernement pour, en quelque

part, semer le terrain. C'est n'est pas à un gouvernement de créer l'emploi, de faire l'investissement comme tel,

c'est de semer le terrain pour faire en sorte que les conditions

gagnantes sont au rendez-vous pour le développement de Montréal.

Si j'ai bien

compris, on parle donc d'inciter l'investissement, d'enlever les obstacles

bureaucratiques, d'assurer le partenariat,

mais, oui, même avec un gouvernement qui se trouve à Ottawa, avec nos

partenaires à la mairie de Montréal, dans

les autres municipalités dans l'agglomération, de miser — qui n'est pas toujours facile — sur les secteurs prometteurs, qui veut dire... de faire les choix difficiles,

mais une autre fois pour assurer qu'on utilise notre marge de manoeuvre

de façon plus efficace

que possible et, oui, de miser sur notre capacité unique au monde, il faut le

dire, bilingue, en même temps que de

protéger la place et le rayonnement de notre langue commune, le français, mais

de comprendre que, sur le plan pragmatique, nous avons des atouts à

mettre de l'avant, dont notre capacité, comme j'ai dit, assez unique, sur le

plan mondial, de parler dans les deux langues toujours en lançant le message

que ça se passe en français au Québec.

Alors, on a

des atouts en place, et j'inviterais le ministre... Comme je dis, on ne parle

pas des gestes qui sont en vase clos,

c'est des gestes qui sèment le terrain, qui assurent qu'on a mis en place les

conditions qui vont inciter l'investissement, la création d'emplois, l'entrepreneurship et le rapatriement du monde

qui aurait quitté le Québec et Montréal, peut-être, dans les temps un

petit peu plus sombres.

Alors, avec

tous ces atouts et ces enjeux en place qui font

partie de notre vision,

j'aimerais inviter le ministre de nous parler des bons coups, là où on a

fait des gestes, on a posé des gestes très structurants qui ouvraient la voie

aux talents qui ont à faire le vrai travail pour créer de l'emploi, pour

accentuer l'investissement et pour faire en sorte que Montréal rayonne à toute

sa capacité.

Le Président (M. Auger) : M. le

ministre.

Coiteux : M. le Président,

le député de D'Arcy-McGee a tout à fait raison que ce n'est pas le

gouvernement — à

part dans le secteur public, s'entend,

là — qui crée

les emplois, c'est le secteur privé qui crée les emplois. Donc, le

premier rôle du gouvernement, outre ses propres emplois dans le secteur public,

c'est de créer les conditions favorables.

Et d'ailleurs, puisque l'une des conditions

favorables, c'est au moins d'avoir des finances publiques saines, équilibrées, qui ne mettent pas une épée de

Damoclès sur le futur en termes d'où est-ce qu'ils vont devoir couper

dans cinq ans, dans 10 ans de façon

massive, où est-ce qu'ils vont devoir augmenter les impôts, rétablir

l'équilibre budgétaire, pour nous, ça fait

partie des conditions qui

permettent de rétablir les moteurs de la croissance, et ça, on l'a fait. Ça, on

l'a fait.

Et c'est

d'ailleurs pour ça que, lorsqu'on regarde la création d'emplois

en 2015 — puis j'ai

dit tout à l'heure à quel point qu'on a eu une bonne performance pour

l'ensemble du Québec, 2015 c'est presque 50 000 emplois pour

l'ensemble de l'année dont une bonne

partie à Montréal — c'est

de l'emploi privé, d'abord et avant tout, c'est de l'emploi privé. Parce qu'on n'a pas fait une expansion du secteur public

dans les deux dernières années, on est en train de rétablir l'équilibre budgétaire, alors que la

stagnation de l'emploi, dans le gouvernement précédent, se faisait avec

une hausse de l'emploi dans le secteur public. Ça en dit long sur ce qui se

passait dans le secteur privé.

Alors,

rétablir des conditions de base pour la croissance économique, rétablir la

sécurité, la paix linguistique, la paix entre les différentes communautés qui habitent Montréal pour rehausser

l'attrait et garder davantage nos gens, ça, c'est les conditions de base. Je vous dirais, c'est presque

de l'infrastructure sociale propice au développement économique. Mais on

fait d'autres gestes, et puis il y a des

gestes très précis qui appuient directement Montréal, puis il y a énormément de

projets dans le secteur des infrastructures à l'heure actuelle à Montréal.

Dans les

remarques préliminaires, je parlais de presque 30 milliards de dollars au

cours des 10 prochaines années. Alors,

ça, c'est des investissements majeurs. Dans certains cas, c'est vrai qu'il

s'agit de remettre en état des infrastructures critiques, névralgiques comme l'échangeur Turcot, mais il y a des

nouvelles choses qui s'en viennent également, il y a des hôpitaux qui

ont été... des hôpitaux de premier plan, d'ailleurs, qui amènent des chercheurs

dans le domaine de la santé qui participent à cette grappe des sciences de la

vie. C'est très important, ça aussi, pour Montréal. On a fait des

investissements et on fait encore des investissements majeurs dans ce

secteur-là.

On fait des investissements très importants dans

les transports en commun. Le dernier budget, le budget 2016-2017, a priorisé le prolongement de la ligne bleue, mais vous savez

aussi qu'on a signé une entente historique avec la Caisse de dépôt et placement et qu'on devrait

prochainement, hein, on devrait prochainement en savoir davantage sur

les projets de la caisse. Mais on sait qu'on

a ici le potentiel pour créer un projet extrêmement structurant pour

l'économie de l'ensemble de la région métropolitaine autour de l'entente que

nous avons avec la Caisse de dépôt et placement.

Il y a donc

des investissements en infrastructures majeurs déjà en cours, d'autres qui s'en

viennent. Et tout ça, on l'a fait dans un contexte où on a rétabli des

conditions de base nécessaires pour ramener un climat de croissance puis attirer de l'investissement à Montréal, la paix linguistique, la paix sociale, le respect de la diversité pour

Montréal. C'est extrêmement important, ce respect de la diversité, pour garder et

attirer le talent. Des investissements dans les infrastructures, le soutien au 375e, les planètes sont alignées

pour que Montréal prenne un essor. Puis, quand Montréal

prend un essor, c'est tout le Québec qui en profite. C'est tout le Québec

qui en profite.

Le Président (M. Auger) : M. le

député de D'Arcy-McGee.

M. Birnbaum : ...reste de

temps?

Le Président (M. Auger) : 3 min 30 s.

M. Birnbaum : 3 min 30 s. Merci, M. le Président. Il me

semble que c'est intéressant, évidemment, qu'on parle du sort économique, on parle de semer les conditions

sur le plan social, culturel aussi. Et vous venez de parler de la

richesse, de la diversité et de l'apport de

la diversité en termes de croissance économique, du bien-être de notre Québec

et de notre métropole. Il me semble

que ça se quantifie aussi comme priorité. Comment vous la décririez, là,

l'importance de l'accueil des

nouveaux arrivants de partout, de faire en sorte qu'on peut maximiser le

potentiel des nouveaux arrivants à Montréal et au Québec? Parce qu'il me

semble que c'est intégral à notre préoccupation avec le sort de Montréal.

Le Président

(M. Auger) : M. le ministre.

M. Coiteux : Oui. J'ai combien

de temps, M. le Président?

Le Président (M. Auger) :

2 min 30 s.

M. Coiteux :

J'ai 2 min 30 s. Regardez, pour avoir de bonnes politiques

économiques et sociales, il faut avoir le bon diagnostic, hein? Il faut avoir le bon diagnostic, c'est très important.

Le diagnostic, pour le Québec — et il est vrai aussi pour Montréal — c'est celui du vieillissement de la

population, c'est celui du vieillissement de la population. Alors, le vieillissement de la population, ça veut dire

très concrètement, là, qu'aujourd'hui la population en âge de travailler

au Québec, elle n'augmente pas, elle n'augmente pas lentement, elle diminue.

Alors, ça

veut dire quoi, ça? Ça veut dire que, pour créer de l'emploi, pour avoir de la

croissance, pour avoir cette société

innovante qui est la société d'aujourd'hui — j'allais dire de demain — qui est la société qui va nous amener

à la prospérité même aujourd'hui, pour

l'avoir, bien, il faut faire plusieurs choses. D'abord, c'est de

l'investissement dans le savoir, la

création du savoir, la lutte au décrochage scolaire. Mon collègue de

l'Éducation a annoncé des investissements massifs pour la réfection des

établissements scolaires partout à travers le Québec, mais notamment dans la

région de Montréal, puisque c'est

probablement l'endroit qui est le plus touché par ce phénomène-là. Et là c'est

un abandon qui date de plusieurs

années, là, ça date de plusieurs années, on va résorber ce déficit-là. Ça,

c'est pour le savoir à partir même du primaire.

L'investissement dans les universités, attirer les chercheurs du reste du

monde, attirer les étudiants étrangers, garder les étudiants étrangers.

En même temps

qu'on fait ça, on a une réforme de nos lois sur l'immigration pour cibler

davantage l'immigration économique,

l'arrimer davantage sur les besoins du marché du travail. Et, pour avoir du

succès, il faut faire une bonne sélection, bien sûr, mais il faut être

attirant aussi. Alors, on met en place un cadre dans lequel on va être capables

d'attirer et garder le talent. C'est du travail de long terme, mais il faut le

commencer tout de suite.

Le Président (M. Auger) : M. le

député de D'Arcy-McGee, une minute.

M. Birnbaum : On peut l'ajouter

peut-être au prochain bloc?

Le Président (M. Auger) : On

peut l'ajouter au prochain bloc.

Le Président (M. Auger) : Avec

plaisir. Nous allons poursuivre avec la deuxième opposition, M. le député de

Blainville, pour environ 21 minutes.

M. Laframboise : Merci beaucoup, M. le Président. Je vous écoute,

M. le ministre, puis, cet après-midi, j'ai écouté, au Conseil exécutif,

le chef du Parti libéral, votre premier ministre, puis, honnêtement, là, je le

regardais donner les explications pourquoi

le Québec, entre autres, n'avait créé que 300 emplois, alors qu'en Ontario

ils en ont créé 85 600 au cours

de la dernière année, conjoncture mondiale, prix des métaux qui diminue, je

vais vous le dire franchement, j'ai envoyé une note à son chef de

cabinet pour dire : Le premier ministre... puis mon terme, c'était

spectateur.

Puis, tantôt,

le chef de l'opposition officielle a dit : C'est comme si, pendant deux

ans, le Parti libéral se fiait sur ce

qu'ils appellent, eux, l'effet libéral. Et là on se réveille après deux ans, là

on a déposé en catastrophe un plan pour relancer l'économie, puis vous nous parlez, vous, d'un Montréal de gagnants.

Après deux ans, là, le taux de chômage à Montréal est passé de 9,4 % à 11 %, puis là, oups! on va créer un Montréal de gagnants.

Moi, je veux... C'est de toute beauté de vous voir aller, là, parce que, tantôt, vous avez même

dit : Bien, on va commencer, là. Ça aurait dû être commencé voilà deux

ans, quand vous avez été élus, M. le ministre, là. Il aurait fallu que vous

ayez un plan parce que, finalement, l'Ontario...

Quand mon

chef dit : Pendant que le Québec marche, l'Ontario court, bien, il fait

plus que courir, il s'en va aux Olympiques,

puis nous autres... Bien, tu sais, à quelque part, là, je nous le souhaite, là.

Je sais que Québec aimerait ça en avoir,

des Olympiques, là, mais il va falloir qu'on coure pas mal plus vite que ça,

là, puis ça, parce que, dans votre Montréal de gagnants, vous savez, ça prend des conditions gagnantes. Moi, j'ai

déjà joué dans ce film-là, mais, dans un Montréal de gagnants, je suis prêt à regarder les

conditions gagnantes pour Montréal, puis je vais vous donner quelques

exemples. C'est comme ça que je vais défiler mes questions.

Bien, pour

avoir un Montréal de gagnants, ce que vous avez fait au cours des deux

dernières années... Je vais vous donner

juste pour le logement social pour les itinérants, le logement pour les

itinérants. En 2014-2015, sur le programme AccèsLogis, il y avait

3 000 logements, dont 500 qui étaient consacrés aux itinérants,

17 % du budget en 2014-2015. 2015-2016,

rien, zéro. Puis là les itinérants à Montréal, là, la plus grande concentration

d'itinérants au Québec... Puis, si on veut redonner, quant à moi, une

image de gagnants, là, un Montréal gagnant, là, comme vous dites, là, bien, il faudrait peut-être être capables de loger nos

itinérants. Donc, en 2015-2016, zéro, pas aucun logement. En 2016-2017,

sur les 1 500 nouveaux logements

sociaux dans le programme AccèsLogis, là on prévoit 10 % pour

150 logements. Puis, dans votre

Montréal de gagnants, depuis deux ans, on n'a pas avancé, là, dans les

logements de nos itinérants, on a reculé. Pourquoi vous avez décidé d'abandonner la clientèle

itinérante si vous voulez avoir un Montréal de gagnants, comme vous

dites?

Le Président (M. Auger) : M. le

ministre.

M. Coiteux :

Écoutez, je ne suis pas la ministre responsable des Services sociaux, mais il y

a un plan de lutte à l'itinérance qui a été lancé par le gouvernement du

Québec, là.

Et, d'autre part, en

ce qui concerne l'habitation, je regrette, là, mais il y a construction de

logements dans l'ensemble du Québec, y

compris à Montréal, par le biais du programme AccèsLogis, et on aide

directement les gens à revenus

modestes à travers le programme de Supplément de loyer. Et, lorsqu'on prend ces

deux programmes, on est en train de

parler pratiquement de 260 millions, là, qui sont investis, là, à chaque

année. Alors, je regrette... Puis il y a eu des nouveaux logements qui ont été créés dans le cadre d'AccèsLogis en

2015-2016, là, les statistiques que j'ai devant moi, ici, me parlent de

Alors,

on peut s'échanger sur les chiffres, tout ça, mais il faut s'échanger sur des

chiffres, là, qui tiennent la route. Mais c'est un petit peu dommage

d'être... J'entends le député être ironique par rapport au Montréal de

gagnants. Montréal, c'est une ville de gagnants, effectivement, c'est une ville

de conquérants. Puis ce qu'on fait, nous, comme gouvernement, c'est qu'on soutient ce Montréal de gagnants puis de

conquérants, et, depuis qu'on est arrivés au pouvoir, je répète, à

Montréal seulement, il s'est créé plus de 21 000 emplois, alors qu'il

s'en est perdu sous le Parti québécois.

Est-ce

que je suis personnellement satisfait de 21 000? Non, je préférerais que

ça soit plus que ça pour Montréal, pour

l'ensemble du Québec. Bien sûr que je préférerais que ça soit plus que ça, et

c'est pour ça qu'on met en place toutes les mesures qu'on met en place à l'heure actuelle. Quand je prends le

dernier budget, là, puis je donne ça comme exemple, le fonds AmorChem qui est lancé dans une nouvelle

phase, bien, ça, ça crée de l'emploi dans la grappe des sciences de la

vie. Et, lorsque nous, on décide d'appuyer

Bombardier, ça n'a pas l'air de plaire aux oppositions, ça, qu'on aide

Bombardier dans le programme de la série C. C'est pratiquement comme si vous

souhaiteriez, du côté des oppositions, l'échec du programme de la série C.

C'est assez scandaleux d'entendre ça.

Le Président

(M. Auger) : Juste un instant, M. le ministre. M. le député de

Rosemont?

M. Lisée :

Oui. Le ministre prête des intentions aux oppositions en disant qu'on voudrait,

on souhaiterait l'échec de Bombardier, ce qui est complètement faux.

Le Président

(M. Auger) : Juste un instant. M. le député de Laurier-Dorion.

M. Sklavounos :

Sur le rappel au règlement, le ministre a dit «comme si». Alors, c'est une

interprétation qu'il fait des propos

des membres de l'opposition officielle. Je pense qu'on a le droit à notre

interprétation, comme ils ont le droit d'interpréter notre comportement.

Ça a été fait, d'ailleurs, d'abondance dans les remarques préliminaires du chef

de l'opposition officielle.

Le Président

(M. Auger) : Merci. M. le député de Blainville.

M. Laframboise : Oui. Merci beaucoup. Bien, d'abord, je voudrais dire au ministre :

M. le ministre, peut-être que avez

deux chapeaux, mais je voudrais juste

vous dire qu'une

partie dans AccèsLogis, il y a des logements pour

les itinérants, c'est de votre responsabilité. Ce n'est pas du ministère des Services sociaux, là, c'est de votre responsabilité

de ministre des Affaires municipales, c'est vous qui êtes responsable d'AccèsLogis.

Il y avait des pourcentages qui étaient prévus. L'an passé, c'est zéro. Cette année, c'est 150. Puis, avant,

c'était 500, 17 %, ça a diminué.

Puis je veux que vous preniez vos

responsabilités de ministre, là, je ne veux pas que vous transfériez ça. Si

c'est votre façon de gérer, pelleter dans la cour du ministre des Services

sociaux, là, je pense que ça va être dur, moi et vous, là. Moi, je veux que

vous vous concentriez sur AccèsLogis, puis vous avez à répondre à ça. Mais vous

pourrez y revenir.

vous donne une deuxième image parce que, dans votre Montréal de gagnants...

Puis je ne veux pas faire d'ironie, je

vous le dis, je vous en donne, des conditions gagnantes, ça me fait plaisir de

travailler dans votre Montréal de gagnants. Mais un Montréal de gagnants dans tous les sens, pas juste dans celui

qui intéresse le Parti libéral, là, comprenez-vous? Je vous donne un autre exemple, le Stade olympique.

En campagne électorale, donc... Bon, Le Parc olympique fête ses

40 ans . «16 ans après la déchirure de la toile du stade[...], la régie

[...] est revenue à la charge avec son projet de réfection du toit[...]. Dans son étude

"d'opportunité" déposée au gouvernement [...] à la fin de 2015, la

RIO propose à nouveau un toit fixe et souple, une facture d'environ

215 millions.»

campagne électorale, [le premier ministre] avait indiqué qu'il jugeait rentable

de doter le Stade olympique d'un nouveau toit si l'utilisation des

installations était maximisée. Il s'était engagé à donner le feu vert à un

nouveau toit s'il était élu; même s'il devait engager plus de

300 millions...»

c'était en campagne électorale. Selon le PQI 2016-2026, la toiture est à

l'étude, mais à ces sommes-là s'ajoutent les sommes nécessaires pour l'entretien du stade, des sommes que vous

nous dites, là, 280 millions, alors qu'elles étaient de

220 millions en 2015. Puis, malgré le fait que vous ayez investi

46 millions pour l'entretien, le besoin passe à 280 millions. Ça, ça veut dire que le stade se détériore plus vite

que l'argent que vous mettez dedans. Et on constate aussi qu'il n'y a pas une somme qui est investie pour

les espaces extérieurs, qui, eux, ont été cotés E, soit très mauvais

état. Qu'est-ce que vous allez faire avec le Stade olympique? Si vous voulez un

Montréal gagnant, il faut faire quelque chose avec le Stade olympique.

Le Président (M. Auger) :

M. le ministre.

M. Coiteux :

Oui, un Montréal de gagnants, absolument. Absolument, M. le Président. Puis il

n'y a aucune ironie, là, il n'y a

aucune ironie, là, un vrai Montréal de gagnants. Ceci dit, je vais répondre à

la question sur le Stade olympique, sur ce secteur-là de Montréal, bien entendu, mais

je vais quand même revenir sur une allusion qui a été faite, que je ne m'occupais pas de mes responsabilités. Je

regrette, là, mais il y a eu, M. le Président, une allusion faite qu'on ne

faisait rien en itinérance, et puis ce n'est

pas vrai. C'est vrai que ce n'est pas moi qui s'occupe de la politique de

l'itinérance, mais on a lancé le Plan

d'action interministériel en itinérance 2015-2020, avec 4,6 millions

récurrents qui viennent du secteur du réseau de la santé. Alors,

écoutez, là, je veux dire, il a parlé d'itinérance, M. le Président, donc il

fallait que j'y fasse référence. Mais, en ce

qui concerne les AccèsLogis, en 2015, il y en a eu 326 à Montréal... Qu'on ne

vienne pas me dire qu'il y en a eu

zéro, j'en ai même visité moi-même depuis que j'assume ce poste-là. Alors, ne

racontons pas d'histoires, là.

Maintenant,

le projet de recouvrement d'un toit pour le Stade olympique, c'est que ça

fonctionne comme ça, hein, la planification des infrastructures, d'abord

faire une étude... Puis là ne riez pas, M. le député de Blainville... C'est

bien ça, Blainville?

M. Coiteux : Ne riez pas, on a

normé, dans un souci de sérieux, la planification des investissements qui sont inscrits au PQI. D'abord, une étude pour regarder

quelles sont les opportunités, quelles sont les solutions possibles,

quel est le coût approximatif des solutions

possibles. Le toit, il est à l'étude à l'heure actuelle. Il l'est, il est

inscrit à l'étude. Si, au terme du

dossier d'opportunité, c'est concluant pour qu'on puisse aller de l'avant, il

va passer au stade de la planification. Quand ça passe au stade de la planification, c'est pour monter le

dossier d'affaires final. Et, s'il passe à ce stade-là, il s'en va en réalisation. Je pense que le député de

Blainville n'est pas en train de nous dire qu'il faudrait sauter toutes les

étapes puis y aller en catastrophe, là. Alors, oui, on l'a mis à

l'étude, comme on avait dit qu'on allait le faire.

Maintenant,

comme dans beaucoup de choses, est-ce qu'on reste les bras croisés en attendant

que l'étude se fasse? Bien non, M. le Président, parce que, justement,

il y a un projet, là, très, très concret, là, qui va aller revitaliser le secteur. Vous savez que, le stade, il y a le stade

puis il y a la tour. Qu'est-ce qu'il y avait dans la tour jusqu'à

maintenant? Bien, il y avait un ascenseur,

puis on pouvait monter. On va pouvoir encore le faire, mais on n'utilisait pas

le plein potentiel de la tour. Bien

là, d'ici 2018, il y a 1 000 employés de Desjardins qui vont aller

travailler dans la tour du stade. Ils vont déménager dans la tour du

stade, et on est en train de réaménager la tour pour accommoder ces

1 000 employés de Desjardins. Et

ça, ça va procurer des revenus de location à la Régie des installations

olympiques, ça va revitaliser le quartier, et on a mis là-dedans un prêt

de 43,5 millions de dollars.

Alors, oui, M.

le Président, on assume nos responsabilités, puis, oui, ça fait

partie des

conditions gagnantes pour que Montréal développe son plein potentiel, y

compris dans le secteur du Stade olympique.

Le Président (M. Auger) : M. le

député de Blainville.

M. Laframboise : Oui. D'abord, pour dire au ministre que les

325 AccèsLogis aux itinérants, c'étaient ceux promis en 2014-2015

parce que 2015-2016, c'est zéro. Donc, ça veut dire que, l'an prochain, si je

suis son raisonnement, il n'y en aura pas de

disponibles parce que ceux de 2016-2017 seront disponibles en 2018. C'est ça,

la réalité, M. le ministre. C'est

juste que vous soyez bien au fait de vos dossiers. Puis, pendant le temps qu'on

va, dans la tour olympique, aménager pour

les employés de Desjardins, bien, on laisse le stade se détériorer. Comme je

vous expliquais tantôt, la détérioration va plus vite que l'argent que

vous mettez dedans pour l'entretenir.

Je ne m'arrêterai pas là, le Train de l'Ouest,

M. le Président. D'abord, samedi dernier, le premier ministre du Québec a confirmé qu'un train relierait le

centre-ville de Montréal à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, que ce lien

n'irait pas au-delà de l'aéroport. Vous

venez de dire tantôt dans votre présentation que vous desserviriez les gens de

l'Ouest-de-l'Île. Ce n'est pas ça que le

premier ministre a dit, il faudrait peut-être que vous vous parliez parce que

la volonté... Oui, ça en prend un,

puis ça fait longtemps qu'on le dit, que ça en prend un pour desservir

l'Ouest-de-l'Île complètement, pour être

capable de redonner un peu de Montréal gagnant à l'Ouest-de-l'Île. Bon,

c'est... Puis je vous le dis, là, je veux vous suivre dans votre

raisonnement, ça prend des conditions gagnantes. Le Train de l'Ouest, c'est une

condition gagnante qui doit aller jusqu'au bout de l'Ouest-de-l'Île.

Donc, dites-nous, là, entre ce que le premier

ministre a dit — l'arrêt

à l'aéroport — et

ce que vous avez dit tantôt — ça va se prolonger — quelle

est la réalité, M. le ministre?

Le Président (M. Auger) : M. le

ministre.

M. Coiteux :

Bon. Encore une fois, il y a eu plusieurs questions, vous me permettrez de

répondre à l'ensemble des questions.

Puisqu'on est

revenus encore sur les AccèsLogis, je regrette, là, je suis obligé quand même

d'y revenir, puisque vous y revenez

sans cesse. On va reculer, là. 2012-2013, combien qu'il y en a qui ont été

construits, là, des livraisons de logements

en voie de réalisation pour la clientèle en situation d'itinérance ou à risque?

C'est assez précis, merci. Alors, en 2012-2013,

on en a fait 285. On en a fait l'an dernier, 2015-2016, là, 326. Prévus,

2016-2017, 532. Ça va, hein? Je ne sais pas si ça va vous satisfaire. Peut-être que vous me direz que ça en

prend 1 000, mais c'est en augmentation, M. le Président, c'est en

augmentation parce qu'on sait qu'il y a des besoins.

On va revenir

à la question des projets de transport en commun. Le premier ministre et moi,

en passant, on se parle régulièrement,

et je pense qu'on a exactement la même vision sur ce dossier-là comme dans

beaucoup d'autres dossiers. Probablement

dans la totalité des dossiers, mais certainement dans celui-là. Lorsqu'on a

signé l'entente avec la caisse, le gouvernement

a demandé à la caisse de regarder ces deux liens ferroviaires. Modernes, d'ailleurs,

parce qu'on veut un Montréal de gagnants. J'y reviens toujours, mais un Montréal de gagnants

a des infrastructures de qualité mondiale. Et puis, s'il y a un skytrain

à Vancouver, je ne vois pas, personne ne voit, au gouvernement, chez nous, que

Montréal ne pourrait pas avoir des

infrastructures d'aussi grande qualité. Montréal est une ville moderne qui doit

avoir des infrastructures de transport collectif modernes. Alors, on a

demandé à la caisse de regarder deux projets : un projet qui amène les gens de la Rive-Sud, via le nouveau

pont Champlain, jusqu'au centre-ville de Montréal puis un projet qui les

amène du centre-ville de Montréal jusque

dans l'Ouest-de-l'Île en passant par l'aéroport. Ça n'a pas changé, c'est

toujours ça qui a été demandé à la caisse...

le gouvernement a demandé à la caisse d'examiner. On a remis toutes les études

dont nous disposions pour que la caisse puisse faire son travail.

Alors,

l'annonce de ce que serait le projet, elle n'a pas été faite dans la presse par

le premier ministre, elle ne sera pas

faite par moi ce soir, elle va être faite par la Caisse de dépôt. Donc,

j'imagine que ça va être Michael Sabia lui-même, puisque ça va être un projet de la Caisse de dépôt. C'est comme ça

qu'est structurée cette entente entre le gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt et placement. C'est

d'ailleurs tellement novateur que le premier ministre s'en fait parler

même quand il va à Washington, les gens se

questionnent. Ils ne se questionnent pas en pensant que c'est une mauvaise

idée, ils essaient de voir comment est-ce

qu'ils pourraient importer cette idée dans leur propre contexte parce qu'ils

ont les mêmes besoins que nous. Alors, soyez confiant, on devrait

bientôt, je l'espère, très bientôt — mais ça va être le projet de

la caisse — entendre

M. Sabia s'exprimer là-dessus.

Le Président (M. Auger) : M. le

député de Blainville, en vous rappelant que vous avez encore six minutes.

M. Laframboise : Merci.

D'abord, concernant les chiffres pour les logements AccèsLogis disponibles aux itinérants, M. le ministre, juste pour vous dire

que, l'an passé, il n'y avait rien de prévu. Je vous accorde que, quand

on prévoit un budget, c'est pour trois ans

plus tard. Donc, l'an passé, 2015-2016, c'était zéro. Donc, il n'y a rien de

prévu. Théoriquement, ces logements-là devraient arriver en 2019-2020, ceux de

l'an passé, qui étaient zéro. Cette année, votre

500, là... Vous décalez toujours de trois ans quand vous faites une

annonce — c'est

ça, la réalité — entre ce

que vous mettez au budget... Et l'an passé,

en 2015-2016, il n'y avait rien de prévu, là. Là, il va falloir que vos

fonctionnaires vous donnent l'heure juste parce que, dans le budget

2015-2016, il n'y avait rien de prévu. En 2016-2017, il y a 10 %. C'est

150 logements qui, eux, vont probablement être livrés dans trois ans,

comme ce que vous nous donnez.

Mais inévitablement il y a eu un recul dans le

nombre de logements, les annonces aux logements aux itinérants dans AccèsLogis, là. Ça, c'est une réalité, là. C'est pour ça

que je vous dis dans... Que vous recommenciez à investir, bien, vous avez recommencé à la hauteur de 150 dans le budget

2016-2017, mais, en 2014-2015, il y en avait 500 de budgétés. En 2016-2017, il y en avait zéro. Puis, quand ça arrive

sur le terrain, là, disponible, là, il faut que ça se construise, pour

certains, puis il faut qu'ils soient disponibles par après, là. Donc, à quelque

part, c'est ça, la réalité.

Par contre,

dans... Je vais continuer avec votre Montréal de gagnants parce que, M. le

ministre, la réalité, c'est qu'en

mars 2014 le taux de chômage à Montréal était de 9,5 %, il est

maintenant de 11 %. Donc, vous pouvez extrapoler, faire des

analyses, faire des hypothèses, nous, on se fie aux chiffres qui sont fournis

par Statistique Canada. Donc, il y a eu une

augmentation pendant le deux ans de règne libéral, puis je pense que le chef de

l'opposition officielle a démontré qu'il

n'y avait pas eu une seule création d'emplois, 941 000 emplois par

rapport à 941 000, là, depuis l'arrivée des libéraux. Puis c'est ça, c'est la dure réalité. Puis le taux

de chômage augmente parce que la population active augmente, puis il y a

moins d'emplois disponibles par rapport à la proportionnelle de la population.

Donc, je

comprends qu'on veut faire des efforts puis on veut un Montréal gagnant pour

créer des emplois, mais ça prend une planification, ça prend un plan.

Vous venez juste de déposer le plan de développement aujourd'hui, qui a été

déposé par votre ministre du Développement économique régional. Qu'est-ce que

vous prévoyez comme création d'emplois?

Est-ce que vous avez des statistiques? Qu'est-ce qui est prévu par votre

planification pour les deux prochaines années par rapport à la création

d'emplois à Montréal? Est-ce que vous avez déjà une cible de fixée, M. le

ministre?

Le Président (M. Auger) : M. le

ministre.

M. Coiteux :

M. le Président, vous me permettrez encore... Parce qu'il est revenu sur la

question des logements, la réalité de

la courbe de la livraison de logements AccèsLogis, elle est à la hausse. Alors,

que les projets aient été planifiés dans les six mois précédents ou dans

l'année précédente, actuellement la tendance est à la hausse. On est passé, en 2012-2013, de 285... puis le chiffre prévu pour

2016-2017, c'est 532. Alors, on peut le faire toute la soirée, ce débat-là,

mais ça, c'est la réalité des livraisons de

logements AccèsLogis sur le territoire de Montréal. Ça, c'est la réalité. Et on

continue d'en faire. Puis on ne fait pas

juste ça, on fait aussi du supplément au loyer. Alors, les deux ensemble, c'est

une aide qui est quand même assez

importante. On pourra parler plus tard d'habitation, si vous voulez, parce

qu'il y a beaucoup de choses à dire aussi là-dessus au-delà de cette

petite querelle de chiffres.

Mais,

écoutez, je regrette, là, je regrette, là, mais il y a eu, au cours de

l'ensemble de l'année 2015, 2015 au complet, là, toute une année... Toute une année, ça donne

des chiffres pas mal plus justes que juste regarder des fluctuations mensuelles. Pour Montréal seulement, il y en a eu

plus de 21 000, positif. Ça a été négatif l'année précédente sous le

Parti québécois. Ça, c'est la réalité. Ça, c'est la réalité.

Mais je

répète, est-ce que je pense qu'on doit s'arrêter là? Non, on ne doit pas

s'arrêter là. Non, on ne doit pas s'arrêter

là. Alors, on a mis en place une baisse de la fiscalité pour les PME, on a mis

en place des... Même quand on fait une stratégie

comme la stratégie de l'aluminium, ça touche les régions, mais ça touche

Montréal aussi. Lorsqu'on a investi dans Cinesite, ça a créé des emplois à Montréal, dans la grappe des effets

visuels, du multimédia, du film d'animation. Lorsqu'on vient de faire un investissement dans les pages...

Les Pages Jaunes, là, ce n'est plus la grosse affaire, le gros livre

comme ça. Les Pages

Jaunes, c'est des applications sur les téléphones mobiles aujourd'hui. On vient

de faire un investissement dans les

Pages Jaunes. On accompagne le Montréal

créateur, le Montréal innovant, on accompagne le Montréal

qui utilise le savoir pour innover

puis créer de l'emploi, mais de l'emploi du XXIe siècle. C'est ça qu'on

fait, on appuie les grappes, on appuie avec l'ensemble des outils.

Le Président (M. Auger) : Une

dernière question très rapide, 30 secondes.

M. Laframboise : ...juste pour dire au ministre : M. le ministre, quand on prend les chiffres mars 2014, taux

de chômage à Montréal, 9,5 %, mars 2016, taux de chômage à Montréal,

11 %, ce n'est pas des chiffres au mois, là, on compare des années avec des années, M. le ministre, là. Ça, là, ce

n'est pas une fluctuation mensuelle, c'est une fluctuation de deux ans, M. le ministre. Puis ça, ça ne

ment pas. C'est ça, la réalité. Les chiffres sont têtus, M. le ministre, puis c'est...

Président (M. Auger) : Merci, M. le député Blainville. C'est tout le temps que nous avions pour ce

bloc. Nous allons poursuivre avec le gouvernement pour 21 minutes, M.

le député de LaFontaine.

M. Tanguay : Merci

beaucoup, M. le Président. J'aimerais donner l'occasion au ministre de répondre sur le

dernier 30 secondes du collègue

de Blainville par

rapport aux chiffres de l'emploi puis

de... je le dis en tout respect, là, de

rétablir les faits, là, par rapport aux chiffres de l'emploi, sur ce que vient

de dire le collègue de Blainville.

Coiteux : Oui, bien, je

répète parce que, quand on prend une année entière, on voit plus clair. Alors,

la dernière année entière complète,

c'est 2015. 2016, ce n'est pas terminé. 2016 n'est pas terminée. Alors, on

verra le bilan à la fin de l'année 2016.

Mais, lorsqu'on compare 2015 avec l'année précédente, il y a eu une création de

plus de 21 000 à Montréal. Dans l'ensemble du Québec, c'est

pratiquement 50 000. Il n'y en avait pas eu avant, là. C'est un changement

de tendance important.

Puis les milieux d'affaires respirent mieux à Montréal

aussi, ils respirent beaucoup mieux. Donc, le climat d'investissement s'est amélioré. Et, si on fait abstraction, là,

de l'investissement d'Ericsson pendant la période du Parti québécois

qui vient biaiser les montants d'argent investis — pas les emplois créés, là, le montant d'argent

investi — il

y a eu beaucoup plus de projets d'investissement étranger puis plus de création

d'emplois associée à l'investissement étranger en 2015 qu'en 2014.

M. Tanguay : Tout à fait.

Alors, merci beaucoup, M. le ministre. J'aimerais vous parler... et j'aimerais

vous entendre sur les infrastructures pour la ville de Montréal.

Alors, comme ministre

responsable de la métropole, je pense qu'il est important de prendre le temps

d'analyser les projets en cours, les projets

sous étude en matière d'infrastructure pour la ville de Montréal

et de voir que, là aussi, il s'agit non seulement de leviers économiques,

de mettre, évidemment, des femmes et des hommes à l'emploi, mais aussi de réaliser des projets d'infrastructure qui sont nécessaires

pour Montréal, pour qu'elle continue d'être notre grande

métropole et continuer, comme l'a bien dit, M. le Président, M. le ministre, une ville de gagnantes et de gagnants. Alors, le

gouvernement investit dans les infrastructures, et c'est un

fait stratégique pour Montréal. De

grands projets structurants sont en cours de réalisation, dont la construction du CHUM et le réaménagement de l'échangeur

Turcot. Évidemment, qui dit investissement majeur dit, évidemment, soutien à l'économie, mais se doter des

infrastructures nécessaires. J'aurai l'occasion d'en parler un peu plus longuement tout à l'heure, mais on

parlera du projet d'agrandissement du Palais des congrès, M. le

Président.

Il y a, il

faut noter, le projet de recouvrement de l'autoroute Ville-Marie qui est en

planification, l'agrandissement du

Palais des congrès est à l'étude et des travaux d'infrastructure du Complexe

des sciences de l'Université de Montréal qui sont en planification

également. Alors, les actions posées peuvent se chiffrer et s'évaluer à travers

le PQI 2016-2026

Et j'ai

entendu, M. le Président, dans d'autres études de crédit : Bien, en 2026,

où serons-nous? Il est très facile de faire

des projections dans 10 ans, mais, lorsque l'on parle d'infrastructures,

je pense que l'argument ne tient plus la route parce qu'évidemment on parle d'infrastructures, il faut planifier, il

faut réaliser, et, le temps de livrer, bien, on parle sur plusieurs années. Alors, quand on parle d'un

PQI 2016-2026, on parle, bien évidemment, de projets qui sont

réfléchis, sensés, structurés et qui

prennent ce temps-là de réaliser. Alors, il faut y penser longtemps à l'avance.

Alors, le projet de PQI 2016-2026,

c'est 27,3 milliards de dollars, et ça représente pour la métropole

environ 70 projets d'infrastructure d'un peu plus 50 millions

de dollars chacun.

Alors,

j'avais dit que je parlerais, M. le Président, du projet d'agrandissement du

Palais des congrès. C'est un projet qui

est à l'étude au PQI, qui est une étape au PQI. Donc, il est à l'étude au PQI 2016-2026 et il est chiffré à 142 millions

de dollars. M. le Président, en 2014-2015,

le Palais des congrès a accueilli 347 événements, ce qui représente — excusez

du peu — 194 000 touristes d'affaires. Alors,

194 000 touristes d'affaires, 347 événements en 2014-2015

pour le Palais des congrès. Lorsque l'on parle d'une possibilité d'un

projet d'agrandissement, projet à l'étude du PQI 2016-2026, c'est, évidemment, s'avancer dans une voie où l'on vient

se doter de structures qui vont nous aider à soutenir notre économie

puis à développer notre métropole.

Centre

universitaire de santé McGill, CUSM, 2 460 000 000 $. Il y

a eu une annonce, M. le Président, vous le savez, en décembre dernier

pour le financement d'un nouvel édicule à la station de métro Vendôme et un

lien piétonnier jusqu'au CUSM, projet évalué

à 76,5 millions, entièrement financé par le gouvernement du Québec, qui

permettra un accès amélioré au nouvel

hôpital. Début des travaux, donc, avril 2017 et mise en service possible à la

fin de l'été 2019. Alors, vous voyez,

quand on parlait tout à l'heure, 2014-2015, on parlait de la planification

2016, on parle, normalement, d'une livraison de ce projet-là, normalement, à l'été

2019, infrastructure, investissement à long terme. Et, quand on dit investissement à long terme, on parle d'une vision

pour la métropole, et on aura l'occasion d'entendre le ministre sur ça

un peu plus tard parce que je vais lui demander, M. le Président, au ministre,

justement, de nous informer sur les autres investissements

que nous constaterons, qui seront décidés et que nous constaterons à la

métropole, au sein de la métropole.

Alors,

j'aboutirai, mais vous me permettrez de citer, parce que, comme député de

Montréal, comme député de Rivière-des-Prairies,

de l'est de Montréal, ce sont des projets importants... Centre hospitalier

universitaire de Montréal, le CHUM,

c'est 3 630 000 000 $, M. le Président,

3 630 000 000 $. Puis, en passant,

3 630 000 000 $, c'est presque précisément la moitié

du déficit qui nous a été donné en héritage par le Parti québécois au lendemain

de l'élection d'avril 2014, 7,2 milliards

de dollars. Alors, là-dedans, dans le 7,2 milliards de dollars de déficit

du Parti québécois, qui a été

confirmé par le Vérificateur général... Qui n'est pas une institution qui, je

cite, fait preuve de supercherie intellectuelle, comme l'avait mentionné

sur son Facebook le chef de l'opposition officielle, c'est une institution qui

est tout à fait remarquable, pour laquelle

les Québécoises et Québécois sont très fiers, et à raison, M. le Président, le

Vérificateur général du Québec.

Alors, dans l'héritage du Parti québécois, avril 2014, il y avait deux CHUM,

3 630 000 000 $, excusez du peu. Alors, selon le PQI 2016-2026, le coût total de

construction sera de 3 630 000 000 $, dont

3 090 000 000 $ proviennent du gouvernement du

Québec.

Le site également... M. le Président, vous me

permettrez de donner cet autre exemple, site Outremont de l'Université de

Montréal, 120 millions de dollars. On parle du réaménagement du site de

l'ancienne gare de triage Outremont, qui est réalisé en partenariat entre les

différents paliers de gouvernement et l'Université de Montréal. Ce réaménagement transformera complètement le site et

aura un impact significatif sur les secteurs, évidemment, environnants, profitera également à l'ensemble de la

collectivité de Montréal. C'est ce qui est prévu et c'est ce que, de façon très

tangible, sur le terrain, nous constatons.

Donc, pavillon de l'Université de Montréal, c'est en cours de planification en

collaboration avec la Société québécoise des infrastructures.

Alors, M. le

Président, quand on... Et je n'ai cité que quatre exemples, et j'aimerais

permettre au ministre de nous donner

d'autres investissements qui sont prévus au PQI 2016-2026 pour la métropole

parce que ce sont les crédits de la métropole,

puis on ne parlera pas ici, comme l'a fait... Puis j'ouvre une parenthèse, mais

je vais me dépêcher de la refermer, on

ne parlera pas ici des finances du budget de l'an 1 d'un Québec souverain,

comme voulait le faire le chef de l'opposition un peu plus tôt, M. le Président, parce qu'on a vu, ça a été mentionné

un peu plus tôt, que l'étude du budget de l'an 1 de mai 2005 qui

avait été déposé...

M. Tanguay : ...qui a été

déposé par l'actuel chef de la Coalition avenir du Québec, a été déposé...

Une voix : Ça, c'était bon.

M. Tanguay : Ça, c'était bon.

Et ça avait été confirmé... C'était bon, ça, mon collègue, M. le Président?

Le Président (M. Auger) : On

n'intervient pas entre vous, chers collègues, là.

M. Tanguay : ...mais

j'affectionne particulièrement mon collègue de Rosemont, qui vient de

dire — et

il ne m'accusera pas de le citer hors contexte — il a dit : Ça,

c'était bon.

Donc, j'y

vais de mémoire, mai 2005, le premier ministre Bernard Landry, à l'époque chef

de l'opposition officielle, avait

donné le mandat à François... pardon, au chef, qui était député de Rousseau à

l'époque, qui était critique en matière de finances pour le Parti québécois, qui, aujourd'hui, est chef de la CAQ...

avait déposé un budget de l'an 1 qui faisait en sorte que, sur les cinq premières années, présumément, selon les analyses qu'il

avait faites, les cinq premières années d'un Québec souverain, 17 milliards

de dollars, et la cinquième année, de surplus, 5,3 milliards de dollars. Malheureusement...

Mais,

avant de dire ça, je vais vous dire... Et ça avait été vérifié par un expert qui provenait de l'Université du Québec

à Montréal, qui est

l'actuel député de Rousseau. L'actuel

critique de l'opposition

officielle en matière de

finances publiques avait vérifié ce

budget de l'an 1, M. le Président, puis disait : Oui, ça a bien de l'allure. Alors, chef de la CAQ, Parti québécois... le

critique actuel du Parti québécois en matière de finances

publiques étaient tous d'accord d'un budget de l'an 1 qui

était supposé dégager des surplus. Il faudra qu'il se réconcilie avec son ex-collège,

M. le Président, mon

collègue de Rosemont, qui a dû affirmer en 2014 que le budget de l'an 1 ne

s'écrirait plus à l'encre noire, mais à l'encre rouge. Et je le cite, il

disait : «Bien non, on serait en déficit.» Fin de la citation.

Alors

là, il y a comme manque de crédibilité, je le crois, je le dis, je le soumets,

peut-être à tort. Peut-être qu'on aura l'occasion, aux côtés du Parti québécois, d'essayer de trouver une

façon de modifier ce budget de l'an 1, qui, aujourd'hui, force est

de constater, ne tient pas la route de l'aveu même de son auteur, qui, depuis,

a quitté le Parti québécois. Mais je ferme

la parenthèse là-dessus, M. le Président, j'aimerais bien savoir la valeur

qu'accorde aujourd'hui le Parti québécois quant à ce budget de

l'an 1.

Alors, ceci dit, M. le Président,

revenons aux infrastructures. Les constats, j'ai eu

l'occasion de vous parler... Agrandissement du Palais des congrès de

Montréal à l'étude, PQI 2016-2026, Centre universitaire de santé McGill, CUSM, également Centre hospitalier universitaire de

Montréal, site Outremont de l'Université de Montréal. Ça, moi, comme député de Montréal à Rivière-des-Prairies,

dans LaFontaine, ça, M. le Président, ce sont des projets, des

infrastructures nécessaires qui viennent soutenir et développer notre économie.

Les constats sont à l'effet que le gouvernement

du Québec fait en sorte que la métropole puisse non seulement demeurer active

et concurrentielle, mais également

contribuer à l'essor économique du Québec. Le gouvernement du Québec a une

vision claire pour le développement économique de la métropole, et on le

voit à travers ses projets d'infrastructure.

Et ma

question est double, et il aura amplement le temps d'y répondre, M. le

Président. J'aimerais donc, dans un premier temps, demander au ministre

de nous donner d'autres exemples d'investissements qui sont prévus au PQI 2016-2026 pour la métropole. Et aussi j'aimerais

qu'il développe en ce qui a trait à l'entente historique que le

gouvernement du Québec a conclue avec la Caisse de dépôt et placement du

Québec. Et ça, c'est une façon tout à fait ingénieuse, structurante,

intelligente qui est un levier formidable, fantastique. Caisse de dépôt et

placement du Québec, qui, de mémoire, je

pense, a 243 milliards d'actif et 816 employés. Caisse de dépôt et

placement du Québec qui est une réalisation du gouvernement de Jean Lesage, gouvernement libéral, lors des deux

mandats dans les années 60. Alors, M. le Président, par votre entremise, j'aimerais avoir l'occasion

d'entendre le ministre sur ces deux volets très structurants, très

prometteurs d'une métropole en marche.

Le Président (M. Auger) : M. le

ministre.

M. Coiteux : Oui, ça va me faire

plaisir de répondre aux deux volets de la question. Mais, si on me permet, M. le Président, si le député me permet,

j'aimerais aussi dire quelques mots sur certains projets qu'il a mentionnés

aussi. Puis je vais parler d'autres projets

également, puis je vais répondre sur la question de la caisse. Parce que mon

collègue a parlé du projet d'agrandissement

du Palais des congrès, c'est extrêmement important comme projet. Juste pour

qu'on se fasse une idée, là, au cours

des deux dernières années, le tourisme d'affaires — le

tourisme d'affaires, je ne parle pas du tourisme global, le tourisme d'affaires — qui est

directement concerné par des événements comme ceux qui sont tenus dans un site comme le Palais des congrès de

Montréal, ça a représenté

500 millions de dollars. C'est beaucoup, là, 500 millions de

dollars de dépenses de touristes d'affaires qui viennent à Montréal.

C'est à

partir de cette base-là que des études ont été faites puis à partir des

projections, puis à partir de l'environnement concurrentiel du Palais des congrès qu'a été prise la décision

d'agrandir le Palais des congrès, puis c'est un investissement qui est très important. Alors, ça, c'est quelque

chose qui va permettre... Dans un contexte où, oui, le tourisme

d'affaires se développe, dans un contexte où notre devise est plus compétitive

qu'il y a un certain nombre d'années, on mise sur ce secteur-là.

Le député,

mon collègue, a mentionné aussi les investissements très importants dans les

hôpitaux universitaires. J'aimerais

en parler un petit peu, ça aussi, parce que, bon, un hôpital universitaire,

évidemment, ça a un volet clinique, comme

tout autre hôpital, mais il y a un volet recherche très important. Chaque fois

que je rencontre les gens du secteur des sciences de la vie à Montréal,

ils me disent que c'est un atout absolument formidable, formidable, me

disent-ils, pour attirer des entreprises

innovantes dans le secteur des sciences de la vie, que la qualité des

infrastructures qu'on a mises en place

à travers les investissements dans les grands hôpitaux universitaires, que ce

soit le CUSM ou que ce soit le CHUM, pour

eux, là, ça fait

partie des conditions, justement, pour prospérer à Montréal.

C'est à un point tel qu'ils se comparent à Boston, ils pensent qu'on a tout ce qu'il faut pour devenir un autre Boston.

Alors, ça, c'est des investissements qui sont extrêmement structurants

pour Montréal, mais, évidemment, il y en a plusieurs autres, investissements,

qui vont être réalisés au cours des prochaines années.

Mais je

reviendrais sur le site Outremont aussi parce qu'il y a un aspect

particulièrement intéressant qui n'a pas été mentionné, M. le Président, par mon collègue. Mais il le sait sans

doute, mais ça vaut la peine de le souligner. Encore là, il ne s'agit pas seulement de revitaliser un

secteur, évidemment, qui était enclavé, qu'on a désenclavé et qu'on va...

et on va permettre du développement, il ne s'agit pas uniquement de regrouper

l'ensemble des sciences dans un site moderne, bien

adapté aux études et à la recherche dans le domaine scientifique, donc de

déménager les gens de pavillons qui doivent être réaménagés, par ailleurs, sur le site de l'Université de Montréal,

de les déménager à Outremont, il s'agit de créer un campus qui va être en interaction avec des

entreprises qui vont venir se localiser immédiatement à côté de ces centres

de recherche pour créer quelque chose de

neuf à partir de ça, et donc ça s'inscrit dans une stratégie d'innovation. Je

l'ai dit tout à l'heure, Montréal, c'est savoir, créativité, innovation.

Alors là,

vous avez un exemple patent d'un projet que nous allons appuyer certainement.

D'ailleurs, on a tellement l'intention

de l'appuyer qu'on l'a inscrit au budget comme un projet à prioriser pour

Montréal. Très important, extrêmement important.

C'est l'exemple même du type de projet qu'il faut faire dans une place comme

Montréal. Il faut le faire ailleurs au Québec, mais là, ici, on a des

conditions réunies pour faire quelque chose d'extrêmement important.

Bon, il y a

beaucoup d'investissement à l'heure actuelle à Montréal, comme vous le savez.

Il y en a dans le secteur des

infrastructures routières. Je sais que c'est malcommode pour le trafic à court

terme, mais il est néanmoins nécessaire de faire la reconstruction de l'échangeur Turcot. C'est sûr que, pendant le

temps que ça dure, ça peut perturber un petit peu la fluidité du trafic,

c'est vrai, c'est tout à fait vrai, mais, en même temps, bien, c'était une

infrastructure qui devait être reconstruite.

Et, lorsqu'on est en train de faire ça, ça crée énormément d'activité

économique, énormément d'emplois.

Mais il y a

des choses nouvelles qu'on fait. Dans le secteur des transports en commun, on a

signalé dans le dernier budget qu'on

allait privilégier le prolongement de la ligne bleue. C'est un projet qui est

attendu depuis très longtemps, on va

aller de l'avant. On est déjà en train de réaliser le SRB sur le boulevard

Pie-IX, un projet de transport en commun très important également pour Montréal, c'est en train de se faire. On a des

investissements aussi qui sont liés à la Stratégie maritime. Puis on

parlait du tourisme d'affaires tout à l'heure, mais on parle aussi du tourisme

fluvial, les excursions sur

le fleuve, les croisières. Alors, on travaille avec le port de Montréal du côté

de la jetée Alexandra. C'est un projet aussi qui s'inscrit dans le 375e anniversaire, mais c'est un projet qui

est structurant aussi pour développer le tourisme fluvial et développer

des infrastructures à Montréal. Il y a beaucoup d'exemples de cette nature-là.

Et là vous allez me

permettre de faire un... Je dispose de combien de temps encore, M. le

Président?

Le Président (M.

Auger) : Trois minutes.

Coiteux : Trois minutes. Pour la Caisse de dépôt, regardez, quand on a

fait campagne, en 2014, puis que les électeurs

nous ont choisis, à l'époque, lorsqu'on parlait de l'importance des

investissements en infrastructures, le Parti québécois, à l'époque, disait : Ah! de l'investissement dans le

béton, ce n'est pas bon, le béton, il ne faut pas investir dans les infrastructures. Nous, on pense que les quelque

90 milliards qu'on va investir au cours des 10 prochaines années ne

sont pas suffisants, ne sont pas suffisants,

il y a moyen de faire plus, il y a moyen de faire mieux. Et, par le biais de

l'entente avec la Caisse de dépôt, ce

qu'on fait, en fait, c'est qu'on va pouvoir développer des infrastructures très

modernes à Montréal, système de train

électrique comme on voit à Vancouver, on va pouvoir développer ça à Montréal

tout en faisant fructifier les

épargnes des Québécois qui sont confiées à la Caisse de dépôt. Alors, on

structure l'économie montréalaise, on crée de l'emploi moderne à Montréal et, en même temps, on réalise plus de

projets en infrastructures sans rien enlever au reste du Québec, puisque l'enveloppe du PQI demeure

intacte, par ailleurs, et on le fait

en faisant fructifier l'épargne des Québécois qui ont confié leurs épargnes à la Caisse de dépôt et placement. Est-ce qu'on peut imaginer un projet qui fasse gagner autant de personnes au Québec

en même temps? C'est un magnifique projet.

c'est bien d'avoir rappelé à tout le

monde que la Caisse de dépôt a été créée par Jean Lesage à l'époque du début de la Révolution

tranquille, qui a été initiée par un gouvernement libéral. Et je suis assez

fier, hein, sincèrement, pas seulement comme ministre de la Métropole, mais ministre

de ce gouvernement, qui est, encore aussi une fois, un gouvernement libéral, je suis

assez fier de participer, d'être membre de cette équipe qui pose un geste aussi

significatif que ça dans l'histoire de la

caisse et dans l'histoire du Québec. Ça va passer à l'histoire, j'en suis convaincu, M. le Président.

Le Président (M.

Auger) : Encore une minute à votre disposition.

M. Coiteux :

J'ai encore une minute?

Le Président (M.

Auger) : Oui. On peut la reporter au prochain bloc avec plaisir ou

vous voulez continuer?

M. Coiteux :

Oui. Bien, écoutez, on me donne ici quelques chiffres additionnels, mais

c'était sur le tourisme d'affaires. Donc, je

ne reviendrai pas nécessairement tout de

suite sur le tourisme d'affaires,

mais investir dans les transports en commun des milliards de dollars,

là, à travers le PQI ou à travers une entente comme celle de la Caisse de dépôt

et placement, ce n'est pas juste de l'investissement dans le béton, c'est de l'investissement en innovation, c'est de l'investissement structurant et qui, en plus, s'inscrit totalement

dans les engagements très ambitieux qu'on a pris à l'égard de la lutte aux changements climatiques, réduction des gaz à effet de serre. Donc,

vous avez là le front économique, vous avez là les infrastructures

modernes, de qualité pour Montréal, pour que Montréal puisse se comparer à

toutes les grandes métropoles du monde, aux

plus avancées du monde, et vous avez en

même temps un geste concret pour

diminuer les gaz à effet de serre.

Le Président (M.

Auger) : Merci, M. le ministre. Prochain 21 minutes à l'opposition

officielle, M. le député de Rosemont.

Lisée : Merci, M. le Président. J'aimerais qu'on couvre un terrain assez large,

donc je vais essayer de limiter mes questions. Et je vais solliciter

l'esprit de synthèse du ministre aussi, je sais qu'il en est capable.

Tout à l'heure, il nous a dit que, pour le PQI, à Montréal, dans la RMR, si je

comprends bien, il y avait 30 %

de l'investissement global en immobilisations en infrastructures pour l'année

qui vient. C'est bien le cas?

Le Président (M.

Auger) : M. le ministre.

M. Coiteux :

Bien, je parlais des 10 prochaines années, le PQI étant sur 10 ans. Donc,

dans cette enveloppe de 88 et quelques milliards de dollars, il y en a pour

plus de 27 milliards à Montréal, oui.

M. Lisée :

Ce qui fait une proportion de?

M. Coiteux :

Autour de 30 %.

Lisée : 30 %. Le ministre est d'accord avec moi que la

population de la RMR représente 50 % de la population du Québec et que l'économie de la RMR représente

52 % de l'économie du Québec, mais il me confirme que seulement

30 % des infrastructures seront dans la RMR.

Le Président (M.

Auger) : M. le ministre.

Coiteux : Bien, il faudrait ajouter à cela les projets de la caisse,

hein, qui... On verra lorsque la caisse nous en dira plus à ce sujet, mais on les a estimés, à ce jour, à 5 milliards

de plus, donc il faudrait ajouter 5 milliards supplémentaires.

M. Lisée : Alors, ça nous

amènerait à peu près à 35 %, peut-être?

M. Coiteux : Bien, faites votre

calcul, M. le député de Rosemont.

M. Lisée : Donc, il y a un

écart considérable...

Président (M. Auger) : Juste un instant, messieurs. Pour nous aider,

vous aider, m'aider, aider à la reproduction également puis les gens qui

nous écoutent, une personne à la fois. On recommence, M. le député de Rosemont.

Reposez votre question.

M. Lisée :

Bien, simplement, je pense qu'on est d'accord, le ministre et moi, il y a un

écart considérable entre la proportion de population du Québec,

50 % dans la RMR, et l'économie du Québec, 52 % dans la RMR, et ce

que le gouvernement libéral prévoit en

investissement en infrastructures dans les 10 prochaines années, même en y

additionnant les investissements de la caisse.

Le Président (M. Auger) : M. le

ministre.

Coiteux : Bon. Alors, c'est toujours bon d'avoir des gens autour de

nous qui nous rappellent comment les chiffres

sont compilés. Alors, lorsqu'on parle de ces quelque 27 milliards, on

parle de l'île de Montréal, on ne parle pas de la communauté métropolitaine, notamment. Donc, l'île

de Laval n'est pas incluse, il y a des investissements à Laval. La portion de la Rive-Sud, la couronne sud, la

couronne nord, qui font

partie de la communauté métropolitaine, ce n'est

pas inclus. On peut faire toutes les additions, on va se rapprocher probablement

du type de chiffres que vous recherchez.

Ceci étant

dit, je ne pense pas que ça doit être le seul critère, là, c'est un critère

parmi d'autres, disons. Mais je pense que le premier critère, c'est les

besoins. Et, à certains moments, il peut y avoir des besoins en hôpitaux dans

d'autres régions du Québec qui sont aussi

prioritaires, il peut y avoir des routes qui sont très prioritaires. Mais,

écoutez, pour la communauté métropolitaine, c'est...

Le Président (M. Auger) : Juste un

instant, un instant. M. le député de Laurier-Dorion.

Sklavounos :

Oui. M. le Président, je pense que le ministre n'avait pas complété sa réponse. Je comprends que M. le député de Rosemont veut poser d'autres questions.

Par contre, je

pense que, pour le déroulement de nos

débats, il faudrait permettre au ministre de compléter ses réponses

avant de passer à la prochaine.

Président (M. Auger) : Effectivement, il y a des questions et des réponses, mais également

il y a le partage du temps, et je voulais valider avec le député de Rosemont

s'il avait une autre question.

M. Lisée : Oui, bien sûr.

Le Président (M. Auger) : M. le

député de Rosemont.

M. Lisée : On est d'accord là-dessus. Je suis content que vous ayez précisé, là, entre la RMR et l'île de Montréal. De la même façon, il y a une heure, à peu près,

qu'on a eu une conversation, et j'ai demandé que le ministre dépose ses chiffres sur l'emploi, qui semblent différents de

ceux que la deuxième opposition et nous avons. Et, s'il a des chiffres sur les investissements étrangers à Montréal, sur

l'île ou sur la RMR, j'aurais aimé qu'il les dépose, on aurait eu le

temps... Mais là je vais lui reparler dans

une heure. Alors, si, d'ici là, il peut nous déposer ses chiffres, on pourra

faire les comparaisons.

Mais, cela étant dit, je reviens brièvement sur

l'emploi...

Le Président (M. Auger) : Continuez,

M. le député de Rosemont.

M. Lisée :

Bien, c'est parce que je veux avoir l'attention du ministre, là, c'est à lui

que je parle, c'est un dialogue que nous avons. Voulez-vous répondre sur

le dépôt des documents?

Le Président (M. Auger) : M. le

ministre.

M. Coiteux :

On a une légère pause, là, à un moment donné, on va pouvoir discuter de ça. Là,

on veut juste faire quelques vérifications

ici. Mais, fondamentalement, j'ai expliqué que, pour avoir une idée nette de ce

qui se passe sur le front de

l'emploi, il faut prendre une période complète. Une période complète, c'est une

année. Alors, la dernière année disponible complète, c'est 2015. Alors, si vous allez voir votre

propre source avec les chiffres de 2015, que vous comparez aux années précédentes, bien, vous allez

constater qu'il y a eu une création d'emplois, alors qu'il y avait eu,

au contraire, une diminution de l'emploi

auparavant, lorsque... bien, c'est peut-être une coïncidence, peut-être pas, je

ne le sais pas, mais lorsque vous étiez ministre responsable de la

Métropole.

Le Président (M.

Auger) : M. le député de Rosemont.

M. Lisée :

Oui. Bien, écoutez, ce n'est pas une coïncidence. J'ai les chiffres devant moi,

si on prend toute l'année 2015, là, à partir

de décembre 2014 : taux de chômage, 9,6 %; nombre de chômeurs,

100 000 sur l'île de Montréal. Et

les derniers chiffres disponibles : chômage, 11,1 %; nombre de

chômeurs, 117 000. O.K.? Ça, je suis allé jusqu'en mars. Je m'excuse, le nombre de chômeurs a augmenté à

110 000 en décembre. Donc, décembre sur décembre, l'année 2015, plus de chômeurs qu'avant, 10 000 de plus,

4 000 de plus en janvier 2016, 2 000 de plus que le mois précédent,

en février, et 1 000 de plus en 2016.

Tout

à l'heure, le ministre a dit : L'année n'est pas finie, l'année n'est pas

finie. Bien, moi, ça m'inquiète parce que la tendance est forte, là, ça augmente, le nombre de chômeurs. Alors, je

sais qu'il ne nie pas qu'en ce moment les données mensuelles ne sont pas bonnes. 11,1 % de

chômage, nous n'avions pas vu ça depuis septembre... Et, avant

septembre 2012, je n'ai pas la date à laquelle on a eu 11,1 % de

chômage à Montréal parce que je n'ai pas les chiffres. On pourrait les

retrouver, ça a dû arriver, mais pas depuis septembre 2012.

Maintenant,

j'ai une question à poser. Je sais qu'il va dire qu'il faut faire mieux et je

suis d'accord avec lui que Montréal,

c'est des gagnants. J'ai été ministre de la Métropole avant lui et je les ai

rencontrés, les gens des grappes, je les ai rencontrés, les

entrepreneurs, puis j'ai rencontré les gens qui sont dans les musées, dans la

culture, puis c'est des gagnants. C'est

extraordinaire, la force qu'il y a à Montréal. Mais là, si je reprends sa

propre argumentation et que j'en ajoute, comparativement au moment du

PQ, dont on pourra discuter des mérites et des démérites, en ce moment, là, M. le Président, il n'y a pas de charte des

valeurs à Montréal, il n'y a pas aucune tentative de faire avancer le français

à Montréal législativement — je

ne veux pas être polémique — il

n'y a pas de gouvernement séparatiste, il y a ce qu'il n'y avait pas sous le PQ, une baisse marquée des coûts du pétrole, donc

une baisse des coûts de production pour toutes les entreprises manufacturières montréalaises, il y a

une baisse marquée du dollar, donc une augmentation de la compétitivité internationale de nos entreprises. Ça, c'est le

cinquième élément. Sixième élément, il y a une croissance forte chez

notre principal client, les États-Unis. Et

le septième argument, il ne faut pas l'oublier parce qu'on l'a beaucoup entendu

en 2014, l'effet libéral. Alors,

comment explique-t-il qu'avec ces sept conditions gagnantes le taux de chômage

soit à 11 % puis qu'on ne soit

pas en train d'avoir des... records de croissance? Comment, avec tous ces

atouts, est-il satisfait du niveau d'emploi à Montréal en ce moment? Et

comment explique-t-il que ça n'aille pas mieux avec tous ces atouts?

Le Président (M.

Auger) : M. le ministre.

Coiteux : M. le Président, c'étaient les gens d'affaires eux-mêmes qui

disaient, sous le gouvernement du Parti québécois, que le climat qui

était créé par le gouvernement de l'époque était très nocif pour l'économie.

Et, dans les faits, il y a eu des baisses d'emploi pendant cette période-là, il y a eu

des baisses d'emploi dans cette période-là. Alors, c'est très clair,

c'est très clair. Et, pour la dernière année de données complètes disponibles,

pour l'ensemble du Québec, il y a eu près de 50 000 emplois créés, puis il y en a eu 21 000 et quelques

à Montréal. On va vous les donner, les chiffres. Il n'y a pas d'enjeu

avec ça, pas d'enjeu avec ça.

On reprend le débat

qu'on a fait tout à l'heure, j'ai expliqué deux choses. J'ai expliqué que,

particulièrement les chiffres de l'emploi,

particulièrement les chiffres de l'emploi, il faut comparer des périodes un

petit peu plus longues que des données mensuelles. Je l'ai expliqué et

je le redis, puis je vais le redire à chaque fois qu'on va me ramener ces

chiffres-là, puis je vais répéter encore une fois que l'année 2016 n'est pas

terminée.

Mais je ramènerai le

député de Rosemont à la citation de M. Ménard qui était tirée du rapport

qui avait été commandé par la Banque de

Montréal, par BMO, et par le Boston Consulting Group, qui était extrêmement

préoccupante pour l'avenir de Montréal.

Quand les leaders économiques de Montréal disent que... Puis ce n'est pas pour

faire progresser le français qu'il y

avait cette relance du débat, ce n'était pas ça, c'était une stratégie de

polarisation qui était à l'oeuvre à l'époque, c'était une stratégie de

polarisation.

Le Président (M.

Auger) : M. le député de Rosemont.

Lisée : Bon, écoutez, le ministre ne répond pas à ma question

et il continue à dire du mal du PQ. C'est correct, c'est correct, on connaît ses arguments, mais

j'explique que, maintenant que le PQ n'est plus là, c'était un tel boulet,

puis que les libéraux sont là, c'est

tellement extraordinaire, puis que le prix du dollar

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAT 2016-04-14
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cat-41-1 journal-debats CAT-160414
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier61c7becfec720f03ce172852db72dc4acef5dbf3

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