Culture and Education — 6 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-11-06
Quebec — Committees
moment de la rencontre avec le ministre, il y avait une divergence d'opinions
importante sur la définition des membres
de la communauté qui ont le droit de participer dans le contrôle et gestion de
nos écoles. La position du ministre est
trop limitative. Il prétend que seuls les parents des enfants inscrits à
l'école en ce moment ont ce droit. Nous n'acceptons pas cette définition
trop étroite de notre communauté. Comme grand-parent avec deux petits-enfants à
l'école publique anglaise, moi, je suis
convaincu que j'ai le droit de participer dans l'orientation de leur formation
comme membre d'une minorité
linguistique, un avis qui est partagé par les minorités francophones au Canada,
qui défendent une vision large de leur communauté aussi.
1er octobre, comme tout le monde, nous avons reçu ce projet de loi. Notre réaction était mitigée. Nous regrettons, comme le Directeur général des élections a
témoigné hier, la fin d'un exercice démocratique au Québec.
Nous partageons son avis. Cependant,
nous avons constaté une ouverture pour la création d'un modèle de gouvernance
spécifique pour la minorité
linguistique. Alors, fidèles à notre engagement de chercher les solutions, nous
avons procédé à l'analyse de ce projet de loi.
Nous
avons de grandes inquiétudes à deux niveaux. La proposition du gouvernement impose trop de limites sur la
participation de la communauté, soit comme électeur ou candidat aux élections,
qui risquent de soulever les questions aux niveaux juridique et constitutionnel. APPELE veut éviter à tout prix un
recours juridique, si possible. Nous demandons que les propos du Directeur général des élections sur
les limites imposées sur les candidats, qui a dit, je cite, «ne respectent pas
[...] les principes reconnus pour des élections démocratiques», soient
entendus.
En deuxième lieu, nous sommes convaincus que le
modèle proposé est tellement compliqué que les élections prévues pour le 1er novembre 2020 seront
chaotiques. Nous avons plusieurs questions sur la composition des conseils des
centres de services. Pourquoi est-ce que le principe
de parité entre les représentants des parents et de la communauté est abandonné? La parité existe au conseil d'établissement, pourquoi pas au conseil des centres de services?
Nous voulons un nombre égal des deux
catégories de représentants au nouveau conseil des centres de services. En
plus, nous pensons que tous les
sièges doivent être réservés aux élus de la communauté, de l'ensemble de la
communauté, alors il faut éliminer les quatre sièges désignés aux
membres du personnel des centres de services.
Ensuite,
est-ce que le ministre a évalué le fardeau placé sur les parents qui doivent
siéger bénévolement à la fois sur un conseil
d'établissement et un conseil de
centre de services? Notamment dans les grands territoires qui représentent nos
commissions scolaires, nous estimons que le recrutement des parents serait très
difficile, et nous proposons d'éliminer l'exigence de ce double mandat. Comme
Kevin peut témoigner, d'être un parent et d'équilibrer les exigences de père de famille et de travail est déjà un défi de
taille; ajouter plusieurs rencontres le soir sera irréaliste. Je mets les mots
dans la bouche de Kevin Shaar, mais je pense qu'il est d'accord avec
moi, j'espère.
Troisièmement,
pour exiger que les représentants communautaires doivent être élus sur
l'ensemble du territoire au lieu de représenter un arrondissement ou un
district est difficile aussi. Il faut rappeler que les territoires de nos commissions scolaires sont immenses. Je ne
peux pas imaginer comment un membre, par exemple, à Val-d'Or peut se poser
comme candidat comme représentant
communautaire pour le centre de services Western Québec, où la plupart des
électeurs vivent à Gatineau. Comment est-ce que quelqu'un, à partir de
Val-d'Or, qui peut être un intérêt dans la formation des autochtones, parce que
le Golden Valley School, à Val-d'Or, a vraiment un lien très étroit avec la
nation crie et la nation algonquine...
Finalement, la proposition dans
l'article 49 du projet de loi n° 40 ne tient pas la route.
L'article
vise à créer les sous-catégories pour les représentants communautaires. Comment
assurer l'élection d'un jeune, quelqu'un qui a de l'expertise dans la gouvernance, quelqu'un qui a l'expertise dans les
finances, quelqu'un qui a notamment fait de l'implication communautaire? Toutes ces quatre sous-catégories,
à mon avis, sont complètement ingérables. Et je cite toujours comme exemple un comptable agréé de 28 ans qui
travaille pour un hôpital. Est-ce qu'il peut se présenter dans quatre
catégories ou trois catégories différentes, selon les différents
critères qui est dans la loi? Moi, je trouve, il faut laisser le choix aux électeurs. Dans une démocratie, d'avoir la
possibilité d'être candidat et de présenter doit être universel. Alors, toutes
ces sous-catégories peuvent fonctionner dans un conseil qui est nommé,
parce qu'on peut chercher quelqu'un avec une expertise
en finances, on peut chercher un jeune, on peut s'assurer une parité entre
hommes et femmes, mais, dans un système électoral, ça, ce n'est pas possible. Il faut laisser le choix aux
électeurs. Dans une démocratie, ça, c'est un principe de base. Alors, toutes ces sous-catégories qui sont là,
moi, je trouve, on ne peut pas les actualiser, alors il faut les retirer du
projet de loi et simplement d'avoir
le choix des personnes comme représentants de la communauté. Ça va être libre à
tout le monde qui est dans la communauté d'être élu comme membre de...
représentant des commissions.
Au niveau du
processus électoral, il y a également les enjeux majeurs. Comment gérer les listes
électorales? Qui aura la qualité
d'électeur pour le 1er novembre de l'an prochain? On sait que les listes
actuelles sont désuètes et inexactes. Mais,
avant de transférer la responsabilité pour la gestion de ces élections, moi, je
pense que c'est le devoir du gouvernement du Québec et le Directeur
général des élections de mettre les listes à jour, et ce ne sera pas une tâche
facile parce qu'avec les années les listes
sont vraiment inexactes. Mais, je pense, avant de transférer cette
responsabilité, c'est vraiment le
devoir du gouvernement de mettre ces listes à jour, et ce ne sera pas une tâche
facile, mais, si on ne le fait pas... Encore une fois, je vais démontrer mon âge, moi, je me rappelle, au mois de
juin 1998, la première année des élections pour les commissions scolaires linguistiques, et
l'Assemblée nationale était obligée d'amender la
Loi sur les élections
scolaires, entre le bureau de vote par anticipation et le jour du vote,
parce que le BVA a été une catastrophe, à l'époque, parce qu'il n'y avait personne qui n'était pas la liste, parce
qu'il y avait une grogne populaire publique. Alors, d'être assis au salon bleu
et amender la loi en catastrophe comme ça, ce n'était pas un grand moment pour
notre Parlement, et, si on n'a pas les listes
à jour, on risque de créer la même situation le 1er novembre 2020. Alors, moi,
je pense qu'on a tout intérêt... et ce n'est pas une tâche facile.
Alors, je
vois, on a d'autres choses qui est dans notre mémoire, mais je vais conclure en
disant : The English-speaking community
is proud of its school boards and our public schools. Our current system has many success stories to its
credit. The
development of French immersion programs to better prepare our students for
their future in Québec was the school board
response to a community's needs. Innovative programs for our students with
special needs, adults in vocational centers and for the challenges of young people in the 21st century have
been developed by our boards working hand in hand with educators and members of
the community at large. Our school success rate shows that the current model
serves the community well. We will not accept any proposal that would
dilute the quality of education our students receive. The Government has
presented no evidence that Bill 40 will improve the situation. We believe the
bill in its current form is a giant step backward for our school system. For
this reason, the bill must be completely overhauled.
Merci beaucoup, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, M. Kelly. Donc, sans
plus tarder, je vais me tourner du côté ministériel. M. le ministre,
pour vos 16 minutes.
M. Roberge : Merci
bien, Mme la Présidente. Merci pour votre présentation. J'ai gardé un beau
souvenir de cette rencontre qu'on a eue cet été, en amont du projet de
loi, alors qu'on consultait et qu'on vérifiait avec vous les grandes
orientations. Et il y a eu des ajustements, je pense, qui ont été très
importants suite à cette rencontre-là. Ce n'était pas simplement une conférence sur des orientations, mais bien un réel
échange. Je pense, vous avez pu mesurer l'écoute que vous avez eue de la part du gouvernement. Il est
possible qu'on en veuille encore plus, mais, ceci dit, je pense qu'on a
certainement fait un pas puis on a démontré que ce n'était pas factice, comme
consultation.
Vous
nous aviez dit, à ce moment-là, je me
souviens très bien, quand on parlait d'un conseil d'administration paritaire
avec huit parents, quatre membres de la
communauté, quatre gens... quatre personnes qui venaient du personnel scolaire,
ce n'était pas acceptable pour vous qu'il y
ait des parents élus seulement par des parents. Vous dites : C'est bien
qu'il y ait des gens de la
communauté, mais il faut que... il faut le suffrage universel. En réalité, il
faut que tout le monde puisse voter pour
tout le monde. Il faut que, même si je ne suis pas parent et si je ne suis pas
employé du centre de services scolaire, je puisse être candidat, et, je pense, cette porte est ouverte via les
candidatures offertes à la communauté. Et le suffrage universel est
maintenu, clairement, suite à des ajustements importants faits suite à votre
demande.
Mais
là je vais vous poser une question, parce que j'ai de la misère à saisir
quelque chose que vous venez de nous présenter.
Vous avez dit que ça allait être compliqué et que les membres de la communauté,
comme ils ne seraient pas affectés à un district dans la formule proposée en ce
moment, ils auraient une représentation à l'ensemble du territoire. Puis
vous dites : Bien, cette personne-là, cette femme ayant un
profil économique ou cet homme provenant, je ne sais pas, du milieu communautaire, voulant siéger à
titre de membre de
la communauté, va devoir faire campagne sur un très grand territoire, c'est ce
que vous dites, et donc c'est pratiquement impossible. Or, vous avez demandé le
suffrage universel. J'ai le goût de
dire : On vous l'a donné. Et ensuite quelle est la différence entre la
présentation qu'aurait à faire quelqu'un qui va être élu comme membre de la communauté au suffrage
universel et la situation actuelle ou quelqu'un qui veut être président de la commission scolaire qui est élu au suffrage
universel, non pas dans un district? Pour moi, c'est calqué, on a calqué le
mode d'élection des membres de la communauté
sur l'actuel mode d'élection des présidents et présidentes de commission
scolaire. Quelle est la différence? Et
pourquoi ça serait plus compliqué, élire un membre de la communauté à l'avenir
que d'élire un président de commission scolaire en ce moment?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Kelley.
M. Kelley
(Geoffrey) : Quelques points. Premièrement, je veux être très
reconnaissant pour la rencontre. Nous avons un échange très cordial, et c'est
pourquoi j'ai insisté de mentionner ça dans notre mémoire.
Je veux quand même
faire un modèle d'élection qui est simple pour l'électeur parce que, je pense,
on a intérêt d'augmenter le taux de
participation. Alors, moi, je vois mal... Moi, j'ai eu les mêmes craintes quant
à l'élection sur l'ensemble le
territoire pour les présidents des commissions scolaires aussi, parce qu'il