Health and Social Services — 22 March 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2018-03-22
Quebec — Committees
Alors,
tout n'est pas Lyme, bien entendu, parce
qu'on sait maintenant,
par des données publiées, qu'il y a d'autres causes bactériennes. Enfin, je ne
vais pas vous donner tous les noms latins de toutes les bactéries, mais ce qui
est très intéressant à voir, c'est que les
laboratoires de biologie vétérinaire, qui n'étaient pas bloqués par les guerres
du Lyme, entre guillemets, ont pu avancer beaucoup plus, et on a trouvé, dans
le sang de... en France, notamment, dans le sang de malades humains, des
bartonelles qui n'étaient pas connues chez l'homme, qui n'étaient connues que
des biologistes vétérinaires, montrant qu'en
fait on est à l'aube de la découverte de pas mal de bactéries qui sont cachées
dans nos tissus et que tout ça, effectivement, n'est pas que la maladie
de Lyme. Il y a des nouvelles bactéries découvertes, comme Neoehrlichia mikurensis qu'on trouve chez des gens
qui ont des lymphomes, qui ont des cancers hématologiques ou des maladies auto-immunes. Et puis on sait qu'il y a
des parasites comme les Babesia, qu'on appelle aussi piroplasmes, très
connus des vétérinaires chez les animaux, mais qui peuvent jouer un rôle dans
ces infections chroniques.
Alors, les
sérologies, pour l'instant, c'est difficile de les calibrer. Donc, on mise
beaucoup, dans la recherche, sur les
nouvelles générations d'amplification génique qu'on appelle la PCR, la réaction
de polymérisation en chaîne. Il y a des études en cours dans différents pays,
aux États-Unis, en France et dans d'autres pays, et le séquençage à haut débit,
bon, tout ça, c'est un petit peu de la
science-fiction aujourd'hui, mais on sait qu'on pourra peut-être isoler
beaucoup plus de microbes qu'on ne le
croit aujourd'hui. Il y a des projets de recherche en France financés grâce à
la ministre de la Santé et à l'Agence nationale de recherche.
Et je crois
qu'il faut vraiment que les vétérinaires et les biologistes médicaux
travaillent ensemble. Ils ont beaucoup à
apprendre ensemble. Et on suit tout à fait le concept de l'OMS, qui dit :
Maintenant, les animaux, les humains partagent le même environnement,
notamment l'environnement microbien, il faut travailler ensemble pour avancer.
Alors, pour
les traitements, je mettrai une seule diapositive parce qu'il y a beaucoup,
beaucoup de choses à dire, mais le
problème, c'est qu'il n'y a aucune étude bien faite qu'on appelle randomisée
sur tirage au sort sur des volontaires avec
un placebo au-delà de trois mois, ce qui est un gros problème parce que,
souvent, le bénéfice important, on le voit au-delà du troisième mois. Et
je pourrai répondre à vos questions sur les différentes études, s'il y a besoin.
Et là je vais
finir par une liste de publications. Il y en a d'autres, mais quand j'entends,
quelquefois, des gens qui disent :
Le Lyme chronique n'existe pas, je suis étonné parce que, dans la littérature
scientifique, là, il y a toute une liste de publications qui démontrent la persistance des Borrelia chez
l'animal, y compris chez le macaque, y compris après quatre mois d'antibiotiques. Hein, on isole la
Borrelia en culture, en amplification génique. Après, il y a des études après
la forme primaire de la maladie, mais j'ai
juste focalisé sur les formes tardives, et voyez que je n'ai pas assez de place
sur une seule diapositive pour mettre toutes
les études publiées qui démontrent la persistance des Borrelia après
traitement, et notamment l'étude Hodzic,
qui était bien faite dans... qui montre que la culture ou la PCR est positive
chez 40 % des malades en rechute. Et, voyez, la liste est très
longue, de toutes ces publications.
Alors,
quelquefois, le détracteur dit : Oh! mais ça, ce n'est pas des bonnes
études. Je suis désolé, mais The Journal of Infectious Diseases , c'est un excellent journal, et il y a comme deux
papiers dans le Journal of Infectious Diseases . Donc, la
persistance clinique — puis
je n'ai pas pu vous montrer les papiers sur la persistance clinique, mais j'ai
les références — et microbiologique est maintenant démontrée.
Donc, j'ai du mal à comprendre, d'un point de vue purement scientifique,
je suis cartésien, quand on continue à discuter là-dessus.
Et puis l'équipe de John Aucott, soit qui est à
Baltimore, a publié récemment tout un papier bien fait sur ces syndromes persistants où la sérologie de Lyme est
négative, où les gens étaient améliorés, mais rechutaient après traitement,
qui correspond parfaitement à ce syndrome polymorphe persistant après piqûre de
tiques.
Et voilà,
j'ai terminé. Si pour vous... J'étais content parce que je ne connaissais pas Alain Trautmann, qui est un chercheur connu en France, un
immunologiste qui travaille à l'Institut Cochin, qui a été médaillé d'argent du CNRS, le Centre national de recherche scientifique. Et
Trautmann a publié une tribune dans le Sciences et Avenir fin novembre.
Il a lu la littérature scientifique et il a dit : Je n'arrive pas à
comprendre comment l'Académie de médecine ou le centre de référence de Strasbourg continuent à dire qu'il n'y a pas de Lyme
chronique. Il a qualifié ça de «déni de réalité [...] à l'encontre de
faits scientifiques établis». Donc, cela m'a fait d'autant plus plaisir que je
ne le connaissais pas. Bon, depuis, je suis
rentré en contact avec lui. C'est quelqu'un de très sérieux. Et il y a de plus
en plus de chercheurs, dont l'ancien directeur
de l'Institut Pasteur, de chercheurs de haut niveau qui se rallient à nous en
disant : On ne peut pas rester comme ça, il faut avancer avec la
science. Voilà.
Puis, pour
terminer, comme c'est en français, je vais me permettre de vous le montrer.
J'ai même apporté quelques exemplaires.
Je n'en ai pas pour tout le monde, mais j'en ai quelques-uns, si vous voulez le
lire. Il y a beaucoup de références scientifiques et qui racontent un
peu l'historique de la maladie aux éditions Odile Jacob. Je vous remercie.
Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, Dr Perronne, pour cet exposé fort intéressant et fort pertinent pour la tenue de nos travaux. Nous allons débuter la période d'échange en commençant par la
partie ministérielle. Vous disposez de
22 minutes. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Chevarie : Merci,
M. le Président. J'en profite pour
saluer mes collègues, ici, de la
partie gouvernementale, également de l'opposition, le personnel de l'Assemblée nationale. Je
salue également les personnes qui sont dans cette salle et qui sont très intéressées à cette maladie
qui fait l'objet de beaucoup de questionnements et souvent très peu de réponses, de ce que j'entends. Merci à vous, Dr
Perronne. Merci pour votre présence ici, au Québec, merci pour votre présence à l'Assemblée nationale, également pour
votre contribution à cette commission sur la problématique de la maladie
de Lyme.
J'aimerais,
dans un premier temps... Vous avez écrit un livre qui s'appelle La vérité
sur la maladie de Lyme et vous
faites référence... où vous apportez deux grandes questions. D'abord, pourquoi
l'indifférence des autorités médicales, l'indifférence
de l'autorité médicale sur cette maladie-là? Et également vous mettez le monde
un peu en alerte par rapport aux enjeux sanitaires que comporte cette
problématique de santé publique, qui est la maladie de Lyme.
Et ma première
question serait de commencer au début pour bien comprendre quelles seraient,
selon vous, l'intervention ou les
interventions optimales par rapport au diagnostic parce que j'ai l'impression
que dans tout le processus ou toutes
les étapes, où il y a une lacune, c'est lorsque la personne se présente auprès
d'une instance médicale quelconque et qu'il y a une grande difficulté, à
ce moment-là, à identifier la problématique liée à la maladie de Lyme.
M. Perronne (Christian) : Vous avez tout à fait raison. Il y a deux
aspects. Il y a l'aspect idéal. Et moi, je pousse beaucoup les autorités françaises et je rêve
aussi, un jour, que l'industrie pharmaceutique investisse dans ce domaine. Il
faut investir dans la recherche parce que
moi, je commence à avoir vent de travaux qui se font en ce moment, qui ne sont
pas encore publiés, mais qui vont vraiment apporter beaucoup d'arguments
scientifiques. Mais ce qui est un petit peu dommage
là-dedans, mais je suis à fond pour faire la recherche, c'est qu'on aura les
résultats dans cinq ans, 10 ans, et qu'on ne peut pas laisser les malades
en souffrance aujourd'hui. Donc, il faut faire deux actions parallèles :
motiver la recherche dans tous les
pays et agir maintenant pour les malades, puisque malheureusement, aujourd'hui,
ils n'ont pas de bons tests. Ils n'ont pas de bons tests pour Borrelia
burgdorferi. Il y a d'autres borrelias, d'autres microbes.
Donc,
c'est des malades en errance qui coûtent très cher à la société. C'est quand on
me dit : Bien, ça a un coût, la recherche,
là, les tests. Je suis d'accord, mais un malade qui est en errance pendant
15 ans, qui a perdu son conjoint, son travail, qui est en arrêt maladie, qui a été enfermé en psychiatrie
contre sa volonté, qui par hasard rencontre un médecin là et qui guérit en quelques semaines, en quelques
mois, pour pas grand... pas un coût très élevé, la société, franchement,
dépense énormément d'argent là-dedans.
Parce
qu'actuellement il y a une commission qui vient de terminer ses travaux au sein
de la Haute Autorité de santé. Alors,
j'ai été membre. Il y avait des membres des deux bords, les pour et le contre.
Et ça a été chaud, les débats, mais
on a abouti pas à un consensus sur tout, mais un consensus minimum qui sera
publié dans un texte court. Je ne peux pas
tout vous révéler parce que j'ai un devoir de réserve. Ce sera publié sur le
site de la Haute Autorité de santé, la HAS, fin avril. Et puis il y a un texte long, qui est peut-être plus
discordant, mais chacun peut exprimer ses idées avec des arguments.
qui est important là-dedans, c'est qu'il va être reconnu... Alors, le Haut
Conseil de la santé publique l'avait déjà
un petit peu évoqué, mais il n'avait pas le même poids référentiel que la Haute
Autorité de santé... va reconnaître un syndrome, qui est le... alors,
c'était difficile de trouver le terme exact, c'est un peu compliqué, mais au
moins on a obtenu un consensus, s'appelle
SPPT. Alors c'est syndrome polymorphe persistant possiblement lié à une piqûre
de tique. C'est très long, je suis
d'accord. Ce n'est pas très bon. Il faudra peut-être l'améliorer dans l'avenir,
mais, bon, le SPPT, c'est accepté. Ça
permet à un médecin qui voit un malade comme ça qui souffre, douleur, fatigue,
problème cardiaque, neurologique, articulaire, qui a déjà
consulté l'interniste, le rhumatologue, le neurologue, personne ne sait trop
lui trouver un diagnostic à part dire
que c'est dans sa tête, de lui proposer un traitement antibiotique d'épreuve
pendant un an. Et ça, tous les
médecins généralistes pourront le faire, ce qui est important. Après, on sait
que tout le monde ne guérit pas en... Pas en un an, pardon,
en un mois. Tout le monde ne peut pas guérir en un mois.
Après, je ne peux pas
tout vous révéler, mais il y aura des possibilités pour les médecins de traiter
plus longtemps avec d'autres stratégies qui
ne sont pas encore bien validées aujourd'hui. Je suis le premier à le
reconnaître, il y a beaucoup des
choses qui n'ont pas été publiées, pas été étudiées, mais il y a des recettes
qu'on connaît tous entre médecins qui font du Lyme. Je demande à ce que
ce soit évalué. Et alors je dirais que sortir des clous sera autorisé si ça se
fait en lien avec un centre expert, alors il faudra qu'on définisse comment
sont les centres experts, il y aura des représentants
de malades probablement dans le pilotage de ces centres, et que, si on sort des
clous, bien, il faudra que les données
soient rentrées dans des bases de données qui pourront être contrôlées par les
autorités pour voir justement si des cohortes de patients qui ont été
traités comme ci ou comme ça vont mieux. Et ça, c'est en attendant la période
idéale où il y aura les données de la recherche solide.
Donc, moi, ce que je
demande aux autorités, et en particulier au Québec, c'est d'avoir l'esprit
ouvert, de voir qu'il y a comme un problème,
on ne peut pas nier l'existence de ces malades, et puis d'essayer d'accompagner
les médecins. Les pauvres médecins
sont complètement perdus. Ils en ont beaucoup, des malades comme ça, et ils ne
savent pas quoi en faire. Et puis je pense que, même d'un point de vue,
puisque maintenant tout est économique, d'un point de vue économique, l'État
s'y retrouvera dans quelques années.
M. Chevarie :
Au début de votre présentation, vous parliez des tests qui sont très mal
calibrés, puis il y a une certaine confusion par rapport à des résultats qui
proviennent de ces tests-là et confusion avec d'autres maladies infectieuses qui peuvent tromper le médecin par
rapport au traitement éventuellement à offrir à la personne qui est infectée.
Quelles sont, selon vous, les possibilités, justement, d'amélioration par
rapport à cette première phase là?
M. Perronne (Christian) : Juste pour... parce que vous n'êtes peut-être par
tous très techniciens des tests sérologiques,
mais je vais faire très simple. Si vous prenez la comparaison avec l'infection
à VIH, du SIDA, qui a émergé un peu à
la connaissance à peu près à la même période, pour le VIH, c'était très simple
de mettre au point des ELISA, des Western
blot, maintenant les tests sont fiables à presque 100 %, pas tout à fait
mais presque, parce qu'on pouvait, à partir du moment où Montagnier puis les
autres ont cultivé le virus, on pouvait prendre 100 personnes et être sûr
que c'étaient des vrais malades infectés et on pouvait prendre 100 témoins
à la banque du sang et être sûr que c'étaient des vrais négatifs. D'ailleurs, il y a eu des
surprises parce qu'on découvert par hasard qu'il y avait des donneurs de sang
qui étaient positifs. Mais, bon, ça,
ça a été réglé après. Mais on a des certitudes sur les populations de malades
et de témoins.
Dans
le Lyme, on n'a jamais été capables de faire ça parce qu'on ne sait pas qui est
malade. La culture, elle ne marche
pas bien, la PCR non plus. Et les gens, si vous prenez un wagon de train et
vous dites : Qui a mal à la tête, qui a mal aux genoux, qui est fatigué, qui a des problèmes cardiaques et des
douleurs articulaires?, il y a la moitié du wagon qui va lever le bras.
Donc, au lieu
de le dire honnêtement en disant : On n'est pas capable de calibrer,
c'était fait artificiellement. Et, même
dans l'autre côté, quand on prend des donneurs à la banque du sang, où, pour
tous les tests sérologiques, on ne doit jamais dépasser plus de 5 % chez les gens en bonne santé pour ne
pas avoir trop de faux positifs, bien, ils ont pris comme concept qu'il n'y aurait jamais plus de 5 %
de malades dans une population, ce qui est une hérésie parce que moi, je sais
qu'en Alsace, où beaucoup de gens ont la
maladie de Lyme, il y a plus de 5 % de la population qui a des anticorps.
Je ne dis pas qu'ils sont tous
malades, mais au moins qu'ils ont des anticorps. Ils sont toujours déclarés
séronégatifs parce qu'ils dépassent
les 5 %. Et ça, c'est des postulats qui ont été faits par un petit groupe
d'experts. Tout ça n'est pas basé sur des preuves. Ce n'est basé sur
aucune publication scientifique sérieuse, mais ça a fait force de loi dans le
monde entier.
Donc, c'est
pour ça que la... Moi, je préfère investir dans les tests de diagnostic direct
du microbe, la PCR. Bon, elle n'est
pas parfaite, hein? Moi, j'ai un collègue vétérinaire qui a pu faire des tests
chez des humains, mais il ne détecte pas plus de 5 % de Borrelia
chez ses malades, mais il détecte d'autres microbes, des Francisella, des
Bartonella, des Babesia, et tout ça. Et la
surprise, d'ailleurs, c'est qu'il est en train de découvrir qu'en France on a
probablement beaucoup plus de Borrelia
miyamotoi chez les malades que de Borrelia burgdorferi, ce qui n'est pas connu
pour l'instant parce que, d'après de
centre de référence à Strasbourg, miyamotoi n'est pas présent chez les humains,
mais ils n'ont jamais testé.
Mais c'est ça
qui est un petit peu agaçant pour un esprit cartésien comme moi, c'est que les
gens disent : Il n'y en a pas parce qu'ils n'ont pas cherché. Ou il n'y en
a pas, mais on sait que le test n'est pas bon. On n'a plus le droit de
raisonner comme ça.
M. Chevarie : En général, le médecin, pour poser un diagnostic,
a deux méthodes. Je ne suis pas médecin, mais, disons, en général. D'abord, l'évaluation clinique, rencontrer son patient, rencontrer la personne
qui a un problème de santé,
faire un bon examen, discuter, l'entendre parler de ses symptômes. Puis l'autre
possibilité, bien, c'est les prélèvements sanguins, les tests, tout ça, qui permet au
médecin de se donner un plan clinique par
rapport à l'intervention pour cette personne-là.
Selon vous,
dans la situation de la maladie de Lyme, où ce n'est pas très
clair, tout au moins au tout début, est-ce
que l'évaluation clinique, la rencontre avec l'omnipraticien ou le spécialiste,
est-ce que c'est une phase extrêmement importante,
qui devrait être fort probablement plus importante actuellement qu'elle l'est, compte tenu des confusions qui peuvent
exister par rapport à différents symptômes de maladies infectieuses
qui puissent ressembler à la maladie de Lyme?
M. Perronne
(Christian) : Pour moi,
l'examen médical clinique est essentiel parce que, d'abord,
on ne traite pas des sérologies. Parce que
vous savez que la sérologie, quand vous avez des anticorps anti-Lyme, ça peut
être une infection ancienne qui n'évolue pas, ça peut être évolutif.
Donc, une
fois, moi, j'ai vu un chasseur qui était très angoissé parce qu'il avait fait le test et il était positif. Je lui dis : Comment ça va? Il me dit : Je vais
très bien. Je lui dis : Bon, bien, ne regardez plus votre sérologie. Moi,
je ne traite pas des sérologies, je traite des gens qui ont des
symptômes.
Et, quand on
dit que c'est subjectif, vous savez que la douleur, la fatigue, c'est
subjectif, mais, quand ça évolue un peu, il y a toujours des signaux objectifs. L'électrocardiogramme
n'est pas normal, il y a des anomalies à l'IRM cérébrale ou de la moelle épinière. Donc, quand on cherche
bien, on avait publié ça avec mes collègues, quand on fait systématiquement une petite batterie d'examens, les IRM, des potentiels évoqués
neurologiques, des anomalies des globules blancs, soit il y a une baisse des lymphocytes ou des choses comme
ça, on arrive à trouver des signaux objectifs. Ça ne veut pas dire que c'est Lyme, mais au moins, quand
le malade a été étiqueté médecin psychosomatique par son médecin traitant, ça va évidemment... la baisse des
globules blancs, l'anomalie de tel ou tel examen, ce n'est pas du
psychosomatique. Après, ça ne veut pas dire que c'est Lyme.
Donc, cet
examen clinique, pour moi, il est fondamental. Et après, comme on n'aura pas,
dans les années qui viennent, toujours des bons résultats biologiques, la solution pour
l'instant, c'est le traitement des preuves. Alors, on dit : Ce n'est pas
très rigoureux. Mais je vous rappelle que le traitement des preuves, ça se fait
couramment dans la tuberculose, dans d'autres
maladies infectieuses, de façon tout
à fait officielle. Toutes les
tuberculoses ne sont pas prouvées par les examens, c'est la réponse au
traitement qui confirme, mais on doit déclarer, d'ailleurs, comme cas de
tuberculose probable dans tous les
pays du monde. Ce n'est pas, là... Il
y a d'autres exceptions. Donc, ce
n'est pas quelque chose d'absolument absurde, de
proposer ce type de traitement, parce
que, quand le malade va mieux, il va
mieux. Il arrête d'embêter son médecin, sa famille, il retourne au travail. Moi, ce qui ma convaincu que ce
n'étaient pas des malades psychosomatiques, c'est que j'ai vu des malades très activistes dans les
associations, on va faire bouger les choses, et, quand ils sont guéris,
première chose qu'ils font, c'est
d'oublier les associations, d'oublier les discussions sur Internet, c'est de
retourner au travail, s'occuper de leur famille. Et ça, c'est presque
constant.
M. Chevarie : M. le Président,
j'ai une dernière question. Après ça, je passerais la parole à mes collègues. Est-ce
que vous avez un pays qui est vraiment performant par rapport au traitement de
cette maladie?
M. Perronne
(Christian) : Il n'y a
aucun pays où ce soit le paradis. Bon, dans la reconnaissance officielle, les
États-Unis sont assez avancés parce que la loi a été votée au niveau fédéral. Il y avait
déjà 15 États qui avaient voté une loi. C'est passé en décembre 2016. Ça a été signé par Barack Obama avant
qu'il s'en aille. Donc, il y a 17 instances officielles, dont le Département
d'État, qui ont reconnu la maladie de Lyme chronique. Il n'y a
que le CDC d'Atlanta qui traîne un
des pieds, mais ils ont quand même retiré les recommandations de la Société
américaine des maladies infectieuses en décembre dernier. Ces recommandations
de l'IDSA avaient déjà été retirées du National Guideline Clearinghouse,
qui est le site où le gouvernement américain héberge les recommandations officielles. Donc, on voit que ça
bouge, même si, sur le terrain, ce
n'est pas encore tout à fait rose. Il
y a des compagnies d'assurance qui
traînent des pieds. Mais les médecins ne
sont pratiquement plus ennuyés dans cette pratique. L'inconvénient, c'est que
les médecins américains prennent très cher et qu'il y en a qui en
profitent, et je n'aime pas trop ça.
En Europe, En France, ce n'est pas facile, mais,
bon, les autorités ne sont pas très ennuyeuses. Ils ont attaqué quelques médecins, mais ça n'a pas été trop loin. Maintenant,
je crois qu'ils ont fini d'attaquer. Il
y a un médecin qui est attaqué
en ce moment, mais je crois que c'est sur d'autres motifs.
L'Allemagne,
les recommandations officielles, c'est les mêmes qu'en France. La
grosse différence en Allemagne, c'est
que chaque land est très indépendant et que personne ne met sur le dos, je
dirais, des laboratoires, des médecins... ils font un peu ce qu'ils veulent. Je ne dis pas que c'est l'idéal non plus,
mais, si un laboratoire commercialise un test qui est plus sensible ou un médecin sort un peu des clous,
il n'est jamais ennuyé, pratiquement. L'inconvénient, c'est que c'est que c'est le système privé qui a pris tout
ça en main et qu'il y en a qui abusent avec des tarifs de consultation, d'examens. Alors, en plus,
ils vendent des examens. Je ne suis pas très sûr qu'ils soient tous bons. Il y en a
peut-être de très bons, d'autres qui n'ont pas été évalués de façon
très sérieuse. Et ça, ça... À partir du moment où une maladie est un peu dans
la clandestinité, elle n'est pas sous contrôle des autorités, il y a des
dérives, hein, je suis le premier à le reconnaître.
Et après, en
Grande-Bretagne, dans les pays nordiques, ça, c'est terrible parce que
les malades n'ont pratiquement pas
d'accès aux soins. Donc, il n'y a que les riches qui peuvent se soigner en
Allemagne, aux États-Unis, quelquefois en France.
Et ça, c'est une injustice un peu sociale. Les autres se soignent avec
la phytothérapie, qui peut marcher, les plantes, mais ça ne suffit pas toujours
dans les cas sévères, hein?
Président (M. Merlini) :
Merci, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. M. le
député de Trois-Rivières, il vous reste un peu moins de six minutes. Il vous reste
5 min 45 s.
M. Girard : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, bienvenue, M. Perronne. Salutations à tous mes collègues.
Et je veux également saluer une citoyenne
de chez nous, de mon comté, Francine, qui est ici, dont sa fille Catherine est
atteinte de la maladie. Donc, raison de plus pour moi, comme député, d'être
concerné par cette situation.
Donc, on a
parlé beaucoup de diagnostic, on a parlé de façons de pouvoir rapidement
diagnostiquer la maladie. Ce que j'ai
compris, on a eu une rencontre ce matin... je ne suis pas médecin, donc
j'essaie de comprendre ce que vivent les
patients, ce que vivent les gens. Et ce qu'on nous a mentionné, c'est que, dans
bien des cas, plus on réussit à commencer à traiter tôt la maladie, plus on le
sait rapidement, mieux les clients vont se porter, plus on peut enrayer les
symptômes. Donc, il faut la déceler rapidement.
Mais il y a
une chose qui m'inquiète, c'est que ce matin aussi, lors de la rencontre, on a
parlé de la quantité de cas qui sont décelés au Québec et au Canada. La maladie
est maintenant à déclaration obligatoire depuis 2003. Et, 2003 jusqu'à environ 2010, il y a eu une légère
augmentation, mais, de 2010 jusqu'à 2016, il y a eu une augmentation assez
considérable de la déclaration de la maladie de Lyme.
Bon, oui, il faut bien diagnostiquer, je
comprends, les symptômes. Mais pourquoi il y a eu une si grande augmentation? Et quels sont les outils de
prévention? Qu'est-ce qu'on peut faire pour prévenir autant de cas? Loin de moi
l'idée de ne pas m'occuper des gens qui sont
pris avec la maladie à l'heure actuellement pour pouvoir vraiment les aider,
mais est-ce qu'il y a une façon où on peut tenter de diminuer?, parce qu'ici on
a un graphique où il y a vraiment une croissance
extrêmement importante. En même temps, peut-on enrayer sa propagation? Pourquoi
il y a une propagation aussi importante dans les dernières années?
M. Perronne
(Christian) : Dans tous les
pays, ça augmente, alors qu'on n'a pas changé vraiment les méthodes de diagnostic. Les États-Unis disent qu'on est
passé de 30 000 cas par an à 300 000. En France, on est passé de
9 000 cas par an à six fois
plus en quelques années. Puis c'est pareil partout. En Pologne, dans le sud de
la Pologne, ça a augmenté de
35 fois en quelques années. C'est la folie, quoi. On ne sait pas trop la
cause. Est-ce qu'il y a plus de tiques? Tous les entomologistes disent
qu'il y a beaucoup plus de tiques qu'avant. Est-ce qu'on a tué beaucoup
d'espèces d'oiseaux qui étaient des prédateurs de tiques? Les poules, qui
vivaient autour des maisons avant, mangeaient énormément... nettoyaient le
terrain. Il y a peut-être aussi les changements climatiques. Bon, moi, je ne
suis pas un spécialiste, mais il y a sûrement un problème.
Il y a aussi
un biais de notoriété, je dirais, parce qu'avant, il y a 10 ans, beaucoup
de médecins ne connaissaient même pas
le nom de la maladie, en tout cas en France. Oui, c'est un truc rare aux
États-Unis, on s'en fiche. Bon, maintenant ils en voient un peu partout, de plus en plus, donc ils y pensent. Donc,
même s'ils n'ont pas des tests qui sont toujours positifs, le fait d'en demander 10 fois plus va faire qu'on
diagnostique plus de cas. Je pense que ça se joue aussi. Après, il faut bien se rendre compte que toutes ces
statistiques sont sous-évaluées parce que c'est basé sur la sérologie de
Borrelia burgdorferi et de deux autres espèces.
Alors, vous
avez abordé un point qui est très important, et là les autorités de santé
peuvent jouer un rôle majeur, c'est
la communication sur la prévention, la prise en charge des formes précoces.
D'ailleurs, quand c'était Roselyne Bachelot qui était ministre, à l'époque, elle m'avait
demandé : Qu'est-ce qu'on peut faire sur le Lyme? Et le directeur général
de la Santé m'avait demandé mon avis.
J'ai dit : Bon, il y a tellement de polémiques, c'est peut-être... pas
commencer par ça, ça a été fait après, mais commençons déjà par faire un
rapport sur la prévention, informer les gens du risque des tiques, comment les enlever, mettre des panneaux à
l'entrée des forêts, prévenir tous les professionnels qui sont dans la nature
ou les sportifs des risques sans les inquiéter, mais simplement qu'ils soient
au courant, qu'ils sachent quoi faire et qu'on apprenne aux médecins à traiter systématiquement les érythèmes migrants,
la tache rouge initiale, sans attendre et de faire des tests qui ne sont
pas recommandés à cette phase. Ce n'était pas fait, tout ça, dans la majorité
des cas.
Alors,
c'était très bien. Il y a un bon rapport qui est resté sur Internet. Où j'ai
été très déçu, c'est qu'après ils ne l'ont pas diffusé. Je pensais qu'on allait
mettre des affiches dans les pharmacies, dans les salles d'attente des
médecins : Bien, voilà ce que c'est qu'un érythème migrant, qu'on
allait mettre des panneaux. Alors, maintenant, ça y est, les autorités françaises ont mis un certain temps à
comprendre. Enfin, je les comprends aussi. Ils ne sont pas plongés là-dedans
tout le temps. Depuis qu'il y a le nouveau
plan national, c'est en train de bouger énormément. Dans le plan national, il y
a un plan prévention, information du
public, et ils commencent à faire des panneaux à mettre dans les différents
endroits à haut risque. Et ça, je ne pense pas que ça coûte très cher
parce que moi, j'ai toujours dit : Si vous prévenez des cas à cette phase très précoce, vous évitez plein de
maladies chroniques. Après, la santé publique du pays va y gagner parce
que, si on traite bien, qu'on retire et que, déjà, on évite la piqûre de
tique...
Il y a des répulsifs maintenant chimiques. C'est
les mêmes que pour les moustiques quand vous allez sous les tropiques. Mais il y a des répulsifs naturels à
base d'huiles essentielles, de spray sur la peau. Alors, ça faisait rire un peu
les gens il y a quelques années, mais il y a
un institut tout à fait officiel, scientifique, à Neuchâtel, en Suisse, qui a
évalué ça, l'Agence du médicament française a repris ses travaux, ils sont en
train de s'apercevoir que ça marche aussi bien que les répulsifs chimiques. Parce que les répulsifs
chimiques, donc, les forestiers ne veulent pas en mettre toute leur vie de
professionnels tous les jours, ça peut être
un peu toxique à la longue. Moi, je crois beaucoup à ces méthodes naturelles
pour la prévention, mais il faut les étudier
de façon scientifique, faire leur promotion. Et je pense que ce ne sera pas de
l'argent perdu, hein, ça.
M. Girard : Merci beaucoup.
Président (M. Merlini) : Merci, Dr Perronne. Ça met un terme avec
les échanges avec la
partie ministérielle. Nous allons maintenant du
côté de l'opposition officielle. M. le député de Labelle, vous disposez d'un
temps de 13 minutes, en sachant, comme
on en avait convenu, que vous allez partager votre temps avec le député de
Mercier, qui a une spécialité très particulière et très à propos pour
notre travail d'aujourd'hui. Alors, à vous la parole.
M. Pagé :
Alors, merci, M. le Président. Merci, Dr Perronne. Salutations à toutes et à
toutes. Très sincèrement, merci de votre présence au Québec, en notre
nom et surtout au nom des gens qui sont atteints de la maladie.
Effectivement,
je ne veux pas prendre beaucoup de temps et je voudrai, pour tout le temps que
nous ne prendrons pas comme
opposition officielle, le laisser à notre collègue parce que nous avons la
chance d'avoir parmi nos collègues un
médecin spécialiste, également infectiologue, alors le député de Mercier, à qui
nous voulons laisser un peu plus que ses trois minutes pour pouvoir
échanger avec vous.
Je n'aurais qu'une seule question parce que je
vais aussi laisser la chance à ma collègue de pouvoir poser des questions parce
qu'elle est également une spécialiste pharmacienne, ancienne présidente de l'ordre.
Alors, la
seule question que je veux vous poser est : On nous a dit que la maladie
pouvait être transmissible, soit par
relation sexuelle, ou autrement, ou encore via les animaux, une morsure d'un
chien. Est-ce que vous avez une certaine réflexion à cet égard-là, certaines
recherches?
M. Perronne
(Christian) : Donc, d'abord,
il y a eu très, très peu d'études scientifiques. La transmission materno-foetale, j'y crois beaucoup parce que j'ai
vu beaucoup de cas où des mères ont été très malades pendant la grossesse,
ne savaient pas qu'elles avaient ça, et les
enfants ont eu des tas de problèmes de santé. Malheureusement, à
part les
études initiales d'Alan Macdonald il
y a très longtemps, mais qui étaient sur quelques cas de mort in utero où il a retrouvé
les Borrelia dans le cerveau des
foetus morts, il n'y a pratiquement pas eu d'études chez des enfants vivants.
Alors, du coup, les gens qui
disent : Ça n'existe pas disent : Il n'y a pas d'études, donc ça
n'existe pas. Mais il faudrait l'étudier. Même à cela, je suis convaincu
qu'il y a un réel risque.
La transfusion par voie sexuelle, ça doit se
produire de temps en temps. Bon, il y a quelques rares études qui montrent un peu de Borrelia dans le sperme, dans
les sécrétions vaginales. Je ne pense pas que ce soit une voie majeure, sinon,
comme m'avait dit mon ami Richard Horowitz, les pics de transmission, c'est les
pics d'activité des tiques, mais, l'hiver
sous la couette, il n'y a pas trop de transmission. Donc, c'est un bon
argument, je dirais, épidémiologique, mais, là encore, ça a été mal étudié. Je pense que ça doit être occasionnel.
Mais je ne veux pas non plus inquiéter les gens avec ça, puisque... Il y a d'ailleurs une étude
européenne, donc, faite dans plusieurs pays qui a montré qu'on pouvait trouver
des Borrelia dans le sang, par PCR, de gens
en pleine forme. Je pense que, quand on va avoir des tests plus performants,
on va trouver des bactéries chez des gens en
bonne santé, comme on le sait, pour la tuberculose, que ça existe. C'est des
bactéries qui dorment, elles peuvent se
réveiller à certains moments. Donc, s'il y a quelques Borrelia qui passent de
façon accidentelle comme ça par voie
sexuelle, mais peut-être par transfusion, je ne suis pas sûr que ce soit pour
l'instant un réel enjeu de santé publique.
Je suis aussi
prudent sur la transfusion parce qu'il y a des gens qui veulent être très
agressifs là-dessus. Je dis : D'abord,
commençons par les études, et là les pouvoirs publics doivent le faire. Mais il
ne faut pas non plus paniquer, tout le monde, parce que, d'abord, ce n'est pas le
sida, ça ne tue pas à chaque fois. Peut-être qu'avoir quelques Borrelia qui
traversent la poche de sang, si ça sauve le
malade grâce à la transfusion, ce n'est peut-être pas si dramatique parce que, si
on commence à jeter l'opprobre là-dessus, moi, j'ai peur qu'il n'y ait plus de
dons du sang et qu'on ait des milliers de victimes collatérales d'un grand débat conflictuel sur la transfusion
sanguine, qui est déjà compliquée dans beaucoup de pays.
Donc,
voilà, moi, honnêtement, je crois qu'il y a des choses à évaluer.
Ce qui me désole, c'est que ça fait 30 ans qu'on en parle et qu'il n'y ait pas eu d'étude. C'est quand même
bizarre, mais ça, ça peut être fait. Si tous les pays se tiennent la
main, on peut le faire rapidement. Voilà ma position là-dessus.
Le Président
(M. Merlini) : Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : Merci, M.
le Président. Bienvenue, Dr Perronne.
Merci de votre témoignage et de votre expertise. Je suis pharmacienne, effectivement. Je suis de l'époque où on pensait traiter les
ulcères d'estomac avec des suppléments d'antiacide,
alors... Maintenant, on sait que c'est une bactérie et on sait qu'il y a
d'autres approches beaucoup plus précises pour le traitement.
pense que la maladie de Lyme est actuellement dans un contexte où on doit faire preuve
d'humilité et reconnaître qu'on n'a pas encore tout découvert et qu'on
ne la maîtrise pas bien, ni son diagnostic ni son traitement.
Alors,
vous avez fait référence aux tests, là, ELISA, Western blot. Il y a
une séquence. On sait qu'il y a des médecins américains qui semblent... ou des cliniques américaines qui ne semblent
pas nécessairement respecter la séquence ou, en tout cas, qui donnent des faux positifs potentiels. Moi, j'essaie de protéger la
population. La population, on peut dire : On la protège en ne lui donnant que ce dont on est absolument,
absolument sûrs. Mais, quand on est dans un état
d'investigation comme on est, je pense qu'il faut aussi faire preuve
d'ouverture.
Quelles
sont les recommandations qu'on pourrait donner aux patients qui...
D'abord, au Québec, je pense qu'on a des mesures qui sont
très rigoureuses, mais les patients qui consultent actuellement beaucoup aux États-Unis
ou en Europe, est-ce qu'il y a
des organismes de certification des médecins qui ont une
spécialité qu'on peut reconnaître au
niveau du traitement de la maladie de Lyme pour éviter le charlatanisme?
M. Perronne (Christian) : Moi, tous les infectiologues français, c'est mes
amis. J'étais président du collège des professeurs
d'infectiologie pendant des années. Ils me respectent beaucoup. C'est moi qui ai obtenu que l'infectiologie soit reconnue en France à part entière. Donc, j'ai
des relations amicales. Même, ils me demandent ce que je fais dans le Lyme, que je suis un peu bizarre, mais j'essaie
d'être diplomate. Et ils sont tous convaincus qu'il y a un problème
et ils veulent le faire dans un cadre un petit peu officiel, ils ne
veulent pas le faire tout seuls dans leur coin.
Ceci
dit, ils n'ont aucune expérience pour la plupart parce qu'ils ont appris que le
test sérologique était parfait. Au bout
de trois semaines, ils disent aux gens : Au revoir, vous êtes guéri. Et,
quand je leur dis qu'il y a d'autres façons de faire, peut-être donner des antiparasitaires de temps en temps, ça
les panique parce que ce n'est pas basé forcément sur des publications
scientifiques, et je le reconnais.
Donc,
il y a tout un travail d'éducation à faire. Dans ceux qui, en France et dans les
autres pays d'Europe, même aux États-Unis,
qui souvent sont le plus à l'aise là-dedans, c'est des médecins généralistes
qui font ça depuis 20 ans. Ils ont appris un petit peu, comme
M. Jourdain, sur le tas. Mais
tout ça... il faut vraiment que, maintenant, il y ait des formations qui soient encadrées un petit
peu par les autorités, mais il faut
que les sociétés savantes aussi soient tolérantes et acceptent
qu'elles ne savent pas tout, qu'il faut quelquefois remettre un petit peu en cause son savoir.
Mme Lamarre : ...international, actuellement, de gens qui ont vraiment
une validité commune, une vision commune, scientifique. Je ne veux pas...
M. Perronne (Christian) : Il y a ILADS, qui fait des choses avec une formation,
là, ILADEF, je crois, que je ne connais pas bien, mais je sais qu'aux États-Unis
il y a des organisations comme ça.
M. Perronne (Christian) : ILADS, oui, pardon, I-L-A-D-S. C'est :
International Lyme and Associated Diseases Society. Et ILADEF, c'est la même chose, sauf que le «Society» à la fin,
c'est «Educational Foundation», je crois. Voilà.
Moi,
je crois que... On souhaite qu'il y ait un encadrement dans le rapport du haut
conseil de la... pardon, de la Haute Autorité de santé. Ce sera écrit qu'il
faut encourager la formation des médecins. Mais le problème, c'est que moi,
je ne me sens pas à l'aise quelquefois de
former des médecins sur mes recettes, entre guillemets, qui ne sont pas
validées. C'est une position
difficile, hein? C'est pour ça que je ne sais... Alors, si vous avez des
solutions à me donner, je serais preneur parce que ce n'est pas facile.
Mme Lamarre :
M. le Président, je vais m'arrêter ici pour libérer les minutes pour notre
collègue.
Président (M. Merlini) : Très bien. On ajoutera votre temps à
votre temps de parole, M. le député de Mercier. Maintenant, le député de Lévis et porte-parole du deuxième groupe
d'opposition, vous disposez de 8 min 45 s. À vous la
parole.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président, puis je ferai la même chose. Je pense qu'il y a unanimité. On va
donner du temps à notre collègue
également parce qu'il a aussi des compétences à ce chapitre-là. Je reviendrai
sur deux éléments de base avant que vous commenciez. D'ailleurs, salutations aux
collègues. Dr Perronne, merci d'être là, et tous ceux et celles qui
assistent aujourd'hui.
Vous m'avez
dit il y a deux instants, avant même de commencer à nous parler, n'eût été
votre crédibilité, vous auriez eu du mal à pouvoir poursuivre vos recherches et
être présent avec nous aujourd'hui. Alors, il y a une espèce d'obscurité concernant notamment la maladie de
Lyme. Et je reprends, et là vous me corrigerez, et je m'en vais sur le terre à terre, vous dites : Oui, des
recherches, il doit y en avoir. Oui, des tests diagnostiques, ils doivent être perfectionnés. Mais, entre-temps, corrigez-moi si je me trompe, j'ai compris :
Traitons. C'est des traitements dont les coûts sont peu élevés, sont efficaces. Plusieurs
personnes viennent nous voir et dire : On a de la difficulté
à faire en sorte qu'on puisse au moins être traitées à défaut d'avoir des tests que certains remettent
en question. Est-ce
que je me trompe, mais la priorité,
c'est d'abord l'intervention sur la personne atteinte?
M. Perronne
(Christian) : ...il y avait
les traitements... les nouveaux tests. Il faut savoir, et je peux le dire ouvertement parce que c'est public, il y a
eu des débats juridiques dans les médias aux États-Unis. Le petit groupe de
l'IDSA, donc la Société
américaine des maladies infectieuses, et le CDC d'Atlanta qui ont fait la recommandation sont bourrés de conflits
d'intérêts avec les fabricants de tests de sérologie, ils ont touché des millions
de dollars de royalties, et tout ça. C'est
officiel, mais, aux États-Unis, si vous déclarez que vous n'avez pas menti, vous
avez le droit de continuer à siéger dans une commission qui interdit les
tests concurrents.
Et j'ai un
collègue de Boston qui attaque le CDC en justice parce qu'on bloque son test depuis des années, qui est très bon, qui a été validé, qui n'est pas
parfait, mais, enfin, qui est pas mal, parce que les experts du CDC ont décidé
comme ça. Donc, ça, il faut que ça change, oui. Ce n'est pas possible de rester
dans ce blocage.
Après, vous aviez posé une question sur les
traitements.
M. Paradis (Lévis) :
Effectivement. On nous dit, en tout cas, à travers les gens que j'ai
rencontrés...
M. Perronne
(Christian) : Ah! oui, non,
c'était... Si je vais vous dire un point, c'est pourquoi ça bloque de partout,
même mes collègues sont anti-Lyme,
antitraitement. C'est à cause du mouvement mondial pour sauver les
antibiotiques, et qui est un
mouvement tout à fait licite. Moi, je l'avais initié en France, alors je sais
ce que c'est. Mais alors c'est pour ça que moi, je serais pour
développer des nouvelles molécules, même des vieilles molécules qui ont fait
leurs preuves in vitro, que de faire des
petites études in vivo pas toujours bien publiées. Il y a des dérivés comme des
antilépreux, comme la dapsone, qui
marchent bien chez certains malades. Il y a la clofazimine qui marche très bien
in vitro, qui n'est pas toxique, qui
ne sélectionne aucune résistance, qu'on ne peut plus utiliser maintenant en
France si on n'a pas un diagnostic prouvé de lèpre. Alors, je ne peux pas l'utiliser, moi, sinon je vais
déclencher une épidémie officielle de lèpre, si je me mets à prescrire
Mais il
faudrait que les autorités acceptent qu'on évalue ça. C'est des produits qui ne
sont pas toxiques, qui ne coûtent pas
cher, qui ne sélectionnent aucune résistance aux antibiotiques, mais je ne peux
pas le faire comme ça de façon sauvage. J'en ai assez de travailler
comme ça, un peu toujours en dehors des clous.
M. Paradis
(Lévis) : ...avouer que
c'est étonnant, avec ce que vous nous dites, avec les témoignages que l'on a,
d'être encore aujourd'hui à tenter de se
battre comme Don Quichotte pour tenter de faire avancer les choses quand des
gens, eux, à travers leur vie, vivent une réelle souffrance.
J'ai pris peu
de temps, M. le Président. Je m'arrête là-dessus également puis je joins mes
minutes à celles de mes collègues pour notre collègue de Mercier.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, M. le député de Lévis.
Normalement, M. le député de Mercier dans une audition de 60 minutes, vous
disposez d'un temps de parole de trois minutes, mais, grâce au partage du temps
qui est permis aujourd'hui avec la
collaboration de tous, vous disposez de 14 min 30 s. À vous la
parole, M. le député de Mercier, parce que vous avez votre expertise qui
est bien particulière et qui sera très utile pour nos travaux.
M. Khadir : Je signale à mes collègues que j'ai
développé aussi une expertise sur l'évasion fiscale, mais on ne me donne
pas...
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Khadir : Je vous taquine. Bon, ceci étant
dit, je veux d'abord remercier le Dr Perronne et les citoyens, les
groupes de citoyens qui se sont mobilisés pour rendre une telle chose possible,
pour qu'on réfléchisse.
Je veux aussi
souligner la présence parmi nous du Dr Arruda du ministère, aussi de la Dre
Valiquette, je crois, qui est
associée au ministère, qui est médecin et qui se penche sur ce dossier-là. Et
je crois reconnaître un de mes collègues microbiologiste infectiologue dont
le nom m'échappe.
M. Khadir : Ah! Dr Longtin. Puis, bon, il est
infectiologue comme moi. Et je pense que c'était très important de rappeler au public et aux citoyens qu'il y a
quatre ou cinq ans, lorsque le Dr Bolduc était ministre de la Santé, il a
essayé de mettre sur pied un centre
de recherche à l'Hôtel-Dieu de Montréal avec un budget conséquent. Mais,
disons, les médecins sollicités parmi nos collègues, Dr Longtin reconnaîtra Dr Phaneuf,
étaient débordés à l'époque. Puis j'en parle parce que ça décrit un peu
l'état de la situation. Dr Phaneuf, qui a déjà, dans ses laboratoires, fait des
études pour identifier les cytokines en
circulation dans certaines infections chroniques, etc., était vraiment la
personne toute trouvée, le médecin, le spécialiste
en maladies infectieuses et microbiologiste tout trouvé pour diriger,
chapeauter, disons, ce nouvel institut de recherche que le ministre de la Santé voulait financer. Mais Dr Phaneuf
a dû renoncer parce que débordé par ses responsabilités. Et, en
l'absence de...
Moi,
j'étais déjà député à l'époque. J'aurais voulu prêter main-forte si j'étais
disponible, ce n'était pas le cas. Et malheureusement,
en raison de la terrible controverse liée à des intérêts pécuniers, comme l'a
dit le Dr Perronne, c'est-à-dire à
des conflits d'intérêts au sommet de l'Infectious Diseases Society des
États-Unis, qui a influencé... Parce que la CDC ne peut pas faire cavalier seul. Si la CDC pousse sur quelque chose dont
toute une association académique, scientifique s'oppose, on a un gros problème. Et, comme la médecine nord-américaine
et, en bonne partie, la médecine européenne, à juste titre... Parce qu'aux États-Unis il se fait des choses
absolument formidables. La CDC est un exemple de performance au niveau scientifique et technique la plupart du
temps. Et, comme on est très tributaire dans nos «textbooks», dans notre
manière de réfléchir les choses et d'aller de l'avant dans l'avancement de nos
connaissances, on regarde du côté des États-Unis,
comme je le dis, à juste titre, bien, cette controverse, ce blocage idéologique
est d'intérêt parce que ce n'étaient pas
juste des intérêts. Il y a aussi une part d'idéologies. Vous savez, dans le
domaine scientifique ou... je veux dire la guerre des ego.
Dans
le domaine scientifique, on en a eu depuis le temps de Newton, hein? Je ne me
rappelle plus de son rival, mais,
pendant quatre, cinq décennies, la physique, disons, fondamentale a été bloquée
à cause des guerres d'ego. Et on vit un peu la même chose aussi entre
certains experts qui, au cours des 20, 30 dernières années, ont été impliqués
dans le dossier.
Donc,
c'est vraiment un vent de fraîcheur que vous soyez ici, qu'on ait du temps
publiquement pour s'y pencher parce
que vous avez dit : Parce que nous sommes cartésiens, mais, comme
médecins, nous sommes aussi humanistes. Nous avons une vocation. Puis, moi, disons, ma sensibilisation à ça, c'est
qu'un moment donné il y a eu plusieurs patientes et patients... je dis plutôt patientes parce que,
souvent, c'est des femmes qui vont aller au bout de leurs questionnements.
Les hommes aussi sont atteints, sans doute,
mais on retrouve plus de femmes plus attentives à leur situation, à leur corps,
vont chercher des réponses, m'ont été référées pour des syndromes de fatigue
chronique où il fallait exclure certaines infections.
Alors,
on essaie une, deux, trois, quatre hypothèses les plus probantes, on essaie
d'éviter le surdiagnostic, mais ces patientes-là ou ces patients-là ne
sont pas adéquatement identifiés parce que nos tests ne sont pas adéquats. On
ne trouve pas les choses. Soit qu'ils
restent avec nous, puis on va plus loin, soit que, de médecin, en médecin, en
médecin, pendant des années, des patients qui dépérissent, qui voient leur vie
complètement défaite jusqu'à perdre leur emploi et parfois même leur famille, leur conjoint, leur
conjointe, finissent par nous rencontrer, par venir nous voir. Et donc ce n'est
pas tant, à mon avis, pour des raisons scientifiques qu'on doit s'y attarder.
C'est parce qu'il y a des milliers et des milliers de gens, maintenant, qui en souffrent et qui sont au bout de
ces questionnements, sont qualifiés par des médecins comme souffrants de problèmes psychosomatiques.
Et, on sait, dans un système surchargé par toutes sortes de problèmes, on a
d'autres urgences. On est très bons pour les problèmes urgents qui représentent
une menace vitale à court terme. Ça, il
n'y a pas de problème dans la médecine moderne au Québec comme ailleurs. Mais,
pour tout ce qui est chronique, vous savez,
bon, si on n'a pas de réponse immédiate, si on n'est pas capables comme
médecins de résoudre ça avec des tests, avec des pilules, bien, on dit
«psychosomatique», puis après ces patients sont laissés à l'abandon.
Donc,
c'est important qu'on puisse rappeler que ça a déjà été reconnu par un ministre
de la Santé. Et je compte sur les
représentants du ministère qui sont là pour attirer aussi grandement que
possible l'attention du ministre sur ce sujet, qu'il ne faut pas abandonner, qu'il faut essayer de chercher une équipe
quelque part, au Québec, pour qu'ils puissent, comme le Dr Perronne nous le recommande... Ils ont
accompagné le reste, je dirais, des collaborateurs internationaux qui essaient
d'y voir plus clair dans les maladies infectieuses chroniques.
Maintenant, Dr
Perronne, est-ce que vous pourriez nous informer sur... parce qu'on manque,
disons, de perspective en général. En France, par exemple, dans les sérologies
que vous faites, est-ce qu'il y a des sérologies actuellement facilement, disons, disponibles pour nous? Mettons que, si
moi, comme médecin microbiologiste, je reçois des patients, puis j'ai des
échantillons, et ici je ne peux pas me fier au test, comme on l'a dit, parce
qu'ils ne sont pas fiables, et que je
les envoie en France, est-ce qu'il y a des laboratoires ou le vôtre... qui peut
répondre à la demande de médecins, comme moi, qui sont à la recherche de
tests?
M. Perronne
(Christian) : ...pas meilleurs en France parce que c'est les mêmes
tests. C'est des sociétés internationales, donc il y a BioMérieux, DiaSorin,
Bio-Rad, etc., et c'est tous un peu les mêmes tests.
Moi,
ce qui me frappe, là, il y a des malades qui se sont amusés, entre guillemets,
à le faire, ils ont fait le même jour...
ils sont allés dans trois laboratoires différents pour faire trois tests de
trois marques différentes, ils avaient trois résultats différents. Et il suffit aussi de faire un test
avec le même test Bio-Rad, et de prendre le train, et d'aller dans une autre
ville... ou l'avion, dans une autre
ville où il y a moins de maladie de Lyme
ou plus, et on ne va pas avoir le même résultat parce que les tests sont calibrés aussi sur les donneurs de sang.
Donc,
moi, je n'y crois plus trop à ces tests sérologiques. C'est dommage, mais
j'aimerais avoir des... mais je crois plus à l'isolement direct des
bactéries, voire des parasites.
M. Khadir :
Donc, PCR.
M. Perronne
(Christian) : PCR et peut-être
ce qu'on appelle le séquençage à haut débit. Pour l'instant, je n'ai pas
encore un retour très bon parce que
j'ai commencé à travailler, mais, comme ça coûte très cher, c'est 2 000 € le test, et, quand on en
fait deux ou trois...
M. Khadir : PCR, pour
mes collègues, est-ce que vous pourriez expliquer?
M. Perronne
(Christian) : Un PCR, c'est
l'amplification génique. C'est là que, quand vous avez des... même Willy Burgdorfer, découvreur de la maladie, lui,
il faisait ça en culture à l'époque, disait que chercher la Borrelia dans
le sang, c'est très difficile, il y en a
très, très peu en circulation, alors une Borrelia pour plusieurs
millilitres. Et la PCR, c'est une enzyme qui multiplie l'ADN, l'acide nucléique
de la bactérie, des millions de fois, comme ça on peut arriver à
l'isoler. Mais, même en faisant la PCR, ce n'est pas positif à tous les coups.
Ça manque de sensibilité.
Après, le
séquençage à haut débit, c'est des techniques de biologie moléculaire où on
prend un cheveu, on frotte la peau,
on met un prélèvement biologique quelconque sur des plaques. Et là c'est des
machines automatiques qui vous sortent
tout le génome de tous les microbes qu'il y a sur la plaque. Mais ils en
sortent beaucoup trop parce
qu'ils vont sortir le staphylocoque sur la main de
l'infirmière qui a fait la prise de sang. Il suffit qu'il y ait
une trace pour que ça sorte.
Alors, après, c'est... on a beaucoup trop de
microbes que ce qu'on souhaite. Et après il faut avoir d'excellents informaticiens qui fassent du sondage de données
pour comparer aux banques de données mondiales de tous les génomes et d'essayer d'éliminer tout ce qui semble être
des contaminations. Alors, après, il faut... C'est très compliqué sur le plan
informatique parce que, si on ne fait pas
trop de filtrage, on a tout et n'importe
quoi, et, si on filtre trop, on va peut-être rater
le microbe. Mais, pour l'instant, quand je l'ai fait, ils ont trouvé des
bactéries des pots de fleurs quand ce n'étaient pas les microbes que je cherchais. Mais je pense que ça va s'améliorer
grâce aux progrès informatiques. La PCR, ce n'est pas toujours possible, mais, au moins, quand on trouve des
microbes, je trouve ceux que j'attends, la Borrelia, la Francisella, la
Bartonella, la Babesia, etc.
M. Khadir : Puis on y arrive, c'est-à-dire des co-infections, mais qu'est-ce que vous avez pensé du laboratoire du Dr Horowitz pour la détection,
ses capacités de détection?
M. Perronne
(Christian) : Alors,
Horowitz lui-même, à ma connaissance, n'a pas de laboratoire, mais il travaille,
je crois, avec... attendez, j'ai oublié le
nom. C'est une boîte qui est basée en Californie, là, c'est... ça se termine
par «gène», là, biogène ou je ne le sais plus.
M. Perronne (Christian) : C'est
M. Perronne
(Christian) : ...qui font
des... Alors, ils font des fiches-tests qui ressemblent un petit peu à la PCR, sauf qu'ils isolent l'ARN au lieu de l'ADN des
microbes.
M. Perronne
(Christian) : Oui, voilà, c'est ça.
Il y a... comment il s'appelle, qui...
Sam Shor, qui était président de
l'ILADS, m'avait parlé de tests qu'ils
font qui sont maintenant commercialisés, mais pas encore reconnus par la
FDA, qui s'appellent... c'est des
petites billes dans les urines, là, ça va me revenir. C'est des tests sur les
urines aussi, qui est un peu l'équivalent des PCR, le rota quelque chose.
Non, ça va me revenir, le nom. Je l'ai oublié.
M. Khadir : Donc, où est-ce que je voulais en venir, autrement dit, on n'a pas malheureusement... Il y a d'abord l'énorme déficit de nos tests sérologiques
standards, que ça soit immunofluorescence ou Western blot, d'abord parce qu'il y a, par exemple, juste en Amérique du Nord,
plus de 100 espèces de Lyme... de Borrelia, pas de Lyme, de Borrelia.
Donc, le Burgdorferi stricto sensu, c'en est
juste un sur une centaine, à peu près. En Europe, vous en recherchez deux
autres, ce qui est quand même mieux
parce que ça fait quand même trois sur 300, parce qu'en Europe il y en a plus
qu'ici. Donc, on a cette difficulté.
Ensuite, dans
les autres tests disponibles dans les labos, comme vous avez dit, privés, il y
a certains enjeux aussi de nature coûts, de nature fiabilité, ce qui vous
amené, je crois, en France, et je l'ai vu dans votre présentation, à parler
de l'opportunité d'un traitement antibiotique d'épreuve, d'accord? Ce qu'on
appelle un traitement diagnostique dans le vocabulaire
nord-américain : «diagnostic treatment». On l'a déjà fait pour d'autres
maladies, mais j'en parle parce que, malheureusement,
dans la bataille idéologique qu'il y a eu alentour de ça, il y a une énorme
réticence de la part de mes collègues
de commencer de donner un traitement simple. Et là on parle vraiment
d'antibiotiques qui ne sont même pas dans
les antibiotiques de première ligne dont on a besoin dans les hôpitaux pour les
infections graves qui présentent des risques
de mortalité. On parle de rifampine, on parle de doxycycline, on parle de
Septra, on parle de dapsone, on parle vraiment
d'antibiotiques qui en rien n'obstruent ensuite ou n'interfèrent avec tout
l'effort qu'on mène dans nos centres hospitaliers
pour éviter l'émergence de tous ces microbes présentant des résistances aux
antibiotiques bêtalactame de dernière génération.
Alors donc, ce que je veux dire dans
cet appel, parce qu'il y a des médecins qui vont nous écouter, je crois qu'il
est donc fort judicieux et approprié, et
j'espère que les autorités du Collège des médecins vont nous écouter également,
qu'au lieu d'envoyer une patiente ou un
patient, renvoyer chez elle avec un diagnostic de : Vous êtes madame...
allez voir vos problèmes familiaux, vous avez une maladie
psychosomatique, qu'on donne la chance, qu'on évite, je dirais, la
surconsultation qui amène des surtests diagnostiques et parfois même des
traitements inappropriés.
y a un de mes patients, pas atteint de Lyme, mais de bartonellose, de «cat
scratch disease», qui maintenant marche et qu'on avait diagnostiqué par résonnance magnétique comme présentant
une sclérose en plaques, puis on en était rendus à des traitements très, très coûteux et très dangereux juste parce que,
dans l'hôpital, certains de nos collègues microbiologistes
infectiologues refusaient d'admettre qu'on puisse envisager d'autre chose.
Alors,
j'en appelle au collège, j'en appelle à nos collègues. Qu'est-ce que vous
pensez, Dr Perronne, si moi et vous,
on écrit, à la suite de cette consultation et si on réussit à obtenir l'accord
de mes collègues, on écrit une lettre officielle invitant le Collège des médecins à considérer une position intérimaire,
en attendant que des études poussées soient faites, pour ne pas ennuyer les médecins qui sont demandés
en consultation, notamment les microbiologistes infectiologues, qu'ils puissent, avec ouverture d'esprit et humanité pour
leurs patients, initier des traitements, que vous appelez des traitements
antibiotiques d'épreuve, pour un mois, sinon pour deux, avec évidemment des
séquences avec d'autres traitements, parce qu'on le sait, dans le cas, par exemple, de la babésiose ou même du
Lyme, ça peut nécessiter deux, trois types de traitement, sans être
ennuyés par les autorités réglementaires? Est-ce que vous serez d'accord avec
une telle initiative?
Le Président
(M. Merlini) : Dr Perronne, vous avez le mot de la fin.
M. Perronne (Christian) : Je serais ravi de collaborer avec vous pour un
texte comme ça. Et peut-être ça peut vous
aider parce que la fin avril, c'est dans pas très longtemps.
Quand le texte officiel de la Haute Autorité de santé sera sorti, peut-être que vous pourrez vous en inspirer pour quelques
passages. Je ne dis pas tout copier. En France, ce n'est pas comme au Québec,
mais il y a peut-être des choses à prendre et peut-être
à faire mieux que ce qu'on avait obtenu en France.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Pr Christian Perronne, chef du
Département des maladies infectieuses et tropicales
de l'Hôpital universitaire de Raymond-Poincarré en France. Merci de votre
présence et votre contribution à nos travaux.
La commission suspend
donc ses travaux jusqu'à 15 heures où nous poursuivrons ce mandat.
(Suspension de la séance à
12 h 58)
Le Président
(M. Merlini) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services
sociaux ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle du Conseil législatif
de bien vouloir éteindre toute sonnerie de tout appareil électronique. Je vous
souhaite également la bienvenue à tous et chacun à la Commission
de la santé et des services sociaux.
Nous
sommes réunis cet après-midi afin de pour suivre les consultations particulières et auditions publiques dans le cadre de l'étude de pétitions concernant
l'instauration et l'application d'un plan
d'action relatif à la maladie de
Lyme.
après-midi, nous entendrons les groupes suivants : l'Association québécoise de la maladie de Lyme, l'Institut national de santé publique du
Québec et le directeur national de santé publique.
commence donc par souhaiter la bienvenue aux représentants de l'Association québécoise de maladie de Lyme.
Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé. Puis nous procéderons ensuite aux échanges
avec les membres de la commission. Je
vous invite donc à vous présenter, ainsi que présenter les gens qui vous
accompagnent pour les biens de la commission. Bienvenue. Et vous pouvez
commencer votre exposé.
Mme Glazer
(Marguerite) : Merci. Alors, bonjour. Mon nom est Marguerite Glazer.
Je suis présidente de l'Association
québécoise de la maladie de Lyme. Je suis accompagnée ici aujourd'hui avec le
Pr Perronne, que vous avez déjà entendu, la Pre Vett Lloyd et
le Dr Ralph Hawkins.
Alors,
en prévision... Bien, tout d'abord, je voulais remercier les membres de la
commission de nous donner la chance
d'être entendus aujourd'hui. Croyez-moi quand je vous dis qu'il y a des
centaines, sinon des milliers de Québécois en ce moment qui se réjouissent du fait qu'on puisse se faire entendre.
Alors, en prévision de ces auditions, on a fait un sondage auprès des membres de l'association, mais
plus globalement des gens atteints de la maladie de Lyme au Québec. Et
on a récolté des résultats. Et c'est ce que voudrais vous présenter en première
partie de cette présentation.
Mais,
tout d'abord, quelques mots sur l'AQML, alors, Association québécoise de la
maladie de Lyme, qui a été
partie en 2013 à cause des problèmes
grandissants au Québec pour l'accès aux diagnostics et aux soins. C'est un organisme de bienfaisance bénévole. Nous avons
240 membres inscrits. Et vous voyez les secteurs d'activité : service
soutien, sensibilisation et représentation auprès des décideurs.
Alors, pour ce qui est du
sondage, voici quelques informations dessus. Ce qui est important, c'est que,
bon, on a reçu quand même beaucoup, beaucoup
de réponses en cinq jours. Les gens étaient très, très motivés. Le sondage
était quand même long et complexe,
surtout pour des gens qui sont malades. Mais on a 202 répondants qui ont
été inclus dans les résultats. Voici
les critères pour l'inclusion. Puis, bon, notez que certaines questions peuvent
avoir des choix multiples.
Alors, tout
d'abord on voit ici les régions au Québec où a eu la morsure. Ça vient
rejoindre quand même les propos de la
ministre Charlebois. On voit qu'on en a plus en Montérégie, Estrie, etc. Mais
on en a quand même dans la majorité des régions au Québec.
Maintenant,
ces statistiques-là sont quand même
surprenantes. Elle a été surprenante pour moi, en tout cas. Il y a plus
que 50 % des gens qui se
souviennent d'une morsure de tique. Il y a 43 % des gens où la tique était
restée accrochée moins de 24 heures. D'après nos autorités, moins de
24 heures, il n'y a aucun de transmission de la maladie ou de co-infection. Et pourtant c'est presque la moitié
des gens qui sont dans cette situation-là et qui sont malades. Et, bon, réaction cutanée aussi, bien, on en a quand même
beaucoup. D'après les statistiques, souvent, ça peut être moins que ça.
Alors, si on
suit le parcours de quelqu'un qui a justement eu cette piqûre de tique, qui
s'en souvient ou non, bien, le
premier test qu'il ferait au Québec, c'est un ELISA. Ensuite, ça serait un
Western blot, s'il était positif. Ici, on voit un peu la comparaison juste pour voir les niveaux et
les résultats à l'étranger et au Québec et on voit l'ELISPOT, qui est un
test utilisé par certains praticiens,
considéré comme meilleur par certains, justement, qui a aussi des résultats
positifs. Donc, on voit qu'il y a peut-être un problème de calibration à
ce niveau-là pour l'ELISA au Québec.
Ensuite, si on regarde l'amélioration de l'état
de santé après une courte antibiothérapie, ça, c'est pour les personnes qui l'ont eue, donc ce n'étaient pas
tous nos répondants, puis je crois que ça, c'est une des statistiques les plus
intéressantes, ici, qu'on voit. Alors, 71
personnes ont reçu des antibiotiques, et voilà leur amélioration. On parle
quand même de plus de 50 % des gens qui en ont eu, de 0 % à
20 %.
Ensuite,
c'est là que commence un parcours que beaucoup, beaucoup de Québécois ont eu et
un parcours qui a fait souffrir
beaucoup de gens parce qu'après ces deux à trois semaines d'antibiotiques là,
si on les reçoit, après ça, bien, la maladie
de Lyme s'est terminée ou elle n'a jamais existé. Alors, on se retrouve avec
tout plein de diagnostics et une errance médicale qui est vraiment destructive pour la vie des patients atteints.
Alors, on parle de dépression, de fibromyalgie, de fatigue chronique, migraine, tout plein
d'affectations dont on ne connaît pas la source et qui pourraient être causées
quand même par la maladie de Lyme.
Maintenant,
ça, c'est presque l'entièreté de notre cohorte de répondants qui a répondu. Si
vous regardez, c'est quand même... moi, je trouve ça très alarmant.
Alors, on parle de «plutôt grave», «très grave», «extrêmement grave». «Très grave», c'est quelqu'un qui ne peut ni
travailler ni avoir de vie familiale ou sociale. Ça, c'est la catégorie où nous
avons le plus de personnes.
Alors, on a
aussi les conséquences sur la vie. Ce qui est important ici de voir, c'est tout
simplement qu'on a environ plus que
50 % des gens qui, depuis plus de deux années, ne peuvent pas travailler,
ou avoir une vie sociale ou familiale, ou
être dans un état d'invalidité. Alors, c'est difficile de croire qu'on se fait
encore dire que la maladie de Lyme est facile à soigner et qu'elle ne
cause pas de problèmes chroniques.
Alors, ici,
on va voir l'amélioration après plusieurs mois. Les gens se retrouvent à aller
aux États-Unis ou ailleurs, en
Europe, aussi ailleurs au Canada, pour faire une antibiothérapie prolongée. Et
ce que ce graphique nous démontre, c'est qu'il y a quand même... ce n'est pas de la science exacte ici, mais
c'est quand même un graphique qui démontre qu'il y a amélioration, que de plus en plus de gens arrivent
à un état qui est plus proche de la santé, le plus qu'on avance, mois,
année et plus que deux ans.
On rencontre beaucoup, beaucoup de difficultés
avec les médecins pour se faire écouter au Québec. Voici les réactions qui ont été rencontrées. Vous comprendrez
que les réponses multiples étaient possibles ici. Mais c'était bien... les réponses les plus communes, c'étaient ces
réponses-là. Alors : déni, fermeture, méconnaissance, inconfort. On dirait
que les médecins ne savent pas où donner tête eux-mêmes.
Maintenant,
nos membres, aussi, ça, ça peut être très parlant ici, on parle de leur
impression face au système de santé
et aux soins qui ont été reçus. Alors, vous allez voir que, vraiment, on est dans
le : «Je suis complètement abandonné», «Très insatisfait», «Au
contraire, ils ont plutôt nui». C'est vraiment ce qu'on entend de nos membres,
beaucoup.
Ensuite, une
statistique qui ne fait plaisir à personne : 58 % des répondants ont
considéré le suicide en lien avec leur
situation de santé. Alors, je veux vous dire que c'est une situation qui est
très, très difficile, alarmante et urgente parce qu'on parle de vies
humaines ici.
Juste un dernier graphique pour terminer. On a
demandé quels étaient les pires aspects de la maladie, entre supportable et insupportable. Le gouffre
financier, beaucoup moins grave, même s'il est souvent très élevé, que le
manque de reconnaissance officielle
et l'incompréhension de la part des médecins. Alors, selon nos membres, vraiment, c'est les aspects les plus insupportables
d'une maladie qui est très, très grave déjà.
Alors, maintenant, je vais laisser la parole au
Dr Ralph Hawkins.
Hawkins (Ralph) :
Thank you very much, Marguerite. I apologize for my inability to speak to you
in French. I'm
really missing this. Thank you for the invitation to come and present to this
body. I think it is profoundly important that this is happening.
have been a general internist for 30 years. I received my Royal College
certification in 1988, and I am presently on Faculty at the University of Calgary Cumming
School of Medicine, and I work in an Alberta Health Services facility. That being said, what I am saying today does not
represent anything that has been passed or attributed to the University of
Calgary or Alberta Health Services. I am speaking as an individual
practitionner from my own experience and reading.
The testing for Lyme
disease is faulty. I am going to go through a very quick example here. This is
an illustration of 100 people who have been infected
with Lyme disease who come for medical attention.
So these 100 people may have what is
called the erythema migrans rash. The erythema migrans rash, when it is acute or when it is new, will have
about a 64% likelihood of being positive on the first test that is applied to
the blood. That's
the second line from the bottom that you see there. And so, with that 64%
likelihood, you already have eliminated a correct diagnosis in one third
of the population who present.
The next test that is done is the
Western blot test and it identifies only about 50% of the people who truly have Lyme disease. So, by the time
that the testing is done on the blood, you are only identifying about one third
of the people who are truly diseased,
and that is much of the problem. Many people with true legitimate disease go
for medical attention, this type of testing is done, and two thirds of
them are not identified by virtue of the test characteristics.
The majority of patients who have Lyme
disease will have strains of Lyme disease that perform poorly with the tests. This is an illustration
or some data that identifies the three main different types of the Lyme
Borrelia. I won't get in the technical aspects, but they are listed as RST1, 2
and 3, and you will see that the two-tier test, the so called gold standard
test, is effective in identifying roughly half of those patients who have the
first genotype, but it is well below half in the other two serotypes,
and the overall performance of the test falls below 40%.
current testing has been evaluated independently by researchers in Britain, and
the likelihood of a patient receiving the
testing getting a false negative test, that means the testing is done and comes
up negative when the disease actually
exists in the acute stage, the second tier test is estimated to be as high as
85% false negative. And you can see yourselves that, in later disease,
the test performs somewhat better, but is never really much better than a coin
toss.
This is national microbiology lab data
from 2011 through 2015 that's been reported in the literature. And I'll draw your attention to the province
of Québec, which is in group 3. The way that this
data was collected was with those who had that first test positive, the C6 test positive, then the blood is
sent to the National Microbiology Lab for confirmation
with the second tier, the Western blood study. And, for the province of Québec
in those five years, that second test confirmed
Lyme disease in 27.7% or, to say it in a different way, 72.3% of Quebeckers who
had a positive first test were told that they did not have Lyme disease because the test was not
confirmed at the second stage. That's about 450 people in that five year period who
would have been told that they don't have Lyme disease because of the faulty
test performance.
C6 test. That first test has been validated as being really quite a legitimate
test on its performance as a single-tier
test. That single-tier test would have accuracy of 98.75%, and it is the most sensitive way of
testing for Lyme disease
of the tests that are readily available to us. This single-tier test, really,
is comparable to the results of the two-tier testing. And, if we wanted to be absolutely accurate, we would abandon
the Western blot study and go with a two ELISA method instead. Doctor
Khadir will know what I'm talking about with those comments.
This is the product monograph of the
C6 test. This is what is intended to for its licence's use. And the C6 test, by its intended use as licence,
identifies that a negative result should not be used to exclude the diagnosis
of Lyme disease. But that is in fact
exactly how the test is applied. So, the test is being applied in a way that is
not intended, as a rule out to test, and patients are disadvantaged
because of that.
If a case of Lyme disease is
identified correctly, and a diagnosis is established properly, and they are
treated with the
appropriate antibiotics for the right duration of time, still 14% or one out of
seven patients will go on to have functional disability measured beyond six months. So, this is a disease that, when
it is correctly identified and correctly treated, is disabling.
Unfortunately, 72.3% of patients don't get a diagnosis, and so they don't get
treatment. Those people will virtually all have long term disability.
This
is the approach that I would look at in terms of how Lyme disease should be
approached by authorities. We have certain or
definite Lyme disease that meets everybody's diagnostic criteria, and that
would be the yellow circle that you
see there. But, beyond that, you have two other categories possible and
plausible cases of Lyme disease, and that would encompass those 450 or more
people who were disadvantaged.
And so, I would go to this approach
for the definition and diagnosis of Lyme disease and allow the treatment of
Lyme disease not just for certain cases, but also for probable and plausible
cases. And I think I'll turn over to Doctor Lloyd
at this point. Thank you.
Lloyd (Vett) : OK. So,
thank you very much for inviting us here, thank you for your time. I apologize,
I am also incapable of being understood in
French. It's actually better for you if I speak English. I'm a professor of
biology at Mount Allison University
in New Brunswick. I've been studying ticks there for quite some time. We have a
large tick bank, we have the largest
tick bank in Eastern Canada. I'm also the director of the Mount Allison Lyme
disease Research Network.
My work is in part on ticks and where
ticks are expanding. And I'm going to have to refer to New Brunswick data in my second slide, but my first
slide is simply to point out that the ticks surveillance in Québec is
excellent, it is good. There are
number of good initiatives to find the black-legged tick, which is also known
as the deer tick, and not just the main,
although not the only tick that gives people Lyme disease. And this is an
example of one surveillance effort called eTick run out of Bishop's University. So there is good awareness of one
part of the problem. The real problem is what we don't know. So the next
slide.
The black-legged tick is not the only
problem. Ticks are introduced... they come on migrating birds, they come on migrating animals, mammals.
So we can get exotic ticks introduced. Now, some of the exotic ticks we
noticed, there is the lone star tick,
that's shown on the left. Everyone gets very excited about this because it
causes meat allergies, which is
probably not life-threatening. It just changes your diet. It also carries a
number of diseases which are life-threatening.
A more serious risk, though,
are the cryptic ticks, the ticks that we wouldn't notice. And these are
European ticks. They look very much like the
ticks that are here, so we misidentify them. You have to do DNA work to
actually find
these things. And the problem with these ticks, they are being brought from
Europe on birds that migrate across the ocean and birds that come up from the United States along the migratory
routes. Québec is right at the intersection of two major bird migratory routes. So, while it hasn't
been studied, there should be a very high diversity of ticks here. And these
ticks bring in pathogens that are not checked for.
order to have someone checked to see if they have a European strain of Lyme,
they have to have gone to Europe. However, we have found in New Brunswick, right
along the border with Québec, that we have many of these ticks, and they are infected with the European Lyme disease
strain. It's also found in Newfoundland. In your neighbouring Province of Ontario, in the other direction, we have humans
who are infected with the European Lyme who have never left Canada. So,
you have types of Lyme disease here which are not detected by the standard
testing.
The last slide points out
another problem. This is another type of bacteria, very much like the Lyme
bacteria, and it causes a disease that is
Lyme-like. For the person who is sick, it really doesn't matter which
particular species of bacteria you
have, you are still very ill. This was rare in 2012. There was... only 1% of
the ticks had it. We checked in New
Brunswick in 2016. That had gone up to 4%. That's still not very much, but a
fourfold, that's basically doubling every
year. And part of the reason that this is really a dangerous strain is that,
once an animal is infected, say, a wild mouse, that animal will pass it on to their offspring. So, you don't need a
second tick to infect the offspring. So, we're going to have more and more wild animals infected, and then
normal ticks will bite those wild animals and they can transfer this new
strain of Lyme disease to humans, and to dogs, and our pets, and agricultural
animals, and we can't detect that.
the short version here is : this is a very good reason why we have to
trust our physicians to use their training, and make a clinical diagnosis of
Lyme disease, and not rely on the blood tests. As Doctor Hawkins just said, even for the expected strain of Lyme disease, the blood test has major
problems.
Président (M. Merlini) : Thank you, Doctor Lloyd and
Doctor Hawkins, Mme Glazer. I actually gave you 10 more minutes to present, in
view that the importance of the subject matter... that the members of the
committee wanted to study this
matter, along with the people who are accompanying you today, that are seated
behind you. Alors, j'ai donné
un 10 minutes supplémentaire à nos invités pour permettre un exposé plus approfondi
pour faciliter et permettre des questions plus pertinentes des membres de la
commission.
Alors, nous
allons procéder avec un premier bloc d'échange avec le parti ministériel. Vous
disposez de 16 min 45 s. M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Chevarie :
Merci, M. le Président. D'abord, bienvenue à l'association ici, à l'Assemblée
nationale du Québec. Ça nous fait
extrêmement plaisir de vous accueillir. Et j'aimerais, au nom de mes collègues,
vous remercier aussi pour votre contribution au travail des membres de
cette commission sur cette problématique.
Peut-être,
dans un premier temps, rapidement nous présenter c'est quoi, l'Association
québécoise de la maladie de Lyme, et
quelles sont ses... votre principale mission, et également le nombre de membres
qui font
partie de votre association.
Mme Glazer
(Marguerite) : Nous avons environ 240 membres. L'association a environ
cinq ans. Et notre but principal, en
fait, c'est de se battre pour que les Québécois aient accès aux diagnostics et soins
de la maladie de Lyme, pour qu'ils ne
doivent pas soit le faire en cachette, soit se déplacer aux États-Unis ou dans
le reste du Canada, en Europe, etc. C'est vraiment pour ça qu'on se bat.
M. Chevarie :
Vous dites : Le faire en cachette. Pour quelle raison quelqu'un partirait
en cachette, entre guillemets, pour se faire soigner? Il me semble
que...
Mme Glazer
(Marguerite) : Ce n'est pas quelqu'un partir en cachette. C'est qu'il
y a beaucoup de médecins au Québec, c'est certain qu'il y en a qui sont
en mesure... ils ont le droit de pratique. Donc, peut-être qu'ils pratiquent à l'extérieur des protocoles officiels et que ce
n'est tout simplement pas connu. Mais vous comprendrez que ce n'est pas
une situation souhaitable non plus.
M. Chevarie : O.K. Dans
l'ensemble de la problématique que vous avez identifiée, partons de la
prévention, l'information, aux interventions
qui sont faites, actuellement au Québec, auprès des personnes qui sont aux
prises avec cette maladie. Quelle est
selon vous... parce que je regardais votre présentation et le sondage, mais
quelle est, selon vous, la principale
difficulté, et ce serait quel type d'actions qu'on devrait prendre en priorité
pour améliorer, là, assez rapidement la situation de vos membres?
Mme Glazer
(Marguerite) : Je dirais que la principale difficulté, ça serait le
deuxième point. Vraiment, si on parle
de l'accès aux soins pour les patients dans le concret, c'est le manque de
protection légale pour les médecins qui prodigueraient des soins à l'extérieur des protocoles actuels. C'est ce
qui, dans le concret, amènerait plus de santé aux gens.
C'est sûr
qu'on demande la reconnaissance de la maladie de Lyme chronique, mais la
reconnaissance, ça ne fait pas guérir
les gens. Nous, on a besoin de médecins qui sont formés pour ça, qui sont
connaissants sur la maladie de Lyme. C'est complexe. Alors, on a besoin de
développer une expertise ici puis on n'a pas un climat pour le faire en ce
moment. Alors, c'est vraiment le numéro un, c'est que les docteurs puissent
soigner les patients qui sont malades, oui, et, important de noter, qu'ils le fassent sur les bases diagnostiques
qui soient soit cliniques ou sur d'autres tests qu'ils jugent appropriés parce que, bon, l'exposé a quand même
été fait, les tests utilisés au Canada ne sont pas assez sensibles et ne
répondent pas aux besoins pour savoir si
quelqu'un est infecté ou non. Beaucoup de faux positifs. Pardon, faux négatifs.
M. Chevarie :
O.K. Quand vous avez fait votre sondage, vous avez rejoint une centaine de
personnes. 200. 200 personnes.
Mme Glazer
(Marguerite) : Oui. Mais, c'est-à-dire, on en a rejoint plus, mais
nous avons eu 204 répondants, dont 202 qui ont été retenus.
M. Chevarie :
O.K. Et là-dessus, par rapport à la relation entre le patient et son médecin,
vous dites qu'il y a 80 % des
personnes qui ont perçu un déni de la part du médecin ou encore une certaine
fermeture à aborder le sujet avec ces personnes-là. Et 64 % disent
que le médecin, de ce que je comprends de ce que vous avez mentionné par
rapport au sondage, que les médecins sont un
peu confus. J'aimerais vous entendre davantage là-dessus, si vous avez des
informations.
Mme Glazer
(Marguerite) : Bien, écoutez, c'est un sondage qui était... il y avait
des questions qui étaient un peu plus
informelles, donc, ça, ça serait une question qui est un peu plus informelle.
C'est vraiment une question d'opinion. Donc, je ne sais pas si je peux parler
en nom des gens sur leurs opinions, ils se sont exprimés. Mais je pense que,
bon, le climat, en ce moment au
Québec, n'est pas propice pour que les médecins montrent une ouverture face à
la maladie de Lyme. Alors, c'est
certain que toutes les réactions que vous avez rencontrées dans ce tableau-là,
surtout, on va dire, les réactions
plus négatives, c'est quelque chose qui est... bien, je veux dire, c'est le
résultat du système dans lequel on vit en ce moment. Les médecins ne
sont pas encouragés à en savoir plus. On leur dit... Les autorités vont souvent
nier la présence de la maladie de Lyme
chronique. Alors, ça devient un sujet dont on ne veut tout simplement pas
parler. Et je peux comprendre certains médecins qui se disent :
Non, ça, je ne veux pas y toucher, c'est trop compliqué.
M. Chevarie :
Peut-être pour une question... je vais avoir deux dernières questions, M. le
Président. Après ça, je vais passer la parole à mon collègue. Pour des
personnes qui sont atteintes de la
maladie de Lyme puis que c'est devenu chronique,
il y a des traitements par antibiotiques, de ce que j'ai compris. Est-ce que
ces traitements-là ont la capacité d'arrêter et de faire régresser les
incapacités ou c'est tout simplement contrôler la situation médicale de la
personne?
Mme Glazer (Marguerite) : Je
dirais que c'est une question qui serait sûrement plus appropriée pour les
médecins ici. Donc, j'invite soit le Pr Perronne ou le docteur...
Le Président (M. Merlini) : Pr
Perronne.
M. Perronne
(Christian) : ...qu'il y a
des malades qui guérissent ou qui s'améliorent beaucoup avec des chemins
antibiotiques courts, mais ceux qui sont
très malades depuis des années et des années vont souvent rester encore très
malades après quelques semaines. Il
faut des mois, quelquefois des petits traitements séquentiels. Et il arrive quelquefois, mais c'est exceptionnel,
qu'on soit obligé de traiter pendant des années, mais pas de façon
continue. La grande majorité des cas, au bout de trois à six mois,
voire neuf mois de traitement, sont déjà beaucoup mieux, retrouvent une vie
normale.
Alors, après,
c'est vrai que beaucoup de médecins utilisent, ou des malades eux-mêmes,
utilisent beaucoup de phytothérapies,
de traitements naturels à base de plantes, parce qu'il n'y a pas
d'interdiction. Et j'ai remarqué, moi, ce n'était pas du tout ma formation, j'ai été impressionné de voir qu'effectivement les patients qui faisaient de la phytothérapie rechutaient beaucoup
moins que les autres.
Quand on
regarde les publications scientifiques, on sait qu'après plusieurs
mois d'antibiotiques la Borrelia, elle est encore là, et on peut la
cultiver. Donc, moi, je pense que, dans certains cas, elle est là très longtemps.
Après, si le traitement a permis de ramener
la quantité de bactéries à un taux très faible, je pense que le système
immunitaire reprend le dessus. Et là,
autant le fond de la maladie n'est pas psychique, ça, je suis convaincu, mais
le psychisme joue un rôle important
dans la modulation de la maladie. Il
y a des gens qui ont guéri, il y a un
grand stress, ils apprennent un décès dans
leur famille et rechutent dans les 15 jours. Et moi, dans mes échecs, j'ai
des malades qui ont un tel stress permanent du fait de problèmes familiaux majeurs qu'ils ont du mal à s'en
sortir. Donc, je crois à ce facteur psychique, mais il n'y a pas
que ça. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui c'est très difficile. On ne peut pas donner une
durée de traitement pour tout le
monde. Il faudra qu'on fasse beaucoup de recherche pour affiner.
M. Chevarie : Une dernière question. Compte tenu que vous avez été vraiment les personnes, l'association, qui avez
investi pour que la commission
puisse se pencher sur le sujet aujourd'hui, quelles sont vos attentes par rapport aux membres de la commission pour les prochaines semaines ou les
prochaines étapes?
Mme Glazer
(Marguerite) : Il y a
trois attentes qu'on a. Et c'est vraiment quelque
chose qui est important pour nous. Les mots «urgent», «urgence», c'est quelque chose qu'on répète beaucoup parce
qu'il y a des gens qui souffrent
en ce moment, aujourd'hui. Il y a des gens qui auraient voulu être ici avec nous
qui ne le sont pas parce qu'ils sont trop malades. Alors, on s'attend de
la commission... Bien, tout d'abord, on est très contents qu'on puisse se faire
entendre aujourd'hui, mais on aimerait ça que la commission
étudie le sujet avec beaucoup de sérieux et en comprenant que les choix
ont un impact très réel et parfois de vie et de mort sur nos membres. La situation
actuelle est désastreuse. On a souvent des
gens qui sont en détresse. Alors, on s'attend à ce que le gouvernement ait une ouverture face à ça et nous aide à travailler pour que les gens aient des soins
appropriés au Québec et qu'il y ait des médecins qui puissent les
prodiguer.
M. Chevarie : Merci beaucoup.
Je passe la parole.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le député des Îles-de-la-Madeleine et adjoint parlementaire au ministre de
la Santé et des Services sociaux. M. le député de Trois-Rivières, la parole est à vous, et vous disposez d'un peu
moins de sept minutes. Il reste 6 min 45 s.
M. Girard : Excellent. Merci beaucoup, M. le Président. Donc, bienvenue.
Welcome to the National
Assembly of Québec. Je
vous dirais que votre présentation, c'est un petit peu épeurant. Et je
comprends, mon collègue a parlé beaucoup
des symptômes, les problématiques des gens qui souffrent, j'en suis conscient. Effectivement, c'est un volet auquel il faut s'attaquer
immédiatement pour aider ces gens-là. Mais, comme j'ai mentionné
lors du premier groupe que l'on a reçu ce matin, ce qui m'inquiète aussi, moi,
c'est la suite des choses. Ce qu'on voit cet après-midi, c'est qu'on a des
tiques qui viennent de l'Europe. Il y en a
qui viennent des États-Unis. On en a de
plus en plus au Québec,
au Nouveau-Brunswick. Même
on en a en Ontario, Newfoundland. On
parle de plus en plus d'animaux infectés. On a vu, dans le graphique tantôt,
les gens qui sont infectés de façon certaine, de façon probable, plausible.
Donc, ce que je vois
aujourd'hui, c'est que c'est probablement plus gros que ce qu'on est capable
d'évaluer aujourd'hui. Il y a des risques pour le futur qui sont probablement
très grands pour la population en raison de cette propagation-là, le nombre de tiques qui semble, si j'ai bien compris,
grandissant, le nombre d'animaux infectés, le nombre de personnes
infectées.
Moi,
c'est vraiment de voir comment on peut s'attaquer à cette
problématique-là. Oui, s'occuper des gens qui sont pris avec la maladie, mais éviter que la maladie
continue à se propager. Est-ce qu'une des solutions, ce n'est pas de tenter
par une façon quelconque d'enrayer ce type
de tiques là, que l'on puisse les détruire? Est-ce qu'il n'y a pas une solution
microbiologique où est-ce que... Et on n'a
pas une façon où on pourrait tenter de s'attaquer directement à la source du problème, qui
sont les tiques, pour éviter les morsures éventuellement? Peut-être
que je rêve un peu, là, mais ça fait peur, ce que vous nous avez
présenté, là.
Mme Lloyd
(Vett) : Thank
you. We can do something
about the risk, it's almost impossible to vacuum up all
the ticks in Canada. There are very few things that eat ticks, some ground-dwelling birds
do. So, we, to some extent, have to get used to the ticks and teach people that you
have to change your behaviour. And now, after being in the garden, after
you go for a hike in the forest, now you
must check yourself to see if there's a tick and then remove it. People have
been living with ticks very successfully for millennia. So, it's a
matter of adjusting to this change in our environment.
However, there are other more active
things we can do to control the environment. Some of the risk is the way we have planned our communities.
We're making very good places for the mice that harbor the bacteria to live.
So, we can control the rodents, and
that's usually a popular thing to do anyway because most people don't like mice
in their houses. There are also vaccines available for dogs that could
be applied to wildlife.
So, we probably can't get rid of the
ticks, but we could control the infection in the ticks. But, of course, in all
cases, we have to
deal with the people who are ill now, and, no matter what we do, there will
still be people who are becoming infected. But, hopefully, we could
prevent a much worse situation.
M. Girard : Au niveau de traitements, au niveau de ce qu'on
peut faire pour les gens, on a vu tout
à l'heure que, bon, en
termes de diagnostic, ce n'est pas
évident. On procède souvent par élimination, mais on élimine probablement des gens qu'on dit : Ils ne sont pas porteurs de la maladie, mais,
en réalité, ils le sont parce que nos façons de diagnostic, nos méthodes ne sont pas au point pour vraiment
bien diagnostiquer. Et il y a des traitements également qui sont disponibles.
Moi, il y a quelqu'un
dans mon comté qui est ici, derrière, qui assiste à la rencontre cet après-midi
et que sa fille est atteinte, et ils
sont allés aux États-Unis pour des traitements qui semblent avoir été des
traitements qui ont amélioré la qualité
de vie.
Qu'est-ce qu'on fait de plus aux États-Unis que l'on ne fait pas au Québec?
Quelle est la différence? Pourquoi
on réussit à avoir des choses qui améliorent
la qualité de vie dans d'autres pays, et quels sont ces
traitements? Et où on est rendu ailleurs
versus au Québec?
M. Hawkins (Ralph) : So, in terms of diagnosis of the
disease, there are ways of using the tests that are present today in a smarter way, to be
more sensitive and to capture the individuals who are truly sick better. It's
simply a matter of changing the
definitions of what you accept as a positive test result in using the tests
together in parallel rather than sequentially. In terms of the treatments, the
treatments of long-standing or chronic Lyme disease require longer durations
of antibiotics than... are recommended under
the guidelines that have been adopted by the AMMI and the IDSA organizations.
The rules for practicing medicine in Québec are regrettably quite restrictive on treating
people beyond whether accepted
as the scientific
or overreaching guidelines. And other jurisdictions not just in the United
States, but in Canada as
well, are more permissive of allowing the use of treatment protocols that go
beyond the guidelines. The guidelines are actually self-defined as being
voluntary.
Président (M. Merlini) : Autres questions, M. le député?
Président (M. Merlini) :
Ça va. Alors, ça va terminer le bloc avec la
partie gouvernementale. Nous allons aller du côté de l'opposition officielle. M. le
député de Labelle, vous disposez d'un bloc de 10 minutes.
M. Pagé : Oui, bien,
écoutez, encore une fois, M. le Président, je vais peut-être laisser un peu de
temps aussi à mon collègue le député de Mercier, comme nous avons fait ce
matin, afin qu'il contribue aussi à nos travaux.
Merci beaucoup à vous tous d'être
présents, à vous toutes. Merci, Mme Glazer, pour le travail incroyable que
vous faites au nom, je pense, des
gens qui vous entourent, mais pour tous les Québécois également qui saluent
votre travail vraiment très
rigoureux. Et quand je voyais, ce matin, le mémoire que vous nous présentez
avec 14 recommandations, ce
n'est pas rien. Mais, bon, je ne peux pas présumer de ce qu'on va retenir de
ces 14 recommandations. Si vous aviez à prioriser des recommandations,
est-ce qu'elles sont dans l'ordre de priorisation ou vous êtes allés dans le
désordre?
Mme Glazer
(Marguerite) : Elles ne sont pas en ordre de priorisation.
Mme Glazer
(Marguerite) : C'est une liste que je crois qui vaut la peine d'être
étudiée, regarder, voir ce qui est possible.
Vous comprendrez que je n'ai pas nécessairement toutes les données pour savoir
qu'est-ce qui est quelque chose qui est un plan à court terme, long
terme, mais c'est certain qu'on aimerait voir l'instauration de plusieurs de
ces recommandations le plus rapidement possible.
M. Pagé :
O.K. Lors du dépôt de la pétition, vous aviez quatre éléments, dont le quatrième
était la création d'un comité
incluant obligatoirement l'AQLM. Bon, on sait que Santé Canada travaille
là-dessus, l'Institut national de santé publique également. Est-ce que, présentement, vous faites
partie du
comité de travail de l'Institut national de la santé publique?
Mme Glazer
(Marguerite) : Non, pas du tout. On n'a pas été approchés non plus.
M. Pagé :
O.K. Oui, l'INESSS, ça serait la même chose.
Mme Glazer
(Marguerite) : C'est certain que ça serait une belle opportunité.
M. Pagé :
Oui, bien, je pense que le message va être entendu. Il y avait également... on
a parlé d'élargir les critères acceptables.
Je pense que c'est monsieur qui a parlé d'élargir ces critères acceptables.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus? Qu'est-ce que ça serait, d'élargir
les critères acceptables?
Hawkins (Ralph) :
So, the testing that is done for Lyme disease can include a test called the
ELISPOT test, which is done routinely in Europe, but it is not done routinely
in North America. It's a test of the T cells, that are immune cells in the body, and their response to
the Lyme disease organism. It can be tested and it has a high degree of
sensitivity for Lyme disease. It's not employed as part of the testing
in Canada.
It could easily be. I know that there
are three ELISPOT machines that exist in Canada, they're all being used for research purposes that have
nothing to do with Lyme disease. But, if that test was applied in parallel with
the testing that is already done by
public health authorities, I have estimated that the sensitivity of that
approach would be in the neighborhood of
94% or 95% sensitivity and it would retain 93% specificity for the disease.
That would be very strong for any clinician dealing with a patient problem. That would allow you to say that, yes,
this patient does not have the definite criteria as they're set out by the Centers for Diseases
Control, but the evidence is so compelling that it is more likely than not that
this patient has Lyme disease, that it would still be clinically relevant to
treat.
So, that's what I mean by expanding
the criteria, encouraging the use of alternative diagnostic techniques that permit you to infer that the disease is present.
Pagé : O.K. Je reviens à Mme Glazer. Mon collègue a dit
tantôt que plusieurs personnes vont se faire traiter aux États-Unis. Bon, semble-t-il qu'il y a des
résultats très probants. Par contre, est-ce qu'il y a des gens qui vont se
faire traiter aux États-Unis, mais
qui reviennent avec une santé détériorée? Est-ce qu'aussi l'inverse existe?
Parce qu'on nous a dit qu'il y avait
beaucoup de charlatans, il fallait faire attention. Est-ce qu'il y a des gens
de votre association qui disent : Je reviens des États-Unis, ma
situation, elle est pire qu'elle était?
Mme Glazer
(Marguerite) : Bien, c'est-à-dire, tout d'abord, nous, on recommande
certains professionnels en qui on fait confiance, c'est certain, qui ont fait
leurs preuves. Je ne peux pas vous dire que quelqu'un est venu dire à l'association qu'il avait été victime d'un
charlatan. Je pense que c'est quelque chose que... Non, on n'a pas eu de
rapport. Je ne pourrais pas le dire comme ça.
n'a pas nécessairement... Je ne peux pas vraiment parler pour la santé ou
l'état de santé de nos membres. Ça serait
vraiment à eux de leur dire qu'est-ce qui les a aidés, qu'est-ce qui ne les a
pas aidés. On sait qu'en général les gens sont très, très contents quand ils ont enfin des réponses à leur
problème de santé. Puis le fait que les États-Unis ne sont pas trop loin puis que c'est beaucoup plus facile
de recevoir des soins là-bas qui sont appropriés, c'est quelque chose qui
sauve ces gens-là. Donc, je dirais que,
majoritairement, on entend des gens qui sont satisfaits, qui sont contents,
c'est-à-dire, «satisfaits», ce n'est
pas le bon mot, qui sont contents d'avoir trouvé de l'aide enfin, et qui
voudraient avoir cette aide-là au Québec, et qui revendiquent cette
aide-là au Québec, justement.
Alors,
je dois dire que, généralement, nos membres sont très contents d'avoir
l'opportunité d'aller ailleurs pour se faire soigner.
M. Pagé :
Peut-être une dernière question pour laisser plus de temps à mon collègue, mais
on a fait allusion, je pense que
c'est la Dre Lloyd, de l'allergie par rapport à la viande et par rapport aux
animaux aussi. Et là j'aimerais que vous, avec le peu de temps que nous avons, que
vous nous expliquiez qu'est-ce qu'on devrait faire pour prévenir à l'égard
de la transmission via soit la viande ou encore les animaux.
Mme Lloyd (Vett) : So, the meat allergy is an incidental
aspect of a certain type of tick biting someone. That tick is fairly rare. So, it's very unpleasant for
the person who has it, but it's not a large scale problem. The transmission
risk from animals is if an animal gets
infected and then it's a source of the bacteria. So, if another tick feeds from
that animal, that tick will be
infected. And, if that tick then goes to feed on a human or if it feeds from a
dog, or a cat, or your child, then it can transmit the disease to you or
to your family members.
we can't really effectively get rid of ticks. We can reduce the number of ticks
in the immediate areas of our houses. We can certainly teach people to watch out for ticks. Probably
vaccinating wildlife animals and also applying tick killing products to
wild animals, that can help the problem. It won't eliminate it.
some extent, we're looking for true prevention, I think we have to look at a
vaccine. That's technically tricky in humans. There are vaccines available for dogs,
and that could be applied to wildlife because, really, if a wildlife has
side effects from a vaccine, yeah, it's a mouse.
M. Pagé : Je vais
laisser mon temps. Je vais laisser le temps qu'il reste.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Lévis, du deuxième groupe
d'opposition, vous disposez d'un bloc de 6 min 45 s.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. Je vais poser une question. Je vais aller dans le même sens, si vous
me permettez. D'ailleurs, bienvenue aux
membres de l'association. Et ma première question s'adressera à la
Dre Lloyd. Est-ce que vous
suivez cette problématique depuis longtemps? Vous dites que vous avez une
collection de tiques, que je ne vous
envie pas, mais il y a une progression. Est-ce que vous voyez, depuis le temps
où vous analysez tout ça... est-ce qu'on
a une vision épidémique de la chose? Est-ce que la progression est à ce point
inquiétante que, si on n'agit pas bientôt, on va perdre le contrôle?
Mme Lloyd (Vett) : The number of ticks are increasing,
and the rate of infection in the ticks and, most importantly, the rate of infection in the
wild animals is increasing. So, certainly, acting now would be better than
waiting five years or 10 years. Having acted 10 years ago would have
been even better.
lab has been following this for the last seven years, the Public Health Agency
of Canada has been following it since the 1990's, and we see... my work is primarily Eastern Canada,
but, whoever is doing it, we see the same thing : there are more ticks that relates to climate
change in part and the chained movement of animals in response to the climate.
There are many things that drive the increased number of ticks.
So, yes, we do have a problem
and we have to address at least some part of it. Solving ecological problems is
tricky, it takes a long time and it never works all that
well. The most important
thing we could do is look after the health of the people who've already become sick from
this, and then see if we could prevent other people from becoming sick.
M. Paradis
(Lévis) : Merci. Je
comprends. Savez-vous ce qui m'inquiète aujourd'hui? C'est que nous avons ici
des gens qui sont touchés par le problème de façon réelle et
directe : des parents, des amis des gens qui sont touchés, mais il y en a
peut-être de nombreux et de nombreuses qui ne le savent pas, et qui vivent des
symptômes, et qui là, aujourd'hui, se
diront, ou éventuellement : Moi, je suis un amateur de nature, peut-être
que c'est ça qui se passe dans mon cas.
Alors, on doit voir plus loin maintenant. En
tout cas, c'est qui me semble à travers ce que vous me dites. Et là il y a trois problèmes : il y a les diagnostics,
c'est assez complexe, je vais m'arrêter au traitement parce que j'imagine que,
lorsqu'on est atteint et qu'on se bute à une
machine qui ne reconnaît pas notre problématique de santé, c'est, sur le plan
de l'anxiété, du stress de la qualité de vie, ça démolit des gens.
On nous
disait ce matin que le traitement est relativement simple au départ : des
antibiotiques sur une période de temps.
Moi, j'ai rencontré des gens qui étaient touchés et qui m'ont dit : On me
refuse le traitement prolongé parce qu'on est hors protocole, bon, parce qu'on dit : Trop d'antibiotiques sur
le système immunitaire, ça ne va pas, il y a des règles à suivre. Mais est-ce qu'on devrait élargir et
modifier ce protocole-là et plutôt, devant l'inconnu, traiter plutôt que de laisser
aller, sachant pertinemment qu'il y a
tellement de tests qui ne donnent pas les résultats escomptés? Alors, on est
peut-être mieux de guérir plutôt que de dire : Réfléchissez à ce
que vous avez. Est-ce que je me trompe?
M. Hawkins (Ralph) : So, I would agree with what you have just said. I would agree that
that is the correct approach. In British Columbia, a survey of
physicians there identified that, if they identified the characteristic rash,
the erythema migrans
rash, in primary care setting, only 58% of the doctors would apply the correct
short-term course event of antibiotic treatment immediately.
we have a major education task for the primary care providers to begin with. If
they're not educated about the early appearance of the disease, then we're destined to have far too
many people with late manifestations of the disease as a result. But, beyond that, the treatment
protocols need to have a certain amount of evidence base. We can't just be
using antibiotics willy-nilly for everything.
There
are some very good cohort studies that were published in the 1990's that look
at longer treatment regiments with antibiotics for Lyme disease, using antibiotics in defined periods
of time, in sequence, and with very excellent results, even in late
staged disease, people sick longer than three years still having 75 or 80%
likelihood of good, functional improvement. So, I think there is education that's required around the
treatment of long-standing, long-lasting disease as well.
doctors in Québec are unfortunately restricted by the requirements of the
medical act. The College of physicians is quite
restrictive in what is permitted in the Province of Québec, more so than other
jurisdictions in Canada.
M. Paradis
(Lévis) : J'aurai une
dernière question, elle s'adressera à Mme Glazer. Il y a l'aspect médical,
il y a l'aspect recherche, il y a
reconnaissance, information, mais il y a l'aspect social. Qu'arrive-t-il de
ceux et celles que vous représentez,
qui sont touchés par la maladie, qui perdent leur emploi, que, bon, la vie est
détruite? J'ai rencontré des dames qui, manifestement très jeunes, hein, dans
la force de l'âge, n'avaient plus la possibilité de faire quoi que ce soit. Est-ce
que le soutien, à travers l'espérance de guérir, est au rendez-vous?
Le Président (M. Merlini) : En
30 secondes, Mme Glazer.
Mme Glazer
(Marguerite) : Oui, bien, je vous dirais que, oui, l'association, on a
beaucoup de gens qui se rejoignent à
nous et qui respirent un peu mieux pour la première fois depuis des années
parce qu'ils ont une réponse, des gens
qui ont le même vécu, etc. Ça fait que la camaraderie, disons, là, de ça, ça
aide. Mais on a besoin que ça change, que
ce soit reconnu, que ce soit traité pour qu'il y ait vraiment de... pour que la
vie sociale aille mieux, la vie familiale,
etc., bien sûr. Mais c'est sûr que c'est une première étape
souvent pour des gens qui, depuis un an, deux ans, cinq, 10, 15 ans, cherchent la solution à leur problème
de santé ou des réponses. C'est sûr que c'est une première étape pour commencer
à aller mieux, disons, ou avoir espoir, au moins.
Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, Mme Glazer. Ça met un terme à ce bloc d'échange avec le deuxième groupe d'opposition. M. le député de Mercier, contrairement à l'habitude, où vous
auriez un temps de parole de 2 min 30 s,
exceptionnellement pour ce mandat, vous avez 4 min 30 s de temps
d'échange grâce au député de Labelle.
M. Khadir : Je vais me
dépêcher.
Le Président (M. Merlini) :
Alors, à vous la parole.
Khadir : Thank you, everybody, for being there. Doctor Lloyd, you said that the ticks
have been spreading in numbers and they are more infected. Are there species that increase the likelihood
of this infection? And are these species present in Canadian territory,
in Québec territory?
Lloyd (Vett) :
So, yes, there are more ticks, and, for the ticks to spread and to live in the
wild, they need to feed
from wildlife animals, frequently small mice, wild mice species. And, because
of climate change, there are more of those mice in the
wild. And those mice also live very happily in parks and in small urban areas,
which is a perfect place for a mouse because
there are no large predators there. So, we have set up a perfect storm where
the ticks arrive, and then we provide
them with lots of infected mice to eat, and then they can also be in close
proximity to humans to spread the disease to humans.
Khadir : Is it right to say that certain types
of species, Borrelia miyamotoi, which is not detected by our test, is spreading more easily than other species of Borrelia?
Lloyd (Vett) :
Yes, that's correct. That's a class of Borrelia bacteria that is spread, at
least in the wildlife animals,
it's spread from the mother directly to the offspring. So, with other types of
Borrealia, in every generation, you need to have a tick bite that animal, but,
with Borrelia miyamotoi, the relapse in fever Borrelias, they will spread
through the animal populations. They also spread from mother tick to the baby
ticks, and a mother tick will have 2 000 to 5 000 babies. So, this is
spreading very, very rapidly in Canada.
Khadir : Thank you, Doctor Lloyd. Doctor Hawkins, you talked about the C6, the immunetics
diagnostic test. Do you have any financial interest in
that diagnostic test?
Hawkins (Ralph) :
Oh! I have no financial interest in anything to do with ticks, Lyme disease or
anything else. I am completely divested, so...
M. Khadir : In ticks, Doctor Lloyd has
some financial interest.
Des voix : Ha,
ha, ha!
M. Khadir : Evidently, she has a
collection of them.
M. Hawkins (Ralph) : She has, yes.
Khadir : OK, but does that test have the ability to detect other types of Borrelia
then? Burgdorferi, stricto sensu?
M. Hawkins (Ralph) : Yes, it does have the ability to
detect the Borrelia garinii and the Borrelia afzelii in Europe, the european strains, and, in
fact, the Centers for Diseases Control recommends the use of the C6 as a single-tier test in the United States if there is a suspicion of european
infection because of the poor performance of the Western blots for detection of the european strains.
If I can just add one more quick
thing, the Borrelia miyamotoi was identified in Manitoba in 10% of individuals who had Lyme symptoms and negative Lyme serology.
Khadir : So, we
still have a problem.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député, une minute.
M. Khadir : Une minute? Bon, alors, je vais profiter de cette
minute pour parler à Mme Glazer. Bravo pour ce que vous avez fait! Je voulais juste dire que,
pour ce qui est d'établir des diagnostics officiels, ce n'est pas le rôle de l'Assemblée nationale. Par
contre, nous pouvons faire des représentations, et, heureusement, il y a des gens
de l'INSPQ qui sont ici, puis je crois que ce dossier-là va avancer.
Maintenant, je
voudrais juste attirer votre attention, parce que vous n'avez pas eu le temps
de l'aborder, votre présentation dans le document, à la page 16. Il faut bien
rappeler, et je le lis : «Les lignes directrices de l'Infectious Diseases Society of America — qui était l'organisme normatif qui, disons,
était très fermé à l'idée qu'on puisse envisager d'autres types de
diagnostics — sont
remises en question [depuis un certain nombre de temps]. Depuis 2016, le National Guideline Clearinghouse — qui est un autre organisme normatif aux
États-Unis — a retiré
de son site les lignes directrices de
l'IDSA...» Ensuite, il faut remarquer que, le 1er décembre 2017, puis ça, le Dr Perronne nous en a mentionné
également, c'est au tour du CDC, du Centers for Disease Control en Atlanta... qui
a entièrement retiré les recommandations de l'IDSA.
que je veux dire autrement dit, c'est
que le Québec doit être ouvert et mûr, considérant ces remises en question,
de revoir l'ensemble de l'approche, et, en
attendant qu'on ait un institut proprement outillé pour mener cette recherche,
établir de bonnes normes, de s'assurer que
tous les organismes partenaires, y compris le Collège des médecins, tiennent
compte de ça pour que les médecins puissent utiliser ce qui est à notre disposition
pour aider les malades.
Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, M. le
député de Mercier.
Je vais permettre un commentaire final à Mme Glazer.
Mme Glazer
(Marguerite) : D'accord. Alors, on vous remercie beaucoup pour votre
écoute et on espère qu'il y aura
des changements qui vont venir pour les gens qui souffrent de cette maladie qui
n'est malheureusement pas très
bien reconnue partout au monde. Mais je pense
que le Québec a une chance ici et une opportunité d'être un
leader, surtout avec l'aide des experts qu'on a ici, pour aller de
l'avant, mettre fin ou au moins atténuer les souffrances des Québécois
et s'assurer que personne d'autre au Québec n'ait à vivre, je vais le dire, l'enfer que plusieurs Québécois
ont vécu au travers des dernières 10, 15, 20 années au Québec avec
cette maladie.
Le Président (M. Merlini) : Doctor Llyod and
Doctor Hawkins, thank
you for being here. Thank you for your contribution to the works of the committee. Mme Glazer,
Pr Perronne, merci de votre présence et votre contribution, car
vous représentez l'Association québécoise de la maladie de Lyme.
suspends les travaux quelques instants et j'invite nos prochains invités, L'Institut national
de santé publique, à prendre place.
(Suspension de la séance à
16 h 2 )
Le Président (M. Merlini) :
Nous reprenons donc nos travaux. Nous avons le plaisir d'accueillir maintenant l'Institut national de santé publique, comme on l'appelle ici, l'INSPQ. Vous êtes
habitués à la Commission de la santé
et des services sociaux, alors vous connaissez les habitudes. Vous avez
10 minutes pour faire votre exposé, et ensuite nous procédons avec les échanges avec les membres de la
commission. Veuillez vous introduire et évidemment
introduire les gens qui vous accompagnent. À vous la parole.
Mme Hudson (Patricia) : Oui. Bonjour. Alors, mon nom est Patricia Hudson.
Je vous remercie de nous recevoir cet après-midi, M. le
Président et membres de la commission.
Alors, je suis Patricia Hudson, je suis médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive et je
suis directrice de la Direction des risques biologiques et de la santé au
travail à l'Institut national de
santé publique. Je suis accompagnée
du Dre Alejandra Irace-Cima, également médecin spécialiste en santé publique et médecine
préventive, et de Dr Jean Longtin, qui est microbiologiste-infectiologue et
directeur médical du Laboratoire de
santé publique du Québec, donc qui fait
partie de l'INSPQ. Tous deux ont
collaboré à l'élaboration du mémoire que nous avons déposé à la présente commission
et ils pourront répondre à vos questions également. Dr Longtin sera aussi présent avec Dr
Arruda, que vous allez rencontrer un peu plus tard, cet après-midi.
Alors,
M. le Président, c'est avec plaisir que nous sommes ici cet après-midi
pour les consultations particulières
dans le cadre de l'étude des pétitions
concernant l'instauration et l'application d'un plan
d'action relatif à la maladie de
Lyme. D'entrée de jeu, je tiens à
vous dire que l'INSPQ salue la volonté des membres de la commission
d'étudier ce problème émergeant de santé publique au Québec
afin de mieux concerter les efforts de tous et de chacun. La réalité des
symptômes rapportés par les
signataires de la pétition n'est pas mise en doute, et il importe de dégager
des pistes de solution pour mieux répondre à leurs besoins.
Avant de
présenter les faits saillants de notre mémoire, j'aimerais rappeler que l'INSPQ est un centre
d'expertise et de référence en matière de santé publique au Québec. Notre mission est de soutenir le ministre de la Santé et des Services sociaux,
les autorités régionales de santé publique ainsi que les établissements dans l'exercice de leurs responsabilités en rendant
disponibles son expertise et ses services spécialisés de laboratoire et de
dépistage. Les activités de l'INSPQ en lien avec la maladie de Lyme sont essentiellement de trois ordres, soit la surveillance, la prévention et le diagnostic
de laboratoire.
S'il
n'appartient pas à l'institut d'orienter et d'évaluer les pratiques cliniques
en la matière, son mandat de prévention le conduit jusqu'à maintenant à jouer un rôle de relayeur d'information auprès des professionnels de
la santé. Le mémoire déposé
aujourd'hui vise à dégager quelques constats ainsi qu'à partager aux membres de
la commission les plus récentes données résultant de ses activités de
surveillance et d'analyse du risque. Il cherche en outre à clarifier les
processus et les pratiques diagnostiques en vigueur sur le territoire
québécois.
Premier
constat, la maladie de Lyme est une maladie émergente, qui gagne du terrain au
Québec et qui est appelée à rester. La maladie de Lyme gagne du terrain au
rythme des changements climatiques. Depuis le premier cas de maladie acquis au Québec, déclaré à la Santé publique en
2006, on constate chaque année un nombre grandissant des zones à haut risque d'acquisition de la maladie, qu'on appelle
des zones endémiques, c'est-à-dire que les tiques y sont bien établies. On constate aussi un élargissement de la zone
géographique dans laquelle se trouvent les animaux hôtes des tiques infectées,
une répartition beaucoup plus vaste des tiques sur le territoire et un
décuplement du nombre de tiques Ixodes scapularis,
qui est la tique principalement responsable de la transmission de la maladie de
Lyme au Québec. Ces réalités concordent avec la hausse des cas signalés
de maladie de Lyme chez les humains et acquis au Québec.
On trouve des
explications de ce phénomène dans les changements climatiques, certes, mais
aussi dans une plus grande sensibilisation de la population et une
meilleure reconnaissance de la part de cliniciens.
Deuxième
constat, les activités de surveillance et de prévention sont constamment mises
à jour. Comme l'atteste la ligne du temps des activités auxquelles a été
associé l'institut, présentée à l'annexe 2 de notre mémoire, le réseau québécois de santé publique se mobilise
progressivement depuis 20 ans, et, à ce titre, le Québec fait figure de
pionnier au Canada. L'INSPQ adapte
constamment ses activités à la réalité épidémiologique de la maladie et aux
nouvelles connaissances afin de mieux
protéger la population. Nous collaborons avec les universités et autres
partenaires organisationnels pour faire
avancer les