House Proceedings — 14 September 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
2021-09-14
Quebec — Debates (Hansard)
«Au plus 5 députés du deuxième groupe
d'opposition;
«Au plus 4 députés du troisième groupe
d'opposition;
«Au plus 4 députés indépendants;
«Qu'aux fins de la période des affaires
courantes, cette répartition soit modifiée afin que le nombre de députés de
l'opposition officielle passe de 13 à 16 députés, que le nombre de députés
du deuxième groupe d'opposition passe de 5 à
6 députés, que le nombre de députés du troisième groupe d'opposition passe
de 4 à 5 députés, et que le nombre de députés du groupe
parlementaire formant le gouvernement soit réduit d'autant;
«Qu'au cours
d'une même période des affaires courantes, l'absence d'un [...] député indépendant
puisse être comblée par un député du deuxième groupe d'opposition;
«Qu'au cours
d'une même période des affaires courantes, l'absence d'un deuxième député
indépendant puisse être comblée par un député du troisième groupe
d'opposition;
«Qu'au cours
d'une même période des affaires courantes, l'absence d'un troisième député
indépendant puisse être comblée par un député du groupe parlementaire
formant l'opposition officielle;
«Qu'au cours
d'une même période des affaires courantes, l'absence d'un quatrième député
indépendant puisse être comblée par un député du groupe parlementaire
formant le gouvernement;
«Que les
députés indépendants indiquent au Secrétariat de l'Assemblée et aux leaders des
groupes parlementaires, au plus tard
le lundi à 18 heures, les périodes des affaires courantes auxquelles ils
désirent participer pendant la semaine en cours;
«Que tout député puisse prendre la parole et
voter à partir d'un pupitre qui n'est pas celui qui lui a été assigné;
«Qu'en période de travaux réguliers, l'Assemblée
se réunisse :
«1° le mardi, de 10 heures à
18 h 30, avec suspension de midi à 13 h 40;
«2° le mercredi, de 9 h 40 à
18 h 30, avec suspension de 13 heures à 15 heures;
«3° le jeudi, de 9 h 40 à
16 h 30, avec suspension de 13 [...] à 14 h 30;
«Qu'en période de travaux
réguliers, l'Assemblée procède aux affaires courantes :
«1° le mardi, à compter de 13 h 40;
«2° le mercredi et le jeudi, à compter de
9 h 40;
«Qu'en période de travaux intensifs, l'Assemblée
se réunisse selon [les horaires intensifs prévus] au règlement;
«Qu'aux fins de l'atteinte du quorum pour
l'ouverture de la séance du mardi matin, les groupes parlementaires s'engagent à ce qu'au moins 9 députés du
groupe parlementaire formant le gouvernement, 1 député du groupe
parlementaire formant l'opposition
officielle, 1 député du deuxième groupe [...] et 1 député du
troisième groupe d'opposition soient présents à la salle de l'Assemblée
nationale;
«Qu'au cours
des débats sur les affaires du jour, ayant lieu le mercredi entre
12 h 45 et 13 heures, le défaut de quorum ne puisse être soulevé si au moins 12 députés
du groupe parlementaire formant le gouvernement sont présents en Chambre;
«Que
l'horaire établi pour le mardi par la présente motion ainsi que les
dispositions sur l'atteinte du quorum pour l'ouverture de la séance
s'appliquent si l'Assemblée décide de se réunir le lundi en période de travaux
réguliers;
«Qu'une
motion d'ajournement de l'Assemblée ne puisse être présentée qu'au cours de la
période des affaires du jour suivant la période des affaires courantes;
«Débats de fin de séance.
«Que les débats de fin de séance dont la tenue est
prévue le mardi aient lieu à compter de 18 h 30 et que l'ajournement de la séance soit retardé en
conséquence;
«Que les débats de fin de séance dont la tenue est
prévue le jeudi aient lieu à compter de 13 heures et que la suspension
de la séance soit retardée en conséquence;
«Que l'ensemble des mises aux voix se déroule
selon une procédure de vote enregistré;
«Qu'à cette
fin, le vote du leader [du] groupe parlementaire, du leader adjoint [du] groupe
parlementaire ou, le cas échéant,
d'un député préalablement identifié par ce dernier auprès du Secrétariat de l'Assemblée
vaille pour l'ensemble des membres de ce groupe;
«Qu'un député puisse enregistrer
individuellement un vote différent de celui de son groupe parlementaire ou
choisir de ne pas prendre part au vote;
«Que le
député présent le mentionne immédiatement après le vote son groupe; sinon, qu'il fasse part de son intention au
leader de son groupe afin qu'il en avise la présidence au moment du vote ou qu'il en avise par écrit la
présidence avant la tenue du vote;
«Qu'à moins
[d'identification] contraire de leur part, les vice-présidents ne prennent pas
part [au] vote enregistré;
«Que les noms de tous les députés ayant pris
part au vote soient inscrits au procès-verbal de la séance;
«Que
l'ensemble des mises aux voix tenues dans le cadre des séances de la commission
plénière se déroule selon cette même procédure;
«Que, lorsque
les députés indépendants sont absents, le leader du gouvernement soit autorisé
à enregistrer leur vote sur une étape de l'étude [du] projet de loi
selon les instructions qui lui auront été transmises, le cas échéant et dont la
transmission incombe aux députés indépendants;
«Suspension des travaux pour procéder à un vote
[de] l'Assemblée.
«Que les travaux soient suspendus pour une durée
maximale de 10 minutes si, au moment d'une mise aux voix [de] l'Assemblée, un groupe parlementaire n'est
pas représenté par un leader, un leader adjoint ou un député désigné pour
agir en son nom aux fins du vote et n'a pas indiqué à la présidence qu'il ne
participera pas au vote;
«Que le secrétaire
général ou [...] secrétaire adjoint notifie les leaders et les whips des
[gouvernements] parlementaires, de
même que leur cabinet, les députés indépendants, ainsi que les secrétaires des
commissions de la suspension des travaux de l'Assemblée pour une mise
aux voix;
«Que la
commission où siège un leader, un leader adjoint ou un député désigné pour agir
en leur nom aux fins du vote suspende
ses travaux, à la demande de ce dernier, afin de lui permettre de se rendre à
la salle de l'Assemblée nationale;
«Que le
secrétaire général ou [le] secrétaire adjoint notifie le secrétariat de la
commission après la proclamation du résultat
du vote par la présidence ou, s'il y a plusieurs votes successifs, à la suite
de la proclamation du résultat du dernier vote afin que la commission
puisse reprendre ses travaux au plus tard 5 minutes après;
«Commissions parlementaires.
«Que les députés participant aux travaux d'une
commission parlementaire puissent prendre la parole et voter à partir de tout
pupitre aménagé à cette fin par la présidence;
«Que, dans la
mesure où la salle dans laquelle la commission doit tenir séance dispose de la
technologie nécessaire à cette fin,
tous les témoins soient entendus par visioconférence, sauf s'ils font la
demande expresse d'être entendus en personne, laquelle possibilité
devant être indiquée dans l'avis de convocation;
«Que toute
commission parlementaire puisse tenir une même séance à la fois dans les salles
Louis-Joseph-Papineau et Louis-Hippolyte-LaFontaine, en ayant recours
aux [mêmes] moyens technologiques[...];
«Que, malgré
le paragraphe précédent, suivant une entente entre les groupes parlementaires
concernant une ou des séances
spécifiques, la salle Louis-Joseph-Papineau puisse être utilisée seule pour
entendre [les] témoins par visioconférence;
«Horaire des commissions.
«Qu'en période de travaux réguliers, les
commissions puissent se réunir :
«1° le lundi, de 14 heures à
18 heures;
«2° le mardi, de 9 h 45 à
19 h 15, avec suspension de 12 h 30 jusqu'à la fin des
affaires courantes;
«3° le mercredi, de la fin des affaires
courantes à 18 h 45, avec suspension de 12 h 45 à
15 heures;
le jeudi, de la fin des affaires courantes à 16 h 30, avec suspension
de 13 heures à 14 heures;
«5° le vendredi, de
9 h 30 à 12 h 30;
«Qu'en période de
travaux intensifs, les commissions puissent se réunir :
«1° le lundi, de
14 heures à 18 heures;
le mardi, de 10 heures à 21 h 30, avec suspension de midi
jusqu'à la fin des affaires courantes et de 18 heures à
19 h 30;
le mercredi, de la fin des affaires courantes à 22 h 30, avec
suspension de 12 h 45 à 15 heures et de 18 heures à
19 h 30;
«4° le jeudi, de la
fin des affaires courantes jusqu'à 22 h 30, avec suspension de
13 h 15 à 15 heures et de 18 heures à 19 h 30;
«5° le vendredi, de
la fin des affaires courantes à 13 heures;
«Que
le député indépendant qui souhaite participer aux travaux d'une commission
parlementaire dont il n'est pas membre
en avise le secrétariat de [la] commission et les leaders des groupes
parlementaires au plus tard à midi, le lundi précédant la date de la
séance de la commission parlementaire ou le jour même, s'il s'agit d'un lundi;
«Que, si le député
indépendant est informé postérieurement au lundi à midi qu'une séance de
commission doit se tenir au cours de la
semaine, l'échéance prévue au paragraphe précédent soit portée à trois heures
après le moment où le député est informé de la tenue de la séance;
«Dispositions
spécifiques à l'étude détaillée de projets de loi en commission parlementaire.
«Que
tous les votes pris en commission parlementaire lorsqu'un ou plusieurs députés
exercent leur droit de vote par procuration soient tenus en suivant la
procédure prévue pour un vote par appel nominal;
«Que lorsqu'une
commission parlementaire comptant quinze membres procède à l'étude détaillée
d'un projet de loi dans la salle
Marie-Claire-Kirkland ou la salle Pauline-Marois, les membres du groupe
parlementaire formant le gouvernement puissent exercer, par procuration,
un droit de vote;
«Qu'en
sus de ce qui précède, lorsqu'un ou plusieurs députés indépendants se prévalent
de l'article 133 du règlement pour participer à une séance d'une
commission parlementaire se tenant dans la salle Pauline-Marois ou dans la
salle Marie-Claire-Kirkland, les membres du
groupe parlementaire formant le gouvernement puissent exercer par procuration
un nombre de votes correspondant, selon le cas :
«
a) Lorsque
la commission compte treize membres, au nombre de députés indépendants ayant signifié, conformément à la présente motion, leur intention de participer
aux travaux de la commission en application de l'article 133 du règlement
[exerce] un;
«
b) Lorsque la commission compte quinze membres, au
nombre de députés indépendants ayant signifié, conformément à la présente motion, leur intention de participer aux
travaux de la commission en application [...] du règlement;
«Que, lorsqu'un ou
plusieurs députés indépendants se prévalent de l'article 133 du règlement
pour participer à une séance d'une commission
parlementaire se tenant dans la salle du Conseil législatif, les membres du
groupe parlementaire formant le
gouvernement puissent exercer par procuration un nombre de votes correspondant,
selon le cas :
«
a) Lorsque la
commission compte treize membres, au nombre de députés indépendants ayant
signifié, en conformité avec la présente
motion, leur intention de participer aux travaux de la commission en
application de l'article 133 du règlement excédant quatre;
«
b) Lorsque la
commission compte quinze membres, au nombre de députés indépendants ayant
signifié, en conformité avec la présente
motion, leur intention de participer aux travaux de la commission en
application de l'article 133 du règlement excédant deux;
«Qu'au
plus tard au début d'une telle séance, le leader du [groupe] identifie les
députés qui voteront par procuration, et
ce, pour la durée complète de la séance, ainsi que, pour chacun d'eux, le
député qui votera en leur nom, auprès du secrétaire de la commission,
qui en informe les membres de la commission au début de la séance;
«Que
lors [d'un] vote de chaque groupe parlementaire, le [secrétariat] appelle
d'abord les députés présents, puis, individuellement, les députés qui
exercent leur droit de vote par procuration, et enfin le président;
«Que les noms de tous
les députés ayant pris part au vote soient inscrits au procès-verbal de la
séance;
«Commission de
l'administration publique.
«Que
les travaux de la Commission de l'administration publique, y compris [les]
séances de travail, puissent se tenir en mode virtuel;
«Qu'une
commission virtuelle soit assimilée à une commission qui siège dans les
édifices de l'Assemblée nationale aux fins de l'application de
l'article 145 du règlement;
«Que
lors de ces séances, à l'exception des séances de travail, le député qui
préside la commission ainsi que le personnel du secrétariat de la
commission soient présents à l'hôtel du Parlement;
«Que
les autres députés ainsi que les personnes et organismes convoqués y
participent en ayant recours aux moyens technologiques requis;
«Que
les députés qui participent virtuellement à ces séances soient assimilés à des
membres présents pour l'application de l'article 156 du règlement;
«Que
lors de ces séances, les décisions de
la Commission de l'administration publique se prennent à l'unanimité des
membres qui y participent;
«Que
les séances publiques de la commission soient télédiffusées et diffusées en
direct sur le site [...] de l'Assemblée nationale;
«Que les règles
de procédure relatives aux commissions parlementaires s'appliquent aux séances
virtuelles, dans la mesure où elles sont compatibles avec les
dispositions de la présente motion;
«Que
les dispositions de la présente motion s'appliquent aux consultations
particulières du projet de loi 96,
Loi sur la langue officielle et commune
du Québec, le français, étant entendu que le secrétariat puisse ajuster l'horaire en conséquence;
«Que la présente
motion ait préséance sur toute disposition incompatible du règlement.»
Voilà, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader adjoint du gouvernement. Alors,
cette motion est-elle adoptée? Adopté.
Alors, je vous recède
la parole, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui, Mme la Présidente. Alors, je sollicite le
consentement pour déroger à l'article 53 du règlement afin de
déposer, à ce moment-ci de la séance, un rapport de la commission.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, y a-t-il
consentement? Consentement.
Alors,
je comprends qu'il y a également consentement pour que je procède au dépôt du
rapport de cette commission. Alors, le rapport est déposé... Tout le
monde y consent? Très bien. Merci.
dépose le rapport de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles qui,
les 25 et 26 août 2021, a tenu des
auditions publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet
de loi n° 99, Loi modifiant principalement la
Loi sur les produits alimentaires. M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui. Alors, pour la suite, Mme la Présidente, je vous demande d'appeler
l'article 5 du feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, à
l'article 5 du feuilleton, M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries
et de l'Alimentation propose l'adoption du principe du projet de loi
n° 99, Loi modifiant
principalement la
Loi sur les produits alimentaires.
avant de céder la parole au premier intervenant, est-ce qu'il y a consentement
pour déroger à l'article 236 du règlement,
prévoyant que le débat sur l'adoption du principe est inscrit aux affaires du
jour de la séance suivant le dépôt du rapport sur les consultations? Y
a-t-il consentement? Consentement. Très bien.
Alors, M. le
ministre, je vous cède la parole.
M. Lamontagne :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est un plaisir de vous retrouver
aujourd'hui en ce début de rentrée parlementaire.
Mes collègues, les collègues des partis de l'opposition, c'est un plaisir
d'être avec vous aujourd'hui.
Permettez-moi
d'abord de vous indiquer que le lieutenant-gouverneur a pris connaissance du
projet de loi n° 99 et qu'il en recommande l'étude à l'Assemblée.
10 juin dernier, j'ai présenté devant l'Assemblée nationale un projet de
loi visant à modifier la
Loi sur les produits alimentaires, la loi P-29, datant de 1974. Avec le projet de loi
n° 99, c'est en grande
partie les éléments d'hygiène et de
salubrité liés aux aliments dont il est question et sur lesquels nos travaux
sont concentrés.
secteur agroalimentaire a bénéficié de plusieurs avancées au cours des
dernières années. L'application de la Loi
sur les produits alimentaires devient donc de plus en plus difficile, sans
parler de la charge administrative qu'elle demande aux entreprises. Les modifications que nous
proposons permettront de réaliser des travaux d'envergure pour aboutir à la
modernisation du Règlement sur les aliments,
découlant de la loi. Les allègements administratifs, législatifs,
réglementaires et financiers qui découleront de ces travaux auront un
impact positif sur l'amélioration de la salubrité alimentaire. Les changements proposés à la loi donneront plus de
flexibilité aux entreprises pour répondre aux exigences réglementaires et
favoriseront l'innovation du secteur bioalimentaire.
Concrètement,
cela se traduira par une diminution du nombre de catégories de permis, qui
passeront de 49 catégories à
cinq, une prolongation de leur durée de validité jusqu'à trois ans, une
procédure allégée d'enregistrement pour les entreprises ayant des opérations à moindre risque, une
harmonisation entre le fédéral et le provincial, la possibilité de mettre en
place des projets pilotes pour
encourager l'innovation, la mise en place d'un nouvel outil permettant
d'accompagner les entreprises ayant des activités à plus haut risque en
matière de salubrité et la modification de certains pouvoirs d'ordonnance des
inspecteurs lors d'infractions récurrentes.
25 et 26 août derniers, la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles a
procédé à des consultations particulières au cours desquelles
10 organisations ont été rencontrées et ont fait valoir leur point de vue sur les dispositions de ce projet de
loi. Nous avons également reçu les mémoires de plusieurs organismes du secteur agroalimentaire, tels que Les Éleveurs de
porcs du Québec, le Conseil canadien du commerce de détail, l'association
québécoise des distributeurs de fruits et
légumes et l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, qui ont pris le temps
de nous acheminer des idées et des propositions. Je veux remercier
chacun des groupes, chacun d'entre eux. Plusieurs ont souligné qu'enfin ce
projet de loi était sur la table.
modifications suggérées à la loi sont attendues depuis longtemps. Les gens que
nous avons reçus en consultations se sont réjouis des innovations qui seront
désormais possibles au sein de leurs industries. Plusieurs groupes ont
salué un futur contrôle par résultat plutôt
que par méthode. Le milieu bioalimentaire souhaite voir une adoption rapide du
projet de loi n° 99 afin
d'entamer les travaux réglementaires dans les plus brefs délais. La contribution
de tous les groupes rencontrés va nous permettre
de conclure nos travaux avec un meilleur résultat, et leurs recommandations
seront considérées lors des travaux réglementaires à venir au MAPAQ dans
les prochains mois.
En terminant, le projet de loi que nous
présentons, je le précise, vise à moderniser les pouvoirs habilitants de la
Loi sur les produits alimentaires dont la
principale mission est l'hygiène et la salubrité des aliments. De plus, et
comme plusieurs groupes l'ont mentionné, ce projet de loi représente
réellement la volonté de notre formation politique de simplifier et diminuer la paperasse au sein de l'appareil
gouvernemental. Une fois adoptée par l'Assemblée nationale, cette
modification législative permettra d'entamer des travaux réglementaires, et je
précise que, pour cette étape, le MAPAQ procédera à des consultations avec tous
les groupes intéressés à y participer afin de nourrir la réflexion portant sur
la teneur du nouveau Règlement sur les
aliments. La bonne nouvelle : les groupes reçus en consultations
particulières ont déjà su partager
leurs recommandations réglementaires, nous ont demandé d'être à la table pour
convenir de la réglementation à
venir, et nous leur avons confirmé que
la communication et la collaboration qu'ils ont eues jusqu'à ce jour avec le ministère de l'Agriculture va se continuer
pour en venir à établir le nouveau Règlement sur les aliments.
À terme, les
allègements réglementaires proposés et la diminution du fardeau
administratif souhaité auront un impact positif sur la productivité et
la flexibilité des entreprises québécoises. De nouvelles dispositions incluses
dans la future loi leur permettront également d'innover, notamment par
des projets pilotes.
Dans cet
esprit, j'invite donc les membres de cette Assemblée à appuyer le principe du
projet de loi n° 99 modifiant la
Loi sur les produits alimentaires. J'invite également mes collègues
de l'opposition à aborder l'étape de l'étude détaillée du projet de loi
avec la même ouverture que celle manifestée au cours des consultations
particulières afin que nous puissions mener
cette prochaine étape dans un esprit qui profitera aux entreprises
agroalimentaires partout sur le territoire québécois. Je vous remercie,
Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
ministre. Et maintenant je vais céder la parole à Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Merci, Mme la
Présidente. Bien, c'est à mon tour de dire bonjour à tout le monde. Bonjour, Mme la Présidente. Bonne rentrée, M. le
ministre, mes collègues députés du gouvernement, mon collègue de
La Pinière. Bonjour, tout le
monde. C'est toujours émouvant de reprendre, de recommencer et de partir une
nouvelle session parlementaire, et je souhaite bonne rentrée à tout le
monde.
Alors, le projet de loi modifiant la
Loi sur les
produits alimentaires, c'est un projet de loi que mon collègue ici, de La Pinière, a qualifié de sympathique. En
fait, c'est un projet de loi qui est très important. Le ministre l'a dit, c'est
une loi qui date de 1974, qui n'a pas été amendée, hein, depuis 2000, donc une
vingtaine d'années, et Dieu sait que le monde alimentaire a évolué à
vitesse grand V, là, durant les 20 dernières années, et que ces
modifications-là sont importantes.
C'est un
projet de loi très important, Mme la Présidente, ça touche
90 000 établissements, 90 000 établissements sont encadrés par les normes qui émanent de cette
Loi sur les produits alimentaires. Et ça touche tous les secteurs, hein,
ça part de l'agriculteur, en passant par les
usines de transformation, la distribution, l'entreposage, jusque dans votre
épicerie, jusque sur la table de votre restaurant. Donc, c'est beaucoup,
beaucoup, beaucoup de monde.
Et j'applaudis la volonté, l'initiative du
ministre de vouloir simplifier, de rendre plus flexible, d'être une espèce
d'ouverture aussi dans tout ce qui est suivi, là, pour ce qui des normes et de
l'inspection. C'est très, très bien, on pense à
nos entrepreneurs. 50 %, là, de
ces permis-là qui viennent de la loi, 50 % de ces permis-là sont à des
restaurateurs, et c'est extrêmement
compliqué pour eux. Et j'aimerais qu'on ait une pensée pour ces restaurateurs-là,
qui, durant la pandémie, ont trimé dur. Ça a été extrêmement difficile
pour eux. Et là, ce qu'on vient faire, on vient simplifier, on passe de
49 permis à cinq catégories de permis. C'est quand même majeur.
Mais ce n'est
pas parce qu'on simplifie et on allège toute la réglementation qu'il faut
nécessairement tourner les coins
ronds. Et c'est pour ça qu'on a une opposition officielle, pour, justement,
veiller à la bonne marche, bonifier avec le ministre et son équipe ce projet de loi qui est extrêmement important.
Donc, on va voir à ce que cette déréglementation-là ne se fasse pas au détriment des citoyens, ne se
fasse pas au détriment de la salubrité des aliments et de tout ce processus-là,
qui... En ce moment, il faut le dire, ça
marche malgré tout, là. On a toutes les règles de salubrité, etc. C'est
peut-être plus coercitif, mais ça fonctionne, on a des groupes qui sont
venus nous le dire, et il faut prendre ça en considération.
Je veux en
profiter aussi pour remercier les 10 groupes qui sont venus aux
consultations — et
évidemment leurs commentaires sont très précieux — les autres
groupes aussi qui ont soumis des mémoires. Tout ça, ça va nous aider à bonifier ce projet de loi,
à faire un meilleur travail. Et j'ai très, très hâte de commencer à travailler
sur ce projet de loi avec le ministre et son équipe.
Donc,
simplifier la réglementation. L'inquiétude, là, quand on regarde un projet de
loi comme celui-là, bon, simplifier, c'est très bien, et tout ça, mais
c'est qu'on ne voit pas en avant, parce que, Mme la Présidente, il y aura des
règlements. Donc, on passe de
49 permis, par exemple, à cinq permis, mais est-ce qu'on aura des
sous-catégories? Est-ce qu'il y aura des règlements beaucoup plus...
très complexes?
En fait, le
problème, à l'étude détaillée, c'est qu'on ne voit pas les règlements qui
seront à venir. Donc, il y a beaucoup de
groupes qui nous ont dit : Bon, c'est bien beau, mais nous, on aimerait ça
être consultés, quand viendra le temps de rédiger ces règlements-là, parce que, si on n'a pas les
règlements devant nous, bien, on ne connaît pas la teneur de ce qui va venir,
et ça, ça peut être inquiétant. Alors, on aimerait avoir un engagement ou au
moins connaître l'intention ministérielle, l'intention
du ministre, et essayer de poser des balises, et j'y
reviendrai plus tard, à certains... durant... des balises, donc, pour
certaines grandes idées qui sont amenées par ce projet de loi là. On l'a dit tout
à l'heure : un projet de loi qui vient amender une loi qui n'a pas été
touchée, là, depuis une vingtaine d'années.
Vous le
savez, Mme la Présidente, vous êtes ici depuis assez longtemps,
quand on ouvre une loi, hein, quand on décide d'amender une loi, de modifier
une loi, on ne fait pas ça à tous les jours, donc, c'est un grand événement,
c'est un événement important, on le fait avec rigueur et on le fait dans les
détails, et il faut, justement, voir venir et la mettre à jour.
Il y a des
groupes qui nous ont dit... L'exploitant, par exemple, dans le projet de loi...
Dans la loi, on parle beaucoup, beaucoup d'exploitant. Il y a
20 ans, l'exploitant, c'était un exploitant agricole, hein, la diversité
des exploitants n'était peut-être pas aussi
grande. On a des groupes qui sont venus nous dire : Bon, peut-être qu'on
devrait avoir une définition du terme «exploitant». Et n'oubliez pas,
Mme la Présidente, on est dans les produits alimentaires, dans
l'agroalimentaire, alors il y a déjà des exploitants qui sont régis par une loi
fédérale, par un cadre fédéral, par un code de pratiques fédéral, et cette loi-là, ce projet de loi là vient mettre
une autre... un cadre parallèle provincial. Alors, il y a des exploitants qui
ont dit : Bien, nous autres, là,
on a déjà des normes de contrôle, etc., qui émanent du gouvernement fédéral. L'exploitant,
c'est qui? Est-ce que c'est
l'exploitant qui est simplement régi, qui n'exporte pas et qui opère simplement
au Québec? Est-ce que c'est lui qui
devra se plier à certains plans de contrôle, par exemple? Alors, est-ce qu'on
ne peut pas penser à une définition du
terme «exploitant», dans l'article 2, là, qui est l'article des
définitions? Vous savez, quand il y a une loi, les premiers articles, c'est souvent les définitions des termes qui vont
revenir souvent. Alors, est-ce qu'on ne pourrait pas mettre la définition du
terme «exploitant»?
Il y a quelque chose d'intéressant aussi dans le projet
de loi du ministre.
À l'article 2, sous-paragraphe b.1, on exclut de la
loi les produits de cannabis comestible. On vient l'exclure, on va ajouter ça
dans la loi, là, on exclut les produits de cannabis comestible. Moi, j'aimerais savoir, et le ministre va pouvoir
s'expliquer amplement... moi, j'aimerais savoir pourquoi c'est nécessaire de créer une exception dans la
loi pour les produits de cannabis comestibles, pourquoi il faut absolument le
mettre dans la loi. On aurait pu ne rien dire, parce que, bon, tout ce qui est
cannabis, c'est aussi encadré par d'autres lois, mais là on vient
spécifiquement le dire dans le projet de loi. Quelles conséquences que ça a,
j'entendais, là, les groupes qui sont venus nous parler, il y avait
l'association des transformateurs du Québec, entre autres, là, qui avait un
chapitre là-dessus, on
dit que le Québec, en termes de produits dérivés du cannabis, c'est la province
la plus restrictive, mais en même temps on a un marché noir de toutes sortes de
produits du cannabis. Un marché noir pourquoi?
Parce qu'il n'y a pas de place, ici, la distribution est interdite. Alors, on a
un marché noir, ce qui n'est pas bon, nécessairement,
pour la santé du monde, hein? Parce que, tu sais, dans le marché noir, il y a
toutes sortes d'affaires, il y a des bonbons, des jujubes, tout ça, mais
c'est quoi, la qualité là-dedans, si c'est dans le marché noir?
Et, en même temps, tout ce monde-là du cannabis,
comme, tu sais, des produits dérivés, est en pleine expansion, il y a une recherche, il y a des études qui sont
faites, et donc les choses vont évoluer beaucoup, beaucoup, là-dedans. Alors,
moi, je me dis : Pourquoi se mettre des
bâtons dans les roues puis absolument mettre une exception à ces produits-là
dans la loi? Parce que, comme je l'ai
dit tout à l'heure, hein, on ouvre une loi, c'est pour voir venir, c'est pour
20 ans, c'est pour 30 ans,
et là on fait une exception à quelque chose qui va évoluer beaucoup, beaucoup,
beaucoup durant les prochaines années. Donc, j'aurai des questions pour
le ministre à ce sujet-là.
Mon collègue
de La Pinière, dans une intervention, je pense que c'était aux
éleveurs de bovins, a souligné... a posé la question au président à savoir est-ce que ça le dérangeait, tout
l'étiquetage, là, de ces nouveaux produits Beyond Meat, vous savez, tous les nouveaux succédanés de la
viande. Dans le projet de loi... Dans la loi actuelle, on spécifie... Vous
savez, tout ce qui est produit laitier, là, hein, était un peu... Toute la
notion de produit laitier est un petit peu menacée par les nouveaux produits, vous savez, à base de soya,
avoine, et tout ça, et la loi décrit bien, donne bien des définitions de c'est
quoi, le produit laitier, que c'est le lait
et tout dérivé du lait, ainsi que tout aliment dans la confection duquel le
lait est le seul ingrédient ou l'ingrédient principal. Donc, tu sais,
c'est bien spécifié pour ne pas qu'on puisse faire assemblant que c'est du lait, mais, en fait, ce n'est pas du
lait. Bon, la question se pose aussi pour la viande. Et, à ce niveau-là, il y a
des groupes qui sont venus aux consultations
qui ont dit : Bien, en effet, député de La Pinière, vous avez
raison, tous ces nouveaux Beyond Meat,
là, bien, on aimerait peut-être ça... peut-être qu'on devrait avoir un
étiquetage, une définition du succédané
de la viande, par exemple, juste pour être sûrs que les gens n'utilisent pas
notre marque de commerce, qui est la
viande, à toutes les sauces, là, sans faire de jeu de mots. Et donc c'est ça,
donc, on y verra. Peut-être on suggérera des choses au ministre, ce sera
un plaisir de le faire, et on en parlera, on va jaser.
Ce que je
trouve particulièrement intéressant, dans le projet de loi, c'est toute la
notion de projet pilote, hein? C'est très bien, des projets pilotes, parce
qu'on peut essayer des nouvelles affaires, on peut innover. Et, pour les
entrepreneurs, c'est super le fun
parce qu'on peut se laisser aller puis on n'est pas toujours contraints par
toutes sortes de règles. J'entendais, entre autres, là, Dominic
Lamontagne, qui est l'auteur de La ferme impossible , qui nous parlait
des fermiers artisanaux, la ferme artisanale, de la ferme à la table, et tout ça, et il y a plein
de belles choses qui se font en ce moment. Et il y a un projet pilote
sur la volaille où on peut abattre la volaille à la ferme, sur le lait cru
aussi.
là le ministre, dans son projet de loi, veut ouvrir la porte, là, à des projets
pilotes comme ça, innovants. C'est très, très bien, mais plusieurs groupes sont
venus nous dire : Bien, il faudrait peut-être des balises, malgré tout,
savoir où on s'en va avec ça, parce
que c'est un peu flou, c'est un peu flou. Puis, savez-vous, puisque j'ai une
heure devant moi... ou 45 minutes, je vais vous lire l'article 13, j'aime ça lire l'article parce que
ça nous donne une petite idée, l'article 13 qui lance l'idée du projet
pilote : «Le ministre peut, à des fins scientifiques ou expérimentales,
délivrer, pour la période qu'il indique, une autorisation permettant à une personne de passer outre — "passer outre", hein — à
une disposition d'un règlement adopté en vertu du premier alinéa de
l'article 3.3.1...» Ça, l'article 3.3.1, c'est l'article
qui dit que, quand on fait quelque
chose, là, dans le monde agroalimentaire, il faut penser à la salubrité puis il faut
respecter les normes. Donc, ici, le ministre peut, s'il
le juge... s'il juge que ça en vaut la peine, outrepasser certaines dispositions réglementaires pour
faciliter le projet pilote. Alors, c'est très bien, mais ça pose beaucoup de
questions. Ça pose beaucoup de questions, on se dit : Bien, ça va être
pour qui exactement, ces projets pilotes là? Il y en a qui nous ont dit :
Est-ce qu'il n'y a pas risque de concurrence déloyale là-dedans? C'est pour quoi spécifiquement? Est-ce que ça va être juste
pour le bétail? Combien de bétail? Est-ce que ça va être pour les gros? Est-ce que ça va être pour les
petits? Énormément de questions. Encore une fois, on n'a pas de balises.
là tout le monde dans l'univers, évidemment, est pour moins de réglementation,
hein, mais, quand je regarde ça, je me
dis : Il ne faudrait pas que ça se fasse au détriment de la santé des
citoyens, de la salubrité des aliments, etc. Dans l'univers de plusieurs groupes qui sont venus nous
voir, on a compris que, comme je
disais tout à l'heure, il y a une chose qui marche, ils
insistent, à juste titre, pour dire que la façon actuelle, là, en termes de
contrôle de risque, de la salubrité, d'inspection, tout ça, ça marche. Donc,
c'est bien beau, l'accompagnement, mais, tu sais, qu'est-ce qu'on va faire pour
restreindre? Qu'est-ce qu'on va faire pour encadrer? C'est plus encadrer.
Alors,
on veut tout à fait passer de 49 permis à cinq permis. Ça, il n'y a pas de
problème, avoir des plans de contrôle de
la qualité adaptés pour chacun. Ça, il n'y a pas de problème, avoir des projets
pilotes pour innover. Mais évidemment on a des interrogations, puis
c'est légitime.
On est
tous, et je le dis, là, je le répète,
on est tous pour la déréglementation, mais c'est un projet de loi qui pourrait
même aller plus loin. Il déréglemente, en fait, si on le lit comme il faut, là,
la façon de gérer la salubrité. On passe d'un niveau satisfaisant, parce que plusieurs gens nous l'ont dit, là, c'est
satisfaisant, à un niveau inconnu, hein, on entre dans un monde
inconnu parce que, dans le projet
de loi, on... le projet de loi nous renvoie à la réglementation. Or, on ne voit pas la réglementation, et ça, c'est un peu stressant, parce que, là, on parle de
mesures de salubrité, hein, et d'hygiène, et là on dit : Bien, le ministre
peut... en tout cas, on peut outrepasser, et tout ça. Alors, on se
dit : Où est-ce qu'on s'en va avec ça?
Parce que
plusieurs groupes, là, ils sont venus puis ils nous ont
dit... ils ont même mis en cause... pas le ministre actuel, mais, vu que le
ministre va se retrouver avec beaucoup plus de pouvoirs, ils mettent en cause
les futurs ministres. En fait, ils disent : Le ministre a, en ce moment,
plein de belles intentions, il va à la bonne place, il voit les choses comme
nous, mais les autres ministres,
eux, la personne qui va remplacer notre ministre,
là, est-ce qu'elle va voir les choses de la même façon? Est-ce
qu'elle va aimer les mêmes affaires? Est-ce qu'elle va prioriser les mêmes choses? Et ça, c'est là, c'est une
inquiétude. Pourquoi? Parce qu'il y a un flou, et on ne sait pas.
Alors,
moi, je trouve ça préoccupant. Et, pour peut-être rassurer tout le monde, il faudrait penser, il faudrait voir, c'est un aspect qu'il faudra voir avec le ministre, avec ses
fonctionnaires, comment on peut mettre des balises, comment on peut
garantir des normes pour la suite des choses, pour savoir, voir venir.
Encore une fois, je
reprends un exemple de mon cher collègue de La Pinière, qui nous relatait
un événement en France il y a
une dizaine d'années, hein? L'Europe, on le sait, là, l'Europe, on est pour ou
contre, là, mais ils ont mis plein de règles pour les agriculteurs. Et
les bouchers français, qui aimaient faire leurs petits fonds de veau dans leurs
cuisines, ou leurs fonds de boeuf, ils
faisaient ça dans leurs cuisines, ils faisaient mijoter ça, ensuite ils
mettaient ça sur le comptoir, puis,
tu sais, c'était... Quand même, moi, je n'ai rien contre ça, là, j'aime ça quand
ça macère, et tout ça. Mais là l'Union européenne est arrivée puis elle dit :
Non, non, non, là, ça, vous allez trop loin. Nous, là, il y a
des règles, vous devez pasteuriser
vos fonds de veau, puis les laisser bouillir, puis ensuite... s'asseoir pendant
une nuit, là, puis les mettre sur le comptoir, ça ne marche plus, cette
affaire-là, vous ne pouvez plus faire ça comme ça.
Alors,
c'est un exemple a contrario, parce que là-bas, en Europe, on est
allé dans un sens, et puis là, quand on lit le projet de loi, bien, on a
l'impression qu'on va dans l'autre sens. Je ne vous dis pas, là, que je suis
contre ça, mais je vous dis
simplement que c'est un enjeu, hein, c'est un enjeu. Là-bas, en Europe, on
s'arrache les cheveux, parce qu'on dit : On réglemente trop. Puis ici, bien, est-ce qu'on ne va pas aller
trop déréglementer? On ne veut pas ça. On ne veut pas ça, hein?
c'est pour ça que nous, on va travailler fort durant l'étude détaillée. Tu
sais, je me disais... Disons que quelqu'un veut recréer la cuisine de 1914, là, on veut
faire une cuisine d'après-guerre, hein, et puis là on veut tellement
bien la faire... un exemple comme ça, là, j'exagère, mais qu'on va refroidir
avec des gros blocs de glace, par
exemple, hein? Bien, parce
qu'on ne sait pas, tu sais, le goût, en bout de ligne, si on suit les règles,
si on est des puristes, est-ce qu'on va avoir le droit de faire ça? Comment on
va faire pour établir le contrôle? En tout cas, toutes sortes de belles
questions comme ça qu'on va se poser.
Encore une fois, je
le dis, on a une gestion de la salubrité, au Québec, qui se fait par des
incitatifs à la perfection, hein? Il y a trois manières de faire le contrôle de
la qualité.
Soit
qu'on met des normes extrêmement sévères qu'on applique par petits échantillons,
des échantillons avec une norme extrêmement sévère, tellement dure à atteindre qu'on peut conclure que ça,
c'est correct; que, si ça, c'est correct, bien, tout le reste va être
correct.
Après ça, il y a
des inspections, comme on fait en ce
moment, avec des inspecteurs
rigoureux. Et là, si on ne suit pas les
préceptes de l'inspecteur, hein, avec une gestion du risque pile-poil, là, là il y a
des conséquences puis il y a des amendes.
puis il y a cette nouvelle manière là qui est amenée, là...
puis là le ministre me dirait que je suis dans l'erreur, mais une manière proposée qui est par objectifs, hein? Il faut
voir. Mais on ne peut pas faire... Donc, par objectifs. Mais on ne peut pas faire des plans de contrôle de la
qualité, bien, s'il n'y a pas de normes, hein? C'est bien beau, faire... tu
sais, mettre sur pied un plan de
contrôle spécifique, mais, s'il n'y a pas de normes, bien, qu'on identifie, ça va être
difficile à atteindre, l'objectif.
Alors, moi, je
regarde ça, j'écoute tout ce qui s'est dit en consultations, puis j'ai l'impression qu'on va avoir autant de plans que de types alimentaires, que de
producteurs exploitants, puis, bien, ça m'inquiète.
Alors, quand
j'entends dire que le système qu'on a, bien, ça marche, pour les raisons qu'on
connaît, c'est un système qui est plus coercitif, ce n'est peut-être
pas l'idéal, mais, bon, ça marche, et là on s'en va vers un système
par objectifs, dont on ne connaît pas grand-chose, finalement, bien,
j'ai beaucoup de questions à poser.
Essentiellement, le ministre l'a dit à plusieurs reprises, on va
avoir un plan pour les champignons, un plan pour le poulet, un plan pour le petit éleveur de poulets,
un plan pour le gros éleveur de poulets. À partir du moment où on a des
plans, y a-t-il une capacité aujourd'hui pour en faire les vérifications, hein? Moi, je suis pour ça, là. Moi, je suis
pour ça. Mais est-ce qu'on va avoir... Est-ce qu'on va être capable de faire les vérifications pour rassurer tout le monde, pour avoir un produit avec une salubrité digne de ce nom? Et puis est-ce qu'on va pouvoir faire l'accompagnement? Parce
que ça va être superimportant. On entre dans quelque chose de nouveau. Est-ce qu'on va être capable de faire l'accompagnement qu'il faut, hein? Alors, il faudra voir ça.
On a un
régime qui est construit, en ce
moment, sur des normes et des
inspections. Les gens se soumettent, ils le font. Ça va bien, au Québec, ça marche, force est de le
constater. Là, on s'en va vers une déréglementation. Là, on va avoir des
plans par objectifs adaptés à des individus, à un groupe d'individus. Moi, je
pense que c'est quand même tout un défi.
La sous-ministre, justement, disait, là, dans les consultations... Mme Barthe nous a
dit qu'on gardera toujours cette notion-là
d'analyse du risque, du risque de la salubrité, on ne va pas changer. Moi, ce
que j'ai entendu, par contre, c'est qu'on
va regarder cette notion-là de risque pour encore plus simplifier la réglementation. Alors, comment on peut faire pour
garder le risque mais de la simplifier aussi, la réglementation? Ça va être un
défi.
Moi, je n'ai
pas vu dans le projet de loi que, pour gérer le risque, on allait faire quelque
chose de plus. Donc, plus de risques, il va falloir qu'il y ait plus d'équipes
d'inspecteurs, des... plus d'équipes d'inspecteurs, donc plus d'inspecteurs,
hein, parce qu'on va vers un mode
d'accompagnement, il faut avoir des effectifs. Alors, nécessairement, il va
falloir des effectifs bien formés, des effectifs qui auront la même
interprétation de tous les règlements — et là, les règlements, on ne pourra pas les voir tout de suite — donc, qui faciliteront l'adaptation des
exploitants. Parce que, les exploitants aussi, ce que je comprends, là, c'est qu'ils auront une grosse part de
responsabilité, peut-être plus que maintenant. Ils devront être bien
accompagnés, bien comprendre. Il faudra donc plus d'inspecteurs.
Moi, ce qui
m'inquiète, c'est qu'en ce moment il en manque. Ce qu'on dit, là, c'est qu'il
manque des inspecteurs. On parlait,
durant les consultations, d'inspections virtuelles dans certains abattoirs.
Moi, je ne connais rien là-dedans, là, mais est-ce que c'est possible de
faire des inspections virtuelles? J'ai hâte d'entendre les fonctionnaires du
ministre.
Est-ce qu'il
va falloir... Parce qu'on a eu aussi un mémoire intéressant, là, le mémoire des
vétérinaires, en fait, qui se posent
ces questions-là de salubrité, et ils disent : Dans ces plans de contrôle
là, est-ce qu'on va être appelés à contribution? On aimerait contribuer. Est-ce que l'avis d'un vétérinaire va être
important dans certaines situations puis est-ce qu'on va pouvoir
l'inclure dans la loi?
Alors, le
maintien et l'amélioration de la qualité, ça passe toujours, toujours par des
individus, des individus qui connaissent les normes et qui les
appliquent. Ici, les objectifs, c'est fait pour ceux qui savent ce qu'ils font.
Donc, pour que nos individus connaissent les
normes, bien, il va falloir en avoir, des normes, puis là, bien, je trouve que c'est pas mal flou.
Et il va y avoir beaucoup d'accompagnement, puis
il va falloir que ceux qui accompagnent soient bien formés. Alors, comment le gouvernement va accompagner tout
ce monde-là, identifier spécifiquement ces normes-là, bien, il va falloir voir.
Donc, ça,
c'est côté projets
pilotes, flou, on laisse... C'est
bien, on innove, mais en même temps on ne sait pas trop, puis, tu sais, il va
falloir voir les règlements puis jusqu'où le ministre veut aller.
Mais, de
l'autre côté, on a entendu des groupes qui disent : Bien,
nous autres, on a peur que ça aille trop loin dans l'autre sens. 49 permis à cinq permis. Mais
là est-ce qu'on va avoir des sous-catégories de permis puis est-ce que
ça va être plus compliqué, puis ça, ça va être dans les règlements? Ils
se posent des questions.
Mais aussi il y a beaucoup
de ces gens-là qu'on a entendus qui sont déjà, j'en ai parlé un petit peu au début, là, légiférés au niveau
fédéral. Alors, le plan, le fameux plan de contrôle, là, de l'article 5,
là, eux, ils se disent... je pense
aux éleveurs de porcs, les éleveurs de bovins, eux, ils disent :
Bien là, c'est parce que nous, on en a déjà, là.
La façon dont
ça fonctionne, Mme la Présidente, au fédéral... peut-être que vous avez
des fermes dans votre comté, peut-être...
non, non, non, pas... c'est le député de Pontiac, mais il y a l'Agence
canadienne d'inspection des aliments, et les éleveurs de porcs puis les éleveurs de bovins, là, ils ont déjà le
Conseil canadien pour les soins aux animaux d'élevage, hein? Et là il y a un groupe d'experts, puis, parmi le
groupe d'experts, il y a des gens du MAPAQ qui sont là déjà, et qui rédigent
des normes, et qui ont rédigé un code de
pratique pour les soins des animaux d'élevage. Puis, à partir de là, les
éleveurs de porcs, par exemple, ils
ont déjà leur code d'éthique. Donc, ces éleveurs de porcs là, ces éleveurs de
bovins là qui exportent, et c'est la
grande majorité des éleveurs de bovins
et de porcs, en tout cas, ils exportent, ils sont soumis à ces plans de
contrôle là. Ça existe déjà, des plans de contrôle, ils sont déjà soumis
à ces plans de contrôle là, qui sont une création du fédéral. Alors là, ils demandent au ministre,
ils disent : Bien, écoutez, M. le
ministre, on ne voudrait pas que vous
recommenciez tout, là, dans votre projet de loi, puis que nous, on soit obligés de tout faire en double. Ça, ils ont vraiment,
vraiment peur de
ça. Et là le ministre, en consultations, j'étais heureuse de l'entendre, a dit : On
ne va pas faire de dédoublement. Mais, quand
on lit le projet de loi, quand on lit le projet de loi, ce n'est pas
clair. Il va falloir le travailler, parce que, là, de la façon dont c'est écrit là, là,
tout est possible, hein, tout est possible, et puis il pourrait y avoir toute
une procédure en parallèle de ce qui est fait au fédéral.
Alors,
ce que ces éleveurs-là disent, les éleveurs de porcs, entre autres, ils disent : Bien, le fameux terme «exploitant», là, quand on parle du plan de contrôle, est-ce qu'il pourrait s'appliquer seulement aux exploitants qui opèrent au Québec,
qui ne font pas d'exportation? Parce que
nous, on ne veut pas être pris à tout faire en double. Alors, il faudra voir. Et
donc...
Puis
la grande majorité, c'est important de le dire, la grande majorité des abattoirs, là,
les gens qui nous écoutent, la grande
majorité des abattoirs au Québec sont régis par des lois fédérales. Les abattoirs,
ici, si je comprends bien, c'est surtout
des abattoirs de proximité, là, qui vont être, entre guillemets, impactés par
le projet de loi et qui n'ont pas de plan de contrôle, en ce moment, ou de code de... Ça
pourrait être plus réglementé. On dit : Il y a un flou, là, et les
fameux plans de contrôle viennent toucher les abattoirs de proximité, et là il
faut faire son travail. Est-ce qu'on ne pourrait pas calquer le système fédéral, hein, où le MAPAQ a déjà été
impliqué, là, pour faire les fameux... les codes de pratique, et tout ça?
Est-ce qu'on ne pourrait pas s'inspirer de
ça? Est-ce qu'on pourrait avoir un conseil d'experts, par exemple, au Québec, qui justement, établirait une norme de plan de contrôle? Parce
que c'est ce que j'ai compris aussi, c'est que les plans de contrôle, là... C'est extrêmement laborieux à faire,
un plan de contrôle. On engage des gens, on engage des firmes pour faire les
plans de contrôle. Donc, on ne veut
pas... on veut que ce soit bien fait, on veut que ce soit bien normé, on veut
savoir où on va, on ne veut pas avoir à recommencer. Donc, ça, c'est une
inquiétude, et il va... Et puis il y a une façon d'écrire la loi pour, justement,
rassurer tout le monde puis faire
en sorte qu'on est efficace. Parce
que c'est un peu l'esprit du projet
de loi, hein, d'assouplir, d'être plus efficace, d'enlever de la
paperasse à nos agriculteurs et à nos entrepreneurs dans le monde alimentaire.
Dans
le même sens, là, on parle de tout ce qui est traçage du bétail, je ne suis pas
une experte là-dedans, là, mais, si j'écoute ce qu'on dit, il y a un gros traçage qui se fait déjà et
qui est balisé au fédéral. Est-ce qu'on pourrait s'inspirer de ça? Est-ce que les gens qui le font déjà ne
pourraient pas être exclus des obligations provinciales puisqu'ils le font déjà? Je
pense que c'est quelque chose qui est à réfléchir, qui a beaucoup de bon sens. On ne veut pas, encore une fois, dupliquer ou faire plus de travail quand il est déjà fait.
Donc,
grosso modo, c'est ça. C'est donc une autre façon de voir les choses. On aura peut-être
moins de permis, les gens devront s'enregistrer.
fameux essayeurs de lait, là... Je ne sais pas si vous connaissez ça, un
essayeur de lait, Mme la Présidente — non? — mais, quand on a un producteur de lait, on a un
chauffeur qui, lui, va chercher le lait un peu partout sur les fermes et goûte le lait. Alors, ce
monsieur-là, cette madame-là — il y a peut-être des madames aussi là-dedans — a une
formation, et il y a toutes sortes de... Il a besoin d'un permis pour faire ça.
Donc, il est chauffeur, mais il a son permis, aussi, d'essayeur de lait. Là, maintenant, il n'aura plus besoin de
permis, mais il devra s'enregistrer. Certains groupes ont dit : Est-ce que cet essayeur de lait là aura
les formations? Est-ce qu'il aura les bonnes formations? Est-ce que les
formations seront complètes?
Alors,
voyez-vous, c'est des changements comme ça. Et on regardera la loi à la lettre,
mot après mot, virgule après virgule pour s'assurer, justement, que,
bien qu'on allège, on simplifie, et tout ça, on est tous contents que, malgré
tout, la qualité de nos aliments, la qualité
de ce qu'on aura sur la table sera la même. Et ça, c'est extrêmement important,
et on va travailler extrêmement fort pour s'assurer que nos citoyens
auront ça.
aussi on essayera de travailler avec le ministre pour bonifier la loi pour
qu'elle soit bonne encore pour longtemps, longtemps. Et on voudra aussi demander au ministre ses intentions
réglementaires, où est-ce qu'il va aller avec ça, et de mettre les
balises qu'il faut, aussi, pour ne pas partir dans tous les sens.
Donc,
sur ce, évidemment qu'on est d'accord avec le principe. Et j'ai très, très hâte
de commencer à travailler sur l'étude détaillée de ce projet de loi là.
Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Et maintenant
je suis prête à reconnaître le prochain intervenant, qui sera M. le député
de La Pinière.
M. Barrette :
Alors, Mme la Présidente, merci. Je vais commencer par remercier ma
collègue, qui a fait une présentation
exhaustive. Et, comme j'ai été cité à quelques reprises, je vais peut-être
me répéter un peu, mais je vais regarder ça sous quelques angles un petit peu différents mais qui vont dans le
même sens. Évidemment, on est d'accord avec le principe, ce n'est pas
moi qui vais dire le contraire, mais par contre il y a des enjeux qui sont
importants et auxquels il va falloir s'adresser.
Je vais commercer par
féliciter le ministre, Mme la Présidente, parce qu'il est en train de
faire quelque chose d'unique. Alors, pour un
projet de loi que je qualifierai de régulier, par opposition au
projet de loi d'urgence, il est venu défendre son projet de loi, ce que tous les ministres du gouvernement actuel n'ont pas fait. Et, si la tendance se
maintient, il va avoir assisté à tous
les débats, toutes les présentations du débat de principe, de l'adoption
du principe, ce qui est quand même
exceptionnel, ça n'arrive pas souvent. Si la tendance se maintient. Il pourrait y avoir
des surprises, Mme la Présidente.
Alors,
Mme la Présidente, comme commentaire, je vais commencer par celui-ci, que j'ai déjà
fait à plusieurs reprises pour
plusieurs projets
de loi dans les débats sur l'adoption
de principe, à l'effet que, dans cette législature-ci, on adopte des projets de loi qui
ne sont pas toujours des lois, puisque le côté effectif desdites lois se
retrouve dans des règlements, qui sont toujours totalement occultés, qui
sont à l'abri du regard des parlementaires. Et, celui-ci, je pense que c'est le
meilleur là-dedans, là, le champion de tous les projets de loi qui aura été
déposé.
En fait, Mme
la Présidente, je ne pense pas qu'on dépose ici une loi. On dépose une
expérience. Une loi, normalement, là,
ça dit : Voici ce que vous pouvez faire, ne pas faire. Et puis, si vous ne
le faites pas, il y a telle sanction, telle conséquence, et ainsi de suite. Il n'y a jamais de récompense à
l'observance des lois, mais normalement il y a des balises qui font que voici le cadre dans lequel vous devez
fonctionner, et voici jusqu'où vous pouvez aller, à peu près, il y aura des
ajustements dans les règlements, et
voici ce que vous ne pouvez pas faire. Ce projet de loi ci est une expérience.
Puis je ne le dis pas négativement.
Vous pouvez le prendre négativement, Mme la Présidente, puis, en quelque part,
vous auriez raison, parce qu'à un
moment donné, là, une loi, ça sert à ça, l'examen par les parlementaires sert à
recentrer soit le débat soit certaines règles,
dans la finalité dudit projet de loi. C'est à ça que ça sert. Et là,
actuellement, il fait quoi, le projet de loi, dans tous ses articles? Il nous convie, nous oblige à entrer
dans une période d'expérimentation, de projets pilotes, et ainsi de suite,
sans balises et sans examen préalable par les parlementaires.
Et ça, je
trouve ça dommage. Pourquoi, Mme la Présidente? Parce que le ministre le dit
lui-même, O.K., il a dit que ce
projet de loi là visait à moderniser un secteur, qui est celui des produits
alimentaires, parce que la loi qui existe est là depuis, j'ai noté, 1974. C'est correct, c'est une bonne idée. Mais là on
ne va pas passer d'une loi qui est très claire et qui a certaines
contraintes à une nouvelle loi adaptée aujourd'hui. On passe d'une loi qui est
claire, à moderniser, avec des contraintes,
à pas de contrainte, on va faire des projets pilotes. Essentiellement, c'est
ça. Et ce n'est pas ça, l'esprit de
la législation. L'esprit de la législation, c'est d'être un peu plus précis que ça, ce qui n'exclut pas des projets pilotes, mais ça
commande un certain nombre de choses.
Le ministre
l'a dit, lui aussi, je l'ai noté, Mme
la Présidente, pour être certain de bien le citer, là, il l'a dit, là, ça vise
à changer la réglementation. On passe de
49 permis à — combien,
déjà, je ne m'en rappelle plus? — cinq, et ça va toucher l'enjeu de la
sécurité, l'hygiène et la salubrité. C'est ça qu'il nous a dit, là. Alors, dès
que vous mentionnez salubrité, sécurité,
hygiène, normalement il y a des lumières jaunes, au moins, qui s'allument, et
on s'attend que le projet de loi soit clair là-dedans. Or, il ne l'est
pas, on s'en va dans des projets pilotes.
Bon, je
l'aime bien, ce projet de loi là, Mme la Présidente, parce que, je dis souvent,
et je vais le dire encore ce matin,
ce n'est pas vrai que l'histoire se répète. L'histoire se répète à la condition
expresse que les conditions soient les mêmes;
ce qui se passe, là, ce qui amène à ce qu'une chose se passe, ce soit la même
chose. Ce n'est pas le cas. Mais par contre, ici, l'histoire se répète
un petit peu, puis je vais y venir tout de suite. C'est assez amusant, Mme la
Présidente.
Vous
êtes-vous déjà posé la question, Mme la Présidente, comment ça se fait qu'on ne
vous sert jamais, dans les restaurants,
et que vous ne vous faites jamais, à la maison, du tartare de poulet? Quelqu'un
a-t-il une réponse? Je vais faire une
pause, j'accepte toutes les réponses. Pourquoi on ne vous sert jamais un
tartare de poulet, jamais, puis vous n'en faites pas à la maison, jamais?
Je vais vous donner la réponse dans quelques instants.
Moi, je viens
d'une génération qui est la fin de la génération de ceux qui ont connu la
crise. Je viens d'une famille qui, à
la ville, petite ville d'où je viens, les gens qui ont connu la crise ont été
tellement traumatisés par la crise qu'ils ont longtemps, longtemps,
longtemps gardé des animaux dans leur cour, en ville. Ça fait que moi, je viens
d'une famille où il y avait une vache, puis il y avait des lapins, puis il y
avait des poules, pas des dizaines, là, mais pour la subsistance, parce que les gens ont connu la faim. Ça, c'est la
fin des années 50, début des années 60. Et ces gens-là
progressivement ont eu confiance dans
la société où elle était rendue, et ils ont abandonné progressivement, là,
lorsqu'ils mouraient, en général, là, les
animaux qu'ils avaient à leurs maisons. Ça, c'est le Québec d'antan, Mme la Présidente. Et, dans le
Québec d'antan, là, on faisait de l'abattage de proximité, là.
L'abattage se faisait chez soi. Le monde, en général, n'était pas malade.
Quand je dis
que l'histoire se refait, qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui? Bien, je fais le
parallèle, là, Mme la Présidente. Qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui? On
ramène des poules, des fois des cochons, toutes sortes de choses en ville. Mais
qu'est-ce qui arrive aujourd'hui? Bien, vous
avez des articles, cet été, comme dans La Presse, qui en a
fait un dossier, sur les dangers d'enlever des poules en ville... pas
d'enlever mais d'élever, des dangers d'hygiène, des dangers sanitaires, salmonellose
et autres maladies transmissibles de l'animal à l'homme.
On a récemment entendu parler d'une pandémie où
c'était ce genre de chose là. Je ne sais pas si vous en avez entendu parler, là, mais l'absence de
réglementation dans certains marchés publics, dans certaines régions
planétaires, ont amené un transfert de maladie de l'animal à l'homme,
comme quoi l'hygiène et la salubrité, ce n'est pas quelque chose qu'on prend à
la légère.
Vous n'avez
pas de tartare, Mme la Présidente, de poule, de poulet, pour la simple et bonne
raison que cet animal-là, compte tenu
de sa constitution physique et de la technique d'abattage, amène un risque de
contamination à la salmonelle, même
s'il a eu vaccins, antibiotiques, et ainsi de suite. C'est ça, la réalité. Ce
n'est pas parce que la viande de poulet est une viande cosmique sur laquelle se précipite la salmonelle. Non, c'est
parce qu'il n'est pas possible d'avoir une technique d'abattage aussi
parfaite qu'avec d'autres aliments. Je ne peux pas être plus clair que ça, Mme
la Présidente.
Les normes qui ont été mises en place dans
l'histoire sont des normes qui sont basées sur l'expérience. Dans nos sociétés, l'être humain a constaté que, pour
s'assurer de la salubrité de certains aliments bruts, on va dire, là, non
cuisinés, il fallait des techniques particulières et vérifiées. Et là je
vais aller dans le sens du ministre, là. C'est sûr que 49 permis, ce n'est
pas pour rien, là. C'est parce qu'à un moment donné il y a eu des lobbys puis
il y a eu toutes sortes de pressions industrielles, commerciales et sociales
pour qu'on ait une sécurité parfaite, puis là on a fait des permis pour tel
type d'oiseau, tel type d'animal, tel type
de poisson, et ainsi de suite. Puis on en a fait beaucoup. C'est vrai qu'on en
a fait beaucoup.
Et est-ce que ça mériterait d'être simplifié?
Oui. Je suis d'accord avec ça, moi, là, Mme la Présidente, là. Mais est-ce qu'actuellement on le fait de la bonne
manière? Je ne suis pas convaincu, O.K., parce qu'au départ la loi ne prévoit
rien. Ce n'est pas écrit dans la loi, là.
C'est un projet de loi qui ouvre la porte très grande à une grande forme
d'empirisme.
Je vous soumets, Mme la Présidente, bien
humblement, ainsi qu'au ministre, que les normes qui ont été mises en place, qu'on veut changer, ont été mises en place
pour des raisons de sécurité, de salubrité et d'hygiène. En français,
ce n'était pas clean partout. Les familles
québécoises qui sont ici, là... On est issus, nous tous et toutes, là, de
familles qui ont vécu ça. On l'a tous
vécu, là. Ceux qui nous écoutent, là, qui souvent sont plus âgés, là,
bien, ils savent de quoi je parle, ils l'ont vécu. Ils ont une expérience
de vie, puis ils savaient comment faire, puis ils faisaient bien, bien, bien
attention parce que
c'était de l'abattage de proximité, puis ils protégeaient leur famille, hein? Ils avaient un intérêt à faire attention. Puis de temps en temps on cuisinait puis on en donnait à la famille. On faisait attention.
Mais on a tous connu du monde qui... bien, peut-être pas tous, là, mais
nos aînés ont connu des situations où c'était moins jovial.
Alors, aujourd'hui, on se serait attendu à ce que le projet de loi soit loquace,
pour le moins, sur ce que l'on visait. Bon,
le ministre nous a dit que ce n'est pas un problème
parce que là on va simplifier les choses. Il nous a dit ça,
là, aux consultations publiques, mais
on va quand même s'assurer que la sécurité, l'hygiène, la
salubrité, ce soit au rendez-vous. Bien, on le souhaite. Mais j'ai posé un
certain nombre de questions, par exemple, hein?
Le ministre
nous a dit quelque chose d'extraordinaire, Mme la
Présidente. Je vais élaborer un petit peu là-dessus. On va être plus sur les résultats que... Comment
il a dit ça? Le contrôle de la qualité va se faire par les résultats plutôt que
par les méthodes.
Alors là, Mme la Présidente, je vous annonce qu'on n'a rien inventé, là. Ça, là, ça existe depuis
des années, des années, et je dirais même que ce principe-là, au ministère
de l'Agriculture, au MAPAQ, c'est probablement le dernier à embrasser ça. Mais, pour que ça, ça fonctionne, Mme la Présidente, là, ça demande des conditions très particulières. Je
m'explique.
C'est comme les cours à l'université. À l'université,
là, avant, là, c'étaient des cours magistraux, que d'aucuns appelaient du bourrage de crâne. Moi, je peux vous
dire une affaire, à force de bourrer, il reste quelque chose. Je ne vous
dis pas que c'est la meilleure méthode
d'apprentissage, mais il y avait ses avantages. Là, aujourd'hui, Mme la Présidente, on appelle ça
l'apprentissage par problèmes. Je vous donne un sujet, faites vos recherches,
puis je constate si vous avez bien fait vos recherches et acquis correctement
la connaissance. Ça fait que, là, vous comprenez que, d'un bout de bourrage de crâne à l'autre bout, vous faites vos
recherches vous-mêmes, puis je vois si vous êtes à peu près
dans la bonne track. Il y a une différence, mais c'est ça, la
différence.
Alors,
l'hygiène et la salubrité, aujourd'hui, là, ce n'est pas compliqué. Ce sont des
normes très, très, très strictes, d'aucuns
pourraient dire trop strictes, mais très strictes, qui font en sorte que,
voici, l'abattage, la cuisine, ça doit se faire selon les normes a, b, c, d. Et
c'est gossant, et vous ne pouvez pas passer à côté, mais ça donne un maximum de
garantie de qualité.
Bon, là,
aujourd'hui, on va s'en aller dans l'inverse, l'autre extrême, on va y aller
par résultats. C'est quoi ça, résultats, là, Mme la Présidente? C'est que moi, je vais aller vous voir puis je
vais vous dire : On va t'accompagner puis on va voir si tu fais
bien les choses. Tu n'auras pas de... À date, il n'y a rien dans le projet de
loi qui dit : Voici, vous devriez faire minimalement
les choses de telle, telle manière, avoir tel, tel équipement, et, après ça, on
verra si, en ayant allégé les choses, le produit qui sort à la fin est
satisfaisant. Alors, le risque, il est là. Le risque, il est là.
Et pourquoi
on prend ce risque-là, Mme la Présidente? Pour une raison simple, puis, la
raison, je l'aime, en plus. Je trouve ça une bonne idée, Mme la
Présidente. Ce que je trouve moins bon, là, c'est de la manière qu'on le fait.
La bonne idée, là, ce n'est pas compliqué, c'est ce que l'on appelle, dans le
milieu agricole, le circuit court. C'est ça qu'on veut développer. C'est correct. C'est quoi, le circuit court, Mme la
Présidente? C'est la grande ferme versus la petite ferme. C'est la grande ferme
qui fait une production ciblée, du boeuf, du porc, point, par exemple, à une
petite ferme artisanale qui fait de tout en beaucoup plus petites
quantités et qui transforme à la ferme son produit en un aliment que l'on vend,
de proximité. Une excellente idée, Mme la
Présidente. Je suis pour ça, moi, en faveur de ça. Sauf que, ça, là, pour que ce
soit sécuritaire, ça demande à ce
qu'il y ait, je dirais, un minimum de formation, ce qui a été admis par les
gens qui sont venus, devant nous,
nous en parler. Pas un mot dans le projet de loi, un minimum de contrôle autre
que par les résultats, ça va tout
être sur des plans. Un plan, c'est un souhait, ça ne veut pas dire que ça va
arriver. Si moi, je vous dis, là : Regardez, je vous promets, là, que ce que je vais faire, là,
c'est salubre, il n'y aura pas de problème, et puis vous n'aurez jamais
d'intoxication alimentaire de chez
nous parce que je suis bon puis je vais faire attention, pas sûr que vous allez
acheter là nécessairement, là. Puis
là, bien, comme c'est du voisinage, les gens vont se dire : Je le connais,
ça va être bien correct. Mais, comme ce n'est pas nécessairement
surveillé à ce point-là, bien, il va peut-être arriver des accidents.
Est-ce qu'il
est possible, Mme la Présidente, dans le circuit court, d'avoir des producteurs
agricoles artisanaux qui sortent des normes en quantité, parce que les
normes, c'est d'abord et avant tout la quantité, et qui n'utilisent pas, par exemple,
le même équipement, et qui arrivent à produire des choses offertes au
consommateur, jusqu'aux plats cuisinés, qui soient tout à fait correctes? La réponse, c'est oui. Est-ce que
c'est souhaitable? Moi, je trouve que c'est une bonne idée. Mais là, de la manière qu'on s'embarque dans cette
aventure-là... Bien, moi, j'aurais aimé ça que ce soit un chemin balisé,
éclairé, hein, pas dans le noir, et puis que
ce ne soit pas : Bien, on verra après. J'aurais aimé voir dans le projet de loi : Voici, on va mettre, dans
nos règlements, ceci, minimalement, et on va en faire des projets pilotes pour ajuster. Là, je fais encore de l'histoire, là, j'ai l'impression de retomber dans l'ancien temps
avec les anciennes radios, avec le curseur, là, puis là, là, c'est 120,
wô! je ne suis pas tout à fait dessus, puis là il faut que je zigonne pour
avoir le poste. Bien là, c'est ça qu'on va
faire, alors que, là, normalement, on devrait être un petit peu plus digitaux, là :
Regarde, c'est là qu'on va, puis, oui, on va avoir un petit peu de flexibilité,
puis on va ajuster en fonction de ce qu'on va voir empiriquement sur le
terrain. Mais non, ce n'est pas ça.
Ce n'est pas ça. C'est un projet de loi qui dit : On va faire des projets
pilotes, puis on va voir comment ça va aller, puis on va vous accompagner.
J'ai demandé au ministre, là : Avez-vous
l'intention d'engager une force d'inspection? Non, là, ce n'est pas nécessairement ça qui va arriver. Et j'ai posé
aussi une question bien simple. Il est beau, le projet de loi, là, mais, quand
le ministre... Aussi bien intentionné
soit-il — et
il l'est — quand
il ne sera plus là, ça va-tu être la même chose? On ne peut pas garantir
ça. C'est à ça que ça sert, les lois.
Alors là, on
a un projet de loi, là, sur le principe duquel on s'entend. On s'entend même sur
la finalité de la chose. Mais, entre
les deux, qui est la chose la plus importante pour laquelle on est ici, au
salon bleu, qui est celle de débattre du texte, des balises, des choses à faire et à ne pas
faire, au moins, minimalement, réponse : Ça va être dans le règlement. Je
vous suggère que, quand on va vous présenter
un steak... un tartare de poulet, là, pensez-y bien comme il faut, là, même
si c'est artisanal, et aussi bien intentionnée la personne soit-elle.
là j'insiste, Mme la Présidente, là, les gens qui sont nos artisans, là, les
artisans, là, les paysans du circuit court, c'est du bien bon monde. Puis je
vais vous dire une chose, j'en ai dans ma famille, puis ils sont capables de
bien faire les choses. C'est des gens
brillants, c'est des gens attentionnés. Mais la nature humaine, elle est ce
qu'elle est, là. Nous, on fait des
lois pour s'assurer que tous soient aussi bons que les meilleurs. Et les lois
servent à ça, c'est une espèce d'incitatif à être comme ça. Mais là la
loi, elle ne fait même pas ça, la loi ne fait même pas ça.
Alors,
moi, aujourd'hui, je regarde ça puis je dis : Bien, une bonne
intention, puis on est d'accord avec
le principe, puis je pense qu'il faut
aller là. Je pense qu'économiquement il faut aller là, pour la vitalité des
régions, il faut aller là. Mais il faut quand même un minimum de
balises.
au paysan, l'artisan qui est venu, là, hein, M. Lamontagne, j'ai posé la
question : Est-ce qu'il ne faudrait pas avoir un minimum de
formation? Bien, lui, il est un petit peu pas mal d'accord avec ça. Mais ce
n'est pas dans la loi.
Alors,
moi, je dis : Bon projet de loi, bonnes intentions, mal ficelé pour le
moment, pour les raisons que je viens de dire. Pas un mauvais projet de loi, mal ficelé pour le moment. C'est
comme... Vous me demandez, là, de tricoter un beau chandail, là. Pas sûr, même si je prends mon temps,
d'ici Noël, que vous allez le trouver beau, là, parce que je n'ai pas encore
eu ma formation de tricot, quoique j'ai déjà
fait du crochet. Mais, ceci étant dit... J'étais enfant dans ce temps-là. Mais,
ceci étant dit, Mme la Présidente, c'est ça qui est l'enjeu du projet de
loi aujourd'hui.
Alors,
le message que j'envoie au ministre, là, c'est très simple, il est le même de
ma collègue : Y a-tu moyen de moyenner,
là, à l'étude détaillée du projet de loi, et d'arriver avec un peu plus de
substance réglementaire par rapport à ce qu'on a actuellement? Puis là
tout le monde serait heureux, et je pense que, là, la société serait des plus
protégées et heureuses. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de La Pinière.
Alors, y a-t-il d'autres intervenants? Je constate qu'il n'y en a pas.
Alors, en application
de l'ordre spécial, j'inviterais maintenant les parlementaires à m'indiquer le
vote de leurs groupes sur l'adoption du
principe du projet de loi n° 99, Loi modifiant principalement la
Loi sur les produits alimentaires.
je constate que l'un des groupes parlementaires n'est pas représenté pour la
mise aux voix, alors je vais suspendre nos travaux pour un maximum de
10 minutes. Les travaux sont suspendus.
(Suspension de la séance à
11 h 17)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux. Et, en application de l'ordre
spécial, j'inviterais maintenant les
parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur l'adoption du principe
du projet de loi n° 99, Loi modifiant principalement la
Loi sur
les produits alimentaires. Alors, M. le leader adjoint du gouvernement?
M. Schneeberger :
Pour.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le député de La Pinière?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la députée de Mercier?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le leader du troisième groupe
d'opposition?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la députée d'Iberville?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Et maintenant, M. le leader adjoint, avez-vous une indication pour
le vote des députés indépendants?
M. Schneeberger :
Oui, trois. Alors, le député de Chomedey : Pour. Le député de Bonaventure :
Pour. Et le député de Rousseau : Pour.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie. En conséquence, le principe du projet de loi n° 99,
Loi modifiant principalement la
Loi sur les produits alimentaires, est adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui. Alors, Mme la Présidente, conformément
à l'article 243 de notre règlement, je fais motion afin que le projet de loi n° 99, Loi
modifiant principalement la
Loi sur les produits alimentaires, soit déféré à la
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et
des ressources naturelles pour son étude détaillée et que le ministre de
ministre de l'Agriculture, des
Pêcheries et de l'Alimentation soit membre de ladite commission pour la durée
de son mandat. Voilà.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. En application de
l'ordre spécial, j'inviterais les parlementaires à m'indiquer le vote de
leurs groupes sur cette motion. Alors, M. le leader adjoint du
gouvernement?
M. Schneeberger :
Pour.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le député de La Pinière?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la députée de Mercier?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la députée d'Iberville?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie. En conséquence, cette motion est adoptée.
Et maintenant, M. le leader adjoint du
gouvernement, pour la suite de nos travaux.
M. Schneeberger :
Oui. Je vous demanderais de suspendre nos travaux jusqu'à 13 h 40.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie.
Compte tenu
de l'heure, et afin de permettre, cet après-midi, la tenue des affaires
courantes, les travaux sont suspendus jusqu'à 13 h 40.
(Suspension de la séance à 11 h 23)
Le Vice-Président (M. Picard) :
Bon mardi. Veuillez vous asseoir, s'il vous plaît.
À la rubrique Déclarations de députés, la
première déclaration pour Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Laforest : Alors, merci. Merci, M. le Président. Alors, aujourd'hui,
dans le cadre de la Semaine de la municipalité,
qui a pour thème Ma municipalité : ma qualité de vie! et qui
se déroule du 12 au 18 septembre, je tiens à souligner le travail
exceptionnel des municipalités de toutes les régions du Québec.
Chaque jour, ce sont plus de
8 000 élus municipaux et des milliers d'employés municipaux qui posent des actions concrètes dans
le but d'améliorer nos milieux de vie, d'accroître la qualité de nos
infrastructures et de développer notre économie en soutenant des projets
porteurs.
tant que ministre des Affaires municipales et de l'Habitation et au nom de
notre gouvernement, je vous dis merci. Merci
d'être là pour les Québécois, d'être là pour les citoyens, d'être là pour
améliorer notre qualité de vie jour après jour. Votre dévouement, chers
élus municipaux, chers employés municipaux, est essentiel.
terminant, j'invite toutes les citoyennes et les citoyens à se joindre à moi
pour souligner leur travail. Et surtout je les invite à prendre part
activement à la politique municipale.
Bonne Semaine de la
municipalité à toutes et à tous! Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon :
Merci, M. le Président. Heureuse de vous retrouver. Alors, permettez-moi de
rendre hommage à M. Raymond
Savard, décédé cet été à l'âge de 94 ans. Ce politicien verdunois, que
tous appelaient simplement Raymond, a profondément marqué ma
circonscription.
M. Savard a
d'abord été conseiller municipal, puis il a ajouté à cette fonction celle de
député fédéral, de 1977 à 1984. Très attaché aux dossiers locaux, il a ensuite
brigué le poste de maire, qu'il a occupé pendant deux mandats.
telle longévité politique s'explique facilement
pour ceux qui l'ont côtoyé. Raymond aimait les gens, et c'était
réciproque. Dès qu'il sortait de la maison, tout le monde tenait à le saluer.
Encore
aujourd'hui, les Verdunois profitent de l'héritage qu'il a
laissé puisque c'est lui qui a insisté pour que les berges
soient protégées de la spéculation immobilière.
Pour
une dernière fois, au nom de tous les Verdunois, merci, M. Savard. Reposez
en paix. Salut, Raymond! Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole
à Mme la députée de Montarville.
Mme Roy :
Oui. Alors, merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais aujourd'hui souligner
le 10e anniversaire de la Maison symphonique de Montréal, un de nos
fleurons culturels, qui permet au public du Québec et d'ailleurs de vivre une expérience
musicale incomparable.
Grâce à ses 2 000 places
et à son acoustique et son esthétique exceptionnelles, la Maison symphonique
est un lieu de diffusion unique qui offre des conditions optimales à ses
utilisateurs, notamment à son orchestre résident, l'Orchestre symphonique de
Montréal.
Alors,
pour souligner ses 10 ans, la Maison symphonique a ouvert ses portes au
public les 11 et 12 septembre dernier et offert plusieurs activités gratuites, dont 10 concerts. Je
félicite la Place des Arts et l'OSM de cette initiative, à laquelle j'ai eu le grand plaisir de participer. On a aussi
pu découvrir ou redécouvrir cette salle de renommée internationale, qui
fait briller les talents d'ici, et souhaiter la bienvenue au nouveau directeur
musical de l'orchestre, M. Rafael Payare.
Joyeux
10e anniversaire, Maison symphonique de Montréal!
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
M. le Président, Isabel Justo a perdu sa soeur jumelle ainsi que son conjoint
quand ils se sont enlevé la vie. La
douleur et l'angoisse qu'ils vivaient étaient à ce point insupportables, mais
le deuil que confrontent les familles et les proches est aussi d'une
ampleur énorme.
Le 10 septembre
a été la Journée mondiale de la prévention du suicide.
Isabel summoned her determination and
courage to transform her own grief into action, caring, and solidarity. I was pleased to join her and so many
others as she organized the first ever Mental Health and Suicide Awareness Walk
in Montréal last weekend.
étude canadienne récente a dévoilé que 44 % des femmes et 32 % des
hommes auraient ressenti un déclin de leur
santé mentale depuis le début de la pandémie. Qu'on prenne acte dans
l'amélioration des services d'urgence, de traitements d'accompagnement
et de suivi.
Let's start by taking Isabel's
example by being there for those around us.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député de D'Arcy-McGee. Je
cède maintenant la parole à M. le député Saint-Jean.
M. Lemieux : M. le
Président, je veux aujourd'hui rendre hommage à celui qui a occupé mon siège de député de Saint-Jean
en cette Chambre de 1966 à 1970 puis de 1976 à 1985, M. Jérôme Proulx, qui
est décédé récemment à l'âge de 91 ans.
Professeur de littérature, M. Proulx
raconte, dans le livre qu'il a publié en 1971, que je suis en train de lire, le
Panier de crabes , comment il a été de tous les combats, à des
moments charnières de notre histoire politique contemporaine,
particulièrement à l'époque du fameux bill 63 sur le libre-choix de la
langue d'enseignement, qui l'a d'ailleurs fait quitter l'Union nationale, en
plaçant la patrie avant le parti. L'histoire retiendra qu'il est devenu, tout
de suite après, le 26 novembre 1969, le
deuxième député du Parti québécois, avec René Lévesque, avec qui il a vécu les
hauts et les bas de ces deux gouvernements.
Je tiens à
offrir mes plus sincères condoléances à sa famille et ses proches et saluer la
mémoire de ce grand patriote moderne de chez nous. Reposez en paix,
M. Proulx.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion :
Vous me pardonnerez, j'espère, de briser un peu l'ambiance bon enfant de cette
période de déclarations de députés. C'est
le premier jour de la rentrée parlementaire, aujourd'hui, et notre système de
santé est à terre.
Dans mon
comté comme dans celui de tous les députés présents ici, ça fait des mois que,
dans une vaste majorité, les
Québécois suivent les mesures sanitaires de manière exemplaire. On peut
continuer à focusser sur les antimasques, sur les antivax, mais la réalité, c'est que les Québécois, dans l'ensemble,
ont agi de la manière la meilleure pour ne pas rendre malades, pour ne
pas nuire à la santé de leurs concitoyens.
Et là
qu'est-ce qu'on voit? C'est que la Coalition avenir Québec a jeté le système de
santé à terre. Ça fait trois ans qu'elle
est au pouvoir, la moitié, période de pandémie, il n'y a plus d'infirmières.
C'était la responsabilité de qui, ça? Si c'est notre responsabilité de ne pas rendre malades nos voisins, c'est
la responsabilité de qui de faire tenir tout droit le système de santé
du Québec pour qu'il puisse nous soigner?
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. La prochaine
déclaration est pour M. le député de Groulx.
M. Girard (Groulx) : M. le
Président, le 8 septembre dernier, le Québec a perdu un grand économiste,
Claude Montmarquette.
Spécialiste
de l'économie de l'éducation et des choix publics, Claude Montmarquette était
professeur émérite au Département de
sciences économiques de l'Université de Montréal. Il y a commencé sa carrière
de professeur en 1973 et a été
directeur du Département de sciences économiques de 1989 à 1995. Il a été un
des grands bâtisseurs du CIRANO, où
il a occupé différentes fonctions de direction, de 1999 à 2016.
Titulaire
d'un doctorat en sciences économiques de l'Université de Chicago, Claude a assisté le gouvernement du Québec dans la conception ou l'élaboration de multiples programmes et politiques touchant notamment l'amélioration de la littératie économique
et financière des Québécois, la santé
publique ainsi que l'éducation et le décrochage scolaire. Il
a été élu membre de la Société royale
du Canada en 1998 et membre de l'Ordre du Canada en 2013. En 2019, il est nommé
officier de l'Ordre national du Québec.
Le Vice-Président (M. Picard) :
En terminant.
M. Girard
(Groulx) : Claude, on m'a raconté que tu t'informais, jusqu'au dernier
moment, de l'état de l'économie du Québec et de nos finances publiques.
Le Québec va bien, et nous allons poursuivre ton oeuvre.
nom de tous tes étudiants, collègues de travail, collaborateurs et amis, je te
remercie sincèrement pour ton inestimable contribution au progrès de notre
société.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. La prochaine
déclaration est pour Mme la députée de Côte-du-Sud.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. Il y a un peu plus de deux
ans, Charles-Étienne Soucy, un adolescent
de Mont-Carmel, recevait un diagnostic de cancer. J'ai appris cette nouvelle
puisque son père est le préfet de Kamouraska,
dans Côte-du-Sud. Charles-Étienne a passé à travers cette épreuve avec beaucoup
de résilience et de courage.
est, depuis le printemps, en rémission, une bonne nouvelle, tellement qu'il a
initié sa participation au Défi Têtes rasées
du Bas-Saint-Laurent. Il a non seulement voulu participer, mais il a convaincu
ses quatre frères et soeurs ainsi que ses
parents, Nancy et Yvon, à relever le Défi Têtes rasées avec lui. Ensemble, ils
ont recueilli 20 000 $ pour Leucan. Je souligne donc sa
rémission mais aussi la solidarité incroyable de cette grande famille tissée
serré.
profite de l'occasion pour souligner l'implication appréciée d'Yvon Soucy comme
préfet de la MRC de Kamouraska, qui tire sa révérence en novembre, après
12 ans à
titre de préfet élu. Il avait été maire de Mont-Carmel quatre ans auparavant. Son apport a été
considérable pour la région et ses nombreuses implications à la FQM. Je tiens
donc à le remercier pour toutes ces
années à s'investir pour cette MRC et le milieu municipal. Merci, Yvon, et
profite de la vie différemment. T'inquiète, les cheveux, ça repousse.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Et la dernière déclaration,
M. le député de Papineau.
M. Lacombe :
Merci beaucoup, M. le Président. Donc, c'est avec fierté que je me lève
aujourd'hui en mon nom mais aussi au
nom de mes collègues députés de Chapleau et de Gatineau pour souligner le
25e anniversaire d'un organisme de Papineau qui rayonne bien
au-delà de nos frontières locales. Je parle de l'organisme Mon Chez-Nous.
Sous
la présidence de M. Donald Roy, et appuyé de toute son équipe, Mon
Chez-Nous offre et gère des logements avec
support communautaire, accessibles financièrement aux personnes et aux familles
fragilisées, autonomes, à faibles et modestes revenus, qui vivent une
situation d'itinérance ou à risque de le devenir.
Avec
un parc immobilier d'une dizaine de
milieux de vie, l'organisme envisage l'avenir avec optimisme et souhaite doubler son parc immobilier pour permettre aux
gens à faibles et modestes revenus d'avoir accès à un logement, et ainsi contribuer
à diminuer le phénomène d'itinérance qui est présent en Outaouais.
À
titre de ministre
responsable de la région mais surtout à
titre de député de Papineau, je suis
honoré de pouvoir compter sur cette
organisation chez nous pour aider les familles à se loger. Vous faites une
réelle différence dans la vie des gens de Papineau, de Gatineau et de
l'Outaouais. Merci et félicitations pour votre 25e anniversaire!
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Un simple rappel amical, en
rappelant que la durée des déclarations est d'une minute. Première séance, on
est plus tolérants. On va être plus sévères pour l'avenir.
Donc, ceci met fin à
la rubrique Déclaration de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 52)
Président : Mmes, MM.
les députés, d'abord, heureux de vous retrouver pour cette nouvelle
période de travaux parlementaires, un peu plus nombreux qu'à notre dernière
rencontre. Alors, content, et je vous souhaite une bonne session, évidemment,
qui commence aujourd'hui.
comme à notre habitude, avant d'entreprendre nos travaux, nous allons nous
recueillir quelques instants, en ayant une pensée particulière pour
la famille et les proches de M. Jérôme Proulx, député de Saint-Jean de
1966 à 1970 et de 1976 à 1985, dont nous avons appris le décès au cours
de l'été.
Je vous remercie. Veuillez
vous asseoir.
Avant de
poursuivre les affaires courantes, je dépose les lettres reçues de M. le chef du deuxième groupe d'opposition et député
de Gouin et dans lesquelles il
m'informe de sa désignation à la fonction de chef du deuxième groupe d'opposition en remplacement de Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques et de la nomination de Mme
la députée de Sherbrooke à la fonction de leader du deuxième
groupe d'opposition. Ces nominations prenaient effet le
1er août 2021.
dépose également la lettre reçue de M. le chef du troisième groupe d'opposition et député
des Îles-de-la-Madeleine et dans
laquelle il nous informe de sa désignation à la fonction de chef du troisième groupe d'opposition. Et cette nomination prenait effet le 9 septembre 2021.
De plus, je dépose
une lettre que m'a adressée la cheffe de l'opposition officielle, m'informant
de la nomination de M. Pierre Arcand,
député de Mont-Royal—Outremont, à la fonction de président du caucus de
l'opposition officielle à compter du 18 août 2021.
dépose aussi une lettre que m'a adressée le whip en chef du gouvernement,
m'informant que Mme Claire Samson, députée d'Iberville, n'est
plus membre du caucus du groupe
parlementaire formant le gouvernement depuis le 15 juin 2021.
Finalement, je dépose la lettre que j'ai reçue de
la part de Mme Claire Samson, députée d'Iberville, dans laquelle
elle m'informe de sa décision de siéger sous la bannière du Parti conservateur
du Québec à compter du 21 juin 2021.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
la rubrique Dépôt de documents, Mme la vice-première ministre et ministre
responsable de la région de la capitale.
Mme Guilbault : Merci, M. le Président. Permettez-moi de déposer
le rapport annuel 2020‑2021 de la Commission de la capitale
nationale du Québec. Merci.
Le Président :
Et ce document est déposé. M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport annuel de gestion 2020‑2021
de l'Institut national des mines.
Le Président :
Ce document est également déposé. M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : M. le Président, je dépose le rapport
annuel 2020‑2021 de l'Autorité des marchés financiers ainsi que
le rapport annuel 2020 sur les institutions financières. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Merci. Ce document est déposé. M. le ministre de la Santé et des Services
sociaux.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je dépose les rapports annuels de gestion 2020‑2021
de la Corporation d'urgences-santé,
de l'Institut national de santé publique du Québec, de l'Institut national
d'excellence en santé et en services sociaux, de la Régie de l'assurance maladie du Québec,
d'Héma-Québec, du CHU de Québec de l'Université Laval, du CIUSSS de l'Ouest-de-Montréal, accompagné de ses faits
saillants, et du CISSS des Îles, ainsi que les rapports annuels 2020‑2021
sur l'application de la procédure
d'examen des plaintes et de l'amélioration des services des CISSS de
l'Abitibi-Témiscamingue, des Îles, de
la Montérégie-Centre, de l'Outaouais, des CIUSSS de la Capitale-Nationale, du Saguenay—Lac-Saint-Jean et du CHU de Québec-Université
Laval. Merci, M. le Président.
Président : Ces documents
sont déposés. M. le ministre de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport des activités 2020‑2021 du
Comité consultatif pour l'environnement de la Baie James. Merci.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire :
Merci, M. le Président. Permettez-moi de déposer, au nom de mon collègue le ministre
de la Justice et le ministre responsable de la Langue française, le rapport
annuel 2020‑2021 de la Société québécoise d'information juridique,
du Fonds d'aide aux actions collectives, ainsi que le rapport annuel de gestion 2020‑2021
du Conseil supérieur de la
langue française, M. le Président.
Le Président :
Ces documents sont déposés. Mme la ministre des Affaires municipales et de
l'Habitation.
Mme Laforest : Oui, merci,
M. le Président. Je dépose le rapport
sur l'opportunité de modifier les territoires de la Communauté
métropolitaine de Montréal et de la Communauté métropolitaine de Québec. Merci,
M. le Président.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de
l'Alimentation.
M. Lamontagne : Oui, M.
le Président. Je dépose l'entente
administrative de gestion entre la Société
du Plan Nord et le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de
l'Alimentation ainsi que le plan
stratégique 2021‑2025 de la
Commission de protection du territoire agricole du Québec. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Ces documents sont déposés. M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
M. Julien :
Oui, merci, M. le Président. Je dépose le rapport d'activité 2020‑2021 de
la Société du Plan Nord, le rapport annuel 2020‑2021 de la Régie de
l'énergie, le rapport de l'Autorité des marchés financiers en vertu de la loi
sur les mesures de transparence dans l'industrie minière, pétrolière et
gazière, ainsi qu'un décret du gouvernement du Québec concernant l'entrée en vigueur
de la Convention complémentaire n° 27 à la Convention
de la Baie James et du Nord québécois. Merci.
Le Président :
Ces documents sont donc déposés. M. le ministre des Forêts, de la Faune et des
Parcs.
M. Dufour :
Oui, M. le Président. Je dépose les rapports annuels 2020‑2021 de la
Société des établissements de plein air du Québec et de la Fondation de
la faune du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ces documents sont déposés. Mme la ministre de la Culture et des
Communications.
Mme Roy :
Oui, merci, M. le Président. Je dépose le rapport 2018‑2019 de l'exercice
des pouvoirs d'autorisation du ministère de la Culture et des Communications
par la ville de Montréal en vertu de la
Loi sur le patrimoine culturel
ainsi que son complément d'information. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ce document est maintenant déposé. M. le leader adjoint du gouvernement, à
nouveau.
Caire :
M. le Président, je dépose les réponses du gouvernement aux pétitions
présentées à la Chambre le 22 avril dernier par la députée de Mercier
ainsi qu'aux questions inscrites au feuilleton le 5 mai, les 3 et
10 juin par le député de Rimouski, le 26 mai et le 9 juin par la députée
de Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
le 1er juin par le député de Laurier-Dorion, le 9 juin par les députées de l'Acadie et d'Anjou—Louis-Riel,
le 11 juin par le député de Marquette. Merci,
M. le Président.
Le Président :
Ces documents sont donc déposés.
Et, pour ma part, je
dépose le rapport annuel 2020-2021 de la Commission de la fonction
publique.
Je dépose copie de la
lettre que j'ai adressée à Mme Nour Salah, commissaire de la Commission de
la fonction publique, la désignant pour remplir
les postes de présidente de cette même commission par intérim à compter du
30 juillet 2021, et ce, en
application de l'article 109 de la
Loi sur la fonction publique et après
consultation du premier ministre et de la cheffe de l'opposition
officielle.
dépose également la lettre que j'ai reçue de M. le député de Chomedey
dans laquelle il m'informe du moment où il souhaite se prévaloir du
droit qui est octroyé aux députés indépendants pour les affaires inscrites par
les députés de l'opposition.
dépose le rapport d'activité des relations interparlementaires et
internationales de l'Assemblée
nationale pour
l'année 2020-2021.
Je dépose des
plus, je dépose la lettre que m'a adressée M. Angus Robertson, le
secrétaire du cabinet pour la Constitution, les Affaires extérieures et la Culture du gouvernement écossais, en réponse
à la motion adoptée par l'Assemblée nationale le 11 mai 2021
concernant le droit du peuple écossais de disposer par lui-même de son avenir
par voie référendaire.
Enfin, j'ai reçu un
préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition conformément à
l'article 97.1 du règlement. Je dépose le texte de ce préavis.
Nous en sommes à la
rubrique Dépôt de rapports de commissions.
dépose le rapport de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles qui, le 24 août 2021, a tenu des auditions publiques dans le cadre
de consultations particulières sur le projet de loi n° 97, Loi
modifiant la
Loi sur les normes d'efficacité énergétique et d'économie
d'énergie de certains appareils fonctionnant à l'électricité ou aux
hydrocarbures.
dépose également le rapport de la Commission de l'économie et du travail qui, les
24 et 25 août 2021, a tenu des auditions publiques dans le cadre de consultations particulières sur le
projet de loi n° 100,
Loi sur l'hébergement touristique.
Je dépose aussi le
rapport de la Commission des finances publiques qui, les 9, 10 et
11 juin 2021, a procédé à l'audition
des intéressés et à l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt privé
n° 219, Loi concernant un immeuble situé sur la rue University à
Montréal. La commission a adopté le texte du projet de loi avec des
amendements.
en application de l'ordre spécial, j'invite les leaders parlementaires à
m'indiquer le vote de leurs groupes sur l'adoption de ce rapport, suivi
des députés indépendants. M. le leader adjoint du gouvernement?
M. Schneeberger :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée d'Iberville?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Président : Je vous remercie. Ce rapport est donc adopté. Je
continue dans la rubrique Dépôt de rapports de commissions.
Je dépose le rapport
de la Commission des institutions qui, les 2, 3, 4, 10 et 17 février,
10, 17, 24 et 31 mars, 14 et
21 avril, les 11, 12, 13 et
27 mai, les 8 et 9 juin ainsi que les 17, 18 et 24 août 2021, a
procédé à l'étude détaillée du
projet de loi n° 64, Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection
des renseignements personnels.
La commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
Je dépose le
rapport de la Commission de la santé
et des services sociaux qui, les 26
et 27 août 2021, a tenu des auditions
publiques dans le cadre de consultations
particulières sur la vaccination
obligatoire contre la COVID du personnel soignant du réseau de la
santé et d'autres catégories de travailleurs qui sont en contact prolongé avec
les citoyens.
Enfin, je
dépose les rapports du comité directeur de la Commission de l'Assemblée nationale qui s'est réuni d'abord le 30 juin 2021 afin de statuer sur une
demande du deuxième groupe
d'opposition concernant un changement
de membre à la Commission spéciale sur l'évolution de la Loi
concernant les soins de fin de vie, le 7 août 2021 afin de statuer sur une
demande du groupe formant l'opposition
officielle concernant un changement de membre à la Commission spéciale sur
l'évolution de la Loi concernant les soins
de fin de vie ainsi que sur la désignation à la vice-présidence de la
commission, le 2 septembre 2021
afin de statuer sur la demande du député de Bonaventure afin de devenir membre
de la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, le 7 septembre
2021 afin de statuer sur une demande du
groupe parlementaire formant le gouvernement concernant des nominations au sein
des commissions parlementaires, le
8 septembre 2021 afin de statuer sur une demande du groupe formant
l'opposition officielle concernant un changement de membre à la
Commission des institutions ainsi que sur la désignation à la vice-présidence
de la commission et le 13 septembre
2021 afin de statuer sur la demande de la députée d'Iberville afin de devenir
membre de la Commission de la santé et des services sociaux.
M. le premier vice-président et député des
Chutes-de-la-Chaudière.
Vice-Président (M. Picard) : «Que les modifications à la
composition des commissions telles que prévues au rapport du comité
directeur de la Commission de l'Assemblée nationale soient adoptées.»
Président : Est-ce
qu'il y a consentement pour déroger à l'article 129 du règlement et à
l'article 4.4 des règles de fonctionnement? Consentement.
Et, en
application de l'ordre spécial, j'invite les leaders à m'indiquer le vote de
leurs groupes respectifs, suivi des députés indépendants. M. le leader
adjoint du gouvernement?
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : Mme la leader
du deuxième groupe d'opposition?
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
d'Iberville?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Je vous
remercie. Cette motion est donc adoptée.
Nous en sommes à la
rubrique Dépôt de pétitions. D'abord, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Merci, M. le Président. Donc, je dépose l'extrait d'une pétition adressée
à l'Assemblée nationale, signée par 2 237 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que l'hypothèque légale de la construction est un droit disproportionné qui
permet notamment aux entrepreneurs en
rénovation, pour être payés, de faire vendre en justice une maison sur laquelle
ils ont travaillé, peu importe le montant dû;
«Considérant
qu'il s'en inscrit de 800 à 1 000 chaque année pour un montant de
moins de 20 000 $;
«Considérant
que les coûts élevés pour les contester devant les tribunaux incitent des
victimes de travaux bâclés à renoncer à leurs droits en acceptant de
payer pour des travaux mal réalisés, certains entrepreneurs profitant des
règles actuelles pour faire pression sur leurs clients insatisfaits;
«Considérant que,
lors de leur inscription au Registre foncier, aucune vérification n'est faite
quant à leur bien-fondé;
«Considérant
que l'industrie de la construction est le seul secteur au Québec à bénéficier
d'un tel levier de négociation sur ses clients;
«Considérant
que le ministre de la Justice s'était engagé en campagne électorale à modifier
la législation actuelle;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'interdire
l'inscription d'une hypothèque légale de la construction pour une créance de
moins de 15 000 $, le [montant] maximum admissible aux Petites
Créances;
«Qu'une
hypothèque légale de la construction ne permette plus la saisie d'un immeuble
servant de résidence principale au propriétaire pour garantir le
paiement d'une créance inférieure à 20 000 $;
«Qu'une
hypothèque légale de la construction soit présumée abusive lorsque [des]
travaux effectués par l'entrepreneur
comportent des vices, des malfaçons ou ne respectent pas les règles de l'art,
afin que puissent être réclamés des dommages-intérêts.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, M. le Président. Alors, je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
3 467 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que plus de 150 000 personnes vivent dans la région de Vaudreuil-Soulanges et que plus de 86 000 automobilistes
utilisent quotidiennement le pont de l'Île-aux-Tourtes reliant l'île de
Montréal à la Montérégie;
«Considérant
que les résidents de la région ont historiquement été victimes d'un service de
train de banlieue intermittent, interrompu, diminué et même éliminé dans le cas
de Hudson et Rigaud;
«Considérant
que la récente fermeture complète du
pont de l'Île-aux-Tourtes, obligeant les automobilistes à faire un détour par l'autoroute 20, la seule artère
pour quatre municipalités, démontre clairement la nécessité d'une alternative
viable et fiable;
«Considérant
que les plans du nouveau pont, dont la construction débutera en 2024, ne
comportent pas de ligne [du] REM intégrée à sa conception;
«Considérant
qu'une ligne [du] REM allégerait le trafic de banlieue et encouragerait de
nouvelles entreprises à installer leurs
opérations régionales/interprovinciales hors de l'île, réduirait l'usure du
nouveau pont et prolongerait sa durée de vie;
«Considérant
que la portion de l'autoroute 40 entre Vaudreuil-Soulanges et
l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal fait
partie d'un réseau routier transcanadien;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec d'entamer une collaboration immédiate avec
le gouvernement fédéral afin de rapidement modifier les plans de conception du
nouveau pont de l'Île-aux-Tourtes pour y
inclure l'emplacement d'une voie pour une ligne du REM et de prolonger la ligne
REM de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal
jusqu'à [Vaudreuil].»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : Merci,
M. le Président. Alors, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 5 806 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que la maladie coeliaque est une maladie
chronique auto-immune induite par l'ingestion de gluten chez les
personnes génétiquement prédisposées;
«Considérant que 82 000 Québécois
en seraient atteints et qu'il n'existe aucun traitement pharmacologique pour
cette maladie;
«Considérant que le seul traitement disponible est un régime
sans gluten strict, insuffisant pour 30 %
des patients et qu'il n'est pas remboursé par les compagnies
d'assurance;
«Considérant
que l'absence de traitement de la maladie a des conséquences graves pour les
personnes visées telles que symptômes
gastro-intestinaux, retards de croissance, arrêts de travail, visites
régulières à l'hôpital, dénutrition, dépression [...] et qu'il en découle des coûts importants pour le système de santé
qui peuvent être réduits en rendant ce traitement plus accessible et
équitable;
«Considérant
que le coût des aliments sans gluten peut être 360 % plus élevé que leurs
comparables avec gluten;
«Considérant
que les parents d'un enfant diagnostiqué coeliaque reçoivent 2 400 $
par année via le supplément pour enfant handicapé, mais que cette mesure
prend fin à l'âge de 18 ans;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons que le gouvernement
du Québec poursuive l'allocation mensuelle fixe après l'âge de 18 ans afin de rétablir l'iniquité de traitement pour
toutes les personnes ayant reçu le diagnostic de maladie coeliaque qui ne bénéficient pas de l'aide appropriée pour
traiter la maladie. Cette solution permettrait de faciliter l'accès au traitement
et de réduire la pression sur le système de santé qui en a bien besoin en ces
temps de crise sanitaire mondiale.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Et cet extrait
de pétition est déposé. Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme Tardif :
Merci, M. le Président. Bonjour. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 18 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
l'adhésion d'une importante
partie de la population de la région au projet de
l'usine Nemaska Lithium;
«Considérant que les infrastructures nécessaires
sont déjà en place à Shawinigan;
«Considérant
que des travaux pour la future usine ont été amorcés dans le secteur Grand-Mère,
l'impact environnemental aura été causé en vain, et ces impacts seront à
répéter si le projet était déplacé ailleurs, puisqu'il faudra repartir à zéro;
«Considérant la participation importante d'Investissement
Québec dans ce projet;
«Considérant que la ville de Shawinigan a toujours
été un pôle d'attraction provincial dans le domaine de la mobilité
durable électrique;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec de prendre les mesures
nécessaires afin de maintenir le projet de l'usine Nemaska Lithium sur
l'actuel site de Shawinigan.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
1 505 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les citoyens bénéficient de l'accès à un écosystème
diversifié de commerces locaux indépendants qui participent au tissu
social de leur quartier;
«Considérant que la santé des artères commerciales et des
commerces montréalais constitue un élément important de la qualité de
vie des Montréalaises et des Montréalais et du développement économique de la
métropole;
«Considérant
que la surchauffe immobilière incite les propriétaires à réclamer des hausses
de loyer abusives aux petits
commerçants et que ces hausses ont pour conséquence la fermeture de ces
établissements et la détérioration progressive du tissu social;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec :
«De créer un
bail type pour les baux commerciaux et rendre obligatoire l'inscription des
baux au Registre foncier;
«D'instaurer un contrôle
des loyers commerciaux pour interdire les hausses abusives;
«De modifier
la
Loi sur les cités et villes pour exiger qu'une cotisation soit payée par le
propriétaire lorsqu'un local commercial
est vacant; les propriétaires pourraient alléger cette cotisation en proposant
ces locaux à des groupes communautaires ou culturels pour des locations
de moyenne durée et à bas prix — de type "pop-up";
«D'aider les
villes à mettre en place un programme pour les entreprises
"patrimoniales", qui protège les commerces de proximité indépendants de longue date de la spéculation
immobilière et qui leur donne des outils pour se porter acquéreurs de
leur bâtiment;
«D'outiller
les municipalités pour qu'elles intègrent mieux l'urbanisme commercial dans
l'aménagement de leur territoire.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Et cet extrait
de pétition est déposé. Mme la députée de Mercier à nouveau.
Mme Ghazal :
Oui. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 1 091 pétitionnaires. Désignation : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, selon le rapport d'Inventaire des émissions de polluants atmosphériques du
Canada, les crématoriums émettent 10 [à] 12 contaminants les plus
toxiques au monde — dont
mercure et dioxines — et
que ces rejets ont triplé depuis 1990, sans compter la bioaccumulation;
«Considérant que la construction de crématoriums est en
expansion en milieu urbain, sans zone tampon, déversant leurs contaminants sur les zones sensibles — résidences,
garderies, écoles, parcs — menaçant
l'environnement, la santé et la sécurité des citoyens dont
particulièrement les enfants, femmes enceintes et personnes âgées;
«Considérant que les incinérateurs doivent être situés en zone
industrielle mais pas les fours crématoires, malgré leurs fonctions
similaires et l'absence de filtres sur ces derniers;
«Considérant que ces installations près des
résidences provoquent des conflits avec le voisinage;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec :
«Qu'il déclare que les fours crématoires sont
des incinérateurs et qu'il les soumette à la même législation;
«Qu'il [compte] une zone tampon de 1 000 mètres
entre les crématoriums et les zones sensibles;
«De réglementer le traitement des gaz
postcombustion en rendant obligatoires des systèmes de filtration et de
détection de fuites;
«Qu'il impose
un moratoire sur l'implantation de crématoriums à proximité des zones
sensibles, en attendant que le
ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques
réalise ses propres études sur l'émission de tous les contaminants et polluants rejetés par les fours crématoires
et mette à jour la législation et la réglementation sur les
crématoriums.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : Et cet extrait de pétition est déposé. Je vous
redonne la parole à nouveau, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 458 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que plusieurs adeptes de
micromobilité reçoivent des contraventions — par exemple les planches à
roulettes;
«Considérant que le Code de sécurité routière du
Québec interdit ou limite l'usage des engins de micromobilité comme moyens de
transport durables;
«Considérant
que certaines provinces canadiennes et plusieurs pays à travers le monde ont
plutôt décidé de permettre leur usage dans leurs rues tout en les
encadrant afin que cet usage s'exerce sécuritairement;
«Considérant
que l'usage en constante croissance d'engins de micromobilité durable,
électriques ou manuels est une alternative à l'auto solo et contribue à
favoriser une mobilité plus durable;
«Considérant
que, depuis 2018, plus de 400 municipalités à travers le Québec ont appuyé
la Déclaration d'urgence climatique;
«Considérant
que les modes de transport traditionnels et individuels sont une des
principales sources d'émissions de
gaz à effet de serre au Québec et que le gouvernement s'est engagé à réduire
[les] émissions de gaz à effet de serre pour combattre les changements
climatiques;
«Considérant
que les populations urbaines sont de plus en plus denses et que l'Organisation
des Nations unies prévoit que plus des deux tiers de la population
mondiale seront des citadins d'ici 30 ans;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de mettre en place un processus
de révision du Code de la sécurité
routière, et surtout l'article 499
qui stipule que "nul ne peut faire usage sur la chaussée de patins, de
skis, d'une planche à roulettes ou
d'un véhicule-jouet", afin qu'il s'inspire des meilleures pratiques en
matière d'encadrement de la micromobilité électrique et manuelle.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
Le Président : Et cet extrait
de pétition est également déposé. Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : Merci, M.
le Président. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
1 183 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant qu'il est essentiel que la population
connaisse l'existence des services auxquels elle a droit en soutien à domicile et puisse faire appel aux services des
auxiliaires en santé et services
sociaux — ASSS — en connaissant leur rôle;
«Considérant qu'une motion a été déposée à
l'Assemblée nationale en 2018 pour demander une intervention significative du gouvernement pour une réelle
reconnaissance et [la] valorisation de la profession des ASSS, qui est un
métier à prédominance féminine, et que rien n'a été fait en ce sens;
«Considérant
que la formation D.E.P. en assistance familiale et sociale aux personnes à domicile
code 5045 a été abolie en 2019;
«Considérant qu'une consultation nationale a été
menée auprès des ASSS du Québec;
«Considérant
que les ASSS sont les yeux, les oreilles et les bras de différents
professionnels tels que travailleurs sociaux,
ergothérapeutes, infirmières, etc., pour ainsi assurer la sécurité, les soins
physiques et psychologiques aux prestataires;
«Considérant
que le nombre de prestataires a triplé dans la plupart des régions et que rien
n'a été fait pour améliorer la situation;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, réclamons que le gouvernement
du Québec :
«Réintègre au système de l'éducation le D.E.P.
code 5045;
«Désigne "auxiliaires en santé et services
sociaux" comme nom officiel des détenteurs de ce même D.E.P.;
«Prononce
publiquement une déclaration afin de présenter l'importance du rôle des ASSS
pour pallier au fait qu'il n'a jamais mentionné les équipes CLSC en
contexte pandémique;
«Reconnaisse l'importance des ASSS dans cette
lutte.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Et cet extrait
de pétition est maintenant déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Avant de
commencer la période de questions et réponses orales, permettez-moi de
souligner l'arrivée des nouvelles boursières
et nouveaux boursiers de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, qui ne sont
malheureusement pas présents dans les
tribunes aujourd'hui, mais que vous aurez l'occasion de côtoyer durant les
prochains mois. Ils travailleront en alternance auprès de députés du groupe ministériel et des groupes d'opposition.
Vous savez que ce programme s'inscrit dans la mission éducative de l'Assemblée nationale
en offrant à ces jeunes une occasion de plonger au coeur de l'activité
parlementaire, et ce, sur une base presque quotidienne. J'espère bien
qu'ils profiteront pleinement de leur stage pratique de 10 mois à
l'Assemblée nationale.
Et j'en profite pour souhaiter également...
souligner l'arrivée d'une nouvelle cohorte de pages étudiants pour l'année 2021‑2022. Vous savez, les 14 étudiants, et il y en a
quelques-uns ici avec nous, aujourd'hui, ils seront en
poste cette année tant ici, à la salle de l'Assemblée nationale, qu'en commission
parlementaire. Alors, au nom de la
présidence et de tous les députés...
Président : Alors, je
vous souhaite à toutes et à tous de profiter pleinement de cette expérience
unique au sein de notre Parlement.
Les parlementaires et le personnel de l'Assemblée feront tout en leur possible pour leur procurer
le soutien nécessaire à la réalisation de leur stage.
Je vais maintenant rendre une décision quant à
la répartition des mesures et des temps de parole lors des débats restreints, rendue nécessaire à la suite de la
décision, en juin dernier, de la députée
d'Iberville de siéger à
titre d'indépendante.
Pour ce qui
est de la période des questions, la députée d'Iberville aura droit à trois
questions par deux cycles de 10 séances,
tout comme les autres députés indépendants. Étant issue du groupe parlementaire
formant le gouvernement, ses
questions remplaceront des questions des groupes parlementaires d'opposition
selon la même alternance que pour les questions attribuées aux députés
ministériels en début de législature.
Ainsi,
les questions auxquelles la députée d'Iberville aura droit remplaceront, dans
l'ordre suivant : une question de
l'opposition officielle au huitième rang, une question du deuxième groupe
d'opposition au septième ou huitième rang, une question de l'opposition officielle au huitième rang, une question
du troisième groupe d'opposition au septième rang et une question de
l'opposition officielle au huitième rang.
Pour plus de
prévisibilité, afin de faciliter la préparation et la gestion de la période des
questions, avant le début d'une période de deux cycles de
10 séances les groupes parlementaires d'opposition devront désormais
aviser les députés indépendants, de même que
la présidence, des moments où les députés indépendants pourront poser leurs questions
au cours de cette période. Cette
mesure s'applique à l'ensemble des députés indépendants et entre en vigueur dès
maintenant pour la période de deux cycles de 10 séances qui débute
aujourd'hui.
Dans
l'éventualité où un député indépendant ne veut pas se prévaloir de son droit de
poser une question ou est dans l'impossibilité
de le faire, il doit en aviser le groupe parlementaire duquel provient la
question, ainsi que la présidence, au plus
tard à 17 heures la veille de la séance au cours de laquelle il devait
poser sa questio