Public Finance — 5 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CFP 2013-06-05
Quebec — Committees
(Quinze
heures dix-huit minutes)
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : À l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des finances publiques
ouverte et je demande à toutes les personnes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 25, Loi concernant principalement la mise en oeuvre de certaines
dispositions du discours sur le budget du 20 novembre 2012.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Non, aucun remplacement, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, madame. Lors de la suspension de nos
travaux hier soir, nous étions sur une discussion générale sur les
articles 143 et 148. Et, si je me souviens bien, c'est le député de
Mercier qui avait la parole.
M. Khadir :
Donc, je peux...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, M. le député de...
M. Bachand :
Oui, M. le Président, juste une question de
procédure. Par courtoisie, avant que le député de Mercier ne prenne la
parole, j'aimerais transmettre aux membres de la commission un document, qui est un amendementque je ferai plus loin
dans le projet de loi à l'article 196, pour que les gens puissent
en prendre connaissance et ne pas les prendre par surprise, M. le
Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, on va le recevoir, le distribuer et puis
on en fera le dépôt plus tard. Merci, M. le député d'Outremont. Et je...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Question de règlement?
Le Président (M. Pelletier,
Rimouski) : Non. M. le député de Chutes-de-la-Chaudière?
M. Picard :
Non, non. Dans la poursuite de mon collègue de mon collègue d'Outremont, j'aurais un document
à déposer.C'est un mémoire du Conseil
de l'industrie forestière du Québec...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Là, j'aurais peut-être un consentement à demander
parce que M. le député de Chutes-de-la-Chaudière n'est pas membre de
notre commission, alors ça me prendrait un consentement pour...
M. Picard :
...qu'il puisse parler.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : ...qu'il puisse parler et déposer son document.
M. Marceau :
Juste une petite question de directive, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui.
M. Marceau :
Donc, il n'a pas remplacé M. le député de Lévis, c'est
ça que je comprends?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : C'est ça.
Picard : M. le député de Lévis va…
M. Marceau :
Ah! Excusez-moi. Je...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Ça, vous ne pouvez pas dire ça, monsieur... Vous
ne pouvez pas dire ça. Alors, il y a un...
M. Marceau :
Bien, il va faire le temps... Est-ce qu'il va
être sur...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Je comprends qu'il y a consentement?
M. Marceau :
Il va être sur le temps de parole du député de Lévis? Comment ça va
fonctionner?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Non, non. Là, c'est juste pour déposer le
document.
M. Marceau :
Ça ne me pose pas de problème. Je veux savoir pour la suite des choses.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Pour la suite des choses, si M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière... Sur consentement, il peut intervenir, puis sur son temps à lui et non pas sur le
temps du député de...
M. Marceau :
On verra le consentement plus tard.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Parce que, sur...
Comme ici il y a quatre articles, chaque député a 80 minutes. Alors, si vous donnez le
consentement à M. le député de Chutes-de-la-Chaudière de parler, il a
80 minutescomme les autres
députés. Alors, est-ce que... Je comprends qu'il y a consentement. M. le député
de Chutes-de-la-Chaudière, c'est une distribution ou un dépôt?
M. Picard :
Un dépôt. C'est le dépôt d'un mémoire du...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Il y a un consentement pour le dépôt? D'accord.
M. Trudel :
Il y a consentement, mais, pour en revenir à l'autre question, M. le Président,
là, mais, s'ils ont ledroit à un
porte-parole ou une... On ne va pas... On multiplie par deux s'il y a quelqu'un
d'autre qui s'ajoute? C'est ce que je comprends?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Mais sur consentement.
Une voix :
Sur consentement. S'il n'y a pas consentement...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : S'il n'y a pas consentement, il ne peut pas
parler.
M. Marceau :
Est-ce qu'il n'y a pas moyen, M. le Président, de faire en sorte que le temps
du député de Chutes-de-la-Chaudière...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, il y aurait une possibilité...
M. Marceau :
...et le temps du député de Lévis soient cumulés ensemble, tout simplement?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, ça serait possible. Il s'agirait de
changer nos...
M. Marceau :
Mais qu'ils ne parlent pas ensemble, par contre, qu'ils ne parlent pas en même
temps.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Il s'agirait de changer
nos règlements, mais là les règlements sont faits comme ça.
M. Marceau :
Qu'ils ne parlent pas en même temps.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Sur consentement, on peut faire ça aussi. Vous
pouvez...
M. Marceau :
Ça serait plus simple, là.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, pour commencer, il y a consentement pour
que M. le député de Chutes-de-la-Chaudière dépose un document?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Consentement. Alors, on va le distribuer, et je vous reviens dans
trois secondes.
Alors, c'est
recevable. Votre document est déposé, M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. le député de Viau, là, je ne vous laisse pas la parole, là, c'est...
La parole est au député de Mercier.
M. Dubourg : Non, non, non. Question
de règlement.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, question de...
M. Dubourg : Est-ce que la
secrétaire a noté que le député de... Enfin, Guy Ouellette, là, remplace...
Ouellette : Non,
non, non. Pas moi.
Ouellette : On ne
remplace pas le député de Verdun.
M. Marceau : Est-ce que le
député de Chomedey est là, M. le Président?
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Bachand : Le consentement, il est
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Mercier, vous avez la parole.
M. Khadir : Merci, M. le Président. Bon, d'après ma
compréhension, donc — je fais
suite aux propos que j'ai entendus du ministre des Finances hier — il ne
s'autorise pas à faire de révolution prolétarienne. Grand bien lui fasse parce
que le prolétariat lui-même n'en est pas là, M. le ministre des Finances, si on
veut un peu se mettre à jour.
Donc, je vais simplement décrire un peu la
situation des organismes de défense de droits collectifs, puisque leur
financement est lié à des revenus de Loto-Québec, c'est ça.
Bon, alors, il faut comprendre que les
organismes de défense de droits sont un peu les parents pauvres de l'ensemble des organismes communautaires appuyés
par le gouvernement du Québec. En moyenne, leur revenu est, jecrois, inférieur à la moitié de ce que la plupart
des organismes reçoivent. Quand on isole ce groupe-là puis on compare à
la moyenne du reste des organismes communautaires, ceux qui sont dans la
défense de droits, qui n'ont pas comme mission
d'offrir des services particuliers, spécifiques,
mais qui sont dans les défenses de droits collectifs
sont très mal
et très peu financés.
Évidemment, il y a une... disons, on peut comprendre que n'importe qui… le gouvernement
ne... on ne peut pass'attendre à ce
qu'il soit très réceptif à financer des organismes qui sont dans les processus
de critique et de remise enquestion
des politiques du gouvernement dans la défense des droits collectifs des gens
qui sont touchés par les politiquessociales.
Mais je pense que, dans un souci d'équité et
de justice, même si la logique des choses voudrait
que ça soit commeça, les principes des choses, le principe d'une équité en matière de financement
des groupes collectifs et des organismes communautaires supposerait qu'on
les traite de manière plus juste.
Pour l'année 2010‑2011, donc, la moyenne du
soutien financier gouvernemental pour tous les organismes communautaires est de 122 000 $, alors
que, pour les organismes de défense collectifs, c'est moins de
60 000 $, donc moins de la moitié. Et ça, bien sûr, on comprendra
que ça limite leur capacité d'action.
organismes ont interpellé la ministre de Solidarité sociale pour lui présenter un plan de rehaussement global.Je ne le sais pas, si son collègue le ministre des
Finances est au courant. La démarche qui a été réalisée, d'ailleurs, parle regroupement québécois... le Réseau
québécois de l'action communautaire autonome a été faite de manière rigoureuse.
C'est un plan prévu pour un rehaussement sur cinq ans — pas
immédiatement, mais sur cinq ans — pour
étaler dans le temps, tenir compte des impératifs budgétaires
gouvernementaux.
Il y a donc l'enjeu
du financement lui-même, mais il y a aussi des enjeux majeurs qui sont reliés
au fait que, ces organismes, on compte sur eux pour protéger des droits
acquis, en société, de chaude lutte et qui, dans les rapports de force
changeants en société, sont parfois remis en question. On le voit très bien,
par exemple, quand on considère, au Canada,
la pratique du gouvernement conservateur actuel
qui consiste à systématiquement retirer des droits, que ça soit dansla protection du public, pour ce qui est de la
question des armes à feu, que ça soit dans l'approche pour l'assurance-emploi.Et on comprend très bien,
donc, pourquoi il est important, lorsqu'on est là, de s'assurer que les groupes
associatifs sontbien dotés en moyens
pour prendre en temps opportun, quand il y a des changements et des revirements
conjoncturels politiques...
que tout ne soit pas perdu, que le résultat de l'action de la société civile
puis aussi de l'action gouvernementale, souvent sur plusieurs décennies,
pour bâtir des programmes, des mesures sociales ne soit pas effacé d'un seul
coup.
Alors, ma
question au ministre : Est-ce qu'on est en... Compte tenu de ce que je
viens de dire, donc, de l'importancedu soutien dans la reconnaissance de leur
sous-financement, j'aimerais attirer le ministre sur le fait que, d'après, moi, ceque je comprends des décisions que vous avez prises, actuellement, dans
ce que vous avez prévu dans le financement,dans les changements, il n'y aura plus de plancher, contrairement au
passé, ce qui va… hein, parce que ce n'est plus... J'y arrive, je vais
expliquer pourquoi je dis ça. Il y avait un pourcentage minimal dans le
passé...
M. Khadir : Bon, alors il y avait un pourcentage minimal — le
chiffre m'échappait — de
5 % des profits du casino qui devaient être alloués aux organismes
communautaires. C'est un montant fixé globalement.
Est-ce que
maintenant le ministre peut me dire si, dans ses commentaires à venir, on
maintient ce plancher-là ou il se peut qu'il n'y ait plus de plancher,
que ça soit uniquement lié aux entrées d'argent de Loto-Québec?
Pour les
réseaux communautaires — parce
que je leur ai posé la question — pour
le Réseau d'action communautaire
autonome, ça a été très difficile d'obtenir l'information. Ce que nous en
comprenons, d'après cesinformations-là,
c'est qu'il va y avoir une baisse, finalement, de 300 000 $, suivant
leurs calculs, d'après vos nouvellespropositions, sur le réel. Autrement dit, l'augmentation
éventuelle, à partir du pourcentage du financement obtenu parles casinos va être malheureusement compensée par
une diminution du financement qui vient du ministère de la Santé,alors qu'eux, ce qui les intéresse pour décider de leur destin puis de leur avenir, c'est
le financement global. Si vous leuraccordez un pourcentage qui peut éventuellement faire
miroiter une augmentation, mais, de l'autre
côté, il y a une baisseimportante du financement venant du ministère de
la Santé, ils ont un problème. Puis le fonds, là,
qui est à leur disposition est en diminution. Les surplus, qui étaient
de 4,2 millions en 2009‑2010, sont rendus à 1,7 million cette année.
Alors, qu'est-ce qu'on va dire à ces organismes communautaires?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Oui. Bien, moi,
ma... Enfin, écoutez, c'est plutôt l'inverse, en fait. Présentement, les contributionsaux organismes communautaires autonomes,
ceux, en particulier,
qui sont la défense des droits, comme je l'avais expliquéplus tôt, c'est un pourcentage du bénéfice net des casinos et des commerces qui y
contribue. Donc, c'est un pourcentage des revenus de Loto-Québec.
Marceau : Écoutez, à ma
connaissance, il n'y a pas de plancher. Au contraire, en fait, ce qui se
produit, c'est qu'étant donné que les revenus de Loto-Québec sont en
déclin, ils ont décliné depuis quelques années, ça avait pour impact de réduire ce pourcentage d'un montant qui
était en déclin. Et c'est justement pour répondre à cette problématique
qu'on introduit cette nouvelle disposition dans le projet de loi qui vise à
établir, justement, un plancher tel que vous le demandez, plancher qui est
établi à 19 millions de dollars à l'article 147 et qui par la suite
sera indexé.
Marceau : Oui, je m'excuse,
je veux juste compléter. À l'époque où la formule pourcentage des revenus avaitété mise en place, les attentes étaient que
les revenus de Loto-Québec continueraient toujours de croître et que donc çaassurait un financement à la hausse de ces
organismes-là, mais ce qu'on constate, c'est que ça n'est pas le cas. Et donc,pour s'assurer de maintenir et puis de voir
ce financement, donc, maintenu, mais par la suite indexé, il faut procéder par
la mise en place d'un montant, carrément, là, donc on fixe le niveau et
puis, à partir de là, ça va croître.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Mercier.
M. Khadir : Ce que je comprends,
cependant, c'est que, pour l'année financière 2013‑2014, le montant de 19 millions de prévu va être en dessous à peu
près de 300 000 $ par rapport à ce que ça aurait été dans l'autre
formule. Est-ce que je me trompe?
Marceau : Oui, vous vous
trompez. Écoutez, là, je vous parle de la portion... je veux juste être bien au
clair, là.Le Secrétariat à l'action
communautaire autonome, là, qui dispose du fonds puis qui le distribue entre
les organismes,est alimenté par une
contribution de Loto-Québec et par des crédits qui sont votés par les députés.
Il y a deux portions.L'objet de l'article
dans le projet de loi, c'est de s'assurer que la
partie provenant de
Loto-Québec puis qui est versée au secrétariat, elle cesse de diminuer
puis elle est stable puis indexée.
Par ailleurs,
le projet de loi n'attache pas ou ne fixe pas, pour les prochaines années, les
crédits qui vont être votés par l'Assemblée nationale, O.K., qui vont
être versés à ce secrétariat.
Khadir : Alors, ma question,
plus précisément : Est-ce que vous avez tenu compte de la diminution du financement par le ministère de la Santé? Parce
que, quand on... ils mettent... Les organismes, pour ce qu'ils en comprennent, parce que je ne suis pas
sûr que les chiffres qu'ils ont en main sont les bons, mais ma compréhension, c'est
que, si on ajoute ce qui vient de votre part et ce qui vient du
ministère de la Santé, au total, ils vont être en dessous des besoins et de ce
qui est déjà en cours, 300 000 $ de ce que ça avait été cette année.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : La réponse, c'est que, non, le projet de loi ne présuppose pas de ce
qui se passe ou qui va se produire quant aux crédits. Là, ce qu'on se
limite à faire, là, c'est de s'assurer que la portion provenant de Loto-Québec,
elle, demeure constante. Maintenant, pour ce qui est des crédits, je ne peux
pas engager dans un projet de loi les montants de crédits qui vont être votés par les parlementaires l'année prochaine,
là, on ne peut pas faire ça. Ça, ça relève de la politique
gouvernementale.
M. Khadir :
Je comprends, mais, en tout cas, les chiffres à la disposition des organismes
communautaires, de leur regroupement, c'est qu'il y a eu des baisses de
crédits au ministère de la Santé... Non, c'est de l'Emploi et de la Solidarité sociale, je m'excuse, au ministère de l'Emploi
et de la Solidarité sociale, qui fournit aussi un financement, et donc que cette année, en termes absolus, le
financement va être moindre que l'année passée. Donc, il y a eu des coupures,autrement dit, dans le financement des
organismes communautaires, au total de la... à partir de la somme des décisions
prises par votre ministère pour Loto-Québec et le ministère de l'Emploi et de
la Solidarité sociale.
M. Marceau : Il y a une compensation qui a été versée par le ministère de l'Emploi
et de la Solidarité socialepour
compenser le fait qu'il y avait eu un déclin du montant versé par Loto-Québec.
La compensation qui a été verséen'a
pas compensé, effectivement, complètement le déclin de la portion provenant de
Loto-Québec, mais il y a eu — enfin, moi, je regarde les chiffres, là — un très gros effort qui a été fait. Mais,
vous avez raison, ça n'a pas complètement compensé, vous avez raison.
M. Khadir :
Et, à long terme, ce que je remarque, c'est qu'il va y avoir une baisse. Moi,
je regarde dans le Fonds d'aide à l'action communautaire autonome, et le
surplus accumulé, là, fond de 2,4 à 1,6, a fondu, là, en quatre ans... C'était 4,1 ici. Oui, c'est ça : surplus
accumulé à la fin de 2010, qui était de 4,2 millions, et on est rendu à 1,1
million,puis ça va aller en... Si on
regarde cette courbe, là, c'est une courbe déclinante. Donc, le gouvernement
laisse ça, laisse ce déclin se perpétuer ou... Avez-vous une idée de
comment vous comptez rétablir ça?
M. Marceau : Non, mais je veux juste être bien au clair, là, il y a un grand effort
qui a été fait par le ministèredans
les crédits pour compenser, en tout cas en partie, pas complètement, j'en
conviens, le déclin dans la contribution de Loto-Québec.
Deux choses là-dessus
à dire. La première, c'est que ça n'implique vraiment pas le fait, là... Il ne
faut pas conclure de cela qu'on n'attache
pas une importance grande au travail qui est fait par ces organismes-là. J'aimerais
que vous compreniez encore une fois qu'il y a un effort qui a été fait.
Deuxièmement,
ça pose aussi la question de ce qui se passe chez Loto-Québec depuis plusieurs
années. Alors,il y a un débat
présentement qui a cours là-dessus, vous le savez. Moi, je considère, et je le
redis puis je le pense, qu'ilfaut s'assurer
que les Québécois jouent chez Loto-Québec. Ce sont des sources de revenus
importantes, et le fait qu'on laissealler
les choses, ça… non, pour la santé publique, ce n'est pas une bonne chose, puis,
pour les finances publiques du Québec, ce n'est pas une bonne chose.
Alors, ça pose cette question-là aussi.
M. Khadir :
M. le Président, je veux juste en profiter, pour terminer, pour dire :
Nous, nous ne sommes pas d'accord, à Québec
solidaire, pour augmenter les revenus de Loto-Québec à tout prix, quels que
soient les motifs les plusnobles
invoqués, notamment le financement des organismes communautaires. Nous pensons
qu'il y a d'autres joueursde loto, d'autres
joueurs de ce qu'on appelle la «finance casino» au niveau international, qui
brassent des milliards d'affaires,puis
certains d'eux sont d'origine québécoise, notamment les institutions
financières dont le Parti libéral en 2007 a retranché la taxe sur le
capital.
Nous
avons déjà fait des calculs. On peut discuter du montant : 800 millions
jusqu'à 1,2 milliard. Il peut y avoir des
calculs différents, mais il y a 800 millions à 1,2 milliard accessibles
immédiatement au ministre du Revenu s'il le veut,puis je ne pense pas que le ministre du Revenu
peut prétendre ici que les banques sont en danger, ont besoin de protectionsupplémentaire; 800 millions à 1,2
milliard, juste la portion de ce que le député d'Outremont... non, il n'était
pas là, saprédécesseure a donné
comme cadeau aux entreprises financières qui sont dans le domaine, justement,
du casino financier international, qui jouent aux bourses avec de l'argent
des déposants, qu'on pourrait aller chercher.
Il me semble que ça
serait mieux que d'ajouter de l'alcool sur les aires de jeux puis aller
chercher, grappiller quelques dizaines de
millions de dollars de plus. Je rappelle que ça, c'est une taxe sur le capital
des entreprises qui avaitété
abandonnée sous le motif que ça allait aider les petites et moyennes
entreprises à investir dans leur équipement. Or,quand on a fait des calculs, l'essentiel de ça a profité aux banques,
aux institutions financières qui brassent des milliards dans le casino
des investissements à haut risque.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui. J'entends votre appel, M. le député de Mercier. Je veux simplement
vous rappeler qu'on a augmenté quand
même la taxe sur les institutions financières, ce qui va rapporter l'an
prochain 211 millions de dollars...
Khadir : 211 millions versus 1,2 milliard.
M. Marceau : ...et c'est à la suite d'autres changements, entre autres... Écoutez,
je vous avais déjà donné la liste. Là, je ne les ai pas sous la main,
là, mais, bon, on pourra en redébattre, j'entends votre appel.
Puis,
quant à... Il y a aussi toute la question, là, de l'évasion fiscale aussi qui
se pose, dont on a déjà parlé, évasionfiscale
pour laquelle les gestes qui sont à poser sont essentiellement des gestes à l'échelle
internationale. Je crois... Enfin, je
me rappelle de vous l'avoir dit, mais je vais le redire ici : Combattre l'évasion
fiscale, en particulier le transfert de fonds ou l'usage du prix de
transfert dans les multinationales, ça ne peut se faire de manière efficace que
dans la mesure où l'ensemble des
administrations fiscales internationales... nationales, pardon, collaborent
entre elles. Il y a des propositions qui ont été faites, entre autres
par la France, par les États-Unis récemment, pour que l'information soit
échangée de manière automatique entre les
juridictions. De mon côté, je suis favorable à cela puis j'incite le
gouvernement du Canada à aller dans cette direction-là.
Parce
que vous savez que présentement, pour que l'information soit transférée, il
faut que deux conditions soientsatisfaites :
la première, il faut qu'il y ait une entente bilatérale entre deux pays, et il
faut, deuxièmement, qu'une demandeexplicite,
expresse d'information soit adressée à l'autre administration fiscale. C'est un
processus qui se fait plutôt rarement, on
va dire les choses telles qu'elles sont, alors il y a beaucoup de pays qui
militent en faveur d'un échange automatique d'information qui n'exige
pas de requête, qui n'exige pas d'entente bilatérale. Et, avec de telles
mesures, il y aurait moyen de savoir qui
paie quoi, où et quand, et on pourrait mieux combattre cette possibilité que
certaines entreprises ont de ne pas payer ce qui est dû. C'est tout. Je
veux simplement vous dire que moi, je suis favorable à ça.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Dans l'exercice de la souveraineté d'un État, il est toujours permis pour le
gouvernement du Québec,même si, par
exemple, les banques relèvent de juridiction fédérale, d'imposer une taxe
supplémentaire en établissant une grille. Par exemple, la grille… Je
vois que ça fait sourire le...
M. Khadir : Non, non, mais j'aime mieux que ça sourie comme
proposition plutôt que ça vous fasse froncer lessourcils. Donc, par exemple, la taxe pourrait stipuler que les banques…
juste regarder la grille des filiales, parce que lesfiliales, là... suivant le document d'analyse du
Congrès américain, le nombre, la multiplication des filiales à l'étranger,
surtout dans les pays qui sont sur la liste grise ou sur la liste noire de l'OCDE,
des pays qui sont des juridictions de complaisance
ou des paradis fiscaux, d'accord? Ça existe, ces documents-là. Ce n'est même
pas produit par des commentateurs, ou
des hommes libres et bien-pensants, ou Québec solidaire, là. C'est des
documents officiels du G20, de l'OCDE.
On a des listes, et le document d'analyse du Congrès américain en 2009 dit que
la multiplication des filiales est un symptôme de toutes sortes de
pratiques qui sont légales, mais qui sont immorales parce que c'est des moyens
d'éluder l'impôt.
Alors,
le gouvernement du Québec, en souverain que nous aimerions qu'il soit, pourrait
imposer une surtaxe pour tout transfert, prix de transfert, là — vous
connaissez mieux ça que moi — qui permet de délocaliser une
partie des activités. Et les banques l'ont déjà reconnu.
CIBC, hein, vous savez, Charles Sirois, le financier fondateur de la CAQ,Coalition avenir Québec, a reconnu devant l'assemblée
des actionnaires du CIBC qu'ils avaient déclaré 400 millions de
leurs revenus... Non, ils avaient réussi à épargner 400 millions en taxes,
en impôts dans les juridictions canadiennes à cause
de leurs filiales je ne sais plus dans quel pays des Antilles. Il vous fournit
l'argument, il vous fournit l'information.Il suffit d'analyser ça et d'imposer une surtaxe supplémentaire sur ce
genre de pratique. C'est beaucoup plus légitime, et là toute la
population va vous appuyer. Je n'ose même pas imaginer pour Québec solidaire,
parce qu'on va perdre du terrain à cause de
ça. Je vous le dis, que l'appui populaire que le PQ va obtenir si vous annoncez
que vous vous décidez de vous attaquer enfin aux banquiers qui
délocalisent leurs profits au lieu d'imposer l'alcool dans les aires de jeux...
Franchement, même les libéraux n'ont pas osé faire ça, et je les en remercie.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Bien, merci pour vos commentaires. Je vais prendre ce... Enfin,
écoutez, vous savez que la questionde
l'évasion fiscale est une question qui m'interpelle, et puis il y a du travail
qui se fait au ministère, à l'Agence du revenu.Il y a aussi du travail qui se fait, heureusement, aussi à l'échelle
internationale, et ce genre de travail là va aboutir, j'en suisconvaincu, parce qu'il y a une sensibilisation
maintenant à l'échelle internationale à ces questions. Alors, merci pour vos
suggestions.
M. Khadir :
Donc vous abandonnez les chauffeurs de taxi, ce serait mieux? Dans l'ordre des
priorités, là, actuellement il y a une
politique pour faire la chasse aux chauffeurs de taxi qui ne paient pas... qui
vraiment luttent. Je ne sais pas si, à Montréal, vous prenez des fois le
taxi, c'est un travail de crève-misère actuellement...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Excusez. Question de règlement, M. le député de
Saint-Maurice.
M. Trudel :
Oui, c'est juste que, pour les droits de parole, monsieur avait commencé, mon
collègue avait commencé à répondre puis la parole lui a été coupée. Je
voudrais juste qu'on ait le temps de... s'il vous plaît.
M. Khadir : Il
a raison.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, M. le ministre.
M. Marceau : Bien là, je vais
laisser le député de Mercier compléter puis je...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
C'est ça que j'avais compris. M. le député de Mercier.
Khadir : J'allais dire...
non, parce qu'on a débordé. En partant de là, comme le financement des
organismes communautaires dépend malheureusement des revenus de casinos,
c'est un cercle vicieux, vraiment vicieux, alors qu'on pourrait, par exemple, lier ça à la lutte à l'évasion fiscale,
justement. Puis, s'il y a une hiérarchie, il me semble quel'essentiel de l'énergie du ministère du Revenu
dans la lutte à l'évasion fiscale devrait se consacrer aux gros poissons,
pas aux petits poissons. C'est sûr qu'il y a des pratiques malheureuses, sans
doute, chez certains chauffeurs de taxi. Je
pense qu'il y en a 20 %, etc., qui ne paient pas leurs taxes, qui ne
déclarent pas, mais ça représente si peu, ça représenteà peine 70 millions, alors que ce qui, du
Québec, se trouve actuellement dans les paradis fiscaux est estimé à
88 jusqu'à100 milliards de
dollars. Là, il me semble que, ne serait-ce que dans l'ordre des priorités, il
y a encore...
J'encourage
le gouvernement actuel parce que ça pourrait l'améliorer dans l'appui
populaire. C'est le genre dechoses
que raisonnablement les gens s'attendent qu'un gouvernement souverainiste
fasse, exercice de souveraineté à tout moment, pour nous encourager,
pour que les gens aient le goût de la souveraineté.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : Écoutez, merci pour vos
commentaires. Je peux tout simplement vous dire : Toutes les formes d'évasion fiscale doivent être combattues, les
petites, les moyennes, les grandes. Et, pour chacune d'entre... Moi, je penseque c'est une question d'équité. C'est une
question d'équité pour les consommateurs, c'est une question d'équité pour lesentreprises aussi, pour les chauffeurs de
taxi qui paient leurs taxes, pour les entreprises qui paient leurs taxes, pour
lesconsommateurs qui paient leurs
taxes. C'est important que tout le monde contribue selon ce qui est prévu. Et
puis, bon, je pense qu'il n'y a pas de petit gain sur le plan de l'équité.
Voilà.
Mais je vous entends. Regardez bien, on peut
avoir des priorisations différentes. Moi, je pense que les choix que nous
faisons sont les bons choix. Et je vais travailler, soyez-en assuré, à
combattre toute forme d'évasion fiscale.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça va, M. le député de Mercier? M. le député d'Outremont.
Bachand : Oui. Je voudrais
juste rappeler, pour ceux qui viennent de se joindre à nous, que nous discutonsdu Fonds d'aide à l'action communautaire, qu'il
s'agit du financement de plus de 300 organismes communautaires, qui,pour des raisons historiques, était financé en
partie par une
partie des profits de Loto-Québec, que, dans le budget,l'an dernier, alors que les organismes
communautaires étaient inquiets parce que les profits de Loto-Québec
diminuaient, on a voulu stabiliser
leurs sources de financement et même l'augmenter. Et nous l'avions mis dans la
loi, qui n'a pas été passée parce qu'il y a eu des élections, que le
ministre des Finances reprend ici, et que nous appuierons… dont nous appuierons
l'adoption, évidemment, quand nous passerons au vote, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Est-ce que les
articles 143 à 148 sont adoptés?
Une voix : Sur division.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Adopté sur division. Les articles...
Chapitre IV. Lutte contre le
travail...
M. Bachand : Est-ce qu'on pourrait
avoir un vote nominal ou je suis trop tard, M. le Président?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Un peu tard.
Bachand : Je suis un peu
tard. Alors, est-ce que je pourrais au moins dire que nous avons voté pour,
mais que la division ne venait pas de
ce côté-ci de la table? Pas du côté libéral, j'entends. Nous sommes pour le
financement des organismes d'aide communautaire stabilisé grâce à
Loto-Québec.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Non, mais on peut le reprendre, monsieur... Si on ne change pas… si le
résultat ne change pas, là. Alors, vote nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Marceau (Rousseau)?
La Secrétaire : M. Chapadeau
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
La Secrétaire : M. Claveau (Dubuc)?
La Secrétaire : M. Therrien
(Sanguinet)?
La Secrétaire : M. Trudel
(Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Outremont)?
La Secrétaire : M. Dubourg (Viau)?
La Secrétaire : Mme Ménard
(Laporte)?
La Secrétaire : M. Khadir (Mercier)?
La Secrétaire : M. Pelletier
(Rimouski)?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Pour. Alors, c'est adopté à la majorité des voix... sur division, à la majorité des voix. M. le ministre, pour les
articles 149 à 157 où on parle de lutte contre le travail au noir dans l'industrie
de la construction.
Marceau : O.K. Merci, M. le
Président. Alors, les articles 149 à 157, alors, visent à modifier la
Loi sur
lesrelations du travail, la
formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de
la construction, lechapitre R-20,
afin d'intensifier la lutte contre le travail au noir. Le projet de loi précise
les champs d'intervention des entrepreneurs
autonomes afin de réduire le nombre d'individus travaillant seuls sur les
chantiers de construction, n'ayant pas à déclarer leurs heures à la
Commission de la construction du Québec.
Deuxièmement,
des dispositions sont introduites pour faciliter l'exercice de recours à l'égard
des personnes qui refusent de fournir des informations requises dans le
cadre d'une enquête.
Troisièmement,
certaines dispositions sont ajoutées pour fixer le délai de conservation d'un
registre de la facturation et d'autres documents pertinents.
Et, quatrièmement, d'autres dispositions visent
à faciliter la preuve du lien d'emploi entre les salariés et leurs employeurs.
Alors, M. le
Président, ces dispositions se trouvaient dans le plan budgétaire 2012‑2013, se
trouvaient... avaientété incluses
dans le projet de loi n° 73, ont été reprises dans le plan budgétaire
2013‑2014 et se retrouvent dans le projetde loi n° 25. C'est donc dire qu'essentiellement ce sont des
mesures qui, en tout cas, semblent minimalement faire... vont certainement
recevoir l'appui de l'opposition officielle, évidemment, de notre côté aussi.
Et, s'il y a
des questions techniques, je suis aussi accompagné de personnes qui pourront
répondre aux questions plus techniques sur cet enjeu. Voilà. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député d'Outremont.
Bachand : Oui, je vais
commencer puis, après ça, je vais céder la parole à mes collègues. C'est un
chapitremajeur de l'action
gouvernementale, la lutte à l'évasion fiscale, et je suis content qu'il y ait
une continuité d'état aujourd'hui, comme le ministre des Finances le disait hier dans
un autre sujet, parce que c'est une question de justice sociale que tout lemonde paie sa part d'impôt. Et ça va
éventuellement réduire le fardeau fiscal de tout le monde. Donc, nous avions
entrepris,comme gouvernement, et
moi, comme ministre des Finances pendant quatre ans, une lutte majeure à l'évasion
fiscale. Nous avons transformé le ministère du Revenu en Agence du
revenu. Nous avons augmenté de façon importante les ressources de l'Agence du
revenu, plus de 1 000 personnes additionnelles sur une période d'année. Et
nous avons travaillé sur plusieurs fronts.
c'est évidemment la contrebande de tabac, dont nous avons discuté hier, que
vous avez reprise d'ailleurs, parceque,
dans un projet de loi n° 73, il y avait des éléments majeurs contre
la contrebande de tabac que vous avez inclus dans le projet de loi n° 5 cette année, y
compris le timbrage. Je rappelle quand même, pour les gens que ça intéresse,
que les revenus provenant de la taxe sur les produits du tabac ont monté
de plus de 200 millions depuis trois ans, alors que le taux de tabagisme
est resté stable. La contrebande, au fond, est passée de 45 % à 17 %.
Alors, au fond, on peut lutter contre le
tabagisme, lutter contre la contrebande, collecter plus d'argent, en même temps
aider les commerces légitimesque
sont l'ensemble des dépanneurs, entre autres, au Québec, qui sont au coeur de
ça. Et tous ces objectifs-là se renforcent.
Vous
savez, M. le ministre, j'ai une certaine inquiétude sur votre hausse de la taxe
sur le tabac. On en a parlé, alors,on
n'étirera pas le temps sur ça, mais j'ai une inquiétude parce que mes
informations… Et je ne suis pas intervenu hier, mais, contrairement à celles que vous avez mentionnées, vos revenus sont
peut-être au rendez-vous, mais mes informations,c'est que, dans les semaines qui ont suivi votre budget, les ventes de
tabac sur la réserve proche de Montréal ont monté considérablement et
que les ventes dans les dépanneurs légitimes à travers le Québec ont baissé au
cours des derniers mois. Et ce n'est pas le
taux de tabagisme, on pense. Donc, c'est très sensible, il faut faire
attention, mais nous avons la même préoccupation sur ce volet-là.
Nous
avons aussi lutté contre les crimes économiques et financiers. Et je suis
content de voir que le député deChomedey
est avec nous aujourd'hui. Il n'est pas membre de cette commission, mais il se
joindra pour faire quelquesinterventions — avec votre consentement, bien sûr — parce qu'il était mon adjoint parlementaire
au Revenu, et entre autressur les
entreprises de services monétaires, qui est un autre
chapitre du budget de l'an
dernier que vous avez mentionné, M. le ministre.
Nous avons adopté la
loi la plus innovante et agressive au Canada, une des plus agressives en
Amérique. Et d'ailleurs, au 1er janvier de
cette année, la mise en vigueur de cette loi, comme par hasard, il y a
plusieurs dizaines sinoncentaines d'entreprises
de services monétaires qui étaient disparues. Alors, alors qu'on en
estimait — le député
deJean-Talon vous en donnera le
chiffre précis — plus de
400, je pense qu'il y en a plusieurs qui étaient disparues parcequ'on est très exigeants maintenant. Puis là, on
parle des bureaux de change, on parle des guichets automatiques, pas ceux
des banques. Et donc cette action-là aussi était très importante.
Aujourd'hui,
on parle de construction, essentiellement, et de nombreuses actions que nous
avons entreprises dans le domaine de la construction. Les gens évidemment...
Bon, évidemment, on parle de corruption, et l'UPAC, et Marteau, est très importante dans la construction, mais il
y a aussi le travail de l'Agence du revenu. Il y a un comité qui s'appelleACCES Construction, que nous avons mis sur
pied et qui regroupe... Je pense que c'est important pour que les gens sachentque le gouvernement a agi de façon
concertée. On trouve ça à la page F.18 du plan budgétaire de mars 2012. La
Commissionde la construction, le
Directeur des poursuites criminelles et pénales, la Régie du bâtiment du
Québec, Revenu Québec, le ministère des Finances, la CSST, le Conseil du
trésor et la... même l'Agence du revenu du Canada participe aussi.
Moi, j'ai eu l'occasion,
à l'Agence du revenu du Canada — on n'était pas là, mais... — comme
ministre des Finances de réunir... Deux fois
par année, je réunissais les dirigeants de ces organismes-là pour voir, d'un
point de vueministériel : De
quels outils auriez-vous besoin? Avez-vous besoin d'un outil de plus? Est-ce qu'il
y a des... On me dit quela
transmission de l'information de l'un à l'autre est parfois déficiente parce
que vous avez des barrières législatives quivous empêchent, au niveau de la confidentialité... Lesquelles
sont-elles? On va changer les lois, on va... On n'aura pas de répit et
de relâche dans la lutte contre l'évasion fiscale dans le secteur de la
construction. Nous avons pris plusieurs initiatives,
je vais laisser mes collègues en parler, et, dans le projet de loi, aujourd'hui — je vous remercie, M. le ministre, de continuer sur la même voie — on retrouve donc nombreuses de ces
dispositions, y compris les définitions d'entrepreneurs, par exemple.
Alors,
j'arrête ici. Je reviendrai plus tard, M. le Président, dans le bloc presque
illimité que nous avons, mais que nous n'avons pas l'intention de
prendre pour... avec votre consentement, là...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Vous avez 180 minutes sur...
M. Bachand : Sur les 180 minutes, j'en passerais quelques-unes, avec votre
consentement, au député de Chomedey,adjoint
parlementaire, membre émérite de la Sûreté du Québec, mais… pour qui cette
lutte contre l'évasion fiscale est un combat personnel aussi.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Bien, écoutez, je... Merci, merci pour les commentaires. J'ai hâte d'entendre
le député de Chomedey.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a consentement pour entendre M. le
député de Chomedey?
M. Marceau :
Absolument. Absolument.
Trudel : Sur le
consentement, c'est la même mécanique qu'on a acceptée tantôt? C'est pris sur
le temps de...
M. Marceau : C'est
la place du député de Lévis. C'est une blague...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Répétez-moi donc ça, cette mécanique-là.
Trudel : Ah! Dans votre… Ah!
Bien, moi, je pensais l'imputer à celui du député de Verdun. Je ne voudrais
pas réveiller l'ours qui dort, mais je suis certain qu'il pourrait accepter.
Mais, soit.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : M. le député, vous connaissez le règlement. M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Juste avant, mon
collègue...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, bien, ça répond à ce que je...
Dubourg : Non, non, non. Sur
une question de règlement de mon collègue de Saint-Maurice, c'est que vousl'avez rendu... vous avez dit tout à l'heure
qu'un député automatiquement... qu'on donne le consentement. Donc, il avait...il a le temps nécessaire par
article pour
intervenir, ce n'est pas pris sur aucun temps d'aucun autre député de l'opposition.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Bien, écoutez, ici, là, c'est un consentement. Si on nous dit :
Consentement à condition que ça soit pris sur le temps d'un autre, ça
fait
partie du consentement. Parce que le député pourrait dire : Il n'y a pas de consentement, là. Il ne peut pas
parler du tout. Alors, c'est vraiment... Consentement, on peut faire ce qu'onveut, on... c'est-à-dire, on peut faire
beaucoup de choses, mais ça fait
partie des choses qu'on peut faire. Alors, M.
le député de Chomedey, vous ne pouvez pas parler sur le temps du député
que vous avez mentionné.
Ouellette : Mais je peux
parler sur le temps du député de Saint-Maurice, par exemple, s'il y a un
consentement?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Mais je pense qu'il y avait quand même le député d'Outremont qui était
ouvert...
M. Marceau : ...son temps.
Ouellette : Oui. Le député
de Saint-Maurice m'offre son temps, M. le Président, mais je ne... et je l'en
remercie.
M. Marceau : Gracieusement,
gracieusement.
M. Trudel : Ça me fait plaisir.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, le consentement, M. le député de Chomedey, vous pouvez parler
sur le temps du député d'Outremont.
Ouellette : Merci, M. le
Président. Ça me fait plaisir de participer à vos travaux. Chaque commission
parlementaire a ses aléas et a ses hauts et ses bas, là. J'ai l'impression que
j'arrive en pleine... je suis dans un haut, M. le ministre?
M. Marceau : Il y a juste des hauts
ici.
Ouellette : Donc, j'espère
que je suis dans un haut. Parler d'évasion fiscale, c'est toujours... c'est
quelquechose qui me tient à coeur.
M. le ministre vous a mentionné, M. le Président, que j'en faisais un combat
personnel. Disonsque c'est un
combat... S'il y a une chose que j'ai apprise du député d'Outremont et précédent
ministre des Finances, c'estle mot
«équité». Et c'est un mot qui a toujours été très cher à son coeur, et c'est un
mot qu'il a répété ad nauseam dans toutes les actions qu'il a faites du temps
qu'il a occupé des postes ministériels. Et j'ai accepté avec beaucoup d'empressement
l'invitation du député d'Outremont à venir partager certaines idées ou
certaines orientations touchantl'évasion
fiscale parce que l'équité dans notre population et l'équité chez les gens qui
sont... chez les citoyens, les payeurs de taxes, je pense que c'est une
question primordiale.
À un commentaire, tantôt, j'entendais le député
de Mercier parler d'un domaine très particulier au niveau des chauffeurs de
taxi qui pourraient avoir une certaine évasion fiscale. Je serais plutôt porté
à lui indiquer qu'il y aurait peut-être lieu
de faire certaines vérifications ou de regarder peut-être plus en blanchiment d'argent
au niveau des détenteursde permis de
taxi, beaucoup plus que chez les chauffeurs. Le ministre est à la recherche de
nouveaux revenus. Sûrementque, s'il
nous consultait, on pourrait peut-être lui donner quelques bonnes sources ou
quelques bonnes pistes de solutionautres
que d'introduire l'alcool au casino pour lui permettre d'aller chercher des
argents supplémentaires qui amèneraient le... et qui seraient beaucoup
plus équitables pour tous les citoyens.
Je regardais, M. le Président, le
projet de loi n° 25, et particulièrement ce
chapitre IV pour la lutte
au travail au noirdans la
construction, et je suis sûr que M. le ministre s'en souviendra, nous avions
eu, pour nous expliciter ce chapitre-là,deux personnes de la Commission de la construction du Québec,
M. Massé et une autre personne dont je ne me souviensplus du nom, qui étaient venues nous expliquer les
outils législatifs et les changements législatifs qui étaient nécessaires
pour leur permettre de mieux faire leur travail, de mieux aller dans ce souci d'équité
et d'être plus efficients dans le travail qu'ils
avaient à faire. On les avait reçus avec grand plaisir, et, à la lumière du
projet de loi n° 73 qui a été repris enprojet de loi n° 25, je pense qu'on a
tenu compte de leurs suggestions et de leurs préoccupations. On n'a pas tout
repris, mais effectivement je pense qu'une grande
partie de leurs
préoccupations est reprise dans le projet de loi n° 25.
J'ai
cependant, M. le Président, une interrogation. Nous avons vu, depuis l'arrivée
du gouvernement, et sûrementque M.
le ministre pourra expliciter... Avec l'introduction de la loi n° 1 sur l'intégrité
dans les contrats relativement auxmarchés
publics, les contrats publics, on a semblé, du côté gouvernemental, banaliser
un peu les interventions ou l'importance
de la Régie du bâtiment. Dans le précédent gouvernement, on avait mis beaucoup
d'emphase sur la loi n° 35, on avait présenté, en campagne électorale, des
améliorations notables à la loi n° 35 pour être en mesure de couvrir le
plus large consensus possible et le plus large terrain possible. Et,
avec l'introduction de la loi n° 1, qu'on a adoptée avec 94 amendements, faut-il le souligner, et toute la
discussion, M. le Président, qu'il y a alentour de la loi n° 1 aujourd'huisur les autorisations données par l'Autorité
des marchés financiers et sur les enquêtes faites à l'UPAC, je me demandesi, dans le débat d'aujourd'hui, même si les
articles qui avaient été introduits par le ministre à l'occasion du projet de loi n° 73, l'an dernier, et les
articles que vous introduisez aujourd'hui à l'intérieur du projet de
loi n° 25... Est-ce que laperception
qui se dégage de l'application de la loi n° 1 a amené un changement dans
votre perception des choses par rapportà la lutte à l'évasion fiscale ou lutte au travail au noir. Parce que je
me souviens d'avoir eu des très grandes discussions avec les stratèges
du ministère des Finances, à savoir, particulièrement dans la
loi sur les
établissements de services monétaires — et je vois quelques
sourires — si
c'était l'Agence du revenu ou le ministère... ou l'AMF qui devait s'occuper de
la
loi sur les établissements de services monétaires. Et le plus fort…
M. Bachand :
On en a discuté longtemps.
M. Ouellette : Oui, le plus fort l'a emporté, disons ça comme ça. Et finalement on est
arrivés… disons, il y a un choix qui a été fait, et ça a été l'Autorité
des marchés financiers. Ça a pris deux ans et quelques mois avant que tout ça
soit opérationnel, la
loi sur les établissements de services monétaires, et
elle est arrivée opérationnelle en début de janvier 2013, ce qui, probablement,
a pu motiver le gouvernement à recourir à l'Autorité des marchés financiers
dans l'application de la loi n° 1.
voudrais savoir du ministre si, effectivement, l'introduction de la
loi n° 1 a modifié pas juste son engagement, mais a modifié sa vision des choses par rapport à
la lutte au travail au noir dans l'industrie de la construction. Ça va être
ma première question, M. le Président, si vous permettez.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau :
Bien, tout d'abord, merci pour la question. C'est une question qui est très
vaste. La loi n° 1, évidemment,
ça touche surtout à l'octroi des contrats publics. Vous avez évidemment raison
de rappeler qu'on a choisil'AMF, qui
travaille en collaboration avec l'UPAC, là, pour mettre... pour donner des
habilitations aux entreprises quiveulent
obtenir des contrats. Puis effectivement ça correspond au choix que vous aviez
fait dans le cadre de la
Loi surles
entreprises de services monétaires. Si j'avais une réponse courte à vous donner
sur votre question, qui est : Est-ce que ça modifie notre façon de voir
les choses quant au travail au noir dans l'industrie de la construction?,
regardez, c'est unebrique dans un
mur qu'on est en train de dresser, qu'on est en train de faire monter pour
lutter contre ces infractions-là.La
loi n° 1, c'est une
partie de la réponse. Là, il y a une autre
partie
de la réponse qui est offerte aujourd'hui qui avait été,vous le savez, introduite par le gouvernement du
parti auquel vous appartenez. Ce qui est là, ça concerne plus lestravailleurs autonomes, là. En fait, c'est plus la
prolifération des travailleurs autonomes sur les chantiers de constructionpuis le fait que, donc, ils échappent à de
nombreuses dispositions qui nous permettent de lutter contre le travail au
noir,parce qu'effectivement les
heures ne sont pas toutes déclarées, bon, vous savez, ce genre de dispositions
qui sont introduites par les changements qu'on introduits dans le projet
de loi n° 25.
Écoutez,
moi, ma réponse toute simple, c'est : Pas vraiment, là. Donc, le fait que
la loi n° 1 a été mise en place,selon moi, ça… Évidemment, il y a des interfaces entre la
loi n° 1 puis d'autres lois qui visent à lutter contre l'évasionfiscale. Mais cette portion-là est quand
même assez autonome, là, complémentaire. Et moi, je pense qu'à sa face même, de
toute façon, ces dispositions-là sont de bonnes dispositions.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci. M. le Président. Pourquoi je posais la question au ministre, c'est
que la loi est toujours enconstante
évolution, la situation est toujours en constante évolution. La
loi n° 1, qui a été présentée par le gouvernement, qui a été adoptée, comme je l'ai mentionné, avec
beaucoup d'amendements, a aussi amené certains changements dansl'industrie, a amené certains changements de
perception. On le regarde au niveau des enquêtes qui sont faites par l'UPAC, au
niveau des autorisations qui sont données par l'AMF. On s'est aperçu qu'il y
avait des entreprises qui avaient été autorisées alors qu'elles étaient sous
enquête. Les gens ont été accusés. Il a fallu que l'AMF révise sa position.
On a vu, il y
a deux semaines, et sûrement que M. le ministre a dû le voir, à l'intérieur de
la Commission de laconstruction du
Québec, qu'il y a eu un gros virage qui s'est fait parce qu'on a découvert, à l'intérieur
de la Commission de
la construction du Québec, un système qui faisait en sorte que des gens, suite
à des vérifications dans le cadre d'ACCESConstruction, faites par les gens de la Commission de la construction ou
d'autres organismes... Il y a des gens qui n'avaientpas de carte de compétence sur des chantiers de
construction. Il y avait une pratique, à l'intérieur de la Commission de laconstruction, qui fait qu'on leur donnait un
délai de grâce pour s'enregistrer ou aller chercher leur carte de compétence,
qui amenait beaucoup de... qui était propice — soulignons-le de cette
façon-là — à
des heures non déclarées et à du travail au
noir. La présidente de la Commission de la construction du Québec a pris un
virage à 90 degrés assez franc etassez
rapide pour dire : C'est fini. Dorénavant, il y a une infraction qui est
constatée. À ce moment-là, tout le monde va devoir montrer patte
blanche, tout le monde va devoir se conformer aux règles.
Ce que je veux savoir
du ministre, et je précise ma question : En partant du moment où les
dispositions du budget 2012 du député d'Outremont
faisaient état du travail au noir, ont été traduites par les articles du projet
de loi n° 73 que vous reprenez dans le projet de loi n° 25,
est-ce que les gens de votre cabinet ou de votre ministère ont refait les vérifications avant la rédaction du projet de loi
n° 25 ou à... aujourd'hui, si la situation, au niveau de la Commission de
laconstruction, correspond vraiment
à leurs besoins actuels, eu égard à l'évolution de la situation, eu égard à l'évolution
du projet de loi n° 1 sur les attestions pour pouvoir soumissionner ces
contrats d'organismes publics?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Bien, écoutez, moi, ce que je... Puis là je vais vous dire ce que moi,
je comprends, là, mais je vais le
dire le plus simplement possible. Ce que je comprends, c'est que les règles
sont désormais appliquées avec toute la rigueurpossible à la Commission de la construction du Québec. Et, quant à ces
règles, il n'était pas nécessaire de changer la loi,alors que, là, on va changer la loi parce que l'esprit
de la loi est contourné présentement. Disons que c'est deux chosesdistinctes, si vous voulez, là. Ce n'est pas que
la loi actuelle, quant aux cartes de compétence, par exemple, n'était pas
adéquate. C'est plus que l'application ne se faisait pas de façon aussi
rigoureuse.
ce qui est prévu dans le projet de loi n° 25, là, les dispositions qui
sont en cause, c'est plus que la rédactionactuelle de la loi fait en sorte qu'on peut abuser, si on veut, des
définitions qui se trouvent à la loi, puis se décréter entrepreneur autonome, puis ne pas déclarer ses
heures. Ce n'est pas que la loi n'est pas appliquée de manière rigoureuse,c'est plus que la loi est trop floue, et
donc il faut la resserrer pour s'assurer que des gens qui se prétendent
entrepreneursautonomes ne puissent
plus le faire désormais, alors qu'effectivement, en pratique, ils ne le sont
pas. C'est plus ça qui est en cause. Alors, écoutez, c'est comme ça que
je vois les choses.
Maintenant,
j'ai consulté mes fonctionnaires, là, pendant que vous parliez. On pense qu'évidemment
il faut continuer et puis aller de l'avant
avec les dispositions du projet de loi n° 25 qui étaient dans 73, donc en
dépit, ou malgré, ou… quoi qu'il se soit passé récemment à la Commission
de la construction du Québec. Voilà.
Ouellette : M. le Président, si vous me permettez...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, M. le député de Chomedey.
Ouellette : Le but de mon intervention, ce n'était pas de mettre le
ministre en boîte non plus, là, et ni ses fonctionnaires,
mais beaucoup plus de savoir si… La dernière intervention de la Commission de
la construction relativementà
certaines dispositions de la loi remonte quand même à il y a 12, 18 mois, même.
Je dirais plus 12. Avec tout ce qu'on a connu, avec ce qu'on sait aujourd'hui,
avec les différents changements, avec les nouveaux changements législatifs qui
ontété apportés… La loi n° 1,
ça n'a rien à voir avec la Commission de la construction, la loi n° 1,
sauf que ça a changé des habitudes. Ça a changé, chez des avocats, chez
des fiscalistes, une façon de faire.
Je voulais savoir, M.
le Président, si, au ministère après la rédaction de la loi n° 25, les
dispositions qui sont aujourd'hui dans la
loi n° 25... Et M. le ministre... excusez, M. le député d'Outremont
a été très clair : on supporte le projetde loi, on supporte les dispositions. Je veux juste être rassuré que les
dispositions qu'on a aujourd'hui dans 25 répondentencore aux souhaits ou à certaines problématiques
qui étaient rencontrées à la Commission de la construction du Québec,parce que, quand on va adopter la loi n° 25,
vous savez que le processus législatif, c'est beaucoup plus lourd qu'un
processusréglementaire, là, et je
voulais juste être rassuré que cette vérification-là, au niveau de la
Commission de la construction, aété
faite par vos gens pour s'assurer qu'on est bien à la bonne place et que la
migration qu'il semble y avoir, eu égard auxnouveaux outils législatifs qu'on amène, ne nous obligera pas, le
lendemain de l'adoption de cette loi-là, à dire : Bien, onest déjà en retard. Et je veux juste qu'on soit
actuels au mois de juin 2013 au niveau de la Commission de la construction.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui, M. le Président. Écoutez, c'est une excellente question. Je n'avais
pas bien compris, peut-être, auparavant
le sens de la question, puis la réponse, c'est que les dispositions qui sont
introduites dans le projet de loi n° 25demeurent encore et toujours pertinentes. Bien qu'il
y ait eu une évolution depuis le moment où elles ont été conçues, elles
demeurent toujours pertinentes.
Cela
étant, il va de soi que cette évolution va commander d'autres changements
législatifs, mais qui ne vont pasvenir
contredire ce que nous introduisons aujourd'hui, je vous l'assure, mais il y
aura effectivement, éventuellement, d'autresmodifications législatives qui seront requises pour tenir compte de l'évolution
de ce qu'on apprend au fur et à mesure que le temps passe.
M. Ouellette : Donc,
si j'ai bien décodé la réponse du ministre, M. le Président, c'est qu'il y a
des vérificationsqui ont été faites
à la Commission de la construction pour s'assurer que ce que nous avons
présentement dans le projetde
loi n° 25 corresponde encore à leurs besoins, quitte à ce que nous
ajustions, dans le futur, s'il y a ajustement, la stratégiemalveillante, appelons ça comme ça, de certains individus.
On se rajustera. Mais aujourd'hui M. le ministre nous assure,M. le Président, que la CCQ est confortable avec
ces changements-là, et vous les avez consultés, et ils n'ont pas demandé à
avoir une amélioration ou un changement à ce qui était dans 73 et qu'on
retrouve dans 25.
Marceau : Moi, ce qu'on me
dit, c'est que les outils qui sont mis en place, les modifications qui sont
apportées sont pertinents et vont être utiles dans la lutte à l'évasion
fiscale.
Cela étant, j'ouvre
une petite parenthèse. Quand vous regardez l'histoire de l'humanité puis en
particulier celledes conflits qui
ont lieu entre les humains, vous allez voir que les changements technologiques
aux armes offensives puisaprès ça
aux armes défensives, c'est une lutte continuelle. Alors, il y a quelqu'un qui,
un jour, a inventé un javelot puis, lesuivant,
qui a inventé un bouclier, puis par la suite le gars, il a inventé un javelot
qui pouvait percer le bouclier, puis aprèsça il y en a un autre qui a inventé... Alors, ça a été ça depuis des
milliers d'années. C'est la même chose. On est dans unmonde dans lequel nous, on trouve des remparts
contre l'évasion fiscale, et puis il y a un fin finaud qui trouve une nouvelle
façon de contourner le rempart. C'est un travail continuel, qui ne s'arrêtera
jamais, et on va devoir le faire.
Cela étant,
je vous fournirai cette magnifique publication que j'ai déjà lue là-dessus,
vous allez voir que c'est très, très édifiant, très bon.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Chomedey.
Ouellette : Je vais la lire
avec beaucoup de plaisir, M. le ministre, mais, vous savez, pour aller un peu
dansle même sens de ce que vous
venez de mentionner, dans une autre fonction que j'ai déjà occupée quand j'étais
beaucoupplus jeune, je disais très
souvent que le travail des politiciens ou des gens qu'on élisait était de
donner des outils au systèmepour
être le plus actuel possible. Ça a suscité par le passé beaucoup de
commentaires parce qu'il fallait toujours pousserdans le dos aux élus pour avoir des outils. En
partant du moment où, il y a six ans… Dans ma carrière actuelle, j'ai encorele même discours et je pense qu'on s'est
fait un point d'honneur de donner des outils au système et d'être le plus actuel
possible en fonction des cas de figure.
là-dessus — votre
commentaire était prématuré, M. le député d'Outremont — je vous rendrai hommage en vous disant que vous avez fait beaucoup pour la
lutte à l'évasion fiscale et vous avez été très généreux dans les idées qu'on apu vous apporter pour justement faire en
sorte que le principe d'équité, au niveau des citoyens du Québec, soit
respecté.
J'ai un petit commentaire — parce
que je présume qu'on étudie de 149 à 157, là, tout le système du travail au noir — et
probablement que ça va être des gens du ministère qui vont pouvoir me répondre.
C'est un copier-coller de 73,sauf
deux choses. À l'article 19.0.1 de 151, probablement qu'au ministère lors de la
première version, on a trouvé quel'article
était trop long. Si c'est la raison que je pense, je ne sais pas s'il y a
quelqu'un qui pourrait me donner une raisonpourquoi, compte tenu du fait qu'on a fait un copier-coller, que, là, on
sépare le 19.0.1, qu'on introduit un 19.0.2 et qu'onintroduit un 19.0.3. Peut-être que vous vouliez
vérifier si on suivait ou peut-être vous vouliez vérifier si on s'apercevraitque c'était textuellement les mêmes mots ou
les mêmes choses qu'on avait dans 73. Mais ça m'a intrigué un petit peu. Çafait qu'il y a sûrement un légiste qui va
pouvoir m'expliquer ça. Ou, peut-être, c'était une trop longue phrase, puis on
se serait tannés, puis on n'aurait pas regardé le dernier paragraphe.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : M. le député de Chomedey, vous savez que vous ne pouvez pas porter
d'intention, hein?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Prêter d'intention.
M. Ouellette : Jamais je ne porterai
d'intention ou...
M. Marceau : Non, non, mais vous
avez raison. Moi, j'aime les phrases courtes.
Ouellette : ...je ne ferai
de procès d'intention au ministre, mais je pense que quelqu'un avait une
intention à quelque part, connaissant les gens des Finances.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
C'est ça que je vous dis, là.
Ouellette : Ah, non, non,
mais c'est une intention très louable si c'est effectivement, M. le Président,
pouraider à la compréhension ou pour
faire en sorte que les gens lisent l'article jusqu'à la fin. Mais il y a sûrement
quelqu'un...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre va nous donner l'explication.
Ouellette : Il y a sûrement
quelqu'un qui va me la donner, l'explication, parce que c'est le seul
changement dans cet article-là.
Marceau : Oui. Merci, M. le
Président. Me Paquin, le légiste du ministère qui, à l'époque, avait rédigé le
73 aussi, je pense, me confirme que c'est un enjeu de légistique. Mais
je vais le laisser élaborer, si vous voulez bien.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a consentement pour entendre M. Paquin... Me Paquin?
Consentement. Alors, on vous demandera de vous identifier, et vous avez la
parole.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le
Président. Mathieu Paquin de la Direction des affaires juridiques au ministèredes Finances et de l'Économie. Alors, oui,
effectivement, ces articles-là ont été scindés en des articles un peu plus
courts pour faciliter la lisibilité et les renvois d'un
article à l'autre.
Ouellette : Bon. Effectivement,
M. le Président, ils ont eu droit à une deuxième chance. Et effectivement c'esteffectivement plus clair de pouvoir voir de
la façon que c'est écrit. Et ça va aider les gens, et je suis sûr que les gens
vont aller jusqu'au bout.
terminerais mon intervention, M. le Président, avant de vous redonner la
parole, parce que mon collègue de Viau brûle de désir d'effectivement
prendre la parole. Je vous dirai que beaucoup a été fait en évasion fiscale
avec le député d'Outremont, et il y a encore
beaucoup à faire dans beaucoup de domaines. Et je pense que la lutte au travail
au noir,moi, j'ai appelé ça l'économie
souterraine parce que, chaque fois où je parlais du travail au noir, mon
collègue de Viau me reprenait. Donc, pour moi, c'est l'économie souterraine.
Et je le dis avec beaucoup de candeur, que c'est l'économie souterraine.
Mais tout ce
qui peut être fait pour que les citoyens du Québec aient... sachent ou
comprennent et s'approprientle mot
«équité», je pense, doit être fait. Et, peu importe le gouvernement, je pense
que ça doit être fait et je pense qu'il nefaut pas ménager aucun effort. Je regardais la remarque du député de
Mercier tantôt, il y a beaucoup d'entraide judiciairequi se fait entre les corps policiers québécois et
canadiens avec plusieurs pays en Europe et plusieurs pays dans le mondequi produisent d'excellents résultats. Je pense
que certains traités… Il y a des ententes qui se signent entre différents pays
qui facilitent ces choses-là.
Je pense que
ce que nous avons, là, ce qui est imminent d'un accord entre le Québec, le
Canada et l'Union européenne, va
permettre encore plus de raffermir les liens entre les différents corps
policiers justement dans la lutte àl'évasion
fiscale, dans la lutte aux paradis fiscaux. Et, vous avez raison de le
mentionner, M. le ministre, il y aura toujoursquelqu'un pour... pas déjouer, mais essayer d'être en avant du système.
Et ce que nous légiférons aujourd'hui — et ça,pour certains politiciens, c'est très difficile à comprendre — c'est la meilleure loi possible en fonction
des cas de figureconnus. Ça, il faut
surtout, très souvent, se le rappeler, se le rappeler, parce que, déjà demain
et en partant du moment oùle projet
de loi est publié, le projet de loi est emmené en Chambre, il y a déjà des gens
qui se penchent sur comment onpeut
déjouer le projet de loi. C'est pour ça que j'ai toujours dit : Entre la
première fois que le projet de loi est présenté etau moment de son adoption, c'est là qu'il faut
apporter des changements pour faire le meilleur projet de loi possible pourforcer les gens du crime organisé ou forcer
les gens qui auraient des intentions malveillantes à l'égard des autres
citoyens à,eux aussi, être actuels.
Donc, nous aurons, en mesure d'économie souterraine, des meilleurs articles
pour aider la Commission de la
construction en fonction des cas de figure connus. Puis, en partant du moment
où, comme, M. le Président,M. le
ministre nous en a assurés, la Commission de la construction a été consultée,
et, pour eux, c'est satisfaisant au moment où on se parle en fonction
des problématiques qui ont été identifiées, ça me satisfait. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Bien, écoutez, c'est
impeccable; c'est parfait comme ça. Merci beaucoup pour ces commentaires.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Viau.
M. Dubourg : Merci, M. le Président.
Bon après-midi, M. le Président. J'en profite aussi pour saluer tous les membres de cette commission ainsi que toutes les
personnes présentes dans cette salle en ce mercredi après-midi.M. le Président, bien, je prends la balle au
bond de mon collègue le député de Chomedey qui, en blague, disait que le termeutilisé, le travail au noir, bon, ça devrait
être enlevé. Écoutez, il est vrai que, dans le langage populaire, tout le monde
le sait, on parle beaucoup de travail
au noir, et on le comprend, c'est le terme qui est utilisé. Il n'y a pas de
majuscule non plusau mot «noir».
Mais, dans le langage populaire, M. le Président, il y a énormément de termes
qui sont utilisés comme tels,c'est-à-dire
que, si on prend «convention collective», bien une convention ne peut être
faite seule, donc c'est nécessairement en collectivité, donc on devrait
plutôt parler de convention de travail.
Mais, étant
donné qu'on étudie, là, on est des législateurs et qu'on étudie le projet de
loi n° 25, le
chapitre V dit «Loi sur les relations du travail, la
formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de
la construction», mais le grand
titre du
chapitre s'intitule «Lutte contre le travail au noir dans l'industrie de la
construction», donc je voudrais demander au ministre : Est-ce qu'il
accepterait de faire une correction dans le titre? Il peut toujours utiliser
«lutte contre l'évasion fiscale», «contre l'économie clandestine», «contre le
travail illégal». Ce sont tous des synonymes,
je pense, qui répondent bien au contexte. Étant donné qu'on est des
législateurs, je pense que ce serait maintenant,
en 2013, là, de bon augure de faire ces changements-là. Et je dois dire qu'à l'époque
que j'étais à Revenu Canada, j'avais
demandé de faire changer ce terme-là, et on parlait, à ce moment-là, d'économie
clandestine et économie souterraine. Donc, je voudrais, avant de poursuivre,
entendre le ministre sur ce changement que je voudrais proposer au
projet de loi n° 25.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Bien, regardez, on va trouver le terme approprié. Puis je reçois tout à
fait positivement la suggestion du député de Viau. Laissez-moi vous
revenir avec un terme plus adéquat dans quelques minutes.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Oui, M. le Président, je sais... parce que c'est parfois à la blague,
mais... On se fait des blagues,mais
c'est un sujet sérieux aussi. Alors, j'apprécie la réponse du ministre. Et
peut-être que, si le légiste du gouvernementsuggère un
titre approprié, on pourrait laisser la suggestion d'amendement
être portée par le député de Viau, soutenu par tout le monde, par
courtoisie pour...
M. Marceau :
Aucun problème, ça me ferait plaisir. Impeccable.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Écoutez, là, on étudie
article par article.
Lorsqu'on parle d'un titre, ce n'est pas dans les articles. On revient,
à la fin, sur un item appelé l'adoption des intitulés des titres de chapitres
et de sections. On pourra peut-être le corriger à ce moment-là, puis là on
pourra continuer nos travaux.
M. Marceau :
On ferait l'amendement du député de Viau à ce moment-là?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui.
M. Marceau :
Si ça vous va.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Il s'agira de ne pas l'oublier.
Des voix :
Non. Bien non!
M. Bachand :
Et le gouvernement va... c'est juste... va travailler à une rédaction.
M. Marceau :
On va fournir un libellé adéquat au député de Viau.
M. Bachand :
Parfait. Super! Merci beaucoup.
M. Dubourg :
Bon, bien, d'accord. Je vous remercie, M. le ministre, de cette courtoisie.
Bien,
alors, continuons donc dans le cadre du projet de loi n° 25. On est
donc en train de discuter de ce chapitre-làsur l'évasion fiscale. Et, dans le budget qui a été déposé en septembre
dernier par le ministre des Finances, en ce qui a traità ce chapitre-là d'évasion fiscale, j'ai un
certain nombre de questions, M. le Président, toutes courtes, que je voudrais
poser au ministre des Finances concernant cette situation-là d'évasion
fiscale.
Parce
que, en introduction, M. le Président, ce qu'il faut se dire, c'est qu'il y a
un problème d'équilibre budgétaire, et, avec ce problème d'équilibre budgétaire
là, bon, on cherche des revenus un peu partout pour faire en sorte qu'on
arrive, en 2013‑2014, à l'équilibre
budgétaire. Et, pour ce faire, on a vu arriver un certain nombre d'éléments
pour augmenterles revenus du
gouvernement. Tout à l'heure, on a parlé de taxe sur l'alcool ou bien... Oui,
on parle de taxe rétroactive, dont mon collègue a parlé hier, sur l'alcool.
En même temps, en parlant d'alcool, on veut augmenter les revenus en
permettant, aux tables de jeu, aux personnes éventuellement de consommer de l'alcool.
Et là ce qu'il faut noter aussi, M. le
Président, c'est que, dans ce contexte-là, par rapport à l'alcool, on a un avis
de la Santé publique qui dit au gouvernement de ne pas aller dans ce
sens-là.
ailleurs, pour continuer à augmenter les revenus, au dernier budget, le
ministre des Finances a augmenté lataxe
sur le tabac. Ça aussi, M. le Président, c'est un élément. De plus, le ministre
des Finances a converti la contributionsanté qu'on avait… Et on avait expliqué pourquoi on voulait avoir cette
contribution santé de 200 $ en taxe santé, parceque, bon, elle est progressive puis elle est plus
élevée. En plus, M. le Président — là, ce n'est pas clair — il y a eu plusieursquestions qui ont été posées en Chambre, et on
semble vraiment se diriger vers une taxe autonomie. Donc, voilà un certain
nombre de mesures qu'on rencontre parce qu'on veut absolument équilibrer le
budget.
question que j'aimerais poser au ministre : Dans le cadre de cette
augmentation de taxe sur le tabac depuisle 4 novembre dernier, est-ce qu'il peut déposer ici, à cette
commission, M. le Président, les revenus générés par cette taxe depuis
le dépôt de son budget?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau :
Il s'agit que je dépose une valise avec des sous dedans ou...
M. Dubourg :
Comme vous voulez, on va compter.
Marceau : Je ne peux pas...
On n'est pas dans un exercice de reddition de comptes, M. le Président, on est
àadopter un projet de loi. J'ai
quand même été clair hier — hier
ou, enfin, lorsqu'on en a parlé, je ne me rappelle plus — que
j'ai quand même dit... que, donc, à la suite de l'augmentation
et au moment de l'augmentation, nous avions fait des prévisions de revenus, de revenus supplémentaires, et les informations
que j'ai, puis je vous assure que je fais des vérifications fréquentes, me montrent que les
revenus sont au rendez-vous. Alors, il n'y a aucune indication d'accroissementde la contrebande ou de quoi que ce soit du
genre; je sais que c'est ce qui vous inquiète. Alors, je vous dis que ça n'existe
pas présentement et je n'ai pas l'intention que ça existe dans le futur.
ailleurs, quant au montant de revenus que la taxe sur le tabac procure au
gouvernement, à l'occasion du dépôt des comptes publics, vous aurez la
chance de voir ces montants.
M. Dubourg :
D'accord. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau, je pourrais peut-être vous
dire juste un petit mot, là.C'est qu'on
est sur le
chapitre des revenus non déclarés pour un travail non déclaré dans l'industrie
de la construction.
M. Dubourg : Oui. D'accord. Oui, mais, en même temps, M. le Président, on est dans
le
chapitre sur l'évasionfiscale. On
est dans un
chapitre où est-ce qu'on cherche à augmenter les revenus de l'État,
et c'est en ce sens que je voulais avoir une indication du ministre, à
savoir : Est-ce que les revenus sont au rendez-vous depuis cette
augmentation de taxe là? Parce que les
dépanneurs ou la contrebande, je suis ça de près. Je ne suis pas 100 % du
même avis, mais le ministre me dit que — en toute transparence, parce
que je sais qu'il prône la transparence — les revenus, en ce qui
concerne l'augmentation de taxe sur le tabac, sont au rendez-vous. Bon, d'accord.
Merci.
Donc, M. le Président,
revenons, comme vous me l'avez suggéré, de façon plus précise à cette lutte
contre l'évasion fiscale. Dans son budget...
dans le plan budgétaire qu'il a déposé, à la page F.8, M. le
Président, F.8, le ministrenous
dit d'abord qu'il veut aller chercher plus de revenus; il veut que Revenu
Québec aille chercher plus d'argent. Onparle de : «...à l'aide de nouveaux projets, 80 millions
de dollars en 2013‑2014, 90 millions en 2014‑2015 et 100 millions […]
2015‑2016.»
Pour aller chercher
ces sommes additionnelles, le ministre nous dit : Il y a quatre projets qu'on
va mettre de l'avant. J'aimerais l'entendre
sur ces quatre projets-là qui sont... Il dit : On va améliorer l'efficacité
de la détection et lavérification de
la non-conformité aux lois fiscales. Il veut étendre l'utilisation des modules
d'enregistrement des ventesà
chaque... à d'autres secteurs d'activité, obliger certaines fiducies à produire
une déclaration et obliger les agences de placement à obtenir une
attestation de Revenu Québec.
Pour
ces quatre projets-là, j'ai déjà posé la question au ministre : Quelles
sont les cibles de revenus qu'il prévoit pour chacune de ces mesures-là,
de façon à atteindre l'augmentation de revenus qu'il demande aux fonctionnaires
de Revenu Québec d'aller chercher? Comment est-ce qu'il va s'y prendre, M. le
Président?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui. Tout d'abord, je voudrais dire au député de Viau qu'à la page F.8
on a effectivement la listedes
quatre nouveaux projets et puis qu'aux pages F.9, F.10, F.11 il y a beaucoup
plus d'information sur chacune de ces quatre mesures-là. Et je crois que
c'est assez parlant, là. Donc, la lecture permet de bien comprendre ce dont il
s'agit. Cependant, je suis prêt à répondre à des questions précises, s'il y en
avait, là, sur le contenu de chacune des mesures.
Quant
au rendement, si on veut, de chacune des mesures, cette information-là n'est
pas publique, M. le Président.Et
Revenu Québec va faire ses travaux de manière à permettre… aux revenus qui nous
sont distribués, de 80 millions en 2013‑2014, 90 en 2014‑2015 et
100 millions en 2015‑2016. Cela étant, vous comprendrez que c'est pour des
raisons évidentes que nous ne voulons pas
donner à ceux qui se prêtent aux pratiques d'évasion fiscale plus d'indications
qu'il ne le faut des secteurs dans lesquels on va faire plus d'efforts
que dans d'autres. Alors, on essaie de se garder un peu d'information pour nous
de façon à se faciliter la tâche.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau, vous avez terminé ou...
M. Dubourg : Non, non, non, pas du tout, M. le Président. Non, non, non, je veux
continuer. Le ministre m'a dit d'avoir des questions plus précises, donc
je vais y aller par projets.
M. Marceau :
J'avais dit ça? On ne s'est pas compris.
M. Dubourg : Ah! Bien, il dit : On va y aller… Oui, c'est ce que... J'ai lu,
effectivement, les pages suivantes de lapage F.8. Le premier projet nous dit : «améliorer l'efficacité de
la détection et de la vérification de la non-conformité aux lois
fiscales».
le Président, vous, vous êtes fellow comptable professionnel agréé. Cet
élément-là... D'ailleurs le ministre l'aindiqué, Revenu Québec mettra en place une nouvelle approche dans le traitement
de la non-production des déclarations d'impôt. Donc, je présume que
Revenu Québec peut avoir un estimé.
je pense que le ministre vient de dire qu'on va garder un certain nombre d'informations
pour ne pas que les gens se dépêchent
de mettre un certain nombre d'informations de côté. Mais, pour cet élément-là
en particulier, je pensequ'il est
préférable de dire que Revenu Québec va prendre de l'action pour que les gens
qui n'ont pas produit ou qui n'ont jamais produit de déclaration d'impôt
et qui sont assujettis à la loi devraient produire une déclaration d'impôt.
Donc, la question précise, c'est :
En prenant cette approche-là, combien le ministre estime que Revenu Québecva aller chercher en mettant de l'avant des
mesures pour que des gens qui n'ont jamais produit ou bien qui ont arrêté deproduire des déclarations d'impôt... Combien
que ça va rapporter? C'est ça, la question précise. Et dans combien de temps?Parce que lui, il a dit de façon précise qu'on
veut 80, 90 et 100 millions de dollars pour chacune de ces années. Il peutau moins estimer combien que Revenu Québec
va récupérer, parce que je ne vois pas pourquoi on va pousser RevenuQuébec à mettre des mesures de l'avant sans qu'on
ait une idée du potentiel. On va rentrer dans la forêt, mais, écoutez,M. le Président, donc, le ministre, j'espère qu'il
va être en mesure de nous dire combien qu'il va aller chercher par cette
mesure-là.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui. Là, j'ai l'impression d'être dans un exercice d'étude de crédits,
M. le Président. Les questionssont
des très bonnes questions, très, très légitimes, là, mais cependant je ne suis
pas sûr que le forum est le bon. J'ai quandmême déjà répondu au député. Les montants que les quatre mesures mises
de l'avant par Revenu Québec vont permettrede récolter sont annoncés dans le plan budgétaire. Revenu Québec et nous
avons convenu du nombre d'ETC, du nombrede... des montants qui seront récoltés pour chacune des mesures, des
efforts qui seront faits, et il va y avoir un exercice de reddition de
comptes à la fin de l'année, au cours duquel on pourra rediscuter de ces
choses, M. le Président.
Cela étant, je
réitère, là, qu'il y a... Revenu Québec est à l'oeuvre, que Revenu Québec fait
tout ce qui est nécessaire pour atteindre
les cibles que nous lui avons données, et, dans le passé, ils ont été capables
de livrer les résultats que nous leur demandions, et on a confiance en
eux.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Dubourg : Oui, merci, M. le Président. Mais nous aussi, nous avons confiance au
travail que fait Revenu Québec,M. le
Président. D'ailleurs, je rappelle au ministre qu'après 50 ans d'existence nous
avons... avec le député d'Outremont,on
a transformé le ministère du Revenu du Québec à Agence du revenu du Québec. C'est
parce qu'il fallait… parce queles
fonctionnaires étaient rendus là. Ils étaient prêts, un, et, de deux, il y
avait aussi des mesures à prendre par rapport au... en ce qui concerne
les équipements informatiques, par rapport à la formation ou bien l'embauche qu'on
devait faire à l'Agence du revenu du Québec. Ça, on est tout à fait d'accord.
Mais
là ce que je plaide auprès du ministre, c'est de savoir... c'est de dire :
Est-ce que ce n'est pas une pressionindue
d'augmenter les... d'exiger ces sommes additionnelles année après année à
Revenu Québec? Il faudrait qu'il leurdonne
des outils, il faudrait qu'il leur dise comment faire. Donc là, pour ce premier
projet, j'ai posé la question en Chambre.Je pose la question ici, en commission parlementaire, M. le Président,
je n'ai pas de réponse, malgré le fait que j'ai suggéréau ministre de faire la promotion, de dire à
Revenu Québec : Écoutez, on va dire à la population qu'on va s'assurer que
quelqu'un qui avait l'habitude de produire une déclaration d'impôt, qui a
arrêté pour toutes sortes de raisons, si la personne
est encore vivante, bien, il va y avoir des mesures, ou, pour des gens qui ont
gagné... quel que soit le genre derevenu,
on va s'assurer que ces revenus-là sont... C'est une question d'équité. Donc,
il n'y a rien de cachette là-dedans. Revenu Québec peut en parler
amplement.
Passons...
Je vais tenter, avec le deuxième projet d'enregistrement des ventes… On sait
que, encore une fois avec le député d'Outremont, on a mis en place le
MEV, le module d'enregistrement des ventes, dans les restaurants, et le ministre... le député d'Outremont est ici pour
dire combien de temps que ça a pris pour arriver à un consensus, là, dans la
population et, même au niveau du secteur d'activité des restaurants, à mettre
ce module-là en place.
pour les trois prochaines années, le ministre souhaite récupérer beaucoup plus
d'argent de Revenu Québec,demande à
Revenu Québec de récupérer beaucoup plus d'argent et en disant : On va
établir ce module d'enregistrement des
ventes à d'autres secteurs d'activité. Bon. J'aimerais savoir quels sont ces
secteurs. Est-ce que, demain matin, on peut utiliser ce modèle-là des
restaurants pour le mettre partout? J'aimerais savoir au moins à quel secteur d'activité
qu'il entend le faire et combien que ça va rapporter.
Dernièrement,
on a vu dans les médias que les chauffeurs de taxi, bon, vont... Il y a un
certain nombre d'actionsque Revenu Québec
compte prendre contre les chauffeurs de taxi récalcitrants ou qui ne paient pas
leurs impôts. Est-ce quec'est un de
ces secteurs d'activité dont il est question, alors qu'on parle de
70 millions de dollars qu'il y a possibilité derécupérer? Donc, combien ça va coûter, ce module d'enregistrement
des ventes dans les autos de taxi? Ou bien dans quelautre secteur le ministre prévoit-il installer le
module d'enregistrement des ventes pour qu'au cours des trois prochainesannées… qui permettent à Revenu Québec de
récupérer ces sommes? Et qu'il chiffre aussi ces montants de récupération
fiscale, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : M. le ministre… Mais, avant, je voudrais dire, M.
le député de Viau,c'est parce que je
ne vois pas le rapport entre le module d'enregistrement des ventes, le MEV, et
puis le travail non déclaré dans l'industrie de la construction. Je vous
demanderais peut-être d'essayer de vous ramener à ce sujet-là.
M. Dubourg :
D'accord. On va attendre qu'il réponde et puis je vais vous revenir. D'accord.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : D'accord. M. le ministre.
Marceau : Merci, M. le
Président. Je ne peux pas répondre de façon précise à la question qui est posée
par ledéputé de Viau. C'est une
bonne question. Il a raison de dire que le projet de mise en place de modules d'enregistrement
des ventes dans le secteur de la restauration a été un
succès, parce que des conditions ont été satisfaites, entre autres que letravail de préparation puis de collaboration
avec l'Association des restaurateurs avait été bien fait, puis je le reconnais
d'emblée, je l'ai déjà fait dans le passé puis je n'ai pas de misère avec ça.
effectivement, pour étendre ces modules à d'autres secteurs, il faut au préalable
convenir avec les partenairesde
chacun des secteurs de la façon de procéder. On ne va pas faire ça comme des
cow-boys, on veut faire ça intelligemment.On a vu les conditions qui devaient être satisfaites pour que ça
fonctionne et on veut reproduire ces conditions. Mais là jene vais justement pas braquer les gens et faire en
sorte de mettre les conditions sur la table pour que tout échoue en vousdisant, là : Je vais faire ça dans tel
secteur. Je ne vais pas faire ça aujourd'hui, vous le comprenez, j'en suis
certain. Voilà. C'est ce que j'ai à dire là-dessus, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Dubourg : Oui. M. le Président, bien, pour répondre à votre interrogation tout à
l'heure, c'est que nous, parexemple,
en mars 2012, quand le budget a été déposé, on a des tableaux, des informations
qui nous disent les investissementsdans
les efforts de lutte contre l'évasion fiscale. En 2009‑2010, M. le Président,
on avait mis... on avait prévu 278 équivalents temps plein; 2012‑2013,
on est passé à 435. Mais, pour comprendre ce 435 effectifs là, c'était réparti
dans différents groupes, que ce soit la construction, le crime économique et
financier, le tabac, les boissons alcooliques, agences de placement, et autres. Donc, quand le ministre
demande des augmentations de 80, 90 et de 100 millions, c'est avec ces
mêmes effectifs là.
en même temps, je vais lui poser des questions sur le budget de dépenses qui a
été déposé par le Conseil du trésor, parce que moi, j'ai beaucoup d'inquiétudes
par rapport aux récupérations fiscales que le ministre des Finances demande à Revenu Québec. Donc, c'est dans un tout,
en ce sens que, si je ne questionne pas ces projets-là, bon, il peutpeut-être — je ne dis pas que c'est ça qu'il va
dire — il peut
peut-être dire : Bien, voilà les ressources pour la construction,puis on va laisser la contrebande de tabac s'installer.
C'est dans un tout, M. le Président. Donc, c'est en ce sens-là que je
dis que chacun de ces projets-là a été présenté rapidement comme tel, mais il n'y
a aucune cible, il n'y a pas de plan, il n'y a aucune mesure concrète sur
lesquelles Revenu Québec peut se baser de façon à aller chercher ces sommes-là.
Il y en a dans ces quatre projets-là qu'ils
appellent quatre nouveaux projets, M. le Président. C'était déjà prévu par le
député d'Outremont. Obliger certaines fiducies à produire une déclaration, c'était
dans le budget de mars 2012. Obliger les agences de placement à obtenir
une attestation de Revenu Québec… M. le Président, combien coûte cette attestation-là que les gens vont aller chercher à
Revenu Québec pour que Revenu Québec récupère jusqu'à 100 millions de
dollars? Combien ça va coûter, cette attestation?
Donc,
il a quatre nouveaux projets qui vont lui permettre d'aller chercher jusqu'à
100 millions de dollars, et je nevois
pas comment. Donc, c'est en ce sens-là que je pose la question au ministre,
parce que, si ça, ça ne vient pas, doncon va avoir une pression indue qu'on va mettre sur les vérificateurs.
Or, le député d'Outremont vient de dire qu'au niveau d'ACCES
Construction tout ce qu'on a mis de l'avant, les groupes de travail, que ce
soit avec la CCQ, tous ces organismes-là qui
travaillent déjà ensemble, qui mettent les banques de données en commun pour
aller chercher l'impôtéludé par ces
personnes-là... Donc, qu'est-ce que le ministre suggère de plus pour qu'on
puisse récupérer 80 millions de dollars, 90 et 100 millions de
dollars d'ici 2015‑2016? C'est ça, la question.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Et la réponse, M. le Président, c'est qu'on a donné les moyens à Revenu
Québec pour atteindre les objectifs qui lui ont été attribués avec les
quatre secteurs dans lesquels on lui a demandé d'agir particulièrement.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Dubourg : Bon, la réponse n'a pas été trop longue, M. le Président. Je ne suis
pas convaincu et je pense que les centaines de téléspectateurs qui nous
écoutent et les...
Dubourg : Les
milliers? O.K., les vérificateurs de l'Agence du revenu du Québec aussi, bien,
ils doivent seposer des questions
parce que vous... Le ministre arrive avec des récupérations élevées, mais ces
récupérations-là, M. le Président, sur quoi il se base?
C'est
que, nous, quand on était au gouvernement, les chiffres sont là, ils sont dans
le budget pour dire voici combiende
ressources qu'on a données. Non seulement on a donné des ressources, mais il y
avait des idées de projets, des idéesconcrètes
de projets pour dire aux fonctionnaires, pour dire aux gens sur quoi
travailler. On ne peut pas arriver du jourau lendemain, parce qu'on leur avait demandé de récupérer 3,1 milliards,
ils ont été chercher 3,2 milliards, qu'il failleaugmenter encore, l'année suivante, beaucoup plus,
de 80 ou bien de 100 millions. Il faut qu'il y ait des justifications.
au niveau des ressources, si on prend, M. le Président, dans le budget de
dépenses de 2013‑2014 déposé par son collègue le président du Conseil du
trésor, à la page 132, on nous parle de crédits de transfert. Et, quand on
prend le programme n° 2, Politiques budgétaires et fiscales, ce qu'on
voit : Lutte contre l'évasion fiscale, en 2012‑2013, on avait 24 millions qui étaient prévus; et là,
en 2013‑2014, on a 18 millions. Il y a une baisse, là, M. le Président. On
augmente... on demande plus à Revenu
Québec, et là je vois que, dans le livre des crédits, bien on a plus de...
combien de millions de moins, et ainsi de suite, M. le Président.
Donc, je vous regarde, M. le
Président, c'est qu'on est toujours dans la lutte contre l'évasion fiscale.
Oui. Bien, dans la lutte contre l'évasion fiscale, je pose la question.
On augmente les revenus et on coupe dans les ressources.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau, moi, je suis conscient qu'un
travailleur de la construction peut faire un travail, ne pas le déclarer puis,
après ça, s'en aller au restaurant en fumant une cigarette de contrebande puis
arriver dans un restaurant où il n'y a pas de MEV. Mais là on s'attache au
travail non déclaré.
M. Dubourg :
Oui, oui, et ce même travailleur-là...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : S'il vous plaît!
M. Dubourg :
...peut aller au casino bientôt et consommer de l'alcool aux aires de jeux.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Oui. Mais on s'en tient au travail non déclaré
dans notre domaine de la construction.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Je ne veux pas limiter le débat, M. le député de
Viau, mais j'aimerais qu'on en revienne à l'article... des articles de
la loi, là.
M. Dubourg : M. le Président, c'est clair, dans l'industrie de la construction, je
demande au ministre… Il veutrécupérer
plus... Il veut que Revenu Québec aille récupérer plus d'argent, O.K., mais que
propose-t-il, tout en coupant,comme
on vient de le voir, son collègue qui a coupé au niveau... du président du
Conseil du trésor, qui a coupé dans les ressources? Que propose-t-il
pour aller récupérer ces 80, 90 et 100 millions de dollars par année?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau :
Deux choses, M. le Président. La première, c'est qu'encore une fois nous avons
consenti à Revenu Québec les ressources
nécessaires pour atteindre les objectifs. Deuxièmement, je suggère que nous
adoptions lesarticles du projet de
loi qui vont faire en sorte qu'il sera plus difficile de ne pas déclarer les...
Pardon. C'est ça, il sera plus difficile de ne pas déclarer les heures
qui auraient dû être déclarées, et ça, ça va aider, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Dubourg : M. le Président, bon, écoutez, j'ai d'autres collègues qui veulent
intervenir. Vous comprenez, je nesuis
vraiment pas satisfait des réponses et je vais attendre, effectivement, au
dépôt des crédits, et le ministre... Une chanceque tout ça, c'est enregistré. Nous allons revenir sur chacun de ces
projets-là, parce que, M. le Président, encore une fois, jeplaide pour dire que ces mesures-là ont été
improvisées et qu'on va être loin de ces résultats-là à la fin de l'année.
Merci.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : M. le Président, une fois que mon budget aura été adopté puis que les
crédits seront déposés, ça me fera plaisir de répondre aux nouvelles
questions du député de Viau.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Est-ce qu'on prend ça comme une réponse qu'il y aura donc la journée
statutaire prévue dans nosrèglements — je ne voudrais pas que le Parti québécois
viole le règlement — qu'elle
aura lieu la semaine prochaine, la journée que vous avez annulée pour justement
répondre à des questions sur l'état des finances publiques? Est-ce que je
prends ça comme un acquiescement?
M. Marceau : Non, je parle du budget 2014‑2015. Par ailleurs, je vous signale qu'il
n'y a pas de journée qui a été annulée, là. Ça a été reporté.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Mais là on est hors sujet, là.
M. Marceau :
Bien oui, mais... Ce n'est pas la même chose.
M. Bachand :
Quand on a rendez-vous avec sa blonde puis c'est reporté, des fois on pense que
c'est annulé.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Lévis.
Dubé : En fait, M. le
Président, dans cette ligne d'idées là contre le travail au noir, là, j'aimerais
juste avoirune précision de la part
du ministre. Je suis certain qu'il a eu beaucoup de temps pour regarder le
rapport du Vérificateur
général qui a été publié aujourd'hui et dans lequel le VG fait un certain
constat, au
chapitre 5, sur ladirection
générale des entreprises qui aurait envoyé des cotisations qui sont basées sur
un indice. Alors, je pense que…Je ne
sais pas, M. le ministre, si vous avez pris connaissance, mais peut-être que
vos collègues ou les gens qui sont avec vous...
Mais,
à la page 17, ce qui m'inquiète un peu... Je vais vous faire le lien avec un
autre rapport du VG. Dans ça, en2010,
il y a eu pour 654 millions de cotisations qui ont été basées sur un
indice, c'est-à-dire que... où la direction généraledes entreprises fait un estimé des revenus qui n'auraient
peut-être pas été déclarés ou... Puis je ne sais pas quelle portion va dans la construction, mais je veux me faire
expliquer ça parce qu'il y a sûrement une portion de ça qui va à la construction à cause du travail au noir. Mais ce
qui est inquiétant dans ça, c'est qu'elle n'a reçu que 3,4 % du montantqui a été estimé. Alors, juste pour mettre
en perspective, parce que je sais que vous êtes un grand financier, là,
3,4 % de 654 millions, ce n'est pas beaucoup.
si je fais le lien avec le rapport de l'an dernier, c'est-à-dire le rapport du
vérificateur de l'an dernier, qui estdans
le tableau 2, dans le
chapitre 9, on dit clairement que les dépenses qui sont
budgétées pour ce genre de provisions là sont allées dans une croissance phénoménale. Et on parle d'un ordre de
grandeur qui est passé de — je vous donne les chiffres exacts, là — 498 millions
à 850 millions.
Alors,
dans la ligne exactement de ce qu'on est en train de discuter, j'essaie de
voir... Je comprends l'objectif puis je peux vous dire que je salue chaque
dollar qu'on va être capable d'aller récupérer de cette lutte contre le travail
au noir,mais j'essaie de voir quel
est l'effort... Est-ce que l'effort qu'on demande à Revenu Québec est réaliste
et donne,premièrement, les résultats
escomptés? Parce que je peux vous dire, là, 3,4 % des sommes qui sont
budgétées, ce n'est pas beaucoup.
Puis,
deux, est-ce que ce genre de mauvais résultat, qui n'est pas dû, sûrement, à
Revenu... pas d'avoir essayé, là,
mais est-ce que c'est parce qu'on a surestimé les revenus? Puis est-ce que, par
exemple, dans l'année dont on parle, 2012‑2013,
qui vient de se terminer mais dont on n'a pas les résultats encore, ou 2013‑2014
que vous budgétez, est-cequ'on est
en train de croire qu'il va y avoir ces revenus-là puis, un jour, on va être
obligés d'en... Vous savez, les écritures de consolidation de fin d'année,
là, dans le six mois qui reste, là... et que ça fera
partie des surprises qu'on
va avoir à respecter ou non l'équilibre budgétaire.
fait que je voudrais vous... Je sais que le rapport est très récent, il est
issu de ce matin, mais je vous le redis,moi, quand j'ai vu ça tout à l'heure, ce rapport-là, de collecter
seulement 3,4 % du 650 milliards... 650 millions, j'ai été
un petit peu surpris du taux de récupération de l'estimé.
Alors, si vous
pouvez, j'aimerais vous entendre là-dessus, M. le ministre, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui. Je vais répondre au meilleur de mes capacités à la question, même
si, là aussi, je trouve qu'onest
quand même un petit peu en retrait du projet de loi, mais... Il y a un lien,
mais on conviendra avec moi qu'on est loin de faire en sorte que les
travailleurs... pardon, que les entrepreneurs autonomes qui ne déclarent pas
leurs heures les déclarent désormais, ce qui est l'objet des dispositions qui
sont mises en oeuvre dans le projet de loi.
Maintenant,
le rapport du Vérificateur général porte sur les années qui ont précédé mon
arrivée à
titre de ministreresponsable
de l'Agence du revenu. Cela étant, l'Agence du revenu, les constats qui sont
faits par le Vérificateur général, je
crois que c'est des constats qui avaient déjà été faits à l'intérieur de l'Agence
du revenu. D'ailleurs, il y a un groupede travail qui est en place depuis un an pour voir quels sont les
changements qui pourraient être apportés aux méthodes utilisées pour
tenir compte de la problématique de la non-déclaration.
non-déclaration, c'est un défi, je pense que vous allez en convenir avec moi,
là. Le principe de base, c'est que les
contribuables sont tenus de faire une déclaration dans la mesure où ils ont de
l'impôt à payer, et, lorsqu'ils n'ont pasd'impôt à payer, ils n'ont pas besoin de déclarer. Et là la difficulté
qui vient avec cela, c'est : Qu'est-ce qu'on fait pours'assurer qu'une personne qui n'a pas déclaré
était bel et bien en droit de ne pas déclarer? Qu'est-ce qu'on fait dans unmonde comme celui-là? Il y a deux choses qui
sont faites, et, sur les deux aspects, je pense qu'il y avait une problématique
chez Revenu Québec, et puis, sur ces deux aspects-là du travail, des
améliorations doivent être apportées.
Alors,
les deux choses qui sont faites, c'est, premièrement, imposer des sanctions et
des pénalités aux contribuablesqui
auraient dû déclarer puis qui n'ont pas déclaré. Ça, c'est le premier aspect.
Et là-dessus ce que je comprends, c'estque le Vérificateur général trouve qu'il n'y a pas un cadre suffisamment
clair d'imposition des sanctions et des pénalités puis qu'il faut
améliorer cet aspect-là.
Deuxièmement, la deuxième façon de s'assurer de
la... le deuxième type de solution au problème de la non-déclaration, c'est que Revenu Québec, par son travail,
identifie, détecte les contribuables qui auraient dû déclarer, même s'il n'y a
pasd'autres indicateurs, là, donc qu'elle
se serve d'informations qu'elle a à sa disposition pour trouver des
contribuables quiauraient dû
déclarer. Là-dessus, elle utilise des indices. Vous avez fait référence à ces
indices. Et, là aussi… puis vous avez signalé la faible performance, là,
dans le cas particulier des entreprises. Alors, là-dessus aussi, ça fait
partie
des constats qui avaient été faits chez
Revenu Québec, et, là aussi, il y a un groupe de travail qui va s'assurer de
trouver desréponses aux
problématiques qui ont été soulevées par le VG. Cela étant, moi, j'ai pris
connaissance des recommandationsqui
sont faites par le VG. Je les trouve raisonnables. Et Revenu Québec va faire le
travail pour s'assurer que, dans le futur, le problème de la
non-détection soit envisagé de façon plus efficace.
Alors,
c'est ce que je peux vous dire à ce stade-ci. Encore une fois, il s'agit d'une
problématique dont j'ai hérité.Je ne
dis pas que, dans le passé, rien ne s'est fait, puisqu'il y a un an il y a un
comité qui avait été formé justement pour travailler sur cet aspect-là.
Maintenant, je comprends qu'à ce jour on n'a pas encore abouti complètement et
puis que le travail se fait.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Lévis.
Dubé : Merci, M. le
ministre, pour cette portion de la réponse. La deuxième
partie de ma question
était… Je ne sais pas si vous pouvez
le préciser. Ce qui m'inquiète, c'est la différence entre ces prévisions-là et
ce qui était déjà dans le budget.
Est-ce que vous croyez, étant donné l'écart... Puis là on parle de 2010, mais,
si je mets le même exercice dans lesdeux
années qui nous préoccupent, là, celle qu'on vient de terminer et celle qui est
en cours, est-ce que vous croyez que l'écart peut être assez important
pour influencer vos prévisions?
M. Marceau : La réponse courte, c'est
non.
Dubé : Parce que je vous
parle d'un écart d'à peu près 400 millions entre la provision et... Je
veux juste vous le rappeler, là.
Marceau : Oui. Mais... juste
que vous sachiez que Revenu Québec a énormément de projets. Il y a beaucoup,
beaucoup de dimensions dans lesquelles on combat l'évasion fiscale. Certains
sont couronnés de succès, d'autres le sont moins. Certains finissent par offrir
un rendement plus grand, d'autres un rendement plus faible. Maintenant, Revenu Québec a appris de ses erreurs, a appris de
ses succès aussi, et, dans les estimés qui ont été faits de nos effortsde récupération fiscale, on tient compte
évidemment des choses qu'on a moins bien faites, qu'on a moins bien réalisées
dans le passé puis des choses qu'on a mieux réussies dans le passé. Alors, non,
je n'ai pas d'inquiétude à cet effet.
M. Dubé : Alors donc, malgré... Mon
seul point, M. le ministre...
M. Marceau : Oui, je comprends.
M. Dubé : ... — M. le
Président, je m'excuse — c'est
vraiment à cause de l'importance des montants. Tout à l'heure, on parlait de travail au noir. On parle de 75,
80 millions. Là, je voyais que l'écart avec les chiffres de l'an dernier,c'était une croissance de 300 à
400 millions entre la provision puis le chiffre réel. C'est pour ça que je
me permettais de dire :Ça peut
être inquiétant parce que, là, ce n'est pas 20, ou 30, ou 50 millions,
mais c'est 300 ou 400 millions. C'était pour ça que je voulais que
vous me donniez un confort que ça ne peut pas être suffisant pour vous
inquiéter sur vos...
Marceau : Non, mais il n'y a
aucun danger à cet égard, là, aucun. Donc, je vous le répète, là, Revenu Québecest en mesure d'effectuer de la récupération
fiscale pour — comme
c'est inscrit au budget — 3 866 000 000 $,
et elle va lefaire comme elle l'a
toujours fait ces dernières années. Elle est parvenue à atteindre ses objectifs
et elle va y parvenir encore une fois cette année.
Cela étant, ça ne change pas le fait qu'à l'intérieur
de Revenu Québec il y a des dimensions qui peuvent être améliorées, puis
celle-là, c'en est une.
M. Dubé : Puis pour terminer ce
point-là… Merci beaucoup de votre réponse et de me rassurer là-dessus. Le deuxième point, et ça fait… votre premier
commentaire de faire le lien avec l'industrie de la construction. Est-ce que
vouscroyez que ce genre de méthode là, d'aller chercher un indice, c'est
quelque chose qui est principalement pour l'industrie de la
construction? C'est général... La construction représente comment du problème
au noir, selon vous?
Dubé : Parce que, si vous
avez visé... Puis, en fait, ce sont des mesures qui étaient visées, en fait,
par… je vaisl'appeler l'ancien
budget de M. Bachand, c'est une mesure qu'on reconduit. Je voulais juste
savoir un ordre de grandeur de ces montants-là, qui sont d'une ampleur
importante. Ils ont combien qui sont liés à la construction comme telle? Alors, je ne sais pas s'il est
en train de trouver la réponse, là.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Oui. Les pertes
fiscales... Puis là la dernière fois que l'exercice a été fait, là, de façon
complète, c'est avec des données de 2008. Les pertes fiscales en 2008
étaient estimées à 3,5 milliards de dollars. Là-dessus, la construction résidentielle, c'était
1 milliard de dollars et la construction non
résidentielle, c'était 500 millions de dollars.Si vous mettez les deux ensemble, là, ça
représente 43 % des pertes fiscales. Donc, c'est un secteur dans lequel...
C'est lesecteur dans lequel il y a
le plus de pertes fiscales, O.K.? Alors, c'est clair que c'est un secteur qu'il
faut... sur lequel il y a du travail à faire, à réaliser.
Si vous
voulez, je peux vous dire les autres, là. La restauration, à l'époque, c'était
420 millions, mais depuis on a réussi, grâce aux MEV, à faire
beaucoup mieux. Il y a d'autres secteurs, là, mais... Cette information est
dans...
Dubé : C'est intéressant. Ce
que vous me dites, c'est qu'en proportion de la restauration, qui était de 400 millions, ce qu'on vise avec les mesures
qui sont là, c'est presque 1,5 milliard. C'est ça que vous me dites?
Dubé : Basé sur les chiffres de 2008.
M. Marceau : Oui, mais soyons bien clairs, là : les mesures qui sont
introduites dans le projet de loi n° 25, ça neva pas permettre d'aller récupérer le
1,5 milliard, là. C'est une fraction de cela. Il y a beaucoup, beaucoup de
mesures qui sont en place. Ça fait
partie de la tarte qu'on doit aller
chercher.
M. Dubé :
Mais ça, c'est l'étendue de la problématique qui est visée. Puis ma deuxième...
ma dernière question sur ce point-là, si vous permettez, M. le
Président, pour terminer : La prochaine fois qu'on va remettre ces
chiffres-là à jour… Parce que je suis encore
plus surpris, je ne savais pas que l'importance de ces montants-là était si
grande. On parle de 1,5 milliard. Ça, c'est annuel?
M. Dubé :
Ça, c'était absolument pour l'année...
M. Marceau :
Absolument. Annuel. Absolument. Pour un an.
M. Dubé :
…2008. Est-ce que c'est dans vos plans ou est-ce que c'est, disons, dans les
projets du ministère d'allerremettre
ça à jour? Parce que c'est quand même beaucoup de... Je pense que mon collègue
de Mercier serait très heureuxd'entendre
qu'on est après 1,5 milliard de... là, il n'est pas ici aujourd'hui, là,
mais, quand il sera ici, de pouvoir lui dire qu'on est à
1,5 milliard de recherche de revenus.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Mais vous ne répéterez pas ce que vous savez
déjà, M. le député de Lévis.
M. Dubé :
Je m'excuse. S'il avait été là, je l'aurais salué avec plaisir, mais il n'est
pas là, alors...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui, merci, M. le Président. Écoutez, c'est des... Vous avez raison, ce
sont des données intéressantes,mais
qui exigent un travail important de recherche, là. Malheureusement, ce ne sont
pas des années qui sont facilementdisponibles.
En fait, c'est de l'inférence qu'on fait, hein? Ce qu'on regarde, c'est le
niveau d'activité économique. Cequ'on
regarde, c'est le volume des transactions, puis on essaie de comparer les
revenus des acteurs du secteur avec ce quinous semble être la taille du secteur, puis on essaie de voir quelle
proportion pourrait être, effectivement, dans le secteur légal...
M. Dubé :
Des indices, etc., là.
M. Marceau : ...puis quelle proportion est dans le secteur illégal. Alors, c'est un
travail qui est exigeant, difficile.On
le fait à chaque quelques années — c'est
ce que je comprends — pour
avoir une idée, mais... puis justement pour êtrecapables de bien cibler les secteurs dans lesquels des efforts doivent
être faits. Moi, on me dit que ça pourrait être refait. Pour l'instant,
ce n'est pas en cours, là. On n'est pas en train de refaire les calculs, mais
ça se refera quand on aura l'impression que
les chiffres ne nous permettent plus de cibler les bons secteurs. Mais, pour l'instant,
on pense qu'on est encore au bon endroit en travaillant sur le secteur
de la construction.
M. Dubé : Bien, avec les chiffres que vous m'avez donnés, c'est clair que le
focus est au bon endroit. Ça fait que merci beaucoup pour ces
précisions-là, M. le ministre. Merci.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Autres commentaires sur ce bloc d'articles?
Alors, je mets aux
voix les articles 149 à 151. Est-ce que les articles 149 à 151 sont
adoptés?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : À l'article 152, je pense que nous avions
un amendement.
Bachand :
Unanimité, unanimité.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Pardon?
M. Marceau :
On avait un amendement. On avait un amendement ou pas?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : 152, oui, un amendement que vous aviez... qu'on
avait distribué. Puis, je pense, c'est une coquille grammaticale ou
quelque chose comme ça.
M. Marceau : Ah oui! Effectivement.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, M. le ministre, l'amendement à l'article 152.
M. Marceau : Il est déposé. C'est
grammatical, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, est-ce que l'amendement à l'article 152 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Merci. À l'unanimité. Est-ce que l'article 152 amendé est adopté?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Adopté à l'unanimité. Est-ce que les articles 153 à 157 sont
adoptés?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Adopté. Merci. Et je pense qu'après entente entre les partis… au moinsl'opposition officielle et le
gouvernement — et
deuxième opposition aussi? — on passerait aux articles 177 et 178, c'est
ça. M. le ministre.
Marceau : Oui, merci, M. le
Président. Alors, les articles 177, 178 sont des mesures qui permettent de
recentrerle programme de péréquation
scolaire afin de rétablir l'équité fiscale entre les commissions scolaires.
Alors, pour ce faire, il est prévu de
réduire de 50 % le montant versé à
titre d'aide additionnelle pour l'année
scolaire 2013‑2014. Et, pour les années suivantes, M. le Président, le
montant versé à
titre d'aide additionnelle dépendra de la richesse foncière de
la commission scolaire.
Je pourrais
quand même rappeler, M. le Président, que ces mesures-là visent à atténuer l'impact, sur le comptede taxe scolaire, de fortes hausses des valeurs foncières de l'époque,
donc antérieures à 2006. Donc, on avait mis en placece qu'on avait appelé la mesure d'aide
additionnelle. C'était pour éviter, donc, encore une fois, qu'il y ait des
hausses drastiques, des hausses très importantes des comptes de taxe
scolaire.
Maintenant,
cette mesure, qui devait être temporaire, pour différentes raisons a pris un
caractère plus permanentet elle a
essentiellement détourné le programme de péréquation scolaire de son objectif
principal, qui est de garantir uneforme
d'équité fiscale entre les commissions scolaires. Alors, ça fait longtemps que
ce n'est plus le cas. On est en 2013, là,M. le Président, ça fait longtemps que cette aide additionnelle ne
contribue plus à cela. Et elle est même parvenue à accroître,avec le temps, les inéquités qu'on peut observer.
Il y a même, à l'intérieur des commissions scolaires, M. le Président,des municipalités dans lesquelles les taux de
taxation pour la taxe scolaire varient. Alors, il y a véritablement beaucoup,
beaucoup d'inéquités qui ont été introduites par cette mesure-là.
Quelques informations pour le bénéfice des
parlementaires : en 2012‑2013, la péréquation totale versée par le gouvernement s'est élevée à 563 millions, et
là-dessus il y avait 394 millions qui étaient versés à
titre d'aide
additionnelle, soit près de 70 %.
Alors, comme il y a juste deux articles, oui, on
me suggère de vous lire les articles, alors je vais vous les lire, M. le Président. O.K. Alors, l'article 177, très
simplement, M. le Président, ça dit que l'article 475.2 de la
Loi sur
l'instruction publique est abrogé.
Et, suivant l'article
108 de la
Loi sur l'instruction publique, une commission scolaire, lorsqu'elle
impose une taxe, doit respecter deux limites au-delà desquelles l'approbation
des électeurs doit être obtenue. Ces limites sont :
1° un taux maximum de 0,35 $ par 100 $
de l'évaluation uniformisé des immeubles imposables; et
2° un produit maximum, qui est fonction d'un
nombre admissible d'élèves.
L'article 475 de cette loi prévoit une
subvention de péréquation dont le montant est fondé sur l'écart entre le produit maximum de la taxe, établi en fonction du
nombre admissible d'élèves, et un produit théorique qui correspondau maximum prélevable au taux de taxe de
0,35 $ par 100 $ de l'évaluation uniformisé des immeubles imposables.
Une commission scolaire où se trouve un nombre élevé d'élèves admissibles
alors que l'évaluation est faible pourra donc bénéficier
d'une subvention de péréquation.
L'article 457.1 poursuit le même objectif
à l'égard des commissions scolaires de l'île de Montréal.
Maintenant, l'article 475.2
a pour effet de limiter la réduction de la subvention de péréquation lorsque l'évaluationdes immeubles augmente du fait d'un nouveau
rôle d'évaluation, en prévoyant que cette subvention ne peut être inférieureà celle de l'année précédant l'entrée en
vigueur du nouveau rôle d'évaluation. Il prévoit également qu'une
partie de
cette subvention doit être appliquée à la réduction de la taxe scolaire.
L'article 177 du projet de loi en propose l'abrogation,
puisque la croissance de la valeur de l'évaluation des immeubles s'est
stabilisée depuis l'époque où cet
article a été introduit.
Alors, voilà, M. le Président, je vais m'arrêter
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Oui, M. le Président.
Je vais réserver mes commentaires pour tout à l'heure. Et peut-être, par courtoisie pour ma collègue aussi qui est dans une
autre commission parlementaire et avec le consentement des membres de cette commission, je pense que la députée de
Mille-Îles prendrait la parole, avec votre permission, à ce moment-ci.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a consentement pour entendre Mme la députée de
Mille-Îles?
Des voix : Consentement.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Consentement. Mme la députée de Mille-Îles. Vous n'avez pas besoin
de vous identifier, c'est correct.
Des voix : Ha, ha, ha!
Charbonneau : Merci, M. le
Président. Entre autres, si vous dites «Mme la députée» puis que la photo seprend entre les deux jeunes hommes ici, on
va comprendre que ça va être la fille dans le milieu. Merci de me donner cetemps d'antenne, ce temps d'antenne pour
pouvoir échanger sur le principe même des commissions scolaires et à quoi ça
sert, cette taxe.
Je vous
dirais que c'est la première fois que je me présente en commission de chiffres.
Je suis beaucoup plus souventdans
une commission d'émotions. Le scolaire, c'est beaucoup plus un endroit où on
parle des jeunes, de l'éducation, de lapédagogie. Il y a un aspect beaucoup plus émotif. Les chiffres, c'est un
peu aride, mais je sais qu'il y a des gens qui aimentça, là. Je le vois et, quand je suis entrée dans
la salle, je suis restée quand même étonnée du nombre de gens qui sont venus
aider, parler et échanger sur les chiffres qu'il y a dans le cahier du
ministre.
Les commissions
scolaires ont subi un premier choc, un premier choc quand le dépôt du budget s'est
fait, puisqu'ona annoncé… pas tout de
suite par rapport à la péréquation, mais des coupures qui sont, depuis quelques
années, au rendez-vous pour les
commissions scolaires dans leur budget. Puis le deuxième choc est arrivé quand
on a commencé àparler de la
péréquation. Cette péréquation avait été mise en place, effectivement, pour
aider deux aspects : le concitoyen etla commission scolaire. Ce n'était pas juste un caprice de commission
scolaire pour ne pas avoir des taxes scolaires ou dene pas en mettre les sommes adéquates, c'était
vraiment pour pouvoir aider les uns et les autres. Un exemple concret, et
j'aime bien en faire : dans la commission scolaire des Laurentides, il y a
énormément de résidences secondaires. Une résidence
secondaire, ça vient avec une taxe scolaire, mais ça ne vient pas avec un
service à l'élève. Je n'en ai pas besoin,c'est un chalet. Donc, le résident paie sa taxe scolaire au prix qui est
convoité par la commission scolaire de la valeur de sarésidence, mais il ne demande aucun service
scolaire, puisque lui, il ne s'en sert que l'été ou que par périodes de
vacances. Donc, pour certaines commissions scolaires, c'est avantageux.
Je vous dirais qu'à Montréal, centre-ville, il n'y a pas beaucoup de chalets, donc les résidences sont
souvent des résidences principales qui paient des taxes scolaires et qui ont
besoin d'un service au sein de la communauté au niveau scolaire.
Donc, qu'est-ce
que ça a représenté pour les commissions scolaires? Du moins, d'après les
chiffres qui sortent d'unpeu partout
parce que ça dépend quand on commence à calculer le budget. Nous, on a un
budget d'une telle date à une telledate,
une commission scolaire, bien, c'est de, si je ne me trompe pas,
1er juillet au… fin juin, puisque l'année scolaire estcalculée sur ce temps-là. Donc, pour eux, ça peut
ressembler, cette année du moins, à des coupures qui peuvent se chiffrerjusqu'à 300 millions de dollars. Ce n'est
pas rien. Ce n'est pas rien quand on parle de services à l'élève, quand on
parle de l'ensemble de l'oeuvre d'une commission scolaire.
La taxe
scolaire, ce n'est pas une gêne pour une commission scolaire d'aller la
chercher sauf qu'elle essaie d'êtreéquitable
dans les gestes qu'elle pose puis dans la façon d'aller la chercher. La
péréquation permettait d'équilibrer un peu le montant qu'on demandait à chaque résident dans différents milieux de
par... La maison de 200 000 $ de Montréal, là, elle n'a pas du
tout la même allure que la maison de 200 000 $ qui est à Saint-Lin.
Je vous le dis parce qu'à Saint-Lin je connais
une personne qui habite là, qui s'est acheté une petite résidence, nouvelle
résidence, un jeune couple. Pourquoi ils l'ont achetée là? Bien, parce
que c'était en région et ce n'était pas trop dispendieux. O.K., c'est dans le
comté du ministre des Finances. Ce n'est pas
grave, ils ont juste à le regarder. Une fois les élections passées, les
pancartes s'enlèvent,puis après ça
ils n'ont plus à voir le ministre, comme ça, de façon permanente.