CAT — 13 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
CAT 2026-02-13
Quebec — Committees
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Je déclare la Commission de l'aménagement du territoire
ouverte. Alors, je demande à toutes les personnes de bien vouloir vérifier leur
sonnerie de téléphone et appareils électroniques.
La commission
est réunie, ce matin, afin de procéder à l'interpellation de la députée des
Mille-Îles à la ministre responsable de l'Habitation sur le sujet
suivant : Génération locataire : le legs caquiste en matière de
logement.
Est-ce que nous avons des remplaçants, Mme la
secrétaire?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par Mme Jeannotte
(Labelle); M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Dufour
(Mille-Îles); et Mme Labrie (Sherbrooke) est remplacée par
M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, conformément à l'entente
prévue pour la 43e législature... que le député des Îles-de-la-Madeleine
nous a informé de son intention de participer à la séance, le deuxième groupe d'opposition interviendra lors des
troisième et septième séries d'intervention et le député indépendant lors de la cinquième série d'interventions. Alors,
pour débuter, je cède la parole à la députée des Mille-Îles, vous avez
10 minutes d'introduction.
Mme Dufour : Merci beaucoup, M. le
Président. Ça fait longtemps qu'on ne s'était pas vus dans une commission,
donc, je suis bien contente d'être avec vous à cette commission que j'adore,
celle de l'aménagement du territoire.
D'abord, j'aimerais saluer la ministre, la
nouvelle ministre de l'Habitation. Je pense que c'est la première fois qu'on a
l'occasion d'échanger plus longuement sur le dossier de l'habitation.
Évidemment, j'en profite pour saluer tous les gens qui l'accompagnent, les
députés du gouvernement, de la banquette ministérielle et tous les fonctionnaires qui sont à leurs côtés. Je salue
également les oppositions qui sont avec nous. Député de Laurier-Dorion,
député des Îles-de-la-Madeleine. On a fait plusieurs projets de loi ensemble en
habitation, donc, c'est toujours un sujet qui nous passionne tous, donc, merci
à tous d'être ici. Et je suis désolée, encore une fois, de vous retenir un
vendredi, mais c'est un sujet qui est d'importance.
Dans les dernières années, on a beaucoup,
beaucoup parlé de logement abordable, de la crise du logement, qu'il manquait
de logements locatifs. Mais, aujourd'hui, ce n'est pas de ça que je veux vous
parler, M. le Président, je veux vraiment
parler de l'accès à la propriété. C'est... Aujourd'hui, on a vu que,
malheureusement, on constate, après presque huit ans au pouvoir, que les
finances publiques ne sont pas en bon état, M. le Président, on peut dire que
le gouvernement a laissé un legs de... une
dette assez importante. Il y a une dette de finances publiques, mais il y a
aussi, maintenant, une dette qu'il va
laisser à nos générations futures. Le rêve, le grand rêve québécois de devenir
propriétaire, il est pratiquement devenu inaccessible, malheureusement.
J'ai oublié de partir mon temps... c'est...
Mme Dufour : OK parfait, merci,
j'avais oublié de partir de partir ma... OK, parfait, parce qu'il n'est pas à
l'écran, hein, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Il
est à l'écran du haut.
Mme Dufour : Oui, mais c'est huit
minutes... Ah! OK, c'est mon temps. Parfait, merci beaucoup. Donc, je reprends. Donc, le grand rêve de devenir
propriétaire est malheureusement devenu complètement inaccessible. Lorsque
mes parents étaient jeunes, ils ont formé un ménage. La première chose qu'ils
ont fait, c'est s'acheter une propriété. Ils
ont eu une jolie petite fille, qui était moi-même, mais, aujourd'hui, ce n'est
presque plus accessible. On l'a vu, d'ailleurs, ce matin, dans le
journal, que même l'accès à la propriété était en train de devenir un frein à
la natalité. Est-ce qu'on peut vraiment se permettre ça au Québec, alors que,
pour la première fois, il y a... on rentre dans une ère où il y a plus de décès que de
naissances? Donc, on doit tout faire pour aider nos jeunes ménages, les
premiers acheteurs, puis, de plus en plus, ça vient tard dans la vie, de
devenir... de devenir propriétaire. Aujourd'hui, ce n'est pas parce que les gens ne travaillent pas fort, ils travaillent très
fort, les jeunes ménages. Et, d'ailleurs, à l'époque de mes parents, il était possible
d'acheter une propriété avec un seul revenu. Aujourd'hui, avec deux revenus, ce
n'est même plus possible. Donc, c'est vraiment
rendu problématique. Donc, ça met une pression très grande sur les familles et,
sans mesure fiscale constructive, malheureusement, on risque de voir le
mur, devant ces premiers acheteurs là, s'accentuer. Et je vais en parler, là,
tout au long de cette interpellation, M. le Président.
Donc, quelques faits, comme je disais,
aujourd'hui, ce n'est plus possible de devenir... d'acheter une propriété. La
hausse des prix a été telle... n'a jamais été aussi abrupte que sous le
gouvernement de la CAQ. Et tout ce qui se construit depuis deux... deux ans
environ, ce sont des logements locatifs. Donc, c'est sûr que ça répond à une
demande, mais ça ne répond pas à la demande des premiers acheteurs qui se
cherchent une propriété. Donc, si, aujourd'hui, on cherche à acheter, bien, ce
qu'on retrouve sur le marché qui se construit, bien, c'est de la location.
Donc, on ne peut pas devenir propriétaire lorsqu'on n'a que de l'offre de
locatif...
Mme Dufour : Non, J'ai
10 minutes, M. le Président, et j'aimerais pouvoir terminer mes
10 minutes sans être interrompue. Je crois que je n'ai pas manqué de
respect, là.
Donc, je reviens, tout ce qui se construit,
c'est du logement locatif, et je donnerai des chiffres un peu plus tard. Et ça,
évidemment, ça amène une pression qui est devenue insoutenable pour les jeunes
ménages. Juste donner une idée, un prix médian des propriétés, des maisons, là,
des propriétés qu'on peut acheter, donc, pas du locatif, à Montréal, c'est
rendu 615 000 $. C'est absolument... c'est très, très élevé. Et,
évidemment, pour s'acheter une telle propriété, bien, ça exige une mise de
fonds qui est considérable. Et donc les gens doivent s'éloigner de plus en plus
des grands centres pour pouvoir acheter une propriété à la hauteur de leurs
revenus. On parle que, dorénavant, le coût des propriétés, là, le coût médian
des propriétés représente plus de la moitié du revenu disponible médian.
Donc, si on parle... si le revenu médian, on a
un revenu médian et qu'on souhaite acheter une propriété de niveau médian,
bien, c'est la moitié de notre revenu qui va aller au paiement hypothécaire,
les taxes municipales, et tout ce qui vient avec l'achat d'une propriété. On
dit que ça ne devrait pas dépasser 30 % pour que ce soit... pour que ça
puisse respecter la capacité de payer des acheteurs, c'est, d'ailleurs, la
règle qu'on se donne aussi en locatif, le 30 %. Et, ça aussi, on l'a vu,
il y a eu des hausses de loyers importantes. On en a parlé beaucoup dans les
dernières années. Il y a eu une énorme pression, des logements qui retombaient
sur le marché, qui augmentaient. Et ce que ça a fait, bien, évidemment, ceux qui avaient... qui souhaitaient acheter une
propriété avaient de moins en moins de liquidités disponibles pour faire
des économies et se mettre une mise de fonds de côté. C'est une réalité. Donc,
la hausse des loyers réduit d'autant plus l'accès à la propriété.
D'ailleurs, la moitié des jeunes estiment
aujourd'hui avoir besoin de leurs parents pour la mise de fonds. Bon, heureusement,
il y a quand même une génération qui a accumulé des sommes, qui peut peut-être
aider leurs enfants, mais ça amène une discrimination assurée pour ceux qui
n'ont pas ces moyens. Et ce qui n'aide pas dans tout ça, ce sont... c'est la
hausse des coûts de construction. Je vais en parler aussi dans un des blocs, M.
le Président. Un chiffre, 71 %, 71 % depuis 2017, ça, c'est la hausse
des coûts de construction, 51 % depuis la pandémie. Donc, c'est certain
que ça, ça met une pression énorme, parce que ce qui se construit coûte plus
cher. Et, comme je vous le disais, les loyers qui coûtent plus cher, c'est
aussi, en partie, dû au fait que les coûts de construction ont augmenté. Mais
qu'est-ce qu'on a fait pour traiter... voyons, tenter de réduire ces coûts de
construction? Bien, pas grand-chose, malheureusement. Et, comme je vous disais,
ça a une pression directe sur le prix des propriétés.
Les salaires dans l'industrie, et ça, n'est
pas... je n'ai pas de critique ici, mais c'est un constat. Les salaires vont
augmenter de 22 % dans les quatre prochaines années. Puis ça, c'est dû à
la nouvelle convention collective qui a été
négociée. Donc, ça, ça va amener encore plus de pression. Donc, si on ne
travaille pas sur les coûts des matériaux, si on ne travaille pas sur
l'efficacité de la façon qu'on construit, bien, on va voir les coûts augmenter
encore davantage, parce que 22 % en
quatre ans juste pour les salaires, c'est quand même beaucoup. Et, comme je le
dis, ce n'est pas une critique de la convention elle-même, il faut
travailler sur l'ensemble des coûts.
Et je rappellerai qu'il y a une pénurie de
main-d'oeuvre dans le domaine de la construction. Ça fait que, ça aussi, ça
amène de la pression. Et, juste hier... cette semaine? C'est cette semaine,
oui, l'ACQ, l'Association de la construction du Québec, était ici, à
l'Assemblée nationale. Ceux qui les ont rencontrés auront entendu le chiffre de
16 000, 16 000 travailleurs qui manquent actuellement dans le domaine
de la construction à chaque année. Mais je vais vous donner un autre chiffre.
L'APCHQ, une autre association dans le domaine de la construction, nous parlait
que 25 % de la main-d'oeuvre dans le domaine de la construction prendrait
sa retraite d'ici 10 ans. On en manque déjà 16 000. Donc, c'est très,
très inquiétant. Et ça aussi, ça va mettre une pression sur les coûts.
Je terminerais, M. le Président, en parlant
aussi du fait qu'on ne travaille pas assez pour protéger l'existant. Donc, il existe des propriétés, et,
malheureusement, on en perd. Et je vais vous parler de la mérule pleureuse,
notamment.
Je vais revenir sur le programme RénoRégion. Il
n'y a aucun programme digne de ce nom pour la rénovation actuellement au
Québec, malgré qu'on soit en pénurie, par exemple, d'énergie hein? On veut construire
des barrages, mais il y a de l'énergie qu'on pourrait récupérer dans nos
bâtiments. Aucune mesure fiscale digne de ce nom.
Alors, je
termine, M. le Président, en souhaitant sincèrement qu'aujourd'hui, on va
parler d'accès à la propriété, parce qu'à toutes les fois qu'on a posé
des questions dans les derniers mois sur l'accès à la propriété, et même dans les dernières années, bien, finalement, on avait des
réponses qui avaient rapport avec les logements sociaux, les logements abordables. C'est un sujet super
important, mais, aujourd'hui, j'aimerais qu'on parle d'accès à la propriété.
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la députée de Mille-Îles. Alors, nous allons du côté du gouvernement.
J'entends la ministre pour 10 minutes.
Mme Proulx : Merci, M. le
Président. Donc, l'interpellation, le legs de la CAQ, en termes d'habitation, notre stratégie, c'est construire et accompagner
nos clientèles. C'est ça, le mandat principal de la ministre responsable
de l'Habitation.
Et des défis en matière d'habitation, d'autant
plus en ce qui a trait à la disponibilité et l'abordabilité des logements, c'est bien réel. Puis notre
gouvernement, M. le Président, en est conscient. C'est pourquoi on va
poursuivre nos efforts, là, pour continuer d'optimiser les pratiques au
bénéfice des différents acteurs. Nous, on veut continuer de mieux répondre aux
besoins, aux réalités des ménages québécois dont on se soucie. On va poursuivre
tous le même obje