Transportation and the Environment — 14 August 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2019-08-14
Quebec — Committees
derniers chiffres de RECYC-QUÉBEC sont clairs. Vous avez eu le témoignage de
RECYC-QUÉBEC, d'entrée de jeu, lors
du début des travaux. 72 % du verre se retrouve dans les dépotoirs, que ce
soit le particulier qui décide de le mettre
dans la poubelle plutôt que dans le bac de recyclage, soit par le centre de tri
qui n'est pas en mesure de recycler le verre actuellement. On peut se
dire qu'il y a donc place, évidemment, à l'amélioration.
surplus, les crises des matières résiduelles, en général, se succèdent depuis
plusieurs années. La plus récente découle,
bien sûr, de la fermeture de marchés autrefois ouverts à nos matières comme le
marché de la Chine. C'est une crise, mais c'est aussi une prise de
conscience collective et la preuve en est votre implication dans cette
commission.
Alors, on ne peut
plus faire reposer sur des pays étrangers l'enfouissement de matières
résiduelles, alors que nous-mêmes, nous
refuserions, bien sûr, d'enfouir les déchets des autres ici, au Québec. Et
c'est une opportunité, finalement. Le verre n'est pas un déchet comme
les autres. C'est une ressource utile qui doit être valorisée.
municipalités sont bien placées pour vous dire que le système actuel ne saurait
montrer le niveau de résilience nécessaire advenant de nouveaux
contrecoups. Les centres de tri municipaux ont subi d'importantes conséquences
financières et les effets de la crise confirment les besoins de modernisation
de leurs équipements.
système de consigne, qui date de 1984, il en a été beaucoup question au cours
de ces travaux mais bien avant aussi...
Alors, on dit à l'UMQ qu'on a besoin également d'actualiser le système de
consigne. Nous avons donc beaucoup de travail
devant nous et, dans un souci de contribuer à la réflexion globale et
systématique qu'ont entrepris les parlementaires, nous vous proposons
quelques pistes de solution.
D'abord,
il faut rappeler qu'il s'agit d'un enjeu collectif où tous sont appelés à
contribuer. Les entreprises doivent accepter
une plus grande responsabilité. Après tout, la source même des matières
résiduelles, ce sont les entreprises. Ce n'est pas demander l'impossible
que de leur transférer la gestion de leurs propres matières résiduelles.
Pour
l'UMQ, une compagnie devrait assumer sa responsabilité sur le produit qu'elle
met en marché jusqu'à la fin de sa vie utile, de la conception avec des
matières recyclables jusqu'à la valorisation après usage. La consigne du verre
est l'une des façons d'y arriver,
bien sûr, et nous enjoignons le législateur à s'y attarder. Mais il y a
également l'amélioration des centres
de tri, chemin déjà emprunté par plusieurs. Il y a eu des investissements
récents. Il faut continuer dans cette voie.
municipalités sont perméables aux aléas du marché. Comme on l'a précédemment
rappelé, les organisations
municipales ont la responsabilité de la collecte, du transport, du tri, du
conditionnement des matières résiduelles. Puisque nous ne contrôlons ni les intrants ni les débouchés, eh
bien, nous sommes particulièrement vulnérables, bien sûr, aux chutes des prix.
Nous
composons alors avec des gisements de matières résiduelles stables et continus
qui proviennent des citoyens parce
que c'est ce qu'on leur demande de faire. On ne veut pas qu'ils mettent ça dans
la poubelle, on veut qu'ils mettent ça dans
le bac de recyclage, mais on se retrouve avec les accumulations. Et parfois,
des industries, commerces et institutions... on a commencé avec ces entreprises à les sensibiliser depuis déjà un bon
moment, mais il va falloir faire quelque chose avec ce qu'ils vont nous envoyer. Et on ne peut pas
actuellement nécessairement tout valoriser ou encore s'en départir autrement
qu'avec l'enfouissement, ce qui n'est pas le résultat souhaité.
Résultat?
Bien, les centres de tri sont débordés. Il y a des matières recyclables ou
encore qui ont un potentiel de seconde vie qui sont enfouies
malheureusement dans nos dépotoirs.
Alors,
il faut trouver non seulement une solution, mais on peut trouver des solutions.
J'ai confiance qu'ensemble nous y
arriverons. Ensuite, le législateur doit encourager des solutions qui sont
concordantes à l'échelle du Québec et non en silo comme on le fait trop
souvent.
Alors,
oui à la consigne. Elle peut s'avérer une solution à la valorisation du verre
en responsabilisant le citoyen et les entreprises. Oui, le centre de tri
fonctionne, mais a besoin de nouveaux investissements pour en augmenter son
efficacité. Alors, en d'autres mots, il faut miser sur ce qui
fonctionne. Il faut miser également sur l'innovation.
J'entendais des
témoignages où on tentait peut-être d'opposer les modèles, mais je pense qu'il
faut éviter le mur-à-mur et favoriser la complémentarité, donc, d'un côté, la
consigne; d'un côté également, les investissements pour améliorer les capacités
et l'efficacité des centres de tri.
L'UMQ
souhaite aussi que les spécificités locales en termes de débouchés pour les
matières résiduelles soient prises en compte. Nous souhaitons qu'une attention
soit accordée aux particularités de chaque région, mais aussi que le Québec
se penche sur le développement de marchés et
la valorisation locale des matières recyclées afin d'en augmenter la résilience
et augmenter la résilience des systèmes de collecte et de récupération, et de
stimuler l'économie locale.
Finalement, toute
solution du législateur devra considérer les investissements importants déjà
consentis par les municipalités dans la
modernisation des centres de tri. On refuse d'opposer, dans un débat qui
pourrait être stérile, les centres de tri et la consigne, mais la
transition vers une nouvelle gestion du verre ne peut ignorer les
investissements passés.
municipalités veulent faire
partie de la solution. Nous tenons à prévenir un réflexe
que le gouvernement du Québec a eu
dans le passé et pourrait avoir encore à l'égard des gouvernements de
proximité. Si de nouvelles responsabilités incombent aux municipalités, bien, l'argent et les ressources, bien sûr,
doivent suivre. Par exemple, la mise à la disposition des citoyens de points de dépôt volontaires, on a
déjà eu l'occasion de voir certains endroits, il y en a qui vont venir
témoigner et en parler également,
c'est certainement une solution testée par plusieurs municipalités et fort intéressante.
Je sais que récemment la ville de
Sainte-Julie, j'ai vu sur Facebook... mon collègue de Varennes également qui
parlaient de ces premiers points de dépôt dans leurs municipalités.
Alors, la volonté est là de participer en ce sens-là. Les ressources doivent évidemment suivre. Si le gouvernement souhaitait
multiplier cet outil, les municipalités seraient en droit de s'attendre à un
apport supplémentaire de la part du Trésor public.
conclusion, nous saluons l'exercice de réflexion qui est en cours. Les
municipalités sont motivées, souhaitent revoir leurs façons de faire et sont prêtes à contribuer à une meilleure
valorisation des matières résiduelles. C'est pourquoi elles formulent ici le souhait d'être impliquées
autant dans la formulation de nouvelles initiatives que dans l'implantation
des mesures que le législateur souhaitera
adopter. Et puisqu'il s'agit d'un effort collectif, nous devons en demander
plus à nos entreprises. Elles doivent aussi emboîter le pas. C'est pourquoi
nous demandons qu'une responsabilité élargie des producteurs de matières résiduelles soit adoptée pour permettre une
approche plus globale de la valorisation des matières résiduelles.
Alors, je vous remercie beaucoup et je suis tout
disposé à répondre à vos questions.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci beaucoup, M. Bellavance, pour votre
exposé. Nous allons débuter la période d'échange. Nous allons commencer
avec les membres de la
partie gouvernementale. M. le député de Bourget.
M. Campeau :
Merci, Mme la Présidente. Bonjour. Bienvenue ce matin. Le dépôt volontaire, par
rapport à l'autonomie municipale,
est-ce que vous voyez ça comme... les municipalités devraient avoir plus
d'autonomie pour décider quelque chose sur leur territoire ou ça devrait
être une solution commune au niveau provincial?
M. Bellavance
(André) : On n'est pas tout à fait pour le mur-à-mur. Par contre, si
c'était une décision du gouvernement du
Québec, je pense que les impacts pourraient... en tout cas, semblent
actuellement être positifs de la part des municipalités qui ont décidé
d'employer une telle solution.
Alors, moi,
personnellement, dans ma municipalité, je ne verrais pas d'inconvénient à ce
qu'on nous dise qu'il faille le
faire, mais on demande évidemment, comme c'est souvent le cas, que non
seulement que la responsabilité nous incombe, mais que les ressources financières suivent également. Alors,
actuellement, que ce soit de façon volontaire ou que ce soit de façon obligatoire, on souhaite évidemment être
accompagnés pour pouvoir aider dans ces solutions-là. Ce qu'il faut aussi,
c'est regarder de façon globale tous les
coûts afférents à ce type de solution là, parce qu'évidemment il y a le coût du
transport qui entre en ligne de compte. Et là, bien, je vous parle, à ce
moment-là, des gaz à effet de serre.
Alors, il
faut que ce soit une solution, je pense, en tout cas, qui soit réfléchie dans
l'ensemble du Québec, mais qu'on adopte cette solution-là également en
respectant les réalités locales.
M. Campeau :
Au-delà de l'Union des municipalités, dans votre municipalité ou des
municipalités environnantes, avez-vous des exemples où... En Gaspésie,
par exemple, ils faisaient des tournées des ICI pour aller chercher la matière.
Est-ce que vous avez des exemples que ceci a été fait ailleurs, à l'intérieur
de l'UMQ?
M. Bellavance (André) :
Certainement. Chez nous, à Victoriaville, on est actuellement en projet pilote
auprès des ICI. Alors, nous, vous savez, il
y a actuellement des débats dans certaines municipalités concernant les
matières organiques. C'est depuis 1998 qu'on a le bac brun dans la ville
de Victoriaville, il y en a qui l'implantent actuellement, en 2019.
Et donc chez
la population, qui inclut évidemment les entrepreneurs, les propriétaires
d'industrie sont extrêmement sensibilisés
à tout le volet environnemental et développement durable, ce qui fait qu'on a
une très, très bonne collaboration actuellement.
Mais ce que je vous disais dans ma présentation tout à l'heure, là où le bât
peut blesser, c'est que, si on sensibilise les entreprises, effectivement, à cesser d'envoyer ces matières dans
l'enfouissement, bien, il faut quand même en bout de ligne que nous,
après le centre de tri, qu'on ne les envoie pas à l'enfouissement.
Donc, il
y a toute la chaîne, là, qui doit être non seulement sensibilisée, mais qu'il y
ait des résultats en bout de ligne, là.
M. Campeau :
Je pense que jusqu'à maintenant, le fait de dire qu'il faut avoir une solution
d'un bout à l'autre, ça a été vraiment très, très, très général.
Il y a une
chose que vous avez mentionnée, et je ne veux pas dire dans quel sens on
devrait aller, je me pose juste la
question, si on instaure des dépôts
volontaires vous nous dites : Il faudrait que l'argent suive. Je comprends
votre point, mais l'argent, il vient
d'où? Il devrait venir d'où? Est-ce qu'il devrait venir des taxes dans les municipalités ou il devrait venir de
l'impôt venant du gouvernement du
Québec? Je veux dire, on pourrait se poser la question. C'est quoi, votre
réaction par rapport à ça?
Bellavance (André) : Bien, on comprend très bien que l'argent vient
toujours de la même poche. Mais cependant, nous, à force d'avoir les responsabilités sans en avoir les ressources,
bien, on a l'odieux, à un moment donné, de dire à nos citoyens qu'il va falloir avoir des taxes
supplémentaires parce qu'on se fait imposer certaines solutions par le
gouvernement.
Si on
travaille ensemble puis que c'est une solution commune, et souhaitée, et
souhaitable, à ce moment-là, je pense qu'ensemble
on peut trouver également les moyens de financer ces éléments-là. Sauf que,
quand ça vient toujours, toujours sur le dos des municipalités, bien, à
un moment donné, c'est certain que le citoyen, il vient... Il faut que le
citoyen, finalement... Il faut qu'il y ait
une acceptabilité sociale pas juste dans les domaines dont on parle en général,
mais dans ces domaines-là également.
Il faut que le citoyen embarque aussi. Et je pense que les gouvernements, le
gouvernement, les paliers de
gouvernement sont là pour nous soutenir, également. C'est un choix de société,
et, quand les gens le comprennent, bien,
que ça vienne de leurs impôts, ils vont comprendre également. Mais nous, c'est
sûr qu'on se retourne vers Québec, si Québec nous impose des responsabilités
supplémentaires.
Campeau : En terminant, j'ai aimé ce que vous avez dit, parce que,
quand on parle des bateaux qu'on a envoyés, de vidanges, dans les pays en voie de développement, quand vous
dites : On refuserait s'ils nous les envoyaient, je ne l'avais
jamais vu dans le sens inverse, mais je pense que vous avez complètement
raison. J'aimerais passer la parole à d'autres membres.
La Présidente (Mme
Grondin) : Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme Tardif : Merci, Mme la
Présidente. Merci d'être là ce matin. Ça nous fait plaisir de vous recevoir.
Vous avez
mentionné que les entreprises doivent être plus responsables, je pense que tout
le monde est d'accord avec ça, de la
conception, jusqu'au recyclage, jusqu'à la récupération. On a des exemples,
bon, en tête, d'entreprises qui ne le sont pas, qui ne le sont pas
assez, même si elles le sont.
Par contre, est-ce que vous croyez
que... si nous devions donner cette responsabilité-là, est-ce qu'on va jusqu'au
tri? Est-ce qu'on commence à... Vous
dites : Ils doivent être responsables. Est-ce qu'on leur donne toute la
responsabilité et, en ce sens, plutôt
que de compenser financièrement les municipalités, on remettrait ça aux
entreprises qui fabriquent et qui livrent?
Bellavance (André) : Pour nous, tout est sur la table, donc il y a une
question qu'on ne travaille pas en silo, finalement. L'idée, c'est de s'asseoir ensemble puis de voir quelles
sont les solutions. Mais actuellement, nous, comme je vous dis, on a un paquet de responsabilités, mais
pas celle de la production de... si on parle de verre, bien, de ces
bouteilles-là ou de tous ces
contenants-là. C'est un choix d'entreprise, mais, après ça, ils se dégagent de
toute responsabilité. Bien sûr, il y a la compensation, je le comprends
très bien, mais ça peut être une compensation différente de celle qu'on connaît
aujourd'hui, parce qu'on va s'occuper de ces
contenants-là, mais il faut s'assurer qu'au bout de la chaîne, une fois que le
consommateur l'a utilisé, bien, que ce contenant-là puisse être recyclé, puisse
être récupéré.
Alors,
je pense qu'il y a une responsabilité autre que celle de seulement faire la
production, ensuite de la mettre en marché puis, après ça, bien, on s'en
lave les mains, c'est la municipalité après qui est prise avec tout le reste,
jusqu'au recyclage. Mais nous, on n'a pas le
contrôle sur le débouché des marchés, alors quand la Chine... Nous, ce qu'on
envoyait à la Chine, on pensait qu'ils étaient bien contents avec ça,
mais, à un moment donné, ils ont fermé la porte, et on s'aperçoit que... On comprend pourquoi ils n'étaient pas très contents,
parce que nous-mêmes, on envoie ça à l'enfouissement.
Donc,
il y a une responsabilité, je l'ai dit, qui est partagée, mais les entreprises,
je pense, doivent maintenant être
partie prenante du cycle du début à la
fin.
Tardif : C'est ça, mais je sais que vous avez une idée en tête. Je
voudrais que vous nous la disiez. Vous avez probablement réfléchi à ça, à l'Union des municipalités. Et, si on
pousse plus loin, pensez-vous que c'est faisable et que c'est... parce que oui,
c'est beau et c'est logique, ce que vous exposez, mais est-ce que les
entreprises... je ne sais pas, moi, en
tout cas, je n'en nommerai pas, là, mais est-ce que des entreprises qui mettent
en marché des produits qu'ils ne fabriquent
pas eux-mêmes, parce que ce ne sont pas eux... S'ils achètent en Chine ou s'ils
achètent ailleurs, aux États-Unis, le problème reste entier aussi.
doit... Et est-ce que les municipalités, dans une deuxième
partie de
question... est-ce que vous seriez
prêts à ne plus recevoir le volet financier pour trier et...
Bellavance (André) : Si
toute la responsabilité est transférée... on comprend, mais ce n'est pas
l'idée qu'on a en tête nécessairement. Je pense que, comme je le disais, c'est une question
de s'asseoir tout le monde ensemble, tous les intervenants dans le
dossier, qui peut-être, depuis quelques années, ont eu tendance à faire ce qui
a toujours été fait... Puis je pense qu'on
est à une ère, maintenant... c'est l'opportunité, effectivement, de penser à tous ces changements-là.
Il y a effectivement le volet financier qui est très important. Le volet financier
est effectivement très important. Donc, si
nous, on continue à s'occuper des centres
de tri comme on le fait actuellement et qu'on continue à s'occuper des matériaux qui y entrent, mais qu'on n'a pas le contrôle sur
ce qui advient par la suite, bien, on a besoin d'aide là-dedans pour faire
en sorte qu'on... pour les débouchés des
marchés, pour faire en sorte qu'on puisse les recycler. Les entreprises
doivent être
partie prenante.
Tardif : Merci. Une deuxième
question, rapidement, avec une réponse peut-être rapide, parce que je
veux laisser le temps à mes collègues
de poser des questions aussi. On parle d'une modernisation des
équipements d'entreprises de tri, et il y a beaucoup...
il y a plusieurs millions de dollars qui ont été investis à
travers la province, vous le savez mieux que moi. Est-ce que, si on enlève le verre... il va toujours
en rester une partie, là, disons-nous, mais, si on met une consigne et
qu'on enlève ce verre-là, est-ce que les investissements qui ont été faits sont
des investissements qui sont perdus?
Bellavance (André) : Je ne
crois pas que c'est perdu. Je crois que la consigne va enlever une partie, effectivement, du verre, mais on va toujours
continuer à avoir besoin de trier les pots de confiture, les pots de cornichons,
etc. Il y a beaucoup
de verre sur le marché. Donc, si on parle seulement
des bouteilles de vin, parce que ça a été le sujet de l'heure lors du début des travaux de la commission, bien, c'est une
partie seulement du verre. Donc, ces investissements-là sont très, très importants.
Puis
il faut penser à une chose, c'est que, quand on parle d'investissement, on ne parle pas seulement de trier le verre. Alors, on a aussi des enjeux
avec toutes les autres matières. Alors, à ce moment-là, on le sait, c'est
comme dans n'importe quoi dans l'entreprise, on a beau le savoir, mais c'est toujours
comme ça, quand les marchés vont bien, on a moins tendance à faire les investissements.
On inclut tout le monde là-dedans, là, on a tous ce défaut-là. Il faut continuer
à investir.
Tardif : Parfait. Donc, je
comprends qu'il n'y aurait pas d'impact négatif, s'il y a
une consigne qui est mise sur les centres de tri. C'est ce que je
comprends.
Bellavance (André) : Je ne
suis pas capable de parler au nom de tous les centres de tri en particulier,
mais il faut garder... il faut
continuer à investir de toute façon, parce qu'on a de grands besoins à cet égard-là,
même s'il y a une consigne.
Présidente (Mme Grondin) :
Nous avons trois autres députés qui souhaitent intervenir. Il vous reste
cinq minutes. Donc, M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
M. Tardif : Oui. Mme la Présidente, merci. Je m'excuse de ces quelques
minutes de retard, j'ai rencontré des gens sur mon parcours. Alors,
bienvenue et, à mes collègues, bonne matinée également.
Écoutez, je suis un ancien élu municipal. Rivière-du-Loup,
première usine de biométhanisation au Québec. On s'entend que je suis quand
même assez sensibilisé sur le sujet,
je le pense, du moins, je me plais à le croire. Moi, ce que je retiens,
c'est que l'argent vient toujours de la même poche. Ça, si vous voulez parler à
mon coeur, vous me rejoignez là-dessus. Peu
importent les paliers de gouvernement, c'est toujours le contribuable... et c'est important
de se le rappeler, et je pense que vous l'avez fait de façon élégante,
mais efficace aussi.
Ce que
j'aimerais quand même rappeler également, c'est qu'on ne veut pas de mur-à-mur au Québec. Et
hier, et avant-hier, entre autres, j'avais un vent du large, c'est-à-dire un vent de la Gaspésie qui venait nous porter ses
propositions, et
vous comprendrez, comme député de Rivière-du-Loup—Témiscouata, même si je suis à mi-chemin entre Montréal et la Gaspésie,
j'entends bien ces propos.
Ma question
est quand même assez directe et simple, je pense. C'est qu'au niveau
des municipalités, l'atteinte des objectifs pour la valorisation
des matières... puis là je ne parle pas de politique,
je vais parler de coûts. Jusqu'où,
financièrement, les municipalités, vous pensez qu'elles sont prêtes à
aller dans la valorisation?
Bellavance (André) : J'ai toujours parlé de responsabilités partagées.
Actuellement, on a le fardeau et on accepte de faire cette collecte-là, le tri, également le transport et puis le
conditionnement, finalement. Mais il y a une limite, comme partout ailleurs, et le problème, c'est que les
municipalités ne sont pas responsables des intrants, n'ont pas non plus la
capacité de décider ce qui arrive par la suite. Alors,
l'ouverture, les débouchés, les marchés, on n'a pas le contrôle là-dessus.
Donc, il faut que tous les intervenants participent de façon importante
à tout le cycle.
Alors, pour
les municipalités, bien, on est déjà... on demande déjà à nos citoyens de payer pour ces
responsabilités-là. Alors, on est
prêts à continuer à le faire. On est prêts à être des partenaires comme on l'a
toujours été. Je pense qu'actuellement, avec ce que le ministre a mis en place, les discussions sont fort intéressantes avec cette commission-là. L'UMQ y
participe. Il faut continuer dans ce sens-là, parce que, si on travaille en silo puis qu'on se fait imposer des
choses, là, je vous dirais que les municipalités sont peut-être moins
prêtes à embarquer. Si on est
partie prenante et qu'on trouve des solutions
communes, on va certainement être là. On est capable de l'expliquer à nos citoyens.
Tardif : Bien sûr. Je
saisis bien. C'est presque politique, ce que vous m'avez répondu, mais je vous ramène
sur la dimension financière. Est-ce que vous sentez, de la part de vos municipalités,
une volonté ou une marge plus ou
moins grande d'aller dans ce sens-là? Parce qu'il y a des coûts, là, que ce soit le Québec,
ou le fédéral, ou le municipal qui paie. Est-ce que vous sentez, de la
part des municipalités, une acceptabilité d'aller quand même un petit peu plus
loin même s'il faut qu'ils se retournent devant toujours le même payeur de
taxes, ce que vous avez évoqué au début?
Bellavance (André) : Actuellement, quand les centres de tri veulent rouvrir les contrats, on est bien
obligés de travailler avec ces situations-là,
cette réalité-là, mais ce qu'on demande, c'est que tout le monde mette la main à la pâte. On a
toujours été là. On va encore être là, mais quand on est
dans les discussions, qu'on est
partie prenante de trouver les
solutions, bien, c'est beaucoup plus facile pour nous d'aller l'expliquer aux citoyens.
Je ne suis
pas capable de vous dire aujourd'hui que c'est tel ou tel montant d'argent. Ce n'est
pas comme ça qu'on fonctionne, là. On va voir quelles sont les solutions
qui vont émaner de tous ces travaux-là.
Tardif : Alors, si je comprends bien, votre souhait, je le traduis comme ça, là, c'est que vous souhaitez
d'être une
partie prenante de cette action-là à un plus grand niveau. Je
le traduis, là.
Bellavance (André) : Comme
on l'a toujours été, mais du côté financier, vous
comprendrez qu'il y a toujours
une limite. C'est pour ça qu'on va négocier
un pacte fiscal également avec le gouvernement et c'est pour ça qu'on demande...
M. Tardif :
Est-ce que je dois m'en réjouir comme payeur de taxes?
Bellavance (André) : Bien,
c'est certainement... il y
a une équité là-dedans
certainement qu'il faut rechercher.
M. Tardif :
Parfait. Merci. Merci beaucoup.
Présidente (Mme Grondin) :
Merci, messieurs. Je suis désolée. Donc, nous allons poursuivre les échanges
avec le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci,
Mme la Présidente. Merci pour votre
présentation. Dans la lettre que vous avez envoyée à la présidente, vous mentionnez qu'il y a
un groupe de travail en place. Juste une question,
il y a beaucoup de municipalités, des maires qui luttent pour la
consigne présentement? Je ne dis pas de nommer certaines municipalités, mais
est-ce qu'il y a des forces proconsignes dans votre organisation?
Bellavance (André) : Oui, en
fait, l'UMQ s'est prononcée en faveur de la consigne. C'est pour ça que je l'ai
mentionné dans mon allocution. Il faut faire
attention de ne pas mettre en opposition la consigne versus la modernisation
des centres de tri. On pense que les deux
doivent coexister, un peut se faire et l'autre aussi... en fait, devrait. Un
n'empêche pas l'autre, c'est ça, la vraie expression. Mais certainement,
il y a des municipalités qui sont en faveur de la consigne.
M. Kelley : Puis le
groupe de travail s'est basé sur, vous avez juste lancé ça, sur une question
plus «at large», ou est-ce qu'il y a
des précisions, certains mandats que chaque groupe travaille là-dessus, ou
c'est vraiment juste, comme je dis, quelque chose «at large»?
M. Bellavance
(André) : Le groupe de travail instauré par l'UMQ?
M. Bellavance
(André) : En fait, ce qu'on a décidé de faire, c'est... suite à la
fermeture des marchés asiatiques, particulièrement la Chine, on avait des
enjeux vraiment majeurs du côté des municipalités, parce que, comme je l'ai dit tout
à l'heure, les centres de tri se
retournent vers les municipalités, rouvrent des contrats qui viennent juste
d'être signés, demandent de payer le double ou le triple de ce qui était
entendu.
Alors,
on a mis en place ce groupe de réflexion là pour... en fait, la décision qui a
été prise, c'est de donner un mandat à
une firme de faire une étude sur les 22 centres de tri du Québec,
voir où on en est, justement, dans la modernisation, quelles sont les possibilités de marché. Alors, c'est ce qu'on est en attente, là. Je dirais, à
l'automne, on devrait avoir les résultats de cette étude.
M. Kelley :
Alors, c'est sûr que vous êtes capable de participer à la décision que le gouvernement
va prendre après cette commission-là
pour... pas juste participer, mais vraiment arriver des recommandations solides pour le gouvernement. Alors, ça, c'est une bonne
nouvelle, je crois, parce que c'est
sûr que beaucoup
du fardeau, c'est sur les municipalités présentement dans ce dossier-là.
L'engagement sur la
consigne, je suis d'accord, des fois, c'est des groupes qui arrivent, qui sont complètement
contre ou pro, mais, je pense, il y a toujours
un terrain d'entente, d'avoir une discussion entre le milieu, comment on peut trouver
une solution qui marche pour les citoyens, parce que ça, c'est une place que
c'est important.
Alors,
je veux juste, sur la question citoyenne, est-ce que c'est peut-être
possible pour les municipalités de changer le système de collecte? Et je
me souviens, quand j'étais plus jeune, c'était plastique, papier, verre, dans
trois différents bacs bleus. On parle beaucoup
que l'important est de séparer du verre du reste des choses qu'on recycle.
Est-ce que vous avez des commentaires
là-dessus? Est-ce qu'on est trop tard, c'est mieux... j'ai déjà posé des questions aux centres de
tri, mais juste une question pour vous.
Bellavance (André) : En fait, on voit actuellement, avec l'émergence
d'autres solutions, dont les points de dépôt
dont on parlait tout à l'heure... J'ai mentionné quelques municipalités, là,
qui avaient... puis je pense qu'il y en a une qui va venir témoigner, qui est dans... pas loin de ma région,
finalement, à Saint-Denis-de-Brompton, par exemple. Ils ont peut-être été dans les premières municipalités à
instaurer tel type de récupération du verre, ce qui veut dire que les
municipalités ne sont pas
réfractaires au changement, les citoyens, citoyennes non plus. Il faut toujours
bien les informer, il faut faire en sorte que ces gens-là acceptent de
le faire.
C'est
sûr qu'à un moment donné, on y va avec la... Je pense qu'on avait choisi la
solution la plus simple pour faire en
sorte que les gens récupèrent de plus en plus, et le bac unique était
certainement une façon plus simple que d'obliger ou de forcer les gens à séparer les matières. Je ne sais
pas si revenir vraiment en arrière dans ce sens-là, ça serait la bonne
solution, mais, pour le verre, on
voit que les municipalités, effectivement, certaines d'entre elles ont pris un
virage et acceptent ou demandent à
leurs citoyens d'aller porter le verre dans un endroit spécifique. Alors, ça
fait
partie d'une des solutions possibles.
Kelley : Oui, puis, dans le même sens, des campagnes de
publicité que vous faites... pas juste vous, mais vos municipalités... parce que c'est important, des
fois, je pense, de rappeler aux gens des différentes choses qui doivent aller
dans un bac bleu, mais aussi, juste, on
parle de recyclage présentement, mais il faut commencer à penser aussi de
réduire notre consommation en
général. Je pense que c'est très important. Je ne sais pas si vous avez des
commentaires là-dessus.
M. Bellavance
(André) : Oui. Bien, en fait, mon commentaire, c'est que vous avez
tout à fait raison. On a vu récemment des décisions de municipalités qui
interdisent les plastiques à usage unique. On a interdit les sacs de plastique, etc., et même le gouvernement fédéral
en a fait l'annonce. On ne connaît toujours pas les tenants et aboutissants,
mais on est à la veille d'une élection
fédérale et il y a eu cette annonce-la de la part du gouvernement fédéral. Et
je pense qu'avant que les gouvernements en fassent des lois, des interdictions,
bien, il y a même des entreprises qui ont décidé et des commerçants qui
ont décidé d'agir dans ce sens-là aussi.
y a de plus en plus de commerces où on accepte, et ça ne se faisait pas il y a
tout récemment, puis on nous parlait des
enjeux de salubrité qui existent certainement, mais dans les épiceries, il y a
des grandes chaînes actuellement qui acceptent que les gens apportent leurs
contenants et puissent ressortir avec des aliments périssables, ce qui n'était
pas le cas jusqu'à tout récemment pour toutes
sortes de raisons et de bonnes
raisons. Mais ce qu'on comprend, c'est qu'en 2019 on est capable de
trouver des solutions en ce sens-là.
M. Kelley : Je reviens sur une question concernant le verre. Est-ce que
vous pensez que les centres de tri sont en mesure de fournir du verre
100 % propre?
M. Bellavance
(André) : Actuellement, je sais qu'il y a des entreprises qui ont
obtenu des subventions pour, justement,
moderniser les centres de tri, et la qualité du verre peut, oui, être
exceptionnellement bonne. Ça prouve qu'il faut faire les investissements
nécessaires.
M. Kelley : Et
juste une question encore, je reviens, bien sûr, sur la consigne. Est-ce qu'un
système uniforme, c'est la meilleure
option pour le Québec ou est-ce que c'est important de prendre en considération
peut-être certaines solutions adaptées
pour certaines régions? Mon collègue a mentionné qu'on a eu une présentation
des gens de la Gaspésie hier, qui était fortement intéressante, mais
est-ce que c'est mieux d'avoir une solution pour tout le monde ou peut-être
certaines solutions adaptées à certaines régions?
M. Bellavance
(André) : C'est rare que le mur-à-mur est une bonne solution, compte
tenu des réalités régionales. On sait
que, si on exige, par exemple, à des régions comme la Gaspésie d'aller transporter des matières en
camion ou d'aller les faire
transformer au Centre-du-Québec ou à Montréal, bien là, on vient de créer un autre problème. On
vient de créer un autre problème environnemental, c'est-à-dire
l'émission de gaz à effet de serre, le transport accru.
Donc,
il faut envisager... en fait, plus qu'envisager, il faut absolument mettre en
place des solutions locales. Alors, l'économie
circulaire, ce n'est pas pour rien qu'on appelle ça circulaire, c'est que le
cercle, il ne doit pas être trop, trop grand non plus, là. Et ça, c'est une réalité qui est incontournable, là, de
nos jours. Les gens ont les capacités localement de faire ce qu'il faut.
Il faut évidemment être là pour les accompagner.
Kelley : Parfait. Dernière question pour moi. Vous mentionnez
dans votre lettre que l'élargissement de consigne devrait faire l'objet d'une
analyse environnementale. J'imagine que, dans cette analyse faite par le
gouvernement, les GES doivent être pris en considération.
M. Bellavance
(André) : Oui, monsieur.
Kelley : Parfait. Merci. Mme la Présidente, je vais céder la
parole à ma collègue de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Merci beaucoup. Bien, premièrement, bonne fête centenaire.
M. Bellavance
(André) : Eh bien, merci. Pas moi, là, mais l'union.
Maccarone : Mais pour l'union. Non, certainement pas pour vous.
Est-ce qu'il existe déjà, dans l'UMQ, peut-être un projet
pilote qui existe, qu'on pourrait s'inspirer à utiliser à travers la province? Puis, si on n'a pas quelque chose
ici, est-ce qu'on a quelque chose peut-être en Ontario, en outremer, qu'on
pourrait s'inspirer comme un modèle à répéter puis à réutiliser?
Bellavance (André) : Bien, il n'y a pas de modèle ou, en tout cas, il
n'y en a pas développé par l'UMQ. Nous, ce qu'on vous a présenté ce matin, c'est finalement qu'on est... on vous
expose qu'il existe des pistes de solution. On est toujours... Les
municipalités sont toujours prêtes à partager les meilleures pratiques,
s'inspirer des meilleures pratiques. Nous,
chez nous à Victoriaville, on est le berceau du développement durable, mais on
n'a pas l'apanage de toutes les meilleures idées. Alors, on se partage énormément, entre municipalités, les
meilleures idées, et on peut le faire à travers le monde, là. Je pense que
RECYC-QUÉBEC fait un travail dans ce sens-là également, produit plusieurs
études aussi desquelles on peut s'inspirer pour mettre en place des
modèles. Et je ne crois pas à un seul modèle, parce qu'un modèle peut être
très, très efficace et pertinent pour un
pays, pour une région et pourrait être adapté, mais sans nécessairement être
appliqué à 100 % de la même manière ailleurs, pour toutes sortes de
raisons.
Alors,
il faut être ouvert, et les travaux de votre commission puis les travaux du
comité mis en place par le ministre, les
études qui ont été commandées, tant par l'UMQ que par RECYC-QUÉBEC, tout ça, je
pense que tout ça doit être mis sur la table, et on va en trouver, des
solutions.
Maccarone : Excellent. Merci. Il me reste comme 30 secondes. On a
entendu parler dernièrement la SAQ, qui
a dit que ce serait difficile pour eux, le consignement, parce qu'il y a un
manque d'espace. Est-ce que ça, c'est quelque chose que les
municipalités pourraient faire un partenariat avec eux pour leur aider dans ces
démarches-là?
Bellavance (André) : C'est sûr que je ne peux pas me prononcer pour la
SAQ. Je peux juste vous dire que chez nous,
on a plus d'une succursale, mais il y en a une entre autres à laquelle je pense
puis il y a de la place pour l'agrandissement. Mais là je parle à
titre
de maire de la ville de Victoriaville. Ça me ferait plaisir qu'ils
agrandissent.
Maccarone : Merci beaucoup.
Présidente (Mme Grondin) : Merci. Nous allons poursuivre les
échanges avec la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Merci pour votre présence et votre présentation.
Moi, j'ai une
question par rapport à un élément extrêmement important de notre système, c'est
la responsabilité élargie des producteurs, donc ceux qui mettent des produits
sur le marché, qui normalement devraient être responsables de la collecte sélective, puis vous en avez parlé,
à cause des pressions aussi financières que vous avez. Éco Entreprises Québec
nous a dit qu'ils remboursaient, qu'ils
payaient 100 % de la collecte sélective. Donc, s'ils paient 100 %,
normalement, les municipalités devraient payer zéro pour cent, mais ce
n'est pas ça que vous semblez nous dire.
Est-ce que
vous êtes d'accord avec cette proportion-là? Et quelle est la vraie proportion
payée par les producteurs versus les municipalités?
Bellavance (André) : Actuellement, à l'UMQ, on évalue les coûts à
178 millions, puis la compensation, c'est à peu près
150 millions. Alors, ce n'est pas tout à fait équitable pour l'instant.
Mais c'est sûr qu'à chaque fois que les entreprises
nous amènent sur le marché de nouveaux produits... je ne vais pas donner un
exemple précis, mais un nouveau produit
qui n'est pas nécessairement... dont il n'y a pas de marché pour le recyclage,
par exemple, il faut quand même le traiter.
On ne peut pas dire à nos citoyens de le jeter, il va venir au centre de tri,
ce produit-là. Mais le producteur l'a mis en marché, mais sans nécessairement penser à toute la suite des choses.
C'est là où on demande une plus grande responsabilisation.
Ghazal : Donc, c'est ça, il n'a pas pensé à la suite des choses,
mais il a payé... et il n'a pas payé non plus, c'est-à-dire que dans le... parce que nous, ici, on est en train de le
revoir, ce système de compensation là, et il devrait être responsable jusqu'au bout, pas jusqu'au centre de
tri mais aussi jusqu'à la fin, quand il va être recyclé. Comme ça, ça va
vous enlever tout cet impact financier que vous avez.
Bellavance (André) : Ça fait
partie de nos demandes, effectivement,
qu'on en fasse la révision parce qu'il y a une partie, là, qui ne nous incombe pas, puis c'est celle justement de
cette production-là qui entre sur le marché, puis la fin aussi, ou l'ouverture des marchés, les débouchés,
les municipalités évidemment... Puis je ne demande pas cette responsabilité-là,
là, mais on n'a pas cette capacité-là.
Mme Ghazal : Vous êtes pris avec.
M. Bellavance (André) : On est pris
avec. Il faut faire...
Ghazal : Vous êtes pris avec les problèmes créés par les entreprises.
Je voulais savoir aussi, pour la consigne, c'est qu'un élément qu'on ne parle pas beaucoup quand on met nos
contenants de recyclage sur le bord du chemin, des fois, ça revole. Il y
a toute la question de la propreté publique.
Est-ce que la
consigne pourrait aider? Est-ce que vous avez évalué, si on mettait un système
en place, de consigne, ça pourrait aider la propreté de l'espace public
et donc ça vous occasionnerait moins de coûts pour nettoyer les rues? Est-ce
que vous avez évalué ça? Est-ce que vous avez vu cet avantage-là? Selon vous,
intuitivement, est-ce que...
Bellavance (André) : Je n'ai
pas... J'essaie de réfléchir à ce que je connais d'autres municipalités, parce que chez nous,
on n'a pas cet enjeu-là...
Présidente (Mme Grondin) :
Merci. On va devoir poursuivre et terminer les échanges avec le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Bonjour et
merci. Je ne suis pas surpris que ce soit le maire de la ville de Normand
Maurice qui soit président de la
commission de l'environnement de l'UMQ. Alors, je pense que c'est dans les
gènes de Victoriaville d'être engagé en développement durable puis en
environnement.
Écoutez,
l'éléphant dans la pièce, là, c'est la capacité fiscale des municipalités. Moi, je rencontre plein de municipalités qui ont le goût de s'engager en environnement,
puis en réduction de GES, puis avoir des plans solides de réduction de gaz à effet de serre, mais la capacité financière des municipalités dépend de la
taxe foncière essentiellement. Donc, c'est un genre de cercle... pas un genre, c'est un cercle vicieux où les municipalités ont de la pression pour faire... bien, ce n'est pas à vous que je vais expliquer ça, là, mais de
faire du développement résidentiel, là, et commercial pour recevoir des
taxes, puis après ça, bien là, ça entraîne plus de services, de
pompiers, d'entretien de rues, de gestion des déchets.
Alors, est-ce que
le gouvernement ne devrait pas aborder de front cette question
dans les négos du pacte fiscal et ainsi s'assurer d'avoir une relation
véritablement équilibrée avec les municipalités, leur donnant de vrais moyens
pour remplir leurs objectifs
de collecte de matières résiduelles, de recyclage de verre et ainsi de suite?
Quel message l'UMQ envoie au gouvernement à l'égard des négociations sur
le pacte fiscal par rapport à cet enjeu-là?
Bellavance (André) : Bien,
un, effectivement, c'est un des enjeux. Vous avez tout à fait raison. Quand je parlais tout
à l'heure, en réponse à un membre du gouvernement, de choix de société, c'est
un choix politique aussi, là. C'est que les gouvernements, les... je dis les gouvernements, parce qu'on a deux paliers de gouvernement, on en a trois en tout, mais
vont donner des responsabilités aux municipalités, et c'est toujours la même chose. Alors,
les ressources doivent être présentes également.
Dans le cas
de la crise qu'on vient de vivre, on a atteint nos limites. On a atteint nos
limites. Quand la Chine a fermé les
marchés, je pense qu'on s'en lavait les mains, tout le monde, probablement. On disait : On a des débouchés, on envoie ça à
l'extérieur. Tant mieux si les pays étrangers trouvent leur compte avec ces
produits-là, quand on sait qu'en réalité c'étaient peut-être plus des déchets
que d'autre chose, parce que, quand ils reviennent ici, il faut les enfouir.
En réalité, les municipalités, à un moment
donné, ne peuvent plus... Il y a une capacité maximale de ce que les
contribuables peuvent payer, puis on a besoin du soutien, évidemment, du gouvernement
dans ce sens-là.
Gaudreault : En fait, le
modèle d'être dépendant presque exclusivement de la taxe foncière ne tient plus
la route, particulièrement avec le défi environnemental qu'on a devant
nous, et je pense que ça, c'est une démonstration supplémentaire que vous
faites ce matin.
Bellavance (André) : Et c'est pour ça qu'on a des demandes spécifiques
également pour réviser ce pacte fiscal là.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci beaucoup. Nous avons donc terminé les
échanges. Merci pour votre contribution à nos travaux.
Je suspends ces
derniers quelques instants afin de permettre aux représentants de la ville de
Lachute et de la MRC d'Argenteuil de venir se joindre.
(Suspension de la séance à
10 h 15)
La Présidente (Mme
St-Pierre) : S'il vous plaît! Nous devons reprendre nos travaux.
Alors,
bonjour. Bienvenue à cette commission. Tout d'abord, je dois vous dire que vous
avez 10 minutes, je pense que
vous le savez déjà, mais vous avez 10 minutes pour faire votre
présentation. Ensuite, il y aura un échange avec les députés. Mais, tout
d'abord, je vous prierais de vous nommer, votre nom ainsi que votre titre.
Brassard (Dany) : Bonjour. Merci, Mme la Présidente. Mesdames
messieurs de la commission, bonjour. Alors, je me présente, Dany
Brassard, directeur du service de développement économique de la MRC
d'Argenteuil. Je vous présente M. Benoît
Gravel, directeur général de la ville de Lachute. Je vous remercie de recevoir
la MRC et la ville de Lachute aujourd'hui. Nous en sommes très honorés.
Nous
débuterons d'abord par la présentation de la MRC d'Argenteuil, qui est située
dans la région administrative des
Laurentides, composée de neuf municipalités, dont la ville de Lachute est la
ville centre. Elle compte 33 000 résidents et, pendant l'été, saison estivale, plus de 15 000 citoyens se
rajoutent. Elle est positionnée de façon stratégique aux limites des régions métropolitaines de Montréal et
d'Ottawa, ce qui permet notamment à Lachute de bénéficier de l'effervescence
du développement économique de ces régions.
Dans
les années 2000, la MRC a perdu plusieurs centaines d'emplois manufacturiers et
de qualité. En 2014, un forum de
revitalisation économique fut mis en place, et Tricentris fut identifié comme
un gisement important de matières qui ouvre la voie à générer de
nouveaux produits à valeur ajoutée. En s'inspirant du parc industriel de
Kalundborg au Danemark, la MRC d'Argenteuil
et la ville de Lachute ont ajusté le modèle danois à la réalité économique de
son territoire.
Parallèlement,
le développement du pôle de valorisation du verre avec la création de Verrox
par Tricentris à Lachute venait
démontrer les possibilités qui pouvaient être créées avec l'apport de la
recherche et développement dans la valorisation des matières résiduelles. Le développement du parc Synercité est donc
issu d'une volonté tant du milieu socioéconomique que municipal et
constitue l'élément phare de notre développement économique pour les prochaines
années, tel que le demandent les planifications stratégiques respectives de la
MRC et de la ville de Lachute.
M. Gravel
(Benoît) : Synercité se veut donc un espace industriel collaboratif
qui réunira diverses entreprises manufacturières
liées entre elles par un flux de matières. Le concept du parc industriel de
Synercité est fondé sur trois axes : la proximité de la matière,
l'innovation et l'employabilité. Dans le parc industriel Synercité, où les
extrants d'une entreprise constituent
la matière première de la suivante, le modèle urbanistique normatif a été
modifié afin de faciliter le transfert de cette matière par les entreprises, notamment par des convoyeurs, et oui,
l'objectif, c'est d'avoir un convoyeur qui relie les usines, plus de
transport.
cet égard, la ville a aussi modifié les règlements d'urbanisme pour ce parc
afin de le réserver pour la transformation uniquement de la matière. Nous avons même créé un nouveau type d'usage
exclusif pour ce parc, soit celui d'entreprises relatives au recyclage, donc spécifique pour les entreprises de type conditionneur, qui étaient difficiles à cadrer
dans une norme urbanistique.
concept novateur permet donc de faciliter la logistique de l'approvisionnement,
vous en conviendrez, tout en réduisant l'empreinte au sol des bâtiments
et les GES liés au transport de la matière. En fait, les entreprises
rencontrées jusqu'à ce jour calculent toutes
rapidement les économies que leur rapporte cet aspect. L'emplacement de
Synercité a été choisi stratégiquement aux abords du siège social du
plus important centre de tri au Québec, Tricentris, que vous avez rencontré hier. Cependant, la matière recyclée
et transformée pourra provenir d'une multitude de sources différentes, dont
les écocentres, les ICI, les CRD, les encombrants qu'on retrouve dans les
villes régulièrement, etc.
Brassard (Dany) : De plus,
un effort concerté est mis en place afin de créer Synerlab, le centre
d'expertise et d'innovation
en économie circulaire qui sera situé au coeur de Synercité
et qui favorisera les échanges entre les entreprises. Ce milieu collaboratif mettra en relation des entrepreneurs novateurs oeuvrant dans le domaine de la valorisation des matières
résiduelles afin de générer de nouvelles idées.
L'objectif
est de créer des débouchés pour les matières résiduelles produites au Québec
et d'engendrer des solutions innovantes
qui auront des retombées économiques non seulement sur le territoire, mais également sur la productivité des entreprises.
Synerlab opérera dans quatre axes de développement, soit un centre de recherche, un incubateur, un
accélérateur d'entreprises ainsi qu'un «fablab», qui constitue un
atelier de fabrication et d'innovation.
disponibilité de la main-d'oeuvre
dans le parc de Synercité sera assurée via deux voies de développement, soit
par la présence d'une entreprise en
insertion située dans le parc industriel et par les efforts de la commissaire
de développement économique de la MRC responsable de l'attraction et de
la rétention de la main-d'oeuvre.
Gravel (Benoît) : La valorisation de la matière recyclée est à la base
du parc Synercité. L'objectif ultime est de créer une chaîne de valeur circulaire, et ce, en vue de créer du
développement économique régional avec de la matière qui était
considérée jusqu'à tout récemment comme un rejet, une perte pour nos
communautés.
Prenons
l'exemple de la filière du verre et de la chaîne de valeur créée grâce aux
investissements de la recherche dans
le domaine. En effet, nous sommes passés d'un produit destiné essentiellement à
l'enfouissement à un coût d'environ... les
chiffres sont approximatifs, mais 60 $ la tonne, à un conditionnement de
premier niveau qui a permis de créer des granulats, le Arox notamment aussi, pour ne pas le nommer,
qui se vend à environ une centaine de dollars la tonne. Ensuite, on a un conditionnement supplémentaire, qui permet de
créer le Verrox qui, lui, se vend à plus de 200 $ la tonne et qui va être
incorporé au béton, pour remplacer le ciment, qui constitue un GES
important.
Au lieu
d'arrêter là, deux nouvelles filières sont en voie de développement et près
d'une mise en marché, soit le verre
cellulaire et la silice précipitée, qui se vendront, eux, une dizaine de fois
supérieure à la valeur de Verrox, sans compter les dizaines d'emplois créés. Notre objectif est de trouver une ou des entreprises
qui s'installeront aux abords, notamment, de RV2 pour prendre la silice précipitée et produire un produit de
grande consommation comme la pâte à dents. Et pourquoi pas que le tube de pâte à dents, lui, soit aussi
fabriqué d'une matière à 100 % recyclée et conditionnée localement, à côté
de l'usine?
J'ajouterais
les pots de cornichons. Pourquoi pas des pots de cornichons produits dans le
parc industriel et remplis avec des cornichons produits localement?
Brassard (Dany) : Voilà.
Dans le cadre de nos nombreuses rencontres de démarchage auprès des entreprises
oeuvrant dans le domaine, il appert à nos
yeux que la chaîne de valeurs souhaitée comporte un manque important. En effet, presque toutes les entreprises
nous ont mentionné une problématique au niveau de l'approvisionnement, et ce,
tant en quantité qu'en qualité. Pour y
parvenir, nous constatons qu'il est impératif que le Québec
investisse davantage et de façon marquée en recherche et
développement pour conditionner la
matière afin qu'elle puisse être facilement intégrée dans le processus industriel.
Il est important de comprendre que le
transformateur cherche constamment à s'approvisionner de la meilleure manière, au moindre coût et qu'il ne souhaite pas
devoir le transformer avant de l'introduire dans son procédé. Un des enjeux
est donc d'améliorer le conditionnement de la matière pour favoriser
l'implantation d'entreprises.
M. Gravel
(Benoît) : Cette amélioration de la qualité permettra aussi d'accentuer la valeur des produits pour
la création d'une pression sur la demande. Ceci a pris plus de 10 ans et
des millions en investissements pour développer de nouveaux débouchés au verre au Québec, et le génie québécois continue de
bénéficier de ce momentum, comme mentionné avec la filière de la silice précipitée et du verre cellulaire. Il nous
apparaît donc urgent de répéter cette expérience plus que positive aux autres filières, que
ce soit au niveau des RDD, du plastique, du papier mixte, des fibres, etc.
Nous avons donc réfléchi et conçu le parc
industriel Synercité dans cette optique, un parc industriel dédié à la transformation de la matière recyclée et à
l'émergence de nouveaux débouchés par le regroupement du savoir-faire et du
génie québécois. Synercité témoigne
de la créativité et de la vision que les régions du Québec
peuvent apporter dans des solutions concrètes, au bénéfice du développement
durable.
conclusion, la transformation de la matière recyclée constitue, à notre avis un
axe de développement essentiel, un moteur économique pour la future génération québécoise.
Nous devons absolument positionner le Québec à l'avant-plan de cette industrie et ne pas attendre que les autres provinces au
pays tirent profit de cette richesse encore sous-évaluée. Merci.
Présidente (Mme St-Pierre) : Alors, merci beaucoup. Donc, nous allons passer à la députée d'Argenteuil qui va lancer les premières questions.
Mme Grondin : Merci,
Mme la Présidente. D'emblée, je
voudrais informer les membres que j'ai travaillé quelques années à la MRC d'Argenteuil. Toutefois,
mon poste comme conseillère en environnement était plutôt de mettre des bâtons dans les
roues au développement économique. Vous m'en excuserez.
J'ai une
seule question en fait. On se pose souvent la question,
tu sais... Vous n'avez pas pris position sur la question de la consigne, tout
ça. Votre présentation, votre mémoire est plutôt sur le projet que votre communauté
souhaite mettre sur pied pour que ce
soit du développement économique local. Donc, le mandat de la commission
est oui, certes, de regarder les
enjeux de recyclage du verre. Je constate avec les différents intervenants
l'importance de cette filière-là du point
de vue environnemental. La
partie de l'autre mandat est la
valorisation locale. Et donc, d'emblée, c'est très intéressant, ce que vous
apportez dans ce sens-là.
La seule question
que j'ai... parce qu'au cours des
deux dernières journées on a parlé beaucoup d'économie circulaire, on en
a défini d'une certaine façon, on a parlé de développement local. Pour vous,
c'est quoi, l'économie circulaire?
M. Brassard
(Dany) : Pour nous, justement, si je me permets, oui, quand on a fait,
là, justement, l'inventaire de ce qu'on
avait sur notre territoire, c'est quoi, notre force, au juste? On avait des
gisements qui étaient là, puis les gisements qui étaient là pouvaient
justement créer une richesse chez nous.
On s'est
aperçu que la plupart de tout ce qu'on avait comme matière première, on appelle
la matière première le flux d'une
matière de Tricentris, était envoyé à l'extérieur, donc dans d'autres pays qui,
eux autres, faisaient la transformation. Puis, après ça, nous autres, on
récupérait cette transformation-là pour acheter, en fin de compte, des biens.
Créer de la richesse, c'est de poursuivre
justement cette ligne-là. Pourquoi ne pas profiter de toutes... de notre
matière qu'on a chez nous, de pouvoir
aller chercher le génie québécois justement puis essayer de développer, faire
des choses qu'on peut faire, parce qu'on est
capable de le faire en tant que société, puis le faire chez nous, localement,
donc créer une richesse? Première
exploitation à moindre revenu et de plus en plus que ça vient en développement
et de plus en plus, bien, les personnes qui travaillent dans ces
entreprises-là sont beaucoup plus, comment je pourrais dire, bien rémunérées,
oui.
Grondin : O.K. Et cette réflexion-là, que vous êtes en train de faire,
donc, si je comprends bien, vous avez... ça ne se fait pas en criant ciseau, là. Ce que je veux dire, c'est que,
dans le fond, vous n'avez pas encore, là, nécessairement d'usine ou
d'entreprise. Votre parc Synercité, il n'est pas rentable ou il est rentable
ou... comment ça marche?
Gravel (Benoît) : Bien, je vais la prendre, celle-là. En fait, il faut
revenir à la base avec la fiscalité municipale, il faut comprendre que
la création d'un parc industriel n'est pas subventionnée, donc c'est un
investissement. Tantôt, il y avait une
question d'un parlementaire sur : Est-ce que les municipalités sont prêtes
à mettre de l'argent dans le fonds? Bien,
la réponse, la ville de Lachute a dit : Oui, on va mettre tout près de
2,5 millions seulement pour mettre les infrastructures, routes, aqueducs, égouts pour être capable de
faire la première phase qui fait à peu près 700 000 pieds carrés, donc
pour placer peut-être trois, quatre, cinq industries. Mais on y croit. On y
croit fermement que c'est l'avenir et on veut développer ce créneau-là,
donc c'est un investissement.
va y avoir un apport de taxes municipales, bien entendu, mais ça va au-delà de
ça. C'est l'économie que ça va générer dans le milieu, les emplois. On
cherche à avoir des emplois de qualité qui vont venir augmenter le niveau de service puis le niveau de vie que nos citoyens
peuvent avoir. Donc, c'est une roue, là. On parle d'économie circulaire,
beaucoup au niveau de la matière,
mais elle se répercute aussi dans la communauté par l'augmentation du nombre de
populations, ensuite les commerces vont en bénéficier, etc.
Donc,
oui, on va investir de façon massive pour le faire. Non, il n'y a pas encore
d'industries qui sont là, mais on sait qu'on a la filière du verre avec le
Verrox, donc on a déjà des intentions de... on a nommé RV2, là, Silicycle, qui
ont fait une annonce d'approvisionnement sur 20 ans avec Tricentris. Donc, l'objectif, en discussion avec
eux, c'est vraiment d'avoir une usine. Quand on dit «collé», là,
c'est vraiment le plus collé possible, là, puis c'est un
convoyeur qui va être entre les deux, là. Ça, c'est déjà
dans les discussions, donc on est... puis on pense qu'on a un bon filon.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Merci
beaucoup. Alors, je passe la parole maintenant
au député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Tardif : Merci, Mme la Présidente. Tout
d'abord, bonjour. Recherche et développement relié à une valeur économique régionale, bravo. Bravo! Pour moi, vous
parlez à mon coeur, évidemment, et je suis également d'accord avec les
propos quand vous me dites que vous voulez investir. Jusque-là, on s'entend
bien.
Moi,
ce qui m'intéresse, c'est maintenant... Pour l'implantation de la consigne
élargie aux bouteilles de vin puis de spiritueux compatibles avec vos
intérêts, oui ou non, et pourquoi?
Gravel (Benoît) : Je vais la prendre aussi. Municipalement parlant, je
vous dirais, on s'est positionné avec... bien, on est membre de Tricentris.
On est une des 200 quelques municipalités membres de Tricentris. En fait, l'enjeu, c'est
de ne pas dupliquer la collecte qui se fait.
Mais est-ce que c'est incompatible avec le parc industriel? Puis
je veux vraiment répondre au
niveau du parc industriel, non. Nous,
au parc industriel, ce qu'on dit, c'est qu'on veut de la matière. On veut
de la matière puis on veut la transformer, et, je vous dirais, c'est beaucoup
Et je vais avoir le
même discours peut-être que le maire de Victoriaville avant. On a aussi une
SAQ, puis elle a aussi beaucoup de place pour s'agrandir. Ça fait que, si c'est
l'enjeu, bien, on trouvera une solution.
M. Tardif : C'est un message. O.K. Donc, on parle de matière. On a besoin de
matière. C'est à ça qu'on réfère puis... On fait toujours référentiel au
développement régional, si je comprends bien, là.
Gravel (Benoît) : Quand on rencontre des entreprises, puis je... On
parle du verre beaucoup, mais on rencontre des entreprises dans le plastique et autres. Ce qu'on se fait dire,
c'est... Dans certains cas, on a approché des entreprises pour qu'elles viennent s'établir à proximité, chez
nous, dans le parc, et ce qu'on nous dit, c'est qu'en plastique, en PET, par
exemple, le Québec au complet ne
produit pas à peu près... produit à peu près seulement le tiers de ce que
l'usine aurait de besoin pour tourner 24 heures sur 24, sept jours
sur sept, 365 jours par année.
Donc,
ce qu'on vous dit, c'est qu'il y a un enjeu de matière, il y a un enjeu de
qualité, il y a aussi un enjeu de quantité. Il faut essayer de trouver de
multiples débouchés pour ne pas être pris avec un seul débouché. Je vais vous
donner un exemple qui m'apparaissait tantôt en écoutant mes
prédécesseurs de l'UMQ. Si on trouvait une usine qui prenait tout le plastique à usage unique puis les transformait en pailles,
bien, ça aurait été très intéressant, mais on fait quoi après avec la paille?
Elle va être bannie. Donc là, on se retrouve dans cinq ans peut-être
avec une solution qui n'en est plus une.
Donc,
il faut diversifier, et nous, on a pensé à un parc industriel plus petit mais
qui va permettre aux entreprises de petite
envergure de venir s'approvisionner en plus petites quantités mais de créer des
produits à très haute valeur ajoutée. Il
y a toujours l'exercice, dans notre réflexion, de créer une valeur
supplémentaire toujours à... dans la chaîne de valeur, là, et de
toujours ajouter une valeur et des emplois.
Tardif : Merci. Je pourrais continuer mais... Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, maintenant, M. le député de Beauharnois.
Reid :
Oui. Merci beaucoup. Félicitations pour votre beau modèle que vous avez
développé au cours des dernières années. C'est inspirant de vous
entendre ce matin.
Bien,
en fait, mon collègue m'a devancé un peu au niveau de l'utilisation du verre et
de la consigne. Si la consigne était
implantée, j'ai cru comprendre que ça ne posait pas de problème à vos
opérations, ça n'avait pas d'impact. Vous avez besoin de matière. C'est bien
M. Gravel
(Benoît) : Exact.
Reid :
Vous avez... Vous fabriquez, je pourrais dire comme ça, du Verrox. Vous avez
développé, donc, un créneau de ce côté-là.
Hier, on écoutait des représentants de la Gaspésie, qui étaient ici, qui ont
fait également un beau travail pour la valorisation.
J'aimerais...
Ma question là-dessus... Un, d'une part, votre modèle est très intéressant.
Est-ce qu'il est exportable ailleurs en région, au Québec? Ça, c'est la
première question.
deuxième question : Si tout le monde se met à fabriquer de la matière ou à
développer des matières comme ça, y
a-t-il un danger qu'on ait un surplus, qu'on soit aux prises avec ce qui s'est
passé avec le papier tout récemment, c'est qu'on en ait un peu trop,
qu'on soit pris avec? Mais c'est très intéressant, ce que vous faites, mais
c'est... Au bout de la ligne, si tout le
monde se met à faire ça... puis c'est intéressant, là. On trouve des moyens,
mais, à un moment donné, on va en avoir du verre.
Brassard (Dany) : M. Reid, ce qu'on a peur, nous, c'est la matière
première. On a l'impression... parce qu'on n'est pas une société qui est
énorme, là. On est 8 millions d'habitants. On produit tant de pots de
cornichons par année, puis etc., mais sauf qu'on a besoin de beaucoup plus
aussi.
Moi, ce qui me fait peur par contre,
ce qui me fait peur, c'est que la matière qui va être du verre, par exemple, qu'on va avoir, le surplus, est-ce que
ça va aller au plus offrant? Est-ce
que... Il arrive une entreprise, par exemple, du New Hampshire, puis ils décident de vouloir mettre la main là-dessus. Pourquoi pas? On
a des entreprises de plastique, là, on l'importe des États-Unis. On l'importe, le PET, là... Ça fait
qu'il faut faire attention à cette matière-là. La matière est importante, on
doit la garder chez nous.
Puis
la première question, c'était... Oui, c'est exportable au niveau régional,
parce que, par exemple, si on fait du verre cellulaire, le verre
cellulaire, c'est une composition de proximité. Donc, on ne fabriquera pas du
verre cellulaire à Lachute pour l'envoyer à
Québec. Non. Québec devrait, eux autres aussi, produire leur verre cellulaire,
eux autres aussi. Donc, c'est exportable.
M. Reid :
L'autre... Est-ce que je peux? L'autre question, en fait, elle est assez
simple. On a des centres de tri privés des
centres de tri publics. Vous êtes un centre de tri public. La relation entre
les deux, comment est-ce que ça fonctionne au Québec actuellement au niveau des opérations? Parce que, là, ce n'est
pas les mêmes prix. Il y a des coûts... Vous êtes publics. Donc, ce n'est peut-être pas tout à fait la même
chose qu'une entreprise privée qui cherche, avant tout, la rentabilité, ce que
vous devez chercher également. Et comment ça
fonctionne? Est-ce qu'on serait mieux d'y aller vers un modèle unique qui
n'est pas nécessairement mur à mur et qui est davantage peut-être public versus
privé?
M. Brassard
(Dany) : On n'est pas un centre de tri. Oui, vas-y.
Gravel (Benoît) : Bien, en fait, on est membre de Tricentris, mais on
est un membre parmi tout près... bon, une centaine de membres. Donc, ce
n'est pas à nous, tu sais, honnêtement, ce n'est pas à nous de répondre à ça.
Nous,
ce qu'on veut, puis on revient à ça, c'est... la ville investit dans des
infrastructures pour attirer des entreprises. Nous, on a besoin de matière pour que ces entreprises-là puissent se
greffer une à l'autre et faire des nouveaux produits, là. C'est vraiment
l'objectif ultime qu'on a.
M. Brassard
(Dany) : Ce qui est important, c'est de diversifier les choses. Ça, de
tomber dans un même carcan tout le temps...
Benoît l'a dit, si on met tous nos oeufs dans le même panier, ce n'est pas bon.
Ça fait qu'il faut diversifier, c'est ce qu'on veut faire.
Reid : O.K. Merci.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.18071
Mme Tardif :
Mes questions ont été posées. Alors, je laisse la chance à d'autres.
Présidente (Mme St-Pierre) : On va passer à votre collègue le député
de Bourget. Il vous reste quatre minutes.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Il vous reste quatre minutes.
M. Campeau :
Merci. C'est plus qu'un commentaire qu'une question. À partir du moment où on
change notre vocabulaire, au lieu de dire «un centre de tri», qu'on a
l'impression, des fois, qu'on se veut se débarrasser des matières, vous utilisez le mot
«gisement», ça, je pense que c'est extrêmement intéressant. Puis deuxièmement,
bien, qui dit gisement dit valeur
ajoutée, multiples débouchés, et ça veut dire qu'il y a des marchés qui vont
s'ouvrir, qui vont se fermer. Alors, des problèmes comme on en a vécus avec la
Chine, avec des marchés qui vont s'ouvrir, qui vont se fermer, ça va arriver
encore. La seule chose qu'on va faire avec de multiples débouchés, c'est qu'on
va minimiser le problème. On ne va pas l'éliminer, on va le minimiser.
C'est comme toutes les usines qui produisent des produits, dans le fond.
Synerlab,
pouvez-vous nous en dire un peu plus là-dessus? Vous avez fait... Avez-vous des
partenariats avec des universités,
avec des collèges? Avez-vous des chercheurs qui vont vous voir? Avez-vous...
juste un petit peu plus, je suis vraiment très curieux de ce que vous
avait fait là-dessus, s'il vous plaît.
Brassard (Dany) : Le conseil des maires de la MRC d'Argenteuil, en
février passé, on a décidé... pas en février, mais en novembre passé, on a décidé de vouloir beaucoup plus investir
dans ce parc de Synercité là. Première des choses qu'on a faites, c'est d'ajouter une ressource dans
le service de développement économique. Cette personne-là est en train
de faire, en ce moment, le plan d'affaires de Synerlab.
Il y a les zones
d'innovation dans lesquelles aussi on a levé la main pour en faire partie. On a
avancé certaines universités, certains
centres de transfert des technologies. On leur parle beaucoup, dans plusieurs
universités aussi, tout le monde
trouve ça bien intéressant. Synerlab, il ne faut pas oublier qu'en plus d'être
un incubateur, un accélérateur, le centre
de recherche, le «fablab», on discute avec certaines universités pour nous
accompagner dans ce «fablab» là. Ce «fablab» là, il va être à la disposition
de ces entreprises-là. Puis ce qu'on veut surtout créer, à l'intérieur de
Synerlab, c'est que la cafétéria qui est
commune pour toutes ces entreprises-là, bien, il s'agit que les personnes
puissent se parler entre eux pour développer
des idées. Mon ami Benoît, il me dit souvent, il dit : Ça va être le fun
d'avoir, à l'intérieur de cette cafétéria-là, de grandes vitres avec des crayons feutres que le monde vont pouvoir
aller développer leurs idées ensemble. Ça fait que c'est ça qu'on veut,
on veut créer une communauté de Saturnin. Je ne sais pas si tu t'en souviens.
M. Campeau :
Est-ce que ceci fait
partie du modèle danois ou bien non, c'est la sauce
locale?
M. Brassard
(Dany) : La sauce locale. Oui, cornichon local.
Campeau : J'ai l'impression que le nom va rester à la commission, cornichon. Moi, je n'ai plus d'autre question. Ça va.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Il reste 1 min 14 s, vous pouvez l'utiliser, si vous voulez, Mme la députée d'Argenteuil.
Grondin : Merci, Mme la Présidente. Rapidement, je profite de l'occasion parce qu'il y a une ville ici... Les institutions, commerces et industries, là, hors
foyer, ce qu'il faut bien comprendre, il y a une population permanente au
niveau de la ville, mais, au niveau de la
MRC, il y a également une population saisonnière ou touristique qui n'est pas
prise en compte en termes de performance.
Est-ce
que comme... pour la ville, ce n'est pas un problème, mais au niveau des
institutions, commerces et industries, avez-vous
fait des efforts? Est-ce qu'au niveau du recyclage vous avez une meilleure idée
de ce qui se passe et du potentiel de gisement? Est-ce que ça peut
changer complètement?
M. Gravel (Benoît) : En fait, on est en train de travailler avec
Synergie Laurentides pour faire l'inventaire de l'ensemble des ICI sur le
territoire, de voir ce qu'ils produisent, comment ça pourrait être intégré dans
la transformation, la valorisation.
Aussi, on est en train de faire la tournée de l'ensemble des ICI pour voir
c'est quoi qu'ils produisent puis essayer d'ajuster notre collecte pour
les...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Je dois vous interrompre. Alors, nous allons passer du
côté de l'opposition officielle. M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Merci. Merci pour votre présentation. J'ai bien aimé
la mise en contexte, la difficulté que la MRC a fait face en 2000, avec
un changement majeur dans le monde concernant le secteur manufacturier. Et
félicitations à tout votre travail, parce
que je pense que c'est une grande différence entre Québec... puis, si on
regarde une place comme les États-Unis,
où des fois le gouvernement laisse le marché faire qu'est-ce que le marché doit
faire... et ils sont un petit peu abandonnés.
On a vu ça dans plusieurs places. On a eu quelqu'un ici, le groupe de...
excusez-moi, d'Illinois, d'Ohio, puis on
a vu dans plusieurs parties d'Ohio un gouvernement qui ajuste complètement le
niveau municipal de l'État et quand même fédéral, juste laisser l'État de trouver des autres solutions et c'est
difficile. Mais ici, au Québec, je trouve ça toujours bien intéressant que les municipalités prennent le
contrôle. Il y a un problème dans notre région, on va agir avec le gouvernement
provincial et fédéral, et c'est vraiment une différence entre nous.
quand même, si on peut regarder juste comment on a récupéré et vécu la dernière
crise mondiale, c'était grâce à des
personnes comme vous. Je sais que vous travaillez pour une MRC, mais c'est
vrai, ça prend des gens qui ont... pas juste des inquiétudes, mais veulent voir
leur région avoir un grand succès quand même après une période difficile.
Alors, j'ai trouvé ça intéressant
parce que c'est... Au début, le mémoire parlait comment la MRC a décidé :
Bien, on va essayer quelque chose
différent. Puis, juste sur cette question-là, le parc industriel... Les taxes
et revenus pour vous autres, est-ce que vous avez un chiffre concernant
l'importance pour la MRC?
M. Gravel (Benoît) : En
fait, pour l'instant, là, on n'a pas chiffré encore, parce que la
particularité, comme on disait, c'est de revoir les normes
urbanistiques. Normalement, une norme urbanistique, on prévoit des terrains
de... je parle en pieds carrés, vous
m'excuserez, mais 20 000 pieds carrés pour un bâtiment de
20 000 pieds, on prend un autre terrain pour un 50 000 pieds,
100 000 pieds. Là, on est complètement dans autre chose. Ce qu'on
veut faire, c'est une intégration des
bâtiments. On veut qu'il y ait... on veut jouer au Tetris, si vous me permettez
l'expression, des bâtiments pour optimiser, et vous comprendrez que les ingénieurs ne nous aiment pas beaucoup non
plus, parce que, eux, il faut que ce soit cartésien puis il faut savoir combien d'entrées d'eau puis
de sorties d'eau ça prend. Là, on leur dit : On ne le sait pas. Ça fait
que ça a été un petit peu plus long
dans le design, mais c'est de revoir ce design-là. Ça fait que combien
d'entreprises vont venir? Quelles vont être les grosseurs? On ne le sait
pas.
L'investissement,
nous, on juge qu'il vaut la peine d'être fait. 3 millions étalés sur
40 ans d'investissement, vous ferez le calcul, là, ça ne prend pas
beaucoup d'usines pour venir rentabiliser ça, là, au départ, mais c'est un
poids à supporter dans les premières années.
On a un concept de crédit de taxes aussi, là, à la ville. Donc, dans les cinq
premières années, là, c'est
clairement déficitaire de façon importante, mais c'est un choix que la ville
veut faire pour essayer de trouver une
filière de développement qui va perdurer dans le temps, là. Je pense, c'est
beaucoup ça, là. Nous, on pense que c'est une filière de l'avenir, qui
va être là pour longtemps.
M. Kelley :
Il y a combien des emplois, présentement, dans le parc ou autour?
M. Gravel (Benoît) :
Le parc est en construction, mais on a Tricentris...
M. Kelley :
Ou dans l'industrie. Excusez-moi.
Gravel (Benoît) : Bien, on a Tricentris à côté et Verrox, donc on a
une centaine d'employés là, je vous dirais, qui gravitent dans le
kilomètre à la ronde, là.
M. Kelley :
Et j'imagine, une majorité de ces personnes-là viennent de la MRC.
M. Gravel
(Benoît) : Une bonne partie, oui.
Kelley : O.K. Alors, ça va créer des emplois juste et, quand
même, des jobs bien payants pour les gens dans la MRC.
Mais
je reviens sur l'enjeu de la consigne. Dans votre mémoire, je ne suis pas
capable de trouver le mot «consigne». C'est
bien correct. Vous avez bien positionné là-dessus, et c'est correct. Mais quand
même, si le gouvernement décide de faire
un élargissement de la consigne, comme une municipalité, une MRC, est-ce que
vous avez des infrastructures, présentement, suffisantes pour ça?
Gravel (Benoît) : Non. Effectivement, comme à peu près toutes les
municipalités au Québec, à
part les endroits où il y a des dépôts
volontaires, là, vous comprendrez qu'on n'est pas outillés à l'heure actuelle.
On a les obligations... Moi, ce que je vous
dirais, comme ville, là, vraiment ville, on a des obligations à mettre en
place, avec le plan de gestion des matières résiduelles, qui nous demandent
déjà beaucoup. Dans les petites municipalités, ville de Lachute est une
des 27 cités régionales de l'UMQ, mais on est une des plus petites, donc
beaucoup moins de ressources que les plus grandes municipalités.
Donc,
de mettre en place le PGMR avec les ICI, d'incorporer toute la gestion des
matières résiduelles, mais surtout le
putrescible, dans des centres-villes denses, où... Nous, on a 13 000 de
population, ville de Lachute, mais, en fait, c'est la cité régionale, donc on dessert plus une
population de 25 000, avec l'hôpital, les écoles. Donc, il y a une
pression importante.
Donc,
est-ce qu'il pourrait y avoir une consigne? Oui. Mais je vais revenir un peu
avec le discours de l'UMQ avant, dont on est membre, la ville de
Lachute, il va falloir que les moyens financiers puissent suivre. Et moi, je
vous dirais qu'il faudrait que ces moyens financiers là soient pérennisés.
Parce que souvent, il y a des programmes qui existent au gouvernement, qui incitent à aller de l'avant sur
des initiatives, mais ce sont des programmes temporaires, des projets pilotes,
et ensuite le monde municipal se retrouve avec la charge complète, et là on n'a
pas de pérennisation du financement.
Donc,
je pense que, dans une optique de travail de collaboration, les villes vont
être... Puis je reprends encore un peu mon prédécesseur, M. Bellavance. Les
villes sont toujours ouvertes à travailler avec le gouvernement sur des
solutions, qu'elles soient complètes,
hybrides ou ajustées aux réalités locales, mais il faut trouver une façon de
travailler puis d'avoir une situation gagnante-gagnante, là, pour les
deux parties.
Kelley : Et dans cette façon de travailler... Ça ne date pas
d'hier, cette discussion sur la consigne. Est-ce que vous avez déjà évalué peut-être des coûts
potentiels pour la MRC si le gouvernement décide d'implémenter une consigne élargie?
M. Brassard
(Dany) : Non, pas du tout.
Gravel (Benoît) : On sait que nos collègues de Tricentris, là, ont
évalué les impacts potentiels de la réduction de la part du verre
dans... bon, au centre de tri, là, mais nous, non, ce n'est pas de notre
ressort pour l'instant, là.
M. Kelley : Et
hier, on a entendu une présentation et on a parlé beaucoup d'une potentielle
modification de la loi autour de
toutes les matières recyclées. Est-ce que vous avez des commentaires? Est-ce
que vous souhaitez des changements dans la loi? Est-ce qu'il y a des
manques, présentement, pour vous autres ou est-ce que ce n'est pas vraiment un
enjeu? Parce que, si on a un élargissement
de la consigne, ça va prendre une modification majeure à la loi qui existe
présentement. Alors, si le gouvernement décide d'aller avec un
élargissement, est-ce qu'il y a d'autres éléments à ajouter?
Brassard (Dany) : Bien, une des choses, c'est que... La raison
pourquoi que vous ne trouvez pas le mot «consigne» dans notre mémoire, c'est que nous, on est là pour
venir vous dire qu'il y a peut-être des solutions au niveau local. On l'a
plus pris au niveau... le verre de
développement local. Ça fait que c'est là-dessus qu'on a été. Et, vous savez,
on a été... C'est parce que, tantôt,
j'entendais parler par rapport à... les grandes industries. On est allés au
Plastic Recycle, à Washington, au printemps
dernier, puis, dans le plastique, je remarquais les commanditaires qui étaient
là. C'est toutes les grosses entreprises majeures qui étaient là, qui ont une conscience de dire qu'il faut
changer notre façon de faire. Puis tantôt, on a parlé de changer notre façon de
faire. Bien, c'est peut-être aussi, en tant que société, de se regarder aussi
puis de dire : Est-ce qu'on peut changer aussi ce qu'on fait en ce
moment?
consigne, oui ou non, la MRC d'Argenteuil s'est présentée contre la consigne.
Donc, pour nous, bien, on suit le conseil des maires qui nous a dit
qu'on est contre la consigne par rapport à ça.
Gravel (Benoît) : Si vous me permettez, peut-être en complément,
l'écoconception... Je pense qu'un des éléments qu'il faut concevoir, c'est l'écoconception. Quand on parle aux
recycleurs de plastique, ce qu'on nous dit, c'est : La bouteille de ketchup, pour la nommer, là, bien, il y a un
film transparent. Au lieu d'être rouge, elle est transparente, mais il y a un
film dedans. Ce film-là fait en sorte
qu'elle est beaucoup plus difficile à recycler que la bouteille de moutarde,
qui n'a pas de film puis qui n'est pas transparente.
Donc, ça peut être
aussi simple, des fois, que : Est-ce qu'on peut avoir des contenants qui
sont plus facilement transformables et
recyclables? S'il y a un volet qui pourrait être intéressant, je pense, à regarder, et ça, c'est mon humble avis, là, c'est vraiment au niveau
de l'écoconception puis de la... On parlait de la responsabilisation des entreprises, bien,
c'est un des volets de responsabilisation des entreprises.
Kelley : Et c'est sûr que ce n'est pas juste... ce n'est pas
consigne contre centre de tri, ce n'est pas ça. Alors, je reviens sur la question, une question concernant
les centres de tri. Est-ce que vous croyez des investissements doivent être
partie des négociations sur le pacte fiscal
ou est-ce que ça doit être quelque chose de complètement à l'extérieur? Parce
que je sais que, pour les municipalités, tout le système, c'est un fardeau
important. Alors, est-ce que vous avez des commentaires là-dessus?
Gravel (Benoît) : Moi, je vous dirais qu'il y a beaucoup de choses qu'il
faut regarder dans le pacte fiscal. Donc, effectivement, ça pourrait
être là. Ça pourrait être un élément qui pourrait être regardé dans le pacte
fiscal, mais un des éléments qu'il faut
voir, c'est, avant, quelles vont être les conclusions de la commission puis
quelles orientations que la commission
va prendre en lien avec la consigne, avant de se questionner sur le... et la
consigne, mais aussi sur le modèle de fonctionnement, là.
a eu des... vous avez eu des questions, tantôt, sur le modèle de fonctionnement.
Est-ce que c'est privé, hybride, municipal?
Bien, ces éléments-là doivent être répondus avant de pouvoir intégrer ça
probablement dans une négociation qui s'annonce cet automne, là.
Kelley : Et juste une dernière question pour moi. Pensez-vous
que les centres de tri sont en mesure de fournir du verre 100 %
propre?
M. Brassard
(Dany) : Quand vous dites propre, vous dites nettoyé ou...
Brassard (Dany) : Nettoyé,
ça a toujours un coût, hein, parce que la sortie d'eau, là,
qui... Donc, il faut des usines de
traitement d'eau, ça coûte extrêmement cher à produire. Est-ce qu'on a des solutions
pour dire : On est-u capables de prendre du verre sale puis de
produire quelque chose d'autre avec? Recherche et développement.
Gravel (Benoît) : Mais
assurément, mais il faut mettre le prix pour le faire. Mais ce qu'on dit dans
le mémoire, un peu aussi,
indirectement, c'est d'avoir une rentabilité économique. À l'heure actuelle, il y a beaucoup de produits qui sortent et il n'y a pas de rentabilité économique pour amener une industrie
qui va prendre un produit puis va le transformer. Il faut qu'il le
retransforme ou qu'il l'ajuste. Et on a beau parler d'une qualité, nous, ce
qu'on constate, quand on parle aux entreprises,
c'est qu'il n'y a pas aucune entreprise qui cherche la même qualité. Les éléments de
qualité d'un intrant sont différents
d'une entreprise à l'autre. Donc, il faut s'ajuster. Donc, ajuster
ces intrants-là, ça peut devenir complexe...
Présidente (Mme St-Pierre) :
Je dois vous interrompre. Alors, maintenant, c'est au tour de la députée de Mercier.
Vous avez la parole.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Merci pour votre présentation et de nous avoir
présenté aussi votre projet. Je suis
contente de vous avoir entendus dire que la consigne ne nuit pas au projet
Synercité, parce que, dans le fond, ce que vous avez besoin, c'est de verre, et, en
plus de ça, ça va vous permettre peut-être d'attirer des compagnies de fabricants de pots de cornichons, puisque, pour faire des
pots de cornichons, on ne peut pas utiliser le Verrox. On a besoin de verre
de qualité, et la consigne permet d'alimenter ces industries-là pour faire du
verre, les fameux pots de cornichons.
Donc, j'avais une question.
Pour la MRC, étant donné... parce que, durant la commission, on a parlé peut-être
d'interdire l'enfouissement ou de le bannir,
l'enfouissement du verre, ou de l'utiliser comme agent de recouvrement. Vous,
en tant que... bien, vous ne représentez pas
toute la MRC, peut-être une ville, mais quand même, là, vous êtes là
pour la représenter. Est-ce qu'en
tant qu'actionnaires de 50 % de lieu d'enfouissement technique...
qu'est-ce que vous pensez de cette décision-là, si on décide que c'est
vers là qu'on veut aller?
Gravel (Benoît) : Bonne
question. En fait, je ne suis pas spécialisé dans l'enfouissement, quoiqu'on
est propriétaires à 50 % d'un des grands centres d'enfouissement...
un lieu d'enfouissement technique à proximité. Un des enjeux qu'on a, c'est que
ça prend une matière de recouvrement au centre, qu'elle soit du verre, qu'elle
soit de la brique concassée, qu'elle soit de
la céramique, qu'elle soit du bois. Bref, ça prend un matériel de recouvrement.
C'est le fonctionnement, pour
de multiples raisons, et, comme je vous dis, je ne suis pas spécialiste.
Donc,
est-ce qu'on a une objection, comme ville, à aller éviter que le verre soit
envoyé? Non, au contraire, nous, ce
qu'on veut, c'est créer de la valeur ajoutée. Si on est capable de prendre le
verre, de le transformer puis de créer un produit à valeur ajoutée, on trouvera un autre produit
pour faire l'exercice qui va avoir le moindre impact. En fait, il faut regarder
le cycle de vie des produits puis essayer de
trouver celui qui va avoir le moins d'impact environnemental possible, pour
répondre à un besoin très technique de recouvrement d'un site d'enfouissement.
Mais
l'objectif, quand on revient à Synercité, c'est vraiment
d'essayer de créer de la valeur ajoutée à des produits. Donc, si le
verre... on est capable de créer un produit qui vaut 1 000 $ la
tonne, bien, on aime mieux créer un produit à
1 000 $ la tonne qui va amener des emplois puis qui va créer une
usine de plusieurs millions, qui va rapporter des taxes municipales, puis qu'on va pouvoir réinvestir en
pistes cyclables, en parcs pour les enfants ou juste pour faire le maintien
des actifs d'une municipalité qui est régulièrement déficitaire à ce niveau-là.
Donc, c'est vraiment l'objectif.
fait que, si on peut transposer un matériel à un autre, c'est ce qu'on... tant mieux, on va juste être
contents de ça, là.
Mme Ghazal : Bien, je suis vraiment très contente de vous
entendre dire ça, parce que c'est
ça, l'objectif dans le fond de la
commission. C'est de trouver des solutions pour détourner le verre des sites
d'enfouissement, ce qui est comme... ce
qui est le cas actuellement parce que c'est comme si on le jetait. Ça a de la
valeur, le verre, c'est de l'argent. C'est comme si on décidait de
l'enfouir...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Je dois vous interrompre. Alors, M. le député
de Jonquière.
M. Gaudreault :
Merci beaucoup. Merci d'être ici.
On parle beaucoup de
la nécessité... quand je dis «on», là, c'est l'ensemble des formations
politiques. On parle beaucoup de la nécessité de passer à une économie
verte, donc, oui, de réduire nos gaz à effet de serre, mais de faire en sorte de se servir des opportunités comme un
effet de levier pour créer aussi de la richesse, créer des emplois, faire de
l'innovation. Et ce que je comprends de
l'espace industriel Synercité à Lachute, ça s'inscrit exactement dans cette
volonté ou dans cette vision. Sauf que le problème, c'est qu'on a une
économie qui est encore très XXe siècle, voire quasiment XIXe siècle, avec des références, avec des
règlements, avec des règles. Je voyais encore aujourd'hui une sortie sur la
règle du plus bas soumissionnaire qui est une sacro-sainte règle, là.
Don,
moi, j'aimerais ça que vous nous expliquiez un peu à quelles contraintes vous
faites face et qui pourraient nous inspirer
pour... par exemple, en termes de blocage réglementaire. Est-ce que ça prend
des fonds mixtes, privés, gouvernement, pour compléter le financement, des
déductions fiscales pour soutenir l'amortissement, des crédits d'impôt à
la recherche et développement? J'ai vu que
la MRC ou la ville... vous avez parlé tantôt que vous avez autorisé des crédits
de taxes, là, de la ville. Ça, c'est
la ville qui a pris cette décision-là. Mais qu'en est-il du gouvernement pour
qu'on passe du XXe au XXIe siècle en termes d'économie verte?
M. Brassard
(Dany) : Écoutez, le parc comme tel, il a été... on veut le développer
pour... il y a des zones d'innovation en
ce moment qui sont là. On va avoir besoin, justement, d'aide gouvernementale
pour venir... on n'en a pas demandée encore. On a décidé de le faire, en ce moment, local. Ça s'en vient... Bien, on
va faire des dépôts, mais c'est certain qu'un accompagnement beaucoup...
un accompagnement gouvernemental est souhaité. On a déjà le ministère, notre
direction régionale, qui nous appuie de ce
côté-là, du ministère de l'Économie. Mais, vous savez, le plus facile, ça serait
de nous donner un chèque puis qu'on
développe notre parc, surtout notre Synerlab. Donc, c'est surtout ça, mais je
sais que c'est impossible. Donc, il
va y avoir d'autres étapes encore à faire, mais il va y avoir chacun ses
responsabilités à prendre par rapport à ça.
M. Gravel
(Benoît) : Si vous me permettez...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Vous avez 10 secondes.
M. Gravel
(Benoît) : Oui. Crédit d'impôt pour le vert, on s'entend... pas verre,
vert, mais tout ce qui est vert, environnemental,
et assurément avoir l'aide des gouvernements pour aller faire de la prospection
à l'extérieur. C'est beaucoup la prospection pour attirer ces
entreprises-là au Québec.
Présidente (Mme St-Pierre) : Merci beaucoup. Merci pour votre
présence à cette importante commission parlementaire. Alors, bonne fin de
journée.
Maintenant, on va
faire une courte pause. J'appelle l'Association des brasseurs du Québec, s'il
vous plaît.
(Suspension de la séance à
10 h 59)
Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, nous allons reprendre nos travaux. Bienvenue à cette commission.
Nous allons entendre l'Association des brasseurs du Québec.
Bienvenue encore une fois. Vous avez 10 minutes, et si vous
voulez vous présenter ainsi que vos titres respectifs.
M. Léger Bourgoin (Patrice) : Alors,
j'aimerais vous remercier du temps que vous nous consacrez aujourd'hui. Alors, mon nom est Patrice
Léger Bourgoin, je suis directeur
général de l'Association des
brasseurs du Québec et j'ai mon collègue Olivier Cauchon.
L'Association des brasseurs représente
Molson Coors, Labatt et Sleeman. Ces trois entreprises ont une cinquantaine d'installations au Québec,
dont plusieurs brasseries. D'emblée, permettez-moi une précision
très importante. Nous
sommes des promoteurs de la consigne sur les produits brassicoles pour des
raisons particulières à notre industrie en ce qui concerne notamment la gestion du verre. Conséquemment, nos propos aujourd'hui ne font référence qu'à la consigne sur les produits brassicoles.
Pour
l'heure, il y a deux systèmes de consigne pour les contenants de bière en
verre qui cohabitent harmonieusement
au Québec. L'un est privé, il touche
exclusivement les contenants à remplissage multiple et l'autre, public, qui
implique les conteneurs en remplissage unique de verre et d'aluminium.
en complémentarité, ils offrent de nombreux avantages. Je vous en nomme
quatre : efficience logistique des systèmes de consigne public et privé intégrés aux opérations de
livraison des brasseurs; la valeur plus élevée du verre provenant de la consigne en raison de la pureté de la
matière; la réutilisation du verre repris par les grands brasseurs pour être
réacheminé vers le fabricant de
bouteilles à remplissages multiples, ce qui assure un débouché pour le
gisement; et la mise en oeuvre de modèles d'économie circulaire grâce
aux contenants à remplissages multiples.
Maintenant,
j'aimerais aborder avec vous les modalités de fonctionnement de la consigne
privée des contenants de verre des
brasseurs. Elle doit être une source de fierté. Pourquoi? Parce que c'est les
brasseurs qui ont amené la consigne au
Québec, en Amérique du Nord, il y a 200 ans. Les grands brasseurs sont les
gestionnaires du système de consigne pour les contenants à remplissages
multiples de bière, notamment, là, la bonne vieille bouteille brune.
Actuellement, une
vingtaine de brasseurs au Québec utilisent les infrastructures du système de
consigne privée. Ces bouteilles sont fabriquées avec un potentiel de réemploi
allant jusqu'à une quinzaine de reprises. Les brasseurs participants assurent la récupération, le transport, le lavage des
bouteilles de bière et la réutilisation de centaines de millions de contenants
à chaque année.
grands brasseurs traitent simultanément les contenants à remplissages multiples
en fin de vie utile ainsi que les contenants à remplissage unique. Ils assurent
un premier traitement de la matière à même leurs installations. Par la suite, celle-ci est acheminée au conditionneur
spécialisé 2M Ressources. Après un second traitement, la matière valorisée
est envoyée à l'usine montréalaise
d'Owens-Illinois pour devenir de nouvelles bouteilles à remplissages multiples.
Les grands brasseurs contribuent ainsi à maintenir, au Québec, l'une des
deux seules usines de fabrication de contenants de verre au pays. C'est au Québec que les contenants de
verre à remplissages multiples des grands brasseurs sont fabriqués pour le
marché canadien.
Depuis
maintenant des décennies, toute la structure logistique de récupération des
contenants consignés de bière, auprès
de quelque 15 000 épiciers et restaurateurs québécois, est intégrée aux
opérations de livraison de la bière. Plus d'un millier de mes collègues de travail contribuent à cette opération.
Rarement, l'un de nos camions de livraison se déplace vide. En début de journée, sa cargaison est pleine de
bouteilles de bière destinées à la consommation, et, en fin de journée, le
même camion est déchargé de contenants vides
voués à être entièrement valorisés. On a un terme technique très spécifique
pour ça, c'est faire une pierre deux coups.
Abordons
maintenant la question des détaillants. Ces derniers sont les seuls maillons à
recevoir une compensation pour
assurer des responsabilités environnementales. Cela a été dit plus tôt cette
semaine, pour le système public seulement, ils ont reçu 30 millions de dollars pour l'année 2018 seulement, et
ce, pour traiter minimalement des contenants de bière ou de boisson
gazeuse qui sont récupérés lors d'une prochaine visite, dans les jours
suivants, la plupart du temps.
Les deux industries,
de la bière et des boissons gazeuses, travaillent étroitement ensemble pour
offrir un service hors pair aux détaillants
en alimentation du Québec. Lors du retour des contenants consignés, les
consommateurs en profitent pour faire
des achats. Une étude effectuée cet été tire des conclusions très intéressantes. Plus de 90 % des clients rapportant leurs contenants consignés de bière profitent de
cette occasion pour faire des achats. En d'autres mots, la consigne est payante
pour les détaillants. Ces derniers vous ont conviés à faire la tournée de leurs
commerces. Je vous invite à bonifier votre tournée
par un circuit des brasseurs, qui démarre au quai de chargement des détaillants
jusqu'à nos installations de traitement de la matière. Le travail
des grands brasseurs passe malheureusement trop souvent inaperçu.
Au sujet de la standardisation des
contenants, si un brasseur peut se payer le prix d'une bouteille au design
particulier, il a certainement la capacité financière de mettre en place un système
pour les récupérer. Ce n'est pas trop compliqué, et, à cet égard, la loi
est claire au Québec. Il faut simplement avoir le courage de l'appliquer.
J'attire
maintenant votre attention sur le fait que, dans la vaste majorité
des législations canadiennes où il existe un système de consigne de bière,
celui-ci est adapté en fonction de l'encadrement législatif de
commercialisation. Ce raisonnement est fondé principalement sur des
arguments économiques et d'efficacité logistique.
J'aimerais
insister sur les trois principaux avantages de nos systèmes
de consigne, en s'attardant spécifiquement
au traitement du verre. Primo, le tri à la
source en circuit fermé permet de garantir une qualité exceptionnelle du verre,
ce qui permet d'assurer
l'approvisionnement à un coût compétitif de calcin, utile à fabriquer de
nouvelles bouteilles à remplissages multiples.
La consigne, puisqu'elle est intégrée aux chaînes d'opérations logistiques,
contribue à réduire les émissions de
gaz à effet de serre associées à la gestion des matières résiduelles,
le fameux une pierre deux coups de tantôt. Nous adaptons nos routes de collectes de bouteilles en fonction des réalités
socioéconomiques de chaque région du Québec. Tertio, il peut être avancé sans hésitation que
la totalité des contenants de bière retournés par les consommateurs au
détaillant évitent les sites d'enfouissement.
succès de la consigne exige entre
autres un investissement économique constant des membres de l'ABQ, en raison de
l'apport logistique en ressources humaines et matérielles. Sans l'efficacité
des membres de l'ABQ et si tous les coûts assumés par les grands brasseurs
étaient réellement imputés au système, les fondements économiques de la consigne publique seraient à coup sûr à revoir. Pour le
consommateur de bière, l'efficience du système de consigne des brasseurs est un avantage indéniable. Il commet le geste
écologique de ramener ses contenants consignés au détaillant et, par la même
occasion, il fait des achats, il épargne ainsi du temps et encourage un
commerçant local.
Voici maintenant les
quatre principales recommandations de l'ABQ. Maintenir intégralement, et de
manière autonome, et sans interfinancement les systèmes de consigne des
brasseurs. Ces derniers ont fait leurs preuves, ils sont performants. Reconnaître que les contenants à
remplissages multiples des brasseurs constituent des modèles d'économie circulaire
et prévoir un encouragement financier en ce sens. Tenir compte des réels
débouchés pour la matière et des habitudes des consommateurs avant de se lancer tous azimuts dans la création de
nouveaux modèles de récupération. Et finalement, assurer une cohérence réglementaire
en tout respect de la notion de responsabilité élargie des producteurs.
En conclusion, pour
les raisons invoquées dans notre mémoire, la consigne des contenants de bière
en verre s'accompagne de nombreux avantages, notamment parce qu'elle est
intégrée au réseau de distribution déjà existant et financée par les fabricants et les distributeurs. En outre, la consigne
des brasseurs est un mode de récupération conservant la valeur du
gisement récupéré tout en évitant, je le répète, les sites d'enfouissement.
Depuis des décennies, les grands brasseurs
assurent leurs responsabilités. En d'autres mots, on fait notre job. La crise
du verre n'existe pas chez nous, plusieurs intervenants l'ont dit, je pense, hier, à 2M Ressources et
Owens-Illinois. L'UMQ vient tout juste de dire de miser sur ce qui
fonctionne, et nos méthodes fonctionnent.
Comme
vous l'avez constaté depuis lundi, les enjeux liés à la récupération du verre
sont complexes. Il faut se tenir loin de la pensée magique et des solutions
rapides qui, à première vue, peuvent donner la perception de régler tous
les problèmes. Pis encore, à vouloir
poursuivre la défense de dogmes, il y a un sérieux risque de créer des
problèmes au lieu de les solutionner. Voilà, merci pour votre attention,
et maintenant je suis disposé de répondre à vos questions.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Merci beaucoup. Alors, M. le député de Masson.
Lemay : Donc, merci beaucoup d'être ici avec nous aujourd'hui. Vous
nous avez vanté les particularités du système
de consigne québécois et surtout de son unicité qui fait en sorte que c'est un
modèle en Amérique du Nord, que, dans
le fond, vous voulez maintenir. Puis aussi vous avez mentionné tantôt, dans
votre présentation qu'il y avait différents designs de bouteilles puis
vous nous avez aussi parlé du modèle de bouteille standard.
le sait, avec le marketing qu'on a de nos jours, plusieurs entreprises mettent
sur le marché de nouveaux formats de bouteilles. J'aimerais savoir un
peu qu'est-ce qu'il en est au niveau des remplissages multiples, là? Si on
a plusieurs modèles de bouteilles qui rentrent dans le marché, donc on
s'entend qu'ils n'entrent pas dans la
partie de remplissages multiples.
J'aimerais savoir, pour vous, c'est quoi, votre orientation au niveau de la
standardisation des bouteilles.
M. Léger Bourgoin (Patrice) : Bien, vous savez, M. le député de Masson, dans
les bouteilles à remplissages multiples, il y en a plusieurs catégories, hein? On l'associe souvent à la
bouteille brune, 341 millilitres, mais il y a la bouteille transparente
de Sleeman, il y a la fameuse quille, là, qu'on trouve dans les bars, surtout
dans les bars étudiants, par moments. Alors, il y a plusieurs types de
bouteilles à remplissages multiples avec des designs plus standards.
Maintenant,
il y a des bouteilles à remplissage unique avec différents designs. Le
problème, il n'est pas là. Le problème est :
Lorsqu'on met en marché une bouteille au design particulier, la loi nous oblige
à mettre en place des dispositions pour ramasser ces bouteilles au
design particulier. J'ai souvent mésentente avec les détaillants, mais ceux-ci
sont venus vous dire que c'était un réel
problème, et ce l'est, parce que finalement, bien souvent, au nom de la bonne
entente avec mes collègues détaillants, je finis par ramasser ces
bouteilles-là, puis ce n'est pas moi qui les ai mises en marché.
Alors,
les lois au Québec là-dessus, honnêtement, sont extrêmement claires. Il faut
qu'elles soient tout simplement appliquées.
Lemay : Merci. Je ne sais pas si vous voulez apporter d'autres
précisions par rapport à... les parties, le volet économique. Donc, quand vous êtes en train de
mentionner que vous ramassez des bouteilles pour lesquelles... vous n'avez
pas mises en marché,
donc ça... inévitablement, il y a un modèle économique, pour vous, qui va
contre votre association, parce qu'effectivement ce sont des bouteilles
que vous n'avez pas personnellement mises en production.
Est-ce qu'on a des
statistiques sur ce nombre de bouteilles là par rapport à votre association?
M. Léger Bourgoin (Patrice) : Le taux de contamination est en croissance au
Québec dans les dernières années. Par
contre, je dois dire, pour présenter le portrait total de la situation, qu'on a
eu des discussions quand même assez vigoureuses avec RECYC-QUÉBEC, et
RECYC-QUÉBEC est en train de mettre en place des systèmes pour être en mesure,
là, de diminuer le phénomène.
Mais
encore, il y a de ça trois semaines, j'étais dans les médias avec un contenant
non standard du Groupe Geloso. Il est en marché et, pour le moment, il reste en
marché, et c'est un contenant qui n'est pas censé être accepté au Québec.
Alors, la question, c'est : Pourquoi on défie la loi, puis il n'y a pas de
conséquence?
M. Lemay :
Merci pour vos orientations. Je céderais la parole à mon prochain collègue.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le député de Bourget.
Campeau : Bonjour à vous deux. M. Bourgouin, on s'est déjà rencontrés,
puis vous savez que j'apprécie ce modèle-là, je le trouve intéressant.
Juste pour vous aider
à faire du millage là-dessus, pouvez-vous nous parler quand on dit que les
exercices de comparaison de performance ne
tiennent pas ou tiennent rarement en compte la superficie du territoire et la
densité de la population?
M. Léger Bourgoin (Patrice) : Hier, on donnait l'exemple de la Lituanie, là,
Lituanie, 2,8 millions de population pour 65 000 kilomètres carrés. C'est facile de faire de la
récupération dans ce contexte-là. Le Québec, c'est 1,5 million de kilomètres pour 8 millions d'habitants. On
oublie souvent que la distance entre Rouyn et Montréal est plus longue que la
distance entre Montréal et New York. Alors, oui, le système n'est pas parfait,
j'en conviens. Il y a toujours place à de l'amélioration.
contre, on est rarement sensible à l'enjeu suivant : la densité de population
par rapport à la superficie à couvrir. C'est
coûteux. Que ça soit pour la collecte sélective ou nous, là, ramener la
marchandise pour pouvoir après ça la valoriser, là, en frais de
transport, ça coûte une fortune, et on réussit à contrôler les coûts.
Le système de
consigne de la bière public est en place depuis 1983 au Québec. Il n'a jamais
fait aucun déficit. Pourquoi? Parce que les
grands brasseurs, on a mis en place un système logistique efficace à travers
notre modèle de livraison, puis ça, je pense sincèrement qu'il faut
l'apprécier. On peut ramasser un maximum de matière pour le plus faible coût
possible.
M. Campeau :
O.K. Vous êtes opposés à la création de centres de dépôt, mais, si je vous
disais, de façon très hypothétique : On
augmenterait de façon majeure le prix de la consigne pour les bouteilles de
bière, et il y aurait des centres de
dépôt, ce qui veut dire que les gens pourraient normalement être tentés de
mettre leurs bouteilles de vin au centre de dépôt et de garder la consigne.
Comment vous voyez ça?
M. Léger Bourgoin (Patrice) : La raison pour laquelle nous sommes opposés aux
centres de dépôt, c'est de mettre
en péril la bouteille brune. Le
consommateur... On a fait plusieurs études de comportement, là, avant de prendre
position, là, pour être sûrs, dans le fond, de valider nos prétentions, et on
est fondamentalement inquiets que le consommateur, en allant porter ses contenants à plusieurs endroits, risque
de trouver ça trop compliqué et finalement de tout envoyer dans le bac.
Je pense, de mémoire, dans notre proportion, là, dans le sondage
comportemental, on jouait autour de 72 %, 73 %.
bouteille brune, là, ce qui fait son succès, c'est le taux de retour. J'ai un
taux de retour de 98 %. Alors, c'est ça qui me permet d'amortir les coûts
du système. La journée où le consommateur prend sa bouteille brune, qu'il
envoie ça dans un centre de dépôt et
qu'en plus de ça, dans les centres de dépôt, là, on mélange les bouteilles de
bière avec les bouteilles de vin...
Je vous ai expliqué tantôt tout mon procédé, là, où je ramasse mes contenants
en circuit fermé. On fait même un traitement
de couleur préalablement, avant même de l'envoyer chez 2M. Alors, tout ce
gisement-là de bouteilles à remplissage unique de bière des grands brasseurs et
les contenants à remplissages multiples deviennent de la matière première pour
faire des bouteilles brunes. Et elle est là, ma crainte.
La bouteille brune a
été longtemps fabriquée en Ontario parce qu'on avait le circuit fermé des «beer
stores». On a travaillé fort pour ramener à
Montréal la production de bouteilles brunes. Et ce qu'on veut, c'est garder ça
à Montréal en s'assurant que le système qu'on a mis en place continue de
performer puis de fonctionner pour des années à venir.
M. Campeau :
De façon un peu comique, je remarque qu'on a parlé des cornichons, mais là on
est en train de parler d'un mot plus utile, le gisement. Vous utilisez
le même, et je trouve ça intéressant. Ça va.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : M. le député de Rivière-du-Loup, je pense,
hein, après. C'était ça?
M. Tardif :
Toujours Rivière-du-Loup—Témiscouata,
effectivement, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Oui, c'est vrai, j'oublie toujours Témiscouata.
M. Tardif : Toujours
de votre région natale.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Pourtant, c'est si beau.
M. Tardif : Oui.
Alors, ça me fait plaisir de vous rappeler mon existence à votre douce mémoire.
Ceci dit,
merci d'être là, merci. Je suis perplexe devant votre présentation. Écoutez, et
ce n'est pas la première fois, là, vous comprendrez que je suis perplexe, mais
écoutez, qualité de verre, réduire les GES, adapter aux différentes réalités
régionales, vous parlez à mon coeur, puis
tout le monde le sait, là, puis je vais toujours défendre les régions de ce
côté-là ainsi que l'ensemble des milieux urbains, mais il y a des
différences au niveau de façon de faire.
Je vais y
aller juste dans les tendances puis je vais vous poser la question pour essayer
de me démêler. O.K. c'est honnête,
là. Il y a une tendance de consommation vers les canettes d'aluminium qu'on ne
peut pas nier. On parle de verre, mais
la tendance, elle est quand même forte. On nous a donné différents chiffres.
Alors, on parle de microbrasseries aussi. Je sais que ce n'est pas votre domaine, mais c'est une réalité, comme société,
comme consommateurs qu'on doit quand
même réfléchir à cette situation-là.
Moi, ma question
face à ces prémisses-là, là, qui ne
sont pas nécessairement en ordre, mais qui... je vous ai dit que j'étais perplexe et je le demeure. Par rapport aux
centres de dépôt, qu'est-ce que vous voyez pour assurer quand même la consignation vis-à-vis les centres de dépôt? Parce
que, là, on a une alternative que vous proposez, mais je vous mets juste...
je me permets de vous présenter une autre réalité, en tout cas, qu'on nous a
sensibilisés. Je vous écoute.
M. Léger
Bourgoin (Patrice) :
Écoutez, dans un premier temps, les centres de dépôt, si c'était un modèle
facilement réalisable de manière
économique, d'une manière efficace, sachez qu'on l'aurait fait depuis longtemps
puis que nous-mêmes on a déjà envisagé cette possibilité-là. Ça nous
soulagerait de la prime de manutention, entre vous et moi.
Ceci dit, notre
étude à nous, certes faite il y a 10, 15 ans, n'a pas été concluante. Mais,
depuis les tous débuts du système de consigne publique, on remet ça sur le tapis de manière ponctuelle. D'ailleurs, en 1979,
lorsque les discussions pour mettre
en place un système de consigne publique au Québec avaient été lancées, le
centre de dépôt était l'hypothèse première
avant de regarder le retour des contenants consignés chez les détaillants. Et à cette époque-là,
l'idée a été rejetée. Et au fil des années, à chaque fois qu'il y a eu
des études économiques pour voir la faisabilité d'un tel projet, ça a été
toujours un peu, je vous dirais, mi-figue, mi-raisin. Il y a aussi des coûts économiques,
Une chose est
sûre, pour les centres de dépôt, j'ai à reconnaître la prérogative gouvernementale, à coup sûr. Cependant, il y a une étude que la SAQ a faite, il y
a quelques années, où on évaluait les coûts d'investissement initiaux à environ
140 millions de dollars puis, après ça, à 30 millions par année de coûts d'exploitation. Moi, je peux vous dire une chose,
tantôt, je vous ai dit que je m'opposais à l'interfinancement, et c'est clair
à mon esprit qu'on ne va pas se servir des flux monétaires accumulés ou
utilisés par la consigne de la bière pour mettre en place des centres de
dépôt pour un autre système de consigne.
Je vous
dirais, M. le député, tu sais, on décrivait, plus tôt cette semaine,
la réalité commerciale de la SAQ et le transport en «just-in-time». La réalité qu'on décrivait, c'était exactement
ma réalité. Moi, ma bière, là, quand elle part de mes entrepôts, là, elle ne s'en va pas dans les «backstores» des
détaillants, on s'en va directement la mettre dans les tablettes et dans les
épiceries. Et je peux vous dire que mes collègues sur la livraison, là, ils
font des dépanneurs dans des demi-sous-sols où ils ne sont pas capables de se
tenir debout parce que le plancher ou le plafond est trop bas, et avec souvent
20 pieds, 30 pieds carrés où les
bouteilles sont accumulées. Pourquoi nous, on est capables de le faire et les
autres ne sont pas capables de le faire?
M. Tardif :
Est-ce qu'il y a d'autres personnes qui ont demandé...
Présidente (Mme St-Pierre) :
Oui, vous avez deux collègues qui voudraient poser des questions,
puis il reste quatre minutes.
M. Tardif : Ah!
O.K., d'accord. C'est beau. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Beauharnois.
Reid : Merci. Je vais faire un petit peu de kilomètres sur ce que vient de dire M. Bourgoin. En fait,
vous avez un modèle qui fonctionne
bien, qui est en place. Vous livrez, vous reprenez les bouteilles vides, par exemple, vous les ramenez pour le
tri, ainsi de suite. Mais pourquoi nous, on ne serait pas capables de le faire
avec un centre de dépôt? Pourquoi la SAQ, par exemple, ne pourrait pas
le faire, si vous êtes capables de le faire? Puis il est rentable, vous l'avez
mentionné.
M. Léger Bourgoin (Patrice) : Bien,
vous parlez de faire un centre dépôt ou...
Reid : C'est un
centre de dépôt, oui.
M. Léger
Bourgoin (Patrice) : Bien, écoutez, pour nous, faire un centre de dépôt n'est pas
rentable. Maintenant, si on
inverse la question, on dit : Pourquoi, pour la SAQ, ce n'est
pas rentable de ramasser ses bouteilles? C'est difficile pour moi de
répondre à cette question-là. Je le fais depuis des dizaines d'années.
C'est sûr que, tu sais, on voit, dans les
médias, depuis le début de cette commission-là, le mot «fardeau» revenir régulièrement. Un fardeau, ramasser les bouteilles, un fardeau pour les
restaurateurs, un fardeau pour la SAQ, un fardeau pour les détaillants en alimentation. C'est sûr,
si on se dit les vraies affaires, que c'est un fardeau. Tout le monde aimerait bien mieux vendre leurs produits,
là, puis ne pas avoir à se soucier de ces contenants-là, sauf qu'à un moment
donné il faut aussi assumer le fardeau qu'on
génère. Et c'est une chose dont je suis fier, chez les brasseurs, là, depuis
1979, dans le cas de la consigne publique, et depuis 200 ans dans
le cas de la consigne privée, on ramasse nos contenants.
Alors,
si on a été capables de le faire, pourquoi les autres ne sont pas capables de
le faire? Puis c'est sûr que c'est un fardeau, mais, en anglais, «it's
the cost of doing business».
Reid : Rapidement,
je vais laisser... je pense qu'il y a un autre collègue qui souhaiterait prendre la parole. Hier, sur... c'est TVA, donc, c'est une dépêche qui
parle de Dasani, aux États-Unis, donc qui s'en va vers la canette d'aluminium
pour l'eau. La tendance nord-américaine, actuellement, s'en va vers quoi? Notamment la bière, on en parlait, est-ce qu'on va éventuellement,
à court terme, moyen terme, laisser tomber le verre?
M. Léger Bourgoin (Patrice) : À court
terme, assurément, non. La consigne de bière, si on prend, par exemple, le CRM, là, c'est sûr qu'on
regarde toujours le spectre québécois, là, mais la
bouteille brune, c'est d'un océan à l'autre, c'est plusieurs
milliards de contenants en circulation simultanément, alors c'est un système
sur lequel est bâtie l'entièreté de l'industrie brassicole canadienne.
Alors,
je n'y vois pas de menace à court terme, tant et aussi longtemps
que le taux de retour existe, et il est fort. Et c'est là, la nuance. Je suis en mesure de gérer la décroissance des
volumes de CRM, je ne serai pas en mesure de gérer la décroissance significative du taux de retour. C'est ça,
la base économique d'un contenant à remplissages multiples, c'est
d'être capable d'amortir son coût initial sur 11, 12, 15 fois, en termes
d'utilisation.
Maintenant,
M. le député, pour répondre plus précisément à votre question,
l'aluminium, là, ce n'est pas rien qu'au Canada, ce n'est pas seulement
au Québec, ce n'est pas seulement aux États-Unis,
en Europe, en France, la consommation de
vin dans des canettes est en explosion. C'est un contenant qui, aujourd'hui, est rendu une référence mondiale, et on doit composer avec ça.
compléterai en vous disant que, pour nos marques domestiques, l'entièreté de
toutes nos marques domestiques à gros volume sont disponibles en canettes et en
bouteilles à remplissages multiples pour permettre au consommateur de
faire son ultime choix.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice, vous avez 23 secondes. Alors, c'est peut-être
un commentaire plus qu'une question.
Tardif : Vous recommandez
d'établir des montants compensatoires qui seraient versés aux adhérents, là, du
système de consigne publique de la bière.
En cas de retrait de l'obligation, quel serait l'ordre de grandeur de ces montants-là?
M. Léger Bourgoin
(Patrice) : Des dizaines de millions de dollars.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, merci beaucoup. Nous allons
passer à l'opposition officielle. M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Merci beaucoup. Merci beaucoup pour votre
présentation. Juste rapidement, est-ce que vous êtes en mesure d'expliquer un
petit peu comment l'Association des brasseurs était capable de mettre en place
le système de consigne privée? Parce
qu'on a posé des questions à la SAQ, ils ont dit : Oh oui! ça va être
très, très complexe, peut-être impossible. Et j'imagine, quand la consigne a été mise en place, les gens ont dit un
petit peu la même chose, mais finalement, c'est un succès majeur au
Québec. Alors, est-ce que vous avez des commentaires?
M. Léger Bourgoin (Patrice) : Bien, écoutez, quand on a mis en place le système
de consigne privée, il y a 200 ans, là, la raison fondamentale, c'est
qu'il n'y avait pas d'usine pour fabriquer du verre. La plus proche était en
Angleterre. Et par la suite, le
système tel qu'on le connaît aujourd'hui, là, a été mis en place vers 1953, et
le pari à l'époque, c'était d'être en mesure de mettre en place un
système où les contenants seraient... la valeur initiale du contenant serait
amortie sur 14, 15 reprises, parce qu'à
l'époque les contenants d'aluminium n'existaient pas, mais il y avait des
contenants en métal qui existaient.
Et évidemment, il y avait un enjeu technique d'éviter l'oxydation du produit à
l'intérieur, et, évidemment, avec le
verre, c'était moins compliqué. Alors, ça, c'est dans les années 50, et, au fur
et à mesure que les années ont évolué, le système a continuellement été réformé
en fonction des innovations technologiques, des nouvelles réalités du marché.
dernière grande réforme du système de consigne privée, c'est aux alentours de
1992, 1993, et, à cette époque, on
était essentiellement dans la même situation qu'aujourd'hui. Les contenants à
remplissages multiples diminuaient non pas
à cause de la canette, mais parce que les brasseurs voulaient justement
utiliser des designs particuliers pour chacune de leurs marques. C'était l'arrivée, à l'époque, de la Budweiser, de la
Miller, et les plus vieux d'entre nous allons se rappeler Bernard «Boum Boum» Geoffrion avec la bouteille
ouvre-bouteille, où il y avait, là, un décapsuleur en dessous de la bouteille.
Et, à un moment donné, les brasseurs se sont dit : O.K., là, les coûts
pour les innovations techniques, là, commencent peut-être à avoir un peu débordé ou dépassé les bornes, et les gens se
sont ressaisis puis ont convenu de relancer, là, la bouteille à remplissages multiples et de s'entendre entre
eux sur un parc de bouteilles et le partage, évidemment, des coûts, et c'est
ça qui fait le succès.
si je ramène le contexte de la bouteille brune au Québec, Molson, Labatt,
Sleeman utilisent les bouteilles brunes, mais j'ai 17 autres brasseurs qui ont des ententes de services avec
nous. Vous allez me permettre un petit commentaire. Hier, il y avait un
intervenant de Bouteilles recyclées du Québec, BRQ, qui envisageait
l'apocalypse pour la bouteille brune. Ce que
M. Dalpé a omis de vous dire, c'est qu'il est courtier exclusif pour la vente
de bouteilles brunes au Québec, et je n'ai pas reçu un appel au cours des cinq dernières années pour me présenter
un client. Alors, la survie du contenant à remplissages multiples, là, n'appartient pas exclusivement à
Labatt, Molson et Sleeman. Je le mets à la disponibilité de tous les brasseurs
canadiens et québécois à un coût très avantageux.
M. Kelley :
Merci beaucoup. Je veux juste poser une question sur les canettes d'aluminium
présentement ramassées puis envoyées aux États-Unis. Elles reviennent
ici, au Canada... au Québec, Canada? C'est ça?
M. Léger
Bourgoin (Patrice) : Bien,
ça dépend des formats de canette, M. le député de Jacques-Cartier. La canette
standard, là, de l'industrie, essentiellement,
son volume provient de l'Ontario. Alors, techniquement, de la manière dont ça
fonctionne, la canette part de l'Ontario,
donc s'en vient ici se faire remplir. Après ça, elle est consommée. On ramasse
les canettes, on amène ça se faire
traiter dans nos usines, plus chez un conditionneur accrédité. Et après ça,
elle s'en va, la plupart du temps, dans le nord des États-Unis, là,
l'État de New York, l'État de la Pennsylvanie.
Écoutez, on
a... et là je dois faire attention à ce que je vais dire, parce qu'il y a des
ententes de confidentialité, là, mais
on a rêvé de mettre en place au Québec un système similaire à la bouteille à
remplissages multiples. Et on l'a regardé puis, assez récemment, relativement sérieusement, là, au point de...