Public Finance — 27 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2018-04-27
Quebec — Committees
Tel que prévu
dans la stratégie TI annoncée en juin 2015, le gouvernement a confié au
CSPQ le mandat d'élaborer un plan
détaillé pour le regroupement des centres de traitement informatique et
l'optimisation du traitement du stockage. À ce sujet, les travaux se poursuivent. Ainsi, le dossier d'affaires
initial a été autorisé, et le CSPQ a obtenu l'autorisation de réaliser
le dossier d'affaires final.
Parallèlement
à ces deux fondations technologiques, le gouvernement protège plus que jamais
ses actifs informatiques. La preuve
en est que la directive sur la sécurité et les mécanismes déployés en matière
de sécurité de l'information seront revisités en 2018 et 2019.
Finalement, le gouvernement utilise plus
largement l'infonuagique au bénéfice des organismes qui souhaitent adopter
cette solution avantageuse en termes d'économie ou d'agilité. Par exemple, la
Stratégie gouvernementale en technologies de
l'information est maintenant rendue au sprint final de son implication. Elle
aura permis de tracer le sillon qui
positionne aujourd'hui les TI comme un réel levier de transformation et
d'innovation pour l'administration publique et pour les services aux
citoyens et aux entreprises.
Les ressources
informationnelles devant prendre appui sur une culture de transparence et
d'ouverture, le gouvernement a agi en
ce sens, M. le Président. D'abord, avec la mise en ligne du site Données
Québec. Ce fut sans contredit un
jalon marquant dans l'engagement du gouvernement en termes d'ouverture, et nous
poursuivrons dans cette lignée avec la présentation prochaine du Plan
d'action pour un gouvernement ouvert 2018-2020.
Le gouvernement s'est également engagé à adopter
la stratégie pour une meilleure administration publique numérique accompagnée d'un plan d'action itératif. Ces deux outils de
transparence veulent soutenir la transformation numérique de toutes les organisations publiques et offrir une expérience
centrée sur la personne. D'ailleurs, cette stratégie et ce plan d'action
seront présentés à la population dans les prochaines semaines.
ressources informationnelles font
partie du Plan québécois des infrastructures 2018-2028,
tout comme les autres infrastructures
tangibles, que l'on pense aux écoles, aux routes, aux hôpitaux, par exemple. Le
PQI-RI 2018-2028 présente une
enveloppe d'investissement globale de 4 578 000 000 $, dont
635 millions sont prévus pour l'année 2018-2019.
Un autre pan
majeur de mon mandat, et qui me tient à coeur, est lié à l'accessibilité aux
contrats publics pour les jeunes
entreprises et à l'intégrité des processus contractuels dans les marchés
publics. D'ailleurs, le 1er décembre dernier, nous avons tous adopté ensemble le projet de loi n° 108, à
l'unanimité, qui mènera à la création de l'Autorité des marchés publics dans les prochains mois. On se rappellera
que l'AMP aura, entre autres, pour mandat de veiller à ce que les contrats
de l'ensemble du secteur public, y compris
toutes les municipalités du Québec, à l'exception de la ville de Montréal,
soient conclus selon un processus
intègre, équitable et transparent pour tous, y compris les contrats en
technologies de l'information. Je tiens d'ailleurs à rappeler que la
présidente ou le président-directeur général sera soumis au vote du deux tiers de l'Assemblée nationale. Par ailleurs,
plusieurs autres chantiers d'envergure sont actuellement en cours en matière
d'intégrité des marchés publics.
conclusion, M. le Président, les nombreux gestes déjà posés par le gouvernement
et ceux à venir démontrent toute l'importance qu'il accorde à
l'accessibilité aux contrats publics, à l'intégrité des processus contractuels
et aux ressources informationnelles, et au développement et à la gouvernance de
celles-ci. Je suis heureux de noter que des mesures
mises en oeuvre et à venir ont permis de rétablir la confiance des citoyens et
des entreprises dans le processus d'acquisition
gouvernemental. De plus, les actions que nous avons posées au cours des années
antérieures en ressources informationnelles
nous ont donné les principales clés qui nous permettent d'accéder de façon
innovante au monde moderne en
technologies de l'information, en ayant toujours une gestion responsable et
rigoureuse. Tout cela, évidemment, pour le bénéfice de tous les
Québécois et les Québécoises. Merci, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le ministre. Nous allons donc aller
du côté de l'opposition officielle avec Mme la députée de Chicoutimi,
pour vos remarques préliminaires. Vous avez sept minutes.
Jean : Oui, merci, M. le Président. Je veux d'abord saluer le ministre délégué à l'Intégrité des marchés publics et
Ressources informationnelles et toute son équipe, bienvenue ce matin, je suis
heureuse d'être avec vous ce matin; saluer mes collègues du gouvernement, ça me fait plaisir d'être avec vous; mon
collègue de la deuxième opposition, le député de La Peltrie, bonjour; et
mon attaché, ici, Marc Bouchard, qui travaille avec moi dans ce dossier; et
tous ceux et celles qui font en sorte qu'on puisse tenir cette
importante activité ce matin.
Je veux aussi
saluer les personnes qui écoutent à l'extérieur. Je pense que c'est important
de les souligner. Merci, puis
félicitations de vous intéresser à cet exercice qui, à mon avis, est un
exercice démocratique important, où on approfondit les dossiers et où la population peut avoir
l'information plus précise sur des éléments particuliers qui les touchent.
Donc, merci d'être ici et félicitations!
M. le
Président, plusieurs considèrent les ressources informationnelles comme un
sujet abstrait, un sujet qui soulève peu
de passions, même dans l'élite politique, et peut-être même médiatique, et dans
la population. Je tiens donc, avant de poser mes
questions au ministre, de dire quelques... à celles et ceux qui nous écoutent à
quel point les ressources informationnelles sont importantes et pourquoi elles
sont importantes.
D'abord,
pour l'appareil gouvernemental. Un appareil gouvernemental moderne ne saurait
opérer sans l'utilisation de systèmes
informatiques adéquats. Il en va de la qualité des services aux citoyens, la
productivité des travailleuses et des travailleurs
de l'État, de la confidentialité de nos informations, des informations de la
population et des informations du gouvernement,
la cohérence des actions gouvernementales. Ça, c'est juste pour en nommer
quelques-uns. Tout ça... et les ressources informationnelles sont à la
base de ces éléments-là si importants.
Deuxième élément,
souvent la révision ou l'implantation de ressources informationnelles, de
technologies de l'information implique des sommes d'argent vraiment
importantes. Parce qu'elles impliquent des sommes d'argent importantes, pour ne pas dire gigantesques... Et,
sachant que les technologies évoluent, on sait que les technologies évoluent
à la vitesse grand V, on investit dans un
système informatique, ça veut dire qu'il faut déjà penser à la prochaine génération,
qui va impliquer encore de nouveaux investissements. Donc, c'est extrêmement
important pour la population.
Un autre élément, du
fait que ces projets sont si importants pour l'appareil gouvernemental, et qui
impliquent des sommes d'argent importantes,
il faut que les ressources informationnelles et la gestion, la gouvernance des
ressources informationnelles s'inscrivent dans une sorte de nationalisme
économique. J'apporterais ici un autre... le fait qu'elle s'inscrive dans la notion du nationalisme
économique, considérant l'importance des ressources informationnelles,
l'ampleur des sommes impliquées, qui
comptent des milliards de dollars annuellement... (Interruption) Oups!
Pardon. Les ressources informationnelles peuvent et doivent être
utilisées comme un levier de développement d'entreprises québécoises. Le ministre en a parlé tout à l'heure dans ses
commentaires préliminaires, et c'est des éléments importants. Il y a des sommes
importantes d'impliquées, il y a des
technologies en émergence, et l'appareil gouvernement... le gouvernement doit
pouvoir se servir de ces éléments-là
pour favoriser la croissance et l'émergence d'entreprises québécoises. Au
Québec, en plus, nous avons la chance
de compter sur de nombreux talents en technologie, en ressources
informationnelles et même en intelligence
artificielle, donc il faut s'en servir. Les projets informatiques et
technologiques du gouvernement doivent ou devraient servir de leviers de
développement et même de création d'entreprises québécoises de ce secteur.
Enfin, considérant
l'importance stratégique des ressources informationnelles dans l'appareil
gouvernemental, considérant l'importance des sommes impliquées dans ce secteur,
considérant l'important rôle que peuvent jouer les ressources informationnelles dans la force de notre nationalisme
économique, considérant l'impact que pourraient avoir les ressources informationnelles dans le
développement de l'entrepreneuriat technologique québécois, la croissance et la
prospérité des PME technologiques
québécoises, ce secteur, ou les ressources informationnelles, constitue un des
plus importants enjeux de notre
gestion gouvernementale. Sans une saine gestion de ce secteur, c'est la santé
même de nos finances qui en souffre, et, par la même occasion, les services
à la population, auxquels elle a droit.
le Président, vous savez, j'ai oeuvré dans le milieu des technologies pendant
plus de 25 ans. Je suis très à même de comprendre l'importance du rôle des technologies au sein des grandes
organisations comme le gouvernement, mais aussi l'importance des technologies dans le tissu entrepreneurial
technologique québécois. Les ressources informationnelles sont peut-être considérées abstraites pour
certains, mais l'impact de ce secteur est, quant à lui, très réel. J'entends,
durant la période d'étude des
crédits, questionner le ministre sur ces différents enjeux afin de rassurer la
population sur l'utilisation appropriée de son argent lorsqu'on parle de
ressources informationnelles au gouvernement du Québec. Merci, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Merci, Mme la députée de Chicoutimi. Nous
allons maintenant aller du côté de la deuxième
opposition, avec M. le député de La Peltrie. Est-ce que vous avez des
remarques préliminaires, M. le député?
Caire :
Je vais garder mon temps pour les échanges avec le ministre, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : C'est votre droit, et merci, M. le député.
Donc,
nous allons débuter immédiatement nos échanges avec les parlementaires. Donc, nous débutons du côté
de l'opposition officielle,
pour un premier bloc, avec Mme la députée de Chicoutimi. La parole est à vous.
Mme Jean :
Oui, merci, M. le Président. On a combien de minutes pour le premier bloc?
Le Président (M.
Bernier) : Vous avez 16 minutes.
Jean : 16 minutes. Merci. M. le Président, on apprend qu'en neuf mois seulement le gouvernement a octroyé à 10 fournisseurs
seulement l'importante somme de 782 millions de dollars en contrats, ce
qui représente, si on extrapole pour
12 mois, plus de 1 milliard de dollars dans l'année pour
10 fournisseurs seulement. Savez-vous, M. le Président, parmi ces 10 entreprises, combien étaient
québécoises? Vous ne le saviez pas? Moi, je le sais : quatre entreprises
seulement. Pas si mal, peut-être, direz-vous, mais ce qui est important
de savoir, c'est que, dans ces quatre entreprises-là, dans ce trois quarts de milliard de dollars là, la
proportion accordée à ces entreprises québécoises là n'était pas le 25 %
ou n'était pas 50 %, était de 16 % seulement. Donc, 16 %,
seulement, des principaux contrats ont été octroyés à des entreprises
québécoises. Ça, ça veut dire que 84 % est allé à l'extérieur du Québec.
Ma question pour le
ministre est : Comment le ministre explique-t-il la si faible portion de
contrats attribuée aux entreprises québécoises en ressources informationnelles?
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre.
M. Poëti :
Alors, M. le Président, mon intention au cours de cette étude de crédits, c'est
aussi permettre aux gens qui sont les
décisionnaires dans le dossier des TI de vous donner des réponses claires sur
des questions claires. Et ce que vous
soulignez là amène une précision sur les entreprises que vous nommez... Donc,
s'il y avait consentement, je demanderais à Mme Carole...
M. Poëti :
Ah! D'abord, ça va être M. Denys Jean, qui est secrétaire au Conseil du trésor,
qui va pouvoir vous donner précisément la réponse.
Président (M. Bernier) : Donc, consentement pour que M. Denys Jean
puisse prendre la parole? Consentement. Donc, en vous identifiant, M.
Jean, avec votre titre.
M. Jean (Denys) : M. le Président,
bonjour. En réponse à la...
Le Président (M. Bernier) : Donc, je
vais juste m'assurer d'enregistrer votre titre. M. Denys Jean...
M. Jean (Denys) : Denys Jean,
secrétaire du Conseil du trésor.
Le Président (M. Bernier) : ...secrétaire
du Conseil du trésor.
M. Jean
(Denys) : M. le Président, bonjour. Mesdames et messieurs, bonjour.
Alors, M. le Président, Mme la députée a effectivement raison,
782 millions à 10 firmes. Mais il faut quand même préciser que, sur
le 782 millions, il y a un 471 millions qui va à un seul projet, qui
est le projet de la Société de l'assurance automobile du Québec.
Par ailleurs,
aussi, il faut voir que, quand on regarde les 10 plus importantes, en tout cas
les contrats donnés à ce qu'on appelle les PME québécoises, on en a pour
1 230 000 000 $ — c'est ça, hein, Carole? — 1 230 000 000 $. Donc,
c'est sûr qu'il y a des grosses entreprises
dans le domaine des technologies de l'information, on le conçoit, mais également il y a des PME, et, selon les chiffres qu'on me
donne, le total... excusez-moi, madame... Le total des PME, c'est
380 millions de contrats aux PME québécoises.
Sur la
question des PME québécoises, si vous me permettez, M. le Président, on est
capables de vous dire qu'en valeur de
contrats — c'est
ça, hein? — selon
les données qu'on a, 30 % de la valeur des contrats... 33 % de la
valeur des contrats va aux PME.
Maintenant, la question d'être québécoise ou non, on a un enjeu à débattre avec
les responsables de la définition de
ce qu'est une PME, puis c'est quoi, l'origine d'une PME, puis il est où, le
siège social d'une PME. Et d'ailleurs
on travaille sur des projets, à la demande du ministre, à faire en sorte que,
quand on donne un contrat, l'entreprise nous fournisse l'information sur
son nombre d'employés, sur le statut et l'origine de son siège social.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Oui. Je ne suis pas
certaine d'avoir... Là, on parle de 380 millions de dollars pour les PME
en ressources informationnelles?
Le Président (M. Bernier) :
M. Jean.
M. Jean (Denys) : Oui. Oui, oui, en
ressources informationnelles.
Mme Jean : D'accord. Et vous dites
que ça représente 33 % du global des contrats?
M. Jean
(Denys) : Si on regarde l'ensemble des contrats donnés en technologies
de l'information puis qu'on fait l'hypothèse
qu'une PME, c'est 250 personnes et moins, on arrive à établir que
33 % de la valeur de l'ensemble des contrats donnés en technologie
de l'information au gouvernement du Québec est attribuée aux PME québécoises.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. Jean. Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Oui, merci. J'aimerais savoir si... Vous me parlez de
33 %. Est-ce que c'est par hasard, ou il y a des directives qui est
donnée par le ministre, ou par une certaine directive, autrement, qui oblige,
d'une certaine façon, lorsqu'on fait des
contrats en ressources informationnelles ou en technologies de l'information,
qu'on fasse appel aux PME québécoises?
Le Président (M. Bernier) :
M. Jean. Ou M. le ministre.
Jean (Denys) : Alors, je vous rappelle... M. le Président, je rappelle
à Mme la députée que le gouvernement a
adopté un document, je pense que c'est en 2015 ou 2016, qui s'appelle Passeport
Entreprises. Dans ce document-là, il y
a des indications qui obligent les ministères et les organismes à faire appel à
au moins une PME. Dans les cas d'appels d'offres sur invitation, ils
sont tenus d'inviter au moins une PME à soumissionner.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Mme la députée.
Jean : Je ne suis pas certaine d'avoir compris. Lorsqu'il y a un
contrat, les grandes entreprises ont l'obligation de... Non.
M. Jean (Denys) : Le ministère ou
l'organisme qui donne... qui va en appel d'offres sur invitation pour aller
chercher une entreprise en technologies de l'information est tenu d'inviter au
moins une PME à soumissionner.
Mme Jean : O.K. Est-ce que...
Le Président (M. Bernier) :
Mme la députée... C'est beau.
Jean : Oui, merci. Est-ce que vous faites une distinction dans
l'ampleur des contrats? Parce qu'on sait que les PME peuvent soumissionner, oui, sur certains contrats, mais, lorsque
le contrat est majeur, c'est encore embêtant de... c'est difficile pour elles de soumissionner pour
les contrats majeurs. Est-ce qu'il y a des politiques qui existent afin de
s'assurer que les grands donneurs d'ouvrage, les grandes firmes puissent
consacrer certains modules ou certains aspects du projet à des PME?
Le Président (M. Bernier) :
M. Jean.
M. Jean
(Denys) : M. le Président, Mme la députée, on a fait un sondage
récemment auprès des PME québécoises pour
constater que, dans le fond, les PME sont surtout intéressées par des contrats
de dimension autour de 100 000 $ et moins, ça veut dire que les PME québécoises, là, sont intéressées à
avoir des contrats en bas des seuils. On sait qu'il y a beaucoup... En bas des seuils, il y a beaucoup
d'appels d'offres sur invitation, c'est ça qui explique notre indication aux
ministères et aux organismes à faire appel à au moins une PME.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
Jean : Merci. Je comprends,
mais, ma question portant sur les contrats majeurs, qui sont aussi intéressants et qui composent quand même
une grande
partie de l'enveloppe attribuée aux contrats en technologies de l'information, dans les contrats majeurs, est-ce qu'il y a des
mesures qui sont prises? Est-ce qu'il y a des directives qui sont données
aux soumissionnaires, qui sont souvent des
plus grandes entreprises, pour qu'ils réservent ou qu'ils fassent appel, pour
une
partie du contrat, à des plus
petites entreprises, des petites et moyennes entreprises, pour qu'elles aient
accès à ces projets majeurs là?
Ce qui
m'intéresse, dans le fond, là-dedans, c'est qu'on sait que les projets majeurs
comportent des conditions ou permettent peut-être d'avoir des
complexités différentes et des technologies différentes, ce qui permettrait aux
PME de pouvoir intégrer leurs innovations à
même ces grands projets. Est-ce qu'il y a des politiques qui permettent
justement, ou qui obligent, ou qui encadrent, dans les grands projets,
la possibilité ou l'obligation des soumissionnaires de faire appel à des PME québécoises pour une
partie du
projet, un pourcentage, ou de certains modules? Est-ce que ça existe?
Le Président (M. Bernier) :
M. Jean.
Jean (Denys) : Bon. D'abord, M. le Président, la question de Mme la
députée était pertinente, mais on y travaille. Effectivement, l'enjeu est de donner une part des grands contrats de
technologies de l'information aux PME, c'est ça, je pense, l'enjeu. On sait, par exemple, qu'en
Grande-Bretagne il y a des obligations qui sont faites, dans le cadre des
grands contrats, à celui qui décroche
le contrat, aux fournisseurs à embaucher un certain nombre de PME locales pour
donner aux contrats. Nous, ici, au
Québec, il y a eu un rapport qui a été fait sur les PME et les contrats en
technologies de l'information, la
personne qui a fait le rapport est juste à côté de moi. Alors, je lui ferais
donc droit sur l'idée effectivement de s'intéresser à donner accès aux
grands contrats de technologies aux PME.
Au moment où
je vous parle, on a aujourd'hui, actuellement, un projet pilote qu'on mène avec
le Centre des services partagés du Québec pour faire en sorte que, dans le
cadre d'un grand contrat, il y ait effectivement une obligation de donner... à celui qui obtient le contrat une
obligation d'embaucher une PME. Et le ministre nous a demandé de regarder
à étendre, à la fin du projet pilote, cette approche-là à l'ensemble des grands
contrats publics.
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Poëti :
Et, pour ajouter, effectivement, la recommandation qui avait été faite pour les
jeunes entreprises, c'est de faire
connaître leurs capacités, de faire connaître leurs produits, de faire
connaître leurs compétences. Et on demande qu'il y ait une jeune
entreprise, qu'il y ait une PME qui y participe. Mais je vous annonce déjà
qu'il y en a plusieurs qui
y participent et qu'on est après créer un bottin, un catalogue, une base de
données qui va pouvoir identifier les capacités de petites entreprises, de petites PME qui pourraient répondre aux
besoins des grandes entreprises dans certains domaines spécifiques.
Donc,
il y aura un index, pour les grandes entreprises, d'utiliser des PME qui
pourraient faire une
partie du travail. Ça existe déjà actuellement. On les invite davantage à le faire, mais
c'est de plus en plus quelque chose qui est pratique. Et on s'aperçoit que, lorsqu'on donne un grand
contrat... Et d'ailleurs on s'en est aperçu, dans notre étude, avec les retards
de paiement, où certaines personnes disaient
qu'ils n'avaient pas été payés suite à un contrat important, pour s'apercevoir
que 90 % des gens qui disaient ne pas
avoir été payés étaient des sous-contractants, des PME. Donc, indirectement, on
a la conviction qu'il y a beaucoup plus de petites PME ou de PME qui
participent aux grands contrats qu'on ne le croit.
Mais
vous avez raison que, dans le domaine de la technologie, ce qu'on veut faire,
c'est faire mieux connaître les
capacités des PME dans le domaine des TI, parce qu'effectivement, dans certains
domaines, ils ne peuvent pas arriver à pouvoir soumissionner sur ces
appels d'offres là, pour leur manque, parfois, de capacité à répondre aux
besoins.
Le Président (M.
Bernier) : Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Merci beaucoup. Très intéressant. Dans un autre ordre d'idées,
ou à peu près dans le même ordre, après
l'analyse des chiffres... je fais encore référence aux 10 principaux
fournisseurs dans les contrats en technologies de l'information, après
l'analyse des chiffres, on constate que non seulement la grande
partie des
contrats vont aux entreprises étrangères, c'est
ce qu'on constate, mais qu'en fait 60 % va à une seule entreprise. Puisque
la société de conseil Groupe LGS, qui
est mentionnée, qui a le contrat principal, qui reçoit la plus grosse part du
contrat avec 471 millions de dollars,
est en fait une filiale d'IBM, qui, elle, est deuxième aussi dans le
top 10, avec 64 millions de dollars, ce qui fait un total de
535 millions de dollars pour un fournisseur.
Pour
avoir utilisé leurs équipements et aussi transigé avec IBM moi-même quand
j'étais en affaires, sachez que j'ai
le plus grand des respects pour cette compagnie. C'est une bonne compagnie, qui
travaille bien puis qui a une bonne éthique.
Ma question n'est pas là. Ma question est : consacrer près de 70 %
des contrats majeurs à un même fournisseur nous met à risque en tant que gouvernement, nous met à risque dans le
manque de diversité des technologies qui peuvent être proposées, dans la dépendance que le gouvernement fait vis-à-vis la
technologie qui est propriétaire à cette entreprise, nous met à risque
dans la difficulté d'interopérabilité avec d'autres systèmes potentiels de
d'autres fournisseurs, dans la difficulté
d'intégrer de nouvelles technologies qui pourraient être en émergence, dans la
dépendance qu'on crée auprès de ce fournisseur. Bref, d'avoir 70 %
des projets majeurs qui est donné à un seul fournisseur nous met à risque.
J'aimerais
savoir : Est-ce que le ministre s'inquiète, comme moi, qu'IBM et sa
filiale obtiennent à elles seules un demi-milliard de contrats et la
majorité des parties des contrats en technologies de l'information?
Le Président (M.
Bernier) : Merci, madame. M. le ministre.
Poëti : Je comprends la question de la députée de Chicoutimi.
Cependant, il faut aussi savoir que nous sommes liés par des ententes internationales. Il faut quand même suivre ce
qu'il y a. Plusieurs des répondants des appels d'offres sont aussi des entreprises québécoises. Pour vous
rappeler les accords récents, donc : l'Accord de libre-échange canadien,
l'ALEC, depuis le 1er juillet 2017,
donc ce n'est pas loin, donc qui a remplacé l'accord de commerce intérieur,
l'ACI; ensuite, l'accord de commerce
et de coopération Québec-Ontario, donc, 1er janvier au
1er septembre 2016; et l'accord économique et commercial
global Canada-Union européenne également. Et actuellement on travaille sur le
projet de loi n° 171. Alors, ces
accords de libre-échange avantagent aussi nos entreprises. Ce n'est pas que
pour les désavantager. Mais nous sommes liés par ces accords-là
internationaux et nous devons les respecter également.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée.
Jean : Oui. J'accueille le commentaire du ministre, qui est très
intéressant, et je suis d'accord avec ça. On a des accords internationaux et effectivement on les signe parce que c'est
donnant-donnant. Il faut que ce soit rentable pour nous aussi. Ma question
n'est pas là. C'est qu'en tant qu'acheteurs de services, en tant qu'acheteurs
de services en ressources informationnelles, de se concentrer à
l'utilisation... ou à recourir à un fournisseur pour la majeure
partie des
contrats, c'est là où on se rend fragiles.
Et là on parle de cas réels. IBM est le fournisseur principal de nos contrats
informatiques dans les tops 10.
Et ma question est : lorsqu'on devient un peu dépendant d'un fournisseur
majeur, ça nous met en danger.
J'aimerais
savoir s'il y a des politiques que le
ministre entend mettre... ou a faites ou entend mettre en
oeuvre pour s'assurer que le gouvernement ne se mette pas en position de dépendance, d'être un peu un otage,
d'être un peu dépendant d'un
fournisseur à cause des technologies, à cause du manque d'interopérabilité, à cause
aussi de la difficulté d'éclater les contrats. Bref, cette voie d'utiliser un fournisseur principal unique,
pour la majeure partie, on parle de 70 %, nous met à risque. J'aimerais savoir s'il y a des mesures qui
sont prises pour éviter... On ne parle pas d'international, on parle de
fournisseur principal.
M. Poëti :
Je vais donner la parole au secrétaire.
Le Président (M.
Bernier) : M. Jean.
M. Jean
(Denys) : Alors, M. le Président, d'abord, premièrement, quand on va en appel d'offres public, il faut
toujours se rappeler qu'on est encadrés par une loi qui s'appelle la
Loi sur les
contrats des organismes publics. Cette loi-là est claire : au-delà du seuil de
100 000 $, vous allez en ouverture de marchés. Vous avez fait un
appel d'offres public général, puis,
en plus de ça, avec ce que le ministre a évoqué tout
à l'heure avec les accords
internationaux, ça amène... ça permet aussi
à des firmes extérieures de postuler sur les contrats. Alors, nous, quand les ministères
et les organismes ont des besoins de développer des
projets, ou de systèmes, ils n'ont qu'un encadrement à respecter, c'est la Loi
sur les contrats des organismes publics, qui les oblige à mettre le projet en
concurrence. Le résultat est celui qu'évoque Mme la députée.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
Mme Jean : Ma question portait plus
sur la diversité des fournisseurs, j'aimerais savoir... parce que c'est la diversité qui m'inquiète, ou la non-diversité,
d'avoir le fournisseur unique. Ce n'est pas le fait d'avoir accès à l'international,
la problématique, c'est le fait qu'il y a toujours
le même fournisseur. Est-ce que le ministre entend... a pris ou entend prendre des mesures pour assurer la plus grande diversité
possible de fournisseurs dans ses contrats, et principalement dans ses
gros contrats?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Poëti : M. Jean va...
Le Président (M. Bernier) :
M. Jean.
M. Jean
(Denys) : Écoutez,
madame, l'enjeu, c'est de savoir...
Par exemple, vous avez un projet, vous avez un besoin, vous le mettez, dans le fond, en jeu sur un marché public où il
y a des fournisseurs. Ils peuvent être trois, quatre, cinq, 10, ils peuvent être deux aussi, et là vous
prenez la meilleure proposition. Or, dans le marché des technologies de l'information, vous le savez, je pense, plus que
moi, il y a quand même un minimum de grands joueurs, sur la planète, qui
sont répandus partout. Le Québec est aux prises avec ça comme n'importe quel
gouvernement.
Ceci étant
dit, nous, on met en place des mesures pour essayer de favoriser, dans le fond,
le décloisonnement des contrats, pour
permettre une plus grande concurrence. Par exemple, on favorise
l'allotissement. Au lieu d'aller, là, en gros contrat, si on peut diviser ça en morceaux et y aller par phases ou par
lots, ça nous permet d'augmenter le niveau de concurrence et de diversifier.
Mais il ne faut jamais oublier, Mme la députée, qu'on fait face à une réalité
de marché tel qu'elle est, là.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean : Bien, combien il me reste
de temps, monsieur...
Le Président (M. Bernier) :
1 min 15 s.
Mme Jean :
1 min 15 s. Je la transposerai à mon prochain bloc, si c'est
possible.
Le Président (M. Bernier) :
C'est possible.
Mme Jean : Parfait. Merci.
Président (M. Bernier) : Pas de problème, on va le transposer.
Donc, M. le député de Vanier-Les Rivières, du côté ministériel, la
parole est à vous.
Huot : Merci beaucoup. Bonjour, M. le Président. Il n'y a pas
tellement longtemps, on était ensemble aussi, on peut dire ça, on se
voit beaucoup de ces temps-ci, à la Commission des finances publiques. Bien,
salutations aux collègues, aux collègues députés, aux collègues de
l'opposition, au ministre, à son équipe. Salutations particulières à M. Jean, M. Boivin, M. Caron, que j'appellerais le
trio qui accompagne le ministre, et à vos équipes, évidemment, aussi, là, il y
a plusieurs personnes qui vous accompagnent. Mais, je dirais, en ressources
informationnelles, on a fait beaucoup dans les dernières années, et là,
les trois personnes en place, je pense qu'on... tout le monde doit admettre,
les bonnes personnes sont au bon endroit
dans le contexte actuel : M. Jean au Trésor, M. Boivin comme DPI, M.
Caron, qui est arrivé il y a cinq ou
six mois, au CSPQ, des gens d'une grande compétence, des serviteurs de l'État.
Alors, je les salue, M. le Président.
Je vais
vouloir parler, faire un peu un bilan avec le ministre, peut-être également,
avec votre permission, M. le Président,
avec la permission du ministre aussi, avec M. Boivin, qui a beaucoup travaillé
sur la stratégie TI. Moi, j'étais impliqué,
avec ma collègue de Bourassa-Sauvé, on était là dès le départ, avec le
ministre... le président du Conseil du trésor de l'époque, qui est le député de Nelligan, qui avait... On avait
présenté la stratégie TI, qui a près de trois ans maintenant, déposée en juin 2015, donc qui va avoir trois
ans dans quelques semaines. On avait une stratégie sur trois ans, d'ailleurs.
Donc, on a un très bon bilan.
Avant
d'aborder chacun des axes en particulier, il y avait quatre axes, là :
gouvernance, main-d'oeuvre... que je résume,
là : gouvernance, main-d'oeuvre, meilleures pratiques, rapprocher l'État
du citoyen, juste peut-être mettre à jour certaines données. Ça va peut-être faire un lien avec les propos de la
députée de Chicoutimi, qui étaient sur les questions de contrat. Parce qu'à chaque fois qu'on a
l'occasion de dresser un portrait d'un bilan de la stratégie TI il faut
toujours mettre en contexte le
portrait actuel des TI au gouvernement. Moi, les derniers chiffres que j'avais
dataient de novembre, décembre 2007, à ce moment-là on parlait de
8 361 personnes. Mais là je vois qu'on a mis à jour le portrait de la
main-d'oeuvre, qu'on est à
8 482 personnes dédiées aux TI, ressources internes... tant
ressources internes qu'externes. On aura une discussion plus précise
là-dessus.
Comme je vous disais,
fin 2017, on parlait de 489 projets en ressources informationnelles,
un peu plus de 1,2 milliard de dollars.
On parlait de 800 sites Web. Il y a 750 services en ligne, des
dépenses qu'on évaluait à quelque chose
comme 3,3 milliards de dollars. Et là la question qui va venir aussi, on
pourra commencer sur ces questions-là : Le 3,3 milliards de dollars, est-ce que c'est trop? Est-ce que ce
n'est pas assez? Il faut toujours se comparer. Et ça, dans ce temps-là, on va chercher des sources d'information
neutres, que j'appellerais. Il peut y avoir une joute politique sur ces histoires-là. Les oppositions peuvent accuser de,
oui, c'est trop ou ce n'est pas... vous dépensez trop, il y a beaucoup trop de
dépenses, on doit couper. Donc, ce portrait-là, je pense qu'on peut le dresser.
Et il y a toujours Gartner qui fait des étalonnages, du benchmarking, comme on
dit, qui est en mesure de comparer un peu les dépenses des administrations
publiques.
Donc,
avant qu'on aborde chacun des axes spécifiques de la stratégie TI, un portrait
pour qu'on mette la table, pour que tout le monde s'entende sur les
mêmes chiffres, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Poëti : Bien, merci, M. le Président. C'est clair que le bilan
de la stratégie TI est positif. On l'a dit tout à l'heure, ladite
stratégie a été annoncée au mois de juin 2015, ça comptait 36 mesures
pour recadrer la gestion, l'expertise des technologies
de l'information de l'appareil gouvernemental. Des 36 mesures, 28 de
réalisées, et il y en a huit autres qui sont présentement en réalisation. Donc, ce n'est pas des voeux pour
l'avenir, c'est le présent. C'est exactement ce qu'on fait actuellement
et c'est ce qu'on termine.
Depuis la mise en
place de la stratégie, il est possible d'affirmer que le gouvernement est actif
en matière de transparence pour un
gouvernement plus ouvert. Des publications de l'état de santé des projets en
ressources informationnelles ont été
aussi assurées. Le portail Données Québec, mis en ligne en avril 2016, est
le résultat d'une collaboration entre les villes de Québec, Montréal,
Sherbrooke, Gatineau et Laval et évidemment l'ensemble des ministères et
organismes. Données Québec compte
aujourd'hui 15 ministères, 18 organismes publics,
11 municipalités et quatre organismes de la société civile. Il est aussi
important de souligner qu'on y retrouve plus de 1 000 jeux de
données, à l'heure... ouvertes, actuelle.
actions ont aussi été posées pour mettre à profit l'innovation, que ce soit
l'innovation par l'infonuagique, avec la constitution d'un catalogue de
services en infonuagique, pour la messagerie électronique, la constitution de
trois cellules d'innovation en 2016-2017 et de cinq autres en 2017-2018,
les travaux en cours pour l'amélioration de l'accès aux services numériques, Accès UniQc, Québec, ou au
chapitre de
l'optimisation des services partagés, la consolidation des centres de
traitement dont les travaux sont présentement engagés, et il y en a encore
beaucoup à venir.
est aussi pertinent de rappeler que des portraits exhaustifs de la
main-d'oeuvre en technologies de l'information sont établis depuis 2015-2016.
Les derniers constats permettent de dégager des tendances confirmant que nos
actions portent fruit pour un
meilleur contrôle de l'utilisation de l'expertise externe et une meilleure
gestion des talents au sein même de l'administration publique.
La Stratégie
gouvernementale en TI en est à sa dernière année de sa mise en oeuvre. Des
actions sont posées afin d'assurer la pérennité des mesures réalisées,
notamment la mise en oeuvre de la Stratégie numérique du Québec, l'orientation 3, Administration publique
efficiente et transparente, qui sera annoncée dans les prochaines semaines; la
mise en oeuvre du Plan d'action pour un
gouvernement ouvert 2018-2020, qui sera aussi annoncé prochainement; la mise
en oeuvre de la Politique de main-d'oeuvre
en technologies de l'information, qui est publique depuis hier sur les sites
Web du Secrétariat du Conseil du trésor.
De plus, la mise en
oeuvre de la
Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources
informationnelles des organismes publics et
des entreprises du gouvernement, mieux connue sous le nom du projet de loi
n° 135, permettra de déployer la
gouvernance renforcée annoncée dans la Stratégie gouvernementale en TI et
l'adhésion aux grandes transformations en cours.
comité de gouvernance institué par la loi et constitué des dirigeants de
l'information permettra d'assurer une mise
en oeuvre concertée des orientations déterminées par le Conseil du trésor et d'identifier
des opportunités d'optimisation, de
partage et de mise en commun de services en ressources informationnelles, et
d'actifs informationnels, notamment en favorisant leur interopérabilité.
Huot : Peut-être, avec votre permission, M. Boivin, s'il peut
compléter pour... Je parlais à la fin de ma question d'un bilan, là, rapide sur les questions... le
nombre de projets, le nombre de... les montants autorisés, les dépenses
annuelles, et je finissais en disant...
avec Gartner pour comparer avec les autres administrations publiques sur
l'ensemble des dépenses en ressources informationnelles.
Président (M. Bernier) : Consentement pour que M. Boivin puisse
prendre la parole? Consentement. En vous identifiant, M. Boivin, avec
votre titre, s'il vous plaît.
Boivin (Benoit) : Oui,
bonjour. Benoit Boivin, secrétaire associé et dirigeant principal, Information,
Secrétariat du Conseil du trésor.
Alors, pour
répondre à la question du député, je vais prendre la dernière question, je vais
répondre en premier... alors, la
première étant le niveau de dépenses. Alors, c'est sûr, c'est un exercice, on
se dit toujours : Est-ce que le niveau de dépenses est comparable à ce que fait une autre administration publique?
Alors, c'est le genre de question que toutes les administrations publiques se posent, que même toutes les grandes
entreprises se posent. Alors, il y a des entreprises qui ont des mesures mondiales, c'est l'entreprise
Gartner, entre autres, qui a ça. Alors, on a accès à ces services-là, puis ça
permet de comparer... Puis les comparaisons
ne sont jamais parfaites, hein, parce qu'est-ce que c'est le même panier de
services qu'offre le gouvernement du Québec
versus le gouvernement ontarien, versus un État américain? C'est toujours
les différences. Mais, à un moment donné, les grands ensembles finissent par se
ressembler.
Alors, au
niveau des dépenses de l'année 2016-2017, le niveau de dépenses de
l'ensemble de l'administration publique,
ce qui veut dire les ministères, les organismes, les réseaux, même l'Agence de
revenu du Québec, c'est 2,9 milliards
de dépenses qu'il y a eu. Alors, 2,9 milliards, si on compare ça sur
l'ensemble des dépenses de l'État, c'est 3,1 %. 3,1 % de la dépense complète en ressources
informationnelles est consacrée aux ressources informationnelles. Alors,
si on se compare avec les balisages que je vous ai mentionnés tout à l'heure,
dépendamment des industries, ça va de 4 %
à 9,6 %. Là, pourquoi c'est si variable que ça? Bien, il faut comprendre
que des entreprises comme... Je prends, par exemple, le domaine financier ou les assureurs, le taux d'utilisation,
puis l'importance des technologies, est crucial, c'est un élément de compétitivité. Alors, il y a aussi
des comparables avec les gouvernements, gouvernements locaux et les gouvernements nationaux, les pays. Alors, au
niveau des gouvernements locaux, c'est autour de 4 %, le taux de dépenses,
et les gouvernements nationaux, autour de
7 %. Nous sommes à 3,1 %. Donc, on considère qu'on a un bon contrôle
de la dépense.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
Huot : Parfait. Maintenant, avec votre permission, M. le Président,
j'aimerais ça peut-être... J'aime bien si on est capables d'y aller en mode un peu conversation, au lieu de faire un
grand préambule avec une grande réponse, peut-être plusieurs questions
plus précises. Si on prend la stratégie TI, décortiquons les axes...
Le Président (M. Bernier) :
Allez-y.
M. Huot : J'aimerais ça qu'on
commence avec l'axe 1, on parlait de gouvernance. Donc, si on prend, disons, l'élément central, là, un des axes... un des
éléments centraux de la stratégie TI, c'est de revoir la gouvernance, donc de
renforcer le rôle du DPI, c'est ce qu'on a
fait avec la loi n° 135, on voulait renforcer le rôle du DPI, réduire le
nombre de dirigeants de l'information sectorielle, on était à plus d'une
centaine, donc de ramener ça aux grandes missions de l'État. Et on parlait évidemment d'un changement
de culture important qu'on voulait faire, toujours dans l'optique de se
servir des technologies de l'information comme d'un levier de transformation de
l'État.
Donc,
évidemment, la loi n° 135 est quand même toute récente, je pense qu'elle
est en application, même, depuis l'année financière, là, qui vient de
commencer. Il a été adopté il n'y a pas tellement longtemps. Donc, c'est peut-être
difficile de faire un bilan de ça, mais on
se préparait quand même, ce changement de culture là, on savait qu'il
s'en venait, on s'était préparé, on
avait commencé à travailler ensemble, les dirigeants sectoriels principaux des
grands organismes, on avait commencé quand même à travailler.
Donc, est-ce
qu'on peut dire que ce changement de culture là est en marche et que la loi n° 135 a déjà un effet, si on veut résumer les objectifs
de l'axe 1 de la stratégie?
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
M. Poëti : Si vous permettez, effectivement, parce que l'ensemble des actions qui
sont prises ne sont pas uniques et indépendantes, sont interreliées.
Et, pour
terminer sur la question précédente, je voudrais peut-être
juste préciser une chose, parce que j'entends souvent, évidemment, que les ressources internes ne sont pas assez présentes, ne sont
pas assez utilisées, qu'on devrait davantage investir ces ressources internes. Le
collègue, tantôt, en a parlé, mais j'aimerais rajouter, en pourcentage, que, sur le budget 2016-2017, les dépenses réalisées ont été de 2,9 milliards de dollars, 46 %,
c'est 1,3 milliard de dollars, sont pour des ressources internes, et 25 %, 725 millions, sont pour
des ressources externes. Alors, quand j'entends, sur une base régulière : On n'a personne à l'interne,
bien, on dépense 1,3 milliard, c'est 46 % pour 2016-2017, c'est quand
même important de le souligner parce que ce sont des ressources internes
qui sont compétentes, efficaces et qui travaillent directement pour nous.
Pour revenir
à vos axes d'intervention, évidemment, je le répète, les quatre axes
d'intervention, 36 mesures, parce qu'on
ne peut pas juste donner un axe d'intervention, ils sont reliés à des actions,
parce que l'action nous amène à des réalisations.
Et revoir et renforcer la gouvernance, bien, ce n'est pas juste un changement
de culture, c'est l'adaptation des technologies,
c'est l'adaptation des réseaux, c'est l'adaptation de la capacité, pour nous,
de faire un changement, mais de suivre
l'évolution technologique, gérer plus efficacement les talents. Alors, ça,
c'est de développer évidemment à l'interne cette capacité-là, adopter des meilleures pratiques dans le milieu de la
technologie, il va de soi, on le précise dans les axes, mais il va de soi qu'il faut s'adapter aux
nouvelles technologies, mais surtout tout ça dans un but ultime :
rapprocher l'État du citoyen,
faciliter la connexion entre le citoyen et l'État par des mesures et des axes
en technologies de l'information.
Comment
on y arrive? Les règlements des TI pour les contrats. Évidemment, ça a été
annoncé en 2016, on n'est pas loin
dans ces annonces-là, on n'est pas loin dans les actions qui avaient été faites
par mon collègue de l'époque, et qui est aujourd'hui aux Affaires
municipales, offrir aux organismes publics davantage de moyens mieux adaptés
aux particularités des technologies de
l'information pour leur permettre de procéder à de meilleures
acquisitions : le projet de loi
n° 135, la Loi renforçant la gouvernance et la gestion des ressources
informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement, qu'on a fait tout à fait récemment, en
début de...à la fin 2017, donc en décembre, puis notre politique de gestion de la main-d'oeuvre en TI, et
ça, je sais qu'on aura le temps d'en parler, j'espère qu'on pourra en
parler, s'assurer que les bonnes personnes occupent les bonnes fonctions
partout dans la fonction publique.
Et ça, ça a
été rendu public sur le site Internet du ministère récemment, mais parce qu'on
est en action toujours. Donc, c'est public, la transparence dans ce
domaine-là est essentielle, et on le fait.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député.
Huot : Oui, mais c'était... il y avait
une fin de question sur la question de la gouvernance pour M. Boivin, sur la question
du changement de culture, l'efficacité déjà de l'adoption de la loi
n° 135, sur ce que ça a fait sur
l'ensemble de la machine
gouvernementale en TI. Est-ce qu'on sent déjà ce
changement de culture? Est-ce qu'on peut dire que les dirigeants
sectoriels de l'information se sont approprié cette nouvelle façon... cette
nouvelle organisation là?
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Benoit) : Merci, M. le Président. Alors, la loi est en force depuis le 7 mars
dernier, donc c'est assez récent,
mais il y a déjà un certain nombre d'actions qui ont été portées, entre autres il est mentionné que la loi exige que, par ministère ou portefeuille ministériel, un dirigeant de l'information soit nommé. Alors, les dirigeants de l'information ont tous été
nommés, et une première rencontre du comité de gouverne s'est tenue cette
semaine, lundi matin. Et je peux déjà constater que cette proximité-là entre l'ensemble
des dirigeants de l'information, qui gère près de 3 milliards de dollars avec... dans une organisation
centrale, permet de la cohésion.
Je vais
donner des exemples de cohésion. On parle d'un regroupement de CTI, on va
avoir sûrement l'occasion
d'en reparler, mais, pour que ça fonctionne,
ça prend beaucoup de concertation entre les ministères
puis les organismes. Le comité de
gouverne permet ça. On a parlé de... tout
à l'heure, le ministre
a parlé de dossier Accès UniQc, c'est une autre solution gouvernementale qui nécessite beaucoup de cohésion, de
cohérence entre les ministères, les organismes. Le comité a ça aussi dans ses préoccupations,
de s'assurer que les ministères intègrent cette pratique-là.
terminerais en parlant un peu du tableau de bord, le tableau de bord qui est en
force déjà depuis très longtemps, on est à la
13e publication, tableau de bord sur les projets informatiques, qui fait
partie maintenant des pratiques, hein, ce n'est plus... c'est bien
intégré dans les façons de faire des ministères puis des organismes, qui a été modifié,
hein, dans les dernières années pour,
entre autres, que chaque décision de changement de portée, de
coûts, d'échéancier fasse l'objet d'une réelle décision par l'autorité
définie par la loi : le conseil d'administration, le sous-ministre en
titre, le Conseil du trésor, selon l'organisation. Alors, tout ça est maintenant acquis et en cours d'amélioration constant, comme l'a dit le ministre, là, on est continuellement
en amélioration.
Président (M. Bernier) : Merci, M. Boivin, de votre présentation. Nous allons aller du côté de
la deuxième opposition avec M.
le député de La Peltrie. La parole est à vous, M. le député.
Caire : Merci, M.
le Président. Vous me permettrez de
saluer d'abord le ministre et les gens qui l'accompagnent, mes collègues
de la
partie ministérielle, ma collègue de l'opposition officielle, vous-même, M.
le Président.
Dans un premier bloc, j'aimerais aborder la question
du CSPQ, parce qu'en avril 2015 le CSPQ, et ça, je me souviens aussi...
ça, ça avait été discuté à la Commission de l'administration publique, le CSPQ
n'avait pas de plan stratégique, contrairement à ce que la loi prescrit, on avait
un plan de transformation organisationnelle. Donc, on nous disait : On est dans un grand chantier de transformation du CSPQ. Il faut quand même comprendre que la loi qui a constitué le CSPQ a été adoptée en 2005, donc cette organisation-là a 13 ans d'existence. Techniquement, une organisation, on dit que ça prend plus ou
moins cinq ans pour arriver à maturité. Donc, on comprend qu'après 13 ans
d'existence, après les très nombreux
rapports de la Vérificatrice générale et/ou des observateurs indépendants qui
critiquaient sévèrement cette organisation-là, 13 ans d'existence,
l'organisation n'était toujours pas à maturité.
Le plan de transformation organisationnelle se terminait au 31 mars 2018,
c'est donc complété. Pourtant, dans le
rapport qui a été déposé, Services
partagés du Québec — Rapport indépendant sur l'application de la loi constitutive ,
25 septembre 2017 — pour qu'on sache à quel document je fais
référence, là — on lit
encore, et je suis mystifié de voir qu'on lit encore, en parlant des
objectifs de transformation : «[Certains] d'entre eux, [cependant,
n'avaient pas] établi d'objectifs précis
préalablement au démarrage [du projet], de façon générale, les résultats des
exercices réalisés ne sont pas soutenus
par des indicateurs démontrant l'ampleur des changements.» Quand on parle des
améliorations de gestion : «Dans
ce dernier cas, les travaux n'ont pas entraîné de changement majeur dans
l'approche de financement du CSPQ.»
Quand je vois
dans les indicateurs, encore une fois... Ayez des indicateurs, ayez des
échéanciers, ayez des façons d'évaluer
vos progrès. Ce n'est pas là, ça n'en fait pas partie. On recommande encore des
changements dans la structure de
gouvernance. J'ai l'impression qu'avec le CSPQ on vit toujours le jour de la
marmotte. Pendant ce temps-là, bien, on constate, là, les différents fiascos dont le CSPQ est le maître
d'oeuvre, Windows, RENIR, SAGIR, les différents processus d'acquisition.
Moi,
la question que j'ai pour le ministre, elle est très simple : Est-ce que
cette organisation-là jouit encore de votre confiance?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Poëti :
Écoutez, M. le Président, il est clair que cet exercice d'étude de crédits nous
permet d'échanger et nous permet
d'être capables d'expliquer les choses. Mais, si d'emblée... Le député de
La Peltrie s'est déjà exprimé publiquement sur son évaluation du CSPQ, il
l'a fait sévèrement et, à la limite, en cette Chambre. Je ne pourrais pas
répéter exactement les propos qu'il a
tenus sur la compétence du CSPQ. C'est clair que, d'emblée, on va comprendre
qu'il n'en a aucune confiance. Bien, voici l'occasion pour vous prouver
le contraire. Et les propos que vous avez tenus, en ce qui me concerne, sont inappropriés et ne sont pas acceptables, et je
trouve ça malheureux qu'à votre première question vous me posiez la question
si j'ai confiance dans le CSPQ. Bien, ma
réponse, c'est oui. Et, si votre solution à vous, c'est de mettre
1 800 personnes dehors
demain matin, en se disant : Bien, on a des gens bien meilleurs que ça qui
vont faire ça, moi, je pense que vous vous
trompez puis que vous rêvez. Et, de mieux connaître le CSPQ, je pense que cette
période-là va nous permettre de le faire.
Et je peux
juste vous dire clairement, à la lumière de l'ensemble des défis que ces
gens-là doivent faire jour après jour,
des économies qui ont été réalisées... Je peux comprendre que ce n'est pas de
la façon dont vous géreriez, mais, la façon
dont vous l'avez dit publiquement, et avec des termes peu élogieux, voire non
seulement critiques, mais inappropriés, moi, je vous dis que c'est injuste de faire cette déclaration-là, ce
procès d'intention et j'espère qu'aujourd'hui — et je vous dis constructivement — on va être capables de vous prouver le
contraire, parce que ce que vous dites, pour moi, est inexact. Et j'ai confiance dans ces gens-là, et
nous allons continuer à travailler ensemble, forts de ce qui a été réalisé et à
travers des difficultés que tous les organismes publics traversent, les
résultats où on est rendus actuellement, les gens qui y sont font le travail et
vont continuer de le faire.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
M. le député de La Peltrie.
Caire :
Bien, le ministre va me donner l'opportunité, à ce moment-là, de clarifier mes
propos. Il comprendra qu'il n'est pas
question de mettre 1 800 personnes dehors. D'ailleurs, je n'ai jamais
dit ça puis je ne l'ai jamais pensé.
Ceci étant,
oui, j'ai porté un regard extrêmement critique et sévère sur le CSPQ. Si je
changerais peut-être certains mots
que j'ai utilisés, je ne changerais pas le fond de mon commentaire. Vous avez
raison de dire que c'est une organisation à laquelle je n'ai pas confiance, et pour cause. Quand on lit les
différents rapports de la Vérificatrice générale, les rapports des vérificateurs externes... Vous dites que mes
propos ne sont pas élogieux, vous avez raison, mais vous devrez admettre
que les propos de ces vérifications-là ne sont pas élogieux non plus. Donc,
c'est quand même basé sur du concret.
Et mes
critiques ne s'adressent pas et ne s'adresseront jamais à la strate médiane de
gouvernance ou aux gens de la base,
parce que... puis je ne vous dirai pas qui, mais je connais de nombreuses
personnes qui travaillent au CSPQ, et dont
je sais qu'elles sont extrêmement compétentes, et dont je sais aussi qu'elles
sont profondément irritées de voir le chaos
total dans lequel ils doivent oeuvrer jour après jour, et à quel point ce
gaspillage de talent là est éhonté. Vous avez raison, il y a beaucoup de
talent au CSPQ, mais on le gaspille.
D'ailleurs,
allons-y de façon macro. Je vais y aller de ma façon macro avec le ministre. On
va aller sur des exemples concrets.
Il y a deux ans, on était aux études de crédits ici, M. Jean était, à ce
moment-là, P.D.G. du CSPQ, puis je l'ai interrogé sur le regroupement des CTI, une recommandation, je le
souligne, qui date de 2012 et qui, selon les rapports qui ont été remis à la présidente du Conseil du
trésor de l'époque, Mme Courchesne, aurait fait économiser au trésor public
100 millions par année. Ce n'est pas rien, ça, 100 millions
d'économies. 2012.
Donc, en
2016, alors quatre ans plus tard, j'ai posé la question où est-ce qu'on en
était, et le président du CSPQ de
l'époque, M. Jean, m'avait dit qu'au début de l'année suivante, donc
début 2017, on allait en appel d'offres. Ah! Excellent! Il avait reconfirmé ça lors d'une visite que j'avais
faite aux installations du CSPQ. L'année dernière, j'ai reposé la question au président du Conseil du
trésor, à savoir où est-ce qu'on en était dans les appels d'offres. Le
président du Conseil du trésor me
répond alors : «C'est qu'on est à l'élaboration d'un plan d'affaires.» Ah!
ça, d'après moi, ça vient avant les appels
d'offres, normalement, tu sais? Parce qu'on m'a dit, moi, dans un autre
dossier, que je mêlais les façons de faire.
Ça fait que,
là, on est à l'appel d'offres, on a régressé au plan d'affaires. Et là je me
fie au tableau de bord. Ça fait que
je dis : Bon, bien, le tableau de bord, ça nous indique de quelle façon
les projets avancent, et, sur le tableau de bord, Centre des services partagés, regroupement des
CTI, consolidation des contrats de traitement informatique, tout ça : à
l'étude. Ah! ça fait que, là, on est passés
d'appels d'offres à plan de travail, à à l'étude. Là, est-ce qu'il faut
comprendre qu'avant la fin du mandat
on va refaire une recommandation qu'il faudrait peut-être réfléchir à ça?
Comprenez-vous, là, qu'on s'en va à reculons, là? Comment vous pouvez
expliquer ça?
M. Poëti : Bien, écoutez...
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre.
M. Poëti :
Oui, M. le Président, et je vais prendre la balle au bond. À reculons, je pense
que c'est où est-ce que vous êtes,
là, actuellement, M. le député de La Peltrie. En fait, vous êtes à
reculons, en retard de trois ans parce que le regroupement des CTI a été
annoncé dans la stratégie en 2015. Vous avez raison, le CSPQ est à compléter le
modèle d'affaires qui
permettra de réduire de 120 à trois les centres de traitement informatique.
Nous, on n'en parle pas depuis en fin
de semaine, dans le site de la CAQ, là, on en parle depuis le début. Ça fait
trois ans qu'on est sur ça. Je suis un peu surpris de vous entendre me dire ça ce matin, la vérité, parce qu'il y a
des économies de plus de 100 millions qui vont découler de ça. Vous devriez être content qu'on
soit sur ça. Alors, là-dessus, je ne sais pas si j'entends mal la question,
mais ça fait trois ans qu'on est dessus, et on est là.
Quant
à l'appel d'offres de plan d'affaires, je vais laisser... vous allez avoir le
privilège de pouvoir entendre le responsable du CSPQ, qui vient
d'arriver, ceci étant dit, et qui, avec fierté, va pouvoir répondre à vos
questions.
Le Président (M.
Bernier) : En vous identifiant et en donnant votre titre, s'il vous
plaît.
M. Caron
(Jacques) : Bonjour. Jacques Caron, président du CSPQ.
Pour amener une
précision concernant la...
Le Président (M.
Bernier) : ...consentement pour que M. Caron puisse prendre...
Des voix :
Consentement.
Le Président (M.
Bernier) : Consentement. Merci. Allez-y, M. Caron.
M. Caron (Jacques) : Pour répondre rapidement et clairement à la question du député de
La Peltrie, c'est que l'appel
d'offres dont il parle, c'était l'appel d'offres pour réaliser le dossier
d'affaires. Donc, le dossier d'affaires initial a été approuvé en décembre 2017. On travaille actuellement sur la
finalisation du dossier d'affaires final, qui va être déposé avant l'été. Donc, subséquemment aux décisions du
gouvernement, bien, le projet va être enclenché, puis on vise, dans le
fond, une intégration de tous les CTI sur cinq ans.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, c'est parce que, là, j'écoute le
ministre me dire : Ah! on travaille là-dessus, on travaille... Mais c'est parce que c'est toujours ça. «Ah! on
travaille là-dessus, on travaille là-dessus.» O.K., mais les résultats
concrets, là? 2012, ça fait six ans,
ça fait six ans. Puis là ce qu'on me dit, c'est que ce qui était un appel
d'offres pour aller de l'avant avec le projet est devenu un appel d'offres pour
la réalisation du plan d'affaires, qui va nous amener vers un autre
appel d'offres à un moment donné. Alors, c'est toujours cette espèce de
politique de la truite limoneuse, qu'on n'est jamais vraiment capables de savoir exactement où est-ce qu'on s'en va, avec des
échéanciers clairs, des échéanciers précis et un résultat final, avec
une date de réalisation.
Alors,
M. le Président, moi, je veux bien, là, la réponse de M. Caron... Puis je
comprends que le ministre me dit : Il vient d'arriver, mais c'est parce qu'on se fait... Ça, c'est une
autre affaire qu'on se fait dire. Le président du CSPQ, là, il change à
chaque année. Ça fait que c'est toujours la même histoire : Bien, il vient
d'arriver, laissons-lui le temps de travailler. Oups! Il y en a un autre,
laissons-lui le temps de... Et, pendant ce temps-là, le travail ne se fait pas.
Cette organisation-là continue à se gouverner dans le chaos. Et là j'entends
des réponses comme j'entends là. Puis vous comprendrez ma déception, M. le
ministre, parce que c'est quelque chose de relativement simple à faire. C'est
plus complexe à réaliser, j'en suis conscient, mais c'est relativement simple à
faire. Ce sont des économies importantes.
recommandation est au Conseil du trésor depuis 2012, puis là ce que vous me
dites, là, en grande pompe, là, c'est
qu'on a fait un appel d'offres pour faire un plan d'affaires pour, six ans plus
tard, commencer à réfléchir à comment on
va mettre la recommandation de 2012 en marche. Puis ça, c'est supposé être des
résultats réjouissants? Moi, j'appelle ça du laxisme.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Poëti : Oui, bien, écoutez, on ne fera pas de la sémantique
parce que ça va être un peu long. Et, pour la sémantique, d'emblée... Puis je l'ai dit au début, puis j'ai été
constructif, je connais, et vous l'avez exprimée publiquement, votre opinion sur le CSPQ. Je ne peux pas penser
que vous allez nous féliciter ce matin. Mais en même temps il faut être réaliste, M. le député de La Peltrie. Vous
savez, construire un troisième lien en 12 mois, ça, vous pensez que c'est
possible, nous autres, non. Mais
c'est la même chose pour l'informatique, pour les TI. Si vous pensez que
l'ensemble du gouvernement, actuellement,
peut se revirer d'une journée à l'autre, mettre 1 800 personnes
dehors, installer de nouveaux ordinateurs, changer de logiciel, ne plus faire
affaire avec des grandes entreprises, aller à travers le monde pour avoir une
autre solution, la vérité, ce n'est pas ça. Ça, c'est rêver. C'est rêver
les yeux fermés, mais vraiment comme il faut.
M. le Président, je m'excuse, mais les propos qui sont tenus, disgracieux, face
au CSPQ ne sont pas acceptables. Et
on va répondre quand même au député de La Peltrie sur l'ensemble de ses
questionnements. Je vais laisser mon collègue pouvoir répondre à sa
question.
Le Président (M.
Bernier) : M. Caron.
M. Caron
(Jacques) : Est-ce que je dois me présenter?
Le Président (M. Bernier) : Non,
c'est correct, c'est déjà fait. On vous connaît.
Caron (Jacques) : Donc, pour
répondre, encore là, à votre question très clairement, juste pour vous donner
un topo, j'arrive des Infrastructures, j'étais, au Conseil du trésor,
responsable... secrétaire associé aux infrastructures publiques, puis la mécanique dans les TI, c'est la même chose :
dossier d'opportunités, dossier d'affaires. Donc, l'objectif du dossier d'affaires, qu'on va présenter avant
l'été... Puis ça va être une décision gouvernementale qui va nous donner
le go sur le dossier d'affaires. Et aussi il devrait y avoir une décision du
gouvernement sur le caractère obligatoire du transfert des activités dans nos
CTI.
Dans le fond,
l'objectif du dossier d'affaires, c'est très clair, c'est de finaliser les
coûts du projet pour pouvoir en
assurer un suivi convenable. Puis le deuxième objectif, c'est de fixer les
échéanciers. Donc, pour répondre à la question du député de La Peltrie, bien, dans le fond, le dossier d'affaires
va définir très clairement les échéanciers et les échéanciers, aussi, de transfert de chacun des 120 ministères,
en fonction de l'état de leurs infrastructures puis en fonction aussi de
leur capacité de transférer ces biens-là.
Le Président (M. Bernier) : M. le
député.
Caire :
Oui, merci, M. le Président. Non, je sais exactement à quoi sert un dossier
d'affaires, je veux rassurer M.
Caron. Ce que je dis, c'est que ça ne prend pas six ans à réaliser un dossier
d'affaires. Un troisième lien, ça ne
se bâtit pas en 12 mois, vous avez raison, puis un dossier
d'affaires, ça ne prend pas six ans à réaliser, ça aussi, je sais ça.
Mais je vais peut-être
aborder un autre dossier, à ce
moment-là. On a appris récemment que
le gouvernement du Québec a
dépensé 191 millions pour des licences Windows non utilisées, parce
que, dans certains ministères, on est encore sur des systèmes d'exploitation de 2000, 2003, ce qui nous
forçait, en plus, au total, là, à débourser 41 millions pour garder un
soutien technique qui, autrement, n'existerait plus, parce qu'on doit être à peu près
les seuls sur la planète à utiliser
encore un système d'exploitation aussi désuet. Comment on peut
expliquer qu'en 2018 on se sert de Windows 2000, Windows 2003
et qu'on a dépensé 230 quelques millions de dollars pour utiliser une technologie
totalement désuète? Comment on peut en arriver à un résultat aussi
questionnable — hein,
c'est plus parlementaire, ça — questionnable?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Poëti : ...M.
le député de La Peltrie, c'est parlementaire, sur le «questionnable». M. le Président, c'est sûr que... Vous savez,
si on donne une
partie de l'information, hein, c'est dramatique de penser que le gouvernement fonctionne évidemment sur Windows 2000, là, puis ce serait
inquiétant. Mais la réponse, pour le
député de La Peltrie, c'est que ce qu'il n'a pas
dit, c'est que 90 % du parc informatique a migré vers des secteurs Windows
plus récents que 2000, 2003. 90 %.
S'il avait toujours eu ça dans ses notes à l'école, puis moi aussi,
je pense que nos parents auraient été bien contents. Mais à 90 % qui est migré, là... On peut
parler du 10 %, puis on va le faire, M. le député... Non, non, mais
je comprends, là, mais là, si ça
avait été l'inverse, je pense que la question, elle a un impact pas mal différent, là. Donc, il y a
des raisons pour lesquelles il reste un pourcentage.
Il faut se rappeler aussi que la loi n° 135...
Poëti : On va vous
les donner. Et évidemment ce que j'ai fait — la loi n° 135 est arrivée, et c'est dans la loi — c'est
de demander au directeur de l'information... dirigeant...
M. Poëti : C'est ça, alors...
lui.
Des voix : Ha, ha, ha!
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Poëti : Je le sais, c'était une blague, parce que je me
fais rire à l'occasion, quand je dérape, je me fais rire, ça me replace.
Mais, en
fait, c'est que sa responsabilité, c'est nous donner un portrait réel chaque année.
Je me souviens d'un certain temps, on disait : Oui, mais on ne sait
pas qu'est-ce qu'on a, au gouvernement, on ne sait pas qu'est-ce qu'on utilise. Alors, c'est dans la loi, ce n'est même
plus une option, là, de savoir qu'est-ce qu'on a, de quelle façon... C'est pour
ça que je peux vous dire aujourd'hui : À 90 % ce n'est pas ce que
vous dites.
Mais, oui, il y a
un 10 % qui est là, et, à partir de là, il y a des raisons pour
lesquelles ils sont là, et M. Caron va vous les expliquer.
Le Président (M. Bernier) :
Bien, on va demander à M. Boivin.
M. Poëti : Oui? Parfait.
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Poëti :
M. Boivin, sautez ici.
M. Boivin
(Benoit) : Merci beaucoup. La question, ici, c'est une question, encore une fois, comme je disais tout
à l'heure... que le député pose, c'est une question que toutes les
grandes organisations se posent, parce qu'on est devant un défi, hein? Nos organisations qui fonctionnent
sur les technologies, comme il a été mentionné tout à l'heure, s'appuient sur des systèmes d'exploitation, sur des postes de
travail et sur des serveurs. La question, ici, s'adresse au système d'exploitation sur des serveurs. Alors, on a fait
récemment, encore une fois, l'inventaire des principales organisations qui ont beaucoup de serveurs, le CSPQ bien sûr,
mais la CNESST, Revenu Québec, Retraite
Québec, la Société de l'assurance automobile, alors...
Le Président (M. Bernier) :
...30 secondes, si vous voulez ... je vais laisser répondre, cependant...
Caire :
Non, mais je veux juste une précision. «Récemment», ce qui veut dire que vous
ne l'aviez pas, cet inventaire-là.
M. Boivin
(Benoit) : Je n'ai peut-être
pas bien répondu, on l'a mis à jour récemment. On l'a mis à jour récemment.
M. Poëti : ...dans la loi,
maintenant.
M. Boivin
(Benoit) :
44 000 serveurs qu'on a recensés. De ces 44 000 serveurs là,
73 % sont dans des serveurs Windows,
plusieurs serveurs Windows. La question qui est mentionnée, c'est les
versions 2003, alors on parle ici d'un certain nombre de serveurs en version 2003, pour lesquels il y a
parfois du support personnalisé, et parfois ce n'est pas nécessaire. Alors, quand on mentionne qu'on achète
des licences inutiles, on ne peut pas... on achète des licences Windows
en fonction des versions qui sont opérationnalisées dans les ministères puis
les organismes.
Et on s'est
comparés, il y a, encore une fois, une organisation qui a comparé, parce que c'est un enjeu que toutes les organisations ont,
nous sommes, comme toutes les organisations, à peu près à 10 % des
serveurs Windows 2003. C'est planétaire.
Et tout le monde a le même enjeu : migrer une version de Windows 2003
à 2008 ou plus tard nécessite des coûts
importants. Il faut adapter les
applications. Alors, il y a toujours un choix d'opportunités : on décide
de payer une licence d'entretien ou on décide de faire une grande
migration d'applications.
Le Président (M. Bernier) : Merci,
M. Boivin. Nous allons aller du côté ministériel avec M. le député de
Vanier-Les Rivières. Allez-y.
M. Huot : Oui, s'il vous plaît.
Merci, M. le Président. Je voulais compléter. J'avais commencé à étudier la stratégie TI, qu'on a présentée par axes. J'avais
couvert le premier axe seulement, je pense, sur la question de la gouvernance. On va peut-être revenir sur les
questions des CTI rapidement, mais prenons... allons-y étape par étape. Je
voulais qu'on revienne un peu sur la
main-d'oeuvre, parce que c'est un enjeu dont on entend parler beaucoup, la
question de l'expertise interne, la question de l'internalisation des
ressources au gouvernement du Québec.
On a été très
clairs, dans la stratégie TI, qu'on voulait renforcer l'expertise interne au
gouvernement du Québec. Il y a le
portrait, le troisième portrait des TI de la fonction publique qui a été déposé
il y a quelques jours à peine, et on voit une augmentation de
l'expertise interne. Donc, je vais avoir quelques questions évidemment avec le
ministre, mais peut-être aussi directement
avec M. Boivin, évidemment encore une fois avec la permission du ministre.
Parce qu'on voit une évolution, dans
les dernières années, des effectifs internes, qui ont quand même augmenté. On
est maintenant, en termes de ressources...
je le mentionnais dans ma première intervention, on est à
8 482 personnes internes et externes réparties dans 39 spécialités, quatre catégories
d'emploi, au gouvernement. Donc, on est maintenant à 73 % de ressources
internes. Donc, c'est quand même une augmentation significative dans les
dernières années.
Évidemment,
on a encore besoin de ressources externes. On ne peut pas avoir toutes les
spécialités pointues dans chacun des ministères, des organismes. On donnait
l'exemple tout à l'heure d'un contrat qui a été donné à LGS IBM à la
Société d'assurance automobile.
Donc, je sais
qu'il y a eu, par le passé, des processus d'embauche assez massifs qui ont été
faits, des appels de candidatures où est-ce que des gens de grande
expérience ont soumis leur candidature. On avait le débat encore il y a quelques années : Est-ce que le gouvernement
est assez attractif pour aller chercher des ressources spécialisées en
informatique? Mais visiblement oui, parce qu'il y a eu plusieurs
milliers de candidatures qui ont été soumises au gouvernement, avec en grande majorité des gens de 10 ans
d'expérience et plus.
Donc, on
poursuit l'embauche, le renforcement de l'expertise interne. Il y a eu, comme
je disais, des processus d'embauche,
à ma connaissance, deux fois, deux fois qu'on a pu procéder à des embauches.
Mais, quand on regarde... et ça sera
peut-être un complément d'information qui pourrait nous être donné, parce que,
quand on regarde le portrait des
ressources, au tableau 5 de la page 5 du portrait des TI, on voit
encore qu'il y a beaucoup de postes vacants en TI, qu'ils soient... On les classe par spécialités,
là. On dit tant au niveau interne qu'externe. Mais on est à, quand même, 876,
le chiffre qui est présenté, c'est 876, le nombre de postes vacants. Donc, je
veux savoir un peu le bilan qu'on fait des deux
processus d'embauche qu'il y a eu. Et, si on regarde ce chiffre-là, bien, ça
veut dire qu'on doit continuer à combler des postes, on doit continuer à aller chercher de l'expertise interne.
Est-ce qu'on veut monter à 80 %? Est-ce qu'on a des objectifs en termes d'utilisation des ressources
sur la prochaine année, sur le plus long terme? Donc, j'aimerais entendre
le ministre en premier lieu, puis peut-être M. Boivin par la suite.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
M. Poëti : ...M. le député.
En fait, c'est intéressant que vous souleviez la problématique de la
main-d'oeuvre, actuellement. C'est un défi
dans tous les domaines, évidemment, la recherche de la main-d'oeuvre. Et le
Regroupement des partenaires du
gouvernement en TI nous ont rencontrés il y a quelques mois en nous disant
poliment d'arrêter d'engager leurs
employés. Parce qu'ils ont dit : On est après en manquer, vous prenez nos
gens pour les emmener au gouvernement. Donc,
reproche, ou, en fait, constat que la VG nous avait fait il y avait déjà fort
longtemps, c'est-à-dire de ne pas en avoir assez.
Ce qu'elle disait : Gérer plus efficacement
les talents, l'axe 2 dans notre stratégie, très clair, elle répond à un diagnostic qu'on a posé dès le début. Quand on dit
qu'on ne fait rien depuis six ans, là, c'est faux. Et puis, les préoccupations
de la VG, on les partageait. Ça fait qu'en
fait «le recours important aux ressources externes est encore présent dans les
ministères et organismes — c'est ce qu'elle disait — [puis] de façon récurrente et sur de longues périodes. [...]Les ressources
externes ont une influence omniprésente, ce
qui peut avoir un effet sur la concurrence et expose les entités aux risques
de collusion et de corruption.»
Ce que je
dois vous dire, c'est que je ne suis pas gêné de répéter les préoccupations de la VG parce que, je le répète encore, on les partageait à bien des égards. Et c'est pour ça que, rapidement,
on a voulu rétablir la situation, et c'était dans nos jalons de la stratégie annoncée en juin 2015. Qu'est-ce que
juin 2015, aujourd'hui, a fait? Bien, c'est assez clair, et là on l'a dit tantôt... Parce que, si nous,
on dit : On va vous donner des chiffres, puis on pense qu'ils sont bons...
On revient encore à Gartner, la
proportion des coûts pour les ressources internes, de 39 % à 44 %, donc la proportion de la fonction publique du Québec, 46 %, est plus grande,
c'est un résultat positif — ce n'est pas moi qui le dis, je le répète, selon Gartner; l'internalisation des postes, octrois de poste, 945
au 31 mars 2018; nominations, 1 251 au 31 mars 2018,
dont 1 057 conseillers en TI, dont plus de 60 %... et là
je vais me répéter doucement, dont plus de 60 % ont plus de 10 ans d'expérience. Des gens incompétents? Plus de
10 ans d'expérience. On a quand même été chercher des gens dans des
entreprises dans le privé, qui sont venus à l'intérieur du gouvernement, qui
font
partie de nos équipes, qui viennent valoriser
la compétence. 194 techniciens en informatique, économie réalisée par
l'internalisation des postes, c'est 33,2 millions
à terme, au 31 mars 2020. On veut faire des économies de
750 000, 33 millions, qui est projeté en 2020. Là, je suis
obligé de vous dire que, si on n'a pas bougé depuis six ans, là, il y a
quelqu'un qui a manqué le train.
Pour des
explications détaillées concernant la méthodologie, on a un document qui l'explique.
Je veux juste vous dire, M. le
Président : On ne s'est pas juste contenté de l'écrire dans les politiques
puis les stratégies, on l'a fait. Est-ce que c'est fini? La réponse,
c'est non, mais on l'a fait, on le fait et on va continuer à le faire.
Et on se fait
reprocher par le privé d'engager leurs gens, là. Il y a comme une balance qu'il
faut replacer dans la compréhension d'où va le gouvernement face aux
recommandations de la VG, face à nos propres analyses puis notre introspection. Puis, oui, les gens changent parce
que, dans tous les ministères, dans le privé, dans le monde, bien oui, les
cadres changent, les gens peuvent changer
dans les postes de commande. Mais la force d'un poste de commande, d'une
personne qui est assise, c'est la force de
son équipe, et l'équipe est là, elle est permanente, puis elle continue, puis
elle va continuer. Je vais laisser mon collègue finir la réponse.
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Huot : Oui, entre autres sur la
question des postes vacants...
Le Président (M. Bernier) :
Oui, M. le député.
M. Huot : ...donc il y aura encore
des processus d'embauche, si je comprends bien.
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Benoit) : Bien, le
processus d'embauche est en continu. Et le nombre de postes vacants, pour
répondre à votre question,
l'octroi des effectifs, plusieurs... en fait, un gros pourcentage, en fait, des
postes octroyés, 336 l'ont été dans le cadre
des quatre derniers mois. Alors, les processus d'embauche que le gouvernement a, à toutes les étapes, bien, c'est normal qu'on ait encore un
certain nombre de postes vacants.
Bonne
nouvelle, on a créé des grandes banques de candidatures avec deux grands
concours, il y a plus de 2 000 candidats
dans les banques. Et, comme le disait le
ministre, notre taux de réussite est plutôt élevé, on a engagé plus de
1 000 personnes. Donc, c'est des gens qui n'étaient pas dans
la fonction publique, qui étaient des gens compétents en technologies de l'information, plusieurs avec beaucoup
d'expérience, qui sont maintenant des travailleurs de l'État. Donc, on a un
impact significatif.
Le Président (M. Bernier) :
Oui, M. le ministre.
M. Poëti : Puis, pour
compléter, si vous permettez, M. le Président, notre politique, là, de gestion
sur la main-d'oeuvre, il faut mettre les bonnes personnes aux bonnes places. Écoutez,
est-ce qu'on peut, parce que les crédits s'en viennent, ne pas diffuser de l'information sur ce qu'on
fait? Non. Puis est-ce que ça s'est terminé cette semaine puis qu'on l'a placé public cette semaine? Oui. Est-ce
que c'est serré, peut-être que les oppositions ont eu le temps de l'avoir?
Oui, j'en conviens, mais l'étude des crédits est une étape dans nos discussions de notre partenariat puis l'échange
qu'on a.
Mais
cette politique de gestion de la main-d'oeuvre, elle s'assure principalement, et je reprends les mots du député de La Peltrie, que «les
bonnes personnes occupent les bonnes fonctions partout dans la fonction
publique». Puis elle est là, elle est publique, je vous invite à la
regarder, à l'analyser puis à la commenter.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Vanier-Les Rivières.
Huot : Oui, merci. Merci, M. le Président. Le temps file, j'aimerais
ça qu'on réussisse à passer à travers les quatre axes de la stratégie
TI. Si on passe à la question des meilleures pratiques, on a vu... on a parlé
tantôt aussi, évidemment, du regroupement des CTI, ça fait qu'on peut dire que
ça fait
partie des meilleures pratiques, on nous a démontré que le travail se
fait.
Mais je vais juste rappeler, en clin d'oeil au député de
La Peltrie, qu'on se rappelle qu'il a dit : Dans un
premier mandat éventuel caquiste... comme dit le premier ministre, Dieu nous en garde,
mais qu'il y aurait... les premiers boulons seraient vissés sur le troisième lien dans un premier mandat. Mais ce
n'est pas si simple que ça, M. le Président, d'aller de l'avant. On y croit, à un troisième lien, mais
il y a des étapes à suivre, et c'est ce que M. Caron expliquait tantôt aussi.
Donc,
évidemment, si je reviens sur les questions des meilleures pratiques, il y a eu
un courtier en infonuagique, on a, ça
a été mentionné par le ministre aussi, la question d'un travail qui se fait sur
l'authentification unique, regroupement des CTI, j'en parle. Donc, il y a une série de choses. On avait aussi la
question d'un pôle d'expertise, on faisait des... on a mis un cadre de référence pour les services
obligatoires. Donc, peut-être un bilan des meilleures pratiques, de cet axe-là,
de l'axe 3. Sur la question des meilleures pratiques, il y a beaucoup de
choses qui ont été faites, il en reste à faire. Où est-ce qu'on s'en va dans la prochaine année avec... disons, pour faire
le bilan complet de notre stratégie TI en termes de meilleures
pratiques?
Le Président (M. Bernier) : Merci.
M. Boivin.
M. Boivin
(Benoit) : Alors, les
mesures concernées, là, par adopter les meilleures pratiques, je vais y aller
avec la première, la mesure 16 : «Déposer un cadre de référence concernant
les services obligatoires.» Alors, c'est fait déjà depuis un certain temps. C'est même un document
qui est public, hein, c'est un
document qui est public, qui est accessible sur le site du Secrétariat du
Conseil du trésor, qui a été rendu
public en juillet 2016. Ce cadre-là détermine les critères d'analyse lorsqu'on voudra rendre un service technologique obligatoire, l'idée étant d'avoir une stabilité dans l'analyse des choses, et les argumentaires basés, oui, sur
les éléments de bénéfices, mais aussi sur les éléments de risque. Alors,
ce cadre-là permet ça.
M. Huot : Donc, d'éventuellement
faire affaire avec un centre de traitement identifié?
M. Boivin
(Benoit) : Exactement,
exactement. L'autre élément aussi que la stratégie
proposait, c'est la mesure 17, c'est :
«Encourager le recours à l'infonuagique.» Alors, l'infonuagique, qui est une
tendance lourde, sera positionnée dans le
contexte, là, de l'écriture en 2015, le gouvernement du Québec faisait
un début d'amorce d'utilisation d'infonuagique dans un contexte qui manquait un
peu de balisage. Alors, beaucoup de définitions ont été établies, un certain
nombre de guides sur l'usage de
l'infonuagique a été établi, et tout un cadre réglementaire d'acquisition a été
mis de l'avant. Ça a mené,
entre autres, à la création du courtier en infonuagique, parce qu'acheter des solutions infonuagiques, ça
ne s'achète pas comme faire un appel d'offres public, c'est très, très
différent.
Huot : Soyons clairs. Sur cette question-là, on parlait juste avant de
services obligatoires. L'infonuagique est un service qui n'est pas
nécessairement un service obligatoire.
M. Boivin (Benoit) : Qui n'est pas
nécessairement un service obligatoire. Mais je constate, et ça a été une orientation qu'on a donnée... On souhaitait un
usage important, parce que les coûts sont parfois très avantageux. L'exemple,
c'est le courriel. Alors, le courtier en
infonuagique a qualifié plusieurs solutions de courriel en infonuagique, avec
tout un processus très, très, très
conforme, basé sur la réglementation, et plusieurs solutions ont été établies,
puis aujourd'hui il y a plus de
250 000 boîtes de courriel de l'État qui sont soit en infonuagique ou
en voie de l'être, donc une très, très
grande adhésion...
M. Huot : Ça représente quelle
proportion de...
M. Boivin (Benoit) : À peu près la
moitié.
M. Huot : À peu près la moitié.
M. Boivin (Benoit) : À peu près la
moitié. Et récemment, puis peut-être que le Centre de services partagés
pourrait en parler plus en détail plus tard, toutes des nouvelles solutions ont
été aussi ajoutées au catalogue, toutes les solutions
du domaine de la bureautique et de la collaboration, qui font maintenant
partie du
catalogue. Tout ça, pour résumer, c'est que l'usage de l'infonuagique
est de plus en plus étendu, bien encadré dans l'appareil public. Autre... Oui?
M. Huot : Des TI que le personnel de
la fonction publique s'est bien appropriées...
Boivin (Benoit) : Tout à fait.
Huot : ...parce que
c'était une nouvelle expertise à bâtir. Donc, on peut dire que l'expertise
interne... On n'a pas nécessairement toujours besoin d'aller à l'externe pour cette expertise-là
infonuagique, on a commencé à bâtir une expertise interne.
M. Boivin (Benoit) : Merci pour la question, ça me permet de dire : Il y a
un centre d'expertise en infonuagique qui
existe, qui conseille les ministères puis les organismes dans les choix de solutions,
parce qu'il y a plusieurs solutions en infonuagique, et, une fois que le choix est fait, le ministère
procède aux travaux de conversion,
c'est une conversion qu'il fait à ce moment-là, et l'exécution, hein, l'exécution peut parfois être accompagnée de
services externes, mais les orientations puis les choix stratégiques... on parlait tout à l'heure d'octroi d'effectifs,
les octrois d'effectifs sont beaucoup sur
les gens qui donnent les orientations, qui gèrent les projets, qui gèrent les
aspects de sécurité, et, l'exécution, bien, parfois, étant donné que c'est une exécution qui nécessite une charge de
travail temporaire, on l'exécute avec des ressources externes.
M. Huot :
Combien de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Bernier) : 1 min 20 s.
Huot : Un court mot peut-être sur l'authentifiant unique. Il y a des
travaux importants qui se font là-dessus. Ça fait
partie
évidemment des meilleures pratiques. Ça a été mentionné en introduction par le
ministre. J'aurais voulu qu'on parle
aussi de rapprocher l'État des citoyens. Il y aura des annonces prochainement.
Le ministre en a parlé aussi, mais peut-être un court mot sur la
question de l'authentifiant unique.
M. Boivin (Benoit) : Rapidement. C'était la mesure 29 de la stratégie, qui
disait : Pour faciliter l'accès aux services en ligne de l'État, et il y en a déjà un certain
nombre, bien, ça prend une clé pour y accéder, ça prend un code d'accès,
mot de passe. Le code d'accès, mot de passe,
l'orientation, c'est que ce soit un code d'accès, mot de passe que le citoyen
utilise régulièrement. Alors, l'orientation qui a été donnée, c'est de
remplacer la solution actuelle, qui est très, très conforme, très sécuritaire, mais qui a été bâtie il y a plus de
12 ans maintenant, nécessite une mise à niveau. Et on sait... on a pris
des orientations qui sont des orientations canadiennes. Le Canada, les autres
provinces, on a une certaine... on se
parle beaucoup, on partage des orientations, et il a été décidé qu'au Canada la
pièce code d'accès, mot de passe qui sera utilisée sera celle de
l'institution financière avec laquelle on est client. Code d'accès, mot de
passe, uniquement. L'information des institutions financières va demeurer...
M. Huot :
Et c'est commencé avec Revenu Québec d'ailleurs...
M. Boivin (Benoit) : ...et c'est déjà commencé avec Revenu Québec, l'idée étant de le rendre
à l'ensemble de l'appareil public.
Le Président (M.
Bernier) : Merci.
M. Huot :
Parfait. Il me reste-tu quelques secondes? Non.
Le Président (M.
Bernier) : Non, c'est terminé. Merci. Nous allons aller du côté de
l'opposition officielle. Mme la députée de Chicoutimi, la parole est à vous.
Jean : Merci, M. le Président. Lorsqu'on parle de contrats, quels
qu'ils soient, souvent, dans les contrats en ressources informationnelles, on va référer au plus bas prix, et il y
a des conditions dans lesquelles il faut considérer, c'est-à-dire les délais de livraison, les coûts
finaux auxquels on va arriver, les conditions attendues, la qualité du projet
qu'on veut avoir. Ma question au ministre, que j'aurais, c'est que j'aimerais
savoir si, dans les contrats en ressources informationnelles, en technologies de l'information, le ministre peut nous
rassurer qu'il y a des clauses incluses, dans chacun des contrats, qui
impliquent des pénalités au cas où le fournisseur ne livrerait pas le produit
dans les délais prescrits, dans les coûts prescrits, dans les conditions
entendues, de la qualité qui a été entendue. Est-ce qu'on s'assure dans les
contrats qu'advenant que le fournisseur ne fournit pas ces conditions-là il y a
des pénalités qui en découlent?
M. Poëti :
...en fait, votre question semble avoir...
Le Président (M.
Bernier) : ...
M. Poëti :
Merci, M. le Président. Votre question semble avoir deux volets, en fait. Mais
vous parlez des pénalités, donc je vais
laisser... parce qu'on parle du plus bas soumissionnaire également, vous l'avez
soulevé dans un premier temps, mais,
dans le deuxième volet, qui semble vous préoccuper davantage, étant les
pénalités si les règles ne sont pas suivies...
Le Président (M. Bernier) : Oui, Mme
la députée, vous devez préciser.
Mme Jean : Oui. En fait,
oui, je suis d'accord avec votre lecture. J'aimerais aussi être rassurée sur le
fait de... est-ce qu'on considère le plus bas prix comme étant le seul
critère pour choisir un fournisseur. Donc, il y a deux volets à la question.
Poëti : Oui, bien, c'est ce que j'avais saisi. On va répondre à
vos deux volets. Je vais laisser Mme Arav vous répondre à la question
directement sur la
partie des contrats, mais aussi sur la façon dont les
contrats sont évalués, et non seulement
juste sur le bas prix, le plus bas prix. Il y a actuellement des choses qui se
font, actuellement, à ce niveau-là.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. En vous identifiant, avec votre responsabilité. Oui,
allez-y.
Mme Arav
(Carole) : Carole Arav, secrétaire associée aux marchés publics, au
Secrétariat du trésor.
Président (M. Bernier) : Consentement pour que Mme Arav prenne la
parole? Consentement. Allez-y, Mme Arav.
Mme Arav
(Carole) : Alors, sur le premier volet de votre question, on parle du
plus bas prix, vous savez qu'il y a deux
modes d'adjudication plus importants : le plus bas prix, mais le plus bas
prix ajusté. Et, quand on parle du plus
bas prix, il y a deux façons de le calculer. C'est vraiment le plus bas prix,
point, qui répond aux techniques, mais aussi une qualité minimum avec le plus bas prix par la suite. Alors, quand on
regarde strictement au niveau des technologies de l'information, dans l'année dernière, 2016-2017, c'est seulement
24 % des contrats qui ont été octroyés sur le plus bas prix. Les
autres contrats ont été octroyés sur un mode soit qualité minimum-prix pour une
petite portion... un petit pourcentage,
autour de 5 %, et le reste, près de 60 %, a été octroyé aux
qualités-prix. Donc, le plus bas prix n'est pas la norme en matière d'acquisitions technologiques.
Là, c'est vraiment comme une exception dans des choses très précises que l'on connaît, donc. Parce que le plus bas prix
est là et il est intéressant à garder. Parce que tout ne nécessite pas un
comité de sélection pour évaluer la qualité, là. Il y a des choses qu'on...
Juste la fiche technique est suffisante.
Le Président (M.
Bernier) : Très bien.
Arav (Carole) : Pour le deuxième volet, par contre, de votre question,
sur la question des pénalités, effectivement, nous avons des gabarits en technologies de l'information, nous avons un
outil qui permet aux organismes publics de rédiger leurs appels d'offres directement, on l'appelle le
REDAO, directement dans cet outil-là. Et, dans cet outil-là, il y des clauses
de pénalité qui sont prévues. Non seulement
c'est prévu dans l'outil, mais on a sorti aussi, en 2016, des balises, des
balises qui sont les bonnes
pratiques, que l'on a diffusées auprès de tous les organismes publics, donc
près de 300 organismes publics
quand on tient compte des deux réseaux, de la santé et de l'éducation. Et, dans
ces balises-là, on avait aussi les critères qui disaient que, dans
certaines situations, il est bon d'avoir des pénalités, donc quand on n'a pas
les bonnes ressources, quand il y a des
retards, etc. Alors, c'est déjà indiqué là et c'est publicisé que c'est quelque
chose qu'on prévoit et qui devrait être dans les contrats des organismes
publics.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée de Chicoutimi.
Poëti : M. le Président, pour compléter la réponse de Mme
Arav... D'ailleurs, je suis bien content, sur le premier volet... Et je
vais le dire peut-être un peu moins rapidement, la croyance populaire qu'on
prend toujours le plus bas soumissionnaire
et qui nous est reproché sur une base fréquente, disant : Bien, vous
achetez du bon marché et finalement, au
bout de la ligne, vous n'êtes pas gagnants, ça, j'entends ça à chaque jour que
Dieu fait. Dans le domaine des TI, elle l'a souligné, je veux le redire,
24 % seulement de la valeur des contrats est adjugée au soumissionnaire
selon le mode prix le plus bas. Alors, on est à 76 % qui ne sont
pas le prix le plus bas.
Alors,
moi, je pense que ceci est un changement important lorsqu'on parle
d'orientation, de culture, de façon de faire.
Et, dans certains cas, si on achète un fil avec les mêmes conditions, les mêmes
capacités, exactement la même chose, dans
certains cas, bien sûr, et dans plus de... Il y a 24 % des cas qu'on a
utilisé ce concept-là, qui s'applique toujours dans certains cas, mais dans d'autres, non. Puis, dans
ce cas-ci, en TI, ça doit vous rassurer, plus de 76 % ne l'est pas, au
plus bas prix du...
Le Président (M.
Bernier) : Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Oui. Merci, ça me rassure. Dans le fond, lorsqu'on parle de
produit tablette, à ce moment-là on demande le plus bas soumissionnaire, et, lorsque ça demande du travail de
conception, du travail à valeur supplémentaire, on inclut des critères supplémentaires pour s'assurer que ce
ne soit pas nécessairement le prix qui soit le seul critère mais que la qualité des ressources qui vont être investies,
l'assurance d'arriver dans les délais soient dans la considération de l'octroi
du fameux contrat.
Poëti : Oui. Et là on pourrait le rêver en disant :
Évidemment, un jour, ça serait bien de pouvoir avoir 75 %. Mais ça,
c'est les chiffres aujourd'hui, alors, depuis six ans, on a avancé à bien des
égards.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée.
Jean : Merci. Si on revient au niveau des pénalités, je sais que, dans
l'année 2017-2018, sur les milliards de dollars donnés en contrats, ou le milliard... je pense que c'est
2 point quelques milliards ou 1 point quelque milliard de dollars qui est donné en contrats, et des
nombreux dépassements de coûts, parce qu'on en entend parler, il y a souvent
des dépassements de coûts, le Centre de
services partagés a chargé — en tout cas, à notre connaissance, puis
j'aimerais être rassurée — seulement deux pénalités, donc à deux
reprises seulement il y a eu l'utilisation de pénalités vis-à-vis les contrats qui ont été donnés, c'est ce que j'ai
comme information : une pénalité de 4 000 $ sur un contrat de
470 000 $ en fournitures de
mobilier et une pénalité de 23 000 $ sur un contrat de
532 000 $. Ma question est : J'aimerais savoir si le ministre trouve ça normal qu'avec tous les
dépassements de coûts qu'on connaît, et les retards, les fiascos en ressources
informationnelles, seulement deux entreprises aient reçu des pénalités. Ou
est-ce qu'il y en a plus? Qu'on me rassure qu'il y en a eu plus que ça.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le ministre.
M. Poëti :
Bien, écoutez, je vais laisser le nouveau directeur vous répondre, mais je veux
quand même vous dire que, sur une base régulière, on dépense toujours moins que
ce qu'on planifie. Et ça, ce n'est pas l'objet de votre question, mais
ça me tentait de vous le dire pareil.
M. Poëti :
Non, non, mais parce que c'est l'inverse de votre question, c'est un peu comme
tantôt, sur les plus bas soumissionnaires,
peut-être que vous avez été surprise d'entendre ce chiffre-là, mais c'est intéressant,
parce que ça nous permet de pouvoir
l'échanger. Mais, dans tous les cas, on dépense moins que ce qu'on planifie,
alors je pense que c'est important de le souligner.
Le Président (M. Bernier) :
M. Caron.
M. Poëti : Pour le volet des exemples
précis qui sont plus micros, on va...
Le Président (M. Bernier) :
M. Caron.
M. Caron
(Jacques) : Bonjour. Donc,
pour répondre à vos deux questions, il y a effectivement juste deux cas où
il a été soulevé des pénalités. Puis, quand
on parle de dépassements de coûts, des dépassements de coûts, on n'en a pas en
inventaire actuellement, dans nos projets.
Puis il y a des avenants, souvent, dans des projets, qui permettent de
prolonger un contrat, il y a des
avenants de divers types. Mais, dans le fond, vous avez bien ciblé, il y a eu
des montants de 3 900 $ et 23 000 $. C'est tout ce
qu'on a relevé dans nos livres.
Le Président (M. Bernier) : Merci,
M. Caron. Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Donc, j'aimerais juste être rassurée. On me dit qu'il y a des
conditions spéciales, vraiment, on s'assure que les conditions soient mises dans les contrats pour assurer la réalisation des contrats, il y a
des pénalités d'associées. Il y a eu deux pénalités sur l'ensemble des
contrats dans une année, et ça veut dire que tous les contrats, selon les gestionnaires, ont bien été et ne méritaient pas
d'avoir des pénalités. Donc, il y a deux choses : ou bien les contrats étaient
parfaits ou bien la clause de pénalité n'a pas été utilisée.
Le Président (M. Bernier) : M.
Caron.
M. Poëti : Mais je vais aussi le laisser répondre, mais je ne peux pas m'empêcher
de vous dire que vous faites une
présomption, alors soit que tout a été parfait ou soit... Mais nous, on
applique ce qu'il y a en place là
puis on suit les règles. D'emblée,
là, ce n'est pas parce qu'on a décidé de ne pas les appliquer, là. Je vais vous
dire ça. À moins que vous avez des
exemples concrets de dire : Vous n'avez pas appliqué ça. Mais on ne fait
pas ça. On suit les règles. C'est ça qu'on doit faire.
Le Président (M. Bernier) :
M. Caron.
M. Caron
(Jacques) : Pour rajouter
sur le sujet, je peux vous mentionner que, pour les contrats donnés par le CSPQ
pour le CSPQ, bien, il y a une équipe qui est mandatée pour faire le suivi des
contrats. Donc, il y a une exécution précise des contrats en fonction,
dans le fond, de règles très précises.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. Caron. Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Parfait. Merci. Un autre ordre d'idées, il y a un projet majeur
qui est sur la table actuellement à la Société
de l'assurance automobile du Québec, qui s'appelle le Carrefour des services
d'affaires, le CASA, communément appelé,
un projet évalué à 458 millions de dollars. Première question,
rapidement : J'aimerais savoir sur quelle base a été évalué le
458 000 $ prévu à ce projet, la méthodologie pour l'évaluer.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
M. Poëti : Écoutez, en fait,
vous comprenez que ces crédits-ci ne sont pas ceux de la Société de l'assurance
automobile du Québec, qui devraient se
retrouver évidemment avec le ministère des Transports, parce que l'organisme
dépend du ministère des Transports. Ce n'est pas que je ne veux pas y répondre
dans le détail, parce que, dans le détail, c'est eux qui le font. Mais si, comme moi, vous aviez entendu ou vous
auriez entendu la réponse de la présidente-directrice générale, Mme Nathalie Tremblay, la réponse a été
claire, a été bien expliquée, et ça, c'est une nouvelle qui a duré une journée, parce que, quand elle a expliqué
exactement les processus qu'ils ont utilisés... Et j'ai travaillé avec les gens
de la Société de l'assurance
automobile du Québec lorsque j'étais au ministère des Transports, et la
confiance que j'ai, sur le plan professionnel et administratif, est
excellente.
Mais je veux quand même vous rassurer, une chose
est certaine, le projet CASA va être soumis aux mêmes obligations de reddition de comptes envers le Secrétariat du Conseil du
trésor. Ils ne sont pas libres de faire ce qu'ils veulent. Et tous les
suivis vont s'appliquer également à la Société de l'assurance automobile du
Québec. Et Mme Tremblay a expliqué publiquement les actions qu'ils ont prises
dans ce domaine-là.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Oui, merci. Je comprends que c'est le ministère des Transports,
mais il reste qu'on parle d'un projet en
ressources informationnelles. Donc, vos informations sont importantes pour
nous... les informations du ministre sont importantes pour nous.
Je voulais
quand même soulever d'autres choses, par rapport à ce projet, qui sont
inquiétantes. Il y a des observateurs internes qui sont inquiets quant à
ce que ce mégaprojet puisse se compléter finalement par une explosion de coûts
et de délais. Les inquiétudes sont réelles, elles sont là. Par exemple, en
sous-traitance, il y a des éléments qui posent des questions en sous-traitance. Il semblerait que la sous-traitance d'une
importante
partie du projet va être faite en Inde. On peut s'inquiéter
là-dessus. En plus des 200 employés à l'interne qui travaillent sur le
projet, la Société de l'assurance automobile
confirme avoir dû recourir aux services de 200 consultants externes pour
mener le projet. Pourtant, Québec avait
promis il y a trois ans de réduire la dépendance aux consultants informatiques
externes. En 2015, le ministre Coiteux, alors président du Conseil du
trésor, parlait même d'un véritable chantier de la réduction de notre
dépendance aux consultants externes. Il
s'inquiétait par rapport justement à l'indépendance puis à s'affranchir de la
consultation externe.
Au niveau de
la gestion du projet, il y a des questions aussi. Le vice-président aux technologies
de l'information de la SAAQ est M. Karl Malenfant, qui avait déjà
piloté un projet chez Hydro-Québec, un projet qualifié, à l'époque, de fiasco, le projet s'est terminé avec un
dépassement de coûts de 50 % et un potentiel aussi de recours collectif
qui pourrait coûter 65 millions
de dollars à Hydro-Québec. Plusieurs anciens acolytes, plusieurs anciens
travailleurs avec M. Malenfant, dont
quatre, sont actuellement des leaders adjoints pour ce nouveau projet, ils ont
été embauchés pour ce même projet. DHL,
la filière de la poste allemande, a notamment perdu un total global de
345 millions d'euros dans son aventure avec la SAP. Le système, en tant que tel, n'était pas le problème, mais
c'était autre chose. En 1998-2005, la marine américaine a eu aussi des problèmes de dépassement de coûts
avec la même technologie et avec les mêmes systèmes. Pourtant, ce qu'on entend, c'est que les mêmes
méthodologies qui avaient été utilisées pour le projet d'Hydro-Québec, les mêmes
technologies qui ont été des fiascos autrefois, avec la même
équipe, avec la même procédure, seraient appliquées pour le
grand projet d'un demi-milliard de dollars pour la Société de l'assurance
automobile.
J'aimerais
savoir... j'aimerais demander au ministre : Est-ce que le ministre va accepter...
pour être rassuré, c'est important
d'être rassuré, le projet est en marche, et, avec qu'est-ce qu'on a comme
information, on anticipe l'augmentation des délais et l'augmentation de coûts, ce qu'on ne veut pas avoir. Pour
se rassurer, on a fait une demande d'être entendus à la Commission des transports et de
l'environnement, est-ce que le ministre nous appuie là-dedans? Je vois à sa
tête que oui.
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Poëti :
Bien, écoutez, d'emblée, là, je veux vous dire quelque chose. Je vous écoutais,
là, évidemment votre français est
excellent, parce que vous utilisez beaucoup le conditionnel : «Ce qu'on
entend», «ce qu'on entendrait», «ce qui serait peut-être possible». Écoutez,
moi, je ne peux pas travailler sur ce qu'on entend, parce que ce qu'on entend
n'est pas nécessairement vrai. Et l'autre
chose aussi, c'est que la désinformation est assez commune aujourd'hui, et,
lorsque des gens sont insatisfaits
dans certains domaines, bien, ils peuvent dire, honnêtement, n'importe quoi.
Et, à partir de là, moi, je ne peux
pas travailler sur n'importe quoi, je ne peux pas prendre pour acquis que vos
inquiétudes éventuelles sur peut-être ceci ou cela vont se réaliser. La vérité,
je ne peux pas vous suivre exactement là.
L'autre chose
qui est inexacte, c'est lorsque vous dites : «La même équipe». Ce n'est
pas vrai, l'information que j'ai n'est pas cela. Mais, dans cette
commission-là, vous aurez l'occasion de pouvoir le faire.
Et, pour
terminer, je suis obligé de vous dire que la Société de l'assurance automobile
du Québec est un organisme dont... au
Québec, un joyau qui a mis en place des règles. La personne qui est là
actuellement a replacé, sur le plan financier, la santé financière de la Société de l'assurance automobile, ce pour
quoi dans les trois dernières années et les trois années qui viennent vous avez 65 $ de réduction sur
votre permis de conduire, parce que la gestion administrative et financière
a été bien faite. Ce n'est pas le profil de Mme Tremblay de partir à l'inconnu
et d'envoyer des gens en Inde. Il y a 15 personnes
qui travaillent, soit des sous-contractants ou des gens à l'interne, qui ont
regardé ce qui se faisait en Inde, et bien ainsi, parce que, si on pense
qu'on possède l'ensemble de l'oeuvre...
Le Président (M.
Bernier) : Merci, M. le ministre.
M. Poëti : ...bien, je ne
crois pas. Je pense qu'utiliser les consultants, dans certains cas — 15
sur combien? 1 100 quelques
personnes qui travaillent en TI à la SAAQ — n'est pas un problème, puis ça ne m'inquiète
pas du tout.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
M. Poëti :
Mais je vais vous appuyer pour la commission, oui, vous devriez y aller. Oui,
elle devait y aller, puis je suis certain qu'elle va se faire un plaisir
d'y aller.
Président (M. Bernier) : Merci. Nous allons aller du côté ministériel avec Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Merci. O.K.
Alors, c'est à mon tour à vous saluer tous et toutes. Et j'aimerais aborder la question de l'Autorité des marchés publics
et aussi des délais de paiement dans l'industrie de la construction. Alors,
d'après la commission Charbonneau, les problèmes mis à jour par elle à l'égard de l'octroi et de
la gestion des contrats publics dans l'industrie
de la construction ont révélé un certain nombre de vulnérabilités et de failles, dans le système, susceptibles de favoriser l'apparition de
divers stratagèmes de collusion et de corruption.
Le 1er septembre 2017, le projet de
loi n° 108 favorisant la surveillance des contrats des organismes publics et instituant l'Autorité des marchés publics a été
adopté à l'unanimité par l'Assemblée nationale. L'adoption de la loi n° 108
a permis de répondre à six recommandations
de la commission Charbonneau : la recommandation n° 1, la création
d'une instance nationale d'encadrement des contrats publics, neutre et
indépendante et avec des pouvoirs d'intervention; la recommandation 6,
assujettissement à la
Loi sur les contrats des organismes publics des OBNL
contrôlés par l'État; recommandation 15, paiement rapide dans les contrats
et sous-contrats publics et travaux de construction; la recommandation 20, assurer la confidentialité de l'identité des
preneurs de documents d'appel d'offres qui
choisissent de se prévaloir de cette
confidentialité; recommandation 21, protéger l'identité des membres des
comités de sélection et allonger le délai de prescription pénale; et la recommandation 37,
appliquer un délai de prescription de poursuites pénales de trois ans après la connaissance
de l'infraction par le poursuivant, sans excéder sept ans depuis sa
perpétration.
La
Loi sur l'Autorité des marchés publics fait aussi suite à
l'intention du gouvernement de créer la fonction de commissaire aux
contrats publics, annoncée dans le plan d'action Passeport Entreprises du
30 octobre 2015. Je cite : «...le
gouvernement souhaite déposer un projet de loi en vue de créer une fonction de
commissaire aux contrats publics qui
aurait le pouvoir, à la demande d'une entreprise et si les motifs sont fondés,
d'exiger des modifications à un document d'appel d'offres ou de
l'annuler s'il restreint indûment la concurrence.» Fin de citation.
L'Autorité
des marchés publics est neutre, est indépendante, et aura pour mission de
surveiller l'application des lois et
des règlements encadrant les contrats publics au Québec, et elle assurera la
gestion du régime d'autorisation de contracter
avec l'État, qui est actuellement assurée par l'Autorité des marchés
financiers. L'UPAC, de son côté, continuera de coordonner la lutte contre la corruption, notamment par des enquêtes
criminelles. Le champ d'application de l'AMP concerne les organismes publics suivants : les ministères et
organismes du gouvernement, les établissements des réseaux de la santé et de l'éducation, les sociétés d'État
et les municipalités et organismes municipaux, à l'exception de la ville
de Montréal, où l'inspecteur général, le
BIG, jouera le rôle de l'AMP. Et le pouvoir de l'AMP de faire des ordonnances
à l'égard des organismes publics devient un
pouvoir de faire des recommandations publiques aux organismes municipaux.
L'AMP pourra
traiter les plaintes des entreprises et intervenir auprès des organismes publics
lorsque le processus d'appel d'offres
n'assure pas un traitement intègre et équitable des concurrents ou qu'il ne
permette pas à des concurrents qualifiés
d'y participer. Ses pouvoirs lui permettront notamment d'ordonner à l'organisme
public de modifier ses documents d'appel
d'offres ou d'annuler son appel d'offres. Dans le cas des municipalités, il
s'agira de recommandations publiques. L'AMP
pourra enquêter et mener une vérification sur la gestion contractuelle d'un
organisme désigné par le gouvernement ou par elle-même. Elle aura alors le pouvoir de suspendre ou de résilier un
contrat. Ces pouvoirs vont beaucoup plus loin que ceux que la commission
Charbonneau recommandait dans son rapport.
L'autorité
pourra recevoir des renseignements de la part des citoyens, des entreprises et
des fonctionnaires qui auront des doutes sur le respect des règles
contractuelles par les organismes publics et intervenir au besoin. Un régime
de protection, confidentialité, immunité et
protection, contre les représailles est offert à toute personne qui aura
transmis de tels renseignements.
Maintenant, un appel de candidatures pour le
poste de P.D.G. de l'autorité s'est terminé le 16 février dernier. Actuellement, il y a un comité de sélection qui
évalue les candidatures en vue de remettre au gouvernement la liste des
personnes considérées aptes à exercer la charge. La nomination, qui sera faite
par l'Assemblée nationale, se fera sur proposition
du premier ministre et avec l'approbation d'au moins deux tiers de ses membres,
parmi les personnes déclarées aptes à exercer cette charge par le comité
de sélection.
Voici les dates importantes de mise en oeuvre de
l'Autorité des marchés publics. Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de la date de l'entrée en fonction du
P.D.G. ou de la P.D.G. Six mois après l'entrée en fonction du P.D.G. ou de la P.D.G., l'AMP sera responsable du régime
d'autorisation de contracter et du Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics, et l'AMP pourra enquêter et
vérifier la gestion contractuelle des organismes désignés. C'est 10 mois
après l'entrée en fonction du
président-directeur général ou de la présidente-directrice générale que l'AMP
pourra traiter les plaintes des
entreprises et intervenir auprès des organismes publics lorsque les processus
d'adjudication et d'attribution n'assurent
pas un traitement intègre et équitable des concurrents et qu'ils ne permettent
pas à des concurrents qualifiés d'y participer. Et
c'est aussi 10 mois après l'entrée en fonction de ou de la P.D.G. que
l'autorité pourra recevoir des renseignements
de la part des citoyens, des entreprises et des fonctionnaires qui auront des
doutes sur le respect des règles contractuelles par les organismes
publics et intervenir au besoin.
le ministre, vous-même, vous avez dit : «La création de l'Autorité des
marchés publics est un geste majeur pour
assurer la saine concurrence et accroître la confiance de la population envers
les institutions publiques. Le Québec se donne ainsi les moyens d'agir de façon rapide et efficace pour que les
contrats publics soient conclus selon un processus intègre, équitable et
transparent.» Quand pensez-vous soumettre le nom de la première
présidente-directrice générale ou du premier président-directeur
général? Quand prévoyez-vous l'entrée en fonction du P.D.G.?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
M. Poëti :
Merci, M. le Président. Merci...
Le Président (M.
Bernier) : C'est le temps de faire des annonces ce matin. On vous
attend, on vous écoute.
Poëti : Oui. Bien, ça ne sera pas ce matin, mais ça ne sera pas
dans beaucoup de temps, par exemple. En fait, je remercie la députée de
sa question. Effectivement, la création de l'Autorité des marchés publics est
un moment important, et j'ai eu le privilège dans mes fonctions ministérielles
de travailler avec une équipe qui avait déjà amorcé l'ensemble du projet de loi, projet de loi qui s'était arrêté à l'article 1 pendant une trop
longue période, pour des bonnes ou
mauvaises raisons, et, avec l'équipe, les juristes, avec madame, les gens qui
avaient travaillé sur le dossier, l'ensemble des gens du ministère, on a réglé, mis à jour le projet de loi, intégré les municipalités. Et vous avez raison de le souligner, et
ce n'est pas banal, qu'il ait été adopté à l'unanimité et que le président ou
la présidente sera élu aux deux tiers de l'Assemblée nationale avec l'appui des
collègues des oppositions qui sont ici aujourd'hui.
l'AMP, pour faire un clin d'oeil rapide, quel sera le... Qu'est-ce que c'est, la définition de l'AMP? Les gens ne doivent pas se mélanger avec la police, parce que,
vous savez, on appelle rarement la police pour lui dire que, dans 30 minutes, on va avoir un accident. Alors,
en amont, on ne fait pas ça, on appelle la police quand l'accident est arrivé.
L'AMP a un mandat différent, elle est placée
en amont. Alors, lorsque des gens, des municipalités travaillent sur
des appels d'offres
et qu'ils ont un doute ou qu'ils pensent qu'il y a eu quelque chose qui contrevient dans cet appel d'offres là, ils vont pouvoir lever la main et avoir, plus ou moins, 130 experts qui vont les aider avant qu'arrive l'accident, avec
des pouvoirs importants.
Donc,
précisément, il y a eu des entrevues
qui se sont passées au cours des trois ou quatre dernières semaines. Le comité indépendant est encore en travail
actuellement, et je pense, j'espère que, d'ici quelques semaines au plus tard,
tel que le projet de loi le définit, nous aurons trois noms qui seront
proposés, évidemment, à notre... Pardon?
Le Président (M.
Bernier) : Aux parlementaires.
Mme de
Santis : Au premier ministre.
Poëti : Au premier ministre, qui, lui... que nous allons en sélectionner un et présenter aux parlementaires pour un vote à l'Assemblée nationale, comme nous l'avons décidé ensemble. Donc, je
pense qu'au mois de mai le nom de la ou
du président de l'Autorité des
marchés publics va être connu, et,
tel que la loi le précise, six mois plus tard... Mais sachez que déjà une bonne
partie des gens sont déjà
sélectionnés, ils sont déjà — je
ne parle pas du président, mais je parle de l'organisation comme telle — dans des ministères et organismes, qu'ils
vont se déplacer, donc des gens de
l'AMF, des gens du Trésor, des gens
du Transport et des professionnels, des professionnels, pas nécessairement des policiers. Alors, ça,
c'est la bonne nouvelle, et on va y arriver dans très peu de temps, et ensuite
le processus législatif définit les dates auxquelles l'entité va être en
fonction.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Combien de temps il me reste, s'il vous plaît?
Le Président (M.
Bernier) : 3 min 30 s.
Mme de
Santis : Trois minutes?
Le Président (M.
Bernier) : 3 min 30 s.
Mme de
Santis : Est-ce qu'on peut le mettre au prochain?
Président (M. Bernier) :
Oui, on peut le mettre autre chose, ou on peut demander aux collègues s'ils ont
une question à poser.
Mme de
Santis : Parce que j'ai quelque chose... Ça va prendre plus que trois
minutes.
Président (M. Bernier) :
Bon. Est-ce que vous avez une question à poser, M. le député de Mégantic? Il reste trois minutes.
Bolduc : Oui, je vais...
C'est parce que, pour moi, l'Autorité des marchés publics
va nous apporter une nouvelle dimension,
O.K.? Puis, dans cette perspective-là, M. le ministre, quelles seront
les responsabilités du ou de la présidente en égard de la stratégie et
de la mission? Comment vous voyez cette interaction-là se construire dans le
futur?
Le Président (M. Bernier) : M. le
ministre.
M. Poëti : En fait, c'est sûr que, comme toutes les
organisations, il y aura une planification stratégique. Le président ou la
présidente, évidemment, selon les règles qu'on a faites pour l'embauche,
doit répondre à des critères de compétence spécifiques à ce domaine-là. Ce n'est pas nécessairement tout à fait
facile, c'est un domaine qui est précis. Donc, quand je disais : On
aura des gens de l'UPAC, peut-être quatre, cinq, six de l'UPAC... pas pour
procéder à des arrestations, pour aider les professionnels, parfois à
l'analyse, sur des dossiers qui pourraient avoir une connotation criminelle. S'il y a une connotation criminelle,
c'est l'UPAC qui va faire le travail. La mission de l'AMP, c'est de travailler
en amont. C'est d'appuyer les municipalités,
à l'exception de Montréal, parce qu'effectivement, le Bureau de l'inspecteur
général fait le travail et le fait bien, ils étaient en place depuis trois ans.
Donc, nous avons volontairement soustrait de la loi Montréal, parce qu'ils ont
en place un système qui fonctionne bien.
Alors, la
mission de l'AMP ressemble énormément à la mission du Bureau de l'inspecteur
général de Montréal, mais, en ayant
inclus l'ensemble des municipalités, va permettre à une petite municipalité qui
donne un contrat de 200 000 $ et qui a, évidemment, des motifs ou des doutes à penser qu'il y aurait
un processus qui est inéquitable, qu'il y a un processus qui vient contrer la transparence de cet appel
d'offres... L'autorité aura le pouvoir de suspendre, modifier ou d'annuler
le contrat, s'il s'agit d'un ministère ou un
organisme, et nous allons avoir un pouvoir de recommandation à l'ensemble
des municipalités, tout simplement parce
qu'ils sont signataires, sur le plan légal, de cet appel d'offres là, et c'est
le maire ou le directeur général qui aura signé qui va prendre la
décision. Mais la recommandation que nous allons faire sera publique, en
transparence et si, pour une raison qui appartient à l'élu... de ne pas le
faire, bien, il l'expliquera.
Alors, nous
allons faire ces recommandations-là, et, sur le plan légal, il ne nous
apparaissait pas... Bien, en fait, légalement,
on ne pouvait pas venir radier une signature d'un élu. Les élus demandent de
l'autonomie depuis longtemps. Les élus veulent leur capacité de décider.
Ils l'auront, mais, en plus, nous allons leur donner un appui, à peu près de 125 à 130 professionnels spécialisés, des
notaires, des avocats, des juristes, des fiscalistes, des analystes. Et ça,
pour moi, quand je serai vieux puis
je vous regarderai ici, à l'Assemblée, je me dirai : Il y aura un legs que
j'ai participé avec les gens de
l'Assemblée nationale, ici, nos fonctionnaires compétents, qui auront permis la
création de l'Autorité des marchés publics. J'en suis plutôt fier. Le
Québec doit en être fier. Et l'ensemble des élus, dans l'ensemble des
municipalités, ministères et organismes, auront un outil nouveau, efficace et
moderne pour les appuyer dans la démarche des appels d'offres publics.
Le Président (M. Bernier) : Merci,
M. le ministre. Nous allons aller du côté de la deuxième opposition avec M. le
député de La Peltrie.
Caire :
Merci, M. le Président. Je vais compléter sur notre dernier échange Windows.
Bon, sans revenir sur le... Je pense
que tout le monde a entendu l'explication, tout le monde est à même de se faire
sa propre