CAT — 16 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)

CAT 2018-02-16

Quebec — Committees

CAT — 16 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)

CAT 2018-02-16

Quebec — Committees

Et là, M. le

Président, je voudrais être très clair, n'y voyez surtout pas une quelconque

contestation de notre part du choix

de leurs représentants par les électeurs de la Mauricie. Nous respectons

totalement ce choix démocratique. Voyez-y plutôt un exposé de l'implacable réalité et la véracité des faits.

D'ailleurs, avant de passer aux faits, permettez-moi de citer une déclaration du président de la France, feu

M. Mitterrand, qui disait : «Le peuple ne se trompe jamais, mais on

peut tromper le peuple.»

Alors,

allons-y avec des faits. D'abord, on se souviendra que la députée de Laviolette

a dû démissionner de son poste de

ministre déléguée à la Santé en 2003 pour des raisons, disons, d'éthique.

Quelques mois plus tard, elle réintégrait le Conseil des ministres, cette fois à

titre de ministre déléguée aux

Transports. Puis, en 2007, elle fut nommée ministre en

titre des Transports. On peut présumer que son

passage à la commission Charbonneau lui coûta probablement une place

lors de la formation par le premier ministre

actuel de son cabinet en 2014. Mais, coup de théâtre, quelques mois plus tard,

le premier ministre lui confie le ministère du Tourisme et, par la même

occasion, la nomme responsable de la région de la Mauricie. Nous avons au moins

cela en commun, Mme la ministre.

Il faut aussi

souligner la présence de trois autres députés en Mauricie, trois autres députés

libéraux. M. le Président, nous voilà

au coeur de l'affaire. En effet, comment expliquer que quatre députés, tous

libéraux, dont une ministre, ne soient pas

intervenus pour empêcher et dénoncer des mesures pourtant toxiques pour le

Québec, bien sûr, mais aussi et surtout pour la Mauricie? Pourrait-on y voir là de la loyauté envers leur chef?

Et c'est probablement le cas, mais la loyauté des députés doit aussi être... en fait, je devrais

dire, doit être, au premier chef, envers leurs commettants et leur région.

Lorsque le premier ministre décida, en 2014,

d'appliquer à la lettre — je dis bien «à la lettre» — le programme de la CAQ, les députés libéraux, tous en choeur, s'écrièrent :

Bravo! Quant aux députés de la CAQ, ils revendiquèrent être l'original et non

une simple copie, mais ça, c'est une autre

histoire, M. le Président. Les députés libéraux commencèrent alors sans tarder

la mise en oeuvre du plan caquiste. Et c'est

à ce moment précis que nous aurions pu espérer qu'au moins certains

d'entre eux mettent, comme on dit, leur pied

à terre et ainsi se lancer à la défense de leur région. Nous sommes loin ici de

députés de la trempe de Claude Pinard,

ancien député de Saint-Maurice, qui, pour une simple rupture de services qui,

malheureusement... il y avait eu un mort, il faut le déplorer, bien sûr,

mais il avait mis son siège en jeu pour régler la situation.

Alors, pour

ce qui est des quatre députés de la Mauricie, M. le Président, il n'en est

rien. Vous voulez des exemples concrets

et probants? Quand les conférences régionales des élus, les CLD furent

démantelés, quand les mesures d'austérité en santé et en éducation

furent décrétées, eh bien, ni la ministre ni ses collègues de la région ne se

sont objectés à ces politiques. Pire encore,

ils ont allègrement et avec entrain participé à la mise en place de ces mesures

qui ont fragilisé, comme si c'était

possible, les plus vulnérables de notre société, nos aînés, nos enfants, nos

jeunes, les personnes souffrant de handicaps.

Coupures de services sur coupures de services, rationnement sur rationnement,

le plan caquiste était à l'oeuvre, M. le Président.

Bien sûr, ils

vous diront qu'il fallait mettre de l'ordre dans la maison, atteindre

l'équilibre budgétaire. Mais où étaient-ils

donc en 2015 lorsque ledit équilibre budgétaire a été atteint? M. le Président,

je ne peux pas vous dire où est-ce qu'ils

étaient, mais force est de constater qu'ils n'ont rien fait pour empêcher cela.

Bien au contraire, ils ont accepté le mot d'ordre du premier ministre de continuer de couper dans les services aux

plus vulnérables. Pourquoi? Pour se constituer un butin électoral. J'en veux pour preuve la déclaration du premier

ministre de la semaine dernière à Québec indiquant qu'il ne fallait pas présenter les baisses d'impôt comme

un cadeau, mais qu'on n'avait pas besoin de tout l'argent envoyé pour faire la job. À ce sujet, M. le Président, je vous

invite à lire l'article de la journaliste Josée Legault du 6 février

dernier dans Le Journal de Montréal , dont le

titre évocateur est Tout

simplement dégoûtant . Ça donne une bonne idée de la situation à ce

chapitre. Le butin accumulé est maintenant considérable, comme le démontrent

les pluies de bonbons électoraux qui ont

commencé à tomber un peu partout sur le Québec en cette année électorale et qui

continueront certainement à tomber

jusqu'à l'automne et aussi en Mauricie, j'imagine bien. Finalement, le

gouvernement finance de nouveaux services avec l'argent provenant des

coupures de ces mêmes services.

M. le

Président, au cours de cette interpellation, nous aurons l'occasion d'échanger

sur la région de la Mauricie avec

certains membres de la

partie gouvernementale. Tout comme nous, et avec raison,

ils vous diront que les habitants de la

Mauricie sont fiers et amoureux de leur région et du Québec. Tout comme nous,

M. le Président, ils vous diront ou ils vous parleront de leurs réussites et de leurs nombreux succès. Tout

comme nous, ils vanteront l'extraordinaire sens de l'entrepreneuriat des gens de ce coin de pays. Et

ils auront raison de le faire parce que, M. le Président, tout cela est

vrai. Ce qui est aussi vrai, M. le

Président, c'est que la Mauricie a traversé des périodes difficiles au cours de

son histoire et qu'elle a toujours réussi à se relever, et de belle

façon. Cependant, le gouvernement du Québec peut et doit faire mieux pour accompagner les Mauriciennes et les Mauriciens, qui en ont

autant besoin que d'autres régions du Québec, ce qui, manifestement, au cours

des années libérales, ne fut pas toujours le cas.

M. le

Président, je reviens sur les coupures en santé, en éducation, où les gens les

plus vulnérables de notre société ont

été touchés de plein fouet. Et ce n'est pas le Parti québécois qui dit ça.

Lisez les journaux, regardez la Protectrice du citoyen, écoutez la

Protectrice du citoyen, c'est très clair, M. le Président, ce n'est même plus à

prouver, tout cela.

Comment se

fait-il, M. le Président, que les quatre députés de la Mauricie n'ont pas mis

leur pied à terre? Comment se fait-il

qu'ils ne se sont pas insurgés contre de telles pratiques? Lorsque vous savez

que l'équilibre budgétaire est atteint, mais que vous continuez à sabrer et à couper chez les plus vulnérables

de la société, M. le Président, c'est innommable comme façon de faire. On se serait attendu que les députés de la

Mauricie, M. le Président... Parce qu'être député, là, que vous soyez au Conseil des ministres ou non, là,

être député, c'est d'abord et avant tout travailler pour votre monde,

protéger votre monde, être avec eux autres.

Et on constate, M. le Président, que ça n'a pas été toujours le cas et vous

verrez, avec les autres éléments de ma présentation, M. le Président,

que, malheureusement, dans beaucoup de dossiers, ce ne fut pas le cas. Merci.

Président (M. Huot) : Merci. Merci, M. le député de Berthier.

Maintenant, c'est au tour de Mme la ministre du Tourisme, ministre responsable de la région de la Mauricie. Vous avez

10 minutes pour vos déclarations d'ouverture.

Mme Boulet :

Alors, merci infiniment, M. le Président. Vous me permettrez, d'entrée de jeu,

M. le Président, de saluer mon

collègue, alors, M. Plante, le député de Maskinongé. Je voudrais également

remercier les gens de mon cabinet qui

sont ici et également notre recherchiste, en arrière, Marc, qui a été d'une

précieuse aide, là, pour nous chercher de l'information particulière,

plus pointue sur des dossiers lors de notre préparation pour cette

interpellation-là.

Alors, c'est avec grand plaisir qu'aujourd'hui

on va parler de la Mauricie. Puis, à la limite, j'oserais dire que l'opposition nous donne une belle vitrine, une

belle tribune pour dire tout ce qu'on a fait en Mauricie, parce qu'il y a

des députés qui ne savent peut-être pas tout

ce qui a été fait. Mais moi, je me sens un peu privilégiée parce que,

sincèrement, nous sommes cinq députés en

Mauricie, et je peux vous dire, M. le Président, que ce sont vraiment... nous

sommes tous très, très, très présents

sur le territoire. Nous sommes très proches de nos commettants, très proches de

la population, à l'écoute de ces gens-là, de leurs besoins, de leurs

préoccupations, de leurs inquiétudes.

Ça fait

partie de... Je dis souvent : Quand on s'en va en politique, il faut aimer

les gens. Moi, c'est la raison première de mon engagement en politique. Il faut aimer les gens, il faut être

capable de se mettre à leur service parce qu'on est là pour ça, c'est la mission première de notre

engagement. Ce n'est pas de faire de la partisanerie politique, puis je

pense que ce n'est pas ça, le but ultime de

notre engagement. Et, moi, ça fait bientôt 17 ans, M. le Président, que je

suis députée du comté de Laviolette,

alors, 17 années, réélue à six reprises. Et Dieu sait que j'ai un grand

territoire. Alors, tout le monde sait ici

que mon comté est parmi les plus grands comtés au Québec, près de

40 000 kilomètres carrés. Alors, je parcours ce territoire-là à toutes les semaines et je vais

rencontrer tous les gens sur mon territoire, et c'est toujours avec un grand

bonheur.

Je dis

souvent, M. le Président, qu'un jour, quand je quitterai la politique, ma plus

grande richesse, ça sera ces gens-là,

les entreprises que j'aurai rencontrées. Et je suis convaincue que c'est la

même chose pour vous, M. le Président, puis c'est la même chose pour mon collègue. C'est un travail, c'est une

profession ou un travail qui nous permet de s'enrichir auprès de cette

population-là.

Alors,

évidemment, ça me fait plaisir de parler de la Mauricie parce que, vous savez,

notre région a un parcours un peu

atypique. Mais, au cours des dernières années, cette région-là a évolué

grandement. Elle a fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de progrès. Elle a parcouru un grand chemin dans les dernières

années. Donc, on se rappelle tous que c'est une région qui a été

toujours fortement industrialisée. Alors, notre tissu économique était basé sur

la grande entreprise, essentiellement. Donc,

on avait des entreprises comme l'Alcan, la Belgo, la Laurentide, Aleris, la

Kruger, la Wayagamac. Alors, ça a toujours été la base de notre tissu

économique, de grandes entreprises qui créent beaucoup d'emplois, qui génèrent de bons salaires, qui génèrent des bons

fonds de retraite pour les travailleurs. Alors, ça a toujours été notre

base économique chez nous.

Malheureusement,

au fil des ans, on a vécu, et de façon, je vous dirais, assez intense et

rapprochée, la fermeture de l'Alcan,

de la Belgo, de la Laurentide, d'Aleris. Les grandes papetières comme la Kruger

et la Wayagamac n'ont pas fermé,

heureusement, mais ont dû se rediriger vers une autre production, parce qu'on

sait que le papier journal, à travers la planète, il y a une diminution importante de la consommation de ce

produit-là. Donc, ils ont eu l'obligation de se moderniser, de se renouveler, de faire une nouvelle

production, et je vais y venir parce que le gouvernement a été un partenaire

de ces enjeux-là, mais on a perdu de la grande entreprise,

donc on avait l'obligation, tout

le monde, en Mauricie, de

reconvertir notre tissu économique.

Alors, je

peux vous dire qu'après quelques années qui ont été particulièrement difficiles

on peut aujourd'hui dire que la

Mauricie, elle est fébrile, elle est effervescente, elle a parcouru un long

chemin, relevé de nombreux défis, mais aujourd'hui

on peut dire «mission accomplie», et on est tous très fiers. On est tous très

fiers de voir la situation économique actuelle

de la Mauricie, le chemin parcouru. Et, quand on pense au taux de chômage, qui

est passé de 9,3 % en avril 2014 à 5,2 % aujourd'hui, M. le

Président, c'est du jamais-vu. Alors, aujourd'hui, là, on ne cherche pas des

emplois, aujourd'hui... Même les

entreprises, avant, on disait : On manque de main-d'oeuvre. Puis ça, ça se

passait à Montréal puis à Québec.

Mais mon collègue pourra vous en parler abondamment, dans Maskinongé, dans le

comté de mon collègue, les entreprises ont beaucoup, beaucoup besoin de main-d'oeuvre, pas deux,

trois personnes, c'est à coup de 200, à coup de 300, on cherche des travailleurs, M. le Président. Et ça, c'est un

contexte, là, qu'on voit maintenant en Mauricie, qu'on n'a jamais vu, mais qui se voit également partout,

dans toutes les régions du Québec. Alors, c'est une situation

particulière.

Vous savez,

le territoire de la Mauricie, il est grand, il est vaste, il y a des

particularités socioéconomiques très différentes

d'un pôle à l'autre. Quand on est à Trois-Rivières — et le collègue de Bécancour le sait — c'est plus technologique, des entreprises innovantes, en télécommunications

beaucoup, dans la stratégie numérique. Quand on arrive dans le secteur... chez mon ami, c'est beaucoup le

vêtement, c'est plus le manufacturier. Et, quand on arrive dans le

secteur plus au nord, on a la forêt qui

prend beaucoup de place encore, même si ça a été difficile de passer à travers

les différentes crises au niveau de

l'industrie forestière, la forêt qui est encore très présente, les scieries,

alors, qui créent des emplois et qui sont encore vraiment des

entreprises structurantes qui définissent encore l'économie de la

Haute-Mauricie.

Si vous me

permettez, je vais parler un tout petit peu, évidemment, de l'industrie

touristique parce que, quand on parle de diversifier notre tissu économique,

vous comprendrez que la ministre du Tourisme, elle se sent directement interpelée. La Mauricie, c'est un terrain de jeux

exceptionnel pour l'industrie touristique. C'est 440 millions de

recettes touristiques par année,

14 000 emplois et 1 300 entreprises. Nous sommes la sixième

région touristique en importance au Québec

sur 17 régions, en sixième position. Alors, après Montréal, Québec,

l'Estrie, les Laurentides, c'est la Mauricie. Alors, franchement, on peut dire que, de ce côté-là, cette

conversion-là, on l'a vraiment... On sait très bien que le tourisme, c'est une force, c'est une puissance qu'on a chez

nous, et on l'a exploitée. Alors, on peut penser au tourisme de nature

et d'aventure, au tourisme autochtone, au

tourisme... agrotourisme et au tourisme événementiel. Au niveau

événementiel, M. le Président, alors, bien là, on est vraiment très, très bons.

Alors, on est la troisième région du Québec en termes d'importance de tourisme événementiel. Et le tourisme événementiel, ça

fait un peu

partie de notre ADN, au Québec, de notre marque de commerce. C'est une vitrine exceptionnelle pour le

Québec à l'international, et on fait des produits qui sont... un produit d'appel touristique

extraordinaire. On n'a qu'à penser au Festival western de Saint-Tite, M. le

Président, qui vient de faire une étude

méthodologique, là, la même étude que le Grand Prix de Montréal, la même étude,

sur les mêmes bases, avec une

clientèle centrée, et le festival génère des retombées à la hauteur de

45 millions de dollars. Alors, ils sont parmi les meilleurs au Québec, et tout ça se fait dans un petit

village, et tout le monde le sait ici, dans un petit village qui a à

peine 4 000 de population. Et, pendant notre événement, ils reçoivent

600 000 personnes dans un village de 4 000, où il n'y a pas d'hôtels, il n'y a pas d'auberges, il n'y a

pas d'hébergement. Alors, c'est toute la population qui a décidé de soutenir cet événement-là, d'être un

partenaire et d'accueillir l'ensemble de ces touristes-là, alors, oui, on

peut s'en féliciter.

Alors, M. le

Président, mon collègue et moi, on a beaucoup de choses à dire, alors on aura

du temps pour faire cet échange-là.

Mais je vais juste clore, si vous me permettez... une parenthèse sur les

commentaires du collègue. Alors, le plus gros coup qu'on a eu à subir au cours des dernières années en Mauricie,

M. le Président, c'est la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly. Et c'est le Parti québécois

qui a mis la clé dans la porte de la centrale nucléaire. Alors, le collègue

fait signe que, oui, il est fier de ça. Il

est fier de ça, mais tantôt il va nous dire, par contre, qu'il manque d'emplois

ou d'autres choses comme ça, mais c'est cette centrale nucléaire là qui

produisait à peu près 3 % de notre énergie au Québec, qui permettait de

diversifier notre portefeuille énergétique, qui était zéro gaz à effet de

serre. Alors, ça n'a pas tout des avantages,

mais ça n'a pas tout d'inconvénients. Mais chez nous, c'était

2 400 emplois, une masse salariale de plus de 50 millions

de dollars. Et, sincèrement, il ira se présenter voir les travailleurs de cette

entreprise-là, de la centrale, encore aujourd'hui

il y a des cicatrices profondes que ces gens-là n'oublieront jamais. Alors,

c'est le Parti québécois qui a fermé cette

centrale nucléaire là et qui a créé, vraiment, une vague, une onde de choc chez nous au niveau de ces travailleurs-là.

Alors, pour

le reste, M. le Président, M. le

Président, on est privilégiés. Alors,

il y a eu un fonds de diversification qui

a été mis en place. Alors, on aura la chance, l'opportunité, tout à l'heure, d'en définir le bilan, les actions qui ont été posées suite à ce Fonds de diversification là. On

vous parlera également de toutes les annonces que nous avons

faites, des annonces structurantes,

porteuses, des projets qui vont redéfinir l'économie de la Mauricie. On

a également le fonds d'aide au rayonnement des régions qui a été mis en place par notre

gouvernement. C'est 21 millions

de dollars sur cinq ans qui est donné aux élus, aux gens qui sont imputables dans les régions, qui vont pouvoir

décider eux-mêmes. Alors, ce n'est pas

dans les bureaux à Québec que ça va être décidé. 21 millions de dollars

qu'on donne aux élus pour qu'ils puissent décider de soutenir et

d'accompagner des initiatives.

Président (M. Huot) : Merci. Merci, Mme la ministre. Merci, Mme

la ministre. Nous allons maintenant débuter la période d'échange. Nous avons une période de 80 minutes pour six

blocs d'échange. Donc, M. le député de Berthier, vous avez la parole

pour un maximum de cinq minutes.

M. Villeneuve :

Merci, M. le Président. En entrant dans le salon bleu tantôt, la ministre m'a

dit, à micro fermé, que je perdais mon temps ici à parler de la

Mauricie. Mais non, on ne perd pas notre temps, M. le Président, à parler de la

Mauricie, parce que je suis heureux d'avoir entendu la ministre décrire,

effectivement, que la Mauricie, comme je le disais dans mon

introduction, c'est une région extraordinaire avec des gens extraordinaires.

le Président, je vais prendre la balle au bond. La ministre vient de dire qu'il

y a un fonds de diversification économique de 200 millions qui a

été mis en place par le Parti québécois. En 2009, M. le Président, en 2009, le

Parti québécois a émis un communiqué, en

décembre 2009, disant que la

centrale Gentilly-2 serait fermée. Lors de la campagne de 2012, M. le Président, notre position était

très claire : avec le gouffre financier de Point Lepreau au Nouveau-Brunswick,

où tout dérapait, il

n'était pas question... Et ce que la ministre ne dit pas, M. le Président,

c'est qu'ils le savaient, eux

aussi, qu'on s'en allait dans le mur avec

ça. Ils le savaient et ils ne l'ont pas dit durant la campagne, monsieur. Ils ont patiné comme les meilleurs patineurs artistiques,

présentement, là, aux Olympiques. Ils ont patiné, mais les gens ne sont pas

dupes, les gens savent que c'était inévitable, la fermeture.

Parlant

du Fonds de diversification de 200 millions, M. le Président, non

seulement ce fonds-là a permis de faire des projets qui, à terme, au bout de 15 ans, devraient atteindre

3,5 milliards au total, mais a permis et permettra de créer, à terme, 40 000 nouveaux emplois, des emplois

de qualité, M. le Président, avec des salaires plus élevés que qu'est-ce

qui aurait pu se donner à Gentilly-2. Alors,

M. le Président, on n'est jamais fiers d'être obligés de poser un geste comme

celui de la fermeture de Gentilly-2. On ne

peut pas dire, comme la ministre nous a dit tantôt, qu'on était fiers de ça. Ce

n'est pas une question de fierté,

c'est une question de s'assurer de faire le choix qui était, à ce

moment-là, nécessaire

de faire, et on l'a fait. Je pense qu'on peut plus parler de courage, M. le Président. Je pense que le qualificatif de la ministre

n'est peut-être pas... je

pense que «courage» va mieux en termes de qualificatif.

M. le Président, je veux vous parler de Digihub,

Digihub. Alors, le gouvernement n'a jamais voulu appuyer ce projet-là.

Nous, au Parti québécois, on l'a fait parce qu'on y croyait. On croyait en ce

projet-là, M. le Président. Et la première

ministre, d'ailleurs, de l'époque, Mme Pauline Marois, avait annoncé

1 million de dollars pour venir en aide au projet. Et en novembre 2013 l'ex-ministre péquiste Mme Élaine Zakaïb est allée à Shawinigan

pour annoncer une bonne nouvelle, cette fois un montant de

1,2 million de dollars qui était accordé pour la réalisation de la Station

du numérique, qui allait devenir

Digihub. Alors, M. le Président, nous avons posé des gestes pour la Mauricie,

et c'est important de le dire. Et ça,

c'est un projet tellement innovateur, et les députés, cinq députés libéraux, de

la Mauricie, M. le Président, n'ont pas été à la hauteur, je vous

dirais, quant à ce développement de projet là innovateur parce qu'ils n'ont pas

su le comprendre ou investir dans ce projet-là.

le Président, je ne peux pas parler de la Mauricie sans parler de la crise

forestière ou des crises forestières. Et, encore là, M. le Président, rappelez-vous, le gouvernement libéral de

l'époque, au début des années 2000, avait prévu que la crise financière, à terme, ça serait une perte de

300 emplois. M. le Président, perte de plus de 2 000 emplois,

elle en a parlé tantôt, la

ministre : Laurentide, Grand-Mère; Belgo à Shawinigan; fermeture de Fermco à Saint-Adelphe; fermeture

de scierie Crête, Saint-Séverin; réduction

du personnel, scierie Rivière-aux-Rats; fermeture usine Groleau, Sainte-Thècle;

réduction d'emplois dans une usine de

Wayagamack. Alors, M. le Président, le gouvernement libéral a lancé

plusieurs plans, ça, on va leur accorder,

ils ont lancé plusieurs plans en foresterie. Le problème, c'est qu'un plan

après l'autre, M. le Président, ça ne

fonctionnait pas. Il n'était pas possible pour les entrepreneurs de décaisser

l'argent, d'obtenir l'argent des prêts.

Alors, imaginez la difficulté. Alors, M. le Président, la forêt, c'est un

incontournable en Mauricie, on doit l'appuyer. Il faut que le

gouvernement du Québec soit davantage à l'écoute des gens de la Mauricie à ce

sujet-là.

M. le Président, je

sais que le temps file, mais je veux vous parler rapidement, puis j'y

reviendrai tantôt, des inondations. Je sais

que le député de Maskinongé est sorti sur les inondations. Et les chiffres que

j'ai vus... Et j'ai parlé à des gens sur le terrain. Les gens sont en

colère par rapport aux inondations, ils sont en colère. Le chiffre que j'ai vu,

c'est qu'il y aurait eu un déboursé de

1 650 000 $ dans le dossier, actuellement. Il y aurait eu deux

pertes de maisons, on enlève 300 000 $,

il reste 1 250 000 $, divisé par 308 personnes, ça fait

4 000 $ par personne, par maison. Ça paie à peine les sacs de

sable, M. le Président.

Alors,

le gouvernement s'est embourbé totalement dans ce dossier-là. S'il avait suivi

la marche à suivre qu'on a prise,

nous, au Parti québécois, dans le cas de Mégantic, peut-être il aurait pu s'en

inspirer. Ce n'est pas normal qu'après un an, M. le Président, tout près d'un an, que les gens soient encore dans

cette situation-là intenable. Et ils sont en colère, et ils ont raison de l'être. Et on ne me fera pas

accroire, M. le Président, qu'on n'a pas l'appareil qu'il faut au Québec.

L'État québécois est capable de gérer ça. C'est une question de volonté...

Le Président

(M. Huot) : Merci, M. le député de Berthier. Mme la ministre, la

parole est à vous.

Mme Boulet :

Alors, merci, M. le Président. Alors, d'entrée de jeu, je vais revenir sur le

dossier de Gentilly. Puis je suis

contente, on a avec nous le député de Nicolet-Bécancour, donc c'est carrément

chez lui, alors je suis convaincue que lui aussi, il pourrait jaser longtemps là-dessus. Alors, quand le député de

Berthier dit : C'est nous autres qui a décidé de la fermer, mais le Parti libéral voulait la fermer...

Quand on est n'est pas capable d'assumer que c'est nous autres qui a

fait quelque chose, ce n'est pas drôle, hein? Quand on est obligé de

dire : Les autres avant nous voulaient le faire... Imaginez-vous, il le sait, lui, il est dans la tête du premier ministre

du Québec, il sait qu'est-ce que le premier ministre voulait faire. Aïe! Wow! C'est toute une défense.

On l'a fermée, mais les autres avant nous voulaient le faire. Wow! C'est

fort, c'est fort, fort.

l'autre chose, M. le Président, premièrement, moi, j'étais là, je n'étais pas

de l'autre côté, j'étais à côté du premier ministre, puis je peux vous dire que la bataille, on ne l'avait pas

perdue. Ce n'est pas vrai qu'on avait décidé de la fermer, je peux vous

le dire, M. le Président.

L'autre

chose, il nous dit : C'est nous autres qui avons mis en place un fonds

puis on va créer 40 000 emplois avec ça. Alors, je n'ai rien contre le fonds de Gentilly, on est contents de

l'avoir, puis on l'a exigé, puis on l'a demandé, puis le collègue de Bécancour va sûrement en parler, mais

votre 40 000, là, au PQ, là, vous en aviez fumé du bon,

40 000 emplois. Il y en a

4 000 de créés à l'heure actuelle, de créés ou sauvegardés avec plus de la

moitié de l'argent. On est loin du 40 000. M. le député de

Berthier, 40 000, vous rêviez en couleurs. Alors, c'est ça...

M. Villeneuve :

M. le Président, j'aimerais que la ministre...

Président (M. Huot) : Oui, un instant, un instant, un instant. On

évite de s'interpeler. Vous aviez la parole pour cinq minutes. Mme la ministre a une réplique de cinq minutes. Votre

tour va revenir trois ou quatre fois, vous aurez l'occasion de

répliquer. On évite de s'interpeler, s'il vous plaît. Mme la ministre.

Mme Boulet : Alors,

l'autre dossier que j'aimerais parler, c'est le Digihub, comme il dit, et là

c'est un fait anecdotique. Alors, la

ministre, à l'époque, la ministre Zakaïb était allée annoncer de l'argent.

Mais, vous savez, M. le Président,

cet argent-là, elle venait d'où? Quand la Belgo a fermé, j'étais la ministre de

l'Emploi et de la Solidarité sociale, et

on avait négocié avec, évidemment, Abitibi ou Résolu, là, parce qu'ils ont

changé de nom au fil des années, on avait négocié avec eux parce qu'ils avaient des problématiques avec leurs

fonds de retraite, les travailleurs n'étaient pas certains de pouvoir avoir tous leurs fonds de retraite.

Alors, on avait négocié avec eux des ententes pour actualiser les fonds

de retraite, s'assurer que, d'ici quelques

années, on atteigne la capacité pleine et entière pour être certains de

rembourser les gens, puis leur livrer

leurs fonds de retraite auxquels ils avaient droit, parce que les fonds de

retraite, c'est une paie différée. Alors,

c'était une obligation pour nous, on y tenait beaucoup, à imposer à

l'entreprise de verser ces fonds de retraite là. Et en contrepartie on a dit : Quand vous allez

fermer des entreprises dans des villes ou des municipalités au Québec, vous

allez créer des fonds, des fonds de

développement économique pour soutenir des initiatives porteuses dans les

villes. Alors, quand vous allez

fermer... Il y avait à ce moment-là... je pense que c'était 1 million de

dollars ou 2 millions, de mémoire, qu'Abitibi ou Résolu devait mettre dans un fonds quand il a fermé la

Belgo. Alors, ça, ça a été mis sous le gouvernement libéral. C'est moi-même qui ai signé les papiers

pour la mise en place de ce fonds-là. Alors, la ministre, à l'époque, du

Développement économique, qui n'avait pas de

portefeuille économique, qui avait juste le titre, M. le Président,

bien, elle est allée chercher l'argent dans

le portefeuille de ce fonds municipal qu'on a imposé à la compagnie Résolu. On

leur a demandé de mettre ce fonds-là

pour, justement, quand ils quittent à quelque part... Étant donné que c'est une

entreprise privée puis qu'après qu'on leur

ait offert notre aide, nos programmes, qu'Investissement Québec les ait

accompagnés, bien, évidemment, ils ont le

choix, mais ils peuvent décider de fermer parce que la rentabilité n'est pas au

rendez-vous, parce que le contexte du

marché international a changé, parce que les gens ne consomment plus de papier

journal, alors on leur a imposé la

mise en place de ce fonds-là pour suppléer, pour être capable de dire : On

vient d'avoir un gros coup, on a perdu 500,

600 emplois, comment on peut mettre d'autres initiatives en place et

comment Résolu, par conscience sociale, pour être un bon citoyen

corporatif, il peut être mis à contribution? Alcan avait fait la même chose.

Alcan, quand ils ont fermé l'usine à

Shawinigan, avait fait, de leur propre initiative, ce genre de fonds là. Alors,

on s'est servi de l'idée, du modèle et on a demandé à Belgo de faire la

même affaire, alors c'est là qu'on a puisé l'aide.

Maintenant,

Digihub, on pourrait en parler, maintenant, tellement longtemps, M. le

Président, parce qu'on vient d'aller

faire une annonce. Justement, on reconnaît l'expertise du Digihub de

Shawinigan. Tellement vrai que, maintenant, on a mis un fonds en place de 35 millions de dollars pour que des

initiatives similaires puissent voir le jour dans toutes les régions du Québec. Comment on peut favoriser la

concertation entre les entreprises qui font de l'innovation, qui font

des nouvelles technologies, qui font de la

stratégie numérique? Comment on peut faire un maillage efficace entre ces

entreprises-là pour faire en sorte qu'ils soient aptes et qu'ils aient tout ce

qu'il faut pour aller chercher des contrats à l'international? Alors, cette

idée de maillage là, souvent, ce sont toutes des petites entreprises, mais...

Président (M. Huot) : Merci. Merci, Mme la ministre. Ça complète

votre bloc d'intervention. C'est maintenant au tour du député de

Maskinongé.

M. Plante :

Merci beaucoup, M. le Président. Alors, M. le Président, quelle joie ce matin

d'être en compagnie de ma collègue la

ministre du Tourisme, mais surtout la députée de Laviolette, pour vous parler

de la Mauricie. Et je remercie, moi

aussi, le député de Berthier de nous donner l'occasion... Et j'ai remarqué,

d'ailleurs, dans son discours de présentation, donc dans les 10 minutes qui lui étaient attribuées pour faire

l'état de fait ou l'état d'armes contre le gouvernement sur la Mauricie, il a quand même pris

6 min 10 s sur 10 minutes pour dire comment que la Mauricie

allait bien, que les gens étaient bons puis qu'on travaillait bien.

Alors, je tiens à le remercier, parce qu'il n'y a pas juste nous qui le

constate, mais lui aussi.

Une autre

chose, son amour déclaré à la Mauricie soudainement m'a un peu surpris, parce

que je me rappellerai toujours, en 2012, où il y avait deux députés

ministériels en Mauricie, soit la députée de Champlain, Mme Noëlla

Champagne, et le député de Saint-Maurice, qui était M. Luc Trudel, et, à

cette époque, on a choisi de nommer le député

de Drummond—Bois-Francs

ministre responsable de la Mauricie, en ne faisant pas confiance, justement,

aux gens de la Mauricie eux-mêmes, au

Parti québécois, pour diriger les destinées de la Mauricie. Alors, aujourd'hui,

quand on me parle de l'amour de la Mauricie, bien, c'est un nouvel amour

renouvelé de leur part.

Rappeler — et il s'est corrigé — qu'en Mauricie, effectivement, on est cinq

députés présentement et qu'on a tous à coeur

le développement de nos circonscriptions. Et là il m'a interpelé directement

sur les inondations, et il faut absolument que je lui explique le type d'inondations. Et d'ailleurs je suis un peu

surpris de la déclaration du député de Berthier, qui a tout de même une circonscription limitrophe — on connaît bien la Mauricie — qu'il y a eu de l'eau, effectivement,

dans la zone 0-2 ans jusqu'à la zone

0-20 ans. Comme le député de Berthier doit connaître bien sa circonscription,

il doit savoir qu'à Saint-Barthélemy, exemple, à tous les ans, dans le

chemin du Nord, il y a de l'eau, à tous les ans, annuellement, à tous les ans. Dans la circonscription de

Maskinongé, M. le Président, c'est la même, même chose, soit à Maskinongé,

à Louiseville ou à Yamachiche, dans un

secteur où est-ce qu'il y a environ 300 à 400 maisons, tout dépend des

années, qui sont inondées. Cette

année, ça n'a pas fait différent des autres choses, à peu près 350 maisons

ont été inondées dans ce secteur. Sur

les 350 maisons, effectivement, les inondations ont créé des dommages. Je

veux juste rappeler au député de Berthier, et sûrement qu'il a visité,

c'est que la majorité des résidences dans ces secteurs sont prémunies contre

les inondations. Quand

je veux dire prémunies, c'est que ces résidences-là ont un sous-sol ou un

solage beaucoup plus élevé que la

moyenne du naturel des domiciles, et la majorité, c'est soit des garages en

dessous ou des choses en dessous qui permettent justement de ne pas

Juste rappeler, M. le

Président, que le programme... Tantôt, il faisait une moyenne de

4 000 $, à peu près, par maison

sur le 1 250 000 $ qui restait après avoir enlevé le

350 000 $ des deux pertes totales qui n'ont pas été causées

par des inondations, mais bien par des

glissements de terrain dus aux inondations. Je veux juste rappeler au député de

Berthier que ce n'est pas la même chose. Parce que, tu sais, quand on dit qu'on

connaît la Mauricie, quand on expose notre connaissance de la Mauricie, il faut

au moins aller voir les gens. Et d'ailleurs j'ai même rencontré des gens de

Saint-Barthélemy, moi, pendant les

inondations, qui étaient surpris de ma présence et de voir qu'un député allait à leur rencontre aussi souvent, et j'ai dit : Bien, écoutez, ça m'a fait

grand plaisir de venir vous voir, parce

que moi, je l'ai fait

quotidiennement pendant les sept semaines des inondations.

Alors, M. le

Président, pour vous dire que la moyenne de 4 000 $, effectivement,

c'est une moyenne qui est pondérée selon les

réclamations qui ont été faites. Est-ce que tout est réglé? Non, effectivement,

M. le député de Berthier, vous avez

raison. Est-ce que les dossiers sont ouverts? Bien, il y a 310 dossiers d'ouverts

présentement. Et on sait très bien, lui et moi, qu'il y a des résidences

qui ne réclameront pas du tout. Pourquoi? Parce qu'il y a des résidences qui

sont prémunies, qui n'ont pas d'eau, qui n'ont pas trop de dommages. Il y a

d'autres résidences qui font des réclamations.

Vous

dire aussi que, pour considérer un dossier fermé, puis il faut le rappeler, au

ministère, pour avoir un dossier fermé,

c'est un dossier qui est complètement clôturé, dont toutes les réclamations

sont faites. Dans nos cas, il y a eu beaucoup de dommages extérieurs, donc à l'extérieur de la maison, soit le

terrassement ou les choses comme ça. Et malheureusement, si le député de Berthier est franc, on a eu de

l'eau presque jusqu'au début août dans certains secteurs de la circonscription,

et malheureusement, quand il vient le temps

de faire le terrassement ou de remplacer ces choses-là, bien,

malheureusement, ils n'ont pas eu le temps

avant la période d'hiver. Puis on sait qu'on a un hiver assez rigoureux, donc

ces travaux-là seront effectués printemps ou été prochain. C'est ce que

je voulais dire.

Après

ça, je vais revenir plus tard, M. le Président, parce que je n'aurai pas le

temps, mais, quand on nous parle de développement

économique, je n'ai pas entendu le député de Berthier nous parler, justement,

de confiance, la confiance que nous,

notre gouvernement, on porte aux élus locaux, qu'on porte aux élus municipaux,

qui font un travail exceptionnel. Et c'est

d'ailleurs pour ça, tant au niveau des Affaires municipales qu'au niveau du

gouvernement, qu'on a donné plus de pouvoirs aux municipalités pour

qu'elles prennent elles-mêmes leurs décisions qui sont les plus près des gens

et des citoyens. Mais ce que j'ai entendu

dire du député de Berthier, c'est plutôt son attachement aux structures, aux

structures. Que ça soit... Il a parlé tantôt

des CLD dans son introduction et à la radio ce matin, alors on aura l'occasion

de lui en parler un peu plus tard parce qu'il ne me reste qu'une

seconde, alors, merci.

Le Président

(M. Huot) : Merci. Merci, M. le député de Maskinongé. Pour la

deuxième série d'intervention, M. le député de Berthier.

M. Villeneuve : Merci, M.

le Président. Évidemment,

je ne me targue pas de connaître mieux la région que mes illustres

collègues d'en face, bien sûr. Je n'ai pas besoin de convaincre personne de

cela. M. le Président, parlant d'inondations,

rapidement, j'espère que le député de Maskinongé, avec ses collègues de la Mauricie, vont finir par faire quelque chose pour aider le monde agricole. Il y a 40 entreprises chez mon

collègue, donc en Maskinongé, il y en a 40 dans mon comté qui ont été touchés parce

qu'ils n'ont pas pu semer à temps, et

les assurances ne couvrent pas la totalité

des dommages. Alors, moi, je n'ai pas entendu du tout, du tout le député de

Maskinongé en parler. On s'en occupe, M. le Président,

on s'en occupe, puis le travail est en marche, puis on va régler la situation.

En tout cas, on va l'expliquer au gouvernement.

Si le gouvernement ne bouge pas, bien, il reniera la parole de la vice-première

ministre, qui avait dit que les agriculteurs ne seraient pas oubliés

dans cette histoire-là.

M. le Président, je

veux vous parler des CRE et des CLD. M. le Président, en 2003, le gouvernement

libéral abolissait les CRD et créait les

CRE, conférences régionales des élus. Et ça, M. le Président, là, c'était pour

les abolir 10 ans plus tard ou

11 ans plus tard. Le gouvernement libéral reprend le pouvoir, il abolit

les CRE. Mais, M. le Président, ce faisant, il n'a pas juste aboli les CRE, il a aboli 40 ans — je vous dis bien, là, 40 ans — de concertation régionale. Et après ça

on va me dire, du côté des députés de la

Mauricie, que c'est important, la concertation régionale. Mais qu'ont-ils fait

pour éviter ce massacre, ce saccage?

M. le Président, Gérard Bruneau, le président, préfet de la MRC des Chenaux,

croit qu'il aurait mieux valu

préserver les CRE, qui fonctionnaient bien, qu'il n'était pas nécessaire de

tout démolir. Allons-nous laisser la Mauricie mourir?, a-t-il demandé. Ce n'est pas moi qui le dis, là, hein? Moi,

effectivement, je trouve ça abominable d'avoir démoli les CRE comme ils l'ont fait, d'avoir détruit

40 ans de concertation régionale. Quand c'est le député de Berthier qui

vous le dit, on peut douter, peut-être, certains, mais là ce n'est pas moi qui

vous le dis, c'est un préfet. Une autre personne, M. le Président, et là c'est le maire, M. Angers, le maire de

Shawinigan, il dit : «...c'est autour de 60 % qui aura été

coupé dans les budgets attribués aux MRC. Si

d'autres régions du Québec ne voulaient plus de leur CRE, la Mauricie en

avait cruellement besoin.»

Alors,

c'est vrai que les élus municipaux font un travail extraordinaire, M. le

Président. Je le prends comme un compliment de la part du député de

Maskinongé, j'ai été maire pendant 10 ans. Merci de la petite fleur, M. le

député de Maskinongé.

On reste sur les CRE.

Martin Francoeur, Le Nouvelliste , M. le Président : «Le

gouvernement libéral se targue d'avoir ainsi

créé la plus importante opération de décentralisation. C'est ce même

gouvernement qui, rappelons-le, a coupé les vivres aux centres locaux de

développement et aux conférences régionales des élus.»

Et là ça

n'arrête pas, M. le Président, la liste est longue. Un ancien député libéral de

l'Agriculture, M. Picotte, qui dit :

«MM. et Mmes les députés du gouvernement, vous ne trouvez pas que les

collectivités et les gens des milieux agricoles ont assez souffert de la déstructuration de leur

milieu avec la perte des CLD, des conférences régionales des élus et des

visées bureaucratiques de [ce gouvernement]!»

Toujours M. Picotte, ancien ministre

libéral en Agriculture : «Le Québec des régions vit un retour en arrière

de 50 ans.»

C'est ça, le bilan, M.

le Président. Puis pourquoi qu'on

fait l'interpellation sur la Mauricie? C'est parce que moi, je dis aux députés de la Mauricie : Est-ce que vous êtes

intervenus quelque part auprès du gouvernement? Est-ce que vous avez demandé de changer d'orientation, de ne pas faire ce genre de

choses là, de détruire, M. le

Président, les CRE, de

détruire les CLD, de mettre fin à 40 ans de concertation?

Et parlant, M. le Président, des programmes, hein, on parle ici budget des CRE, budget des

CLD. En passant, ils ont aboli la Politique

nationale de la ruralité, qui est reconnue à l'international, M. le Président, ils ont trouvé que ce n'était pas bon. À l'international, ils nous trouvent très bons, ils copient notre

modèle, mais le Parti libéral, les députés de la Mauricie : Non, ce n'est pas bon, on détruit ça. Le fonds de

soutien aux territoires dévitalisés, éliminé. Résultat : ils ont annoncé

en grande pompe, de façon... Le ministre de la Sécurité publique disait : C'est d'une manière inédite qu'on

fait ça. Ils ont annoncé le FARR, rayonnement des régions, le FDT, fonds

des territoires. Alors, M. le Président, ils annoncent, en 2014‑2015,

un budget où il manque 6 millions à ce qu'il

y avait auparavant. Il faut avoir du

culot, tout de même, M. le Président,

mais il faut avoir du culot pour détruire la concertation régionale comme ils

l'ont fait, ne pas se lever, comme députés, puis défendre leur région,

pour dire au gouvernement : C'est assez, c'est assez, ce n'est pas vrai

que vous allez détruire...

Et là la société

civile, M. le Président, est en colère. Elle a été évincée, elle a été

évincée par la destruction des CRE. C'est...

en fait, je n'ai pas de qualificatif, étant

donné que je suis soumis à un certain

lexique, M. le Président, je vais garder mes émotions pour

moi-même. Mais ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai, M. le Président, que des

députés qui sont au gouvernement, qui ne sont pas capables de défendre leurs

régions, parce que ça a fait mal à toutes les régions du Québec,

mais ils n'ont pas été capables de défendre

leurs régions, c'est... Moi, j'aimerais ça qu'ils m'expliquent ça,

comment ça se fait qu'ils

ne sont pas capables d'intervenir pour, justement, dire au gouvernement : Ce que vous faites là, là, ça ne marche pas. Puis là ce n'est pas moi qui le dis, hein? C'est les gens de la

Mauricie, là, qui l'ont dit, là, les journalistes, M. Picotte...

Le Président (M. Huot) : Merci.

Merci, M. le député de Berthier. Mme la ministre, la parole est à vous.

Mme Boulet : Alors, merci, M. le Président. Alors, d'entrée de jeu, je vais répondre à l'inquiétude du député pour... non, je ne

parle même pas... pour l'agriculture, les agriculteurs et les inondations.

Alors, je suis convaincue que mon collègue est tout à fait d'accord avec vous, il

y a une préoccupation à cet égard-là. Et, vous avez raison, il y a certains agriculteurs qui n'ont pas pu semer à temps, les

terres étaient trop imbibées d'eau, la production n'était pas là au rendez-vous.

Alors, je suis convaincue que le ministre

de l'Agriculture et tous les collègues

qui ont des comtés plus agricoles vont travailler très fort pour que ce

dossier-là se règle, avec de l'aide possible, là, pour les agriculteurs.

Maintenant,

sur la conférence régionale des élus, M.

le Président, alors, ce qu'il est important

de dire, c'est qu'il ne faut pas

généraliser. Quand on généralise en politique, alors qu'il

n'y a pas une région qui est pareille

puis ça ne fonctionne pas pareil dans

toutes les régions... La CRE, il l'a dit tout à l'heure, ça faisait

40 ans que ça existait. Alors, moi, je pense que, dans notre société, quand une structure

existe depuis 40 ans, bien, oui, je pense qu'il faut, des fois, revoir

tout ça. Des fois, il faut brasser

ça, puis il faut revoir, puis dire : Est-ce que cette formule-là, est-ce que cette structure-là, elle répond

bien aux besoins qu'on a actuellement?

Est-ce que c'est une structure qu'on doit faire évoluer vers autre chose?

Est-ce que cette structure-là, elle

était vraiment très performante partout? Parce que je pense qu'on pourrait

demander aux députés péquistes puis

aux députés adéquistes ou caquistes, on pourrait leur demander, j'imagine que

ça pourrait être très variable d'une région

à l'autre. Il y avait des CRE qui étaient très performantes, il y avait

d'autres CRE où il y avait de la dissension, où les argents ne sortaient pas, les entreprises se

plaignaient qu'ils ne pouvaient pas avoir accès aux fonds qu'on était...

Parce que, vous savez, c'est des fonds qu'on

leur verse puis c'est du capital de risque, donc il faut que ces

institutions-là prennent un certain

niveau de risque avec nos entreprises, parce que c'est un peu la dernière porte

où on allait cogner. Alors, les gens

allaient dans les institutions financières traditionnelles, et, quand ça ne

faisait pas à la banque ou à la caisse, bien, c'était justement pour ça qu'on leur donnait des sous, pour qu'ils

puissent accompagner et soutenir des projets. Alors, dans certaines régions, les entreprises se plaignaient

que c'était difficile d'avoir accès à ces fonds-là, donc c'était très

inégal. Alors, quand ça fait 40 ans que

quelque chose existe, je pense que, dans notre société moderne, c'est important

de se poser la question : Est-ce que c'est la formule qui est la

mieux adaptée à notre réalité et à nos besoins? Alors, c'est comme ça qu'on a

convenu qu'on pouvait passer à autre chose.

Alors, c'est

dans ce contexte-là que le ministre des Affaires municipales et de la Sécurité

publique a déposé sa

loi sur la

stratégie d'occupation et de vitalité des territoires. Parce que, dans un

premier temps, M. le Président, ce qui est primordial, c'est de bien comprendre que les décisions pour les

municipalités, pour nos petits villages, pour nos régions, pour nos MRC, ces décisions-là ne doivent pas être

portées et décidées par des gens qui travaillent à Québec. Alors, ces gens-là travaillent très bien, à Québec, je n'ai

rien contre eux, mais la réalité puis ce qui se passe sur nos territoires, dans nos villages, dans nos régions, je

pense que les personnes les mieux placées pour décider de leur avenir, pour

décider des choix qu'ils doivent prendre, pour

décider des orientations qu'ils veulent avoir, ce sont nos élus municipaux. Et Dieu sait qu'on a des gens

qui sont à la tête des municipalités qui sont dévoués, qui sont passionnés, qui

sont profondément convaincus de leur

potentiel, du potentiel de leur communauté et de la capacité exceptionnelle des

gens sur leur territoire.

Alors, c'est

ce qu'on a voulu faire dans cette stratégie d'occupation et vitalité des

territoires, c'est de redonner ce pouvoir-là

aux gens. Dans ça, c'était la première étape de dire à ces gens-là... Et

d'ailleurs que ça soit la FMQ et l'UMQ, ils ont salué, ils étaient des partenaires dans cette décision-là du

ministre. Ils étaient très heureux de cette action gouvernementale là, qu'on les

reconnaisse, dans un premier temps, et qu'on leur donne plus de pouvoirs.

Alors, ça, ça a été fait dans un premier

temps. Dans un deuxième temps, on a dit : Oui, on vous reconnaît et on va

vous donner des sous que vous allez gérer

sans qu'il y ait tous les critères et les paramètres de tous les programmes.

Vous allez être les seuls et les premiers à décider où vous voulez investir. Alors, ce n'était pas tout à fait ça

avec la CRE, il y avait des critères, des paramètres, des règles.

Alors, dans

le contexte du FARR, qui est le Fonds d'appui au rayonnement des régions, c'est

de l'argent qui est retourné dans les

régions, et ce sont les régions et les élus, dépendamment dans chacune des

régions... Il n'y a pas de formule pour

tout le monde, c'est du cas par cas. Chaque région s'est organisée comme elle

le souhaitait. Alors, chaque région a défini qui était son comité de

sélection, qui va décider les dossiers qu'on priorise, mais chaque région a dû

définir ses priorités d'intervention et de

développement, pas le gouvernement qui a dit : En Mauricie, là, il faut

miser là-dessus; puis vous autres,

là-dessus; puis vous autres, là-dessus. Puis la chose extraordinaire, M. le

Président, c'est que le choix des régions dans le FARR passe par-dessus

le choix des ministères. Alors, même si ça ne passe pas...

Le Président (M. Huot) : Merci.

Merci, Mme la ministre. Ça complète le bloc. M. le député de Maskinongé.

M. Plante :

Merci beaucoup, M. le Président. Donc, écoutez, avec plaisir que je vais

aborder le sujet de l'abolition des

CRE et des CLD, et ça va me faire bien, bien plaisir de parler de l'expérience

que je connais le plus, qui est l'expérience du comté de Maskinongé. Mais, juste avant, j'aimerais revenir sur la CRE

de la Mauricie, qui, à l'époque, a dû retourner un surplus de

1,8 million de dollars parce qu'elle ne l'avait pas investi dans des

projets destinés soit aux entreprises, aux organismes.

Et cette belle collaboration et solidarité entre tous les acteurs portait-elle

vraiment ses fruits sur le terrain quand on retourne 1,8 million de

dollars au fonds consolidé? C'est là, la question.

Mais parlons

d'avenir, parlons plutôt de demain plutôt que d'hier et parlons de ce que les

gens font concrètement sur le

terrain. Et je veux lire une citation, moi aussi, du préfet de la MRC de

Maskinongé, donc c'est dans L'Écho de Maskinongé , le 20 juillet 2017 : «"Nous avons une

MRC entreprenante. C'est la plus belle chose qu'on a faite d'intégrer le CLD à

la MRC. Je ne reviendrais pas en arrière.

Notre objectif était de maintenir

[des services] de qualité aux entrepreneurs, et c'est ce qu'on a réussi à faire en travaillant

ensemble", commente pour sa part Robert Lalonde, préfet de la MRC de

Maskinongé» et maire de Saint-Léon-le-Grand.

Vous dire aussi, M. le Président...

M. Plante : ...et président de

la Table des préfets de la Mauricie aussi.

Vous dire qu'il n'y a plus de concertation, M. le

Président, c'est un peu exagéré. Ma

collègue vient de me souffler à l'oreille,

la Table des préfets, c'est justement une table de concertation de l'ensemble

des élus de la Mauricie, l'ensemble des

territoires. Et, vous savez, la collègue l'a bien démontré

au départ, la Mauricie, c'est grand, c'est diversifié. Et, oui, on a besoin de se rencontrer puis de travailler ensemble, mais, quand on se

met ensemble puis quand on met l'image de notre territoire justement, ça

va bien.

Dans Maskinongé, comment ça a fonctionné? On a

créé un comité qui s'appelle Vision Maskinongé. Sur ce comité-là, M. le Président, bien, il y a de la concertation,

imaginez-vous donc. On ne l'a pas abolie, la concertation, on l'a laissée au choix des élus municipaux. La SADC, le

CLD, le SANA, le carrefour jeunesse-emploi, bien des organismes gouvernementaux siègent sur ce comité de Vision

Maskinongé là et travaillent très fort. Pour vous dire comment ça ne va tellement pas bien depuis qu'il n'y a plus les

CLD, à ce que nous dit le député de Berthier, bien, écoutez, l'année

passée, il s'est créé 600 emplois dans

la MRC de Maskinongé. L'an passé, le Parc industriel régional de la MRC de

Maskinongé, qui est situé à Louiseville, a

vu presque la totalité de ses terrains être vendus, chose qu'on n'avait pas vue

depuis des années.

Vous dire que

l'appui de ce comité-là et l'appui du gouvernement à divers projets

d'entreprise, que ce soit Omnifab, Marquis

Imprimeur, Divel à Louiseville, Chemise Empire, que ce soit même l'Abattoir

Trahan, on sait qu'il y a eu une acquisition

avec Olymel, donc un nouveau partenariat d'affaires qui va permettre la

création de 350 nouveaux emplois à Yamachiche, et ce, dès 2018. C'est quand même une très bonne nouvelle et

c'est plusieurs millions de dollars qui seront investis. Vous dire aussi, M. le Président, que, quand on travaille

ensemble, quand on travaille localement, on est vraiment près des besoins de nos entreprises, près des

besoins aussi de la population. Le comité de la MRC de Maskinongé, dont

je suis très fier, M. le Président — et que jamais on ne me dira

que ça allait mieux avant, je ne le croirai pas — c'est justement être à

l'écoute.

Tout à l'heure, ma collègue a parlé de pénurie de main-d'oeuvre. Et, oui, effectivement, dans ma circonscription, on

vit de gros problèmes dans diverses entreprises, et c'est plusieurs,

oui, centaines d'emplois qui sont disponibles et qu'on arrive à pouvoir avec les gens qui sont dans la

MRC. Ce qu'on a fait, c'est qu'on a travaillé ensemble. On s'est mis

en action. On a pris la roue qui tourne,

parce que le gouvernement a donné le pouvoir aux élus municipaux

de le faire sans être obligés de

passer par plein de structures. La MRC a décidé de se prendre en main, a déposé

un projet au gouvernement. Et

d'ailleurs le ministère de

l'Immigration et de la Diversité

culturelle a aidé à 60 000 $ cette initiative-là pour

permettre, justement, d'aller recruter des gens tant à Montréal

que des gens ou des travailleurs saisonniers qui viennent dans notre

région pour pouvoir les emplois.

J'aimerais

revenir, et je trouve ça bien, bien, bien important... Quand qu'on parle

de concertation, il n'y a aucune formule

qui est la meilleure. Ce qui compte, c'est que les gens se parlent. Pour que

les gens se parlent, c'est une volonté locale.

Ce que le gouvernement a fait, ce que le Conseil des ministres et le gouvernement a fait, c'est qu'on a donné le pouvoir,

justement, aux gens locaux, municipaux de se prendre en main, de travailler ensemble et de

collaborer. Ce qui arrive

aujourd'hui, M. le Président, c'est qu'il y a des avancées sans précédent de

pouvoirs donnés aux municipalités, mais il y a

aussi des dossiers qui sont montés et travaillés par les gens de la

collectivité et qui ne leur sont pas imposés structurellement

par le gouvernement, mais qui viennent vraiment de ce qu'ils désirent. Ma

collègue a eu l'occasion de parler du

FARR, du fonds d'aide au rayonnement des régions, qui est une mesure sans

précédent et qui est surtout très facilitante

pour nos élus et les organismes des régions de déposer des projets et de

pouvoir, justement, répondre aux besoins de la population de la

Mauricie. Je vous remercie, M. le Président.

Président (M. Huot) : Merci. Merci, oui, dans les temps, M. le

député de Maskinongé. Pour la troisième série d'intervention, je

reconnais maintenant M. le député de Bécancour.

M. Martel :

Merci, M. le Président. Bien, très heureux de me joindre à vous. Je vais saluer

mon collègue de Berthier, qui a eu la très bonne idée de parler de la Mauricie

ce matin. Je veux saluer ma collègue ministre du Tourisme — j'allais

la nommer, il ne faut pas faire ça — mon collègue de Maskinongé

aussi.

Comme vous, M. le Président, on écoute les

échanges depuis 45 minutes puis, veux veux pas, on entend des échanges de vieux partis : C'est de ta faute,

c'est de ta faute. Je suis sûr que, comme vous, M. le Président, vous avez

déjà rêvé d'offrir une troisième voix aux

Québécois puis dire : On va sortir des vieux débats puis... Mais il n'est

pas trop tard, soit dit en passant. Sincèrement... Bien, j'étais

sincère, mais, sincèrement...

M. Martel :

Oui, c'est ça. Sincèrement, ça me fait vraiment plaisir de parler de la

Mauricie. J'avais préparé des dossiers

plus précis. Puis ce qui est triste un peu dans... puis je comprends, je ne

blâme pas personne, mais, tu sais, on devrait

pouvoir poser des questions, avoir des réponses. Ce n'est pas très constructif.

On arrive, tout le monde, avec nos dossiers un peu prêts puis on ne

règle pas grand-chose. Mais il y a des messages à passer qui sont intéressants

aussi.

Moi, je veux

vous dire que, c'est ça, quand je vous écoutais, je pensais à la Mauricie. Moi,

je viens de Grand-Mère. Quand je regarde mes parents, toujours vivants,

mon père, ma mère habitent la même maison où j'ai été élevé à Grand-Mère depuis 53 ans. Puis là, quand je

regarde les descendants Martel, là, je pense qu'on doit être 40 quelques,

puis tout le monde habite la Mauricie, à

part moi qui est juste de l'autre bord, à Saint-Célestin. Quand je regarde le

côté de ma blonde, ils viennent tous

de Shawinigan-Sud, ils habitent tous la région de la Mauricie. Donc, je connais

très, très bien la Mauricie. Si vous

me demandez, Mme la ministre, de m'amener sur telle rue à Saint-Tite, je n'ai

pas besoin de GPS. Votre collègue,

s'il veut m'amener à Yamachiche ou à Sainte-Ursule, cassez-vous pas la tête, je

vais me rendre là. Puis je pense qu'il

y a de quoi... La Mauricie, c'est beau, les montagnes, les lacs, la forêt.

C'est une belle région, mais ça ne nous empêche pas de regarder ça de façon

très lucide. Puis, quand je dis de regarder ça de façon très lucide — sacrifice! ça va vite — ça ne veut pas dire de ne pas être

critique.

Je vous

écoutais tantôt, sincèrement, à vous deux, là, reculons-nous... le député de

Maskinongé est un petit peu plus

jeune, là, mais reculons-nous de voilà une trentaine d'années, est-ce qu'on était mieux en Mauricie

voilà 30 ans, quand on se

comparait au reste du Québec, qu'aujourd'hui? Moi, je ne suis pas certain. Si on se comparait, la Mauricie, il y avait la grande entreprise, les

salaires étaient élevés. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus inférieur. Et le gouvernement

libéral, Mme la ministre, il faut qu'il en

prenne quand même une

partie de la responsabilité, comme le Parti québécois. Je

vais parler... On avait la grande entreprise

et, pour pallier à ça, on a mis au monde un parc industriel à Bécancour pour

dire : Regarde, quand la grande

entreprise de Shawinigan, Trois-Rivières va partir, on va pouvoir meubler le

parc industriel de Bécancour. Moi, ça

fait 20 quelques années que je suis dans le territoire de Nicolet-Bécancour.

Depuis 15 ans, il s'est perdu

plus d'emplois dans le parc industriel de Bécancour qu'il ne s'en est créé. Ce

n'est pas normal. C'est le meilleur potentiel de la grande entreprise au

Québec, et il n'y a eu aucun résultat.

Tantôt, je vous entendais parler de la centrale

nucléaire de Gentilly. Les libéraux, c'est vrai qu'ils ne sont pas responsables de la fermeture, mais, sincèrement,

je pense que, s'ils avaient agi plus rapidement, on aurait pu commencer

la réfection. Puis ce que je vais toujours

reprocher au Parti québécois, ce n'est pas l'idéologie de ne plus avoir du

nucléaire. Ce que j'ai toujours reproché au

Parti québécois, c'est que le premier Conseil des ministres, où les gens

prennent leurs dossiers, là, on prend

la décision de fermer la centrale. Moi, quand je pense au scepticisme de la

population par rapport aux élus municipaux,

comment qu'on peut prendre une décision aussi importante qui concerne des

milliers de familles dans une région et on arrive sans connaître les

tenants et aboutissants du dossier, on décide de fermer la centrale? Je trouve

ça très malheureux.

Je vais vous

parler tantôt... Quand je dis que ça va moins bien en Mauricie‑Centre-du-Québec,

pensez à l'hôpital Comtois à Louiseville, pensez à l'Hôpital Laflèche,

on avait tout...

Président (M. Huot) : Merci, M. le député Nicolet-Bécancour. Ça

complète votre première intervention. C'est maintenant au tour de la

ministre. Vous avez la parole pour cinq minutes.

Mme Boulet :

Alors, merci beaucoup, M. le Président. Alors, M. le Président, vous me

permettez, moi, je vais faire le

tour, parce qu'il y a eu des investissements importants, là. Effectivement, la

grande entreprise, elle nous a quittés, là, puis je pense que ça, c'est des choix d'entreprise dans un contexte de

mondialisation où le marché s'est transformé de façon très importante. Et cette réalité-là, elle ne s'est pas produite à

Shawinigan seulement, elle s'est produite un peu partout. Alors, de convertir, de reconvertir notre

économie, ce n'est pas une mince tâche. Dans le Centre-du-Québec, on a un

taux d'emploi qui est plus uniforme avec des

salaires plus moyens. Nous, on partait de conditions très avantageuses avec

de très bons salaires, alors il fallait

trouver notre créneau à nous, notre place à nous pour remplacer ces

entreprises-là. Mais, vous savez, quand on ferme une grande entreprise qui a 500, 600 emplois,

ça en prend plusieurs, petites et moyennes entreprises pour la remplacer, et évidemment les salaires, bien,

ça prend un certain temps avant d'arriver au même niveau salarial.

Mais je veux vous rappeler qu'on a fait des

investissements très importants au cours des derniers mois et des dernières années. Alors, on n'a qu'à penser à

Kruger, où le gouvernement a investi 190 millions de dollars pour

maintenir 270 emplois. Évidemment,

c'était pour remplacer l'intégration et la diversification des activités de

carton et d'emballage. Alors,

l'objectif, c'était de diversifier deux usines de papier au Québec, alors, celle

à Trois-Rivières, évidemment, et l'usine de Brompton. Là, ça permet conserver 270 emplois. Il y a eu

également 104 millions de dollars investis à la Wayagamac pour 328 emplois. On a réussi à attirer chez

nous, et ça, c'est quelque chose d'exceptionnel, les bureaux de CGI.

Alors, on sait que CGI, c'est une

multinationale. Normalement, elle est toujours, toujours établie dans les

grands centres. Alors, on lui a fait valoir... et le gouvernement a

travaillé très, très fort pour que CGI vienne s'établir à Shawinigan. C'est une

aide gouvernementale de 98 millions de

dollars et qui a créé 300 emplois, et ces emplois-là, ce sont de bons

emplois. Et c'est assez particulier

parce que beaucoup de gens ont déménagé d'autres régions pour venir prendre ces

emplois-là, ce qui a créé une grande

diversité au niveau culturel parce qu'on a des gens de toutes les cultures qui

sont venus relever le défi de mettre en

place ce nouveau bureau de CGI. Alors, ça, c'est très important. Moi, j'ai une

cartonnerie à La Tuque dans laquelle on vient d'investir également 10 millions de dollars chez WestRock à

La Tuque. On a mis également 14 millions de dollars chez

Nemaska Lithium qui va permettre une usine pilote de production d'hydroxyde et

de carbonate de lithium à Grand-Mère.

Alors, M. le

Président, il y a vraiment des projets vraiment, vraiment structurants, des investissements

majeurs. On ne parle pas de contributions de

500 000 $, mais on parle de

contributions de 190 millions, de 104 millions, de

98 millions de dollars. On vient d'investir

également 13 millions pour mettre la fibre optique sur la route qui mène

de Grand-Mère au Lac-Saint-Jean.

C'est le plus gros projet de la Stratégie numérique du Québec. Donc,

13 millions du gouvernement du Québec

plus 13 millions du gouvernement fédéral, 26 millions pour rendre

cette route-là plus sécuritaire, pour que les gens puissent avoir... les

commerces puissent avoir accès au fil numérique, Internet haute vitesse, mais

également ça va donner la possibilité de la téléphonie cellulaire.

Alors, il y a

vraiment des investissements stratégiques qui ont été faits. Tous les projets

qui sont actuellement à l'étude ont bénéficié d'un accompagnement du

gouvernement. Ces projets-là ont permis de créer des emplois, d'en sauvegarder, d'en maintenir. On pense également à

Arbec, qui est dans l'industrie forestière, 7,5 millions pour

250 emplois directs et indirects. Alors, sincèrement, on peut dire, là,

qu'on a été très actifs.

Et moi, je

connais bien mes collègues et je peux vous dire que, quand un collègue de la

Mauricie a un dossier, il reçoit

toute l'écoute, toute l'attention, et ces dossiers-là sont regardés

minutieusement au Conseil des ministres. Et on est très sensibles à cette réalité-là que la Mauricie a

réussi de grandes choses, mais qu'elle a eu beaucoup de défis à relever,

qu'elle s'est retroussé les manches, qu'elle

s'est mise en action, qu'elle a favorisé la concertation des forces vives du

milieu, que les gens se sont

mobilisés. Alors, je peux vous dire que, quand un projet atterrit sur la table

ou dans les dossiers d'un de mes collègues

ministres, ces dossiers-là reçoivent toute l'attention à laquelle ils ont

droit. Et moi, je me sens un peu privilégiée parce que, sincèrement, au cours des derniers mois, on a fait des

annonces extraordinaires en Mauricie dans tous les comtés et des annonces qui vont redéfinir notre Mauricie,

mais qui vont assurément enrichir notre population et assurer la

pérennité de nos infrastructures, la pérennité de nos entreprises et des

emplois qui y sont rattachés.

Le Président (M. Huot) : Merci,

Mme la ministre. M. le député de Maskinongé.

M. Plante :

Bien sûr, M. le Président. Donc, écoutez, je continuerai dans la même veine que

ma collègue, tout d'abord en

rappelant, et bien sûr on en a fait le rappel, qu'effectivement il y a eu des

aléas économiques au niveau de la grande

industrie. On sent que c'est un tournant mondial, et souvent les grandes

industries avec beaucoup d'emplois sont liées, justement, aux marchés mondiaux et sont plus fragiles quand il

arrive soit une baisse, ou une crise, ou etc. Ce qu'il est important de dire, c'est que la Mauricie s'est

prise en main et a diversifié son économie. Elle l'a diversifiée au

niveau du tourisme, au niveau des entreprises manufacturières, mais à plus

petite échelle et a su, justement, tirer son épingle du jeu. Et je vous reviendrai aussi avec quelques annonces qui ont été

faites pour le gouvernement, dont le programme Québec branché, dont près de 12 millions de dollars

ont été investis dans la MRC de Maskinongé pour, justement, permettre

aux citoyens d'avoir l'Internet à haute

vitesse, mais aussi permettre aux travailleurs autonomes... parce qu'on sait

qu'avec la diversification économique de

plus en plus les gens vont vouloir travailler de chez eux, pouvoir travailler

trois jours à la maison, deux jours

en entreprise et même se permettre d'aller travailler les deux ou trois

journées dans des plus grands centres,

soit Québec ou Montréal, mais pouvoir tout de même demeurer en Mauricie. Et

donc c'est 40 millions qui ont été donnés pour la Mauricie au

complet, donc, pour brancher 6 981 foyers, M. le Président, donc ce

n'est pas rien.

Vous parler

de l'aide aussi que le gouvernement fait. Et, on sait, on avait une stratégie

quand le gouvernement est arrivé au

pouvoir. On a basé notre stratégie manufacturière sur trois grands

piliers : le manufacturier innovant, bien sûr, l'entrepreneuriat et les exportations, trois

piliers qui sont essentiels pour permettre aux entreprises de l'ensemble des

régions du Québec de se développer, créer

des emplois. Et justement, M. le Président, avec cette stratégie-là, on a pu

faire des annonces qui se sont

reflétées chez nous, en Mauricie, dans nos entreprises. Et je vous parlerai de

l'aide à l'exportation qui a été faite

avec l'entreprise Duchesne à Yamachiche. Tantôt, ma collègue a parlé de

l'entreprise Kruger, une entreprise importante

qu'on a aidée dans sa transition pour permettre de maintenir les emplois, oui,

effectivement, des emplois de qualité. C'est plus de 328 emplois à

Trois-Rivières, en Mauricie.

Revenir aussi

sur des aides qui ont été données tant à des organismes aussi pour permettre

d'accompagner des entreprises. On

peut regarder une aide financière de 740 000 $ qui a été donnée au

consortium Économie du savoir Mauricie pour

permettre, justement, de faire l'accompagnement de diverses entreprises pour se

développer, maintenir des emplois et continuer de

croître chez nous, en Mauricie. Vous parler aussi de l'aide qui a été donnée au

Service d'intégration au travail.

Vous permettre de vous dire qu'on a travaillé

aussi beaucoup au niveau de la Stratégie maritime. Et on est chanceux, en Mauricie, on est chanceux, à

Trois-Rivières, d'avoir un port, d'avoir un port sur lequel se greffent

plusieurs entreprises, et c'est de l'aide

gouvernementale qui a été octroyée au port de Trois-Rivières de plus de

2,5 millions de dollars, M. le Président, grâce à quoi? Grâce à la

vision du gouvernement, de la Stratégie maritime, grâce à notre vision du

développement de l'entrepreneuriat.

Vous dire

qu'une aide a été donnée aussi... On parlait du tourisme tantôt, d'entrée de

jeu, et on est très chanceux et privilégiés d'avoir la ministre du

Tourisme en Mauricie, mais vous dire aussi qu'on est choyés d'avoir des belles entreprises qui veulent innover, qui veulent se

développer, et on peut parler du Kinipi Spa et Bains nordiques à Trois-Rivières. Je sais que, M. le Président, vous

habitez la ville de Québec, vous êtes un député de la ville de Québec,

mais sûrement que ces derniers jours vous

avez pu voir passer, justement, l'annonce, la publicité du Kinipi Spa jusqu'à

Québec, donc partout dans la province, parce

qu'on a la chance d'avoir un joyau touristique, et le gouvernement est venu

l'aider avec une aide de 3,5 millions de dollars.

Vous parler

aussi de l'aide aux croisières, le M.S. Jacques-Cartier à Trois-Rivières, un

autre 3,3 millions de dollars qui a été donné pour permettre,

justement, le développement et la diversification économique.

Tantôt, je vous parlais de Marquis Imprimeur,

Marquis Imprimeur qui est situé à Louiseville, qui était une entreprise auparavant tenue ou qui appartenait à

Transcontinental. Et, à l'époque de l'achat par Marquis, on était

beaucoup incertains sur l'avenir de cette

entreprise-là. Mais bien au contraire, M. le Président, on a su de la

compagnie... on a su travailler avec

eux, et c'est une aide financière de 2 167 000 $ qui a été

donnée pour maintenir la pérennité de l'entreprise, la modernisation. Pourquoi moderniser les

entreprises? Et je pourrais vous parler, M. le Président, du manufacturier,

mais le manufacturier innovant. Donc,

l'innovation nous permet, justement, de maintenir des emplois, maintenir des

entreprises, maintenir de la diversification

économique, et c'est ce que mes collègues et moi, on s'affaire à faire au

quotidien pour la Mauricie.

Je vais

terminer en vous parlant peut-être un petit peu plus des aides qui ont été

données aussi aux divers centres qui permettent...

comme le Centre de métallurgie, qui est situé à Trois-Rivières. Donc, c'est une

aide de 2,6 millions de dollars pour

permettre son maintien, sa modernisation, mais pour permettre aussi de

développer des nouveaux produits, des nouveaux créneaux et pour nous permettre ensemble, aux citoyens de la Mauricie,

de travailler et de continuer le développement.

Président (M. Huot) : Merci, M. le député. Votre temps est

complété. Pour une quatrième série d'intervention, je cède la parole au

député de Berthier.

M. Villeneuve :

Merci, M. le Président. Le député de Nicolet-Bécancour ne m'en voudra pas si je

lui fais un petit clin d'oeil.

Tantôt, lorsqu'il a parlé de troisième voix, moi, j'ai pensé à troisième lien

et je me suis dit : Le troisième lien, est-ce que ça va être fait avant

ou après la démolition du pont de Québec? Mais c'est un clin d'oeil que je vous

fais, tout simplement.

M. le

Président, je voudrais parler d'éducation. C'est très important, parce qu'on

sait que les mesures d'austérité toxique

qui ont été mises en place par le gouvernement actuel ont fait très mal à

l'éducation. Rappelez-vous du mouvement social Je protège mon école, rappelez-vous de ce mouvement-là. C'était

quand même assez extraordinaire. Les gens se sont littéralement... pas attachés, mais, en tout cas,

tenu la main, ils se sont mobilisés pour, justement, protéger leurs

écoles. Et, M. le Président, ces coupures-là

font en sorte qu'il y a moins de personnes pour supporter nos enseignants, nos

enseignantes, parce qu'on le sait,

les besoins sont là, ils existent. Et, s'il y a quelque chose qu'il faut

protéger, c'est bien les budgets de l'éducation,

M. le Président. Et on devrait le faire ne serait-ce que pour l'avenir de nos

jeunes, pour l'amour du Québec — je pense

que ça serait un sapré bon slogan à adopter, M. le Président — parce que nos jeunes, on doit s'assurer

qu'ils puissent atteindre leur plein potentiel.

Et là je suis

d'accord avec le député de Nicolet-Bécancour quant à la façon dont ça

fonctionne, en confrontation, alors

qu'on pourrait changer. Et moi, je suis d'accord, je suis partant pour regarder

une nouvelle façon de faire. Je suis tout

à fait d'accord avec ça. Alors, qu'on en fasse la proposition. Je peux même,

moi-même, la faire, la proposition qu'on change la façon de faire. Parce que j'ai une question à poser aux

députés de la Mauricie, M. le Président. Il y a eu une belle

mobilisation pour l'école de Notre-Dame-du-Carmel...

M. Plante : ...du-Mont-Carmel.

Villeneuve : ...du-Mont-Carmel — merci de me reprendre, M. le député de

Maskinongé — donc une

belle mobilisation pour l'école de

Notre-Dame-du-Mont-Carmel, et parents et le personnel de l'école ont formé une

longue chaîne humaine dans la cour de

récréation pour la rentrée afin de tracer le périmètre de l'agrandissement du

bâtiment qu'ils souhaitent obtenir.

Savez-vous ce qu'ils veulent, M. le Président? Vous ne me croirez pas. Ils

veulent tout simplement rencontrer

quelqu'un du gouvernement. Alors, ma question est simple, vous allez voir la

chance tantôt de prendre la parole en

cette Chambre, M. le Président, ils vont avoir la chance, les députés de la

Mauricie : Est-ce qu'ils peuvent confirmer, est-ce qu'ils peuvent prendre l'engagement que les gens vont rencontrer

le ministre concerné? Alors, voilà, M. le Président, le message est fait, et j'ose espérer que ce sera

positif comme réponse. Alors, ces gens-là veulent tout simplement avoir

une rencontre avec le ministre.

M. le

Président, je ne veux pas dépeindre la situation comme étant sombre. Tout ce que

je dis, c'est que, lorsqu'on est des

députés d'une région, on doit se battre pour notre région. Parce que c'est

vrai, ce que... et je suis d'accord avec la ministre, je suis d'accord avec les députés que la

région va bien puis que les... parce que les gens, M. le Président — c'est

le berceau de l'industrie, hein, la Mauricie — ils ont ce sens-là de l'entrepreneuriat, ce

sont des gens combatifs et ce sont des entrepreneurs,

carrément, et donc je suis d'accord avec ça. Mais sans vouloir dépeindre la situation

noire, mais je veux quand même

montrer à quel point il y a des dossiers qui... pourtant, c'eût été facile de

la part des députés de la Mauricie de se

tenir debout, de mettre le pied à terre et de défendre leur région. Par

exemple, l'UQTR, qui est un joyau en Mauricie, hein, ils vont perdre le programme concernant les infirmières de

première assistance en chirurgie. Je pense que c'est pas mal terminé. Je suis allé sur le site hier, puis la

page est introuvable, M. le Président. Pourtant, le ministre de la Santé et

le ministre de l'Éducation, ils ont dit

qu'ils étaient d'accord à ce que le programme reste. Mais où sont les actions?

Où sont les actions, M. le Président?

C'est la question que je pose. Alors, je pense que c'est légitime de le faire,

M. le Président. Pour l'avenir de nos

élèves, pour l'amour du Québec, il faut s'assurer que les budgets en éducation

ne soient plus jamais sabrés comme

ils l'ont été par les libéraux. Ce fut un saccage, et c'est un saccage, M. le

Président. On a échappé des jeunes, on a échappé des jeunes au Québec, malheureusement, parce qu'il y a eu des

coupures tout à fait indécentes en éducation. Et je le répète, s'il y a

un endroit où il ne faut pas couper, c'est bien en éducation. C'est l'avenir du

Québec dont on parle, M. le Président.

M. le

Président, je vais aborder la santé, figurez-vous donc, et j'ai une autre

question à poser à Mme la ministre. Ils

ont fait une annonce avant la campagne électorale... pendant la campagne

électorale 2014. L'urgence de Shawinigan, Mme la ministre, est-ce que ça

s'en vient? Parce que, là, il ne reste plus beaucoup de temps. Le

1er octobre, c'est terminé, là. Alors...

M. Villeneuve :

Oui, ça s'en vient, oui. Ça va faire quatre ans au 1er octobre, M. le

Président, et plus, et ce n'est toujours

pas confirmé. Alors, faire des annonces comme ça avant une campagne électorale

et ne pas les réaliser, ça aussi, c'est relativement indécent, M. le

Président.

Il me reste quelques secondes, M. le Président,

je repose la question aux députés de la Mauricie : Quand se tiendront-ils debout, M. le Président? D'ailleurs,

est-il trop tard pour le faire? Mais je pense qu'il n'est jamais trop

tard pour le faire. C'est le rôle d'un

député de défendre d'abord et avant tout sa région. Et je vous le dis, là, et

je n'ai pas fini la liste, on va la faire tantôt, là, des dossiers où

les députés ne se sont pas tenus pour défendre leur région.

Le Président (M. Huot) : Merci,

M. le député. Mme la ministre, la parole est à vous.

Mme Boulet : M. le

Président, je me rappelle des choses un peu comiques, parce qu'évidemment

l'urgence à Shawinigan, elle est annoncée,

et je suis profondément convaincue, et je suis très optimiste que cette

annonce-là va venir de façon très

imminente. Mais je pensais... à l'époque, on avait un centre ambulatoire dans

le même hôpital, suite au décès qu'il

a rappelé tout à l'heure, et il y avait la construction d'un centre

ambulatoire. Et, d'après moi, il y a trois ministres de la Santé... puis ça a pris bien, bien du temps avant

que ça finisse par se... Ce n'était pas le centre ambulatoire, c'était

avant ça, mais le ministre, M. Trudel,

à l'époque, était venu dire : Que les pépines pépinent. Et puis,

finalement, après beaucoup d'années,

c'est le Parti libéral qui a réussi à faire ce projet-là, parce qu'il ne

s'était jamais fait, mais il avait été annoncé par trois ministres

péquistes. Alors, ça, c'est important.

Alors, M. le Président, permettez-moi de revenir

également sur le dossier de l'école de Mont-Carmel, là. Le collègue a raison, c'est un dossier... les gens du

milieu du... je vais dire de la ville, de la municipalité se sont

mobilisés. Ils veulent rencontrer le

ministre de l'Éducation, la demande est faite. Ils devraient, à court terme,

rencontrer le ministre de l'Éducation.

Et c'est un projet qui vient d'être déposé, donc ce n'est pas un projet qui

traîne depuis longtemps. C'est un projet

qui vient d'être déposé, qui est à l'étude dans le cadre de l'autre série de

projets qui pourront éventuellement être annoncés. Donc, ça aussi, c'est

un dossier que je suis de façon particulière, alors on verra.

Maintenant, en matière d'éducation, écoutez,

j'ai des chiffres ici, puis c'est quand même assez important. La rénovation des écoles, on a mis 20 millions

de dollars cette année juste en Mauricie. Ça a pu permettre à 175 projets

de se réaliser. Le budget de dépenses du

ministère est en hausse, il est passé de 12 milliards à

13,4 milliards de dollars. Et je tiens

à rappeler ici, au bénéfice de la population, 1,4 milliard de plus, là,

c'est 1 400 millions de dollars de plus. Alors, le budget de dépenses du ministère est en hausse de

1 400 millions de dollars de plus. Et cette année on a eu des

investissements historiques en

matière de services aux élèves, donc 1,8 milliard de dollars, et, en

matière d'infrastructures, 1,6 milliard de dollars. Alors, M. le Président, l'éducation, je pense que tout le monde

ici... puis je pense que je ne fais pas de partisanerie politique, je pense qu'on y croit tous

profondément. Nos jeunes, c'est l'avenir de demain. Ce sont ces jeunes qui, un

jour, nous remplaceront comme députés, comme

représentants, puis ce sont ces jeunes-là qui vont devenir chefs

d'entreprise, qui vont créer de la richesse,

qui vont créer des emplois, qui vont être mis à contribution. Et ce qu'il y a

de beau avec cette jeunesse-là, c'est

qu'elle n'a pas de frontières, elle

n'a pas de limites. La planète est un terrain de jeux pour eux. Ils

peuvent parler deux langues, trois langues,

quatre langues. Ils ont la capacité, la capacité de voir grand, de voir loin,

d'avoir une ambition qui est porteuse pour le Québec. Et Dieu sait que,

partout sur la planète, on reconnaît le génie et le talent de nos étudiants québécois.

Alors, je pense que ça, ça restera toujours, pour nous tous ici élus, une belle

et grande fierté.

Alors, on a

un système scolaire qui est performant, on a un corps

professoral, dans nos écoles, totalement

dédié, dévoué. Et Dieu sait que ce n'est pas

toujours facile pour eux, mais, sincèrement, ils ont cette grande capacité là de former des jeunes qui ont un potentiel exceptionnel, des

jeunes qui vont nous émerveiller, qui vont nous surprendre et qui vont

faire des choses exceptionnelles. Alors, je

pense qu'au Québec on a cette grande richesse là, et il ne faut jamais,

jamais cesser d'investir en éducation parce que c'est notre avenir qui

se joue ici.

Alors, je vais revenir également

un tout petit peu, si vous me permettez, sur les soins de santé parce qu'il y a

beaucoup de dossiers qui sont en train de se

régler. Évidemment, le CHRTR à Trois-Rivières, la phase II est en train

de se réaliser. C'est un projet qui est tout

près de 50 millions de dollars. L'urgence à Shawinigan, qui devrait...

c'est une annonce imminente, donc on

a bon espoir de régler ce dossier-là, évidemment, très rapidement. Alors, ça,

c'est intéressant pour notre réseau

de la santé. Et ce qu'il y a d'important à dire également, c'est qu'il y a

30 000 personnes, en Mauricie, de plus qui ont trouvé un médecin de famille. On sait qu'on parle... au

Québec, c'est 1 million de personnes qui ont trouvé un médecin de famille, qui ont eu accès à un médecin

de famille, de plus, et en Mauricie ça se traduit par

30 000 personnes de plus qui,

maintenant, ont accès à un médecin de famille. Ce n'est quand même pas rien. On

se rappellera qu'on était une région

où il y avait beaucoup de gens orphelins. On était en déficit également au

niveau du nombre de médecins. Alors, ça

également, on a récupéré, et le nombre de médecins aujourd'hui est en

croissance. À chaque année, on a ce qu'on appelle des quotas ou des primes, des plans de répartition

des effectifs médicaux, alors, à chaque année, en fonction des besoins, tant au niveau de l'omnipratique qu'au niveau des

spécialistes, on a les autorisations pour recruter les effectifs

nécessaires. À La Tuque, il n'y a plus de pénurie de médecins non plus...

Le Président (M. Huot) : Merci,

Mme la ministre. C'est au tour du député de Maskinongé pour une période de cinq

minutes.

M. Plante : Merci beaucoup, M.

le Président. Donc, permettez-moi, d'entrée de jeu, de revenir au secteur de l'éducation, qui, effectivement, comme le

mentionne ma collègue, est un secteur que notre gouvernement a priorisé,

qu'on a désiré, justement, travailler à plus

de services à l'élève. Et j'entendais mon collègue de Berthier nous parler de

l'école de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, mais

moi, j'aimerais lui parler de l'école Sainte-Marie, à Saint-Boniface, où, quand

même, notre gouvernement a confirmé,

d'entrée de jeu, l'agrandissement de cette école et a confirmé le maintien des

élèves dans leur municipalité.

Je voudrais

aussi lui parler de l'école Beau-Soleil, à la commission scolaire Chemin-du-Roy

à Pointe-du-Lac, qui a subi, quand même,

un agrandissement d'une valeur de 3 470 000 $. Et, si je ne me trompe, c'est l'ajout de huit

classes, M. le Président, pour, justement, maintenir des services de proximité aux élèves,

et le fait qu'ils veuillent qu'ils aillent à l'école le plus près de

leur domicile.

Vous parler

des investissements au

niveau de l'école Marie-Leneuf.

Alors, pour les gens qui nous écoutent ce matin, je dois vous dire que

l'ensemble des collègues, les cinq collègues de la Mauricie étaient très, très

fiers de l'arrivée du ministre de

l'Éducation dans cette école, qui est

une école à vocation particulière,

donc qui voit à donner des services aux enfants avec un handicap, plusieurs types de handicaps, et qui voyait

des locaux très mal adaptés. C'était une école qui datait de plusieurs années. Tantôt, le député de

Nicolet-Bécancour parlait de 30 ans. J'ai juste 36 ans, ça fait que

passé 30 ans, j'ai un petit peu de

difficultés à m'en rappeler, mais je peux vous dire que cette école-là avait au

moins 40 ans, donc devait avoir

des réparations majeures, et notre gouvernement en a fait sa priorité, sa

priorité, et a investi une somme de

18 440 000 $ justement

pour que les élèves aient un endroit adapté à leurs besoins et pour leur

permettre d'apprendre dans un environnement plus sécuritaire.

Vous dire

aussi qu'on a aidé aussi divers remplacements de systèmes de réfrigération

d'arénas. Et là vous allez me dire :

L'éducation, l'aréna... Mais, oui, les élèves des différentes écoles profitent,

justement, de ces arénas-là et sont permis... Alors, c'était important

pour nous d'aider à la mise aux normes.

On peut vous parler aussi de l'annonce du

gouvernement, une annonce très, très importante au niveau de la Politique de réussite éducative, du jamais-vu, et

avec des objectifs très ambitieux d'ici 2030. Alors, M. le Président, on

est très, très, très fiers parce qu'on a un

ministre de l'Éducation, et je dois vous le dire, qui est très, très, très

centré sur les dossiers et sur la réussite de nos jeunes.

Vous dire

aussi qu'effectivement on a fait et on

a travaillé à de l'ajout d'espace, de

l'espace sportif, parce qu'on a parlé... et tout le monde sait et tout

le monde est au courant de la volonté du gouvernement de... Avec la Politique

de l'activité physique, du sport et du loisir Au Québec, on bouge!, donc, on a

aussi aidé à l'ajout de gymnases dans différentes écoles. Et moi, je veux vous en parler d'un en particulier qui est à l'école de Saint-Élie-de-Caxton. Donc, j'ai pu faire l'annonce, l'an dernier, d'un gymnase pour

permettre, effectivement... le député de Berthier me parle des lutins à Saint-Élie, mais

effectivement pour permettre à nos jeunes et aux lutins de Saint-Élie de

pouvoir faire du sport dans un endroit conforme et pour permettre, justement,

d'avoir une population plus en santé. Vous parler aussi d'une autre annonce

financière qui a été faite pour l'ajout d'un gymnase à l'école Laflèche à

Shawinigan, donc une annonce importante à laquelle

les collègues de la ville de Shawinigan ont travaillé très, très fort pour,

justement, donner plus de services. On pourrait continuer encore

longtemps.

Et je veux

vous parler aussi de l'appui du gouvernement aux centres collégiaux de

transfert de technologie, les CCTT, qui sont des outils incroyables pour

le développement économique en région, qui sont aussi des outils de concertation. Et donc c'est une aide financière de

12 millions supplémentaires qui a été offerte à l'ensemble des CCTT

justement pour leur permettre de réaliser mieux et pour permettre de servir

mieux la population et les divers centres d'apprentissage.

Vous dire aussi, M. le Président, qu'on a travaillé très, très fort en

Mauricie, pour vous dire que 50 millions de dollars ont été

investis pour divers projets d'embellissement et de rénovation d'écoles.

En terminant,

M. le Président, je tiens à le rappeler, et ce qui est important, les dossiers

en Mauricie, on s'en occupe. Et là je

sais qu'il y a des gens de chez moi qui m'écoutent, et moi, j'ai une école qui

a subi un petit problème de structure et qu'on a dû fermer, et pour leur dire que la priorité de leur député,

mais qui sera aussi la priorité du ministre, ça va être de maintenir les

élèves dans un endroit de proximité, il s'agit de l'école à Maskinongé. C'est

un dossier que je chéris particulièrement parce que, vous

savez, on a dû déménager, l'an dernier, tous les enfants et les envoyer au

centre communautaire. Et on remercie

d'ailleurs la municipalité et les gens de Maskinongé de ce bel esprit

d'entraide, et leur dire qu'on en

fera une priorité pour ce qui est de l'agrandissement de l'autre école pour

permettre d'accueillir l'ensemble des enfants. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Huot) : Merci,

M. le député. Pour une prochaine série d'intervention, je cède la parole au

député de Berthier.

M. Villeneuve :

Merci, M. le Président. M. le Président, c'est tout chaud, ça vient de sortir

ce matin dans Le Nouvelliste : La réforme du ministre de la Santé : «Un

échec sur toute la ligne». Allez lire ça, là, allez lire ça, puis

après ça vous viendrez me dire que vous avez fait le travail, hein?

«Catherine Héroux,

préposée aux bénéficiaires au CHSLD Roland-Leclerc, est venue expliquer à quel

point les conditions de travail

étaient difficiles pour elle et ses collègues. Manque de personnel, équipes

réduites tous les jours depuis trois

semaines, personnel fatigué et services réduits aux usagers ne sont que

quelques exemples de ce qui se vit au quotidien.

«[...]"Le

personnel est fatigué, est à bout. On demande des congés pour se reposer, mais

ils nous sont refusés parce qu'il

manque du monde. Si on refuse le temps supplémentaire obligatoire, [ils] nous

[menacent] d'avoir une note à notre dossier.

Ça me détruit de voir que je ne peux pas répondre aux simples demandes des

usagers par manque de temps et de personnel."»

Et, M. le

Président, à la toute fin, on dit : «...la région a dû éponger

44 millions de coupures [...] dans le réseau de la santé»,

44 millions de coupures.

Ça m'amène à

vous parler, M. le Président, d'un dossier que la ministre doit sûrement

connaître, puisqu'elle a été ministre

déléguée à la Santé, l'inéquité en santé dans la Mauricie. Est-ce que vous

savez, M. le Président, qu'en 2011‑2012 l'inéquité en santé dans la Mauricie se situait à moins 43 millions

de dollars? Donc, Mauricie—Centre-du-Québec, parce que

c'est les deux ensemble, il manquait moins 43 millions de dollars. Quand

on est arrivés au pouvoir, M. le Président, en 2012, le premier geste qu'a posé... un des premiers gestes qu'a posé

Réjean Hébert, ministre de la Santé à l'époque, ça a été de prendre le problème de front et de tenter

de le corriger. On s'était donné un horizon de quatre ans, M. le

Président. On était minoritaires. En à peine

deux ans, M. le Président, on a réduit l'inéquité en santé en Mauricie à

15 millions. Et vous savez quoi?

Le gouvernement libéral... Elle doit connaître ça, Mme la ministre — elle était ministre déléguée à la

Santé — cette

inéquité-là. Et vous savez quoi, M. le

Président? Eh bien, aujourd'hui, après quatre ans de règne libéral, l'inéquité

en santé dans la Mauricie—Centre-du-Québec, il est à 38 millions.

38 millions de dollars, là, que la Mauricie laisse sur la table

avec le Centre-du-Québec. Ils sont où, les

députés de la Mauricie, M. le Président, pour s'insurger contre ça? Ils ont où?

Il me semble que... J'imagine

qu'est-ce qu'on pourrait faire avec 38 millions de dollars

supplémentaires. Et là ça ne comprend pas le 44 millions sur quatre

ans que je viens de vous parler, là. Là, on parle vraiment d'un 38 millions de

dollars que la Mauricie—Centre-du-Québec n'a pas et ne peut pas utiliser.

Pourquoi c'est comme ça, M. le Président? C'est simple, c'est parce que le financement des établissements de

santé au Québec fonctionne souvent, en grande partie, sur l'historique,

ce qui fait en sorte qu'on ne prend pas en compte

le fait que la population peut être vieillissante dans une région plus

que dans une autre. C'est peut-être le cas

aussi de la Mauricie, la population est vieillissante. Et, quand on dit

population vieillissante, on dit

besoins plus grands, exemple, en soins à domicile. Ça peut être parce qu'il y a

des particularités, des spécificités pour une région. Et malheureusement, M. le Président, quand on fonctionne par

financement historique, on ne tient pas compte de ces spécificités-là et de ces particularités-là. Et donc moi, je veux

savoir de la part des députés de la Mauricie, là : Ça ne vous a pas tenté de mettre votre pied à terre puis

dire : Assez, c'est assez, et que le 38 millions, là, il faudrait

corriger cette iniquité-là? Parce que les gens de la Mauricie, M. le

Président, ils sont en droit de pouvoir toucher ce montant-là.

Alors,

écoutez, je le dis, je le répète, je ne suis pas ici pour brosser un tableau

sombre de la Mauricie, je suis ici pour

tenter le moindrement de donner un petit électrochoc à mes collègues de la

Mauricie parce qu'ils sont au gouvernement,

M. le Président, ils ont les outils, ils ont les leviers pour intervenir, au

moins corriger une injustice de cet ordre-là,

M. le Président. Nous, on l'a commencé en 2012. Aux crédits, on a posé la

question quand les libéraux sont arrivés au pouvoir. La députée du Parti québécois — j'allais dire Mme Diane Lamarre — a posé la question au ministre, et le

ministre a dit : On va continuer. Ils

ont continué un an. Puis après ça, pouf! on est retombés dans les ornières, il

y a eu des coupures paramétriques.

Vous savez c'est quoi, des coupures paramétriques, M. le Président? C'est

exactement ça, c'est qu'on ne tient

pas compte des spécificités des régions, on coupe pour couper. Et là la région

de la Mauricie—Centre-du-Québec

se retrouve avec une inéquité en santé de 38 millions de dollars.

Alors, moi,

là, M. le Président, là, si les députés libéraux, là, si la CAQ est d'accord,

là, bien, qu'on le fasse, le combat,

M. le Président, pour corriger cette inéquité-là en santé dans tout le Québec,

parce qu'elle n'est pas seulement en Mauricie—Centre-du-Québec. Dans ma région, Lanaudière, elle

aussi présente, cette inéquité-là. Et nous, on en a fait une bataille, avec mes collègues du Parti québécois,

des députés du Parti québécois, justement, et on a mis le plan en marche

en 2012. Malheureusement, le gouvernement

libéral a trouvé que c'était une trop bonne idée, M. le Président, il a

décidé de ne pas donner suite. Et voilà où

on se retrouve : moins 44 millions, ce matin, dans Le Nouvelliste ,

des gens qui sont à bout de souffle

parce qu'il y a eu des coupures extrêmes. Et en plus on laisse sur la table,

année après année... Faites le calcul, année par année, là, M. le Président, 38 millions, là, depuis 15 ans

que les libéraux sont au pouvoir, là, hein, Mauricie—Centre-du-Québec,

40 millions multiplié par 15 ans, et vous allez avoir le chiffre, ou

à peu près le chiffre, M. le Président, de ce qu'ils ont laissé sur la table.

Le Président (M. Huot) : Merci,

M. le député. Merci, M. le député de Berthier. Mme la ministre, la parole est à

vous.

Mme Boulet :

Merci, M. le Président. Ce qui me fascine toujours, M. le Président, c'est

qu'on peut faire dire n'importe quoi à des chiffres. Alors, il faut toujours

nuancer, il faut dire les choses, il faut avoir l'honnêteté de dire les vraies choses à la population. Alors, il n'y a

pas eu de coupures dans le budget, ils n'ont pas eu les augmentations budgétaires auxquelles ils souhaitaient. Alors, les augmentations n'ont pas été à la hauteur de ce que le CIUSSS demandait, mais le budget

a toujours été en croissance, M. le Président. Alors, le CIUSSS est le plus

gros CIUSSS de tout le Québec. Alors,

le CIUSSS, le CIUSSS—Mauricie—Centre-du-Québec, c'est 17 000 employés,

M. le Président, c'est le plus gros CIUSSS du Québec.

je ne m'obstinerai pas avec les collègues, parce que je vais leur dire bien

honnêtement, puis ils le savent : Moi, je suis pharmacienne de profession et je ne viendrai pas vous dire, ce

matin, que tout va bien puis que c'est parfait dans le réseau, là. Je ne ferai pas ça, je ne vous dirai

pas ça. Je vous dis juste que ce qui a été fait, ce qui a été fait, puis je

pense qu'à plusieurs égards ça fonctionne bien, ça a été de centraliser toute

l'opérationnalité de nos organismes régionaux en matière de santé, et tout ça dans le souci de donner un meilleur service

à la population. Alors, au lieu que la population se réfère à son hôpital régional, à son hôpital

local, bien, à ce moment-là, les listes d'attente pour les opérations et pour

les examens médicaux... Alors, une personne

qui est en attente d'un examen médical, si elle ne peut pas l'avoir

rapidement chez elle, dans son établissement

local, bien, à ce moment-là, elle est référée sur une liste régionale, et

peut-être que, dans un autre établissement, on peut lui offrir le

service, l'examen, tout ça plus rapidement.

Alors,

évidemment, ce n'est pas parfait, c'est un système qui est perfectible, c'est

un système... Tout le monde le sait,

comment que c'est gros, alors ce n'est pas évident de faire des virages et de

changer ces organisations-là. Mais je vous rappellerai, M. le Président, que 99 % des gens... en fait,

92 % des gens qui ont à subir une opération sont opérés à l'intérieur des six mois, 50 % sont

opérés à l'intérieur de 34 jours et que les délais en chirurgie ont été

diminués de façon importante. Il y a

eu des sommes d'argent qui ont été investies en novembre 2017, et il y a

4 000 chirurgies de moins sur les listes en chirurgie. Je le rappelle tout à l'heure, ça a

permis également de donner accès à un médecin de famille à près de

1 million de Québécois, donc des gens

qui n'avaient pas la possibilité d'être inscrits sur une liste pour voir un

médecin, donc 1 million, qui se traduit en

30 000 personnes chez nous, en Mauricie.

Il y a eu également

la mise en place de supercliniques, M. le Président, les supercliniques, qui

sont ouvertes sept jours sur sept,

12 heures par jour. Donc, ce sont comme des mini-urgences, mais qui ne sont

pas à l'intérieur d'un établissement de la santé, ils peuvent être à

l'extérieur, donc, ou si on peut appeler ça un CLSC, mais qui est ouvert sur une période, sur un horaire, un calendrier

beaucoup plus grand. Donc, les gens, dans ces supercliniques-là, peuvent

se présenter à toute heure du jour, sept

jours sur sept, même le samedi et le dimanche. Donc, il y a plusieurs

supercliniques qui ont vu le jour au Québec.

Chez nous, on en a une, actuellement, à Trois-Rivières, où est en train de

construire cette superclinique-là.

a amélioré également la desserte à Cloutier-du-Rivage parce que c'était une

préoccupation de ce secteur-là de la ville

de Trois-Rivières que l'établissement soit fermé parce qu'on sait que

l'établissement reçoit beaucoup de gens en services de première ligne. Et on a également l'urgence à Grand-Mère,

tout à l'heure le collègue en parlait. S'il y en a une qui est sensible à la situation de l'urgence de

l'ancien Hôpital Laflèche à Grand-Mère, c'est bien moi. Alors,

actuellement, on est après regarder, avec

une équipe de médecins à Grand-Mère, comment on pourrait transformer cette

clinique-là en superclinique et

transférer les services d'urgence de l'Hôpital Laflèche à la clinique pour

faire en sorte... d'une superclinique qui sera ouverte et accessible

sept jours sur sept et 12 heures par jour. Donc, si on réussit à mettre en

place cette superclinique-là, on aura une

accessibilité aux soins de première ligne beaucoup supérieure, à la

superclinique qu'on sera capable de mettre en place, par rapport à ce

qu'on a actuellement à l'urgence de l'Hôpital Laflèche à Grand-Mère.

Alors,

assurément, tout n'est pas parfait, M. le Président, mais moi, je peux vous

dire que mon collègue travaille fort

et que son souci à lui, c'est de donner les meilleurs soins, de favoriser

l'accessibilité aux soins à la population et de faire en sorte que les

gens attendent le moins possible, que ça soit pour un examen ou pour une

chirurgie.

Alors,

il reste encore des choses à faire. Je comprends parfaitement bien que, dans

nos CHSLD, là où on reçoit nos

personnes âgées, il y a une difficulté à recruter des préposés aux

bénéficiaires, il y a une difficulté également avec les ratios pour les infirmières. On est en

négociation, actuellement, avec les infirmières et on est très sensibles, et

tous les collègues défendent ce point de vue.

Président (M. Huot) : Merci. Merci, Mme la ministre. Je cède

maintenant la parole au député de Maskinongé pour cinq minutes.

M. Plante :

Merci beaucoup, M. le Président. Donc, écoutez, d'entrée de jeu, je ferai un

petit retour sur la santé et rappeler quand même — et ma

collègue vient de le mentionner, mais c'est important — que,

depuis notre arrivée au gouvernement, depuis

la réforme du Dr Barrette... du ministre de la Santé, excusez-moi, M. le

Président, 30 000 patients supplémentaires ont un médecin de

famille, et ça, c'est très important.

Effectivement,

tout n'est pas parfait. Et tantôt j'ai entendu le député de Nicolet-Bécancour

qui parlait de la perte de quelques

services, dont deux services spécialisés que j'avais à l'hôpital Comtois de

Louiseville, qui maintenant... la décision du CIUSSS—Mauricie...

MCQ a été de créer des pôles d'expertise, des centres d'expertise, et à

l'hôpital de Louiseville on a eu le

pôle d'expertise en endoscopie digestive. Ce pôle d'expertise là, M. le

Président, a permis de beaucoup alléger, justement, la liste d'attente en endoscopie digestive. Et d'ailleurs les

pôles d'expertise permettent d'avoir des gens, du personnel qui travaille au quotidien à faire le

même examen, donc ils deviennent plus performants et ils peuvent, par la

suite, faire plus d'examens par jour, et on constate une bonne augmentation de

performance à ce niveau-là.

veux juste rappeler qu'on a quand même eu, à l'hôpital Comtois, un ajout de six

lits en réadaptation... excusez-moi, six

lits en réadaptation modérée, et aussi rappeler, et ce qui est très important,

le maintien, quand même, de l'urgence — c'est une urgence pour les cas mineurs, mais

de proximité pour 24 heures par jour, sept jours-semaine — et le maintien des deux points de

service du CLSC à Saint-Paulin, Saint-Alexis.

Comme le

disait ma collègue... Et moi, je vais vous avouer que j'ai une petite

sensibilité au dossier de la santé. Comme vous savez, ma conjointe est

atteinte de la sclérose en plaques, et mon père a des maladies quand même plus chroniques ces temps-ci. Et moi, je peux vous dire

que, malgré que tout n'est pas parfait... et je tiens à lever mon

chapeau au personnel infirmier, au personnel

médical, qui font un travail exceptionnel, parce que mon père a été hospitalisé

le 2 janvier, et je dois vous

dire que, depuis ce temps-là, ça va très, très bien. Je tiens à remercier,

justement, le personnel du CHRTR ou le centre hospitalier régional de la

Mauricie du service exceptionnel qu'ils offrent aux patients.

En terminant, puisque c'est ma dernière

intervention, M. le Président, aujourd'hui dans cette interpellation, j'aimerais rappeler à quel point l'ensemble

des collègues, effectivement, sont attachés aux citoyens de la Mauricie.

J'ai entendu mes deux collègues des deux oppositions parler de la beauté des paysages, de l'accueil des gens. Et effectivement on a une très, très belle région et on est privilégiés d'avoir une

région qui peut se diversifier, qui peut aussi, M. le Président, malgré les

aléas de l'économie... Et là, présentement, on est dans une période exceptionnelle, une

période florissante, mais a déjà vécu des années beaucoup, beaucoup plus

dures au milieu des années 90 ou au début des années 2000, où c'était

beaucoup plus difficile et où les gens, je vais vous le dire comme on dit chez

nous, en arrachaient beaucoup. Et présentement ça va beaucoup mieux. Il y

a un travail de concertation, il y a un travail de fond, il y a surtout un

travail de volonté de diversification, tant

au niveau de l'économie, mais même au niveau des divers services. Et je suis

très, très fier, moi, dans mon secteur, dans ma circonscription, on a un

développement au niveau de l'économie corporative ou solidaire, si on veut.

Donc, les gens se mobilisent, travaillent ensemble, créent des entreprises.

Souligner

aussi que les enjeux restent importants. Et effectivement l'agriculture est un enjeu très, très important pour la région de la Mauricie. Vous dire qu'on est

fiers d'avoir quand même des producteurs qui sont fiers, qui

travaillent fort. Ce n'est pas toujours

évident, puis on le sait, le monde de l'agriculture, mon collègue de Berthier

en est porte-parole, ce n'est pas un monde facile. Il y a eu les aléas

des marchés, il y a eu aussi la reprise des fermes. De plus en plus, des

fermes plus en plus grosses et de moins en moins de petites fermes familiales, donc tout ça crée des enjeux. Il y a la

foresterie, il y a le développement économique. Mais je tiens à assurer l'ensemble

des citoyens de la Mauricie, l'ensemble des citoyens du Québec que leurs représentants en Mauricie, d'est en

ouest et du nord au sud, sont des gens dévoués, des gens de coeur, des

gens de la Mauricie.

Et au départ le député de Berthier parlait

d'arrivée et d'origines mauriciennes. J'ai eu le privilège de fêter le 350e anniversaire, il y a deux ans, de

l'anniversaire de la fondation de la ville de Louiseville et le

100e anniversaire de fondation du village de

Sainte-Angèle-de-Prémont, où mes parents sont issus. Et juste vous dire qu'il y

a 350 ans ma famille débarquait à

Louiseville sur les bords de la rivière

du Loup, et 350 ans plus tard,

on croit toujours que c'est un coin de terre paradisiaque et on croit toujours en son développement, en ses gens, et on va continuer à travailler en ce sens, M. le Président pour le reste du mandat, mais aussi pour les autres années à venir.

Alors, je vous remercie et je vous souhaite une bonne fin de journée.

Le Président (M. Huot) : Merci.

Merci, M. le député. M. le député de Nicolet-Bécancour, pour une période de

trois minutes.

M. Martel : Oui. Un débat de 2 h 8 min, c'est

un peu ridicule. Tantôt, je parlais des hôpitaux. Moi, je vous dis, le député

de Maskinongé, Mme la ministre, dites à votre population que 2003, les services

qu'il y avait dans l'Hôpital Laflèche, dans

l'hôpital Comtois, qu'aujourd'hui les citoyens de vos municipalités en ont plus; moi, je pense que non. On a

perdu beaucoup de services avec toutes les réformes que vous avez faites. Vous

avez énoncé beaucoup de chiffres au niveau économique. Dites à votre population que le député de

Nicolet-Bécancour ne dit pas la vérité quand que le salaire

moyen en Mauricie est un des plus bas au Québec. C'est beau faire des annonces,

c'est beau, mais il faut regarder la réalité en face.

Je ne peux

pas comprendre les députés de la Mauricie, qui n'ont pas défendu les

contribuables de la Mauricie par rapport à la taxe scolaire. Écoutez, on

a une taxe scolaire de 0,30 $ du 100 $ d'évaluation. On regarde la

Mauricie, 0,12 $, 0,10 $.

Je ne comprends pas comment ça se fait que vous avez perdu ce combat-là. La

seule logique pour déterminer la

taxe, c'était de regarder la taxe qui était la plus basse dans une commission scolaire d'une région. Ça veut dire que votre couple de personnes âgées

qui a une résidence de 100 000 $ en Mauricie — il

n'est pas plus riche que celui des Laurentides — lui,

il va payer 300 $ pour son compte de taxe alors que la région des

Laurentides, ils vont payer à

peu près 100 $. C'est indéfendable. Vous êtes cinq députés de la Mauricie.

C'est inacceptable que vous ayez laissé passer une chose comme ça.

Dernière chose,

le dossier d'Aleris. Je vous pose la question, j'aimerais ça avoir une réponse éventuellement, je le sais que ce ne sera pas aujourd'hui. Moi, je prétends

qu'il y a à peu près 15 millions de dollars dépensés par les fonds publics pour maintenir le site tel qu'il est là.

Il n'y a rien de réglé. M. le

ministre, il avait dit, l'année

passée, qu'il y avait une ordonnance, qu'on procéderait rapidement.

Et vous savez ce que votre collègue de Champlain a dit au mois de janvier? Il a dit : Prochaine campagne électorale, là, je vais m'occuper de ça. J'ai parlé avec les autorités de la ville

de Trois-Rivières ce matin, il

n'y a rien qui a été fait depuis l'année passée sur le site Aleris. C'est

inacceptable.

À un moment donné, c'est important que les... Les députés de la Mauricie, ils ne

peuvent pas tout mettre dans la cour

de la ministre puis dire : La ministre

va s'en occuper. Les députés, ils ont un travail à faire. Dans le cas de

l'hôpital Comtois, je regarde mon collègue

de Maskinongé, il vit exactement ce que je vis par rapport à l'Hôpital

Christ-Roi, on a perdu

des services à cause de la réforme du ministre Barrette. Il faut se battre pour les milieux.

Vous venez, tous les deux, de milieux ruraux. Il faut se battre pour...

Le Président (M. Huot) : Merci.

Merci, M. le député de Nicolet-Bécancour. Merci.

Nous en sommes maintenant aux dernières interventions.

Donc, Mme la ministre, en conclusion, vous avez 10 minutes.

Mme Boulet : Alors, merci, M. le Président. Je vais, d'entrée de jeu, répondre... bien, je vais tenter de répondre, parce que... J'ai toujours

eu une très belle collaboration avec le député de Nicolet-Bécancour, et

j'espère que cette collaboration-là va se poursuivre dans le temps. Alors, pour le

dossier d'Aleris, on va vous revenir, là, parce que, moi, c'est la

première fois, là, que j'entends parler, là... Mon collègue serait peut-être

mieux placé que moi pour vous répondre à cette question-là, mais on va vous

revenir.

Je voudrais

parler de la taxe scolaire, parce que j'étais convaincue que le collègue

viendrait là-dessus, et je veux juste

lui dire : La loi, elle n'est pas passée. La loi, elle n'est pas allée en commission parlementaire. Alors, je voudrais juste qu'il ait une petite retenue quand il dit qu'on ne

s'est pas battus, parce que, pour moi, le processus n'est pas terminé.

Et une loi, c'est toujours

fait pour être amélioré, bonifié quand ça passe en commission parlementaire. Puis on est capables de comprendre les enjeux, nous aussi. Alors, je lui

donne ma parole que cette bataille-là, on va la faire, nous aussi.

Alors, ça, c'est important.

Alors, je

rappelle, par contre, que la CAQ a voté contre la baisse de la taxe.

Mais je comprends qu'elle est ailleurs, alors, ça, je comprends également leur position. Maintenant, c'est un premier

pas. Ce qu'on voulait faire dans un premier temps, c'était de faire en sorte que... Dans une même région, il

arrivait que des maisons situées sur deux rues différentes avaient une facture ou un compte de taxe scolaire

différent. Donc, dans un premier

temps, ce qu'on a tenté de faire,

c'est rétablir l'équité dans une même région

pour les citoyens qui sont, des fois, des voisins ou à des rues

voisines. Alors, c'est plus de 600 millions de dollars qui ont été investis

pour rétablir cette équité-là. Maintenant,

c'est un premier pas, alors, si le...

En fait, l'idée de la CAQ peut être regardée. Il faudra savoir, dans un premier temps, combien ça représente d'argent et est-ce que l'État a la capacité d'assumer cette

facture-là, quels services devront être coupés pour payer la somme de cette facture-là. Mais je comprends, et je

comprends que, pour les citoyens de la Mauricie, il y a une bataille à

mener, et soyez assurés qu'on va la mener. Alors, ça, au niveau du dossier de

la taxe scolaire, c'est ce que j'avais à dire.

Au niveau

des soins de santé, évidemment... je l'ai dit d'entrée de jeu, moi, je viens

d'un petit milieu, mon collègue Marc

est d'un petit milieu, également, alors évidemment que la réforme, ça apporte des transformations, des modifications, dans nos communautés, qui ne sont pas sans

bousculer. Mais tout ça, l'objectif commun était de donner de meilleurs services, une meilleure accessibilité à la population sur l'ensemble d'un territoire.

Parce qu'on sait notamment que, dans les régions plus éloignées ou dans les plus petites communautés,

c'est difficile d'avoir des spécialistes à temps plein, alors des fois ils viennent une fois par semaine lire les

radiographies, ils viennent une fois par semaine pour la néphrologie,

pour la radiologie. Donc, le citoyen, s'il a accès à un spécialiste seulement

qu'à mi-temps ou seulement qu'une journée par semaine, est-ce que ce n'est pas

mieux qu'il fasse

partie d'un grand ensemble de soins de santé régional puis

qu'à ce moment-là, même s'il est en région plus éloignée, il puisse avoir accès

aussi rapidement, à tous les jours, aux mêmes spécialistes

que la personne qui est au milieu d'une grande ville? Alors,

c'est un peu l'objectif que ce regroupement-là visait,

c'était de donner, pour l'ensemble des citoyens, peu importe où ils sont situés sur le territoire

québécois, au lieu d'avoir

des accès limités par la disponibilité,

souvent, des examens et des chirurgies, d'avoir accès comme tout le

monde, comme si ce citoyen-là était au coeur

d'une grande ville. Donc, comment on peut donner cet accès-là à tous les

citoyens du Québec, c'était l'objectif de la réforme.

Et, quand on mêle à ça les supercliniques qui

prennent forme, qui se mettent en place, bien, on voit qu'il y a 1 million de Québécois de plus qui ont

aujourd'hui un médecin de famille. On voit que le nombre de chirurgies a

augmenté de façon importante, que 50 %

des gens ont leur chirurgie à l'intérieur de six mois, alors... je dis

50 %, je m'excuse, là, c'est

92 % à l'intérieur de six mois. Alors, ça, c'est important de dire que ces

choses-là ont évolué puis qu'ils ont... c'est ça, 92 % à l'intérieur de six mois, 50 % à

l'intérieur de 34 jours. Alors, tout n'est pas que noir, tout n'est pas

que négatif. Alors, il reste des

choses à améliorer, on en convient tous. On est des députés ruraux, alors,

comme vous, et les batailles, on va les

mener parce que nous aussi, on croit que nos citoyens ont droit à des services

égaux à tous les autres citoyens du Québec. Alors, ça, je pense qu'on peut tous en faire un engagement ici, et

personne ne peut penser que nous sommes de mauvaise foi ou de mauvaise

volonté à l'égard de ces dossiers-là.

Dire que la Mauricie,

sincèrement, on est partis de loin. Ça a été difficile, il y a eu des

fermetures de grandes entreprises, beaucoup

de pertes d'emploi. On a tous dû se retrousser les manches, et je pense qu'on

peut dire, aujourd'hui, mission

accomplie. Il reste encore des choses à faire, mais il y a eu des beaux projets

qui ont pu être initiés, qui ont pu voir le jour parce que le

gouvernement leur a fait confiance, parce que le gouvernement a décidé

d'investir. Et, si le taux de chômage est

passé de 9,3 % à 5,2 %, M. le Président, ce n'est pas la conclusion

de tout, mais ça indique une tendance, une tangente qui nous fait croire que notre économie est en train de se

reprendre en main. Ce n'est pas le même type d'emplois, le député de

Nicolet-Bécancour a raison. Malheureusement, les grandes entreprises ont dû

subir les contrecoups d'un marché, au niveau

mondial, qui s'est transformé. Alors, ça, là-dessus, la marge de manoeuvre des

gouvernements est plus limitée à cet égard-là, et je le sais, que vous le savez tout aussi bien

que moi. On est allés voir ces grandes entreprises là, on leur a proposé de les aider, on a tout mis ce

qu'on pouvait mettre en place sur la table, que ça soit les papetières,

en leur donnant des possibilités forestières

plus grandes, mais à un moment donné le choix des entreprises privées était de

dire : Nous, on doit rationaliser,

nous, on doit aller vers des entreprises où le coût d'opération est le moindre.

Alors, ça a été leur choix à eux,

ultimement, de fermer les entreprises en Mauricie qui étaient, soit dit en

passant, vieillissantes, qui n'avaient pas

été modernisées, qui n'avaient pas été mises au goût du jour, c'étaient des

machines à papier qui dataient de plusieurs décennies. Donc,

malheureusement, ça a passé par les entreprises de Shawinigan dans un premier

temps.

Alors,

mais, quand je regarde les investissements et qu'on parle de la Wayagamack, de

la Kruger, quand on parle de la venue de CGI à Shawinigan, de Nemaska

Lithium, de WestRock à La Tuque, qu'on a permis de mettre à niveau... On a

Xylo-Carbone également, où va produire, en fait, du biocarburant à partir de

résidus forestiers.

Alors,

il y a des choses très intéressantes qui se font. Moi, je pense qu'il faut

faire confiance à l'avenir. Et, avec le Fonds d'appui au rayonnement des régions, c'est 21 millions de

dollars que la Mauricie bénéficiera dans les cinq années. Donc, à terme, dans la dernière année, c'est

presque 6 millions de dollars que le gouvernement va donner à la

Mauricie. Et la Mauricie sera maître

d'oeuvre, elle pourra disposer de ces sommes d'argent là avec toute sa pleine

et entière autonomie, avec ses choix

de priorisation, indépendamment des programmes gouvernementaux. Ce n'est pas

Québec qui va venir dire à la Mauricie ce qu'elle doit faire avec ces

sommes d'argent là, mais ça va être la Mauricie qui va dire aux différents ministères comment ces argents-là doivent être

investis, quels sont les projets qu'on veut soutenir, les projets

auxquels on croit. Et, oui, on aura besoin

de capital de risque parce que, quand on veut reconvertir une économie, il y a

un certain risque qu'on doit prendre. Et le message du gouvernement,

c'est qu'il est prêt à nous accompagner et à nous soutenir dans cette prise de

participation là de risque.

Le fonds de Gentilly,

évidemment, c'est bien. Ça n'a pas créé et ça ne créera pas

40 000 emplois. Désolée, M. le

député, ça ne créera pas 40 000 emplois. Et on a dû, évidemment,

mettre à niveau... on a... parce qu'il y avait une date butoir qui était 2018. Alors, la ministre, à

l'époque, la ministre libérale, qui était Mme Thériault, a modifié les

paramètres pour mieux s'ajuster aux besoins

de ce fonds-là. Alors, on a fait une nouvelle répartition de l'enveloppe, soit

125 millions pour la MRC de Bécancour

et la ville de Trois-Rivières et 75 millions pour les autres MRC du

Centre-du-Québec et de la Mauricie

qui ont un indice de vitalité économique inférieur à 1. Donc, en disant ça, on

vient aider ceux qui sont en plus grande difficulté, soit

Nicolet-Yamaska et L'Érable pour le Centre-du-Québec, et Shawinigan, Mékinac,

La Tuque, Maskinongé et Les Chenaux

pour la Mauricie. On va reconduire cette enveloppe-là jusqu'en 2023. Donc, on

avait peur, à un moment donné, de

perdre les sommes si on tombait à la date butoir. Donc, une reconduction de ces

sommes-là qui est une bonne nouvelle.

pour la MRC de Bécancour et la ville de Trois-Rivières, vont être maintenant

admissibles les projets en lien avec la

relève entrepreneuriale, les entreprises du secteur primaire ayant un projet de

première transformation ou de production de culture en serre de produits alimentaires, parce qu'ils n'étaient pas

admissibles, les coûts reliés aux équipements et à l'immobilisation pour les projets d'investissement

liés à des accélérateurs d'entreprises, finalement les aides financières

consenties pour le financement d'études

pourront atteindre 10 % de l'enveloppe au lieu de 5 % et des mesures

d'assouplissement pour les projets d'entreprises du secteur touristique. Alors,

la ministre du Tourisme ne pouvait que saluer

cette nouvelle modification qui va permettre à l'industrie touristique d'aller

encore plus loin, d'être ambitieuse, de

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAT 2018-02-16
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cat-41-1 journal-debats CAT-180216
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier640a045a57392f2cdbfcb7a8d594a49d4291be5b

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