Health and Social Services — 13 March 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2018-03-13
Quebec — Committees
Le Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, Mme la Repentigny... Mme la députée de Repentigny. Ça fait
deux semaines, effectivement. Alors, est-ce que j'ai d'autres interventions sur
la proposition d'amendement de Mme la députée de Repentigny? Mme la ministre.
Mme Charlebois :
En fait, une seule intervention, M. le Président. Je comprends la préoccupation
de la députée de Repentigny, étant
femme moi-même, je comprends très bien que c'est vrai qu'il fut un temps où les
sociétés d'État étaient gouvernées
majoritairement par des hommes, mais, si vous me le permettez, M. le Président,
j'ai ici l'évolution du taux de
représentation des femmes dans les conseils d'administration de l'ensemble des
sociétés d'État qui sont visées par la
Loi sur la gouvernance des
sociétés d'État. Puis, comme je l'ai mentionné la dernière fois, dans la Loi
sur la gouvernance des sociétés d'État,
c'est mentionné que nous devons nous assurer d'avoir la parité sur l'ensemble
des sociétés d'État. Si vous me le
permettez, M. le Président, je déposerais le document pour que tout le monde
puisse le consulter, pas juste moi.
Le Président (M. Merlini) :
Très bien.
Mme Charlebois :
Et je veux dire aussi à la députée de Repentigny que je suis très au fait de ce
qu'elle dit, mais, non seulement ça, mais, j'ai vérifié, le conseil
d'administration de la Société des alcools du Québec est composé
majoritairement de femmes. Juste la rassurer, en ce sens-là, qu'il n'y a plus
que des hommes qui gouvernent.
Alors, comme
c'est déjà dans la
Loi sur la gouvernance, et on veut éviter, comme je le
disais quand on s'est laissés, la
redite, et tout ça, bien, je me dois de faire... En tout cas, quand on fait une
loi, il faut la faire la plus concise possible. Et, en ce sens-là, je ne suis pas... ce n'est pas que je suis contre la
parité. On a déjà une loi qui vient prévoir ça. On a été un gouvernement
qui a été très proactif en ce sens-là.
Alors, quand
vous aurez le tableau entre les mains, vous allez constater qu'il y a eu une
grande progression entre décembre
2005 et décembre 2017 et on est à plus de 50 %, dans les sociétés
d'État, composé majoritairement de
femmes. Puis
plus ça va aller... Je ne veux pas vous déplaire, messieurs, mais il y a
beaucoup plus de finissantes à l'université que de
finissants dans plusieurs domaines. Alors, il se pourrait très bien que, de toute façon, de par nos compétences, notre ténacité, notre vivacité, nous
soyons plus nombreuses.
Alors, moi,
mettre le mot «parité», sincèrement, c'est déjà dans la loi. Je vous comprends, là, mais je ne
sens pas ça nécessaire à ce moment-ci, M. le Président.
Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, Mme la
ministre. Le document
a été déposé, et chaque membre en a reçu copie. Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée : Oui. Bien, je remercie la ministre
de nous donner cette information-là, mais je l'avais déjà,
j'avais déjà fait ces vérifications-là
pour savoir si les sociétés d'État... si on était à parité, puis effectivement
les efforts sont là.
Lorsque
j'entends le mot «redite», j'ai un petit peu de misère avec ça, parce qu'on a
actuellement déjà... on a une volonté
d'avoir la parité au niveau des candidatures aux prochaines élections, on a la
volonté d'avoir la parité au niveau du
conseil ministériel. Donc, il n'y aura jamais assez de redite parce que c'est
un travail constant, il faut toujours répéter. Et, pour moi, c'est important. Oui, il y a une politique qui venait
corriger une situation du passé où ce n'était pas prévu dans les lois qui ont créé des sociétés d'État, ce
n'était pas prévu à ces articles-là qu'on devait avoir la parité hommes-femmes.
Donc, la politique est venue clarifier puis est venue dire : Bien là, à
l'avenir, pour ces sociétés d'État là, vous allez tendre à la parité.
Pour moi,
ici, nous avons une belle occasion, là, étant donné qu'on crée une nouvelle
société d'État, un nouveau conseil d'administration, de clarifier. Ce
n'est pas une redite, mais c'est une clarification pour dire que, pour cette
société d'État là, c'est clair, c'est précis, c'est dit dans la loi qu'on veut
avoir la parité hommes-femmes. Et je pense qu'étant
donné que nous sommes deux femmes à siéger sur cette commission-là, trois, ici...
je pense qu'on enverrait un signal fort pour dire : Bien, pour cette
société d'État là, on le dit clairement, c'est notre volonté d'avoir la parité.
Et ça va au-delà de la politique qui avait déjà été adoptée, quant à
moi.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la députée de
Repentigny. Est-ce que j'ai d'autres interventions? M. le député de
Labelle.
M. Pagé :
Oui. Alors, bon retour à l'Assemblée nationale, tout le monde. J'espère que
tout le monde est en forme pour continuer notre sprint. Alors, M. le
Président, chers collègues, Mme la ministre.
Je remercie la ministre pour le tableau, je
pense que c'est fort intéressant de constater l'évolution depuis cette volonté
qui a été manifestée en 2005‑2006. Alors, je pense, c'est un pas dans la bonne
direction.
Est-ce que, par contre, on est à même aussi de
nous dire s'il y a des sociétés qui échappent à cette parité hommes-femmes? Là,
on a des statistiques, mais est-ce que ça comprend l'ensemble des sociétés?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
M. Pagé : Parce que, M.
le Président...
Le Président (M. Merlini) :
Oui, M. le député de Labelle.
M. Pagé : ...même si je
ne suis pas une femme... Parce que mes collègues féminines mentionnaient que
c'est important pour elles. C'est aussi très important pour nous, et je sais que vous partagez
également cette préoccupation. Je
pense que ce n'est pas une préoccupation en vertu de notre sexe, je pense que
nous partageons exactement les mêmes préoccupations. Alors, est-ce qu'on
a effectivement...
Mme Charlebois :
Ce qu'on m'indique, c'est que toutes les grandes sociétés d'État, que ce soit
Loto-Québec, la SAQ ou peu importe, là, il y a la Loi de la gouvernance
qui s'applique.
M. Pagé : O.K. Écoutez, avant le dépôt de la
CAQ, nous avions un peu le même genre d'amendement que nous souhaitions déposer ultérieurement, mais, avec les
explications qui nous sont données, nous sommes satisfaits de ce que nous
entendons, parce que nous constatons qu'effectivement cette parité sera en
vertu de la
loi sur les sociétés d'État, effectivement. Donc, en ce qui
nous concerne, on est satisfaits de ce qu'on entend. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) :
Merci. Est-ce que j'ai d'autres interventions? Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée :
Je reviens sur le fait qu'effectivement nous avons fait des gains, mais il faut
continuer à en avoir. Pour les gens
qui nous écoutent, ces gens-là ne vont pas aller référer à la politique qui a
été adoptée il y a quelques années, mais
ils vont référer à la loi que nous sommes en train d'adopter. Je ne vois pas en
quoi c'est si compliqué de rajouter ces
simples mots qui établissent clairement la volonté du gouvernement d'avoir la
parité dans cette nouvelle création de société
d'État. Je pense que le travail pour faire avancer la cause des femmes doit
être fait à tous les jours, on doit avancer tout le temps, il n'y a rien
d'acquis. Et je comprends que les conseillers de la ministre ne voient
peut-être pas l'utilité de
rajouter ces mots-là, mais ils n'ont jamais eu à défendre la place des femmes
dans les sociétés d'État, dans l'État, leur rôle. Et je pense que, pour moi, ces mots-là sont significatifs. Et,
même si la loi ne parle pas pour ne rien dire, la femme ne parle pas pour ne rien dire non plus. Et, pour
moi, ces mots-là viennent vraiment marquer la place des femmes au sein
de cette société d'État là.
Et, pour les
gens qui nous écoutent, ils n'iront pas lire la politique qui avait été adoptée
par le gouvernement, mais, quand ils
vont lire la loi, c'est indiqué clairement. Pour moi, je trouve que c'est une
avancée. Et on y gagnerait tous, à accepter cet amendement-là.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la députée de Repentigny. Mme
la ministre, commentaires, interventions?
Mme Charlebois :
Bien, ce qu'il faudra faire, c'est expliquer aux citoyens que toutes les lois
sont en interaction et que la
Loi sur
la gouvernance des sociétés d'État envoie une directive à l'ensemble des
sociétés d'État, dont celle que nous
sommes à créer. C'est à nous de faire la pédagogie. C'est clair que les
citoyens ne peuvent pas tout savoir ça, c'est même complexe pour nous. Mais il n'en demeure pas loin que la
Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État chapeaute l'ensemble des grandes sociétés d'État au Québec, dont la Société
québécoise du cannabis que nous sommes à créer, et la parité sera là.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. Mme la députée de Repentigny. Ça va?
Alors, ne
voyant pas d'autre intervention, je vais donc mettre la proposition
d'amendement de Mme la députée de Repentigny au vote. Un vote par appel
nominal est demandé. Mme la secrétaire. Pour, contre ou abstention.
La Secrétaire :
Mme Lavallée (Repentigny)?
La Secrétaire :
Mme Charlebois (Soulanges)?
Mme Charlebois :
Contre.
La Secrétaire :
M. Plante (Maskinongé)?
La Secrétaire :
M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine)?
La Secrétaire :
M. Girard (Trois-Rivières)?
La Secrétaire :
M. Giguère (Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Simard
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire : M. Pagé
(Labelle)?
La Secrétaire :
M. Merlini (La Prairie)?
Président (M. Merlini) : Abstention. Alors, la proposition
d'amendement est donc rejetée. Nous revenons donc à l'article 23.6.
Est-ce que j'ai des interventions? M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Alors, comme je le disais tantôt, nous reprenons nos travaux après deux semaines,
alors on essaie de se replonger dans
le vif du sujet. Quand on est dedans ça fait des heures, c'est plus facile,
mais, bon, ça revient assez rapidement.
Pour les gens qui nous écoutent et pour se
remettre dans l'ambiance, l'article sur lequel nous sommes présentement, le 23.6, dit que le conseil d'administration de la filiale est composé
de neuf à 11 personnes, dont le président du conseil et le
président-directeur général. Au début, avant un amendement qui a été déposé par
la ministre et pour lequel nous adhérons, il n'y avait pas de compétence de nommée autour de la
table du conseil d'administration. La ministre a déposé un
amendement qui allait dans la bonne direction mais pour
lequel nous aurions aimé aller un peu plus loin. Je m'explique.
La ministre
a ajouté que «le conseil doit compter parmi ses membres des personnes ayant
collectivement — donc
collectivement, par l'ensemble
des membres — une
compétence ou une expérience significative en santé publique, en toxicomanie
et en intervention auprès des jeunes». Il nous apparaissait important d'ajouter
des compétences pour lesquelles... je ne les
ai peut-être pas toutes devant moi, mais on avait ajouté en
toxicomanie... non, ça, c'était déjà
présent... en éducation, en sécurité
publique, en administration municipale, et il y en avait une autre également
que l'on avait ajoutée en sciences et
en gestion à but non lucratif. Vous aurez compris que ces compétences, c'était...
Il faut se rappeler que la SQDC, ça
va être, à toutes fins pratiques, une forme d'organisme à but non lucratif. On
ne souhaitera pas que cette filiale cherche
à générer des profits, à répondre à une obligation de rendement de la part du
ministre des Finances comme c'est malheureusement
trop le cas avec la SAQ, et qu'à cette fin il nous apparaissait sage d'avoir
autour de cette table des gens qui ont ces compétences et ces
compétences variées. Parce que je me souviens avoir entendu la ministre à
quelques occasions nous dire que la présente
loi va probablement affecter huit, neuf, 10, 11 ministères, on ne sait
plus combien, parce qu'on parle des
Affaires municipales, on parle de la Santé, mais la santé publique, la Sécurité
publique, l'Éducation. Alors, on touche et on interpelle beaucoup,
beaucoup, beaucoup de monde. Et c'est pour cette raison que nous avions souhaité avoir au sein du conseil
d'administration, donc, décideurs, décideurs, des gens qui ont ces
compétences à divers niveaux.
J'ai pris
comme exemple... Au niveau des affaires municipales, il y a des anciens ou
présents maires et mairesses à
travers le Québec, et on en compte par plusieurs milliers, qui ont de très
bonnes compétences. J'ai souvent nommé le maire de Montréal, Denis Coderre. Avec toute l'expérience et le passé
politique qu'il a, je pense qu'il pourrait contribuer, lui ou d'autres ayant ce genre de compétences, à
l'éclairage nécessaire pour prendre des bonnes décisions pour cette société,
qui est différente des sociétés que nous connaissons.
Les multiples
demandes que nous avons faites ont été rejetées, sauf une, sauf une — et ça aussi, je le salue — d'ajouter des compétences en éducation.
Alors, ça, ça nous apparaissait intéressant et pertinent. Malheureusement,
d'autres compétences souhaitées ne sont pas
autour de la table des décisions, des décisions, mais il y aura des
observateurs.
l'article 23.6 dit également : «Le ministre des Finances, le ministre
de la Santé et des Services sociaux et le ministre de la Sécurité
publique désignent chacun un observateur au sein du conseil. Ces observateurs
participent aux réunions du conseil, mais n'ont pas [de] droit de vote.» Donc,
c'est très clair, n'ont pas de droit de vote.
J'aimerais
ici apporter un amendement à ce volet. Je ne veux pas revenir sur le deuxième
paragraphe où on n'a accepté
d'ajouter qu'une seule compétence, qui est celle de l'éducation parce que ça ne
se retrouvait pas dans l'ensemble des
compétences ni aussi au niveau des observateurs. Je salue encore cette avancée.
Par contre, sur le troisième paragraphe, au niveau des observateurs, je déposerais l'amendement suivant afin
d'essayer le plus possible d'atteindre l'objectif que nous souhaitons. Donc, j'en fais la lecture, M. le
Président, avec votre permission. Alors : Modifier l'article 23.6 de
la
Loi sur la Société des alcools du Québec (chapitre S-13) inséré par
l'article 5 du présent projet de loi tel qu'amendé :
1° par le remplacement, dans le quatrième alinéa, de «de la Santé et des
Services sociaux» par «délégué à la Santé publique».
deuxièmement... On aurait pu faire deux sous-amendements, là, mais on veut tout
traiter, là, d'un jet. Deuxième sous-amendement que nous
proposons :
2° par l'insertion,
avant «et le ministre de la Sécurité publique», de «, le ministre des Affaires
municipales».
On peut en faire des photocopies?
Président (M. Merlini) : Oui. Alors, nous allons... je suspends donc
les travaux quelques instants. On va faire des copies pour les
distribuer aux membres.
(Suspension de la séance à 10 h 31)
Le Président (M. Merlini) : Nous
reprenons donc nos travaux. La copie de la proposition d'amendement de M. le député de Labelle a été distribuée. Les membres en ont pris connaissance ainsi que Mme la ministre, avec
l'aide de ses conseillers juridiques. M. le député de Labelle, la parole
est à vous.
M. Pagé :
Merci, M. le Président. Alors, afin d'expliquer cet amendement... Parce que,
là, on n'est plus dans les sous-amendements,
on est dans l'amendement, parce que les sous-amendements ont été rejetés, et
l'amendement principal de la ministre
a été adopté. Alors, cet amendement que nous proposons, bon, fait deux
changements à ce troisième paragraphe. Le
premier, quand on dit que le ministre des Finances, le ministre de la Santé et
des Services sociaux et le ministre de la Sécurité publique ont également chacun un observateur, le ministre des
Finances, on n'y touche pas. Le ministre de la Santé et des Services
sociaux, nous souhaitons qu'il soit changé plutôt par le ministre délégué à la
Santé publique. J'aimerais bien dire «la»,
mais, dans ce cas-ci, vous comprenez que le «le» inclut le «la» à chaque
occasion. Et, bon, la raison est fort
simple. Qui présente le projet de loi? C'est justement la ministre responsable
de la Santé publique, ministre responsable
de la prévention. Alors, vous comprenez que cette notion de prévention, de
sensibilisation, de santé publique, elle
doit paraître dans cet article, tandis que le ministre de la Santé et des
Services sociaux, bien, c'est bien, mais c'est le
ministre des malades. Et ce que l'on souhaite depuis le début, c'est
essentiellement faire toute la prévention, la sensibilisation
nécessaires. Et c'est la raison pour laquelle on a évolué beaucoup, depuis un
an, entre la position initiale et
celle d'aujourd'hui, qui va vraiment dans le sens de tout ce que nous avons
entendu, soit de faire un maximum de prévention et de sensibilisation.
Donc, je ne
dis pas qu'il ne serait pas pertinent qu'un responsable nommé par le ministre
de la Santé et Services sociaux ne
soit présent, ce n'est pas ce que je dis, mais ce que je dis, c'est qu'il
serait beaucoup plus pertinent que ce soit plutôt un représentant de la ministre de la Santé publique. Et même on
aurait pu dire «et de la prévention», parce que, pour moi, j'aime bien ajouter ce mot, mais je pense que, dans le titre,
on comprend très bien, «délégué à la Santé publique», qui ça représente.
C'est le premier volet.
Le deuxième
volet, parce qu'on ne voulait pas arriver avec deux amendements — si jamais la ministre souhaite qu'on modifie, on pourra le faire — c'est l'ajout d'un représentant du ministre
des Affaires municipales, parce que, dans tout ce que nous avons souhaité depuis le début, on peut dire qu'un peu
tout le monde se retrouve, d'une façon ou d'une autre, dans les compétences
qu'on a ajoutées, dont celle de l'éducation, qui avait été également... c'était
une préoccupation de mon collègue de
Saint-Jérôme. Il avait plaidé à cet égard-là, la ministre l'a bien entendu, puis on est satisfaits de cela. Par
contre, le volet Affaires municipales, je me souviens qu'on a fait la tournée
du Québec ensemble, et il y a eu des consultations particulières aussi qui ont
été faites, et elle m'avait amicalement demandé aussi d'être présent avec l'autre... la deuxième opposition à une rencontre
plus privée avec les élus municipaux, il y a eu aussi avec les autochtones,
et on avait bien apprécié. C'est des
rencontres qui nous apportent beaucoup. Et pourquoi on a fait justement une
rencontre avec les unions municipales
et les représentants des deux grandes villes, Montréal et Québec, qui étaient
présents, FQM, UMQ, Montréal, Québec? Parce que l'application de cette
loi et surtout de ces règlements, ça va se passer dans les municipalités.
On les a fait venir également. Lors de... Après le dépôt du projet de loi, ils ont présenté des mémoires, ils ont fait des représentations
pour avoir des sommes d'argent qui vont leur être dédiées. D'ailleurs, ça
n'apparaît toujours pas, j'espère que
ça va apparaître un jour quelque part. Et ils nous ont vraiment manifesté
l'importance qu'ils soient non seulement financés, mais qu'ils fassent
partie aussi des décisions.
Alors, il me
semble que d'ajouter minimalement un observateur... Parce que, là, ici, on
parle d'observateur. Nous, on aurait
souhaité que ce soit plutôt dans les compétences des gens qui vont être
décisionnels. Ce n'est pas le cas. On a essayé par deux ou trois reprises, ça a été rejeté. Mais, à tout le
moins, que le ministre des Affaires municipales puisse nommer une
personne qui a des compétences au niveau des affaires municipales, ça nous
apparaîtrait, je pense, un élément positif
qui viendrait ajouter aux connaissances, aux compétences et à l'expérience des
gens qui seront autour de cette table. Si ce n'est pas à
titre
décisionnel, bien, à tout le moins, à
titre d'observateur.
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, M. le député de Labelle. Mme la ministre.
Charlebois :
Merci, M. le Président. On a examiné tout à fait, pendant qu'on a fait la
distribution de l'amendement du député de
Labelle, les possibilités parce que tout ce qu'on veut, hein, c'est toujours
améliorer le projet de loi, et je lui
dirai d'entrée de jeu que, pour ce qui est d'ajouter la mention «à la Santé
publique», c'est inclus dans le «Santé
et Services sociaux». Et c'est une mission qui m'est déléguée en ce moment.
D'ailleurs, vous l'avez dit vous-même, c'est
pour ça que je porte le projet de loi en ce moment, parce que, dans mes
fonctions... Mais ça ne veut pas dire que, dans un prochain gouvernement, ce serait délégué comme ça, ça pourrait
être tout autrement. Mais n'empêche que c'est toujours sous le ministre de
la Santé et des Services sociaux, il englobe la santé publique. Et, par le fait
même, je suis déléguée là, alors je peux
procéder à l'étude du projet de loi dont on parle. Et il pourra déléguer
quelqu'un qui aura les compétences comme je les ai en ce moment. Ça
relève de lui, alors ce n'est pas utile de l'ajouter là.
Cependant,
pour ce qui est de la deuxième
partie de votre amendement, je suis... après
vérification, nous sommes tout à fait disposés à ce que le ministre des
Affaires municipales puisse ajouter un observateur.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Labelle.
M. Pagé :
Alors, on a la note de 50 %, ça va bien. Moi, j'ai toujours visé plus près
de 100 %. Bon, je salue cette ouverture, je remercie la ministre.
Mais je vais quand
même revenir bien amicalement à la charge, parce que, quand on dit «le ministre
des Finances, le ministre de la Santé
et des Services sociaux», nous comprenons très bien que, si je le prends à la
lettre, c'est le... bon, on n'a pas
droit de nommer les gens par leur nom, là, mais vous comprenez très bien qui
représente le ministre de la Santé et
des Services sociaux, et ce n'est pas la personne qui est assise devant moi,
bien qu'elle pourrait participer, elle pourrait échanger avec. Mais au final la responsabilité appartient à qui?
Appartient à celui qui est délégué par la loi. Et, si nous l'écrivons tel quel, la loi va dire «le ministre
de la Santé et des Services sociaux», qui n'est pas la ministre responsable
de la Santé publique. Alors, je veux bien,
dire : Bien, je suis délégué, j'échange avec le ministre de la Santé et
Services sociaux, mais... Puis je
n'ai rien contre le ministre actuel. Même qu'il pourrait aussi en faire partie.
Même, à la limite, si on souhaite
ajouter, que les deux soient présents. Mais,
j'insiste, il m'apparaît comme très différent, si la personne qui décide, c'est véritablement le... la ministre
déléguée à la Santé publique. C'est très différent. Elle pourra consulter, si
elle veut, le ministre de la Santé et Services sociaux, aucun problème avec ça, elle peut même aller
consulter tous les autres collègues, mais la responsabilité, en vertu de
la loi, elle lui incomberait. Ce serait elle, la ministre, qui aurait la responsabilité et le pouvoir, au final, de nommer qui elle veut, au lieu de déléguer
ce pouvoir à une autre personne qui est moins directement en lien avec
la prévention, avec la sensibilisation, avec la santé publique.
Alors, c'est faisable, je pense que
c'est faisable... À moins qu'on me dise : Non, ce n'est pas possible, en
vertu de je ne sais trop quoi, ce n'est pas possible, alors il faut absolument
que ce soit le ministre de la... Bon. Alors là, on comprendra. Mais, si c'est
faisable, je ne vois pas pourquoi clairement nous ne dirions pas dans la loi
que c'est elle qui va nommer... après avoir
consulté, si elle le veut, puis c'est très correct, puis je suis sûr qu'elle va
le faire, mais il faut que ce soit
ainsi, hein? Mais il me semble que ça serait nettement plus, je dirais,
conforme à notre volonté de tout ce qu'on exprime depuis des mois si
c'était elle qui nommait — je
dis bien «elle», la ministre de la Santé publique, ou lui, éventuellement — qui
sera responsable de nommer cet observateur.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Labelle. Mme la ministre.
Charlebois : Je suis tellement heureuse que le député de
Labelle m'accorde toute cette confiance. Mais, si vous me le permettez, M. le Président, Me Roy, Gabriel de son prénom,
n'est-ce pas — ça s'en
vient, les noms, je travaille là-dessus — Me Roy pourrait expliquer du point de vue
technique. Ce n'est pas que c'est mal, ce que vous dites, c'est juste, d'un point de vue technique, la loi va être
plus pérenne dans le temps que les fonctions que j'occupe. Mais je le laisse
expliquer.
Le Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai consentement pour permettre à Me
Roy de répondre à la question? Consentement. Alors, Me Roy, s'il vous
plaît, vous identifier pour les bienfaits de l'enregistrement, s'il vous plaît.
M. Roy
(Gabriel) : Gabriel Roy, avocat au ministre des Finances. Je vais
m'approcher du micro, cette fois.
Oui,
en fait, alors, la façon dont ça fonctionne, c'est que, bon, les ministres sont
désignés et existent en vertu des lois,
mais la délégation de fonctions, c'est un pouvoir qui est donné au gouvernement
puis c'est un pouvoir qui émane de la
Loi sur l'exécutif. Donc, c'est possible pour le gouvernement de déléguer
certaines fonctions puis de créer par le fait même des postes de ministre qui n'existent pas par eux-mêmes dans
la loi. Et c'est le poste que Mme Charlebois occupe.
Et donc, étant donné
que c'est des décisions du gouvernement, donc, c'est des décrets qui délèguent
certaines fonctions et, comme Mme la
ministre l'indiquait, c'est susceptible de changer au fil des différents
gouvernements, puis même à
l'intérieur d'un même gouvernement, c'est la raison pour laquelle ce n'est pas
possible, dans une loi, d'indiquer le
titre d'un ou une ministre qui est délégué en ce moment, étant donné que c'est
quelque chose qui peut changer avec le temps, puis on écrit les lois de
façon à ce qu'elles soient le plus pérennes possible. Et ce ne serait pas
cohérent législativement de référer à un
titre qui n'existe que par une décision du gouvernement, donc susceptible de
changer avec le temps. Donc, c'est
pour ça qu'on fait toujours référence au nom, au
titre du ministre qui existe
en vertu de la loi, comme, en l'occurrence, la
Loi sur le ministère de
la Santé et des Services sociaux.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Me Roy. M. le député de Labelle.
Pagé : J'entends bien, j'entends bien, sauf que, si on
remplaçait «le ministre de la Santé publique et des Services sociaux» par «le ministre délégué à la Santé
publique», le ministre... Bon, parce qu'il pourrait arriver, dans un gouvernement X, Y, qu'il n'y ait pas de
ministre délégué à Santé publique. Bon. Sauf que cette responsabilité de santé
publique incomberait toujours au ministre de la Santé et des Services sociaux
de toute façon. Alors, ce volet santé publique se retrouvera toujours quelque
part.
Alors,
c'est pour ça que, si on fait la lecture à partir de l'amendement que nous
proposons, et que ce serait «le ministre
des Finances, le ministre délégué à la Santé publique», est-ce qu'on devrait
dire plutôt «le ministre responsable à la Santé publique» pour atteindre
l'objectif que nous souhaitons? Alors, est-ce que ce serait ça, la solution?
Parce qu'effectivement il pourrait ne
pas y avoir un ministre nommément appelé délégué à la Santé publique,
mais il y aura toujours
un ministre responsable de la Santé publique. Alors, si nous
modifions notre amendement pour atteindre notre objectif, en
disant le ministre, au lieu de délégué à la Santé publique, mais
responsable de la Santé publique, est-ce que cela deviendrait conforme à
l'esprit de ce qui a été présenté par Me Roy il y a un instant?
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
Roy (Gabriel) : Oui. Si je
peux apporter une précision, en fait, c'est que la loi donne toutes les responsabilités au ministre de la Santé
et des Services sociaux. Donc, la Loi
sur le ministère de la
Santé et des Services sociaux énonce l'ensemble
des responsabilités du ministre, parmi lesquelles le gouvernement a décidé d'en déléguer certaines par décret. Donc, étant
donné que la loi, il faut que la loi
soit cohérente avec la
loi sur le ministère... étant
donné que toutes les fonctions
sont et seront toujours,
dans la loi, celles du ministre de la Santé
et des Services sociaux, et qu'un gouvernement pourrait fort bien décider de n'en déléguer aucune, et que ce
soit le ministre de la Santé et des Services sociaux qui les exerce toutes — ce
serait possible — alors,
c'est pour cette raison-là qu'il faut toujours que le lien soit direct et concret avec celui
de la
Loi sur le ministère de la Santé et des Services sociaux.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Mme la ministre, vous en pensez quoi?
Charlebois : Bien, je pense que la responsabilité incombe au ministère de la
Santé et des Services sociaux,
comme vous l'a dit Me Roy. Mais il y a
dans les profils de compétence, vous vous souvenez, dans tout ce qu'on a
instauré au paragraphe 1°... on parle de quelqu'un
qui a «une expérience significative en santé publique, en toxicomanie et en intervention auprès des jeunes». Ça fait qu'on a
déjà prévu, dans le profil de compétence, avoir un administrateur qui a ces
compétences-là. Et là c'est un observateur
qui va être nommé par le ministre de la Santé et Services sociaux, à qui
incombe la santé publique au premier chef, mais pour lequel il y a eu un
pouvoir délégué à la ministre déléguée que je suis.
voilà, comme je vous dis, si je sentais, là... Tu sais, on a déjà un profil de
compétence qui va être un administrateur, qui va être là pour voter. Là, on parle d'observateur. Mais le ministre
de la Santé et des Services sociaux a ce chapeau-là. Moi, on m'a délégué certaines fonctions, mais ça
ne veut pas dire qu'il n'a pas le droit de regard jamais, là. Le ministre
responsable, en titre, ça demeure le ministre de la Santé et des Services
sociaux.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
J'entends bien, j'entends bien, je comprends. Évidemment, notre inquiétude est
à l'effet qu'on ne souhaiterait pas qu'il y
ait une décision unilatérale et que la personne responsable de la santé
publique et de la prévention... Parce
que, le
titre «prévention», on ne le voyait pas tellement il y a quelques
années. Maintenant, dans le
titre de la délégation ministérielle, il est inscrit très clairement, et
ce n'est pas pour rien, parce qu'on considère de plus en plus que la
prévention, c'est un volet important de la santé publique.
Bon,
à partir des explications qui me sont données, bon, on serait d'accord pour
retirer la première partie... En fait, j'aurais peut-être dû déposer
deux amendements, là, mais... Alors, je vais demander votre éclairage, M. le
Président, pour voir de quelle façon on
pourrait procéder, parce qu'on va volontiers, là, retirer le premier volet de
l'amendement. Et par contre j'ai bien
entendu la volonté ministérielle d'accepter la deuxième
partie de notre
amendement. Alors, j'attends votre éclairage, M. le Président, pour la
meilleure... la façon la plus efficace de fonctionner.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, Mme la ministre.
Charlebois :
...suspension pour avoir des discussions avec mon équipe, s'il vous plaît?
Le Président (M.
Merlini) : Oui. Puis, pour éclairer le député de Labelle, un
sous-amendement pourrait être présenté par
votre collègue de Saint-Jérôme, qui dirait tout simplement qu'on supprimerait
dans votre amendement le premier paragraphe, tout simplement. Ce serait
la façon. Mais on va suspendre quelques instants pour permettre la discussion...
Oui?
Pagé : Tout à fait. Puis, en même temps, lors de ces échanges,
si elle souhaite qu'on retire totalement et qu'elle revienne avec un
nouvel amendement qui serait encore plus conforme, je lui laisse tout le loisir...
Charlebois :
Voilà. C'est ça que je voulais vous proposer.
Le Président (M.
Merlini) : O.K. On pourrait le faire aussi comme ça, oui. Très bien.
Alors, je suspends
les travaux quelques instants
(Suspension de la séance à
10 h 55)
Président (M. Merlini) :
Nous reprenons donc nos travaux après cette brève suspension
pour permettre des discussions sur la nature de l'amendement proposé par
M. le député de Labelle, à qui je cède maintenant la parole.
Pagé : Oui. Alors, M. le Président, avec consentement, je retirerais l'amendement que nous venions
de proposer.
Président (M. Merlini) : Est-ce que
j'ai le consentement pour le retrait de la proposition d'amendement de M. le député de Labelle? Consentement.
Alors, il est donc retiré. M. le député de Labelle, à vous la parole.
Pagé : Alors, oui, merci, M. le Président. Alors, la raison pour laquelle nous le
retirons : après nos échanges, nous
nous sommes entendus sur un premier volet qui ne semblait pas vraiment
nécessaire, et on comprend pourquoi, parce qu'il faut y aller directement selon
les titres de la responsabilité ministérielle.
Alors, si nous
conservons le deuxième volet, l'amendement que nous proposerions se lirait
ainsi : Modifier l'article 23.6 de la
Loi sur la Société des alcools du Québec proposé par
l'article 5 du projet de loi par le remplacement de la première
phrase du troisième alinéa par la suivante : «Le ministre des Affaires
municipales et de l'Occupation du territoire,
le ministre des Finances, le ministre de la Santé et des Services sociaux et le
ministre de la Sécurité publique désignent chacun un observateur au sein
du conseil.»
Est-ce que tout le
monde a déjà...
Président (M. Merlini) : Non. Nous allons faire des copies et le
distribuer. Alors, je vais vous permettre d'en discuter et d'expliquer,
parce que vous l'avez très bien lu. Alors, à vous la parole, encore une fois.
Pagé : Bon, alors, sans reprendre très longtemps, donc, le
volet Affaires municipales, je me réjouis qu'il se retrouvera autour de la table. Évidemment, nous
aurions aimé qu'il soit plus autour de la table où se prennent les décisions,
pas simplement au niveau des observateurs,
mais, bon, au moins je pense qu'on fait quand même un pas dans la bonne direction en ayant une personne qui sera désignée
par le ministre des Affaires municipales, donc représentant le milieu
des affaires municipales, à
titre d'observateur, en espérant qu'il puisse à
l'occasion donner son avis, ou donner de l'information,
ou donner des précisions, ou encore faire des suggestions pour qu'ensuite les
décideurs aient, je dirais, des compétences supplémentaires ou des avis
supplémentaires leur permettant de prendre les bonnes décisions.
Alors, là-dessus, je pense que l'on fait un gain
qui est intéressant. Je remercie l'ouverture de la ministre à cet égard-là. Et,
bien, on pourra procéder à... Oui, Mme la ministre?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Juste
un petit commentaire.
Le Président (M. Merlini) : Je vous
en prie.
Charlebois :
Quand on a échangé sur le
titre officiel, là, on ne vous a pas donné tout le
titre comme il faut, il aurait fallu
dire... puis on pourrait l'ajouter à la main, si vous le permettez, M. le
Président, que le député de Labelle ajoute
dans son amendement «le ministre des Affaires municipales, des Régions — il manque le "des Régions" — et de l'Occupation du territoire». C'est
dans le
titre officiel du ministère actuel.
Le Président (M. Merlini) : Alors,
on fait une inscription manuscrite.
Charlebois : Bien,
si le député de Labelle est d'accord.
M. Pagé :
Bien, évidemment, il y a consentement... Est-ce qu'il y a consentement pour
qu'on puisse procéder, là, de façon très efficace?
Le Président (M. Merlini) : Oui,
oui.
M. Pagé :
Effectivement. Parce qu'à micro fermé je posais la question, pourquoi que ce
n'est pas simplement «ministre des
Affaires municipales», parce que, le volet Occupation du territoire, moi, quand
je suis arrivé ici, à l'Assemblée nationale, on n'en parlait pas, ça
n'existait pas. «Des Régions», c'est arrivé, c'est reparti. Ça existe, ça
n'existe pas.
Ce qu'on nous
a expliqué, c'est qu'on se doit de prendre le
titre actuel. Et on comprend que,
dans un prochain gouvernement, si le
mot «Régions», exemple, n'existait plus dans le titre, il ne faudrait pas
nécessairement rouvrir la loi pour
apporter un amendement, c'est tout simplement que le ministre actuel porte le
titre de ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire. C'est la raison pour
laquelle nous devons le nommer ainsi. C'est bien ça, Me Roy, si vous me
permettez?
M. Roy
(Gabriel) : En fait, la raison pour laquelle on doit le changer, c'est
simplement que le titre, dans la loi, c'est
«Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire». Mais en
ce moment, en vertu d'un décret, on a retranché
«des Régions», mais là c'est juste que, pour être cohérent à ce qu'on vous a
expliqué tout à l'heure, nous, il faut toujours, dans la loi, qu'on
écrive le même
titre que dans la
loi sur le ministère. Là, il y a juste une
petite erreur dans l'amendement, on a pris
le
titre qui était donné en vertu du décret, mais il faut toujours faire
référence au
titre de la loi. Puis,
le changement de nom, si le gouvernement veut en faire un, il le fait par
décret. Là, nous, on utilise le
titre qui est écrit à l'article 1
de la
Loi sur le ministère des Affaires municipales, des Régions et de
l'Occupation du territoire.
Le Président (M. Merlini) : Ça va?
M. Pagé : Bien, en fait, le
ministre actuel ne porte plus le mot «Régions» dans son titre, hein?
M. Roy
(Gabriel) : Effectivement. Mais, comme je vous dis, on a fait une
petite erreur. Nous, il faut toujours référer
au
titre qui est dans la loi. Ça fait que, même si le titre... C'est parce que
le
titre actuel lui est donné en vertu d'un décret, mais le
titre légal, qui demeure dans les lois, ça doit être le
titre qui est à l'article 1 de la
loi sur le ministère. Donc là, nous, il
faut juste s'assurer... La petite erreur, c'est que, là, on avait mis le
titre
du décret, il faut mettre le
titre de la loi. C'est juste ça qu'on veut
faire.
Le Président (M. Merlini) : Une
erreur de bonne foi.
M. Roy (Gabriel) : Exactement.
M. Pagé : O.K. Alors... Parce
qu'effectivement le ministre actuel ne porte plus le
titre «des Régions».
M. Roy (Gabriel) : Effectivement.
M. Pagé : Parce que
nous avions remarqué cela, M. le Président. Et, bon, j'aurais envie de dire
beaucoup de choses là-dessus, parce que
les régions ont perdu beaucoup de pouvoirs et de financement depuis quelques
années, mais je n'ouvrirai pas cette
porte, et on va plutôt rester sur le projet de loi n° 157, bien que nous
aimerions toujours qu'on parle un peu plus des régions. Cela dit, on
peut procéder sur l'amendement.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions sur la
proposition d'amendement de M. le député de Labelle? Je n'en vois pas. Je le mets donc aux voix. Est-ce que la
proposition d'amendement de M. le député de Labelle est adoptée?
Président (M. Merlini) : Adopté. Nous revenons donc à
l'article 23.6 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai d'autres
interventions? Je n'en vois pas. Nous allons donc passer à l'article 23.7.
Mme la ministre, pour la lecture.
Charlebois : J'y arrive, M. le Président. «Une personne ne
peut être nommée membre du conseil d'administration ou le demeurer si elle a été déclarée coupable
d'une infraction prévue à l'annexe I, à moins qu'elle — voyons! — n'en ait obtenu le pardon.»
Excusez-moi.
«Elle ne peut, de
même, être nommée membre du conseil d'administration ou le demeurer si, de
l'avis de la société — voyons! — elle
ne...»
On recommence, M. le
Président, du commencement, là. Ça n'a pas de bon sens de bafouiller de même.
Le Président (M.
Merlini) : On rembobine.
Charlebois : On recommence. «23.7. Une personne ne peut être
nommée membre du conseil d'administration ou le demeurer si elle a été déclarée coupable d'une infraction prévue à
l'annexe I, à moins qu'elle n'en ait obtenu le pardon.
«Elle
ne peut, de même, être nommée membre du conseil d'administration ou le demeurer
si, de l'avis de la société, elle ne présente pas la probité nécessaire
pour occuper une telle fonction au sein de la filiale.
«Les vérifications requises aux fins du premier et
du deuxième alinéa s'effectuent conformément au processus d'habilitation
sécuritaire prévu à la sous-section 4.
«Le gouvernement peut
modifier l'annexe I.»
Le Président (M.
Merlini) : ...vos commentaires, Mme la ministre.
Charlebois : Oui.
Ici, M. le Président, l'article 23.7 de la
Loi sur la Société des alcools ajoute deux causes
d'inhabilité à être membre du conseil d'administration de la Société québécoise
du cannabis aux causes déjà prévues par le
Code civil. Ces causes d'inhabilité sont les suivantes : premièrement, le
fait pour une personne d'avoir été déclarée coupable d'une infraction prévue à l'annexe I de la
Loi sur la Société
des alcools du Québec, sauf si cette personne en a obtenu le pardon;
deuxièmement, le fait, de l'avis de la Société des alcools du Québec, de ne pas
présenter la probité nécessaire pour occuper une telle fonction au sein de la
Société québécoise du cannabis.
l'article 23.7 prévoit également que le gouvernement peut modifier
l'annexe I, qui indique quelles infractions sont un motif d'inhabilité.
Avons-nous l'annexe I pour pouvoir expliquer davantage en quoi cela consiste?
Charlebois : Alors, vous l'avez dans le projet de loi à
l'article 7, la liste des infractions qui sont prévues, rendant
l'incapacité... Je peux vous en donner quelques exemples : des infractions
relativement au financement de terrorisme,
infractions de corruption, fraudes visées par les articles 380 à 382, une
infraction en vertu du recyclage de produits de criminalité, une infraction relative à une organisation criminelle.
Et, bon, je peux vous faire la liste complète, mais c'est toutes des infractions qui sont déjà connues, j'ai
presque le goût de dire, en vertu desquelles les gens ne pourraient pas être des administrateurs, parce que tu ne peux pas...
il faut ou bien que tu aies demandé ton pardon ou bien que tu sois habilité à siéger à un conseil d'administration.
Surtout la Société québécoise du cannabis, il va falloir avoir une certaine
probité pour être là, là.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des
interventions? M. le député de Labelle.
Pagé : Oui. Effectivement, quand on fait référence, à la
page 87, à la liste des infractions, j'aurais envie de dire qu'on aurait pu ajouter aussi ceux et celles
qui ne veulent pas payer leurs impôts via les paradis fiscaux. Mais je pense
qu'on va revenir là-dessus ultérieurement.
Est-ce qu'il y a des
sociétés d'État où il y a le même genre d'annexe? Parce que, pour moi, ça
m'apparaît nouveau. On s'entend puis on le
dit depuis le départ, là, que nous sommes en train d'écrire un droit nouveau,
en vertu de la loi n° 157. Et est-ce que ça existe ailleurs? Est-ce
que ça existe à la SAQ? J'aimerais... oui, j'aimerais savoir ça.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Selon ce qu'on m'indique, non, ça n'existerait
pas. Mais, comme vous le dites, c'est un droit nouveau. Puis on est en train de faire une loi qui va encadrer le
cannabis, qui est actuellement illégal, mais, dès que le fédéral l'aura légalisé, il faut quand même que
cette société d'État là puisse gérer, cette société d'État là, avec une
certaine probité.
M. Pagé :
M. le Président, évidemment, la certaine probité, on s'entend qu'elle devra
être partout, hein? Peu importe que l'on gère la SQDC, la Caisse de dépôt,
Hydro-Québec ou encore la SAQ, on s'entend que ça devrait exister partout. Donc, bon, à quelque part on se réjouit
de voir qu'on va tout faire pour être plus blanc que blanc et avoir des gens,
autour de la table qui prennent des
décisions et qui ont un passé sans tache et... mais je suis un peu étonné et
j'aurais envie de vous...
Charlebois : ...précision.
M. Pagé : Oui, bien, allons-y
avec la précision, parce que la ministre semble vouloir...
Charlebois :
Il y a les entreprises de services monétaires qui exigent une certaine
habilitation sécuritaire aussi.
Charlebois :
Bon, on m'indique que, selon les corps de métier aussi... corps de métier, ce
n'est pas bien exprimé, là, mais, exemple, les responsables des services de
garde doivent aussi passer un processus d'habilitation sécuritaire. Mais
chaque processus d'habilitation sécuritaire est tributaire du genre de fonction
qu'ils occupent, mais il y a des affaires
qui se retrouvent... il y a comme un tronc commun qui se retrouve dans
l'ensemble des habilitations sécuritaires.
Il y a notamment les agents de sécurité, les enseignants, chauffeurs de taxi.
Il y a plusieurs, je dirais, professions qui exigent qu'on vérifie les antécédents judiciaires. Mais il n'en
demeure pas moins que certaines infractions doivent être très claires pour la Société québécoise du
cannabis, où il n'y a pas de lien clair avec autre chose, là... Comme je vous
disais, ça va prendre une habilitation sécuritaire serrée.
À la SAQ, est-ce qu'il y en a? Il n'y en a pas à
la SAQ.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Labelle.
M. Pagé :
Bien, ça, c'était ma question. À la SAQ, est-ce qu'il y a quelque chose qui
ressemble à cela, en tout ou en partie, à tout le moins en partie?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Non.
M. Pagé : Non? C'est... Je
pense que, dans un éventuel projet de loi, on pourrait insérer ce genre
d'annexe, éventuellement. C'est ce que... Je pense que ça vaudrait la peine d'y
penser.
Bon, alors, quand je regarde, dans
l'annexe I, le deuxième paragraphe :
«2. Infractions relatives à la drogue :
«
a) toute infraction prévue à
l'article 4[...];
«
b) toute infraction criminelle visée par la Loi
sur le cannabis, à l'exception de celles visées à l'article 8.»
Il faudrait aller voir ce à quoi ça...
Charlebois : M. le
Président, est-ce que je peux?
Le Président (M. Merlini) : Oui.
Charlebois : On va
y arriver puis on va pouvoir regarder dans le détail tout ce qui sera
nécessaire à cet
article 7 là, mais là
c'est le principe qu'on est en train d'adopter. Mais on pourra... S'il y a lieu
de faire des modifications à l'article 7, on pourra en discuter là,
là, si vous me le permettez.
M. Pagé :
Oui. Sauf que, quand on dit, bon : «...à moins qu'elle [n'ait] obtenu le
pardon», c'est parce qu'il y a tout
le volet, là... quelqu'un qui... Parce que, là, il y a tout un débat autour...
quelqu'un qui a, justement, un passé criminel, là, un passé... bon, qui a été
pris en flagrant délit ou en possession, jusqu'à aujourd'hui c'est encore
illégal, mais que, pour quelque chose qui va devenir légal, on ne sait
toujours pas jusqu'à quel point on va laver ces dossiers-là, si vous me permettez l'expression, jusqu'à quel point ces
gens-là seront amnistiés, bon... Et là on va faire référence à cela, là, plus
loin. Alors, dans l'obtention du pardon,
comment on va s'adapter par rapport à cette éventuelle amnistie pour les gens
qui avaient possiblement un casier judiciaire
parce qu'ils ont été pris en possession ou consommation et qui, là,
aujourd'hui, ne seraient plus
coupables de... Comment on va gérer ça, là, avec ce qui risque de s'en venir?
Parce qu'il y a un flou, là, par rapport à tout ça, là.
Président (M. Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, d'une part, je veux juste nous rappeler à
tous que les infractions criminelles visées par la
Loi sur le cannabis, c'est une loi du Canada, donc
c'est à eux de donner des pardons quand il y a lieu de donner des pardons,
les infractions criminelles. Mais je veux
aussi vous dire qu'en vertu de la charte des droits et libertés québécoise, là,
ici, au Québec, à
l'article 18.2, «nul ne
peut congédier, refuser d'embaucher ou autrement pénaliser dans le cadre de son
emploi une personne du
seul fait qu'elle a été déclarée coupable d'une infraction pénale ou
criminelle, si cette infraction n'a aucun lien avec l'emploi ou si cette personne en a obtenu le pardon». C'est déjà dans nos chartes, là, dans notre
charte... dans la
loi sur la charte, là, excusez, je vais finir par le
dire comme il faut, là.
M. Pagé :
Oui. Là, on parlait d'embauche.
Mme Charlebois :
Non, pas juste l'embauche. Congédier, refuser d'embaucher ou autrement
pénaliser.
M. Pagé :
Par contre, un membre du C.A., ce n'est pas quelqu'un qui est embauché. Est-ce
que ce que vous venez de lire, ça
couvre les gens qui sont nommés au conseil d'administration? Je ne suis pas
certain, là. Parce que vous m'avez parlé
d'embauche, là. C'est des gens qui sont non rémunérés, hein, il me semble que...
mis à
part le président-directeur général, là.
Mme Charlebois :
Me donnez-vous juste une seconde?
Le Président
(M. Merlini) : Oui. Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 15)
Le Président (M.
Merlini) : La très brève suspension nous a permis de faire une vérification
légale avec Me Roy. Mme la ministre, la parole est à vous.
Charlebois : Merci, M. le Président. Des fois, les réponses viennent plus vite que...
Ça va vite. On est en temps réel, alors, pour ceux qui écoutent ça, là,
il faut qu'ils comprennent que des fois on ajuste notre tir rapidement.
je veux dire au député de Labelle, pour le rassurer... Parce que
c'est pertinent, ce qu'il nous dit. Effectivement,
la charte des droits et libertés parle des
employés, mais on veut aussi avoir le même esprit pour les administrateurs. Or,
c'est pour ça que, dans la première phrase — puis
je n'avais pas compris ça, moi non plus, mais, vous voyez, les juristes me l'ont expliqué : «Une personne ne peut
être nommée membre du conseil d'administration ou le demeurer si elle a été
déclarée coupable d'une infraction prévue à l'annexe I, à moins qu'elle n'en
ait obtenu le pardon.» Alors, c'est dans l'esprit de la charte des droits et libertés qu'on a aussi fait en sorte
que les administrateurs, s'ils ont obtenu leur pardon, puissent faire
partie du conseil d'administration.
Le Président (M.
Merlini) : Donnez-moi un instant, s'il vous plaît, je vérifie avec la
régie.
Le Président (M.
Merlini) : O.K. Très bien. On est en transcription, donc ça va, on
peut continuer. Alors, M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Ça fonctionne?
Le Président (M.
Merlini) : Oui, oui. On est enregistrés, présentement.
Pagé : O.K.
Alors, si je comprends bien, une personne qui aurait présentement un casier judiciaire parce
qu'elle a été reconnue coupable de possession de cannabis il y a deux,
trois ans, peu importe, et que, l'automne prochain, le gouvernement fédéral dit : Ce genre d'infraction là, maintenant,
vous êtes amnistié, vous n'avez plus de casier judiciaire, cette
personne-là, jusqu'à l'automne prochain, ne pourrait pas siéger sur le conseil
d'administration, mais, à partir du moment
où elle reçoit son amnistie, elle pourrait siéger au sein du conseil
d'administration. Est-ce que c'est bien cela? Je ne suis pas en train de plaider pour que les gens qui ont consommé
fassent
partie nécessairement du conseil d'administration, mais vous
comprenez très bien le sens de mon intervention.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Oui, mais j'aurais une précision, si vous
permettez. Me Roy pourrait vous donner une précision encore plus
pertinente.
Le Président (M. Merlini) :
Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, merci, M. le Président. En fait, ce qu'il faut
comprendre, c'est qu'on a les infractions de l'annexe I qui sont automatiquement éliminatoires, c'est-à-dire
que, si une personne a commis une infraction à l'annexe I, on ne se
pose pas la question, la personne n'est pas éligible. On a, d'une autre part,
la vérification de la probité, et, à l'article 23.21,
qu'on va pouvoir étudier plus tard, il y a une série de critères d'évaluation
de la probité qui font aussi en sorte
qu'ultimement on va pouvoir évaluer si une personne a commis... ou a été
déclarée coupable de certaines... d'infractions
de nature criminelle ou pénale. Les critères sont beaucoup plus larges pour
évaluer la probité, donc il y a un travail vraiment plus de cas par cas qui va
se faire, et donc les nuances puis l'appréciation... une appréciation plus fine
va pouvoir être faite dans
l'évaluation de la probité. Mais, l'annexe I, il n'y a pas d'appréciation,
c'est : Avez-vous commis une
infraction, oui ou non? Si oui, ça s'arrête là. L'évaluation de la probité va
permettre de couvrir peut-être les cas que vous avez en tête, là.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Me Roy. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Bien, bien respectueusement, c'est parce que je n'ai pas... je n'ai pas entendu
ou j'ai mal compris, mais il me
semble que je n'ai pas entendu de réponse à ma question. Et je la répète :
Si une personne, présentement, a un casier judiciaire pour consommation de cannabis et qu'elle, donc, jusqu'à la...
Bon, je reprends. S'il y a un amnistie... Une? Un amnistie? Une
amnistie? Une? Est-ce qu'il y a quelqu'un autour de la table qui... Si la
personne obtient son amnistie, l'amnistie
cet automne parce que le gouvernement fédéral déciderait de balayer ces casiers
judiciaires, compte tenu de la nouvelle
légalisation, est-ce que cette personne-là, à partir de ce moment-là, pourrait
faire
partie du conseil d'administration? Je comprends que, pour l'instant, elle ne pourrait pas, là, c'est ce qui
est écrit, mais, si le casier judiciaire n'existe plus à partir de cet automne ou au printemps 2019 parce que
le gouvernement fédéral dit : On a modifié la loi, et les gens...
telle catégorie de casier judiciaire, compte tenu de la nouvelle loi, on
les balaie, ils n'existent plus, alors, j'imagine qu'ils pourront faire
partie
du conseil d'administration. Alors, c'est le sens de ma question.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre ou Me Roy. Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui. Alors,
écoutez, je vous avoue que j'ai eu des discussions, là-dedans, puis peut-être
que je vais encore répondre...
M. Roy
(Gabriel) : Oui, oui, c'est
ça, tout le monde se parle... Donc, en fait, comme je vous dis, lorsqu'on
dit : À moins d'avoir obtenu le
pardon, ça signifie que, si on a obtenu le pardon pour une infraction à
l'annexe I, ça ne sera pas considéré comme automatiquement
éliminatoire.
Là, vous disiez : Si on a commis une
infraction en vertu de la
loi sur certaines drogues et autres substances.
Écoutez, je m'excuse, là, mais pouvez-vous juste quand même...
Charlebois : Et que le gouvernement fédéral donne
l'amnistie, plutôt que d'avoir un pardon. Il veut savoir s'il peut
siéger au conseil d'administration avec l'amnistie plutôt que le pardon. En
résumé, c'est ça.
M. Roy
(Gabriel) : O.K.
Bien, oui, ça pourrait. Bien, en fait, l'amnistie, nous autres, la notion de
pardon, on vise la suspension du
casier judiciaire, là. Donc, c'est la notion légale de suspension du casier
judiciaire en vertu des lois fédérales.
Donc, je ne
suis pas sûr que la notion d'amnistie... Peut-être que c'est ça que
vous visez, que vous avez en tête quand vous dites «amnistie», là? O.K.
Bon, bien, à ce moment-là, c'est ça.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Labelle.
M. Pagé :
O.K. Alors, on s'entend, le gouvernement fédéral, on prend des scénarios,
printemps 2019, amnistie, plein de
dossiers en lien avec le cannabis, ces gens-là, à partir du
printemps 2019, peuvent siéger au conseil d'administration. C'est
bien cela?
Charlebois :
Bien, à partir du moment où ils auront eu l'amnistie... Puis l'amnistie va être
déterminée en fonction de la gravité
de l'infraction criminelle, ce n'est pas nous qui va déterminer ça, là. Tu
sais, si c'est possession simple, j'imagine
que, là... — je ne
sais pas, je ne suis pas juriste — j'imagine que, là, il y aurait amnistie.
Mais, si c'est possession dans le but
de revendre puis dans le but de... puis s'il y a eu d'autres infractions
reliées à tout ça, bien là... C'est eux autres qui décideront, dans la
grappe, de ce qu'ils pourront... où ils donneront l'amnistie ou pas, là.
M. Pagé : Oui, bien, on
s'entend que... J'imagine que, si le fédéral amnistie certains dossiers, ce ne
seraient certainement pas des choses pour
lesquelles il y aurait une infraction maintenant... ou plutôt à partir de cet
automne avec la
nouvelle légalisation, hein, on s'entend là-dessus. Alors, non, bien, je pense
que tout le monde, on arrive à la même conclusion à cet égard-là. Donc,
ça nous satisfait comme explication.
deuxième paragraphe : «Elle ne peut, de même, être nommée membre du
conseil d'administration ou le demeurer
si, de l'avis de la société — si, de l'avis de la société — elle ne présente pas la probité nécessaire
pour occuper une telle fonction au
sein de la filiale.» Si, de l'avis de la société... J'aimerais qu'on
m'explique, là, comment on va procéder à
un avis, sur quelle base. Est-ce que c'est une firme externe qui va enquêter?
C'est la secrétaire à l'entrée qui va dire : Non, il m'a l'air sympathique? Non, mais je ne
veux pas... tu sais, je ne veux pas manquer de sérieux, là, mais, «si, de
l'avis de la société», comment ce processus nous permet d'arriver à un avis sur
la probité des gens?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Ce qu'on m'indique, M. le Président, c'est que
la SAQ va nommer des membres de la Société québécoise du cannabis après avoir
fait l'habilitation sécuritaire, mais ça, ça se fait auprès de la Sûreté du
Québec, là. On ne fait pas ça avec le
premier qu'on rencontre, je veux dire : Est-ce que tu aimes telle
personne? Ça paraît bien? Y as-tu l'air
d'avoir un bon... Non, c'est plus... L'habilitation sécuritaire, là, il y a
tout un processus auprès de la Sûreté du Québec qui est effectué et...
Puis c'est prévu à la loi à partir de 23.21, même. On va y arriver, ça aussi.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Labelle.
M. Pagé :
«...elle ne présente pas la probité nécessaire pour occuper une telle fonction...»
O.K. Alors, tu sais, j'essaie juste d'imaginer, là, comment on évalue tout
cela, là. Là, on nous dit : Woups! on va probablement faire un minimum d'enquête, on va vérifier aussi en vertu
du code... bien, de l'annexe I, là, la liste des infractions, mais la
liste des infractions, c'est une chose, mais la probité, pour moi, c'est
plus large que cela.
M. Pagé :
Pardon? Oui, allez-y, Mme la ministre.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, en fait, au troisième paragraphe, quand
on dit : «Les vérifications requises aux fins du premier et du deuxième alinéa s'effectuent
conformément au processus d'habilitation sécuritaire prévu à la sous-section 4», ça fait référence à 23.1, là... 23.21, excusez.
M. Pagé :
Qui fait ça, les vérifications?
Charlebois :
La SQ. La Sûreté du Québec.
M. Pagé :
C'est la Sûreté du Québec.
Charlebois :
Oui.
M. Pagé :
À la demande de...
Charlebois :
De la SAQ, pour nommer des...
M. Pagé :
À la demande de la SAQ.
Charlebois : Oui. Tous les membres qui pourront être nommés
au conseil d'administration devront avoir passé le processus d'habilitation sécuritaire, un peu le même processus que
quand on est nommé ministre, vous le savez, on passe un processus d'habilitation sécuritaire. Ça va aider les gens à
comprendre ce qu'on fait dans la vie. Et, à travers tout ça, bien, s'il
y a comme un dossier, bien, on a un problème, on ne pourra pas siéger au
conseil d'administration.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Ça me va. Je pense que mon collègue...
Le Président (M.
Merlini) : Ça va? Mme la députée... Ah! Bien, M. le député de
Saint-Jérôme?
M. Bourcier :
Oui. Bien, est-ce que vous aviez levé la main avant?
Président (M. Merlini) : Mme la députée de Repentigny? Très bien.
Merci, M. le député de Saint-Jérôme. Mme la députée de Repentigny, à
vous la parole.
Mme Lavallée : Non, mais
je n'aurai pas grand-chose à dire, sauf que la logique aurait été que
l'article 23.21 vienne tout de
suite après cet
article 23.7 pour que tout de suite on voie la définition
de la probité, qu'on ne cherche pas plus
loin. Comme, les annexes I, là, tu sais... au niveau de cohérence puis de
compréhension du projet de loi, il aurait fallu le déplacer. Mais, bon,
mes commentaires se limitent à ça.
Le Président (M.
Merlini) : Merci beaucoup. Monsieur... Mme la ministre.
Charlebois : Peut-être juste pour expliquer à la députée de
Repentigny pourquoi on a fait ça, c'est parce qu'on vise aussi les employés de la SQC, on ne vise pas que juste les
administrateurs dans le processus. Alors, c'est pour ça qu'il a été mis
après les ressources humaines.
Mais
je vous comprends, là, il faut... C'est pour ça que je suis accompagnée de
juristes, là, pour pouvoir faire la suite, là.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Saint-Jérôme.
Bourcier : Bien, merci, Mme la ministre. Ça répond à une des questions
que j'étais pour vous demander, donc, est-ce qu'on aurait les mêmes
exigences pour les membres du C.A., les mêmes exigences seraient appliquées aux
employés et titulaires de licence. Donc, on irait dans ce sens-là.
J'avais aussi en
mémoire, c'est le cas de le dire, une
partie du mémoire de l'association
québécoise des... l'AQPSPUD, des usagers de
drogues du Québec, qui était venue nous parler, et je vais vous le lire
textuellement puis je voulais vous
demander qu'est-ce que vous, vous en pensiez : «Dans le projet de loi
actuel, on pouvait lire aux points 23.20 et aux suivants que la filiale de la Société québécoise du cannabis ne
pourra embaucher des personnes ayant un casier judiciaire ou ayant été déclarées coupables d'une infraction en lien
avec la prohibition des drogues en général et donc du cannabis.» Eux, ils nous disaient qu'ils
croyaient, en tant que groupe d'usagers, qu'il s'agissait d'une grande erreur.
Ils répétaient aussi que les usagers de
drogues, les personnes qui ont été criminalisées par le passé en raison de lois
sont les plus qualifiées et des
experts en la matière. Évidemment, là, c'est en vertu d'un pardon, donc, que
ces gens-là pourraient donc être
partie prenante d'un C.A. ou embauchés comme employés ou titulaires de licence?
C'est bien ça qu'il faut comprendre?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, en fait, ce que je vous dirais, c'est un
peu la même réponse qu'on a donnée au député de Labelle, parce qu'on dit, même, à 23.20,
article auquel on va
arriver, là, «à moins qu'elle n'en ait obtenu le pardon». Alors, s'il y
a amnistie et/ou pardon, ça va arriver au même résultat, il n'y a plus de
dossier.
M. Bourcier :
O.K. Parfait. Je vous remercie beaucoup.
Le Président (M.
Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions à
l'article 23.7? M. le député de Labelle.
Pagé : Oui, merci, M. le Président. Donc, ça éclaire nos
lanternes, bon, par rapport aux gens qui sont au conseil
d'administration, par rapport aux gens qui vont travailler pour la SAQ. Par
contre, précédemment...
Charlebois :
La SQDC.
Pagé : La SQDC, la SQDC. On va finir... ça va finir par
rentrer. En même temps, je pense que, pour la SAQ aussi, on devrait, je
pense, avoir le même genre d'annexe, là. Peu importe.
Précédemment,
on nous a aussi introduit la notion que, pour le transport et l'entreposage, ça
pouvait être un tiers qui pourrait
occuper ces fonctions, ces responsabilités, donc ce ne seraient pas
nécessairement des employés directs de la SQDC ou éventuellement de la
SAQ. Est-ce que ces gens-là vont être soumis à la même
annexe I?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, honnêtement, c'est un
article qui va
arriver plus tard, et il y aura des propositions qui vont arriver plus tard aussi en relation avec ces
articles-là. Là, on est en train de parler du conseil d'administration, si vous
me le permettez, puis je le dis avec
beaucoup de respect, là, je ne vous dis pas ça parce que je ne veux pas en
traiter, c'est juste parce que c'est
un peu prématuré. Quand on va arriver
dans cette section-là, on va pouvoir en discuter tant que vous allez
vouloir.
M. Pagé :
O.K. Mais...
Charlebois : Mais
ce n'est pas parce que je ne veux pas en parler, c'est parce qu'il y a
des choses qu'on est en préparation.
M. Pagé :
O.K. Donc, il y aura un volet où on va prévoir...
Charlebois : C'est un autre volet. Là, on est sur le conseil d'administration. Je comprends, là, que vous avez une préoccupation,
mais on va pouvoir en parler un petit peu plus loin.
M. Pagé :
Soyez assurée, par contre, Mme la ministre, que les questions pour lesquelles
vous allez répondre maintenant, je ne les reposerai pas plus loin, sur le même
volet.
Charlebois : Je
comprends, mais...
M. Pagé : Et tout ça, quand même, est dans le même
échange. Je comprends que... C'est vrai que c'est sur le conseil d'administration, mais, bon... O.K.
Je vais être bon joueur puis je vais accepter de revenir ultérieurement. Mais
vous comprenez aussi notre préoccupation à cet égard-là et aussi à
l'égard des gens qui font la
production, aussi à l'égard des gens
qui font la production. Même si c'est le fédéral qui donne les autorisations, nous allons vouloir nous assurer que les gens qui sont dans le milieu de la production
fassent preuve également d'une grande probité. Alors donc... Mais, pour
être bons joueurs, on va revenir ultérieurement.
Le Président (M. Merlini) : Très
bien. Est-ce que j'ai d'autres interventions à 23.7?
Nous allons donc avancer à 23.8. Mme la ministre,
pour la lecture.
Charlebois : «23.8. Toute vacance parmi les membres du
conseil d'administration est comblée suivant les règles de nomination
prévues à cet égard.
«Constitue
notamment une vacance l'absence à un nombre de séances du conseil d'administration
déterminé par le règlement de la filiale, dans les cas et les circonstances qui
y sont indiqués.»
Le Président (M. Merlini) : Vos
explications, Mme la ministre.
Charlebois : Bien
sûr. Ici, à cet
article 23.8 de
la
Loi sur la Société des alcools du
Québec, on prévoit la manière dont une vacance parmi les membres du
conseil d'administration doit être comblée. Il permet également à la Société québécoise du cannabis de déterminer dans
son règlement intérieur le nombre d'absences à une séance du conseil
d'administration qui constitue une vacance.
Le Président (M. Merlini) : Est-ce
que j'ai des interventions à 23.8? M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Oui. «Toute vacance parmi les membres du conseil d'administration est comblée
suivant les règles de nomination...» On fait référence à quoi quand on
parle des règles de nomination?
Le Président (M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Bien, c'est de
tenir compte tout simplement des profils de compétence et d'expérience, de la
durée du mandat. C'est les règles de nomination normales, là.
Charlebois : De nomination.
Mais là on est à 23.8. Êtes-vous resté à 23.7?
M. Pagé : Non, 23.8. «Toute
vacance...»
M. Roy (Gabriel) : Non, mais c'est
les règles de...
Charlebois :
Excusez.
M. Pagé : Oui, c'est
ça, c'est 23.8 : «Toute vacance parmi les membres du conseil
d'administration est comblée suivant les règles de nomination prévues à
cet égard.»
Charlebois :
Ah! O.K. Excusez-moi. J'étais... je pensais que... Non. C'est vrai que ça fait loin, deux semaines,
hein?
M. Pagé : Alors, ça fait référence à autre chose. Et c'est
cette autre chose là pour laquelle je soulevais la question, là, alors...
M. Roy
(Gabriel) : Donc, ce sont
les règles de nomination qui sont énoncées à l'article 23.6. Puis ça
fait également référence aux impacts de la
Loi sur la gouvernance, sur les règles de nomination, notamment le fait qu'il
y ait deux tiers des administrateurs qui doivent se qualifier comme
indépendants, la règle de nombre de mandats maximal qu'on peut faire. Donc, c'est simplement un rappel que ces règles de nomination là s'appliquent également
pour combler une vacance.
M. Pagé :
O.K. Et la phrase suivante dit : «Constitue
notamment une vacance l'absence à un nombre de séances du conseil d'administration déterminé par le
règlement de la filiale...» Est-ce
que ça va être le... Bien, premièrement, est-ce qu'il y a
un règlement, à la SAQ, un règlement similaire, à la SAQ?
Et, si oui, est-ce que ce sera le même pour la filiale? Parce que,
là, on dit : Qui va être déterminé. Alors, si c'est pour être le même que
la SAQ, pourquoi on n'utilise pas... pourquoi on ne le nomme pas tout de
suite? Parce que j'imagine qu'il existe, à la SAQ.
Président (M. Merlini) : Me Roy.
Roy (Gabriel) : Oui, la SAQ
a un tel règlement, nous ne l'avons pas présentement, on ne l'a pas, on n'est pas en possession du règlement, mais il
est fort probable que ce soit, là, à peu près les mêmes circonstances puis la
même chose pour la SQDC.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Bon, il est fort probable... Tu sais, on comprend qu'on souhaiterait... Si
c'est pour être celui-là, si vous l'avez ou... éventuellement est-ce qu'on
pourrait l'avoir en main pour...
M. Roy
(Gabriel) : ...très rapidement, là.
M. Pagé :
Oui, ce serait gentil, pour qu'on puisse voir plus clair. Alors... Mais, sinon,
pour le reste ça me va.
Le Président (M.
Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions à 23.8?
Nous allons donc à
23.9. Mme la ministre, pour la lecture.
Charlebois :
«23.9.
La société nomme le président du conseil d'administration pour un
mandat d'au plus cinq ans.»
ici, bon, bien, ça vient stipuler que la Société des alcools prévoit cette nomination-là pour un mandat de cinq
ans.
L'article est tellement clair que je n'ai pas de commentaire
supplémentaire.
Le Président (M.
Merlini) : Est-ce que j'ai des interventions à 23.9? M. le député
de Labelle.
M. Pagé :
Bien, est-ce qu'on a une idée de ce que ça va être, la rémunération du... Bon,
la société nomme le président du conseil
d'administration, il a un mandat d'au plus cinq ans... Mais je pense que la rémunération, ça vient plus loin. O.K.
Charlebois :
...au prochain
article on va en parler.
Pagé : O.K. Au niveau des compétences, quand on dit : «La société nomme le président du conseil d'administration», le processus qui va nous mener à la nomination
de ce président du conseil
d'administration, est-ce qu'on peut nous dire quelque chose là-dessus?
Charlebois : Bien,
ce n'est pas comme un emploi normal, là, il n'y a pas de catégorie,
là, apte à être président d'une société d'État. Ces gens-là sont souvent, sur le marché, des gens très connus, qui
occupent des hautes fonctions. Alors,
c'est des processus de nomination purs et simples, là, il n'y a
pas comme quand on postule pour un emploi, dans un type de profil d'emploi, il faut avoir tel profil de compétence. Dans
ces cas-là, bien, c'est du monde qui sont connus pour avoir administré des sociétés
d'État et/ou qui sont reconnus à
travers le réseau pour être capables de le faire. Puis ils sont nommés par le président de la Société des alcools du Québec. C'est des processus de nomination
que vous avez connus quand vous étiez au gouvernement, qui se
poursuivent, dans les sociétés d'État.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Labelle.
Pagé : Si je vais un petit peu plus loin... Bon, je répète : «La société nomme le président du conseil d'administration pour un mandat [de]
cinq ans.»
Charlebois :
D'au plus.
M. Pagé : Oui, d'au plus
cinq ans. Est-ce que cette nomination-là doit également être entérinée par la ministre,
par le Conseil des ministres?
Charlebois : Non,
pas vraiment. Non, parce que c'est
nommé par le président de la Société des alcools du Québec.
M. Pagé :
Oui, mais le président de la Société des alcools du Québec est nommé par le
gouvernement.
Charlebois : Oui. À ma connaissance. Oui. Je voulais juste
valider que je vous donnais la bonne information. Dans ma tête, c'était oui, là, mais... Oui, bien,
ce qu'on me dit, c'est... Il n'en demeure pas moins que le président du conseil
d'administration de la Société des alcools du Québec sait très bien qu'il faut
qu'il nomme quelqu'un qui va être apte à
respecter la mission de la Société québécoise du cannabis. Il faut qu'il nomme
quelqu'un qui va exactement dans le même sens que ce que nous allons
mettre dans le projet de loi n° 157, qui sera éventuellement adopté,
j'imagine.
M. Pagé : Je la rassure, le
projet de loi va être adopté.
Le Président (M.
Merlini) : C'est noté.
M. Pagé :
Nous avons le devoir et le mandat de le faire et nous allons le faire. Mais je
la rassure aussi sur le fait que, tout comme elle, on souhaite que ce
soit le meilleur projet de loi possible.
Et... Bon, vous m'avez fait perdre ma question.
Alors, j'imagine que ça ne devait pas être la plus importante.
Mais, en fait, jusqu'à quel point la personne
qui va être nommée va être subordonnée au P.D.G. de la SAQ? Jusqu'à quel point la personne... Parce que la
personne va être nommée par le président-directeur général de la SAQ, mais
jusqu'à quel point elle va être totalement libre de toute action, sans se
rapporter au P.D.G. de la SAQ?
Charlebois :
Là, je vous apporte une nuance que je n'ai pas faite, là, puis c'est moi qui
vous ai induit en erreur, c'est le
C.A. de la SAQ qui nomme le président, ce n'est pas juste le président de la
SAQ qui va nommer le président de la
SQDC. O.K.? Alors, ça, c'est une première nuance que je... C'est moi qui vous
ai induit en erreur, je m'en excuse.
Mais la
deuxième nuance, c'est que, le président de la Société québécoise du cannabis,
sa première mission, là, c'est de faire ce qu'on va lui demander de faire dans
le projet de loi n° 157. Évidemment que ça demeure une filiale,
mais il va être le président, quand même, de la Société québécoise du cannabis,
là, on s'entend.
Le Président (M. Merlini) : M.
le député.
M. Pagé :
Oui, mais le fait qu'il soit nommé par le conseil d'administration de la SAQ...
Bon, parce que j'ai vérifié quelques articles plus loin, là, je ne me
suis peut-être pas rendu suffisamment loin, mais jusqu'à quel point il doit se reporter, à
ce moment-là, si ce n'est pas au
P.D.G. de la SAQ, mais au conseil
d'administration de la SAQ, d'autant
plus qu'il est nommé par le conseil d'administration de la SAQ?
Mme Charlebois : Il est nommé par le conseil d'administration, ce qui est important comme nuance, parce que,
comme je vous le disais, je vous
avais induit en erreur. Mais, d'autre part, il va être indépendant, ses comptes
à rendre vont l'être au conseil d'administration de la Société
québécoise du cannabis. On constitue
un conseil d'administration. Sinon, on l'aurait carrément
inclus dans la SAQ. Mais là on fait une filiale à part justement
pour qu'elle ait son autonomie, cette filiale-là, et qu'elle soit
redevable à son conseil d'administration. On n'établirait pas, sans ça, un
autre conseil d'administration.
M. Pagé : Donc, il ne
pourrait pas nécessairement être destitué par le conseil d'administration de la
SAQ.
Mme Charlebois : Non, il pourrait l'être, mais, tu sais, ça va
prendre quelque chose de solide, là, pour en arriver là. Il va falloir qu'il y ait eu des discussions au
préalable avec le conseil
d'administration de la SQDC, de la Société québécoise du cannabis, d'une part, parce que,
quand on destitue un président, là, ça commence à être important comme lacune.
Et d'autre part, si on en arrive là,
le conseil d'administration va certainement avoir émis un vote de non-confiance envers
son président. Mais là on est rendu loin dans les «peut-être», «si», «mais»,
«car», là.
M. Pagé : O.K. En fait, c'est surtout le lien de subordination
que j'essaie de comprendre, avec la SAQ, quand la ministre me dit : Oui, il pourrait être ultimement
destitué par le conseil
d'administration de la SAQ. C'est ce
qu'elle me dit.
Mme Charlebois : Mais ça
va prendre des infractions graves. Et
souvenons-nous que la Société
québécoise du cannabis va faire son rapport annuel, d'une part.
Alors, ça, ça va être déjà un indicateur comment ça se passe, comment
ça va, etc. Le président, dans son rapport, va être en mesure de... il est
redevable à son conseil
d'administration. D'autre part,
je vous ramène au comité de vigilance, auquel on va arriver à un certain
moment, et qui doit s'assurer que la Société québécoise
du cannabis agit dans le cadre de la
loi qu'on est en train d'adopter, là,
qu'on travaille dessus, là. Il y a deux éléments qui vont nous faire
lever des drapeaux, si jamais il y avait des questionnements.
Mais il n'y a
pas... Le président de la SAQ ne peut pas se lever un matin puis dire :
Bon, bien, lui, là, je ne l'aime plus.
À partir d'aujourd'hui, dehors! Ça ne peut pas fonctionner de même. Il y a des
documents qui sont élaborés, le rapport annuel, le comité de vigilance.
Il y aura des indicateurs, là, avant d'en arriver là, là.
Charlebois :
Oui, puis ça, c'est une bonne nuance, merci. La SAQ joue aussi le rôle d'un
actionnaire par rapport à sa filière.
Donc, elle ne peut pas débarquer à tout moment puis faire des gestes comme on
mentionne sans au préalable qu'on ait vu des choses apparaître, là.
M. Pagé :
O.K. Donc, il y a toujours une subordination de la filiale par rapport à la
SAQ, c'est ce que j'entends.
Est-ce que,
par contre, le conseil d'administration de la SQDC pourrait... Parce que, bon,
on m'a dit précédemment : Le
président-directeur général va rendre des comptes à son conseil
d'administration. Est-ce qu'au terme de cette reddition de comptes le
conseil d'administration pourrait voter une motion de non-confiance et demander
sa destitution?
Charlebois :
Oui, comme tout conseil d'administration. Mais il faut avoir des motifs
sérieux, là, quand on est rendu là, là.
Pagé : Oui, oui. Non, non, je comprends, là, je comprends. O.K.
Et, s'il advenait que... Ou encore le P.D.G. quitte au bout d'un an et demi, là, dit : Finalement, ce n'était
pas ma tasse de thé, là, je prends ma retraite, je ne finis pas mon mandat de cinq ans. À ce moment-là, est-ce que
c'est le conseil d'administration de la SQDC qui va nommer son nouveau
P.D.G. ou bien ça sera toujours la SAQ qui va nommer le P.D.G. de la SQDC?
Charlebois :
On va y arriver un petit peu plus loin, à 23.14. Vous nous devancez. Puis à
23.14 on dit justement que le conseil
d'administration, conformément à l'article 23.13... En fait : «...le
conseil d'administration ne recommande
pas [...] la nomination d'un candidat au poste de président-directeur général
dans un délai raisonnable, la Société
peut nommer celui-ci après en avoir avisé les membres du conseil.» Mais
les membres du conseil d'administration peuvent très bien faire une
recommandation, là.
Le Président (M. Merlini) : ...
M. Roy
(Gabriel) : O.K. Donc, à
l'article 23.13, qui ouvre une petite
section sur le P.D.G...
Parce que c'est bien du P.D.G.
que vous parliez? O.K. Donc, c'est la SAQ qui nomme le P.D.G.
de la SQDC, c'est ça, c'est la SAQ qui nomme le P.D.G. de la SQDC sur la recommandation du C.A. de la
SQDC. Et puis donc le pouvoir de nomination emporte le pouvoir de destitution, c'est
évident. Mais la nomination du P.D.G. est faite en vertu de cet article-là.
Charlebois : On va
y arriver dans quelques instants.
Le Président (M. Merlini) : Est-ce
que j'ai d'autres interventions à l'article 23.9?
Nous allons donc procéder à
l'article 23.10. Mme la ministre, pour la lecture.
Charlebois : «23.10. Les membres du conseil
d'administration, autres que le président-directeur général, ne sont pas
rémunérés, sauf dans les cas, aux conditions et dans la mesure que détermine le
gouvernement.
«Ils ont
cependant droit au remboursement des dépenses faites dans l'exercice de leurs
fonctions, aux conditions et dans la mesure que détermine le
gouvernement.»
Ici, à
l'article 23.10 de la
loi sur la Société
des alcools, il est prévu que les membres du conseil d'administration ne peuvent être rémunérés et avoir droit au
remboursement des dépenses faites dans l'exercice de leurs fonctions que dans
les cas... aux conditions et dans la mesure qui est déterminée par le
gouvernement.
Il est à noter que l'article 9 du projet de
loi prévoit que les membres du conseil d'administration de la Société québécoise du cannabis sont rémunérés et leurs
dépenses remboursées aux conditions et dans la mesure... pour les membres
du conseil d'administration de la SAQ,
jusqu'à ce que le gouvernement les détermine autrement. Autrement dit, on va
appliquer les mêmes règles que la Société des alcools jusqu'à ce qu'il y ait
d'autres règles d'établies, s'il y en a.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des
interventions? M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Oui, merci, M. le Président. Quand on dit que «les membres du conseil
d'administration, autres que le président-directeur général, ne sont pas
rémunérés, sauf dans les cas, [les] conditions [les mesures] que détermine le gouvernement», est-ce qu'on a un exemple? À quel
moment ils pourraient, justement... Est-ce que ça arrive, à l'occasion, au sein du conseil d'administration de la SAQ?
Parce que, bon, si on a... Parce qu'on aurait pu mettre un point après...
«Les membres du conseil d'administration
autres que le président-directeur général ne sont pas rémunérés», point, et là
woups! «sauf dans les cas, aux conditions...»
O.K.? Quels sont ces cas, et comment on gère ça, à ce moment-là? Je veux
juste comprendre, là. On sait jusqu'à quel point on souhaite, aujourd'hui, que
nos deniers publics soient gérés très correctement,
et cette porte pourrait ouvrir sur toutes sortes de choses, alors je veux juste
bien comprendre quels sont les genres de cas où il pourrait y avoir une
forme de rémunération quelconque.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
En fait, M. le Président, cet article-là, c'est un copier-coller de ce que la
SAQ fait déjà. Et puis ces normes-là...
Tu sais, il y a des jetons de présence pour le conseil d'administration, c'est
déjà tout prévu, comment je vous
dirais, pour les conseils d'administration des sociétés d'État. Ceci étant dit,
on a copié l'article, le libellé, c'est le même qu'il y a pour la
Société des alcools.
Mais vous, vous voudriez que je vous donne un
cas d'espèce, là. C'est ça?
M. Pagé :
Bien, c'est parce que j'entends bien qu'on a fait un copier-coller sur la SAQ,
O.K., mais, quand la SAQ a mis ça
quelque part, c'est que ça devait être utile quelque part un jour. Alors, si
c'est utile, c'est utile dans quel genre de circonstance et... Parce que ça peut ouvrir la porte, effectivement :
Bon, bien, tiens, on peut te donner un contrat. Est-ce que c'est ça?
Puis comment on gère ce contrat-là qui peut être donné à quelqu'un?
Bon, puis je le répète, là, on souhaite que nos
deniers publics soient gérés en toute transparence et le plus correctement possible, mais, sauf dans les cas,
aux conditions et dans les mesures que détermine le gouvernement, pour M., Mme Tout-le-monde qui va lire ça, là, c'est
assez ouvert, c'est assez flou, c'est assez vague. Alors, je voudrais juste
être rassuré sur le genre de cas où on pourrait utiliser l'article 23.10.
Président (M. Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : ...qui stipule les conditions des
administrateurs de la SAQ. Ça va être le même décret pour la Société
québécoise du cannabis. Et j'ai aussi le goût de vous dire que toutes les
conditions et la rémunération des personnes
qui vont siéger au conseil d'administration vont être dans le rapport annuel de
la Société québécoise du cannabis, ça va être clairement indiqué, noir
sur blanc.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député.
M. Pagé :
Et là la ministre vient de me dire : Toutes les rémunérations des... Bien,
c'est parce qu'ils ne sont pas rémunérés, les gens du conseil
d'administration, alors...
Mme Charlebois :
...jetons de présence.
Mme Charlebois :
Ils ont des jetons de présence, non?
M. Pagé :
Oui, mais on n'appelle pas ça une rémunération, un jeton de présence. Vous
appelez ça une rémunération, un jeton?
Charlebois :
Bien, regarde, je confonds peut-être deux mots, mais mon juriste va vous
répondre.
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy pour une précision.
Roy (Gabriel) : Oui, je vais vous expliquer. C'est juste qu'on a une
règle qui dit : Ils ne sont pas rémunérés, sauf si le gouvernement prévoit des cas, et des conditions, puis une
mesure dans laquelle ils le sont. Là, effectivement, le libellé peut paraître trompeur parce que, dans
la mesure où... Dès que le gouvernement prévoit des conditions, bien, il peut prévoir la rémunération. Puis ce qu'on
dit, c'est que c'est le cas pour la SAQ, ils ont le même libellé, puis il y a
un décret qui a été pris pour prévoir
la rémunération. Donc, en fait, ils sont rémunérés, comprenez-vous? Tu sais, on
dit : Ils ne le sont pas, sauf si le gouvernement décide qu'ils le
sont. Puis c'est la même chose... Puis là le gouvernement a décidé qu'ils le sont puis il a indiqué c'est
quoi, les montants, pourquoi. C'est tout très clairement indiqué dans un
décret, là.
Puis
ce qu'on dit, c'est qu'on a répété le même libellé par souci de cohérence
interne, puis il va y avoir... Puis ce qu'on
dit, c'est que, dans le transitoire, on a un
article qui fait en sorte que, les
conditions qui ont été déterminées par le gouvernement pour la SAQ, on les applique directement aux
administrateurs de la SQDC, puis donc ils vont avoir les mêmes
conditions.
Donc,
il faut comprendre qu'ils vont l'être, rémunérés, parce qu'on est dans le cas
du «sauf dans les cas». Il y en a un, cas qui a été décidé par le
gouvernement.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député.
Pagé : O.K. Alors, ça fait qu'au final les gens qui font
partie
du conseil d'administration, ils ont une rémunération.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, tout à fait.
M. Pagé :
O.K. Est-ce qu'on a une idée de l'ordre de grandeur?
Roy (Gabriel) : Oui, bien, écoutez, comme la ministre disait, tous les
chiffres sont dans le rapport de la SAQ, puis c'est à la page 92 du rapport annuel. Puis c'est un ordre de
grandeur... — attendez,
je l'avais noté — c'est à
peu près entre 16 000 $ et
22 000 $, en moyenne, par année, dépendamment du nombre de présences,
parce qu'il y a un montant de base puis après il y a un montant par
présence aux séances. Donc, c'est pour ça que ça peut varier.
Pagé : Et, bien, pour ma connaissance personnelle mais
probablement aussi pour les gens qui nous écoutent, est-ce qu'on parle vraiment d'une rémunération ou
d'une compensation pour... En d'autres mots, est-ce qu'il y a un T4 à la
fin de l'année? On est dans la période des impôts, là, on va mettre ça clair.
M. Roy
(Gabriel) : C'est vraiment de la rémunération, le mot est bon.
M. Pagé :
O.K. Donc, les gens reçoivent effectivement un relevé pour leurs impôts à la
fin de l'année.
M. Roy
(Gabriel) : Oui.
M. Pagé :
O.K. Alors, on n'est pas que dans la compensation pour frais de participation,
Le Président (M. Merlini) : J'avais
Mme la députée de Repentigny qui voulait poser une question.
Lavallée : Bien, c'est parce que tout à l'heure on m'a dit que la loi
ne parle jamais pour ne rien dire, puis là je ne comprends pas, l'article dit : Ils ne sont pas rémunérés,
mais on vient de nous dire qu'ils sont rémunérés. Bien, ils sont
rémunérés ou ils ne sont pas rémunérés?
Donc, s'ils
sont rémunérés, enlevons le petit bout qui dit qu'ils ne sont pas rémunérés,
parce que, là, on dit une chose et son contraire, ce n'est pas logique.
Donc là, vraiment, là...
Le Président (M. Merlini) : Merci.
Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Écoutez, je vous concède que ça aurait peut-être pu être
écrit autrement dans la mesure où le gouvernement
a pris une décision que ce soit rémunéré. Sauf que nous, on a en tête d'assurer
la cohérence interne des lois, puis
l'article de la
Loi sur la SAQ est écrit comme ça. Puis on est juste dans un
cas... dans le cas d'exception où le gouvernement
a décidé de les rémunérer. Puis c'est pour ça qu'on a simplement voulu répéter
le même libellé, par souci de cohérence interne. Mais le résultat est...
Le Président (M. Merlini) : Est le
même.
M. Roy (Gabriel) : Le résultat est
le même, c'est ça.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
députée.
Mme Lavallée : Mais, dans un souci
de cohérence, il me semble qu'il faudrait qu'ils soient rémunérés puis corriger
l'article de la SAQ. Parce que, là, on vient dire — les gens nous écoutent
puis ils ne comprennent pas là, tu sais — «ne sont pas rémunérés, sauf», mais, dans le
fond, ce qu'on comprend, ils sont toujours rémunérés. Donc, ce n'est pas parce qu'il y a quelque chose qui a été mal
dit dans une loi qu'on va la répéter. Corrigeons ce qui apparaît dans la loi
ici, puis après on corrigera dans la
Loi sur la SAQ.
Tout à
l'heure, on me dit : La loi ne parle pas pour ne rien dire. Bien,
j'aimerais ça que ça s'applique ici aussi, là, par souci de cohérence.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre, souhaitez-vous une suspension?
Le Président (M. Merlini) : Je
suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 55)
Président (M. Merlini) :
Nous reprenons donc nos travaux après cette brève suspension pour permettre à
la ministre de consulter les conseillers juridiques. Mme la ministre, la
parole est à vous.
Charlebois : Alors, ce qu'on m'indique, M. le Président, c'est qu'on voulait garder le principe général de non rémunéré, on se donne le pouvoir de ne pas
rémunérer des gens, et c'est, comme je le disais d'entrée de jeu, un
article
qui vient en cohérence avec... cet
article-là, là, il est dans à peu près toutes... les articles de loi, là, dans
toutes les sociétés d'État, on
retrouve cet article-là, parce qu'il faut voir l'ensemble de l'oeuvre puis il
faut une certaine cohérence à travers toute
la législation de l'ensemble des sociétés d'État. Et ce n'est pas automatiquement
que les gens sont rémunérés. Alors, on
se garde toujours un pouvoir discrétionnaire pour le gouvernement de décider si
on rémunère ou pas. Et là c'est comme l'article qui est reflété partout
dans l'ensemble des lois, sur l'ensemble des sociétés d'État.
Alors, c'est
juste ça. Je comprends le point de vue de la députée de Repentigny, mais il
faudrait commencer à faire le tour, puis on se priverait du pouvoir de ne pas
rémunérer. On se garde une porte ouverte, finalement, dans toutes les lois. Alors, on garde une certaine cohérence
dans l'ensemble des sociétés d'État, dans cet
article de loi là, mais non
seulement ça, mais on se garde une porte ouverte pour des places où il n'y a
pas rémunération.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : Moi, je ne travaille pas sur l'ensemble des sociétés
d'État, je travaille sur un projet de loi qui est là. Et là, tout à
l'heure, on m'a dit, tout le monde l'a entendu, qu'ils seraient rémunérés,
comme la SAQ. Donc, à ce moment-là, il ne
faut pas dire une chose et son contraire. Moi, aussi, je suis juriste, là.
Donc, si on me dit qu'ils sont toujours
rémunérés, bien, disons-le. Ne faisons pas accroire aux gens qui nous
écoutent : Ils ne seront pas, mais on va décider dans 100 % des cas qu'ils vont l'être. Ils le sont ou ils
ne le sont pas? C'est quoi, l'intention du législateur? C'est ça qu'on
regarde quand on regarde une loi.
Donc, si on
me dit, tout à l'heure, qu'ils sont toujours rémunérés, bien, marquons qu'ils
sont rémunérés. Je ne veux pas savoir ce qui se fait dans les autres
sociétés d'État, je veux savoir là, là.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la députée de Repentigny.
Et, compte
tenu de l'heure, la commission suspend donc ses travaux. Nous poursuivrons
notre mandat, je l'espère bien, plus tard aujourd'hui. Bon appétit à
tous.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Président (M. Merlini) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de la santé et des services sociaux
reprend donc ses travaux.
Je vous
rappelle que notre mandat est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 157, Loi
constituant la Société québécoise du
cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et modifiant diverses
dispositions en matière de sécurité routière.
Je demande à toutes les personnes présentes dans
la salle du Conseil législatif de bien vouloir éteindre toute sonnerie de tout
appareil électronique.
Lors de la suspension de nos travaux, ce midi,
nous étions rendus à l'étude de l'article 23.10 introduit dans l'article 5. Mme
la députée de Repentigny
avait la parole. Je crois que vous aviez terminé votre intervention. Vous
voulez rajouter de quoi, Mme la députée de Repentigny? Ça va?
Lavallée : Non. Dans le fond, je voulais démontrer l'incohérence de ce qu'on m'avait dit puis de ce
qui était écrit. Mais ça va se terminer là.
Président (M. Merlini) :
Très bien. Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'article 23.10?
M. le député de Labelle, à
vous la parole.
M. Pagé : Oui,
merci, M. le Président. Effectivement, bon, il y avait un questionnement, je pense, quand même fort légitime, là, sur la rémunération ou non-rémunération des gens qui siègent au conseil d'administration.
Bon, on a eu des réponses. Effectivement, je pense que, la façon dont la loi est écrite, elle pourrait être
écrite différemment pour être plus conforme à ce qui se passe
dans la vraie vie, mais, bon, on comprend que c'est la façon, pour l'instant,
dont on fonctionne.
Cela dit, il y a aussi des observateurs autour
de la table. J'imagine qu'il n'y a aucune forme de rémunération, j'aimerais que
l'on me le confirme, parce qu'on n'en fait pas mention.
Et est-ce
qu'il y a aussi des observateurs auprès de la SAQ? En fait, ça aurait dû être
la première question que j'aurais dû
poser, parce que ça aurait pu orienter la deuxième question.
Alors, vous avez la deuxième et la première question dans le mauvais ordre, Mme la ministre.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Bien, je vais répondre dans le bon ordre, puisque
vous me le suggérez. Il n'y a pas d'observateur à la SAQ, et il n'y a
pas de rémunération rattachée au poste d'observateur.
M. Pagé : O.K. Et il n'y a
rien de prévu à cet effet non plus, c'est bien cela?
Charlebois : Non.
M. Pagé : O.K., ça me va,
bon, merci.
Président (M. Merlini) :
Est-ce que j'ai d'autres interventions pour 23.10? Je n'en vois pas. Nous
allons donc passer à 23.11. Mme la ministre, pour la lecture.
Charlebois :
«23.11. Chacun des membres du conseil d'administration demeure en fonction,
malgré l'expiration de son mandat, jusqu'à ce qu'il soit nommé de nouveau ou
remplacé.»
Et là, bien,
c'est clair dans le texte, là, on prévoit que, dans la loi de la SAQ, malgré
l'expiration d'un mandat, un membre du conseil d'administration puisse
demeurer en fonction, pour qu'il n'y ait pas de poste, là, qui... tu sais que le conseil d'administration se ramasse avec la
moitié de ses membres absents. Alors, on dit, bon : Ils vont rester en
poste jusqu'à ce que le nouveau soit
nommé et/ou s'il y a remplacement, puis, s'il n'est pas remplacé, bien, jusqu'à
ce qu'il soit nommé de nouveau.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des interventions sur 23.11? M. le député de Labelle.
M. Pagé : Bien, en fait, c'est un copier-coller de l'article 9,
hein, c'est ça, de la loi constituante de la SAQ, c'est ce que je comprends. Et là on dit : «...nonobstant
l'expiration de son mandat...» «Malgré l'expiration», bon, il y a juste un mot qui a changé parce que c'est écrit, dans notre
loi n° 157, «malgré l'expiration». Et ici tout le reste
me semble être la même chose. Et là
on a remplacé le mot «nonobstant» pour «malgré». C'est bien cela, je pense.
Y a-tu une raison particulière?
Charlebois : Ça
revient au même.
M. Pagé : O.K. C'est parce qu'à peu près
partout, quand on fait un copier-coller, on reprend les mêmes mots.
Alors, quand il y a un mot qui change, on...
Charlebois : On
peut le changer si vous le désirez. C'est parce que ça veut dire la même chose.
M. Pagé : En fait, c'est
juste parce qu'on essaie de faire notre travail comme il faut...
Charlebois : Oui,
par souci, hein... Bien oui, bien oui.
M. Pagé : ...puis, quand on voit qu'il y a quelque chose de
différent, on essaie de comprendre pourquoi. Mais là, justement, j'ai l'impression
qu'il y a quelqu'un qui va peut-être donner une explication.
Le Président (M. Merlini) : Une
information additionnelle. Me Roy.
Charlebois :
«Nonobstant» ou «malgré»...
M. Roy (Gabriel) : «Nonobstant» ou
«malgré», ça veut dire la même chose, là, je veux dire...
Charlebois : Mais ce qu'on m'indique, là, l'autre juriste qui
vient de venir, c'est que c'est une modernisation, puis toutes les
prochaines lois vont aller vers le «malgré». Mais sincèrement, là, si vous...
M. Pagé : ...c'est correct.
O.K. Et les mandats sont pour combien de temps?
Charlebois : Si ma
mémoire est bonne...
M. Pagé : On a dit que le
P.D.G., c'était...
Charlebois : Au
maximum cinq ans, le P.D.G., mais...
M. Pagé : Au maximum cinq
ans. Et les gens du conseil d'administration?
Charlebois : Le
conseil d'administration, quatre ans.
M. Pagé :
Quatre ans. Est-ce qu'il y a une alternance de prévue pour ne pas que tout le
monde arrive à terme en même temps? Il me semble que c'était quelque
part, là, mais est-ce qu'on peut me le confirmer? Oui?
Charlebois :
Je viens d'entendre... On va avoir un amendement dans le transitoire, parce
qu'on en a déjà discuté, vous vous
souvenez, dans d'autres articles, et on avait dit qu'on régulariserait cette
situation-là pour ne pas faire en sorte, justement, suite à des commentaires
qui ont été émis autour de la table, que tout le monde parte en même
temps, là, ça ne ferait pas de sens. Ça fait qu'on va faire...
À quel
article on va arriver avec des amendements dans la phase transitoire? À
l'article 8? Dans les dispositions transitoires, au
chapitre II, oui, à l'article 8, on va y
arriver puis on va mettre des mandats, là, justement, là, pour ne pas
que l'expiration de tout le monde, de leurs postes, arrive en même temps.
M. Pagé : Donc, clairement,
bon, c'est ce qu'un peu partout on fait, là, maintenant. Je pense que...
Charlebois : On va
arriver avec un amendement, oui. On pourra en reparler là si...
M. Pagé : Oui. Et la filiale
a combien de temps pour nommer une personne qui devrait être remplacée?
Charlebois :
Comme toutes les sociétés d'État, il n'y a pas de délai précis, sauf qu'il faut
qu'ils le fassent raisonnablement, ça prend... Un conseil
d'administration, ils ne peuvent pas attendre au bout de quatre ans puis
dire : O.K., là, on en nomme un. Il y a
quelqu'un qui va poser des questions à un moment donné. Dans le rapport annuel,
de toute façon, il va apparaître que, s'il n'y a pas
d'administrateur... Alors, il faut qu'ils fassent le travail, qu'ils prennent
le temps.
Mais, comme je vous dis, il n'y a pas de délai
précis. Mais, comme pour toutes les sociétés d'État, quand ils nomment leurs conseils d'administration,
normalement, les processus de renouvellement sont relativement bien, là. Et de
toute façon on prévoit ici que la personne
qui est en poste, si ce n'est pas un renouvellement, s'il faut nommer quelqu'un
d'autre, bien, doit rester en poste jusqu'à ce que le nouveau arrive.
Pagé : Et est-ce qu'on prévoit un maximum de mandats qu'une
personne peut faire?
Charlebois : Oui. Il est à l'affût de ses affaires, c'est
bien. La
loi sur la gouvernance prévoit un maximum de deux mandats, la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État. C'est ça?
Charlebois : Deux renouvellements, trois mandats,
excusez-moi. Deux renouvellements, trois mandats.
Pagé : Et cela, même si... Parce que, pour certaines personnes,
trois mandats pourraient représenter, par exemple, 12 ans, parce que... si c'est des mandats de
quatre, mais, si le premier est de deux ans, et les autres, de quatre ans,
donc, pour cette personne-là, le mandat serait maximum 10 ans, par
exemple. C'est ce que je comprends?
Charlebois :
Oui.
M. Pagé :
O.K. Alors, j'ai bien compris. Merci.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions sur
23.11? Je n'en vois pas. Nous allons donc passer à 23.12. Mme la
ministre, pour... à la lecture.
Charlebois :
M. le Président.
«23.12.
Les procès-verbaux des séances du conseil d'administration approuvés par
celui-ci et certifiés conformes par
le président du conseil, le président-directeur général ou par toute autre
personne autorisée à le faire par le règlement intérieur de la filiale sont authentiques. Il en est de même des
documents et des copies émanant de la filiale ou faisant
partie de ses
archives lorsqu'ils sont ainsi certifiés.»
ici, M. le Président, ce qu'on vient faire, à 23.12, c'est qu'on prévoit la
certification conforme des documents de
la Société québécoise du cannabis par le président du conseil, le
président-directeur général et toute autre personne autorisée par le
règlement de la SQDC afin de rendre ces documents authentiques.
un acte authentique, ça dit quoi? Parce que, dans notre vie de tous les jours,
un acte authentique, ce n'est pas si évident
que ça. Bien, ça fait preuve des énonciations qu'il contient à l'égard de tous.
La qualification des documents de la SQDC d'authentiques a donc un impact sur
les règles de preuve applicables à ces documents. Ça rend la chose véridique,
authentique.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Labelle.
Pagé : Est-ce que, dans le... Bon, on a tous siégé sur des
OBNL, mais j'avoue bien franchement que je n'ai jamais siégé sur une société d'État. Alors, bon, j'imagine qu'il y a
peut-être quelques différences, mais les bases doivent être un peu les
mêmes.
Quand
on siège sur un petit OBNL, on adopte le procès-verbal de la rencontre
précédente à la rencontre suivante. Est-ce
que c'est la façon dont on procède dans une société d'État ou une filiale comme
celle-là? Est-ce que le procès-verbal est adopté officiellement, donc
considéré, entériné officiellement et authentique à la réunion suivante?
Charlebois : À la
réunion suivante, par les personnes dont je viens de vous faire mention. Bien,
authentifié après que ça ait été adopté, évidemment, là.
M. Pagé : J'imagine avec la même procédure qui fait en
sorte qu'il faut que ce soient des gens qui étaient présents à la
rencontre précédente. C'est la même chose?
Mme Charlebois :
Oui.
M. Pagé : O.K. C'est parce
que, quand je pose la question, on me
fait signe de oui, mais, pour les verbatims, je tiens à ce que ce soit
dans le... Je vous remercie. Ça va.
Le Président
(M. Merlini) : Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée : Je voulais savoir : Est-ce que
c'est un
article qui est copier-coller de la loi qui a créé la
SAQ?
Mme Charlebois :
Il y a quelque chose de similaire dans la SAQ, mais c'est copier-coller sur Loto-Québec.
Mme Lavallée : O.K., Loto-Québec.
Et est-ce que les procès-verbaux sont publics, donc on pourrait avoir accès à...
Mme Charlebois : Non, parce
que c'est des réunions de conseil d'administration. C'est le rapport annuel qui est public.
Mme Lavallée : Donc, ce n'est pas public. Donc, si... Et ça ne
pourrait pas répondre à la loi d'accès à l'information si on voulait
avoir accès à ces documents-là?
Mme Charlebois : S'il y
a une demande de faite, vous pouvez
avoir des réponses, évidemment, c'est la loi d'accès à l'information, sauf
que ce n'est pas d'emblée public.
Mme Lavallée : Donc, si on fait une demande d'accès à
l'information, il y a une obligation de la part de la société
d'émettre les copies qui sont demandées.
Mme Charlebois : ...de rendre ça public. En fait, ce sera sur le
sujet qui aura été questionné que vous aurez une réponse.
Mme Charlebois : Non, c'est
ça, là. Oui, vous avez raison. Les
demandes d'accès à l'information, ce n'est pas ni la ministre ni...
c'est traité dans le cadre de la loi d'accès à l'information. Alors, nous
autres, on n'a pas de prise là-dessus, autrement dit, là, ça suit son cours
normal.
Mme Lavallée : Donc, la loi d'accès à l'information s'applique à
cet organisme d'État là. O.K. Parfait. Merci.
Le Président
(M. Merlini) : Merci beaucoup. M. le député de Labelle.
M. Pagé : Merci. Bon, on est encore dans le copier-coller
de la loi constituante de la SAQ, qui est l'article 15, l'article 15 de la SAQ qui dit que «les procès-verbaux
des séances du conseil d'administration approuvés par lui et certifiés par le secrétaire sont authentiques». Et ici on
dit : «Les procès-verbaux des séances du conseil d'administration
approuvés par celui-ci et certifiés conformes par le président du
conseil [d'administration] ou — ou — [...]toute autre personne
autorisée...» Alors, SAQ, c'est clair, c'est le secrétaire, il n'y a pas de
«ou», et ici c'est soit le président du conseil d'administration ou autre
personne autorisée. Alors, j'aimerais comprendre cette nuance par rapport à la
SAQ.
Mme Charlebois : En fait, ça peut permettre au secrétaire du conseil d'administration de signer, c'est... Pour le cas échéant,
s'il y a quelqu'un des deux premières personnes qui manque, on aura au moins
deux personnes qui vont authentifier le document.
Voulez-vous ajouter à
Le Président
(M. Merlini) : Me Roy.
Mme Charlebois :
On s'assure d'une bonne authentification.
M. Pagé : Oui, mais on s'entend que, la plupart du temps,
c'est le rôle du ou de la secrétaire du conseil d'administration. Alors,
ici, là, on dit que c'est le président,
qui se trouve à jouer un peu un double rôle de présider le conseil
d'administration et qui peut agir en
même temps à
titre de secrétaire, et là il y a un «ou» pour «toute autre
personne autorisée». Alors, j'ai de
la difficulté à comprendre pourquoi c'est aussi large, dans le cas de la SQDC,
contrairement à la SAQ, où c'est très, très
restreint. Pourquoi avoir élargi autant, et avoir fait joué un double rôle au
président du conseil, qui est le P.D.G., et en plus d'avoir ajouté un
«ou»?
qui seront aussi ces personnes qui vont être autorisées autour de la table?
C'est comme si le rôle du secrétaire pouvait être joué par le président
puis par plein d'autre monde autour de la table.
Mme Charlebois :
En fait, ce que j'ai le goût de vous dire, c'est que c'est du copier-coller sur
Loto-Québec mais aussi sur la Société
du Plan Nord, ce libellé-là. Mais, si vous le permettez, je demanderais à
M. Gabriel Roy, notre juriste, de vous répondre plus adéquatement.
Le Président
(M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui. Bien, en fait, c'est ça, là, simplement, ça offre une
plus grande flexibilité. C'est-à-dire que d'office, le président du C.A. et le
P.D.G., leur signature et leur approbation d'un document qui émane du... bien,
un procès-verbal du C.A. va être
authentique, puis les autres personnes autorisées par le règlement vont... la
signature de ces autres personnes-là
va avoir le même effet, donc on peut, bien sûr, comprendre que le secrétaire va
avoir ce pouvoir-là dans le règlement
intérieur. C'est vraiment juste une façon de l'écrire qui est plus conforme aux
lois, aux lois plus récentes, c'est
simplement ça qu'on a fait. On a repris un libellé qui avait été travaillé dans
le cadre de d'autres projets de loi pour répondre aux mêmes besoins,
puis c'est le libellé qu'on a retenu pour la SQDC.
M. Pagé : Est-ce qu'à la SQDC on prévoit carrément
un poste de secrétaire? Est-ce que c'est inscrit quelque part?
M. Roy
(Gabriel) : Non, ce n'est
pas inscrit, mais ça ira probablement de soi qu'ils auront un secrétaire pour...
Mme Charlebois :
Dans leur conseil d'administration, un des postes sera ça.
M. Pagé : O.K. Et «toute autre personne autorisée», ça peut être
une, deux, trois, quatre personnes, l'ensemble
des membres du conseil d'administration? Ce n'est pas... Tu sais, si on avait
dit : Ou une personne autorisée, dûment nommée
par... bon, on aurait compris secrétaire, président puis une personne... Et là,
de la façon que c'est libellé, ça peut être... Est-ce que ça limite au
nombre de personnes qui pourraient être autorisées?
Mme Charlebois : Bien, je ne pense pas qu'on aura besoin de neuf à
11 signatures, je pense, c'est plutôt dans le
cas de... de dire : Bien, il y a une possibilité de deux, puis, quand il y en a
un des deux qui n'est pas là, il y a un troisième qui est susceptible de signer
les procès-verbaux aussi.
M. Pagé : Oui, sauf que je suis pas mal certain que, quand
on va prévoir une personne autorisée, ce ne sera pas, à chaque séance,
une personne autorisée différente, je suis pas mal certain que ça va être une
personne autorisée pour l'ensemble du mandat.
Mais est-ce
que c'est une personne autorisée supplémentaire ou quelques
personnes autorisées supplémentaires autres que le secrétaire, le ou la
secrétaire, ou le président du conseil d'administration?
M. Roy
(Gabriel) : Ça le
permettrait, mais la pratique, c'est que ce soit le secrétaire. Ce serait
possible, mais la pratique, c'est que
c'est les secrétaires qui s'en chargent. Alors, on l'a libellé différemment,
mais, concrètement, ça va être le secrétaire, là.
M. Pagé : O.K. Mais ma question était : Est-ce qu'il
pourrait y avoir... Bien, en fait, je vais le dire plus clairement,
là : Il pourrait y avoir combien de personnes autorisées?
M. Roy (Gabriel) : Il n'y a pas
de limite, le libellé actuel ne laisse pas présupposer qu'il y a une limite,
mais normalement on comprend que c'est les
membres du C.A... c'est les administrateurs
qui ont ce rôle-là. Donc, je veux dire, ils pourraient autoriser tout le monde du C.A., mais, en pratique,
normalement, c'est le secrétaire qui est autorisé, là. Ils pourraient peut-être en autoriser une ou deux
autres, personnes, au cas où le secrétaire est malade ou je ne sais pas, là.
M. Pagé :
Je comprends qu'on évolue dans le temps, M. le Président, je comprends qu'on
souhaite être plus adapté, des fois,
aux nouvelles réalités, mais, quand j'entends «normalement» ou «on suppose que»,
je trouve qu'on s'enligne avec des
lois où on commence à ouvrir... tandis qu'on pourrait plus clairement dire
qu'une personne au sein du conseil d'administration
pourrait être autorisée en sus du secrétaire. En tout cas, j'ai un petit peu de
difficultés avec cette nouvelle approche,
comparativement... Peut-être que c'était trop restrictif, à la SAQ, peut-être
que dans le passé vous avez eu des recommandations.
Mais, bon, je n'en ferai pas... je ne passerai pas des semaines là-dessus, là,
mais j'ai un petit peu de difficultés
à comprendre cette ouverture, qui est très peu encadrée. Puis on dit toujours
que le législateur ne parle pas pour rien,
mais là il parle en ouvrant passablement la porte, là. Alors, je ne sais pas,
si vous avez d'autres explications à me donner pour me rassurer, mais je...
M. Roy
(Gabriel) : Écoutez, c'est sûr que, si le règlement intérieur autorise
une personne à faire ça, c'est une personne
qui... Il y a quand même une procédure d'autorisation dans le règlement. Donc,
c'est les administrateurs qui adoptent
le règlement intérieur, donc c'est l'ensemble du C.A. qui se sera entendu sur
telle ou telle personne. Donc, ce n'est pas... je veux dire, ça reste toujours
balisé dans le cadre du travail responsable d'un conseil d'administration, donc
c'est pour ça que ce n'est pas considéré comme problématique.
Mme Charlebois :
Advenant le cas, exemple — et
ça, c'est moi qui le soumets, là, puis peut-être que vous pourrez saisir mon exemple puis me dire si je
comprends bien, là — le secrétaire
tombe malade d'une maladie où il ne peut se présenter pendant quelques
mois au conseil d'administration, ils pourraient, par règlement, à l'intérieur
de la filiale, nommer une autre personne
pour le remplacer si... advenant le cas qu'une des deux autres n'est pas là non
plus, là, tu sais.
M. Pagé :
Sauf que, la façon dont, l'article de loi,
vous l'avez écrit, on ne nomme même pas le secrétaire, il n'est même pas nommé. Alors, c'est pour ça que je trouve
un peu étrange la façon dont... On passe d'un secrétaire, à la SAQ,
et là ça devient le président, on ne nomme
même plus le secrétaire, et là c'est «toute autre personne».
C'est comme si, finalement, le secrétaire, on n'en a plus besoin.
Si, à la
limite, on avait soit le président, le secrétaire ou une autre personne
autorisée, bon, là, on vient d'élargir à trois, on a pas mal de monde autour de la table, indépendamment s'il y a
un congé de maladie ou toutes sortes de choses, ça laisse pas mal de latitude. Mais là le secrétaire n'est plus nommé,
c'est le président, maintenant — puis
il me semble que c'est plus un job de secrétaire, ça, normalement, là — et
en plus «toute autre personne», sans qu'on spécifie combien de personnes
peuvent être...
Alors, honnêtement, je ne sais pas. À la limite,
si vous souhaitez, on pourrait peut-être y réfléchir un peu en dehors ou...
Mme Charlebois : ...deux
minutes, mettons.
M. Pagé : Oui, oui, oui.
Le Président
(M. Merlini) : Je suspends donc les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 41)
Président (M. Merlini) :
Nous reprenons donc nos travaux après cette brève suspension, qui a permis des discussions
et des consultations avec les juristes de Mme la ministre. M. le député de Labelle, je crois que vous avez une proposition à
nous faire.
M. Pagé : Oui, effectivement. Après avoir discuté avec la ministre
et les gens qui l'entourent, je pense qu'on convient tous d'ajouter les
mots «le secrétaire» à l'intérieur de l'article, qui permettrait de nommer, un,
ce poste qui n'est pas identifié pour rien,
hein, c'est un poste qui est important au sein d'un conseil d'administration... Parce que, si je fais un copier-coller avec la SAQ,
où on nomme seulement le secrétaire qui signe les procès-verbaux, la notion de
secrétaire disparaissait de l'article 23.12. C'est la raison pour
laquelle, après que nous nous sommes consultés, je déposerais l'amendement suivant, qui serait de modifier
l'article 23.12 de la
Loi sur la Société des alcools du Québec, proposé par
l'article 5 du projet de loi, par l'insertion, après «président-directeur
général», de «, le secrétaire».
Le Président (M. Merlini) :
Très bien. Est-ce que j'ai des interventions sur la proposition d'amendement de
M. le député de Labelle? Je le mets donc aux voix. Est-ce que cette proposition
d'amendement est adoptée?
Le Président (M. Merlini) :
Adopté. Nous revenons donc à l'article 23.12 tel qu'adopté. Est-ce que
j'ai des interventions? Je n'en vois pas.
Nous allons donc passer à l'article 23.13,
dans la
section II, qui parle du président-directeur général. Mme la
ministre, la parole est à vous.
Mme Charlebois :
Je me mets des notes, M. le Président, pour ne pas me perdre. Tu sais comment
c'est.
Alors : «23.13.
La société, sur la
recommandation du conseil d'administration, nomme le président-directeur
général en tenant compte du profil de compétence et d'expérience établi par la
filiale.
«Le mandat du président-directeur général est
d'au plus cinq ans.
«Le conseil d'administration fixe la
rémunération et les autres conditions de travail du président-directeur général
à l'intérieur des paramètres que le gouvernement détermine.»
Alors, je
pense que l'article en soi est explicite. On vient ici prévoir le
mode de nomination, la durée du mandat et la rémunération du président-directeur
général de la Société québécoise du cannabis. Et ici... Voilà.
Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce
que j'ai des interventions pour
23.13? M. le député de Labelle.
M. Pagé : Oui. Bien,
allons tout de suite peut-être sur la rémunération. «Le conseil
d'administration fixe la rémunération». Est-ce qu'on peut nous donner des
indications sur à quoi ça peut ressembler, sur quoi on va se baser précisément? Et, très concrètement, ça va être
dans quelle fourchette? Est-ce qu'on est capable de savoir ça à ce moment-ci?
Mme Charlebois :
Ce qu'on m'indique, c'est que le gouvernement va fixer les paramètres de
rémunération, mais qui soient... qui
ressembleraient... bien, qui soient similaires, en fait, au P.D.G. de la SAQ. Ici, ce que je vois, c'est qu'un
traitement annuel de base est de 361 076 $, la rémunération d'un président-directeur
général. C'est ça?
Mme Charlebois :
Voilà.
Le Président (M. Merlini) : M.
le député de Labelle.
M. Pagé : Est-ce que je
peux envoyer mon C.V.?
Des voix : Ha, ha, ha!
Mme Charlebois : Je
peux déposer le mien aussi. Non! je ne peux même pas, je suis ministre.
M. Pagé : Non, c'est
vrai, vous ne pouvez pas, vous ne pouvez pas postuler pour le poste.
Le Président (M. Merlini) : À
moins que vous ayez eu votre pardon.
Des voix : Ha,
ha, ha!
M. Pagé : Non, la ministre
a...
Mme Charlebois : ...quand on est ministre, pour deux ans, toutes
les fonctions que nous avons occupées, nous ne pouvons pas postuler sur des
postes qui viennent en interaction avec le mandat qu'on a eu. Alors, je ne
pourrai pas postuler à la Société québécoise du cannabis pour deux ans.
Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre, pour cet éclaircissement. Ma lanterne est mieux
éclairée.
M. Pagé : On vous
pardonne.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Pagé : Bon, on a eu une indication sur la rémunération. Est-ce que cela comprend... Bon, qu'est-ce qu'il en est à l'égard
des fameuses primes de séparation, plans de retraite? Est-ce qu'on a aussi des
indications par rapport à cela? Parce
que, de plus en plus, vous savez jusqu'à quel point on se fait poser des questions
importantes à cet égard-là, de voir que des fois des gens ont des très courts mandats,
et ils quittent après un court mandat, de quelques années, et qu'ils se
retrouvent dans certains cas avec des primes
de séparation ou encore même, voire, des retraites. Disons qu'aujourd'hui ça ne passe plus, ces choses-là, dans l'opinion publique, là, puis je
comprends très bien. Alors, est-ce qu'on a une petite idée à
quoi ça devrait ressembler?
Parce que,
23.13, la troisième ligne... paragraphe, là, dit : «Le conseil d'administration fixe la rémunération — là, ça
semble être déjà fixé — et les autres conditions de travail — autres conditions de travail, bon,
j'imagine, ce n'est pas juste les heures par semaine, là, parce que le
P.D.G. ne comptera pas ses heures — du président-directeur
général à l'intérieur des paramètres que le
gouvernement détermine.» Donc, c'est le gouvernement qui va déterminer. Alors,
est-ce qu'on peut savoir un peu
comment le gouvernement va déterminer cela? Et est-ce qu'on va resserrer un peu
par rapport à ce qu'on a entendu souvent dans le passé, qui, avouons-le,
là, était peut-être un peu beaucoup?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
En fait, M. le Président, ce que je vais répondre au député de Labelle, c'est
que ça va... les paramètres qui vont être fixés par le gouvernement vont être
similaires à ce que le P.D.G. de la SAQ a parce que c'est les mêmes
types de fonctions. Et tout ça va être déterminé à l'intérieur du règlement du
gouvernement...
Mme Charlebois :
...du décret, excusez, du gouvernement. Et je n'ai pas tous les détails, parce
qu'on n'en est pas là, mais n'empêche que ça va ressembler à ce qui se fait
déjà, là, pour le président-directeur général de la SAQ. Le régime de retraite va ressembler, les indemnités
vont ressembler. Notamment, là, je vous ai nommé le salaire de base, parce qu'on le voit en début d'article,