Labour and the Economy — 4 December 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2014-12-04
Quebec — Committees
Je tiens à
souligner que la loi québécoise sur les coopératives inspire d'autres
juridictions par sa simplicité et son approche
éducative. Nous accueillons régulièrement des missions étrangères qui désirent
approfondir l'approche législative retenue
au Québec pour définir et régir les entreprises coopératives, c'est donc dire
que la loi québécoise sur les coopératives est pertinente et qu'il
appartient au législateur d'en conserver l'esprit et d'en assurer l'évolution.
La
Loi sur
les coopératives fait l'objet d'une révision périodique afin de répondre
adéquatement aux besoins des coopératives
non financières. Les derniers changements de fond apportés à cette loi sont
entrés en vigueur le 17 novembre 2005.
Depuis, certains problèmes d'application et d'interprétation ont été
documentés, des mémoires ont été soumis par des regroupements coopératifs afin de souligner tout particulièrement
les problèmes relatifs aux coopératives d'habitation et à la coopération du travail. Des travaux ont été
réalisés en collaboration avec le Conseil québécois de la coopération et
de la mutualité en vue d'identifier les modifications que nous pourrions
apporter à la loi. Il a été convenu que des modifications
restreintes seraient proposées à court terme en vue de réduire les situations
particulières nécessitant une intervention immédiate. Une modernisation
complète de la loi pourrait être réalisée ultérieurement. À ce propos, le
Conseil québécois de la coopération et de la mutualité a déjà mis en place un
comité d'experts. Ce comité a l'entière collaboration de
mon ministère, principalement de la Direction du développement des
coopératives. Nul doute que la révision par
l'Alliance coopérative internationale des principes coopératifs internationaux
prévue à l'automne 2015 sera également une source d'inspiration.
De tradition, les modifications à la
Loi sur les
coopératives se font de façon concertée avec le mouvement coopératif. Les
réformes entrées en vigueur en 1995 et 2005 étaient le résultat d'une collaboration
marquée entre le gouvernement et les
partenaires coopératifs. Le projet de loi actuel, plus restreint dans ses
propositions, ne fait pas exception à
cette collaboration habituelle. Il a pour objet de faire évoluer le cadre légal
applicable à ces entreprises, avec le souci de préserver l'authenticité
coopérative.
En tant que
gouvernement responsable, nous avons l'obligation d'agir. Les modifications
proposées dans le cadre de ce projet
de loi permettront de résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les
coopératives d'habitation et ceux liés
à la coopération du travail. De plus, elles dotent le ministère de l'Économie,
de l'Innovation et des Exportations de dispositions
législatives lui permettant d'alléger le fardeau administratif de ces entreprises
et de leur offrir des services en ligne.
Plus particulièrement, le projet de loi propose d'introduire des mesures
additionnelles de protection du patrimoine des coopératives d'habitation
ayant bénéficié de programmes gouvernementaux d'aide à l'habitation. Face au
risque grandissant de détournement des
actifs de ces coopératives au profit d'intérêts privés, il est de notre
responsabilité d'agir afin de
préserver l'affectation sociale et communautaire de ces immeubles pour les
générations à venir.
Malgré diverses activités d'information,
d'éducation et de prévention réalisées auprès des coopératives d'habitation au
cours des 10 dernières années,
l'accroissement des tentatives d'appropriation de leurs actifs démontre qu'une
intervention législative est requise.
En ce qui
concerne la coopération du travail, il apparaît pertinent de résoudre les
problèmes pratiques engendrés par
l'interprétation de la loi afin d'offrir aux coopératives qui comptent des
membres travailleurs la souplesse nécessaire dans la gestion courante de leurs ressources humaines. Les dispositions
législatives soumises s'inspirent des propositions du mouvement coopératif et de partenaires
gouvernementaux, dont la Société d'habitation du Québec, ainsi que de certaines
règles prévues à la
Loi sur la publicité légale des entreprises et à la
Loi sur
les sociétés par actions.
Nous
réalisons aujourd'hui des consultations particulières sur ce projet de loi,
lesquelles s'ajoutent aux nombreuses consultations
déjà effectuées auprès des partenaires du mouvement coopératif, ministère et
organismes gouvernementaux. Le gouvernement appuie le développement
coopératif et est préoccupé de faire évaluer le cadre légal applicable aux coopératives non financières, je suis convaincu
qu'il en va de même pour mes collègues des autres formations politiques.
C'est donc avec plaisir que nous entendrons
aujourd'hui nos invités et que nous serons ouverts à toutes les propositions
permettant d'améliorer le contenu de ce projet de loi. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre. Vous nous faites sauver 30 secondes. Alors,
j'invite maintenant le porte-parole de
l'opposition officielle en matière d'économie, d'entrepreneuriat, de petites et
moyennes entreprises et d'exportation à faire ses remarques
préliminaires pour une durée de 3 min 30 s. M. le député.
Président (M. Cousineau) : Ah! c'est Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve! Ah! bien, allez-y, Mme la députée.
Poirier : Alors, bien, afin de maximiser le temps, M. le
Président, d'écouter les groupes, puisque c'est pour cela qu'on est ici ce matin, mes remarques
préliminaires vont se résumer au fait que nous sommes heureux d'entendre
les groupes pour convenir de nouvelles règles en matière de coopérative,
particulièrement en matière de coopérative d'habitation et aussi d'entreprise
coopérative. Alors, nous sommes heureux de procéder rapidement, M. le
Président.
Le Président (M. Cousineau) :
Ça va, Mme la députée?
Mme Poirier : C'est tout.
Président (M. Cousineau) : Merci, c'est un temps record. Alors,
je vais maintenant passer la parole à monsieur... oui, au porte-parole
du deuxième groupe d'opposition. Monsieur, vous avez 2 min 30 s.
M. Lamontagne : Oui. M.
le Président, M. le ministre, M. le porte-parole en économie de l'opposition
officielle, il me fait plaisir d'être
ici. Monsieur madame. Juste un petit mot pour dire qu'on est heureux d'être ici
avec vous, M. le ministre, puis on va vous donner toute notre
collaboration, là, pour l'étude de ce projet de loi. Et puis on attend avec curiosité ce qu'on va pouvoir apprendre
aujourd'hui des différents groupes qui vont se présenter à nous. Alors, c'est
tout. Merci.
Le Président
(M. Cousineau) : Merci, M. le député de Johnson. Alors donc,
nous allons procéder aux auditions. Donc,
la Confédération québécoise des coopératives d'habitation, je crois que c'est
Mme Rouleau et M. Tremblay, vous disposez
de 10 minutes, puis par la suite nous procéderons à une période d'échange
avec les parlementaires pour une durée approximative de 40 minutes.
Alors, nous vous laissons faire votre présentation.
Mme Rouleau (Jocelyne) : Parfait.
Alors, M. le Président, M. le ministre, MM. les députés et Mmes les députées,
membres de la commission, alors merci de nous recevoir. Alors, je me présente,
vous m'avez présentée : Jocelyne
Rouleau, directrice générale de la Confédération québécoise des coopératives
d'habitation. Je suis accompagnée de
M. Éric Tremblay, qui a notamment rédigé le mémoire demandant des
modifications à la Loi des coopératives que la CQCH a déposé, en concertation avec ses fédérations et le Conseil
québécois de la coopération et de la mutualité, au ministère qui à
l'époque s'appelait le ministère du Développement économique, de l'Innovation
et de l'Exportation. C'était en 2009. Alors, vous comprendrez aujourd'hui à
quel point nous sommes heureux que nos demandes aient été entendues, et c'est avec enthousiasme que nous
appuyons le projet de loi n° 19 qui vient modifier
loi sur les
coopératives d'habitation en y
ajoutant toute une série de mesures de préservation du patrimoine collectif que
représentent les coopératives d'habitation.
Il faut dire qu'un des principaux mandats de la
confédération est d'assurer la pérennité du parc immobilier coopératif. Ce mandat lui a d'ailleurs été confirmé par une récente décision de la Cour d'appel du Québec qui reconnaît à la CQCH l'intérêt
juridique de voir à la préservation des actifs des coopératives d'habitation.
Créée en 1987, la CQCH est le leader, le
promoteur et le porte-parole national du mouvement québécois des coopératives d'habitation. Il existe environ
1 300 coopératives d'habitation au Québec. Elles sont propriétaires
de 2 500 immeubles qui
offrent plus de 3 000 logements abordables, dans lesquels vivent
60 000 personnes. C'est aussi un actif de 1,5 milliard.
quasi-totalité des coopératives d'habitation a bénéficié de subventions gouvernementales pour la réalisation des
ensembles immobiliers leur appartenant. Ces subventions ont été octroyées dans
le cadre de plusieurs programmes d'aide
fédéraux ou provinciaux qui se sont succédé au cours des 40 dernières
années. Ces investissements publics représentent
plusieurs centaines de millions de
dollars, et, sans ces contributions,
aucun de ces projets n'aurait pu voir le jour.
Dans tous les
cas, l'aide gouvernementale a été assortie d'accords ou de conventions
d'exploitation permettant un encadrement administratif, économique et
juridique des coopératives d'habitation. Tant qu'ils sont en vigueur, ces accords constituent généralement une bonne
protection contre la démutualisation du parc et le détournement des actifs
appartenant aux coopératives d'habitation
vers ses membres ou des tiers. Dans les faits, ces accords d'exploitation ont
pour conséquence de préserver le caractère
collectif, coopératif et sans but lucratif des coopératives d'habitation. À la
fin des accords d'exploitation, le
parc immobilier coopératif se retrouve, par contre, vulnérable. Déjà,
plus de 250 conventions sont
arrivées à échéance, et, d'ici 2020, près de 600 coopératives d'habitation
possédant plus de 15 000 logements auront vu leurs conventions
d'exploitation arriver à terme, ce qui représente la moitié du parc actuel de
logement coopératif.
démutualisation n'est pas un phénomène abstrait ou simplement
appréhendé, il s'agit d'un risque réel et actuel, et nous avons des exemples concrets où les
détournements d'actif prennent différentes formes. Puis il faut
vous dire que c'est ceux qu'on a
connus, qu'on a entendu dire, parce
qu'on n'est pas au courant de tout ce
qui se fait. Parce que, vous allez voir, ça peut se faire de façon
très détournée.
Alors, un
exemple : une coopérative qui possède plusieurs immeubles décide d'en vendre un à un promoteur privé, permettant ainsi à ses membres de s'approprier des
actifs importants, l'immeuble ayant été payé par le gouvernement. Ils vendent
seulement un immeuble, O.K., puis ils récupèrent l'argent, à ce moment-là, les
membres de la coopérative.
coopérative convertit ses logements en copropriétés, les vend à ses membres
occupants à des prix bien en dessous
du marché. Et nous avons été témoins aussi d'une tentative, en tout cas, pour
une coopérative de faire ça. On a réussi, en tout cas, à arrêter la
transaction à temps, mais c'était sur le bord de se faire.
Une qu'on n'a pas réussi à arrêter, c'est... Un
membre d'une coopérative d'habitation convainc le conseil d'administration de lui vendre l'immeuble
appartenant à la coopérative à un prix en dessous de l'évaluation municipale.
Alors, c'est un dossier avec lequel nous
sommes présentement en cour, puisque la coopérative a été vendue vraiment à
50 % en bas du prix de l'évaluation municipale. On est allés
jusqu'en Cour d'appel, présentement on retourne en première instance, mais c'est effectivement un détournement
de fonds qui appartenaient à la collectivité. Alors, ce sont des exemples
réels et avec lesquels nous devons composer, je vous le dis, lorsque nous en
sommes informés.
Cette
situation préoccupe au plus haut point les instances du mouvement québécois des
coopératives d'habitation mais aussi
l'ensemble des partenaires concernés par le parc coopératif. La CQCH a
d'ailleurs pris les devants, en février 2013, en convoquant plus d'une
dizaine de partenaires à une rencontre dans le but de les sensibiliser au
risque de démutualisation des coopératives
dans le contexte de la fin des conventions. On voulait identifier des
stratégies visant à détecter les coopératives à risque de
démutualisation et intervenir efficacement et promptement auprès de celles-ci,
d'explorer des collaborations possibles entre les intervenants pour la mise en
oeuvre efficace et rapide de stratégies identifiées.
En plus des fédérations de coopératives d'habitation, cette table de veille,
qui s'est aussi réunie une deuxième fois
en janvier 2014, regroupe les principaux partenaires concernés, dont le
Mouvement Desjardins, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, le ministère de l'Économie, de
l'Innovation et des Exportations, la Société canadienne d'hypothèques et de logement, la Société
d'habitation du Québec, la ville de Montréal et d'autres groupes concernés. Et
c'est important de vous dire que tous ensemble nous avons reconnu à quel point
les coopératives d'habitation, une fois leur convention échue, demeuraient vulnérables. Nous avons aussi
constaté que nous avions peu de leviers, peu de pouvoirs et que les
ressources étaient limitées pour veiller sur ce patrimoine collectif.
Dans un
contexte de fin de convention, il ne fait aucun doute pour la CQCH et ses
partenaires que le renforcement des dispositions de la
Loi sur les
coopératives qui visent le maintien du caractère collectif du patrimoine
immobilier des
coopératives d'habitation est nécessaire, même essentiel. Les modifications
législatives proposées dans le projet de loi n° 19 atteignent
la cible et répondent aux demandes de la CQCH. Le projet de loi n° 19
contribue à préserver le caractère
coopératif et le maintien durable de l'affectation sociale ou communautaire des
actifs immobiliers des coopératives d'habitation
qui ont été construites, acquises ou restaurées dans le cadre d'un programme
gouvernemental d'aide à l'habitation.
Il est
important, tel que le spécifie l'article 221.2.6, que la CQCH soit
informée de toute demande d'autorisation de l'aliénation d'un immeuble coopératif ou de la modification de son
affectation afin qu'elle puisse agir. La CQCH est prête à assumer la responsabilité d'assurer la
sauvegarde des ensembles menacés, et ses partenaires lui recommandent...
lui reconnaissent la légitimité de le faire.
Cette légitimité, comme on vous l'a dit précédemment, a été reconnue par la
Cour d'appel du Québec dans un jugement de
début d'année, en 2014, dans lequel, en tout cas, on nous disait qu'on avait
l'intérêt juridique, en tout cas, pour intenter ou pour participer à un recours
visant à faire respecter les dispositions d'ordre public de la
Loi sur
les coopératives.
Le nouvel
article 221.2.10 permet, pour sa
part, le maintien du solde dévolu dans les secteurs de l'habitation coopérative en cas de liquidation, assurant ainsi
que les sommes dévolues serviront aux seules fins du développement de nouvelles unités d'habitation coopérative sociale et communautaire ou
de la consolidation d'ensembles existants. Nous souhaitons que les fonds publics investis initialement dans ces projets
puissent continuer à servir les fins pour lesquelles ils avaient été
prévus.
coopératives d'habitation représentent un parc de logement abordable d'une
grande valeur. Un loyer moins cher que le marché fait une réelle
différence dans la qualité de vie et l'épanouissement de nombreuses familles,
les collectivités et la société québécoise
bénéficient également de cet actif. Voilà pourquoi il importe de
préserver la nature collective des
coopératives d'habitation. Nous sommes convaincus que les amendements
proposés à la
Loi sur les coopératives y contribueront grandement.
Le Président (M. Cousineau) :
En conclusion, madame.
Rouleau (Jocelyne) : En
terminant, la CQCH tient à souligner l'écoute et l'approche partenariale
démontrées par la Direction du développement des coopératives, M. Michel Jean et Mme Guylaine Morin, et le
Conseil québécois de la coopération et de la mutualité,
M. Gaston Bédard, tout au long de ce processus ayant mené au dépôt
du projet de loi n° 19
à l'Assemblée nationale. Merci.
Président (M. Cousineau) : Merci, Mme Rouleau. Donc, nous allons procéder à une période d'échange.
Et puis nous avons distribué le
40 minutes de la façon suivante : pour les membres du gouvernement, 20 minutes; pour le premier
groupe de l'opposition, 12 minutes; et puis le deuxième groupe d'opposition, huit minutes. M. le ministre, à vous
la parole.
Daoust : Merci, M. le Président. Écoutez, vous savez, on partage beaucoup
vos préoccupations, actuellement,
sur le patrimoine coopératif d'habitation parce que...
pour les finalités que vous avez mentionnées tantôt. Moi, je suis dans un comté, à Verdun, où on a beaucoup
de gentrification, parce que Verdun était en banlieue il y a
100 ans, aujourd'hui beaucoup
de maisons sont en fin de vie utile, et, quand tu veux reconstruire, bien ça
fait des maisons, des appartements à
500 000 $,
600 000 $ chacun, alors que ce sont des familles à revenus modestes
qui sont là. Et une des façons qu'on a de
contrer cette gentrification-là, c'est très certainement par des coopératives
d'habitation. Alors, dans mon comté chez moi, qui n'est pas un comté
riche, on est touchés par ça et on est touchés directement.
Maintenant,
la loi qu'on propose, avec ses amendements, comporte déjà des mesures de
protection, mais on en propose des
nouvelles. Et, ce que j'aimerais vous entendre, j'aimerais vous entendre à
savoir si les modifications qu'on propose rencontrent vos besoins.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Rouleau.
Rouleau (Jocelyne) : Bien, oui, effectivement, le fait qu'un immeuble,
O.K., qui a été subventionné, qui a
été, voyons... qu'il y a eu un programme d'aide, en tout cas, gouvernemental à
l'habitation, ça doit prendre, en tout cas, la permission du ministre, O.K., pour
qu'il soit vendu, et que nous, en tout cas, on doit en être informés, c'est sûr
et certain que, nous, ça va nous
permettre, en tout cas, de juger est-ce que, je veux dire, c'est une fraude,
est-ce que les gens veulent s'accaparer l'actif ou en fin de compte
c'est un problème, en tout cas, associatif ou un problème immobilier régulier. Effectivement, c'est la seule façon, nous, de
savoir, en tout cas, que l'immeuble va être mis en vente et de pouvoir arrêter
cette vente-là.
Daoust : Alors, vous pensez que la contrainte administrative qui est
incluse dans la loi, la nouvelle contrainte administrative, va permettre d'atteindre l'objectif et que cette
contrainte administrative là mérite d'être mise en place parce qu'elle est contraignante. Mais ce que vous nous
dites, c'est que cette contrainte-là, même si elle est difficile pour certains
propriétaires — ou
certains copropriétaires, je devrais dire — elle se justifie.
Rouleau (Jocelyne) : Bien sûr, parce qu'il y a présentement 2 500...
il y a 2 500 immeubles, O.K., qui sont répartis à travers la province, on n'est pas capables de tous les
surveiller. Et, comme je vous dis, c'est arrivé à plusieurs reprises, en
tout cas, qu'il y a eu des ventes d'immeubles, qu'on ne l'a pas su tout de
suite. Comme je vous donnais l'exemple, en tout cas, une coopérative qui détient une dizaine
d'immeubles, qui décide d'en vendre deux, vous savez, ça a été payé par la collectivité, mais ils décident
d'en vendre deux et au profit des membres qui restent dans les huit autres
immeubles, bien, ça, on peut l'apprendre
10 ans après. Alors, si cette contrainte-là n'est pas là au début, comme
je vous dis, nous n'avons pas les
ressources en ce moment pour être capables, en tout cas, de surveiller. C'est
pour ça que la table, on l'appelle la table de veille. C'est qu'on n'est
pas capables de surveiller.
Daoust : O.K. Alors, l'obligation réglementaire de divulguer, hein,
cette chose-là va justement empêcher ce genre de chose là.
Mme Rouleau (Jocelyne) : Oui.
M. Daoust : Je vais laisser la
parole à la première opposition.
Président (M. Cousineau) : Oui, je vais lui passer la parole,
M. le ministre. Bien oui, ça doit passer par ici.
Le Président
(M. Cousineau) : Ça me fait plaisir. Merci, M. le ministre. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Alors, merci. Merci, M. le Président. Bonjour, Mme Rouleau, c'est toujours
un plaisir de vous revoir. M. Tremblay.
Je comprends très bien,
là, puis on s'en est souvent parlé, là. La liquidation de coops payées par les
deux paliers de gouvernement, aussi par les municipalités, bien des
fois, et même par des collectes de fonds terrain, je pense que personne ne peut être en désaccord sur le fait
qu'on ne peut aliéner ces immeubles-là au profit de particuliers, en tant que tel. Ça, je pense qu'il n'y a
personne qui va s'obstiner ici là-dessus.
Dans votre propos, vous demandez que la CQCH
puisse être une instance de représentation. La CQCH ne représente pas l'ensemble des coops actuellement. Comment vous voyez
cette répartition, en tant que tel, puisqu'il y a deux instances? Là, on sait ce qui se passe sur le
terrain, là, on ne partira pas la discussion terrain ici, là, on va se garder
ça ailleurs, mais comment vous voyez la
répartition de la... Est-ce qu'il y aurait une répartition ou la CQCH
deviendrait le seul organisme représentatif pour l'ensemble des coops,
l'ensemble des 1 300 coops?
Rouleau (Jocelyne) : Moi, en tout cas, je pense que c'est le rôle de
la CQCH, étant donné, je veux dire, que
c'est une organisation provinciale, O.K., et qu'elle a à regarder toutes les
coops. Vous savez, les coops, la majorité des coops dans lesquelles on a dû intervenir, O.K., pour faire arrêter
les ventes, c'étaient des coopératives qui n'étaient pas membres d'aucune fédération, qui n'étaient pas
membres de la confédération, parce que souvent, vous savez, quand ils veulent, à un moment donné, voler des actifs,
ils ne participent pas aux instances officielles. Alors, c'est pour ça que
moi, je pense que ce mandat-là, il doit être
donné au niveau de la confédération, qui a une vision sur toute la province
de Québec. Au-delà de ce que les
coopératives soient membres d'un mouvement ou pas membres d'un mouvement...
Nous, on n'arrête pas notre... on n'a
pas poursuivi, là, les... on est intervenus à certains moments, comme je vous
dis, dans des coopératives qui
n'étaient absolument pas membres de rien, n'étaient pas membres à Québec, O.K.,
parce qu'on savait qu'ils étaient en train... qu'ils essayaient de
vendre 32 immeubles à des particuliers.
Président (M. Cousineau) : Mme la députée de... Woups! Elle a
quitté. Alors, oui, qui est-ce qui prend la parole maintenant?
Le Président (M. Cousineau) :
Oui, M. le ministre.
Daoust : Peut-être, M. le député, en complément à la question qui a
été posée par la députée, effectivement vous ne représentez pas tous les
organismes, mais pourriez-vous nous dire... Il y en a qui vous ont appuyé dans
votre démarche, je suis persuadé qu'il y a des organismes...
Rouleau (Jocelyne) : Écoutez, la démarche présente, elle a commencé en
2009, je crois, même avant, parce que
c'est Éric, en tout cas, qui a rédigé... Et, à ce moment-là, toutes les
fédérations étaient autour de la table, et le mémoire qui a été déposé en 2009, O.K., reflète le bon
vouloir de tout le mouvement au complet à cette époque-là. Et je ne pense
pas que ça ait changé, parce que je pense
que la philosophie, en tout cas, du mouvement reste la même à l'effet que ce
sont des actifs excessivement importants à protéger.
Le Président (M. Cousineau) :
Oui.
Daoust : Ce que je comprends, c'est que, même si vous ne représentez
pas tout le monde, vous avez obtenu un appui que vous qualifiez
d'unanime au niveau de votre mémoire.
Président (M. Cousineau) : Mme Rouleau.
Mme Rouleau
(Jocelyne) : Oui. Et, même dans la table de veille, les deux tables de
veille se sont réunies en 2013‑2014, O.K., toutes les fédérations ont été
invitées, et les fédérations de Montréal ont participé à ces tables-là.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
M. Daoust :
Ça va pour moi pour le moment.
Président (M. Cousineau) : Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres
questions, du côté ministériel? Parce que c'est plus facile à gérer lorsqu'on passe le temps, là, qui est alloué à la
partie ministérielle. On peut aller par alternance, là, mais c'est toute une... ça devient un petit peu plus
complexe. Alors, écoutez, est-ce qu'il y a un autre parlementaire qui veut
s'exprimer? M. le député de Saint-Jérôme.
M. Péladeau :
...quelques questions à vous poser. Merci, Mme Rouleau. Merci d'être avec
nous ce matin.
Écoutez,
le raisonnement, évidemment, est plus que légitime, il est équitable à l'égard
de la collectivité. Si des fonds publics ont participé à
l'établissement, ou à la construction, ou à la mise en place d'une coopérative,
c'est bien normal que, dans ce cadre-là, il puisse ne pas y avoir d'aliénation
qui pourrait favoriser des particuliers.
Ceci
étant, sur la problématique de l'aliénation, est-ce qu'en tout état de cause
vous croyez qu'aucune aliénation n'est
possible? Et, dans l'expérience qui est la vôtre, est-ce que vous pourriez
éventuellement nous indiquer s'il y a des cas de figure qui pourraient effectivement s'appliquer où pour toutes
sortes de raisons que vous connaissez, le cas échéant, une aliénation
pourrait être possible?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Rouleau.
Rouleau (Jocelyne) : Oui.
Bien oui, c'est arrivé. Il peut y avoir des ensembles immobiliers, à un
certain moment donné, où est-ce qu'un immeuble ou la coopérative, ça ne va
pas bien financièrement, où il y a eu un déversement d'huile et que la coopérative, pour survivre,
O.K., doive se débarrasser, en tout cas, d'un immeuble. Il y a des exceptions.
Nous,
on ne veut pas... on ne dit pas : Il faut empêcher toute aliénation, là.
Ce qu'on dit, c'est... Ce qu'on veut, O.K.,
c'est le savoir à toutes les fois pour être capables, en tout cas, d'évaluer la
situation et de voir si effectivement il s'agit d'un détournement de
fonds ou d'une fraude, O.K., à la réserve de la coopérative.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Donc, si je comprends bien, vous seriez appelés à jouer
soit un rôle d'arbitre, et/ou éventuellement de l'équivalent, là, d'un
administrateur public, et/ou d'un fonctionnaire de justice.
Mme Rouleau
(Jocelyne) : Bien, moi, je pense que ça va être plus le rôle au niveau
du ministère. Moi, j'ai l'impression qu'on
va être avisés puis qu'on va être consultés par le ministère, étant donné que
nous, on est capables, on est en mesure d'analyser, souvent, ce qui se
passe sur le terrain.
M. Péladeau : Mais justement je reviens à la question de ma
collègue. Puisqu'il y a deux associations, est-ce que, si je peux dire, il y a des trous dans le fromage,
c'est-à-dire qu'il y a des situations comme celles auxquelles vous avez fait référence qui pourraient se produire sans que
quelque autorité que ce soit n'en ait connaissance, et que donc certains
processus ou transactions puissent
intervenir sans que, justement, soit le ministère ou soit les associations qui
défendent les coopératives n'en soient avisés?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Rouleau.
Mme Rouleau (Jocelyne) : Bien, moi, je pense que c'est justement ce que la
loi prévoit, c'est que la loi prévoit qu'on doit être avisés. Et, si
jamais on n'est pas avisés, bien, à ce moment-là, la transaction devient nulle
et de nullité absolue. Alors, à ce moment-là, on est capable de la faire immédiatement
annuler, ce qu'on n'a pas été capable dans certaines
coops, où on sait, là, qu'il y a eu des détournements de fonds importants, puis
qu'en ce moment on n'est pas capable de... on a plus de difficultés. On
est en cour, on a de la difficulté à faire annuler la vente.
Péladeau : Donc, est-ce que toutes les dispositions qui sont prévues
dans le projet de loi vous satisfont ou est-ce que vous souhaiteriez aussi en amener de nouvelles dans la mesure
où... peut-être au niveau du droit notarial, là, puisque toute aliénation d'immeuble doit être enregistrée, qu'il y ait
de la part du notaire et/ou de l'officier public qui enregistre la transaction une obligation d'aviser
le ministère pour obtenir son autorisation, sinon l'officier public, là, ne
pourrait pas procéder à la vente en bonne et due forme ou à la disposition?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Rouleau. M. Tremblay.
M. Tremblay (Éric) : Bien, écoutez,
le temps aidant, depuis 2007‑2008 on a eu le temps de valider certaines choses sur le terrain, de voir comment les risques
de démutualisation se passaient, et je vous dirais que le projet de loi qui est déposé devant la
commission est le reflet, là, de ce qu'on souhaitait et atteint les cibles qu'on
voulait atteindre. Alors, on est très, très confortables avec le projet
de loi tel qu'il est là.
Le Président (M.
Cousineau) : D'accord. M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Une dernière question avant de passer la parole à mon
collègue le député de Rimouski. Nous avons parlé, donc, d'aliénation, de
disposition. Au sujet de la démutualisation, est-ce que vous considérez aussi
qu'un geste semblable soit considéré comme
interdit ou doive être, le cas échéant, assujetti à des formalités, là, qui...
dont notamment celle d'aviser, que ce soit le ministère ou que ce soit
tout autre organisme, là, qui oeuvre dans vos activités?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Rouleau.
Mme Rouleau
(Jocelyne) : Effectivement. Je pense que c'est l'esprit de la loi
aussi.
Péladeau : Est-ce que vous retrouvez dans la loi des dispositions de
cette nature, qui justement fait en sorte que, si vous aviez des
inquiétudes, elles se sont dissipées?
M. Tremblay
(Éric) : ...je vous dirais que la...
Le Président (M.
Cousineau) : M. Tremblay.
M. Tremblay (Éric) : Oui, je m'excuse. Plusieurs dispositions déjà dans la loi permettent de
contrer la démutualisation. Je pense, entre autres, à
l'article 221.2.3, d'autres articles portant sur la réserve générale.
Donc, la démutualisation, c'est quand même
un concept qui est assez général, là, qui peut avoir lieu par l'aliénation des
immeubles mais aussi par différentes manoeuvres, je vais le dire comme
ça, ou par différents accidents de parcours, je dirais, en termes de gestion, et le projet de
loi n° 19 mais aussi la loi existante offrent, là, des protections
qui nous semblent suffisantes en l'état actuel.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. Tremblay. Oui, il
reste trois minutes à votre groupe parlementaire. M. le député de
Rimouski.
LeBel : O.K., trois minutes, alors très rapidement. Au début des
années 80, j'ai participé à la création d'une coopérative, un
24 logements, et je suis très d'accord avec la disposition proposée à
l'effet que, ce genre de coop, l'investissement
public doit rester dans le patrimoine. Cependant, dans ce que vous disiez
tantôt, dans le cas de figure que
vous parliez de plusieurs immeubles, mettons qu'il y a un bris mécanique ou
quelque chose, la coopérative, pour ennuis financiers, doit se départir... vous dites que dans le projet de loi ça
pourrait permettre ça, c'est ce que vous dites? Il y a des façons de voir
que ça pourrait permettre une... pour des cas comme ça? O.K., parfait.
question rapide : Depuis les 10 dernières années, puis ce n'est pas
en lien directement avec la loi, là, mais, depuis les 10 dernières années, le niveau de création de coops, au
Québec, est-ce que ça a été en croissance ou vous avez vu une diminution, la création de coops puis de
logements subventionnés, là, pour du logement social? Comment vous voyez
l'état de situation si on prend les dernières 10 années?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Rouleau.
Rouleau (Jocelyne) : Oui. Dans les dernières 10 années, ça a été
relativement constant, c'est à peu près 3 500 unités AccèsLogis. Ça, je parle au niveau... c'est
général, parce que ça, c'est autant pour les OBNL, en tout cas, que pour
les coopératives d'habitation.
niveau des coopératives d'habitation, on a vécu une certaine baisse, qui
s'explique, O.K., par le fait que pendant un certain temps, au niveau de la
Loi sur les coopératives, on ne
pouvait pas avoir, nous, en tout cas, de coopérative de solidarité parce qu'on ne pouvait pas avoir, en
tout cas, trois membres utilisateurs, et la demande la plus importante, en
tout cas, a été pour les volets... nous, ce
qu'on appelle, en tout cas, dans le jargon, les volets 2, c'est-à-dire
pour les résidences pour personnes âgées. Alors, il était difficile, à
ce moment-là, à une période de temps, de faire des coopératives pour personnes âgées, étant donné que, nous, sur les
conseils d'administration, ça doit être seulement des usagers. Alors, quand
on mettait seulement des personnes âgées sur
un conseil d'administration, dépendant de leur âge, je vous dis... Il y en a
qui sont très, très lucides et très
corrects, même beaucoup, mais ça pouvait devenir... ça pouvait, à un moment
donné, avoir une certaine lourdeur.
Maintenant que la loi a changé aussi et que par le biais des coops de
solidarité on peut aussi faire des
coops pour personnes âgées, je pense qu'on devrait remonter un petit peu, là,
au niveau de la place de marché dans les dossiers AccèsLogis.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, Mme Rouleau. Alors, ça épuise le temps...
Le Président (M. Cousineau) :
Bien, écoutez, peut-être la placer rapidement, puis elle pourra répondre par la
suite. Allez-y rapidement parce qu'on parle de secondes, là.
Péladeau : Ça va être très bref. Mme Rouleau, vous avez parlé de
recours que vous avez entamés ces derniers mois. Est-ce qu'ils sont
nombreux? Et est-ce que vous avez les moyens financiers pour pourvoir,
justement, à...
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Rouleau.
Rouleau (Jocelyne) : On a de la misère, on a de la misère. Mais,
écoutez, je pense que, ce dossier-là, nous, on a décidé de le continuer puis d'y aller jusqu'à fond parce qu'il faut
absolument que ça devienne un exemple, ça n'a pas de bon sens, parce que la personne a acheté un
immeuble, je pense, de 450 000 $, elle l'a payé 160 000 $.
Vous comprenez qu'on ne peut pas
laisser passer une chose comme ça. Et c'était la première fois où on le voyait,
on avait des preuves et que ça se faisait de façon aussi grossière, en
plein centre-ville de Québec.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci.
M. Péladeau : ...vous en avez...
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Saint-Jérôme, je m'excuse, mais...
M. Péladeau : Dernière, dernière
question.
Le Président (M. Cousineau) :
Non, non, mais... Non, non, je ne peux pas...
M. Péladeau : Mais c'est parce que...
Président (M. Cousineau) : À moins qu'il y ait un consentement
pour vous permettre de poursuivre. Consentement? Merci.
Péladeau : Merci, M. le ministre. Est-ce que justement vous avez le
concours... Est-ce que vous êtes un peu seuls dans...
Mme Rouleau (Jocelyne) : Non, non,
non, on a eu... Non, non. La direction...
M. Péladeau : Vous avez le concours
du ministère ou...
Mme Rouleau (Jocelyne) : Oui, la
Direction des coopératives et le Procureur général sont avec nous dans ce
dossier-là où, comme je vous disais, on est allés en Cour d'appel parce que la
partie adverse, en tout cas, ne nous reconnaissait
pas l'intérêt juridique, en tout cas, pour poursuivre, et on a gagné en Cour
d'appel. C'est pour ça qu'on retourne en première instance.
Péladeau : Et, dans ce genre de circonstance, est-ce que vous faites
face à des gros promoteurs immobiliers ou si c'est des petites
transactions... Non?
Rouleau (Jocelyne) : Non, non. Là, c'était vraiment une personne,
individuellement, qui avait vu l'opportunité et qui a en a profité.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député.
M. Péladeau : On vous souhaite bon
courage, Mme Rouleau.
Mme Rouleau (Jocelyne) : Merci.
Président (M. Cousineau) : Oui. Merci, M. le député de
Saint-Jérôme. Alors, M. le ministre, il vous reste 12 minutes, puis
on a toujours le huit minutes en banque pour le deuxième groupe de
l'opposition. M. le ministre.
M. Daoust : On va aller au deuxième
groupe, M. le Président, s'il vous plaît.
Président (M. Cousineau) : Oui. M. le député de... Deuxième
groupe d'opposition? De Johnson. M. le député de Johnson, est-ce que
vous êtes prêt?
Lamontagne : Oui, oui. J'aimerais vous entendre. On a parlé
d'aliénation, mais aussi on a introduit la notion, là, d'affectation sociale et communautaire, qui me
semble quand même un terme assez général, un petit peu. Comment vous
définissez l'affectation sociale et communautaire? Comment qu'on va baliser ça?
Mme Rouleau (Jocelyne) : Bien, nous,
où est-ce qu'on est partis, c'est que ces argents-là, lorsqu'ils ont été donnés par l'État, ils ont été donnés par
l'État pour véritablement faire du logement communautaire et social, c'est-à-dire pour offrir du logement abordable puis offrir du
logement à des familles à revenus faibles et à revenus moyens. Ce qu'on veut, nous, c'est que cette affectation sociale là
reste, que ça demeure, on ne veut pas juste sauver l'immeuble. On se dit :
On veut que les immeubles ne soient pas
vendus, mais on veut que la mission de ces immeubles-là demeure, donc que
ces immeubles-là continuent toujours à offrir à une clientèle un peu plus
pauvre, à une clientèle à revenus moyens un logement abordable. C'est important
pour nous.
Lamontagne : Dans ce
contexte-là, de ce que je comprends, c'est que ça, ça nous préoccupe quand on
arrive à la fin, à la fin des
ententes, hein, c'est pour prévoir qu'est-ce
qui va se passer après. Dans ces
cas-là, je présume que ce qui permet
d'offrir des logements abordables, et tout ça, là, il y a
certaines subventions, il y a toutes sortes d'argents qui sont là-dedans. Quand on arrive à la fin du contrat — je
vais l'appeler comme ça parce que je ne connais pas le terme exact, là — quand
on arrive à la fin du contrat, puis là on dit : O.K., on
veut préserver le patrimoine, on veut que ça continue, puis là on dit : C'est nécessaire
que ce soit d'affectation, là, sociale et communautaire, est-ce qu'il est pensable que cette vocation-là va pouvoir se continuer, dans un
contexte où les ententes originales qui ont permis ces tarifs-là, et tout ça,
ne tiendront plus... ou à moins que je me trompe, là?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Rouleau ou M. Tremblay.
Rouleau (Jocelyne) : Bien, je peux peut-être commencer. C'est qu'au
niveau de l'aide à l'habitation il y a eu
deux sortes d'aide à l'habitation. Il y a l'aide à la pierre. Cette aide à la
pierre là, c'étaient des montants d'argent qui étaient donnés... en tout cas une
partie qui était donnée pour
construire les immeubles, O.K., il y a la contribution aussi du milieu. À ce moment-là, nous, on dit : Ça,
ça doit absolument être préservé. Et le fait que c'est, voyons... si on ne peut
pas le vendre...
Une voix : Inaliénable.
Rouleau (Jocelyne) : ...inaliénable, en tout cas, que ça ne peut pas
être vendu, vous comprenez, il n'y a jamais de spéculation sur ces
immeubles-là, ce qui permet aussi aux loyers de rester un petit peu plus bas.
Il faut dire
aussi que, d'un autre côté, il y a effectivement ce qu'on appelle les
subventions à la personne pour, effectivement,
les familles, en tout cas, qui sont un petit peu plus pauvres. Ça, ici, c'est
sûr qu'on ne peut pas mettre ça dans
cette loi-là, mais en ce moment il y a un problème effectivement, en tout cas,
au niveau du gouvernement canadien qui
donnait de l'aide à la personne, en tout cas, dans les coops et au niveau des
coops fédérales, en ce moment, qui sont en fin de convention. Ce sont des
revendications importantes qu'on a, nous, face au gouvernement fédéral, de nous
aider, de continuer, O.K., à donner ce qu'on
appelle de l'aide à la personne, aux familles, en tout cas, les plus démunies
qui sont dans nos coopératives d'habitation fédérales.
Le Président (M. Cousineau) :
Oui, M. Tremblay, un complément de réponse?
Tremblay (Éric) : Peut-être
simplement ajouter qu'au-delà de l'aide gouvernementale, que ce soit à la
pierre ou à la personne,
concrètement — puis on
le vit, là, quotidiennement — dans une coopérative d'habitation, comme les
décideurs sont les locataires, il y a une
pression quand même assez forte pour que les loyers demeurent bas. Donc, les
gens qui sont sur le conseil
d'administration d'une coopérative d'habitation sont les locataires, alors ils
vont... Même des fois il faut leur
donner une petite poussée dans le dos pour qu'ils augmentent les loyers. Donc,
c'est un mécanisme naturel qui permet
de maintenir abordable, là, de façon... dans une logique, là, tout à fait
naturelle, et indépendamment, là, de l'aide financière.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. Tremblay. M. le député de Johnson.
Lamontagne : Oui. Dans ce contexte-là toujours puis dans un contexte
de pérennité de cette activité-là, à un moment donné, quand on arrive au bout de... tu sais, les fenêtres, tu
sais, le plan d'entretien de ces bâtisses-là, on a dans la loi... on
vient raffermir encore l'encadrement un peu, l'obligation d'à tous les cinq ans...
l'obligation de rapporter annuellement où on
en est là-dedans, et tout ça, mais, de par le fait qu'on maintient bas les
coûts, de par le fait qu'on va avoir
une problématique peut-être de subvention à la personne, là, comme vous
mentionnez, d'assurer la pérennité, dans un contexte d'affectation, là, sociale et communautaire, de tous les
plans d'entretien, et tout ça, là, est-ce que tout ça, ça s'additionne,
puis tout ça va fonctionner puis...
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Rouleau.
Rouleau (Jocelyne) : On a effectivement présentement, en tout cas,
toute une organisation, des centres de services,
O.K., sur lesquels on oblige, en tout cas, les coops d'habitation à faire faire
des inspections aux cinq ans. On tente
le plus possible, en tout cas, je veux dire, qu'ils restent en lien avec nous
pour qu'on leur donne des services. On est conscients qu'il y a certaines
coopératives qui sont en dehors, en tout cas, du mouvement, qu'il est plus
difficile pour nous à contrôler, mais
on pense que la loi effectivement, en tout cas, au moins, je vous dis, va nous
donner, en tout cas, certaines façons, O.K., de les interpeller, ce
qu'on n'avait pas du tout avant.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Johnson.
Lamontagne : Bien... Oui, excusez-moi, M. le Président. Ma question,
pour aller un petit peu plus loin : On est arrivé au bout du contrat, on veut s'assurer de la préservation du
patrimoine. On veut s'assurer que, si c'est aliéné, c'est toujours dans un contexte où on préserve
l'affectation sociale et communautaire. On veut s'assurer aussi que les gens
ont des plans de rénovation, et tout ça, et
d'entretien. Par contre, le fait que le contrat se termine, on n'est plus sûr
des montants d'argent qui vont
permettre de maintenir les loyers si bas. Alors, aujourd'hui, d'obliger tout ça
en ne sachant pas si les argents vont être là, ça ne peut pas poser un
problème aux...
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Rouleau.
Rouleau (Jocelyne) : La seule chose qui est dommage dans ça, c'est
qu'il est possible que les familles les plus pauvres... Parce que, moi, comme je vous dis, là, les coopératives
d'habitation vont toujours rester avec du logement très abordable. Ce
qu'ils n'auront plus, si jamais ça arrive, O.K., ce seraient des subventions
qui sont des subventions indépendantes,
O.K., pour maintenir dans ces lieux-là un pourcentage, O.K., de familles à
très, très faibles revenus. Alors, à
ce moment-là, la chose qu'il y a effectivement, c'est que ces gens-là devront
probablement quitter la coopérative, ce que nous, en tout cas, on ne souhaite pas, mais la coopérative restera
toujours un logement très, très abordable. Mais c'est possible que des
personnes perdent des subventions, effectivement, à la personne.
Comme je vous
dis, nous, en ce moment, on est en bataille, en tout cas, pour que ça n'arrive
pas, pour qu'effectivement on garde,
en tout cas, ce caractère-là, parce qu'en ce moment, dans les coopératives, il
y a entre 15 % et 50 % des gens qui reçoivent des subventions
à la personne.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Johnson, il reste 1 min 10 s.
M. Lamontagne : Bien, ça va pour moi
pour tout de suite, M. le Président, oui.
Le Président (M. Cousineau) :
Ça va, M. le député de Johnson? Alors, je passerais maintenant la parole à M.
le ministre, en vous rappelant qu'il reste 12 minutes à votre formation politique.
M. Daoust : Merci, M. le Président. Écoutez,
considérant que, la
partie qui vous touche, du projet de loi, les amendements
que nous y apportons semblent vous satisfaire, un peu en accord avec, je pense,
les deux oppositions à l'effet qu'on constate que vous semblez être satisfaits avec l'approche que nous
préconisons, je ne pense pas que, de notre côté, il y ait lieu d'aller
plus loin, alors je voulais simplement vous remercier.
Le Président
(M. Cousineau) : D'accord.
Merci, M. le ministre. Alors, Mme Rouleau, M. Tremblay, merci
pour votre présentation.
Je suspends
les travaux quelques minutes pour permettre au prochain groupe, La
Coop fédérée, de prendre place.
(Suspension de la séance à 13 h 12)
Président (M. Cousineau) : Nous reprenons nos travaux. Bon, j'ai besoin d'une petite... d'un consentement parce que nous avons dépassé
13 heures. Et puis normalement nous avions l'ordre de la Chambre pour
2 h 15 min. Nous sommes
sur le 2 h 15 min, mais on nous dit qu'il faut quand même
avoir un consentement parce
que nous avons dépassé
13 heures. Est-ce qu'on a un consentement? Merci. Consentement. Ça va très
bien.
Alors, nous
allons passer maintenant à La Coop fédérée avec M. Richard puis
Jean-François Harel, M. Harel. Et puis,
même chose, vous avez 10 minutes de présentation, et nous distribuerons
40 minutes selon la même distribution que tantôt, c'est-à-dire 20,
12, huit. Alors, à vous la parole.
M. Richard
(Denis) : Merci, M. le
Président. Alors, membres de la commission,
j'aimerais d'abord vous remercier pour cette invitation à participer à ces consultations particulières et
auditions publiques sur le projet de
loi n° 19. J'aimerais
aussi saluer le travail du gouvernement québécois dans ses efforts visant à améliorer et à parfaire
la
Loi sur les coopératives.
L'Alliance
coopérative internationale afin d'une amélioration du cadre législatif coopératif, une de ses cinq priorités
de son plan d'action pour une décennie coopérative. Nous ignorons souvent ou nous
l'oublions parfois, mais il est utile de se rappeler que le Québec possède l'une des meilleures lois coopératives au
monde. Notre
Loi sur les coopératives
est une loi qui suscite l'intérêt de plusieurs gouvernements et qui sert de
modèle à plusieurs Parlements nationaux dans le façonnement de leur
propre encadrement sur la loi coopérative. Nous accueillons donc favorablement
cette initiative du gouvernement qui cherche
à consulter les différents intervenants du milieu afin de mettre à jour cette
loi dans un esprit de collaboration et d'équité. Je me permets de remercier
les députés de l'Assemblée nationale du Québec et leurs employés, qui, au fil des ans, ont toujours su
permettre aux différents intervenants du milieu coopératif de se faire entendre
sur des sujets et des
enjeux qui leur étaient chers.
Malgré les différents débats qui peuvent parfois
enflammer le salon bleu, le modèle
économique et social coopératif bénéficie généralement d'une écoute et d'une
attention libres de partisanerie, et
qui appelle, par sa nature, à la collaboration sans réserve les différentes
formations politiques, et nous vous en sommes reconnaissants.
Comme
certains d'entre vous le savez sûrement, La Coop fédérée est la plus grande
entreprise agroalimentaire au Canada.
Son réseau s'étend dans les quatre provinces... les quatre coins du Québec et
de la coop Nouveau-Brunswick jusqu'à
la province de l'Alberta. La Coop fédérée et son réseau représentent
80 coopératives affiliées, 16 000 emplois, 8 milliards de chiffre d'affaires, mais
surtout, La Coop fédérée, c'est plus de 100 000 membres qui
s'unissent et permettent à la vie coopérative
de grandir, de s'épanouir, de s'enrichir et de pérenniser la voie coopérative.
Et l'ensemble des régions du Québec
profitent de La Coop fédérée. Et, à ce titre, j'en profite pour vous souligner
que notre entreprise fêtera cette année
son 92e anniversaire, ce qui fait de La Coop fédérée l'une des plus
anciennes entreprises toujours en fonction au Québec.
En ce qui a
trait, maintenant, à la consultation sur le projet de loi n° 19,
d'entrée de jeu, je tiens à souligner que, pour les coopératives agricoles, le projet de loi, tel qu'il est
présentement proposé, reçoit un accueil favorable général de la part de La Coop fédérée et de son réseau.
Peu de mesures du projet de loi ont un impact significatif sur les coopératives
agricoles, mais l'ensemble des dispositions
mises de l'avant semblent répondre aux attentes des différents intervenants
et partenaires du milieu coopératif agricole.
Soulignons
toutefois certains éléments du projet de loi qui ont plu de façon plus
spécifique au réseau des coopératives
agricoles. Ainsi, l'article 41 du projet de loi qui suggère que la
désaffiliation d'une coopérative auprès de sa fédération nécessite une résolution de l'assemblée générale et non
uniquement une décision de son conseil d'administration est jugé très
positivement par notre réseau de coopératives. Cette nouvelle mesure
législative accordera davantage de pouvoir
aux membres d'une coopérative, qui se verraient accorder un droit additionnel
dans la détermination de l'identité associative
de leur entreprise. Cette orientation du ministre reconnaît une importance
additionnelle à l'assemblée de ces membres. C'est une mesure en soi
louable, à notre avis, et très importante.
Nous
souhaitons aussi saluer les orientations du ministre sur certains amendements,
comme par exemple la visée de
l'article 7 et de l'article 12 du projet de loi, qui accordent des
délais plus importants entre la date de la tenue de l'assemblée générale
et la date de la production du rapport annuel, et la date de fin de l'exercice
financier. Pour une coopérative de la taille
de La Coop fédérée, cette mesure constitue, à notre avis, une mesure utile et
un effort important afin d'accorder
une plus grande latitude aux entreprises coopératives dans l'exercice de leurs
opérations. De plus, cette mesure
s'inscrit dans un effort d'harmonisation du législateur afin de mettre à niveau
la Loi des coopératives avec la Loi des sociétés par actions du Québec.
Cependant, si ce projet de loi nous rassure
quant à l'engagement du gouvernement dans le renouvellement de l'amélioration de notre cadre législatif, il
demeure que certains autres enjeux économiques méritent notre attention... ou
votre attention, entre autres le cas de
l'appui à l'engagement... l'engagement du gouvernement à maintenir la présence du Régime d'investissement coopératif et de
ristournes à impôt différé. Ces dossiers demeurent des enjeux très importants
pour nos membres et pour la communauté des coopératives agricoles. Dans la foulée des mesures de redressement
des finances publiques actuelles, nous espérons que ces derniers
demeureront une priorité du gouvernement dans le soutien de l'économie québécoise.
Je vous
invite à prendre connaissance de l'excellent mémoire déposé par le CQCM à la
commission sur la fiscalité sur cette
question pour juger des retombées positives et des mesures sur la
capitalisation des coopératives. Et je vous le mentionne considérant que ces questions pourraient relever un jour de
l'attention et de l'étude de cette présente commission. Alors, à cet effet, nous espérons pouvoir
participer et contribuer à la continuation de ces importantes mesures qui ont
su faire leurs preuves autant du point de vue économique que social au fil des dernières années. Cela dit, dans ces
dossiers comme dans l'ensemble des
dossiers qui ont un impact sur les coopératives québécoises, nous demeurons
convaincus que le législateur québécois au même
titre que les différentes formations politiques qui composent l'Assemblée nationale sauront
accorder et renouveler leur appui afin de permettre à notre modèle d'affaires
de grandir, de créer davantage de richesse pour nos membres et pour les Québécois
des quatre coins du Québec.
Nous vous
remercions de votre attention. Et il me fait un plaisir de répondre à vos
questions ou aux commentaires que vous jugerez bon.
Président (M. Cousineau) : Alors, merci, M. Richard, pour votre présentation. Alors, nous
allons débuter la période d'échange
avec les parlementaires, toujours en rappelant la distribution de 20 minutes
pour les parlementaires du
groupe ministériel, 12 minutes pour le parti de la première
opposition et huit minutes pour la deuxième opposition. Mais je préférerais qu'on passe le bloc au complet, parce que,
là, on a de la difficulté, à un
moment donné, à tenir le temps.
Donc, on vous laisse aller pour votre 20 minutes.
Daoust : Alors, écoutez, je
sais que, par l'entremise du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, vous avez contribué à la réflexion qui a amené à
ce projet de loi là. En fait, de ce côté-ci de la table, on
a une question simplement,
c'est : Est-ce qu'à votre avis
les dispositions du projet de loi protègent l'authenticité coopérative qui est
chère au secteur agricole? Est-ce
que, dans le fondamental... Est-ce que ça protège l'authenticité coopérative,
ça, au fondamental? On vous... Moi, je vous écoute.
Le Président (M. Cousineau) :
M. Richard, à vous la parole.
M. Richard (Denis) : Merci. Alors, comme vous l'avez vu, j'ai essayé
d'être très rapide pour essayer d'économiser de votre temps.
Effectivement, je
pense que, surtout la désaffiliation des coopératives, que ce soit une décision
d'assemblée générale met à l'abri parfois
des décisions qui pourraient être prises hâtivement et pas nécessairement dans
l'intérêt de tous les membres, de
permettre aux membres de mesurer les enjeux et de prendre une décision plus
éclairée. Alors, ça, pour les coopératives agricoles, on pense que ça a une
importance, d'améliorer la vie coopérative.
comme on le disait aussi, le délai pour les assemblées générales, la complexité
des entreprises coopératives agricoles, aujourd'hui la
loi nous exige de rentrer dans quatre mois après la fin d'exercice plutôt que
six comme les entreprises à capital-actions. C'est un irritant souvent et
ça nous oblige à des gymnastiques ou à pousser très fort ou très rapidement
pour la vérification des livres des coopératives.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
M. Daoust :
Alors, écoutez, La Coop fédérée, comme je le disais, ayant contribué par
l'entremise du Conseil québécois de la
coopération et de la mutualité et... Ils ont contribué au projet de loi. Alors,
ce que nous déposons comme projet de loi,
il semble y avoir une concordance avec ça. Alors, on va considérer, de ce
côté-ci de la table, que notre temps est épuisé.
Le Président (M.
Cousineau) : D'accord. Donc, il n'y a pas d'autre député qui
veut... Non? Alors, très bien, M. le ministre.
Donc, je passerais la parole au député de Saint-Jérôme, en vous rappelant que
vous avez une période de 12 minutes.
Péladeau : Merci beaucoup, M. le Président. Merci beaucoup, messieurs,
d'être avec nous cet après-midi.
Vous
le savez, ce n'est pas toujours fréquent d'avoir l'occasion, donc, de se
pencher sur des modifications législatives.
Vous l'avez mentionné, le mouvement coopératif et La Coop fédérée existent
depuis 92 ans, si j'ai bien compris. À quelque part, le mouvement coopératif aussi est une... C'est sûr que
ce n'est pas une exception, mais il y a comme une singularité au Québec, hein, le mouvement
coopératif. On connaît notre histoire, nous avons été obligés de nous entraider.
Évidemment, on ne parlera pas de Desjardins, mais c'est certain que ça
représente un symbole.
Donc,
à cet égard, puisque le mouvement coopératif constitue une singularité, au
Québec, et que nous n'avons pas
nécessairement fréquemment l'occasion de nous pencher sur des modifications
législatives, le ministre a mentionné que
vous étiez
partie à toute cette consultation, est-ce que serait également venu
le temps de dire... Est-ce que ça
rencontre les objectifs? Est-ce qu'il y a d'autres éléments que vous auriez souhaité, le cas échéant, mettre
de l'avant et informer les parlementaires pour que justement nous puissions faire notre travail le plus
efficacement possible et rencontrer vos expectatives et vos espérances,
le cas échéant?
Le Président (M.
Cousineau) : M. Richard.
Richard (Denis) : Comme le ministre
l'a dit, La Coop fédérée est un membre actif au CQCM, on a participé à la démarche. On a de temps à autre, avec le gouvernement, des échanges pour... on a eu l'occasion d'expliquer souvent les particularités des coopératives agricoles dans la
Loi des coopératives, et le projet de
loi, à l'heure actuelle, répond à nos
demandes, à l'heure actuelle.
que j'ajoutais tout à l'heure sur les particularités fiscales qui nous ont été
données à travers le temps et que vous allez plutôt... que le CQCM va
vous expliquer tout à l'heure, c'est important pour nous que le législateur
soit conscient que c'est une mesure de développement économique régional qui est très peu coûteuse et très
efficace pour les coopératives qui sont membres de La Coop fédérée.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. Richard. M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Effectivement, j'allais poser la question.
Concernant, donc, la référence que
vous avez faite au mémoire que vous
avez déposé, est-ce que vous pourriez nous en donner peut-être
davantage? J'ai cru comprendre que des fois le ministre,
sur les crédits d'impôt et sur ces questions-là, avait des réflexions, des
réflexions ouvertes. C'est certainement fort intéressant aussi, en ce qui nous concerne, d'avoir votre
opinion, parce qu'effectivement, vous
venez de le mentionner, l'activité
économique du mouvement coopératif et du développement régional est très
présente, et, vous pouvez vous en
douter, c'est une préoccupation de notre formation politique. Et, à cet égard,
ce serait fort intéressant de vous entendre à ce sujet.
Le Président (M.
Cousineau) : M. Richard.
Richard (Denis) : Le Régime d'investissement coopératif, ça se compare
un peu comme à un REER. Bien, pas exactement, là, mais ça vient en complément.
Ça permet aux employés des coopératives agricoles d'investir une
partie de leurs économies dans la coopérative où
ils travaillent. Avec cet investissement-là, la coopérative réussit à améliorer
ses ratios financiers, et ça nous permet
souvent, comme levier économique, de pouvoir faire plus d'investissement dans
le milieu.
Alors,
les membres laissent une
partie des trop-perçus ou des ristournes qui sont
payées, mais ça permet aussi aux
employés et aux membres qui le désirent de réinvestir dans la coop, avec, bien
sûr, un avantage fiscal par le gouvernement
qui nous permet, je dirais, d'avoir un meilleur incitatif, parce que c'est
aussi un capital de risque, et les employés
ou les membres de la coopérative agricole qui rajoutent de l'argent dans
l'équité de l'entreprise prennent un risque
avec un capital qui ne peut pas, je dirais, là, s'augmenter comme dans une
entreprise à capital-actions. Alors, un investissement de 100 $ dans une coop, même s'il est à risque, il
va demeurer à 100 $, il n'y aura pas de rendement si la coopérative
réussit à bien performer. Alors, l'incitatif est important.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Donc, je comprends qu'effectivement un incitatif fiscal
permet certainement l'investissement, qui pourrait alors avoir comme conséquence le maintien d'une productivité
par le biais d'un investissement en équipement qui pourrait suivre ou
rencontrer ces objectifs.
Est-ce que justement, si on devait changer la
fiscalité à cet égard, vous croyez que ça pourrait être néfaste et
préjudiciable au maintien des exploitations agricoles et leur profitabilité?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Richard.
M. Richard (Denis) : Ça va surtout
nuire au développement des coopératives agricoles. C'est un outil de capitalisation qui a fait ses preuves dans les
dernières années, ainsi que le report d'impôt sur les ristournes non payées.
Ces deux outils-là ont permis à nos
coopératives d'avoir des projets d'investissement beaucoup plus, je dirais, en proportion avec avant l'arrivée du Régime d'investissement coopératif... les coops ont beaucoup plus investi, se sont beaucoup
plus développées dans les dernières années que la période avant, toutes
proportions gardées, là, avec l'entreprise, là. C'est vraiment un incitatif important
pour beaucoup de monde.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Justement,
dans la foulée de mon préambule, nous mentionnions l'importance du développement régional et nous mentionnions
l'importance du mouvement coopératif. Vous me direz, M. le Président, si je
suis hors d'ordre, là, mais il y a
un phénomène qui est en train de se produire au Québec, certains l'appellent
l'accaparement des terres agricoles.
Il y a l'UPA qui s'est prononcée sur cette question. Est-ce que
vous croyez que ce phénomène pourrait être
préjudiciable au développement coopératif et au développement régional dans les
années qui viennent, si ce phénomène devait s'amplifier? Parce que...
Alors, à ce moment-là, est-ce
qu'il va y avoir des incitatifs aux
exploitations agricoles de joindre le mouvement coopératif de
La Coop fédérée et/ou d'autres coopératives agricoles?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Richard.
M. Richard
(Denis) : Les coopératives
agricoles sont le reflet de leurs membres. Maintenant, si vous me posez
la question comme représentant de La Coop fédérée, la grandeur et la
propriété des terres, pour les membres, ce n'est pas important, mais, comme citoyen, c'est sûr que je préfère que ce soient des Québécois
qui soient propriétaires des terres que
des gens de d'autres nationalités, pour des buts qui pourraient peut-être
nuire au développement de la communauté québécoise. Alors, tous
les moyens que le gouvernement pourrait mettre en place pour s'assurer que le
fonds de terre québécois reste dans les mains des Québécois,
pour qu'il soit utile pour l'économie et le bien-être des Québécois, vont être salués par La Coop fédérée.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Parce qu'effectivement, si un phénomène de cette
nature devait se poursuivre, ça ne veut pas dire que, tu sais, la
propriété des terres agricoles va changer de main...
Le Président (M. Cousineau) :
Un instant. M. le député de Jean-Lesage avait un point d'ordre.
M. Drolet :
C'est parce qu'on sort du projet de loi comme tel. On pourra peut-être reparler
de ça dans une autre occasion, mais
je pense que ce n'est pas le propre de la mesure aujourd'hui de s'adresser à
La Coop fédérée de ce dossier-là.
Président (M. Cousineau) : Oui. Bien, moi, je vous dirais que
le député de Saint-Jérôme s'adresse à M. Richard,
de La Coop fédérée, et puis en tout cas je ne calcule pas de dommage, là,
il n'y a pas d'insulte à personne. Vous pouvez continuer. Moi, je ne
vois pas de problème, M. le député de Jean-Lesage.
M. Péladeau :
Merci, M. le Président. Simplement peut-être pour contextualiser, parce que
nous faisons le travail de
parlementaire pour, justement, améliorer le sort des institutions qui existent
au Québec. Et, encore une fois, le mouvement coopératif est très
important. Ça ne servirait à rien de changer une
loi sur le mouvement
coopératif si effectivement il devait
disparaître dans les années qui viennent. Donc, c'est utile et certainement
enrichissant de s'interroger et de partager sur l'avenir du mouvement coopératif.
Et, à cet égard-là, pour
terminer — je serai
très bref, M. le Président — c'est qu'on peut... C'est certain que des
transactions, si elles devaient se produire,
tu sais, ne participeraient pas immédiatement à l'aliénation des propriétés à
des étrangers, mais plus on va
constituer des entreprises qui vont avoir un fonds de commerce, un fonds de
terre important, plus elles vont
aussi éventuellement intéresser les entreprises d'origine étrangère. Parce
qu'il y a une spécificité au Québec quand même. Et, contrairement,
mettons, aux États-Unis, où est-ce qu'il y a de très grands propriétaires
terriens, des entreprises comme Cargill, je
pense que nous ne souhaitons pas, dans la perspective où nous voulons maintenir
la richesse et la force du mouvement
coopératif, que ce genre de phénomène vienne justement créer un état de fait
qui va intéresser toutes sortes
d'intérêts économiques à acquérir, justement, notre agriculture que nous avons
développée depuis de très nombreuses décennies, pour ne pas dire des
siècles, même.
Le Président (M.
Cousineau) : M. Richard.
M. Richard
(Denis) : Bien, comme président de La Coop fédérée, je vous le
disais tout à l'heure, on n'a pas d'influence
sur le comportement de nos membres, la façon de faire les affaires, on ne peut
pas intervenir. On est là pour regrouper leurs besoins, réussir à
améliorer leur efficacité comme entreprise, mais pas sur...
Alors,
la propriété du fonds de terre ne peut pas interpeller La Coop fédérée, on
est interpellés seulement comme citoyens.
C'est sûr que, La Coop fédérée, nos membres sont des citoyens du Québec.
Alors, comme citoyens du Québec, c'est
préoccupant de savoir que le fonds de terre, qui est l'outil de la plupart de
nos membres, risque peut-être d'être moins disponible pour nos membres. C'est un risque. On n'a pas encore... ce
n'est pas encore terminé. Alors, on a une opinion, on surveille. À
l'heure actuelle, nos membres ne sont pas encore menacés, mais c'est un dossier
qui est quand même préoccupant, d'intérêt
public. Mais pas dans nos fonctions de représentation de nos membres, puisqu'on
ne peut pas... on n'intervient jamais dans la façon dont nos membres se
comportent avec le fonds de terre.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. Richard. Il reste une
minute à la partie... l'opposition officielle. Non? C'est terminé? Oui.
M. Péladeau :
Je remercie donc ces messieurs qui sont venus témoigner cet après-midi en
commission parlementaire. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le député de Saint-Jérôme. Alors, je
passe maintenant la parole à M. le député de Johnson. Vous avez huit minutes.
Lamontagne : Merci, M. le Président. Messieurs, au niveau... de ce que je comprends,
par rapport au projet de loi n° 19, les commentaires que vous avez à faire, ça touche surtout la
gouvernance. On a parlé des délais au niveau des assemblées qui doivent être tenues, qui sont portés de quatre mois à
six mois; après ça, la production des rapports. Vous avez passé aussi au
niveau du fait que maintenant une demande de désaffiliation va devoir être
entérinée par l'assemblée générale de la coopérative.
Est-ce
qu'il en serait la même chose au niveau de l'affiliation à une fédération? Ce
serait le même principe ou...
M. Richard
(Denis) : Pour...
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, M. Richard.
M. Richard
(Denis) : Merci, M. le Président, j'attendais. Pour ce qui est de
l'affiliation, on n'a pas vraiment d'opinion,
pas... C'est sûr que, dans un geste démocratique, je pense que ce serait de
bonne gouvernance que le conseil d'administration consulte l'assemblée
générale avant de s'affilier à une fédération.
Lamontagne : Selon vous,
qu'est-ce qui pourrait faire qu'aujourd'hui, mettons, ce n'est pas demandé à une assemblée générale pour une affiliation, que, là,
on viendrait demander à l'assemblée générale pour une désaffiliation?
Qu'est-ce qui pourrait expliquer ça?
Le Président (M.
Cousineau) : M. Richard.
Richard (Denis) :
L'affiliation, souvent, même si elle n'est pas d'une consultation formelle dans
une assemblée générale, elle a fait
partie souvent d'une consultation informelle, parce que c'est dans l'intérêt
des membres d'aller plus loin. Alors, le conseil d'administration a
souvent fait une consultation informelle.
Maintenant,
pour une désaffiliation, je pense que c'est mieux une consultation formelle, à
ce moment-là, parce que, là, il y a,
je dirais, un bris d'orientation de l'entreprise. Et les membres, je dirais, qui
ont adhéré à la coopérative ont adhéré
en sachant qu'elle faisait
partie d'une fédération, peu importe la fédération.
Alors, avant de changer l'orientation de
l'entreprise, je pense que le minimum, c'est de consulter les membres. Ça
permet d'avoir une meilleure implication démocratique.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député.
Lamontagne : ...en réalité,
quand on forme une coopérative, en réalité, déjà il y a des discussions puis on
prévoit un peu où on va s'en aller
avec ça, on va faire
partie de la fédération, ça fait que, là, il y a
comme une consultation avant que tout
ça se passe, c'est un petit peu ça que vous me dites, mais qu'une fois que le
processus est engagé et qu'ils sont en
affaires, à un moment donné, s'il y a quelqu'un qui veut changer l'orientation, à ce moment-là,
de consulter les membres, là, d'une façon formelle, ce que vous dites,
là, c'est à propos.
Le Président (M. Cousineau) :
M. Richard.
M. Richard (Denis) : Exact. Puis...
Oups!
Le Président (M. Cousineau) :
Allez-y, M. Richard.
M. Richard
(Denis) : Oui. Alors, effectivement, là, il n'y a pas d'inconvénient à ce que ce soit l'assemblée
générale qui décide de l'affiliation.
Moi, ce que je vous dis, c'est que, dans les faits, les coopératives qui
s'affilient à la fédérée ont souvent
consulté leurs membres avant, ils comprennent que c'est une orientation que la
coopérative prend, parce qu'il
des coopératives qui s'affilient à la fédérée après plusieurs années
d'existence. Ils ont essayé d'autres façons, puis un jour ils viennent à la fédérée parce que, pour
leurs affaires, pour leurs membres, c'est intéressant de s'affilier à la
fédérée.
Lamontagne : Puis, dans ce
temps-là, ces gens-là qui ont opéré des années sans, mettons, être affiliés à
fédérée, quand ils décident de
s'affilier à la fédérée, ils n'ont pas obligation... c'est le conseil
d'administration qui décide ça, puis après ça ils peuvent s'affilier à
la fédérée, ils n'ont pas besoin de se référer à leurs membres pour le faire,
M. Richard
(Denis) : À l'heure
actuelle, non, mais ce n'est pas un inconvénient qu'ils discutent avec leurs
membres avant, c'est pour ça que je dis
qu'habituellement ils ont discuté avec leurs membres. Mais, les
désaffiliations, comme elles sont moins fréquentes, on est d'avis qu'ils
doivent consulter l'assemblée générale.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Johnson.
M. Lamontagne : Au-delà des deux points de gouvernance que vous
avez soulevés, est-ce qu'il y aurait d'autres points dans ce projet de
loi là, là, que vous aimeriez aborder, ou commenter, ou...
M. Richard
(Denis) : Les différents
autres points dans le changement de loi, exemple, ce qu'apportait tout à l'heure la présidente de la confédération des coopératives d'habitation est un
point important. Pour avoir été saisi un peu de ce dossier-là il y a quelques années — j'ai
été président du CQCM — ce
sont des dossiers, pour l'image des coopératives au Québec, qui sont importants. Si des gestes sont posés où
des coopératives qui seraient... que certains individus s'accaparaient d'une
partie du patrimoine, comme
l'expliquait Mme Rouleau tout à
l'heure, l'image de la coopération
au Québec se verrait affectée de cette réputation. Alors,
c'est un dossier qui, personnellement, m'interpelle, qu'on réussisse à
trouver une façon pour ne pas dilapider le patrimoine qui a été créé à travers
les années.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Johnson.
Lamontagne : Oui, un dernier
point. Quand on parlait, tantôt, du régime d'investissement coopératif, vous
avez mentionné, naturellement, que vous invitez le gouvernement à le préserver, ne pas rien faire, mais est-ce
que vous auriez des suggestions dans
l'autre sens à faire, en termes de changements qui pourraient être faits et que vous
verriez, de nature positive, pour
améliorer davantage la capitalisation des coopératives? Verriez-vous
des... Au lieu de concentrer sur ce qu'on ne veut pas perdre, y a-t-il
des choses que vous voudriez gagner?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Richard.
M. Richard (Denis) : ...prévu cette question,
on vous aurait préparé une liste de choix que le gouvernement pourrait faire. Mais effectivement le patrimoine coopératif, au Québec, et surtout... — je connais mieux celui de l'agriculture que
les autres — avec
un coup de pouce, souvent, les entrepreneurs qui sont dans les conseils
d'administration de ces entreprises-là peuvent facilement réussir à améliorer
la situation de leurs membres et aussi participer au phénomène
de changement de génération de plusieurs de nos PME au Québec. Dans
le monde de l'agroalimentaire, il y a de plus en plus d'entreprises qui doivent passer à la génération
suivante et ne trouvent pas nécessairement preneur. Il y a de nos coopératives
qui seraient en position pour pouvoir faire l'acquisition
de ces entreprises-là, mais ça prend souvent des outils de capitalisation
pour y arriver, puisque, dans les coopératives, le capital, l'équité vient des
membres et souvent par les excédents plutôt que par des investissements faits
par les membres. Alors, des incitatifs pour inciter nos membres à rajouter de l'argent dans nos coopératives pour
pouvoir saisir des occasions d'affaires dans le changement générationnel
qu'on a au Québec présentement et qu'on
prévoit dans les 10 prochaines années, ce serait un outil important ou une
façon de faciliter cette
acquisition-là, par les coopératives, de différentes entreprises. Ce serait
bien vu, en tout cas, du monde coopératif agricole.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Johnson, il vous reste une minute.
M. Lamontagne :
Bien, ça va être tout pour nous. Merci beaucoup. C'est apprécié, merci.
Président (M. Cousineau) : Tout est sous contrôle? Parfait.
Alors, M. Richard puis M. Harel, merci pour votre présentation. Puis je remercie aussi les
parlementaires parce que nous avons très bien fait ça pour la première
partie
de notre journée de consultations,
les gens de la deuxième opposition, les gens de l'opposition officielle et puis
M. le ministre.
Alors, je suspends les travaux jusqu'à
15 heures afin de poursuivre notre mandat à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 42)
Le Président (M. Cousineau) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! À l'ordre, s'il vous plaît, votre attention!
La commission reprend ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Nous allons
poursuivre les consultations
particulières et auditions publiques
sur le projet de loi n° 19, Loi
modifiant la
Loi sur les coopératives
et d'autres dispositions législatives.
Donc, cet après-midi, nous recevons la Société d'habitation du Québec, la Fédération des coopératives
d'habitation intermunicipale du Montréal métropolitain et le Chantier de l'économie
sociale.
Donc, je
souhaite la bienvenue aux gens de la Société
d'habitation du Québec. Je vous
invite à prendre la parole puis à
présenter les gens qui sont avec vous, M. Gagnon. Vous avez
10 minutes de présentation, et par
la suite il y aura
une période de 50 minutes pour
les échanges entre les parlementaires, c'est-à-dire 25 minutes pour le parti ministériel, 15 minutes pour l'opposition officielle et 10 minutes
pour le deuxième groupe d'opposition. Alors, M. Gagnon, à vous la parole.
M. Gagnon
(Michel) : Merci, M. le Président. M. le
ministre, membres de la commission, députés. Je vais vous présenter les gens avec qui je suis
accompagné : moi, Michel Gagnon, P.D.G. de la Société
d'habitation du Québec; j'ai
Mme Lise Guillemette, qui est vice-présidente à l'administration et l'habitation
sociale; M. Jean François Arteau, vice-président au développement de l'habitation; à l'arrière, Mme Hélène Gauthier, directrice générale de l'habitation
sociale; Me Marilyn Thibault, directrice des affaires juridiques;
Me Guylaine Marcoux, secrétaire générale; et Me Martin Zaccardelli,
qui est notaire chez nous. Je vous
remercie de nous avoir invités, la Société d'habitation, à participer à cette
consultation.
D'emblée, je
tiens à vous préciser que l'analyse effectuée par notre équipe touche les
articles 31 et 33 du projet de
loi, soit les articles qui concernent les coopératives d'habitation. Ces
articles vont introduire dans la loi des mesures de protection du patrimoine des coopératives d'habitation dont un
immeuble a été construit, acquis, restauré ou rénové dans le cadre d'un programme gouvernemental d'aide
à l'habitation. Ces nouvelles dispositions vont notamment améliorer les mécanismes visant à préserver la vocation
sociale ou communautaire des immeubles des coopératives d'habitation en faisant en sorte que l'autorisation du ministre
soit nécessaire pour procéder à l'aliénation de tels immeubles ou à la
modification de leur affectation.
Comme vous le
savez sans doute, les coopératives d'habitation sont des partenaires importants
de la société. Elles contribuent à
notre mission qui est de favoriser l'accès des citoyens à des conditions
adéquates de logement. Depuis 1967, la
société aide les ménages à faibles revenus à améliorer leurs conditions de
logement. Globalement, la société aide 230 000 ménages qui profitent annuellement
de nos programmes et qui habitent dans l'un des 105 000 logements
sociaux et communautaires. Parmi nos
clientèles, nous comptons de nombreuses familles, des personnes âgées, des
personnes handicapées et des autochtones.
En 2014‑2015,
la société dispose d'un budget de plus de 1 milliard de dollars et compte
sur l'appui de 400 employés. Au
Québec, il existe près de 1 300 coopératives d'habitation qui offrent
à la population québécoise plus de
28 000 logements. Il existe plusieurs types de coopérative
d'habitation. Certaines sont très petites, des coops, avec une dizaine de logements à peine, et il y en a aussi
des plus grandes qui comptent environ 250 logements. Comme vous voyez,
le modèle coopératif permet à des milliers
de ménages de profiter d'un logement de meilleure qualité et d'un milieu de vie
enrichissant où l'entraide et la coopération occupent une place importante dans
leur milieu de vie.
coopératives d'habitation constituent un parc de logement abordable qui a été
réalisé en grande
partie grâce à des
investissements publics considérables effectués au cours des années. En fait,
au Québec, 95 des coopératives d'habitation sont financées par la Société d'habitation du Québec et/ou par la
Société canadienne d'hypothèques et de logement. Les autres coopératives, soit 5 % du parc, ont
été construites par des groupes privés et n'ont bénéficié d'aucune subvention.
Chaque année,
des sommes considérables sont investies par le gouvernement du Québec pour
créer des logements communautaires et
abordables et pour entretenir notre parc d'habitations à loyer modique. À
titre
d'exemple, en 2014‑2015, c'est un
montant de 533 millions qui sera investi jusqu'à la fin de l'année 2015.
Le Québec possède donc un patrimoine collectif
important qui s'enrichit chaque année de nouveau. Notre rôle est d'assurer la
pérennité de ce parc de logement et de veiller à ce que les générations
futures puissent également en profiter.
Il faut
également tenir compte du fait que la majorité des conventions concernant
l'aide financière consentie aux coopératives
d'habitation, qui reçoivent annuellement un financement conjoint
fédéral-provincial, arriveront à échéance au cours des prochaines décennies. En effet, d'ici 2024, près de
700 coopératives d'habitation verront l'entente qu'ils ont ratifiée avec les organismes publics arriver à terme. Cela
représente plus de la moitié du parc de logement coopératif québécois, c'est-à-dire, ce que je vous disais
tout à l'heure, 1 300. Une fois les conventions terminées, ces
coopératives n'auront aucune
obligation de maintenir le caractère collectif des immeubles ni leur vocation
sociale. À la fin de ces ententes, le
parc immobilier coopératif sera donc plus vulnérable à des tentatives de
privatisation et de détournement du caractère social de ces actifs
collectifs.
Présentement,
nous travaillons en collaboration avec les confédérations québécoises et les
coopératives d'habitation elles-mêmes afin de faire en sorte que les
projets développés sous un modèle coopératif puissent conserver leur vocation. Advenant qu'une coopérative doive faire
cession de ses actifs, une procédure existe à la société afin d'assurer que cette coop transfert ses actifs à une coop
d'habitation, à un OSBL ou à un office d'habitation, et cela, sur une base
volontaire. Ça fait qu'il n'y a pas d'encadrement légal, c'est simplement sur
une base volontaire. C'est la raison pour laquelle la société a collaboré avec
le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Exportation à la rédaction
de certaines dispositions introduites par
les articles 31 à 33 dans le projet de loi. Nous croyons que le
renforcement de ces mesures de
protection du parc de logement coopératif préservera le caractère collectif de
ces actifs et la destination sociale de ces immeubles tout en évitant
d'avoir recours aux tribunaux pour contrer les tentatives abusives
d'appropriation.
Par le biais
des nouvelles dispositions, toute aliénation par la coopérative de l'immeuble
d'habitation ainsi que tout
changement de la vocation sociale ou communautaire de la coopérative nécessiteront
une autorisation du ministre de
l'Économie, de l'Innovation et des Exportations. Donc, peu importe que la
convention d'exploitation entre la coopérative et l'organisme qu'on subventionne soit arrivée à échéance ou non, peu
importe que le programme de subvention soit de Québec ou fédéral, peu importe qu'il s'agisse d'un programme couvrant la
réalisation ou l'exploitation de l'immeuble, l'autorisation du ministre sera nécessaire. Celle-ci pourra s'assurer
que l'acquéreur est qualifié, qu'il s'engage à maintenir la vocation
sociale ou communautaire de l'immeuble. Par ailleurs, le ministre pourra voir
si la contrepartie offerte est suffisante et fixer des conditions.
Pour toutes ces considérations, nous sommes
favorables aux nouvelles dispositions du projet de loi. Celles-ci permettront notamment d'éviter qu'une coopérative
d'habitation cède dans le seul intérêt de certains individus, pour une
contrepartie insuffisante, et ce, sans que la vocation sociale ne soit
protégée, un immeuble d'habitation ayant bénéficié de subventions gouvernementales. Il nous apparaît
opportun que le gouvernement du Québec, qui poursuit ses investissements
dans les logements abordables, préserve
aussi les investissements passés et destinés à plusieurs générations de personnes
dans le besoin. Voilà pourquoi la Société
d'habitation du Québec appuie le projet de loi n° 19, qui aidera à
protéger le patrimoine coopératif,
acquis et maintenu en grande
partie grâce aux sommes investies par l'État, et
qui permettra d'assurer l'avenir des prochaines coopératives
d'habitation et de nos ménages à faibles revenus. Merci de votre collaboration.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. Gagnon, pour votre
présentation. Nous allons maintenant débuter la période d'échange avec
M. le ministre. M. le ministre, vous avez 25 minutes.
Daoust : Oui, merci, M. le Président. Je ne prendrai pas ce temps-là
parce que... D'abord, je tiens à remercier les représentants de la Société d'habitation du Québec pour le support
qu'ils nous ont donné, la collaboration pour élaborer les dispositions
du projet de loi au sujet de cette refonte-là, la
Loi sur les coopératives.
J'aimerais ça...
En fait, j'ai deux, trois points que j'aimerais discuter avec vous. Le premier,
c'est que, comme vous l'avez appuyé
et vous semblez en faveur avec le contenu des amendements, ce que j'aimerais
que vous élaboriez un peu, c'est les
avantages que vous y voyez. Parce qu'actuellement, vous savez, on ne fait pas
ça pour rien, ce changement-là. Vous
avez contribué beaucoup à apporter des modifications. Alors, les grands
avantages que vous y voyez, ce sont lesquels?
M. Gagnon
(Michel) : Bien, un des
avantages, c'est le patrimoine des coopératives, des logements. Au fil des ans,
si on parle d'investissements que l'on fait
dans ces logements-là, on parle d'environ 25 millions par année. Et, quand
on parle de construction de ces
logements-là, dans les 10 dernières années, c'est 424 millions. Ça
fait que c'est un patrimoine important.
Ça loge des gens qui sont à faibles revenus, ça fait qu'il est important de
garder ce parc-là, là, à la disponibilité de ces gens-là. Dans l'éventualité qu'il n'y a pas de paramètres puis
les paramètres actuels sont sur une base volontaire, on perd ça, exemple, parce que l'immeuble pourrait
se transférer en condos, ces gens-là seraient évacués de leurs logements,
ça fait qu'il y aurait une problématique,
là, vraiment peut-être qui ne serait pas tellement intéressante pour cette
classe de gens là. Ça fait que la loi
va encadrer ça puis va garantir aussi le côté social et communautaire de ces
immeubles-là. Puis en même temps on va garder... Autrement dit, nos
investissements vont être protégés.
M. Daoust : Maintenant, M. le
Président... Je peux continuer? Oui?
Le Président (M. Cousineau) :
Oui, oui, c'est...
Daoust : Alors, écoutez, l'autre chose, c'est que le gouvernement du
Québec, quand même, contribue, à travers les différents gouvernements y
a contribué. Parce que, pour voir un peu l'ampleur du problème qu'on tente de
régler, c'est important de comprendre ce qu'est l'apport. S'il y a une
plus-value qui est ajoutée à ces immeubles-là parce que le gouvernement y a contribué, bien on ne voudrait
pas que les partenaires, les coopérateurs, appelons-les comme ça, décident de faire des condos avec ça puis se
sauvent avec l'argent, là. L'ampleur de ce que... on parle de combien? Est-ce
que vous avez une idée des chiffres?
M. Gagnon
(Michel) : ...des coopératives?
M. Daoust : Non, mais de l'apport
gouvernemental du Québec dans ça.
M. Gagnon
(Michel) : Bien, l'apport,
comme je vous ai dit tout à l'heure, regardez, pour les bâtir, là, si on parle
depuis 1997, le gouvernement a investi 424 millions.
M. Daoust : Et ça, c'est l'apport du
gouvernement.
M. Gagnon (Michel) : Oui.
M. Daoust : O.K. Alors, ça...
M. Gagnon
(Michel) : Puis l'apport du
gouvernement aussi, quand on parle de déficit d'exploitation, là, puis de
programme ou... à chaque année, là, c'est un
ordre de grandeur d'à peu près 25 millions par année qu'on investit. C'est
à part de la construction, là.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Daoust : O.K. Le dernier point que je voudrais couvrir avec vous,
monsieur, c'est qu'il y a une entente sur le logement social qui a été signée avec le fédéral qui va venir à
échéance. Les risques qu'il y a à l'intérieur de tout ça ou le... qu'est-ce que
ça veut dire pour vous autres, ça, dans le moment? Puis est-ce que de la façon
qu'on refond ça ça peut vous aider? Est-ce qu'il y a des choses qu'on
peut apporter à l'intérieur de ça?
M. Gagnon
(Michel) : Bon, comme on
sait, les ententes avec le fédéral vont venir à échéance... Elles ont commencé, il y a plusieurs ententes qu'on a avec
le fédéral qui ont commencé... il y a des ententes qui commencent à venir à échéance, mais la fin des ententes, c'est
2032. Sauf qu'à chaque entente il y a toujours une
partie d'argent que l'on perd. Puis, exemple, là, un ordre de grandeur, pour vous dire, de l'année 2015
à 2020, c'est environ 65 millions de revenus de moins pour le Québec. Puis,
si on parle sur la fin des ententes, là, c'est près de 2 milliards.
Sur ça, il y
a des tractations. De toute façon, toutes les ententes, là, grosso modo, dans
toutes les provinces, là, viennent à
échéance. Il y a eu, le 5 novembre dernier, une rencontre des
sous-ministres des provinces, et il se fait beaucoup de pression au fédéral, là, pour s'asseoir avec
eux, puis renégocier, là, puis revoir, là, ces ententes-là, là, à courte ou
moyenne échéance, parce que c'est des pertes énormes, là, pour...
Le Président (M. Cousineau) :
Ça va? M. le député de Jean-Lesage.
M. Drolet :
J'avais une petite question de... suite à mon collègue de ce matin,
d'Arthabaska, qui posait une question. M. Gagnon,
j'aimerais... L'entretien des bâtiments, vous avez une règle pour l'entretien
des bâtiments, parce qu'en fait, quand
même, il y a des choses importantes à vérifier, qu'on disait ce matin, aux cinq
ans, selon les autres mémoires. Les fonds,
les argents à ça, qui fait la prévision de ça puis les provisions pour être en
mesure de respecter, en fait, tous les besoins essentiels à l'entretien
des bâtiments?
M. Gagnon
(Michel) : Les prévisions,
en réalité, c'est qu'il y a... Nous, quand je vous parlais, tout à l'heure, du
budget de la société, c'est tout près de...
c'est même exactement, cette année, 1 076 000 000 $, et
c'est des programmes, autrement dit,
fédéral-provincial, ça fait que c'est de l'argent... Souvent, le fédéral va
nous accoter à un certain pourcentage, jusqu'à
55 %, des fois, par des programmes, là, sur les dépenses d'exploitation de
ces immeubles-là, puis c'est pour ça que
c'est... Autrement dit, il y a des hypothèques, il y a des frais
d'exploitation. Quand on sait que ces gens-là paient une
partie du... 25 % de leurs revenus vont à
leur loyer, puis le reste, c'est payé par ces subventions-là... Ça fait que
c'est ça. Quand on dit que ça vient à
échéance, c'est là qu'il va être important, là, avec le fédéral, de s'asseoir...
bien, c'est déjà commencé, là, mais
s'asseoir puis regarder, là, les fins d'entente, là, pour être capable de
pallier aux pertes, pour être capable de subvenir, autrement dit, au
déficit d'exploitation puis à l'entretien de ces bâtiments-là.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Champlain, je crois. Non? Ça va?
Daoust : Alors, écoutez, je vais terminer le bloc ici en remerciant
encore une fois la Société d'habitation de sa collaboration dans la
rédaction et la revue du projet de loi.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le ministre. Alors, Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve pour l'opposition officielle. Vous avez
15 minutes.
Mme Poirier : Merci.
Bienvenue. C'est la première fois qu'on se rencontre, M. le Président, alors,
comme porte-parole à l'habitation, ça me fait plaisir.
Écoutez,
on est sur l'histoire de la fin des conventions. Là, je harcèle vos
prédécesseurs depuis bien des années sur
ce dossier. Pourquoi? Parce que... Puis on ne le fait même pas d'une façon
partisane parce qu'il y a une situation là qui mérite l'attention de
tout le monde.
Actuellement,
on le sait, là, la fin des conventions a commencé, donne lieu au fait de perdre
des subventions à la personne, hein,
c'est l'aide à la personne qu'on perd. Donc, une personne qui est dans une coop,
qui va payer... par exemple, je ne
sais pas, moi, le logement médian de cette coop-là est 500 $, va pouvoir
bénéficier, en fonction de son revenu, d'une allocation d'aide à la personne qui est liée à l'hypothèque de la SCHL.
Le problème, c'est qu'à la fin de l'hypothèque de la SCHL l'aide à la
personne disparaît. Et ça, je me rappelle bien...
Est-ce que
vous avez le nombre de personnes sur l'ensemble, là, des coops construites au
Québec, le nombre de personnes qu'il
y avait? Parce qu'il y en a qui l'ont perdu déjà, là. J'avais un chiffre, moi,
de 18 000 à l'époque, là. C'étaient à peu près
18 000 personnes, là, qu'on me disait, là.
M. Gagnon
(Michel) : Je ne peux
peut-être pas vous dire le nombre, mais le montant, le montant en argent, c'est
26,3 millions d'aide, là.
Poirier : C'est ça. Alors, 26,3 millions que le fédéral
nous envoie comme cadeau — un autre cadeau de Noël — nous envoie comme cadeau parce que
finalement ces gens-là qui ne bénéficieront plus de cette subvention-là
vont subir une hausse de loyer automatiquement et parce qu'ils vont payer le
coût médian du loyer de la coop où ils habitent,
ils n'auront plus la subvention. Et ça, ça veut dire que c'est les plus pauvres
des plus pauvres, là, qui ont cette subvention-là. Avez-vous un
complément?
M. Gagnon
(Michel) : Excusez, non,
c'est parce que le 26 millions que je vous parlais, c'est un programme
spécial du Québec et non du fédéral.
Mme Poirier : Oui, mais celui
du fédéral, c'était ça.
M. Gagnon
(Michel) : Le fédéral, je ne
pourrai peut-être pas vous dire le montant, je ne sais pas si on a le montant
exact, là.
Poirier : C'était 20 quelques millions, là, les derniers
chiffres qu'on avait eus. Quand on a fait l'exercice avec le Vérificateur
général, là, c'était 20 millions, ça fait qu'on est dans ces eaux-là.
Mais ce qui
est le plus important, là, dans ce dossier-là, c'est que c'est le fédéral, là,
qui nous envoie la facture, là, ça,
il faut se le dire, là, le fédéral nous envoie la facture, parce que les gens
qui demeurent dans ces coops-là présentement, ils auront deux choix : ou une augmentation de loyer qui des fois
va passer au double, un double de loyer, ce qui n'est pas facile à
vivre, ou ils devront quitter tout simplement la coop. Alors, imaginez. Des
gens qui actuellement paient peut-être
300 $, 350 $ de loyer, bien la seule solution qu'il va leur rester,
c'est de quitter la coop pour aller se retrouver un logement ailleurs ou
de subir une hausse de loyer du double.
Je sais que mon
collègue le ministre des Affaires municipales, sous notre gouvernement, avait
donné des allocations au logement pour
combler ce déficit-là. Est-ce qu'on a maintenu ces allocations au logement là?
Et est-ce qu'on va poursuivre le fait
d'accompagner ces gens-là? Parce qu'il y avait une quantité de personnes qui
étaient visées, on les avait accompagnées.
Alors, je veux savoir si on a continué à accompagner les gens qui perdent leur
subvention, parce qu'il y en a, là, comme ça, là, qui arrivent à
échéance régulièrement, là.
M. Gagnon
(Michel) : Pour répondre à votre question, Mme la députée,
c'est que, le programme que vous parlez, l'aide va continuer, en tout
cas, jusqu'en 2018.
Mme Poirier : Jusqu'en 2018?
M. Gagnon (Michel) : Jusqu'en 2018.
Poirier : Bon, tant mieux, tant mieux! Parce que c'est
important, là. Ces gens-là, sinon, on les... Parce qu'en plus il y a un effet pervers. Lorsque ces gens-là
veulent se mettre sur une liste de HLM qui donnerait une équivalence de logement, ils passent en dessous parce que le
coût de logement qu'il faut que tu inscrives est tellement bas qu'ils ne
remplissent pas les critères pour avoir
droit à un HLM, puis, étant donné qu'il faut que tu aies payé un an de temps
ton loyer, bien, à ce moment-là, il
faut qu'ils aillent dans un logement privé pendant un an de temps à un prix
supérieur pour essayer d'avoir droit
à un HLM. Puis, à Montréal, ils sont 20 000 sur la liste d'attente, alors
dites-vous que ça va être long en
vinghienne avant qu'il y ait un HLM pour ces gens-là. Alors, c'est totalement
discriminatoire. C'est même dangereux pour certaines personnes. Pour des
familles, en tout cas c'est une perte importante.
Alors, il y a
là, là, des questions à se poser, là. Puis vous me dites que la réunion du
5 novembre a permis cette discussion-là,
mais moi, je vais vous le dire, là, il va falloir s'attaquer à ce problème-là
de façon sérieuse, parce que c'est une
facture de 20 millions que le fédéral nous envoie. Et j'imagine qu'à
l'heure des comptes publics c'est un 20 millions qu'on voudrait
mettre ailleurs.
Dans un des autres mémoires, on nous parle du
danger. On le sait, on a un problème, en lien avec la Régie du logement, qu'il y a des mesures pour tout ce qui
est le divise, alors on transforme des immeubles actuellement en divise,
c'est permis, il y a des règles, mais, pour l'indivise,
il n'y a pas de règle. Et moi, je le sais, à Montréal c'est un grave problème, on transforme énormément de plex en
indivise en passant un petit peu à côté parce qu'il n'y pas de règle pour
l'indivise. Et il y a un des mémoires qu'on
a ici qui nous parle de cette dynamique-là. Est-ce que vous avez regardé cet
aspect-là de la transformation des coops en indivise?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Gagnon. Peut-être M. Arteau.
M. Arteau
(Jean-François) : On n'a pas spécifiquement regardé cette question-là.
Bien sûr qu'on en est conscients, par contre, il va peut-être falloir
s'y pencher très rapidement, mais, pour l'instant, ça relève davantage des
pouvoirs municipaux, alors c'est davantage
les municipalités qui collaborent avec ça. Nous, on va entamer une grande
réflexion là-dessus, mais, pour l'instant, on n'a pas d'analyse complète
sur l'indivise.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Alors, non, ce n'est pas municipal, parce que ça
relève du Code civil. Alors, c'est une indication au Code civil, actuellement, qui fait que
l'indivise n'a pas les mêmes spécifications, les mêmes obligations que le
divise.
Mais, à la
Régie du logement, on ne traite jamais de l'indivise, on ne traite que du
divise. Alors, moi, je vous invite, là,
à regarder cette dynamique-là. J'ai même écrit à ma collègue la ministre de la
Justice dernièrement, avec une belle recherche de l'Assemblée nationale
comme ils savent si bien nous faire, et je lui ai demandé qu'on puisse
justement modifier à la Régie du logement,
ajouter le mot «indivise» à tous les endroits où on voit «divise» pour que les
pouvoirs de la Régie du logement
puissent s'appliquer dans le cadre d'une transformation, particulièrement des
plex. Moi, chez nous, là, c'est des
plex. C'est presque des moitiés de rue que je vois se transformer de logements
en condos indivis — et ça,
un condo indivis, ça ne paie pas de taxe de
bienvenue — et ça se
fait, là, de façon très efficace. Alors, je vous demanderais de regarder
En lien avec
le projet de loi, il y a une dynamique au niveau de l'OSBL, parce qu'un des
mémoires nous pose la question,
disant : Là, on regarde la
loi sur les coops, mais les OSBL aussi qui sont
propriétaires de logements sociaux n'ont pas ces mêmes obligations que la coop a, donc la liquidation du parc à
logement par un OSBL n'est comme pas protégée. Est-ce que vous avez fait
une réflexion là-dessus?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Gagnon ou...
M. Gagnon
(Michel) : Il n'y a pas de...
On n'a pas regardé la loi, mais sur... Autrement dit, ils sont régis avec
nous par des conventions. Ça fait que c'est protégé par une convention, là,
signée avec la société, parce que nous, on exerce...
autrement dit, on paie des frais d'exploitation, ça fait qu'on a une convention
avec eux. Ça fait qu'ils sont régis. Tant qu'ils ont une convention avec
nous autres, c'est protégé.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la députée.
Poirier : Mais je comprends que c'est le même problème qu'on a
avec les coops présentement. Ils ont une convention, c'est à la fin de la convention que tout ça se produit.
Alors, à la fin de la convention entre l'OSBL et la SHQ, j'imagine,
c'est la même convention de prêt, là, c'est la même...
M. Gagnon (Michel) : ...à échéance,
il y a une problématique, il y a une problématique qui est là.
Poirier : Il y a la même problématique. Est-ce que vous ne
l'aviez pas assimilé à cette même dynamique-là que les coops?
M. Gagnon (Michel) : Bien, les
coopératives, non.
Mme Poirier : Ça n'a pas été
regardé. D'accord. Je n'ai pas d'autre question, M. le Président.
Président (M. Cousineau) : Est-ce qu'il y a d'autres questions,
du côté de l'opposition officielle? Donc, s'il n'y a pas d'autre question du côté de l'opposition officielle, je vais
passer à la deuxième opposition. M. le député de Johnson.
Lamontagne : Merci. Bonjour, ça me fait plaisir. Quand vous parliez
tantôt que 95 % des coopératives, des 1 300 coopératives sont financées par soit la Société
d'habitation ou la société centrale d'hypothèques et de logement, quelle
est la proportion?
M. Gagnon (Michel) : Quelle est la
proportion...
Lamontagne : Oui. Est-ce que c'est un financement conjoint ou il y en
a... il y a 50 % qui sont financés par la SHQ?
M. Gagnon (Michel) : Ah! sur le
95 %?
Lamontagne : Oui, c'est ça.
M. Gagnon
(Michel) : Je ne pourrais pas vous dire exactement, sur le 95 %,
financé par...
Une voix :
Il y a 1 300 coopératives puis...
M. Gagnon (Michel) : Oui, 1 300 puis... Ah oui!
1 300 coopératives, puis il y en a 690 qui sont simplement du Québec.
Lamontagne : Qui sont financées par la SHQ.
M. Gagnon
(Michel) : Le reste, c'est fédéral. Ça fait qu'on peut dire presque
moitié-moitié.
Lamontagne : Puis, quand tantôt vous répondiez à la question pour les
subventions à la personne, vous disiez que ça, ça couvrait seulement les
coopératives qui sont... la problématique, ça serait seulement les coopératives
qui sont liées avec du financement de la SCHL, ça vient...
M. Gagnon (Michel) : C'est 1 300 coopératives. Puis, quand on parle de
1 300 coopératives, vous en avez comme... tu sais, il y a des 10 logements comme il
peut y avoir des 250 logements. Mais, sur ça, il y a une
partie qui sont,
autrement dit, des coopératives qui
ont été... nées puis subventionnées à 100 % par le fédéral, puis il y a
une partie, le Québec, là, dont... environ la moitié par le Québec, là,
qui... exactement c'est...
Lamontagne : Mais le problème qu'on soulevait tantôt en lien avec
quand ces ententes-là vont arriver à terme : il y a une
partie du
financement qui ne sera plus là pour les personnes, puis ça peut venir qu'à
causer un problème pour la pérennité. Parce que c'est ça qu'on veut assurer
avec la loi, là. Ça peut venir qu'à causer un problème...
M. Gagnon (Michel) : Quand on parle de perte, là, si on... Parce que les ententes avec le
fédéral, comme on dit, viennent à
échéance... pour les dernières, c'est en 2032, mais on commence, là, elles
commencent à prendre fin, puis on parle
qu'en 2015 jusqu'en 2020 c'est une perte de 65 millions. Ça fait que c'est
là qu'il est temps de commencer, tu sais, à négocier, d'ouvrir...
Lamontagne : ...en subvention, là.
M. Gagnon (Michel) : Oui. Puis ça, c'est un problème... Ce n'est pas juste au Québec, là,
c'est partout, là, dans toutes les provinces. Puis, comme je vous disais
tout à l'heure, quand il y a eu une rencontre des sous-ministres de l'habitation, c'est une problématique, là, criante
de toutes les provinces, là, que le fédéral s'assoie avec nous autres, puis
regarder comment on peut moduler ça puis
c'est quoi, qu'est-ce qu'ils veulent investir. Sauf que, comme vous le savez,
ce qu'on s'est fait dire, il y a une
fenêtre, là, pour la prochaine année, là, au niveau électoral, ça fait que je
pense qu'il ne bougera pas quelque chose dans l'année 2015, là. Mais
c'est une problématique, puis il faut s'y attarder, puis on est sensibles à ça.
Puis nous, à notre niveau, là, on fait les pressions qui s'imposent.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Johnson.
Lamontagne : Oui. Les 5 % qui ne sont pas financés... c'est-à-dire
qui sont financés par le privé ne sont pas touchés par les dispositions,
là, de...
M. Gagnon (Michel) : C'est déjà privé. Vous faites une coopérative privée, elles sont
privées. Ce n'est pas de l'argent... il n'y a aucun argent...
Lamontagne : Oui, O.K., mais ce qui vient toucher la pérennité,
l'affectation, et tout ça, ils ne seront pas touchés?
M. Gagnon
(Michel) : Bien, il n'y a aucun argent public. Nous, ce qu'on veut
protéger...
Lamontagne : C'est où il y a l'argent public.
M. Gagnon (Michel) : ...c'est les investissements publics qui ont été faits au cours des
ans. Comme je vous disais, tu sais,
c'est près de 500 millions d'argent, ça fait que c'est de protéger le
patrimoine. Mais, quand c'est privé, on n'a pas...
Lamontagne : Si on appliquait intégralement le projet de
loi n° 19, est-ce qu'à votre connaissance il y a des gens qui sont
partie dans tout ça qui pourraient
subir un préjudice quelconque ou qui pourraient se voir privés de certains
droits ou voir leurs droits aliénés ou... Bien, au sein des gens qui forment
les coopératives et des différents contrats qu'il
y a là, en appliquant cette loi-là, est-ce qu'il y a des gens qui pourraient
subir un préjudice quelconque ou ça vient seulement régler une
problématique puis ça ne crée pas... ça n'ouvre pas la porte à régler d'autres
difficultés, à...
M. Gagnon
(Michel) : Au contraire, ça
vient protéger ces gens-là. C'est que le but, au début, c'était une coopérative
dans des loyers, là, à prix modique, puis ça les protège d'arriver, à un moment
donné... qu'on décide de vendre ça au privé puis faire des condos. Ça fait que la
personne qui est à loyer à prix modique, puis qu'ils font un condo, puis elle
n'a pas les moyens de l'acheter, bien elle perd
son loyer. Ça fait que c'est le contraire, ça vient protéger ces gens-là. Tu
sais, en plus de protéger le patrimoine des investissements, ça protège
aussi les gens qui habitent ces coopératives-là.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Johnson.
Lamontagne : C'est bon.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député, je crois, de Borduas.
Jolin-Barrette : De Borduas, exactement. Merci, M. le Président.
Bonjour à vous. Votre exposé est très intéressant.
Au tout début, vous avez parlé des
articles 31 à 33 de la loi qui étaient vraiment le coeur pour vous. À
l'article 33 particulièrement, on vise l'intégration de l'article 221.2.5,
où on stipule que «l'aliénation d'un tel immeuble, l'établissement d'une emphytéose sur celui-ci ainsi que la modification de son
affectation par la coopérative doivent être autorisés par le ministre, qui peut assortir son autorisation de
conditions qu'il détermine». Je voulais savoir si le libellé de cet article-là
vous convient, du fait que c'est le ministre
qui va autoriser les transactions. En fait, on vient instaurer un peu un
pouvoir discrétionnaire. Je comprends
le mécanisme pour dire que le ministre va être là pour mettre un frein, mais ne
trouvez-vous pas que ça n'aurait peut-être
pas dû monter au niveau politique mais faire l'objet, supposons... je vous donne un
exemple autre, là, pour les terres
agricoles, supposons, ça va à la CPTAQ? Est-ce qu'un autre forum
aurait été plus approprié? Parce
que le but, c'est la préservation de logements sociaux, le maintien des
coopératives, le maintien du parc immobilier. Comment vous évaluez la portée de
cet article-là?
M. Gagnon (Michel) : Cet article-là, on a demandé une modification au ministère,
et on nous a dit qu'ils étaient ouverts,
ils étaient ouverts, autrement dit, là, à donner, autrement dit, l'autorisation... Parce que, dans cet article-là, c'est le ministre
qui a l'autorisation, puis nous, exemple, on a des recours hypothécaires. Ça fait qu'on nous a dit qu'on ferait une
modification technique, là, à l'article 221.2.5.
Jolin-Barrette : O.K. Et puis quelle est la modification que vous
requérez?
M. Gagnon
(Michel) : Bien, autrement dit, c'est que nous, on ait le droit de
faire nos recours sans demander l'autorisation du ministre.
Jolin-Barrette : O.K. Donc, véritablement que le pouvoir actuellement
qui est accordé au ministre, dans le libellé actuel, vous soit dévolu à
vous, plutôt.
M. Gagnon
(Michel) : Exactement.
Jolin-Barrette : Parce que ça vous assurerait davantage de souplesse,
une efficacité plus grande?
M. Gagnon (Michel) : C'est ce qui a été demandé, puis c'est ce qu'on nous a dit qu'il n'y
aura pas de problème, là, au niveau de cet article-là.
Jolin-Barrette : Est-ce que, M. le Président, je peux m'adresser au
ministre pour savoir s'il va avoir une proposition d'amendement éventuellement?
Le Président (M.
Cousineau) : Bien, vous pouvez toujours, oui, effectivement.
Jolin-Barrette : Dans ce sens?
Daoust : Il y aura un
article par article. Quand on va passer à cette
étape-là, on en discutera à cette étape-là.
Le Président (M.
Cousineau) : Voilà, vous avez votre réponse.
M. Gagnon (Michel) : Les légistes chez nous avec les légistes du ministère se sont parlé. Je
pense qu'ils se sont entendus, là,
les deux sont quand même sur la même longueur d'onde au niveau de cet
article-là, là, de donner le pouvoir, autrement dit, à la société.
Jolin-Barrette : J'avais une seconde question également. Oui. Vous
avez mentionné tout à l'heure que grosso modo vous investissez environ 533 millions annuellement pour la
réfection, pour l'entretien des immeubles d'habitation?
M. Gagnon
(Michel) : Comme je vous ai dit tout à l'heure, le budget de la
société est à 1 076 000 000 $ en 2014‑2015, et on investit,
là, 533 millions, comme je vous disais tout à l'heure, exactement le
montant, là.
Jolin-Barrette : Je me demandais, lorsque... Bien, en fait, ça vise la
réhabilitation des bâtiments. Généralement, lorsqu'on réhabilite le bâtiment, est-ce qu'on vise véritablement,
excusez-moi l'expression, là, mais à raboudiner ou vraiment à rénover de
fond en comble les bâtiments?
M. Gagnon
(Michel) : Bien, tout
dépendant du bâtiment, je veux dire, tout dépendant des besoins. Les besoins
vont être examinés parce qu'il y a des
bâtisses... dépendant, autrement dit, de l'âge de la bâtisse, il peut y avoir
des déficiences mineures comme
majeures, une bâtisse qui a 25 ans comparativement à une bâtisse de
10 ans, tout dépendant des travaux qu'il y a à faire, là.
M. Jolin-Barrette : Parce que je
vous donne un exemple. Dans ma circonscription, il y a un office municipal qui a des bâtiments, et puis ils sont dus pour
être rénovés, et aucun des logements ne compte d'entrée laveuse-sécheuse.
Et les bâtiments vont être destinés... les
logements vont être destinés à des familles, et, pour certaines familles, bien
c'est véritablement problématique de
ne pas avoir de laveuse-sécheuse, et le plan qui est en place ne vise pas la
rénovation et la mise en place de telles modifications aux logements.
Donc, je me disais, lorsqu'on investit pour
modifier les logements, est-ce qu'on le fait simplement pour le réhabiliter et le rénover au goût du jour ou on
fait des changements au niveau de la structure afin de permettre une plus
grande pérennité du logement parce qu'on sait à quel point c'est important?
M. Gagnon (Michel) : Pour donner un
cas précis, exemple, c'est ça, l'ouverture à des rénovations au niveau
d'entrées laveuse-sécheuse, il faudrait regarder peut-être où c'est qu'on
rénove, là, mais de là, tu sais... Il faut voir s'il y a une possibilité de le
faire, là, tu sais, au niveau aussi de l'espace puis...
Le Président (M. Cousineau) :
Pouvez-vous vous identifier, madame? Mme Guillemette, je crois.
Guillemette (Lise) : Oui,
Lise Guillemette. Bien, de toute façon, le budget pour les rénovations, c'est
quelque chose qui est partagé aussi avec la SCHL, et on a des règles à
suivre, c'est-à-dire qu'on ne défait pas la typologie des logements, on a certains matériaux, on a quand
même un guide. Donc, probablement que... Ça, directement, je ne peux pas vous le dire moi-même, mais c'est des choses
peut-être qui ne sont pas permises. Et il y a normalement à l'étage des
laveuses-sécheuses, là. Je pense qu'on arrive à ne pas défaire les bâtisses
mais à les rénover.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Borduas, ça va? M. le député de Johnson, est-ce que ça va?
M. Lamontagne : Oui, ça va, merci
beaucoup.
Président (M. Cousineau) : Aviez-vous un complément de réponse,
M. Gagnon? Non? Vous n'aviez pas de complément?
M. Gagnon
(Michel) : Non, mais je
dis : Un cas spécifique, s'il y a possibilité, bien on peut regarder ce
cas-là puis regarder ce qu'il y a à faire, mais, comme on dit, souvent
il y a des laveuses-sécheuses aux étages, là.
Président (M. Cousineau) : D'accord. Alors, M. Gagnon,
M. Arteau puis Mme Guillemette, merci pour votre présentation,
c'est bien gentil.
Je suspends
les travaux quelques instants afin de permettre au prochain groupe de se
présenter, la Fédération des coopératives d'habitation intermunicipale
du Montréal métropolitain. Je suspends.
Président (M. Cousineau) : Alors, votre attention à tous, nous reprenons nos travaux. Je souhaite
la bienvenue à la Fédération
des coopératives d'habitation intermunicipale du Montréal métropolitain. Je
vous invite à faire, donc, votre présentation.
Vous avez, comme les autres groupes avant vous, 10 minutes pour faire
votre présentation, puis par la suite nous passerons à une période
d'échange. Alors, je crois que c'est Mme Néméh et M. Brassard.
Mme Néméh (Francine) : Brasseur,
Brasseur.
Le Président (M. Cousineau) :
Brasseur, oui. À vous la parole, madame.
Mme Néméh
(Francine) : Merci. Merci de
nous avoir invités à présenter un mémoire et à le présenter. La FECHIMM — c'est
le nom de notre fédération en abrégé — c'est
460 coopératives dans la grande région de Montréal, Laval et les
Basses-Laurentides. Et, pour soutenir ces entreprises, elle a une équipe
de 33 employés, qui est la plus grosse équipe, en fait, de professionnels
de l'habitation coopérative au Québec.
vais passer un peu à la présentation du mémoire, les grandes lignes
des principales recommandations de notre fédération modifiant la loi,
au projet sur les coopératives. Pour le secteur de l'habitation coopérative, plusieurs
changements proposés par le projet de loi étaient attendus et sont bien accueillis. La fédération
salue notamment les nouvelles modalités d'aliénation des immeubles coopératifs ainsi que
le principe de conservation de l'affectation sociale ou communautaire de ceux-ci. D'autres propositions du projet de loi sont toutefois
questionnées par la fédération, c'est le cas de l'autorisation de suspension d'un membre administrateur sans
obligation de révoquer son mandat par l'assemblée générale ou encore de
l'adhésion à une fédération par simple autorisation du conseil
d'administration. Enfin, la fédération identifie des changements que le projet de loi ne prévoit pas et
explique brièvement en quoi ils seraient... Je ne les présenterai pas tous,
mais parmi ceux-ci figure la modification de
diverses modalités concernant les confédérations et les fédérations afin que
la loi n'avantage pas l'une au détriment de
l'autre lorsqu'une confédération décide de concurrencer une fédération, comme
c'est le cas dans le secteur de l'habitation.
mémoire se divise en deux parties. La première porte sur les changements
proposés à la loi. La deuxième porte sur les propositions de changements
non prévus à la loi.
Premier
point qui nous apparaît essentiel, c'est les pratiques de saine gestion
immobilière. Et donc, plus de 10 ans après l'adoption de
l'article 221.2.3, celui-ci n'est toujours pas en vigueur. Nous
recommandons sa mise en oeuvre immédiate. Nous constatons aussi que, dans le processus
d'inspection de l'immeuble par un expert, il n'y a pas de preuve qui est
demandée aux coops, donc on suggère une mention à cet effet. Si on accueille
avec satisfaction l'imposition d'amendes
comme celles qui sont prévues au point suivant, on tient à sensibiliser les
élus sur les situations financières difficiles
que peuvent parfois vivre certaines coopératives au cours de leur existence.
Ainsi, on invite les autorités à agir avec discernement face à une
coopérative de bonne foi qui traverserait une crise, rendant impossible le
respect de l'article 221.2.3.
Deuxième
élément, la préservation de l'affectation sociale ou communautaire d'un
immeuble ayant bénéficié de subventions
d'un programme gouvernemental. La fédération croit que les termes
«affectation sociale et communautaire» doivent
être précisés. En effet, l'affectation sociale et communautaire, du moins
dans les ententes qu'on a avec la SHQ, est
liée à l'offre de logement à des ménages à faibles et modestes revenus. Or,
comme vous le savez probablement, dans l'immédiat,
là, on est déjà dans la fin des subventions fédérales à certaines
coopératives, donc la fin des conventions qui entraîne la fin des subventions aux ménages à faibles revenus. Et, pour
ce qui est des conventions provinciales, c'est un peu plus loin, mais ça pourrait se produire également. Donc,
oui, on adopte l'adoption de cet article, mais il va falloir préciser de quoi
on parle quand on parle d'affectation sociale et communautaire.
question aussi, c'est que, justement, pour en rajouter,
si on entretient des attentes de cette nature, c'est-à-dire que les coops vont pouvoir subventionner des
logements, bon, ça relève de la pensée magique. Donc, il faut trouver une
façon de pallier à ce problème,
donc soit le gouvernement provincial ou le gouvernement fédéral, mais il
va falloir, pour conserver cette vocation, qu'il y ait des subventions
aux ménages à faibles revenus.
troisième point, c'est l'obligation d'obtenir du ministre... afin d'aliéner un
immeuble d'une coopérative ayant bénéficié
d'un programme gouvernemental. Donc, la fédération salue l'intention du gouvernement d'ajouter à la loi un mécanisme
d'autorisation obligatoire du ministre pour procéder à la vente. La fédération
recommande d'intégrer dans la loi des
balises minimales afin de guider le ministre dans sa décision d'autoriser ou non l'aliénation
d'un immeuble ayant bénéficié des
programmes d'aide à l'habitation, elle en recommande deux. La première, c'est
que l'aliénation de l'immeuble soit uniquement autorisée si elle
contribue à consolider l'affectation sociale et communautaire de la
coopérative. La seconde, c'est que
l'aliénation soit autorisée après un droit de premier refus accordé aux
coopératives d'habitation situées à proximité.
second lieu, la fédération propose des ajustements au deuxième alinéa de
l'article 221.2.6 qui mentionne que «dès la réception d'une demande
d'autorisation, le ministre en informe la Confédération québécoise des
coopératives d'habitation». Toutes les
fédérations régionales n'étant pas obligatoirement ni nécessairement
membres de cette confédération, la
fédération recommande que soit d'abord informée la fédération régionale du territoire
de la coopérative d'habitation lorsqu'il en existe une. Elle recommande également
qu'en plus d'informer la fédération régionale, que son avis sur l'aliénation projetée par la coopérative soit
demandé par le ministre. Enfin, la fédération recommande également
que l'on réfère dans cet
article à une confédération regroupant des
fédérations de coopératives d'habitation comme il est déjà fait... comme il est fait mention dans le reste de
la loi, plutôt que de nommer la confédération existante, et ce, afin d'éviter
l'anachronisme que provoquerait un changement de nom, comme ce fut le cas avec