Labour and the Economy — 27 September 2013 (40th Legislature, 1st Session)

CET 2013-09-27

Quebec — Committees

Labour and the Economy — 27 September 2013 (40th Legislature, 1st Session)

CET 2013-09-27

Quebec — Committees

D'Amour : Alors, merci beaucoup, M. le Président. Vous me

permettrez d'abord de saluer Mme la ministre, qui est avec nous ce matin, les collègues de l'Assemblée qui participent

à cette interpellation. Je veux également saluer les membres du personnel et fonctionnaires qui sont là

ce matin pour une interpellation qui va durer évidemment deux heures,

comme le veulent les règles parlementaires.

si on est ici ce matin, M. le Président, c'est que nous jugeons la situation

alarmante, d'autant plus alarmante qu'au gré des périodes de questions

qu'on a eu l'occasion de vivre, strictement, là, au cours de la présente

session, depuis la semaine dernière, si

j'ajoute à ça les périodes de questions, les sessions précédentes, lorsqu'on a

interpellé le gouvernement ou

questionné le gouvernement, toujours la même réponse. Il y a une forme de déni.

Tout va bien au Québec, l'économie se porte bien. Pourtant, pourtant, c'est

tout le contraire.

Et la question que

nous nous posons : Comment en sommes-nous arrivés, au Québec, à être

passés, en un an seulement, d'une période florissante sur le plan économique,

où il se créait des emplois par milliers au Québec, à une période où on perd

des emplois aussi par milliers? Au cours de la dernière année, M. le Président,

le Québec a perdu 45 000 emplois, 45 000 personnes, Québécois et

Québécoises, directement touchés en perdant leur emploi. On peut facilement imaginer le drame que ça peut

représenter dans certains cas. Et le parallèle qu'on peut faire avec le

Canada, c'est qu'au Canada il s'est créé 145 000 emplois. Il y a

définitivement un problème au Québec.

ce n'est pas que l'opposition qui le dit, M. le Président. Juste ce matin, strictement dans la revue de presse

de ce matin, La Presse dit

ceci : À deux mois d'une récession? Toujours dans la revue de

presse de ce matin. Marceau, lui… enfin,

le ministre des Finances, M. le Président, lui, «ne voit pas de récession». Ce

que tout le monde voit au Québec, ce que l'ensemble des économistes

constate, le ministre des Finances, lui, dit : Il n'y en a pas, de

récession. Le PIB du Québec recule. Le Québec au bord de la récession?

Toujours dans La Presse . Dans le Journal de Montréal :

Allô la Terre! Alloooo? La Terre appelle

le Québec! Et on dit ceci sous la plume de Benoît Aubin : «L'économie

est en panne, les emplois s'envolent,

la récession nous guette, le PIB diminue, la consommation ralentit, les revenus

du gouvernement aussi. Mais ces considérations matérielles ne doivent pas

détourner l'attention du gouvernement»,

qui se situe à bien d'autres égards.

Et si on ajoute à ça ce que Desjardins disait, il n'y a pas si longtemps, dans

son bulletin économique : Un marché du travail décevant au Québec et réconfortant en

Ontario . Toujours Desjardins qui

s'exprime, M. le Président. Vous me permettrez,

en quelques instants, de vous dire : Québec : l'économie bat de

l'aile. Desjardins s'exprime, et c'est quand même une institution qui

est crédible.

il y a plein d'autres articles au cours des derniers jours. Exemple :

alimentation Old Dutch, Une pilule difficile à avaler . Bon, il est question de la perte de plus de 250 emplois. Dans Le

Quotidien , 26 septembre : D'autres emplois menacés . C'est le

titre du journal. L'emploi recule

encore au Québec dans Le Devoir du 7 septembre. Dans Le

Journal de Québec , le 7 septembre : 5 000 emplois

perdus , le taux de chômage qui continue d'augmenter. Pas de nouveaux

emplois au Québec , hein? Pas de nouveaux emplois au Québec ,

c'est le titre… Je vous fais grâce du journal, là, je ne l'ai pas… le journal

Les Affaires . Le journal Les Affaires , qui

dit : Pas de nouveaux emplois au Québec . Radio-Canada, le

titre : Économie : l'emploi

progresse au Canada, mais chute au Québec . «Depuis le début de l'année, pour le reste du Canada, c'est de la création d'emplois nette de 145 000 [emplois], alors qu'au Québec c'est une

perte nette de 45 000. Le gouvernement a complètement perdu le

contrôle du dossier économique.»

je continue. Dans Le Devoir du 10 août dernier : Saignée

d'emplois au Québec . «Le taux de chômage grimpe à 8,2 %...»

Dans La Presse , le 10 août : Le Québec a perdu plus de 30 000

emplois en juillet . Dans Le Journal de Montréal , à peu près… le

même jour, en fait : 30 000 emplois perdus, le taux de chômage

augmente au Québec . Le Conseil du

patronat du Québec : Économie québécoise : le conseil lance un cri

d'alarme . «Il y a urgence d'agir», dit le Conseil du patronat dans Le Journal de Québec du 25 septembre dernier. Alors, L'économie d'abord,

non! C'est un texte de Michel Hébert. Saignée

d'emplois au Québec dans Le Devoir du 21 septembre. «Le taux de

chômage grimpe à 8,2 %...» L'incertitude fait mal dans l'industrie

minière, on l'a souvent déclaré. La région durement touchée par «l'effet…»

je ne peux pas nommer la première ministre,

mais par l'effet du gouvernement péquiste. C'est un texte du 10 avril, en

Abitibi, faisant référence aux mines, M. le Président. Le 16 septembre : Pendant

ce temps, l'emploi est en chute libre , avec la photo de la première

ministre. C'est la situation, M. le Président, à laquelle nous sommes

confrontés.

S'ajoutent à cela des

statistiques pour le moins troublantes en regard des faillites au Québec. Au

cours de la dernière année, près de la

moitié des faillites au Canada ont été ressenties, ont été vécues au Québec. Au

Québec. Près de 800 faillites. Ça

veut dire quoi? Ça veut dire des dommages collatéraux qui sont importants. Ça

veut dire des employés qui sont

victimes. Parce que qui dit faillite… Souvent, des gens qui ont déjà gagné leur

salaire perdent ces revenus des dernières semaines. Il y a des entreprises qui gravitent autour des gens,

malheureusement, ou des entreprises qui font faillite. Eux aussi perdent de l'argent, se retrouvent dans une

situation de fragilité. C'est ça dont on parle lorsqu'on parle de

faillite.

Nous sommes face, M.

le Président, à un gouvernement qui tue l'entrepreneuriat, qui tue l'initiative

et qui affecte très directement chacune des

régions du Québec. J'aurai l'occasion ce matin de revenir, au cours de l'interpellation,

avec le taux de chômage dans les différentes

régions ressources du Québec. La plupart des régions ressources du

Québec ont vu, au cours de la dernière

année, le taux de chômage augmenter. Donc, nous sommes face à des drames

humains.

Pendant

ce temps, qu'a fait le gouvernement? Le gouvernement a coupé les budgets des

conférences régionales des élus. Je

vous donne un exemple : un ministère, le ministère des Ressources

naturelles. J'ai le plaisir d'être porte-parole en matière de mines et

Plan Nord, je suis porte-parole aussi en développement économique régional. Le

ministère des Ressources naturelles… Sans

même que la ministre lève le petit doigt, M. le Président, on a coupé le budget de ce ministère

habituellement générateur d'emplois de 22,8 %, de 23 %. Le résultat, bien, parle de lui-même, c'est

8 300 emplois perdus dans le seul domaine des ressources

naturelles. En forêt, particulièrement, le gouvernement du Québec, le Parti

québécois avait pris des engagements strictement des travaux sylvicoles de

235 millions. Ce n'était pas assez, 200 millions.

Résultat, ce n'est pas 235 millions, M. le Président, ce sont des coupes

de 20 millions. On a bien recyclé un peu d'argent la semaine

dernière pour essayer de faire croire qu'il y avait des emplois qui étaient

maintenus, mais le résultat, là, pour les

travailleurs forestiers dans les différentes régions du Québec, c'est moins

d'emploi, et les gens qui travaillent

travaillent moins longtemps; d'autres drames économiques dans les régions. Ça,

ça fait

partie des statistiques plutôt sombres.

Le gouvernement a

sabré dans un secteur qui est générateur d'emplois, le gouvernement a sabré, M.

le Président, dans les infrastructures. Ça,

ça veut dire que ce sont des projets de route qui sont reportés, notamment,

c'est le cas chez nous avec la route 185 au

Témiscouata, projet reporté, donc, qui ne se réalise pas. Et, pendant ce temps,

les gens, notamment les opérateurs de machinerie, les camionneurs ne

travaillent pas. On a coupé dans les infrastructures. Je vous ai parlé de la forêt. Le gouvernement a

annulé des projets importants pour des communautés locales au Québec;

des projets de minicentrales annulés. Dans le domaine de l'éolien, on le voit,

dans le domaine de l'éolien, il a fallu que des

Gaspésiens, que des maires, que des préfets se pointent ici le 14 juin dernier,

le dernier jour de la session, pour pousser le gouvernement à agir. Et,

encore là, il n'y a pas eu de développement vraiment complémentaire depuis qui

donne de l'espoir aux régions du Québec, ne serait-ce qu'au niveau de l'énergie.

On a vu que le gouvernement,

plutôt que de stimuler l'emploi et l'économie, a coupé les paiements aux

commissions scolaires avec comme résultat, hein, un compte de taxes qui a été

augmenté avec un fort pourcentage de

15 %, de 20 %, de 22 %, de 23 %, de 24 % pour les

citoyens. 45 000 Québécois perdent leur emploi, mais reçoivent tout

de même une facture de taxes scolaires au mois d'août avec un compte qui est

augmenté de 15 %, 20 %, 25 %, ça fait mal. Alors, c'est le triste constat, M. le Président, qu'on doit

faire aujourd'hui, un an plus tard. Et je repose la question : Comment se fait-il que nous sommes passés d'une

période florissante sur le plan économique il y a un an à ce désastre

économique, à cet échec, à ce fiasco? Un an et un peu plus plus tard, là — ce n'est

pas long, comme période — la

moitié des faillites au Canada, 45 000

emplois perdus, des projets de minicentrales mis au rencart. Alors, on tue

l'initiative, on tue l'entrepreneuriat, et c'est la raison pour laquelle on se

retrouve à l'occasion de cette interpellation ce matin.

Et, pendant ce temps,

au cours des derniers mois, le gouvernement a nié. Que faut-il au gouvernement

pour qu'il réagisse enfin? Nous parlons aujourd'hui d'une possible récession.

Hein, dans les prochaines semaines, là, s'il n'y

a pas un coup de barre qui est donné à l'économie rapidement, on va se

retrouver en récession. Qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire qu'aux 45 000 emplois déjà perdus au cours de la

dernière année il va s'en ajouter encore. Et, pendant ce temps, on a un

gouvernement qui est assis sur les mains et qui dit : Tout va tellement

bien au Québec, le Québec avance. Moi, je

regrette, M. le Président, je vais le dire comme je le pense : Le Québec

recule, les régions perdent de la vigueur économique, perdent des

emplois.

Et on vit dans un cadre d'industrie

saisonnière au Québec. Si on pense qu'on a tout vu, là, au cours des

prochaines semaines, avec nos industries saisonnières, que ce soit en

agriculture, en forêt, en tourisme, on va perdre encore des emplois, on va

frapper un mur, M. le Président, sur le plan économique. On va frapper un mur,

et ça va faire mal aux Québécois et aux

Québécoises, il faut en être conscient. Et aujourd'hui c'est la raison pour

laquelle on est là et on va parler d'économie pendant deux heures. Même

si le gouvernement nie la réalité et ne veut pas en parler, nous, on va faire

notre travail. Je vous remercie, M. le Président.

Le Président (M.

Hamad) : Merci, M. le député. Mme la ministre, vous avez 10

minutes.

Zakaïb : Merci, M. le Président. Je tiens tout d'abord à saluer les collègues

de l'opposition, M. le

député de la deuxième opposition ainsi que les gens qui m'accompagnent, de mon

cabinet et du ministère des Finances et de l'Économie.

M. le Président, je suis heureuse qu'on ait deux heures pour parler d'économie,

parce que l'économie, c'est au coeur de l'action gouvernementale. Maintenant, l'opposition s'oppose, c'est normal, hein, c'est de bonne

guerre que l'opposition s'oppose. Maintenant, elle nous accuse de tous

les maux. En fait, tout ce qui va moins bien au Québec serait de la responsabilité

du gouvernement du Parti québécois. Et, dès qu'une chose va bien, on nous

rétorque qu'on n'y est pour rien. Maintenant,

M. le Président, la vie est différente, la vie n'est pas faite

que de mauvais côtés, n'est pas faite que de vérités faciles. La vie est

plus compliquée que ça.

On parlait tantôt des

faillites. Et M. le député de l'opposition nous brandissait des titres de

journaux, un après l'autre, sans jamais

aller dans le coeur, sans jamais aller creuser les chiffres en arrière de ce qu'il

brandit. Alors, je prends l'exemple des faillites. On nous dit que la

moitié des faillites au Canada seraient au Québec. Je vais vous donner les statistiques

provenant du Surintendant des faillites, M. le Président. Le taux de faillite

au Québec diminue, M. le Président. Si on

prend par exemple en 2009, le taux de faillite était de 213; en 2010, de 189;

il est passé à 167 en 2011; 163 en

2012; et 165 en 2013. Et ça, c'est des chiffres pris au mois de juin de chacune

des années. Donc, le taux de faillite au Québec diminue.

Maintenant, une fois

qu'on a dit ça, qu'est-ce qui cause ou qu'est-ce qui fait qu'une entreprise

fasse faillite? Pour avoir travaillé

longtemps dans ce domaine, M. le Président, je dirais que les causes sont

nombreuses, sont multiples et que l'action gouvernementale peut aider

pour une portion de ces causes-là. En fait, je dirais qu'elles sont de trois ordres. Premièrement, l'accompagnement. Les

entrepreneurs, surtout les entrepreneurs, les entreprises en démarrage

doivent être accompagnés. Deuxièmement, on doit miser sur plus de moyennes

entreprises. Le tissu économique québécois est

formé d'énormément de petites entreprises, et des petites entreprises sont plus

vulnérables. Et ça fait des années que c'est comme ça, ça fait des années que le tissu économique québécois est

composé d'énormément de petites entreprises. On doit travailler là-dessus pour qu'elles grossissent. Et la troisième

cause de faillite, je crois, c'est le manque d'investissement. À ces trois causes de faillite, M. le Président,

nous avons proposé des solutions et nous allons en proposer d'autres :

manque d'accompagnement, croissance d'entreprise, investissement.

On a présenté le

projet de la Banque de développement économique du Québec, un projet qui a fait

suite à une vaste consultation que j'ai

faite à l'automne dernier à travers toutes les régions du Québec, M. le

Président, où j'ai rencontré tous les intervenants économiques de toutes

les régions. Que ce soient les tables de l'entrepreneuriat — qui avaient été réfléchies à travers la stratégie de

l'entrepreneuriat par le gouvernement précédent, tables formées d'entrepreneurs

de chacune des régions — que

ce soient les chambres de commerce, les élus, les gens des CLD, les gens des

MRC, j'ai travaillé avec l'ensemble des

intervenants. Et on a déposé un projet de loi qui permettait un accompagnement

accru par une force unifiée des CLD,

d'Investissement Québec et du ministère des Finances et de l'Économie à travers

la Banque de développement économique

du Québec, de l'investissement accru, personnalisé à travers des plans de

développement économique régionaux dans chacune des régions du Québec qui

permettait également d'avoir un plan de croissance pour nos entreprises, nos petites entreprises afin qu'elles deviennent

de moyennes entreprises et les fleurons de demain. Et vous allez

voir — et

je vais y revenir plus tard — que nous allons travailler, malgré le

fait que l'opposition s'est objectée à notre

projet de loi, nous allons travailler sur ces trois pôles-là de toute façon. Et

j'y reviendrai, M. le Président.

Maintenant,

je vous disais qu'on accuse le gouvernement de tous les maux et qu'on brandit

des titres de journaux. Je vais vous en lire un. Michel Girard, À qui

la faute?

début de semaine, on nous a interpellés sur le Bulletin de la prospérité du

Québec dressé par le Conseil du patronat du Québec, et je vais vous

lire pas seulement le titre, je vais vous lire le premier paragraphe de l'article

et je vous invite à le lire au complet.

dit : «Le Québec fait mauvaise figure en matière de prospérité

comparativement aux trois principales provinces : l'Ontario, l'Alberta

et la Colombie-Britannique.

«C'est ce qui ressort

du Bulletin de la prospérité du Québec 2013 que vient de dresser

le Conseil du patronat du Québec.

première vue, on serait immédiatement tenté de blâmer le gouvernement Marois pour sa

piètre note [de] C que donne l'organisme patronal à la santé de l'économie

du Québec dans son bulletin de 2013. Mais ce serait faire preuve de mauvaise foi puisque les conclusions du

CPQ sont basées sur des données de 2012 et 2011. Élu en septembre 2012,

le gouvernement du Parti québécois n'a pu prendre le "réel" contrôle

de l'État qu'à partir de 2013. C'est donc l'ancien

gouvernement Charest qui est concerné par le retard de

l'économie du Québec relaté dans le bulletin du CPQ.»

M. le Président,

travailler sur l'économie, c'est du travail à moyen, à long terme et du travail

à court terme. Vous allez voir tantôt

qu'à court terme nous avons intervenu dans plusieurs entreprises au Québec.

À moyen terme, nous proposions la Banque de développement économique du

Québec.

Nous avons aussi pris des actions structurantes

dans plusieurs régions suite à des décisions difficiles qu'on a dû prendre. On a pris la décision de cesser de

subventionner l'amiante. On a pris la décision de mettre fin au

nucléaire. Et, dans chacune de ces régions,

on a travaillé à diversifier l'économie. On a créé des fonds de diversification

économique avec les acteurs du milieu.

M. le Président, c'est terminé que Québec décide de ce qui se passe dans les régions. Dorénavant,

les régions vont se prendre en main.

C'est ce qu'elles veulent. Elles vont se doter de plans de développement économique régionaux. Et, dans ces cas-là, on leur a donné la possibilité d'avoir un fonds

de diversification économique. Et les acteurs de chacune des régions se sont

concertés, et on en récolte les fruits.

M. le Président, il y a peu de temps, il y a quelques semaines, je

suis allée avec la première ministre chez Marmen, où on a annoncé la création de 100 emplois. 100 nouveaux

emplois dans une industrie de pointe qui exporte 97 % de sa

production, donc création de richesse, création d'exportation pour le Québec.

On a aussi, à

Asbestos, annoncé un investissement dans Les Serres Saint-Laurent, les tomates

Savoura, un des fleurons du Québec aussi. Les fonds de diversification

fonctionnent, M. le Président. Et nous avons un impact sur l'économie du Québec,

un impact avec des investissements privés.

Ce que

l'ancien gouvernement faisait, M.

le Président, il éteignait des feux.

On investissait dans les infrastructures. On investissait dans l'asphalte, M. le Président. Ça crée des

emplois à court terme, mais ce n'est pas structurant à long terme pour l'économie.

La décision

de notre gouvernement, c'est d'y aller sur des actions structurantes,

des déterminants de la productivité. Et

vous allez voir, dans la politique économique qui sera déposée dans les prochaines

semaines, à quel point nous allons travailler

à moderniser note économie, la verdir, l'informatiser, pour faire en sorte que

des entreprises comme Old Dutch, qui malheureusement a sauvagement

fermé ses portes, a cessé d'investir il y a longtemps, a transféré sa

production sous l'ancien gouvernement, que des entreprises comme celles-là… qu'on n'ait plus à vivre des

choses comme ça, que notre économie soit une économie de l'avenir, une

économie productive, une économie qui va investir dans chacune de ces régions, qui va investir autour de ses créneaux

d'excellence. Et on sait que, dans chacune de nos régions, on a des

créneaux ACCORD des grappes industrielles qui ont fait en sorte que le Québec

soit capable de se démarquer. On va gagner la bataille

du XXIe siècle autour de la productivité, autour des emplois de grande qualité,

et on va le faire dans chacune de nos régions en travaillant sur nos

forces régionales.

Au Plan Nord du gouvernement libéral, M. le

Président, au plan du Saint-Laurent du deuxième groupe de l'opposition, on va offrir un plan pour un Québec

productif dans chacune de ces régions, un Québec créateur d'emplois,

créateur d'emplois de qualité, créateur d'emplois d'avenir, créateur d'emplois

pour les générations qui viennent, et d'emplois intéressants, M. le Président.

C'est ce que notre gouvernement offre. Et, vous allez voir, tout au long de ces

deux heures, nous allons vous présenter les résultats du gouvernement, les

résultats au niveau de l'emploi.

Et, je le

répète, l'emploi au Québec est plus élevé cette année qu'il l'était l'année

passée, M. le Président. Nous avons

fait des gains en emploi. Si on prend les statistiques des huit premiers mois

de l'année, nous avons 62 500 emplois de plus que l'année dernière,

M. le Président. Maintenant, il y a des choses à améliorer, je l'ai dit, il

faut travailler sur les déterminants de la productivité pour faire de notre

économie une économie forte, une économie… travailler sur le XXIe siècle. Mais ça ne s'improvise pas, M. le

Président, c'est un travail de longue haleine. Et vous allez voir, dans

la politique que nous allons déposer d'ici

quelques semaines, des actions gouvernementales structurantes qui vont s'ajouter

à tout ce qu'on a fait jusqu'à maintenant pour l'économie du Québec. Je vous

remercie, M. le Président.

Le Président (M. Hamad) :

Merci, Mme la ministre. Alors, maintenant, nous allons entamer la période d'échange.

M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata,

vous avez la parole pour un maximum de cinq minutes.

D'Amour : Merci, M.

le Président. Merci beaucoup. Alors, maintenant que la ministre nous a lu les

notes préparées par ses attachés politiques, on va parler des vraies choses,

hein? Et je suis à la fois surpris et non; c'est le discours traditionnel du

Parti québécois. Pendant qu'on parle de perte d'emploi, qu'on parle de

faillites, qu'on parle éventuellement de

récession, la ministre, elle, qui est responsable du développement économique,

la ministre déléguée, elle nous parle

de plans, nous parle de structures, d'actions structurantes, de fonds de

diversification. Soit dit en passant, à travers les deux fonds de diversification qui ont été annoncés par le

gouvernement, là, il y a eu une annonce pour deux projets. Ce n'est pas

avec ça qu'on va changer l'économie du Québec.

Les faits, M. le Président, des faits. On va

parler du taux de chômage région par région. Taux de chômage, Bas-Saint-Laurent — la

ministre doit savoir où est-ce que c'est, le Bas-Saint-Laurent, c'est dans

l'est — le

Bas-Saint-Laurent, là, on est rendus, là, à un taux de chômage de 8,7 %.

La dernière fois qu'on a vu un taux de chômage si élevé, c'est à l'époque d'un gouvernement du Parti québécois

précédent. Saguenay—Lac-Saint-Jean — bien des députés du Parti québécois dans cette région-là, là — on arrive à 10 %, 9,7 % de taux de

chômage. Ça, ce sont des statistiques, là, qu'on a, qui viennent de l'Institut

de la statistique du Québec, et c'est dit clairement que, depuis l'arrivée du

Parti québécois, le taux de chômage a

augmenté dans 11 régions sur 16, soit dit en passant. Puis on va continuer. En

Mauricie, 9,7 % de taux de chômage. Du côté de la région de Montréal,

hein, la métropole, on est à plus de 10 % de chômage. Côte-Nord et Nord-du-Québec, le Plan Nord, Le

Plan Nord est mort , comme titrait Le Journal de Québec

récemment, puis j'en veux pour preuve le taux de chômage, on est à 11,1 %

de chômage dans le Nord-du-Québec.

Alors,

rappelez-vous, là, le Plan Nord, un projet qui devait être orchestré par la

Société du Plan Nord, une véritable société d'État — soit

dit en passant, que réclamaient les députés du Parti québécois de cette

région-là — bien,

ça c'est traduit par Le Nord pour tous, par

un simple secrétariat au développement nordique, qui est basé ici, à Québec.

C'est la même ministre qui disait il y a

quelques instants, là : Il est fini, le temps que le gouvernement décidait

pour les régions. Bien, dans les régions concernées où on parlait du

Plan Nord, on a arraché un projet de société d'État pour implanter un simple

secrétariat à Québec.

En Gaspésie — j'y étais il y a trois

semaines — on

est aux portes d'un véritable drame économique, on est à 16 % de chômage.

La dernière fois qu'on a vu taux si élevé, par hasard, c'est encore sous un

gouvernement du Parti québécois, à plus de

20 %; on se rappelle de la Gaspésia. On est à 16 %. Ça va bien,

semble-t-il, de ce côté-là. Du côté de Lanaudière,

on est à 8,6 %, dans le Centre-du-Québec, à 7,6 %, et, pendant ce

temps-là, bien, la ministre fait dans le déni.

Moi, je

m'attendais, ce matin… parce qu'une interpellation, M. le Président, c'est

toujours convoqué quelques jours avant…

je m'attendais que la ministre arrive ici avec un message d'espoir, en

disant : Voici les initiatives du gouvernement maintenant. Bien, elle nous parle de sa banque de

développement, que les économistes... entre autres, Michel Nadeau, qui

disait que ça va être complexe puis ingouvernable. Alors, on ajoute une

structure.

Je vais vous

dire, M. le Président, ce n'est pas de structure dont le Québec a besoin, c'est

d'action économique, c'est de gestes concrets qui vont favoriser le

développement de l'emploi dans chacune des régions du Québec. Ce projet de banque était voué à l'échec avant même

de voir le jour. On est dans une situation particulière. La ministre

nous sort des statistiques pendant que nous,

on met en évidence le fait, là, que la moitié des faillites au Canada, on les

retrouve au Québec. La ministre nous parle maintenant, là... Puis je

pense qu'on va changer son titre, on va plutôt l'appeler la ministre de la faillite. Là, là, elle fait une

présentation puis qui elle nous cite? Le Surintendant des faillites au

Québec. On est rendus là, là. On a un gouvernement qui cite le Surintendant aux

faillites avec la moitié des faillites au Canada, avec 45 000 emplois

perdus. Et je reprends les mots précis de la ministre, là : elle nous

parle de plans, de structures, d'actions structurantes puis de fonds de

diversification qui n'ont pas été un succès. Deux projets dans deux fonds de

diversification, ce n'est pas avec ça qu'on va changer la face économique du

Québec.

Elle

dit : Fini, le temps que le Québec décide des projets dans les régions.

Justement, les régions, on va en parler un peu. Les régions avaient des

projets de minicentrales; vous les avez largués, le gouvernement a mis ça de

côté, les projets de minicentrales. Et, dans

l'éolien, on a dû se battre semaine après semaine pour en arriver à vivre là

des résultats. Alors, c'est un non-respect flagrant à l'égard de l'économie

des régions du Québec.

Et il nous

reste quand même une heure et demie et un peu plus à cette interpellation ce

matin, qu'on nous parle de projets, grand Dieu! Mais pas de structures,

pas de théories creuses qui ne mènent nulle part. Ce qu'on veut, c'est de l'action économique partout au Québec. En un an,

le gouvernement a brisé l'économie du Québec, a tué l'entrepreneuriat. Nous étions le gouvernement, à l'origine, hein, de

la stratégie entrepreneuriale du Québec. Que reste-t-il de ça? Vous avez

tué l'initiative, vous tuez les projets,

vous vous attaquez à l'économie du Québec et les Québécois ont mal, Mme la

ministre.

Le Président (M. Hamad) :

Alors, merci.

D'Amour : Mme la

ministre, ne citez pas le Surintendant à la faillite.

Le Président (M. Hamad) : M.

le député, c'est...

D'Amour :

Parlez-nous de projets.

Le Président (M. Hamad) : Mme

la ministre, vous avez cinq minutes.

Zakaïb :

M. le Président, on brandit des épouvantails et, quand on veut rectifier les

faits... Parce que ce que j'ai fait

tantôt, M. le Président… Premièrement, je n'ai pas lu aucune note qui me

provenait de mes attachés. Ce que j'ai fait tantôt, c'est que j'ai lu les vrais chiffres. Les chiffres qui

proviennent du Surintendant des faillites, ce sont les chiffres de

faillites, M. le Président. Il ne faut pas prendre un

article de journal, un

titre, il faut aller voir d'où proviennent ces chiffres-là et pour vous

démontrer qu'effectivement le taux de faillite baisse au Québec, M. le

Président.

Maintenant,

on nous parle du Plan Nord : le Plan Nord est un plan marketing. M. le

Président, au cours de ma carrière, j'ai fait le tour des régions du

Québec régulièrement et, pendant que le Parti libéral était au pouvoir et qu'il

brandissait le Plan Nord, j'ai rencontré des

entrepreneurs, j'ai rencontré des entreprises qui me disaient que le Plan

Nord n'était qu'un ramassis de projets mal

ficelés, en fait de projets que les entreprises n'étaient même pas prêtes

elles-mêmes à annoncer, M. le Président. C'était un plan marketing.

aujourd'hui, on a le culot de me dire : On espérait que la ministre arrive

avec des projets. M. le Président,

l'économie, travailler sur l'économie, ça ne s'improvise pas. On ne peut pas

jouer aux pompiers puis arriver du jour au lendemain avec des solutions

court terme, ça ne mène nulle part. Je sais que le Parti libéral, quand il

était au pouvoir, aimait jouer aux pompiers,

mais, M. le Président, je m'excuse, là, mais vous ne feriez pas un beau

calendrier.

Maintenant,

on me parle de Michel Nadeau quand on a déposé le projet de

loi sur la Banque

de développement économique du

Québec. J'étais à la commission parlementaire quand Michel Nadeau, qui n'est

pas économiste, soit dit en passant,

est venu parler de la Banque de développement économique du Québec. Ce qu'il a

dit, M. le Président, c'est que cette banque, qui avait une société mère

et trois filiales, on avait pensé avoir un seul conseil d'administration pour

les quatre entités… M.

Nadeau a dit : Ça va être difficile à gouverner, un seul conseil d'administration

pour quatre entités. Je vous suggère

quatre conseils d'administration différents. M. le Président, je l'ai dit à

l'époque, je le répète, nous sommes prêts à amender le projet de loi

pour faire en sorte qu'il y ait des conseils d'administration distincts dans

chacune des entités, et là on va cesser de

dire, reprendre les paroles de M. Nadeau quand il parlait que c'était

ingouvernable. Tous les intervenants qui se sont présentés à la

commission ont dit que la banque de développement était une bonne idée pour le

Québec.

Maintenant,

M. le Président, on me parle de chiffres, je vais vous en donner. Voici les

investissements… certains des investissements que nous avons annoncés.

En fait, nous avons investi plus de 2 milliards dans des projets qui totalisent 6 milliards au Québec depuis notre

entrée au pouvoir. 2 milliards de dollars investis pour des projets

porteurs, créateurs d'emplois. Je vous en

donne des exemples : CSX Intermodal, un investissement de plus de 100

millions, créateur de 300 emplois; Ericsson Canada, investissement de

1,3 milliard de dollars, 60 nouveaux emplois et consolidation de 200

autres; implantation, AJW Technique, investissement de 27 millions, 214

emplois; Soprema, à Drummondville, 43 millions, construction d'une

nouvelle usine, création de 56 emplois; Marmen, j'en parlais tantôt, à

Trois-Rivières, agrandissement de leur usine; GlaxoSmithKline, modernisation et

ajout de deux nouvelles lignes de production, consolidation de 400 emplois,

création de nouveaux emplois; Enerkem, prise de participation,

20 millions, 400 jobs, M. le Président;

Texel, à Sainte-Marie de Beauce, 15 millions, agrandissement et

modernisation, maintien de 350 emplois à Sherbrooke, Saint-Elzéar et

Sainte-Marie de Beauce; Danone, investissement de Danone de 40 millions,

aidé par 5 millions du gouvernement;

Technicolor, M. le Président, une entreprise, Technicolor, qui est venue au

Québec à cause de la grappe du

multimédia et du cinéma, grappe qui a été mise sur pied grâce à un gouvernement

du Parti québécois il y a des années qui fait en sorte qu'aujourd'hui

les grandes entreprises mondiales viennent s'installer chez nous. M. le Président, faire en sorte d'avoir une économie

forte, ça prend des actions structurantes, et ces actions-là ont été

posées lorsqu'on a créé la grappe du multimédia.

Maintenant,

je vais revenir aux emplois, M. le Président. J'ai ici un beau tableau. Vous

avez, en rouge, les chiffres d'emploi

qui étaient prévus au budget de l'ancien ministre des Finances, M. Raymond

Bachand, la caution économique du gouvernement. En fait, le Parti

libéral se targuait d'être le parti de l'économie, mais je pense qu'ils ont

perdu leur caution économique, elle les a

quittés. Toujours est-il que 10 000 emplois étaient prévus dans le budget

en 2012, et, en 2013, on prévoyait autour de 40 000 nouveaux

emplois. Voici les emplois qui ont été créés par le Parti québécois durant la

même période, M. le Président, et vous les avez en bleu. 2012, 10 000, et

2013, 62 200. C'est ça, la création d'emplois du Parti québécois, M. le

Président. Ce sont des emplois de qualité dans toutes les régions du Québec. Je

vous remercie.

Le Président (M.

Hamad) : Merci. Alors, je vous… C'est le député… Pardon?

Le Président (M.

Hamad) : O.K. Une demande de dépôt.

Zakaïb :

…Ce serait mieux.

Le Président (M.

Hamad) : Oui, O.K. On va le déposer. Allez chercher le tableau.

O.K. Maintenant, c'est… Oui, M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata?

Le Président (M.

Hamad) : Non, non, c'est à vous, là. C'est qui, là? C'est vous

ou c'est le député de... Mégantic? Rivière-du-Loup? Rivière-du-Loup. Alors, s'il

vous plaît, s'adresser à la présidence.

D'Amour :

Bien sûr, M. le Président! Bien sûr, M. le Président! Écoutez, comment

voulez-vous qu'on améliorer la situation au Québec

avec un gouvernement qui nie qu'on a des problèmes? Tout le monde parle de récession potentielle au Québec, et, pendant ce

temps-là, le gouvernement dit : Il n'y a pas de problème; n'a aucune

solution. Et ça, c'est assez troublant.

Sincèrement, M. le

Président, je m'attendais vraiment à autre chose, ce matin. Et, tableau pour

tableau, là, la ministre affiche un tableau puis des résultats positifs, je

vais vous parler de certains exemples avec des emplois, des situations que les Québécois vivent au quotidien.

Si on regarde du côté de Produits forestiers Résolu, à Clermont, dans Charlevoix, 70 emplois touchés; plastique Transco,

à Montréal, 143; Luxorama, 180 emplois; Pfizer, Montréal,

300 emplois; Transcontinental, du

côté de LaSalle, 150 emplois; Résolu, Shawinigan,

en Mauricie, 111 emplois; Produits

forestiers résolu, encore, à Manseau, dans

le Centre-du-Québec, 21 emplois; Cliff, dans le domaine minier, à

Fermont, dans le Nord, 400 emplois touchés. La liste, là, j'en ai des

pages, M. le Président, que nous pourrions déposer.

articles. Dans le journal

Les Affaires : Toujours

trop de faillites commerciales au Québec . Il n'y a aucune suggestion faite par le gouvernement. On dit que, «de janvier à juin 2013, la moitié

des faillites au pays a été enregistrée au Québec, selon le Bureau du

Surintendant des faillites du Canada». Soit dit en passant, là, le Surintendant

des faillites, là, on découvre ça à ce

moment-ci. Il n'y a pas grand monde, au Québec, qui connaissait le Surintendant aux faillites au Canada,

mais on en parle, présentement, parce

qu'on est aux portes d'une récession.

Et on a une ministre déléguée

devant nous, là, qui nie la réalité, qui sourit, là, qui trouve ça ben drôle, à

matin, là. On se dirige directement sur un mur. Et qui va être touché? Ce sont

les Québécois.

a beau nous parler de statistiques d'emploi puis faire des comparables puis

remonter aux calendes grecques, la

réalité, là, c'est qu'il y a 45 000

travailleurs et travailleuses du Québec qui ont été directement touchés dans

leur vie de tous les jours. On parle ici, M. le Président, de pain et de

beurre, on parle de région, on parle d'entreprises qui ont fait faillite.

Toutes les régions du Québec, à peu près, sans exception, sont touchées. On se

demande qui va être le prochain qui va

tomber. Pendant ce temps-là, hein, que ce soit la première ministre, que ce

soit, M. le Président, le ministre des

Finances, qui nie encore, là, que ça va mal au Québec, la ministre déléguée,

qui est devant nous : Ça va bien au Québec. On a augmenté le nombre de travailleurs au Canada de 145 000, on a

créé des emplois; on en a perdu 45 000 au Québec. Ministère par

ministère, faites le tour, M. le Président, là. J'ai parlé tantôt des

ressources naturelles, où on a perdu 8 300

travailleurs, puis les Ressources naturelles a perdu 23 % de son budget.

On pourrait vous parler d'agriculture dans les régions du Québec, parce qu'occuper le territoire du Québec sans parler

d'agriculture puis de forêt, ça ne se fait pas, mais le gouvernement ne

semble pas avoir compris ça. En agriculture, on perd des emplois au Québec.

Dans le domaine des affaires municipales,

dans le domaine des transports, on perd des travailleurs. Il y a des gens qui

perdent leur emploi. Quand on perd

son emploi, habituellement, on ne change pas d'auto, on consomme moins, on ne

va pas se louer un appartement, on

n'envisage pas de construire une maison. Écoutez, pendant ce temps-là, on nous

parle de plan, puis de stratégie puis de politiques à venir.

Les problèmes des Québécois, M. le

Président, et il faut que la ministre le sache, c'est ici, maintenant, qu'on

les vit, la moitié des faillites

canadiennes, ici, au Québec. Dans les journaux, ce matin, là, la revue de

presse est assez éloquente : À

deux mois d'une récession . Ce

n'est pas moi qui le dis, là, ce n'est pas l'opposition, qui le dit, c'est La Presse ,

dans son édition d'aujourd'hui. Pendant ce temps-là, le ministre des Finances,

lui, il ne voit pas de récession. Le Québec au bord de la récession ,

toujours dans La Presse sous la plume d'Alain Dubuc. Et Benoît

Aubin dit : Alloooo? La Terre appelle

le Québec! « L'économie

est en panne.» Desjardins le disait il y a trois mois, et, aujourd'hui, c'est rapporté dans les journaux :

«Les emplois s'envolent, la récession nous guette, le produit intérieur brut diminue, la consommation ralentit, les

revenus du gouvernement aussi. Mais ces questions matérielles ne vont pas

détourner l'attention du gouvernement [du Québec].» Ça ne va pas bien du tout.

Nous, ce qu'on veut, M. le Président, là, c'est

des solutions. Tantôt, la ministre déléguée nous disait : Bien, l'opposition s'oppose. Non, l'opposition a proposé au cours des dernières semaines des

mesures concrètes pour relancer l'économie, notamment relancer et

soutenir l'industrie de la construction, ce à quoi a répondu par le silence le gouvernement. C'est toujours la même situation, c'est toujours le même problème. D'abord, il faudrait qu'on

cesse de nier la réalité; la réalité rattrape le gouvernement. Les

prochains mois seront sombres pour l'économie, mais pour qui exactement?

Pour le monde sur le terrain, pour les gens dans les municipalités, dans les villes. Quand on perd son emploi, on perd beaucoup,

là, on perd l'espoir. Et l'économie du Québec va mal et le gouvernement du Parti

québécois en est très clairement et très nettement responsable, M. le Président.

Président (M. Hamad) :

Merci, M. le président. Juste une question de partage de temps, maintenant,

c'est la députée… la ministre qui a la

parole, mais, si la ministre désire donner son droit de parole à son collègue

le député de Sanguinet, ça prend un

consentement parce que c'est l'interpellation de la ministre aujourd'hui.

Alors, vous pouvez faire ça s'il y a un consentement de ne pas… de

laisser… Consentement? Donc, c'est le député de Sanguinet qui prend la parole.

O.K.? Alors, parfait, consentement au député de Sanguinet, qui prend la parole.

Therrien : Alors, merci,

M. le Président. Je voudrais d'abord

saluer les gens qui accompagnent la ministre, la ministre. M. le Président, je vous salue. Les gens de l'opposition, de la deuxième opposition aussi, évidemment,

je vous salue, collègues.

Alors, bon, d'abord,

par rapport aux propos du député de Rivière-du-Loup—Témiscouata, là, qui nous envoie des propos

qui sont soutirés des journaux, là, disons que c'est une étude non exhaustive

et sélective de la revue de littérature, ça n'a pas tellement de crédibilité en termes scientifiques. Je lui demanderais de travailler davantage sur

le terme d'«exhaustivité». Juste en

passant, il parlait d'économie florissante quand ils ont laissé le pouvoir en

2012, juste lui dire que les deux

derniers trimestres que le Parti libéral est au pouvoir, la croissance

économique en 2012, premier trimestre, était de moins 0,1 %, donc

ils ont frôlé la récession, et, en deuxième trimestre, c'était 0,4 %. Si

monsieur appelle ça une économie

florissante, j'ai des doutes. Quand il parle d'un déficit qui était d'au-dessus

de 2 milliards pour l'année qui se terminait et qu'il y avait un trou de 1,6 milliard, que la dette

totale par rapport au PIB était de 55 %, ce qui était le plus élevé

de l'histoire du Québec moderne et même du

Québec, s'il considère que c'est une économie florissante, je lui

demanderais de réviser son tir et de choisir les mots de façon appropriée.

Je veux

revenir rapidement sur le bilan du régime libéral, très rapidement parce qu'il

n'y a pas grand-chose à dire. Bien, écoutez, mon ami qui est historien,

à un moment donné, il a fait faire une étude à des étudiants de sa classe. L'étude

était simple : il fallait que les étudiants revoient des éléments

importants des règnes des premiers ministres de

1960 à aujourd'hui, et soit au niveau législatif, au niveau d'actions

concrètes, et il y a un étudiant qui est allé voir mon ami qui est

enseignant et qui a dit : C'est bizarre, je ne trouve rien pour le régime

libéral, je cherche, je cherche et je ne

trouve rien pour le régime de Jean Charest. Et le professeur a été obligé de dire : Bien, c'est parce qu'il doit y avoir quelque chose, là, en dessous de ça, donc ça veut peut-être

dire qu'il n'a pas fait grand-chose. Bien, non, mais tu

sais, je veux dire, à un moment donné, il y a des évidences, là.

Juste vous

montrer, en 2011, le journal Les Affaires a fait une étude sur l'entrepreneurship au Québec.

On parle du Québec inc., et ainsi de suite, dans les années 70-80, c'était

florissant, et ainsi de suite; je reprends les mots du député. On s'est aperçu

que l'entrepreneuriat était en déclin, et très fort déclin au Québec, à un

point tel qu'il y avait deux fois moins d'entrepreneurs au Québec en 2011 que

dans le reste du Canada. Après huit ans de règne libéral, c'est ce qu'on avait

comme héritage, deux fois moins d'entrepreneurs au Québec par rapport au reste du Canada. Pourquoi? Parce qu'on les a laissé

tomber. C'est ça qu'on a fait dans le régime libéral. On n'a aucun programme

concret.

Je vais

revenir sur une bonne nouvelle sous le règne libéral. La bonne nouvelle, c'est

que la conjoncture mondiale les a

aidés. Ça, c'était une bonne nouvelle. Le prix des métaux, je vais vous donner

un exemple : l'or, en 2003, l'once d'or se vendait 352 $; l'apogée du prix de l'or, en 2011,

1 703 $ l'once. Ça a fait fois cinq. Le fer, en 2007, 67 $ la

tonne; en 2011, 184 $ la tonne. Fois

trois. L'aluminium, même chose, on est passés… bien, écoutez,

on était, en 2011, à un total de 2 603 $ la tonne, un record

historique.

Donc, si on regarde ça, là, les astres alignés

en 2011, là, on avait une belle vague, là, de hausse des prix des matières

premières. Et évidemment, même si ce sont des mauvais surfeurs, ils ont quand

même profité de cette énorme vague pour

arriver à justement créer des emplois dans le Nord. Et là ils se sont

dit : Aïe, vu qu'on n'a encore rien fait, on pourrait peut-être

profiter de cette situation-là pour créer un plan marketing qui ferait en sorte

que les gens pensent que c'est grâce à nous.

Bien, moi, je

lui demanderais, à mon collègue d'en face : Est-ce qu'il y avait un plan Nord en

Ontario? Parce que, nous, au Québec, en 2011, il y avait des dépenses d'exploitation…

D'Amour : …interpellateur

demande des solutions. Moi, je ne veux pas la litanie. Je ne veux pas qu'on

remonte aux calendes grecques.

Le Président (M. Hamad) :

Oui, mais, M. le député, ce n'est pas une question de règlement.

D'Amour : Moi, je

suis… On est hors propos complètement.

Le Président (M. Hamad) : Ce

n'est pas une question de règlement.

Le Président (M. Hamad) :

Non, non, je viens de le dire. Je viens de le dire. Alors, continuez.

Therrien : Vous n'avez

qu'à écouter, chers collègues, ça va vous apprendre des choses. Alors, en 2011,

en 2011, au Québec, il y avait des dépenses d'exploitation minière de

833 millions; en Ontario, de 1 067 000 000.

Ça veut-u dire qu'il y avait un plan Nord en Ontario, ça?

Et, quand on

regarde la diminution par rapport à aujourd'hui avec les chiffres de Ressources

naturelles Canada, on s'aperçoit

qu'actuellement au Québec on a une baisse des prix. Je vous dis, là, les prix

ont baissé d'à peu près 30 %

partout. L'Ontario a une baisse de 29 % de son activité minière, et, nous,

seulement 17 %. Pourquoi? Bien, parce

qu'à la limite on a été assez clairvoyants pour justement faire en sorte de

compenser cette diminution des prix des matières premières par une

gestion plus éclairée.

Président (M. Hamad) : M. le député de Sanguinet, merci. Là, il

y avait un bloc de cinq minutes, Mme la ministre. Si vous ne voulez

pas le prendre, on reprend le bloc du député de Sanguinet qu'on l'a enlevé

tantôt. Est-ce que vous passez votre tour?

Zakaïb : Vous

voulez dire, M. le Président, c'est qu'on pourrait redonner cinq minutes

de plus au député de Sanguinet?

Le Président (M. Hamad) : Il

y a encore cinq minutes pour lui. Mais vous, vous avez cinq minutes,

mais vous pouvez dire, avec consentement, que vous ne voulez pas le prendre.

Zakaïb : Bien, je

peux prendre encore cinq… As-tu encore cinq minutes?

Le Président (M. Hamad) :

Vous avez les deux… chacun un bloc de cinq minutes.

Zakaïb : Moi, je

vais prendre le mien, puis il va prendre le sien.

Le Président (M. Hamad) :

Vous allez prendre le vôtre? O.K.

Zakaïb :

Excusez-moi, j'avais mal compris, M. le Président.

Président (M. Hamad) : C'est correct. Alors donc, on revient à

l'agenda original que la ministre a le droit de cinq minutes.

Allez-y.

Zakaïb :

O.K. M. le Président, tantôt on a parlé d'entreprises qui avaient fermé,

d'emplois perdus, et je me rappelle que le député de Témiscouata a

mentionné une entreprise…

Une voix : Rivière-du-Loup.

Zakaïb : Rivière-du-Loup—Témiscouata, je m'excuse, a mentionné l'entreprise

Luxorama. C'est un bel exemple, M. le

Président, de ce qu'on peut faire quand on travaille ensemble pour sauver une

entreprise. Cette entreprise-là est située à Saint-Jérôme. Et, avec le

député de Saint-Jérôme, député du deuxième groupe d'opposition, on a trouvé des solutions pour l'entreprise, on a travaillé

avec Investissement Québec, on a trouvé un repreneur pour l'entreprise.

Et cette entreprise-là a créé des emplois. Alors, le chiffre que vous donniez,

monsieur, c'est plutôt un chiffre de création d'emplois.

L'entreprise fonctionne, ça fonctionne bien, elle exporte maintenant aux

États-Unis. Et on a travaillé ensemble avec

Investissement Québec, le ministère des Finances et de l'Économie pour relancer

cette entreprise-là. Et on ne l'a pas fait

seulement à Luxorama, M. le Président, on l'a fait dans chacune des régions du

Québec. Il y a possibilité de sauver certaines entreprises quand elles

ferment, quand elles font faillite, et nous y travaillons, et nous y mettons

tous les efforts, M. le Président. Et ça, naturellement, ce sont des actions à

court terme.

Je vais vous

citer certains des dossiers : Cap sur mer, aux

Îles-de-la-Madeleine, plus de 400 emplois qui ont été sauvegardés par notre gouvernement; Effigi, à

Laval, M. le Président, une entreprise dans le domaine du textile;

Luxorama, j'en parlais tantôt; RCM, il n'y a plus tard que quelques semaines.

RCM, M. le

Président, c'est une entreprise d'économie sociale, une entreprise qui fait le

recyclage de nos matières résiduelles, du plastique et qui emploie des

gens qui ne se trouveraient pas d'emploi autrement, des non-voyants, des gens qui ont des incapacités physiques ou

intellectuelles, une entreprise qui avait investi dans un nouveau procédé

pour recycler les Tetra Pak, qui malheureusement ne fonctionnait pas, une

entreprise qui aurait dû fermer ses portes. Nous avons travaillé avec le député, qui est un député de votre formation

politique, avec les gens du milieu économique pour relancer cette

entreprise-là. Nous avons investi dans sa... dans le fait qu'elle soit

relancée, mais nous avons aussi travaillé

pour qu'elle ait une vie à long terme. Et ça, ce n'est pas seulement des

investissements, M. le Président : nous sommes allés chercher un partenaire privé pour faire en sorte qu'il soit

intégré. Alors, maintenant, elle a même quelqu'un qui prend ses

extrants, M. le Président, cette entreprise-là. Et nous avons travaillé avec le

CRIQ pour trouver une solution à leur

machinerie qui ne fonctionnait pas. Ça, M. le Président, ce sont des actions

intégrées qui font en sorte que des entreprises qui auraient fermé sont

maintenant des entreprises qui emploient et qui offrent des emplois de qualité,

dans ce cas-là à des gens qui ne se seraient pas trouvé d'emploi autrement, M.

le Président. Et ça, c'est une action du ministère des Finances et de l'Économie

en concertation avec tous les acteurs économiques du milieu.

Et, M. le

Président, je tiens à dire que... et revenir sur le chiffre des faillites, là,

parce qu'on brandit des épouvantails. Je le disais tantôt, là, il y a

moins de faillites présentement au Québec qu'il n'y en avait sous le gouvernement

du Parti libéral, M. le Président. C'est les

chiffres que je vous donnais tantôt. Alors, qu'on arrête de nous imputer tous

les maux au Québec. Et chacune des faillites, chacune des fermetures, nous l'avons

regardée, M. le Président. Et, quand c'est possible, nous sauvons les

entreprises.

Nous l'avons

fait avec Davie, M. le Président, Davie. Au Québec, combien de formations

politiques ont essayé de sauver Davie? Et nous l'avons fait sans argent

additionnel du gouvernement, M. le Président. Davie, aujourd'hui, sa liste de rappel est terminée, ils sont à la

recherche de travailleurs présentement à Lévis. Et moi, je me rappelle avoir

dû répondre à des questions des deux oppositions l'année passée quand nous

avons annoncé la relance de Davie. Et aujourd'hui, M. le Président, un an plus

tard, il y a plus de 700 personnes qui travaillent, M. le Président, grâce

aux efforts que notre gouvernement a faits.

Alors, oui,

nous travaillons pour que les entreprises qui vont mal puissent avoir du

soutien du gouvernement, du soutien

financier et de l'accompagnement, des actions structurantes. Nous travaillons

sur le court terme, nous travaillons sur le moyen terme et nous

travaillons également sur le long terme.

J'avise

l'ensemble des Québécois

qu'une politique financière, économique va être déposée par le gouvernement avec quatre

volets, M. le Président : la politique industrielle, la politique

nationale de la recherche et de l'innovation, politique

d'exportation et politique sur l'électrification des transports. Et, d'ici

quelques jours, voire quelques semaines, M. le Président, cette politique-là, qui va relancer le Québec vers une

économie du XXIe siècle, va être en place, avec des actions-chocs, M. le

Président, des actions qui vont porter fruit dans chacune de nos régions. Parce

qu'encore une fois le Québec, c'est ses

grands pôles que sont Montréal et Québec, mais également chacune de ses

régions. Et le plan du gouvernement,

c'est un plan Québec pour tous, un plan de développement pour toutes les

régions du Québec, M. le Président.

Le Président (M. Hamad) : M.

le député de Sanguinet, vous avez cinq minutes. Si vous ne voulez pas les

prendre, à un consentement, on peut aller au député de La Prairie.

Le Président (M. Hamad) :

Oui? O.K., allez-y.

Therrien :

Écoutez, je voulais juste poursuivre dans mon exposé de tantôt parce que je me

suis aperçu que j'avais un peu plus de matière, là, par rapport au Plan

Nord, là.

Je voudrais revenir là-dessus, le Plan Nord, ce

plan marketing qui a été fait sur mesure, là, pour justement faire en sorte que les entreprises puissent venir

cueillir nos ressources naturelles dans le Nord sans qu'il ne reste rien

dans les poches des Québécois. 10 minières sur 19 ne payaient rien en

redevances. Et le Plan Nord… Bien, je ne dirai pas «le Plan Nord», parce que le

Plan Nord n'a rien à voir avec l'augmentation de l'exploitation, là, des

matières premières dans le Nord. Mais, cette

augmentation, on appelle ça, en économie, un supercycle. Le supercycle, là,

l'augmentation des prix des matières

premières… Oui, oui, écrivez-le, supercycle, vous irez vérifier ça sur Google .

Et puis ce supercycle-là, là, prévoyait

un estompement, là… s'estomper vers 2011, 2012. Bien, ça a laissé des traces

évidemment au Québec, ça a créé beaucoup d'emplois

dans ces secteurs-là. Mais ça a caché une réalité, c'est qu'on a eu un tissu

industriel qui s'est effiloché avec le temps.

Alors, moi

aussi, j'ai des petits graphiques. À la période des libéraux, pertes d'emploi

dans le secteur du bois, du papier et

du meuble. Ici, je ne le sais pas, ce n'est pas très, très gros. Je peux le

déposer aussi, là. Mais on voit, là, que, dans les régions, là, c'est l'hécatombe.

On voit, c'est…

Therrien :

Oui, je vais vous le donner tantôt, là. Je vais le déposer, là. On a ici dans

le secteur du bois et du papier et du

meuble. Donc, le tissu industriel québécois s'est désagrégé, s'est effiloché.

Pourquoi? Bien, pour plusieurs raisons,

mais, entre autres, parce qu'on n'a pas utilisé des politiques économiques

assez énergiques pour empêcher ça.

Dans le domaine du meuble, on a ici, là, les

différentes… On a 933 emplois en Chaudière-Appalaches, 430 à Laval, 353 dans le Centre-du-Québec, Mauricie,

483, Estrie, 352. Alors, ça, c'est des pertes d'emploi nettes. Moi, je

peux vous les laisser, là.

Alors donc, nous, ce qu'on a proposé, on a

proposé la Banque de développement économique du Québec. Malheureusement, malheureusement, l'opposition a

sacrifié sur l'autel de la politique cet instrument, qui était attendu

de tous les gens du milieu. Moi, dans mon comté, on en parle beaucoup, on

attendait avec impatience la création de la Banque

de développement économique du Québec. Mais, sous l'autel de l'opportunisme

politique, on a tué ce veau gras. Et, en

plus… Bien, je vous dis : Quand on veut tuer un chien, on lui dit qu'il a

la rage, n'est-ce pas? Alors, c'est sûr que ce plan-là, qui était très

avantageux pour les Québécois, qui était attendu des milieux, n'a pas reçu l'aval

de l'opposition pour des fins politiques.

Je reviendrai rapidement, là, sur les

redevances. Nous, on a fait en sorte que les redevances… tout le monde ait à payer ses redevances, que la transformation

soit favorisée, et donc qu'on puisse avoir, là, une création d'emplois

qui nous permette justement de soutirer des emplois pas juste accrochés à une fluctuation

du cycle des prix, mais aussi d'avoir des emplois qui soient ancrés dans le

milieu et qui demeurent dans le milieu, peu importent les variations

conjoncturelles du reste de la planète, surtout avec les économies émergentes,

là, qui vont pousser davantage sur l'augmentation des prix. Bien, à ce moment-là, avec une politique

de transformation bien établie, ça va faire

en sorte de protéger ces emplois-là. Évidemment,

le respect de l'environnement, faire

en sorte que ce qu'on va retirer dans

le Nord va être dans le respect des individus et de l'environnement

comme tel… Alors, ça, c'est des politiques qu'on veut mettre en place.

On a, dans notre politique aussi, pris le virage

de la stimulation des investissements privés. On sait que les investissements, il n'y a rien de plus important que ça dans une économie.

Les investissements, c'est la

production de demain. C'est quelque

chose de difficile parce que ça demande un sacrifice. Les gens qui investissent

vont se priver de revenus pour justement avoir des revenus supérieurs

dans un avenir assez lointain. Or, ça demande un sacrifice chez l'individu et c'est ce qui va faire en sorte de

créer des capacités de production plus fortes dans le futur puis des

créations de croissance économique robustes.

Alors, nous,

on a fait le choix de faire des politiques qui stimulent l'investissement dans

les régions. Alors, on a délaissé ce qui était plutôt... qui était l'acabit

des politiques antérieures, là, au niveau de la création d'emplois. On se tourne vers l'investissement. Et évidemment

l'investissement nous amène des créations d'emplois, mais des créations

d'emplois qui soient permanentes, qui fassent en sorte que notre compétitivité

par rapport à l'étranger soit maintenue et

même s'améliore pour justement faire en sorte que les Québécois puissent

trouver le chemin du travail de plus en plus, et c'est ce qu'on s'engage à faire. Et qu'est-ce qu'on fait depuis un an? On

fait une stimulation des investissements privés.

Le Président (M. Hamad) :

Merci. Maintenant, la parole au… deuxième opposition officielle. M. le député

de La Prairie.

M. Le

Bouyonnec : Merci. Merci, M. le Président. Puis vous me

permettrez, d'entrée de jeu, d'abord de saluer les collègues, là, Mme la

ministre, le député de Sanguinet puis le député de Rivière-du-Loup.

Mais je suis un peu déçu, M. le Président, en

fait, des questions et de l'interpellation dirigée par l'opposition officielle parce que je trouve que l'opposition

officielle, les libéraux, en général, ont vraiment la mémoire courte.

Moi, personnellement, si je me suis présenté en politique, c'est parce que j'étais

vraiment écoeuré du peu de vision économique des libéraux, puis je peux vous en

parler. Il est tout à fait injuste d'attribuer l'ensemble de la situation

économique, au Québec, au gouvernement du Parti québécois. Ça prend quand même

un minimum d'honnêteté intellectuelle en cette Chambre, sinon, il n'y a plus

rien qui tient.

Le gouvernement libéral nous a fait vivre sur la

carte de crédit, a endetté la province de Québec de plus de 60 milliards,

nous avait fait des promesses en 2003, nous avait promis que les taxes et

impôts seraient réduits de 1 milliard par année, promesse qui n'a pas été

tenue; il nous avait promis de faire une réingénierie de l'État; ça non plus; a récupéré le champ fiscal abandonné par les

fédéraux avec la TVQ, 1 %, puis un autre pour cent pour équilibrer

les comptes publics, mais ce n'était pas vraiment vrai parce qu'on continuait à

avoir une augmentation de la dette et puis du déficit.

Et on s'est

retrouvés donc dans une situation où aujourd'hui le gouvernement du Québec a

très peu de marge de manoeuvre.

D'ailleurs, pour que l'Ontario soit, toutes proportions gardées, aussi endetté

que le Québec, il faudrait que l'Ontario dépense immédiatement

80 milliards de dollars, soit un peu plus que l'équivalent d'une année

budgétaire du gouvernement du Québec.

Puis,

quand on parle de développement régional, les libéraux, le régime forestier

dont se plaignait, là, dernièrement le

président de Tembec, c'est quand même les libéraux qui l'ont sorti. Le

développement régional, l'éolien, par exemple, là, qui fait en sorte qu'on a des surplus

hydroélectriques, mais on dépense une fortune dans l'éolien, c'est les libéraux

encore, sur la carte de crédit, qui nous ont sorti ça.

Puis, Mme la ministre, moi, si j'étais à votre

place, je serais porté à lui dire : Que faisiez-vous, les libéraux, quand Rio Tinto a acheté Alcan? Comment avez-vous

renégocié pour faire en sorte qu'on

ne continue pas à leur donner des tarifs préférentiels d'électricité qui

nous coûtent un bras puis qui fait qu'aujourd'hui, dans votre propre comté, à

Sorel, des centaines d'emplois sont perdus dans QIT-Fer et Titane?

Mais je pense que je comprends ce qui se passe

au niveau du Parti libéral, et puis je remercie le député de Rivière-du-Loup. Il a tellement peu d'idées, là,

que… Ils prennent les journaux le matin, ils lient les journaux le matin

puis ils font une politique en fonction de

ce qu'ils lisent dans les journaux. Parce que ce qu'on a vu tout à l'heure, ça

a été ça, là, une série d'articles

qui ont été sortis, et je n'ai vu aucune proposition ou début de proposition

constructive de la part de l'opposition officielle. Excusez-moi, mais c'est

vraiment… Pour moi, personnellement, c'est choquant.

En 2008, Jean

Charest nous disait : Donnez-moi les deux mains sur le volant. Ils les ont

eues, les deux mains sur le volant, puis, aujourd'hui, je regrette, mais

la situation économique que nous avons est en très bonne

partie attribuable aux

neuf ans de régime des libéraux. Ça n'excuse pas le Parti québécois de ne pas

prendre action, mais, si on veut rendre à

César ce qui appartient à César, on va le faire tout de suite. En 2008, dans la

campagne électorale, d'ailleurs, lorsque certains disaient : La

Caisse de dépôt, il y a un problème qui s'en vient, rappelons-nous ce qui se

passait. Non, non, il n'y a pas de problème

à la Caisse de dépôt. Mais évidemment, un jour, les libéraux se sont réveillés,

ils ont ouvert le journal, puis, dans

le journal, c'était écrit : La Caisse de dépôt vient de perdre

38 milliards. Puis à ce moment-là ils se sont réveillés.

Non, écoutez,

moi, je pense qu'il y a plus à faire ici, en cette Chambre, surtout si on pense

qu'éventuellement, oui, le Québec peut entrer en récession — on le

verra, les prochains mois seront déterminants — c'est d'avoir des véritables

propositions. Je réitère à la ministre : Pour nous, comme nous le disions

plus tôt ce matin, nous avons trois priorités

économiques. D'abord, que vous puissiez parler, Mme la ministre, à votre

collègue des Ressources, parce que nous pensons que le projet de loi n° 43 est quelque chose qui est

dommageable à l'économie. Mais encore une fois l'exemple avait été donné

avec l'ancien p.l. n° 14 par les libéraux, puis rappelons-nous que, même

majoritaires, ils n'avaient pas été capables

de l'adopter parce qu'il y avait une dissension au sein du gouvernement. Ça,

pour moi, ce projet-là, le 14 plus le

43, par rapport à l'ensemble des régions ressources puis les mines, c'est un

peu Massacre à la tronçonneuse . Première priorité, vous

pourriez vous occuper de ça.

Deuxième priorité, on vous l'avait déjà avancé,

c'est la question des crédits d'impôt remboursables.

Le Président (M. Hamad) :

…adresser à la présidence, s'il vous plaît.

M. Le

Bouyonnec : Oui, très, très bien, vous êtes dans votre bon

droit, M. le Président. Alors, deuxième action économique qui pourrait se faire : au niveau des crédits d'impôt

remboursables. Moi, je regrette un peu qu'en catimini, par exemple, cet

été, le ministre des Finances, M. le Président…

Président (M. Hamad) : Alors, c'est terminé, M. le député de

La Prairie. Merci beaucoup. Maintenant, nous allons à la ministre

pour répondre au député de La Prairie, si vous voulez bien.

Zakaïb :

M. le Président, je remercie le député de La Prairie pour son portrait des

interventions pompiers de l'ancien gouvernement. Je suis d'accord avec

lui qu'on a géré longtemps à partir d'articles de journaux et qu'on en récolte aujourd'hui les fruits. Maintenant, M. le

Président, on ne va pas s'arrêter à ça. C'est important effectivement qu'on

travaille sur des actions structurantes, sur

des déterminants de la productivité. Il faut que nos entreprises soient

compétitives, M. le Président, c'est comme ça que le Québec va tirer son

épingle du jeu. La compétitivité des entreprises, M. le Président, leur

productivité, ça ne passe pas comme certains, quelquefois, peuvent le

prétendre, par le fait que les travailleurs doivent travailler plus d'heures

par jour ou qu'ils se traînent les pieds. Effectivement, la productivité des

entreprises, ça provient de la modernisation de nos entreprises. Il faut s'automatiser,

il faut se robotiser, il faut être à l'ère

du XXIe siècle, il faut inclure les technologies de l'information et des

communications dans nos procédés, dans nos méthodes de gestion.

M. le Président, nous allons déposer une politique

industrielle, je l'ai dit, très prochainement, une politique industrielle qui, de façon transversale, va aider

l'ensemble de l'économie québécoise à investir. Les créateurs d'emplois, les créateurs de richesse, ce sont les entreprises et

les entrepreneurs. Et ces entreprises, pour qu'elles soient capables d'exporter,

pour qu'elles soient compétitives, doivent produire plus avec moins. Et la

façon de le faire, c'est en investissant, en investissant en robotisation, en

numérisation, en automatisation, en technologie de l'information. Et vous allez

voir que la politique industrielle va avoir des mesures-chocs pour soutenir les

entreprises dans ce sens-là.

M. le Président, ce n'était pas quelque chose qu'on pouvait improviser. Il fallait vraiment

qu'on travaille, encore une fois,

avec les acteurs économiques, et

c'est ce que j'ai fait. J'ai fait des consultations, j'ai rencontré tous les

groupes économiques, et vous allez voir, dans la politique industrielle, des

moyens concrets pour aider nos entreprises. Et on peut bien dire à l'ancien gouvernement puis à l'opposition officielle

qu'on parle de structure. M. le Président, pendant neuf ans au pouvoir, les libéraux n'ont même pas

déposé une seule politique économique, une seule politique industrielle.

Notre secteur manufacturier, M. le

Président, a fondu comme peau de chagrin. On est aujourd'hui à 14 % du PIB

dans le manufacturier. Je comprends, M. le Président, que c'est un pourcentage,

je comprends qu'il y a des entreprises de services, et c'est normal, et qu'il y

a une pondération à y avoir. Mais il faut arrêter cet effritement-là, M. le

Président.

Et vous allez voir dans la

politique industrielle que nous allons déposer des moyens concrets, des moyens

qui se basent sur les forces du

Québec : un secteur énergétique fort, de l'hydroélectricité… On parle de

surplus électriques, présentement, M. le Président; ces surplus-là, pour

moi, c'est une opportunité. On parle d'un virage vert; l'économie propre, pour moi, c'est une opportunité. Nos

entreprises vont devoir se verdir, alors nous allons les aider à se verdir.

Nous allons, de ce fait, par ricochet, aider

un nouveau secteur, qui est le secteur des technologies propres, nous allons

parler d'électrification des transports, M.

le Président, le projet du XXIe siècle. On va devoir diminuer nos gaz à effet

de serre.

Présentement, notre balance commerciale est

négative, M. le Président, parce qu'on importe beaucoup, beaucoup de pétrole. À chaque fois qu'on va

remplacer le pétrole par l'électricité, par de l'énergie propre, on va

diminuer nos gaz à effet de serre, mais on

va également aider notre balance commerciale et on va pouvoir développer une

filiale dans le transport électrique au Québec, qui va être en mesure d'exporter.

Et plus cette filiale-là va être forte, plus elle va être basée sur nos

forces... premièrement, les compétences d'Hydro-Québec, mais également les

compétences de nos chercheurs partout dans nos régions, de nos entreprises.

Nous fabriquons, au Québec, la meilleure batterie, M. le Président. La meilleure batterie pour les

véhicules électriques est fabriquée présentement au Québec. Si on

développe une chaîne d'approvisionnement, une

chaîne de valeurs autour des transports électriques et qu'on démontre, par

l'approvisionnement de l'État, par l'approvisionnement des Québécois que c'est

facile, que c'est viable, que c'est possible,

dans les années à venir, M. le Président, nous allons exporter ces produits-là

comme on l'a fait, le gouvernement du Parti québécois, avec le

multimédia.

Je vous

rappellerai que, quand Bernard Landry, par la suite, Mme Marois ont créé la

Cité du multimédia, les libéraux se

sont opposés littéralement à la création de la Cité du multimédia. Bien,

aujourd'hui, nous sommes le deuxième pôle après Londres, en multimédia,

au niveau du cinéma à Montréal, parce que des actions structurantes ont été

faites en 2002 pour faire en sorte que ce

soit ça aujourd'hui. Et c'est ce que nous allons faire pour les années à venir,

M. le Président.

Président (M. Hamad) : Merci. Alors, maintenant, nous allons… Ce bloc-là est terminé. Maintenant,

le député de l'opposition officielle, Sanguinet, vous avez encore cinq minutes, aujourd'hui. Vous avez gagné le gros lot aujourd'hui, M. le député de Sanguinet.

Encore cinq minutes.

Therrien : D'accord. Merci, M. le Président. Non, je suis

correct, mes tableaux, vous les avez, maintenant. Alors, d'abord, je tiens à saluer les propos du

député de La Prairie, ils sont très clairvoyants. J'espère que cette

clairvoyance-là va se manifester avec son appui éventuellement à la Banque de

développement économique du Québec. On le souhaite de tout coeur. On vous tend

la main, comme on dirait.

Écoutez,

tantôt, j'ai commencé à parler, là, de ce qu'on avait fait au niveau des

investissements. Écoutez, il y en a une

panoplie. On a créé un groupe d'action ministérielle. Un groupe d'action

ministérielle, c'est le ministre des Finances, c'est la ministre déléguée à la Politique industrielle, ministre des

Ressources naturelles, du Développement durable, des Faunes et des Parcs. Et ce groupe-là actuellement

est en train d'étudier une cinquantaine de projets privés qui

représentent plusieurs dizaines de milliards de dollars d'investissement

et donc qui sont reliés à l'entreprise minière, et ça, c'est un potentiel très,

très important. On travaille là-dessus. On travaille aussi de concert avec un

comité interministériel, avec Nemaska

Lithium, Champion Iron Mines, Stornoway, Tata Steel, New Millennium Iron,

Adriana Resources. Alors, on travaille sur ces projets-là. On a une

enveloppe de 750 millions qui est rattachée au développement des mines et

des hydrocarbures. On parle aussi du mont Otish,

le chemin du mont Otish, qui avait été signé par les libéraux et qui

avait des coûts astronomiques. On a été capables de réduire de plus de

100 millions les coûts qui étaient liés à ce chemin-là, et les producteurs étaient très satisfaits, et on a

fait en sorte que le Trésor québécois s'est trouvé dans une situation où

on se trouvait à avoir une épargne de 100 millions, ce qui n'est pas à

dédaigner.

Mais la

principale politique économique qu'on va adopter, qui est d'après moi la plus

importante, c'est d'éloigner les libéraux du pouvoir. Ça, c'est notre

mission fondamentale. Pourquoi? Bien, parce qu'ils ont fait un gâchis, littéralement, dans les neuf dernières années, et,

en plus, en plus, en plus, leur équipe économique est disparue. M.

Bachand n'est plus là, M. Gignac non plus, et M. Paquet n'est plus là. Alors,

on se retrouve avec une équipe économique qui est comme leur chef, qui se

déguise en fantôme. Alors donc, c'est problématique, et nous, on va travailler

fortement là-dessus pour que justement le

Québec soit préservé de cette menace qui plane à l'horizon. Espérons que ça ne

va rester qu'une menace.

Évidemment, on pourrait parler du rapport KPMG,

qui fait en sorte… Ça va bien, M. le Président?

Le Président (M. Hamad) :

Oui. Je vous entends…

Therrien : Non,

non, vous avez l'air…

Le Président (M. Hamad) : Je

suis un être humain, M. le député de… vous savez. J'essaie de…

Therrien : Oui,

oui, je vous salue, je salue, là, votre neutralité, M. le Président. Non, mais

écoutez…

Le Président (M. Hamad) : …

Therrien : Mais

vous le faites bien, M. le Président, vous le faites bien.

Le Président (M. Hamad) : …

Therrien :

Oui, oui, ça va. Je m'excuse. Alors donc, évidemment, quand on a parlé de

l'intégrité, c'est très important d'arriver et de s'assurer que chaque

dollar qui est dépensé… Parce que, comme le député de La Prairie l'a mentionné tantôt, et on en avait plus ou moins

parlé — bien,

oui, M. le député de La Prairie en a parlé — c'est qu'on a été très inventifs du côté des libéraux, là, pour

remplir l'assiette fiscale, là, pour assainir le contribuable, le tenir jusqu'à

la gorge. Là, on crée toutes sortes de taxes et toutes sortes de façons d'aller

chercher des sous.

Alors,

à ce niveau-là, il faut comprendre qu'on ne peut plus en demander davantage aux

contribuables. Et comment réussir ça?

Bien, d'abord, dans le contrôle des dépenses qu'on effectue. On effectue un

contrôle des dépenses rigoureux qu'on a respecté, alors, ce que les

libéraux n'ont pas été capables de faire. On a maintenu les dépenses à

1,7 % d'augmentation. Et aussi de faire

en sorte que chaque dollar qui est dépensé, chaque dollar qui vient du

gouvernement soit dépensé efficacement, de façon optimale, ça, ça veut dire que

cet argent-là ne doit pas aller dans les poches de personnes qui ne le méritent pas. Il y a des gens qui vivent et qui

trouvent le moyen de s'enrichir aux dépens de l'État, alors qu'ils ne le

méritent pas. Bien, nous, on a fait en sorte, entre autres, avec la loi

n° 1… puis M. le Président avait travaillé

sur cette loi-là aussi… la loi n° 1 pour faire en sorte de contrôler et de

faire en sorte que chaque personne qui travaille avec le gouvernement

montre patte blanche et qui prouve qu'elle mérite la confiance que la

population lui concède, et ça, c'est très important.

là on pourrait continuer, là, parce qu'il y a plusieurs mesures qui ont été

faites justement pour assurer notre intégrité. Et, nous, cette voie-là,

ça fait

partie de l'ensemble de notre politique pour, justement, développer le

Québec à partir de l'outil gouvernemental de

façon efficace, de façon optimale, de mettre un frein à piger toujours dans les

poches des contribuables. Alors, c'est une autre façon pour nous de stimuler l'emploi

et les investissements au Québec.

Le Président (M.

Hamad) : Merci, M. le député de Sanguinet. Maintenant, c'est le

député de Mégantic.

Bolduc

(Mégantic) : Merci, M. le Président. Je

voudrais tout d'abord… J'ai fait une grande réalisation dans les

dernières minutes. Les caquistes, ce n'est même plus des libéraux… des

péquistes déguisés, c'est des péquistes tout court.

Puis ils l'admettent ouvertement parce qu'ils s'attaquent à nous comme si

c'était nous qui étions au gouvernement. L'interpellation, ce matin, c'est

pour l'économie péquiste. C'est étonnant de voir des choses comme ça.

voudrais rappeler au gouvernement que, de 2003 à 2012, l'économie mondiale a vu

sa pire récession depuis les années

20, et, malgré cela, la croissance économique au Québec a continué de monter,

et qu'en moins d'un an sous une gouvernance péquiste on assiste à un

désastre d'une envergure abyssale, un puits sans fond. Et, en plus, on est dans

le déni. 45 000 jobs. On est dans la

structurite aiguë, les groupes d'action ministériels, la banque de développement.

On arrive et on dit que le Plan Nord,

c'était une stratégie marketing. Mme la ministre nous a mentionné ça, M. le

Président. Là, on a fait Le Nord pour tous, un bureau avec une porte, à Québec.

Moi, je voudrais bien comprendre où on s'en va avec ça. On nous fait des prévisions budgétaires. Il s'est perdu

45 000 jobs au Québec, 23 000 dans le «manufacturing», dans

les usines, 8 000 dans la forêt, 8 000 dans l'agriculture. Ça va

bien.

Moi,

je voudrais vous parler un peu de la situation chez nous. On parle

d'entreprises. Le Plan Nord est mort, donc... On semblait nous dire : C'est une situation de marketing. Je vais

vous parler de RG Solution. En 2012, ils ont investi chez eux 5 millions de dollars. Eh bien, depuis ce

temps-là, ils font des mises à pied. Une entreprise qui était prospère, qui

avait un plan d'avenir solide. Encore la semaine dernière, ils ont mis 10

personnes à pied. Ce n'est pas un mythe, c'est une réalité. Usinex, qui fabrique des maisons préfabriquées, qui exportait

beaucoup dans la région de la Côte-Nord parce qu'il manquait d'employés,

leurs maisons préfabriquées, actuellement, c'est en ralentissement parce qu'il

n'y a plus de demande sur la Côte-Nord. Donc, le Plan Nord, ça devait avoir un

effet à quelque part.

regarde, j'ai une lettre, ici, d'une

mère qui se plaint du gouvernement, qui dit que «mon fils a été obligé de s'en

aller en Saskatchewan pour travailler».

C'est un soudeur. Il travaillait dans le Plan Nord. Il prenait l'avion,

il s'en allait. Il s'en allait travailler dans le Plan Nord et revenait

chez lui régulièrement. Sa mère voudrait qu'il revienne au Québec. Il est en Saskatchewan.

Les gens à Dudswell,

qui travaillaient sur le Plan Nord, qui prenaient l'avion à Sherbrooke sur une

base… à toutes les deux semaines, ils allaient dans le Plan Nord, ils

revenaient. Bien là, savez-vous où ils sont? Ils sont en Alberta, M. le

Président, parce que… Puis, en plus, ils sont venus nous voir au bureau parce

qu'ils nous ont dit qu'ils s'étaient fait accuser de péquistes parce qu'ils ne

parlaient pas anglais. Donc, ils sont partis en Alberta travailler pour se

trouver des revenus pour être capables de manger à tous les jours. Donc, ça va

bien. Ça va bien.

L'agriculture,

les familles continuent à quitter les fermes. J'ai une famille, deux jeunes qui

avaient pris la relève de leur père, ils abandonnent. J'ai un cousin,

son fils a décidé d'abandonner la ferme parce qu'il n'y avait pas de futur dans l'agriculture au Québec actuellement. Il y a

une démoralisation continuelle, perpétuelle. La situation, elle est

abyssale, elle est… Ça fait mal aux familles du Québec. Il n'y a pas de chômage

dans notre secteur; les gens s'en vont parce qu'il n'y a pas d'espoir dans le

futur.

crois que le gouvernement devrait faire attention. Ils manquent un peu de

sensibilité dans leur évaluation des choses.

On pense que ça va bien. Dans notre secteur, on peut parler de la construction

résidentielle, de la construction commerciale : un désastre, M. le

Président. La construction est en décroissance rapide. Et ça se continue. Ça va

être une des pires années qu'on n'aura pas rencontrées depuis longtemps.

Je pense que, quand

on se dit un gouvernement économique, je ne crois pas qu'on puisse faire de

plus grands désastres que ça, O.K.? Le

gouvernement actuel n'a pas de sensibilité, n'a pas d'intérêt à faire de

l'économie au Québec.

Le Président (M.

Hamad) : O.K. Merci. Alors, Mme la ministre.

Zakaïb : J'ai

combien de temps, M. le Président?

Le Président (M. Hamad) :

Cinq minutes.

Zakaïb : Cinq

minutes?

Le Président (M. Hamad) :

Oui.

Zakaïb : O.K. M.

le Président, tout d'abord, je tiens à dire que je suis très sensible quand les

gens perdent leur emploi. J'ai travaillé

toute ma vie en développement économique pour sauvegarder, créer des emplois

au Québec et je suis très sensible à ça.

Maintenant,

certains des dossiers dont a parlé le député de Mégantic, ce sont des dossiers

conjoncturels. Il ne faut pas, je le disais tantôt, penser que le

gouvernement a un impact considérable sur l'ensemble des données. En fait, le Québec s'est bien tiré de la dernière récession,

selon moi, pour trois facteurs. Premièrement, les infrastructures. Après

l'effondrement du viaduc, le Québec a

investi énormément en infrastructures. Ça a aidé temporairement l'économie

du Québec, mais ça a augmenté considérablement notre dette. Et je ne reviendrai

pas sur ce qu'a dit tantôt le député de La Prairie, je suis parfaitement d'accord

lui.

Deuxièmement,

on a surfé, comme le disait le député de Sanguinet, sur une augmentation du

coût des matières premières.

Maintenant, ce prix-là a chuté. Alors, le fait qu'il n'y ait plus aujourd'hui…

qu'il y ait moins de projets dans le Nord, c'est à cause du coût des

matières premières. Et, M. le Président, malheureusement, le gouvernement du

Parti québécois, comme celui du Parti libéral, n'a aucun impact sur le coût des

matières premières. Ce sont des grands courants mondiaux, et on ne peut rien y

faire, M. le Président.

Mais ça ne

veut pas dire qu'on ne travaille pas à essayer de trouver des emplois à ces

gens-là. Emploi-Québec essaie, avec

l'emploi pour tous, de reclasser les travailleurs, parce qu'effectivement on a

à coeur, M. le Président, ce qui se passe quand quelqu'un perd son

emploi.

Un grand frein au développement économique du Québec,

M. le Président, c'est la corruption, c'est la collusion. J'ai fait une mission en Inde, M. le Président, j'ai fait une

mission au Mexique, et, quand on me demande ce qui se passe au Québec,

au Mexique et en Inde, sur la corruption et la collusion, M. le Président, je

ne suis pas fière de ce qui s'est passé, je

ne suis pas fière de ce que j'entends à la commission Charbonneau. Et,

quand je parle à des entrepreneurs, parce

que, régulièrement, je rencontre

des entrepreneurs, et, pas plus tard que la semaine dernière, je

rencontrais des gens… et les

entrepreneurs du Québec me disent : Vous savez, quand on va à

Toronto, quand on va à l'étranger, on se fait poser des questions sur la

corruption et la collusion au Québec. Puis ça, ça fait en sorte que des

entreprises… qui y pensent par deux fois

avant de venir s'installer au Québec et avant de faire des projets d'envergure

au Québec parce qu'ils pensent qu'on

est incapables de contrôler nos coûts à cause de la corruption et de la

collusion. M. le Président, je suis obligée de le dire : Pendant

des années, le Parti québécois, dans l'opposition, a demandé une commission

d'enquête, et la corruption, la collusion,

malheureusement, je dois le dire devant tous les Québécois, c'est l'héritage du

Parti libéral, M. le Président.

Maintenant,

quand on aura fait du ménage, quand on aura terminé de faire le ménage dans nos

institutions, je pense qu'on va être

capables de démontrer à l'ensemble des États qu'on a fait le ménage, qu'on a eu

le courage d'aller devant une commission et qu'on a eu le courage de

mettre en place des mesures pour faire en sorte que ça ne se retrouve plus. Et ça, M. le Président, c'est ce qui fait mal au Québec.

Et on parle de développement économique, mais on ne peut pas parler de développement économique et d'attirer de

l'investissement étranger sans parler de ce qu'on a vécu : de la

collusion, de la corruption. Et, dans certains cas, on nous dit que les prix

des contrats ont été gonflés de 20 % à 30 % et que cette collusion-là

a coûté très cher au gouvernement, M. le Président. Elle nous a coûté cher dans

les deniers publics et elle nous coûte cher au niveau de la réputation

internationale.

Maintenant, M.

le Président, nous travaillons partout, dans toutes les régions du Québec, je

l'ai dit, à empêcher que certaines entreprises perdent, ferment, que des

emplois sont perdus, à en créer d'autres en soutenant l'investissement privé. Parce que c'est de cette façon-là, M. le

Président, qu'on va en sortir gagnants, c'est en aidant nos entreprises à

créer des emplois, en aidant nos entreprises à être compétitives, à tirer leur

épingle du jeu au niveau mondial. Il faut arrêter d'investir dans l'asphalte et

pelleter ça dans la dette, M. le Président. C'est ce qu'on a fait pendant des

années.

Aujourd'hui,

le député de La Prairie a parfaitement raison, on n'a plus aucune marge de

manoeuvre. On ne peut pas endetter plus les Québécois. On ne peut pas

demander plus aux Québécois.

Le Président (M. Hamad) : Une

question de règlement, plutôt?

M. Le Bouyonnec :

Excusez-moi, Mme la ministre. Je comprends, M. le Président, que vous êtes

critique en matière économique, mais là vous êtes président, vous avez un

devoir d'impartialité. Donc, je comprends que votre équipe économique n'est

peut-être pas aussi forte que vous pour répondre à la ministre, mais je vous

demanderais d'être neutre pendant cette interpellation.

Le Président (M. Hamad) :

Est-ce que vous avez vu un signe de non-neutralité, M. le député de

La Prairie?

M. Le Bouyonnec : Bien,

écoutez, si j'interviens, M. le Président, c'est justement pour ça.

Le Président (M. Hamad) :

Alors, Mme la ministre, c'est à vous la parole.

Zakaïb : Merci, M. le député de La Prairie. Merci, M.

le Président. Alors, je disais justement qu'il faut cesser d'endetter les Québécois. Il faut cesser d'endetter les

générations à venir, M. le Président. Il faut qu'on travaille avec les

entreprises à ce qu'elles soient compétitives. La clé du succès, c'est la

productivité, et il faut travailler sur les déterminants de la productivité. M.

le Président, ça ne se fait pas en criant ciseau. On ne peut pas improviser ça.

Je vous invite à lire la politique

industrielle et la politique économique qui vont être déposées par notre

gouvernement : vous allez voir, nous allons travailler aux bons

endroits pour faire en sorte de créer des emplois de qualité dans toutes les

régions du Québec. Je vous remercie.

Le Président (M.

Hamad) : Merci, Mme la ministre. Alors, M. le député de

Sanguinet.

Therrien :

Merci, M. le Président. Alors donc, je vais poursuivre, mais plus sur une

dimension au niveau international, parce qu'il ne faut pas négliger que la

croissance des exportations est extrêmement importante. On a vu se dégrader les exportations, au Québec, dans les

dernières années, dans les 10 dernières années, si on fait exception, encore

une fois, là, des matières premières. Il y a des raisons pour ça. Disons qu'aux

États-Unis ils ont eu une récession assez

sévère. Encore une fois, les Américains ne sont pas nécessairement sortis de cette difficulté économique,

parce qu'ils ont évité le «fiscal cliff» récemment, mais, encore une

fois, là, ils sont aux prises avec des problèmes d'endettement public élevés et des problèmes politiques qui font

en sorte qu'on ne sait même pas s'ils vont être capables, dans le

prochain mois, de payer leurs

fonctionnaires. En Europe, finalement, là, la descente aux enfers est terminée.

Ça veut dire qu'on pourra avoir une

augmentation, là, prévisible des exportations, là, d'ici six mois, un an, là,

de façon concrète en Europe. Même si ce n'est pas notre partenaire

principal, c'est quand même intéressant.

Il faut souligner le

travail effectué par le ministère des affaires extérieures et du... le

ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce

extérieur d'abord en intensifiant ses liens avec les États-Unis. Justement, je suis allé faire un voyage pour faire

l'étude du marché du Texas, qui est le cinquième partenaire commercial

du Québec. Et on va ouvrir un bureau, une

annexe du bureau d'Atlanta pour justement faciliter les exportations. On

travaille là-dessus. Expansion Québec veut

tout simplement, là, augmenter la présence du Québec, et ce, à des frais très,

très, très petits. Et ça va permettre aux entreprises, là, d'avoir un

encadrement. Et même les petites entreprises, les petits entrepreneurs vont pouvoir,

à travers ce réseau, là, extrêmement bien défini… de pouvoir aller vendre à l'étranger,

même s'ils n'en ont pas nécessairement, entre guillemets, les moyens, à travers

ce réseau-là.

évidemment, là, on parle de lancer des pistes vers l'Afrique, ce qui est une

possibilité, parce que la plupart des pays industrialisés se lancent de

ce côté-là. Alors, il y a cette possibilité-là. Et, évidemment, à travers toute

cette stratégie d'exportation qu'on est en train d'établir — parce

que, pour nous, c'est extrêmement important que les Québécois parlent au nom des Québécois à l'étranger, parce que c'est la

meilleure façon de vendre nos produits, parce qu'il n'y a rien de mieux

qu'un Québécois pour savoir ce qu'on vend et ce qu'on ce qu'on produit au

Québec — bien,

à ce moment-là, on est en train justement, là, de donner un bon coup de pouce à

cette croissance économique là qui pointe à l'horizon.

évidemment il faut parler des investissements. La stratégie de la ministre ici

présente, d'intervenir et de faire en sorte

de doper les investissements, écoutez, c'est un incontournable. Comme je l'ai

dit tantôt, quand on parle d'investissement, on parle de compétitivité,

et c'est de s'assurer que, même s'il y a des variations de la devise canadienne

par rapport aux États-Unis, surtout, que, si

on a une compétitivité qui augmente, si on va arriver avec des travailleurs,

qu'ils aient des outils plus efficaces, que les travailleurs soient

davantage portés à aller à l'école, à ce moment-là, le travailleur va se défendre

contre la compétition étrangère.

Nous,

on croit beaucoup à l'investissement en termes de capital fixe, mais on croit

aussi au capital humain. Et c'est pour ça qu'un des premiers gestes qu'on

a faits, c'est d'éliminer l'augmentation des frais de scolarité, qui avait créé

un véritable schisme dans la population et qui avait créé une confrontation

dans les rues. Et nous, on pense que la meilleure

façon, ultimement, la meilleure façon de développer une économie, ça passe par

l'éducation. Et la ministre fait des efforts,

justement, et va arriver avec un plan, là, dans sa politique industrielle, qui

va justement présenter, là, des projets très concrets pour faciliter l'innovation,

pour faciliter la connaissance, pour rendre plus accessibles les universités,

les cégeps et les universités pour les gens

qui veulent acquérir des connaissances, qui vont protéger justement ces

individus-là, ces familles-là, comme vous dites, protéger contre les variations

de l'économie, contre les supercycles qui sont liés aux ressources naturelles et faire en sorte qu'on puisse avoir, dans nos régions, partout au Québec, parce que

c'est… On parle d'économie des

régions, mais on parle d'économie du Québec dans son ensemble. Cette politique

liée à l'investissement, ça touche tout le Québec au complet. Évidemment,

il y aura un rayonnement dans les régions, mais les autres parties, les régions

urbaines, qui ont leurs problèmes aussi, ne seront pas laissées pour compte

dans cette progression, si on veut, là, de notre politique qui est à venir, là,

qui va être déterminée, là, bientôt, dans un cadre beaucoup plus structurant.

Alors,

c'est ce qu'on projette de faire et on est convaincus qu'on laissera des liens

positifs et indélébiles sur la société québécoise et que notre tissu

industriel ne sera plus jamais aussi abîmé qu'il l'est actuellement à cause des

neuf ans du règne libéral, du laisser-faire, laisser-aller.

Le Président (M.

Hamad) : Merci, M. le député. Maintenant, c'est le député de l'opposition,

député de Rivière-du-Loup—Témiscouata,

cinq minutes, votre dernier cinq minutes, en fait.

D'Amour : Merci, M. le Président. Il y a une expression qui me vient à l'esprit depuis quelques

minutes en écoutant les représentants

du gouvernement : un déluge de mots dans un désert d'idées. C'est ce

à quoi on assiste, M. le

Président.

Ce matin, là, la ministre

déléguée nous a parlé de politique industrielle transversale, tantôt de

déterminants, de supercycle, de stratégies... Nous, ici, on vous parle de

M. Pelletier, on vous parle de M. Rioux, de M. Bérubé, de M. Côté, hein, de Mme Sinclair, des gens

qui ont perdu leur emploi au Québec. Ça vous dit quelque chose? 45 000 emplois

perdus au Québec. Les gens, ils ne veulent

pas entendre parler de politique industrielle transversale, ils veulent

entendre parler de leur emploi, ils veulent

entendre parler d'eux, de leurs régions, maintenant, à travers des solutions

concrètes, comme à l'époque où nous formions le gouvernement.

La ministre a

eu raison, M. le Président, sur quelque chose tantôt. Elle a dit : Le

gouvernement libéral n'avait pas une seule politique. Effectivement,

nous en avions 10. Je vais vous donner des exemples de gestes concrets qui ont

favorisé l'emploi : stratégie de la recherche et de l'innovation, Plan d'action

en faveur du secteur manufacturier, l'élimination

de la taxe sur le capital, lancement d'un programme majeur pour la construction

et la restauration d'infrastructures publiques dans toutes les régions du

Québec, prime au travail pour encourager les personnes à faibles revenus. Des

mesures concrètes qui ont donné des résultats pour l'emploi, qui ont permis aux

Québécois et aux Québécoises de pouvoir

faire leur épicerie, de payer leur hypothèque, de se construire la petite

maison à laquelle ils ont rêvé toute leur vie. C'est ça qu'on faisait à

l'époque où on formait le gouvernement.

Aujourd'hui, vous nous parlez de politique

industrielle transversale, M. le Président, de supercycle et de toutes sortes

de mots dont on n'a pas besoin. Puis, le pire, dans tout ça, c'est que la CAQ,

là, nos voisins, ce matin, partagent la même

philosophie. C'est à croire qu'ils vont embarquer dans le même autobus pour

parcourir le Québec bientôt en campagne électorale.

45 000 personnes,

M. le Président, ont perdu leur emploi. Ça fait mal. On peut bien faire dans le

déni, ce matin, là, mais il y a des

gens, des économistes, des gens crédibles, des gens qui savent de quoi ils

parlent, là, qui nous parlent, eux, de récession. Le Québec va frapper

un mur.

La politique industrielle, là, elle est où? Ça

fait plus d'un an qu'on nous en parle, de la politique industrielle. Vous nous en parliez au moment de couper les

budgets en ressources naturelles, vous nous en parliez au moment où vous

avez coupé les budgets en agriculture.

L'occupation du territoire, M. le Président, est-ce que ça leur dit quelque

chose, occupation dynamique du territoire dans les régions du Québec, dans les

municipalités?

Les Québécois ont mal, les Québécois souffrent,

hein? La moitié des faillites au Canada, c'est au Québec. Puis la plus grande faillite, M. le Président,

c'est la faillite du gouvernement du Parti québécois. C'est ça, dont on

parle. Puis ce matin, là, il y a une

nouvelle expression qui vient à la mode, le Surintendant aux faillites. Il n'y

a pas grand monde qui savait que ça existait, hein, au Québec puis au

Canada. Vous, vous nous en parlez. C'est rendu une référence. La référence du gouvernement de la ministre déléguée,

M. le Président, c'est le Surintendant aux faillites. On parle des

vraies choses, on parle de l'emploi.

Puis les caquistes puis les péquistes, un seul

et même combat : eux, là, nous parlent de théorie, de politique industrielle transversale ou de groupes ministériels. On pense fort. Nous, ce qu'on veut, c'est de l'action, puis ce

qu'on propose aux Québécois, c'est ça. On veut de l'action.

Le Plan Nord

est mort, ils l'ont tué, M. le

Président. Le Plan Nord

est rendu en Ontario, hein? Comment ça se fait qu'au niveau de l'industrie minière ça

va bien ailleurs

puis que ça ne va plus au Québec, hein? Les redevances, là, on va avoir des redevances au Québec

si on a de l'activité minière. Alors, vous avez... par l'incertitude

que le gouvernement a créée, bien, on a tué le Plan Nord, on a tué les investissements.

C'est la réputation du Québec à l'étranger. On nous a fait un discours il y a quelques instants sur le Québec

international, là. Bien, la réputation du Québec à l'étranger,

elle est entachée. Les gens n'investissent plus ici, hein, c'est aussi simple

que ça.

Et, pendant

ce temps, au Québec, dans une région près de chez nous, qu'on soit

dans le Bas-Saint-Laurent, qu'on soit en Mauricie, qu'on soit en

Gaspésie, nous sommes des victimes du gouvernement du Parti québécois. Le Parti

québécois crée une chose, il crée des chômeurs, M. le Président. Le Parti

québécois fait mal à l'économie de chacune des

régions ressources du Québec. Ça ne va pas bien. La liste des fermetures, si on

devait l'établir ce matin puis la nommer, je pense qu'on devrait être

ici jusqu'à la semaine prochaine. La liste des fermetures, elle est

impressionnante. La moitié des faillites — ça parle, ça — la moitié des faillites canadiennes se

trouve au Québec au cours de la dernière année. C'est ça que vous avez fait. La seule industrie dans laquelle le

gouvernement, finalement, n'est pas si mal, c'est l'industrie de la faillite : 45 000 emplois au même

moment, au même moment, où au Canada on crée 145 000 emplois. Les

familles d'ici, au Québec, souffrent, ont

mal, puis, par... là-dessus, bien, on leur envoie des comptes de taxes

scolaires qui ont été augmentées. On crée du chômage chez la ministre de

la faillite à laquelle nous sommes confrontés ce matin. Puis la CAQ, ils sont d'accord

avec eux autres, M. le Président. C'est la triste réalité à laquelle on est

confrontés.

Le Président (M. Hamad) :

Alors, Mme la ministre, cinq minutes.

Zakaïb : M. le

Président, ce qui nous a amenés à parler du Surintendant des faillites, ici,

aujourd'hui, c'est qu'il a fallu rectifier les faits, encore une fois, parce

que le Parti libéral fait des interventions à partir de titres d'articles de

journaux, M. le Président. On a été obligés de parler du Surintendant des

faillites parce que c'est lui qui émet les

vrais chiffres de faillite au Canada, M. le Président, et il les émet pour

chacun des territoires. Et, pour le Québec, M. le Président, le nombre

de faillites diminue présentement au Québec. Et c'est pour ça qu'on a parlé du Surintendant des faillites. Maintenant, s'il faut

à chaque fois citer les sources, il va falloir qu'on dise d'où elles

proviennent, M. le Président.

Maintenant,

je vais vous parler d'emploi — je reviens — emploi, et là on parle de M. Tremblay, de

Mme Côté et de M. Nguyen aussi, parce que le Québec est diversifié, M.

le Président. On va parler d'emploi. Je reviens sur ce qu'on a dit déjà, M. le

Président : la caution libérale en matière d'économie, M. Bachand, qui a

maintenant quitté, qui fait en sorte que l'équipe économique est rendue à peau de chagrin dans le

Parti libéral, alors M. Bachand, dans son propre budget, avait prévu 20 000 emplois de plus en 2012, 20 000

emplois créés de plus. Nous en avons fait 30 000, 10 000 de plus que ce que le Parti libéral avait prévu, le

parti supposément de l'emploi, le parti supposément de l'économie. Et,

quand on regarde en 2013, M. le Président, c'est 62 200 emplois de plus au

Québec. Il n'y a jamais eu autant de Québécois à l'emploi que depuis le

gouvernement du Parti québécois, M. le Président.

vous voulez parler de perte d'emploi, on va parler de perte d'emploi pendant le

règne libéral, M. le Président. Voici

l'autre tableau que nous avons préparé. Il y a des industries complètes, M. le

Président, qui sont mortes au Québec. Et aujourd'hui les derniers remparts de

ces industries-là continuent à fermer. Pourquoi? Parce que, pendant des

années, on n'a pas aidé nos entreprises à se

moderniser. Parce que, pendant des années, on investissait dans l'asphalte, M.

le Président. Je n'ai rien contre le

fait qu'on protège nos routes et que les routes du Québec

soient belles, mais ce n'est pas un modèle de développement économique,

c'est de l'entretien, M. le Président. Je suis d'accord pour entretenir les

routes, mais il faut investir dans nos industries pour qu'elles soient

compétitives. C'est elles qui créent de l'emploi, M. le Président.

Regardez ce qu'on a

fait entre 2005 et 2012, le nombre d'emplois perdus dans le bois, dans le

papier, dans le meuble, M. le Président. C'est près de 20 000 emplois.

Des industries complètes qui sont moribondes, M. le Président, parce qu'on

n'a pas investi puis on n'a pas pris le tournant du XXIe siècle.

le Président, pendant des années, on a exporté à cause de la faiblesse de notre

dollar. Aujourd'hui, on a un dollar à parité, M. le Président. Il va

falloir que nos entreprises soient compétitives de façon intrinsèque, M. le

Président. On ne peut plus se fier à la faiblesse du dollar.

Et comment faire pour

faire ça? C'est de la productivité que ça prend. Il faut investir dans les

moyens de production. Il faut prendre le

virage du XXIe siècle. Il faut qu'on parle de robotisation. Imprimantes 3D, M.

le Président, partout à travers le monde, on parle d'impression 3D. Et,

au Québec, il n'y a rien qui s'est fait dans ce domaine-là.

le Président, ce n'est pas en criant ciseau qu'on va trouver des solutions à

long terme, des solutions structurantes,

des solutions durables. Mais on a pris le virage pour le faire, M. le

Président. On arrête de jouer au pompier. C'est fini, l'asphaltage pour du développement économique. De

l'asphaltage, c'est pour de l'entretien, M. le Président.

Le gouvernement du

Parti québécois propose des actions structurantes, des actions où chacune des

régions du Québec, autour de leurs créneaux d'excellence, va développer des

entreprises qui vont offrir des emplois de qualité.

Vous savez, M. le

Président, je vous l'ai dit, j'ai fait la tournée du Québec. Et souvent, quand

je parle à des entrepreneurs, et je leur

demande : Quel est le principal frein à votre croissance?, on me parle

naturellement d'investissement, de

modernisation mais également de main-d'oeuvre, M. le Président. Alors qu'on a

un taux de chômage qu'on voudrait moindre,

il y a des emplois disponibles au Québec, sauf qu'on n'a personne pour combler

ces emplois-là. Ça fait que ça veut dire

qu'il y a aussi du chemin à faire au niveau de la formation de la main-d'oeuvre.

Et le Parti libéral, qui est le parti qui a créé les faillites d'aujourd'hui…

Ce n'est pas moi qui le dis, c'est M. Girard, M. Girard l'a dit, c'est le

bulletin du Parti libéral, ce qu'on a

aujourd'hui. Maintenant, M. le Président, ça fait un an qu'on est au pouvoir. Donnez-nous

quatre ans majoritaire, M. le

Président, on va remettre le Québec dans le droit chemin, on va créer des

emplois à long terme, des emplois durables.

Vous allez le voir dans notre politique économique qui s'en vient, M. le

Président. Enfin, ça va être l'investissement dans les entreprises, enfin, ça va être des emplois du XXIe siècle, des

emplois que nos jeunes ont le goût de combler, des défis pour nos

chercheurs, des défis technologiques et des entreprises tournées vers l'avenir

M. le Président.

Le Président (M.

Hamad) : M. le député de Sanguinet.

Therrien :

Merci, M. le Président. Un déluge de mots dans un désert d'idées. Moi, quand je

m'en vais en interpellation, je demande

toujours qui va se retrouver de l'autre côté, question de s'informer, et ces

mots-là caractérisent bien le député

de Rivière-du-Loup, ce que j'ai entendu. Puis de toute façon ses interventions

en Chambre, ça ressemble à ça, à un

désert d'idées. C'est sûr que le mot juste, supercycle, des mots comme ça, pour

les utiliser, il faut les comprendre évidemment.

Et évidemment que la parole est le véhicule de la pensée. Alors, si votre

pensée est bien construite, est bien claire, il faut utiliser le mot

juste. Mais il faut avoir un vocabulaire pour ça, alors donc… Non, mais

achetez-vous un dictionnaire, ça va faire du bien.

Alors, ensuite, je

parlerais des politiques…

Therrien :

Quoi? Qu'est-ce que j'ai fait?

D'Amour :

297 …que ce n'est pas conforme au règlement,

pas du tout. Puis je vous demande d'intervenir.

Le Président (M.

Hamad) : Alors, M. le député, un peu la prudence, s'il vous

plaît.

Therrien : Pas de problème. Ça va me faire plaisir. Alors,

je reviendrais, là, sur des politiques qui n'ont pas d'impact sur M.

Michaud, Mme Dubé, ainsi de suite. Ce n'est pas vrai. Les politiques

gouvernementales sont faites justement pour avoir un impact dans l'économie,

pour avoir un impact dans la vie des gens. Je veux dire, la politique familiale de quand on a fait les garderies à

5 $, il y a eu des changements dans la vie des gens. Je veux dire, c'est…

dans les CPE, les gens ont changé leurs modes de vie, il y a eu une

augmentation du taux de natalité. Je veux dire, il y a des impacts concrets.

Je veux dire, à un moment donné, là, quand tu es

au gouvernement, tu as des responsabilités, puis tu as à mettre en place un

climat économique, social, politique, culturel qui permette aux gens de s'épanouir

puis aux gens justement de trouver un emploi puis de

changer leurs modes de vie vers une optimisation de leur vie. Je veux dire, c'est… Regardez le plan Biron dans les années 80.

Le plan Biron a sauvé plein de gens de la faillite. C'est concret. Il y

a eu des milliers de faillites qui ont été

évitées à cause du plan Biron. Le plan Paillé, dans les années 90, qui a permis

justement d'augmenter la formation, la formation d'entreprises. C'est un plan

qui a amené des résultats concrets. Je veux dire, c'est comme ça.

Ce n'est pas

parce qu'on ne fait pas de politique parce qu'on n'a pas d'idée que, quand

quelqu'un dit : On va faire une politique, que ce n'est pas bon.

Ça, c'est de la jalousie, c'est mal placé, ça. Voyons donc!

Alors donc, quand on parle d'accès à la

propriété, quand il parle d'accès, M. le député parle d'accès à la propriété,

M. le Président, qu'est-ce que le gouvernement du Parti libéral a fait quand

Flaherty, il a limité l'accès à la propriété? Quelles ont été leurs

interventions à Ottawa à part se mettre à genoux comme des béni-oui-oui, comme d'habitude, sans jamais demander leur reste? Quand

le gouvernement fédéral, il a dit : On va limiter l'accès à la

propriété, on va faire en sorte qu'on va avoir des délais plus courts, qu'on

ait un montant d'argent plus…

Therrien : Pardon?

Une voix : C'est quand tu

cognes sur la table…

Therrien : Ah!

Excusez-moi. Excusez-moi. Excusez-moi, je ne cognerai plus, je vous jure.

Mais, quand

on nous demande d'avoir un «cash down», en bon français, plus élevé, bien, ça

limite l'accès à la propriété. Le gouvernement québécois, ça, ça a été

fait pour quoi? Ça a été fait pour limiter la bulle spéculative qu'il y avait dans l'ouest du pays. Nous, on n'est pas

impliqués par ça, l'ouest du pays. La bulle spéculative, elle n'est pas

chez nous. Pourquoi ils n'ont pas défendu nos intérêts? On ne les a jamais

entendus là-dessus, jamais. C'est des questions qu'on peut se poser.

Quand M. le

député dit qu'on va frapper un mur, moi, ça me fait bien rire. En décembre

2008, quand il y a eu la campagne

électorale, notre première ministre actuelle, qui était chef de l'opposition,

disait à tout le monde qu'on était et qu'on

s'en allait en crise économique. Puis le gouvernement de l'époque, le Parti

libéral avec Monique Jérôme-Forget, disait :

Non, non, non, on ne va pas en récession. Ils avaient les deux pieds dedans

puis ils n'étaient même pas capables de voir qu'on allait en récession,

alors que tous les autres partis, on avait vu juste, y compris l'ADQ à l'époque.

Faites votre revue de littérature, vous allez bien le voir. On disait : On

s'en va en récession, il faut faire quelque chose. Et la réponse du Parti

libéral, c'était : Il n'y a pas de récession en vue. Puis après il va

commencer à jouer la spéculation aujourd'hui? Moi, je peux vous dire, le

prochain trimestre, il va être positif, c'est très, très évident. Je veux dire,

je suis prêt à mettre ma parole en jeu. Je veux dire…

Therrien : Non,

non, non, absolument pas. Là, on va écouter…

Le Président (M. Hamad) : …

Therrien :

Oui, c'est ça. Dernière chose. Bon. Écoutez, je comprends que les mots sont

difficiles à enregistrer de l'autre

côté, mais on parlait de chiffres. Puis je m'aperçois aussi que les chiffres

sont difficiles à enregistrer. Il revient sur le plan Nord en Ontario,

il dit qu'en Ontario, ça va bien. Je reviens sur les chiffres que j'ai donnés

tantôt; je pense qu'il n'a peut-être pas

compris. Puis ce n'est pas grave, c'est des choses qui peuvent arriver. En

Ontario, 1,07 milliard en 2011, ça a tombé à 754 milliards en

2013 : une baisse de 29,3 %. Là, le Plan Nord, il n'existe plus, là.

Québec, 833 millions : une baisse de 17 %, comparée à 29 %. La baisse est beaucoup plus faible au

Québec qu'en Ontario parce qu'on a

pris des décisions éclairées puis qu'on a fait en sorte de limiter justement

l'effet, le ressac causé par le supercycle des prix des matières premières. C'est là-dessus qu'on a travaillé. Puis

on va continuer parce que nous, on a des idées et on va faire en sorte

que ces idées-là soient bien ancrées dans la vie des personnes, au Québec, pour

qu'elles aient une réalité puis un nom : M. Prud'homme, M. Boivin, M. Le

Bouyonnec.

Le Président (M. Hamad) :

Merci, M. le député de Sanguinet. Maintenant, pour conclure, Mme la ministre,

vous avez 10 minutes.

Zakaïb : M. le

Président, je crois qu'on a démontré que notre gouvernement a non seulement les

compétences, mais également les idées pour

développer l'économie du Québec. On a une vision claire de ce vers quoi

le Québec doit tendre, basée sur une analyse

rigoureuse de la situation du Québec et des tendances de l'économie

mondiale. On a une vision qui s'exprime à

travers des orientations ambitieuses mais réalistes et des actions concrètes.

On a une vision qui s'appuie sur des bases solides maintenant que nous

avons fait le ménage dans les finances publiques.

le Président, c'est important de le dire : On est arrivés au pouvoir avec

un trou de 1,6 milliard de dollars, en plus de projets qui avaient

été annoncés partout à travers le Québec et qui n'avaient pas été budgétés, M.

le Président. Je crois que notre vision, malgré le contexte difficile, va faire

en sorte d'amener le Québec ailleurs, ce qui est contraire à la vision du

gouvernement précédent, M. le Président.

gouvernement précédent avait une vision économique à court terme, une vision

économique, je l'ai dit tantôt, qui était de l'asphaltage et du

copinage, M. le Président. Asphaltage, je n'ai rien, et je le répète, contre l'asphaltage

de routes; c'est normal qu'on entretienne

nos routes, et nous allons continuer de le faire. Mais une vision de

développement économique, c'est autre chose que des travaux d'infrastructure,

M. le Président. Parce que ce que ça fait, des travaux d'infrastructure, ça

crée une embellie à court terme qui est compensée ou qui fait en sorte

d'augmenter de façon considérable la dette

de l'État. Et la dette québécoise, M. le Président, présentement est énorme,

énorme, et nous devons, nous avons un devoir de contrôler les dépenses

publiques pour faire en sorte que, pour les générations à venir, ce poids-là

soit moins grand.

Alors, une

vision basée sur du court terme, sur un plan Nord, un plan marketing qui

privilégiait certaines régions au détriment d'autres, qui bradait nos

ressources naturelles au profit d'entreprises privées, souvent étrangères, et

qui n'auraient pas, M. le Président, survécu

à la situation actuelle du marché minier... Même si on tente de nous imputer

la responsabilité des projets retardés, M.

le Président, c'est la conjoncture économique mondiale qui fait en sorte que

ces projets-là soient retardés. Et le Plan

Nord n'aurait pas réussi, peu importe... n'aurait pas réussi à contrer cette

vague mondiale.

Leur bilan économique pour les années 2011 et

2012 a été, comme l'a démontré le Conseil du patronat du Québec, pourtant qui est leur allié naturel, bien

en deçà des attentes. Vous avez eu la note C pour... d'après le Conseil

du patronat, sur votre bilan économique. Et moi, je n'ai pas eu ça souvent, C,

pendant que j'étais aux études. Ce n'est pas

une note que j'apprécierais comme gouvernement. Vos compétences en économie,

parti de l'opposition, depuis le départ

de M. Bachand, c'est réduit à peau de chagrin. Voilà, maintenant, M. le

Président, le portrait réel que les Québécois doivent considérer.

Depuis notre

arrivée en poste maintenant, malgré un contexte difficile, je le disais,

contexte budgétaire difficile qui était

la conséquence de la mauvaise administration libérale, on a quand même investi

2,2 milliards de dollars dans des entreprises,

M. le Président, dans le développement économique, des sommes qui ont permis

des investissements totaux de

6,8 milliards, qui ont permis de créer plus de 22 000

emplois au Québec, 22 000 emplois de Mme Croteau, de M. Dion et de M. Nguyen, comme je disais tantôt. Ce ne

sont pas que des statistiques, M. le Président, ce sont des êtres

humains qui travaillent grâce aux interventions du gouvernement.

Des gains

rendus possibles grâce à 1 576 interventions réalisées par notre

gouvernement auprès d'entreprises, M.

le Président, d'entreprises établies dans toutes les régions du Québec. Les

régions qui sont, je le rappelle, et ont toujours été au coeur du développement économique du Québec

dans les gouvernements du Parti québécois. Nous les considérons comme des forces vives et nous leur donnons les

moyens de croître, M. le Président. C'était notre message au moment de

la création des créneaux ACCORD en 2002. C'était notre message lors de notre

arrivée au pouvoir il y a un an. Ça l'est encore aujourd'hui et ça va le rester

pour les années à venir, M. le Président.

On n'est pas dans un discours à la mode, on n'est

pas dans l'air du temps, M. le Président. On est dans un désir profond, dans

une volonté inébranlable de se donner un pays, M. le Président, et, pour qu'on

se donne un pays, on va le baser sur des régions prospères, sur un Québec fort,

prospère et durable, et c'est là-dessus qu'on travaille, M. le Président.

Notre première volonté a été d'aider les

entrepreneurs de toutes les régions, en mettant à leur disposition un service unifié qui allait leur simplifier la vie,

qui allait doter le Québec d'un levier puissant, qui était la Banque de

développement économique du Québec. M. le Président, le parti de l'opposition a

décidé de faire en sorte que le projet de

loi ne voit pas le jour. Ça ne nous arrêtera pas, M. le Président. Nous allons

continuer à faire croître les régions, nous allons, dans chacune des

régions du Québec, travailler autour des créneaux d'excellence, travailler à

avoir des chaînes de valeurs complètes dans

chacune des régions, dans chacun de nos créneaux d'excellence. Nous allons

former des chaînes d'approvisionnement, des

chaînes de valeurs fortes vers l'avenir. Et nous allons également déposer une

politique économique, une politique industrielle qui vont tourner nos entreprises

vers le XXIe siècle, M. le Président.

Nous avons

créé des fonds de diversification économique suite à chacune des décisions

qu'on a dû prendre, qui étaient des décisions difficiles, je le répète,

mais des décisions qui étaient nécessaires et responsables. On a créé un fonds

de diversification économique au Centre-du-Québec, en Mauricie et un autre dans

la région d'Asbestos. Je l'ai dit tantôt : Ces fonds de diversification

économique ont mis en concertation les acteurs économiques de chacune des régions,

qui ont défini eux-mêmes quels seraient les critères de ces fonds-là. Et déjà,

dans chacun de deux fonds, des premiers dossiers voient le jour. M. le

Président, quand on parle de diversification économique, ce n'est pas jouer aux

pompiers, ce n'est pas des résultats immédiats, ça prend du temps et je vous

annonce que dans les prochaines semaines, des annonces vont être faites de

plusieurs… plusieurs annonces dans chacun des fonds de développement économique vont être faites pour aider nos acteurs

locaux et régionaux à développer leur économie, à développer de façon durable et offrir un milieu de vie sain et

sécuritaire, M. le Président. Quand on dit non à l'amiante, quand on dit non

au nucléaire, c'est qu'on veut protéger les

Québécois, protéger les travailleurs, les travailleuses de chez nous et du

monde entier.

Je tiens aussi à rappeler, M. le Président,

notre intervention régionale, qui s'accompagne d'une politique transversale. Et, quand on parle de politique

transversale, c'est peut-être des grands mots que certains ne

comprennent pas, M. le Président, chez

l'opposition. Ce qu'on veut dire par là, M. le Président, c'est que, dans notre

politique industrielle, on va investir dans tous les secteurs, parce qu'il

y a des secteurs clés partout au Québec, dans chacune des régions. Et on va investir dans tous les secteurs, mais on va

aider tous les secteurs à être plus productifs,

tous les secteurs à être plus compétitifs,

afin que nos entreprises puissent exporter. On va regarder quelles sont

les entreprises qui peuvent devenir des fleurons de demain et on

va les accompagner, M. le Président. On va investir de façon personnalisée dans

chacune d'entre elles pour que les petites entreprises deviennent de

moyennes entreprises parce que notre secteur économique est composé de trop petites entreprises,

M. le Président, et on va le faire dans chacune des régions du Québec.

C'est ça, avoir des leviers

déterminants de productivité, partout, travailler sur les véritables leviers

créateurs de richesse. Et, pour y arriver,

M. le Président, on va travailler à partir de nos forces, de la

créativité, du talent, des ressources qu'on a partout à travers le Québec, sur nos créneaux

d'excellence qui ont fait rayonner l'expertise des Québécois

partout dans le monde. Et on va, de

la même façon, M. le Président, garantir un développement durable pour les Québécois,

un développement qui va allier le développement social, le développement

économique et la protection de notre environnement avec notre politique d'électrification des transports, avec

le verdissement de l'ensemble de notre industrie, M. le

Président. Le Québec va se démarquer comme un chef de file de développement

durable partout à travers le monde et va le faire pour la prospérité du Québec,

pour la prospérité de la métropole, pour la prospérité de la capitale nationale

et la prospérité de chacune de nos régions.

M. le Président, le plan de développement

économique du gouvernement, c'est un plan de développement économique pour tous, c'est un Québec pour tous,

c'est un plan de développement économique qui passe par toutes les régions du Québec, un plan de développement qui

répond aux impératifs du contexte économique actuel du Québec, qui s'impose en améliorant l'appui aux entrepreneurs

de toutes les régions, en appuyant l'électrification des transports, en posant des gestes pour l'innovation, pour les

exportations, pour les investissements privés et en continuant de

favoriser la réalisation de projets majeurs d'investissement. Alors, M. le

Président, un Québec des régions, un développement économique pour et par les

régions. Je vous remercie, M. le Président

Le Président

(M. Hamad) : Merci, Mme la ministre. Maintenant, la parole à

vous, M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.

D'Amour : Merci

beaucoup, M. le Président. Je reviens avec l'expression qui me venait à l'esprit

tout à l'heure : c'est véritablement un

déluge de mots dans un désert d'idées. Pratiquement deux heures après le début

de cette interpellation, il n'y a pas un Québécois qui en a appris

davantage sur les orientations gouvernementales.

Bien des mots, un déni en regard de la situation

qui nous afflige, qui nous touche mais qui nous afflige dans chacune des régions du Québec. La réalité :

les chiffres parlent, les faits sont têtus, pour employer une expression qui

était chère à une époque de la première

ministre. La réalité des choses, c'est 45 000 emplois perdus. 45 000

emplois perdus, M. le Président, là,

pour vous donner une illustration de ça, c'est à peu près toutes les familles

du Québec qui, directement ou indirectement, sont touchées par ce

marasme économique là. Parce que, sur le plan économique, il faut se le dire, c'est un désastre. L'année qui vient de s'écouler

a été littéralement un désastre. Et, le pire, en nous annonçant

pratiquement les prochaines élections tout à

l'heure, la ministre déléguée nous dit : Bien,

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2013-09-27
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-40-1 journal-debats CET-130927
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier65460698c7c1b4974e228e29b61b2e5c69aa6746

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