Transportation and the Environment — 21 October 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-10-21
Quebec — Committees
Bellavance (André) :
Parfait. Je vous remercie beaucoup et je vous salue, bien sûr. Je ne sais pas si le ministre est
parmi nous, parce qu'on ne voit pas très bien, mais je le salue.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui, il est là, il est arrivé.
M. Bellavance
(André) : Il est là?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Bien installé.
M. Bellavance
(André) : Parfait. Aux membres de la commission, d'abord, j'aimerais
rappeler que, depuis maintenant plus de 100 ans, l'Union des municipalités
du Québec rassemble les gouvernements de proximité de toutes les régions du Québec afin de mobiliser
l'expertise municipale, accompagner ses membres dans l'exercice de leurs
compétences et valoriser la démocratie
municipale. Nos membres, qui représentent plus de 85 % de la population et
du territoire du Québec, sont
regroupés en caucus d'affinités : municipalités locales, municipalités de
centralité, cités régionales, grandes villes et municipalités de la métropole.
Et c'est en ma qualité de président de la Commission de l'environnement de l'UMQ
que je prends aujourd'hui la parole. Et je suis accompagnement de
Mme Geneviève David Watson, qui est conseillère aux politiques à
l'UMQ.
Le projet de loi
n° 65 modifiant principalement la
Loi sur la qualité de l'environnement en
matière de consigne et de collecte sélective propose une réforme nécessaire et
attendue par le milieu municipal. L'UMQ estime que le processus a été bien
mené, avec un souci réel de prendre en compte la position des municipalités
ainsi que des autres acteurs. La réforme qui nous est présentée est la première
étape vers l'élargissement de la consigne et la modernisation du système de
collecte sélective des matières résiduelles.
À l'heure actuelle,
le système de collecte sélective repose sur les municipalités. Nous assumons,
en effet, la gestion de la collecte, du transport, du tri et du conditionnement
tout en subissant les fluctuations d'un marché hors de notre contrôle. On l'a
vu, récemment, avec la crise dans les matières recyclées. La collecte sélective
a amené une transformation économique et sociale, c'est le genre de virage qui
doit être lancé par les pouvoirs publics. Alors, qu'on se soit appuyés sur les municipalités, à l'origine, on comprend
bien ça, mais on n'en est plus là, et le gouvernement, je pense, en a
pris conscience, également.
Aujourd'hui, il y a un savoir partagé, des
expertises ont été développées, une industrie est née, on peut donc redistribuer les responsabilités et atteindre de
meilleurs résultats. L'élément central de la réforme, c'est la responsabilité
élargie des producteurs de matières résiduelles. On dit
aux entreprises qui produisent et distribuent des biens : C'est vous qui mettez en circulation des matières qui
deviendront, dans le meilleur des cas, des matières recyclables, dans le pire,
des déchets, alors vous allez en être responsables, de cette mise en marché, à
la fin de vie... du début, finalement, à la fin.
Les entreprises vont assumer des coûts
supplémentaires, mais vont aussi pouvoir générer des revenus supplémentaires en
créant des chaînes de valeur plus vertes où l'emballage aura été pensé pour
être valorisé et où le produit aura été conçu pour avoir une autre vie après
son premier usage. C'est une approche qui nous amène vers l'économie circulaire
qui diminue la pression sur les ressources vierges et réduit les impacts de
l'activité humaine sur l'environnement. C'est une orientation plus responsable,
c'est aussi une orientation qui mise sur les compétences de chacun.
L'entreprise privée a pour fonction d'innover et de créer de la valeur et, dans
le monde d'aujourd'hui, on crée de plus en plus de valeur avec ce qu'on
considérait hier comme des déchets. Les municipalités, de leur côté, sont les
expertes des services de proximité et elles pourront continuer d'assumer la
collecte et de faire le lien avec les citoyens. Avec cette réforme, le Québec
va se donner une organisation moderne qu'on peut comparer à celles qu'on trouve
dans les pays qui ont les meilleures performances en termes de valorisation des
matières résiduelles.
Nous proposons des recommandations, en
souhaitant qu'elles soient retenues, bien sûr, par vous, membres de la commission,
et par les membres de l'Assemblée nationale. Nous soulevons quelques préoccupations.
Pour nous, la période sensible, c'est la
transition. En premier lieu, un des aspects les plus importants du projet de loi est, sans aucun doute, la transition des contrats municipaux
pour les services de collecte, de transport, de tri et de
conditionnement. Le nouveau système, on le sait, issu de la réforme, va entrer en
vigueur le 1er janvier 2025. D'ici là, bien, il faut continuer. Plusieurs
municipalités devront aussi renégocier des contrats qui arriveront à terme
d'ici 2025, mais qui seront inévitablement de plus courte durée. Alors, la
durée d'un contrat en matière de collecte et de tri a un impact considérable
sur la stratégie d'appel d'offres et sur le prix éventuel d'un contrat. Cette situation
pourrait signifier des coûts supplémentaires pour les municipalités.
Alors, la première recommandation de l'UMQ,
c'est de demander au gouvernement de prévoir une pleine compensation financière
pour tous les coûts supplémentaires occasionnés par l'échéancier prévu dans le projet
de loi. Selon le texte que nous avons sous les yeux, les contrats seraient
signés, en vertu de la nouvelle loi, selon sa date de présentation, qui était le 24 septembre 2020. Il est important
de rappeler que les processus municipaux de renouvellement de contrat peuvent
s'échelonner sur plusieurs mois, voire plus d'un an. Le gouvernement devra donc
prévoir des mécanismes pour les organismes municipaux dans une situation où
ceux-ci ont déjà enclenché un processus d'appel d'offres et de renouvellement
de contrat. Inutile de rappeler que les municipalités ont, dans le contexte
actuel, la responsabilité d'assurer le maintien des services de collecte
sélective, un service jugé essentiel par la population.
Notre deuxième recommandation est de demander au
gouvernement du Québec de prévoir des mécanismes particuliers pour les organismes municipaux ayant déjà
entamé un processus d'appel
d'offres avant l'entrée en vigueur de la loi.
Par ailleurs, les municipalités ont développé, au fil des ans, des modèles
différents de gestion dans différentes collectes :
matières recyclables, matières organiques, déchets. L'approche n'est pas
uniforme parce que les milieux ne sont pas uniformes. Il faut
conserver cette façon de faire adaptée à la réalité locale dans la réforme à
venir. C'est notre troisième recommandation. L'UMQ demande au gouvernement du Québec de
s'appuyer sur l'expertise municipale et de
respecter la diversité des modèles de gestion des matières recyclables dans l'élaboration des prochains outils réglementaires et contractuels.
L'UMQ présente des facteurs de succès pour
assurer de bonnes relations entre les municipalités et l'organisme de gestion
qui sera désigné par le gouvernement. Dans cet esprit, nous demandons que les
ententes qui seront conclues prévoient, pour
les municipalités, un retour sur les investissements qu'elles ont consentis, notamment,
dans la construction et la modernisation de centres de tri.
Par ailleurs, dans le cadre actuel, les municipalités
sont responsables et imputables. Avec le projet de loi n° 65,
si on redistribue les responsabilités, il faut aussi redistribuer l'imputabilité.
Dans sa sixième recommandation, l'UMQ demande au gouvernement de rendre les
producteurs imputables de la performance du système sous tous ses aspects, du
tri citoyen à la qualité des matières issues de la collecte sélective.
L'UMQ formule aussi une recommandation à l'égard
de la consigne. Nous sommes d'accord avec l'élargissement de la consigne, qui a
un taux de participation élevé et qui s'inscrit dans des chaînes de valeurs
bien structurées. Plus de consigne signifie cependant
aussi plus de points de dépôt qui pourraient être opérés par les producteurs
de matières résiduelles. Pour prévenir des
frictions, des mésententes, l'UMQ recommande au gouvernement de respecter
la compétence municipale en matière d'aménagement du territoire dans l'implantation du
nouveau régime de la consigne.
En résumé, avec le projet de loi n° 65,
nous avons en main une pièce législative bien pensée qui entraînera une réforme pertinente et désirée du système de
collecte sélective au Québec. Elle est dans l'intérêt de toutes les parties
impliquées, elle est aussi gagnante sur le plan économique et elle nous aidera
à mieux protéger l'environnement.
L'UMQ appuie le projet de loi n° 65,
et nos recommandations visent à assurer la réussite de la réforme qui en
découlera, réussite qui repose sur trois piliers essentiels pour nous :
responsabilité des producteurs, s'appuyer sur le partenariat municipal et
respecter les réalités et particularités régionales.
Merci, Mme la Présidente. Nous sommes
disponibles pour répondre à vos questions.
Présidente (Mme St-Pierre) : Merci beaucoup. Alors, M. le
ministre, vous avez la parole pour 16 min 30 s.
Charette : Merci, Mme la Présidente, un temps que je partagerai
avec mes collègues. Messieurs, bonjour, un plaisir de vous retrouver. À défaut de vous voir en personne, on
compose avec cette nouvelle réalité. Merci de votre présence
ce matin. Merci pour vos commentaires mais, également, merci pour tout le
travail préalable. C'est un projet de loi qui a été déposé il y a quelques
semaines, oui, mais un projet de loi qui est travaillé, là, depuis plus d'une
année, et avec lequel... et pour lequel on a pu compter sur votre collaboration
dès le départ. Vos inputs ont tout le temps été très, très appréciés.
Et peut-être vous
mentionner, d'entrée de jeu, vous exposez des éléments, là, qui sont tout à
fait légitimes, mais votre présence sur les comités de travail permet d'aborder
ces enjeux-là, qui ne peuvent pas tous se retrouver dans le projet de loi lui-même. On a un projet de loi qui sera
vraisemblablement adopté dans les prochaines semaines, les prochains
mois, du moins, c'est notre souhait, or, les comités de travail, eux, vont
continuer de se réunir au-delà de l'adoption
du projet de loi pour permettre la rédaction, là, de certains règlements. Donc,
il y a plusieurs des éléments que vous avez mentionnés qui sont une
évidence, effectivement, mais qui sont discutés, actuellement, avec différents groupes, dont les différentes fédérations
municipales, autant UMQ que FQM, donc peut-être vous rassurer à ce niveau-là.
Pour ce qui est des
contrats, vous touchez à un excellent point. Naturellement, lorsqu'on veut
mettre en place une réforme qui va s'implanter dans quelques années mais qui
implique des contrats qui, eux, sont sur la durée, sur le long terme, il faut
tout de même prendre en compte ce facteur-là. Donc, ce que l'on dit, on ne peut
pas signer de nouveaux contrats qui vont au-delà de la date d'entrée en
vigueur, là, de la réforme sur la collecte sélective. Donc, il y a quand même
une marge de manoeuvre de quelques années, mais les contrats qui sont
actuellement en vigueur continuent de s'appliquer. Mais je comprends toute la
dynamique, mais il doit y avoir un début, et ce début-là nous ramène au
calendrier d'implantation de la réforme.
Je suis content,
également, de vous entendre au niveau de la consigne. C'est un élément qui fait
l'objet de plusieurs discussions, des discussions qui sont d'actualité depuis
plusieurs années, aussi.
Bref, sur chacun des
éléments, là, vos préoccupations sont entendues. Mais clairement, pour nous,
c'était important de respecter le lien entre le citoyen et sa municipalité, en
ce sens que la collecte sélective, vous étiez, vous, demeurés les mieux placés
pour la gérer. Donc, le projet de loi a des incidences avant, a des incidences
après, mais, dans tous les cas, est profitable au milie