Health and Social Services — 28 January 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2015-01-28
Quebec — Committees
Mais je
réitère le fait que nous avions des choses à dire et que, lorsque le moment
sera venu pour la 16, bien, on reprendra
ces discussions-là. Il y a toujours possibilité d'amendement. Mais, pour
l'instant, M. le Président, bien, revenons à la Côte-Nord, nous sommes
tout à fait d'accord, pour le bénéfice de la discussion et de l'avancement des
travaux.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup, cher collègue de Lévis.
Alors, nous reprenons le débat où nous en étions quant à la région de la
Côte-Nord, et je suis prêt à reconnaître un ou une collègue. Mme la députée de
Taillon, la parole est à vous.
Lamarre : Merci beaucoup, M. le Président. Est-ce que je pourrais
savoir d'abord de combien de minutes je dispose par rapport à cette
portion de la Côte-Nord?
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Alors, vous avez utilisé, sur le 100 minutes, 30 min 15 s.
Donc, il vous reste 69 min 45 s.
Lamarre : D'accord. Je vous remercie beaucoup. Alors, nous avons
effectivement eu l'occasion de bien présenter
nos préoccupations par rapport à la Côte-Nord, à des régions qui sont
particulièrement éloignées au Québec. On a rappelé à plusieurs occasions
qu'il y avait Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine
et Côte-Nord qui nous semblaient avoir mérité
un regard particulier par rapport à l'importance d'avoir deux centres
administratifs intégrés, donc deux CISSS.
Au cours des
échanges que nous avons eus lors de la dernière... Et c'est pour ça que je veux
terminer ça parce qu'après ça on a
quand même fait un bon bout sur le centre intégré de la Côte-Nord puis on
aimerait... on pourrait passer à autre chose. Mais je pense qu'il y
avait quand même des informations qui ont été données et qui méritent d'être
retouchées. Entre autres, on redit notre volonté qu'on repositionne très bien
la priorité régionale.
le ministre avait évoqué que, dans la nomination des conseils d'administration,
on avait reproduit semblablement ce qu'il y avait dans la LSSSS et dans
le projet de loi n° 10. Il reste que, quand on va arriver ultimement à ce
conseil d'administration là, je pense que,
compte tenu des difficultés qu'on a eues à faire reconnaître la présence de
plus d'un centre intégré dans
différentes régions, on devra y revenir. Mais, dans ses échanges et dans sa
façon de transmettre l'information, le
ministre a dit que la loi LSSSS avait préséance sur le projet de loi
n° 10. Et donc je veux revenir là-dessus parce qu'on a passé quand même... Et c'est important. Un
projet de loi, il faut regarder chaque mot qui s'y trouve, parce que
chaque mot qui s'y trouve a sa raison d'être et chaque mot qui ne s'y trouve
pas a également une raison d'être.
Donc, je
ramène le projet de loi n° 10 sur lequel nous travaillons,
l'article
L'article 2 dit que «la présente loi s'applique malgré toute disposition inconciliable
de la
Loi sur les services de santé et les services sociaux». Et ça, on
a demandé à ce qu'il y ait une intégration du
projet de loi n° 10 dans la loi qui est actuellement, je vous dirais, la
référence, là. La grande référence de tout le système de santé et des services
sociaux, c'est la loi qu'on appelle la LSSSS, pour les gens qui nous écoutent.
Et donc cette
loi-là, pendant un certain temps, il faut comprendre qu'on va cohabiter avec
cette loi-là et avec le projet de loi n° 10, qui est vraiment
majeur en termes de réforme, mais qui n'a pas bénéficié de toutes les
réflexions, les révisions que la loi LSSSS, elle, a eues. Et le ministre a
demandé à ce que ce projet de loi n° 10, sur lequel nous travaillons et pour lequel il faut vraiment
regarder tous les impacts... eh bien, il a demandé et il a obtenu, parce qu'il
est majoritaire, il a obtenu que tout
ce qu'on décidera dans le projet de loi n° 10 aura préséance sur ce qu'on
retrouve dans la loi qui, jusqu'à
maintenant, coordonne les soins en santé et services sociaux, et non seulement
la coordonne mais la dicte, parce qu'une loi, ça dicte ce qui doit être
fait et l'organisation.
Donc, je pense que chacune de nos interventions
qui visent à faire préciser le projet de loi n° 10, dans ce contexte-là et à cause de l'article 2, est très
importante et j'espère qu'on va avoir une réelle ouverture à ce qu'on ait
des éléments très précis. Et je redis notre
préoccupation par rapport à la reconnaissance des régions dans le projet de loi
n° 10, où on semble vraiment vouloir
davantage concentrer ça autour des grands centres urbains, mais surtout autour
de Québec, autour du ministère et du ministre, et ça, c'est préoccupant
pour les régions.
Alors, on va en témoigner à plusieurs occasions au cours
de nos travaux. Mais j'invite les gens à être très attentifs parce qu'il y a cet
article 2, l'article 2 du
projet de loi, donc il y a vraiment une volonté du ministre de donner
préséance au projet de loi n° 10 sur
tous les éléments. Et, si les gens peuvent regarder, là, je ne sais pas si on a
une caméra ici, dans cette salle,
mais c'est malheureux parce que la
loi sur les services sociaux, écoutez, elle
a finalement à peu près deux centimètres d'épaisseur, alors que le projet de loi n° 10, qui aura préséance,
lui a une soixantaine de pages, alors qu'on en a probablement 400 dans l'autre. Donc, il faut être très prudent. Je nous
invite tous, en tant que parlementaires, mais en tant aussi que
législateurs, à être très vigilants sur ça.
Et je déplore
vraiment que le ministre ait dit que la LSSSS aurait préséance sur le projet de
loi n° 10, parce que ce n'est pas le cas puisque l'article 2 nous
dit très clairement, à la demande du ministre, que la présente loi s'applique
malgré toute disposition inconciliable de la
loi sur les services sociaux.
Alors, chaque fois qu'il y aura ambiguïté, il faudra se rappeler que c'est le
projet de loi n° 10 qui va avoir préséance.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. M. le ministre.
Barrette : Bien, M. le Président, je comprends qu'on revient sur
quelque chose qui a déjà été débattu, et ça me fait plaisir de répondre à Mme la députée de Taillon puisqu'elle
choisit de revenir sur le passé et de refaire le débat, mais d'une telle manière que l'observateur qui nous
écoute peut avoir de la difficulté à s'y retrouver. Et je vais rectifier
certaines affirmations qu'a faites la
députée de Taillon. Alors, il y a un amalgame, là. On passe encore une fois
d'un sujet à l'autre, dans l'intervention qu'elle a faite, et je vais
rectifier le tir, là, pour que les gens qui nous écoutent ou qui nous lisent comprennent bien de quoi il en retourne, qu'est-ce
qui se passe ici, en commission parlementaire, dans une étude de projet
de loi
article par article.
Alors, la
députée insiste énormément sur le fait qu'une des deux lois doit avoir
préséance sur l'autre. Ce n'est pas ça,
M. le Président. Évidemment, vous le savez très bien, à partir du moment où on
ajoute un élément au corpus législatif, c'est-à-dire à l'ensemble des lois et règlements du Québec, évidemment,
le législateur, nous tous ici, autour de la table, nous avons l'obligation de nous assurer qu'il y ait une
cohérence dans les textes qui sont écrits. Et, quand on parle de
cohérence, ce n'est pas une question,
évidemment, de préséance, mais bien de faire en sorte que les textes ne
viennent pas, entre autres, se contredire ou s'invalider juridiquement.
Alors, évidemment, lorsqu'on écrit un texte, il
va de soi, comme l'a cité la députée de Taillon, qu'il y ait des affirmations du type «malgré telle disposition».
Et ça, ça veut dire que, si on trouve quelque chose qui est
contradictoire, bien, aujourd'hui, on fait
une modification pour qu'arrive telle chose. Ce n'est pas une question de
préséance, ce n'est pas une question
de dire qu'on oublie quelque chose, parce que c'est un peu ce vers où on s'en
va. Quand on présente les choses comme elle l'a fait, c'est comme si on
disait : Attention, là! Quand on écrit un texte de loi comme aujourd'hui...
Et là, ici,
là, le lecteur ou l'auditeur qui nous suit va dire : Bien oui, c'est quand
même extraordinaire, on a un texte de loi de deux centimètres
d'épaisseur qui va être remplacé par un texte de loi de quelques pages. Bien,
c'est ça, l'idée, là. L'idée,
c'est que, quand on fait des ajustements, on n'ajuste pas toutes les
virgules de la loi initiale et de l'histoire législative du Québec. On
vient faire des ajustements et on dit : Lorsque — et
c'est ça qui est dit clairement — par exemple,
une chose a été dite dans l'ancienne loi, bien là, on fait une autre chose. Et
c'est pour ça qu'on dit «malgré ceci», «malgré
cela». Alors, essentiellement, et particulièrement pour ce qui est de l'article
2, il n'y a aucune contradiction. Il n'y a pas rien, là, dans la loi qui vient d'être contredit ou qui vient faire
en sorte que la représentation de l'un ou de l'autre n'est pas
adéquatement adressée, on ne s'y adresse pas adéquatement dans le projet de loi
n° 10.
Et, quand la députée de Taillon va plus loin, là,
en disant : Bien là, nous, on est là pour s'occuper de la
représentation régionale, d'ailleurs,
on constate que ce projet de loi vient tout amener à Québec, ce n'est pas ça.
Ce n'est pas ça. Mais je pense que
tout le monde a compris que ce n'était pas ça, mais ça fait des commentaires
qui peuvent faire en sorte qu'un observateur
neutre puisse potentiellement y
perdre son latin. Alors, je fais ces rectifications-là, M. le Président, parce que, un, ce à
quoi fait référence la députée de Taillon a déjà été débattu.
Deux,
on revient là-dessus à sa demande. Je n'ai pas de problème avec ça.
Mais on revient sur une chose qui a été débattue, et la façon d'y revenir, bien, là je pense qu'il faut
rectifier les choses pour que les gens comprennent, avec le maximum de clarté, ce qui est en train de se
passer ici. Et, s'il y a une chose, M.
le Président, je termine là-dessus,
qu'on ne peut pas dire, affirmer ou se
référer à, c'est la signification basée sur l'épaisseur d'un texte par rapport à l'autre. C'est tout, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Alors, M. le Président, je réfère au terme que le ministre a utilisé à mon
endroit la semaine dernière et je veux
simplement lui dire que ce n'est pas par ignorance, parce qu'il évoquait le fait qu'on savait ou on ne savait pas. Je pense
qu'on a des zones à clarifier dans ce travail qu'on fait actuellement, et le
travail qu'on fait est important. Et je pense que, dans ce qu'on voit, si le ministre
veut rassurer les régions, il est tout à fait approprié que, dans la nomination des membres du conseil d'administration, il tienne compte également des caractéristiques
régionales.
je pense que ce qu'on demandait, c'était ça : qu'il y ait vraiment
une représentation et une prise en
compte de certaines caractéristiques régionales. Et, pour illustrer mon propos,
j'avais présenté le fait que, dans cette région de la Côte-Nord, nous avions, actuellement, là... Actuellement, il y a sept
centres de décision administratifs, sept CSSS pour une population inférieure à 100 000 habitants, ce
qui est vraiment une des plus petites, en termes de nombre de
population. Et donc le fait qu'on ait, dans
la LSSSS, dans notre dossier... dans notre réalité actuelle, prévu sept centres
administratifs pour une aussi petite densité
de population, ça traduisait des caractères particuliers de cette région-là en
lien avec sa grande superficie, en lien avec des réalités très
différentes, et je déplorais que cette sensibilité-là ne se retrouve pas dans
le projet de loi n° 10, et je demandais
tout simplement au ministre d'avoir, par exemple, une clause qui permettrait
que, dans son plan de transition — qu'on espère toujours avoir — on ait, par exemple, le directeur général de
ces différents CSSS qui siège au sein
du conseil d'administration du nouveau centre intégré, ce qui m'apparaîtrait
être une approche tout à fait respectueuse
des régions, qui assurerait et respecterait la transition nécessaire et les
réalités particulières de chacune de ces régions, parce que, on le
rappelle : le centre de décision va dorénavant être à Baie-Comeau et non
pas dans différents points de cette région de la Côte-Nord.
Alors,
moi, je veux tout simplement que, quand on pose des questions, on ait une
ouverture réelle du ministre à voir si on peut bonifier notre projet de
loi, et ce que je constate, c'est que, très souvent, on a une résistance
fondamentale. Et je pense que le simple fait
de rajouter, par exemple dans la nomination des membres du conseil
d'administration, la responsabilité
de tenir compte des caractéristiques régionales, eh bien, je pense que c'est
quelque chose qui pourrait bonifier. Parce
que là on a des éléments qui sont déjà précisés et qu'on retrouve, mais on ne
retrouve pas cette caractéristique d'une région et de ses différents
territoires sous-régionaux, et ça, je pense qu'on doit être capables de le
faire.
Actuellement, ce
qu'on retrouve — je
peux vous aider, là — dans
ce qui est écrit, c'est des «groupes socio-culturels», «linguistiques»,
«démographiques» et «différents groupes d'âge». C'est ce qu'on retrouve dans la
LSSSS actuellement. Ce qui est prévu, c'est «socioculturelle», «ethnoculturelle»,
donc on a rajouté «ethnoculturelle», «linguistique
ou démographique de l'ensemble des usagers qu'il dessert». Et la remarque que
j'avais faite, c'est qu'en tout premier lieu, dans la loi LSSSS, je le
rappelle, là, qui est vraiment actuellement notre assise dans... Tout notre système de santé se réfère à cette loi-là. Au tout
début, on précisait très clairement, donc à l'article 2, l'alinéa 5°, de
«tenir compte des particularités géographiques, linguistiques,
socio-culturelles, ethno-culturelles et socio-économiques des régions», et je ne retrouve pas, dans le préambule
ou nulle part dans le projet de loi n° 10, cette préoccupation de
tenir compte des réalités économiques des régions, mais également de tous les
autres facteurs pour les régions, et, dans la LSSSS, on a jugé bon de bien le
préciser.
Alors,
je nous invite à garder à l'esprit que, compte tenu qu'on n'a pas réussi à
obtenir plus de CISSS dans les régions, il va falloir trouver une façon,
dans le projet de loi n° 10, de traduire, si elle est réelle, si elle
est vraiment réelle, cette
préoccupation des régions. Il va falloir trouver une façon de la traduire. Si
elle ne l'est pas, réelle, bien là, les gens jugeront. Merci.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, encore une fois, je ne peux qu'insister
sur le fait que nous revenons encore une fois en arrière et dans le même
contexte, le même contexte étant celui qu'actuellement nous sommes dans l'étude
de l'annexe, et l'annexe est une liste.
C'est l'équivalent d'un annuaire, d'un menu. Et, encore une fois, et je l'avais
mentionné la dernière fois, je me permets de
le rementionner aujourd'hui, la députée de Taillon, dès l'ouverture de cette
commission, a exigé qu'on aille faire... qu'on fasse une étude alinéa par
alinéa. Pas simplement
article par article, alinéa par alinéa. Au-dessus de ça,
c'est mot par mot. Alors, je pense que, là, ça aurait été encore plus exagéré.
Barrette : Non, j'entends murmurer autour de moi que c'est toujours
comme ça. Mais il a quand même été un fait qu'elle l'a exigé, là,
formellement. Et je comprends donc que son...
M. Barrette : La question n'est pas
là. La question, M. le Président, c'est que, quand on prend la parole pour insister pour le faire, bien, ça montre à quel
point, intellectuellement et procéduralement parlant, c'est important pour
la députée de Taillon, et d'autres peut-être,
d'y aller dans un certain ordre, et j'irais même jusqu'à dire dans un ordre
strict.
Or, depuis le début de cette commission-là, on
passe du coq à l'âne. Je ne dis pas ça péjorativement, M. le Président. C'est une expression consacrée pour
dire qu'on passe d'un sujet à l'autre, et, quand les sujets ne sont pas
les mêmes, ils ne sont vraiment pas les
mêmes; c'est pour ça qu'on utilise ce terme-là. Et ici on parle d'une
annexe
qu'on est en train d'étudier, qui est une
liste, et on se promène d'un
article à l'autre, et constamment on fait
référence en plus à des thèmes qui ont déjà été débattus dans un autre
article qui a été adopté. Et là je vous dis, là, l'article 8, là, quand on nomme les gens du conseil d'administration par
exemple, là, bien, c'est parce qu'on aurait pu débattre de ça là, mais
on ne l'a pas fait là. Je ne sais pas
pourquoi, mais on ne l'a pas fait là. Et, comme la députée de Taillon insiste
pour revenir sur le passé, pour une raison qui lui est propre, bien, je
suis obligé de lui répondre. On me demande de répondre.
On me demande d'avoir de l'ouverture — et
j'imagine qu'on va me dire, dans les prochaines questions, que je refuse — bien, est-ce qu'on peut traiter de ça à
l'article concerné? Et, dans le cas présent, c'est l'article 14. Et là
on ne s'y rendra pas, là, parti comme c'est là, à l'article 14. Mais, quand
même, puisqu'on y fait référence, je m'en vais... ou on fait référence au
thème, je vais y revenir, à l'intervention que j'ai faite dans le passé.
Alors,
l'article 14, qu'est-ce qu'il dit? «Lorsqu'il procède aux nominations, le
ministre doit tenir compte de la représentativité
des différentes parties du territoire couvert par un établissement...» Ça,
c'est global et ça inclut les thèmes qu'elle
aborde. Et, quand on continue, c'est : «...couvert par un établissement
ainsi que — ça veut
dire que, quand on est rendus dans le "ainsi que", il y a
toute la globalité avant qui est incluse, elle est là — la
composition socioculturelle, ethnoculturelle,
linguistique ou démographique de l'ensemble des usagers qu'il dessert.» Et je
répéterai à la députée de Taillon que
ce texte-là était le même dans la LSSSS, à l'article 397.3, pour la
nomination des gens qui étaient dans une agence et que je n'ai jamais entendu l'opposition officielle dans le
passé, peu importent mes fonctions, se préoccuper d'une telle chose.
Pourtant, c'était la même finalité.
Alors, je
suis surpris, M. le Président, qu'on aborde ce sujet-là encore une fois
puisqu'on a fait le tour la dernière fois, et de cette même manière
puisqu'on a fait le tour la dernière fois, et j'inviterais la députée de
Taillon à revenir à l'annexe I, qui est l'objet du débat aujourd'hui et
probablement des prochains jours.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
députée de Taillon.
Mme Lamarre : Merci beaucoup, M. le
Président. Je vous dirais que chaque mot qui est dit dans cette commission-là a
son sens et sa valeur et mérite d'y revenir, et ce n'est pas revenir sur le
passé que de répondre à une accusation d'ignorance. Alors, le ministre se
permet régulièrement, je dirais même constamment de précéder...
M. Barrette : M. le Président,
question de règlement, là.
Le Président (M. Tanguay) : O.K.
Juste un instant. Appel au règlement.
Le Président (M. Tanguay) : Juste un
instant. Je vais accorder la parole au ministre.
Barrette : Je n'ai pas posé d'accusation. J'ai même dit que je ne sais
pas... et j'ai même précisé ma pensée, là, je l'ai dit de façon non péjorative.
J'ai dit : Ou bien elle ne le sait pas, hein — parce
qu'on n'a pas aimé «ignorance»,
j'ai précisé ma pensée — ou bien il y a une action, là, il y a une
direction qui est prise là-dedans. C'est un ou c'est l'autre, là.
Le Président (M. Tanguay) : Ça va?
M. Barrette : Qu'elle ne dise pas
que je fais des accusations, là.
Président (M. Tanguay) : Un petit rappel pour les parlementaires. Vous
m'avez déjà entendu le répéter, là, on ne peut pas imputer des motifs.
L'article 35, vous le connaissez bien. Le terme «ignorance» est un terme à
l'index parlementaire. Je vous invite à
revenir, donc, sur le fond des choses. Et, en terminant, vous rappeler encore
une fois que, lorsque l'on qualifie le comportement d'un collègue, on
entre dans une zone un peu dangereuse en ce qui a trait à l'application de
l'article 35.
Alors, Mme la députée de Taillon, la parole est
à vous. Voilà, je vous écoute.
Mme Lamarre : Je me contenterai
quand même, M. le Président, simplement de lire le verbatim de cette rencontre-là. Je ne le commenterai pas davantage,
mais je voudrais quand même que les gens se rappellent ce qui est dit et
ce qui n'est pas dit — parce
qu'il faut y penser avant de le dire si ce n'est pas ça qu'on dit.
Alors :«Alors, la députée de Taillon,
aujourd'hui, devant tous et toutes, pas juste nous, ceux qui nous écoutent, a
mélangé, je vais soupçonner par ignorance...»
Mon collègue a dit : «Wo!» «[Eh] bien, M. le Président, sinon, c'est
volontaire. [...]M. le Président, franchement, là...» Le ministre
reprend. Alors : «Il y a deux possibilités, M. le Président : ou elle
le sait ou elle ne le sait
pas, et...» «Et dire qu'on ne le sait pas, c'est ignorer un fait.» Alors, ce
genre d'intervention, je laisse la population juger de comment le ministre... Mais les gens qui l'ont entendu m'en ont
parlé, alors je pense que je ne dois pas être la seule à avoir perçu
quelque chose d'anormal.
Je reviens à
deux éléments dans ce que le ministre vient de dire. Écoutez, d'abord, je pense
que nous sommes ici vraiment pour, je
le redis, bonifier ce projet-là. Oui, nous sommes dans les annexes. Je suis
surprise et déçue d'entendre le ministre
dire que les annexes, ça, c'est tout simplement une liste. Vraiment, c'est ne
pas saisir toute la sensibilité qu'il y a à travers cette liste-là. Parce que, pour les gens qui écoutent la
commission, et ils sont nombreux, je le sais, pour eux, ça représente leur travail, leur emploi, la nature de
leur emploi, le lieu de leur emploi. Pour les gens qui reçoivent des
soins, ça représente : À qui je vais me
rendre? Où je vais me rendre? Est-ce que la continuité de ces soins-là va être
maintenue? Et, pour les professionnels, ça
représente des changements également dans leur travail et dans leur façon
d'organiser les soins.
Donc, ce n'est pas une liste. Là, on est
vraiment, vraiment dans la façon dont les choses vont se dérouler concrètement.
Et par les questions que nous avons posées et par certaines réponses que le
ministre nous a données, et je l'en remercie,
on a vraiment réussi à avoir une idée un petit peu plus claire de comment on va
fonctionner dans cette nouvelle — et on le redit, là — dans cette nouvelle façon d'organiser
l'ensemble des soins de santé et de services sociaux.
Donc, ce que
j'aurais tout simplement voulu, c'est que le ministre nous dise : On va
tenir compte des régions et on va le repréciser quelque part dans le
projet de loi. Si on avait eu juste cette ouverture-là, d'abord on gagnerait
énormément de temps dans cette commission-là, mais jamais on n'a ce genre
d'ouverture là. Et le ministre, il revient régulièrement
sur l'adoption
article par article, alinéa par alinéa. C'est le cas de la très,
très grande majorité, c'est comme ça
qu'on adopte un projet de loi, parce qu'un projet de loi, c'est quelque chose
qui doit être pesé, et chaque mot doit être pesé, en particulier dans un contexte où le projet de loi n'a pas fait
l'objet de vérifications, de consultations préalables. Et je ne le dis pas simplement en ciblant, mais la
plupart des autres projets de loi, dont la LSSSS, étaient vraiment
toujours... faisaient l'objet d'une consultation qui durait un an avant.
Alors, ceci
étant dit, en ce qui me concerne, j'aurais aimé avoir pour la région de la
Côte-Nord une confirmation du
ministre qu'à l'article 14 — et je vais y revenir — on ait cette sensibilité-là pour les régions
d'une façon toute particulière, puisque cette région entre autres de la
Côte-Nord avait sept CSSS, six CSSS puisqu'il y avait eu une fusion récente, donc six CSSS, et que là elle se retrouve avec un
seul centre de décision. Donc, il y a des caractéristiques régionales
qu'on va essayer de faire reconnaître d'une
façon plus spécifique. Je pense que c'est notre mission, c'est notre
responsabilité, et c'est tout à fait approprié de le faire. Alors, ça complète
mon intervention à ce moment-ci, M. le...
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Taillon. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, je vais renchérir... Je vais quand
même renchérir sur la procédure. Moi,
j'ignore quelle est la finalité des interventions ou du cheminement que la députée de
Taillon prend. Les gens qui nous écoutent ignorent en général le
fonctionnement de la commission parlementaire et ils assistent et ils essaient
de comprendre.
Tout le monde
baigne dans un certain niveau d'ignorance d'un élément ou dans l'autre, et je
constate qu'on a des débats sur la signification du mot «ignorance»
qu'on peut ou ne pas utiliser parce qu'il est à l'index des... des mots qui ne
sont pas autorisés, là, par...
M. Barrette : Bien là, M. le
Président.
Mme Lamarre : M. le Président.
Le Président (M. Tanguay) :
Attendez. Appel au règlement.
Lamarre : Vous m'avez demandé de ne pas commenter ça. Je pense, je ne
l'ai pas commenté, je me suis contentée de lire le verbatim.
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Mme Lamarre : Après ça, je pense
qu'il y a des gens qui doivent assumer ce qu'ils ont dit.
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Juste pour...
Mme Lamarre : Parce qu'on réinsiste,
Président (M. Tanguay) : Oui. Je pense, c'était dans le cadre du débat
parlementaire, puis je suis très à l'écoute de ce que dit le ministre. Il est au courant que le mot «ignorance», on
ne peut pas l'accoler au comportement d'un collègue. Je vous invite par contre, tous et toutes, puis je
vais vous laisser la parole, M. le ministre, mais à revenir peut-être à
la région 09.
Mais la parole est à vous, puis chaque collègue est responsable de ses actes,
et faisons attention avec le terme «ignorance» et aux qualificatifs du
comportement d'un autre collègue. M. le ministre.
M. Barrette :
Je vous remercie, M. le Président, je vous remercie surtout d'avoir noté que je
ne l'ai attaché à personne et, à la limite, je peux l'attacher à moi-même,
hein, je l'ai dit moi-même, j'ignore où on s'en va.
Le Président (M.
Tanguay) : Là, je vous l'interdirais par contre, comme pour d'autres
collègues, par équité.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Barrette : Mais, ceci dit, M. le Président, pour conclure, bien, pour
aller dans le même sens que ma
collègue la députée de Taillon, revenons
à la région et respectons les éléments qui sont dans le sujet de discussion,
c'est-à-dire la liste.
Président (M. Tanguay) : Une autre intervention? Je suis prêt à
reconnaître notre collègue député de Labelle.
M. Pagé :
Oui. Merci, M. le Président. Alors, salutations à tous et à toutes. Bon matin.
Pagé : On reprend nos travaux, évidemment, sur le projet de loi
n° 10. M. le Président, lorsque nous avons commencé les annexes, je
n'étais pas parmi vous et je me joins... Je me suis joint la semaine dernière
au groupe puis j'ai été surpris d'apprendre
que, quand vous avez eu à trancher sur le temps qui serait alloué et le mode de
fonctionnement pour les annexes... Parce que c'est peu commun que nous ayons
finalement... Quand je regarde, dans le projet de loi, l'épaisseur des annexes,
je pense qu'il y a quelques pages de plus en annexes qu'il y a sur le projet de
loi. Donc, ce n'est pas banal, et vous avez tranché la question à savoir que
tous les députés qui se présenteraient en commission parlementaire — vous me reprendrez si ce n'est pas le cas — ici, en commission parlementaire, à l'étude
du projet de loi
article par
article — mais ici on pourrait dire
«incluant les annexes» — nous
aurions droit à notre... seulement pour notre temps, pour le député qui parle,
à 100 minutes. C'est bien cela?
Président (M. Tanguay) : Oui. Autrement dit, sous réserve, je vous...
Vous avez raison, sous réserve d'un remplacement
où, là, vous reprendriez le siège d'un député qui aurait déjà parlé. Donc, sous
réserve de cela, oui, vous avez tout à fait raison.
M. Pagé :
Alors, c'est peu commun, je dirais, dans notre pratique parlementaire, parce
que, normalement, les temps qui nous sont alloués pour débattre... pour ouvrir
le débat soit sur un amendement ou autre, normalement, c'est 20 minutes,
alors que là nous est accordé 100 minutes pour débattre de tout ce qui
s'appelle les annexes, la
partie des annexes qui doit, j'imagine, faire le tour
des 17 régions administratives, monsieur...
Président (M. Tanguay) : Peut-être,
chers collègues, juste pour préciser : évidemment, 20 minutes,
exact, en application de l'article
245, mais l'article 245... Et nous avions statué, le ministre
en a fait référence un peu plus tôt, que nous allions débattre alinéa
par alinéa, donc objet par objet, alinéa par alinéa, 20 minutes. En vertu
de la jurisprudence, puis je n'y reviendrai
pas, l'annexe étant très substantielle, nous y allions par région et par ce qui
pourrait être par analogie assimilé à
un alinéa, c'est-à-dire une
section de chacune des régions qui est assez
substantielle et qui justifie à chacune d'elle 20 minutes. Or, chaque région a cinq fois de telles sous-sections.
Nous y allions donc... Donc, la règle du 100 minutes ne change pas
la règle du 20 minutes. C'est la règle du 20 minutes multiplié par
cinq pour chaque région.
Pagé : Alors, tout
cela pour dire, et ça m'apparaît comme important
de faire ce commentaire d'ouverture sur le moment que je vais passer à m'entretenir avec le ministre, c'est
que le temps que le président alloue pour le débat sur les annexes, ce n'est pas banal. C'est significatif,
et ce que ça veut dire, c'est que, même si on nous dit qu'on voudrait
revenir... dans certains cas, les questions que l'on pose, bien, on en a déjà
débattu à un autre article, ou bien on va en débattre à l'article 14, ou ça s'adresse à l'article 131, ou autrement... Sauf que
le temps que vous allouez pour débattre des annexes, c'est justement le temps... Ce temps-là, il est
significatif parce que ça veut dire qu'il faut qu'on passe du temps là-dessus
parce qu'il y a matière à se poser des
questions. Et, dans les annexes, c'est au coeur des grands changements qu'on
va vivre sur le territoire. Et là on parle
de la Côte-Nord, mais on pourrait parler de toutes les régions du Québec où la
même inquiétude s'entend partout.
les gens, quand ils vont voir le projet de loi et qu'ils vont dans les
annexes — et là je
suis à la page 56, où on parle de la
Côte-Nord — on
regarde l'ensemble des organisations qui vont être fusionnées dans une seule
organisation, bien, c'est ce qui inquiète énormément les gens sur le terrain,
que ça soit autant les clients ou les patients qui se présentent dans des
différents points de service ou encore, et notamment, là, surtout, les gens qui
y travaillent.
Alors,
que l'on ait autant de temps pour débattre des annexes, c'est donc un message important
qu'on est au coeur de ce qui
préoccupe la population. On est au coeur du projet de loi qui nous interpelle et qui nous dit : Bien, toutes ces organisations-là,
là, je les fusionne. Toutes ces organisations-là, elles vont disparaître.
Et, quand on nous rappelle... Je demanderais peut-être
à ma collègue de Taillon de me passer la LSSSS, l'article 2, cinquième
alinéa...
Le Président (M. Tanguay) :
Excusez-moi, cher collègue. Un rappel au règlement, M. le député de
Maskinongé?
Plante : Bien, j'aimerais juste que vous spécifiiez, là, parce que
notre collègue essaie de nous dire que c'est une façon exceptionnelle, le temps attribué aux annexes au projet de loi
n° 10. Mais, si j'ai bien compris votre explication, M. le Président, tantôt, vous avez dit : De toute
façon, c'est la norme pour chaque projet de loi. Bien, vous avez juste
appliqué la norme fois le nombre de régions.
Président (M. Tanguay) : Oui. On ne fera pas le débat sur ce qui est
l'application de la jurisprudence reconnue à ce projet de loi, qui a une
annexe qui est substantielle. Et nous avons
appliqué, la présidence et le secrétariat, la jurisprudence qui s'applique
à des annexes substantielles. Je ne reviendrai pas sur l'analogie que nous
faisions avec la jurisprudence d'un projet de loi du 31 mars 1986.
Alors,
je vous entends. On va laisser la parole au collègue député de Labelle, mais
ici on applique la jurisprudence lorsqu'il y a des annexes
substantielles. Alors, M. le député de Labelle, la parole est à vous.
Pagé : Oui. Bien, écoutez, pour ne pas perdre le fil, je
répète : Il y a autant de pages en annexes qu'il y a de pages au projet de loi. Donc, les annexes, elles
ont une valeur très importante et très significative, et cela est
vraiment au coeur de ce que nous débattons.
Et que l'on soulève des questions qui ont référence à un
article 4, à un
article 14, à un
article 131 ou autre
m'apparaît comme tout à fait légitime parce que c'est l'endroit, ici. Lorsqu'on
parle des annexes, c'est...
Parce
que, dans l'annexe, on retrouve véritablement la réalité territoriale. Quand je
regarde la région de la Côte-Nord,
qui est la région n° 09, ou encore la mienne, je pense, qui est la
15 — c'est
exactement la région des Laurentides — je vois
l'ensemble des organisations qui vont disparaître, elles vont disparaître pour
devenir des points de service. Et ces conseils
d'administration, qui étaient composés de gens qui étaient là pour défendre
leur coin de pays puis s'assurer d'avoir une bonne desserte de service, ces gens-là ne savent pas présentement où
est-ce qu'ils vont se retrouver, de quelle façon.
nous dit... Le ministre, il dit : Oui, mais n'oubliez pas, la LSSSS,
l'article 2 — et c'est
important, là, les mots, les mots,
ils ont un sens, là —l'alinéa
5° : «Tenir compte des particularités géographiques, linguistiques, socio-culturelles,
ethno-culturelles et socio-économiques des
régions.» Il nous dit : Ça, ça ne va pas disparaître. C'est bien ça, M. le
ministre? Ça, ça ne disparaît pas, c'est bien ça?
M. Barrette :
C'est bien ça.
Pagé : Bon. Alors, si ça ne disparaît pas, je me demande de
quelle façon, à l'intérieur de la nouvelle LSSSS, on va retrouver les
garde-fous que nos avions dans l'ancienne LSSSS. Parce que la LSSSS que nous
avions, avec l'article 2, le cinquième
alinéa, ce que je viens de lire, ce qui suivait était cohérent avec ce qui
précédait.
L'article 2 mettait la table
à ce qui s'en venait en dessous. Puis qu'est-ce que nous avions en dessous, là? Il faudrait aller trouver
évidemment les articles, là. Bien, c'était justement
la constitution de ces CSSS, la constitution des conseils d'administration, la
constitution, territoire par territoire, à l'intérieur d'une grande région,
mais maintenant cela va disparaître.
Alors,
on a beau nous dire : Oui, mais l'article 2 va toujours être là. Mais qu'est-ce qui va suivre, par la
suite, qui va être le garde-fou pour
être en lien avec l'article 2, cinquième alinéa? Je regrette, je ne le trouve
pas. Parce que tout ce qu'on nous lit, c'est qu'on nous dit «[devra] tenir compte». Devra tenir
compte, c'est très loin d'être un conseil
d'administration légalement constitué, avec
un directeur ou une directrice
générale qui est en poste et qui est
là pour plaider pour son monde auprès
de l'agence, auprès du ministère. Cela va disparaître. Alors, qu'on nous
dise : On va continuer à tenir compte, je veux bien, mais il faut
que ça se traduise dans la loi.
Le Président (M.
Tanguay) : Appel au règlement. M. le député de Papineau.
M. Iracà :
Question de pertinence, M. le Président. On est en train de parler... il me
semble que le dossier concerne la région de
la Côte-Nord et je ne vois pas où est-ce que mon collègue
s'en va avec son argumentation en lien avec ce qu'on parle actuellement,
ou on devrait parler actuellement.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le député de Papineau, vous savez comme moi que — et
comme nous tous, là — que
l'article 211, au
niveau de la pertinence, permet une
interprétation large et libérale. En ce sens-là, les propos du collègue...
du député de Labelle, touchent le domaine de la santé et la subdivision des territoires,
et je le laisserais poursuivre là-dessus. Alors, je vous remercie pour votre
appel au règlement.
M. Pagé :
Merci, M. le Président. Et, sincèrement, là, je le dis à mes collègues, là, ce
que je tente de traduire ce matin, c'est exactement,
exactement l'inquiétude qui nous a été transmise, de la part
de nos concitoyens, de la part de nos gens qui siègent aux
différents conseils d'administration, de la part des directeurs — directrices — généraux
des différents CSSS, du personnel qui travaille sur le terrain. C'est exactement
ce que nous avons entendu dans le dernier mois,
depuis que nous avons commencé à débattre de l'article 10. Les gens, ils
sont énormément inquiets. Les gens nous demandent... Que
ça soit dans les Laurentides ou sur la Côte-Nord, ce sont les mêmes questions.
Alors,
ce que je dis ici, je le dis pour la Côte-Nord, mais je pourrais très bien le dire pour n'importe quelle autre région : Vous
avez été, chers collègues, chez vous dans la période des fêtes, je suis
convaincu qu'on vous a parlé de la loi
n° 10. J'en suis totalement convaincu. Il n'y a
personne ici qui hoche la tête en me faisant signe de non. Pourquoi? Parce que
tout le monde vous en a... M. le ministre, on ne
vous en a pas parlé? Vous êtes bien chanceux. Je pense que... J'ai
l'impression que... Non, sérieusement, tout le monde nous en a parlé, et tous
les gens sont inquiets.
Et ils sont inquiets pour deux choses.
Ils sont inquiets, d'une part, parce
que, bon, est-ce que
j'ai encore un emploi après que le projet de loi n° 10 va être adopté? Si j'ai encore un
emploi, est-ce que je vais être obligé de déménager? Parce que tout
ça semble se faire d'une façon très,
très rapide, hein? On souhaite la mise en oeuvre pour ce printemps. Mais, derrière cela, là, il y a du monde, il
y a des familles, il y a... Bon. Et ça, c'est la
partie plus humaine, là, des
gens qui sont en place.
Mais
l'autre
partie aussi que j'ai entendue partout sur le terrain, c'est :
Comment je vais être représenté?
Quand il va y avoir un conseil d'administration
qui va être à 200, 300 kilomètres de chez moi, comment je vais pouvoir aller
me faire entendre? Et la question qui a été
soulevée ce matin, la question qui a été soulevée à plusieurs occasions et que
nous soulevons ici, dans les annexes, et
c'est tout à fait légitime de le faire : À quel endroit dans le projet de
loi, autrement que «tenir compte», on
nous spécifie concrètement qu'on va justement avoir ce garde-fou pour être sûrs
que la région va être bien défendue, bien entendue? Et, je regrette, je
ne le retrouve pas.
J'ai
apporté, en décembre, un amendement qui disait : Au moins, dans une région...
Je pense, en moyenne, ça va être à
peu près 17 administrateurs au conseil d'administration. Le ministre veut
essentiellement des gens compétents. Soit. Il a tout à fait raison, c'est ce que nous souhaitons, avoir des gens
compétents autour de la table. J'ai apporté un amendement qui disait
qu'au moins il y ait autour de la table, s'assurer que, sur les 17 personnes,
il y ait au moins une personne en provenance de chaque ancien territoire de
CSSS. Ça aurait voulu dire pour la Côte-Nord, sur 17, il y en aurait eu six ou
sept, parce que c'est six ou sept territoires de CSSS, là, bon. Six, sept? Bon.
Alors, on aurait été assurés, sur la Côte-Nord, qu'il y
aurait eu, sur les 17 membres du conseil d'administration, minimalement,
minimalement, une seule personne en
provenance de chacun des CSSS quand, dans la loi qui existe encore, il y
avait... ma collègue pourra me le dire, là, sur les six, sur les sept
CSSS, combien de personnes en moyenne au conseil d'administration, à peu près?
15, 20, 15, 20 personnes? 15, 17?
M. Pagé :
Bon, 13, 15 personnes. Bon, alors, 13, 15 personnes, sur chacun des
territoires, qui étaient là pour défendre son monde, pour s'assurer que les
services soient correctement... sur le territoire et qu'on réponde bien aux
besoins de la population.
Alors,
on nous dit : Ça va être trop compliqué. Je ne veux pas me mettre ces
barrières, ça va être trop compliqué. Et pourtant cette barrière n'aurait été qu'assurer que sur chacun... Je ne
les nommerai pas les six, mais, sur chacun des six... des sept anciens territoires des CSSS de la
Côte-Nord, il y aurait eu au moins une seule personne qui aurait pu être
issue des 13 ou 15 avant — ou une autre personne, mais quelqu'un du
territoire. Et on nous dit : Non, ça va être trop compliqué.
Je vais vous dire que, dans le temps des fêtes,
là, quand j'ai expliqué ça aux gens en leur disant : Cet amendement-là
a été rejeté parce que c'était trop
compliqué, bien, je vais vous dire que ça a contribué à inquiéter encore
beaucoup plus la population, beaucoup
plus la population. Si le gouvernement et le ministre n'est pas ouvert à ce
qu'il y ait au moins une personne en provenance des anciens CSSS, force
est de constater qu'on fait tout ici pour que les gens soient encore plus
inquiets.
Alors, je repose la
question qui a été posée de diverses façons, mais j'aimerais que le ministre
réussisse à me rassurer d'une façon quelconque
autrement que tenir compte de la réalité territoriale. À quel endroit... Parce
que, là, dans la composition du conseil d'administration, le ministre a
refusé qu'il y ait au moins une personne en provenance des territoires qui sont
déjà connus. Alors, à quel endroit il y aura cette espèce de garde-fou pour
s'assurer qu'il y aura une représentation au
sein des conseils d'administration de gens qui proviennent des territoires?
Moi, je ne le vois pas, je ne
l'entends pas. Il m'a parlé d'une ouverture sur l'article 131 pour qu'il y ait
des comités consultatifs, mais évidemment un comité consultatif, ce
n'est pas décisionnel.
Alors,
je souhaiterais être rassuré, pas parce que le député de Labelle veut être
rassuré, là, parce que la population... Autant de la Côte-Nord, que ce soit à côté de chez moi, Lanaudière ou de
l'autre côté, dans l'Outaouais, je suis convaincu qu'on s'est fait poser
la même question. Les gens veulent savoir qui va être là pour nous représenter
et comment le personnel également va y trouver son compte.
Alors,
est-ce que le ministre peut me dire, entre autres, que ce soit pour la
Côte-Nord ou on peut le prendre pour la région des Laurentides — parce
que ça revient, je pense que c'est une question qui est plutôt d'ordre
général — de
quelle façon nous allons nous assurer qu'il y ait véritablement une
représentation? Parce que l'article 2 le dit, mais l'ancienne LSSSS, ce qui suivait après l'article 2 était cohérent avec
l'article 2 de la LSSSS. La nouvelle LSSSS, une fois qu'on aura modifié,
qu'on aura adopté le projet de loi n° 10, je ne vois pas,
malheureusement — puis
je le dis sans méchanceté — cette
cohérence. Alors, je voudrais être rassuré sur la cohérence de ce que nous
allons adopter.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, j'apprécie que le député de Labelle nous
dise qu'il repose la question, alors ça me permet de rerépondre et ça
illustre le fait qu'on a déjà parlé un certain nombre de fois de ce genre de
sujet là.
vais quand même réitérer le fait, M. le Président, que nous sommes à l'étude de
l'annexe. Ce à quoi le député fait référence,
M. le Président, c'est un élément qui va apparaître un peu plus tard, notamment
à 14. J'y ai fait référence à chaque réponse
qu'on a donnée, à toutes les questions qui ont été répétées, parce qu'il y a
des questions qui ont été répétées. Et, encore une fois, j'apprécie la question, ça me permet de répondre en disant : Respectons la
procédure qu'on a convenu entre nous, allons-y
article par article. Là,
on est à l'annexe; l'annexe, c'est une liste.
Maintenant, sur le plan conceptuel, M. le
Président, il va de soi que, dans un projet de loi ou dans une loi globale, il
y ait des éléments, dans une loi, qui sont... Et là je prends un qualificatif
très général. Il y a des articles qui ont une portée plus parapluie, hein, comme, par
exemple, l'article 1 qui dit : Voici, cette loi veut faire telle chose.
Puis c'est très général, ça englobe à peu près tout en termes de concept, et là
le projet de loi, là,
article par article, va venir préciser certains éléments. C'est ça que ça fait, le projet de loi,
comme toutes les lois d'ailleurs. Toutes les lois commencent par un énoncé, et après on rentre progressivement
dans un certain niveau de détails, et plus le sujet est complexe, plus
on a du détail. Et ça, c'est une réalité,
là, je n'invente rien, mais je le dis de façon pédagogique, pas pour les gens
qui sont ici, autour de la table, ils savent tout ça très bien, mais
surtout pour le bénéfice des lecteurs et des auditeurs.
Alors,
aujourd'hui, M. le Président, qu'est-ce qu'on fait, là, qu'est-ce qu'on fait
depuis des jours et des semaines? On passe encore une fois d'un
article
à l'autre et on refuse systématiquement de respecter la procédure. Mais je vais
aller plus loin, M. le Président. Les éléments auxquels fait référence... M. le
Président.
Le Président (M. Tanguay) : Rappel
au règlement, M. le député de Labelle?
M. Pagé : S'il vous plaît. Si
nous ne respections pas la procédure, vous intervenez.
M. Pagé :
Et vous n'intervenez pas. Donc, c'est qu'on respecte la procédure. Quand le
ministre dit : On ne respecte pas la procédure, j'aimerais que vous
le rappeliez à l'ordre, parce qu'on respecte la procédure.
Président (M. Tanguay) : Sur le rappel au règlement, M. le ministre,
effectivement, on ne peut pas imputer des motifs à un collègue de...
M. Barrette : Vous avez raison, M.
le Président.
Le Président (M. Tanguay) : La
parole est à vous.
Barrette : Je constate que la volonté que plusieurs ont exprimée d'y
aller alinéa par alinéa,
article par article... J'ai l'impression que ce
n'est pas ça qui se passe. C'est une espèce de constat que je fais à tort ou à
raison, mais j'ai j'impression qu'on ne va
pas dans ce sens-là, à preuve, la discussion, l'échange que nous avons
actuellement. Et je vais vous donner des exemples, M. le Président, pour
préciser mon constat, ce pourquoi, là, je dis ça.
Ce à quoi
fait référence le député de Labelle, M. le Président, on aurait pu en parler,
même si, là, on n'aurait pas non plus
été dans l'article seulement, mais on aurait pu l'évoquer d'une façon très
explicite puis en débattre pendant des heures et des jours quand on a discuté de l'article 8; c'était l'article de la
composition du conseil d'administration. Et là, pour une raison absolument, à mon avis, déconcertante, on
attend d'être rendus dans une
annexe qui contient un débat théorique,
là, parce qu'il n'y a pas grand-chose à débattre : une liste. On est
rendus dans une liste, et là on parle d'un sujet qui fait référence à 8, 9, 14
et 11, et 2 dans la LSSSS, et 397.3 dans la LSSSS.
Et je
rappellerai, M. le Président, à tout le monde que le projet de loi, il est
déposé depuis le 25 septembre, et qu'on a déposé, très tôt, là, au début, début de l'étude
article par article,
tous nos amendements. Et je rappellerai à tout le monde que, si ce sujet, qui semble être d'une importance
capitale pour la région 09, pour le député de Labelle, et la députée
l'opposition, et la députée de Duplessis... bien, je rappellerai que, depuis,
quoi, le 15 décembre, le 12 décembre, on n'a pas eu de demande
d'amendement. On n'en a pas eu.
rappellerais aussi qu'à notre dernière rencontre on a terminé un peu là-dessus.
C'était la dernière demande le 15 décembre.
Je rappellerais à tout le monde qu'à notre dernière rencontre je faisais
remarquer à la députée de Taillon, qui,
à plusieurs reprises, exprimait sa déception devant mes refus, que je n'avais
pas de demande formelle d'amendement. Il est difficile de refuser
quelque chose qui n'est pas demandé.
Et ça, c'est
une belle démonstration, parce qu'actuellement, là, on ne peut pas demander cet
amendement-là dans l'étude de la
liste dans l'annexe I, ce n'est pas ça qui est le sujet. Je comprends pourquoi
ils ne déposent pas l'amendement, M.
le Président. Dans l'étude de l'annexe I, ce n'est pas l'objet. L'amendement,
je pense, corrigez-moi, M. le Président, serait-il potentiellement
irrecevable? Alors là, on profite... puis c'est correct, là, ce n'est pas une
intervention, là. Je n'impute rien aux gens
de l'opposition, mais on est dans un élément, là, où ça ne s'adresse pas, puis
on aurait dû en parler à 8, parce que 8, c'était la composition.
Et je vais faire une remarque supplémentaire, M.
le Président, le député de Labelle nous a dit, avec l'affirmation qu'on lui
connaît — et
c'est très bien, une belle formule, là, il débat très bien — alors,
il nous a dit que jamais... Il n'y aurait
probablement personne qui viendrait des CSSS. Bien là, il faudrait retourner à
l'article 8, là, pour constater qu'il y a à peu près la moitié, à peu
près, là, du conseil d'administration qui va provenir des CSSS. Alors, il
faudrait peut-être qu'il précise sa pensée ou peut-être aurait-il dû préciser
sa pensée dans le temps de l'étude de l'article 8 qui a été adopté, en passant,
quand il était là, parce qu'il était là.
Alors, je
fais la démonstration, là, M. le Président, qu'on n'est pas dans l'objet de la
discussion, qui est l'annexe. Puis
c'est sûr que c'est la liberté d'expression, on peut parler de ce qu'on veut,
mais on a dit certaines choses. Je répète. On a dit qu'on irait alinéa par alinéa,
article par article. L'annexe I,
c'est une liste. Ce à quoi font référence les députés qui ont pris la parole à date aurait dû être discuté à
l'article 8; ça n'a pas été le cas.
L'article 8 a été adopté. Ça pourrait être
discuté à l'article 14. Je suis bien prêt,
moi, là, là, de discuter de ça avec le plus grand des plaisirs à l'article 14,
mais actuellement on est dans une annexe; c'est une liste. Et cette
liste-là, elle est ce qu'elle est et pourrait être adoptée en deux temps, trois mouvements, mais,
manifestement, elle sera adoptée après un certain temps et une certaine
quantité de paroles que les députés de l'opposition sont libres
d'exprimer, évidemment.
Président (M. Tanguay) :
Merci. Je suis prêt à reconnaître un autre collègue. Oui, M. le député de
Labelle.
M. Pagé : Bien oui, en fait,
le ministre me dit : Bon, on aurait dû en débattre à l'article 8, là.
C'est à peu près ce qu'il me dit. Bien,
c'est justement ce qu'on a tenté de faire. Quand, à l'article 8, j'ai déposé un
amendement... D'ailleurs, j'ai déposé
un amendement, je pense, que j'ai repris deux fois pour trouver les mots et les
termes adéquats où, là, j'avais l'impression
que j'aurais une certaine ouverture parce que, justement, on me disait :
Bien, ce n'est pas tout à fait le bon mot, pouvez-vous reprendre votre
amendement? Alors, très volontairement, effectivement, j'ai retiré l'amendement
à deux occasions pour essayer d'avoir les
termes adéquats qui feraient l'affaire de tout le monde. Et finalement, après
un débat qui a duré quand même un long
moment, cet amendement, qui ne demandait que, quoi... qui ne demandait
que... tout simplement, entre autres pour la Côte-Nord, sur les 17 personnes,
qu'il y en ait au moins une en provenance des sept territoires des anciens CSSS
qui vont disparaître, cet amendement-là, après plus d'une heure, je pense, une
heure et demie de débats, a été rejeté.
Alors, le ministre me dit : Bien là, on
aurait dû en débattre à l'article 8. Bien, c'est ce qu'on a fait et c'est
exactement ce que nous avons fait, nous avons débattu à ce moment-là, et, de
mémoire, je pense que l'ensemble des oppositions
étaient plutôt favorables à ce qu'il y ait cette représentation territoriale
qui était en cohérence avec l'article 2, l'alinéa 5° de la LSSSS, cet
article 2 qui va toujours exister. Alors, que le ministre me dise : Le
député... On a adopté l'article 8, on aurait dû en débattre là. Bien oui, mais
c'est parce que vous avez rejeté l'amendement que j'ai proposé.
Alors,
aujourd'hui, à quel endroit je peux faire entendre cette préoccupation des gens
des sous-régions à l'intérieur des très grandes régions administratives?
Et à quel endroit on va pouvoir, dans la loi, avoir une cohérence entre l'article 2, qui nous dit qu'il faut tenir compte
de la réalité territoriale, des conditions socioéconomiques, historiques,
et tout le reste? Bien, c'est que je ne le trouve pas. Le ministre me
dit : Oui, oui, les gens vont venir des anciens... Il va y en avoir plusieurs qui vont provenir
des anciens CSSS. Parfait! Mais il n'est pas capable de nous dire : Oui,
mais il va y en avoir au moins un des anciens territoires. Alors là,
oui, ils vont provenir des anciens CSSS, mais, en théorie, ils pourraient tous
provenir d'un même territoire. Alors, sur les sept territoires des CSSS de la Côte-Nord,
ils pourraient tous, en théorie, provenir
d'un même territoire, ou de deux, ou de trois, parce qu'on n'est pas capable
d'admettre qu'il faudrait qu'il y en ait au moins un. Est-ce que c'est
une grosse demande? Ce n'était pas une grosse demande.
Alors, quand le ministre me dit : À l'article
8, on en a débattu, et là vous revenez un peu comme sur l'article... Bien oui, mais c'est parce qu'après en avoir débattu
longtemps vous n'avez pas montré cette ouverture dont... Souvent, on dit
ici qu'il y a une ouverture. On ne l'a pas vue, on ne l'a pas entendue, il n'y
a absolument rien qui s'est concrétisé.
Alors, on
cherche à quel endroit, à partir de la réalité que l'on constate dans les annexes... Parce que c'est là, là,
dans les annexes, là, c'est là, là, c'est le coeur, là, du projet de loi, là.
Le coeur du projet de loi, là, c'est exactement, là. On ramasse, là... Les gens ne peuvent pas nous voir parce qu'aujourd'hui ce n'est pas télédiffusé, là,
mais, quand on regarde, là, une ou
deux pages complètement d'annexes, là, de l'ensemble des conseils
d'administration, tout ça va se retrouver dans une seule ligne, parce
qu'il va y en avoir juste un.
Alors,
j'essaie de voir, là, toutes ces compositions, de quelle façon ces gens-là vont
être capables d'être représentés dans
le nouveau conseil d'administration, je ne le vois pas. Et il manque une
cohérence, un garde-fou entre l'article 2, alinéa 5°, et le nouveau
projet de loi qu'on veut nous faire adopter aujourd'hui.
On va...
Parce que moi, je constate, là, que je n'ai rien de concret aujourd'hui à
offrir à ma population pour les rassurer sur justement cette
représentation territoriale. Si le ministre me dit : Oui, il y en a un,
endroit, là, où on va pouvoir... Bon, on a
parlé de l'article 131 où, là, il pourrait y avoir des comités consultatifs. Ça
demeure des consultatifs, il n'y pas de pouvoir décisionnel. Je m'en
réjouis parce que ça serait au moins ça, là, mais, en même temps, ça ne demeurera que consultatif, et, comme je l'ai dit à
quelques occasions, le diable est dans les détails. Le comité
consultatif va consulter sur quoi? Est-ce qu'il y aura obligation? De quelle
façon on devra tenir compte encore? On ne le sait pas parce qu'on n'est pas
encore rendus à l'article 131.
Alors, étant
donné que le ministre ne me rassure pas sur la composition des nouveaux
conseils d'administration des CISSS,
je vais y aller plus concrètement. Que ça soit pour... parce qu'aussi dans la
région des Laurentides, on a sept CSSS, et il y en a sept également sur
la Côte-Nord. Il y a sept directeurs et directrices...
Une voix : Il y en a six.
M. Pagé :
Six? Bon, six, parce qu'il y a un autre conseil d'administration, donc, oui,
six. Alors, les six directeurs généraux
de la Côte-Nord ou les sept des Laurentides — parce que, dans le fond, on parle de la même
chose, c'est les mêmes préoccupations pour l'ensemble des régions — alors,
les six directeurs ou directrices généraux des conseils d'administration, ils vont se retrouver où, dans l'organisation? Est-ce
qu'on est capable de répondre à cette question-là? J'entends déjà, puis
je ne veux pas mettre des mots dans la bouche du ministre, là, mais j'entends
déjà : Ah! on n'est pas rendus là, il
va y avoir... on va en tenir compte, mais là, là, ces questions-là, là, c'est
au coeur de ce que les gens se posent
sur le terrain. Je pose la question d'une façon générale pour les directeurs et
les directrices généraux ou les directeurs et les directrices adjoints, mais tous les postes de direction,
là, partout sur le terrain, là, c'est l'inquiétude qui est généralisée
et les employés également qui suivent en dessous, là.
Alors, de quelle
façon le ministre peut nous donner des indications ce matin sur comment...
Est-ce que ces gens-là vont rester dans les
établissements qui sont déjà... Vous avez parlé, M. le ministre, d'officiers de
points de services quand on s'est vus la semaine... officiers responsables des points de
services. Ce sont les mots que vous avez donnés. Est-ce que ces officiers responsables de points de
services, qui, j'imagine, étaient les anciens postes de direction... Est-ce
que ces gens-là vont rester concrètement sur le territoire? Parce que les
territoires sont tellement immenses, entre autres, sur la Côte-Nord, que c'est des déménagements importants, là, pour ces
gens-là. Alors, comment ça va se vivre sur le terrain? Et là, ici, on est au coeur des grandes
inquiétudes de la population, parce que c'est non seulement des gens qui
travaillent sur le territoire, mais c'est des gens qui connaissent les besoins
du territoire et qui sont capables de répondre aux besoins du territoire.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, je pense que n'importe quel auditeur va réaliser à quel point
on déborde de l'annexe I. Déborder plus que
ça, c'est impossible, là. On est même rendus dans un territoire opérationnel
qui reste à définir en partie. Je
dirai un certain nombre de choses en commençant par : J'ai eu la même
question d'un de ses collègues la semaine dernière, à laquelle je vais
répondre de la même manière encore aujourd'hui.
Malheureusement,
là, je vais lui faire plaisir ou le décevoir, c'est selon, c'est vrai, on n'est
pas rendus dans ce détail-là. Et j'avais dit d'une façon très
spécifique, là, qu'on ne peut pas aujourd'hui dire : Voici, telle personne
à telle place va changer de poste ou va être
abolie, par exemple. J'avais dit aussi, je le redis aujourd'hui, que ceux qui
sont essentiellement touchés... puis c'est l'essence du projet de loi
n° 10 sur son versant administratif, il y a des économies à aller chercher sur le plan de l'intégration de
l'administration. Et j'avais dit et je le répète — parce qu'on est dans la répétition, là — que plus on s'éloignait de la haute
administration, moins ou pas du tout on était touché. Quand on est rendu aux points de service, là, il n'y a rien
qui change. On n'arrivera pas, là, dans ces échanges-là, à me faire dire
qu'il va y avoir des changements de points de service, je l'ai dit.
Alors,
quand le député de Labelle m'explique que, dans ses conversations du temps des
fêtes, les gens sont inquiets, bien,
peut-être qu'il y a des gens qui entretiennent l'inquiétude, hein? Peut-être
qu'il y en a, là. En dehors, ici, de cette table, évidemment, là. Mais ça arrive, ça, hein, surtout
dans le climat actuel de négociation. Mais je l'ai dit à plusieurs
reprises, puis je le réaffirme encore
aujourd'hui, puis je le réaffirme pour rassurer les gens, là, il n'y aura pas
de coupure de services, il n'y aura pas de disparition de points de
service, puis un point de service, ça demande du monde, puis ce monde-là reste
là. Mais, sur le plan de l'administration, il va y avoir des remaniements.
Quand on me demande
si le directeur général de telle installation ou institution aujourd'hui va
rester ou qu'est-ce qu'il va faire après,
bien, je ne peux pas le dire dans ce détail-là parce que, d'abord, ça varie
d'une région à l'autre, potentiellement, et que, non, on ne peut pas
affirmer ça. Ce n'est pas dans le projet de loi, ça, là, là. Je comprends qu'on veuille dévier de ce qu'on doit faire
aujourd'hui, là, je comprends que, là, on s'éloigne volontairement, puis
ça, si ce n'est pas parlementaire, M. le
Président, je ne sais pas qu'est-ce qui est parlementaire, là, mais je réitère
le fait qu'on est dans une liste, on est dans une liste, et là on me
demande de discuter de l'avenir du directeur général de chacun des
établissements fusionnés. Bien là, c'est parce qu'on exagère, là. Tant qu'à
faire, discutons des menus de la cafétéria de chacun des établissements pour la
prochaine année.
M. Barrette :
M. le Président, j'ai la parole. M. le Président, j'ai la parole. Je n'ai rien
dit...
Président (M. Tanguay) : Il y a un rappel au règlement. Je dois donner
la parole lorsqu'il y a un rappel au règlement. Rapidement, M. le député
de...
Pagé : Bien, la façon dont le ministre banalise effectivement
les questions qui sont soulevées, je trouve ça vraiment très triste et je souhaiterais un rappel à l'ordre pour qu'on
reste vraiment sur le fond des choses, parce que ce n'est pas banal, ce
dont on parle, ce n'est pas le menu du jour de la cafétéria, M. le ministre.
Barrette : M. le Président, il y a ici une procédure. Je ne banalise
pas. Les sujets qui sont discutés sont des sujets importants qu'on est censés discuter au moment opportun. Alors,
on peut arriver ici et, encore une fois, dévier le sujet de discussion,
le sujet de discussion, c'est l'annexe, M. le Président.
M. Pagé :
M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Sur le rappel au règlement...
Pagé : Si j'avais dévié de ce dont on doit parler, là, vous
m'auriez rappelé à l'ordre. Alors, je n'ai pas dévié du sujet dont on
parle. Alors, je voudrais que le ministre réponde aux questions plutôt que,
justement, de...
Président (M. Tanguay) : Parfait. Alors, M. le député de Labelle...
Alors, dernière intervention, M. le ministre, sur le rappel au règlement, puis après ça je dirai certaines choses. M.
le ministre, sur le rappel au règlement, aviez-vous à vous exprimer?
M. Barrette :
Oui, M. le Président. Encore une fois, on me prête des intentions. C'est
toujours la même affaire. Je ne banalise
pas. Je dis simplement, et c'était clair, le commentaire que j'ai fait, on sort
tellement de l'annexe pour aller dans des endroits qui ne sont pas le sujet de l'annexe que je
caricature pour le démontrer. On est loin, là. Alors, si on doit sortir,
bien, je dis que, tant qu'à faire, allons plus loin.
Président (M. Tanguay) : O.K. Sur le rappel au règlement, première des
choses quant à l'étonnement que je permets que la parole soit donnée à
un collègue lorsqu'il fait un rappel au règlement, c'est en vertu de l'article
39. Autrement dit, lorsqu'il y a — puis ça, vous le savez tous très bien,
là — un
rappel au règlement, je me dois, comme président, de demander à celui ou celle
qui a la parole de cesser, et on doit entendre le collègue qui fait un rappel
au règlement. Alors, ça, il ne faut pas se
surprendre de part et d'autre, là, je couperai la parole à celle ou celui qui
aura pris la parole lorsqu'il y aura un rappel au règlement. C'est mon
devoir en vertu de l'article 39.
Deuxième
et dernier commentaire, évidemment, il y a les propos... il y a imputer des
motifs, à 35, il y a les propos antiparlementaires
qui font
partie des annexes du règlement. Il faut rester dans ce cadre-là.
J'invite tous les parlementaires à
revenir sur le fond des choses et, encore une fois, en vous rappelant la règle
que, lorsque l'on qualifie le comportement d'un collègue, on est dans une zone très, très grise qui va
nécessairement appeler des rappels au règlement qui ne seront pas
nécessairement et de facto justifiés, mais qui vont en susciter, qui vont en
créer.
Alors,
j'invite tous les collègues. Ça va bien, chaque parlementaire est responsable,
face à la population, de ses paroles
et de ses actes. Chaque parlementaire aussi sait ce qu'il a à faire. Alors, la
parole est à vous, M. le ministre, et je fais appel à la collaboration
de tout le monde. Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
Barrette : Merci, M. le Président. Maintenant, le député de Labelle a
fait référence à ses interventions passées dans le cadre de l'étude de l'article 8. Je vais lui rappeler, parce que
ça se peut qu'avec le temps il l'ait oublié, parce que personne n'est à
l'abri de ça, ce n'est pas méchant, alors je vais lui rappeler que, quand on a
eu ces discussions-là...
M. Pagé :
Je suis d'ailleurs président de la campagne d'Alzheimer.
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Barrette :
Ça ne vous met pas à l'abri pareil, M. le député.
Alors,
je rappelle les débats que l'on a eus. C'est vrai, il a raison, là, il a raison
qu'on a débattu en
partie de ça, pas totalement
de ça, là, mais en
partie de ça. On s'est approchés du sujet qui est abordé
aujourd'hui. Et je rappelle même que le
député de Labelle avait commenté favorablement le niveau d'ouverture que
j'avais, aux suggestions que je lui avais faites en termes de
représentation, sur la manière qu'il l'avait abordée dans l'article 8. Et je
lui avais dit... Puis c'est ce qu'il avait
remarqué de positif, là, il l'avait dit, là. Je n'ai pas le verbatim devant
moi, mais je pense que le député de Labelle
va s'en souvenir, j'en suis convaincu. Il a fait des suggestions, moi-même, je
les avais reprises au micro, et on avait dit que, sur certains éléments, on s'y adresserait avec le plus grand
des plaisirs, j'avais beaucoup d'ouverture, à 131, mais j'avais fait
référence aussi à 14. Mais ça, évidemment, on n'en parle pas, là.
Alors,
je réitère ce que je disais tout à l'heure. Je disais qu'à 8, là, s'il avait
fallu faire le débat au complet puis faire le débat, là, jusqu'à l'infini, on aurait pu le faire puis on serait
encore là à 8. 8, on l'a conclu, on l'a adopté en sachant qu'on allait se réadresser aux aspects spécifiques qui
sont aujourd'hui invoqués, spécifiquement, là, la représentation sur les
conseils, à 14 et, pour le comité aviseur, à 131. Et j'avais dit à ce moment-là
que, oui, oui, oui, il y avait possibilité de faire des aménagements.
où sommes-nous? On est dans l'annexe, qui est une liste, et, encore une fois,
région par région, au lieu de passer rapidement là-dessus — ce
qui est très facile à faire, c'est une liste — bien, on essaie de ramener le
débat de la loi au complet dans l'annexe. Ce n'est pas ça, l'idée de l'article
par article, là. Pas un débat de la loi au complet, de façon répétitive, à chaque chance qu'on a, la chance
étant un alinéa quelconque. Alors, moi, je dis simplement... et j'invite
les oppositions à suivre la séquence qu'on a convenu et de débattre ces
éléments-là comme on avait convenu ou évoqué à
8, à 14 et à 131. Surtout que j'avais dit que, oui, il y avait des choses qui
étaient débattables, j'avais convenu un certain nombre de choses.
Mais ce qui est
amusant, M. le Président, ici, ce qui est amusant, c'est que l'ouverture que
j'avais exprimée pendant 8, aujourd'hui,
elle est oblitérée, oblitérée. On n'y fait plus référence jamais. Aujourd'hui,
on parle du même sujet, et surtout
Mme la députée de Taillon, parce que je pense que les gens remarquent qu'il y a
souvent... dans ses paroles, il y a la phrase suivante : On
voudrait que le ministre montre de l'ouverture, mais il n'en montre pas. J'en
avais montré puis j'avais dit qu'il fallait suivre la séquence, puis on va
faire... on va se rendre à 14 puis à 131. Puis aujourd'hui, là, bien,
simplement...
M. Barrette :
Non, non. M. le Président, évidemment, on chuchote, de l'autre côté, qu'il n'y
en a pas eu. Au contraire. Je suis sûr que le député de Labelle se rappelle que
j'avais de l'ouverture pour mettre certains éléments de représentation dans
131. Je suis sûr...
M. Barrette : Je le sais.
Non, ce n'est pas 8, mais les éléments que vous... Bien non, mais on avait
convenu que ces éléments-là, qu'on
ramène aujourd'hui, devraient être traités à 14 et 131. Je reviens sur la
séquence dans laquelle on est. On est dans une annexe. Alors, je pose
une question, là, une question globale à qui veut bien prendre la balle au bond
et y répondre : Pourquoi, aujourd'hui,
ne discutons-nous pas simplement de l'annexe, hein, et qu'on n'attend pas
après?
je termine là-dessus, M. le Président. Le coeur de la loi, ce n'est pas
l'annexe. L'annexe, c'est ce sur quoi la loi s'applique, c'est tout. Le coeur de la loi, c'est le reste. Sinon, ça serait un
article dans la loi. Une
annexe, c'est une annexe. C'est
annexe à la loi. Alors, c'est ce sur quoi ça s'applique, mais ce n'est pas le
coeur de la loi. Le coeur de la loi, c'est 1, c'est 2, c'est 3, c'est 4,
8, 9, 14, 131 puis tous les autres entre les deux.
Alors,
on est-u capables de revenir au coeur de la loi, comme on le demande, et
revenir à l'étude
article par
article et, dans le cas présent, de l'annexe, tel que demandé par l'opposition
officielle?
Le Président (M.
Tanguay) : Par application, M. le député de Labelle, du principe de
l'alternance, je vais inviter... puis on
l'avait déjà fait dans d'autres séances, considérant que, de façon théorique,
chaque région dispose de cinq blocs de
20 minutes, ce qui fait une enveloppe de 100 minutes. Après une période
d'approximativement 20 minutes — parce que je ne vous couperai
jamais à 20 minutes, et vous avez utilisé 24 minutes — j'inviterais,
voir si d'autres collègues veulent prendre la parole, d'autres formations,
sinon... Ce que je constate. Donc, pas d'autres collègues veulent prendre la
parole à ce stade-ci, après un bloc de 20 minutes.
Alors,
je regarde maintenant les collègues de l'opposition officielle et je
reconnais celle qui demande la parole, la députée de Taillon. Merci.
Lamarre : Oui, je vous
remercie, M. le Président. En fait, je pense qu'on va... on essaie de faire
réaliser au ministre que l'annexe est
l'occasion de décrire qu'est-ce qui arrive aux gens, qu'est-ce qui arrive à
ceux qui ne sont pas, aussi, nommés dans ce projet de loi là. Le
ministre nous dit : On va en reparler à 14 ou à 131. 14, c'est la
nomination des gens. Alors, quand on va arriver là, le ministre va nous
dire : Bien là, on parle de la nomination.
Nous, ce qu'on veut comprendre, c'est ce qui
arrive aux autres, ceux qui ne sont pas nommés. On veut comprendre...
M. Barrette :
M. le Président, question de règlement, là.
Le Président (M.
Tanguay) : Question de règlement, oui.
Barrette : On ne peut pas
prédire ce que je vais dire. Là, c'est plus qu'une imputation d'intention, là,
on me dit en plus ce que je vais dire.
Président (M. Tanguay) : O.K., un
collègue à la fois. O.K. Alors, la parole est à la députée de Taillon,
s'il vous plaît, revenons. Et, pour tous les collègues, évidemment,
l'objet du débat, c'est la région 09, Côte-Nord, de l'annexe I. Chaque
collègue est responsable de ses paroles, de ses actes. Alors, je vous invite à
poursuivre, Mme la députée de Taillon, en ce sens-là.
Lamarre : Ce que j'essaie de
dire, c'est qu'on a besoin de comprendre le fonctionnement des nouveaux CISSS. C'est ça qu'on essaie de traduire. On veut
comprendre le fonctionnement. Le fonctionnement, ça ne se définit pas seulement
par la nomination des membres d'un conseil d'administration. Derrière ces
membres de conseil d'administration, qui sont 17 personnes, il y a
des centaines, des milliers de professionnels de la santé, d'organismes
communautaires, d'organismes de déficience intectuelle, de déficience physique.
On veut savoir comment tout ça va s'articuler.
Et je rappelle au
ministre que j'ai assisté quelques heures au projet de loi n° 3 de son
collègue, le ministre des Affaires
municipales, et où j'ai pu être
témoin que, de bonne foi, sans toujours avoir une résistance, on avait une
explication. Regardez, je pense que ça... Le
ministre répondait, à ce moment-là : Ça pourrait se passer de telle façon
ou de telle autre façon, et je pense que ça a des chances de se
concrétiser puis de se finaliser comme ça. C'est ça qu'on demande, tout simplement, au ministre. Et, dans le projet de loi n° 10, l'endroit pour le demander, l'endroit pour
obtenir ces précisions-là, c'est dans
l'annexe. C'est dans l'annexe parce que c'est là qu'on dit qu'est-ce que chaque
CISSS va comporter comme établissement. La référence, le lien entre
l'actuel et le futur, c'est dans l'annexe I qu'on le retrouve, et c'est là que
le ministre devrait profiter de cette
occasion-là pour nous présenter les avantages de son projet de loi n° 10, pour nous rassurer sur les
préoccupations qu'on a.
Alors,
il y avait plusieurs façons, par exemple, de faire
reconnaître les spécificités des régions. Une de ces façons-là, qui
était celle, en fait, que plusieurs membres de l'opposition, plusieurs partis,
même, recommandaient, c'est que, par exemple, pour la Côte-Nord, on ait deux CISSS. Le
ministre a dit non à ça. Il y avait une autre option, c'était qu'on précise la position, les liens entre les CSSS actuels et
le C.A.. Le ministre nous dit : Non, peut-être dans 14. D'autres
options... Et puis je le vois, là, dans 14,
on voit, il y a un élément très, très clair qui dit :
garantir le ratio hommes-femmes, garantir le ratio hommes-femmes, alors
que, dans les autres éléments, au niveau de la représentation, par exemple, on
dit «tenir compte». Bien, ça, c'est des éléments importants.
Donc,
quand le ministre essaie de... Si le ministre répond avec plus d'ouverture, plus de clarté, je
vous dirais, avec davantage de comment ça va se réaliser concrètement
sur le terrain... On ne veut pas avoir des détails. Mon collègue demande : Qu'est-ce qui arrive avec les officiers? Bien, définissons-les, ces
officiers-là, donnons une idée générale de leurs fonctions, de quelle
façon ils vont être sélectionnés. Mais ce qu'on veut comprendre, c'est
qu'est-ce qui va arriver, non seulement au conseil d'administration — parce
que ça, effectivement, on va s'y pencher — mais actuellement à tous les
autres qui sont sur le terrain.
Donc, c'est de ça dont on veut parler.
Et, si on avait des réponses ouvertes, je vous avoue que j'ai une
tentation, là, de convaincre mes amis de...
mes collègues de dire : Écoutez, le ministre nous a ouvert quelque chose
sur l'article 14, là, en nous
disant qu'il s'engageait à y revenir. Si le ministre trouve que nos demandes
sont légitimes puis qu'il nous donne des garanties sur 14, je pense
qu'on va pouvoir être capables de passer... Mais, avant ça, j'entends les commentaires
et les questions de mes collègues puis je continue de les trouver pertinentes
du point de vue des gens qui sont sur ces territoires-là.
Donc,
juste quelques réponses ouvertes sur comment ça va fonctionner... C'est
seulement là qu'on peut le voir, comment
ça va fonctionner. Et la population, ce qu'elle veut, ce n'est pas juste
comprendre les conseils d'administration, elle veut comprendre comment les établissements où elle va actuellement
vont continuer à lui donner des services, quels seront ces liens-là, quelles seront les réalités des gens qui y
travaillent actuellement. Alors, je pense que c'est ça qu'on veut entendre, si c'est possible. Et, chaque fois que
le ministre va nous présenter ça avec un petit peu plus de clarté, on va
être rassurés, on va avoir le sentiment que
toutes les préoccupations... Parce que les gens nous appellent beaucoup, les
gens nous remercient pour la rigueur, pour la compétence, le fait qu'on
témoigne de leurs réalités, de leurs craintes puis de la grande insécurité qu'ils vivent, puis ils nous
demandent de faire préciser ça. Alors, c'est le rôle qu'on essaie de bien
jouer ici, comme députés, autour de cette table-là. Merci.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, je vais faire remarquer à l'Assemblée et à
ceux qui liront ce texte-là, quand, par le principe de l'alternance,
vous avez offert la parole aux deux autres oppositions, elles ne l'ont pas
prise parce qu'il est possible qu'eux autres
trouvent — il est
possible, là, j'hypothétise — qu'eux aussi, comme moi, se rendent compte
que, là, on n'est pas dans le sujet, là. Maintenant...
M. Barrette :
J'hypothétise, M. le Président, j'hypothétise. Alors, regardez, M. le
Président, là, je vais me citer moi-même.
C'est le verbatim. L'opposition officielle fait ça régulièrement, là, parce que
c'est plaisant, alors je vais me faire
plaisir, moi aussi, là. Alors, dans un échange que j'avais avec le député de
Labelle, le 14... le 15 décembre, je répondais lorsqu'il abordait, essentiellement, ce sujet-là,
là, et toujours dans la catégorie ouverture que, selon la députée de
Taillon, je n'ai pas, là, alors voici ce que
je répondais : «Mais là
je vais aller dans votre sens — le sens du député de Labelle — dans 14, en disant, au lieu de
"tenir compte" — je proposais — "s'assurer de la représentativité des différentes parties du territoire couvert par un
établissement", mon idée ici, là, mon [idée] étant, encore une fois,
d'éviter l'obligation par établissement», qui nous amène à... bla, bla, bla. Mais j'ai déjà répondu, là, à votre
questionnement. Il est verbatim, il est écrit, là. Vous aimez, vous,
dans l'opposition, le verbatim. Bien, il est là, le verbatim.
Alors, je l'ai déjà abordé, M. le Président, et là il y a un
oubli, et on revient là-dessus dans l'annexe, qui est une annexe, qui est une liste, qui est le sujet sur
lequel s'applique la loi. Le coeur de la loi, c'est les articles, pas l'annexe.
Et là, là, à cet instant précis, là, on
vient d'entendre la députée de Taillon insister et faire une démonstration de
l'importance de 14. Elle en avait parlé, là : À 14, on pourrait
faire ci, à 14, on pourrait faire ça. Elle l'a dit, là.
Alors, pourquoi, actuellement, on est encore dans un débat
d'une liste qui n'est pas le coeur de la loi, qui n'est
qu'une liste? Je sais pourquoi, moi, et c'est sans doute la raison pour
laquelle, lorsqu'ils ont eu un droit de parole, les deux autres oppositions ne
l'ont pas pris, parce que la finalité ici, là — la mienne, en tout cas, là — c'est d'adopter le projet de loi
article par article. Et je vais terminer là-dessus,
M. le Président, puis insister : ceux qui nous écoutent, là,
ça serait bien plus simple pour eux autres
de nous suivre et de comprendre
article
par
article plutôt
que de passer d'un à l'autre, hein? Ça serait bien plus simple, parce
que la loi est écrite de même. La loi, là, c'est comme une phrase en français :
sujet, verbe, complément.
Article
1, énoncé, on va faire telle chose, voici comment on veut le faire. Dans telle
catégorie, on le fait de telle manière, dans
telle catégorie, de telle manière, et ainsi de suite. C'est comme ça que c'est construit, une loi. Ce n'est pas fait pour être lu en se promenant,
là, d'un
article à l'autre. Il y a une séquence. On a
convenu de suivre la séquence, puis je suis disposé, moi, avec le plus
grand des plaisirs, à la suivre, la séquence.
Mais qu'on ne vienne
pas me dire que je refuse de m'adresser à telle, telle chose quand j'ai dit,
preuve à l'appui, verbatim à l'appui, qu'à
14 j'allais m'adresser à cette problématique-là avec plaisir. Et je pourrais
trouver d'autres verbatims où j'ai
fait référence à 131 dans une longue conversation, un long échange que j'ai eu
avec le député de Labelle.
Mais, M. le Président,
ça me fait plaisir d'être ici. Je vais répondre à toutes les questions qui sont
proposées par l'opposition officielle sur
tous les sujets. Encore une fois, M. le
Président, je rappelle que nous
parlons beaucoup, mais nous ne débattons que rarement,
depuis le 15 décembre, sur des amendements.
Président (M. Tanguay) : Il y avait
la collègue députée
de Duplessis qui avait demandé la
parole. La parole est à vous.
Mme Richard :
Merci, M. le Président. M. le Président, je pense qu'à ce moment-ci c'est
important pour moi de faire une mise au
point. Quand le ministre de la Santé dit qu'il avait une certaine
ouverture, je veux juste lui rappeler qu'il y avait des amendements qui
avaient été déposés auparavant à l'effet d'implanter deux CISSS dans la région
de la Côte-Nord, et, à deux
reprises, le ministre a fait en sorte qu'on a pu suspendre ces amendements
pour nous dire : Je vais y réfléchir, je vais y revenir. Et, M. le
Président, ce qu'on a pu constater, ça, je pense que c'est autant le Parti québécois, que la CAQ que, bien, la collègue de
Gouin de Québec solidaire qui avait déposé l'amendement : que le
ministre n'avait aucune écoute, il n'avait même pas eu l'intention de regarder
Ceci
étant dit pour la mise au point, quand le ministre, il accuse toujours ma
collègue de Taillon de dire qu'il n'a pas
l'esprit ouvert, qu'il n'est pas réceptif, c'est malheureusement ce que nous
avons constaté depuis le début. On verra, pour la suite des choses, s'il
est plus attentif à nos demandes.
Le ministre
parle aussi du temps que nous consacrons à l'annexe. M. le Président, l'annexe,
là, c'est ce que ça implique au
final, la réorganisation de la mégastructure, entre autres, qui sera créée sur
la Côte-Nord. J'ai fait plusieurs projets de loi, M. le ministre, par le
passé, autant quelques-uns que j'ai présidé au gouvernement, d'autres comme
porte-parole ou comme collègue, des projets de loi qui étaient assez
importants, et souvent, avec la collaboration des ministres, nous passions
souvent d'un
article à l'autre pour mieux comprendre le projet de loi, pour
plus le bonifier.
Ce que je remarque, M. le Président, depuis le
début, à chaque fois que ça ne va pas selon ce que le ministre souhaite, il essaie de nous accuser, nous, de
l'opposition, qui faisons notre travail... Nous utilisons notre temps de
façon constructive, parce que le ministre... Ce n'est pas à nous à vendre un
projet de loi auquel moi, je ne crois pas qu'il va apporter des bénéfices dans ma région, c'est à lui. C'est à lui de nous
faire la démonstration que c'est un bon projet de loi tel qu'il le veut. Donc, oui, on peut passer d'un
article à un autre puis on peut... parce qu'il faut tout examiner les
avenues, M. le Président.
Vous savez,
je vous l'ai dit, moi, j'étais sur une autre commission, je suis arrivée à la
dernière séance en décembre. Bien,
j'ai appris, en discutant avec le ministre — on peut appeler ça discuter ou, en tout cas,
je ne suis pas sûre que c'était une discussion, là, disons, certains
échanges — que
maintenant la disparition de cinq CSSS sur la Côte-Nord, nous allions appeler ça des points de service. Je pense
que j'ai appris quelque chose en le questionnant sur les annexes. Nous autres, des points de service, souvent, des fois,
on compare ça à des dispensaires. Ah! ça a allumé encore une lumière. Je
suis allée en le questionnant, en
disant : Bon, j'ai appris que mes directions générales des cinq CSSS, ça
allait être des officiers responsables.
Et vous ne
croyez pas, M. le Président, que j'avais une multitude de questions que je
voudrais poser au ministre? Que
feront ces... Là, il va dire : Ah! c'est encore pour faire du temps, ce
n'est pas les annexes. Elle voudrait que je lui nomme les officiers responsables des cinq CSSS. Je le sais, comment il
aime ça essayer de nous ridiculiser, de ce côté-ci. Eh bien, non, M. le Président, j'aimerais bien savoir quels seront les rôles
des officiers responsables, hein, parce
que moi, je suis cohérente. Quand le ministre,
il disait que c'était Baie-Comeau qui gérait au quotidien la Basse-Côte, ce n'était pas ça, c'était
Sept-Îles. Il y avait quelqu'un, on pourrait peut-être l'appeler «officier
responsable».
Comment tout ça va se gérer au quotidien? Ne
pensez-vous pas que, quand les gens du comté de Duplessis ont appris que le ministre, là, il n'avait pas
réellement eu l'intention de regarder la possibilité d'en implanter deux,
ils ne se sont pas questionnés? Comme mon collègue de Labelle le disait, ne
pensez-vous pas, M. le Président, qu'il y a des personnes qui occupent des postes assez importants dans une organisation
qui se sont questionnés sur leur avenir puis qui sont inquiets? Mais la réponse, c'est oui. Et il va nous accuser de
vouloir faire du temps et de ne pas aller dans l'ordre qu'il voudrait, l'annexe... commencer avec l'article 1,
l'article 2. C'est arrivé, vous le savez aussi bien que moi, M. le
Président, des fois, on suspend des articles
puis on veut... on discute un autre pour mieux... la compréhension de tous les
parlementaires, déposer des amendements, des fois les retirer, les bonifier.
Et, si nous étions hors contexte, vous nous rappelleriez à l'ordre.
Donc, je veux juste dire au ministre, en
terminant : Qu'il se rassure, qu'il se rassure, moi, j'en ai fini avec la Côte-Nord. Les gens ont appris la nouvelle; ils sont
déçus. Je pense que j'ai assez plaidé pour ce qui est des dossiers...
Mais ça ne m'empêchera pas, M. le Président, de questionner le ministre sur le
conseil d'administration. Je veux juste lui dire
que, là, s'il a dit qu'il nous démontrerait une ouverture, on verra bien, parce
que moi, je pense que la proposition de mon collègue de Labelle, c'était
une excellente proposition, à ce qu'il y ait au moins un administrateur ou
administratrice par, je vais dire, défunt CSSS. Il y en avait cinq dans ma
région, il pourrait peut-être y avoir cinq personnes.
C'est sûr que
je vais questionner. Puis même quand il me dira que je ne suis pas au bon
article, ça ne m'empêchera pas de
questionner. Et ça, je pense que le ministre devrait répondre à nos questions
plutôt que de toujours essayer de faire croire aux gens qui nous écoutent... puis qui ne sont pas dupes, M. le
Président, qui comprennent très, très bien, là, où s'en va, là, hein? C'est dans une non-réceptivité de la
part du ministre de toutes les propositions que nous faisons de ce
côté-ci. Croyez-vous sincèrement, M. le Président, que, de ce côté-ci, nous
faisons ça pour nuire aux personnes que nous représentons?
Je pense qu'on aurait d'autres appels, M. le Président, et que... Et pour faire
durer les travaux plus longtemps? On a des horaires assez chargés, M. le
Président. Moi, je pense que nos questions ont toutes été pertinentes.
Je vais
terminer là-dessus pour ne pas qu'il dise encore qu'on prend trop de temps à
déblatérer de n'importe quoi. Mais, à
chaque fois qu'on va prendre la parole ici puis qu'on va vouloir bonifier...
mais il nous le démontrera. C'est à lui, le fardeau de la preuve, de me vendre à moi, à ma population, un projet de
loi auquel je ne crois pas, qui va avoir des ratés, puis on va être pris avec. Ça fait que, oui, je
vais poser des questions; pas le nom de personnes, mais je veux
savoir, de la cave au grenier, comme on dit, l'expression, comment ça
va fonctionner sur un territoire aussi complexe. Puis, s'il pense que c'est de la foutaise, libre à lui. Puis, quand
il dit qu'il a de l'ouverture, jusqu'à présent, je n'en ai pas vu puis j'ai
bien hâte de la voir, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette :
M. le Président, je me suis retenu, là, de faire des appels au règlement puis
je me suis retenu très fort, parce que, trois fois, la députée de Duplessis a
fait référence à des accusations que je faisais. Je ne fais pas d'accusation. Elle a même insinué, là, que je
pensais qu'elle voulait nuire... Bien non. On leur demande... Ce n'est
pas ça, là. Puis je l'ai dit à plusieurs
reprises, je le dis encore, vous pouvez prendre le temps que vous voulez puis
poser toutes les questions, je vais y
répondre, dans la mesure du possible, avec le plus grand des plaisirs. Je vais
vous avouer, M. le Président, que j'ai beaucoup de
plaisir, moi, dans ces commissions-là, j'aime ça. Alors, il n'y a pas de
problème, vous pouvez continuer, là, ça fait bien mon affaire.
Mais
par contre je vais faire remarquer à l'opposition officielle... Je vais faire
remarquer deux choses. Avant Noël, la
députée de Taillon avait dit clairement, dans un
article du Devoir où
elle était citée, que le projet de loi, ça ne faisait pas son affaire. Bon. Et je rappellerai que le chef
intérimaire de l'opposition officielle a dit, dans Le Quotidien , en
revenant du temps des fêtes, clairement,
qu'il ferait tout en son pouvoir pour que le projet de loi ne soit pas adopté.
Alors, à un moment donné, le chef, il
doit cheffer, là, à l'opposition officielle. Et puis, quand on fait tout...
Moi, je ne sais pas tout ce qu'on peut faire, peut-être que je suis en
train de l'apprendre, là, mais le chef de l'opposition a dit, M. le Président,
il est cité verbatim dans le journal — puis je n'ai pas entendu dire, le chef de
l'opposition officielle, qu'il aurait été mal cité ou qu'il s'était mal
exprimé — qu'il
va faire tout en son pouvoir pour empêcher l'adoption du projet de loi.
Maintenant,
je réitère aussi ce que j'ai dit, là. Il
y a un ordre, il y a
des éléments où on peut s'adresser... il
y a des sujets sur lesquels on peut s'adresser à certains articles. Je
n'ai toujours pas eu d'amendement.
Je sais que les deux
autres oppositions ont des amendements à proposer et je comprends que les deux
autres oppositions ont choisi d'attendre l'article
opportun pour en parler. Alors, ici, là, on m'accuse de tirer des
conclusions. On n'a pas besoin d'accuser personne, M. le Président, là. Je n'accuse
personne. Je suis convaincu que les observateurs externes, même s'ils ne sont pas familiers avec les travaux de l'Assemblée nationale, peuvent conclure à partir de ce qu'ils voient sur ce qui se
passe.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, collègue députée de Duplessis.
Mme Richard : Oui, M. le Président. Je veux juste signifier au ministre
qu'il détourne un petit peu les propos du chef intérimaire au Parti
québécois. Quand nous avons, de ce côté-ci, vu le projet de loi tel quel, il
est normal que nous disions que nous
n'adopterions pas un projet tel qu'il était présenté. Nous essayons, depuis que
nous avons débuté les travaux, d'amender
ce projet de loi, de le bonifier, d'avoir une écoute de la part du ministre,
parce que ce n'est pas ce que les gens veulent, ce n'est pas ce que nous
voulons pour notre monde non plus.
quand le ministre dit que les autres oppositions... Écoutez, M. le Président,
je ne parlerai pas pour les autres oppositions,
les autres partis politiques. C'est libre à eux, hein? Chacun bonifie son
projet de loi comme il le pense. Je pense
qu'ils font un excellent travail. Mais on ne peut pas, là, essayer, de ce côté-ci,
de nous faire croire, M. le Président... parce que le ministre, il dit : Il y a des gens qui nous écoutent.
Les gens qui nous écoutent, je pense qu'ils sont... Quand les gens
écoutent la commission assidûment, ils sont capables eux aussi de faire leur
propre lecture de ce qui se passe en ce moment. Et ce n'est parce que nous
n'avons pas des commandements... des amendements sur un tel point que
nécessairement, là, on ne prendra pas notre droit de parole.
Le ministre, non, je
ne lui placerai pas les mots dans la bouche, mais ce qu'il essaie — il
est très habile, hein? — d'une façon détournée un petit peu de faire croire aux
gens qui nous écoutent — et je le dis, ils ne sont pas dupes — que
nous sommes ici, l'expression le dit, pour faire du temps puis dire à peu près
n'importe quoi. Nous aussi, on regarde, on
lit les verbatims puis on va continuer. Puis, si le ministre montre un peu plus
d'ouverture, on aura des amendements
qui feront en sorte d'avoir un meilleur projet de loi. Puis, s'il les refuse, c'est
libre à lui. De toute façon, il est au gouvernement majoritaire.
Mais
je connais très bien les façons de faire du ministre. Écoutez, c'est sa façon à
lui de débattre en commission parlementaire. Libre à lui. On va
s'adapter à sa façon de faire, mais tout en défendant les idées auxquelles nous
croyons. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, évidemment, je n'ai pas fait d'appel au règlement parce que je
pense que c'est inutile, là, ça ne fait que
faire perdre du temps. Je n'ai pas fait ces accusations-là ni ces
insinuations-là. Je rappellerai à la députée
de Duplessis... Malheureusement, je ne le retrouve pas, là, mais, de mémoire,
il n'y avait pas de référence à des conditions
pour l'adoption du projet de loi dans la déclaration du chef de l'opposition.
Elle était formelle : il va tout faire pour que le projet de loi ne
soit pas adopté. C'est ce qu'il a dit.
j'ai bien aimé le lapsus de la députée de Duplessis, lorsqu'elle a dit :
Nous n'avons pas de commandement, mais...
C'est un autre mot, là, je ne me rappelle pas, mais j'ai bien aimé le lapsus.
C'était assez, pour moi, révélateur. Mais là je déborde, là. Ça doit
être une déformation professionnelle que j'exprime.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Il y a le collègue député de
Lévis qui a demandé la parole. Alors, la parole est à vous.
M. Paradis (Lévis) : Bien, écoutez, M. le Président... Et là je comprends que la notion
d'alternance est importante. Vous en
avez souvent parlé. Je sais que nous sommes dans le processus de la Côte-Nord,
de la région 09, et que nous avons convenu
de pouvoir vider une région, c'est-à-dire faire en sorte qu'on puisse conclure
sur une région avant de passer à l'autre.
Je ne sais pas encore, et je me pose la question, je vous la reposerai — parce que la discussion du début était
aussi ça : Est-ce qu'il faut y aller
dans l'ordre nécessairement chronologique? Vous le savez, et je l'ai dit, il
n'y a pas de cachette non plus, nous
avons des questions très précises sur certaines régions, notamment la
Montérégie, avec des amendements potentiels, dépendant, évidemment, des
réponses du ministre lorsqu'elles lui seront adressées.
Reste que, depuis le
début — on
est là depuis 9 h 30 ce matin — depuis deux heures qu'on
avance à travers le 09... et il est vrai que
les questions des collègues, la députée de Taillon, le député de Labelle, pourraient
être posées par nous aussi, c'est une
préoccupation, ce sont des préoccupations terrain qui nous sont aussi
rapportées. Ceci dit, pour bonifier le débat
et faire en sorte que ça avance et qu'on réponde ne serait-ce qu'à des questions générales qui peuvent facilement se répéter pour chacune des régions,
bien, je vous demande s'il est possible, à ce moment-ci, en tout cas que nous puissions prendre
certaines minutes de notre droit également de parole faisant en sorte qu'on
puisse avoir un propos puis un discours qui
continuent à faire avancer les choses, toujours dans l'optique que nous avons tous de bonifier le
projet, de faire en sorte qu'on puisse répondre aux attentes de chacun, d'avoir
quelque chose, au bout du compte, qui nous permette d'avancer.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, vous proposez, juste pour...
M. Paradis
(Lévis) : Bien, parce que je sais que les collègues ont du temps
encore, bon, et que...
Le Président (M.
Tanguay) : Vous proposez de changer de région? Vous vouliez...
M. Paradis (Lévis) : Bien non, je vais continuer sur la même. Alors, je vais simplement
prendre du temps. Je soumets cependant
à votre attention, au terme de mes demandes, en tout cas de mes questionnements,
s'il faut absolument suivre
chronologiquement les régions dont on parle... Je comprends de compléter la
discussion sur une région donnée, mais est-ce
qu'on est vraiment obligés de passer de la 09, à 10, à 11, à 12 ou, dans la
mesure où on a vraiment des soucis et des préoccupations, qu'on puisse
passer à une autre région, compte tenu du fait qu'on veuille finaliser la
discussion sur une région donnée?
Président (M. Tanguay) : Alors, là-dessus, deux choses. La première,
effectivement, on n'a pas besoin de consentement
pour aborder une autre région. La règle que l'on s'était dit, c'est
effectivement d'y aller selon une certaine logique pour que les travaux se suivent, justement, concernant ce... se
poursuivent suivant cette logique-là. Les parties peuvent très bien s'entendre, là, pour discuter de
la même chose, mais moi, comme président, je ne pourrais pas imposer à
un collègue de dire : Bien, moi, j'aimerais parler de telle ou telle
région. Chose certaine, on va essayer d'y aller de façon systématique.
Alors,
si vous dites que vous avez des commentaires sur la région 09, c'est le bon
moment de le faire, sinon, vous pouvez très bien proposer... et les
parties pourront s'entendre. Et moi, je souhaiterais que les parties
s'entendent sur l'objet du débat et que l'on
ne passe pas, là, du coq à l'âne, parce que, systématiquement, ce ne serait pas
efficace. Alors, vouliez-vous faire des commentaires sur la région 09 ou
proposez-vous de... M. le député de Labelle, je pense que vous vouliez
intervenir là-dessus.
Pagé : Bien, en fait, le collègue de Lévis souhaite — je reprends ses mots — faire avancer les choses. C'est ce que nous souhaitons également, et parfois le
temps, justement, nous permet de faire avancer les choses. J'ai vu, par expérience, effectivement, des fois, des
amendements ou des choses être apportés après de longues heures de débat,
parce que finalement certaines personnes ont montré une ouverture, des fois,
qu'on n'avait pas vue.
Donc,
je n'ai aucun problème à ce que le collègue de Lévis fasse du temps et fasse
valoir ses points de vue. Je vais évidemment revenir pour faire valoir
mon point de vue également avec le même objectif de faire avancer les choses.
Le Président (M.
Tanguay) : O.K. M. le ministre, vous...
Barrette : Oui, M. le Président. Je vais dans le sens de mes deux
collègues, tout à fait, sauf que je les invite à quand même respecter les régions parce que, si on passe d'une région à
l'autre, vous avez déjà des régions où j'ai demandé qu'on attende parce qu'il y avait des ajustements
qu'on devait faire. On y arrive, là. Alors, si on saute d'une région à
l'autre, inévitablement, on va tomber dans des régions pour lesquelles on va
vous demander de surseoir en attendant qu'on règle la problématique technique
auquel j'ai fait référence dans le passé.
M. Paradis
(Lévis) : Je comprends, M. le Président. Je comprends puis j'entends
ce que le ministre dit et le collègue député
de Labelle également, puis le but de l'exercice, ce n'est pas... et je
comprends fort bien. C'est simplement que...
Et là je ferai des questions sur la 09, là, il n'y a pas de souci, parce que
les questions sont sensiblement les mêmes, elles sont d'ordre des préoccupations terrain. Mais je veux seulement
vous dire que, dans notre cas, par exemple, sur la 17, on l'a déjà dit, on avait un amendement potentiel.
Alors, c'est bien sûr que, si on fait 09, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16,
c'est simplement de faire en sorte qu'on puisse compléter une région, mais de
procéder sur d'autres discussions évolutives permettant
de déposer des amendements ou pas suite aux discussions qu'on aura avec le
ministre. C'est seulement ça, mais ne
pas aller chercher les régions que le ministre... sur lesquelles le ministre
n'est pas prêt à discuter. Il nous le dira à ce moment-là, il n'y a pas
de problème.
Président (M. Tanguay) : Alors, M. le député de Lévis, avant de vous
céder la parole pour les commentaires généraux
sur la 09... Effectivement, c'est l'objet du débat, puis, comme président, je
dois, en vertu de la règle pertinence qui existe quand même, là, 211, évidemment, essayer d'orienter les débats
sur un objet unique. Je vous soumets candidement aussi qu'on peut en tout temps suspendre, et les collègues peuvent se
parler aussi pour s'entendre sur est-ce qu'on peut débattre de telle, telle région. Ce serait
nettement préférable parce que, je vous avoue, comme président de séance, je
ne ferais pas mon travail, je n'aurais pas l'impression de faire mon travail si
je permettais de passer de la 09, à la 16, la 12, ainsi de suite.
Alors, je vous entends. Je vous cède
la parole maintenant sur vos commentaires généraux sur la 09, et en tout
temps un collègue pourrait me demander, et
je l'accorderai à l'avance, là, une suspension pour que vous puissiez vous
entendre comme parlementaires.
M. Paradis
(Lévis) : Bon. Et j'aurai une demande à faire, à ce moment-ci, s'il
est possible, M. le Président, à 11 h 30, d'avoir un petit deux
minutes de pause, ne serait-ce que pour la santé des uns et des autres.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, nous suspendons quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11
h 30)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour en ondes. Nous poursuivons donc le débat sur
la région 09, concernant la région 09
de l'annexe I. Et je suis prêt à reconnaître un collègue qui voudrait
intervenir. M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Évidemment, selon ce que nous avons convenu, on va
compléter, on va continuer à faire du chemin
sur la région 09, la Côte-Nord, et ça me permettra de poser des questions
qui seront probablement d'ordre général, mais qui reflètent aussi des
préoccupations qui nous parviennent. Et il y a un objectif,
hein, à ce projet de loi là, on le sait, il y a
un objectif d'efficacité. On en a longtemps
débattu.
L'article 1 du projet
de loi n° 10, on a passé, je pense, quatre heures là-dessus à
établir quels mots devraient s'y retrouver puis ensuite à aussi confirmer la pertinence de la deuxième portion, qui jugeait de
l'efficacité puis de l'objectif vis-à-vis le client, l'usager, le patient. C'était
important, c'est pour ça. Même si des gens...
honnêtement, avant de poser mes vraies questions,
je me permets de le dire, parce qu'il y a des gens qui nous abordent, et qui semblent, et qui disent être un
peu déconnectés de ce projet de loi
là. Parce que le projet de loi n° 10, on l'a
dit depuis le début puis on l'a répété souvent, il y a des mots qui
reviennent, hein : de la gouvernance, de la gestion, de l'administration. Puis pour l'usager, il se trouve un peu loin de ça, mais, en même temps, il veut y trouver son compte. Puis les inquiétudes, elles sont
réelles puis, on l'a dit il y a deux instants, elles sont réelles dans la représentativité.
Et, dans les C.A., on va le faire aussi.
Puis je le sais, que, dans le 14, parce qu'on en a parlé juste avant...
permettez-moi de faire ce préambule,
mais, dans le 14, je sais que le ministre a dit avoir démontré une certaine
ouverture, mais il y a des mots qui sont importants, il y a une
représentativité des régions, une représentativité socioéconomique,
territoriale, bon, etc., il va falloir aussi y revenir et, c'est important, des
préoccupations qui nous sont adressées.
y a des préoccupations aussi des gens du milieu, du personnel, des gens du
milieu actuellement, du personnel soignant,
des gens de l'administratif qui me disaient encore récemment : Bien, nous,
là, on est dans les boîtes. Tu sais, on est en train de préparer nos
boîtes. Puis je regarde... Verbalement, mot à mot, ouvrez les guillemets, c'est
ça qu'on me disait : Puis là on se
demande où on va aller, puis où est-ce qu'on va se déployer, puis avec qui on
va travailler, puis... Et, je vous
dirai, plus loin que ça, puis le ministre en conviendra, probablement qu'il y a
un
article dans lequel on va être en mesure
d'adresser aussi ces préoccupations-là, peut-être obtenir des réponses puis
sécuriser des gens. Je parle du personnel des centres fusionnés, des établissements fusionnés, je parle des
dirigeants également qui me disent, pour certains : Bien, moi, je m'en vais-tu chez nous pour deux ans puis,
je veux dire, on assumera ce qu'on me doit ou bien est-ce qu'on me
déploie ailleurs? Et quelles tâches aurai-je à faire? Bon, ça en est, des
autres préoccupations. Puis probablement que, dans
les articles, j'imagine qu'on sera en mesure d'aborder, en tout cas, une
portion de ces thèmes-là. Puis le ministre le dira si ce n'est pas la place, puis s'il ne peut pas,
puis si... Bon, il nous le dira. Mais, au moins, on aura adressé ces
mêmes questions là.
Mais ce sont des
préoccupations par les gens du réseau, donc préoccupations des citoyens
également. Puis le souci à travers cette réforme-là, c'est de faire en sorte,
et le ministre l'a dit à maintes reprises, qu'on ait, bien sûr, de l'efficacité, de l'accessibilité, de l'économie
aussi, c'est-à-dire qu'on ait moins de bureaucratie, puis que tout soit
plus facile à faire, puis que les décisions
se prennent. C'est la volonté du ministre. Est-ce qu'on va y parvenir? On
verra, mais c'est la volonté du ministre. Puis, plus tard, aussi on
arrivera avec d'autres amendements potentiels concernant justement la vigilance qu'on devrait avoir vis-à-vis un projet
comme celui-là, puis de ce qu'on devrait mettre en place pour faire en
sorte qu'on puisse suivre son évolution,
puis juger si on dérape ou on ne dérape pas, puis si les cibles sont atteintes.
Encore faut-il qu'on en ait de précises. On y reviendra aussi.
Mais
je reviens dans la 09, parce qu'on est dans les annexes, ce qui me permet de
poser une question un peu plus large, au sens large puis, bon, sur le
plan du fonctionnement sans aller dans le détail, parce qu'on en parlait aussi,
d'établir le salaire d'un par rapport à
l'autre, la plage horaire de travail d'un par rapport à l'autre, je n'irai pas
jusque-là. Tu sais, je veux dire,
c'est bien sûr, je comprends bien qu'à un moment donné il y a des choses qui se
négocieront. Mais il reste qu'au niveau de base est-ce qu'on est
capable, au niveau administratif... Et je pose la question au ministre,
histoire de nous faire une tête, et de
comprendre le phénomène, puis de comprendre le travail qui a été fait, et
l'exercice également, puis la
préoccupation des gens. Au niveau administratif, est-ce qu'on a établi les
coûts associés à la création des CISSS dans chacune des régions? Est-ce
qu'il y a des coûts systématiques établis, qui ont été identifiés pour la
création des CISSS dans chacune des régions?
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : M. le
Président, vous allez me permettre d'exprimer mon accord avec le préambule que
le député de Lévis a fait. On est
tout à fait sur la même longueur d'onde. On comprend qu'il y ait des gens qui
se posent des questions puis on
comprend l'un et l'autre qu'on veuille améliorer le fonctionnement,
l'efficacité, la fluidité, et ainsi de suite. On est sur la même page. Et on voudrait pouvoir donner
des réponses. Bon, évidemment, le député de Lévis s'attend certainement à ce que je dise que,
là, on est dans l'annexe, évidemment.
Ceci
dit, je vais lui donner quand même quelques indications sur le plan général. Les
coûts de transition, parce que c'est
ce à quoi il fait référence, et sa formation
politique y a fait
référence à plusieurs reprises, je veux juste m'assurer que... parce qu'il y avait eu, à un moment donné,
plusieurs interventions qui ont été faites aux périodes de questions au
salon bleu à l'effet que le document qu'on avait produit, qui était une
séquence de décaissement à la baisse par rapport à aujourd'hui, n'était pas des
coûts, pour que ce soit bien clair, mais des non-dépenses. On regarde ce que ça
coûte aujourd'hui, et, quand on dit qu'on va
aller économiser jusqu'à hauteur de x millions de dollars, le document que
vous aviez eu, qu'on vous avait fourni, à votre demande d'ailleurs, c'était le
montant qu'on dépensait aujourd'hui qui décroît.
Alors, quand on va
aller vers un CISSS, les coûts... je ne peux pas vous donner de chiffres
précis, parce que, normalement, ça devrait
s'apparenter ou aller vers zéro. Ça ne va pas être zéro complètement,
évidemment, mais ça devrait aller
vers zéro. L'économie ultime de l'exercice, c'est 220 millions, et juste
vous rappeler que la feuille que vous avez, c'est le 220 millions qui baisse année par année, là,
O.K.? Ce n'est pas des coûts, c'est des non-dépenses. C'est mélangeant,
là, mais, à un moment donné, votre collègue le député de La Peltrie avait
fait une intervention, puis, de mémoire, je ne l'avais pas repris, là, mais
c'était l'inverse. Alors, juste pour que ce soit clair, là, dans nos échanges.
va y avoir potentiellement, mais pas nécessairement, potentiellement... et ça,
ça dépendra de la décision que les gens
sur le terrain, dans les postes de cadres, prendront. On a dit que — et ça, c'est pour ça, c'est une des raisons,
là, pour lesquelles on ne peut pas
vous donner de chiffres, là, précis — qu'on allait respecter, on allait respecter
les ententes signées, syndicales, de contrats, et ainsi de suite.
Une personne — là, je prends un cas théorique, je ne dis
pas que ça va arriver, mais je prends un cas théorique — un individu
à qui — parce
que ça sera le cas pour tout le monde — on offre d'occuper un poste vacant mais
budgété dans le réseau, qui décide de prendre sa retraite — je
prends un cas hypothétique, là — bien, il faut quand même respecter, parce que c'est un poste aboli, les ententes qui
sont signées, et, à ce moment-là, si on met quelqu'un à sa place dans
une autre fonction, il y a un autre coût, puis il y a ce coût-là de la
convention ou de l'entente qui avait été signée. Il y a un dédoublement momentané. Mais ça, c'est à la
condition expresse que les gens décident de ne pas continuer dans le
réseau. Or, beaucoup d'entre vous, beaucoup
d'intervenants, aujourd'hui, ont fait référence au fait que, dans le réseau, il
y a bien des questions qui se posent,
il y a bien des décisions qui doivent se prendre, puis on l'entend nous autres
aussi, là, puis on le voit, là. Et ce
que l'on voit sur le terrain, c'est que les gens restent et ils ont compris
qu'ils devaient réorienter — surtout, évidemment, les gens qui sont
dans les agences — devraient
réorienter leur carrière. Et ça, ça a un certain nombre de conséquences, ça a un coût minimal. Je ne peux pas
vous dire de chiffre aujourd'hui, parce que le chiffre, lui, dépend de l'expérience, de voir combien de gens vont décider
de continuer ou ne pas continuer. Mais il peut y avoir un coût minimal. Minimal, parce qu'on n'aura pas de coût
d'infrastructure, de ce genre de chose là. On ne va pas construire une tour
dans une région ou construire des nouveaux
locaux, et ainsi de suite, là. Alors, ça se fait dans le réseau actuel et ça va
occuper les locaux et le personnel actuels, et ainsi de suite.
Alors,
quand on veut aller dans cette direction-là, obligatoirement, je vais être
obligé de donner des réponses qui ont un
certain degré d'imprécision parce que... Alors, ça va être de zéro à quelque
chose. Au bout de la ligne, à terme, ça, c'est sûr qu'on va aller
chercher le 220 millions, mais, pendant les années, là, les trois années
où on aura à vivre cette transition-là, bien là il y aura y un potentiel de
zéro à quelque chose.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, je comprends bien, à travers les propos, et je
reviendrai dans quelque chose de plus spécifique, mais je comprends bien
qu'évidemment le ministre est en attente de décisions du personnel même du
réseau sur les décisions qu'ils prendront...
M. Barrette :
Et je dirais...
M. Paradis
(Lévis) : ...d'aller à la maison, à un moment donné, puis que vous
respectiez les conventions ou d'intégrer un CISSS ou quelque établissement que
ce soit pour poursuivre une tâche que vous leur confierez.
M. Barrette :
Si vous me permettez, M. le député, je suis surtout en attente de l'adoption du
projet de loi.
M. Paradis (Lévis) : Oui. Je comprends très bien. Mais est-ce qu'on comprend également, M.
le Président, que...
M. Paradis
(Lévis) : O.K. Mais est-ce qu'on comprend bien qu'à partir du jour...
Comprenons bien, disons-le aux gens. À
partir du jour 1, là, c'est-à-dire le jour... pas de réforme, puis, le
lendemain, réforme avec un projet de loi adopté, ce qu'arrivera, je
présume, à faire le ministre, ce serait assez étonnant qu'il ne l'adopte pas, mais, dans la mesure où ça se fait, je veux dire, la non-dépense, elle est
progressive. Comprenons bien que, pour les gens à la maison qui
disent : Le projet de loi n° 10, bon, c'est... Oui, c'est de l'économie,
c'est le 220 millions projeté, c'est les postes dont on a parlé, les 1 200, 1 300 cadres, mais, je
veux dire, il y a une période de transition, là. Ça ne se fera pas, là, de
minuit à minuit une seconde, où, ça y est, les structures sont changées,
puis, demain matin, tout le monde sait où tout le monde va, on s'entend bien.
Est-ce qu'il y a une
projection, un échéancier, qui, dans la ventilation de ce que vous comptez
Avez-vous des échéanciers prévus? Puis je pousserai la question puis je la
ramène encore plus. Par exemple, là,
je la ramène plus précisément, pour la... Revenons à la Côte-Nord, puis ça vous
fait deux questions dans la même, là,
mais pour un siège social du CISSS, par exemple, sur la Côte-Nord, est-ce qu'il
y a des coûts d'estimés?
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : Alors, M. le
Président, pour ce qui est de la non-dépense et de l'échéancier, on a déjà
fourni à la deuxième opposition le document
en question. Alors, il existe, ils l'ont en leur possession. Et là on fait
exactement ce que je voulais éviter. Là, on rentre dans le détail, et là
on s'en va dans la région 09, et là on va se rendre à l'individu.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président...
M. Barrette : Est-ce qu'on peut
revenir à l'annexe?
M. Paradis
(Lévis) : ...je comprends,
je retourne à la région 09, je vais être encore précis, j'attendrai la
réponse du ministre dans la mesure où il peut me la donner. Prenons des exemples
précis, que c'est bien, bien simple, là. Il y a des coûts ou des coûts nuls, la
papeterie, les changements d'enseignes, les changements de bureaux, les sites
Web. Est-ce qu'on a évalué les coûts
relatifs à ça? Il y a des modifications qui vont être faites. Est-ce qu'on a
établi, là-dessus, des coûts?
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : M. le Président, j'invite les deux groupes, là... Puis là
je vais donner la réponse, là, pour montrer que ça me fait plaisir de donner des réponses, mais on ne va pas discuter du
projet de loi au complet puis de l'opérationnalité, ce n'est pas l'objet du projet de loi. Mais je vais
répondre. J'ai déjà dit que les économies qu'on allait chercher n'étaient
pas énormes par rapport au Québec. Dans la
région en question, c'est de l'ordre de 5 millions. Mais, pour de
l'opérationnalité, là, bien, on va continuer
à utiliser le papier qu'on a, on va continuer à utiliser... On ne va pas tout
mettre aux poubelles, hein? Parce que ça a déjà été fait, là, ces
affaires-là, on l'a déjà vécu. Puis, quand les CSSS ont été mis en place, en 2004, là, je peux vous garantir que tous les
hôpitaux ont utilisé leur papier à en-tête, là, tel quel jusqu'à épuisement,
puis on a fait imprimer, après, une nouvelle affaire qui coûtait la même
affaire qu'avant parce que la seule chose qui changeait, ce n'était même pas la couleur de l'encre, mais le
sigle en haut de la page. Alors, quand on regarde ces coûts-là, c'est
des coûts qui n'existent pas. Ça n'existe
pas. Les coûts qui vont potentiellement exister, évidemment, c'est le jeu du
chevauchement des restructurations en termes de postes dans le cadre que j'ai
déjà décidé.
Alors, on peut
aller dans le détail, mais ce n'est pas ça qui est l'objet ni de l'annexe, de ce
que l'on étudie aujourd'hui, ni du projet de loi. Je veux bien répondre,
mais il se passe là exactement ce qui n'est pas l'objet de cette étude-là, on rentre dans des détails. J'avais
prévu, tantôt, là, qu'on finirait par parler du menu de la cafétéria. Bien, je
vous ferai remarquer, M. le Président, que, là, on vient de parler de la
papeterie. Je veux bien, là, mais la papeterie puis la cafétéria, là, c'est comme du même niveau, ce n'est pas l'objet, on est
dans l'annexe. Et, si on veut parler de la gestion, il y a une
section
dans le projet de loi, c'est la
section V, de mémoire, hein, et elle
s'intitule — juste
avant, c'est 130, 129 — c'est le
chapitre V, «Fonctions et pouvoirs
particuliers du ministre», et, dans ce chapitre-là, on parle de ce qui
est mettable dans un projet de loi comme
règles organisationnelles. Je vois que plusieurs personnes autour de la table
vont maintenant, là, au
chapitre V. Bien, ça
montre qu'il y a peut-être un certain nombre de personnes qui ne s'en
rappellent plus depuis le 25 septembre ou qu'ils ne l'avaient pas lu, mais
c'est à ça que ça sert, l'étude
article par article. On peut-u y aller
article
par
article et se rendre à ce qui intéresse, et légitimement, mes collègues?
Alors là, on
est dans l'annexe, encore une fois, qui est une liste. Et, comme j'ai déjà dit
précédemment hors d'ondes, quand bien
même, M. le Président, on en discuterait, de l'annexe, pendant 15 ans ou 30
ans, le projet de loi, là, s'il est adopté,
il va faire ça, point. C'est une liste. Et la portée de l'annexe, c'est de
dire : Voici à quoi, à qui s'adresse, s'applique le projet de loi n° 10.
C'est tout. C'est une liste. Et, en dehors de l'annexe, il y a tous les
éléments sur lesquels on me pose des
questions qui pourraient être débattues à l'article qui s'adresse au
sujet auquel on s'adresse dans la question. La question qui est posée
par le député de Lévis est légitime, elle se traite à 129, 130, 131, et ainsi
de suite.
M. Paradis
(Lévis) : J'aurais... M. le
Président, je comprends ce que le ministre dit. Remarquez que
«papeterie», additionné à bien des choses,
ce n'est pas non plus minime, là, c'est un ensemble de choses qui, finalement,
se calculent et se budgètent, puis ça
finit par faire des gros sous. Ça, je pense que tous le comprennent. Mais on
est dans l'annexe, puis on parle de
fusion, puis on parle de mandat, puis on parle de siège social. Bon, en ce
sens-là, je me réfère à l'annexe, je pose une autre question au ministre. Prenons la Côte-Nord. Par rapport aux
fusions, par rapport à ce qui se passe, par rapport au siège social, combien... Est-ce qu'on a évalué
le nombre d'employés d'un CISSS, tel qu'il sera créé dans la Côte-Nord,
par rapport au nombre d'employés des agences, de l'agence?
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette :
M. le Président, encore une fois, on rentre dans un détail, et ça n'est pas
l'objet de. Mais je n'ai pas le chiffre de
la Côte-Nord avec moi, là, parce que je ne pensais pas qu'on allait aborder ça
ce matin, là. Je vais vous donner un exemple de Québec. Ça, j'en ai un, là, parce que j'ai mon
sous-ministre, là, qui a la donnée à portée de main, là. Je vais donner un exemple, O.K., puis après
ça, s'il faut revenir, après-midi, sur la Côte-Nord... Puis là, après ça,
on me demandera le nom de la personne qui va
être coupée. Bon. O.K. On sait que c'est là qu'on s'en va. Mais je vous le
dis, là, je n'irai pas. Mais je vais répondre pour simplement montrer à la
population que, oui, il y a une évaluation qui est faite.
Québec,
là, par exemple, là, dans le CIUSSS, on le sait, là, il y a
15 personnes aux coms. On estime qu'à la fin il va y en avoir sept. Bon, c'est
ça que vous voulez? Parfait! Comme
ça, vous allez pouvoir retourner dans vos régions et faire peur au
monde. C'est correct. Mais, je l'ai dit, monsieur...
M. Paradis
(Lévis) : Non, mais la...
M. Paradis
(Lévis) : Je m'excuse, M. le Président, là, le... Si vous me
permettez...
Le Président (M.
Tanguay) : O.K. Un rappel...
M. Barrette :
M. le Président, je vais retirer mes paroles.
Le Présiden