House Proceedings — 13 June 2014 (41st Legislature, 1st Session)
2014-06-13
Quebec — Debates (Hansard)
M. Morin : Oui. Merci,
M. le Président. Je prends la parole aujourd'hui afin de souligner le dynamisme de Chloé Pelgag, alias Chloé
Pelletier-Gagnon, de Rivière-Ouelle, pour son parcours musical exceptionnel.
Son palmarès est fort élogieux. Elle a
remporté le prix Révélations Radio-Canada 2014-2015, le Grand Prix LOJIQ 2014 et le coup de
coeur de la chanson francophone de l'Académie Charles-Cros. Actuellement, elle
est en lice pour les Prix de la chanson SOCAN et le prix Félix-Leclerc de la
chanson.
plus de cumuler des prix prestigieux, elle dévoile son talent sur plusieurs
scènes européennes, au grand plaisir de ses fans et surtout de sa région. Lorsqu'elle
laisse son talent s'exprimer, elle est une fière ambassadrice de la
francophonie.
suis fier de voir les regards tournés vers ce prodigue de la chanson
francophone. Chloé, je te souhaite une carrière remplie de belles reconnaissances.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci,
M. le député de Côte-du-Sud. Je cède maintenant la parole à M. le député de René-Lévesque.
M. Dufour :
Merci, M. le Président. Alors, M. Dany Belzile a été intronisé récemment à l'Ordre
de Baie-Comeau, le plus haut
titre de reconnaissance de la ville. Cette distinction lui a permis, lors
d'une cérémonie officielle... afin de saluer son engagement
communautaire et humanitaire.
Propriétaire
de la pharmacie Jean Coutu de Baie-Comeau, M. Belzile se dévoue à de nombreuses causes,
plus particulièrement à celle de La Vallée des roseaux, organisme auquel il a
consacré 18 années de sa vie. Le travail de M.
Belzile ainsi que celui de toute l'équipe de La Vallée des roseaux ont permis à
l'organisation d'être parmi les chefs de file en
matière de soins palliatifs au Québec.
En plus d'être le président du conseil
d'administration de La Vallée
des roseaux, M. Belzile s'implique auprès de
différentes causes et organisations, notamment pour le diabète, la sclérose en plaques,
le centre de bénévolat, l'école Jean-Paul-II et bien d'autres.
mon nom et en celui des citoyens de la circonscription de René-Lévesque, je tiens à offrir mes plus sincères
félicitations à M. Belzile et à saluer son engagement exceptionnel dans sa
communauté.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci de votre déclaration, M. le député de René-Lévesque. Et, pour la poursuite, je cède la parole à Mme
la députée de Bellechasse pour sa déclaration d'aujourd'hui. Mme la
députée, à vous.
Vien : Merci, M. le Président. C'est le 5 juin dernier que la deuxième édition
du Mini-Relais pour la vie au profit de la Société canadienne du cancer
avait lieu, sur le terrain municipal de Saint-Gervais, dans Bellechasse.
Fière
du succès obtenu lors de la première édition, Mme Karine Labrie, directrice de
l'école de la Nouvelle-Cadie, a mené à nouveau avec brio ce projet
rassembleur. Les élèves de cinquième et sixième année, avec l'aide des autres
niveaux, ont réussi à mobiliser quelque 350 marcheurs, répartis en 32 équipes.
L'événement a permis d'amasser plus de 17 000 $, soit 4 000 $ de plus
que l'an dernier. Cette campagne de financement permet de soutenir la recherche
afin de vaincre le cancer.
tiens à féliciter les élèves, les enseignants et les participants qui, par leur
implication, ont fait de cet événement une réussite et ont démontré, une
fois de plus, la solidarité bellechassoise. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée, pour votre
déclaration. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous la parole,
madame.
Mme Weil :
Merci, M. le Président. Depuis plus de 10 ans, c'est le 20 juin que la
communauté internationale commémore la
Journée mondiale du réfugié. Cette journée est l'occasion de souligner le
courage de millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui doivent quitter
leur pays pour fuir la persécution et de réaffirmer notre solidarité envers
eux.
Depuis plus de 30
ans, le Québec est fier d'être une terre d'accueil pour des milliers de
réfugiés, qui peuvent compter sur l'apport et le soutien, le dévouement d'organismes
et de citoyens qui assurent leur intégration. En 2013, c'est plus de 1 800
réfugiés qu'ils ont accompagnés dans plus de 13 villes à travers le Québec.
J'ai
eu l'honneur de rencontrer tout récemment le haut-commissaire des Nations unies
pour les réfugiés, M. António Guterres.
Il souhaitait remercier le Québec
pour le rôle important qu'il joue dans l'accueil et l'intégration des
réfugiés et souligner sa grande
reconnaissance face à la solidarité des Québécoises et des Québécois. Je joins ma voix à la sienne et à tous
ceux qui soulignent par cette journée le courage de ces millions de personnes
qui laissent tout derrière eux pour bâtir un futur meilleur. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Mont-Royal pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député, à vous.
Arcand :
M. le Président, comme ministre responsable de la région de Lanaudière, il me
fait plaisir de souligner en cette Chambre le 150e anniversaire de la
ville de Joliette.
1823, le notaire Barthélémy Joliette fit la découverte d'un site idéal pour l'établissement
d'une ville à proximité de la rivière
L'Assomption, nommée par les Amérindiens Outaragavesipi, ce qui signifiait, en
langage iroquois, «la sinueuse et la tortueuse». L'exploitation
forestière et la construction de moulins à scie ont mené la communauté vers un
développement industriel important. D'ailleurs, M. Barthélémy Joliette a
entrepris plusieurs projets d'infrastructure à partir de 1823, dont la
construction d'un manoir, du pont des Dalles, d'un marché public et d'un
collège.
Aujourd'hui, M. le
Président, Joliette est reconnue pour la richesse de son patrimoine culturel.
Pensons à L'Orchestre symphonique des jeunes, au festival d'été de Lanaudière
et au Musée d'art de Joliette. Je souhaite de joyeuses festivités du cent
cinquantenaire aux Joliettaines et aux Joliettains, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, M. le député de Mont-Royal. Je
cède maintenant la parole à Mme la députée de Richelieu pour sa
déclaration d'aujourd'hui. Mme la députée, à vous.
Zakaïb : Merci, M. le Président. Je veux vous parler d'un
projet extraordinaire réalisé par trois jeunes de l'école secondaire Fernand-Lefebvre à
Sorel-Tracy : Gabrielle Chaput, Michael Guérin et Rosalie Vilandré. À
l'initiative d'une photographe soreloise, Nath B, ils ont participé au projet
international d'art Inside Out créé par un jeune artiste californien des rues. C'est ainsi que 1 162
élèves ont été pairés au hasard pour se photographier mutuellement. Leurs
photos ont été imprimées grand format sur les murs extérieurs de l'école. L'effet
est magnifique, je vous invite à aller voir le résultat sur Facebook . Ce
projet ambitieux a créé un lien entre les élèves, un pont entre l'école et la
communauté et a suscité un incroyable sentiment de fierté. Bravo à ces jeunes
ainsi qu'à ceux et celles qui ont permis ce projet! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée de Richelieu. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Rimouski pour sa déclaration d'aujourd'hui.
M. le député de Rimouski, à vous.
M. LeBel :
Merci, M. le Président. Chers collègues, le 23 mai dernier, l'Institut
maritime du Québec voyait sa 70e cohorte de finissantes et finissants
quitter ses salles de cours. Fondé à Rimouski en 1944, l'IMQ est l'une des cinq écoles nationales du Québec et est l'unique
centre de formation maritime de langue française en Amérique. Cette institution offre cinq formations techniques de
haut niveau et possède des équipements à la fine pointe de la
technologie pour répondre aux besoins de l'industrie maritime.
70 ans, l'IMQ a formé plus de 2 216 diplômés, tous programmes
confondus. Sillonnant les mers du globe et oeuvrant partout dans le
monde, ces hommes et ces femmes ont participé à la réputation d'excellence de l'institut
à l'échelle mondiale grâce aux compétences et
aux savoirs qui leur sont reconnus et qu'ils ont obtenus de cette
institution.
salue ici la réputation d'excellence de l'Institut maritime, sa contribution à
la communauté rimouskoise et son rôle majeur dans le développement de l'industrie
maritime du Québec. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, je vous remercie, M. le député de Rimouski. Et
cette dernière déclaration met fin à la rubrique Déclarations des députés pour
aujourd'hui.
En conséquence, les
travaux sont suspendus pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 56)
Le Président :
Bon vendredi matin, chers collègues. Nous allons nous recueillir quelques
instants.
Merci, veuillez vous
asseoir.
Je remarque que nous
avons deux anciens collègues qui sont ici avec nous ce matin :
M. Christian Lévesque, ancien député de Lévis, et M. Réjean Hébert, l'ancien
député de Saint-François.
Et j'ai le plaisir de
souligner la présence, dans nos tribunes, du député de l'Aisne, de l'Assemblée
nationale française, M. Xavier Bertrand.
j'ai également le plaisir de souligner la présence de la consule
générale de la République islamique du Pakistan à Montréal, Mme Azra
Jamali, à l'occasion de sa visite de prise de poste.
avant de poursuivre les affaires
courantes, j'aimerais souligner l'excellent
travail accompli cette année encore par
nos étudiants pages qui termineront bientôt leur stage parmi nous. Je leur
demanderais peut-être de s'avancer ici. En mon nom et en celui de l'ensemble des membres de
cette Assemblée, vous aurez constaté que votre travail a été extrêmement
apprécié, et il est essentiel au bon déroulement de nos travaux. Et j'espère
que... je pense que mes collègues parlementaires ont signalé et ont signifié jusqu'à
quel point ils vous estimaient.
Alors, je souligne par
la même occasion l'excellent travail d'encadrement fait par M. Gilles Jourdain
et par Mme Chantale Martineau, qui est avec nous ici. Chaque année, ils
assurent l'encadrement de nos pages étudiants.
Nous poursuivons donc
les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous
plaît.
Le Président :
Alors, à l'article a du feuilleton, M. le ministre du Travail présente le projet
de loi n° 8, Loi modifiant le Code du travail à l'égard de certains
salariés d'exploitations agricoles. M. le ministre du Travail.
Hamad : Merci, M. le Président. Ce projet
de loi introduit dans le Code du travail des dispositions particulières applicables aux salariés d'exploitations
agricoles qui emploient moins de trois salariés de façon ordinaire et continue.
projet de loi exige notamment de l'employeur des salariés visés qu'il donne à leur association une occasion raisonnable de
présenter des observations au sujet de leurs conditions d'emploi. Il prévoit
que l'employeur doit prendre connaissance de ces
observations.
Le projet de loi
prévoit que la diligence et la bonne foi doivent gouverner les échanges entre l'association
de salariés et l'employeur.
projet de loi reconnaît par ailleurs... la Commission
des relations du travail une compétence pour connaître et disposer de
toute plainte alléguant une violation aux dispositions particulières.
Enfin, le projet de
loi prévoit des dispositions transitoires et finales.
Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Mme la leader de l'opposition.
Maltais :
Bien sûr, M. le Président, le leader permettra d'avoir des consultations
particulières?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Avec plaisir.
Le Président :
Bon. C'est le fun, ça. On continue comme ça.
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre de la Culture.
Le Président : Alors, c'est adopté.
Mme la ministre de la Culture, à la rubrique Dépôt de documents.
Mme David (Outremont) : M. le
Président, il me fait plaisir de déposer les documents suivants : le plan
stratégique 2013‑2016 de la Société de développement des entreprises
culturelles du Québec, communément appelé la
SODEC, et le plan stratégique 2013‑2015 de la Régie du cinéma, ainsi que le
rapport annuel d'activités 2012‑2013 du Conservatoire de musique et d'art
dramatique du Québec.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés. M. le ministre des Finances.
Leitão : M. le Président, j'aimerais déposer les deux rapports
suivants : le rapport annuel 2014 de Loto-Québec et le rapport
annuel 2014 de la Société des alcools du Québec.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés. M. le président du Conseil du trésor.
M. Coiteux :
Oui. M. le Président, j'ai l'honneur de déposer le rapport annuel de gestion
2013 de la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances.
Le Président : …ces rapports
sont déposés. Mme la ministre du Tourisme.
Mme Vien : Oui, M. le
Président. J'ai le bonheur de déposer le rapport annuel 2013 du Parc olympique
pour l'exercice financier débutant le 1er novembre 2012 et se terminant le 31
octobre 2013.
Le Président : Ce document
est déposé… Ces documents sont déposés. M. le ministre du Travail.
Hamad :
Merci, M. le Président. C'est avec plaisir... je dépose le rapport annuel de
gestion 2013 de la Commission de la construction du Québec.
Le Président : Alors, ce
document est déposé. Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois :
…Président. Alors, je dépose aujourd'hui le plan stratégique 2014‑2019 de l'Office
des personnes handicapées du Québec. «Handicapées», sans liaison.
Le Président : Bien sûr.
Alors, ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : M. le
Président, je dépose les réponses aux questions inscrites au feuilleton du
6 juin par le député de Granby,
adressées au ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport et au ministre des
Affaires municipales et de l'Occupation du territoire.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés.
Et, pour ma part, je
dépose les lettres que m'a adressées M. le chef du deuxième groupe d'opposition,
dans lesquelles il m'informe des nominations suivantes : de
Mme Nathalie Roy, députée de Montarville, à la fonction de présidente du
caucus du deuxième groupe d'opposition, et M. Éric Caire, député de
La Peltrie, à la fonction de leader parlementaire adjoint du deuxième
groupe d'opposition.
Ces nominations font
suite à l'entente relative au fonctionnement de l'Assemblée et des commissions parlementaires, aux fonctions parlementaires ainsi
qu'aux aspects budgétaires pour la durée de la 41e législature et sont
effectives à compter du 2 juin 2014. Madame, monsieur, je vous félicite.
À la rubrique Dépôt
des pétitions, j'ai reçu une demande de M. le député de Beauharnois pour
déposer une pétition — il
est là? — non
conforme. Est-ce que j'ai un consentement pour le dépôt de la pétition?
Le Président :
M. le député de Beauharnois, nous vous écoutons.
Leclair : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
760 pétitionnaires. Citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que plus
de 30 000 jeunes s'initient au tabagisme chaque année et sont
recrutés activement par l'industrie du
tabac, avec des produits colorés, aromatisés et branchés; qu'une grande
partie
d'entre eux seront fumeurs pour de nombreuses années;
«Considérant
que le taux de tabagisme au Québec stagne à environ 20 % depuis plus de
six ans, avec 1,5 million de fumeurs, c'est donc dire que, pour
chaque fumeur qui écrase, un jeune devient accro;
«Considérant qu'après avoir essayé d'arrêter
pendant un an 95 % des adolescents baissent les bras et continuent de
fumer;
«Considérant que le
tiers des jeunes entre 18 et 24 ans sont fumeurs;
«Considérant
que le tabac est responsable de 30 % de tous les cancers et que c'est la
première cause de mortalité évitable au Québec;
«Considérant qu'en
10 ans le tabac a tué 100 000 Québécois et a coûté
40 milliards de dollars à notre société;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Les signataires de cette pétition demandent à l'Assemblée
nationale du Québec d'interdire les saveurs — y compris les menthols — d'imposer
un moratoire sur les produits de tabac, d'adopter l'emballage neutre et
standardisé — incluant l'interdiction des cigarettes
ayant un diamètre inférieur à 7,5 millimètres — et d'assujettir la
cigarette électronique à la
Loi sur le tabac.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Je vais toutefois revenir à la rubrique Dépôt de
rapports de commissions, que j'avais omise. Alors, Mme la présidente de la Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles et députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles qui, le 12 juin 2014, a procédé à l'étude détaillée
du projet de loi n° 5, Loi modifiant la Loi limitant les
activités pétrolières et gazières et d'autres dispositions législatives. La
commission a adopté le texte du projet de loi sans amendement.
Le Président :
Ce rapport est déposé. M. le président de la Commission des finances publiques
et député de Montmorency.
Bernier : Je dépose le rapport de la Commission des finances publiques
qui, les 11 et 12 juin 2014, a siégé afin de procéder à la
poursuite du débat sur le discours du budget. Merci.
Le Président :
Alors, ce rapport est déposé.
Nous
revenons au dépôt de pétitions. J'ai une demande de Mme la députée de Vachon
pour le dépôt d'une pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un
consentement? Consentement. Mme la députée de Vachon, à vous la parole.
Ouellet : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
122 pétitionnaires. Désignation : chauffeurs de la Société de
transport de Montréal.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que nous
voulons protéger, avant tout, tous les usagers vulnérables qui partagent la
route avec les poids lourds;
«Considérant
que nous voulons permettre aux usagers du transport en commun de bénéficier, en
toute sécurité, de leur transport, sans entrave, et d'ainsi assurer la
fluidité de la circulation pour tous les usagers de la route.
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, chauffeurs de
la Société de transport de Montréal, demandons un amendement au Code de la
sécurité routière concernant la
section IV,
article 407 et suivants,
en ajoutant l'interdiction à tous les cyclistes, planchistes, chaises
roulantes, entre autres, de circuler dans les voies réservées pendant l'heure
de pointe. Nous souhaitons que cet amendement soit adopté le plus tôt
possible.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Nous en sommes rendus
à la rubrique Interventions portant sur une violation de droit ou de privilège
ou sur un fait personnel. Alors, je vais vous
faire part des deux décisions que j'ai eu à prendre, la première concernant
l'intimidation à l'endroit de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques sur le parquet
de la salle de l'Assemblée nationale. Je suis maintenant prêt à prendre ma
décision sur la question de droit ou de privilège soulevée hier par Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Dans
l'avis qui m'a été transmis conformément aux dispositions de l'article 69
du règlement, la députée indique qu'elle
aurait été interpellée sur le parquet de la Chambre par le député de Jean-Lesage
durant la séance de l'Assemblée du 10 juin dernier. À cette
occasion, il se serait adressé à elle sur un ton menaçant, en posant un geste d'intimidation
à son endroit. Les gestes sont décrits ainsi
dans l'avis, et j'en cite un extrait : «À voix basse, le député de
Jean-Lesage m'a dit qu'il n'était pas
très content de mes déclarations de la semaine précédente et, sur un ton choqué
et menaçant, il m'a dit de m'occuper de mes affaires, qu'il était au
service de ses concitoyens et qu'il connaissait très bien son monde. Il m'a rappelé que je n'avais rien à lui apprendre,
puisqu'il était élu au Parlement depuis 2008. D'entrée de jeu, il m'a
souligné ne pas avoir aimé ma citation dans le journal au moment de la sortie
sur la poussière de nickel dans Limoilou. Je lui ai rétorqué d'un ton calme que j'ai repris ce que des [citoyens et
citoyennes] de son comté m'avaient dit. Il m'a alors répondu sur un ton méprisant : "Tu connais du
monde dans mon comté, toi?". Il a terminé en me disant : "Viens pas jouer dans
mes platebandes". Tout en étant penché vers moi, puisque je suis restée
assise durant tout l'échange, il m'a aussi mis la main fermement sur l'avant-bras
pendant qu'il me parlait.» Fin de la citation.
D'abord,
tel que le prévoit la jurisprudence, lorsqu'une situation met en cause des éléments que n'a pu
constater de lui-même le président, il doit accepter la parole de la députée
qui se dit menacée. Ensuite, j'aimerais rappeler que la
Loi sur l'Assemblée nationale consacre le caractère distinctif de la fonction
de député.
L'article 43 prévoit spécifiquement que les députés jouissent
d'une entière indépendance dans l'exercice de leurs fonctions. Pour s'en assurer l'Assemblée de même que ses
membres sont investis des privilèges parlementaires qui doivent leur
permettre d'exercer leurs fonctions en toute liberté et sans aucune entrave. La
Cour suprême a même statué, en 1993, que ces privilèges ont un statut
constitutionnel, ce qui démontre toute l'importance accordée à l'indépendance du Parlement et de ses membres.
Pour
assurer le respect des privilèges parlementaires, l'Assemblée possède le
pouvoir de réprimer l'outrage, ce que le
droit parlementaire définit comme étant tout acte ou omission qui a pour
effet d'entraver les travaux de l'Assemblée ou de ses membres ou de porter atteinte à son autorité et à sa dignité. À
cet égard, l'article 55 de la
Loi sur l'Assemblée nationale prévoit que nul ne peut porter atteinte aux droits
de l'Assemblée et mentionne différentes situations qui peuvent constituer des cas d'atteinte. Parmi ces cas se trouve le
fait d'attaquer, gêner, rudoyer ou menacer un député dans l'exercice de ses
fonctions parlementaires de même que le fait d'essayer d'influencer son
vote, son opinion, son jugement ou son action par fraude, menace ou par des pressions indues. Ces exemples et la
définition même de l'outrage au Parlement sont très évocateurs.
Il est de l'essence d'une
institution parlementaire comme l'Assemblée d'être un lieu de débat et d'échange.
Certes, des points de vue discordants peuvent y être entendus, et les débats y
sont parfois corsés, mais ceux-ci ne doivent jamais se
faire au détriment du respect le plus élémentaire que les parlementaires se
doivent entre eux à tout moment. Les règles
régissant nos débats sont d'ailleurs prévues dans cet esprit : le
règlement de l'Assemblée indique que, lorsqu'un député a la parole, il
ne peut se servir d'un langage violent, injurieux ou blessant à l'adresse de
qui que ce soit et ne peut adresser des
menaces à un député. Bien que les propos du député de Jean-Lesage n'aient pas
été tenus alors qu'il avait la parole
dans le cadre d'un débat parlementaire, la présidence ne saurait tolérer que
des propos ou des comportements intimidants puissent avoir lieu dans
cette enceinte.
me permets également de faire un lien avec l'obligation prévue à l'article 6 de
notre code d'éthique qui prévoit que «la conduite du député est
empreinte de bienveillance, de droiture, de convenance, de sagesse, d'honnêteté,
de sincérité et de justice». D'ailleurs,
dans son avis, la députée réfère à juste
titre à la notion de respect prévue
dans ce code. À l'heure où toute
notre société se mobilise autour des enjeux liés à l'intimidation et où
des parlementaires plaident régulièrement
en faveur d'un changement de ton dans nos débats, la présidence trouve
déplorable d'avoir aujourd'hui à se prononcer sur un cas semblable. Qu'il soit bien
compris que la présidence ne tolérera jamais qu'une ou un député fasse l'objet
de menace ou d'intimidation, d'autant plus lorsque cela se produit sur le
parquet de l'Assemblée. Il en va de la dignité de l'Assemblée, et c'est pourquoi je déclare la question de privilège de
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques recevable.
Toutefois, comme la
députée n'a pas mentionné son intention de présenter une motion pour que la
conduite du député soit mise en cause, cette
affaire n'aura pas d'autres suites. Par contre, je dépose la lettre que m'a
fait parvenir le député de Jean-Lesage et dans laquelle il explique sa
version des faits et présente ses excuses à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme la députée.
Massé : Premièrement, j'aimerais vraiment vous remercier d'avoir pris
la peine d'étudier ce dossier-là,
d'avoir clairement… nous avoir rappelé
collectivement vers où on doit aller
en matière de débat, en matière d'échange. Je veux nous rappeler aussi que, si on en est arrivés là aujourd'hui, c'est
qu'effectivement j'avais reçu une lettre d'excuses du député en question, mais, cette lettre-là, je vous
l'ai remise entre les mains puisqu'elle… Elle contenait plus de
justifications que de reconnaissance réelle. Alors, je vous remercie de nous
avoir amenés jusqu'au bout du processus, même si, ultimement, je trouve ça
désolant d'être obligée d'en arriver là. Merci.
Le Président :
Merci, madame. Oui, Mme la leader de l'opposition.
Maltais :
M. le Président, nous avons ouï dire, effectivement, de ce qui semblait
inquiétant, d'une possibilité de menace de
la part d'un député. Nous acceptons votre verdict sur cette question de
privilège, mais nous avons un bref
commentaire qui est une volonté de la part des membres de notre caucus parce
que nous avons discuté de la
situation. C'est extrêmement toujours troublant de voir qu'on puisse menacer un
député dans cette enceinte. Nous acceptons
votre verdict. Nous voulons dire aussi que, le 12 mars 2014, en
pleine campagne électorale, le premier ministre nous a invités, et je le
cite, à agir ensemble contre l'intimidation sous toutes ses formes. Nous
acceptons le verdict du président, nous attendrons maintenant le verdict du
premier ministre.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Simplement pour vous donner raison dans les propos
que vous avez tenus sur l'importance de nos relations entre députés, on l'a dit puis on ne le dira jamais assez.
Ceci étant, vous avez eu à prendre une décision sur la foi de la lettre de notre collègue, et il était normal
que vous receviez aussi une lettre de l'autre personne qui évidemment a
aussi cru bon de donner sa version. Je comprends que notre collègue considère
que cette partie-là n'était peut-être pas celle qu'elle souhaitait, mais je
crois que, dans la procédure, il est normal que les versions des faits vous
soient données. Et je crois quand même
important de souligner… puis ce n'est pas la première fois que ça arrive, puis
on espère que ça n'arrivera pas puis que ça n'arrivera plus, mais, dans
ces moments-là, ce qui est important, c'est que les excuses soient présentées, et elles l'ont été. Alors,
maintenant, une fois que cela est dit, M. le Président, repassons-nous tous
le message : On a des opinions qui ne
sont pas les mêmes, mais c'est normal qu'elles ne soient pas les mêmes, nos
opinions. Dans un débat démocratique, on a des positions qui ne doivent pas
être les mêmes. Alors, essayons d'avoir des manières de faire qui respectent cela,
et ça va aussi pour le ton, M. le Président.
Président : Merci. La seule chose qui est normale entre nous, c'est
d'avoir un respect les uns vis-à-vis des autres, respect de nos idées et
respect de nos personnes.
Deuxième décision de la présidence, divulgation
du projet de loi intitulé Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur municipal avant sa présentation à l'Assemblée.
Avant
de… tout de go, je voudrais peut-être éclaircir un quiproquo. Hier, quand le
dépôt du projet de loi a été fait, dans mon esprit, pour permettre à la
leader de l'opposition de bien faire savoir que j'avais reçu sa demande de violation de privilège… de droit et de privilège,
je n'avais pas eu l'occasion de lui en parler avant, j'en ai profité, du
fauteuil, pour le lui dire, mais je pense
avoir créé un quiproquo dans l'organisation de ces travaux. Alors, je m'en
excuse. Et on essayera d'éviter ça, évidemment, dans l'avenir.
Maintenant, je suis prêt à rendre ma décision
sur la question de violation de droit ou de privilège soulevée hier par la
leader de l'opposition officielle. Dans l'avis qu'elle m'a transmis, elle
allègue que le ministre des Affaires municipales
et de l'Occupation du territoire aurait commis un outrage au Parlement en
rendant public le contenu du projet de loi n° 3, Loi favorisant la
santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur municipal, et ce,
avant sa présentation à l'Assemblée. Des représentations faites par les
leaders — que je
remercie, en passant — je
retiens ce qui suit.
La leader de l'opposition officielle réitère, dans
un premier temps, que, selon elle, la présidence aurait dû surseoir à la
présentation du projet de loi jusqu'à ce que la décision sur la question de
privilège soit rendue. Ensuite, elle soutient qu'une
violation des droits de l'Assemblée aurait été commise en raison de similitudes
entre certaines dispositions du projet de loi déposé et le contenu de l'article
d'un quotidien paru le 11 juin dernier.
Le leader du
gouvernement prétend pour sa part que, pour l'élaboration du projet de loi, des
consultations ont été tenues auprès des intervenants concernés mais que
le texte du projet de loi n'a pas pour autant été divulgué avant sa
présentation. Selon lui, les différences entre le projet de loi tel que
présenté et les affirmations faites par l'auteur de l'article du journal en
font foi.
Le leader
adjoint… — je peux
maintenant le qualifier ainsi — le leader adjoint du deuxième groupe
d'opposition soutient, quant à lui, qu'il
faut rétablir une distinction entre le fait de consulter les intervenants et le
fait de divulguer la teneur d'un
projet de loi aux médias. Quant à la notion de sursis relatif à la présentation
du projet de loi, il est d'avis que la présidence
n'a pas le pouvoir d'empêcher la présentation d'un projet de loi. Selon ce
dernier, une fois que l'Assemblée a exercé
sa souveraineté en disant qu'elle acceptait d'être saisie du projet de loi, il
n'est plus possible de revenir en arrière.
Il ressort de ce qui précède que je dois
déterminer si le projet de loi a été divulgué avant sa présentation à l'Assemblée, ce qui constituerait à première vue
un outrage au Parlement. Toutefois, considérant les représentations qui m'ont été faites hier, je tiens à revenir sur l'obligation
pour la présidence de surseoir à la présentation d'un projet de loi
lorsque celui-ci fait l'objet d'une question de privilège.
À ce sujet,
je souhaite rappeler d'emblée ce qu'énonçait la décision rendue en 2007, à
laquelle les leaders ont fait référence. Le président avait alors
précisé que la décision sur la recevabilité d'une question de privilège ne
saurait avoir un impact sur la possibilité
pour l'Assemblée de se saisir d'un projet de loi. Le fait de se saisir d'un
projet de loi et la question de
privilège sont deux éléments distincts et n'ont aucun impact l'un sur l'autre.
On ne peut donc pas tirer des précédents
une règle générale selon laquelle la présidence doive nécessairement surseoir à
la présentation d'un projet de loi lorsqu'une
question de privilège est soulevée. D'ailleurs, depuis ce temps, d'autres
décisions ont été rendues, et chaque fois la présidence a plutôt
réaffirmé le principe selon lequel il ne lui appartient pas d'empêcher l'Assemblée
d'exercer sa fonction législative. Il
revient à l'Assemblée seule de décider, dans sa souveraineté, de l'opportunité
de se saisir du projet de loi, de l'étudier et d'en apprécier le
contenu.
Cela dit, si la présidence est en mesure de
rendre sa décision le jour de la présentation du projet de loi, ces précédents
indiquent que la décision est rendue avant la présentation du projet de loi, ce
qui peut nécessiter la suspension des
travaux de l'Assemblée. Hier, je n'étais pas en mesure de rendre ma décision.
Et je rappelle qu'il est bien établi
qu'il appartient au président de déterminer le moment où il rendra ses décisions.
Cela n'empêchait pas pour autant le ministre d'exercer son droit
fondamental de présenter un projet de loi et, par voie de conséquence, n'empêchait
pas l'Assemblée de décider de se saisir ou non du projet de loi. La présidence
doit favoriser le débat parlementaire, non pas l'empêcher.
Reste maintenant à déterminer si, en l'espèce,
il y a eu divulgation du projet de loi avant sa présentation à l'Assemblée. Au cours de leurs plaidoiries, les
leaders de l'opposition officielle et du gouvernement m'ont tour à tour exposé certaines similitudes et différences que
comportait le projet de loi n° 3 avec celui décrit dans l'article du
quotidien en question. Ainsi, tout comme la leader de l'opposition officielle,
je constate que certains points précis contenus dans le projet de
loi n° 3 sont bel et bien traités dans l'article du journal, ce qui
peut être questionnable. Tel est le cas, par exemple, premièrement, de la
protection des rentes de conjoints survivants; deux, du partage des
cotisations à parts égales entre les organismes municipaux et les participants
actifs; trois, de la possible répartition entre eux des déficits selon une
proportion 60-40.
À l'inverse,
comme le leader du gouvernement le faisait remarquer, d'autres éléments du
projet de loi diffèrent de ce qui
était rapporté dans l'article. C'est le cas notamment des modalités entourant
le mécanisme de négociation sur la restructuration des régimes. De plus,
il importe de souligner que le projet de loi n° 3 comporte aussi d'autres
mesures dont fait totalement abstraction l'article du journal.
Que pouvons-nous conclure de cette situation? Il
semble manifeste que je journaliste a eu accès à de l'information lui permettant de rédiger son article. Certes, la
jurisprudence parlementaire reconnaît le droit du gouvernement d'informer
les citoyens sur les grandes orientations contenues dans un projet de loi qu'il
entend présenter à l'Assemblée. Cela dit, ce sont les députés qui doivent être
informés les premiers des détails d'un projet de loi, pas les journalistes, et ce, en tout respect pour le rôle
fondamental que jouent ces derniers dans notre démocratie. J'insiste sur
l'importance pour les parlementaires d'avoir
droit en priorité à toute l'information qui leur est nécessaire pour l'exercice
de leurs fonctions de législateur. Il en va du respect de leur rôle de
législateur.
Toutefois, en l'espèce,
une distinction importante doit être faite par rapport au cas de 2007 auquel on
fait référence. En effet, en 2007, la
question de privilège se rapportait à un communiqué de presse émis par un
ministre pour expliquer en détail son projet de loi. Le cas qui m'est
soumis aujourd'hui est assez différent. D'abord, contrairement au cas de 2007, aucune communication formelle
visant à rendre public le projet de loi n'a été faite par le ministre.
Mais surtout, à la lecture des dispositions du projet de loi, je ne peux pas
conclure que l'article paru est basé sur le texte tel que présenté à l'Assemblée. En d'autres mots, je ne peux conclure que le
texte du projet de loi présenté par le ministre a été divulgué à un
tiers avant sa présentation à l'Assemblée.
Comme je l'ai
mentionné, des éléments précis du projet de loi sont traités dans l'article, ce
qui n'est pas banal. Par contre, il m'est
impossible d'affirmer que le texte du projet de loi dans sa version finale a
été communiqué avant sa présentation. C'est pourquoi, à la lumière des
faits et de l'état de notre droit parlementaire, je ne peux en venir à la
conclusion que le ministre a commis, à première vue, un outrage. Cela dit, bien
qu'il…
Président : Je n'ai pas terminé. Cela dit, bien qu'il ne s'agisse
pas d'un cas donnant ouverture à une question de privilège, j'estime
important de faire un rappel à tous en ce début de législature.
Comme mes prédécesseurs,
je reconnais la nécessité de communiquer avec les citoyens au sujet des
politiques et des orientations du gouvernement. Toutefois, lorsqu'il s'agit d'un
projet de loi, tous doivent être conscients du rôle essentiel de l'institution parlementaire et des députés qui la
composent. Je souhaite que ce rappel soit entendu par tous, autant les
ministres que les gens qui les entourent et qui sont impliqués de près ou de
loin dans le processus menant à la présentation d'un projet de loi à l'Assemblée.
Tous doivent avoir à l'esprit que les députés reçoivent le mandat de la
population pour légiférer sur toute question qui la concerne. Les députés sont
donc les seuls à jouir de la légitimité pour
évaluer si le contenu d'un projet de loi est conforme à l'intérêt public. C'est
pourquoi je peux comprendre parfaitement la frustration des députés
lorsqu'ils prennent connaissance par l'entremise des médias de mesures
contenues dans un projet de loi qui n'est pas encore présenté à l'Assemblée.
conclusion, même si on ne divulgue pas totalement le contenu d'un projet de
loi, je souhaite ardemment que les éléments contenus dans un projet de
loi ne soient pas rendus publics au compte-goutte avant sa présentation. Ce serait faire indirectement ce qu'il n'est pas permis
de faire directement par notre droit parlementaire. Il y va du respect
du rôle fondamental que jouent les députés dans notre démocratie parlementaire.
Je vous remercie de votre attention. Mme la leader de l'opposition.
Maltais :
Merci, M. le Président. On accepte votre décision ainsi que les recommandations
que vous faites aux parlementaires concernant la divulgation d'éléments
de projets de loi. Maintenant, une dernière chose. Sur votre incapacité à rendre votre décision hier, je pense
qu'il eut été sage, et je le crois encore qu'il aurait été sage de faire
comme tous vos prédécesseurs ont fait
précédemment, c'est-à-dire de surseoir quelque temps, car, sinon, que faire d'un
projet de loi qui aurait été présenté à l'Assemblée
nationale et accepté comme dépôt s'il y avait eu violation de privilège? La
question demeure pour moi, M. le Président, et je pense qu'on pourra peut-être
en rediscuter en d'autres lieux.
Le Président : J'en prends
bonne note, Mme la leader. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Deux éléments,
M. le Président, sur votre décision et sur le commentaire de notre collègue. Je
rappelle, à la question qu'elle soulève, qu'elle-même plaidait en après-midi qu'advenant
le cas le projet de loi aurait pu être
déposé aujourd'hui. Alors, finalement, il n'y avait pas d'impact sur ce qu'elle
plaide. Cela étant dit, je reconnais le sens de votre décision qui
réaffirme des principes reconnus par la jurisprudence sur le lien avec le texte
tel qu'il est déposé à l'Assemblée nationale. Vous avez pris la peine de réaffirmer l'importance du privilège de l'Assemblée et de ses membres d'être les premiers saisis du texte, et je crois
que vous faites bien de le réaffirmer. Cependant, permettez-moi d'apporter quelques propos sur ce thème, qui n'accompagnaient pas
votre décision et qui, je crois, n'ont pas été remis en question par votre
décision mais qu'il vaut la peine de réaffirmer de façon très catégorique.
Il est
normal, dans un processus législatif, que les personnes qui ont à déposer des
projets de loi, soient-ils membres de l'Exécutif ou non, puissent tenir
des consultations avec les intervenants visés, ne serait-ce que pour bien
connaître les problèmes et bien mesurer si
les réponses qui sont apportées et les solutions qui sont apportées à ces
problèmes sont satisfaisantes. Donc, il est normal qu'il y ait un bon
nombre d'acteurs qui soient informés des orientations.
Je tiens à réaffirmer, M. le Président, que,
dans le cas qui nous occupe, ne pas permettre ou indiquer dans une décision ou ne pas indiquer dans une décision qu'il
est normal qu'il y ait des consultations avec des groupes qui par
ailleurs peuvent être sollicités par des journalistes serait ouvrir une porte
qui nous amènerait à une jurisprudence prohibant ce type de consultations et je
crois que ce ne serait pas à l'avantage du processus législatif.
Je tiens donc
à réaffirmer ici l'importance pour l'Assemblée d'être saisie de projets de loi
qui sont capables de répondre à des
problèmes. Et c'est impossible si on ferme les portes de l'Assemblée, on ferme
les lumières puis on fait ça juste entre nous. Il faut qu'on parle au
vrai monde avant de déposer les projets. C'est ce qui a été fait ici.
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition.
Caire : M. le Président, d'entrée de jeu, vous manifester la
satisfaction face à votre jugement. Vous nous donnez raison sur un
argument fondamental, à savoir que vous ne pouvez vous substituer à la
souveraineté de l'Assemblée sur sa volonté ou non d'étudier un projet de loi. Et là-dessus je vous
remercie de cette décision, je pense que vous protégez un droit
fondamental de l'Assemblée nationale, celui de se saisir d'un projet de loi ou
non.
la question de la violation de droit ou de privilège, M. le Président, je vous
ai dit, hier : Je vous laisse maître des faits. Sur les faits, vous ne pouvez pas en arriver à la conclusion qu'il
y a eu violation de droit ou de privilège. Par contre, M. le Président,
j'entends, de votre décision, que vous dites qu'on ne peut pas faire non plus
indirectement ce qu'on ne peut pas faire directement, qu'on ne peut pas le
faire à la pièce.
M. le Président, je dois dire que je m'inscris en faux sur l'argument du leader
du gouvernement. Je l'ai dit, hier, lorsqu'on consulte des gens, on leur
demande leur opinion dans le but d'être éclairé par leur expertise, c'est tout à fait souhaitable et louable, c'est un processus
normal. M. le Président, ce n'est absolument pas de ça qu'il est
question, ici. Il est question, ici, de retrouver mot à mot dans un
article de
journal ce qu'on retrouve dans le projet de loi, M. le Président. Je ne vois pas
en quoi on peut apparenter ça à de la consultation.
Donc,
M. le Président, que vous ne puissiez pas en arriver à la conclusion que ceci,
ce fait-là soit le fait du ministre, je le comprends. Ceci étant dit, M.
le Président, je reconnais dans votre décision que vous ne semez pas non plus
la confusion entre ce qui est une consultation légitime et ce qui est la
divulgation d'une information qui est un privilège de l'Assemblée nationale. Et
j'espère que le gouvernement a pris note de cette partie-là de votre jugement.
Président : Je pense que ma décision est claire et je souhaite
que tous ceux et celles qui vous entourent en prendront connaissance
effectivement pour éviter des problèmes dans l'avenir.
Nous en sommes
maintenant à période de...
Le Président :
Pardon? Mme la leader de l'opposition.
Maltais :
Nous avons demandé des consultations. Alors, il y aura consultations sur ce
projet de loi?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
M. le Président, ça me fait plaisir d'avoir cet échange avec notre collègue
parce que, si ma mémoire est bonne, je me suis permis de soulever sa question
hier, en son nom. Alors, je sens qu'on est de plus en plus conjoints. Je ne
sais pas ce qu'on devrait… Je ne sais pas ce qu'on doit en retirer...
Le Président :
Je m'excuse, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Et, si c'est possible de le dire, M. le Président, un peu plus tard dans nos
travaux, j'entends la satisfaire complètement en faisant un avis.
Le Président :
Ça ressemble à un vendredi 13, là, et...
Le Président :
Bon. Alors, nous en sommes maintenant à la période de questions et de réponses
orales. Et je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard :
M. le Président, plus tôt cette semaine, la ministre de la Sécurité publique a
accusé un juge d'être responsable de la
baisse des conditions de détention menant à l'évasion de trois présumés
criminels. Elle a même qualifié la décision du juge de questionnable.
Or, la version de la ministre,
et c'est un fait sans précédent, a été contredite par le juge lors de la
lecture de l'ordonnance qu'il a rendue. Et je le cite aujourd'hui, parce qu'il
a eu ces commentaires devant le tribunal : «Un flot d'information a circulé sur une ordonnance qui
aurait eu pour but d'assouplir les conditions
de détention des accusés […] Une telle décision aurait été rendue le
vendredi, la veille de l'évasion, alors qu'on ne s'est pas vu.» M. le Président,
fin de la citation.
C'est sans précédent. Le
discrédit, M. le Président, il est total. Je ne pense pas qu'on revoie ça qu'un
juge contredise la ministre.
Ce qu'on
aimerait savoir du premier ministre, ce matin, tout simplement : Est-ce qu'il va relever la ministre de ses fonctions
ou va-t-il garder une ministre qui n'a, de toute évidence, plus aucune
crédibilité pour exercer ses importantes fonctions?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, M. le
Président, bien sûr, notre collègue de la Sécurité publique, on la connaît, c'est
une femme qui est déterminée, un adjectif connu par les membres de l'opposition
officielle, énergique, courageuse et compétente. Elle a donc toute la confiance
du premier ministre, du gouvernement et de ses collègues de l'Assemblée
nationale.
Maintenant, et je veux le dire avec respect et
amitié à mon collègue, les questions soulevées cette semaine sont toutes légitimes. Il y a clairement des zones
d'ombre, des zones de contradiction dans plusieurs témoignages, dans plusieurs déclarations. Il y a clairement eu un
flot d'information insuffisant, mal coordonné et parfois même
contradictoire.
La façon d'avancer dans ce dossier, d'abord, c'est
de capturer les personnes le plus rapidement possible — et on voit qu'INTERPOL a été saisie du dossier — mais également de demander à une personne
compétente, indépendante de se
prononcer sur la question. On sait maintenant que Me Michel Bouchard le fera.
Il déposera son rapport d'ici le 31 août 2014, la vérité sera connue, et on ira de l'avant, s'il y a lieu, avec
les changements requis pour que ça ne se reproduise plus, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard : Il y aura
toujours des risques d'évasion, M. le Président. Mais non seulement la
vice-première ministre a jeté le discrédit
sur la magistrature, elle a également discrédité l'appareil d'État, ceux-là
mêmes actuellement qui tentent de
retrouver les fugitifs. Elle a lancé des accusations graves de mensonge contre
des hauts fonctionnaires, contre des responsables policiers et on ne
sait qui.
Le premier
ministre, d'ailleurs, doute de sa version. Le premier ministre a un choix
important à faire ce matin : protéger sa nomination ou protéger l'institution.
Je l'invite à faire le bon choix et protéger l'institution.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
les institutions de même que l'intérêt public sont très bien défendus et
représentés par notre collègue la ministre de la Sécurité publique. Je n'ai
aucun doute à cet égard.
Mais ce qui
est clair, c'est que la population ne comprend pas comment il a pu y avoir deux
évasions héliportées en l'espace de
quelques mois, comment se fait-il que des conditions de détention ont été
modifiées, comment se fait-il qu'on dit... que certains disent que le
complot d'évasion était connu et que malgré tout les personnes ont pris le
large. Ça, la population, avec raison, ne le comprend pas et ne l'accepte pas,
et je ne crois pas que, dans cette Assemblée, nous ne l'acceptions non plus.
Pour aller de
l'avant, d'abord, pendant que les forces policières font leur travail pour
capturer ces individus, il faut connaître l'ensemble des faits...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...et ce sera fait
avec l'enquête, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard :
La cause de l'évasion, elle est simple, M. le Président. Ces personnes-là, le
ministère savait, savait qu'ils voulaient s'évader, qu'ils avaient le
projet de s'évader. Or, malgré des règles de sécurité strictes… on a décidé de
les abaisser. La cause, elle est entendue sur le pourquoi ces gens-là ont pu s'évader.
Le problème, c'est que la ministre,
au lieu de coordonner les recherches, montrer de la confiance, rassurer les
gens, elle a inquiété tout le monde, elle a frappé la magistrature de discrédit et tout le ministère.
Actuellement, c'est la crédibilité du gouvernement qui
est entachée. J'invite le premier ministre à faire le seul choix qui...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, le
choix qui s'imposait a été fait, c'est faire la lumière sur l'ensemble des événements
et l'ensemble des informations. Notre collègue, encore une fois, soulève des
questions légitimes. Il est clair que
ces personnes qui étaient accusées, prévenues, bien sûr en attente d'un procès — donc, on ne peut pas présumer de la conclusion du procès — ont vu leurs conditions de détention
modifiées à la baisse avant l'évasion,
c'est clair. Pourquoi? Comment? Pour
quelle raison? Voilà les questions essentielles et voilà ce que seule une enquête
compétente, indépendante pourra nous révéler.
Le Président : Troisième
question complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard : En posant
la question dès samedi soir au ministère : Qui était responsable de cette
baisse de sécurité?, nous aurions déjà la
réponse aujourd'hui, et on l'aurait eue dès lundi. Au lieu de ça, on a assisté
à un cafouillage et à un discrédit de tout le ministère. Actuellement,
la ministre a dit qu'il y a des gens au ministère, des responsables policiers
qui lui mentaient, ces gens mêmes, là, qui doivent coordonner les recherches.
Moi, je demande au premier ministre à faire son
devoir. Et son devoir, maintenant, c'est de dire à sa ministre de passer la
main et de prendre lui-même cette…
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
ne me souviens pas que notre consoeur ait mis en cause une personne en particulier ou une institution particulière. Elle
s'est interrogée sur la qualité de l'information et la cohérence des
informations qui lui sont fournies, et je
crois qu'à la lumière des déclarations des derniers jours on peut comprendre sa
préoccupation, n'est-ce pas?
Maintenant,
ce qui est important, encore une fois, et ce que les citoyens veulent, d'abord,
un, c'est que les efforts qui ont commencé dans les minutes qui ont
suivi l'évasion pour capturer les individus se poursuivent avec succès et,
deuxièmement, qu'on comprenne la raison pour laquelle les conditions de
détention ont été modifiées. Seule une enquête indépendante, compétente fera la
lumière sur ces questions, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le
Président, ce matin dans La Presse , le chroniqueur Yves Boisvert, et je
cite : «Peut-être s'est-il envolé en
pleine nuit. Certains disent l'avoir entendu faire du bruit près de Québec.
Toujours est-il qu'on est sans nouvelles du jugement de la ministre[...].
Il s'est évadé sans laisser de traces.
«[...]Propos faux, [...]qui devraient donner
lieu à des excuses de la ministre. […][Une] ministre n'a pas à se prononcer sur
[des] jugements des tribunaux, encore moins pour les qualifier de
"questionnables"[...].
«[...]une ministre responsable ne se garroche
pas sur la place publique pour émettre des hypothèses et penser tout haut…»
Enfin :
«Pas sûr qu'elle ait le doigté pour manoeuvrer dans l'univers très délicat des
pénitenciers, de la police et de la justice, qui [ont tous] leurs codes
et leurs susceptibilités légitimes.»
Aujourd'hui,
M. le Président, le premier ministre a une décision à prendre, et on ne tiendra
pas compte seulement du jugement de la ministre mais maintenant le sien.
Le Président : Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Thériault : Oui. M. le Président, je remercie le collègue de sa
question. Je pense que le premier ministre a quand même été assez clair sur le fait qu'il y a beaucoup d'événements
qui sont troublants. C'est questionnable, je l'ai dit.
Me Bouchard a
été nommé, je pense qu'il n'y a pas personne qui va remettre sa compétence en
cause non plus. C'est un homme qui est connu
pour être rigoureux dans ses dossiers, il fait les choses avec beaucoup de
sérieux, il a une excellente réputation. Je pense que ce qui est important, à l'heure…
au moment où on se parle, c'est que Me Bouchard
puisse avoir toute la latitude pour faire la lumière sur ce qui s'est vraiment
passé. Donc, vous comprendrez que l'enquête,
elle est entre ses mains et qu'à partir de ce moment-là je ne commenterai ni
les actions de Me Bouchard ni ce qui se passe
concernant le procès, M. le Président. Je pense qu'il est sage de ma part d'adopter
cette attitude-là, M. le Président. Et vous comprendrez, M. le Président, que
mes réponses seront dorénavant vraiment très limitées. Mais j'ai bien hâte qu'on
fasse toute la lumière et qu'on puisse enfin savoir les vraies choses, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
M. le Président, ce matin, on apprend une nouvelle preuve de manque de
jugement. Hier, on a mis en ligne le mandat de la personne qu'on a nommée, qu'on
vient d'évoquer. Le problème, c'est qu'on retrouvait l'adresse personnelle de l'enquêteur.
Ce matin, nous avons contacté le cabinet de la ministre pour lui dire que ce n'était
pas une bonne idée. Dans les minutes qui ont suivi, le document a été caviardé.
Est-ce que le premier
ministre considère que cet autre cafouillage contribue à la crédibilité de sa
ministre et de son gouvernement?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Thériault : Oui. M. le Président, je pense que ce qui est
important, à l'heure où on se parle, c'est de mettre tous les efforts possibles de tous les corps
policiers et de tous les intervenants pour pouvoir mettre la main au collet
des trois fugitifs, M. le Président. C'est la mission première de la Sécurité
publique. C'est ce que les policiers doivent faire. Nous avons d'ailleurs demandé l'aide de tous les policiers, tous les
corps policiers, que ce soit au Canada, dans les autres provinces et même de l'INTERPOL, M. le Président.
Je pense que le ministère de la Sécurité publique fait exactement le travail qu'il est supposé de faire, soit
travailler à mettre la main au collet des trois fugitifs. Et c'est la seule
priorité que nous devons avoir, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
M. le Président, évidemment, la traque des fugitifs, c'est un espoir qu'on
conserve avec le gouvernement, avec l'ensemble
de la population, ça va de soi, mais il est question ici de jugement dans des
circonstances difficiles mais des circonstances essentielles. On a besoin que
la ministre de la Sécurité publique et le gouvernement soient bien solides sur
ces enjeux-là.
Qu'est-ce que ce
sera, dans l'avenir, lorsqu'il y aura d'autres catastrophes naturelles ou
crises et où la même ministre, qui sera appuyée par son gouvernement, oeuvrera
encore une fois? Quant à nous, c'en est trop, la ministre ne peut pas continuer
dans ces circonstances. Il est question de préserver nos institutions.
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Thériault :
Oui. Vous comprendrez, M. le Président, que, présentement, la priorité du gouvernement,
si on fait face à notre jugement, c'est de
mettre tous les efforts nécessaires pour trouver les fugitifs, M. le Président, et de laisser Me Bouchard
faire son travail correctement, honorablement, chose qu'il fera, pour que la
lumière soit enfin faite et que tous les parlementaires aient l'information
à leur disponibilité dès que le rapport me sera remis, M. le Président, si les
conditions le permettent, évidemment. Merci.
Le Président :
Principale, Mme la leader de l'opposition.
Maltais :
En l'absence du premier ministre, la vice-première ministre exerce les
fonctions de chef du gouvernement. Jugeons de sa compétence pour exercer cette responsabilité.
Entre le moment de l'évasion samedi soir et
lundi après-midi, il eût suffi d'une seule conférence de presse en
compagnie de la SQ et du ministère de
la Sécurité publique pour rassurer la population, elle a gardé le
silence. Ensuite, elle charge notre parti. Et, mardi, en l'absence du premier
ministre, alors qu'elle est la plus
haute autorité politique en territoire québécois, elle met en cause un juge pour se couvrir avec l'approbation de la ministre
de la Justice — approbation
muette — qu'elle
a entraînée dans sa faute. Mercredi et
jeudi, c'est le premier ministre qu'elle a éclaboussé, car il lui a fait confiance
et s'est ajouté aux ministres
remettant en cause le juge. Le
premier ministre doit se ressaisir aujourd'hui et retirer sa confiance en la
vice-première ministre.
Le Président : Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Thériault : Oui. M. le Président, je pense que c'est important
de répéter qu'à ce stade-ci c'est vraiment la priorité numéro un de mettre la main au collet des fugitifs. Et je
comprends très bien que notre collègue a tenu ces propos. Vous allez me
permettre, M. le Président, de déposer le communiqué qui a été envoyé dimanche
sur le fil de presse. Tout le monde sait que les équipes du ministère de la
Sécurité publique étaient à pied d'oeuvre dès samedi soir, M. le Président. Et,
je tiens à rassurer les gens qui nous écoutent, j'assume mes fonctions avec
beaucoup de rigueur, M. le Président. Et, vous savez, il y aura, un jour, le
rapport de Me Bouchard qui sera déposé, et je suis convaincue qu'on saura faire
la différence, M. le Président. Je dépose les documents.
Le Président : On a un
consentement pour le dépôt? Consentement pour le dépôt? Oui.
Première additionnelle, Mme la leader de l'opposition.
Maltais :
La vice-première ministre, clairement, a déclaré que c'est un juge qui avait
fait desserrer la cote de sécurité…
qui avait fait diminuer, abaisser la cote de sécurité qui a amené à une
évasion, c'était très clair. Ce qui est pire, c'est que, dans cette faute, elle a entraîné la ministre de la Justice
et même le premier ministre, qui a embarqué dans cette histoire. Elle a
jeté le discrédit sur les fonctionnaires, sur les policiers, sur son ministère.
C'en est assez.
Le Président : Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Mme Thériault : M. le
Président, je pense qu'il est important de rappeler le mandat de Me Bouchard.
On est devant des évasions, M. le Président,
deux en 15 mois, et le mandat de Me Bouchard, c'est de faire les
circonstances sur l'évasion de samedi
soir, évidemment les mesures mises en place par le ministère dans les
établissements, le centre de détention,
à la suite de l'évasion des détenus de Saint-Jérôme, M. le Président. Il aura
également l'occasion de regarder les
conditions de détention en lien avec l'attribution de la cote de sécurité des
personnes. Il se penchera sur les conditions de détention des prévenus à
l'occasion d'un procès, M. le Président. Donc, M. le Président, je pense qu'on
va laisser le temps à Me Bouchard…
Le Président : En terminant.
Mme Thériault : …de faire son
travail. C'est ce que tous les parlementaires doivent faire, M. le Président.
Le Président :
Complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard : M. le
Président, la faute, elle est totale parce qu'en plus d'avoir induit tout le
monde en erreur quant au jugement du juge elle a invoqué par la suite le fait
que c'était une ordonnance de non-publication qui ne lui permettait plus de
commenter, ce qui est faux. Elle a forcé un juge à lever cet interdit pour que
lui-même ne soit pas victime du discrédit. C'est du jamais vu, M. le Président.
Maintenant qu'on
sait que, de toute façon, de facto, elle n'opère plus — en nommant M. Bouchard, il lui enlève sa
responsabilité — est-ce
qu'il doit prendre la responsabilité première de s'assurer que la ministre ne
soit plus à la…
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je pense, pour tous ceux qui
nous écoutent, et à la télévision notamment, qui ont entendu la réponse
et du premier ministre et de la ministre de la Sécurité publique à la question
posée par notre collègue, on a eu, d'une
part, un élément excessivement important que la ministre nous a confié,
combien… toute l'énergie qui est mise au ministère avec les forces
policières pour retrouver les évadés. Alors, commençons par se dire ça.
Lorsqu'on dit
que notre collègue ne satisfait pas aux critères de l'opposition, certainement
à ceux de l'opinion publique, de s'assurer
que la première priorité soit celle de rattraper les évadés. Ça, je pense que
ça répond complètement à ça, et toutes les énergies sont mises
là-dessus. Pour le reste, il y a eu des éléments de communication qui semblent
avoir été contradictoires, et, pour aller au fond des choses, il y a eu une
enquête qui a été demandée à une personne de réputation…
Le Président : En terminant.
M. Fournier :
…non questionnable par personne et dont…
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
le ministre des Finances, hier, a annoncé la formation d'une commission sur la fiscalité et il a fait une déclaration très
surprenante, et je le cite : «…taxer moins le revenu et taxer plus la
consommation me semble être une tendance
très prometteuse.» En plus, M. le Président, lorsqu'un journaliste lui a
demandé : Est-ce que ça va augmenter,
au total, ou diminuer, au total, le fardeau fiscal de la classe moyenne?, il a
répondu : «Ce n'est pas inévitable que ce soit l'un ou l'autre.»
Alors que les
Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord, le ministre des Finances
songe à augmenter le fardeau fiscal
des Québécois, mais, M. le Président, je veux revenir juste sur la
partie taxes
à la consommation. On sait qu'au Québec, déjà, le niveau de taxes à la
consommation… la TVQ additionnée avec la TPS, au total, les taxes à la consommation sont plus élevées qu'en Ontario, qu'au
Nouveau-Brunswick, que dans l'État de New York, que dans l'État du
Vermont. Donc, à sa face même, c'est une très mauvaise idée d'augmenter les
taxes à la consommation, ça va nuire à l'économie du Québec.
Moi, je
voudrais savoir, là, je pense que les Québécois ont le droit de savoir ce matin
de la part du premier ministre, là, est-ce qu'il s'engage, oui ou non, à
ne pas augmenter la TVQ au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
remercie notre collègue de me donner l'occasion de saluer le geste historique qu'on pose parce que ce n'est pas arrivé
souvent dans les dernières décennies au Québec qu'on porte un jugement en profondeur sur le régime fiscal québécois,
autant celui des individus que celui des entreprises. Pourquoi? Parce qu'on
veut être certains que la fiscalité, plus qu'un simple élément de ponction dans
les poches des contribuables, soit également un outil et un levier de
développement économique pour récompenser le travail, l'effort, l'investissement et la création d'emplois.
On est tous d'accord
là-dessus. Laissons la commission faire son travail. Elle le fera, elle rendra
ses recommandations. Nous déposerons — pas la commission — nous
déposerons un budget, prendrons les décisions appropriées dans le but — et je vais répondre à sa question en
terminant mon intervention — de réduire le fardeau fiscal des Québécois à
l'aide des marges que des finances saines et équilibrées dégageront, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
on n'a pas besoin d'une commission pour savoir si c'est une bonne idée ou une
mauvaise idée d'augmenter la TVQ au Québec. On n'est pas, là, dans une théorie
économique, là, on n'est pas en Europe, on
est en Amérique du Nord, tous nos voisins ont déjà des taux de taxe à la
consommation qui sont plus bas que nous autres.
Donc, je
répète ma question très simple : Est-ce que le premier ministre s'engage,
oui ou non, à rappeler à l'ordre son ministre des Finances puis à s'engager,
donc, à ne pas augmenter la TVQ au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
non seulement je ne vais pas rappeler à l'ordre le ministre des Finances,
mais je vais le féliciter, de même que son équipe, pour avoir réussi en moins
de six semaines à présenter un budget complet, incluant un cahier des dépenses, qui est une innovation relativement
récente. Je réitère notre intention, sur la base de finances publiques
équilibrées, de baisser le fardeau fiscal des Québécois, mais j'invite, j'invite
le chef de la deuxième opposition à se
présenter devant la commission et à faire des recommandations, des suggestions.
Il doit avoir des idées, lui aussi, sur la fiscalité du Québec. Qu'il
les dépose, qu'on en discute, qu'on en débatte.
Le Président : En terminant.
M. Couillard : On va les accueillir
avec plaisir, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, j'avais des doutes sur les compétences économiques du nouveau
gouvernement, mais, quand on a un premier
ministre qui vient nous dire ce matin qu'il n'exclut pas d'augmenter la TVQ alors
qu'on a déjà les taxes sur la
consommation les plus élevées en Amérique du Nord, bien je pense qu'on a notre
réponse aujourd'hui. Et, à moins que le premier ministre ne réponde à ma
question, ce qu'il n'a pas fait jusqu'à présent, là, donc il envisage la
possibilité d'augmenter la TVQ. C'est irresponsable.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Ce qui serait
irresponsable, M. le Président, c'est de nommer une commission sur la fiscalité
composée… — puis
je pense qu'il n'a aucune objection sur aucune des personnes qui la composent,
incluant son président — et
puis leur dire, comme on pourrait le faire aussi si on écoutait d'autres
groupes d'opposition pour la commission de
révision de programmes: Réfléchissez sur tout, mais pas sur ça, pas sur
ça, pas sur ça. À ce moment-là, c'est aussi bien de ne pas avoir de
commission. On veut un examen détaillé, large, motivé des changements à
apporter à la fiscalité du Québec pour qu'elle devienne un levier de
développement économique et de création d'emplois pour tous les Québécois et
assure le maintien de nos services publics à long terme.
Le Président : Principale, M.
le député de Lévis.
Dubé : Oui, M. le Président. Avant et pendant la campagne électorale,
la Chambre de commerce de Lévis a demandé au gouvernement du Québec qu'il
produise une étude de faisabilité pour un troisième lien entre Québec et Lévis, et nous avons été le premier parti
politique à supporter cette demande d'étude. Lors de la dernière campagne,
l'actuel ministre responsable de la
Capitale-Nationale déclarait au FM93 le 28 mars, et je le cite : «On
ne peut pas dire non à une étude. Il
faut au moins actualiser l'étude qui a été faite il y a 10 ans pour savoir où
on va, comment ça coûte et c'est quoi, le potentiel. On n'a pas le choix
de faire cette étude.»
J'aimerais
donc savoir quand — la date
et l'échéancier — qu'il
entend donner suite à sa promesse électorale, s'il vous plaît.
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Poëti : M. le Président,
comme, depuis le début, l'ensemble des dossiers, l'ensemble des demandes, l'ensemble
des idées de développement au niveau du transport, c'est assez large, et il
faut les regarder un en arrière de l'autre
et être capable de les évaluer à leur juste valeur avec le besoin des citoyens.
C'est ce qu'on fait actuellement, on analyse
le dossier, on le regarde et on va s'assurer que l'ensemble des citoyens soient
capables d'utiliser le transport, se déplacer et voyager de façon
sécuritaire. Mais, pour le développement, on va regarder la capacité des
Québécois à payer de nouveaux projets.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lévis.
Dubé : …c'est clair, je n'ai pas eu ma réponse, mais je vais
recommencer. Le gouvernement est confronté avec une décision très
difficile, M. le Président, pour des rénovations majeures pour le pont de l'île
d'Orléans. On parle de plus de 400 millions qui doivent être investis dans
le pont de l'île d'Orléans pour réparer la structure.
Étant donné l'urgence
des travaux et étant donné le besoin de s'assurer qu'il y a cohérence entre les
deux, peut-on obtenir du gouvernement un engagement très clair que cette
étude-là va être complétée avant tout engagement sur les rénovations du pont de
l'île d'Orléans?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Poëti :
La réponse, il y en a une
partie de donnée par le collègue. En fait, cette
étude-là de faisabilité pourrait friser les
5 millions, M. le
Président, 5 millions de dollars. La capacité des Québécois actuellement, avant
d'engager 5 millions de dollars sur la carte de crédit des Québécois… Je suis
convaincu que mes collègues ne veulent pas aller là, et nous n'irons pas
là, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Lévis.
Dubé : Écoutez, M. le Président, je veux juste être clair, là. Il est
très, très clair qu'il y a des choix qui ont été mauvais, qui ont été faits par rapport au pont de Québec, au pont
Laporte, de mettre ces deux ponts-là au même endroit parce qu'on a
essayé de faire des économies de bouts de chandelles, puis on a des gros
problèmes de trafic. On parle de décisions qui vont se prendre dans 10 ans. Ça
prend une étude de faisabilité. Elle a été promise, est-ce qu'ils vont
respecter leur engagement?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Poëti :
Si on regarde l'histoire, M. le Président, nos collègues d'en face… Évidemment,
le ministre des Transports avait clairement
affirmé — et je le
cite — qu'«une
étude de faisabilité [...] n'était pas sur son radar». Annie Morin, Le Soleil ,
26 mars 2014.
Alors,
je réitère encore une fois au collègue : Nous allons étudier dans l'ensemble
l'ensemble des projets, l'ensemble du
besoin et aussi analyser le flot de circulation qui est là — parce que, ça, il ne m'en parle pas — alors, quel est le besoin réel.
Est-ce que le besoin réel est une étude à 5 millions? On va l'évaluer,
monsieur.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Merci, M. le Président. Alors, le premier ministre a dû s'étouffer, ce matin,
en lisant la une du Devoir : «Battez-vous!» La
ministre de la Culture invite le milieu à lutter pour annuler les coupes de
crédits d'impôt annoncées . Alors
qu'hier, à la suite de mes questions dénonçant ces mêmes coupes, la ministre se
disait satisfaite du budget, nous assistons
aujourd'hui à un revirement spectaculaire et assez stupéfiant. C'est du
jamais-vu. La ministre se désolidarise, d'une part, complètement de son gouvernement et invite le milieu à se
mobiliser pour faire renverser la décision de son collègue des Finances,
mais, pire, elle se désolidarise aussi complètement du milieu culturel, des
artistes, artisans, producteurs, diffuseurs, ces gens qu'elle doit défendre. C'est
elle qui doit se battre pour eux, pas l'inverse.
ministre sait-elle qu'elle est la ministre de la Culture au Québec?
Est-ce qu'elle sait que c'est son rôle de se battre pour la culture?
Peut-elle nous expliquer comment elle a pu abdiquer ainsi ses responsabilités?
Le Président :
Mme la ministre de la Culture.
Mme David
(Outremont) : Alors, M. le Président, oui, il y a eu une entrevue hier
donnée à Mme Odile Tremblay, et disons que j'ai été moi-même extrêmement
surprise du
titre qui a été donné, à ce point que le
titre vient d'être changé
sur le site du Devoir , ils ont reconnu que ce n'étaient pas les propos
que j'avais dits. J'ai plutôt dit…
Mme David
(Outremont) : Vous me permettrez de continuer, s'il vous plaît, pour
rétablir un petit peu. La question
était : Qu'est-ce que vous avez l'intention de faire pour ces crédits d'impôt
là? Avez-vous l'intention de vous battre? J'ai répondu : Se battre,
c'est déjà bien commencé de la part du milieu. Et je ne convaincrai personne,
je n'ai pas besoin de mettre plus, que le milieu est très interpellé.
Ceci
dit, ceci dit, j'ai toujours… Et j'ai dit dans la suite de l'article — et c'est bien rapporté — qu'il est important que les milieux,
les partenaires, les gens qui se sentent lésés, inquiets, qui ont des choses à
dire… Le ministre des Finances n'arrête pas
de le répéter, ils vont être invités à venir présenter leurs préoccupations,
leurs suggestions, leurs solutions, et c'est ce que je les ai invités à
faire.
Le Président :
En terminant.
Mme David
(Outremont) : Et j'ai aussi dit, avec le ministre des Finances, que
nous étions même prêts à engager le dialogue…
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : M. le Président, je n'invente rien. La ministre est
allée jusqu'à dire aux gens du milieu — et c'est entre guillemets — qu'ils doivent venir s'expliquer devant la commission d'examen sur
la fiscalité. Je cite : «Préparez les présentations les plus
claires et convaincantes possible.»
Doit-on comprendre
que la commission va se transformer en tribunal d'appel des décisions prises
dans le budget? Et, à cette commission d'appel,
est-ce que la ministre va être du côté du gouvernement ou du côté du milieu
culturel lors des plaidoiries?
Le Président :
Mme la ministre de la Culture.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez, soyons un petit peu sérieux. Je pense
que les gens qui vont venir présenter des
mémoires, présenter leur position, évidemment, vont le faire avec sérieux et
voudront être convaincants. Ceci dit, si on a lu…
David (Outremont) : Et, justement, venir présenter leur situation, et
je pense que le ministre des Finances, moi,
le ministre de l'Économie, le président du Conseil du trésor serons à l'écoute.
Et, le ministre des Finances l'a bien dit,
au cas par cas nous regarderons la situation. Voilà un bel exemple de cas par
cas. Les gens sont au travail, ils vont venir, et on souhaite qu'ils
soient le mieux structurés possible. C'était ce que je voulais dire.
Par ailleurs, par
ailleurs, je peux citer un autre commentaire qui est vraiment à l'honneur de
notre budget…
Le Président :
En terminant.
Mme David
(Outremont) : Alors, je citerai tout à l'heure.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : C'est assez hallucinant, M. le Président, il n'y a
eu aucune consultation auprès du milieu avant les coupes, il n'y a pas
eu d'étude d'impact, et là on se fait dire : Oui, oui, il va y avoir la
commission sur la fiscalité, ça va être un tribunal d'appel pour les gens qui
ne sont pas contents.
Moi,
j'aimerais entendre, la ministre aujourd'hui, c'est quoi, sa position à elle.
Est-ce qu'elle va voter pour ou contre
le budget? Est-ce qu'elle va être du côté du milieu culturel quand ils vont
aller faire leur plaidoirie? Qu'est-ce qu'elle a à nous dire, elle,
comme ministre de la Culture au Québec?
Le Président :
Mme la ministre de la Culture.
Mme David
(Outremont) : Au contraire, je trouve très intéressant, M. le
Président, qu'il y ait une telle ouverture. Encore, notre premier ministre a
invité le chef de la deuxième opposition à venir donner leur opinion. Les citoyens, les organisations viendront donner leurs
positions, et le ministre des Finances écoutera, et c'est exactement
dans le sens que je vais travailler avec le gouvernement et avec les
partenaires.
Le Président :
Principale, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
M. le Président, il y a quatre ans, Québec solidaire a été le premier à
documenter les manoeuvres de prête-noms utilisées pour le financement
sectoriel. On l'a soumis au Directeur général des élections et à la Sûreté du Québec. Le Directeur général des élections nous a
consultés pour démontrer ensuite qu'il y avait eu 13 millions de
dollars qui ont été versés par
532 entreprises au Parti libéral, au Parti québécois et même à l'ADQ sur
une période de cinq ans.
En 2012, une nouvelle
enquête de notre part a démontré que le financement sectoriel au Parti libéral,
ça date de 30 ans. Eh bien, cette semaine, Marc-Yvan Côté l'a reconnu à la commission
Charbonneau. Selon lui, le nier aujourd'hui, ça serait nier l'évidence. Les
vieux partis ont toujours sollicité les entreprises tout en sachant que c'est frauduleux. Ce qui a changé depuis 2003, c'est la
pression sur les ministres dans les objectifs de financement. Ça concerne l'actuel premier
ministre. Marc-Yvan Côté dit
avoir participé à un de ces cocktails de financement sectoriel. Par
souci de transparence, je demanderais si le premier ministre peut le confirmer.
Savait-il que c'était illégal?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : M. le Président, je comprends tout le questionnement de notre collègue et aussi tout l'exposé qu'il fait sur la
participation de Québec solidaire au cours des dernières années pour établir un
certain nombre d'éléments devant le DGE,
qui, d'ailleurs, a procédé à de nombreuses poursuites et des enquêtes qu'il a
menées. Puis-je me permettre de
rappeler, M. le Président, à cette Assemblée et ainsi qu'à notre collègue qu'il
a pu, justement, faire un certain nombre de ces poursuites assez récemment, équipé de nouveaux pouvoirs qui lui
ont été donnés au cours des récentes années, peu importent les
formations politiques qui formaient le gouvernement?
Notamment, je
m'en souviens d'une qui était une loi qui portait un
titre assez évocateur, une
loi anti-prête-noms. Elle ne portait
pas ce nom-là pour rien, M. le Président, il y avait une valeur pédagogique. Je
me souviens d'avoir été assis aux alentours, ici, et établir qu'il
fallait passer le message à la population. Et le simple fait de mentionner dans
le
titre ce
titre évocateur, me semble-t-il
que cela passait un message. Mais, outre ce message de la loi et de son titre,
il y a des réels pouvoirs qui ont été donnés au DGE, notamment — et ce
n'est pas banal — un
pouvoir qui lui permet d'avoir accès à des informations de Revenu Québec pour
croiser les informations pour éviter ce genre d'éléments.
Le Président : En terminant.
Fournier : Ceci étant dit, et je vois que peut-être vous m'encouragez
de le faire en complémentaire, donc...
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : M. le Président, le premier
ministre demeure silencieux. Si c'est une manière de nier, je pense que
les Québécois ne le croiront pas plus que les Montréalais ont cru Gérald
Tremblay.
Comment un
homme de son intelligence pouvait-il ignorer dans quel but les dirigeants de
SNC-Lavalin, des firmes de
construction, des avocats des grandes firmes s'invitaient dans ces cocktails de
financement? Comment pouvait-il fermer les yeux sur une opération de
trafic d'influence? Je pense, c'est au premier ministre à répondre aux
Québécois.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : Je pense que
notre collègue pousse un peu le bouchon, hein, M. le Président, là, avec des expressions un peu fortes, quand même, de son cru.
Mais il n'est pas DGE — pas encore, en tout cas — et ce genre de conclusion pourrait être tirée par un DGE, mais
certainement pas par un collègue qui tire à bout portant sur plein…
Plein d'accusations, et, une fois qu'il les
a faites, dit : Bien, vous n'avez pas prouvé que vous l'avez nié, donc
vous l'êtes. On est dans un système un peu paradoxal… nous sommes
présentement.
Ceci étant,
M. le Président, nous avons des lois, et il en existe encore aujourd'hui… Il y
a encore une
loi sur le financement individuel aujourd'hui. Qu'on fasse
passer les plafonds de 3 000 $, à 1 000 $, à 100 $, il
reste qu'il y a des gens qui font des
contributions. Et j'écoute notre collègue, qui semble attaquer tout le monde
qui fait une contribution...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : Dès que quelqu'un
vient faire une contribution, il est coupable de quelque chose. Je ne pense pas
que la loi permette ça, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : Je constate que le premier ministre
ne répond toujours pas. Pourtant, Marc-Yvan Côté est très clair, des entreprises donnent aux partis, je cite, «pour
être entendues sur des orientations globales». Qui dit orientations
globales au Parti libéral dit béton, grands
projets comme la Romaine. C'est 8 milliards de dollars pour produire de l'électricité
qu'on va vendre à perte. Ça ne fait pas de sens, sauf pour ceux qui donnent au
Parti libéral, SNC-Lavalin, les entreprises de Franco Fava ou Tony Accurso.
M. le premier ministre...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier :
M. le Président, tantôt, j'évoquais la possibilité de confusion des rôles entre
notre collègue et l'institution du Directeur général des élections du Québec.
Peut-être qu'on peut noter une autre confusion avec la commission Charbonneau elle-même, qui fait un travail présentement, qui
entend des témoins, qui va présenter un rapport duquel nous tirerons
tous des conclusions. Tout le monde a dit que les recommandations seraient
mises de l'avant. Alors, sur ce point-là, il n'y a pas de difficulté, c'est ce
qu'il faut faire.
Maintenant,
quand le député se lève et, lui-même, établit une preuve qu'il fait de
lui-même, porte le jugement lui-même et entache tout le monde,
finalement est-ce qu'il sert vraiment nos institutions?
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
Je laisse la question en suspens, peut-être qu'il pourra y répondre.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : M. le Président, l'industrie du fromage québécois est
inquiète. Avec l'éventuelle mise en oeuvre de l'accord du libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, les
Européens pourront maintenant exporter plus de 17 000 tonnes de
fromage supplémentaires au Canada. On sait que les producteurs européens sont
généreusement subventionnés pour l'exploitation,
ce qui fait craindre le pire aux producteurs du Québec. Selon l'UPA, cet accord
pourrait faire perdre 450 millions de
dollars par année aux producteurs du Québec. Le gouvernement fédéral s'est d'ailleurs
engagé à dédommager les artisans québécois, mais, depuis cet engagement, rien n'a
bougé.
Qu'a concrètement
fait le ministre de l'Agriculture pour garantir aux producteurs de fromage de
recevoir leur compensation financière d'Ottawa lorsque l'entente sera en
vigueur?
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
Paradis : Oui. À ma collègue, je rappellerai tout simplement
que nous avons hérité d'une situation où il y a une entente de principe
qui a été signée par un gouvernement précédent, nous l'avons prise telle
quelle. Les principes qui y sont contenus
concèdent des avantages à certains producteurs, certains désavantages à d'autres
productions. À
titre d'exemple, les
producteurs de porc vont avoir accès au marché européen, les producteurs de
fromage québécois vont subir des répercussions si l'entente est
entérinée. Ce que l'on cherche à obtenir, c'est de la justice pour tout le
monde.
Maintenant,
ceux et celles qui sont des gagnants sont satisfaits de l'entente. Ceux et
celles qui sont des perdants exigent des compensations, et ces
exigences-là sont tout à fait légitimes. Nous avons entrepris des pourparlers
avec le gouvernement fédéral. J'ai eu des
communications directes avec le ministre fédéral de l'Agriculture, et notre
but, c'est qu'il n'y ait pas d'innocentes victimes suite à la signature de
cette entente.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : M. le Président, lors de son discours sur le budget, le
ministre des Finances n'a prononcé aucun mot sur l'agriculture. C'est
très décevant. Ça fait des décennies qu'on bâtit l'industrie des fromages fins
au Québec, et il faut la préserver. Pour ça, ça prend un ministre de l'Agriculture
qui va la défendre face à Ottawa.
Quelle garantie le
ministre de l'Agriculture peut-il aujourd'hui donner aux producteurs de fromage
pour la juste compensation qui leur est due?
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
Paradis : Oui. À Mme la députée, M. le Président, le
ministre des Finances a prononcé un budget où il a fait une place à l'agriculture.
Oui, les agriculteurs sont appelés, comme les autres clientèles
gouvernementales, à contribuer à l'effort.
Mais, quand on demande à des agriculteurs de fournir des efforts, ils sont
habitués de fournir des efforts. Et, quand ils ont pris connaissance du
budget du ministre des Finances et qu'ils ont constaté que ces efforts étaient
des efforts raisonnables, bien, ils ont
trouvé très raisonnables les demandes du ministre des Finances et ils vont
livrer la marchandise, ils m'en ont assuré.
Maintenant,
en ce qui concerne les producteurs de fromages fins comme tels, je tiens à le
répéter, on n'acceptera pas, de ce
côté-ci de la Chambre — puis on compte sur l'appui des autres côtés de la Chambre — qu'il y ait d'innocentes victimes
dans un accord de libre-échange.
Le Président : En terminant.
Paradis : Et, si
ces producteurs de fromage là sont plus à risque que d'autres producteurs, nous
les…
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours :
M. le Président, permettez-moi d'en douter. Hier, ils n'ont même pas accepté
notre motion. Le gouvernement fédéral
dit que l'entente aura un impact limité sur les producteurs de fromage en
raison de la croissance de la consommation.
Le ministre
est-il d'accord avec cette hypothèse du gouvernement fédéral et a-t-il demandé
des comptes à Ottawa pour savoir comment le marché québécois peut
absorber des milliers de tonnes de fromage de plus sans conséquence pour les
producteurs d'ici?
Le Président : M. le ministre
de l'Agriculture.
Paradis :
Oui. Très brièvement, sur la motion qui a été présentée hier, M. le Président,
il y a eu une motion qui a été
présentée par le député de Berthier, il y a eu un amendement qui a été proposé
par le Parti libéral du Québec, il y a eu une contre-proposition du
Parti québécois. Je ne vois pas la CAQ nulle part dans ce dossier-là, M. le
Président. S'ils avaient participé, peut-être que nous aurions pu en arriver à
une entente pour le bénéfice des producteurs. Quant à nos amis d'en face, ils
ont tellement bien compris le dossier…
Paradis : Quant à
nos amis d'en face, ils ont tellement bien compris le dossier agricole que La
Terre de chez nous titrait récemment Les candidats péquistes agricoles
ont tous subi la défaite dans leur comté . Ça parle par soi-même.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : M. le Président,
lundi, j'ai interrogé le ministre de la Santé au sujet d'une dame qui a attendu une ambulance pendant quatre heures chez
elle. Le ministre a parlé d'un comité, un comité qui devra déposer son rapport et qui vise à l'optimisation des soins
préhospitaliers. Pour les gens à la maison, c'est très obscur et très long.
On n'est pas dans l'optimisation, on est dans l'accès à des services essentiels
qui sont requis.
Au même
moment, lundi, une autre dame de 87 ans, parfaitement autonome chez elle,
s'est fracturé la hanche à Montréal
vers 12 h 30 et est demeurée couchée par terre à attendre l'arrivée
des ambulanciers jusqu'à 5 h 30. On parle de Montréal, où les distances sont très courtes. Il n'y avait aucune autre ambulance disponible pendant cinq heures autour de
cette dame-là.
Le problème d'accès est inacceptable. C'est le
troisième cas en un mois. Ce qui semblait être exceptionnel semble devenir
routine, je suis inquiète pour les personnes âgées…
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, évidemment, l'urgence… notre système préhospitalier
d'urgence est un système qui vise à faire en sorte qu'évidemment,
lorsqu'il y a une urgence et qu'on appelle l'ambulance, l'ambulance arrive le
plus souvent possible, on s'entend là-dessus. Et il est évidemment malheureux
que des circonstances comme celles-là surviennent.
Ceci dit, il y a
occasionnellement, comme je l'ai dit précédemment, dans notre réseau, malheureusement,
des périodes de surcharge, et il y a
eu une période de surcharge encore une fois, malheureusement, cette
semaine, qui a fait en sorte qu'il y a
eu un appel qui s'est déroulé de la façon suivante : il y a
eu un appel, et la personne a été prise en charge, et une ambulance a été envoyée. Malheureusement, M. le Président, à ma connaissance, à quatre reprises, des
ambulances qui ont été
envoyées au site du domicile de la personne qui appelait ont dû être détournées
pour d'autres urgences, ce qui montre évidemment
qu'il y a quand même, fondamentalement, une problématique.
En tout temps, M. le Président, la personne a été en contact avec
Urgences-Santé pour être prise en charge au cas où sa situation se
détériorerait.
Ceci dit, l'opposition
officielle elle-même a mis en place…
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
…le fameux comité qui doit déposer son rapport pour évaluer la situation des
services…
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Duplessis.
Richard (Duplessis) : M. le Président, le premier
ministre louangeait les vertus du
gros bon sens. Eh bien, le gros bon
sens, là, ce n'est pas de laisser une personne âgée souffrante couchée sur le
plancher, avec une hanche brisée, pendant cinq heures, M. le Président.
Ça, ce n'est pas le gros bon sens.
Trouvez-vous le délai
acceptable, M. le ministre?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je ne me rappelle pas avoir dit que c'était le gros bon sens puis je
ne me rappelle pas avoir entendu le ministre dire que c'était le gros
bon sens de laisser une personne couchée dans sa maison attendre cinq heures. Par contre, c'est certainement le gros bon sens pour le système préhospitalier de garder contact avec
elle pour s'assurer que la situation
ne se détériore pas alors que les ressources ne pouvaient pas arriver à temps, M. le Président.
le répète, l'opposition officielle a mis elle-même en place un comité pour évaluer
cette situation, et j'ai moi-même
communiqué avec les responsables de… ceux qui produiront le rapport bientôt,
qu'ils m'avisent, effectivement, qu'il y a des améliorations à apporter.
Et ce sera le cas, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Duplessis.
Richard (Duplessis) :
M. le Président, moi, je suis inquiète. Je suis inquiète comme
les personnes âgées parce qu'elles ne
se sentent pas priorisées dans le système actuel. Moi, je pense qu'il y a
urgence d'agir, M. le
Président.
qu'est-ce que le ministre va faire concrètement, rapidement, pour les personnes
âgées qui demeurent à domicile ou en
résidence, qui ont une fracture de la hanche, qui attendent cinq heures? Au
bout du fil, on leur dit : On sympathise, vous n'êtes pas des cas
urgents. Il faut que vous agissiez, M. le ministre.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je vois ici l'opposition s'époumoner et se réjouir du commentaire de
la députée qui vient de me poser une
question. Alors, est-ce que je devrais conclure de la question de la députée
que, lorsque le répartiteur d'Urgences-Santé,
qui doit dévier l'ambulance qui s'en allait chez la personne en question pour
aller, par exemple, sur un arrêt cardiaque… qu'on devrait
décider entre l'arrêt cardiaque et la personne? Bien oui, mais c'est ça qu'ils
ont fait, M. le Président.
Alors,
notre système fonctionne avec des règles qui sont claires. Il arrive des
circonstances qui sont exceptionnelles, comme c'est arrivé, où il y a eu plus de 1 200 appels dans la
journée. Et malheureusement la situation s'est produite…
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
…et mérite, oui, je le reconnais, d'être améliorée.
Le Président :
Principale, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
chaque année, des milliers de nouveaux arrivants immigrent au Québec sans
parler français et sans participer aux formations d'intégration du gouvernement.
Selon le dernier rapport annuel du ministère de l'Immigration,
près de 45 000 immigrants adultes sont arrivés au Québec sans
connaître le français entre 2009 et 2012. De
ce nombre, environ 18 000 n'ont pas participé, après leur arrivée, aux
cours de français offerts par le gouvernement. Pour ce qui est de l'intégration, il existe plusieurs formations
offertes, mais malheureusement le taux de participation des nouveaux immigrants à ces formations est très faible. Par exemple, seulement 13 000 des 55 000 nouveaux immigrants
de 2012 ont été sensibilisés aux valeurs communes de la société québécoise,
soit à peine 23 %. Les initiatives du ministère pour franciser et intégrer
les immigrants rejoignent donc un nombre limité d'individus.
M. le
Président, quels sont les objectifs de la ministre de l'Immigration pour la
francisation et l'intégration des nouveaux immigrants? La ministre
va-t-elle mettre en place des mesures concrètes pour remédier à la situation?
Le Président : Mme la
ministre de l'Immigration.
Mme Weil :
En effet, M. le Président, chaque année, c'est à peu près 50 000
immigrants, nouveaux arrivants qui arrivent
au Québec avec leur compétence et leur courage. Et évidemment la majorité, la
grande majorité parle français et d'ailleurs
s'intègre plus rapidement au marché de l'emploi, les derniers chiffres le
montrent : alors qu'en 2006 le taux de chômage était trois fois plus élevé chez les nouveaux arrivants, on a quelques
améliorations, c'est maintenant deux fois plus élevé. C'est les chiffres
de 2013.
Pourquoi? La
raison, c'est parce qu'ils parlent français. Moi, j'ai moi-même introduit un
test de français en 2011 pour évaluer
précisément la capacité, la maîtrise de la langue française, du lexique pour la
profession ou le métier que la personne
voulait exercer — et je
vois que le gouvernement fédéral va aller dans le même sens que le Québec. Et
ça a été louangé par, d'ailleurs, l'opposition lorsque j'ai introduit ce
test. Maintenant, on exige aussi un niveau de français intermédiaire avancé. Le
constat, c'est que de plus en plus de personnes parlent français à leur
arrivée, donc intègrent le marché de l'emploi plus rapidement…
Le Président : En terminant.
Mme Weil : Et il faut savoir
que la pérennité du fait français, c'est un pilier de notre système d'immigration,
M. le Président.
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis, puis j'ai
été informé qu'il y avait consentement afin
de permettre à l'opposition officielle de présenter sa motion en première,
malgré l'ordre prévu aujourd'hui pour la
présentation des motions sans préavis. Est-ce que c'est exact? Je veux juste
constater le consentement. Alors, il y a consentement. Alors, je reconnais M.
le chef de l'opposition officielle.
Bédard : Merci, M.
le Président. Donc, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le premier ministre, le chef de la
deuxième opposition et le député de Mercier, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la fête [...] du Québec, ayant pour thème cette
année Nous sommes le Québec! ;
«Qu'elle
profite de cette occasion pour célébrer la créativité, le dynamisme et les
succès des Québécois ici et ailleurs;
«Qu'elle invite les Québécoises et les Québécois
à prendre part aux centaines d'activités qui auront lieu dans toutes les
régions du Québec.»
Vice-Président (M. Gendron) :
Consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos : Oui,
M. le Président, il y aurait consentement pour des interventions de deux
minutes par intervenant. Nous suggérons
l'ordre suivant : le chef de l'opposition officielle, le chef du deuxième
groupe d'opposition, le député de Mercier, et finalement le premier
ministre.
Vice-Président (M. Gendron) :
Je vous rappelle que c'est vous-même qui imposez la règle du deux
minutes, on essaie de la suivre. Autrement
que ça, on est mieux de ne pas en imposer. Alors, je cède la parole au chef de
l'opposition officielle.
Bédard : Merci, M.
le Président. Motion fort importante pour souligner un moment d'autant plus
important pour les Québécois de toutes origines. C'est un moment festif que
nous nous accordons depuis des années et qui aussi coïncide, vous le savez, avec
l'arrivée de l'été. Donc, un beau moment à souligner, notre fête, et en
même temps le début des activités estivales, qui font du bien aux Québécois
suite à un dur hiver, M. le Président.
La fête des Québécois,
c'est une journée formidable parce qu'elle s'inscrit et elle a toujours été
faite sous le signe de la fête, sauf,
peut-être, à une ou deux occasions. On se souvient d'une parade à un moment
donné. Mais, en général, tout ça, c'était fait avec des activités
festives. Les Québécois, le jour de leur fête, ont l'esprit à la fête. Ce n'est
pas des démarches militaires, ce n'est pas,
je vous dirais, des signes d'agressivité de quelque façon que ce soit. Au
contraire, ce que nous voulons
montrer aux Québécois, mais au monde, c'est que nous sommes effectivement un
peuple pacifique qui est fier de son histoire et qui invite tout le
monde à participer à cette grande fête du 24 juin, qui, au départ, vous le
savez, était la Saint-Jean-Baptiste mais
qu'on a transformée, pour notre bien à tous, je pense, pour faire en sorte
qu'elle soit la fête de tous les
Québécois. Et c'est bien… et je le dis à tous mes amis qui me font référence à
notre bonne vieille Saint-Jean-Baptiste,
de toujours se rappeler que c'est maintenant la fête nationale. On fêtera
effectivement Saint-Jean-Baptiste aussi, M. le Président, le saint
patron des Canadiens français à l'époque. Mais ce que nous fêtons surtout,
c'est la fête nationale de tous les
Québécois de toutes les origines, qu'ils viennent d'arriver ou qu'ils soient
ici depuis plus de 400 ans, M. le Président, et même plus.
C'est une
fête aussi qui nous donne l'occasion de nous rappeler l'importance du
français et à quel point, dans les moments que nous vivons, M. le
Président, cette responsabilité, elle nous échoit à tous; oui, au premier
ministre en particulier, comme chef de cette
nation, mais elle revient à tous les Québécois. Si nous ne nous intéressons pas
à la situation du français, qui le
fera à notre place? Alors, il y a toujours une grande
partie de cette fête qui
se fait en soulignant cet apport du
français pour notre peuple, dans son histoire, et je pense que c'est
nécessaire, et de faire en sorte que nous fêtions avec cette fierté d'avoir conservé cette langue pendant
400 ans, alors que bien des gens, à une certaine époque,
prévoyaient le contraire. Cet héritage, il est lourd à porter, et il nous
revient.
Et j'invite
tous les Québécois à prendre conscience de l'importance de célébrer avec nos
artistes et avec tous ceux et celles
qui ont la fierté de cette langue française. Mais en même temps, M. le
Président, c'est la fête de nos réussites, et les Québécois en ont
beaucoup, dans tous les domaines, dans le cinéma, évidemment, dans les arts de
la scène, dans l'aéronautique, le
multimédia. Dans beaucoup de domaines, le Québec rayonne ici mais sur toute la
planète, et nous devons célébrer, à
ce moment-là bomber le torse et nous dire : Oui, on est fiers de nos
réussites, M. le Président. Donc, gardons le cap, demeurons ambitieux et
visionnaires, continuons à faire entendre notre voix dans le monde.
Et, au nom de l'équipe du Parti québécois, je
souhaite à tous les Québécois une belle fête nationale.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le chef de l'opposition
officielle, pour votre intervention. Je céderais maintenant la parole,
oui, à M. le chef du deuxième groupe parlementaire. À vous la parole.
M. Legault :
Oui, merci, M. le Président. Effectivement, je veux me joindre à tous mes
collègues, puis, entre autres, au nom des gens de la Coalition avenir
Québec, pour souhaiter à tous les Québécois une bonne fête nationale.
C'est
l'occasion, effectivement, de se dire et de se rappeler comment on est fiers,
tout le monde, d'être Québécois, tous
les Québécois, et c'est un moment aussi où on se rappelle le travail qui a été
fait par nos ancêtres, qui ont été… On voit
souvent nos défis comme étant difficiles, mais rappelons-nous que les
conditions dans lesquelles ont travaillé nos ancêtres étaient beaucoup
plus difficiles que les conditions actuelles.
Ce qu'il faut
se rappeler aussi, c'est qu'aujourd'hui on a tout pour réussir, au Québec. On a
tout pour réussir. On a une langue
qui nous distingue, une culture qui est unique, on a des artistes, des
entrepreneurs qui sont créatifs, on a des jeunes qui sont déterminés, qui ont plein d'idées, qui sont prêts à
aller conquérir le monde. Maintenant, il faut peut-être, au Québec, un peu retrouver le goût du risque, le
goût d'entreprendre, il faut oser. Osons, au Québec, et portons haut et
fort notre appartenance à cette belle nation.
Donc, je
veux, au nom de ma formation politique, souhaiter à tous les Québécois et à
toutes les Québécoises une belle fête
nationale. Je sais qu'on va avoir l'occasion peut-être de se souhaiter un bon
été, mais c'est vrai que, comme le disait
le chef de l'opposition officielle, ça concorde avec l'été, notre été québécois
qui est un peu comme les promesses électorales,
qui ne dure pas longtemps. Et donc c'est peut-être l'occasion justement de dire
à tous les Québécois, là : Bonne fête nationale et un bon début d'été.
Donc, bonnes vacances à tout le monde!
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je vous remercie, M. le chef parlementaire du deuxième groupe
parlementaire. Je reconnais maintenant M. le député de Mercier pour son
intervention.
M. Khadir : Je voudrais, de la part de Québec
solidaire, me joindre à mes collègues pour souhaiter bonne fête nationale à l'ensemble des Québécois. J'aime bien
appeler cette fête aussi la fête de la Saint-Jean, la Saint-Jean-Baptiste.
Après tout, c'est de là que ça vient.
fait que la thématique soit Nous sommes le Québec permet, je pense, de
manière assez remarquable, de l'inscrire dans une tradition d'ouverture, de modernité que le Québec a toujours
recherchée depuis les 40 dernières années dans sa lutte pour son identité, pour la survie de son
peuple, de sa culture, d'admettre comme Pierre Bourgault qu'est
Québécois tous ceux qui vivent sur cette terre et qui font que nous sommes le Québec.
Nous formons le Québec, quelles que soient nos origines, à la fois ceux qui l'ont
bâti et ceux qui le bâtissent aujourd'hui, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs
couleurs, comme nombre d'entre nous qui sommes nés ailleurs, mais aussi ceux
qui ont labouré, dans le passé, ces
terres pour nourrir notre peuple mais qui, aujourd'hui, aussi labourent la
culture, les universités, pour créer le beau, pour créer le savoir, pour
créer, en fait, beaucoup de richesses; et, heureusement, ces richesses ne sont
pas que matérielles.
Alors,
aussi, parce que le Québec, ce que nous sommes — nous sommes le Québec, le Québec que nous
allons célébrer bientôt — c'est aussi des gens qui labourent ses rues
pour défendre des droits, pour proposer de nouveaux droits, tout ce qui fait que le Québec, malgré le fait que
nous n'ayons pas les plus hauts niveaux de revenus, malgré le fait que
nous n'ayons pas le plus haut PIB par habitant… Et le modèle québécois, ses
syndicats, ses mouvements sociaux, ses gouvernements,
y compris les partis présents ici, ont fait en sorte que nos villes se classent
souvent parmi les premiers non pas, comme j'ai dit, en termes de PIB,
mais en termes de qualité de vie, en termes de ce qui fait le bien-vivre.
Alors, à cette
occasion, je nous rappelle que ce qui fait que la Saint-Jean et sa thématique
collent à la réalité d'aujourd'hui au Québec
et qui pourrait nous faire grandir ensemble, c'est de s'en tenir à ça. Nous
tous, nous formons le Québec. Il y a
des gens heureux — heureusement,
il y en a beaucoup au Québec — il y en a d'autres, aussi,
malheureux, parce qu'atteints par la pauvreté, parce qu'aux prises avec de
nombreux problèmes, dans lesquels nous avons des responsabilités, pour que…
lorsqu'on les fête le 24, là, on oublie que la fête doit se continuer à l'année
longue. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, M. le député de Mercier. Et,
toujours pour la poursuite du débat sur cette même motion, je reconnais
maintenant M. le premier ministre.
M. Couillard : Merci, M. le Président. À mon tour de me lever pour célébrer la fierté
d'être Québécois, fierté qui appartient
à tous les membres de cette Assemblée et à tous les Québécois et les
Québécoises, bien sûr. Maintenant, on l'appelle,
avec raison, cette journée du 24 juin, la fête nationale, mais on est
quelques-uns dans cette salle, dont je suis, certainement, à se souvenir de l'époque où c'était la
Saint-Jean-Baptiste. Et, à l'époque, M. le Président — je dois vous raconter une anecdote
qui me revenait, là, en mémoire dans les minutes qui ont précédé cette
intervention — j'avais,
comme on peut s'en douter, le visage un peu
rondelet et les cheveux frisés, alors il arrivait qu'une dame me croisât
sur la rue, demande à ma mère :
Pourriez-vous nous le donner? Ça ferait un parfait saint Jean-Baptiste cette
année. Alors, je dois dire que cette
demande m'emplissait d'une certaine angoisse, je me demandais s'il ne
s'agissait pas d'un rite sacrificiel quelconque. Mais donc, la
désignation de la fête ayant évolué, on n'a plus, heureusement, à se poser ces
questions, surtout les petits enfants.
J'aime
beaucoup le thème de la fête nationale, Le Québec, c'est nous . Un mot
important, un mot chargé, le mot «nous».
Sauf erreur, il y a un collègue de cette Assemblée qui a même publié un livre
qui porte ce titre. Donc, la façon dont on définit le «nous», c'est au
centre de la façon dont on définit la nation québécoise. Oui, notre caractère
propre de Québécois francophones, notre
langue, qui est si belle, qui a duré 400 ans et qui va durer encore un
autre 400 ans, notre culture,
nos artistes, la façon dont on rayonne avec nos entrepreneurs partout. Mais
c'est également une identité, une fierté que nous voulons voir partagée par tous les Québécois et les
Québécoises, de partout au Québec et de partout sur la planète, parce qu'ils viennent chez nous et décident de
devenir également des Québécois et des Québécoises, ce qu'ils deviennent
à partir du moment où ils deviennent des citoyens résidant au Québec.
Alors,
quand je dis «partout sur notre territoire», bien sûr les grandes villes. Il y
aura des célébrations à Québec, à Montréal
mais dans nos régions également, chez moi, au Lac-Saint-Jean, chez le collègue
député de Chicoutimi, les autres collègues de la région et des autres
régions. Il y aura des célébrations dans des plus petites communautés. Et c'est
important de voir ces célébrations, d'y être. J'entends bien le faire dans ma
circonscription.
Mais
également l'inclusion de tous les Québécois, encore une fois de toutes les
origines, dans cette fierté qu'on veut
voir partagée, dans cette identité québécoise qu'on veut voir partagée. Et,
s'il y a un grand défi — outre les défis économiques et financiers — pour
le Québec, c'est d'arriver à définir une identité québécoise qui rassemble tous
les Québécois et les Québécoises, de toutes
les origines, autour de la fierté du Québec, du français langue commune, et
de l'inclusion de notre société au progrès, et un signe de bienvenue en
français mais à tous les citoyens du monde qui viennent s'établir chez nous.
Alors,
bien sûr, cette fierté, cette identité, elle appartient — je le dis, on l'a répété, tout le monde l'a
dit — à
tous, quelle que soit notre date d'arrivée.
Nous avons tous en commun d'être venus d'ailleurs. Seule la date d'arrivée
change. Et la date de notre arrivée n'influe
pas sur la qualité de notre citoyenneté et sur la légitimité d'être fiers
d'être Québécois, qui appartient à tout le monde.
Alors,
sur cette question, moi, je pense qu'on doit tous être unis dans cette Chambre,
on partage tous ce rêve d'avoir une identité,
et une fierté, québécoise qui appartient à tous et à toutes. Je sais que c'est
le cas partout, des deux côtés, des trois côtés, des quatre côtés de
cette Chambre, même. Et j'espère, M. le Président, et je fais le souhait qu'on
ait une très belle fête nationale, pleine d'espoir pour le Québec, qui a
beaucoup de raisons d'être optimiste. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, toujours aux motions sans
préavis, je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe de l'opposition
et je reconnais M. le député de Chutes-de-la-Chaudière pour sa motion.
Picard : Merci, M. le Président. Je demande le consentement
pour déposer la motion suivante conjointement avec le député de
Matane-Matapédia :
«Que l'Assemblée
nationale demande au premier ministre et à la ministre de la Sécurité publique
de réitérer leur confiance envers la haute direction du ministère de la
Sécurité publique, dont M. Martin Prud'homme, sous-ministre
au ministère de la Sécurité publique, Mme Johanne Beausoleil, sous-ministre
associée à la Direction générale des services correctionnels, et M.
Mario Laprise, directeur général de la Sûreté du Québec.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, il y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Sklavounos :
Alors, nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, la motion est adoptée, merci.
Je reconnais maintenant
un membre formant le gouvernement et je reconnais M. le leader du gouvernement.
Sklavounos : Merci, M. le Président. Je fais motion,
conformément à l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale,
afin :
«Que
la Commission de l'aménagement du territoire, dans le cadre de l'étude du
projet de loi n° 3, Loi favorisant la santé financière et la
pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur
municipal, procède à des consultations particulières...»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Un instant, un instant, là, il y a confusion. C'est
quoi?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Non, mais, M. le député, il faudrait que je...
M. Khadir :
...pour faire comme il se doit, c'est-à-dire permettre des motions sans préavis
avant les motions sur les commissions.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Non, non, mais c'est une motion sans préavis. Vous avez
oublié ça, là, que c'est une motion sans...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Parce que… Non, je ne vous ai pas oublié. Alors,
veuillez poursuivre. On excuse. Veuillez poursuivre, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos :
Alors : «…la Commission de l'aménagement du territoire, dans le cadre de
l'étude du projet de loi n° 3,
Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à
prestations déterminées du secteur municipal,
procède à des consultations particulières les 20, 21, 22 ainsi que les 25 et
26 août prochain à la salle du Conseil législatif et, qu'à cette fin, la commission entende : M. Alban
D'Amours, la ville de Montréal, la ville de Québec, l'Union des municipalités du Québec, la Fédération
québécoise des municipalités, la Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec, la Confédération
des syndicats nationaux, le Regroupement des associations de pompiers du
Québec, l'Association québécoise des
retraités des secteurs public et parapublic, la Centrale des syndicats
démocratiques, la Fédération indépendante des syndicats autonomes, la
Fédération des policiers et policières municipaux du Québec, la Fraternité des policiers et policières de Montréal,
l'Association des pompiers de Montréal, le Syndicat des pompiers et
pompières du Québec, le PBI Conseillers en actuariat, le Barreau du Québec, la
Régie des rentes, la ville de Longueuil, la ville de Gatineau, la ville de Saguenay, la ville de Drummondville, la ville
de Sherbrooke, le Syndicat canadien de la fonction publique, la FADOQ, l'association
québécoise de défense des personnes retraitées et préretraitées, et Force
Jeunesse;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires répartie de
la manière suivante : 6 minutes
au groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 30 secondes au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle et 2 minutes 30 secondes au 2e groupe d'opposition;
«Que la durée
maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et que la
période d'échanges avec les membres
de la commission soit — pour chaque intervenant — d'une durée maximale de 50 minutes
réparties de la manière suivante :
25 minutes au groupe parlementaire formant le gouvernement,
15 minutes au groupe parlementaire formant l'opposition officielle
et 10 minutes au 2e groupe d'opposition;
«Que le
ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire soit membre
de ladite commission pour la durée du mandat.»
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le leader adjoint.
Et, avant
d'aller au député de Mercier, j'indique aux membres de cette Chambre que,
puisque... pas tellement sa formation politique mais un groupe
indépendant a déjà présenté une motion dans un cycle de trois jours, c'est le règlement qu'on a adopté, ça prend le consentement
des membres de cette Chambre pour permettre au député de Mercier de
présenter sa motion. Y a-t-il consentement pour qu'il puisse le faire?
Vice-Président (M. Gendron) :
Il y a consentement. Oui, c'est toujours ce que ça veut dire, M. le
député. Alors, M. le député de Mercier, à vous pour la présentation de votre
motion.
M. Khadir : Merci, M. le Président. Alors, je
demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le député de Rousseau :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le jour de la
solidarité fiscale qui vise à démontrer l'importance de l'impôt
sur le revenu comme outil de redistribution de la richesse et de financement
équitable et efficace des services publics.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
1179 1179 M. Sklavounos : Pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Il
n'y a pas de consentement.
J'ai besoin, par contre,
moi... Vous avez tous compris que, quand le leader adjoint a présenté sa
motion, qui était une motion sans préavis, j'aurais dû demander si elle
était adoptée. Je l'ai oublié.
Alors, est-ce qu'elle est adoptée?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Elle est adoptée. Merci.
Nous n'en
sommes plus aux motions sans préavis. Nous avons terminé, à moins qu'il y ait
d'autres parlementaires qui en ont à présenter. Je n'en vois pas. En
conséquence...
Le Vice-Président (M. Gendron) : Oh!
Ah! Alors, Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Duplessis, la
députée de Repentigny et le député de Mercier :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la journée mondiale de la lutte contre la
maltraitance envers les personnes aînées, qui aura lieu le 15 juin
prochain;
«Qu'elle salue
les activités réalisées dans toutes les régions du Québec pour contrer le phénomène
de la maltraitance et qu'elle encourage le port du ruban mauve pour
marquer cette journée.» Présentée par la ministre de la Famille.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Oui, oui, il n'y a pas de problème, on a senti ça que c'était la ministre de la
Famille qui présentait la motion.
C'est le même problème, là, puisque votre
motion, tantôt, était une motion sans préavis, j'aurais dû solliciter le consentement pour qu'il y ait une deuxième
motion présentée par le groupe parlementaire formant le gouvernement.
Alors, j'ai senti qu'il y avait consentement de tous les membres de cette
Assemblée.
Et la motion est adoptée sans débat. Alors,
adopté.
Y a-t-il présentation de d'autres motions sans
préavis? Oui, je vois notre collègue…
Vice-Président (M. Gendron) :
Oui, même chose, puisqu'il y a déjà eu une motion. Y a-t-il consentement
pour que notre collègue puisse présenter…
Vice-Président (M. Gendron) :
Bien, le sujet, on le saura tantôt. Là, ce qu'il faut donner, c'est le
consentement pour la présentation de la lecture de sa motion. Y a-t-il
consentement?
Le Vice-Président (M. Gendron) : Il
y a consentement. Alors, allez, M. le député.
Surprenant : M. le
Président, je demande donc le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec la ministre de la Culture et des Communications et la
députée de Joliette :
«Que
l'Assemblée nationale souligne le 50e anniversaire du Journal de
Montréal , dont le tout premier numéro est paru le
15 juin 1964;
«Qu'elle souligne sa contribution
exceptionnelle, ainsi que celle de tous ses artisans, à notre économie et à l'ensemble
de la société québécoise.»
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je vous remercie, M. le député de Groulx. Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Nous
proposons l'adoption sans débat.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, adopté sans débat. La motion est adoptée.
Là, je veux être certain. Je ne vois plus de
présentateur de motion sans préavis.
En conséquence, nous en sommes à la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président, simplement parce
qu'aujourd'hui on a une séance. On ne quitte pas vraiment, on va revenir, alors c'est important pour moi de
donner une information à cette Chambre. Je veux informer la Chambre qu'il y a eu des échanges informels entre le
cabinet du premier ministre et des chefs d'opposition à l'égard de la
nomination prochaine d'un DGEQ, Directeur
général des élections. Il nous a été suggéré de reporter les discussions en
envisageant de procéder lors de la
convocation de l'Assemblée en juillet