Labour and the Economy — 24 April 2012 (39th Legislature, 2nd Session)
CET 2012-04-24
Quebec — Committees
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
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24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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39 e législature, 2 e session
(23 février 2011 au 1 août 2012)
Le mardi 24 avril 2012 - Vol. 42 N° 35
Étude des crédits budgétaires 2012-2013 du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation
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Table des matières
Développement économique
Remarques préliminaires
M. Sam Hamad
M. Nicolas Marceau
Discussion générale
Documents déposés
Autres intervenants
M. Guy Ouellette, président
M. Claude Bachand, président suppléant
M. Stéphane Bergeron, vice-président
M. André Drolet
M. Jean D'Amour
M. Georges Mamelonet
Mme Maryse Gaudreault
M. Guillaume Tremblay
Mme Louise Beaudoin
* M. Jacques Daoust, Investissement Québec
* M. Jean-Jacques Carrier, idem
* Mme Christyne Tremblay, ministère du Développement
économique, de l'Innovation et de l'Exportation
* M. Jean Séguin, idem
* M. Patrick Muzzi, idem
* Témoins interrogés par les membres de la commission
Note de l'éditeur:
La commission a aussi siégé en matinée pour l'étude des crédits du ministère du Tourisme. Le compte rendu en est publié dans un fascicule distinct.
Les crédits du volet Promotion et développement de la Capitale-Nationale du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation ont été étudiés à la Commission de l'aménagement du territoire le 27 avril 2012.
Journal des débats
(Quinze heures trente-sept minutes)
Le Président (M. Ouellette): Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle, au salon bleu, de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Développement économique
La commission est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Développement économique, Innovation et Exportation pour l'exercice financier 2012-2013. Une enveloppe de huit heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Marceau (Rousseau) en remplacement de M. Bérubé (Matane) et Mme Beaudoin (Rosemont) en remplacement de Mme Richard (Duplessis).
Le Président (M. Ouellette): Nous allons débuter par les remarques préliminaires, puis nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant les questions et les réponses, en alternance entre le groupe parlementaire formant le gouvernement et les députés de l'opposition.
La mise aux voix des crédits relatifs aux programmes 1 à 3 sera effectuée le jeudi 26 avril, à la fin du temps qui est alloué pour leur étude. Je vous informe que deux députés indépendants, le député de Nicolet-Yamaska et le député de La Prairie, ont signifié leur intention de participer à l'étude de ce portefeuille et disposeront respectivement d'un temps de parole de 20 minutes.
Puisque nous avons débuté nos travaux à 15 h 37 et qu'une période de trois heures doit être consacrée à l'étude de ce portefeuille cet après-midi, est-ce qu'il y a consentement que nous dépassions 6 heures? Et nous répartirons le temps que nous devons reprendre entre cet après-midi et ce soir, donc nous allons terminer un petit peu plus tard que 21 h 30.
En terminant, je vous invite, aux fins de l'exercice de l'étude des crédits, à poser de courtes questions et à fournir des réponses aussi brèves de façon à favoriser le plus grand nombre d'échanges.
Remarques préliminaires
Nous allons débuter, sans plus tarder, avec les remarques préliminaires. M. le ministre.
M. Sam Hamad
M. Hamad: Merci, M. le Président. Je veux tout d'abord saluer et remercier les collègues ici, à l'Assemblée nationale, des deux côtés, qui vont procéder à cet important exercice dans un esprit de collaboration, avec une approche constructive à l'égard de ce que ces crédits budgétaires vont apporter à l'essor de l'économie, de l'emploi et la vitalité de toutes les régions du Québec.
Alors, je suis ministre du Développement économique depuis le 7 décembre dernier... septembre dernier. Je découvre une nouvelle facette de cette organisation, dont le mandat est large et très important pour le développement du Québec et la création de richesse pour les Québécois.
Je suis, M. le Président, entouré, au ministère, d'une équipe rigoureuse et dédiée qui va m'épauler dans cet exercice-là. Alors, permettez-moi ainsi de vous présenter mes collaborateurs. Alors, à ma droite, Mme Christyne Tremblay, qui est la sous-ministre, et toute son équipe. Il y a M. Jacques Daoust, qui est le P.D.G. d'Investissement Québec, et, à ma gauche, M. Steeve Leblanc, qui est mon directeur de cabinet.
** (15 h 40) **
Pour comprendre la situation économique du Québec, il faut comprendre l'état de l'économie mondiale, car elle influence notre vie quotidienne. Chaque jour nous apprend que les fluctuations de la bourse, les flambées du baril de pétrole ou les mouvements de dollars ont une incidence tangible et directe sur le fonctionnement de nos entreprises et notre marché de l'emploi. La reprise à l'échelle mondiale demeure fragile, hésitante. On parle d'une année difficile pour le Japon, lourdement affecté par les raisons que nous connaissons tous.
La zone euro a été secouée tout au long de 2011 par les graves problèmes financiers de la Grèce, de l'Espagne et du Portugal, une crise qui a mené au déclassement de la dette nationale de plusieurs pays par les agences de notation.
L'économie américaine, un des principaux partenaires du Québec, a continué à se rétablir, et on peut espérer que sa convalescence tire à sa fin. En 2011, le PIB des États-Unis a augmenté de 1,7 %, tout comme celui du Québec. Les exportations vers les pays de BRIC -- on parle ici du Brésil, de la Russie, de l'Inde, de la Chine -- ont presque quadruplé pour atteindre 4 milliards de dollars. Dans le cas de la Russie, elles ont été presque décuplées.
Globalement, les exportations internationales du Québec vers des marchés autres que les États-Unis ont doublé entre 2003 et 2011. L'investissement privé s'est également redressé. Le secteur privé investit massivement depuis 2009, appuyé en cela par la fiscalité compétitive du Québec et des programmes comme Renfort, au plus fort de la récession en 2009. En 2012, l'effort total d'investissement de 70 milliards de dollars, en hausse de 3,8 milliards de dollars, va être davantage soutenu par le secteur privé. Au Québec, les investissements privés non résidentiels vont augmenter de 8,5 %, alors qu'ils vont diminuer en Ontario et croître de 7,6 % au Canada.
Et le Plan Nord, M. le Président, viendra lui aussi stimuler les investissements. Le développement de cet immense territoire dans le respect de l'environnement, avec l'accord et au bénéfice des premières nations, profitera aux entreprises de toutes les régions du Québec, du nord au sud, de l'ouest à l'est. Dans ce contexte, notre gouvernement a adapté son intervention pour assumer un accompagnement adéquat.
Dans un tel environnement, le Québec a tout de même tiré son épingle du jeu en affichant une croissance de 1,7 % tandis que l'année se solde par un gain de 38 500 emplois par rapport à la moyenne de 2010, et ce, en dépit des pertes d'emploi survenues d'octobre à décembre. Les premiers mois de 2012 ont vu une croissance de l'emploi grâce à la création de plus de 46 000 emplois au Québec, dont près de 85 % à temps plein. On prévoit une croissance de 1,5 % du PIB du Québec en 2012. Celle-ci devrait s'accélérer en 2013 pour atteindre 1,9 %.
En 2011, les ventes au détail ont augmenté de 1,9 %, les mises en chantier ont dépassé les 48 000 chantiers, un niveau très élevé par rapport à la moyenne historique. Lorsqu'on parle de moyenne historique, on parle de 44 000. Même si les exportations internationales de biens ont augmenté de 3,5 % en termes réels, en 2011, on constate que les facteurs dont j'ai parlé un peu plus tôt ont forcé nos entreprises à investir pour augmenter les productivités.
Mais la crise économique prolongée chez notre voisin du Sud les a empêchés de reprendre le terrain perdu, ce que la relance américaine en cours devrait permettre de corriger. En revanche, des entreprises québécoises ont entrepris la conquête d'autres marchés internationaux. Ainsi, les exportations vers les pays de l'Union européenne ont augmenté de plus de 25 % durant cette période.
Alors, voici, M. le Président, nos priorités. Maintenant, la première priorité, c'est l'entrepreneuriat. Au centre des actions du ministère du Développement économique se trouve l'entrepreneur, celui ou celle qui porte un rêve, un projet et une volonté de créer une entreprise, de la développer et de la faire prospérer.
Devant les pénuries de main-d'oeuvre qui se dessinent, je dis souvent que le Québec ne manque pas de travail mais de travailleurs. Le Québec manque aussi d'entrepreneurs. C'est pourquoi notre gouvernement a lancé la Stratégie québécoise en entrepreneuriat en novembre dernier, après une vaste tournée de consultation auprès de plus de 900 entrepreneurs, chercheurs et autres acteurs du domaine. La stratégie de l'entrepreneuriat fait l'unanimité , titrait le journal Les Affaires , une totale adhésion des principaux acteurs sur le terrain.
Elle se traduit par des investissements supplémentaires de 450 millions de dollars, portant le soutien à l'entrepreneuriat à 2,6 milliards de dollars au cours des trois prochaines années. Elle s'articule autour de cinq axes. Le premier: valoriser, développer, soutenir, optimiser et dynamiser. La deuxième priorité, M. le Président, c'est: l'exportation et le développement des marchés sont essentiels à la croissance économique.
En novembre dernier, nous avons procédé au lancement d'Export Québec, doté d'une enveloppe de 60 millions sur trois ans. Export Québec est une nouvelle unité créée au sein de notre ministère. Elle regroupe l'ensemble des ressources consacrées à l'exportation afin d'améliorer le soutien aux exportateurs québécois. Avec Export Québec, nos entreprises peuvent compter sur un soutien de 50 villes à travers 24 pays.
Depuis l'approbation du programme d'exportations en octobre 2011, 429 dossiers ont fait l'objet d'une aide financière favorisant la concrétisation de 27 millions de projets, permettant ainsi de créer ou de maintenir quelque 1 170 emplois.
Troisième priorité, M. le Président, c'est l'innovation. Un autre axe d'intervention primordial pour nous est celui du savoir et de la recherche, moteur de l'innovation. Peter Drucker disait: « L'innovation est l'instrument privilégié de l'entrepreneurship, l'ingrédient qui donne aux ressources la capacité de créer la richesse. »
Dans le cadre de la Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation, nous avons investi plus de 2,3 milliards de dollars en incluant les crédits d'impôt et les budgets de base des ministères. L'effort total du gouvernement du Québec est d'environ 11,5 milliards de dollars. Le Québec continue d'occuper la position de tête au Canada en matière de dépenses en recherche et développement, qui représentaient 2,58 % du PIB en 2009. Nos infrastructures de recherche sont de classe mondiale. Des investissements en ressources humaines de haut niveau font en sorte qu'elles produisent des résultats probants.
En juillet dernier, nous avons regroupé les services administratifs des trois fonds de recherche du Québec, qui conservent toutefois leurs personnalités distinctes. Les budgets conjugués des trois fonds sont de 178,9 millions. Nous avons aussi procédé à la nomination d'un scientifique en chef, en la personne du Dr Rémi Quirion, chercheur en neurosciences de renommée mondiale.
Notre gouvernement a également nommé l'astronaute Julie Payette à
titre de déléguée scientifique aux États-Unis afin de développer des partenariats internationaux, d'exercer une veille technoscientifique. L'innovation, c'est un programme d'infrastructures du savoir en pleine action. En 2011 et 2012, nous avons investi plus de 300 millions dans 45 projets d'infrastructures de recherche, dans les universités et les collèges, d'une valeur de près de 600 millions de dollars. Finalement, les projets mobilisateurs -- comme l'avion écologique -- mis en place ont pour but d'accélérer l'innovation en créant une synergie entre l'industrie autant des PME que des grands donneurs d'ordres et le milieu de la recherche.
Quatrième priorité, M. le Président, c'est l'investissement. Le gouvernement a aussi contribué aux décisions d'investissements majeurs de grandes entreprises pour contribuer à la création d'emplois et de richesse dans plusieurs secteurs économiques et régions du Québec. Le fonds de développement économique institué au sein de notre ministère le 1er avril 2011 et administré par Investissement Québec est un nouveau véhicule d'intervention économique pour notre gouvernement qui permet notamment de réaliser des projets structurants.
Via le programme Essor, nous avons soutenu, en 2011-2012, 232 projets d'investissement représentant des investissements totaux de 2,1 milliards de dollars et la création de 2 587 emplois, pour une aide financière octroyée de 571 millions de dollars.
Voici quelques exemples: dans le secteur du jeu vidéo, une contribution financière de 2 millions de dollars à Eidos pour l'expansion de son studio actuel et l'implantation d'un nouveau studio sous la bannière Square Enix, à Montréal: 250 nouveaux emplois; 5 millions à Tafisa Canada, spécialisée dans la production de panneaux de particules; en janvier dernier, le premier ministre a annoncé la relance de l'ancienne usine de Domtar pour Fortress Global Cellulose, ce projet va créer plus de 300 emplois; aide financière de 27 millions à l'entreprise Éthanol cellulosique Varennes pour un projet totalisant 90 millions de dollars, et ça, cette usine-là, en fait, va produire 40 millions de litres par année d'éthanol carburant.
Aide financière, un autre exemple: 6 millions de dollars à Valeant pour un projet de 20 millions où nous avons attiré... Ça, c'est chez vous, dans votre comté, M. le Président, c'est pour ça que vous êtes très heureux. C'est pas fini d'être heureux. Et donc c'est 20 millions d'investissement qui va... et on attire au Québec... J'attire l'attention de mon collègue le député de Rousseau: on attire un siège social d'une compagnie pharmaceutique mondiale ici, chez nous, au Québec, dans le comté, dans Laval.
L'industrie de l'aluminium n'a pas été en reste. À
titre d'exemple, je vous cite deux ententes pour des projets d'expansion: Alouette, 2 milliards de dollars; Alcoa, 2,1 milliards de dollars, avec toutes les retombées économiques dans toutes les régions du Québec.
** (15 h 50) **
Le budget 2012-2013 vient d'appuyer solidement nos efforts... stimuler l'économie du Québec. C'est près de 1,8 milliard de dollars de nouvelles mesures. Je le répète pour les questions, prochaines questions de mon collègue: 1,8 milliard, des nouvelles mesures dont la mise en oeuvre constitue notre priorité. Alors donc, les secteurs où ces mesures-là... en fait, appuyer le secteur manufacturier, assurer aux Québécois une participation aux bénéfices du Plan Nord dans les ressources naturelles, continuer d'appuyer aux entreprises dans le virage vert, poursuivre le soutien aux secteurs traditionnels.
Alors, première priorité dans ce budget-là, c'est appuyer le secteur manufacturier touché par le ralentissement économique. Alors, notre première priorité, M. le Président, en 2012-2013, va être: appuyer à nouveau efficacement notre secteur manufacturier.
Même si une récente étude de Desjardins sur le secteur manufacturier nous indique que, toutes proportions gardées, le Québec s'en est mieux tiré que ses principaux partenaires, il reste quand même, différentes mesures ont été déjà mises en place: l'élimination sur la taxe sur le capital, c'est 28 000 entreprises; introduction d'un crédit d'impôt à l'investissement et modulation d'un taux selon les régions; prolongation de l'amortissement accéléré pour le matériel de fabrication et de transformation; investissement dans la formation de nos travailleurs.
M. le Président, il y a plusieurs mesures. Je vais garder un peu pour les questions que, je suis convaincu, ça va être intéressant de la part de mon collègue député de Rousseau. Deuxième élément, on avait la participation aux bénéfices du Plan Nord. Je suis convaincu que nous aurons des questions à ce niveau-là.
En résumé, c'est 1,2 milliard d'investissement dans les ressources naturelles au Québec et pour que les ressources appartiennent davantage aux Québécois. Et on continue d'appuyer les entreprises dans leur virage vert, et ça, c'est important, monsieur, selon le plan d'action sur les changements climatiques, et on poursuit les soutiens pour nos entreprises dans le secteur traditionnel. Et il y a une nouveauté cette année, c'est Essor 2.0, PME 2.0 dans le domaine numérique pour les entreprises. Nous aurons l'occasion d'en reparler.
Voilà les séries de bonnes nouvelles. J'espère, M. le Président, que le député de Rousseau va continuer lui aussi dans la bonne nouvelle. On va laisser peut-être au CAQ de parler de mauvaises nouvelles parce que ce sont les spécialistes de trouver des mauvaises nouvelles, puis, s'il n'y en a pas, ils en parlent pareil des mauvaises nouvelles. Voilà, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Ouellette): Merci, M. le ministre. Avant d'aller plus loin, j'ai manqué à mes premiers devoirs, qui sont de souhaiter la bienvenue aux collègues qui participent à l'étude des crédits, M. le ministre, M. le député de Jean-Lesage, M. le député de Rivière-du-Loup, M. le député d'Arthabaska, M. le député de Gaspé, Mme la députée de Taschereau, que je retrouve toujours avec beaucoup de plaisir, M. le député de Rousseau.
Et je peux voir, M. le député de Rousseau, parce qu'on n'a pas l'habitude d'avoir des crédits au salon bleu avec une foule aussi imposante, on semblerait que vous nous avez amené des gens de votre comté. Ils ne sont peut-être pas assis à la meilleure place, je les aurais plus assis devant la présidence de façon à ce qu'ils puissent voir les échanges. Ah, c'est des gens de Taschereau, qu'on m'a dit, mais, peu importe, juste le fait qu'ils soient au salon bleu avec nous pour assister à nos crédits, ça va leur permettre de voir comment ça s'articule.
J'invite maintenant M. le porte-parole de l'opposition officielle et député de Rousseau à faire ses remarques préliminaires.
M. Nicolas Marceau
M. Marceau: Oui. Merci, M. le Président. Écoutez, je vais être bref pour avoir plus de temps pour les questions plus tard. Simplement rappeler que la situation économique du Québec n'est pas complètement rassurante, loin de là. J'ai eu l'occasion, lors du débat sur le budget, de rappeler quelques faits qui sont un peu dérangeants. Par exemple, quant à la croissance économique, quant à la croissance de notre PIB réel, en 2009, en 2010, le Québec était derrière le reste du Canada et derrière les États-Unis, et, selon les prévisions du gouvernement, selon le budget du ministère des Finances, ce sera la même chose pour 2012 et puis pour 2013.
Donc, croissance économique plus faible que celle de nos voisins, ce qui laisse songeur lorsqu'on entend des membres du gouvernement nous dire que ça se passe mieux ici qu'ailleurs, parce que l'étalon le plus utilisé pour mesurer la performance d'une économie, c'est la croissance du PIB réel. Alors, quand on voit que, pour 2009, 2010, 2011, 2012... pardon, pas 2009; 2011, 2012... je recommence: 2010-2011-2012-2013, donc quatre ans, on est derrière le reste du Canada et les États-Unis, ça laisse songeur.
Par ailleurs, je vous rappelle qu'en janvier... les chiffres pour janvier sont sortis, là, et que, malheureusement, le Québec était en territoire négatif, M. le Président, au plan de la croissance économique. Évidemment, j'ai confiance que la situation va se retourner puis qu'on va retourner en milieu... en zone positive pour février, mais il n'en demeure pas moins qu'il y a des symptômes, il y a des signaux inquiétants. Et cela, M. le Président, c'est dans le contexte aussi d'un secteur manufacturier qui a connu sa part de difficultés.
Je vous rappelle que, depuis 2002, 175 000 jobs ont disparu dans le secteur manufacturier. Les fermetures d'usines récentes ont été nombreuses: Aveos, Electrolux, la White Birch, dont je vais reparler plus tard un peu. Donc, il y a eu des fermetures nombreuses, et 175 000 jobs de perdues, ce n'est pas rien, c'est dans un secteur qui est fondamental pour notre économie puisque c'est du secteur manufacturier qu'origine l'essentiel de nos exportations, et ça a eu un impact sur nos exportations.
Quatrième élément dont je vais vous parler rapidement: les investissements. J'ai entendu le ministre nous dire que les investissements étaient de retour. Je veux juste lui rappeler que, s'il consulte les chiffres de l'Institut de la statistique du Québec, les investissements en machines et équipements, lesquels sont le coeur, là, de la croissance économique, ces investissements-là sont aujourd'hui -- enfin, les prévisions pour 2012, en tout cas -- 1 milliard en dessous du niveau où ils se trouvaient en 2007. On n'est pas encore retourné au niveau où on se trouvait en 2007.
Et dois-je rappeler au ministre que ce niveau de 2007 était bien insuffisant, puisque nous n'avions même pas la part de notre population des investissements privés au Canada? Bref, quant à l'investissement, il y a encore beaucoup de travail à faire, et c'est très pertinent d'avoir aujourd'hui devant nous Investissement Québec. D'ailleurs, on en reparlera.
Et quatrième et dernier élément du bilan, que je ne peux m'empêcher de souligner devant celui que... devant le bilan rose bonbon que nous a fait le ministre, c'est la question de l'emploi. La question de l'emploi. Je vous rappelle les chiffres pour 2011: moins 51 000 emplois au Québec, 10e province sur 10. Toutes les autres provinces canadiennes ont créé des emplois. Et puis, si je me reporte en date d'aujourd'hui, là, depuis 12 mois, zéro emploi créé au Québec, zéro. On est neuvièmes au Canada sur ce plan. Alors, évidemment, là, je viens de dresser un bilan passablement désagréable, j'en conviens. Il va falloir agir pour que ce bilan s'améliore.
Nous, de notre côté, on croit qu'il faut agir sur les deux moteurs de la croissance économique, je l'ai dit à plusieurs reprises: la scolarisation puis l'investissement privé. Sur la scolarisation, c'est une évidence, là, qu'il faut faire autre chose que de freiner la fréquentation universitaire comme le gouvernement entend le faire, donc il faut au contraire encourager les gens à aller à l'école. Et, quant aux investissements privés, il va falloir revoir nos façons de faire, parce que, de toute évidence, ça ne fonctionne pas très, très bien. Et j'ai en tête que nous revoyions le rôle de la Caisse de dépôt en particulier et la fiscalité des entreprises.
Donc, M. le Président, je vais m'arrêter là-dessus puis je poserai mes questions au ministre dans quelques minutes.
Discussion générale
Le Président (M. Ouellette): Merci, M. le député de Rousseau. Je ne vous laisserai même pas reprendre votre souffle, nous allons entamer la première ronde de questions, et à vous pour votre première intervention.
M. Marceau: Merci, M. le Président. O.K. Alors, écoutez, j'y vais. Bien, tout d'abord, je voudrais saluer... Nous avons ici, M. le Président, dans les tribunes, les travailleurs syndiqués de la White Birch, et il y a aussi des retraités aussi, M. le Président, donc que je salue évidemment cordialement. Et ils sont venus ici pour entendre les questions que nous allons poser au ministre et puis à Investissement Québec sur ce sujet. Je suis évidemment accompagné de ma collègue de Taschereau qui, elle aussi, a été fortement impliquée dans le dossier.
Et je voudrais vous rappeler quelques éléments, là, pour que nous comprenions bien où, là, je veux en venir. Premier élément important, bien, vous le savez, l'usine de Québec a fermé le 9 décembre dernier, 9 décembre 2011, et à partir du moment où l'usine a fermé, le 9 décembre, des pressions considérables ont été exercées sur les travailleurs, sur les retraités. Essentiellement, ils avaient un couteau sur la gorge, et on leur a demandé de faire des concessions importantes, des concessions importantes au plan des salaires, au plan des régimes de retraite.
** (16 heures) **
Et je sais que vous êtes capable de comprendre, M. le Président, la situation dans laquelle on se trouve lorsque l'alternative aux concessions qu'on nous demande, c'est de ne plus avoir de job, c'est de ne plus avoir de régime de retraite qui a de l'allure. C'était l'alternative devant laquelle les travailleurs étaient placés. Et je crois que ces moments-là... Puis les travailleurs et les retraités vous le raconteraient mieux que moi, mais ces moments-là ont certainement été... ont dû être difficiles, et des décisions extrêmement pénibles ont dû être prises par tous ces gens-là.
Et toujours est-il que, le 24 mars dernier, donc, essentiellement, trois mois après l'annonce de la fermeture, les travailleurs de l'usine de Québec ont voté à 79 % en faveur de l'offre patronale qui contenait d'importantes concessions. Notamment, là, là-dedans, il y a une baisse de salaire de 10 %, il y a une coupe de 30 % dans les rentes des retraités et de 55 % pour les employés actuels. Alors, M. le Président, là, vous êtes en mesure de vous rendre compte qu'on a ici des travailleurs et des retraités qui ont donné beaucoup dans un contexte où ce qu'on leur disait, c'était que l'alternative, c'était le néant.
C'est ça qu'on leur disait, là. Alors, M. le Président, ça, c'est le contexte que je voulais vous raconter.
Puis là ce qui m'intéresse puis ce sur quoi j'ai des questions à poser, c'est ce qui s'est passé entre le moment de la fermeture, le 9 décembre 2011, et le 24 mars 2012, qui est le moment où les travailleurs de l'usine de Québec ont voté, ont accepté de plier finalement aux demandes qu'on leur faisait. Alors, dans cet intervalle-là, il s'est passé des choses intéressantes, M. le Président, très pertinentes et, moi, je pense, qui valent la peine d'être soulevées.
Alors, avant d'aller plus loin, je voudrais savoir, M. le Président, si, parmi les gens de la direction d'Investissement Québec, Mme Louise Morin est présente? Je ne sais pas si elle est présente. Non? O.K.
Le Président (M. Ouellette): C'est négatif, M. le député de Rousseau, par le... Oui.
M. Marceau: Oui, j'ai compris, j'ai vu le hochement de la tête de M. Daoust. Alors, je vais poser ma question directement à M. Daoust et... Question très simple, en fait, pour commencer: Est-ce que M. Daoust peut nous confirmer s'il est exact que des membres de la haute direction d'Investissement Québec ont, dans l'intervalle que j'ai dit, là, c'est-à-dire entre le 9 décembre 2011 et le 24 mars 2012... Est-ce qu'il est exact que des dirigeants ont rencontré à deux reprises des dirigeants de l'entreprise Kejriwal au sujet du rachat de l'usine?
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre.
M. Hamad: Je vais répondre globalement, puis on reviendra à la petite question, parce que, là, on va faire de la petite politique ici. Je ne pensais pas venir faire de la petite politique sur le dos des travailleurs, que je salue d'ailleurs, qu'on a supportés. On va parler d'histoire.
La vraie histoire, c'est quoi? C'est qu'un employeur a décidé de fermer -- une décision unilatérale -- l'usine, à la surprise de tout le monde. Et, si on n'avait pas bougé, l'usine serait fermée aujourd'hui. Ça, c'est reconnu par les travailleurs, reconnu par tout le monde. On est intervenus et je suis intervenu personnellement, M. le Président, pour dire à l'employeur: Ce n'est pas correct, il faut qu'on s'assoie ensemble puis qu'on travaille toutes les solutions possibles pour rouvrir l'usine.
On a eu plusieurs rencontres avec l'employeur, avec le syndicat, avec Renaud Gagné et le président local aussi, plusieurs rencontres avec les retraités. Et, dans toutes ces rencontres-là, l'objectif était ultime: c'est ouvrir l'usine puis permettre à ces gars-là ou les filles qui sont en haut, là, de revenir à l'usine le plus vite possible. On a eu plusieurs rencontres, on a réussi à la fin une entente avec les syndicats, une entente avec...
Je me rappelle, un mercredi, on a fait des téléphones toute la journée, mardi soir, mercredi matin, avec Renaud, puis avec le président de la compagnie pour dire: Il faut qu'on s'assoie ensemble autour de la table puis il faut qu'on trouve des solutions. Pour Québec, en passant, c'est trois usines.
Actuellement, le député de Rousseau, je vais lui pardonner quand même... Parce qu'il a dit: C'est fermé. C'est fermé temporairement. Nous autres, là, on n'a pas perdu l'espoir, là, jamais on ne perdra l'espoir parce qu'on va travailler jusqu'au bout pour que ces gars-là, en haut, qui sont là, présents, là, retournent puis qu'ils travaillent. C'est ça qu'on veut faire.
Il n'y a pas longtemps, le leader de l'opposition, là, il a dit qu'Abitibi était fermée. Il s'est levé ici, là, le 6 décembre 2010: C'est fermé, Abitibi, fermé! Puis là, là, le député de Rousseau, il se lève: C'est fermé, puis c'est tout. Tout ce que le député a réussi à faire aujourd'hui, là, la députée de Taschereau, là, tout ce qu'elle a fait dans ce débat-là, là, c'est les amener ici, c'est tout. Nous autres, on a fait beaucoup plus que ça.
Qu'est-ce qu'on a fait? On a mis le ministère du Développement économique au travail pour aider de trouver des solutions avec l'employeur. Pourquoi? Parce qu'on veut une usine viable, on veut une usine qui dure puis avec des travailleurs avec ça. Deuxièmement, moi, le 28 mars, là, j'étais impressionné de voir comment les travailleurs ont sacrifié... ils ont accepté un sacrifice majeur, en passant, majeur. Ce n'est pas un petit cadeau qu'ils ont fait, là, un gros, gros cadeau qu'ils ont fait.
Et ça, ça m'a encouragé de dire: Si ces travailleurs-là, de ma région, de ma ville, ont fait ça pour leur job, bien, moi, mon devoir, c'est de continuer comme j'ai fait le 6 décembre dernier, être avec eux autres pour essayer d'ouvrir l'usine puis trouver des moyens.
Comment on va faire maintenant? On travaille au niveau des régimes de retraite. Puis aussi les retraités paient un prix, M. le Président. Les retraités ont accepté de couper leur fonds de retraite, comme les travailleurs aussi. Ils ont tous accepté... Puis, en passant, quand ils ont commencé à travailler à cette entreprise-là, ils n'ont jamais pensé un jour, avec tout l'argent qu'ils ont mis là... Ils n'ont pas épargné ailleurs, c'est la seule épargne qu'ils ont faite, la majorité, à ce que je sache, puis là, aujourd'hui, il y a une surprise pour eux: des coupures.
Ils ont accepté, ils ont accepté de baisser leurs salaires, ils ont accepté des conditions. J'étais fier d'eux autres parce que vraiment ils ont fait un effort.
Maintenant, nous autres, là, c'est notre tour maintenant. Pas faire la politique, là, c'est les aider puis travailler avec eux autres. Comment on va travailler avec eux autres? Comment on a fait dans le passé? Régime de retraite, il faut travailler parce qu'il y a des réglementations à faire, il y a des ententes à faire. Deuxièmement, il faut travailler pour trouver les moyens financiers nécessaires pour rendre cette usine-là rentable et viable, c'est-à-dire il y a des subventions, il y a des ententes.
Et, pour faire des subventions, des ententes, il y a des négociations avec l'employeur pour savoir ses états financiers, ses prévisions financières parce qu'on ne va pas se baser... donner l'argent sur rien. On veut être sûrs que ce qu'on met là, c'est rentable, c'est bon, pas juste pour Québec -- Québec, c'est important pour moi, personnellement -- mais aussi pour le député de Rivière-du-Loup qui est présent ici, qui a une usine, pour l'usine de Masson aussi. Il y a trois usines, puis les travailleurs des trois usines qui ont travaillé fort, puis ils ont fait un sacrifice...
Je n'ai jamais vu, depuis longtemps au Québec, je n'ai jamais vu des gars comme ça, qui font un sacrifice comme celui-là.
Donc, on continue, on négocie, on travaille. Notre objectif, c'est ouvrir l'usine, comme le même objectif que j'avais le 6 décembre. Le 6 décembre, là, je n'ai pas lancé la serviette sur la terre, là. Ce que j'ai fait, j'ai travaillé avec l'employeur. J'ai dit: Là, là, il faut qu'on fasse de quoi. On l'a poussé à venir, il est venu s'asseoir autour de la table. Puis je peux vous en sortir, des citations, là, des citations, les gens qui disaient qu'ils étaient satisfaits du travail qu'on a réalisé à date.
Le Président (M. Ouellette): ...une autre question, M. le ministre, vos citations.
M. Hamad: Je veux juste terminer là-dessus, une citation, le 18 janvier. « On salue le travail de M. Hamad là-dedans. C'est certain que, si l'employeur accepte de participer et de reprendre les discussions pour les trois usines, on ne peut que se réjouir » , commente au Soleil M. Renaud Gagné. C'est le porte-parole syndical.
Donc, on continue, puis aujourd'hui je suis content de les voir. Et l'élément clé pour nous autres, si vous voulez, on continue. On négocie, puis évidemment on négocie serré. Comme il a fait... les travailleurs, ils négocient avec nous autres. Mais on va faire comme les travailleurs, on va tenir notre bout, on va essayer d'avoir une entente puis une entente qui est bonne pour l'usine, une entente bonne pour les travailleurs, une entente bonne pour la région de Québec.
Le Président (M. Ouellette): Merci, M. le ministre. M. le député de Rousseau.
Une voix: ...
Le Président (M. Ouellette): Oui, mais on reviendra parce qu'il va...
Une voix: ...
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre.
M. Hamad: ...rencontré la compagnie indienne. Moi, ma priorité, là, ce n'est pas la compagnie indienne. Moi, je veux que l'usine ouvre aujourd'hui, parce que, si la compagnie indienne... Puis il commence à y avoir d'autres négociations. Ces gars-là, là, ils veulent travailler le plus vite possible. Il y a une entente sur la table. Ils ont accepté une offre à l'employeur, ils sont devant la cour. Il faut régler ça. Les Indiens qui se promènent, c'est bien beau, c'est le fun, c'est agréable. Mais maintenant, ce qui est important, c'est s'entendre le plus vite possible puis ouvrir cette usine-là. C'est ça qu'il y a de prioritaire.
Le Président (M. Ouellette): Merci, M. le ministre. M. le député de Rousseau.
M. Marceau: O.K. Je peux... Merci, M. le Président. Bien, écoutez, ma question était pourtant simple. Je ne sais pas pourquoi M. le ministre est si énervé. Alors, je... Question très simple, très précise. Je n'ai pas compris...
Une voix: ...
Le Président (M. Ouellette): Non, non. M. le député de Rousseau, c'est à vous la parole.
M. Marceau: O.K. Entre le 9 décembre 2011 et le 24 mars 2012, est-ce que Mme Louise Morin, vice-présidente principale aux affaires internationales, a rencontré, plus précisément en janvier, à au moins deux reprises, les dirigeants de l'entreprise Kejriwal qui étaient intéressés à racheter l'usine?
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre.
M. Hamad: Moi, je sais qu'il y a eu une rencontre. Il y a eu une rencontre avec cette madame-là que je ne connaissais pas, mais je sais qu'elle travaille chez Investissement Québec à Montréal. Puis ces gens-là, ils se promènent comme tous les hommes d'affaires qui se promènent partout dans les colloques, des congrès. Ils disent: Y a-tu des investissements? On a entendu que l'usine est fermée. On peut-u l'acheter? Ils ont fait ça, ils sont venus à Québec, ils ont rencontré du monde. Mais on n'empêche pas le monde de se promener, puis faire des rencontres, puis faire des investissements, là. Alors, là, là, c'est aucun rapport, la question, là.
Moi, j'aurais aimé ça me... poser la question. L'usine, là, il faut qu'il répète, là... Il ne faut jamais qu'il dise qu'elle est fermée, là. Le député de Rousseau, là, tu ne diras jamais que c'est fermé, il faut que tu dises: Fermée temporairement, puis on travaille pour l'ouvrir.
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre...
M. Hamad: Ça, c'est important qu'il le dise, là.
Le Président (M. Ouellette): Oui, mais il n'a pas terminé sa série de questions. M. le député de Rousseau. Donc, une reprise.
** (16 h 10) **
M. Marceau: Le ministre confirme que, donc, il y aurait eu une rencontre en janvier et, si je comprends bien, alors qu'on demandait aux travailleurs et aux retraités de faire des concessions importantes, alors que les travailleurs avaient un couteau sur la gorge essentiellement, là, on a négligé de leur faire savoir que des entreprises étaient intéressées à reprendre les activités. Est-ce que c'est ça que je dois comprendre, M. le Président?
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre.
M. Hamad: M. le Président, je ne sais pas... Cette diversion-là, sincèrement, là, c'est une perte de temps, là, une perte de temps. C'est une perte de temps. Je m'excuse, là. Tantôt, il parlait de l'économie du Québec, là, puis là on va lui répondre. Les travailleurs, nous, on s'en occupe, là. À
part les inviter ici, là, regarde... Arrêtez de perdre le temps des travailleurs, de taponner dans d'autre chose. M. le Président, je m'excuse, là, mais, là, là, on s'en occupe, ça va bien, puis on travaille pour eux.
Maintenant, là, s'il a d'autres questions sur l'économie du Québec, ça me fait plaisir de répondre. S'il veut me parler de l'entreprise qui a rencontré tel ou rencontré tel, moi, je n'empêcherai pas les entreprises à rencontrer personne au Québec. S'ils veulent investir, ils sont bienvenus. Ce dossier-là, là, on le travaille, la bonne direction.
Là, là, si on veut parler de PIB, je suis prêt, s'il veut parler de croissance économique, on va en parler; s'il veut parler d'investissements privés, on va en parler. Et, si on veut parler d'emplois, « let's go » , M. le Président, on est prêts à parler de ça, là. J'ai hâte de parler de ça, là.
Le Président (M. Ouellette): Il va vous en parler. M. le député de Rousseau.
M. Marceau: De toute évidence, j'ai touché un point sensible, hein? M. le Président, le gouvernement, qui avait... qui a pour mandat de ne pas intervenir dans les négociations, n'avait pas à garder secrète l'existence de gens intéressés. Et moi, je trouve ça remarquable parce que ça a faussé la négociation, hein? Essentiellement, ça revient à fausser la négociation. Si de l'information était disponible sur l'existence d'acheteurs, moi, je pense que cette information-là aurait dû être rendue publique et qu'on aurait dû informer... La question que ça pose, essentiellement, c'est: Pourquoi le ministre a trouvé qu'il fallait garder pour lui-même cette information?
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre, en réponse à cette question.
M. Hamad: C'était écrit dans le journal. C'était écrit dans le journal il y a deux semaines, trois semaines, en passant. Je ne sais pas, là, lui, parce qu'il ne vient pas de Québec, il ne suit pas les... mais qu'il le demande à la députée de Taschereau, c'était écrit dans... Même le maire, le maire Labeaume, il l'a dit dans le journal, qu'il a rencontré cette compagnie-là. Alors, je pense que sa revue de presse n'est pas bonne, là. Puis qu'il le demande à la députée de Taschereau. Elle non plus, elle n'a pas l'air d'avoir lu les articles dans les journaux. Il y a eu une rencontre. Le maire Labeaume, il a trouvé la compagnie intéressante.
Mais, en passant, là, tout ça, là, c'est de la diversion. L'histoire, là: ils sont devant la LACC, ils sont devant une cour, là. Il y a un juge, là, en train de regarder comment on peut reprendre. Puis ce juge-là, à mes connaissances, il négocie avec une compagnie qui est... c'est le propriétaire qu'on négocie avec pour repartir l'usine.
Que quelqu'un qui se promène, là, puis c'est écrit dans les journaux, des informations... Là, là, honnêtement, là, il n'est pas souvent à Québec. C'est drôle, hein? Tous les députés de Rousseau, là, lui... Puis, avant, l'ancien député de Rousseau qui s'appelait Legault, là, il n'était pas souvent à Québec, il n'aimait pas Québec. La même chose, il n'est pas au courant de qu'est-ce qui se passe à Québec. C'est écrit dans les journaux, là.
Le Président (M. Ouellette): Attention, M. le ministre.
M. Hamad: Puis ils ont dit: Une compagnie asiatique, puis, après ça, c'était une compagnie indienne. Puis Régis Labeaume, le maire, il les a rencontrés, puis: Bienvenue! Moi, je ne les ai jamais rencontrés parce que moi, je suis concentré sur le dossier ici.
Puis, en passant, il essaie de mettre la bisbille, je veux juste vous le dire. Le 17 janvier 2012, à ma connaissance, c'est écrit ici: « Le syndicat s'est dit satisfait de la collaboration du gouvernement dans le dossier. » Alors, là, à date, nous, on travaille avec les retraités. J'ai rencontré les retraités à plusieurs reprises, j'ai rencontré le syndicat à plusieurs reprises, on parle à Renaud régulièrement, on travaille ensemble. J'ai parlé au propriétaire la semaine dernière parce que je veux qu'on avance plus vite. Il y a eu des rencontres, des discussions.
Là, la diversion, M. le Président, là, il a-tu d'autres questions plus pertinentes? Je m'excuse, là...
Le Président (M. Ouellette): Oui, elles s'en viennent, les autres questions, M. le ministre.
M. Hamad: ...mais ça en prend des plus pertinentes que ça. Perdre le temps...
Le Président (M. Ouellette): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: ...la situation parce qu'il est mélangé un petit peu, là.
M. Hamad: ...
Le Président (M. Ouellette): Oui. Vous pourrez la...
M. Hamad: ...
Le Président (M. Ouellette): M. le député... M. le ministre. M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Juste pour clarifier un peu les choses, là: dans le journal, c'était le 7 avril, le 7 avril. Alors, le...
Une voix: ...
Le Président (M. Ouellette): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Ce n'est pas possible, là. Vous faites semblant de ne pas comprendre, là, ou bien quoi, là? Ce n'est pas possible, là. Regardez, l'important, le point important, c'est que les travailleurs, les travailleurs, au moment où ils ont pris leur décision, ne le savaient pas, n'avaient pas été informés de choses que vous saviez.
Vous étiez au courant de ces choses-là, Investissement Québec était au courant de ces choses-là, et les travailleurs, eux, ne le savaient pas, et, à cause de cela, parce qu'il n'y avait pas d'alternative, parce que le néant était l'alternative, ils ont fait des concessions possiblement plus importantes. Et l'absence de communication de votre part au syndicat a fait que ça a faussé le jeu de la négociation, c'est ce que ça veut... c'est la conséquence, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette): Je rappelle à mes collègues que je dois être au courant, donc ne vous interpellez pas, s'il vous plaît. M. le ministre, en réponse.
M. Hamad: C'est faux, M. le Président, puis... Sincèrement, c'est faux. Et, en passant, moi, je n'ai jamais rencontré, je n'ai pas, jamais, discuté... Le ministère du Développement économique, on n'a jamais discuté... Ils ont rencontré un fonctionnaire d'Investissement Québec à Montréal puis ils sont venus à Québec rencontrer Régis Labeaume. Alors, s'il y a des comptes à rendre qu'ils demandent, là, je leur recommande... je vais lui donner le numéro de téléphone, lui donner l'adresse de l'hôtel de ville à Québec, qu'il appelle le maire puis il demande, là, ce qu'il a fait, le maire, avec eux autres.
Le Président (M. Ouellette): Et je pense qu'il... Je pense qu'il va faire ses téléphones. M. le député de Rousseau.
M. Hamad: Je peux l'amener s'il ne sait pas l'hôtel de ville est où, là.
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre... M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Je pense que le ministre n'est pas conscient qu'il est responsable d'Investissement Québec et qu'Investissement Québec a une vice-présidente principale aux affaires internationales qui, selon nos informations, a rencontré à deux reprises... Et je me demande comment la communication s'est faite entre Investissement Québec et le ministre puis, encore une fois, comment il se fait que le syndicat et les syndiqués aient été laissés dans l'ignorance. Rencontre, là, de janvier. Et, le 24 mars, le syndicat se réunit puis prend une décision.
Il y a eu plusieurs semaines pendant lesquelles on aurait pu les informer. Je le répète, ça vient de la haute direction d'Investissement Québec, pas un fonctionnaire quelconque, là, de la vice-présidente principale aux affaires internationales, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette): Votre question, M. le député de Rousseau?
M. Hamad: Bien, M. le Président...
M. Marceau: ...tolérer cela. C'est lui qui est responsable.
Le Président (M. Ouellette): M. le...
M. Hamad: S'il dit « les hauts responsables » , on a le haut responsable. Alors, M. Daoust, est-ce que vous avez communiqué avec...
Le Président (M. Ouellette): De consentement? De consentement, les collègues, vous voulez que M. Daoust éclaircisse...
M. Hamad: Je vais lui poser la bonne question: Avez-vous communiqué avec la compagnie indienne, là? Avez-vous rencontré la compagnie indienne?
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre, de consentement, on va laisser M. Daoust répondre. Il y a consentement? M. Daoust, en réponse à la question du député de Rousseau.
M. Daoust (Jacques): Alors, écoutez, M. le Président, on a actuellement 12 bureaux internationaux, avec des représentants partout. Et ils ont des rencontres au quotidien avec des entreprises qui se montrent intéressées à des investissements ici. Je n'ai pas eu le détail sur cette rencontre spécifique là, mais ce que dit M. le député est probablement très vrai: on l'a probablement rencontrée.
Mais ils nous arrivent avec toutes sortes de conditions dans ces cas-là, vous savez, et ils viennent à la pêche, ils viennent voir l'état de désarroi de nos situations souvent dans une entreprise qui est en relève. Et, à ce moment-là, qu'est-ce qu'on fait? Bien, on dit: Écoutez, on va recevoir ça. Mais une des choses dans une entreprise qui est en difficulté: Investissement Québec n'a pas le mandat de gérer les situations de difficulté d'entreprises. C'est toujours canalisé vers le ministère, avec ma collègue qui est la sous-ministre et le ministre. Et les équipes se parlent à l'intérieur de ça.
Alors, nous, on les accueille, on reçoit leurs demandes et, après ça, on se coordonne, on ne part pas chacun de notre côté.
M. Hamad: Puis, pour ajouter, M. le Président...
Le Président (M. Ouellette): ...il reste 30 secondes pour la dernière question de M. le député de Rousseau. M. le ministre?
M. Hamad: Si l'entreprise avait une offre à faire, elle la fera au juge. Mais il n'y a rien, il n'y a rien.
Le Président (M. Ouellette): M. le député de Rousseau.
M. Hamad: Puis Renaud Gagné est au courant de tout ça, le président du syndicat.
Le Président (M. Ouellette): M. le député de Rousseau, pour votre dernière question.
M. Marceau: Bien, écoutez, je voulais juste qu'on me confirme, là: M. Daoust, il y a bel et bien eu deux rencontres?
Le Président (M. Ouellette): ...M. Daoust a parlé de une rencontre, là, à moins que j'en ai manqué une. M. Daoust.
M. Daoust (Jacques): Je ne le sais pas. Je vous dis que nos équipes rencontrent des gens tous les jours, alors, de... Je n'ai pas une espèce de registre, si vous voulez, de toutes les rencontres qui se font dans tous les bureaux, partout à travers la planète, là.
Le Président (M. Ouellette): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Écoutez, il y a quelque chose d'un peu incohérent, là, puis je m'excuse, là. Le ministre nous a dit qu'il y a eu une rencontre, tout à l'heure, et vous, M. Daoust, vous nous dites que vous ne le savez pas. Là, est-ce que le ministre est plus au courant que M. Daoust ou bien le ministre a improvisé tout à l'heure?
Le Président (M. Ouellette): M. Daoust, là, pour reprendre ses propos, a confirmé qu'il y avait eu une rencontre, mais il ne peut pas confirmer qu'il y en a eu deux. Vous pouvez lui demander s'il y en a eu deux, pour qu'il aille vérifier, mais il a confirmé qu'il y avait eu une rencontre.
M. Marceau: ...je n'ai pas entendu ça comme ça, je suis désolé, mais...
Le Président (M. Ouellette): Ah, bien, O.K.
M. Marceau: De toute façon...
Une voix: ...
M. Marceau: O.K.
Le Président (M. Ouellette): C'est beau, mais là votre temps est terminé, M. le député de Rousseau, pour ce bloc-ci.
Une voix: ...
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre, M. le ministre... M. le député de Jean-Lesage.
** (16 h 20) **
M. Drolet: Merci beaucoup, M. le Président. Salutations aux collègues, salutations naturellement au ministre et salutations à toute l'équipe du ministre au Développement économique puis avec qui j'ai eu le plaisir de travailler très souvent étroitement, de par naturellement la stratégie entrepreneuriale que je vais un petit peu aussi parler, M. le Président.
J'ai eu le privilège, l'année dernière, de faire... d'être mandaté comme coprésident avec mon collègue, M. le député de Laval-des-Rapides, pour la coprésidence de la stratégie entrepreneuriale. Le ministère du Développement économique avait naturellement décidé, avec l'appui de notre gouvernement, de faire en sorte qu'on puisse faire... aller plus loin avec l'entrepreneuriat au Québec qui était, naturellement, un problème.
Nous avons fait les 17 régions du Québec sur... naturellement, des propos que je vais vous donner, sur quoi on avait comme mandat d'aller écouter des tables régionales sur l'entrepreneuriat auxquelles on a pu se faire une tête pour davantage être en mesure de donner une stratégie très évidente pour les Québécois.
Cette tournée avait comme objectif de valoriser l'entrepreneuriat. C'est bien important parce que valoriser l'entrepreneuriat, M. le Président, c'est quelque chose qui est ici un problème. Je vous donnerai des statistiques tout à l'heure, mais on avait ce mandat-là parce qu'au Québec réussir en affaires, ce n'est pas toujours bien vu. On avait comme... les options... Il y avait cinq enjeux: développer la culture entrepreneuriale, parce qu'on a eu de très beaux exemples que, très jeunes, les jeunes n'étaient pas naturellement mis à profit avec l'entrepreneuriat.
Souvent que ce soit scolaire, à la maison ou autre, on manque de ce côté-là vraiment, vraiment de leadership pour donner aux jeunes une possibilité de penser un jour à l'entrepreneuriat.
Vous savez, on a souvent, M. le Président, aussi entendu que décrocheur égalait entrepreneur. On parle souvent de décrochage scolaire, mais souvent un petit garçon a peut-être le talent d'aller plus loin, mais avec, naturellement, une stratégie puis quelqu'un qui s'en occupe, il va peut-être, au lieu de décrocher, avoir une intention d'entreprendre un jour. Et c'était... En tout cas, on l'a entendu régulièrement.
Le deuxième point qui était important, c'est le prédémarrage et le démarrage d'entreprise, naturellement, créer plus d'entreprises pour la richesse au Québec, travailler davantage pour accroître l'accessibilité au capital de risque, le soutien à l'entrepreneuriat collectif, coopératif, développer le réseau des femmes entrepreneures et le soutien à l'économie sociale.
D'ailleurs, si on regarde un tableau... bien, pas un tableau, mais une statistique bien importante, une situation aggravée par le manque de dynamisme entrepreneurial des 30-44 ans: 3 000 entrepreneurs chez les 30-44 ans seront de nouveaux propriétaires d'entreprises d'ici 2018. C'est 10 fois moins qu'en Ontario où ils seront plus de 30 000. Voilà, M. le Président, pourquoi que c'est important de s'occuper des jeunes au départ, mais aussi après ça dans le démarrage et le prédémarrage d'entreprise.
Il y avait aussi naturellement la pérennité et la croissance, survivre aux premières années. Plusieurs exemples dans la tournée nous ont été donnés, parce que justement c'est des moments qui ne sont pas toujours faciles, parce qu'il faut davantage d'aide. Et c'est là qui... on a besoin puis on a appelé ça « la vallée de la mort » , souvent ça nous a été dit qu'entre trois et cinq ans, c'étaient les périodes les plus difficiles pour une entreprise de continuer, souvent. Et là vient l'importance d'avoir le mentorat.
Plusieurs beaux exemples de mentorat que l'on a pu avoir dans le cadre de notre tournée, entre autres à Québec, ici, Entrepreneuriat Laval qui se fait un plaisir de mentorer les jeunes avec de très bonnes idées, mais, malheureusement, il n'y en a pas assez, M. le Président. Malheureusement, il n'y a pas assez de philanthropie sur ce côté-là et c'est un devoir que tout le monde s'y arrête pour être en mesure de pouvoir donner davantage à ces entreprises-là la possibilité d'avoir une écoute de mentor.
Il y a quand même des exemples intéressants par contre qui ont été faits. Dans la dernière année, M. le Président, on a entendu souvent parler de l'école de l'entrepreneuriat de la Beauce, M. Dutil et compagnie, ses pairs qui nous ont donné cette école-là pour donner justement à ces jeunes entrepreneurs là des possibilités de cours ou de formation ou de témoignage de mentorat pour aller plus loin, pour avoir confiance en soi et peut-être leur permettre de se développer davantage avec des possibilités de croissance, d'exportation ou autre avec leurs contacts.
L'autre point majeur aussi, M. le Président: la transmission et la relève. Ça, c'était bien important, parce que, si je peux vous dire que... Tantôt, je disais qu'il y avait des jeunes qui devaient entreprendre. Il y a aussi, d'ici 2018, un retrait possible de 30 % des propriétaires d'entreprises, deux fois plus que le taux d'entrée de nouveaux entrepreneurs, soit 16,5 %, une baisse de 25 000 du bassin d'entrepreneurs. C'est alarmant, M. le Président. Il faut que la relève s'y installe pour faire face à cette pénurie d'entrepreneurs.
Et, pour l'importance de la relève entrepreneuriale, il faut quand même aussi... M. le Président, il y a quand même plein de modèles qui nous ont été montrés, parce qu'on a eu des beaux exemples de relève, mais malheureusement, souvent, ce n'est pas assez mis à profit. Les gens d'affaires, souvent, ne pensent pas à ça. Ils sont rendus à un certain âge puis, malheureusement, ils continuent, ils continuent mais, malheureusement, ne pensent pas qu'à un moment donné il vont avoir un certain âge puis, s'ils n'ont pas de famille en arrière, s'il n'y a pas de relève familiale, souvent il y a un manque là-dessus.
Et on a vu des exemples de ça, des gens qu'il était rendu tard puis avouaient -- parce qu'on les a rencontrés en tournée, plusieurs entreprises comme ça dans toutes les régions du Québec -- ...pour nous avouer ça, qu'ils avaient attendu trop tard.
Et c'est pour ça que je conseille aux professionnels, que ce soient les comptables et les avocats, de ces entreprises-là de pouvoir être plus transparents des fois avec leurs entrepreneurs pour dire, pour leur faire penser à cette solution-là pour davantage aller plus loin.
M. le Président, on a vu des modèles aussi pour, naturellement... des beaux modèles pour qu'il puisse y avoir, dans cette relève-là, des modèles d'entrepreneurs. Vous savez, c'est souvent sous-estimé, et souvent un entrepreneur devrait voir à côté de lui des employés qui ont peut-être un gros talent, un gros potentiel et peut-être même leur suggérer de penser à investir pour être en mesure de... Parce que, souvent, ils ont une expérience de cette même entreprise-là, qui pourrait leur permettre de réaliser des belles affaires et de donner aux propriétaires de la relève, finalement, un assouplissement pour le temps.
Et le dernier point qui était très important en consultation, M. le Président, c'était naturellement un point sur la concertation des intervenants de l'industrie.
Pour avoir fait la tournée des 17 régions, M. le Président, j'ai été très surpris de voir à quel point que tous ceux qui s'occupent de l'entrepreneuriat étaient assis, naturellement, dans la salle, et souvent même ne se connaissaient pas ou à peine, des mêmes régions, ou avaient peu de rencontres pour parler de l'entrepreneuriat... et de faire... de voir, après notre rencontre que ces gens-là se disaient: Aïe! il faut se voir plus souvent pour être en mesure, M. le Président... se revoir pour être en mesure de stimuler et de donner une concertation.
Parce que c'est souvent ce qui manque, on met toujours la faute à l'extérieur, mais souvent, si on s'occupe de nos affaires nous-mêmes, ça peut peut-être aller plus loin. Et on a vu de très beaux exemples, M. le Président, pour ce côté-là.
Et, voyez-vous, on a lancé une stratégie qui était intéressante. M. le ministre a fait ça à l'automne passé, en novembre dernier. Quelle fierté pour moi, en tant qu'entrepreneur, d'avoir été... naturellement, d'avoir investi mon temps mais, en même temps, aussi la confiance de notre ministère pour aller plus loin et pour faire en sorte qu'on a pu sortir, M. le Président, une stratégie très intéressante qui va faire en sorte que les Québécois vont en profiter et on va créer de la richesse pour être en mesure d'aller plus loin.
La mise en oeuvre de la stratégie va bon train, M. le Président. Parce que, là, on passe maintenant à la réalité.
Plusieurs mesures sont réalisées: le lancement de la plateforme Web jentreprends.ca et la division voirgrand.tv qui permettront de sensibiliser les jeunes à l'entrepreneuriat; le renouvellement de l'entente avec le Réseau Anges Québec, qui assure la continuité des services, plusieurs ententes avec différents partenaires de la stratégie, qui, naturellement, sont à venir pour différents dossiers, entre autres Femmesessor, qui vient tout juste de se régler dans la région de Québec où il n'y avait pas de réseau femmes d'affaires, bien, un beau profil pour la région de Québec; le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, en soutien à l'entrepreneuriat collectif, convention à signer.
À venir: les représentants des communautés culturelles, M. le Président, qu'on a rencontrés, les groupes de jeunes chambres de commerce, le Réseau québécois du crédit communautaire, les centres de transfert d'entreprises, la mise sur pied des tables régionales de concertation.
Sur le plan du financement, le Fonds Relève Québec a clôturé le 11 novembre en 2011, est opérationnel; le Fonds étudiants Solidarité travail; le fonds Anges Québec Capitale clôturera très bientôt; et un décret est en préparation pour opérationnaliser la mesure Québec Initiative-Prêts d'honneur. Voilà une chose très importante, M. le Président, la confiance et des prêts d'honneur au sein d'entreprises pour du financement pour des jeunes ou des gens qui en auront besoin pour aller plus loin.
M. le Président, maintenant, j'aimerais peut-être entendre le ministre sur, concrètement, en quoi la mise en oeuvre, finalement, de cette stratégie viendra améliorer la situation de l'entrepreneuriat au Québec et appuyer, naturellement, M. le Président, les entrepreneurs de ce que je viens de parler, de ce qu'on vient de vivre comme expérience.
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre.
M. Hamad: Merci, M. le Président. Je voudrais tout d'abord souligner le travail qui a été fait par le député de Jean-Lesage. Lui-même, c'est un entrepreneur-né, M. le Président. Et, d'ailleurs, dans son comté, les travailleurs qui étaient ici... que la députée de Taschereau, tout ce qu'elle a fait dans ce dossier-là, c'est lancer des invitations, sa contribution pour l'emploi à Québec, c'est lancer des invitations, alors, le député de Jean-Lesage... D'ailleurs, il a grandi avec plusieurs parmi eux qui travaillent aujourd'hui dans cette entreprise-là, qui n'est pas encore fermée définitivement.
Et, M. le Président, le député de Jean-Lesage, il a fait une tournée régionale dans toutes les régions du Québec. Ils ont rencontré plusieurs groupes, avec le député aussi de Laval-des-Rapides. Et finalement le mémoire qui a été bâti, ça a été bâti en partenariat avec toutes les forces du Québec, M. le Président. Et c'est là, le succès d'une stratégie, c'est lorsqu'on travaille avec les gens de toutes les régions du Québec.
Et, par la suite, une fois qu'on a mis en place cette stratégie-là, il faut que cette stratégie-là continue à être appliquée dans les régions, mais en partenariat avec les gens qui travaillent dans les régions parce que c'est eux qui comprennent le mieux les besoins de leurs régions.
** (16 h 30) **
Alors, cette stratégie-là est bien ancrée sur les forces du Québec. Ça veut dire quoi? Ça veut dire: d'abord, elle est adaptée aux besoins locaux et régionaux. Elle ne sera pas mur à mur, une stratégie mur à mur. Elle va être vraiment en fonction des besoins et en fonction de chaque région parce que chaque région est distincte, chaque région, elle a sa propre personnalité, puis chaque région a ses propres besoins.
Deuxièmement, c'est vraiment favoriser une utilisation optimale des structures existantes. Ce n'est pas une nouvelle structure, ce n'est pas des nouvelles organisations, c'est plutôt: on travaille avec les gens qui sont en place, et aussi axée sur une meilleure concertation des régions, et bien sûr basée sur la participation active du secteur privé. Si ma mémoire est bonne, c'est: 40 % de 450 millions de dollars, ça vient des contributions des partenaires et le reste, c'est le gouvernement du Québec. Et, bien sûr, une stratégie avec l'argent, c'est encore un appui financier important. C'est une première au Québec, c'est une première au Canada, M. le Président.
Et nous avons des objectifs, des cibles bien précis que nous voulons atteindre, et nous allons les atteindre en collaboration avec les gens du milieu.
Alors, les objectifs ou les cibles qu'on nous... réalistes pour 2020 -- l'objectif, c'est en 2020, en fait -- c'est augmenter de 20 000 le nombre de propriétaires d'entreprises, c'est: augmentation des intentions d'entreprendre, parce que -- le député de Jean-Lesage en parlait tantôt -- il y a une diminution d'intentions d'entreprendre au Québec, et que 635 000 personnes aient une telle intention, soit une augmentation de 140 000 personnes par rapport à 2010, et une augmentation de taux de survie après un an des entreprises de cinq employés ou plus. Ça, c'est les objectifs qui sont là, M. le Président.
Dans le fond, cette stratégie-là suit le cycle de vie d'une personne. Alors -- mettons, on va la nommer Marie -- Marie, elle, si elle va au primaire, bien, au primaire, M. le Président, il va y avoir des programmes, des écoles entrepreneuriales pour permettre à Marie de développer le goût d'entreprendre. On dit souvent: Si on est capables de repérer des futurs artistes, des futurs scientifiques ou des futurs scientifiques, bien, un jour, on sera capables de repérer un jour les futurs entrepreneurs à l'école. Et, dans ça, donc Marie va aller à l'école primaire, elle va aller dans une école entrepreneuriale, et là elle va avoir le goût d'entreprendre.
Dans les écoles secondaires, il y aura de la promotion, il y aura des concours pour les jeunes à l'école secondaire. Et nos objectifs, c'est avoir des écoles entrepreneuriales dans le domaine secondaire, une par toutes les régions. On va faire même la formation des éducateurs, des professeurs d'école pour qu'ils puissent transmettre la valeur entrepreneuriale. On va valoriser les métiers d'entrepreneuriat, comme il l'a bien mentionné, mon collègue, par les concours comme VoirGrand.tv avec Anne Marcotte, une émission formidable qu'on voit ça à Canal Vox, où on met en valeur l'expérience des entrepreneurs.
On récompense les entrepreneurs. D'ailleurs, la finale... Le député de Jean-Lesage était présent à la finale. Il était là pour voir les finalistes du Québec dans toutes les régions du Québec, M. le Président, puis voir la valorisation davantage.
Marie, elle a fini son secondaire et est rendue à l'université. Mais Marie, à l'université, on encourage le transfert d'entreprises... devenir entrepreneur dans les centres de transfert d'entreprises, etc. Le lien entre l'université et les affaires, il y a des programmes que nous avons mis là-dedans. Donc, Marie va avoir ces programmes-là pour l'aider à développer son entreprise.
Marie, elle a ouvert son entreprise, elle a besoin des fonds, et là on a plusieurs programmes à ce niveau-là, M. le Président. Par exemple, on a un programme important, ambitieux, c'est un prêt d'honneur d'entreprise. C'est que nous travaillons avec la Fédération des chambres de commerce, nous travaillons avec le président de la Fondation de l'entrepreneurship, M. Péladeau, nous travaillons avec la Fondation Desjardins et d'autres partenaires dans toutes les régions du Québec pour aider un jeune... pour aider Marie justement à partir son entreprise.
Il y a des fonds d'amorçage que nous avons gérés par Investissement Québec. Nous avons aussi d'autres fonds disponibles pour que Marie puisse partir sa compagnie.
Marie a parti sa compagnie, M. le Président. Elle a commencé à se développer. Là, elle a développé un talent mais elle veut encore améliorer son talent. Nous avons un programme avec MIT, Massachusetts Institute of Technology, où c'est un programme rapide pour aller encore donner le meilleur à Marie pour qu'elle ait une meilleure technique, une meilleure connaissance pour aller encore plus loin dans ce programme-là. Et, pour Marie, il y a aussi le Réseau Anges Québec. Anges Québec, c'est des gens qui étaient dans l'entreprise privée, qu'ils ont vendue, ils ont décidé de continuer à servir le Québec.
Donc, des fonds que nous avons mis avec Investissement Québec et d'autres fonds des Anges Québec, du privé, qui vont encourager Marie dans le financement. Donc, Marie va continuer à prospérer.
Et Marie va arriver à la fin. Elle veut prendre sa retraite après tant d'années. Pour faire... donner la relève, il y a des programmes aussi pour aider Marie à transmettre la relève à son entreprise. Un programme qu'on fait avec des fonds fiscalisés. On peut aller jusqu'à 500 000 $ pour le transfert de l'entreprise.
Alors, voici un petit peu toute l'histoire de notre entrepreneuriat que nous avons mis en place. Ça, c'est un résumé, M. le Président, parce qu'on en a plein. En même temps, en parallèle, on travaille au niveau régional avec les CLD dans toutes les régions du Québec, parce que, les CLD, on veut qu'ils reviennent à leur mission principale, c'est-à-dire l'entrepreneurship et le développement local. Ils vont nous aider à travailler là-dedans, les chambres de commerce et d'autres. Et on a des programmes spécifiques aussi pour les femmes, le programme Femmessor, pour les communautés autochtones, pour les immigrants. Alors, aussi, on a des programmes pour encourager l'entrepreneuriat au Québec.
En même temps, M. le Président, nous allons mettre en place... on a commencé à mettre en place des comités régionaux présidés par un homme ou une femme d'affaires pour s'assurer que la stratégie est applicable et pour s'adapter à chaque spécificité de chaque région. Alors, ce que nous allons faire en même temps, on va valoriser la profession, on va valoriser l'entrepreneuriat, on va soutenir les entrepreneurs et aussi on va, en même temps, aider les entrepreneurs dans leurs démarches.
Ça veut dire simplifier la vie des entrepreneurs, et ça, mon collègue député de Jean-Lesage, il l'a entendu dans toutes les régions du Québec. Tout le monde disait: C'est compliqué, vos affaires. Il y a eu la première simplification importante au ministère. Maintenant, nous avons six programmes au ministère.
Et, en 2003, dans le temps, le Parti québécois était le champion des noms, il trouvait des noms à tous les jours. Il y avait une centaine de programmes. Mais imaginez mêler tout le monde, pour mêler tout le monde, il était champion. Tout le monde était mêlé. 100 programmes, rentrer là-dedans, le temps qu'il finit son programme, son banquier l'avait appelé quatre fois parce que, là, ça prenait assez de temps. Alors là, on est rendus à six programmes, six programmes spécifiques.
Puis là l'objectif après, par le comité qu'on a mis en place, c'est simplifier, avoir, un jour, au gouvernement du Québec, pour une entreprise, un dossier par entreprise. Si on amène une modification à la CSST, les modifications vont être incorporées. S'il fait sa demande en même temps à d'autres départements au gouvernement, bien c'est le même fichier d'entreprise. Et on va permettre aux entreprises de se faciliter la tâche, simplifier la vie et de venir les encourager à devenir davantage entreprenants. Voilà, M. le Président.
Et terminant, le titre, ça s'appelle Foncez! -- M. le Président -- Tout le Québec vous admire. Ça, c'est pour les entrepreneurs, pas les porteurs de mauvaises nouvelles, là.
Le Président (M. Ouellette): C'est le
titre de votre livre?
M. Hamad: Ça, c'est le
titre de la stratégie, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette): Ah! O.K. O.K. O.K.
M. Hamad: Moi, je n'écris pas de livre, là. Moi, les livres, là, ça s'écrit par... Alors, je me retiens, on sait que tout le monde vous admire.
Le Président (M. Ouellette): Merci, M. le ministre. M. le député de Jean-Lesage, il reste deux minutes avant d'être...
M. Drolet: Peut-être...
Le Président (M. Ouellette): Oui, on va le reporter sur un autre bloc.
M. Drolet: S'il vous plaît, je vais le reporter parce que j'aimerais ça intervenir, M. le ministre, sur un autre...
Le Président (M. Ouellette): Effectivement.
M. Drolet: Dans la même veine, mais je...
Le Président (M. Ouellette): Effectivement. M. le député de Rousseau, on revient à vous.
M. Marceau: Ah!
Le Président (M. Ouellette): Déjà.
M. Marceau: Bonjour.
Le Président (M. Ouellette): Ça a passé vite, hein?
M. Marceau: Oui. Merci. O.K. je voudrais aborder des questions relatives au ministère du Développement économique. Je reviens... Je vous promets d'aller sur Investissement Québec tout à l'heure, là. C'est juste que je voudrais faire ce bout-là tout de suite. Et je voudrais aborder la question des frais de voyage. Donc, c'était la question -- pour les gens, là -- 1 des renseignements... de la demande de renseignements généraux de l'opposition officielle, question 1 qui donne la liste des voyages qui ont été faits.
Mais, avant de donner plus de... avant de poser une question précise, je voudrais simplement rappeler, M. le Président, le contexte dans lequel nous nous trouvons. Ce contexte-là, c'en est un dans lequel, en 2010, sous le bâillon, juin 2010, projet de loi n° 100, donc on adopte cette... Enfin, on adopte...
Une voix: ...
M. Marceau: ...sur division. Sur division, le projet de loi n° 100 a été adopté. Et je vous rappelle une disposition qui était prévue au projet de loi n° 100, très simple: les ministères et organismes du gouvernement devaient réduire leurs dépenses administratives de 10 %, et en particulier pour les dépenses de transport, en fait, de voyage, là, il y avait une réduction de 25 % qui était demandée. Vous vous rappellerez de cela. C'était aussi la même chose pour la publicité. Et puis il me manque une rubrique, représentations...
Une voix: Reprographie.
M. Marceau: Enfin, de toute façon, il y avait frais de voyage, 25 %...
Une voix: Formation.
** (16 h 40) **
M. Marceau: Formation, c'est ça. Formation, publicité, voyages, 25 %. Puis, au global, il fallait qu'il y ait une réduction de 10 % des dépenses de nature administrative.
Alors, M. le Président, on a fait la compilation, nous, des dépenses qui ont été faites au ministère pour l'année 2012... pardon, pour l'année passée, pour l'année 2011-2012, et on est arrivés à un total de 585 839 $, 585 839 $ en 2011-2012. Par ailleurs, on est comme des écureuils, nous autres, on garde nos cahiers de crédits puis on garde ça bien précieusement. Et on avait gardé celui de 2010-2011, et puis on est allés refaire le total des frais de voyage en 2010-2011, et, à l'époque, le montant s'élevait à 469 815 $, 469 815 $.
Donc, tout ça pour dire, M. le Président, qu'entre 2010-2011 et 2011-2012 les frais de voyage sont passés de 469 815 $ à 585 839 $, et, M. le Président, c'est une hausse de 25 %. Alors, c'est exactement l'inverse de ce qui était demandé dans le projet de loi n° 100.
Dans le projet de loi n° 100, on demandait aux ministères et organismes de réduire de 25 %. Et là ce qu'on constate, c'est qu'on n'a pas réduit de 25 %, on a augmenté de 25 %. Et je dois vous avouer, là, que, dans un contexte d'austérité, on demande aux contribuables du Québec de se serrer la ceinture, on les taxe fortement, on augmente les tarifs. Moi, je trouve ça inacceptable. Je trouve ça complètement inacceptable.
Et, même si, même si -- je veux que ce soit bien clair, là -- même si le fait de faire de la prospection à l'étranger, de faire des missions à l'étranger pour aller chercher des investissements, évidemment, que j'y suis favorable, mais, lorsque des ordres sont donnés de faire attention, bien, on voyage plus léger, on voyage un petit peu moins nombreux, on voyage un petit peu moins chèrement. Et je suis persuadé que l'objectif d'accomplir la mission du ministère à des coûts réduits de voyage, je suis persuadé que c'était possible.
Alors, voilà, c'est le premier élément de question. Comment est-ce possible qu'on ait augmenté de 25 %, alors que la demande qui était faite, c'était de réduire de 25 %?
Le Président (M. Ouellette): Votre 585 000 $, c'est le total de votre question 1 au complet? O.K. M. le ministre.
M. Hamad: Bon. M. le Président, je comprends qu'il a regardé et essayé, mais je veux juste... Vous avez regardé une
partie puis vous n'avez pas regardé l'ensemble, alors ça arrive des fois. Alors, il faut regarder l'ensemble, c'est-à-dire toutes les dépenses et...
Une voix: ...
M. Hamad: Non, non, mais... parce que là vous avez regardé les frais de voyage des missions. Mais, dans le ministère, il y a des frais de transport, il y a des frais de formation, il y a des frais de publicité. L'objectif de la loi n° 100 -- je comprends qu'il était contre la loi n° 100, de couper 25 % -- c'était de couper 25 % dans ces éléments-là. Alors, maintenant, c'est le total qu'il fallait regarder et, dans le total, le ministère a respecté ses objectifs.
Maintenant, dans un contexte où nous avons... Donc, là, le député, ce qu'il a regardé, il a regardé un élément parmi une vingtaine d'éléments, puis il dit: Là, vous avez augmenté. On a augmenté peut-être là, mais on a baissé dans d'autres facteurs. Le total, l'objectif de 25 % est respecté, il est atteint. Ça, la sous-ministre peut le confirmer.
Maintenant, il faut comprendre pourquoi il y a eu une légère augmentation -- ce n'est pas une augmentation faramineuse -- pourquoi cette légère augmentation-là? Moi, je l'inviterais... La réponse, là, s'il la pose aux 79 personnes qui étaient dans la délégation au Brésil, s'il peut poser la question aux 55 personnes qui étaient aux délégations au Moyen-Orient, ces gens-là, qui étaient accompagnés par les gens du ministère pour aller développer des affaires dans d'autres marchés que le marché des États-Unis...
Et plusieurs parmi eux, ces gens-là -- d'ailleurs, dans sa région, dans toutes les régions du Québec -- sont revenus avec des mandats. Il y en a d'autres qui ont bâti des liens avec des clients futurs pour permettre de faire la promotion. Dans un contexte où le client principal américain est en difficulté, il est important d'aider nos entreprises à développer d'autres marchés. En tout cas, nous, on croit à ça. Je ne sais pas si le député de Rousseau croit au développement du marché international. Je ne sais pas si le député de Rousseau croit, il faut qu'on aille développer au BRIC, par exemple, les pays de BRIC.
Je ne sais pas si le député de Rousseau, il est pour Export Québec. Je ne sais pas, M. le Président, mais, en cas qu'il est contre, il faut qu'il... comprendre qu'il faut aller développer ces marchés-là.
Comment on fait ça? Ça ne se fait pas tout seul, M. le Président. Il faut accompagner des PME, M. le Président. Une PME, là, ils n'ont pas le moyen de faire les contacts, ils n'ont pas le moyen de payer tous les voyages, etc. Ce qu'on fait avec eux, on va minimiser leurs coûts puis on va les aider à savoir quelles sont les clientèles potentielles. Donc, on prépare le terrain pour eux puis, après ça, bien, ces entreprises-là...
Et, en même temps, M. le Président, ce qui est à noter, dans tous ces voyages-là, il y avait aussi des chercheurs des universités. Il y avait des chercheurs dans toutes les universités, même dans l'université où le député de Rousseau a enseigné. Il y avait des gens de son université. Ils sont allés développer des ententes de recherche au Brésil, par exemple. Il y avait d'autres chercheurs dans toutes les universités, au Moyen-Orient, en Inde, au Brésil, dans tous ces pays-là. Je pense, moi, que ça, ce n'est pas une dépense, c'est un investissement pour les entreprises du Québec. Et, lorsqu'on voit les résultats, ça confirme davantage.
S'il me pose la question: Est-ce que les cibles de 25 %, la loi n° 100, ont été respectées? La réponse, c'est oui. S'il dit: Pourquoi qu'on a augmenté ici pour les missions économiques? C'est normal qu'on les augmente, les missions économiques. D'ailleurs, si on revient aux années 2000, ils en payaient plus puis il y avait moins de rendement en plus. Ils faisaient des voyages de promotion de d'autres choses. Mais là, là, on s'en va dans des pays où on fait la business. On s'en va développer nos entreprises, c'est ça qu'on fait.
Le Président (M. Ouellette): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui, merci, M. le Président. Pour ce qui est de la réponse du ministre, là, donc il nous dit, dans le fond: On a réussi à contenir les frais de voyage en réduisant les frais de ceux qui font Montréal-Québec, là, mais, essentiellement, pour ce qui est de l'international puis des missions, ça, là-dessus, 25 %, il trouve ça petit, lui. Désolé, là, mais 25 % de plus, c'est beaucoup d'argent.
Et je vous rappelle encore une fois que tous les organismes de l'État sont assujettis à des restrictions, puis, pour certains, il n'y a pas le luxe de couper dans des voyages à l'international, on est obligés de couper dans des services carrément fondamentaux. Écoutez, la DPJ, M. le Président, est obligée de couper dans ses frais de voyagement. Alors, écoutez, ce n'est pas rien, là. Alors, je veux juste vous rappeler que 25 % de plus, quand on dépense 500 000 $, c'est beaucoup d'argent, ce n'est pas rien, là, c'est beaucoup d'argent.
Et je vous donne un exemple, juste un, puis j'en prendrai d'autres par la suite si le ministre n'est pas convaincu. Puis je le répète, là, je ne mets pas en cause la pertinence de l'activité, je mets en cause la pertinence du luxe. Je ne veux pas appeler « du luxe » , parce que je ne pense pas qu'il y ait eu de luxe, ce n'est pas ça que je veux dire, mais la quantité de monde puis... Je vais vous donner l'exemple plus précis, là. Je vais vous parler du Salon du Bourget. C'est un salon important, là, il n'y a personne qui met ça en cause. Je ne mets pas ça en cause. Mais, en 2010, ça avait coûté 13 270 $, à peu près, là, dans ces eaux-là, un peu plus que 13 000 $, là...
Une voix: ...
M. Marceau: En 2009, pardon, en 2009, en 2009.
Une voix: C'est aux deux ans.
M. Marceau: ...parce que c'est biannuel. Donc, 13 000 $ en 2009. Ça, c'était avant le projet de loi n° 100. Et l'année passée, 30 352,65 $. 30 000 $... Donc, on est passés de 13 000 et quelque à 30 000 $ pour aller au Salon Le Bourget. Pourquoi? On est allés plus longtemps puis on est allés deux fois plus nombreux.
Bon, la question que je pose, dans le fond, c'est: Est-ce que c'était nécessaire d'aller deux fois plus nombreux, deux fois plus longtemps, dans un contexte d'austérité? Et ça pose la question de: Est-ce qu'en 2009 on n'avait pas atteint les objectifs qu'on avait à atteindre? Moi, j'ai l'impression qu'il y aurait eu moyen de faire le même travail en 2011 qu'avec la délégation de 2009. Alors, ça, c'est un exemple parmi d'autres, là. Je pourrai vous en prendre d'autres, mais je vais m'arrêter là-dessus, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette): Donc, votre question au ministre, M. le député de Rousseau, vous lui posez la question: Pourquoi...
M. Marceau: Pourquoi deux fois plus longtemps, pourquoi deux fois plus nombreux dans un contexte d'austérité?
Le Président (M. Ouellette): ...2011 a coûté plus cher que 2009? M. le ministre.
M. Hamad: M. le Président, on a coupé où on peut couper sans affecter les services aux citoyens. Ça, c'est... il faut comprendre. Puis, il ne faut être réductifs, dire juste Montréal-Québec, là. En passant, le ministère n'est pas juste entre Montréal et Québec, là, c'est dans toutes les régions du Québec. Pour nous, Baie-Comeau, c'est aussi important que Montréal, et sa ville aussi ou dans son comté, c'est aussi important que Québec et d'autres régions.
Donc, le déplacement, il ne faut pas oublier, on a des directions régionales dans toutes les régions du Québec, il y a un déplacement partout, dans toutes ces régions-là. On a demandé à nos partenaires de faire un effort additionnel, puis ils l'ont bien répondu, puis ils ont fait ça, M. le Président.
Maintenant, pour le salon, je vais demander à la sous-ministre de répondre à cette question-là, parce que je ne suis pas au courant des détails. Ça, c'est l'équipe qui fait ça. Je ne sais pas si vous pouvez peut-être donner la... Permettez, M. le Président?
Le Président (M. Ouellette): De consentement, pour que la sous-ministre réponde à la question?
Des voix: ...
Le Président (M. Ouellette): Mme la sous-ministre, vous déclinez votre identité pour le besoin de l'audio, s'il vous plaît.
** (16 h 50) **
Mme Tremblay (Christyne): Oui. Alors, Christyne Tremblay, sous-ministre, ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation. Alors, je remercie le député pour sa question.
Quand on travaille dans le secteur de l'aéronautique, il y a quelques moments forts dans l'année, et un incontournable est Le Bourget ou Farnborough l'année suivante. C'est important d'aider nos entreprises à se positionner dans ces salons-là, où on retrouve des centaines d'entreprises de l'aéronautique de partout dans le monde.
L'année dernière, on a bâti un important programme de rencontres B2B avec différents investisseurs, des donneurs d'ordres à travers le monde pour aider nos entreprises à s'insérer dans les chaînes de valeur. Quand on rentre dans ces salons-là, il faut aussi être capables d'être à la mesure de ses ambitions et de projeter une image d'envergure, et on a aussi investi pour que nos entreprises soient fières d'être sous la bannière du Québec.
Le Président (M. Ouellette): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Oui. Moi, c'est la relation entre 2009 et 2011 qui m'intéresse, là. Dans l'absolu, le plus prestigieux que c'est d'être sous notre bannière, j'en conviens, le... Tu sais, si c'était possible, on aurait plus de monde encore. La question qui se pose, c'est: Dans l'analyse avantages-inconvénients, là, que les gens doivent faire, cette analyse a été faite en 2009, puis on a conclu qu'on pouvait y aller avec deux fois moins de monde, deux fois moins longtemps. Et là, deux ans plus tard, on y va deux fois plus nombreux, deux fois plus...
Puis la question qui se pose, c'est: Il me semble qu'entre 2009 et 2011 il est arrivé ce quelque chose qu'on appelle le projet de loi n° 100, qui demande aux gens de faire plus attention. Peut-être, peut-être que l'analyse avait changé, hein, peut-être qu'en 2011 l'analyse avait changé, mais moi, j'ai été surpris de constater ça. Puis, je vous le répète, cet élément-là, c'est un exemple, pour l'ensemble des dépenses des missions. Les montants sont passés de 469 000 $ à 585 000 $, là, une augmentation de 25 %. Ce n'est pas rien, là. Alors donc...
M. Hamad: M. le Président, il y a une réponse logique à ça.
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre.
M. Hamad: C'est que, si on se situe en 2009, on était en pleine crise économique, et l'intérêt des entreprises aérospatiales était diminué beaucoup. On se rappelle, là, c'était très... c'est quasiment 2001, là, 11 septembre. Alors là, il y avait une diminution, et l'effort était moins... il y avait moins d'entreprises intéressées.
Maintenant, cette année-là, M. le Président, c'est une bonne année, parce qu'en passant ça a été une des meilleures années de l'histoire de l'aéronautique depuis longtemps. Il y a 42 000 emplois cette année. C'est un record d'emplois dans l'aéronautique. Il y avait plus d'entreprises, donc il y avait plus d'accompagnement de ces entreprises-là; il y a eu un coût. Mais, si on prend le 30 000 $ d'un voyage qui était organisé pour les entreprises sur 42 000 emplois, puis on prend en 2009, on était peut-être à 38 000 emplois, on comprend qu'il y avait une progression, et ça, c'est le salon le plus important pour cette entreprise-là, les entreprises aéronautiques.
Et on dit aussi, M. le Président, j'aimerais ça, le rappeler: 2011, c'était une des meilleures années. C'est 42 000 emplois, c'est 17 milliards de chiffres d'affaires pour les compagnies aéronautiques et c'est le salon où le gouvernement de... Vous savez, ces salons-là, la présence du gouvernement aide beaucoup les entreprises à organiser des rencontres, à être présentes, rencontrer des futures clientèles, etc. C'est là, la justification, en partie, là, que je la trouve logique, là, pour dire pourquoi il y a plus d'efforts, parce que le marché est plus... Alors là, il y a une... le marché a repris. En 2009, on était dans une crise économique, là, où le marché était plus faible.
Le Président (M. Ouellette): M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Mais je vais juste...
Le Président (M. Ouellette): Ne bougez pas, ne bougez pas, M. le ministre. M. le député de Rousseau.
M. Marceau: O.K. J'entends. Je vais donner un autre exemple. Celui-là, je voudrais qu'on le juge à sa valeur même, là: voyage à Abu Dhabi, Doha, Dubai, Riyad entre le 28 septembre 2011 et le 14 octobre 2011, pour cinq personnes, donc un voyage de deux semaines. C'est bien ça? Excusez-moi, je n'ai pas le bon exemple. Pardon, je me suis trompé. Ce n'était pas le bon.
Une voix: On recommence.
M. Marceau: On va recommencer, O.K., je me suis...
Une voix: C'est bon, ça.
M. Marceau: Non, mais c'est à cause... je n'ai pas la bonne durée, c'est pour ça.
Des voix: ...
M. Marceau: Hein? Pardon?
Le Président (M. Ouellette): Non, non, allez.
M. Marceau: Non, mais, écoutez, je me suis... Tenez, j'en ai un autre ici: voyage à Rio de Janeiro -- celui-là, je vais être correct, là -- une semaine, 21 octobre 2011, 29 octobre 2011, quatre personnes, ça coûte 20 000 $, 5 000 $, 5 000 $ par personne. Je trouve ça un peu cher. Je ne peux pas... Peut-être que c'est justifié, là, mais je trouve ça un petit peu cher. Et puis des exemples à 5 000 $, 6 000 $, 7 000 $ par personne, il y en a plein, là, il y en a plein. Tantôt, je me suis confondu, je m'excuse, mais j'en ai plein, là, je peux vous en relever plusieurs.
Mais, c'est régulier qu'on a des voyages qui coûtent... puis que ça soit n'importe où dans le monde, là, 5 000 $, 6 000 $, 7 000 $ par personne par semaine. Moi, je considère qu'on n'est quand même pas dans des niveaux, disons... Disons qu'on ne fait pas très attention, c'est ce que je vais dire.
Alors, je voudrais juste qu'on me... Je redonne l'exemple, là, c'est à la page Q01-9, c'est celui de Rio de Janeiro, São Paulo. Je ne mets pas en cause... Il y avait quatre personnes, 5 000 $ essentiellement par personne. Ça me semble cher pour une semaine à Rio, là.
Le Président (M. Ouellette): Vous vous interrogez, M. le député de Rousseau, sur le coût du voyage. M. le ministre.
M. Marceau: Comment on arrive à des prix comme ceux-là?
M. Hamad: M. le Président...
Le Président (M. Ouellette): Le coût du voyage à Rio, M. le ministre.
M. Hamad: Ce n'est pas moi qui ai été dans ces voyages-là, mais je suis convaincu...
Le Président (M. Ouellette): On a les noms.
M. Hamad: Oui, oui, c'est ça, il y a les noms. C'est les gens qui travaillent au ministère. En fait, juste pour le bénéfice de mon collègue, le Brésil, parce que je sais que c'est un économiste, qu'il connaît ça, le Brésil, actuellement, c'est un pays en développement très intéressant. C'est 200 millions de personnes, et eux autres ont décidé d'exploiter le pétrole, ils ont décidé d'avoir des développements économiques importants et majeurs.
Dans les prochains investissements, là, dans ce pays-là, M. le Président, on parle de 500 milliards d'investissement, exemple: 2014, c'est le championnat mondial de FIFA, le soccer ou le football; 2016, les Jeux olympiques, et il va y avoir d'autres événements. Donc, actuellement, dans ces États-là, il y a les Jeux olympiques, il y a les FIFA, championnat mondial à Rio de Janeiro, à São Paul, il y a un développement majeur d'autoroutes, de... En passant, Bombardier, ils ont ouvert une usine là depuis quelques semaines, mais tout le développement se fait depuis des années.
500 milliards de dollars d'investissement dans les prochaines années, je pense qu'il y a une petite place pour les Québécois là-dedans, mais, pour avoir ces places-là, il faut être présents. Donc, il faut aller dans ce pays-là, il faut développer, bâtir des relations, faire des liens, exemple que, maintenant, par exemple, les entreprises québécoises ont... Ils vont avoir accès, à partir du mois de septembre, aux listes des fournisseurs pour les services et les biens pour les Jeux olympiques.
Ça, M. le Président, là, ce n'est pas en restant ici, là, chez nous, là, à côté du foyer, là, qu'on va bâtir ces liens-là, là. C'est: il faut aller là-bas, il faut aller rencontrer les gens, il faut bâtir des liens.
Alors, c'est ce qui arrive. Puis, en passant, c'est un grand pays, donc, ça prend beaucoup d'efforts, il y a plusieurs intervenants. Il y a des intervenants au niveau du pétrole, au niveau d'infrastructures, au niveau des transports, au niveau... En passant, il y a des projets aussi pour les aéroports dans les deux villes, Rio de Janeiro et São Paul. Donc, il y a des investissements majeurs dans l'agriculture, dans la science, dans la technologie, dans la fabrication. C'est deux sens: peut-être aussi, on peut attirer des investissements ici, au Québec.
Alors, tout ça, M. le Président, bien, ça prend... il faut qu'on soit là. Mais, pour être là, il faut voyager, payer le billet d'avion puis amener du monde qui vont là, puis 19 000 $ pour attirer... pour aller chercher des projets de 500 milliards, M. le Président, 500 milliards...
Le Président (M. Ouellette): Merci, M. le ministre. M. le député de Rousseau.
M. Marceau: Combien de temps nous reste-t-il, là?
Le Président (M. Ouellette): Il vous reste trois grosses minutes.
M. Marceau: Wow!
Le Président (M. Ouellette): Pour un autre voyage.
M. Marceau: Question courte.
Le Président (M. Ouellette): Il va y avoir une réponse courte si la question est courte.
M. Marceau: Il y a un voyage, en octobre-novembre 2011, à Dakar, Ouagadougou, Bamako, Conakry: deux personnes, 19 000 $, donc neuf...
Une voix: Quelle page?
M. Marceau: Page 8.
Le Président (M. Ouellette): Page 8.
M. Marceau: Là, la question... Évidemment, je trouve ça cher, là, 9 000 $ pour deux semaines, je trouve ça très cher, première affaire.
M. Hamad: Allez en Afrique, vous allez voir, là, ça coûte cher.
M. Marceau: Mais la question très simple, c'est: Quels... Moi, là, écoutez, les liens économiques entre le Québec puis ces pays-là sont très ténus, là, on va s'entendre, là. Et la raison, le but du voyage, c'est soutenir et encourager l'internationalisation des entreprises québécoises. Alors, ma question, c'est: Quelles entreprises? Quelles entreprises, M. le Président? On soutenait et on encourageait l'internationalisation de quelles entreprises québécoises à 20 000 $ pour les contribuables du Québec?
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre, votre réponse.
M. Hamad: D'abord, aller en Afrique, il n'y a pas un vol direct, là, ce n'est pas Québec-Montréal, hein? On passe par l'Europe puis on s'en va là-bas après. Première chose. Donc, on prend deux fois l'avion. Puis l'avion, ils ne sont pas donnés là-bas.
Et deuxième chose, ces deux personnes sont allées là, en fait, pour organiser des rencontres pour les minières parce qu'on parle de Guinée. Alors, on parle d'un pays dans les minières, et il y a eu des organisations, là, je vois Mali, Guinée...
Une voix: ...
** (17 heures) **
M. Hamad: Oui, Conakry, c'est ça, Guinée. Alors, là, ici, là, on a un, deux, trois, quatre pays, là. Ils ont fait le tour de quatre pays, ça, c'est les gens qui travaillent au ministère, pour rencontrer... On va voir la liste des entreprises rencontrées là-bas pour avoir des liens avec des entreprises minières, ici, en Afrique, particulièrement au Guinée.
Le Président (M. Ouellette): M. le député de Rousseau. Là, vraiment une courte question pour une courte réponse, pour le temps qu'il vous reste.
M. Marceau: Donc, c'est une entreprise québécoise, pas une australienne ou une britannique, là, une québécoise, qui allait s'internationaliser au Mali, à Dakar, une entreprise minière québécoise. C'est ce que vous êtes en train de me dire?
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre, votre réponse.
M. Marceau: En tout cas, j'aimerais bien avoir la liste, là, si vous l'avez, ça m'intéresse.
M. Hamad: Bien, M. le Président, pour moi, là... Là, il y a un jeu de mots, là. C'est une entreprise du Québec. Du Québec. C'est des Québécois, qui parlaient français, qui sont...
Le Président (M. Ouellette): Qui allaient s'internationaliser en Afrique.
M. Hamad: Bien, « internationaliser » , ça ne se dit pas, ce mot-là, M. le Président. Ils sont allés faire des affaires dans ces pays-là et faire le développement à l'international.
Le Président (M. Ouellette): Ça se dit dans le comté de Rousseau, M. le ministre.
M. Hamad: Ça se dit? Merci...
Le Président (M. Ouellette): Bon. On reviendra à la prochaine...
Des voix: ...
Le Président (M. Ouellette): On reviendra à la prochaine période d'échange. On reviendra, M. le ministre.
M. Hamad: Bien, j'ai une liste, là. J'ai une liste des gens rencontrés, là.
Le Président (M. Ouellette): Oui, mais on reviendra à la prochaine période d'échange, M. le ministre.
M. Hamad: On peut... On va déposer la liste.
Le Président (M. Ouellette): Bon, bien, c'est bien. C'est bien. Donc, on va déposer ça. Et il y aura sûrement une question tantôt. M. le député de Jean-Lesage.
M. Drolet: Veux-tu que je lui...
Le Président (M. Ouellette): Vous le déposez, Mme la sous-ministre?
Mme Tremblay (Christyne): Si vous permettez, on va extraire l'information et vous le déposer.
Le Président (M. Ouellette): Vous allez le déposer avant la fin de la période des 20 prochaines minutes. Merci, Mme la sous-ministre. M. le député de Jean-Lesage.
M. Drolet: Merci beaucoup, M. le Président. Bien, de nouveau, M. le Président, je vais revenir sur la stratégie entrepreneuriale, parce que je n'avais pas terminé tout à l'heure par rapport à un volet bien spécial, qui sont les CLD. Dans chacune de nos régions, M. le Président, on connaît... on a tous des CLD. Ils sont les assises les plus importantes de nos activités de développement économique local dans toutes les MRC du Québec. D'ailleurs, on les décrit comme des services de première ligne dans le cadre de l'entrepreneuriat.
Dans la tournée, M. le Président, on a pu voir quand même beaucoup de différences entre certaines opérations de CLD, qui étaient... D'ailleurs, entre autres, j'en ai assisté une à Drummondville auquel on a vu un projet d'incubateur là-bas, avec le CLD, qui était merveilleuse, une mixité du ministère du Développement économique, qui était sur place, dans ses bureaux, était là... et naturellement le CLD était là aussi. Et l'entreprise comme telle, l'incubateur qui est là-bas pour accueillir naturellement de jeunes entreprises pour se faire valoir et par la suite, après ça, voler de leurs propres ailes... Mais c'est un très beau modèle que j'ai pu voir dans le rôle d'un CLD à Drummondville.
Le rôle du CLD, M. le Président, c'est bâtir le plan d'affaires et voir à l'étude de préfaisabilité, trouver du financement avec les institutions ou par le biais de leur FLI et accompagner les entreprises dans leur développement pour l'innovation et la technologie et pour aussi, en même temps, l'exportation. Dans le cadre de la Stratégie québécoise de l'entrepreneuriat avec les MRC, nous allons soutenir le réseau des CLD, M. le Président, par une entente de partenariat avec les MRC pour le financement des CLD, travailler avec nos partenaires municipaux pour définir les orientations à prendre pour renforcer l'action des CLD pour un Québec beaucoup plus entrepreneurial.
Les ressources financières pour y arriver ont suivi. Une somme additionnelle de 56,5 millions sur trois ans a été annoncée dans le discours du budget. Le budget reconduit ainsi la bonification du financement des CLD en leur consacrant 17,5 millions pour 2012-2013 et 19,5 millions pour 2013-2014 et 2014-2015. Et, pour la première fois, M. le Président, la création de CLD... Excusez-moi: pour la première fois, la création des CLD, une
partie de la contribution gouvernementale sera versée l'an prochain et conditionnelle à une évaluation favorable des résultats obtenus.
Ça, c'est bien important, M. le Président, parce qu'il y avait quand même des devoirs à faire auprès des CLD, et je pense que ça, on a pris le temps de s'en occuper pour être en mesure d'avoir, de leur part à eux autres, naturellement, une évaluation du travail fait durant la prochaine année.
Et, en terminant, M. le Président, une enveloppe supplémentaire sera mise à la disposition des MRC. Nous allons allouer 1 $ pour chaque dollar additionnel investi par les MRC.
J'aimerais maintenant m'adresser peut-être au ministre. Il en a tantôt fait un petit peu allusion dans sa réponse concernant les CLD, mais on sait que les centres locaux de développement -- les CLD -- existent depuis plus de 15 ans. Ce sont des organismes qui relèvent de la MRC ou de la ville lorsqu'il n'y a pas de MRC. On compte 120 CLD répartis dans tous les coins du Québec. Le gouvernement contribue, avec les MRC, à leur financement.
M. le ministre, j'aimerais savoir plus précisément comment ce réseau d'aide de première ligne, comme je le disais tout à l'heure, aux entreprises, qui compte plus de 600 professionnels, va être mis à contribution par le ministère pour relever les défis de la stratégie de l'entrepreneuriat.
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre.
M. Hamad: Merci, M. le Président. Vous savez, les CLD jouent un rôle majeur et important dans le développement local des régions, et, vous savez, on les finance depuis quelques années. Alors donc, si ma mémoire est bonne, je ne l'ai pas dans mes notes, mais, si ma mémoire est bonne, c'est 120 millions, le financement des CLD, et il y a eu un financement additionnel. C'est 120 CLD. Le chiffre juste, c'était 120, je pense? Je ne sais pas c'est où, le chiffre...
Des voix: ...
M. Hamad: Et le financement, les budgets de CLD, c'est 562 millions, excusez-moi, c'est 120 CLD, 562 millions. Et il y a eu une somme additionnelle sur trois ans dans le discours du budget, donc on ajoute 56 millions de plus sur trois ans. Alors, dans ces ajouts-là, il y a 17 millions pour 2012-2013, 19 millions pour 2013-2014 et 2014-2015.
L'objectif, M. le Président, c'est que nous sommes en train de travailler avec les CLD pour avoir une entente de principe sur la gouvernance, une entente de principe sur les redditions de comptes pour les CLD envers le gouvernement du Québec pour s'assurer que les CLD vont respecter leur mission principale, qui est l'entrepreneurship et le développement local. Et le ministère négocie... les deux travaillent très fort ensemble pour avoir une entente. Suite à cette entente-là, nous allons débourser les montants d'argent pour permettre aux CLD de développer.
Donc, les CLD investissent énormément, travaillent pour le développement, et, dans la stratégie entrepreneuriat, vont jouer un rôle important. Et, pour nous, ce qui est important, c'est recentrer la mission, ce que les CLD ont accepté, l'Association des CLD, et aussi les deux bailleurs de fonds, les MRC et les villes, aussi, qui ont accepté, là, l'UMQ et la FQM, les deux, pour supporter cette stratégie-là et supporter les négociations.
Donc, c'est un geste de notre part pour démontrer l'importance des CLD, qui jouent dans toutes les régions du Québec, et particulièrement dans la mise en place de la stratégie de l'entrepreneuriat.
Le Président (M. Ouellette): M. le député de Rivière-du-Loup.
M. D'Amour: Merci beaucoup, M. le Président. Alors, à mon tour d'intervenir aujourd'hui sur un sujet qui me passionne: le développement économique. Et, en matière de développement économique, en regard de ces crédits, c'est la troisième année que j'ai l'occasion d'y participer, et traditionnellement moi, je ramène toujours mes présentations à la réalité bas-laurentienne, dans ma région. C'est important de parler à travers des exemples.
J'écoutais tout à l'heure le député de Rousseau, jusqu'à un certain point, là, dénoncer des missions, questionner des missions. Je peux vous parler un peu, je peux vous entretenir quand même pas mal sur les retombées de ces missions-là pour une région comme la nôtre.
Tout d'abord, dans le Bas-Saint-Laurent, c'est très grand, c'est très vaste. Si on s'attarde d'abord à la question de ma circonscription, celle de Rivière-du-Loup -- Les Basques, les entreprises, au quotidien, qui sont soutenues... Puis je vais vous donner des exemples d'investissements de la part du ministère au cours des dernières années qui ont fait une différence, qui créent des emplois, qui créent de la richesse et qui créent une activité économique qui s'améliore année après année: Conteneurs KRT, soutenue par Investissement Québec. Il y a eu Outils Viel.
On a abondamment parlé, en début d'audition aujourd'hui, de White Birch. J'ai une usine White Birch dans mon comté et j'ai vécu l'inquiétude, le désarroi des travailleurs, au cours des semaines et des mois qui ont précédé les crédits aujourd'hui. Et je dois vous dire que ça n'a pas été simple. Et, n'eût été de la présence du ministère, à tous niveaux, à tous les instants, de façon régulière, on serait loin aujourd'hui du résultat obtenu, même si les choses ne sont pas terminées.
Et, plutôt que de prendre les employés en otages sur le plan politique, on doit leur rendre hommage pour leur ténacité, puis d'avoir permis de permettre éventuellement la relance de ces usines-là au Québec, que ce soit à Rivière-du-Loup, que ce soit à Masson ou que ce soit à Québec.
Et, dans ma région, que ce soit en matière de transformation agroalimentaire, que ce soit en forêt, l'industrie manufacturière dans son ensemble, dans un cadre d'exportation, d'innovation, de transformation, de productivité, bien, le ministère est présent pour soutenir les entreprises.
Et on est le gouvernement de l'occupation dynamique du territoire. Ça veut dire qu'on croit non seulement à l'entreprise mais qu'on croit aux entreprises en région. Et, si le Québec s'en est si bien sorti, là, suite à la crise financière, c'est justement grâce à ces initiatives ou à cet accompagnement économique et social qui est essentiel dans le vécu des régions du Québec.
** (17 h 10) **
Et, des exemples, il y en a tout plein. Je pourrais vous parler de l'entrepreneuriat au féminin avec les groupes Essor. Je peux vous parler du Fonds de soutien au Bas-Saint-Laurent. Et, quand on regarde les résultats de tout ça au cours des dernières années, je me suis amusé à faire un parallèle avec l'époque d'un gouvernement péquiste, dans le Bas-Saint-Laurent, et on assistait à l'époque à un taux de chômage qui se situait sur un horizon de 12 % à 15 %.
Le résultat... Et ça, je le dis souvent, moi, j'ai 48 ans, je suis un natif de la région de Rivière-du-Loup, et 80 % da ma génération, dans ces années-là, là, dans les années soixante-dix, on l'a perdue. Pourquoi? Bien, il n'y avait pas d'emplois suffisamment, il n'y avait pas de bons emplois comparativement à une période qui est celle d'aujourd'hui. Les signaux sont encourageants, M. le Président, on parle d'un taux de chômage, présentement, dans le Bas-Saint-Laurent, qui oscille aux environs de 8 %. Je comprends que la situation peut s'améliorer et que la situation s'améliorera au cours des prochains mois.
Et le grand défi qui est devant nous, deux choses: continuer à nous développer, continuer à développer nos marchés. Et il y a des entreprises de chez nous, présentement, qui font des affaires dans plus d'une trentaine de pays du monde. Dans l'agroalimentaire, on le vit au quotidien par des entreprises comme Groupe CNP, comme les entreprises du type de celle de Viande DuBreton. On parle de Tourbières Berger, de Premier Tech, alors des entreprises qui bénéficient de ces tournées qui ont une vocation internationale.
La présence du Québec dans ces pays, bien, finalement, nous, on en profite directement, et on en est fiers. Alors, c'est dire à quel point nous fabriquons comme jamais, nous exportons comme jamais, et on est présents partout, et c'est l'économie qui en bénéficie, donc les familles de chez nous.
Maintenant, à travers les outils qui nous ont été proposés et qui sont devant nous, il y a le fameux capital de risque dont on parle tant depuis des années. Et, sur la question du capital de risque, il y a eu des périodes plus difficiles, mais on est présents, et la situation s'est améliorée de façon particulière au cours de l'année 2011. On a vu que la situation s'est consolidée, et je pense que tous les espoirs sont permis, et il y a des efforts importants qui sont consentis par Québec pour développer un environnement propice aux investisseurs québécois, canadiens, étrangers.
Moi, j'aimerais, M. le Président, entendre le ministre sur les initiatives du gouvernement pour que la part de capital de risque soit de plus en plus présente à l'intérieur de nos entreprises afin de permettre leur développement de manière soutenue, de façon engagée et surtout de façon à occuper l'ensemble de notre territoire québécois, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette): M. le ministre.
M. Hamad: Merci, M. le Président. Je veux remercier mon collègue le député de Rivière-du-Loup qui pose des bonnes questions et ne fait pas la politique ici, la petite politique, mais il veut défendre l'intérêt de son monde et il ne fait pas juste inviter du monde. Mais il ne fait pas juste inviter du monde, mais il fait plus que ça, lui, pour White Birch, par exemple. Lui, M. le Président, pour White Birch, là, il travaille fort avec les travailleurs. Il est là avec eux autres, il les accompagne, il les informe puis il ne les invite pas seulement à l'Assemblée nationale pour avoir le crédit.
Et donc, M. le Président, le capital de risque, c'est très important. C'est une étape importante, et je sais que mon collègue le député de Rousseau, il a des bonnes connaissances là-dessus, mais, pour les 500 millions qui nous écoutent, alors je veux juste parler des étapes de capital de risque. Et, en fait, il y a l'amorçage, il y a le démarrage, il y a la croissance, il y a l'expansion, il y a relève et redressement. Ça, c'est les étapes d'une vie d'une entreprise. Et dans chaque étape, M. le Président, le gouvernement du Québec, par le biais d'Investissement Québec, nous avons des fonds.
Nous avons mis en place, avec des partenaires, des fonds, avec, par exemple, des fonds fiscalisés, la FTQ, la CSN, Desjardins, et avec les Anges Québec, par exemple. Tout ce monde-là, tout le monde ensemble, nous avons mis des fonds importants.
Alors, je vais citer quelques-uns, M. le Président, pour montrer l'importance. À l'amorçage, il y a un fonds Real Ventures, il y a 16 millions du gouvernement du Québec; Amorchem où il y a 16 millions du gouvernement du Québec; Cycle Capital; C-III, eux, dans la technologie propre, 16 millions aussi. Il y a Desjardins-Innovatech, M. le Président. On l'a repris, Desjardins-Innovatech maintenant et, avec le dernier budget, où on va avoir de l'argent, par exemple 10 millions pour l'accélérateur.
Le fonds Québec Technologies, 15 millions; le Fonds de co-investissement, 37 millions; le Fonds CN, 100 millions, plus 15 millions en réinvestissement, où on travaille avec Desjardins, ça, là-dessus, M. le Président.
D'autres: Capital Anges Québec, 30 millions -- 20 millions du gouvernement du Québec, 10 millions d'Anges Québec. Ça, c'est dans les étapes amorçage, démarrage. Dans le démarrage aussi, il y a d'autres fonds: Teralys, 700 millions, 200 millions du gouvernement du Québec, géré encore par M. Daoust et son équipe. On a Inovia, on a Tandem, on a Venture Georgia Partners, on a Lumira Capital récemment. Lumira, c'est eux autres qui vont gérer le fonds pour Merck, où Merck va investir 40 millions dans le capital de risque avec Lumira, qui sera le gestionnaire de ce fonds-là avec Teralys.
On a C Capital III, où nous avons plus de 100 millions, dont 50 millions du gouvernement du Québec. Alors, là aussi, vous avez des investissements qu'on fait dans technologies de l'information, communication, dans sciences de la vie, dans technologies propres, dans les relèves, dans tous les secteurs et dans les coops.
Les coops aussi, M. le Président; nous avons signé une entente avec la présidente des associations des coop, Mme Leroux, qui est la présidente de Mouvement Desjardins, pour une entente entre le gouvernement et l'association des coops aussi. On a les co-investissement COOP, 30 millions -- 4 millions, le gouvernement du Québec -- et on a aussi un fonds relève pour les coops. On sait que les coops jouent un rôle important. Les coops, par exemple, dans le comté de mon collègue de Rivière-du-Loup ou le député d'Arthabaska, c'est très important, puis là il y a un support qui vient de là.
M. le Président. en termes de capital de risque, le Québec représente à peu près... 36 % des investissements au Canada dans le capital de risque sont au Québec. Et la bonne nouvelle, c'est que Montréal est au premier rang dans le capital de risque dans toutes les métropoles nord-américaines. Alors, ça, c'est les bonnes nouvelles, et, pour nous, c'était attendu depuis longtemps. Le gouvernement du Québec investit depuis plusieurs années, et voilà, on a une gamme intéressante, dans tous les secteurs d'activité importants que je viens de mentionner, qui va permettre da