Health and Social Services — 19 September 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-09-19
Quebec — Committees
Président (M. Merlini) :
Très bien. Est-ce
que j'ai des interventions à l'amendement? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Merci,
M. le Président. Bien, bonne rentrée
à tous les collègues et à toute l'équipe de la ministre,
les gens du cabinet, les gens du ministère.
Dans le projet de loi, il devait y avoir une raison pour avoir fait cette modification-là. Je comprends qu'au fond l'amendement revient à la loi actuelle. Mais, malgré tout, quelle était l'intention? Peut-être
qu'il était mal formulé, ou mal exprimé,
ou peut-être ambigu, selon ce que la ministre
nous explique, là, par rapport à l'interprétation que les groupes en ont
faite, mais il devait y avoir une intention, à ce moment-là, dans le projet de
loi.
Mme Charlebois :
Bien, c'était pour... Oh! excusez.
Le Président (M. Merlini) :
Allez-y, Mme la ministre.
Mme Charlebois : C'était tout
simplement de faire en sorte que les règles qui étaient édictées à l'article... Elles sont déjà dans les documents administratifs, dans les ententes collectives
négociées avec les associations qui représentent les ressources de type familial, et c'est déjà
aussi dans la circulaire administrative qui se rattache à tout ça. Nous autres,
on voulait éviter les dédoublements, mais, puisque
ça crée de l'inquiétude... Honnêtement, qu'on le mette à deux places pour dire la
même chose, ça ne change pas
grand-chose. Si ça peut éviter beaucoup d'inquiétudes, là on est corrects avec ça.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Ça
va pour moi.
Président (M. Merlini) :
Ça va? Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'amendement à l'article 14? Je le mets donc aux voix. Est-ce
que l'amendement à l'article 14 est adopté?
Président (M. Merlini) :
Adopté. Merci. Nous revenons donc à l'article 14 tel qu'adopté. Est-ce que
l'article 14, tel qu'amendé — pardon — il
est adopté?
Le Président (M. Merlini) : Adopté.
Merci beaucoup. Nous allons donc maintenant, selon le plan de travail, à l'article 21.
Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Charlebois : À l'article 21, M.
le Président, l'article 54 de
cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par l'insertion, à la fin du paragraphe e,
de «ou à une famille d'accueil de proximité»; et
2° par
l'insertion, dans le paragraphe j et après «famille d'accueil,», de
«autre qu'une famille d'accueil de proximité,».
Et ici, M. le Président, on a aussi un amendement.
Est-ce que vous voulez que je dépose l'amendement avant que je commente l'article?
Président (M. Merlini) :
Vous pouvez le faire, Mme la
ministre, allez-y, mais, d'habitude,
on explique l'article avant. S'il
vous plaît.
Mme Charlebois : Finalement, le petit délai qu'on a eu, ça ne m'a pas fait.
Alors, les commentaires en regard de l'article 21, c'est que cet
article
modifie le paragraphe e de l'article 54 de la loi afin
d'ajouter à la mesure qui permet aux parents de confier l'enfant à
d'autres personnes dans le cadre d'une entente sur des mesures volontaires
celle de pouvoir confier un enfant à une famille d'accueil de proximité.
Alors, cet
article
modifie également le paragraphe j de l'article 54 pour des fins de clarification en précisant que, lorsque les parents confient l'enfant à une famille
d'accueil, en vertu de ce paragraphe, celle-ci ne peut être une famille
d'accueil de proximité. Dans les deux paragraphes, je viens vous donner les...
autant pour le premièrement à la fin du paragraphe e que le deuxièmement dans le paragraphe j. Et actuellement les parents peuvent, en vertu du paragraphe e de l'article 54, confier l'enfant à d'autres
personnes, soit à des tiers, qui sont habituellement des membres de la famille
élargie. À compter du moment où l'enfant est
ainsi confié à ces personnes, celles-ci font l'objet d'une évaluation par un
établissement public en application des
articles 305 et 314 de la
Loi sur les services de santé et les services
sociaux. Au terme de cette évaluation, ces personnes deviennent, sous
réserve d'une évaluation positive, une famille d'accueil de proximité, tel que le prévoit l'article 112
de la loi de santé et services sociaux tel que modifié par l'article 79 du
présent projet de loi.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. Votre proposition d'amendement, maintenant.
Mme Charlebois :
Oui. Alors, remplacer l'article 21 du projet de loi par le suivant :
L'article 21 :
L'article 54 de cette
loi est modifié par l'insertion, après le paragraphe e du premier alinéa,
du paragraphe suivant :
«e.1) que les parents confient
l'enfant à une famille d'accueil de proximité choisie par l'établissement qui
exploite le centre de protection de l'enfance et de la jeunesse.»
cet amendement-là, M. le Président, a pour but d'introduire un paragraphe
distinct précisant qu'un enfant peut être confié à une famille d'accueil
de proximité choisie par l'établissement dans le cadre d'une entente sur des
mesures volontaires. Cette modification permet de répondre à certaines préoccupations soulevées lors des consultations particulières portant sur le projet de
loi qu'on est en train d'étudier, soit le n° 99, notamment, par le Barreau
du Québec et d'éviter qu'il y ait confusion entre la mesure visant à confier
l'enfant à d'autres personnes tel que le prévoit actuellement le paragraphe e et celle visant à confier
l'enfant à une famille d'accueil de proximité, cette dernière mesure impliquant
le processus d'évaluation prévu en conformité avec la
loi sur la santé
et les services sociaux.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des
interventions sur l'amendement à l'article 21? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Ça fait que, si je comprends bien l'amendement, l'amendement, c'est d'ajouter
le nouveau paragraphe e.1. Et donc on
n'ajoute plus les mentions «ou à une famille d'accueil de proximité» au
paragraphe e et «autre qu'une famille d'accueil de proximité» au j.
Est-ce que c'est bien ça?
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Oui, c'est ça, M. le Président.
M. Turcotte :
O.K. Donc, ce que je comprends de la ministre, M. le Président, c'est que, pour
clarifier qu'un parent peut confier l'enfant à une famille d'accueil de
proximité mais que cette dite famille doit... bien, est choisie par l'établissement, etc., donc c'est plus précis,
c'est plus clair, pour éviter une ambiguïté, au fond, que c'est une
interprétation que le parent pourrait choisir par lui-même, etc., là.
Mme Charlebois :
Oui, puis c'était une recommandation du Barreau, effectivement, parce qu'il y
avait comme un petit flou dans la loi
pour l'interprétation de cet article-là. Alors, on vient préciser ces
choses-là. Vous avez tout à fait raison.
M. Turcotte :
O.K. Ça va pour moi, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, M. le député de
Saint-Jean. D'autres interventions sur l'amendement à l'article 21?
Je le mets donc aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 21 est
adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Merci. Nous revenons donc à
l'article 21 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai des interventions? Je
le mets donc aux voix. Est-ce que l'article 21, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Merci beaucoup. Nous allons
donc, selon notre plan de travail, à l'article 19. Mme la ministre,
la parole est à vous.
Mme Charlebois :
Alors, M. le Président, ici, l'article 53 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «d'hébergement visée au
paragraphe» par «confiant l'enfant en vertu des paragraphes e ou».
ici, M. le Président, cet
article modifie l'article 53 de la loi afin de
prévoir que les règles relatives à la prolongation
d'une entente sur les mesures volontaires qui se termine en cours d'année
scolaire s'appliquent également lorsque
l'enfant est confié à un milieu de vie substitut en vertu du paragraphe e
de l'article 54 tel que modifié par l'article 21 du projet de loi, soit lorsque l'enfant est confié
à d'autres personnes ou à une famille d'accueil de proximité. Actuellement,
ces règles ne s'appliquent que lorsque
l'enfant est confié à un milieu de vie substitut en vertu du paragraphe j
de l'article 54, soit lorsque
l'enfant est confié à une famille d'accueil ou à un centre de réadaptation.
Cette modification s'inscrit parmi les
modifications proposées à la loi qui ont pour objectif d'harmoniser les
dispositions visant les enfants confiés à un milieu de vie substitut.
Le Président
(M. Merlini) : Merci.
Mme Charlebois :
J'ai un amendement, M. le Président.
Le Président
(M. Merlini) : Vous avez votre amendement. Alors, allez-y, Mme la
ministre.
Mme Charlebois :
Alors, ici, on propose de modifier l'article 19 du projet de loi par le
remplacement de «e ou» par «e, e.1 ou».
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai
des interventions sur l'amendement? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
...M. le Président. Donc, au fond, de ce que je comprends de l'amendement, on
vient en concordance avec l'article
que nous venons d'adopter, bon, qui prévoyait de modifier le paragraphe e
et le paragraphe j, ajoutait un nouveau
paragraphe, e.1. Donc, au fond, on ajuste l'article du projet de loi par cet
amendement-là en concordance avec ce qu'on vient d'adopter précédemment.
C'est bien ça?
Mme Charlebois :
Bien, en fait, oui, c'est ça. Cet amendement-là a pour objet d'introduire, en
concordance avec l'amendement proposé
à l'article à l'article 21, qu'on vient de faire, du projet de loi, le
paragraphe e.1, qui vise précisément la mesure qui confie l'enfant
à une famille de proximité. Vous avez raison.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Ça va?
Le Président
(M. Merlini) : Ça va. Alors, est-ce que l'amendement à
l'article 19 est adopté?
Président (M. Merlini) :
Adopté. Nous revenons donc à l'article 19 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai
des interventions? Je n'en vois pas. Je le mets donc aux voix. Est-ce
que l'article 19, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Merlini) :
Adopté. Merci beaucoup. Nous allons donc au prochain
article dans notre
plan de travail, qui est l'article 20. Mme la ministre, la parole
est à vous.
Mme Charlebois :
Alors, à l'article 20, l'article 53.0.1 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«53.0.1.
Lorsque, à l'intérieur de la durée maximale prévue à l'article 53, une ou
plusieurs ententes comportent une
mesure confiant l'enfant à un milieu de vie substitut visé au paragraphe e
ou j du premier alinéa de l'article 54, la durée totale de la période durant laquelle l'enfant est ainsi confié ne
peut excéder, selon l'âge de l'enfant au moment ou est conclue la
première entente qui comporte une telle mesure :
«a) 12 mois si
l'enfant a moins de deux ans;
«b) 18 mois si
l'enfant est âgé de deux à cinq ans;
«c) 24 mois si
l'enfant est âgé de six ans et plus.
«Lorsque
la sécurité ou le développement de l'enfant est toujours compromis et qu'il est
nécessaire que celui-ci demeure
confié à un tel milieu de vie substitut à l'expiration de la période applicable
prévue au premier alinéa, le directeur doit en saisir le tribunal.»
Ici,
M. le Président, nous modifions donc 53.0.1, qui prévoit des
règles relatives aux durées maximales d'hébergement dans le cadre d'une entente sur des mesures volontaires, et la modification proposée vise à faire appliquer les durées maximales dans les cas où les parents confient l'enfant à un
milieu de vie substitut en vertu du paragraphe e de l'article 54 tel que modifié par l'article 21 du projet de loi, soit lorsque l'enfant est confié à d'autres personnes ou à une famille d'accueil de proximité. Ces règles ne
s'appliquent actuellement qu'à l'égard d'un enfant confié à un milieu de
vie substitut visé au paragraphe j de l'article 54, soit
lorsque l'enfant est confié à une famille d'accueil ou à un centre de réadaptation. Alors, cette modification s'inscrit parmi les modifications proposées à la loi qui ont pour objectif
d'harmoniser les dispositions visant
les enfants confiés à un milieu de vie substitut, et cet
article précise également
que le directeur de la protection de la jeunesse doit, lorsque la durée maximale de l'hébergement est atteinte, soumettre la situation au tribunal seulement s'il est nécessaire
que l'enfant demeure confié à un milieu de vie substitut.
Et là, M. le Président,
j'ai un amendement.
Le Président
(M. Merlini) : Allez-y, Mme la ministre, avec votre proposition
d'amendement.
Mme Charlebois : Alors, je propose que nous modifiions
l'article 53.0.1 de la
Loi sur
la protection de la jeunesse, proposé par l'article 20 du projet de
loi, par le remplacement, dans le premier alinéa, de «e ou j» par «e, e.1 ou
Évidemment,
cet amendement-là a pour but d'introduire la concordance, comme
on l'a fait précédemment avec l'amendement
proposé à l'article 21 du projet
de loi, le paragraphe e.1,
qui vise précisément la mesure confiant l'enfant à une famille d'accueil
de proximité.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des interventions
sur l'amendement à l'article 20? Je n'en vois pas. Est-ce que l'amendement
à l'article 20 est adopté?
Président (M. Merlini) :
Adopté. Nous revenons donc à l'article 20 tel qu'amendé. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Merci, M.
le Président. Au fond,
l'article 20 du projet de loi, de ce que je comprends, traite, là, de la question de la durée, la période, là, que l'enfant peut
être confié. C'est la même période, là, que dans la loi actuelle. Il n'y a pas de modification quand on voit
«12 mois si l'enfant a moins de deux ans», «18 mois». Je crois que
c'était ça qui était prévu actuellement dans la loi.
Mme Charlebois :
Oui.
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
M. Turcotte :
O.K. Peut-être par curiosité ou pour en apprendre un peu plus : Qu'est-ce
qui détermine 12 mois pour un enfant de moins de deux ans,
18 mois pour un enfant âgé de deux à cinq ans, 24 mois? C'est les
études qui le démontrent?
Mme Charlebois :
En fait, ce qu'on m'indique, M. le Président, pour répondre à la question du
député de Saint-Jean : c'est relatif à
la question de temps selon l'âge de l'enfant puis comment l'enfant perçoit ça.
Puis c'est évident que, si un enfant
est âgé de six ans et plus, sa perception du temps n'est pas la même qu'un
enfant qui a moins de deux ans. Alors,
c'est dans ce sens-là que l'article a été rédigé. Puis finalement c'est basé
sur des données scientifiques, ça ne sort pas d'un chapeau.
M. Turcotte :
O.K. Et là on mentionne dans l'article du projet de loi que, si la sécurité ou
le développement de l'enfant est
toujours compromis, donc, s'il retournait dans son milieu de vie d'origine, là,
dans ce cas-là, le directeur doit en
saisir le tribunal. Et là il arrive quoi dans ce cas-là? Est-ce
que le tribunal pourrait étendre la
durée de l'hébergement soit
dans la famille d'accueil de proximité, ou en centre jeunesse, ou...
Mme Charlebois :
En fait, ce qu'il faut faire, c'est que, lorsque la sécurité ou le
développement de l'enfant est toujours
compromis, et qu'il est nécessaire qu'il demeure confié à un milieu de vie
substitut, et que la durée est expirée, mais il est toujours en danger, là,
pour des raisons de sécurité, il devrait rester là. Mais il faut quand même en
saisir le tribunal pour les aviser
que nous devons maintenir l'enfant dans son milieu où il est plutôt que de le
retourner à son point d'origine, parce qu'il y a un enjeu de sécurité.
M. Turcotte :
O.K. Merci, M. le Président. Est-ce que le tribunal pourrait en décider
autrement?
Mme Charlebois :
Bien, le tribunal peut toujours décider de ce qu'il veut, sauf qu'il suit les
recommandations, normalement, du directeur de la protection de la
jeunesse. Si le directeur de la protection de la jeunesse lui indique qu'il y a un enjeu de sécurité ou qu'il y a un
enjeu de développement au niveau des capacités de l'enfant et de lui-même,
bien, normalement, le juge prend en compte les recommandations du DPJ.
M. Turcotte :
O.K. Puis est-ce que ça pourrait arriver que le placement par lui-même ne soit
pas adapté ou, si ça fonctionne...
l'enfant, son développement, ne va pas aussi bien qu'on pourrait penser? Et là,
dans ce cas-là, il pourrait y avoir un
changement de milieu de vie substitut ou de... soit, dans ce cas-là, aller en
centre jeunesse ou... il est en centre jeunesse, puis là aller plutôt dans un milieu de vie de... une famille de
proximité ou quelque chose comme ça? Est-ce que ça peut aussi...
Mme Charlebois : Bien, quand
il y a des recommandations du DPJ en ce sens-là, effectivement, on doit
retourner vers le tribunal, dire : Bien, il va falloir changer la famille
d'accueil, etc. Et c'est toujours le DPJ qui a la responsabilité, avec
son équipe, d'évaluer si l'enfant est dans le bon milieu approprié pour lui,
et, s'il s'aperçoit qu'il y a encore des manques, bien, il faut qu'il fasse les
correctifs qui s'imposent.
Le Président (M. Merlini) : Ça
va? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui. Bonjour, M. le Président, Mme la ministre. Dans le dernier aliéna du
paragraphe, là, à 53.0.1, on vient préciser
avec le mot «nécessaire». Je veux savoir pourquoi on vient rajouter ce mot-là,
pourquoi l'ancienne écriture n'est
plus bonne. On vient faire une précision avec le mot «nécessaire», tu sais. Je
veux dire, qu'est-ce que ça implique,
là? C'est-u au niveau de la preuve? Ça vient-u modifier la preuve là-dessus?
C'est un peu complexe de comprendre la raison.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Mme la ministre.
Mme Charlebois :
En fait, M. le Président, ça fait suite à une recommandation d'un comité de
travail qui existe et qui évalue
constamment la Loi de la protection de la jeunesse. Et cet article-là précise
que le directeur de la protection de
la jeunesse doit, lorsque la durée maximale est atteinte, soumettre la
situation au tribunal seulement s'il est nécessaire que l'enfant demeure confié... S'il n'est pas
nécessaire qu'il demeure confié à un milieu de vie substitut, l'enfant
réintègre son milieu. Mais, s'il n'est pas nécessaire qu'il demeure
là... Bien, le mot «nécessaire» a toute son importance, là.
M. Schneeberger :
O.K. C'est sûr que ça, M. le Président, ça fait en sorte de peut-être même
accélérer le processus, parce que
justement il ne faut pas retourner devant le tribunal à cause de ce mot-là.
C'est ça que je comprends, là. C'est assez technique, là.
Mme Charlebois :
Bien, il faut informer absolument s'il est nécessaire que celui-ci y demeure.
«Nécessaire», c'est dans le sens où
sa sécurité est compromise, son développement... Alors, quand on juge qu'il est
nécessaire qu'il reste là parce que
sa sécurité est compromise — ou son développement, d'où le mot
«nécessité», là — c'est là
qu'on doit le laisser dans le milieu
de vie substitut et c'est là qu'on doit saisir le tribunal pour dire :
Nous, on considère qu'il est nécessaire qu'il reste là, parce que, s'il
retournait à son point d'origine, manifestement, il y aurait un enjeu de
sécurité et/ou de développement de l'enfant.
M. Schneeberger :
O.K. Ça me va.
Le Président
(M. Merlini) : Ça va, M. le député? Merci beaucoup. Est-ce que
j'ai d'autres interventions sur l'article 20 tel qu'amendé? Je le mets
donc aux voix. Est-ce que l'article 20, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président
(M. Merlini) : Adopté. Alors, nous poursuivons notre plan de
travail avec l'article 24. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Charlebois :
Oui. M. le Président, à l'article 24, nous demandons à ce que
l'article 57.2 de cette loi soit modifié par le remplacement, dans le paragraphe d du
premier alinéa, de «d'hébergement» par «confiant l'enfant à un milieu de
vie substitut».
Ici,
ce qu'on vient faire en modifiant le paragraphe d de l'article 57.2 de la loi,
c'est de la concordance avec les modifications qui visent à harmoniser les dispositions visant les enfants confiés à un milieu de
vie substitut. C'est de la concordance.
Le Président
(M. Merlini) : Merci. Est-ce que j'ai des interventions sur
l'article 24?
Mme Charlebois :
Adopté. Non.
Le Président
(M. Merlini) : Votre enthousiasme de la rentrée, Mme la ministre.
Est-ce que l'article 24 est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Merci beaucoup. Nous poursuivons
donc avec l'article 25. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
On est en forme, hein?
Le Président
(M. Merlini) : Oui, oui, tout à fait.
Mme Charlebois :
O.K. Je suis en train de réveiller tout le monde, là, moi-même y compris. O.K.
25. L'intitulé de la
section IV qui précède l'article 62 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«Enfant confié à un
milieu de vie substitut par le tribunal.»
ici cet
article remplace l'intitulé de la
section IV du
chapitre IV
de la loi en concordance avec les modifications visant à harmoniser les dispositions visant les enfants confiés à un
milieu de vie substitut, et cette
section regroupe les dispositions de
la loi qui visent les enfants confiés à un milieu de vie substitut par le
tribunal.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. J'ai des interventions? M.
le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
J'essaie de voir la nuance entre «hébergement obligatoire» puis «enfant confié
à un milieu de vie substitut par le tribunal». J'ai de la difficulté à
saisir la...
Mme Charlebois :
En fait, c'est vraiment de la concordance. Puis, en ce qui me concerne, en tout
cas, quand on parle d'hébergement
obligatoire, quand on parle d'hébergement, je pense plus à un centre qu'à une
famille d'accueil de proximité. C'est
dans ce sens-là. On vient vraiment faire aussi de la concordance avec tout ce
qu'on fait mais aussi préciser les choses telles qu'elles le sont, là.
M. Turcotte :
O.K. Mais cette section-là traitait... La ministre nous dit que l'hébergement,
ça fait plus référence à un centre,
pour la ministre. Dans ce cas-là, le contenu devait aussi traiter de cette
question-là. Est-ce qu'il n'en traitera plus? On crée vraiment une
section sur les milieux de vie substitut.
Mme Charlebois :
Bien, en fait, c'est une
section qui regroupe les dispositions de la loi qui
visent les enfants confiés à un
milieu de vie substitut par le tribunal, et on change tout simplement le titre,
là. On ne change pas le contenu de la loi. Puis on est vraiment dans la
section qui touche le milieu de vie substitut.
Président (M. Merlini) : Merci. Est-ce que j'ai d'autres
interventions? Est-ce que l'article 25 est donc adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Merci. Nous poursuivons le plan
de travail avec l'article 26. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Ici, on va prendre une petite gorgée d'eau, M. le Président, parce qu'on a
toute une lecture à faire, et je vais
demander de l'indulgence à mes collègues. Voilà. On part :
l'article 26 nous demande de, bon... En fait, c'est les
articles 62 à 64 de cette loi qui sont remplacés par les suivants,
alors :
«62. Lorsque
le tribunal ordonne que l'enfant soit confié à un établissement qui exploite un
centre de réadaptation ou un centre
hospitalier ou encore à une famille d'accueil, il charge le directeur de désigner
cet établissement ou celui qui
recourt à des familles d'accueil à qui l'enfant peut être confié. Toutefois,
lorsqu'il rend une ordonnance en vertu du troisième alinéa de l'article 91.1, le tribunal peut désigner la
famille d'accueil. En outre, lorsqu'il ordonne que l'enfant soit confié
à une famille d'accueil de proximité, il désigne cette dernière.
«Le tribunal charge le directeur de voir à ce
que l'hébergement s'effectue dans des conditions adéquates.
«Tout établissement qui exploite un centre de réadaptation
ou un centre hospitalier, désigné par un directeur conformément aux dispositions du présent
article ou du paragraphe b
du quatrième alinéa de l'article 46, est tenu de recevoir l'enfant
visé par l'ordonnance. Celle-ci peut être exécutée par tout agent de la paix.
«L'établissement
qui exploite un centre de protection de l'enfance et de la jeunesse doit
transmettre une copie du dossier de l'enfant au directeur général de
l'établissement désigné qui exploite un centre de réadaptation.
«62.1.
Lorsque le tribunal ordonne que l'enfant soit confié à un milieu de vie
substitut, le directeur peut autoriser des
séjours d'au plus 15 jours chez son père ou sa mère, chez une personne significative pour lui, notamment
ses grands-parents et les autres
membres de la famille élargie, en famille d'accueil ou au sein d'un organisme,
pourvu que le séjour s'inscrive dans le plan d'intervention et respecte l'intérêt
de l'enfant.
«Le directeur
ou une personne qu'il autorise en
vertu de l'article 32
peut, en vue de préparer le retour de l'enfant dans son milieu familial ou social, autoriser des séjours prolongés de
l'enfant chez son père ou sa mère, chez une personne significative pour lui, en
famille d'accueil ou au sein d'un organisme dans les 60 derniers jours de
l'ordonnance confiant l'enfant à un milieu de vie substitut.
«63. Lorsqu'un enfant est hébergé dans une unité
d'encadrement intensif maintenue par un établissement qui exploite un centre de réadaptation conformément à
l'article 11.1.1, le directeur général de cet établissement doit
transmettre sans délai à la
commission un avis donnant le nom de l'enfant, sa date de naissance [...] son
sexe [et] l'information relative à l'autorisation donnée par le
directeur pour l'enfant de moins de 14 ans le cas échéant, les dates de
début et de fin de cet hébergement ainsi que les dates de réévaluation de la
situation de l'enfant.
Le directeur général doit de plus lui transmettre sans délai la décision ou l'ordonnance
du tribunal, lorsque celui-ci a été saisi de la décision du directeur général
d'héberger l'enfant dans une telle unité.
«64. Lorsque
la période d'hébergement durant laquelle l'enfant est confié à un établissement
qui exploite un centre de
réadaptation par le tribunal se termine en cours d'année scolaire,
l'établissement doit continuer à héberger l'enfant âgé de 14 ans et plus jusqu'à la fin de l'année
scolaire si ce dernier y consent; lorsque l'enfant est âgé de moins de
14 ans, l'hébergement se poursuit avec l'accord des parents et du
directeur.
«Lorsque la
période durant laquelle l'enfant est confié à un autre milieu de vie substitut
se termine en cours d'année scolaire, celui-ci peut, aux mêmes
conditions, continuer à recevoir l'enfant.
«64.1. Une
ordonnance confiant un enfant à un milieu de vie substitut cesse d'avoir effet
lorsque l'enfant atteint l'âge de 18 ans.
«Toutefois,
lorsque l'enfant est confié à une famille d'accueil, y compris une famille
d'accueil de proximité, ou à un établissement qui exploite un centre de
réadaptation ou un centre hospitalier, l'hébergement peut se poursuivre conformément à la
Loi sur les services de santé et
les services sociaux (chapitre S-4.2) ou à la
Loi sur les services de
santé et les services sociaux pour les autochtones cris
(chapitre S-5), si cette personne y consent.
établissement doit continuer d'héberger une personne qui a atteint l'âge de
18 ans si cette personne y consent et si l'état de celle-ci ne permet son retour ou son intégration à
domicile. Cet hébergement doit [...] continuer jusqu'à ce qu'une place lui soit assurée auprès d'un autre
établissement ou de l'une de ses ressources intermédiaires ou d'une ressource
de type familial où elle pourra recevoir les services que requiert son état.»
Le Président (M. Merlini) :
Maintenant, pour vos explications.
Charlebois : Oui. J'y arrive,
M. le Président. Alors, cet
article remplace l'article 62 de la loi. Il
reprend les règles actuelles qui déterminent les pouvoirs du tribunal et
les responsabilités du directeur de la protection de la jeunesse relatifs à la désignation des milieux de vie substituts
auxquels un enfant peut être confié à la suite d'une ordonnance du tribunal de même que les obligations d'un
établissement qui exploite un centre de réadaptation ou un centre hospitalier
désigné par le directeur de la protection de
la jeunesse aux fins de l'application de l'ordonnance. Les responsabilités du
directeur demeurent
identiques à celles que prévoit l'article 62. Ainsi, lorsque le tribunal
ordonne que l'enfant soit confié à un
milieu de vie substitut prévu à cet article, le directeur désigne
l'établissement qui exploite le centre de réadaptation, un centre hospitalier ou celui qui a recourt à des
familles d'accueil. Enfin, cet
article attribue expressément au tribunal le
pouvoir de désigner une famille d'accueil
lorsqu'il rend une ordonnance de permanence en vertu de 91.1 de la loi. Il
prévoit également que, dans les cas
où le tribunal ordonne que l'enfant soit confié à une famille d'accueil de
proximité, il désigne cette dernière.
Et, en
commentaire supplémentaire, je vous dirais qu'en 2011 la Cour d'appel a
déterminé que le tribunal a le pouvoir
de désigner la ressource préalablement choisie par le directeur lorsqu'il rend
une ordonnance en vertu de l'article 91.1, qui tend à assurer la continuité des soins,
la stabilité des liens, les conditions de vie d'un enfant, et ce, de façon permanente, considérant que le projet de vie
est indissociable de l'ordonnance prononcée en vertu de cet article. La
désignation nommément de la famille d'accueil proposée par le directeur de la
protection de la jeunesse dans le projet de
vie de l'enfant constitue une composante essentielle au coeur de la décision du
tribunal. Et, à l'article 62.1, je vous dirais que cet article-là introduit ce qui reprend les règles relatives au
séjour d'un enfant en cours d'ordonnance lorsque celui-ci est confié à
un milieu de vie substitut. Et la modification que nous proposons vise à
reconnaître expressément les mêmes droits aux enfants, quel que soit le milieu
de vie où ils sont confiés. Également, aux personnes déjà énumérées au quatrième alinéa de l'article actuel, on ajoute la
possibilité au directeur
de la protection de la jeunesse
d'autoriser le séjour d'un enfant dans un organisme parce que ça peut
arriver que ce ne soit plus utile.
À l'article
63, en plus de reprendre l'article... En fait, on remplace l'article 63 de la
loi par celui que je viens de vous
proposer, et, en plus de reprendre la règle actuelle prévoyant la communication des renseignements à la commission
des droits de la personne et de la jeunesse, cet
article ajoute aux
renseignements déjà prévus les renseignements suivants : la date de naissance de l'enfant et son sexe;
l'information relative à l'autorisation donnée par le directeur pour l'enfant
de moins de 14 ans; la date de fin de l'hébergement de même que les dates de
réévaluation de la situation de l'enfant.
En ce qui
concerne l'article 64, bien, il reprend les règles actuelles à la poursuite de
l'hébergement d'un enfant dans un centre
de réadaptation ou dans un autre milieu de vie substitut lorsqu'une ordonnance
se termine en cours d'année scolaire,
comme je vous l'ai mentionné. Et la modification que nous proposons vise à
reconnaître expressément les mêmes droits aux enfants, quels que soient
leurs milieux de vie auxquels ils sont confiés.
À l'article 64.1, cet
article introduit dans
l'article 64.1, qui reprend la règle actuelle relative à la fin de l'hébergement de l'enfant qui fait l'objet d'une
ordonnance le confiant à un milieu de vie substitut lorsque celui-ci atteint
l'âge de 18 ans... Alors, cette modification s'inscrit parmi les
modifications proposées à la loi qui ont pour objectif d'harmoniser les dispositions visant les enfants confiés à un milieu de
vie substitut. C'est toujours ça qu'on vient de faire depuis le début. Et cet
article reprend, par
ailleurs, la règle prévue à l'article 64 portant sur la possibilité de
poursuivre l'hébergement en
conformité avec la
loi sur la santé et les services sociaux, la
loi sur la santé
et les services sociaux pour les autochtones cris, si la personne y
consent, évidemment, M. le Président.
Enfin, cet
article reprend la règle prévue à l'article 64 concernant l'obligation pour un
établissement de continuer à héberger une personne qui atteint l'âge de
18 ans si cette dernière y consent et si son état ne permet pas son retour en
intégration au domicile. M. le Président...
Le Président (M. Merlini) : ...vous
avez un amendement à tout ça.
Charlebois : Je
pense que j'en ai plus qu'un. Nous en avons quatre.
Président (M. Merlini) : Il s'agit d'un amendement à l'article 26 qui
va modifier des paragraphes de l'article 26. Alors, ce n'est pas
plusieurs amendements, c'est un amendement mais qui va modifier plusieurs
paragraphes.
Charlebois : On a
quatre amendements.
Le Président (M. Merlini) : Allez-y.
Charlebois : Oui,
c'est quatre différents.
Le Président (M. Merlini) : Oui,
oui, tout à fait. La lecture.
Charlebois : Là,
j'imagine, M. le Président...
Le Président (M. Merlini) : Oui,
allez-y.
Charlebois :
...juste pour ma connaissance, là, pour les règles de fonctionnement, j'en lis
un, je donne les commentaires, on dispose de cet amendement-là avant de
passer au suivant. C'est ça, hein?
Le Président (M. Merlini) :
Exactement. Oui.
Charlebois :
O.K. Alors, ce que nous proposons à l'article 26 du projet de loi, c'est de
remplacer le premier et le deuxième
alinéa de l'article 62 de la
Loi sur la protection de la jeunesse, proposé
par l'article 26 du projet de loi, par les suivants :
«62.
Lorsque le tribunal ordonne que l'enfant soit confié à un établissement qui
exploite un centre de réadaptation ou
un centre hospitalier ou encore à une famille d'accueil, il charge le directeur
de désigner cet établissement ou l'établissement
qui exploite un centre de protection de l'enfance et de la jeunesse qui recourt
à des familles d'accueil, à qui l'enfant peut être confié.
«Toutefois,
lorsqu'il rend une ordonnance en vertu du troisième alinéa de
l'article 91.1, le tribunal peut désigner nommément la famille d'accueil choisie par l'établissement qui exploite
le centre de protection de l'enfance et de la jeunesse.
«En outre,
lorsqu'il ordonne que l'enfant soit confié à une famille d'accueil de proximité
choisie par l'établissement qui exploite le centre de protection de
l'enfance et de la jeunesse, le tribunal la désigne nommément.
«Le directeur voit à ce que l'hébergement de
l'enfant s'effectue dans des conditions adéquates.»
Alors, ici,
M. le Président, ce que nous proposons par cet amendement, c'est plus de clarté
et de précision, une reformulation du
premier alinéa de l'article 62, tel que proposé à l'article 26 du projet de
loi, qui prévoit les pouvoirs et responsabilités du directeur de la protection
de la jeunesse et du tribunal quant au choix et à la désignation de l'établissement de la famille d'accueil. Et
l'amendement propose également de préciser que le directeur, considérant qu'il
est responsable de l'exécution des
ordonnances rendues par le tribunal, voit à ce que l'hébergement de l'enfant s'effectue
dans des conditions adéquates, le tribunal n'ayant pas à le charger d'une telle
responsabilité.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des
interventions sur le premier amendement à l'article 26? M. le député de
Saint-Jean.
Turcotte : Merci, M. le Président. Dans la loi actuelle, là,
on mentionne... bien, c'est l'article 62 de la loi, premier alinéa, vers la... Là, ça devient compliqué parce
que, là, il y a le projet de loi, il y a l'amendement puis il y a la loi
actuelle, là. On va essayer de se
démêler dans tout ça, là. Puis c'est un costaud quand même, celui-là, là. Dans
la loi, là, on peut y lire :
«...il charge le directeur de désigner un établissement, qui exploite un centre
hospitalier ou un centre de réadaptation ou qui recourt à des familles d'accueil, à qui l'enfant peut être confié
et de voir à ce que l'hébergement s'effectue dans des conditions
adéquates.»
Et là cette
mention-là «de voir à ce que l'hébergement s'effectue dans des conditions
adéquates» n'est plus dans le projet de loi puis n'est plus dans
l'amendement. Est-ce qu'il y a une raison?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
En fait, dans l'amendement, il est là à la fin, la dernière ligne, là :
«Le directeur voit à ce que l'hébergement de l'enfant s'effectue dans
des conditions adéquates.»
Turcotte : Là, au
fond, il est ramené par l'amendement.
Charlebois : Oui.
Turcotte : Ah! non,
il était déjà là, dans «le tribunal charge le directeur de voir à ce que
l'hébergement s'effectue dans des conditions».
Charlebois :
Attendez un peu.
Charlebois : Il
était là, dans le...
Turcotte : Parce
qu'ici, là...
Le Président (M. Merlini) : Dans
l'article lui-même, il est là, avant votre proposition... oui.
Charlebois : Dans
l'article 26.
Le Président (M. Merlini) : 62.
Charlebois : Bien,
oui, 62, puis on l'a aussi dans l'article...
Le Président (M. Merlini) :
L'amendement.
Charlebois :
...dans l'amendement.
Turcotte :
Parce que, là, l'amendement, c'est : «Le directeur voit à ce que
l'hébergement de l'enfant s'effectue dans
des conditions adéquates.» Donc, on revient à l'esprit, selon moi, de la loi.
Mais, dans le projet de loi, c'était : «Le tribunal charge le directeur de voir à ce que l'hébergement s'effectue
dans des conditions adéquates», comme si le directeur ne pouvait pas
prendre l'initiative par lui-même de le faire, il fallait que ça soit le
tribunal qui le charge.
Charlebois : Me permettez-vous que Me Destrempe apporte
la précision pour le député de Saint-Jean, s'il vous plaît?
Président (M. Merlini) : Tout à fait. Est-ce que j'ai le consentement
pour permettre à Me Destrempe d'adresser la commission? Le consentement est donné. Me Destrempe, s'il vous
plaît, pour les biens de l'audio et de la vidéo, vous identifier, encore
une fois, et donner la réponse à la question.
Destrempe (Johanne) : Oui.
Alors, Johanne Destrempe, Direction des affaires juridiques au ministère Santé et Services sociaux. En fait, vous avez raison de
dire qu'on revient au texte initial. La proposition, dans le projet de loi,
qu'on retrouve à l'article 62 actuellement, dans le fond, la proposition
initiale, ça laissait entendre effectivement que c'était le tribunal qui devait en charger le directeur, mais, en fait,
après discussion puis après justement des gens qui sont venus en consultations, on a compris qu'il valait
mieux préciser la disposition, parce que, comme Mme la ministre le disait
dans son commentaire, ce n'est pas le tribunal qui a à charger le directeur de
la protection de la jeunesse d'une telle responsabilité, il l'a déjà en vertu
de la loi. Alors, c'est pour ça qu'on est revenus au texte initial.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Me Destrempe. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Mon intervention va être un peu sur l'amendement mais
sur l'article en même temps, là, parce que, bon, ça vient quand même
reformuler l'article 62.
Dans leur
mémoire, les DPJ ont mentionné : «...nous estimons qu'il y aurait aussi
lieu d'uniformiser les termes employés
[par des] dispositions lorsqu'il est question d'enfant retiré de son milieu
familial. Nous avons constaté l'usage des
trois termes suivants : "confier à" versus
"hébergement" versus "placement" dans des contextes
différents, sans qu'il ne soit
possible de déterminer clairement la portée de chacun. Par exemple, à l'article
62 — que nous
étudions, là, par même
l'amendement — "hébergement" — le terme "hébergement" — est utilisé [au deuxième alinéa] — bien là, ce n'est plus nécessairement le deuxième alinéa, là, dans
l'amendement — mais, au
premier alinéa, il est question uniquement de centre de réadaptation, de centre hospitalier et de famille
d'accueil — ce qui
semble exclure ici la famille d'accueil de proximité. Le libellé de cette disposition ne fait pas non plus usage de
la nouvelle notion de "milieu de vie substitut". Aux articles 54 et 91, il n'est pas question
"d'hébergement" ou de "placement", mais de "confier
à" pour toutes les situations où
l'enfant est retiré de son milieu familial. La LSSSS, quant à elle, utilise la
notion de "placement" lorsqu'elle réfère aux centres de
réadaptation et aux familles d'accueil...» Et là ils donnent un exemple.
intervention, M. le Président, c'est un commentaire qui aurait pu
s'appliquer à plusieurs articles, là. Même, j'en avais déjà un
peu abordé la question déjà. Il doit y avoir une raison pourquoi on
n'uniformise pas les termes. C'est parce
que chacun doit avoir une portée ou
doit être chargé d'une différence. Dans ce cas-ci, là, on parle d'abord
du terme «hébergement». Est-ce que la ministre a une opinion sur le commentaire, au fond, de ceux qui appliquent cette loi-là, qui sont les
directeurs de la protection de la jeunesse?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre, souhaitez-vous une suspension?
Charlebois : Non,
non.
Le Président (M. Merlini) : Ça va?
Charlebois :
Je pense que je vais demander à Me Destrempe, parce que c'est vraiment
juridique, et je vais la laisser répondre si vous l'autorisez.
Le Président (M. Merlini) : Alors,
Me Destrempe, s'il vous plaît.
Destrempe (Johanne) : Bon.
Alors, en fait, le choix qui a été fait, c'est effectivement de ne pas nécessairement
faire un changement de toute la
terminologie. Je pense qu'il y
en avait déjà été question, là. Au tout début de la commission, il y a
eu des discussions à ce sujet-là.
Maintenant,
peut-être porter à votre attention qu'il n'y a pas nécessairement de
problématique que ça soulève, là, quant
à l'application. Actuellement, quand on parle d'hébergement volontaire, dans le
cadre actuel de la loi, on sait très bien
qu'on réfère, là, à des notions qui sont de confier l'enfant à une famille
d'accueil lorsque le tribunal confie l'enfant à une famille d'accueil ou
encore à un centre de réadaptation. Alors là, dans le fond, l'harmonisation,
c'est justement d'introduire, un peu comme
vous l'avez vu avec le nouvel intitulé, la nouvelle
section qui maintenant
portera le titre, là, de... plutôt
qu'«hébergement obligatoire», on va parler d'«enfant confié à un milieu de vie
substitut par le tribunal». Je veux dire,
on essaie de modifier ce qui était modifiable, et, pour le reste, il n'y a pas
nécessairement de problème, là, d'interprétation. C'est sûr que, comme vous le disiez... bien, aussi
ce que les DPJ disent, la notion de placement, on la retrouve dans la LPJ mais de façon très particulière, puis c'est
assez ciblé, puis je ne pense pas qu'il y ait de problème d'interprétation
là non plus.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Me Destrempe. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Mais, au fond, de ce que je comprends, M. le Président, c'est qu'il y a une
volonté d'uniformiser le plus que
nous pouvons, mais on ne peut pas tout uniformiser, mais il doit avoir une
raison pourquoi on ne peut pas tout uniformiser.
Parce que ça implique trop de changements ou trop d'amendements ou... On en a
fait quand même quelques-uns, là.
Le Président (M. Merlini) :
Me Destrempe.
Charlebois :
...avoir une suspension, M. le Président?
Le Président (M. Merlini) : À la
demande de la ministre, je suspends donc les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 49)
Président (M. Merlini) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons donc nos travaux après cette brève suspension pour faire de la vérification
juridique. Me Destrempe, s'il vous plaît, à vous la parole.
Destrempe (Johanne) : Oui. Dans le fond, en fait, je compléterai la réponse que je vous faisais un petit peu
plus tôt, qui est de même nature, en
fait, c'est qu'évidemment, dans le cadre du projet de loi, les dispositions de fond sont celles qui sont
modifiées, dans le sens où l'objectif,
c'est vraiment d'harmoniser les dispositions pour les enfants, quel que soit le milieu de vie substitut auquel
ils sont confiés. Donc, toutes les modifications qui devaient être apportées
dans la loi à cet égard-là l'ont été, ce qui
fait que parfois, je veux dire, pour ce qui est de la terminologie employée, on
pourrait dire, dans le fond, c'est plus une
question de forme qu'on a modifiée quand c'était possible de le faire,
autrement ça n'a pas été fait. Mais
ce qu'on me souligne, c'est que c'était une suggestion des DPJ de dire :
Bien, tant qu'à être dans ces
dispositions-là, pourquoi est-ce que
vous n'en profitez pas? On ne me soulève pas qu'il y ait de problème d'application, là, particulier, compte tenu de la terminologie qui continue d'être employée.
Alors, voilà. C'est ce que je pourrais vous dire.
Puis peut-être
vous dire aussi, en fait, que ça impliquerait aussi des modifications dans d'autres lois, par
exemple la LSSSS, la LSSSS
autochtones cris. Il y aurait eu quand
même plusieurs lois, là, à regarder
si on avait voulu faire un changement complet, là, de la terminologie.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Me Destrempe. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Ça va.
Le Président (M. Merlini) : Ça va. Est-ce
que j'ai d'autres interventions sur l'amendement? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui. Bien, c'est ça, c'est marqué «le
tribunal peut désigner nommément la famille d'accueil». Pourquoi on
vient rajouter le mot «nommément»?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : ...la famille d'accueil en lien avec l'enfant
nommément, là. Je ne comprends pas votre question. Je m'excuse.
Schneeberger :
Bien, c'est parce qu'avant il n'y était pas, puis là on vient rajouter le mot
«nommément». C'est quoi, la différence, je veux dire, en termes... C'est
vraiment purement juridique, là, mais, je veux dire...
Charlebois :
Ça concerne cette famille-là, pas n'importe quelle famille, puis on vient
apporter une précision. C'est tout.
Schneeberger :
C'est bon. Parfait.
Président (M. Merlini) : Ça va? Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs. Est-ce que j'ai d'autres
interventions sur le premier amendement à l'article 26? Oui, M. le député
de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Quand vous dites : «Le tribunal charge le directeur de voir à ce que
l'hébergement s'effectue dans des
conditions adéquates», avez-vous des... C'est quoi, les critères, les
conditions adéquates? Au niveau des règlements...
Charlebois : Ça a
toujours été...
Schneeberger : ...est-ce qu'on peut avoir ça?
Charlebois :
Oh! excusez. Je ne l'ai pas laissé finir.
Le Président (M.
Merlini) : Je vous en prie, madame...
Charlebois :
Excusez-moi.
Schneeberger : Non, je veux savoir est-ce que c'est possible
de les avoir, les conditions. Il doit y avoir des critères. C'est quoi,
les conditions?
Charlebois : En fait, je vous réfère au manuel de référence.
Le directeur de la protection de la jeunesse a déjà, lui, une formation avec tout ce que ça lui prend. Mais ça a
toujours été dans la loi, là. Ce n'est pas une nouveauté qu'on vient d'ajouter, ça a toujours été là. Mais
je vous réfère au manuel de référence, qui nous parle justement de ces
conditions adéquates là des familles d'accueil.
Schneeberger : O.K. Mme la ministre, je vous pose des
questions parce que vous avez sûrement vu le rapport, comme moi, qui est sorti, là, ces derniers jours.
Il parle justement qu'il y a un gros manque là-dessus au niveau des suivis,
et puis moi, je fais un lien avec ça parce que... bon, ça paraît toujours bien,
les conditions adéquates, mais la réalité, c'est
qu'il y a un gros manque de suivi. C'est pour ça que je vous pose la
question : C'est quoi, les règlements? Ce serait le fun d'avoir ça,
ces règlements-là.
Charlebois : En fait, M. le Président, dans le cadre de
référence ici, là, le cadre de référence qui concerne la protection de la jeunesse, on a des exemples. Mais
je suis forcée de vous dire que le rapport dont on a parlé ne touche en rien
ce qu'on est en train d'étudier. L'enquête
que j'ai commandée, M. le député... M. le Président — excusez-moi, je m'adresse à vous — l'enquête que j'ai, à ma demande, a été
exécutée par la CDPDJ. Je rappelle que les deux enquêtes ont été faites à ma demande. Dans le cas de la première comme de
la deuxième, ça touchait des situations particulières des enfants dans leurs
familles propres, là, on ne parle pas de familles d'accueil. Alors,
rétablissons les faits.
Revenons donc à des
exemples de compétence ou de conditions adéquates, c'est : la capacité du
postulant à adhérer à une mission, aux
valeurs de la philosophie d'intervention, aux approches cliniques de
l'établissement; qu'il faut être
capable d'exercer ces rôles et responsabilités à
titre de ressource, à l'exclusion
de ceux déjà évalués dans la dimension 3, et à se conformer aux lois et aux normes et règles en vigueur; il faut
aussi avoir la capacité, comme postulant, de respecter les orientations et les
balises définies dans le présent cadre de référence; il faut aussi avoir la
capacité d'assurer la qualité des
services de soutien ou d'assistance communs particuliers; il faut être capable
de mettre en place, maintenir et évaluer les actions nécessaires afin d'assurer la qualité des services à rendre à
l'usager; il faut aussi, dans le domaine des compétences et de la gestion de l'organisation, avoir la capacité et
l'ouverture du postulant à s'engager dans un processus de formation et de perfectionnement; il faut aussi
que le postulant soit capable de sélectionner, encadrer, superviser et évaluer
toute personne requise par lui pour être en prestation de services auprès de
l'usager, le cas échéant, de sorte que son
comportement et ses attitudes soient cohérents avec la philosophie
d'intervention. Bref, il y en a quelques pages. Je ne sais pas si le
député souhaite poursuivre.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député.
Schneeberger : Oui. Mais, M. le Président, ce n'est pas le
but, d'en faire la lecture ici même, là, parce que, là, on est hors
contexte, mais je demande juste si on serait capable d'avoir ces règlements-là.
Charlebois :
Bien, c'est dans le cadre de référence, c'est public.
Schneeberger : Bon. Parfait. C'est bon. Autre point. Ce qui
est ici, dans le processus, là, du... On part d'un cas x, peu importe, là. Quand le tribunal charge
le directeur de désigner cet établissement... c'est-à-dire, là, si je ne me
trompe pas, et corrigez-moi si je me trompe,
là, on est directement dans les délais qui sont soumis, là, mettons, de zéro...
Schneeberger : Alors, on est dans le... si un enfant a
12 mois, si l'enfant a deux ans et moins, 18 mois, est âgé de
deux à cinq ans, et 24 mois, de six ans et plus. Durant ce laps de temps
là... est-ce que je me trompe?, mais le directeur
peut changer l'enfant de famille d'accueil ou de place sans retourner au
tribunal, parce que le jugement de la cour a été : C'est le
directeur qui s'en occupe.
moi, pourquoi je pose ces questions-là, c'est qu'on a vu une multitude de cas
où est-ce que certains... je vais essayer
de préciser mes mots, là, certains enfants ont été déplacés un peu trop souvent
d'endroit, que ce soient les familles d'accueil
ou autres, et puis ça a créé de l'insécurité profonde chez ces enfants-là parce
qu'il y a eu un manque de suivi.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Mais, M. le Président, ce qu'il faut dire ici, c'est qu'on travaille toujours
dans l'intérêt de l'enfant. Or, si une
famille d'accueil ne correspond pas au profil des besoins de l'enfant, oui, ça
peut arriver que le DPJ décide de le
transférer de famille d'accueil. Mais, en ce qui concerne la famille d'accueil
de proximité, on parle de proximité, là,
c'est probablement la grand-mère, la soeur ou je ne sais pas qui, là. Alors,
s'il est sorti de là, c'est parce que cet enfant-là est en danger, puis ça
prend l'autorisation du tribunal, effectivement.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Schneeberger :
Oui. Mais, moi, ce que je demande, dans le fond, c'est que... Actuellement,
comme la loi est faite, si, par
jugement du tribunal, le directeur a la charge, la place... c'est lui qui est
responsable de la place où est-ce que l'enfant
va vivre, à ce moment-là, au niveau des délais qu'on a nommés tantôt, là, 12,
18, 24 mois, à ce moment-là, sans retourner
au tribunal, cet enfant-là pourrait être déplacé, à plusieurs fois, sans
jugement, actuellement. Est-ce que la ministre peut me préciser
qu'actuellement la procédure est comme ça et qu'elle va rester comme ça?
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, ce qu'on vient préciser, là, c'est qu'il faut justement aller au tribunal
pour changer un projet de vie
d'enfant ou le changer de famille d'accueil. C'est exactement ça qu'on vient
faire, là, dans l'amendement que... les familles d'accueil de proximité.
M. Schneeberger :
O.K. Ça fait que, là, ça vient changer... c'est qu'il faut retourner au
tribunal pour faire la modification et avoir des bonnes raisons pour le
changer. C'est ça?
Mme Charlebois :
Puis, en passant, les familles d'accueil... Je vous ramène à la base de ce
qu'on a adopté cet été quand nous, on
était au Parlement, vous vous rappelez. Bien, on a justement mis dans la loi
«faire en sorte que les familles d'accueil soient consultées».
M. Schneeberger :
Pourquoi je vous questionne là-dessus? Parce que pour, premièrement, bien
comprendre, mais c'est un point très
important au niveau de l'enfant, là, c'est pour éviter le maximum de transferts
d'une place à l'autre, parce que, on
le sait comme moi, là, le bien de l'enfant, c'est avant tout la stabilité. Et
on en a vu, des cas, là. Vous en avez
vu aussi. Puis des fois, bon, il y a des cas x, on ne peut pas tout nommer,
mais, mettons, vous avez sûrement vu, des fois, parce que vous parlez de l'intérêt de l'enfant... Mais, quand vous
avez deux, trois enfants d'une même famille puis que, les trois enfants, là, il n'y a pas de problème... Parce que des
fois il y a eu des cas où est-ce qu'on a un adolescent, avec des enfants en beaucoup plus bas âge, puis là
il y avait une problématique avec ça. Mais, si on parle d'une... un petit
peu plus normale, là, au niveau des âges
puis que ces enfants-là soient séparés parce qu'il n'y avait aucune famille
d'accueil qui pouvait les prendre, ça,
ça n'a pas de sens, là. C'est ça. Puis je veux bien que ça soit dans l'intérêt
de l'enfant, mais c'est un point qui
se vit, malheureusement. Ça fait que ça, c'est des cas qu'il ne faut pas
répéter. Ça n'a aucun sens de, tu sais... déjà que, là, il y a l'arrachement
des parents, puis, dans certains cas, tant mieux... mais, le frère et la soeur,
là, il ne faudrait pas arracher ce
lien-là en plus, là, tu sais. Puis, ça, on le voit. On en a eu, des cas de
même, là, puis un, c'est déjà trop, malheureusement.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, généralement, M. le Président, le DPJ est très sensible à ces
situations-là, pour ne pas dire tout le temps. Il travaille pour le
bien-être des enfants.
On a bonifié
la loi depuis que la loi existe, là. Si on parle de cas d'il y a je ne sais pas
combien d'années, là, de 1979, oui,
il y a eu des choses qui se sont passées à cette époque-là qui ne se passent
plus. C'est ça qu'on fait en ce moment, bonifier la loi pour justement éviter
des carences. Dans tous les cas, le DPJ évite au maximum de déplacer un enfant.
Quand il le déplace, là ce n'est pas parce
que ça lui tente, c'est parce qu'il n'a pas le choix. Et, quand il sépare une
fratrie, souvent il y a des raisons. Il n'y a pas juste l'histoire de
dire : On n'a pas de famille d'accueil. Il y a souvent des raisons qui s'y rattachent. Effectivement, on souhaite garder
les gens d'une même famille ensemble autant que faire se peut, et le DPJ
souhaite ne pas déplacer l'enfant autant que faire se peut. Mais parfois
il arrive qu'il doive les déplacer pour x raison.
M. Schneeberger :
Peut-être juste un élément. Bon, les familles d'accueil ont des règlements au
niveau des normes, là, tu sais, au niveau de
la chambre, l'éclairage, et autres.
Souvent, des fois, là, ça peut être assez strict et ça fait en sorte qu'il
y a des familles d'accueil qui pourraient prendre un autre enfant d'une fratrie, mais, à cause de
ces règlements-là, qui
sont assez stricts, ça coupe. Et c'est pour ça que je pense que c'est des cas
de même qu'il faudrait faire un changement, parce que, je veux dire, tous les enfants dans les... Tu sais, il y en a
qui habitent en appartement, dans un quatre et demie, puis ils sont trois puis ils restent tous dans la
même chambre puis, je veux dire, ils ne sont pas plus malheureux. Ils
aimeraient peut-être juste avoir leurs chambres complètes, mais la
réalité, c'est ça. Puis nos anciennes familles étaient nombreuses
dans les mêmes maisons.
Ça fait que je
trouve qu'il y a, des fois, dans des cas particuliers, des
règlements qui nuisent plus à l'enfance, parce qu'il faut suivre les règles, que le biais, là, final. C'est tout. Puis
ça, c'est un commentaire. Je ne m'attends pas à ce que la ministre
commente là-dessus, mais c'est des réalités qui se passent.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député. Mme la ministre, un commentaire?
Charlebois :
Aucun.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup. Est-ce que j'ai d'autres interventions sur le premier amendement à l'article 26? Je n'en vois pas. Est-ce que ce
premier amendement est donc adopté?
Charlebois : Dans
l'allégresse. Adopté.
Président (M. Merlini) :
Dans l'allégresse. Adopté. Merci, Mme
la ministre. Vous avez maintenant
un deuxième amendement, Mme la ministre.
Charlebois : Oui. Alors, à l'article 26 du projet de loi, nous souhaitons remplacer l'article 63 de la
Loi sur la
protection de la jeunesse, proposé par l'article 26 du projet de loi, par le
suivant...
Charlebois : On m'indique que c'est un amendement
substitué. Je suis désolée, M. le
Président. J'entendais une petite voix de gauche qui me parlait dans le
tuyau de l'oreille. Alors, il faut distribuer cet amendement
substitué là, pour que mes collègues
aient le même... si vous me permettez une suspension, afin que mes
collègues aient le même article. Je m'excuse.
Le Président (M. Merlini) : Oui.
Je suspends donc les travaux quelques instants
pour la distribution d'un deuxième amendement. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 7)
Président (M. Merlini) :
Alors, à l'ordre! Nous reprenons donc
nos travaux après la distribution d'un nouveau libellé du deuxième
amendement à l'article 26. Mme la ministre, pour la lecture.
Charlebois :
Alors, nous proposons de remplacer l'article 63 de la
Loi sur la protection de
la jeunesse, proposé par l'article 26 du projet de loi, par le suivant :
«63. Lorsqu'un enfant est hébergé dans une unité
d'encadrement intensif conformément à l'article 11.1.1, le directeur général de l'établissement qui maintient
cette unité doit transmettre sans délai à la commission un avis donnant le nom de l'enfant, sa date de naissance et son
sexe, l'autorisation donnée par le directeur pour l'enfant de moins de 14 ans,
le cas échéant, ainsi que les dates de début
et de fin de cet hébergement et de la réévaluation de la situation de l'enfant.
Le directeur général doit de plus lui
transmettre sans délai la décision ou l'ordonnance du tribunal, lorsque
celui-ci a été saisi de la décision du directeur général d'héberger
l'enfant dans une telle unité.
«Lorsqu'un enfant fait l'objet d'une mesure
visant à l'empêcher de quitter les installations maintenues par l'établissement en vertu de 11.1.2, les mêmes
renseignements que ceux prévus au premier alinéa doivent aussi être transmis
sans délai à la commission par le directeur général, compte tenu des
adaptations nécessaires.»
Alors, ici,
M. le Président, ce qu'on vise à faire, c'est que nous précisons que, dans le
cas d'un enfant âgé de moins de 14
ans qui est hébergé dans une unité d'encadrement intensif, le directeur général
de l'établissement doit transmettre à
la commission l'autorisation donnée
par le directeur de la protection de la jeunesse, et non l'information relative à une telle autorisation. De plus, cet amendement-là propose que les
mêmes renseignements prévus au premier alinéa soient également
transmis à la commission, en faisant les adaptations nécessaires,
lorsqu'un enfant fait l'objet d'une mesure visant à l'empêcher de quitter les installations
maintenues par un établissement qui exploite un centre de réadaptation. Par exemple, à
titre d'adaptation,
considérant que cette mesure ne prévoit pas l'autorisation du directeur de
la protection de la jeunesse pour l'enfant de moins de 14 ans, une
telle information ne serait pas transmise.
Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce
que j'ai des interventions sur ce nouvel amendement? M.
le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Bien, tout d'abord, je vois que l'amendement tient compte d'une recommandation,
la recommandation 7 des DPJ, là,
justement, là, sur la question de l'information relative. Mais, outre ça,
j'essaie de voir... Parce que, là,
dans l'amendement qui nous avait été remis mais qui avait été, au fond, déposé
au salon bleu à la dernière session, c'est beaucoup plus dans le
deuxième alinéa, là, qu'il y avait des modifications.
Est-ce que la
ministre peut peut-être éclaircir son intention dans le deuxième alinéa pour
que je saisisse un peu plus la nuance entre les deux versions?
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le député de Saint-Jean. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien en fait, M. le Président, le premier paragraphe nous parle d'encadrement
intensif prescrit, puis on s'entend
tous sur ça, tandis que le deuxième, c'est, en fait, une mesure que
j'appellerais, puis j'hésite à le dire, mais quasiment intermédiaire. C'est que l'enfant n'est pas... ou
l'adolescent n'est pas dans les mesures d'encadrement intensif, mais on
ne veut pas qu'il quitte le centre, pour toutes sortes de raisons, parce qu'il
se met à risque, parce qu'il y a des raisons
qui nous empêchent de le laisser sortir mais qui ne méritent pas un encadrement
intensif. Alors, on sait que, temporairement, l'enfant peut être susceptible
d'avoir des comportements qui ne le protégeraient pas. Dans ce temps-là, il y a des mesures qui l'empêchent de
quitter. Sauf qu'on veut que le DPJ... pas le DPJ, mais la commission,
la CDPDJ, soit avisée au même
titre que pour un encadrement intensif.
C'est un
contexte qui est exceptionnel. On ne fait pas ça partout pour tout le monde,
là. Mais, tu sais, des fois, de les
mettre en encadrement intensif, c'est trop pour ce que le besoin de l'enfant
est. Mais en même temps il faut le protéger contre lui-même, pour une période relativement courte, normalement, de
sortir. Alors, c'est juste quand il y a des événements particuliers et
qu'un enfant... J'hésite à vous donner des exemples, là, parce que...
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Turcotte :
On a eu un peu cette discussion-là dans d'autres amendements que la ministre
avait amenés, mais plus sur l'encadrement intensif. Et puis, bon, à ce
moment-là, on avait amené la réflexion... puis je crois même qu'il y a
eu des amendements dans ce sens-là, faire en
sorte que ça soit documenté et que même, bon, le conseil d'administration
puisse avoir l'information «et il y a
eu tant de recours à cette mesure-là», etc. Dans ce cas-ci, de ce que je
comprends, c'est plus spontané ou momentané, bon, soit en lien avec un
événement, soit en lien avec l'état du jeune ou de la jeune.
Est-ce que
ça, ça va aussi se retrouver dans le rapport que le directeur va faire au
conseil d'administration du CSSS?
Le Président (M. Merlini) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, c'est sûr que c'est des dossiers qui sont toujours documentés par les
intervenants, etc., et on transmet
l'information à la CDPDJ parce qu'on considère qu'elle doit être informée au
même
titre que pour l'encadrement
intensif. Je vais vous dire que c'est carrément dans les mesures pour contrer
les fugues, mais on considère que la
CDPDJ doit être informée, au même
titre que pour l'encadrement intensif dans un
centre de réadaptation en regard du
respect des droits des personnes, de ce qu'on fait avec l'enfant, qu'on
l'empêche de sortir. Puis, quand on sent qu'il est dans une période plus vulnérable ou qu'il y a des événements x qui
font qu'il deviendrait plus vulnérable pour toutes sortes de raisons, là on va le garder à
l'intérieur sans nécessairement qu'il ait besoin d'aller dans l'encadrement
intensif. Des fois, ça peut juste
exacerber... tu sais, faire en sorte qu'il soit encore plus en problème, si on
l'envoie en encadrement intensif puis ce n'est pas nécessaire, là. C'est
juste temporaire, lié à des événements où il peut se mettre en danger
temporairement, mais que son cheminement va quand même bien. Mais nous, on
avise ici la CDPDJ.
L'autre
disposition dont on parlait, c'était pour le conseil d'administration de
l'établissement. Vous vous souvenez, ça,
c'est vraiment : on passe à une coche, là. La commission des droits de la
personne et de la jeunesse, eux autres, ils sont au fait. Puis d'ailleurs c'est eux autres qui nous demandaient
d'avoir un certain nombre d'éléments de transmission de données avec une régularité dans tous les
centres parce qu'on s'apercevait que ce n'était pas toujours la même base
de données qui était transmise. Là, on vient normaliser tout ça.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Donc, si j'interprète un peu, c'est une mesure pour
permettre, plutôt que de barrer les portes du centre, de barrer la porte
pour certains jeunes qui sont, eux, à risque pour eux ou pour d'autres.
Charlebois :
Tout à fait, vous êtes exactement dedans. Puis, en fait, pourquoi on avise la
CDPDJ? C'est parce que c'est une
mesure qui prive sa liberté, là. Ça fait que la CDPDJ, la commission, veut
suivre ça, puis c'est normal qu'elle
le suive, pour ne pas qu'il y ait un usage abusif. Il faut vraiment venir en
aide aux enfants, les protéger, mais c'est comme de l'encadrement
intensif, ne pas l'utiliser de façon abusive.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député.
Turcotte : Ça va.
Le Président (M. Merlini) : Ça va?
Est-ce que j'ai d'autres interventions sur cet amendement à l'article 26? M. le
député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Oui, une question pas directement sur l'amendement, parce que, l'amendement, je
le trouve bien correct, là. Mais je
veux juste savoir, maintenant, à 14 ans et plus, c'est quoi, la procédure
autre. C'est-u parce qu'au niveau des
droits de la personne, à partir de 14 ans, on a d'autres normes au niveau de la
confidentialité ou il y a... Je veux juste
savoir la procédure, parce que ça fait un peu un lien au niveau des fugues, là.
Mais, tu sais, quand on dit : Visant à empêcher de quitter les
installations... mais, à 14 ans et plus, c'est quoi, la procédure?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Ce ne sera pas long, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Je vous
en prie.
Le Président (M. Merlini) : Me
Destrempe.
Destrempe (Johanne) : Oui. Alors, en fait, pour ce qui de la mesure
d'hébergement en unité d'encadrement intensif,
dans le règlement actuel, il est prévu à l'article 7 qu'à moins que le
directeur de la protection de la jeunesse ne l'autorise lui-même un enfant de moins de 14 ans ne peut faire l'objet
d'un hébergement en unité d'encadrement intensif. Donc, à ce moment-là, ce qui est prévu dans la
loi, c'est que, lorsqu'il s'agit, pour l'encadrement intensif, d'un enfant
de moins de 14 ans, l'autorisation doit être
transmise à la CDPDJ, ce qui n'est pas le cas pour un enfant qui ferait l'objet
d'une mesure visant à l'empêcher... les installations, là, maintenues par
l'établissement, là, comme ça a été introduit dans l'article 11.1.2.
Schneeberger : O.K.
Parfait. Bon, très bien. C'est bon. Merci.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup. Est-ce que j'ai d'autres
interventions? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Revenant à ce qu'on parlait, comment ça fonctionne
quand cette décision-là est prise? Le
jeune, est-ce qu'il est rencontré par une intervenante ou un intervenant pour
lui expliquer... Est-ce que ses parents
sont informés ou... Comment ça fonctionne, là, dans la séquence, là? Qui qui
est informé? Puis quand ces gens-là sont informés?
Charlebois :
Tous les enfants, peu importe leur âge, ont toujours des rencontres avec leurs
intervenants. Ils sont au courant,
tout au long de leurs cheminements, de tout ce qui les concerne. Évidemment,
ils échangent avec leurs intervenants, ça fait que c'est eux-mêmes qui...
Souvent, ils ont des échanges avec l'intervenant, puis c'est eux-mêmes qui se
disent qu'ils ne seront pas capables de résister, etc. Ça dépend des cas. Il y
a des cas que la décision doit être prise pour les protéger. Mais dans plusieurs cas c'est en échange avec
l'intervenant. Maintenant, les parents sont avisés, à ce que je sache. Alors, les parents sont avisés, surtout
parce que ce sont les parents, pour les enfants de moins de 14 ans. Pour ceux
de plus...
Charlebois : Pour
tous les enfants. Bon, bien, pour tous les enfants, dans tous les cas. Je
voulais juste m'assurer qu'on était bien correct. Tous les parents sont avisés
de ce qu'on fait comme mesures pour les enfants.
Turcotte :
Et puis, dans ce cas-là, le tribunal ne doit pas nécessairement se saisir de
cette question-là pour le deuxième alinéa, là.
Charlebois :
Non, c'est vraiment un suivi qui est fait à la Commission des droits de la
personne pour nous assurer qu'on n'est pas en lésion de droits.
Turcotte : Puis la
commission pourrait renverser la décision du centre.
Charlebois :
Non, mais elle pourrait faire des recommandations à l'effet qu'il y a un usage
abusif de certaines mesures.
Turcotte : O.K.
C'est beau.
Le Président (M. Merlini) : Ça va?
D'autres interventions? Cet amendement à l'article 26, est-il adopté?
Le Président (M. Merlini) : Adopté.
Mme la ministre, vous avez maintenant un autre amendement, je crois.
Charlebois : Eh
oui!
Le Président (M. Merlini) : À vous
la parole.
Charlebois :
On est alertes ce matin, M. le Président. À l'article 26 du projet de loi. Dans
le deuxième alinéa de l'article 64 de la
Loi sur la protection de la
jeunesse, proposé par l'article 26 du projet de loi, insérer, après
«milieu de vie substitut», les mots «par le tribunal».
Et ici cet amendement
a pour but de préciser qu'il s'agit d'un enfant confié dans... excusez-moi, d'un
enfant confié dans un autre milieu de vie substitut dans le cadre d'une
ordonnance.
Le Président (M.
Merlini) : Ça va?
Charlebois :
C'est tout.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai des interventions sur cette
proposition d'amendement de la ministre? M. le député de Saint-Jean,
allez-y.
Turcotte : Là, au fond, comme on a modifié le
titre de la
section, au fond, ça s'inscrit un peu plus dans cette nouvelle
appellation là, de ce que je comprends.
Charlebois : Oui, puis on vient vraiment, comme je vous le
disais, là, préciser davantage qu'il s'agit d'un enfant confié dans un autre milieu de vie substitut dans le cadre d'une
ordonnance. On précise ce qu'il y a déjà dans la loi, finalement.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions?
Est-ce que cet amendement à l'article 26 est adopté?
Le Président (M.
Merlini) : Adopté.
Charlebois :
M. le Président, c'est le dernier amendement pour l'article 26, quand
même.
Président (M. Merlini) : Votre enthousiasme de la rentrée, Mme la
ministre. Voilà. Allez-y pour votre prochain amendement à
l'article 26.
Charlebois : À l'article 26 du projet de loi. Dans le
deuxième alinéa de l'article 64.1 de la
Loi sur la protection de la jeunesse, proposé par
l'article 26 du projet de loi, supprimer «, y compris une famille
d'accueil de proximité,».
Et ici, avec cet
amendement, celui-ci a pour but de réitérer la référence à une famille
d'accueil de proximité, celle-ci n'étant pas nécessaire, puisque cette notion
se trouve incluse dans la définition de «famille d'accueil» prévue à l'article 1 de la loi. On avait eu des
discussions au début, on se souviendra. Et on vient faire un peu, finalement,
de la concordance, là.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des interventions
sur cette proposition d'amendement? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Bien, ça m'amène à me questionner, parce que, tout au long de cet
article que
nous étudions, l'article 26, bon, on... puis
je pourrais même dire «dans le projet de loi», là, quand même, on navigue,
hein, sur différents enjeux, la famille d'accueil de proximité, la
famille d'accueil, bon, comme on connaît actuellement. Et le Barreau se questionnait, là, sur cette utilisation-là comme,
là, moi, je vois, là, bon... D'ailleurs, le Barreau se demandait, pour le 62.1,
est-ce que les familles d'accueil de proximité sont incluses dans cette
mesure-là, puis tout ça.
Donc,
mon interrogation est : De le retirer, est-ce que ça peut créer finalement
une plus grande confusion... ou de retirer
le fait qu'y compris aussi les familles d'accueil de proximité, même si la
ministre mentionne qu'elle est incluse dans
la définition, bon, initialement, comme on l'a mentionné... Déjà, les gens,
avec le projet de loi qu'ils ont eu lors des consultations, semblaient se questionner à savoir si tel article, ça s'appliquait
ou pas aux familles d'accueil de proximité, là. De là, dans un
article
où c'est mentionné, puis là de le retirer, est-ce qu'on va amener une plus
grande confusion?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Ce qu'on m'indique : non, parce que c'est
déjà prévu à l'article 1 de la loi, si on venait, en plein processus, changer la façon de faire. Mais, comme
il est déjà prévu à l'article 1 de la loi que la notion «famille d'accueil»
inclut la famille d'accueil de proximité, ce qu'on m'indique : sur le plan
juridique, il n'y a pas de problème.
Le Président (M.
Merlini) : Ça va, M. le député? D'autres interventions sur
l'amendement? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui.
Un petit peu dans le même sens que mon collègue de Saint-Jean. Oui, je
comprends l'approche au niveau juridique,
mais, souvent, si quelqu'un, M. et Mme Tout-le-monde regardent la loi, je pense
que... Le
laisser là, je ne pense pas que ça nuirait tant que ça, là. En tout cas, je ne
vois pas la problématique où est-ce que ça pourrait nuire, là.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Bien, en fait, M. le Président, c'est qu'on fait de la concordance, puis, tant
qu'à faire la loi, on la fait
uniforme. On a déjà réglé cette problématique-là à l'article 1 de la loi. Puis,
normalement, ceux qui interprètent la
loi, c'est vraiment les juristes, c'est vraiment des juges, c'est vraiment des
avocats. Puis c'est déjà prévu à l'article 1 que «famille d'accueil» englobe les familles d'accueil de proximité. Alors,
dans un souci de cohérence, on vient juste continuer la même
interprétation.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Ça va? Est-ce que
l'amendement à l'article 26 est adopté?
Le Président (M. Merlini) : Adopté.
Nous revenons donc à l'article 26 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai des interventions?
M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Oui. Merci, M. le Président. Sur
l'article, globalement... j'aurais pu amener cette réflexion-là dans l'amendement
que nous avons étudié, pas les deux derniers, mais celui d'avant, mais la CDPDJ
demandait dans son mémoire qu'on lui transmette les informations concernant
l'origine ethnique et l'appartenance à une communauté autochtone pour les jeunes.
Est-ce qu'il y a eu une réflexion de la part de la ministre... Parce que, dans l'amendement, là, ce n'était
pas mentionné. Donc, est-ce qu'il y a une raison pourquoi... Je peux comprendre
l'intention d'avoir ces informations-là.
Est-ce que la
ministre a réfléchi à cette question-là, d'inclure ces informations-là dans l'information qui est envoyée à la commission?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Oui. On a pris en considération, M. le Président, toutes les recommandations de la CDPDJ, mais il m'apparaissait et il
apparaissait à l'ensemble de l'équipe qu'il y avait comme un peu — en
tout cas, moi, ça m'apparaît comme ça — un genre de discrimination
fait à l'endroit de certaines personnes par rapport à d'autres. Ça n'enlève rien, ça n'ajoute rien, le fait d'être
d'une communauté culturelle ou d'être autochtone : tu es un enfant qui a
besoin de services. Peu importe ta
provenance culturelle, on a des services à donner. Alors, est-ce qu'on va
commencer à dire combien d'années ça fait qu'on est au Québec? Je ne
pense pas.
Le Président (M. Merlini) : Merci.
M. le...
Charlebois : Et, de
toute façon, c'est une recommandation...
Le Président (M. Merlini) : Oui.
Charlebois : ... — excusez-moi, M. le Président, je viens
d'avoir une belle note — du comité d'application de
la Loi de la protection de la jeunesse, de ne pas mettre ces choses-là
là-dedans, parce qu'il y a un enjeu justement de...
Charlebois :
Puis il faut les colliger, les données, tu sais. Puis à partir de quand on est
une communauté culturelle? À partir de combien de générations qu'on
est... À partir de quand on est considéré Québécois de souche? 400 ans? 200
ans? 25 ans? Quatre ans? Je ne sais pas, là. Comprenez-vous ce que je veux
dire?
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Saint-Jean.
Turcotte :
Bien, c'est pour ça qu'elle mentionne l'origine ethnique. Donc, si la personne
est née au Québec, bien, ça règle la question, même si ses parents ont
été des immigrants. Moi, j'entends ce que la ministre me dit, là, puis je ne
veux pas faire un débat ici sur cette question-là. C'est juste que, si la
commission souhaite avoir ces informations-là,
je ne sais pas, mais je suppose qu'elle doit avoir soit des craintes ou des...
ils veulent s'assurer que ces mesures-là
ne soient pas plus appliquées à une origine plutôt qu'une autre ou à une nation
plutôt qu'une autre. Donc, je suppose
que c'est pour ça. Je ne dis pas que c'est nécessairement le cas. Puis, ce que
la ministre dit, je crois qu'on le souhaite tous, au fond, que ça n'a pas, dans le traitement du jeune... c'est un
jeune qui a une difficulté à un moment de sa vie puis qui doit être
autant aidé, peu importe son origine, etc.
Mais, si la
commission le demande, c'est peut-être parce qu'ils voulaient s'assurer
justement qu'il n'y ait pas un traitement différencié. Mais, bon, la
ministre a répondu à ma question, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Merci.
Autres commentaires, Mme la ministre?
Charlebois : Non, ça va.
Le Président (M.
Merlini) : Ça va? Alors donc, est-ce que l'article 26, tel qu'amendé,
est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Merci beaucoup. Nous passons donc,
selon notre plan de travail, à l'article 27. Mme la ministre.
Charlebois : 27. Sans amendement, M. le Président. Alors,
l'article 65 de cette loi est remplacé par le suivant :
«65.
Les parents d'un enfant confié à un milieu de vie substitut sont soumis à la
contribution fixée par règlement adopté
conformément à l'article 159 de la
Loi sur les services de santé et les
services sociaux pour les autochtones cris (chapitre S-5) ou à l'article 512 de la
Loi sur les services
de santé et les services sociaux (chapitre S-4.2), à l'exception
des cas suivants :
«1° l'enfant est
confié à un établissement qui exploite un centre hospitalier ou un centre local
de services communautaires ou à un organisme;
l'enfant est confié à des personnes qui n'ont pas conclu d'entente à
titre de
famille d'accueil de proximité avec un établissement qui exploite un
centre de protection de l'enfance et de la jeunesse.»
Ici,
M. le Président, ce qu'on vient faire avec cette modification-là de l'article
65, c'est prévoir que les parents dont
l'enfant est confié à un milieu de
vie substitut, à l'exception d'un centre
hospitalier, d'un centre local de services communautaires,
d'un organisme ou à des personnes qui n'ont pas conclu d'entente à
titre de famille
d'accueil de proximité, doivent contribuer financièrement à cet hébergement en
conformité avec les règles prévues par règlement.
Actuellement, la contribution des parents pour l'hébergement de leur enfant
doit être versée dans le cas où l'enfant est hébergé dans une famille d'accueil ou dans un centre de
réadaptation. Cette modification s'inscrit parmi les modifications proposées à la loi qui ont pour objectif
d'harmoniser les dispositions visant les enfants confiés à un milieu de
vie substitut.
Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce
que j'ai des interventions? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : C'est un enjeu assez important
quand même, M. le
Président. Des fois, il n'y a
pas de hasard pour rien. Ça fait quelques personnes qui me parlent de cet enjeu-là, de la question
de la cotisation parentale. J'aimerais ça que la ministre explique un peu plus, là, comment ça fonctionne à
l'heure actuelle, parce que,
pour certains parents, ils ont l'impression finalement que, bon, dans
certains cas, ils doivent débourser plus que d'autres par rapport à la
situation puis que, si l'enfant, bon, qu'il
soit dans un centre, ou dans une famille d'accueil, ou dans une famille
d'accueil, bon, qu'on mentionne de proximité, qui n'est pas... ce n'est
pas les mêmes montants, puis tout ça.
Donc, j'aimerais ça
qu'on débroussaille cette question-là pour mieux saisir qu'est-ce que l'article
veut faire exactement, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, M. le député. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Alors, ce qu'on m'indique, M. le Président, ici : c'est en fonction de
l'âge de l'enfant que la contribution du parent est déterminée et en fonction
des revenus du parent. Les deux paramètres sont pris en compte. Et il y a un comité de travail là-dessus, avec le
ministère des Finances, qui fait qu'on n'établit pas ça seuls, là, au ministère
de la Santé et des Services sociaux,
dire : Tel parent va payer tant puis l'autre... Non, c'est vraiment en
fonction de l'âge de l'enfant et du revenu des parents.
Le Président
(M. Merlini) : Merci. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Quand la ministre a dit qu'il y a un comité de travail avec le ministère des
Finances, est-ce que c'est parce qu'il y a une volonté de faire une
réforme de ça ou c'est juste pour le calcul au cas par cas?
Mme Charlebois :
On a une volonté de regarder tout ça, effectivement, voir l'ensemble de cette
disposition-là, pas juste ça, mais l'ensemble de tout ce qui s'apparente à ce
qu'on est en train de discuter. Oui, il y a une intention de regarder ça
plus à fond.
M. Turcotte :
O.K. Parce que, exemple, M. le Président, là, on mentionne qu'au fond, pour un
enfant qui est placé autre que dans
un centre de santé, hein... Moi, j'ai des parents, là... Puis la ministre, elle
doit être au fait de ce dossier-là. C'est
quand même depuis des années, là, qu'on en entend parler, exemple, des enfants,
bon, qui doivent être à Sainte-Justine mais que leur état est très,
très, très grave, là, bon, malheureusement, la mort est imminente dans certains
cas, dans la plupart... Et là il n'y a pas
assez de place à Sainte-Justine, puis les parents ne peuvent pas s'en occuper,
parce que le cas est trop lourd.
Donc, ils sont au Centre Marie-Enfant, ce qui fait en sorte que, là, les
parents doivent payer la cotisation parentale pour que leur enfant soit au Centre Marie-Enfant. Mais on m'explique
que, pour la même situation, un enfant qui est à Sainte-Justine, le
parent, lui, n'a pas à payer. Mais, parce qu'ils sont à Marie-Enfant, là, ils
doivent payer.
Donc, pour
ces parents-là, puis c'est un combat qu'ils mènent, là, depuis des années et
des années, donc, est-ce que cet enjeu-là va être étudié dans le comité?
Mme Charlebois :
Tout à fait. C'est le genre de sujet qui est examiné dans le comité, parce que,
vous avez raison, il y a des
iniquités comme ça — puis ça,
c'en est un exemple, mais il peut y en avoir d'autres — qui vont être examinées pour faire en sorte qu'on a pris en compte toutes
les iniquités possibles pour faire en sorte qu'il y en ait le moins possible,
là, tu sais.
M. Turcotte :
Puis là, en ce moment, là, comment ça fonctionne? Un enfant qui est en centre
jeunesse, le parent doit avoir une cotisation parentale? Est-ce qu'il
doit payer?
Mme Charlebois :
Oui.
M. Turcotte : En
famille d'accueil aussi?
Mme Charlebois :
Aussi, oui.
M. Turcotte :
Puis en famille d'accueil de proximité?
Mme Charlebois :
Bien, en fait, oui. Bon, les exceptions sont... Attendez un peu, là. Les
parents d'un enfant confié à un milieu de
vie substitut sont soumis à une contribution, et à l'exception des cas
suivants, donc : un établissement qui exploite un centre
hospitalier et un centre local de services communautaires ou un organisme. Mais
aussi, l'autre exception, c'est l'enfant qui
est confié à des personnes qui n'ont pas conclu d'entente de famille d'accueil
de proximité. Or, s'il y a une entente avec une famille d'accueil de
proximité...
M. Turcotte :
Répétez-moi ça, s'il vous plaît, M. le...
Mme Charlebois : Dans les exceptions : «L'enfant est confié à des personnes qui n'ont pas conclu d'entente à
titre de famille d'accueil de
proximité avec un établissement qui exploite un centre de protection de
l'enfance...» Alors donc, c'est un cas d'exception qui fait en sorte que
les parents ne sont pas soumis à une contribution.
M. Turcotte : Pourquoi?
Mme Charlebois : Parce
qu'il y a moins de 30 jours.
M. Turcotte : O.K.
Parce que le délai est temporaire.
Mme Charlebois : C'est un placement qui est d'une durée de moins
de 30 jours. Alors, dans ce temps-là, il n'y a pas de contribution
financière. C'est pour ça qu'il n'y a pas d'entente, souvent.
M. Turcotte : O.K. Exemple, ça pourrait vraiment...
quand on donne l'exemple des grands-parents, ou la tante ou l'oncle.
Mme Charlebois :
C'est surtout la durée qui fait que...
M. Turcotte :
Mais ça fait en sorte que c'est comme juste en attendant de trouver une famille
d'accueil ou...
Mme Charlebois :
Ou peut-être que c'est une situation temporaire : Ma mère, malade...
Mme Charlebois :
Puis ça, c'était une iniquité, justement, qu'on m'indique, pour toutes sortes de raisons, une
raison temporaire qui fait que l'enfant doit être placé temporairement mais
qu'on ne peut pas laisser l'enfant seul à la maison,
là. Bien là, tu sais, de demander, en
plus d'être à l'hôpital, de payer la grand-mère, ou le grand-père, ou la
soeur, ou la famille d'accueil de proximité, bref, pour 30 jours,
là, tu sais, vraiment on trouvait que...
M. Turcotte : Y a-tu un revenu minimum pour qu'il y ait une contribution? Comme, quelqu'un qui est à l'aide sociale, sûrement qu'il ne doit pas avoir une contribution
parentale.
Mme Charlebois : En fait, actuellement, la contribution maximale pour le placement de l'enfant varie de 414,40 $ à 645,80 $ mensuellement, selon les groupes d'âge. Et, en
fonction des revenus annuels des parents, les parents ont droit à une exonération qui peut faire en sorte que la
contribution financière pourrait s'élever jusqu'à un minimum de 22,24 $
mensuellement. Alors, c'est vraiment
tributaire des revenus, là. Et je peux même vous mentionner qu'environ
70 % des parents à faibles revenus ayant un enfant placé paient la
contribution minimale.
M. Turcotte :
Puis là, au fond, cette contribution-là, c'est en fonction de leurs revenus.
Puis est-ce que ça tient compte aussi de l'allocation familiale? Est-ce
qu'ils ont l'allocation familiale ou ils la perdent?
Mme Charlebois :
Bien, vous savez, les parents qui paient la contribution, là, comme on le dit,
la contribution financière au placement de l'enfant, continuent, eux, de
recevoir le Soutien aux enfants.
M. Turcotte :
Ceux qui paient la contribution parentale continuent de recevoir l'allocation
familiale.
Mme Charlebois :
Ils continuent de recevoir le Soutien aux enfants, oui.
M. Turcotte :
O.K. Puis ceux qui ne le paient pas ne la reçoivent...
Mme Charlebois :
Ils continuent d'avoir leur Soutien aux enfants aussi, là.
M. Turcotte :
Donc, tout le monde le reçoit.
Mme Charlebois :
Oui.
Mme Charlebois :
Non? Non. Attendez un peu. Erreur.
Mme Charlebois :
Quand ils ne sont pas dans les cas d'exception. On dit la même chose,
finalement. Quand il est dans les cas
d'exception, il ne paie pas, mais il a le droit à son Soutien aux enfants. S'il
doit payer, le parent, et qu'il ne paie pas, bien là, le Soutien aux
enfants, il ne le reçoit pas. Tu sais, exemple, moi, j'aurais une...
M. Turcotte :
Qu'il ne paie pas parce qu'il ne veut pas le payer ou il ne paie pas parce que
son revenu ne lui indique pas de payer?
Mme Charlebois :
En fait, ce que je vous dis, c'est que la contribution est fixée en fonction
des revenus du parent. Alors, plus le
revenu est bas... On peut aller jusqu'à un revenu minimum de 22,24 $
mensuels, là. Ça, c'est : ton revenu est très, très bas. C'est
22,24 $ par mois que ça te coûte pour entretenir les frais de subsistance,
etc., de ton enfant. Juste vous dire que, quand tu ne paies pas, bien,
si tu ne fais pas ton devoir de parent, bien là le Soutien aux enfants t'est
retiré.
M. Turcotte :
O.K. Est-ce qu'il y a des parents qui, dans la situation de leur enfant,
devraient payer une contribution parentale mais qui n'en paient pas, en
fonction de leurs revenus?
Mme Charlebois :
Bien, ce n'est pas en fonction de leurs revenus, parce qu'en fonction du
revenu, on le dit, c'est minimum.
M. Turcotte :
Donc, tout le monde doit payer le 22,24 $, ça fait que ça n'arrive pas...
Mme Charlebois :
Oui, sauf les deux exceptions qu'on a mentionnées.
M. Turcotte :
Oui. O.K. À
part les exceptions, là.
Mme Charlebois :
Mais, 22 $ par mois pour entretenir notre enfant, je pense bien que...
M. Turcotte :
O.K. Non. Mais je veux juste comprendre. Donc, tous ceux qui doivent en payer
une en paient une, donc il ne peut pas...
Mme Charlebois :
S'ils ne la paient pas, on retire le Soutien aux enfants.
M. Turcotte : Il
ne peut pas y avoir d'exemption en fonction du revenu.
Mme Charlebois :
Puis le Soutien aux enfants est de supérieur beaucoup aux 22,24 $. Ça fait
que s'ils ne paient pas leurs 22,24 $, il y a comme un problème,
M. Turcotte :
O.K. Et qu'est-ce qui arrive pour la Prestation fiscale pour enfants du
gouvernement fédéral? Est-ce qu'ils la reçoivent quand même ou pas?
Mme Charlebois :
On m'indique que, dès qu'il y a un placement d'enfant, le soutien fiscal du
gouvernement fédéral, il s'en va à l'établissement et non plus aux
parents.
M. Turcotte :
O.K. Donc, même si c'est une famille d'accueil de proximité, là ça irait à la
famille d'accueil de proximité.
Mme Charlebois :
À l'établissement, à ce qu'on m'indique. Puis eux autres doivent faire la
répartition des sommes, j'imagine.
Mme Charlebois :
Nous, on harmonise, au Québec, mais, avec le fédéral, il y une iniquité à ce
niveau-là. Mais justement les familles d'accueil ont des discussions
apparemment avec le gouvernement fédéral à ce propos-là.
M. Turcotte :
D'où ma question.
Mme Charlebois :
Oui. Et, quand j'aurai des échanges, sûrement que ça va faire
partie de mes
sujets.
M. Turcotte :
O.K. Donc, pour l'établissement, ça semble, l'établissement le reçoit, mais,
pour les familles d'accueil, c'est en discussion. Disons ça comme ça.
Mme Charlebois :
Oui. Puis il y a quelque chose à discuter là, effectivement.
M. Turcotte :
O.K. Puis ça, votre comité de travail se penche sur cette question-là pour
argumenter et faire une plaidoirie au gouvernement fédéral.
Mme Charlebois :
Tout à fait, et vous pouvez compter sur moi pour ça.
M. Turcotte :
Nous, on a une solution pour régler la question du fédéral.
Mme Charlebois :
Non. Bien, on ne l'aime pas, votre solution.
Des voix : Ha, ha, ha!
Président (M. Merlini) : On s'éloigne un peu du sujet. Alors
j'aimerais revenir à l'article 27. Est-ce que j'ai d'autres
interventions sur l'article 27? Est-ce que l'article 27 est adopté?
Le Président (M. Merlini) :
Adopté.
M. Turcotte :
Excusez-moi, M. le Président, ça n'a pas de répercussion sur... Mais juste une
petite question que j'ai oubliée. Le fameux comité de travail, est-ce
qu'il y a une échéance dans...
Mme Charlebois :
Il est tout le temps au travail parce qu'il y a toujours lieu de bonifier notre
loi, bonifier nos façons de faire. Ça
fait que ce comité de travail là, il est toujours à la table pour voir, tu sais...
parce que, là, on l'a ouvert. Puis,
bon, quand, un jour... j'espère qu'elle va être adoptée, cette loi-là, bien, il
y aura lieu de commencer déjà à regarder qu'est-ce qu'on peut faire de mieux dans le futur. Tu sais, il ne faut
jamais s'arrêter de travailler pour voir les bonifications. Puis on entend les recommandations qui nous
viennent du terrain et qui nous viennent de partout, puis c'est important
de toujours avoir un comité de travail qui est à l'écoute de ce qui se passe
vraiment sur le terrain, je pense.
Le Président (M. Merlini) :
Merci pour cet ajout. Nous allons donc maintenant au prochain article, qui est
l'article 28. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
L'article 28 :
L'article 67 de cette loi est modifié par le
remplacement de «hébergé dans un endroit» par «confié à un milieu de vie
substitut».
Excusez-moi, M. le Président, je suis dans la
joie et l'allégresse. Cet
article modifie l'article 67 de la loi en concordance avec les autres modifications
proposées qui ont pour objectif d'harmoniser les dispositions visant les
enfants confiés à un milieu de vie
substitut. Les règles actuelles prévues à cet article, qui porte sur la prise
en charge de la situation d'un enfant par un autre directeur de la
protection de la jeunesse, demeurent les mêmes.
Président (M. Merlini) : Merci. Est-ce que j'ai des interventions
à l'article 28? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Bien, moi, j'inviterais la ministre à être prudente, parce que la marijuana
n'est toujours pas légale. Et je comprends que c'est un de ses dossiers
qui l'occupent beaucoup ces temps-ci.
Mme Charlebois :
Oui, je comprends ça.
M. Turcotte :
Mais il faudrait quand même qu'elle fasse attention. Mais je comprends, au
fond, que cet
article vient en
concordance avec ce que nous avons discuté précédemment sur le libellé, là, de
la tête de
section et ce qui en découle. C'est ça?
Mme Charlebois :
Oui.
Le Président (M. Merlini) :
Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'article 28?
Mme Charlebois :
Juste une, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
Je veux rassurer le député de Saint-Jean : je ne consomme pas de cannabis.
Le Président (M. Merlini) :
C'est bien noté dans les galées. Est-ce que l'article 28 est adopté?
Président (M. Merlini) :
Adopté. Nous faisons maintenant un saut à l'article 54, selon notre plan
de travail. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Là, M. le Président, on va avoir un petit amendement.
Le Président (M. Merlini) : Je
vous en prie, allez-y avec la lecture de l'article.
Mme Charlebois :
Allons-y avec l'article. Alors, à l'article 54, nous demandons à ce que
l'article 91 de cette loi soit modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par l'insertion, à la fin du
paragraphe e, de «ou à une famille d'accueil de proximité»;
b) par
le remplacement, dans le paragraphe j, de «choisi par l'établissement qui
exploite le centre de protection de
l'enfance et de la jeunesse» par «excluant une famille d'accueil de proximité,
choisi par l'établissement qui exploite le centre de protection de
l'enfance et de la jeunesse conformément à l'article 62»;
2° par le
remplacement, dans le troisième alinéa,
de «endroit où l'enfant serait hébergé et indiquer les périodes de temps
pendant lesquelles l'enfant doit demeurer hébergé à chacun de ces endroits» par
«milieu auquel l'enfant sera confié et indiquer les périodes de temps
pendant lesquelles l'enfant doit demeurer confié à chacun de ces milieux».
Ici, M. le Président, cet
article modifie le paragraphe e de l'article 91 de la loi afin
d'ajouter à la mesure qui permet au
tribunal de confier l'enfant à d'autres personnes dans le cadre d'une
ordonnance celle de pouvoir confier l'enfant à une famille d'accueil de proximité. Cet
article modifie également le paragraphe j
de l'article 91 pour des fins de clarification
en précisant que, lorsque le tribunal confie
l'enfant à une famille d'accueil en vertu de ce paragraphe, celle-ci ne peut
être une famille d'accueil de proximité. Cet
article précise en outre que l'établissement qui exploite un centre de réadaptation ou la famille d'accueil à qui l'enfant est ainsi confié est choisi par le
directeur de la protection de la
jeunesse en conformité avec l'article 62 de la loi. Enfin, cet
article modifie le troisième alinéa de l'article 91 en concordance avec
les modifications proposées
à la loi qui ont pour objectif d'harmoniser les dispositions visant les
enfants confiés à un milieu de vie substitut. Et ici, M. le Président, actuellement, le tribunal peut, en vertu du paragraphe e
de l'article 91, confier l'enfant à d'autres personnes, soit à des tiers qui sont, habituellement, des membres de la famille élargie. La désignation de ces personnes
appartient au tribunal. À compter du moment où l'enfant est ainsi confié à ces
personnes, celles-ci font l'objet d'une évaluation par un établissement public en application des articles 305
et 314 de la
Loi sur les services de
santé et les services sociaux. Au terme de cette évaluation, ces personnes
deviennent, sous réserve d'une évaluation positive, une famille d'accueil de proximité, tel que le prévoit l'article 312
de la
loi sur la santé et les
services sociaux tel que modifié par l'article 69 du projet de loi.
Et ici j'ai un amendement, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) :
Allez-y avec votre proposition d'amendement, Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Alors, nous souhaitons remplacer l'article 54 du projet de loi par le
suivant :
L'article 54 :
L'article 91 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion, après le paragraphe e
du premier alinéa, du paragraphe suivant :
«e.1) que
l'enfant soit confié à une famille d'accueil de proximité choisie par
l'établissement qui exploite le centre de protection de l'enfance et de
la jeunesse;»;
2° par le
remplacement, dans le troisième alinéa, de «endroit où l'enfant sera hébergé et
indiquer les périodes de temps pendant lesquelles l'enfant doit demeurer
hébergé à chacun de ces endroits» par «milieu auquel l'enfant sera confié et
indiquer les périodes de temps pendant lesquelles l'enfant doit demeurer confié
à chacun de ces milieux».
Ici, cet
amendement a pour but d'introduire un paragraphe distinct précisant que le
tribunal peut confier l'enfant à une famille d'accueil de proximité
choisie par l'établissement qui exploite le centre de protection de l'enfance
et de la jeunesse. Cette modification permet donc de
répondre à certaines préoccupations soulevées lors des consultations particulières portant sur le projet de loi
n° 99, notamment, par le Barreau du Québec et éviter qu'il y ait confusion
entre la mesure visant à confier
l'enfant à d'autres personnes, tel que le prévoit actuellement le
paragraphe e, et celle visant à confier l'enfant à une famille d'accueil de proximité, cette dernière mesure
indiquant le processus d'évaluation prévu en conformité avec la loi de
santé et services sociaux.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai
des interventions sur la proposition d'amendement? M. le député de
Saint-Jean.
M. Turcotte :
M. le Président, au fond, je comprends que, bon, on est sur l'amendement, là.
Donc, le e.1, c'est le même libellé que nous avons adopté précédemment, bon,
bien, pour faire concordance dans l'article que nous étudions actuellement. Je comprends aussi que la
modification du paragraphe j n'est plus pertinente, tenant compte de
l'ajout du e.1.
Mme Charlebois :
Oui.
M. Turcotte :
Et le deuxième paragraphe de l'amendement, au fond, le paragraphe deuxième,
c'est pratiquement, là, le même qui était déjà dans le projet de loi.
Mme Charlebois :
Tout à fait, M. le Président.
Le Président
(M. Merlini) : Ça va? Est-ce que j'ai d'autres interventions à la
proposition d'amendement à l'article 54? Je n'en vois pas. Est-ce que
l'amendement est donc adopté?
Le Président
(M. Merlini) : Adopté. Nous revenons donc à l'article 54 tel
qu'amendé. Est-ce que j'ai des interventions? N'en voyant pas, est-ce que
l'article 54, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président
(M. Merlini) : Adopté. Merci beaucoup. Mme la ministre, nous
poursuivons avec l'article 55. Mme la ministre.
Mme Charlebois : Alors, M.
le Président, l'article
55 :
L'article 91.1 de cette loi est modifié par le remplacement
du premier et du deuxième alinéa par les suivants :
«Lorsque
le tribunal ordonne de confier l'enfant à un milieu de vie substitut en vertu
du paragraphe e ou j du premier alinéa
de l'article 91, la durée totale de la période durant laquelle un enfant
est ainsi confié ne peut excéder, selon l'âge de l'enfant au moment où
est rendue l'ordonnance :
«a) 12 mois si l'enfant
a moins de deux ans;
«b) 18 mois si
l'enfant est âgé de deux à cinq ans;
«c) 24 mois si
l'enfant est âgé de six ans et plus.
«Pour déterminer
cette durée, le tribunal doit tenir compte, s'il s'agit de la même situation,
de la durée d'une mesure confiant l'enfant à un milieu de vie substitut
contenue dans une entente sur les mesures volontaires visées au paragraphe e ou j du premier alinéa de
l'article 54. Il doit de plus tenir compte de la durée d'une mesure
confiant l'enfant à un milieu de vie
substitut qu'il a lui-même ordonnée antérieurement en vertu du premier alinéa.
Il peut également prendre en considération toute période antérieure où
l'enfant a été confié à un milieu de vie substitut en vertu de la présente
loi.»
Ici,
M. le Président, la modification proposée prévoit les règles relatives aux durées
maximales d'hébergement dans le cadre
d'une ordonnance du tribunal confiant l'enfant à un milieu de vie substitut.
Celles-ci ne s'appliquent actuellement
qu'à l'égard d'un enfant confié à un milieu
de vie substitut visé au paragraphe j de l'article 91, soit à une
famille d'accueil ou à un centre de
réadaptation. La modification proposée vise à faire appliquer ces règles dans
le cas où le tribunal ordonne qu'un
enfant soit confié à un milieu de vie substitut en vertu du paragraphe e
de l'article 91, tel que modifié par l'article 54 du projet de loi, soit lorsque l'enfant est confié
à un tiers ou une famille d'accueil de proximité. Cette modification s'inscrit parmi les modifications proposées à la loi et a pour objectif,
toujours, d'harmoniser les dispositions visant les
enfants confiés à un milieu de vie substitut.
Et, M. le Président,
avant que j'aille plus loin, j'ai un amendement à l'article 91.
Le Président
(M. Merlini) : Alors, allez-y avec votre proposition d'amendement,
Mme la ministre.
Mme Charlebois : Alors, à l'article 91.1 de la
Loi sur la protection de la
jeunesse, proposé à l'article 55 du projet de loi, remplacer, dans les premier et deuxième alinéas,
«e ou j» par «e, e.1 ou j».
ici ce qu'on vise, c'est
d'introduire, en concordance avec les amendements proposés aux articles 21 et 54 du
projet de loi, les paragraphes e.1, qui visent précisément la mesure confiant l'enfant à une famille d'accueil de proximité.
On vient faire l'harmonisation de la concordance.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce
que j'ai des interventions sur la proposition d'amendement? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Bien, sur l'amendement, ça va.
Le Président
(M. Merlini) : Ça va?
M. Turcotte :
C'est de la concordance.
Le Président
(M. Merlini) : Très bien. Est-ce que la proposition d'amendement
est adoptée?
Président (M. Merlini) : Adopté. Nous revenons donc à
l'article 55 tel qu'amendé. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Donc, dans l'article que nous étudions : «Pour
déterminer cette durée, le tribunal doit tenir compte, s'il s'agit de la
même situation...» La même situation que l'enfant vit?
Mme Charlebois :
Je m'excuse, M. le Président, j'étais en train d'échanger avec ma chef de
cabinet. Est-ce que je peux vous demander de reprendre votre question?
M. Turcotte :
Ah! oui, il n'y a pas de problème.
Mme Charlebois :
Je suis désolée, je n'écoutais pas.
M. Turcotte :
Ah! il n'y a pas de problème. Donc, à l'article que nous étudions dans le
projet de loi, on mentionne : «Pour déterminer cette durée, le
tribunal doit tenir compte, s'il s'agit de la même situation...»
même situation». On parle de la même situation que l'enfant vit ou a vécue? On
parle de quoi, exactement?
Mme Charlebois :
«La même situation». Attendez un peu. «Pour déterminer[...], le tribunal doit
tenir compte, s'il s'agit de la même situation...» Honnêtement, je vais
être obligée d'aller chercher la réponse.
Mme Charlebois : En fait, M.
le Président, ce qu'on m'indique,
c'est que «la même situation», ça
veut dire : À partir du moment
où l'enfant est signalé, jusqu'à la fermeture du dossier, on parle toujours de la même situation, parce que l'enfant est toujours le même, il est toujours
dans la même situation, de l'ouverture à la fermeture de son dossier, par rapport au signalement qu'il y a eu.
M. Turcotte :
Et, quand on mentionne plus loin qu'il peut tenir considération de toute
période antérieure, donc ça serait une
période qu'il a été confié à un milieu de vie substitut dans une autre situation,
si je prends la logique?
Mme Charlebois :
Oui. En fait, un placement antérieur pour lequel le dossier aurait été fermé.
M. Turcotte :
Exact.
Mme Charlebois :
Puis là, bien, on réouvre le dossier parce qu'il y a un autre signalement. Bien
là, on tient compte de ce placement-là.
M. Turcotte : O.K. Donc, au fond, «le tribunal doit tenir compte,
s'il s'agit de la même situation»... Donc, si c'est la même situation, parce
que peut-être que, dans certains cas, un enfant peut avoir différentes problématiques,
de ce que je peux comprendre : ça peut être peut-être le milieu de vie,
bon, mais ce n'est pas... Donnons un cas. S'il y a un problème avec le père
puis que finalement on aperçoit qu'il y a aussi un problème avec la mère, ce
n'est pas la même situation. C'est ce que je comprends, là.
Mme Charlebois :
Je comprends qu'à l'ouverture d'un dossier, quand il y a un signalement...
M. Turcotte :
...la même situation. C'est le même signalement.
Mme Charlebois :
...il y a une problématique.
Mme Charlebois : Ça
dépend de s'il y a un ou plusieurs motifs, effectivement. Alors, s'il y a
plusieurs motifs, ça peut faire
partie de l'ensemble du dossier de l'enfant, mais, s'il y avait juste un motif,
bien là, on ne sera plus dans la même situation. Mais, généralement, un
enfant qui est signalé, il y a plusieurs motifs.
M. Turcotte :
O.K. Après ça, là, on parle de «la durée d'une mesure confiant l'enfant à un
milieu de vie substitut contenue dans
une entente sur les mesures volontaires visées», bon, par le... Ça fait que ça,
c'est une durée d'une mesure qui a
été pas nécessairement fixée par le tribunal, parce qu'elle est volontaire.
Donc, les parties se sont entendues pour que, bon, l'enfant soit confié à un milieu de vie en attendant peut-être
le tribunal ou... bon, peu importe. Ça fait que ça, ce n'est pas le
tribunal qui a fixé ce temps-là, cette durée-là.
Mme Charlebois :
Non. Il y a une période. Quand même, les mesures volontaires ne peuvent pas
être éternelles. La durée maximale du temps d'une mesure volontaire...
Mme Charlebois :
Il est à l'article 53.0.1. Je ne m'en souviens plus, mais le temps est stipulé
pour une mesure volontaire : il doit être 60 jours de la date où
est rendue l'audience et la prise en délibéré.
Charlebois :
53.0.1 de la loi.
Mme Charlebois :
Oui, on l'a regardé tantôt, 53.0.1. Ça correspond aux mêmes durées que
qu'est-ce qu'il y a dans l'article.
M. Turcotte :
Puis après ça, quand on dit, bon : «La durée d'une mesure confiant
l'enfant à un milieu de vie substitut qu'il
a lui-même ordonnée», donc, antérieurement, en vertu... Ça fait que, donc, si
la sécurité ou le développement de
l'enfant n'est pas optimal, ça peut revenir devant le tribunal. Donc, il doit
tenir compte d'une décision que le tribunal a lui-même rendue sur cette
même situation là.
Mme Charlebois :
Oui.
M. Turcotte :
Et, après ça, tout autre placement qu'il peut y avoir eu par le passé,
l'hébergement dans un autre milieu de vie...
Mme Charlebois :
Doit être tenu en compte.
Président (M. Merlini) : Ça va? Est-ce que j'ai d'autres
interventions à l'article 55 tel qu'amendé? Je n'en vois pas.
Est-ce que l'article 55, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Merci, Mme la ministre. Nous
avons un très bref
article 56. Souhaitez-vous en faire la lecture à
ce moment ou allons-nous attendre après les affaires courantes?
Mme Charlebois :
Bien, en fait, est-ce que nous terminons à midi, M. le Président?
Le Président
(M. Merlini) : Tout à fait.
Mme Charlebois :
Il reste combien... 1 min 30 s?
Le Président
(M. Merlini) : À peu près.
Mme Charlebois :
Bien, honnêtement, vous lire ça, puis il faut que j'aille à l'amendement... Je
trouve que peut-être nous pourrions nous épargner cette minute et la reprendre
plus tard.
Le Président
(M. Merlini) : Très bien, Mme la ministre.
Alors,
compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'après la
période des affaires courantes, où nous nous retrouverons ici, à la
salle Louis-Joseph-Papineau. Bon appétit à tous.
(Suspension de la séance à 11 h 59)
Le Président (M.
Merlini) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend
ses travaux.
vous rappelle que le mandat de notre commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 99, Loi
modifiant la
Loi sur la protection de la jeunesse et d'autres dispositions. Je
demande donc encore une fois à toutes les personnes
présentes dans la salle Louis-Joseph-Papineau de bien vouloir éteindre toute sonnerie de tout
appareil, téléphone cellulaire, tablette, etc.
Lors
de la suspension de nos travaux, nous étions rendus à l'étude de l'article
n° 56, selon notre plan de travail. Mme la
ministre, la parole est à vous.
Charlebois :
Alors, M. le Président, effectivement, nous sommes rendus à l'article
56. Et, à l'article 56, nous prévoyons :
L'article 91.2
de cette loi est modifié par le remplacement de «une mesure d'hébergement visée
au paragraphe» par «que l'enfant soit confié à un milieu de vie
substitut en vertu du paragraphe e ou».
Alors,
ici, cet
article modifie l'article 91.2 de la loi afin de
prévoir que, dans le cas où un enfant a déjà fait l'objet d'une ordonnance de permanence, les délais prévus
au premier aliéna de l'article 94.1, tel que modifié par l'article 55 du projet de loi, ne s'appliquent pas dans les cas où le tribunal
ordonne que l'enfant soit confié à un milieu de vie substitut visé au paragraphe e de l'article 91, soit l'enfant confié à d'autres personnes ou
à une famille d'accueil de proximité, et au paragraphe j de ce même article,
qui vise l'enfant confié à une famille d'accueil ou à un centre de...
réadaptation. Excusez-moi. J'essaie d'aller trop vite, je pense. Cette modification
s'inscrit parmi les modifications proposées à la loi qui ont pour objectif d'harmoniser
les dispositions visant les enfants confiés à un milieu de vie substitut.
Et là, M. le
Président, on a un amendement. Ça nous tient vivants.
Le Président (M.
Merlini) : Alors, allez-y pour votre proposition d'amendement, Mme la
ministre.
Charlebois : Oui, M. le Président. À l'article 56 du projet
de loi, remplacer «paragraphe e
ou» par «paragraphe e, e.1 ou».
ici, concernant cet amendement, bien, c'est... a pour objet d'introduire, en
concordance avec les amendements
proposés aux articles, 54, 55 du projet de loi, le paragraphe e.1, qui vise précisément la mesure confiant
l'enfant à une famille d'accueil de proximité.
Président (M. Merlini) :
Merci. Est-ce que j'ai des interventions à l'amendement à l'article
56? Je n'en vois pas. Je le mets donc aux voix. Est-ce que l'amendement
à l'article 56 est adopté?
Le Président (M.
Merlini) : Adopté. Nous revenons donc à l'article 56 tel qu'amendé.
Est-ce que j'ai des interventions? Je n'en vois
pas. Je mets donc l'article 56, tel qu'amendé, aux voix. Est-ce que l'article
56, tel qu'amendé, est adopté? Pas tous en même temps, s'il vous plaît.
Charlebois :
Adopté.
Le Président (M.
Merlini) : Adopté. Merci beaucoup.
Charlebois :
Excusez.
Président (M. Merlini) :
Nous poursuivons donc notre plan de travail et nous allons maintenant
à l'article 77. Mme la ministre, la parole est à
vous.
Charlebois : Oui. M. le Président, à l'article 77, nous demandons à ce que l'article 65
de la Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la
santé et des services sociaux notamment par l'abolition des agences régionales —
chapitre O-7.2 — soit
modifié par le remplacement du deuxième alinéa par le suivant :
«Sous
réserve du deuxième aliéna de l'article 68, l'établissement procède
lui-même au recrutement des ressources en fonction des besoins des
usagers qu'il dessert. Il voit aussi à leur évaluation dans le respect des
critères généraux déterminés par le ministre.»
là, ici, M. le Président, cette modification vient préciser que l'établissement
est responsable du recrutement des
ressources intermédiaires et de type familial, sauf dans le cas des familles
d'accueil de proximité, qui sont par ailleurs évaluées par
l'établissement.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des
interventions? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Donc,
c'est vraiment sur le recrutement de ressources, ressources
intermédiaires ou de familles d'accueil.
C'est ce que la ministre vient de mentionner. Ce n'est pas sur le
personnel dans les centres jeunesse, etc., là.
Charlebois : Non, effectivement.
Charlebois : On
parle que l'établissement procède au recrutement des ressources
en fonction des besoins des
usagers qu'il dessert, voit aussi à l'évaluation dans le respect des critères généraux déterminés
par le ministre. Et la modification vient vraiment nous
parler des ressources intermédiaires de type familial, sauf dans le cas des
familles d'accueil de proximité, qui sont aussi évaluées par l'établissement.
Turcotte : O.K.
Quand on parle de... bon, l'établissement procède lui-même au recrutement, donc, l'établissement, c'est la protection de la
jeunesse, là, sous l'égide du CISSS ou du CIUSSS.
Charlebois :
C'est ça.
Turcotte : Et là
comment ça fonctionne? Est-ce qu'il y a un appel de candidatures ou c'est du
recrutement dans des réseaux? Comment
ça fonctionne, là? Quelqu'un qui veut être une famille d'accueil ou être une ressource, est-ce qu'il peut postuler par lui-même ou s'il faut qu'il ait des appels
de candidatures à un certain moment de l'année?
Charlebois : Bien,
les familles d'accueil de proximité... je vais vérifier pour vous, mais, à mon
sens, elles peuvent toujours
s'inscrire et être évaluées, parce
qu'on peut désirer devenir une famille d'accueil de proximité et il faut
quand même passer par le système
d'évaluation. Moi, je ne peux pas dire : Demain matin, je deviens une
famille d'accueil de proximité. Il faut que quelqu'un évalue tout ce que
j'ai à faire et si je suis apte à. Pour le restant...
Président (M. Merlini) : Souhaitez-vous une suspension, Mme la
ministre?
Charlebois :
Non, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Ça va? Très bien.
Charlebois : Alors, M. le Président, ce que je souhaite
dire, c'est que, les familles d'accueil de proximité, oui, bon, il y a
quand même, tu sais... on est plus dans la famille, ça le dit.
C'est
sûr que l'évaluation est faite quand même, là, parce qu'il faut s'assurer qu'on
a un lien puis que c'est adéquat, mais,
pour les autres familles, c'est lors de l'évaluation. Quand le processus du
tribunal est enclenché, il y a des rencontres d'information qui se
tiennent, pendant l'année, à différents niveaux et, lors de ces soirées
d'information là, il y a évidemment de
l'information qui est donnée. Mais, suite à l'inscription des gens, bien là, il
faut qu'il y ait une évaluation qui
soit faite. Et, quand on a des enfants qui sont dans le processus du tribunal,
pour être reconnus comme une ressource intermédiaire
ou de type familial, il faut qu'ils aient répondu justement à ce processus
d'évaluation là, mais il faut qu'ils soient allés d'abord aux soirées
d'information pour s'inscrire.
Turcotte :
O.K. Puis le recrutement se fait pour une période de temps. Est-ce qu'il y a un
mandat qui est renouvelable dans le temps?
Ils le sont tant et aussi longtemps qu'ils le souhaitent, que l'appréciation
par l'établissement est conforme?
Charlebois : Bien, on le revoit de façon continue. C'est
toujours en fonction des besoins, évidemment. Plus on a de besoins, plus on a besoin de familles
d'accueil, mais il n'en demeure pas moins que tout ça se fait de façon
continue. Puis on s'assure d'avoir
suffisamment de familles d'accueil mais aussi qu'elles soient évaluées
correctement pour, quand on en a besoin, qu'on puisse placer des
enfants.
Turcotte : O.K. Dans l'article, M. le Président, que nous
étudions, il est mentionné, bon, parce qu'on l'ajoute, là, «sous réserve du deuxième alinéa de
l'article 68». Quand on fait référence à l'article 68, c'est
l'article 68 de la Loi modifiant l'organisation et la gouvernance
du réseau de la santé, etc.?
Charlebois :
Oui.
Turcotte : C'est parce que, là, j'essaie de comprendre.
Parce que ça dit : «Sous réserve du deuxième alinéa...» Mais c'est
parce que, moi, celui que j'ai, en tout cas, devant moi, il en a juste un,
alinéa, l'article 68.
Charlebois :
Le deuxième alinéa de l'article 65. C'est ça?
Charlebois :
C'est qu'il y aura un deuxième alinéa. On est en avance. Parce qu'à
l'article 78 il y a un deuxième alinéa qu'on vient d'inscrire. Si vous le
souhaitez, on peut le suspendre, aller faire 78, puis on va revenir.
Turcotte : Oui,
j'aimerais mieux.
Charlebois : Ce serait plus logique, effectivement. Alors,
faisons l'article 78, si vous le voulez bien, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Alors, est-ce que j'ai le consentement pour
suspendre l'étude de l'article 77? Pas tous en même temps.
Des voix :
Consentement.
Président (M. Merlini) : Consentement. Merci. Alors, l'étude de
l'article 77 est suspendue. Mme la ministre.
Article 78.
Charlebois :
Alors, à l'article 78, M. le Président, nous demandons que soit modifié
l'article 68 :
1° par le
remplacement de «deuxième» par «tr