CAT — 29 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2016-11-29
Quebec — Committees
Alors,
le projet de loi que nous avons à étudier
article par
article comprend un
certain nombre de choses, puis je vais en
énoncer les principales. Il y a un engagement du gouvernement à reconnaître
formellement... Oh! je m'excuse, M. le Président, j'ai fait un saut. Je
voulais parler des étapes préliminaires qui ont amené à ce dépôt du projet de
loi.
Alors,
ce projet de loi, il ne vient pas de nulle part, je sais qu'il vient d'un débat
qui aurait pu être indépendant du programme gouvernemental en matière
d'autonomie municipale, puis mes collègues de Québec, de la Capitale-Nationale, seront là pour le rappeler, que ce
débat-là n'a pas commencé si récemment, mais néanmoins il est, de notre
côté, inscrit dans une démarche d'autonomie municipale, et c'est ce que je
voulais décrire avant de parler du contenu du projet de loi en tant que tel.
D'abord,
il y a l'engagement du gouvernement à reconnaître formellement les
municipalités comme des gouvernements de proximité, de véritables
gouvernements de proximité. Il y a l'engagement à reconnaître le statut particulier de la ville de Québec à
titre de
capitale nationale, parce qu'en raison de son caractère unique et de sa
spécificité la ville de Québec joue un rôle
qui va au-delà de ses seuls citoyens et citoyennes, hein, Québec joue un rôle
pour l'ensemble des Québécois et des Québécoises, puis ça doit être
reconnu. C'est notre capitale nationale, et elle se doit donc d'être reconnue comme telle à ce titre. Le 8 juin 2016,
le premier ministre du Québec, le ministre responsable de la
Capitale-Nationale, le maire de la ville et moi-même avons signé la Déclaration
sur la reconnaissance du statut particulier de la capitale nationale et en même temps on a signé une entente portant
sur les engagements du gouvernement et de la ville de Québec pour la reconnaissance du statut
particulier de la capitale nationale, et c'est dans ce même contexte, la
journée même où on signait cette entente, que le projet de loi n° 109,
dont nous allons commencer l'étude
article par article, a été déposé.
Alors, M. le Président, face à tous
ces engagements, je dois dire aujourd'hui que je suis fier parce qu'on a
tenu parole. Nous nous sommes bel et bien
engagés à donner à la ville de Québec les moyens de ses ambitions afin
qu'elle assume ses responsabilités, afin
qu'elle assume son statut particulier de capitale. Maintenant, c'est le premier
projet de loi d'un trio, hein, d'un
triplet qui vont jeter les bases de l'autonomie municipale. Ce qu'on va faire
au cours des prochaines heures en
étude
article par
article trace la voie pour ce qu'on va faire aussi pour
Montréal, pour ce qu'on va faire pour l'ensemble des villes du Québec.
Maintenant, pour
faciliter nos travaux au cours des prochaines heures, je vais proposer, puis
j'ai distribué un document à cet effet, une feuille à cet effet, je vais
proposer plutôt qu'on procède par une étude
article par
article chronologique, là, vraiment dans l'ordre même de
présentation des articles, qu'on le fasse plutôt par grandes thématiques.
Ça va peut-être être plus facile pour nos
travaux. Les questions vont se ressembler davantage. Les thématiques vont
pouvoir être abordées peut-être plus en profondeur ainsi.
Alors, cette démarche
thème par thème m'amène à vous parler d'abord d'un thème qu'est celui de
Québec, capitale nationale, et c'est
notamment sous cette thématique que nous aborderions la question de la
reconnaissance officielle de Québec
comme capitale, comme berceau de la francophonie en Amérique du Nord, et en
même temps reconnaître le fait que
son quartier historique est désigné par l'UNESCO comme un bien culturel du
patrimoine mondial. C'est dans cette
section qu'on aborderait aussi toutes les questions de culture et de
patrimoine, telles que la délégation à la ville de l'application de la Politique d'intégration des
arts à l'architecture et la délégation à la ville de l'application du régime
de gestion des sites patrimoniaux. Alors, ça, c'est la grande thématique de
Québec, capitale nationale.
Il y a une thématique
qui concerne la gouvernance de la ville, et c'est sous ce thème que nous
aborderions les articles qui concernent la
désignation du maire suppléant, la suppression du pouvoir de désaveu du
ministre des Transports en matière de
limites de vitesse, ce qui nous amènerait, dans la proposition qui est faite
ici, ensuite à aborder le thème du développement
économique, et c'est sous cette thématique que nous allons pouvoir discuter de
la création d'un fonds de la capitale
nationale et de sa région, fonds qui aurait pour but de contribuer au
dynamisme, à la vitalité, au développement, à l'essor économique et au
rayonnement de la grande région de la Capitale-Nationale.
Viendrait
ensuite un quatrième thème, qui est celui de la gestion de la ville, la gestion
municipale. Les mesures prévues en
lien avec cette thématique visent à revoir les règles applicables à la ville en
matière de gestion des ressources humaines et en même temps proposent de
réorganiser le partage des responsabilités entre le comité exécutif et les arrondissements. Viendrait ensuite un cinquième
thème, dans lequel on pourrait étudier les articles qui touchent les
finances et la fiscalité, et c'est justement dans cette grande thématique que
nous allons alors pouvoir traiter de la mesure qui accorderait à la ville un pouvoir général de taxation. Vous voyez,
jusque-là, on voit bien, là, tous les enjeux qui ont été soit soulevés
lors des consultations ou lors de nos échanges notamment lors de l'adoption de
principe. Pour le sixième et avant-dernier
thème, je propose que nous traitions des questions d'aménagement et
d'urbanisme. Les mesures qui font
partie
de cette thématique visent à renforcer les capacités d'intervention de la ville
en ce qui a trait à l'aménagement et à l'urbanisme. Il y a la question
d'octroyer à la ville des pouvoirs réglementaires généraux en matière de zonage
et de lotissement, facilitant ainsi la
réalisation de grands projets, qu'ils soient commerciaux, industriels ou
résidentiels. C'est dans cette
thématique aussi que je propose qu'on aborde les articles touchant la
modulation du régime de contribution pour
fins de parcs, l'octroi à la ville de pouvoirs lui permettant de protéger
davantage son patrimoine bâti et c'est là que, par amendement, il y aurait lieu donc, comme je l'ai
déjà mentionné et proposé aux collègues, de retirer les articles
touchant la question de l'approbation
référendaire, étant donné que nous avons l'intention plutôt d'aborder ce débat
et cette thématique dans le projet de loi qui touche l'ensemble des gouvernements
de proximité que sont les villes.
Alors,
évidemment, ça, nous amènerait à traiter tous les articles, à l'exception des
dispositions finales du projet de loi, qui feraient l'objet du dernier
thème.
Alors,
je ne prends pas tout le temps dont je dispose pour l'instant. On aura
l'occasion d'avoir des discussions, de répondre
aux questions, d'échanger sur chacun de ces articles. Si les collègues des
oppositions sont d'accord pour qu'on procède
de cette façon-là, avec différents thèmes, je pense honnêtement que ça va nous
aider à naviguer à travers le projet de loi puis d'avoir des discussions qui vont concourir à ce que tous, on
comprenne mieux quels en sont la portée, l'objet, et qu'est-ce que ça va permettre surtout de faire en
termes de permettre à Québec de jouer pleinement son rôle de capitale nationale, puis comment non seulement ça va
contribuer à une ville capitale plus dynamique mais, je dirais, au-delà
de ça, à un Québec aussi qui est encore plus
dynamique parce qu'il a reconnu sa capitale nationale de façon tout à fait
appropriée et à travers ce projet de loi que nous avons devant les yeux.
Alors, voilà, M. le
Président, c'est ce que j'avais à dire pour l'instant.
Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant la
porte-parole de l'opposition officielle, Mme la députée de Taschereau. Vous avez également 20 minutes à
votre disposition pour vos remarques préliminaires.
Maltais :
Merci, M. le Président. Mon collègue a 20 minutes aussi ou on peut
partager ces 20 minutes? 20 minutes en tout?
Le Président (M.
Auger) : C'est 20 minutes par personne.
Maltais : Par personne. O.K. Alors, merci, M. le Président.
Écoutez, j'accueille avec plaisir les quelques remarques préliminaires
du ministre. Il avait une heure à l'adoption de principe. Il a fait
8 min 25 s. Il vient de faire plus ici qu'à l'adoption de principe. C'est bien.
On va commencer à échanger et à dialoguer véritablement et non plus à essayer d'aller vite, parce qu'en toute matière,
en toute législation il est important de prendre le temps de bien faire
les choses. On veut avancer, on veut
évoluer, on veut vraiment comprendre la loi, l'écrire le mieux possible et,
idéalement, l'adopter vraiment, alors on va travailler avec le ministre dans ce
sens-là.
n'ai pas encore beaucoup d'explications sur ce qu'il y a dans cette loi; plus
une énumération des grands thèmes, d'accords.
Alors, on prendra le temps à ce moment-là. Comme je le disais, moins j'ai
d'informations avant, plus je m'en occupe
pendant. Alors, on va s'en occuper pendant, on va avoir quelques questions à
poser. Je vais y aller par thèmes aussi, parce que cette idée de l'étude par thèmes est bien. Ça va nous
permettre vraiment d'aborder un sujet véritablement, passer au travers
puis se dire : Bon, ce bout-là de la loi, il est satisfaisant, on le met
de côté, c'est correct.
première chose que je vais dire, c'est que je vais demander au ministre
quelques modifications à sa thématique. La première chose que je vais
lui demander : sur les référendums, c'est trop important, et j'oserais
dire que notre attitude sur la loi est
beaucoup plus favorable et positive depuis que nous savons que nous allons
abroger la
partie sur les référendums...
Alors, si j'avais un conseil ou une suggestion à faire au ministre, c'est d'éliminer, rapidement, de
passer rapidement l'article
sur l'abrogation de la
partie référendaire pour que ce soit derrière nous. Parce qu'on le sait, ce que c'est. La seule façon de travailler, nous, c'est
de travailler, normalement, les articles 1, 2, 3, 4, 5. Si on déroge,
bien, avant de déroger, on va
s'entendre sur le rythme, on va s'entendre sur la mécanique. Moi, ce que je
demande, c'est que, l'abolition des
référendums, on la fasse d'entrée de jeu. Une fois ce nuage soulevé, bien, je
trouve qu'à ce moment-là on est plus en voiture puis on a plus de
facilité à travailler ensemble. Ça, ça n'appartient pas à l'Administration, ça
appartient aux parlementaires. Alors, je dis
au ministre : Soulevons tout de suite ce voile, ce nuage, faisons ça,
puis, à ce moment-là, nous pourrons accepter la proposition. Évidemment,
tant que je n'entends pas ce que je veux, je ne vois pas pourquoi j'accepterais la proposition. Alors, ça, l'abolition
des référendums, c'est fondamental, on règle ça tout de suite. Ce sera
dans une autre loi, de toute façon. Ça devrait bien se faire.
L'autre.
Bon, bien sûr, on va aborder le thème 1, la capitale nationale. On est
très contents d'aborder ça. C'est un bon
thème, on va avoir quelques questions, mais il y a là-dedans matière à se
réjouir, je pense, puis on va débattre de ce qu'il y a là-dedans. On va
essayer peut-être de l'améliorer un peu, mais il y a là-dedans matière à se
réjouir.
Culture
et patrimoine aussi. J'étais là quand on a décidé de demander à la ville
d'avoir un conseil des arts, alors on va
juste jaser de ce qui s'est passé depuis, mais tout ce qui est culture et
patrimoine me semble intéressant. La ville de Québec a montré maintes et maintes fois à quel point elle était capable
de bien gérer son patrimoine. Quelques essais et erreurs parfois; on le
sait, ça soulève des débats, mais il y a, je dirais, à l'intérieur du
territoire, des contre-pouvoirs suffisants
pour permettre que cette relation entre les autorités de la ville et les
citoyens et citoyennes se passe bien. Sur la gouvernance aussi, il y a quelques questions — j'en ai parlé pendant l'adoption de
principe : office du tourisme, Réseau de transport de la capitale. On va avoir des questions. Développement
économique et gestion municipale; je vais demander au ministre de les
déplacer. Je préfère qu'on fasse d'abord les moments où on sent que ça va aller
bien, il n'y a pas trop de problèmes, puis se garder un peu le développement
économique, le Fonds de la capitale mais surtout la gestion municipale. On va
avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup de questions.
Finances
et fiscalité, c'est bon. Évidemment, on va vous parler des pouvoirs de
taxation, mais nous, en tout cas, de notre
côté, on n'a pas vu d'obstacles majeurs, en tout cas, jusqu'ici. Tant qu'on ne
lit pas attentivement une loi, on ne le sait pas. Et, aménagement et urbanisme, bon, il y a quelques détails, mais,
comme je vous le disais, ce que je demanderais, moi, c'est qu'on enlève
l'approbation référendaire immédiatement.
Alors,
si ça va au ministre, nous, c'est un peu comme ça qu'on travaillerait, en
tassant de côté, pour le moment, Développement économique et gestion
municipale puis en essayant d'aborder les éléments qui vont plus rapidement, d'une belle façon. Évidemment, pour moi, de toute
façon, fondamentalement, c'est le pouvoir référendaire qu'il est plus important de tasser. À la limite, le Fonds de
développement économique, on peut toujours le regarder, parce que j'ai
lu et j'ai su dans les médias que les élus
municipaux, les MRC, les préfets étaient plutôt d'accord avec l'idée du fonds,
même si nous aurons plusieurs questions.
Mais la gestion municipale, là, je vais le dire au ministre, c'est sujet de
débat actuellement dans une future
course à la mairie. Il y a des candidats et des candidates, actuellement, à la
mairie qui débattent de ce qu'on va adopter maintenant. Il y a des
sujets là-dedans qui risquent, d'après ce que j'ai entendu, d'être sujets de la
campagne électorale. Le trancher avant la
campagne me met mal à l'aise. C'est pour ça que je veux véritablement débattre
avec le ministre puis entendre encore
un peu les gens là-dessus. Il y avait encore quelqu'un qui s'exprimait
là-dessus dans les médias ce matin, un futur candidat à la mairie,
potentiel.
Alors,
voilà un peu, les sujets, comment je voyais ça, mais soyez assuré que vous
aurez toute notre collaboration, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Merci, Mme la députée de Taschereau. Techniquement, je dois
procéder avec la deuxième opposition, et par la suite on pourra revenir avec
vous, M. le député de René-Lévesque.
Président (M. Auger) : Vous
pouvez y aller tout de suite, si vous désirez. Il n'y a aucun problème pour
moi. M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : O.K. Merci. Écoutez, ma
collègue de Taschereau a parlé un peu des étapes subséquentes qui sont importantes pour nous. Elle va y aller en détail sur ce qui
touche actuellement le projet de la capitale, de Québec.
Moi,
M. le ministre, je vais me garder une trame de fond. Vous avez
parlé de votre projet de loi comme étant une trilogie. Je vais me garder cette trame de fond là aussi pour voir
l'impact de cette trilogie aussi en
fonction du prologue qu'on a adopté à la dernière session, soit le projet
de loi n° 83, qui amenait une certaine autonomie et de nouveaux pouvoirs
aux municipalités. Et on voit apparaître, dans la capitale nationale, des
pouvoirs en matière de taxation, de redevances. Dans le projet de loi n° 83,
on a parlé de frais de croissance, plusieurs dispositions aussi par rapport au développement économique. Donc, je vais me garder
cette étude-là de ce projet de loi en ayant en tête le projet de loi n° 83
comme étant un prologue au monde municipal.
J'aurais
aussi, M. le ministre, une histoire parallèle à cette trilogie, à savoir le
projet de loi n° 110 sur les nouvelles dispositions en matière de négociation dans les conventions collectives
municipales, parce que certaines dispositions en matière de ressources humaines auront un impact sur ce que nous avons
adopté lors du projet n° 110. Alors, je vais me garder
effectivement cette réflexion pour savoir quel a été l'impact de notre adoption
sur ce qu'on fera présentement mais quel
sera aussi l'impact subséquemment de ce qu'on adoptera pour les prochaines
dispositions en matière des autres municipalités, soit celles de
Montréal... et du gouvernement de proximité et assurément, un jour, sur celui
sur les référendums, donc, en profondeur
avec ma collègue, en survol, mais en totale transparence et trame de fond, de
mon côté, aux affaires municipales. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Auger) : Merci, M.
le député de René-Lévesque. Maintenant, avec le porte-parole de la deuxième
opposition, M. le député de La Peltrie. Pour vos remarques préliminaires,
20 minutes également à votre disposition.
Caire :
Merci, M. le Président. Alors, à mon tour de saluer le ministre, les collègues
ministériels, mes collègues de
l'opposition officielle, les gens qui accompagnent le ministre, et vous-même,
M. le Président. De mon côté aussi, je pense
que le ministre peut... bien, je pense, le ministre peut s'attendre à de la
collaboration. Je pense qu'on attendait ce projet de loi là depuis un
certain temps. Après beaucoup de débats, beaucoup de mots, on a quelque chose
de concret sur lequel travailler, et ça, c'est la bonne nouvelle.
D'entrée de
jeu, je dis au ministre que je n'ai pas d'objection à ce qu'on étudie les
articles en les regroupant par thèmes.
Ceci étant dit, je ne suis pas convaincu que ça va accélérer tellement nos
travaux. Ce qui aurait été une bonne chose, je pense, suite au débat que
nous avons eu sur l'adoption de principe... J'ai fait part au ministre, là, des
éléments du projet de loi pour lesquels
j'avais des craintes, j'avais des a priori et sur lesquels j'allais porter une
attention particulière. Et ça aurait
été, je pense, plus simple si le ministre avait déposé les amendements, si tant
est qu'il a l'intention d'en déposer, bien
évidemment, là — je ne
veux pas présumer de ses intentions — mais si c'est le cas, parce qu'en sachant
d'emblée si le ministre acceptait nos solutions
ou proposait des solutions aux problèmes qu'on a soulevés au débat de principe,
de notre côté, ça nous aurait permis de nous
préparer puis de dire : Bon, bien, écoutez, on a les échanges, on s'entend
sur des éléments puis déjà on est prêts à limiter les débats parce que le
travail de défrichage a été fait. Et c'est un peu dans ce sens-là où on prend
peut-être un peu plus de temps quand on fait notre intervention sur le
principe, mais c'est dans l'optique de
signaler au ministre quels sont les écueils qu'on voit dans le projet de loi et
de quelle façon on peut traverser ces écueils-là
de façon assez rapide pour faire en sorte qu'à cette étape-ci on accélère le
processus... à cette étape-ci et les autres étapes. Parce que je sais que, bon, il y a une volonté, du côté du
gouvernement, d'adopter ça, hein, avant la fin de la session. On ne s'y
oppose pas.
Ceci étant
dit, on ne s'y oppose pas à n'importe quel prix, et, comme le signalait ma
collègue, c'est aussi important de bien étudier le projet de loi, ses
conséquences, ses impacts. Et c'est un petit peu dans ce sens-là qu'on a fait
des remarques au ministre pour dire : Bon, bien, voici, il y a des
éléments, nous, qu'on a vus dans le projet de loi dont les impacts et les ramifications dépassent le statut
de capitale nationale et pour lesquels il va falloir trouver des
solutions, parce que, dans sa volonté de
réformer les pouvoirs de la ville et la fiscalité, il y a aussi des impacts sur
d'autres institutions, sur d'autres
organisations politiques de la région de Québec et ces organisations politiques
là, bien, doivent se faire entendre puis doivent faire
partie de nos
considérations au moment où on adopte le projet de loi.
Alors, ce
n'est pas qu'une question de confirmer le statut de capitale nationale de
Québec, c'est aussi de s'assurer qu'en
solutionnant un problème on n'en crée pas d'autres. Et il y a dans ce projet de
loi là... et, j'ai eu l'occasion de le redire au ministre, notamment au niveau de la question de l'agglomération, on
ouvre des brèches, des brèches qui font craindre aux deux autres municipalités liées, dont une est venue s'exprimer assez
clairement sur le sujet, des conséquences fiscales et politiques... de
gouvernance, je devrais dire, qui sont préoccupantes. La même chose au niveau de
l'administration du Fonds de la capitale, qui est une bonne nouvelle en soi,
mais sur la façon, parce que le diable se cache dans les détails, M.
le Président, comme on dit souvent,
sur la façon dont ce fonds-là va être géré, sur qui va l'administrer, sur
quels projets vont être financés, sur quels territoires. Bien, ça amène toujours
ces questions-là, puis, encore là, on a plus de questions que de réponses.
Je reviens un peu sur certains éléments qui ont
été aussi soulignés, sur toute la question de l'organisation politique
puis de la gestion du territoire de la ville de Québec. J'ai dit au ministre
puis je réitère que, si j'ai une opinion personnelle sur cette question-là, il n'en demeure pas moins que, comme
le soulignait ma collègue de Taschereau, il
y a des débats politiques
à faire là-dessus, mais je pense que ces débats-là doivent se faire à Québec.
Comment Québec va organiser son territoire? Comment Québec va gérer son territoire? Si on croit aux
municipalités comme gouvernements de proximité, bien, on ne peut pas, parallèlement à ça, leur dire : Bien, voici,
vous allez vous diviser de telle façon, vous allez constituer l'organisation
politique et administrative de votre ville de telle façon, les pouvoirs vont
être répartis de telle façon. Il y a un peu une incohérence là-dedans. Et, dans ce sens-là, je me
ralliais, je le disais, je me ralliais à ce que le projet de loi proposait, en disant : Bon, bien, on va
laisser la flexibilité au conseil municipal de la ville de Québec d'organiser
son propre territoire, d'organiser la gestion de ses services et
l'administration de ses services. Puis ça fera très certainement la question d'un débat politique intéressant, mais
c'est aux citoyens de la ville de Québec à trancher ces questions-là et
ensuite au conseil municipal, qui aura possibilité de réorganiser son
territoire à sa convenance. Donc, sur ces questions-là, essentiellement, je pense qu'on pourra, en tout cas, de mon côté, aller
assez vite, parce que je suis assez à l'aise avec ce qui est proposé
dans le projet de loi.
Maintenant, sur le statut de capitale, j'aurai
des amendements à proposer au ministre, parce qu'à mon avis il y a des éléments importants qui n'y sont pas que
j'aimerais voir ajoutés. J'aurai l'occasion d'en discuter tout à l'heure
avec les collègues. Mais il faut que le
statut de capitale soit plus que symbolique. Puis je ne dis pas qu'il n'y a pas
des éléments plus que symboliques
dans le projet de loi actuellement. Ça ne serait pas honnête. Il y a des
éléments intéressants, mais je pense qu'on peut confirmer le statut de
capitale de la ville de Québec en ajoutant certains éléments, notamment sur la représentation du gouvernement sur la tenue
d'événements importants sur le territoire de la capitale. Donc, j'aurai
des propositions à faire au ministre pour s'assurer que le statut de capitale
de Québec est bien couvert par le projet de loi et s'assurer qu'on respecte ce
statut-là, qu'on va même au-delà des symboles pour une capitale comme Québec.
Alors,
essentiellement, M. le Président, c'est la façon dont je vais aborder ce projet
de loi là. J'aurai des propositions,
j'aurai des amendements. Je souhaite que nous ayons des discussions
constructives, positives dans l'objectif que je partage, d'adopter le projet de loi aussi rapidement que
possible, mais je réitère qu'aussi rapidement que possible ne se fait
pas au détriment des écueils qui sont dans le projet de loi et pour lesquels,
moi, je souhaite qu'on apporte des solutions
concrètes. Donc, il n'y a pas une question d'étirer le temps, il est question
d'avoir un projet de loi qui est solide, qui est constructif, qui est respectueux de Québec, de la capitale mais
qui est respectueux des autres entités politiques de la région de Québec et qui va faire en sorte que
tout le monde va applaudir l'adoption de ce projet de loi là par
l'Assemblée nationale. Merci, M. le Président.
Président (M. Auger) : Merci, M. le député de La Peltrie. S'il
n'y a pas de motion préliminaire, nous allons maintenant débuter l'étude
article par article. Mais, lors des remarques préliminaires, de part et
d'autre, j'ai entendu plusieurs suggestions, M. le ministre, donc...
M. Coiteux : Il y a, bon...
Président (M. Auger) : Mais ça prend un consentement. Peu importe la
façon qu'on va procéder, ça prend un consentement, là.
M. Coiteux : Oui, ça prend un
consentement, donc mieux vaut qu'on statue là-dessus. Moi, j'ai fait une
proposition d'un ordre de thèmes. Je n'ai pas entendu, disons, une proposition
différente de celle-ci de la part de mon collègue
de La Peltrie, mais j'en ai entendu une de la part de ma collègue de
Taschereau. Moi, honnêtement, je n'ai pas de problème à ce que, sans faire toute la
section 6, là, la
thématique 6, on fasse l'aspect Supprimer l'approbation
référendaire d'abord. Moi, je n'ai pas d'enjeu avec ça.
La question
ensuite, si je pouvais faire une proposition, c'est de continuer de garder
quand même pour la toute fin les
derniers articles d'aménagement et urbanisme. Et on peut peut-être glisser
Finances et fiscalité avant Développement économique et gestion municipale.
Et puis, si on est d'accord pour procéder ainsi, moi, je serais à l'aise.
Président (M. Auger) : Donc, je résume : on irait avec les
articles 10, 11, 12, 14, 16, 38, 39, 40, 41 et, par la suite, on
déplacerait les thèmes 3, 4 après le thème 5. C'est ça?
Président (M. Auger) : Donc, premièrement, concernant les articles à
supprimer, j'ai besoin d'un consentement pour étudier en bloc les
10 articles.
Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Président (M. Auger) : Consentement. Et un autre consentement pour
présenter un amendement s'appliquant à tous ces articles. Donc, M. le
ministre, en faire la lecture, de votre amendement. Il y a consentement?
Une voix : Il n'a pas besoin
de...
Coiteux : S'il y a consentement. Alors, voici, M. le Président,
l'amendement est le suivant : il consiste à retirer les articles 10
à 12, 14, 16 et 38... non, 16 et 38 à 41 du projet de loi.
Alors,
l'amendement proposé retire du projet de loi, bien, pas seulement l'article 41,
à ce moment-là, mais tous les articles concernés par l'approbation
référendaire.
Le Président (M. Auger) : Des
interventions sur cet amendement? Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais :
Oui, M. le Président. Comme on les retire maintenant, est-ce que c'est... Le
ministre nous a bien dit : Ça va être dans une autre loi.
Est-ce que ça
va être les mêmes règles qui vont être appliquées après ça dans toutes les
villes ou si ça va être des règles pour la Charte de la Ville de Québec,
des règles pour la Charte de la Ville de Montréal, des règles...
Coiteux : Voilà une question qu'on va devoir discuter dans le projet
de loi plus général, parce que les réalités ne sont pas les mêmes partout. Donc, il y a lieu d'avoir une discussion sur
cette question-là : Est-ce que les règles devraient être
différentes ou non? Alors, on va avoir l'occasion de s'en reparler dans un
autre projet de loi.
Maltais : O.K. On s'entend aussi qu'actuellement, si on les retire,
l'approbation référendaire reste encore... Juste pour que les gens comprennent bien, là. Si on retire les
modifications, ça veut dire qu'actuellement l'approbation référendaire
est toujours en vigueur sur le territoire de la ville de Québec.
M. Coiteux : Jusqu'à ce que
l'Assemblée nationale en décide autrement.
Mme Maltais : Voilà. D'accord. Ça
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur l'amendement? S'il
n'y a pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'amendement présenté par le ministre est adopté?
Le Président (M. Auger) : Adopté.
Donc, les articles 10 à 12, 14, 16 et 38 à 41 sont supprimés.
Mme Maltais : M. le Président...
Le Président (M. Auger) : Oui, Mme
la députée de Taschereau.
Maltais : ...puis-je vous poser la question? C'est parce qu'il y a des
articles qui sont assez longs ou qui ont plusieurs éléments, la
loi sur
la capitale nationale, la
partie sur le Fonds de développement économique. On
va les regarder, idéalement, alinéa par alinéa pour qu'on puisse regarder ça en
toute sérénité.
Président (M. Auger) : Donc, la demande est faite afin qu'on regarde
chacun des articles alinéa par alinéa, paragraphe par paragraphe, s'il y
a lieu. Donc, la demande est faite.
M. le ministre, nous allons débuter, en fonction
de vos différents thèmes, par l'article 1.
M. Coiteux : Oui. Alors, on est à
l'article 1?
Le Président (M. Auger) : Oui.
M. Coiteux : Je dois vous annoncer
que j'aurai une proposition d'amendement à l'article 1.
Le Président (M. Auger) : Donc,
premièrement, lire l'article, par la suite les explications et l'amendement.
M. Coiteux : Comme vous avez
toujours prescrit de faire, effectivement. Je vais lire l'article puis ensuite
je déposerai l'amendement.
Alors, l'article 1 : Le
titre de la Charte
de la Ville de Québec (chapitre C-11.5) est remplacé par le suivant :
«Loi sur la capitale nationale du Québec.»
Bon, ça dit ce que ça dit, je pense, il n'y a
pas besoin d'explication, mais...
Le Président (M. Auger) :
Effectivement. L'amendement.
Coiteux : Maintenant, j'ai un amendement à proposer, qui est le
suivant, qui consiste à remplacer l'article 1 par le suivant :
1. Le
titre de la Charte de la Ville de Québec
(chapitre 11.5) est remplacé par le suivant :
«Charte de la Ville de Québec, capitale
nationale du Québec.»
Commentaires,
M. le Président : l'amendement propose un autre
titre que celui proposé
par le projet de loi pour la Charte
de la Ville de Québec. Écoutez, il y a eu des échanges qui faisaient en sorte
que ça semblait être important pour la ville
qu'on renforce encore davantage le
titre par cet ajout : «Charte de la
Ville de Québec, capitale nationale du Québec.»
Le Président (M.
Auger) : Les amendements sont distribués. Est-ce qu'il y a des
interventions?
Mme Maltais : Je comprends qu'on
l'amène, mais pourquoi on revient au mot «Charte»? C'était essentiel? C'était
par concordance avec les autres lois?
Le Président (M. Auger) : En
attendant, je veux juste faire une petite correction de forme, là, en
fait : entre parenthèses, c'est «chapitre C-11.5». Donc, il manque un
«C-».
M. Coiteux : Écoutez, dans les
discussions qu'on a eues à Québec qui sont ultérieures, là, au dépôt du projet de loi, on nous a dit — puis c'est un enjeu de la modernité, là,
évidemment : Lorsque les gens font des recherches sur... nommons
Google, c'est consacré, alors, s'ils écrivent «charte de Québec», bien, à ce
moment-là, ça va renvoyer plus facilement à
«charte de Québec, capitale nationale». Donc les mots «capitale nationale» vont
être systématiquement associés à «Charte de la Ville de Québec». Donc,
il y avait des enjeux de cette nature-là qui étaient importants pour eux.
Maltais :
Ceci dit, M. le Président, effectivement, quand on va chercher les chartes des
villes, elles sont toutes ensemble,
parce qu'elles s'appellent toutes chartes : charte de Longueuil, charte de
Lévis, charte de Québec, charte de Montréal.
Alors, effectivement, ça sera pour des Googleux comme nous plus efficace. Quand
on va dans les Lois du Québec , dans Les Publications du Québec,
elles sont toutes sous le nom «charte», donc elles sont toutes ensemble.
Est-ce qu'il
peut y avoir des impacts juridiques sur les instances qui se nomment «de la
capitale nationale»? Je vais vous
dire pourquoi je pose la question. Il y a des gens, des fois, qui se
demandent : Est-ce que la Commission de la capitale nationale couvre seulement le territoire de Québec, couvre le
territoire de Lévis? Or, elle couvre effectivement une
partie de l'autre côté. Donc, est-ce qu'il y a des
impacts? Est-ce qu'il peut y avoir, tout à coup, incohérence entre le
fait que c'est une charte de la ville de Québec, capitale nationale du Québec,
mais que la Commission de la capitale nationale couvre un territoire qui est
différent? Comment on va ajuster les législations? Parce que la Commission de
la capitale nationale du Québec a été créée
par loi. Donc, c'est inscrit dans une loi. Entre autres, il est inscrit dans la
loi : La ville de Québec est la capitale nationale du Québec. Mais
le territoire est différent. Comment on va jouer ça?
Coiteux : Bien, il y a un peu de ce genre de préoccupation là aussi
derrière le changement de
titre proposé par l'amendement. C'est lié à la Charte de la Ville de Québec, donc c'est à
la ville de Québec qu'on reconnaît le statut de capitale nationale. Ce qui n'empêche pas par ailleurs la Commission de
la capitale nationale d'avoir son territoire d'action qui est délimité
par la loi.
Maltais : Donc,
c'est aussi dans cette optique-là qu'on faisait ce changement-là?
Coiteux : Ça fait
partie des considérations que la ville a fait
valoir, effectivement, pour éviter toute confusion.
Maltais :
Bien, je suis heureuse d'avoir posé la question, puisque cette considération
n'était pas venue à notre oreille jusqu'ici. Alors donc, je suis
contente d'avoir posé la question. Parfait. Moi, ça me va.
M. Coiteux : C'est à ça que sert une
étude
article par article, poser des questions et échanger.
Maltais : Eh oui!
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions sur l'amendement à l'article 1? S'il n'y a pas d'autre
intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'article... pardon, pas
l'article, mais l'amendement présenté par le ministre à l'article 1 est adopté?
Le Président (M. Auger) : Adopté.
Donc, l'article 1 est remplacé.
Article 2. M. le ministre.
Coiteux :
L'article 2. J'aurai encore une fois un amendement. Je sais
que vous allez quand même me demander de commencer, mais je...
M. Coiteux : Je vous expliquerai
ensuite. Je comprends.
Alors, 2 :
L'article 4 de cette charte
est remplacé par les suivants :
«4. La ville de Québec est la capitale nationale
du Québec.
«Elle est le
berceau de la francophonie en Amérique du Nord et est reconnue par
l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la
culture (UNESCO) à
titre de ville du patrimoine mondial.
«Le territoire de la ville constitue le lieu
privilégié et prioritaire :
«1° de l'accueil des dignitaires étrangers en
visite au Québec;
«2° des rencontres diplomatiques et des sommets
gouvernementaux;
des grandes rencontres politiques;
«4° des négociations
importantes, de toute nature, auxquelles prend
part le gouvernement du Québec.
ville peut faire toute dépense utile à affirmer et à soutenir le statut qui lui
est consacré par le présent article.
«4.1. Tout nouveau
premier ministre du Québec, le plus tôt possible après son assermentation, est
reçu à l'hôtel de ville de la capitale pour en être fait maire honoraire.
«4.2.
Sous réserve de
toute autre disposition de la présente loi ou de tout décret du gouvernement
pris en vertu de l'article 9, la ville est une municipalité régie par la Loi
sur les cités et villes (chapitre C-19).»
Alors,
le commentaire qui concerne l'article 2 : cet
article du projet de loi
introduit, dans la Charte de la Ville de Québec, des dispositions visant à affirmer le statut de la ville en tant
que capitale nationale du Québec et de berceau de la francophonie en
Amérique du Nord et à lui permettre de faire toute dépense utile à affirmer et
à soutenir ce statut. Il prévoit notamment au nouvel
article 4.1 de la charte
que tout nouveau premier ministre du Québec sera fait maire honoraire de la ville. Et l'article 4.2, quant à
lui, reprend le contenu de l'article 4 de la charte actuelle, sans
modification.
Mais j'ai un
amendement à proposer, que je vais déposer, et que je peux lire maintenant?
Le Président (M.
Auger) : Oui, monsieur.
Coiteux : Alors, ça consiste, cet amendement, à remplacer le deuxième
alinéa de l'article 4 de la Charte de la Ville de Québec par le suivant : «Elle est le berceau de la
francophonie en Amérique du Nord et son quartier historique est reconnu par l'Organisation des Nations unies
pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en tant que bien du
patrimoine mondial.»
Or, l'amendement a
pour but de préciser que c'est le quartier historique du Vieux-Québec qui est
inscrit sur la liste...
Maltais : ...avant que vous l'expliquiez. C'est parce que, tant qu'on
n'a pas l'amendement, c'est très, très, très difficile d'écouter vos explications. Alors, voilà, on va attendre.
D'habitude, on attend que l'amendement soit déposé, pour qu'on puisse
mieux suivre, M. le Président.
M. Coiteux :
C'est pour ça que j'avais posé la question.
Le Président (M. Auger) :
Mais, écoutez, ce que je vais faire, je vais le laisser terminer. Je vais
suspendre pour que vous en preniez connaissance, Mme la députée.
Mme Maltais :
Ah! c'est gentil.
Le Président (M.
Auger) : ...
Maltais :
M. le Président, c'est parce que, moi, tout ce que je demandais, c'est qu'on
nous dépose l'amendement. Je suis capable de le lire. Puis, après ça, je vais
écouter le ministre.
Le Président (M.
Auger) : O.K. Parce que vous n'avez pas reçu l'amendement encore.
Mme Maltais :
Je viens de l'avoir, là. Je viens juste, juste, juste de l'avoir. Merci.
Le Président (M.
Auger) : Ça va? Vous pouvez terminer, M. le ministre. Vous aviez
terminé?
Coiteux : Bien oui, c'est ça. Ça avait pour but de préciser que c'est
le quartier historique qui est inscrit sur la Liste du patrimoine
mondial de l'UNESCO. C'est vraiment dans un souci d'exactitude.
Le Président (M.
Auger) : Des interventions sur l'amendement?
Maltais : ...de recevoir, nous, une lettre de Dinu Bumbaru, qui est
bien connu dans le monde du patrimoine. Voilà : Québec, «dont
l'arrondissement historique classé par le gouvernement du Québec est inscrit
sur la Liste du patrimoine mondial de
l'UNESCO». Donc, ici, on dit : Son quartier historique est reconnu par
l'UNESCO, est inscrit sur la Liste du
patrimoine mondial de l'UNESCO et est reconnu par l'UNESCO. Est-ce que c'est la
même chose, ça a la même valeur? Pourquoi on ne reprend pas les termes
qui sont sur le site de l'UNESCO?
M. Coiteux :
Vous allez devoir nous laisser regarder ça. Ça va prendre quelques secondes.
Le Président (M.
Auger) : Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 53)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre.
Coiteux : On va essayer
d'expliquer ça au mieux, M. le
Président. Le mot «arrondissement» était un mot qui était
utilisé par l'UNESCO au moment où elle reconnaissait des arrondissements historiques, avant même qu'on utilise, nous,
l'expression «arrondissement», notamment à Québec, dans un sens beaucoup plus administratif.
Et il existe un arrondissement de Limoilou,
comme on le sait, au sens administratif, mais dont le territoire est plus vaste
que ce qu'est le quartier historique de la ville de Québec, mais qui est
contenu dans Limoilou.
Donc, notre
ministère de la Culture a toujours utilisé le terme «quartier historique», et
c'est pour ça que c'est la proposition
qui est faite ici, qui en soi ne devrait pas affecter, là, ce que l'UNESCO
reconnaît comme étant l'arrondissement historique.
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée de Taschereau.
Maltais : Bien, M. le Président, c'est important d'être précis. C'est
parce que ce n'est pas juste le quartier du Vieux-Québec qui, à mon avis, est dans l'arrondissement historique.
On a la descente en bas, je ne sais pas si ça fait
partie du Vieux-Québec, mais je ne le crois pas.
On a toute la côte d'Abraham, son pendant. On a les fortifications qui
descendent en bas. Si on passe d'«arrondissement» à «quartier», on limite.
Parce que je veux juste être sûre qu'on a le bon mot.
Je comprends
qu'il y a un os, parce que les arrondissements en prennent un coup là-dedans,
mais, normalement, l'expression
«arrondissement historique» est l'expression qui a toujours été utilisée.
Alors, je veux juste comprendre. Moi, j'ai une crainte, parce que ce
n'est pas juste un quartier.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Honnêtement, il peut y
avoir une version ou une autre, là. Je ne pense pas que ce soit un enjeu fondamental qu'on prenne le mot «quartier» ou le
mot «arrondissement», mais l'important, c'est : «historique» et
«reconnu» par l'UNESCO. Mais ce n'était pas
toute la ville. Donc, c'est pour ça qu'on est arrivé avec cet amendement en
précisant «quartier». Je ne sais pas ce que pense mon collègue de
La Peltrie là-dessus, s'il a une opinion là-dessus.
On a le choix
entre deux mots, «quartier» ou «arrondissement», et, honnêtement, je ne pense
pas que ça va faire une grande différence, l'un ou l'autre.
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée de Taschereau.
Maltais : M. le Président, ce n'est pas le quartier historique. Le
quartier historique, c'est le Vieux-Québec. L'arrondissement historique,
dans la tête de tout le monde, c'est le plan qui a été accepté par l'UNESCO.
C'est ça, il y a un plan.
Mais là il y
a tout un plan qui est décrit comme étant appelé l'arrondissement historique.
Ce n'est pas Limoilou, tout le monde
le sait. Il y a une bonne vieille délimitation, il y a un bon petit tracé.
Restons donc dans ce qui est connu, reconnu, apprécié.
Coiteux : M. le Président, il n'y a aucune intention autre que d'être le plus clair
possible. Donc, mes gens sont en train de préparer un sous-amendement à l'amendement,
puis on prendra le terme «arrondissement».
Maltais :
Excellent! C'est bon.
M. Coiteux : On est sur le point de
le déposer.
Le Président (M. Auger) : Je
suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 1)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre.
M. Coiteux : Oui. Alors, suite à votre suggestion, M. le Président, j'ai décidé de retirer mon amendement
précédent pour le remplacer par un nouvel amendement.
Président (M. Auger) : Bien,
dans les étapes, je dois demander le consentement pour retirer votre amendement.
M. Coiteux : Effectivement, mais je
m'attendais à ce que vous le demandiez.
Président (M. Auger) : Est-ce qu'il y a consentement?
Maltais :
Consentement.
Le Président (M.
Auger) : Consentement. Allez-y, M. le ministre, pour votre nouvel amendement.
Coiteux : Alors, voici le
nouvel amendement : Remplacer le deuxième alinéa de l'article 4
de la Charte de la Ville de Québec par le suivant :
«Elle
est le berceau de la francophonie en Amérique
du Nord et son arrondissement historique est reconnu par l'Organisation des Nations unies pour
l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en tant que bien du patrimoine
mondial.»
Le Président (M.
Auger) : Merci, M. le ministre. Des interventions sur l'amendement?
Mme la députée de Taschereau.
Maltais : On dit «en tant que» au lieu d'«à
titre de». C'est
un choix de français ou... Parce que, dans votre précédent libellé, vous disiez «à
titre de [...] bien patrimonial». «À
titre de», c'est souvent ce qu'on entend quand on parle un langage
châtié. Là, on le remplace par «en tant que».
M. Coiteux :
«À
titre de» par «en tant que».
Président (M. Auger) : ...effectivement, dans l'article original
versus l'amendement, que ce soit le premier présenté ou celui-là.
Président (M. Auger) : Est-ce qu'il y a une réponse au fait qu'on
change «en tant que» au lieu d'«à titre»?
Mme Maltais :
«À
titre de ville du patrimoine mondial». Là, c'est «arrondissement». Ça fait
qu'«à
titre de bien du patrimoine mondial», c'est particulier.
M. Coiteux :
Je suis en train de faire faire une vérification. Il n'y a pas une intention
particulière derrière le changement ici.
Mme Maltais :
Non, j'en suis convaincue, mais on va essayer de bien l'écrire.
Le Président
(M. Auger) : Je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
16 h 6)
Président (M. Auger) : Nous
allons reprendre nos travaux sur l'amendement du ministre
à l'article 2. M. le ministre.
M. Coiteux :
Je voudrais juste être certain de quel amendement on discute. Est-ce que c'est
celui d'«en tant que bien»?
Président (M. Auger) : Bien, le dernier que vous avez présenté,
concernant le mot «arrondissement». Vous avez biffé «quartier».
M. Coiteux :
Et là j'ai «en tant que bien du patrimoine mondial». C'est bien ça?
Le Président (M.
Auger) : Moi, c'est ce que j'ai devant moi.
M. Coiteux :
C'est ce que vous avez devant vous. Alors, voilà. Je ne le retire pas, je le
garderais comme ça.
Le Président (M.
Auger) : Est-ce qu'il y a des explications supplémentaires
concernant...
Coiteux : Bien, les
explications supplémentaires, c'est qu'ayant retiré les mots «ville», «à
titre
de» puis en les remplaçant par
«quartier», qui est devenu «arrondissement» suite à nos discussions, il est
correct de dire «en tant que bien du patrimoine mondial» plutôt qu'«à
titre de bien».
Président (M. Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
...puis pour aider à la compréhension. Le patrimoine mondial fait aujourd'hui
référence à un arrondissement mais fait
référence à toute autre chose à travers le monde qui peut être désignée
patrimoine de l'UNESCO, et, lorsqu'on
le désigne, ça devient une possession de toute l'humanité ou de tout humain qui
le frôle et qui le parcourt. Alors, «en tant que bien du patrimoine» est
le meilleur libellé pour la reconnaissance.
Le Président (M.
Auger) : Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Juste pour fins de clore, peut-être un dernier mot. L'arrondissement historique
comprend le Vieux-Québec, une
partie du quartier Saint-Jean-Baptiste et une
partie du quartier Saint-Roch.
Le Président (M.
Auger) : Merci pour les informations. D'autres interventions
concernant cet amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais le
mettre aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 2 est adopté?
Le Président (M.
Auger) : Adopté. Nous allons reprendre avec l'article 2, mais on
avait eu une demande par Mme la députée de Taschereau. Puis je signale que, dans l'article 2, il y a
trois articles : 4, 4.1, 4.2. À l'intérieur de l'article 4, vous avez trois alinéas, et, dans le
deuxième alinéa, il y a quatre paragraphes. Donc, suite à votre
demande, c'était alinéa par alinéa. Dans ce cas-ci, on pourrait y aller sur
l'ensemble de 4, 4.1 et 4.2.
Maltais :
...qui mérite qu'on prenne un petit peu de temps, mais ça ne veut pas dire, je
le répète, là...
Le Président (M.
Auger) : O.K. On va procéder.
Maltais :
On fait juste regarder les termes, puis c'est tout.
Président (M. Auger) : Donc,
on va y aller avec 4. Je vais y aller avec le premier alinéa. Est-ce qu'il y a des interventions sur le
premier alinéa, qui se lit, en fait : «La ville de Québec est la
capitale nationale du Québec»? Non? Oui, M. le député de La Peltrie.
Caire :
Bien, je veux juste être sûr. Quand vous dites «alinéa par alinéa», donc, tout
ce qui concerne la modification à l'article 4, c'est un alinéa.
Président (M. Auger) :
L'article 4 est un
article à l'intérieur duquel vous avez des alinéas et des
paragraphes. Donc, en fait, si je prends le 4, vous avez trois alinéas et
quatre paragraphes, O.K.?
Président (M. Auger) : Donc,
le premier alinéa, est-ce qu'il y a des interventions sur... Je vais le lire,
parce que c'est très court : «La ville de Québec est la capitale nationale
du Québec.» Ça va?
Le deuxième alinéa
commence par «Elle est le berceau»; jusqu'à «mondial».
Président (M. Auger) : Oui.
Il y a même quatre alinéas, effectivement. Des interventions? Troisième alinéa,
donc : «Le territoire de la ville constitue...»
Maltais :
Un instant.
Le Président (M.
Auger) : Je suis votre demande, moi, là.
Maltais :
C'est beau. Merci.
Le Président (M.
Auger) : Ça va? Premier paragraphe.
Le Président (M.
Auger) : Pardon?
Maltais :
«Le territoire de la ville constitue le lieu privilégié et prioritaire».
Président (M. Auger) : Ça, c'est le troisième alinéa. Premier
paragraphe : «1° de l'accueil des dignitaires...» Est-ce qu'il y a
des interventions?
Maltais : M. le Président, on va jaser de «le territoire de
la ville constitue le lieu privilégié et prioritaire» d'abord.
Président (M. Auger) : Bien, il n'y a aucun problème. J'ai posé la
question. Moi, j'attends que vous me...
Maltais :
Bien, M. le Président, il faut nous permettre de lever les yeux, de vous
écouter, de vous entendre.
Le Président (M. Auger) : Donc,
troisième alinéa. Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Oui. «Le lieu privilégié et prioritaire». Quel
est le pouvoir qu'a véritablement maintenant le maire de la ville de Québec pour
discerner... ou comment on va discriminer ce qui est privilégié et prioritaire
de ce que le gouvernement pourra dire : Je considère que ce n'est pas
privilégié et prioritaire? Il va y avoir un débat, là, sur la place publique. Le maire a dit, d'ailleurs : Je vais avoir un pouvoir de contrainte. Comment on définit ces mots,
au gouvernement? Il doit y avoir une intention gouvernementale.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Oui, bien entendu.
Écoutez, oui, il a raison de soulever ça, que cet article-là doit avoir une
réelle signification. En fait, il va
demander au gouvernement du Québec de respecter la loi de la capitale nationale.
Puis, dans la loi de la capitale
nationale... puis pour bien comprendre «le territoire de la ville
constitue le lieu privilégié et prioritaire», il faut regarder ce qui
suit, là.
Ce n'est pas
le lieu privilégié et prioritaire de n'importe quoi, mais «de l'accueil des
dignitaires étrangers en visite au Québec»,
«des rencontres diplomatiques et des sommets gouvernementaux», «des grandes
rencontres politiques», on parle
du gouvernement, «des négociations importantes, de toute nature, auxquelles prend
part le gouvernement du Québec». Donc, ce sont les activités protocolaires, les
activités gouvernementales, les réunions gouvernementales habituelles.
Et on comprendra que, si jamais le ministère de la Forêt doit faire un sommet
dans une région forestière, il ne va pas dire : Regardez, il faut que ça se passe à Québec. Pas nécessairement.
Des fois, il va y avoir des vocations régionales. On s'entend, «privilégié et prioritaire» ne dit pas «exclusif»,
mais ça dit quand même ce que ça dit. Il faudrait avoir des bonnes
raisons pour ne pas systématiquement dire que, lorsqu'un premier
ministre français vient... que ça ne
sera pas à Québec qu'il va être accueilli. Il faudra avoir
des bonnes raisons pour dire que, s'il y a un grand sommet gouvernemental
organisé par le gouvernement du Québec qui
amène des dignitaires étrangers ou des délégations étrangères, ça devrait se
passer à Québec et pas ailleurs. Ça prendrait des solides raisons pour
expliquer ça.
Et donc cet
article-là pour Québec est important, là, ça vient dire au gouvernement du
Québec : Hé! vous avez une
obligation à l'égard de votre capitale nationale, vous devez la traiter comme
telle, comme d'autres capitales nationales du monde sont généralement
des lieux de rencontre privilégiés et prioritaires de ce type d'événements, de
ce type de rencontres, de ce type de réunions qui sont organisés par leurs
gouvernements.
Maltais : Hier, le ministère de l'Éducation a tenu une grande
consultation sur la réussite éducative avec les autochtones. Une fois
qu'on a adopté cette loi-là, est-ce que cette consultation doit être faite à
Québec?
M. Coiteux : Pas forcément. C'est
parce qu'on en prend un en particulier puis on dit : Celui-là, hors de
tout contexte, il doit être
obligatoirement... Je pense qu'il va falloir toujours tenir compte d'un
contexte, là, puis, dans le contexte autochtone,
je ne pense pas que ça devrait être interdit que, de temps en temps, on aille
les rencontrer là où ils sont. Ils ne sont
pas juste sur le territoire comme... la nation huronne Wendake, oui, a un
territoire ici, mais il est peut-être possible qu'un sommet devrait se
tenir avec la nation inuite, et puis il faudrait qu'on soit avec eux. Donc, pas
nécessairement forcément, mais on s'entend
qu'il faudrait que, de façon générale, le réflexe du gouvernement du Québec,
c'est que ces grandes rencontres là se tiennent à Québec.
Maltais : Donc,
dans ce cas-là, même s'il y a les Innus, les Montagnais, toutes les nations de
l'est du Québec sont ici, sont dans l'est du
Québec — il y a
la nation huronne-wendat ici — tout ça, si ça se tient à Montréal,
c'est normal. Je me demande jusqu'à quel
point on va avoir de quoi de contraignant si, même cette rencontre-là, un
sommet de nation à nation — les
autochtones sont des nations — dans une rencontre du ministère de
l'Éducation, vous nous dites : Bien, ça
se tient à Montréal, c'est correct, c'est normal, c'est justifié. C'est parce
que, si on justifie la distance par la distance, ça ne marchera jamais.
Je me demande
donc quel est le poids véritable de «lieu privilégié et prioritaire» si cet
exemple-là, qui, pour moi, est parlant, n'est même pas un exemple qui serait
considéré dans ce cas-là.
M. Coiteux : Bien, la première chose
que je dirais : C'est un exemple d'une réunion qui s'est tenue avant l'adoption de ce projet de loi. Donc, peut-être
que la planification de telles rencontres n'a pas tenu compte de ce
projet de loi, puisqu'il n'a pas encore été adopté. La question devrait
forcément, nécessairement, se poser.
Mais,
moi, l'exemple que je donnais, c'est dire : Est-ce que ça exclut que le
gouvernement du Québec aille à la rencontre des nations autochtones
ailleurs qu'à Montréal ou qu'à Québec? Oui, je ne pense pas qu'on serait en
train d'exclure cette possibilité par un tel article. Ce n'est pas ça qu'on
a comme intention, du moins. Mais on n'a surtout pas comme intention,
comme législateurs, de faire en sorte que ça soit un
article qui n'ait aucun
sens, qu'il n'y ait pas de répercussion pratique. Oui, il faut que ça en ait. Le réflexe, il ne
doit pas être autre que de dire : Bien, regarde, ça prendrait une bonne raison pour ne pas que ça soit à Québec
si c'est une réunion organisée par le gouvernement
du Québec. Une sacrée bonne raison.
Maltais : L'autre question
que je vais poser, c'est concernant ces mots-là, «privilégié et prioritaire».
Le maire de Québec n'est pas content... ou
les députés, puisque nous aussi, on a une loi maintenant
pour jouer dedans, là, puis pour prendre
comme point d'appui pour dire : Telle rencontre devrait se tenir à Québec, on
considère que ça aurait dû être le choix
de... pour cette rencontre, on aurait dû choisir Québec comme lieu privilégié
et prioritaire. À qui on s'adresse? Qui est le porteur de cette loi? C'est au ministre des Affaires municipales qu'on va grogner? À qui on va demander des réponses sur l'application
de «privilégié et prioritaire»? Qui va faire la reddition de comptes sur cela
au gouvernement?
Coiteux : C'est une bonne question,
mais ça s'adresse à l'ensemble du gouvernement, cette question-là. Ça ne s'adresse pas à un ministère en
particulier, ça s'adresse à l'ensemble de l'État québécois.
pense qu'on peut considérer que le ministère
concerné serait un lieu direct où poser la question : Mais, ma
foi, votre gouvernement a pris cet engagement,
c'est dans une loi, avez-vous une raison valable pour avoir été...
Apparemment, hein, parce qu'il
peut y avoir une raison qu'on n'est pas capable de soupçonner parce qu'on ne connaît pas le cas spécifique, là. Aviez-vous une bonne raison pour faire autre chose que ce que la loi
dit? Puis moi, je pense que ce type d'article dans une loi est là
pour avoir des effets, mais ensuite c'est à tous ceux qui sont intéressés à
voir la loi avoir des effets à soulever cet enjeu-là, puis je pense que c'est de cette manière que, je pense,
tout le monde va adapter ses pratiques en conséquence.
Maltais : Je suis d'accord
avec ça, M. le Président, mais j'essaie de savoir qui, au Conseil des ministres, va être chargé de dire : Problème... Qui est
chargé ensuite? Parce que la difficulté qu'on a, c'est qu'on déclare quelque chose sur la ville de Québec, mais il
y a un choix fait par le gouvernement.
On dit : «Le
territoire de la ville constitue le lieu privilégié et prioritaire...» Mais, à
partir de là, «privilégié et prioritaire», il y a
des ministres qui vont faire des choix. Est-ce qu'autour de la table du Conseil des
ministres c'est donc le ministre des
Affaires municipales, porteur de cette loi, qui va devoir dire aux
collègues : Attention! Tu es en train d'enfreindre la Charte de la
Ville de Québec?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Ça va de soi, M. le Président, ça va de soi.
Maltais :
Merci.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions sur cet alinéa? M. le député de
La Peltrie.
Caire : Oui, M. le Président. Pour faire un peu de millage.
Parce que le ministre dit : Bon, bien, pour interpréter cet
alinéa-là, il faut lire ce qu'il y a en dessous. Mais, justement, est-ce que,
par exemple, quand on parle d'accueil de dignitaires
étrangers en visite à Québec... au Québec, en fait... De mon point de vue, il
n'y a pas de bonne raison qu'il ne soit
pas accueilli à Québec. Quand on parle de rencontres diplomatiques ou des
sommets gouvernementaux, il ne devrait pas y avoir de bonnes raisons que ça ne se tienne pas à Québec quand on veut
vraiment renforcer le statut de capitale nationale.
Donc, la question que
j'ai envie de poser, c'est : Pourquoi on n'a pas utilisé l'expression
«lieu unique» dans ces cas-là?
Coiteux : Bien, parce que, là, ça ne permettrait pas de contextualiser
une situation, d'aucune manière, puis, dans certains cas, il pourrait y avoir des raisons tout à fait valables que
tout le monde comprendrait, y compris peut-être des députés de la région de Québec qui a priori préféreraient
que toutes les rencontres se tiennent à Québec mais qui pourraient quand même... Je veux dire, écoutez, dans ce
contexte-là, je comprends qu'il n'y avait pas moyen de faire autrement,
je comprends. Si on avait écrit «unique», ça ne permettrait pas de faire preuve
de ce jugement en fonction du contexte particulier.
Maintenant, le contexte particulier ne doit pas vider de son sens l'article.
C'est écrit «privilégié et prioritaire». Ce n'est pas écrit «est le lieu habituel» ou «le lieu préféré», c'est écrit
«privilégié et prioritaire». C'est quand même fort, là.
Parce
qu'il y a des gens qui pourraient, a contrario, dire : Écoutez, c'est bien
que trop fort, cette affaire-là, on ne sera
plus jamais capables de faire une rencontre ailleurs, les gens vont nous dire
que ça n'a pas de bon sens. Non, ça peut être possible dans des contextes particuliers, mais des contextes particuliers qui vont nécessiter une
justification. Puis c'est vrai que le
ministre responsable de la Charte de la Ville de Québec,
en l'occurrence le ministre des Affaires municipales, il va avoir la
responsabilité de dire à ses collègues : Faites attention! Et j'imagine
que le ministre responsable de la Capitale-Nationale va aussi vouloir dire : Écoutez, faites attention! Ça en
fait déjà deux. Bon, peut-être que, dans une configuration,
éventuellement, ça pourrait être la même personne. Ça peut arriver, ces
choses-là.
Mais,
ceci étant dit, ça fait, d'un point de vue de responsabilités ministérielles,
au moins deux personnes. Le maire honoraire
de la ville de Québec est le premier ministre. Peut-être que lui aussi, il va
se préoccuper de cette question-là de façon
toute particulière. Comprenez-vous? Je pense qu'on va créer une dynamique qui
va faire en sorte que les rencontres du
type de celles qui sont énoncées ici, lorsqu'elles ne vont pas se tenir à
Québec, elles vont nécessiter une justification pas mal plus serrée que
ce que ça serait le cas aujourd'hui sans un tel article.
Caire : Merci, M.
le Président. Oui, mais... puis
j'écoutais l'explication du ministre puis je comprends l'idée d'avoir une certaine flexibilité, mais on ne parle
quand même pas de toute l'action gouvernementale qui doit se passer à Québec, ce qui serait totalement déraisonnable, on
comprend. Mais, quand on parle d'accueil de dignitaires étrangers, que ça se fasse dans la capitale... C'est parce que
j'essaie d'imaginer, en même temps... je ne veux pas faire des amendements pour
faire des amendements, mais j'essaie d'imaginer des situations.
Est-ce qu'il
pourrait arriver une situation où, par
exemple, le premier ministre français serait reçu à Montréal... ou un dignitaire, parce qu'on en reçoit quand même quelques-uns,
là, pourrait être reçu à Montréal ou ailleurs au Québec? J'ai de la difficulté à voir... La même chose, tu sais, pour les grands
sommets gouvernementaux. Malheureusement, dans le passé, on a vu, trop souvent, de
ces événements-là tenus ailleurs qu'à Québec. Et jusqu'à quel point «privilégié
et prioritaire» ferait en sorte que le ministre
responsable de ce sommet-là, qu'on pense à des états généraux sur l'éducation,
par exemple, ou sur la santé ou... Bon, il
y a plein de domaines où on peut
tenir des grands sommets. J'essaie d'imaginer, par exemple... puis ma collègue y faisait référence un peu, bon, si on parle d'éducation,
de santé, on sait qu'il y a beaucoup
de centrales syndicales dont les sièges
sociaux sont à Montréal, où les acteurs sont beaucoup
à Montréal, et donc est-ce que ce ne serait pas plus simple,
justement, de le faire à Montréal, parce que la masse critique est plus à Montréal?
Et donc, là,
jusqu'à quel point «privilégié et prioritaire» viendrait contrecarrer cette
espèce de tendance naturelle qu'on
peut avoir d'aller dans ce genre... puis qu'on a vue dans le passé? Même chose
pour les grandes négociations, M. le Président, où on s'est dit : Bien, écoutez,
là, le premier ministre a son bureau à Montréal, puis les centrales
syndicales sont là, c'est plus facile de
réunir tout le monde. Jusqu'à quel point le «privilégié et
prioritaire» va faire en sorte qu'on va casser un peu cette façon de faire là puis dire : Non, écoutez,
là, ça, ça se passe dans la capitale, ça se passe à Québec?
Puis c'est là où je veux bien suivre
le ministre, mais je ne suis pas sûr que c'est assez
contraignant puis, en même temps, je comprends le besoin d'avoir un peu de
souplesse, là. Mais est-ce que ça, ça a été évalué, l'impact, la portée
juridique de ça?
M. Coiteux : Il y a des gens qui s'inquiètent exactement
de l'inverse, c'est-à-dire que ça va pratiquement rendre impossible que ça se fasse ailleurs qu'à Québec.
Donc, il y a, chez certains, la crainte inverse, que ça ne
donne pas assez de flexibilité. Moi,
je dis que ça donne un peu de flexibilité, donc que ça donne la capacité
d'avoir un peu de jugement dans certaines circonstances, dans des
contextes particuliers, mais il n'en reste pas moins que, «privilégié et
prioritaire», ça prend des très bonnes raisons pour que ça se fasse autrement.
Le député
de La Peltrie mentionnait les négociations, par exemple lorsque le Conseil du trésor négocie avec les grandes centrales syndicales. Je l'ai connu, moi.
L'année dernière, à peu près à pareille date, on était en train de finir
avec le Front commun. Il y avait
une alternance entre Québec et Montréal, c'est un fait, mais le Conseil du trésor est à
Québec, et puis, vers la fin, ça se passait pas mal à Québec. Puis là peut-être
que ça se passerait pas mal plus à Québec avec un
article comme ça que sans
article comme ça. Donc, moi, je pense que ça
fait bouger les choses vers Québec avec un
titre comme ça, «privilégié et prioritaire». Parce que c'est une chose que le
Trésor dise aux centrales syndicales — pour prendre l'exemple qui a été mentionné ici : Regardez, ça devrait se passer
à Québec. C'est une autre chose de dire : Non seulement ça devrait
se passer à Québec, mais c'est dans une loi que ça devrait se passer à Québec.
Il me semble que ça va faire du mouvement.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de La Peltrie.
Caire : J'entends ce que le ministre
dit, mais est-ce qu'il est prévu, à ce moment-là... ou est-ce qu'il y aura une possibilité d'avoir une certaine traçabilité? Parce
que, bon, on n'est pas au courant de toutes les négociations ou de toutes les rencontres. On n'est pas toujours
au fait de ça. Puis moi, j'aurais comme tendance à laisser une chance au
coureur puis dire : Bon, bien, c'est
correct, laissons passer l'alinéa dans sa forme actuelle. Mais est-ce qu'on pourrait, par exemple,
s'assurer qu'il y aura une espèce de
traçabilité de l'efficacité de ça pour dire : Bon, bien, vous voyez, là,
il y a eu tant de rencontres au Québec
dans ces champs d'application là, et les pourcentages x et y se sont
tenus à Québec, donc on peut penser que la loi a atteint ses objectifs? Ou, au contraire, la loi n'a peut-être
pas atteint les objectifs, puis il
y aura peut-être lieu, à ce
moment-là, de renforcer le libellé de la loi pour s'assurer, là, que c'est bien
compris.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : J'ai tendance à
penser que les autorités de la ville, notamment, les députés de la Capitale-Nationale, tous
partis politiques confondus, vont probablement surveiller ça étroitement, vont
faire leur travail. Je ne doute pas d'ailleurs qu'ils vont soulever même parfois des questions
à l'Assemblée, si nécessaire. Moi, je
pense que ça va créer un mouvement. Je pense sincèrement que ça va créer un mouvement. Sinon, on ne l'aurait pas écrit comme ça,
on l'aurait écrit d'une façon beaucoup plus ouverte laissant place à une
grande marge de manoeuvre.
Or, on l'a
écrit avec «privilégié et prioritaire». Je me souviens, quand ces lignes-là ont
été écrites, je ne nommerai personne,
là, mais il y a des gens qui ont dit : On veut vraiment
que ça soit si serré que ça? Bien oui, il
faut que ça soit serré comme
ça, c'est une capitale nationale.
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions sur le troisième alinéa? Sur le premier paragraphe?
Mme Maltais : ...dignitaires
étrangers en visite au Québec.
Président (M. Auger) : Oui.
Maltais : Je sais
que, cet automne, il y a eu le premier
ministre Valls qui est venu. Il y avait
Trudeau, notre premier ministre et M. Valls. La rencontre de travail s'est tenue
à Montréal. Ensuite, M. Valls est venu faire un bout
au Québec. Est-ce que ça changerait quelque chose ou c'est le genre de situation
qui s'applique à «non privilégié et non prioritaire»? Je prends des exemples
pour essayer de bien comprendre la portée de cette clause-là.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Je n'ai... et là
je n'étais pas mêlé de près à cette rencontre-là dans mes fonctions, là, moi,
je n'ai pas tous les éléments de
contexte qui me permettraient d'en juger à ce point dans le détail. Mais
supposons qu'un dignitaire étranger
ferait une visite au Canada, puis il est à Ottawa, puis, à cette
occasion, il se déplacerait de l'autre côté pour pouvoir avoir une rencontre, là, avec
un ministre québécois, puis c'était à Gatineau ou c'était à Montebello, puis ce
n'est pas vraiment une visite spécifique au Québec. Est-ce qu'on devrait absolument
s'interdire, là, de le rencontrer dans des circonstances
comme ça? Bon, je donne ça comme un exemple possible. Puis je ne dis pas que
c'est le seul exemple, là. Ça me vient à l'esprit comme ça. Bon.
Mais,
si le gouvernement du Québec invite un premier ministre français
ou un premier ministre d'un autre pays à visiter le Québec, à venir échanger avec le gouvernement du Québec sur des enjeux, peut-être négocier des choses,
je ne vois pas pourquoi ça se passerait autrement qu'à Québec avec un
article
pareil.
Mme Maltais : Ce qui arrive, la plupart du temps — ça,
ça va être mon autre commentaire là-dessus — simplement,
c'est que, comme les visiteurs étrangers traversent... ceux qui traversent
l'Atlantique, ils se disent : Tant qu'à y être, rencontrons le Québec,
rencontrons le Canada. Ou bien le Canada leur dit : Si vous allez au Québec,
vous passez par Ottawa. Ça, ça arrive très, très, très souvent.
Donc,
ce qui arrive souvent — je
le passe comme un commentaire — et
là où on va essayer peut-être d'être
encore plus vigilants, c'est qu'effectivement pas seulement des ministres... sur des ministres, je peux comprendre qu'il y a une rencontre, un ministre a une rencontre de travail à Montréal,
des fois, mais c'est souvent des premiers
ministres ou des présidents qui vont à Ottawa,
puis ils vont aller à Montréal, parce
qu'ils ne se rendront pas à Québec,
c'est comme vu comme plus un terrain
neutre, tandis qu'être accueilli à Québec, c'est être accueilli dans la capitale nationale
du Québec, devant son Assemblée nationale, dans son Assemblée nationale. Donc, cette pénible présence de la pression pour
venir à Ottawa d'abord et ensuite aller seulement à Montréal
affecte non seulement la ville, la capitale, mais elle affecte
aussi le statut de ce que doit être notre Assemblée nationale. Je passe le commentaire que c'est là-dessus justement,
l'écueil, il est là. Moi, qu'il y ait
un sommet de la forêt qui réunisse des intervenants très particuliers puis que ça soit dans une
région forestière, c'est déjà
arrivé, je n'en ai pas fait des boutons, mais, quand je vois ce petit jeu qui
ramène souvent les présidents et premiers ministres sur le territoire
montréalais et non pas dans notre Assemblée nationale, ça me dérange.
Ceci
dit, je remarque que, cette fois-là, puis ça, c'est un bon point pour le gouvernement, M. Valls s'est rendu jusqu'à Québec. La vie diplomatique s'est
effectuée comme elle doit s'effectuer. C'est tout.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions? Sur le deuxième paragraphe
maintenant.
Mme Maltais :
«Rencontres diplomatiques et des sommets gouvernementaux». Eh bien, M. le
Président, je souhaite que ça se passe, parce que ça, c'est beaucoup plus
difficile, puis c'est tous gouvernements confondus. C'est beaucoup plus
difficile, parce que, là, c'est la pression montréalaise qui existe, parce
qu'il y a beaucoup de monde à Montréal, mais
ce qui va arriver, c'est que, par exemple, quand c'est des sommets qui
réunissent beaucoup, beaucoup d'organismes
communautaires, ils ont moins de sous pour se déplacer, souvent c'est des
petites organisations, donc des fois ils
font de la pression pour les tenir à Montréal. J'ai déjà vécu la chose, c'est
pour ça que je ne jette pas la pierre, mais je considère que ça peut
être une bonne avancée que cet article.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions? Troisième paragraphe. M. le député de
La Peltrie.
Caire : Oui, M. le Président. Moi, sur le troisième
paragraphe, je voudrais déposer un amendement, parce que... En fait, je vous lis l'amendement, donc : À
l'article 2, remplacer le troisième paragraphe du troisième alinéa par
«des grandes rencontres politiques,
sociales, économiques et culturelles tenues à l'initiative du gouvernement du
Québec». La raison...
Le Président (M.
Auger) : ...
Caire :
Ah! O.K.
Le Président (M.
Auger) : Oui. Je vais suspendre. Après ça, vous allez donner
l'explication. Je vais en permettre la distribution.
(Suspension de la séance à
16 h 37)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. Mais, avant, M. le député de La Peltrie, dans le «remplacer», en fait, on va ajouter certains
éléments, là, pour la forme : Remplacer le troisième paragraphe
du troisième alinéa de l'article 4 remplacé par l'article 2
par — et
entre guillemets — «l'initiative».
Pas de «s». Donc, pour vos explications, M. le député.
Caire : Oui. Merci, M. le Président. Bien, écoutez,
plusieurs objectifs à cet amendement. D'abord, parce
que je trouvais initialement que les
«rencontres politiques», ça voulait dire beaucoup et rien en même temps, donc je voulais m'assurer qu'on
couvrait l'ensemble des secteurs possibles. Par exemple,
si on décide de tenir des consultations pour définir la prochaine grande politique
de l'eau, la grande politique culturelle, si on a des consultations sur :
le gouvernement veut changer le
mandat de Télé-Québec, par exemple, et c'est lié à son financement, alors tout
ce type de rencontre là, bon, est-ce
que c'est politique, est-ce que c'est culturel, est-ce que c'est économique?
Bien, ne nous posons pas la question et précisons ces questions-là. Et
l'autre chose qui est importante, c'est que c'est tenu à l'initiative du
gouvernement du Québec, parce qu'en même
temps on ne veut pas, par exemple, que... Remarquez que moi, j'en serais bien
content, là, mais j'en discutais avec
ma collègue de Taschereau, là. Que tous les congrès des partis politiques se
tiennent à Québec, j'en serais bien
heureux, là, c'est sûr que ça ferait du bon business, mais ce n'est pas ce qu'on
souhaite non plus. Donc, de préciser que ce sont les événements qui sont
tenus à l'initiative du gouvernement.
Alors,
l'objectif est de préciser ce paragraphe-là et de s'assurer qu'on est précis et
circonscrit, mais qu'en même temps on couvre l'ensemble des volets qui
peuvent amener des initiatives du gouvernement en matière de grandes
rencontres.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : J'ai des doutes, là, parce qu'il faut faire attention quand
même un petit peu aussi, là, voir quelle est l'intention. Puis ce n'est pas simple, là, quand on commence à jouer
avec les mots, qu'est-ce que ça peut vouloir dire pour les uns et pour les autres, «des rencontres».
Mais, des fois, on rencontre pour consulter, et, si je devais interpréter de
manière littérale cette formulation ici... Par exemple, moi, quand je vais
faire des consultations, dans toutes les régions, sur la révision des orientations en matière de vitalité
des territoires, je serais un peu mal pris parce qu'il faudrait que je
fasse des rencontres dans plusieurs régions
puis là je ne pourrais plus aller dans les régions. Si je devais interpréter
littéralement ça, il faudrait absolument que
tout le monde vienne me voir à Québec. Ou, les consultations sur la réussite
scolaire qui ont été tenues, là, au
cours des dernières semaines, le ministre s'est déplacé dans toutes les régions
du Québec pour voir les gens sur place,
est-ce que ces rencontres-là subitement deviendraient objet de... en fait,
elles ne pourraient avoir lieu qu'à Québec? Donc, il faudrait que tout
le monde s'en vienne à Québec.
C'est pour ça
que je préférerais nettement les «grandes rencontres politiques». Là, je
dis : Mais, si, au terme de tout ça,
il y a un grand sommet pour dire : Bien, on va définir une nouvelle
politique puis on va s'asseoir, tous ensemble, les grands partenaires, après, oui, peut-être que, là,
ça devrait être à Québec, là ce n'est plus une consultation dans toutes
les régions. Donc, autant «grandes
rencontres politiques», comme dit mon collègue, c'est large et c'est restrictif
à la fois, ça aussi, ça devient ou
très restrictif, parce que ça peut exclure des choses qui ne sont pas nommées,
mais, en même temps, très large, puis
là on se demande finalement qu'est-ce qu'on est en train de dire exactement
dans cet article.
Je serais hésitant, là, à changer «rencontres politiques» par un libellé
aussi large que ça.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de La Peltrie.
Caire : Bien, si je
peux convaincre le ministre... D'abord, on vient d'avoir cette discussion-là
sur «le lieu privilégié et prioritaire».
Donc, par rapport aux craintes légitimes que le ministre expose, là, sur le fait que, si j'ai à faire une
tournée des régions parce que
je suis à définir une politique du territoire, bien, on comprend que le «privilégié et
prioritaire» donne cette latitude-là à un ministre du gouvernement qui
aurait à se déplacer à l'extérieur de Québec, puis tout le monde va comprendre... puis les députés de
la Capitale-Nationale, le maire de Québec, tout le monde, je pense, va comprendre que ce contexte-là, justement l'interprétation du «privilégié et prioritaire»,
fait en sorte que la logique permettrait, en tout cas, de ce que moi,
j'en comprends, au ministre de faire
cette consultation-là de cette façon-là. Mais, dans sa forme actuelle,
moi, ce que je reproche à l'article, c'est
que les «grandes rencontres politiques»... Comme je l'ai dit, M. le
Président : Qu'est-ce que c'est,
une grande rencontre politique? À la limite, on aurait même pu... puis la
suggestion que j'ai entendue, c'est : Enlever «politiques», puis
dire «les grandes rencontres économiques, culturelles et sociales», puis
enlever carrément le mot «politiques», parce que les «grandes rencontres
politiques», là, ça ne nous dit pas grand-chose.
Dans
un autre ordre d'idées, les «grandes rencontres», encore là, je pense que ça
laisse une marge de manoeuvre aux
officiers du gouvernement. Tu sais, si on fait des consultations, bon, on veut
aller en région, on veut aller rencontrer les préfets de MRC, les maires de certaines municipalités parce qu'on est en
train de réfléchir à une politique x, tu sais, ce n'est pas une grande rencontre, c'est une consultation
des intervenants, on va dans leurs milieux puis on les rencontre, c'est correct. Je pense qu'on parle plutôt de quelque
chose avec plus d'envergure, plus de volume. En tout cas, ma crainte,
c'était qu'en n'étant pas assez précis,
quand on est trop flou, bien, on dit : Bien, ce n'est pas politique, c'est
culturel. Bien, ce n'est pas politique,
c'est social. Bien, ce n'est pas politique, c'est économique. Alors là, on se
dit : Bien, attends un peu, là, tu sais, à Québec, c'est important que, les actions du gouvernement, on
privilégie Québec. Puis c'est ça, la nature de ce qu'on vient de... puis c'est pour ça
que je dis : Bien, c'est correct, on va le laisser passer, au lieu
d'«unique», on va mettre «privilégié et
prioritaire». Mais, en même temps, je pense que ça nous oblige aussi, à ce
moment-là, dans les paragraphes suivants, à être peut-être un peu plus précis. Et je réitère «tenues à l'initiative
du gouvernement». Donc, on ne contraint pas les autres organisations qui pourraient vouloir, elles, avoir
des grandes rencontres politiques mais qui ne sont pas de l'initiative
du gouvernement, donc ils pourraient faire ce qu'ils veulent.
C'est
vraiment, là, pour amener le gouvernement à dire : Bon, bien, je vais
respecter le statut de ma capitale sans menotter complètement les
officiers. Moi, je pense que cet amendement-là apporte, oui, certaines
restrictions mais aussi des précisions qui vont faire en sorte que ça n'ira pas
dans toutes les directions.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
...pas mes doutes.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de La Peltrie.
Caire : Bien, je ne ferai pas un débat éternel, M. le
Président. Si le ministre n'est pas convaincu... Je pourrais continuer à
parler pendant encore 15 minutes. S'il n'est pas convaincu, il n'est pas
convaincu. Je pense que ça vient préciser le
troisième paragraphe. Je pense que ça aurait l'avantage d'être plus clair, plus
précis : moins d'échappatoires pour
les membres du gouvernement, plus de latitude pour ceux qui ne sont pas du
gouvernement à dire : Bien, on n'est pas du gouvernement, donc nous,
on peut faire ce qu'on veut, puis peut-être un peu plus aussi renforcer l'idée
que le gouvernement a cette obligation de respecter sa capitale en tenant ces
grandes rencontres dans la capitale.
Moi, je pense que cet
amendement-là atteint cet objectif-là, puis, si le ministre n'est pas d'accord,
bien...
Le Président (M.
Auger) : Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Oui, M. le Président. Écoutez, il y a peut-être
quelque chose à faire avec l'idée du collègue qui est que, bon, les «grandes rencontres
politiques»... Je pense à nos congrès de parti politique. Nous autres, on le
fait en alternance : une fois à
Québec, une fois à Montréal. C'est quand même 3 000 personnes. On essaie
de partager. Pourquoi? Parce que les
frais sont à nos membres, aux membres des partis politiques. On en a quand même
entre 70 000 et 80 000, puis
il en vient 3 000 dans un congrès. Alors là, c'est un peu vague. «Des
grandes rencontres politiques» pourraient vouloir dire «les rencontres
des partis politiques». Oui, oui, oui, il n'y a rien qui dit que c'est
gouvernemental là-dedans.
Alors,
ce que je propose, c'est que je trouverais ça intéressant de prendre la
deuxième partie... de mon collègue, qui dit «tenues à l'initiative du
gouvernement du Québec», puis on viendrait tout régler le problème. Sinon, les
«grandes rencontres politiques», il n'y a rien là-dedans qui nous dit que c'est
une obligation gouvernementale. Ça fait que moi, j'ajouterais «tenues à
l'initiative du gouvernement du Québec» si on tient à «grandes rencontres politiques».
Personnellement, j'avais déjà
«sommets gouvernementaux», je considérais qu'il y avait déjà une
bonne
partie de couverte, mais, si on
garde «rencontres politiques», ça vaudrait la peine de dire «tenues à
l'initiative du gouvernement du
Québec». Je trouve que mon collègue tenait un point là-dessus avec lequel
j'étais d'accord.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Bien, pour moi,
honnêtement, c'était implicite, là, que les grandes rencontres politiques...
tenues à l'initiative du gouvernement du Québec, surtout quand on prend
l'ensemble de l'article, l'accueil des dignitaires étrangers, les négociations
auxquelles prend
part le gouvernement du Québec. On comprend, là, que c'est
l'univers gouvernemental qui est visé, là, par cet article-là.
Ça ne s'applique certainement pas aux partis politiques, là. Ce
n'est pas une loi qui dit aux partis politiques comment se comporter avec la ville
de Québec. C'est le gouvernement face à la ville. Ça, c'est certain.
Maltais : Mais ce n'est pas
ça qui est écrit, M. le Président. Moi, une loi, il faut que ce soit bien écrit.
C'est écrit «des grandes rencontres politiques», ensuite tu as «négociations
importantes, de toute nature, auxquelles prend
part le gouvernement du Québec». Ça fait qu'ou bien on me dit que le
point-virgule lie le gouvernement du Québec
ou bien... mais il n'est pas écrit que c'est
les rencontres politiques tenues à l'initiative du gouvernement du Québec. Ça
fait qu'il y a un réarrangement peut-être à
faire, là, à moins qu'on dise : Des grandes rencontres politiques et des
négociations importantes, de toute nature,
auxquelles prend
part le gouvernement du Québec. Si on lie les deux, je viens
d'avoir «le gouvernement du Québec» tout de suite. On enlève le 4°, «des
grandes rencontres politiques» et «des négociations importantes, de toute
nature, auxquelles prend
part le gouvernement du Québec», puis là tu viens de
lier ça, puis là «rencontres politiques» est lié.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Honnêtement, je ne vois pas de grands problèmes avec ça.
C'est-à-dire, on supprime un alinéa, puis on le met dans le 4°, qui deviendrait le 3° : «des grandes
rencontres politiques», «des négociations importantes, de toute nature,
auxquelles prend
part le gouvernement du Québec». Je ne pense pas que ça change
l'esprit de...
Mme Maltais : M. le Président, ça ne
change pas l'esprit, ça change la lettre en mosus, par exemple.
Le Président (M. Auger) :
Donc là, il faudrait disposer de l'amendement du député de La Peltrie dans
un premier temps et, par la suite, représenter un nouvel amendement.
Donc, est-ce qu'il y
a d'autres interventions sur l'amendement du député de La Peltrie?
Président (M. Auger) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
votre amendement? Sinon, je vais le mettre aux voix. Et, par la suite,
on pourrait...
Caire :
...dernière intervention, puis le point est bon, ça reste que, tu sais, dans le
cas du paragraphe 3°, le ministre nous dit : C'est implicite. Mais,
dans le cas des paragraphes 2° et 4°, c'est quand même spécifié que c'est à
l'initiative du gouvernement. Donc, pourquoi on le précise dans le
paragraphe 2°, dans le paragraphe 4° puis dans le paragraphe 3°? Ça devient implicite. Moi, je pense
que, dans l'interprétation qu'on pourrait faire de ça, un juriste
pourrait dire : Bien, écoutez, si le
législateur avait voulu préciser que c'étaient les grandes rencontres
politiques du gouvernement, il l'aurait
précisé comme il l'a fait, parce qu'il y a les règles d'interprétation de la
loi puis le législateur ne parle pas pour ne rien dire. Donc, dans le paragraphe 2°, on le spécifie, dans le
paragraphe 4° on le spécifie, dans le paragraphe 3° on ne le spécifie pas. Donc, la règle d'interprétation
serait probablement à l'effet que c'est parce que le législateur ne voulait
pas limiter ça aux seules rencontres du
gouvernement tenues à l'initiative du gouvernement. C'est probablement
l'interprétation qu'on pourrait faire, M. le Président.
Puis
la question que je pose au ministre : Quel est le mal à préciser la pensée
du législateur? Moi, je pense qu'au contraire plus la loi est claire,
mieux elle s'interprète.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : J'ai besoin de consulter mes gens derrière, parce qu'on est
en train... Moi, je pense que l'esprit n'est pas affecté, et quelqu'un d'autre dit : La lettre. Mais, à ce
moment-là, qu'est-ce que ça veut dire? Est-ce qu'on est en train de dire
autre chose? Un autre dit : Il faut ajouter plus de mots. Je pense que
j'ai besoin d'une petite consultation.
Le Président (M.
Auger) : Je vais suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
16 h 54)
Le Président (M.
Auger) : Nous reprenons nos travaux. M. le ministre.
Coiteux : M. le Président, j'ai consulté mes avocats, et on pourrait déplacer les «grandes
rencontres politiques» dans l'alinéa
4°, là, ce qui nécessiterait un amendement que j'ai demandé de préparer, et le nouveau 3°,
donc, qui résulterait d'un tel amendement
si on l'adopte, ça serait : «des grandes rencontres politiques,
des négociations importantes, de toute nature, auxquelles prend
part le
gouvernement du Québec», et ça serait comme plus compact.
Président (M. Auger) : Mais,
avant d'y arriver, nous devons disposer de l'amendement du député de La Peltrie. Donc, il y a deux choix : soit que vous retiriez votre amendement
si ce qui est présenté par le ministre vous convient ou soit qu'on passe au vote,
là, le temps venu.
Caire :
M. le Président, compte tenu du fait que ça me satisfait partiellement, je
n'ai pas l'intention de retirer mon amendement, parce que je continue à dire que les «grandes rencontres politiques»,
ça laisse une très, très, très
large interprétation de ce qu'est une grande rencontre politique, et, à mon
avis, cet élément-là du paragraphe aurait intérêt à être précisé.
Mais je suis prêt à
passer au vote, M. le Président, par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Auger) : Mais, avant, est-ce que, Mme la députée de Taschereau, vous
aviez une autre intervention concernant l'amendement du député?
Maltais :
Simplement dire que j'étais d'accord avec la proposition du collègue de La Peltrie, ça fait que je vais voter pour, mais qu'ensuite je trouve qu'il faut
quand même préciser. Donc, on passera à l'amendement du ministre, qui me semble au moins préciser ça.
Président (M. Auger) : Donc,
nous allons passer au vote concernant l'amendement présenté par le député de La Peltrie.
Par vote nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Oui. Alors, pour, contre, abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : M. Coiteux (Nelligan)?
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Chauveau)?
La Secrétaire :
M. Morin (Côte-du-Sud)?
La Secrétaire :
M. Rousselle (Vimont)?
M. Rousselle :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Maltais (Taschereau)?
Maltais :
Pour.
La Secrétaire :
M. Ouellet (René-Lévesque)?
La Secrétaire :
M. Auger (Champlain)?
Le Président (M.
Auger) : Abstention.
La Secrétaire :
L'amendement est rejeté.
Le Président (M.
Auger) : L'amendement est rejeté. M. le ministre, vous avez un amendement
à présenter.
Coiteux : Oui, on a un amendement,
je pense. Est-ce qu'on l'a déjà distribué ou c'était en voie de... On va
le distribuer avant que je le lise.
Le Président (M.
Auger) : Oui. Je suspends les travaux.
(Suspension de la séance à
17 h 2)
Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux, M. le ministre, avec la présentation de votre amendement
à l'article 2.
Coiteux : Oui. Alors, ça
consiste à remplacer les paragraphes 3° et 4° du troisième alinéa de l'article 4,
qui seraient remplacés par... Excusez-moi.
Remplacer les paragraphes 3° et 4° du troisième alinéa de l'article 4
remplacé par l'article 2 par le paragraphe suivant :
«3° des grandes
rencontres politiques et des négociations importantes, de toute nature,
auxquelles prend
part le gouvernement du Québec.»
Le Président (M.
Auger) : Merci. Des interventions? M. le député de La Peltrie.
Caire :
Oui, M. le Président. Si on fait ça, ça veut dire qu'une rencontre organisée
par le mouvement communautaire, par exemple,
mais pour laquelle le gouvernement serait invité devrait avoir lieu à Québec. Ça fait que je veux juste avoir un peu le... Parce
que mon amendement
à moi, initialement, c'était : «à l'initiative du gouvernement».
Donc, si c'est le gouvernement qui est l'initiateur, là on le fait à Québec.
Mais ça, ça veut dire que toute autre grande rencontre politique qui serait à
l'initiative de n'importe quelle organisation, si le gouvernement était invité,
ça doit se faire à Québec. C'est ça?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Habituellement. Mais des grandes rencontres, pas des petites rencontres.
Caire :
Je voulais être sûr qu'on comprenait ça comme il faut parce qu'il y avait quand
même une subtile nuance par rapport à ce que moi, je proposais, où il fallait que le gouvernement soit l'initiateur. Donc, par
exemple, la Chambre de commerce de Montréal
décide de faire une grande rencontre sur je ne sais pas quoi, on trouve que
c'est une grande rencontre politique, la ministre du Développement
économique est invitée, à partir de là il faudrait que la Chambre de commerce de Montréal l'organise à
Québec. Moi, remarquez, ça fait mon bonheur, je n'ai pas de problème
avec ça, là. Mais c'est l'interprétation que j'en fais. Je ne sais pas si le
ministre fait la même interprétation que moi.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Oui, dans le libellé
qui est là : les grandes rencontres politiques, les négociations
importantes.
Président (M. Auger) :
D'autres interventions sur cet amendement? S'il
n'y a pas d'autre intervention, je
vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 2 est adopté?
Président (M. Auger) : Adopté.
Nous reprenons au quatrième alinéa de l'article 4 de l'article 2, bien
sûr. Oui, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le
Président, au troisième alinéa, j'avais un amendement, je voulais ajouter...
bien, en fait, initialement, c'était un cinquième paragraphe, mais là ce sera
donc un quatrième paragraphe.
Le Président (M. Auger) : Bien sûr.
Allez-y pour la lecture.
Caire : Alors, à l'article 2, ajouter un quatrième paragraphe
au troisième alinéa qui serait : «de
résidence du premier ministre».
Donc, on
dirait que «le territoire de la ville
de Québec constitue le lieu
privilégié et prioritaire [...] de résidence du premier ministre».
Le Président (M. Auger) : Je vais
suspendre quelques instants pour en permettre la distribution.
(Suspension de la séance à 17 h 7)
Le Président (M. Auger) : Nous
allons reprendre nos travaux concernant l'amendement présenté par le député de
La Peltrie à l'article 2.
Juste une petite correction de forme dans la
phrase : Ajouter un quatrième paragraphe au troisième alinéa de l'article
4 remplacé par l'article 2; et, entre les guillemets, «de résidence du premier
ministre».
M. le député de La Peltrie, pour vos
explications.
Caire :
Oui. Merci, M. le Président. Écoutez, c'est un vieux débat à Québec :
Est-ce que la capitale nationale doit
être le lieu de résidence du premier ministre? On a discuté de ça à de
nombreuses reprises. Il y a eu toutes sortes de propositions. Que le gouvernement acquière le domaine Cataraqui, qu'on
en fasse le lieu de résidence du premier ministre; pour toutes sortes de raisons, cette solution-là
n'a jamais été mise de l'avant. Sous le premier ministre Landry, il me
semble, on avait acquis la maison sur la rue
des Braves qui avait été habitée par le premier ministre Parizeau. Après ça, un
peu plus tard, on avait décidé de vendre...
parce que c'est la Commission de la capitale nationale qui administrait les
lieux, on avait décidé de vendre ça.
Là, après ça, on avait... on a encore actuellement, là, jusqu'à tout récemment...
en fait, jusqu'à ce jour, on a, à
l'édifice Price, l'appartement de fonction du premier ministre. Mais tout ça se
fait un peu au gré des volontés politiques,
M. le Président, puis je pense qu'il serait important... En tout cas, si on
juge important que le premier ministre du
Québec soit maire honoraire de la ville de Québec, à plus forte raison, je
pense qu'il serait important, pour cristalliser le statut de capitale, de s'assurer que le lieu de résidence du premier
ministre soit sa capitale et que tout ça ne se déplace pas au gré des
volontés politiques.
Alors, je
trouvais cet amendement-là important, parce que ça vient, effectivement,
consacrer cette question-là et, à mon
avis, ça vient clore le débat de façon définitive. Le lieu de résidence du
premier ministre, c'est sa capitale, et donc, à partir de là, on met à sa disposition les lieux nécessaires. Donc,
voilà, M. le Président, ce n'est pas plus compliqué que ça, mais je
pense que c'était important de s'assurer qu'on pose ce geste-là.
Président (M. Auger) : Oui. Vous voulez avoir une intervention, M. le
député de Louis-Hébert? J'ai besoin d'un consentement pour
l'intervention du député de Louis-Hébert. Consentement? Consentement. M. le
député de Louis-Hébert.
Hamad :
Merci. Puisqu'on parle de l'histoire un peu, j'aimerais ça clarifier et
peut-être humblement faire quelques petites
corrections sur l'histoire, parce que c'est important pour le débat
parlementaire ici de connaître l'histoire comme il faut.
En fait,
c'étaient la chambre de commerce et les gens de Québec, dans le temps, qui
demandaient une résidence d'un
premier ministre au Québec et c'était la chambre de commerce qui a payé la
maison, la résidence, dans le temps du premier ministre Parizeau, qui
était à Québec. Et, par la suite, dans l'histoire, en fait, c'était M. Bouchard
qui était devenu premier ministre du Québec, et M. Bouchard ne voulait pas
nécessairement résider à Québec, et finalement la chambre de commerce a vendu la maison. Et, autour de ça, on se rappelle,
là, il y avait plein d'histoires sur la résidence. Mais, après, le
premier ministre Landry... et c'était une très bonne décision, dans le temps,
de dire qu'on va avoir une résidence de
fonction du premier ministre à Québec. C'est là qu'on a choisi l'édifice Price.
Et, cette résidence-là, M. Landry l'a
occupée... M. Charest, Mme Marois et le premier ministre actuel. Et c'est une
histoire qui a fait... on a roulé là-dessus pendant des années. La
députée de Taschereau était députée dans le temps, ministre aussi, elle se
rappelle ces histoires-là. Puis il faut être
prudent là-dedans. Par expérience — je vais juste parler de l'expérience de la
région, des gens de la région, les
chambres de commerce, les gens d'affaires, le milieu politique dans le
temps — il y a
une différence entre résidence de fonction et résidence. Alors, on est,
avant tout, députés de notre région, de notre ville. Et pas nécessairement un député de Québec devient premier
ministre, mais on peut être un député de Roberval premier ministre, puis on a une résidence, évidemment, dans notre
comté puis on veut être dans notre comté. Donc, l'idée de la résidence
qui a été faite par le Parti québécois dans
le temps, par M. Landry, c'était : une résidence de fonction où, à
titre
de premier ministre, il reçoit les
gens, reçoit son monde, réside là pendant qu'il est à Québec. Mais ce n'était
pas nécessairement une résidence
dans, mettons, Cataraqui ou avoir une maison où... va payer cette maison-là
dans le contexte actuel. C'était plus ce qu'on a actuellement.
Donc, juste
faire la clarification entre une résidence de fonction et une résidence comme
telle où on va amener nos familles.
Exemple, M. Bouchard, avec tout le respect que j'ai pour M. Bouchard, dans le
temps, pour conditions familiales, et
je sais de quoi je parle, il ne voulait pas amener les enfants à Québec, parce que
l'épouse, elle voulait rester à Montréal avec les enfants, etc. Alors donc, il peut y avoir des conditions
particulières pour un premier
ministre qui veut garder sa famille dans son comté, dans
son endroit.
Mais la
formule actuelle, elle va très bien. Puis je pense qu'il y a eu deux, trois...
si je les compte, quatre premiers ministres,
actuellement, qui ont occupé ces résidences-là. Et, pour avoir été dans ces
résidences-là, ça fonctionne bien. Puis même, quand il va y avoir des accueils protocolaires, bien, on a la
place pour le faire. Donc, pour le rôle de la capitale nationale, je
pense que, la résidence, on l'a réglée. Puis d'ailleurs la chambre de commerce
était le leader dans cette question-là depuis 20 ans, en passant... 20 ans et
plus. 20 ans.
Hamad :
Exactement, 20 ans. Et donc, là, la région de Québec n'est plus maintenant la
résidence, mais plutôt ce que mon
collègue le ministre a présenté, c'est plutôt... il l'a mis dans la loi,
d'ailleurs, c'est les événements importants que Québec ait lieu. Ça, je pense, les gens de Québec sont contents de voir
qu'il y a des événements importants dans la région de Québec, où le
gouvernement doit tenir à Québec.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de La Peltrie.
Caire :
Oui. Bien, M. le Président, je n'ai rien à redire sur ce que mon collègue de
Louis-Hébert vient de dire. Tout à fait d'accord. L'idée de
l'amendement, c'est de concrétiser ça, de le mettre dans une loi puis de faire
en sorte qu'au-delà des volontés politiques
le statut de capitale vient avec cette notion-là. Puis d'ailleurs je suis tout
à fait ouvert à modifier l'amendement
puis à dire que ce soit : de résidence de fonction du premier ministre,
là. Moi, je n'ai pas d'objection majeure
là-dessus, parce que je comprends puis j'adhère aux arguments que mon collègue
vient de mentionner, parce que j'ai aussi été un témoin privilégié de
tout ce débat-là.
Mais, au-delà
de ça, je pense que ce qui est important pour la capitale, c'est de s'assurer
que la capitale soit le lieu de résidence
de fonction du premier ministre, ça ne soit pas laissé à la volonté politique
d'un individu avec les contraintes que
mon collègue a soulevées, avec lesquelles je suis d'accord, puis avec la
flexibilité que mon collègue a soulevée, et avec laquelle je suis
d'accord. Mais, de s'assurer que, dans son statut de capitale, on reconnaisse
que la ville de Québec, la capitale nationale, c'est le lieu de résidence de
fonction du premier ministre, je n'ai pas de problème avec cette notion-là si
les collègues...
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée de Taschereau.
Maltais :
Bien, moi, j'apprécie que le collègue de Louis-Hébert soit venu, effectivement,
nous rappeler ce qui s'était passé. C'est une histoire qu'on connaît
bien. C'est sûr que, pour moi, d'abord, c'est «résidence officielle». D'habitude, on dit «résidence officielle». La
résidence officielle, c'est la résidence de fonction. Il faut au moins que
la résidence officielle... C'est une bataille qui a été gagnée par à peu près
tout le monde de la région, là, puis le député de Louis-Hébert en a fait
partie, de cette bataille-là. Donc, c'est important.
Maintenant,
la phrase ne serait pas placée au bon endroit. Moi, je me préparais à en parler
mais à 4.1. Pourquoi? Parce que ce
que ça viendrait dire... Si on lit la loi comme notre collègue veut l'amender,
ça donnerait : Le territoire de la ville constitue le lieu privilégié et prioritaire de la résidence officielle
du premier ministre. Ce n'est pas le lieu privilégié et prioritaire, c'est :
La capitale nationale est le lieu de résidence officiel du premier ministre du
Québec. Ça fait que le mettre sous le
chapeau «privilégié et prioritaire», ça ne marche pas. C'est pour ça que
j'écoutais, mais je me disais : Mais je ne vais pas là, moi, je ne veux pas le mettre là. Si on veut ajouter
quelque chose, on doit l'ajouter soit à la fin de l'article 4... mais
moi, je le mettrais à 4.1, parce que c'est là où on parle de la présence du
premier ministre dans la ville.
On dit, à
4.1 : «Tout nouveau premier ministre du Québec, le plus tôt possible après
son assermentation, est reçu à l'hôtel
de ville de la capitale pour en être fait maire honoraire.» Avant ça, avant cette
phrase-là, au-dessus, je mettrais : La ville de Québec est le lieu de résidence officiel du premier ministre du
Québec. Tout nouveau premier ministre est reçu à l'hôtel de ville. J'aurais mis ça comme ça. Je trouvais que ça allait
mieux là. Mais «privilégié et prioritaire» ne peut pas s'appliquer à la
résidence officielle du premier ministre du Québec.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Louis-Hébert.
Hamad :
Bien, en fait, on s'entend, là, sur l'objectif qui est déjà là, c'est juste
officialiser ce qu'on vit. Là, on est
dans les mots, puis les mots sont importants
dans une loi. «Résidence officielle» puis «résidence de fonction», pour moi, c'est une différence. «Résidence officielle»,
c'est ma résidence. C'est : la maison où M. Parizeau habitait,
c'était une résidence officielle. «Résidence
de fonction» : on veut dire que, quand le premier ministre exerce des
fonctions à Québec, c'est sa résidence
de fonction. Et d'ailleurs, je me souviens très bien, j'étais président
de la chambre de commerce, puis les
mots de M. Landry, c'étaient plutôt «résidence de fonction», et je pense que
c'est plus clair pour tout le monde, parce qu'on ne veut pas obliger quelqu'un
qui ne veut pas rester ici. On veut qu'il dépense à Québec, mais on ne veut pas
nécessairement amener tout le monde ici, à Québec.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de La Peltrie.
Caire : Merci, M.
le Président. Bien, je suis aussi
d'accord avec la «résidence de fonction». Ceci étant dit, pour l'intervention de ma collègue de Taschereau, la raison pour laquelle je le mettais à cet
endroit-là, sur «le territoire de la ville
de Québec constitue le lieu privilégié et prioritaire»,
c'est justement pour respecter les arguments de mon
collègue de Louis-Hébert, avec lesquels
j'étais d'accord, qui font en sorte qu'un premier ministre du Québec
pourrait, pour des raisons
personnelles, décider de ne pas déménager sa famille, pourrait décider, bon,
lui... on a parlé du premier
ministre Bouchard, qui ne souhaitait pas s'établir avec sa famille de façon
permanente à Québec, pour des raisons qui lui appartiennent. Ça, moi, je
respectais cette volonté-là.
Ceci étant dit, justement parce qu'on a eu cet argument-là avec le
«privilégié et prioritaire», «de la résidence», bien, je voulais amener cette notion-là, que, dans le cadre de ses
fonctions de premier ministre, quand il est à Québec, sa résidence, bien, c'est la résidence de fonction.
Donc, personnellement, je le maintiendrais là où je l'ai mis, mais je
serais tout à fait disposé, si les collègues le souhaitent, à apporter un sous-amendement
à mon amendement pour qu'on puisse ajouter «résidence de fonction du premier
ministre».
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée de Taschereau.
Maltais : Je fais juste le
noter à mon collègue, parce qu'il m'a convaincue, puis là je suis allée voir
sur le site de l'Assemblée nationale, et c'est écrit : La
résidence officielle du premier ministre . Et on parle de la
résidence officielle du premier ministre sur
le site de l'Assemblée nationale, dans Par ici la démocratie. Ça fait que, là,
je suis peu embêtée. J'étais
convaincue par son plaidoyer, puis c'est vrai qu'on parle de résidence, mais on
parle toujours de résidence officielle
dans le sens d'officialiser la fonction de premier ministre. On parle souvent
de la résidence officielle du premier ministre du Canada aussi, à mon
souvenir, on ne parle pas de résidence de fonction, puis, sur le site de
l'Assemblée nationale, c'est «résidence officielle».
Ceci dit, je
tiens à dire que ça ne peut pas être sous le chapeau «privilégié et
prioritaire». N'importe quel autre endroit dans la loi où on n'est pas
subordonné à ça me va.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Oui. Regardez, M. le Président, puisque les mots peuvent
être interprétés de différentes façons... Puis, si on prend l'exemple d'Ottawa, c'est vraiment la résidence de toute
la famille, là, ce n'est pas ailleurs que là, ils habitent là. Donc, dans le cas du premier ministre
actuel au Canada, même s'il est député d'un comté montréalais, il ne réside pas à Montréal, il réside à Ottawa. Je ne
pense pas qu'on veuille changer la pratique, là, des premiers ministres
qui sont députés d'un comté qui peut être dans quelque région du Québec que ce
soit mais qui, lorsqu'ils sont à Québec, ont une résidence de fonction. Donc,
si on prenait le terme «résidence de fonction», il n'y aurait aucune ambiguïté
là-dessus. C'est pour ça que, si on fait un tel amendement, je souhaiterais que
ça soit «résidence de fonction».
Je conviens aussi avec la députée de Taschereau
que l'endroit n'est pas dans «le lieu [de rencontre] privilégié et prioritaire»,
qu'il y aurait probablement lieu de le mettre en quelque part dans le 4.1. Je
ne sais pas, là. Ça dépend comment c'est rédigé.
Mme Maltais : ...collègue
qui avait eu l'idée de l'ajouter, a été le premier à en parler. Peut-être qu'on
peut le laisser trouver l'endroit qui aura sa faveur.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, s'il y a consensus pour qu'on le
mette ailleurs, moi, je suis prêt à retirer l'amendement puis à en discuter avec les collègues. Ce qui est
important pour moi, c'est le résultat final, qu'on fasse en sorte qu'il y
ait, à Québec, une résidence de fonction qui
constitue la résidence de fonction du premier ministre et que ça ne soit pas
soumis à quelque volonté politique que ce soit. C'est ça, l'objectif. Puis, à
partir de là, je pense que, si on prend le temps d'en discuter, on trouvera un
compromis qui va faire l'affaire de tout le monde, là.
Donc, en conséquence,
M. le Président, je retire mon amendement.
Le Président (M.
Auger) : Est-ce qu'il y a consentement pour le retrait de
l'amendement?
Caire :
Mais je vous demanderais, suite à ça, M. le Président...
Le Président (M.
Auger) : Consentement pour le retrait de l'amendement?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M.
Auger) : Merci. Donc, l'amendement est retiré.
Caire :
...de suspendre quelques minutes, histoire qu'on puisse avoir les discussions.
Le Président (M.
Auger) : Juste avant de suspendre, M. le ministre.
Coiteux : ...parce qu'on a des experts ici qui pourraient aider à la
rédaction d'un tel amendement, pour être certain que, sur le plan de la
concordance juridique, puis de l'endroit, puis des thèmes, on soit tous
rassurés.
Le Président (M. Auger) :
Excellent! Je suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à
17 h 25)
Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. Sur le quatrième alinéa à l'article 4, est-ce qu'il y a des interventions? M. le
député de La Peltrie.
Caire :
Ah! Oui.
Le Président (M.
Auger) : Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Oui. Là,
on est rendus à : «La ville peut faire toute dépense utile à affirmer et à
soutenir le statut qui lui est
consacré par le présent article.» Je veux comprendre le sens de ça, parce que
la ville a déjà ce pouvoir-là. D'ailleurs, dans le passé, le gouvernement du Québec lui
donnait... Ça a commencé sous Jean-Paul L'Allier avec un 5 millions de dollars qui allait pour les activités
à
titre de capitale nationale. Est-ce
que c'est ça qu'on vise ou si on
vise plus large que ça?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Bien, c'est parce que,
là, on lui accorde, de façon légale, le statut de capitale nationale, donc ça va au-delà de ce qu'il y avait jusqu'à maintenant.
Puis ce statut-là en soi ne l'autorise pas à engager des dépenses pour
assurer ce qui est cité dans cet
article
2. Toute dépense qu'elle juge utile. Donc, on vient confirmer que ces
dépenses-là sont tout à fait en lien avec sa fonction de capitale
nationale.
Maltais :
Mais qu'est-ce qu'elles seraient, ces dépenses? Quel type de dépense envisagée
demande d'avoir cette phrase-là? Je ne
comprends pas véritablement. Je ne suis pas contre, là, je veux comprendre
puis je veux comprendre le... à l'intérieur de ces sommes, ça va... bon, il va y avoir une reddition de comptes au conseil de ville, ça, il n'y a pas de problème, mais c'est
quoi, ça?
Coiteux : Ça peut être plusieurs choses, hein, ça peut être
qu'elle-même voudrait contribuer à certaines dépenses
liées à l'accueil de dignitaires étrangers, parce qu'ils ont assumé
certaines dépenses, parce qu'ils ont reçu ou ils ont préparé les rues. Je ne le sais pas, ça peut être toutes sortes de
choses, peut être des éléments avec la police de Québec qui
auraient dû encourir un certain nombre de dépenses pour soutenir le rôle de capitale
nationale. On ne veut pas l'écrire de façon qui soit trop restrictive, là.
Donc, c'est une disposition d'ordre plus général.
Maltais : Mais, M. le Président, ça se fait déjà. Je veux comprendre pourquoi on ajoute ça, qu'est-ce qu'on vise. Si on prend la peine d'ajouter quelque chose, c'est parce qu'il y a un objectif. Parce que la
ville a déjà le pouvoir de dépenser
en fonction de ce qu'elle est, de ses priorités. Il y a un conseil municipal,
ils prennent leurs décisions. Ça, ça existe.
Ça fait que sûrement qu'il y a quelque chose là-dedans que je ne vois pas. Je
cherche à comprendre qu'est-ce qu'on veut ajouter. Parce que le pouvoir
de payer les policiers, là, quand il y a des grandes manifs, quand il y a les
grands événements, la Saint-Jean-Baptiste,
la fête nationale, c'est là déjà, et on avait d'ailleurs des sommes qui étaient
affectées à la ville régulièrement pour ça. Mon collègue dit oui. Il est au
courant.
Coiteux : Oui, je sais qu'on a des transferts à la ville de Québec
pour assumer certains rôles, c'est un fait, mais la ville et puis nous,
là, en étudiant cette question-là, on s'est dit qu'à partir du moment où on
donne ce statut il est important de
reconnaître que des dépenses pourraient être justifiées pour soutenir ce statut
de différentes manières, et, si c'est écrit, bien, ça devient moins
contestable que si ce n'est pas écrit.
Maltais :
Donc, par exemple, des sorties à l'étranger?
Coiteux : C'est difficile à circonscrire, mais, si c'est pour soutenir
le rôle de capitale, ce que dit cet alinéa, si c'est vraiment pour ça, si c'est en lien avec l'article 2, bien là, s'il
y avait une contestation, bien, il y aurait : Regardez, j'ai le
droit de faire ça parce que je le fais pour soutenir mon rôle de capitale
nationale.
Maltais : Parce que, je vais vous dire, moi, que le maire ou
une éventuelle mairesse de Québec affirme le statut de capitale nationale, ça va. Je n'ai pas envie qu'il y ait un
désengagement de l'État québécois face à sa capitale nationale. Comme ça
n'existait pas avant, là on lui accorde le statut pour défendre son statut,
mais les obligations, en général, sont gouvernementales. Ce qu'on ajoute
là-dedans, là, c'est des obligations gouvernementales. Alors, ce que j'essaie de comprendre... C'est que ça ne me tente
pas qu'il y ait un déversement vers la ville
de Québec ou qu'il y ait des déplacements comme que la Commission de la capitale nationale se retrouve sous l'égide de la ville de Québec puis que c'est ça qui fasse que le statut de capitale devienne
une dépense.
Je veux comprendre
l'intention gouvernementale là-dedans, puis rassurez-moi, puis il n'y a pas de
problème. Dites-moi que, par exemple, la Commission de la capitale
nationale ne sera jamais
envoyée sous la responsabilité de la ville de Québec.
M. Coiteux :
Bien, non, ce n'est pas l'intention du tout, ce n'est pas dans le projet de
loi. Puis il n'y a pas d'entente parallèle à
cet effet. Bien sûr que non. Mais la ville de Québec, elle-même,
elle ne voudrait pas, effectivement, tout
d'un coup, qu'on dise : Regardez, ce qui est fait par la Commission de la capitale nationale, on ne met plus d'argent là-dedans, puis vous allez prendre ces fonctions-là
puis vous allez le dépenser tout seuls. Elle ne demande pas ça non plus, là.
Ce qui est là, essentiellement,
c'est... Puis, regardez, pour maintenir ce statut de berceau de la
francophonie, ça pourrait être le cas que la
ville de Québec souhaite elle-même faire un certain nombre d'investissements pour soutenir ce rôle-là
d'elle-même. Pour maintenir son statut, là, par rapport à l'UNESCO, elle
pourrait vouloir elle-même faire un certain nombre de choses. Est-ce que quelqu'un pourrait contester que la ville de Québec va soutenir ainsi son statut? C'est ce que vient faire l'article
ici. Mais ce n'est pas un désengagement de l'État, absolument pas.
Maltais : C'est parce que
c'est étonnant. Moi, je ne suis pas contre, c'est juste que j'essaie toujours
de savoir quelle est l'intention
derrière, parce que c'est étonnant, parce qu'elle faisait déjà ça.
La ville de Québec ne s'est jamais gênée pour envoyer des délégués à l'UNESCO ou aux
organisations des villes du patrimoine mondial quand il y avait des rendez-vous à
l'extérieur, puis il n'y a personne qui a contesté ça, parce que
c'est important, parce
qu'on y croit profondément. Alors, c'est juste que ça m'a étonnée de voir
apparaître ça, parce que, de fait, du moment où la ville gère ses budgets,
elle peut le faire. Ça fait qu'est-ce que
c'est face à un débat politique qu'on veut l'asseoir ou c'est face à un débat administratif?
Administrativement, elle peut faire ça, aucun problème. Politiquement, on l'a
toujours accepté puis même appuyé véritablement, parce que c'est une fonction
importante.
M. Coiteux :
On est dans le domaine de l'assurance juridique, là. Les lois municipales sont
ainsi faites que quelqu'un peut contester le
droit d'une ville de faire une chose si ce n'est pas inscrit dans une loi
qu'elle a le droit de le faire. On a
ce genre de droit là en matière municipale. Alors, il est préférable de bien
asseoir sa compétence de pouvoir exercer des dépenses également qui sont
en lien avec son statut.
Maltais :
Parfait. Merci.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de La Peltrie.
Caire : Oui. Merci, M. le Président. Je vais avoir un
amendement à proposer sur cet alinéa-là, M. le Président : Alors,
au quatrième alinéa, ajouter «, à même son budget,» après «La ville» et avant
«peut faire toute».
Le Président (M. Auger) : Je vais
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 43)
Président (M. Auger) : Nous
allons reprendre nos travaux. Avant de vous céder la parole, M. le député de La Peltrie, pour vos
explications, j'aimerais apporter une
petite correction de forme. En fait, votre amendement va se lire comme suit : Au quatrième alinéa de
l'article 4 remplacé par l'article 2, ajouter «, à même son budget,» après
«La ville» et avant «peut faire toute». Vos explications, M. le député.
Caire :
Merci, M. le Président. Alors, l'explication est assez simple, en fait, c'est
de s'assurer qu'il n'y ait pas... Parce
que, dans l'exercice de son statut de capitale — je donne un exemple — la ville de Québec nous dit, par
exemple, que ses budgets pour la police
peuvent, évidemment, être impactés dépendamment de s'il y a des événements de
différentes natures. Et, dans ce cas-ci, la police, c'est une responsabilité
d'agglomération, donc on comprend que la facture est assumée par l'agglomération de Québec. Et le problème que ça pose, c'est
que les compensations financières qui sont versées par le gouvernement du Québec le sont à la ville de Québec.
Donc, la facture est assumée par l'agglomération, mais la compensation va à la ville de Québec. Il y a
comme quelque chose d'inéquitable là-dedans, puis c'est un peu ça qui
nous a été expliqué dans les consultations particulières.
Donc, si on
spécifie que ces dépenses-là se font à même son budget et que les compensations
sont envoyées à même son budget,
bien, c'est équitable, c'est correct, la ville de Québec assume la dépense,
elle est compensée pour cette dépense, puis
c'est tout à fait équitable. Ce qu'il faut, je pense, prévenir, c'est la
situation qui a été décrite puis qui existe dans d'autres dépenses que la ville de Québec a à assumer aussi
qui sont des dépenses d'agglomération pour lesquelles la compensation est versée à la ville de Québec. Ça ne paraît pas,
mais, à chaque fois, M. le Président, c'est quand même un 7 % de la
facture qui est assumé par les villes de
L'Ancienne-Lorette et Saint-Augustin et 93 % qui est assumé par la ville
de Québec, mais, si Québec empoche 100 % de la compensation, là il
y a comme quelque chose qui est inéquitable. Donc, c'est un peu le sens de
l'amendement.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : C'est un tout autre débat, ça, M. le Président, qui est la
question des dépenses d'agglo puis le partage des dépenses d'agglo. Ça transcende ce projet de loi là, c'est un autre
débat. Puis, présenté comme ça, c'est comme si toute dépense que la ville de Québec penserait devoir
faire... puis j'ai donné un exemple tout à l'heure, mais elle peut
vouloir d'elle-même, pour toutes sortes de raisons, faire des dépenses, pour
soutenir son statut de capitale, pas en lien avec des activités gouvernementales ou des sommets gouvernementaux qui auraient
nécessité une couverture policière. Donc, elle peut faire des dépenses qui ne sont pas des dépenses d'agglo, qui
ne feront jamais l'objet d'une déclaration de dépenses d'agglo qui sont en lien avec ça. Et même les
dépenses d'agglo viennent de son budget. C'est, après ça, le partage de
tout ça qui se fait en vertu d'autres formules.
Alors, pour
moi, ce n'est pas la place appropriée pour faire ce débat-là, puis ça
susciterait d'autres enjeux qui viendraient compliquer encore davantage
l'application de cet
article 2.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de La Peltrie.
Caire :
Bien, quand le ministre dit : Il prévoit faire d'autres dépenses qui ne
sont pas des dépenses d'agglo, c'est
tout à fait exact, et donc, à ce moment-là, l'amendement n'a pas d'impact,
parce qu'évidemment les dépenses qui seraient,
de toute façon, des dépenses de proximité seront faites à même le budget de
proximité, puis ça, c'est évident.
Par contre,
il y a des cas très réels où la
dépense est d'agglo et la compensation est versée à la ville de Qu