CAT — 4 June 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2014-06-04
Quebec — Committees
La commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée
du projet de loi n° 1, Loi
concernant l'inspecteur général de la Ville de Montréal
Et je ferai
miens les propos du député de Gaspé qui dans ses remarques hier, lorsqu'il était question
de se saisir et d'accepter d'adopter le principe du projet de loi, a dit
ceci, et je cite : «L'inspecteur général sera l'un des chaînons complémentaires qui viendra parfaire tout le système […] policier, judiciaire, légal, que nous
avons en place au Québec. Nous avons
différentes structures […] policière, légale, etc., mais l'inspecteur général
va être vraiment l'élément de base qui,
lui, va être implanté directement au sein de la ville de Montréal et sera, à
mon avis, l'un des niveaux… ou l'un des intervenants les mieux placés, les mieux disposés pour voir à ce que la
saine gestion soit présente au sein de l'ensemble de l'appareil de la métropole. Donc, […]voir ce
poste-là comme un complément.» Et la suite de la citation est importante,
M. le Président : «Le rôle de
l'inspecteur général n'est pas de se substituer aux policiers, ni à l'UPAC, ni
au gouvernement, ni au conseil
municipal. C'est vraiment une ressource supplémentaire et qui a un rôle
spécifique, un rôle très important à
jouer au sein de la ville de Montréal.» Je suis parfaitement d'accord avec
cette remarque du député de Gaspé. J'espère que nos travaux se feront dans un esprit de collaboration. J'entends
déployer tous les efforts, M. le Président, pour que ce soit fait ainsi.
Je l'ai dit,
je pense que nous avons un engagement moral envers la ville de Montréal qui
fait une demande qui est justifiée, qui fait une demande auquel le texte
déposé aujourd'hui répond en tous points, qui fait une demande qui satisfait
les autorités de la ville de Montréal. Et je ne vois aucune raison, aucune
raison pour laquelle nos travaux ne pourraient pas déboucher,
avant la fin de la présente session, sur l'adoption d'un projet de loi. Les
commissions parlementaires
sont là pour bonifier les projets de loi, il n'y a aucune difficulté là-dessus.
Elles ne sont pas là cependant pour
dénaturer l'objectif qui est poursuivi. Et, tant et aussi longtemps que nos
travaux se feront à l'intérieur de
ces bornes qui consistent à ne pas dénaturer le projet de loi qui est sur la
table, j'aurai la plus grande ouverture à l'égard des propos que pourraient amener nos collègues des
deux oppositions en vue de bonifier le présent projet de loi. Merci, M.
le Président.
Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant le
porte-parole de l'opposition officielle à faire ses remarques.
M. Lisée :
Merci, M. le Président. Le projet de loi qui est déposé et sur lequel nous
allons travailler avec sérieux, avec
efficacité, sans se traîner les pieds et sans être précipités non plus, parce que
c'est un projet de loi important… d'ailleurs, le gouvernement actuel a décidé d'en faire son projet de loi numéro un, c'est qu'il lui accordait
une importance symbolique, et donc il ne faut pas se tromper, c'est un
choix.
C'est
un choix. Nous-mêmes, nous avions décidé de travailler assez rapidement pour
répondre à la demande de la ville de Montréal, et, lorsque le projet de
loi avait été déposé en février, il l'avait été à la satisfaction générale, à
la satisfaction générale, y compris de
l'inspecteur général désigné le jour même. Et ensuite le gouvernement actuel a
décidé de modifier le projet de loi, et cette modification a suscité,
dans les heures qui ont suivi son dépôt, une commotion importante de la part de l'inspecteur général qui y voyait, à tort ou à
raison… en tout cas, il y voyait une dégradation des pouvoirs qui lui
avaient été accordés par la précédente mouture, la première mouture.
Évidemment,
tout est perfectible. Et nous-mêmes, lorsque nous avions déposé le premier
projet de loi, l'opposition officielle au conseil de ville
avait noté que, dans une des dispositions, les conseils
d'administration d'organismes
paramunicipaux avaient la capacité de renverser la décision de l'inspecteur
général de provoquer la cessation d'un contrat
qu'il jugeait non conforme. Et l'opposition
officielle à la ville de Montréal
a dit : Non, ça ne devrait pas être au conseil d'administration, de
gens désignés qui se réunissent à huis clos, qui devrait avoir ce pouvoir,
c'est seulement le conseil
municipal. Et immédiatement nous avons discuté avec le maire de Montréal.
Nous avons trouvé que cet argument avait beaucoup de mérite et nous
avons proposé de l'introduire dans les délibérations. Je suis content de voir
que le gouvernement a fait suite à cette bonification qui est venue
de la discussion avec des membres de la ville de Montréal. Le maire de Montréal
a tout de suite convenu également que c'était une bonne modification.
Alors,
lors du dépôt du projet de loi
n° 1, l'inspecteur général a
montré son inconfort avec une formulation qui avait été introduite par l'actuel
gouvernement, et je salue la réaction du ministre qui a dit : Bien, ce
n'était pas notre intention d'ainsi réduire
la capacité des dénonciateurs. Et on est là-dessus. Ça réduisait la capacité du
dénonciateur à dire des choses à
l'inspecteur général de la ville qui seraient de nature criminelle a priori.
Donc, on demandait au dénonciateur de
faire le tri lui-même et de ne pouvoir envoyer l'information, alors que le but,
c'est que ce n'est pas au dénonciateur de
faire tous ces tris, c'est à l'inspecteur général de faire le tri, de
dire : Ah! je vois quelque chose de nature criminelle, je l'envoie à l'UPAC. C'est bien son rôle. Et
donc, lorsque le ministre dit que le projet de loi est à la satisfaction
générale, bien ce n'était pas le cas
dans les premières heures, il a été d'accord pour le bonifier, et je le salue
là-dessus. Nous sommes des
législateurs, nous devons voir si d'autres des modifications qu'il a apportées
sont de nature à rendre plus difficile le travail des dénonciateurs. C'est ce que la CAI nous a dit hier. C'est
également mon impression. Et je pense même que, maintenant qu'on fait ce
travail d'examen
article par article, il y a peut-être des choses qui étaient
présentes dans le projet de loi d'origine
repris à l'identique par ce gouvernement et qui mériteraient d'être bonifiées.
Ce n'est pas impossible. C'est pour ça qu'on est là.
Alors
donc, il n'est pas question, et je tiens à rassurer le ministre, de donner à
l'inspecteur général un pouvoir qu'il ne
doit pas avoir. Il ne travaille que sur son propre mandat, et nous sommes
d'accord sur le mandat. Maintenant, la question qui va se poser, et on va en discuter ensemble avec l'esprit ouvert, et
je note l'intention du ministre à ce sujet, on va voir si on ne peut pas
simplifier le travail des dénonciateurs, qui auraient ici ou là des
informations pertinentes au mandat de l'inspecteur,
à l'extérieur de ce qui a été déjà discuté et qui est rendu difficile ou plus
compliqué par les modifications qu'il
a introduites. Alors, moi, j'ai non seulement l'espoir, mais la certitude que
nous pourrons passer à travers l'ensemble de ces dispositions dans des délais courts qui nous permettront
d'adopter ce projet de loi au cours de la session actuelle. C'est mon intention, c'est l'intention du
gouvernement. Je crois que c'est l'intention de la CAQ aussi. Il est dommage,
et je suis d'accord avec le député de
Blainville, que l'inspecteur général n'a pas été présent pour qu'on puisse
tester des idées avec lui, avoir une
discussion avec lui. Déjà, il était censé être présent, il ne l'a pas été.
C'est dommage. Mais nous avons les informations nécessaires à pouvoir
rendre le travail de l'inspecteur général aussi complet que cela se peut dans le respect de sa complémentarité avec les
autres officiels qui s'occupent d'autres fonctions sur les questions
d'intégrité.
Alors,
il n'est pas question... J'ai entendu le ministre parler de dénaturer le projet
de loi. Il n'en est pas question. Il
est question de l'améliorer, de le bonifier pour faire en sorte qu'à la sortie
de nos délibérations tout le monde soit heureux des pouvoirs qui sont conférés à l'inspecteur général et de la facilité
avec laquelle les dénonciateurs pourront lui signaler des cas qui
semblent louches aux dénonciateurs.
Le Président (M.
Auger) : Merci, M. le député. J'inviterais le porte-parole de la
deuxième opposition.
Laframboise : Merci, M. le Président. Bien, écoutez, j'ai eu la chance
de dire... puis je veux juste le répéter, ce sera court, là, mais on a la chance de faire autrement, puis c'était
la volonté, puis je le répète, d'un élu municipal qui, dans sa campagne
électorale… le maire de Montréal aujourd'hui, M. Coderre… a décidé qu'il
voulait se doter d'un inspecteur général. Et ça, c'est tout à son honneur.
Donc,
pour nous, en tant que législateurs... Évidemment, il ne peut pas écrire son
propre projet de loi. Probablement qu'il l'aurait fait, là, s'il
avait eu ce pouvoir-là, mais il ne l'a pas. C'est nous qui l'avons. Donc,
essayons ensemble de travailler et de
voir comment on peut lui donner raison. Puis notre esprit d'ouverture, comme je
vous le disais, ça va être dans la
même orientation que la sienne, qu'au maire de Montréal qui, lui, est prêt à
ouvrir ses livres de son propre cabinet, là. Donc, à quelque part, ce
sera notre position tout au long de la journée ou des jours que ça prendra pour
être capables d'adopter ça. Donc, je ne prendrai pas plus de temps. J'aimerais
qu'on commence, s'il vous plaît.
Président (M. Auger) :
Merci. Donc, s'il n'y a pas de motion préliminaire, nous allons débuter l'étude
article par article. Je prends en
considération l'article 1 du projet de loi. M. le ministre, la parole est à
vous.
M. Moreau :
Merci, M. le Président. Alors, l'article 1 se lit ainsi :
La Charte de la Ville
de Montréal (chapitre C-11.4) est modifiée par l'insertion, après l'article
57.1, de ce qui suit… et là on introduit la
section VI.0.1 sur l'inspecteur général. Cet
article introduit, dans la Charte
de la Ville de Montréal, la
section qui crée la fonction d'inspecteur général.
Le Président (M.
Auger) : Merci. Donc, nous allons aller à l'article 57.1.1. M. le
ministre.
M. Moreau :
Ah! bien, est-ce qu'on adopte
article par article?
Le Président (M. Auger) :
M. Lisée :
C'est adopté?
Le Président (M.
Auger) : O.K. Donc, on va aller à 57.1.1.
M. Moreau :
Est-ce que l'article 57.1 est adopté?
Le Président (M.
Auger) : 57.1?
M. Moreau :
1.1. Le préambule de 1.
M. Moreau :
Mais vous voulez faire…
Le Président (M.
Auger) : Oui.
M. Moreau :
Mais on va le faire…
Le Président (M.
Auger) : À la fin.
M. Moreau :
…article par article, 57.1.1, O.K., puis on reviendra à l'article 1.
Le Président (M.
Auger) : Oui. C'est ça, oui.
M. Moreau :
Parfait. Vous avez plus d'expérience que moi sur la procédure, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Je ne suis pas sûr.
M. Moreau :
Ça va. Alors, 57.1.1. Nomination.
«La ville nomme un inspecteur général et fixe
son traitement.
«La nomination de
l'inspecteur général est faite par le conseil ordinaire de la ville.
résolution nommant l'inspecteur général est adoptée, sur la recommandation du
maire, aux deux tiers des voix des membres du conseil.
«Un vote des
deux tiers des voix des membres du conseil est également requis pour destituer
ou suspendre sans traitement l'inspecteur général.»
Cet
article
prévoit l'obligation pour la ville de nommer un inspecteur général et
de fixer son traitement. Il prévoit ainsi
les modalités de cette nomination de même que celles relatives à la destitution de
l'inspecteur général ou à sa suspension sans traitement. Voilà.
Le Président (M. Auger) : Oui.
M. Lisée : J'ai une question. Entre la version d'origine et
cette version-ci, donc, la version d'origine disait : «La résolution nommant l'inspecteur général est
adoptée, sur la recommandation du maire, au deux tiers des voix des membres
du conseil.» Donc, ce qui a été ajouté,
c'est : «La nomination de
l'inspecteur général est faite par le conseil ordinaire de la ville.»
Vous pouvez nous expliquer la raison de cette modification?
M. Moreau : Oui. C'est parce
qu'il y a l'équivalent de deux conseils à la ville de Montréal. Il y a le
conseil d'agglomération et le conseil
ordinaire. Le conseil ordinaire, c'est le conseil de la ville de Montréal
siégeant à l'hôtel de ville de Montréal.
Et, comme l'inspecteur a déjà été nommé par la ville de Montréal, nous
souhaitions que le projet de loi
vienne bonifier ou, je dirais, ratifier cette nomination déjà faite sans
obligation de retourner au conseil municipal. Et donc la référence au conseil ordinaire est une référence au conseil qui,
dans les faits, a adopté la résolution pour nommer M. Gallant comme inspecteur général de la ville de
Montréal afin que, dans l'éventualité d'une contestation judiciaire éventuelle, on ne puisse pas remettre en question
la résolution qui l'a nommé avant l'adoption des dispositions de cette
loi qui lui confèrent les pouvoirs.
M. Lisée : Et on comprend
que, cela étant fait, l'inspecteur général, son mandat couvre…
M. Moreau : Et le conseil
ordinaire et le conseil d'agglomération. L'ensemble.
M. Lisée :
C'est-à-dire que… son mandat lui permettrait-il, selon votre interprétation,
d'intervenir dans des villes membres de l'agglomération?
M. Moreau : Tout à fait.
M. Lisée : Au même
titre
qu'il pourrait le faire…
M. Moreau : Tout à fait,
parce que, dans…
M. Lisée : …dans les
arrondissements de l'agglomération.
M. Moreau :
Oui. Parce que, dans la version d'origine, le conseil qui était visé pour la
nomination de l'inspecteur, c'était
le conseil de l'agglomération. Ce n'est pas la procédure qui a été suivie par
la ville de Montréal. Alors, l'adoption de l'article 1… ou, en fait, de l'article 57.1.1 dans la forme actuelle
vient bonifier la nomination de l'inspecteur telle qu'elle a été faite, donc, sans qu'il soit nécessaire de
refaire cette nomination-là. Je pourrai déposer ici la résolution qui a été
faite sur proposition du maire M. Coderre, appuyé par M. Miele.
Mais ça ne
change rien au mandat, à l'étendue du mandat ou à la juridiction de
l'inspecteur municipal. Et ça ne
change rien non plus à l'obligation des
villes membres de l'agglomération de participer à l'effort budgétaire pour
donner à l'inspecteur général les crédits nécessaires à son
fonctionnement.
M. Lisée : Mais n'y a-t-il pas un léger déficit démocratique
dans le fait de dire que seuls les membres du conseil ordinaire, donc, représentant la ville de Montréal vont désigner un inspecteur général qui ensuite aura juridiction sur
les villes membres de l'agglomération
qui n'ont pas été
partie à cette désignation? Je comprends que la ville a déjà
procédé à la nomination. Ne serait-il pas plus simple de demander au
conseil d'agglomération de réitérer la nomination pour faire en sorte que les représentants élus des maires... des représentants élus des villes de l'agglomération soient
partie à la
nomination?
M. Moreau : Ils pourraient le réitérer. Ils n'ont pas besoin
d'une habilitation spécifique pour le réitérer. Mais la rédaction du
texte, telle qu'elle est là, fait en sorte que, sans qu'il ne soit nécessaire
au conseil d'agglomération de réitérer sa
confiance en M. Gallant, la nomination faite par la résolution n° CM-140103
soit valide. Alors, l'idée était de permettre
qu'on puisse aller de façon très simple avec le processus de nomination qui a
avait déjà été fait par la ville de Montréal, et c'est la raison pour laquelle vous
retrouvez cette rédaction-là.
Quant à sa juridiction, je le réitère, la
juridiction de l'inspecteur est la même, le mandat est le même, mais ce seraient
les élus de la ville… du conseil ordinaire de la ville de Montréal qui, à tous
les cinq ans, procéderaient à la nomination de l'inspecteur.
Lisée : Donc, on vote
une loi dont on espère qu'elle va durer longtemps : au moins cinq
ans, jusqu'au moment de la
désignation d'un nouvel inspecteur général. Il peut y avoir des cas où des
représentants de villes membres de l'agglomération
soient opposés au choix proposé par le maire, veuillent en discuter, veuillent
faire
partie du vote, même si le vote
de la ville de Montréal est prépondérant. Il me semble qu'il serait souhaitable
de permettre cette délibération démocratique au niveau de
l'agglomération. Pour l'avenir, c'est… je ne sais pas ce qu'en pensent nos
collègues de la deuxième opposition, mais...
M. Moreau : ...on m'informe,
et le vérificateur général à la ville de Montréal est aussi nommé par le
conseil ordinaire de la ville alors qu'il a
juridiction sur l'ensemble de ce qui est dans le périmètre comptable non
seulement de la ville, mais aussi de l'agglomération. Et c'est un souhait qui…
c'est un souhait, pardon, qui a été exprimé par la ville de Montréal.
Nous ne sommes pas dogmatiques, sauf que vous devez bien comprendre que, si
vous modifiez cette disposition-là, la
nomination de l'inspecteur devra être faite de nouveau si vous changiez
d'instance, avec les débats qui peuvent s'ensuivre.
M. Lisée :
Est-ce que le ministre des Affaires municipales a eu des représentations de la
part d'autres maires de l'agglomération au sujet de cette disposition?
M. Moreau : Aucune. Depuis le
dépôt du projet de loi, ou avant, ou... Non. O.K.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Gaspé.
Lelièvre : Juste pour m'assurer que je comprends bien le
libellé. On dit : «La résolution nommant l'inspecteur général est adoptée, sur la recommandation du
maire…» Donc, c'est vraiment un caractère... c'est une recommandation, mais ce n'est pas une obligation. Ce n'est pas
essentiel qu'il y ait accord du maire, c'est une recommandation, et le conseil
dispose?
M. Moreau : Oui. Bien, en
fait, la façon dont ça a été fait, là, il y a même eu une recommandation du
comité exécutif. Alors, je vous lis la
résolution : «Vu la recommandation du comité exécutif en date du 24
février 2014 par sa résolution [...] 14 0268 — le
maire propose, alors;
«Il est
proposé par M. Denis Coderre appuyé par M. Francesco Miele et résolu :
[...]de nommer Me [...] Gallant [...] [et] fixer son salaire [et]
d'autoriser le maire [...] à signer le contrat de travail…»
Donc, ce qui
est prévu ici, c'est que, pour commencer la proposition, il doit y avoir une
recommandation faite par le maire de
la ville de Montréal. Mais la nomination se fait aux deux tiers, exactement
comme on fait ici, à l'Assemblée nationale,
par exemple, pour le Vérificateur général, où la recommandation est faite par
le premier ministre. Il le fait par usage,
en consultation avec les représentants des oppositions et des députés
indépendants, dans le cas de notre législature, mais ça prend un vote aux deux tiers de la Chambre. Alors, c'est à peu
près copier-coller, là, la façon de procéder. Si votre question est à savoir si le maire ne faisait
aucune recommandation, il faudrait peut-être prévoir à ce moment-là si le
mandat de l'inspecteur général est
prolongé ou s'il reste en poste jusqu'à ce que son successeur soit nommé. Je ne
sais pas si le projet de loi y pourvoit, mais on pourra le voir tantôt,
lorsqu'on arrivera à la durée du mandat de l'inspecteur.
Le Président (M. Auger) : Ça va pour
57.1.1?
M. Lisée : Écoutez,
là-dessus, je vais demander une suspension du débat sur cet article...
Le Président (M. Auger) : …vous
revenez.
M. Lisée : ...et puis on
reviendra un peu plus tard.
Le Président (M. Auger) : Très bien.
O.K. 57.1.2. M. le ministre.
M. Moreau : On peut vous
faire une suggestion plutôt que de suspendre, là.
Le conseil d'agglomération de la ville de
Montréal a, suite à l'adoption de la résolution du conseil ordinaire nommant M. Gallant, adopté un règlement sur
la Commission permanente du conseil d'agglomération sur l'inspecteur général de Montréal. Alors, ce règlement-là dont
on pourra vous fournir copie, là, indique que le conseil d'agglomération
adopte un certain nombre de modes de
fonctionnement sur le rôle de la commission d'agglomération sur l'inspecteur
général de Montréal, ce qui semble
indiquer, là — vous
pourrez en prendre connaissance — que non seulement ils sont conscients
de la façon dont on a procédé, mais qu'ils
encadrent la façon de faire. Alors, je vous donne un exemple, là. On y prévoit
la composition de la commission, les séances
de travail, la convocation, le déroulement, l'ouverture, les études des objets de l'ordre du jour, la
levée des séances, etc., la confidentialité de ce qui s'y dit. Et le règlement
a été promulgué par un avis public
affiché à l'hôtel de ville et publié dans Le Devoir le 3 avril
2014. La résolution nommant Me Gallant a été adoptée à la séance du
24 février 2014.
Alors, si
vous voulez suspendre, on peut suspendre cet article-là. On va continuer les
autres. Puis vous pourrez prendre
connaissance des documents, mais il ne me semble pas exister un grand problème,
là, sur la configuration de la nomination.
M. Lisée : Merci pour cette
information, mais on comprend que le conseil d'agglomération a agi après le
fait accompli, qu'il peut avoir accepté. Il
peut avoir accepté ce fait. Mais, puisqu'on est en train d'instituer pour le
futur une nouvelle institution qui
ajoute à nos outils pour l'intégrité, je pense qu'il ne faut pas se tromper
dans l'établissement d'un déficit démocratique au point d'entrée. Et
donc on reviendra sur cet article.
Le Président (M. Auger) : Donc, on
va poursuivre avec le 57.1.2.
M. Moreau : «57.1.2. Les
conditions...»
M. Laframboise : M. le Président?
M. Moreau : Je m'excuse.
Laframboise : M. le Président, je voudrais juste... Excusez-moi, là.
Là, vous suspendez les débats, mais moi, je n'ai pas parlé, là. Ça fait
que je voudrais juste...
Le Président (M. Auger) : On va vous
écouter, monsieur.
M. Laframboise : C'était juste parce
que, bien au contraire, moi, je pense que l'article est très bien écrit. Parce que, si on veut qu'il y ait... Essayons de
penser différemment, là. Le maire de Montréal, si on veut qu'il assume
sa pleine responsabilité de maire de Montréal, bien, qu'il participe et qu'il
fasse sa recommandation… que ça soit le conseil
de ville, quand il y aura des problèmes à la ville de Montréal, bien il
assumera les résultats. Et, justement, un de nos problèmes de notre société québécoise, c'est qu'on a tendance à
essayer d'avoir d'autres structures pour lesquelles on pourrait atténuer les responsabilités. Moi, je
pense que c'est bien fait. C'est le maire, puis il vivra avec son inspecteur
puis les décisions qu'il prendra. Puis c'est
comme ça. Puis on a un maire qui est prêt à faire ça. Je ne vois pas pourquoi
on répartirait ça, le fardeau, sur les
agglomérations. Et ça sera le maire de Montréal qui aura à appliquer les
recommandations de l'inspecteur. C'est normal que ça soit comme ça. Donc, moi,
je n'ai pas de problème pour l'avenir. C'était la position que je veux
que vous sachiez avant qu'on puisse suspendre.
Le Président (M. Auger) : Merci, M.
le député.
M. Moreau :
Bien, moi, je n'ai pas d'objection à ce qu'on suspende, je partage exactement
votre opinion, puis l'idée d'avoir
rédigé l'article 1 de cette façon-là était pour dire : Regarde, là,
le jour où le projet de loi va être adopté, on va partir puis on va arrêter de toujours se poser la question à savoir
si on part avec une hésitation ou si on part pour de bon.
Alors, moi,
je pense que le projet de loi dans sa forme actuelle répond aux besoins de la
ville de Montréal. Il n'y a personne, personne, personne qui a soulevé
quoi que ce soit. Le conseil d'agglomération a adopté un règlement pour encadrer le fonctionnement après la
nomination de l'inspecteur municipal. Moi, je veux bien, là. Mais on va suspendre,
vous nous reviendrez avec vos suggestions, on regardera ça, mais on sera prêts
à voter rapidement sur cet article-là.
Le Président (M. Auger) : Oui.
M. Lisée : Simplement pour le
collègue de Blainville, pour qu'il comprenne la situation à Montréal. C'est qu'il y a
un conseil de ville qui représente les arrondissements de la ville
de Montréal, et ensuite il y a un
conseil d'agglomération qui ajoute…
M. Laframboise : M. le Président…
M. Lisée : …les représentants…
M. Laframboise : …je comprends très
bien…
M. Lisée : Je vais terminer
mon intervention peut-être pour ceux qui nous écoutent et qui n'ont pas cette information. Par exemple, le maire de la ville de Westmount, on lui
dit : L'inspecteur général va pouvoir parler à tous tes fonctionnaires, va pouvoir entrer dans ton
bureau, va pouvoir regarder tes courriels, va pouvoir regarder ton ordinateur,
mais tu n'auras pas le droit de participer à
sa désignation parce que tu n'es pas un représentant de la ville de Montréal, tu es un représentant d'une ville de l'agglomération. Alors, on sait qu'à la fin, compte tenu du poids prépondérant de la ville de Montréal dans le conseil d'agglomération,
qui est simplement qu'à la fin du conseil de ville on ajoute les représentants de
l'agglomération, le vote de la ville de Montréal va être prépondérant. Mais le fait de savoir que le maire de Westmount
et le maire des autres villes de l'agglomération vont pouvoir avoir leur mot à
dire va faire en sorte que, dans le
travail de désignation de l'inspecteur général, ils vont être écoutés. Et je
pense qu'il faut qu'ils soient écoutés parce qu'ensuite ils vont être
soumis au travail de l'inspecteur général.
Alors,
j'entends le ministre qui dit : Personne ne s'est plaint lors du dépôt de
cette modification. Bien, je peux lui
dire que personne ne s'est plaint lors du dépôt de l'article d'origine qui
ouvrait la possibilité au conseil d'agglomération. Alors, voilà.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville, s'il vous plaît.
Laframboise : Oui, en
réplique. D'abord, je connais très bien le fonctionnement de la ville de Montréal et des agglomérations, mais je connais aussi le maire de Westmount, Peter Trent. S'il avait
eu un message à passer puis s'il n'avait pas été content de cet article-là, il
l'aurait livré directement au ministre, puis ça ferait longtemps qu'il l'aurait su.
Le Président (M. Auger) : Donc, on
reprend avec le 57.1.2. M. le ministre.
M. Moreau : …ne veut pas
prendre de pause, le ministre est en pleine forme, on va continuer.
Le Président (M. Auger) : S'il vous
plaît.
M. Moreau : «57.1.2. Les conditions minimales pour être nommé
inspecteur général et pour le demeurer sont les suivantes :
«1° être membre du Barreau du Québec depuis au
moins 10 ans;
«2° ne pas
avoir été reconnu coupable, en quelque lieu que ce soit, d'une infraction pour
un acte ou une omission qui constitue
une infraction au Code criminel (Lois révisées du Canada (1985),
chapitre C-46)
ou une infraction visée à l'article 183 de ce code créée par l'une des
lois qui y sont énumérées, ayant un lien avec l'emploi.»
Cet
article
exige que l'inspecteur général soit avocat depuis au moins 10 ans et qu'il
n'ait pas été reconnu coupable d'une infraction criminelle en lien avec
l'emploi.
Le Président (M. Auger) : Allez-y.
M. Lisée : Oui. C'était la formulation que nous avions
aussi, mais, depuis, nous avons reçu, et les membres de la commission également, une lettre de la Chambre des
notaires qui dit : Bien, pourquoi
exclure les notaires? Être membre du Barreau du Québec ou de la Chambre des notaires depuis au moins 10 ans, c'est le souhait qu'ils
expriment. Comment est-ce que le ministre reçoit le souhait de la Chambre
des notaires?
M. Moreau : J'ai indiqué hier, lorsque j'ai fait mes
remarques sur l'adoption du principe du projet
de loi, que j'étais prêt à en
débattre et que j'étais ouvert à l'idée de considérer d'autres professions. Maintenant,
si on ouvre aux notaires, est-ce qu'on ouvre aux comptables, est-ce
qu'on ouvre aux ingénieurs, est-ce qu'on ouvre aux médecins, est-ce
qu'on ouvre aux… on ouvre à qui? Alors, dans la première mouture, l'idée
était de faire en sorte que… Comme le projet de loi reflétait la volonté de la ville et que la ville
s'était exprimée sur la base de cette volonté-là, nous n'avions pas, nous,
jugé utile de modifier d'aucune façon le
sens d'«éligibilité», puisque c'est de ça dont il s'agit,
du sens d'«éligibilité», pour occuper
la fonction d'inspecteur général. Mais, très sincèrement, je ne suis pas
dogmatique et je pense qu'il y
a des notaires qui pourraient
être meilleurs que des avocats, qu'il y a des avocats qui pourraient être
meilleurs que des ingénieurs, qu'il y a des ingénieurs qui pourraient être
meilleurs que des médecins, puis il y a peut-être des médecins qui seraient
meilleurs que tout le monde, je ne le sais pas.
Le Président (M. Auger) : Merci. M.
le député de Beauce-Nord.
Spénard : Oui. Bien, moi, j'accroche un peu parce que
ce n'est pas un juge que l'on nomme, hein, c'est un inspecteur général, et être membre du Barreau
depuis au moins 10 ans, ça vient de mettre, dans un panier très restreint,
qui peut accéder à l'inspecteur général de la ville de Montréal.
Pour être
inspecteur général et pour voir à la protection des dénonciateurs, pour
regarder aussi l'attribution des contrats, si ça se fait dans… Il y a
des personnes qui peuvent provenir du corps policier ou des différentes
instances policières qui peuvent très bien
accomplir la job. Moi, je ne sais pas pourquoi que ça prend nécessairement un
avocat, un notaire puis de se
cantonner là. On peut demander 10 ans d'expérience si c'est un avocat qui
postule le poste, mais pourquoi résumer la fonction à uniquement avocat
et notaire? Ce n'est pas un juge, c'est un inspecteur général. Un inspecteur général, d'après moi, les mandats sont
beaucoup plus larges que la simple transmission d'information légale au conseil de ville, là. Je pense qu'on peut avoir
une très bonne personne qui a des techniques d'efficacité pour relever les fraudes suite à une dénonciation ou, même pour
la protection des dénonciateurs, je pense qu'on peut être très bien servi
par un membre d'une escouade spéciale ou un
membre des corps policiers. Je dis ça juste en exemple, mais c'est à peu près comme M. le ministre, ça peut être un ingénieur.
Ça dépend de l'expérience que le gars a eue dans son passé. Mais de restreindre ça à une catégorie d'emploi du
Barreau, être membre du Barreau, je trouve ça un peu… Parce que ce n'est
pas un juge qu'on nomme. C'est un inspecteur général.
Le Président (M. Auger) :
M. le ministre.
M. Moreau : Bien, je pense, si je peux réagir à ça, ce n'est
pas le choix exprimé par le gouvernement, là, et on dépose le projet
dans la forme qu'il avait au moment de la législature précédente pour ces
dispositions-là. Il y a une remarque
cependant que je vous ferais. Moi, je vois d'un bon oeil que l'inspecteur-chef
de la ville de Montréal ait une connaissance…
qu'il soit issu du monde juridique, pour une raison très simple, parce qu'il
peut toujours, lui, s'adjoindre des enquêteurs qui sont issus du milieu
policier, ou tout ça, mais il a à déterminer les deux éléments majeurs.
En fait, il y
a trois éléments majeurs. Le premier, c'est bien connaître la procédure
d'adjudication des contrats, ce qui
réfère à des notions juridiques. Le notaire et l'avocat sont en mesure de le
faire. L'exécution du contrat est un élément aussi qui… En cours d'exécution, les éléments liés à la fraude, la
collusion ou la corruption sont des éléments qui relèvent d'un concept juridique : la fraude, la
collusion, la corruption. Le notaire, et l'avocat, répond aussi à cette
exigence-là, cette exigence de
connaissances là. Et le troisième élément, c'est un élément de formation, alors
un élément pédagogique, qui, là, à
mon point de vue, n'est pas plus lié au notaire ou à l'avocat qu'à n'importe
quel autre professionnel. Mais essentiellement, dans son rôle principal,
je pense que c'est un atout pour l'institution d'avoir une personne qui a une
connaissance juridique. Ça simplifie les
choses. Et on voit qu'avec le budget, puis
on va le voir plus tard, qui lui est voté il a les ressources
financières et matérielles nécessaires pour s'adjoindre les gens qui ont une
expertise plus fine en termes d'enquête, je pense,
comme l'évoquait le député de Beauce-Nord. Alors, ce que je vous
suggérais pour simplifier… Et la raison pour laquelle aussi le projet de loi a été rédigé comme ça, sans aucun doute,
je ne suis pas dans l'esprit du législateur qui a fait la première mouture, là, mais c'est parce que M.
Gallant était déjà, dans l'image, la personne qui était visée pour occuper
la fonction, et, comme il a une formation d'avocat puis qu'il a plus de 10 ans…
on a fait le devis un peu à l'image de l'appareil que l'on visait. Je pense
qu'il ne faut pas rechercher plus loin que ça.
Mais,
honnêtement, je pense que la demande présentée par la Chambre des notaires est
tout à fait recevable et, en ce qui
me concerne, je n'ai aucune objection à ajouter «être membre du Barreau du
Québec depuis au moins 10 ans ou de la Chambre des notaires depuis au
moins 10 ans». Et d'ailleurs je pense que votre collègue le député de
Blainville souhaitait hier… Vous avez fait une remarque à cet effet-là. Moi, je
suis prêt à m'y rendre, là, sans difficulté.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Donc, je remercie, M. le Président, le ministre. Je suis
conscient que la fonction peut nécessiter des connaissances juridiques.
Donc, s'il se rallie à la Chambre des notaires, ça va me faire plaisir
également.
M. Moreau : Est-ce que le
député de Rosemont est ouvert à ça ou pas?
Le Président (M. Auger) : …
M. Lisée :
Je suis un peu partagé entre deux arguments du ministre. Le premier, c'est que
la raison pour laquelle on l'avait mis là, nous aussi, c'était que
c'était à la demande de la ville de Montréal. La ville de Montréal voulait ça.
Maintenant,
on comprend que la désignation de Me
Gallant a été faite. Mais, puisqu'il faut prévoir à plus long terme, le ministre a raison de dire que, compte tenu des budgets dont dispose l'inspecteur général, si c'est un notaire, il
peut embaucher des avocats; si c'est
un avocat, il peut embaucher des notaires; si c'est un ancien chef de police,
il peut s'embaucher des avocats et des notaires; si c'est un ingénieur,
il peut s'embaucher un chef de police.
M. Moreau : Ça va coûter plus
cher.
M. Lisée : Je veux dire, en un sens, le choix de Me Gallant
semble effectivement avoir dirigé le gabarit. Il est là, il est là pour cinq ans non renouvelables. Alors,
dans cinq ans, le maire de Montréal devra recommander quelqu'un d'autre et là il va peut-être se sentir limité par le propre gabarit qu'il a
mis là. Parce que peut-être qu'un ingénieur, un chef de police, un comptable, une comptable émérite pourraient… et
là il va être obligé de venir nous demander une modification à son
propre projet de loi.
Alors, ma question au ministre : Bon, puisqu'on
a eu une demande spécifique de la Chambre des notaires, est-ce qu'il sait si le
maire de Montréal a été saisi de cette recommandation et s'il a un avis?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Non, je ne sais pas. Je ne sais pas si le maire de Montréal a été saisi de
cette recommandation, mais, honnêtement, on n'est pas dans la
substantifique moelle du projet de loi.
Le risque,
quand on ouvre ce genre d'amendement là, c'est toujours de dire : Bon,
bien, oui, mais pourquoi pas un
dentiste? Je fais cette référence à escient en disant : Bien, peut-être
qu'il réussira à arracher les dents et que ce soit moins douloureux pour la ville de Montréal dans l'octroi
de ses contrats. Mais, sincèrement, je pense que l'orientation qu'on a à prendre ici, c'est : adjudication de
contrat. Et il faut peut-être que la personne qui dirige l'institution incarne,
je dirais, le… l'expression française pour le «core business»… incarne
l'objectif premier ou la raison principale pour laquelle l'institution est créée. Et, dans ce cas-là, il y
a une référence très facile à faire avec les notions juridiques. Et, en ce qui
me concerne, je trouve que la demande
de la Chambre des notaires est tout à fait justifiée et que de toute façon
c'est la ville de Montréal qui fera
l'appel de candidatures. Et la recommandation est faite par le maire, et il y a
probablement 6 000 avocats à Montréal et une couple de mille notaires. Ça va
lui donner un bon bassin pour aller chercher celui qui répond au profil.
Si, d'aventure, il souhaitait avoir une modification…
M. Moreau :
Celui ou celle, oui, c'est ça. La députée de Vachon souligne à juste
titre
qu'un bon avocat peut être une bonne
avocate et qu'un bon notaire peut être une bonne notaire. Tout à fait, elle a
raison. Et donc moi, je pense que ça
nous donne toute l'ouverture nécessaire. On verra. Puis l'idée de dire qu'on a
un mandat de cinq ans non renouvelable, ça permet aussi de voir, dans le
premier cycle de cinq ans, quelle serait l'expérience et donc de dire :
Oui, là, il y a un inconvénient. Ce que le
député de Rosemont souligne, c'est dire : Bon, peut-être qu'un chef de
police à la retraite pourrait être un bon candidat. L'expérience vécue
dans les premières années va nous permettre d'avoir des informations pour
répondre à cette question.
Comme la
demande qui nous parvient est raisonnable, la suggestion que je ferais, c'est
de faire un amendement pour inclure
«un membre de la Chambre des notaires» tout en gardant un esprit ouvert sur
l'expérience réelle que nous vivrons au cours des cinq premières années
du régime de cette nouvelle institution.
Le Président (M. Auger) : Oui, le
député de Rosemont.
M. Lisée :
Oui. Une autre disposition qu'on pourrait envisager, c'est d'enlever la
limitation, tout simplement. On pourrait enlever l'alinéa 1° et
dire : Bon, bien, ce sera au conseil municipal ou au maire, dans cinq ans,
de faire sa détermination en fonction de
l'expérience qu'il aura vécue pendant cinq ans. Je proposerais qu'on suspende
aussi là-dessus puis qu'on y revienne, qu'on fasse une vérification de
notre côté.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Bien, je vous dirais que, pour le départ, moi, j'ai une propension à me rendre
à l'idée que ça devrait être un professionnel du droit et je pense que
ça tombe sous le sens, là. Ce dont on a besoin… D'ailleurs, la notion de professionnel du droit rejoint… Prenons l'exemple
précis de Me Gallant. Alors, qui est-il, Me Gallant? C'est un avocat qui est membre du Barreau depuis 10 ans, qui
a une expertise en matières pénale et criminelle et qui a été rendu célèbre
par la commission Charbonneau. Alors, les
gens le connaissent. Bon. Le profil qu'il a, ce n'est pas celui d'un enquêteur,
c'est celui d'un procureur, pas d'un avocat,
d'un procureur en termes... procureur de la couronne. Est-ce que c'est le
meilleur profil? Pour l'instant, il
semble que, de l'avis de la ville de Montréal, la réponse à cette question-là
soit oui, mais, je dirais, laissons aller le temps.
Le fait
d'avoir un professionnel, tu sais… d'avoir une référence à un professionnel
sans égard à la profession me semble
ouvrir trop largement puis dénaturer un peu l'objectif qui est poursuivi,
c'est-à-dire d'avoir un suivi rigoureux dans l'interprétation et le suivi de la procédure d'adjudication des
contrats qui devient de plus en plus compliquée. Toute la question des cautionnements, toute la question
de l'étalement des paiements, ce sont toutes des informations de nature juridique.
Et, lorsqu'on voit qu'il y a eu des difficultés, par exemple, en matière de
collusion ou de corruption dans l'adjudication des contrats, on réalise que la
façon de le détecter ou la façon de l'établir ramène toujours à une notion juridique. C'est ça, parce que, quand on parle de
collusion et de corruption, de fraude, ce sont toutes des notions juridiques.
Alors, l'avocat et le notaire qui est un
professionnel du droit sont bien placés pour voir si le phénomène observé
répond à la définition que l'on
trouve au Code criminel ou aux lois pénales que l'on ne veut pas voir
contournées, d'une part, et, d'autre
part, il est aussi bien placé pour voir si la procédure prévue dans la Charte
de la Ville de Montréal ou dans les lois municipales, lorsqu'on parle, par exemple, des villes qui sont membres
de l'agglomération, dans la
Loi sur les cités et villes ou dans la Loi
sur les compétences municipales… si les procédures ont été correctement
suivies.
Alors,
moi, je pense qu'on a un avantage à rechercher... en tout cas, on verra, là,
avec l'expérience des cinq premières années,
mais à rechercher pour l'instant un professionnel du droit. Et je vous
suggérerais, plutôt que de suspendre, de nous rendre à l'amendement de
la Chambre des notaires, et d'introduire l'amendement, et de voter l'article.
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée de Vachon.
Ouellet : …M. le
Président. J'entends les arguments du ministre. Moi, je suis un peu nouvelle
dans ce dossier-là, mais je dois vous avouer
que je suis assez surprise de voir à quel point c'est limité. Puis, même si on
ouvre aux notaires, au niveau de la formation, je pense que ce qui est
important, c'est l'expérience.
Je pense que
10 ans, ça, c'est très important. Il faut que la personne qui soit nommée là
ait vu neiger, comme on dit. Donc, je
pense que le nombre d'années d'expérience est important. Mais, dans
l'argumentation que vous avez faite sur l'appréciation, par exemple, des
contrats, de la gestion des contrats, dépassements de coûts, il y a beaucoup de
notions de comptabilité qui sont
intégrées dans ce volet-là. Et je crois que, dans bien des cas, et on ne les
nommera pas, souvent c'est des
comptables qui ont trouvé des causes de fraudes ou de... Et donc je pense que
ça prend une combinaison et, que la combinaison
ou que la majeure soit droit très bien accompagnée de comptabilité ou que la
majeure soit comptabilité, très bien
accompagnée de droit, je... La ville de Montréal l'a peut-être demandé comme
ça. Moi, en tout cas, j'ai été surprise. Je ne sais pas qu'est-ce que la ville de Montréal en penserait. Parce
qu'effectivement, lorsqu'on fait une loi, on ne la fait pas pour une seule nomination mais pour un
ensemble de nominations. Et là je me demandais : Est-ce que la loi de
l'UPAC prévoit que le commissaire soit avocat?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau : C'est une bonne
question. Je ne sais pas. Mais on va vérifier et on va vous revenir là-dessus.
M. Moreau : …de l'UPAC n'est
pas avocat, il est policier. Mais l'UPAC a un rôle qui est différent de celui d'inspecteur. L'UPAC, c'est véritablement un corps
de police qui prévient le crime, qui le réprime, qui enquête, qui monte les dossiers pour être soumis au Procureur
général, alors qu'ici, s'il y a un crime, l'inspecteur général communique aussi
avec l'UPAC, il fait une dénonciation à l'UPAC.
Le Président (M. Auger) : …excusez.
Ouellet :
...l'inspecteur général n'est pas juge. Donc, c'est pour ça. En tout cas, moi,
je dois vous avouer que je suis assez surprise de voir la limitation.
Pour avoir
côtoyé, dans mon expérience professionnelle, des gens de différents horizons...
c'est certain qu'on ne peut pas
ouvrir à n'importe quelle formation, mais je dirais que, les gens qui sont
directement en lien avec de la
gestion de contrat, avec du suivi de
contrat, ça pourrait être ouvert. On peut peut-être contacter la ville
de Montréal. Si elle, elle avait des
contre-indications ou un argument, une argumentation plus précise, là, de
limiter ça du côté des avocats, peut-être que ça serait important d'avoir son point
de vue concernant ça étant donné que ça la concerne directement.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Bien, écoutez, moi, là, je ne veux pas trancher entre les
vétérinaires, les infirmières, les dentistes puis les autres professionnels de la santé ou encore les ingénieurs.
Vous avez raison de dire : Est-ce qu'on doit être restrictifs? On
pourrait aussi dire «être membre d'un ordre professionnel depuis au moins 10
ans» au paragraphe 1°, puis ils choisiront
celui qu'ils veulent. Moi, je vous le dis, là, je ne suis pas dogmatique
là-dessus puis je ne pense pas qu'on a besoin
de s'étendre pendant bien, bien des heures sur cette formulation-là. On peut
consulter la ville de Montréal à savoir s'ils
tiennent absolument à avoir un avocat. Moi, je les comprendrais,
remarquez, parce qu'un avocat, ça
donne quand même une garantie de compétence, mais…
M. Moreau :
Vous ferez enquête. Mais, sérieusement, là, si la ville de Montréal nous dit
qu'ils tiennent absolument à avoir un avocat et… Qu'est-ce qu'on nous
dit?
M. Moreau :
Ils y tiennent, à avoir un avocat? Bon. On nous dit que la ville de Montréal
tient à avoir un avocat. C'est de
toute façon eux qui vont faire la recommandation. Alors, je peux bien ouvrir à
n'importe quelle profession, mais, si
on a la conscience tranquille en disant «membre d'un ordre professionnel depuis
au moins 10 ans», bien un avocat, ça rentre dans «membre d'un ordre
professionnel», alors il n'y a pas de difficulté.
Le Président (M. Auger) : M. le
député.
M. Lisée :
Oui. Effectivement, bien, on aurait une difficulté. Membre d'un ordre
professionnel; il n'y a pas d'ordre professionnel
des policiers ou il n'y a pas d'ordre professionnel des juges à la retraite.
Alors donc, moi, je suis content de voir
qu'on peut progresser là-dessus, mais je propose quand même qu'on suspende pour
qu'on essaie de faire nos consultations et qu'on revienne avec quelque
chose qui fera...
M. Moreau : …consulter les
juges à la retraite?
M. Lisée : On consultera tous
ceux qui sont intéressés, mais, je veux dire, vous comprenez que, par exemple,
l'ancien responsable de l'UPAC, n'étant pas un membre d'un ordre professionnel,
si on dit «ordre professionnel»…
M. Moreau : Oui, mais les dispositions de la
loi sur l'UPAC
sur la nomination du commissaire sont radicalement
différentes de celles-ci.
M. Lisée : Mais, si, dans cinq ans, la ville de Montréal
décidait de prendre M. Lafrenière qui aurait pris sa retraite, il ne pourrait pas si on acceptait l'amendement qui est évoqué, de dire «membre d'un ordre professionnel pendant 10
ans».
M. Moreau : Vous avez raison.
Vous avez raison. Maintenant, vous savez que, d'ici cinq ans, on va devoir s'asseoir, comme législateurs, pour conférer à la
ville de Montréal un statut particulier qui est celui d'une
métropole. Il est clair que la notion
d'inspecteur municipal s'insère très
bien dans cette perspective d'une
grande métropole qui donne des millions de dollars de
contrats annuellement, et donc on pourrait aussi, à l'occasion de la rédaction
de cette loi qui confère à Montréal
un statut, avoir une consultation avec eux sur la question de l'inspecteur
général, alors qu'on aura déjà quelques
mois d'expérience, et voir s'il y a lieu de le modifier. La loi n'est pas
immuable, là. Et moi, je vous dis : Je ne suis pas dogmatique sur cette question. J'exprime simplement le voeu qui
est celui exprimé par la ville de Montréal. Vous voulez faire des consultations, nous allons suspendre cet article-là.
Puis vous nous reviendrez, cependant, rapidement. Parce que, là, on a plusieurs suspensions depuis
le début. On en a deux. C'est plus qu'une, alors c'est «plusieurs». Le français
est bon.
Le Président (M. Auger) : Donc, on y
revient? On suspend?
Le Président (M. Auger) :
L'article
57.1.3. M. le ministre.
«57.1.3. Ne peut agir comme inspecteur général — ah!
là, c'est facile, c'est les exclusions :
«1° un membre d'un conseil de la ville;
«2° l'associé d'un membre visé au paragraphe 1°;
«3° une
personne qui a, par elle-même ou son associé, un intérêt direct ou indirect
dans un contrat avec la ville ou avec une personne morale visée au
paragraphe 1° du cinquième alinéa de l'article 57.1.9.»
Alors, cet
article prévoit qu'un membre du conseil de la ville ou l'associé de celui-ci ne
peut être nommé inspecteur général.
De même, toute personne qui a un intérêt direct ou indirect dans un contrat
avec la ville ou avec une personne morale
liée à la ville — alors,
la référence à 57.1.9, c'est «une personne morale liée à la ville» — ne
peut non plus être nommée inspecteur
général. Cette disposition empêche de nommer une personne qui aurait des
intérêts susceptibles d'être en
conflit avec l'exercice de la fonction d'inspecteur général. Cette disposition est similaire à celle applicable au vérificateur général.
Le Président (M. Auger) : M. le député
de Gaspé.
Lelièvre : M. le Président. On dit que, bon, «ne peut agir comme inspecteur général un membre d'un
conseil de la ville», donc de la ville de Montréal, je présume.
M. Moreau : Oui, mais là je
pense que ça va être plus large, ça devrait aussi être le conseil d'agglomération.
Lelièvre : Exactement,
c'est un peu l'objet de mon intervention. Et, compte tenu que l'inspecteur
général va avoir un mandat qui va
déborder de la ville mais va aller vers les agglomérations, etc., est-ce
qu'on ne devrait pas également
exclure de la possibilité d'occuper le poste les membres de conseils municipaux
ou de ville faisant
partie aussi des agglomérations, puisque la personne va
devoir intervenir également dans les agglomérations?
M. Moreau :
Bon. Alors, vous savez qu'au conseil d'agglomération siègent les maires, mais
vous voulez l'étendre aux conseillers, c'est ça?
M. Lelièvre : Il y a les agglomérations,
il y a aussi…
M. Moreau : Mais, exemple, la ville de Westmount, c'est une ville liée, siège au conseil…
c'est une ville liée, elle siège au
conseil d'agglomération, son maire siège au conseil d'agglomération. Est-ce que
vous, dans votre approche, vous
voulez également empêcher un membre du conseil municipal, un conseiller
municipal de la ville de Westmount d'être inspecteur?
Lelièvre : Je pense
qu'on devrait aller jusque-là. Effectivement, c'est ce que je pense. J'aimerais en débattre.
M. Moreau : Bon. Alors, à la première remarque que vous
faites, lorsqu'au paragraphe 1° on utilise l'expression «membre d'un conseil de la ville», c'est qu'il y a
plus qu'un conseil, donc on vise les deux, mais les conseillers ne sont pas visés par… les conseillers, par exemple, des
villes siégeant à l'agglomération ne sont pas visés par cette disposition-là.
M. Moreau : Alors, ce que le député de Gaspé
suggère, c'est qu'on y ajoute aussi «ne pouvant pas agir comme inspecteur général — si j'ai
bien compris votre remarque — les
membres des conseils municipaux — donc, incluant aussi les
conseillers — des
villes siégeant ou représentées au conseil d'agglomération». C'est votre
demande?
Le Président (M. Auger) : Alors, M.
le député de Gaspé, vous alliez rajouter quelque chose?
Lelièvre : Bien, c'est
l'objet de ma demande. Je crois que ce serait pertinent d'élargir à l'ensemble
des conseillers municipaux.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Nous serions en
accord avec cette…
M. Moreau : …M. le
Président. Alors, on va préparer l'amendement et on va vous le soumettre. Alors, je suggère que nous
suspendions l'article 57.1.3.
M. Moreau : Vous refusez la
suspension?
M. Lisée : Non, je vais l'accepter, mais, puisque nous
sommes là, j'ai une question sur un autre aspect, avec votre
permission, M. le Président.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Rosemont.
M. Lisée : «3° une personne
qui a, par elle-même ou son associé, un intérêt direct ou indirect…» J'aimerais
entendre le ministre sur ça… direct, indirect pour ce qui concerne les membres
de sa famille.
M. Moreau : Je peux vous dire que cette formulation-là est
une formulation standard du droit municipal. C'est vrai
pour le Code municipal, c'est vrai pour la
Loi sur les cités et villes,
c'est vrai pour toutes les dispositions applicables au droit municipal pour éviter une situation d'un conflit d'intérêts. Et donc le conflit
d'intérêts est décidé au cas par cas
dans une instance judiciaire, et, oui, ça arrive que ça vise les membres d'une
famille.
Je vous donne
un exemple, la cause célèbre. C'était un maire qui était… mais je l'ai
enseigné, c'était un maire qui était
quincaillier et qui, dans le cas d'une inondation importante
dans son village, était le seul à disposer des outils nécessaires
pour empêcher, endiguer l'inondation. Il a
ouvert la quincaillerie, il a prêté ses pelles, ils ont endigué l'inondation,
les pelles sont revenues à la
quincaillerie, et là évidemment elles étaient dans un état où elles ne pouvaient
pas être vendues, alors il les a
cédées à son coûtant à la ville. Et il a été destitué parce qu'il avait eu un contrat avec la
municipalité. Alors, comme quoi,
parfois, l'intérêt direct est parfois contraire à ce qui est correct. Mais,
oui, c'est une clause générale qui ratisse très large.
M. Lisée : …où la personne a un conjoint qui travaille chez
une personne morale visée par le paragraphe 1°, est-ce que cette personne-là serait non éligible?
M. Moreau : …votre exemple,
M. Lisée : Bon. Par
exemple, la personne qui est
considérée comme inspecteur général, son conjoint travaille pour un
contractant qui a des contrats avec la ville.
M. Moreau : Oui, parce
qu'elle aurait par elle-même un intérêt direct ou un intérêt indirect, parce
que la jurisprudence a interprété l'intérêt
indirect notamment chez les personnes mariées. Vous me corrigerez si je me
trompe ou je dis des hérésies, là.
Merci. Une personne a un intérêt à ce que son conjoint… que la bonne fortune…
et je pense que c'était l'expression
utilisée par la Cour d'appel, la bonne fortune d'un conjoint profite à l'autre.
Donc, celui qui est conjoint de celui
qui serait dans la situation que vous avez évoquée aurait un intérêt indirect
dans la bonne fortune de son conjoint.
Le Président (M. Auger) : Ça va?
Donc, on suspend 57.1.3 pour amendement?
M. Moreau : Là, la suspension
serait pour permettre l'amendement et donc viser le cas de figure, le cas des conseillers qui siègent… c'est-à-dire, pas qui
siègent, mais les cas des conseillers des villes siégeant au conseil
d'agglomération. Et c'est ce que les députés de Blainville et Gaspé
demandent. Alors, oui, on va présenter ça.
Le Président (M. Auger) : Merci.
57.1.4.
M. Moreau :
«57.1.4. L'inspecteur général est nommé pour un mandat de cinq ans qui ne peut
être renouvelé.»
Cet
article
prévoit que le mandat de l'inspecteur général — bien, l'explication est claire — est d'une durée de cinq ans, qu'il ne
peut être renouvelé.
Le Président (M. Auger) : Député de
Rosemont? Député de Gaspé.
M. Lelièvre : Un peu
en complément de mon intervention en début de séance, advenant le cas que le
maire ne ferait pas de recommandation
pour des raisons x, est-ce qu'on devrait prévoir... Puis c'est un peu ce que
vous mentionniez tantôt, M. le ministre. On le verra peut-être un peu
plus loin, je ne sais pas si c'est là que vous le voyez, mais il faut prévoir, à mon avis, une clause pour... une
extension pendant un certain délai. Advenant le cas que le maire ne dépose
pas de recommandation, le conseil ne peut
être saisi, donc, d'une décision. Donc, on ne peut pas tomber dans le vide, il
faut prévoir des modalités transitoires, là,
donc soit une extension ou donner le pouvoir au conseil de procéder aux
deux tiers en l'absence de recommandation du maire, quelque chose dans ce sens-là.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Oui. En fait, ce que vous voulez, c'est qu'il reste en poste jusqu'à qu'à ce
que son successeur soit nommé. Est-ce qu'on
a une disposition? Oui, on a une disposition qui le prévoit, c'est
57.1.6 : «En cas d'empêchement de
l'inspecteur général ou de vacance de son...» Mais là ce n'est pas un cas de
vacance ni d'empêchement, c'est : il n'est pas remplacé. Il est en poste. Alors, exemple, M. Gallant est en poste,
ça fait cinq ans et deux jours. Le conseil municipal de la ville de Montréal est en émoi, le maire ne
fait pas de recommandation, le conseil d'agglomération abroge son règlement
sur la commission concernant l'inspecteur
général, et le député de Rosemont se présente à la mairie de Montréal. Et là on
ne sait pas s'il va être élu, donc ça va mal. Puis l'inspecteur, M. Gallant,
est là. Est-ce qu'il reste ou il ne reste pas? Alors, il n'est pas incapable, donc il n'est pas en
empêchement puis il n'y a pas de vacance au poste. Alors, je pense qu'il
faudrait ajouter un élément à 57.1.4 en
disant : L'inspecteur général est nommé pour un mandat de cinq ans qui ne
peut être renouvelé et il reste en
fonction jusqu'à ce que son successeur soit désigné. Ça pourrait ressembler à
ça, hein, ce serait bon, hein?
Alors,
je soupçonne que nous allons suspendre 57.1.4. Mais, je vais vous dire,
honnêtement, si ça avait été bien fait au départ, là, dans la 40e
législature, on n'aurait pas besoin de suspendre tant que ça.
Le Président (M.
Auger) : Merci. Donc, 57.1.5.
M. Lisée :
...et entendre vos suggestions pour bonifier le projet.
M. Moreau :
Bien là, écoutez, on est en train de les faire, là. On est en train d'améliorer
votre travail.
M. Lisée :
Tout à fait.
M. Moreau :
«57.1.5. L'inspecteur général exerce ses fonctions de façon exclusive et à
temps plein.»
article prévoit que l'inspecteur général ne peut occuper d'autres fonctions que
celles prévues par la loi. Il ne peut donc occuper aucun autre emploi ni
aucune charge publique. Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Député de Rosemont.
Le Président (M.
Auger) : Député de Blainville.
M. Moreau :
…M. le Président, que nous pourrions voter l'article 57.1.5? Alors donc,
adopté?
Le Président (M.
Auger) : 57.1.5. Adopté.
Une voix :
Non, le premier.
Le Président (M.
Auger) : Non, c'est le premier.
Moreau : Non, c'est le premier. Il est suspendu parce qu'on est
dans l'article premier, là. Alors, bravo! Je tiens à féliciter les
membres de la commission. 57.1.6. O.K.
«En cas d'empêchement
de l'inspecteur général ou de vacance de son poste, le conseil doit :
soit, au plus tard à la séance qui suit cet empêchement ou cette vacance,
désigner, pour une période d'au plus 180 jours, une personne habile à le
remplacer;
soit, au plus tard à la séance qui suit cet empêchement ou cette vacance, ou au
plus tard à celle qui suit l'expiration de la période fixée en vertu du
paragraphe 1°, nommer un nouvel inspecteur général conformément à
l'article 57.1.1.»
Cet
article
prévoit que la fonction d'inspecteur général ne peut rester inoccupée. Dès l'empêchement de
l'inspecteur général ou la vacance du poste, le conseil doit procéder
soit à une nomination temporaire d'au plus 180 jours soit à la nomination, conformément
à l'article 57.1.1, d'un nouvel inspecteur. Voilà, M. le Président.
Président (M. Auger) : M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
Ça renvoie à la discussion précédente sur qui est ce conseil dont on parle au
début.
Moreau : C'est toujours
le même conseil. Lorsqu'on fait une référence à 57.1.1, c'est le conseil de
la ville et non pas le conseil de l'agglomération.
M. Lisée :
Alors, si on veut faire la modification et…
Moreau : Bien, l'article est suspendu. Ça fait qu'on peut faire
la référence à 57.1.1 parce que c'est là qu'on décidera si c'est le conseil de la ville ou le conseil d'agglomération.
Alors, il n'y a pas vraiment d'obstacle à adopter 57.1.6, puisque le
remplaçant sera nommé suivant la formule qui sera définie à 57.1.1. Ça va?
M. Lisée :
Je suis content de vous l'entendre dire.
M. Moreau :
Oui. Bien, ça me fait plaisir de vous le dire.
Laframboise : Je suis en accord avec ce que le ministre vient de dire.
M. Moreau :
Très bien.
Le Président (M.
Auger) : Donc, l'article 57.1.6 est adopté?
Le Président (M.
Auger) : 57.1.7.
M. Moreau :
57.1.7, M. le Président :
«Malgré
l'article 113 de la
Loi sur les cités et villes (chapitre C-19), le directeur
général de la ville n'a pas autorité sur l'inspecteur général, qui
relève directement du conseil.»
article précise que l'inspecteur général ne relève que du conseil et que le
directeur général n'a pas autorité sur
lui. Alors, c'est une question de ne pas créer de lien de subordination entre
le directeur général de la ville et l'inspecteur général.
Le Président (M.
Auger) : Député de Gaspé.
M. Lelièvre :
Je comprends que…
M. Moreau :
…d'une municipalité régionale de comté.
Lelièvre : Une déformation professionnelle, hein? Vous allez me
trouver un peu tannant, je pense. Mais c'est positif. J'espère que c'est
des remarques constructives.
M. Lelièvre : Écoutez, je comprends que l'objectif, c'est qu'il faut que
l'inspecteur général soit redevable strictement
au conseil, donc doit être au-delà de la direction générale, pour ce qui est de
ses fonctions, de ses responsabilités. Ma question est plus au niveau
pratico-pratique. Par exemple, par rapport à tout ce qui est la gestion des
ressources humaines, aussi simple, par
exemple, disons que l'inspecteur général commettrait, disons, une faute, une
erreur, un problème de fonctionnement
vis-à-vis les ressources humaines de l'organisation. Qu'est-ce qui se passe à
ce niveau-là? Sur le plan professionnel, je comprends, mais, sur le plan des
ressources humaines, qu'est-ce qui se passe? Est-ce qu'il y a de quoi
qui a été prévu?
M. Moreau :
Oui, il y a une disposition qui touche le vérificateur : vérification des
comptes et des affaires de l'inspecteur général. Je vous suggérerais de
réserver cette remarque pour le 57.1.25 et 57.1.22. En fait, il est vraiment autonome, hein? Il est «responsable de l'application
des politiques [...] des normes de la ville relatives à la gestion des
ressources humaines, matérielles et financières affectées à la
réalisation de son mandat» à 57.1.22 et il est soumis à la vérification des
comptes, en vertu de 57.1.25, par le vérificateur général, mais celui-ci n'a
pas le pouvoir de faire une vérification de l'optimisation de ses ressources.
Il est vraiment très, très autonome.
En d'autres termes,
il y a une vérification parce qu'il est dans le périmètre comptable, mais il
n'y a pas de vérification de l'optimisation
des ressources. Et, si ma mémoire est bonne, on m'indiquait que c'était
véritablement une demande qui avait été faite parce que, dans la
vérification de l'optimisation des ressources, on pourrait divulguer ou obtenir des informations qui ne peuvent être
divulguées qu'à l'inspecteur général, notamment en matière d'enquêtes, par
exemple, et que, donc, il a besoin de
conserver une indépendance à cet égard-là. Mais, si vous voulez retenir les
remarques ou le débat plus profond
sur cette question à 57.1.22 ou 57.1.25 qu'on pourra analyser ensemble, si vous
le souhaitez…
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Beauce-Nord.
Une voix :
M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : Oui. Bien, moi, c'est une référence à l'article
57.1.1 : «La nomination de l'inspecteur général est faite par le conseil ordinaire de la ville.» Et
ici on dit que l'inspecteur général relève directement du conseil. Ça ne serait
pas lieu d'ajouter «de la ville» qui… C'est lui qui l'engage.
Spénard : Oui, parce que ça peut être le conseil
d'agglomération ou ça peut être le conseil de la ville étant donné qu'en
57.1.1 c'était qu'il était engagé, la nomination est faite par le conseil de la
ville.
Moreau : Au plan de la rédaction, lorsqu'on fait une référence,
dans la loi, à «du conseil», c'est «le conseil de la ville». Lorsqu'on veut que ce soit
alternativement… ou conjointement, je devrais dire, le conseil de la ville et
celui de l'agglomération, on a un
article
qui a été suspendu, qui est 57.1.3, où on voit qu'on utilise l'expression «d'un
conseil de la ville». Alors, quand on
dit «du conseil de la ville», c'est «le conseil de la ville de Montréal» et non
pas «le conseil de l'agglomération», et ce qui est compatible avec
l'architecture actuelle de la loi parce qu'à 57.1.1 c'est le conseil de la ville qui le nomme. Alors, quand on dit ici qu'il
relève directement du conseil, c'est véritablement du conseil de la ville
et non pas du conseil d'agglomération.
Spénard :
Il n'y a pas lieu de le spécifier plus que ça, là.
M. Moreau :
Non. Ce qu'on m'indique, en technique de rédaction, c'est qu'il n'y a pas lieu
de le spécifier, il n'y aurait pas
d'interprétation sur ça. Retenons cependant que, pour tout vous dire, à la
demande du député de Rosemont, on a
suspendu 57.1.1 et que, si on arrivait à la conclusion qu'à 57.1.1 ça devait,
pour sa nomination, relever du conseil de
l'agglomération, là il faudrait changer probablement 57.1.7 en indiquant à ce moment-là
«conseil de la ville» ou «du conseil d'agglomération». C'est ça?
Une voix :
Mais là il va falloir suspendre, là, c'est ça?
Spénard : Si je peux me permettre une boutade… Ça doit être
une tracasserie d'avocat encore, ça, là, là, hein? Il est-u avocat, en
arrière, lui, là, là?
M. Moreau :
Oui, oui, oui. Là, vous en avez deux.
Spénard :
C'est pour ça qu'on...
Moreau : Alors, vous savez que, quand vous avez un avocat, vous
avez une opinion juridique. Quand vous en
avez deux, vous en avez deux, et elles peuvent être différentes l'une de
l'autre. C'est ce qui parfois a fait la fortune des villages au Québec.
Spénard : Exactement. Bien, des fois, tu sais, c'est
difficile à concilier les deux quand on parle du «conseil de la ville» puis là on arrive puis on arrête à
«du conseil». Seuls les avocats comprennent ça, tu sais, mais le commun des
mortels, lui, là, là...
M. Moreau :
Oui. Non, mais moi, je retiens votre remarque, M. le député de Beauce-Nord. Ce
que je vous suggérerais, c'est
qu'effectivement on lie 57.1.7 à 57.1.1, et, quand nous aurons enfin voté
57.1.1 dans sa forme finale, on pourra revenir à 57.1.7.
Spénard :
Donc, on le suspend, lui aussi?
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : C'est ce que je me disais. Est-ce qu'on doit
suspendre... on va être obligés de suspendre à cause de ça, là? Ce n'est
pas parce que...
M. Moreau :
On va faire ça.
Le Président (M.
Auger) : Donc, on suspend 57...
Moreau : Mais là le député de Rosemont commence à en avoir
pesant sur les épaules, il va falloir qu'il revienne un jour avec
57.1.1. On s'attend à ce que, connaissant sa célérité habituelle, il le fasse à
la reprise de nos travaux.
Le Président (M. Auger) : Donc, on
suspend 57.1.7.
M. Moreau : Ah! j'ai une
patience d'ange.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Lisée : Même chose pour
les amendements que le ministre a proposés.
M. Lisée : Bien, entre
autres, sur...
M. Moreau : Ah! oui, oui. Sur les ordres professionnels,
et puis tout ça, là? Oui, oui, oui. Ah! nous, on travaille vite, on est
comme vous.
M. Lisée : Bon, bien, c'est
bien. On va bien s'entendre.
M. Moreau : Ah! bien, je suis
convaincu.
Le Président (M. Auger) : Donc,
57.1.8.
M. Moreau : Mais pourquoi
vous me parlez au futur? 57.1.8. Mandat.
«L'inspecteur général a pour mandat de
surveiller les processus de passation des contrats et l'exécution de ceux-ci
par la ville ou par une personne morale visée au paragraphe 1° du cinquième
alinéa de l'article 57.1.9.
«L'inspecteur
général recommande au conseil toute mesure visant à prévenir les manquements à
l'intégrité dans le cadre de la
passation des contrats par la ville ou dans le cadre de leur exécution — alors,
passation, exécution. L'inspecteur général recommande également au conseil toute mesure visant à favoriser
le respect des dispositions légales et des exigences de la ville en matière de passation ou d'exécution
de contrats — donc, recommandation. En outre, l'inspecteur général surveille,
au sein de la ville, l'application de telles mesures adoptées par tout conseil.
«L'inspecteur
général a également pour mandat de former — donc,
formation — les membres des conseils de même que les fonctionnaires et employés afin
qu'ils reconnaissent et préviennent les manquements à l'intégrité et aux
règles applicables dans le cadre de la passation des contrats par la ville ou
dans le cadre de leur exécution.
«L'inspecteur
général exerce son mandat tant à l'égard des contrats qui relèvent d'une
compétence d'agglomération — et je
pense que, là, ça répond aux questions préalables — que
de ceux qui relèvent d'une compétence de proximité — qui, eux, relèvent du conseil de la
ville. Ses recommandations peuvent s'adresser à tout conseil de la ville — donc,
les deux — il
surveille les mesures adoptées par tout tel conseil et la formation qu'il
dispense peut viser les membres de tout conseil de même que tous les
fonctionnaires et employés de la ville.»
Alors, cet
article est important, il circonscrit le mandat de l'inspecteur
général. Le premier volet du mandat est de surveiller les processus de
passation des contrats et l'exécution de ceux-ci. Les contrats de la ville sont
ainsi surveillés de même que les
contrats des personnes liées à la ville, c'est-à-dire celles qui soit font
partie du périmètre comptable de la ville, soit ont un conseil
d'administration composé d'une majorité de membres nommés par la ville ou un de
ses mandataires, soit ont la majorité de
leurs parts ou actions votantes détenues par la ville ou un de ses mandataires.
Il y en a 18, je pense, si ma mémoire est bonne.
Un deuxième
volet du mandat de l'inspecteur général consiste à recommander au conseil des mesures visant à prévenir les
manquements à l'intégrité dans le cadre de la passation des contrats par la
ville ou de leur exécution. L'inspecteur
général recommande également des mesures pour favoriser le respect des dispositions légales et des exigences de la ville en matière de contrat. Une
fois ces mesures adoptées, l'inspecteur général en surveille l'application.
Le dernier
volet du mandat de l'inspecteur général est de former les élus et les
fonctionnaires et employés de la ville
afin qu'ils reconnaissent et préviennent les manquements à l'intégrité et aux
règles applicables dans le cadre de la passation
des contrats par la ville ou de leur exécution. L'inspecteur général exerce son
mandat tant à l'égard des contrats qui
relèvent d'une compétence d'agglomération que de ceux qui relèvent d'une compétence de
proximité. Ses recommandations peuvent s'adresser à tout conseil de la ville,
il surveille les mesures adoptées par tout tel conseil, et la formation
qu'il dispense peut viser les membres de tout conseil de même que tous les
fonctionnaires et employés de la ville. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Auger) : Merci. M.
le député de Rosemont.
M. Lisée : Simplement, d'abord, pour noter que le
libellé de l'article 57.1.8 sur «tout conseil», etc., montre bien que le mandat s'applique de façon explicite au
conseil d'agglomération et à l'ensemble des villes liées. Donc, ça
renforce un peu notre argument
précédent. J'aimerais entendre le ministre sur sa définition lorsqu'il parle dans le cas de
la passation des contrats. Alors, qu'est-ce que c'est que la passation
des contrats?
M. Moreau : Juste avant de répondre à votre question,
je veux apporter une précision parce
que je ne veux pas qu'il y ait
confusion.
L'inspecteur général n'a pas compétence
sur le territoire des villes liées à moins que le contrat dont il
est question soit un contrat exécuté ou accordé sur le territoire
d'une ville liée et qui relève d'une compétence d'agglomération. Il y a une
différence, parce qu'au conseil d'agglomération il y a
des villes liées, et il y a les villes d'agglo, et il y a
le territoire de la ville
de Montréal. Alors, territoire de la ville de Montréal, territoire de
l'agglomération, adjudication,
exécution des contrats, formation du
personnel et recommandations. À l'égard des villes liées qui siègent au
conseil d'agglomération, si une
ville liée… et on prend toujours le même exemple,
Westmount est une ville liée… exemple, Westmount donne un contrat qui relève d'une compétence locale,
l'inspecteur général n'aura pas juridiction sur l'exécution ou la passation...
n'aura pas le mandat de... Alors donc, vous
avez utilisé l'expression «sur le territoire des villes liées», oui, sous réserve du caveat suivant : sur le territoire
des villes liées, lorsque l'adjudication du contrat ou l'exécution de celui-ci
relève d'une compétence d'agglomération. Je veux juste qu'on soit clair,
on est sur le même poste.
Maintenant, la question,
c'était…
M. Lisée :
La question, c'est la définition que vous voyez aux mots «passation des
contrats».
Moreau : Passation
des contrats, que vous voyez... «L'inspecteur général recommande au conseil
toute mesure visant à prévenir les
manquements à l'intégrité dans le cadre de la passation des contrats par la
ville…» La passation des contrats, c'est tout le processus en amont et
au moment de l'adoption de la résolution ou du règlement qui constatera
l'adjudication du contrat.
M. Lisée :
...légale qui existe du mot «passation»?
M. Moreau :
Bien, la passation, c'est tout ce qui entoure... Le mot «passation» n'a pas
besoin d'être autrement défini. Il réfère à l'ensemble de la procédure qui, de
l'origine jusqu'à l'exécution du contrat, concerne les éléments liés au fait
qu'il y aura un engagement de la ville envers un cocontractant. Alors, c'est
très large.
M. Lisée :
Ici, dans les notes explicatives, on dit : «Les contrats de la ville
sont...»
Moreau : ...d'ailleurs,
le sous-ministre ici me dit... Bon, bien, je vous ai parlé de la
procédure, alors la procédure d'appel d'offres, les comités de
sélection. Vous savez que les contrats sont donnés après appel d'offres, des
fois par invitation, des fois par appel
d'offres public. Alors, l'ensemble de ça, s'il y a un comité de sélection, ça
fait
partie de la procédure de
passation des contrats, la signature du contrat, le contenu du contrat, les
analyses qui y sont relatives à la préparation
du cahier des charges, lui, il va pouvoir voir tout ça, parce que
souvent il y a aussi des éléments qui relèvent, très tôt en amont, de l'adjudication comme telle.
Exemple, on a vu des cas où la rédaction même du devis semblait un petit peu dessiner d'avance le seul
cheval blanc à taches rouges qu'on voulait avoir, là.
Alors,
il y a des éléments là-dedans qui peuvent relever de sa compétence. Et, dans
le premier alinéa de 57.1.8,
on dit qu'il «a pour mandat de surveiller les processus de passation des
contrats», ce qui donc est très englobant.
Lisée : Un autre élément. Donc, dans les notes explicatives, on
dit : «Les contrats de la ville sont ainsi surveillés de même que les contrats des personnes liées à la
ville, c'est-à-dire celles qui : soit font
partie du périmètre comptable
de la ville…» Alors, on comprend, on a eu la
discussion sur les organismes paramunicipaux, mais il est arrivé dans un cas
à Laval où le maire avait décidé de mettre à l'abri d'un OBNL un projet
particulier, donc, pour l'écarter du périmètre comptable de la ville.
Est-ce que, dans
votre compréhension, les libellés qui nous sont proposés permettraient à
l'inspecteur général d'aller même dans des
cas où il y a eu une volonté d'extraire au périmètre comptable de la ville…
mais avec des fonds qui proviennent de la ville?
Moreau : Bien, si les fonds proviennent de la ville, il est
dans le périmètre comptable de la ville, normalement. Alors, ils font
partie du… Il y a trois
critères : soit fait
partie du périmètre comptable; soit ont un conseil
d'administration composé d'une
majorité de membres nommés par la ville ou ses mandataires; soit ont la
majorité de leurs parts ou actions votantes détenues par la ville ou un
de ses mandataires.
Dans le cas de la
ville de Montréal, il y en a 18. Je ne sais pas si vous en aviez une en tête.
Je peux vous faire l'énumération des 18,
mais essentiellement ce qu'on veut, c'est que… On vise très large. On
dit : En plus de la ville, des organismes
donnent des contrats financiers par de l'argent de la ville. C'est ce que vous
souhaitez, O.K., alors c'est ça. La
protection de l'intégrité de leur passation et de leur exécution est aussi
importante que celle des contrats donnés par la ville elle-même. Les critères proposés pour déterminer les organismes où
l'inspecteur ferait la surveillance des contrats sont les mêmes que ceux utilisés par le vérificateur général pour
déterminer ceux dont il doit vérifier les états financiers.
Alors,
dans son dernier rapport annuel, le vérificateur général de la ville indique
que ces organismes sont au nombre de 18. Et on a une liste, là, dont je
vous ferai grâce de l'énumération.
Le Président (M.
Auger) : M. le député… Oui. Vous n'aviez pas terminé?
Lisée : Oui. Bien, j'essayais de voir… parce qu'il y a des
ratoureux, là. On dit : Dans le périmètre comptable de la ville. Je
n'ai pas les détails du cas du Cosmodôme, là, mais il avait fait en sorte que
de l'argent qui n'était pas contractuel, ou
c'était subventionné, ou autrement, s'était retrouvé dans un organisme qui,
lui, était protégé des demandes d'accès
parce qu'il n'était pas considéré comme un organisme municipal au sens propre.
Je veux savoir si on donne…
M. Lisée : C'est ça, pas
redevable au conseil de ville. Le conseil d'administration n'était pas nommé
par le conseil de ville. Est-ce que,
l'inspecteur général, avec la définition qu'on a écrite là, ça lui permettrait
d'aller retourner ces roches-là?
M. Moreau :
Moi, je vous dirais que ce que l'on voit là, c'est véritablement une vision qui
est très large. Alors, c'est des
entités, quelle que soit leur forme, qui administrent des biens de la ville,
qui sont en relation avec la ville soit dans le cadre d'ententes soit en raison du financement qu'ils reçoivent
à partir des deniers publics qui viennent du fonds général ou d'un fonds spécifique de la ville ou
encore de sommes utilisées par… acquis par la ville par le biais d'emprunts.
Ce sont des organismes dont les membres du
conseil d'administration sont nommés par la ville ou encore qui bénéficient
d'un soutien de la ville en vertu duquel
elle s'expose à des risques ou des pertes financières, la ville. Alors, je ne
vois pas comment on pourrait définir plus largement. Et en plus on se
réfère à la définition de ce qu'a suggéré le vérificateur général de la ville en disant… Le vérificateur
général, lui, il a intérêt à avoir le droit de regarder partout et lui, il
dit : Moi, là, quand je regarde
les critères de ce qui est et périmètre comptable et conseil… et lien de
nomination ou risque financier pour la ville, là, j'arrive à 18. Les 18
sont visés par le projet de loi.
Mais, si vous avez un cas spécifique en tête, on
peut en faire une analyse pour voir s'il serait visé par ça, là.
M. Lisée :
Merci de le suggérer. Comme le cas de l'OBNL du Cosmodôme était particulier,
est-ce qu'on peut vous demander de vérifier, si une situation semblable
arrivait à la ville de Montréal, si ce serait couvert ou non?
M. Moreau : …faire la vérification
pour la question du Cosmodôme, mais…
M. Lisée : Cosmodôme… ou c'était un autre, là, OBNL. Enfin, il y a un
cas où on va… Si ce n'est pas le Cosmodôme, on va vous revenir avec
l'exemple, là.
M. Moreau : Alors, revenez-moi avec l'exemple, même si
on n'est pas en séance de travail, pour qu'on fasse la bonne vérification. Parce
que mon souvenir, c'est que, dans le
cas du Cosmodôme, il y avait des dispositions spécifiques qui étaient habilitantes pour la ville de Laval et qu'il y avait une transaction sur les biens immobiliers et les biens détenus par des tiers, notamment, je pense, puis là je dis ça sous toutes réserves, là, la Caisse de dépôt, dans les terrains sur lesquels devait être situé le Cosmodôme. Mais, normalement,
pour répondre à votre question, s'il y a un OBNL dont les membres du conseil sont nommés par la ville, c'est visé.
S'il y a un OBNL qui reçoit du financement de la ville ou qui met la ville à
risque de pertes financières, c'est visé. Là, il faudrait voir, là. On va
l'examiner puis on vous reviendra.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Oui. Moi, M. le ministre, par rapport à… J'aurai un
commentaire par rapport… qui va être… Je
vais passer des paragraphes, là, mais il y aura un commentaire… Dans le premier
paragraphe, «l'inspecteur général a pour mandat de surveiller les
processus de passation de contrats», ça, je comprends.
Deuxième paragraphe : «L'inspecteur général
recommande au conseil toute mesure visant à prévenir les manquements à l'intégrité…» Ensuite, quand on
poursuit : «L'inspecteur général recommande également au conseil toute
mesure visant à favoriser le respect[…]. En
outre, l'inspecteur général surveille, au sein de la ville, l'application de
telles mesures…» Là, je trouve qu'il
manque un petit peu de quelque chose, là. Parce que, je veux dire, il
recommande puis après ça il fait juste surveiller. J'aurais peut-être
aimé… puis moi, je vais vous demander, là, peut-être d'en parler à l'inspecteur, là, parce que peut-être que, s'il y
avait «qui surveille et encadre»… parce que juste surveiller… il fait des
recommandations puis après ça il fait juste
surveiller, mais «surveille et encadre l'application de telles mesures
adoptées par tout conseil»… Parce
qu'il me semble… puis c'est la même chose, là, quand on arrive aux
agglomérations, l'inspecteur général
exerce son mandat, il surveille les mesures adoptées puis… Donc, le dernier
paragraphe : «L'inspecteur général exerce son mandat tant à l'égard des contrats qui relèvent d'une
compétence d'agglomération que de ceux qui relèvent d'une compétence de proximité. Ses recommandations
peuvent s'adresser à tout conseil de la ville, il surveille les mesures adoptées par tout tel conseil et la [formulation]
qu'il dispense…» Mais je me dirais : Il «surveille et encadre», un petit
peu plus loin, là, pour être capable de lui donner un petit peu plus de pouvoir
d'intervention, là. Oui.
M. Moreau : C'est que, quand
vous parlez d'encadrer, vous ne voulez pas que ce soit lui qui exécute.
M. Laframboise : Non, c'est ça.
M. Moreau :
Bon. Alors, la surveillance amène un encadrement, parce que, s'il surveille
ceux qui exécutent, la notion de
surveillance, c'est de dire : Je vous regarde faire. Alors, en les
regardant faire, il peut s'assurer de la conformité de l'exécution par rapport à ses recommandations.
C'est la façon dont je pense que… la seule façon dont la disposition peut être interprétée. Mettez-vous dans le
contexte, par exemple, d'un contrat, des travaux municipaux. L'ingénieur qui
a la surveillance, il encadre aussi parce
qu'il s'assure que l'exécution des travaux est faite de façon conforme aux
dispositions du
devis et des plans. Alors, à moins que vous vouliez y donner une notion
d'élément actif dans l'exécution de la recommandation, le mot
«surveillance» m'apparaît suffisant.
Laframboise : Sauf que trop fort ne casse pas, là. Si sa surveillance
permet l'encadrement, pourquoi ne pas dire «surveille et encadre»?
Moreau : Et qu'est-ce que vous voyez comme encadrement? Vous ne
voulez pas qu'il soit exécutant. Ça, c'est sûr.
Laframboise : Non, non. Ça, c'est clair.
Moreau : O.K. Mais encadrer, pour vous, ce serait un élément de
plus que la surveillance, qui consisterait à quoi?
Laframboise : Tu sais, à un pouvoir de recommandation si jamais il… tu
sais, puis peut-être d'aller… de surveiller et… comment je vous dirais ça?, et
d'intervention, mais dans…
M. Moreau :
Le mot «surveille» est trop passif.
Laframboise : C'est ça. Bien, par rapport… parce que…
M. Moreau :
Parce que, normalement, la surveillance, c'est vraiment ça, là, c'est de dire,
comme on dit familièrement : Il est là qui watche. Mais vous dites :
Ce n'est pas suffisant, ça.
Laframboise : Bien, moi, je trouve qu'on manque de… en tout cas, on
manque la chance de lui donner un petit peu de force pour que ce soit…
M. Moreau :
On me confirme ici, là, que ça… De toute façon, ce qu'on se dit ici sert à
l'interprétation des dispositions
législatives. On me dit ici que, si on ajoute «encadre», exemple, le processus
d'adjudication des contrats, c'est comme si on lui donnait l'équivalence
d'un pouvoir de gérance et donc d'arriver véritablement à être un acteur dans l'adjudication du contrat, ce qui n'est pas son
rôle. Lui, il le surveille pour dire : Vous, la ville, là, votre rôle,
c'est de vous assurer que les
dispositions de la loi sont suivies sur l'affichage, la conception du devis
puis l'adjudication du contrat. Il surveille et il fait rapport de sa
surveillance. On le voit un peu plus loin dans le projet de loi. Alors, s'il
estime que la procédure n'a pas été
correctement suivie, il en fait un rapport. Mais lui donner un pouvoir
additionnel à ça, ce serait lui permettre
de se substituer à la ville dans l'exécution soit de l'adjudication ou de
l'exécution, et là on me dit qu'on irait trop loin à ce moment-là.
Laframboise : …la façon dont le texte est rédigé, c'est qu'on lui
donne au début le pouvoir de surveiller le processus, puis après ça il fait des recommandations et, quand on
revient, il resurveille. Tu sais, c'est pour ça que je vous dis : Il manque… Tu sais, parce que, dès le
début, on dit : Bon, tu surveilles. Après ça, quand tu as fait ta
surveillance, tu fais des
recommandations puis, après ça, tu fais juste surveiller. C'est pour ça que je
trouve qu'il est… Là, si vous me dites qu'encadrer…
Moreau : Quand on voit 57.1.9, là, qui est toujours dans le
mandat, parce que, là, on est au début du mandat, là… regardez tout ce qu'il peut faire dans son
rôle de surveillance. Il examine les livres, les registres, les dossiers, il
obtient les renseignements de tout le monde et de n'importe qui, sauf du
CUSM.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : Oui, c'est parce que, pour appuyer un peu ce que
le député de Blainville disait, on a vu beaucoup d'inspecteurs qui surveillaient mais qui… Tu sais, la commission
Charbonneau en est pleine, l'UPAC en est pleine. Puis, quand on fait une recommandation à la ville, ça
prend du temps, vous le savez comme moi. J'ai été maire durant neuf ans,
vous avez été président de l'UMQ.
Est-ce
qu'on pourrait dire «surveille et prend acte de la mise en oeuvre, par
l'autorité compétente, des recommandations qu'il a formulées»?
M. Moreau :
«Surveille et s'assure»?
Spénard :
Et s'assure…
M. Moreau :
«En outre, l'inspecteur général surveille…»
Spénard :
…que les recommandations sont mises en place. Parce qu'on peut recommander,
mais, si la ville ne met pas les recommandations qu'il a faites, que
l'inspecteur a amenées à la ville, il va surveiller quoi? Il surveille, puis c'est tout? Parce que le maître d'oeuvre des contrats,
c'est la ville, mais, l'inspecteur, il faut qu'il surveille si ses recommandations
ont été mises en oeuvre par la ville. S'il fait juste surveiller…
M. Moreau : …vous qu'il
remplace la ville?
Spénard :
Non, non, non. Le maître d'oeuvre, c'est la ville. Le maître d'oeuvre, c'est la
ville, on s'entend là-dessus. Lui, il recommande à la ville certains
ajustements à faire dans la passation de contrats.
M. Moreau : Mettons que la
ville ne le fait pas.
Spénard :
Mettons que la ville ne le fait pas, bien, c'est quoi qu'il fait, là? Ça fait que,
là, il faut qu'il fasse un rapport
comme quoi… Il faut qu'il vérifie. Si la ville ne le fait pas, comment il fait
pour aller le vérifier? Il faut qu'il le vérifie.
M. Moreau :
C'est ça, mais vous avez raison. Alors, vous dites : Si la ville ne le
fait pas, il fait rapport. C'est ce que prévoit 57.1.23. Il fait un
rapport, puis son rapport est public. Il dit : Moi, j'ai surveillé la
ville, elle ne s'est pas rendue à mes recommandations. Il écrit : Elle ne
s'est pas rendue à mes recommandations.
Il l'écrit dans un rapport, lequel est rendu
public. Alors, en réalité, c'est un peu… Ce n'est pas le vérificateur général. Lui, il va beaucoup plus loin que le
vérificateur général dans le contexte de l'adjudication puis l'exécution des
contrats. Lui, là, il peut dire : Moi,
j'ai fait une recommandation, j'ai fait une formation, je leur ai donné tel
processus à suivre, ça n'a pas été
fait, et les conséquences sont les suivantes.
Et il le fait dans son rapport. Parce
qu'aller plus loin que ça, ce serait
lui permettre de se substituer à la ville, puis là, bien là, il n'a pas
d'imputabilité, lui, parce qu'il n'est pas élu.
Spénard : Mais y
a-tu quelqu'un qui vérifie si, les applications de son rapport, la ville les a
faites?
M. Moreau :
Bien, à partir du moment où il fait rapport sur le défaut de la ville de suivre
ses recommandations, c'est comme ici, à l'Assemblée nationale, quand le
Vérificateur général vous dit : Vous n'avez pas fait votre travail correctement, l'opposition est là pour rappeler au
gouvernement qu'ils n'ont pas fait leur job comme il faut, puis ils vont
voir les médias puis... Alors, il y a une sanction publique liée à ça, là, le
suivi des recommandations.
Spénard :
C'est parce qu'il faut bien se dire que, là, on est dans des contrats de travaux, là, tu sais. Ce n'est pas des contrats qui vont prendre cinq ans, là, il y en a
qui prennent trois mois, là. Tu sais, à
un moment donné, là, il n'est pas pour attendre l'an prochain, quand il va faire
son rapport. Bien, le contrat qui est terminé puis qui est fini, puis tout le monde a été payé, là, c'est... à un
moment donné, ça prend...
M. Moreau : …il a des dents, là, parce que,
là, dans votre contrat de trois mois, s'il voit qu'il y a un problème, il suspend l'exécution du contrat, cling, tout de suite, et là ça prend un geste positif de la ville pour renverser la décision
de l'inspecteur, adopté dans une résolution qui est publique et qui motive les
raisons pour lesquelles on ne suit pas la recommandation de l'inspecteur de
suspendre l'exécution du contrat. Là, ça ne va pas bien, là, quand on est rendu
Le Président (M. Auger) : M. le
député.
M. Moreau : Mais il a un pouvoir d'intervention pour... Parce que
votre dernière intervention, elle est liée, par exemple, à dire : Il y a urgence qu'il agisse
avant que le contrat soit terminé parce
que c'est un contrat en exécution de
courte durée. Là, il a un pouvoir
d'intervention direct, on va le voir tantôt, il peut suspendre l'exécution du
contrat. Là, les compteurs tournent,
là. Parce que, s'il suspend l'exécution du contrat, vous
le savez bien, vous avez été maire,
l'entrepreneur général, lui, il
commence à monter ses réclamations «from day one», puis après ça la ville, elle
regarde ça à savoir si c'est correctement fait, d'où le pouvoir qu'on
donne à la ville de revoir une décision de suspension de l'inspecteur qui est
exécutoire immédiatement.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Si vous
permettez, M. le ministre. Si on veut suivre le raisonnement, moi, comme je
vous dis, il surveille, il recommande puis après ça il revient juste à
surveiller. J'aurais tendance à dire suite au discours que vous venez de tenir : Plutôt que de dire
«surveille», il «vérifie», tout simplement, l'application de ses
recommandations. Donc, s'il vérifie
puis qu'ils ne l'ont pas fait, bon, bien, ils ne l'ont pas fait, puis là, après
ça, il fera son rapport puis il dira : Il ne l'a pas fait, là. Parce qu'«en outre, l'inspecteur
général surveille, au sein de la
ville, l'application de telles
mesures» et vérifie, au sein de la
ville, l'application de telles mesures. Y ont-u été appliquées? Si elles n'ont
pas été appliquées, elles n'ont pas été appliquées, puis, tu sais, il
fera son rapport par après.
M. Moreau :
Je n'ai pas de difficulté avec ça parce que... On va faire l'amendement. Mais,
aller plus loin que ça, là, vous le mettez vraiment dans... vous le
substituez à l'autorité qu'est la ville...
M. Laframboise : Ce n'est pas ça non
plus.
Moreau : ...puis ce n'est pas ça, votre objectif.
Laframboise : Non, non, non, je ne veux pas ça.
Moreau : Alors, vous voulez que ça ait une approche moins
passive. On va faire l'amendement puis on va vous le suggérer.
Laframboise : Parfait.
Le Président (M.
Auger) : On suspend 57.1.8?
M. Moreau :
Bien, on est excellents en suspension…
Le Président (M.
Auger) : Vous êtes pas mal bons là-dessus, effectivement.
M. Moreau :
…on est des professionnels de la suspension.
Le Président (M.
Auger) : Oui, effectivement.
Moreau : On est même en train de faire compétition à... C'est
quoi? C'est Oscar, là, qui change les suspensions de voiture?
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
…avant la suspension, avec...
M. Moreau :
…tu en ressors plus fort.
Lisée : ...votre permission, donc, le cas dont je vous parlais
tout à l'heure, sur Laval, c'est La Cité de la culture et du sport, où
il y avait...
M. Moreau :
…de la culture et du sport.
M. Lisée : De la culture et du sport, oui, où un OBNL avait été créé
avec une très grande opacité. Et une autre question, c'est toute la
question des PPP.
Moreau : Et ce que vous dites, c'est essentiellement :
Regardez le schéma de fonctionnement de La Cité de la culture et du
sport et dites-moi que...
M. Lisée :
Si ça existait à Montréal, l'inspecteur général pourrait mettre son nez dedans.
Moreau : ...les dispositions de 57.1.8 permettraient à
l'institution qu'est l'inspecteur général d'aller mettre son nez là et
d'exécuter son mandat.
Lisée : Exactement. Et je vous pose la même question pour ce
qui est des PPP. Je voudrais qu'on soit clair que, lorsque la ville engage contractuellement un PPP — je suppose que c'est bien le cas — donc, l'inspecteur général peut faire son travail à l'intérieur du cadre d'un
PPP comme il le fait à l'intérieur du cadre d'un contrat bilatéral direct
entre la ville et un contractant.
Le Président (M.
Auger) : Compte tenu de l'heure, je...
Moreau : Moi, je peux vous dire tout de suite : Sur le
PPP, là, il n'y a aucune difficulté parce que, dans le cas d'un PPP, la ville adjuge un contrat. Alors, il
va rentrer direct dedans. Quant au cas de figure que vous nous soumettez,
je m'excuse, M. le Président, on va faire les vérifications puis on va vous
revenir.
Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. Compte tenu de l'heure,
je suspends les travaux de la commission jusqu'à 19 h 30.
Merci.
(Suspension de la séance à 13
heures)
Président (M. Auger) : Nous
allons reprendre nos travaux. Je vous rappelle que la commission
est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 1, Loi concernant l'inspecteur général de la Ville de Montréal.
Avant
de poursuivre, je vous indique que nous avons reçu les commentaires du Barreau du Québec concernant le projet de loi. Je dépose
donc ce document.
Lors
de la suspension de nos travaux, nous en étions à l'étude de l'article
57.1.9 introduit par l'article 1 du projet
de loi. Ce que je comprends, c'est que l'on reprenne 5.1.8.
Le Président (M.
Auger) : 57.1.8. Merci.
Moreau : Merci, M. le Président. Alors, au
moment où nous avons suspendu, nous
avions pris l'engagement, à la demande du député de Rosemont, de
vérifier la situation.
Alors,
la question était : Est-ce que l'inspecteur
général pourrait faire la surveillance de la passation et de l'exécution
des contrats d'un organisme comme Cité de la culture et du sport à Laval?
C'était bien la question?
M. Moreau :
Je vais vous passer le détail de l'ensemble de la réponse qu'on m'a donnée pour
vous dire qu'essentiellement la réponse est non, mais que cette
surveillance-là, comme il y a une subvention versée par la ville, pourrait être assurée par le vérificateur général et que l'inspecteur général, si on reproduisait exactement
la même situation, pourrait faire des recommandations sur
les conditions que la ville pourrait demander aux organismes de respecter en matière contractuelle lorsqu'elle accorde une
subvention. En plaçant de telles conditions dans une entente de subvention
qui ferait office de contrat entre la ville
et un organisme, l'inspecteur général serait alors habilité pour faire la
surveillance de la passation et de la réalisation de ce contrat de
subvention.
Alors,
la réponse est en deux temps : techniquement, non, mais, s'il faisait une
recommandation qui est intégrée à un
contrat de versement d'une subvention ou d'une aide financière entre la ville
et l'organisme, là il deviendrait habilité, selon l'information qu'on
m'a donnée.
M. Lisée :
Et non, parce que?
Moreau : Non, parce que l'organisme… du seul fait qu'un
organisme reçoit une subvention, elle n'entre pas dans le périmètre comptable. Je vous explique. Un
OSBL, ça peut être l'association pour la danse créative de la ville de Montréal qui reçoit une subvention de
7 000 $. Alors, à ce moment-là, elle n'entre pas dans le périmètre
comptable de la ville compte tenu du faible niveau de l'aide financière,
par exemple.
M. Lisée :
Peu importe le niveau de l'aide financière, parce que, dans ce cas-là, le
niveau était très important.
Moreau : Oui, oui, mais, dans le cas de Laval, c'était
75 millions, mais ça ne le faisait pas plus entrer dans le périmètre comptable, et la raison pour laquelle
le… En fait, le versement d'une subvention ne fait pas entrer… parce qu'une subvention peut être ponctuelle et non
répétitive, alors que, là, ce que l'on vise, c'est des organismes qui
reçoivent, de façon constante, dans
leur alimentation budgétaire, des sommes provenant de la ville. Ça,
automatiquement, ça tombe dans le
périmètre comptable. Et on a 18 de ces organismes-là, là. Dans les 18, il y en
a certains qui sont là en raison du financement
qu'ils reçoivent. Ce qui peut être fait à l'égard d'un OSBL qui reçoit une
subvention et qui ne serait pas, par ailleurs,
dans le périmètre comptable, il pourrait faire l'objet d'une recommandation par
l'inspecteur général. Et, si la ville, dans
l'aide financière, indique cette nature-là dans la relation contractuelle qui
existe entre la ville et l'organisme, là il tomberait dans le champ de vérification de l'inspecteur général qui,
semble-t-il, a été rebaptisé plusieurs fois par celui qui vous parle ce matin comme étant l'inspecteur
municipal. Alors, je fais la correction et je m'excuse auprès de l'institution,
là. On va essayer de se concentrer sur l'inspecteur général.
Alors,
je ne sais pas si cette réponse-là est satisfaisante pour vous. Moi, je pense,
en réalité, quand on analyse la réponse
juridique qui nous est donnée, il appartient à l'inspecteur général de choisir s'il veut véritablement les inclure
dans son périmètre à lui en faisant une recommandation à la ville et en disant à la ville : Quand vous allez faire une aide financière à cet organisme-là, là, prévoyez que. Et à ce moment-là il prendrait juridiction. Donc, il a un pouvoir étendu de se
donner lui-même juridiction sur ce type d'OSBL là… d'OBNL là. On appelle ça un
OBNL.
Lisée : Bien, ce que
je comprends, c'est que, dans l'état actuel du droit municipal québécois,
la capacité d'une ville de faire une
transaction opaque comme celle dont on discute maintenant reste et que peut-être
qu'on devrait, à un autre moment, sur
une autre législation, se poser la question de balises qui
empêcheraient une ville d'utiliser ce mécanisme mais que pour…
Moreau : Mais elle ne
serait pas tout à fait opaque, par
exemple, parce que
le vérificateur général de la ville,
lui, aurait la possibilité d'y aller. Mais
on sait que le vérificateur n'a pas les mêmes pouvoirs que l'inspecteur
général.
M. Lisée :
Oui, tout à fait. Et donc ça dépasse le mandat qui nous est imparti
aujourd'hui. Mais la réponse me satisfait pour l'instant, mais ça
soulève une question pour des discussions ultérieures.
M. Moreau : Mais
retenons cependant, et c'est bon de le mentionner, que l'inspecteur général
peut acquérir la juridiction sur ce type de transaction là.
M. Lisée :
Si le conseil de ville accepte sa recommandation.
Moreau : Non, pas… Bien, c'est-à-dire, si le conseil de ville
accepte… La recommandation de l'inspecteur général est rendue publique.
Là, il y a…
M. Lisée :
Oui. Il y a une pression politique.
M. Moreau :
…une notion de transparence et de…
M. Lisée :
Il y a une pression politique, mais il n'y a pas de…
M. Moreau :
…une pression.
M. Lisée :
…il n'y a pas d'automatisme.
Moreau : Non. Si vous souhaitez qu'il y ait un automatisme…
C'est parce que la difficulté, c'est que, si on inclut, dans le périmètre de juridiction de l'inspecteur général, les
organismes qui reçoivent des subventions, on risque d'y mettre une charge qui dépasse largement
l'objectif poursuivi. Ça peut être une école de danse, ça peut être… Ce n'est
pas là qu'on va, là.
M. Lisée :
On comprend très bien que, si un conseil de ville a utilisé ce stratagème pour
faire, à travers une subvention, ce qu'il aurait pu faire autrement…
M. Moreau :
Il risque de faire la première page de La Presse .
Lisée : Oui. Oui, mais, disons, pendant plusieurs années, ça a
réussi à passer sous le radar, et là on essaie de faire en sorte que ce ne soit plus possible pour
l'avenir. Mais je comprends que… Votre réponse me satisfait pour les fins
de la discussion de l'article en cours.
M. Moreau :
Bien. Alors donc, est-ce qu'il y avait autre chose sur 57.1.8?
Le Président (M.
Auger) : Député de Blainville.
Laframboise : On était en discussion sur remplacer le mot «surveille»,
au deuxième paragraphe et au quatrième paragraphe, par «vérifie».
Moreau : O.K. Oui. Alors, effectivement, le député de
Blainville a raison, M. le Président, et c'est la raison pour laquelle
nous avons fait nos devoirs et nous proposerions l'amendement suivant, que nous
allons distribuer aux membres de la
commission : de modifier l'article 57.1.8, édicté par l'article 1, par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «surveille» par «vérifie».
Alors
donc, pour votre gouverne, on lirait la deuxième phrase du deuxième alinéa…
pardon, la troisième phrase du
deuxième alinéa par : «En outre, l'inspecteur général vérifie, au sein de
la ville, l'application de telles mesures adoptées par tout conseil.» Ça
vous va?
Le Président (M.
Auger) : Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement?
Laframboise : ...parce qu'en faisant ça c'est parfait, mais j'avais
aussi demandé qu'au quatrième alinéa… pour les agglomérations aussi. Mais
pensez-vous que ça va toucher aussi les agglomérations si on fait ça?
Moreau : Non. On peut faire exactement la même chose. Alors, on
va ajouter à l'amendement… Alors, on pourrait
dire : Modifie l'article 57.1.8, édicté par l'article 1, par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «surveille» par «vérifie», et
la même chose dans le un, deux, trois… quatrième alinéa. C'est ça?
M. Moreau :
Alors, si vous voulez, on va suspendre l'article pour qu'on vous rédige l'amendement…
Moreau : Ah! bien, on peut le prendre corrigé comme ça. On
travaille bien. Alors donc, l'amendement se lirait : Modifier l'article 57.1.8, édicté par l'article 1,
par le remplacement, dans les deuxième et quatrième alinéas, de «surveille»
par «vérifie».
amendement vise à ce que l'inspecteur général vérifie, plutôt que surveille,
l'application des mesures visant à favoriser
le respect des dispositions légales et des exigences de la ville en matière de
passation et d'exécution de contrats adoptées par un conseil à la suite
de ses recommandations. L'amendement est déposé, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Merci.
M. Moreau :
Ça vous va?
Le Président (M.
Auger) : Est-ce que l'amendement avec l'ajout est adopté?
Le Président (M.
Auger) : Adopté.
M. Moreau :
L'amendement est adopté.
Le Président (M.
Auger) : Est-ce que l'article 57.1.8 est adopté?
M. Moreau :
Tel qu'amendé.
Le Président (M.
Auger) : Tel qu'amendé, oui.
M. Moreau :
Il est adopté, oui, adopté.
M. Lisée :
...que pour nous c'est adopté aussi, mais, comme je ne l'avais pas dit, je
tiens à le dire.
Le Président (M.
Auger) : Ah! merci.
Le Président (M.
Auger) : Merci, M. le député de Rosemont.
M. Moreau :
Alors, M. le Président, si vous voulez bien, parce que, là, on a suspendu plusieurs
articles qui découlent les uns des autres,
alors, on pourrait peut-être revenir à 57.1.1. Et là on va compter sur votre
aide, M. le Président, pour
savoir ce qui avait été suspendu et ce qui ne l'était pas.
Le Président (M.
Auger) : Est-ce qu'il y a consentement pour qu'on reprenne 57.1.1?
Le Président (M.
Auger) : Donc...
Moreau : Donc, nous
avions suspendu 57.1.1 pour quelle raison déjà, M. le député de... Ah! c'était
pour savoir lequel des conseils
devait nommer l'inspecteur. Est-ce
que c'est le conseil de l'agglomération ou le conseil de la ville?
M. Lisée :
Dans le texte d'origine, il y avait une ambiguïté. Ici, l'ambiguïté est levée
par le fait que c'est un conseil ordinaire. Ça se
débat, parce qu'effectivement
l'inspecteur général a un mandat de faire des vérifications auprès certainement d'organismes qui relèvent du conseil
d'agglomération, comme la STM. Cependant, dans les précédents qui ont déjà été établis, le vérificateur général de
la ville a le même mandat qui dépasse simplement le conseil de ville, pourtant
il n'est nommé que par le conseil de ville.
Je continue à penser qu'il y a là un écart démocratique qu'il serait bon de
corriger. Mais, comme vous l'avez
indiqué ce matin, M. le ministre, nous allons discuter du statut de la
métropole un peu plus tard, et ce
sera peut-être l'occasion, à ce moment-là, de faire les ajustements
nécessaires. Mais donc, pour l'instant, il me semble que ça peut aller.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Moreau : À 57.1.1, le député de Rosemont indique qu'il serait
prêt à adopter la disposition telle qu'elle est rédigée dans le projet de loi, sous réserve que nous puissions réexaminer
le tout dans une législation ultérieure, relative au statut de la
métropole.
M. Laframboise : Moi, je n'ai pas de
problème.
Le Président (M.
Auger) : Donc, est-ce que l'article 57.1.1 est adopté?
Le Président (M. Auger) : Merci.
M. Moreau : Est-ce qu'on en
avait de suspendus, M. le Président?
Le Président (M. Auger) : 57.1.2.
M. Moreau : Oh oui! O.K. Des
fois, les choses tombent bien. On a reçu... je pense que tout le monde a...
Est-ce que tout le monde a reçu les commentaires du Barreau?
Le Président (M. Auger) : Oui.
M. Moreau :
Oui. Le Barreau, à 57.1.2… outre la discussion que nous avions eue, là, à
savoir : Est-ce que c'est trop
restrictif, que ce soit un membre du Barreau du Québec?, je pense qu'il y avait
une convergence, à défaut d'avoir un
consensus, sur le fait qu'on pouvait l'étendre également, à la demande de la
Chambre des notaires, aux notaires, mais le Barreau suggère... bon, est
d'accord avec le fait que ce soit un avocat qui ait au moins 10 ans de pratique
mais ne doit pas faire ou avoir fait l'objet
d'une mesure disciplinaire, ce qui me semble être tout à fait correct et qui
s'appliquerait, quel que soit le
professionnel qui pourrait être visé par le paragraphe 1° de 57.1.2. Écoutez,
moi, je réitère mon ouverture à ce
qu'il y ait un amendement qui ajoute les membres de la Chambre des notaires
mais, que ce soit pour les membres de
la Chambre des notaires ou pour les membres du Barreau, on exigerait 10 ans de pratique, et on ajouterait
aussi qu'il ne doit pas faire ou
avoir fait l'objet d'une mesure disciplinaire, puisque je pense que c'est un
message très clair à envoyer, de dire : La personne qui est
inspecteur général doit être au-dessus de tout soupçon, là.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Rosemont.
M. Lisée : Il y a deux choses. Dans les vérifications que j'ai faites, effectivement l'argument
central qui est avancé pour le choix
d'un membre du Barreau plutôt qu'un membre d'un autre ordre professionnel ou
des notaires, c'est la question de la contamination de la preuve.
Il se peut très bien que l'inspecteur général,
ayant reçu des informations, certaines étant de nature pénale ou criminelle, les ait envoyées à l'UPAC et que, dans
une poursuite, un accusé puisse dire : Ah! il y a vice de forme, vice
de procédure, puisque la preuve a été
contaminée au moment où l'inspecteur général l'a reçue. Et l'intention de la
ville, c'est de faire en sorte qu'un
membre du Barreau depuis au moins 10 ans qui a une connaissance de ces
questions puisse aller plaider devant
un juge le fait qu'il a pris toutes les mesures nécessaires pour éviter une
contamination de la preuve; ce qu'un
membre du Barreau peut faire… pas tous, en tout cas, ceux qui sont choisis à
cette fonction; ce qu'un notaire ne
peut pas faire parce que ce n'est pas dans sa fonction de le faire. Et donc je
pense qu'être membre du Barreau du Québec, puisque c'est l'intention de
la ville dans la demande, me semble raisonnable, et de la limiter là.
Pour ce qui est de la proposition du
Barreau — et
je dois déclarer mon intérêt, là, je ne suis pas membre du Barreau, mais j'ai fait mon droit et je ne suis
pas notaire, donc je n'ai rien contre les avocats, au contraire — mais on dit ici : «…et ne doit pas faire ou avoir fait l'objet d'une mesure
disciplinaire.» Bien, moi, ma question, c'est… Bien, ça dépend de quelle mesure disciplinaire. S'il y a quelqu'un
qui a été un excellent avocat, même procureur, pendant plusieurs années
mais qu'il y a 10 ans… avait surfacturé directement, ou indirectement, ou… Je
veux dire, ça dépend de la mesure disciplinaire.
Est-ce qu'on doit écarter d'emblée tout candidat qui aurait été l'objet d'une
mesure disciplinaire au cours des 10 dernières années, quelle que soit
la nature de la mesure? J'aimerais entendre le ministre là-dessus.
M. Moreau :
Je suis membre du Barreau et je sais que, pour accéder à des fonctions… par
exemple, à la magistrature, un des
éléments qui est examiné, c'est : Y a-t-il eu conformité disciplinaire aux
règles déontologiques? Et on demande
aux gens qui ont la tâche ingrate mais ultime de juger et de départager les
droits des citoyens d'avoir une conduite irréprochable et d'être généralement de bonnes moeurs, ce qui fait
l'objet d'une vérification par je ne sais trop quel moyen.
Mais, à tout événement, dans le cas de l'inspecteur
général, il y a des fonctions qui sont énormes en termes d'image que l'on veut envoyer et de message que
l'on veut envoyer. Moi, je verrais mal un avocat qui a eu des problèmes avec le Barreau parce qu'il a facturé de façon
incorrecte ou parce qu'il a pigé dans son compte en fidéicommis venir faire
la leçon à quelqu'un qui, dans l'entreprise
ou à l'égard du conseil municipal, adjuge un contrat. Moi, je pense que,
lorsqu'on a le pouvoir de juger du
comportement des autres, il faut être capable de répondre de son propre
comportement. Et ça envoie un signal très fort. Les gens qui souhaitent
accéder à des fonctions semblables doivent avoir un comportement qui est irréprochable. J'ai en tête, moi, l'exercice qui
est fait, par exemple, pour la composition du Conseil des ministres et qui
a fait l'objet d'une publicité incroyable
dans les journaux. Et je pense qu'on est à un stade, dans notre société, où on
doit absolument envoyer un message de
fond pour assurer la… je dirais, la confiance du public dans les institutions.
Ce serait d'envoyer un bien mauvais
message que de refuser une suggestion du Barreau de dire : Écoutez, ces
gens-là doivent avoir un comportement déontologique exemplaire. Alors,
je reçois la demande du Barreau avec beaucoup d'ouverture.
Sur la question de la contamination de la
preuve, il ne peut pas y avoir de contamination de preuve à partir du moment où l'inspecteur général n'a pas de pouvoir
de contrainte. J'ai expliqué ça, dans une émission célèbre, un jour, à l'égard de la commission
Charbonneau, où j'indiquais que, si la commissaire n'avait pas de pouvoir de
contrainte, il était possible pour un
procureur éventuellement de prendre des poursuites pour tout acte criminel ou
pénal dont un des témoins venait
s'accuser devant la commission Charbonneau. Et la raison pour laquelle, devant
la commission Charbonneau, vous avez des gens qui en disent même plus
que ce qu'ils ont réellement fait, notamment quand on confond son
titre de propriété avec son
titre de locataire, c'est
justement parce que plus ils en diront, plus les éléments qui seront divulgués
devant la commission les mettront à l'abri d'une poursuite criminelle
éventuelle.
Alors,
on a même avantage à confesser les péchés réservés à l'évêque devant la
commission Charbonneau pour être sûr
qu'après ce passage douloureux il n'y aura plus de difficulté avec la justice
étant donné que le témoignage rendu sous
contrainte de comparaître n'est pas un témoignage nécessairement libre et que,
dans une autre instance judiciaire, ça
constitue une contamination de la preuve aux fins d'une poursuite criminelle
sur les mêmes gestes que ceux dont on s'accuse
devant une commission qui a un pouvoir de contrainte. Comme le commissaire n'a
pas ce pouvoir de contrainte, la
contamination n'est pas possible. Et, dans le contexte actuel, la référence au
fait d'appartenir à l'ordre professionnel, que ce soit le Barreau ou la Chambre des notaires, n'est pas là pour
circonscrire l'exercice de la profession d'avocat, mais c'est là pour assurer que le titulaire de la
fonction d'inspecteur ait une formation juridique. Alors, en ce qui me concerne,
il importe peu qu'il soit notaire ou avocat parce qu'un notaire a une
connaissance juridique, il a exactement la même formation que l'avocat pour la
partie que vous avez faite, c'est-à-dire
le baccalauréat en droit, et c'est à la dernière année que le notaire se spécialise en allant suivre des
cours à la Chambre des notaires puis que l'avocat se spécialise en suivant
des cours au Barreau. Mais, essentiellement, l'objectif recherché, et je pense
que c'est le sens de l'intervention de la Chambre
des notaires, c'est de dire : On veut assurer qu'il y ait un juriste, un
professionnel du droit qui soit à la tête de cette institution-là. Je
comprends et j'accepte les remarques de la députée de Vachon qui disait ce
matin : Bien, il y a peut-être d'autres
personnes. Ça pourrait être des comptables parce qu'il y a peut-être de la
juricomptabilité à faire aussi qui pourrait être pratique.
est dans le premier exercice. La ville de Montréal a indiqué sa préférence pour
un membre du Barreau. La Chambre des notaires qui, je dois le dire sans
taper sur les doigts à personne, a réagi pas mal plus rapidement que le Barreau dans ce dossier-là a fait des
représentations qui étaient tout à fait correctes à l'effet qu'un notaire
pouvait. Alors, moi, je serais bien
disposé à recevoir l'un et l'autre, étant entendu que, pour les cinq prochaines
années, ça n'aura aucune incidence, puisque la ville de Montréal a fait
son choix et qu'encore une fois je saisis la balle au bond et prends votre remarque, M. le député de Rosemont, en
disant : Lorsque, d'aventure, on examinera le statut de métropole de
Montréal, on pourra se poser la
question et on aura, à ce moment-là, l'avantage d'avoir quelques mois ou
peut-être une année d'exercice de
l'inspecteur général pour voir véritablement si l'ouverture à d'autres
professions pourrait être un atout pour la fonction et l'institution
qu'est l'inspecteur général.
Alors,
je serais enclin à accepter un amendement qui inclurait les notaires et qui
intégrerait également la remarque du Barreau sur la question des mesures
disciplinaires.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : Bien, je vais être d'accord avec M. le ministre,
d'autant plus que le milieu des affaires a changé depuis les 20 dernières années. La plupart des
grands cabinets d'avocats ont des notaires, la plupart des grands cabinets
de notaires ont des avocats, donc, parce que
tout le système de contrats se complexifie, puis je pense que c'est à ça qu'on
veut s'attaquer, aux contrats. Puis je pense que, non, je vais appuyer…
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rosemont.
M. Moreau :
…dans votre aile parlementaire?
M. Lisée :
Nous avons des notaires dans notre circonscription, M. le ministre.
M. Moreau :
…oui. O.K.
M. Lisée :
Alors donc, nous sommes enclins à accepter l'amendement.
M. Moreau :
Alors, l'amendement, je vous le suggère. Est-ce qu'il a été distribué?
Le Président (M.
Auger) : Non, il n'a pas été distribué.
Moreau : Alors, l'amendement, je vous le lis. Est-ce que vous
êtes auditifs ou visuels? Je peux attendre que vous ayez un texte sous
les yeux. Bon, très bien.
Alors : Modifier
l'article 57.1.2, édicté par l'article 1, par le remplacement du paragraphe 1°
par le suivant :
être membre, depuis au moins 10 ans, du Barreau du Québec ou de la Chambre des
notaires du Québec, pour autant qu'il n'ait pas ou qu'il ne fasse pas
l'objet d'une mesure disciplinaire.»
Le Président (M.
Auger) : Moi, je suis visuel, donc…
M. Moreau : Puis vous êtes le
président.
Le Président (M. Auger) : On va
suspendre. On va y revenir. Donc, on va passer à l'article 57.1.3.
M. Moreau : 57.1.3 avait été
suspendu.
Le Président (M. Auger) : Oui,
concernant un amendement que l'on a reçu.
M. Moreau :
Oui, oui, oui. Oui, vous aviez parlé du… C'est le député de Gaspé, je pense,
qui avait demandé à ce qu'il y ait un
amendement pour viser également le membre d'un conseil d'une municipalité
reconstituée ou une personne qui a été membre d'un des conseils.
Mais on ajouterait une chose. M. le député de
Gaspé, vous nous avez inspirés. Vous savez qu'il y a les règles d'après-mandat
pour, par exemple, les membres du Conseil des ministres ou les députés de l'Assemblée
nationale. Alors, on viendrait circonscrire une période de temps après la fin du
mandat. En d'autres termes, il est membre du conseil puis, à l'expiration… là, on a mis 12 mois,
ça peut être plus, là, mais, 12 mois après avoir quitté un conseil, là il
redeviendrait éligible parce qu'il a comme réintégré la vie normale.
M. Moreau : C'est bon? Est-ce
qu'il a été distribué?
M. Moreau : O.K. Parfait.
Alors, est-ce que c'est distribué?
Une voix : C'est en cours.
M. Moreau : C'est en cours de
distribution. On va attendre qu'il le soit.
M. Moreau : Oui. Alors, l'amendement
se lirait ainsi : Modifier l'article 57.1.3, édicté par l'article 1, par
le remplacement du paragraphe 1° par le suivant :
«1° un membre
d'un conseil de la ville — alors, on garde "un conseil de la ville" pour viser les
deux — ou du
conseil d'une municipalité reconstituée ou
une personne qui a été membre d'un de ces conseils, avant l'expiration d'un
délai de 12 mois depuis la fin de son mandat.»
Alors, cet amendement vise à empêcher qu'un
membre du conseil d'une municipalité reconstituée puisse agir comme inspecteur
général. De même, il empêche qu'un ancien membre des conseils de la ville ou
des municipalités reconstituées puisse agir
comme inspecteur général dans les 12 mois suivant la fin de son mandat. Ce
dernier aspect est inspiré du régime créé par la
Loi sur l'éthique et la
déontologie en matière municipale qui oblige les municipalités à inclure, dans leur code d'éthique et de
déontologie, des règles interdisant à tout membre d'un conseil de la
municipalité, dans les 12 mois de la
fin de son mandat, d'occuper un poste d'administrateur ou de dirigeant d'une
personne morale, un emploi ou toute
autre fonction de telle sorte que lui-même ou toute autre personne tire un
avantage