Transportation and the Environment — 1 April 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2025-04-01
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 1 avril 2025
Vol. 47 N° 89
Étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière d’environnement
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-neuf minutes)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des transports et de l'environnement ouverte. La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi
modifiant diverses dispositions en matière d'environnement.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par M. Lamothe
(Ungava); Mme Grondin (Argenteuil); par M. Dufour (Abitibi-Est); M. Montigny
(René-Lévesque); par M. Caron (Portneuf); M. Derraji (Nelligan); par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); M. Grandmont (Taschereau); par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve); et M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin); par M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine).
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement, nos échanges portaient sur l'article
34.4.3 proposé à l'article 88 du projet de loi. Y a-t-il des interventions sur
cet article? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui...
Mme Dufour : ...M. le
Président. Alors, de ce que je comprends, on était rendus à l'article, c'est
ça, à la portion 31.4.3. Il y avait peut-être eu des débuts d'échanges, mais si
vous me permettez, là, moi, j'interviens pour la première fois, là. Donc, je
vais... Je suis désolée si jamais je répète des questions qui ont eu lieu dans
les 10 minutes, là, qu'il y a eu sur cet article-là, mais peut-être
commencer par la première... le premier paragraphe qui dit : «Dans le cas
où un projet d'un ministère participe à l'atteinte des cibles gouvernementales
en matière de lutte contre les changements climatiques», comment on définit ou
on va définir ce qui participe à l'atteinte des cibles gouvernementales en
matière de lutte contre les changements climatiques et la transition
énergétique, là?
M. Charette : Alors,
bonjour.
Le Président (M. St-Louis) :
M. le ministre.
M. Charette : Bonjour aux
collègues également. On se souvient, pendant les consultations et même pendant
la période de dépôt de mémoire, plusieurs groupes ont effectivement marqué une
position sur cette question des travaux préalables. Certains auraient souhaité
que ce soit étendu à toutes les entreprises. On préconise de notre côté une
approche plus équilibrée auprès des ministères et Hydro-Québec, notamment pour
la production d'énergie renouvelable. Et comment le définir? C'est simple. À
partir du moment où il est question de production d'énergie renouvelable, à
partir du moment où c'est pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre,
ce sont des travaux, là, qui pourront bénéficier, là, de cette nouvelle
approche.
Mme Dufour : Oui, mais
comment on définit clairement? Tu sais, comment est-ce qu'on prévoit avoir un
règlement? Est-ce que... Comment on va l'encadrer, ça, de dire «participe à
l'atteinte des cibles gouvernementales en matière de lutte aux changements
climatiques et de la transition énergétique?
M. Charette : Il y a de
la réglementation, effectivement. Ce qu'on a eu l'occasion de mentionner jeudi,
c'est que ça... C'est quand même balisé, là. Le processus d'autorisation est
encadré. C'est pour une
partie seulement. Au niveau des échéanciers, on a
longuement discuté là-dessus. Ça devra respecter un calendrier précis aussi.
Donc, registre d'autorisations, réglementation et le but de ces travaux-là.
Donc, un but, là, qui est bien circonscrit. On s'était permis, là, d'extrapoler
un petit peu sur d'autres travaux du... qui pourraient être entrepris par des
ministères. On a, je pense, évoqué, si je me souviens bien, c'est jeudi, le
futur projet de troisième lié, par exemple, ne se qualifie pas dans cette
perspective-là parce qu'on n'est pas dans une perspective de développer des
énergies renouvelables ou encore de lutter, là, contre les changements
climatiques à travers une réduction de gaz à effet de serre. Donc c'est balisé.
Mme Dufour : Oui, mais
admettons que le troisième lien ne devenait que du transport en commun, est-ce
que, là, il se qualifierait?
M. Charette : Il
faudrait... Il faudrait voir selon la réglementation qui sera développée
davantage. Là, il faut se mettre dans une perspective de développement
d'énergies renouvelables, là, dans le cas du présent article. Et sinon,
naturellement, les précisions viendront avec la réglementation qui sera développée.
Mme Dufour : Lorsqu'il y
a eu les échanges sur le projet Northvolt, il y a eu des affirmations qui ont
dit que Northvolt était un projet qui a encourageait... qui allait permettre
l'atteinte des cibles environnementales du gouvernement. C'est... Donc là, pour
ça que j'ai des doutes sur la façon qu'on interprète ici, qu'est ce qui permet
d'atteindre les cibles gouvernementales. Et je voudrais donc savoir est ce que
vous considérez toujours que le projet Northvolt... Je comprends que ce n'est
pas d'un projet d'un ministère, mais est-ce que le projet Northvolt, comme
exemple, c'est un projet qui, selon vous, permettait d'atteindre les cibles
gouvernementales en matière de lutte contre les changements climatiques ou la
transition énergétique?
M. Charette : La filière
batterie, ça nous aide à atteindre nos objectifs de réduction de gaz à effet de
serre. Mais ce n'est pas une filière qui est admissible en vertu de cette de
cet article. Nos travaux préalables, étant donné que ce n'est pas entrepris,
là, par un ministère ou par Hydro-Québec. Donc, que ce soit Northvolt ou les
différents acteurs de la filière batterie, là, ils ne sont pas considérés dans
l'article.
Mme Dufour : Oui, mais
admettons qu'Hydro-Québec devenait un porteur de la filière batterie, ça a
été... Pendant des années, ils ont fait de la recherche dans le dossier. Il y a
plusieurs groupes qui ont même souligné, là, qu'ils devraient se relancer,
peut-être même être des racheteurs de la portion Northvolt ici au Québec, à ce
moment-là, est-ce qu'ils se qualifieraient...
M. Charette : ...je ne peux
pas parler au nom d'Hydro-Québec, là, mais les informations que j'ai ne
laissent entendre aucun intérêt de la part d'Hydro-Québec de reprendre
certaines de ces activités-là. Mais, comme je le mentionnais, réglementation,
orientation, avenir, et là on est dans le très, très théorique, ce n'est pas
une intention d'Hydro-Québec de participer à la filière batterie comme tel, ce
n'est pas son mandat. Donc, on revient à l'esprit de l'article, le ministère et
Hydro-Québec, spécialement, dans le cas d'Hydro-Québec, pour la production
d'énergie renouvelable.
Mme Dufour : Bien, la
question, ce n'est pas de savoir si c'est hypothétique pour Hydro-Québec ou
pas, la question, c'est : Si c'était Hydro-Québec qui portait un tel
projet, est-ce que ça se qualifierait dans un projet qui participe à l'atteinte
des cibles gouvernementales en matière de lutte contre les changements
climatiques et de la transition énergétique?
M. Charette : Je ne suis pas
dans les hypothèses et encore moins dans les théories. Ce n'est pas la mission
d'Hydro-Québec de devenir un Northvolt ou autre. Moi, ce que je dis, dans le
cas d'Hydro-Québec, on parle d'énergie renouvelable. Ultimement, la réglementation
et les orientations vont venir préciser le tout. Mais je ne peux même pas aller
dans ces supputations-là, ce n'est pas le mandat, ce n'est pas la mission
d'Hydro-Québec de développer ce type de projet là. Donc, ce n'est même pas de
la théorie, c'est dans l'application, Hydro-Québec n'a pas de visée et n'a pas
le mandat pour devenir un joueur de la filière batterie.
Mme Dufour : Mais, dans le
passé, Hydro-Québec a été un joueur de la filière batterie, je le souligne.
Donc, ce n'est pas dans les visées, si ça l'était dans le passé, il n'y a rien
qui indique que ça ne pourrait pas revenir dans le futur. Quand on est en train
de parler de lois qui vont permettre quand même des droits importants de faire
des travaux avant même qu'il y ait toute étude faite par le BAPE, c'est quand
même majeur. On a... Je pense que c'est notre rôle de regarder toutes les
possibilités. Et comme c'est le ministre qui va déterminer ce qui participe à
l'atteinte des cibles gouvernementales en matière de lutte contre les
changements climatiques et de la transition énergétique, bien, c'est normal
qu'on demande si le ministre considère qu'un tel projet, même s'il est
hypothétique, est-ce qu'il ferait
partie de ce genre d'exception là?
M. Charette : Je ne dis pas que
la question n'est pas légitime, je dis que ce n'est pas l'orientation qui est
donnée, ce n'est pas ce qui est visé à travers l'article en question. Et,
naturellement, lorsque les orientations seront données, lorsque la
réglementation sera développée, on pourra réagir à un éventuel projet qui
serait soumis. Là, on est bien, bien, bien loin de la théorie appliquée, là, à
travers la perspective qui est évoquée par la collègue. Et la question demeure
légitime pour autant, mais il n'y a pas de projet, et filière batterie, c'est
large, là. Donc, si Hydro-Québec participe au niveau de la recherche, c'est t
une chose, mais je ne vois pas Hydro-Québec devenir opérateur d'une usine à la
Northvolt, par exemple. Donc, selon le projet, le type d'autorisation n'est pas
le même. Donc, non seulement c'est une théorie qui est bien loin de la réalité,
deux, la gamme de projets potentiels, elle est tellement vaste que je ne suis
pas en mesure de répondre à la collègue à ce niveau-ci.
Mme Dufour : Malheureusement,
je vais devoir continuer à poser les questions, parce que tout cet article-là
ici, le cœur est basé sur qu'est-ce qu'on considère comme participant à
l'atteinte des cibles gouvernementales en matière de lutte aux changements
climatiques. Par exemple, avoir des véhicules électriques, il y en a qui
considèrent que ça ne participe pas vraiment à l'atteinte parce que ça ne
réduit pas le nombre de véhicules. Il y en a d'autres qui disent : Bien,
ça permet quand même de réduire la quantité de gaz à effet de serre émis pour
ce véhicule-là. Donc, il y a des perspectives différentes. Moi, j'ai besoin de
savoir le ministre qui est en train de débattre de cette loi-là, comment il
voit cette perspective-là. Quand il dit : Oui, Northvolt aurait permis
d'atteindre nos cibles environnementales, bien, il y a d'autres experts... Puis
il y a d'ailleurs un ancien ministre, je pense, de l'Économie qui a dit :
Non, ce n'est pas le cas. Donc, c'est important de savoir comment celui qui
ferait ces recommandations-là ici le perçoit, le marché.
• (10 heures) •
M. Charette : Bien, si je
peux, je peux répondre le plus concrètement possible, malgré une question très
large, dans le cas d'Hydro-Québec, ce qui est visé, c'est la production
d'énergie renouvelable.
Mme Dufour : Donc, de
l'hydrogène, ça pourrait en faire partie.
M. Charette : Encore là...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) Mme Dufour : ...ce n'est pas
écrit énergie renouvelable nulle part.
M. Charette : Les questions sont
extrêmement, extrêmement ouvertes et c'est bien correct, mais ça limite ma
possibilité de réponse. Je n'ai pas de projets précis, donc je ne peux pas y
aller de façon hypothétique. Mais dans le cas d'Hydro-Québec, on parle d'énergies
renouvelables parce que c'est une façon directe de nous aider à atteindre nos
objectifs, de lutter contre les changements climatiques mais également de
décarboner notre économie. Donc, c'est difficile d'être plus précis au niveau
de ma réponse.
Mme Dufour : Je vais revenir
à la question des batteries, la production de batteries. Vous avez dit tout à l'heure
que ça... ça aidait à la transition énergétique ou du moins... mais qu'elle
soit faite au Québec ou ailleurs, ça... ce n'est pas ça qui permet au Québec d'atteindre
ses objectifs, c'est plutôt le fait qu'on réduise l'utilisation de l'essence,
ce n'est pas le fait qu'on va produire des batteries pour la planète entière chez
nous, là. Ça, est-ce qu'on peut au moins s'entendre là-dessus?
M. Charette : Mais moi, je
vais tout le temps vous ramener à l'article lui-même.
L'article n'est pas dans
cette perspective de production de batteries. La collègue mentionnait une
implication passée d'Hydro-Québec dans la filière ancienne. En fait, c'était
une ancienne approche à l'époque qui pouvait sembler très innovante, la
batterie intégrée ou roue des véhicules et autres, c'était du développement, on
n'était pas dans la production. Donc, je veux... je peux répondre à la collègue
le plus précisément possible, mais il n'y a pas de projet autre que la
production d'énergie renouvelable, là, auquel je peux penser dans le cas d'Hydro-Québec.
Et n'oublions pas que ce n'est pas un dédouanement de la procédure d'évaluation,
là, on en a parlé longuement vendredi, c'est une étape seulement qui est
permise en parallèle à une évaluation du projet qui se poursuit. Donc, ce n'est
pas même pour les ministères, même pour Hydro-Québec, ce n'est pas un
dédouanement et ce n'est pas une exemption par rapport aux autorisations qui
sont nécessaires et aux obligations, là, qui vont aussi revenir au ministère et
potentiellement à Hydro-Québec.
Mme Dufour : Oui. Ça reste
que lorsque ce pouvoir discrétionnaire là revient dans les mains d'un ministre
en particulier, c'est important de comprendre comment voit le ministre en
question. Puis ça, c'est une autre... un autre élément. Je pourrais dire :
Mais vous avez cette vision-là, mais un autre ministre plus tard, puis ça, on
en a parlé souvent, chaque fois qu'on donne des pouvoirs discrétionnaires, ça
peut être utilisé d'une façon ou d'une autre dans le futur s'il n'y a pas de
balises. Donc, tu sais, c'est comme... puis ça va venir plus tard, on parle d'intérêt
public plus tard, mais l'intérêt public, ça peut être interprété de bien des
façons selon à qui on pose la question. Donc, c'est sûr qu'on ouvre la porte
ici à bien plus que ce que peut-être on dit seulement, là.
M. Charette : Et comme je le
mentionnais, il va y avoir orientation, il y a une réglementation qui va se
développer aussi autour du projet de loi, là, qui est à l'étude présentement.
Je fais confiance au respect des orientations et à la réglementation également.
Je suis aussi d'avis que les gouvernements... actuellement, c'est un
gouvernement d'une formation politique x, oui, ce ne sera pas toujours le cas,
mais j'ai confiance que les gouvernements à venir vont aussi respecter la
réglementation, sinon les orientations qui seront données.
Mme Dufour : Oui. Écoutez, je
n'en suis toujours pas convaincue des réponses que j'ai reçues, mais on peut
avancer, puis je reviendrai de toute façon. Je ne sais pas si le collègue
voulait embarquer sur cette portion-là qu'on discutait sur... oui, hein? Je
vais laisser le collègue...
Le Président (M. St-Louis) : Je
cède maintenant la parole au député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je me sens comme
dans la lutte, M. le Président, on fait tag team. Quand on s'est quittés jeudi...
en fait, je dis on s'est quittés, on s'est revu le soir même, une
partie la
nuit et le lendemain matin. Cela étant dit, j'en étais à questionner le
ministre sur les concepts de consortium, parce que là, on avait une question à
savoir, tu sais, si Hydro-Québec qu'on cible, que vous ciblez, dans la
possibilité... les travaux, on avait discuté sur la possibilité d'élargir au
secteur privé. Vous aviez dit : Non, ce n'est pas une bonne idée. Ça me
rassurait un peu. Puis après ça on avait...
M. Leduc : …est-ce que, s'il y
a un consortium entre Hydro-Québec puis un privé, ça pourrait marcher? Vous
m'aviez dit non, c'est-à-dire qu'il faut que ce soit Hydro-Québec, le porteur
de projet.
M. Charette : Initiateur de
projet, effectivement.
M. Leduc : Initiateur, c'est
le mot exact, initiateur de projet. Donc, si c'est un privé qui est
l'initiateur, mais qui a Hydro-Québec comme partenaire secondaire, ça ne marche
pas?
M. Charette : C'est le…
lorsqu'il est question d'autorisation environnementale, il y a un porteur de
ballon, l'initiateur et la responsabilité première va au… à l'initiateur. Naturellement,
si l'initiateur engage, pour certaines portions du travail, comme ça se fait,
là, dans tout le chantier, la responsabilité, ça ne dégage pas l'initiateur du
respect de l'autorisation, là, ou des autorisations qu'il a obtenues, mais
c'est le répondant. Et il y a un régime, naturellement, à travers le contrôle,
à travers le régime de sanctions, qui s'applique pour la réalisation, là, des
différentes étapes de ce projet-là. Mais l'initiateur est celui qui obtient
l'autorisation environnementale.
M. Leduc : Puis là, dans le
cadre de cet article-là, l'initiateur qui va être permis de pouvoir faire les
travaux préalables, c'est Hydro-Québec, puis les ministères, on en avait nommé
quelques-uns la semaine dernière.
M. Charette : On peut penser…
la collègue, tout à l'heure, parlait de transport collectif. Et, encore une
fois, il y a une procédure. Et ça, on en a parlé longuement jeudi, là. Là, on
est à une étape en particulier qui serait permise, mais qui devra respecter un
échéancier s'il souhaite se prévaloir de la possibilité des travaux préalables,
mais, dans le cas de… ça peut s'appliquer pour développer une nouvelle
infrastructure d'énergie renouvelable. Le transport collectif pourrait être
balisé aussi de cette façon-là, pas dédouaner l'entièreté des étapes, mais une
étape en particulier qui pourrait être autorisée. Et ces travaux préalables là
sont dûment autorisés aussi par le ministère, là, ce n'est pas l'initiateur
qui, du jour au lendemain, dit : Ah! bien, moi, je vais faire ça pour
devancer mon échéancier. Ça doit être autorisé en bonne et due forme par le
ministère et reconnu comme travaux préalables autorisés.
M. Leduc : Et qu'en est-il
d'une organisation comme la Caisse de dépôt, par exemple? Caisse de dépôt, CDPQ
Infra, plus précisément, qui joue beaucoup dans des firmes de transport
notamment. Est-ce qu'ils sont inclus ou exclus dans ce concept-là?
M. Charette : bonne question.
Je voulais m'assurer de transmettre la bonne...
M. Leduc : Merci.
M. Charette : Bien, en fait,
toutes les questions sont excellentes, naturellement. Éventuellement, on dira
peut-être que les réponses l'étaient aussi, mais les questions sont
excellentes.
M. Leduc : C'est bien
d'espérer, c'est bien.
M. Charette : Mais sinon, non,
la Caisse de dépôt n'est pas... n'est pas considéré comme organisme…
M. Leduc : Dans le cadre de
cet article-là.
M. Charette : Dans le sens de
l'article, effectivement.
M. Leduc : Parce que?
M. Charette : Parce qu'on vise
les ministères, essentiellement, et Hydro-Québec.
M. Leduc : Puis il n'y a
aucune autre organisation, là, je sors des… mettons, la Sépaq, ça ne pourrait
pas avoir rapport là-dedans?
M. Charette : Bien, ce serait
à travers… à… Honnêtement, je ne vois pas. Mais sinon, si… une réponse simple,
ça passerait à travers le ministère, vraisemblablement, là, parce que c'est une
entité qui relève directement du gouvernement. Mais résumons en disant :
Les ministères et Hydro-Québec.
M. Leduc : Si on voulait
rajouter d'autres entités, en dehors des ministères et Hydro-Québec, il
faudrait venir le préciser, j'imagine?
M. Charette : C'est
législatif, ce n'est pas réglementaire…
M. Leduc : Dans le dernier
alinéa ici, là.
M. Charette : …donc, c'est
réellement l'article de la loi qui le… qui le mentionne, effectivement. Donc,
ça ne pourrait pas faire l'objet, là, d'une simple modification réglementaire.
Il faudrait réouvrir la loi avec le processus que l'on vit maintenant,
c'est-à-dire consultation, étude de l'article ou des articles en conséquence.
Donc, c'est… c'est une base, là, qui est solide.
M. Leduc : Avez-vous eu, en
dehors des représentations qu'on a tous entendues ici, des demandes de rajouts?
• (10 h 10) •
M. Charette : Bien, on l'a
entendu ici, mais, dans le travail de préparation du projet de loi, il y a des
souhaits qui ont été exprimés aussi, et jeudi, lorsqu'on a abordé cet
article-là, je l'ai mentionné d'emblée, ce n'est pas un
article qui fait
l'unanimité. Nous, c'est le juste milieu, parce qu'on a beaucoup entendu des
groupes dire : Bien, nous aussi, on contribue aux efforts de lutte aux
changements climatiques. On devrait être admissibles aux travaux préalables. À
l'inverse, d'autres ne souhaitent pas du tout que cette notion de travaux
préalables là soit inscrite dans la loi. Donc, on a un équilibre qui nous
semble bien établi, mais oui, pour répondre simplement à la question, là, il y
a des groupes qui auraient aimé que leurs activités soient couvertes aussi à
travers cet article-là.
M. Leduc : Ça fait que, par
exemple, la Caisse de dépôt n'a pas fait une représentation particulière auprès
de votre cabinet.
M. Charette : À ma
connaissance, la caisse de dépôt…
M. Leduc : Pour dire :
Moi aussi, je voudrais…
M. Charette : ...je n'ai pas
eu à ma connaissance... On me confirme qu'il n'y a pas eu de contact, là, de la
part de la Caisse de dépôt.
M. Leduc : Ou certaines
municipalités, par exemple?
M. Charette : Non plus.
Municipalités, peut-être, peut-être certaines en particulier, mais pas au
niveau, à ma connaissance, des associations, sauf erreur. Mais peut-être,
peut-être, mais je ne serais pas en mesure d'en cibler. Mais je pense davantage
aux différents membres de l'Association québécoise au niveau de la production
des énergies renouvelables, qui, même ouvertement l'ont dit en consultations,
là, qu'ils souhaiteraient être visés, là, par cette disposition-là.
M. Leduc : Ça fait que, par
exemple, le fait que Montréal a un statut de métropole ou le fait que Québec a
un statut de capitale?
M. Charette : En fait, un
petit rappel, là. Ce qu'on m'indique, c'est qu'au niveau municipal, là, certains
auraient souhaité que ce soit élargi aux MRC également. Mais ce n'est pas...
M. Leduc : Ce qui n'est pas
le cas.
M. Charette : ...ce n'est pas
couvert actuellement.
M. Leduc : Parfait. Donc, ça,
ça règle une chose. On a parlé des consortiums. Ça en règle une autre.
Moi, j'aurais un amendement qui serait
déjà dans Greffier, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Si
vous voulez procéder à la lecture de cet amendement.
M. Leduc : Là, j'avais ouvert
la mauvaise version, je vais ouvrir la bonne version à moins qu'il soit déjà à
l'écran.
Le Président (M. St-Louis) : Il
n'est pas... Il va être à l'écran dans quelques secondes.
M. Leduc : Parfait. Est-ce
que c'est le bon qui est à l'écran? Parfait. Modifier l'article 31.4.3 de
la loi, créé par l'article 88 du projet de loi, par l'insertion, après le
deuxième paragraphe du deuxième alinéa, de l'alinéa suivant :
«Le gouvernement, lorsqu'il est d'avis que
l'intérêt public ainsi que la nature des travaux le justifient, doit produire
une justification détaillée de l'exemption qu'il accorde en fonction du premier
alinéa de cet
article et la déposer à l'Assemblée nationale dans les 15 jours
où cette exemption est accordée ou, si elle ne siège pas, dans les 15 jours
suivant la reprise des travaux.»
C'est une suggestion qui nous provient
d'Équiterre, qui n'est pas, tout comme nous, très heureux de cet article-là, le
ministre le disait à l'instant, là, qui était un peu polarisant, mais qui, à
défaut de convaincre le ministre de le retirer, nous suggérait de faire ce
genre d'intervention-là en disant : Bien, au moins, quand ça va être fait,
il ne faut pas que ça devienne un bar ouvert puis que ça lance le signal, puis
je ne sous-entends pas nécessairement que ça va être le cas avec le ministre,
mais peu importe les gens qui lui succéderont dans le futur, bien, qu'il y ait
une forme de reddition de comptes un peu plus détaillée de ce genre d'exemption
là, puis que les groupes qui... bien, «les groupes»... le ministère et
Hydro-Québec, qui voudront aller obtenir ce genre de choses là, soient certains
qu'ils devront s'expliquer aux parlementaires directement, comme ça, avec une
reddition de comptes qui serait faite directement ici, à l'Assemblée nationale.
Donc, encore une fois, une suggestion d'Équiterre que je trouvais pertinente et
qui, je crois, participerait à... comment je pourrais dire ça, mettre un peu
d'eau dans le vin du ministre pour qu'il ne soit pas trop fort pour tout le
monde. Voilà.
M. Charette : Merci au
collègue pour le débat, là, d'idées que ça permet de faire. Mais on ne pourra
pas aller de l'avant avec l'amendement. De façon générale, là, dans la
procédure d'évaluation, c'est une procédure, on l'a répété, là, qui est assez
bien encadrée, qui est assez bien balisée, mais il n'y a pas de... il n'y a pas
de rapport d'étape qui est fait à l'Assemblée nationale. La notion de dépôt, à
l'Assemblée nationale, elle est déjà bien encadrée. Et la LQE ou la procédure
d'évaluation ne prévoit pas, là, de dépôt de cette nature-là. Et l'Assemblée
nationale ne reçoit pas des rapports de cette nature-là. Mais je comprends
l'idée, une idée de transparence, une idée de justification. C'est là où je
peux peut-être rassurer le collègue. Collègue, lorsqu'une demande comme ça est
formulée, c'est rendu public. Et, lorsqu'une décision est prise aussi, c'est
rendu public. Donc, c'est... c'est à ce moment-là, là, que, si on devait juger
que c'est non pertinent, que le gouvernement pourra de façon très légitime être
questionné là-dessus. Mais il n'y a rien qui va être... la demande, elle est
publique, la décision, elle est publique. Et ça s'inscrit, je le réitère, là,
dans une procédure d'évaluation en bonne et due forme. On aura eu déjà une
première étape d'information du public, donc une première étape de
consultation, si on peut le dire ainsi, donc ça n'arrive pas à n'importe quel
moment, cette autorisation-là. Ça n'arrive pas non plus à travers... à travers
un processus qui est... qui est caché. Au contraire, la demande, elle est
rendue publique, et la décision l'est également. Donc, si on devait, de la part
d'un groupe ou d'un autre, juger que c'est une...
M. Charette : ...ou une
permission qui n'est pas légitimée, le gouvernement aura à se justifier, là, et
dire pourquoi ces travaux-là ont été... ont été autorisés.
M. Leduc : Je pense que le mot
clé dans l'amendement, ici, M. le ministre, c'est justification détaillée.
Parce que vous dites que c'est public, d'accord, mais à moins que, sauf erreur,
là, ça ne doit pas être un document très volumineux qui est rendu public, ce
pour quoi vous acceptez éventuellement ce genre d'exemption là?
M. Charette : Bien, c'est là
où on va se dire, bien, ce sera... ce sera à justifier. Je ne peux pas le dire
juste à travers un rapport de 15 pages ou x nombres de pages, c'est le type de
détails qu'on ne peut pas présumer sans savoir la nature du projet, là, qui
serait... qui serait autorisé en travaux préalables. Mais encore là, on est
dans une dynamique où les groupes, les médias, les oppositions sont tout à fait
légitimés de questionner une décision qui pourrait sembler déraisonnable. Et
parce que cette transparence-là, elle est permise et souhaitée, le ministère,
ce n'est pas dans ses habitudes, et ça ne le sera pas davantage, de prendre des
décisions à la légère sans pouvoir justifier son approche, là. Donc, il n'y a pas ... il n'y a pas de souci par rapport à la
transparence, par rapport à la démarche. Et encore une fois, ça s'inscrit dans
une procédure d'évaluation, là, qui est très balisée.
M. Leduc : Vous dites que
c'est pas dans la coutume de le faire, mais ici on est supposé de vouloir
parfois innover à cette Assemblée. Qu'est ce qui nous empêcherait donc de
vouloir faire ce type d'innovation là en disant : On le sait, que c'est
contesté, cet article-là, beaucoup. Dans le milieu, il y a des craintes, que
certains diront injustifiées ou exagérées, mais visiblement les craintes sont
là. Qu'est ce qui pourrait nous empêcher? Ou avez-vous une idée d'une piste
similaire où on pourrait dire aux groupes : Vous êtes inquiet? Voici ce
que je, comme ministre, propose pour vous rassurer de manière concrète dans
l'article de la loi, au-delà d'un engagement verbal.
M. Charette : Ce n'est pas
qu'un engagement verbal, là. Où les travaux préalables se situent, c'est
balisé, précisé dans la loi. Les intentions aussi ont été réitérées de la part
du ministère et à travers, je l'espère bien, là, mes explications. Mais ce que
je mentionnais d'entrée de jeu, on ne dépose pas... La procédure d'évaluation
actuelle, ne prévoit pas de dépôt de rapports à l'Assemblée nationale. Ce n'est
pas... Si on regarde, là, chaque jour, lorsqu'il y a des dépôts de documents,
c'est quand même assez... Hein, c'est prévu. Cest Ces dépôts de documents là
sont prévus, mais c'est des rapports de gestion annuels, c'est des... On est
loin, loin, loin d'une étape, d'une procédure d'évaluation, là. Lorsque chaque
collègue se lève, jour après jour, même moi, je le fais à l'occasion, ça va
être pour déposer justement un rapport annuel de gestion de tel ou tel
organisme, tel... Donc, on est loin de ce type d'exercice là. Mais c'est
important de rassurer, c'est important d'être transparent. Et c'est là où je
crois qu'on a trouvé la bonne approche pour positionner ce type de travaux
potentiellement admissibles et le type d'information, là, qui sera communiqué
par la suite.
• (10 h 20) •
M. Leduc : Parce que ça reste
un débat très politique, M. le ministre, tu sais, on en a discuté à l'instant.
Ma collègue de l'opposition officielle, on est à peu près à la même page
là-dessus. Ce qui vous permet de déroger et de faire une exemption, c'est votre
lecture de ce qui contribue aux changements climatiques. Puis, on se rappelle,
il y a à peine quelques mois ici, les longs débats qu'on avait au salon rouge
sur Northvolt. Je comprends que ça ne serait pas un exemple qui pourrait avoir
lieu ici, vu que c'est une entreprise privée, mais je vous... c'est pour vous
donner la nature qu'on n'avait pas la même lecture de l'impact éventuel de Northvolt
sur les changements climatiques. Vous vous rappelez des échanges entre
vous-même parfois ou vous me votre ex-collègue de Terrebonne sur le fait que
l'usine n'allait pas tellement produire de batteries pour le marché québécois,
que ça n'avait pas d'impact environnemental de la création et de la gestion de
l'usine qui avait été fait. Ça fait qu'il y avait un échange politique, un
débat politique sur la contribution de ce projet-là relatif aux changements
climatiques. Ça fait que, visiblement, il y a... il y a un éditorial, il y a
une lecture éditoriale très précise qui est faite dans ce genre de moment-là.
Puis là c'est la crainte qui m'anime, mais je pense, celle qui anime beaucoup
d'autres personnes, c'est qu'on n'a vraiment pas la même conception de ce que
ça veut dire, un projet qui contribue à la lutte aux changements climatiques.
C'est là que je pense que ça vous a... Vu que vous...
M. Leduc : ...très large, la
lecture d'une situation. Je pense que ça vous oblige à une reddition de comptes
un peu plus serrée, un peu plus détaillée, encore une fois, j'insiste sur le
mot «détaillée».
M. Charette : Je veux bien,
je n'ai aucune, aucune gêne à parler de Northvolt, mais je ne peux pas parler
de Northvolt dans le cas de l'article qui est ici, ce ne serait pas un projet
admissible. On parle de ministère et Hydro-Québec pour essentiellement la
production d'énergie renouvelable dans le cas Hydro-Québec. Donc, Northvolt,
quand c'est nécessaire, quand c'est pertinent, un article, ça ne l'est pas dans
le cas présent. Northvolt ne serait pas admissible. On a eu l'échange aussi
précédemment, les autres acteurs qui, oui, et ça, on peut ne pas être d'accord,
mais, pour nous, la filière batterie est une façon d'aider à décarboner
l'économie, mais ce ne sont pas des joueurs qui seraient admissibles aux
travaux préalables.
M. Leduc : Sauf, si d'emblée,
puis ma collègue le disait à l'instant, Hydro-Québec, par exemple, se lançait
dans ce genre d'aventure là.
M. Charette : Je veux bien
parler de la possibilité, comment dire, ce n'est pas...
M. Leduc : Dans un passé pas
si lointain, le gouvernement du Québec a déjà nationalisé l'amiante. Le
gouvernement du Québec pourrait théoriquement nationaliser la filière batterie,
ce n'est pas impossible.
M. Charette : Je vous
confirme que ce n'est pas l'intention du gouvernement du Québec.
M. Leduc : Non, ça, je
comprends, puis je ne visais pas à créer une nouvelle, ce matin, avec ça non
plus. Mais on parle pour le futur ici, on ne peut pas se réduire à penser à la
situation actuelle des prochaines semaines.
M. Charette : Comme je le
mentionnais, une loi, ce sont les grands principes, les grandes obligations.
Ensuite, il y a une réglementation qui doit être développée. Dans le cas
présent, il va voir des orientations spécifiques. On ne peut pas présumer que
les orientations, au fil des années, ne changeront jamais. La preuve, on vient
moderniser une loi, on vient régulièrement moderniser des règlements. Donc, on
ne peut pas s'engager pour l'éternité. Mais, si on devait devoir changer la
loi, si on devait devoir changer la réglementation, ce sont des étapes qui
mettent à profit le public, qui mettent à profit les oppositions qui peuvent
changer au fil des années. Donc, c'est très démocratique, c'est très encadré,
mais je ne peux pas dire qu'une loi ne changera jamais ou qu'un règlement ne
changera jamais. On vient modifier des lois existantes avec le projet de loi
actuel. On se propose de changer la réglementation actuelle avec des nouveaux
articles qui seraient adoptés. On se propose d'adopter de nouveaux règlements
aussi, donc, mais tout ça est balisé. Ça ne peut pas se faire un matin, un
ministre est ministre, peu importe son gouvernement, dire : Moi, je vais
dans telle direction, c'est contraire à la loi ou à la réglementation. Donc, il
y a des étapes, là, qui encadrent tout ça. Mais la loi va évoluer, oui, et la réglementation
va évoluer, oui.
M. Leduc : Je comprends tout
ça, puis j'y adhère en partie. Encore une fois, mon obsession avec cet
article-là... cet amendement-là, M. le ministre, c'est la... justification
détaillée, on veut plus de détails sur ce qui a motivé votre décision. Vous
dites bien un peu... Vous plaidez la situation actuelle. Les groupes auront à
faire leurs représentations, éventuellement poser des questions, appeler le
cabinet. Moi, je pense que la situation actuelle, qu'on connaît tous très bien,
les groupes la connaissent aussi, je la connais dans ma circonscription,
combien de fois, je vous appelle sur le dossier... Je pense, ça ne suffit pas.
Je pense que le fait de dire : On veut faire des travaux préalables, on
veut faire des exemptions sur la procédure, il faut une reddition de comptes
plus élevée.
Maintenant, vous trouvez que c'est
peut-être exagéré de le faire avec une forme de dépôt de documents à
l'Assemblée nationale, je l'entends. Je réitère que je vous tends la main pour
voir s'il n'y a pas une autre façon de le réécrire. Parce qu'à part dire :
On va l'annoncer, puis ça va être ça, je pense que ça ne rencontre pas
l'objectif d'une justification détaillée plus élevée que ce que ça doit être
normalement dans une situation.
M. Charette : Je comprends
tout à fait le point de vue qui est partagé par le collègue. Je vais espérer
maintenant, là, que les orientations du gouvernement puissent le rassurer. Mais
je ne peux pas, et on ne peut pas retenir un libellé comme celui-ci. Moi, je
dis : La demande va être rendue publique, la décision va être rendue
publique, et tout ça à travers un processus d'autorisation qui est bien
encadré. Et je vais espérer que les oppositions, entre autres, et la...
M. Charette : ...Québec,
un jour, va se retrouver forcément dans l'opposition. C'est la démocratie, là,
qui en décidera, et une autre formation sera au gouvernement. Donc, les
oppositions au fil du temps auront toujours le mandat et la responsabilité de
questionner le gouvernement sur ses décisions, sur ses orientations. On est à
travers une loi qui aura force d'application et éventuellement on est en
présence de règlements qui ont force application. Donc, c'est bien, c'est bien
balisé.
M. Leduc : Comment le ministre
peut-il me décrire comment ça va être rendu public, cette décision-là?
M. Charette : Bien,
lorsqu'une... la demande est rendue publique et l'autorisation le sera aussi,
donc on saura qu'est-ce qui est demandé et qu'est-ce qui est autorisé et où ce
sera à travers un registre, à travers notre registre des autorisations, là,
tout simplement.
M. Leduc : Donc, sur le
registre des autorisations, ça va être rendu public, là. C'est-à-dire qu'il y a
d'abord la demande qui va être publique sur ce registre-là aussi.
M. Charette : Avec le consentement...
M. Leduc : ...bien sûr.
M. Charette : ...on
pourrait expliquer davantage la mécanique.
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, je comprends que nous avons consentement pour l'intervention.
M. Leduc : Bien sûr.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci. Donc, présentation usuelle, nom et fonction, s'il vous plaît.
Mme Gagnon (Mélissa) :
Merci. Bonjour. Mélissa Gagnon, directrice générale adjointe aux évaluations
environnementales et stratégiques.
Donc, spécifiquement pour le volet public
de la chose, en fait, s'il un initiateur souhaite, donc le ministère où
Hydro-Québec, souhaite se prévaloir de cette permission-là, va devoir
clairement le mentionner dans son avis de projet. Ça, c'est la première pièce
qu'on embarque dans la procédure qui est rendue publique, et via le registre
des évaluations environnementales. Donc, d'entrée de jeu, on va connaître
l'intention, là, d'aller vers cette possibilité-là. Et, par ailleurs, ça va
faire l'objet, là, d'une période d'information publique avant que le ministre
puisse utiliser la possibilité de faire une recommandation en ce sens-là. Donc,
le pouvoir d'aller vers la recommandation est prévu spécifiquement après la
première période d'information publique, justement pour qu'on prenne
connaissance de ce qu'il y a une demande qui est faite, là, d'aller vers ce
pouvoir exceptionnel là. Et ensuite, s'il y a une recommandation qui mène à une
décision de donner la permission, cette décision-là va aussi être rendue
publique sur le registre des évaluations environnementales, donc, et la demande
et les motifs, parce que l'initiateur va devoir présenter les motifs, là, pour
démontrer qu'il répond à l'ensemble des critères qui doivent être rencontrés
pour aller vers ce pouvoir d'exception là. Donc, les motifs vont être rendus
publics, là, à travers la demande et la décision va également être rendue
publique.
M. Leduc : Là, ma
compréhension, c'est que c'est un nouvel article. Donc, ce genre d'autorisation
n'a jamais été donné, forcément. Mais est-ce que vous avez des exemptions sur
d'autres aspects similaires sur lesquels on peut imaginer comment ça va
ressembler à un document qui permet une exemption en fonction de 31.4.3?
M. Charette : Ce n'est
pas une exemption, c'est une autorisation de procéder à des travaux spécifiques
pour lesquels une demande aura été formulée. Donc, on ne peut pas le présenter
comme une exemption, ça demeure, ça demeure encadré. Mais pour une application
encore plus concrète, on peut se référer à notre collègue, mais juste insister,
là, pour dire que ce n'est pas une exemption, là.
M. Leduc : J'ai bien...
J'ai retenu la précision.
M. Charette : C'est là
où... Il y a différents éléments, là, dans le libellé, qui posent problème.
Mais la référence à une exemption est aussi problématique.
M. Leduc : Donc, une
autorisation, vous en faites souvent des autorisations sur d'autres aspects de
la loi, j'imagine. Est-ce que ça va ressembler à une autorisation qui existe
déjà en termes de format?
M. Charette : Le mot
«autorisation» est très large, là. Ça implique beaucoup de choses, mais
l'autorisation ministérielle qui serait requise serait aussi déposée sur le
registre en disant : Bon, nous avons reçu telle demande pour faire tel
type de travaux. L'autorisation est accordée et avec les conditions qui
pourraient être posées aussi à ce moment-là.
• (10 h 30) •
M. Leduc : Mais c'est un
document qui est sous forme, quoi, d'un genre de lettre d'une page, ou ça
ressemble à un formulaire?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, il faut... Juste pour bien comprendre, là, on est... Donc, on est dans le
contexte de la procédure d'évaluation environnementale, donc un projet qui fait
l'objet de la procédure. À l'ultime, à la fin, c'est le gouvernement qui prend
une décision par décret. Donc, l'autorisation gouvernementale du projet, c'est
un décret. Là, comme on est dans la procédure. La mécanique est très similaire.
On va... C'est une permission que le gouvernement peut donner. Donc, cette
permission-là va être donnée par décision du gouvernement, sur recommandation
du ministre...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Mme Gagnon (Mélissa) : ...donc
ce serait un décret au Conseil des ministres, finalement, qui viendrait donner
la permission à l'initiateur de se prévaloir, tu sais, de pouvoir réaliser
certains travaux préalables, mais à la condition qu'ils soient autorisés
subséquemment par le ministre. Donc, juste pour bien récapituler, on est dans
une permission du gouvernement, ça fait que ce n'est pas une autorisation, ce n'est
pas une exemption, c'est vraiment une permission, sur une base exceptionnelle,
de pouvoir initier certains travaux préalables alors que le projet se poursuit
dans la procédure. Ça fait que cette permission là, c'est un décret du
gouvernement qui peut être assorti de conditions de garanties autres, ça fait
que c'est vraiment le décret du gouvernement qui donne la permission. Et, ensuite,
avant de pouvoir réaliser les travaux, l'initiateur va devoir aller chercher ses
autorisations ministérielles pour ces autorisations... pour ces travaux-là. Et
là c'est une autorisation ministérielle en bonne et due forme, comme on les
voit, donc c'est un acte statutaire qui vient, le cas échéant, autoriser les
travaux en question. Et tout ça, l'ensemble des pièces vont être versées au
registre des évaluations environnementales.
M. Leduc : Donc, pour avoir
une autorisation, il faut une permission découlant d'un décret du Conseil des
ministres.
Mme Gagnon (Mélissa) : C'est
ce que l'article permet. En fait, l'article permet uniquement d'aller chercher
une permission du gouvernement parce que j'ai un projet dans le cadre de la
procédure d'évaluation environnementale, je vais chercher une permission
exceptionnelle de pouvoir initier certains travaux si toutes les conditions
sont remplies. Alors là, le gouvernement pourrait donner cette permission-là par
décret. Donc, permission, décret. Et là si l'initiateur a reçu la permission,
il peut aller chercher les autorisations ministérielles uniquement pour ces
travaux-là qui sont visés par la permission dans le respect des conditions
établies par le gouvernement.
M. Leduc : La permission est
plus générale, par exemple.
Mme Gagnon (Mélissa) : La
permission vise des travaux spécifiques.
M. Leduc : C'est quoi la
différence entre la permission puis l'autorisation dans ce cas-là? À quoi ça
sert d'avoir les deux?
Mme Gagnon (Mélissa) : Mais
en fait je peux peut-être reprendre juste pour qu'on comprenne bien la portée
de tout ça, là. Donc, on est dans un projet qui est assujetti à une évaluation
environnementale. La règle de base : si mon projet est assujetti, je ne
peux pas débuter mes travaux tant et aussi longtemps que je n'ai pas fait l'ensemble
de la procédure, que je n'ai pas obtenu l'autorisation du gouvernement. Puis là,
après ça, il y a d'autres autorisations sectorielles qui suivent. Là, on est
dans un contexte où il y a plusieurs critères. On en a déjà mentionné plusieurs,
là. Donc, ça peut être un ministère, Hydro-Québec, il y a la notion d'objectifs
du gouvernement, là, en matière de changement climatique ou de transition
énergétique, donc il y a d'autres critères, là, qui doivent être respectés pour
que le ministre puisse faire une recommandation au gouvernement de donner cette
permission-là. La permission vise uniquement des travaux préalables qui sont
compris dans le projet global. Ça fait que c'est pour ça qu'on ne parle pas d'exemption,
on ne parle pas d'autorisation, c'est vraiment d'aller voir le gouvernement, de
dire : O.K. On est dans un contexte d'évaluation environnementale d'un
projet. Normalement, je ne peux rien débiter, mais là je remplis l'ensemble des
critères puis j'ai vraiment besoin d'initier ces travaux-là rapidement, parce
que sinon ça reporte de, exemple, un an, deux ans, le début du projet qui est
requis dans un contexte particulier. Donc, tout ce doit être rencontré pour se
prévaloir de ça. Et là ce que ça a fait comme effet, c'est que le gouvernement
pourrait dire : Parfait, je te donne la permission pour ces travaux xyz
qui sont des travaux préalables requis pour le projet de pouvoir les débuter si
tu obtiens tes autorisations ministérielles du ministre de l'Environnement,
exemple. Donc là, le gouvernement, il fait juste donner une permission, parce
qu'il faut comprendre que, dans un cas, en ce moment, là, ce n'est pas permis,
là. Tant que je n'ai pas fait la procédure, tant que je n'ai pas obtenu une
décision favorable, je ne peux rien débuter. Donc là, c'est une permission
spéciale de débuter certains travaux préalables qui sont indiqués dans le
décret du gouvernement et en fonction de conditions établies aussi par le
gouvernement. Mais ces travaux-là ne sont pas... à ce moment-là, si j'obtiens
ma permission, je ne suis toujours pas autorisé à les faire, il faut quand même
que j'aille chercher des autorisations du ministère de l'Environnement.
M. Leduc : Autorisation pour
le travaux préalables, pas pour le projet général.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui, pour
les travaux préalables, le projet, lui, continue dans la procédure d'évaluation.
M. Leduc : O.K. Je n'avais
pas compris qu'il y avait cette espèce de ping-pong là entre le ministère et le
Conseil des ministres. O.K. Ça fait que dans le fond, le Conseil des ministres
fait une espèce de lecture générale en disant : Je te permets d'aller
chercher ton autorisation au ministère pour les travaux préalables toujours.
Parfait. Là, j'atterris proche de ce que je cherche comme information. Une fois
que tout ça est fait, qu'il a été chercher la permission via décret du Conseil
des ministres, qu'il a été chercher l'autorisation du ministère, toujours pour
les travaux préalables, qu'est-ce qui se ramasse dans le document qui sera
versé dans le registre des autorisations?
Mme Gagnon (Mélissa) : On a
la... En fait, dès le départ, la demande, en fait, qui est incluse dans l'avis
de projet de l'initiateur.
M. Leduc : Oui, je me
rappelle celle-là. Oui.
Mme Gagnon (Mélissa) : Demande,
avec les motifs, et tout ça. On a la décision du gouvernement. Donc, le décret...
Mme Gagnon (Mélissa) : ...donne
la permission le cas échéant.
M. Leduc : Ça, c'est un
copier-coller du décret, tout simplement, qu'on verse...
Mme Gagnon (Mélissa) : Le
décret est versé, c'est sûr que là le décret va être rendu à l'Assemblée... sur
le site de la Gazette, d'abord, et, nous, ensuite, on verse une copie au
Registre des évaluations environnementales.
M. Leduc : Copier-coller, pas
de rajout de rien.
Mme Gagnon (Mélissa) : La
décision, puis on a aussi naturellement les demandes et les autorisations
ministérielles, le cas échéant, pour ces travaux-là, qui vont être versées au
Registre des évaluations environnementales, parce qu'on est quand même dans un
projet qui fait l'objet de la procédure. Donc, l'ensemble des pièces
officielles, demandes et décisions sont rendues au registre.
M. Leduc : Qu'est-ce qui est
écrit dans l'autorisation ministérielle à la dernière étape, ça ressemble à un
décret un peu? Comment... C'est quoi, le type d'écriture qui va se retrouver
Mme Gagnon (Mélissa) : ...en
fait, une autorisation qui serait à être délivrée en vertu de l'article 22
de la
Loi sur la qualité de l'environnement. Ça fait qu'on est vraiment encore
dans le régime d'autorisation environnementale. Ça fait que là, c'est un acte
statutaire qui vient... qui est délivré au nom du ministre, qui vient indiquer
c'est quoi, les activités qui sont autorisées, le cas échéant, basées sur
quelle demande. Donc, c'est sur quelle base on s'appuie pour dire qu'on peut
autoriser ces activités-là et, le cas échéant, il peut y avoir des conditions
d'autorisation.
M. Leduc : Ça fait que, par
exemple, quand on met le critère… bien, tu sais, est-ce que c'est Hydro-Québec
ou un ministère? C'est assez facile de… cet objectif-là, on coche une case…
Mais, quand on parle du critère des changements climatiques, comment on va
expliquer, dans l'autorisation ministérielle qu'on va verser en ligne, qu'ils
ont rempli ce critère-là? Est-ce que ça va être, genre, un crochet ou il va y
avoir du texte et des arguments?
M. Charette : C'est
réellement, encore une fois, une étape dans une procédure qui est beaucoup plus
large. Donc, on va dire : Voici, vous avez fait une demande, cette
demande-là, elle est acceptée en vertu de telles conditions, si des conditions supplémentaires
sont prévues. On ne vient pas justifier la décision, on ne vient pas… parce
qu'on est juste pour… à l'étape de réalisation de travaux préalables. Puis, on
l'a vu à d'autres articles, on en a discuté aussi, c'est balisé dans le temps,
c'est balisé dans l'éventualité de non-respect des conditions posées, mais on
ne vient pas justifier l'autorisation à ce… À ce moment-ci.
M. Leduc : Bien, c'était ma
crainte, M. le ministre, puis c'est pour ça que je faisais un amendement. Puis,
encore une fois, on peut le réécrire pour que ce soit plus à votre goût, mais,
si vous vous mettez vous-même un critère subjectif, la rencontre des objectifs
de… ce n'est pas... ce n'est pas… c'est subjectif, quand même, c'est très
politique. Bien, après ça, vous me dites : Je n'ai pas besoin de le
justifier dans le document qui va être versé. Comment on alimente le débat
public alentour de ça? Ça ne fonctionne pas.
M. Charette : Il faut savoir
que les autorisations… est dans le registre. Si on regarde le registre, chaque
décision n'est pas justifiée. Une décision est rendue en fonction du respect
des critères. Donc, on ne dit pas : Bon, c'était autorisé parce que vous
avez répondu les critères et voici comment vous avez répondu aux critères.
C'est autorisé parce que c'est conforme aux critères. Mais, dans le registre,
on parlait de lourdeur administrative par moments, à travers, là, les questions
qui ont été posées au cours des dernières séances, si chaque décision devait,
de surcroît, être justifiée de façon spécifique, on rajoute une couche. C'est
accepté parce que ça se qualifie, ce ne serait pas accepté si ça ne se
qualifiait pas. Donc, on ne peut pas… on ne justifie pas intégralement, là, à
travers le registre, ce type d'autorisation là, mais il y a un travail qui est
fait. L'autorisation ou la possibilité d'aller de l'avant va être rendue
publique et ça forcera peut-être le gouvernement à justifier s'il y a des
questions qui sont posées, mais intégrer dans la loi une obligation
supplémentaire de… Alors, on ne s'aide pas, là. C'est accepté, parce que c'est
conforme.
• (10 h 40) •
M. Leduc : Je comprends que
vous dites : On ne s'aide pas, en même temps, pour prendre cette
décision-là, j'assume que vous ne vous levez pas un bon matin, comme vous le disiez
tantôt, vous dites : Oui, je trouve que ce projet-là rencontre les
objectifs de la transition énergétique, chop, chop, on procède. Il y a
certainement des gens qui vous accompagnent, soit au cabinet, soit aux
ministères, ou les deux, probablement, qui vont vous fournir de la
documentation, des analyses et… de fond et politiques. Puis… ça fait qu'il y
aura de la… il y aura de la… du matériel de produit, là, puis vous… ils vont
avoir peut-être… je ne sais pas comment vous fonctionnez dans votre cabinet,
mais il y a sûrement un genre de
sommaire exécutif qui va vous être livré pour
vous dire : On pense, nous, qu'on rencontre le critère des objectifs de
réduction des gaz à effet de serre, etc. C'est bon, bien, pourquoi si c'est bon
pour vous faire prendre…
M. Leduc : ...décision. Ce
genre de documents là, on ne peut pas en tirer une petite synthèse de
quelques... quelques lignes, quelques phrases et le joindre au document qui est
versé en ligne au registre.
M. Charette : Bien, peut-être
juste encore une fois insister, là où on est, à cette étape-ci. Ça s'inscrit
dans une procédure d'évaluation qui est plus large. Et le collègue mentionnait,
pour la décision du ministre, ça, c'est le libellé, là, qui est généralement
utilisé dans un projet de loi, dans une loi par la suite. Mais ce ne sont pas
des décisions ou des étapes qui se vivent au niveau politique, là. C'est un
travail complètement autonome et avec toute l'expertise que l'on reconnaît au
ministère, qui se fait. Et ce n'est pas moi comme ministre ou mon successeur ou
ma successeure qui analyse et autorise chacune de ces étapes-là, là. C'est un
travail qui se fait au niveau administratif. Mais déjà toutes les autorisations
ne sont pas justifiées par des documents supplémentaires parce que la loi le
demande, là. La loi ne prévoit pas cette étape-là. Mais oui, il y a un travail
d'analyse qui se fait, et oui, s'il y a des questionnements, le ministère sera
tout à fait à même de dire : Bien, voici ce qu'on a eu à considérer, voici
quels sont les éléments qui nous ont amenés à prendre cette décision-là. Et
non, comme nos collègues le mentionnent à juste titre, là, ce n'est pas, un bon
matin, la décision va se prendre sans qu'elle puisse être justifiée. Donc, on
a... on a la possibilité, là, de répondre aux questionnements, là, de gens qui
pourraient remettre en question cette décision-là.
M. Leduc : Parce que ce que
je comprends, là, M. le ministre, c'est qu'il y a comme deux... il y a... il y
a quatre critères au total, là, dans 31.4.3, deux pour pouvoir avoir accès à la
procédure puis deux pour obtenir la procédure... un et deux, là. Pour obtenir
la procédure, il faut que «l'encadrement... des travaux ne compromet pas la
protection adéquate de l'environnement, de la santé et sécurité, du
bien-être... confort de l'être humain, que les travaux doivent être réalisés
dans les délais plus courts que ceux requis pour l'application de la
procédure», etc. Ça, c'est sur le fond. Mais pouvoir même... avant même de
pouvoir se poser ces deux questions là, il faut cocher deux cases : il
faut être un organisme qui est permis, donc Hydro-Québec et le ministère, et
participer à l'atteinte des cibles gouvernementales en matière de lutte aux
changements climatiques. Bien, il y en a un qui est purement objectif,
«êtes-vous Hydro-Québec ou un ministère». Il n'y a pas de long débat là-dessus,
mais même pas de débat possible. De toute façon, on a eu un échange tantôt puis
on a constaté très vite qu'on pouvait faire la liste assez précise de qui était
inclus là-dedans. Mais «participez-vous à l'atteinte des cibles
gouvernementales en matière de lutte», je veux dire, c'est complètement
politique, ça, là. Complètement politique.
M. Charette : La...
M. Leduc : Bien sûr.
M. Charette : Notre collègue
va pouvoir compléter. Mais il ne faut pas oublier ce que j'ai mentionné, là. Il
y a des orientations précises qui seront communiquées, appuyées par de la
réglementation. Mais ce n'est pas... ce n'est pas non plus subjectif, là. Il
faudra que ça rencontre les orientations précisées publiquement.
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, il y a effectivement plusieurs critères. Puis l'ensemble des critères
doivent être rencontrés. Donc, vous l'avez mentionné, là, il y a le premier, à
l'effet que ça doit être un ministère ou Hydro-Québec. Donc, si, ça, ce n'est
pas rencontré, on ne peut pas se prévaloir de ça.
Ensuite, il y a effectivement l'idée que
le projet participe aux objectifs gouvernementaux, là, pour la lutte aux
changements climatiques ou la transition énergétique et aussi la notion
d'intérêt public, là, qui est toujours en trame de fond, donc. Puis c'est sûr
que cette évaluation-là va être faite aussi sur la base... En fait, il y a
aussi la loi, tu sais. On est dans le contexte de la
Loi sur la qualité de
l'Environnement. Ça fait que les principes de base ne peuvent jamais être
oubliés pour aller vers une recommandation de la sorte.
Il y a aussi les stratégies, objectifs, tu
sais. Le gouvernement a déjà des enlignements clairs en la matière, donc c'est
sûr que ces éléments-là sont toujours considérés aussi dans l'analyse.
Ensuite, on a l'autre critère, qui est la
notion de délais. Je l'ai abordé rapidement tout à l'heure. Mais on est dans un
contexte où, bon, tous les autres critères mentionnés précédemment sont
rencontrés, et là, le projet est attendu pour répondre à ces objectifs-là, donc
on a besoin que ce projet-là se réalise. Et on est dans un contexte où est-ce
qu'il y a des travaux préalables qui sont requis, qui pourraient représenter
des délais considérables, là, dans la livraison du projet à l'ultime. Donc, la
notion de délais, elle est aussi présente. Il faut qu'il y ait des... Il faut
que ces travaux-là impliquent des délais, somme toute, importants, puis que ça
retarderait la livraison du projet. Ça fait qu'il y a cette notion-là aussi qui
est présente.
Puis ensuite, il y a la notion
d'encadrement indépendant. En fait, ça ne peut pas être des travaux qui sont en
soi assujettis à la procédure...
Mme Gagnon (Mélissa) : …ça fait
que ça ne peut pas être le cœur du projet qui est assujetti. Ça ne pourrait pas
être considéré comme des travaux préalables qui pourraient se prévaloir de
cette permission-là. Puis aussi la notion d'encadrement indépendant, donc on
comprend… tu sais, je vais donner l'exemple d'un chemin d'accès pour arriver à
un site d'un projet, donc un... Et là, à ce moment-là, le chemin, même si je
l'évalue au niveau environnemental, tu sais, je vais évaluer s'il est possible
de l'autoriser subséquemment, bien, je peux le faire dans un cadre indépendant
du projet. C'est sûr que la justification à la base est liée, mais je ne suis
pas dans l'empreinte du projet. Je suis en train de fixer des éléments du
projet qui ne pourront pas être modifiés si, durant l'évaluation environnementale,
on juge que ça a besoin d'être ajusté, on est dans un…
Donc, c'est possible de faire un encadrement
indépendant de ces travaux-là, pendant que le projet, lui, il poursuit dans la
procédure environnementale. Ça fait que ça, en fait, c'est l'ensemble des
critères qui doivent être rencontrés. Ça fait qu'on est vraiment dans un
pouvoir d'exception, avec de nombreux critères qui doivent être rencontrés,
parce qu'il y a un réel besoin d'aller vers ça dans le contexte que j'ai
mentionné plus tôt.
M. Leduc : Parfait. Merci
beaucoup. M. le Président, je ne me rappelle pas si on peut sous-amender
soi-même son propre amendement.
Le Président (M. St-Louis) :
Bien oui, mais avec le consentement de la commission.
M. Leduc : Bien, c'est parce
que soit je le retire puis je le… dépose un autre, ou soit je le sous-amende.
Le Président (M. St-Louis) : À
ce moment-là, est-ce que vous consentez à ce que le député d'Hochelaga-Maisonneuve
sous-amende son propre amendement? Consentement. Nous allons donc suspendre
quelques instants.
M. Leduc : On vous l'envoie à
l'instant, vous allez le recevoir.
Le Président (M. St-Louis) :
D'accord. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 47)
(Reprise à 10 h 51)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, nous avions
permis par consentement le sous-amendement de l'amendement déposé par le député
d'Hochelaga-Maisonneuve. Par contre, il nous apparaissait plus simple et plus
efficace de retirer l'amendement et d'en déposer un nouveau. Donc, M. le
député, la parole est à vous.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Donc, en effet, on a retiré l'amendement puis on en dépose une
nouvelle version qui va comme suit : Modifier l'article 31.4.3 de la
loi, créé par l'article 88 du projet de loi, par l'insertion, après le
troisième alinéa, de l'alinéa suivant :
«Le gouvernement, lorsqu'il est d'avis que
l'intérêt public ainsi que la nature des travaux le justifient, doit produire
une justification détaillée de l'autorisation qu'il accorde en fonction du
premier alinéa de cet
article et la déposer au registre des évaluations
environnementales dans les 15 jours où cette autorisation est accordée.»
Donc, on en a profité pour changer le
«exemption» pour «autorisation». On écoute les explications judicieuses de nos
collègues et on s'ajuste en conséquence. Et à la place de le déposer à
l'Assemblée nationale, ce qui rendait le ministre plus ou moins confortable,
bien, on l'a écouté lui aussi, puis on le dépose dans le registre des
évaluations environnementales. Dans le fond, le but, c'est que ce soit
accessible, que ce soit discuté. Encore une fois, j'insiste que le mot clé ici,
c'est «justification détaillée». Parce qu'au regard de la discussion qu'on a
depuis quelques instants maintenant, ma compréhension, c'est qu'il n'y aura pas
des détails particulièrement élaborés sur pourquoi on accepte au regard entre
autres de l'atteinte au... pas «de l'atteinte» mais... de l'atteinte des
objectifs de réduction de gaz à effet de serre, donc, pour soumission à
discussion auprès du ministre.
Le Président (M. St-Louis) : M.
le ministre.
M. Charette : Si le
consentement est donné, on suspendrait deux minutes juste pour... deux petites
minutes pour valider quelque chose.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
nous avons consentement, donc nous allons suspendre quelques instants pour
permettre à l'équipe gouvernementale de se consulter. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 53)
(Reprise à 10 h 58)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, le député
d'Hochelaga-Maisonneuve avait déposé un amendement. M. le député, vous
souhaitiez retirer cet amendement-là à ce stade-ci pour revenir par la suite,
si je ne m'abuse.
M. Leduc : En effet, le
ministre m'a ouvert une porte ou deux. On est en train de voir quel pourrait
être le libellé qui n'irait pas trop loin de ce qu'on visait ici, donc, par la
main tendue, je la saisis. Alors, je retire l'amendement, puis on en
rediscutera tantôt. Puis je comprends que ma collègue voulait peut-être aussi
intervenir sur l'article 31... Bien, l'article 88 de manière plus
générale. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
l'amendement étant retiré, nous revenons sur les interventions sur l'article
lui-même. Mme la députée.
Mme Dufour : Oui, merci, mais
comme je n'ai pas pu m'exprimer sur l'amendement, je vais en profiter juste
pour dire que j'étais d'accord avec la proposition du collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve. Je vais revenir à la question, là, de... que moi,
j'avais abordée, qui était de définir qu'est-ce qui était l'atteinte, tu sais,
dans le fond... Dans le fond, on parle d'intérêt public, là, et on parle aussi
de projets qui participent à l'atteinte des cibles gouvernementales et de la
transition énergétique. Pourquoi on a pris la transition énergétique? Parce
qu'il y a... parce qu'on parle plus loin d'intérêt public, mais là, on l'a mis,
l'angle changements climatiques, transition énergétique. L'intérêt public peut
aller dans plein d'autres éléments. Pourquoi on s'est... on l'a cadré comme ça
dans cet article?
• (11 heures) •
M. Charette : Bien, dans le
fond, c'est... c'est accompagné, là, d'orientations précises. Notre collègue en
a fait la démonstration un petit peu plus tôt. Et tout ça dans le respect de la
Loi sur la qualité de l'environnement. Donc, on a... on a insisté sur les
éléments de transition énergétique qui relèvent aussi du ministère de
l'Environnement, là, depuis 2022. Donc, c'est pour... Et donc ça relève du
ministère, donc c'est en concordance avec la
Loi sur la qualité...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Charette : ...environnement.
On l'a mis ainsi pour déterminer ou donner les orientations déjà aux
différentes parties qui pourraient être intéressées, dire : Bien, c'est
admissible ou ça ne l'est pas en vertu que vous êtes ministère ou Hydro-Québec,
là. Ce n'est pas... Ce n'est pas ouvert à tout le monde, mais c'est admissible
en vertu de l'intérêt public et de cette nécessaire transition énergétique.
Mme Dufour : Oui. Mais
pourquoi précisément se limiter à ces deux aspects là? Parce que, bien, tu
sais, «changements climatiques»... Parce que là, on met beaucoup d'emphase sur
«transition énergétique», «Hydro-Québec», mais «changements climatiques», ça,
ça peut être plus large, par exemple, justement, les protections pour les inondations.
Est-ce que, tu sais, ça pourrait être un projet de barrage qui vient protéger?
Tu sais, par exemple la digue de Sainte-Marthe-sur-le-Lac? J'ai dit «barrage»,
mais je voulais dire digue. Tu sais, est-ce que ce type de projet là pourrait
rentrer là-dedans?
M. Charette : Encore là,
les... on l'a mentionné tout à l'heure, les municipalités ne sont pas
admissibles. Donc, les projets de digue ne sont pas portés par les
municipalités, là, ne sont pas couverts par l'article en question. Sinon, je
pense qu'on a bien balisé...
Mme Dufour : Mais il y a
beaucoup de projets de digue qui ont été portés par le gouvernement donc c'est
à ceux-là, évidemment, que je fais référence.
M. Charette : Bien, les
digues financées, je regarde, pour avoir eu à traiter ces dossiers-là au fil
des années, là, c'est les municipalités qui déposent un projet de digue, et il
y a une procédure d'évaluation qui se fait. Il y a eu, dans certains cas, des
autorisations, là, qui ont été délivrées plus rapidement par le ministère de l'Environnement,
compte tenu de l'urgence qui prévalait. Mais les villes étaient initiatrices du
projet, donc ce ne seraient pas... ce ne seraient pas des projets admissibles.
Encore une fois, on est dans les travaux préalables. On ne parle pas du projet
dans son ensemble. On parle d'une petite portion, d'une séquence d'étapes qui
doivent... qui doivent se faire. Mais deux éléments pour lesquels il faut
insister : les villes ne sont pas admissibles et, dans le cas des
barrages, c'étaient d'autres mesures d'exception qui ont pu être retenues
lorsque c'était nécessaire d'autoriser plus rapidement, là, certains travaux
pour protéger le public. Donc, la loi ou les articles qui sont présentement à l'étude
ne changeraient rien, là, à cette situation-là.
Mme Dufour : Oui. Évidemment,
on revient toujours à dire : Ce ne serait pas admissible parce que c'est
généralement les municipalités qui portent, comme tout à l'heure, ce ne serait
pas admissible parce qu'Hydro-Québec ne ferait pas de la batterie. Mais on doit
poser la question : Si c'est le gouvernement qui porte ce projet-là, si c'est
Hydro-Québec qui porte ce projet-là, est-ce que là, ça devient admissible? C'est
ça, la question.
M. Charette : Bien, je pense
y avoir répondu. Dans le cas des digues, j'ai suivi le dossier, là, de près,
là, ces dernières années, admettons que ce n'étaient pas les municipalités, là,
pour enlever ce frein-là, je vous dis qu'il y a certaines procédures qui ont
été autorisées en accéléré, qu'il y a des autorisations qui ont été données par
décret, compte tenu de l'urgence de la situation. Donc, ce n'est pas cette
loi-là qui nous permettait d'agir de la sorte, là. On n'est pas là du tout, du
tout, du tout. Mais, si la collègue s'inquiète à savoir est-ce qu'on peut
réagir rapidement s'il y a des travaux particuliers de digue ou des travaux d'urgence
qui doivent être faits, oui, on peut le faire. On le fait. Mais l'article en
question n'y changera rien, là. Ce n'est pas pour la même optique.
Mme Dufour : Là, ici, on est
dans des travaux préalables faits avant que ne soit complétée l'étude, la
procédure du BAPE. C'est bien ça?
M. Charette : Ce que notre
collègue a mentionné tout à l'heure, ce sont des travaux qui ne doivent pas
nécessiter par eux-mêmes une procédure d'évaluation. Donc, oui, on est à l'intérieur
d'une procédure générale qui est bien établie, mais les travaux préalables ne
peuvent pas être au cœur du... ça ne peut pas être le projet lui-même.
Autrement, ce ne serait pas... ce ne serait pas admissible.
Mme Dufour : Non. C'est ça.
Mais il reste qu'il y a quand même des travaux qui seraient faits avant que ne
soit complétée l'étude du BAPE. C'est bien ça?
M. Charette : Oui. Bien, c'est-à-dire
avant que ne soit complétée la procédure d'évaluation complète. C'est... C'est
le but, là. C'est de faire en sorte que lorsque l'autorisation va venir, qu'il
y ait une petite portion qui a été réalisée pour permettre la réalisation plus rapide,
là, des travaux en question.
Mme Dufour : Et donc, est-ce
qu'on prend ici l'hypothèse que tous les projets qui auraient une autorisation
de travaux préalables vont nécessairement avoir l'autorisation une fois la
procédure complétée?...
M. Charette : ...juste être
certain de comprendre. Est-ce qu'on est certains, à la base, que les travaux
préalables font
partie d'un projet qui sera automatiquement accepté? La
réponse, c'est non, et c'est la raison pour laquelle on prévoit une obligation
de réhabiliter. Par exemple, un terrain, si le projet était... était refusé...
terrain, là, selon... tout dépendant, là, du projet ou du travail préalable qui
a été... qui aurait été réalisé, bien, c'est la raison pour laquelle on limite
ça aux travaux, aux projets des ministères et Hydro-Québec. C'est qu'on sait
qu'ils ont bien, bien des chances de se réaliser, ces projets-là, parce que ce
sont des instances qui connaissent bien la
Loi sur la qualité de
l'environnement, qui, généralement, sont aussi soucieux de respecter les
différentes modalités.
Donc, est-ce que c'est automatiquement
accepté? Non, mais des probabilités excessivement élevées que ce soient des
travaux, des projets acceptés parce que justement ce sont des instances qui
connaissent très bien leurs obligations, là, en vertu des lois et règlements.
Mme Dufour : Oui. Il y a
d'ailleurs effectivement une disposition, là, qui dit qu'«aucun préjudice subi
par l'initiateur du projet, bon, ne donne droit à une indemnité», là, si jamais
une remise en état totale ou partielle est nécessaire, parce que, bon, le
projet ne serait pas réalisé. Mais il reste qu'il n'y a pas les risques... il y
a des milieux qui soient détruits et qu'une réhabilitation ne soit pas
réellement possible?
M. Charette : Bien, ça fait
partie de l'évaluation. On a une demande de formulée pour des travaux
préalables, le ministère va mesurer les impacts de cette demande-là. Ça ne peut
pas... Ça ne peut pas être pour des travaux qui seraient autrement par
eux-mêmes assujettis à la procédure d'évaluation. Donc, ça fait
partie des
éléments, là, qui seront considérés, là. L'impact ne peut pas être démesurément
important. Et c'est une petite portion de travaux, là, qui serait... qui serait
autorisée.
Mme Dufour : Oui. Mais il y a
quand même une possibilité que ces travaux-là détruisent des milieux naturels
et qu'une réhabilitation ne soit pas possible, là.
M. Charette : On a vu, à
travers tout notre régime d'autorisation, les moyens que le ministère a pour
obliger un initiateur à remettre en état un site. Il peut y avoir une
réhabilitation exigée, il peut... Donc, on a les outils, là, à ce niveau-là, du
côté du ministère.
Mme Dufour : Oui. Mais il
reste que, quand on a détruit un milieu naturel, on ne peut pas le recréer
demain matin, là.
M. Charette : Bien, à
l'inverse, lorsqu'on détruit un milieu humide, il y a la possibilité de le
rétablir ou de le réhabiliter. Dans les conditions posées, il pourra y avoir
des précisions à ce sujet-là. Et, si jamais le projet n'allait pas de l'avant,
l'article précédent, je pense, je ne veux pas induire la collègue en erreur...
à tout le moins, dans le 88 en général, on prévoit, là, qu'il y a des
obligations qui peuvent être imposées à l'initiateur, là, pour rétablir ou
réaménager... remettre le site en état.
Mme Dufour : Oui, mais,
écoutez, bien que la loi dise qu'on peut remettre en état un milieu humide, la
réalité, c'est qu'un milieu humide détruit n'est jamais complètement remplacé
par un équivalent. Et c'est la même chose si vous coupez un arbre, vous avez
beau planter un chicot, là, il ne fera pas la même chose que l'arbre que vous
avez coupé, là, hein, ça, c'est la réalité de la nature. La nature qu'on
détruit, elle n'est pas remplaçable en deux secondes comme ça le lendemain matin,
• (11 h 10) •
M. Charette : On peut ne pas
être d'accord sur tout, dans certains cas, la réhabilitation peut donner un
milieu naturel plus intéressant qu'avant sa destruction. On l'a évoqué à des
articles précédents, lorsqu'il est question de milieux humides, par exemple, ça
peut être des milieux humides très altérés. Une réhabilitation peut amener un
apport écologique encore plus intéressant. Je comprends qu'on ne peut pas
parler de tous les cas de figure, mais on résume à ceci, si le projet n'a pas
lieu, l'article... en fait, l'article 88 et ses sous-sections donnent les
pouvoirs nécessaires pour que l'initiateur soit obligé de remettre le site en
état.
Mme Dufour : Oui, en tout
cas, ça, c'est clair que les experts ne s'entendent pas nécessairement sur ce
que... l'affirmation que vous venez de faire concernant la destruction de
milieux humides, là, mais on va revenir. Je ne vous ai pas entendu, puis
peut-être la discussion s'est fait dans le 10 minutes qu'il y a eu la semaine
dernière sur le sujet, mais le BAPE...
Mme Dufour : ...a évoqué quand
même des réticences assez importantes par rapport à cet article-là. Ils ont
dit... ils nous ont dit, là, et je les cite, là, qu'une telle disposition... en
fait, ils disent que ça risque de se retrouver... «le BAPE risque de se
retrouver dans une position délicate devant un public qui remettrait en cause
la légitimité de ces actions, alors que certains travaux sont déjà en cours de
réalisation, ce qui pourrait affecter non seulement la crédibilité des
processus d'information et de consultations publiques, mais également de celle
de la procédure dans son ensemble».
M. Charette : Je comprends,
et c'est la raison pour laquelle on est très mesurés dans notre approche. C'est
une inquiétude que je pourrais partager si on avait ouvert la notion de travaux
préalables à tout type de projet et à tout type d'initiateur. Là, on est très
limités dans les types d'initiateurs qui peuvent formuler ce type de demande
là. On est très limités dans le type de projets qui pourraient en bénéficier,
et, ultimement, il y a toutes les garanties de transparence, là, qui ont été
discutées, qui seront vraisemblablement renforcées encore davantage avec
l'amendement, là, que nous prépare le collège d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mais de façon simple, si on n'avait pas
posé les limites actuelles, je partagerais cette critique-là, mais, dans le cas
présent, on parle de ministères, des travaux... Un ministère, par définition,
ne proposera pas un projet qui est contraire à l'application de la loi et de la
réglementation, d'où les chances très, très élevées que ce soient des projets,
là, qui seront acceptés, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas place à la
bonification dans tout ce processus-là.
Les rapports du BAPE permettent
notamment... pas d'accepter, mais d'améliorer des projets même lorsqu'ils sont
déposés par des instances publiques. On a parlé du tramway, il y a quelques
séances de. C'est proposé, déposé par le gouvernement du Québec.
Malgré tout,
le BAPE s'est montré très critique dans son rapport, et les travaux qui en ont
découlé ont permis d'améliorer le projet. Donc, je peux rassurer le BAPE et
ceux qui pouvaient partager la même inquiétude.
Mme Dufour : Oui. Bien,
écoutez, je pense que les gens qui sont au BAPE savent lire les projets de loi.
D'après moi, quand ils lisent un projet de loi, ils sont capables de comprendre
ce qui est écrit dedans. Et je pense qu'ils ont pu lire qu'on parlait d'un
ministère précis, que ça venait d'un projet... d'un ministère ou
d'Hydro-Québec. D'après moi, quand ils ont émis leurs craintes, ils étaient
déjà conscients de ça. Donc, malgré tout, ils ont émis cette crainte-là.
Et ils en voient beaucoup, des projets,
ils en voient beaucoup des ministères aussi. Et je serais portée à dire que ce
sont probablement les plus grands spécialistes des procédures du BAPE, le BAPE
lui-même. Alors, quand... s'ils nous émettent cette crainte-là... Je comprends
que vous ne partagez peut-être pas votre... leur opinion, mais, à mon avis, ils
sont mieux placés que le ministre pour juger des craintes pour leur processus à
eux.
M. Charette : Naturellement,
ce que j'ai eu l'occasion de mentionner à la collègue, moi, je n'ai pas parlé
du projet de loi avec les gens du BAPE, on a gardé une certaine distance. Je
parle au BAPE et j'expliquais le contexte, généralement, une fois par année,
dans un contexte d'évaluation. Donc, je n'ai pas pu avoir cet échange-là avec
les gens du BAPE. Mais je pense que les échanges de la dernière heure ont pu
rassurer ou mieux présenter les orientations ou ce qui motive le gouvernement à
travers l'article en question et le BAPE aura toujours un rôle important à
jouer. Puis je le mentionnais, même lorsque c'est le gouvernement, à travers un
ministère, qui présente un projet, le BAPE agit de façon totalement, totalement
indépendante, et ses rapports permettent bien souvent d'améliorer les projets
qui doivent être... qui doivent être mis en réalisation par la suite.
Mme Dufour : Oui. J'aurais
aimé les entendre en commission. Malheureusement, ils ont décliné l'invitation,
comme ça on aurait pu échanger, parce que, là, on est dans la spéculation,
quand j'entends : Je pense qu'ils sont rassurés, on est dans de la pure
spéculation parce qu'on ne leur a pas parlé. Puis moi, personnellement... La
conversation qu'on a depuis 9 h 45, il n'y a pas grand-chose qui a changé par
rapport à ce qui est écrit, là, à l'exception de la demande d'explication. Ça
reste qu'il y a... ce que le collègue a déposé comme amendement, le reste
qui...
Mme Dufour : ...le BAPE,
l'enjeu de... qu'il soit en train d'évaluer... bien, en fait, en train de faire
un processus de consultation avec les citoyens au même moment que des travaux
commencent, ça reste, il n'y a rien qui a changé, là, dans la dernière heure et
demie, là. Donc, cette réalité-là d'un risque de perte de confiance envers le
processus, il demeure. Ils font une recommandation, ils disent : «Afin
d'éclairer la recommandation du ministre et par souci de transparence auprès du
public, le BAPE estime nécessaire que l'initiateur du projet - et là on
comprend que c'est Hydro-Québec ou un ministère -indique clairement son
intention de demander pareille soustraction dès le dépôt de son avis
d'intention. Ce faisant, les citoyens pourraient émettre leurs observations et
préoccupations, lesquelles seraient reprises en compte rendu que le BAPE devra
produire.»
Est-ce que ça, c'est quelque chose qui
serait possible et qui... puis ça viendrait, du moins, rassurer un peu le BAPE?
M. Charette : Ce qu'on
mentionnait tout à l'heure, cette étape-là intervient après une première séance
d'information du public. Donc, le public va déjà être au fait de l'intention ou
du souhait de l'initiateur, va déjà avoir passablement d'informations sur le
projet dans son ensemble aussi. Donc, je ne dis pas que je rassure, je ne peux
pas présumer des impacts des propos que je tiens, là, mais, à ce niveau-là, je
pense que le public va déjà savoir où on en est, quel est le projet et quelle
serait la portée des travaux préalables qui seraient autorisés.
Mme Dufour : Oui, je
comprends qu'on est... que l'article prévoit que le gouvernement peut le faire
dans les 90 jours de la réception du compte rendu de la période d'information
transmise par le BAPE, permettre certains travaux préalables. Mais on peut
imaginer que l'initiateur, Hydro-Québec ou le ministère, sache, dès le début,
qu'il aura l'intention d'en faire la demande. On n'a pas besoin d'attendre 90
jours après la séance d'information, le compte rendu, il pourrait très bien le
déposer dès le début et dire : Bien, dans le cas de ce projet-à, sachez
que j'ai l'intention d'en faire la demande.
M. Charette : En fait, ça va
être signifié dès l'avis de l'initiateur, mais si la collègue le souhaite, on
peut réexpliquer, là, mais ça va être mentionné très, très tôt dans la
démarche, là, cette intention-là ou ce souhait de l'initiateur.
Mme Dufour : Mais ce que le
BAPE recommande, c'est que l'initiateur du projet l'indique dans son intention
dès le dépôt de son avis d'intention.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
en fait, c'est ce qui est prévu.
Mme Dufour : C'est prévu où?
Mme Gagnon (Mélissa) : En
fait, c'est que, si l'initiateur souhaite se prévaloir de cette permission-là,
il va devoir l'indiquer dans son avis d'intention. Il va devoir aussi expliquer
en quoi il remplit l'ensemble des critères. Et ces éléments-là vont faire
l'objet, vont être publiés au registre et vont faire l'objet d'une première
consultation, donc, consultation publique par... Bien, en fait, c'est la
première période d'information publique qui va être réalisée par le BAPE sur
l'avis d'intention.
Mme Dufour : Là, on parle des
travaux préalables, là.
Mme Gagnon (Mélissa) : Oui,
travaux préalables, donc, ça va être mentionné. Il va falloir que l'initiateur
le mentionne dès le départ, qu'il souhaite pouvoir se prévaloir de cette
permission-là dans son avis d'intention. Cet avis d'intention là, avec la
demande, là, de pouvoir être... avoir la permission spéciale et les critères,
là, comment il rencontre l'ensemble des critères, tout ça, il va falloir que ce
soit intégré dans son avis d'intention. L'avis d'intention va faire l'objet
d'une période d'information publique par... qui va être organisée par le BAPE,
donc, et le public, mais va aussi faire l'objet d'une consultation des experts
du gouvernement, va aussi faire l'objet d'une consultation des communautés
autochtones, le cas échéant. Et c'est uniquement dans les 90 jours qui suivent
cette première période d'information là que le ministre a le pouvoir de faire
la recommandation, donc, ce n'est pas avant.
• (11 h 20) •
Mme Dufour : O.K.
Mme Gagnon (Mélissa) : C'est
justement pour s'assurer qu'il y ait une possibilité d'en prendre connaissance
publiquement avant de pouvoir utiliser le pouvoir de recommandation.
Mme Dufour : Mais est-ce que,
si ce n'est pas déposé dans l'avis d'intention, est-ce qu'il serait possible
de, quand même, autoriser des travaux préalables 90 jours après?
Mme Gagnon (Mélissa) : Bien,
en fait, ça prend, à la base, ça prend un justificatif, là ça prend une
demande. Il faut que l'initiateur présente le besoin de se prévaloir de ça,
parce que s'il n'y a pas de besoin exprimé et s'il n'y a pas de
démonstration...
Mme Gagnon (Mélissa) : ...se
rencontrer, il ne pourrait pas y avoir vraiment de recommandations faites en ce
sens-là.
Mme Dufour : Mais est-ce
qu'il y a quelque part quelque chose qui l'interdirait, que des travaux
préalables soient autorisés sans que ça ait été mentionné dans l'avis
d'intention?
M. Charette : ...dans la
séquence qui a été... qui a été présentée par notre collègue, donc, c'est cette
séquence-là qui doit être... qui doit être respectée...
Mme Dufour : Donc, elle
doit être respectée. Et c'est où que c'est indiqué qu'elle... qu'il doit
demander ou indiquer les travaux préalables qu'il souhaiterait faire dans
l'avis d'intention? C'est à quel
article qu'on trouve ça?
Mme Gagnon (Mélissa) : C'est
écrit en fait au deuxième alinéa de l'article, que le gouvernement peut en
décider ainsi uniquement s'il est d'avis que l'intérêt public le justifie et
qu'il l'ait démontré dans l'avis d'intention. Donc, on comprend, là, qu'à la
base, ça doit faire
partie de l'avis d'intention.
Mme Dufour : Donc, qu'il
l'ait démontré dans l'avis d'intention, c'est une condition qu'on...
Mme Gagnon (Mélissa) : Donc,
les critères, c'est ça, pour pouvoir valider si l'ensemble des critères sont remplis,
il doit y avoir une démonstration que ces critères-là sont remplis dans l'avis
d'intention. Donc, c'est...
Mme Dufour : O.K. Donc,
on comprend pour ceux qui consulteront le verbatim des échanges sur le projet
de loi, l'intention ici c'est que c'est clair, c'est une condition sine qua non
que l'avis d'intention doit indiquer le besoin ou le souhait de requérir à des
travaux préalables pour qu'ils puissent être autorisés par le ministre.
Mme Gagnon (Mélissa) : Exact.
M. Charette : Effectivement,
c'est ce qui est prévu par le projet de loi, par la loi, exactement.
Mme Dufour : O.K. Et
c'est important. Bon. Ça, ça pourrait rassurer le BAPE, pas la première, mais
bon.
M. Charette : Mais on ne
peut pas en être certain. C'est ce qu'on...
Mme Dufour : On ne peut
pas. On ne peut pas, on...
M. Charette : On peut le
souhaiter.
Mme Dufour : On peut le
souhaiter. Vous l'avez mentionné, il y a des groupes qui auraient aimé, donc,
que ce soit élargi à d'autres... d'autres types de travaux. On est dans la
transition énergétique. Hydro-Québec... Tout à l'heure on a posé la question si
c'est Hydro-Québec qui est partenaire, mais que ce n'est pas l'initiateur. Ça,
ça ne fait pas
partie des cas de figure. Dans le cas où Hydro-Québec est
l'initiateur, mais qu'il travaille avec des soumissionnaires, parce que ça, il
y en aura beaucoup, beaucoup, des cas comme ça, là, comment on va opérer à ce
moment-là?
M. Charette : Je le
mentionnais tout à l'heure, mais également jeudi, là, il y a un initiateur, il
est celui qui recevra ou pas une autorisation et des autorisations
sectorielles. Par la suite, il est le répondant, mais il est responsable de
l'ensemble des travaux. Et dans tous les cas de figure, qu'on construise une piste
cyclable ou qu'on permettre... ou qu'on permette une ligne pour s'assurer... c'est-à-dire
qu'on développe, qu'on permette le développement de l'éolien, dans tous les
cas, que ce soit Hydro-Québec ou un ministère X, il y a tout le temps des
sous-traitants, mais le sous-traitant, il est tenu de respecter les obligations
qui sont faites à l'initiateur. Donc, le répondant, c'est-à-dire l'initiateur,
est tenu de faire respecter l'autorisation, même si, à certaines étapes, il a
par exemple un sous-traitant pour réaliser tel type de travaux. Mais dans tous,
tous les cas de figure, les ministères et Hydro-Québec ont des gens avec qui
ils travaillent pour réaliser leurs projets.
Mme Dufour : Oui, mais
admettons... Prenons le cas de figure des éoliennes, là, mais on voit beaucoup,
ces temps-ci, des projets qui sont suivis... travaillés par le BAPE, là, puis
c'est Hydro-Québec qui part en appels d'offres pour des capacités énergétiques.
Et là, il y a des dépôts de projets et, bon, il y a des octrois. Est-ce qu'à ce
moment-là, c'est Hydro-Québec qui est l'initiateur? Parce que ce n'est pas
Hydro-Québec qui fait les projets, c'est vraiment... Des fois, c'est des
promoteurs privés, des fois c'est des consortiums, même de municipalités. On
voit ça dans l'est du Québec notamment. À ce moment-là, tu sais, est-ce
qu'Hydro-Québec se substitue à ces groupes-là pour permettre ces travaux
préalables là?
M. Charette : Pour des
éoliennes, on a des projets qui sont... dont Hydro-Québec peut être le
répondant, mais on a des appels d'offres, des appels à projets pour lesquels,
je ne veux pas nommer d'entreprises, mais on les connaît, différentes
entreprises qui soumissionnent. Si elles obtiennent le contrat, c'est elles qui
sont initiatrices du projet et ce ne sont pas des travaux qui sont admissibles
aux travaux préalables.
Mme Dufour : O.K. Mais
ils ne sont pas admissibles pourquoi? Parce que...
M. Charette : Parce
qu'elles ne sont pas un ministère.
Mme Dufour : O.K.
M. Charette : Et elles ne
sont pas Hydro-Québec...
Mme Dufour : ...O.K., mais...
M. Charette : Donc, je
comprends, je le disais d'entrée de jeu, c'est une nouvelle notion, celle des
travaux préalables, mais c'est bien balisé, là, ce n'est pas... Et quand je
dis : C'est bien balisé, certains auraient voulu que ce soit étendu plus
largement, d'autres se disent : C'est parfait comme ça, d'autres nous ont
dit : Ne bougez pas du tout sur cette notion-là. Donc, on a réellement
circonscrit à certains types de projets et pour certains initiateurs.
Mme Dufour : Quand on est
dans la lutte aux changements climatiques, quels genres de projets... Parce que
transition énergétique, je pense que c'est plus clair pour tout le monde, mais,
quand on parle de lutte aux changements climatiques, à ce moment-là, ce serait
quel genre de projets qu'on pourrait voir qui seraient portés par des
ministères ou Hydro-Québec, là, qui pourraient...
M. Charette : Dans le cas
d'Hydro-Québec, clairement, les projets d'énergie renouvelable, on parlait des
éoliennes, donc, c'est un exemple certainement pertinent. Dans le cas...
ministère des Transports, ça pourrait être pour du transport actif, pour du
transport... pour du transport collectif. Ce sont des exemples que l'on
pourrait donner. Parce que, si on regarde le tramway, c'est sûr qu'on est en
milieu très urbain, mais le cas de figure pourrait être... pourrait être le
tramway pour certains types de travaux. Il pourrait y avoir des autorisations
en ce sens-là.
Mme Dufour : Donc, un
troisième lien à 100 % collectif pourrait en faire partie.
M. Charette : Pardon?
Mme Dufour : Donc un
troisième lien qui serait 100 % dédié au transport collectif pour en faire
partie.
M. Charette : Je ne sais pas
si c'est la proposition qui est faite par le Parti libéral, mais ce n'est pas
la proposition qui est faite par la Coalition avenir Québec. Mais, sinon, un
autre exemple qui peut être intéressant, par exemple, au niveau de la
protection des berges contre l'érosion. Ce n'est pas uniquement... On parle
beaucoup d'énergies renouvelables, là, à travers Hydro-Québec, mais, si on
regarde d'autres ministères, la protection des berges, là, contre l'érosion
pourrait être un exemple intéressant.
Mme Dufour : Bien, justement,
parlons de la protection des berges. Les MRC sont venues nous dire, puis il y a
des municipalités aussi qui nous ont mentionné qu'il y aurait des projets...
qu'ils ont des projets de ce type-là et que c'est très, très long, avancer,
très long, avoir des autorisations. Là, on permettrait une... tu sais, dans le
fond, des travaux préalables dans le cas où c'est un ministère qui porterait le
projet, mais, encore une fois, c'est souvent des municipalités ou des MRC qui
portent ces projets-là. Donc, pour eux, par contre, là, on ne le permettrait
pas, dans ces cas précis?
M. Charette : L'avantage,
lorsque c'est un ministère qui réalise le financement... vient avec la
réalisation du projet, la municipalité qui demande un projet de protection des
berges n'a souvent pas les fonds pour les réaliser, donc ce serait un transfert
de fonds. Aussi bien y aller par les ministères lorsque les fonds sont
disponibles. Mais dans... On a, par la... Au niveau de l'érosion, c'est
beaucoup piloté par les Affaires municipales, mais financé en
partie par le...
la façon dont les municipalités procèdent, c'est qu'il y a des bureaux de
projets, c'est de dire au gouvernement : Bien, voici, nous, on aimerait
que tel ou tel projet soit réalisé, quelles sont les possibilités? Donc, le
ministère devient porteur du dossier, là, et le financement est aussi associé
avec le dépôt de... le dépôt du projet.
Mme Dufour : Oui, mais il y a
quand même des municipalités qui ont les moyens de financer, ces projets-là.
C'est sûr qu'elles vont... si elles ont accès à des subventions, elles vont
aller les chercher, mais il y en a qui ont les moyens, quand même, de financer
certains projets, surtout quand c'est critique et urgent. Mais pourquoi, tu
sais, sciemment les exclure pour ce type de...
• (11 h 30) •
M. Charette : Je distingue,
on n'est pas... Lorsqu'il est question d'urgence, on n'est pas dans une
situation de digue ou autre, là, c'est réellement des travaux pérennes,
c'est-à-dire pour rendre pérenne une berge qui est menacée par l'érosion. Je
fais la distinction, là, compte tenu de l'échange qu'on a eu par rapport aux
digues tout à l'heure, mais plus on élargit le cercle, plus on inquiète des...
ou plus on génère des questionnements. C'est la raison pour laquelle on a dit
dès le départ : On balise, on restreint ça à un groupe initiateur en
particulier. Ce qu'on a eu, comme conversation la semaine dernière, et je
l'avais mentionné, je pense, au moment des consultations aussi, à l'usage,
peut-être qu'on élargira, mais il faut se faire la main avec cette nouvelle
procédure là, avec un groupe d'initiateurs qui est...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Charette : …qui est
restreint pour justement démontrer que ça peut bien se faire, mais dans x
nombre d'années, si le gouvernement, à ce moment-là souhaite élargir, c'est
législatif et non pas réglementaire. Donc, il faudra repasser par l'exercice que
l'on mène… que l'on mène présentement. Donc, ça devra être fait en toute
transparence. Et je dis ça sans présumer de ce que pourrait faire un prochain
gouvernement ou ce que pourrait faire le gouvernement dans quelques années, là,
mais c'est dans un premier temps balisé de sorte que l'on puisse rassurer ceux
qui se disent : On ne devrait même pas évoquer, là, cette possibilité-là
de travaux préalables.
Mme Dufour : Oui,
effectivement, il y a... Il faut vraiment le baliser. Moi, je suis toujours
inquiète du fait qu'il y a la question que des milieux peuvent être détruits
avant que ce soit complété, puis qu'il pourrait y avoir un… finalement une non-autorisation
qui soit… qui soit émise. Ça fait que je vais venir tout à l'heure déposer un
amendement par rapport à cet aspect-là, mais j'ai quand même quelques questions
encore pour qu'on… bien cerner, là, qu'est-ce qu'on… qu'est-ce qu'on peut voir.
Là, on a parlé d'Hydro-Québec, énergie
renouvelable, ça en fait partie, une ligne de transport, est-ce que, là, à ce
moment-là, une nouvelle ligne de transport pourrait se… faire
partie de cette
procédure accélérée?
M. Charette : Alors là, c'est
une étape dans une procédure d'évaluation, mais si… en fait, c'est une suite
logique, si on veut avoir davantage d'énergie renouvelable, il faut pouvoir la
transporter, cette énergie-là. Donc, ça pourrait… ça pourrait très bien s'inscrire,
là, dans cette logique.
Mme Dufour : O.K., mais…
Le Président (M. St-Louis) :
Je m'excuse de vous interrompre, je voulais juste vous informer que le temps
qui vous est alloué à l'article 31.4.3 est épuisé dans quelque 30 secondes.
Mme Dufour : C'est alinéa par
alinéa?
Le Président (M. St-Louis) : Mais
c'est ça, je veux simplement vous dire qu'on va aller puiser dans le temps qui
vous est alloué pour l'article lui-même, donc le 88
Mme Dufour : Oui. Bien, c'est
ça, parce que c'est alinéa par alinéa, là, qu'on avait convenu, l'étude du
projet de loi, là. Donc, des 20 minutes, il y en a beaucoup ici, là.
Le Président (M. St-Louis) :
Mme la secrétaire m'informe que, quand c'est un
article qui introduit plusieurs
articles, c'est 20 minutes par article. Donc…
Mme Dufour : Oui. O.K. Bien,
je vais déposer un amendement pour pouvoir faire du temps, parce qu'honnêtement
à la grosseur… à la grosseur de l'article, c'est insensé qu'on limite ça à 20 minutes,
là. Pourtant, on avait convenu que c'était alinéa par alinéa.
Des voix : …
Mme Dufour : O.K. Parfait,
hein? Bien non, il faut le dire, là.
Le Président (M. St-Louis) : Mais
vous avez un 20 minutes pour l'article 88. Donc, on repart avec un 20 minutes…
Mme Dufour : Puis est-ce que j'ai
Le Président (M. St-Louis) :
Mais c'est la jurisprudence que je vous rapporte…
Mme Dufour : J'ai-tu un 20 minutes
pour le 31.4.2, puis le 31.4.1?
Le Président (M. St-Louis) : C'est
20 minutes par article.
Mme Dufour : Donc, ça fait 40 qu'il
me reste, parce que je n'ai pas intervenu sur les deux autres.
Le Président (M. St-Louis) :
On va suspendre quelques instants, juste histoire de recadrer la réglementation
de façon plus précise. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 34)
(Reprise à 11 h 38 )
Le Président (M. St-Louis) : La
Commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, la parole était à
la députée de Mille-Îles. Mme la députée, je vous cède la parole à nouveau.
Mme Dufour : Oui, merci.
Alors, je vais reposer la question que je m'apprêtais à poser. Donc, je parlais
de lignes de transport. C'est là qu'on était rendus. J'ai compris qu'une ligne
de transport, effectivement, pourrait faire l'objet de cette autorisation-là de
travaux préalables. Maintenant, qu'en est-il d'une ligne de transport qui
alimenterait une autre province ou un autre pays ou une usine en particulier?
Comment on le... on le juge, l'intérêt public ici?
M. Charette : On est au
niveau des travaux préalables, ce n'est pas une autorisation définitive pour le
projet. Ce qu'on... ce qu'on m'indique, c'est qu'il devra y avoir des critères,
par exemple au niveau est-ce que c'est un voltage X, est-ce que... Donc, ça
aussi, c'est... c'est encadré, à savoir, est-ce que c'est pour permettre... Il
y a des éoliennes, par exemple, qui vont couvrir tel secteur avec une
production X, donc c'est de voir quelle est la finalité de cette ligne de
distribution là. Mais oui, en théorie, là, c'est le type de travaux qui
pourrait être possible sans présumer de l'ampleur de la ligne et si elle
serait, elle, admissible aux travaux préalables.
Mme Dufour : Bien, c'est...
c'est ça, ma question : Comment on détermine quelle ligne? Comment il sera
déterminé quelle ligne serait admissible ou pas?
M. Charette : On arrête…
M. Charette : ...juste
suspendre un instant, juste pour valider un élément.
Le Président (M. St-Louis) :
Parfait. Nous allons suspendre quelques instants, histoire de faire les
vérifications d'usage. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 41)
(Reprise à 11 h 43)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, la commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, M. le
ministre, vous aviez des vérifications à faire. Donc, je vous cède la parole.
M. Charette : Volontiers.
Pour répondre aux différents cas de figure, c'était, par exemple, pour
alimenter une usine en particulier, peut-être que la collègue a TES Canada en
tête, ce serait... ce serait non pour deux raisons, essentiellement. Un, c'est
un promoteur privé. Deux, c'est pour alimenter une usine et non pas le réseau
général d'Hydro-Québec. Donc, ça ne serait pas admissible. Si c'était pour de
l'exportation, là aussi, ça ne nous aiderait pas à remplir nos propres
objectifs de réduire réduction de gaz à effet de serre. Donc, pas pour une
entreprise en particulier, c'est pour faire profiter de cette énergie-là au
réseau en général et pour... et pour les besoins, là, du Québec au niveau de sa
décarbonation.
Mme Dufour : Bien, je
n'avais pas d'entreprise en particulier en tête quand j'ai posé la question,
c'était vraiment plus pour comprendre comment on détermine l'intérêt public.
Est-ce que c'est écrit à quelque part, ces balises-là? Est-ce que ça va être
dans un règlement ou c'est juste... c'est l'intention, mais ça peut changer à
tout moment?
Une voix : ...
M. Charette : ...position
précise d'intérêt public, mais c'est le sens commun, là, qu'avec le temps les
ministères ont pu y donner. Et nous, à travers tout ça, on a aussi la
Loi sur
la qualité de l'environnement qui vient offrir encore une fois un cadre plus
précis à ce que pourrait être l'intérêt public.
Mme Dufour : O.K. Donc,
l'intérêt public est comme dans une certaine jurisprudence, que c'est...
M. Charette : C'est
davantage à l'usage. Je ne sais pas... Il n'y a pas de définition précise
effectivement, là, à laquelle on pourrait se référer.
Mme Dufour : Mais je vais
revenir à l'exemple d'une ligne de transport qui alimenterait une usine. Si
c'est une usine de transformation de minéraux critiques, par exemple, comment
on l'interprète à ce moment-là...
M. Charette : ...là, on est
réellement là pour bonifier l'énergie disponible pour Hydro-Québec. Donc, dans
le cas de figure, nous, en fait... Je vais le dire autrement :
Hydro-Québec a besoin de x quantité d'énergie pour s'acquitter de sa mission de
décarbonation. On l'a vu, les nouveaux projets, c'est à 75 % des projets
de décarbonation, sinon décarboner l'économie actuelle à travers tout ce qui
est habitation, industrie, commerces et autres. Donc, c'est ce qui va aider
Hydro-Québec à augmenter son apport en énergie. Ce serait la balise, là, qu'on
pourrait résumer, là, à ce moment-ci.
Mme Dufour : O.K., Donc, les
lignes plus secondaires qui permettent d'aller alimenter des quartiers
résidentiels ou les usines, comme on disait, ça, ça ne serait pas inclus ici,
parce que, là, ce n'est pas l'apport général, c'est plutôt la distribution
d'électricité.
M. Charette : C'est en lien
avec... Encore une fois, là, c'est des questions, là, qui sont plus générales,
mais à partir du moment où on parle de transition énergétique ou d'énergie
renouvelable, il faut qu'il y ait une production. Donc, c'est en lien avec une
production, et non pas juste relier le point A au point B, là. Il faut que ça
soit une ligne en lien avec avec une production qui serait augmentée au niveau
des énergies renouvelables.
Mme Dufour : O.K., mais ça,
nulle
part ce n'est écrit, qu'il faut que ça soit en lien avec la production,
M. Charette : La collègue
demande les orientations gouvernementales, là. Ce sont les orientations, on ne
peut pas préciser ce type de détail là dans une dans une loi, mais c'est
l'orientation, là, qui est retenue, là, actuellement.
Mme Dufour : O.K., mais...
c'est l'orientation qui est prévue, mais un autre gouvernement pourrait aller
dans une autre orientation aussi, là.
M. Charette : Il devra se
justifier, le cas échéant, là, s'il le souhaite.
Mme Dufour : Oui. Et donc,
là, j'ai bien compris, pour l'exportation, peu importe que ce soit vers, tu
sais... Hertel-New York, c'est un exemple, ça, ce ne serait pas admissible.
M. Charette : Ce n'est pas
l'orientation qu'on se donne actuellement.
Mme Dufour : O.K. O.K. Il y a
une question aussi, on parle, un petit peu plus loin, là, je ne sais plus si
c'est... Un, deux, trois, quatre, cinquième paragraphe. On parle d'«exiger une
garantie assurant la remise en état des lieux». On parle de garantie
financière, quel genre de garantie ici?
M. Charette : Ça, on a eu
l'occasion de l'aborder, là, à travers d'autres articles. Tout ce qui est... Le
ministère a déjà un certain nombre d'outils à sa disposition, autant
législatifs que réglementaires, pour forcer un promoteur, même un particulier
si c'était nécessaire, à corriger une erreur ou à rétablir un site. On a déjà
tous les outils, donc on y réfère, mais avec des outils, là, que nous avons
déjà à notre disposition.
Mme Dufour : Oui mais ici, on
ne parle pas d'un promoteur privé ni d'un particulier, là. Ici, on parle d'un
ministère ou d'Hydro-Québec. Donc, c'est pour ça que je pose la question. Quel
genre de garantie, ici, on fait référence.
M. Charette : Il n'y a pas de
distinction. Ce pouvoir-là qu'a le ministère, il est aussi valable pour des
initiateurs publics. Le ministère a déjà eu, par le passé, à intervenir à
travers des travaux qui étaient réalisés par d'autres ministères. Donc,
l'application se fait, là, que ce soit un promoteur privé ou public.
Mme Dufour : O.K. Donc, les
conditions, les restrictions, les interdictions peuvent être mises en place
même si on fait affaire avec un autre ministère.
M. Charette : Tout à fait.
Hydro-Québec est un bel exemple. J'ai un dossier en tête, dans les Laurentides,
où il y a une autorisation en bonne et due forme qui a été donnée. Hydro-Québec
s'en est bien acquitté, mais avec quelques manquements en cours de parcours.
Hydro-Québec a eu à les corriger et a été effectivement sanctionnée, là, pour l'occasion.
Donc, que ce soit un ministère ou Hydro-Québec, ils sont assujettis et ont les
mêmes obligations, là, de respecter les modalités des autorisations.
• (11 h 50) •
Mme Dufour : Effectivement,
Hydro-Québec, il y a des exemples de travaux qui n'ont pas été effectués selon
les normes, puis il y en a... il y en a plus qu'un, malheureusement.
Moi, je reviens sur le fait qu'il y a
quand même un risque de... Tu sais, on parle ici des préjudices, mais... on
parle de l'initiateur du projet, mais il y a aussi un risque de préjudice à la
nature qui soit irréversible. Donc, je vais déposer un amendement, mais il
n'est pas encore 100 % prêt, là, ça s'en vient, pour...
Mme Dufour : ...pour justement
venir faire en sorte que les travaux qui seraient autorisés, bien, ce ne soient
pas des travaux qui auraient un impact irréversible sur la biodiversité
notamment. Donc, ce ne sera pas très long, M. le Président, on va juste
suspendre, il y a une petite correction à faire dans l'amendement.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Je sais aussi que le député d'Hochelaga-Maisonneuve était sur le point d'en
déposer un. Donc, si vous êtes prêts, M. le député, je vous céderais la parole.
M. Leduc : On peut
fonctionner comme ça, oui, il n'y pas de problème.
Le Président (M. St-Louis) : Si
ça vous convient, là. Sinon, on peut suspendre en attendant.
M. Leduc : Non, c'est
correct.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci.
M. Leduc : Alors, nous avions
convenu qu'on allait nous proposer... qu'on allait nous soumettre une
proposition de libellé. Alors, on a eu le temps pendant la pause tantôt de
parler avec le ministre et son équipe. Je le remercie d'abord de son ouverture,
bien sûr, à l'équipe aussi pour la rédaction. Donc, ça reprend un peu... bien,
je vais le dire, commencer par le lire, hein, c'est ça qu'il faut faire. Alors,
insérer... Pardon?
Le Président (M. St-Louis) : J'ai
dit quelques secondes pour...
M. Leduc : Insérer dans le
cinquième alinéa de l'article 31.4.3 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement proposé par l'article 88 du projet de loi et après la
première phrase, de la phrase suivante : Elle est publiée au registre
constitué en vertu de l'article 118.5.01 après qu'elle a été rendue
publique, accompagnée du rapport d'analyse environnementale produit par le
ministre au soutien de sa recommandation.
Donc, ça va... un endroit un peu différent
de ce qu'on avait mis, mais ce n'est pas très grave, ça fait référence à un
document de l'échange qu'on avait préalablement, là, à savoir le ministre quand
il prend sa décision il y a toujours bien quelque chose qui lui a été soumis.
Donc là, on m'indique que c'est ce qui s'appelle le rapport d'analyse
environnementale produit par la ministre qui soutient l'argumentation. Bien,
c'est ça qu'on va rajouter, dans le fond, dans le registre pour donner un peu
plus de substance à l'autorisation délivrée parce qu'on a eu la permission du
Conseil des ministres. Est-ce que j'ai bien retenu ma leçon, M. le ministre?
M. Charette : Aux travaux
préalables.
M. Leduc : Pour les travaux
préalables, bien sûr.
M. Charette : C'est parfait.
C'est bien, bien résumé. Et ça, c'est un amendement, là, qu'on serait
totalement prêt à accepter, là. Donc, on pourrait le retenir, là, sans
problème.
M. Leduc : Puis, si je
comprends bien, en fait, il va falloir faire référence à ça plus tard à 154
pour venir faire une concordance avec...
M. Charette : 153.
M. Leduc : À 153, pardon, mon
erreur. Oui, en effet, à 153 pour faire une concordance avec ce qu'on
s'apprêter à adopter. Merveilleux! Peut-être, juste nous expliquer rapidement,
M. le ministre, le rapport d'analyse environnemental, c'est le document
standard qui vous est remis.
M. Charette : C'est ce qui
vient justifier la décision qui s'apprête à être prise en quelque sorte
pourquoi les impacts ne seraient pas indus, pourquoi ça se qualifie, pourquoi
on peut aller de l'avant, là, avec la demande de travaux préalables.
M. Leduc : Et ce n'est pas le
genre de document qu'on retrouve normalement au registre.
M. Charette : Ce n'est pas le
type d'information, là, qu'on pensait à ce moment-ci publié intégralement, mais
étant donné que le travail est fait par le ministère, là, il n'y a pas
d'opposition à ce qu'il soit communiqué.
M. Leduc : Si quelqu'un avait
voulu obtenir ce genre de documents là sans l'ajout de cet article-là, il
aurait fallu qu'il fasse une demande d'accès à l'information.
M. Charette : Par la Loi
d'accès à l'information, c'est possible d'avoir ce type de renseignements, effectivement.
M. Leduc : Auquel cas, là, il
y a des délais, bien sûr, de quand même quelques semaines, qu