Culture and Education — 29 November 2010 (39th Legislature, 1st Session)

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Le lundi 29 novembre 2010 - Vol. 41 N° 48

Étude des pétitions concernant les cours d'éducation à la sexualité

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Table des matières

Auditions

Centre d'aide et de lutte contre les agressions à

caractère sexuel de l'Estrie (CALACS-Estrie)

Mme Jocelyne Cyr

Mme Édith Guilbert

Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS)

Documents déposés

Autres intervenants

M. Pierre Marsan, président

Mme Francine Charbonneau

Mme Monique Richard

M. Gilles Robert

M. Etienne-Alexis Boucher

Mme Danielle St-Amand

* Mme Marjorie Roireau, CALACS-Estrie

* Mme Josée Anctil, idem

* Mme Miruna Aiana Necula, accompagne Mme Jocelyne Cyr

* Mme Denise Gosselin, MELS

* Mme Liette Picard, idem

* Témoins interrogés par les membres de la commission

Journal des débats

(Quatorze heures une minute)

Le Président (M. Marsan): Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte. Et je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.

La commission est réunie afin de procéder aux auditions dans le cadre de l'étude des pétitions concernant les cours d'éducation à la sexualité.

Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?

La Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Boucher (Johnson) remplace M. Blanchet (Drummond).

Auditions

Le Président (M. Marsan): Alors, je voudrais simplement rappeler que vous avez... Et d'abord je voulais souhaiter la bienvenue à nos invités, et c'est très agréable d'avoir le centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel. Et vous venez, vous, de l'Estrie, votre groupe, c'est ça? Et ce qu'on va faire pour tout l'après-midi, nous allons permettre aux gens qui se présentent devant nous de faire un exposé d'environ 20 minutes, un peu plus, un peu moins, là, vous le déciderez. Ensuite, il y aura une période d'échange de 40 minutes entre les députés.

Et j'aimerais vous céder immédiatement la parole en vous demandant de vous présenter et de présenter les gens qui vous accompagnent.

Centre d'aide et de lutte contre

les agressions à caractère sexuel

de l'Estrie (CALACS-Estrie)

Mme Roireau (Marjorie): Donc, bonjour. Mon nom est Marjorie Roireau. Je suis intervenante et porte-parole du CALACS de l'Estrie. Sont en ma compagnie Mme Yénisse Alvarez, qui est directrice du CALACS de l'Estrie, et Mme Josée Anctil, ancienne travailleuse du CALACS et consultante pour le CALACS de l'Estrie.

Donc, pour débuter, je vais commencer par vous parler un peu du CALACS de l'Estrie, donc le centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel. Les CALACS existent depuis environ 33 ans. Pour ce qui est du CALACS de l'Estrie, ce fut un des premiers CALACS qui a été créé au Québec. La majorité des CALACS travaillent dans le but d'avoir des relations égalitaires hommes-femmes, donc avec l'approche féministe. Pour ce qui est du CALACS de l'Estrie, on a un mandat de prévention, d'aide et de lutte en lien avec les agressions à caractère sexuel.

Au CALACS de l'Estrie, nous avons développé une expertise spécifique en lien avec les animations et la prévention des agressions à caractère sexuel.

Nous sommes actives et surtout proactives dans divers dossiers que nous avons pour nous permettre d'aller toujours un peu plus loin dans nos réflexions et dans nos actions afin d'être toujours avant-gardistes par rapport à la problématique. Nous travaillons bien sûr toujours à sensibiliser particulièrement les jeunes aux relations égalitaires hommes-femmes.

Aujourd'hui, pour expliquer tout le pourquoi, on a décidé de déposer une pétition. Je crois que c'est vraiment nécessaire pour nous de vous présenter tout le cheminement de nos réflexions, puisque la sexualité des jeunes est notre préoccupation principale depuis 2005. Donc, comme je suis arrivée en poste en 2008, je vais, pour débuter, céder la parole à Mme Josée Anctil, qui a été l'initiatrice de tout ce dossier-là. Donc, elle pourra vraiment vous mettre en contexte et vous présenter le départ de tout ce projet-là.

Le Président (M. Marsan): Mme Anctil.

Mme Anctil (Josée): Bonjour. Donc, comme Marjorie disait, je suis une ancienne travailleuse du CALACS de l'Estrie. Je suis arrivée en poste au CALACS en 1995 et j'ai quitté en 2008. Et puis c'était mon mandat à moi, comme travailleuse, que de rencontrer les jeunes en milieu scolaire, que de faire des animations. Et puis, à la base, les animations étaient agressions à caractère sexuel, animation sur la sexualité et les rapports égalitaires.

Et puis, à un moment donné, dans ma pratique, dans mon travail en milieu scolaire auprès des jeunes, je revenais au bureau puis je disais aux filles: Mon Dieu! il se passe de quoi, les filles, les questions changent, les questions ne sont plus les mêmes. Avant, je faisais des animations spécifiques agression; maintenant, je suis toujours obligée de déborder sur tous les modèles sexuels qu'on est en train de présenter aux jeunes. Les jeunes m'amènent là.

Donc, je ne fermais pas la porte, j'allais là où les jeunes avaient besoin d'aller, et puis, à un moment donné, ce n'est plus juste les interrogations des jeunes qui ont changé, c'est des intervenants en panique qui se sont mis à appeler au CALACS de l'Estrie. Donc, tous les intervenants qui gravitent autour des jeunes, entre 2000 et 2005, il s'est mis à y avoir un vent, je dirais, à la limite, de panique, parce que les intervenants ne savaient plus comment parler de sexualité avec les jeunes compte tenu que les modèles sexuels avaient beaucoup, beaucoup changé.

Et tout ça venait de ce qui nous était présenté au niveau d'Internet, donc on sait qu'il est très, très, très accessible, puis on a peu de... on peut bien rentrer un nom, on va arriver en quelque part des fois où... Et puis, là, les intervenants disaient: Qu'est-ce qu'on fait, nous, hein? On n'était pas plus habilités à répondre aux questions qu'ils ne l'étaient, on avait les mêmes préoccupations, c'est là où on s'est dit: Il faut faire quelque chose.

À un moment donné, il y a une intervenante d'une maison de jeunes, qui est la maison jeunesse à Sherbrooke, qui est probablement la plus vieille maison de jeunes à Sherbrooke... et puis l'intervenante m'appelle pour me raconter la situation suivante. Ils ne savent pas quoi faire parce qu'un matin il y a cinq jeunes, trois garçons, deux filles, qui ont cogné à la porte de la maison de jeunes -- mais on sait que les maisons de jeunes ne sont pas ouvertes de jour -- et ils sentaient beaucoup, beaucoup d'insistance sur le cogner la porte, donc il y a un intervenant qui a fini par aller ouvrir la porte.

Et là il a rencontré cinq jeunes qui étaient à la maison des jeunes hier soir, des jeunes qui faisaient

partie de leur bassin de jeunes, donc il les connaissait. Ces jeunes-là étaient partis de la maison de jeunes la veille, après une soirée, et puis se sont ramassés chez un des jeunes dont les parents n'étaient pas là. Ils ont fait des recherches Internet. Ils sont tombés sur des sites pornos. Les jeunes avaient 14 ans et ils ont eu la bonne idée de faire comme dans le site. Donc, l'insistance à la porte le lendemain matin, c'est que ces cinq jeunes-là de 14 ans, trois garçons, deux filles, avaient eu leur première relation sexuelle en groupe.

Donc, sur le coup, ça avait été bien comique, mais le lendemain matin... Il faut avoir une maturité certaine, là, pour récupérer une sexualité comme ça le lendemain matin, et des jeunes de 14 ans ne l'avaient pas. Et c'est à partir de cette situation-là où on a réalisé l'ampleur du phénomène, là. Je ne parle pas de Montréal, de New York, on est à Sherbrooke, là.

Et puis là, comme intervenants, on se dit: Mais il faut faire quelque chose. Mais comment on le fait? Parce qu'on ne veut pas moraliser les jeunes. C'est facile de tomber dans... Le discours était beaucoup... On parlait beaucoup de l'hypersexualité des jeunes. Nous, on trouvait que c'était, au niveau moral, un peu tordu, comme adultes, d'aller parler aux jeunes de l'hypersexualité des jeunes quand, dans le fond, ces grandes stratégies marketing là qui sont mises en place, c'est par des adultes. Donc, c'est là où on s'est dit: Comment on le fait? Et comment on le fait sans moraliser? Et la seule...

Là, on s'est dit: Il y a une réflexion qui s'impose et puis il faut proposer un contrediscours. Je ne peux pas me battre contre une grande structure comme la pornographie et puis le monde marketing qui entoure l'habillement et le cosmétique, mais par contre je peux au moins rentrer en milieu scolaire pour aller dire aux jeunes: Les jeunes, développez votre sens critique.

On est partis du principe aussi que les jeunes, à l'adolescence, ont, et Dieu merci, la capacité de tout remettre en question et on s'est dit: Bien, c'est là-dessus qu'on va les amener. Donc, quand le directeur de l'école vous propose quelque chose, vous pensez le contraire, quand vos parents vous disent de quoi, vous pensez le contraire, quand, moi, je vous dis de quoi, vous pensez le contraire, mais il y a une grande machine qui est en train de vous avaler, puis vous ne vous en rendez même pas compte. Ça fait qu'on va vous rendre critiques pas juste au niveau des adultes, on va vous rendre critiques au niveau de votre monde en général.

** (14 h 10) **

Donc, dans un premier temps, ce qu'on s'est dit, c'est: Hypersexualisation? Non, ce n'est pas le traitement qu'on veut faire. On a parlé de sexualisation et marketing, donc comment tout le courant sociétaire est en train, au niveau marketing, de transformer les choses. On sait que le sexe, ça a toujours vendu, on le sait que ça vend davantage maintenant, donc aller expliquer aux jeunes ce qui est en train de se passer...

Ça fait que, dans un premier temps, on a fait une première action concrète, ça a été de demander une subvention FRIJ, le Fonds régional d'investissement jeunesse, et on a créé un projet qui s'appelait Prévenir et agir ensemble. Donc, on ne veut pas juste réfléchir, on veut vous amener dans l'action. On ne veut pas vous dire quoi penser, on veut vous aider à développer votre sens critique. La bonne réponse, je ne l'ai pas, mais, à échanger ensemble, on va trouver vos propres solutions chacun dans vos milieux.

Donc, on a fait le projet, et la fin du premier projet se terminait par un concours qu'on a appelé gala S'exposer, où on a fait un concours dans tous les milieux scolaires, maisons de jeunes, écoles secondaires du territoire de l'Estrie, où on demandait aux jeunes de sensibiliser leurs pairs. Donc, quand on disait développer le sens critique, on ne veut pas dire quoi penser. On va vous demander de créer capsules radio, capsules télé pour sensibiliser vos pairs à ce phénomène-là de la sexualisation du marketing.

Le premier concours, un, ce n'est pas facile à ouvrir, on a eu un peu de difficultés. Le gala comme tel n'a pas été... la soirée, là, n'a pas été un vif succès, là. Si on serait partis de cette idée-là, on ne l'aurait pas refaite. Mais les objectifs par contre avaient tous été atteints au niveau de la jeunesse.

Donc, la fête finale du gala, ça n'avait pas été très gagnant, mais tous les objectifs avaient été atteints, parce que les capsules qui avaient été créées par les jeunes étaient fort intéressantes et sensibilisaient les jeunes beaucoup plus que si, nous autres mêmes, comme adultes, on aurait eu ce discours-là. On l'a fait une première année, on a fait nos constats. On a décidé qu'on le reprenait une deuxième année.

La deuxième année, compte tenu que notre gala n'était pas notre grand coup, on s'est dit: Il manque de quoi. Donc, on a créé réellement une soirée et on a créé une journée complète. Donc, le concours a été mis sur pied, on a ajouté une catégorie. Donc, on avait télé, on avait radio. Donc, à ce temps-là, on était avec TQS, défunt TQS, et Génération Rock, qui était une radio locale à ce moment-là, et puis on a ajouté la catégorie affiches et slogans avec le journal La Tribune , qui couvre le territoire de l'Estrie, donc trois catégories.

Ce qu'on avait ajouté, c'est une journée de réflexion estrienne, une journée de réflexion-action pour l'ensemble du territoire. Et là on invitait tous les gens qui gravitent alentour des jeunes et les jeunes à venir à une journée de conférence où chaque conférence terminait avec une réflexion, une réflexion à trois niveaux.

Moi, comme individu, après ce que j'ai entendu, qu'est-ce qui a changé? Deux, dans mes milieux scolaires, dans mes milieux de maison jeune, quelles sont les actions qu'on pourrait mettre en action? Et, trois, comme société, qu'est-ce qu'on devrait faire? Donc, toujours les trois niveaux d'échange, le personnel, le groupe, le collectif pour être capable d'arriver à des actions. On vous remettra tantôt le document qui a colligé les quatre conférences, et puis, après chaque conférence, vous allez avoir toutes les pistes d'action qui ont été dégagées par les jeunes, par les intervenants.

Cet outil-là, on le voulait justement en action, un outil qu'on pouvait redéposer dans les milieux puis que les gens pouvaient déjà aller regarder dedans puis dire: Moi, dans mon milieu scolaire, je pourrais essayer ça, les jeunes ont dit que ça, ce serait intéressant, puis partir réellement des idées de jeunes pour faire de la prévention, de la sensibilisation intéressante.

Donc, un des outils qu'on a créés, quand on dit: Développer le sens critique des jeunes, il faut utiliser le médium. Donc, ce qu'on a fait, c'est qu'on a acheté des revues pornographiques, et puis on a acheté des revues adolescentes, et puis on a fait un jeu qu'on a appelé ado-porno, et puis on va le faire ensemble. J'ai juste trois cartons, là, mais, quand on parle de développer le sens critique, ça part de là.

Donc, si je vous demande, dans ces deux images-là, de me dire laquelle vient de la revue pornographique et laquelle vient de la revue adolescente, ça plisse des yeux, généralement j'ai toujours la même réaction, c'est que les gens ne le savent pas, c'est quoi. Ça fait que, toi, tu dis: Elle, c'est? Porno? C'est ado. Celle-là, c'est porno. O.K.

Donc, c'est ça qu'on voulait démontrer aux gens et au milieu. Nous ne sommes même plus, nous, comme adultes, en mesure de faire la différence entre ce qui fait

partie de la porno et ce qui fait

partie du monde de nos ados. Si, nous, on a de la misère à le faire, imaginez nos adolescents, qui n'ont pas le sens critique puis le bagage qu'on a. Si je vous dis: Laquelle vient de la revue adolescente, laquelle vient de la revue pornographique?

Mme Charbonneau: B, c'est la revue adolescente.

Mme Anctil (Josée): La revue adolescente? La revue pornographique. Vous voyez, on a toujours jumelé des types d'images qui, dans le traitement de l'image, dans les couleurs des sous-vêtements, sont les mêmes. Je vous demande celle-là: Laquelle vient de la revue porno, laquelle vient de la revue ado?

Mme Richard (Marguerite-D'Youville): On ne voit pas bien. On ne voit pas bien.

Mme Anctil (Josée): Oui. Bien, je vous dirai que celle-là, ça vaudrait la peine qu'on la fasse circuler parce que c'est celle-là ici, la revue adolescente, et on voit un mamelon.

Mme Richard (Marguerite-D'Youville): Oui, mais l'autre, c'est la position, je pense, hein?

Mme Anctil (Josée): Oui. Elle, ici, vous voyez, le débardeur, là, il est tellement petit, là, que, dans la revue adolescente, on est en mesure de trouver un mamelon. Il y a des revues pornographiques dites soft qu'on ne voit pas. On voit du sous-vêtement, on voit de l'érotisme, mais on ne voit pas de

partie de corps. Puis on a été capable, dans une revue adolescente, de voir un bord de mamelon. C'est questionnant quand on vend ça. Puis les revues adolescentes, ce n'est pas les filles de 16 ans qui les consomment, c'est les petites filles de 12, 13 ans, Cool , Adorable et compagnie, on donne ça à Noël. Généralement, la marraine donne ça en cadeau d'abonnement pour Noël, là. O.K.? Si elle savait réellement ce qu'il y a dedans comme contenu, je ne suis pas sûre qu'elle lui achèterait, je pense qu'elle l'abonnerait au Reader's Digest . Donc, c'est comme ça, c'est le type d'outil qu'on a voulu se créer.

Yénisse va vous distribuer le document, là, qui collige, là, toute la journée, et vous allez voir, là-dedans, il y a la première conférence et la conférence du CALACS de l'Estrie sur le marketing et la sexualisation. La deuxième conférence, c'est sur... donnée par le centre de santé des femmes: C'est quoi, l'impact sur la santé des jeunes? La troisième conférence, c'est les médias: C'est-u de la faute aux médias, tout ça? On s'est questionnés ensemble avec des gens des médias de notre territoire. Et la quatrième conférence, c'est donné par un sexologue émérite de notre territoire, là, qui, lui, l'a installée plus dans une vision sociétaire: C'est quoi, l'impact que ça a?

Puis notre questionnement, ce n'est pas les filles, c'est les adolescents. Parce que j'ai beau aider une jeune fille à prendre sa place, si je n'apprends pas à un jeune garçon en même temps à avoir le respect autant au niveau de la jeune fille que du garçon, dire: Regarde, la sexualité, ça se vit dans un rapport égalitaire de respect... Et c'est aux deux niveaux qu'il faut que j'aille rencontrer les jeunes.

Ça fait que, sur ce, là, c'est là, moi, j'ai quitté le CALACS de l'Estrie, j'ai passé le mandat à Marjorie, puis Marjorie va vous dire où est-ce qu'elle en est rendue par rapport à ça.

Le Président (M. Marsan): Alors, Mme Roireau.

Mme Roireau (Marjorie): Oui. Donc, suite à ces deux événements-là, les deux galas, le CALACS a continué, dans le fond, de rouler sa bosse, puisqu'il y a énormément de demandes d'animation qui ont été faites en lien avec la sexualisation et le marketing. On faisait le tour de beaucoup d'écoles, beaucoup de niveaux, beaucoup de classes qui ont été rencontrés.

Sauf que, là, en 2008, je suis arrivée en poste, et arrive un moment un peu crucial dans le développement de tout ce projet-là, puisqu'à la fin de l'année 2008, pour ce qui est du territoire de l'Estrie, tous les cours de formation personnelle et sociale ont été retirés de la grille horaire. Donc, les professeurs n'avaient plus l'espace pour faire venir des organismes comme le CALACS ou comme d'autres organismes qui pouvaient aller parler avec les jeunes de la sexualité, du marketing, de développer son sens critique, donc plus d'espace pour répondre au questionnement des jeunes.

Donc, suite à ça, bien, on a rencontré beaucoup de gens, d'intervenants, de professeurs, de jeunes, de parents, tout le monde se désolait un peu de l'absence de ce cours-là. Le cours Formation personnelle et sociale n'abordait pas que la sexualité, il y avait d'autres volets aussi, mais c'était le seul moment où on abordait un peu ce volet-là.

Donc, plusieurs personnes se désolaient un peu de ce manque-là, que c'était donc dommage qu'il n'y avait plus le cours d'éducation à la sexualité, mais personne n'avait vraiment posé d'action en lien avec ça, personne n'avait nécessairement revendiqué plus haut pour demander le retour de ce cours-là. Donc, comme on avait déjà des préoccupations avant, imaginez maintenant qu'il n'y a plus le contenu, nos préoccupations ont comme doublé, parce que ce n'est pas parce qu'on ne donne plus le contenu que les jeunes n'ont plus les questions qui vont avec.

** (14 h 20) **

Donc, ce qu'on a fait, c'est qu'en 2010 on a décidé d'aller interpeller les gens qui prennent un peu les décisions en lien avec ça. Donc, c'était la Marche mondiale des femmes 2010. Elle portait une revendication qui parlait d'une demande de retour des cours d'éducation à la sexualité. Donc, nous, en juin dernier, on a une semaine de prévention des agressions à caractère sexuel, on s'est dit: Qu'est-ce qu'on fait? Il faut parler de ça.

Donc, on s'est dit: Il y a la Marche mondiale des femmes, on profite de cette opportunité-là, on veut aller porter la voix des gens qu'on rencontre un peu partout jusqu'à l'Assemblée nationale, donc on part une pétition. Donc, c'est de là qu'est né le projet de la pétition. Donc, on a passé un peu de l'étape de la réflexion à l'action.

Il y a plusieurs impacts, dans le fond, au fait qu'il n'y a plus ce cours-là. Dans le fond, nous, ce qu'on observe, c'est que justement, comme elles n'ont plus le contenu, bien ils ont toujours les questions, ça fait que malheureusement, comme Josée l'a dit, ils vont souvent se retourner vers le moyen le plus rapide, accessible et efficace, qui se nomme Internet, qui a eu de très bons côtés mais de moins bons. Donc, malheureusement, toute personne qui a déjà surfé sur Internet sait que ce n'est pas la réalité, au niveau de la sexualité, qui va leur être malheureusement présentée.

Donc, les impacts qu'on peut constater en parlant avec des jeunes, des professeurs, des intervenants, c'est qu'il y a beaucoup de questionnements en lien avec les relations amoureuses, la sexualité. Les jeunes ont très peu d'expérience au niveau de la sexualité mais un vocabulaire très développé au niveau de la génitalité et de la pornographie. Les frontières entre ce qu'est le privé et le public sont de plus en plus floues. Quand on regarde tous les phénomènes des webcams, téléréalité, il y a beaucoup d'ouverture sur où est l'intimité, tout devient public, finalement.

Les jeunes ne connaissent pas non plus leurs propres limites, mais ils sont propulsés tout de suite dans une sexualité plus d'adulte. Donc, si on n'est pas capables de mettre nos limites, bien, bien sûr on va être plus à risque de vivre des expériences qui vont plus ressembler à des agressions à caractère sexuel qu'à des premières fois. Donc, on évacue aussi beaucoup toute la relation... toute la dimension relationnelle, les émotions, la relation de couple, ça fait que ça va être beaucoup axé au niveau de la génitalité, de la mécanique de la chose.

Il y a beaucoup aussi, en lien avec ce qui leur est présenté, une pression de performance. Pour avoir parlé avec des jeunes adolescents, quand l'image qu'on te présente beaucoup, au niveau de la pornographie, c'était beaucoup la performance puis l'homme qui va, ouf, en satisfaire plus qu'une à la fois, quand tu es un adolescent puis c'est tes premières relations sexuelles puis que tu as cette pression-là, bien il y a probablement beaucoup de dévalorisation en lien avec les modèles qui sont présentés. Puis malheureusement c'est que ça entretient beaucoup de stéréotypes hommes-femmes.

Dans la pornographie, ce n'est pas l'égalité entre les sexes qui est présentée, malheureusement, puis c'est même jusqu'à la violence sexuelle. Donc, nous, comme intervenantes qui travaillent avec des victimes, on est vraiment, vraiment inquiètes de ça.

Donc, pourquoi remettre ce cours-là d'éducation à la sexualité? Bien, parce qu'actuellement, dans le programme scolaire, le seul endroit où on va aller un peu parler de sexualité, c'est via le cours Sciences et technologies. Et, dans ce cours-là, on va parler plus de biologie sexuelle, la mécanique, les hormones, et tout ça. Bon, c'est très bien, là, il faut en parler. Par contre, nous, la position qu'on a, c'est que la sexualité, c'est tellement plus que ça.

On parle beaucoup d'infections transmises sexuellement, oui, c'est extrêmement important d'en parler, mais tout le volet relationnel, les valeurs, les choix, qu'ils puissent échanger ouvertement, présentement il n'y a rien d'inscrit qui oblige les enseignants à aborder plus que ça, et c'est beaucoup traité comme une compétence transversale. Malheureusement, ce n'est pas parce qu'on est un professeur de français, de mathématiques, d'anglais, qu'on est nécessairement à l'aise de parler ouvertement de sexualité, puis même, pour avoir parlé à des professeurs, des professeurs qui se sentent dépassés par les questions qui vont leur être posées par les jeunes...

Donc, finalement, ce que ça dit, c'est que tout le monde doit s'occuper un peu de ça, ce sujet-là, la sexualité. Mais je pense que, pour peu importe qui, si vous avez déjà travaillé dans une équipe de travail, dire que tout le monde va le faire, c'est dire que personne ne va le faire. Donc, ça devient un peu le sujet que personne ne veut aborder, puis on se lance la balle.

Donc, comment est-ce qu'on va savoir, dans ce contexte-là, qu'est-ce qui est transmis aux jeunes et comment c'est transmis aux jeunes, puisque, bon, le professeur n'a peut-être pas nécessairement... si, pour lui, la sexualité, c'est quelque chose qui n'est déjà pas très épanoui ou dans lequel il vit des problématiques, bien qu'est-ce qu'on va transférer finalement à ces jeunes-là comme contenu?

Il y a également toute la dimension de l'égalité entre les sexes. Au Québec, on en parle souvent, l'égalité entre les sexes, c'est quelque chose qui est non négociable. On voulait même entrer ça dans une espèce de charte, c'était vraiment, vraiment important. Mais, malheureusement, dans tout ce qui leur est présenté, ce n'est pas ça, l'égalité. Mais tout ça, c'est des valeurs qui doivent leur être transférées le plus tôt possible.

Donc, comment est-ce qu'ils vont apprendre à être en relation amoureuse et non pas que sexuelle -- parce que, s'ils veulent voir du sexuel, il peuvent en voir tant qu'ils veulent -- alors que tout ce qui leur est présenté évacue beaucoup tous les concepts d'apprivoisement, d'échange, de respect, le partage, la découverte? Donc, il faut vraiment donner un contrediscours à ce qui leur est présenté maintenant, qu'il y ait un espace réservé pour développer leur sens critique, comme Josée l'a dit précédemment. Pour nous, le CALACS de l'Estrie, on trouve que les cours d'éducation à la sexualité, c'est une nécessité.

Puis même j'irais plus loin en disant qu'il y a une urgence d'agir parce que les jeunes, ils continuent de grandir, eux, ils n'attendent pas qu'on ait remis quelque chose sur le terrain, ils continuent de grandir avec des visions qui malheureusement ne sont pas collées sur la réalité.

Il y a plusieurs pistes d'intervention qui ont quand même été dégagées. Il y a plusieurs personnes qui se sont rencontrées et qui ont parlé de ça, plusieurs mouvements féministes. Donc, une démarche d'éducation sexuelle tout au long du cheminement scolaire, nous, on croit que c'est l'idéal, à partir même du primaire, avec, bien sûr, des sujets qui sont adaptés au développement psychosexuel des enfants mais aussi avec des gens qui sont compétents en cette matière-là, donc qui sont à l'aise de parler de ça. Ils sont à l'aise de répondre aux questions qui vont venir à ça aussi.

Donc, il y a plusieurs sujets qui peuvent être abordés: le développement sexuel; l'identité garçon comme fille; les relations amoureuses, c'est quoi versus absence de relation aussi de pouvoir -- une relation amoureuse, ce n'est pas une relation où il y a une relation de pouvoir entre deux personnes; développer le sens critique par rapport à tout le contenu sexualisé qui leur est présenté; les rapports égalitaires hommes-femmes, c'est quoi; démystifier la sexualité de fond en comble; le plaisir, c'est quoi; démystifier la pression sociale en lien avec la sexualisation qu'il y a partout; l'univers affectif; les émotions; les choix en lien avec la sexualité; l'intimité; l'amour; la violence; la santé sexuelle.

Bref, en terminant, on est en train de vous distribuer quelque chose qui a été créé par des jeunes. Ce qui est très intéressant, c'est que c'est des garçons qui ont créé cet outil-là. Ça a été créé lors du dernier gala S'exposer. C'est le même concept... Vous connaissez Où est Charlie? ?

Une voix: Oui.

Mme Roireau (Marjorie): C'est le même concept. Eh bien, dans le fond, c'est: Comment ces jeunes-là vont réussir à trouver l'amour parmi toutes les pratiques qui leur sont présentées?

Mme Anctil (Josée): Ce sont des garçons de secondaire IV qui avaient créé cette affiche-là. C'est l'affiche gagnante de 2007.

Le Président (M. Marsan): Alors, ça termine votre exposé?

Mme Roireau (Marjorie): Ça clôt notre...

Le Président (M. Marsan): Et laissez-nous vous remercier bien sincèrement, là, pour la qualité de votre exposé. Je voudrais simplement rappeler que la séance que nous avons aujourd'hui, c'est suite à une pétition, pétition qui a été signée par 3 653 pétitionnaires et qui a été initiée par une intervenante du Centre d'aide aux personnes victimes d'agression sexuelle de l'Estrie, le CALACS, et il n'y avait pas de faits invoqués.

« Et l'intervention réclamée se [résumait] ainsi:

« Nous revendiquons que le gouvernement du Québec instaure des cours spécifiques d'éducation à la sexualité dans une perspective de rapports égalitaires, non sexistes et non hétérosexistes. »

Alors, nous allons...

Une voix: ...

** (14 h 30) **

Le Président (M. Marsan): Ah oui! Alors, on m'indique qu'effectivement il y avait deux pétitions qui ont été présentées qui ont été traitées en même temps et, sur l'une des deux pétitions, il y avait des faits qui ont été invoqués, vous allez me permettre simplement de les rappeler:

« Considérant que le programme de formation personnelle et sociale du ministère de l'Éducation a été graduellement aboli à partir de 2001 et que ce programme consacrait quelques heures à l'éducation sexuelle durant l'année scolaire, au primaire et au secondaire;

« Considérant qu'actuellement le contenu du programme d'éducation à la sexualité doit être transversal à toutes les matières et donc sous la responsabilité de tout le personnel de l'éducation avec pour résultat que peu le font ou se sentent à l'aise de le faire;

« Considérant que les cours d'éducation à la sexualité représentent le contexte idéal pour aborder les sujets tels les rapports égalitaires et respectueux ainsi que les stéréotypes sexuels et hétéronormatifs; « Considérant que l'éducation sexuelle à l'école fournit aux jeunes une occasion de développer un rapport critique face à la sexualité sexiste et stéréotypée qui leur est proposée dans les médias de masse;

« Considérant que des cours spécifiques d'éducation à la sexualité peuvent [modifier] les jeunes dans une réflexion autocritique quant à la nature de leurs comportements et attitudes sexuelles;

« Considérant que des cours spécifiques d'éducation à la sexualité pourront permettre aux jeunes de développer une meilleure estime de soi, un sens critique et des saines habitudes de vie, notamment au niveau des rapports égalitaires dans leur vie amoureuse;

« Et l'intervention réclamée [s'est résumée] ainsi:

« C'est pourquoi les soussignés demandent à l'Assemblée nationale d'exiger du gouvernement du Québec et du ministère de l'Éducation d'instaurer des cours spécifiques d'éducation à la sexualité dans une perspective de rapports égalitaires, non sexistes et non hétérosexistes. »

Alors, la désignation, c'était les citoyens et citoyennes du Québec et, évidemment, ça a été certifié, les deux... les deux pétitions ont été jugées conformes et présentées à l'Assemblée nationale. Alors, c'est pour ça que nous sommes ici aujourd'hui. Notre commission, nous avons décidé de se saisir de cette pétition et d'essayer de comprendre un peu plus le message que vous vouliez nous transmettre.

Sur ce, nous allons immédiatement débuter la période d'échange entre les députés, et je vais céder la parole à notre collègue la députée de Mille-Îles.

Mme Charbonneau: Merci, M. le Président. Mesdames, que c'est intéressant de vous entendre. Je vais probablement aller dans l'ordre des intervenants, donc je vais commencer par vous Mme Anctil. Je reviendrai à Mme Roireau par après.

Puisque vous avez commencé en 1995, et on a annoncé le déclin du cours Formation professionnelle et sociale en 2001, est-ce qu'avant 2001 vos interventions ne se situaient qu'à l'école secondaire? Dans quelle tranche d'âge vous alliez jouer un peu?

Mme Anctil (Josée): Moi, personnellement, là, je vous dirais que toutes les portes m'étaient ouvertes. Donc, j'arrivais dans la vie des jeunes étudiants à partir généralement du secondaire I. Je vous dirais qu'il y a même des professeurs un peu plus interpellés qui pouvaient me faire venir en sixième année du primaire pour les préparer à entrer au secondaire, parce qu'ils... elles... Ils et elles étaient fortement interpellés parce que les jeunes entraient dans le secondaire l'année prochaine, dans un monde qui, pour les professionnels, leur faisait peur.

De voir des enfants s'en aller dans le monde des adolescents, ça les inquiétait. Moi, là, je faisais toutes les écoles du territoire de l'Estrie, du secondaire I au secondaire V. Les écoles ne me faisaient pas venir une fois aux trois ans. C'était à toutes les années. Je rencontrais tous les groupes, je faisais des retours. Il y avait des étudiants qui m'avaient rencontrée.

10 ans plus tard, là, que j'ai donné, je rencontre encore des jeunes, moi, à l'épicerie où qu'ils me disent: Mme Anctil, je vous ai déjà rencontrée. Et puis à avoir ces discussions-là avec les jeunes, c'est de réaliser qu'on avait un impact certain quand on est là. Donc, les portes m'étaient toutes ouvertes, moi. Je n'ai pas vécu ce que Marjorie a vécu, pas du tout.

Mme Charbonneau: On ne parle pas des mêmes années non plus, là...

Mme Anctil (Josée): On ne parle pas des mêmes années.

Mme Charbonneau: ...puis du même contexte scolaire non plus, hein? Parce que là...

Mme Anctil (Josée): Non. On parle des mêmes questionnements de base qui vont en grandissant, parce qu'on s'entend qu'Internet on n'est pas rendus à la fin de... Mais c'est là aussi, dans la possibilité que j'avais de rencontrer beaucoup de jeunes. Tu sais, si je vous demande à vous autres: Savez-vous c'est quoi, un « bukkake » ? Bien, généralement, là, je vous dirai que 98 % des adultes vont dire: je ne le sais pas. Si je m'en allais en milieu scolaire et que je posais cette question-là à un groupe de secondaire III, IV, j'avais au moins un ou deux garçons qui étaient capables de me lever la main puis me dire c'était quoi, un « bukkake » au niveau des pratiques pornos.

Mme Charbonneau: On peut s'entendre aussi pour dire que le vocabulaire a évolué de par les générations que nous avons été. Je me souviens, quand mes jeunes étaient petits puis que j'allais chez ma mère, ma fille était capable de dire le mot « vulve » , ce que ma mère n'était jamais capable de prononcer. Elle s'enfargeait dans les lettres. Elle avait bien de la misère avec le mot. On était toujours dans les « weewees » , puis les zouzounes, puis les choses comme ça.

Donc, le fait que le vocabulaire a évolué, et la performance de la technologie vient, j'imagine, parce que je ne... j'ai trois jeunes adultes, là, j'ai passé la période de l'adolescence avec... succès, c'est dur à dire. Mais j'ai passé la période de l'adolescence.

Une voix: ...

Mme Charbonneau: Oui. Non, c'est ça. Mais l'Internet, le vocabulaire, on peut dire que ça a fait probablement cheminer rapidement...

Mme Anctil (Josée): Ça les a propulsés dans des sexualités de « pornstars » . C'est ça que c'est en train de faire. Nos jeunes sont en train de se faire propulser dans des sexualités de vedettes pornos où les pratiques qui vont avec sont intégrées dans leur quotidien d'adolescent. C'est comme ça maintenant que la... que la lunette... L'information arrive par là, puis il n'y a pas de contrediscours. Il n'y a plus de contrediscours qui est proposé. Donc, c'est ce que ça crée.

Mme Charbonneau: Quand vous avez quitté... Puis je suis heureuse de voir qu'il y a quand même une espèce de partenariat, puisque vous êtes consultante en soutien, donc c'est super le fun parce qu'il y a une continuité. Quand vous avez quitté, vous aviez toujours la même inquiétude, mais toujours grandissante, si je comprends bien, là, de par l'évolution des choses. Et, puisque je suis infiniment curieuse et j'ai besoin de savoir certaines choses avant de passer à l'autre intervenante, pourquoi le premier party n'a pas marché? Qu'est-ce qui a fait que le premier gala a... je ne veux pas dire floppé, mais n'a pas été satisfaisant?

Mme Anctil (Josée): Oui, ce n'est pas le concours qui n'a pas fonctionné. Tu sais, nous, ce qu'on s'était dit, c'est: On va faire un concours dans les milieux scolaires, puis, à la fin de ça, on va faire comme une cerise sur le sundae, ça fait qu'on va les mettre sur la place publique, puis clic, clic, « les gagnants sont » , puis... Peut-être qu'on n'avait pas l'expertise pour prendre une grande... On avait l'expertise pour faire le concours puis aller rencontrer les gens en milieu scolaire, de là à faire un spectacle puis un gala, c'est là où, à un moment donné, on était peut-être moins dans nos compétences.

La deuxième année, on a été réellement s'arrimer à TQS, à tous nos intervenants du territoire, puis on leur a demandé de nous supporter pour que notre cerise sur le sundae en vaille la peine, là. Et puis, la deuxième année, on n'a réellement pas manqué notre coup, là.

Mme Charbonneau: Merci. Madame... c'est Ronreau, c'est ça?

Mme Roireau (Marjorie): Roireau.

Mme Charbonneau: Roireau. Je vais le dire comme il faut, quand même, hein? Le tour des écoles, maintenant, donnez-moi donc une idée ça a l'air de quoi. Puisque Mme Anctil a dit que les portes...

Mme Roireau (Marjorie): ...

Mme Charbonneau: ...les portes s'ouvre plus difficilement. Donc, donnez-moi une réalité de maintenant, pour vous.

Mme Roireau (Marjorie): Maintenant, si je compare, admettons, à quand je suis arrivée en poste, en 2008, j'ai peut-être fait une trentaine, là, d'animations, puis maintenant c'est aucune en milieu scolaire.

Mme Charbonneau: Maintenant, c'est cette année?

Mme Roireau (Marjorie): Oui.

Mme Charbonneau: O.K. Donc, l'année scolaire...

Mme Roireau (Marjorie): Puis l'année passée aussi parce que, bon, le cours n'était plus dans la grille, là, dans le fond. Les demandes qu'on va avoir vont être de la part de maisons de jeunes, parents, milieu communautaire, mais, au niveau des écoles, c'est zéro.

Mme Charbonneau: À l'extérieur du contexte scolaire, à ce que je comprends.

Mme Roireau (Marjorie): Oui.

Mme Charbonneau: Je vous disais plus tôt que j'ai passé à travers l'adolescence, mais je me souviens d'un moment très précis où j'ai eu mon premier choc, c'est le préscolaire. J'ai eu mon premier choc parce qu'on a parlé à ma plus vieille, qui est une fille, de son senti: comment est-ce qu'elle se sentait, si elle recevait des tapes. Je me souviens de ce moment-là parce que, comme parent, quand tu envoies ton jeune à l'école, ta première réalité du préscolaire, c'est les couleurs, les chiffres, les lettres; ce n'est pas les tapes, puis est-ce que quelqu'un touche sans que tu te sentes bien.

Ce que j'ai compris par contre, après une rencontre avec l'enseignante pour mieux comprendre, parce qu'il y avait eu un témoignage important dans la classe de ma fille qui l'avait bousculée dans ses valeurs à elle, c'est que ça commençait là. Ça commençait là, la relation avec mon corps, qui je suis, le respect de moi, mais le respect de l'autre. Puis, vous l'avez dit tantôt, plus on commence jeune, mieux c'est.

Si je me situe dans le temps puis que je dis que je fais un cours, ce que j'entends, c'est votre préoccupation sur l'éducation à la sexualité, mais, si je dois faire un cours puis que je dois commencer le plus tôt possible, est-ce que vous êtes en train de me dire que c'est un cours -- je vais utiliser un mot pas fin, là, mais je viens du monde de l'éducation -- donc, encarcané du préscolaire au secondaire V, ou si je regarde une évolution de discussions puis d'apprentissages qui se fait autrement que dans un cours balisé puis encarcané?

Mme Anctil (Josée): Bien, moi, je pense que, du moins, il faut qu'il y ait la préoccupation. Je pense que c'est de là que ça part, d'avoir la préoccupation d'être capable d'avoir l'ouverture de jaser avec les jeunes quand les questions se posent ou ne serait-ce que si, comme intervenant scolaire, je vois des choses... Parce qu'on s'entend qu'au niveau de la sexualité à partir du primaire, là, les jeunes sont dans... On vient au monde avec notre sexualité, hein? Donc, aussi bien habiliter les jeunes à être confortables dans leur corps.

Donc, parler de la sexualité, ce n'est pas juste de parler de ce qui est dangereux dans la sexualité, même que je vous dirais qu'au niveau de la prévention prendre ce chemin-là, il est dangereux. Donc, dans un premier temps, je vais parler du concept de sexualité à un enfant et, ensuite de ça, je vais prévenir les agressions. Je ne ferai pas les affaires dans le contraire.

Donc, Jocelyne Robert, qui est une sexologue au Québec à qui on peut donner des étoiles, elle a fait des livres spécifiques aux groupes d'âge. On a déjà les outils, au Québec, pour être capables de travailler avec les groupes d'âge spécifiques. On a une expertise qui s'est créée au Québec, aussi bien aller tabler dessus puis d'aller chercher ces gens-là. Il y a déjà des livres qui sont faits par groupes d'âge. Il y a déjà des intervenants intelligents au Québec qui ont pensé à des choses. Moi, je pense qu'on a tout. Il s'agit juste d'asseoir les gens ensemble, d'attacher les choses ensemble.

Mais, moi, je pense que c'est plus qu'un intervenant qui va avoir un impact là-dessus. Il y en... il faut réseauter les adultes qui gravitent alentour des jeunes pour se poser des questions, puis, ensuite de ça, poser les bonnes actions.

** (14 h 40) **

Mme Charbonneau: Je prends la balle au bond. Vous êtes nos premiers intervenants. Nous n'êtes ni du monde de l'éducation ni du monde de la santé, vous êtes un organisme...

Mme Anctil (Josée): ...du monde de l'éducation populaire.

Mme Charbonneau: Oui, oui. Vous faites bien de me reprendre, mais ce que je veux dire, c'est l'éducation, là, dans le terme fermé de l'éducation, pas dans le sens large...

Mme Anctil (Josée): Oui.

Mme Charbonneau: ...mais le CALACS...

Mme Anctil (Josée): C'est un organisme qui a un mandat d'éducation populaire.

Mme Charbonneau: C'est ça. Bien, où je veux vous amener, c'est sur le principe de la société. Parce que chacune de vous l'a bien dit, puis je suis sûre que, si j'avais donné la parole à la directrice, elle m'aurait dit la même chose aussi, la société a une responsabilité. Donc, si j'avais à rêver à une meilleure société puis à des intervenants corrects pour faire la job -- on va le dire comme ça, j'ai de la misère à patiner sur les gros mots, là -- à qui je peux étendre ma responsabilité?

Est-ce que je dois garder cette responsabilité, puis je reprends les termes que vous aviez plus tôt: un enseignant, des fois, ça n'a pas d'aisance. On a tous un vécu générationnel, hein? La génération, un face à l'autre peut être différent. Je disais un peu plus tôt à une collègue que j'ai eu trois profs différents pour mes enfants par rapport au cours La relation sexuelle, ce cours-là, puis j'ai eu deux profs gênés puis une prof pas assez gênée, mais ça, ça fait des belles discussions dans la cuisine.

Mme Anctil (Josée): À part de ce que Marjorie vous disait tantôt, laisser tout le monde le faire, c'est ne pas avoir de garantie sur comment les choses se transfèrent. Il y a des gens qui, comme moi, comme Marjorie, ont l'expertise pour aller en milieu scolaire. On est formés pour jaser avec les jeunes. On s'entend que les jeunes, là, quand ça ne marche pas, ils nous rejettent, là. Ça fait qu'eux autres, ils vont vous le dire si vous avez la bonne personne ou pas. Si ça ne marche pas, ils vont la faire revoler.

Mais, en même temps, je pense qu'il faut justement aller chercher des intervenants qui ont du bagage au niveau de la capacité de jaser avec les jeunes puis d'ouvrir des discussions. Donc, je ne suis pas sûre que ça passe par le milieu scolaire, ça peut être un intervenant qui vient d'ailleurs mais qui a les compétences et les habiletés pour parler aux jeunes.

Mme Charbonneau: O.K.

Le Président (M. Marsan): Je vous remercie. Nous allons poursuivre nos échanges et je vais céder la parole à la députée de Marguerite-D'Youville. Mme la députée.

Mme Richard (Marguerite-D'Youville): Merci, M. le Président. Merci, mesdames. C'est vraiment très intéressant. Il y a beaucoup d'expertise dans ce que vous nous amenez, et je vous dirais que vous continuez votre mission d'éducation populaire auprès de nous aujourd'hui. On apprend beaucoup de choses, et c'est très important.

Mme Anctil, je vais commencer par vous. Compte tenu du temps que vous y avez mis et de la période que vous avez couverte, vous avez donc été un témoin important des changements de la contribution du monde de l'éducation à l'égard des jeunes. Parce que vous êtes arrivée en 1995, vous avez quitté en 2008, donc vous avez pu voir une certaine atténuation des cours, de la présence de cette dimension-là dans le curriculum. Et, même si ça devait faire

partie des compétences transversales, comme votre collègue le disait, quand tout le monde s'en occupe, personne ne s'en occupe. C'était un beau concept, les compétences transversales, est-ce que ça devait s'appliquer à toutes les matières? Ça, c'est un point d'interrogation.

Moi, dans ma vie antérieure, j'ai participé beaucoup à la consultation sur les états généraux de l'éducation en termes de contenu, appuyé des enseignants aussi qui ont travaillé beaucoup au niveau du curriculum. Donc, je suis très curieuse que vous nous disiez comment vous voyez la différence actuellement. Parce que vous avez quitté en 2008, donc vous avez sûrement vu une différence dans la nature de votre intervention.

Vous dites: Les questions reviennent de la part des jeunes, et vous dites que les intervenants, de plus en plus, avaient des questions, ont des questions à cause de l'évolution de notre société et de tous les réseaux, que ce soit Internet ou autres bien sûr, mais probablement aussi à cause d'une contribution du milieu scolaire qui est un peu inexistante actuellement mais qui a diminué au fil du temps et qui a sûrement changé la nature des interventions. Je reviendrai plus tard sur la présence à l'école, mais qu'est-ce que c'est, la différence d'intervention dans le sens où...

Sur quoi le CALACS pouvait compter par le milieu scolaire sur lequel il ne peut plus compter actuellement?

Mme Anctil (Josée): Les professeurs avaient des portes ouvertes. Moi, personnellement, ce que j'ai vécu, là, en milieu scolaire, quand j'ai commencé en 1995: nous chargions des sous pour aller rencontrer les jeunes en milieu scolaire. Une animation d'une heure, c'était tant en milieu secondaire; au cégep, ça valait tant; à l'université, ça valait tant. Et puis, un jour, une des premières choses qui s'est mise à se transformer, c'est que les lieux se sont tranquillement éteints parce que les milieux n'avaient plus les moyens de nous payer.

Donc, la première réflexion qu'on a dû faire avant d'arriver là un jour, de dire, là: Woup, la sexualité des jeunes, ça ne va plus, c'est de se dire: Ils n'ont plus l'argent pour nous payer, là. Moi, là, je suis préventionniste, là, je ne peux plus avoir accès à ma matière première qui est mes jeunes, parce que mon mandat, c'est de prévenir et de sensibiliser auprès des jeunes. Je ne suis même plus capable d'aller en milieu scolaire parce qu'ils n'ont plus les moyens de nous payer.

C'est là où, nous, comme organisation, on s'est fait... on s'est posé les questions à dire: Moi, je vas-tu passer à côté de la possibilité de sensibiliser des centaines de jeunes en même temps, parce qu'un professeur me fait venir pour trois cours parce qu'ils n'ont pas les sous? Bien, c'est le CALACS qui l'a pris en charge, l'argent.

Donc, ce qu'avant on avait du milieu scolaire puis des milieux secondaires, c'étaient des budgets pour nous faire venir. Bien, on a fini par le gérer dans nos budgets, dans nos subventions. C'est ça qu'on a fait. Donc, on ne pouvait plus demander de sous, on a donc changé notre stratégie et on a retourné vers notre milieu en disant: Et voilà, nous, on ne peut pas vivre en sachant que la prévention ne se fait plus, mais on va le prendre sur notre dos. Mais, en quelque part, ce qu'on a fait, c'est que, comme organisme communautaire qui n'est déjà pas très, très, très riche, on a pris une

partie du mandat de la société, qui est d'éduquer nos jeunes en milieu scolaire, et puis, nous, on l'a pris sur notre dos puis on a continué à aller à l'école. Premier changement, de 1995 à 2000.

De 2000 à 2005, les questions se sont mises à changer. Puis là on est où on est ensemble aujourd'hui. Donc, le premier constat, c'est: Les milieux n'ont plus d'argent pour nous accueillir, pas grave, on le fait pareil, on va l'assumer. Puis le deuxième, ça a été: Wo! wo! wo! les besoins sont en train de devenir plus grands que ce qu'on est capables de prendre.

On a nous-mêmes un discours à ouvrir, là, il faut se faire une tête, là, sur le sujet avant d'aller faire accraire aux autres qu'on est bien bons pour en parler, là, on va commencer par s'habiliter à faire les choses en dedans puis, après ça, on va sortir en dehors. Ça fait qu'il y a deux difficultés, mais la première, ça a été justement les... les cours n'étaient pas coupés mais les subventions, elles, du milieu scolaire, l'étaient.

Mme Richard (Marguerite-D'Youville): Merci. Je demeure toujours... Quand la Fédération des femmes du Québec a lancé, par la Marche mondiale, cette problématique-là puis qu'on vous a entendues, on a pris connaissance de la pétition. En même temps, j'ai été très curieuse de suivre un petit peu les lignes ouvertes quand je pouvais le faire. Et j'ai entendu énormément de questions de la part de parents, de la part d'intervenants.

Et, moi, j'aimerais voir un peu comment vous voyez... comment vous définissez une intervention de qualité auprès des parents quant à l'éducation, au support de leurs jeunes à l'égard de la sexualité dans son sens large, c'est-à-dire l'égalité des sexes, la nature des relations, et ainsi de suite.

Parce que, quand on se préoccupe de voir comment on va être capables de trouver une solution qui va nous permettre d'atteindre nos jeunes et de les amener dans un développement plus harmonieux à l'égard des rapports hommes-femmes et aussi de leur sexualité immédiate, le rôle des parents ou le questionnement en tout cas qu'on a à l'égard de comment on touche les parents, comment on les atteint, compte tenu de la réalité sociale aujourd'hui, qu'est-ce que vous avez à nous dire là-dessus? Je pose la question à qui veut la prendre au bond, là.

Mme Roireau (Marjorie): Ce que j'aurais à dire, c'est que, premièrement, au niveau des parents, je pense qu'ils ont besoin beaucoup d'être informés. Puis je pense que ces parents-là, comme je l'ai dit précédemment, ils ont, dans certains cas, besoin d'avoir une certaine mise à niveau au niveau de la réalité de la sexualité à laquelle leurs jeunes sont présentés. Je pense que leur... Probablement qu'il y a certains parents qui auraient besoin aussi de développer le sens critique, eux aussi, en lien avec cette problématique-là. Josée, je ne sais pas si tu veux rajouter?

** (14 h 50) **

Mme Anctil (Josée): Bien, moi, quand je rencontrais des parents, je leur disais: Tout passe par l'échange. Tout passe par la communication comme parents. Puis prenez donc le temps, au souper, de jouer avec vos jeunes à qu'est-ce que tu ferais si? Qu'est-ce que tu ferais si ton copain te proposerais... puis, là, je vais y aller, tu sais... On a un discours cru qui vient avec ça, hein? Qu'est-ce que tu ferais si ton conjoint, une première relation, te proposerait une relation anale? Parce que vous savez que c'est la majeure maintenant, hein?

On commence notre sexualité par une pénétration anale, généralement non préparée, parce qu'on ne sait pas comment faire ça. Et puis, la jeune fille, c'est comme ça qu'elle commence sa sexualité. Ça doit être un petit peu plus plaisant pour le garçon que pour la fille, là. On s'entend.

La jeune fille, moi, si je me souviens d'une jeune fille de secondaire III qui, en milieu scolaire, m'a dit ça: C'est-u normal que ça ait fait mal? Là, j'ai parlé avec puis j'ai réalisé que la première fois, c'était une pénétration anale non préparée. On parle de Magog, là. Je ne suis pas à Montréal, là, je suis à Magog. Et puis savez-vous ce qui a fait la différence?

C'est qu'elle avait des parents qui avaient déjà jasé avec elle, ça fait qu'au lieu d'être prise dans son tourment puis de ne pas pouvoir en jaser avec ses parents, compte tenu que ses parents avaient toujours été là pour créer l'échange avec une ouverture, bien, elle a été capable de se retourner vers moi comme intervenante, elle a été capable de se retourner vers ses parents, parce qu'ils avaient déjà parlé.

Quand il y avait des jeunes filles qui avaient le.. je dirais le culot de dire: Non, moi, je ne veux pas ça, puis je ne commencerai pas avec ça, c'étaient les parents qui avaient fait une différence. C'est les parents qui avaient développé le sens critique de la jeune fille généralement ou qui avaient transféré un amour d'elle et un respect d'elle assez grand pour qu'elle soit capable de dire à son petit chum: Je t'aime beaucoup, mais je ne veux pas ça. Donc, je pense qu'il faut habiliter les parents à ouvrir la discussion avec leurs jeunes, puis, comme Marjorie le dit, ce n'est pas à 15 ans qu'on commence ça, là.

Ça fait que, donc, le milieu scolaire peut commencer plus tôt, mais, comme parents, on a développé le sens critique de nos jeunes beaucoup plus tôt que les générations d'avant. Et puis, moi, ça, c'est quelque chose que je disais aux jeunes d'emblée: Vous devez être des jeunes, aujourd'hui, plus intelligents que nous l'étions avant, parce qu'on avait beaucoup moins de pression à se faire vendre les choses. Il y avait beaucoup moins de canaux de TV qui étaient là pour nous bombarder.

Vous devez être plus intelligents que nous autres, puis la seule manière de vous donner ça, c'est de développer votre sens critique le plus tôt possible. Ça fait qu'autant au niveau des parents que des enfants ça passe par le développement du sens critique puis l'échange.

Moi, je dis aux jeunes filles: Tu peux décider de vouloir une pénétration anale. J'en n'ai pas, de problème, à ce que tu aies envie de ça, mais choisis-le. C'est tout. Si ce n'est pas un choix, on est sur le bord de l'agression. Donc, il faut que tu... Tu fais des choix parce que tu t'aimes, parce que tu as le goût de ça. On ne va pas en milieu scolaire, aux jeunes, dire: La sexualité, ce n'est pas beau, faites pas ça puis ce n'est pas bon. Non. Toutes les pratiques, si vous êtes à l'aise dedans puis elles vous vont, yahoo! pas de problème avec ça.

Mais il faut que ça se fasse sur la base d'un savoir, d'un sens critique. Puis ne serait-ce qu'après ça j'ai des adultes assez intelligents puis d'avoir installé l'échange que, s'il y a quelque chose qui ne va pas dans ma sexualité, je vais pouvoir me retourner vers mes adultes puis aller poser mes questions. Bien, ces lieux-là, à l'école, ils ne sont plus là.

Mme Richard (Marguerite-D'Youville): Une petite dernière avant de passer la parole à mes collègues. Pour vous... Bon, on parle d'un programme d'éducation à la sexualité, on parle d'un cours. Moi, je pense qu'un programme, c'est absolument important. Les modalités, est-ce que c'est un cours, des ateliers? Peu importe, on verra. J'aimerais vous entendre là-dessus. Mais ma question, c'est: Les professeurs, bon, les professeurs sont là, peuvent participer à donner des cours, bien sûr, c'est leur rôle premier, mais, en même temps, le cours idéal ou le programme idéal, à votre avis, devrait être véhiculé par qui?

Vous avez une expertise. Il y a des profs qui peuvent dire: Moi, dans ma formation, je suis allé chercher une expertise. On peut en trouver une au CLSC. Il peut y avoir des organismes d'éducation populaire dans le milieu. Le cours idéal, le programme idéal -- je vais utiliser ce terme-là -- sera véhiculé par qui?

Mme Anctil (Josée): Bien, je n'ai pas la réponse exacte. Une chose que je sais, c'est que, nous, étant de l'extérieur, nous pouvons aller beaucoup plus loin qu'un professeur qui est à l'intérieur des murs. Moi, si je vais dans une animation en milieu scolaire, je vais aller aussi loin que de partager ma propre sexualité. S'il y a une jeune fille qui va me parler, mettons, de pénétration anale, ça se pourrait que je dise à la jeune fille c'est quoi, mon positionnement, moi, dans ma sexualité, par rapport à ça. Si je suis un professeur entre les murs, je ne pourrai jamais dire ça. Je n'aurai pas fini; ils ne me lâcheront pas. À la limite, je me mets même en danger comme professeur.

Donc je crois, moi, puis je ne vous dis pas que j'ai la réponse, là, mais, moi, je crois que les gens de l'extérieur sont en mesure d'aller plus loin à l'intérieur des murs qu'un professeur qui est là, qui irait moins loin parce qu'il veut préserver son intimité, puis ce qui est normal, parce qu'il est 300 et quelques jours par année avec ces jeunes-là, ce qui n'est pas notre cas. Donc, ça nous permet d'avoir un discours beaucoup plus cru, de descendre au niveau du discours des jeunes, ce qu'un prof ne peut pas se permettre, là.

Un prof ne peut pas se permettre de faire ça parce qu'il faut qu'il créé quand même un cadre de relation, qu'il reste à l'intérieur de ces paramètres-là. Nous, on n'a pas à créer ça. Nous, donc, on peut descendre au niveau du... discours, utiliser les mots que jamais un professeur en milieu scolaire ne se permettrait de dire. Bien, nous, on a ce droit-là.

Puis, moi, quand je rentrais en milieu scolaire, je disais à un professeur: Si tu n'es pas à l'aise avec la sexualité, si tu as les oreilles chastes, bien mets les doigts dessus parce que... Puis je vous dirai que, moi, j'ai fait un... pensionnat de Waterville, qui est le pensionnat où, moi, j'allais, qui est maintenant le collège François-Delaplace. Et puis ce sont des religieuses qui m'ont fait venir. La religieuse a à participer à tous les ateliers que j'ai donnés. Je l'ai sentie en état de prière intense parfois, mais c'est quand même des religieuses qui nous ont fait venir.

Puis je me suis dit: Si elles ont cette préoccupation-là, dans le milieu privé, puis qu'elles ont les moyens de payer, c'est triste que les gens qui sont dans le public n'aient pas accès à ça parce qu'ils n'ont pas les mêmes subventions ou que l'argent ne rentre pas de la même manière.

Mme Richard (Marguerite-D'Youville): Merci.

Le Président (M. Marsan): M. le député de Prévost.

M. Robert: Oui. Ça me fait bizarre d'entendre ce que vous dites au mois de novembre, à la fin du mois de novembre 2010. Écoutez, je vous remercie beaucoup d'avoir lancé ce signal d'alarme là par le biais de votre pétition. Bravo. Je pense qu'on a besoin d'être réveillés comme société, puis ça nous inclut, nous, les élus.

Dans le fond, ça n'a pas de bon sens parce que, écoutez, on est à l'ère où, d'un simple clic, on va au bout du monde, puis ce que vous dites aujourd'hui, c'est un problème de communication, hein? Des sujets tabous, permettre aux jeunes... Moi, je viens du milieu scolaire, j'était un enseignant dans une vie antérieure récente, et c'est tellement important que les jeunes puissent communiquer, puissent s'exprimer, et là on est comme dans une zone grise, ça n'a pas de maudit bon sens!

Si j'ai bien compris votre message, vous voulez impliquer le village au complet aussi, hein? Vous avez parlé des parents... En termes de CALACS, est-ce que vous vous parlez entre autres pour continuer une réflexion au-delà, là, de l'éveil que vous voulez faire au milieu scolaire, là?

Mme Roireau (Marjorie): Bien, en fait, au niveau des CALACS, ça fait longtemps que c'est une préoccupation qui est active, si on parle du CALACS de Rimouski qui a fait énormément d'outils et d'interventions en lien avec ça. Je pense qu'au niveau des CALACS on essaie toujours de continuer d'aller plus loin. Bon.

Si on viendrait aujourd'hui, puis il n'y en aurait pas, de cours qui seraient ajoutés, jamais, qu'est-ce qu'on ferait? Ça fait qu'on est déjà à réfléchir à plan B, plan C, qu'est-ce qu'on peut... où on peut aller plus loin, dans le fond, en ce sens-là.

Donc, je pense que, pour les CALACS, oui, tous les CALACS se communiquent aussi... On est en contact avec Rimouski qui vont nous appeler, bon. Ce qu'on a bien fait, bien on essaie de le passer aux autres puis vice et versa, là.

Mme Anctil (Josée): Donc, notre affiche, entre autres, je vous dirai que c'est l'affiche... -- on est les seuls au Québec qui a fait ce type d'action là -- bien, notre affiche, on la vend à tous les organismes du territoire du Québec qui veulent avoir accès à cette affiche-là. Donc, les CALACS des autres territoires vont nous contacter pour avoir l'affiche Trouvez l'amour . Et puis c'est de cette façon-là qu'on va, ensemble, porter cette sensibilisation-là à travers nos différentes actions, nos différents outils créés.

Mme Roireau (Marjorie): Puis je pense que, si on va plus loin dans notre réflexion, on parle beaucoup des côtés négatifs que toutes ces nouveautés-là, au niveau des technologies, ont amenés au niveau de la sexualité. Mais comment ces jeunes-là, qui sont très habilités à s'en servir, pourraient retourner ça de façon positive pour justement faire de la prévention entre eux, aller justement développer leur sens critique en utilisant ces technologies? Je pense que le contrebalancier pourrait être impressionnant.

** (15 heures) **

Mme Anctil (Josée): Mais, si on va plus loin, quand on a fait nos galas, nos fameux galas, là, où on se disait... où on est.. on a... Puis Marjorie pourrait, si vous voudriez, là, vous envoyer une copie des clips gagnants, autant radio que télé. Qu'est-ce que ça a donné? Mais c'est une campagne nationale, ça aurait dû être ça. Ce n'est pas juste en Estrie qu'il y aurait dû y avoir un concours Fais une capsule télé, Fais une affiche et un slogan pour sensibiliser les pairs. Avoir eu les sous puis les moyens de le faire, comme organisation, c'est à la grandeur du Québec qu'on aurait lancé ça, un concours comme ça.

C'est beaucoup plus important et ça a beaucoup plus d'impacts de dire aux jeunes: On va te sensibiliser, on va ouvrir ton sens critique, fais quelque chose, puis, à partir de ce que tu as fait, on va sensibiliser tout le monde qui ont le même âge que toi. C'est beaucoup plus gagnant d'utiliser les jeunes pour créer les capsules puis dire: Et voilà ça a été inventé par un jeune de secondaire IV dans telle place.

Le jeune qui regarde ça, à la télé, là, ce n'est pas la madame du CALACS qui est en train de lui expliquer quelque chose, c'est un jeune comme lui qui l'a compris comme lui puis qui a dû faire l'exercice critique. Ça, c'est un cadeau à donner aux jeunes. Ça, là, un concours comme ça, là, qui a déjà été réfléchi et pensé, là, c'est le genre d'action provinciale qui pourrait être superintéressante, et, là, on pourrait se ramasser avec une capsule télé, une capsule radio, puis une affiche et slogan au niveau provincial. En voulez-vous, des idées? C'est plein.

Le Président (M. Marsan): Ça va? Alors, il nous reste, Mme Anctil, Mme Roireau et Mme Alvarez, de vous remercier... vous remercier. Je pense qu'il y avait une question? En terminant, M. le député de Johnson?

M. Boucher: Oui, oui. Non, j'aurais des questions, M. le Président.

Le Président (M. Marsan): Allez, allez.

M. Boucher: Peut-être qu'on pourrait demander la permission de déborder un peu, puisqu'il est 15 heures.

Le Président (M. Marsan): Oui.

M. Boucher: Mais j'y tiens vraiment, d'autant plus que j'ai eu le plaisir de parrainer la pétition que m'a présentée le CALACS. Qui aurait cru, mesdames, qu'on serait aujourd'hui à l'Assemblée nationale, lorsque vous êtes venues me rencontrer à mes bureaux? On a la permission?

Le Président (M. Marsan): Oui.

M. Boucher: Oui? O.K. Je vais aller très rapidement, puis c'est un peu dommage, là, parce que j'aurais aimé avoir plus de temps pour discuter avec vous.

Trois questions courtes. D'abord, bon, on connaît la tendance à nos médias d'exagérer les phénomènes qui nous sont présentés, hein? Bon. On devait mettre en une du Journal de Montréal la partouse, le « gang bang » , là, bon, des choses comme ça.

Est-ce qu'on peut penser que les problématiques liées aux comportements sexuels, la précocité de la première relation, l'utilisation variable du condom, l'homophobie, la science... la violence, l'hypersexualisation, etc., est-ce qu'on peut penser que c'est un phénomène qui est un peu... l'ampleur du phénomène est un peu exagérée au niveau des jeunes, ou que ça touche vraiment beaucoup de gens... de jeunes, sinon la majorité, du moins une grande partie? Première des questions.

Deuxième des questions: Est-ce que le retour d'un contenu de cours à l'éducation à la sexualité a été un des outils qui a été identifié lors de vos colloques que vous avez tenus pour, disons, contrer le discours, là, majoritaire?

Et la troisième des questions: Le gouvernement a mis de l'avant plusieurs outils. Quand ils ont progressivement retiré le contenu de l'éducation à la sexualité des cours, les cours de FPS, ils ont mis à la disposition des parents, des intervenants, des professeurs plusieurs outils comme par exemple le magazine Ça s'exprime , qui était auparavant Le petit magazine de la formation personnelle et sociale , qui était destiné aux intervenants et aux professeurs qui ont à donner cette formation-là. Est-ce que les professeurs à qui vous avez parlé, est-ce qu'ils l'ont déjà consulté?

Est-ce que vous connaissez si c'était un document très populaire? Comme, les parents, les parents, il y a un autre document qui est marqué: Entre transformations, frissons, passions... et toutes les questions . Est-ce que, dans vos contacts -- vous êtes en contact avec tous ces gens-là -- est-ce que vous savez si c'est des outils qu'ils utilisent, bref? Est-ce que les outils qu'on a amenés pour compenser la perte ont été réellement utilisés? Est-ce qu'ils ont été efficaces ou, dans une moindre mesure, se sont révélés un peu inefficaces dans le sens où ils n'étaient pas consultés par les intervenants?

Je m'arrête là, trois questions...

Mme Roireau (Marjorie): Je commencerais avec la première. Au niveau des médias, la question était: Est-ce que tout ça n'est pas un peu une exagération, ou est-ce qu'on grossit le tout? Non.

Mme Anctil (Josée): Moi, je dirais même que c'est en deçà de la réalité. Pendant une heure, je pourrais vous raconter des histoires qui ne sont pas des histoires inventées, et je vous ferais dresser les cheveux sur la tête. Non, non, au contraire. On n'est pas... Les gens ne réalisent pas dans quoi on est en train de propulser nos jeunes, comme société.

Mme Roireau (Marjorie): Et je pense que c'est un bon exemple de dire... Est-ce que tout ça n'est pas un peu exagéré, gonflé, et tout ça? Parce qu'à force de consommer ce type... Parce que c'est banalisé, la sexualité, n'importe où, donc on en devient qu'à dire que c'est normal, et on en devient qu'à ne plus s'en rendre compte, et de dire: Finalement, ce n'est pas si pire que ça. Alors qu'en réalité, si on commence à analyser les publicités, les vidéoclips, les films, tout ce qui est présenté, non, ce n'est pas exagéré, même c'est nous qui devenons insensibilisés à ça. C'est la réponse que je ferais à cette question-là.

Deuxième question, juste me repréciser, c'était au niveau des cours: Est-ce que le cours a été identifié, dans le fond...

M. Boucher: Comme un outil de contrediscours.

Mme Roireau (Marjorie): C'est ça. Bien, je pense que ça fait

partie d'un moyen, parce que, s'il n'y a pas d'espace qui est réservé, ça donne un peu ce qu'il y a présentement, donc rien. Ça fait

partie d'une stratégie. Il y en a plusieurs autres qui peuvent être intéressantes, mais je pense que ça fait

partie d'une des stratégies intéressantes où, au moins, on peut s'assurer qu'il y a un contenu qui va être transféré aux jeunes.

Mme Anctil (Josée): Puis, les outils, est-ce que tu les connaissais, toi?

Mme Roireau (Marjorie): Moi, je n'ai jamais entendu parler d'aucun des outils que vous m'avez nommés.

Mme Anctil (Josée): Moi non plus.

M. Boucher: Ça répond à ma question.

Mme Roireau (Marjorie): Et on peut produire plein d'outils, mais, si on n'a jamais l'espace pour les distribuer, en parler, peu importe... bon, voilà.

Mme Anctil (Josée): Puis, moi, je passe mon temps à dire que, dans la vie, on peut bien faire de la réflexion sur papier, mais, si on n'amène pas ça dans l'action, ça peut rester longtemps sur une tablette. C'est vrai pour tout le monde.

Le Président (M. Marsan): Mme la députée de Mille-Îles me pose un question. Elle désirait savoir par qui vous êtes... qui vous finance, vos activités.

Mme Anctil (Josée): La majeure... Notre bâilleur de fonds, c'est Santé et Services sociaux, et puis on a une

partie triennale avec Centraide, et puis la balance, c'est des levées de fonds.

Le Président (M. Marsan): Ça répond à votre question? Merci. Alors, Mme Roireau, Mme Anctil et Mme Alvarez, on vous remercie beaucoup pour cette présentation. Nous allons suspendre quelques instants.

Mais j'inviterais Mme Jocelyne Cyr à venir prendre place. Alors, je suspends pour quelques instants.

(Suspension de la séance à 15 h 6)

(Reprise à 15 h 8)

Le Président (M. Marsan): Alors, nous reprenons nos travaux, et nous sommes heureux d'accueillir Mme Jocelyne Cyr de la commission scolaire. Mme Cyr, je vais vous demander de nous présenter la personne qui vous accompagne. Vous avez environ une vingtaine de minutes pour nous faire votre présentation. La parole est à vous.

Mme Jocelyne Cyr

Mme Cyr (Jocelyne): Merci. Comme vous l'avez dit, mon nom, c'est Jocelyne Cyr, je suis de la commission scolaire de Montréal, et je suis commissaire dans le quartier de Cartierville. Miruna va se présenter elle-même.

Mme Necula (Miruna Aiana): Bonjour, je m'appelle Miruna Aiana Necula, je suis à l'école Évangéline qui est dans le Cartierville. Oui.

** (15 h 10) **

Mme Cyr (Jocelyne): En fait, je suis accompagnée de Miruna, parce que la démarche qu'on a entreprise à la commission scolaire de Montréal, on l'a faite ensemble. Miruna, elle fait

partie de l'Association des élèves du secondaire de la commission scolaire de Montréal. Et en fait on va vous expliquer brièvement en quoi consistait, d'une part, le mandat qui nous a été confié par le conseil des commissaires et l'aboutissement, un peu, du travail qu'on a fait en deux ans environ.

Alors, il y a deux ans... On a un programme qui existe à la commission scolaire qui s'appelle Commissaire d'un jour. Alors, ce projet-là, ce programme-là, en fait, invite les élèves du secondaire à accompagner le commissaire scolaire pendant toute une journée; donc ils participent à nos caucus, ils viennent au conseil des commissaires. Et, lors de cette journée-là, la présidence de l'association des élèves vient en audience au conseil des commissaires et nous fait part d'un certain nombre d'éléments qui préoccupent notre association.

Alors, Miruna, qui était une des représentantes qui m'accompagnaient cette journée-là, nous a fait part de leurs préoccupations en ce qui consiste l'éducation à la sexualité. À partir de là, c'est là que la présidente de notre conseil des commissaires nous a confié le mandat de voir qu'est-ce qu'on pouvait faire, bien entendu, dans les règles qui nous permettaient, en fait, le conseil des commissaires, de pouvoir mettre quelque chose en place.

Alors, je suis allée rencontrer l'association des élèves. Et finalement Miruna a été mandatée pour travailler avec moi. Alors, j'ai eu une idée, et j'en ai fait part à Miruna pour savoir si ça lui convenait comme façon de travailler. C'était d'aller dans mon quartier et aller voir les jeunes de mon quartier pour voir si effectivement les préoccupations qu'ils avaient à l'égard de l'éducation à la sexualité étaient celles de notre association d'élèves. Alors, nous avons rencontré deux maisons de jeunes et les deux conseils d'élèves, et puis nous avons fait des groupes séparés.

Tout ça, on l'a fait avec un intervenant communautaire scolaire -- c'est un projet qu'on a dans notre milieu -- et un éducateur pour les maisons de jeunes.

Alors, on s'est assis avec eux et on a jasé comme ça de l'éducation à la sexualité. Et ils nous ont fait part un petit peu des préoccupations qu'il y avait, et etc. Ça fait que c'est Miruna qui va faire cette partie-là.

Mme Necula (Miruna Aiana): O.K. C'est pour ajouter que les gens que nous avons rencontrés sont des gens vraiment représentatifs, puisque ça vient de plusieurs milieux culturels, autant des milieux arabophones, autant des Espagnols, autant des... je ne sais pas, des Haïtiens, voilà. Donc, ça regroupe vraiment comme tous les milieux culturels.

Et ce qui était ressorti, c'est que nous avons besoin d'un espace sécuritaire où est-ce que nous pourrions parler de plaisir, d'amour, de fidélité, de sécurité, d'estime de soi, bref de tout ce qui pourrait questionner, inquiéter ou intéresser un adolescent en pleine découverte de lui-même et des autres. Et nous avons besoin d'un espace pour nous développer sainement, pour pouvoir identifier nos valeurs personnelles à celles de notre famille et pouvoir comprendre et gérer nos émotions concernant la sexualité.

Nous avons besoin de ce milieu-là pour avoir la bonne information, parce que nous avons de l'information qui vient un peu de partout: Internet, médias, films, nos amis. Nous avons... nous sommes constamment bombardés d'informations, mais ce n'est pas nécessairement la bonne information que nous recevons, et nous appliquons les conseils qui nous sont transmis un peu de partout. Puis nous sommes très mal préparés, parce que ce n'est pas les bons conseils, ce n'est pas la bonne information. Et ça entraîne des graves conséquences sur nous: des grossesses non voulues, des ITSS, baisse de l'estime de soi, bref, tout ça.

Et donc nous avons vraiment besoin d'un espace, et ça ne peut pas être laissé à n'importe qui. Ça ne peut pas être mis sur le dos de tous les enseignants, parce que ce n'est pas tous les enseignants qui sont à l'aise de parler de ça, ce n'est pas tous les enseignants qui sont formés. Puis, si jamais il y en a qui sont à l'aise, mais ils nous parlent de leur propre expérience à eux, qui n'est pas nécessairement meilleure que celle de nos parents ou celle de nos amis, alors que nous avons besoin de la vraie information... puis voilà, c'est ça.

Et donc l'école, c'est vraiment le meilleur endroit où est-ce qu'on pourrait recevoir cette information-là parce que c'est le milieu où est-ce que nous apprenons à être des bons citoyens, où est-ce que nous apprenons les règles de société, les règles de vie. Puis c'est aussi l'endroit qui est capable de toucher l'ensemble des jeunes. Donc, comme ça, on peut vraiment s'assurer que tous les jeunes ont la bonne information, qu'ils sont bien équipés pour prendre les décisions dont ils ont besoin quand le moment sera venu, et voilà.

Mme Cyr (Jocelyne): Ce qui rejoignait l'ensemble des jeunes, tant au niveau de l'association que ceux qu'on a rencontrés dans le quartier, c'était le caractère obligatoire. Ce qui les inquiète, en fait, c'est le fait que, parce que ça appartient à tout le monde, ça n'appartient à personne. Et le fait que ça ne soit pas campé nécessairement à l'intérieur d'un cours, ça les titille, parce qu'ils se disent: Il n'y a pas d'obligation. Donc, si on fait des activités, par exemple, parascolaires, bon, évidemment, il y a des jeunes qui vont y participer, mais on ne rejoint pas l'ensemble des jeunes, et c'est ce qui les inquiétait. Ça, c'était la première chose.

La deuxième chose, outre ce que Miruna vient de mentionner, c'était le fait de se retrouver dans un endroit où on pouvait se sentir à l'aise de poser des questions, d'une part, mais aussi de trouver des réponses à nos questions, parce que je vous jure que, pour avoir passé un petit moment avec eux, parfois ça peut nous mettre... nous déstabiliser, disons-le comme ça.

Bref, eux, ce qu'ils voulaient, c'est ça, c'était un endroit où on pouvait échanger, où on se sentait en confiance, mais en même temps qu'on était capables d'avoir réponse à nos questions. Ça, c'étaient deux choses qui en fait ressortaient constamment. Et je peux vous dire qu'on n'était pas non plus dans les zones de: comment ça se fait, puis pourquoi, et etc. On était vraiment plus sur des questions d'ordre émotif, psychologique, et j'aurais tendance à dire: Comment on fait pour reconnaître une ITSS? Comment je vais faire pour savoir qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas? Bon, si, mettons, je n'ai plus de condoms, où je vais pouvoir aller?

Le point de référence dans les écoles, c'est l'infirmière. C'est l'infirmière. Mais elles ne sont pas là à temps plein malheureusement, elle ne sont là que quelques jours par semaine, parfois une fois par semaine, ce qui fait en sorte que, bon, on n'a pas toujours recours à cette infirmière-là, et ils trouvaient ça aussi un peu pénible.

L'autre chose, c'était d'avoir accès à des professionnels qui détenaient en quelque sorte l'information, soit la sexologue et la psychologue; et en fait c'est d'emblée ce que nous a demandé notre association d'élèves. D'ailleurs, ça fait

partie de notre résolution, de la première résolution du conseil des commissaires, c'est clairement indiqué de procéder à l'embauche d'une sexologue.

L'autre élément qui faisait

partie de notre résolution était d'élaborer une trousse pédagogique, ce que nous avons fait, qui était, entre autres, pour soutenir les enseignants dans nos écoles qui voulaient pour l'instant... -- parce que, on le sait, il n'y a rien qui est campé dans un cours, mais c'est plutôt laissé libre aux enseignants -- pour soutenir les enseignants qui voulaient, entre autres, faire une activité ou quoi que ce soit dans leurs cours pour parler d'éducation à la sexualité. C'est ce qu'on a fait aussi, c'est à leur disponibilité.

Il y a aussi des formations qui sont disponibles actuellement, qui est faite par le BSP, entre autres, les formulaires... Tout est disponible pour soutenir les écoles, les équipes-écoles qui voudraient, là, faire des projets.

Il y a aussi... Dans notre première résolution, il y avait... Ce qu'on disait, c'était d'aller consulter les parents. Alors, on croyait vraiment que, si on voulait les consulter, les parents, ça, on l'a travaillé avec le comité central des parents, bien entendu... Alors, vous savez qu'à la commission scolaire on est divisés dans cinq réseaux, et donc on fait nord, sud, est, ouest, centre. Pour ce qui était de notre réseau pour les élèves handicapés, en difficulté d'adaptation, d'apprentissage, on va le travailler principalement avec le directeur de réseau, entre autres faire des conférences pour les parents, et etc. Donc, on va le travailler différemment.

Alors, ce qu'on a décidé... et on a demandé aux élèves qui faisaient

partie de l'association des élèves à savoir qui étaient prêts à aller rencontrer l'ensemble des réseaux. Alors, on l'a fait avec les élèves, on a vérifié l'ensemble des réseaux, et ils ont expliqué pourquoi, pour eux, c'est important d'avoir vraiment de l'éducation à la sexualité à l'intérieur de nos écoles. L'ensemble des réseaux étaient d'accord effectivement sur notre résolution, et qu'effectivement il fallait avoir plus d'éducation à la sexualité à l'intérieur de nos écoles, tout en respectant les valeurs des parents. Ce qu'ils nous ont aussi demandé, c'est d'être informés régulièrement sur ce qu'on était pour voir... ce qu'on était pour faire au niveau de ce dossier-là.

Mais j'aimerais insister sur le fait que, sur le site de l'UNESCO, il y a des choses qui sont excessivement intéressantes à cet égard-là, en termes de programme d'éducation à la sexualité. Et ce qu'ils ont évalué, c'est que les cours d'éducation à la sexualité, pour que ça fonctionne, il faut que ça soit fait, d'une part, à l'école, il faut bien former les enseignants pour effectivement donner l'éducation à la sexualité, pour parler avec les jeunes d'éducation à la sexualité, mais il faut aussi impliquer les parents.

Donc, maintenant, c'est sûr qu'on peut se questionner à savoir comment on peut le faire. Selon moi, il y a quand même différentes façons qu'on peut le faire. Nous, on a l'avantage d'avoir un comité central et des réseaux de parents où on peut effectivement... puis on en fait déjà, des formations pour les parents. Donc, il y a moyen de le faire.

Parce que les parents ne sont pas forcément bien outillés -- parfois, on est déstabilisés, bon, selon nos expériences, et etc. -- donc il faut les aider, les accompagner pour qu'ils puissent effectivement établir une communication en matière d'éducation à la sexualité avec les jeunes. Alors, bon, évidemment, la résolution disait aussi de soutenir les élèves par rapport à leurs démarches auprès du ministère, ce qu'on a fait. Il y a aussi...

Quand on parle de la dernière des résolutions, en fait, ce que, nous, on souhaite sincèrement, c'est d'ajouter le volet d'éducation à la sexualité dans le cours d'ECR qui est d'éthique, culture et religion et un autre volet dans le cours de science et technologie. Pourquoi? Parce qu'on sait que c'est compliqué de refaire une grille matières, bon, le régime pédagogique, et etc.

Ça fait que c'est plus simple d'essayer d'introduire un volet dans une matière qui permettrait le caractère obligatoire, bien sûr, et qui pourrait facilement traiter d'éducation à la sexualité, sur éthique, culture et religion, ce qui permettrait aux jeunes d'avoir un endroit où ils pourraient en parler, mais de l'aborder sous plusieurs angles, dont les valeurs des parents, ce qui nous apparaît fort intéressant. Et je terminerais en vous disant que le Parlement des jeunes a eu exactement le même projet de loi que notre résolution.

Donc, à notre avis, hein, je pense qu'on se rejoint un peu sur l'ensemble des éléments. Veux-tu rajouter quelque chose maintenant?

** (15 h 20) **

Mme Necula (Miruna Aiana): Mais en fait ce que je voulais rajouter et souligner en fait, c'est qu'on ne veut pas que, dans notre cours, on traite seulement la

partie biologique et tout ce qui concerne seulement le corps et le physique, ou soit le port du condom, ou bien comment l'homme et la femme sont faits, ou de quoi ça a l'air, un rapport sexuel. Mais c'est vraiment traiter tous les aspects de la sexualité, les aspects psychologiques, émotifs, voilà, parler de vraiment tout, et, si possible, de nous consulter durant la démarche de la préparation du cours, comme ça on pourrait guider les gens sur nos réels besoins.

Le Président (M. Marsan): Alors, merci pour cette présentation. Nous allons immédiatement débuter la période d'échange, et je vais céder la parole à notre collègue la députée de Mille-Îles. Mme la députée.

Mme Charbonneau: Mme Cyr, bonjour. Il me semble qu'il n'y a pas si longtemps on fréquentait les mêmes endroits.

Mme Cyr (Jocelyne): En effet.

Mme Charbonneau: Comme vous dirait votre présidente, je vous ai abandonnée un petit peu, mais je suis rendue à un autre endroit, mais j'ai toujours à coeur le travail... moi, j'ai toujours osé dire le travail professionnel des commissaires scolaires, parce qu'on ne s'engage pas, comme commissaire, pour la paie, on s'engage pour nos valeurs. Et ça, je ne peux pas faire autrement que le souligner.

Mademoiselle, plaisir de vous voir. Je pense qu'on s'est vues l'année passée à la commission-jeunesse quand les jeunes sont venus ici. Est-ce que vous seriez de la commission qui a siégé sur la loi qui a été votée par l'Assemblée du jeune parlement? Non? Vous n'étiez pas là? Alors, il y a une école, l'année passée, qui s'appelle l'école Georges-Vanier de Laval, qui a présenté un projet de loi, que j'ai eu le plaisir de présider dans sa présentation et qui a été, de trois projets de loi présentés par nos jeunes, pour nos jeunes, le seul projet de loi adopté, pas à l'unanimité, mais qui a été adopté, au grand bonheur des jeunes de l'école de mon comté.

J'ai aimé la présentation et j'ai aimé comment vous avez fait le cheminement de ce dossier, que le conseil a pris et qui vous a aidée probablement à aller un peu plus loin. Parce qu'effectivement le conseil des commissaires a un mot à dire sur qu'est-ce qu'on fait dans nos écoles. Je suis d'autant plus contente de vous entendre, puisque, quand on parle des écoles, je pense qu'il est important d'entendre non seulement les jeunes qui y sont, mais ce que, moi, j'appellerai le gouvernement qui le dirige à sa façon, qui est le gouvernement scolaire, donc le conseil des commissaires.

Vous êtes... je veux dire votre nom comme il faut, Mlle Necula? Vous avez touché un point très sensible à la formation des jeunes, qui est l'estime de soi. On sait que l'estime de soi touche à plusieurs volets de la vie d'un jeune, et nécessairement sa relation à l'autre, et le regard que l'autre porte sur lui-même. S'il est sûr de lui, il est solide; s'il est moins sûr de lui, ça fait de lui quelqu'un d'autre. Vous avez parlé à des jeunes du secondaire, j'imagine? Avez-vous pensé d'aller un peu bambocher du côté du primaire puis du préscolaire par rapport à ce qui se fait sur l'estime de soi et la relation à l'autre?

Mme Necula (Miruna Aiana): Non, parce que...

Mme Cyr (Jocelyne): Non, pas vraiment. On n'est pas... On n'a pas voulu aller principalement dans nos écoles primaires, parce qu'on voulait vraiment savoir plus au niveau du secondaire quelles étaient leurs préoccupations. Mais vous avez tout à fait raison, entre autres, la DSP, dans un rapport, le mentionne que ça serait une bonne chose de commencer dès le troisième cycle du primaire pour parler des saines... des relations harmonieuses, etc. Vous avez tout à fait raison, absolument.

Mme Charbonneau: ...on appelle aussi le senti, hein?

Mme Cyr (Jocelyne): Absolument.

Mme Charbonneau: ...le jeune puis sa relation avec lui-même et son corps, là; mon corps m'appartient, là, qui est tout un discours qu'on a au niveau du préscolaire puis du primaire.

Mme Cyr (Jocelyne): L'hypersexualisation aussi.

Mme Charbonneau: Exactement. Vous avez touché un aspect qui a titillé mon oreille, c'est-à-dire le principe des professionnels. La commission scolaire de Montréal est exceptionnelle par sa taille, par ses possibilités. Toute commission scolaire n'a pas ce même privilège là. Personnellement, je connais bien la commission scolaire de Laval qui bamboche entre Marguerite-Bourgeoys et Laval pour savoir laquelle est la deuxième plus grosse au Québec. Une journée c'est nous autres, une journée, c'est eux autres, ça dépend des ETP, là. C'est un débat que j'avais avec Diane, qui était très, très amusant.

Mais vous avez dit: Le conseil a pris une décision et a fait une recommandation d'engager une sexologue. Toutes les commissions scolaires n'ont pas ce privilège-là. Je voulais savoir si vous étiez peut-être plus au fait des partenariats avec le service de la santé ou... Au niveau de la commission scolaire, l'ouverture qu'il y a entre le CSSS, ou quelque chose comme ça, ça fonctionne comment?

Mme Cyr (Jocelyne): Dans nos écoles, il y a effectivement des partenariats qui se font avec les CSSS, c'est certain. Au niveau de l'engagement de la sexologue, on n'a pas encore engagé de sexologue, mais on a une conseillère pédagogique qui a... en fait, qui s'occupe de la prévention à la violence et de l'éducation à la sexualité pour soutenir nos équipes-écoles. L'embauche de la sexologue, on ne l'a pas fait encore, parce qu'on ne peut pas le faire pour l'instant, malheureusement; on ne peut pas se payer les services d'une sexologue actuellement, mais effectivement on prévoit au moins, quand on le pourra, embaucher une sexologue, question de guider un peu les interventions dans nos écoles.

Mais il y a des partenariats qui se font avec les milieux, entre autres, les CSSS, mais pas juste les CSSS, avec des organismes communautaires qui sont en mesure de venir soutenir... de tenir des activités dans nos écoles ou... Il y a, entre autres, Médecins du Monde qui a des activités dans différentes écoles secondaires, entre autres, FACE, Georges-Vanier, Père-Marquette, pour nommer que ceux-là, mais plusieurs organismes ou associations vont dans nos écoles tenir des activités. Absolument.

Mme Charbonneau: Je suis correcte? Je peux encore un petit peu?

Une voix: Continue.

Mme Charbonneau: La trousse pédagogique. Vous avez mentionné qu'il y avait une trousse pédagogique pour aider les enseignants. Quand la trousse a été confectionnée, si vous avez la réponse, qui s'est mêlé un peu de ça? Est-ce qu'il n'y avait seulement que votre personne du réseau pédagogique ou vous avez été bambocher dans d'autres services pour aller chercher le plus possible des outils dans la trousse pédagogique?

Mme Cyr (Jocelyne): En fait, notre conseillère pédagogique a effectivement... Il y a beaucoup de matériel qui est fait, hein, au niveau de l'éducation à la sexualité.

Donc, notre trousse pédagogique donne l'ensemble des documents et de la documentation qui est disponible, tant au niveau du ministère... parce qu'il y a des choses qui ont été faites de la part du ministère, il y en a d'autres qui ont été faites de la part de la DSP, il y a un document aussi qui existe, qui s'appelle Ma sexualité m'appartient! ou La sexualité m'appartient , donc qui est disponible et qui permet... qui explique, bon, les ateliers qu'on peut faire, et etc.

Donc, la trousse pédagogique, c'était de rendre disponibles l'ensemble des documents qui existent pour permettre aux équipes-écoles de voir la diversité et l'adapter à ce qu'eux pourraient faire, bien entendu.

Mme Charbonneau: La commission scolaire de Montréal a cette particularité-là aussi d'être riche en cultures. Et, mademoiselle, vous l'avez dit, hein, il y a Arabes, il y a Haïtiens, il y a Juifs. On peut en nommer comme ça, je pense que vous touchez à peu près à toutes les cultures possibles. Dans les jeunes, est-ce que l'aisance est la même par rapport à la relation à l'autre? C'est-à-dire que, chez nous, les jeunes peuvent parler avec une certaine facilité, pas avec moi, malheureusement, de sexualité. Il y a une gêne qui s'installe entre le parent et le jeune.

Est-ce que, à même les jeunes, c'est facile ou c'est difficile? L'approche que vous avez eue ensemble, là, d'aller rencontrer les jeunes, est-ce que c'était facile ou difficile?

Mme Necula (Miruna Aiana): Vous voulez savoir la relation... Est-ce que les jeunes parlent avec leurs parents ou est-ce que les jeunes se parlent entre eux?

** (15 h 30) **

Mme Charbonneau: Moi, je dirais plus entre eux, parce que nécessairement il y a une empreinte familiale qui nous appartient, une gêne, une timidité. Quand on sort de la maison et on arrive dans d'autres lieux, on est différent. Est-ce que le mélange est facile dans la discussion?

Mme Necula (Miruna Aiana): O.K. Mais, pour répondre selon mon expérience, c'est que quelqu'un qui... un jeune qui n'a jamais entendu parler de sexualité et qui arrive dans ce milieu scolaire où est-ce qu'il y a des jeunes qui sont plus familiarisés avec le sujet, bien, au début, ils vont rester de côté, ils vont écouter, ils vont entendre, ils vont se dire: Ah! mon Dieu, moi, je ne connais rien. Ils vont vraiment se sentir, bon, mis à part. Mais plus le temps va avancer, en entendant de plus en plus de choses, ils vont participer, eux aussi, à la discussion.

Mais justement, n'ayant pas la bonne information, mais ça va être des discussions où est-ce que la mauvaise information sera véhiculée. Parce que le jeune qui n'a jamais entendu parler, il va aller s'informer quelque part ailleurs pour que la prochaine fois il puisse contribuer à la discussion.

Mme Charbonneau: L'hyper... Oups!

Mme Cyr (Jocelyne): J'ai été très surprise de l'aisance avec laquelle les jeunes se sont exprimés, j'avoue. C'est vrai que, bon, j'étais la commissaire du quartier, donc il n'y avait pas... on n'était pas en relation, aucune forme de relation possible, en tout cas, intime, à la limite, là, de parent à enfant. Mais ils l'ont fait avec beaucoup d'aisance et ils ont été très généreux dans leurs propos, très, très généreux. J'avoue que j'aurais continué cette tournée-là au moins pendant au moins une autre année parce que c'était fort intéressant de les entendre, fort intéressant et très curieux aussi.

Mme Charbonneau: Je n'en doute pas, je n'en doute pas. Déjà que le vocabulaire est différent, je le disais plus tôt, d'une génération à l'autre, donc effectivement. Puis la non-proximité fait en sorte que c'est plus facile parce qu'il n'y a pas de jugement dans le regard: Je ne te connais pas, donc je peux te lancer quelque chose, puis après ça...

Mademoiselle, je retourne vers vous. L'hypersexualisation, dans les groupes et dans les discussions que vous avez eues, je comprends que vous avez eu un échange sur le principe de l'éducation à la sexualité, mais y a-t-il, de par les jeunes que vous avez rencontrés, une inquiétude, un verbatim, quelque chose qui se dit par rapport à... les annonces, les médias, l'Internet, du regard qu'on porte autant sur la femme que sur l'homme?

Mme Necula (Miruna Aiana): Donc, si je comprends bien, vous voulez savoir: Est-ce que les jeunes sont inquiets de l'hypersexualisation? Mais, en fait, oui. Il y a beaucoup de jeunes qui ont exprimé leur désir de vouloir justement en parler, des rapports hommes-femmes, des relations hommes-femmes. Ça fait que, moi, je dirais que oui. Puis j'ai remarqué aussi auprès des filles qui disaient que, oui, elles sentent de la pression qui vient de la part des médias et de ceux qui les entourent d'être... d'avoir le corps et la beauté qu'il faut. Donc, moi, je dirais que oui.

Mme Charbonneau: Merci. Un grand débat de commission scolaire, de parents et d'élèves: La distribution de condoms dans les chambres de bain, autant des filles que des gars, est-ce que le débat s'est fait chez vous?

Mme Cyr (Jocelyne): Il y a longtemps. Il y a longtemps. Et effectivement, à cette époque-là, c'était: Il n'en est pas question. Il n'en est pas question. Maintenant, il serait peut-être intéressant d'aller voir les parents. Vous savez, les parents, ce qui les inquiète, c'est de ne pas inciter les enfants, leurs enfants, à avoir des relations sexuelles. Ça, on est... Puis, dans le fond, tous les parents ne souhaitent pas que leurs enfants aient des relations sexuelles à 13 ans.

Mais en même temps il faut aussi réaliser qu'il y a des ITSS qui reviennent, qui sont très inquiétantes et sur lesquelles il faut se dire... Écoutez, juste la chlamydia, là, on peut se ramasser avec des jeunes filles qui vont avoir un taux d'infertilité phénoménal. Donc, c'est inquiétant.

Maintenant, je pense qu'il faut toujours le faire en termes de prévention, d'une part, mais aussi d'éduquer les enfants à... Parce que l'école, c'est ça, hein, c'est de les préparer aussi dans leur rôle d'adulte, c'est de s'assurer qu'on va bien les outiller pour que, quand ils auront à prendre la décision, ils pourront le faire de façon à peser le pour, le contre et savoir aussi, connaître les conséquences.

Alors, moi, je pense que, pour le condom dans les écoles, on pourrait aborder cette question-là. On pourrait toujours le faire en allant consulter les parents et en leur posant la question si, pour eux, ça pourrait s'avérer une solution ou, à la limite, l'avoir dans le bureau de l'infirmière et avoir accès à une infirmière. Mais ce qui est important pour les jeunes, c'est d'y avoir accès mais en toute confidentialité.

Mme Necula (Miruna Aiana): Mais, si je pouvais rajouter une chose, c'est que les parents sont inquiets qu'en distribuant des condoms on va inciter les jeunes à la sexualité, mais c'est tout à fait faux parce que les jeunes, ils vont entendre parler de sexualité, que les condoms se distribuent ou pas. Mais, les condoms étant distribués, sûr qu'il y a une information qui vient avec. Donc, les jeunes, ils vont entendre parler, mais, en plus de ça, ils vont savoir quoi faire s'ils veulent commencer leur vie sexuelle de façon sécuritaire.

Mme Charbonneau: J'ai ouvert un peu plus large. J'ai posé la question parce qu'on sait que la pilule du lendemain est accessible au CLSC mais que, pour les garçons, ça s'arrête là. Et, puisqu'on est sur le sujet, on sait aussi que la pilule n'empêche pas la transmission de maladies, tandis que le condom peut nous aider un peu.

On revient sur le sujet les parents. On peut parler de cours de sexualité jusqu'à temps qu'on n'ait plus de salive, mais, si un coup sorti de l'école -- puis là, Mme Cyr, je vous mire un peu -- le comité de parents reste toujours le premier partenaire important au sein du conseil, mais c'est aussi celui qui lève des drapeaux rapidement pour nous dire les choses. Donc, vous avez consulté, vous avez parlé à votre comité central, vous disiez que vous aviez ce privilège-là, toutes les commissions scolaires ont des comités de parents des fois actifs, des fois moins, ça dépend où, mais la plupart sont très alertes.

Comment je fais pour mieux éduquer mes parents? Puisque, si je suis un jeune, puis que j'ai eu une discussion, puis que finalement mes parents ont une certaine ouverture, je veux ouvrir la porte un peu, mais il faut quand même que j'aie cet espace-là. Comment je fais pour mieux habiliter mes parents, si je ne fais que de l'éducation à l'école?

Mme Cyr (Jocelyne): Mais je pense, comme je vous le mentionnais tantôt, nous, à la commission scolaire, on fait beaucoup de... on a des conférences. C'est le comité central de parents qui organise ces conférences-là. On en fait plusieurs, ils en font plusieurs par année. Et la commission scolaire soutient les parents dans cette démarche-là, c'est-à-dire qu'elle diffuse l'information à l'ensemble des parents pour qu'ils puissent évidemment... Exactement. Donc, je pense que ça, c'est un bon créneau. On pourrait très bien le faire comme ça. Et, vous savez, quand il s'agit d'éducation à la sexualité, les parents se sentent concernés. Alors, à mon avis, je pense que c'est un excellent créneau.

Le Président (M. Marsan): Mme la députée de Trois-Rivières.

Mme St-Amand: Merci, M. le Président. Alors, bonjour, Mme Cyr, Mlle Necula, c'est vraiment intéressant. Vous avez d'ailleurs développé quand même une expertise assez intéressante de votre propre initiative, et c'est tout à votre honneur.

J'aimerais savoir... Dans ce que vous avez vu et dans les conclusions que vous en avez tirées, il y a deux choses. Ma question aura deux volets. D'abord, parce que tantôt vous avez parlé de culture, des cours de culture et religion, science, technologie, est-ce que vous... Vous vous êtes questionnée certainement sur à quel niveau scolaire vous voulez diffuser votre information et faire l'éducation. Est-ce que c'est à tous les niveaux, est-ce qu'il y a un niveau plus précis? Et est-ce qu'il y a une fréquence, est-ce que vous l'avez vu dans le temps à toutes les semaines ou quelques fois par année? Alors, au niveau de la fréquence et au niveau du niveau scolaire.

Mme Cyr (Jocelyne): Je pense qu'en matière d'éducation à la sexualité il n'y a pas juste sexualité, il y a éducation. Et, quand on parle de sexualité, il faut d'abord, dans un contexte d'école, parler d'éducation à la sexualité et mettre beaucoup d'emphase sur le mot « éducation » . Et je pense que, quand on parle d'éducation, ça s'adresse un peu à tout le monde. Je pense qu'à partir de secondaire I il y a moyen, je pense, selon l'âge des enfants, de faire un programme qui est adéquat pour les enfants.

Vous savez, les saines relations entre hommes-femmes, ça peut s'aborder à n'importe quel âge, ça dépend de la façon qu'on le fait. Et, quant à moi, je pense qu'on peut le faire facilement même à partir du troisième cycle du primaire. Ça dépend comment on l'introduit.

Ce qu'on sait, c'est que les élèves auront leurs premières relations sexuelles durant leurs parcours au niveau secondaire, alors c'est sûr que ça va se faire. Puis leur première relation de couple, en fait amoureuse, va se faire aussi pendant la période du secondaire. Alors, vaut mieux faire de la prévention et commencer à en parler le plus tôt possible mais selon leur âge, bien entendu.

Mme St-Amand: Je m'excuse, M. le Président, je vais reprendre ma question. Ma question, je vous l'ai posée. Je suis une éducatrice de formation, une éducatrice spécialisée en milieu scolaire, alors je l'ai posée avec le fait que vous ayez en fond la réalité des calendriers scolaires, la réalité des charges de cours qui sont déjà là. Si, demain matin, vous implantez ça dans vos écoles, est-ce que vous le faites à tous les niveaux? Et, si oui, compte tenu, vous le savez, compte tenu déjà de la grille horaire scolaire, vous le faites comment?

Et est-ce que c'est, parce qu'il y a un contexte de réalité qu'on connaît, tout le monde, là, alors est-ce que... Parce que là, dans ce que vous me dites là, je suis en train de me dire: Est-ce que vous êtes en train de me dire que vous ajoutez des cours à la grille ou... Alors, ce que je veux vraiment savoir, c'est: Si, demain matin, en septembre prochain, on vous dit: O.K., go, on commence, on veut le faire d'une façon réaliste, alors dans les... je vais dire, dans les limites qu'on a dans les grilles scolaires, vous, est-ce que vous le feriez, oui, à tous les niveaux, ou, si oui, dans quel... oui ou non à tous les niveaux, dans quels cours et à quelle fréquence?

** (15 h 40) **

Mme Cyr (Jocelyne): Bien, la fréquence et les cours, c'est comme on l'a dit, les cours d'ECR et les cours de science et technologie, selon l'horaire dans les cours bien entendu, mais de l'insérer comme un volet plutôt que d'ajouter un cours. Il n'est pas question ici d'ajouter un cours, mais plutôt de l'insérer comme volet au lieu de refaire, de remanier la grille-matières, ce qui est impensable et qui devient très complexe.

Mais le programme pourrait être élaboré de façon, entre autres, thématique, sur des thématiques bien précises. Et puis on sait très bien, dans le cadre d'un cours, que, quand on parle d'une thématique, on peut aller un peu plus à droite, un peu plus à gauche, Mais, dans le cours d'éthique, de culture et religion, il serait facile d'aborder la thématique de l'éducation à la sexualité via les valeurs des communautés, et etc.

Mme St-Amand: Merci.

Le Président (M. Marsan): Merci. Nous allons poursuivre avec la députée de Marguerite-D'Youville. Mme la députée.

Mme Richard (Marguerite-D'Youville): Merci, M. le Président. Merci, mesdames. Vraiment, c'est une démarche très intéressante qui met à contribution l'association étudiante; j'apprécie beaucoup. Je trouve que ce sont ces jeunes-là qui peuvent nous faire part de façon très claire et très précise de leurs besoins, de nous donner aussi quelquefois des conseils sur le comment et de nous « feeder » un peu sur les réactions des parents.

Et j'en viens justement à vos interventions auxquelles les jeunes ont contribué auprès des parents. Puis j'aimerais vous entendre, vous, la représentante de l'association étudiante, voir comment, dans vos démarches auprès des parents, compte tenu du milieu culturel pluriethnique de Montréal, comment ces interventions se sont faites, et est-ce que les réactions des parents ont été très différenciées d'un groupe à l'autre, et comment vous conjuguez avec ça.

Mme Necula (Miruna Aiana): O.K. Bien, nous sommes allés voir donc les parents et nous leur avons présenté le projet comme nous l'avons fait devant vous aujourd'hui. Et leurs réactions, elles étaient pas mal identiques: ils s'inquiétaient tous des valeurs qu'on allait transmettre à leurs enfants et ils voulaient qu'on tienne compte des valeurs familiales et de la différence culturelle.

Mme Richard (Marguerite-D'Youville): Moi, je comprends que les parents veulent que les jeunes soient informés sans les inciter. Alors, où est la marge là-dedans? Je comprends très bien qu'ils veulent être rassurés aussi quant à la démarche.

Il y a un volet de votre présentation qui m'a interpellée aussi, c'est -- ma collègue en a parlé tout à l'heure -- la trousse pédagogique pour soutenir les enseignants. Et vous disiez en conclusion de ce petit bout de présentation, là: Pour les enseignants ou l'équipe-école qui voudraient faire des projets. Et, à partir du moment où on utilise le « voudraient » , on comprend que ça devient selon l'intérêt ou la bonne volonté des gens de le faire.

Et c'est ce qui, à mon avis, contribue à vous amener à dire: Il faut que ce soit obligatoire et qu'on insère ça dans le curriculum actuel, qu'on trouve la place nécessaire pour répondre à ça. Mais est-ce que vous avez une certaine évaluation de l'utilisation de cette trousse? Est-ce que ça fait suffisamment longtemps pour que vous puissiez nous donner un certain point de vue quant à l'utilisation?

Mme Cyr (Jocelyne): À ce moment-ci, non, parce que c'est récent. Alors, l'information a été diffusée récemment à l'ensemble de nos équipes-écoles, principalement les directions. Donc, il est trop tôt. Mais on prévoit le faire. On prévoit le faire.

Mme Richard (Marguerite-D'Youville): Merci. Je vais céder la parole à mon collègue. On a tous beaucoup de questions, là. Alors, je reviendrai s'il reste du temps.

Le Président (M. Marsan): M. le député de Prévost.

M. Robert: Oui. Merci. Mlle Necula -- je ne sais pas si je prononce bien, oui -- vous êtes en cinquième secondaire?

Mme Necula (Miruna Aiana): Oui, c'est ça.

M. Robert: Je voudrais d'entrée de jeu vous féliciter pour votre implication citoyenne. Souvent, on est sévères envers nos jeunes puis de voir des implications comme ça... Puis vous n'êtes pas un cas unique, je sais qu'il y en a plein, de jeunes, qui ont des choses à dire, il faudrait juste être en mesure de les écouter.

Écoutez, Mme Cyr, il y a un vide présentement dans la sensibilisation des jeunes au niveau de l'éducation sexuelle. Il y a des pétitions qui circulent, c'est pour ça qu'on est ici aujourd'hui.

On a rencontré tantôt un groupe, le CALACS de l'Estrie, qui nous disait qu'ils ne sont même plus capables d'entrer dans les écoles pour aller informer les élèves. Vous, je ne sais pas si c'est parce que vous êtes une commission scolaire visionnaire, mais j'aimerais ça savoir: Est-ce que vous pensez que le milieu scolaire en général... vous avez des contacts avec d'autres commissions scolaires au Québec, est-ce qu'ils sont conscients des besoins et qu'il faut faire quelque chose présentement, là, pour d'une part sensibiliser les élus que nous sommes sur le fait qu'il faut ajouter des moyens pour qu'il y ait une sensibilisation accrue à l'éducation à la sexualité dans nos écoles?

Mme Cyr (Jocelyne): Je ne peux pas vous parler des autres commissions scolaires parce que je ne le sais pas. Mais ce je suis en mesure de vous dire, c'est que le fait que les enseignants ne sont pas nécessairement habilités ou outillés pour parler d'éducation à la sexualité et que c'est un sujet qui vient nous chercher émotivement fait en sorte qu'ils ont probablement plus de difficultés à parler d'éducation à la sexualité et que nécessairement ça prend des outils, oui, mais ça prend aussi de la formation pour leur permettre...

Puis ce n'est pas nécessairement tous les enseignants qui sont en mesure de parler d'éducation à la sexualité, ça prend des gens qui sont capables de discuter avec des jeunes et qui ont une certaine ouverture par rapport à l'éducation à la sexualité pour en parler avec eux. Donc, nécessairement, ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas ouverts parce que souvent ce sont des organismes communautaires.

Si, par exemple, si on prend dans mon quartier, les intervenants communautaires vont faire des activités, le poste de police vient faire des activités aussi dans nos écoles secondaires pour parler aux jeunes de l'éducation à la sexualité. Donc, nos directions d'école sont ouvertes à accueillir des gens pour tenir des activités, et tout ça. Mais, dans un cadre scolaire, c'est plus difficile, parce qu'ils ne sont pas nécessairement outillés pour... et habilités à en discuter.

M. Robert: Mais ce qui existait avant la réforme, là, pédagogique, alors c'étaient des enseignants en formation... en formation personnelle, cours d'éducation et choix de carrière.

Une voix: C'est ça.

M. Robert: Est-ce que vous jugez que c'était plus efficace à ce moment-là ou il manquait encore là d'outils à l'époque?

Mme Cyr (Jocelyne): Je ne peux pas parler sur l'efficacité. Ce que je peux dire, c'est que c'était déjà mieux ça que rien du tout. Mais en même temps ce que j'aurais tendance à vous dire, c'est que ce que les jeunes nous ont dit, et je pense que c'est ça qu'il faut comprendre, entre autres, c'est qu'ils ont besoin d'un espace où ils vont se sentir en confiance pour en discuter, puis qu'il va y avoir une personne qui va être capable de répondre à leurs questions. Alors, ce n'est pas, comme Miruna l'a si bien dit, seulement que sur la biologie, bon, et tout ça, c'est vraiment sur des questions d'ordre psychologique et émotif.

M. Robert: Les valeurs, et tout ça.

Mme Cyr (Jocelyne): Voilà. Les valeurs, etc.

Mme Necula (Miruna Aiana): Si je pouvais ajouter un petit truc, c'est qu'en discutant de ce projet avec d'autres jeunes qui ont fini leur secondaire et qui ont eu ce cours-là auparavant ils ont dit que ce n'était pas adapté du tout. Oui, c'était un peu mieux que rien, mais ce n'était pas ce qu'il nous fallait.

M. Robert: D'accord. Merci.

Le Président (M. Marsan): Ça va? M. le député de Johnson.

M. Boucher: Je vous remercie beaucoup, M. le Président. Question rapide. Les intervenants devant le CALACS, lorsque j'ai posé la question à savoir s'ils savaient que les outils développés par le ministère de la Santé et des Services sociaux ou encore celui développé par le ministre de l'Éducation pour aider les intervenants, aider les professeurs, aider même les parents à parler d'éducation à la sexualité avec les jeunes, à la question, je leur ai demandé: Est-ce que vous savez si les... Les gens avec qui vous en avez parlé vous ont dit: Oui, mais ça, ça existe.

Eux, ils disent qu'eux-mêmes ignoraient l'existence de ces outils-là. Est-ce que la trousse pédagogique que vous avez mise sur pied vient un peu combler finalement ce manque de connaissances ou plutôt, disons, ce...

Une voix: ...

M. Boucher: ...oui, bien, c'est ça, cette espèce d'ignorance quant à la disponibilité de plusieurs outils liés, là, à l'éducation à la sexualité pour nos intervenants, nos professeurs, nos p

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2010-11-29
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-39-1 journal-debats CCE-101129
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier6864dd3e5675db685517b7b432bccd2f700cfee9

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