House Proceedings — 31 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-05-31
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, chers collègues, je vous
souhaite une très bonne séance. Veuillez vous asseoir.
Nous en
sommes à la rubrique de la déclaration des députés, et je cède la parole à Mme
la députée de Gatineau.
Mme Vallée :
Alors, M. le Président, du 29 mai au 4 juin 2016 se tient la
11e semaine nationale des victimes et survivants d'actes criminels.
À cette occasion, je tiens à remercier pour leur apport tous les intervenants
qui agissent auprès des victimes d'actes
criminels et leurs proches. Je félicite ces femmes et ces hommes qui
interviennent en première ligne tout
au long du processus judiciaire, dont les policiers, le personnel du réseau de
la santé et des services sociaux, les
procureurs et surtout sans oublier l'ensemble des organismes communautaires.
Par leur engagement, ils contribuent au
rétablissement des personnes qu'ils aident et font de notre société un endroit
plus juste et plus sécuritaire pour toutes et pour tous.
Au cours de
la dernière année, plus de 18 millions ont été versés pour soutenir le
réseau des CAVAC, qui compte 17 centres,
dans l'ensemble de la province, offrant des services gratuits et confidentiels
dans plus de 171 points de services, dont les palais de justice du
Québec. Et, pour l'année 2015-2016, le gouvernement a versé plus de
112 millions en indemnisation aux
personnes victimes. Par leur engagement, les intervenants du réseau permettent
aux victimes d'actes criminels de reprendre le contrôle de leur vie...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
En terminant.
Mme Vallée : ...et de se
rétablir. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Gatineau. M. le député de Bonaventure, pour votre
déclaration.
M. Roy :
Merci, M. le Président. C'est avec fierté que je félicite aujourd'hui une
microbrasserie bien connue de Carleton-sur-Mer,
Le Naufrageur, qui a remporté en avril dernier le prix Réussite inc.
au Défi OSEntreprendre 2016 pour la région.
La mission d'OSEntreprendre
est d'inspirer le désir d'entreprendre pour contribuer à bâtir un Québec fier,
innovant, engagé et prospère. «Un exemple inspirant et un modèle à
suivre», c'est en ces termes que l'on a décrit la prolifique entreprise
qui est au coeur de la communauté
gaspésienne depuis 2008, une entreprise qui constitue également un modèle
de développement durable, offre du travail à près de 50 personnes en haute
saison.
Christelle
Latrasse, Philippe Gauthier, Louis-Franck Valade, Sébastien Valade, vous pouvez
être fiers du chemin parcouru par Le
Naufrageur en huit ans. Comme député de Bonaventure, c'est un honneur de voir à
l'oeuvre des entrepreneurs aussi dynamiques dans ma circonscription.
Bravo!
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Bonaventure. M. le député de Chapleau, pour votre déclaration.
Carrière : Merci, M. le Président. Je souhaite aujourd'hui
souligner un anniversaire bien particulier, celui de Résidence de la
Gappe, qui célèbre cette année ses 10 ans de service auprès de nos aînés
en Outaouais.
6 mai 2006, les premiers résidents ont été accueillis dans une
première phase du complexe de plus de 100 unités.
Aujourd'hui, ils sont près de 500 résidents regroupés dans quatre phases
distinctes, des phases s'adressant autant à des personnes autonomes,
semi-autonomes que pour une clientèle nécessitant des soins particuliers.
associations de résidents, la direction, les membres du personnel, les équipes
d'animation et les différents bénévoles
sont extrêmement actifs. Chaque année depuis 2010, le groupe propriétaire de
Résidence de la Gappe tient aussi des
jeux pour aînés en simultané dans chacune de ses résidences à travers le
Canada. Un seul prérequis pour participer à différentes épreuves, tels le billard, les cartes, le minigolf, et
j'en passe : être âgé entre 75 et 110 ans. J'ai d'ailleurs eu le
plaisir de prendre part en février dernier à l'ouverture officielle des
septièmes Olympiades.
Les résidences de la
Gappe sont un milieu de vie stimulant et sécuritaire pour nos aînés de
l'Outaouais. Bon 10e anniversaire et longue vie aux résidences de la
Gappe! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Chapleau. M. le député des Chutes-de-la-Chaudière, à vous la parole.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Le Service d'entraide Bernières—Saint-Nicolas célèbre cette
année son 35e anniversaire. En 1980,
des citoyens de Saint-Nicolas se sont mobilisés pour recueillir vêtements et
denrées en faisant du porte-à-porte
pour les redistribuer aux gens dans le besoin. Cette mobilisation du milieu
marque le début du service d'entraide.
Depuis, de nombreux bénévoles se sont succédé pour apporter un soutien
indispensable aux personnes démunies ou
vivant une situation difficile. Aussi, pour répondre aux besoins toujours
grandissants, l'organisme offre de nombreux services : banque alimentaire et paniers de Noël, comptoir de
vêtements, accompagnement et transport, visites aux personnes aînées en
perte d'autonomie ou personnes souffrant de solitude
félicite toutes les personnes impliquées dans le bon fonctionnement du Service
d'entraide Bernières—Saint-Nicolas
et qui en assurent la pérennité. Merci pour
ces 35 ans de présence et d'entraide dans la communauté! Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
des Chutes-de-la-Chaudière. Mme la députée de Chauveau, je vous cède la
parole.
Mme Tremblay : M. le Président, permettez-moi de souligner la
Semaine québécoise de sensibilisation à l'aphasie qui se déroule jusqu'au 1er juin. J'aimerais
d'ailleurs saluer, dans nos tribunes, la présence des membres du Regroupement des associations de personnes aphasiques du Québec
et de l'association régionale de Québec, qui tiennent aujourd'hui un kiosque d'information dans
le hall du parlement.
très peu de mots, l'aphasie figure parmi les déficiences les plus communes mais
invisibles causées, entre autres, par un AVC. On parle d'aphasie quand
un individu a perdu totalement ou partiellement la capacité de communiquer.
Bravo
à ces associations qui améliorent grandement la qualité de vie des personnes
atteintes en leur offrant un lieu
d'appartenance et de soutien en plus d'activités sociales et récréatives qui
leur permettent de mener une vie active. Je vous remercie, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de Chauveau.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé, à vous la parole.
Mme de
Santis : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de vous parler
d'une ancienne diplômée de l'école secondaire
Calixa-Lavallée à Montréal-Nord, Karine Delage, figure bien connue de
l'industrie des relations publiques.
Ayant
commencé sa carrière en réalisant des entrevues de comédiens, elle est devenue
à l'âge de huit ans la plus jeune journaliste au Québec. À force de travail, de
détermination et de talent, Karine a créé en 2012 son agence, nommée
Karyzma Agency, et travaille depuis avec des artistes et des sportifs
d'envergure internationale.
N'oubliant
pas d'où elle vient, elle veut donner l'opportunité aux jeunes de Montréal-Nord
de vivre des expériences à travers
des stages à Toronto, des rencontres et des événements sportifs. Elle souhaite
prouver qu'avec un bon encadrement et
des efforts il est possible de réussir dans la vie. Comme elle l'a si bien
dit : «Vivre à Montréal-Nord, ce n'est pas l'enfer. Les adolescents
[...] ne doivent pas se sous-estimer ni baisser les bras.»
Félicitations à
Karine Delage, une inspiration pour nos jeunes! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. M. le député de Masson, à vous la parole.
Lemay : M. le Président, c'est en 1986 que le Groupe Plein air Terrebonne a entamé ses activités
sur le site de la côte Boisée à Terrebonne.
À ses débuts, le GPAT offrait à la population des activités
de glisse en hiver et des courses
de vélo de montagne en été. Tout au long des années, le GPAT s'est distingué
de façon importante. En 1998, la construction du chalet de la côte Boisée a permis au GPAT d'augmenter son offre de
services de manière significative. Il est ainsi devenu un joueur
important du monde touristique de la région des Moulins. À ces activités
sportives variées se sont ajoutées plusieurs activités culturelles, dont des
spectacles musicaux en plein air comptant plusieurs artistes de renom.
Le 12 juin
prochain aura lieu la traditionnelle tournée Méli-Vélo. La randonnée partira
dès 9 heures du parc Saint-Sacrement à Terrebonne. Le GPAT convie toute la
population des Moulins à ce grand rendez-vous familial.
je veux particulièrement souligner aujourd'hui le
30e anniversaire du GPAT et féliciter tout particulièrement MM. André Hamel et Robert Lessard pour leur engagement,
qui date depuis les tout débuts de l'organisme. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Masson. M. le député de Jonquière, je vous cède la parole pour votre
déclaration.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. En mars 1926, l'Assemblée
nationale du Québec adoptait la
charte de la cité d'Arvida. L'Assemblée autorisait ainsi l'établissement au Saguenay—Lac-Saint-Jean de la capitale historique
de l'aluminium par la compagnie américaine Alcoa, devenue par la
suite Alcan et maintenant Rio Tinto. La ville a été conçue pour devenir l'emblème de l'entreprise jusqu'à en porter le nom du président de la multinationale, Arthur
Vining Davis, «Ar-Vi-Da». Le grand
intérêt de l'entreprise pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean résidait et réside encore dans l'abondance de l'hydroélectricité
qui est à bas coût, les facilités de transport et la qualité de la main-d'oeuvre.
Aujourd'hui, la mise
en valeur du patrimoine d'Arvida est coordonnée par le Comité pour la
reconnaissance patrimoniale d'Arvida, qui
regroupe des élus, des gens d'affaires et des citoyens. Ses efforts
favorisent la conservation, la connaissance et l'appréciation du paysage culturel et du
patrimoine bâti. Grâce en
partie à ce comité, la
partie historique d'Arvida a été très bien
préservée dans un état excellent d'intégrité et d'authenticité.
Alors, je veux
souhaiter un très joyeux 90e anniversaire à tous les gens d'Arvida!
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Jonquière. M. le
député de Viau,
pour votre déclaration.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. J'ai le plaisir aujourd'hui de souligner la réussite
d'un jeune de ma circonscription, M. Deusdedit Mutima. En effet, samedi soir
dernier, il a reçu la Médaille du lieutenant-gouverneur pour la jeunesse, grâce notamment à son engagement
scolaire et communautaire, lors d'une
cérémonie présidée par l'honorable J. Michel
Doyon. Deus est un élève fort impliqué dans la vie étudiante du collège
Georges-Vanier en plus d'être un membre actif de la relève de Voisins en action, un organisme communautaire de
Saint-Michel dont la mission est de contribuer au développement positif
des jeunes en les accompagnant dans la prise en charge de leur milieu de vie.
Toutes mes félicitations, Deus, pour ta Médaille
du lieutenant-gouverneur, puisque c'est un honneur grandement mérité! Tu
es une fierté pour toutes les micheloises et tous les michelois! Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Viau. Mme la députée de Soulanges, pour votre déclaration.
Charlebois : Bien, merci, M. le Président. J'aimerais
souligner que c'est aujourd'hui qu'a lieu la Journée mondiale sans tabac. Cette journée, qui se tient
chaque année le 31 mai, vise à conscientiser la population sur les dangers
de l'usage du tabac.
Alors, je suis très heureuse que le
Québec participe à cet événement qui s'inscrit en parfaite complémentarité avec
nos propres efforts collectifs pour lutter
contre le tabagisme. Il faut préciser que notre société demeure un exemple à
cet égard, notamment grâce à
l'adoption de la Loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme, dont nous
pouvons être très fiers, M. le Président. Je rappelle d'ailleurs que
certaines mesures de la loi entrent en vigueur le 26 mai, notamment
l'interdiction de fumer dans certains lieux où se trouvent des personnes
mineures, les voitures et de même que sur les terrasses des restaurants et des
bars.
Rappelons-nous,
M. le Président, que la fumée secondaire contient 4 000 substances
chimiques, dont 70 sont reconnues comme
étant cancérigènes. Notre objectif à court terme d'ici les cinq prochaines
années, c'est que la prévalence au tabac passe de 22 % à 16 %
en cinq ans, mais ultimement un Québec sans tabac, sans fumée. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de Soulanges.
Voilà
qui met un terme à la rubrique Déclarations de députés. Et je suspends les
travaux de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 51)
Le Président :
Nous allons nous recueillir pour quelques instants, chers collègues.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
J'ai
le plaisir de souligner la présence dans nos tribunes de députés de l'Assemblée nationale de la République
du Cameroun, MM. Gaston Komba et Simon Fobi Nchinda. Ils sont ici à l'occasion
d'une mission d'étude sur le fonctionnement et le contrôle des finances
publiques.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous
plaît.
Président : C'est tellement bien dit. Alors, à l'article a
du feuilleton, Mme la ministre de la Justice présente le projet de loi n° 103, Loi visant à
renforcer la lutte contre la transphobie et à améliorer notamment la situation
des mineurs transgenres. Mme la ministre de la Justice.
Vallée : Alors, M. le Président, ce projet de loi modifie le
Code civil afin d'y prévoir qu'un mineur de 14 ans et plus puisse
faire seul une demande de changement de nom auprès du Directeur de l'état civil
et que, dans ce cas, la demande ne pourra
être accordée, à moins d'un motif impérieux, si les deux parents du mineur, à
titre de tuteurs légaux, ou le tuteur le cas échéant, n'ont pas été
avisés de la demande ou si l'un deux s'y oppose.
Le projet de loi
modifie le Code civil pour permettre à un parent qui sait que l'autre parent de
l'enfant entend s'opposer au changement de
nom de l'enfant mineur de saisir le tribunal de la demande de changement de nom
plutôt que de faire une demande au Directeur de l'état civil.
Le projet
de loi modifie également le Code civil afin de permettre à un enfant mineur
d'obtenir le changement de la mention du sexe figurant à son acte de naissance auprès
du Directeur de l'état civil. Plus particulièrement,
il prévoit que la demande de
changement de la mention du sexe, pour un mineur de moins de 14 ans, peut
être faite par son tuteur et que la
demande ne pourra être accordée, à moins d'un motif impérieux, si l'autre
tuteur n'a pas été avisé de la demande ou
s'y oppose. Il ajoute la possibilité pour le tuteur qui sait que l'autre tuteur
entend s'opposer au changement de la mention de sexe de l'enfant de moins de 14 ans de saisir le tribunal plutôt
que de faire une demande au Directeur de l'état civil. Pour le mineur de 14 ans et plus, ce projet
de loi prévoit que la demande peut être faite par le mineur ou par le tuteur du
mineur avec son consentement.
projet de loi modifie la Charte des droits et libertés de la personne afin d'y
prévoir une protection explicite contre la discrimination fondée sur l'identité
de genre.
Enfin,
le projet de loi modifie le Règlement relatif au changement de nom et d'autres
qualités de l'état civil pour y prévoir les conditions que devra respecter
l'enfant mineur pour obtenir le changement de la mention du sexe figurant à l'acte de naissance mais aussi pour
assurer une concordance avec les modifications apportées au Code civil.
Le Président : M. le leader
de l'opposition.
Drainville : Merci,
M. le Président. Nous demanderions des consultations particulières sur ce
projet de loi.
M. Fournier : Nous serions
très heureux d'y participer.
Président : Je comprends que vous allez finir par vous
entendre. Alors, est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? Adopté.
Nous en
sommes donc à la rubrique Dépôt de documents. M. le ministre de l'Emploi et de
la Solidarité sociale.
Blais : M. le Président, je dépose le rapport annuel 2015 du Conseil
de gestion de l'assurance parentale. Je profite également de l'occasion pour souligner le 10e anniversaire
du Régime québécois d'assurance parentale, auquel adhèrent largement les
jeunes familles.
Le Président : Ce document
est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose la réponse du
gouvernement aux pétitions présentées par le député de Borduas le
11 mai et par le député de Richelieu le 12 mai 2016.
Je dépose
également la réponse du gouvernement à la question inscrite au feuilleton le
27 avril 2016 par le député de Jonquière.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés.
Pour ma part,
je dépose le calendrier des travaux de l'Assemblée 2016‑2017. Et je vais vous
demander s'il y a un consentement
pour déroger aux articles 19 et 19.1 de notre règlement concernant le
calendrier parlementaire et les semaines de travail en circonscription. Consentement? Consentement. Consentement.
Alors, c'est adopté. Fantastique! Fantastique! On sait qu'on a un
calendrier de travail pour l'an prochain, c'est pas mal bon.
À la rubrique Dépôt de rapports de commissions,
M. le président de la Commission des transports et de l'environnement et député
d'Orford.
Reid :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission des transports et
de l'environnement qui, les 24, 25 et
26 mai 2016, a tenu des auditions publiques dans le cadre de consultations
particulières sur le projet de loi
n° 100, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant
principalement les services de transport par taxi.
Le Président : Alors, ce
rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Maskinongé.
Plante : Merci beaucoup, M. le président. Donc, je dépose l'extrait d'une pétition adressée
à l'Assemblée nationale,
signée par 24 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
secteur Bellemare, à Louiseville.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
qu'en réglant les feux de circulation
qui sont très lents et qui causent des files d'attente à n'en plus
finir, ce serait beaucoup mieux pour la circulation et moins dangereux;
«Considérant
que cela cause beaucoup
de circulation pour un secteur résidentiel, ce qui est très dangereux pour
nos enfants;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, désirons avoir le droit, comme auparavant, de tourner à gauche au
feu vert pour prendre la route Petit Bois "Chemin du Roy",
plutôt que d'encombrer le secteur Bellemare.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'intervention portant sur une question de
droit ou de privilège.
Nous en
sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et je cède
la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
M. Gaudreault : Oui, merci,
M. le Président. Au mois d'octobre, le gouvernement annonçait une aide de 1,3 milliard à Bombardier. Tout le monde était favorable au soutien à l'entreprise, on l'avait même demandé
nous-mêmes, mais le problème, c'est que l'entente a été mal négociée.
La preuve, c'est que le délai pour conclure l'entente finale est expiré depuis longtemps, la date du premier
versement est dépassée depuis deux mois, et le fédéral, dont la contribution
n'est pas encore assurée, se fait toujours attendre.
Un autre
élément, c'est que nous savons que le gouvernement détient une option de
200 millions d'actions, mais on
ne sait pas quelles sont les conditions de rachat qui sont reliées au milliard
investi par le gouvernement. Dans le communiqué
émis par l'entreprise en octobre, on peut lire : «La participation que
détient le gouvernement dans la société en commandite sera rachetable
dans certaines circonstances.»
Ce matin, on
apprend dans Le Soleil que les conditions du rachat pourraient être
aussi faibles qu'un taux d'intérêt de
3 % ou 4 %, ce qui voudrait dire, en clair, que les contribuables
supportent tous les risques si ça tourne mal, mais sans possibilité de
participer au gain si tout se passe bien.
Est-ce
que le premier ministre peut déposer le détail des conditions de rachat qui ont
été négociées avec Bombardier?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Certainement pas, M.
le Président, parce qu'il s'agit de négociations commerciales qui sont actuellement en cours, et ce serait irresponsable de ma part, pour plusieurs
raisons, de faire ce que le chef de l'opposition
officielle me demande de faire.
Maintenant,
je suis un peu surpris par l'introduction dans sa question. C'est comme si,
depuis le début, lui et la deuxième opposition étaient enthousiastes
pour soutenir Bombardier, la série C. On a été seuls à le faire dans cette
Assemblée pendant des semaines de temps. Ils
ont été les alliés objectifs des compétiteurs de Bombardier, ça a été connu,
ça a été dit, ça a été vu partout. On a fait
en sorte de protéger 40 000
emplois dans le secteur aérospatial. On a présenté il y a quelques jours à peine une ambitieuse
stratégie sur l'aérospatiale qui a été saluée par tous les intervenants, sauf
le Parti québécois, bien sûr. On ne s'attendait pas à mieux de leur
part.
Maintenant,
s'il y a un groupe politique ici qui défend l'aéronautique, qui défend les
emplois de l'aéronautique, qui défend
Bombardier, qui défend la série C, c'est notre gouvernement, et on va
continuer à le faire, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Gaudreault : Oui, M. le
Président. Dans l'annonce d'hier, là, on le sait, qu'il y avait plus d'argent
sur le spectacle que dans les avions, là.
Parce que, dans la réalité, là, c'est 5 millions de nouvelles sommes par
année pour un secteur qui est supposé être une priorité, 5 millions
de nouvelles sommes par année pour l'aéronautique.
Alors,
je reviens à ma question fondamentale qui concerne des sommes beaucoup plus
importantes dans la série C : Quelles sont les conditions de rachat
qui ont été offertes à l'entreprise? S'il est transparent, qu'il les dépose.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Ce n'est pas une question de transparence, c'est une question de
responsabilité. Ce serait irresponsable,
alors que ces négociations-là sont en cours, de faire ce que le collègue
demande. En tout respect pour lui, ce n'est pas quelque chose qu'il
ferait lui-même s'il était de ce côté de la Chambre, M. le Président.
qu'il est important de répéter, ce qu'il est important de répéter, c'est qu'il
aurait été de loin préférable que nous soyons
unis dans cette Chambre pour soutenir la série C et Bombardier, que nous
parlions d'une seule voix au lieu de donner des munitions à ceux qui, ailleurs au Canada, n'aiment pas l'idée qu'une
compagnie québécoise progresse, pour ceux qui, ailleurs au Canada, ne s'empressent pas d'aller soutenir la série C
et qui, ceux à l'étranger, ne veulent pas voir réussir la série C, une création du génie québécois. On
était là depuis le début, l'histoire le retiendra; ils n'étaient pas là, il est
trop tard, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : M. le Président, on ne peut pas s'imaginer que le
gouvernement du Québec s'est avancé pour 1,3 milliard sans d'abord avoir convenu des conditions selon
lesquelles Bombardier pourrait sortir le gouvernement du programme de la
série C. Ça, c'est la réalité.
Alors,
de deux choses l'une : ou bien les termes du rachat sont convenus depuis
le départ, et le premier ministre doit nous les déposer, ou encore le
premier ministre devra admettre que la situation est pire qu'on pensait et
qu'il a improvisé avec plus de
1 milliard d'argent public. Alors, c'est quoi, son option? C'est laquelle,
la réponse, dans les deux?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, je vois qu'on fait du rattrapage, de ce côté-là de la Chambre,
ce sera peut-être la même
chose tantôt avec la deuxième opposition, mais il est trop tard. Tout le
monde a bien compris qu'ils n'ont pas levé la voix, qu'ils n'ont pas dit un mot pour soutenir la série C, pas un mot,
alors que les compétiteurs, on le voit encore ce matin dans le journal, font des commentaires négatifs, bien sûr. À quoi peut-on s'attendre? Il paraît que c'est un
avion mignon, selon un porte-parole d'Airbus. C'est l'avion le plus innovant au monde actuellement, tout le monde s'entend pour le dire, et c'est une
création du génie québécois.
le répète, M. le Président, l'histoire le retiendra, on était là au moment où c'était nécessaire, au
moment où c'était difficile,
on était là pour soutenir notre secteur aéronautique, et on va continuer à le
faire malgré l'opposition.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui, M. le Président. Le premier ministre se vante
de l'annonce de la série C, mais la réalité, c'est qu'il est
incapable, il est incapable de dire aux Québécois ça va être quoi, leur
rendement, si tout va bien et que l'entreprise
décide de racheter sa part du gouvernement. Ce qu'on sait, par contre, c'est
que, si tout va mal, là, bien ça, tous les Québécois vont assumer le
risque. Ça, on le sait.
Alors,
je vais lui poser la question autrement, vu qu'il ne semble pas
comprendre : Est-ce qu'il peut nous dire qu'il n'est pas question
que Bombardier puisse racheter la part du gouvernement avec un rendement aussi
faible que...
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Alors, je salue la persévérance de mon collègue, mais il
n'aura pas plus de réponse sur cette question-là. On va conclure cette entente
commerciale là. C'est nous qui sommes au gouvernement, c'est nous qui la
négocions avec Bombardier. Et c'est nous qui avons maintenu le programme
série C et tous les emplois associés.
je vais lui rappeler également que, quand Delta a annoncé sa commande, ils ont
dit textuellement... le président de l'entreprise a dit textuellement que l'annonce du soutien financier du gouvernement avait joué un rôle majeur dans la décision de Delta de commander les avions. Il aurait été préférable
qu'ils soient de notre côté à ce
moment-là plutôt que de faire
du rattrapage aujourd'hui.
Le Président : Principale, M.
le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui. Dans l'affaire du MTQ, M. le Président, nous
essayons toujours de comprendre ce qui s'est passé et d'avoir accès à l'information que le gouvernement et le
ministère des Transports ont d'abord voulu retenir. Les députés membres de la Commission de
l'administration publique de tous les partis politiques ont demandé d'avoir
accès au matériel préparé par l'enquêteur externe Annie Trudel. Cette
demande nous a été refusée parce que l'information a été transmise à l'UPAC.
Évidemment,
personne ici ne veut compromettre les enquêtes policières qui pourraient être
lancées, M. le Président. On a proposé à la CAP de recevoir à huis clos
le commissaire de l'UPAC, qui pourrait présenter aux députés les documents en
toute confidentialité, et ce, sans nuire aux enquêtes. Et il y a des précédents
même en cette matière. Par exemple, la police avait partagé l'information
sujette à enquête avec des membres de la CAP dans le dossier de Lise Thibault.
Est-ce que le
premier ministre, qui a des gestes à poser pour rétablir la confiance dans le
dossier du MTQ, M. le Président, est-ce
qu'il appuie notre proposition qui donnerait accès à l'information aux
parlementaires sans compromettre les enquêtes?
Le Président : S'il vous
plaît! M. le premier ministre.
Couillard : ...ça, M. le
Président, encore une fois, là, deux questions de suite, deux signes
d'irresponsabilité. On ne comprend
pas la notion de séparation des pouvoirs, de toute évidence, de l'autre côté de
la Chambre, on veut que les élus
donnent des ordres à l'UPAC. Nous, on ne fera pas ça. La commission décidera de
sa conduite, c'est à elle de le faire
de façon souveraine, mais il n'est pas question d'aller dire à l'UPAC quoi
faire ni de compromettre quoi que ce soit. Et je suis même surpris qu'il
soulève la question, là, franchement.
Alors, oui, les gestes ont été posés, des gestes
importants ont été posés sur le plan administratif, sur le plan de
l'intervention de la Vérificatrice générale, sur le plan également de l'UPAC, à
laquelle ont été transmises les données dès
qu'elles ont été détenues par l'ancien chef de cabinet du ministre des
Transports, il faudrait donc se féliciter que les actions nécessaires aient été posées. On va
attendre le résultat de ces actions-là, M. le Président. Mais ce que demande
le chef de l'opposition n'est pas justifié ni acceptable.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Gaudreault : Oui. Ce qu'on
comprend, M. le Président, c'est que, dans la tête du premier ministre, c'est deux poids, deux mesures, parce que ça a déjà été
fait dans le cas de Lise Thibault. L'enquêteur avait dit très clairement
aux députés dans quelle limite, c'était
quoi, le carré de sable dans lequel ils pouvaient jouer, et les députés avaient
respecté cette confidentialité, tout le monde avait suivi ça, et rien
n'était sorti de la CAP sur Lise Thibault.
Est-ce que le premier ministre veut nous dire
pourquoi on ne pourrait pas faire la même chose dans le dossier du MTQ, M. le
Président?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Bien, M. le
Président, très simplement
parce que le commissaire de l'UPAC a déjà
répondu à la question. Et il y a une lettre du 27 mai 2016, que je serais
heureux de déposer ici, qui dit qu'il doit examiner des dénonciations d'actes répréhensibles. «Ainsi, le contenu de la
clé USB constitue une dénonciation qui est présentement en enquête par
des membres de mon personnel afin de
déterminer les suites à y donner. Dans ce contexte, le Commissaire à la lutte
contre la corruption doit refuser de donner communication d'un renseignement
contenu dans un document qu'il détient dans l'exercice d'une fonction...»
Alors, je dépose le document, mais, je pense,
cette réponse-là suffit, M. le Président, à la question de mon collègue.
Président : Est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt? Consentement. M. le chef de l'opposition, troisième
complémentaire... deuxième...
Gaudreault : Oui. Ça ne suffit pas, M. le Président, parce que
c'est un affront aux droits des parlementaires. Il faut trouver un équilibre entre le droit fondamental des
parlementaires d'avoir l'information telle que demandée à la CAP et le respect des enquêtes, et c'est
exactement ce que nous faisons en se basant sur le précédent de l'affaire
Thibault.
Alors,
pourquoi c'est deux poids, deux mesures pour le premier ministre? Pourquoi il
n'accepte pas tout simplement de fournir l'information de façon confidentielle
aux parlementaires, comme on l'a proposé dans notre proposition?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, simplement, je ne détiens pas l'information, c'est
l'UPAC qui l'a. Puis je viens de lire l'extrait de la lettre du
commissaire qui, en passant, répond complètement à la question de mon collègue.
Alors,
oui, c'est important, le droit des parlementaires, mais le droit de la société
à une justice entière est également important,
de même que le principe de séparation des pouvoirs. Je pense qu'il ferait mieux
de lire là-dessus en fin de semaine.
Le Président :
Principale, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, quand qu'on choisit comme société
d'accueillir des immigrants, d'accueillir des réfugiés, on a la responsabilité
de leur assurer que tous les services d'intégration sont en place. Or, M. le
Président, on apprend que le premier
ministre fait exactement l'inverse. Imaginez-vous donc que le bon gouvernement
libéral coupe dans les budgets de
francisation : 20 % dans le budget à Montréal, 41 % à
Saint-Hyacinthe, 37 % dans la région de Québec.
M. le Président,
comment voulez-vous que les élèves néo-québécois qui ne parlent pas le français
puissent suivre le régime pédagogique s'ils
ne comprennent pas même la langue? Est-ce que le ministre de l'Éducation va
intervenir, rétablir les budgets,
mais, plus important encore, M. le Président, s'assurer que tous les élèves
québécois sans exception puissent apprendre le français pour qu'ils
puissent obtenir leur diplôme et suivre le régime pédagogique?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui, M. le Président. D'abord, je partage l'opinion du collègue à l'effet que
tous les enfants du Québec puissent apprendre le français, bien entendu,
et être scolarisés à l'intérieur de nos lois. En ce qui touche l'aide à la francisation, M. le Président, il faut se rappeler
d'où ça vient : c'est un partage qui se fait avec ma collègue de
l'Immigration, c'est des sommes qui
sont mises de l'avant au ministère et qui sont disponibles dans les commissions
scolaires. Certaines sommes vont au service d'éducation aux enfants,
donc aux jeunes, d'autres aux adultes.
En ce qui touche l'éducation
aux jeunes, M. le Président, c'est un service qui n'est offert qu'à la commission
scolaire, donc les jeunes vont à l'école. En ce qui touche la scolarité, et la
scolarisation des adultes, et la francisation des adultes, M.
le Président, c'est des sommes qui
sont partagées dans la mesure où les services peuvent être partagés avec
d'autres services du MIDI.
que je dois dire à cet égard-là, M. le
Président, c'est que les
variations... les montants sont évalués d'abord en fonction de l'historique, c'est vrai, un historique très
court. C'est 161 millions de dollars, M. le
Président, qui est mis de l'avant dans les commissions scolaires pour la
francisation. C'est des sommes qui donnent aux commissions scolaires de la souplesse pour pouvoir travailler. Il
y a de la flexibilité. Il peut y avoir également de la transférabilité entre
les différentes commissions...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...et il n'y a actuellement, M. le Président, aucune liste d'attente dans les
différentes...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, est-ce que le ministre
de l'Éducation peut mettre de côté,
là, sa réponse administrative? Est-ce qu'il réalise qu'il y a peut-être
des jeunes Syriens, là... ils ne disent pas un mot français? On demande à ces jeunes-là de s'asseoir dans une
classe, puis là, ces jeunes-là, ils leur disent... Ils veulent avoir accès à
des cours de français, puis on leur
répond : Non, il n'y a plus de budget, on ne peut pas vous accompagner.
Mais pourtant on leur demande de suivre le régime pédagogique québécois.
Est-ce que
vous trouvez ça normal, vous, comme ministre
de l'Éducation, qu'on ait des enfants
au Québec qui veulent apprendre le français et qui
sont incapables...
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Proulx : M. le Président, l'exemple des enfants syriens est un excellent exemple. Actuellement, le gouvernement a mis de l'avant près de 4 millions de dollars pour soutenir les enfants syriens dans les
différentes commissions scolaires
dès cette année. Dans l'ensemble de la
francisation, M. le Président, le gouvernement a ajouté 5 millions de dollars pour
soutenir la francisation. Il y aura
reddition de comptes, à la fin, des différentes commissions scolaires pour l'ensemble des services qu'ils auront offerts. Mais il y a, dans certains secteurs,
baisse de la clientèle; il y a, dans d'autres secteurs, M. le Président, augmentation de la clientèle; et, dans le cas des enfants
syriens, il y a effectivement du travail qui est fait. Le gouvernement accompagne les enfants syriens, accompagne les
Syriens qui sont dans nos écoles, accompagne leurs parents dans le service aux adultes au sein du ministère de l'Éducation, au sein du ministère de
l'Immigration lorsque les...
Le Président : En terminant.
M. Proulx : ...services sont offerts
par le MIDI, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Bourget.
M. Kotto : M. le
Président, la Charte de la langue française est claire : De par la loi 101, les enfants immigrants
ont l'obligation légale de fréquenter un établissement francophone. Le ministre de
l'Éducation a la responsabilité d'offrir tout le support
possible pour que les nouveaux arrivants puissent fréquenter l'école en
français. La ministre de
l'Immigration transfère chaque année des sommes d'argent au ministre de
l'Éducation pour l'intégration et la francisation.
Est-ce que la
ministre de l'Immigration va exiger du ministre que ces sommes soient utilisées
pour franciser tous les élèves allophones?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Proulx : Oui, M. le Président.
L'ensemble des sommes, là, qui sont disponibles pour la francisation sont utilisées, M. le Président. Elles sont versées aux
commissions scolaires, qui font le travail. Je viens de vous l'expliquer à
l'instant, dans le cas des enfants syriens,
notamment, il y a des sommes supplémentaires qui ont été ajoutées pour soutenir
leur francisation. Pour l'ensemble des
immigrants, M. le Président, qui sont actuellement dans les écoles, il y a des
sommes qui sont mises de l'avant pour
les soutenir. Juste l'an dernier, M. le Président, c'est 161 millions de
dollars qui ont été mis à la disposition des différentes commissions scolaires pour
faire cette francisation-là. Et elle a lieu, M. le Président, parce qu'il y a de la souplesse, de la possibilité de transfert entre les différents programmes
des commissions scolaires pour faire cette francisation-là. Et je tiens à le
répéter, M. le Président, il n'y
a actuellement aucune liste
d'attente dans les commissions scolaires.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
lors de la dernière campagne électorale, le premier ministre avait promis aux Québécois
250 000 emplois sur cinq ans,
donc 50 000 par année. Première année du gouvernement, pas si mal, 46 000 emplois de créés. Le problème, M. le
Président, c'est la deuxième année. Au cours des 12 derniers mois, il
s'est perdu 9 500 emplois. C'est
catastrophique, M. le Président. En Ontario, pour la même période, il s'en est
créé 95 000.
Or, un des secteurs importants, c'est le secteur
de l'aéronautique. Et hier la ministre a déposé une stratégie en aéronautique pour 2016‑2026. Or, il y a
10 ans, le ministre des Finances, Raymond Bachand, du gouvernement libéral,
avait déposé une stratégie aéronautique 2006‑2016.
À l'époque, il y avait 40 000 emplois au Québec en aéronautique. Aujourd'hui, 10 ans plus tard de régime
libéral, il y a toujours 40 000 emplois en aéronautique au Québec. Zéro
emploi créé. Zéro emploi créé depuis 10 ans. Ils trouvent ça drôle,
M. le Président.
Donc, est-ce
que, M. le Président, le premier ministre peut nous dire, est-ce qu'il peut
reconnaître qu'il ne s'est créé aucun emploi en aérospatiale depuis
10 ans sous les libéraux? Combien en prévoit-il d'ici la fin du mandat?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
on reconnaît le style de notre collègue ici. C'est certain que, si on l'avait
écouté, on en aurait perdu quelques
milliers. C'est certain, là, que, si on avait suivi ses conseils de ne pas
signer, de ne pas aider Bombardier...
On nous a même demandé à mots couverts d'annuler des commandes parce qu'on
n'était pas sûrs de ceci ou de cela.
C'est certain que, si on avait suivi les instructions de la CAQ, M. le
Président, on aurait perdu des milliers et des milliers d'emplois dans l'aéronautique. Heureusement, on était là
pour veiller au grain, on était là pour s'assurer que la série C
soit soutenue.
Il n'a pas
encore trouvé de façon de dire un mot en faveur de la série C,
l'innovation québécoise qui nous permet de nous démarquer dans le monde entier. C'est regrettable. Il n'a pas
trouvé un mot pour nous appuyer auprès du gouvernement fédéral
pour aider la série C. Il n'a pas trouvé un mot pour dire aux travailleurs
de l'aéronautique que c'est le geste qu'il fallait poser et qu'il aurait pu s'y associer pour célébrer le fait, en
passant, que Delta a dit que c'est grâce à notre intervention que les
emplois ont été préservés parce que les commandes ont été faites.
Alors, la
stratégie que la ministre a déposée est très ambitieuse. Elle comprend de
nombreuses mesures qui seront complétées par des plans d'action, entre autres,
les PME, la chaîne des PME. J'ai visité hier une entreprise extraordinaire,
le Groupe Meloche, qui va procéder à une
croissance importante, notamment, possiblement par des fusions-acquisitions,
qui est un fournisseur des plus grandes
entreprises du monde et du Québec. C'est comme ça qu'on va faire grandir le
nombre d'emplois, pas uniquement dans
les grands donneurs d'ordres, mais dans notre chaîne de PME. Et ça va être bon
pour toutes les régions du Québec,
incluant la région que j'ai visitée hier. Alors, il devrait nous féliciter, lui
aussi, comme tous les intervenants du milieu, sur la qualité de la
stratégie aérospatiale présentée par notre collègue.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe de l'opposition.
M. Legault :
M. le Président, comme on dit en français, le premier ministre a manqué une
bonne game : ça fait un an et demi que je dis qu'il faut aider
Bombardier, mais ça prend un plancher d'emploi.
Et je répète
ma question. M. le Président, Raymond Bachand, il y a 10 ans,
disait : Il y a 40 000 emplois dans le secteur
aéronautique, on va en créer, les libéraux. 10 ans plus tard, il s'en est
créé zéro. Combien le premier ministre pense-t-il en créer dans les deux années
qu'il lui reste?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, c'est
trop tard pour le chef de la deuxième opposition aussi parce qu'il a manqué
l'occasion de se joindre à nous pour
défendre la série C et les emplois dans l'aéronautique. Il a eu plusieurs
occasions de le faire. Et je sais de
source sûre que chacun de ses commentaires sur Bombardier et sur la
série C, de même que ceux de l'opposition officielle, ont eu un impact très négatif sur les efforts de
l'entreprise à l'étranger pour trouver de nouveaux clients. Ça, c'est son bilan à lui. Notre bilan à nous, c'est
d'avoir déposé une stratégie qui est ambitieuse, qui est saluée par l'ensemble
des intervenants. Est-ce qu'il est en train
de nous dire que l'ensemble des intervenants du secteur qui a salué et félicité
le gouvernement pour cette stratégie se sont tous trompés? Non, ils voient là
la promesse d'avenir non seulement de maintenir
les emplois, mais d'en créer de nouveaux. Ce sera surtout dans la chaîne des
PME également si on peut attirer d'autres grandes entreprises au Québec.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe de l'opposition.
M. Legault :
M. le Président, avez-vous entendu le début du commencement d'une réponse? Ce
que je lui dis, c'est que le gouvernement libéral, depuis 10 ans, a
créé zéro emploi en aéronautique.
Quand va-t-il cesser d'être un spectateur? Quand
va-t-on arrêter d'avoir un gouvernement nonchalant en économie? Combien
d'emplois va-t-il créer en aéronautique pour les deux dernières années de son
mandat?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
c'est lui qui a été un spectateur passif dans cette question. C'est lui qui a
refusé de se dresser au nom de
Bombardier. C'est lui qui a renoncé à l'idée de défendre le génie québécois
dans le monde entier. C'est lui qui a
renoncé à l'idée de soutenir les 40 000 travailleurs du secteur
aéronautique. Et il vient nous donner des leçons aujourd'hui, lui, lui
qui n'a pas levé le petit doigt pour Bombardier? Non, M. le Président, pas
acceptable.
Le Président : Principale, M.
le député de Groulx.
Surprenant : Puisqu'on parle de spectateurs passifs, vendredi dernier,
le ministre des Transports a tenu un point
de presse surréaliste dans lequel il a annoncé que son projet
de loi anti-Uber devenait un projet pilote pour Uber. Il a déclaré, et
je le cite : «On est prêts à discuter avec Uber [du] projet pilote. On est ouverts à ça[...]. Je leur dis : Écoutez, je
suis prêt à regarder un projet pilote avec vous, mais entendons-nous au départ.» Fin de
la citation. Trois jours plus tard, le
ministre a fait tout le contraire. Il ne s'est même pas
présenté à la rencontre qui a eu lieu hier après-midi entre l'entreprise et son propre cabinet. D'un côté, il demande de la collaboration et, de l'autre,
il pratique la politique de la chaise vide. C'est complètement
irresponsable.
question au ministre est bien simple : Quel est son objectif?
Veut-il vraiment trouver un compromis avec Uber avant de
faire adopter son projet de loi ou cherche-t-il simplement à sauver la face?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Merci, M. le Président. D'abord, écoutez, la rencontre a été
sollicitée vendredi après-midi, et vendredi après-midi on a bien expliqué aux représentants d'Uber que je ne serais
pas disponible hier après-midi, et ils ont bien accepté la rencontre,
voulant une rencontre exploratoire.
se rappellera par ailleurs, M. le Président, que ce que j'avais demandé à Uber,
c'est de nous faire une proposition créative,
imaginative. C'est une société innovante, une société qui est valorisée à plus
de 60 milliards de dollars, et ce 60 milliards
là, il s'appuie sur une application. Alors, je me suis dit, et le gouvernement
s'est dit : S'ils sont capables de développer une application qui vaut 60 milliards, ils doivent être
capables aussi de l'ajuster pour aller chercher d'autres marchés. De penser que l'industrie du taxi
mondialement est unique, uniforme, sans permis pour les chauffeurs, sans permis
pour posséder un taxi, c'est un peu
illusoire, ils le savent. Alors, ne serait-ce que pour le bien de l'entreprise,
je pense qu'il irait de soi qu'Uber s'ajuste dans son logiciel et fasse
en sorte qu'elle soit respectueuse de toutes les juridictions dans lesquelles
elle s'installe.
Ce que j'ai fait,
c'est un appel à l'imagination, à l'innovation, à la créativité dans
l'application...
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
...et ce que j'ai eu comme réponse, tout simplement, c'est : On ne
comprend pas.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, le ministre manque à ses
obligations qui sont de rencontrer une entreprise qui veut négocier avec son gouvernement. Vendredi
passé, vous avez pris votre projet de loi, vous avez barré 100 pour en faire un projet pilote. Ce n'est pas sérieux, ça,
M. le ministre. Vous étiez sûrement meilleur négociateur quand vous étiez
à Investissement Québec.
Allez-vous donner une
chance à la négociation et rencontrer Uber cette semaine?
Président : Je vous demanderais votre collaboration, c'est à la
présidence qu'on s'adresse, M. le leader du deuxième groupe
d'opposition. M. le ministre des Transports.
M. Daoust :
Oui. La loi existante permet et a été amendée il y a environ 15 mois...
permet d'avoir des projets pilotes. En fait,
si Téo existe aujourd'hui, c'est justement parce que la loi permet de faire un
projet pilote. Et c'est ce qui a été
fait dans le cas de Téo. Et Téo l'a fait dans une technologie qui s'apparente
beaucoup, M. le Président, à celle qu'on voit chez Uber, mais cette
technologie-là, elle est respectueuse des règles en place au Québec.
Alors, ce que j'ai
voulu faire, simplement, c'est de dire à Uber : Vous voulez rester chez
nous? Vous êtes les bienvenus dans la mesure
où vous respectez les règles, dans la mesure où vous respectez les lois. C'est
aussi simple que ça, M. le Président.
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
Si d'autres sont capables de le faire, Uber est certainement capable de le
faire aussi.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : M. le Président, le ministre n'a pas rencontré
une seule fois Uber depuis le 12 février dernier. Il y a
450 000 personnes par mois qui utilisent Uber. Vous devez trouver un
compromis pour rassurer à la fois les consommateurs et l'industrie du taxi.
Allez-vous donner une
chance à la négociation et rencontrer cette semaine Uber?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : D'abord, le 12 février dernier, on se souviendra, M. le
Président, que c'était en commission parlementaire
et on se rappellera que, très récemment, nous les avons aussi reçus en
commission parlementaire. Alors, je pense que l'affirmation du député de
Granby est erronée.
Maintenant, je ne
comprends pas pourquoi ils se font les grands défenseurs d'une technologie qui
n'est pas respectueuse de nos lois. Ce qu'on
a entendu récemment par le juge Cournoyer, c'est qu'ils faisaient effectivement
une industrie de taxi, qu'ils
devaient payer les taxes, qu'ils devaient payer les impôts. Et ce qu'on a vu, c'est
qu'ils ne le faisaient pas parce
qu'ils ont contesté ça. Il a fallu les tribunaux du Québec pour leur
dire : Écoutez, vous pouvez toujours adopter le vocabulaire que
vous voulez, mais vous ne respectez pas nos lois.
Alors, je les ai
rencontrés encore une fois en commission parlementaire...
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
...et je les invite beaucoup à se conformer.
Le Président :
Principale, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Depuis le dépôt du projet de loi n° 70, qui
oblige les nouveaux demandeurs d'aide sociale à embarquer dans le programme Objectif emploi sous peine de sanctions, les
critiques fusent de toutes parts. Soyons clairs, M. le Président, les sanctions peuvent aller jusqu'à la moitié du chèque
d'aide sociale, donc de contraindre une personne à vivre avec seulement 400 $ par mois. Même les
représentants du patronat ont des doutes sur ces sanctions, M. le Président.
Hier,
300 universitaires, des ex-collègues du ministre actuel, ont demandé le
retrait du projet de loi n° 70. Selon Paul Journet, de La Presse , dans son éditorial de ce matin intitulé
Pénaliser la misère , «dans certains cas, on risque tout simplement de les jeter par terre ou même de les
jeter à la rue. Ce risque ne doit pas être pris.» Non, M. le Président, nous
ne pouvons se permettre ce risque.
Est-ce que le
ministre peut se rendre à l'évidence et retirer le projet de loi n° 70?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Blais : Alors, merci beaucoup. Merci au collègue pour la question. Ça
fait quand même un bout de temps qu'on travaille
sur le programme Objectif emploi, je n'avais pas eu encore le plaisir d'avoir
une question de sa part. Ça permet de clarifier un certain nombre de
choses aussi.
Écoutez,
le contexte est le suivant, M. le Président. Il y a en ce moment des
possibilités d'emploi partout sur le territoire
du Québec. Une bonne
partie de ces emplois-là, c'est pour des personnes qui
sont peu qualifiées. En même temps, nous
avons une surreprésentation des personnes à l'aide sociale au Québec quand on
compare simplement avec les autres provinces canadiennes et une
surreprésentation surtout des jeunes à l'aide sociale au Québec. Quand on
regarde les pratiques qui sont les plus
probantes au Canada, dans toutes les provinces canadiennes et aussi en Europe,
dans toutes les sociétés sociales-démocrates,
notamment les plus égalitaires d'entre elles, notamment le Danemark, hein, dans
toutes les sociétés
sociales-démocrates, il y a le principe de réciprocité, qui fait en sorte
d'engager la personne dans une démarche. Cette démarche, ça peut être le
retour vers l'emploi, ça peut être le retour aux études. J'insiste beaucoup
là-dessus, à l'intérieur du projet et de l'objectif, on a beaucoup de nos
jeunes à l'aide sociale qui n'ont pas terminé leurs études...
Le Président :
En terminant.
M. Blais :
...qui n'ont pas de qualifications, et je pense que c'est un programme qui est
nécessaire pour faire progresser...
Président : Première complémentaire, M. le député de
Saint-Jean.
Turcotte : M. le Président, nous ne sommes pas contre l'aide
aux plus jeunes, bien au contraire, mais nous sommes contre l'approche punitive proposée par le ministre. Je cite un
de ses ex-collègues universitaires, Paul-André Lapointe : «...le projet de loi n° 70 contribue à
maintenir et à accroître des emplois de mauvaise qualité, [...]des emplois
précaires, faiblement rémunérés...» La réforme du ministre est un échec
annoncé, M. le Président.
Est-ce que le
ministre va retirer son projet de loi?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Blais : M. le Président, on parle de nos jeunes, là, on parle de leur
avenir, hein? Et on va tous s'entendre sur un fait, c'est que c'est dès le jeune âge que l'on prépare ou que l'on
ne prépare pas notre avenir. Imaginez la situation. Actuellement, au Québec, il est possible pour un
jeune, à 18 ans, d'arriver, de demander l'aide sociale et de ne pas
rencontrer une seule personne, une
seule référence pendant toute sa vie parce qu'il n'y a aucune obligation en ce
moment de rencontrer une seule
personne pour discuter d'un projet d'avenir et des nombreuses ressources que
l'on offre aux jeunes pour s'en sortir.
L'enjeu ici, c'est ça. Ce n'est pas la punition, c'est d'aider les jeunes à se
sortir de l'aide sociale. Je ne peux pas imaginer qu'il y a une personne
ici qui est en défaveur...
Le Président :
En terminant.
M. Blais :
...de cet enjeu.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : M. le Président, ce n'est pas que nous qui le
mentionnons, 300 universitaires. Depuis 65 heures, nous demandons les études du ministre, les études
d'impact, qu'est-ce que ça va représenter pour les gens. Le ministre
n'est pas capable de déposer aucune étude, ce n'est que sa parole.
le Président, est-ce que le ministre peut se rendre à l'évidence? Et ce n'est
pas possible de vivre au Québec avec 400 $ par mois, et il doit,
oui, retirer les sanctions et, oui, retirer le projet de loi n° 70.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre de l'Emploi.
Blais : Notre collègue veut absolument que nos jeunes vivent de l'aide
sociale et s'accrochent à l'aide sociale. Nous, ce que l'on veut, hein,
ce que l'on veut, c'est d'en sortir le plus grand nombre.
Alors,
les études, il y en a abondamment, on aura l'occasion d'en reparler encore en
commission parlementaire. Quelques-unes,
donc. En Allemagne, une recherche de 2002 : Nos résultats démontrent que
chaque type de sanction conduit à un
taux de transition accru vers le travail et que cet effet est plus élevé pour
les sanctions qui sont fortes. Les Pays-Bas : Une sanction augmente
le taux de transition de l'aide sociale vers l'emploi par plus de 140 %,
M. le Président.
Écoutez, là, écoutez,
on parle de...
Le Président :
S'il vous plaît! En terminant.
M. Blais :
On parle ici de donner un avenir à nos jeunes, de leur ouvrir des portes.
Le Président :
S'il vous plaît! Merci. Il n'y a qu'un...
Le Président :
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
en principale.
Massé : Merci, M. le Président. Le rapport final de l'évaluation environnementale stratégique
sur Anticosti a enfin été rendu
public. Ce rapport vient confirmer ce que nous savions déjà, la mise en
production massive du gaz et du
pétrole de schiste d'Anticosti aurait un impact majeur sur le bilan climatique
du Québec. Dans le pire des scénarios, la
mise en production des hydrocarbures d'Anticosti représenterait une
augmentation des émissions de 6 %. Ça représente 4 millions de tonnes de gaz à effet de serre
chaque année pendant 75 ans. Le rapport est implacable, l'exploitation des
hydrocarbures aurait donc à long terme...
comme difficilement conciliable avec les objectifs du Québec en matière de
lutte contre les changements climatiques.
Rappelons
que le premier ministre, lors de la conférence de Paris, confirmait que le
Québec veut diminuer ses émissions de 80 % à 95 % d'ici 2050.
question au ministre de l'Énergie : Pourquoi financer un désastre
climatique comme celui des hydrocarbures plutôt que...
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. En mai 2014, nous avons mis en place le processus des
évaluations environnementales stratégiques
tant pour l'ensemble de la filière des hydrocarbures que la filière spécifique
d'Anticosti, et notre objectif, c'était justement de rassembler
l'ensemble des connaissances, que ce soit en matière de transport, de protection de l'environnement, de sécurité,
d'économie, pour avoir vraiment toute l'information disponible pour, justement,
éclairer notre voie par rapport à la
question des hydrocarbures au Québec. Et, si nous décidons d'aller de l'avant,
c'est justement pour la raison pour
laquelle nous nous sommes dotés de toutes ces études-là, pour pouvoir nous
préparer à un éventuel projet de
loi sur l'exploration et l'exploitation
des hydrocarbures au Québec.
Ceci
dit, cette exploitation ou cette exploration, même, va devoir se faire dans le
contexte de la lutte contre les changements
climatiques, dans le contexte de nos cibles de réduction d'émissions de gaz à
effet de serre, dans le contexte de
notre plan d'action en électrification dans le transport, dans le contexte de
notre politique énergétique pour, justement, s'assurer qu'on ait un
cadre cohérent, rigoureux, sérieux...
Le Président :
En terminant.
M. Heurtel :
...pour, justement, nous permettre d'avancer, mais d'avancer, justement, pour
le XXIe siècle.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Le problème, M. le Président, c'est qu'on ne peut pas, c'est
impossible, en même temps, de viser des
cibles de diminution de 15 mégatonnes et, en même temps, accepter qu'il y
en ait 15 millions qui se rajoutent par année parce qu'on choisit
de faire de l'exploitation des hydrocarbures. Ça ne marche pas.
Alors, ma question,
c'est : Quand offrira-t-on des alternatives économiques plutôt que de
livrer la population d'Anticosti à la voracité de l'industrie gazière et
pétrolière?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : M. le président, j'invite la députée à lire la politique énergétique du Québec, à lire le plan
d'action sur l'électrification des
transports, à lire le plan d'action sur les changements climatiques 2013-2020, à prendre connaissance de nos cibles de réduction de 20 % par
rapport à 1990 pour 2020... 37,5 % par rapport à 1990... par rapport à...
pardon, 37,5 % de réduction par rapport à 1990 et de 80 % à
95 % de réduction en 2050 par rapport encore à 1990.
Tout l'ensemble de ce
que nous mettons de l'avant, c'est justement mettre en place une économie
verte, une économie moderne, une économie qui va, justement...
Le Président :
En terminant.
M. Heurtel :
...nous permettre de passer à une transition qui ne nous forcera par de
dépendre des...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Alors, deux choix
s'opposent : soit qu'on saccage l'île d'Anticosti ou soit qu'on fait du développement durable. Vous connaissez comme moi Nature Québec, groupe implacable au Québec.
Qu'est-ce qu'ils viennent nous dire? Ça ne se fait pas, les deux. Il y
en a, des pistes de solution, M. le Président. Ce qu'il faut juste, c'est de faire un réel choix d'une économie
du XXIe siècle qui est plutôt orientée vers une économie faible réellement
en carbone.
Alors, pouvons-nous
compter sur le premier ministre, puisqu'il est vert...
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : Encore une fois, contrairement à d'autres partis de l'autre côté de cette Chambre, M. le Président, nous faisons un exercice, justement, rigoureux, on regarde l'ensemble
des facteurs. Et ce qu'on a convenu à Paris, toute la planète a convenu
à Paris en décembre dernier, c'est qu'on n'avait pas le choix, il fallait
réduire nos émissions de gaz à effet de serre et il fallait réduire notre
dépendance aux hydrocarbures, au pétrole.
Cela
dit, ça ne se fera pas du jour au lendemain. Puis, contrairement à ce que même
peut prétendre la députée, même si la
chef de sa formation politique sait très bien qu'on en a encore pour plusieurs
décennies avec le pétrole, ce qu'il faut
faire, c'est amorcer une transition, développer
l'économie verte, et c'est ce que nous faisons avec l'ensemble de nos
politiques, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Une pénurie de radiologistes frappe durement les
Laurentides depuis près d'un an. Des
milliers de radiographies non lues s'accumulent présentement sur les bureaux.
Selon des données obtenues par la
CAQ, 10 500 patients attendent des semaines et des mois la lecture de
leurs radiographies pour savoir s'ils ont, par exemple, une sinusite, une pneumonie, voire un cancer.
Mont-Laurier, 4 500 radiographies à lire, jusqu'à trois mois
d'attente. À Lachute, 2 800 radiographies, jusqu'à cinq mois d'attente. À Saint-Jérôme, 2 100 radiographies, jusqu'à deux mois et demi d'attente.
Ces délais d'interprétation sont inacceptables.
ministre de la Santé a fixé des objectifs aux médecins de famille pour qu'ils voient plus de patients orphelins d'ici décembre 2017. Peut-il faire la même
chose avec ses collègues radiologistes pour éliminer les listes d'attente pour
les lectures de radiographies dans les Laurentides?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, ça me fait plaisir d'avoir cette question-là, évidemment,
encore une fois, pour me permettre
d'informer la population correctement
et particulièrement du mode de fonctionnement qui existe dans la pratique
médicale en ce qui a trait à l'interprétation des films en question.
Alors,
dans un premier temps, M. le Président, il faut que la population soit informée
qu'il y a une priorisation qui est
faite, évidemment, pour ce qui est tant de l'exécution que de l'interprétation
des examens. Alors, la priorisation est
faite d'une telle manière, évidemment, qu'on va faire les examens qui sont les
plus urgents ou qui traitent de problèmes diagnostiques plus graves
comme le cancer.
Mais,
M. le Président, ce qui est encore plus important, c'est que, quand on regarde
des listes d'attente comme celles-là ou des faits numériques tels que
présentés par le député de Lévis, c'est évidemment de faire abstraction que, lorsque de tels examens... Le député de Lévis
faisait référence, par exemple, à des radiographies du sinus. Ce sont des
examens, M. le Président, qui sont faits,
par exemple, dans un contexte d'urgence, et en général, sinon dans la totalité
des cas, l'urgentologue va aller, séance
tenante, consulter le radiologue, qui, oui, c'est vrai, va donner un rapport
écrit plus tard, mais le rapport pertinent...
Le Président :
En terminant.
Barrette : ...qui est celui de l'information à donner séance tenante à
l'urgentologue est donné, justement, séance tenante.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président,
j'espère que le ministre a vu ce rapport du CISSS des Laurentides. Il y a
10 500 radiographies non lues, des
patients inquiets qui attendent jusqu'à 154 jours à Lachute, 96 à
Mont-Laurier, 71 à Saint-Jérôme. Les
médecins sont inquiets, les patients sont inquiets. Le ministre est un
radiologiste et il serait le premier à dénoncer ces faits-là s'il était
encore sur le terrain. Pourtant, ça dure depuis un an.
Qu'est-ce que le ministre va faire pour régler
le problème des radiographies non lues dans les Laurentides?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Alors, je vais répéter, évidemment, l'explication, M. le
Président, en rajoutant certains éléments complémentaires qui vont, je
l'espère, éclairer tout le monde.
En général,
ce que le député de Lévis nous relate, c'est un problème de transcription. Pas
toujours, mais en général c'est un
problème de transcription. C'est quoi, une transcription? C'est l'étape qui vient après que le radiologue
ait fait son interprétation, ait dicté dans un magnétophone son rapport.
Et là, souvent, il existe au Québec des problèmes de transcription, c'est-à-dire le taper à la lecture sur un ordinateur. Mais
entre-temps, la plupart du temps, M. le
Président, sinon la totalité
du temps, les médecins sont venus consulter les radiologues pour avoir une
opinion verbale et même, souvent, peuvent consulter l'enregistrement,
imaginez-vous.
Le Président : En terminant.
M. Barrette : C'est vrai, ce que le député
de Lévis nous dit, mais ça n'enlève pas le fait que...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Alors,
ajoutons-en, M. le Président. En plus des 10 500 radiographies non
lues, 19 000 patients
attendent pour obtenir un examen d'imagerie
médicale dans les Laurentides, 69 % des patients attendent plus de trois
mois pour une échographie cardiaque,
64 % attendent plus de trois mois pour une échographie mammaire, 38 %
pour une IRM. Pourquoi le ministre n'applique-t-il pas dès maintenant
sa promesse électorale rompue de rembourser les patients qui vont au
privé pour obtenir un scan, une IRM ou une échographie?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, comme je l'ai dit à
plusieurs reprises ici, nous allons
remplir notre promesse électorale. Ça,
c'est certain, là, on va le faire. Maintenant, M. le
Président, je vais réitérer un fait.
Le député de Lévis, lorsqu'il
regarde les grilles de rendez-vous en
radiologie, voit les rendez-vous qui sont donnés dans le futur, hein, et il
considère, M. le Président, que ce sont des listes d'attente. Je le répète, M. le Président, oui, il y a certains rendez-vous qui sont des patients en attente, mais il y a
des rendez-vous donnés de façon prospective. Le député de Lévis, par exemple, s'il avait un problème de
santé significatif, pourrait se voir donner un rendez-vous dans six mois. Ce
n'est pas une liste d'attente, ça, c'est parce que, dans sa condition...
Le Président : En terminant.
Barrette : ...on a choisi,
médicalement, qu'un examen de contrôle devait se faire dans six mois. Ce n'est
pas la même chose...
Le Président : Principale, M.
le chef de l'opposition.
M. Gaudreault : Oui, M. le
Président. Dans la série Le gouvernement démantèle les régions, on a un très
bel exemple, malheureusement, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, à Jonquière. Un organisme a été mis sur pied il y a
34 ans pour offrir des soins à
domicile et répondre aux besoins de la population, ça s'appelle Jonquière-Médic, une formule unique
au Québec qui permet à des médecins de se déplacer à
domicile pour aller voir des patients vulnérables qui n'ont soit pas de
médecin de famille ou qui ne sont pas capables d'avoir de rendez-vous rapidement.
Puis ça marche depuis 34 ans, M. le
Président, parce qu'à chaque année c'est 10 000
rencontres qui sont faites, l'année passée même 11 000. Mais l'avenir
de Jonquière-Médic est
menacé, conséquence directe des décisions de ce gouvernement, du premier
ministre et de son ministre de la
Santé, parce que c'est encore une réforme libérale mur à mur qui est
partie de
Québec puis qui impose les mêmes conditions à la grandeur du Québec sans
tenir compte des particularités locales comme Jonquière-Médic.
Alors,
le premier ministre doit être conscient que ses solutions, ça ne fonctionne
pas. Est-ce qu'il va permettre à Jonquière-Médic de continuer à donner
ses services, qui marchent depuis 34 ans, à la population de Jonquière?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Mais ce que notre collègue
oublie de dire, ce n'est pas un
détail anodin, c'est que cette situation provient d'une décision de la Fédération des médecins omnipraticiens du
Québec de recalibrer ses tarifs pour, justement, encourager davantage la prise en charge de patients vulnérables et le
suivi par des médecins de famille, ce que la formule décrite, malgré ses qualités, ne fait pas. Dans
Jonquière, dans la région de Jonquière, il y a près de 6 000 personnes qui
ont besoin d'un médecin de famille. Ça, ça devrait être notre priorité avant
tout, ça devrait être de faire en sorte que les médecins prennent en
charge des patients, participent à un GMF, lèvent la main pour avoir une
superclinique dans son coin, il devrait lui-même en être un promoteur.
il y a également lieu de s'interroger sur la capacité qu'auraient
les infirmières praticiennes — il en a parlé il y a quelque temps, des infirmières praticiennes — de remplir cette mission avec probablement
quasiment le même niveau d'efficacité
que le feraient des médecins, dont le temps serait peut-être mieux
occupé à prendre en charge des patients et à les suivre.
Maintenant,
on est à l'écoute de la situation, je connais bien l'organisme, mais je suis quand même un peu surpris qu'aujourd'hui on me pose une question sur une
légère diminution de tarifs des médecins, alors que, pendant des semaines,
on s'est plaint qu'on payait les médecins trop. Il y a quelque chose qui ne
marche pas, là, il faut m'expliquer.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : M. le Président, le premier ministre est aussi
ministre responsable de Saguenay—Lac-Saint-Jean. Dans cette région, à Jonquière, il y a un organisme qui marche très bien
depuis 34 ans, qui répond aux besoins de la base, les besoins de la
population qui attend ce service-là, puis il nous arrive avec des mesures
imposées d'en haut qui sont mur à
mur, M. le Président, alors que les médecins, il n'a pas l'air à le savoir, les
médecins qui participent à Jonquière-Médic contribuent eux-mêmes au
financement de l'organisme.
Est-ce
qu'il va accorder une dérogation à Jonquière-Médic pour continuer d'offrir les
services à la population?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Moi, ce que je veux avant tout, M. le Président, comme ministre
régional de notre région commune, c'est
que les gens qui cherchent des médecins de famille trouvent des médecins de
famille. Puis la réalité mathématique incontournable,
c'est qu'il y a assez de médecins à Jonquière puis à Chicoutimi pour prendre en
charge tous les patients qui ont
besoin de médecins de famille, notamment avec les dispositions que notre
collègue a mises de l'avant. La Fédération des médecins omnipraticiens s'est mise d'accord pour réorienter ses
tarifs vers la prise en charge des patients. On devrait tous s'en féliciter, et il devrait, comme moi,
lancer un appel aux médecins de famille de la région de Jonquière pour qu'ils
participent ou qu'elles participent aux GMF, qu'elles lèvent la main pour
mettre sur pied une superclinique, qu'elles intègrent
des superinfirmières dans ce régime de visites à domicile, qui a des qualités,
mais qui n'a pas toutes les qualités et qui ne répond pas à tous les
besoins, M. le Président.
Le Président :
Complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, non seulement le ministre n'améliore pas
l'accès, mais il nuit à l'accès. Après SABSA,
il s'apprête à démanteler un autre service qui fonctionne. On n'a pourtant pas
le luxe de perdre quoi que ce soit au niveau
de l'accès qui aide les malades au Québec. Le ministre dit vouloir diminuer le
temps d'attente dans les urgences, eh bien, c'est exactement ce que fait
Jonquière-Médic.
Va-t-il
permettre à Jonquière-Médic de continuer à donner des services de médecin de
famille à domicile parce que ça, on en est sûrs, ça marche et ça marche
depuis 34 ans?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Ce dont il est sûr, M. le Président, c'est qu'à Jonquière
il y a 5 000 patients sur le guichet d'accès aux médecins de famille avec un nombre suffisant
de médecins pour les prendre en charge et avec un nombre suffisant de médecins qui, s'ils pratiquaient dans le mode
moderne d'accès adapté aux besoins de la population, il n'y aurait pas d'attente, les rendez-vous, en majorité, seraient
pris le même jour, M. le Président. C'est ça, la réalité. Et ce que la
Fédération des médecins omnipraticiens du Québec a choisi est de faire
ce virage-là. Et la façon qui illustre mieux ce virage-là, M. le Président,
c'est qu'ils ont choisi, ce n'est pas Québec qui a choisi ça ni le ministre de
la Santé...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...mais la FMOQ, M. le Président, a choisi de changer...
Le Président :
Principale? M. le député de La Peltrie, en principale.
Caire : M. le Président, quand on parle d'un troisième lien
entre Québec et Lévis, la Chambre de commerce de Québec est d'accord, la Chambre de commerce de Lévis est d'accord, la
population de Québec est d'accord. La ville de Québec s'est dite favorable avec moins d'enthousiasme, j'en conviens,
mais, quand même, s'est dite d'accord. M. le Président, le fédéral s'invite dans le débat en la personne du député de
Louis-Hébert, qui, lui aussi, dit que c'est une priorité pour la grande
région de Québec.
M. le Président, à la
dernière élection générale, le Parti libéral s'était engagé à tenir une
véritable étude sur la faisabilité d'un troisième lien entre Québec et Lévis.
On a, malheureusement, livré une étude sur la faille Logan, et, encore là, M. le Président, pour paraphraser le
député de Marguerite-Bourgeoys, on étire le temps à outrance, puisque le ministre a cette étude-là sur son bureau depuis
des semaines sans nous communiquer l'ombre du début du commencement d'un
résultat.
Est-ce
que le gouvernement libéral va respecter sa promesse et procéder à une
véritable étude sur un troisième lien?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Daoust :
Je répondrai en deux parties, M. le Président.
D'abord,
l'étude se continue actuellement. Et c'est une étude qui est complexe, mais qui
se continue. Alors, je veux le rassurer tout de suite, on n'a pas cessé
d'étudier ce lien-là.
deuxième chose, c'est qu'il y a peut-être une situation qui serait plus
présente dans nos vies, qu'il faudrait avoir plus rapidement, c'est le SRB, le service rapide par bus vers Lévis. Et,
dans ce contexte-là, actuellement, il y a une étude qui est faite, et ça a été déclenché récemment,
été célébré localement par tous les intervenants. Et je peux vous dire que
déjà, dans les travaux que nous effectuons
sur le pont de Québec, parce que le ministère des Transports du Québec en
a une
partie de responsabilité, nous sommes à faire des aménagements dans cette
perspective-là.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Et nous en sommes à la rubrique
des motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation, je cède la parole à M. le
premier ministre, qui va nous présenter une motion sans préavis. M. le
premier ministre.
M. Couillard : Merci, M. le Président. Je vais solliciter le consentement de l'Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le ministre
de la Culture et des Communications,
le chef de l'opposition officielle, le chef
du deuxième groupe d'opposition ainsi que le député de Mercier :
«Que
l'Assemblée nationale salue la mémoire de M. George-Émile Lapalme, avocat, journaliste,
homme politique et premier titulaire du ministère
des Affaires culturelles et de l'Office
québécois de la langue française lors
de leur création en 1961;
«Qu'elle
souligne, dans le cadre du 55e anniversaire du ministère de la Culture et des Communications, sa désignation à
titre de personnage
historique;
«Qu'elle se souvienne de sa contribution majeure
à l'évolution de la société québécoise.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le premier
ministre. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, M.
le Président, consentement pour le débat. Deux à trois minutes par intervenant,
à commencer par le premier ministre, suivi du chef de
l'opposition officielle, du chef du deuxième groupe d'opposition, et M. le
député de Mercier.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, consentement pour quatre intervenants d'une durée d'environ
trois minutes. M. le premier ministre.
Couillard : Merci, M. le Président. Le ministre
de la Culture et des Communications
et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française a eu
l'honneur et la fierté de désigner Georges-Émile Lapalme comme personnage historique du Québec
en vertu de la
Loi sur le patrimoine culturel. Ce geste symbolique coïncide
avec le 55e anniversaire du ministère de la Culture et des Communications. Cette désignation rappelle l'importance d'assurer la connaissance, la protection, la mise en valeur et la
transmission de l'héritage culturel des grands personnages ayant laissé
leur marque dans notre histoire.
Georges-Émile
Lapalme, on le sait, est considéré à la fois comme un des fondateurs du Québec
moderne et un des principaux artisans de la Révolution tranquille. Je
veux ici saluer les membres de sa famille présents avec nous dans les tribunes : Guy et Odette Lapalme; une petite-fille, Mme Isabelle Boucher; un
arrière-petit-fils, Étienne Boucher-Lemay. Bienvenue parmi nous! On vous
accueille avec plaisir.
Chef du Parti libéral du Québec de 1950 à 1958,
Georges-Émile Lapalme a aussi occupé les fonctions de vice-premier ministre de 1960
à 1964 aux côtés de Jean Lesage. Guidé par ses convictions et son souci du
mieux-être collectif, Georges-Émile
Lapalme a placé la culture au coeur de son engagement politique.
Il a joué un rôle déterminant dans le développement des politiques
culturelles en modelant le ministère des Affaires culturelles, devenu depuis le
ministère de la Culture et des Communications, pour faire de la culture un des
grands chantiers de la Révolution tranquille.
Il a également
contribué à renforcer les liens entre le Québec et la France en
occupant un rôle important dans la création
de la délégation du Québec à Paris, inaugurée le 5 octobre 1961, toujours
sous le gouvernement de Jean Lesage.
Il a également
créé l'Office québécois de la langue
française, en plus de mener des
actions pour soutenir nos artistes, nos musées, nos bibliothèques
publiques et de préserver notre patrimoine culturel.
Depuis 1997, dans le cadre des Prix du Québec,
le prix Georges-Émile-Lapalme est la plus haute distinction accordée à une personne ayant contribué de façon
exceptionnelle par son engagement, par son oeuvre ou par sa carrière à la
qualité ou au rayonnement de la langue française parlée ou écrite au Québec.
Les grands axes de la contribution de
Georges-Émile Lapalme au Québec moderne ont été la valorisation du français, l'élaboration d'une politique culturelle et le rayonnement du Québec à
l'étranger. Par son oeuvre et sa valeur d'homme engagé, Georges-Émile Lapalme occupe une place particulière dans
notre mémoire collective. Soyons-lui tous et toutes reconnaissants et
honorons sa mémoire. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le premier
ministre, pour cette intervention. M. le chef de l'opposition
officielle, je vous cède la parole.
Gaudreault : Oui, M. le Président. C'est un honneur et un plaisir de souligner la mémoire de
M. Georges-Émile Lapalme, homme politique visionnaire, homme de lettres
amoureux de langue française qui fut assurément
un bâtisseur du Québec moderne, une figure incarnant la Révolution tranquille, si importante dans notre histoire et dans la
construction du Québec moderne, ancien député de la région de Joliette, ancien député
aussi d'Outremont.
Au nom de
l'opposition officielle, vous me permettrez de saluer les membres de la famille
de M. Lapalme qui sont avec nous
aujourd'hui dans les tribunes : ses enfants, ses petites-filles, son
arrière-petit-fils. Vous avez de quoi être fiers que M. Lapalme
soit aussi important dans l'histoire du Québec.
Reportons-nous
à la fin des années 50 et au début des années 60. À cette époque, la culture
émerge comme un nouvel enjeu
politique qui rassemble les arts et
les lettres, mais aussi l'éducation ainsi que la production médiatique comme la télévision, le cinéma, qui sont alors en pleine
effervescence et émergence. Pour Georges-Émile Lapalme, il apparaît clair que le coeur de la culture québécoise,
c'est la langue française dans toutes les dimensions de la vie sociale et nationale,
et c'est dans cette perspective que le futur
titulaire du premier ministère des Affaires
culturelles rédigea le programme du
Parti libéral intitulé Pour une politique , considéré depuis comme le
véritable programme de la Révolution tranquille, un programme qui plaçait la culture et l'éducation en tête de liste et
qui fera dire à M. Lapalme : «Fatalement, le point de départ
[...] était le français.»
Avec la
création du ministère des Affaires culturelles, apparaît aussi l'Office de la
langue française. M. Lapalme croyait
profondément à la nécessité de doter l'État québécois d'une politique qui vise
à préserver, à promouvoir notre langue commune et à faire de cette
politique la pierre angulaire d'un Québec moderne. Tout un précurseur. De plus,
Georges-Émile Lapalme avait la conviction
qu'il fallait utiliser la culture non seulement pour affirmer la spécificité du
Québec face à Ottawa, mais également pour
établir des relations internationales et nos propres politiques d'immigration.
C'est dans cette
perspective que sera créé le bureau du Québec à Paris, qui va devenir la
délégation générale avec le succès et l'importance qu'on lui connaît
aujourd'hui.
M. Lapalme
disait aussi : «L'art manifeste la personnalité d'un peuple.» 55 ans
après la fondation du ministère de la Culture, la personnalité du Québec
rayonne partout dans le monde à travers, entre autres, évidemment les oeuvres
de Xavier Dolan, de Dany Laferrière, de Céline Dion, par
exemple, et de combien d'autres artistes talentueux. Mais, 55 ans plus tard, de nombreux défis se posent
tant en matière culturelle que sur le plan de la langue française, des défis auxquels nous avons le devoir de répondre. Si
l'art manifeste la personnalité d'un peuple, souhaitons que l'histoire en
manifeste la gratitude. Avec la désignation
de Georges-Émile Lapalme à
titre de personnage historique, assurons-nous
aussi que la vision, l'audace de ce
bâtisseur continuent d'inspirer tous les gouvernements afin que notre langue et
notre culture demeurent les pierres angulaires d'un Québec moderne, d'un
Québec prospère et d'un Québec ouvert. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M.
Ouimet) : Merci à vous, M. le chef de l'opposition officielle,
pour cette intervention. M. le chef de la deuxième opposition, à vous la
parole.
Legault : Merci, M. le Président. Georges-Émile Lapalme nous a quittés il y a
30 ans, mais son souvenir reste toujours vivant parmi nous. C'était un passionné du Québec,
un homme de grande culture qui croyait à l'importance de l'engagement politique.
L'héritage
qu'il nous a laissé est très important. M. Laplame fait
partie de pionniers
de la Révolution tranquille, il a
contribué à façonner le visage du Québec moderne. C'est difficile à imaginer aujourd'hui, mais, jusqu'au début des années 60,
le Québec n'avait pas de ministère de la Culture. C'est
le gouvernement de Jean Lesage qui à son arrivée a voté une loi pour créer le ministère des Affaires culturelles, et Georges-Émile Lapalme a été notre premier
ministre de la Culture.
55 ans
après la création du ministère, il continue d'être un modèle, une source
d'inspiration. Il est la preuve vivante que la politique peut faire une
grande différence dans la défense de notre langue et de notre identité.
Petite anecdote que
j'ai entendue : lorsque Pierre Laporte lui a succédé, en 1965, il a
demandé au bureau de M. Lapalme de préparer
un résumé de ce qui avait été fait par M. Lapalme, et finalement
c'est un document de 600 pages qui lui a été remis. Donc, ça en dit
beaucoup sur l'héritage de M. Lapalme. Et on doit à Georges-Émile Lapalme
des réalisations très concrètes : la
création de l'Office québécois de la
langue française, de la Délégation
générale du Québec à Paris. On
lui doit aussi le Musée d'art contemporain, qui a été le premier musée du genre
au Canada.
Donc,
c'était un Québécois qui était ouvert sur le monde, fier de ses origines,
c'était un visionnaire. C'est un privilège pour moi de saluer aujourd'hui, en présence des membres de sa famille, ses
accomplissements. Georges-Émile Lapalme a tellement donné au Québec,
c'est la moindre des choses de lui redonner un peu de ce que nous avons reçu en
lui réservant une place de choix dans la mémoire collective. Merci pour
tout, M. Lapalme.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le chef de la deuxième opposition, pour cette intervention. M. le député de Mercier, à
vous la parole.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. C'est à moi que revient l'honneur de joindre ma voix à celles qui se sont exprimées ici
pour rendre hommage à Georges-Émile Lapalme, cet artisan remarquable de la
Révolution tranquille. M. Lapalme,
comme on l'a dit, a contribué au rayonnement culturel du Québec. Ce
Québec moderne est ce qu'il est en raison d'artisans de la culture et
de la défense de la langue française comme lui.
Chef de l'opposition
officielle sous le gouvernement Duplessis, ce libéral a défendu, à l'époque,
des idées modernes face à la gouverne
conservatrice, rétrograde de l'Union nationale; non seulement conservatrices et
rétrogrades, mais, si... En fait, je
vais revenir là-dessus un peu plus tard. Georges-Émile Lapalme et le Parti libéral de l'époque disaient
d'ailleurs qu'ils s'étaient fait voler leur élection, et je m'en expliquerai.
Mais ce que je voudrais dire d'abord et avant
tout, c'est que, M. Lapalme, son insistance sur la culture venait du
fait que lui-même était un homme lettré, et
il reconnaissait l'importance de l'éducation dans la culture. À l'époque où les
libéraux comme Lapalme ont mis l'emphase sur
l'éducation et ont rendu l'éducation accessible aux fils et aux filles du
peuple québécois, l'éducation gratuite au
primaire et au secondaire, une éducation publique généralisée à l'ensemble du
territoire, à ce moment-là, tous les pays et
les nations qui ont suivi cette lancée et qui ont mené cette logique à son
terme aujourd'hui se retrouvent avec
une éducation qui est gratuite et universellement offerte à l'ensemble de leur
population, de la maternelle jusqu'à l'université.
pense que sa fille, Odette Lapalme, elle-même ancienne présidente de la
Commission de protection de la langue française,
avait bien reconnu l'importance de la chose pour son père quand, s'exprimant à
propos de son père, disait à quel point elle-même, elle avait été charmée avec
la jeunesse aux idées claires qui s'était exprimée durant le printemps érable d'une belle profondeur d'où toute vulgarité
était exclue, au contraire de certains de nos politiques qui s'expriment
de diverses façons aujourd'hui.
Alors, M. le
Président, c'est pour cette raison que j'en appelle à nous, lorsque nous
soulignons l'importance de la
contribution à notre destin collectif de personnages aussi remarquables, qu'on
s'assure que nos politiques contemporaines sont concordantes avec les
hommages qu'on rend, que nous faisons les bons investissements aux bons
endroits.
Certes, ce n'est pas avec des
cimenteries ou avec le pétrole qu'on lance l'éducation publique, qu'on soutient
la culture au Québec. Il faut des
investissements et des politiques plus équilibrées qui fassent en sorte que nos
églises patrimoniales, que nos écoles, que nos universités ne pâtissent
pas de nos politiques contemporaines.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Mercier, pour cette
intervention.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Chers collègues, un peu de silence! Cette motion
est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Pour une nouvelle motion
sans préavis, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Alors, M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale condamne toute forme de violence contre les commerces
d'Hochelaga-Maisonneuve et de Saint-Henri;
«Qu'elle
demande au gouvernement de mettre toute en oeuvre afin de prévenir d'autres
actes de violence et de vandalisme.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous,
Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : M. le Président, nous avons deux motions sur le même sujet. Je pensais que la CAQ avait réservé le
sujet. Mais nous sommes d'accord avec les deux libellés. Je ne sais pas si la
CAQ...
Bonnardel :
...déposer demain.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, je comprends
qu'il n'y a pas de consentement pour débattre de cette motion. Je vais du côté maintenant de M. le député de
Beauce-Nord pour la présentation d'une nouvelle motion sans préavis.
Spénard :
M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale condamne vigoureusement la série d'attaques
anti-embourgeoisement perpétrée par des
groupes d'individus radicaux se réclamant de l'extrême-gauche contre des
commerces d'Hochelaga-Maisonneuve et de Saint-Henri;
«Qu'elle demande au
gouvernement de mettre tout en oeuvre afin de prévenir d'autres actes de
violence et de vandalisme par ces groupes contre des citoyens et des commerces
de Montréal.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci pour cette
motion sans préavis. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint du gouvernement. Je vous reconnaîtrai après, M. le député de
Mercier.
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption, sans débat, M. le Président, de notre côté.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Très bien. Nous en sommes maintenant à une nouvelle motion
sans préavis. M. le député de Mercier.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : M. le député de Mercier? Vous avez une motion
sans préavis à présenter?
M. Khadir :
Je demande le...
Vice-Président (M. Ouimet) : Je vais suspendre quelques
instants, c'est un peu bruyant, pour permettre aux parlementaires de
quitter l'enceinte du salon bleu.
(Suspension de la séance à 15 h 9)
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, l'Assemblée poursuit ses travaux. Pour la présentation d'une
nouvelle motion sans préavis, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Alors je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion
suivante conjointement avec le député de La Peltrie :
«Que
l'Assemblée nationale demande à la Commission des finances publiques d'entendre
en audition Jacques Duchesneau avant d'entreprendre l'étude détaillée du
projet de loi 87 Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles dans
les organismes publics.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le
député de Mercier. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. le leader adjoint du gouvernement.
Le Président (M. Sklavounos) :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Il n'y a pas de consentement. Y a-t-il d'autres motions sans préavis?
S'il n'y a pas d'autre motion sans préavis, nous
en sommes aux avis touchant les travaux des commissions. M. le leader adjoint
du gouvernement, je vous cède la parole.
Sklavounos :
Oui. Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission de la
santé et des services sociaux
entreprendra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 92, Loi
visant à accroître les pouvoirs de la Régie de l'assurance maladie du Québec et modifiant diverses dispositions
législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18
heures et de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des institutions poursuivra, quant
à elle, l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 59, Loi édictant
la Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les
discours incitant à la violence et apportant
diverses modifications législatives pour renforcer la protection des personnes,
aujourd'hui, de 16 h 30 à 18 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Cette même commission poursuivra l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi n° 101, Loi donnant suite aux recommandations de la Commission Charbonneau en
matière de financement politique, aujourd'hui, de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission
de l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 83, Loi modifiant diverses dispositions législatives en
matière municipale concernant notamment le financement politique, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 18 heures, à la salle du Conseil
législatif;
La Commission
des finances publiques entreprendra l'étude détaillée à l'égard du projet de
loi n° 87, Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles dans les organismes publics, aujourd'hui, de
19 h 30 à 21 h 30, à la salle du Conseil législatif;
Et finalement la Commission de l'économie et du
travail poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 70, Loi visant à permettre une
meilleure adéquation entre la formation et l'emploi ainsi qu'à favoriser
l'intégration en emploi, aujourd'hui, de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle des Premiers-Ministres, 1.38 de l'édifice
Pamphile-Le May.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader
adjoint, pour ces avis touchant les travaux des commissions.
À la rubrique maintenant des renseignements sur
les travaux de l'Assemblée.
S'il n'y a
pas de demande de renseignements, je suis maintenant prêt à rendre ma directive
sur la question soulevée par le leader adjoint du deuxième groupe
d'opposition à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée de la
séance du 26 mai dernier concernant les documents qui devaient être transmis, à
la suite de la comparution de Mme Dominique
Savoie, alors sous-ministre du ministère des Transports, de la Mobilité durable
et de l'Électrification des transports, devant la Commission de
l'administration publique.
À cette
occasion, le leader adjoint du deuxième groupe d'opposition a porté à la
connaissance de la présidence le contenu d'un courriel transmis par la
directrice du bureau de la sous-ministre et secrétaire générale du ministère affirmant que, et je cite, «les documents contenus sur la
clé USB remise par Annie Trudel à son départ, incluant le document PowerPoint
présenté aux dirigeants du ministère concernant les constats de la consultante,
ne peuvent être transmis. L'UPAC a confirmé
au ministère qu'aucun des documents qui se trouvent sur la clé USB ne doit être
transmis à quiconque, ni même à la
CAP, et ce, en vertu de l'article 28 [de la Loi d']accès aux documents des
organismes publics et sur la protection des renseignements personnels».
Fin de la citation.
le leader adjoint soutient que les documents dont il est question dans ce
courriel sont des documents demandés à
la sous-ministre lors de sa comparution devant la Commission de
l'administration publique et qu'elle s'était engagée à lui remettre. En
conséquence, le ministère ne pourrait refuser de les transmettre. Selon lui,
ces documents seraient nécessaires pour que
les parlementaires puissent faire leur travail et, notamment, pour déterminer
si la sous-ministre aurait rendu un témoignage faux ou incomplet devant
la commission, ce qui pourrait constituer un outrage au Parlement.
leader adjoint du deuxième groupe d'opposition a formulé sa question de directive
en deux volets. Dans un premier temps, il demande à la présidence de se
prononcer sur l'application de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels à l'Assemblée nationale. Dans un second temps, il souhaite que la
présidence se prononce sur l'obligation pour le ministère de transmettre
certains documents à la Commission de l'administration publique.
Pour
sa part, le leader adjoint du gouvernement soutient qu'il ne s'agit pas d'une question qui
devrait être soumise à la présidence à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Selon lui, il s'agit d'une affaire qui relève de la compétence de la commission
et dans laquelle la présidence ne devrait pas s'immiscer. Il ajoute également que
la question du leader adjoint du deuxième groupe d'opposition est prématurée puisque la présidence de la commission n'a pas encore été appelée à se
prononcer.
le premier volet de la question, il importe de rappeler que le pouvoir de faire
enquête, y compris le pouvoir d'exiger la comparution de témoins et la
production de documents, a été reconnu comme faisant
partie des privilèges constitutionnels que possède une assemblée
législative. En effet, en 2003, la Cour
suprême de l'Île-du-Prince-Édouard a affirmé qu'il est difficile d'imaginer
qu'une assemblée puisse faire enquête convenablement sans avoir le pouvoir d'assigner des témoins et d'exiger la production
de documents. Elle a alors reconnu qu'il s'agissait d'un privilège nécessaire à l'exercice des fonctions
législatives et délibératives d'une assemblée.
Ce privilège est d'ailleurs
codifié à l'article 51 de la
Loi sur l'Assemblée nationale, lequel se lit
comme suit : «L'Assemblée ou une commission
peut assigner et contraindre toute personne à comparaître devant elle, soit
pour répondre aux questions qui lui seront posées, soit pour y produire
toute pièce qu'elle juge nécessaire à ses actes, enquêtes ou délibérations.»
Fin de la citation.
Par ailleurs, dans la
décision du 23 novembre 2010 à laquelle réfère le leader adjoint du deuxième
groupe d'opposition, la présidence mentionnait que, et je cite, «le droit
d'ordonner la production de documents est l'un des privilèges constitutionnels les plus incontestables de l'Assemblée. Ce
privilège a été reconnu aux assemblées législatives de type britannique afin qu'elles puissent exercer
efficacement leur rôle de contrôle de l'action gouvernementale. En d'autres mots, les assemblées législatives ont le droit
d'exiger la production de tout document qu'elles estiment nécessaires à
l'exercice de leurs fonctions.» Fin de la citation.
Dans
cette décision, la présidence en est arrivée à la conclusion que la
Loi sur
l'accès aux documents des organismes publics
et sur la protection des renseignements personnels ne saurait limiter les privilèges de
l'Assemblée nationale. Ce principe
a d'ailleurs été énoncé à plusieurs reprises, dont, notamment,
dans une décision concernant la divulgation d'informations personnelles dans le cadre des débats parlementaires.
La présidence mentionnait alors, et je cite : «Étant donné que ce privilège a une valeur
constitutionnelle, il doit, sur le plan juridique, prévaloir sur toute autre
règle de droit inférieure dans la
hiérarchie juridique, en l'espèce [...] la
Loi sur l'accès aux documents des
organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.»
Fin de la citation.
Ainsi,
sur le premier volet de la question, j'en conclus que les dispositions de la
Loi sur l'accès aux documents des
organismes publics et sur la protection des renseignements personnels ne
sauraient empêcher la remise de documents tant à l'Assemblée nationale
qu'en commission parlementaire.
J'en viens maintenant
au second volet de la question, à savoir l'obligation, pour le ministère, de
remettre les documents demandés lors
de la comparution de la sous-ministre devant la Commission de l'administration
publique. À cet égard, je commencerais en
soulignant que, généralement, lorsqu'un document est demandé à un
organisme ou à un ministère au cours des travaux d'une commission
parlementaire, ce dernier offre sa pleine collaboration et remet le document
aux membres de la commission afin qu'ils puissent accomplir efficacement leur mandat. Le cas d'un ministère
qui refuse de remettre les documents qui lui
sont demandés est donc inhabituel. Cela dit, il est clair que la commission a toujours la capacité d'exiger la production d'un document
lorsqu'elle ne peut compter sur la collaboration de l'entité qui en est la détentrice. La commission
doit alors adopter une motion qui
prendra la forme d'un ordre de production de document.
Je précise également que, si l'entité en cause a
des réserves relativement à la nature des informations qu'on lui demande de transmettre, il ne lui revient pas de
décider unilatéralement de ne pas les transmettre. Je vous rappelle d'ailleurs
que, dans la décision du 23 novembre 2010, la présidence avait
reconnu que les préoccupations exprimées par Hydro-Québec à l'égard de certaines informations demandées,
touchant notamment des enjeux commerciaux ou de sécurités, étaient
légitimes. Elle avait alors invité Hydro-Québec à indiquer les informations auxquelles elle accordait un caractère stratégique pour ensuite consulter les leaders parlementaires afin de déterminer dans
quelle mesure l'Assemblée tiendrait compte de ces préoccupations.
Dans le cas
présent, je comprends que l'UPAC a soulevé des préoccupations quant à
l'importance de certaines informations.
Je rappelle toutefois qu'il revient aux seuls députés de déterminer ce dont ils
ont besoin pour exercer leur fonction de
contrôleur de l'action du gouvernement. Il leur appartient également de juger
de la nécessité de mettre en place des
mesures afin de protéger certaines des informations qui pourraient se retrouver
dans les documents demandés.
terminant, je désire mentionner que l'actuelle directive a pour but de répondre
aux questions soulevées afin de
rappeler les principes applicables. On ne doit donc pas la considérer comme une
ingérence de la présidence dans le fonctionnement
de la commission. En effet, pour la suite des choses, il appartiendra à la
Commission de l'administration publique de décider ce qu'elle souhaite
faire. Alors, je vous remercie de votre attention.
M. le leader adjoint
de la deuxième opposition.
Caire : Merci, M. le Président. Je tiens à saluer cette
décision, qui réitère le fait que les Parlements doivent pouvoir déterminer eux-mêmes de la conduite de
leurs travaux, et je comprends qu'à partir de maintenant il en revient à
la Commission de l'administration publique
de procéder pour la suite des choses, mais nous prenons bonne note de votre
décision, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Merci. M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos : Oui, nous prenons acte également, M. le
Président, de la décision que vous venez de rendre. Et évidemment je suis d'accord avec le collègue,
et c'est sur ce principe-là que je vous ai plaidé aussi, que ça devrait être
envoyé à la commission. Ceci étant dit, je
ne pense pas que vous êtes allé au-delà en indiquant à la commission exactement
comment se comporter. On pourrait imaginer
des circonstances où des tribunaux, ailleurs, pourraient se trouver devant
une situation où la séparation des pouvoirs
créerait une situation un petit peu plus difficile et pas si simple à régler.
Alors, on n'est pas dans cette
situation-là pour le moment, mais une telle situation pourrait survenir. Mais
on va laisser la commission régler cette affaire-là, M. le Président,
pour le moment.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader adjoint du
gouvernement. Pas d'autres interventions là-dessus?
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement, je vous cède
la parole à nouveau pour la suite des choses.
Sklavounos : Oui, je vous demanderais d'appeler
l'article 22 de notre feuilleton, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, à l'article 22 du feuilleton,
l'Assemblée prend en considération le rapport
de la Commission des finances publiques sur le projet de loi n° 97, Loi
modifiant certaines lois instituant des régimes de retraite applicables
aux employés du secteur public. Y a-t-il des interventions?
Je cède la parole à
M. le ministre des Finances, président du Conseil du trésor et député de
Robert-Baldwin.
Leitão : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, c'est dans le cadre
de l'étude du projet de loi n° 97. Nous en sommes aujourd'hui à
l'étape de la prise en considération du rapport de la Commission des finances
publiques.
cours de l'étude détaillée, nous avons débattu en profondeur de chacune des
dispositions proposées. Ces discussions ont permis de nous assurer que
le projet de loi respectait bien la volonté des parties négociantes.
Premièrement,
il a été décidé de faire passer le critère d'âge de la retraite sans réduction
de 60 à 61 ans à partir du
1er juillet 2019. Également, les participants dont la somme de l'âge
et des années de service aux fins d'admissibilité totalisera au moins 90 pourront se prévaloir d'une
retraite sans réduction à condition d'avoir minimalement 60 ans d'âge.
Deuxièmement,
la réduction applicable lors de la prise de retraite anticipée passera de
4 % à 6 % par année. Cette réduction s'appliquera pour chaque
année précédant l'atteinte d'un critère de retraite sans réduction.
Troisièmement,
le nombre maximal d'années de service créditées aux fins du calcul de la rente
passera de 38 à 40 ans.
quatrièmement, l'utilisation de la banque de congés de maladie sera parmi les
modes de paiement autorisés pour tous les types de rachat, et ce, dans
la mesure où les conditions de travail le permettent.
plus, des ajustements de concordance seront apportés à la
Loi sur le régime de retraite du personnel d'encadrement, le RRPE, à la
Loi sur le régime de retraite des fonctionnaires, le
RRF, à la
Loi sur le régime de
retraite des enseignants, le RRE, et
à la
Loi sur le régime de retraite de certains enseignants, le RRCE. Des
dispositions transitoires seront
aussi mises à la disponibilité des participants ayant débuté ou désirant
débuter des ententes de mise à la retraite de façon progressive.
Finalement, pour
certains participants au Régime de retraite de l'administration supérieure, le
RRAS, des ajustements seront apportés afin
que le calcul de la rente de retraite tienne compte de leur participation au
RREGOP avant leur adhésion au RRAS.
tiens également à souligner que quatre amendements ont été adoptés au cours de
cette étude détaillée : un amendement
apporté à la version anglaise visant à utiliser une nomenclature plus courante,
deux amendements sur le délai accordé
aux participants voulant se prévaloir des dispositions transitoires, afin de
refléter l'entente avec les syndicats, et un amendement pour apporter
une précision à caractère juridique aux modifications sur le Régime de retraite
de l'administration supérieure. Ces
amendements visent exclusivement une application adéquate des modifications
adoptées lors de l'étude détaillée.
Alors, M. le
Président, je remercie mes collègues de la commission parlementaire pour leur
collaboration lors de cette étape importante du cheminement de ce projet
de loi. Merci de votre attention.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
ministre. D'autres intervenants sur le projet de loi ou la prise en
considération du rapport de la commission? M. le député de Beauharnois, à vous
la parole.
M. Leclair : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, bien entendu, le projet de loi n° 97, la loi
modifiant... instituant des régimes de
retraite applicables aux employés du secteur public, M. le Président,
l'objectif du projet de loi, bien,
c'est sûr, avec les ententes qui ont été entérinées aux régimes de retraite,
intervenues dans le cadre de la négociation des conventions collectives des
employés du secteur public qui... 2015 et 2016... Ces ententes-là, lors des
négociations, elles ont été faites,
ont été conclues avec tout le front commun. Alors, je réitère que la FTQ, la
CSQ, la CSD, l'APTS et le SFPQ, la
FIQ et la FAE faisaient
partie de ce front commun là. Donc, ces
modifications-là concernent les régimes de retraite autant des employés du gouvernement, des organismes
publics, le Régime de retraite du personnel d'encadrement, Régime de
retraite de l'administration supérieure.
Bien entendu, le projet de loi, comme le disait
précédemment le ministre, bien, nous apporte sept nouveaux points ou sept grands points. Donc, concernant la
rente sans réduction, on sait que, dans le passé, c'était 35 années de
service et 60 ans d'âge qui
donnait une pleine retraite. Dorénavant, il y aura trois critères, donc
35 ans d'années de service et 61 ans d'âge ou bien donc ce qu'on appelle le facteur 90, une cumulation des
années de service en plus de l'âge qui donnera 90, mais avec un minimum de 60 ans d'âge au lieu
de 61. Donc, ça, c'est nouveau. Ça ne va rentrer en vigueur seulement
que le 1er juillet 2019.
Bien entendu,
aussi, la réduction des rentes à la retraite, ceux qui prenaient des rentes
anticipées, en ce moment, c'était une
rente réduite de 4 % par année. Désormais, dans le futur, ça va être... à
partir du 1er juillet 2020, ça sera de 6 %. Donc, pour les
retraites anticipées, on a augmenté de 2 % la pénalité.
Concernant
les années de service maximales qu'un employé peut cumuler, bien, en temps
normal, les employés avaient le droit
à un maximum de 38 années de service, alors que maintenant, avec le projet
de loi n° 97, on aura le droit de
cumuler jusqu'à 40 années de service. Et on le fait en... le gouvernement a
suggéré en deux étapes, les ententes intervenues avec les groupes qui négociaient, soit la 39e année sera reconnue
dès le 31 décembre 2017, la 40e année rentrera effective le
31 décembre 2018.
Puis aussi,
concernant le rachat de service, on sait que c'est nouveau, un employé va
pouvoir utiliser sa banque de congés
de maladie pour acquitter les coûts d'un rachat de service qu'il aurait perdu
dans ses années pendant qu'il travaillait au gouvernement, et cela est
applicable dès la sanction du projet de loi.
Alors, ce
projet de loi entérinait les éléments de l'entente intervenue entre le
gouvernement et les syndicats du secteur public. Bien entendu, je tiens à
remercier, M. le Président, tous les gens de rentes Québec qui nous ont
appuyés, qui ont répondu à de nombreuses
questions. On a eu la chance d'avoir — excusez l'anglicisme — des briefings techniques. Parce que, comme vous pouvez savoir, M. le Président,
lorsqu'on parle de régime de rentes, le diable se cache sous les détails. Donc, il vaut mieux traiter et poser des
questions aux bonnes personnes-ressources. Alors, je remercie encore une
fois les gens de rentes Québec, le ministre
et toute son équipe ainsi que la deuxième opposition, qui était avec nous pour
poser des questions.
Alors, sur ce, je crois que cela mettra un terme
à la négociation qui a été intervenue en 2016 avec le secteur public, puis je vais souhaiter aux futurs
retraités une bonne retraite puis en espérant que les conditions de retraite
vont continuer de s'améliorer dans le futur, M. le Président. Merci
beaucoup.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Beauharnois. Y a-t-il d'autres intervenants sur la prise en
considération de ce rapport?
S'il n'y en a pas, le rapport de la Commission
des finances publiques sur le projet de loi n° 97, Loi modifiant certaines
lois instituant des régimes de retraite applicables aux employés du secteur
public, est-il adopté?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Pour la suite des choses,
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien : Oui, M. le
Président. Soyez gentil d'appeler l'article 24, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, à l'article 24 du feuilleton,
M. le ministre responsable de l'Administration
gouvernementale et de la Révision permanente des programmes et président
du Conseil du trésor propose l'adoption
du projet de loi n° 94, Loi
autorisant la conclusion de conventions collectives d'une durée supérieure à
trois ans dans les secteurs public et
parapublic. Alors, je vois que le ministre des Finances et président du Conseil
du trésor et député de Robert-Baldwin est debout, je lui cède la parole.
M. Leitão : Merci beaucoup, M. le Président.
Alors, chers collègues, il me fait grand plaisir d'être devant vous aujourd'hui pour procéder à l'adoption du projet
de loi n° 94, qui vise à autoriser la conclusion de conventions collectives
d'une durée supérieure à trois ans dans les secteurs public et parapublic.
Mon intervention sera brève, car nous avons eu l'occasion de
discuter de ce sujet à maintes reprises, notamment lorsque j'ai présenté le projet de loi et le
contenu de l'entente de principe des conventions collectives avec les employés
de l'État. Cette ronde de négociations s'est
déroulée dans un contexte où nous nous étions engagés à atteindre l'équilibre
budgétaire, à respecter la capacité de payer des contribuables et à honorer le
principe d'équité.
Nous sommes aujourd'hui ici, M. le Président,
car le Code du travail du Québec prévoit que les conventions collectives des secteurs public et parapublic doivent être d'une durée maximale de
trois ans. En vue d'entériner les ententes négociées pour une durée excédant cette période et de ne pas contrevenir
aux règles prévalant au Code du
travail, il s'avère donc essentiel de procéder à une modification législative. Le changement proposé aura pour effet d'allonger
exceptionnellement la durée des conventions collectives sur une période de cinq ans, soit du
1er avril 2015 au 31 mars 2020. Ce projet de loi viendra également
préciser la période de changement d'allégeance syndicale avant l'échéance des conventions collectives. Les
syndicats sont au fait qu'une modification législative est requise pour donner suite aux
ententes conclues. Le projet de loi a
d'ailleurs été préparé dans un esprit respectueux des
discussions et des ententes qui ont été convenues entre les parties
syndicales et patronales.
Il faut le rappeler, M. le Président,
l'allongement de la durée des conventions collectives de trois à cinq ans
contribuera à assurer une plus grande stabilité sociale et permettra au gouvernement
de planifier adéquatement la croissance de ses dépenses de rémunération.
Enfin, le
fait que ce projet de loi comporte peu d'articles ne diminue pas son
importance, dans la mesure où il rend possible
la signature de conventions
collectives régissant les conditions de travail de 532 888 employés
syndiqués des secteurs public et parapublic jusqu'au 30 mars 2020.
C'est grâce à la collaboration entre les parlementaires lors de la commission que nous avons pu prendre cet
engagement pour finaliser l'entente de
principe convenue avec les employés. Je
souhaite d'ailleurs profiter de l'occasion pour saluer les parlementaires qui ont pris part aux discussions en lien avec ce projet de loi.
Aussi, je
tiens à remercier tous les représentants syndicaux ayant participé au processus de négociation ainsi que les représentants patronaux qui, avec dévouement et conviction, ont permis d'en venir à
une entente négociée. Ils ont réussi à s'entendre sur des enjeux
importants, et ce, grâce à notre capacité d'échanger, de nous comprendre et
d'atteindre des objectifs communs. Alors, merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le ministre des Finances, pour cette intervention.
M. le leader adjoint de l'opposition officielle
et député de Gaspé, à vous la parole.
M. Lelièvre : Merci, M. le Président. À mon tour de prendre la parole brièvement sur
le projet de loi n° 94,
qui chemine dans son processus d'adoption.
Comme le ministre
l'a mentionné, c'est un projet de loi qui ne peut pas être évalué au nombre
d'articles qu'il contient, parce qu'il est
d'une très grande importance. On parle d'un projet de loi qui vient entériner
ou mettre en oeuvre les conclusions
des négociations dans le domaine de la fonction publique entre le gouvernement
du Québec et les différents employés
de l'État, au-delà de tout près de 500 000 travailleurs et travailleuses,
donc il a un impact majeur au niveau de nos employés qui travaillent dans l'ensemble de nos ministères,
organisations, et etc., au sein du gouvernement du Québec. C'est un projet de loi qui effectivement s'est
déroulé de façon quasi exemplaire, je dirais. Ça a été rapide, mais le travail
qui devait être fait a été fait, à mon avis.
Il y a eu une franche collaboration, puis je tiens à saluer la collaboration de
tous les parlementaires et en
commençant par le ministre, qui a chapeauté cet important projet de loi. C'est
un dossier qui est quand même spécial
dans le sens qu'on a extensionné la période d'application d'une convention
collective à cinq ans. Ça s'est déjà
passé... ça s'est déjà réalisé dans le passé, je m'excuse, mais c'est quand
même, bon, on peut dire, parmi les exceptions,
parce qu'on sait que la loi actuelle prévoit une convention d'une durée
maximale de trois ans. Donc, la raison d'être
principale du projet de loi n° 94, c'était d'entériner une entente
réalisée entre le gouvernement et les travailleurs de l'État pour une
durée supérieure, soit une durée de cinq années.
Peut-être un fait à souligner : il reste environ
25 000 à 28 000 travailleurs de l'État qui n'ont pas ratifié
l'entente, qui ne sont pas arrivés à une entente avec le gouvernement.
On souhaite que, dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, le gouvernement et ses
travailleurs arrivent à une entente, là, qui satisfasse les deux parties. On
comprend les contraintes financières
du gouvernement, mais en même temps on doit aussi être à l'écoute des demandes
et des besoins de nos travailleurs et
travailleuses. Donc, on souhaite un dénouement le plus favorable possible, du
côté de l'opposition officielle.
Écoutez, je pense
qu'en terminant ce qu'il faut mentionner, c'est que les travailleurs et les
travailleuses de l'ensemble de l'État au
Québec sont des gens qui font un travail extrêmement important. Je l'ai
mentionné dans une occasion que j'ai
eue pour prendre la parole antérieurement, ce sont des travailleurs et
travailleuses qui ne sont souvent, à mon avis, peut-être pas assez reconnus, où le travail... également leur travail
est méconnu. Donc, c'est un travail un peu qui se fait dans l'ombre, hein? L'ensemble de notre société
fonctionne à partir de différentes organisations, différents ministères,
et, si ce n'était de l'implication active des fonction