Health and Social Services — 4 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-05-04
Quebec — Committees
Le Président (M. Merlini) : À
l'ordre, s'il vous plaît! À l'ordre, s'il vous plaît! Comme il est
15 heures, j'ai constaté le quorum, je
déclare donc la séance de la Commission de la santé
et des services sociaux ouverte. Je
demande donc à toutes les personnes dans la
salle Papineau de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires et de tout autre son
que pourraient faire vos appareils électroniques, comme vos ordinateurs.
La commission
est donc réunie afin de procéder à l'étude
des crédits budgétaires du volet
Réadaptation, Protection de la jeunesse et Santé publique du portefeuille
Santé et Services sociaux pour l'exercice financier 2017‑2018. Une enveloppe de
six heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements
cet après-midi?
Secrétaire : Oui, M.
le Président. M. Busque (Beauce-Sud) est remplacé par M. Reid
(Orford); Mme Montpetit (Crémazie) est remplacée par
M. Billette (Huntingdon); M. Montpetit (Marguerite-Bourgeoys)...
Le Président (M. Merlini) :
M. Poëti.
Secrétaire : ...M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys) est remplacé par M. Huot
(Vanier-Les Rivières); et M. Paradis (Lévis) est remplacé par
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs).
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la secrétaire. Nous
allons donc débuter par les remarques préliminaires, puis nous allons
procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui est alloué à leur étude, donc ce soir, près de
22 h 30.
Nous débutons donc avec les remarques
préliminaires de la ministre et des porte-parole des oppositions. Mme la
ministre et députée de Soulanges, vous disposez d'un bloc de 17 minutes. À
vous la parole.
Charlebois :
Merci, M. le Président. D'abord, je vais vous demander d'être indulgent, il y a
parfois des quintes de toux qui relèvent d'une petite bronchite, et je vais
tenter de minimiser la chose.
Alors, chers
collègues, membres de la Commission de la santé et des services sociaux,
aujourd'hui nous entamons cette
démarche structurée d'examen des crédits du ministère pour les champs de
responsabilité qui sont les miens et certes une obligation formelle, M. le Président, liée à mon travail de
ministre, de parlementaire, mais c'est surtout une occasion que j'attends avec beaucoup d'impatience, année
après année, afin de faire le point sur les priorités que nous nous donnons,
sur la façon dont nous comptons allouer les
ressources budgétaires qui nous sont confiées, sur l'état d'avancement
des chantiers qui sont déjà en cours ainsi que sur les voies que nous prévoyons
emprunter à court, moyen et long terme.
Alors, M. le Président,
grâce à une saine gestion des fonds publics, nous nous donnons le pouvoir
d'investir là où ça compte vraiment
pour l'ensemble des Québécois, et notamment pour les champs de responsabilité
qui sont les miens, soit la réadaptation, la protection de la jeunesse,
la santé publique et les saines habitudes de vie.
J'aborde cet
exercice avec le sérieux qui s'impose, M. le Président, compte tenu de la
grande portée humaine des dossiers
sociaux que sont ceux des services sociaux mais aussi la santé publique. Ces
dossiers n'ont rien d'abstrait. Au contraire, ils ont des conséquences
concrètes et souvent déterminantes dans la vie quotidienne de nos concitoyens.
Et cela, je ne veux jamais l'oublier.
Avant d'aller
plus loin, j'aimerais prendre quelques instants pour vous présenter les
personnes qui m'accompagnent aujourd'hui :
ma chef de cabinet, Mme Natacha Joncas-Boudreau; mon équipe de cabinet qui
est derrière moi; le sous-ministre,
M. Michel Fontaine, qui est ici, là; le sous-ministre adjoint et directeur
national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, à ma droite; la sous-ministre adjointe aux Services sociaux,
Mme Lyne Jobin; ainsi que l'ensemble des collaborateurs du
ministère, que je remercie à l'avance pour leur précieux soutien.
J'aimerais
amorcer mes remarques en évoquant un des éléments que je considère comme l'un
des plus marquants de l'année, le
lancement, à l'automne dernier, en compagnie de plusieurs collègues du Conseil
des ministres, de notre Politique
gouvernementale de prévention en santé, la première du genre en Amérique du
Nord, M. le Président. Par cette politique,
nous souhaitons faire en sorte que les Québécoises et les Québécois vivent plus
longtemps, en meilleure santé, et on vise à
réduire les inégalités sociales en santé. Le lancement d'octobre dernier
marquait l'aboutissement d'une démarche
concertée où se trouvaient associés, au-delà du seul milieu de la santé et des
services sociaux, toute une série de ministères
et d'organismes, en bref, 15, M. le Président, responsables d'une foule de
champs dans l'activité gouvernementale, et j'évoquerai en particulier les secteurs de la famille, de
l'éducation, de la solidarité sociale, du travail, l'aménagement du
territoire, du transport, de l'environnement, du bioalimentaire, etc. Pourquoi
avoir élaboré de concert, avec un souci d'avancer résolument ensemble? Bien,
c'est parce que la santé d'une personne, c'est l'affaire de tous.
Nous
nous sommes inspirés du mouvement international la Santé dans toutes les politiques.
J'ai d'ailleurs eu la chance
d'être invitée à présenter cette politique aux participants de la neuvième conférence
mondiale sur la promotion de la santé qui s'est tenue à Shanghai en
novembre dernier, organisée par l'Organisation mondiale de la santé, comme vous
le savez.
Dans cette politique,
nous nous sommes fixé certaines cibles prioritaires que j'aimerais rappeler brièvement.
Nous voulons augmenter à 80 % la proportion d'enfants qui commencent
leur scolarité sans que leur développement ne soit compromis par la
présence d'un ou plusieurs facteurs de vulnérabilité.
Nous souhaitons que
plus de la moitié de la population consomme au moins cinq fruits et légumes par
jour. La Politique gouvernementale de prévention en santé comprend d'ailleurs
plusieurs mesures visant à améliorer les habitudes
alimentaires de tous les Québécois, chez les jeunes particulièrement, oui, mais
aussi dans les communautés en misant
sur l'accès à des aliments de qualité. Dans le budget, une somme de
5 millions de dollars est spécifiquement dédiée à la distribution alimentaire en milieu scolaire,
plus précisément à l'offre de collations de fruits et légumes dans les
écoles de milieux défavorisés.
ailleurs, nous sommes résolus à augmenter de 20 % la proportion de jeunes
d'âge scolaire qui sont actifs durant leurs
loisirs et leurs déplacements. À cet effet, j'accompagnais mon collègue le
ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport qui lançait il y a quelques semaines la Politique de l'activité
physique, du sport et du loisir, assortie, M. le Président, d'une somme
de 64 millions sur trois ans.
Dans
la communauté, nous voulons accroître de 49 % l'offre de logements
abordables, qu'ils aient une vocation sociale
ou communautaire. Le dernier budget prévoit justement un investissement de
255 millions de dollars pour construire 3 000 logements
de cette nature dans le cadre du programme AccèsLogis Québec. J'ajoute qu'au
moins 10 % de ces logements annoncés seront réservés aux personnes
itinérantes ou à risque de le devenir ainsi qu'à celles souffrant de problématiques
de santé mentale.
D'autre
part, notre intention est de faire en sorte que neuf municipalités sur 10 parmi
celles comptant au moins 1 000 habitants aménagent des
communautés favorables à la sécurité et à la mobilité durable ainsi qu'aux saines
habitudes de vie et à la qualité de vie de leurs résidents. Et, dans une
perspective plus large, nous souhaitons qu'au moins 80 % des Québécoises
et Québécois atteignent un niveau élevé de bien-être émotionnel et
psychosocial.
Dans
le domaine du tabagisme, M. le Président, nous voulons tout mettre en oeuvre
pour que la proportion de fumeurs quotidiens ou occasionnels baisse, à
terme, à 10 %, soit deux fois moins qu'actuellement.
autre cible consiste à réduire de 10 % l'écart de mortalité prématurée
entre les personnes plus défavorisées et les plus favorisées sur le plan
socioéconomique.
Ce sont, dans
plusieurs cas, des cibles à moyen ou long terme, mais le fait de voir tous les
acteurs sociaux ou gouvernementaux mettre
l'épaule à la roue nous permet d'espérer des résultats à la hauteur de nos
ambitions. La mise en place des
28 mesures et des cinq chantiers prévus à la Politique gouvernementale de
prévention en santé se fera grâce à un plan d'action interministériel,
en cours d'élaboration.
Afin
de soutenir nos actions, notre gouvernement annonçait l'an dernier un
investissement initial de 76 millions. À cela se sont ajoutés
20 millions annuels supplémentaires lors du dernier budget.
Mentionnons
également qu'un budget de 5 millions de dollars est prévu pour développer
une stratégie numérique en matière de
prévention du suicide. Il est de plus en plus clair que la prévention et
l'intervention en ligne présentent une remarquable
efficacité pour repérer les personnes en détresse et leur fournir l'aide
appropriée — c'est le
moment de la toux, excusez-moi. Ce
nouveau volet viendra renforcer notre offre de services préventifs destinés aux
personnes qui seraient plus
vulnérables ainsi qu'à la population en général. Oui, le taux de suicide est à
la baisse depuis le sommet constaté en 1999,
mais il faut maintenir nos efforts pour que cette tendance ne s'inverse pas
mais se confirme et s'accentue, au contraire.
Dans un autre
domaine, celui de la réadaptation, nous avons fait des annonces importantes
pour les personnes qui vivent avec un
trouble du spectre de l'autisme. Lancé il
y a un mois et demi, notre Plan
d'action sur le trouble du spectre de
l'autisme 2017‑2022 témoigne de l'engagement de notre gouvernement à l'égard des personnes et des familles touchées. Fait important, ce plan d'action découle des priorités votées
par les participants lors du tout premier forum du spectre de l'autisme, qui s'est tenu en février 2016. Ainsi,
des personnes ayant le TSA, leurs familles, des experts et des acteurs
du domaine ont eu l'occasion d'échanger et
de choisir des priorités à mettre de
l'avant. Rappelons que ce plan est assorti d'une mise de fonds récurrente de 29 millions de dollars, récurrent
et annuel. Également, la première année d'implantation du plan, une
somme supplémentaire de 11 millions de dollars a été annoncée. Évidemment,
s'y ajoutent également 1 250 000 $
pour la recherche, la formation et la production d'outils. C'est dire que, dès
cette année, nous pourrons faire beaucoup,
que ce soit pour augmenter le nombre d'enfants de moins de cinq ans bénéficiant
du programme ICI, programme d'intervention comportementale intensive, et
de services de réadaptation. Nous pourrons éliminer la liste d'attente et augmenter le nombre de familles qui reçoivent du
soutien pour des services de répit, de dépannage, tout en soutenant les organismes communautaires offrant ce genre de
services. Nous pourrons désigner un intervenant pivot à
chaque enfant dès qu'il accède à des
services, ce qui soulagera les parents de toute une série de démarches
associées à la coordination des
services. Et également nous allons assurer une continuité pour les jeunes de
21 ans et plus afin qu'ils aient des services à la fin des services
de scolarisation, afin de favoriser l'intégration au travail ou dans d'autres
types de milieux.
Ainsi,
vous pouvez constater tout comme moi que le plan d'action est la preuve solide
de notre engagement envers les personnes
touchées par le trouble du spectre de l'autisme et leurs familles. Nous souhaitons
faire une différence dans leur vie et les soutenir dans leur quotidien.
Ce plan d'action s'ajoute aux autres mesures en place telles que le partenariat
que nous avions déjà au ministère de la Santé et Services sociaux avec la
Fondation Miriam.
Nous
ne travaillons pas uniquement sur le trouble du spectre de l'autisme. Comme
vous le savez, M. le Président, nous
souhaitons améliorer la qualité de vie de toutes les personnes au sein de notre
société en situation de vulnérabilité. Par exemple, notre gouvernement a mis en place un nouveau programme qui
permettra d'améliorer l'accès aux bâtiments pour les personnes handicapées. Il s'agit plus précisément des petits
centres d'affaires commerciaux. Alors, une mise de fonds de 8 millions de dollars étalée sur
cinq ans permettra de rejoindre 800 établissements. Aussi, 5 millions
seront investis afin de favoriser
l'aménagement des lieux touristiques et culturels en vue de les rendre plus
accessibles pour les personnes à
mobilité réduite. Nous avons aussi annoncé une bonification de 10 millions
sur cinq ans des programmes de subvention aux entreprises adaptées pour
soutenir davantage l'inclusion, la participation sociale des personnes
handicapées du Québec. Également, un
investissement additionnel de 15 millions sur cinq ans a été annoncé pour
bonifier le soutien aux services de transport adapté dans toutes les
régions du Québec.
Concernant
la dépendance, le Règlement sur la certification des ressources communautaires
ou privées offrant de l'hébergement en dépendance est entré, M. le
Président, en vigueur le 4 août dernier. Il entraîne des améliorations significatives notamment au regard des pratiques
cliniques, de l'évaluation de la clientèle, gestion des médicaments et
vérification des antécédents judiciaires.
Aussi, au cours de la
dernière année, le ministère a travaillé en étroite collaboration avec
13 partenaires interministériels sur l'élaboration du prochain plan
d'action en dépendance. Celui-ci sera lancé l'automne prochain, précisera les actions à mettre en place au cours
des prochaines années pour prévenir et réduire les conséquences
négatives associées à la consommation d'alcool, de drogues et la pratique du
jeu de hasard et d'argent.
Du côté de
l'itinérance, maintenant, nous poursuivons la mise en oeuvre du plan d'action
interministériel 2015‑2020, qui porte déjà fruit. Comme c'est le cas en
prévention, l'intervention en matière d'itinérance en soi est un immense défi et doit être perçue comme une
responsabilité sociale et collective qui appelle des gestes concertés
d'acteurs des différents milieux. Les grands
axes du plan d'intervention... du plan d'action, excusez-moi, sont le logement,
les services de santé et services
sociaux, le revenu, l'éducation, l'insertion sociale et socioprofessionnelle,
la cohabitation sociale et les enjeux
liés à la judiciarisation. J'ai déjà évoqué les logements supplémentaires
offerts en vertu du programme
AccèsLogis Québec, et, de façon complémentaire, un financement de 7 millions
est prévu, M. le Président, en vue d'offrir aux personnes en situation
d'itinérance un niveau de soutien nécessaire pour favoriser leur stabilité
résidentielle, avec accompagnement, tel que préconisé dans le plan d'action. Mentionnons
aussi la stratégie de partenariats de lutte à l'itinérance,
qu'on appelle communément la SPLI, qui nous permettra, à l'aide d'une entente
avec le gouvernement fédéral, d'injecter 19,6 millions — puis c'est déjà commencé — par
année pour une période de cinq ans, soit d'avril 2014 à mars 2019. Et, depuis juin 2016, un investissement supplémentaire de 8,5 millions a été annoncé. Bref, sur le total, 114 millions,
M. le Président, investis en itinérance.
protection de la jeunesse, un autre de mes champs de compétence, j'ai annoncé, il y a
deux mois, des budgets supplémentaires de 12 millions de dollars
dans ce domaine. De cette somme, une portion de 7 millions de dollars est consacrée à l'amélioration de l'accès à
des services psychosociaux de proximité — bref,
la première ligne — comprenant,
par exemple, l'accompagnement, du soutien personnalisé ou des conseils. Il sera
possible d'augmenter le taux de prise en charge de ces jeunes par les professionnels et les travailleurs sociaux,
les éducateurs et les psychoéducateurs. Tout travail réalisé en amont présente le potentiel pour éviter
le recours aux services de protection de la jeunesse, ce qu'on appelle
les services de deuxième ligne. Le solde de
5 millions de dollars aidera donc les établissements à répondre à
l'augmentation du nombre de situations signalées au directeur de la protection
de la jeunesse. En conséquence, les listes d'attente vont diminuer, que ce soit de l'étape de l'évaluation des signalements à celle de l'application des mesures, le cas échéant. Je tiens toutefois à rappeler qu'un enfant dont la
sécurité pourrait être compromise reçoit l'aide requise, et ce, sans
délai. Par ailleurs, le plan d'action est en préparation sur la question des
fugues et demeure toujours un enjeu préoccupant.
ne veux pas dépasser le temps qui m'est imparti, M. le Président, mais il
serait important que je puisse parler absolument de nos
partenaires indispensables pour la population que sont les organismes
communautaires. Partout au Québec, leurs équipes interviennent auprès des personnes
ou des groupes présentant des vulnérabilités particulières, que ce soit en santé ou en nature sociale. Pour mieux
reconnaître leur travail, notre gouvernement a annoncé, dans le plan d'action économique du Québec,
un investissement de 80 millions
de dollars au cours des cinq
prochaines années. C'est un effort sans précédent depuis l'adoption de
la Politique gouvernementale de l'action communautaire en 2001, du jamais-vu en
16 ans, M. le Président.
Voilà
l'essentiel, M. le Président, de ce que je souhaitais partager avec les
membres de la commission. Et je serai heureuse de pouvoir échanger, maintenant, avec les collègues, sachant que nous nous
rejoignons tous, des deux côtés de la table,
sur l'essentiel, nous nous rejoignons, et ce que nous voulons, c'est faire une
différence dans le quotidien des citoyens du Québec. Merci, M. le
Président.
Le Président (M.
Merlini) : Merci à vous, Mme la ministre, pour ces remarques
préliminaires. J'invite donc maintenant un des deux porte-parole de l'opposition
officielle à faire les remarques préliminaires. Ce sera?
Président (M. Merlini) : Alors, il n'y aura pas de remarques de
l'opposition officielle. On va répartir le temps, Mme la secrétaire,
dans les temps d'intervention.
La deuxième opposition nous indique aussi qu'il n'y aura pas de
remarques préliminaires de leur côté. Alors, on va répartir également
votre temps de ce côté-là.
Nous
allons donc procéder aux échanges, une première intervention qui va venir de
l'opposition officielle pour un premier bloc de 20 minutes. Je cède
donc la parole à M. le député de Saint-Jean. À vous la parole.
Turcotte : Merci, M. le Président. Bonjour, Mme la ministre,
ainsi que les collègues du gouvernement, mon collègue député de Labelle, porte-parole pour la santé publique, entre
autres, et les saines habitudes de vie, nos collègues de la deuxième opposition. J'aimerais saluer toute
l'équipe de la ministre, les gens du ministère qui sont là. Et aussi je
crois qu'il y a beaucoup de représentants
des organismes communautaires en santé et services sociaux de différentes
régions du Québec. Donc, bienvenue à vous aussi aujourd'hui.
première question, M. le Président, concernera justement la question des organismes
communautaires, donc du programme
PSOC, le Programme de soutien aux organismes communautaires. Depuis le dépôt du
dernier budget, depuis le mois de
mars dernier, les représentants, donc, de la table des TROC ont demandé à
plusieurs reprises une rencontre avec la ministre pour mieux comprendre
la répartition ou l'étalement du rehaussement du financement des organismes
communautaires. Dans le budget, on peut y retrouver qu'il y aurait un
réinvestissement de 80 millions. Selon les organismes, selon les informations qu'ils ont recueillies de différents
échos, on parlerait plutôt de 25 millions. Donc, la première
question : Pourquoi que la ministre a refusé de rencontrer les représentants
des groupes communautaires pour leur expliquer qu'est-ce qui se trouve dans le
budget?
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Charlebois :
Est-ce que j'ai bien compris que vous dites que je refuse de rencontrer les
groupes communautaires?
Le Président (M. Merlini) :
Oui, M. le député de Saint-Jean.
Charlebois :
Bien, je veux juste... Je n'ai pas entendu la fin.
Turcotte : M. le Président, ma question est : Les
représentants de la table des TROC ont demandé à la ministre à plusieurs occasions de la rencontrer depuis mars
dernier, donc, pour le budget, pour clarifier l'étalement du
rehaussement du financement des organismes
communautaires dans le budget, et il n'y a pas eu de rencontre depuis. Donc,
pourquoi que la ministre n'a pas accepté de les rencontrer pour leur expliquer
l'étalement du rehaussement du financement des organismes communautaires?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Alors, merci, M. le Président, de me donner
l'occasion de répondre au député de Saint-Jean, qui est en Montérégie tout comme moi. Et honnêtement j'ai l'intention de
rencontrer les groupes communautaires. Ce que nous avons dit au budget, ce que le ministre des Finances a dit au
budget, c'est qu'il y avait une augmentation de 80 millions au cours des cinq prochaines années pour le Programme
de soutien aux organismes communautaires. C'est du sans précédent depuis 2001,
M. le Président. Juste vous montrer un tableau qui démontre la croissance du
financement des organismes communautaires. Je pense que vous le voyez
bien, vous êtes à même de voir que le financement n'est pas à la baisse.
financement se complète aussi de l'indexation à l'IPC Québec. L'IPC Québec,
c'est fixé par l'Institut de la statistique, et ce n'est pas la ministre
des Services sociaux qui détermine ça.
Maintenant, pour la
répartition des sommes, au bénéfice de mon collègue de Saint-Jean, il y a dans
le cahier budgétaire, à la page A.43, la répartition des sommes. Je ne
vois pas ce qui n'a pas été dit ou ce qui n'a pas été clair, parce que... Il
est ici depuis assez longtemps pour savoir ce qu'il y a dans ces cahiers-là.
pour ce qui est des rencontres, je rencontre les groupes nationaux, M. le
Président, deux fois par année, et ça me
fait plaisir de les rencontrer. Et on aura une rencontre. Mais, vous savez, un
horaire de ministre, c'est un horaire chargé. Puis, quand le moment va venir, quand j'aurai une disponibilité... Mais
en ce moment, mon horaire, on est en étude des crédits là, mais il y a plusieurs sujets sur la table, vous le savez,
j'ai annoncé le Plan d'action sur le trouble du spectre de l'autisme, il
y a plein de sujets qui sont sur la table, pour lesquels je dois être présente.
Alors, ils vont être
rencontrés. Ça, c'est sûr qu'ils vont être rencontrés. Mais je veux juste vous
dire que, des organismes communautaires, là, avant d'être ministre, je suis
députée, j'en rencontre tous les jours. Et j'en rencontre dans le comté de mes collègues aussi, je rencontre
les organismes qui sont sur le terrain. M. le Président, c'est étonnant,
ce qu'on peut entendre. Ils sont contents, eux autres.
Le Président (M.
Merlini) : Merci beaucoup, Mme la ministre. M. le député de
Saint-Jean.
Turcotte : Merci, M. le Président. Donc, je comprends que la
ministre n'a pas eu le temps encore de rencontrer la Coalition des
tables régionales d'organismes communautaires, qui représente
3 000 organismes sous sa juridiction. En un mois et demi, donc, elle
n'a pas encore eu le temps de les rencontrer.
Elle
nous dit qu'elle va pouvoir les rencontrer. Ils se sont déplacés, donc elle
pourra peut-être prendre un peu de temps avec eux après l'étude des
crédits si elle souhaite les rencontrer.
Cependant, ma question demeure : À quel
montant s'élèvera le PSOC pour 2021-2022?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
C'est 80 millions au cours des cinq prochaines années, M. le Président.
J'invite le député de Saint-Jean à
consulter la page A.43, il y a l'énoncé année après année sur comment ça
s'additionne : 2017‑2018, 10 millions;
2018‑2019, 10 millions, on est rendus à 20; 2019‑2020, c'est
15 millions — 20 plus
15, ça fait 35; 2020-2021, il y a un
autre 20, on est rendus à 55; et la dernière année, 2021-2022, 25, ce qui fait
un total de 80. C'est à la page A.43 du budget, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, M. le Président. À la page A.43 du budget, il n'est pas inscrit le
montant prévu pour le PSOC en 2021-2022. Donc, je repose ma
question : Quel est le montant du PSOC prévu en 2021-2022?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
M. le Président, je suis désolée, là, on va... il faudrait ouvrir le cahier,
là, et trouver le nom du cahier. À la
page A.43, 2021‑2022, c'est écrit 25 millions. Le total des cinq
années, c'est 80 millions, M. le Président. En quelle langue qu'il
veut que je lui dise, là?
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Saint-Jean.
Turcotte :
Donc, est-ce que la ministre
est en train de me dire qu'il n'y aura seulement que 25 millions
dans le PSOC? Ma question, c'est le PSOC, donc le montant total du PSOC prévu
en 2021‑2022. Ma question est pourtant simple.
Ce n'est pas partisan, c'est une question factuelle. Le PSOC, en 2021‑2022,
s'élèvera à combien? C'est simple.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Globalement, le financement du Programme de soutien aux organismes
communautaires, M. le Président, à la fin de 2017‑2018, c'est 577 millions juste pour la santé et les
services sociaux. De ce montant-là,
on vient d'annoncer du sans précédent depuis
2001, en 16 ans ce n'est jamais arrivé, une prévisibilité comme ça, avec
des cahiers de crédits, évidemment,
hein, sur lesquels on s'appuie. Quand on fait un budget, on fait des cahiers de crédits. Alors, 577 millions cette année, 2017‑2018. C'est considérable.
80 millions au cours des cinq prochaines années. Je vous le dis, depuis 2001, c'est du jamais-vu. Ça, c'est
des impacts concrets dans les régions du Québec, c'est des services de plus qui vont être dédiés à la population. Écoutez, il y a des organismes qui ne sont pas financés en ce
moment, là, hein? Bien, ça va permettre du financement. Puis là ce qu'il
faut expliquer à la population, là...
Le Président (M. Merlini) :
Avez-vous un appel au règlement, M. le député?
Turcotte : Bien, je
veux avoir une réponse.
Charlebois : Bien,
c'est ce que je fais, là.
Président (M. Merlini) :
Elle est en train de répondre à la question. Elle a une minute, elle a une minute pour
répondre suite à la minute que vous avez prise.
Turcotte : Un
chiffre. C'est un chiffre que j'ai posé.
Président (M. Merlini) : La
présidence n'apprécie pas la réponse qui est donnée. Mais elle est en train
de répondre à la question qui est posée.
Turcotte : Mais le
temps peut être apprécié. Ma réponse...
Président (M. Merlini) : Le
temps est apprécié. Vous avez pris une minute de préambule, Mme la ministre est en train de prendre une
minute pour y répondre. Mme la ministre.
Charlebois : Alors, c'est des organismes qui ne sont pas
financés en ce moment mais qui vont être financés et pour des
activités communautaires, des services directs à la population. M. le Président,
il faut aller sur le terrain. Puis l'indexation, là, à l'IPC s'ajoute à ça là,
hein, le 80 millions.
Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. On va aller à une autre question
du député de Saint-Jean.
Turcotte : Donc, M. le Président, je repose ma question,
parce que je n'ai toujours pas eu de réponse. Ma question : En 2021‑2022 — et je
vais donner un choix de réponse à la ministre — est-ce que le PSOC va
s'élever à 591 667 200 $ ou à
646 607 200 $? Donc, est-ce que ce sera 646 millions ou
591 millions, en 2021‑2022? C'est un choix de réponse, c'est un ou
l'autre.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : C'est 602 millions en 2021‑2022,
602 millions, M. le Président, sans les indexations année après année. Ça, c'est à la mission globale. Qu'est-ce
qu'est la mission globale, M. le Président? Exemple, des groupes qui
vont donner du répit, hein, en autisme, ça, le montant qui va leur être dédié
dans le Plan d'action sur le trouble du spectre
de l'autisme, c'est des ententes spécifiques, ce n'est pas dans la mission
globale, mais l'organisme communautaire qui donne tout autre service aux gens qui ont le trouble du spectre de
l'autisme, la mission globale, c'est ça qu'on est en train de parler.
Alors, ce qu'on parle, là, c'est du financement qui arrive pour l'entièreté des
organismes communautaires, à part des
ententes spécifiques que le gouvernement donne dans les missions qu'il a
choisies. Alors, moi, je vous dis,
là, j'avais le montant, c'est 602 millions avant les indexations, en 2021‑2022.
Cette année, là, on se trouve à 577 millions d'argent pour la
mission globale.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Je n'ai pas étudié en mathématiques, à
part le
programme régulier d'éducation, mais, si je fais un calcul, 577 millions actuellement, que la
ministre nous dit, et, en 2021‑2022, donc cinq ans plus tard,
602 millions, on augmente de
25 millions, on n'augmente pas de 80 millions. Donc, la prétention
des organismes communautaires, validé par
plusieurs personnes du réseau du système de santé, est confirmée. Ce n'est pas
une hausse de 80 millions, c'est une hausse de 25 millions,
entre 577 et 602.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : M. le Président, je vais répéter pour le
bénéfice de la population et tous ceux qui nous écoutent. Ce que le ministre des Finances a dit et ce que
j'ai dit, c'est la chose suivante : nous avons annoncé une
augmentation de 80 millions au cours de cinq prochaines années. O.K.? Ça
dit tout, là.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : M. le Président, donc, ma question... Les
chiffres parlent par eux-mêmes. Et
j'ai posé une question : Quel
est le montant prévu pour le PSOC en 2021‑2022?
La ministre me dit 602 millions. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est
Mme la ministre. Elle me dit aussi, attention : Actuellement, le PSOC est
à 577 millions. Donc, 602 millions moins 577 millions, ça fait
25 millions, ça ne fait pas 80 millions.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois :
...si vous calculez pour un an, M. le député de Saint-Jean, oui, mais, si on
additionne les montants qu'on investit année après année, ça fait une augmentation de 80 millions au cours des cinq prochaines années. M. le
Président, on dit la même chose, je pense.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : M. le Président, donc, si la ministre est capable de nous dire que c'est l'indexation, est-ce qu'elle peut déjà nous déposer les pourcentages d'indexation des cinq prochaines
années? Parce que c'est calculé en fonction de chaque année. Donc, je ne comprends pas comment la
ministre peut savoir d'avance, dans quatre ans, dans trois
ans, le pourcentage d'indexation.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : M. le Président, j'ai donné l'indexation pour la première année. Il sait très bien — en tout cas, s'il ne le sait pas, ça me déçoit un petit peu pour les
électeurs de Saint-Jean — l'IPC,
ça ne se détermine pas d'avance sur cinq
ans. C'est Statistique Canada qui fait ça, ce n'est pas la ministre
de la Réadaptation, de la Protection de la jeunesse et de la Santé
publique.
Le Président (M.
Merlini) : Et des Saines habitudes de vie.
Charlebois :
Et des Saines habitudes de vie. Vous avez tout à fait raison.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Donc, M.
le Président, si la ministre
n'est pas capable de nous confirmer la hauteur ou le montant de
l'indexation dès maintenant, elle ne peut pas nous assurer que cette
indexation-là est prévue dans le 80 millions.
Donc, je reviens à la
base. Elle nous dit : 577 millions cette année. Ça inclut
l'indexation, ça inclut le premier 10 millions prévu dans le budget. Elle
nous dit : En 2021‑2022, c'est 602 millions. Ce n'est pas moi qui le
dis, M. le Président, c'est Mme la ministre. Ça fait une augmentation de
25 millions seulement.
l'indexation, c'est prévu à chaque année. Ce n'est pas une nouveauté. Le
ministre ne s'est pas levé un jour, le jour
du budget, pour dire : J'annonce que les organismes de santé et services
sociaux seront indexés à partir de maintenant, c'est déjà comme ça. Cependant, elle pourrait parler à son collègue à
l'Éducation, à la Famille, à la défense collective des droits, parce qu'eux autres non plus ne sont pas
indexés puis ils aimeraient ça être indexés. Mais Santé et Services sociaux, ils sont déjà indexés, depuis des
années, donc ce n'est pas nouveau.
Quand
elle nous dit : Il y a 80 millions, il est où, le 80 millions? Entre 577 millions et 602 millions, je m'excuse, ça ne fait pas 80, ça fait
Le Président (M.
Merlini) : Merci. Mme la ministre.
Charlebois : M. le Président, je vais répéter.
80 millions au cours des cinq prochaines années. En 2017‑2018,
c'est 10 millions. On ajoute, en 2018‑2019, un autre 10 millions, ça
fait 20 millions. 2019‑2020, c'est 15 millions. 20 millions plus
15, ça fait 35. 2020‑2021, un autre 20 millions et, 2021‑2022,
25 millions. Ça, c'est 80 millions sur cinq ans, M. le Président, plus l'indexation. L'indexation, cette année,
est à 0,7 %, si je ne me trompe pas. Et c'est déterminé par l'Institut de la statistique Canada, et ce
n'est pas moi qui détermine ça. Ça a été un choix qu'on a fait, oui, en
santé et services sociaux, d'indexer. On aurait pu faire le choix de ne pas
indexer; on indexe.
Tout
ça, M. le Président, savez-vous pourquoi c'est rendu possible? Parce que ça
fait trois ans qu'on a des budgets équilibrés,
ça fait trois ans qu'on est en équilibre budgétaire, on a résorbé un anticipé
déficit d'eux autres quand on est arrivés,
et tout ça nous permet de faire des choix dans les missions qu'on a choisies.
Alors, moi, je suis très fière de ça. Je vous le dis, prenez les
calendriers : depuis 2001, c'est une augmentation sans précédent.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Saint-Jean. Il reste six minutes à votre bloc.
Turcotte : Moi, ce que je comprends... Puis au passage, par
rapport au déficit, c'est quand même regrettable que ce soit le Parti libéral qui est au gouvernement depuis maintenant
bientôt 15 ans. Et c'est quand même eux qui ont doublé, triplé la dette du Québec et qui ont causé le déficit actuel.
Donc, moi, ça ne m'émeut pas beaucoup, de la part de Mme la ministre, qu'elle me dise : On a pris
un déficit, là, quand vous étiez là. On a juste essayé de réparer les pots
cassés de l'ancien gouvernement. Donc, ça, ça ne m'émeut pas beaucoup.
Cependant, ce qui
m'émeut, c'est de voir que nos organismes communautaires... Et je sais que la
ministre est sensible à ça, elle nous le dit
souvent, là : J'ai de la compassion, puis tout ça. Je sais ça. Je sais
qu'elle se promène, elle vient assez
souvent dans Saint-Jean pour faire des annonces. Je suis très au fait de ça.
Cependant, moi, ce que je sais, c'est que
les organismes communautaires auront seulement une augmentation de
25 millions neufs d'argent. Pourquoi je dis ça? Parce que, Mme la ministre et le ministre des Finances, comment ils
le calculent, c'est une addition, donc 10 millions cette année,
mais l'année prochaine on calcule le 10 millions de plus de l'année passée
puis on ajoute un nouveau montant, etc. À ça, à ce compte-là, on pourrait dire
que, sur six ans, ça va être 105 millions; sur sept ans, ça va être
130 millions. Mais c'est parce que ce n'est pas comme ça qu'on calcule.
Là, c'est de l'argent neuf qu'on parle. Les
organismes demandaient pratiquement... je pense que c'était 400 millions, là, pour l'ensemble des organismes
communautaires qu'ils demandaient. On
nous dit 80 millions. Les organismes étaient déçus, mais ils se disaient : Bon, c'est déjà
un bon pas. Mais là on s'aperçoit que ce n'est pas 80 millions, c'est 25 millions.
Donc, Mme la ministre
peut calculer de la façon qu'elle veut, mais les deux chiffres qu'elle me
donne, c'est-à-dire les plus importants aux yeux des comptes de banque des
organismes qui vont recevoir du PSOC et surtout des employés, des gens qui travaillent, qui oeuvrent dans ces organismes-là,
qui ne pourront pas augmenter leurs salaires, etc., puis avoir un service à la population
adéquat, bien, c'est le 577 millions de 2017‑2018, incluant le 10 millions de cette
année, incluant l'indexation, et le 602 millions qui sera, en 2021‑2022... Qui sera augmenté avec l'indexation. Je
comprends tout ça, je comprends que ce n'est
pas la ministre qui décide de l'indexation, même si on sait que,
cette année, le 0,7 % d'indexation,
ce n'est pas très bon. L'année passée, c'était 1 %. L'autre année d'avant,
c'était 0,9 %. On sait tout ça. Puis on sait que le salaire minimum augmente, puis on sait que l'électricité augmente,
puis on sait que l'essence augmente, on sait que le coût de la vie augmente, tout ça augmente, puis que, les
organismes, il faut qu'ils paient tout ça en même temps. On sait tout ça. Mais le problème, c'est que les
deux chiffres que la ministre me donne, ça donne juste 25 millions
d'écart, ça ne donne pas 80 millions.
fait que je peux bien voir ce qui est écrit dans le budget, mais ça ne confirme
pas les deux chiffres. À moins qu'il
y ait une erreur dans les documents, là, qu'on nous dit, là, puis peut-être
qu'il y a eu des erreurs dans les deux chiffres.
Mais moi, j'ai très bien entendu,
puis la ministre l'a répété trois fois plutôt qu'une : 577 millions
cette année, 602 millions en 2021-2022. C'est 25 millions et
non pas 80 millions.
Président (M. Merlini) : Merci, M. le député de Saint-Jean. Mme la
ministre. Il reste trois minutes à ce
bloc.
Charlebois : Bien,
M. le Président, je réitère que c'est 80 millions au cours des cinq prochaines années, tu sais, je veux dire, cinq ans, hein? Puis je lui ai nommé les années
tantôt, là. Il fait exprès pour ne pas comprendre, je pense. A.43, les
montants sont bien écrits.
Et, quand il me dit, là, que c'est
nous autres qui a fait le mal au Québec, ce n'est pas nous qui a fait en sorte que
les maisons de crédit nous mettent sous
surveillance, M. le Président, je m'excuse, c'est quand ils ont passé au
pouvoir pendant les 18 mois. Puis c'est
notre premier ministre qui est allé jaser avec les maisons de crédit
puis qui a fait... il a pris des engagements
pour faire en sorte que... on a promis qu'on arriverait à l'équilibre budgétaire puis on a promis qu'on contrôlerait nos dépenses, la croissance de nos
dépenses, hein, parce que, sans ça, là, on serait dans le trouble, on
paierait plus d'intérêts, puis les groupes communautaires, savez-vous quoi, ils auraient encore bien moins
si ça avait été eux autres qui auraient été là avec un gouvernement sous
surveillance.
Puis
moi, j'aime encore mieux qu'on fasse qu'est-ce
qu'on fait là, une annonce sans
précédent, que de faire une annonce
sans cahier de crédits, d'ailleurs qui a été reproché par la Vérificatrice générale du Québec. Ce n'est pas moi qui le dis, là. La Vérificatrice générale du Québec a
dit que c'était non pardonnable de faire un budget sans cahier de
crédits, de faire des promesses sans argent.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Saint-Jean. Il reste moins de deux minutes.
Turcotte : Parfait, M. le Président. Donc, en terminant sur
cette question-là, moi, je dirais que... j'inviterais, premièrement — la moindre des choses — que Mme la ministre accepte de rencontrer
les gens de la table des TROC. Elle
dit que le premier ministre est allé jaser avec les maisons de finances aux
États-Unis pour la cote de crédit. Bien, moi, je pense qu'elle pourrait au moins s'asseoir et rencontrer les gens de
la table régionale des organismes communautaires en santé et services sociaux, de tous les TROC, là, les représentants,
parce que, premièrement, ils sont ici, ils sont ici parce que la
ministre ne les a pas encore rencontrés, malgré plusieurs demandes de
rencontre. Et, si les gens se parlaient, peut-être qu'ils pourraient se comprendre. Mais, avec les
deux chiffres qu'on a, on ne se comprendra pas bien, bien, là. On parle
juste de 25 millions et non pas de 80 millions, M. le Président. Les
chiffres sont têtus.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Saint-Jean. Un dernier commentaire, Mme
la ministre, pour ce bloc?
Charlebois : Bien,
un dernier commentaire, M. le
Président : S'il arrêtait de
contribuer à mêler les chiffres, peut-être que ça aiderait, parce que pourtant mes propos
sont assez clairs. Puis j'ai dit qu'à la page A.43 tous les chiffres
sont clairs. Moi, je n'ai jamais joué à la cachette, en passant.
Puis,
les groupes communautaires, je vais les rencontrer au moment où ça va
être disponible dans mon agenda. Je ne
me suis jamais cachée de personne puis je ne commencerai pas aujourd'hui, surtout pas à ce que prétend le député de Saint-Jean. Je les rencontre deux fois par année, les
groupes nationaux, M. le Président. Et je suis très fière de les rencontrer et
je ne suis pas gênée.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Ça met un terme à ce premier bloc d'échange avec l'opposition
officielle. Nous allons maintenant
avec un premier bloc d'échange avec le gouvernement, pour une durée de 20 minutes. Mme la
députée de Chauveau, à vous la parole.
Tremblay : Merci beaucoup, M. le Président. D'abord, d'entrée de jeu,
je tiens à saluer tous les gens qui
participent à l'étude des crédits en Santé et Services sociaux. D'abord,
je tiens à saluer Mme la ministre, toute son équipe, les gens qui
l'accompagnent. Je tiens à saluer également la banquette du gouvernement et mes
collègues des deux oppositions.
J'amorcerais les
discussions en parlant d'abord du Plan d'action sur le trouble du spectre de
l'autisme, M. le Président, un plan d'action qui a été très bien accueilli il y
a quelques semaines.
sait que c'est un trouble qui est en constante augmentation, le trouble du spectre de l'autisme, qui fait
partie de l'ensemble
des troubles neurodéveloppementaux et qui se caractérise par des difficultés
dans deux domaines, notamment dans la
communication et les interactions sociales et les comportements, activités et intérêts
restreints ou répétitifs. Par exemple, c'est souvent complexe, pour une personne
autiste, de comprendre ce qui est sous-entendu dans l'intonation qui est utilisée par son interlocuteur ou encore dans
son haussement de sourcils. Les règles qui sont implicites des
interactions sociales ne sont pas acquises
instinctivement, et les relations sociales peuvent ne pas être appropriées pour
l'âge de la personne.
Chez
certaines personnes autistes, on constate que les intérêts
peuvent être peu nombreux mais très développés. On remarque souvent des activités ou encore des comportements répétitifs
tels qu'une manipulation étrange des objets, soit les aligner ou les
faire tournoyer, des mouvements inhabituels du corps, un balancement, torsion
ou battement de mains. Les changements
peuvent entraîner une détresse importante, avec des réactions émotionnelles souvent
subites, souvent démesurées, et les activités répétitives ont un effet
rassurant en raison de leur caractère familier, justement.
trouble du spectre de l'autisme est habituellement présent dans la petite enfance, mais les
manifestations peuvent être plus évidentes au moment de l'entrée à
l'école. C'est un état qui se manifeste différemment selon les personnes.
bon, depuis l'entrée... depuis l'arrivée de notre gouvernement, je tiens à rappeler toutes les actions qui ont été posées. Notamment,
en septembre 2014, il y a eu une entente de partenariat entre la Fondation
Miriam, la Fédération québécoise des centres
de réadaptation en déficience
intellectuelle et en troubles envahissants du développement et le
MSSS. C'est une entente d'une durée de cinq ans, donc, qui vise l'amélioration
à l'accès à l'évaluation diagnostique et aux services
pour les enfants de zéro à cinq ans qui ont un TSA et leur prise en charge par
le réseau de la santé et des
services sociaux pour l'intervention précoce.
L'année dernière, les
11 et 12 février 2016, il y a eu la tenue du premier forum de l'autisme au
Québec, un forum qui a été très suivi,
d'ailleurs, il y avait beaucoup de gens présents, mais des gens qui ont suivi
ça sur Internet. Et, à l'issue de ce forum-là, la
ministre s'était engagée à déposer un plan d'action, et chose promise, chose
faite. Donc, le 21 mars dernier, la ministre a lancé son plan d'action sur l'autisme, un plan de cinq ans, donc 2017 à 2022. On peut
dire que c'était un lancement émotif parce que,
Mme la ministre, c'est un plan d'action qu'elle avait à
coeur, hein, c'est une cause qu'elle avait à coeur. Elle a travaillé
avec toute son énergie dans ce dossier-là pour aller chercher des sommes importantes. Elle avait hâte de le présenter, ce
plan d'action. Elle voulait que ce soit un plan d'action important, un
plan d'action majeur. D'ailleurs, il a été très bien accueilli dans le milieu;
ça, je peux vous le dire. Elle était très fière de le présenter et avec raison. Alors, des sommes importantes qui sont
rattachées, on parle de 29 millions de dollars par année, et c'est récurrent, donc, pour les cinq prochaines
années. Et c'est là-dessus, d'ailleurs, que j'aimerais entendre Mme la ministre.
D'abord,
j'aimerais savoir, pour tous les gens qui nous écoutent en ce moment,
pouvez-vous nous parler... nous expliquer
le lien précis entre, justement, le plan d'action qui a été déposé récemment et
le forum qui a été tenu en février 2016?
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la députée de Chauveau. Mme la ministre.
Charlebois :
Bien, M. le Président, je vais même aller plus loin que ça. Je me souviens,
quand j'ai été nommée ministre déléguée à la
Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, qu'on
s'est retrouvées, ma chef de cabinet
et moi, devant la fenêtre du cabinet, au 15e étage, puis on regardait le
Colisée qui était en train de se faire construire,
puis elle me dit : À quoi vous pensez? Puis là, tu sais, on n'a pas un
crayon, pas un papier, on a zéro personnel, zéro, là, on est la première journée de la nomination. J'ai dit :
Au trouble du spectre de l'autisme. Là, je suis ministre de la
Réadaptation; enfin, je vais pouvoir faire quelque chose.
Et là les rencontres ont commencé, elles se sont
multipliées, avec plein de gens, mais je me suis vite rendu compte que ce n'est pas en rencontrant une personne, une
autre personne, un groupe, un autre groupe que j'y arriverais. Alors, c'est de là qu'est née l'idée du forum sur le trouble du spectre de l'autisme, avec les fonctionnaires, évidemment,
ça ne vient pas tout le temps
de ma tête, là, mais on travaille en équipe, au ministère de la Santé et des Services sociaux. Et de
là est né ce forum-là.
ce forum-là avait pour but justement de mettre sur la table tout ce qui était déjà
fait et, à un certain moment, de prioriser...
les gens devaient prioriser qu'est-ce
qu'ils voulaient voir pour le futur. Qui était là? Bien, il y avait des
chercheurs scientifiques, il y avait des
intervenants, oui, mais il y avait surtout de la famille, des personnes qui
avaient eux-mêmes le trouble du spectre de l'autisme. D'ailleurs, le
coprésident, et vous étiez là, d'ailleurs, Mme la députée — c'est
mon adjointe parlementaire, c'est pour ça
qu'elle était là avec moi toute la journée — le coprésident était autiste lui-même,
c'est un prof à Sherbrooke, au cégep de
Sherbrooke. Et j'étais très, très, très honorée de sa présence. On a jasé toute
la journée. Il m'a confié qu'il avait deux
garçons autistes lui-même, tout ça. Alors, on a mis en commun, au forum, ce
qui était déjà en place puis on a développé
une vision commune pour les défis à venir. Et ont voté sur place
10 objectifs les gens, en
direct, c'était au tableau. Vous comprenez que c'était un grand défi pour moi,
là, parce qu'en direct, au tableau, 800 personnes sur le Web qui
nous suivaient, là, il n'y avait plus d'échappatoire, on était là. Alors, j'ai
promis un plan d'action à la fin de la
journée. Je sais que cette journée-là il y a des gens qui auraient souhaité que
j'arrive avec le plan d'action, mais
je ne pouvais pas, j'attendais de voir ce que les gens avaient à me dire puis
qu'est-ce qu'ils avaient priorisé. À
la suite de ce chantier-là... Puis je leur ai bien dit que, même s'il y avait
10 priorités, ça ne voulait pas dire que les autres éléments ne seraient pas considérés, mais il fallait
commencer quelque part à ce qu'on allait ajouter. Parce que, vous comprenez, mon adjointe parlementaire vous en
a fait mention, M. le Président, ça double à tous les quatre ans, la prévalence au trouble du spectre de l'autisme.
Depuis 2001, c'est 850 % d'augmentation. Je le voyais par mon
comté, je voyais déjà, députée de Soulanges,
qu'il y avait une augmentation fulgurante. Alors, quand je suis arrivée
ministre, les briefings m'ont confirmé ce que je savais pour mon comté
mais au plan national. Alors, le lien qui s'est fait avec le plan d'action,
c'est exactement ça.
dans le plan d'action, il y a des choses qui touchent directement les
priorités. Il y a 35 mesures, mais je vais vous en résumer, si vous
me le permettez. Je ne sais pas combien de temps qu'il me reste, je ne veux pas...
Le Président (M.
Merlini) : Il vous reste une douzaine de minutes.
Charlebois :
Ah! j'ai le temps. Alors, je vais vous dire ce qu'on va faire, c'est qu'on va
réduire la liste d'attente pour les enfants de 0-5 ans qui sont en attente
de traitement comportemental intensif, ce qu'on appelle le ICI, et on va la réduire dès la première année de
45 %, M. le Président. Il faut que je dise, là, qu'il y a 29 millions
par année, récurrent, pour le trouble du spectre de l'autisme, pendant
cinq ans, et la première année s'ajoutent 11 millions non récurrents. Ça
va nous aider grandement à mettre en place tout ce qu'on a à faire. Alors, on
va diminuer cette liste d'attente là pour les jeunes qui sont en attente pour
le traitement comportemental intensif.
On va aussi diminuer
la liste d'attente pour les familles qui ont besoin de répit, parce que, vous
savez, M. le Président, quand vous avez un
enfant qui est... dépendamment où il est situé dans le spectre, que ce soit
léger ou plus lourd, bien, c'est une
occupation à temps plein, de s'occuper d'un enfant qui a le trouble du spectre
de l'autisme. Si tu en as deux, c'est encore plus demandant. Mais, si on
a une famille autour, et tout ça, gérer tout ça... Puis imaginez-vous que le traitement comportemental intensif, c'est
20 heures-semaines, là, en général. Il y en a qui ont besoin de moins,
mais la plupart ont besoin de
20 heures par semaine. C'est demandant pour un parent. Mais ce qu'il faut
savoir, c'est qu'on a besoin de
d'autres services. Alors, les parents ont besoin de répit à un moment donné. Ce
qu'on va faire, c'est qu'on va justement soutenir mieux les organismes
communautaires. On va allouer des sommes supplémentaires pour qu'ils
développent des places — voyez-vous qu'on n'est pas si méchants que
ça avec les organismes communautaires — et on va aussi donner un supplément financier aux 700 familles qui sont
en attente pour qu'ils puissent acquérir ces places-là dans les
organismes communautaires.
On va aussi, dès l'entrée en service,
mettre un intervenant pivot au dossier, c'est-à-dire que le parent n'aura
plus besoin... — comme je vous le disais, ils sont très
occupés, les parents qui ont un enfant autiste — il n'aura plus besoin de faire la démarche pour avoir un ergo, avoir un
orthophoniste, avoir tout autre type de service, c'est l'intervenant
pivot qui va s'occuper de ça puis qui va aller chercher les services au bon
moment, dès qu'il y a un soupçon, pas attendre le diagnostic, là. Dès qu'il y a un soupçon, ils vont aller chercher les
services appropriés, en temps voulu, en temps opportun, pour maximiser
l'efficacité pour l'enfant. Ça, c'est une grosse bouffée d'air pour les
parents, en plus du répit.
Ce que je suis très fière aussi, parce qu'on en a
entendu parler beaucoup, c'est... Quand on est autiste, enfant, ça
ne disparaît pas, ça. Alors, quand on
vieillit puis qu'on a 21 ans, le parcours scolaire se termine, il y avait
comme un petit espace, là, il y avait
comme un petit trou. Bien là, on va travailler à faire en sorte qu'il y ait
des activités pour ceux qui sont plus
lourdement touchés, des activités sociales, pour ne pas qu'ils perdent leurs
acquis. Mais il y en a d'autres pour qui le marché du travail est possible, dépendamment d'où ils sont situés
dans le spectre. On va les accompagner là-dedans, on va les aider.
Alors, moi, je suis très, très fière de ça.
Puis
le dernier élément, qu'on ne parle pas beaucoup, mais que je trouve très important,
c'est tout l'aspect de la résidence, justement, quand... Moi, j'ai
rencontré une grand-mère... pas une grand-mère, une mère, mais elle est aussi grand-mère, parce qu'elle avait d'autres enfants,
mais une mère qui avait un peu plus de 70 ans, qui a un enfant
autiste, qui a dépassé la vingtaine, évidemment,
et dans mon bureau elle pleurait, elle m'a dit : Pensez-vous qu'avant que
je parte pour d'autres cieux je
puisse penser que mon enfant aura une résidence pour demeurer, avec les soins
appropriés? Alors, on travaille aussi là-dessus.
Mais
je vous rassure, M. le Président, le 29 millions ne servira pas à payer l'infrastructure, là, mais plutôt pour donner des services, à l'intérieur de l'infrastructure, aux enfants qui sont devenus des adultes. Puis on va les
accompagner, les gens. Je pense, entre autres, à la Fondation Véro & Louis. Et eux autres, ils ont ce projet-là,
mais j'ai aussi d'autres gens que
j'ai rencontrés qui ont le même type de projet ailleurs. Alors, on va les
accompagner, parce que ces personnes-là,
elles ont besoin d'un encadrement, mais elles peuvent avoir accès à leur place
dans la société, mais aussi une résidence. Puis ça va
sécuriser grandement les parents, parce que plus les enfants grandissent, plus
c'est insécurisant.
Alors, ce qu'on
souhaite, c'est donner des services plus rapidement, parce que, si on donne des
services plus rapidement, le parcours scolaire s'effectue mieux. Quand on
touche le 0-5 ans le plus rapidement possible, c'est sûr que ça nous coûte
moins en investissements de temps et d'argent, mais c'est surtout pour le bien-être
de l'enfant, c'est plus ça qui nous interpelle. Alors, comme je suis une mère
de famille, vous comprenez pourquoi j'avais tant ça à coeur.
ce n'est que certains aspects du plan d'action. Je ne sais pas si je réponds à
votre question, le lien entre le forum et le plan d'action, mais c'est un grand pas en
avant. Je ne prétends pas que c'est la fin, hein, en passant. C'est un
grand pas en avant. Nous allons évaluer tout...
On va y aller par l'approche par résultats, M. le Président, c'est sûr que
je vais suivre ça en direct, je veux
que les listes d'attente baissent, mais il y a plus que ça. On va
suivre... Parce que, comme je vous dis, c'est en croissance, les
diagnostics. Si les diagnostics sont en croissance, c'est donc dire qu'il va y
avoir des besoins. Alors, c'est un grand pas en avant. Ce n'est pas la fin,
c'est le début. Ça s'ajoute aux services qu'on donnait déjà.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Chauveau.
Tremblay : Il va y avoir de la recherche aussi qui va se faire.
Charlebois : Bien,
merci de me faire penser à ça parce
que c'est un élément important,
effectivement. Et la recherche est faite en Mauricie, à l'institut universitaire. Il y a
1 250 000 $ qui est accordé justement pour développer des
outils, pour faire de la recherche, mais
aussi le transfert de connaissances, la formation, des guides aux intervenants,
puis parfaire les services, c'est-à-dire
uniformiser la pratique, oui, mais ça s'améliore toujours, hein? La recherche
fait en sorte qu'on est capables de
mieux cibler qu'est-ce qu'il y a à faire puis ce qu'on doit faire pour faire
mieux. Parce que, vous l'avez très bien présenté, hein, c'est la
perception qui n'est pas la même, pour eux autres. Puis, c'est dommage, je n'ai
encore pas apporté mon
article de journal. J'avais un
article de journal, un
jour, que j'ai frappé dans un de mes médias
locaux qui parlait justement d'un papa qui parlait de ses deux garçons
autistes, puis, je vais vous avouer, M. le Président, ça m'avait touchée. Puis c'était au début de mon mandat. Et
la première colonne, c'était tout l'aspect sombre... Parce qu'à chaque fois qu'on me parlait de ça,
moi, au début de mon mandat, j'étais comme : Comment on va faire
pour les aider? Comment on... Je voyais ça
difficile et sombre. Puis maintenant je vois plein d'espoir, plein d'espoir,
parce que je rencontre des parents, on a eu le témoignage d'une mère
cette semaine, quand je suis allée en Mauricie, là, c'était incroyable. Je vous
le dis, c'était touchant, là, j'en avais la chair de poule, c'était... Alors,
moi, je ne vois plus ça de la même manière.
Le père, il nous dit, dans sa première colonne, dans l'article de journal... il
nous dit qu'il aurait voulu se battre — parce qu'il a sûrement eu une
maladie — il
a dit à ses enfants : «J'aurais aimé ça, pouvoir voir tes premiers succès,
ta première blonde, ton premier diplôme, ta première voiture. Je ne verrai
jamais ça.» Mais, dans la deuxième colonne,
il nous montre l'aspect positif. Il dit : «Tes succès ne sont pas moins
importants», parce que, parce que, parce que. Puis il dit : «Aujourd'hui, je peux te dire que...» Dans la
première colonne, il a dû être malade. Puis il dit : «Je me suis battu mais pas pour les bonnes raisons.
Maintenant, je me bats pour les bonnes raisons, parce que je suis
tellement fier de vous.» Moi, là, ça m'a réconciliée avec tout ça et ça m'a
aidée à travailler dans le dossier.
Oui, j'étais émue, la
journée qu'on l'a annoncé, parce que j'ai rencontré tellement de mamans, là,
qui avaient besoin d'aide. J'en ai eu une,
entre autres, que j'ai prise dans mes bras, là, que je veux rappeler, parce qu'honnêtement ils sont épuisés, ces
parents-là, puis tout ce qu'ils veulent, c'est le meilleur pour leur enfant.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Chauveau.
Tremblay : J'en profiterais
pour faire une citation qui a été faite au lendemain, dans le fond, du
dévoilement du plan d'action, la Fondation
Miriam, la présidente qui a mentionné : «Nous sommes optimistes que ce
plan d'action va permettre de
répondre aux attentes et aux espoirs des personnes atteintes de TSA ainsi que
de leurs proches. Il ne faut pas oublier
que le trouble du spectre de l'autisme dure toute une vie et que des dizaines
de milliers d'adolescents, adultes et personnes âgées ont besoin d'un
grand soutien. Pour le moment, nous croyons que l'attente en a valu la
chandelle.» Alors, je pense, ça a été très
bien accueilli, ce plan d'action là, et, je peux vous dire, dans mon comté aussi,
parce que j'ai un organisme qui offre des services aux jeunes adultes
autistes, Intégration TSA, qu'on appelle communément ITSA.
Et d'ailleurs, pour mon collègue de la première
opposition qui laissait sous-entendre, tout à l'heure...
Tremblay : ...opposition
officielle, qui laissait sous-entendre, tout à l'heure, que la ministre ne
rencontrait pas les groupes communautaires,
elle est venue avec moi rencontrer les gens d'ITSA, dans le comté, situé sur la
rue Racine, au centre Saint-Louis, et
ils ont vraiment apprécié la présence et le côté très humain, également, de la
ministre. Et c'est un service qui est
apprécié, parce que les jeunes adultes, une fois qu'ils ont quitté l'école,
bien, ils peuvent encore apprendre à cet endroit-là pour intégrer le
milieu du travail.
Alors, il y a
encore du travail à faire, mais, évidemment, avec le plan d'action qui a été
dévoilé, je pense que ça va donner un
gros, gros, gros coup de main, donc, et pour les enfants et pour toute la
période jusqu'à l'âge adulte également. Alors, bravo pour ce plan
d'action!
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la députée de Chauveau. Mme la ministre, il reste
2 min 30 s.
Charlebois : Bien, tout ce que je veux dire, c'est merci à
tous les gens qui ont aidé à concocter ce plan-là. Parce que je ne l'ai
pas fait seule, hein? Il y a, oui, tous les officiers du ministère, mais il y
avait plein de gens, des spécialistes, notamment
ceux qui ont participé au forum, les 800 personnes qui étaient sur le Web,
qui nous ont émis des commentaires.
Honnêtement, ça a pu m'aider à, justement, bien cerner les priorités et faire
en sorte que nous puissions aboutir
avec un plan le plus pertinent possible pour non seulement les enfants, les
adultes, mais il y en a pour tous les âges. Et juste ça, moi, c'était ça qui était important
pour moi, tu sais, ce n'était pas tant de faire un plan d'action, là, c'était qu'il soit pertinent, qu'il touche les personnes, puis
qu'on améliore leur sort, et faire en sorte qu'ils puissent contribuer à la
société, parce qu'ils ont une place en société. Et, pour ces parents-là, c'est important
qu'on puisse les aider.
Moi, M. le Président, la semaine que j'ai fait l'annonce du plan d'action, ma première
sortie, je me souviens que je suis allée dans un comté, je pense, c'est
le député de Chambly, si je ne me trompe pas... En tout cas, bref, en arrivant dans la salle, cinq personnes sont venues me
trouver pour me parler du plan d'action.
Ils étaient emballés. Et plus je
me promène, plus je m'aperçois qu'il y a beaucoup
de gens qui sont touchés par le trouble du spectre de l'autisme, beaucoup
plus qu'on pense, et qui ont besoin qu'on les accompagne à travers tout ça.
Alors, moi,
je suis très, très fière de ce plan-là. Et, comme je vous dis, c'est un pas en
avant, ça ne s'arrêtera pas là, là. Il faut continuer de travailler
là-dessus.
Le Président (M. Merlini) : Merci beaucoup,
Mme la ministre. Mme la députée de Chauveau, il reste moins d'une minute.
Mme Tremblay : Oui, bien, je compléterais avec une citation de
la Fédération québécoise de l'autisme, qui a accueilli avec beaucoup d'intérêt l'ensemble des annonces qui ont été
faites par la ministre et qui a dit : «Mme Charlebois — donc
Mme la ministre — a toujours
prétendu que le dossier de l'autisme lui tenait à coeur, et le résultat
des efforts déployés va dans ce sens. Le montant initial qui devait accompagner
le plan d'action a été multiplié par six.»
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la députée de Chauveau. Ça met un terme à ce bloc d'échange avec le gouvernement. Nous allons maintenant vers un bloc d'échange avec le deuxième groupe d'opposition.
Mme la députée de Repentigny, vous disposez de 21 minutes. À vous
la parole.
Lavallée : Merci beaucoup, monsieur. Je salue mes collègues, mais je
vous salue aussi, Mme la ministre. C'est la première fois qu'on fait des
crédits ensemble en santé publique.
Récemment, je vous avais parlé d'une
problématique dans ma région concernant les centres de prévention du suicide, quant à la centralisation de la ligne
d'urgence 1 866 appelle. Plusieurs centres de prévention du suicide
s'inquiètent actuellement du transfert de la
gestion de la ligne 1 866 appelle vers les centres intégrés de santé et de
services sociaux et la
ligne 811. Avec la réforme qui est sur la table, les appels pourraient
aboutir à la ligne 811, qui traite l'ensemble des appels en santé. Les employés qui travaillent à la ligne 811 sont compétents mais
n'ont pas l'expertise des travailleurs qui se spécialisent dans les interventions
de personnes en détresse ou avec des idées suicidaires.
Beaucoup
de changements touchent notamment le CISSS de l'Estrie, qui doit bientôt
hériter des appels de nuit des
centres de prévention du suicide des Laurentides et de Lanaudière en plus de l'ensemble
des appels du CPS de sa propre région.
De plus, la prise en charge des appels par Info-Social en Estrie soulève
plusieurs questions, notamment quant à la
capacité de réponse, l'approche adoptée face à une crise suicidaire et la structure de collaboration qui sera mise en place pour établir le lien
entre l'individu et les ressources disponibles sur le territoire de Lanaudière.
Cette décision ne pourrait bénéficier à la clientèle, car ces centres
ont une expertise en prévention du suicide que les CISSS n'ont pas.
Selon la
direction de santé publique du CISSS de Lanaudière, la décision reposerait sur
un critère administratif adopté en
2014, exigeant un mandataire unique par région pour la desserte de la
ligne 1 866 appelle. Pourtant, en vertu de la régionalisation des services, on met fin à un
modèle éprouvé et peu onéreux pour ensuite le relocaliser vers une autre
région, auprès d'une instance qui n'a, à ce jour, pas l'expertise équivalente
pour assumer ce type de service. Les intervenants s'inquiètent de la qualité du
suivi et des services offerts aux personnes à la suite de l'appel.
En gros, dans
certaines régions, on va transférer les appels de patients en détresse au 811,
à des intervenants qui ne sont pas
aussi bien formés. Pire encore, le suivi des dossiers des patients en détresse
le lendemain matin sera encore plus
compliqué. Les centres de prévention ne comprennent pas pourquoi le ministère
de la Santé s'est ingéré dans leurs organisations internes alors que
tout fonctionnait bien. Pour les appels de nuit, certains centres s'étaient
entendus et organisés entre eux pour offrir un service efficace et efficient.
Dans le cahier des crédits budgétaires, le
ministère de la Santé a écrit que trois régions seront touchées par un
transfert des appels au service 811 et que cette mesure ne générera pas
d'économies. Depuis que la ministre s'est dite préoccupée, le 28 mars
dernier, est-ce qu'elle a fait des vérifications?
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la députée. Avant de
répondre, Mme la ministre, je vais faire une petite correction, vu
qu'avec la répartition du temps des remarques préliminaires vous aviez un bloc
de 24 minutes et non de 21 minutes. Alors, à vous, Mme la ministre,
pour la réponse.
Mme Charlebois :
Merci, M. le Président. D'abord, juste vous dire que la situation, tout ce que...
Moi, quand on parle de prévention du suicide,
c'est un sujet qui me préoccupe grandement. Un suicide, c'est un suicide de
trop. Puis je pense que c'est la même chose pour vous, c'est la même
chose pour tout le monde. J'ai bien compris ça.
J'ai reçu
votre missive, je me rappelle que vous me l'avez donnée. J'ai aussi rencontré
la députée de Joliette à ce propos-là. On a eu une rencontre encore
cette semaine dans ce dossier-là, et j'ai demandé certaines clarifications.
Je veux vous
rassurer, par contre, concernant la ligne 811 et les personnes qui y
travaillent, ils ont une formation dédiée
à ça. On n'envoie pas n'importe qui n'importe comment faire de la prévention du
suicide, c'est hyperimportant d'avoir les bonnes personnes aux bons
endroits, parce qu'on le sait, que c'est des personnes qui sont en état de vulnérabilité, et parfois le temps imparti pour
pouvoir déclencher quelque chose qui va faire en sorte qu'on va les
aider n'est pas long. Ça fait qu'il ne faut
pas négliger ça. Mais je veux vous rassurer, Mme la députée. D'ici la semaine
prochaine, on sera en mesure de vous donner des nouvelles qui, à mon avis,
pourraient vous satisfaire.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée : Pourquoi vous
n'êtes pas en mesure de le dire maintenant? Est-ce que...
Mme Charlebois :
Bien, parce qu'il me manque quelques...
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
Excusez-moi, M. le Président, je suis allée trop vite. Parce qu'il me manque
quelques précisions et quelques
petites affaires à finaliser, honnêtement. Et, dès que ce sera fait, on va être
en mesure de vous transmettre les informations,
soyez assurée. Mais il reste que j'ai des choses encore à évaluer, puis ce
n'est pas des choses majeures. Mais, à mon avis, vous allez être
satisfaite de ce que vous allez avoir comme réponse.
Si vous me le permettez, je vais quand même
dire, tant qu'à parler de suicide, qu'on ajoute 5 millions pour la
stratégie Web en prévention du suicide parce que, les jeunes, c'est là qu'ils
sont, sur le Web. Alors, on va pouvoir les détecter
sur le Web mais aussi mettre des moyens de prévention, au-delà du dossier qui
vous préoccupe, là. Alors, on a 5 millions qu'on va... ça a été
annoncé au budget 2017‑2018. Et la ligne 1 866 appelle est
toujours là.
Puis, tant
qu'à faire, je vais profiter de la question que vous me posez sur la prévention
du suicide pour parler du fameux film qui existe sur Netflix et dire aux
parents...
Le Président (M. Merlini) : ...il
vous reste 30 secondes.
Mme Charlebois :
...dire aux parents que, si les enfants écoutent ça, écoutez-le avec, engagez
la conversation, s'il vous plaît, il
faut absolument que vous puissiez discuter avec vos jeunes. Excusez-moi, je ne
voulais pas vous enlever du temps.
Le Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée : Donc, on
comprend que ça pourrait être maintenu dans chaque région?
Mme Charlebois :
Pardon?
Mme Lavallée : Les services
pourraient être maintenus dans chaque région pour les CPS qui existent déjà?
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Non. Il y a des orientations ministérielles. Ce qu'on vise, c'est avoir un répondant
par région. Parce que vous savez que,
quand je suis arrivée, honnêtement, il y avait des régions qu'il y avait des
pourcentages de non-réponse aux appels assez effarants, puis je ne veux
pas nommer de région parce que ce n'est pas le but de l'exercice. Il y a même une région où j'ai été obligée de
rapatrier la ligne au CISSS directement, parce que, comme je vous dis,
un suicide, c'est un suicide de trop.
Alors, il y a
des orientations ministérielles qui ont été données pour qu'on ait un répondant
par région. Vous autres, vous avez
une problématique ou en tout cas une situation très particulière, dans ce qui
concerne Lanaudière, Laurentides et
l'Estrie, j'ai entendu votre demande, mais, pour l'ensemble des régions, il y a
un répondant par région, puis c'est comme ça que ça doit s'appuyer,
parce qu'on ne peut pas... Tu sais, quand tu as trois centres qui répondent,
puis que ce n'est jamais le même... Puis des
fois les transferts d'appel se faisaient, erreur de pitonnage, vous pouvez être
une nuit sans réponse au téléphone.
La personne qui appelle qui est en détresse, là, elle ne peut pas se permettre
ça. Moi, comme ministre, là, je ne peux
pas me permettre d'entendre ça, M. le Président, puis dire : Oh non! la
ligne a été mal transférée. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, je le comprends, là, c'est sûr que ce n'est pas de la
mauvaise volonté des gens, là, mais, une erreur de pitonnage peut faire en sorte qu'on a des
suicides, moi, je ne pourrais pas vivre avec ça. Je vous le dis, il y en a eu
dans ma famille, des suicides, puis ça m'a
touchée grandement. Puis je suis certaine que vous connaissez des gens,
malheureusement, à qui ça arrive. Ce qu'on ne veut pas, c'est avoir un
cas de suicide de plus.
Votre
situation particulière... Les autres situations sont déjà toutes réglées dans
l'ensemble du Québec. Vous autres, il y a une situation particulière, et
je vais vous revenir très bientôt avec une réponse.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée :
Avez-vous consulté les centres de prévention sur le terrain avant d'annoncer ce
qui va s'annoncer la semaine prochaine?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
On travaille avec eux. On travaille avec eux, honnêtement, on travaille avec
les CISSS, parce que vous savez que c'est de la responsabilité des
centres intégrés de santé et services sociaux que la prévention du suicide.
Alors, les centres de prévention relèvent des centres intégrés de santé et
services sociaux.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée :
Dans les cahiers de crédits, le ministère de la Santé présente des mesures
prévues en 2016‑2017 pour prévenir et
contrer les violences sexuelles. Dans les cahiers, on voit deux mesures non
récurrentes pour un montant total de
600 000 $ soit pour les enfants victimes ou ayant des comportements
sexuels problématiques et les victimes et agresseurs. Il n'y a aucune nouvelle action, aucun montant et aucune
prévision pour 2017‑2018, alors que le gouvernement prévoyait
200 millions sur cinq ans.
En effet, lors du lancement de la stratégie, en
2016, le gouvernement prévoyait 44 millions pour la mise en place de 55 actions nouvelles ou bonifiées et
156 millions pour des actions récurrentes. On donne en exemple
l'action 40 : «Adapter aux
réalités actuelles les modalités de diffusion de la formation offerte aux
intervenantes et intervenants des centres désignés pour les victimes
d'agression sexuelle...» Pourtant, il n'y a aucun détail dans les crédits,
alors que neuf actions du plan sont sous la responsabilité directe du ministère
de la Santé.
Dans les crédits, le ministère de la Santé
réfère la question au Secrétariat de la condition féminine. Mardi, la ministre
responsable de la Condition féminine nous a mentionné qu'elle n'était pas en
mesure de faire le suivi des actions
entreprises par les autres ministères engagés dans la stratégie ainsi que des
budgets dépensés. Elle s'est engagée à fournir
les réponses pour son ministère mais ne promettait rien en retour pour les
autres ministères. Bref, tout le monde se relance la balle, mais il est impossible de savoir ce que le ministère de
la Santé a fait quant à la responsabilité des neuf actions sous sa
responsabilité. Pourquoi? Et est-ce que la ministre peut faire le bilan?
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la députée de Repentigny. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, écoutez, M. le Président, les agressions sexuelles, c'est inacceptable,
il faut se le dire — mon téléphone me niaise, là — alors c'est inacceptable. Et on travaille
sans relâche. On fait de la prévention, de la détection, des
interventions médicales, psychosociales. Bref, c'est des priorités constantes
pour notre gouvernement. Et toute forme de violence est inacceptable.
Et, dans la Stratégie gouvernementale pour
prévenir et contrer les violences sexuelles qui a été annoncée le 28 octobre 2016, il y a 200 millions sur
cinq ans pour lutter contre toutes les formes de violence sexuelle. Pour le
ministère de la Santé et des Services
sociaux, c'est 100 millions sur cinq ans qui va servir, entre autres, à
poursuivre le développement de nos
connaissances et améliorer les services offerts aux victimes, par exemple la
conception et la diffusion de formations des intervenants du réseau de
la santé et des services sociaux, dont ceux qui oeuvrent au sein des centres
désignés, soit 67 hôpitaux désignés
pour accueillir 24 heures par jour, sept jours par semaine les personnes
victimes d'agression sexuelle.
On ne soulignera jamais
assez le travail qui est effectué par les organismes et les intervenants du
réseau qui viennent en aide aux victimes d'agression sexuelle, mais il y a tout
un volet prévention.
Et je fais
aussi un lien avec les centres jeunesse. Comme vous le savez, j'ai été touchée
par ce qui se passait dans les centres jeunesse, et l'annonce qu'on a
faite avec Mobilis est une façon, en quelque sorte, de prévenir les agressions sexuelles aux jeunes. Vous savez qu'en 2014 il y a
5 340 infractions sexuelles qui ont été enregistrées par les corps
policiers du Québec. Alors, il y a
55 actions nouvelles qui ont été bonifiées, 44 millions de dollars
sur cinq ans, dont 26 pour des nouveaux
crédits budgétaires. Comme je vous dis, il y a 200 millions sur cinq ans
pour lutter contre toutes les formes de violence sexuelle, dans le
ministère de la Santé et des Services sociaux. Alors, c'est quelque chose que
nous prenons très au sérieux.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée :
Oui. Pourtant, il n'y a pas de détail dans les crédits actuellement. Il y a
neuf actions du ministère, il n'y aucune prévision pour 2017‑2018.
Donc, je comprends qu'il y a 100 millions
sur cinq ans, mais combien a déjà été dépensé? Et quelles sont les prévisions
pour cette année?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, honnêtement, moi, je vous dis ce qu'on fait dans le ministère de la
Santé. Là, j'ai compris que vous me disiez que la ministre de la
Condition féminine m'a envoyé la balle, puis que, là, moi, je suis en train d'y
renvoyer la balle. Bon, bref, écoutez, moi, je vous dis ce qu'on fait. Il y a
des programmes qui sont là. Puis, si ma mémoire
est bonne, il y a des nouveaux crédits budgétaires... comme je vous le disais,
il y a 26 millions de nouveaux crédits budgétaires qui sont là. Mais c'est plusieurs ministères qui sont
touchés par ça, il n'y a pas juste Santé et Services sociaux, hein, il y a plusieurs ministères qui sont touchés
et qui... Sécurité publique fait son bout là-dedans, il y a un peu tout
le monde qui fait de quoi là-dedans, alors c'est
peut-être pour ça qu'on ne le retrouve pas comme sur une ligne
directement dans le cahier des crédits. Mais
soyez assurés que nous travaillons à faire en sorte que les victimes d'actes...
pas d'actes criminels mais victimes d'agression sexuelle sont prises en
compte et que nous nous occupons de cette situation-là.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée :
Oui. J'ai fait les crédits en Condition féminine parce que c'est aussi mon dossier
puis j'ai posé des questions, puis ce
que je ne comprends pas, c'est qu'on annonce 200 millions pour cinq ans,
puis là c'est réparti dans différents
ministères, puis il n'y a personne qui est capable de nous dire combien
d'argent qui est distribué dans chacun des
ministères puis comment ça va se dépenser. Là, lorsque j'ai posé des questions
à la ministre de la Condition féminine, elle me retourne auprès des ministères différents. Donc, c'est pour ça
que, pour votre ministère à vous, je sais que vous êtes touchée, j'aimerais ça savoir, dans votre
ministère, combien qui est dépensé cette année. Qu'est-ce qui a été
dépensé à date? Et qu'est-ce qui est dépensé cette année?
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, je comprends mieux le sens de la question, là, j'écoutais peut-être avec
un... J'allais dire quelque chose que ce ne serait pas bien, ce serait
sexiste, là, ça fait que je ne vais pas le dire. Ce serait une blague, par
exemple, là.
Alors, nous investissons, sur cinq ans... des
mesures, il y a 95 millions sur cinq ans qui seront investis par le
ministère de la Santé et des Services sociaux de manière récurrente en matière
de violence sexuelle, 12 millions par année
en soutien financier aux organismes qui viennent en aide auprès des personnes
victimes d'agression sexuelle, bref, les centres d'aide et de lutte
contre les agressions sexuelles, ce qu'on appelle les CALACS...
Le Président (M. Merlini) : Un
instant, Mme la ministre. Mme la députée, c'est une question de règlement?
Mme Lavallée : Non, c'est juste...
Est-ce que vous pouvez déposer ces documents-là?
Mme Charlebois :
Bien, c'est un document interne. Difficile. Mais on peut vous faire un résumé
puis vous le faire parvenir, M. le Président, par le...
Le Président (M. Merlini) :
Vous pouvez faire parvenir au secrétariat de la commission le document...
Mme Charlebois :
Oui. Mais je pourrais vous relater ça assez rapidement. C'est parce que vous ne
voulez pas que je fasse la liste? C'est-u ça?
Mme Lavallée : Bien, dans le
fond, c'est... O.K.
Mme Charlebois :
Voulez-vous que je la fasse, la liste, ou pas?
Mme Lavallée :
Oui. O.K.
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre, vous pourriez déposer un document
officiel de votre ministère au secrétariat de la commission, qu'on pourra, à ce
moment-là, distribuer aux membres de la commission à une date ultérieure. Vous
pouvez continuer, Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Je peux continuer? O.K. Il y a 2 millions par an en soutien financier aux
organismes qui viennent en aide auprès des agresseurs sexuels, parce que, si on
n'aide pas ces personnes-là, veux veux pas, ça ne change pas grand-chose, hein,
ça va recommencer. Il y a 2 millions par année en soutien financier aux
organismes qui interviennent en prévention
des agressions sexuelles auprès des jeunes, parce que, ça, on s'aperçoit qu'il
y a peut-être une problématique là.
1 million par an pour des interventions en prévention et promotion santé
et bien-être pour les jeunes en
milieu scolaire, l'approche École en santé, que vous devez connaître.
1 million par an pour le Programme d'évaluation, traitement et recherche pour les auteurs
d'agression sexuelle. Ça, c'est à Percé plus spécifiquement.
500 000 $ par an pour le
soutien aux organismes communautaires qui interviennent auprès des personnes
exploitées sexuellement ou à risque de l'être.
Il y a 250 000 $ par an pour la collaboration avec le centre
Marie-Vincent, que vous devez connaître, certainement que vous avez visité, organisme merveilleux, M. le
Président. Eux autres, ils s'occupent du transfert d'expertise en
matière d'intervention auprès des enfants victimes d'agression et ils sont des
experts, M. le Président. Il faut prendre le temps d'aller prendre connaissance de ce que font Marie-Vincent, c'est
merveilleux. 195 000 $ par an pour s'assurer que les agresseurs sexuels et les personnes à risque de
passage à l'acte aient des services d'aide dans toutes les régions du
Québec. 60 000 $ par année pour le
regroupement... pour les CALACS, pour le programme de formation en matière
d'agression sexuelle dans une perspective intersectorielle. 40 000 $
en santé publique pour le projet Mosaïk...
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre...
Mme Charlebois :
Je vais vous faire un résumé que je vais vous faire parvenir, M. le Président.
Le Président
(M. Merlini) : C'est ça.
Mme Lavallée :
O.K., c'est beau. Merci beaucoup, Mme la ministre.
Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup. M. le
député de Drummond—Bois-Francs, à vous la parole. Il reste 7 min 25 s,
7 min 25 s.
M. Schneeberger : Merci,
M. le Président. Je veux saluer la ministre
avec tous les gens qui l'accompagnent, aussi les collègues ministériels,
l'opposition et ma collègue, mes adjoints ici.
Mme la ministre, vous savez qu'il n'y a pas très longtemps, le 6 février dernier, le syndicat des employés
de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
demandait à l'Assemblée nationale de procéder rapidement à la nomination de plusieurs commissaires. Et puis
soudain, le 7 février, il y a Mme Tamara Thermitus qui a été nommée présidente de la CDPDJ. Par contre,
à ce jour, il y a toujours cinq commissaires qui manquent à l'appel. Et,
étant donné que ce sont des gens qui doivent être nommés aux deux tiers de l'Assemblée nationale, et que cette situation-là perdure depuis un an, je voudrais savoir maintenant,
pour la ministre, quelle est l'importance de la CDPDJ à ses
yeux, parce qu'actuellement c'est un organisme qui ne peut pas fonctionner
selon la normalité.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, M. le Président, les nominations sont faites aux deux tiers de
l'Assemblée nationale. Ça, ça veut
dire, tous les partis politiques, ça prend les deux tiers des voix pour faire
ces nominations-là, alors ce n'est pas de mon ressort spécifiquement.
j'aimerais que le député précise qu'est-ce qu'il veut me dire par... que la
CDPDJ ne fonctionne pas normalement, parce que je ne peux pas présumer
de ce qu'il veut me dire, là.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui. Alors, volontiers.
Premièrement,
vous savez qu'il y a une charte, et puis, au niveau du fonctionnement, on
retrouve cinq commissaires au niveau de la commission jeunesse et cinq
commissaires au niveau de la charte. Actuellement, il y en a juste un, commissaire au niveau de la charte, et cinq
commissaires jeunesse. Et, de plus, au niveau des vice-présidents, les
vice-présidents charte et vice-présidents
jeunesse ne peuvent pas être la même personne. Actuellement, elle l'est, alors
ce qui fait déjà un impair au niveau de la loi, au niveau de leurs
façons de faire.
maintenant, elle a d'autres précisions, je l'écoute, mais actuellement ça ne
marche pas. Et il y a même de la difficulté à atteindre quorum. Alors,
j'écoute ce qu'elle a à me dire là-dessus.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien là, ce qu'on m'indique, c'est qu'il y a 13 membres, dont un
président, deux vice-présidents, ils
sont nommés aux deux tiers par l'Assemblée nationale, il y a, bon... Je ne
comprends pas ce que vous voulez me dire. Dans le fonctionnement de la CDPDJ,
vous trouvez qu'il manque de personnes, c'est ça?
Schneeberger : Bien, il ne manque pas... Actuellement, il y
a des postes vacants, qui ne sont pas nommés. Et ces gens-là prennent des décisions au niveau des plaintes. Quand vous
avez... il y a des plaintes qui se fait, eux, ils prennent les dossiers
au niveau des plaintes de discrimination.
Alors,
je demande à la ministre comment que ça... comment la ministre peut... quel
poids elle accorde... Est-ce que
c'est important pour elle, ce dossier-là, ou... Parce qu'actuellement, c'est
sûr, si la commission ne marche comme il faut, ça fait en sorte que les
plaintes sont en attente de traitement.
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, les membres, comme je vous disais, sont nommés aux deux tiers de
l'Assemblée nationale. Mais, une fois que je
vous dis ça, la CDPDJ a un rôle très particulier. Avant d'arriver... Eux autres
traitent de plaintes quand il y a
quelque part des gens qui décident qu'il y a eu lésion de droits ou qu'il y a
eu d'autres problématiques. C'est
quasi judiciaire. Moi, je n'interfère pas dans le processus de la CDPDJ, là,
honnêtement, c'est une commission des droits...
c'est tout à fait indépendant du politique, je ne peux pas interférer
là-dedans. Et honnêtement, à ma connaissance, c'est un partenaire majeur
pour nous autres, parce qu'à chaque fois qu'ils font des recommandations, M. le
Président. Notamment quand il y a eu les
fugues, il y a eu des recommandations qui ont été faites par la CDPDJ, il y a
toujours des recommandations qui sont
faites en lien avec des dossiers qui, je dois le dire, sont pertinentes à mes
yeux, parce qu'il y a toujours la protection de la jeunesse, les
directeurs de protection de la jeunesse qui font leur travail, et, quand il y a
problématique dans le réseau, c'est la CDPDJ
qui enquête. Soit qu'elle se donne un mandat elle-même ou que la
ministre lui demande d'aller enquêter. Mais, à chaque fois qu'ils vont faire du
travail, ce n'est pas les membres du conseil d'administration
qui se déplacent en groupe pour aller faire enquête, là. Il y a des gens qui se
déplacent, qui font leur enquête et
qui, à la suite de ça, émettent un rapport, puis il y a des spécialistes qui
accompagnent ça, là. Le conseil d'administration n'est pas sur l'enquête
tout le monde en même temps, là. En tout cas, pas à ma connaissance.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Schneeberger :
Bien, regardez, moi, je pense que je viens un petit peu de surprendre la
ministre avec mes questions. Moi, ce
que... je voulais juste savoir pourquoi il manque des commissaires. Alors,
peut-être qu'elle n'a pas la réponse,
c'est correct, là. Il y a plein de personnes en arrière d'elle qui sont venues
aujourd'hui probablement aussi pour répondre à une ou deux questions.
Alors, s'il y a des gens qui ont les réponses, on écoute. C'est important. Si
ce n'est pas important, ces commissaires-là,
alors pourquoi on a besoin d'eux? Et puis moi, je dis qu'après une année qu'il
n'y a pas de nomination il y a un problème,
il y a un problème. Alors, moi, j'écoute, peut-être qu'il y a quelqu'un qui a
la réponse en arrière d'elle, mais ce n'est pas vrai qu'on va s'en tirer
comme ça, c'est des postes importants.
puis maintenant, bien, je questionne la ministre : Pour quelle raison il
n'y a pas de nomination? Je sais que c'est nominé aux deux tiers, mais, comme vous le savez, les députés doivent
avoir des noms pour approuver leur nomination, puis actuellement il n'y
a aucun nom qui circule, à
part la dernière qui a été nommée, qui était la
présidente, qui était Mme Thermitus.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le député.
Mme Charlebois :
Bien, que je sache, la CDPDJ ne fait pas...
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre, il reste une minute au bloc.
Mme Charlebois :
Bien, la CDPDJ ne fait pas
partie de l'étude des crédits. Je m'excuse, là,
mais, regardez dans le cahier des
crédits, il n'y a rien à voir avec l'étude des crédits là-dedans. Ça, c'est une
question qui peut être adressée à la période de questions.
c'est un organisme quasi judiciaire. J'invite le député à être prudent
là-dessus, parce qu'un organisme quasi judiciaire,
qui est indépendant du politique, honnêtement, là, il fait son travail. Et je
comprends qu'il voudrait faire des nominations
au conseil d'administration, mais ça, on est habitués, la CAQ veut s'ingérer
partout dans... Ils mélangent, eux autres, les enjeux politiques puis
les enjeux de tout, là. Ça fait que, non, là...
Président (M. Merlini) : Un instant. Un instant, Mme la ministre.
M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui. Regardez, là, là, je veux bien qu'elle veut s'en tirer, Mme la ministre,
là, mais...
Le Président
(M. Merlini) : Est-ce que c'est une question...
Le Président (M.
Merlini) : Un instant, s'il vous plaît! À l'ordre, s'il vous plaît!
M. Schneeberger :
Article 35. O.K.? C'est que, premièrement, là... Là, là, on est hors de...
Si vous nous dites que je veux faire de la politique avec ça...
Le Président (M. Merlini) : M.
le député de Drummond—Bois-Francs,
quel paragraphe de l'article 35 invoquez-vous?
M. Schneeberger :
35, parce qu'actuellement la ministre ne répond pas à ma question, dans le sens
qu'elle nous prête des commentaires
qui ne sont pas du tout ça. Je ne tente pas de faire de la politique avec ça.
La réalité, c'est que ces nominations-là
sont nommées ici par deux tiers de l'Assemblée nationale. Alors, si elle nous
dit que ce n'est pas de la politique, bien là, c'est quoi?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
M. le Président, une réponse brève, là. Il n'est pas à la bonne place
parce que c'est à la ministre de la Justice
qu'il faut qu'il pose ces questions-là, c'est elle qui fait la proposition pour
une recommandation aux deux tiers de l'Assemblée nationale. Ce n'est pas
à moi qu'il faut qu'il pose cette question-là. Ça ne fait pas
partie de l'étude
des crédits, je suis désolée.
Président (M. Merlini) : Ça met un terme à ce bloc d'échange avec
le deuxième groupe d'opposition. Nous allons maintenant du côté du
gouvernement pour un bloc de 21 minutes avec la députée de Fabre. Mme la
députée, à vous la parole.
Mme Sauvé : M. le Président, j'en profite, moi aussi, pour
saluer l'ensemble des collègues des oppositions, les collègues de
l'équipe gouvernementale et, bien sûr, la ministre et toute son équipe avec
elle.
Imaginez un
jeune adolescent, Sammy, qui vit de l'intimidation dans son quartier, a besoin
d'en parler. Imaginez nouvelle maman
Joanna qui se sent seule, qui a besoin d'un répit, besoin de soutien. Imaginez
Pierre, nouveau papa, qui se sent
dépassé par son rôle. Imaginez Mme Young, noble aînée. Elle est fière de
son autonomie, elle est chez elle, mais elle a besoin d'aide pour ses
repas. Elle a besoin de nourriture, elle a besoin de services. Imaginez Jean,
jeune autiste. Imaginez Mia, atteinte d'un handicap. La maison des jeunes dans
mon comté peut accueillir, peut entendre le jeune Sammy et le soutenir. La maison de la famille dans mon comté aussi donne
de l'oxygène aux parents, les aide, leur donne du répit. Le Groupe
d'entraide La Rosée, que je salue et que je connais si bien, dans mon comté, va
livrer ses repas à Mme Young tout en
brisant un peu sa solitude. La Bioferme, extraordinaire, extraordinaire
organisme, va valoriser les jeunes
gens à travers... le jeune autiste à travers l'agriculture. L'aide aux personnes... — et là c'est tout un acronyme, vous
savez que j'aime beaucoup les acronymes — l'Aide aux personnes âgées et
défavorisées ou handicapées de Laval, l'APADHL, va accueillir avec son coeur
Mia et l'impliquer dans ses activités.
Vous aurez compris, M. le Président, que je veux
vous parler des organismes communautaires, bien sûr, les organismes communautaires financés par le PSOC. On
en a parlé précédemment, le PSOC est un programme excessivement
important. En fait, c'est le plus important programme financier pour les
organismes communautaires au Québec. Et il existe depuis 1973. Ça fait de lui
un des plus anciens, en fait.
Vous savez,
je connais bien les organismes communautaires, c'est près de 20 ans de ma
vie, ma vie professionnelle, c'est mon terrain comme députée depuis un
an et demi. Je connais bien le rôle d'ambassadeur de l'ensemble de mes collègues lorsqu'ils sont sur le terrain, près de
leurs organismes. Et ils le disent : Mes organismes communautaires.
Ils sont fiers, ils le disent, et ils le
disent haut et fort. Et je pense que vous l'avez entendu depuis le début de ces
crédits, je connais bien l'humanité
de la ministre. Je connais bien cette femme de coeur, cette femme d'action et
sa grande sensibilité à l'action communautaire.
Vous savez,
en octobre 2013, à la fin du mois d'octobre, le gouvernement précédent avait
annoncé ce qui s'appelait le pilier
de la solidarité avec un troisième volet qui s'appelait Soutenir ceux qui
aident. Soutenir ceux qui aident, ce sont, bien sûr, les groupes communautaires. C'était un grand événement, je
m'en souviens. Et il y avait une promesse d'augmenter le financement des
organismes communautaires de 54 millions par année. Les groupes
communautaires, et je me souviens d'avoir lu
les réactions, les groupes communautaires étaient tellement heureux, et tout
ça. Sauf qu'est arrivé le budget de
l'ex-ministre des Finances : pas de crédits, rien au budget, rien du tout.
Et je me souviens d'avoir lu la réaction des groupes communautaires qui s'étaient fait dire : Voilà, mesures
concrètes, dans les communiqués de presse, voilà, ça arrive,
reconnaissance, et tout ça. Pas de crédits, pas de libellé au budget.
Alors, ma
question à la ministre est la suivante : Est-ce que j'ai bien entendu,
plus tôt, lorsqu'elle a dit que ce qui était
annoncé au budget, c'était historique? Alors, j'aimerais bien la réentendre
nous l'expliquer, pour ceux qui n'auraient pas été attentifs au début de ces crédits, j'aimerais bien l'entendre
nous reparler du caractère historique dans le libellé, dans l'engagement
financier via le PSOC pour les organismes communautaires. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Fabre. Mme la ministre, à vous la parole.
Mme Charlebois :
Bien, voilà une députée de terrain, hein? Elle nous parle de ses organismes
communautaires. Je pourrais en faire tout
autant, puis chaque député qui est ici, là, pourrait faire la même chose, M. le
Président, parce que, quand on fait du terrain, dans nos comtés, c'est évident qu'on rencontre
les organismes communautaires puis c'est évident qu'on sait ce qu'ils
font sur le terrain.
Quand
elle me parle de sans précédent, effectivement, depuis 2001, c'est du jamais-vu
en 16 ans, une augmentation de
ce genre-là, M. le Président, avec cahier de crédits, avec argent. Ça, là,
quand on parle de soutien à la mission globale, c'est des montants qui sont nécessaires à l'infrastructure de
base : le local, l'administration, secrétariat, communications, les équipements. Bref, ce n'est pas... Il y a des
ententes de service qui arrivent en surcroît par-dessus ça. Et je ne veux
pas que... Comment vous dire? Ils sont
importants, les organismes communautaires, puis je trouve ça dommage que nous
soyons rendus à en faire une guerre entre partis politiques et faire de la
politique avec les organismes communautaires, M. le Président, je trouve ça très dommage parce qu'ils nous sont très utiles.
La preuve vient d'être faite par la députée de Fabre, qui démontre à quel point les services qui sont
donnés par les organismes communautaires sont utiles. Comme je vous le donnais comme exemple tantôt, quand on parle de répit qui va être donné
dans le programme du trouble du spectre de l'autisme, il y a de l'argent pas à la mission globale, en ententes
spécifiques qui va être là pour développer des places, mais il
y a beaucoup de choses qu'on fait
au ministère de la Santé et Services
sociaux qui nous permettent d'avoir des ententes spécifiques qui bonifient le financement des organismes. Bref,
la mission globale, c'est comme le financement de base, je ne sais pas
comment l'expliquer.
sais que... je comprends, M. le Président, que tout le monde souhaite avoir
plus, dans la vie, là, je comprends ça. Puis je ne veux pas m'engager dans une pente où on commence à
s'obstiner, honnêtement, pour dire... non, ils donnent des services
importants. J'ai annoncé, le ministre des Finances a annoncé 80 millions
sur cinq ans, qui est réparti à la page
A.43, année après année. On peut l'expliquer comme on veut pour faire une image
politique, M. le Président, c'est 80 millions total sur cinq ans.
Ce n'est pas compliqué. Et à la page A.43 sont déclinés les montants. Là,
il y en a qui déforment les chiffres, mais ils sont là, là, je ne les ai pas
inventés, ils sont carrément là.
pour moi, ce qui est important, c'est qu'ils puissent avoir accès... Puis il y
a des organismes qui ne sont pas financés,
en ce moment, M. le Président, depuis des années qu'ils sont accrédités et
qu'ils ne sont pas financés. Bien, ces sommes-là vont nous permettre de
faire ça à la mission globale. Et ça n'enlève pas qu'il peut y avoir des
ententes spécifiques qui s'ajoutent au montant.
Pour
moi, les organismes communautaires, c'est des organismes importants. Nous, ce
qu'on a fait, là, c'est... Cette augmentation-là,
moi, en tout cas, j'en suis très fière parce que, comme je vous dis, depuis
2001, depuis 16 ans, c'est du sans précédent. Si je vous parle des
missions spécifiques, en toxicomanie il y a 8 millions qui va dans les
organismes communautaires. En agressions sexuelles, c'est 2 millions de
plus. Intervention auprès des conjoints violents, c'est 3 millions de plus entre 2005 et 2017. Déficience et TSA, ça va
être... entre 2008 et 2017, il y a eu 18 millions de plus. Maisons des jeunes, 4 millions de plus entre
2008 et 2017. Ça, ça s'ajoute à la mission globale. Pour les maisons de
femmes victimes de violence conjugale, c'est 10 millions de plus — puis
ça répond un petit peu à la question de la députée tantôt — entre
2008 et 2017. Pour les personnes en perte d'autonomie liée au vieillissement,
34 millions de plus, M. le Président,
entre 2005 et 2017. En santé mentale, 20 millions de plus entre 2008 et
2017. Et je pourrais vous faire une liste, là, longue à l'infini, là,
parce qu'il y a tellement de services qui sont donnés par les organismes
communautaires!
Moi, je suis très,
très fière que ce montant-là va servir à la mission, comme je vous dis,
globale. Et la mission globale, je vous le rappelle, là, ça sert à défrayer un
certain nombre de choses de base. Le reste, ils peuvent faire des ententes. Ils peuvent déployer plusieurs services
et ils le savent. Si on faisait le total de tout ce qui est déployé dans
les organismes communautaires comme services
mais aussi comme financement, on pourrait être surpris. Moi, je
reconnais le travail qu'ils font, je suis
reconnaissante de ce qui est accompli. Et je veux remercier la députée pour
donner des exemples concrets, parce qu'on a beau en parler en termes
d'argent, mais ce que vient de faire la députée de Fabre... Puis elle a certainement d'autres exemples, là, comme le jeune...
l'autre qui a besoin d'alimentation, le jeune qui souffre du trouble du spectre de l'autisme, etc., on a plein d'exemples
dans nos comtés qu'on peut relater, et il y a des exemples de
financement.
Et savez-vous quoi,
M. le député... M. le Président? Moi, là, comme députée, j'ai un budget qui
s'appelle le soutien aux organismes communautaires. Il y a le PSOC au
provincial, mais nous autres aussi, on a un programme, chaque député a un
programme.
Charlebois : Le soutien à l'action bénévole, effectivement,
c'est le bon mot. Et savez-vous quoi? C'est dédié entièrement aux organismes communautaires de mon comté, moi, cet
argent-là, qui est dans mon budget. Puis ce n'est pas une petite enveloppe, là. Si ma mémoire est bonne, là, c'est
autour... Toi, c'est 70; moi, je pense, c'est autour de 80, puis ça dépend des régions puis des besoins,
et tout ça. Chaque député a ça, là, 125 députés. Ça, ça va aussi dans
les organismes communautaires.
vais vous en nommer une autre, source de financement, M. le Président : le
discrétionnaire des ministres. Moi, je peux vous dire que de mon
discrétionnaire il y a beaucoup de sommes d'argent qui sont... — combien? — ...
Charlebois : ...plus de 1 million qui est dévolu aux
organismes communautaires. Mais c'est comme ça dans tous les ministères,
M. le Président.
Alors,
pourquoi on fait ça? Parce qu'on croit aux organismes communautaires. Mais là
ce que je suis fière, c'est que c'est
le financement base, c'est du jamais-vu depuis 16 ans. Et c'est là avec
les cahiers de crédits et c'est budgété, c'est prévisible, là, il n'y
aura pas de retour en arrière. Alors, moi, je suis très, très fière de ça.
Je ne sais pas si ça
répond à votre question, Mme la députée de Fabre.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Mme la
députée de Verdun, à vous la parole.
Melançon : Merci, M. le Président. À mon tour de saluer les collègues,
donc les collègues de Labelle, de Saint-Jean,
de Repentigny, de Drummond—Bois-Francs. C'est la première fois, donc, que j'aurai la chance
d'échanger avec vous pour une étude des
crédits. Je salue, bien sûr, les collègues de la banquette gouvernementale.
Oui, c'est vrai, c'est la première fois que je serai avec le député de
Vanier-Les Rivières, j'ai la chance d'être souvent avec la députée de
Fabre, avec la députée de Chauveau. De belles salutations aussi au député
d'Orford. Je veux saluer la ministre, Mme la
ministre, ça me fait grand plaisir, votre équipe de cabinet aussi et, bien sûr,
tous ceux qui vous accompagnent.
Et je vais me
permettre un petit aparté. Avant d'être députée, j'ai été dans la fonction
publique, je l'ai dit, il y a des
visages que j'ai vus, là, dans les dernières heures que je revois. Mais merci
pour le travail que vous avez effectué. Je sais que c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps et beaucoup d'heures que
vous y consacrez et je veux vous en remercier.
Je voudrais
parler de santé publique, Mme la ministre. Et, vous savez, le gouvernement
fédéral a décidé d'ouvrir un débat de
fond sur la légalisation de la marijuana. Et, comme mère de deux jeunes enfants
âgés... maintenant de 11 ans, je n'ai
plus le droit de dire «10 ans» puisque c'était l'anniversaire de mon fils
lundi, alors maintenant il a 11 ans, et d'une petite de six ans, on a des préoccupations. C'est un
projet de loi fédéral qui va avoir des impacts pour la province du
Québec. Et le C-46, parce que, le projet de
loi, c'est le numéro, donc, le C-46 a été déposé, est en première lecture
depuis le 13 avril dernier. La
loi canadienne va s'appliquer sur
l'ensemble du pays, donc au Québec, et ce, ce qui est prévu, c'est pour juillet
Comme l'a dit
le premier ministre, là où on doit, nous, avoir un débat, c'est sur les
juridictions qui sont les nôtres, donc,
par exemple, l'âge d'utilisation, la question de sécurité routière, les
questions de santé publique, bien sûr, les points de vente, la commercialisation. Et, soulignons-le, il
va y avoir des pressions, bien sûr, sur le gouvernement du Québec pour
tout ce qui est l'application sur la lutte au tabagisme.
Moi, ce que
j'aimerais entendre de la ministre, c'est quelles sont les prochaines étapes
qui sont à franchir, parce que, là,
comme le C-46 est déposé en première lecture, nous, de notre côté, à
titre de
gouvernement... Et je sais que vous en avez
longuement parlé, et dans les médias, bien sûr, mais aussi à l'ensemble de la
population. Puis nous, chacun d'entre nous,
comme députés, on est là à vouloir... Quand on est dans nos comtés, là, les
gens, hein, nous interpellent, veulent savoir.
Donc, en ce sens-là, j'aimerais
entendre la ministre à savoir comment, dans l'ensemble
des ministères concernés, là... quel travail est-ce
qu'il est fait. Puis je sais que vous chapeautez, bien sûr, avec tout ce qui
s'appelle santé publique, là, ce comité interministériel.
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois : M. le
Président, merci à la députée
de Verdun de me poser cette question, qui est superimportante
et qui interpelle toute la population
de tous les âges. Je vous dirais, elle me parle de ses jeunes; moi, j'ai deux
enfants qui ont... j'ai huit
petits-enfants de moins de cinq ans.
Alors, mes enfants sont dans la trentaine, vous pouvez figurer. Oui,
oui, je suis une jeune grand-mère, je les ai eus jeune quand même.
Non, je blague. Mais il n'en demeure
pas moins que mes enfants, tout comme d'autres parents, me posent beaucoup
de questions quant à l'encadrement autour de la
légalisation de la marijuana.
Et, la
députée l'a très bien dit, pour ce qui est de la légalisation, le gouvernement fédéral a déposé un projet de loi, et ça relève du Code criminel, alors c'est dans leur champ de
compétence. Nous, ce qu'on doit faire, c'est encadrer pour nous assurer de
la santé et la sécurité de notre population. On encadre pourquoi? Pour mieux
contrôler, en quelque sorte.
Et il ne faut
pas non plus se mettre la tête dans le sable et penser que ça n'existe pas. Ça
existe actuellement, la consommation de cannabis, et c'est contrôlé par
le crime organisé. On va se dire la vérité, là. C'est là. Et ça ne sert à rien
de faire semblant que c'est une nouvelle affaire qui vient d'arriver, là, non,
non, c'est là puis ça existe.
Alors là,
comme le projet de loi est déposé par le fédéral et ils entendent le
mettre en vigueur le 1er juillet 2018, nous, au Québec, on veut être prêts et on veut bien encadrer,
comme je vous le disais, pour mieux contrôler mais dans une perspective de santé publique et de sécurité publique. Alors, dans cette
perspective-là, on a un comité... Parce qu'on a eu, oui, des discussions au préalable à travers divers
comités, ce n'est pas comme... on ne savait pas que ça s'en venait, là.
Je pense que le premier ministre du Canada avait
très bien pris l'engagement, il l'a dit à plusieurs reprises. Alors, on
avait des discussions, nos fonctionnaires
avaient des discussions entre eux aussi. Mais il n'en demeure pas moins qu'on a
créé une table spécifique pour travailler là-dessus. Et je veux, à ce
moment-ci, profiter de l'occasion pour remercier mon directeur national de
santé publique, qui a siégé à toutes les réunions de comité de la table... ce
qu'on appelle FPT, fédérale-provinciale-territoriale, et qui a pu assister à ce
comité-là et donner ses commentaires mais aussi recevoir les commentaires des
autres.
Ceci étant dit, tant que le projet de loi
n'était pas déposé, on ne pouvait pas savoir exactement ce qu'il y avait dedans. Alors, une fois qu'il a été déposé, nous,
notre comité qu'on a créé ici, au Québec... Puis je vous rappelle qu'on n'est pas opposés au principe de la légalisation.
Cependant, il faut bien encadrer, mieux contrôler dans la perspective...
Je le répète souvent parce que, pour moi,
c'est le nerf de la guerre, il faut s'assurer de la santé publique et de la
sécurité de notre population. Alors,
il y a, dans le projet de loi, plusieurs questions sans réponse, alors notre
comité va se pencher là-dessus. Puis on a déjà commencé à travailler, on
va prendre le temps d'analyser en profondeur, mais vous comprenez que
l'échéancier est assez serré. Alors, on est dans un comité qui travaille de
façon très proactive.
Je peux vous énumérer les ministères qui siègent
à cette table-là, parce qu'il y a 13 ministères, puis c'est superimportant de comprendre que ça touche
plusieurs ministères parce que le citoyen transite à travers tous ces
ministères-là : bien entendu, le ministère de la Santé et des
Services sociaux, le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, je n'ai pas
besoin de vous dire pourquoi, le Secrétariat aux affaires intergouvernementales
canadiennes, parce qu'il nous met en lien, justement, avec le
gouvernement du Canada. Le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire. Pourquoi? Parce qu'il
y a des choses qui vont devoir être appliquées par nos municipalités. Le
ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et
de l'Alimentation. Pourquoi? Bien, parce que c'est une plante, hein, puis
ça peut être transformé, ça a l'air. Alors,
il y a des implications à ça. Il y a le ministère du Conseil exécutif, parce
que c'est celui qui chapeaute
l'ensemble de l'activité. La Sécurité publique, ne serait-ce que pour la
sécurité routière, il faut y penser. Il
y a le ministère des Finances du Québec. Le ministère de la Justice, parce
qu'il y a une application au niveau des cours de justice. Il va y avoir
sûrement, sûrement des causes qui vont devoir être entendues, puis il va
falloir baliser ça. Le ministère du Travail,
de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Pourquoi? Parce qu'il faut accompagner
les employeurs mais aussi les
syndicats et les travailleurs là-dedans. On arrive en état de consommation, là,
on met les autres à risque, comment ça
se passe? Le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de
l'Électrification des transports, je n'ai pas besoin de vous dire
pourquoi. Éducation, Loisir et Sport, encore là, c'est assez évident, je n'ai
pas besoin de l'expliquer. Et le Secrétariat aux affaires autochtones, qu'il ne
faut pas oublier, parce qu'il y a une population là qui a besoin d'être
entendue, qui vit des réalités différentes.
Il y a aussi,
Mme la députée, un groupe de travail conjoint qu'on a formé avec l'Ontario.
Pourquoi? Parce qu'on veut s'assurer de la plus grande cohérence possible,
étant donné que ce sont nos voisins immédiats. Moi, mon comté, Soulanges, est bordé par l'Ontario, mais tout
l'Outaouais, aussi, ils ont un pont à traverser, et c'est fait. Ils sont un à
côté de l'autre, on a souvent de la famille
qui sont des deux côtés de la frontière. Alors, c'est important qu'on puisse
avoir la plus grande cohérence
possible. Ça ne veut pas dire pareil, là. Ça veut dire, cohérence, que ça se
ressemble. Alors, ce qu'on veut
favoriser par cette réglementation cohérente là avec les autres provinces,
parce que, là, je vous parle de l'Ontario, mais il y aura sûrement des discussions avec d'autres provinces, c'est
la santé, la prévention, la sécurité et l'encadrement en milieu de
travail.
Alors, ce
qu'on veut aussi, et ce que j'ai dit à Mme la ministre de la Santé du Canada,
Mme Philpott, c'est qu'il va falloir
qu'on ait des discussions, parce que ça va prendre aussi, à notre avis, des
moyens financiers pour soutenir tout ce que ça engendre comme
conséquences au Québec.
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Ça met un terme à ce bloc d'échange avec le
gouvernement. Nous avons maintenant un bloc d'échange avec l'opposition
officielle pour un temps de 21 minutes. M. le député de Labelle, la parole
est à vous.
M. Pagé : Merci, M. le
Président. À mon tour de vous saluer, saluer mon collègue, évidemment, le
député de Saint-Jean, mes collègues de la deuxième opposition, la
partie gouvernementale,
Mme la ministre, les gens qui vous accompagnent. Alors, tous et toutes, bonjour
et, dans quelques heures, bonsoir, parce que ça se poursuit un petit peu plus
loin aujourd'hui.
Alors, on va
continuer sur le même thème, qui est celui de la marijuana, parce qu'effectivement c'est un thème qui soulève beaucoup de questions. Je pense que,
derrière ce sujet-là, c'est un enjeu de société. D'ailleurs, c'est
tellement un enjeu de société, personne, aucun des parlementaires ici n'a été
élu sur ce sujet-là. Et nous avons fait le débat à notre caucus, et, si nous avons à voter sur ce sujet-là,
je vous le dis tout de suite, il n'y a pas d'unanimité. Je ne sais pas s'il
y a unanimité de votre côté, mais, de notre
côté, ce sera un vote libre, quand on aura à se prononcer sur le sujet, parce
que ça heurte certaines valeurs, et il y a
des gens qui sont prêts à aller plus loin que d'autres. Alors, je ne sais pas
si éventuellement, de votre côté... quand viendra le temps de voter
certaines lois, quelle sera votre façon d'agir.
Ceci dit,
vous avez dit que votre sous-ministre avait participé à certaines rencontres.
Est-ce qu'on pourrait déposer les
dates des rencontres, les sujets qui ont été abordés, les personnes qui étaient
présentes? Parce qu'on aimerait en savoir plus sur ce qui s'est produit
jusqu'à maintenant, sur ce qui s'est passé jusqu'à maintenant.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Charlebois :
Écoutez, je m'excuse, j'ai pris une pastille parce que je n'arrête pas de
tousser, puis c'est incommodant pour tout le
monde de m'entendre tousser. Alors, si vous me voyez grignoter, là, ce n'est
pas parce que je suis gourmande, c'est juste pour apaiser cette petite
gorge.
Alors, merci,
M. le député de Labelle, de votre question. Je n'ai pas les dates avec moi,
mais avec grand plaisir on pourra vous
les fournir par le biais de la commission, les dates des rencontres. Et, oui,
il a été très proactif dans ce... Puis le
groupe, d'ailleurs, est toujours actif, hein, il est toujours en vigueur puis
il continue de siéger. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'on va
vous fournir les dates auxquelles il y a eu des rencontres.
Mais, quand
on va, nous, réglementer, c'est dans notre champ de compétence, là. Le vote
qu'il y aura à la fin, ce sera sur l'encadrement, de qui, bref, l'âge de
la consommation ou... un peu comme le tabac.
Le Président (M. Merlini) : Oui, M.
le député.
M. Pagé :
Mais ma question porte sur les rencontres, ma question porte sur les
rencontres. Pouvez-vous me dire, à ce
moment-là, à quel moment... C'est quand, la première rencontre? C'est il y a
une semaine, deux semaines, un mois, deux mois, six mois?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Pagé : Ça, on devrait quand même être capable de me dire à quel
moment on a eu une première rencontre.
Le Président (M. Merlini) :
Comprenant et répétant, pour les fins des galées, que vous allez déposer un
document éventuellement avec la liste des informations demandées?
Charlebois : Oui.
Charlebois : O.K. La première rencontre a eu lieu le 18 mai
2016. Et, depuis ce temps-là, bien, il
y a des discussions d'experts, parce que, le directeur national de santé
publique, je le considère comme un expert. Puis il y a presque à chaque mois
des rencontres depuis ce temps-là.
M. Pagé : Et donc vous allez nous fournir d'ici peu...
d'ici combien de temps, la liste et les sujets qui... les gens qui
étaient présents?
Le Président (M. Merlini) : Au
moment opportun.
Charlebois : Ah! dès qu'on a une chance, là, la semaine
prochaine ou dans l'autre, là. On va fournir ça à la commission, qui
vous le transmettra.
M. Pagé : O.K. Parfait. Alors...
O.K.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Pagé : Votre collègue le ministre
de la Santé a dit récemment qu'il
souhaitait que l'on récupère toutes les taxes liées à la vente du
cannabis. Alors, je comprends que c'est une position gouvernementale.
Quelles
représentations ont été faites dans ce sens-là? Est-ce que vous pouvez déposer
les demandes qui ont été faites
auprès du fédéral pour aller chercher l'ensemble, la totalité des taxes? Parce que
c'est ce que le ministre de la
Santé a dit pas plus tard qu'il y a deux semaines, je pense.
Charlebois : Bien,
ça, c'est des discussions...
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Charlebois :
Excusez-moi, M. le Président, je suis toujours trop vite.
Le Président (M. Merlini) : Je vous
en prie. Je comprends votre enthousiasme.
Charlebois : Oui, c'est ça. Je suis toujours
pressée de répondre pour faire plaisir à l'audience, n'est-ce pas?
Alors, ça, ce
seront des discussions qui seront tenues par le comité, justement,
par les élus. Tout le côté financier dont
vous parlez, là, ça va être des discussions du comité, des 13 ministères,
et ça ne peut pas se tenir sans qu'on ait mis nos règles de base. Parce que comment voulez-vous
qu'on revendique tant qu'on n'a pas décidé de ce que nous allions mettre
comme cadre? Et c'est là qu'on va savoir
combien, à la fin, on va pouvoir faire la totalité de... Ce qu'on a dit, c'est
qu'on a besoin d'un soutien financier, et j'ai
dit à Mme Philpott que nous allions éventuellement pouvoir avoir
plus de précisions, mais il faut
d'abord que nous, on décide, ce que j'allais vous dire tantôt, le qui, le où,
comment ça va être distribué, etc.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député.
M. Pagé : O.K. Mais, en tout respect, en tout respect, Mme la ministre, M. le Président, là il y a une
contradiction, parce que le ministre de la
Santé a dit très clairement, dernièrement, qu'il souhaitait récupérer
l'entièreté des taxes. Alors, moi, j'avais compris que c'était la
position gouvernementale et j'avais compris qu'il y aurait des représentations
qui seraient faites en ce sens-là. Donc, je comprends aujourd'hui que le
ministre de la Santé vous a devancée, il a devancé le gouvernement.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Le ministre de la Santé a des opinions, il a le droit de les avoir. Il fait
partie du comité, je vous ai dit :
Le ministère de la Santé et des Services sociaux, on est deux ministres, et il
y a 13 ministères qui sont