Culture and Education — 13 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-11-13
Quebec — Committees
On a un autre
élément par rapport à cette personne-là qu'il soit aussi de facto sur
le comité EHDAA lui-même, au même
titre que le directeur général des futurs
centres de services scolaires, à une exception près, c'est que lui, il n'a pas
le droit de déléguer quelqu'un à sa place. Ces comités-là ont besoin de
personnes-ressources qui connaissent les dossiers internes de la commission
scolaire, et puis on croit que cette
personne-là, en siégeant sur ce comité-là, bien, elle va être efficace
pour les EHDAA.
On avait deux autres sous-points, notamment
on parle des articles 96.14, 234 et 235. Pour nous, ces trois articles-là,
c'est le coeur de ce qui fait qu'aujourd'hui la Commission des droits de la personne a émis un rapport, en
juin 2018, disant que les droits de
ces élèves-là ne sont pas respectés encore, parce que la façon dont ces
articles-là sont compris et mis en fonction
dans les commissions scolaires actuellement, c'est à
peu près n'importe quoi. On sait que
les plans d'intervention, on peut
imager que c'est une maison dans laquelle on construit les besoins pour les
élèves, mais cette maison-là, si elle est construite sur du sable, s'il
n'y a pas de solage, premier coup de vent, ça prend le camp, ça ne marche pas,
Beaucoup de gens
parlent beaucoup des plans d'intervention, mais ce qui est en amont, qui
précède les plans d'intervention, c'est les évaluations
qui doivent être faites par, actuellement, les commissions
scolaires, et on sous-entend que ça
va être encore quelque chose qui devrait être fait par les centres de services scolaires. Actuellement, beaucoup de commissions
scolaires, par l'article 174
sur la délégation des pouvoirs, vont déléguer l'article 234 comme responsabilité au directeur d'école. C'est un non-sens. Cet article-là commence
par : «La commission scolaire doit». Le législateur, quand il a créé cet article-là, s'il avait voulu que ce
soit le directeur de l'école, il aurait dit : «Le directeur de l'école».
L'article 174
dit que la commission scolaire peut
déléguer certains de ses pouvoirs, mais pas tous ses pouvoirs. Beaucoup
de commissions scolaires, puis
j'en ai un échantillon, un exemple ici, c'est le Règlement de la délégation de
pouvoirs de la commission scolaire de la Capitale, adopté 21 août 2018. À la
page 12, on voit que l'article 234 est délégué au directeur de l'école. Le
directeur de l'école, il n'a pas la compétence pour faire ça, il n'a pas les ressources
pour faire ça.
Ce n'est pas toutes
les écoles qui peuvent avoir des classes spécialisées pour l'autisme, ou tout
autre type de handicap, ou de besoins
particuliers, là. C'est leur imposer un fardeau qu'ils ne sont pas capables de
rencontrer. Et c'est pourquoi la Commission
des droits de la personne dit que, dans son rapport, les services ne sont pas
adaptés adéquatement parce que les commissions scolaires vont
déléguer un pouvoir à quelqu'un qui, à la base, ne peut pas faire ce qui doit
être fait. Puis il y a
un peu une incohérence dans cette délégation-là, parce que l'article 96.14
mentionne un genre de processus
assez simple. La commission scolaire ou le centre de services
scolaire doit adapter les services à l'élève — on parle d'une manière
individuelle — selon
une évaluation des capacités de l'élève faite par, actuellement, les
commissions scolaires avant qu'une décision
de classement — un
groupe ordinaire, ou un groupe spécialisé, ou toute autre chose — soit prise et avant qu'il soit inscrit dans une école. Alors, comment un directeur
d'école peut faire respecter l'article 96.14 quand, lui, il arrive
à la fin de la chaîne? C'est une incohérence.
Aujourd'hui,
quand les parents se présentent dans les commissions scolaires, puis on soulève
des points comme ça, bien, on se fait
dire : Bien, tu ne comprends pas la loi. Pardon? Je lis le français aussi
bien que toi. Puis : Ah! bien là, si tu n'es pas d'accord, tu iras te chercher un jugement déclaratoire. Bien
oui, la Fédération québécoise de l'autisme, on a le temps, on a l'argent,
l'effort, puis on a des enfants autistiques à s'occuper, ou autres handicaps
qu'il peut y avoir dans le système
scolaire, on a le temps, nous autres, de faire ça. On trouve qu'au niveau de
l'organisation puis la gouvernance des commissions scolaires, bien, ça
ne fait pas notre affaire. Alors, ça, c'est un élément qui nous inquiète.
Maintenant,
il y a tout le volet des demandes de révision et les mécanismes de plainte. Les
commissions scolaires, actuellement,
ont le devoir de faire un règlement sur les plaintes, et ils s'arrangent
toujours pour mettre, à la fin de ça, les demandes de révision. On
s'excuse, là, mais les demandes de révision, là, les articles 9 à 12, là,
précèdent de plusieurs décennies, si on peut
dire, l'instauration du protecteur de l'élève, là. Et puis, dans les mécanismes
de plainte, il n'y a jamais de délai qui est déterminé. Donc, il y a un service
qui ne fait pas notre affaire, on se
plaint, oui, du professeur, ça peut prendre
un délai x, ou on se plaint d'un service qui est donné par une entité, ça peut
s'étirer dans le temps, puis on n'arrive pas à en voir le bout avant la
fin de l'année scolaire. Donc, ça, c'est des éléments qu'on va déposer dans
notre mémoire.
Puis
un dernier point... ou deux derniers points. Ce qui fait notre affaire, par contre,
dans la loi, c'est nécessairement
la mise en place du comité d'engagement
vers la réussite scolaire. C'est important pour les enfants handicapés autant que les autres. Et un autre élément qui nous préoccupe
mais qui nous intéresse, c'est les nouvelles prérogatives que le ministre se
donne dans cette nouvelle loi là. Nous, on pense que, du moment que le ministre
qui est responsable de sa loi est en mesure de faire en sorte que les commissions
scolaires qui ne respectent pas
l'esprit et la lettre de la loi, il puisse leur dire : Écoutez,
les amis, là, ce n'est pas comme ça que ça se passe, vous allez modifier vos us
et coutumes pour faire en sorte que
les droits des élèves handicapés soient respectés. Merci.
Présidente (Mme Thériault) :
Merci pour votre présentation, M. Labonté. Sans plus tarder, je me tourne
vers le ministre pour votre bloc d'échange de 13 minutes. M. le
ministre.
Roberge : Merci bien, Mme la Présidente. Merci, Mme Plourde,
M. Labonté. Je me souviens bien d'avoir discuté avec vous préalablement dans d'autres dossiers. Ça
fait un bon bout de temps que vous vous impliquez dans ce style de dossiers là. Vous avez une bonne expertise ou une
fine connaissance de la loi actuelle, ça paraît, pour vous y être colletaillés,
je vous dirais même, avec diverses
instances, toujours pour faire valoir les droits et les besoins des enfants qui
ont des besoins particuliers. Je pense qu'il y en a qui sont bien
contents de pouvoir compter sur votre passion et votre dévouement.
veux juste bien saisir la nature des demandes que vous formulez, ou des
propositions d'amendement, ou, enfin, on
pourra peut-être formuler des amendements par la suite. Par rapport à
l'article 234 actuel, vous dénotez — je ne suis pas dans le projet de loi, mais dans la LIP actuelle — peut-être un problème qu'on pourrait
peut-être corriger, c'est le fait que,
si rien ne change, la commission scolaire ou, donc, le centre de services
puisse déléguer à la direction d'établissement ses responsabilités.
Est-ce que c'est bien... Est-ce que j'ai bien saisi, là, la problématique que
vous avez énoncée?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. Labonté.
M. Labonté
(Michel) : Ce qu'on reproche, c'est que cet article-là est délégué à
l'extérieur, bien, aux entités subalternes,
comme les écoles. C'est un service qui ne peut être fait que de façon
centralisée parce que des écoles n'ont pas l'expertise, les équipes multidisciplinaires
nécessaires pour faire des évaluations professionnelles. Ça ne peut pas être
fait au niveau des écoles. Ça n'a pas de bon sens. C'est notre position.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Très bien.
Et simplement pour bien comprendre, quand je regarde le 234, en ce moment, on dit : La commission scolaire doit, bon, adapter les
services, etc., et vous nous dites qu'en ce moment, souvent, les commissions scolaires
délèguent, là, à l'établissement ou à la direction d'école ce travail-là. Et elles
utilisent quel
article pour déléguer?
M. Labonté (Michel) :
L'article 174,
qui leur permet de déléguer certains de leurs pouvoirs. Maintenant, le législateur n'a pas défini tous les pouvoirs, parce qu'évidemment le bon sens dicte que quand
c'est écrit à quelque part qu'une entité
doit faire quelque chose, l'entité qui l'a définie qui doit faire cette
chose-là, on s'entend qu'on ne délègue pas son pouvoir, là.
Donc, quand
c'est dit que c'est la commission scolaire qui doit faire ça, on s'entend que
c'est la commission scolaire qui a
les services centralisés, les professionnels. On pense aux services éducatifs
aux jeunes où est-ce qu'il y a une concentration des psychologues puis
des différents intervenants professionnels.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : O.K. Très bien. Je vous
remercie. On va regarder si c'est possible de faire cette correction-là.
Ensuite, vous...
Je veux bien comprendre votre préoccupation par rapport au conseil
d'administration, aux parents que
vous aimeriez avoir associés au comité de parents HDAA. Et là vous dites qu'ils
devraient être élus par ce comité-là de parents HDAA plutôt que par simplement les parents qui sont sur les
conseils d'établissement. C'est bien ce que je comprends?
Je veux juste
savoir quels sont les critères actuels ou qu'est-ce que... Dans les us et
coutumes de ce qui se passe en ce
moment, pour être sur un comité de parents HDAA, est-ce que, en ce moment, il
suffit qu'un parent dise : Bien, moi, mon enfant a des besoins
particuliers ou bien, si, dans les commissions scolaires, on a tendance à
exiger, je ne sais pas, qu'il y ait un plan
d'intervention, que l'enfant ait un diagnostic? Comment on se qualifie, de
cette façon-là, pour aller sur le comité HDAA, là? Pour voir la
mécanique.
M. Labonté
(Michel) : Une petite correction. On sous-entend que la personne au
conseil d'administration soit élue dans
une assemblée annuelle des membres EHDAA pour être désignée pour aller sur le
conseil d'administration. Une petite nuance.
Maintenant, pour ce qui est de siéger sur ces comités-là,
à la base, l'expérience que j'en ai, c'est : les parents qui ont un enfant
à besoins particuliers qui ont un plan d'intervention reçoivent une communication
par la commission scolaire à l'effet qu'il va se tenir une assemblée
annuelle de ce comité-là, et ils peuvent s'y présenter. Il n'y a
pas d'exigences particulières dans la
loi. On se présente là, on discute avec les gens qui sont déjà là,
qui ont l'expérience, et puis on passe à des élections, et puis
les gens sont nominés de cette façon.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
O.K. Bien, merci pour cette précision. Et, vous dites, une des choses qui est
peut-être intéressante, là, dans le
projet de loi n° 40, de votre perspective, c'est la création du comité
d'engagement vers la réussite. Cependant, vous souhaiteriez, là, en modifier la composition, encore une fois, pour
avoir cette perspective-là de parent ou... non, en fait, non pas de parent, d'une personne qui a une
expérience reconnue. Encore une fois, cette personne qui a une expérience
reconnue, comment on pourrait le qualifier
dans un
article de loi? Est-ce qu'on y va tout simplement en disant que c'est
un professionnel en... Est-ce que vous voudriez qu'on mette, supposons, un
psychologue ou un psychoéducateur? Est-ce qu'on irait par un
professionnel? Comment on qualifierait cette personne-là?
Vous savez,
quand on est en train de rédiger le projet de loi, là, il faut être capable de
le définir pour que tout le monde ait
une même compréhension de la loi, qu'il n'y ait pas de disparités d'un centre
de services à l'autre. Alors, comment on pourrait la définir, cette
personne-là, ensemble?
M. Labonté (Michel) : On la
définit comme étant une professionnelle selon le Code des professions. Il y a cinq professions qui, dans le code, ont des attributions pour les
plans d'intervention. Donc, c'est des gens qui ont des fonctions
spéciales à leur profession
qui font en sorte qu'ils sont certainement mieux informés qu'une TES, par exemple. Ce n'est pas qu'on ne veut
pas des TES, mais on veut quelqu'un qui a une formation continue sur la situation dans son cadre professionnel.
Et on veut aussi que la personne désignée responsable pour les services aux
enfants EHDAA soit sur ce comité-là. Donc, c'est deux personnes qui ont l'intérêt
des EHDAA sur ce comité-là.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Très
bien. Je vous remercie, Mme la Présidente. Et je permettrais à ma collègue de poursuivre, si vous permettez.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée de Jonquière... non, de Roberval. Mon Dieu! Excusez.
Je vous change de comté.
Mme Guillemette :
...s'il vous plaît, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Thériault) : Non, je vais vous laisser à Roberval, il n'y
a pas de problème.
Allez-y. Il vous reste six minutes et un peu plus qu'et demi.
Mme Guillemette : Merci,
Mme la Présidente. Bien, d'abord,
merci d'être ici et de nous partager la réalité de ces enfants-là.
Vous
nous parliez du comité d'engagement de la réussite des élèves, que
vous aviez des craintes, un petit peu, là. Pouvez-vous
m'en dire plus? Comment verriez-vous... Comment on pourrait améliorer ce comité
d'engagement là pour la réussite de vos enfants?
M. Labonté
(Michel) : Il y a d'autres aspects dans le projet de loi qui parlent
d'améliorer la formation des enseignants et
des différents intervenants à la commission
scolaire. Cet élément-là vient
appuyer quand on demande à ce que les
personnes sur ce comité-là ou qui auraient à représenter les EHDAA... l'une des
deux personnes, si elle est formée en fonction des EHDAA, évidemment, on
s'attend à ce qu'on risque d'avoir une préoccupation réelle et appliquée des difficultés
vécues dans le système et qu'ils sont à même de pouvoir donner une
opinion professionnelle. De plus, en ajoutant le responsable EHDAA de la commission,
qui est nommé par la commission
scolaire, évidemment,
on vient doubler la capacité que ce comité-là puisse avoir un son de
cloche efficace pour la réussite des élèves EHDAA.
Les élèves autistes,
à 85 %, quand ils ont fini leur formation scolaire, ils n'ont pas
d'emploi. Et 15 % de ceux qui ont un
emploi, c'est des emplois précaires. Ils ne s'achèteront jamais une maison, eux
autres. Bien, ça serait important que
les mécanismes mis en place pour assurer la réussite globale de tous les
étudiants soient aussi en fonction des besoins particuliers des élèves
EHDAA. C'est très important.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée.
Mme Guillemette :
Oui. Que pensez-vous du principe soutenu par le projet de loi qui vise à
instaurer... les conseils d'administration,
qu'ils soient formés à majorité par des personnes qui travaillent directement
avec les enfants, les intervenants, les enseignants? Je pense que ça
pourrait être une bonne nouvelle en soi pour vous.
M. Labonté
(Michel) : Évidemment, on ne peut pas être contre ça, nous autres.
C'est ce qu'on demande depuis des décennies.
On veut que les gens qui travaillent auprès des enfants à besoins particuliers
soient le plus formés possible.
Mme Guillemette :
Présentement, il n'y a pas un poste, là, disons le comme ça, là, excusez, tagué
pour les EHDAA. Mais par contre, s'il y avait un poste de tagué, est-ce
que ça pourrait être une solution gagnante?
M. Labonté
(Michel) : Absolument.
Mme Guillemette :
Tout à fait?
M. Labonté
(Michel) : Du moment qu'il y a quelqu'un que la prémisse de sa
présence est les EHDAA, je veux dire que ça ne peut être gagnant que
pour nous, là.
Mme Guillemette :
Y a-t-il des mesures qui pourraient venir bonifier le projet de loi, permettant
d'assurer la persévérance et la réussite
scolaires? Est-ce qu'il y a des choses que vous n'avez pas vues qu'on pourrait
ajouter pour faciliter la réussite scolaire?
Mme Plourde
(Lili) : Je n'ai pas fait une lecture exhaustive du projet de loi, là,
comme Michel, là, c'est vraiment notre conseiller spécial en éducation, mais on
a parlé beaucoup de formation. Moi, je suis aussi directrice générale d'Autisme Québec, qui est l'association de
parents de personnes autistes de la ville de Québec, et on passe un temps fou
à faire de l'accompagnement scolaire. Ça utilise beaucoup de nos ressources
d'accompagner les familles dans les plans d'intervention.
Et ce qui ressort comme principal obstacle à la réussite scolaire des enfants
autistes, c'est le manque de formation du personnel dans les écoles.
Donc, tu sais, pour
assurer la réussite des élèves autistes, ça prend des gens qui sont formés et
qui comprennent qu'est-ce que ça représente,
être autiste dans la vie de tous les jours et à l'école. Parce que c'est
vraiment un des principaux obstacles, le manque de formation, le manque de
connaissances et de vouloir appliquer un moule. Tu sais, on parle d'un spectre, ce n'est pas pour rien. Puis, dans
d'autres EHDAA aussi, on parle aussi, là, qu'on ne peut pas appliquer un moule,
il faut vraiment, tu sais, prendre les
besoins d'un enfant puis greffer les services autour de lui, peu importe son
diagnostic.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée.
Mme Guillemette :
Merci. Dans le contexte actuel, dans l'organisation et la gouvernance actuelles
des commissions scolaires, des obstacles à la mise en place d'approches
favorisant la persévérance et la réussite scolaires, présentement, qu'est-ce qu'il y aurait
de différent entre... quelle différence vous voyez entre ce qu'on a
présentement et ce qu'il y aura dans le futur avec le nouveau projet de
loi? Les différences marquantes.
M. Labonté
(Michel) : Une différence marquante, pour nous, c'est qu'il y a une
interprétation de l'esprit et de la lettre de la loi qui est en lien avec les
articles 96.14, 234 et 235. Déléguer un
article qui... Quand on le lit, on
voit que c'est pour un organisme
central, pour faire en sorte que des évaluations... Parce que les évaluations,
pour les élèves, ne sont pas faites
et les plans d'intervention devraient être appuyés là-dessus. Et la Commission
des droits de la personne le dit à
profusion dans son rapport de juin 2018. Et nous, qu'il y ait une
modification de la
Loi sur l'instruction publique et qu'on n'adresse pas
immédiatement les éléments soulevés dans ce rapport-là, pour nous, ça nous
inquiète.
Et puis,
quand l'analyse, l'évaluation des besoins, des capacités des élèves vont être
faites, avant qu'on prenne une décision de classement, avant qu'on
l'inscrive dans une école, ça ne peut être qu'aidant. Il faut faire en sorte
que ces articles-là ne puissent pas être
chambardés par les centres de services scolaires. C'est le coeur de nos
problèmes que des articles de loi
sont mal interprétés. Pour quelles raisons? Je ne le sais pas. Mais nous, quand
on a à faire des représentations aux
commissions scolaires, bien, on se rend compte que ça tire dans tous les sens,
il y a des disparités. Être autiste en Gaspésie ou à Montréal, là, il y a une
différence dans ta réussite scolaire. Ce qui est un non-sens. C'est une forme
de discrimination. Il faut que ça arrête.
Mme Guillemette : Merci, de
votre présence.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, Mme la députée.
Mme Guillemette : Merci, ça va
être tout pour moi.
Présidente (Mme Thériault) : Merci. Donc, sans plus tarder, je
vais aller du côté de l'opposition officielle, en reconnaissant la députée de Westmount—Saint-Louis, et vous mentionner que vous avez
8 min 40 s à votre disposition.
Mme Maccarone :
Merci, Mme la Présidente. Et merci de votre présence aujourd'hui. Je sais que
vous avez dû militer fort auprès des
médias pour être entendus ici en commission. Je regrette que vous n'avez pas eu
assez de temps pour déposer votre mémoire en avance pour qu'on puisse en
prendre connaissance, mais j'ai hâte à faire cette lecture-là, surtout que,
oui, c'est une cause qui m'interpelle personnellement.
Parce que,
moi, ce que j'entends de vos propos puis votre témoignage, c'est que les
priorités sont peut-être à part dans ce qu'on voit dans le projet de loi. Tout
ce que vous avez cité n'apparaît pas
dans le projet de loi. Alors, on parle vraiment d'un brassage de
structure, mais, c'est vrai, il faut prendre en connaissance et aider les
élèves en situation de vulnérabilité et qui sont vulnérables. Ça devrait être
la priorité, surtout pour la communauté autiste, étant donné qu'ils sont en
croissance. On sait que les codes 50, dans les réseaux scolaires, ça
représente 50 % de la population EHDAA.
Alors, je
vous appuie à 100 % pour les démarches que vous avez mentionnées dans
votre témoignage. Surtout que moi
aussi, j'ai vécu ceci. J'ai siégé sur le comité EHDAA et j'ai trouvé ça bizarre
que j'avais dû remplir un formulaire, qui était approuvé par le comité de parents, pour reconnaître que j'étais un
parent des enfants handicapés, alors pour être en mesure de déposer un vote au sein de ce comité-là.
Alors, je pense que ce serait une modification qui serait vraiment bienvenue
par non seulement le comité de parents, qui
disaient souvent, eux aussi : C'est bizarre qu'on ne connaît pas cette
personne-là... Ce n'est pas moi qui
vais me mettre entre eux et de siéger sur un comité pour qu'ils militent pour
cette communauté-là. Alors, j'appuie.
Puis, c'est
sûr, j'ose croire qu'il y aura des amendements pour ceci. C'est un projet de
loi, pour moi, qui est un peu pêle-mêle,
on met un peu de tout là-dedans. On parle non seulement de la gouvernance, la
démocratie, mais des changements pour les droits... pour les
administrateurs, de qui qui siège où, on enlève des droits de nos enseignants,
etc.
Mais, pour le bien-être des gens ici, dans la
salle — vous
n'avez pas à vous virer de bord, mais il y a plusieurs personnes derrière
vous — je
pense que ce serait important que vous décriviez un peu, pour nous, c'est quoi,
un élève autiste dans une école. Parce que
moi, je connais très bien le chemin, mais je sais que mes collègues ici, autour
de la table, c'est peut-être une connaissance qu'il nous manque un peu.
Mme Plourde (Lili) : Je vais essayer
de faire ça court.
Mme Maccarone : Bien, prenez votre
temps. Le temps que ça...
Plourde (Lili) : O.K. Comme on a parlé, le trouble du spectre de
l'autisme, c'est très large. On a différents portraits et on a
différents modèles qui sont offerts aux enfants autistes. On a les écoles
spécialisées, on a des classes spéciales qui peuvent avoir différents noms, des
classes COM, des classes uniques, qui peuvent porter différents noms, et
l'inclusion en classes régulières. Le problème vient que... Bien, je vais finir
le portrait avant de parler des problèmes.
Oui, je sais,
on a insisté beaucoup pour être ici aujourd'hui. Mais on est
16 associations régionales en autisme, puis je vais vous dire que
l'inclusion scolaire, c'est un mythe dans plusieurs régions du Québec. C'est
extrêmement difficile, les parents ont
besoin de beaucoup de soutien. C'est très difficile de faire en sorte qu'un
enfant autiste termine son secondaire. On
parle de trois garçons pour une fille. La diplomation pour les garçons est déjà
difficile, la diplomation pour un enfant autiste est encore deux fois plus difficile. Donc, on a des enfants qui
pourraient fonctionner très bien en classe régulière en autant qu'ils ont l'accompagnement nécessaire pour
fonctionner en classe régulière. Souvent, ce qu'on va entendre, dans les plans d'intervention, c'est : Il va bien,
maintenant, on va enlever son accompagnateur. C'est la pire erreur qu'on peut
faire à une enfant. Mira a une très belle campagne, ces temps-ci, que... Est-ce
qu'on enlève un fauteuil roulant à une personne?
Non, on ne lui enlève pas son fauteuil roulant. On ne lui enlève pas son chien
et on n'enlève pas son éducateur, si c'est ça qu'il a besoin pour faire
en sorte d'assurer sa réussite scolaire.
Donc... Puis,
souvent, on... — j'ai
juste un mot anglais dans ma tête, là — tu sais, bon, on développe de plus en
plus des services pour les personnes autistes
à l'école. Les enfants qui pourraient aller en classe régulière, on les met en
classe COM. Les enfants qu'on peut mettre en
classe COM, on les met en classes spécialisées plutôt que de faire confiance
aux enfants puis de dire : Mettons les services nécessaires en classe pour
les aider, pour les remonter puis faire en sorte qu'ils soient capables de fonctionner dans une classe qui répond à leurs
besoins, ce qu'on ne voit pas tout le temps. Puis, il y a des enfants qui bénéficieraient d'avoir une
classe spéciale, mais pas une classe, je vais le dire avec des gros guillemets,
là, toute mélangée. Les enfants autistes...
Ce qui marche en autisme marche avec tout le monde; ce qui marche avec les
autres ne marche pas en autisme. Ça fait que ce qu'il faut, c'est vraiment leur
donner les services qui répondent à leur besoin à eux.
On a beaucoup...
un des gros problèmes, à l'école, c'est les enfants qui se désorganisent, qui
ne respecte pas le code de vie. On
étiquette beaucoup les enfants autistes avec un trouble de l'opposition. Ils
n'ont pas de trouble d'opposition, ils
n'ont pas compris les consignes. Ça fait que c'est pour ça qu'on parle
beaucoup, beaucoup de formation des gens qui travaillent avec eux.
Puis, tu sais, tant qu'à faire une réforme,
faisons-la pour que, justement, les besoins de tous les élèves EHDAA soient
respectés. Les parents se font dire : Bien, on n'a pas d'argent, on ne
peut pas te donner ça. Non, ce n'est pas le problème
du parent. L'enfant, il a des besoins dans sa classe et il doit avoir les services qui répondent à ses
besoins. Puis ça ne coûte pas nécessairement plus cher de faire
différemment non plus, là.
Donc, c'est
ça, ça fait que... Puis, tu sais, nous quand on parle avec une personne
autiste, peu importe son âge, on ne
lui dit pas : Qu'est-ce que tu as compris... On ne lui dit pas :
As-tu compris ce que je viens de te dire, qu'est-ce que tu as compris
dans ce que je viens de te dire?, jusqu'à tant qu'on ait la même version. Puis
à l'école, ce n'est pas comme ça que ça se
passe. Les enseignants ont beaucoup de monde dans leur classe, n'ont pas
nécessairement le temps de s'asseoir avec
la personne et de s'assurer qu'elle a bien compris qu'est-ce qu'on attend d'elle.
Parce qu'en autisme tu ne peux pas dire : Non,
ne fais pas ça. C'est : Qu'est-ce que tu peux faire?, à la place.
Donc, c'est un peu ça, le portrait scolaire québécois.
Et puis, comme je vous le disais, nous, on fait beaucoup, beaucoup, beaucoup d'accompagnement scolaire parce que
c'est très difficile de réussir à finir son année scolaire, même pour les enfants qui n'ont pas de déficience
intellectuelle puis qui sont capables de faire leur apprentissage scolaire.
J'ai fait ça le plus vite que je pouvais.
Mme Maccarone : ...parfait.
J'appuie. C'était très éloquent. Je peux vous dire que, comme ancienne
présidente d'une commission scolaire, j'ai toujours milité pour la mixité sociale ainsi que l'inclusion. Je
dis souvent qu'on vit dans un monde inclusif et tout intégré, alors
notre milieu scolaire devrait être une réflexion de ceci. Alors, j'étais fière
de Sir-Wilfrid-Laurier, on avait un taux d'inclusion de 94 %. Alors, oui,
c'est super.
J'aimerais
que vous expliquiez un peu. Je comprends que vous militez pour avoir un parent
EHDAA qui va siéger sur un potentiel C.A. Il siège déjà sur le conseil des
commissaires, comme vous avez mentionné. Mais la lourdeur des tâches,
pour ces parents-là, de se représenter auprès de tous ces comités-là, ce n'est
pas un peu exclusif? Parce qu'on se comprend
que, déjà, on est là, on est en train de prendre soin de nos enfants qui ont
des besoins particuliers. Souvent, moi, j'étais présidente d'un comité
EHDAA, puis rare que j'avais le quorum parce que, écoute, c'est difficile se
déplacer, c'était difficile trouver du
gardiennage pour nous. Mais maintenant ça veut dire on est en train de rajouter
à cette tâche-là parce qu'il faut
siéger à plusieurs comités pour siéger au C.A. Est-ce qu'il y a une autre
manière de voir ceci pour s'assurer que la voix reste forte et
importante, autour de cette table-là, mais de ne pas rajouter une lourdeur pour
ces parents-là?
La Présidente (Mme Thériault) : En
40 secondes.
M. Labonté (Michel) : C'est
difficile de répondre à cette question-là. On anticipe que les gens qui vont se
présenter pour occuper ce poste-là
comprennent les exigences et les implications. À partir de ce moment-là, ça
prend des volontaires, il n'y a pas
midi, quatorze heures là-dessus, à l'élection de la personne en assemblée. On
peut développer des procédures internes, comment est-ce qu'on va s'y
prendre, mais pour l'instant c'est une question qui est difficile à répondre mais qui est une réalité. Moi, je peux
dire présent, dans ma région, je n'ai pas de problème. J'ai un enfant, il a
15 ans. Quelqu'un qui a deux enfants autistiques puis qui sont en
bas de 10 ans, là, c'est une autre paire de manches. Ça dépend des
gens.
Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Merci beaucoup. Donc, nous allons maintenant du côté de la députée de
Sherbrooke pour 2 min 40 s. Mme la députée.
Mme Labrie : Merci. J'aimerais ça
valider ma compréhension avec vous de ce que vous avez dit par rapport à la
délégation de l'évaluation. Si j'ai bien compris, ce que ça aurait pris dans le
projet de loi, c'est une confirmation explicite
que ce pouvoir-là ne peut pas être délégué aux écoles... ne doit pas être
délégué aux écoles. Et ce qu'on y retrouve en ce moment, dans le projet
de loi, c'est plutôt une délégation
formelle de ce pouvoir-là aux directions d'école. Est-ce que c'est ce
que vous dites?
Labonté (Michel) : Ce n'est pas tout à fait ça. Ce qu'on sous-entend,
c'est que, si les commissions scolaires respectaient
l'esprit et la lettre de la loi, elles ne feraient pas des délégations
semblables. Maintenant, avec les prérogatives que le ministre va s'octroyer dans la nouvelle loi, on croit que
l'unicité directionnelle du ministère pour dire aux commissions scolaires : Il y a des
choses que vous faites que vous n'êtes pas corrects, quand vous faites ça,
c'est un bénéfice pour nous, on ne peut pas être contre ça. Ce qui va être
bénéfique pour les enfants EHDAA, autistes et autres, c'est que l'esprit de la
loi soit respecté et la lettre. La façon dont c'est écrit, aujourd'hui, ça nous
semble limpide, mais c'est la façon dont les commissions
scolaires l'interprètent qui est une
autre paire de manches, et qu'on préfère être sous des prérogatives du ministre
que le joug ou la tyrannie des commissions scolaires d'aujourd'hui. C'est aussi
simple que ça.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée.
Labrie : Donc, vous trouvez
que... dans la formulation du projet
de loi n° 40, vous sentez que
vous allez être mieux protégés par rapport au respect de cette
disposition-là de la loi actuelle, qui est parfois mal interprétée?
Labonté (Michel) : Ces
articles-là ne sont pas dans le projet
de loi n° 40. Mais, quand on
parle de gouvernance, on parle de
comment est-ce qu'on interprète la loi qui nous dirige. C'est pour ça qu'on
croit que c'est important d'en parler ici aujourd'hui. Avec les
prérogatives additionnelles au ministre, qui est en mesure de dire aux commissions
scolaires... De toute façon, le ministre, il
va avoir des juristes avec lui. On s'attend qu'il va y avoir la bonne foi du
ministre, quand il va rendre des règlements. Ça nous semble quelque
chose qui est probant pour nous.
Est-ce
que ces articles de loi peuvent être améliorés? Certainement.
L'article 96.14,
là, c'est un peu mélangé, là, dans la séquence, là, et ça peut être
mieux fait. Notre mémoire va en faire l'étalage.
Labrie : Dans le fond, c'est
comme un espoir que vous fondez qu'avec le nouveau mode de gouvernance le
ministre va pouvoir imposer ça aux centres de services et s'assurer qu'ils le
comprennent bien, mais ce n'est pas, textuellement dans le projet de loi,
un pouvoir que c'est certain qu'il se donne, donc il faudrait l'inscrire. C'est
La Présidente (Mme
Thériault) : Cinq secondes.
Labonté (Michel) : ...234,
96.14, ils sont bien écrits dans l'ensemble. 96.14 doit être revu un peu. Mais
ce qu'on veut, c'est que ces trois
articles de loi là soient vécus efficacement pour les enfants EHDAA dans les commissions scolaires.
Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Merci, M. Labonté. Mme la
députée de Joliette,
2 min 40 s pour vous aussi.
Hivon :
Oui. Merci beaucoup. Alors, je vais poursuivre. Je veux bien comprendre aussi.
Donc, vous ne voulez pas que ce soit un
pouvoir qui soit délégué et donc qui soit aux écoles. Vous dites que les
écoles, il faut que ça se fasse de
façon centralisée, globale, pour avoir de l'expertise, parce que
vous dites que les écoles n'ont pas cette expertise et cette formation-là.
Je vous comprends bien?
Labonté (Michel) : Les
directeurs d'école n'ont pas la compétence professionnelle pour faire
l'évaluation des capacités des
personnes handicapées, en partant. Et puis ce n'est pas parce qu'ils veulent mal faire, là, c'est parce
qu'ils n'ont pas la compétence. Leur déléguer quelque chose pour laquelle
ils n'ont pas la compétence, c'est un non-sens, là. Ils n'ont pas les
ressources.
prend des équipes multidisciplinaires de professionnels et de
non-professionnels qui ont des prérogatives dans l'évaluation des
capacités d'élèves, qui doit être faite avant sa décision de classement. La
décision de classement, c'est fait avant que
l'élève soit inscrit dans une école. Comment est-ce qu'un directeur d'école
peut précéder tous ces éléments-là? C'est un non-sens. Donc, c'est mal
interprété.
Aujourd'hui, avec la capacité du ministre de faire des règlements qui font en sorte
que des choses comme ça, ces aberrations-là ne se présentent plus, bien,
on ne peut pas être contre ça, nous autres. C'est le noeud de nos problèmes.
Mme Plourde
(Lili) : Je voudrais juste rajouter une petite chose. Présentement,
quand on accueille un enfant dans une école,
au lieu de dire... Tu sais, on ferait son analyse de besoins puis on
dirait : Cet enfant-là doit aller dans tel modèle. On ne peut pas faire ça. Ce n'est pas comme ça que ça se fait
présentement. On dit : On aurait à
peu près ça qui pourrait répondre à
ses besoins, donc l'enfant va aller dans ce milieu, dans ce modèle scolaire là
et qui ne répond pas nécessairement à son besoin, tout ça parce que
l'évaluation de l'enfant n'est pas faite dans les règles de l'art, selon ce qui
est prévu dans la loi actuelle.
C'est
ça qu'on veut éviter, c'est qu'on continue de faire faire l'évaluation des
enfants par des personnes qui n'ont pas
les capacités nécessaires puis, après ça, dire : Oui, vraiment,
on a fait une bonne analyse puis on va offrir à cet enfant-là des services qui répondent vraiment
à ses besoins en termes scolaires. C'est pour ça qu'on veut éviter que ça
continue de se faire comme ça se fait présentement.
La Présidente (Mme
Thériault) : 20 secondes.
Hivon : Puis dans
une école il n'y a pas la diversité d'expertises qui permettent de faire ça de
manière globale en partant des besoins de l'enfant?
Plourde (Lili) : Souvent, non.
M. Labonté
(Michel) : Non. C'est ce que la Commission des droits de la personne
dit dans son rapport de juin 2018. On aurait
le bénéfice que ce rapport-là soit implémenté dans leurs recommandations. Ça
nous aiderait tellement, là.
Présidente (Mme Thériault) : ...l'impression que les gens ici vont
lire le rapport. Malheureusement, je dois mettre fin à nos échanges.
Donc, merci, Mme Plourde, M. Labonté, de votre témoignage.
Nous
allons suspendre quelques instants pour permettre aux représentants de la
fédération des travailleurs du Québec de prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 19)
Présidente (Mme Thériault) :
À l'ordre, s'il vous plaît! À
l'ordre, s'il vous plaît! Donc, nous
allons reprendre nos auditions. Et
nous entendons maintenant les représentants de la fédération
des travailleurs du Québec. M. Boyer, vous êtes familier avec nos règles, donc bienvenue à l'Assemblée nationale.
Vous avez une dizaine de minutes pour nous présenter votre mémoire ainsi
que les gens qui vous accompagnent. La parole est à vous.
M. Boyer (Daniel) : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, M. le
ministre, MM. Mmes les députés. Je vous présente... bien, je pourrais commencer par ma droite, là,
Wilfried Cordeau, du Service de la recherche à la FTQ, Denis Bolduc, président
du SCFP-Québec, Syndicat canadien de la
fonction publique et vice-président de la FTQ, et Pierrick Choinière-Lapointe,
du SEPB, également un syndicat affilié à la
FTQ, et vice-président de la FTQ, également. Et j'ai des collègues, bien sûr, à
l'arrière. On est plus que quatre, on est...
il y a des gens qui sont solidaires. C'est comme ça qu'on travaille, à la FTQ,
bien souvent.
Bien,
écoutez, avant tout, je tiens à vous remercier d'avoir invité la FTQ à prendre
la parole sur les enjeux de la démocratie,
de la gouvernance et de l'organisation scolaires. Ce sont des questions très
importantes, bien sûr, pour les membres qu'on représente, notamment ceux et celles qui travaillent dans les
réseaux scolaires ou dont les enfants fréquentent les écoles publiques
du Québec.
La FTQ représente
600 000 travailleurs, travailleuses dans tous les secteurs
d'activités économiques à travers l'ensemble
des régions du Québec. Elle représente des milliers de personnes qui
travaillent quotidiennement dans plusieurs commissions scolaires francophones
et anglophones. Nos membres occupent diverses fonctions dans les services
de garde, le transport scolaire, le soutien
manuel, le soutien administratif de même que les services complémentaires ou
professionnels.
La FTQ, vous n'êtes
pas sans le savoir, là, est un acteur important au sein de la société
québécoise et du réseau de l'éducation du Québec, et c'est pour cette raison
qu'elle a participé à toutes les grandes consultations portant sur l'éducation et le système scolaire depuis sa
fondation. À chaque reprise, la centrale a exprimé son attachement au réseau
des commissions scolaires et à une
démocratie scolaire dynamique et à chaque reprise elle s'est opposée à toute
volonté de rebrasser de manière
excessive les structures et même d'abolir les commissions scolaires ou leurs
élus. Or, c'est précisément ce que ce projet de loi n° 40
vise à faire une nouvelle fois.
Nous
ne pouvons donc que nous y opposer et rejeter ce projet de loi dans son ensemble,
pour de nombreuses raisons que nous avons soulevées dans notre mémoire, bien
sûr, mais au moins pour les trois principales raisons que nous souhaitons
porter à votre attention aujourd'hui.
La première :
rebrasser des structures, ce n'est pas une priorité ni une solution. Donc, on
constate que l'école québécoise est en crise
depuis des années. Chaque semaine, les médias nous rapportent des problèmes
vécus au quotidien par des élèves qui
vivent de l'anxiété, des difficultés importantes et peinent à obtenir des
services, des membres du personnel épuisés
ou en détresse psychologique, des cours d'école inadéquates, des écoles où on
respire un air malsain, où on boit de
l'eau contaminée au plomb, et j'en passe. Les travailleurs et travailleuses du
réseau scolaire que nous représentons nous témoignent que leurs
conditions de travail et les conditions d'apprentissage des élèves se dégradent
au fur et à mesure et que les milieux
scolaires doivent encaisser tantôt des compressions budgétaires, tantôt des
difficultés de recrutement et de rétention
de la main-d'oeuvre ou tantôt de la concurrence des écoles privées. Dans ce
contexte, la FTQ pense que rebrasser les structures ne constitue
actuellement ni une priorité ni une solution.
Pour nous, ce dont le
réseau a le plus besoin, à court terme, c'est d'une bouffée d'air. Il faut
s'assurer que des professionnels et des
services complémentaires accompagnent et soutiennent le personnel enseignant
ainsi que les éducateurs et
éducatrices dans les écoles, que les élèves soient moins nombreux dans les
classes, qu'une stratégie fonctionnelle et concertée soit déployée pour attirer et retenir les
travailleurs et les travailleuses de tous les corps d'emploi. Nous sommes
convaincus que l'école, les élèves et
le personnel de l'éducation ont actuellement besoin d'un véritable soutien et
d'une stabilité dans l'organisation des services scolaires et non d'être
de nouveau ballottés dans un autre rebrassage de structure.
Notre
deuxième commentaire concerne, naturellement, l'abolition des commissions
scolaires et de la démocratie scolaire
à proprement parler. La centrale a toujours
valorisé la participation citoyenne et parentale dans la vie et la gestion
des choses scolaires. Pour la FTQ, la commission scolaire comme on la connaît aujourd'hui est un véritable gouvernement de proximité,
transparent et responsable auprès de sa population, qui constitue l'une des
originalités du Québec et permet de dynamiser sa vie scolaire ainsi que
ses régions et ses communautés.
Nous avons toujours
reconnu que la gouvernance et la démocratie scolaires n'étaient pas
parfaites. Mais nous avons, par contre, toujours soutenu qu'elles
étaient perfectibles, qu'elles peuvent et doivent être améliorées. Nous
considérons cependant qu'il revient à l'État
de soutenir adéquatement les commissions
scolaires et leurs élus pour leur
permettre de remplir pleinement leur
mission auprès des communautés et des élèves. Malheureusement, on constate que
les gouvernements successifs
ont échoué à cette tâche et nous sommes aujourd'hui convoqués devant
la facilité qui consiste à faire disparaître le problème plutôt qu'à le résoudre. Au lieu de recourir à des solutions
constructives, le projet de loi tire un trait sur une instance démocratiquement élue et redevable à la
population pour créer un régime de nomination discriminatoire et opaque.
Pour
la FTQ, le remplacement des commissaires scolaires par un conseil d'administration principalement composé de personnes
nommées par un collège de parents impliqués au niveau des conseils
d'établissement n'a aucun sens. D'abord, ce
choix élimine le suffrage universel dans le réseau francophone, mais le maintien dans le réseau
anglophone. Non seulement le projet de loi crée deux vitesses de
démocratie et deux catégories de citoyens, mais il crée également deux classes de contribuables face à la taxe
scolaire : il y aura maintenant ceux qui paieront leurs taxes en anglais
et pourront avoir voix au
chapitre et
ceux qui paieront leurs taxes en français et n'auront plus aucun mot à dire ni
personne à qui s'adresser parce que
les membres du nouveau conseil d'administration ne seront manifestement
redevables à personne en particulier et ne prendront les mandats de
nulle part.
l'un des avantages des commissaires élus, actuellement, c'est qu'ils sont
redevables aux citoyens d'une circonscription,
qu'ils jouent un rôle de proximité pour les écouter et qu'ils portent leurs
préoccupations et leurs intérêts dans l'instance décisionnelle de la commission
scolaire. Cela ne sera plus le cas avec un conseil d'administration tel
qu'il est proposé, et c'est fort regrettable, et c'est une perte du lien de
proximité avec la communauté et une perte de pouvoir pour la population francophone. Nous croyons que ces
qualités seront mises à rude épreuve en exigeant des parents du conseil
d'administration qu'ils siègent en plus à des conseils d'établissement, et ce,
de manière bénévole. En ne recevant qu'un
maigre jeton de présence, comment pourraient-ils se permettre de se dégager du
temps de qualité pour pleinement jouer leur rôle au sein du réseau et
auprès de la communauté?
Nous
refusons que la relation de proximité et la qualité du travail de cette
instance soient mises en péril au nom d'une
économie de bouts de chandelle. Pour la FTQ, il est temps de reconnaître le
rôle des personnes qui s'engagent dans la
vie démocratique et de les soutenir pleinement dans leurs fonctions, et cela
est également vrai pour les personnes qui représentent la communauté ou
le personnel scolaire.
Nous
ne pouvons manquer de noter, aux annexes I et II du projet de loi, l'intention
d'exclure d'office de l'élection du
premier conseil d'administration toute personne exerçant un mandat syndical
pour le personnel de la commission scolaire. Nous remarquons aussi que les membres de la communauté ne pourront pas
provenir du milieu du travail, comme c'est le cas actuellement. Pour nous, il s'agit d'un procès d'intention à
l'endroit des organisations de travailleurs et de travailleuses qui n'a
pas sa place dans le débat qui nous occupe.
La FTQ est bien
placée pour témoigner de l'importance du dialogue social et de la concertation
de tous les acteurs dans le développement
régional au Québec. Or, que ce soit la commission scolaire ou ailleurs, il est
important de reconnaître à sa pleine valeur l'expertise et l'expérience
des travailleurs et travailleuses et de leur faire une place dans les lieux où cela compte. Les syndicats peuvent
jouer un rôle positif à ce sujet puisqu'ils travaillent étroitement auprès de
leurs membres, les consultent régulièrement
sur des enjeux qui les touchent et portent leur parole avec rigueur et
fidélité.
C'est en apprenant à
dialoguer qu'on s'assure d'une richesse et d'une profondeur de débat et de
réflexion qui permettent aux projets d'aller plus loin et avoir moins
d'erreurs. Pour nous, il est donc impératif de lever les obstacles à une
participation active et inclusive de toutes les catégories de personnel aux
instances décisionnelles ainsi qu'à leurs représentants syndicaux, si c'est
leur volonté.
Enfin,
la FTQ constate qu'en remplaçant le conseil des commissaires par un conseil
d'administration le projet de loi en affaiblit considérablement le
pouvoir et la portée. En effet, les membres du conseil se voient dépouillés de
leurs porte-parole, de leur comité exécutif,
de leur droit de surveillance sur les conseils d'établissement, de leur droit
d'arbitrer la répartition des ressources et d'une
partie de leur autonomie
puisqu'ils devront motiver leurs décisions à des comités subalternes auxquels ils ne pourront même pas
siéger. Or, nous constatons que ces
pouvoirs ne seront pas nécessairement
transférés vers les établissements, comme le ministre l'a dit, mais plutôt dans des comités spécialisés
ou entre les mains du directeur
général ou du ministre
lui-même. Pour nous, c'est l'un des nombreux signes que
cette réforme ne donne pas lieu à la décentralisation annoncée. Au contraire,
on assiste plutôt à un nouvel écartèlement de la structure qui accentue la bureaucratisation
et la centralisation du réseau pourtant dénoncée par le gouvernement. Il
en résulte une nouvelle perte d'autonomie
pour la commission scolaire et ses décideurs. C'est pour le moins inquiétant,
car cela réduit la capacité de la structure
à jouer son rôle d'arbitre et à assurer l'équité au sein du réseau. Selon nous,
ça ne rend pas service aux élèves, puis ça ne contribue en rien à la
réussite éducative. La FTQ ne peut y souscrire.
dernière raison, le troisième élément que nous voulons souligner tient au
pouvoir du ministre et du gouvernement. Nous venons de l'évoquer, la transformation de la commission scolaire et
de son instance décisionnelle ont moins pour effet de redistribuer les
pouvoirs vers les écoles que vers le ministère et le Conseil exécutif.
plusieurs égards, le projet de loi leur octroie de nouveaux pouvoirs
réglementaires, ce qui augmente la marge de manoeuvre quasi discrétionnaire du
pouvoir exécutif sur le réseau. Trois de ces nouveaux pouvoirs inquiètent
particulièrement les membres de la
FTQ. Le ministre va pouvoir établir les cibles, les objectifs de gestion
interne sur l'administration, l'organisation
ou le fonctionnement d'un ou de l'ensemble des centres de services. Pour nous,
ce n'est pas nécessaire de rajouter
des leviers de contrôle ou des sources d'anxiété. Encore une fois c'est un
moyen... C'est de moyens et de soutien dont
les gens ont besoin. Le ministre va pouvoir forcer les commissions scolaires à
favoriser le partage de leurs ressources entre elles avec d'autres organismes publics et même avec des
municipalités ou des écoles privées. Et là, je vous avoue... Il me reste
une minute? Non? Il ne m'en reste plus?
La Présidente
(Mme Thériault) : Plus de temps. Non, vous n'en avez plus.
M. Boyer (Daniel) :
Bien, je vais vous conclure ça. Puis là on est inquiet... — on
aura l'occasion d'y répondre, j'imagine, là?
La Présidente (Mme Thériault) :
Oui.
M. Boyer
(Daniel) : On est inquiet de
fusions avec ces partages de services. Donc, on est d'avis que les besoins des
écoles, des écoles puis du personnel
scolaire sur le terrain sont trop nombreux et criants pour que la société
québécoise fasse de nouvelles réformes de structure...
Présidente (Mme Thériault) : Merci. Merci, M. Boyer. Je vais
vous demander si c'est possible d'avoir une copie de votre discours. On
le transmettra intégralement aux membres. Comme ça, on ne manquera pas les
derniers paragraphes que vous aviez pour nous.
M. Boyer (Daniel) : ...bout là, là?
Présidente (Mme Thériault) : Bien, si vous voulez, il n'y a pas
de problème, on va le prendre. Donc, sans plus tarder, M. le ministre,
pour votre bloc, vous avez 13 minutes.
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. Merci à vous d'être présents et présentes
aujourd'hui et à tous ceux qui vous
accompagnent. Vous êtes les bienvenus à l'Assemblée nationale. Beaucoup,
beaucoup d'éléments en si peu de temps. Vous avez ramassé votre mémoire,
mais évidemment on prendra le temps de le regarder au complet.
Vous
comprenez qu'à certains égards on diverge d'opinion ou, alors, j'ai plutôt des
questions pour mieux comprendre sur
quoi reposent, là, vos interventions. Et je vais aller sur un des points que
vous avez soulevés en dernier, là, la question de partage de services.
Ça semble vous déranger comme si ça menaçait le réseau d'une quelconque façon.
C'est
l'article 102 du projet de loi n° 40. Quelqu'un hier y
faisait référence, mais en en regardant seulement une portion, mais, si
on le regarde dans son ensemble, là, l'article 102, ça dit : Cette
loi est modifiée par l'insertion, après l'article 215.1, des
suivants :
«215.2. Les
centres de services scolaires doivent favoriser le partage de ressources et de
services, notamment de nature administrative, entre eux ou avec d'autres
organismes publics, dont les municipalités, ou des établissements [déjà] régis par la Loi de l'enseignement privé
lorsque cela permet, dans le cadre de leur mission, de répondre à des besoins
d'efficacité ou de rentabilité dans la gestion des ressources humaines,
financières et matérielles.»
Après ça, on
dit, bon, on peut faire des recommandations en ce sens. Il ne s'agit pas, ici,
de fusionner des services, mais de
les partager pour mieux rentabiliser chaque dollar qu'on investit dans le
réseau pour qu'il y ait plus de services aux écoles, aux directions
d'écoles, alléger leur tâche, mieux soutenir ceux qui travaillent dans nos
centres de services, on pourrait dire nos commissions scolaires, peu importe,
dans nos écoles, dans un objectif d'efficacité pour des ressources financières
et matérielles.
Pouvez-vous m'expliquer où est le danger à
partager avec une municipalité des ressources, des services ou avec un autre organisme pour essayer d'être plus
efficace des deux côtés, hein, quand c'est gagnant-gagnant pour les deux?
Parce que vous ne pouvez pas forcer encore
moins l'autre côté, là, à partager
des ressources, des services. Mais pourquoi c'est perçu, de votre côté,
comme un problème?
Boyer (Daniel) : Bien,
voyez-vous, ça, plus ça, plus ça, ça donne des affaires un peu
bizarres parce que, quand vous vous octroyez aussi le droit de
modifier les territoires, ça fait en sorte qu'on peut se ramasser avec une drôle d'affaire. Puis c'est pour ça qu'on voit, dans ce partage...
Si ce n'était que ça, ça pourrait peut-être être positif. Le problème qu'on a avec ça, c'est est-ce que c'est une ouverture vers
le privé? Est-ce que c'est une ouverture vers des fusions de centres de service? Ça, c'est la... Elle est là, notre
inquiétude, purement et simplement, là. On n'écrit pas ça pour rien, juste pour
faire des économies. Avec les
pouvoirs qui vous sont conférés en vertu de ce projet de loi là, notre
inquiétude, elle est plus grande que
ça. C'est une interprétation qu'on fait, mais une interprétation qu'on fait à
la lecture de plusieurs articles qui redonnent plusieurs pouvoirs au
ministre de modifier soit les territoires, soit d'aller en impartition. On est
inquiets, on est inquiets.
Puis, si ce n'était qu'une question d'efficacité
ou de sauver des sous, bravo!, mais, à un moment donné, je vous avoue, je ne sais pas si c'est le cas dans le
secteur scolaire, là, mais je vous avoue que la possibilité d'économies, elle
est de moins en moins grande, et même
qu'on voit l'effet inverse à un certain moment donné. Plus c'est gros, plus
c'est difficile aussi.
Et là on pourra se parler, si vous voulez, de la
réforme dans le secteur de la santé, là, parce que je l'associe exactement à la réforme dans le secteur de la
santé. Je dis «la réforme», les deux, puisqu'il y a eu des fusions
d'établissements suite à un projet de loi n° 25
en 2003 et qu'il y a eu une nouvelle fusion d'établissements dans la santé en
Donc, je vous
avoue, là, qu'on est inquiets. On voit, dans ce projet de loi là, quand on lit
les articles et les pouvoirs que vous
vous octroyez comme ministre, bien oui, de l'impartition, de la privatisation
et des fusions de commissions scolaires.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Mme la Présidente, je laisserai le Parti libéral défendre ou
renier sa réforme en santé. Moi, je vais me concentrer sur le projet de loi n° 40. Mais vous venez de dire,
parlant de l'article 102 : On n'écrit pas ça pour rien, juste pour faire des économies. Mais, pour moi, ce n'est pas rien,
disons, faire des économies, pas nécessairement faire des économies dans le sens d'en sauver plus, en
dépenser moins, pour couper. C'est peut-être justement... Puis je ne dirai pas
non plus en faire plus avec moins. C'est en faire plus avec plus ou en faire
mieux.
Quand on parle de gestion de... supposons, gérer
un aréna, est-ce qu'on peut le cogérer si l'aréna est directement à côté de l'école pour mieux répartir le temps de
glace? Si une école secondaire se dote d'un gros gymnase ou d'une piscine,
est-ce qu'on peut après partager cette
ressource-là plutôt que la louer à la ville puis facturer, puis... Est-ce qu'on
peut la cogérer, est-ce qu'on peut
partager la ressource, la personne qui surveille, le «life-guard», en bon
français, est-ce qu'on peut partager la paye de cette personne-là qui
tantôt surveillera des aînés, tantôt surveillera des élèves, tantôt surveillera
des aînés au fil des plages horaires? C'est
ça, ici. Puis on ne parle pas de fusionner des commissions scolaires ou ces
centres de service avec
l'article 102, on parle de partager des ressources matérielles,
financières pour que plus de citoyens puissent bénéficier de nos
infrastructures, de nos capacités.
Sur la
question des territoires, c'est important de le préciser parce que d'autres
l'ont mentionné avant vous, le projet de loi n° 40 a un
article là-dessus,
l'article 46. Mais l'article 46 ne vient pas donner un nouveau
pouvoir au gouvernement, il
dit : Bien là, avant, ce n'était pas possible de revoir les territoires
des commissions scolaires, mais, avec l'article 46, là, on se donne
ce pouvoir-là. Ce n'est pas vrai, là. En ce moment, les articles 116 et
117.1 de la
Loi sur l'instruction publique permettent
au gouvernement... puis c'était vrai, là, il y a un an et quelques au
gouvernement libéral, puis c'était vrai si on recule au gouvernement du
Parti québécois, c'était déjà là.
gouvernements, en vertu des articles 116 et 117 actuels, pouvaient
redécouper les territoires des commissions scolaires. C'était déjà là.
L'article 46 du projet de loi
n° 40 l'ajuste un peu en disant : Bien, si on devait faire ça, il
faudrait d'abord consulter. On vient se donner une obligation
supplémentaire que si on devait toucher un territoire, il faudrait d'abord le consulter. Donc, je ne pense pas qu'il
faut mettre ça dans la colonne du tout-puissant projet de loi n° 40 qui
viendrait tout à coup donner des
pouvoirs au ministre de fusionner. Ce n'est pas la lecture qu'il faut en faire.
Est-ce que vous avez cette même compréhension? Est-ce que vous aviez vu
qu'il y avait déjà ce pouvoir et que le projet de loi n° 40 ne vient que
le limiter en donnant une obligation
supplémentaire de consulter? Et je vous le dis tout de suite, ce n'est pas
notre intention de redécouper, là, mais on est dans le projet de loi
puis le projet de
loi survit au gouvernement, j'en suis bien conscient.
M. Boyer (Daniel) :
Mais là vous êtes en train de nous dire qu'il n'y a pas d'intention de fusion,
M. Roberge : Absolument pas.
Boyer (Daniel) : Bon. Mais
écoutez, c'est parce qu'un plus un plus un, quand je vous disais tantôt...
C'est parce que, quand on vient
uniformiser la taxe scolaire, donc, tout le monde est égal. On dirait qu'on est
en train de tout mettre en place, des mécanismes, dans le but de faire des fusions de commissions scolaires. Nous, c'est de la façon qu'on l'interprète.
Tant mieux si vous me dites qu'il n'y aura
pas de fusion de centres de service ou de commissions scolaires, on s'en
réjouit, mais nous, on le voit comme ça.
Et je vous
avoue que, le bémol, puis je l'ai dit tantôt, là, l'impartition, la
privatisation des services, ça nous inquiète. Parce que le partage, est-ce que ça va être à la municipalité
ou il s'arrête ailleurs? Parce que qui est le véritable employeur de
l'employé qui va travailler dans cet aréna-là, là? Puis on a des questions, là,
il y a des certificats d'accréditation qui s'appliquent.
Est-ce qu'on est en train de se compliquer les choses dans le but, justement...
Il me semble que c'est plus simple que
ça, d'améliorer la réussite scolaire au Québec que d'aller tripoter
ces affaires-là. Je ne sais pas. Il me semble. Il me semble.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Oui. Je vous
dirais qu'il y a plusieurs façons d'améliorer notre cadre bâti, de rénover
nos écoles, de donner plus d'argent
pour les rénover, pour les agrandir aussi pour qu'il y ait plus de place, notamment
pour les professionnels puis tous
ceux qui sont là pour les services aux élèves. Il y a d'ajouter les ressources
professionnelles, des ressources techniques, d'aider les profs à aider les élèves. Il y a un paquet de mesures à
mettre en place, puis on a commencé, avec notre premier budget,
à aller définitivement dans cette
direction-là. Puis on s'est dit ensuite, bien : Toutes ces nouvelles
ressources là, est-ce qu'on peut
mieux les gérer, les administrer? Puis on arrive avec cette proposition-là
d'améliorer la gouvernance. Pour nous, ça ne s'oppose pas. Plus de
ressources puis une meilleure gestion des ressources.
Sur ce, si vous permettez, Mme la Présidente, je
laisserais la parole à mon collègue de Sainte-Rose.
Présidente (Mme Thériault) : Oui. Je vais reconnaître le député de
Sainte-Rose. M. le député, la parole est à vous. Il vous reste 3 min 30 s,
question, réponse.
Skeete : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour et bienvenue à
votre Assemblée nationale. Content de vous voir. J'ai quelques
questions. Je n'ai pas beaucoup de temps, donc je vais essayer d'aller rapidement...
Skeete : Je vous comprends. Je dois vous dire, il y a eu beaucoup
d'éléments rapportés dans votre mémoire et dans votre discours d'ouverture. J'aimerais juste ça vous entendre sur
l'exception qu'on fait pour les communautés d'expression anglaise. Il y a des gens qui nous disent que ce
n'est pas égal, et tout, mais, l'intention du gouvernement, c'est de respecter une minorité
linguistique, respecter la loi, oui, mais aussi respecter, dans le sens
honorable des mots, une minorité qui a des droits et qui doit être
considérée.
Vous
dites que, d'un côté, ce n'est pas égal, mais le gouvernement du Québec, lui
aussi, regarde les enjeux plus larges. De dire : Il y a aussi les
commissions scolaires francophones outre Québec qu'on doit considérer, si on ne
donne pas un peu l'exemple aux
autres, est-ce qu'on ne fragilise pas les réseaux francophones extérieurs?
J'aimerais ça vous entendre sur ce
balancier-là, comment que le gouvernement a fait ça, et comment que vous
arrivez à conclure que ce n'est pas équitable.
M. Boyer (Daniel) : Bien, écoutez, je vais répondre bien simplement. On est bien
d'accord à respecter la minorité linguistique
de langue anglaise, mais il faudrait aussi respecter la majorité linguistique
de langue française. Et, nous, c'est... On bafoue les droits
des francophones, les droits démocratiques des francophones.
C'est
vrai, là, qu'il n'y a pas un haut taux de participation aux élections
scolaires. C'est vrai, là, on l'admet, ça. Mais là on est après détruire tout ça parce qu'il n'y a pas assez de
monde qui vont voter. Mais là les gens qui vont être nommés ou élus sur nos CS, nos C.E., ils vont avoir des
mandats de qui? Ils vont être nommés par qui? Ils vont consulter qui? Je
ne le sais pas.
Skeete : Ça, c'est un bon
point parce qu'on arrive à la légitimité, mais, sur ce, je pense que ça a été
assez clair. On parle d'abolir les commissions scolaires, au Québec, dépendamment de l'année, pendant assez
longtemps. Il y a eu le dernier gouvernement qui a dit : Si vous tenez à vos institutions, allez voter en grand
nombre. Même avec ça, le taux de votation,
dans le réseau francophone, est inférieur à 5 %. N'est-ce pas, justement... — puis, en plus, mon parti en a fait une
promesse électorale — n'est-ce
pas un mandat d'agir, justement?
Présidente (Mme Thériault) : Vous avez une minute pour répondre, M.
Boyer, avant de changer d'interlocuteur.
M. Boyer (Daniel) : Bien, moi, ce que j'ai entendu des élus, autant
de votre parti que le Parti libéral, c'est plutôt un son de cloche de ne pas
aller voter. Ça, je vous avoue que c'est inquiétant dans une instance
démocratique qui existait encore à
l'époque. Mais, moi, je vous le dis, là, la façon... quand on veut tuer son
chien, on dit qu'il a la rage, là. Moi, il me semble que, si on veut... il ne faut pas détruire les commissions
scolaires parce qu'il y a peu de monde qui vont voter. Il faut tenter de
convaincre le monde d'aller voter.
Puis là on propose...
bon, c'est de joindre les élections, les élections scolaires avec les élections
municipales. Il nous semble... Puis ça
existe ailleurs, là, ça existe en Ontario, au Nouveau-Brunswick. Il me semble
qu'on aurait quelque chose... Là, on
détruit un gouvernement de proximité démocratiquement élu, comme ça, paf! on le
fait disparaître, alors que, votre
monde — bien, je
dis votre monde, là, les gens qui vont siéger sur les centres de services ou
les comités d'école ou les comités de parents — ils
vont être nommés par une petite poignée de monde, là.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mais je dois...
Présidente (Mme Thériault) :
Non, et je dois mettre fin, malheureusement. On a déjà dépassé le temps, désolée. On pourra peut-être continuer avec l'opposition officielle. Mme la députée de Saint-Laurent, la
parole est à vous,
8 min 40 s.
Mme Rizqy : Bonjour, merci d'être ici présents. Très contente
de vous voir, et on va devoir faire ça vraiment court, le temps file.
plus ça, plus ça, ça donne ça. Vous avez vu, là, projet de loi n° 3, on
uniformise le taux de taxation scolaire partout au Québec. Les gens qui ont des grosses baraques, pas de
problème, vous avez un gros congé de taxes. Puis, si vous ne vivez pas
au Québec, ce n'est pas grave, une grosse entreprise étrangère, vous allez
avoir droit aussi à des économies. Projet de
loi n° 12, frais facturés aux
parents, le ministère de
l'Éducation ne savait même pas qu'il y avait des programmes au Québec
où est-ce qu'on pouvait demander à des parents, dans le système
public, de payer 5 000 $,
7 000 $, 10 000 $ par frais... par projet. Et là, maternelles quatre ans, on a fini avec une
surprise de la bouche du ministre, les agréments pour les écoles
privées. Bien que ça faisait plus de 12 ans qu'il y avait un moratoire,
tout à coup, le ministre, lui, ne se sent pas trop
attaché avec ce moratoire-là. Il n'y en a pas, de problème. Et là
vous avez mis le doigt sur l'article 102, comme d'autres personnes
avant vous. Et hier, il y avait M. Vigneault qui, avec le Mouvement
L'École ensemble... — parce
que vous le savez, l'OCDE l'a dit, hein, on
est, malheureusement... il y a des inégalités des chances au Québec — ici, dans l'article 102, hier, M. Vigneault a posé la question
suivante, puis le ministre n'a pas voulu répondre : Est-ce que l'école
privée va devoir aussi prêter des services à l'école publique?
Pensez-vous que ça, c'est une question légitime à se poser?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Boyer.
M. Boyer (Daniel) : Bien sûr,
c'est une question légitime. Puis, quand on parle d'impartition puis de
privatisation, c'est notre grande
inquiétude. Nous, on n'a rien contre le partage de services dans le réseau
public, mais ça s'étend jusqu'où, cette affaire-là? Puis on va-tu avoir
une seule école au Québec éventuellement, là? J'avais dit au ministre de la
Santé à l'époque : Est-ce qu'on va avoir un seul centre hospitalier au Québec éventuellement qui va être runné par le ministre? La question reste entière.
Mme Rizqy :
Est-ce que le ministre, là-dedans... dans l'article 102, est-ce que vous
voyez si les municipalités auront l'obligation de prêter des services? Est-ce
que le ministre, quelque part, a mis
une disposition qui va être un corollaire pour dire : Bien, vous aussi, les municipalités, les plateaux de services, ça s'en va dans les écoles publiques. Est-ce que
ça, vous l'avez trouvé quelque part dans le projet de loi n° 40?
M. Boyer (Daniel) : On n'a rien vu. Puis je soulevais, tantôt :
L'employé relève de qui? Parce que je peux vous mentionner que le Syndicat
canadien de la fonction publique, le SCFP, le syndicat le plus présent pour
représenter les employés des municipalités, on va être dans un micmac tantôt, là, difficilement compréhensible.
Puis moi, je n'ai pas de problème à
ce qu'on se partage des services, mais il va... Ce n'est pas ça, la solution
pour améliorer la réussite scolaire au Québec.
Mme Rizqy : Écoutez, tantôt, là, j'avais l'impression d'halluciner.
L'article 46, dans le projet de loi, vous l'avez dit, d'autres personnes
l'ont dit, ça permet au ministre de pouvoir fusionner des territoires.
Il vous a répondu : Ce n'est pas
dans mon intention. Je me suis dit : Coudon, est-ce qu'au Québec, notre devise, c'est Je me
souviens ou ce ne l'est pas? Donc,
plan de gouvernance scolaire, janvier 2018, ça ne fait même pas encore un an.
Ça ressemble pas mal à la face du ministre
de l'Éducation. Donc, si je m'en vais à la page 5 : «Moins coûteux et
éventuellement moins nombreux, les centres de services aux écoles seront intégrés au ministère de l'Éducation. Ils
auront mission de fournir des services administratifs et de faciliter au maximum la gestion des écoles.»
Donc, si je comprends bien... Puis c'est sûrement là que vous avez trouvé
l'intention du ministre de pouvoir fusionner les différents centres de
services.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Choinière-Lapointe.
M. Choinière-Lapointe
(Pierrick) : Oui, bonjour, Pierrick Choinière-Lapointe,
SEPB-Québec. Donc, voyez-vous, c'est le principal problème qu'on trouve avec le
projet de loi — et je
reviens à la question du ministre, tantôt : l'inquiétude, en fait.
Pourquoi parle-t-on de ça si ça existe déjà? L'utilité de ça va être quoi?
Dans
notre mémoire, on en parle comme d'un cheval de Troie. Donc, on est en train,
au lieu de discuter un plan sérieux,
réel — quelles
seront les économies qui pourraient être générées par tel ou tel projet de
fusion clair — on est
en train de débattre sur une
hypothèse, une intention qu'on nous dit qu'elle ne se produira pas, mais,
néanmoins, c'est dans le projet de loi.
Alors,
si c'est déjà là, qu'on n'en a pas besoin, pourquoi on fait un projet de loi?
Alors, c'est pour ça que nous, on parle vraiment d'une... La question
était bonne, c'est une inquiétude, et, dans notre mémoire, on en parle comme
d'un cheval de Troie. Je pense que c'est
comme ça qu'il faut le voir. Elle est où, l'étape 2, c'est quoi, la
phase II? C'est plus ça qui nous préoccupe que des pouvoirs
supposément, là, qui existeraient déjà.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée.
Rizqy : Merci. La FAE aussi en parle comme un cheval de Troie, les
enseignants aussi sont inquiets. Hier, j'étais
au cocktail de Force Jeunesse et j'ai rencontré des jeunes du Comité Jeunes de
la FTQ, Kathia et Mme Loubov. Et parlons de ceux qu'on parle
rarement, personnels de soutien : Eux, ils vivent ça comment?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. Bolduc.
M. Bolduc (Denis) : O.K. Oui. Bien, la question est intéressante, les gens qui nous accompagnent sont des gens du peuple, du personnel de soutien dans
différentes commissions scolaires de partout au Québec, hein, ils viennent de l'Abitibi, de la région de Québec, de partout. Et, oui, il y a des inquiétudes, il
y a des inquiétudes face à, justement, le partage de services, fusion de
territoires, parce qu'on le voit, on le voit dans le projet de loi. Et la
première étape, vous l'avez très bien dit,
on a uniformisé la taxe scolaire. Une fois que la taxe scolaire est uniformisée
partout, là, c'est facile, financièrement, là, de fusionner des territoires, d'en découper, d'en refaire.
donc c'est ce qu'on voit dans le projet de loi, une multitude de choses,
M. Boyer l'a bien dit, vous l'avez bien soulevé, et, évidemment, quels
seront les impacts. On a vécu... Il n'y a pas longtemps, dans le secteur de la
santé et des fusions d'établissements, avec des votes obligatoires dans
le système de la santé qui ont retenu l'attention pendant deux ans, pendant deux ans, là, on a retenu
l'attention d'une multitude de personnes, des centaines de personnes, dans tous
les établissements, qui étaient préoccupées
par le vote, des organisations syndicales qui étaient préoccupées par le vote,
puis ça dérange, ça dérange
énormément dans les établissements. Ça va faire la même chose dans les
commissions scolaires si on arrive avec un projet comme ça.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée des Mille-Îles, 2 min 30 s.
Charbonneau : Merci, Mme la Présidente. Messieurs, je vais
vous faire la remarque que j'ai faite à chaque fois que j'ai vu une ligne de gars, ça aurait été le fun d'avoir une
fille, mais, ceci dit, je le sais que vous êtes d'accord puisque vous êtes très bien accompagnés, puis je peux voir
qu'en arrière de vous il y a des femmes qui sont là aussi. Donc, merci.
Boyer, je vous ai entendu, je vous ai écouté avec beaucoup d'attention, et j'ai
entendu votre question au ministre. Et
je comprends votre scepticisme, je comprends votre scepticisme parce que vous
avez entendu bien des ministres, tous partis
confondus, eux, c'est leur première fois, là, mais je ne pense pas qu'il y a de
grandes différences et, quelquefois, entre ce qui se dit puis ce qui se
fait, il peut y avoir de grandes différences.
Donc, j'apprécie entendre votre
inquiétude par rapport au partage des responsabilités. On sait que les petites
écoles, quelquefois, font la location de leur établissement, ils font
des aménagements, puis il y en a qui ont des très beaux partenariats avec les villes, mais on sait qu'il y a des endroits où les
villes n'ont pas accès à l'école, puis d'avoir un pied dans le terrain, ça aide
toujours un peu plus, surtout si c'est le ministre de l'Éducation qui donne le
droit de débarrer la porte à la place du directeur ou du personnel de
l'école.
J'aimerais vous
entendre sur le fait où vous rappelez l'importance d'avoir les gens des
services de garde qui sont des partenaires.
Je vous dirais, c'est ceux qui rouvrent l'école puis c'est ceux qui ferment
l'école. Puis c'est ceux qui ramassent les jeunes au moment où ils sont
fébriles, du matin, puis au moment où ils sont fébriles de la fin de la
journée, et qui peuvent peut-être amener des
pistes de solution puis des choses différentes au sein des conseils
d'établissement, puis, maintenant, bien,
moi, j'ai bien de la misère à dire «conseil d'administration», mais j'aime bien
«commission scolaire», mais au sein des commissions scolaires.
La Présidente (Mme
Thériault) : Je vais vous demander de faire ça en 40 secondes.
Charbonneau :
Tu es capable. Go!
M. Boyer (Daniel) : Bien, écoutez, autant pour les services de garde, puis la question
était posée tantôt pour le personnel de soutien, le personnel
administratif, il faut à tout prix considérer ces gens-là comme faisant
partie
du projet éducatif au Québec. Puis, tant
qu'on ne fera pas ça, bien, on va se tirer dans le pied, bien évidemment. Et là
vous m'inquiétez quand vous me dites
que le ministre va avoir le droit, en vertu de projet de loi, de débarrer la
porte puis de barrer la porte de l'école, là, ça, là, je vous avoue, là,
que, si c'est la job du ministre, là...
Présidente (Mme Thériault) : On va aller du côté... Non, non, je
m'excuse, Mme la députée des Mille-Îles, vous aurez une conversation
après, si vous voulez. Mme la députée de Sherbrooke pour vos
2 min 40 s.
Mme Labrie :
Merci. Dès le début de votre mémoire, vous dites : «Le projet de loi crée
de nouveaux leviers de gestion axés sur les résultats qui ne peuvent
qu'accroître la pression sur le personnel [et notamment] les conditions dans lesquelles ceux-ci [concourent] à la réussite
des élèves...» J'aimerais ça que vous nous parliez de ça, de la gestion axée
sur les résultats et ce projet de loi là.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. Boyer.
Boyer (Daniel) : Écoutez, vous prenez un bout de la phrase,
mais je vais prendre toute la phrase. «Axés sur
[tous] les résultats». Vous savez qu'on débute les négociations dans le secteur
public, c'est vrai aussi dans le secteur de l'éducation. Nous, on a
fait deux choses. On a... On aura, bien sûr, puisqu'on n'a pas encore déposé
nos demandes salariales à la table
centrale, parce qu'on veut se donner la chance à nos tables sectorielles, dont
celle de l'éducation, de trouver des moyens
d'améliorer les conditions d'exercice d'emploi, pour que ce soit véritablement
de la réussite scolaire — scolaire,
mais également en santé puisqu'on est dans
le cadre de la négociation dans le secteur public. Donc, on tente de donner
cette chance-là à nos tables sectorielles pour améliorer les conditions
d'exercice d'emploi qui vont améliorer, effectivement, les conditions de
réussite scolaire, éventuellement.
Labrie : J'aimerais savoir
ce que vous voyez de gestion axée sur les résultats, dans le projet de loi
actuel. On va laisser les négociations se faire...
M. Cordeau
(Wilfried) : Merci. Alors... Bien, merci de nous apporter l'occasion
de se prononcer là-dessus. Effectivement, la gestion axée sur les résultats,
c'est une analyse qu'on fait sur les dernières années, les dernières réformes, notamment 1988, 1986, qui ont échoué,
mais qui s'est transposée dans le 105 également, où on donne, à chaque fois, un peu plus, ce qu'on appelle une approche
d'écartèlement de la commission scolaire. On réduit son autonomie de gestion, d'initiative puis sa capacité d'avoir de
l'emprise, là, sur ce qui se fait au niveau de la région au profit d'une part
du pouvoir ministériel de contrôler ou
piloter, surveiller le système, envoyer, injecter des directives, des attentes
chiffrées, des statistiques, des
indicateurs de réussite, de performance, et au profit également, au niveau des
établissements, d'organiser cette gestion-là, qui est de plus en plus
basée sur des colonnes comptables de chiffres.
Qu'est-ce
que ça fait dans la vraie vie? C'est qu'on rationalise tout. Après,
aujourd'hui, on doit se poser la question à savoir comment on pourrait partager
les services plutôt que d'ajouter des ressources dans les milieux, d'une part.
Mais, d'autre part, c'est que ça met de la
pression sur tous les personnels. On a vu les scandales, là, de trafiquage de
notes, et là le projet de loi,
notamment, amène la possibilité, encore une fois, aux directions
d'établissements de réviser les notes des élèves. C'est une inquiétude qu'on soulève. Le ministre va
pouvoir envoyer des directives, ce qu'il peut déjà faire, mais qu'il peut
aussi envoyer des objectifs et des cibles de gestion interne dans les
commissions scolaires. Donc, ça nous inquiète de renforcer la pression sur le
personnel.
Présidente (Mme Thériault) :
Et je dois mettre fin à l'échange. Donc, on va du côté de la députée de Joliette pour 2 min 40, vous aussi, Mme la
députée.
Hivon : Oui, merci beaucoup, merci de votre
présentation. À la lumière de votre analyse, est-ce que vous avez le
sentiment que c'est un projet de loi qui comporte plus de centralisation ou de
décentralisation?
Présidente (Mme Thériault) : M. Boyer.
Boyer (Daniel) : Bien, écoutez, plus de centralisation, on voit
mal la décentralisation dans tout ça, là. Oui, on est capables de lire qu'il y a un objectif de décentralisation, mais
quand je disais on additionne une affaire, plus une autre affaire, plus une autre affaire, c'est un objectif
de centralisation pur et simple, là. Puis je pense que votre collègue l'a bien
mentionné, quand c'est le pouvoir du ministre de pouvoir débarrer puis fermer
les portes, bien, on est là, là. On est vraiment là. Et ça, je vous avoue que
ça nous inquiète. Ça nous inquiète terriblement.
Hivon : À votre
recommandation 10, vous parlez de préserver les pouvoirs du conseil,
particulièrement leur capacité à arbitrer la répartition des ressources
au sein du territoire. Il y a cette idée-là qu'on va perdre un peu une vue d'ensemble, donc, sur la répartition des
ressources. Comment vous voyez ça? Qu'est-ce qui vous inquiète
particulièrement? Parce qu'on a deux
discours qui s'opposent là-dedans, donc j'essaie toujours de voir les deux
points de vue. Puis l'autre élément,
c'est la représentation territoriale, donc les membres vont pouvoir tous
provenir du même endroit, il n'y a pas de territoires, de
sous-territoires ou de districts. Est-ce que vous vous êtes penchés là-dessus?
La Présidente (Mme
Thériault) : Vous avez 1 min 15 s pour répondre à la question.
Hivon :
1 min 15 s, oui.
M. Boyer (Daniel) : Bien, écoutez, peut-être le premier bout. Après
ça, le deuxième bout, peut-être qu'un de mes collègues pourrait y répondre.
Mais le premier bout, écoutez, concernant la capacité à arbitrer la répartition
des ressources, ça va dans le même
sens que ce qu'on s'est mentionné tantôt, hein? À partir du moment où tu n'es
pas un élu, tu ne représentes pas des
gens puis tu n'as pas des mandats de quelqu'un, comment tu fais pour faire cet
arbitrage-là, puis c'est quoi, les motifs qui t'amènent à prendre des
décisions?
c'est là, au coeur de ce projet de loi là. Elle est là, la problématique. On
abolit une instance démocratique, donc on
remet ça entre les mains des gens qui représentent qui? On ne le sait pas. Qui
sont nommés par qui? On ne le sait pas trop
non plus, puis qu'ils ont quels pouvoirs, puis qu'ils sont redevables à qui? Ça
non plus, on ne le sait pas. Ça fait que le pouvoir d'arbitrage, on a
des doutes. Actuellement, c'est la commission scolaire qui décide, puis il y a
des élus qui décident de ça.
La Présidente (Mme
Thériault) : Il reste 10 secondes pour une autre réponse.
Hivon : La
recommandation 6, où vous parlez du lien territorial, maintenir le lien de
représentation territoriale pour la majorité des membres du conseil, je
voulais que vous explicitiez.
La Présidente (Mme
Thériault) : En 10 secondes, parce qu'on est... plus de temps.
M. Cordeau
(Wilfried) : Donc, dans le fond, actuellement, c'est des circonscriptions
dont émanent les élus. Il n'y aura plus ça,
d'après ce projet de loi là. Donc, on craint des disparités dans la
représentation. On a des longs... des grands
territoires au Québec. On a des milieux urbains avec des grandes
densités mais des grands écarts également socioéconomiques, et on craint que ça
affecte la capacité des gens à faire valoir leurs besoins auprès des
représentants qui sont là.
La Présidente (Mme
Thériault) : Et, sur ce, je vous remercie, M. Cordeau,
M. Boyer, M. Bolducainsi que M. Choinière-Lapointe.
je vais suspendre les travaux jusqu'à 15 heures, cet après-midi. Donc, bon
appétit, tout le monde! Et merci de votre participation en commission
parlementaire.
(Suspension de la séance à
13 h 01)
Donc,
cet après-midi, nous entendrons tout d'abord la Fédération des
transporteurs par autobus, ensuite, en audition conjointe, le Regroupement des commissions scolaires du
Bas-Saint-Laurent, le Regroupement des commissions scolaires de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine et le Regroupement des
commissions scolaires de la Côte-Nord, pendant une heure, et, enfin, en audition conjointe également,
le Regroupement des commissions scolaires des Laurentides et le Regroupement
des commissions scolaires de Lanaudière.
Donc, sans plus tarder, j'invite les
gens qui sont devant moi, soit la Fédération des transporteurs par autobus.
Vous avez une dizaine de minutes pour
nous présenter votre mémoire, et je ne
sais pas si c'est M. Lafrance qui fait la présentation, nous présenter...
Lafrance (Luc) : En partie.
Présidente (Mme Thériault) : ... — en
partie? — à ce
moment-là, nous présenter les gens qui vous accompagnent.
M. Lafrance, la parole est à vous. Bienvenue à l'Assemblée.
M. Lafrance (Luc) : Merci, Mme la Présidente. Merci, MM. et Mmes les députés, M. le ministre. Je suis accompagné avec moi du nouveau président du conseil
d'administration de la Fédération des
transporteurs par autobus, M. Sylvain... Stéphane Lefebvre,
excusez, qui est aussi transporteur scolaire dans la région du Lac-Saint-Jean.
J'ai aussi avec moi Mme Valérie Cloutier, qui est directrice des affaires
juridiques à la Fédération des transporteurs par autobus, ainsi que Mme Christine Deslauriers, qui est avocate et
conseillère à la Fédération des transporteurs par autobus. Alors, sans plus
tarder, je vais passer la parole à M. Lefebvre.
M. Lefebvre
(Stéphane) : Mme la Présidente, M. le ministre, Mmes et MM. les
députés. La fédération tient à remercier les
membres de la Commission de la culture et de l'éducation de lui donner
l'occasion de s'exprimer dans le cadre
d'un mémoire portant sur les enjeux possibles en regard du projet de loi n° 40, Loi
modifiant principalement la
Loi sur l'instruction publique relativement
à l'organisation et à la gouvernance scolaires.
transport scolaire fait
partie intégrante de notre système d'éducation, au
Québec, et occupe une
part importante des activités des membres transporteurs
de la fédération. La sécurité des élèves transportés quotidiennement est au
coeur des valeurs de ces entreprises,
pour qui la qualité des services offerts est prioritaire. Au fil des ans, le
système de transport scolaire québécois s'est forgé une réputation plus
qu'enviable, et ce, jusqu'en Europe.
Fédération des transporteurs par autobus regroupe plus de 600 entreprises
privées de transport par autobus de tous gabarits, oeuvrant dans
plusieurs secteurs d'activités tel le transport scolaire interurbain, urbain,
nolisé touristique, adapté, aéroportuaire, médical et par abonnement.
transport scolaire, les entreprises membres de la fédération représentent
96 % du marché du transport des élèves. Au Québec, ça représente une industrie qui regroupe près de
575 entreprises privées, avec près de 11 000 véhicules dédiés
au transport scolaire seulement,
qui emploient plus de 21 000 personnes, qui transportent pas moins de
520 000 écoliers matin et
soir et qui couvrent l'ensemble de la province avec près de 1 million de kilomètres
parcourus par jour en toute sécurité.
Bien
que le projet de loi n° 40 ne semble pas modifier l'organisation du transport scolaire au Québec, les changements proposés à la gouvernance des commissions scolaires vers la création des centres de services
soulèvent toutefois quelques préoccupations quant aux impacts de cette réforme sur la
gestion future du réseau de transport scolaire au Québec.
Sur ce, je vais laisser le soin à M. Lafrance de présenter nos quatre préoccupations.
M. Lafrance (Luc) : Comme le disait M. Lefebvre, on a quatre préoccupations principales. La première est en vertu de l'article 297, qui est une disposition transitoire et
finale du projet de loi n° 40 : «Les procédures auxquelles est
partie une commission scolaire se poursuivent sous son nouveau nom, sans
reprise d'instance.» Donc, devons-nous comprendre que les procédures auxquelles
est
partie une commission scolaire incluent de fait les contrats de transport
d'élèves signés en cours de réalisation?
est important de comprendre que, pour une grande majorité
des entreprises de transport membres de la fédération,
le contrat de transport d'élèves est leur
raison d'être. D'ailleurs, les experts-comptables notent aux états financiers
de ces entreprises qu'elles font l'objet d'une dépendance économique car
leur source de revenus provient essentiellement de contrats de transport scolaire octroyés par une commission scolaire. Donc, la fédération souhaite maintenir le statu quo quant aux
procédures et le maintien des contrats en vigueur qui sont en vigueur jusqu'en
2022, 2023 et 2024 pour certains transporteurs.
La deuxième préoccupation
est en termes de représentativité des transporteurs scolaires. Au fil des ans,
les commissions scolaires et les
transporteurs scolaires ont su développer une connaissance pointue dans
l'organisation du transport des
élèves, dans la réglementation s'y afférant, des territoires desservis et des
types de clientèles à transporter, et ce, dans un cadre des plus sécuritaires.
C'est ce qui explique le haut niveau d'efficacité et d'efficience du transport
scolaire québécois d'aujourd'hui. Ce
que la fédération comprend, à la lecture du projet de loi, c'est que les
conseils d'établissement des écoles
et les conseils d'administration seront composés en grande majorité de parents
et de représentants de communauté, tous
bénévoles, ayant probablement une méconnaissance de l'organisation du transport
scolaire. Les conseils d'administration seront supportés par plusieurs
comités consultatifs, dont un, en transport scolaire, composé de nombreuses
personnes, notamment d'un membre d'organisme public de transport en commun. La
fédération souhaite, au même
titre que ces organismes
publics de transport en commun, avoir un représentant des transporteurs privés
au sein du comité consultatif de
transport, et ce, pour toutes les raisons évoquées plus haut. De cette façon,
le niveau de connaissance du transport scolaire serait bonifié et le
représentant serait la personne la plus apte à donner son avis sur la
planification, la coordination et l'administration du transport des élèves.
Troisième
préoccupation, c'est au niveau des partages des ressources.
L'article 102
du projet de loi indique que la
Loi sur l'instruction publique est
modifiée par l'insertion de l'article suivant, qui est 215.2 : «Les
centres de services scolaires
doivent favoriser le partage [des] ressources et de services, notamment de
nature administrative, entre eux ou avec d'autres organismes publics, dont des municipalités...» Elle ne définit
pas ce qu'elle entend par «des ressources» ou par «services». Devons-nous comprendre que cette
notion pourrait inclure le service de transport exclusif des élèves organisé
par la commission scolaire pour la rentrée
et la sortie quotidienne des classes? Tel que précisé précédemment, la tâche du
comité consultatif de transport, comme définie au Règlement sur le transport
des élèves, est de donner son avis sur la planification,
la coordination, le financement et l'administration des transports des élèves.
À notre avis, le nouvel
article 215 vient dénaturer le mandat du
comité consultatif en transport.
ailleurs, le dépôt du projet de loi n° 37 — même si ce n'est pas l'objet de la
consultation d'aujourd'hui — qui vise
principalement à instituer un centre d'acquisitions gouvernementales et
infrastructures technologiques... le ministre responsable de l'administration gouvernementale et président du Conseil
du trésor confère des pouvoirs au ministre de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur à l'égard des organismes qui relèvent de sa responsabilité
d'acquérir, pour le compte de ces
organismes publics, des biens et des services, de les gérer et de les planifier
en procédant à des regroupements ou
en exécutant des mandats. La fédération se questionne sérieusement s'il est de
l'intention du ministre d'inclure le transport scolaire dans les services pour lesquels le recours au partage des
ressources ou l'exercice du pouvoir, semblables à ceux d'un centre d'acquisitions gouvernementales,
deviendraient obligatoires. Une telle centralisation des pouvoirs fait craindre
le pire aux transporteurs en région, qui, au fil des ans, ont su développer une
expertise régionale en matière de transport scolaire
répondant aux besoins de leur clientèle. Cette centralisation pourrait avoir
aussi un impact négatif sur le développement économique des régions par
la fermeture d'entreprises et la perte d'emplois qu'elle pourrait occasionner.
On suggère donc de
supprimer l'article 102 du projet de loi, qui introduit
l'article 215.2. Quant aux nouveaux pouvoirs découlant du projet de loi
n° 37, la fédération souhaite connaître les intentions du ministre afin
qu'elle puisse faire les représentations qui s'imposent devant les instances
compétentes.
Quatrième
préoccupation : la pénurie de main-d'oeuvre. L'industrie du transport de
personnes est actuellement en pénurie
de main-d'oeuvre autant au niveau des conducteurs que des mécaniciens et des
répartiteurs et, en fait, de tous les employés qui gravitent autour de
l'industrie du transport scolaire. De surcroît, la fédération est informée
régulièrement par ses membres à l'effet que
des circuits scolaires n'ont pu être exécutés faute de chauffeurs. Certaines
entreprises n'ont plus de chauffeurs
remplaçants disponibles et risquent de ne plus pouvoir exécuter l'entièreté de
leurs circuits dans un avenir rapproché.
À cet effet, la fédération vous réfère à un
article rendu... qui a été paru récemment dans Le Journal de Montréal , que
vous avez en
annexe du mémoire qu'on vous a déposé.
fédération tente de multiples approches afin d'aider ses membres à surmonter
cette pénurie où un risque important et
réel demeure. Actuellement, le Règlement sur le transport des élèves prévoit que
chaque transporteur doit fournir chaque année, avant d'entreprendre l'exécution de son contrat de transport
d'élèves, une garantie d'exécution de contrat qui couvre toute la durée du
service, exclusion faite des périodes de grève ou lock-out. Dans le contexte
actuel de pénurie de main-d'oeuvre dans le transport de personnes, nous demandons
respectueusement de revoir le texte de l'article 23 et 31 du règlement sur
le transport des élèves afin qu'il soit tenu
compte d'une nouvelle exclusion d'application, soit le fait même du créancier
soit le transporteur qui a été empêché d'exécuter son obligation par le
manque de main-d'oeuvre.
conclusion, la Fédération des transporteurs par autobus et ses membres tiennent
à réitérer leur entière collaboration à
l'amélioration continue de leur système d'éducation, lequel inclut notamment le
transport sécuritaire des élèves. Ils sont ouverts aux propositions améliorant
l'efficacité du transport scolaire, sans toutefois diminuer la qualité des
services actuellement offerts. La sécurité des écoliers est au coeur des
valeurs des transporteurs scolaires du Québec car c'est l'avenir de notre
province qu'ils transportent quotidiennement. Merci.
Présidente (Mme Thériault) : Merci beaucoup, M. Lefebvre et M.
Lafrance, pour votre présentation. Donc, sans plus tarder, je passe la
parole au ministre pour le premier bloc d'échange de 16 minutes. M. le
ministre.
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. Merci pour votre présentation. On a eu déjà
quelques moments, à l'occasion, de collaborer ensemble, de discuter ensemble.
Donc, aujourd'hui, on poursuit dans cette veine.
comprends que vous avez quelques inquiétudes puisque, dans le fond, vos membres
font affaire avec les instances des commissions scolaires, les
60 francophones et neuf anglophones. Donc, un changement peut être
inquiétant à certains égards. Mais
qu'est-ce qui va changer dans le cadre légal? Est-ce que les contrats peuvent
changer? Est-ce que la façon de les attribuer peut changer? Je veux vous rassurer
à cet égard-là. À «préoccupations», allons-y avec des messages rassurants.
Première
préoccupation, la poursuite des ententes en vigueur. C'est vrai pour vous comme
pour d'autres personnes qui ont des contrats avec les commissions scolaires, il
y a plusieurs dispositions dans le projet de loi qui précisent que les contrats se poursuivent. Vous avez parlé tout à
l'heure de l'article 297 qui est dans les dispositions transitoires et
finales. Donc, ça le dit : «Les
procédures auxquelles est
partie une commission scolaire se poursuivent sous
son nouveau nom, sans reprise
d'instance.» Donc, pas besoin de resigner, ou de renégocier, ou de perdre du
temps, simplement continuer ce qu'on fait déjà.
y a l'article, aussi, 295 du projet de loi actuel, du projet de loi n° 40,
qui va en ce sens-là, quand ont dit : «À moins que le contexte ne s'y oppose ou que la présente
loi n'y pourvoie autrement — ce qui n'est pas le cas ici — dans toute loi, tout règlement ainsi que
dans tout autre document...» Et là les autres documents, bien, ce sont les
contrats qui auraient été signés. On
remplace tout simplement l'expression «commission scolaire» : supposons,
«commission scolaire Pointe-de-l'Île» par
«centre de services scolaire Pointe-de-l'Île» ou «commission scolaire de
Montréal» par «centre de services de Montréal»,
etc. On changerait tout simplement ça. Mais donc il y a peut-être d'autres
articles qui vont dans ce sens-là, mais le 295 et 297 vont dans ce
sens-là. Je pense que ça va répondre à votre préoccupation.
Puis ce qui
est intéressant, des fois, c'est : quand un groupe vient, soulève des
questions, bien, des fois, vous portez la voix de d'autres aussi. Il y a
peut-être d'autres personnes qui ont des contrats avec les commissions
scolaires, qui se posaient cette question-là, qui seront contentes que vous l'ayez posée,
qui seront contents de la réponse, ou, des fois, ce qui est intéressant aussi,
c'est : des groupes viennent puis amènent une réponse à une question qui a
été précédemment posée. Ça arrive aussi.
Votre
deuxième préoccupation, recommandation, c'est la représentativité des
transporteurs scolaires. Et là
j'aimerais vous entendre davantage là-dessus. Je ne suis pas certain. Est-ce que
vous craignez qu'avec le changement de gouvernance
vous ayez moins de représentativité ou c'est plutôt que vous voulez profiter de...
pardon, de l'amélioration de la
gouvernance pour améliorer votre représentativité puis votre écoute dans les
instances? Donc, pouvez-vous me préciser ça un petit peu?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
Lafrance.
Lafrance (Luc) : Oui. Bien,
c'est assez simple. C'est d'ailleurs déjà plusieurs années où nous avons demandé à l'effet que les représentants des transporteurs
scolaires puissent siéger sur les différents comités consultatifs en transport.
Je peux comprendre que, pour certaines personnes
ou certains administrateurs de commission scolaire, ça peut être quelque
chose de pas faisable ou farfelu, parce que les transporteurs sont à contrat avec
les commissions scolaires. Mais il faut reconnaître toute l'expertise
qui a été développée. C'est que les transporteurs sont sur le terrain, ils
connaissent l'organisation, ils connaissent
le territoire, ils connaissent la clientèle. Alors, on trouve que c'est se
priver d'une connaissance ou d'une
information quand même très pertinente, que ne pas avoir de transporteur privé
qui siège à ces comités de consultation là.
Dans un contexte de nouveau centre où... Les
commissaires, il faut quand même reconnaître qu'ils étaient là depuis plusieurs années. Ils ont su développer une
connaissance de l'organisation du transport scolaire. Alors, pour eux,
ce n'est pas nouveau pour eux, donc, ou elles, et ils le connaissent depuis des
années. Maintenant, on arrive avec des nouvelles personnes en poste, à
titre de
parents, sur le conseil d'administration. Pour certains, peut-être qu'il y a
une connaissance du transport, mais peut-être qu'ils ne l'ont pas suffisamment
approfondie.
Vous savez, le transport scolaire, ça peut
paraître simple, comme ça, à première vue, on voit un autobus scolaire passer, mais c'est quand même beaucoup plus
complexe qu'on peut le penser. Et là-dessus je peux peut-être passer la parole
à M. Lefebvre, qui est un transporteur lui-même. Donc, il est capable de
répondre à cette partie-là de la question.
M. Lefebvre (Stéphane) : Oui. Il est
certain qu'au niveau des comités de transport consultatifs c'est important,
l'expertise qu'on peut apporter au niveau du secteur, parce que chaque
commission scolaire ou centre de services est propre
à son secteur. Donc, ils ont des particularités différentes. Les bassins de
population ne sont pas les mêmes. Les routes ne sont pas les mêmes. Chaque école a des particularités. On a des
écoles qui sont dans des programmes particuliers qui demandent des
offres de services de transport différentes. On a une expertise qu'on a
développée avec nos commissions scolaires,
localement, où est-ce qu'on peut apporter et voir à ce qu'on complète les
circuits de façon sécuritaire, de façon efficiente. Ça fait que c'est des éléments d'information qu'autour d'une
table on est capables d'apporter et, du même coup, là, faire en sorte de
maximiser le service qu'on offre dans nos secteurs d'activité.
C'est certain qu'un petit changement qui peut
sembler mineur, pour une personne qui n'est pas en connaissance de cause dans le transport scolaire, va être très
grand pour l'ensemble de la commission scolaire couverte. Par exemple, un changement
de service pour une demande, pour une école particulière, de cinq minutes avant
la cloche... on veut que la cloche soit cinq
minutes avant ou elle finisse cinq minutes plus tard, le soir, va avoir des
conséquences sur l'ensemble du réseau et donc doubler des véhicules, doubler le
service. Parce que, maintenant, nos véhicules ne peuvent plus faire l'école
d'à côté, ce qui fait en sorte que les coûts
augmentent, la main-d'oeuvre n'est pas disponible. Donc, il y a toute la
facette à regarder sur l'ensemble du réseau scolaire de chaque secteur
propre à chaque région.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Je laisserais la parole
à mon collègue de Richelieu, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Thériault) : Oui,
certainement. M. le député de Richelieu, vous avez encore 10 minutes devant
vous.
Émond : Parfait. Merci beaucoup, Mme la Présidente. M. Lafrance,
heureux de vous retrouver, M. Lefebvre, Mme Deslauriers et
Mme Cloutier. M. Lefebvre, on me disait tantôt que vous étiez le
nouveau président de la région du Lac-Saint-Jean, c'est bien ça?
M. Lefebvre (Stéphane) : Pour le
Québec au complet, mais je suis de la région du Lac-Saint-Jean.
Émond : C'est parfait. J'ai eu le bonheur de dîner, ce midi, avec mon
collègue le député de Lac-Saint-Jean, qui me... qui me charge, pardon,
de vous saluer...
M. Lefebvre (Stéphane) :
M. Girard.
M. Émond : ...exact, dans votre
passage en commission avec nous aujourd'hui.
D'entrée de
jeu, vous avez dit tantôt, M. Lafrance, que la fédération et ses membres
tiennent à réitérer leur entière collaboration
à l'amélioration en continu de notre système d'éducation. Je vous remercie pour
ces propos. Puis on reconnaît en vous des partenaires importants. Vous êtes une
composante importante dans le système éducatif, au Québec, parce que nos élèves doivent se rendre dans les
établissements d'enseignement en toute sécurité, et je pense que vous le faites
bien, et on vous en remercie pour ça.
Vous savez,
vos membres, qui sont disséminés un peu partout au Québec, ont fait un bon
travail dans le sens d'amener vers les députés un peu partout, dans l'ensemble
des partis concernés, les préoccupations que vos membres peuvent avoir.
Dans mon coin — moi,
je suis député de Richelieu, avec la ville centre, Sorel-Tracy — M. Jasmin Bibeau, que vous connaissez
bien, un transporteur scolaire de ma région que j'ai eu le plaisir de
rencontrer, m'a parlé de différents enjeux. Ça s'est fait avec une
collaboration évidente et, encore une fois, avec un désir de bien servir la
clientèle étudiante.
Une de vos préoccupations, en ce
qui a trait à la garantie d'exécution des contrats, je pense que M. le ministre
vient de se faire rassurant en ce sens-là,
il va y avoir des changements, probablement,
de nom ou de libellé à l'intérieur des contrats, mais rien qui fait en
sorte de remettre en question les contrats qui sont déjà engagés.
Moi, j'aimerais vous entendre. J'ai travaillé un
peu dans le système d'éducation, brièvement, dans ma carrière professionnelle,
mais surtout dans le milieu des affaires, et je sais que les gens comme vous,
vos membres ont besoin non seulement de
prévisibilité, mais, comme l'ensemble des entrepreneurs, des gens d'affaires du
milieu économique que je rencontre dans mon comté, vous avez des enjeux
de pénurie de main-d'oeuvre qui sont assurément très importants. Et j'aimerais vous entendre davantage
là-dessus : Qu'est-ce que vous faites pour sécuriser les gens qui
travaillent déjà pour vous, et quels
sont les moyens d'action que votre fédération, vos membres, prennent pour
essayer d'attirer davantage de gens à travailler dans votre milieu?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Luc Lafrance.
Lafrance (Luc) : Bien, dans
un premier temps, pour la fédération — je
laisserai M. Lefebvre compléter au niveau de son entreprise — au
niveau de la fédération, on met tout en oeuvre pour aider nos transporteurs à
faire du recrutement dans le milieu, faire une... Bien là, on devrait
lancer, début 2020, une campagne de recrutement national pour reconnaître le métier de conducteur puis
essayer d'attirer des nouveaux candidats, candidates, au poste de conducteur
ou conductrice d'autobus scolaire.
Parallèlement
à ça, bien, on a eu un comité de réflexion avec le ministère de l'Éducation, récemment, pour élaborer, peut-être,
des pistes de solution ou des alternatives qui pourraient faire en sorte qu'on
pourrait avoir des mesures d'attraction ou de rétention de notre personnel dans l'industrie, au même
titre que
ça se passe en Ontario. Il y a d'ailleurs un rapport qui a été déposé à M.
le ministre, récemment, alors on a hâte d'avoir les suites là-dessus. Je me
permets de passer le message, tant qu'à être
ici. Mais, il y a plusieurs mesures qui sont mises en place en ce sens-là. On
travaille fort. Il y a CAMO-Route, je ne sais pas si vous connaissez, qui
est un organisme sectoriel en main-d'oeuvre des métiers du transport lourd,
avec qui on travaille, qui a un diagnostic
sectoriel qui a été émis. Il y a des formations qui sont mises de l'avant, on
travaille avec les centres de formation
pour essayer d'arriver avec des formations plus adéquates qui répondent aux
attentes et aux besoins des nouveaux candidats, candidates. Alors, il y a
plusieurs mesures au niveau national qui se font. Et maintenant, au
niveau de l'entreprise, bien, je vais laisser M. Lefebvre compléter.
Lefebvre (Stéphane) : C'est
certain qu'on fait face à une pénurie de main-d'oeuvre généralisée dans tous
les domaines, dans tous secteurs d'activité. Dans notre domaine
particulier, c'est sûr qu'en transport scolaire on a certaines barrières à
l'entrée. De un, on n'a pas de garantie sur des emplois permanents. On a
beaucoup d'entreprises, au Québec, où est-ce
que le service est offert avec des horaires entrecoupés. Bien sûr, on a le
matin et le soir où est-ce que le service est obligatoire. On a, pour certaines régions encore, du service offert le
midi, qui est autofinancé, mais c'est de plus en plus rare.
Donc, nos
emplois, souvent, sont avec des heures précaires, un nombre d'heures qui est...
difficile à aller recruter des gens, et on devient en compétition avec beaucoup
de commerces, beaucoup de... Et nous, on a une réglementation très sévère dans le transport. On a une classe 2
obligatoire. On ne se lève pas un matin puis on dit : Je vais être
conducteur de véhicule lourd ou d'autobus scolaire demain matin. On a un
cours de métier unique à faire.
La fédération
travaille aussi avec l'ensemble des transporteurs et le gouvernement, sur
d'autres ministères, pour accélérer
le processus. Quand on veut prendre quelqu'un puis le faire cheminer dans notre
domaine d'activité, bien, il est important qu'il puisse faire une
classe 2, mais accélérée. Parce que nous, les entreprises privées,
localement, on n'a pas le temps d'attendre. Demain matin, les enfants doivent
aller à l'école. C'est sûr qu'on ne demande pas de faire une formation complète
en une semaine, mais on a des barrières administratives, des fois, qui nous
alourdissent les tâches. On a de la réglementation à respecter, puis c'est
correct, parce qu'on est un domaine sécuritaire puis c'est important. Mais il faut être en mesure de pouvoir avancer
rapidement. Puis, dans l'entreprise privée, c'est important d'être en mesure de
vendre notre domaine d'activité et de pouvoir dire : Bien, voici ce qu'on
peut t'offrir maintenant, avec ce que tu as à faire pour devenir
conducteur de véhicule.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le député de Saint-Jean. 4 min 15 s qu'il vous reste.
La Présidente (Mme Thériault) :
Richelieu, excusez-moi. Oui, Saint-Jean, c'était l'autre.
Émond : Il n'y a pas de problème. Merci, Mme la Présidente. Merci pour
votre réponse. Vous avez parlé de classe 2 accélérée. Pour pour mon
bénéfice personnel mais des gens qui nous écoutent aussi, j'aimerais vous
entendre davantage
là-dessus. Quelle est la formation des gens qui intègrent votre champ
d'activité, la réglementation, aussi, qui peut-être est... des barrières ou pas? Parce que, je le disais d'entrée
de jeu, je vous remerciais de le faire en toute sécurité, mais c'est
important, quand même, que les gens qui travaillent chez vous aient la
formation adéquate. Parce que, les tout-petits,
là, je m'adresse aux plus jeunes des élèves qui sont votre clientèle, vous êtes
souvent... les conducteurs sont la première personne qu'ils côtoient,
dans la journée, et la dernière.
Moi, j'ai de
très beaux souvenirs. J'hésite à dire le nom du transporteur scolaire, du
chauffeur qui m'a amené en autobus tout au long de ma jeunesse, mais je
vais le faire. À Sainte-Anne-de-Sorel, à l'école Sainte-Anne-les-Îles, le conducteur s'appelait «Toasté». Pourquoi je me
permets de le nommer? Parce que non seulement il m'a transporté, il a transporté ma grande soeur, il a transporté ma
fille et mon beau-fils aussi. Je pense que monsieur a été là pendant 32 ans comme transporteur scolaire, puis c'est des... Vous faites un travail
très important auprès de nos jeunes. Il y a
une forme d'éducation qui est faite. Même si je suis convaincu que, dans
la formation, vous n'allez pas me parler de pédagogie, il y en a quand même une
à l'intérieur des autobus scolaires.
Peut-être me
parler un peu rapidement de la classe 2 accélérée. Puis, tantôt, M.
Lafrance, vous avez parlé... vous avez
eu une interrogation quant au rôle des parents qui vont joindre le conseil
d'administration dans le projet de loi qui est présenté. Vous avez des
inquiétudes quant à la connaissance des parents, dans le domaine des
transports, qui pourraient s'y joindre. J'aimerais vous entendre peut-être
davantage là-dessus, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
Lafrance.
Lafrance (Luc) : Oui, je
vais en faire une partie. Je vais peut-être laisser mon collègue en faire un
autre bout.
Pour ce qui
est, justement, de la perte de connaissance... je ne dirai pas le mot
«expertise», mais perte de connaissance de l'organisation du transport scolaire,
les parents, souvent, viennent de différents milieux, que ce soit du milieu économique,
social ou autre. Donc, la connaissance de l'organisation du transport scolaire...
Et je me
prends à
titre d'exemple. Avant d'arriver avec les gens de la Fédération des
transporteurs par autobus, qui était un autre nom avant, la seule connaissance
que j'avais du transport scolaire, c'est de l'avoir, comme vous, pris lorsque
j'étais étudiant et de voir l'autobus scolaire passer à la porte ou au coin de
la rue. Mais derrière ça se cache toute une organisation
du transport qui est quand même très complexe. On ne peut pas changer les
horaires d'école ou changer les horaires d'entrée et de sortie, les
points d'embarquement, les points de débarquement.
Souvent, il y
a des parents, actuellement, qui vont faire des demandes au transporteur,
directement au transporteur ou à la
commission scolaire, pour mieux adonner leur horaire de travail, est-ce que
l'autobus pourrait passer 10 minutes plus tard ou cinq minutes plus tard, mais, comme le disait M. Lefebvre, le
fait de changer un cinq minutes ou un 10 minutes va faire en sorte que ça impacte beaucoup d'organisations
au niveau du transport. Un autobus ne fait pas seulement qu'un circuit,
c'est-à-dire desservir un circuit vers une école. Souvent, il va faire un
double circuit. Il va y avoir un triple circuit dans certains endroits, étant donné qu'on manque de
main-d'oeuvre. Donc, il faut user d'imagination dans l'organisation des
circuits.
Alors, le
fait de venir jouer des fois dans les cinq minutes ou dans les 10 minutes
pour satisfaire, des fois, des besoins autres
que l'organisation du transport scolaire, bien, ça a un impact. C'est un peu
dans ce sens-là qu'on dit : Bien, qui est mieux placé pour
planifier ça puis donner son avis? Ce sont les transporteurs scolaires.
La Présidente (Mme Thériault) : En
45 secondes, M. Lefebvre, vous complétez?
Lefebvre (Stéphane) : Oui.
Au niveau des classes de permis, c'est certain qu'une personne qui veut
conduire un autobus scolaire doit faire sa classe 2. On a les
centres de formation de Charlesbourg et de Saint-Jérôme qui peuvent venir nous aider. On a développé, avec, je pense,
CAMO-Route, des formations pour pratiquer nos gens, parce que, souvent,
quand ils arrivent pour faire l'examen, ils ne sont pas prêts.
Il y a la ronde de sécurité également à
apprendre. Il y a plusieurs étapes à ce niveau-là. Donc, les gens n'avaient pas de facilité à se pratiquer, à avoir un aperçu
de comment le faire, puis, nous, en entreprise, comment les guider là-dedans,
ça fait qu'on est en train de mettre en place des outils pour nous aider.
On a une
formation de métier unique, également, qui nous sert à aller adapter certaines
choses importantes dans le transport
scolaire, mais on est le prolongement de l'école. On le sait, que, le matin,
c'est nous, les premiers qui rencontrent les jeunes. On ne sait pas ce
qu'ils ont vécu chez eux. On ne sait pas ce qu'ils ont vécu dans la journée à
l'école non plus. Donc, on finit la journée avec eux, puis c'est sûr qu'on n'a
pas de cours de pédagogie comme un
professeur peut avoir.
Donc, au niveau des conducteurs, souvent, il y a
de la gestion de discipline. Il y a de la gestion de collaboration à faire avec chacune des écoles, et non seulement
l'ensemble du secteur, mais chaque école a des enfants particuliers. Donc, il y
a une gestion vraiment à l'unité qui est nécessaire, en collaboration avec les
entreprises de transport, la commission scolaire, les écoles et nos
conducteurs, bien sûr.
Présidente (Mme Thériault) : Et ceci met fin... avec le bloc d'échange
avec la
partie ministérielle. Donc, on regarde maintenant la députée de
Saint-Laurent, pour l'opposition officielle. Vous avez une période de
10 min 40 s.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Bienvenue parmi nous. Heureuse de vous retrouver. On s'était parlé lors du projet de loi n° 5,
qui portait sur les maternelles quatre ans, où est-ce que vous avez donné
beaucoup d'indications et de recommandations
pour éviter que les enfants glissent sur le banc. Alors, j'espère que le
ministre, cette fois-ci, va pouvoir y
donner suite dans le projet de loi puis bonifier les recommandations avec ce
que vous venez de décrire aujourd'hui.
Dans votre mémoire, vous parlez
justement d'un
article que plusieurs autres personnes ont amené ici, l'article
qui permet justement de pouvoir
fusionner un des territoires, l'article 46, mais aussi... pardon, juste
pour ne pas me tromper, l'article 114, le centre de services...
non, pardon, pas 114, désolée, je cherche mon... parce que, des fois, j'ai la
version longue et la version courte. Alors,
si on regarde le 215.2, on peut avoir un partage de ressources. Puis, tantôt,
vous avez aussi parlé du projet de loi n° 37, qui est, en ce moment
même, avec mon collègue le député de La Pinière. Vous, là, concrètement, ça serait quoi, la plus grande préoccupation qu'on peut avoir
là-dedans? Non seulement on a un
article dans le projet
de loi n° 40 qui permet de
fusionner des territoires, on a un
article dans le projet de loi n° 40 qui permet de partager des ressources, notamment avec le privé. Et
vous avez aussi amené ici le projet
de loi n° 37, qui permet de
centraliser des achats regroupés.
M. Lafrance (Luc) : Bien, on a, je dirais, quand même
plusieurs préoccupations par
rapport à ce que vous venez de
mentionner.
Pour
nous, dans un premier temps, de centraliser l'achat de biens et services... Est-ce que
«services» veut dire aussi les services de transport scolaire? Première
des choses.
Deuxièmement, si tel est le cas, bien, ça peut avoir un impact majeur sur les
petites entreprises familiales qui sont très présentes dans l'industrie
du transport scolaire. Souvent, on en est rendus à la deuxième, troisième
génération dans les entreprises de transport
scolaire, et, je dirais, 80 % de
nos membres sont de petites entreprises de 10 autobus et moins. Demain
matin, s'il y a un un regroupement de services sous une seule entité, par
expérience, parce que ça a été vécu en
Ontario, on ne donne plus des contrats un à un, ou trois contrats, ou quatre
contrats à un transporteur à gauche, à droite. Tu sais, on va venir faire des blocs de contrats, de la manière dont ça
fonctionne habituellement, ce qui va faire en sorte que ces petites entreprises là n'auront pas la
capacité d'aller proposer leurs services pour l'organisation de
50 circuits. Ils n'ont seulement que 10 autobus et moins dans leur
flotte. Donc, ça pose déjà problème. Et, si tel était le cas, bien, ça veut
dire la fermeture de plusieurs entreprises
familiales qui sont rendues à la troisième génération. Alors, pour nous autres,
ce bout-là est inquiétant.
Lorsqu'on
parle de service municipal, bien, on sait qu'actuellement la
Loi sur
l'instruction publique, le Règlement sur
le transport des élèves... une commission scolaire qui est sur le territoire
d'une société de transport doit l'offrir à la société de transport avant de négocier avec les transporteurs.
Alors, est-ce que l'objectif du ministre avec ça, c'est de dire... de venir imposer que ces centres de services là
fassent affaire uniquement avec les sociétés de transport? On ne voit pas,
nous, où est l'économie, parce qu'on sait déjà comment coûtent les autobus,
comment coûte le salaire des conducteurs dans le transport urbain versus le transport scolaire. Et, encore là, l'impact
que ça risque d'avoir, c'est des pertes d'emplois puis des fermetures
d'entreprises.
Mme Rizqy :
Puis, dites-moi, quand on regarde le p.l. n° 37 plus cette disposition,
est-ce qu'on parle plus de décentralisation ou de centralisation?
M. Lafrance (Luc) : Bien, nous, notre préoccupation, la lecture qu'on
en fait — et c'est
la question qu'on pose, et on vient de donner un pouvoir supplémentaire au
ministre de centraliser tout l'achat de biens et services sous un seul chapeau : Est-ce qu'il inclut là-dedans le
transport scolaire? Si on l'inclut, bien là on parle de centralisation, ça va
de soi.
Présidente (Mme Thériault) : Merci. Mme la députée de Mille-Îles,
vous avez un peu moins de sept minutes à votre disposition.
Mme Charbonneau :
Merci, c'est gentil. Mesdames messieurs, bonjour. Vous avez, dans vos quatre
points, fait le tour un peu de votre réalité du quotidien. Je l'ai écrit
sur mon papier d'une façon différente, mais je me suis fait plaisir, j'ai écrit
gris, jaune, parce que je le sais, que vous savez ce que ça veut dire, et vous
avez touché un peu cet aspect-là.
C'est-à-dire,
quand un ministre met dans une loi que les commissions scolaires... Parce que
j'ai encore de la misère d'appeler ça de l'autre titre, je garde toujours les
mots «commissions scolaires». Quand les commissions scolaires auront la
possibilité de faire affaire avec le privé, mais auront aussi la possibilité de
partage de services avec différents partenaires, ça veut aussi dire que, pour les villes qui, depuis longtemps, cherchent
à mettre en place un transport en commun en se disant qu'on pourrait utiliser
les autobus jaunes, du moins... à moins que ça ait beaucoup changé en
10 ans, mais j'ai beaucoup entendu,
dans certaines régions, que le transport scolaire devrait aussi servir de
transport en commun. Y a-t-il là, pour vous, une inquiétude plus
grande, pas sur la sous-utilisation, mais sur la surutilisation d'un service
que vous pouvez offrir, puisque, quelquefois, les frais entre faire un service
toute la journée puis faire des services atypiques, c'est-à-dire le matin et le soir... Parce qu'à moins que ce soit le
contraire, mais je crois qu'au dîner, maintenant, vous n'avez pas de service. Avant, il y avait certains
services. Il y en a... C'est rare? C'est ça. Avant, ça existait beaucoup.
Maintenant, ça n'existe presque plus.
Mais est-ce qu'il n'y a pas là lieu de s'inquiéter sur la surutilisation de la
flotte de transport qui peut vous appartenir pour un service hors
contexte, c'est-à-dire un service municipal?
M. Lefebvre (Stéphane) : Si je peux peut-être faire du pouce là-dessus,
c'est qu'il y a deux éléments. Il y a cet élément-là de, peut-être, surutilisati