House Proceedings — 12 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-05-12
Quebec — Debates (Hansard)
M. Matte : Merci, Mme la Présidente.
La ville de Donnacona célébrera cette année son 100e anniversaire. Fondée en 1915 sur les rives du Saint-Laurent dans Portneuf, cette municipalité a connu un développement urbain et industriel
rapide avec l'arrivée, en 1912, de la Donnacona Paper.
Avec la
conjecture liée à la crise du papier, la ville a su préserver sa destinée en
s'adaptant aux nouvelles réalités économiques et démographiques. En
constante mutation, cette communauté a su trouver de nouvelles vocations et
orientations qui lui permettent d'accueillir aujourd'hui une pléiade de
commerces et de services qui lui confèrent son caractère dynamique et
attrayant.
100e anniversaire rempli d'originalité commémore à la fois ses ancêtres,
le dynamisme des hommes et des femmes qui ont forgé son histoire.
En ma qualité de député de Portneuf, je souhaite
partager avec vous ma fierté de constater tous les efforts que consacre le
comité organisateur, présidé par M. Alain Papillon. Je veux également
souligner l'énergie débordante du conseil de ville, dirigé par le maire, M. Sylvain Germain, pour
célébrer grandement le premier siècle d'existence. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Portneuf.
Et, pour sa déclaration du jour, je cède maintenant la parole à M. le
député de Beauce-Nord.
Spénard : Merci, Mme la Présidente. Mercredi dernier, à
Scott, était présenté le 27e souper annuel des jeunes gens d'affaires du CLD Nouvelle-Beauce. Événement
de réseautage par excellence, la soirée fut aussi l'occasion d'honorer
le récipiendaire 2015 du prix Jeune entreprise, soit M. Frédéric Lepage, copropriétaire
des résidences Bellevue.
M. Lepage
connaît bien l'univers des résidences pour personnes retraitées, puisque sa
mère est propriétaire d'une telle résidence à Saint-Georges depuis de
nombreuses années. À l'âge de 30 ans, il a choisi de se lancer en affaires
avec son partenaire, M. Grégoire
Turcotte. C'est en juillet 2006 que le premier complexe Château Bellevue est
érigé à Sainte-Marie. S'en suivent de
nombreux agrandissements pour atteindre aujourd'hui un total de 280 unités
aménagées pour faire vivre aux retraités des jours heureux.
M. Lepage ouvre ensuite des complexes similaires à Baie-Comeau, Donnacona,
Saint-Nicolas et bientôt un cinquième à Thetford-Mines.
exemple d'entrepreneurship beauceron, je rends hommage à M. Frédéric
Lepage et lui souhaite le meilleur des succès dans ses projets futurs!
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Merci, M. le député de
Beauce-Nord. Et, toujours à la rubrique de déclarations de députés, je
cède maintenant la parole à M. le député de Chomedey.
Ouellette : Merci, Mme la Présidente. Mme Pierrette
Patenaude est au service des citoyens de Chomedey, plus particulièrement des aînés, depuis plusieurs
années. Elle fonde, en 1971, l'organisme Partage humanitaire afin de
contribuer à la qualité de vie des personnes aînées en perte d'autonomie vivant
en ressource d'hébergement en leur assurant
loisirs, animation et activités. Elle contribue également à la mise en place du
1313 Chomedey, une résidence pour aînés autonomes à but non
lucratif.
Alors
que Mme Patenaude est présidente du Conseil consultatif des aînés de Laval
en 1989, elle contribue à créer un
lien qui assure la santé physique et le bien-être des aînés à Laval, une idée
novatrice et unique en son genre. C'est ainsi que naît la place des
aînés de Chomedey.
Mme Patenaude
a dédié sa vie à l'amélioration de la qualité de vie des personnes aînées et,
pour cette raison, elle s'est vue attribuer la médaille d'argent pour
les aînés du lieutenant-gouverneur du Québec le 18 avril dernier.
Merci,
Mme Patenaude, pour votre apport précieux à la communauté lavalloise. Je
salue également votre mari, Jean-Paul, vos trois enfants, vos
10 petits-enfants et vos quatre arrière-petits-enfants. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Chomedey. Et maintenant je suis prête à céder la parole à M. le
député de Mercier.
M. Khadir : Merci,
Mme la Présidente. C'est la
20e édition de la Semaine québécoise des familles. Les organismes de
concertation famille de ma circonscription ont produit un livre noir qui
documente l'impact de l'austérité chez les familles,
les organismes et la concertation. Il y est question de coupures, d'augmentations de tarifs, de menaces, d'inquiétude et de stress, malheureusement.
Les parents et les organismes du Grand Plateau disent au ministre de
l'austérité et au Conseil du trésor : «L'éducation n'est pas une dépense mais un investissement.» Au ministre de l'Éducation,
les parents crient haut et fort : «Nous ne vous laisserons pas
sacrifier nos enfants en toute impunité.» C'est des extraits.
livre noir Autour des familles Grand Plateau sera incinéré, et les funérailles
locales auront lieu le 14 mai. Le cortège
funèbre, tout de noir vêtu, se rendra du métro Laurier à la place Gérald-Godin
pour la crémation, suivie d'un
discours d'espoir. Gérald Godin affirmait d'ailleurs : «Une famille
qui crie est une famille unie.»
Alors, je veux
exprimer toute mon admiration pour ces familles qui se soucient pour l'avenir
de leurs enfants. Continuez à vous mobiliser, à vous faire entendre, car
l'éducation de nos enfants devrait être une priorité.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Mercier. Maintenant,
pour sa déclaration d'aujourd'hui, je cède la parole à Mme la députée de Richmond.
Vallières : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Parce
que depuis toujours
la musique nous permet d'exprimer nos
joies et nos peines et qu'elle rythme tous les événements marquants de nos
vies, j'invite aujourd'hui mes collègues
de l'Assemblée nationale à souligner avec moi... à joindre leurs voix à la
mienne, peut-être en chantant, pour souhaiter un bon
85e anniversaire à L'Harmonie d'Asbestos. Bon, d'accord, Mme la Présidente,
on préfère ne pas les entendre chanter. Alors, trêve de plaisanteries.
Ayant fait entendre
ses premières notes en 1930, L'Harmonie d'Asbestos s'apprête aujourd'hui à
donner son 85e gala concert annuel. Ce sont 60 musiciens âgés entre
trois et 68 ans qui uniront leurs instruments pour notre plus grand
plaisir. Merci à M. Sylvain Martel, président, et à son équipe d'avoir toujours
cru en l'harmonie. Et, grâce à leur
persévérance, les gens d'Asbestos et de la région peuvent aujourd'hui
toujours vibrer au son de leurs instruments. Et, si l'harmonie peut de
nouveau compter sur l'harmonie cadette et l'harmonie junior, c'est parce que
M. Martel a réussi à partager sa passion au fil des ans. Alors, à tous, un
bon 85e anniversaire et une bonne continuité. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de Richmond. Maintenant, je
reconnais M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je souhaite profiter de cette tribune afin de
souligner le 100e anniversaire
des Cercles de fermières du Québec. Le 19 septembre dernier marquait
officiellement le début des activités entourant le
100e anniversaire de la plus grande et de la plus ancienne association
féminine au Québec. Les 648 cercles de
la province offrent un lieu de rassemblement et d'échange à ses membres en plus
de permettre la transmission du
patrimoine culturel et artisanal. Cette association fondée en 1915 et
qui compte aujourd'hui plus de 34 000 membres défend les droits des femmes et des
familles en plus de se démarquer par son engagement communautaire.
la Présidente, vous me permettrez de souligner les quatre Cercles de fermières
qui existent dans ma circonscription, donc
j'en profite pour saluer tous les membres : d'abord, Le Cercle des
fermières de Beloeil, qui est présidé par Mme Huguette Tessier; Le Cercle des
fermières Au Pied-du-Mont, de Mont-Saint-Hilaire, présidé par Mme France
Avoine; Le Cercle des fermières de Sainte-Madeleine, présidé par
Mme Simone Malouin; Le Cercle des fermières de Saint-Marc-sur-Richelieu,
présidé par Mme Cécile Rodrigue. Donc, à tous les membres des Cercles de
fermières, un bon 100e anniversaire! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Merci. Merci, M. le député de Borduas. Et, pour la prochaine déclaration, je cède la parole à Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Merci,
Mme la Présidente. C'est avec un
immense plaisir que je souhaite féliciter Mme Madeleine Chênevert, qui célèbre aujourd'hui même son 100e anniversaire. Native de Saint-Barthélémy, un petit
village près de Berthier, Mme
Chênevert est la quatrième d'une famille de neuf enfants. Reconnue pour son
esprit de famille, sa force de caractère ainsi que sa grande détermination, elle a su, tout au long de ses années
d'existence, surmonter diverses épreuves tout en appréciant les plaisirs et les petits bonheurs de la vie. Soulignons que
Mme Chênevert est présentement en deuil suite au récent décès de sa soeur
Yvette, dont elle était inséparable.
dépit de ce malheureux événement, je vous souhaite, Mme Chênevert, de
vivre en santé pour les prochaines années
à venir, entourée de tous ceux qui vous sont chers, car, après tout, vous
n'avez qu'un jour de plus que la veille, et nous avons une
partie de
nous qui ne vieillit pas puisque l'âme demeure jeune quand on conserve le
sourire. Joyeux anniversaire! Bon centenaire!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Maintenant, à votre tour, M. le député de Gaspé, pour
votre déclaration d'aujourd'hui.
Lelièvre : Merci.
Merci, Mme la Présidente. C'est avec beaucoup de fierté que je
souhaite souligner le parcours de M.
Paul-André Méthot, P.-A., un Gaspésien qui oeuvre sur la scène humoristique québécoise
depuis quelques années. Nommé au Gala
des Olivier de dimanche dernier dans la catégorie Spectacle populaire de
l'année pour son premier one man
show, Plus gros que nature , P.-A. Méthot a déjà
vendu plus de 200 000 billets
pour ce premier spectacle solo. Le 16 mai prochain, il performera à
guichets fermés au Centre Bell.
Cette
ascension au sommet du monde de l'humour québécois ne s'est toutefois pas faite
du jour au lendemain. Le métier
d'humoriste demande énormément de persévérance et d'efforts. Je voudrais de
plus souligner le soutien exceptionnel de
ses parents, M. Raymond Méthot, Mme Desneiges Grenier, celle-ci d'ailleurs
présente ici, dans les tribunes, de même que sa conjointe, Véronique
Parent, et son gérant, Steeve Godbout.
Enfin,
je me dois de mentionner l'implication de P.-A. Méthot en tant que porte-parole
de la Fondation de l'Institut universitaire en santé mentale du Québec
et des centres de crise du Québec. Étant bipolaire, P.-A. Méthot démontre courage, détermination et générosité en mettant à
profit sa notoriété au service des personnes qui, comme lui, sont affectées
par cette maladie, aujourd'hui surmontable. Il en est l'exemple concret. Bravo,
P.-A.!
P.-A.,
comme tu te plais souvent à le dire, tu es un humain heureux. Sache que tu es
également un ambassadeur pour le
Québec et un élément de très grande fierté pour les Gaspésiennes et les
Gaspésiens. En leur nom, je te dis merci et te souhaite le plus grand
des succès dans ta très belle carrière. Bravo!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Bienvenue à l'Assemblée nationale,
M. Méthot, et aux gens qui vous accompagnent.
Alors, ceci met fin à
la rubrique des déclarations de députés. Je vais suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à
13 h 59)
(Reprise à 14
h 15
Le Président : Chers collègues, nous allons nous recueillir quelques
instants.
Merci,
et veuillez rester debout. Ça fait changement, vous ne trouvez pas?
J'ai
le plaisir de souligner la présence, dans nos tribunes, d'une délégation de
10 parlementaires bavarois à l'occasion
de la huitième session de la Commission parlementaire mixte Québec–Bavière,
dirigée par la présidente du Landtag, Mme Barbara Stamm.
J'ai aussi le plaisir de souligner la présence
du député-questeur
du Parlement de la République italienne, M. Stefano Dambruoso qui est...
Président : Il est accompagné de l'ambassadeur de la République
italienne, Son Excellence M. Gian Lorenzo Cornado.
J'aimerais
également souligner la présence de personnalités à qui je
remettrai, un peu plus tard aujourd'hui, la Médaille
d'honneur de l'Assemblée nationale, soit M. André Chagnon, M. Claude Gauthier, M.
Constantinos Madonis et M. Charles Tisseyre.
vous ferai remarquer aussi que je remettrai la Médaille d'honneur de l'Assemblée à Mme Lucie Chagnon à
titre posthume.
Enfin, à l'occasion
de la 21e assemblée générale de l'Amicale des anciens parlementaires du Québec,
j'ai le plaisir de souligner la
présence des membres de l'amicale, dont le président, M. Michel
Létourneau, ancien député d'Ungava. Il y a au moins une cinquantaine ou peut-être
une soixantaine de membres de l'amicale qui sont ici avec nous. Je leur dis un
grand bienvenu encore chez eux, dans leur maison, en celle où ils ont
travaillé. C'est toujours un plaisir de vous revoir.
Puis, en
attendant, bien, je vais demander à mes collègues... Maintenant,
ils peuvent s'asseoir. Je vais leur demander de s'asseoir.
Alors, nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Fournier : M. le Président,
je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Président : À
l'article a du feuilleton, M. le ministre
des Transports présente le projet de loi n° 36, Loi
modifiant diverses dispositions législatives concernant principalement
le transport collectif. M. le ministre.
M. Poëti : Merci,
M. le Président. Ce projet de loi transfert au ministre des
Transports la responsabilité du service aérien gouvernemental qui est confiée actuellement au Centre de services partagés du
Québec et prévoit la création du fonds
aérien affecté au financement de biens et de services fournis sous l'autorité
du ministre en
matière de transport aérien.
En matière de transport en commun, le projet de
loi confère à un conseil intermunicipal de transport ou à une municipalité
organisatrice d'un service de transport en commun le pouvoir d'établir, par
règlement, des conditions au regard de la
possession et de l'utilisation de tout
titre de transport délivré sous son
autorité. Il leur accorde également le pouvoir
de nommer des inspecteurs chargés de l'application de tels règlements et
prévoit les dispositions pénales qui seront applicables en cas de
non-respect.
Le projet de loi habilite deux sociétés de transport
en commun ou plus à demander la constitution d'un organisme à but non lucratif destiné principalement à leur
rendre accessibles les biens et les services dont elles ont besoin pour la
réalisation de leur mission.
En matière de
services de transport par taxi, le projet de loi confère au ministre le pouvoir
de mettre en oeuvre des projets
pilotes visant notamment à étudier, à améliorer ou à élaborer de nouvelles
règles applicables au transport rémunéré de personnes par automobile.
Le projet de
loi abroge les dispositions portant sur le Forum des intervenants de
l'industrie du camionnage général.
Enfin, le
projet de loi apporte diverses autres modifications en matière de transport,
notamment en permettant au gouvernement
de déterminer la date et les modalités de transfert, à la Société de transport
de Montréal, des biens relatifs à tout prolongement du réseau du métro
dont l'Agence métropolitaine de transport est chargée de la planification, de
la réalisation et de l'exécution, en introduisant la possibilité, pour le ministre,
de vérifier la sécurité d'une infrastructure de transport sous la
responsabilité d'un tiers et en conférant au ministre des pouvoirs d'inspection
et d'enquêtes. Merci, M. le Président.
Président : Est-ce
que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Mme la leader
de l'opposition.
Maltais : M. le
Président, est-ce que ce projet de loi va se transporter vers une
commission parlementaire pour des consultations particulières?
Le Président : M. le leader.
M. Fournier : Je le croirais,
M. le Président.
Président : Enfin, je vois que tout le monde est du même avis.
Alors, est-ce que je peux présumer que l'Assemblée accepte d'être saisie
de ce projet de loi? Alors, c'est adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
St-Pierre : Merci, M. le Président. En vertu de
l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales, je dépose, à
titre de documents,
l'engagement international important suivant ainsi qu'une note explicative
sur le contenu des effets de cet
engagement : l'Accord de
libre-échange entre le Canada et les États de l'Association européenne de libre-échange : l'Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse, l'Accord sur l'agriculture entre le Canada et la
république d'Islande, l'Accord
sur l'agriculture entre le Canada et le royaume de Norvège et l'Accord sur
l'agriculture entre le Canada et la Confédération suisse, signés le
26 janvier 2008 et en vigueur depuis le 1er juillet 2009.
Le Président :
Ce document est déposé. Mme la ministre.
St-Pierre : M. le Président, en vertu de l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, je fais motion pour que l'Assemblée nationale
étudie, dans le délai prescrit par la loi et en vue de son approbation, l'engagement international important que je viens
de déposer, à savoir : l'Accord de libre-échange entre le Canada et les
États de l'Association européenne de
libre-échange, l'Accord sur
l'agriculture entre le Canada et la république d'Islande, l'Accord sur
l'agriculture entre le Canada et le royaume de Norvège et l'Accord sur
l'agriculture entre le Canada et la Confédération suisse, signés le
26 janvier 2008 et en vigueur depuis le 1er juillet 2009.
Président : Je vous
avise une fois... Parce que je ne vous le ferai pas les 10 fois, parce
qu'on a 10 ententes internationales
à être vues ce matin, je ne vais vous aviser qu'une seule et première fois,
mais ça vaudra pour les 10 autres fois...
ou les neuf autres fois. Je vous avise qu'en vertu de l'article 22.3
de la
Loi sur le ministère des Relations internationales la motion est
présentée mais ne pourra pas être débattue avant 10 jours. Alors, ça va
être vrai pour les 10 autres...
Président : Sept?
O.K., sept — chiffre
chanceux — six
autres... sept autres... six autres... alors, oui, sept en tout, moins un, ça fait six. On va être bons, hein, on
va finir... Plusieurs ministres des
Finances, anciens ministres des Finances, ici, on va finir par s'entendre sur au moins ce calcul-là. Alors, je
vous dis, Mme la ministre, que c'est encore à vous la parole.
St-Pierre : M. le Président, en vertu de l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, je dépose,
à
titre de documents, l'engagement international important suivant ainsi qu'une
note explicative sur le contenu et les
effets de cet engagement : l'Accord de libre-échange entre le Canada et la
république du Pérou, l'Accord sur l'environnement entre le Canada et la république du Pérou, ainsi
que l'Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada
et la république du Pérou, signés le 29 mai 2008 et sont en vigueur
depuis le 1er août 2009.
Le Président :
Le document est déposé. Mme la ministre.
St-Pierre : M. le Président, en vertu de l'article 22.3
de la
Loi sur le ministère des Relations internationales, je fais motion pour que l'Assemblée nationale étudie, dans
le délai prescrit par la loi et en vue de son approbation, l'engagement international important que je viens de déposer,
à savoir : l'Accord de libre-échange entre le Canada et la république du
Pérou, l'Accord sur l'environnement
entre le Canada et la république du Pérou, ainsi que l'Accord de coopération
dans le domaine du travail entre le
Canada et la république du Pérou, signés le 29 mai 2008 et sont en
vigueur depuis le 1er août 2009.
Le Président :
Ce document est déposé. Mme la ministre.
St-Pierre : Merci, M. le Président. En vertu de
l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales,
je dépose, à
titre de documents,
l'engagement international important suivant ainsi qu'une note explicative sur
le contenu et
les effets de cet engagement : l'Accord de libre-échange entre le Canada
et la république de Colombie, l'Accord sur l'environnement entre le Canada et la république de Colombie, ainsi que
l'Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada et la république de Colombie, signés le
21 novembre 2008 et en vigueur depuis le 1er juillet 2011.
Le Président : Merci. Mme la
ministre.
St-Pierre :
M. le Président, en vertu de l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, je fais motion pour que l'Assemblée nationale
étudie, dans le délai prescrit par la loi et en vue de son approbation,
l'engagement international important que je viens de déposer, à savoir :
l'Accord de libre-échange entre le Canada et la république de Colombie,
l'Accord sur l'environnement — dis-je — entre le Canada et la
république de Colombie, ainsi que l'Accord de coopération dans le domaine du
travail entre le Canada et la république de Colombie, signés le
21 novembre 2008 et en vigueur depuis le 1er juillet 2011.
Le Président : Ce document
est déposé. Mme la ministre.
St-Pierre :
M. le Président, en vertu de l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, je dépose,
à
titre de documents, l'engagement international important suivant ainsi qu'une
note explicative sur le contenu et
les effets de cet engagement : l'Accord de libre-échange entre le Canada
et le Royaume hachémite de Jordanie, l'Accord sur l'environnement entre
le Canada et le Royaume hachémite de Jordanie, ainsi que l'Accord de
coopération dans le domaine du travail entre
le Canada et le Royaume hachémite de Jordanie, signés le 28 juin 2009
et en vigueur depuis le 1er octobre 2012.
Le Président : Ce document
est déposé. Mme la ministre.
St-Pierre :
M. le Président, en vertu de l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, je fais motion pour que l'Assemblée nationale
étudie, dans le délai prescrit par la loi et en vue de son approbation, l'engagement international important que je viens
de déposer, à savoir : l'Accord de libre-échange entre le Canada et le
Royaume hachémite de Jordanie, l'Accord sur
l'environnement entre le Canada et le Royaume hachémite de Jordanie,
ainsi que l'Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada et
le Royaume hachémite de Jordanie, signés le 28 juin 2009 et en
vigueur depuis le 1er octobre 2012.
Le Président : Ce document
est déposé. Mme la ministre.
St-Pierre : Merci,
M. le Président. En vertu de l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, je dépose, à
titre de documents, l'engagement
international important suivant ainsi qu'une note explicative sur le contenu et
les effets de cet engagement : l'Accord de libre-échange entre le Canada et
la république du Panamá,
l'Accord sur l'environnement entre le Canada et la république du Panamá, ainsi
que l'Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada
et la république du Panamá, signés le 14 mai 2010 et en vigueur
depuis le 1er avril 2013.
Le Président : Ce document
est déposé. Mme la ministre.
St-Pierre :
M. le Président, en vertu de l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, je fais motion pour que l'Assemblée nationale
étudie, dans le délai prescrit par la loi et en vue de son approbation, l'engagement international important que je viens
de déposer, à savoir : l'Accord de libre-échange entre le Canada et la
république du Panamá, l'Accord sur l'environnement entre le Canada et la
république du Panamá ainsi que l'Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada
et la république du Panamá, signés le 14 mai 2010 et en vigueur depuis le
1er avril 2013.
Le Président :
Et finalement le dernier, Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre :
En vertu de l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des Relations
internationales, je dépose, à
titre de
document, l'engagement international important suivant ainsi qu'une note
explicative sur le contenu des effets de
cet engagement : l'Accord de libre-échange entre le Canada et la
république du Honduras, l'Accord sur l'environnement entre le Canada et la république du Honduras,
ainsi que l'Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada
et la république du Honduras, signés le 5 novembre 2013 et en vigueur
depuis le 1er octobre 2014.
Le Président :
Ce document est déposé.
St-Pierre :
En vertu de la
Loi sur le ministère des Relations internationales, je fais
motion pour que l'Assemblée nationale
étudie, dans le délai prescrit par la loi et en vertu de son approbation,
l'engagement international important que je viens de déposer, à
savoir : l'Accord de libre-échange entre le Canada et la république du
Honduras, l'Accord sur l'environnement entre
le Canada et la république du Honduras, ainsi que l'Accord de coopération dans
le domaine du travail entre le Canada et la république du Honduras,
signés le 5 novembre 2013 et en vigueur depuis le
1er octobre 2014.
Président : Comme j'ai un peu de misère avec mes mathématiques
ce matin, pour le vrai dernier, Mme la ministre des Relations
internationales.
St-Pierre : Oui, le septième. En vertu de
l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales,
je dépose, à
titre de document, l'engagement
international important suivant ainsi qu'une note explicative sur le contenu
et les effets de cet engagement :
l'Accord de libre-échange entre le Canada et la république de Corée, signé le
22 septembre 2014 et en vigueur depuis le
1er janvier 2015.
Le Président :
Ce document est déposé.
St-Pierre : Alors, je fais motion, concernant l'Accord de
libre-échange entre le Canada et la république de Corée, signé le 22 septembre 2014 et en
vigueur depuis le 1er janvier 2015... En vertu de l'article 22.3
de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, je fais motion pour que l'Assemblée nationale
étudie, dans le délai prescrit par la loi et en vue de son approbation, l'engagement international important que
je viens de déposer, à savoir : l'Accord de libre-échange entre le
Canada et la république de Corée, signé le 22 septembre 2014 et en
vigueur depuis le 1er janvier 2015.
Le Président :
Merci. Ce qui me permettra deux commentaires. Le premier, je voudrais d'abord
remercier et féliciter le leader du
gouvernement de nous présenter, d'abord, ces documents-là de manière numérique,
c'est une première. Entre autres,
ici, il y avait pour 4 000 pages de documents. Les faire
30 fois, on aurait probablement assassiné la moitié d'une forêt au
Québec. Alors, on vous remercie de nous avoir fourni les documents numériques
cette fois-ci.
Président : Je vous remercie. Et mon deuxième commentaire
s'adresse à nos amis et collègues allemands et italiens. Bien, ils vont s'apercevoir que ce Parlement-ci, le Parlement
du Québec, est intéressé à étudier par soi-même les ententes
internationales, qui sont des ententes que nous cosignons ici comme Parlement.
M. le ministre des
Transports. Dépôt de documents.
Poëti : Oui, M. le Président. Je dépose le rapport annuel de
gestion 2014 de la Société de l'assurance automobile du Québec, pour la
dernière fois en version papier.
Le Président :
J'apprécie beaucoup la vitesse d'exécution. Ce document est déposé. M. le
leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui, M. le Président. Je dépose les réponses du gouvernement aux pétitions
présentées par les députés de Pointe-aux-Trembles et de Gaspé le
2 avril 2015. Je dépose également les réponses du gouvernement aux questions inscrites au feuilleton le
16 avril 2015 par la députée de Repentigny et adressées à la ministre
de la Famille.
Président : Ces documents sont déposés. Pour ma part, j'ai reçu
préavis d'une motion qui sera
inscrite dans le feuilleton de demain
aux affaires inscrites par les députés de l'opposition. Conformément à l'article 97.1 du règlement,
je dépose donc copie du texte de ce préavis.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions ni de pétitions.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période des questions et de réponses orales, c'est une surprise comme
ça, je vous... Non, quand même. Je
vous avise qu'après la période des questions et réponses orales Mme la ministre de la Justice répondra à une question posée jeudi dernier par Mme la députée de Montarville concernant le Fonds d'aide aux victimes d'actes
criminels et le Fonds Accès Justice.
Nous en sommes maintenant
à la période de questions et de réponses orales. Je cède la parole à M. le chef
de l'opposition officielle.
Bédard : M. le Président, le ministre des Finances se pensait loin des Québécois
et de l'Assemblée nationale quand il a voulu donner les intentions du gouvernement du Québec aux milieux financiers à New York.
Alors qu'on nous disait le contraire
au Québec, le ministre
des Finances a clairement évoqué la
privatisation de nos sociétés d'État devant des courtiers à qui il tentait de
vendre les obligations du Québec. Deux endroits, deux discours.
C'est
d'ailleurs la troisième fois en seulement
un an que le gouvernement libéral laisse courir le scénario de vente d'actifs, notamment celui d'Hydro-Québec où, dès son arrivée, le premier ministre a commandé un rapport qui recommandait la privatisation d'Hydro-Québec. Et il a dû reculer sur cette question,
à notre grand plaisir d'ailleurs. En février, le ministre de l'Énergie avait
refusé d'écarter la privatisation avant de changer son fusil d'épaule le
lendemain. Et aujourd'hui nous avons
ce discours devant les milieux financiers à New York. J'ose croire, M. le
Président, qu'on n'improvise pas et qu'on ne dit pas n'importe quoi quand on se présente... quand se présente le
ministre des Finances à New York pour parler aux prêteurs.
Alors,
il faudrait nous dire pourquoi on évoque clairement des ventes d'actifs devant
nos prêteurs. Si on est à vendre, M.
le Président, finalement, on aimerait le savoir puis on aimerait le savoir de
la bouche du premier ministre et pas par le biais de nos prêteurs.
Alors,
est-ce que le premier ministre peut nous dire pourquoi deux endroits, deux
discours? Mais aussi va-t-il rejeter ce scénario des ventes d'actifs des
Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je remercie mon collègue pour la question, pour lui
dire d'abord que les milieux financiers de New York étaient très heureux
de recevoir notre collègue le ministre des Finances, comme en témoigne
d'ailleurs l'intérêt pour les obligations du Québec et le taux compétitif
auquel elles se négocient.
Maintenant,
je vais dire de façon très claire qu'il n'est absolument pas question... On n'a
aucun plan sur la table de privatiser
quelque actif gouvernemental que ce soit, mais pas pour des raisons
dogmatiques. Parce que régulièrement des gens dans les journaux, des
chroniqueurs, des gens du milieu économique nous disent : Pourquoi pas
ceci ou cela? Et, chaque fois qu'on
en fait l'examen approfondi, on se rend compte que, oui, il y a un influx
financier d'une fois, mais que la chute
des revenus subséquents est très désavantageuse pour le Québec, notamment pour
le soutien de ses services publics.
Alors,
M. le Président, je vais dire de façon très claire : Il n'y a aucun plan
de vente d'actifs sur la table à dessin.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Un grand désaveu, effectivement, du ministre des Finances. Mais, au moins,
c'est pour une bonne cause, on ne
vendra pas les actifs. Je sais qu'il y réfléchit particulièrement. D'ailleurs,
le disait-il : «Nous menons actuellement une revue significative et en
profondeur. Cette évaluation qui est en cours inclut les sociétés d'État.» Ça
doit être une phrase qui a été mal inscrite,
j'imagine, ou mal comprise par le ministre des Finances. Donc, cette
possibilité est écartée.
Maintenant,
par contre, le ministre, lui, de l'Économie en a rajouté tantôt. Il a dit que,
par contre, lui, il pensait que Loto-Québec, ce n'était pas à nous à
gérer ça, il fallait confier ça à d'autres.
Est-ce que le premier ministre est d'accord avec
son...
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors,
malheureusement, ce n'est pas ça que le ministre de l'Économie a dit. Puis,
deuxièmement, je répète qu'il n'y a
pas de plan de vente d'actifs sur la planche à dessin. Mais une des raisons
pour lesquelles le milieu financier de New York était heureux de nous
recevoir, ce sont les bonnes nouvelles pour l'emploi au Québec.
Couillard : Alors, oui,
lesquelles, me demande-t-on, M. le
Président, lesquelles? Alors, au
cours de la première année de notre gouvernement, l'économie — je
dis bien l'économie — et
les entrepreneurs ont créé près de 69 000 emplois au Québec, en majorité des emplois à temps plein, en
majorité des emplois par le secteur privé. Dans la plupart des régions
du Québec, le taux de chômage recule. On est sur la bonne voie et on va
continuer, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Bien mauvaise journée pour fanfaronner quand on voit Alcan annoncer la
suppression, à son siège social,
d'emplois importants. Vente d'Alcan dont le Parti libéral porte encore la
lourde responsabilité malheureusement... en 2007, quand il a laissé vendre ce joyau industriel du Québec. Bien
mauvaise journée pour fanfaronner, M. le Président.
Mais je
reviens au ministre de l'Économie. Il nous a dit textuellement : Est-ce
que c'est le rôle de l'État de gérer des casinos? On devrait confier ça
à d'autres. Il disait, entre autres, je pense... il a fait référence aux
autochtones.
Alors, est-ce
que le premier ministre pense que c'est une bonne idée qui a été émise par son
ministre de l'Économie?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je répète, il n'y a pas de plan, il n'y a pas de projet de vente d'actifs sur
la table à dessin du gouvernement.
Mais, comme le collègue a cité la question de l'entreprise Rio Tinto, je pense
qu'il faut en parler. C'est une
entreprise très importante pour le Québec. Il y a 10 000 emplois directs,
au Québec, qui sont en rapport avec cette entreprise, comme il le sait. Il y a plusieurs centaines de personnes
qui travaillent au siège social. Jusqu'à maintenant, l'entreprise s'est acquittée de tous ses
engagements qu'elle avait pris à l'époque, en 2006 — on va bien sûr faire la vérification que ça continue — et elle a annoncé récemment qu'il y aurait,
au Saguenay, chez nous, au Saguenay—Lac-St-Jean, le centre de contrôle mondial
des opérations des métaux pour Rio Tinto.
Alors, on comprend qu'il y a parfois des
décisions à prendre à l'interne dans les entreprises, mais on ne voit aucune
déviation quant aux intérêts et aux intentions de cette entreprise au Québec, M.
le Président.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
En tout cas, je vois que le mot «Alcan» est déjà parti du vocabulaire du
premier ministre. C'est plutôt inquiétant.
Mais je lui rappellerais que, non, ce n'est pas vrai qu'Alcan Rio Tinto a
respecté ses engagements. On a prolongé les ententes parce qu'il ne respectait pas l'entente de 2007, qui est
d'investir plus de 5 milliards dans AP60. J'espère qu'il le sait,
c'est sa responsabilité.
Mais
aujourd'hui le ministre de l'Économie — j'y reviens, là — il a dit : Est-ce le rôle de l'État de
gérer les casinos? S'il y a un bon argumentaire qui démontre que ce
n'est pas à nous, bien, on le fera, on va les vendre.
Est-ce que le ministre de l'Économie a dit
n'importe quoi, M. le Président?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, le ministre de l'Économie est un homme très sensé et
très expérimenté, et on respecte beaucoup, nous, au moins, du côté de
cette Chambre — mais
je pense que c'est le cas de l'ensemble des parlementaires — ses
compétences et ses opinions.
vais encore une fois répéter, M. le Président, qu'il n'y a aucun plan de vente
d'actifs sur la table à dessin du gouvernement.
Il n'y en aura pas. Pourquoi? Parce que, chaque fois qu'on nous présente une de
ces idées, qui peuvent paraître
attrayantes à première vue, l'analyse plus poussée révèle que ce n'est pas dans
l'intérêt commun des Québécois ou des Québécoises qu'on aille dans cette
direction, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Verchères.
Bergeron : M. le Président, le premier ministre s'est
présenté hier devant l'Assemblée législative de l'Ontario pour y énumérer les modestes demandes du Québec au
gouvernement fédéral. D'abord, pourquoi à Queen's Park plutôt qu'ici, à l'Assemblée nationale, ou même à Ottawa?
C'est pour le moins surprenant. Mario Dumont écrit ce matin que Robert
Bourassa aurait refusé cette tribune qu'il aurait jugée provincialiste.
Depuis
son entrée en poste, M. le Président, le premier ministre nous a démontré
l'attitude mollassonne de son gouvernement
face au gouvernement fédéral : rien sur le péage sur le pont Champlain,
rien sur l'apport du chantier Davie dans les contrats de la marine canadienne,
rien sur la compensation pour la destruction des données du registre des armes
à feu. On abandonne avant même d'avoir demandé quoi que ce soit.
le Président, au lieu d'aller faire des beaux discours devant les députés
ontariens à Toronto, le premier ministre peut-il dresser la liste
exhaustive des demandes du Québec et l'adresser formellement aux partis
politiques fédéraux?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, ce sera fait, bien sûr, mais je suis très
ému... En fait, l'émotion me gagne devant la préoccupation de notre collègue du parti indépendantiste, qui
fait l'opposition officielle, pour les relations du Québec avec
ses partenaires canadiens. Ça me rassure parce qu'il voit que, dans le fond, le rôle d'un gouvernement, c'est quoi? Ce n'est pas d'isoler le Québec, ce n'est pas de creuser des fossés entre le Québec
et ses partenaires, c'est au contraire d'établir
des liens, établir des alliances au profit de tous les Québécois,
notamment de l'emploi pour tous les Québécois,
comme en témoignent les 69 000 emplois créés dans la première année du
gouvernement.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Verchères.
Bergeron : M. le Président, est-il besoin de rappeler que le
premier ministre a même refusé à deux reprises de venir débattre de son option ici, à l'Assemblée nationale? Alors,
c'est dire le peu de confiance qu'il a envers cette option. Alors, on
peut continuer la liste, M. le Président : rien sur l'imposition d'une
commission pancanadienne des valeurs mobilières,
rien sur les conditions du financement de la lutte contre l'itinérance, rien
sur le financement de Radio-Canada en région, rien sur l'abolition du
crédit d'impôt aux fonds de travailleurs.
Est-ce
que le gouvernement va profiter des élections fédérales pour dresser une liste
respectable de demandes et vigoureusement demander qu'elles soient
respectées par les...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je répète qu'on le fera, mais, quant au débat
soulevé ou souhaité, c'était sur leur option,
qui est un scénario de science-fiction tout
à fait fantaisiste, M. le Président, on le sait. Mais je dirais, M.
le Président, de façon
très amicale, très amicale, quand
même : Quand ils auront fini
d'en débattre entre eux autres, on en débattra.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Verchères.
Bergeron : M. le
Président, il y a,
aux Nations unies, 200 nations qui ont cru à la science-fiction, M. le Président. Le gouvernement demande encore moins que Jean Charest l'avait
fait en 2008, le premier ministre Jean Charest, quand il avait écrit une lettre aux partis fédéraux
énumérant une dizaine de demandes. Quand on demande moins que le premier ministre Jean Charest, ce n'est pas peu dire, M. le Président! Le premier ministre présente des demandes à tout le monde partout, sauf au gouvernement
fédéral.
Quand est-ce que les
libéraux vont apprendre à se tenir debout face au gouvernement fédéral?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, dans le monde imaginaire occupé par nos
collègues, le Québec est entouré d'ennemis, le Québec est assiégé, le Québec est menacé, le Québec
est humilié. Il faut vite se sauver de tout ce monde-là, il faut vite s'enfermer dans la maison, surtout ne
pas ouvrir les portes, surtout ne pas ouvrir les fenêtres. Nous, on va garder
les portes grandes ouvertes, on va faire des
liens, tisser des alliances au profit de tous les Québécois et les Québécoises avec tous nos partenaires, particulièrement l'Ontario, mais partout au Canada, qui est un pays dont
ils portent la citoyenneté, j'espère, avec fierté.
Le Président :
Principale, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Alors, M. le Président, volte-face ce matin du ministre de la Santé qui se voit obligé de reculer sur l'augmentation des tarifs en
CHSLD, cette augmentation bien cachée, débusquée par la députée de
Taillon lors de l'étude des crédits. Alors, ça règle une aberration, mais ça ne règle pas ce que vivent les
personnes hébergées, M. le Président. Le Conseil
de la protection des malades note aujourd'hui plusieurs lacunes dans les CHSLD : pas de vérification des antécédents judiciaires
des employés, pas toujours d'exigences de formation des employés, soins
d'hygiène déficients des résidents,
et puis j'en passe. Le Journal
de Québec relatait ce matin
qu'une résidente du CHSLD Christ-Roi, à Québec, attend sa douche depuis deux ans, alors qu'un
dermatologue lui a prescrit une douche par semaine. Deux ans.
Au-delà de l'enquête
dont il parle, quelles actions concrètes seront prises par le ministre pour
que...
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je prendrai quelques instants pour effectivement réitérer ce que
j'ai dit ce matin en point de presse, à savoir qu'il n'y aura pas d'augmentation
de la contribution des usagers en CHSLD au-delà de l'inflation. Je rappellerai
à tout le monde...
Le Président :
Ça va. Ça va. Ça va. M. le ministre.
Barrette : Ceci dit, M. le Président, je rappellerai au député de Richelieu que nous n'avons pas reculé. Nous avions
dit... D'ailleurs, dans les crédits, nous avions été d'une transparence tellement
grande que nous avions même glissé une coquille sur des hypothèses que nous
avons évaluées et que nous avions dit que nous allions y réfléchir et prendre une décision dans les prochains jours et/ou semaines, ce qui fut fait aujourd'hui, M. le Président. Alors, il
n'y aura donc pas d'augmentation au-delà de l'inflation, et c'est ce qu'on avait
dit qu'on ferait, y réfléchir, et la décision est prise.
Ceci
dit, M. le Président, pour ce qui est, évidemment, de la
problématique qui existe dans nos CHSLD à certains endroits — parce que rappelons-nous qu'au Québec ça va quand
même bien dans nos institutions — il y aura quand même un resserrement des règles, que j'ai assuré ce
matin, et ce resserrement-là fera en sorte que nous ferons des inspections
plus serrées et nous ferons en sorte que les standards de pratique auxquels
nous adhérons seront respectés.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
M. le Président, le ministre ne lit pas les mêmes journaux que moi. Les médias
rapportent des problèmes criants dans les CHSLD du Québec : malnutrition,
maltraitance, intimidation, sécurité incendie déficiente, problèmes d'hygiène
corporelle, puis j'en passe.
Est-ce que
le premier ministre peut rappeler son ministre à l'ordre pour qu'il
se concentre sur la qualité de vie de nos aînés?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Je constate qu'au Parti québécois, M. le Président, la
chose médiatique est un sujet qui est très important...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Barrette :
...même dans certaines autres actions qui vont occuper la prochaine semaine à
l'opposition officielle. Mais, M. le
Président, pour nous, c'est quelque chose qui est très important. Alors, les
éléments qui sont rapportés dans les
journaux, c'est quelque chose auquel on doit s'adresser et à laquelle on
s'adresse, M. le Président. La qualité des soins donnés à nos personnes aînées nous préoccupe à tous les jours. Et,
lorsqu'il y a des situations qui sont dénoncées, nous allons prendre
action, M. le Président, et c'est ce que nous faisons au moment où on se parle.
Ceci dit, M. le
Président, il ne faut quand même pas...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...généraliser. La qualité des services donnés par les employés de notre...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
M. le Président, je vais être encore obligé de lui décliner la liste, là :
les bains au noir, des douches aux
deux ans, 3 752 Québécois et Québécoises sur la liste d'attente, des plans
d'intervention inadéquats. Et, pendant ce temps-là, le ministre, lui, il
sombre dans la partisanerie.
Est-ce
qu'on peut être sérieux? Est-ce que le ministre de la Santé peut travailler,
une fois pour toutes, pour les aînés du Québec?
Président : On a un nouveau collègue, là. Il faut éviter, là,
de tomber dans l'imputation de... d'éviter de tomber dans l'imputation
de motifs. M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je suis très surpris de l'approche du
député de Richelieu parce que je rappellerai au député de Richelieu que, quand on va sur le site du futur chef à son
parti, il n'y a pas un mot, M. le Président, sur la santé, mais on a rapporté que le futur chef, lui,
pensait couper certains services et les privatiser, M. le Président. Est-ce
que le député de Richelieu pourrait nous indiquer aujourd'hui dans quels
services il va couper?
Nous,
M. le Président, la réalité est claire : dans notre programme, la santé
existe et la préoccupation qu'on a pour les citoyens est claire et
exercée, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, l'année dernière, durant la campagne
électorale, le premier ministre a promis qu'il n'y aurait aucune augmentation de tarifs excédant l'inflation. En
décembre dernier, devant la grogne provoquée par les nombreuses
augmentations de tarifs au-delà de l'inflation, le premier ministre a fait une
nouvelle promesse, il a dit : Dorénavant,
l'effort ne sera plus demandé aux contribuables. Or, la semaine dernière, le
ministre de la Santé a dit : Ça serait
possible que les tarifs de CHSLD, pour certains résidents, augmentent de plus
que l'inflation. On le sait, les tarifs dans les CHSLD varient selon le
revenu.
Donc,
je voudrais que le premier ministre rassure tout le monde. Est-ce qu'il peut
garantir qu'il n'y aura aucun résident
de CHSLD qui va avoir une augmentation excédant l'inflation? Puis en passant,
l'inflation, selon son ministre des Finances, c'est 1,4 % pour
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je compatie un peu avec mon collègue qui a été pris au
dépourvu par la décision annoncée par
le ministre de la Santé il y a quelques instants sur le fait qu'effectivement
les tarifs pour le gîte et le couvert en CHSLD seraient limités à une
augmentation au niveau de l'inflation.
le Président, il est également
exact, comme notre collègue l'a dit, que les tarifs ne sont pas les mêmes
selon l'état des revenus et des actifs des personnes. D'ailleurs, notre collègue
va s'assurer que les plus démunis sont encore mieux protégés qu'ils ne le sont actuellement
sur cette question de tarification, ce que nous avons fait dans d'autres
programmes gouvernementaux également.
Alors, je
suis content de voir que notre collègue se préoccupe de cette question
qui nous préoccupe aussi, parce
qu'il n'y a pas que la question des tarifs qu'on a réglée avec la décision
annoncée il y a quelques instants, il y a surtout la question de la qualité des services. Et là-dessus,
M. le Président, on sera intraitables. Il est possible, plusieurs établissements le montrent, d'avoir des services
de très bonne qualité dans les CHSLD pour nos aînés, et on va s'assurer
que ce sera le cas partout.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, on a un premier ministre qui vient de changer d'idée pendant des élections partielles. C'est normal que les gens soient un peu inquiets.
Rappelez-vous, on a eu le premier
ministre, le chef du Parti libéral, qui faisait des promesses en
campagne électorale puis on a un nouveau chef du Parti libéral qui apparaît après les élections.
Donc, les Québécois
veulent savoir — je
sais que c'est la même personne, mais ce n'est pas le même discours — est-ce
qu'après le 8 juin il peut nous assurer qu'il n'y aura aucun tarif qui va
augmenter de plus que l'inflation au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je comprends notre collègue de vouloir garder cette question à l'ordre du jour,
mais elle est réglée, cette question. Il n'y a pas d'augmentation des tarifs de
CHSLD au-delà de l'inflation.
Maintenant,
on parle de chiffres. Je vais quand même gentiment rappeler à mon collègue, qui
nous dit, à quelques reprises, au
cours des dernières semaines, que le Québec est au 57e rang, vous avez déjà
entendu cette ligne-là, mais il oublie
de dire aujourd'hui que le Québec est au premier rang au Canada pour la
création d'emplois, que plus de 50 % des emplois canadiens ont été
créés au Québec.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
le premier ministre ne comprend pas que, depuis qu'il est premier ministre, le Québec a perdu 31 000 emplois dans le
secteur manufacturier, des emplois payants. Donc, le premier ministre est
content qu'on crée des emplois moins
payants, le secteur des services. Son ministre des Finances prévoit que, dans
quatre ans, on va être encore 57e, puis le premier ministre est fier de
ça. Nous, on est plus ambitieux que ça, M. le Président.
Le Président : M. le premier
ministre.
Le Président : On se calme,
on se calme. M. le député de Vanier, du calme, du calme.
Le Président : Chut! M. le
premier ministre.
Couillard : Il y a quand
même une certaine bonne humeur qui règne, M. le Président, aujourd'hui. Puis le
collègue m'ouvre la porte parce que l'autre
jour, il a dit, imaginez-vous donc, que le taux de chômage à Québec — il a dit ça ici, dans cette Chambre, là — était en haut de 6 %. 5,3 %, M. le
Président. Les gens de la Chambre de commerce de Québec, où j'étais après la période de questions, se demandaient bien où
est-ce que notre collègue s'informait sur la réalité économique de Québec, mais, de toute évidence...
dont, de toute évidence, il a perdu vue, il a perdu vue, M. le... qu'il
a perdue de vue, pardon, qu'il a perdue de
vue, de toute évidence. Je m'excuse, j'ai presque fait une faute de français et
je m'en excuse.
Mais ce qu'on
sait, M. le Président, c'est que 14 000 emplois créés à Québec... Ça,
il ne le sait pas, nous autres, on le sait. C'est du monde de Québec qui
est candidat pour le Parti libéral du Québec.
Le Président :
Moi, je ne voudrais pas clore la période de questions comme ça, mais...
Le Président : Ah! Mme la
députée d'Arthabaska, en principale.
Mme Roy
(Arthabaska) : Alors, M. le Président, alors que les clients
d'Hydro-Québec n'ont jamais éprouvé autant
de difficultés à payer leurs factures, on apprend que la société d'État a
empoché près de 1,4 milliard de dollars de trop-perçus.
Si le
gouvernement, avec Hydro-Québec, retournerait cette année ses surplus
d'électricité, ça baisserait de 12 %, ce qui équivaut à une réduction de 300 $ pour un bungalow moyen.
Or, avec l'adoption sous bâillon du projet de loi n° 28, le gouvernement a choisi délibérément de
s'approprier ces milliards de dollars qui auraient normalement dû être
retournés aux Québécois en baisses de tarifs. C'est une autre taxe
libérale déguisée.
Le ministre
de l'Énergie va-t-il exiger qu'Hydro-Québec rembourse immédiatement ses
trop-perçus de 1,4 milliard aux clients floués avec leurs factures
d'électricité?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le Président, ce dont la députée parle, c'est évidemment
la question du report de ce qu'on appelle les gains
d'efficience au niveau d'Hydro-Québec.
Déjà,
dans le budget du 4 juin dernier, le ministre des Finances, dans son budget, M. le Président, avait annoncé que les... ce qu'on appelle les trop-perçus,
c'était une mesure ponctuelle, une mesure ponctuelle pour nous permettre, évidemment,
de rétablir l'équilibre budgétaire. Et donc, M. le Président, il était très
clair dans notre esprit que cette mesure était une mesure temporaire.
Cette mesure, M. le Président, elle est nécessaire pour qu'on puisse rétablir l'équilibre
budgétaire, et je peux vous dire, M. le
Président, qu'aussitôt qu'on aura
rétabli l'équilibre budgétaire il est clair que ces gains d'efficience
seront redonnés, M. le Président, aux consommateurs.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : M. le Président, pendant que les tarifs d'électricité augmentent plus que l'inflation
année après année, pendant qu'Hydro-Québec réalise des profits records, voilà qu'elle a collecté 1,4 milliard
d'argent en trop aux Québécois.
La totalité de ces revenus excédentaires doivent être retournés aux clients en
baisses de tarifs. On parle d'une réduction de 12 % de la facture.
Est-ce que le ministre peut s'engager
aujourd'hui même à retourner ces montants-là dans les poches des contribuables
québécois?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le Président,
encore une fois, je tiens à répéter essentiellement la même chose, c'est-à-dire
que c'est une mesure temporaire,
c'est une mesure qui est nécessaire pour pouvoir rétablir l'équilibre
budgétaire. Et je tiens à rappeler
que cette question des gains d'efficience, c'est une question que la Régie de
l'énergie nous a demandé d'appliquer éventuellement
aux consommateurs. Nous avons décidé de ne pas le faire pour des raisons
budgétaires. Nous avons été, M. le
Président, très transparents. Mais je tiens à dire à la députée que c'est ce
que c'est, c'est-à-dire une mesure temporaire, transparente et qui sera changée dès que la situation budgétaire du
Québec sera meilleure, ce qui arrivera bientôt, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : M. le Président, ça fait sept ans qu'il y a des
trop-perçus, je n'appelle pas ça une mesure temporaire. Les plaintes et les scandales s'accumulent chez
Hydro-Québec. Plusieurs réclament depuis des années que la société d'État soit assujettie à la
Loi sur le
protecteur du citoyen. De notre côté, la Coalition avenir Québec a déjà déposé
un projet de loi en ce sens, mais le gouvernement s'en lave les mains.
Je demande au leader d'appeler le
projet de loi n° 196 et de permettre au Protecteur du citoyen d'enquêter
chez Hydro-Québec.
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Arcand :
M. le Président, il y a énormément de chiffres qui sont mentionnés à gauche et
à droite sur ces questions-là. Et je tiens à
rappeler, encore une fois, à cette Chambre que, sur des questions de nature
extrêmement complexes comme celle,
par exemple, des tarifs d'hydroélectricité... Vous savez, ces tarifs-là,
d'heure en heure, ça peut changer, etc. Les Québécois paient 0,07 $ le kilowattheure, et toutes les
dépenses d'Hydro-Québec sont analysées, et les tarifs sont décidés par la Régie de l'énergie, qui est seule
autorisée à déterminer ces tarifs, M. le Président. Alors, respectons cette
institution, et c'est pour ça qu'on l'a faite, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Chaque année, le ministre de l'Éducation fait parvenir des règles budgétaires
aux commissions scolaires. Ces règles
permettent de faire deux choses aux commissions scolaires : un, déterminer
leur budget pour l'année et les services qui seront donnés; deux,
calculer la variation des taxes scolaires. Cette année, ces règles devraient
être dévoilées demain, le 13 mai, tout
le monde attendait cela. Or, coup de théâtre aujourd'hui, le ministre a fait
parvenir une lettre aux commissions
scolaires dans laquelle il reporte le dévoilement des règles budgétaires pour
une durée indéterminée.
Pourquoi
le ministre de l'Éducation ne veut pas que les électeurs de Chauveau et de
Jean-Talon sachent de combien va augmenter leur compte de taxe scolaire
avant le 8 juin?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Blais :
Alors, je dois avouer qu'il fallait y penser, M. le Président, donc... Écoutez,
effectivement, nous sommes en train de déterminer...
Blais : Oui, alors, nous sommes en train de déterminer les règles
budgétaires pour les commissions scolaires en ce moment. Je dois avouer que le travail a très bien avancé la
semaine dernière. On travaille avec un groupe formé, là, des directeurs généraux des commissions scolaires.
On a fait une bonne
partie de chemin, et je pense que, même, on s'est entendus sur une bonne
partie des éléments, et on
a proposé de continuer à faire le travail parce qu'on pense qu'on peut arriver à une entente tout à fait prochainement.
On est très contents, là, de la relation qu'il y a entre les D.G. parce qu'ils
nous font les propositions, nous, on regarde
ce qui est possible, acceptable. On sait que c'est une situation, hein,
exigeante cette année. On sait qu'il
y a des choix qui sont à faire, on veut faire ces choix-là, si possible, avec
eux, en amont. Donc, on progresse assez bien.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
On sait, M. le Président, que le compte de taxe scolaire est un gros enjeu dans
les partielles de Jean-Talon et de Chauveau.
Or, aujourd'hui, le ministre a reporté la publication des règles qui permettent
de déterminer, le compte de taxe
scolaire, s'il va augmenter ou non. Une lettre vient juste d'être transmise aux
commissions scolaires à cet effet.
Est-ce
que le ministre de l'Éducation peut nous dire si les électeurs dans Chauveau et
Jean-Talon vont être informés de la hausse de leur taxe scolaire avant
le jour du vote, le 8 juin?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Je comprends qu'on est heureux de la question, mais on aimerait aussi
entendre la réponse.
Blais : M. le Président, il faut le voir pour le croire parfois.
Alors, écoutez, à ma connaissance, il y a 125 circonscriptions, là,
au Québec. On travaille en ce moment sur les règles budgétaires. C'est assez
important, je le répète, là, c'est une année
financière exigeante. On l'a dit dès le départ, on a eu des bonnes discussions
aux crédits, là, avec ma collègue sur
le sujet, on a fait une bonne
partie du travail la semaine dernière, et c'était
tellement positif — c'est-à-dire
les terrains d'entente étaient
nombreux — qu'on a
voulu continuer cette semaine pour s'assurer que l'ensemble était bien
attaché. Les règles budgétaires seront déposées prochainement.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : M. le Président, la lettre est sur le bureau du
ministre, elle est actuellement sur le bureau du ministre. Alors, vous nous avez aussi précipités en élection en
2008 en ne disant pas le bilan désastreux de 40 milliards de la Caisse de dépôt. Est-ce que maintenant, par hasard, les
élections partielles dans Chauveau et Jean-Talon, les règles budgétaires
ne seront pas connues avant la date du scrutin? C'est ça qu'on demande au
ministre. Et j'aimerais déposer la lettre, M. le Président.
Le Président :
Consentement pour le dépôt de la lettre? Consentement. M. le ministre de
l'Éducation.
Blais : Bon, écoutez, M. le Président, je connais un parti politique
qui s'est présenté aux élections sans crédits. On est dans un tout autre mode en ce moment, on est dans un mode qui est
essentiellement administratif. Je le répète, c'est une année...
Président : S'il vous plaît! Mme la députée de
Pointe-aux-Trembles, vous avez posé la question dans les règles et correctement, c'est très bien. Vous avez
demandé le consentement pour votre document, on a consenti à le déposer.
Maintenant, est-ce qu'on peut entendre la réponse? M. le ministre, s'il vous
plaît.
Blais : Écoutez, je le répète, là, c'est une année exigeante. Nous le
savons tous, c'est la deuxième année, là, une année qui est nécessaire pour revenir à l'équilibre budgétaire
partout au gouvernement, et, bien sûr, dans les commissions scolaires, il y a un effort qui leur est demandé.
C'est la raison pour laquelle on travaille de près avec les directeurs généraux
en ce moment...
Le Président :
En terminant.
M. Blais :
...pour s'entendre sur ces règles budgétaires. Elles seront déposées bientôt.
Le Président :
Principale, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. La semaine dernière, le peuple albertain a surpris
tout le monde et donné espoir à tous
ceux et celles qui pensent qu'il arrive un moment où il faut mettre les vieux
partis à la retraite, et, tout d'un coup, il devient possible...
Le Président :
S'il vous plaît! Ne soyez pas inquiet, M. le député de Mercier, je protège
votre temps.
Le Président :
M. le député de Mercier, c'est à vous la parole, et uniquement vous.
M. Khadir : Merci. Et, tout d'un coup, il devient
possible d'envisager autre chose que l'austérité et de limiter peut-être
l'influence toxique du secteur pétrolier.
peuple albertain a fait confiance à un parti qui présente, comme Québec
solidaire, des solutions claires, audacieuses
aux politiques d'austérité désastreuses des conservateurs. La nouvelle première
ministre, Mme Notley, veut diversifier
l'économie, augmenter les retours du secteur pétrolier pour assurer, pour
assurer une transition énergétique. Elle
s'est engagée à mieux maîtriser les retombées des ressources naturelles, elle
sait que le développement actuel des sables bitumineux ne profite
qu'à une petite minorité qui contrôle le gouvernement.
Alors,
est-ce que le premier
ministre du Québec
comprend que l'austérité et la dépendance aux hydrocarbures sont des
voies sans issue ou persiste-t-il à poursuivre les erreurs des conservateurs?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, merci au collègue. Alors, c'est pour ça qu'il
n'y a pas d'austérité au Québec. Il y a une période de rigueur budgétaire
qui permet aux enveloppes budgétaires de progresser très lentement, mais ce n'est
pas de l'austérité si on compare, par exemple, à ce qui a été fait dans le
milieu des années 90.
D'autre
part, M. le Président, notre collègue devrait vérifier qu'il y aura un budget bientôt en Alberta et que les problèmes et
les défis budgétaires de l'Alberta demeurent inchangés. Il y aura des décisions
difficiles à prendre en Alberta également
sur les dépenses publiques. Et je lui ferais remarquer également, et je
vois qu'il salue de travail de notre
nouvelle collègue d'Alberta, ce que nous la félicitons également pour son
élection, qu'elle va, bien sûr, militer pour certains projets de pipeline qui ne nous sont pas tellement
sympathiques. Alors, je l'amènerais à être un peu plus balancé dans ses
opinions, attendre le budget et voir l'évolution des choses.
De notre côté, M. le
Président, on continue à travailler pour l'emploi. Je pense qu'il sera content,
lui aussi, de saluer la création de 69 000 emplois au cours de la première
année du gouvernement, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Mercier.
Khadir : Voyons voir ce que le premier ministre peut faire.
Selon l'institut des statistiques, les compagnies minières ont extrait 7,7 milliards des
richesses de notre territoire en 2014, mais elles ont payé 23 millions de
dollars en redevances. Ça ne fait même pas 1 %, c'est 15 fois
moins que le «tip» qu'on laisse au restaurant. Comparez ça aux 33 millions
de dollars que rapportent les permis de chasse et de pêche que paient nos
concitoyens.
ministre des Finances ne trouve-t-il pas un peu gênant de s'en prendre ainsi
aux pêcheurs et aux chasseurs du Québec plutôt qu'aux...
Président : ...s'en prend aux pêcheurs puis aux chasseurs.
J'arrête ça, moi. J'arrête ça. M. le premier ministre
M. Couillard : M. le Président, moi, la pêche puis la chasse, c'est quelque chose qui
est très important pour moi, je voudrais le réaffirmer, puis pour vous aussi,
M. le Président, je le sais très bien, puis pour beaucoup d'autres collègues
de cette Assemblée également.
Maintenant,
je voudrais également lui relater des choses qui se sont produites à Toronto
lors de ma visite là-bas, où les
médias torontois demandaient à la première ministre, ma collègue, pourquoi le
régime de redevances en Ontario n'était
pas aussi exigeant que celui du Québec. Alors, il faut savoir faire la part des
choses. Il faut faire un équilibre entre le fait d'avoir un effet d'attraction sur l'investissement et
l'industrie pour créer de l'emploi. Parce qu'il n'est pas uniquement question de ressources, il est question d'hommes
et de femmes qui travaillent partout au Québec, même jusqu'à Montréal et en Outaouais, en raison de la présence de
l'industrie minière chez nous. Alors, je l'amène, lui aussi, à faire cet
exercice d'équilibre. Il faut attirer l'investissement, mais également
obtenir le maximum de bénéfices collectifs.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Mercier.
Khadir : M. le Président, je trouve désastreux le genre
d'équilibre qu'a trouvé le premier ministre. Sur chaque dollar qui sont extraits de notre sous-sol
actuellement, 0,99 $ vont dans la poche des minières, moins de 0,01 $
dans la poche de l'ensemble des
8 millions de Québécois. C'est sur 8 milliards de nos richesses
naturelles qui sont parties l'année dernière.
C'est où, l'équilibre? Au lieu, donc, de s'attaquer à ces profits miniers, le
gouvernement a choisi quoi? D'augmenter
les tarifs d'électricité, les tarifs de garderie ou encore les permis de chasse
et de pêche que paient nos contribuables.
Moi, je n'ai rien
contre la chasse et la pêche, mais pourquoi vous les tarifez...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, d'ailleurs, également, lors de cette visite, je peux
vous dire que nos collègues, en
Ontario, de tous les partis politiques aimeraient bien avoir les tarifs de
garderie du Québec, aimeraient bien avoir les tarifs d'électricité du Québec, aimeraient bien bénéficier de la
politique familiale du Québec. Alors, encore une fois, un peu
d'équilibre.
Puis, quant aux
compagnies minières, M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Le Président :
Oui, oui. S'il vous plaît! Merci pour la nomenclature. M. le premier ministre.
M. Couillard : Quant aux entreprises minières, M. le Président, c'est quand même un
peu plus large que ça. Les employés,
qui sont très bien payés, d'ailleurs, dans l'industrie minière, paient des
impôts. Les entreprises elles-mêmes paient des impôts, M. le Président.
Il y a des rendements importants pour le Québec. Et maintenant on veut, bien
sûr, qu'elles agissent dans un esprit de
développement durable, notamment pour les sites miniers. Alors, je pense qu'il
faut dire ici que l'industrie minière est bienvenue au Québec. Elle doit
s'acquitter de sa part de responsabilité...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...sociale et financière, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, le mois dernier, la Société des
traversiers a revu sa politique de financement et augmenté ses tarifs. Résultat : encore des hausses de tarifs
bien au-delà de l'inflation. Pour les traverses de Québec-Lévis et de Sorel—Saint-Ignace, le livret de 10 billets pour
les automobilistes est passé de 56 $ en 2014 à plus de 70 $ en 2015.
C'est une hausse de 25 % en seulement un an, c'est carrément un choc
tarifaire.
Pendant
ce temps, les coûts prévus pour l'adaptation des quais de Sorel ont quadruplé,
passant de 10 à 40 millions. Pendant
ce temps, toujours, les coûts prévus pour refaire le secteur de la traverse à
Lévis ont doublé, passant de 8 à
près de 16 millions. Comme par
hasard, le gouvernement augmente les tarifs pour les citoyens quand les coûts
de ses projets explosent.
Pourquoi le
gouvernement choisit-il de refiler la facture de ces dépassements de coûts aux
contribuables de Québec, Lévis et Sorel, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Transports.
M. D'Amour :
Alors, M. le Président, je pense que le député aurait avantage à creuser un peu
sur le plan des informations qu'il transmet
à cette Chambre. Dans le cas de Québec, M. le Président, pour une personne âgée
de 12 à 64 ans, l'augmentation
est de 0,15 $. On est passé de 3,35 $ à 3,50 $. Dans le cas de
Sorel-Tracy, c'est une augmentation de 0,25 $, M. le Président. Et
le coût pour 10 billets, lorsque la personne achète 10 billets, il y
a même une réduction de 15 %.
le Président, ce que la Société des traversiers du Québec a proposé à ses
usagers, c'est une augmentation qui est
mineure, qui permet de maintenir une qualité de service pour les usagers, ceux
qui abordent le service de la Société des
traversiers à tous les jours. Et, M. le Président, M. le Président, 0,15 $
d'augmentation pour Québec, faisons l'exercice, quelqu'un qui part de Lévis, doit emprunter les ponts à tous les matins,
doit se louer un stationnement, faites le calcul, M. le Président... On
parle d'une augmentation de 0,15 $ pour les usagers de Québec-Lévis. C'est
travailler pour les Québécois, pour la pérennité du service et pour des
finances saines du côté de la Société des traversiers.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, plusieurs citoyens de Québec et de Lévis sont en
colère face à cette hausse déraisonnable parce que je le prends, le
livret, moi, voiture, je l'achète. Celui ou celle qui doit prendre le traversier
régulièrement, à chaque jour, achète un
livret. Ça coûtait 56 $ il y a quelques semaines, il est 70 $
maintenant. Et ça, c'est la réalité, et je le paie à chaque fois.
Est-ce
que le ministre peut endosser... expliquer un tel choc tarifaire pour les citoyens
de Québec et de Lévis, s'il vous plaît?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Transports.
D'Amour : M. le Président, M. le Président, deux députés de la CAQ,
deux erreurs sur le même sujet. Il faut le faire, quand même! Je le
rappelle, M. le Président, l'augmentation Québec-Lévis, c'est 0,15 $ pour
une traversée, M. le Président. Et, sur le livret, sur le livret de
10 billets...
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
Il faut faire la différence entre marcher et avoir une voiture. Est-ce qu'il
peut répondre à la question pour la voiture?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Transports.
D'Amour : M. le Président, contrairement aux affirmations du député de
Lévis, pour un livret de 10 billets, ce n'est pas 70 $, M. le Président, c'est 60 $ parce qu'il y a
un escompte de 15 %. Est-ce que ça ne peut pas être plus clair que ça, 0,15 $? Faites le calcul, encore une
fois, M. le Président. Prenez votre voiture, faites le tour, louez un
stationnement, comparez. Comparez, un service sécuritaire, un service de
qualité, régulier...
Le Président :
En terminant.
M. D'Amour :
...au service des Québécois, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, ce sont les automobilistes qui sont visés par cette
hausse de 25 %. À chaque année,
il y en a 373 000, voitures, qui sont transportées par traversier
entre Québec et Lévis. Après l'électricité, les tarifs de garde, les
campings, on fouille encore dans la poche des contribuables.
Pourquoi
le gouvernement choisit-il encore la solution facile de refiler la facture aux
citoyens, 56 $ pour 70 $?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Transports.
D'Amour : M. le Président, permettez-moi de le rappeler parce qu'il s'agit en soi d'une
excellente nouvelle, les citoyens qui
utilisent les services de la Société
des traversiers à tous les jours, ça coûte... un citoyen de 12 à 64 ans,
M. le Président, il en coûtait 3,35 $
pour une traversée. Aujourd'hui, c'est 3,50 $ pour éviter le trafic,
éviter la circulation, et il s'agit M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît!
D'Amour : ...également d'une augmentation qui contribue à préserver
les services de qualité de la Société des
traversiers du Québec, la société qui, faut-il le rappeler, a transporté
5,1 millions de passagers au cours de la dernière année complète d'opération, une société qui offre
des services liés à la sécurité, et il s'agit, pour nous, d'une opportunité
qui est très intéressante, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Labelle.
M. Pagé : M. le Président,
dans la presse...
Président : S'il vous plaît! Il y a qu'une personne qui a le
droit de parole ici, et c'est M. le député de Labelle.
M. Pagé : Merci, M.
le Président. Dans la presse d'hier
et d'aujourd'hui, on peut lire des articles très sévères, très sévères à l'endroit d'une nomination
partisane du gouvernement libéral. Diane Larose, nommée en 2007 présidente
du conseil de discipline de plusieurs ordres
professionnels, a accumulé depuis 2012 des dizaines de causes pour lesquelles
des décisions sont encore attendues. On
parle de cas où la sécurité du public est mise en cause : un infirmier
voleur de narcotiques, un médecin
ayant commis des inconduites sexuelles, une infirmière auxiliaire qui
trafiquait des dossiers. Le chroniqueur
Yves Boisvert, sous le
titre Arrêtez-la quelqu'un , décrit Mme Larose
comme ayant une incapacité absolue à gérer
ses dossiers, qu'elle a même, à elle seule, infecté tout le système de justice
professionnelle au Québec. Rien dans son C.V. n'appuyait la décision
de la nommer à de telles fonctions, rien sauf son allégeance politique.
Est-ce que la ministre de la Justice va remédier
à cette mauvaise nomination?
Le Président : Mme la ministre
de la Justice.
Mme Vallée : M. le
Président, je pense
qu'il est, d'entrée de jeu, important de rectifier certains faits. Me Larose n'a pas
entendu aucun dossier depuis 2012, puisqu'en
2012 son mandat n'a pas été renouvellé. Donc, Me Larose ne siège plus. Par contre, il y a effectivement des dossiers
qui sont toujours en attente. Nous ne pouvons pas commenter ces dossiers-là,
mais, par contre, M. le Président, les parties en cause disposent de certains
outils.
Alors, ceci
étant dit, il y a eu depuis 2012 des modifications d'apportées. Le bureau des
présidents de l'Office des
professions, dont nous avons amplement discuté lors de l'étude des crédits,
sera, sous peu, mis en place, et l'objectif est justement de permettre
d'encadrer les auditions devant le Tribunal des professions.
Mais, ceci étant dit, je tiens à rassurer le
collègue, Me Larose n'est plus en fonction, son mandat n'a pas été renouvellé
en 2012.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Labelle.
M. Pagé :
M. le Président, il y a plusieurs cas qui sont en délibéré avec Mme Larose
depuis 2009, six ans dans certains cas. Mme Larose a pourtant dit
qu'elle refusait de transférer des dossiers.
J'invite la
ministre à ne pas faire une Diane Larose d'elle-même, de prendre une décision,
de répondre aux gens qui attendent. Que va faire la ministre?
Le Président : J'invite juste
notre collègue à...
Président : S'il vous plaît! J'invite juste notre collègue à
faire attention aux comparaisons. Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, je vais faire comme si le collègue de Labelle, pour qui
j'avais du respect jusqu'à aujourd'hui, n'avait pas fait ce
commentaire-là. Ceci étant dit, Mme la députée de...
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme Vallée : M. le Président...
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! Il n'y a qu'une personne qui a le droit de parole ici,
Le Président : On ne le saura
jamais.
Le Président : Bien, c'est
ça. Mais, si on veut l'entendre, il faut l'écouter.
Le Président : M. le député
de Rousseau!
Président : M. le député de Rousseau! J'ai averti, d'ailleurs...
Écoutez, nous connaissons bien le député de Labelle, nous sommes tous
amis avec le député de Labelle. J'ai dit au député de Labelle, d'ailleurs...
Président : S'il vous plaît! J'ai dit au député de Labelle,
évidemment, que son exemple était peut-être mal choisi. Enfin, la
comparaison n'était certainement pas celle que vous vouliez avoir. Mme la
ministre, c'est à vous à répondre.
Le Président : La période de
questions peut être finie là si vous voulez. Bien oui, on peut finir ça, là.
Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Vallée :
M. le Président, il est certain que le dossier qui a été mis en lumière par La Presse ,
et qui, d'ailleurs, avait défrayé les
manchettes dans le passé, et pour lequel il y a plusieurs choses qui ont été...
il y a des gestes qui ont été posés, comme le mandat n'a pas été
renouvellé. M. le Président, on voit et on veille...
Le Président : En terminant.
Le Président : À la rubrique
Réponses différées, Mme la ministre de la Justice répondra maintenant à une
question posée le 7 mai dernier par Mme la députée de Montarville concernant le
Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels et le Fonds Accès Justice. Mme la
ministre.
Mme Vallée :
Alors, M. le Président, il me fait plaisir de répondre à la question de la
collègue, comme je l'avais fait lors
de l'étude des crédits la semaine dernière, donc mardi passé. Il faut se
rappeler que, lors de l'adoption du projet de loi n° 28, il était prévu à l'intérieur du projet de loi une
hausse de la contribution pénale. Et cette hausse-là entrera en vigueur en octobre prochain, donc six mois après
l'adoption du projet de loi, ce qui implique que, pour l'année en cours,
pour l'année financière en cours, jusqu'en
mars 2016, les revenus anticipés de cette hausse de la contribution pénale sont d'environ 2,8 millions.
Pourquoi? Parce que cette contribution pénale s'appliquera aux infractions
qui auront été commises après l'entrée en
vigueur. Alors, voici pour l'année en cours.
Maintenant, pour
les années futures, à terme on prévoit que cette hausse de la contribution pénale va permettre au Québec de générer des sommes de 41 millions annuellement. Ces sommes-là seront destinées aux
victimes. Il y a une mesure... 7,2 millions iront au Fonds Accès Justice, 33 millions au fonds consolidé, qui sert à financer...
Le Président : Première complémentaire, et seule complémentaire en fait,
Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Oui. Merci, M. le Président. Merci, Mme la ministre. Pour poursuivre, cependant, il faut dire que le gouvernement ne s'est pas vanté de cette augmentation de la contribution pénale, passant de 14 $ à
20 $, 40 $ ou plus. Le gouvernement ne s'est pas vanté non plus que les
21 millions de dollars supplémentaires récoltés
cette année n'iront
pas entièrement aux victimes, tel que voulu en 2003.
C'est seulement 13 % des 21 millions qui iront à l'aide aux victimes
et à l'accès à la justice. Le reste, près de 18 millions, serviront à renflouer les coffres de l'État sur le dos
des victimes. Et ça, personne...
Président : Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, la collègue n'a vraiment pas
compris, là. Les sommes supplémentaires qui iront au fonds consolidé vont servir notamment à financer l'aide aux victimes. L'aide aux victimes, M. le Président, l'aide aux victimes, c'est plus de 100 millions de dollars, annuellement, qui sont offerts aux victimes
d'actes criminels via l'IVAC et c'est aussi, également, pour 2015-2016, 131 millions
parce qu'il y a également les sommes qui sont remises aux
victimes dans
le cadre de la
loi sur le civisme, qui sont financées à même ces fonds-là.
Alors, M. le Président, le fonds consolidé...
Le Président : En terminant.
Mme Vallée : ...va et sert à soutenir les victimes au Québec.
Le Président : Alors, cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de votes reportés, nous allons
passer à la rubrique des motions sans préavis,
et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : J'aimerais inviter les membres de cette Chambre à
quitter en silence, s'il vous plaît, pour permettre la poursuite de nos travaux. Et, sans
plus tarder, je cède la parole à M.
le député de Verchères.
Bergeron : Merci, Mme la Présidente. Alors, Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale dénonce toute proposition visant à ce que le gouvernement fédéral mette en place un ministère des Affaires
municipales ou des Affaires urbaines, ce domaine étant une compétence exclusive
du Québec.»
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Mme la Présidente, nous
proposons l'adoption sans débat.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est
adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Très bien. Maintenant, pour la
prochaine... Oui, Mme la leader.
Maltais : Est-ce qu'il serait
possible d'envoyer cette motion à la Chambre des communes ainsi qu'à tous les partis politiques
présents à la Chambre des communes?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, très
bien, ce sera fait, Mme la leader de l'opposition
officielle. Et, pour la prochaine motion sans
préavis, je reconnais un membre du deuxième
groupe d'opposition.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un peu de
silence, s'il vous plaît, pour entendre M.
le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement pour déposer la motion
suivante conjointement avec la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de
l'Inclusion et députée de Notre-Dame-de-Grâce, ainsi que le député de Bourget :
«Que l'Assemblée nationale
souligne l'apport des travailleurs étrangers temporaires à l'économie du Québec;
«Qu'elle rappelle que la venue au Québec de travailleurs étrangers temporaires est de première importance, et que ceux-ci oeuvrent dans plusieurs secteurs clés
et stratégiques de l'économie québécoise, notamment à
titre de
chercheurs, spécialistes des domaines des technologies de pointe, de la santé, de la
culture et de l'éducation ainsi que dans les secteurs de la transformation alimentaire et de la restauration;
«Qu'elle
souligne que ces emplois ont un impact important
sur l'économie québécoise;
«Qu'elle constate que l'entrée en vigueur le
30 avril 2015 des nouvelles règles du gouvernement fédéral relatives au Programme des travailleurs étrangers temporaires crée un climat d'incertitude dans
le milieu des affaires québécois;
«Qu'elle constate que le premier ministre a
lui-même indiqué dans ses demandes en vue des élections fédérales que le règlement du différend qui touche les travailleurs étrangers temporaires était important;
«Qu'elle demande au gouvernement fédéral de
s'entendre avec le gouvernement du Québec dans les plus brefs
délais, avant la prochaine élection
fédérale, sur des modalités
visant à reconnaître les spécificités de l'économie du Québec dans l'application des nouvelles règles relatives
au Programme des travailleurs étrangers temporaires et, ainsi, rassurer
les nombreuses entreprises québécoises affectées par ces nouvelles règles.»
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je
vous remercie, M. le député de Borduas. Maintenant, y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Nous proposons
l'adoption sans débat, Mme la Présidente, et nous vous demandons également d'acheminer
au Parlement fédéral.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Très bien. Y a-t-il adoption de
cette motion sans préavis?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Et ce sera fait, oui, nous
allons transmettre ladite motion sans
préavis. Maintenant, je suis prête à reconnaître un membre du groupe formant le
gouvernement. Il n'y en a pas. Bon, très
bien. Alors, nous allons maintenant passer à la prochaine motion, et je cède la
parole à Mme la députée de Gouin.
Mme David (Gouin) : Merci, Mme la Présidente. Je
demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion
suivante conjointement avec la députée de Pointe-aux-Trembles :
«Que l'Assemblée nationale félicite les efforts déployés
par l'Ontario qui lui ont permis de diminuer substantiellement le taux
de décrochage des jeunes et de favoriser la réussite scolaire;
«Qu'elle constate
que l'ajout de ressources financières en éducation permettant de mieux
rémunérer les enseignants et l'embauche de
ressources additionnelles pour appuyer et soutenir les élèves, notamment en
difficulté, donnent des résultats positifs et durables;
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec
d'investir directement dans la jeunesse en cessant de comprimer les
dépenses en éducation et en réinvestissant directement dans les services et le
soutien aux élèves en difficulté.»
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme
la députée. Maintenant, y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion? On me dit qu'il n'y a pas de consentement.
Alors, nous allons
passer à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions, et je cède
la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Merci, Mme la
Présidente. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission de l'économie
et du travail poursuivra les consultations
particulières à l'égard du projet de loi n° 42, Loi regroupant la
Commission de l'équité salariale, la
Commission des normes du travail et la Commission de la santé et de la sécurité
du travail et instituant le Tribunal administratif du travail, dès
maintenant pour une durée de trois heures et de 19 h 30 à
21 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des finances publiques poursuivra, quant à
elle, les consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 38,
Loi visant à permettre la réalisation d'infrastructures par la Caisse de dépôt
et placement du Québec, dès maintenant pour une durée de trois heures, à
la salle du Conseil législatif.
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors,
merci, M. le leader adjoint du gouvernement. Et, pour ma part, je vous
avise que la Commission de la culture et de l'éducation se réunira en séance de
travail aujourd'hui, après les affaires
courantes pour une durée d'une heure, à la salle 3.31 de l'hôtel du Parlement.
L'objet de cette séance est de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse
d'un mandat d'initiative portant sur le rapport de Raymond Chabot Grant
Thornton concernant la commission scolaire de Montréal.
Et nous en sommes maintenant à la rubrique des
renseignements sur les travaux de l'Assemblée, et je vais céder la
parole à M. le leader adjoint de l'opposition officielle.
Bergeron : Alors, Mme la
Présidente, j'avais peur que vous vous ennuyiez de moi, alors, j'aurais,
effectivement, deux sujets à aborder à la rubrique des renseignements
sur les travaux de l'Assemblée.
D'abord, le 5 mai dernier, le gouvernement a déposé le projet
de loi n° 44, Loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme.
Dès le lendemain, Mme la Présidente, nous avions fait part au gouvernement de
notre volonté, de notre disposition à faire
adopter ce projet de loi rapidement, à tout le moins d'ici la fin de la
présente session parlementaire. Nous
avons même fait connaître notre liste d'amendements, les amendements que nous
aimerions voir apportés à ce projet de
loi. Plus encore, Mme la Présidente, dès le lendemain, nous avons fait
connaître la liste des groupes que nous serions intéressés à entendre.
Depuis, Mme la Présidente, pas de son, pas d'image de la part du gouvernement.
Alors, est-il possible d'avoir une indication de la part du
gouvernement de ses intentions quant au projet de loi n° 44, puisque je réitère, Mme la Présidente, notre offre
de collaboration au gouvernement pour adopter sans délai ce projet de loi?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous
remercie, M. le leader adjoint. Alors, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos : Alors,
effectivement, Mme la Présidente, le projet de loi a été déposé il y a une
semaine, soit le 5 mai, et nous
prenons bien note et prenons acte de l'offre de collaboration. Nous prenons
actuellement en considération les propositions de groupes qui nous ont
été acheminées par l'opposition et nous serons prêts bientôt à annoncer des
consultations, et ce sera fait, évidemment, par la voie d'une motion.
Évidemment, l'Assemblée est aussi à débattre le projet de
loi n° 20. Je vous rappelle que ce projet de loi, qui relève de la même commission, a été présenté le 28
novembre 2014, alors Loi édictant la Loi favorisant l'accès aux services de
médecine de famille et de médecine
spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de
procréation assistée. Il y a eu 47
groupes qui ont été entendus lors des
consultations particulières, ce qui démontre l'intérêt important qui a été suscité par ce projet de loi, et nous sommes en train de poursuivre cette étude, et d'ailleurs
il est prévu qu'on l'appelle aujourd'hui, Mme la Présidente, pour la
suite du débat sur le principe. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le leader adjoint du gouvernement. M. le leader adjoint
de l'opposition officielle.
Bergeron : Sur
cette même question, Mme la Présidente, et je vais être bref, simplement
suggérer au gouvernement... Bon, comme je
disais, on est tout à fait disposés à travailler rapidement sur le projet de
loi n° 44. Alors, si le
gouvernement veut passer direct le projet de loi n° 44 et mettre en
veilleuse le projet de loi n° 20, nous serions, nous, tout à fait
disposés à aller de l'avant dans ce sens.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup. Il y aura de
toute façon un vote sur la motion de report tout à l'heure. Nous verrons
ce que les gens de cette Chambre décideront. Maintenant, avez-vous un autre
commentaire?
Bergeron : Oui, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Oui, allez-y, M. le leader adjoint.
Bergeron : Merci,
Mme la Présidente. Alors, si, à quelques reprises, les intentions du
gouvernement sont relativement claires, dans d'autres cas, c'est pour le moins
nébuleux, Mme la Présidente.
Sur le dossier du projet de loi n° 27, la
ministre de la Famille a livré des messages qui sont pour le moins
contradictoires. Alors, elle a d'abord indiqué, lors des consultations
particulières, qu'elle allait reculer sur certaines dispositions, ce qui faisait en sorte que son projet de loi perdrait de
sa pertinence. Alors, on s'attendait évidemment à des modifications substantielles que nous laissait
entendre le long silence du gouvernement sur ce projet de loi. Or, pendant
l'étude des crédits, elle a dit qu'elle souhaitait son adoption d'ici
l'ajournement de nos travaux en juin.
Alors, Mme la
Présidente, comme les messages concernant le projet de loi n° 27 de la
part de la ministre elle-même sont
pour le moins contradictoires, très nébuleux et un peu kafkaïens, j'aimerais
avoir une idée des intentions réelles du gouvernement quant au projet de
loi n° 27.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci beaucoup. M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui. Alors, Mme la Présidente, cette question est revenue sous une forme un
petit peu différente à quelques reprises, à deux reprises minimalement
devant vous.
rappelle qu'il y a eu des consultations particulières qui se sont tenues le 15,
et 16, et 19 janvier dans ce dossier-là.
Par la suite, la ministre de la Famille a annoncé, le 25 mars dernier, la
mise en place d'un groupe de travail composé
de représentants du domaine, les associations nationales de centres de la
petite enfance, des bureaux coordonnateurs ainsi que d'autres
représentants du milieu, et évidemment ces travaux feront en sorte qu'il y aura
des questions et des recommandations sur la flexibilité de l'offre de garde,
sur l'utilisation optimale des places subventionnées.
y a eu trois rencontres, qui se sont tenues le 20 avril, le 1er mai et le
8 mai dernier. Les recommandations qui émaneront de ce groupe de travail d'ici la fin mai alimenteront notre
travail, permettront d'enrichir les discussions pour la suite de l'étude
du projet de loi n° 27, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, M. le leader adjoint, oui.
Bergeron : Excusez-moi, Mme la Présidente. Simplement vous
dire que j'apprécie sincèrement les précisions qui nous ont été
apportées par le leader parlementaire adjoint du gouvernement. Je l'en
remercie, Mme la Présidente.
Ceci
dit, peut-être aurais-je besoin quand même de clarification, et je vais
peut-être me montrer un peu plus direct dans la question. C'est que la
ministre nous avait indiqué qu'elle entendait procéder à des modifications qui
allaient modifier substantiellement, voire
remettre en question la pertinence du projet de loi. Et là on nous indique que
le projet de loi allait revenir avant la fin de la session.
Alors, ma question
est fort simple : Y aura-t-il des modifications substantielles qui
modifieront la pertinence du projet de loi ou est-ce qu'on en reviendra
vraisemblablement à la version à peu près initiale dudit projet de loi, Mme la
Présidente?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Alors, comme les recommandations sont attendues
d'ici la fin mai, je me vois mal faire d'autres commentaires sur le
sujet, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup. Alors,
toujours à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous informe que demain, lors des
affaires inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la motion
inscrite par M. le député de Rousseau, et cette motion se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement libéral le respect de la parole
donnée aux Québécois par le premier
ministre, le 5 décembre 2014, selon laquelle la hausse de tous les tarifs
serait limitée à l'indexation au coût de la vie;
«Qu'elle
demande au premier ministre de rappeler à l'ordre son ministre de la Santé et
des Services sociaux, qui a confirmé une augmentation supérieure à
l'inflation du tarif exigé aux personnes vivant dans un CHSLD.»
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour, et je vais céder la parole à Mme la leader
adjointe du gouvernement.
Mme Vallée :
Alors, Mme la Présidente, je vous demanderais d'appeler l'article 4, s'il vous
plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, très bien. À
l'article 4 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le
21 avril 2015 sur l'adoption du principe du projet de loi n° 37, Loi
confirmant l'assujettissement des projets de
cimenterie et de terminal maritime sur le territoire de la Municipalité de
Port-Daniel—Gascons au
seul régime d'autorisation de l'article 22 de la
Loi sur la qualité
de l'environnement.
Alors,
je suis prête à reconnaître le prochain intervenant. Et je cède la parole à M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
Picard : Merci, Mme la Présidente. À mon tour de prendre la parole pour l'adoption du principe du projet de loi
n° 37. Comme vous avez dit, la
dernière fois que ce sujet a été discuté en Chambre, c'était le 21 avril,
donc je vais prendre le temps de
relire les deux fameux articles dans la loi. Le
titre est très clair, on
dit : Loi confirmant
l'assujettissement des projets de
cimenterie et de terminal maritime sur le territoire de la Municipalité de
Port-Daniel—Gascons au
seul régime d'autorisation de l'article 22 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement.
L'article 1, Mme la Présidente, dit : «Les projets de construction de la
cimenterie et du terminal maritime qui y est lié, en cours de réalisation le [19 février 2015] sur le
territoire de la Municipalité de Port-Daniel—Gascons,
sont et ont toujours été visés par le seul régime d'autorisation prévu à
l'article 22 de la
Loi sur la qualité de l'environnement.
«Ces projets ne sont
donc pas et n'ont jamais été visés par la
section IV.1 du
chapitre I
de cette loi.»
L'article 2 : «L'article 1 s'applique malgré toute décision d'un
tribunal, rendue après [la date du 19 février 2015], qui a pour effet d'assujettir, à la
section IV.1 du
chapitre I de la
Loi sur la qualité de
l'environnement, les projets visés à cet article.»
Mme la Présidente, seulement deux articles, plus un pour la date de sanction,
mais c'est un projet de loi qui est très lourd de conséquences pour
l'avenir du Québec du point de vue environnemental.
Mme la Présidente, avec le dépôt du projet de
loi n° 37, le gouvernement libéral nous fait, encore une fois de plus, la démonstration de son
application du deux poids, deux mesures. En voulant écarter toute procédure
judiciaire qui obligerait la tenue d'une
audience du BAPE — le
BAPE, pour les gens qui nous écoutent, c'est le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement — nos
ministres sont prêts à déroger des règles et des lois établies pour favoriser
la réalisation du projet de cimenterie de
Port-Daniel—Gascons, alors
que tout autre projet de même nature devrait s'y conformer, Mme la
Présidente.
Avec le dépôt du projet de loi n° 37, le
gouvernement libéral envoie le message que leurs principes sont très
élastiques, car, rappelons-le, ce projet, en plus d'être le plus polluant de
l'histoire du Québec, est non rentable pour le Québec. Dans le contexte actuel,
où les quatre cimenteries du Québec, malgré le fait qu'elles produisent entre
2,5 et 3,7 millions de tonnes de ciment
par année, ne fonctionnent seulement qu'à 60 % de leur capacité, l'arrivée
de cette nouvelle cimenterie est plutôt menaçante pour cette industrie
qui est déjà très saturée. Déjà que ces cimenteries éprouvent des difficultés à vendre leur production, où est la
pertinence d'ajouter 2,2 millions de tonnes de plus? C'est de la
concurrence questionnable, Mme la
Présidente, soutenue par ce gouvernement. Avait-on vraiment besoin d'une autre
cimenterie au Québec? Car, si, pour
créer 200 emplois en Gaspésie, la conséquence est d'en sacrifier autant
ailleurs au Québec, il n'y a pas de gain pour le développement
économique québécois.
À ce propos,
le premier ministre renie une fois de plus ses promesses électorales, car, en
campagne, il a bien dit, et je le
cite, qu'il veut «s'assurer que [le projet de cimenterie] ne cannibalise pas
les [autres] activités des autres cimenteries québécoises», fin de la
citation, alors que c'est exactement ce qui va se passer, Mme la Présidente.
Avec le projet de cimenterie McInnis, le
gouvernement libéral se retrouve coincé entre l'ultimatum d'une entreprise qui
menace de partir si une décision de
la Cour supérieure imposait la tenue d'un BAPE et les promesses électoralistes
faites à la Gaspésie, Mme la Présidente.
Aussi, le
projet de loi n° 37 se présente comme la porte de sortie ou la voie
d'évitement que le gouvernement se donne pour ne pas perdre la face
parce qu'il ne respecte pas les règles et parce qu'il se retrouve, une fois de
plus, empêtré dans la gestion d'un mégaprojet d'investissement électoraliste et
pour lequel il est placé en confit d'intérêts, Mme la Présidente. Car, rappelons-nous le fiasco de la papetière
Gaspésia pour laquelle le gouvernement a sans doute oublié de retenir
quelques leçons, Mme la Présidente, et je vais vous faire un résumé du rapport
de la commission d'enquête, la commission
d'enquête sur la Gaspésia, qui avait mis en lumière trois axes
problématiques : le montage financier du projet, la gestion du
travail sur le chantier par les syndicats et la gestion par le gouvernement de
mégaprojets.
Sur les deux
premiers axes, Mme la Présidente, le projet McInnis se distingue de la Gaspésia et
comporte donc moins de risques; sur la gestion des mégaprojets, le gouvernement a visiblement très peu appris de la Gaspésia. Le rapport dresse une liste de caractéristiques que le gouvernement doit s'assurer de respecter dans sa gestion des mégaprojets dans
l'avenir afin d'éviter un autre désastre
semblable à celui de la Gaspésia, et ces points sont : éviter
l'empressement dans de tels projets — on ne l'a pas, encore une fois, ici;
respecter la concurrence dans le secteur concerné; assurer la transparence
de l'information économique et financière;
respecter l'environnement; éviter une idéologie trop interventionniste; éviter
les décisions à caractère électoraliste; ne
pas se placer en conflit d'intérêts dans cette gestion; et confier à un
organisme indépendant l'évaluation du
projet avant investissement. Vous voyez, Mme la Présidente, que le gouvernement
n'a pas retenu les conclusions de la commission d'enquête sur la
Gaspésia. Autre parallèle : le projet de Gaspésia, c'était un investissement de 153 millions de fonds
publics et la création de 264 emplois dans un projet de papeterie. Encore
une fois, on voit que le gouvernement n'a pas retenu de leçons de ce
fiasco.
Effectivement, Mme la Présidente, le gouvernement se retrouve en conflit d'intérêts. Comment le
gouvernement peut-il jouer à la fois les rôles de
défenseur de l'intérêt public et d'actionnaire? Peut-il être à la fois
juge et partie? Dans tout le
processus qui a mené le gouvernement à déposer ce projet de loi, plusieurs
enjeux environnementaux et économiques sont à examiner sérieusement.
Il est légitime de demander quelles sont les réelles motivations de donner son
aval et d'investir des millions de fonds publics dans un projet dont les
failles sont tellement évidentes, Mme la Présidente. Malheureusement, le gouvernement prouve qu'il n'a non
seulement aucune considération pour
le respect de l'environnement,
mais qu'il n'a aucune considération également
pour les contribuables québécois, qui assistent à une distribution de fonds
publics donnés généreusement pour
subventionner quelques centaines d'emplois à grands frais, 450 millions de
fonds publics, Mme la Présidente.
En mai
dernier, le ministre de l'Économie remettait en cause la pertinence d'investir l'argent
des Québécois dans ce projet. Il a même affirmé avoir
des réserves quant au montage financier du projet, et il disait en ces mots, et
je le cite : «C'est l'argent
des Québécois, et cet argent, ce n'est pas notre épargne, on l'emprunte.
[...]Si [ce n'est pas] un bon dossier,
le marché institutionnel privé pourra prendre la relève, mais je ne suis pas
persuadé, pour le moment, que le risque que nous prenons est celui qu'il
faut prendre.» Fin de la citation. Quand un ministre de l'Économie démontre son
ambivalence quant à la rentabilité d'un
mégaprojet de 450 millions de fonds publics et que ce projet se concrétise
malgré tout, il y a de sérieuses raisons de se questionner. Donc, le
projet de loi n° 37 est l'équivalent d'un passe-droit à une construction
qui, dans l'histoire du Québec, émettra le plus de polluants, mais qui s'avère
en plus un très mauvais investissement, selon les affirmations mêmes du ministre
de l'Économie, et les ministres de l'Environnement et de l'Économie cautionnent
quand même un tel projet, Mme la Présidente.
En acceptant
sans l'intervention du BAPE l'implantation de ce type d'entreprise dont le
coefficient polluant est inquiétant,
le gouvernement met en péril non seulement tout
l'écosystème de la Gaspésie, mais également la santé de ses habitants. À cet égard et en prenant compte des conséquences et des
répercussions sur l'environnement et sur l'humain, tel
que mentionné dans le rapport de la firme Genivar commandé par le promoteur, il
y a lieu de s'inquiéter aussi. Le rapport
Genivar est exhaustif et prend compte de tous les paramètres qui risquent
d'être influencés par la construction et
l'exploitation de la cimenterie. Il fait état également d'une liste de
produits hautement polluants et toxiques qui seront utilisés et des répercussions possibles sur
l'environnement et l'humain. Qu'on pense par exemple aux nombreux
risques de contamination en cas de
déversement accidentel. Le rapport démontre notamment que la cimenterie
McInnis émettra entre 1,75 et 2,2 milliards
de tonnes en équivalent de CO 2 annuellement. C'est-à-dire, Mme la Présidente, que les émissions de gaz à effet de serre produites par la cimenterie représenteront
environ 2,7 des émissions totales au Québec et environ 8,5 des émissions du secteur de
l'industrie. C'est énorme.
Alors, que le
ministre de l'Environnement est bien au fait du plan d'action sur les
changements climatiques et qu'il
connaît bien les objectifs de réduction des GES, il doit forcément comprendre que
l'exploitation de cette cimenterie annulera tous les efforts déployés
pour réduire les GES depuis 2006. Il est évident qu'avec des émissions
annuelles de 2,2 millions de tonnes de
CO 2 à pleine capacité de production le projet de cimenterie aura un
impact incontestable sur le marché du
carbone. En utilisant le projet de
loi n° 37 pour outrepasser ses
propres lois environnementales, le gouvernement néglige également
l'impact de la bourse du carbone. Une fois de plus, le gouvernement va
appliquer le principe du deux poids, deux
mesures, puisque le ministère obligera les autres entreprises qui émettent des gaz à effet de serre à fournir un effort
supplémentaire afin de compenser l'ajout de cette cimenterie dans le marché. À
cet égard, Mme la Présidente, le ministre
lui-même a souligné qu'il ne hausserait pas le plafond des émissions permises
pour tenir compte de ce projet. Et il
dit bien, et je le cite : «La cimenterie entrera en fonction en 2016. Les
autres joueurs devront réagir en trouvant des façons alternatives.» Fin
de la citation.
Ici, on
favorise une industrie hautement polluante au détriment des autres concernées
par la réglementation des émissions
de GES. Et pourquoi le gouvernement accorde-t-il un congé de crédits de carbone
de cinq ans à Ciment McInnis à compter
de la mise en production de l'usine, pourquoi un tel avantage, Mme la Présidente? C'est en contradiction directe avec l'objectif au Québec de lutte contre les changements climatiques.
L'énumération des conséquences néfastes de la construction et de l'exploitation de la cimenterie McInnis a déjà été
présentée par mon collègue, le député
de Borduas. À la lumière de ce rapport, comment le ministre de
l'Environnement peut-il sciemment sécuriser un projet comportant de tels risques? Malheureusement, les Gaspésiens
et les Gaspésiennes sont maintenant confrontés à un projet polluant et dangereux pour leur santé. Alors que
l'implantation d'une nouvelle industrie devrait être une bonne nouvelle lorsque
les emplois permanents sont plutôt rares
dans une région comme la Gaspésie, le projet McInnisressemble davantage à un cadeau empoisonné.
Mme la Présidente, péquistes et libéraux peuvent
porter le blâme quant aux inquiétudes qu'entraîne le projet McInnis. Pour gagner le vote de la Gaspésie, le Parti québécois a donné le feu vert au projet avec empressement, faisant abstraction de leurs principes quand il est
question d'environnement. Et c'est avec ce même empressement que les libéraux
vont de l'avant sans évaluation
environnementale. Ainsi, pour gagner la faveur de la Gaspésie, les deux partis
n'ont pas hésité, à des fins
électoralistes, à faire miroiter l'importance de ce projet comme levier
économique pour le développement de
la région, mais à quel prix, Mme la
Présidente? Au prix du non-respect de
l'environnement et de la santé publique.
Actuellement, plusieurs anciens ministres péquistes sont défavorables au projet et
prennent conscience des impacts négatifs sur l'environnement. À ce
propos, l'ex-ministre des Ressources naturelles affirme que le gouvernement de Mme Marois a eu tort de donner le feu vert au
projet McInnis sans que celui-ci ait
préalablement fait l'objet de l'examen du BAPE, mais elle déplore, et je
la cite : «...il est désormais trop tard pour faire marche arrière puisque
le projet est [déjà] en construction.» Fin
de la citation. Même que certains proposent que McInnis dépose des engagements
quant à la conversion de la
cimenterie à des combustibles à plus faible impact sur l'environnement. Après
avoir cautionné ce projet lorsqu'il
était au pouvoir, encore une fois, est-ce qu'une fois dans l'opposition
le Parti québécois reconnaît finalement les véritables
enjeux?
Du côté du Parti libéral, le ministre de l'Environnement a
toujours martelé que Ciment McInnis allait abandonner le polluant coke de pétrole, le principal agent de combustion, qui émet encore plus de GES
que le charbon, un an après la mise
en service du complexe industriel. Et je le cite : «...ce qu'on a comme information, c'est qu'après la première année d'exploitation la cimenterie
utiliserait des combustibles moins nocifs», fin de la citation, disait-il l'été
dernier lors de l'étude des crédits.
Mme la Présidente, cette affirmation a été
contredite par l'étude d'impact commanditée par le promoteur Ciment McInnis. Le
rapport, qui date de novembre 2013, dit bien : «Étant donné la faible
disponibilité de sources de combustible de
substitution dans la région de Port-Daniel—Gascons, il n'est pas prévu à ce stade-ci d'en
utiliser.» Donc, McInnis ne voit
aucune objection d'importer 175 000 tonnes de coke de pétrole chaque
année et d'utiliser ce combustible, le
plus polluant de l'industrie, sans égard sur les conséquences néfastes sur
l'environnement. Cela explique assez bien que le ministre de l'Environnement se dise mal à l'aise de soutenir le
projet de la cimenterie, ce que rapporte un
article du 22 septembre
2014, alors qu'il en a lui-même autorisé la construction quelques semaines
auparavant.
Alors que des
projets moins polluants ont fait l'objet de nombreuses études
environnementales, ont été discutés, ont
été soumis au BAPE, pourquoi ce passe-droit pour la cimenterie McInnis,
connaissant tous les impacts potentiels sur l'environnement? Deux poids, deux mesures, Mme la Présidente. Du point
de vue légal, le gouvernement libéral prétend que les projets de construction, sur le territoire de la municipalité de
Port-Daniel—Gascons, de la
cimenterie et du terminal maritime
qui y est lié «sont et ont toujours été visés par le seul régime d'autorisation
prévu à l'article 22 de la
Loi sur la qualité de l'environnement».
En ce qui
concerne le projet de cimenterie à Port-Daniel, le projet a été présenté par
Cimbec en 1995, a été soumis à la procédure d'autorisation relative à
l'article 22 de la
Loi sur la qualité de l'environnement. Le
22 février 1996, seulement
13 jours après l'émission du certificat d'autorisation, la loi a été
modifiée et la construction de la cimenterie est devenue assujettie à la
procédure d'enquête et de consultation au BAPE. Or, dans le cadre du projet
initial, où la capacité de production est moindre que le projet actuel, le
certificat d'autorisation comprend les étapes de, et je cite, «préparation et
aménagement du site selon ce qui est stipulé au certificat».
parle ici de préparation du terrain et non de construction. Donc, le projet de
construction de la cimenterie n'a jamais
été visé par le seul régime d'autorisation prévu par l'article 22 de la
Loi sur la qualité de l'environnement, tel que le prétend le gouvernement libéral. Seules la préparation du site et la
construction du terminal maritime sont visées par cet article. Ainsi donc, la construction de la
cimenterie devrait être assujettie au BAPE, d'autant plus que les dispositions
du projet ont été modifiées en cours de
route, puisque la capacité de production a doublé entre l'émission du premier
et du deuxième certificat. En imposant ainsi le projet de loi
n° 37, le gouvernement change les règles du jeu afin que rien n'empêche
l'avancement du projet qui en est déjà à l'étape de la construction.
Effectivement,
Mme la Présidente, le gouvernement libéral s'ingère dans le processus
judiciaire, et il est important de
rappeler comment Ciment McInnis a obtenu son certificat d'autorisation lui
permettant d'entreprendre la construction de la cimenterie en juin 2014.
En délivrant ce certificat à McInnis, le ministre de l'Environnement a
contrevenu aux dispositions d'une loi
d'ordre public, soit la
Loi sur la qualité de l'environnement. Mme la
Présidente, seul le Conseil des ministres
peut émettre un certificat d'autorisation lorsqu'il s'agit d'un projet de cette
envergure, après, bien sûr, qu'une enquête et des consultations
publiques aient été tenues. C'est donc l'ensemble du Conseil des ministres qui
aurait dû statuer sur cette question.
Devant tant de passe-droits et à cet égard, nous
croyons que le projet de loi n° 37 va également créer un dangereux
précédent. Nous tous, de la Coalition avenir Québec, partageons l'inquiétude de
notre collègue et porte-parole en matière d'environnement, le député de Borduas, à l'effet que, dorénavant, la
porte est grande ouverte aux nombreux lobbyistes qui demanderont à ce que d'autres projets ne soient pas soumis à
l'évaluation du BAPE. Nous sommes tous d'avis, mes collègues de la Coalition avenir Québec et
moi-même, que le projet de cimenterie McInnis aurait dû obligatoirement être
soumis au BAPE, étant donné les risques qu'il
représente autant pour l'environnement que pour la santé des gens de
Port-Daniel—Gascons.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière. M. le député de Fabre, vous voulez intervenir.
Ouimet (Fabre) : Oui, Mme la Présidente, j'aurais une
question pour le député de Chutes-de-la-Chaudière, s'il accepte ma
question, évidemment.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Bon, M. le député, est-ce que vous acceptez de
répondre à une question courte?
Picard : Mme la Présidente, ça va me faire plaisir d'accepter
la question lorsque le député de Fabre va déposer son fameux rapport.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je prends ça pour un non,
vous ne répondrez pas à une question.
Alors,
pour la prochaine intervention, je cède maintenant la parole à M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui, merci, Mme la Présidente. Alors, à mon tour d'intervenir sur ce projet de
loi n° 37.
Chers
collègues, c'est la preuve que ce gouvernement libéral est prêt à tout, même à
changer les règles, afin de parvenir
à ses fins. La vérité, c'est que le
gouvernement libéral craint un jugement défavorable
de la Cour supérieure qui viendrait
forcer la tenue d'un BAPE qui mettrait en péril le
projet de la cimenterie située à Port-Daniel, en Gaspésie, un projet polluant et non rentable pour le Québec. Le projet de loi n° 37,
c'est une belle façon pour le gouvernement de renforcer
son jeu de cartes qui menace rapidement de s'écrouler à tout moment parce qu'il
n'a pas respecté les règles et parce qu'il se trouve, une fois de plus,
acculé au pied par une entreprise.
Les Québécois ne sont pas dupes, Mme la Présidente, ils voient parfaitement
son jeu. Pour nous, parlementaires, ce jeu est d'autant plus évident que le gouvernement a choisi de
nous refuser les consultations parlementaires
d'usage sur ce genre de projet
de loi. Ce faisant, le gouvernement démontre son empressement à changer les règles du jeu. Je
tiens à rappeler
que la cimenterie McInnis est le projet le plus polluant de l'histoire du Québec. Il s'agit d'un
projet inquiétant quant à l'intérêt que portent les Québécois à
l'environnement et quant à l'atteinte par le Québec des cibles environnementales que nous nous sommes fixées.
Avec le projet de loi n° 37, le
gouvernement libéral prétend que les projets de construction, sur le territoire
de la municipalité de Port-Daniel—Gascons, de la cimenterie et du terminal maritime
qui y est lié, sont
et ont toujours été visés par un seul
régime d'autorisation prévu à l'article 22 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement. Autrement dit, sans aucune contestation de la part du ministre responsable de l'environnement, le gouvernement en viendra à soustraire, avec ce projet de loi, le projet de cimenterie à l'application de la
section
IV.1 de la
Loi sur la qualité de l'environnement, c'est-à-dire à la procédure d'évaluation
du barreau d'audiences publiques et d'enquête du BAPE dont le Conseil des ministres est responsable du déclenchement.
Mme la
Présidente, en août 2014, la cimenterie Lafarge ainsi
que deux autres groupes environnementaux, Environnement Vert-Plus et le Centre québécois du droit de l'environnement, ont demandé une requête en
injonction contre le ministre de l'Environnement et la cimenterie McInnis afin de faire
annuler les certifications délivrées par le ministre à cette dernière en vertu de
l'article 22 de la loi et d'imposer la tenue d'un BAPE. Bien que les deux
groupes environnementaux se soient désistés, le procès devait débuter le 3 ou 4
mars dernier. Cependant, suite au dépôt du présent projet de loi, les
procédures se sont reportées, ci-dit. Le projet de loi n° 37 vient donc
court-circuiter la procédure judiciaire en
spécifiant qu'il s'applique malgré toute décision d'un tribunal qui a pour effet d'assujettir à la
section IV du
chapitre I de la
Loi sur la qualité de l'environnement.
dictant ainsi au juge la décision qu'il doit prendre, le gouvernement s'ingère
dans le processus judiciaire afin de sécuriser, contre
toute entrave, la cimenterie dont la construction est déjà débutée. Le gouvernement change donc
les règles
du jeu en cours de route pour ne pas perdre la face. Il a tout simplement décidé
d'écrire le jugement à la place du tribunal afin de dissiper tous les risques qui
mettraient en péril le projet. Sans aucune considération pour la protection de
l'environnement, le gouvernement libéral
s'entête, avec ce projet de loi, à ne pas
assujettir le projet le plus polluant de
l'histoire du Québec à une évaluation
indépendante et à une consultation publique.
Sans aucune considération pour le respect
de l'environnement,