National Assembly — 13 September 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAN 2016-09-13
Quebec — Committees
Alors, nous
allons maintenant poursuivre nos échanges avec la commission.
Je rappelle que chaque député dispose d'une période de 20 minutes
pour intervenir avec les représentants de la Commission de la représentation.
Nous faisons
un retour sur la Capitale-Nationale. Je vois que le député de Charlesbourg et
ministre est parmi nous. Je lui
souhaite la bienvenue et je lui cède la parole pour une durée maximale de
20 minutes. Alors, M. le ministre et député, à vous la parole.
Blais : Merci beaucoup, M. le Président. Bien heureux d'être avec
vous, de voir mes collègues, aussi, d'en face et mes collègues du côté du parti gouvernemental et, bien sûr, les
représentants de la commission. C'est une chance que l'on a de pouvoir
être écoutés aujourd'hui, de déployer un certain nombre d'arguments ou de
préoccupations.
D'abord, je
dois vous dire que j'ai beaucoup de respect pour le travail que doit réaliser
la commission, parce que cet
exercice-là, c'est toujours et éternellement la quadrature du cercle entre deux
grands principes qui sont fondateurs de notre démocratie : le principe d'une égalité entre les
citoyens — hein, le
poids relatif du vote doit être pris en considération, c'est aussi vieux que la démocratie
elle-même — et aussi
le principe, surtout dans le parlementarisme britannique... ce serait différent chez les parlementaires français,
mais ce principe que le député représente aussi une communauté. Alors, quel est le sens exact que l'on doit donner à
«communauté»? C'est là, bien sûr, l'effort intellectuel qui doit être fait et,
bien sûr, c'est à ce moment-là qu'il y a un tiraillement possible parce qu'il
n'y a pas d'adéquation préétablie entre une définition possible de «la communauté» et ce principe, là, disons,
mathématique de l'égalité du vote ou une certaine égalité du vote.
Alors, je
veux féliciter la commission pour son travail et faire quelques suggestions. Je
vais commencer sur un terrain plus facile et j'irai vers un terrain plus
difficile par la suite.
Le terrain plus facile, c'est tout d'abord celui
qui est en proximité avec ma propre réalité de député de Charlesbourg. La commission propose des
modifications à la carte pour que la
partie qui est située au nord de
Charlesbourg, donc Chauveau, cède une
partie de ses électeurs à Charlesbourg. Alors là, on a une chance
exceptionnelle parce que, là, il y a
une rencontre entre les deux principes, alors le principe d'égalité, puisque ce
que l'on veut, bien sûr, c'est faire en sorte que la population de
Charlesbourg peut encore prendre un certain nombre d'électeurs pour se
rapprocher de la moyenne québécoise, alors
que Chauveau est sous pression depuis un certain nombre d'années. On peut
penser que cette pression-là va
continuer dans les prochaines années, compte tenu, là, du potentiel de
développement, là, au nord de Québec.
Alors, du point de vue des mathématiques, là, si
je me souviens bien, il y a... il y avait, pardon, en 2014, 52 849
électeurs à Charlesbourg, et la commission propose d'augmenter, par une
ponction, là, dans la
partie sud de Chauveau,
d'augmenter ce bassin de 3 849, ce qui nous fait un total autour de, quoi,
là, 57 000 ou des poussières, 57 700 électeurs, ce qui nous rapproche de la moyenne québécoise
sans la dépasser. Donc, moi, je pense que, du point de vue de la population
de Charlesbourg, pas nécessairement celui du
député, mais celui de la population, cette modification-là peut bien passer
tout simplement parce que ces gens-là se considèrent comme faisant
partie et
font
partie de l'arrondissement de Charlesbourg — avant la création de la nouvelle ville, ils
payaient leurs taxes à Charlesbourg — font leurs emplettes à Charlesbourg, ont des activités socioculturelles à
Charlesbourg et se considèrent comme vivant, en tout cas la plupart, à Charlesbourg. Donc, je pense qu'on a ici, là,
vraiment une complémentarité entre les deux grands principes et ça devrait
assez bien se passer. Je vous rappelle que
la proposition, là, c'est de se rendre jusqu'à George-Muir, donc au nord de...
En ce moment, la circonscription s'arrête à
la Faune. Et c'est de se rendre à George-Muir, donc un peu plus haut, et de
capter, là, cette population-là, et bien sûr Dublin, donc au sud.
Je vais quand
même soumettre à la commission une considération, là, pratique, mais je pense que vous avez cette sensibilité.
Ça pourrait entraîner une pression sur le vote ou l'exercice du vote, parce
qu'aujourd'hui, depuis un bon moment, d'ailleurs,
l'exercice du vote dans cette partie-là de Chauveau se fait à l'école de
l'Escalade, et les gens sont habitués
d'aller voter à l'école de l'Escalade. L'école de l'Escalade ne fait pas
partie, hein, de la proposition, donc elle demeure à Chauveau, ce qui fait que, si on essaie de regarder exactement
qu'est-ce qui pourrait être fait, là, en pratique, là il faudrait aller dans un autre secteur, et là
ça pourrait entraîner une pression, là, au niveau de l'exercice du vote dans
Charlesbourg. Donc, l'école la plus près de cette partie, si on considère qu'on est
à la recherche d'une école comme un lieu d'accueil, la plus près de cette
partie, c'est l'école des Loutres, qui accueille déjà, quand même,
beaucoup d'électeurs. Alors, je pense qu'il faut être sensibles à ça. Vous êtes probablement habitués de jongler avec ces réalités-là, trouver des solutions, mais, sur le fond des choses, en tout cas, je pense que la population à Charlesbourg ne sera pas choquée, là, de cette modification.
vais aller maintenant sur quelque chose d'un peu plus difficile, pas
difficile d'un point de vue moral ou politique,
mais difficile parce que je n'en connais
moi-même pas la solution. Quand on regarde les changements que vous proposez
au niveau de la carte électorale pour le Québec, je pense que c'est majeur, mais je n'ai pas fait
le tour des changements que vous avez
faits ces dernières années, mais je pense que c'est majeur. Je vous rappelle
que vous proposez de passer, en
quelques années seulement, en six années, si je comprends bien, d'un comté
d'exception à sept comtés d'exception. C'est
beaucoup. Et je ne suis pas contre le principe de comté
d'exception, je ne suis même pas contre qu'il y en ait sept, ou huit, ou
cinq, je n'ai pas d'idée là-dessus, mais il faut admettre que c'est beaucoup.
Quand
je regarde ensuite la façon dont je pense comprendre le calcul que vous faites
pour vous donner une métrique, pour
évaluer si un comté, disons, est surpeuplé ou pas, je pense que vous prenez
comme numérateur l'ensemble des électeurs du Québec et vous divisez ce numérateur-là par 125. Évidemment,
ça nous donne un chiffre qui a une autre signification si vous dites : Bien, de toute façon, maintenant, dorénavant, il y aura au moins sept comtés qui
sont des comtés d'exception. Quand on
les regarde, on sait bien pourquoi ils sont des comtés d'exception : grandes
superficies et probablement une population qui est en dessous, hein,
des seuils, parce que sans ça vous n'en feriez pas un comté d'exception. Je ne remets pas en question cette décision, mais certainement que ça cause une distorsion mathématique sur le calcul de votre moyenne.
Hier
encore, je marchais, j'essayais de trouver la solution exactement
à ça. Une des possibilités, c'est dire : Écoutez, si on veut vraiment calculer la moyenne
des électeurs au Québec et qu'on met pas moins que sept comtés de côté, il
faudrait peut-être faire le calcul de cette moyenne-là non pas sur
125 comtés, mais sur les électeurs de 118 comtés. À ce moment-là, la mathématique est
irréprochable : vous augmentez de façon non négligeable, probablement... il faudrait faire le calcul — moi,
je n'ai pas fait les simulations, vous pourriez les faire, je pense que ça
vaudrait la peine d'être fait — vous
augmentez la moyenne québécoise.
Et là la question se pose : Est-ce que le seuil de 25 %,
qui est un seuil, je crois, qui est dans la loi — vous
me corrigerez si ce n'est pas le cas — est-ce que ce seuil-là, qui
était valide à une époque où il n'y avait
pas de comté d'exception, c'est encore le bon seuil, hein, qui mérite d'être
colligé, compte tenu que maintenant
on travaille avec une autre façon de calculer la moyenne?
ne vous propose pas de changer la façon de faire, mais je veux vous
sensibiliser au fait qu'en créant sept comtés d'exception — et
je ne remets pas en question que vous le fassiez — la façon dont vous calculez les choses, la moyenne
et même l'écart que vous tolérez de
25 % méritent, je pense, une considération. Et ça, les simulations que
vous pourrez faire, hein, on pourrait les faire ici, là, aujourd'hui, on
verrait probablement que, les propositions que vous faites, de changement, hein, certaines maintenant
tombent à l'intérieur du seuil et certaines sont exclues du seuil simplement
parce qu'il y a une décision méthodologique qui a été prise sur le fait
d'utiliser 125 circonscriptions et d'utiliser comme numérateur l'ensemble des électeurs du Québec. En tout cas, vous me corrigerez si ma compréhension n'est pas bonne, mais je
pense que ça mérite, de votre part, réflexion si on maintient la proposition
d'avoir sept comtés d'exception.
termine en vous rappelant que ma perception, c'est que c'est des changements
majeurs qui surviennent après six ans
seulement. Je
pense que ça a probablement été dit et ça va être redit ici, la loi est ainsi faite,
semble-t-il, mais c'est peu de temps pour faire des changements aussi importants.
La prudence politique mériterait peut-être qu'on dise :
Écoutez, il y a quand
même un minimum d'années où... on dit
«deux élections», mais on est dans un monde de plus en plus compétitif du point de vue politique, il y a de
plus en plus de partis politiques qui sont représentés à l'Assemblée nationale, on pourrait vivre dans un monde où il y
aura des gouvernements minoritaires un peu plus fréquemment que par le
passé.
Donc,
la règle de deux élections raccourcit beaucoup, hein, les périodes, là, de
changement, donc je veux vous y
sensibiliser. Vous fusionnez quand même... ou vous proposez de fusionner
Mont-Royal et Outremont, ce n'est quand même pas rien — du point de vue historique, là, ces deux circonscriptions-là, en
termes d'identité, là, c'est des entités extrêmement fortes à
Montréal — une
perte de circonscription à Saint-Maurice, l'ajout de deux comtés, pas un, mais deux comtés dans les Laurentides-Lanaudière, et
ça, bien sûr, à l'intérieur de six années seulement. Et là il me semble qu'il y a une règle de prudence. Et moi, je
comprends que la commission doit se tenir loin de la politique pour faire ses
travaux, en particulier la politique
partisane, hein, mais en même temps ces changements-là sont majeurs.
Simplement, regarder la façon de
calculer la moyenne québécoise et la façon de considérer les écarts sur cette
nouvelle moyenne là pourrait changer vos propositions.
Alors,
moi, je serais porté à vous appeler à un peu de prudence. Quand on considère,
là, l'impact des propositions que
vous faites, le peu de temps qu'il y a eu à l'intérieur de la dernière séquence
de changement, je serais porté à vous proposer
un peu de prudence, parce que, bien sûr, même si vous ne voulez pas toucher la
politique partisane, nécessairement, ici, l'impact, je ne peux même pas
l'évaluer moi-même, mais l'impact est réel et est extrêmement important.
Alors,
c'étaient mes considérations, M. le Président, c'est bien peu de chose, là,
mais, encore une fois, je veux féliciter
la commission pour son travail assez difficile. J'ai voulu sensibiliser aussi à
certains aspects, là, qui m'inquiétaient davantage.
Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, merci à vous, M. le ministre, pour ces réflexions, ces
commentaires. Je ne sais pas si, M.
Reid, vous souhaitez réagir aux propos de M. le député de Charlesbourg. Je vous
cède la parole. Et puis après ce sera M. Courville. M. Reid.
M. Reid (Pierre) : M. le Président,
seulement préciser que pour la réforme de 2011 il y avait six exceptions, y
compris avec celle des Îles-de-la-Madeleine. Maintenant, il y en aurait sept.
Par rapport à l'hypothèse que le député de
Charlesbourg a soulevée, en fait, si on excluait les électeurs des circonscriptions d'exception, donc si on en
arrivait à 118 circonscriptions, nous avons fait le calcul, et, quand on
regarde, disons, le poids électoral
des régions, disons, qui perdent un député, pour l'Île-de-Montréal, avec les
chiffres que nous avons, ce seraient deux circonscriptions en moins sur
l'Île-de-Montréal et, pour Laurentides-Lanaudière, c'est un peu équivalent, ce serait, en fait, presque deux
nouvelles circonscriptions, et pour la Mauricie ça ne bougerait pas, on serait
à quatre circonscriptions. Donc, c'était juste pour préciser, là, qu'on a fait
les calculs.
Le Président (M. Ouimet) : Vous
voulez réagir sur ce point, M. le député?
Blais : Oui, pour fins de discussion, là. Donc, merci d'avoir fait les
calculs. À vrai dire, on pouvait anticiper le résultat, donc, intuitivement, on pouvait l'anticiper. La question
que je me pose, sincèrement, c'est la validité du 25 % dans le contexte où on fait les changements et où
il y a autant d'exceptions. C'est plutôt ça que je me pose comme question.
Je ne remets pas en principe le calcul
actuel, mais le fait qu'il y a vraiment un enjeu, disons, d'isoler sept
circonscriptions et de dire : Eux, on ne les considère pas comme
faisant
partie de la moyenne.
Les choses
vont continuer à évoluer dans le temps, hein, et ça va nous rattraper, et là le
problème se pose, de savoir : Est-ce
que le 25 %, qui a eu un sens à l'époque où on était face à tous les électeurs
au même moment, est-ce que ce 25 % là est le bon ratio? Je n'ai pas
eu de réponse à ça, sincèrement.
Le Président (M. Ouimet) : Très
bien. M. Courville.
Courville (Serge) : Oui. Simplement rappeler, M. le Président, que la
carte... en fait, ce qui est proposé dans le rapport préliminaire comme carte électorale a été établi à partir des
données de 2007. Nous sommes en 2016, et la carte doit être bonne pour deux élections, alors ce qui
fait qu'il y a quand même un écart de pratiquement 10 ans, là, qui nous sépare de cette donnée-là, donc. Et ensuite, si on
joue avec le pourcentage, il ne faut quand même pas oublier que tout ça, c'est en rapport, en relation les uns avec les
autres. Autrement dit, si la population locale bouge, la population provinciale
bouge, bien, forcément que le rapport va se modifier lui aussi, là.
Le Président (M. Ouimet) : Très bien.
Merci, M. Courville. M. Jean, vous souhaitiez réagir également?
M. Jean
(Bruno) : Les collègues ont
exposé ce que je voulais dire, mais juste un mot sur la question
de la moyenne sur 125 ou 118, est-ce qu'on met ou non les comtés d'exception. Moi, dans ce que j'ai appris dans
les statistiques, ce que j'ai
même enseigné, c'est que, quand on fait une moyenne, ça résulte de données
diverses, plus élevées et plus basses. Je vois mal comment on pourrait justifier d'enlever de cette moyenne les
éléments plus faibles ou plus bas pour faire monter cette moyenne-là. Il
me semble que la moyenne doit prendre en compte l'ensemble. Je ne vois pas trop
comment on pourrait justifier... en tout cas, pour l'instant, ce n'est pas le cadre dans lequel on travaille, puis
j'imagine que ça voudrait dire aussi changer le cadre légal comme tel.
Le Président (M. Ouimet) : Très bien.
Réactions, M. Courville?
M. Courville (Serge) : Oui.
Simplement un petit rappel, un ajout à ce que je disais tantôt, c'est que,
quand la commission fonctionne,
il n'y a pas d'exception, sauf celle qui est prévue à la loi, les
Îles-de-la-Madeleine. Alors, nous partons tabula rasa, pour ceux qui ont fait
du latin, là, à zéro, et, à ce moment-là, les exceptions se dessinent en tenant
compte de tous les critères mentionnés dans
la loi non seulement pris de façon unitaire, mais en relation les uns par
rapport aux autres, et c'est là que
se dessine l'exception. Donc, ça serait fausser vraiment la démarche et même
l'esprit de la loi si on disait : Bien, on enlève un certain nombre
d'exceptions pour retenir ceux qui ne sont pas en exception, parce que
l'exception se crée au moment de l'analyse, parce que, quand on part, il n'y en
a qu'une, exception, en termes de loi.
Président (M. Ouimet) : Il
nous reste environ trois minutes. Vous souhaitez avoir un peu le mot de la fin,
M. le député de Charlesbourg. Alors, M. Jean, courte réaction.
M. Jean
(Bruno) : Souvent, lorsqu'on parle d'exceptions, on a plutôt en tête
les exceptions négatives, et c'est ce
que M. Blais évoquait, alors qu'il y a aussi des exceptions positives. Aux
élections de 2007 et de 2008, il y avait cinq... ou neuf exceptions positives. Est-ce qu'il faudrait les enlever
également, puisque ce sont des exceptions pour les fins de calcul? Elles sont des exceptions, de toute façon.
Donc, jouer dans cette mécanique-là, ça devient un peu compliqué, là, parce que... est-ce qu'on tient compte des deux
formes d'exception. Mais, quand on dit «exception», moi, ma compréhension
du travail de la commission, c'est que ce
qui est souhaitable, c'est qu'il y ait le moins d'exceptions possible, et c'est
le sens du travail qu'on a mené,
d'ailleurs. Et je considère qu'on a réduit... parce que, quand on regarde
l'évolution, dans le temps, des exceptions, il y en avait pas mal plus
dans le passé qu'on le pense aujourd'hui.
Le Président (M.
Ouimet) : Très bien. Il reste deux minutes. M. le député de
Charlesbourg.
Blais : Alors, moi, je ne veux pas remettre en question la
méthodologie qui vous permet de considérer une situation comme étant exceptionnelle, hein, j'ai donc autant de respect
pour les électeurs de ces situations-là que les autres du Québec.
À vrai dire,
mon problème, c'est quand vous dites : On ne joue pas, là, non plus avec
ce qui est en haut et en bas. Vous ne le faites certainement pas
explicitement, mais implicitement votre méthode m'interpelle. Mais je n'ai pas
de solution, encore une fois, mais votre
méthode m'interpelle, d'autant plus que ce ne sont pas les exceptions, je
pense, pour les deux prochaines
élections, on pense que vous êtes en train d'établir des exceptions qui vont
durer dans le temps si la démographie
est celle que l'on peut anticiper. Donc, c'est majeur comme décision, je ne la
remets pas en question, mais il me semble qu'on devrait réfléchir
ensuite si l'écart de 25 % que vous utilisez est toujours aussi robuste
qu'il l'était à l'époque où il n'y avait pas d'exception.
Le Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, M. le député d'Orford, courte réaction.
Reid
(Orford) : Moi, je voudrais juste réagir un petit peu au
raisonnement qui dit que, mathématiquement, si on enlève la moyenne... Moi, je pense qu'à partir du moment où on
fait une exception le raisonnement du ministre est un raisonnement qui n'est pas farfelu, contrairement
à l'impression que vous avez donnée tantôt. Je ne veux pas remonter en
mathématiques, là, on pourrait le faire si vous voulez, mais je pense qu'à
partir du moment où on traite un comté d'exception
puis ensuite on traite les autres comtés en fonction de chiffres qui sont là...
je ne dis pas qu'il faut le faire, mais
je pense que ça demande un peu plus de réflexion ou, en tout cas, de temps d'y
penser que ce que vous avez fait tout à l'heure en disant que ça n'avait
pas de sens mathématiquement.
Mathématiquement,
si on reste à l'intérieur de la
petite boîte, ça n'a peut-être pas de sens, mais, étant donné que vous vous servez de ces chiffres-là après pour
travailler sur les autres comtés, je pense que ça mérite peut-être
un élément de réflexion un petit peu plus poussé.
Président (M. Ouimet) : Très bien.
Merci. Alors, ça clôt les échanges avec M. le député de Charlesbourg.
Alors, merci infiniment pour votre participation.
Allons faire
un tour maintenant du côté de la belle région des
Laurentides-Lanaudière, et je vais céder la parole à M. le député de
Blainville, à qui je souhaite la bienvenue. À vous la parole.
Laframboise : Merci beaucoup, M. le Président, M. Reid, messieurs, madame. Il me fait plaisir
de comparaître devant cette commission.
Bon, évidemment,
la circonscription de Blainville... vous, vous êtes habitués avec
les tableaux, là, mais, pour les gens
qui nous écoutent, là, évidemment, là, un cadre qui n'est pas uniforme, là, et
une circonscription qui s'est vu amputer une partie... Parce que moi, je représente
Blainville mais à 80 % de la ville. Il y a 20 % qui fait
partie de la circonscription de Groulx. Et je vous dirais que moi, je vous fais
confiance. Parce que, dans un certain passé, j'étais dans un autre Parlement
puis j'ai vécu la réforme de la carte électorale de 2004 au Canada mais qui touchait le Québec, où on avait toujours, bon... à l'époque,
on conservait le même nombre de circonscriptions. La dernière réforme a
augmenté de 75 à 78, à Ottawa, les circonscriptions
au Québec, mais, à l'époque, il y a eu une réforme en conservant le nombre de
circonscriptions, 75, et le résultat,
c'est que, Laurentides-Lanaudière, il y a eu deux nouvelles
circonscriptions : il y en a une qui était Marc-Aurèle-Fortin, à cheval sur Laval et les Laurentides, puis il y a
eu Terrebonne-Blainville qui est arrivée. Donc, il y a eu des nouvelles circonscriptions qui se sont créées. Puis, encore
une fois, il n'y a pas de miracle là-dedans, là, quand on veut une
représentativité, quand on veut que
chaque citoyen ait un vote le plus représentatif possible et le plus équitable
possible à travers le Québec, bien,
il faut inévitablement être capables de... tout en respectant les communautés
d'intérêts, être capables de faire un travail pour s'assurer que les citoyens, même quand ils votent, ils ont une même
représentativité ou... le plus près possible de cette représentativité-là.
Donc, moi, je
n'ai pas de difficulté avec les pourcentages que vous mentionnez, compte tenu
qu'il y a une réalité : la
population de la Rive-Nord augmente. Donc, inévitablement, si on ne corrige pas
ça, bien, ce qu'on fait, c'est que, les citoyens de la Rive-Nord, leur vote est moins important que d'autres à
travers le Québec, puis même à Montréal ou ailleurs. Donc, je pense que vous avez à faire un travail
qui est... et, à l'époque, le travail qui a été fait par le Directeur général
des élections du Canada, il n'était
pas partisan, puis politiquement ça ne faisait probablement pas l'affaire du
gouvernement en place de voir plus de
circonscriptions sur la Rive-Nord dans les Laurentides-Lanaudière, mais c'est
ça, la réalité, quand on veut être équitables, donc c'est le travail que
vous avez à faire.
Donc,
évidemment, moi, avant de venir vous adresser la parole, j'ai parlé au maire de
Sainte-Anne-des-Plaines, parce que,
la façon dont ça fonctionne, votre nouveau redécoupage, à
Sainte-Anne-des-Plaines, là, il y aurait une nouvelle circonscription, Les Plaines, et le maire est très
à l'aise avec ça. La situation géopolitique a changé. Sainte-Anne-des-Plaines,
ça augmente. Votre nouvelle façon de
redécouper, bien, vous ramenez dans Blainville le 20 % qui n'était pas là,
donc, inévitablement, au point de vue
communauté d'intérêts, je pense que vous respectez... donc on est dus pour
faire ça, là. Je pense que c'est
important. On ne peut pas toujours pelleter par en avant, on n'est pas encore
rendus à changer le nombre de circonscriptions électorales au Québec.
vous le dis, là, nous, en tant que le parti politique, la Coalition avenir
Québec, on ne demande pas d'augmenter le
nombre de circonscriptions, on veut maintenir le même comme la réforme s'est faite
à Ottawa en 2004. Je ne vous dis pas
que, dans 10 ans, on n'aura pas à revoir ça. Quand la population augmentera
beaucoup plus, il y aura peut-être lieu un jour de revoir le nombre de
circonscriptions, mais maintenant moi, je pense qu'on doit travailler avec le
nombre de circonscriptions qu'on a, les 125
qu'on a, puis vous devez être capables de faire les aménagements requis pour
que les votes des citoyens soient à une proportion équitable à travers
le Québec.
Tu sais, moi,
je pourrais faire de la politique puis vous dire : Je n'ai aucun
équipement de santé dans Blainville, puis mes citoyens paient, là, puis le
Fonds de développement des territoires, c'est... la MRC de Thérèse-De
Blainville, c'est celle qui a le
moins de sous du Fonds de développement des territoires à travers le Québec. Je
veux dire, on a notre part. Ça, c'est
de la politique. Je la ferai avec le
gouvernement puis les autres partis politiques. Mais, quand
on parle du vote, de l'importance
pour un citoyen d'aller aux urnes puis de voter pour une... peu importe le parti politique, moi, je pense qu'au Québec
il faut que cette personne-là ait le même poids politique, et là, présentement, pour Blainville, ce n'est pas le cas, puis je vous dirais que ça va l'être de moins en moins, là. Parce que nous, on a les expectatives, là, pour les cinq prochaines années. À partir de 2015, ce sera
la région qui aura la plus forte augmentation de population au Québec
encore. Donc, ça veut dire qu'on dépassera,
là, quand vous parlez de... nous, on sera dans le positif, là, évidemment. On
va dépasser le 25 %, là, on l'est presque dans les chiffres de
2014. Ça fait qu'on va être au-delà de la norme, là, donc, on va
dépasser les normes, là.
Donc, nous,
le message, c'est que ce que vous avez proposé est intéressant pour nous. Vous
avez l'aval... en tout cas, moi, je
me suis assuré d'avoir l'aval des élus municipaux, en tout cas pour
Sainte-Anne-des-Plaines et des autres. Blainville,
c'est la même chose. Évidemment, si, le maire de Blainville, vous avez une
chance de l'entendre, il va vous dire qu'il aime ça avoir deux députés,
mais des fois il aimerait, en tant que représentant de sa ville, avoir une
seule représentativité. C'est plus facile
pour lui, là. Donc, au point de vue de ce que vous avez déposé, nous sommes en
faveur.
Je voudrais
peut-être, par contre, vous entendre, parce que vous avez parlé de... bon, vous
allez avoir sept exceptions, mais il
y en aura des positives, là. Est-ce que vous avez estimé le nombre d'exceptions
positives? C'est-à-dire que, ceux qui dépasseront
le 25 %, il n'y en a pas, mais est-ce que vous avez pris en compte
l'augmentation de la population d'ici à 2018? Est-ce que vous l'avez
prise en compte?
Le Président (M. Ouimet) : Oui, M.
Reid.
M. Reid
(Pierre) : Il n'y aura pas
d'exception positive. Et, comme élément d'information, c'est sûr que, dans
Laurentides-Lanaudière, s'il n'y avait aucun
changement d'apporté... Et là on projette pour 2020 avec un taux de croissance
quand même qui est presque le double de la
moyenne provinciale. Je regarde les circonscriptions de Bertrand et Blainville.
Bertrand, il y aurait un écart, là, en 2020,
de 26,6 %; Blainville, c'est 31,1 %; et Joliette serait à la limite,
il serait à 24,6 %; Mirabel,
45 %; et Rousseau, 45,4 %. Donc, la commission, compte tenu de
l'explosion démographique sur la Rive-Nord, se devait, là, d'intervenir
et de ramener l'écart le plus près possible de la moyenne du quotient
électoral.
Donc, c'est
pour ça que ces chiffres-là nous obligeaient, là, sans aucun doute, à apporter
des modifications aux délimitations de la région des
Laurentides-Lanaudière.
Laframboise : Oui. Et là
vous, vous avez pris les prévisions d'augmentation du Bureau de la statistique du Québec. C'est
ça que vous avez pris?
Laframboise : Je vous dirais
que, sur le terrain présentement, les chiffres sont sortis : la croissance
va être plus forte que le Bureau de la statistique, donc il y aura un ajustement. Donc, tout ça pour
dire qu'on est dus, en tout cas, à une réforme de la carte électorale
pour la circonscription de Blainville, que je représente. Merci, M. le
Président.
Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, merci, M. le député de Blainville. Y a-t-il des réactions de la
part de la Commission de la représentation électorale? M. Courville,
est-ce que vous avez la main levée? Oui?
Courville (Serge) : Petite information. C'est qu'au moment où on se
parle Blainville est déjà en exception, alors la tendance lourde est...
Président (M. Ouimet) : Très
bien. Je vais donner une petite consigne peut-être d'intendance. Je sais qu'il
y a des membres de la commission
parlementaire qui souhaiteraient prendre la parole. Le 20 minutes est
principalement dévolu au député qui
s'est inscrit pour prendre la parole. Dans la mesure où il a terminé son
intervention, il ne souhaite pas
intervenir... Je sais que tantôt le député d'Orford est intervenu et je pense
que Mme la ministre souhaitait intervenir.
Alors, de
consentement, on pourrait se donner cette règle-là. Si le député me manifeste
clairement qu'il n'a plus d'intervention sur sa circonscription
électorale, si d'autres représentants veulent intervenir, je céderai la parole
et je respecterai certaines règles de rotation et d'alternance. Ça vous
convient? Là-dessus, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
M. le Président, ça me convient. Toutefois, je veux juste bien, bien, bien
qu'on s'entende sur le fait qu'on
essaie de ne pas faire de cette commission parlementaire une commission partisane. Et il y a des enjeux actuellement autour de la carte électorale qui sont entendus dans les commentaires,
mais chacun, on fait nos représentations
pour nos citoyens et nos citoyennes comme le député vient
de le faire exactement, comme d'autres l'ont fait avant de l'autre côté.
Alors,
tant qu'on reste dans cette teneur de débat et qu'on ne tombe pas dans le jeu
partisan, parce que je trouve que ce
serait important qu'on conserve pour l'institution la qualité des débats et la
teneur de la rencontre, l'environnement dans lequel on tient cette rencontre avec la Commission de la
représentation électorale, je pense que, d'un commun accord, on peut
bien faire ça.
Le Président (M.
Ouimet) : Très bien. M. le député de LaFontaine, sur ce point.
Tanguay : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Deux choses. La
première, juste pour la compréhension du
consentement qui va être accordé, pour ma part, moi, je vais passer jeudi, par
exemple, puis je veux que, dans l'application
du consentement qui sera donné, on puisse permettre... j'aurai peut-être une
présentation d'une dizaine de minutes,
mais après ça j'aurai beaucoup de questions pour les représentants de la CRE et
je ne voudrais pas, parce que techniquement
j'ai fini mon 10 minutes, qu'on vienne un peu passer entre moi et les
questions que j'aurai avec les gens de
la CRE. Donc, que, lorsque le député étant entendu a terminé ses
interrelations, et incluant le fait que la CRE aura aussi des questions,
ça, c'est mon premier point, je veux juste qu'on s'entende là-dessus.
Deuxième
et dernier point rapidement, M. le Président. Jusqu'à maintenant, je pense
qu'il faut se féliciter du fait qu'effectivement — chaque
député est responsable de ses paroles et de ses actes — tous
les commentaires qui ont été faits, là,
c'était de députés, de part et d'autre, responsables qui s'inscrivent
parfaitement dans l'esprit des articles 14 et suivants de la Loi électorale. Alors, je ne vois pas la pertinence de
faire un rappel à la non-partisanerie. On est tous ici 125 députés soucieux de la démocratie, et tous les
commentaires qui ont été faits jusqu'à maintenant respectent rigoureusement
cet état d'esprit.
Le Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, deux courtes réactions de ma
part relativement à votre premier point. Ce que je disais tantôt au niveau de la consigne : Vous êtes
maîtres du 20 minutes qui vous est alloué, ce qui inclut les réponses des représentants de la Commission de la
représentation électorale. Si c'est terminé alors, s'il reste du temps et
d'autres députés souhaitent intervenir, il n'y aura pas de problème.
Deuxièmement,
moi, je ne peux pas juger des interventions faites par les députés. Dans la
mesure où ça respecte le règlement,
je ne pourrai pas intervenir. Mais je comprends le souhait émis par la députée
de Taschereau. Ça se fait dans un esprit non partisan, et c'est ce qu'on
essaie de conserver.
Mme la ministre, il
reste un peu moins de huit minutes.
Mme de
Santis : Non, non, je ne veux pas vraiment poser une question au
député, je veux simplement une clarification.
D'abord, je remercie l'intervention de la députée de Taschereau, on n'a
aucunement le souhait de faire de cette
commission quelque chose de partisan, pas du tout. Ici, c'est le droit de vote,
comment la représentation de tous les Québécois
puisse être la plus effective, qu'on ait vraiment une représentation effective
et équitable. Tout le monde est intéressé dans cela, et nous autant que
vous. Alors, ce n'est pas du tout une affaire partisane.
point, c'est que j'ai entendu à plusieurs reprises parler du nombre de comtés
d'exception lors de la dernière réforme
de la carte électorale. Moi, quand je regarde la page 21 de votre rapport, «un
bref retour sur la carte électorale de
2011», on dit qu'enfin, après tous les travaux qui ont été faits de 2007 à
2011, il y avait trois circonscriptions qui se sont vu attribuer un statut d'exception par la commission auxquelles on
ajoute la circonscription des Îles-de-la-Madeleine. Donc, il y avait trois plus
un. Maintenant, ce que je comprends : que la proposition, c'est six plus
un. Alors, j'aimerais que cela soit
clair, parce que j'ai entendu différents chiffres du côté de la commission et
moi, je me demandais d'où ça vient.
Est-ce
que ce qui est dans le rapport est incorrect ou est-ce que c'est vraiment trois
plus un et maintenant on propose six plus un? C'était une clarification
que je demandais.
Le Président (M. Ouimet) : Très bien. Avez-vous la réponse, madame
messieurs? Mme Lagacé, peut-être. Oui.
Lagacé (Catherine) : Oui. Alors, effectivement, je comprends que ça peut être un peu mêlant. Alors, à la
dernière réforme, donc celle de 2011, la CRE
travaillait avec les données de 2007. En
fonction de ces données, il y avait
donc un certain nombre de circonscriptions d'exception. Ces exceptions étaient au nombre de
quatre, d'accord? Mais, au moment où
la CRE a publié son rapport en 2011, et lorsqu'elle a regardé les données
récentes de 2011, il y avait d'autres circonscriptions, celle de René-Lévesque... pour
lesquelles on voyait qu'il y avait un statut d'exception qui était apparu.
Alors, en réalité, la CRE a reconnu cinq
exceptions plus celle des Îles-de-la-Madeleine, ce qui totalisait six circonscriptions d'exception, au total.
Pour
cette proposition de délimitation, la CRE reconnaît six circonscriptions d'exception, plus les Îles-de-la-Madeleine, ce qui donne un total de sept circonscriptions
d'exception.
Le Président (M.
Ouimet) : Mme la ministre.
Mme de
Santis : Mais, techniquement, vous avez reconnu trois plus un. Dans
les faits, en 2011, ce qui est ressorti,
c'était qu'il y en avait déjà plus que ça. Est-ce que maintenant,
si la tendance se maintient... En 2016, il y en a six plus un. Est-ce
qu'en 2018 il y aura plus que cela? Parce que vous avez travaillé et, comme commission,
vous aviez recommandé trois plus un, et
c'est la réalité qui est venue changer ça. Donc, je me demande : Est-ce
que la réalité va aussi faire que, les propositions que vous avez dans
un rapport de 2015, en 2018, il y aura plus d'exceptions?
Le Président (M.
Ouimet) : Alors, sur la tendance des circonscriptions d'exception, M.
Courville.
Courville (Serge) : À la
dernière opération, on disait : La population bouge, la carte
change. On avait six exceptions au
rapport final de 2011, mais, quand on regarde l'élection de 2012, on était déjà
rendus à sept. L'élection de 2014, on était
rendus à 9 et, l'élection du 30 novembre 2014, on était rendus à 11. C'est
clair. Et ça, c'est le poids de notre histoire à nous. Il faut quand
même penser qu'au XIXe siècle on
a colonisé ce qu'on appelle le Nord, incluant certaines parties du sud, et puis le mouvement, le ressac se produit à
partir des années 1950, et les gens se ramènent dans les basses-terres, et
c'est le prix à payer pour notre histoire.
Alors, oui,
il y aura certainement une modification. Il y en a déjà. On disait : Blainville
est déjà en exception, au moment où on se parle,
alors que nous fonctionnons avec les données de 2014. Alors, c'est clair que ça
va jouer.
Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, merci, M. le député de Blainville, pour nous avoir sensibilisés sur la
réalité de votre circonscription électorale.
Nous passons
à M. le député de Deux-Montagnes, qui, bien sûr, porte deux chapeaux, celui de porte-parole de sa formation politique,
mais il intervient cette fois-ci comme député du comté de Deux-Montagnes. Alors, je vous cède la parole.
M. Charette : Merci, M. le Président.
Et, pour cette raison, je n'ai pas l'intention de répéter tout ce qui a été mentionné hier, mais, de nouveau, merci pour votre
éclairage à travers les échanges que nous avons ce matin, ça nous permet effectivement d'avoir une meilleure perspective de la responsabilité qui est celle de la CRE. Cette responsabilité,
elle est fondamentale. Et, si vous me
permettez, M. Reid, je vais revenir quelques secondes sur un des passages de
votre allocution d'hier. Vous avez mentionné :
«...commençons
par la région des Laurentides-Lanaudière, où nous proposons l'ajout de deux
nouvelles circonscriptions en [raison] de l'augmentation considérable du
nombre d'électeurs qui est survenue depuis la dernière révision de la carte[...] — le
passage le plus important, en ce qui nous concerne. De fait, cette région
est celle qui a connu la plus forte
croissance à ce
chapitre depuis la dernière révision, soit depuis 2007. Elle
constitue présentement la région la plus sous-représentée [au] Québec,
de sorte que son nombre de circonscriptions est maintenant inférieur à son
poids électoral dans l'ensemble du Québec.»
Ce simple
passage justifie pour nous les préoccupations que j'ai pu exprimer mais également
l'argumentaire que mes collègues vont développer ce matin. C'est
fondamental dans l'esprit de notre démocratie qu'un électeur ait droit à la même représentation mais qu'une région aussi
ait un poids conséquent à son importance démographique. Hier, j'ai une collègue du parti gouvernemental qui comparait
les Laurentides avec l'Outaouais avec un argumentaire que je n'arrivais pas à saisir. Elle disait essentiellement que
l'écart était d'à peine, je pense, 200 quelques électeurs, ce qui est faux, ce
qui est faux.
Il y a
une région qu'il faut considérer, mais il y a également des sous-régions à l'intérieur d'une région administrative. Peut-être qu'au niveau des Laurentides, dans son poids, dans sa
globalité, il peut y avoir des ressemblances avec l'Outaouais, mais les Laurentides, depuis quelques années,
connaissent une très grande croissance démographique dans sa
partie sud.
Donc, peut-être que les circonscriptions de
Bertrand... quoique vous ayez apporté des chiffres importants tout à l'heure,
mais, sinon, Mont-Laurier, par exemple,
peut-être que la croissance démographique est moins importante sur cette
partie
du territoire, mais, dans les Basses-Laurentides, elle est galopante, je
vous dirais, la croissance. Et les chiffres que vous avez mentionnés en termes de perspectives
d'avenir — on parle
de 40 quelques pour cent dans certaines circonscriptions — justifient largement les
modifications que vous proposez à travers votre rapport préliminaire.
Donc, lorsque
j'entends des collègues... et je ne les juge pas, mais, lorsque j'entends des
collègues... et ils ont été nombreux
hier à dire qu'une augmentation du nombre de circonscriptions dans les
Laurentides et Lanaudière ne se justifie pas, moi, je m'interroge : je m'interroge sur leur façon
d'anticiper le rôle qui est le vôtre, qui est fondamental. Et, lorsque j'entends... et, ça aussi, j'ai eu l'occasion de
l'exprimer hier, lorsque j'entends la ministre expliquer qu'on doit se fier sur
le nombre d'habitants plutôt que le nombre d'électeurs, on vient littéralement
revoir les règles qui ont été adoptées depuis 1979, en quelque sorte. C'est en 1979 qu'on s'est dotés de ces règles
d'opération, qui confèrent à la commission toute l'indépendance nécessaire. Donc, j'espère, et c'est l'invitation que je
lance à tous nos collègues, c'est de dire : Limitons-nous à des observations purement objectives avec des faits qui
ont été retenus pour l'élaboration de la loi. Moi, je le mentionnais hier, si on doit se fier au
nombre d'habitants parce que certains, dans quelques années, obtiendront leur
citoyenneté, moi, je pourrais vous dire que,
dans nos circonscriptions à nous, les jeunes de 15, 16, 17 ans sont aussi
nombreux, donc il faudrait également les considérer.
Donc, il faut
insister, et on ne le fera jamais assez, sur la représentation effective.
C'est-à-dire, à partir d'une année de référence x, qui a 18 ans et plus
et qui a la qualité d'électeur, c'est la seule variable que l'on doit
considérer pour déterminer un droit de vote.
Et, dans ce contexte-là, les Laurentides et Lanaudière, les propositions qui
sont faites ne visent pas uniquement les Laurentides. Il y aurait une
circonscription qui chevaucherait, en quelque sorte, les deux régions
administratives, mais c'est un territoire, au Québec, qui a connu une
importante croissance démographique.
Donc, à nos
collègues nous réitérons cette préoccupation pour nous d'être représentés de
façon légitime à l'Assemblée
nationale, ce que nous n'estimons pas être pour le moment. Et, en même temps,
ça ne touche pas la circonscription
de Deux-Montagnes, que je représente. Pourquoi? Parce qu'en 2003, justement, il
y a eu un ajustement comme il doit
s'en faire régulièrement. Ma collègue de Mirabel est titulaire d'une
circonscription qui a vu le jour en 2003 et qui a été créée à partir d'anciens
territoires qui relevaient de la circonscription de Deux-Montagnes. Donc, oui,
il y a un ajustement — et j'ai bien aimé la petite référence
historique du commissaire — les populations bougent, et la carte doit s'adapter en conséquence. Donc, Deux-Montagnes,
vraisemblablement, pour les prochaines années, parce qu'on est tout à fait dans les moyennes,
va pouvoir compter sur un territoire déterminé, mais n'empêche qu'il n'y a pas
si longtemps cette même circonscription là a dû s'adapter et elle a
permis la naissance d'une nouvelle circonscription, celle de Mirabel.
Donc, oui,
c'est justifié, et on a pleine confiance dans le rapport que vous avez déposé,
et j'espère que, pour les quelques
étapes qui nous restent avant l'adoption d'une carte définitive pour l'élection
2018, on va s'en tenir aux critères objectifs que vous avez retenus dans
votre rapport. Merci, M. le Président.
Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Deux-Montagnes. Y a-t-il des réactions de
la part des représentants de la CRE?
Ça va? S'il n'y a pas d'autre commentaire, M. le
député de LaFontaine.
Le Président (M. Ouimet) : Oui?
Le Président (M. Ouimet) : Oui. M.
Courville.
Courville (Serge) : ...un commentaire. Quand la commission fonctionne,
elle tient compte, effectivement, dans
ses opérations, de ce qu'on appelle du taux de croissance potentielle de la
population. C'est un facteur relativement aisé, entre guillemets, à considérer. Cependant, il y en a un autre qui
s'attache à ce taux-là, c'est que la mobilité sociale s'accompagne souvent d'une mobilité géographique.
Alors, je ne sais pas, moi, dans un cas, on va dire : La population
n'a pas encore un certain droit
de vote, elle l'aura un jour. Oui,
mais aussi peut-être qu'elle bougera dans l'espace. Et c'est la même
chose dans votre comté. Dans le fond, il y a une mobilité géographique qui accompagne la
mobilité sociale, et ça, c'est un
facteur donc qui est plus difficile à cerner mais dont la commission
quand même essaie de tenir compte à travers ses taux
de croissance, et autres.
Président (M. Ouimet) : Très bien.
Alors, merci, M. Courville. M.
le député de Deux-Montagnes, est-ce que ça
pour vous? Ça va. Merci. Alors, ouvrons aux membres de la commission. M. Jean veut intervenir sur le commentaire du député de...
M. Jean
(Bruno) : On a évoqué les
chiffres sans trop les nommer. Je
voudrais les rappeler. D'après les chiffres que nous avons, en 2007, il y avait 726 000 électeurs dans ce territoire,
Laurentides-Lanaudière, mais, en 2017, c'est 868 000. C'est une augmentation incroyable. Moi qui viens
d'une autre région plus faiblement... je crois rêver. Je veux dire, c'est
comme une augmentation très forte. Et on
prévoit qu'en 2020, qui n'est pas si loin, en fait... jusqu'à
911 000 électeurs. Si un comté au Québec, c'est à peu près 48 000,
je veux dire, c'est facile de comprendre avec une mathématique de quatrième année qu'il y a de la place pour deux
comtés amplement. Il n'y a pas le choix, en fait, si on veut respecter le
critère. Vous l'avez bien expliqué, d'ailleurs. Donc, c'est la réalité, les
chiffres.
Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, je ne vois pas d'autre intervenant, sauf pour le député de
LaFontaine. Je vous cède la parole.
M. Tanguay :
Oui, rapidement, pour le collègue de Deux-Montagnes. J'aimerais lui citer la
page 92 du rapport de mars 2015,
qui fait écho des critères quant à l'analyse visant le redécoupage des circonscriptions
électorales, l'article de la Loi
électorale qui parle de l'analyse qui doit notamment tenir compte de la densité
de la population, du taux relatif de croissance de la population, et,
dans son analyse, à la page 92, de mars 2015, le rapport... je cite la
CRE : «Selon les perspectives démographiques de l'Institut de la
statistique du Québec, les régions des Laurentides et de Lanaudière devraient connaître des taux de croissance
démographique parmi les plus élevés du Québec au cours des prochaines années.»
Fin de la citation. C'est ce qui, selon la logique exprimée, justifiait
l'augmentation du nombre d'électeurs.
Alors,
question au collègue de Deux-Montagnes : Est-ce que, selon sa conception
de la loi, les analyses démographiques et populationnelles, donc plus
larges qu'électeurs, ont leur place, oui ou non, non étant pas du tout?
Le Président (M. Ouimet) : Très bien.
Écoutez, je ne veux pas, moi, interpréter l'intervention du député de LaFontaine,
mais, pour la bonne suite de nos travaux, je nous suggère fortement de peut-être
adresser des questions aux représentants de la Commission
de la représentation électorale et non pas de corriger ou d'intervenir sur les
interventions des collègues sur leurs circonscriptions électorales.
M. Tanguay : Mais, M. le
Président...
Le Président (M. Ouimet) : Le député
de LaFontaine.
M. Tanguay : ...je le faisais
par équité pour le collègue.
M. Bernier : Question de
règlement...
Président (M. Ouimet) : Puis, par la suite, je vais vous reconnaître,
monsieur.
Bernier : ...M. le Président. Écoutez, on se respecte, l'un et
l'autre, je suis d'accord, mais il reste qu'il y a quand même eu une
interpellation qui a été faite par le député en ce qui regarde des énoncés qui
ont été faits par des membres de la
partie ministérielle, donc, à ce moment-là,
si on respecte...
Le Président (M.
Ouimet) : Vous avez raison.
Bernier : ...votre vision des choses, ça ne se fait pas du tout ou ça
se fait dans les deux sens, ce qui est bon pour un est bon pour l'autre.
Merci.
Le Président (M. Ouimet) : Je suis tout à fait d'accord avec vous, M. le
député de Montmorency, j'aurais dû intervenir,
mais, bon, le débat évolue. Moi, je dis — de part et d'autre, on a fait nos
commentaires : Tenons-nous-en aux réalités
de nos circonscriptions électorales et aux échanges avec les représentants de
la Commission de la représentation électorale sans s'interpeller les uns les
autres, parce que, là, ça risque de prendre une autre tangente, et je ne veux
pas vous prêter des intentions, M. le député de LaFontaine.
Tanguay : Très bien. Et, M. le Président, je le faisais même,
je vous dirais, par équité pour le collègue, parce que, sur son temps je ne voulais pas lui voler du
temps pour, moi, engager un échange. Je voulais, par équité pour le collègue,
lui donner l'occasion de répondre puis je
pensais que je le faisais de façon beaucoup plus équitable de cette façon-là
plutôt que de ne pas entendre ce qu'il a à dire.
Le Président (M.
Ouimet) : Très bien. Ça clôt les échanges ou vous voulez...
M. Charette :
Peut-être répondre, parce que j'ai senti la générosité dans le geste de mon
collègue.
Tout simplement
mentionner que, oui, c'est des critères qui sont à considérer et c'est à la
base même de notre argumentaire : les Laurentides connaissent une croissance
démographique importante, sans doute la plus importante à l'échelle du Québec,
et déjà nous sommes en surnombre dans deux circonscriptions, et M. le Directeur
général des élections a précisé que, dans un
avenir rapproché, certaines de nos circonscriptions, certains de nos
territoires seront en situation excédentaire
de près de 40 %, sinon de plus de 40 % dans certains cas. Donc, ça
justifie largement une meilleure présentation
à l'Assemblée nationale parce que nos gens ont droit d'être représentés à la
hauteur de leur poids démographique.
ce même rapport que vous avez cité précise... et M. Reid l'a mentionné hier
lors de son intervention, actuellement, la... pas la circonscription, mais la région des Laurentides est la plus
sous-représentée, par rapport à sa population, à l'Assemblée nationale, et c'est quelque chose qui doit être
corrigé. Je vois mon collègue hocher de la tête de façon négative. Ce sont les
propos mêmes du Directeur général des élections, et je pense qu'ils méritent
d'avoir l'écho nécessaire.
Le Président (M.
Ouimet) : Très bien. Alors, merci. M. le député de Champlain.
M. Auger :
Je voudrais apporter une information supplémentaire : que mon collègue
regarde la situation de l'Outaouais, qui se compare exactement à celle des
Laurentides.
Le Président (M.
Ouimet) : Bon, c'est le danger avec des parlementaires talentueux, on
ne veut pas ouvrir nécessairement le type de
débat qu'on aurait en Chambre en commission parlementaire. Je le réitère,
tenons-nous-en aux réalités de nos
circonscriptions et, s'il y a des questions de clarification avec les
représentants de la CRE, faisons-le, mais évitons de s'interpeller sur les interprétations des uns et des autres.
Je pense que les choses vont aller un peu plus rondement.
Alors,
merci, M. le député de Deux-Montagnes. Passons maintenant à M. le député
d'Argenteuil pour le comté d'Argenteuil. À vous la parole.
St-Denis : Merci, M. le Président. Alors, bonjour, chers collègues.
Bonjour, M. Reid, ainsi qu'à votre équipe.
changements proposés ne touchent pas particulièrement le comté d'Argenteuil,
ils touchent, bien entendu, on en
débat, là, la région des Laurentides-Lanaudière. Argenteuil, moi, je suis né
là, j'ai fait les 25 premières années de ma vie là, puis les 25 suivantes... à Terrebonne, donc, dans la région de
Lanaudière, où j'ai été président de la chambre de commerce là-bas à une
certaine époque et président, pendant plusieurs années, d'une des deux
commissions scolaires de Lanaudière, le sud
de Lanaudière. Donc, les réalités, dans cette région-là, je les ai vues
évoluer, surtout au niveau de la commission
scolaire, parce qu'au niveau de la construction d'écoles, au niveau de
l'arrivage de nouvelles populations il y a eu de très grandes
croissances, effectivement, dans le passé.
fait deux ans que j'ai quitté la région pour retourner dans mon comté, où j'ai
été élu. Il n'en reste pas moins que le gros de l'augmentation a été pas
mal fait, je pense que vous en êtes conscients, c'est établi. C'est là même que
plusieurs des municipalités du sud des
Laurentides et de Lanaudière n'ont plus nécessairement d'endroits pour
développer des nouveaux projets
domiciliaires, ce qui fait que, là, on vit l'étalement : ça s'en va vers
Saint-Colomban, dans mon comté, ça
s'en va vers Mirabel, ça s'en va de plus en plus... Là, on a eu un boom dans le
coin de Saint-Canut, à Mirabel, et ça tend
à s'en venir un petit peu... Donc, je pense que le plus gros de tout ça est
déjà engendré, déjà tout complété au niveau de la démographie dans le sud de Lanaudière et dans le sud des Laurentides.
On l'a vu arriver. Je pense que maintenant, pour ma part, il serait prématuré de faire des changements majeurs dans
cette région-là. Il resterait à voir comment les différentes
municipalités pourraient accueillir encore des nouveaux habitants.
Quand on parle d'ajout de deux comtés
dans cette région-là, des Laurentides-Lanaudière, moi aussi, j'en viens
au fait que, quand je compare avec les chiffres de l'Outaouais, je me dis que
je ne comprends pas.
Donc,
ma première question. Dans le fond, j'aimerais ça que vous élaboriez, là, que
vous me convainquiez plus, là, de la nécessité d'ajouter deux nouveaux comtés
dans une région où la moyenne, la moyenne selon la moyenne de base, là, pour les électeurs dans un comté, dépasse de
13,80 %... et puis que vous n'en ajoutez, n'en proposez aucun dans la
région de l'Outaouais alors que la moyenne
où on dépasse est de 13,34 %. On parle de quelques centièmes de différence
dans deux régions où la moyenne dépasse la moyenne de base et on propose deux
nouveaux comtés dans la région de Laurentides-Lanaudière,
puis on n'en propose aucun dans
l'Outaouais. Moi, là, cette logique-là, là, ces chiffres-là, là... j'ai plus qu'une quatrième année, comme dirait
votre collègue, là, mais c'est des mathématiques de cinquième, peut-être,
là, expliquez-moi où est la logique là-dedans,
hein? J'essaie de comprendre pourquoi on veut absolument mettre deux nouveaux comtés là pour la prochaine élection. Moi, je me
dis qu'il est prématuré de le faire, parce
qu'on l'a vécu, le boom, là. Le
plus gros du boom, on l'a vécu.
m'amène à ma deuxième question, là. Il ne sera pas très long, mon exposé. Ma
deuxième question, c'est que vous prenez une région qui dépasse de
13,80 %, là, la moyenne qu'on se donne, nationale pour un comté, la
moyenne de base. En créant deux
nouveaux comtés dans cette région-là, vous créez le comté de Prévost, qui va
être à 13 % d'écart en partant.
Il va être à 13 % d'écart en partant. Inclure un comté dans une région où
vous voulez faire des changements quand l'écart est de 13 virgule
quelques centièmes pour cent, donc quelques centièmes de différence. Puis c'est
quoi, l'argument de dire : On va
rajouter des comtés pour baisser la moyenne, mais vous créez un comté dont la
moyenne est similaire à cette moyenne-là que vous prenez pour pouvoir
créer ces deux nouveaux comtés là?
Puis, pire que ça, le deuxième comté que vous
voulez créer, qui est Les Plaines, en le créant, vous lui donnez un écart de moins 20 %, sept points en haut de
la moyenne d'une région que vous prenez pour rajouter deux comtés. Là, je
suis peut-être rendu en
mathématiques de cinquième année ou de sixième ce coup-là, là, mais
expliquez-moi ça, je veux comprendre
tout ça, je veux que les citoyens comprennent ça, parce que,
pour moi, écoutez, sauf votre respect, ça ne fait aucune logique. Quand on dit : Ce qui est bon
pour papa, c'est bon pour maman, bien, dans
ce cas-là, pourquoi
deux nouveaux comtés dans la région
des Laurentides-Lanaudière puis aucun nouveau dans l'Outaouais? Puis je pense
que, si vous avez des données
différentes des miennes, là, tu sais, avec le respect de mes collègues
de l'autre côté, qui expliquent que, les villes comme Blainville, etc., tout ça, il y a eu beaucoup, beaucoup de population, il y a beaucoup de nouveaux jeunes qui sont là... mais expliquez-moi si vous pensez que, dans un avenir
rapproché, ça va continuer encore. Moi, je ne le vois pas de cet oeil-là. La grande majorité du sud de
Lanaudière, les villes ne peuvent plus accueillir de projets domiciliaires,
c'est la réalité, là, ils ne peuvent plus
développer. Donc, le développement va s'étaler plus naturellement un peu plus vers le nord, un peu plus vers l'ouest, si on parle des Laurentides, ce qui va venir naturellement équilibrer... je parle peut-être
pour l'élection de 2022.
Et puis je pense que mon commentaire, il est plus
à l'effet qu'il est peut-être prématuré maintenant de le faire, parce qu'il va se faire un équilibre plus naturel.
Puis ma proposition, évidemment, elle serait pour la région, comme vous ne touchez pas à l'Outaouais, serait de
rediviser... pour satisfaire aux exigences, de rediviser à l'intérieur même de
cette région-là, parce qu'on ne doit
pas être si pires, dans Laurentides-Lanaudière, à 13,80 %, puisque, dans
l'Outaouais, je n'ai aucune proposition d'ajout de comté où l'écart est
similaire.
Donc,
grosso modo, là, mes questions vont là-dedans, avec tout le respect que j'ai
pour vous puis votre travail puis
celui de vos collègues, l'analyse en soi, mais, au-delà des chiffres, il y a
des réalités : les villes n'ont plus de place. Quand on fait de l'actuariat, là on voit les
chiffres évoluer dans le temps, mais ce qu'il faut réaliser aussi, c'est que
les villes n'ont plus de place pour accueillir des projets domiciliaires. Donc,
ça va stagner beaucoup dans le sud de ces deux régions-là. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le député d'Argenteuil. Des
réactions? M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : M. le Président, effectivement, l'Outaouais est une région
qui exerce une pression sur l'augmentation
de sa représentation, sauf que présentement elle demeure... je pense que le
nombre de députés représente le poids électoral de la région. Mais il
faut considérer qu'en Outaouais, quand on regarde le nombre d'augmentations d'électeurs de 2007 à 2014, il est de presque
27 000 électeurs, alors que, dans Laurentides-Lanaudière,
l'augmentation est de 116 663.
Déjà là, juste par ces chiffres-là, si on regarde, là, ce que devrait être une
circonscription, on voit que, dans Laurentides-Lanaudière, c'est
largement, là, sous-représenté.
ailleurs, au commentaire où vous
soulignez que, dans Les Plaines, avec la proposition, on est à l'écart
de... par rapport au quotient, la moyenne est de moins 20 %, les
projections pour 2020, déjà, ce pourcentage va s'abaisser à moins 14 %. Pour Prévost, qui est à moins
12 %, pour 2020, l'écart passerait de moins 12,9 %, presque
13 %, à moins 3 %. Et c'est
sûr que la carte... en fait, on fait une proposition pour une carte,
là, pour les deux prochaines élections, pour huit, 10 ans, et c'est sûr
qu'en 2022, donc, au lendemain de la deuxième élection, bon, si c'est la
deuxième élection — je
ne veux rien prétendre ici en affirmant cela — mais il faudra revoir à ce moment-là quel
sera l'état démographique du Québec.
Mais
je vous concède qu'effectivement l'Outaouais, la Montérégie également sont deux
régions où l'augmentation de population va nous amener à faire un exercice lors
de la prochaine carte électorale... pas la prochaine, disons, la deuxième,
dans huit, 10 ans.
Le Président (M. Ouimet) : D'autres réactions de la part des membres de la
Commission de la représentation électorale? M. le député d'Argenteuil.
M. St-Denis : Mais
justement mon argument va à cet effet-là. C'est que je trouve prématuré de le
faire maintenant, de faire un peu,
excusez l'anglicisme, le patchage, là, ici et là quand on ne connaît pas
exactement comment ça va se produire.
le sait, qu'il y a des problématiques dans l'Outaouais qui s'en viennent.
Vont-elles être réelles ou pas? Les projections
pour 2020 dans Les Plaines ou dans Prévost sont-elles réelles ou sont-elles
sûres à 100 %? C'est pour ça que, quand moi, je vous parle de
prématuré, je ne mets pas en doute le travail que vous avez fait puis les
chiffres que vous apportez, mais je pense
qu'on va toucher à des régions, on va déstabiliser certains, parce que ce n'est
pas évident, là, quand on refait des
territoires, ça déstabilise, et puis peut-être recommencer ou être dans le
champ pour la prochaine. Tu sais, on dit qu'on veut y aller pour huit,
10 ans.
Moi,
je pense que, le travail qui est fait là, il y a du bon là-dedans, il y a des
bons chiffres, il y a des bonnes données qui sont apportées, qui portent à réflexion, mais moi, je pense qu'il y
a un gros mouvement qui s'est fait dans les dernières années, il est presque terminé puis je pense que
ce serait bon de laisser retomber un peu plus la poussière à cet égard-là et de
se préparer justement pour 2022 avec... on parle de projections de 2020, là,
que vous avez, de voir si elles sont réelles, puis, à ce moment-là, de régler l'ensemble. Là, moi, je pense qu'on ne
règle pas l'ensemble, et puis ce serait plus important, tant qu'à faire quelque chose, de le faire
convenablement, de le faire bien, mais de le faire... je ne dis pas «une fois
pour toutes», parce que ça évolue
toujours, mais de le faire vraiment au lieu de juste, ici et là, retoucher, là,
à trois, quatre places, là, puis sans être certain qu'on va avoir réglé
l'ensemble du problème.
Moi,
pour ma part, quand je vous questionne sur Laurentides-Lanaudière et
l'Outaouais, vous m'apportez des chiffres,
vous argumentez sur les données que je vous donne, mais vous ne réglez pas mon
questionnement sur le fait qu'on n'apporte
pas de nouveau comté dans l'Outaouais. Oui, vous l'avouez vous-mêmes, qu'il y a
de quoi qui va se passer là, là, mais
pourquoi privilégier un plus que l'autre parce qu'il y a quelques centièmes de
différence dans l'écart? Oui, il y a des
changements à faire, mais je pense qu'il faut prendre le temps de regarder tout
ça dans sa globalité. Puis, tu sais, j'ai l'air de quelqu'un qui dit que
ce n'est pas grave s'il n'y a pas assez de comtés puis qu'on n'est pas représentés.
Moi, 5 000 citoyens de plus à
m'occuper, je n'ai pas de problème avec ça. Je pense que je vais bien les
représenter, qu'il y en ait 5 000 de plus, 5 000 de moins.
Merci.
Le Président (M.
Ouimet) : Très bien. Réactions? M. Reid.
M. Reid (Pierre) : Oui. Merci, M. le Président. Au moment où on se parle, déjà, dans
Laurentides-Lanaudière, vous avez deux circonscriptions d'exception.
Vous
comprendrez également que la préoccupation de la commission, c'est d'avoir une
carte électorale qui ne porte pas
flanc à la contestation judiciaire. Et déjà nous justifions... et je pense que
notre carte franchirait, là, toute contestation
judiciaire, mais, si on ajoute encore
des circonscriptions d'exception, on fragilise la carte électorale.
Et je ne sais pas comment est-ce que
nous pourrions justifier actuellement que pour Laurentides‑Lanaudière on laisse la situation telle
quelle. Je veux dire, c'est indéfendable, on se doit d'y toucher. Et, je
répète, pour l'Outaouais, c'est 26 000
électeurs, on sait qu'il y a une
progression, mais on a la situation de Laurentides‑Lanaudière qu'on ne peut pas
éviter. On ne peut pas maintenir la situation telle qu'elle est
actuellement.
aussi préciser, quand on parle des circonscriptions d'exception, au nom de la
commission, je dois vous dire, ce
n'est pas... parce que j'entends des commentaires, il n'y a pas de droit acquis
aux circonscriptions d'exception. Donc, à chaque exercice, comme mon collègue
M. Courville l'a rappelé, on fait table rase et on a encore la circonscription
des Îles-de-la-Madeleine. Peut-être qu'à un
moment donné, je ne sais pas, les... Je comprends qu'elle est dans la loi. On a
une circonscription qui représente 10 000 électeurs, alors que notre
moyenne d'électeurs est de 48 000. Nous ne pouvons pas intervenir,
c'est une circonscription qui est protégée dans la Loi électorale, mais je vous
invite quand même peut-être à y réfléchir,
là, sur le statut des Îles-de-la-Madeleine, mais, pour le reste, on vise à
avoir le moins possible de circonscriptions d'exception.
Le Président (M. Ouimet) : Très bien. M. le député d'Argenteuil, y avait-il
d'autres commentaires de votre part?
St-Denis : Oui, j'ai un autre commentaire. On parle de la population
en général puis des projections. Je reviens encore avec l'Outaouais, la comparaison entre l'Outaouais et Laurentides‑Lanaudière.
On parle d'une différence en haut de la moyenne d'électeurs, là, de
13,80 % pour Laurentides et 13,34 % pour l'Outaouais.
J'aimerais
comprendre dans vos projections... parce que, quand on parle de projections
pour l'élection qui s'en vient puis
la prochaine, c'est que, dans mes données ici, l'écart de la population avec la
moyenne, la moyenne est de 14,81 % dans Laurentides‑Lanaudière, tandis que dans l'Outaouais l'écart est de
22 % par rapport... On parle de la population. Ça, ça veut dire, la population, là, ceux qui
peuvent... si les chiffres sont plus hauts, ça, on parle de tous ceux qui ne
peuvent pas voter encore, donc 18 ans
et moins. J'essaie de comprendre pourquoi vous ne proposez rien dans
l'Outaouais puis j'essaie de voir,
là, si vous avez des chiffres à me donner pour me rassurer, parce que ça, ça
veut dire que, si l'écart est si
élevé que ça, il y a des gens qui vont venir aux urnes, là, dans les prochaines
années, là, en masse, tandis que, quand on parle que l'écart est de
14,81 % dans Laurentides-Lanaudière, donc, il y en a moins qui vont
arriver dans les prochaines années projetées que l'Outaouais.
Donc,
comprenez-vous le sens de ma question? Comment vous pouvez me rassurer
là-dedans, là, qu'on ne fait pas fausse piste, là, ou qu'on n'oublie pas
une région par rapport à l'autre?
Le Président (M.
Ouimet) : M. Courville.
M. Courville (Serge) : J'aimerais peut-être vous faire une réponse à
deux paliers. Le premier palier serait de rappeler que l'Outaouais a un quart de million
d'électeurs... 274 000 ou à peu près, et la région de Laurentides‑Lanaudière
en a 825 000 en partant.
Deuxième fait, c'est que l'évolution de 2007 à 2014, donc les chiffres sur lesquels
on se base pour la carte, bien, c'est
7 % pour l'ensemble de la province; dans le cas de Laurentides‑Lanaudière,
13,7 %; dans le cas de l'Outaouais, 9 %. Ça, c'est le portrait
général.
Le deuxième palier serait de rappeler que, quand
je regarde les circonscriptions de l'Outaouais, le taux de croissance, l'écart varie, en gros, de 4,9 %
à 19,3 %. Quand je regarde Laurentides‑Lanaudière, le taux de croissance
varie de 17 % à 29 % et
même 37,5 %. Autrement dit, le taux de croissance est beaucoup plus rapide
dans Laurentides‑Lanaudière qu'il ne
l'est en Outaouais. Alors, il y a quand même deux situations complètement
différentes, là, en termes de rythme de croissance.
St-Denis : Là, vous vous basez sur les chiffres de 2007 à 2014, mais là on fait des pronostics pour des élections
de 2018 à 2022, puis, comme je vous disais,
dans la région de Laurentides‑Lanaudière, moi, je me base, là... ce n'est pas
scientifique à 100 %, mais la logique est là, là. Il n'y a plus
de place pour des nouveaux projets domiciliaires dans plusieurs des municipalités de Laurentides-Lanaudière.
Pourquoi il n'y a plus de place? Parce qu'il y a eu une croissance phénoménale
qui vient répondre exactement aux chiffres que vous nous donnez, là.
Vous nous dites : 2007-2014. Oui, j'étais
là dans ces années-là, dans le sud de Lanaudière, là, et puis c'était incroyable. Là, les contracteurs s'arrachent les
cheveux de sur la tête parce qu'ils n'ont plus de place pour pouvoir faire
des projets domiciliaires. Donc là, les
chiffres que vous donnez sont sûrement très vrais, parce que ça reflète la
réalité, mais ça ne continuera pas de
même, là. Là, de la manière que vous me parlez, vous vous fiez là-dessus pour
ce qui va arriver dans les six à huit
prochaines années. Je ne suis pas convaincu que c'est comme ça. C'est ça que je
veux, que vous puissiez me convaincre.
M. Courville (Serge) : ...votre
intervention.
Le Président (M. Ouimet) : M.
Courville.
Courville (Serge) : Cependant, M. le Président, quand je regarde
l'écart en Outaouais, il n'y en a aucun qui est menacé au moment où on se parle. Or, au moment où on se parle,
Blainville est déjà en exception. Ensuite, on a Rousseau qui est en exception et Mirabel qui est en
exception. Il y en a déjà trois dans Laurentides-Lanaudière. Donc, entre 2014
et 2016, la tendance, elle est là.
St-Denis : Oui, mais il y a 15 comtés à rediviser. Il y a 15 comtés où
on peut rediviser ces écarts-là sans être obligé d'en ajouter. En Outaouais, vous en avez cinq. Ça ne fait pas
beaucoup, 15 comtés. C'est 30 % de différence entre les deux, là, quand vous voulez rediviser. C'est
pour ça que je vous suggère de rediviser à l'intérieur même de ce qu'on a comme territoire. Ce n'est pas obligatoire que
le comté soit une ville, là. C'est sûr que c'est souvent souhaitable, mais,
à un moment donné, un comté d'exception
versus une limite de ville, moi, je pense plus que je toucherais à la limite de
ville.
Président (M. Ouimet) : Je
dois vous interrompre, M. le député d'Argenteuil, parce qu'il ne reste plus de
temps à ce bloc de 20 minutes. Je sais
que j'avais trois autres personnes qui avaient demandé la parole, mais on va
passer maintenant à M. le député de
Groulx, qui va nous parler de la réalité du comté de Groulx, et puis je vous
cède la parole.
Surprenant : Je vous remercie, M. le Président. Je veux d'abord mettre
les choses en perspective en citant quelques lignes du rapport de la
commission.
À la page 13,
la commission écrit : «Dans l'exercice de ses fonctions, la commission
agit en toute neutralité et impartialité — et c'est ce que le rapport me laisse
entrevoir, donc. Ces deux aspects sont notamment assurés par le mode de
nomination des commissaires qui exige l'accord des deux tiers des députés de
l'Assemblée nationale.»
Alors, un peu plus loin, on parle que «la
division du territoire à des fins électorales doit respecter un principe
démocratique fondamental : [qui est] la représentation effective des électeurs».
Un peu plus loin — je
suis rendu à la page 27, je vais dans un peu
plus gros paragraphe : «...la commission suggère [donc] l'ajout de deux
circonscriptions dans la région des Laurentides-Lanaudière. Cette
région, dont la population électorale affiche la plus forte croissance à l'échelle provinciale, voit son poids électoral
dans l'ensemble du Québec augmenter d'année en année. En conséquence, son nombre de circonscriptions est aujourd'hui
nettement inférieur à son poids électoral. L'ajout de deux circonscriptions
permet de corriger les écarts d'exception positifs de deux circonscriptions et
d'éviter que trois autres circonscriptions franchissent
à court terme le seuil maximal du nombre d'électeurs permis selon la Loi
électorale. Dans la proposition de délimitation,
une circonscription est retirée de la région de l'Île-de-Montréal, et une
autre, de la région de la Mauricie. Ces
retraits permettent d'établir un nombre de circonscriptions plus représentatif
du poids électoral de ces deux régions dans l'ensemble du Québec.»
Alors donc,
je félicite la commission pour l'objectivité et puis la façon qu'ils ont conçu
leur rapport. Maintenant, M. le
Président, je voudrais spécifiquement, donc, parler de la région des
Laurentides au niveau de l'évolution démographique,
alors je voudrais revenir au niveau de la croissance de la région. Elle n'est
pas du tout en stagnation, et il y a une croissance exponentielle dans
la région, ce que l'on voit depuis plusieurs années. Il est anticipé par
ailleurs qu'il y aura une croissance qui va
être tout aussi, sinon encore plus exponentielle pour les prochaines années. Il
y a encore beaucoup de territoire, de
terrains qui peuvent être utilisés pour la construction domiciliaire.
D'ailleurs, le plus gros projet, actuellement, domiciliaire au Québec se fait dans les
Laurentides. C'est le plus gros développement... voyons, le plus gros
développement immobilier qui a lieu actuellement en province, donc, je disais.
Au niveau des données dont la commission
tient compte, elle a vérifié les croissances entre 2007 et 2014 et également
elle tient compte de projections.
Je voudrais
vous montrer un tableau qui est extirpé d'un livre qui s'appelle L'État du
Québec , et la source, c'est Statistique Canada. Alors, c'est un tableau
très simple, M. le Président, messieurs dames les commissaires. Alors,
le titre, c'est l' Évolution du poids
démographique des groupes générationnels dans l'électorat de 1998 à 2034 .
Alors, ça nous montre très clairement
qu'arrivés en 2018, justement, il y aura une élection, il va y avoir un poids
égal entre les gens qui sont nés
depuis 1980 et la génération X et ceux qui sont nés avant 1960, mais
regardez bien l'avenir : les gens qui sont nés avant 1960, leur poids va diminuer fortement au niveau
électorat, et les plus jeunes vont augmenter fortement.
Et là
l'importance de ce tableau-là, M. le
Président, c'est que la population
des Basses-Laurentides, elle est très jeune.
Donc, on a des gens en âge de voter, mais déjà des gens qui sont là qui
ont la qualité d'électeurs éventuels, qui vont pouvoir voter dans les prochaines années, donc il y aura une croissance
exponentielle du nombre de voteurs, d'où l'importance de la commission de tenir compte de ça et de faire une répartition
de la carte électorale en tenant compte de ce qu'on peut voir au moins à très court terme se produire, pour
éviter qu'on fasse des changements qui à court terme pourraient faire l'affaire
mais qu'on aurait à défaire éventuellement. Et puis je parle, entre autres, de la circonscription de mon collègue le député de Blainville, où ils ont enlevé 20 % de la ville pour me
l'attribuer dans le comté de Groulx, et là, dans
le rapport actuel, on parle de la remettre dans le comté de Blainville.
Donc, pour éviter des petits changements comme ça, réguliers, bien, je pense qu'il faut tenir compte du poids
démographique de la population au moins pour le très court terme puis d'éviter de faire des retraits et des
ajouts. Il y a des conséquences parfois malheureuses pour les coffres de l'État
quand on fait des retraits et des ajouts. Il
y a un cas, entre autres, où le bureau de comté se retrouve dans une autre circonscription et là il va revenir dans la circonscription.
Donc, on a eu un déménagement et des
coûts pour l'Assemblée nationale qu'on aurait peut-être pu éviter en tenant compte justement un peu plus de l'évolution
démographique. Alors, je voudrais
donc soumettre l'idée à la commission d'essayer de tenir compte encore un peu plus du
poids démographique éventuel des générations pour éviter qu'on ait à
faire des retraits et des ajouts.
Par ailleurs, bien, il est important de rétablir le poids démographique de la population
simplement pour qu'il y ait un poids au niveau de l'Assemblée, au niveau du nombre — la
loi des nombres est très importante — et
pour que des projets puissent se
concrétiser plus rapidement, en particulier au niveau des Laurentides. On a
des problématiques qui sont importantes dans les Laurentides, qui sont,
en fait, là, la mobilité. Tout le monde est conscient des problèmes de l'autoroute 15 et des projets qu'on attend à
gauche et à droite, et, en attendant, on fait des projets à Montréal,
on en fait ailleurs, mais, là où c'est le plus criant, il ne se passe
rien, M. le Président, donc, d'où l'importance d'augmenter le nombre
de députés pour que les gens puissent mieux
se faire entendre. La répétition aide parfois à la prise de décision. Donc, en
étant plus nombreux, ça va permettre à une
région qui actuellement est sous-représentée d'être mieux représentée
puis d'avoir donc un poids plus important
et en arriver à avoir de la mobilité. Puis également la région des
Laurentides, elle est sous-financée au niveau des soins de santé. Donc, en ayant plus de représentativité, ça va certainement aider à faire comprendre au gouvernement qu'il est important
d'investir là où il y a des gens, M. le Président, donc, d'où l'importance de
mettre régulièrement à jour des données qui sont mathématiques, neutres, donc
de mettre à jour régulièrement, là, la carte électorale.
Alors donc, voilà ce qui était mon point
essentiel, c'est de dire qu'ils font un travail qui est objectif, qui est nécessaire, et, puis, écoutez, je suis tout à fait
en accord avec les propositions qu'ils font. Et puis un élément pour
terminer : ils ne parlent pas
d'une hausse éventuelle de députés. Et d'ailleurs je suis tout à fait en faveur
avec ça, de ne pas hausser le nombre
de députés, donc le nombre de circonscriptions. Comme vous le savez, on a déjà
plus de députés ici, au Québec, qu'il y en a en Ontario pour une population qui
est à peu près 33 % moins élevée que l'Ontario, donc ce serait
injustifiable d'augmenter le nombre de députés. Je pense qu'on peut
tous, comme le disait tantôt mon collègue d'Argenteuil,
en prendre peut-être 5 000 de plus puis offrir une qualité de services
tout aussi, là, permanente. Donc, je ne verrais donc pas du tout, là, d'aborder éventuellement de la part du
gouvernement l'idée d'augmenter le nombre de députés.
Donc, il faut
travailler avec ce qu'on a, mieux faire et gérer les ressources de l'État le
plus efficacement possible et
dans un souci d'objectivité, puis je pense que vous faites très bien votre
travail de ce côté-là, M. le commissaire.
Président (M. Ouimet) :
Alors, merci, M. le député de Groulx. Vous avez exhibé tantôt un tableau. J'ai
senti qu'il y avait un intérêt. Souhaitez-vous le déposer, le tableau?
M. Surprenant : Avec plaisir.
Le Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, le tableau sera déposé.
Réactions de
la part de soit MM. Reid, Jean, Courville ou Mme Lagacé? Alors, est-ce qu'il y
a d'autres commentaires de votre part, M. le député de Groulx, sur votre
circonscription électorale?
M. Surprenant : Je n'ai pas de
commentaire additionnel.
Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, je vais ouvrir la discussion aux autres membres de la commission
en vous rappelant la mise en garde faite
tantôt. Alors, M. le député de Deux-Montagnes. Par la suite, M. le député
d'Argenteuil.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Un complément d'information sur les propos de mon collègue de Groulx
et qui permettra peut-être un éclairage
différent de mon collègue d'Argenteuil également, qui mentionnait que, dans la
partie sud des Laurentides, il n'y avait
plus de place pour du développement résidentiel. En fait, je le cite au
mot : «Les villes n'ont plus de place.» Donc, éventuellement, le
transfert de la population va se faire vers le nord.
collègue de Groulx a mentionné à juste
titre qu'il y a plusieurs très gros
projets domiciliaires qui sont en développement
actuellement dans la
partie sud des Laurentides. On pourrait parler du projet
Chambéry à Blainville, on pourrait parler du projet Albatros, du projet
René-Lévesque dans Deux-Montagnes, on pourrait parler du côté de Sainte-Marthe et Mirabel, des projets qui ensemble
prévoient la construction, sur quelques années à peine, de plusieurs milliers de maisons supplémentaires. Et qui dit
maisons, généralement, dit minimalement deux personnes en âge de voter...
ou, en moyenne, à tout le moins. Donc, sur quelques années — ce
sont des projets qui, normalement, devraient être développés, là, d'ici les années 2020, tout au plus — on parle de plusieurs milliers d'électeurs
de plus uniquement dans les circonscriptions sud des Laurentides, qui
sont déjà en surnombre.
Et je ne veux pas
revenir sur le débat Outaouais-Laurentides, parce que ce n'est pas l'Outaouais
contre les Laurentides, les gens de
l'Outaouais ont droit à une représentation équitable, mais, quand le collègue
d'Argenteuil parle d'écart de
quelques dixièmes de pourcentage, je ne me retrouve pas du tout dans les
chiffres qui sont contenus dans le rapport
préliminaire de la commission. Moi, ce que je vois du côté de l'Outaouais, dans
le cas de l'écart le plus grand, c'est-à-dire
pour la circonscription de Hull, je vois 19,3 %. Et, si on regarde du côté
des Laurentides, là où l'écart est le plus important, on est davantage
du côté de 29 %, sinon 33 %, si on considère Lanaudière, avec la
circonscription de Rousseau. Donc, je ne
vois pas les quelques dixièmes de pourcentage mentionnés par le collègue, on
parle plutôt d'écarts bien, bien
importants. Et, je le rassure, oui, il y a encore beaucoup de place pour du
développement dans les Basses-Laurentides, et les gens sont,
naturellement, bienvenus de venir s'y installer.
Le Président (M. Ouimet) : En tout respect, M. le député de Deux-Montagnes,
l'inquiétude que j'ai, c'est : si on commence à manifester des désaccords par rapport à des prises de parole
évoquées par des collègues, on va entrer dans un débat entre
parlementaires, et ce n'est pas vraiment l'objectif des travaux de la
commission.
travaux de la commission, c'est surtout de se faire entendre auprès des
représentants de la Commission de la représentation
électorale sur la réalité de sa circonscription électorale par rapport à la
proposition de la carte, ce n'est pas de
réagir aux commentaires des collègues. Et je vois la tendance — le député d'Argenteuil souhaite intervenir,
par la suite le député de LaFontaine,
Mme la députée de Taschereau — sans présumer des commentaires qui seront
faits, mais on va rapidement tomber
dans un débat entre parlementaires, je pense. C'est ce qu'on veut éviter. C'est
la prudence et la sagesse auxquelles nous invitait Mme la députée
de Taschereau hier. Donc, moi, je vous suggère : adressez des questions
aux commissaires de la Commission de la
représentation électorale, évitons de réagir aux commentaires des uns et des
autres, sinon ça devient un débat
entre parlementaires, et je pense qu'on passe à côté de l'objectif des travaux
de cette commission, et je le dis en tout respect pour vous, M. le
député de Deux-Montagnes. Je vous apprécie énormément, vous le savez.
Alors,
à ce moment-ci, je proposerais peut-être qu'on passe... à moins qu'il y ait
vraiment des questions pour les représentants
de la CRE. Est-ce que c'est le cas, M. le député d'Argenteuil? Parce qu'il
reste environ sept minutes à ce bloc. C'est des questions pour les
représentants de la CRE? Sans interpeller.
M. St-Denis :
Oui. Je n'ai pas d'interpellation à faire, c'est des informations
additionnelles.
Le Président (M.
Ouimet) : Très bien. Allez-y.
St-Denis : C'est sûr qu'ils font suite aux commentaires de mon
collègue de Groulx, mais c'est de l'information additionnelle. Et, effectivement, quand je disais qu'il... je n'ai pas
dit qu'il n'y avait plus de villes qui avaient de la place, j'ai
dit : Plusieurs villes n'ont plus de place pour du développement...
Le Président (M.
Ouimet) : ...M. le député d'Argenteuil. Je viens de faire une mise en
garde au député de Deux-Montagnes. On tombe là-dedans, là. Sinon...
M. St-Denis :
O.K., mais je m'en vais directement au point.
Le Président (M. Ouimet) : ...regardez bien le danger pour les
parlementaires autour de la table, je vais émettre une directive qui va dire : On va réserver le
20 minutes strictement au député dont on parle de la circonscription et puis,
s'il ne prend pas son temps, on va passer à
un autre député. Sinon, on va tomber dans ce qu'on veut éviter collectivement,
St-Denis : J'ai compris. C'est bon.
Bernier : Vous n'avez pas le choix, M. le Président, dans les
circonstances. Le débat ne peut que s'accentuer par rapport à la forme que ça peut prendre. Actuellement, c'est officiel
que, de part et d'autre, on n'a pas les mêmes visions. Donc, si on veut que ce soient les commissaires
qui soient interpellés, bien, interpellons-les sur des questions d'information.
M. St-Denis :
Donc, j'irai directement aux commissaires.
Président (M. Ouimet) : O.K.
Je vais porter une grande attention à votre question. Sur la question de
règlement, Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais : Je suis
d'accord avec le collègue de Montmorency, mais j'ajouterais que, normalement,
pour un traitement équitable, chaque
député a 20 minutes pour questionner ou pour amener des informations. Alors, si
en plus les collègues interviennent
pour rajouter du temps à leurs circonscriptions, on tombe dans une autre
déviation de ce que c'était.
Individuellement, on a chacun 20 minutes, puis, en tout respect pour le
collègue d'Argenteuil, s'il veut revenir sur la situation
d'Argenteuil... Il a eu son 20 minutes.
Alors, comment vous
allez travailler ça, là? Ça ne marche plus, ça ne fonctionne plus si on joue
là-dessus.
Le Président (M. Ouimet) : Écoutez, ce que je vais faire, à ce moment-ci — je sais qu'une pause m'a été demandée tantôt, on approche 11 heures — je vais décréter une pause d'environ
10 minutes. Ayons une petite discussion entre nous, hors caméra,
pour s'assurer du bon déroulement de la commission et on revient à
11 h 10.
Alors, je suspends
les travaux de la commission.
(Suspension de la séance à
10 h 57)
Le Président (M. Ouimet) : Alors, la commission reprend ses
travaux. Et, avant de passer la parole à Mme la députée de Mirabel,
à la suite d'une rencontre avec les porte-parole de chacune des formations politiques,
il a été convenu que le temps sera réservé exclusivement au député dont la circonscription électorale est en
discussion avec les représentants de la Commission de la représentation
électorale.
Donc,
Mme la Mirabel... Mme la députée de Mirabel. Désolé. Mme la députée de Mirabel,
je vous souhaite la bienvenue. Je suis désolé de ce petit lapsus et je
vous cède la parole.
D'Amours : M. le Président, merci beaucoup. C'est même un très beau
titre d'être Mme Mirabel, je le prends, mais avant tout, effectivement, je suis députée de tous ces citoyens-là.
Alors, à mon tour de vous saluer. J'aimerais prendre quelques secondes pour saluer mes collègues de
l'Assemblée nationale et les messieurs et dames de la commission, de la CRE.
M. le Président, je
vais parler de mon comté, qui est Mirabel, et j'aurai, pendant mon allocution,
quelques questions pour précisions.
Naturellement, je vais sortir des faits, des chiffres qui sont reliés à ma
circonscription et je vais dire des choses qui sont véridiques,
auxquelles on vit. Dans ma circonscription...
D'Amours : Et M. le député d'Argenteuil dit : J'espère. Alors,
moi, je le crois quand il parle. J'aimerais ça qu'il ait la même pensée
à mon égard.
Le Président (M. Ouimet) : Écoutez, M. le député d'Argenteuil, la parole est
à Mme la députée de Mirabel. Alors, je vous cède la parole, Mme la
députée.
D'Amours : Merci, M. le Président. Dans mon comté, depuis que je suis
élue, nous avons trois nouvelles écoles
en deux ans. On a des projets domiciliaires qui voient le jour, dont seulement
un à La Cité de Mirabel : 2 000 portes d'ici un an. On a des projets aussi qui sont à Saint-Joseph-du-Lac,
Saint-Augustin, Saint-Canut, Sainte-Marthe, qui... même le projet de Sainte-Marthe justifie une entrée sur
l'autoroute. Alors, quand on fait une entrée sur l'autoroute, c'est parce
qu'il y a du monde pour justifier cette entrée sur l'autoroute.
2012, il y avait 57 580 électeurs; 2014, 60 386 électeurs; novembre
2014, 61 975 électeurs. J'aurais des chiffres à valider avec les gens de la commission.
Maintenant, j'aurais 64 200 électeurs. Est-ce que ça serait un chiffre qui
serait raisonnable?
Le Président (M.
Ouimet) : Avez-vous l'information, M. Reid? Oui?
M. Courville
(Serge) : C'est...
Le Président (M.
Ouimet) : Ah! c'est M. Courville.
M. Courville
(Serge) : Excusez-moi. C'est 65 147.
D'Amours : Donc,
65 147. Ça veut dire qu'on est passés, en deux ans, de 57 000 à
65 000 électeurs environ. Vous le prévoyez, en 2018, à combien
d'électeurs?
M. Courville
(Serge) : Les taux de croissance étant ce qu'ils sont...
Le Président (M. Ouimet) : Navré, M. Courville, j'ai de la difficulté à vous
entendre. Peut-être vous approcher du micro.
M. Courville (Serge) : Oui. Je m'excuse, j'ai donné une réponse
sibylline, j'ai dit : Les taux de croissance étant ce qu'ils
sont...
Le Président (M.
Ouimet) : O.K. M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : Oui, en fait, pour 2020, Mirabel : 74 113.
D'Amours : Alors, M. le Président, j'ai fait quelques visites dans mon comté, naturellement, dans les écoles secondaires
et je suis allée rencontrer le cégep de Saint-Jérôme aussi, la directrice générale, Mme Le Gal, et on a eu un échange sur ses besoins, parce que,
même si ce n'est pas dans mon comté, j'ai beaucoup de jeunes qui vont dans ce cégep-là qui proviennent de mon comté. Et je lui
demandais si elle avait travaillé sur des prévisions éventuelles pour pouvoir
accueillir les étudiants, et elle me disait
qu'elle avait des chiffres à l'appui que je n'ai pas en ma possession, parce qu'elle voulait valider avant pour savoir si elle pouvait me les donner, mais
elle prévoyait, en 2021... et en accord avec le cégep de Sainte-Thérèse, là, les chiffres étaient
validés par les deux cégeps, qu'en 2021 les deux cégeps n'auraient même pas la
capacité de prendre nos jeunes de 16-18 ans.
On a un sérieux problème. Quand je
vois ça... je vais parler en mon nom personnel puis je vais être très
égoïste dans ce que je vais vous dire, quelquefois, j'aimerais avoir un comté
avec 35 000 électeurs, parce que
travailler avec un électorat de 64 000 personnes, essayer de faire
votre travail convenablement avec une représentation... je travaille
fort. Personne n'est laissé de côté, je travaille très fort. Mais, si, en 2020,
c'est 74 000 parce qu'on ne fait rien, je suis désolée, mais ce n'est pas
humain.
électeurs, par contre, eux aussi, doivent être chacun très égoïstes dans leurs
pensées et dire : Pourquoi mon poids
n'est pas aussi important que ceux d'ailleurs? Pourquoi on me met de côté?
Parce que, pour moi, je crois qu'on doit faire le focus sur les gens qui vont aller voter et les gens qui vont
voter, pas sur le député. Les députés, la moyenne des députés à
l'Assemblée nationale, c'est à peu près six ans. Mais les électeurs, eux, ils
sont là des fois pour longtemps.
Vous
savez, il y a une démographie qui explose dans Mirabel, la moyenne d'âge dans
la ville de Mirabel est de 36 ans.
Imaginez les enfants qui poussent, quand ils vont atteindre 18 ans,
qu'est-ce que ça va faire. Une explosion encore. Moi, je n'ai pas une
boule de cristal, mais, avec les chiffres puis avec la façon dont ça
fonctionne, on va avoir encore probablement
un redécoupage à faire lors de votre prochaine étude, parce qu'on ne peut
pas... Puis c'est de la migration que
Mirabel vit. Ce n'est pas de l'immigration, c'est de la migration. Les gens
veulent tous venir sur la couronne nord. Et même la CMM travaille avec les MRC
pour qu'on travaille à construire des hautes densités près des trains de banlieue, près des transports en commun. Mirabel
est située tout près de Montréal. Alors, tous les gens qui veulent vivre
d'une façon beaucoup plus, bon, style
campagne veulent tous venir. On a beaucoup de gens de Montréal qui déménagent
dans la région de Mirabel, et ça se voit par
les ventes de maisons, par les condos qui se vendent, par les maisons qui se
font démolir et qui se font construire, des condos à haute densité. On le voit,
on le sent.
MRC travaillent en fonction de la
haute densité pour la CMM, alors c'est très dur de dire combien d'électeurs
on va avoir. On prétend, mais on a juste à
regarder : depuis 2012 jusqu'à maintenant, il y a énormément d'électeurs qui se sont rajoutés. Et on
n'a pas terminé le quatre ans, là. On s'en va en 2018, et il va y avoir énormément
d'électeurs.
Donc,
on a beau sortir des chiffres, on a beau parler de se comparer d'un comté à
l'autre, moi, je vais revenir à mon comté
et je trouve injuste pour mes citoyens la situation dans laquelle on vit maintenant.
Il faut absolument que tous les citoyens de Mirabel puissent
avoir le même poids que tout autre citoyen du Québec. Alors, de quelle façon ça doit se faire? Moi, je
pense qu'en 1979 on a déposé une loi pour qu'un comité travaille sur ça, pour
qu'on sorte ça du politique, alors je pense qu'il faut faire confiance en ces
gens-là d'une façon... Je ne critique pas la façon dont ils travaillent, je
peux même louanger cette façon de
faire, d'être impartial, de regarder et de travailler, avec la loi qu'ils ont,
à donner un résultat comme ça. Mais, je reviens à mes citoyens, ils ont
le droit d'être reconnus comme un autre citoyen, d'ailleurs. C'est primordial. Peu importent les pourcentages, qu'est-ce qui va arriver dans cinq ans, dans deux ans. Si, dans trois
ans, dans quatre ans, dans cinq ans,
d'autres comtés vivent le même problème que moi, je suis convaincue qu'ils vont
s'asseoir puis qu'ils vont le
regarder. D'attendre, à mon avis, ne serait pas une option. C'est comme dire à
un enfant : Bon, toi, tu grandis, hein,
tes pantalons sont trop courts, mais je vais te les laisser sur le dos, parce
que tu vas quand même grandir encore. Tu sais, c'est comme illogique. Il
y a un besoin criant dans certains
secteurs qui est... en fait, Mirabel. Je vais parler pour mon comté. On a un besoin criant de regarder à ce
que tous les électeurs aient un poids comme les autres. C'est primordial.
vous dirais qu'il y a des chiffres qui sont sortis, qu'il y a
des pourcentages qui sont sortis puis on parle de la santé. Bon, dans mon comté, il est certain qu'on
n'a pas... L'argent ne suit pas le patient. Alors, imaginez, dans mon
comté, 57 000 en 2012 et maintenant
65 000, il y a un sérieux problème. Alors, si les élections
avaient lieu, j'aurais 65 000 électeurs à convaincre, versus un autre député qui en a 30 000. Je me
retrousserais les manches et je le ferais, sauf que mon poids au niveau
de la défense de ces citoyens-là, il serait minimisé. J'ai besoin qu'on
réfléchisse sur ça.
Nous,
chacun des partis politiques, nous, individuellement, on doit toujours
se poser la question : Pour qui on est ici? On est ici pour les citoyens puis on est ici pour
que la justice se fasse pour tous les citoyens, pour que la démocratie se...
D'Amours : ...s'exerce pour
tous les citoyens. Et là je crois que les citoyens de Mirabel sont brimés par leur lieu de résidence, par leur lieu de comté, et
il ne faut pas perdre ça de vue, et je fais entièrement confiance à la CRE
pour voir à ce que cette équité-là se fasse partout au Québec et surtout à
Mirabel. Merci, M. le Président.
Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, Mme la députée de Mirabel, pour vos commentaires, vos
observations, vos réflexions.
M. Courville, vous souhaitez intervenir. Je vous
cède la parole.
Courville (Serge) : Merci, M. le Président. Alors, simplement une précision : au moment où nous nous parlons,
65 147; et, en 2020, il y en aura 74 113.
Le Président (M. Ouimet) : Très bien.
Y a-t-il autre chose à ajouter, Mme la députée de Mirabel?
Mme D'Amours : Non, M. le Président.
Je vous remercie beaucoup.
Le Président (M. Ouimet) : Très bien.
Alors, merci à vous. Nous allons maintenant passer à M. le député de Huntingdon,
qui va nous amener dans la belle région de la Montérégie. Alors, M. le député de Huntingdon, à vous la parole.
Billette : Et le magnifique
comté de Huntingdon, M. le
Président. Merci beaucoup. C'est un plaisir de retrouver les collègues également, M. le
Directeur général des élections, c'est un plaisir — félicitations également
pour votre nomination — toute
votre équipe qu'on retrouve aujourd'hui pour un exercice vraiment important.
On va parler
de démocratie. On sait que c'est la
base de notre système ici, la démocratie, et tout ça passe par un processus électoral dont vous en êtes le gardien.
Donc, c'est un exercice qui est primordial, qui est important également et c'est un exercice qui doit revenir de façon
régulière, parce qu'on sait que la population ne croît pas de façon régulière
et permanente à travers les différentes
circonscriptions, que ça soit... j'écoutais la collègue de Mirabel, que ça soit
d'autres régions. Huntingdon, on a déjà eu des modifications également.
Il y a
deux sujets que j'aimerais aborder avec vous, M. le Président, les collègues et
le Directeur général des élections : premièrement, c'est le délai de renouvellement — on vit des exceptions — et, deuxièmement, je vais parler un petit
peu des régions.
Au niveau du
délai de renouvellement, je vais dire, on vit quelque chose d'exceptionnel
depuis 2007, qu'est arrivé la
première fois un gouvernement minoritaire. Auparavant, si on refait l'histoire,
c'était arrivé une fois dans les 100 dernières années où on avait un gouvernement minoritaire qui durait 18 mois.
C'est l'expérience qu'on a eue les deux dernières fois. Donc, c'était simple auparavant, on se
disait : La réforme de la carte électorale, on ne parlait pas en nombre
d'élections, mais on parlait en
nombre d'années, surtout on parlait à tous les huit ans. Donc, c'était devenu
pratique courante. Ce qu'on a vu en
2007, une élection d'un gouvernement minoritaire pour une des premières fois
dans le dernier siècle, et 18 mois par
la suite, il y avait déjà une autre élection. On n'a pas eu la mise en place de
la nouvelle carte électorale. Elle n'a été faite qu'en 2012, à ce moment-là, suite aux quatre ans complets du
gouvernement qui était en poste. Et on se retrouve maintenant devant déjà le renouvellement d'une
nouvelle carte. Le pourquoi? Parce qu'on ne fonctionne pas en nombre
d'années, mais on fonctionne en nombre de processus, de nombre d'élections, à
ce moment-là. Et, je dois vous dire, pratique
courante, c'est un processus qui dure entre 96 et 16 mois. Les gouvernements,
par historique, c'est un petit peu plus
que quatre ans, dans ces coins-là. Et maintenant on se retrouve avec un
processus qui est entre 60 et 70 mois, là. Je n'ai pas calculé le nombre
de mois qu'on a exactement. Donc, c'est court. En 2008, ça avait été quand même
reporté.
Je trouve que
c'est un délai court. Y a-tu eu lieu de s'y pencher? Je n'ai pas la solution, à
l'heure actuelle, mais je le portais
à votre attention, M. le Directeur général des élections. Parce que, il ne faut
pas oublier également, on est ici pour
servir la population. La population, eux, ce qu'on demande, c'est beaucoup,
première des choses, d'exercer leur droit de vote. C'est la base de la
démocratie.
Moi, je l'ai
vécu en 2012 — vous
connaissez très bien la région, M. le Directeur général des élections — lorsqu'on avait sorti Saint-Rémi du comté de la circonscription électorale de
Huntingdon. Je veux dire, première des choses, il y a un principe d'identification, les gens ne le
savent pas. Ils le réalisent le jour où les pancartes sont installées, qu'oups!
on a changé de circonscription
électorale. Donc, il y a un sentiment d'appartenance qui se défait, une
identification également de la
personne qui l'enlève un petit peu. Puis, si on veut revenir sur l'exemple de
Saint-Rémi, qui avait été enlevé du comté, Saint-Rémi, au niveau provincial, dans les 20 dernières années, ils ont
commencé, ils ont été dans le comté de Châteauguay, par la suite ils sont allés dans le comté de
Huntingdon, c'est revenu à Beauharnois-Huntingdon, c'est revenu à Huntingdon,
et maintenant ils sont dans Sanguinet. Donc,
c'est cinq changements. Puis on oublie le fédéral également, où ils ont été
dans Châteauguay, ils ont été dans
Beauharnois-Salaberry, et maintenant ils sont rendus dans Châteauguay-Lacolle.
Donc, imaginez les gens qui demeurent à cet endroit-là, l'identification
puis l'allégeance également qu'ils vont porter à leur circonscription, l'enracinement en tant que tel qu'ils vont pouvoir y
apporter. Donc, c'est devenu très, très difficile. Et on voit ces
gens-là, les organismes.
ne faut pas juste penser aux gens, il faut penser aux organismes, aux villes
également qui vont donner des services à cette population-là, qui sont
habitués à travailler avec d'autres personnes, d'autres organismes également
dans une circonscription électorale X
ou Y, et, du jour au lendemain, on les change. On les rechange quatre ans, huit
ans par la suite. Et là, si on voit... le
huit ans était quand même acceptable, mais là on commence à jouer dans du cinq
ans, six ans. Donc, le délai est
très, très court à ce moment-là. Je voulais le porter à l'attention, parce que,
je vais dire, une réforme ne doit pas
être là pour mélanger les gens, elle doit être là, c'est sûr et certain, pour
équilibrer le nombre de populations, mais, lorsque le délai vient très, très court, je vais dire, c'est vraiment
incompréhensible. J'ai encore des gens, moi, qui pensent encore qu'ils sont dans le comté de Huntingdon,
puis ça fait déjà quatre ans maintenant. Donc, on le voit un petit peu, le
sentiment d'appartenance des gens, le temps
qu'ils s'y habituent. Et il y a toujours une résistance de la population
lorsqu'il y a changement. Donc, si on
arrive, à tous les cinq ans ou à tous les six ans, avec des changements, ça
devient de plus en plus difficile pour eux de suivre.
autre sujet que je voulais aborder avec vous, c'est les régions. C'est sûr et
certain que vous devez fonctionner avec
une loi actuellement, la loi est claire, les paramètres du plus ou moins
25 %, à l'exception des Îles-de-la-Madeleine. Je vais vous dire, géographiquement, c'est tout à
fait compréhensible. On en a beaucoup plus maintenant, un petit peu au niveau des exceptions dans la proposition que vous
faites actuellement, mais moi, je vais vous dire, une grande préoccupation...
on parle beaucoup de l'occupation du
territoire, mais une grande préoccupation qu'on a, premièrement, c'est
l'accessibilité à un député et, pour le député, l'accessibilité aux
citoyens.
Si on regarde le
comté de Huntingdon, qui est un des derniers comtés protégés anglophones qu'on
a connus lorsqu'il y a eu la signature... Ce
n'était pas ici, c'était de l'autre côté. Il y avait eu le débat des langues à
ce moment-là, et Huntingdon était un
des 15 comtés qu'on peut dire anglophones, a été un des derniers retirés, et,
je vais dire, c'était un comté que ça
prenait une heure à traverser en voiture. On partait d'Akwesasne, on n'allait
même pas à Sainte-Martine, M. le
Directeur général des élections, on arrêtait à Ormstown dans le temps,
Hemmingford. C'était la délimitation du comté. Et, veux veux pas, le développement de la population se produit beaucoup
dans les grands centres urbains. Il y a le territoire agricole également qu'on doit protéger. Je pense
que c'est une prémisse de l'économie dans ces régions-là. Mais, je vais dire, cela fait en sorte qu'il y a peu de
développement domiciliaire. La population ne croît pas de façon aussi
importante. Donc, pour maintenir la
loi du plus ou moins 25 %, qui est une loi qui est là depuis plusieurs
années maintenant, on doit, malheureusement, agrandir les territoires.
C'est une réalité. Auparavant, je disais que ça prenait environ une heure, traverser le comté de Huntingdon. Maintenant, ça
prend environ 2 h 30 min, puis, encore mieux que ça, c'est si ça
va bien aux douanes, parce que, si on
va à Akwesasne, il faut passer deux douanes pour se rendre à l'autre bout du
comté, et, en revenant, on traverse
les deux douanes, on a environ deux heures d'auto à faire, là, sur la 202 pour
se rendre de Lacolle, de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix
jusqu'à Akwesasne. On arrête à Cornwall, Massena, dans l'État de New York, et
dans l'Ontario.
Donc,
vous voyez un petit peu, M. le Président, les impacts que ça a au niveau de
l'accessibilité. Donc, pensez au
citoyen qui veut venir rencontrer son député, qui a des documents à venir
porter au député. Ce n'est pas tout le monde qui dit : Oui, on va le scanner, on va le faire par informatique.
Mais ce n'est pas tout le monde qui a accès à l'informatique ou qui a les habiletés pour le faire à ce
moment-là, et ils veulent absolument rencontrer leur député. Ou le député qui
dit : Moi, je veux aller à la
rencontre de mes citoyens, la grandeur du territoire est énorme. Lorsqu'on part
de Hemmingford, où j'ai mon bureau de
circonscription, on doit se rendre à Akwesasne, faire l'aller-retour. C'est
environ quatre heures dans une
journée si ça va bien aux douanes. Donc, imaginez le travail, la difficulté
également de maximiser le temps qu'on est
en circonscription électorale. On est ici quand même trois jours par semaine,
donc c'est difficile. Et, je vais dire, ça, c'est une règle, puis je suis content que Mme la ministre soit présente
également, parce que je pense que, lorsqu'on parle d'accessibilité à un député, accessibilité
également à un citoyen, c'est les règles qui font en sorte que, veux veux pas,
les territoires s'agrandissent de plus en plus. Et mes collègues, je pense, peu
importe le parti politique, de tous les milieux, que ça soit la Gaspésie, aussitôt que c'est rural, on voit toujours nos
territoires s'agrandir pour pouvoir maintenir quand même le cap du plus
ou moins 25 % des circonscriptions électorales.
Donc,
je vais dire, c'étaient mes deux points, c'est bref quand même, mais je pense
que je me tenais d'être clair. Et, je
vais vous dire, M. le Président, je crois beaucoup à l'exercice que l'on fait
ici aujourd'hui. En 2012, on avait eu des représentations qui avaient été faites, entre autres, par la ville de
Saint-Michel-de-Napierville, où, là, on avait un enjeu d'appartenance à un comté. Les gens de la
municipalité l'ont fait savoir, les citoyens l'ont fait savoir, et la décision
avait été rendue par votre
prédécesseur ici, que Saint-Michel finalement allait demeurer dans la
circonscription électorale de Huntingdon.
Donc, je comprends très bien, vous avez à manoeuvrer avec des lois, des règles
qui vous sont envoyées, à ce moment-là, et avec lesquelles vous devez
faire une réforme de la carte électorale. Ce n'est jamais un exercice
facile : toujours lourd, mais, je vais
dire, souvent le délai est court. Il faut penser aux citoyens, ne pas dire
qu'on n'en fait pas, mais en faire
une majeure, parce que, je vais vous dire, celle qu'on a présentement avec
nous, elle est majeure. On en a fait une
majeure également en 2012. Donc, on arrive avec deux réformes qui sont
extrêmement importantes en peu d'années.
Donc,
il faut penser au citoyen. On est ici pour servir le citoyen. On est ici pour
dire aux citoyens : On veut que vous
ayez accès à la démocratie pour pouvoir aller voter. Donc, il faut leur créer
un sentiment d'appartenance. Donc, en faisant
des réformes majeures à tous les cinq ans, il est difficile pour eux de pouvoir
suivre. Et ne jamais oublier les régions. Je pense qu'on est tous pour
le développement des régions et l'occupation du territoire.
Donc, merci beaucoup.
Très gentil de m'avoir reçu ici. C'étaient les deux points sur lesquels je
voulais vous informer, vous sensibiliser, M. le Directeur général des
élections, ainsi que votre équipe. Merci beaucoup.
Le Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Huntingdon, pour
partager ces réflexions avec les membres
de la commission et les représentants de la CRE. Je ne sais pas si M. Reid
ou d'autres veulent réagir aux propos du député. M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : Simplement,
peut-être, préciser qu'effectivement le sentiment d'appartenance dont a fait
part le député de Huntingdon est un
des facteurs dont la commission tient compte. Ce n'est pas toujours facile.
Parce que je viens
de Sainte-Martine. Il y a quand même plusieurs années, j'étais resté surpris
que Sainte-Martine fasse maintenant
partie
de Huntingdon plutôt que de Châteauguay. Je veux dire, nous, c'est Châteauguay,
ce n'est pas Huntingdon. Donc, je
peux comprendre, effectivement. Et je vais dire que la commission travaille
énormément pour... dans la mesure du grand possible, de maintenir ces
sentiments d'appartenance des gens.
je dois vous dire que les changements... C'est sûr que la réforme qui est
apportée avec le projet de carte que vous
avez devant vous n'est quand même pas de l'ampleur de la carte actuelle, mais
nous avons travaillé justement pour... dans
le fond, c'est pour ça, quand on vous parlait tantôt des projections
démographiques, d'essayer d'avoir une carte, là, en fait, qui pourrait franchir, là, les deux prochaines élections, étant
donné qu'on a des élections à date fixe, les deux prochaines élections
sans avoir, là, de circonscription d'exception, là.
Le Président (M.
Ouimet) : Très bien. Merci. Autre chose à ajouter, M. le député de
Huntingdon?
M. Billette :
C'est tout, M. le Président.
Le Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous. Maintenant,
demeurons dans la belle région de la Montérégie
et allons du côté du comté de La Pinière. Et je cède la parole à M. le
député de La Pinière, à qui je souhaite la bienvenue, par ailleurs.
Barrette : En espérant que tout le monde a passé des bonnes vacances.
C'est le retour à nos travaux. Alors, M.
le Président, Mme la ministre, chers collègues de l'Assemblée — alors, j'espère que vous autres aussi, vous
avez passé des bonnes vacances — M. le directeur et votre
équipe... Alors, je vais peut-être être le seul à représenter une des circonscriptions excédentaires qui se présentent
devant vous. Alors, je suis le député de La Pinière, comme vous le savez,
et je fais
partie d'un comté qui dépasse la marge supérieure de la
représentation.
Je vais être bref,
là, je ne vais pas utiliser 20 minutes, surtout pas dans la situation dans
laquelle je suis dans La Pinière, mais
je vais quand même vous parler de mon comté, de quelques autres régions, parce
que j'ai la caractéristique d'habiter
Mont-Royal et je suis natif de la Mauricie. Alors, ce sont des régions que je
connais très bien, je dirais, même en long, en large et en hauteur, et
ça me permet, je pense, d'avoir la justification de m'exprimer pour ces
régions-là.
J'ai
écouté les représentations qui ont été faites à date, parce que tout ça est
archivé, évidemment, puis je comprends, évidemment, la difficulté à laquelle vous faites face. À toutes les deux
élections, ça fait toujours l'objet d'un débat, puis ce n'est pas toujours facile pour vous,
évidemment, d'arriver avec une proposition qui fait l'unanimité, ce qui est
impossible, hein? Par définition,
c'est impossible. Tout le monde cherche un consensus qui soit raisonnable, et
on essaie de le faire collectivement,
d'une façon la plus objective possible, puis c'est votre cas. Je pense qu'on
essaie de le faire, nous aussi, dans notre cas.
Alors, je vais
aborder certains éléments qui traitent donc de ces trois régions-là sur des
bases...
Le Président (M. Ouimet) : M. le député de La Pinière — désolé de vous interrompre — pourriez-vous vous approcher du
micro?
M. Barrette :
Ah! pardon.
Le Président (M.
Ouimet) : J'ai des collègues qui ont de la difficulté à vous entendre
et qui me le signalent. Normalement, vous
avez une voix qui porte, mais c'est peut-être les vacances qui ont fait en
sorte que la voix porte moins. Je suis convaincu que ça va revenir
rapidement. Je vous cède la parole.
M. Barrette :
C'est parce que j'ai passé des bonnes vacances. Je suis serein, alors ma voix
est moins forte.
Alors
donc, je vais vous parler d'abord de La Pinière. Alors, La Pinière,
oui, c'est vrai, nous sommes au-delà de la marge supérieure, donc je peux comprendre le remaniement que vous faites
actuellement. Je suis venu ici vous proposer de considérer la possibilité... Puis vous allez comprendre mon propos,
là. Comme c'est toujours un peu difficile, cette affaire-là, dans La Pinière, il serait peut-être opportun de
surseoir à ce redécoupage-là pour cette refonte-là de la carte électorale pour la raison suivante :
La Pinière, c'est un comté particulier, en ce sens qu'il est la ville de
Brossard. On est probablement le seul
comté ville. Les limites de mon comté sont celles de la ville de Brossard, et
le redécoupage que vous proposez a un impact minimal pour moi et pour
mes voisins, mais la ville de Brossard et, conséquemment, le comté, puisque c'est un comté ville, vit, au moment où on
se parle, une transformation démographique qui va aller en s'accentuant sur le plan de la représentativité, que vous
voulez effective. Alors, vous avez peut-être vu passer ça dans les journaux ce
matin ou hier, on annonçait hier un énorme
projet. Dans les cartons, il y en a d'autres, et ce ne sont pas des cartons
qui, théoriquement, vont s'exercer dans le XXIIe siècle.
Alors,
je pense qu'il va y avoir un impact populationnel dans mon comté tel que, d'ici
certainement votre prochain exercice,
vous aurez à le redécouper encore. Comme je me situe, moi, dans mon comté, à la
marge supérieure de la fourchette que
vous considérez comme étant
acceptable, mais pas énormément au-dessus, là, peut-être y aurait-il lieu...
S'il n'y a pas lieu, pour vous, de surseoir, peut-être y aurait-il lieu
d'acquérir certaines informations qui vont faire en sorte qu'il est probable que, dans mon comté, la population
augmente de 7 000, 8 000, 15 000
personnes, d'ici la prochaine refonte de la carte électorale, dans un territoire qui est relativement concentré,
c'est-à-dire le territoire qui est à l'est de l'autoroute 10.
Alors, mon comté, comme vous le voyez
probablement sur vos cartes, est limité essentiellement à l'est par la Grande-Allée — bon, il y a une petite croche en bas, là,
qui est le bout que vous remaniez — l'autoroute 30 et jusqu'au comté de La Prairie, là qu'est la rivière. Alors, dans
cette ligne-là, il y a beaucoup de projets potentiels, dont certains sont
annoncés, comme celui que vous avez vu hier,
et ne serait-ce que ce projet-là, techniquement, là, lui, là, il va me
rebasculer, encore une fois, vers
l'excédent. Alors, moi, je vous invite à prendre ça en considération, compte
tenu du fait que ce que je comprends,
c'est que la base de la logique, pour vous, de redécouper mon territoire est,
d'abord et avant tout, celle du fait
que nous sommes à la limite supérieure. Puis, comme on est vraiment, à toutes
fins utiles, là... je pense que c'est 400, là, le nombre de citoyens qui nous fait dépasser la marge, peut-être y
aurait-il lieu de surseoir à la prochaine. Puis il y a un intérêt à ça,
hein, parce que, dépendamment de votre redécoupage, puis là ça va dans
l'optique qui est souvent... ou constamment
évoquée dans les propos qui sont tenus par mes collègues des deux côtés devant
vous, c'est la question de la représentativité
effective mais aussi de tous les autres éléments que vous devez prendre en
considération pour découper la carte électorale, notamment le milieu
naturel, les communautés, et ainsi de suite.
Si vous
portez attention à la zone à laquelle je m'adresse, c'est-à-dire celle que vous
redécoupez et celle qui, un jour, va
croître en population, vous avez là une ligne géographique qui va d'un extrême
à l'autre. Alors, il y a des communautés
complètes qui se retrouvent dans cette ville-là, et donc ce comté-là, il y a
des communautés complètes, et je vais
vous donner un exemple : la communauté musulmane de mon comté se situe
totalement dans la ligne que je viens de
vous décrire et partiellement dans le bout que vous redécoupez, et, comme je
sais que cette ligne-là va être celle qui va croître démographiquement et qui va me rebasculer de l'autre bord, bien,
il y a peut-être lieu pour vous de prendre ça en considération à cette étape-ci. Puis ce que je vous dis, c'est : Le
découpage que vous faites aujourd'hui, je le comprends, il n'est peut-être pas nécessaire maintenant et,
compte tenu de l'évolution de mon quartier... pas de mon quartier, mais de
ma ville et de mon comté, parce que c'est
une ville comté, peut-être y aurait-il lieu pour vous de reconsidérer ça,
l'impact étant quand même
géographiquement et électoralement, socialement, dans tous ses aspects, à mon
avis, minime dans mon comté. Alors, ça, c'est le commentaire que je
voulais faire pour La Pinière.
Maintenant,
je vais vous parler de Mont-Royal—Outremont et de son redécoupage à la faveur
essentiellement de D'Arcy-McGee. Là,
écoutez, là, je dois vous avouer que j'ai beaucoup, beaucoup de difficultés à
vous suivre dans votre raisonnement.
J'habite Mont-Royal depuis maintenant 25 ans et donc je peux considérer que je
connais bien le tissu de Mont-Royal.
J'ai été impliqué personnellement dans les loisirs, et ce genre de choses là,
d'Outremont et Mont-Royal, parce que
Mont-Royal et Outremont ont ceci de commun, qu'ils partagent certaines choses,
et le redécoupage que vous faites est
un redécoupage qui, à mon avis, a des impacts. Quand vous le regardez sur le
plan numérique, sur le plan de la proportion
des gens, là, ce que je constate, c'est qu'au bout de la ligne on... Moi, j'ai
de la difficulté quand vous prenez une
décision... ou faites une proposition comme celle que vous faites dans la
plupart des comtés et qu'à la fin vous vous retrouvez, incluant vos
projections, dans la même fourchette d'acceptabilité de votre découpage.
Vous avez une
fourchette de moins 25 % à plus 25 %. Donc, conséquemment, on peut
conclure que tout ce qui est entre
les deux est correct et que vous faites des projections démographiques qui font
en sorte que vous faites un
redécoupage en vous disant :
Pour un certain nombre d'élections, on va être encore dans la fourchette.
Alors, quel est l'intérêt de changer une
configuration pour rester dans la fourchette? Alors là, si vous changez la
configuration qui reste dans la fourchette, bien là, il doit y avoir un autre intérêt, et là je ne le saisis pas,
cet intérêt-là, dans la fusion de Mont-Royal et d'Outremont,
je ne le saisis pas, parce que
l'impact que ça va avoir, lui, est réel pour certaines communautés.
Alors, vous ne serez pas surpris si je
vous parle de l'impact que ça pourrait avoir notamment sur la communauté
juive qui se situe à l'est d'Outremont.
Alors, je
reviens à mon argument de base. Si on part de l'intérieur de la fourchette,
qu'on soit en bas ou en haut, à
encore dans la fourchette, que ce soit en bas ou en haut, pour avoir un impact
sur une communauté, bien, où est le gain de la représentativité effective, puisque ça
demeure quand même votre finalité première? Puis je le comprends très bien, puis c'est sain, mais attachés à ça il y a des sous-intérêts qui
ne sont peut-être pas tout aussi importants, mais certainement importants, qui sont ceux du
tissu social, culturel, et ainsi de
suite. Alors, quand on regarde Mont-Royal—Outremont, la reconfiguration que vous faites, bien, il n'y a pas de gain en termes, à
mon sens, de la représentativité effective, je n'en vois pas. Par contre, il y a un gain sur les
impacts naturels. On va les appeler comme ça juste pour la fin de la
discussion. Alors, il y en a un sur
la communauté juive hassidique, qui va se retrouver dans un secteur qui, dans
mon expérience... C'est mon coin, j'y
vis depuis 25 ans, je le fréquente, je dirais, à tous les jours, mais pas
depuis les deux dernières années, parce
que j'en passe quelques-uns, par semaine, à Québec, mais c'est un secteur que
j'utilise à tous les jours, alors je me sens autorisé à en parler.
Alors, je ne
le vois pas, là, le raisonnement que vous tenez. Et, en même temps, du côté de
la représentativité, c'est comme si
vous faisiez abstraction de la nature du tissu social de ces deux comtés-là,
qui a une population immigrante qui est
significativement très importante. J'ai habité, moi, Côte-des-Neiges quand
j'étai