House Proceedings — 8 February 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-02-08
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Vice-Président (M. Lévesque) : Bon mercredi matin à tous
les collègues ici réunis. Je vous invite à vous asseoir.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique Déclarations de députés. Et j'informe
l'ensemble des membres que vous avez
droit à une minute pour faire votre déclaration. Et, comme première
déclaration, je cède la parole à Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Boivin
Roy : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, j'aimerais
souligner l'anniversaire de la Popote roulante Anjou, qui fête ses
45 ans.
Depuis 1977,
l'organisme offre un soutien alimentaire essentiel, contribue au maintien à
domicile et livre des repas chauds chaque semaine à des personnes en
perte d'autonomie temporaire ou permanente de l'arrondissement d'Anjou.
Alors, la
clientèle de la popote roulante est âgée de plus de 80 ans à 71 % et
de plus de 90 ans à 14 %. L'organisme est entièrement géré par
des bénévoles, actuellement au nombre de 40, qui y ont consacré
3 840 heures et ont servi 1 765 repas l'année dernière.
Alors, on les remercie, M. le Président. C'est
un service qui est essentiel. Évidemment, pendant la pandémie, l'organisme a
oeuvré de manière très importante. Alors, longue vie à la Popote roulante
Anjou! Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel.
Et je cède maintenant à la parole à Mme la députée de Saint-François.
Mme Hébert : M.
le Président, l'homme le plus actif de Dixville a 89 ans et il habite dans
une maison plus que centenaire.
Après avoir
vendu 5 000 cordes de bois dans le village, Lawrence Desbiens a cessé
de les compter mais a continué de
bûcher et d'en livrer. Il empile encore lui-même le bois coupé sur ses terres.
Bricoleur et passionné d'ébénisterie, il fabrique des meubles dans son
grand garage, transformé en atelier, rempli d'outils et d'équipements.
À son retour
de 18 années passées au New Hampshire, il a repris la ferme familiale dans
son village natal dans les années 1970. «Tu retournes toujours où
tu es né», a-t-il confié récemment au journaliste du Progrès de Coaticook .
En se tenant
toujours occupé, M. Desbiens est l'antithèse de l'âgisme. Amoureux de la
nature, il est entouré de sa famille, de ses proches et ses amis.
M. Desbiens,
je vous rends hommage aujourd'hui pour votre gentillesse, votre générosité et
parce que vous démontrez qu'il n'y a pas d'âge à avoir une vie active.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Saint-François. Et la prochaine déclaration sera celle de M.
le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci,
M. le Président. Je veux souligner aujourd'hui les 50 ans d'existence du Centre N A Rive.
C'est un organisme de ma circonscription qui a
été fondé en 1973 grâce à une initiative d'un autre groupe de ma
circonscription, le Bureau de la communauté haïtienne de Montréal.
L'organisme offre des activités éducatives, on
parle d'alphabétisation, de francisation, surtout à des personnes faiblement scolarisées, souvent fragilisées,
principalement issues de l'immigration. Au fil du temps, le Centre N A Rive
s'est adapté pour soutenir encore davantage
les gens, en offrant, par exemple, des cours de créole, des activités de prise
en charge de soi, d'insertion sociale et économique. L'organisme contribue à la
croissance des participants et des participantes dans leur milieu de vie avec des programmes comme la préparation à
l'emploi mais aussi avec des options en cuisine, en couture, en service
à la clientèle. Il y a aussi tout un service, un secteur d'insertion sociale
pour les personnes aînées.
veux féliciter chaleureusement l'équipe du Centre N A Rive, sa
directrice, Ninette Piou, pour leur travail remarquable et leur apport à
notre quartier et à la société québécoise dans les 50 dernières années.
Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Gouin. Et la prochaine déclaration sera celle de Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa : Merci,
M. le Président. Comme plusieurs de mes collègues aujourd'hui, je porte le
ruban vert, qui souligne la semaine de prévention du suicide.
J'aimerais en profiter pour souligner le travail
remarquable effectué par le Centre de prévention du suicide de Charlevoix
depuis maintenant 33 ans.
On le
sait, aller chercher de l'aide peut être difficile. Plusieurs personnes
craignent, à tort, les jugements, les commérages, surtout en région
éloignée, où tout le monde se connaît.
Heureusement
pour eux, il existe les sentinelles. Celles-ci sont formées par les centres de
prévention du suicide et oeuvrent dans les milieux de travail, les centres de
loisirs, dans les organismes communautaires pour détecter très tôt la détresse et orienter les gens vers les ressources
nécessaires. Depuis 2017, ce sont 140 personnes qui ont été formées dans
ma région, et on espère en former une soixantaine de plus chaque année.
M. le
Président, j'aimerais et j'invite tous mes collègues à applaudir ces personnes,
qui, à mes yeux, sont également des anges gardiens.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci. Merci beaucoup,
Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Et la prochaine déclaration sera celle de Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci,
M. le Président. Du 11 au 5 février, nous soulignons la semaine de la
prévention du suicide. Le thème,
cette année, est Mieux vaut prévenir que mourir , pour encourager les
gens à oser à parler du suicide malgré les craintes ou l'inconfort.
Puisqu'agir
peut faire toute la différence, parler du suicide permet littéralement de
sauver des vies. Nous devons mettre fin à la stigmatisation entourant
les conversations sur le suicide.
Did you know that in Québec an average
of three people a day take their lives? They are our children, our parents, our
siblings, our friends and our colleagues. Some of these losses can be prevented
by simply encouraging an open dialog around suicide. The people suffering could
find the courage that it takes to talk to someone and to seek help.
Personne ne devrait
avoir à souffrir en silence, et trop de personnes le font encore.
Un merci
spécial à l'Association québécoise de prévention du suicide pour son engagement
à faire de cette campagne un succès. Je vous invite à oser parler du
suicide, à visiter le site Web du même nom, oserparlerdusuicide.com. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci. Merci beaucoup, Mme
la députée de D'Arcy-McGee. Et nous poursuivons maintenant avec Mme la
députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : M.
le Président, aujourd'hui je tiens à saluer le travail de la présidente
sortante de mon comité d'action local, Mme Gilberte Côté.
Dotée d'un
dévouement exceptionnel dans son parcours politique, Mme Côté a été
impliquée dès le début avec la Coalition
avenir Québec. Son engagement ne date pas d'hier. Elle a été attachée politique
de Mario Dumont pendant 15 ans, pour
ensuite porter les couleurs de l'Action démocratique du Québec, en 2009, comme
candidate. J'ai eu la chance de l'avoir dans mon équipe de campagne
électorale et je peux témoigner haut et fort qu'elle a joué un rôle central et
remarquable.
Gilberte
possède un carnet d'implication bien rempli, que ce soit en politique ou dans
l'avancement de projets pour sa
communauté. Sa détermination et son grand coeur sont le résultat de ses grands
succès, un parcours de femme politique et impliquée dont elle peut être
fière.
Ma chère Gilberte, je te souhaite une belle
retraite d'implication militante et politique. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata. Et nous poursuivons avec Mme la députée de Bertrand.
Mme Duranceau : Merci,
M. le Président. Aujourd'hui, je veux reconnaître des travailleurs de l'ombre.
Qu'ils soient employés du
gouvernement ou du secteur privé, je veux rendre hommage à celles et ceux qui
se dévouent au déneigement de nos
routes durant de longues heures, imprévisibles, le jour et bien souvent la nuit,
dans la circonscription de Bertrand.
Chez nous, c'est 15 municipalités au coeur
d'un corridor de neige à cheval entre les Laurentides et Lanaudière. Pour que les citoyens, les villégiateurs et les
touristes puissent en toute sécurité profiter de l'hiver dans notre beau coin
de pays, ce sont des milliers de kilomètres qu'il faut entretenir et
déneiger après les tempêtes.
Merci à toutes nos déneigeuses, tous nos
déneigeurs de la circonscription de Bertrand.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Bertrand. Et la prochaine déclaration sera celle de M. le
député de Terrebonne. M. le député.
M. Fitzgibbon : Merci,
M. le Président. C'est avec émotion que je prends la parole aujourd'hui pour
vous parler d'Alexis, un jeune de
Terrebonne. Cet ancien joueur de hockey de l'Express du collège Saint-Sacrement
affronte avec courage et résilience son adversaire le plus coriace, la
maladie.
La nouvelle a
créé une onde de choc dans son entourage. Alexis est atteint d'un rare cancer
des os à l'âge de seulement 19 ans.
Pour lui envoyer un message d'espoir, son ancienne équipe, l'Express, organise
une
partie de hockey tout en blanc le
24 février prochain. Plus de 500 partisans porteront fièrement un
chandail blanc pour supporter Alexis dans cette épreuve.
Le sport
rassemble, et c'est l'essence même d'une communauté tissée serré. Le
24 février, nous serons tous derrière Alexis. Aujourd'hui, mes pensées
sont spécialement dirigées vers lui, et je lui souhaite bon courage pour la
suite de ses traitements.
Alexis, tout Terrebonne est avec toi. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Terrebonne. Et la prochaine déclaration sera celle de M. le député de Taillon. Permettez-moi...
Je vais faire le député de Lévis avant. M. le député de Lévis, la parole est à
vous.
M. Drainville : M.
le Président, je veux souligner, aujourd'hui, la contribution exceptionnelle de
M. Michel Gagné au sein de l'organisation du Tournoi international
atome M11 Desjardins de Lévis, dont la 53e édition vient de se
conclure dimanche.
Grâce à ses 37 années de bénévolat auprès
des jeunes hockeyeurs de Lévis et d'un peu partout dans le monde, M. Gagné a su faire sa marque et donner ses
lettres de noblesse à notre tournoi atome, qui se déroule chaque année à Lévis.
Ce tournoi, M. le Président, génère plus de
1,5 million de retombées économiques, et plusieurs joueurs de hockey de
renom y ont déjà participé : Mario Lemieux, Alain Côté, Simon
Gagné, Samuel Blais, et j'en passe.
Je profite de
cette tribune pour féliciter et remercier chaleureusement toute l'équipe, les
nombreux bénévoles et partenaires qui ont fait de la 53e édition un
véritable succès.
terminant, merci, Michel Gagné, pour ton dévouement des dernières années.
37 années de bénévolat, dont 25 à
titre de président, ça mérite d'être
souligné. Tu es un travailleur acharné, qui aime passionnément le hockey et qui
veut transmettre cette passion à notre jeunesse et à tes petits-enfants, dont
tu me parles toujours très fièrement. À toi et à toute l'organisation, encore de belles années pour faire rayonner nos talents
de chez nous. Longue vie au tournoi atome de Lévis, M. le Président!
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Lévis. La prochaine déclaration sera celle de M. le député de
Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : M. le
Président, permettez-moi de vous adresser quelques mots par rapport à une
situation qui me tient tout particulièrement à coeur.
Samedi
dernier, nous avons souligné la Journée mondiale contre le cancer. Chaque
seconde, chaque jour, des milliers de
personnes se battent contre le cancer. Cette maladie mérite aujourd'hui, en
cette Chambre, toute notre attention. Vous savez, il faut faire de cette lutte contre le cancer un objectif
collectif. Les statistiques le démontrent, le nombre de personnes recevant un diagnostic de cancer est en hausse, et
il faut s'attendre à ce que ça continue. En 2022, on estimait que 58 400 personnes
ont reçu un diagnostic de cancer et que 22 200 en sont décédées. Nos
pensées accompagnent ceux et celles qui ont perdu des proches et ceux
pour qui le combat est présent.
terminant, rappelons-nous que la Journée mondiale contre le cancer a pour but
de rendre hommage à toutes les personnes
qui en sont atteintes, de sensibiliser le monde entier au cancer ainsi que
d'améliorer l'éducation et de catalyser les actions personnelles,
collectives, gouvernementales afin de changer l'avenir de cette terrible
maladie.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de
Marguerite-Bourgeoys. La prochaine déclaration sera celle de M. le député de
Saint-Jean.
M. Lemieux : M. le Président,
Saint-Jean-sur-Richelieu vient de vivre une petite révolution tranquille dans
la rue. C'est parce qu'il y avait des
travailleurs de rue régionaux qui venaient à temps partiel faire des tours en
ville, pour le dire comme ça, mais,
devant la montée d'itinérance qu'on sentait venir, et qui s'est bien installée
avec la pandémie, et confronté à une nouvelle réalité dans la rue, ensemble le
milieu s'est pris en main et s'est organisé en quelques mois pour financer le
démarrage d'un vrai de vrai organisme
communautaire de travail de rue qui s'appelle Passe-moi la puck, comme dans la
chanson des Colocs.
les travailleurs de rue sont maintenant à pied d'oeuvre pour, j'ai envie de
dire, en compter, des buts, d'autant plus que c'était le chaînon manquant de l'écosystème, avec un centre de jour,
une halte-chaleur, de l'hébergement de transition et des travailleurs
sociaux qui travaillent avec nos policiers.
Mais
la
partie n'est pas gagnée, parce qu'il faut maintenant obtenir du financement
récurrent pour continuer d'agir et de réagir ensemble à cette nouvelle
réalité de l'itinérance chez nous. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci,
M. le député de Saint-Jean. Et, pour conclure cette rubrique, je cède la
parole au député de Taillon pour sa déclaration. M. le député.
M. Carmant : Merci, M. le Président.
En cette 33e semaine de prévention du suicide, j'aimerais sensibiliser les
Québécois à un sujet dont on ne parle pas assez, la mortalité maternelle par
suicide.
Preuve
que l'on n'en parle pas assez, des études récentes montrent que c'est la cause
principale de décès dans la première année qui suit l'accouchement. Trop
souvent, la parentalité entraîne une réalité qu'on passe sous silence : la
détresse psychologique.
constat étant fait, maintenant il faut sensibiliser les parents et les
soignants à cette réalité et agir en prévention. C'est pour cela, M. le Président, que j'organise le forum Prendre soin
plutôt que soigner, une journée de sensibilisation à la santé mentale
chez les nouveaux parents, au Palais des congrès, ce vendredi, à Montréal. La
grossesse a d'importantes implications pour la santé psychologique des parents
et de leurs enfants, il faut en parler, et on va en parler.
En terminant, M. le
Président, sur une touche plus personnelle, j'aimerais dire à mon cousin Yvan,
mes anciens collègues et amis Charles,
Alain, Antoine et Maryse que je suis fier de porter la lutte contre la
prévention du suicide en leur nom et au nom de toutes les familles
endeuillées. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Taillon. Et cela met fin à la rubrique Déclarations
de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 56)
La Présidente : Mmes, MM. Les députés, bonjour. Aujourd'hui, nous allons nous
recueillir quelques instants en ayant
à l'esprit les parents et les enfants qui vivent actuellement une terrible
tragédie à Laval. Nos pensées sont avec eux. Quelques minutes de... quelques
instants de recueillement, je vous prie.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Alors, aujourd'hui, j'ai le plaisir de souligner la présence, dans nos
tribunes, d'athlètes et d'entraîneurs des équipes de cross-country féminin, de rugby féminin et de
football du Rouge et Or de l'Université Laval, des grands vainqueurs, en 2022, de leurs disciplines
respectives. Bravo à vous tous!
Alors, nous poursuivons
les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, je reconnais
M. le ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Oui,
Mme la Présidente, permettez-moi de déposer la réponse du comité de la
rémunération des juges 2019‑2023
à la demande de clarification formulée par le gouvernement concernant la
recommandation relative à la
compensation des juges municipaux rémunérés à la séance en raison de la
pandémie de COVID et la réponse du comité de la rémunération des
juges 2019‑2023 à la demande de clarification formulée par la Conférence
des juges municipaux du Québec concernant
l'interprétation sur la portée de l'indemnité pour l'absence de régimes de
retraite et d'assurance collective concernant
le travail exécuté au taux horaire de 300 $ de l'heure et au Conseil de la
magistrature de 2019‑2023. Je vous remercie.
La Présidente : Ces documents sont
déposés. Maintenant, Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme Déry : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je dépose aujourd'hui les états financiers et les
états du traitement 2021‑2022
ainsi que les rapports sur la performance et les perspectives de développement
de l'Université du Québec à
Trois-Rivières, l'Université du Québec à Rimouski, l'Université du Québec en
Outaouais, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, l'Université du
Québec à Montréal, l'Université du Québec à Chicoutimi, l'Université du Québec, le siège social, l'Université Laval,
McGill, Montréal, Sherbrooke, la Télé-Université du Québec, l'Institut national
de la recherche scientifique, HEC Montréal,
l'École de technologie supérieure, l'École nationale de l'administration
publique, l'Université Concordia, le
Collège militaire royal de Saint-Jean, l'Université Bishop's et Polytechnique
Montréal. Merci.
Présidente : Ces documents sont déposés. Mme la ministre
responsable de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire.
Mme Rouleau : Merci,
Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer le rapport d'activité 2021‑2022
du Comité consultatif de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion
sociale. Merci.
La Présidente : Ce document est
déposé.
À la rubrique Dépôt de rapports de commissions,
M. le président de la Commission des finances publiques et député de
Montmorency, la parole est à vous.
M. Simard : Mme
la Présidente, je dépose le rapport de la Commission des finances publiques
qui, le 31 janvier et les 1er, 2
et 7 février 2023, a tenu des auditions publiques dans le cadre des
consultations particulières sur le projet
de loi n° 3,
Loi sur les renseignements de santé et des services
sociaux.
La Présidente : Ce rapport est
déposé.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Et j'ai été
avisée qu'après la période des questions et réponses orales il pourrait y avoir
un vote requérant l'approbation des deux tiers des membres de
l'Assemblée.
Nous en
sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède
la parole au chef de l'opposition officielle pour sa question
principale.
M. Tanguay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Vous me permettez, d'entrée de jeu, d'offrir
toutes nos pensées aux victimes et aux parents de la tragédie qui se déroule à
Laval. Nos pensées, nos prières les accompagnent, et on va suivre,
évidemment, la situation de près. Alors, vous m'aurez permis de souligner cet
important message.
Je vais vous
parler de la santé, des transferts en santé. Les demandes du Québec étaient
connues, c'était l'équivalent de
6 milliards par année. On a obtenu 1 milliard. Je pense aux patients
qui sont sur les listes d'attente, et je vois la réaction du premier ministre, puis
j'aimerais lui donner l'occasion, là, de préciser sa pensée sur ce qui va
suivre. On ne peut pas attendre la prochaine élection fédérale, qui pourrait
avoir lieu juste en 2025. Il faut penser aux patients aujourd'hui, on a
besoin de cet argent-là.
Est-ce
que le premier ministre peut nous expliquer, là, qu'est-ce qu'il va faire dans les prochaines heures, prochains jours? On ne peut pas se résigner à ça. Je suis
convaincu qu'il ne veut pas se résigner à ça, mais on aimerait en entendre plus
que ce que l'on a entendu, là, dans les dernières heures. Voilà.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
vous allez me permettre, moi aussi, de dire quelques mots pour la tragédie
terrible qu'on vit, actuellement, qu'on a
vue ce matin, là, un autobus qui fonce sur une garderie, et puis il y a des
enfants qui sont gravement touchés.
Donc, comme parents, tous ceux qui sont parents peuvent imaginer l'angoisse qui
est vécue, actuellement, par ces
parents. Évidemment, on va offrir toute l'aide qu'on est capables d'offrir aux
enfants, aux parents puis aux employés, aussi, de la garderie.
Maintenant,
Mme la Présidente, concernant la question sur les transferts, bien, on l'a dit,
ça fait deux ans et demi que les
13 premiers ministres des provinces et territoires demandent une
augmentation des transferts en santé. Pourquoi, Mme la Présidente? Parce
que le fédéral finance seulement 22 % des dépenses de santé au Canada.
nous a fait une offre, hier, on demandait un rehaussement pour l'ensemble des
provinces de 28 milliards, le rehaussement est d'environ
4,6 milliards par année, donc 1/6 de ce qu'on demandait. Bon, deux, quand
même, bonnes nouvelles : un, il n'y
aura pas de conditions, donc les compétences du Québec vont être respectées,
puis, deux, bien, à partir de
maintenant, les transferts vont être indexés à 5 % plutôt qu'à 3 %.
Concrètement, ce que ça veut dire, c'est qu'avec la proposition on va
passer de 22 %...
Présidente : En terminant.
M. Legault :
...de 22 % à 24 %. Je continuerai.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente, ce
n'est pas une bonne nouvelle, ce n'est pas une bonne nouvelle. On ne peut
pas voir, hier, 1/6 de nos demandes être
rencontrées puis dire que c'est une bonne nouvelle. On ne peut pas voir que
c'est une entente qui va lier le Québec pendant 10 ans puis dire
que c'est une bonne nouvelle.
suis certain qu'à matin le premier ministre, là, puis je me serais attendu à
ça, soit fâché. Puis, je veux dire, on va
l'appuyer dans ce combat-là. Le fédéral doit en faire plus, puis on l'appuie,
il a tout notre appui. J'aimerais ça voir le premier ministre fâché. Ce
n'est pas une bonne nouvelle.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
ce que j'allais dire, c'est que, bon, le financement va passer de 22 % à
24 % des dépenses totales. Bon,
avec l'indexation, au moins ça va arrêter de baisser. Parce que, sous les
gouvernements autant du Parti libéral que du Parti québécois, bien, on a
vu ça passer de 50 % à 40 %, à 30 %, à 22 %, puis là on
s'en allait vers 21 %, 20 %, 19 %. Là, au moins, ça va être gelé
à 24 %.
Mais,
Mme la Présidente, c'est insuffisant, ça ne règle pas le problème structurel et
fondamental du financement des soins de santé, parce que, il faut le
rappeler, c'est la seule dépense qui augmente à 5 % et plus par année...
Présidente : En terminant.
M. Legault :
...donc le fédéral doit contribuer davantage.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : Mais, Mme la Présidente,
il y a de quoi que je ne comprends pas, puis j'aimerais ça que le premier
ministre nous aide tous, là, collectivement, à comprendre. Pourquoi le premier
ministre ne s'insurge-t-il pas? Pourquoi il
n'est pas fâché? Il connaît les chiffres mieux que moi, Mme la Présidente,
parce qu'il a accès à tous les chiffres. Le 5 % va être sur cinq ans. Après ça, ça va rebaisser,
ça va être à l'indexation. Mais, même là, au départ, votre capital que vous
allez chercher, vous
demandiez 6 milliards, puis vous avez 1 milliard, vous signeriez
pendant 10 ans. Moi, j'aimerais entendre du premier ministre un
plan de match, un échéancier, de la combativité...
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
il va y avoir probablement vendredi, en tout cas dans les prochains jours,
une réunion des 13 premiers ministres
des provinces et territoires pour établir une stratégie. Mais, Mme la
Présidente, le problème, c'est le
problème de Justin Trudeau. Peut-être que le député de Pontiac pourrait nous
aider à convaincre le premier ministre fédéral actuel, je sais qu'il l'a
conseillé pendant la dernière campagne électorale...
La Présidente :
S'il vous plaît! Pas de
commentaire. La réponse est tout aussi importante que la question. M. le
premier ministre, il vous reste des secondes.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
comme je l'ai dit hier de façon très directe, il y aura éventuellement des
élections fédérales, puis les Québécois, les Canadiens devront se
rappeler que le fédéral, M. Trudeau...
Présidente : En terminant.
M. Legault :
...n'a pas fait sa part.
La Présidente :
Et troisième complémentaire.
M. Tanguay : Là, Mme la Présidente,
là, pour les patients qui sont sur les listes d'attente, en santé, le premier
ministre dise : Découragez-vous
pas, il va peut-être y avoir des élections fédérales en septembre 2025. Il leur
dit : Découragez-vous pas, on a
eu 1 milliard sur 6, 1/6 de ce qu'on demandait, mais, découragez-vous pas,
il y a deux bonnes nouvelles : on n'a pas de conditions, puis ça va
être indexé.
C'est nettement insuffisant.
Ressaisissez-vous, là, M. le premier ministre, allez chercher notre butin.
Présidente : M. le premier ministre.
La Présidente :
S'il vous plaît! Pas de commentaire ni à la question ni à la réponse. M. le
premier ministre.
M. Legault :
Donc, les rouges sont rendus du côté de Maurice Duplessis, maintenant. C'est
encourageant.
la Présidente, ce qu'il est important de dire, là, c'est que, même si on n'a
pas obtenu l'argent qu'on voulait du fédéral,
le gouvernement du Québec va investir toutes les sommes nécessaires pour mettre
en place le plan du ministre de la Santé. Ça va poser des maux de tête, sur
l'équilibre financier, au ministre des Finances, mais, je veux rassurer les
Québécois, ce qui doit être investi en santé va être investi, ça va être
fait par le gouvernement du Québec.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant Mme la
députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Mme la Présidente, lundi,
Le Journal de Montréal révélait qu'un enseignant de la Mauricie aurait
mis une de ses élèves, alors mineure, enceinte, et il aurait récidivé en
mettant une deuxième de ses élèves... mais, à ce moment-là, il a attendu qu'elle ait 18 ans pour qu'elle aussi soit
enceinte. Il est toujours enseignant. Bien qu'une plainte d'un parent
ait été logée au centre de services scolaire, à ce jour il est encore
enseignant.
J'ai
interpelé le ministre de l'Éducation. Je lui demande qu'une enquête soit
déclenchée, que, durant le temps de l'enquête, l'enseignant soit
suspendu et que, si les faits sont avérés, on lui retire son brevet d'enseignant.
demande aussi de déclencher une enquête sur la gestion de la plainte par le
centre de services scolaire. Les parents sont en droit de s'attendre que
l'intégrité physique et morale de leurs enfants soit respectée. Aucun adulte ne
peut voler l'innocence d'un enfant.
La Présidente : En réponse, M. le
ministre de l'Éducation.
M. Drainville : Mme
la Présidente, je suis, moi aussi... moi aussi, dis-je, profondément troublé
par les informations qui ont été
publiées par le journal. Si ces informations s'avéraient exactes, fondées, il
est évident que cette personne-là ne devrait pas être en contact avec
des élèves.
Maintenant,
Mme la Présidente, il faut d'abord qu'il y ait enquête pour vérifier ces faits.
Et, pour qu'il y ait enquête, une
plainte doit m'être acheminée, c'est la
Loi sur l'instruction publique qui le
dit. Alors, la
Loi sur l'instruction publique, elle dit : «Toute personne physique peut porter plainte au ministre
contre un enseignant pour une faute grave commise à l'occasion de
l'exercice de ses fonctions[...].
«[...]La plainte doit être écrite, motivée et
faite sous serment...»
Je n'ai
toujours pas reçu de plainte. Et je redis, Mme la Présidente, ce que j'ai déjà
dit publiquement, je souhaite que, s'il y a quelqu'un qui a eu
connaissance d'une faute grave impliquant un enseignant ou une enseignante,
cette plainte, s'il vous plaît, me soit acheminée le plus rapidement possible
pour que je puisse déclencher...
La Présidente : En terminant.
M. Drainville : ...le comité
d'enquête.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Rizqy : 28 août
2022, la plainte a été acheminée au centre de services scolaire. Le centre de
services scolaire, c'est qui, en
définitive? C'est le ministre de l'Éducation. Alors, pourquoi n'a-t-il pas pris
le téléphone pour demander au centre de services scolaire de faire
acheminer cette plainte?
Et, pour assermenter, pas de problème, on a
plein d'avocats, ici, on peut assermenter.
La Présidente : En réponse, M. le
ministre de l'Éducation.
M. Drainville : Mme
la Présidente, vous comprendrez qu'on a déjà communiqué ce message au centre de
services scolaire et on leur a
effectivement demandé est-ce qu'il est possible de s'assurer que la plainte
qu'ils ont reçue nous soit acheminée.
Et on est toujours en attente, parce qu'encore une fois il faut que la personne
qui a porté plainte vienne porter plainte au ministre, c'est la loi qui
le dit.
Alors, la
députée de Saint-Laurent peut déplorer ce que la loi dit, elle peut m'inviter à
la changer, la loi, et j'y réfléchis très sérieusement, je regarde nos options.
Et je suis, comment dire...
La Présidente : En terminant.
M. Drainville : ...j'espère qu'on
pourra compter sur son appui si on décide de le faire.
La Présidente : Pas de commentaire à
la suite des réponses. Mme la députée.
Mme Rizqy : Avant de la
changer, il faut d'abord la lire : «478.4. Le ministre et [ses
sous-ministres] possèdent d'office [des]
droits et [des] pouvoirs de faire [enquête].» Alors, comment se fait-il que,
moi, dans l'opposition, je suis capable de mettre la main sur ladite plainte? Je l'ai caviardée. Et, par
conséquent, je suis dans l'obligation de déposer plainte. J'envoie un
page, je vous l'envoie par courriel et je vous demande officiellement de
déclencher l'enquête.
Et, maintenant, est-ce qu'au Québec on est obligés, à chaque fois, que ça passe
par les journaux et qu'aussi une députée de l'opposition porte plainte?
La Présidente : Consentement pour le
dépôt?
Des voix : Consentement.
La Présidente : Consentement. M. le
ministre...
La Présidente : Bon. Alors,
poursuivons. Poursuivons avec le ministre de l'Éducation pour sa réponse.
M. Drainville : Mme
la Présidente, je prends acte de la plainte que la députée dépose. Je vais
l'acheminer à nos services juridiques
pour voir si cette plainte-là peut effectivement déclencher un comité d'enquête
qui pourrait éventuellement, s'il est
concluant, nous permettre de suspendre ou même de révoquer le permis
d'enseignement de cette personne, si les faits sont allégués au terme de
l'enquête.
Maintenant, Mme la Présidente, la
compréhension de la loi qui m'a été transmise par nos services juridiques, c'est que la plainte doit m'être acheminée
directement par la personne qui a eu connaissance de la faute, par l'enseignant
ou par l'enseignante. Alors, on va vérifier la procédure que nous propose la
députée de Saint-Laurent...
La Présidente : En terminant.
M. Drainville : ...et on va
donner suite.
La Présidente : En principale, je
reconnais la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci,
Mme la Présidente. Christine Caron, 25 ans, souffre d'un trouble de
personnalité limite. Elle se présente deux fois à l'urgence de l'Hôpital Anna-Laberge
de Châteauguay en décembre dernier. Elle reste une nuit, repart chez elle et revient le jour même, car elle
n'allait vraiment pas bien. Elle quitte à nouveau l'hôpital un peu plus tard
avec un congé de quatre jours. Ce n'est que quelques jours plus tard
qu'elle s'enlève la vie.
Son père explique qu'elle a écrit quelques
lettres et que, dans sa dernière, elle dénonce le fait qu'elle n'a pas eu accès à des soins. Je vous cite un
passage : «J'espère vraiment que ma mort aidera à changer les choses,
qu'elles ne resteront pas comme elles
le sont présentement.» Ses parents ont rapporté dans les médias, et je
cite : «Le médecin lui aurait dit : "Si tu [voulais] te suicider, tu l'aurais déjà fait et tu veux
[...] faire un show pour attirer l'attention." C'est ce qu'elle a écrit.»
Qu'est-ce que
le ministre répond aux parents de Christine, qui déplorent qu'aucun autre
service d'urgence n'existe si on a
besoin d'être vu en raison de problèmes de santé mentale urgents? C'est la
mission de l'État, de protéger ses citoyens.
La Présidente : En réponse, le
ministre responsable de... des Services sociaux, oui. M. le ministre, allez-y.
M. Carmant : Bien,
je remercie, là, j'imagine, la députée de D'Arcy-McGee pour sa question. Je tiens
à dire à tout le monde ici que j'ai parlé, là, aux parents de
Mme Caron dès que j'ai su cette tragédie, là.
Vous savez, le suicide, c'est quelque chose
d'extrêmement complexe. Il y a cinq de mes collègues qui se sont suicidés, là, depuis ma carrière de médecin, puis
c'est quelque chose de vraiment très imprévisible, vraiment très imprévisible.
Ça fait que, quand on veut critiquer le
système puis qu'on prend ces exemples-là, ce n'est pas exactement la bonne
chose à faire.
Maintenant,
ce qu'il y a de terrible, dans cette situation-là, c'est que le patient s'est
senti mal accueilli à l'urgence. Puis
ça, là, je suis d'accord avec vous, c'est inacceptable. Ça fait que qu'est-ce
qu'on fait pour changer ça? Dans le plan d'action en santé mentale, on a une mesure, l'axe 6.1, 6.2, qui
définit l'accueil à l'urgence. On va mettre des guichets d'accès en santé mentale partout au Québec, des
infirmières, des travailleurs communautaires pour le suivi en communauté, des
psychoéducateurs, des gens professionnels en
santé mentale pour accueillir ces patients, pour que tout le monde se sente
bien accueilli dans nos salles d'urgence pour des problèmes de santé mentale,
Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Prass : Croyez-vous qu'une
personne en détresse qui a le courage d'aller chercher de l'aide aura toujours quelqu'un pour l'écouter? Malheureusement non, et
ce, même avec un appel d'assistance au 8-1-1. Fatalement, l'intervenant au bout du fil devra annoncer à la personne en
détresse que les délais sont de six mois à deux ans avant d'avoir accès à un
psychologue ou un psychiatre. Ça n'a aucun sens.
Le ministre doit assumer son rôle et nous
expliquer concrètement son plan pour réduire les listes d'attente.
La Présidente : M. le ministre
responsable des Services sociaux.
M. Carmant : Bien,
ça va me faire un plaisir d'expliquer notre plan. On a augmenté la prévention.
On est dans les écoles secondaires,
on va aller dans les écoles primaires. Les gens doivent savoir c'est quoi, les
émotions, puis différencier la tristesse de la dépression. Ça, c'est la
première chose.
deuxième chose, il faut avoir accès à des services en santé mentale tout le
temps. Répétez-le à tous les citoyens :
8-1-1 Info-Social, 24 heures sur sept, disponible tout le temps. Même si
vous attendez pour un psychologue, 8-1-1 Info-Social vont venir vous
aider, vont venir réorienter, vont venir reprioriser.
Ensuite,
on est en train de développer des trajectoires de soins fluides qui vont
permettre d'avoir accès à tous ces patients.
Je l'ai dit plusieurs fois ici : Si on envoie tout le monde vers le
psychologue ou le psychiatre, il va y avoir un bouchon. Une personne sur
cinq a un problème de santé mentale aujourd'hui...
Présidente : En terminant.
M. Carmant :
...une personne sur trois dans la vie. Il faut utiliser tout le monde.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente.
Nous connaissons tous un proche qui vit ou a vécu une passe difficile. Nous
avons tous été impuissants devant leur situation et souhaité pouvoir, à l'aide d'une baguette
magique, retirer toute leur souffrance.
Faute
de trouver un psychologue et d'avoir accès à des services rapidement, le milieu
communautaire propose une foule de
ressources. La CAQ s'engage-t-elle à soutenir davantage les organismes
communautaires pour éviter qu'encore, au Québec, nous soyons confrontés avec
trois suicides par jour?
Présidente : M. le ministre.
M. Carmant : Encore une fois, trois
suicides par jour, c'est le plus bas des 20 dernières années, là. Le
suicide est en chute libre, au Québec, puis ce qu'on veut, c'est
vraiment arriver en bas du trois par jour, en bas de 1 000.
Tout à fait d'accord
avec vous. Les organismes communautaires, on les valorise. On a fait un ajout,
en mission globale, de 15 millions,
dans notre plan d'action en santé mentale, directement aux organismes communautaires,
une première au Québec. Certains
organismes nationaux nous ont dit : Bien, ça devrait être distribué
équitablement à tout le monde. Nous, dans nos plans en violence conjugale, en
santé mentale, en exploitation sexuelle, on a visé les organismes
communautaires parce qu'on veut travailler en partenariat avec eux.
Puis, je pense, c'est ce qui a le plus changé sous ce gouvernement...
Présidente : En terminant.
M. Carmant : ...c'est les partenariats
qu'on a établis avec nos organismes communautaires, Mme la Présidente.
Présidente : Question principale, le chef du deuxième groupe
d'opposition.
Présidente : S'il vous plaît!
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente.
D'entrée de jeu, je veux joindre ma voix à celle du premier ministre, à celle du chef de l'opposition officielle pour
témoigner de ma peine mais aussi de notre soutien envers les familles qui
vivent actuellement, à Laval, une tragédie
innommable. C'est un cauchemar. Et je veux, pour ce que ça change, leur dire
que tout le Québec est uni en solidarité avec eux ce matin.
voulais, bien sûr, également échanger avec le premier ministre sur ce qui s'est
passé hier sur les transferts en santé.
premier ministre le sait, notre système de santé est en crise. Les soignantes
manquent à l'appel par milliers dans le système public. Il y a des
urgences qui ferment à Maisonneuve-Rosemont, en Outaouais, sur la Baie-James.
Il y a 20 000 personnes qui attendent de l'aide en santé mentale. Et
là je ne parle même pas des chirurgies.
Régler
tout ça, c'est la job du ministre de la Santé, bien sûr. Le premier ministre,
lui, il avait une job : aller chercher notre argent à Ottawa pour permettre d'améliorer notre système de santé.
Hier, il est revenu bredouille. Il est allé chercher, en fait, six fois moins que ce qu'il demandait.
1 milliard sur 6 milliards, ça fait à peu près 16 %, ça, le
premier ministre me corrigera. Dans
mon livre à moi, c'est un échec. Le premier ministre dit qu'il est un
fédéraliste de résultats, ce n'est pas ça qui se passe.
Est-ce
que le premier ministre est capable de reconnaître que l'entente qui se profile
avec Justin Trudeau, là, c'est une entente à rabais?
La Présidente : M. le premier
ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
d'abord, je veux commencer par répéter ce que j'ai dit tantôt, le gouvernement du Québec va investir toutes les sommes nécessaires
pour redresser le réseau de la santé, pour mettre en place le plan du
ministre de la Santé. Ça va créer des problèmes du côté de l'équilibre
budgétaire, mais on va le faire.
Maintenant,
concernant le fédéral, je vais peut-être reprendre un peu ce que vient de dire
le chef du deuxième groupe d'opposition.
Lui, il est souverainiste. Actuellement, le Québec reçoit chaque année
10 milliards de plus du gouvernement fédéral que ce qu'on envoie à Ottawa. D'ailleurs, certains premiers
ministres, incluant la première ministre de l'Alberta, aiment bien le répéter régulièrement durant nos
rencontres parce qu'eux autres c'est le contraire. Donc, je trouve que
le chef de Québec solidaire est mal placé,
en étant souverainiste, pour dire : Je voudrais avoir plus d'argent que le
10 milliards net qu'on reçoit de plus du gouvernement fédéral.
Présidente : Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : La péréquation, ça n'a
rien à faire avec les transferts en santé, Mme la Présidente, là. Ce que je
demande au premier ministre... C'est lui qui
gouverne, il est premier ministre. Il a une superforte majorité. Il nous a dit
que ça lui permettrait d'aller gagner plein
d'affaires pour le Québec, d'avoir 90 députés. De toute évidence, ça ne
fonctionne pas. C'est à lui à livrer
la marchandise. Depuis qu'il est de retour en politique, il nous dit que c'est
un homme de résultats, un homme qui fait des deals. Là, son deal avec
Justin Trudeau, c'est un deal à rabais.
Qu'est-ce qu'il va
faire pour le système de santé au Québec s'il n'est pas capable de se tenir
debout?
Présidente : M. le premier ministre. Attention à vos propos.
M. Legault : Mme la Présidente, je le
sais, que, le chef de Québec solidaire, ça ne l'intéresse pas, les négociations
avec M. Trudeau puis avec le fédéral.
Quand même spécial. On reçoit 13 milliards par année de péréquation, mais
il dit : Ça n'a rien à voir avec les transferts du fédéral.
Mme la Présidente, je
rappelle que la demande que le Québec fait, c'est la même demande que les 13
premiers ministres des provinces et
territoires. Donc, est-ce que le chef de Québec solidaire est en train de dire
que les 13 premiers ministres
sont mauvais? Ou peut-être que le problème est du côté de Justin Trudeau? Puis
là, bien, on verra si, la prochaine fois, le député de...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...Pontiac
va l'aider.
Présidente : Deuxième...
Présidente : S'il
vous plaît! Deuxième complémentaire. Il y a une seule personne qui a la parole
ici. M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Mme la Présidente, c'est
clair que le problème est du côté de Justin Trudeau. Mais le travail du premier ministre du Québec, c'est d'aller
chercher notre argent, l'argent qui nous appartient, à Ottawa. Il ne livre pas
la marchandise.
l'entendais, tantôt, parler des prochaines élections fédérales. Est-ce qu'il
est en train de nous dire qu'il va nous inviter à voter pour Poilievre? Peut-être qu'on pourrait financer la
santé avec des bitcoins? Ce n'est pas sérieux, Mme la Présidente.
dit être un homme de résultats. Est-ce qu'il est capable de reconnaître qu'en
ce moment il fait tout sauf livrer des résultats, en santé?
Présidente : M. le premier ministre.
Legault : Mme la Présidente, je pense que c'est plus
important que jamais que le Québec fasse front commun, que toutes les provinces et territoires fassent
front commun, parce qu'il s'agit d'un problème qui n'est pas unique au Québec.
À cause, entre autres,
du vieillissement de la population, les dépenses de santé augmentent plus vite
que les autres dépenses, puis le gouvernement fédéral doit en faire
plus. Donc, il faut s'unir plutôt que d'essayer de se diviser.
Présidente : En principale, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci, Mme la Présidente. Parlons-en, du
vieillissement de la population. Dans les deux dernières années, c'est 250 résidences privées pour
aînés qui ont fermé leurs portes. Hier, il y a plusieurs groupes qui ont fait
connaître leur solidarité avec les
aînés qui sont pris en otages par des promoteurs qui pensent plus à leur
portefeuille qu'au bien-être de nos
aînés, et je les cite : «...que le modèle actuel reposant en très
grande
partie sur le privé doit être revu, non pas sous l'angle des intérêts des [promoteurs], mais bien
sous l'angle des droits des personnes aînées, dont [...] le droit à la dignité,
[...]à la santé, [...]à la sécurité, [et] au logement.»
Depuis
déjà un an, les aînés du Mont-Carmel luttent bec et ongles pour sauver leur
maison. C'est quoi, le plan de la ministre de l'Habitation pour empêcher les
spéculateurs d'acheter à rabais les RPA, les fermer? Ou c'est comme le reste,
la ministre, il n'y a pas grand-chose à faire?
Présidente : Réponse de la ministre déléguée à la Santé et aux Aînés.
Mme Bélanger : Mme la Présidente, d'abord, il me fait plaisir de
répondre à la question de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, avec laquelle j'ai eu l'occasion d'aller
visiter, en janvier dernier, les citoyens, les résidents et les résidentes de la RPA Mont-Carmel. J'ai été
très touchée par cette visite. Et nous avons eu l'occasion, avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, de discuter avec les aînés qui se sont mobilisés dans cette maison
pour pouvoir y rester.
Alors, on le sait,
les RPA, actuellement, c'est une situation extrêmement préoccupante. Il y a
plus de 500 RPA qui se sont fermées depuis les quatre dernières années. Et
puis il y a des grandes RPA, mais il y a des petites RPA aussi dans l'ensemble
des villes et villages du Québec. Et on doit aussi soutenir les RPA au même
titre que toutes les autres instances
d'hébergement pour les aînés au Québec. On a eu l'occasion, en décembre
dernier, de mettre des mesures...
Présidente : En terminant.
Bélanger : ...pour soutenir les RPA, et nous allons continuer de le
faire, et de soutenir aussi...
Présidente : Première complémentaire, Mme la députée.
Mme Massé : Les citoyens et citoyennes de Mont-Carmel ont
effectivement proposé plusieurs solutions : faire un plan d'acquisition public ou communautaire des RPA
qui risquent de fermer, des obligations pour maintenir des statuts RPA,
réguler les coûts du loyer, puis j'en passe.
fait un an, un an que je parle régulièrement avec les aînés de Mont-Carmel. La
ministre de l'Habitation, elle, a-t-elle rencontré des aînés dans ce
type de situation là? Et, si oui, qu'est-ce qu'elle leur a dit?
Présidente : Je reconnais Mme la ministre responsable de l'Habitation.
Duranceau : ...la situation
des RPA, la situation pour les étudiants, on en parle à chaque jour, là. La
situation est difficile, en matière de logement. Il y a un enjeu
d'abordabilité, et c'est ce sur quoi je travaille à chaque jour. On a
dit qu'on se pencherait sur les questions de
la relation entre les locataires et les propriétaires, et, à travers cette
analyse-là, on va justement valider
là où le bât blesse et intervenir avec les bons changements réglementaires pour
protéger les personnes les plus vulnérables de notre société.
La Présidente :
En terminant.
Duranceau : Et ça, je m'y engage, Mme la Présidente.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Massé : Mme la Présidente,
ce que vivent les aînés, et particulièrement les aînés qui se font tirer leur
milieu de vie en dessous des pieds parce qu'il y a des spéculateurs qui ne sont
pas contraints de respecter nos aînés qui habitent là, bien, ça crée des
situations de détresse immense, et c'est pourquoi ça urge qu'il y ait un plan.
Je ne haïrais
pas ça, avoir un échéancier, parce que j'entends : On va y arriver.
J'entends : On va y arriver. C'est quand, ça?
La Présidente : La réponse de
Mme la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau : Merci, Mme la
Présidente. Effectivement, il y a un plan, il va y en avoir un qu'on va vous communiquer en temps et lieu. Je m'engage à agir
pour aider les personnes vulnérables, je l'ai dit. Et le Tribunal administratif du logement est là, pour le moment, pour gérer ces
relations-là. Et puis à chaque jour on travaille pour changer la donne.
Et quoi de
plus clair que d'envisager des modifications réglementaires là où il y a une
problématique? Je ne peux pas vous les donner aujourd'hui, ça s'en vient. Il
faut faire le travail dans les règles de l'art, vous savez c'est quoi.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais Mme la députée de Robert-Baldwin. La parole est à
vous.
Mme Garceau : Merci, Mme la
Présidente. La violence envers les femmes est en hausse, ces dernières années, comme en témoignent la hausse des féminicides et,
évidemment, les cas de violence conjugale. Lorsqu'une femme fait preuve d'un grand courage nécessaire pour quitter son
conjoint, quitter sa maison pour fuir la violence, l'État a la responsabilité
de répondre et d'agir. Malheureusement, les
maisons d'hébergement ont atteint leur capacité. C'est entre 5 000 et 10 000 femmes et enfants qui se voient
refuser de l'hébergement et des services, faute de place. La directrice de
La Passerelle d'Alma a dit qu'il s'agit d'une situation complètement
crève-coeur.
Mme la Présidente, comme société, on ne peut pas
laisser tomber ces femmes et ces enfants. Que va faire le gouvernement?
La Présidente : En réponse, Mme
la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, c'est un sujet, surtout la violence conjugale et violence sexuelle, qui préoccupe beaucoup notre
gouvernement. Vous savez, il y a plusieurs actions qui ont été mises en place,
entre autres les actions du tribunal
spécialisé, le groupe qui a été mis en place, beaucoup d'aide d'urgence qui a
été donnée dans les dernières années.
Depuis 2019, c'est près de 950 millions qui ont été consacrés à la lutte
contre les violences sexuelles.
Maintenant,
ma collègue, on est toujours en contact avec les maisons d'hébergement, il y a
toujours des besoins criants de
places, on le sait. Les budgets des maisons d'hébergement ont été augmentés
également dans les derniers budgets qui ont été consacrés par mon
collègue des Finances.
Donc, je veux
juste rassurer la population. C'est un enjeu qui est fort préoccupant. C'est un
enjeu qui relève de l'ensemble de la
société, d'ailleurs. Il faut agir en prévention, en sensibilisation. Si on a
besoin de plus de maisons d'hébergement, c'est aussi parce qu'il faut
agir en prévention.
Donc, je
pense qu'on est sur le sujet, on est... C'est un sujet qui est très délicat et
c'est un sujet qu'on n'a pas hésité à traiter dans les dernières années,
dans le dernier mandat, de façon transpartisane. Et je peux... Je sais que
j'implique ma collègue, quand je dis ça, en
Condition féminine, mais je suis convaincue qu'elle vous tend la main pour
travailler avec elle, si vous avez des solutions à proposer.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Garceau : Je comprends qu'il y a
eu du financement. Ça, c'était pour, évidemment, aider à bonifier les conditions de travail surtout des travailleuses,
des intervenantes. Mais là on parle de capacité d'hébergement. C'est criant,
c'est alarmant. C'est 5 000 à 10 000 femmes et enfants.
Qu'est-ce
qu'on va leur dire quand ils vont aller à une maison d'hébergement et on claque
la porte? On va les mettre dans les rues?
La Présidente : Mme la
ministre et présidente du Conseil du trésor.
LeBel : Oui, je comprends
très bien la situation qui est exposée par la collègue, Mme la Présidente. Je
dois dire que, selon les données
qu'on a maintenant, là, dans les dernières années, tout récemment, c'est
171 places de maison d'hébergement
d'urgence qui ont été créées, on a consolidé 296 places également. Je suis
consciente, là, que c'est... qu'il y a toujours des besoins criants. Je
suis consciente qu'il faut continuer toujours à travailler.
À l'instar de
mon collègue, quand on parle des refuges, des listes d'attente, on est très
conscients de la situation, et ma collègue
travaille avec les maisons d'hébergement. On a augmenté les budgets. Ce n'était
pas simplement pour les salaires, il
fallait embaucher également des intervenants, parce que des places sans
intervenant, ce n'est pas non plus la meilleure solution. Mais, dans ces budgets-là, il y avait également l'augmentation
des places, et on va continuer à travailler à des solutions, Mme la
Présidente.
La Présidente : En deuxième
complémentaire. C'est à vous.
Garceau : ...financement n'a pas créé des places. On a
besoin de places en hébergement pour héberger 5 000 à 10 000 enfants et femmes. Je connais la
peur, et je connais l'angoisse, et je connais la détresse de ces femmes et les
enfants parce que je l'ai vécue moi-même, je l'ai vue. J'ai été
présidente du Refuge pour les femmes de l'Ouest-de-l'Île pendant trois ans, je
le sais, je connais. Vous devez agir, c'est votre responsabilité.
La Présidente : Mme la ministre
responsable du Sport, du Loisir et du Plein Air.
Charest : Oui. Merci, Mme la Présidente. Évidemment, c'est
un sujet... bon, j'ai été très interpelée dans ce sujet, dans mon dernier
mandat, une situation qu'on a travaillée de pair avec les regroupements des
maisons d'hébergement, où on a donné
des budgets comme il n'y en a jamais eu par le passé pour faire en sorte,
justement, de donner des services, des
services à l'externe, des services en hébergement. On a augmenté les places en
maison d'hébergement de deuxième... excusez, là, les mots m'échappent,
là...
Charest : ...deuxième étape, voilà, merci. Et ça, ça fait en
sorte de donner de la place pour les services d'urgence.
La Présidente : En terminant.
Charest : Alors, on a travaillé de façon acharnée pour
améliorer la situation, mais il faut continuer, effectivement, à
travailler.
La Présidente : En principale, je
reconnais la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci, Mme la Présidente. À Sherbrooke, la
première maison des aînés a ouvert ses portes déjà, et c'est vraiment beau. Ils
ont même aménagé une pièce pour entreposer les couches souillées, pour éviter
les odeurs. C'est une très grosse amélioration. Mais ce n'est pas
seulement parce que c'est beau que les aînés qui vivent là sont chanceux.
J'ai appris
qu'ils sont aussi beaucoup mieux traités qu'en CHSLD. Le soir et la nuit, il y
a deux fois plus de préposés par
résident que dans les CHSLD. Deux fois plus. C'est tellement aberrant que je ne
voulais pas y croire. Mais les chiffres sont là. Le soir, c'est un préposé pour six personnes, alors que c'est
un pour 12 dans les CHSLD de Sherbrooke. Et le personnel nous dit que
c'est le même profil de résidents.
Est-ce que ça
va être comme ça partout au Québec, deux fois plus de services le soir, la
nuit, en maison des aînés, qu'en
CHSLD? Est-ce qu'il va y avoir deux classes d'aînés au Québec : les VIP
qui ont gagné la loterie des maisons des aînés puis les autres qui sont
en CHSLD puis qui ont deux fois moins de services le soir et la nuit?
La Présidente : La réponse de la
ministre déléguée à la Santé et aux Aînés.
Bélanger : Oui, Mme la Présidente. Merci pour la question de
la députée de Sherbrooke. Ça me permet de réitérer que les maisons des aînés, c'est important, au Québec. C'est un
concept qui a été développé par notre gouvernement, c'est un concept qui
vise à modifier le modèle de soins et services en hébergement pour les aînés du
Québec.
y a plus de 43 maisons qui sont actuellement en construction. J'ai
inauguré la maison de Sherbrooke. D'ailleurs, la députée de Sherbrooke était présente aussi lors de cette
inauguration. On est en plein ajustement. Je trouve ça un petit peu
difficile à entendre, qu'on mette l'emphase sur les couches et les lieux pour
les couches. Ce n'est pas ça du tout, le
volet des maisons des aînés. Maison des aînés, c'est un milieu de vie qui a été
adapté pour les aînés et pour les adultes, aussi, qui ont des problèmes de santé physique importants. Et, avec le
modèle de maison des aînés, nous allons améliorer la qualité des soins
et services. On est en train de le mettre en place, on est en train de
s'ajuster. Tant mieux s'il y a du personnel, c'est une très bonne nouvelle...
La Présidente : En terminant.
Mme Bélanger : ...parce qu'en plus
on ouvre les maisons des aînés dans un contexte de pénurie de ressources.
La Présidente : Première
complémentaire.
Labrie : Là, je vous parle d'un écart de ratio qui est
majeur, là. Ça veut dire un service deux fois plus rapide, par exemple,
pour avoir un verre d'eau ou pour quelqu'un qui aurait un malaise. Ça veut dire
deux fois plus de chances de se faire
brosser les dents le soir. Ça veut dire deux fois plus de chances de se faire
accompagner à la toilette à temps que quelqu'un
d'autre qui est dans un CHSLD. C'est ça qui est en train de se passer. Moi, je
le trouve extraordinaire, ce ratio-là, il est bien meilleur qu'en CHSLD, mais j'aimerais ça que ce soit le même
aussi en CHSLD. Je ne comprends pas comment expliquer ça à mes citoyens.
Comment la ministre l'explique, qu'il va y avoir
deux classes d'aînés au Québec?
La Présidente : Mme la ministre,
votre réponse.
Bélanger : Oui, Mme la Présidente. Il n'y aura pas deux
classes d'aînés au Québec. Les maisons des aînés, peut-être c'est important, là, que vous alliez
voir, là, les maisons des aînés vont relever des CISSS et des CIUSSS, O.K.,
alors des CISSS et des CIUSSS, au même
titre
que les CHSLD. C'est les mêmes mécanismes pour être accueilli en maison des aînés qu'en CHSLD. Je vous invite vraiment à
aller voir la procédure et le protocole. Retenons ensemble, dans cette Chambre, que les maisons des aînés, ce ne sont pas
des maisons privées, ce sont des maisons des aînés intégrées aux CISSS
et aux CIUSSS.
La Présidente : Un instant. Pas de commentaire,
je vous prie, à la suite des réponses ni des questions. Deuxième
complémentaire. La parole est à vous, Mme la députée de Sherbrooke, et juste à
vous.
Labrie : Bien sûr, ce sont les mêmes mécanismes, mais, en tout
cas, ce ne sont pas les mêmes niveaux de service. C'est une loterie, actuellement, avoir accès à une maison des
aînés. J'aimerais ça que tout le monde ici prenne un petit instant pour
y penser. Pensez à quelqu'un que vous aimez, votre mère, votre père, votre
conjoint, votre conjointe. Imaginez que cette personne-là ne gagne pas à la
loterie des maisons des années puis qu'elle se retrouve en CHSLD.
Comment vous accepteriez ça, que votre proche
que vous aimez ait accès à deux fois moins de préposés aux bénéficiaires le soir et la nuit que s'il avait
gagné à la loterie pour aller dans les maisons des aînés? Comment on explique
ça aux gens, en ce moment, qui s'inquiètent
pour leurs proches du nouveau service qu'ils ont en CHSLD, un tel écart de
ratio?
La Présidente : Mme la ministre.
Bélanger : Mme la Présidente, on est en train de transformer
le réseau d'hébergement pour les aînés, au Québec, qui le méritent grandement. On est en train de le
faire. Et c'est pour ça, d'ailleurs, j'en profite aussi pour le mentionner,
qu'on est en train de rénover tous
les CHSLD au Québec. On va le faire. Ça fait
partie de ce que j'ai à réaliser à
l'intérieur de mon mandat.
Alors, nous
construisons des maisons des aînés. C'est un modèle qui est extraordinaire pour
nos aînés et pour les adultes aussi qui ont des handicaps physiques. Et
nous allons, en même temps, rénover nos CHSLD, au Québec, et réorganiser les soins et les services. Pour moi,
c'est une bonne nouvelle. Puis je pense que nos aînés au Québec méritent ce
qu'il y a de meilleur.
La Présidente : Pour sa question
principale, je reconnais le chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Merci, Mme la Présidente.
Mme la Présidente, ce matin, on a du travail parlementaire à faire, mais vous comprendrez que le coeur n'y est
pas. Donc, à mon tour de joindre ma voix aux autres chefs de parti pour dire
qu'on est de tout coeur avec les familles, les victimes, les travailleurs. Et
l'Assemblée nationale parle d'une seule voix. Si on peut soutenir et
être utile, nous sommes de tout coeur avec les familles dans ces événements
tragiques.
la Présidente, hier, nous avons assisté à l'aboutissement de près de quatre ans
d'efforts du premier ministre pour
obtenir une hausse substantielle des transferts en santé, des efforts portés
par son leadership de président du Conseil de la fédération canadienne face à
un gouvernement minoritaire en fin de régime à Ottawa. Ses demandes étaient
de 6 milliards de dollars par
année en financement supplémentaire. À chaque budget fédéral, le premier
ministre exprimait sa déception alors qu'il mordait la poussière. Hier,
la décision finale, elle est tombée : le Québec devra se contenter de six fois moins que ce que le premier ministre
jugeait nécessaire pour maintenir la pérennité des services de santé. C'est un
premier ministre résigné que nous avons
entendu hier en conférence de presse. Les impacts de ce manque à gagner pour
les Québécois seront nombreux alors qu'on a de la difficulté à soigner notre
monde.
la lumière des 5 milliards de dollars qui nous manqueront à chaque
année, le premier ministre peut-il nous annoncer quels services écoperont,
quels services de santé? À quels services de santé devrons-nous renoncer?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente, d'abord, je rappelle que
la demande qui était faite par le Québec, c'était la même demande qui était faite par l'Ontario, par
l'Alberta, par la Colombie-Britannique. Donc, il y avait 13 premiers
ministres qui faisaient la même demande. Donc, je comprends, ils
utilisent des chiffres du Québec, mais on pourrait utiliser les chiffres de l'ensemble des provinces. Et on se
rend compte qu'on demandait 28 milliards par année, on a obtenu
4,6 milliards, ce qui est nettement insuffisant.
Maintenant,
Mme la Présidente, je l'ai dit puis je le répète, ça ne va pas nous empêcher de
financer correctement les services de
santé à court terme dans les prochaines années. Évidemment, il y a un problème
structurel à moyen puis à long terme, mais, entre-temps, on va financer
les services qui doivent être donnés à la population.
Maintenant, un peu
comme pour le chef de Québec solidaire, je suis assez surpris de voir qu'un
chef d'un parti souverainiste vient poser
une question pour avoir plus de transferts du fédéral, alors qu'il n'en veut
plus, de transferts du fédéral.
Puis
je lui rappelle que, dans une ancienne vie, j'avais mis à jour les finances
d'un Québec souverain. On recevait, à
l'époque, 4 milliards de péréquation, le Québec; on en reçoit
13 milliards. Le chef du PQ a dit, a promis, l'année passée, de
mettre à jour les finances d'un Québec souverain. Quand va-t-on avoir cette
mise à jour?
La Présidente :
S'il vous plaît! La parole pour
la question complémentaire, la première, est au chef du troisième groupe
d'opposition seulement.
M. St-Pierre Plamondon : ...cette mise à jour, M.
le premier ministre. Je suis obligé de dire au premier ministre que d'échouer
en équipe, ça demeure un échec. Donc, que l'échec soit celui de toutes les
provinces ou du Québec, moi, ce qui
m'intéresse, c'est le Québec. Et ce que je constate, c'est qu'il manquera
5 milliards. Et là le premier ministre, alors qu'il annonce des
baisses d'impôt, nous dit : On va prendre l'argent ailleurs.
Où prendra-t-on
l'argent? C'est ma question au premier ministre.
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Bon, Mme la Présidente, le chef du Parti québécois
avait promis la mise à jour des finances d'un Québec souverain avant les élections, c'était le
3 octobre 2022. Il dit : Ça s'en vient. Où il va prendre le
10 milliards qui va lui manquer? Non, non, mais il faudrait, à un
moment donné, qu'il soit réaliste. Où va-t-il prendre l'argent?
Maintenant,
entre-temps, je l'ai dit, on va financer les soins de santé. Et, oui, les
impôts du Québec sont élevés, au Québec, on va aussi réduire les impôts.
Je sais que le PQ est contre ça. Je vais laisser les Québécois... Je pense que
les Québécois ont tranché...
La Présidente :
En terminant.
Legault : ...le 3 octobre dernier.
Présidente : On s'identifie avec notre titre. M. le chef du
troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, on croirait entendre Jean Charest, tant sur le plan de la
promotion du fédéralisme, en faisant une campagne de peur, que sur le plan du
financement du système où est-ce qu'on veut baisser les impôts en même temps
qu'il nous... Il nous manque 5 milliards de dollars, et on essaie de nous
faire croire que ça n'aura aucun impact.
répète ma question : Quels services seront coupés? Ou, sinon, où
prendra-t-on ces 5 milliards de dollars manquants, que le premier
ministre jugeait nécessaires pour la pérennité de notre système?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme
la Présidente, on peut être souverainiste pour des raisons identitaires, mais
sûrement pas, aujourd'hui, pour des raisons financières. Il faudrait que le PQ,
au moins, avoue ce point-là.
Maintenant,
quand on parle du financement de la santé, on ne parle pas d'un problème
québécois, on parle d'un problème canadien dans l'ensemble des
13 provinces et territoires. Quand est-ce que le PQ va comprendre ça?
La Présidente :
Pas de commentaire à la suite des
réponses. Pour sa... S'il vous plaît! Pour sa question principale, je
reconnais le député de Marquette. À vous la parole.
M. Ciccone : Merci, Mme la Présidente. Pendant la pandémie, le ministre de la Santé
et le premier ministre nous répétaient ad nauseam qu'ils se fiaient toujours
sur la science pour prendre leurs décisions. Et on est d'accord avec ça.
Cependant, hier, on a
appris que le ministre de la Santé consultait son caucus avant de mettre en
place les sept recommandations du directeur
national de la santé publique. Il a dit commencer à donner suite aux sept
recommandations, mais il n'a pas fait le chemin nécessaire. Pourtant, il
y a des recommandations faciles à faire.
Alors,
j'ai préparé un outil, parce que le gouvernement aime cet outil, et le ministre
aussi, un tableau de bord. Vous voyez
ici, Mme la Présidente, il y en a seulement un qui est en cours : la
taxation pour les produits de vapotage. Pourquoi la taxation? Et ça, c'est la priorité du gouvernement. Parce que ça
remplit les coffres du gouvernement, ça remplit les coffres du
gouvernement. Alors, voilà les priorités.
Alors,
ma question est bien simple : À la lueur de toutes ces informations,
est-ce que le ministre considère que son caucus est mieux qualifié que
le directeur national de santé publique pour prendre ce genre de décision?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : Ayoye!
Excusez. Ouf! Ouf!
Alors,
ce que j'ai dit et ce que je vais redire, c'est qu'on a déjà appliqué une
recommandation de la Santé publique. Il
faut faire les choses dans l'ordre. On a dit qu'on allait taxer les produits de
vapotage, et on l'a vu ce matin avec notre annonce sur l'augmentation des taxes sur le tabac, c'est le
principal facteur recommandé par la Santé publique pour réduire la
consommation.
Deuxièmement,
nous avons dit qu'on va mettre les mesures en place, mais il faut faire les
choses dans l'ordre. La première
chose qu'il faut faire, c'est regarder tous les points de distribution,
s'assurer qu'ils ont les numéros de taxe de vente. Il y a énormément de
travail administratif à faire.
Pendant
ce temps-là, on consulte les Québécois, on consulte notre caucus, ce que ne
fait peut-être pas toujours le Parti
libéral, c'est leur choix. Nous, on fait les choses dans l'ordre, Mme la
Présidente. Et, je vous dirais, on va continuer à faire les choses dans
l'intérêt des Québécois. C'est de la façon dont on gouverne. Merci beaucoup,
Mme la Présidente.
Présidente : Pas de commentaire. Cela met fin à la période de
questions et de réponses orales.
Comme il n'y
a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et je reconnais, à cette motion, M. le premier ministre.
M. Legault : Merci, Mme la Présidente. Donc, je propose, après
consultation auprès des partis d'opposition et de la députée
indépendante :
«Que,
conformément aux articles 185 et 187 de la Charte de la langue française,
monsieur Benoît Dubreuil, directeur général
par intérim des opérations régionales — Est — Agence d'évaluation d'impact du Canada, soit nommé
Commissaire à la langue française
pour un mandat de sept ans à compter du 1er mars 2023 et que la
rémunération et les autres conditions de travail de monsieur [...]
Dubreuil soient celles contenues dans le document ci-annexé que je dépose.»
Présidente : Alors, je rappelle aux membres de l'Assemblée que, pour
être adoptée, cette motion doit être approuvée
par au moins les deux tiers des membres de l'Assemblée. Elle doit donc être
suivie d'un vote par appel nominal.
mets aux voix la motion de M. le premier ministre telle que lue précédemment.
Vous êtes tous prêts? Vous êtes tous là? Alors, que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault (L'Assomption),
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme Fréchette (Sanguinet),
M. Dufour (Abitibi-Est), M. Girard (Groulx), Mme LeBel (Champlain), M. Roberge (Chambly),
M. Boulet (Trois-Rivières), Mme D'Amours (Mirabel), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Proulx
(Berthier), M. Charette (Deux-Montagnes), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Lecours (Les Plaines),
M. Julien (Charlesbourg), M. Drainville (Lévis), M. Carmant
(Taillon), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre
(Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Bélanger (Prévost),
M. Lamontagne (Johnson), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Hébert (Saint-François),
M. Émond (Richelieu), Mme Blanchette Vézina (Rimouski), M. Lacombe (Papineau),
Mme Champagne Jourdain (Duplessis), Mme Laforest (Chicoutimi),
M. Lévesque (Chapleau), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
Mme Duranceau (Bertrand), Mme Déry (Repentigny), M. Lafrenière
(Vachon), M. Simard (Montmorency),
M. Allaire (Maskinongé), Mme Grondin (Argenteuil), M. Provençal
(Beauce-Nord), Mme Lachance
(Bellechasse), M. Chassin (Saint-Jérôme), M. Jacques (Mégantic),
Mme Boutin (Jean-Talon), M. Bélanger (Orford), Mme Picard (Soulanges), M. Reid (Beauharnois), Mme Jeannotte
(Labelle), M. Bachand (Richmond), M. Caron (Portneuf), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Sainte-Croix (Gaspé), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières),
Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel), M. Bussière (Gatineau), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Poulin
(Beauce-Sud), M. Lemay (Masson), Mme Abou-Khalil (Fabre),
M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Dorismond (Marie-Victorin), M. Montigny (René-Lévesque),
Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Mallette (Huntingdon), Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Blouin (Bonaventure),
M. Tremblay (Dubuc), Mme Bogemans (Iberville),
M. Thouin (Rousseau), M. Girard (Lac-Saint-Jean), M. Lemieux
(Saint-Jean), Mme Tremblay (Hull), Mme Guillemette (Roberval),
Mme Poulet (Laporte), M. Gagnon (Jonquière), M. St-Louis
(Joliette), Mme Gendron (Châteauguay), M. Rivest (Côte-du-Sud).
M. Nadeau-Dubois (Gouin),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Marissal (Rosemont), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
M. Zanetti (Jean-Lesage), Mme Ghazal (Mercier), Mme Labrie
(Sherbrooke), M. Bouazzi (Maurice-Richard), Mme Zaga Mendez (Verdun),
M. Grandmont (Taschereau).
M. St-Pierre Plamondon
(Camille-Laurin), M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine).
Présidente : Que les députés contre cette motion veuillent bien
se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Tanguay (LaFontaine),
M. Derraji (Nelligan), Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin
(Pontiac), M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys),
Mme Dufour (Mille-Îles), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Garceau (Robert-Baldwin), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass (D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan Olivier
(Chomedey), Mme Caron (La Pinière), M. Morin (Acadie),
Mme Cadet (Bourassa-Sauvé), M. Ciccone (Marquette).
Présidente : Y a-t-il des abstentions? Alors, M. le secrétaire général...
Présidente : Oui, abstention?
La Présidente : Avec le consentement? Consentement. Oui, madame,
vote pour. Alors, M. le secrétaire général, pour le résultat.
Le Secrétaire : Pour : 95
La Présidente :
Alors, la motion est adoptée. Et
je cède la place, pour la suite des motions sans préavis, au deuxième
vice-président. Bonne fin de journée à tous.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Nous
poursuivons donc la rubrique Motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des
motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du gouvernement...
un membre du groupe formant le gouvernement.
Alors, je reconnais M. le ministre de la Langue française. M. le ministre.
M. Roberge : M. le Président, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec
le député de Matane-Matapédia :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que la langue parlée le plus souvent à la
maison est un indicateur pertinent permettant de mesurer la vitalité du
français au Québec;
«Qu'elle
souligne que le débat sur la loi 96 doit se faire sur des faits et qu'elle
dénonce toutes les faussetés véhiculées concernant son application.»
Vice-Président (M. Lévesque) :
Merci beaucoup, M. le ministre. Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de la motion?
M. Derraji :
Pas de consentement.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Il n'y a pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : S'il vous plaît! On poursuit donc avec un membre
formant l'opposition officielle. Je suis prêt à reconnaître un membre.
Mme la députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Bonjour, M. le Président.
Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée
de Mont-Royal—Outremont, la députée de Laval-des-Rapides, le député
de Maurice-Richard, le député des
Îles-de-la-Madeleine et la députée de Vaudreuil — et je tiens à souligner la présence, dans
nos tribunes, de membres de la communauté arménienne :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que la route qui relie le Nagorny-Karabakh à
l'Arménie est bloquée depuis le 12
décembre 2022 par l'Azerbaïdjan, coupant ainsi l'accès à multiples biens et
services aux Arméniens qui vivent dans cette zone et entravant la libre
circulation des personnes;
«Qu'elle
constate que la fermeture de l'approvisionnement en gaz naturel du
Nagorny-Karabakh par l'Azerbaïdjan prive de chauffage les maisons,
hôpitaux et écoles de la région;
«Qu'elle
prenne acte que cette fermeture plonge la région dans une crise humanitaire qui
touche l'ensemble de la population qui est notamment à risque de famine
et dont l'accès à des soins de santé de base est compromis;
«Qu'elle encourage
l'Azerbaïdjan à respecter la déclaration de cessez-le-feu du 9 novembre 2020,
qui impose à l'Azerbaïdjan de garantir la
sécurité et libre circulation des véhicules et marchandises qui circulent dans
le couloir de Latchine;
«Qu'elle
condamne les agressions du gouvernement de l'Azerbaïdjan envers le peuple
arménien et qu'elle souhaite que le gouvernement du Canada les condamne
également;
«Qu'elle
encourage les parties à négocier vers une résolution pacifique du conflit, dans
le respect de l'application de l'entente trilatérale du 9 novembre
2020, permettant ainsi un retour à la libre circulation;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale fasse sienne l'inquiétude des Québécoises et des
Québécois d'ascendance arménienne pour leurs proches et leurs compatriotes et
qu'elle leur témoigne son entier support.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci,
Mme la députée de Chomedey. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président, il
y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : la députée de Mont-Royal—Outremont, la ministre de l'Immigration,
de la Francisation et de l'Intégration,
le député de Maurice-Richard et le député des Îles-de-la-Madeleine. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci, M. le leader
adjoint. Donc, je comprends qu'il y a consentement pour qu'il y ait un débat, qu'il y ait quatre
intervenants et que la durée des interventions soit limitée à un maximum de
deux minutes chacune. Alors, je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
Merci, M. le Président.
Permettez-moi de vous parler brièvement des six frères. Mon nom de famille, Setlakwe, veut dire «six frères».
Setlakwe est une contraction des mots «Setta khoué », ce qui veut dire «six
frères» en arabe. Il est important
pour moi de vous parler des six frères en guise d'introduction à mon propos, en
lien avec la motion que nous adoptons aujourd'hui. Vous comprendrez
toute l'importance que revêt cette motion pour moi et pourquoi je suis
extrêmement sensible aux souffrances des Arméniens d'Artsakh.
six frères de sa fratrie, mon arrière-grand-père paternel, Aziz, un chrétien de
Mardin, est le seul à avoir échappé au
génocide arménien. Rappelons que les Arméniens qui ont survécu au génocide ont
été condamnés à l'exil sans possibilité de retour. Mon arrière-grand-père a été le premier Arménien à
s'installer au Canada, ici, au Québec, après s'être exilé en Syrie, où mon grand-père est né. Le nom de famille
original de mon arrière-grand-père était Sarafian. Pour des raisons de sécurité évidentes, il a abandonné son nom et
s'est fait appeler Setlakwe. Ils ont voulu oublier leur tragique passé, dont
ils ne parlaient que très peu.
Malheureusement,
le peuple arménien continue de souffrir aujourd'hui. En raison du blocage de la
seule route reliant l'Artsakh à l'Arménie, et ce, depuis la mi-décembre, auquel
s'ajoute l'interruption de l'approvisionnement en gaz et en électricité en plein hiver, les
Arméniens qui y vivent sont plongés dans une grave crise humanitaire. Manque de
nourriture, de médicaments et de soins de
santé, familles séparées, voilà ce à quoi les Arméniens d'Artsakh sont
confrontés, et j'en passe. Ces milliers de personnes,
120 000 personnes, vivent actuellement dans un climat de peur. On a
créé des conditions de vie où la population ne peut pas survivre.
ne peut demeurer silencieux devant ces violations de leurs droits fondamentaux.
Nous en appelons au gouvernement du
Canada de condamner fermement la situation et de poser tous les gestes qui
s'imposent pour maintenir la pression sur l'Azerbaïdjan afin que ce
cruel blocage cesse.
Nous
souhaitons que la paix soit restaurée dans cette région du monde et souhaitons
exprimer tout notre solidarité et notre soutien aux Arméniens d'Artsakh
et de partout dans le monde. Agissons collectivement afin que les Arméniens
d'Artsakh ne soient pas, eux aussi, contraints à l'exil. Il est de notre devoir
de s'assurer que l'histoire ne se répète pas.
Je salue nos
concitoyens d'origine arménienne et représentants de la communauté qui sont
avec nous dans les tribunes ce matin. Je
suis fière de porter votre voix aujourd'hui, de concert avec mes collègues de
descendance arménienne, les députées de Chomedey et de Laval-des-Rapides.
En terminant, on ne
peut passer sous silence le terrible tremblement de terre en Turquie et les
scènes d'horreur dont nous sommes témoins depuis dimanche. La terre a tremblé
fortement, notamment sur les terres ancestrales des Arméniens. Nous sommes tous attristés par les scènes de dévastation. Nos
pensées accompagnent les milliers de familles endeuillées. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. Je suis prêt à reconnaître le prochain intervenant de la
partie gouvernementale.
Donc, je reconnais Mme la ministre de l'Immigration.
Mme Fréchette :
Merci. Merci, M. le Président.
C'est avec beaucoup d'empathie que je veux offrir mon soutien, au nom de ma formation politique, aux Québécois
d'origine arménienne qui ont choisi le Québec comme terre d'accueil. Depuis des décennies, la contribution des
Arméniens à la société québécoise est précieuse sur les plans sociaux, culturels
et économiques. Vous me permettrez
également, M. le Président, d'avoir une pensée toute particulière pour mes
collègues élues d'origine arménienne de part et d'autre de cette Chambre.
Au cours des derniers
mois, des images déchirantes nous sont parvenues du conflit qui sévit à la
frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Elles nous rappellent que ce sont
toujours les citoyens qui subissent au premier chef les contrecoups des conflits. Impossible pour nous de rester insensibles
devant les violences, l'incertitude et la détresse que subissent les populations. Les risques pour la
santé et la sécurité des citoyens arméniens se font sentir et ne peuvent nous
laisser indifférents.
non-respect par l'Azerbaïdjan de l'entente de cessez-le-feu du 9 novembre
2020 constitue une menace inédite pour
les Arméniens, qui se voient privés d'approvisionnement en gaz et donc en
chauffage. C'est un enjeu de plus dans ce
conflit qui persiste déjà depuis trop longtemps. Cette entente doit être
respectée pour enfin permettre une libre circulation des personnes, des
biens et des marchandises entre les deux pays.
Québec, en tant que société, prône des valeurs d'égalité, de démocratie, de
solidarité et de paix et espère une résolution
pacifique du conflit pour amener enfin de la stabilité dans cette région du
monde. La motion que nous adoptons témoigne de toutes ces valeurs que nous
souhaitons projeter sur la scène internationale au bénéfice des populations
locales.
En terminant, je veux
saluer à mon tour, au nom de mon gouvernement, les représentants de la
communauté arménienne qui sont ici présents aujourd'hui. Nous souhaitons que
vos inquiétudes soient apaisées. Merci.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la ministre de l'Immigration. Et
je cède la parole, maintenant, à un membre de la deuxième opposition et je
reconnais M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le Président.
Le peuple arménien a une longue histoire dont les racines remontent au premier millénaire avant l'ère commune dans ce
qu'on appelait le royaume d'Ourartou. Souvent combattu, quelques fois battu, mais jamais
abattu, ce peuple fier a traversé les siècles, conservant sa cohésion malgré
les menaces et l'oppression exercées
par divers empires qui ont voulu le dominer. On ne peut retracer ici toute
cette longue histoire, mais on ne saurait passer sous silence le
terrible génocide ayant affligé ce peuple au début du siècle passé.
Aujourd'hui,
quelques décennies après avoir retrouvé son indépendance suite à l'effondrement
de l'Union soviétique, une
partie de
ce peuple se retrouve à nouveau plongée dans la souffrance au Nagorny-Karabakh,
une enclave territoriale au centre de
la guerre avec son voisin azerbaïdjanais. Pour paraphraser Victor Hugo, je
dirais qu'une guerre entre humains
est une guerre civile. Comme toujours, ce sont les populations civiles qui
souffrent. Le manque d'approvisionnement pour se chauffer, se nourrir et
se soigner menace d'entraîner une crise humanitaire.
Or, une
solution existe : maintenir la ligne de survie, ce corridor humanitaire
qu'est le couloir de Latchine, qui permet de relier le Nagorny-Karabakh et le coeur de l'Arménie. C'est pourquoi
nous joignons notre voix pour implorer le gouvernement azerbaïdjanais de respecter ce corridor
humanitaire et de ne pas se servir de populations civiles comme otages à des
fins géostratégiques. C'est pourquoi
nous enjoignons à la diplomatie québécoise, ainsi qu'à la diplomatie canadienne,
à jouer de tous ses leviers pour arriver à cette fin.
Et à mon tour de remercier les représentants de
la communauté arménienne d'être ici parmi nous.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Maurice-Richard. Et je reconnais maintenant un membre du
troisième groupe d'opposition et je cède la parole à M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci
beaucoup, M. le Président. Au nom du Parti Québécois, j'aimerais saluer les
membres de la communauté arménienne
ici présents, également la résilience du peuple arménien, et je condamne à mon
tour les agressions du gouvernement de l'Azerbaïdjan envers le peuple
arménien.
L'histoire du
peuple arménien est marquée de nombreux drames, et souffrances, et un génocide,
faut-il le rappeler, que nous commémorons ici à chaque année, le
24 avril.
Depuis près
de deux mois maintenant, deux mois, l'Azerbaïdjan bloque la seule voie
terrestre entre l'Arménie et son enclave du Haut-Karabakh, privant ses
habitants de ressources essentielles, entravant la libre circulation des
personnes et des marchandises.
Cette
fermeture plonge évidemment la région dans une crise humanitaire qui touche
l'ensemble de la population, qui est
notamment à risque de famine. L'accès à des soins de santé de base est
compromis. Le bilan, on le craint, sera lourd. Les maisons, les
hôpitaux, les écoles de la région sont privés de chauffage. Dans les épiceries,
les tablettes sont vides. Il n'y a plus de
médicaments dans les pharmacies, les hôpitaux aussi en manquent, ça force
l'annulation des traitements, des chirurgies. Voilà à quoi ressemble le
quotidien des citoyens de la région.
Et j'en
appelle aujourd'hui aux forces en présence et à la communauté internationale, à
la diplomatie canadienne. La solution
est entre vos mains. Les parties doivent négocier une résolution pacifique du
conflit, et dans le respect de l'entente trilatérale du 9 novembre 2020, permettant ainsi un retour à la
libre circulation et surtout au respect des droits humains dans cette région. On compte, au Québec, une importante
communauté arménienne. Nous sommes amis, partenaires, compatriotes et alliés. Nous ne sommes pas indifférents face à
ce conflit historique. Nous ne sommes pas indifférents à votre douleur. Je
souhaite que notre appel unanime soit entendu. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député des Îles-de-la-Madeleine. Est-ce que cette motion est adoptée?
Oui, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : S'il
vous plaît, je vous demande un vote... oui, je vous demande, s'il vous plaît,
un vote par appel nominal.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, nous allons
maintenant procéder à la mise aux voix de la motion présentée. M. le... Que
les députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Tanguay (LaFontaine),
M. Derraji (Nelligan), Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin (Pontiac),
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), M. Benjamin (Viau),
Mme Dufour (Mille-Îles), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Garceau (Robert-Baldwin), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass (D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan Olivier
(Chomedey), Mme Caron (La Pinière), M. Morin (Acadie),
Mme Cadet (Bourassa-Sauvé), M. Ciccone (Marquette).
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert),
M. Laframboise (Blainville), Mme Fréchette (Sanguinet), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Girard (Groulx),
Mme LeBel (Champlain), M. Roberge (Chambly), M. Boulet
(Trois-Rivières), Mme D'Amours (Mirabel), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Proulx (Berthier), M. Charette
(Deux-Montagnes), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Lecours (Les Plaines), M. Julien (Charlesbourg), M. Drainville (Lévis),
M. Carmant (Taillon), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre
(Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Bélanger (Prévost), M. Lamontagne (Johnson), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Hébert (Saint-François), M. Émond
(Richelieu), Mme Blanchette Vézina (Rimouski), M. Lacombe (Papineau),
Mme Champagne Jourdain (Duplessis),
Mme Laforest (Chicoutimi), M. Lévesque (Chapleau), Mme Charest (Brome-Missisquoi), Mme Duranceau (Bertrand),
Mme Déry (Repentigny), M. Lafrenière (Vachon), M. Simard
(Montmorency), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Grondin (Argenteuil), M. Provençal (Beauce-Nord),
Mme Lachance (Bellechasse), M. Chassin (Saint-Jérôme),
M. Jacques (Mégantic), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), M. Reid
(Beauharnois), Mme Jeannotte (Labelle), M. Bachand (Richmond),
M. Caron (Portneuf), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Sainte-Croix (Gaspé), Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice), M. Asselin
(Vanier-Les Rivières), Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel), M. Bussière (Gatineau),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Poulin (Beauce-Sud),
M. Lemay (Masson),
Mme Abou-Khalil (Fabre), M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), Mme Dorismond
(Marie-Victorin), M. Montigny (René-Lévesque),
Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
Mme Mallette (Huntingdon), Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Blouin (Bonaventure), M. Tremblay (Dubuc),
Mme Bogemans (Iberville), M. Thouin (Rousseau), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Tremblay (Hull),
Mme Guillemette (Roberval), Mme Poulet (Laporte), M. Gagnon
(Jonquière), M. St-Louis (Joliette), Mme Gendron (Châteauguay), M. Rivest
(Côte-du-Sud).
M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Marissal (Rosemont), M. Zanetti
(Jean-Lesage), Mme Ghazal (Mercier), Mme Labrie (Sherbrooke),
M. Bouazzi (Maurice-Richard), Mme Zaga Mendez (Verdun),
M. Grandmont (Taschereau).
M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin), M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Mme Nichols
(Vaudreuil).
Vice-Président (M. Lévesque) : Que les députés contre cette motion veuillent bien
se lever. Y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 110
Vice-Président (M. Lévesque) : La motion est adoptée. M. le leader adjoint... pas
adjoint, leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : M. le Président, je
vous demande de transmettre copie de cette motion au Comité national arménien
du Québec, Affaires mondiales Canada et l'ambassade de la République
d'Azerbaïdjan au Canada. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Ce
sera fait, M. le leader.
Nous en sommes maintenant à la rubrique Avis
touchant les travaux des commissions...
Vice-Président (M. Lévesque) : Pardonnez-moi, pardonnez-moi, pardonnez-moi. Je me
reprends. Alors, je suis prêt maintenant à reconnaître un membre du
troisième groupe d'opposition... du deuxième groupe d'opposition. M. le député
de Maurice-Richard. Je suis trop enthousiaste, ce matin.
Bouazzi : Merci, M. le Président. Je demande le consentement
de cette Assemblée pour débattre de la motion suivante conjointement avec la députée de Saint-Laurent, avec le chef du
troisième groupe d'opposition et la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'écarter l'idée de hausser l'âge
minimal de l'admissibilité au Régime de rentes du Québec à plus de
60 ans.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci.
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Il n'y a
pas de consentement.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Il n'y a pas de consentement. Je suis maintenant
prêt à reconnaître un membre du troisième groupe d'opposition, et je
cède la parole à M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Merci, M.
le Président. Donc, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la
députée de Saint-Laurent, le député de Maurice-Richard et la députée de
Vaudreuil, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de s'engager à ne pas
hausser l'âge minimal d'admissibilité au Régime de rentes du Québec.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Il n'y a
pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Il
n'y a pas de consentement.
Maintenant,
nous passons réellement à la rubrique Avis touchant les travaux des
commissions, et je cède maintenant la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, j'avise
cette Assemblée que la Commission des
finances publiques entreprendra les consultations particulières sur le document
de consultation sur le Régime de rentes du Québec intitulé Un régime adapté aux défis du 21e siècle
aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions, pour
une durée de 1 h 50 min, et de 15 heures à
18 h 15, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles
entreprendra l'étude détaillée du
projet de loi n° 2, la Loi
visant notamment à plafonner le taux d'indexation des prix des tarifs
domestiques de distribution d'Hydro-Québec
et à accroître l'encadrement de l'obligation de distribuer de l'électricité, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau.
Vice-Président (M. Lévesque) : Y a-t-il consentement pour déroger à
l'article 143 du règlement concernant l'horaire des travaux des
commissions? Il y a consentement.
À la rubrique Renseignements sur les travaux de
l'Assemblée.
Alors, pour la suite de nos travaux, M. le
leader adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui, merci, M. le Président. Je vous demanderais
de bien vouloir suspendre les travaux jusqu'à 15 heures.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
les travaux sont suspendus jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 11 h 21)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci
et bonsoir à tous, bonsoir à toutes. Prenez place.
Nous sommes
rendus aux affaires inscrites par les députés de l'opposition. Et, à l'article
12 du feuilleton, aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition, Mme la députée de Mille-Îles présente la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale constate que la situation du logement et de l'accès à la
propriété s'est détériorée au cours des cinq dernières années;
«Qu'elle
prenne acte que les Québécoises et les Québécois qui sont locataires sont
confrontés à de multiples facteurs qui mettent une pression importante
sur le coût des loyers, notamment :
«Le manque de
logements, tel qu'exprimé par la baisse généralisée des taux d'inoccupation des
logements locatifs au Québec en 2022;
«La hausse du coût de la vie;
«La diminution de l'abordabilité des logements
partout au Québec;
«Le manque de logements adaptés aux besoins des
familles;
«Qu'elle
constate aussi le manque de logements sociaux au Québec destinés aux personnes
à plus faible revenu et la désuétude grandissante d'une
partie de ce
parc immobilier;
«Qu'elle
prenne acte que l'accès à la propriété pour une génération de Québécoises et de
Québécois est présentement compromis par la hausse du coût des propriétés, la
baisse des mises en chantier, la hausse des coûts de construction, la
pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur de la construction et la hausse des
taux d'intérêt;
«Qu'elle
constate que les mesures mises de l'avant par le gouvernement caquiste pour
juguler la crise du logement qui sévit au Québec se sont montrées
jusqu'ici insuffisantes;
«Qu'elle
reconnaisse que les multiples processus des différents paliers gouvernementaux,
incluant les organismes en habitation, sont trop longs et complexes et
qu'une simplification des programmes s'impose;
«Qu'enfin,
elle exige du gouvernement du Québec d'assumer cette mission de l'État par la
mise sur pied d'une réelle stratégie
nationale en habitation afin d'agir à la fois sur la disponibilité des
logements sociaux, l'abordabilité du parc locatif et l'accès à la
propriété.»
Je vous
informe que la répartition du temps de parole pour le débat restreint sur la
motion inscrite par Mme la députée de
Mille-Îles s'effectuera comme suit : 10 minutes sont réservées à
l'auteure de la motion pour sa réplique, 54 min 15 s sont
allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement,
30 min 34 s sont allouées au groupe parlementaire formant l'opposition officielle,
17 min 42 s sont allouées au deuxième groupe d'opposition, six
minutes sont allouées au troisième groupe d'opposition,
1 min 30 s sont allouées à la députée indépendante.
Dans le cadre
de ce débat, le temps non utilisé par la députée indépendante ou par l'un des
groupes parlementaires sera
redistribué entre les groupes parlementaires selon les proportions établies
précédemment. Mis à
part ces consignes, les interventions ne seront soumises à aucune limite de temps. Enfin, je
rappelle à la députée indépendante que, si elle souhaite intervenir au
cours du débat, elle a 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la
présidence.
Je cède donc maintenant la parole à Mme la
députée de Mille-Îles.
Dufour : Merci, M. le Président. D'abord, je vais commencer
et je ne parlerai pas de logement. Pour commencer, je vais vous parler
de Sainte-Rose.
Il y a eu une
tragédie terrible ce matin, et c'est mon patelin. Avant d'être élue députée,
j'ai été conseillère municipale pendant
huit ans à Sainte-Rose. Et donc les gens... J'habitais tout près, tout près,
tout près, à deux minutes de la garderie qui a été frappée, malheureusement. Je
connais beaucoup de gens à Sainte-Rose, évidemment, et je connais probablement
même des parents qui étaient à cette garderie.
Donc, ça m'a profondément bouleversée. Je suis
maman aussi. Mes enfants sont allés à la garderie, mais pas à celle-là, mais pas très loin. Sainte-Rose, c'est
comme un village dans le sens que ça fait
partie de Laval, mais c'est tissé
serré. C'est une ancienne ville qui a été
fusionnée à Laval. Tout le monde se connaît, tout le monde se connaît. Donc,
cette tragédie-là, elle est terrible.
J'aimerais être avec les gens là-bas en ce moment. Malheureusement, là, on a
d'autres obligations ici, mais mon équipe est sur place. Je tenais à le
souligner.
personnellement, j'offre mon soutien à tous ceux qui sont affectés. Évidemment,
j'offre mes sympathies, parce que, jusqu'à maintenant, ce qu'on sait, c'est
qu'il y a deux enfants qui seraient décédés. Alors, finalement, j'offre mes
sympathies les plus sincères aux parents, mais j'offre aussi mes pensées aux
éducatrices qui ont vécu ça, qui ont été probablement
sous le choc et qui... C'est ça, il y a probablement des chocs nerveux. Les
parents aussi, dont les enfants étaient à la garderie ce matin... On ne voudrait pas avoir à passer par là,
personne. Et puis je sais que le premier ministre sera là demain matin. Alors, je le remercie au nom des
gens de Sainte-Rose. Même si je ne suis pas députée de Sainte-Rose, je le dis parce que c'est
mon patelin. Je remercie tous ceux qui nous offrent le soutien. Alors, merci,
M. le Président. Je voulais simplement faire ce petit témoignage avant
de commencer.
Maintenant,
je ne veux pas faire de jeu de mots, mais il y a une autre tragédie qui se
passe, et c'est l'habitation pour des
familles. Il y a des familles qui se retrouvent sans logement, et c'est un
sujet, là, qui me touche depuis plusieurs semaines. Donc, je voulais en
parler aujourd'hui. J'en ai parlé... j'ai posé quelques questions dans les deux
dernières semaines. Malheureusement, on n'a
pas vraiment de réponse. Alors, je pense que ça vaut la peine, là, qu'on
débatte un petit peu plus sur le sujet.
Je vais
peut-être commencer par... excusez-moi, j'ai encore de l'émotion, commencer par
une petite introduction d'où on est
présentement. Donc, pendant plusieurs années, ça... il y a plusieurs partis,
dont les collègues ici et mes collègues ici aussi, les collègues de Québec solidaire, les collègues du Parti
libéral dans le passé, quand je n'étais pas encore élue, qui soulevaient l'enjeu du logement, qui
soulignaient qu'il commençait à manquer des logements, particulièrement en
région. C'est là que ça a commencé à
se faire sentir le plus. Mais, à ce moment-là, le gouvernement de la CAQ ne le
reconnaissait pas, qu'il y avait un enjeu, et on a perdu beaucoup de
temps pour agir, malheureusement.
Puis la pandémie... C'était avant la pandémie,
hein, soit dit en passant, mais la pandémie a accentué la situation, il y a eu des mouvements migratoires, puis il n'y
a pas juste eu des mouvements migratoires, il y a eu des hausses d'inflation.
Et donc il y a des endroits qu'on s'est
ramassés avec des taux d'inoccupation. Et les taux d'inoccupation, dans le
fonds, c'est quand les logements
disponibles... il y a toujours... On a toujours dit dans le passé qu'un taux
d'inoccupation à l'équilibre, c'est autour de 3 %, puis il y a des régions
qui se retrouvent à des taux de zéro, comme à Gaspé, 0,1 %.
Ça, on voit ça dans plusieurs villes. Ça, ça veut dire qu'il n'y en a
pas, de disponibilités. Donc, ceux qui cherchent un logement dans ces
secteurs-là, bien, ils n'ont pas d'options, et, évidemment, ça fait une... ça
pousse l'inflation.
Et là, quand
je parle de l'inflation, il n'y a pas que l'inflation des prix que nous, on
connaît. L'inflation de l'immobilier est
beaucoup plus élevée que l'inflation qu'on vit, tu sais, des aliments à
l'épicerie, par exemple. Il y a eu des hausses pendant la pandémie. On a vu les maisons, hein, qu'on a vu
qui se vendaient à un prix exorbitant, des hausses... Personnellement,
je sais que ma maison a pris 40 % de
valeur parce que la maison à côté s'est vendue 40 % plus cher en un an et
demi. C'est énorme. Évidemment, quand
on voit ça pour les maisons, bien, ça a un effet boule de neige sur les loyers
aussi, les multilogements, les
multiplex qui se vendent, eux aussi, beaucoup plus cher. Et donc, pour
rentabiliser, bien, à un moment donné, les loyers montent aussi.
Et puis là on ajoute à ça les coûts des
matériaux de construction qui se sont mis à monter avec la pandémie, notamment, puis là les coûts... les matériaux de
construction ont fait en sorte que les nouvelles constructions ont monté à un
prix incroyable. Alors, non seulement ce qui était déjà bâti se vendait plus
cher, mais là, après ça, tout ce qui pouvait se construire se construisait beaucoup plus cher, et donc ça a ralenti,
nécessairement, les mises en chantier parce qu'il y a moins d'acheteurs.
Quand c'est plus cher, les investissements sont plus risqués, les entreprises
sont plus hésitantes.
Puis, quand
on parle de matériaux de construction qui montent, bien, ça a un impact aussi
sur tous les projets de logements
sociaux qui, eux, se sont rendus... étaient rendus non... en fait, ne pouvaient
plus... non viables parce que les sommes
qui avaient été... les montages financiers qui avaient été convenus, bien, ne
pouvaient pas rentrer dans les enveloppes. J'ai vu des
projets de logements sociaux à Laval avec des soumissions 40 % au-dessus
de l'estimé, et donc des enveloppes qui étaient convenues avec les différents partenaires financiers, dont le
gouvernement, et donc des projets qui n'ont pas pu se faire, tout
simplement.
Puis, il y a
une pénurie de main-d'oeuvre en même temps. Ça, on en a abondamment parlé, le
Parti libéral. Il y a une pénurie de main-d'oeuvre dans tous les domaines, mais
il y en a aussi une dans le domaine de la construction. Puis, en parallèle, je veux peut-être mentionner qu'il y a
eu aussi beaucoup de projets qui se sont partis. La CAQ a lancé, par exemple,
la maison des aînés, mais il y a eu des écoles parce qu'il y avait de la
croissance démographique, des écoles, et donc il
y a eu des projets un peu partout, des villes qui ont lancé des projets, ça a
mis... Il y a eu le pont Champlain, aussi, qui a affecté le domaine de la
construction, qui a fait monter les prix, parce que beaucoup, beaucoup,
beaucoup de travailleurs... le REM,
actuellement, qui occupe beaucoup de gens. Mais en même temps, beaucoup de gens
qui partent à la retraite. Donc, le
bassin de travailleurs diminue en même temps qu'il y a eu beaucoup, beaucoup de
travaux. Et donc, bien, il y a une partie... le résidentiel écope, le résidentiel écope, et ça devient vraiment
beaucoup plus cher, accéder à la propriété. Puis, la semaine passée, j'ai parlé de tempête parfaite, là, je pense
que ça... je pense que ce que je décris est vraiment le cas — je
regarde le temps.
Donc, tout ça
a eu un impact sur l'accès à la propriété, puis, en parallèle, bien, la Banque
du Canada a commencé à vouloir diminuer l'inflation, et donc s'est mise
à monter les taux d'intérêt pour les hypothèques. C'est devenu... une personne ou un couple qui avait une hypothèque de
300 000 $ l'an dernier, cette même hypothèque-là, à taux variable,
bien, cette année, ils paient 12 500 $ de plus par année. C'est
énorme pour la même propriété. Ce n'était probablement pas dans leur budget. Tu sais, variable, c'est variable,
mais là ça a monté de façon exponentielle. On est passés de 0,25 % à
4,5 %, si je ne me trompe pas, là, le taux directeur, c'est énorme,
en à peu près 10 mois.
Et là il y a
aussi des entreprises qui manquent de main-d'oeuvre, et donc qui tentent
d'attirer des gens. Mais, comme ils voient que le parc de logements,
surtout en région, n'est pas suffisant pour accueillir les travailleurs qu'ils
veulent amener, par exemple, de l'étranger,
bien, ils ont commencé... il y a plusieurs cas qu'on a vus qu'ils ont commencé
à acheter les bâtiments qui étaient
disponibles, donc soit des maisons, des fois des multiplex qui se mettaient en
vente. Et donc ça a fait en sorte que
le bassin, dans certaines régions, a diminué encore plus parce que, bien, les
entrepreneurs, on le comprend, hein,
ils ont besoin de survivre, et, pour eux, bien, avoir des employés, c'est la
base. Alors, ils ont fait ce qu'ils pouvaient.
Puis là je
vais vous donner un exemple. À Gaspé, Chantier Naval Forillon, il est devenu...
le propriétaire de l'entreprise est
devenu propriétaire de cinq maisons à Gaspé, et c'est justement, là, à un
endroit que je vous disais que le taux d'inoccupation est de 0 %. Et là ce qui est... J'ai trouvé
la citation intéressante, de monsieur... du propriétaire, là. Bon, je n'ai pas
son nom ici. Il a dit : «Les maisons, les logements qui, actuellement,
sont disponibles...» En fait, si, eux... Les nouveaux logements, pardon,
qui sont construits actuellement, à Gaspé,
bien, ça tourne... le loyer va tourner autour de 1 400 $ par mois
pour rentabiliser le logement, donc, notamment à cause de tout ce que je
vous ai expliqué. Ça, c'est plus que le double du loyer moyen à Gaspé. Alors, le propriétaire dit : Pour nos employés qui gagnent 30 $ de l'heure, c'est élevé, et on n'est pas
habitués de payer ces prix-là, à Gaspé. Alors, pour leur permettre
d'attirer des gens, pour qu'ils puissent se loger, bien, ils achètent, dans le
fond, des maisons, et c'est eux, dans le fond, qui prennent le différentiel de
coût. Et ça leur permet de pouvoir... c'est
ça, d'avoir des employés. Mais ça réduit le bassin. C'est cinq maisons de
moins, pour les citoyens de Gaspé. Ou, si d'autres gens veulent aller
s'y établir, bien, ce serait... c'est très difficile.
Je suis allée cet été aux Îles-de-la-Madeleine.
Je ne sais pas combien de messages je voyais passer de gens qui disaient :
Bien, mon logement... Moi, j'avais un bail jusqu'au 1er juillet, j'ai
besoin d'une place. Et pourquoi jusqu'au 1er juillet,
les baux, là-bas? Parce que, du 1er juillet au 1er octobre, les
logements sont destinés aux touristes, plusieurs. Donc, les gens ont des baux du 1er octobre au
1er juillet, plusieurs, mais ils vivent là, ils travaillent là. Alors, je
voyais des annonces passer sur les groupes Facebook, là-bas, de gens qui
disaient : Je cherche désespérément une... ils appellent ça un RV, là, un véhicule récréatif que je pourrais louer
pour l'été pour rester. Je travaille dans cette clinique d'orthopédagogie, mais
je n'ai pas d'endroit pour vivre parce que mon locataire... mon propriétaire
met sa maison, l'été, en vente... à louer, pardon, pour les touristes.
Donc, ça, c'est une situation qu'on voit, bien, parce qu'il n'y en a plus
assez, de logements.
À Sept-Îles
la semaine dernière, il y a une étudiante, Shanna Maltais, son message a été
partagé je ne sais combien de fois,
elle cherche un logement. Elle veut travailler... elle travaille à Sept-Îles,
en fait, elle est étudiante, elle a trois emplois à temps partiel. Elle
n'est pas capable de payer le logement. Les seuls qu'elle trouve sont
1 200 $ par mois, c'est un trois
et demie. Elle disait... a dit : Moi, je n'habite pas chez mes parents, je
n'ai pas cette chance-là, donc j'ai de besoin de me trouver un logement. Et elle a fait un appel à tous sur les réseaux
sociaux. Donc, ça démontre qu'il y a vraiment un enjeu, et c'est
particulièrement criant dans les régions.
L'accès au
logement social, bien là c'est encore... je vous dirais, je serais tentée de
vous dire, c'est pire. Bien, en tout cas, je ne sais pas quel est pire, mais
les montants, les loyers dans les logements sociaux, évidemment, sont contrôlés,
ça reste à 25 % du revenu des gens. Donc, les gens ont les moyens de se
loger. Mais le problème, c'est qu'il y en a de moins en moins, des logements sociaux. Pourquoi? Parce qu'il y a de plus
en plus de logements sociaux qui... des HLM, des habitations à loyer
modique, qui dépérissent, en fait, et qui doivent être barricadés.
Je veux juste
vous parler un peu de l'état, là, du parc, là. De façon générale, au Québec, on
compte environ 35 % des logements... Juste vous donner une idée, là, il y
a plus de 72 000 logements sociaux HLM au Québec. Il y en a
35 000 là-dessus qui sont
désuets, donc on parle de 25 000 unités, là, de logements qui sont
désuets, mais là-dessus il y en a une
partie qui sont barricadés,
complètement invivables. Il y en a beaucoup à Laval, notamment, j'en ai vu,
mais il y en a comme ça à Montréal aussi.
Les taux, là, pour vous donner une idée, à Laval, c'est 65 % du parc de
HLM qui est désuet, c'est énorme. À
Montréal, 57 %. Puis évidemment, à Montréal, c'est quand même là qu'il y
en a le plus, hein? Ça fait que c'est 13 000 logements
à Montréal, juste à Montréal, 13 000 logements qui sont désuets. Ils
ne sont pas tous barricadés, mais ils sont en fin de vie. Et ensuite, là, il y
a Lanaudière, Gaspésie qui se classent dans les pires du Québec, les pires
régions de ce niveau-là.
Puis là ces chiffres-là... Évidemment,
la SHQ, évidemment, a l'objectif de rénover ces bâtiments-là, mais ce qu'on
a vu dans les dernières années, c'est qu'en
fait il n'y a pas eu d'amélioration, il y a eu plutôt un dépérissement. On est
passé, en une année, du taux de bons
logements, entre guillemets, de 74 % à 72 %. Donc, on a perdu
2 % de ces logements-là en une année, alors qu'on investit, on
investit puis qu'on a l'intention de les améliorer.
Bien,
ce qui se passe, c'est qu'il y a tout un pan de logements qui sont la catégorie
un peu cachée. Puis là je veux juste
vous expliquer, là. Les logements sociaux, ça, ça se classifie de A à E. A, B
et C, c'est ce qui est comme tolérable. D, ça commence à faire pitié. E,
c'est vraiment, là... ça se peut qu'on doive le fermer éventuellement. Des
fois, ça coûte moins cher, en fait, les E, de les démolir puis reconstruire
tellement ils sont en mauvais état.
Mais
il y a toute la catégorie des C qui sont sur le bord de passer dans les D, dans
ceux qui vont devenir moins agréables à vivre, entre guillemets. Bien, cette
catégorie-là est quand même assez énorme. Et donc, au fur et à mesure
qu'actuellement la SHQ, les OMH, les
offices municipaux d'habitation, investissent à rénover, bien, il y a toute une
grande catégorie de logements qui dépérissent.
Puis
là j'avais sorti des chiffres comme ça. À Montréal, la valeur monétaire du C,
là, du parc de C, c'est 96 millions sur les 140 millions qui sont dans la catégorie en bon état. Donc,
c'est plus que la moitié, là, c'est que c'est les deux tiers du parc de Montréal qui est dans une catégorie qui
est sur le bord de passer dans ce qu'il va vraiment falloir intervenir de
façon urgente. Donc, il faut vraiment
accélérer. Ce n'est plus suffisant de dire : On veut augmenter de 1 %
ou 2 %, il va falloir mettre des
sommes considérables. Il y a des chiffres, là, qui... des déficits d'entretien
qui sortent pour le Québec, là. Dans
la catégorie D et E, là, c'est 1,2 milliard, 1,3 milliard de déficit
d'entretien. Ça, c'est juste pour ramener les D et E sur le marché, entre
guillemets. Ça, ça veut dire qu'il y a toute la catégorie C qui pourrait passer
aussi. Ça fait que, bref, il y a un grand retard au niveau des HLM.
Puis
les HLM, j'aimerais rappeler que c'est quand même 70 % des aînés qui
habitent dans ces bâtiments-là, des aînés
qui ont un revenu fixe, qui n'augmente pas. Ils n'ont pas la possibilité de
travailler et de pallier à des hausses de loyer. Mais, lorsqu'un bâtiment devient inhabitable, comme c'est arrivé à
Laval, bien, malheureusement, les gens doivent déménager. Ça a été... C'était quelque chose de difficile.
J'ai vécu, dans mon ancienne vie, de devoir voir des gens être évincés parce
que le logement était rendu trop dangereux
pour eux par les spores, les champignons qu'il y avait dans le logement. Mais
il n'y a pas d'option à bon marché pour ces
gens-là. Le parc locatif à bon marché, le parc de logement social, diminue.
Donc...
Et le parc, et là,
maintenant, je vais vous parler du parc de logements abordables, bien, il est
de moins en moins abordable, hein? J'ai posé
la question à la ministre hier si un loyer à 1 500 $ était un loyer
abordable. Je n'ai malheureusement pas
eu de réponse. Mais vous conviendrez qu'une personne âgée qui est sur un revenu
annuel minimal, à 1 500 $ par mois, n'a pas les moyens de se nourrir. Donc, c'est beaucoup trop élevé. La
ministre a parlé des allocations qu'il y a, les 170 $ que les personnes les plus démunies ont accès, mais on
comprendra que, quand on parle de loyer au-dessus de 1 000 $, ce
n'est pas assez, ça ne fait pas la
différence, ça ne permet pas de couvrir ne seraient-ce que la ligne
téléphonique et peut-être une épicerie, à ce prix-là.
Dans les loyers abordables aussi, ce qu'on voit de
plus en plus, qui est inquiétant, ce sont les évictions, donc des propriétaires
qui ont des logements, qui reprennent des logements. Il y a eu plusieurs cas
dans les médias où, et puis c'est partout au Québec, des gens qui reprennent... c'est ça, achètent des
logements. Puis, comme je vous l'ai expliqué, le parc locatif, le parc immobilier a monté de valeur.
Donc, quand ils rachètent un immeuble, il coûte plus cher. Il coûte peut-être 30 %,
40 % plus cher que trois ans auparavant. Donc, nécessairement, pour
devenir rentable, le seul moyen, c'est de monter les loyers. Mais c'est sûr que les gens qui achètent ça savent l'état
des loyers qu'ils achètent. Alors, ce qu'ils vont avoir tendance à
faire, puis ce n'est pas tous les propriétaires, là, je ne veux pas dire ça,
mais ce qu'on voit souvent, c'est qu'il y a,
dans le fond, des rénovations majeures parce que, là, ça permet de vider les
logements pour rénover de façon majeure, et là, par la suite, remettre sur le marché ces loyers-là plus élevés.
Mais ça fait vraiment une... L'inflation des loyers, ça a une pression à la hausse, c'est ce que je
cherchais comme mot, sur les loyers qui deviennent vraiment de plus en plus
difficiles, là.
y avait... Je regardais sur un site dans Lanaudière, c'est un site qui fait,
là, le listing des... ce n'est pas le bon, ça, c'est en anglais, «listing», mais qui fait une liste des loyers, des
logements, plutôt, disponibles en location dans Lanaudière. On était, pour un quatre et demie, à
1 500 $, là. C'était 1 480 $, là, autour de, dans
Lanaudière. Et là ce qui m'avait... ce qui
m'a choquée quand j'ai vu ça, c'est que les loyers plus élevés étaient à
Saint-Paul. Moi, ma famille vient de Saint-Paul de Joliette. C'était l'endroit où c'était le plus élevé. Ce n'est pas
nécessairement les endroits les plus accueillants pour vivre dans le sens
que... Ce n'est pas le bon terme, ce n'est pas «accueillant». C'est que ce
n'est pas... c'est un endroit, quand on va vivre là, qu'on a besoin d'une voiture en plus pour se déplacer. Ce
n'est pas au centre d'un endroit où on peut marcher puis dire : Bien, on
va sauver des sous. Non, non. C'est : en plus, il faut se payer une
voiture. Donc, ça devient très, très, très élevé, ces loyers-là.
Puis
les hausses ont été partout, là. Les loyers moyens, là, à Gatineau, ça a monté de
9 %. À Québec, c'est ça, ça a monté
de 8 %, et on voit ça. Mais il y a de plus en plus, là, de loyers à
1 500 $ et plus. Donc, ça, c'est définitivement un enjeu.
Ensuite,
il y a les étudiants. Ah! j'ai déjà fait mon temps. Il y a des étudiants aussi
qui ont de la difficulté d'avoir l'accès
au logement, à l'Université du Québec à Rimouski, par exemple, font part d'une
pénurie de logements. Puis tous les
endroits où il y a des campus universitaires, ils vivent tous la même chose,
là. C'est la même chose à Chicoutimi. Et puis là on parle d'appartements
d'une chambre, là, tu sais, mais qui ont vu des hausses vraiment importantes.
Et même qu'il y a eu des études, là, à
Chicoutimi. Il y a un sondage qui a été fait, puis ils se sont rendu compte
que, systématiquement, les étudiants
paient plus cher que le reste de la population, alors qu'on s'entend, quand on
est étudiant, on ne gagne pas un
salaire très élevé. Alors, ça devient des gens qui sont dans la pauvreté,
malheureusement, là, et qui tentent, là, tant bien que mal, là, ils vont aller
faire de la colocation à, des fois, dans une chambre, deux pour être capable
d'arriver à payer. Et les étudiants étrangers, dans ces endroits-là, ont
fait part aussi, là, d'abus, là, de certaines... parce que... c'est ça, parce qu'ils ne connaissent pas nécessairement leurs
droits, de certaines pressions aussi pour voir des augmentations assez salées.
Et là je voudrais revenir, parce que
la ministre, hier, a dit quelque chose d'assez important. Elle a dit... Je lui
ai demandé : Allez-vous agir et
enfin débloquer les sommes pour que les projets de logements sociaux sortent
enfin de terre? Puis là elle m'a
dit... elle a dit, bon, qu'éventuellement elle aurait un tableau de bord. C'est
rendu très, très populaire, les tableaux
de bord chez les ministres. Mais elle a dit : Les sommes d'argent sont là.
Puis elle l'a redit aussi à une autre question, que les sommes d'argent sont là. Là, moi, je vous avoue qu'on les
cherche. Puis là on s'est demandé si on devait jouer à Où est Charlie?, parce qu'on ne les trouve pas, ces sommes-là. Elles ont... Il n'y en a
pas dans AccèsLogis, il n'y en a... tu sais,
les sommes... Tout le monde le dit, là, même... je ne sais pas c'est lequel des
groupes de construction, tout le monde dit
qu'il faut investir dans les logements sociaux puis dans les programmes, en
fait, le PHAQ, l'AccèsLogis. AccèsLogis, il n'y a presque plus rien. Il
n'y a pas de projets qui arrivent à sortir parce que les montants sont rendus
trop bas, ce n'est plus rendu en adéquation
avec le marché. Et le PHAQ, tout le monde dit que les critères étaient trop
complexes. Oui,