Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 8 May 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2025-05-08
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-six minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille
Agriculture, Pêcheries et
Alimentation pour l'exercice financier 2025-2026. Une enveloppe de trois heures
a été allouée pour l'étude des crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacé par Mme Bogemans
(Iberville) et M. Bouazzi (Maurice-Richard), par Mme Zaga Mendez
(Verdun).
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Nous allons donc procéder à une discussion d'ordre général par blocs,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi, vers
15 h 15.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première période d'échange, première intervention de l'opposition officielle,
pour un premier bloc. M. le député de Pontiac, la parole est à vous pour à peu
près 23 minutes.
Fortin : Merci, M. le Président, bonjour à vous. Bonjour,
M. le ministre, à vos équipes également, aux gens du ministère qui sont avec
nous aujourd'hui. Je salue les collègues. On avait hâte d'y arriver, c'est la
dernière journée des crédits, on avait hâte d'arriver aux crédits de
l'agriculture. Puis je pense qu'il y a beaucoup de monde qui vont suivre nos
travaux aujourd'hui qui avaient hâte qu'on discute de tout ça également.
Je vais
commencer, disons, par là où les producteurs ont mis la table dans les
dernières années, là, c'est-à-dire, M.
le ministre, vous vous souvenez des grandes manifestations d'agriculteurs
partout, partout au Québec, parce qu'ils dénonçaient un peu les conditions dans
lesquelles ils travaillent, les difficultés qu'ils ont. Mais il y a des slogans
qui me restent encore en tête aujourd'hui, là, de ces manifestations.
Souvenez-vous... souvenez-vous de la pancarte qui disait : «Jeune, on en
rêve, plus vieux, on en crève.» Je pense que ça dénotait quand même un
sentiment d'abandon de nos agriculteurs de la part... de la part du
gouvernement et une demande très claire, là, que le gouvernement en fasse plus
pour leur donner un petit coup de main, pour des gens qui travaillent dans un
secteur qui est crucial. Suite à ces
manifestations-là, le gouvernement et le premier ministre... le ministre
de l'Agriculture ont dévoilé un plan, un plan de 200... plus de 200 millions en soutien aux agriculteurs. Et
j'aimerais ça qu'on regarde certaines des mesures qui étaient incluses
dans ce plan-là puis qu'on essaie de comprendre ensemble, là, où on en est
rendus.
Dans le... dans le plan qui avait été... qui
avait été déposé, il y avait 22 millions qui devaient être alloués à
Agri-relance, hein? On en a parlé ensemble longuement, vous et moi, là,
d'Agri-relance. On l'a attendu longtemps, le dénouement de cette négociation-là
avec le gouvernement fédéral. Et ça, c'est des sommes qui devaient être versées
au secteur horticole. J'aimerais
savoir : Du 22,2 millions de dollars qui devaient être
alloués, combien ont été dépensés?
M. Lamontagne : Bien, je veux d'abord saluer mon collègue député
de Pontiac, ma collègue députée de Verdun, mes collègues députés de Gaspé, Côte-du-Sud, Saint... non, Iberville et
puis Dubuc, ma région natale. Alors, merci d'être là. Aussi, toute
l'équipe gouvernementale qui est ici, le sous-ministre Verret, ma directrice de
cabinet, Vickie Fortin. Je ne ferai pas la
nomenclature de toutes nos étoiles du ministère qui sont ici aujourd'hui, mais
ils seront d'un bon soutien, là, pour les trois heures qu'on a à passer
ensemble.
Écoutez, sur
le 22 millions, M. le député, c'est un petit peu plus que
10 millions, là, qui ont été... qui ont été utilisés.
M. Fortin :
Oui? Pourquoi?
M. Lamontagne : Bien, en réalité...
M. Fortin : Pourquoi il reste un 12 point quelques millions d'inutilisé à
ce moment-ci? Parce que, vous le savez comme
moi, là, à ce moment-là, l'UPA estimait les pertes subies par le secteur
horticole après l'été de 2023, là, à 150 millions.
M. Lamontagne : Oui. Bien, d'abord, vous vous souvenez, M. le
député, que, de façon générale, là, les déboursés de La Financière
agricole, qui, pour les cinq années précédentes, se chiffraient, en moyenne,
annuellement, là, aux alentours de 500 millions de dollars, là,
bien, pour l'année 2023, le total, là, c'est à peu près
1 050 000 000 $ qui ont été versés dans les différentes productions. Ça fait qu'on voit l'ampleur, si on veut, là, du soutien qui a été apporté. Plus spécifiquement,
pour le secteur maraîcher, on regarde l'Agri-stabilité. Encore là, les cinq
années qui précédaient l'année 2023, c'est
41 millions de dollars qui avaient été versés par année. Et
puis...
M. Fortin :
Oui, mais je ne vous parle pas... on ne parle pas d'Agri-stabilité, là, on
parle du programme Agri-relance...
M. Lamontagne : Oui, bien...
M. Fortin :
...que vous avez annoncé avec une enveloppe de 22,6 millions de dollars...
22,2.
M. Lamontagne : Oui, bien, d'abord
c'est parce que je veux contextualiser, cher collègue, parce que vous le savez
qu'Agri-relance c'est un programme, c'est une intervention qui est déclenchée
par le gouvernement fédéral dans le cas de dépenses exceptionnelles, O.K.
Alors, avant de parler des dépenses exceptionnelles, je veux juste nous ramener
quand même au soutien qu'il y a eu par rapport à Agri-stabilité, qui est passé
de 41 millions à 90 millions. Puis
quand on a... on a travaillé avec le gouvernement fédéral, mais aussi avec l'UPA, pour convenir des
critères, puis convenir du nombre de fermes approximatif, là, qui
auraient subi des pertes exceptionnelles, bien, naturellement, bien, écoutez, l'UPA avait des sondages, avait des
informations à nous partager, puis on a construit un peu nos modèles autour des informations qui nous avaient été
données, M. le député. Puis, naturellement, quand c'est le temps de débourser,
bien, c'est sur la base des états financiers.
Alors, quand les résultats finaux ont été
compilés, si on veut, par toutes les entreprises agricoles... on a eu... mettons, on va prendre à peu près
1 100 entreprises, là, qui ont déposé leurs états financiers à La
Financière agricole, bien, le
portrait qui est ressorti, c'est qu'il y a 65 % des entreprises agricoles
maraîchères qui ont eu des marges supérieures en 2023 que les années
précédentes. Il y a 20 % des entreprises qui ont eu des marges à peu près
neutres par rapport à l'année précédente,
puis on a 15 % des entreprises qui ont subi des coûts entre 30 % et
70 % ou 75 %, si on veut, là, de difficultés.
Alors, en tenant compte de tout ça, bien, ce que
l'intervention fait, c'est chercher à évaluer effectivement, dans ce cadre-là, quelles ont été les dépenses
exceptionnelles puis quelles sont les entreprises qui ont été les plus
frappées, si on veut. Alors, il y a
189 entreprises qui, finalement, bien, je veux dire, ont pu justifier
d'avoir ce soutien-là additionnel. Ça
fait que c'est quand même une bonne nouvelle, cher collègue, ça veut dire que,
dans le fond, on a moins d'entreprises qui ont été frappées d'une façon
aussi importante qui avait été prévue, là.
Fortin : Aïe! Sérieux, là, vous avez fait
52 000 détours pour nous dire, à la fin de la journée, là, et en
disant... Et là moi, j'interprète ce que vous m'avez dit, là. Vous allez
dire que je ne le fais pas comme il faut, là, mais c'est correct, là, qu'on s'est basé sur de l'information
qui nous venait de l'UPA, qui n'était pas tout à fait la réalité. Honnêtement,
M. le ministre, là, moi, j'ai une question pour vous, là. Dans le programme
Agri-relance, combien d'entreprises ont appliqué sur le programme et combien
ont reçu de l'argent, juste Agri-relance, en lien avec 2023?
M. Lamontagne : Reçu de l'argent,
c'est 189. Appliqué...
Une voix : C'est 450, aux alentours
M. Fortin : 450 ont appliqué, 189 ont reçu de l'argent?
M. Lamontagne : C'est ça.
M. Fortin : Moins de la moitié.
M. Lamontagne : Oui. Oui.
Fortin : O.K. Qu'est-ce qui se passe avec tous les autres,
là, tous ceux qui ont été refusés, là, ou qui ont été jugés
inadmissibles, là?
Lamontagne : Bien, c'est parce que ce que je viens de vous
expliquer, M. le député, c'est qu'on a... on a... à la lumière de tous les états financiers qui ont
été présentés, il y a 65 % des entreprises maraîchères, horticoles qui ont
eu une augmentation de marge en 2023, là...
M. Fortin : Oui, O.K., donc vous me dites que...
M. Lamontagne : ...65 %. Il y a
20 %...
M. Fortin : Puis ils sont dans tous ceux qui ont été refusés?
Lamontagne : Bien, c'est-à-dire, il est possible que des gens
aient fait des demandes puis que, finalement, bien, à la lecture des
états financiers, bien, malheureusement, les dommages ou les pertes anticipées
n'étaient pas à la hauteur de ce qui avait été estimé par les gens, là.
Fortin : O.K., donc vous me dites aujourd'hui, là, que,
dans ceux qui ont été refusés, là, ils ont été refusés parce qu'ils ont
fait des marges supérieures à d'habitude.
Président (M. Montigny) : Pendant cet instant, chers collègues, je veux
juste prendre la parole un moment. Simplement vous dire, n'oubliez pas
que, pendant les crédits, même si vous vous interpelez directement, il existe
la présidence. Alors, je vous dis ça,
c'est... même chose aussi, si jamais une personne de la fonction publique veut
prendre la parole, ça prend le
consentement. Ça fait que vous étiez tous prêts tout à l'heure, ça fait que je
veux juste vous aviser, ça, il n'y a pas de problème. Merci, vous pouvez
continuer.
M. Fortin : Merci, M. le Président.
Lamontagne : Alors, la question que vous me demandez, c'est,
parmi toutes ces entreprises-là, là... Juste me répéter votre question,
M. le député.
Fortin : Oui. Dans celles qui ont... dans celles qui n'ont
pas été acceptées, là, je comprends votre explication, c'est qu'il y a beaucoup d'entreprises que leurs
marges étaient soit normales ou étaient supérieures même à ce qu'ils faisaient
les années d'avant. Donc, ce que vous êtes
en train de me dire, c'est : Les entreprises qui ont été refusées, là,
c'est parce qu'elles n'avaient pas besoin d'aide.
M. Lamontagne : Bien, en réalité,
Agri-relance, ce n'est pas un programme, c'est une intervention qui vise à venir absorber des dépenses exceptionnelles qui
auraient engendré des baisses de marge exceptionnelles. Puis dans tous ceux qui ont demandé, il y a 70 % des gens
qui ont fait des demandes, des entreprises, que leurs dépenses étaient
inférieures à l'année précédente.
Fortin : Oui, mais vous le savez pourquoi leurs dépenses
étaient inférieures, parce qu'ils ont arrêté en cours de saison. En plein milieu de la saison, là, ils
se sont dit : Bien, ma récolte est scrap, j'arrête là, je ne fais plus de
dépenses. Mais ils n'ont pas de revenu qui vient avec. Qu'est-ce qu'on
fait pour ces gens-là?
Lamontagne : Bien, M. le député, 65 % des entreprises ont
déclaré une augmentation de leur marge bénéficiaire à la fin de l'année,
leur marge d'opération, leur marge bénéficiaire à la fin de l'année. Il y a
20 % des entreprises qui ont déclaré
des marges équivalentes. C'est-à-dire que ça a été une année très, très
difficile, mais, au point de vue de mes marges, c'est équivalent à ce
que j'avais l'an passé, un petit peu plus, un petit peu moins.
M. Fortin : Mais donc vous me dites qu'ils n'en avaient pas besoin.
Lamontagne : Bien, ce que je vous dis, c'est qu'il peut y avoir
des entreprises qui ont demandé d'avoir accès à l'intervention d'Agri-relance puis qu'après étude des états financiers
puis des résultats financiers, malheureusement, il n'y avait pas... il
n'y avait pas de possibilité d'avoir