Health and Social Services — 9 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CSSS 2013-05-09
Quebec — Committees
(Quinze
heures trois minutes)
La Présidente (Mme Proulx) : À l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance
de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je
demanderais à toutes les personnes présentes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 29, Loi
modifiant la
Loi sur Héma-Québec et sur le Comité d'hémovigilance.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Roy (Bonaventure) est remplacé
par Mme Bouillé (Iberville) et M. Bergman (D'Arcy-McGee), par Mme Blais
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
La Présidente (Mme
Proulx) : Merci, Mme la Présidente... Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement
de nos travaux mardi, nous étions à l'étude de l'article 1, et M. le député de
Jean-Talon avait la parole. M. le député, je vous informe qu'il vous reste un
temps de parole de 1 min 20 s sur l'article 1. Alors, je vous
invite donc à poursuivre.
Bolduc
(Jean-Talon) : …
La Présidente (Mme
Proulx) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 1?
Bolduc
(Jean-Talon) : Non, c'est beau.
La Présidente (Mme
Proulx) : C'est beau?
Bolduc
(Jean-Talon) : Oui.
La Présidente (Mme
Proulx) : Y a-t-il d'autres... Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : Merci, Mme la Présidente. La semaine... pas la semaine dernière mais à
notre dernière réunion…
Mme de Santis :
… — je
suis perdue — on
avait parlé des mots «efficacité», «efficience», et je me posais la question : Pourquoi c'était inclus quand je…
Dans le passé, quand je regardais d'autres lois, je ne le trouvais pas.
Mais vous m'avez indiqué avec justesse qu'on
le retrouve dans la
Loi sur les services de santé et services sociaux, et,
comme une bonne étudiante, je suis allée regarder, et, bien, je l'ai trouvé.
ce que j'ai trouvé, c'était intéressant aussi, parce que, quand on parlait de
la gestion dans la loi, on parle de gérer les «ressources humaines,
matérielles, informationnelles, technologiques et financières», et je me
demandais si ça valait la peine d'utiliser
cette même description pour «ressources» telle qu'on la retrouve dans
la
Loi sur la santé et services
sociaux... Seulement parce que, là, on dit que la gestion doit se faire avec
efficacité, efficience des ressources, et on décrit de quelles
ressources on parle. Parce qu'à prime abord, quand on parle de ressources, on
pourrait penser uniquement au produit…
Mme de Santis :
…O.K.? Et donc je soulève ça comme suggestion.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert : Bien, moi, j'accueille
de façon très positive votre suggestion. Pourquoi ne pas reprendre le libellé qui existe déjà dans la loi? Je
n'ai aucune objection de détailler de quelles ressources nous parlons pour ne pas
qu'il y ait d'ambiguïté; moi, je suis tout à fait d'accord. À moins que les
gens derrière moi ne soient pas d'accord,
là, moi, je suis tout à fait à l'aise avec un
amendement dans ce sens-là. Si on peut le préparer, je l'accueille avec beaucoup d'ouverture.
Et j'en
profite pour accueillir aussi votre réserve par rapport au mot «accessoire»
dans la phrase qui précède. Vous aviez
tout à fait raison. Je pense qu'on devrait plutôt utiliser le mot «connexe» que
le mot «accessoire», qui est beaucoup plus conforme avec ce qu'on
retrouve dans les autres lois.
Alors, si
vous le permettez, Mme la Présidente, je proposerais tout de suite un
amendement — celui-là
était déjà prêt — pour
changer le mot «accessoire» par le mot «connexe».
Mme de Santis : «Connexe» va être
plus large.
M. Hébert : Oui, tout à fait.
Mme de Santis : O.K. Parce que ce
que vous m'avez décrit, je me demandais... O.K.
M. Hébert : Je vous remercie d'avoir
porté ça à notre attention.
La Présidente (Mme Proulx) :
Monsieur...
Présidente (Mme Proulx) : Oui. M. le ministre, est-ce que vous allez nous faire la lecture de
l'amendement proposé?
Hébert : Oui. Alors :
Article 1. Remplacer, dans le deuxième alinéa proposé par le paragraphe 2° de
l'article 1, le mot «accessoire» par le mot «connexe».
La Présidente (Mme Proulx) : Alors,
est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement proposé?
Présidente (Mme Proulx) : Oui. Donc, s'il n'y a pas d'autres interventions sur l'amendement
proposé, on va procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement
proposé à l'article 1 est adopté?
La Présidente (Mme Proulx) : Adopté.
On revient à la discussion sur l'article 1. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions ou d'autres amendements proposés sur l'article 1?
M. Bolduc (Jean-Talon) : Il y avait
le deuxième...
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Oui. Merci,
Mme la Présidente. Il y avait l'autre amendement qui était proposé?
M. Hébert : Oui, mais on va le
libeller, là, puis on va vous le distribuer.
M. Bolduc (Jean-Talon) : O.K. Parfait.
La Présidente (Mme Proulx) :
Voulez-vous qu'on suspende quelques instants pour rédiger l'amendement?
M. Bolduc (Jean-Talon) : Oui. Je
proposerais...
M. Hébert : À moins qu'il y ait d'autres
questions sur le...
Bolduc
(Jean-Talon) :
Non, non.
Hébert : Ça va
clore l'article 1?
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Ça fait
qu'on va rédiger l'amendement parce que, sinon, on est toujours en train
de revenir dans le projet de loi.
La Présidente (Mme
Proulx) : Donc, on suspend quelques instants, le temps de préparer l'amendement.
(Suspension de la séance à
15 h 9)
La Présidente (Mme Proulx) : Alors,
la commission va reprendre ses travaux. M. le ministre, voulez-vous nous faire
la lecture de l'amendement proposé?
Hébert : Alors : Dans l'article
1 tel qu'amendé, remplacer, dans le troisième alinéa proposé par leparagraphe 2° — je cite — «ses
ressources avec efficacité et efficience» — fin de la citation — par — je
cite — «avec
efficacité et efficience, ses ressources humaines, matérielles,
informationnelles, technologiques et financières». Fin de la citation.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre, y a-t-il des interventions sur l'amendement proposé?
Bolduc
(Jean-Talon) :
C'est beau.
Présidente (Mme Proulx) : S'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'amendement proposé à l'article 1 est adopté?
Présidente (Mme Proulx) :
Donc, on revient maintenant sur l'article 1. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 1? S'il n'y a pas d'autres interventions, nous
allons procéder à la mise aux voix de l'article 1. Est-ce qu'il est
adopté?
Présidente (Mme Proulx) :
Merci.
Article 1, adopté. Je prends maintenant en considération l'article 2 du
projet de loi. M. le ministre, la parole est à vous.
Hébert : Merci, Mme la
Présidente. Alors :
L'article 5 de cette loi est modifié par le
remplacement de — je
cite — «de
sang ou de plasma afin de prévenir les risques de contamination des produits» — fin
de la citation —
par — je
cite — «afin
de maintenir la sécurité de l'approvisionnement, notamment à l'égard des
risques de contamination des produits». Fin de la citation.
Alors, c'est
un
article qui élargit les fins pour lesquelles l'entente est conclue avec le
service d'approvisionnement canadien
pour l'échange d'informations sur les donneurs de sang et de plasma. La
nouvelle formulation est plus large puisque la notion de maintien de la
sécurité de l'approvisionnement inclut mais ne se limite pas à celle de
prévenir les risques de contamination des
produits. On pourrait donc y inclure aussi toute la gestion des risques de
pénurie, parce que ça a été… Dans un autre domaine, ça a été le cas au
niveau des médicaments, alors on élargit cette base-là pour être capables de
faire face à d'autres types d'atteinte à la sécurité du produit.
La Présidente (Mme Proulx) : Merci,
M. le ministre. Y a-t-il des interventions sur l'article 2?
M. Bolduc (Jean-Talon) : ...des
questions : Comment ça va avec...
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Comment ça
va avec nos partenaires au niveau canadien en général?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Oui. Je vais demander à M. De Serres de pouvoir
répondre —avec la permission de la commission.
La Présidente (Mme Proulx) : Oui. Y
a-t-il consentement pour permettre à M. De Serres d'intervenir?
M. Bolduc (Jean-Talon) : Vous pouvez
vous approcher.
M. Hébert : Ils veulent vous
avoir...
La Présidente (Mme Proulx) :
Oui…
Des voix : Ha, ha, ha!
Hébert : On veut
vous avoir tout près.
Bolduc
(Jean-Talon) :
On veut vous…
La Présidente (Mme
Proulx) : M. De Serres, voulez-vous vous identifier, s'il vous plaît?
M. De
Serres (Jean) : Oui. Jean De
Serres, président d'Héma-Québec. Et les relations vont bien. D'ailleurs,
la semaine passée, on leur a envoyé
100 culots pour les dépanner. Alors, on a des relations, dans le fond, d'échange :
lorsqu'un des groupes a une pénurie, ça ne
se rend pas dans les médias, mais souvent, à ce moment-là, il y a des échanges.
Je dirais, 98 % du temps, c'est
nous qui aidons la Société canadienne du sang. C'est assez rare qu'ils ont
besoin de nous aider. Et on échange
sur toutes les soumissions qu'on fait à Santé Canada, ou à peu près, là — la
plupart des soumissions, on les fait en
commun — ou
on s'échange les services médicaux. Les deux organisations se parlent pour
partager leurs données. Et, sur le comité de sécurité d'experts
internationaux d'Héma-Québec, il y a un expert de la Société canadienne du
sang, et vice-versa. Il y a un expert d'Héma-Québec sur le comité de sécurité
de la Société canadienne du sang.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Les normes de
pratique entre la Société canadienne puis Héma-Québec est-ce que ce
sont... sont pas mal équivalentes, oui?
La Présidente (Mme Proulx) : M. De
Serres.
M. De Serres (Jean) : Oui, en
général, pas mal équivalentes parce que, un, assujetties, dans les deux cas, à
Santé Canada. Mais parfois, si on va au-delà des normes de Santé Canada, il
peut y avoir quelques petites différences mais elles sont généralement
mineures.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Puis
avez-vous des rencontres sur une base régulière avec eux autres ou c'est
seulement que l'échange d'observateurs?
La Présidente (Mme Proulx) : Dr De
Serres.
M. De Serres (Jean) : Il y a des
discussions. Moi, j'ai des discussions statutaires régulièrement avec ma
contrepartie du côté de la Société canadienne du sang. Et, à certains niveaux
de l'organisation, au niveau médical, au niveau réglementaire et au niveau
finances, il y a des échanges réguliers entre les deux organisations.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon? Mme la députée de Gatineau.
Vallée : Dans quelle mesure
cet échange-là va s'appliquer pour la question de la banque de lait
maternel? Parce que je comprends que ce n'est pas nécessairement encadré de la
même façon ailleurs au Canada.
La Présidente (Mme Proulx) : Dr De
Serres.
M. De Serres (Jean) : Mais la
Société canadienne du sang n'a pas de banque de lait maternel. Donc, à ce
moment-là, il n'y aura pas d'échange à ce sujet-là, et…
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Gatineau.
Vallée : Est-ce qu'il y
aurait lieu de mettre en place quelque chose, justement? Parce que les échanges
que vous avez au niveau des donneurs, je comprends que c'est une question de
santé publique…
M. De Serres (Jean) : Oui, oui.
Mme Vallée : Puis c'est la même chose pour le lait maternel. Il
y a des banques dans certaines provincescanadiennes. Est-ce que ce ne serait pas une belle façon pour le Québec
de prendre un certain leadership, de prendre... et de mettre en place un système pour que, entre les
différentes banques et Héma-Québec, il puisse y avoir cet échange-là également d'informations afin d'assurer la
sécurité de tous? Est-ce que c'est quelque chose qui pourrait être
envisageable?
La Présidente (Mme Proulx) : Dr De
Serres.
M. De
Serres (Jean) : Si c'est
requis pour la sécurité, certainement, on l'envisagerait. Par contre, dans le
cas du lait maternel, les donneuses, on ne s'attend pas à ce qu'elles se
déplacent beaucoup. Et, si les standards d'une autre banque, par exemple, banque de l'Alberta... Il y a une donneuse en
Alberta, on ne s'attend pas à ce qu'elle vienne donner du lait chez nous. Donc, probablement que ça ne s'appliquera
pas dans le cas du lait maternel. Ça s'applique dans le sang parce que… Dans votre comté, il y a des gens qui
travaillent dans le territoire de la SCS, qui habitent du côté d'Héma-Québec,
ou vice versa, donc là les gens peuvent
donner aux deux endroits. Donc, c'est important pour nous de savoir : si
un donneur est interdit dans une
organisation, l'autre veut le savoir. Mais, dans le cas de lait maternel, si on
voit qu'il y a une application, certainement, on
va le faire parce que la sécurité, là, ça prime avant tout, et on s'entendra
avec les organisations pertinentes.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Gatineau.
Mme Vallée : On n'en a pas parlé,
mais justement est-ce qu'en Ontario il existe des banques de lait quelconques? Parce que, vous savez, c'est ça, dans
notre coin, ce n'est pas très loin, hein, c'est un jet de pierre, c'est
un pont, ce n'est pas un pays étranger, malgré les commentaires de ce matin. Je
dis ça avec un petit sourire.
Hébert : J'aime
votre…
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : J'aime votre sens de l'humour…
Des voix : Ha, ha, ha!
Une voix : On est jeudi
après-midi…
M. Hébert : …sauf que le système de santé est une juridiction
provinciale, alors c'est pour ça que ces échanges entre provinces
parfois causent des difficultés encore plus grandes que les échanges entre
pays, je dois dire.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Gatineau.
Vallée : Mais la question
est sérieuse, par contre : Je me demandais si, sur le territoire ontarien,
il y avait, à votre connaissance, des banques de lait maternel.
La Présidente (Mme Proulx) : Dr De
Serres.
M. De
Serres (Jean) : Il devrait y
en avoir une qui va voir le jour en Ontario, et c'est possible qu'on reçoive
des demandes, au Québec, d'alimenter ou de fournir du lait maternel. Donc, il
va y avoir des discussions certainement avec
l'Ontario. Je sais qu'il y a deux ans il y avait des demandes du côté
ontarien : les gens vérifiaient si nous, on pourrait les approvisionner. Donc, il va y avoir des
échanges, c'est certain. On va regarder ça. Comme, par exemple, à
Ottawa, si Héma-Québec a quelque chose, on va collaborer avec les organismes et
à ce moment-là on va échanger, s'il y a lieu d'échanger,
une information pour la sécurité. C'est certain qu'on va essayer de mettre en
place, dans le respect des lois, là, de chaque province, puis la
confidentialité des donneuses... On va essayer d'échanger l'information si
requise.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Gatineau.
Vallée : Ça m'amène
à une question : Dans le cas d'un patient québécois, une mère québécoise
qui, faute de place pour accoucher en
Outaouais, doit se rendre du côté ontarien pour accoucher ou doit accoucher au
CHEO, est-ce qu'on peut assurer que
la mère québécoise pourra avoir accès au lait de la banque maternelle d'Héma-Québec
pour son enfant? Parce qu'actuellement
il y a beaucoup d'efforts qui sont déployés, mais on a quand même une situation
particulière qui fait que les places sont
limitées en obstétrique, et nos citoyennes, bien souvent, doivent, avec tout ce
que ça implique, accoucher du côté ontarien.
Dans ma
région, bon, elles accouchent à Mont-Laurier, puis c'est un moindre mal, quoiqu'on
aimerait qu'elles accouchent à Maniwaki, mais ça, c'est un autre débat.
Des voix : Ha, ha, ha!
Mme Vallée : Mon collègue est
habitué de m'entendre là-dessus.
Vallée : Mais, pour moi, c'est
important parce que… On fait ce débat-là, mais, comme vous êtes présent,
on peut bénéficier de votre présence pour pouvoir en savoir un petit peu plus.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Surtout pour les
bébés prématurés, parce que, souvent, c'est du côté d'Ottawa que les soins des
grands prématurés sont donnés pour la
population de Gatineau. Ma réponse, ce serait : Oui, il faudrait que ces
patientes-là aient accès à la banque de lait maternel québécois. Et je vais
vérifier auprès du P.D.G. d'Héma-Québec, et c'est la bonne réponse.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Gatineau.
Mme Vallée : Ça va pour moi. Je vous
remercie.
La Présidente (Mme Proulx) : Ça
va? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Merci. Est-ce qu'il
y a un échange sur le tissu humain? Parce qu'on a parlé de sang, on a
parlé de lait maternel, mais le tissu humain?
La Présidente (Mme Proulx) : Dr De
Serres.
M. De Serres (Jean) : Encore là, la
Société canadienne du sang, actuellement, ne fait pas les tissus humains. Il y
a d'autres organisations, en Ontario, en Alberta, dans certaines provinces, et
on a des échanges…
M. De
Serres (Jean) : Tout à fait,
on a des échanges au niveau des tissus humains, et c'est la même chose,
parce qu'on distribue des tissus humains
dans les autres provinces. On répond aux besoins des autres provinces en termes
de tissus humains. Donc, à ce moment-là,
nous, on doit assurer la sécurité de notre produit et, s'il y a une information
importante qui survient, qu'on apprend par après, on doit pouvoir l'attacher ou
l'associer au produit, et ça, c'est fait.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Je voudrais, pour
compléter les questions qu'on a eues jusqu'à maintenant là-dessus, dire :
Dans les obligations d'Héma-Québec,
dans la loi constitutive d'Héma-Québec, là, qui n'est pas dans le projet de loi
actuel, on note, à l'article 3, 10e
alinéa, qu'Héma-Québec est tenue de «maintenir des liens de collaboration et d'échanges
d'informations avec les autres organisations
analogues, au Canada et à l'étranger, de manière à connaître et [à] échanger
l'expertise». Déjà, il y a cette obligation-là dans la loi constitutive d'Héma-Québec.
Et «exercer...» Non, ça va. O.K. Alors, je vous laisse compléter.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : C'est intéressant
qu'à l'article 3.10° on parle de «connaître», «échanger l'expertise»,
mais, ici, c'est aussi échanger des produits, si je comprends bien.
Alors, je me demande s'il n'y a pas un changement à 3.10° qu'il faudrait faire.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Ça va. Ça va.
La Présidente (Mme Proulx) : Ça
Hébert : On a
trouvé qu'à 11 ça existait déjà.
La Présidente (Mme Proulx) : O.K. D'accord?
Mme la députée de Gatineau.
Vallée : Simplement pour
revenir à notre question des patientes du CHEO, je veux juste m'assurer que
la loi constitutive d'Héma-Québec nous permet de faire cet échange-là. Parce que
je vois qu'à l'article... Attendez.
L'article 38,
on prévoit de l'approvisionnement aux établissements de santé et services
sociaux du Québec et on ne semble pas
prévoir d'approvisionnement à l'extérieur du Québec, bien que l'article 4
prévoie la possibilité pour Héma-Québec
de conclure des ententes avec un gouvernement autre que celui du Québec. Mais
je voudrais juste qu'on s'assure, avant
l'adoption du projet de loi, qu'on a couvert tout cet aspect-là. Je ne vous
demande pas de le faire nécessairement cet après-midi mais avant l'adoption,
juste m'assurer que, si on a des modifications législatives à apporter au
texte, pour assurer que les patientes du
CHEO ne soient pas privées de... les patientes québécoises du CHEO ne soient
pas privées de lait maternel en raison qu'on n'a pas prévu le changement
législatif au moment où c'était opportun de le faire.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Je trouve ça très
pertinent. On va regarder avec notre équipe, là, si c'est couvert, si la loi
constitutive actuelle permet ça. Si elle ne
le permet pas, on apportera un amendement pour que ça puisse être inclus dans
le projet de loi.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Quand je regarde l'article
5, au début, ça parle d'une entente avec le service d'approvisionnement canadien. Mais, d'après ce que vous me dites, il y
a des ententes avec des services d'approvisionnement au Canada. Alors,
il n'y a pas une entente seulement d'après ce que j'ai compris de votre réponse
ou est-ce que j'ai tort?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Il y a un service d'approvisionnement
canadien pour le sang et les produits sanguins et il y a d'autres
ententes avec d'autres organismes provinciaux pour des tissus humains.
Mme de
Santis : Je propose qu'il y
ait peut-être des changements au début de l'article 5 pour que ça
permette des ententes avec d'autres services.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Ce n'est pas
nécessaire puisque le 10e alinéa de l'article 3 prévoit qu'«Héma-Québec doit
maintenir des liens de collaboration et d'échanges d'informations avec les
autres organismes analogues». C'est là qu'ils y sont. C'est là que c'est
libellé.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : À l'article 3.10,
on parle de collaboration et échanges d'informations. À l'article 5, on
parle d'une entente. Ce n'est pas la même chose. Pourquoi on aurait eu besoin
dans l'article 5 si c'était déjà dans l'article 3, 10°?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : À l'article
4 : «Héma-Québec peut, pour l'exercice de ses attributions, conclure,
conformément à la loi, une entente
avec un gouvernement autre que celui du Québec, l'un de ses ministères, une
organisation internationale ou un organisme de ce gouvernement ou de
cette organisation.» Alors, on a déjà ce qui nous permet de le faire.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : Alors, qu'est-ce que
l'article 5 ajoute à l'article 4?
La Présidente (Mme Proulx) :
Dr De Serres.
Mme de
Santis : Parce que, si on
peut déjà avoir des ententes avec des gouvernements, des ministères ou
des organisations... pas là... mais là vous parlez d'organisations
internationales, mais...
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Parce que l'article
4 dit qu'on peut conclure des ententes, mais l'article 5 dit qu'on doit en
conclure une avec le service canadien d'approvisionnement.
Il y a une obligation de la part d'Héma-Québec parce qu'Héma-Québec est
le seul organisme provincial à ne pas être
partie du système canadien d'approvisionnement.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : J'accepte votre
explication.
Présidente (Mme Proulx) : Y
a-t-il d'autres interventions sur l'article 2? S'il n'y a pas d'autres
interventions, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 2
est adopté?
Présidente (Mme Proulx) :
Article 2, adopté. Je prends maintenant en considération l'article 3 du projet
de loi. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Hébert : Bon. Alors, merci, Mme
la Présidente. Il est plus long, celui-là.
L'article 7 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«7. Les activités d'Héma-Québec sont
administrées par un conseil d'administration composé de 13 membres.
«Douze de ces membres sont identifiés à l'une ou
l'autre des catégories suivantes :
les associations de receveurs de produits;
«2° l'Association
québécoise d'établissements de santé et de services sociaux;
«3° les donneurs de
produits et les bénévoles organisateurs de collectes;
«4° le Collège des
médecins du Québec;
«5° le milieu de la
recherche scientifique;
«6° le milieu des
affaires;
«7° le milieu de la
santé publique.
«Ces 12 membres sont
répartis à raison d'au moins un et d'au plus trois membres par catégorie. Ils
sont nommés par le gouvernement après consultation des personnes ou des milieux
de cette catégorie.
«Est
également membre du conseil d'administration le président-directeur général,
qui peut être désigné sous le
titre de "président et chef de la
direction", nommé par les autres membres du conseil d'administration.
moins un membre du conseil d'administration doit être un membre de l'Ordre des
comptables professionnels agréés du Québec.»
Alors, si vous me
permettez, Mme la Présidente, je vais un peu donner des explications...
La Présidente (Mme
Proulx) : Oui, allez-y, M. le ministre.
M. Hébert :
...sur chacune de ces modifications. En fait... Oui?
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : J'aurais une petite proposition à faire. Je ne sais pas si ça nous
permettrait peut-être d'y aller d'une façon
plus ordonnée, si on pouvait y aller paragraphe par paragraphe dans cet
article-là, parce que, parfois, on part d'un côté et de l'autre, et puis
ça nous permettrait, là, de vraiment s'attarder aux points. Est-ce que ça vous
La Présidente (Mme
Proulx) : S'il y a consentement, on va étudier l'article 3 paragraphe
par paragraphe. M. le ministre.
M. Hébert :
Alors, en introduction, l'article... cet article-là a pour but, en fait, de
moderniser et de simplifier la mise en place du conseil d'administration.
Avant, il y avait une façon, je dirais, ancienne, qui est devenue archaïque. Maintenant, on ne détermine plus des conseils d'administration
par deux membres ici, trois membres là, mais on essaie d'avoir une approche matricielle où on va mélanger
les compétences avec les collèges électoraux qui sont responsables des
différentes catégories de membre. Et c'est ce que tente de faire cet
article-là.
Alors,
si on les reprend, donc, on reste à 13 membres. Je pense que le compte est le
même. Il y a un membre de plus? Un
membre de plus, c'est le membre — on y reviendra tout à l'heure — de l'Ordre des comptables
professionnels tel que les règles de bonne
gouvernance le prescrivent. On y reviendra tout à l'heure. Donc, il y a un
membre de plus. Et, chez les 12
autres membres, bon, alors, on a les associations de receveurs de produits.
Alors, auparavant, ça se limitait aux receveurs
et constituants de produits sanguins. Maintenant, à cause de l'élargissement du
mandat d'Héma-Québec, on élargit également les associations de receveurs
aux produits sanguins ou autres produits d'Héma-Québec. Alors, je vais m'arrêter
là pour ce premier alinéa là.
La Présidente (Mme
Proulx) : Y a-t-il des interventions? Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : J'ai une question qui est plus générale, et, peut-être, vous allez me répondre
que c'est comme ça maintenant dans le monde plus moderne, mais,
autrefois, c'étaient des personnes qui étaient choisies parmi des personnes suggérées par les associations ou par...
dans les médecins, la Fédération des médecins spécialistes ou par le... Aujourd'hui, on ne demande plus, d'après ce que je
lis, les suggestions... on parle de consultations au lieu de
suggestions. Alors, pouvez-vous me dire pourquoi ce changement se fait?
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
Mme de Santis : C'est parce que ce n'est pas la même chose qu'auparavant. Auparavant,
il y avait des membres choisis parmi les personnes suggérées par les
associations. Aujourd'hui, on ne fonctionne plus de la même façon.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
En fait, l'un des paragraphes prévoit que ces personnes sont nommées par le
gouvernement après consultation des personnes et des milieux de cette
catégorie.
Mme de
Santis : Ça ne veut pas dire la même chose.
M. Hébert :
Parmi les suggestions, vous voulez dire?
Mme de Santis : Non, non. Moi, je
veux comprendre c'était quoi, le but, je veux comprendre pourquoi le
changement, parce que ce n'est pas la même chose.
Hébert : Non, ce n'est pas la même chose.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Là, vous m'embêtez.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député.
M. Hébert :
Est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut me répondre? Est-ce que c'est la
formulation habituelle?
Une voix :
Moi, je peux répondre.
Une voix :
...ce n'est pas la même chose.
M. Hébert :
Non, non, ce n'est pas la même chose. Je suis d'accord avec vous, ce n'est pas
la même chose, parce que, selon l'ancienne
méthode, il y a une suggestion de noms, et le gouvernement choisit parmi la
suggestion, alors qu'ici il y a une consultation des organismes. Ce n'est
pas tout à fait le même processus.
Mme de
Santis : …n'a pas à considérer les noms qu'ils vous suggèrent, non.
Vous allez écouter, mais vous pouvez choisir quelqu'un d'autre. C'est la
différence.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Oui. Bien, je pense que la nuance, c'est… Vraiment, là,
c'est quand... Puis on ne pourrait pas nommer quelqu'un qui n'a pas été
suggéré, mais on pourrait, à la limite, nommer quelqu'un qui, même après consultation, n'aurait pas eu des bonnes
recommandations. Mais ça, ça devient le loisir... la décision du
ministre, en finalité. Je ne sais pas si nos juristes peuvent nous éclairer.
Mme Gagnon
(Céline) : Si vous permettez, juste avant de...
La Présidente (Mme
Proulx) : Pouvez-vous vous identifier?
Mme Gagnon (Céline) : Me Céline Gagnon, de la Direction des affaires juridiques du ministère
de la Santé et des Services sociaux.
La Présidente (Mme
Proulx) : Je vais demander le consentement pour que Mme Gagnon puisse
intervenir. Consentement. Allez-y, Mme Gagnon.
Mme Gagnon (Céline) : Bon. Alors, d'abord, je dois vous informer que je suis au ministère
depuis quelques mois seulement, mais j'ai été sept ans au Secrétariat
aux emplois supérieurs comme avocate de la justice affectée. Donc, je connais
un peu le sujet.
Votre explication est
exacte. Effectivement, tant qu'un nom n'est pas suggéré, c'est un peu difficile
pour le gouvernement de nommer. Par contre, la notion de consultation... Il n'est
jamais obligé, de toute façon, de nommer, même
si on suggère des noms. La consultation, c'est ce qu'on voit le plus souvent,
ou sinon c'est des recommandations fermes parce que ce sont des
représentants de. Mais, dans ce cas-ci, ce n'est pas des représentants
nécessairement du Collège des médecins, mais
ça peut être un médecin spécialiste qui va être — plus tard, on verra, là — peut-être suggéré par le Collège des médecins. Donc, la
consultation, c'est la norme la plus habituelle, et elle est incontournable,
mais aussi... Et ce qu'on peut dire
aussi, c'est que ça va dans le même sens de la souplesse qu'on introduit un peu
plus loin. On passe d'un à trois,
alors... Mais, si un groupe n'est pas capable de suggérer plus qu'un nom, puis,
dans les faits, c'est très difficile de
recruter, on peut alors à ce moment-là passer puis ajouter un membre dans une
autre catégorie. Par consultation, c'est beaucoup plus facile, tandis qu'avec
une suggestion on peut rester un peu plus bloqué.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Blais :
Ça confirme ce que j'ai vécu quand j'étais présidente du Conseil de la famille
et de l'enfance. Et, pour nommer les
membres, on y allait par consultation auprès des groupes. Et on avait quelques
noms et, par la suite, il y avait une personne qui était retenue. Alors,
on utilisait cette formule-là. Et je parle de l'époque de 2003.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
Bolduc (Jean-Talon) : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Puis moi, je suis plus à l'aise avec ce mécanisme-là
qu'un mécanisme qu'on demande à des
associations de nommer. Parce que, parfois, il y a des associations qui font
bien ça, mais il y en a d'autres qui veulent
mettre des gens pour justement faire des revendications. Et je pense que c'est
le loisir du ministre, à la fin, de décider de choisir les bonnes personnes. Ça
fait que moi, je suis très à l'aise avec cette formulation.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée... M. le ministre?
M. Hébert : Non. Bien, je vais
laisser madame...
La Présidente (Mme Proulx) : Non?
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : Je peux dire que la
revendication peut se faire aussi par le gouvernement. Donc, ça joue des deux
côtés de la médaille. Et je voulais qu'on en parle.
M. Hébert : Ça, c'est un bon point.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : C'est un bon point.
Mais je pense que ça met plus de souplesse, effectivement, dans le
mécanisme, de ne pas être limité aux noms
qui sont suggérés, mais aussi de consulter vraiment. Et une consultation, c'est
souvent un échange. C'est ce qui est
plus intéressant que d'attendre les suggestions. On peut, lorsqu'on consulte,
avoir un échange d'information en
disant : Bien, est-ce qu'on ne devrait pas avoir une meilleure
représentativité de ce groupe-là? Et je pense que c'est plus intéressant
comme souplesse.
La Présidente (Mme Proulx) : Oui.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Le seul problème
que j'ai avec consultation, c'est qu'il n'y a pas de balise. Et, dépendant
qui est la personne, consulter veut dire
différentes choses. Et c'est toujours ça qui me préoccupe quand on laisse ça
aussi large et on donne plus de pouvoir au gouvernement. Mais je suis
prête à vivre avec le choix de la majorité.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Moi, je suis prêt à
vivre avec le choix de la majorité. Moi, je préfère le texte tel qu'il est
suggéré là. Mais, si on me
disait : «ils sont nommés par le gouvernement parmi les suggestions des
personnes ou des milieux de cette catégorie», moi, je n'aurais pas de...
Je vivrais très bien avec ça. Je veux dire, ce n'est pas...
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Écoutez, je viens d'arriver,
là, dans le cadre de ce projet. Mais, étant donné que j'ai vécu la
situation, il m'apparaît que, dans ce projet de loi, ce n'est pas comme une
nomination politique, là, je veux dire. On est dans un projet de loi à échelle
extrêmement humaine. Et, quand on parle... un membre parmi les associations de
receveurs de produits, on ne parle pas d'un haut dirigeant d'Investissement
Québec, par exemple. Alors, c'est pour ça que je suis personnellement extrêmement confortable avec l'esprit de la consultation,
parce qu'à l'époque, moi, ça ne m'a pas mis des bâtons dans les roues. J'avais des noms. Je les soumettais à la
ministre qui était responsable du Conseil de la famille et de l'enfance. Elle faisait le choix parmi
quelques noms qui avaient été retenus. Et puis ça venait quand même des
groupes, là. Ça venait quand même des associations de familles et d'aînés du
Québec. Alors, c'est ça.
La Présidente (Mme Proulx) : Y
a-t-il d'autres interventions? M. le ministre.
Hébert : ...sont
confortables avec la formulation qui est là. Moi, je suis ouvert, mais je
comprends que la sagesse collective de cette commission nous suggère de
procéder avec le texte tel que proposé.
La Présidente (Mme Proulx) : D'accord.
Mme de Santis : Je croyais que c'était
important qu'on en parle. Et donc on en a parlé, on peut aller au prochain
point. Merci.
La Présidente (Mme Proulx) : Donc,
on poursuit avec l'étude de l'article 3. Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : Bien, en fait, c'est une question qui va toucher aussi chacune des
catégories. Parce qu'à partir du moment où on identifie un membre à l'intérieur
d'une association je pense qu'encore faudrait-il avoir la liste de tous ces organismes-là pour s'assurer qu'on aura
vraiment une vraie représentativité. Alors, je comprends que les
associations de receveurs de produits, on parle des receveurs de tous les
produits qu'on a identifiés à l'intérieur de l'article 1, mais on regarde les donneurs de
produits et bénévoles organisateurs de collectes. Est-ce qu'on va s'assurer
que le membre de la Croix-Rouge, d'un organisme bénévole d'une communauté
rurale va avoir la même chance d'être considéré que le membre bénévole d'un
grand centre urbain?
vous pose la question parce que, bien souvent, on se rend compte que, dans les
conseils d'administration, on a tendance
à penser à ceux qui sont plus visibles dans les milieux urbains, que ce soit
Québec ou Montréal, puis on a tendance à oublier qu'ailleurs au Québec
il y a des gens qui oeuvrent à l'intérieur de ces domaines-là et qui, eux
aussi, auraient peut-être une touche tout à
fait particulière à apporter au sein d'un conseil d'administration. C'est pour
ça que je vous dis : Bien,
est-ce qu'on a la liste de tous ces gens-là? Puis je ne veux pas vous poser la
question, parce qu'on pourrait passer
l'après-midi là-dessus, là, on a quand même un certain nombre de catégories.
Mais est-ce qu'on a bien identifié les organismes auxquels on fait
référence?
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Je vais passer la parole à M. De Serres. Moi, je voudrais juste dire que le but
de la nomination de membres sur le
conseil d'administration, ce n'est pas nécessairement la représentativité qui
est le principe, mais plutôt la représentation.
Et je pense qu'on doit avoir des gens qui donnent le point de vue de certains
collèges — «collège»
étant dans le sens noble du terme — mais pas nécessairement être à tout prix
représentatifs de ce collège-là. Alors, moi, je serais très inconfortable avec une démarche qui identifie l'ensemble
des associations, et puis qu'on fait comme une espèce d'élection, là, je serais particulièrement inconfortable,
quoiqu'il faut s'assurer que, lorsqu'on sollicite les gens pour être
membres d'un conseil d'administration, on puisse avoir une liste de ces
associations-là et envoyer à toutes les associations l'offre de service. En
général, ça ne se bouscule pas au portillon, là, mais c'est... Je vais laisser
M. De Serres compléter.
M. De Serres (Jean) : Je pense, ça varie — si
je prends l'expression collèges électoraux, là — selon les groupes... dans certains groupes. Si on demande à l'AQESSS
par exemple, c'est eux autres qui vont... Je ne peux pas vous garantir
quels mécanismes ils utilisent. Est-ce qu'ils informent tous les membres pour
demander... Est-ce qu'il y a un qui est informé
ou… Je pense qu'ils y vont plus avec... ils en parlent soit en réunion
exécutive, ou etc., comme ça. Dans le cas de la situation des bénévoles,
par exemple, là, qu'on connaît, bien là ils en parlent à leur assemblée
générale — moi,
j'étais allé à une assemblée générale — et là on annonce qu'il va y
avoir un poste qui va s'ouvrir et on sollicite les candidatures. Donc, ce n'est
pas... À l'assemblée générale, est-ce que tous les membres, tous les
représentants y sont présents? On ne peut pas le garantir, mais, en général, on
essaie d'utiliser un mécanisme pour ça.
Pour les associations
de receveurs de produits, c'est de plus en plus difficile d'avoir des
associations parce qu'il y en a une liste
infinie. Et ce qu'on veut, ce n'est pas quelqu'un qui vient défendre un intérêt
particulier pour un seul type de
pathologie, mais quelqu'un qui va faire de la gouvernance. Mais on essaie de
solliciter des groupes qui, eux, vont aller
chercher quelqu'un qui est issu de ce collège électoral là et non pas
représentatif du collège électoral. Parce que le but ici, c'est la gouvernance. La représentativité, on l'a
attrapée par nos comités aviseurs où, là, on va chercher à aller… de la représentativité. Donc, c'est les comités
aviseurs, par exemple, où on recherche... on demande à tous les
usagers : Vous êtes invités à venir au comité, là, qui se réunit quelques
fois par année, et là vous pouvez exprimer vos choses, là, vos besoins.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : Mon intervention ne visait pas à avoir une représentativité, puis je
pense que les gens des régions sont capables de faire de la gouvernance
aussi. Alors, c'est parce qu'on dit qu'on veut... tu sais, on veut solliciter
au sein d'un bassin, bien, sollicitons au
sein de bassins puis, si on veut le restreindre, bien, restreignons-le
clairement. Mais, comme c'est là, si
on dit qu'on veut solliciter, par exemple, le milieu des affaires, on s'y prend
comment pour solliciter le milieu des
affaires? Est-ce qu'on veut simplement un représentant de la Chambre de
commerce du Montréal métropolitain? C'est parce que c'est... Je vous
avoue, vos explications ne me rassurent pas.
M. De Serres (Jean) : Ah! Bien, je vais essayer d'exprimer mieux. Par exemple, le milieu des
affaires, c'est la Fédération des chambres de commerce qui est
sollicitée, donc c'est toutes les chambres de commerce qui sont parties de la fédération. Si on sollicite des candidatures
à l'association des bénévoles, c'est l'association québécoise des
bénévoles. Donc, on ne demande pas des
candidats de Montréal ou de Québec, on demande à des groupes... Le Collège des
médecins, c'est le Collège des médecins pour l'ensemble du Québec à ce
moment-là.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée :
Ce qui se conçoit bien s'exprime clairement. Si le milieu des affaires veut
dire la Fédération des chambres de commerce
du Québec, bien, qu'on indique la Fédération des chambres de commerce du Québec
dans l'article de loi.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
C'est parce que, si on fait ça... Supposons que la fédération de la chambre de
commerce, pour une raison ou pour autre, n'existe plus, ou change sa
vocation, ou change de nom, la loi devient obsolète, là. Alors, il faut se
garder un peu de souplesse, je trouve.
Présidente (Mme Proulx) : Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée :
Vous dites que c'est large, puis là vous dites : Bien, on va se retourner
vers la Fédération des chambres de commerce
du Québec, je comprends, qui représente quand même bon nombre de membres. Mais,
du même coup, on exclut peut-être
quelqu'un, ou un organisme, ou quelqu'un qui oeuvre dans le milieu des
affaires, mais qui n'est pas
nécessairement membre de la chambre de commerce ou d'une chambre de commerce à
quelque part sur un territoire.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Le libellé actuel, justement, ne limite pas aux chambres de commerce. S'il y a
quelqu'un du milieu des affaires qui
est intéressé, qui manifeste son intérêt et qui provient de là, il n'y a rien
qui empêche, selon le projet de loi qu'on a en examen aujourd'hui, qu'on
puisse la choisir, cette personne-là.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : À ce moment-là, comment pouvez-vous assurer que les gens du milieu des
affaires, que vous visez par le projet
de loi, vont tous être mis au fait de la possibilité de faire signe de leur
intérêt à oeuvrer au conseild'administration?
C'est ça qui est le point. C'est que, si, par exemple, comme le disait le Dr De
Serres, on va faire signe à la
Fédération des chambres de commerce qu'un poste se libère et puis qu'on a à
combler ce poste-là au sein du conseil d'administration,
bon, on avise la Fédération des chambres de commerce, mais on limite, à ce
moment-là, l'information aux seuls membres de cette fédération-là.
comprends de votre intervention que l'objectif du projet de loi n'est pas de
restreindre aux seuls membres d'une fédération,
mais bien d'ouvrir à l'ensemble du monde des affaires puisque c'est une
question de gouvernance. Donc, de quelle
façon, ou quel est le processus qui sera mis en place afin de s'assurer que le
milieu des affaires en général sera informé
de l'ouverture de ce poste-là au sein du conseil d'administration? Parce qu'on
peut avoir des gens qui ont un intérêt et une très grande compétence, mais qui
ne sont pas membres d'une chambre de commerce.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Mais est-ce que le projet de loi doit prescrire la façon dont les associations
sont consultées et quelles associations sont
consultées? Moi, je trouve qu'on va loin. Écoutez, je pense qu'on peut
accueillir la suggestion que vous faites, qu'Héma-Québec élargisse,
même, au besoin, publie un avis sur la recherche d'un membre de conseil d'administration
provenant du milieu des affaires. Mais de l'inscrire dans la loi, là, je serais
inconfortable. Mais je pense que vous avez
une suggestion intéressante, qu'on puisse faire un effort supplémentaire,
lorsqu'Héma-Québec a des membres de
conseil d'administration à nommer, qu'on puisse publier un avis dans les
quotidiens ou certains sites Web qui sont disponibles pour ça afin d'élargir
la base de consultations. Moi...
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : L'avis dans un quotidien m'apparaît une idée... C'est parce que, de la
façon dont on l'expliquait, moi, je le voyais plutôt comme un avis
envoyé, par exemple, par courriel à la fédération… un communiqué ou une information envoyée par courriel à la
fédération : Pouvez-vous distribuer ça au sein de vos membres? Je
comprends que ça limite de beaucoup
les coûts. Mais, si vous dites que, pour parfois combler des places dans les
différents collèges électoraux, on y
va par voie d'avis dans un grand quotidien à diffusion très large, par
exemple… — bon,
je ne voudrais pas faire de placement publicitaire, mais on s'entend — à ce
moment-là, bien, j'imagine que ça pourrait justement permettre à ceux et celles
qui ont l'intérêt et qui ont les compétences d'être informés de l'existence de
ce poste-là.
Est-ce
qu'on doit le mettre à l'intérieur du projet de loi? Je ne sais pas, je dois
vérifier. Est-ce qu'il y a d'autres articles
qui prévoient le mode d'avis, là? Je vais aller voir puis je vous reviendrai.
Mais, si vous me dites : Bon, l'objectif, ce n'est pas nécessairement...
spécifiquement de cibler simplement par votre courriel, mais faire un
appel à la population en général, ça, je préfère ce type de réponse là. Ça, c'est
plus inclusif.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Mais, je ne pense pas que, dans les différentes lois qui concernent la
gouvernance, on prescrive la façon de. Et je ne pense pas que... On va
vérifier, là...
M. Hébert :
Non? Bon, on me dit que non. Et je préférerais qu'on se limite ici à ce qui est
dans le projet de loi.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Blais : Personnellement, j'aime l'idée qu'il y ait un
avis, mais un avis peut-être sur le site d'Héma-Québec. Mais, quand on commence à publier dans un journal…
Lequel, journal? Et est-ce qu'on favorise un journal au détriment d'un
autre? Est-ce qu'on publie en français? Est-ce qu'on publie en anglais? Tu
sais, c'est comme, à un moment donné... Et ça devient extrêmement onéreux
aussi. On le sait, combien ça coûte, ces placements médias, mais...
suis convaincue qu'on est capables de trouver un modus operandi pour élargir.
Parce que je trouve que c'est une
belle suggestion de ma collègue, parce que je comprends son inquiétude. Si on
favorise seulement les personnes des milieux urbains, Mme la Présidente,
on peut mettre de côté des personnes des régions qui seraient intéressées. Et
on doit aussi favoriser... Je pense que c'était
le coeur de son intervention, là. Je ne veux pas parler en son nom. Et j'ai
ressenti ça très fortement.
Moi,
j'ai un comté urbain, alors... On oublie parfois les comtés qui sont ruraux.
Mais je pense qu'aujourd'hui, avec toutes les nouvelles technologies de
l'information, puis avec les Facebook de ce monde, puis les Twitter ,
on est capables, là, à un moment donné, d'arriver à passer l'information.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Bien, moi, j'aime bien l'idée, là, de, plutôt que
d'avoir des frais dans les journaux, peut-être
un avis qui pourrait être mis sur le site Web six ou huit semaines avant. Puis
la suggestion que moi, je vous ferais... On a eu plusieurs lois, au
niveau de la santé et services sociaux, qu'on le mettait dans la loi. Exemple,
d'avoir un site Web, ça devrait être indiqué
à tel endroit. Ça ne rajoute pas beaucoup, puis c'est une bonne habitude de...
Puis, dans la démocratie, les gens ne retournent pas voir tout ce qui s'est
dit, ils vont voir juste dans la loi qu'est-ce qui est noté. Puis ça nous
assurerait, nous autres, que ça va se faire.
Parce
que l'autre élément que moi, je voyais dans le projet de loi, c'est d'un autre
ordre, là, c'est qu'on veut avoir un
membre du conseil d'administration qui doit être membre de l'Ordre des
comptables professionnels agréés du Québec, mais, ce que je vois là-dedans, il peut pratiquement seulement venir
soit de l'AQESSS ou encore du milieu des affaires.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Ah! C'est le treizième que vous rajoutez? Puis là vous
le mettez comment comme collège...
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme Gagnon? Oui?
La Présidente (Mme
Proulx) : Dr De Serres.
M. De Serres (Jean) : Ça, on l'a regardé, et… Non, ça peut être un receveur de produit. Il y
a des comptables qui sont malades des fois dans... Ça peut être l'association
québécoise, il y a des comptables dans les établissements de santé. Ça peut être dans les donneurs de produits
bénévoles. Il y a plein de comptables dans les bénévoles, des fois, à la
retraite, et tout ça. Ça peut être... On a
fait remarquer que, même le milieu de la recherche scientifique dans les
universités, il y a des facultés où ils enseignaient la comptabilité, puis il y
a de la recherche aussi de ce côté-là.
Donc,
finalement, ça peut être presque partout, sauf les collèges de médecins, c'est
plus rare qu'on... Je n'en connais pas,
moi, des MD... des MD avocats, mais des MD comptables, il me semble que ça, c'est
plus rare, mais... et le milieu de la santé publique. Mais ça peut être
toutes les autres places. Une des choses, nous, qu'on recommandait, c'est qu'il
faut que les gens puissent avoir une
compétence de gouvernance en plus de représenter. On peut trouver des gens
avec plein de compétences dans les autres bassins de collèges.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Pourquoi vous...
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Oui. Pourquoi vous n'avez pas...
M. De Serres
(Jean) : Il est-u comptable?
M. Bolduc (Jean-Talon) : Tu sais, pourquoi en particulier l'ordre des
comptables et... Parce qu'il y a beaucoup d'éléments qui peuvent être au
niveau légal également. Et puis, généralement, un comptable qui est membre d'un
conseil d'administration, les gens veulent
peut-être le mettre comme président du comité de vérification, quelque
chose comme ça. Mais c'est-u une obligation d'avoir un comptable président du
comité de vérification?
M. De Serres (Jean) : C'est ça.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre?
M. Hébert : ...de la
loi sur la
gouvernance qui le prescrit formellement.
M. Bolduc (Jean-Talon) : O.K.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Je veux parler,
suite à ce que vous venez de dire, sur le comptable. Moi, je vois un petit
problème. Vous avez votre conseil d'administration, et cette personne parvient
des associations de receveurs de produits. Votre comptable prend sa retraite pendant son mandat, il n'y a qu'un en poste
qui est disponible, il faut aller chercher un autre comptable. Alors, qu'est-ce
que vous faites? Est-ce que vous allez être...
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : D'où la souplesse que le
projet de loi apporte que, pour chacune des catégories, il faut qu'il y ait d'une
à trois personnes.
Mme de Santis : Je comprends, mais
ça ne répond pas à ma question.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Parce que disons
que vous avez vos 13 membres, O.K.? En janvier, la personne, la seule
personne sur votre conseil qui est un comptable agréé, la seule personne, et il
était aussi membre des associations de
receveurs de produits, il donne sa démission. O.K., vous avez 12 places déjà
prises, il y a une place qu'il vous faut, et il vous faut absolument avoir une personne qui est un comptable. Et vous
aviez, avant ça, seulement un représentant des associations de receveurs
de produits. Vous êtes pris dans une position qui est très difficile.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Vous admettrez avec
moi, là, que c'est un cas qui va être rarissime, là, qu'il y ait une seule
personne représentante d'une des catégories et que cette personne-là soit le
comptable du conseil d'administration.
Mme de Santis : J'ai vécu...
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : J'ai vécu des
conseils d'administration d'hôpitaux et de... you know? Et toutes... des
situations comme ça peuvent arriver. En plus,
je suis avocate et je dois regarder toujours la situation qui peut être la pire
situation. Donc, je pose la question : Comment on fait dans une situation
comme ça?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : On trouve un autre
comptable dans la catégorie en question. Écoutez, il y a des comptables, ça se
trouve.
Mme de Santis : La raison que je
pose ça, c'est pour...
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Si c'est absolument
nécessaire d'avoir un membre qui est un comptable agréé, pourquoi on ne
dit pas qu'il faut avoir… parmi les 12, il y
a un membre qui est un membre de l'Ordre des comptables professionnels
agréés, et cette personne va être nommée, nonobstant de quel groupe elle vient?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Comment on pourrait
changer ça? Écoutez, moi, je trouve que c'est une suggestion intéressante, là.
Il pourrait être hors... C'est ce que j'avais... C'est ce que je présumais au
point de départ, alors j'ai...
Hébert : Je présumais que c'était
une 13e personne hors catégorie qui était de l'Ordre des comptables. Je
ne sais pas comment nos juristes peuvent
formuler quelque chose qui pourrait satisfaire cette suggestion, là. Mais moi,
au départ, je pensais que c'était ça, mais...
Mme de Santis :
Alors, voilà. Donc...
M. Hébert : On a une communauté de
pensée, la députée de Bourassa-Sauvé et moi.
La Présidente (Mme Proulx) : Donc,
est-ce qu'il y a un amendement de proposé ou simplement...
M. Hébert : On va continuer puis on
va travailler là-dessus parce qu'on a d'autres...
Présidente (Mme Proulx) :
Oui, parfait. Alors, poursuivons l'étude de l'article 3. Y a-t-il d'autres
interventions?
M. Hébert : Bien, on était à un...
La Présidente (Mme Proulx) : Premier
paragraphe.
M. Hébert : …les associations de
receveurs de produits. Est-ce qu'on peut aller à l'autre, oui?
La Présidente (Mme Proulx) : Oui,
deuxième paragraphe.
Hébert : Ça va? Alors, l'Association
québécoise d'établissements de santé et services sociaux. Ça, c'est pour
remplacer l'AHQ, là, l'Association des
hôpitaux du Québec, qui a maintenant changé sa désignation, l'AQESSS. Ça
La Présidente (Mme Proulx) : Y
a-t-il des interventions? Non?
M. Hébert : Les donneurs de
produits, les bénévoles organisateurs de collectes, là aussi on ne se limite
pas seulement aux donneurs de sang et de plasma, mais, étant donné le mandat
plus large d'Héma-Québec, on élargit à d'autres groupes.
La Présidente (Mme Proulx) : Oui,
Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : Est-ce que, dans le
contexte où la question du lait maternel... Je comprends que vous ne voulez pas nécessairement une représentativité,
mais la question du lait maternel va peut-être susciter une gestion, une
philosophie, des débats, des échanges très
différents des autres produits qui font l'objet de la compétence d'Héma-Québec.
Est-ce qu'il n'y a pas lieu de prévoir, au
sein des catégories, une catégorie pour représenter plus spécifiquement soit
la clientèle, ou les donneuses, ou... Parce
que l'aspect lait maternel, puis Dieu sait que cette loi-là, elle est vue par
plusieurs comme étant la loi qui met en
place la création de la banque de lait maternel, mais la composition modifiée
du conseil ne le... En tout cas, ce n'est
pas ce qu'on pourrait penser à la composition du conseil. Est-ce qu'il n'y
aurait pas lieu de trouver une façon ou d'ajouter une catégorie... je ne
sais pas si, au niveau des juristes, ça pose problème, mais une catégorie qui est
représentative de ce mandat-là qui est confié à Héma-Québec?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Je reçois bien ce que
vous suggérez. Par contre, il y a une quarantaine de produits qui sont actuellement gérés par Héma-Québec, alors c'est
pour ça qu'on se donne la latitude, là, d'un à trois membres qui vient
des donneurs. Mais je suis persuadé que, dans les deux prochaines années, je
pense qu'Héma-Québec va vouloir avoir sur
son conseil d'administration au moins une personne qui vient des donneuses de
lait maternel étant donné le changement important qu'on donne à
Héma-Québec. Moi, je pense que votre suggestion... En tout cas,
M. De Serres, je pense que c'est une suggestion qui devrait être bien
accueillie, là, étant donné le contexte actuel.
La Présidente (Mme Proulx) :
M. De Serres.
M. De
Serres (Jean) : On a
plusieurs catégories de donneurs, hein? Il y a des donneurs de sang, des
donneurs de plasma, des donneurs de tissus,
maintenant les donneuses de lait maternel, et, ce qu'on essaie, c'est... Et,
comme le ministre disait, on a 45 produits; le lait, ça va faire 46
produits. Nous, on anticipe qu'on va être au-dessus d'une centaine de produits d'ici l'an 2020 et on va avoir de la
difficulté à représenter spécifiquement chacun des produits. Par contre,
dans tous les cas, ce qu'on fait, c'est des
comités consultatifs. Et, le comité consultatif, à ce moment-là, peut avoir
plusieurs personnes, par exemple, sur le
lait maternel, autant le médecin néonatalogiste que la mère qui donne, qu'une
mère d'un enfant prématuré, qu'une
organisation, etc. Donc, c'est plus facile d'avoir une représentativité dans le
comité consultatif qui, lui, avise le
C.A. sur les sujets qui le touchent, et c'est ce qu'on fait avec certains des
autres produits actuellement.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Gatineau.
Mme Vallée : Je comprends les explications que vous me donnez du fait que vous avez
énormément de produits, mais... Puis
je comprends l'existence des comités consultatifs, puis je pense que les
comités consultatifs permettent de vraiment se pencher sur des questions
plus pointues qui sont loin de la gouvernance, là, ça, c'est certain, parce qu'il
peut y avoir un tas de situations qui surviennent en cours
de route, et puis on ne veut pas nécessaire encombrer le conseil d'administration avec ça. Alors, le comité
consultatif qui sera spécialisé se penchera là-dessus. Mais je vous
réitère que... Bien, selon moi, je pense que
le conseil d'administration devrait... Il devrait y avoir une place
particulière rattachée aux activités
reliées à la banque maternelle. Et est-ce qu'il n'y aurait pas lieu de préciser
que, dans l'une des catégories... Au même
titre qu'un membre du conseil
d'administration doit être un membre de l'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu
d'ajouter qu'au moins un membre du conseil d'administration doit être
relié ou rattaché à la mission de la banque de lait maternel?
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Ce n'est pas du même ordre. L'Ordre des comptables, c'est vraiment selon les
règles de lagouvernance, là. Donc,
de rajouter ça, nommément pour le lait maternel, moi, ça me... je suis
inconfortable avec ça, bien que j'aimerais qu'Héma-Québec, dans les
prochaines années, puisse faire place à un au moins des membres. C'est un souhait que je fais. De l'inscrire dans la loi, j'ai
des réserves, mais je pense que moi, je suggérerais à Héma-Québec, étant
donné le changement majeur que va impliquer
la mise en place de la banque de lait maternel, d'avoir au moins un
membre du conseil d'administration, au cours
des prochaines années, qui provienne de ce milieu-là. Mais, une fois que ceci
aura été fait, après, il y aura d'autres
produits biologiques qui seront gérés par Héma-Québec. Et là je ne veux pas
faire une place particulière au lait
maternel par rapport aux 46 autres et, bientôt, probablement 100 autres
produits qu'Héma-Québec va distribuer.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : Je pose la question parce que je sais, lors du dépôt du projet de loi,
à quel point on s'était... on était fiers
de déposer un projet de
loi sur la création d'une banque de lait maternel, mais
là, si je le comprends bien, la banque de
lait maternel finalement, c'est bien secondaire dans le projet de loi, c'est
vraiment de donner plus de pouvoir... de donner des attributions
additionnelles à Héma-Québec, et le lait maternel en fait partie, est une
composante parmi d'autres. Mais c'est un...
En tout cas, suite aux auditions qu'on a eues ici, en commission parlementaire,
la banque maternelle va susciter...
de lait maternel va susciter à elle-même des enjeux bien particuliers. On en a
discuté un peu mardi soir, on en a discuté lors des échanges en
consultation. Je crois qu'il devrait y avoir cette préoccupation-là.
Écoutez,
vous pouvez continuer. Moi, je pense que je vais travailler sur un amendement
quand même, puis on l'aura déposé, puis on votera dessus, puis, si vous
êtes contre, vous êtes contre, mais l'amendement sera déposé.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Blais :
Bien, la réflexion de ma collègue de Gatineau me porte à vous dire que, lorsqu'on
a étudié ici, à l'Assemblée nationale, le
projet de
loi sur les proches aidants, il y a une place au conseil d'administration
qui est faite à un proche aidant. C'est une... et les autres membres ne
sont pas forcément des proches aidants. Il y a des membres du gouvernement, il y a des membres qui sont nommés
par la famille Chagnon, mais il y a un proche aidant parce que c'est un
projet de
loi sur les proches aidants.
Alors,
ce n'est pas fou, ce que ma collègue vient de dire. C'est un projet de
loi sur
une banque maternelle. Alors, il me semble que ce serait tout à fait
pertinent qu'il y ait une ou un représentant issu de la banque maternelle. Ça donnerait en tout cas un signal beaucoup plus fort
sur l'importance de cette loi. C'est significatif puis ça vient aussi
mettre en lumière la considération qu'on apporte à ce projet-là. Voilà, mon
commentaire est fait.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Bien, je pense qu'on va attendre de voir s'il y a une suggestion qui nous
vient. Mais moi, j'ai des réserves, mais... Alors, est-ce qu'on peut
continuer en attendant?
La Présidente (Mme
Proulx) : Alors, on poursuit l'étude de l'article 3.
M. Hébert :
En quatrième, c'est le Collège des médecins. Alors, auparavant, c'était la
Fédération des médecins spécialistes du Québec. Pour deux raisons, on
met le collège. La première, c'est qu'il n'y a pas juste les médecins spécialistes, mais, puisqu'on élargit, notamment
en périnatalité, les omnipraticiens sont très impliqués dans le domaine
de la périnatalité. La deuxième, c'est que la Fédération des médecins
spécialistes, c'est une association professionnelle qui a intérêt pour ses membres, alors que le collège, lui, représente l'intérêt
du public. Alors, pour moi, le collège est beaucoup plus approprié pour
suggérer des membres au conseil d'administration qu'une fédération de médecins.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc (Jean-Talon) : Est-ce qu'il y a eu une consultation... au
niveau du Collège des médecins, je suppose que oui, mais au niveau des deux
fédérations?
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Je ne crois pas.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Par souci de transparence, est-ce qu'il aurait
été possible de les consulter? Même si la décision est prise, puis moi,
je suis quand même favorable à ça également, ne serait-ce qu'ils étaient dans
un projet de loi, puis là ils vont lire un projet de loi dans lequel ils ne
seront plus présents, d'avoir peut-être parler avec... pas nécessairement le
ministre, mais un de ses représentants pourrait peut-être parler avec la
Fédération des médecins spécialistes du Québec.
La Présidente (Mme
Proulx) : Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : Dans leur mémoire, ils s'objectent au fait qu'ils sont évincés, et...
Alors, ils sont bien au courant et ils
disent : Voilà, choisissez quelqu'un du Collège des médecins, mais il ne
faut pas nous évincer. Et ils expliquent pourquoi ils croient qu'un des
leurs devrait être sur le conseil d'administration.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
C'est leur opinion, mais je continue... je persiste à dire que c'est plus la
tâche du collège, qui est le représentant
du public, qui est un ordre professionnel, plutôt que d'une fédération des
médecins qui est une association professionnelle qui doit supporter l'intérêt
de ses membres.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Je suis d'accord avec le ministre.
La Présidente (Mme Proulx) : Alors, on poursuit. Y a-t-il d'autres
interventions sur le quatrième alinéa du premier paragraphe de l'article
M. Bolduc
(Jean-Talon) : ...commentaire, mais c'est certain...
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : …je suis certain que les fédérations vont
quand même faire leur représentation au niveau du Collège des médecins. Puis,
juste pour que ce soit bien entendu, on s'attend qu'il va y avoir quelqu'un, probablement des spécialistes, qui va siéger
là-dessus. Ça fait que... Dr De Serres, là, qui nous confirme ça. Ce n'est
pas un principe d'évincer, mais plutôt d'avoir
une représentativité de tout l'ensemble du corps médical. Un ordre professionnel
a une mission différente d'une fédération syndicale. Je pense que...
question par rapport à ça, parce que le Collège des médecins est un ordre
professionnel. Est-ce qu'il yaurait
eu lieu de penser avoir d'autres ordres professionnels sur le conseil d'administration
ou vous voulez vous en tenir seulement qu'au Collège des médecins?
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Moi, je m'en tiendrais seulement au Collège des médecins.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Proulx) : Donc, on poursuit l'étude.
M. Hébert :
Cinquièmement, le milieu de la recherche scientifique, ce qui est un peu plus
large que ce qui existait auparavant, parce qu'on disait : «…issus
du milieu universitaire du secteur des biotechnologies et choisis parmi les
personnes suggérées par les établissements d'enseignement universitaire.» Alors
là, on élargit, pas juste au milieu d'enseignement universitaire, mais à l'ensemble
du monde de la recherche.
La Présidente (Mme
Proulx) : Y a-t-il des interventions? Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Blais :
Oui, ça me titille un peu. Alors, peut-être que ma question va vous sembler,
Mme la Présidente, ambiguë, mais, quand on
parle de recherche scientifique, dans ce cas-ci, on parle de quelles recherches
scientifiques? Parce que c'est très large, là, la recherche
scientifique. Il y a plusieurs domaines. Alors là, on dit «le milieu de la
recherche scientifique». On parle de quel milieu de la recherche scientifique?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Alors, bien, nous allons
sans doute interpeller nos trois conseils. Alors, le Conseil de la santé, le Conseil de la science et de la technologie et des...
voyons, des sciences sociales et de la culture et également le milieu universitaire, mais on va élargir : pas juste
le domaine biotechnologie du milieu universitaire, mais on pourrait avoir
un éthicien, par exemple, qui est un chercheur du milieu de la recherche
scientifique, alors qu'avant le libellé stricto sensu ne permettait pas à un
éthicien chercheur d'être désigné sur le conseil d'administration.
La Présidente (Mme Proulx) : C'est
bien. M. le ministre.
Hébert : Alors, sixièmement,
c'est le milieu des affaires. Même stratégie, donc, d'étendre. Alors, avant,
c'était «deux membres issus de l'entreprise
privée et choisis parmi les personnes suggérées par divers groupes
socioéconomiques». On dit le milieu des affaires, et la stratégie, on en
a discuté tout à l'heure.
septièmement, le milieu de la santé publique. Et, là encore, on procédera aux
consultations appropriées aux directions de santé publique de l'ensemble
du réseau de la santé et des services sociaux.
La Présidente (Mme Proulx) : Y
a-t-il d'autres interventions sur le premier paragraphe? Non. Oui?
M. Hébert : On va faire les autres
paragraphes en attendant que Mme la députée de Gatineau...
Présidente (Mme Proulx) :
Êtes-vous prête à proposer un amendement ou si on poursuit l'étude des
autres paragraphes.
Mme Vallée : Donnez-moi quelques
minutes encore.
La Présidente (Mme Proulx) : D'accord.
Mme Vallée : Ça ne sera pas long. J'essaie
de trouver une façon de...
La Présidente (Mme Proulx) : Alors,
M. le ministre, on va poursuivre avec l'étude des autres paragraphes.
M. Hébert : Alors, l'autre
paragraphe :
«Ces 12
membres sont répartis à raison d'au moins un et d'au plus trois membres par catégorie.
Ils sont nommés par le gouvernement
après consultation des personnes ou des milieux de cette catégorie.» Je pense
qu'on a discuté tout à l'heure de ce paragraphe-là. Est-ce qu'il y a d'autres...
Présidente (Mme Proulx) : Y
a-t-il d'autres interventions sur le deuxième paragraphe? M. le député de
Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Une
question comme ça, le ministre en a glissé un mot. Il n'y aurait pas eu lieu d'avoir d'office un éthicien... ou un éthicien qui
soit parmi ces membres-là? Je vous pose la question comme ça, juste pour au moins en faire la discussion, parce que...
Puis, l'autre question, parfois, on... le comptable, je comprends la Loi
sur la gouvernance. Quelqu'un qui a une formation éthique pourrait être utile.
Idéalement, on pourrait parler d'un avocat.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Alors, il y a déjà...
Mme de Santis : ...sur le comité de
vigilance.
Hébert : Oui, c'est ça.
Bien, je pense que Mme la députée de Bourassa-Sauvé répond à la question de
façon très précise. Alors, il y a déjà un
éthicien de prévu sur le comité de biovigilance, si le projet de loi est
accepté. Et je vous ferai remarquer
qu'il y a un comité de gouvernance et d'éthique également, selon les règles de
gouvernance, et qu'il y a un comité d'éthique au sein d'Héma-Québec, en
plus, où il y a des éthiciens. Alors, je pense que ça répond.
La Présidente (Mme Proulx) :
Alors...
M. Bolduc (Jean-Talon) : Parfois, il
faut poser des questions pour... Au moins, on a posé la question.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : La réponse
vient de notre côté. Non, on fait bien. On est là pour faire un bon
projet de loi, mais, quand on peut se donner des coups de main, on se donne des
coups de main.
La Présidente (Mme Proulx) : Donc,
M. le ministre, on poursuit avec l'étude des paragraphes.
Hébert : Et, comme vous le
voyez, moi aussi, j'ai l'objectif d'avoir le meilleur projet de loi possible.
Alors, les bonnes idées sont les bienvenues.
«Est
également membre du conseil d'administration le président-directeur général,
qui peut être désigné sous le
titre de "président et chef de la
direction", nommé par les autres membres du conseil d'administration.»
Alors, ceci
modernise une fois de plus la Loi d'Héma-Québec pour introduire le terme de
«président-directeur général», alors qu'auparavant c'était le terme
«directeur général» qui était retenu dans la loi. Et on ajoute que ce président-directeur général peut utiliser l'appellation
«président et chef de la direction», ce qui est également une
nomenclature qui est utilisée souvent, qui est un peu un anglicisme, là, mais
qui est souvent utilisée.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Si je
comprends bien, le président du conseil d'administration en est également le
directeur général.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Ou c'est...
M. Hébert : Ce n'est pas toujours
automatique parce que, dans une agence, il y a un président de conseil d'administration
qui n'est pas le même que le P.D.G. Il ne l'est pas.
M. Bolduc (Jean-Talon) : En fonction
d'Héma-Québec.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Oui. Comment
fonctionne la structure au niveau du conseil d'administration? Comme Dr
De Serres, son poste, c'est-u président-directeur général?
La Présidente (Mme Proulx) : Dr De
Serres.
M. De Serres (Jean) : C'est parce
que je regardais... mais ce que vous disiez avant, c'est parce qu'il y a un
amendement qui dit que le président ne sera jamais le président du conseil d'administration.
Ça fait que, je pense, c'est déjà prévu que c'est impossible. C'est ça.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : C'est deux personnes
différentes. C'est comme les agences de la santé et des services sociaux. Il y
a un P.D.G. et il y a un président de conseil.
La Présidente (Mme Proulx) : Alors,
M. le ministre.
M. Hébert : Et le dernier
paragraphe, c'est : «Au moins un membre du conseil d'administration doit
être un membre de l'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec.» On
en a déjà parlé, je pense.
Présidente (Mme Proulx) :
Oui. Alors, Mme la députée de Bourassa-Sauvé... Mme la députée de
Gatineau.
Mme Vallée : J'ai rédigé l'amendement, on va en faire des
copies, avant de le lire, pour que tout le monde l'ait en main.
La Présidente (Mme Proulx) : Alors,
on va suspendre quelques instants, le temps de recevoir la copie.
(Suspension de la séance à 16 h 23)
Présidente (Mme Proulx) :
Oui. Alors, la commission va poursuivre ses travaux. Nous avons deux
amendements. M. le ministre, voulez-vous présenter votre amendement?
Hébert : Alors, l'amendement
qui concerne le membre de l'ordre des comptables. Alors, l'amendement se
lit comme suit : Modifier l'article 7 de la loi proposé par l'article
1° par le remplacement, dans le deuxième alinéa,
de «douze» par «onze»;
2° par le remplacement, dans le troisième
alinéa, de «12» par «11»;
3° par l'insertion, après le troisième alinéa,
du suivant — et
là je cite :
«Est
également membre du conseil d'administration, une personne membre de l'Ordre
des comptables professionnels agréés du Québec nommée par le
gouvernement après consultation de cet ordre professionnel.» Fin de la
citation;
4° par le remplacement, dans le quatrième
alinéa, de «est également» par «en outre, est»; et
5° par la suppression du cinquième alinéa.
La Présidente (Mme Proulx) : Merci,
M. le ministre. Y a-t-il des interventions sur l'amendement proposé? M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Bien, je
pense que c'est plus logique comme ça qu'auparavant, parce qu'avant ça
on assumait qu'il y a quelqu'un qui serait comptable d'un des organismes qui
allaient être représentés, tandis que, là, probablement,
ça va être quelqu'un qui est membre de l'ordre de comptables qui a probablement
un intérêt dans la question de toutes
les banques de sang, les banques de tissus. Puis on s'assure, comme a dit ma
collègue, qu'il va y avoir vraiment un comptable
et qu'on n'aura pas besoin de chercher pour éviter le cas rarissime et d'exception
qui fait que... Même moi, j'étais un peu hésitant, mais là je trouve que
c'est une bonne idée. Félicitations, ma chère collègue!
Une voix : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Proulx) : Donc, y
a-t-il d'autres interventions sur l'amendement proposé? S'il n'y a pas d'autres
interventions, on va procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement
proposé est adopté?
La Présidente (Mme Proulx) : Donc, l'amendement
est adopté. Nous avons un deuxième amendement. Mme la députée de Gatineau,
voulez-vous en faire la lecture?
Vallée : Oui. Alors, dans l'article
3, ajouter, à la suite du cinquième paragraphe, et je... le cinquième
paragraphe étant le paragraphe parlant de l'ordre des comptables. Mais là on a
fait l'amendement.
Une voix : C'est tout chaud.
Mme Vallée : Ça va? O.K. Parfait.
Donc, à la suite du cinquième paragraphe, le paragraphe suivant, donc :
«Au moins un
membre du conseil d'administration doit provenir du milieu de la néonatalogie
ou des groupes de donneurs/receveurs de la banque de lait maternel.»
La Présidente (Mme Proulx) : Y
a-t-il des interventions? M. le ministre.
Hébert : Bien, en tout
respect, Mme la députée de Gatineau, je ne suis pas confortable avec votre
amendement pour plusieurs raisons. D'une
part, à cause de la pérennité de cette loi-là. Je pense que ça va être, comme
je l'expliquais, souhaitable dans les
prochaines années, lors de la mise en place de la banque de lait maternel, mais
que, par la suite, je ne suis pas sûr que ça va rester une mesure qui va
être nécessaire.
Deuxièmement,
moi, je vois là l'ouverture d'une boîte de Pandore où chacune des associations,
là, va réclamer d'être nommément au
conseil d'administration. Pensons juste aux hémophiles, là, pour qui
Héma-Québec a été conçu, et qui représentent une grande
partie du budget
d'Héma-Québec, et qui, actuellement, n'ont pas l'assurance d'avoir un représentant sur le conseil d'administration, là.
Et, si on le fait nommément pour les gens du domaine du lait maternel, vous allez avoir les hémophiles, les
immunodéficients, les gens de la Coalition Cancer. Et nommez-les, là, ils vont
tous vouloir avoir un siège sur le conseil d'administration. Puis là on ouvre,
à mon avis, une boîte de Pandore. Et moi, je préférerais
garder à Héma-Québec et au gouvernement la latitude de pouvoir, dans les
premières années, s'assurer que, parmi
les membres suggérés, soit par le Collège des médecins, par les donneurs de
produits ou par les receveurs de produits, quelqu'un qui représente le milieu du lait maternel. Moi, je préfère
garder cette latitude-là que de l'inscrire nommément dans la loi.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Gatineau.
Mme Vallée : Bien, écoutez, j'ai
fait mes observations plus tôt. Je vous dirais, on a fait... En tout cas, je me
souviens d'avoir vu sur... Puis je le
recherche, je ne le retrouve pas, là, mais je me souviens d'avoir vu des
communiqués sur le site du Parti québécois,
à quel point on se targuait d'avoir enfin déposé une
loi sur la banque de lait
maternel. On se vantait de ça. Je considère que la question du lait
maternel, pas qu'elle soit... Je pense qu'elle est différente de toutes les autres questions de don de sang, d'organes, de
tissus… pardon, par d'organes, mais de tissus et de produits sanguins.
Je pense que la banque de lait maternel en soi est un élément très distinct, et
c'est pour ça que je pense que, pour une question de gouvernance, parce qu'il y aura
éventuellement sans doute des questions d'éthique… On en a fait état un
peu plus tôt, lors de l'étude de l'article
1. Vous aviez mentionné, comme M. De Serres a mentionné, que les règles
applicables à Héma-Québec, la loi et les différentes façons de procéder
permettaient d'assurer la sécurité, permettaient de bien réglementer la question. Mais on sait qu'éventuellement
il y aura des questions qui seront demandées quant à l'élargissementdu mandat. On sait qu'éventuellement il y aura la
question de la sécurité aussi pour toutes celles qui n'ont pas nécessairement
accès à la banque de lait maternel, qui s'approvisionnent ailleurs.
y a des enjeux particuliers rattachés à la question de la banque de lait
maternel, puis il m'apparaît important qu'au sein du conseil d'administration
il puisse y avoir quelqu'un qui soit issu du milieu, qui soit issu, par
exemple, d'un des groupes qui est venu ici,
en commission parlementaire, nous faire part de ses observations sur le
projet de loi. Je vous dis ça. Pour moi, ça
m'apparaissait clair, mais, à partir du moment où moi, j'ai fait mon amendement,
je dépose mon amendement, c'est ce que je
crois. Évidemment, la majorité décidera. Mais il m'apparaît important d'avoir
cette représentativité-là, compte tenu de la particularité, parce que la banque
de lait maternel, c'est vraiment... c'est quelque chose.
On aurait pu, par
exemple, au Québec, ne pas confier à Héma-Québec cette mission-là et créer une
banque maternelle en parallèle. On se serait privés d'une expertise, je le
reconnais. Et on a en place un système qui a fait ses preuves, on a en place une équipe qui a démontré sa capacité à protéger
les Québécois. Parfait. Mais il n'en demeure pas moins que la banque de
lait maternel est un élément particulier de ce projet de loi là, et il devrait
y avoir, à l'intérieur du projet de loi, une
reconnaissance de cet élément particulier qui ne se reflète pas qu'exclusivement
dans le paragraphe... dans le premier article.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Quelques commentaires. On parle ici de gouvernance. Moi, je suis réticent,
comme je le disais, à enfermer un groupe dans le contexte de la loi. Et,
comme vous l'avez si bien dit, plutôt que de former une nouvelle banque autonome pour le lait maternel, on a décidé de le
confier à Héma-Québec. Évidemment, Héma-Québec a un mandat plus large.
Il faut bien reconnaître que c'est la volonté d'Héma-Québec d'ouvrir au lait
maternel. Alors, on n'a pas de crainte à y
avoir sur la volonté d'Héma-Québec de pouvoir servir ces usagers-là de la
façon la plus efficace possible. Et mon dernier point, c'est : on a
entendu plusieurs groupes de donneurs, de receveurs, de néonatalogistes, et aucun de ces groupes-là n'a réclamé un siège au
conseil d'administration. Alors, ils ne le demandent pas. Donc, je ne
vois pas pourquoi on ferait cet amendement-là.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : Peut-être, peut-être qu'on le réclamera à un certain moment donné, et
là rouvrir la loi sera un petit peu
plus compliqué. Moi, je crois que ça pourrait être fort intéressant d'avoir
cette représentativité-là, ou cette... plutôt cette sensibilité, pas
représentativité, j'irais plutôt au niveau de la sensibilité à l'égard des
questions qui entourent la responsabilité de... la fonction de banque de lait
maternel qui est dévolue à Héma-Québec. Et puis là, bon, on le voit
différemment. Oui, c'est une question de gouvernance, mais la gouvernance n'exclut
pas pour autant cet aspect-là.
À mon avis, il peut y
avoir, à l'intérieur de ces groupes-là, des gens tout à fait compétents et qui
pourraient justement alimenter et aider dans leur réflexion les membres du
conseil d'administration.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Je n'ai pas vraiment d'autre...
La Présidente (Mme
Proulx) : Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement proposé?
Comme il n'y a pas d'autres
interventions, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement
proposé est adopté?
Mme Vallée :
...mise aux voix nominale.
La Présidente (Mme
Proulx) : Donc, Mme la secrétaire, nous allons procéder au vote par
appel nominal, s'il vous plaît.
Secrétaire : Mme Vallée (Gatineau)?
Secrétaire : M. Bolduc (Jean-Talon)?
M. Bolduc (Jean-Talon) :
Pour.
La Secrétaire :
Mme de Santis (Bourassa-Sauvé)?
La Secrétaire : Mme Blais
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
La Secrétaire : M. Hébert
(Saint-François)?
La Secrétaire : Mme Gadoury-Hamelin
(Masson)?
Mme Gadoury-Hamelin : Contre.
La Secrétaire : Mme Bouillé
(Iberville)?
La Secrétaire : M. Richer
(Argenteuil)?
La Secrétaire : Mme Proulx
(Sainte-Rose)?
La Présidente (Mme Proulx) : Contre.
La Secrétaire : Pour, 4; contre, 5.
La Présidente (Mme Proulx) : Donc, l'amendement
est rejeté. Alors, y a-t-il d'autres interventions sur l'article 3 tel qu'amendé?
S'il n'y a pas d'autres interventions, nous allons mettre aux voix l'article 3
tel qu'amendé. Est-ce que l'article 3, tel qu'amendé, est adopté?
Une voix : Avec division.
La Présidente (Mme Proulx) :
L'article
3 est adopté avec division.
Alors, je prends maintenant en considération l'article
4 du projet de loi. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Hébert : Alors, l'article 4 se
lit comme suit :
L'article 9 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«9. Le mandat du président-directeur général est
d'au plus cinq ans et celui des autres membres du conseil d'administration est d'au plus quatre ans. À l'expiration
de leur mandat, ils demeurent en fonction jusqu'à ce qu'ils soient
remplacés ou nommés de nouveau.
«Le mandat des membres du conseil d'administration,
autres que le président-directeur général, ne peut être renouvelé que deux
fois, consécutivement ou non.»
Alors, Mme la
Présidente, c'est un
article qui augmente la durée du mandat des membres du
conseil d'administrationde trois à
quatre ans, et il est maintenant prévu que ce mandat ne peut être renouvelé que
deux fois, soit un maximum, donc, de
trois mandats. Ces modifications-là sont conformes aux pratiques de gouvernance
reconnues dans plusieurs lois d'organismes ou d'entreprises du
gouvernement.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Je veux
juste comprendre, là. Président-directeur général, est-ce que c'est le poste qu'occupe le Dr De Serres? Tantôt, on a
parlé du président-directeur général... président et chef de la direction. Ça
fait que ça, ce n'est pas la même chose.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Ce qu'on vient d'adopter
dans l'article précédent, c'est que le président-directeur général peut s'appeler
«président et chef de la direction».
M. Bolduc (Jean-Talon) : Oui. Mais tantôt, quand on a fait la discussion,
nous avons dit qu'il y avait un président du conseil d'administration
puis il y avait le président-directeur général. O.K.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Alors, il y a le président du conseil d'administration et le
président-directeur général qui peut aussi s'appeler «président et chef
de la direction».
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : ...nommé par les autres membres du conseil d'administration,
comment est nommé le président-directeur général? Est-ce que c'est un
comité de sélection fait par le conseil d'administration? Est-ce que le ministre a des représentants au niveau du comité
de sélection? Parce que, si vous regardez le principe… Les agences,
ils sont nommés par le ministre. Les P.D.G. des agences, c'est nommé par le
ministre, et, par contre, quand on arrive au niveau des conseils d'administration
des établissements de santé, il y a un comité de sélection sur lequel et l'agence
et le ministre ont un représentant, et ils
ne peuvent nommer le directeur général sans l'assentiment d'au moins une
de ces deux personnes.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Mais, pour ce qui est d'Héma-Québec, le ministre n'intervient pas dans la
nomination du P.D.G.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Donc, c'est un comité de sélection indépendant du
conseil d'administration.
M. De Serres
(Jean) : ...
La Présidente (Mme
Proulx) : Dr De Serres.
M. Hébert :
Non, non, c'est...
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Indépendant du ministre?
M. Hébert :
Indépendant du ministre...
M. Bolduc
(Jean-Talon) : C'est ce que...
M. Hébert :
...comme le suggérait d'ailleurs la commission Krever.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : J'ai fait un lapsus, là. Ça fait que... Je vois qu'il y
a le Dr De Serres qui écoute ici, autour de la table.
Une voix :
Nous sommes toujours suspendus à vos lèvres.
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Ça fait que c'est bon, c'est beau.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Le deuxième alinéa, à l'article 9, est pris de la
Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État, mais on n'a
pas ajouté l'autre disposition qu'on retrouve à l'article 12 sur la
Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État, qui parle…
qui dit le suivant : «En outre des mandats accomplis à
titre de membre du
conseil, le président du conseil peut être renouvelé deux fois à ce
titre, consécutivement ou non.»
C'est
que le président du conseil est traité un peu différemment que les autres
membres du conseil, et il y a une raison
pour ça, parce que lui, il peut être nommé président du conseil après le
deuxième mandat parce que tu veux quelqu'un
qui a de l'expérience déjà sur le conseil. Et donc je me demande s'il y a une
raison que vous n'avez pas ajouté cette disposition à l'article 9,
parce que vous avez pris une, mais pas l'autre disposition.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre, voulez-vous qu'on suspende quelques instants?
Hébert : Non, ça va. Je m'excuse,
Mme la Présidente, si ça a été long, mais je suis lent à comprendre
parfois, même si on m'explique très bien.
Alors, dans les autres conseils, là, dans la
Loi sur la gouvernance des
sociétés d'État, c'est l'État, c'est le gouvernement qui nomme le
président, alors qu'ici dans la
Loi sur Héma-Québec le président est nommé
parmi les membres et...
Mme de Santis : Moi, je parle du
président du conseil, je ne parle pas du...
M. Hébert : Du président du conseil.
Mme de Santis : Le président du...
oui.
M. Hébert : Le président du conseil,
là, dans Héma-Québec, n'est pas nommé par le gouvernement, là. Le président du
conseil est choisi parmi les membres, c'est les membres qui se choisissent un
président. Alors, c'est pour ça qu'on n'a pas retenu cette phrase-là.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Et c'est dans la
Loi sur Héma-Québec que le président du conseil est choisi par les
membres?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Mme de Santis : C'est quel article?
Hébert : C'est à l'article 10.
Je peux le lire : «Les membres du conseil désignent parmi eux un président
et un vice-président appelés à assurer la présidence du conseil d'administration...»
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : Merci. Même si la
personne est nommée par les autres membres du conseil, il y a une logique qu'on veut une personne qui a déjà de l'expérience
pour être à la tête d'un conseil d'administration, et, une fois que la personne est à la tête du conseil
d'administration, est-ce qu'on ne peut pas élargir un peu pour permettre
que cette personne peut rester un autre mandat? Mais, s'il est nommé dans sa
10e année… Et je ne sais pas comment fonctionne
le conseil d'administration d'Héma-Québec, mais je présume que ça fonctionne d'une
façon assez professionnelleet ça
doit ressembler à d'autres conseils d'administration. Et je me dis :
Est-ce qu'on voudrait peut-être insérer un peu plus de flexibilité quant au mandat du président du conseil? Même si je
comprends l'explication que vous me donnez, je ne sais pas s'il y a à
réfléchir à donner un peu plus de...
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Je trouve quand
même ça long, 12 ans, là. Si on devait prolonger au-delà de 12 ans,
je trouve que, faire
partie d'un
conseil d'administration pendant aussi longtemps, même si, à la 10e année,
on en devient le président, je trouve que 12 ans, c'est suffisant.
En tout cas, personnellement, là.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Alors, pourquoi ce n'est
pas assez longtemps... ce n'est pas longtemps quand c'est le
gouvernement qui nomme le président du conseil? Ce n'est pas un argument, ça.
Ça devrait être le même argument quand le président du conseil est nommé par le
gouvernement ou pas nommé par le gouvernement.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Oui. On pourrait changer
la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Je
recommande au ministre, avant de faire ça, d'aller consulter son leader.
M. Hébert : De
toute façon, ce n'est pas l'objet de la commission parlementaire.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Je pense que je le
laisserais comme ça. Écoutez, de toute façon, c'est rare qu'un président arrive
à la 10e année, là, et, s'il arrive à
la 10e année, je pense que deux ans, ça va être suffisant, et après ça on
trouvera un autre président parmi les autres membres du conseil qui sont
là depuis quatre, cinq, huit...
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Maintenant, je ne
me souviens pas si c'est exact, ce que je vais dire, mais, quand il y avait
le projet de loi pour modifier la
gouvernance dans les universités, les institutions postsecondaires, je crois qu'on
avait... Là, les présidents des conseils des universités à charte ne
sont pas nommés par le gouvernement. Mais je crois qu'on permettait que les
présidents des conseils restent sur les conseils plus longtemps que les autres
membres. Alors, ce n'est pas tellement absurde. Mais...
Mme de Santis : Non, non, je sais,
je ne veux pas mettre des mots dans... Non, non, non, je sais.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Est-ce qu'on peut
vérifier?
Mme de Santis : Mais je ne me
souviens pas si c'est dans cette loi. Je me rappelle, quand on avait fait les
modifications à l'interne, on avait permis qu'il reste un peu plus que les
autres.
Hébert : Je vois bien votre point,
Mme la députée, là, mais je n'y souscris pas parce que, pour moi, là, 12
ans, là, président ou pas, c'est suffisant. Et puis je pense que c'est un
mandat qui est important puis je pense qu'il y a un renouvellement nécessaire au sein de la gouvernance des organisations, c'est
pour ça qu'on limite maintenant les mandats. Mais il me semble que c'est
sain, dans une organisation, de pouvoir changer.
La Présidente (Mme Proulx) : Y
a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : En acceptant ce que
vous dites, je répète quand même qu'il y a très peu de différence quand
le président du conseil est nommé par le gouvernement ou est nommé par les
autres membres vis-à-vis l'argument que vous avez. Votre argument devrait être
valable dans les deux cas.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Je suis un peu d'accord
avec vous, là.
Hébert : Oui. Effectivement.
On me fait remarquer que, lorsqu'«à l'expiration [du] mandat, ils
demeurent en fonction jusqu'à ce qu'ils soient remplacés ou nommés de nouveau»,
il y a toujours une flexibilité si on voulait garder absolument un président
pour une treizième année. Ça peut...
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Non, je m'excuse.
Quand la loi dit qu'on est là pendant 12 ans et pas plus, à la fin de 12
ans, il faut aller trouver quelqu'un, il ne faut pas jouer avec ça.
M. Hébert : Non, non, je suis d'accord.
Mais, si jamais y avait...
Mme de Santis : Non, mais on ne joue
pas avec ça.
M. Hébert : ...un cas rarissime,
comme vous le disiez tout à l'heure.
Mme de Santis :
Non, non, non, la loi parle pour dire quelque chose.
La Présidente (Mme Proulx) : Donc, y
a-t-il d'autres interventions sur l'article 4? S'il n'y a pas d'autres
interventions, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 4
est adopté?
La Présidente (Mme Proulx) : Adopté.
Donc, l'article 4 est adopté. Je prends maintenant en considération l'article 5
du projet de loi. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Hébert : Alors, l'article 5 se
lit comme suit :
L'article 10 de cette loi est modifié :
1° par l'ajout,
à la fin du premier alinéa, de la phrase suivante : «Les fonctions de
président et de président-directeur général ne peuvent être cumulées.»;
2° par le remplacement, dans le deuxième alinéa,
de «directeur général» par «président-directeur général».
Alors, c'est
la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État, là, qui prescrit, à l'article
28, ces règles de gouvernance. Et il
y a une modification de concordance, là, pour tenir compte de la nouvelle
appellation président-directeur général.
La Présidente (Mme Proulx) : Y
a-t-il des interventions sur l'article 5? M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : C'est prévu
que les élections vont avoir lieu à quelle fréquence?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Ce n'est pas prévu, les
élections pour le P.D.G.
M. Bolduc (Jean-Talon) : La
nomination...
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Non, l'élection
du président du conseil d'administration, du vice-président, est-ce que... C'est
parce qu'il y a certains endroits, ça...
M. Bolduc (Jean-Talon) : O.K.
Hébert : Il n'y a pas de
règle prescrite par la loi. Mais, dans les statuts d'Héma-Québec, là, ils ont
convenu que… deux ans, le poste de président.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : O.K. À chaque
deux ans, c'est un poste de président. Et puis quelqu'un pourrait
être... faire six mandats de deux ans puis faire 12 ans?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Comme président du
conseil, il y a une limitation? Il n'y en a pas, de limitation. Oui, c'est un
cas qui pourrait survenir.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon, ça va?
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Bien, c'est
juste que ça... C'est sûr que c'est dans les mandats. Mais
habituellement, quand on arrive dans des
lois aussi importantes, c'est plaisant, comme législateur, de déterminer à tous
les combien de temps qu'ils vont
avoir des élections au niveau du conseil d'administration. Pourquoi je dis ça?
C'est que c'est tellement structurant au niveau d'une loi que c'est le
genre de chose qu'on se pose toujours. Puis j'ai vu que les gens, tantôt, ont hésité, ils ne savaient pas trop. Mais moi, je
me dis : Si, de façon statutaire, c'est dans vos règlements qu'on le
fait aux deux ans, il n'y aurait pas lieu de le mettre dans la loi, tout
simplement, que les élections du président et du... en tout cas, de l'exécutif d'Héma-Québec se font aux deux
ans? Comme ça, c'est clair pour tout le monde, puis on ne se pose pas de questions. Quand on faisait les lois sur...
autant au niveau des agences qu'au niveau des établissements de santé, c'est
le genre d'éléments qu'on aime statuer au niveau gouvernemental pour que tout
le monde s'entende, parce que, là, à ce moment-là, s'ils rechangent leur
règlement à chaque année, à chaque deux ans ou à chaque quatre ans... Et, si c'est
comme ça actuellement, je suppose que vous êtes satisfaits de ça.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Alors, il faut
distinguer des choses, là. Lorsque... Dans la
Loi sur la gouvernance, quand le
président est nommé, il est nommé pour cinq ans, puis on détermine la durée du
mandat. Ici, le président est nommé parmi les membres,
et donc c'est une règle interne d'Héma-Québec et je ne pense pas qu'il faut
inscrire ça dans la loi. Il y a des règles
internes, il y a les statuts, les règlements d'Héma-Québec, et le conseil d'administration
pourrait très bien décider que c'est
trois ans, puis je pense que ça serait très, très, très bien, là. Mais il a
décidé, dans ses règles, de mettre deux ans, et je pense qu'il faut laisser à Héma-Québec cette latitude au niveau de
son règlement interne, sa règle interne, étant donné qu'il est désigné
parmi les membres.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Bien, moi, ça
me plairait de savoir qu'à chaque deux ans on va refaire des élections pour s'assurer que... parce que dans... s'assurer,
là, que ça va être de façon statutaire. C'est une réflexion qu'on peut
faire.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
Hébert : Oui, on peut la
faire, mais c'est déjà dans le règlement interne d'Héma-Québec, c'est comme
ça. Et, si le conseil d'administration, à un
moment donné, pour toutes sortes de raisons, décidait que c'était trois ou que
c'était une, bien, je pense qu'ils ont la latitude de le faire sans revenir au
Parlement.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Ça, c'est la
partie qui me dérange, parce qu'on laisse aux gens à l'interne de
décider : c'est-u aux un an, deux ans, trois ans ou quatre ans, alors que,
si c'était noté dans la loi, leur règlement, ils seraient obligés d'ajuster
leur règlement en fonction de la loi, c'est-à-dire qu'au deux ans il y a une
élection au niveau du conseil d'administration.
Je ne sais
pas si on peut vérifier, au niveau des établissements de santé, si des
élections se font à chaque année ou... D'abord, est-ce que c'est dans la
loi ou chaque établissement de santé détermine sa fréquence d'élection des
présidents? Parce que moi, je dois vous avouer qu'un organisme comme
Héma-Québec, là, j'aime ça quand c'est conforme
aussi avec ce qu'on a dans le réseau de la santé pour éviter d'avoir de la
disparité. On peut peut-être attendre quelques minutes, parce que ça, c'est...
pour moi, là, c'est fondamental comme information.
La Présidente (Mme Proulx) : Oui.
Donc, on peut suspendre quelques instants, le temps d'aller faire des
vérifications. Oui, M. le ministre?
M. Hébert : C'est hors d'ordre,
parce que ce n'est pas ça que l'article qu'on est en train d'étudier prescrit actuellement. Ça fait juste la fonction de
directeur général puis le remplacement des fonctions cumulées de président
et de président-directeur général. Il n'y a rien qui concerne le mandat du
président et la désignation même du président.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Bien, c'est
marqué : «Les membres du conseil d'administration désignent parmi
eux un président et un vice-président…» Moi, je pourrais proposer un amendement
pour dire qu'on établit que les élections ont
lieu... ou la désignation a lieu aux deux ans. Dans une loi, on peut toujours
amender pour améliorer la loi.
La Présidente (Mme Proulx) : Donc,
M. le député de Jean-Talon, vous désirez proposer un amendement?
M. Bolduc (Jean-Talon) : Non, je
désire avoir l'information.
La Présidente (Mme Proulx) : On
va... Oui?
M. Hébert : ...j'ai eu l'information,
je peux lui donner.
La Présidente (Mme Proulx) : Oui. D'accord,
M. le ministre.
Hébert : La
loi sur la santé
et les services sociaux pour les établissements prescrit que c'est chaque année
qu'on désigne un président du conseil.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Bien, c'est juste qu'une année, c'est long. Et
puis, à chaque année, je pense, que
de se dire qu'on va redonner... il faudra refaire confiance au même
président ou au même vice-président... Mais admettons qu'il y a des problèmes une année, là, qu'il y a une
insatisfaction au niveau du conseil d'administration, pourquoi, si ça
marche dans le réseau de la santé avec des établissements qui gèrent jusqu'à
10 000 employés avec des budgets de près de 1 milliard puis des
petits établissements, on ne pourrait pas établir la même règle? De toute
façon, ils le font aux deux ans. De le faire
à chaque année, ce n'est pas plus difficile. Un, ça évite les prises de pouvoir, les prises de contrôle au niveau du
conseil d'administration. Moi, en tout cas, je serais pour qu'on le
statue, ça ne me dérangerait pas de mettre deux ans, là, mais qu'on le mette dans la loi. Comme ça, ça
serait clair que les membres du conseil d'administration désignent parmi
eux un président, et des élections ont lieu aux deux ans. Et puis je ne laisserais pas... À un moment donné, on peut en
laisser au conseil d'administration, mais je pense que la loi a
préséance sur les règlements internes. L'autre
élément, c'est qu'à l'avenir ça va toujours être comme ça pour tout le monde,
et tout le monde va savoir à quoi s'attendre, à moins de modifier la
loi.
M. Hébert :
Bien, tout à l'heure...
Présidente (Mme Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
...Mme la députée de Bourassa-Sauvé s'inquiétait de la continuité de la
présidence. Je pense que, là, au
niveau de chaque année, on pousse un peu. Mais pourquoi ne pas laisser à l'organisation
ses règles de gouvernance, là? Nous,
on l'encadre par un projet de loi, mais je trouve qu'on va loin. C'est juste
que je veux laisser à Héma-Québec une certaine
responsabilité. Puis, si le président, au bout d'un an, ne fait pas l'affaire,
ils ont toujours le loisir de le destituer, le président. Ce n'est pas
inscrit dans la loi, alors, justement.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Oui, sauf qu'une procédure de destitution, c'est
plus compliqué, plus complexe, tandis que, quand on sait que quelqu'un finit
après un certain temps, on sait que son mandat va venir à la fin, c'est qu'on
pourrait le faire.
L'autre
élément, si c'est dans la loi de la LSSS pour les établissements de santé,
pourquoi on ne se donne pas... Je serais
d'accord pour aller à deux ans, mais qu'on le mette dans la loi. Ça va être
clair, ça va être une clarification pour tout le monde.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
M. Hébert :
Mais, encore là, j'aurais une réserve. Héma-Québec n'est pas un établissement
comme les autres. Héma-Québec doit être à distance de l'appareil
gouvernemental, contrairement aux établissements où l'établissement est impliqué dans la nomination du directeur... le
ministère est impliqué dans le comité de nomination du directeur de...
du directeur général. Et, si on veut laisser
une certaine latitude à Héma-Québec d'avoir ses propres règles de
gouvernance... et je pense qu'il faut laisser cette latitude-là.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) :
Je suis très content de voir que le ministre veut vraiment garder à distance
Héma-Québec. On va en discuter lorsqu'il va
arriver le temps de l'observateur, parce qu'on pense que ça peut être les
mêmes principes qui peuvent s'appliquer.
Écoutez, on ne fera
pas un enjeu, là, pour cette loi, là. Je vais laisser passer.
La Présidente (Mme
Proulx) : D'accord. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix de l'article 5. Est-ce que l'article 5 est adopté?
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Adopté avec division.
La Présidente (Mme
Proulx) : Adopté.
L'article 5 est adopté avec division.
Je prends maintenant
en considération l'article 6 du projet de loi. M. le ministre, la parole est à
vous.
M. Hébert :
Alors, l'article 13 de cette loi est remplacé par le suivant :
«13.
Le ministre peut désigner deux personnes pour assister aux réunions du conseil
d'administration, dont un membre du Comité de biovigilance. Ces
personnes ont droit de parole.»
Alors,
c'est un
article qui vise à modifier la provenance de l'une des deux personnes
qui agissent à
titre d'observateurs du conseil d'administration d'Héma-Québec.
Dans la loi actuelle, le ministre désigne un observateur parmi les membres du Comité d'hémovigilance, puis
l'autre observateur, c'est un membre d'office qui est désigné par le
service d'approvisionnement canadien ou une personne déléguée par celui-ci.
Dans les faits, en
fait, cet observateur de la Société canadienne du sang n'assiste pas aux
réunions du conseil d'administration. Alors, on veut donc le remplacer par un
observateur désigné par le ministre.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : J'aimerais
comprendre si le rôle des personnes qui sont des observateurs et qui sont
nommées par le ministre... C'est quoi
exactement, le rôle? Est-ce que le rôle, c'est de rapporter au ministre ce qui
se passe au conseil d'administration et est-ce que c'est de passer des
messages du ministre au conseil d'administration d'Héma-Québec?
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
Hébert : Je vais laisser les
gens d'Héma-Québec répondre, parce que je dois vous avouer que cette
personne-là ne me fait pas rapport. Je n'ai
pas de rapport avec cet observateur-là. Je vais laisser les gens d'Héma-Québec
peut-être vous donner l'historique de ces deux observateurs.
La Présidente (Mme Proulx) : Dr De
Serres.
M. De
Serres (Jean) : Pour l'observateur
du Comité de biovigilance, pour ce qu'on en sait nous aussi, ce n'est pas quelqu'un qui fait rapport. C'est quelqu'un
qui vient, qui assiste aux réunions et qui va rajouter des questions d'intérêt
autres que les membres qui sont là pour vérifier qu'on prenne en considération
des éléments qui sont traités, par exemple... bien, qui sont traités au Comité
de bio... d'hémovigilance, là, qui devient biovigilance.
Dans le cas
de l'observateur de la Société canadienne du sang, c'est qu'il faut se rappeler
qu'à la création c'était, avant, une
organisation, la Croix-Rouge, et il y a eu une division. Et, lorsqu'on a fait
deux organisations, bien, là, on avait établi
le principe qu'il y aurait un échange d'observateurs, et ça a été rapidement
abandonné. Il n'y avait pas vraiment d'utilité aux observateurs.
Par contre,
les échanges se poursuivent, mais au niveau des comités scientifiques. Donc,
ils se poursuivent à un niveau que je
dirais technique, mais, au niveau de gouvernance, la gouvernance... la personne
de l'Ontario avait moins affaire avec la gouvernance du Québec, et
vice-versa. Donc, c'était carrément obsolète, là, comme notion.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : Je comprends quel
est le rôle qui est joué par l'observateur présentement sur le Comité d'hémovigilance. Maintenant, on veut ajouter un
autre, un deuxième observateur sur le conseil d'administration, et je me
demande pourquoi. C'est quoi, le but? Ça va
être quoi, le rôle du deuxième observateur? Pourquoi il faut aller à
deux?
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : C'était dans le but de
remplacer celui du service canadien d'approvisionnement...
Mme de Santis : Il n'était jamais
M. Hébert : Mais, écoutez, moi, je
ne ferai pas une bataille là-dessus, là. Je ne trouve pas que c'est un enjeu vraiment important. Ce qui est important, c'est qu'il
y ait un observateur pour qu'on puisse s'assurer qu'il y ait des liens entre Héma-Québec et le ministère de la Santé et
des Services sociaux, qu'on puisse avoir des communications, savoir qu'est-ce que... quels sont les enjeux d'Héma-Québec,
mais également quelle est la réalité du réseau de la santé et de santé
et services sociaux qu'Héma-Québec doit connaître. Pour moi, c'est ça, l'enjeu.
Mais, qu'il y en ait un ou deux... Un peut très bien faire l'affaire, puis je
me range tout à fait aux arguments. Ne voyez pas là une espèce de mainmise ou d'ingérence
du ministre de la Santé, là, ce n'était pas du tout l'intention.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : Merci. Alors, si on
veut faire un amendement pour que ce soit un, je serais tout à fait
heureuse avec cela.
M. Hébert : Mme la Présidente, je
vous propose l'amendement suivant : Remplacer l'article 13 proposé
par l'article 6 du projet de loi par le suivant :
«13. Le ministre peut désigner un membre du
Comité de biovigilance pour assister aux réunions du conseil d'administration.
Ce membre a droit de parole.»
Présidente (Mme Proulx) :
Merci. Donc, il y a un amendement proposé. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'amendement proposé? M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Je veux
remercier le ministre d'avoir entendu nos inquiétudes puis je pense que
c'est bien qu'on l'ait... avant.
La Présidente (Mme Proulx) : Y
a-t-il d'autres interventions sur l'amendement proposé? Sinon, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement proposé est adopté?
La Présidente (Mme Proulx) : L'amendement
est adopté?
M. Bolduc (Jean-Talon) : Adopté.
Présidente (Mme Proulx) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 6? Sinon, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 6, tel qu'amendé,
est adopté?
La Présidente (Mme Proulx) : Adopté.
L'article 6, tel qu'amendé, est donc adopté.
Je prends maintenant en considération l'article 7
de projet de loi. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Hébert : Merci, Mme la
Présidente. Alors, l'article 25 de cette loi est modifié par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Le surplus,
s'il en est, est versé au fonds consolidé du revenu, à moins d'une entente
préalable entre le ministre et Héma-Québec visant l'utilisation du
surplus.»
article-là, donc, introduit une règle permettant que tout surplus généré par
les activités d'Héma-Québec soit versé
au fonds consolidé du revenu, à moins qu'il existe une entente entre le
ministre et Héma-Québec visant l'utilisation du surplus. C'est une modification qui rend possible qu'Héma-Québec
puisse conserver et réinvestir ses surplus. Et c'est conforme aux
dispositions de la
Loi sur l'administration financière.
La Présidente (Mme Proulx) : Merci,
M. le ministre. Y a-t-il des interventions sur l'article 7? M. le député
de Jean-Talon?
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Oui. C'est
quoi, les états financiers actuels? Est-ce qu'il y a eu des surplus au
cours des trois dernières années?
La Présidente (Mme Proulx) :
Dr De Serres.
M. De Serres (Jean) : Oui. Des
surplus ont été...
M. De Serres (Jean) : Ah! Allez-y,
allez-y, allez-y.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
ministre.
M. Hébert : Alors, j'ai l'information.
En 2008‑2009, il y a eu 15 millions de surplus; 2009‑2010, aucun; 2010‑2011,
aucun; et 2011‑2012, 2,5 millions de surplus.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Et les
prévisions au cours des deux, trois prochaines années, avec tout ce qu'on
est en train de mettre en place, là, pour...
La Présidente (Mme Proulx) :
Dr De Serres.
M. De
Serres (Jean) : Les
prévisions — et je
vous souligne que, là, je ne patine pas — sont assez difficiles à... sur trois ans parce que les demandes des hôpitaux
varient beaucoup. Et actuellement on assiste, depuis quelques mois, à un assez grand changement dans la demande des
hôpitaux, ce qui complique beaucoup les prévisions sur trois ans.
Alors... Autrement, il devrait y avoir de légers surplus, mais nous, on
planifie, en général, pour ne pas avoir de surplus.
Alors, le
surplus va venir de différentes sources. Par exemple, en général, on veut s'assurer,
au Québec, que, si un hôpital prévoit
avoir, disons, besoin de 10 000 unités dans l'année, il faut en faire
10 000. Et l'hôpital, je pense, correctement, ne planifiera jamais moins que ce qu'il pense,
mais un petit peu plus pour ne pas être en dessous. Donc, si on utilise
un petit moins que ce qu'on a prévu, on peut se retrouver à ce moment-là, des
fois, à avoir des surplus. C'est pour ça qu'il
y a tout le temps ce petit ajustement là de surplus, parce que, s'il y avait
toujours zéro, ça serait probablement parce qu'on prévoit une capacité
qui est minimale, minimale, minimale, et c'est ce qu'on ne veut pas. On doit
être capable de répondre aux crises.
La Présidente (Mme Proulx) : M. le
député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : La première
question : Vous pouvez perdre combien d'unités de sang par année?
La Présidente (Mme Proulx) : Dr De
Serres.
M. De Serres
(Jean) : En fait, on est pas mal les champions, en Amérique du Nord,
en termes d'avoir peu de pertes. Ça varie selon les produits parce qu'évidemment
les globules rouges, les pertes sont très petites, elles sont de l'ordre de
0,5 %. Mais, dans les plaquettes, les pertes vont être plus grandes à
cause de la faible durée de vie. Si on en envoie, par exemple, à Kuujjuaq, on leur en donne, puis ils
vont perdre en général le matériel, tandis qu'à Montréal on va l'échanger,
on va en perdre moins.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente. Mais actuellement
chaque établissement paie ses culots ou paie son approvisionnement?
Actuellement, c'est chaque établissement qui paie?
M. De Serres
(Jean) : Oui.
M. Bolduc (Jean-Talon) : O.K. Ça fait que c'est-à-dire que vous allez envoyer
une facture à l'établissement selon la commande qu'ils vont faire en
termes de produits sanguins?
La Présidente (Mme
Proulx) : Dr De Serres.
M. De Serres
(Jean) : Oui, en fait, le différentiel vient du fait qu'au début de l'année
on peut établir le prix attendu en fonction du volume qu'on pense qui va être
commandé. Or, si le volume est un peu plus grand ou un peu plus bas, le coût
réel diffère du prix qui avait été fixé, c'est pour ça qu'il y a une
différence.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Juste pour bien comprendre, votre problème, c'est s'il
y a une diminution de consommation ou s'il y a une augmentation de
consommation.
La Présidente (Mme
Proulx) : Dr De Serres.
M. De Serres (Jean) : Quand il y a une augmentation de consommation, en général... En fait,
notre problème, c'est quand il y a une diminution de consommation, comme
c'est ce qui se passe actuellement.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc
(Jean-Talon) : Oui. Merci, Mme la Présidente. Parce que, là, si vous
avez une augmentation de consommation, ça
veut dire que vous pouvez vendre votre unité possiblement au coût moyen qui,
quand même, revient moins cher que le coût... votre coût de revient de
base, donc.
La Présidente (Mme
Proulx) : Dr De Serres.
M. De Serres (Jean) : Et là on s'entend. L'augmentation sur un produit ne veut pas dire
augmentation sur un autre. Alors, on
a un mélange de certains produits qui ont beaucoup d'augmentation, certains
produits qui ont une diminution, certains
qui sont stables. Ça fait qu'on essaie de faire la prévision qui fait l'objet d'un
consensus avec le ministère, les hôpitaux, les groupes d'experts pour
prévoir les besoins. À partir des besoins des volumes prévus, nous, on calcule
combien ça va coûter. Et, à la fin de l'année, donc… Mais ça, donc, ça vise un
équilibre zéro, pas de surplus.
Et après ça la
variation peut faire qu'on se retrouve avec un léger surplus ou pourrait faire
qu'on se retrouve avec un léger déficit.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bolduc (Jean-Talon) : Juste pour savoir, c'est quoi, le nombre d'unités
de sang? Parce que je pense que c'est peut-être un des gros volumes que
vous avez, parce que les hôpitaux, c'est là-dessus... c'est surtout ça qu'ils
vont commander. Au cours des trois dernières années, c'est quoi, l'évolution de
la consommation des unités de sang dans les hôpitaux?
La Présidente (Mme
Proulx) : Dr De Serres.
M. De Serres (Jean) : Jusqu'à récemment, la consommation, on livre 500 000 unités de
globules rouges et de plaquettes ensemble. C'est à peu près 300 000
dons de sang. La croissance pour le globule rouge était d'environ 4 % par
année et, depuis six mois, ça a freiné complètement, c'est zéro. Donc, juste
pour vous dire que ça peut varier énormément, là.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
M. Bol