Labour and the Economy — 8 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2018-05-08
Quebec — Committees
(Dix
heures trois minutes)
Président (M. Reid) : À l'ordre, s'il vous plaît! À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'économie
et du travail ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 173, Loi
visant principalement à instaurer un revenu de base pour des personnes
qui présentent des contraintes sévères à l'emploi.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Carrière (Chapleau) remplace Mme Simard
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré)
et M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs) remplace M. Lamontagne (Johnson).
Président (M. Reid) : Merci. Alors, je vous rappelle que, lors de notre dernière ou notre
première séance, nous avions convenu d'étudier le projet de loi par
sujets. Nous avions commencé l'étude du premier sujet et nous avions suspendu
l'étude de l'article 4 et de l'amendement proposé par le député de Rimouski à
cet article.
Lors
de la suspension de nos travaux, nous en étions rendus à l'étude
de l'article 83.17 introduit par l'article 14 du projet de loi. M. le
député de Rimouski,
au moment où nous avons terminé la séance, vous aviez la
parole, donc je vous donne la parole.
M. LeBel : Merci. Bien, rebonjour, tout le monde. On va repartir l'étude. Je comprends que l'article
4 causait un petit problème,
on va revenir plus tard. Le problème
de l'article 4, c'était sur le Programme de solidarité sociale. Là, je comprends que, dans 83.17, on revient à la...
c'est une des conditions, d'être prestataire du Programme de solidarité sociale,
puis c'est un peu la problématique qu'on
avait vue à l'article 4. On disait : Si... Tu sais, on avait un cas, là,
on se souvient, je veux juste
rappeler, là, la personne, son conjoint gagne 21 000 $,
22 000 $ par année, elle n'est pas éligible à la... ça fait que la conjointe ou la personne conjointe qui
pourrait être admissible au revenu de base ne l'est pas parce qu'il n'est pas
admissible à la première étape, ce qui
est... c'est le Programme de solidarité sociale, parce que son conjoint gagne
trop cher, ça fait qu'on a essayé de trouver une solution.
veux juste m'assurer que, si on vote 83.17... Parce qu'on revient à la
condition d'être prestataire du Programme de solidarité sociale. Je veux
juste être sûr qu'on ne s'enfarge pas, là, qu'on peut voter ça puis revenir au
point 4 sans problème.
Le Président (M. Reid) :
M. le ministre.
M. Blais :
Alors, oui, bonjour M. le Président. Donc, je salue aussi les collègues. Effectivement, on était là-dessus. Je veux peut-être
proposer un amendement, ça va nous donner plus de souplesse dans la gestion
de cas particuliers, hein? Je ne
nommerai pas ces cas particuliers là, je pense que l'avenir va les nommer, puis
on pourra en parler aussi si vous
voulez, là. Mais, en ce moment, l'accès, disons, au revenu de base, il est lié à
un passage à la solidarité sociale. Alors, c'était de ça dont on
discutait la semaine dernière.
Donc,
on pourrait apporter un amendement, donc, dans la loi pour faire en sorte que, par règlement,
on puisse introduire des catégories dans
l'avenir, on peut en faire un débat, là, mais
donc ce qui va nous donner plus de souplesse. Donc, le passage à la
solidarité sociale serait probablement le passage pour plusieurs personnes pour
des raisons très évidentes. Mais, pour
rendre compte de cas spécifiques, des enfants, par exemple, lourdement
handicapés, bon, tout ça, bon, ils
arrivent à 18 ans, ils le sont encore puis ils vont l'être pour le reste de
leur vie, est-ce que le passage à la
solidarité sociale est obligatoire ou
pas? Et là, bien sûr, on revient aux travaux que... Nous, on était d'accord
pour élargir, donc que, le six ans,
on puisse l'examiner, mais qu'on l'examine à travers des catégories
particulières. On a toujours été d'accord avec ça. Donc, je pourrais déposer un amendement qui ouvre cette
possibilité-là, donc qui ne rend pas obligatoire dans tous les cas le
passage à la solidarité sociale.
Le Président
(M. Reid) : Est-ce qu'il s'agit, M. le ministre, d'un
amendement à 83.17?
M. Blais :
C'est un amendement à 83.17, oui, M. le Président.
Le Président
(M. Reid) : O.K., que nous sommes en train d'étudier.
Le Président
(M. Reid) : Est-ce que vous avez un amendement écrit?
M. Blais : Je pense qu'on a des
éléments écrits, oui, déjà, puis je...
Président (M. Reid) : Est-ce que vous voulez le présenter, puis ensuite on fera
une copie? S'il y a des copies, on les passera à tout le monde.
M. Blais : Oui, j'ai déjà une copie, puis moi, j'ai une note
ici. Donc, je vais lire le texte, puis ensuite vous aurez une version
papier, là :
«Malgré le
premier alinéa — donc être à la solidarité sociale, ce qu'on
a déjà examiné la semaine dernière — une personne
est aussi admissible au Programme de revenu de base lorsque, dans les cas et
aux conditions prévus par règlement, elle
[représente] des contraintes sévères à l'emploi qui devraient vraisemblablement
l'empêcher d'acquérir son autonomie économique de façon permanente ou
indéfinie.»
Donc, on reste toujours dans le même esprit.
C'est réservé à des personnes, hein, qui ont des conséquences importantes, des
handicaps importants, et par règlement on pourrait identifier des catégories,
des groupes.
Le Président
(M. Reid) : Alors, on peut suspendre quelques instants
pour que tout le monde ait la chance de le lire puis on pourra ouvrir la
discussion.
(Suspension de la séance à 10 h 8)
Président (M. Reid) : Alors, nous reprenons les travaux.
M. le ministre, vous voulez ajouter quelque chose à votre commentaire?
M. Blais :
Oui, bien là, je pourrais peut-être faire un commentaire un peu plus explicite,
là. Donc, on sait que le premier alinéa de 83.17 prévoit, comme
condition d'admissibilité au programme, l'obligation de présenter des contraintes sévères à l'emploi pendant une
certaine durée qui sera déterminée par règlement. On connaît bien la durée,
là, que nous allons... de nos intentions réglementaires.
L'amendement fait en sorte que, dans les cas et
aux conditions qui seront prévus par règlement, d'autres personnes pourront aussi être admissibles au
programme, et là, bien sûr, c'est nonobstant la durée, hein? Et alors donc
l'interprétation qu'il faut donner à cette
modification-là, c'est que ça touche à la fois le délai de carence — on pourrait décider que le délai est de zéro, deux ans, trois ans, etc. — et ça touche aussi le fait d'avoir été à la
solidarité sociale ou de n'y avoir pas été. Donc, ça lève deux
contraintes, là, qu'on a discutées la semaine dernière, je crois, M. le
Président.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Est-ce que j'ai des interventions? M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Oui, merci. Bien, je remercie le ministre puis son équipe, là, de l'effort
d'avoir trouvé une façon de se sortir
de tout ça puis d'être capables d'aller chercher des cas un peu particuliers,
se donner cette ouverture-là. C'est sûr que c'est encore par règlement,
il faudra voir le règlement éventuellement.
Mais je pose
juste la question. Dans le cas qu'on parlait la semaine passée — je reviens, là, au couple, là, le conjoint
gagne 22 000 $ par année, la conjointe est lourdement handicapée, il y
a des contraintes sévères à l'emploi — comme le conjoint gagne 22 000 $, elle, cette personne-là, n'a pas
le droit à la solidarité sociale, ce qui fait en sorte de la sortir
d'une chance d'arriver au revenu de base. Avec un amendement comme ça, ça
pourrait répondre à un cas du genre?
M. Blais :
Oui. Techniquement, oui, puis on pourrait décider que, si quelqu'un a un revenu
de ménage de 30 000 $ et
moins et que la personne n'a jamais été à la solidarité, mais par ailleurs a un
handicap sévère, sérieux qui est démontré de quelque façon que ce soit,
techniquement, ça pourrait être... Parce que, là, on ouvre vraiment à
différents groupes potentiels. C'est
sûr que, bon, il y a tout un débat, là, sur la pauvreté, qu'est-ce que c'est
qu'être pauvre. Nous, notre première
démarche, c'était quand même d'ouvrir à 84 000 personnes, hein, puis
je pense qu'on sort progressivement de la pauvreté, donc c'est vraiment
les plus pauvres des pauvres puis qui sont souvent des personnes seules aussi,
là. Mais, techniquement, un gouvernement,
par règlement, pourrait décider qu'il ouvre à telle, telle, telle catégorie.
Évidemment, il faut qu'il y ait une cohérence puis une logique dans tout
M. LeBel :
Oui, parce que, dans ce cas-là, la réaction de la personne en question, ce
serait de se séparer, puis d'être sur la solidarité sociale, puis
d'attendre le délai, puis revenir à un revenu de base, ce qui est un peu
incohérent.
Je me posais
des questions. Mme Ruth Rose, qui était venue nous déposer des mémoires, puis
le curateur aussi, parlait, dans les
conditions d'admissibilité, d'intégrer quelqu'un qui a reçu une rente
d'invalidité du Régime de rentes du Québec,
d'avoir une indemnité de remplacement de revenu en vertu de la
Loi sur les
accidents du travail et les maladies professionnelles,
la Loi de l'assurance automobile. Le curateur parlait du fait d'avoir été
évalué inapte. Est-ce que ces éléments-là
pourraient éventuellement, dans votre amendement, être évalués puis, par un
règlement, pourraient être intégrés?
M. LeBel : Excellent. Merci.
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui, bien, premièrement, avant d'embarquer dans le but de l'article, je
voudrais questionner... Quand vous
dites... Bien, premièrement, bonjour à tous, là. Je suis en feu à matin,
excusez-moi. Bonjour à tous, premièrement.
Quand vous
dites «devraient vraisemblablement l'empêcher», en termes juridiques, là, il me
semble que ça ne vaut pas cher la
livre, ça, «vraisemblablement l'empêcher», puis ça veut... Moi, pouvez-vous
m'expliquer ça veut dire quoi, ça,
«vraisemblablement l'empêcher»? Tu sais, c'est comme être à moitié enceinte,
là, ça ne marche pas, là. J'aimerais ça qu'on m'explique un petit peu
plus, là.
M. Blais : Bien, écoutez, on
peut demander à un juriste de venir vous parler de ça, oui?
M. Schneeberger :
Oui, volontiers.
Le Président (M. Reid) :
Alors, s'il vous plaît, vous nommer et nommer votre fonction.
M. Ferland
(Pierre) : Oui, merci, M. le Président. Pierre Ferland, je suis à la Direction des
affaires juridiques du ministère.
On comprend
qu'on ne peut pas être précis et prévoir tous les cas dans la loi, il faut qu'il y ait
une certaine souplesse. Et le critère
du «vraisemblablement empêcher», c'est un critère qu'on a déjà à l'article 70
pour la notion de «contraintes
sévères à l'emploi». Les contraintes sévères à l'emploi, c'est quand notre
«état physique ou mental est, de façon significative,
déficient ou altéré pour une durée vraisemblablement permanente». Il y a
donc une certaine imprécision, et
c'est du cas par cas. Et, en cas de mésentente, bien, ce sera éventuellement la révision ou le Tribunal administratif qui décidera si, dans ce cas-là, il y a vraiment,
vraisemblablement... si la personne est empêchée d'acquérir son autonomie
économique.
M. Schneeberger :
O.K. Ça fait que ça ouvre une porte pour des cas particuliers.
M. Ferland (Pierre) : Oui, qui
seront prévus par règlement.
M. Schneeberger : O.K. Bon, en
tout cas, vous me rassurez. C'est parce que,
moi... Des fois, on sait bien qu'en termes
juridiques, des fois, une virgule fait toute la différence, là, puis «vraisemblablement», bien, tu sais, c'est comme : Ça se peut à
peu près, tu sais, ça fait que...
Non, non, c'est juste que moi, je voulais me rassurer, M. le Président, c'est important.
Maintenant, le sens de l'amendement, M. le
Président, ici, si je ne me trompe pas, on vient parler... on vient donner... l'article 83.17 s'en vient introduire le 66 mois
sur les 72, c'est bien ça? O.K. Et là on amène cet amendement-là pour, possiblement...
Parce qu'on a parlé de plusieurs cas, des cas qui sont déjà... Je parlais des
18 ans, 19 ans, jusqu'à 23, là,
ces personnes-là qu'on sait déjà qu'elles seront invalides toute leur vie ou
contraintes sévères à l'emploi toute leur vie. Cet article-là
permettrait de devancer ce délai-là, est-ce que je me... Je pose la question au
ministre.
M. Blais : De le devancer ou de
l'annuler, ou de l'annuler.
M. Schneeberger : L'annuler. Oh! c'est encore mieux. Parfait,
parfait, bon. Ce n'est pas cet article-là qui viendrait faire en sorte que, sur... On a parlé des cas la semaine passée, là. Ce
n'est pas cet article-là qui viendrait faire que... Dans le
fond, l'article, là, il faut déjà que
la personne soit admissible à la solidarité sociale. Il est déjà
admissible. Il ne devient pas
admissible, il est déjà admissible. Ce qui ferait en sorte que cet article-là, une fois qu'il... étant donné qu'il est déjà
à la solidarité, il aurait accès plus rapidement au revenu de base, c'est bien
M. Blais : Donc, il
y a une règle générale, c'est le
premier paragraphe, hein, donc c'est notre vision par rapport à la solidarité sociale et par
rapport à un délai de carence. Mais le deuxième paragraphe ajoute un provisio
qui dit : Nonobstant, on peut définir des catégories, des cas ou des
catégories, où le délai de carence serait différent ou encore l'exigence d'être
à la solidarité sociale est levée.
M. Schneeberger :
O.K., M. le Président, j'ai bien compris. Ça fait que ça ne vient pas... on ne
parle pas ici d'admissibilité à la
solidarité, on parle ici de devancer le délai de carence ou de l'annuler. Parfait,
ça, c'est très bien. Alors, je vous félicite pour cet amendement, on va
l'appuyer, M. le Président.
Président (M. Reid) : Bien, merci. Est-ce qu'il y a
d'autres... Justement, on va pouvoir le faire bientôt s'il n'y a pas
d'autre commentaire ou intervention. Alors, est-ce que cet amendement est
adopté?
Président (M. Reid) : L'amendement est adopté. Nous allons
donc revenir à l'étude de l'article 83... On est au 83.17, là? Oui,
83.17 tel qu'amendé. Est-ce qu'on a des interventions sur le 83.17 tel
qu'amendé? M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
C'est juste... 83.17 parle des conditions prévues par règlement. Je comprends
qu'ici on... condition est prévue par
le règlement, on parle du 66 des 72 derniers mois. C'est ça, le gros
morceau, il n'est pas dans la loi. Ça veut
dire que le délai, le fameux délai de cinq ans et demi n'est pas dans la loi,
il est dans le règlement. Ça fait qu'en votant pour ça on ne vote pas pour le délai en tant que tel, il n'est pas
inscrit, là. Ça sera un règlement qui pourrait être changé
éventuellement, il pourrait être rediscuté éventuellement. Parfait.
Juste pour
répéter, moi, je suis à l'aise de dire qu'il faut le revenu de base, là, je
pense que tout le monde le veut, mais
je ne suis pas à l'aise de m'enligner sur le délai. En l'écrivant comme ça, ça
me donne une porte, là, de dire : Bien, le règlement, on pourra
toujours essayer de convaincre le ministre ou éventuellement le changer
autrement.
M. Blais : Ou votre parti
politique, c'est ça, c'est eux qu'il faut convaincre.
M. LeBel : Ceci étant dit, on
verra.
Président (M. Reid) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 83.17?
L'article 83.17 est-il
adopté tel qu'amendé?
Le Président (M. Reid) :
Adopté. Nous passons maintenant, M. le ministre, à l'article 83.18.
M. Blais : Oui. Alors donc, je
vais le lire, M. le Président. Donc :
«83.18. Une
personne ne peut se prévaloir d'une allocation accordée en vertu du Programme
de solidarité sociale si elle est admissible au Programme de revenu de
base.
«Malgré le
premier alinéa, une personne admissible peut choisir de ne pas se prévaloir du
Programme de revenu de base dans les cas et aux conditions prévus par
règlement.
«Elle peut
néanmoins en tout temps par la suite demander de s'en prévaloir suivant les
conditions prévues par règlement.»
Le premier
alinéa de l'article 83.18 prévoit qu'une personne admissible au
Programme de revenu de base ne pourra pas se prévaloir du Programme de
solidarité sociale.
Le deuxième alinéa apporte un tempérament à
cette règle en ce qu'une personne pourra choisir de ne pas se prévaloir du Programme
de revenu de base. Ce choix ne sera pas nécessairement définitif.
Le troisième alinéa vient compléter les règles
applicables. Ainsi, une personne qui aurait choisi de ne pas se prévaloir immédiatement du Programme de revenu de
base aurait tout de même la possibilité de le faire plus tard si elle le
souhaitait.
Donc, notre
intention, en tout cas, au-delà de ce que je viens de lire, là, c'est que
l'admission au programme se fasse
automatiquement, donc sans que quelqu'un ait besoin de faire une demande. Vous
savez qu'on a eu des représentations là-dessus.
On est tout à fait d'accord avec l'idée que, si... après un délai de carence,
etc., automatiquement, la personne passe au revenu de base sans qu'il y ait
l'obligation d'en faire une demande. Si on fait ça, alors, si on oblige tout
le monde à participer au revenu de base, en
contrepartie, dans une société libre et démocratique, dirait-on, il faut
permettre que quelqu'un, si jamais,
pour des raisons qu'on n'a pas trouvées jusqu'ici, je pense, là, mais c'est une
règle de droit, là... on intègre de
façon obligatoire quelqu'un dans un programme, il faut aussi donner la
possibilité d'en être exclu pour des raisons
personnelles. Mais on n'a pas vu, pour le moment, d'intérêt pour lequel... ou
de situations, pardon, pour lesquelles ça pourrait se produire.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Y a-t-il des interventions? M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
C'est bien, là, on va l'adopter. Mais je reviens à l'amendement de tantôt, là,
quelqu'un qui n'est pas, là, sur la
solidarité sociale, qui est à la Régie des rentes ou un cas particulier qu'on
va étudier puis qu'on va laisser une ouverture à cause du règlement,
comment cette personne-là intègre le revenu de base?
M. Blais :
Là, on parle uniquement de la solidarité sociale. Donc, il y a une exclusion
entre solidarité sociale et revenu de
base. On pourra parler plus tard — je pense que ça vient un peu plus tard, il
me semble, là — d'autres
situations. Ça revient à 83...
M. Blais : Non, je ne reviens pas
sur 83.17, je ne pense pas.
M. LeBel :
Je veux juste savoir, parce que c'est bien, ça, là, là, la solidarité sociale,
la personne... Bon, moi, je ne suis pas d'accord avec le délai, là, mais
mettons qu'il y a un délai x, la personne, c'est automatique, arrive au revenu de base, c'est
parfait. Mais la personne... Là, on a ouvert, tantôt, quelqu'un qui ne pourrait
peut-être pas être à la solidarité
sociale, puis, par règlement, on va trouver une formule. Là, ça ne peut pas
être automatique, elle n'est pas à la solidarité sociale, ça fait que
comment cette personne-là arrive au revenu de base?
M. Blais :
Oui? Bon, on me dit qu'on va le prévoir par règlement, là. Donc, on doit
trouver une façon, par règlement,
d'écrire qu'une personne, probablement, peut demander... Une personne qui est
définie dans la catégorie qu'on a
reconnue par règlement, bien, il faudra aussi, dans ce règlement-là, définir,
une fois qu'elle rentre dans cette définition-là, par quelle procédure elle doit... Donc,
probablement qu'elle devra faire une demande. On pourrait imaginer, dans
certains cas, là, en tout cas, les
certains cas qui ont un statut défini par l'État, qui sont reconnus comme tels
par l'État parce qu'ils sont dans des
programmes concomitants, que ces personnes-là, on les fait entrer tout de
suite, là. Comme, pour le moment, on
n'a rien écrit dans ce règlement-là, c'est difficile de dire : Bien,
voilà, on va procéder. Mais le jour où... Alors, n'oubliez pas que les travaux... on s'est engagés... à des
organismes de défense des droits des personnes handicapées pour nous aider
peut-être à définir des catégories. Une fois
qu'on aura des propositions puis le gouvernement aura retenu un certain nombre de choses, on va prévoir, par règlement — pas
par la loi, mais par règlement — comment
aussi ils vont introduire le revenu de base.
Le Président
(M. Reid) : M. le député de Rimouski.
M. LeBel : Bien, juste... Je comprends que, dans l'amendement qu'on a adopté à 83.17, dans le règlement qui va vous permettre de couvrir des angles qui n'étaient
pas prévus, des cas pas prévus, dans ce règlement-là, il y aura
aussi un élément... comment ces personnes-là intègrent le revenu de
base, soit par une demande officielle ou par un autre processus, mais ça va
être dans ce règlement-là qu'on va retrouver la façon d'arriver au revenu de
base.
M. Blais : Obligatoirement, parce que, sans ça, là... Donc, si on
reconnaît des catégories particulières, les modalités devront être aussi... parce que, sans ça, ça ne
donne rien, là, les gens vont dire : Bien, écoutez, là, on n'y a pas plus
accès, là, si les modalités qui ne sont pas définies.
M. LeBel : Ça va sûrement passer par une demande, là, il n'y a
pas de choix, là, si vous voulez aller chercher... Il faudrait que la
personne qui n'est pas à la solidarité sociale, qui n'est pas à la solidarité
sociale mais qui est un cas particulier
qu'on pense qu'il devrait, par règlement, être intégré, le revenu de base... bien, cette
personne-là n'aura pas le choix de faire une demande, parce que, sinon,
vous...
M. Blais :
On peut imaginer d'autres programmes, la participation à certains programmes,
des ajustements pour personnes handicapées, en tout cas, là, on peut imaginer
des choses, mais effectivement, normalement, dans plusieurs cas, les gens
auront à faire une demande.
M. LeBel :
S'il y avait moyen de faire quelque chose de pas trop compliqué, c'est parce
que c'est déjà assez compliqué, ces patentes-là. Merci.
Le Président
(M. Reid) : Merci, M. le député de Rimouski. M. le député
de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger : Oui, M.
le Président. Alors, dans le fond, 83.18, c'est juste une notion de liberté de choix. Si la personne ne veut pas... Parce que, si on ne
mettait pas cet article-là, après 66 mois, la personne serait automatiquement embarquée sur le revenu de base, même si elle ne le désire pas.
Alors, avec l'introduction de cet article-là, bien, ça lui donne une liberté de choix, c'est ça, pour des
raisons inconnues que vous dites parce qu'on n'a pas trouvé de cas, mais
vous le mettez, parfait, c'est ça?
M. Schneeberger :
Parfait. Il n'y a pas de problème.
Président (M. Reid) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur cet
article 83.18?
L'article
83.18 est-il adopté?
Le Président
(M. Reid) : Adopté. Merci. M. le ministre, nous en sommes
à l'article 83.19.
M. Blais : Alors, ça se lit comme suit, M. le Président : «83.19. Une personne qui a cessé d'être
admissible au programme le redevient dans les cas et aux conditions
prévus par règlement.»
Donc,
cet
article 83.19 traite des règles de réadmission au Programme
de revenu de base dans l'éventualité où une personne qui n'en
bénéficiait plus devait à nouveau y avoir recours.
Ces règles
seront déterminées par règlement et seront différentes des règles d'admissibilité
initiales auxquelles on réfère à l'article 83.17.
Président (M. Reid) : Ça va? Y a-t-il des interventions? Y
a-t-il des interventions, M. le député de Drummond—Bois-Francs? Ça va?
M. Schneeberger :
Non, j'ai une question.
Le Président
(M. Reid) : Oui, allez-y.
M. Schneeberger : M. le
Président, admettons, dans un cas où une personne,
actuellement, a déjà été, on va dire, trois
ans sur la solidarité sociale, est-ce qu'avec cet article-là les trois ans, les
36 mois, mettons, sont pris en considération, c'est-à-dire qu'il resterait
une vingtaine de mois à faire, s'il redemande l'aide, avant d'accéder au
programme?
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Blais :
L'article ici, c'est vraiment pour les personnes qui sont au revenu de base.
Quand ils y sont, ils peuvent parfois
être obligés de le quitter parce que, par exemple, il y a quand même un certain
nombre de critères, hein, ne serait-ce que
les actifs, hein, on est prêts à augmenter de façon importante les actifs. Il y
a une limite aussi, on veut définir une limite à ces actifs-là. Donc, on pourrait imaginer quelqu'un qui gagne la loterie
ou encore un héritage très important, donc il ne serait plus éligible à
ce moment-là.
M. Schneeberger :
O.K. Parfait.
M. Blais :
Mais c'est vraiment les personnes qui sont déjà au revenu de base, la
possibilité, là, bien sûr, qu'ils soient exclus si certains critères,
là, ne sont plus respectés.
Le Président
(M. Reid) : Merci. Y a-t-il... Oui, M. le député.
M. Schneeberger :
Bien, oui, bien, je viens de comprendre le sens. Par contre, ma question est
encore bonne, peut-être pas pour cet
article-là, mais est-ce qu'à ce moment-là quelqu'un qui est déjà sur la
solidarité... qui a déjà été sur la
solidarité, qui a cessé d'avoir l'aide sociale et qui, admettons, pour des raisons x, mettons, redemande la
solidarité, à ce moment-là, est-ce que les mois qui ont été cumulés dans
le passé, ils seraient admissibles? Là, vous allez dire, peut-être, par
règlement, sur le 83.17, ça pourrait faire
partie de ces règlements-là peut-être?
M. Blais : Donc, si effectivement on a réglé, entre guillemets, ce problème-là par
règlement, là, avec le règlement qu'on
a adopté tout à
l'heure, c'est sûr que, pour nous,
là, c'est une continuité, là, donc ça doit être 66 mois continus, hein?
Parce
que, là, s'il y a des entrées et des
sorties, ça signifie que, bien, quand
même, il y a une capacité de
participer au marché du travail, tout
ça, donc il faut que ça soit continu. On pourrait encore décider par règlement,
uniquement par règlement, qu'il y a des cas où... qui méritent... des cas
très, très spécifiques, là, qu'on pourrait essayer d'imaginer, quelqu'un...
c'est quand même assez limite comme situation, mais quelqu'un
qui est arrêté... une personne lourdement handicapée qui commet un délit, qui va en prison deux ans, qui en
ressort, bon, comment on traite ce cas-là, là. Bon, c'est des cas assez
limites, mais on peut les définir par règlement maintenant.
M. Schneeberger : O.K., parfait. Non, ça se pose, je pense que c'est
légitime de poser cette question-là. Et puis je ne suis pas en train de dire,
là, qu'il faut absolument, là, de tout cumuler, mais c'est pour bien
comprendre le projet de loi. Parce
que, M. le Président, vous savez que des règlements, là, il y en a de
multiples, puis des fois c'est très complexe,
alors c'est bien pour saisir le sens et puis aussi pour les personnes qui nous
écoutent, ça peut être légitime. Merci.
Président (M. Reid) : Bien, c'est l'occasion, je pense, de poser toutes les questions qu'on a
à poser avant de passer au vote, c'est normal. Est-ce qu'on est prêts à
passer au vote sur cette proposition de 83.19? Est-ce que l'article 83.19
est adopté?
Le Président
(M. Reid) : Adopté. M. le ministre. Nous passons à l'article 83.20.
M. Blais : Alors : «83.20. La prestation accordée dans
le cadre du programme prend la forme d'un revenu de base.»
Donc,
tout comme pour les autres programmes d'aide financière aux articles 52,
71, 83.5 de la
Loi sur l'aide aux personnes
et aux familles, l'article 83.20 précise la forme que prend l'aide
financière accordée dans le cadre du Programme
de revenu de base. Donc, ici, on est vraiment, là, en... c'est une règle de
concomitance au niveau de l'écriture. Ça serait
versé le 1er de chaque mois sur une base individuelle, là — je
pense que les collègues voulaient peut-être
revenir là-dessus — à
moins de circonstances exceptionnelles, pour le 1er de chaque mois.
Le Président
(M. Reid) : Merci. Y a-t-il des interventions? M. le
député de Rimouski.
M. LeBel : Bien, c'est juste
pour revenir sur le revenu de base, là. On va voter pour, là, mais c'est juste
faire un... Puis, tu sais, le ministre, là,
en commission, disait qu'il avait peut-être pensé à un revenu socle, un
revenu... il y avait d'autres noms, je comprends que c'est le revenu de base pour ces
personnes-là, mais juste rappeler que ce n'est pas le revenu de base
qu'on entend habituellement. Mais c'est bien correct, je vais voter pour.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Y a-t-il d'autres... Oui?
M. Blais :
...«allocation universelle catégorielle», ça serait un peu lourd aussi. «Basic
income», ça se dit bien.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions? M. le député... Non? Alors, est-ce que
cet
article 83.20 est adopté?
Le Président (M. Reid) :
Adopté. Nous passons à 83.21. M. le ministre.
M. Blais : «83.21. Le revenu de
base est établi mensuellement et [il est] calculé selon la méthode prévue par
règlement.
«Aux fins du calcul du revenu de base, le
règlement peut notamment :
«1° établir le montant du revenu de base
applicable, dans les cas et aux conditions qu'il détermine;
prescrire, dans les cas et aux conditions qu'il prévoit, tout montant pouvant
ajuster à la hausse le revenu de base et tout montant pouvant en être
soustrait de même qu'exclure tout montant du calcul;
«3° prévoir des règles particulières applicables
au mois de la demande.
«Le revenu de base est augmenté du montant de
toute prestation spéciale qui est accordée dans le cadre du Programme de solidarité sociale, dans les mêmes
cas et aux mêmes conditions, sous réserve des [exemptions] prévues par
règlement.»
Le premier
alinéa de l'article 83.21 précise que l'aide financière accordée dans le
cadre du Programme de revenu de base sera établie mensuellement, comme
c'est le cas pour les programmes d'aide sociale, de solidarité sociale et
d'Objectif emploi. Il y est précisé que la méthode de calcul sera prévue par
règlement.
Le deuxième
alinéa de l'article 83.21 confère au gouvernement le pouvoir d'établir par
règlement la méthode de calcul de la prestation, en y prévoyant un
revenu de base, des montants à ajouter, à soustraire ou à exclure, des règles
applicables au mois de la demande.
Enfin, le
troisième alinéa établit les principes que les prestataires du Programme de
revenu de base pourront se voir
accorder l'ensemble des prestations spéciales qui peuvent être accordées dans le cadre du Programme de solidarité sociale — vous
vous rappelez que ça avait fait l'objet d'une demande, hein, que les
prestations sociales soient aussi accordées
aux personnes, malgré qu'elles ont un revenu plus important,
qu'on continue à offrir les prestations spéciales, donc — et
aux mêmes conditions, sous réserve d'exceptions qui
pourraient éventuellement être déterminées par règlement. Donc, voilà.
Alors là, maintenant,
il y a beaucoup de choses là-dedans. Je pense qu'on va... L'essentiel, c'est dans nos intentions
réglementaires. Je vous ai dit qu'on allait
être transparents sur les intentions réglementaires. On a déjà indiqué, dans le
troisième plan pour l'inclusion économique
et sociale, là, nos intentions par rapport à l'augmentation, là, progressive du
revenu de base. Donc, pour l'essentiel, on
va reprendre... ce qu'on voudrait faire, on le fait rarement, mais on va le
faire dans ce cas-ci, on va indiquer, pour les prochaines années, quels
vont être les augmentations pour janvier 2019, janvier 2020, janvier 2021, janvier 2022, jusqu'à janvier 2023, je
pense. Et, à janvier 2023, notre intention, c'est d'indiquer, pour la
première fois, que l'objectif qui doit être préservé, c'est la Mesure du panier
de consommation. Donc, c'est la première
fois, je pense, que, dans une loi sociale au Québec, on identifie la Mesure du
panier de consommation comme étant la mesure qui va régler, là, les conditions
de vie puis les sommes que vont obtenir ces personnes-là.
Je ne sais
pas si j'ai les montants ici. Je pourrais vous les indiquer pour que... les
identifier, là, même au micro, comme
on dit. Donc, en 2018, donc, la bonification a eu lieu en février dernier. En
2019, si je ne me trompe pas, ça serait en janvier prochain, donc,
l'augmentation serait de 72 $ par mois pour les personnes au revenu de
base, donc les 84 000 personnes...
qu'on évalue en ce moment. En 2020, l'augmentation serait de 70 $ par
mois. En 2021, l'augmentation serait
de 75 $ par mois, et en 2022, 75 $ par mois, et en 2023, là on
rejoint nos estimations pour le MPC avec une dernière augmentation de 75 $ par mois. Ce qui fait,
là, pour ces personnes, en dollars d'aujourd'hui, je crois, hein, c'est bien
ça, là, de 2017, une augmentation de
440 $ par mois par rapport à la prestation actuelle. Ça, c'est en dollars
de 2017, mais il faut bien comprendre qu'en 2023 toutes ces sommes-là
auront été indexées, là.
Le Président (M. Reid) :
Ça va? M. le ministre, ça va?
M. Blais : Oui, oui, merci.
Président (M. Reid) :
Alors, est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui, merci, M. le Président. Alors, je comprends que c'est le règlement, puis
les chiffres que le ministre nous a
présentés, c'est pour le revenu de base, dans le fond, c'est la prestation
maximum. Mais, si je regarde l'alinéa
1°, «établir le montant de revenu de base applicable, dans les cas et aux
conditions qu'il détermine», est-ce qu'à ce moment-là il pourrait y
avoir, pour x conditions que ce soit, des personnes qui auraient un montant
moindre pour x raisons, ou si, admettons, il est classé
revenu de base, le monde, ils vont avoir tous le même montant, ou, dans un
deuxième cas, il y aurait des personnes qui pourraient avoir des montants
moindres?
M. Blais :
Alors, la réponse, c'est oui. Donc, si quelqu'un a une rente d'invalidité, par
exemple, on la prend en considération,
bien entendu. Donc, s'il y a un programme... Ça reste quand même une aide de
dernier recours, donc les programmes
assurantiels sont prioritaires. S'il y a une rente d'invalidité, on en tient
compte et on déduirait le montant.
Mais avec la rente d'invalidité, malgré
tout, la personne, vous comprenez, va atteindre la Mesure du panier de
consommation.
Le Président (M. Reid) :
M. le député.
M. Schneeberger : Est-ce
qu'à ce moment-là il pourrait y avoir un montant qui serait inférieur au montant de la solidarité sociale
initial?
M. Blais : On n'en a trouvé aucun pour le moment. On a
essayé de regarder des cas, d'appliquer des législations sociales qui existent, et puis, dans aucun cas,
là... les gens augmentent toujours leurs revenus de façon importante.
M. Schneeberger :
O.K. Ça va.
Le Président (M. Reid) :
Ça va? Merci. M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Je voudrais juste savoir... Vous vous rappelez, là, la Chambre des notaires,
qui était venue déposer un mémoire
très intéressant, là. Dans ce qu'ils proposaient, ils disaient : «Qu'il
soit [explicite] dans la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles
que les personnes ayant une contrainte sévère à l'emploi puissent conserver
tous les biens et avoirs liquides contenus dans [le] régime enregistré
d'épargne-invalidité, et ce, sans pénalité.» Ils parlaient qu'un règlement... «précise qu'un règlement ne peut
limiter en aucune manière les revenus tirés d'actifs de succession reçus
par les personnes ayant une contrainte sévère à l'emploi». Est-ce que ce que
vous amenez là répond un peu aux recommandations de la Chambre des notaires?
M. Blais :
Peut-être, pendant qu'on vérifie, je vais peut-être vous donner une autre
information, là, parce que celle-là est
un petit peu technique, là. Le revenu de travail d'une personne au revenu de
base ne sera pas pris en considération. C'est l'idée, vraiment... C'est un socle par-dessus lequel vous pouvez
ajouter des revenus de travail, et vous paierez des impôts, comme
l'ensemble des autres citoyens, sur ce revenu de travail. Ça, ça va faire aussi
partie des intentions réglementaires.
Alors, on me
dit que par rapport à ce que... les attentes, là... peut-être que je vais
laisser la sous-ministre répondre à la question, là, sur les attentes.
Président (M. Reid) : Consentement? Consentement. Vous
voulez, pour la première fois, donc, vous nommer, et votre titre, et
fonction?
Mme Maltais (Chantal) : Oui.
Chantal Maltais, sous-ministre adjointe à la Solidarité sociale et à l'analyse
stratégique.
Alors, la
compréhension qu'on a des demandes de la Chambre des notaires, c'est que le
traitement soit similaire à celui de
la solidarité sociale, et c'est ce qui va être prévu au niveau des successions.
La demande qu'ils ont faite, on y répond, selon la compréhension qu'on
Le Président (M. Reid) :
M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Pour les successions, mais pour les avoirs contenus dans le régime enregistré
d'épargne-invalidité aussi, ça va là-dedans?
Le Président
(M. Reid) : Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres interventions
pour l'article 23.21? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui. Je viens d'écouter la sous-ministre, elle dit que les règlements vont être
similaires aux règlements de la
solidarité sociale. Est-ce que ces règlements-là, actuellement, sont les mêmes?
Ils ne changeront pas? C'est-u très,
très volumineux, ces règlements-là? Est-ce qu'on pourrait les... Est-ce que le
ministre pourrait les déposer pour
qu'on voie les règlements? Parce que, là, si j'ai bien compris... J'écoutais la
sous-ministre... M. le ministre, est-ce que vous dites, là, que, si,
admettons, la personne travaille, à ce moment-là, son revenu ne serait pas
coupé?
M. Blais :
C'est-à-dire que son revenu de base ne sera pas touché, mais elle va payer des
impôts comme vous et moi. Donc, c'est
l'idée d'un revenu de base de faire en sorte que la personne peut s'appuyer sur
ce revenu-là, mais par la suite il va devenir imposable, comme tout le
monde.
M. Schneeberger :
Puis est-ce qu'il y a un montant maximum de revenus?
M. Schneeberger :
Parce que contraintes sévères à l'emploi, là, ça ne veut pas dire qu'il est
inapte au travail, là. Il pourrait
très bien travailler... admettons, se partir à son compte à partir de la
maison. Puis admettons qu'il fait 50 000 $ de revenus, est-ce
qu'il va avoir droit quand même à son revenu de base?
M. Blais :
Oui, mais il faut comprendre que c'est... Nous, l'expérience, là, nous indique
très bien... C'est pour ça que le
délai de carence est aussi important, là, c'est que l'expérience indique très
bien que ceux qui ont traversé ce délai de carence là, c'est des gens qui sont lourdement, là, handicapés. Donc,
ils peuvent possiblement travailler, puis on a fait des simulations dans lesquelles ils peuvent
travailler, mais, bon, ce n'est pas des gens qui vont avoir des revenus, disons,
de 50 000 $, ou
60 000 $, ou 70 000 $ par année, là, mais ils peuvent
travailler, disons, modestement, là, aller chercher 10 000 $,
15 000 $, et ensuite, bien sûr, vont être imposés sur ces revenus de
travail là.
M. Schneeberger :
C'est intéressant, M. le Président, ce que le ministre dit parce que, là, même
s'il travaille... Bon, il va payer de
l'impôt. À ce moment-là, est-ce que le revenu de base va être comptabilisé au
niveau de la fiscalité?
M. Blais : Au niveau de la
fiscalité, je pense que oui, hein?
M. Schneeberger :
Ça veut dire qu'il paierait de l'impôt sur son revenu de base?
M. Blais : Non, pas sur son
revenu de base, là, mais sur l'ensemble de ses revenus. Donc, il est...
M. Schneeberger :
Bien, ça fait
partie du revenu.
M. Blais :
Oui. Disons que vous avez 18 250 $, disons, de revenu de base, vous
allez chercher 10 000 $ par des petits emplois, donc ça vous
fait 28 250 $. Sur l'ensemble de ces revenus-là, vous êtes imposable.
M. Schneeberger :
O.K. Ça veut dire que le revenu de base est imposable.
M. Blais : Oui. Dans ce
sens-là, oui.
M. Schneeberger :
Même si on sait bien que le premier... en impôt, là, il y a une... tu sais, il
y a un montant... que, les premiers 10 000 $, 12 000 $,
il n'y a pas d'imposition, là, mais après ça, bon... mais il est quand même
calculé. Parfait.
M. Blais : Oui, mais il va leur en rester beaucoup
plus, bien sûr, financièrement, que s'ils n'étaient pas allés
travailler.
M. Schneeberger :
Oui, oui, ce n'est pas... O.K.
Le Président (M. Reid) :
M. le député de Rimouski.
M. LeBel : Je m'excuse, je vais revenir sur ma question
de tantôt pour être sûr d'avoir bien compris, là. C'est
compliqué, ces affaires-là.
La Chambre des notaires, ce qu'ils disent, c'est : «Qu'il soit [explicite] dans la loi
[...] que les personnes ayant une
contrainte sévère à l'emploi puissent conserver tous les biens et avoirs
liquides contenus dans un régime enregistré d'épargne-invalidité, et ce, sans pénalité.» Là, vous m'avez dit que ça
va être comme la solidarité sociale. La solidarité sociale, c'est pris en compte, ces revenus-là? Je
m'excuse... Parce que ce qu'on voudrait, c'est que, quand ils arrivent au
revenu de base, ce ne soit plus pris en compte, que ce soit vu comme un revenu
de travail, puis ça s'ajoute, là.
Le Président (M. Reid) :
Mme Maltais.
Mme Maltais
(Chantal) : Bon, le montant
qui est dans... c'est les régimes épargne-invalidité, le montant global qui est dans le régime, lui, est exempté. Lorsque
le montant est reçu dans une forme de rente, il y a une exemption de
950 $ par mois, et le montant
additionnel, naturellement, il y a une coupure. Donc, c'est l'application qu'il y a à
la solidarité sociale et c'est la même qu'il va y avoir au niveau du
revenu de base.
M. LeBel : Il y aurait une
coupure aussi, ce serait déduit.
Mme Maltais
(Chantal) : Jusqu'à un maximum de 950 $, il y a une exemption. On
ne touche pas aux premiers 950 $ qu'ils reçoivent en rente à tous les
mois. Et le montant global, pendant qu'il est dans le régime, il est
intouchable, il n'est pas pris en compte dans le montant des actifs.
M. LeBel : Ça fait
que c'est la même règle que la
solidarité sociale, ça ne change pas dans ce cas-là. La Chambre des notaires aurait voulu que ça
change, c'est ça? C'est un peu ça qu'ils proposaient?
C'est la même
chose pour les actifs de succession. Quand il y a un actif de succession,
à la solidarité sociale, tu es coupé. Quand tu arrives au revenu de
base, ça va être le même règlement, ça ne change rien.
M. Blais : Notre compréhension, là, puis je dis bien «notre
compréhension», là, ici, là, c'est que ce qui est désiré par la Chambre
des notaires, c'est d'avoir le même
traitement au revenu de base qu'à la solidarité sociale. Ce traitement-là, il
est défini par règlement, et notre intention réglementaire, encore une fois, c'est d'avoir le même type de règlement pour traiter ces dossiers-là. Mais c'est une question de compréhension, là,
par rapport à ce qui est attendu, là, de la Chambre des notaires.
Le Président (M. Reid) :
Merci.
M. LeBel : Je ne suis pas un spécialiste là-dedans, on va
les interpeler, voir si c'est exactement la compréhension qu'ils avaient. Moi, la compréhension que j'avais, c'était qu'on
trouvait ça compliqué, à la solidarité sociale puis on espérait qu'au
revenu de base on allait ajuster les choses. Puis ça ne m'empêchera pas
d'adopter l'article, mais je vérifierai.
Le Président (M. Reid) :
D'autres interventions sur cet
article 83.21?
L'article 83.21 est-il
adopté?
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le ministre, nous en sommes à 83.22.
M. Blais : «83.22. Une personne admissible au programme peut
posséder certains biens ou avoirs liquides, dans les cas et aux conditions prévus par règlement, afin de favoriser sa
participation sociale et son inclusion économique.»
Cette disposition constitue le pendant des articles 60 et 72 de la
Loi sur l'aide aux personnes
et aux familles qui s'appliquent
respectivement au Programme d'aide sociale et au Programme
de solidarité sociale, mais avec un objectif
différent.
En l'espèce,
la possession des biens ou des avoirs est destinée à favoriser la participation
sociale et l'inclusion économique des personnes admises au programme.
Alors, on l'a
déjà mentionné en commission
parlementaire, là, notre intention,
là, c'est qu'il y ait une exclusion unique. En ce moment, il y a différents types d'exclusions. Ça peut être à la
fois la maison, il y a une limite pour la maison, puis il
y a une limite pour d'autres types
d'actifs, par exemple un héritage. Là, c'est une exclusion unique qui
serait de 500 000 $, donc
d'un demi-million de dollars, pour les biens et avoirs liquides avec une
comptabilisation dollar pour dollar pour
les montants dépassant l'exclusion. Le montant des biens et avoirs liquides pris
en compte pour établir la prestation serait
fixé une fois par année et ne serait pas modifié en cours d'année à moins que
celui-ci baisse et que la personne en tire un
avantage. Donc, on va vérifier l'état des actifs, et, si jamais il y a
une diminution de l'état des actifs, là, après ça, on pourra augmenter... et, s'il y avait
eu diminution, là, des versements au revenu de base, on pourra augmenter les
montants de revenu de base.
Je termine
là-dessus, là, cette exclusion unique, elle nous a été demandée par beaucoup
de personnes parce que ça donne plus de latitude dans la gestion du
patrimoine aux personnes qu'essayer de compartimenter, là. Bon, on pense
que c'est une innovation, là, on pense que
c'est gérable, là, cette façon de faire les choses. On verra par la suite, là,
si on avait raison de le faire.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Y
a-t-il des interventions sur cet
article
83.22? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger : M. le
Président, je ne pense pas que le ministre
va avoir la réponse juste, là, parce
que c'est très... pas hypothétique, mais ma question est
très large, mais est-ce que, dans vos analyses, au ministère,
vous mettez ce montant de
500 000 $... À combien... Avez-vous une projection de combien de
personnes arriveraient à ce montant-là annuellement?
Parce qu'on sait que ce n'est pas...
tu sais, la très grande majorité des
cas n'ont pas ces sommes-là, mais le nombre de personnes qui...
avez-vous une estimation de ça environ?
M. Blais : Oui, en ce moment,
on a les informations là-dessus, c'est très peu.
M. Schneeberger :
C'est très peu, oui.
M. Blais : En ce moment. Mais, vous savez, il y a
une évolution de la société, tout le
monde... je pense que, les députés, on rencontre des
familles qui ont des jeunes qui ont des difficultés puis qui aimeraient pouvoir
leur laisser un patrimoine un peu
plus important à la fin... Donc, on peut penser que ça va favoriser, finalement, la prise de décision de ces familles-là de laisser un patrimoine plus
généreux, là, plus substantiel, là, à la fin de leur vie, pour leur enfant.
C'est vraiment ce groupe-là qu'on visait, mais, pour le moment, là, on
les compte sur les doigts d'une main, là.
M. Schneeberger :
M. le Président, est-ce que ce montant-là va être indexé avec l'inflation ou
c'est un montant qui est fixe puis, jusqu'à ce qu'on réouvre la loi, ça
va rester 500 000 $?
M. Blais : C'est-à-dire, c'est modifié par règlement, donc il est fixe,
il n'est pas indexé. Je ne pense pas qu'il est indexé, il n'y a pas de clause d'indexation pour le moment. On va
voir un peu comment ça se passe, là, mais c'est des modifications
réglementaires, on en a déjà fait par le passé pour des choses du genre.
M. Schneeberger : Ça fait
que c'est vraiment
un avoir total. Ça veut dire qu'il pourrait avoir un avoir, une maison
de 250 000 $ plus 250 000 $ en argent, puis à ce moment-là
il ne serait pas pénalisé?
M. Schneeberger :
O.K., c'est bon. Mais, comme vous dites, les cas sont très...
M. Blais : Bien, les cas pour les maisons, les résidences, il y en a
quand même quelques-uns, mais pas à 500 000 $, on se comprend bien. Mais des cas qui ont à la
fois une résidence et un actif financier aussi important que ça, c'est beaucoup plus
rare, mais il y a une évolution qui pourrait arriver dans les
prochaines années, là, et qui va être favorisée surtout pour... Je peux vous dire, pour les parents, c'est une
excellente nouvelle parce que la plupart veulent essayer de trouver une façon
de laisser quelque chose de substantiel à leur enfant.
M. Schneeberger :
Oui, on parle beaucoup d'héritage dans ce dossier-là. O.K.
Président (M. Reid) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur l'article
83.22?
L'article 83.22 est-il adopté?
Le Président
(M. Reid) : Merci. Nous allons passer, M. le ministre, à
l'article 83.23.
M. Blais : Alors : «83.23. Le revenu de base est versé
mensuellement selon les modalités prévues par règlement.»
Alors
donc, c'est des choses qu'on connaît déjà, mais il fallait l'écrire dans la loi. On prévoit
que le revenu de base est
établi mensuellement et il vient compléter cette disposition... 83.23 complète
la disposition en précisant qu'il sera versé à la même fréquence, donc à
tous les mois.
Toutefois, contrairement à ce qui se fait dans les
autres programmes, l'aide versée dans le cadre du Programme de revenu de base sera individualisée. Le revenu
de base ne sera donc pas versé conjointement au conjoint, mais bien à
chaque adulte du couple séparément, le cas échéant, un élément dont on a déjà
parlé à quelques reprises ici.
Le Président
(M. Reid) : Merci. Y a-t-il des interventions sur cet article?
L'article 83.23 est-il adopté?
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
L'article 83.24.
M. Blais : «83.24. Les dispositions des articles 49 à 51,
58, 59, 63, 64 et 69 s'appliquent au Programme de revenu de base.»
Donc,
l'article 83.24 que je viens de vous lire a pour effet de
rendre applicables au Programme de revenu de base les dispositions qui y sont énumérées. Ces
dispositions portent sur les sujets suivants : le pouvoir discrétionnaire
du ministre d'accorder une aide financière en cas de dénuement
total, le pouvoir d'accorder une prestation à une personne qui cesse d'être admissible, l'obligation de faire état dans
le rapport annuel des prestations accordées en application de l'article
49, la possibilité pour le ministre de fixer des conditions particulières pour certaines prestations spéciales
et de prendre entente avec un
organisme relativement à celles-ci,
l'interdiction de réduire la prestation pour défaut d'entreprendre des
démarches en vue d'intégrer le marché du travail, l'obligation d'exercer ses droits lorsque
cela aura un effet sur l'admissibilité ou sur le montant de la prestation, l'obligation
d'informer le ministre de toute procédure judiciaire relative à une obligation alimentaire, mise en oeuvre par le ministre
d'actions concertées afin de proposer une offre de services continue et
intégrée.
Alors,
ici, on retrouve, disons, l'essentiel des articles qu'il y a déjà, là, à l'aide
sociale, à la solidarité sociale qui rappellent
les obligations du ministre parfois ou les obligations d'une personne qui est à
la solidarité sociale. Donc, il n'y a pas de modification ici que l'on
fait, en tout cas, spécifiquement pour les gens au revenu de base. On fait
simplement reprendre ces conditions
d'exercice là pour les intégrer, là, dans la loi et les rendre explicites,
qu'elles s'appliquent aussi au revenu de base.
Le Président
(M. Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Rimouski.
M. LeBel :
Juste une explication, là, le pouvoir discrétionnaire du ministre, dans ce
cas-là ou dans les autres cas, comment il s'applique? Est-ce que ça vous
arrive souvent de l'utiliser et comment ça fonctionne? Avez-vous...
M. Blais :
À l'aide sociale, il y a deux fois où on peut exercer un pouvoir, là,
discrétionnaire — mais,
même là, il est encadré, là — c'est lorsqu'il y a des dettes qui sont
accumulées, et la personne n'est plus en état, pour différentes raisons,
de les rembourser, il y a un comité-conseil
là-dessus. Donc, ce n'est pas le ministre qui décide ça dans son bureau, il y a
un comité-conseil qui vérifie les
dossiers d'annulation, hein, des dettes. Ici — mais ce qui est encore moins fréquent, mais
ce qui, quand même, existe puis qui est
important — c'est
une personne qui est en situation de dénuement total, et puis, bon, je ne sais pas, moi, ses documents ne sont
pas prêts, il n'est pas admissible immédiatement, donc, et là c'est possible
pour les agents — vous le savez, hein? — d'intervenir et de fournir des sommes
d'argent, là, de dépannage, là, jusqu'au moment où la situation se sera
clarifiée.
LeBel : Je pose la question parce que c'est arrivé, moi, avec
l'ex-ministre — vous
savez comment ça fonctionne sur le
parquet du salon bleu — j'avais été le voir, j'ai dit : Il y a un jeune
trisomique — puis le
député de Drummond a amené un cas l'autre jour qui ressemblait un peu à
ça — qui
ne pouvait pas aller en voyage avec ses parents plus que sept jours, sinon il se faisait couper l'aide
sociale, et je lui avais parlé de cette affaire-là. À un moment donné, je
reçois un papier, là, comme on fait au salon bleu, il me dit :
Harold, le jeune va pouvoir voyager, j'ai réglé ça. C'est-u le genre d'opération qui peut se faire par le pouvoir
discrétionnaire? Puis, dans le fond, est-ce que le pouvoir discrétionnaire
pourrait aller jusqu'à dire, dans des cas particuliers : Je
l'autorise à intégrer le revenu de base?
M. Blais :
Bien, discrétionnaire n'est pas arbitraire, hein? Ce n'est pas un pouvoir
arbitraire, c'est de tenir compte de certaines situations qui ne sont pas
prévues par la loi, qui sont très spécifiques, hein? Si une situation devait
être clairement... explicitement et clairement, là, ne pouvait pas s'appliquer,
le ministre ne peut rien, là, parce que, finalement, ça tournerait un
peu... ça mettrait à mal toute l'intégrité, là, du système.
On me donne
des chiffres ici, là : il y a eu 368 demandes acceptées qui
requéraient le pouvoir discrétionnaire du ministre. Ça, c'était l'année
dernière, je suppose, oui?
M. Blais : Donc, la valeur de
ça, c'est 1 milliard...
M. Blais :
... — 1 milliard! — 1 576 000 $ sur, quoi, des
prestations d'à peu près 3 milliards de dollars. Donc, c'est vraiment, là, tout petit, mais ça peut être
nécessaire dans des cas comme celui que vous avez présenté, probablement.
Président (M. Reid) : Merci. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'article 83.24?
L'article 83.24 est-il adopté?
Le Président (M. Reid) :
M. le ministre. 83.25.
M. Blais :
«83.25. Le ministre peut, lorsqu'il y a manquement à l'une des obligations
prévues aux articles 30, 31, 36, 63 et 64, selon le cas, refuser ou
cesser de verser une aide financière ou la réduire.
«Dans tous
les cas où une décision est rendue par le ministre en application du présent
article, celle-ci doit être motivée et communiquée par écrit à la
personne concernée.»
Il s'agit ici
d'une disposition de même nature que celle des articles 66 et 83.11 qui
permet au ministre d'agir en cas de
manquement à une obligation prévue à la loi. Ces dispositions portent sur les
sujets suivants, là : donc, l'article 30, fournir les documents ou les renseignements
nécessaires;
article 31, produire un
rapport et examen médical;
article 36, aviser le ministre lors de changements
dans sa situation;
article 63, exercer ses droits lorsque cela aurait un effet
sur l'admissibilité ou sur le
montant de la prestation; et
article 64, informer le ministre
de toute procédure judiciaire relative à une obligation alimentaire.
Donc, essentiellement, une personne au revenu de base a quand même
des obligations, hein, dévoiler ses actifs, dévoiler des revenus, si l'exigence était de
passer par le biais de la solidarité sociale et de produire un rapport médical,
montrer qu'effectivement, là, cette personne-là
est dans une situation qui
l'empêche... qui fournit des contraintes sévères à l'emploi, donc. Ça, si je me souviens bien, c'est
à peu près les mêmes choses qu'on retrouve déjà dans la
loi sur la solidarité
sociale, donc, c'est ça, même chose, exactement la même chose que la solidarité
sociale.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Y a-t-il des interventions sur cet
article 83.25? M. le député de
Rimouski.
M. LeBel :
Bon, je peux comprendre ça, là, mais, lorsqu'il y a des manquements, pour
prouver les manquements, là, c'est les enquêtes que le ministère peut
faire?
M. Blais :
Oui. Alors, on peut être informés de différentes façons d'un manquement.
Parfois, c'est des irrégularités évidentes, parfois c'est des
informations qui viennent d'autres ministères, parce qu'il y a une
collaboration entre les ministères,
notamment avec le ministère du Revenu et d'autres ministères, pour s'assurer
que la personne, disons, ne reçoit pas deux types de prestations, là,
qui devraient normalement être déclarées.
M. LeBel :
Je comprends que pour ce qui est du revenu de base, les manquements, c'est plus
économique, là, c'est plus les
avoirs. La solidarité sociale, c'est autre chose, c'est plus... bien, entre
autres, quand je parle de la condition de vie maritale, et tout ça, et les enquêtes... mais c'est le genre de
manquement qu'on n'aurait pas, qu'il n'est pas possible d'avoir au revenu de
base?
M. Blais : Non, bien, parce
qu'il est individualisé.
M. LeBel :
Bien, c'est bien, mais c'est parce que, quand on parle de manquement, il faut
voir ce que ça peut être aussi, des enquêtes, quand tu te fais enquêter,
ce que ça peut être.
M. Blais :
Alors, c'est ça, voilà. J'avais un petit doute, là, mais on me dit
qu'effectivement, là, il n'y a pas de cas de manquement possible en
matière de vie maritale.
M. LeBel :
Mais je veux juste le mentionner parce que les manquements, ça peut être... Tu
sais, là, j'ai vu des documents, là, d'enquête, j'en avais parlé à la
sous-ministre, là, sur... Tu sais, il y a une enquête où on demandait à la personne à l'aide sociale si elle utilisait les
banques alimentaires, puis combien de fois, puis à quelle banque alimentaire
elle allait. Tu sais, je trouvais que
c'était un peu fort comme enquête, là. Mais je comprends que ce genre d'enquête
là, on ne le retrouverait pas dans le
revenu de base, mais on devra les subir pour les autres, solidarité sociale et
autres choses.
M. Blais :
Il faudrait nous en parler à d'autres moments, mais je ne connais pas ce
cas-là. Ce n'est pas interdit de faire appel aux banques alimentaires, à
ma connaissance.
LeBel : Mais c'était un
document où c'était l'enquêteur du ministère qui demandait à la personne
bénéficiaire à l'aide sociale si elle
utilisait les banques alimentaires, combien de fois, et puis ça avait surpris,
là... je me rappelle d'avoir déposé... ça vous avait surpris, là, ce
genre de demande là, mais, quand on parle d'enquêtes, ça peut aller assez loin.
Mais je
comprends que le revenu de base, comme c'est individualisé, c'est beaucoup plus
au niveau économique, plus les avoirs
que la vie en général, ce qu'on peut retrouver plus quand tu es à l'aide
sociale ou à la solidarité sociale, où tu peux te faire enquêter assez
solide, mettons, comme on dit par chez nous.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député de Rimouski. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui, M. le Président. On parlait justement des examens au niveau médical, et
puis je fais un petit peu un
comparatif. Vous savez, des fois, les problèmes avec la CNESST, là, votre
médecin de famille vous connaît bien,
puis là il est pas mal plus fin, ça fait que, là, il vous met inapte au
travail, puis là après ça il rencontre un autre médecin, puis lui :
Non, non, tu es apte au travail.
Au niveau de
la solidarité sociale, les cas comme ça, comment ça marche? Parce que, souvent,
on rencontre des cas de personnes, ce
n'est pas très clair, puis on dirait que, des fois, c'est un petit peu selon la
tête de la clientèle, comme on dit,
là, et puis, tu sais, des fois, il y a un peu d'injustice pour certaines
personnes, parce qu'on sait très bien qu'on n'a pas tous la même capacité au niveau de la douleur, et autres, là :
il y a des gens, des fois, qui ne rentrent pas au travail pour un rhume,
puis il y en a qui ont une jambe cassée qui retournent au travail pareil.
Alors, c'est
un petit peu savoir c'est comment ça marche au niveau du ministère, là, ces cas
de même, parce que, souvent, nous, on
a des cas qui arrivent chez nous, puis c'est toujours un peu douteux, tu sais,
on se questionne, on cherche un peu où est la vérité dans tout ça, là.
M. Blais : Il n'y a pas de
système parfait parce qu'on fait affaire avec des humains, là, hein, donc... Et
très concrètement, là, pour avoir une
demande à la solidarité sociale, vous devez avoir un avis médical, un rapport
médical qui confirme que vous avez des contraintes sévères permanentes,
O.K.? Ensuite, vous devez aussi répondre à un questionnaire sur, disons, votre
contexte ou votre environnement social, contexte social : Est-ce que vous
avez déjà travaillé? Est-ce que vous
aimeriez retravailler plus tard? Bon, est-ce que vous avez des actifs, tout ça?
Donc, c'est un petit peu, là, la
richesse de votre réseau ou la pauvreté de votre réseau, je suppose, en tout
cas. Et par la suite ça, c'est... il
y a un comité, donc ce n'est pas les agents eux-mêmes qui évaluent ça, donc il
y a un comité indépendant, là — c'est assez centralisé — qui évalue, avec des médecins, avec des professionnels... donc,
médecins et puis, disons, professionnels psychosociaux, qui évalue les
deux rapports puis qui prend une décision sur le statut de la personne.
M. Schneeberger :
O.K. M. le Président, c'est-à-dire que... mettons, des analyses ou un rapport
venant d'un psychologue... bien, en tout
cas, tous les spécialistes, là, qu'il peut y avoir dans la santé, est-ce que
c'est pris en compte ou il y a certains spécialistes que les rapports ne
sont pas pris à la même hauteur?
M. Blais : Bien, dire
que ce n'est pas pris en compte, ce serait fort, mais, disons, c'est quand même
un rapport médical, et c'est le
médecin de la personne, c'est ça, donc c'est la personne qui choisit son
médecin, ce n'est pas le médecin, là, disons, de l'État, là, et ensuite
ça doit cependant être validé, tout ça, par une équipe professionnelle.
M. Schneeberger :
M. le Président, je pose la question parce qu'un médecin de famille, bien,
c'est un généraliste. Et pourquoi la
question? C'est qu'il y a beaucoup... Là, on parle souvent de la maladie
mentale, ça prend des rapports psychiatriques,
ou psychologues, ou peu importe, puis on dirait que de ce côté-là... Quelqu'un
qui a un problème physique, là, qui
lui manque une jambe, juste comme ça, tu sais, ça paraît, là, tu sais, on le
voit, mais au niveau de la santé mentale, c'est plus complexe, et puis
là on dirait qu'il y a un peu de flou. Et puis j'aimerais savoir s'il y a un
processus de changement au niveau du
ministère pour mieux encadrer la santé mentale ou maladie mentale parce que ça,
c'est plus complexe à faire un bon diagnostic, là.
M. Blais :
Bien, c'est doublement complexe. Bon, il y a la question du diagnostic, mais
ensuite de l'impact de ce diagnostic-là
sur la capacité de travailler, hein, parce que vous pouvez, avec un certain
cadre, pouvoir travailler, mais pas dans
d'autres. Donc, je ne sais pas jusqu'à quel point on tient compte de la
nouvelle réalité. Ce qu'on a indiqué dans nos documents, c'est que — j'y vais de mémoire — 45 % des personnes à la solidarité
sociale — je pense
que c'est 45 % ou 46 %, hein? — ont des problèmes de
santé mentale, c'est important. Donc, nos mesures, là... C'est bien ça?
M. Blais :
43 %, alors, 43 %. J'insiste là-dessus parce que nous sommes en
mesure de reconnaître des problèmes de
santé mentale. On pourrait dire : Non, ce n'est jamais reconnu, ça, ce
n'est que des problèmes de santé physique, là. Quand vous êtes à 43 %, vous êtes capable, comme société, de
reconnaître que, dans certains cas, il y a des contraintes sévères et
permanentes à l'emploi. Est-ce qu'il pourrait y en avoir plus ou moins? Ça,
vraiment, on n'a pas d'idées, là-dessus, de
très précises, mais je pense que c'est important de sensibiliser la population
au fait qu'on est conscients que la santé mentale peut avoir des effets
très importants sur la capacité d'occuper une fonction.
M. Schneeberger :
Mais je comprends ça, mais est-ce que, justement, il va y avoir une emphase
prioritaire qui va être mise
là-dessus, là? Parce que, tu sais, il y a plusieurs années, la santé mentale,
la maladie mentale, c'était très tabou, on en tenait compte plus ou
moins, mais aujourd'hui, tu sais, on la reconnaît. Est-ce que, justement, il va
y avoir un changement au niveau de la
procédure? Parce que vous dites, justement : Ça prend un rapport médical,
mais le rapport médical, ce n'est pas
un spécialiste, souvent, qui va le faire. Alors, je pense que, là, on est dans
des cas où ça prend un rapport de spécialiste.
M. Blais :
Écoutez, on accepte les rapports de spécialistes, hein? Un psychiatre peut
faire un rapport, là, sans difficulté, là.
M. Schneeberger :
Parfait. O.K., là, j'ai plus de réponses. O.K. Merci, M. le Président.
Président (M. Reid) : Merci beaucoup. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'article 83.25?
L'article
83.25 est-il adopté?
Le Président
(M. Reid) : Alors, pour répondre et satisfaire les formes
du règlement, nous avons donc ici adopté 11 articles qui font
partie de l'article
14 de ce projet de loi. Nous avons maintenant le devoir d'adopter l'article 14.
Est-ce que l'article 14 au complet est adopté? Pardon?
Le Président
(M. Reid) : Tel qu'amendé, pardon, parce qu'il y a eu un amendement.
Adopté? Merci.
la demande de certains membres de la
commission, je vais suspendre les
travaux pendant quelques courtes minutes.
(Suspension de la séance à
11 h 11)
Le Président
(M. Reid) : Alors, nous reprenons nos travaux.
Alors,
nous avons adopté l'article 14 avec ses 11 sous-articles, si vous voulez, paragraphes.
Et nous allons passer maintenant, pour terminer le bloc 1, à l'article
19 qui introduit, lui, deux articles. Alors, nous allons faire un peu
comme nous venons de le faire pour l'article
14, nous allons commencer par le premier article, M. le ministre, alors l'article 19 au début, mais ensuite l'article 133.2,
et nous allons étudier cet article-là pour commencer.
M. Blais : Oui. Alors, M. le Président, ça, je vais
déposer un amendement parce
que, si je comprends bien, il s'agit d'un miroir
de tout ce qu'on a déjà défini comme faisant
partie des règlements.
Comme on s'est entendus ensemble puis on a adopté un amendement, tout à
l'heure, qui disait : Bien, on pourrait aussi, par règlement, décider de
certaines catégories, hein, qui n'ont pas à passer par le biais de la solidarité
sociale ni même par un délai de carence, il faudrait modifier, là, ce qui est présenté en ce moment pour introduire — ce serait au deuxième alinéa, là — ce que l'on a déjà accepté tout à
l'heure. Donc, c'est de la pure concomitance.
Président (M. Reid) : Juste pour qu'on comprenne bien, ce
que vous avez, ici, déposé comme amendement et que tout le monde va
avoir bientôt... dont tout le monde va avoir copie, je pense... Est-ce que les
gens ont copie maintenant? Vous avez déjà
copie? Non? Essentiellement, ce que vous dites, c'est que le paragraphe 2° de
cet
article 133, c'est là où il y a un amendement, c'est ça?
M. Blais :
Oui, c'est là où il y a un amendement qui reprend le texte de l'amendement
qu'on a adopté un peu plus tôt en début de séance.
Le Président (M. Reid) : D'accord. Je vais laisser le temps
à ce que tout le monde ait sa copie. Alors, dans la façon de procéder, M. le
ministre, nous allons d'abord regarder l'amendement. Alors, l'amendement...
bien, en fait, l'amendement ici, c'est le projet... c'est de remplacer... si je
comprends bien, là, techniquement, c'est que l'amendement que vous déposez remplace l'article 133.2 qui est dans le
projet de loi par quelque chose qui est similaire, sauf le paragraphe 2°,
est-ce que c'est ça?
M. Blais :
Oui, tout simplement parce que l'introduction du deuxième paragraphe nous
oblige à tout renuméroter, M. le Président, donc on vous présente ça
dans un bloc.
Président (M. Reid) : D'accord. Alors, l'amendement
consiste à remplacer, en fait, l'article 133.2 dans le projet de loi par un nouvel
article 133.2
ici. Alors, je vous laisse lire votre amendement et l'expliquer. Puis, en fait,
c'est l'article au complet, hein, mais tel qu'amendé.
M. Blais :
Oui, bien, écoutez, essentiellement, là, c'était une question aussi de
concomitance, c'est-à-dire c'est de rappeler, là, ce que l'on peut faire
par règlement, si je me souviens bien, voilà, et donc ce qui a déjà été dit
dans le travail qu'on a fait jusqu'ici avec, bien sûr, une modification pour
l'amendement qu'on a accepté en début de séance.
Président (M. Reid) : Et la modification par rapport à ce
qu'il y avait dans le projet de loi, essentiellement, est le
numéro 2, là, le paragraphe n° 2.
M. Blais :
Et ensuite les autres paragraphes qui sont décalés.
Le Président
(M. Reid) : Ils sont décalés en termes de numéros, mais
pas de contenu.
Le Président
(M. Reid) : Alors, est-ce que j'ai des interpellations? M.
le député de Rimouski.
M. LeBel :
Oui, c'est de la concordance, là, je pense que ça reflète ce qu'on a discuté
tantôt, mais ça démontre, par
exemple — c'est
gros, hein, sur une page — tout ce que le ministre peut faire par règlement, hein? C'est
beaucoup de choses qui est fait par règlement, qui ne fait pas
partie de
la loi, mais qui... On a souvent ça dans les projets de loi maintenant, beaucoup, beaucoup de règlements, on
refile ça aux règlements, et ça ne nous permet pas, nous autres, d'en discuter plus, là. On voit les règlements, on voit
les intentions, mais ça ne nous permet pas vraiment d'intervenir là-dedans.
Mais ça fait beaucoup de règlements, mais je comprends que c'est concordant.
Merci.
Le Président
(M. Reid) : Merci. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui, bien, dans le fond, l'amendement, c'est un amendement de concordance, je
vois ça de même, de concordance. Et puis, oui, un peu comme le député de
Rimouski, c'est vrai que le ministre se donne plus de pouvoirs. En même temps, des fois, on peut accuser
un ministre de ne pas faire des choses, mais en même temps, quand tu regardes la loi, ça le bloque, alors c'est un
peu, comme on dit, l'envers de la médaille.
Est-ce qu'on est pour, contre? Bien, c'est ça, c'est un choix. Moi, je ne suis pas contre ça. Je pense
que, justement, je suis plus pour donner un pouvoir supplémentaire au ministre, mais par contre il faut quand même
s'efforcer de toujours... Par contre, il ne faut pas que le ministre
se cache derrière les règlements, mais par contre il a un pouvoir supplémentaire
de pouvoir modifier des cas particuliers sans réouvrir la loi chaque fois, ça
fait que c'est un plus aussi à ce moment-là.
Le Président
(M. Reid) : Merci. Oui, M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Le député de Drummond a un peu raison, à quoi ça sert d'avoir des lois quand on
peut gérer par règlements? Mais, de
toute façon, on est à cinq mois des élections,
les règlements, on verra ce que ça donnera pour la suite
des choses.
Président (M. Reid) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Est-ce que
l'amendement à l'article 133.2 est adopté?
Le Président (M. Reid) :
Est-ce que l'article 133.2, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Reid) : Nous allons passer maintenant au deuxième paragraphe, qui est celui de l'article 133.3.
M. le ministre, je vous laisse le présenter.
M. Blais : Oui, 133.3... Je
suis à 133 ici, donc je vais un peu plus loin... J'y arrive.
Alors :
«133.3.
Malgré toute disposition contraire, le gouvernement peut, sur
recommandation conjointe du ministre de
l'Emploi et de la Solidarité sociale et du ministre de la Santé et des Services
sociaux, prévoir, par règlement, dans quels cas et de quelle manière le montant d'allocation de dépenses
personnelles visé au deuxième alinéa de l'article 512 de la
Loi sur
les services de santé et les services sociaux ou à l'article 161 de la Loi
sur les services de santé et les services sociaux
pour les autochtones cris peut être augmenté à l'égard d'une personne qui
reçoit une aide financière accordée dans le cadre du Programme de
solidarité sociale ou du Programme de revenu de base.»
L'article 133.3 confère au gouvernement un
nouveau pouvoir réglementaire relativement à des personnes hébergées de qui une contribution peut être exigée et à qui, de ce fait, une allocation de dépenses
personnelles est accordée.
Un tel règlement prévoira les cas ou la manière
dont le montant de l'allocation de dépenses personnelles visé ici pourra être augmenté à l'égard d'une personne
qui reçoit une aide financière accordée dans le cadre du Programme de
solidarité sociale ou du Programme de revenu de base.
Donc, hein, vous vous souvenez de la situation,
elle avait fait un peu les manchettes, donc les personnes en hébergement doivent participer au coût de leur
hébergement, c'est largement accepté et nécessaire, même. Et là, comme
on augmentait de façon importante en février dernier puis on a encore
l'intention de continuer à augmenter les personnes
qui sont admissibles au revenu de base, il s'agissait de savoir, bon, comment
on traite ces nouveaux revenus là dans la contribution, là, pour
hébergement. Donc, il faut avoir une modification, là, législative pour dire
que des arrangements peuvent être faits pour
tenir compte de cette situation-là avec le ministre de la Santé. Et nous, on
avait eu des discussions là-dessus
avec les organismes de défense des droits des personnes handicapées, qui
comprennent bien le principe de la participation selon notre capacité
financière, mais en même temps qui nous ont demandé : On ne pourrait pas, quand même, leur laisser au moins
une
partie de leur augmentation? Et ce qu'on a aussi accepté. Donc, on s'est entendus avec eux pour qu'ils puissent avoir
une partie, donc avec eux et avec le ministère de la Santé parce que ça
change aussi les règles pour les autres personnes. Voilà.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il des
interventions sur l'article 133.3? M. le député de Rimouski.
M. LeBel : Je comprends, là,
c'est le fameux cas où l'augmentation qui était donnée à la solidarité sociale
ou à l'aide sociale, la petite augmentation
que les gens avaient était refilée à l'hébergement, ça fait que la personne ne
recevait pas le montant que vous vouliez
donner, ça allait à l'hébergement. Je comprends que par ça vous allez pouvoir
faire en sorte, s'il y a des cas de
même, d'augmenter un peu le montant qui est octroyé à la personne pour que,
mettons, ce 50 $ — ou on parlait de
73 $ — reste à
la personne. C'est une façon de se sortir de cette situation-là. Merci, c'est
une bonne... c'est une avancée.
Le Président (M. Reid) :
Merci beaucoup. Y a-t-il d'autres interventions? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui, M. le Président. On entend des exemples, souvent, des personnes, là, qui
ont des handicaps physiques, qui ont,
tu sais, des dépenses supplémentaires parce que... pour leur chaise roulante ou
x, que ce soit au niveau médical... Des
fois, ces gens-là vont recevoir une aide quelconque. Est-ce qu'à ce
moment-là... Cette aide-là qui est pour, justement, son bien-être à lui parce que lui-même ne pourrait pas se
l'offrir, à ce moment-là, est-ce que cette aide-là, qu'elle soit d'ordre financier ou autre, va être calculée
au niveau de la prestation ou, étant donné que c'est pour son bien-être à lui,
là, il n'en tire pas des bénéfices financiers, là, tu sais, il ne se met
pas cet argent-là dans ses poches... On pourra parler, admettons, de médicaments qui ne sont pas couverts par la RAMQ,
admettons, puis quelqu'un, un bon samaritain, lui paie ses médicaments.
À ce moment-là, est-ce que cette personne-là serait coupée au niveau de sa
prestation?
M. Blais :
Bien, il y a deux choses que j'ai entendues. Donc, il y a les prestations
spéciales, généralement, qui sont
validées, je crois, par le ministère de la Santé, là, à moins que je me trompe,
là, mais une liste de prestations spéciales qui est assez longue, là. D'ailleurs, on a eu des représentations de la
Chambre des notaires pour la simplifier, je ne sais pas si vous vous souvenez un peu de ça. Donc, ça,
c'est une opération plus administrative. Donc, ça, il n'y a rien qui est
déductible, ils continuent à y avoir pleinement droit.
Mais l'autre
partie de votre exemple, c'était
que la personne recevait un cadeau ou...
M. Schneeberger :
Non, pas simplement un cadeau, là, ce n'est pas comme un cadeau, c'est vraiment
une aide qui peut venir d'une personne, peu importe.
M. Blais :
Une aide récurrente?
M. Schneeberger :
Une aide récurrente ou une aide dans une seule somme d'argent pour, justement,
son bien-être parce que, je ne sais pas,
cette personne-là aurait un fauteuil roulant électrique, ou peu importe, là, tu
sais. Je n'ai pas de cas précis, mais
des fois on a vu que, finalement, la personne, malheureusement, s'est fait
couper par... ça fait que, tu sais,
on veut aider une personne, finalement on ne l'aide pas vraiment parce qu'il
retombe au même point qu'il était, là, ça fait que ça n'a pas changé la
donne.
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Blais :
Donc, je pense qu'on parle de dons. Est-ce qu'on parle de dons? Parce que, bon,
tout ce qui est prestation spéciale, ça, c'est reconnu, donc ils ne
seront pas pénalisés pour ça. Donc, il reste...
M. Schneeberger :
...parfait.
M. Blais :
Oui, oui, ils ne seront pas pénalisés pour ça. Ça, on a eu des représentations,
vous comprenez, assez fortes pour ça.
Donc, dans le cas des dons, dans notre projet, là... dans notre plan pour
l'inclusion économique et sociale, on accorde une exclusion de
100 $ pour, à la fois, les personnes à la solidarité sociale, mais même à
la...
M. Blais :
...et à l'aide sociale, à tout le monde. Donc, on est plus...
M. Blais :
Oui, c'est ça. Donc, à tout le monde, il y a une exclusion d'une valeur de
100 $ de dons par mois qu'ils peuvent
recevoir sans être pénalisés, que ce soit une personne à l'aide sociale, que ce
soit une personne à Objectif emploi peut-être, à la solidarité sociale,
et, bien sûr, on va introduire aussi le revenu de base.
M. Schneeberger :
Mais est-ce que ça ne pourrait pas être comptabilisé dans le
500 000 $, ça, ou c'est différent?
M. Blais :
Ce n'est pas vraiment un actif, hein?
M. Schneeberger :
Bien, tu sais, tu reçois... recevoir 100 000 $ en héritage ou
recevoir 1 000 $ par quelqu'un, c'est de l'argent quand même,
M. Blais :
Bien, oui, si c'est... Oui, si c'est ça, l'exemple, oui, là. Si ça va... oui.
Ça dépend de... Je ne sais pas, moi, si c'est — j'essaie
de penser, là — une
association caritative, les clubs Rotary qui donnent un véhicule adapté à
quelqu'un...
M. Schneeberger :
Oui, c'est un très bon cas.
M. Blais :
C'est ce genre de chose là. Alors, si c'était le cas d'un véhicule adapté d'une
valeur de 35 000 $, 40 000 $, comment on le comptabilise?
Est-ce qu'on le comptabilise dans les actifs?
M. Blais :
Dans le 500 000 $. Voilà.
M. Schneeberger :
O.K. Bon, c'est bon. C'est bien, ça répond pas mal à ma question, M. le
Président.
Président (M. Reid) : D'accord. Merci beaucoup. Y a-t-il
d'autres interventions pour cet
article 133.3? Alors,
l'article 133.3 est-il adopté?
Le Président
(M. Reid) : Alors, de la même façon que pour
l'article 14, nous devons maintenant adopter l'article 19, qui
comprend ces deux articles-là qui ont été amendés. Donc, l'article 19, tel
qu'amendé, est-il adopté?
Le Président
(M. Reid) : Adopté. Nous avons terminé le bloc n° 1.
Nous allons passer maintenant...
Le Président (M. Reid) :
Pardon?
Président (M. Reid) : Ah! excusez. Dans le bloc 1,
oui, effectivement, il y a l'article 4 qui a été suspendu. Est-ce
qu'on veut y revenir maintenant ou plus tard?
M. Blais : C'est l'article sur
l'individualisation, hein?
M. Blais : Ah! bien, oui, moi,
j'aimerais bien y revenir, M. le Président.
Le Président (M. Reid) :
Alors, je vous donne la parole, M. le ministre.
M. Blais :
Alors, j'essaie de voir... parce que moi, je pense qu'on a répondu à la
préoccupation des collègues avec la
modification que j'ai apportée, je crois. C'est sûr que nous, bien, on aurait
bien gardé l'individualisation, je pense que c'est une bonne chose. Donc, on comprend que ça ne touche pas tout le
monde immédiatement, mais que c'est une bonne direction. Alors, si possible, on aimerait, oui, effectivement le
conserver, ce principe-là. Puis là notre collègue nous avait donné un contre-exemple peut-être. Là, on a
peut-être trouvé une façon d'assouplir pour introduire des cas particuliers,
là, si un jour on veut les faire reconnaître, ces cas particuliers là.
Président (M. Reid) : Alors, je comprends que j'ai le consentement
pour revenir à l'étude de l'article 4. Alors, est-ce que j'ai des
interventions sur l'article 4? M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Oui, c'est peut-être de remettre dans le contexte, ça fait déjà quelques jours,
là, c'est parce que, cet article-là,
on s'apercevait que quelqu'un... avec les règlements de la solidarité sociale,
il y avait des gens qui pouvaient éventuellement espérer bénéficier d'un
revenu de base, mais, comme il avait un conjoint ou une conjointe qui gagnait 22 000 $ par année, il n'était
pas éligible à la solidarité sociale, ça fait qu'il ne pouvait jamais espérer
arriver au revenu de base. L'amendement que le ministre a amené tantôt
permet, par règlement, là, de répondre à chacun de ces cas-là, éventuellement,
par règlement. Ça fait qu'effectivement, je pense, là, il y a une réponse à ça.
Mais je fais
juste rappeler que la meilleure réponse, ce serait de permettre à la solidarité
sociale d'avoir une aide individualisée aussi, mais ce que je comprends,
c'est que le ministre ne veut pas aller vers là. Mais ceux qui sont à la solidarité sociale, qui ont des contraintes, dans
la loi actuelle, même avec le règlement, ils devront quand même passer cinq ou six ans, cinq ans et demi à la solidarité
sociale, avec les règles de la solidarité sociale, c'est-à-dire ne pas avoir
de conjoint qui gagne au-delà de 21 000 $, 22 000 $. Ces
règles-là vont toujours exister pareil. Le délai de carence, que certains appellent purgatoire mais que le ministre
n'aime pas qu'on appelle purgatoire, il reste, il demeure là. Je fais juste
rappeler au président que j'avais amené un
amendement à l'article 4 qui faisait en sorte d'intégrer cette
individualisation de l'aide, de
l'intégrer aussi au Programme de solidarité sociale. Ça fait qu'il y avait cet
amendement-là qui est là toujours.
Président (M. Reid) : Alors, c'est qu'en fait nous sommes
en train d'étudier votre amendement, M. le député de Rimouski. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur cet amendement? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Bien, regardez, moi, ce que je veux, ce qui est important, parce qu'on parle...
l'article 4, c'est vraiment la base, là, c'est que des personnes...
et là je vais prendre le cas, là, spécifique que... j'en ai même parlé la
semaine passée. Il y a une personne qui avait de la solidarité sociale parce
que la personne a un cancer, O.K., et cette personne-là
tombe en amour avec une femme — alors, moi, je parle d'un gars, on va être
clairs — et sa
conjointe tombe enceinte, et là ils décident de faire ménage ensemble.
Automatiquement, cette personne-là s'est fait couper son revenu de solidarité sociale parce que, là, il tombe à la
charge de la personne qui habite avec. Alors, ce que ça crée, c'est que, là,
il y avait une personne qui avait... on peut
dire, qualifiée de pauvre — on s'entend, quand on a de la solidarité, on n'est pas riche — ce que ça fait en sorte que, quand une
personne gagne un revenu bas, bien là, on se retrouve avec deux personnes
qui sont pauvres, et voire trois parce
qu'ils ont un enfant ensemble. Alors, moi, ce que je trouve là, ça, c'est
totalement injuste parce que cette
personne-là, elle avait le droit à la solidarité sociale quand il habitait...
je ne veux pas le dire, mais quand...
on va parler... en tout cas, je vais parler de la personne, je ne ferai pas de
masculin ou féminin. Cette personne-là avait le droit à la solidarité
sociale parce qu'il habitait avec sa mère, et la journée qu'il part de chez eux
pour aller habiter avec sa conjointe parce
que sa conjointe est enceinte, on lui coupe la solidarité sociale. Et, sa
conjointe, on ne parle pas d'une personne qui fait un gros revenu, là, on parle
d'une personne qui faisait 35 000 $ de revenus. Ça fait que, là, à
ce moment-là, au lieu d'avoir une personne
que moi, je juge qui est pauvre, là vous créez deux pauvres, et trois avec
parce qu'ils ont un enfant. Est-ce
qu'à ce moment-là, par règlement, on peut modifier ces règlements-là? C'est parce que ça, pour
moi, là, c'est un non-sens, c'est une injustice.
Le Président (M. Reid) :
M. le ministre.
Blais : La réponse, c'est
oui, mais il faut être conscient... il faut l'analyser,
je pense, un petit peu, là, un peu plus profondément parce que ça peut impliquer beaucoup
d'autres personnes que cette personne-là, vous comprenez bien, hein,
c'est beaucoup d'autres personnes.
Nous, on a
regardé, là, puis ça n'a l'air de rien, donc, l'idée... bon, il reste seulement,
hein... que tous les gens à la solidarité
sociale soient individualisés, on a regardé ce que ça pourrait représenter
comme coûts, puis il faut comprendre que cette individualisation aura comme
impact d'amener des cas comme celui-là et plusieurs autres cas. Donc, l'évaluation, là, qui est faite, c'est qu'il
y aurait à peu près
65 000 personnes de plus qui auraient
droit au revenu de base. Là, on en a
84 000, donc, puis là on parle des plus défavorisés, là, on s'entend
là-dessus que c'est vraiment ceux qui sont les plus défavorisés, il y a eu un
délai de carence, tout ça, et ils sont lourdement handicapés, 84 000 qu'on
hausse. Et donc, à 65 000, donc,
qui n'ont pas droit et qui auraient droit maintenant à 18 000 $, vous
comprenez que, là, mes 84 000 ont déjà droit à quelque chose, on va
augmenter de 40 %.
Mais le coût,
là, est important. Donc, l'évaluation
sommaire, là, qui est faite, c'est autour
de 1,1 milliard pour votre proposition. Moi, je vous invite à
convaincre vos collègues, là, pour la prochaine élection, de mettre ça dans
votre plateforme. On pourra comparer nos
chiffres et voir si c'est bien votre priorité, parce qu'il faut comprendre que,
dans votre proposition... puis ce
n'est pas un argument contre l'individualisation, mais c'est pour comprendre
que l'individualisation ne sort pas
nécessairement toujours des gens de pauvreté, là. On a un exemple qui est
contraire, mais l'individualisation est
une bonne chose du point de vue de la liberté des êtres humains de... mais, si
vous voulez les sortir de la pauvreté, bien, l'individualisation ne devrait pas être la priorité. Il y a d'autres
choses que ce que l'on fait là, là, qui est plus important, donc.
Mais
l'individualisation a des mérites, ça, je le reconnais déjà, mais ça se paie,
donc ce serait autour de 1,1 milliard de dollars. Le Programme revenu de base coûte
1 250 000 000 $, c'est bien ça, sur cinq ans, mais en 2023
le coût est de 384 millions, de
mémoire, à peu près, 384 millions la dernière année pour en arriver au
panier de consommation, alors que la
dernière année il faut rajouter, à ce 384 millions, 1,1 milliard de
dollars. Mais ça se fait, puis il faut regarder ça avec vos collègues,
là, pour la prochaine campagne électorale.
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le député de Rimouski.
M. LeBel : Le ministre est très
intéressé par mes collègues, mais...
M. LeBel : Ah! c'est bien correct, on va sûrement
en parler, puis j'invite aussi le
député de Drummond à y réfléchir. Quand j'ai amené
ça, c'est parce qu'on voit que passer de la solidarité sociale au revenu de
base, ça crée certaines problématiques. Le cas que le député de Drummond a
amené, on le connaît aussi, là, on sait exactement c'est qui, la personne. Effectivement, ça amène un problème. Je
pense que l'amendement que le ministre a proposé pourrait régler ce cas-là en particulier comme d'autres cas qui
existent comme ça. Mais ça n'enlève pas le fait que, quand j'ai amené ça, c'est l'histoire du délai, là, de cinq à six
ans, c'est ça qui cause un gros problème. Quand tu es à la solidarité sociale
puis tu es... Parce que, quand tu es à la
solidarité sociale, il faut comprendre, là, tu as des contraintes sévères à
l'emploi pour arriver là, puis tu
n'arrives pas à la solidarité sociale facile, là. Juste de passer de l'aide
sociale à la solidarité sociale, c'est
compliqué. Surtout quand c'est des problèmes de santé mentale, c'est encore
plus compliqué de faire reconnaître que tu as des contraintes sévères. Ça fait que, tu sais, c'est un système
qui est hypercompliqué puis qui n'est pas très humain, des fois, souvent. Et là on dit : Passer de
l'aide sociale à solidarité sociale, c'est compliqué, là on reconnaît que tu
n'es pas capable de travailler, et là
on dit : Tu n'es pas capable de travailler, mais pour être bien, bien,
bien sûrs de te sortir de la
pauvreté, on va te laisser dans ta misère pendant au moins cinq ans et demi,
puis là, après cinq ans et demi, bien là, on est sûrs que tu ne pourras
pas travailler, et là tu pourras avoir un revenu décent.
Moi, c'est ça
que je ne trouve pas acceptable. Pourquoi? Pourquoi on passe par là? Quand tu
as des contraintes sévères, puis
c'est reconnu par le médecin, puis c'est reconnu, puis là tu es à la solidarité
sociale, tu ne peux pas travailler, puis
là il faut que tu te tapes tous les règlements de l'aide sociale qui fait que
tu ne peux pas avoir un chum ou une blonde puis tu ne peux pas avoir une vie de couple, il faut que tu restes séparé. Puis là tu dis : Moi, je vais
rester séparé cinq ans, là, je vais regarder l'heure, là, puis, dans
cinq ans, je vais être capable d'avoir une blonde parce que je vais avoir... C'est des affaires que je trouve qui n'est pas...
Ce n'est pas équitable puis ça ne marche pas, ça fait que c'est pour ça que
j'ai amené l'idée de... tant qu'à faire, on
intègre les gens. Je peux comprendre les montants, ce que ça peut donner, mais
il faut voir les personnes aussi là-dedans.
Tu sais, le ministre
dit : Moi, je vais en sortir 84 000
de la pauvreté, mais il y en a 800 000. Tu sais, c'est bon, 84 000, mais j'essaie de ne pas oublier les
autres, moi, là, là, qui vont être encore dans la pauvreté puis qui ne sont pas
capables de travailler pour s'en sortir, là.
Ça fait que c'est dans ce sens-là que j'ai amené l'amendement; c'est que le
ministre est peut-être de bonne volonté de sortir les 84 000 puis
de les amener à un programme qui est un peu plus humain, mais il les laisse
poireauter pendant cinq à six ans dans la pauvreté à la solidarité sociale.
C'est ce que je ne trouve pas...
S'il me disait : Le délai de purgatoire, le
délai de carence pourrait être un peu plus court, bon, peut-être qu'on pourrait
regarder, mais il ne semble pas aller vers là. Ça fait que moi, je lui donne le
signal comme de quoi que je trouve que ce
n'est pas normal d'attendre cinq ans et demi, six ans pour être reconnu
contraintes sévères puis de dire : Il faut que tu restes dans ta misère cinq ans et
demi avant que je te reconnaisse. Ça fait que c'est ce bout-là qui me choque
un peu qui fait en sorte que j'amène cet amendement-là.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Nous en sommes à l'étude encore de l'amendement. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'amendement?
M. Blais :
C'est un débat de fond, là. Il y a plusieurs choses dans ce que le collègue a
dit. Tout d'abord, sa proposition,
là, bon, il y a 1,1 milliard, il le mettra dans sa plateforme électorale.
Ça, c'est tout à fait correct qu'il le fasse, mais la sortie de pauvreté ne serait pas nécessairement énorme. On a des
cas, là, mais il y aurait des cas où il n'y a pas de sortie de pauvreté parce que les gens ne
sont... largement au-dessus des seuils de pauvreté, ils recevraient quand même
18 000 $, alors que, là, nous, ce que l'on fait, c'est vraiment des
gens qui sont dans le piège de la pauvreté.
Quand il
dit : Ce n'est pas acceptable qu'il y ait un délai de carence, je le
rappelle, là, hein, c'est un pas de géant. Tout le monde est venu nous dire en commission parlementaire :
C'est un pas de géant, là. Moi, j'en ai rencontré hier, des polyhandicapés, là, de 24 ans, là. Bien, eux
autres, du jour au lendemain, là, leur famille, parce que, dans ce cas-là, ça
va être leur famille qui va gérer ces
sommes-là... mais c'est énorme, ce que l'on fait, c'est un pas de géant. Il
faut l'apprécier, ça. Il faut apprécier le progrès quand il se passe.
S'il veut
aller plus loin... Nous, on va aller plus loin, on l'a déjà dit aux... on est
prêts à aller plus loin, pardon, on
l'a dit aux organismes de défense des droits des personnes handicapées, de deux
façons, hein : premièrement, on va regarder s'il y a des catégories pour lesquelles on pourrait bouger,
puis on est honnêtes là-dedans, puis on veut regarder ça avec eux — ça se
calcule, on va le calculer — et
aujourd'hui j'ai apporté aussi un amendement qui permet à un gouvernement, le vôtre, si jamais il est... ou le
vôtre, hein, de regarder ça puis dire : Nous, on va entrer, on va faire
un... on va intégrer les gens plus
rapidement. Moi, je n'ai aucun problème avec ça, qu'on me place ça dans des
plateformes politiques. C'est là pour
ça, des élections, pour que les gens prennent des engagements. Si vous voulez
aller dans cette direction-là, moi,
je vous donne à peu près le coût et, je répète, la sortie de pauvreté est moins
importante. À l'oeil, là, à la limite,
on pourrait essayer de faire un calcul très indirect, qu'est-ce que l'on fait,
nous, parce que nous, on va chercher ceux qui sont vraiment les plus mal
pris, qui sont tous en dessous des seuils de pauvreté, on les sort, alors que
votre proposition fait avancer le principe d'individualisation, mais ne fait pas
avancer la sortie de pauvreté.
Le Président (M. Reid) :
M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Vous savez, on est à quelques mois de la campagne électorale. J'ai compris,
quand on a accueilli les... Quand on a fait la consultation, j'avais compris,
par les groupes qui représentent les personnes handicapées, que ce projet
de loi là, pour eux, c'était une avancée, et j'en conviens aussi, ça fait que
je travaille sur le projet de loi d'une façon constructive
pour essayer d'améliorer puis d'essayer de sortir les cas qui sont... que c'est
incongru, là, tu sais que ce n'est pas...
Je ne fais
pas de politique partisane et je ne m'enligne pas sur la campagne, mais le
ministre me relance à chaque fois
là-dessus. Puis, s'il veut le faire, bien, ça va me permettre d'ouvrir un peu.
Je vais vous dire, depuis quatre ans, là, par rapport à la lutte à la
pauvreté, là, le bulletin du gouvernement, là, je ne lui donnerais pas un gros,
gros, gros chiffre. Tu sais, quand on a
coupé dans les centres de la petite enfance un peu partout puis, à la dernière
minute, à cinq, six mois de l'élection, on décide qu'on ouvre les vannes
puis qu'on permet la création de places en centre de la petite enfance, je vais vous dire, les années où les
projets brettaient parce qu'on n'avait pas d'argent puis que les règles étaient
trop sévères pour créer des places en
garderie, bien... en CPE, on n'aidait pas à lutter contre la pauvreté. On a
laissé des enfants encore sans
service de garde puis avec des coûts exorbitants. Ça, ce n'était pas une façon
de lutter contre la pauvreté.
Quand on a
coupé dans l'éducation puis qu'on a coupé dans les services aux jeunes
décrocheurs, je vais vous dire, je ne
suis pas sûr qu'on luttait contre la pauvreté. Quand on a fait ça pendant des
années, puis qu'on arrive aujourd'hui, puis
on dit que l'éducation, c'est une priorité à trois, quatre mois de l'élection,
pas sûr que c'est une maudite bonne
affaire non plus.
Quand on a
coupé dans le logement social puis on fait en sorte qu'entre autres dans le
milieu rural les aînés sont isolés,
qu'ils n'ont pas de transport collectif, qu'ils sont isolés puis qu'ils, de plus en plus, vivent eux autres mêmes, les aînés, la pauvreté, pas sûr qu'on
a travaillé fort pour lutter contre la pauvreté.
Tu sais,
pendant deux ans, on a attendu de voir le plan de lutte à la pauvreté. Pendant
deux ans, on a attendu, on n'a rien
eu, puis on arrive avec un plan qu'on met... on n'appelle même plus ça lutte à
la pauvreté, puis en plus on colle à
ça un programme Objectif emploi qui est baisé... — qui
est baisé! — qui est basé sur le fait que les gens, il faut qu'ils s'aident eux autres mêmes puis que, s'ils ne s'aident pas, on va leur
couper l'aide sociale pour les amener à 400 $
par mois. Je ne suis pas sûr qu'on a lutté contre la pauvreté.
Ça fait que, quand on aura à faire un bilan, en campagne
électorale, sur qui a un projet social qui est plus proche... Puis là je ne parle pas, là, des coupures dans les groupes communautaires et je ne parle pas du préjugé qu'on a envers les groupes communautaires, là. Je
pourrais rappeler le ministre des
Finances, qui disait qu'on est bien
mieux de faire faire par les groupes communautaires, ils font ce qu'on ne fait plus à meilleur
marché, puis c'est exactement, à peu
près, ce qu'il a dit. Ça fait que, quand on parlera de ça en campagne électorale, on en parlera, de ça en campagne
électorale. Pour l'instant, on essaie d'améliorer un projet de loi, puis
je vais continuer à travailler comme ça. Merci.
Président (M. Reid) : Alors, je vous rappelle que nous sommes à l'étude de l'article
4 et nous étudions un amendement déposé par le député de Rimouski. Est-ce
qu'il y a encore des interventions sur cet amendement? Cet amendement est-il adopté?
Le Président (M. Reid) :
L'amendement est rejeté. Nous allons donc revenir à l'étude de l'article 4
original. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 4? M. le député
de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui, alors, cet article-là, on parle vraiment d'accessibilité à la solidarité
sociale, et puis le ministre... Et là je ne parle même d'avoir un revenu de
base, je parle d'avoir accessibilité à la solidarité sociale. Et je reviens avec mon cas, et, vous le connaissez, M. le ministre, ce cas-là a été présenté... je sais qu'il vous a été présenté, vous
avez des adjoints qui travaillent
avec vous qui ont vu ces personnes-là. Une personne qui a une maladie qui est
incurable — je
parle ici... cette personne-là a un cancer
du cerveau — qui habite avec sa mère, qui avait droit à
la solidarité sociale, je veux le
dire comme ça, cette personne-là a eu le malheur de tomber en amour avec une
femme, a eu le malheur que sa femme, sa conjointe tombe enceinte, et là,
comme sont toutes personnes générales, bien, s'en va rester avec elle, rester ensemble, et là se fait couper l'aide au
complet. Cette personne-là a 150 $ de médicaments à payer qui ne sont pas
couverts par la RAMQ par semaine et il
reçoit zéro, aucune aide nulle part parce que, malheureusement, son cas est
tombé entre les mailles du filet.
Vous avez vu cette personne-là, et la seule chose qui a été dite, c'est que
c'est les règlements, on ne peut rien
faire. Et on lui a même dit : Regardez, la seule chose qu'il vous reste à
faire, c'est... séparez-vous de votre conjointe,
restez tout seul. Wow! Bien, c'est super, ça. Moi, ce n'est pas de même que je
vois ça, la vie. Et ça, M. le ministre, ne venez pas me dire que ça
coûte 1 milliard de dollars par année.
Alors, si
maintenant, avec les règlements actuels, même le ministre, M. le Président, ne
peut rien faire dans des cas comme ça, à ce moment-là, bien, il faut changer
les règlements. Et on est ici pour le faire, soit par règlement ou on va
amener un amendement sur l'article,
que ces gens-là puissent avoir accessibilité. Je parle de la solidarité, là, je ne parle
même pas du revenu de base, là, parce que
vous savez très bien qu'avec... la sous-ministre l'a dit, de toute manière, le revenu de base, il faut
avoir eu accès à la solidarité. Je ne parle pas du revenu de base, qu'au moins
ces gens-là aient un revenu minimum.
Et je parle des personnes où est-ce
qu'il y a un conjoint qui gagne un
salaire bas, je ne parle pas d'une personne...
Je vous l'ai dit, fiscalement — je
n'ai pas les notions, j'ai mis un recherchiste là-dessus ce matin, là — une
personne, de toute manière, qui fait un
gros salaire n'a même pas avantage à avoir son conjoint sur la solidarité
sociale, il est mieux de l'avoir comme personne à charge parce qu'il va
sauver de l'impôt beaucoup plus.
Ça fait que qu'est-ce qu'à ce moment-là on pourrait... Si le ministre
ne veut pas amener un amendement, qu'au
niveau des règlements
il vienne changer ça puis qu'on augmente le niveau de salaire pour que ces personnes-là,
quand même, aient un revenu minimum,
là. On ne parle pas de milliers de cas, là, mais ces gens-là, malheureusement, ils n'ont pas de régime
d'invalidité, rien, parce que ce jeune-là n'avait pas travaillé six mois. Ça
fait qu'il tombe dans... il a passé toutes
les mailles du filet puis il se retrouve vraiment, on peut dire, dans
le fossé. Puis moi, je ne trouve pas ça acceptable qu'une mère de famille retourne au travail pour
pouvoir payer ses médicaments et puis qu'il s'organise des chaînes de
vie pour pouvoir le faire vivre. C'est ça, la réalité, M. le Président.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs...
M. Schneeberger : Ça fait que, ça, on peut toujours
modifier ça, là. Parce que c'est sûr que moi... ça va très bien,
là, on a dit qu'on l'accepterait, le projet de loi, mais ce n'est pas
vrai que je vais lâcher ce morceau-là. Ce n'est pas... Il n'y en a pas des milliers, de cas de même, mais au moins ces
cas-là... Parce que vous l'avez vu, puis vous lui avez dit qu'il n'y avait rien à faire, puis c'étaient les règlements,
puis je comprends ça. À ce moment-là, est-ce que, maintenant, on peut les
modifier pour que des cas de même, au moins, on ne les laisse pas dans la rue,
M. Blais : Donc, je ne peux pas
vous donner une réponse si... est-ce que c'est seulement un changement réglementaire ou un changement de la loi de la solidarité sociale. À mon avis,
c'est la loi, hein, qui serait touchée autant que les règlements.
Premier élément.
Deuxième...
pour préciser un peu le cadre de l'échange actuel, c'est des dossiers...
disons, ce type de dossier là fait
partie
du mandat que l'on a donné. Donc, je le lis, le mandat. Le mandat du comité
qu'on a formé, là, avec les organismes de
défense des personnes handicapées, donc, qui ont le même, je pense, intérêt,
sinon, hein, que le vôtre, là, c'est «d'évaluer la possibilité de
permettre à certaines catégories de clientèle de bénéficier d'une admissibilité
plus rapide au Programme de revenu de base ainsi qu'au Programme
de solidarité sociale». D'accord? Le comité conjoint aura à proposer au gouvernement
du Québec des recommandations permettant de faire évoluer le Programme de revenu de base,
donc, aussi de solidarité sociale.
Alors, si on en vient à des exemples comme
celui-là... Parce que, dans le fond, ce qui pourrait être fait, théoriquement,
là — il
faudrait voir par quel véhicule on transporte — on pourrait dire : On
fait une individualisation partielle pour
tenir compte des revenus du conjoint, mais, quand c'est des revenus qui sont
trop faibles, à ce moment-là, on devrait pouvoir leur donner un montant
d'argent. C'est des choses qui pourraient être faites. Bon, ce n'est pas dans
le projet
de loi actuel, ça ne peut pas être
dans le projet de loi actuel, il faudrait que ce soit évalué au niveau
des coûts, il faudrait voir combien
de personnes qui pourraient être dans cette situation-là,
hein? Donc, on pourrait dire qu'en ce moment le... En ce moment, on est régis par le Code civil.
Le Code civil rappelle que, bon, les conjoints, les époux ont
des obligations mutuelles.
Ça, c'est le principe de notre Code
civil qui est enchâssé dans la loi
elle-même. Si on veut lever ce principe-là partiellement, bon, je suppose que ce serait possible si on voulait
avoir une discussion là-dessus. Tout est possible, hein, tout est possible. Ce sera au comité de voir s'ils
veulent aller dans cette direction-là, s'ils considèrent que ce dossier-là est plus urgent que
d'autres auxquels je pense, moi, personnellement, parce que moi aussi, j'ai des cas dans ma tête,
disons, qui pourraient peut-être progresser autrement, là, donc, mais
c'est théoriquement possible.
C'est très important
comme modification. Les coûts... pas pour une personne, mais les coûts
pourraient être extrêmement importants. Je suis allé vérifier la proposition,
là, de notre collègue, là, puis on a chiffré autour de 1 milliard, un peu plus de 1 milliard de dollars en
2023, récurrent par la suite, hein, à chaque année, là, 1,1 milliard de plus par année et pas seulement une seule fois. Le type de proposition que vous faites, là, c'est pensable, ça peut être de décider, par
exemple, d'étirer le délai. Aujourd'hui, c'est après un an, je pense, que la personne
est considérée comme à charge, entre guillemets, ça pourrait être deux
ans, ça pourrait trois ans, ça pourrait être cinq ans. C'est des solutions
possibles, il faut seulement évaluer les coûts puis décider de nos priorités en
termes de sortie de pauvreté.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Rimouski.
M. LeBel : J'aimerais ça que le ministre
me dépose son calcul du milliard, s'il était capable de me le faire, de
me le déposer, les coûts, ce serait intéressant.
Moi,
j'ai l'impression — puis là je vais venir en aide au
ministre — que
leur... tu sais, on se complique beaucoup les affaires dans le Programme d'aide sociale, là. Tout devient
compliqué assez vite, là. Puis nous autres, on trouve ça compliqué
icitte, ça fait qu'imaginez, souvent, les gens sur le terrain, c'est encore
pire.
L'amendement
que le ministre a amené tantôt, je le relis, là, l'amendement qu'il a amené à
l'article 83.17, là, tu sais, il
dit : «Malgré le premier alinéa, une personne est aussi admissible au
Programme de revenu de base lorsque, dans les cas et aux conditions
prévus par règlement, elle présente des contraintes sévères à l'emploi qui
devraient vraisemblablement l'empêcher
d'acquérir son autonomie économique de façon permanente ou indéfinie.» Moi,
quand je lis ça, là, pour moi, là,
c'est un gain, là, tu sais, ici. On a soulevé la problématique la semaine
passée, le ministre a fait ses devoirs, il est arrivé avec ça, c'est un
gain. Moi, je le considère comme ça, je trouve qu'on a bien travaillé.
ça, je trouve que ça répond au cas que le député de Drummond amène, que je
connais bien aussi, parce que, dans ce cas-là, le ministre pourrait dire :
Tu n'étais pas admissible à la solidarité sociale parce que tu as un conjoint
de... mais on considère que ton état économique,
ton intégration à l'emploi... on considère différentes choses. Ça va être dans
le règlement, il y aura des... on considère
que tu peux faire
partie du revenu de base, tu peux intégrer le revenu de base
puis tu pourrais même l'intégrer avant le délai.
Le ministre a ouvert un peu là-dessus tantôt. Ça fait que moi, je pense que
l'amendement qui est là répond à des cas comme ça. C'est ça que j'ai compris
tantôt, à moins que je me sois trompé.
M. Blais :
Et il répond parfaitement à notre capacité de changer la loi, hein, par
règlement. Mais là maintenant, mon
collègue a une préoccupation, hein, par rapport à un cas particulier, vous en
avez une autre par rapport à l'individualisation,
je peux en avoir aussi, donc, mais on sait qu'on va pouvoir procéder sans
revenir à des changements législatifs,
mais simplement par règlement, ce qui est quand même beaucoup plus facile.
Donc, on n'est plus dans le même carcan, là, que ce que vous avez
pressenti la semaine dernière.
M. LeBel :
Mais faisons simple, là, pas en bleuet, là, faisons simple, intelligent. La...
Le Président
(M. Reid) : Bleuet? Attention, on vient du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
M. LeBel :
Non, non, mais parce qu'on dit «on fait simple», c'est moins bon, là, mais
faisons...
Ce cas-là, à mon
avis, par le règlement que vous avez amené, ce cas-là, vous pouvez l'étudier,
on peut vous l'amener. Les gens peuvent
faire la demande, et vous pouvez l'étudier et convenir que cette personne-là
pourrait avoir le revenu de base. Vous pouvez, ça, par ce règlement-là,
c'est ce que j'ai compris.
Parce
que je le connais, le cas, là, puis effectivement ce n'est pas correct, là, la
personne, sa conjointe gagne... exactement
comme le député de Drummond a amené, là, la conjointe gagne une trentaine de
mille par année, ils ont un bébé.
Lui, là, actuellement, avec votre projet de loi, là, sans l'amendement, il
était mieux de se séparer de sa conjointe, aller à la solidarité sociale, attendre cinq ans et demi, et revenir au
revenu de base, et retrouver sa conjointe. C'était ça, la situation, puis personne n'aurait pu le... Bon,
mais là, par l'amendement, vous lui dites qu'on pourra étudier le cas et lui
permettre d'intégrer le revenu de base sans qu'il se sépare de sa conjointe
puis sans qu'il fasse le délai.
M. Blais :
...des cas, hein, tout simplement parce que la loi ne s'applique pas à des cas
particuliers, mais essayer de... Dans
cet exemple-là, il y a quelque chose comme une intuition, là, qu'il faudrait
essayer de définir comme étant une catégorie.
J'ai essayé de donner un coup de main au collègue, là, mais on a ce qu'il faut
maintenant pour agir, là, puis pour faire des modifications.
M. LeBel :
Je sais bien qu'on ne légifère pas cas par cas, mais il y a des cas qui nous
permettent d'évaluer qu'il n'est
peut-être pas le seul cas, puis qu'il faut répondre à ça, puis, quand on va
répondre à ce cas-là, on pourra répondre à d'autres cas aussi. Et moi,
je conviens... puis c'est ce que j'ai cru du ministre tantôt, puis ce que je
pense, c'est que l'amendement qu'il a amené tantôt permet de répondre à cet
homme-là qui vit des situations difficiles. Merci.
Président (M. Reid) : Merci, M. le député de Rimouski. Y
a-t-il d'autres interventions pour l'article 4? Oui, M. le député de
Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui, M. le Président, regardez, c'est bien simple, des cas de même, là, c'est...
Là, il va rester une minute, mais, en
tout cas... Actuellement, là, cette personne-là, demain matin, elle s'en va
rester avec sa mère, elle va avoir
droit à la solidarité sociale. Il ira voir en cachette sa femme, hein,
traversera la rue, parce que peut-être qu'ils restent voisins, puis il va y avoir droit. Mais, si demain matin il
traverse la rue puis il va rester avec sa femme, il n'y a plus droit. M. le Président, j'aimerais ça savoir, au
cas des finances publiques, ça change quoi. Parce que la réalité, c'est ça, là.
C'est ça, la réalité. Et, avec des
règlements comme ça, vous forcez certaines personnes, malheureusement, qui vont
oeuvrer dans l'illégalité pour survivre. Je parle ici de survie parce
que cette personne-là a zéro.
Président (M. Reid) : M. le député Drummond—Bois-Francs, je me dois de vous interrompre, étant
donné l'heure.
M. Schneeberger :
C'est ça que je disais, il y avait une minute.
Président (M. Reid) :
Alors, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures... jusqu'à la fin
des affaires courantes aujourd'hui. Merci.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Président (M. Hardy) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'économie et du travail reprend
ses travaux.
Je vous
rappelle que le mandat de la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 173, Loi
visant principalement à instaurer un revenu de base pour des personnes qui
présentent des contraintes sévères à l'emploi. Je demande à toutes les personnes dans la salle
de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Lors de la suspension de nos travaux, nous en
étions à l'étude de l'article 4. M. le député de Drummond—Bois-Francs,
la parole est à vous.
M. Schneeberger :
La parole est à moi. Merci, M. le Président. Alors, M. le Président, pour
poursuivre nos discussions, j'ai écouté le
ministre et puis je reviens avec mon cas. Étant donné qu'il y a eu
l'amendement, là, qui vient changer
un peu où est-ce que la loi donne plus de latitude au ministre, est-ce qu'il
peut me dire qu'avec cet amendement sur l'article... je pense, c'était
le 83.17, là, c'est... avec ça, est-ce qu'il peut me dire que des cas comme
j'ai énumérés pourront être réglés soit par projet réglementaire... bien, pas
vraiment projet réglementaire, mais, dans ce cas-ci, admettons, ce serait le ministre lui-même qui pourrait prendre une
décision ou ses adjoints, là, sous-ministres pourront prendre une
décision pour, justement, régler ces cas particuliers?
Ce n'est pas
très nombreux, M. le Président, mais, pour ces gens-là, ça fait toute une
différence entre avoir zéro et avoir
quelques centaines de dollars par mois. Et là on parle peut-être d'un
1 000 $ qu'il avait droit, mais juste parce que, là, il est tombé en
amour avec quelqu'un, ça vient de lui couper. Puis on ne parle pas d'une
personne qui fait 200 000 $ par
année, on parle d'une personne... sa conjointe fait un revenu très régulier,
là, on parle de 30 000 $, 35 000 $, là, c'est en bas
de la moyenne, là. Alors, pourquoi pénaliser des gens comme ça qui sont pris
avec une maladie? Puis, dans ce cas-ci, là,
c'est triste comme ça, mais il faut pouvoir venir en aide à ces gens-là, qui...
Malheureusement, dans ce cas-ci, tu sais,
il a passé à travers toutes les mailles du filet, puis il n'a été retenu à
nulle part, que ce soient les rentes invalidités, assurances, peu importe, là. Alors, on ne peut pas
laisser une personne avec aucun revenu, totalement tributaire d'une
autre personne, ce n'est pas juste, là.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Blais :
Oui, alors, bonjour, M. le Président. Alors, oui, effectivement, là, quand on
relit l'amendement que je vous ai présenté en début de séance un peu plus tôt,
on parle bien de «lorsque [...] elle présente des contraintes sévères à l'emploi — c'est le cas de la personne — qui devraient vraisemblablement l'empêcher
d'acquérir son autonomie économique
de façon permanente ou indéfinie» — je pense que ça serait encore le cas de la
personne — donc, une
personne serait admissible. Encore
faut-il la définir, là, il faut en faire l'analyse et la définir, là, mais
c'est pour ça qu'on a ce type de cas là, que je vous ai proposé puis que
vous avez accepté, tout à l'heure, l'amendement.
M. Schneeberger :
Bien, qu'on soit bien clairs, cette personne, avec le régime actuel, elle est
admissible, parce qu'elle est
admissible si elle habite avec son père, si elle habite avec sa mère, mais à la
minute qu'elle va habiter avec une
conjointe, conjoint — dans ce cas-ci, c'est une conjointe — elle n'y a plus droit. Puis la conjointe n'a
pas... on ne parle pas d'une personne
qui fait 200 000 $ par
année, là. Puis, même ça, la personne qui fait 200 000 $ par année,
elle paie de l'impôt pour
200 000 $, là, ça fait qu'à quelque part elle a le droit. Mais ça,
elle, ce n'est pas le lien, on parle d'une personne... on parle d'une aide de dernier recours. Et, dans ce cas-ci,
c'est vraiment le dernier recours parce qu'il n'y a aucun filet social,
que ce soit de santé, ou peu importe, qui le couvre. Alors, on ne parle pas de
milliards puis de centaines de millions de
dollars de différence, mais pour ces jeunes... bien, je parle d'un jeune parce
qu'il est jeune, là, mais c'est toute
une différence dans la vie, là. Tu sais, ce n'est pas normal qu'une personne
comme ça doive demander 20 $ à
sa conjointe pour aller lui acheter un bouquet de fleurs à sa fête parce qu'il
n'a pas un dollar. Vous comprenez le malaise d'une personne qui est totalement
tributaire d'une autre personne. Tu sais, on ne parle pas d'un enfant, là, on
parle d'une personne adulte qui,
malheureusement, dans ce cas-ci, a une maladie grave puis qui n'est pas
couverte par rien parce qu'elle n'a pas eu le temps de travailler assez
longtemps. Bien, c'est ça, du dernier recours, pour moi.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Blais :
Non, non, je réitère que c'est... ici, même, on va même plus loin que le
collègue parce que ça veut dire que...
bien, je ne sais pas, en tout cas, jusqu'où il est prêt à arrêter, mais
effectivement, si on définit des catégories qui tombent un peu sous ces
intuitions-là, les personnes ont droit au revenu de base, là, ce n'est pas une
partie, un montant, c'est un plein montant,
là. Donc, c'est important comme portée, hein, comme modification, là, qu'on a
apportée au projet de loi.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger : O.K.
Alors, M. le Président, je fais confiance au ministre, je sais que le ministre
est une bonne personne qui a à coeur le bien des citoyens. Et j'espère
que des cas de même ne pourriront plus dans les tablettes du ministère dans les demandes, parce qu'elle a été
refusée à plusieurs fois depuis. Puis à un moment donné, bien, c'est ça, tu
sais, je ne suis pas sûr qu'au Québec on
doit faire une chaîne humaine pour venir en aide à un citoyen, là. On fait ça
pour des pauvres en Afrique, là, mais pas au Québec. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Hardy) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Moi, là, il me semble... parce que je connais le cas en question puis je sais
qu'il nous écoute actuellement, la
personne nous écoute, je pense que... en tout cas, je mets beaucoup d'espoir
dans l'amendement que le ministre
nous a déposé, qui ouvre une porte à des personnes qui ne sont pas admissibles
à la solidarité sociale mais qui vivent
des situations difficiles, de la pauvreté. Cet amendement-là ouvre la
possibilité que ces gens-là puissent adhérer au revenu de base, puis
c'est ce que j'ai compris. Puis je pense qu'il faudra voir exactement comment
vont se faire les règlements, mais il y a un
gain là qui n'y était pas au début, puis c'est à ça que ça sert, des
commissions parlementaires, et je pense qu'on a fait une avancée avec
ça. Merci.
Président (M. Hardy) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder
à la mise aux voix. Est-ce que l'article 4 est adopté?
Président (M. Hardy) : Adopté. Maintenant, nous allons passer au
bloc 2, à l'article 3. M. le ministre, à vous la parole.
M. Blais :
Oui, j'arrive, j'arrive, M. le Président. Donc, l'article 15 de cette loi
est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «ou du
Programme de solidarité sociale» par «, du Programme de solidarité sociale ou
du Programme de revenu de base».
Ici, je pense
que c'est simplement un élément de concordance, là. Dès qu'on accepte qu'on a
créé un programme de revenu de base, bien, il faut pouvoir le présenter dans
cet article-là et dans d'autres, je pense, parce que ça va être pas mal
une série, si je me souviens bien, de concordance ici qu'on entame.