House Proceedings — 3 December 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-12-03
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize
heures quarante et une minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
bonjour à toutes, bonjour à tous. Prenez place, nous allons débuter nos
travaux.
Nous
sommes à la rubrique Déclarations des députés, et, sans plus tarder, je
reconnais Mme la députée d'Iberville.
Mme Bogemans : Merci beaucoup, M. le
Président. Aujourd'hui, je souhaite mettre en lumière deux organismes
qui font le pont entre différentes clientèles.
Une fois par semaine,
le Cercle des fermières vient cuisiner des repas avec les jeunes. C'est un
moment privilégié, qui est attendu de tout le monde. Autant les fermières que
les jeunes apprécient ce temps qu'ils passent ensemble.
En plus d'être dans des locaux voisins, il y a une ambiance extraordinaire
quand ces deux organismes se rencontrent.
C'est pour moi un
honneur d'avoir avec nous aujourd'hui dans les tribunes Mme Marie-Eve
Bellavance, Mme Florence
Martin Lefebvre, de l'équipe de la Maison des jeunes, qui a maintenant
40 ans, et également des jeunes du comté d'Iberville, Isaak, Chloé
et Maya-Rose.
veux remercier ces équipes de faire de l'espace dans leur programmation pour
établir ce lien intergénérationnel, un rendez-vous où la compréhension
mutuelle et l'autonomie est à l'honneur. Les ados le disent, la Maison des
jeunes d'Iberville, c'est réellement une deuxième maison pour eux.
Félicitations!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée d'Iberville. Et, sans plus tarder, je reconnais Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci beaucoup, M. le
Président. Situé dans mon comté de Notre-Dame-de-Grâce, Villa‑Maria fête cette année son
170e anniversaire.
Fondée par les Soeurs
de la congrégation de Notre-Dame, cette institution importante débute en étant
un pensionnat bilingue pour filles. Villa-Maria a toujours su s'adapter et a
évolué avec le temps. Le collège, désormais mixte, laïque, est fréquenté par
près de 2 000 étudiants et est axé sur la réussite et le dépassement.
As a
graduate of Villa-Maria, I feel privileged to have benefited from such an
exceptional education, that gave me all the
tools to succeed in the world today, and I hope, for future generations of
young men and women, that they are able to benefit from the same
opportunities.
Merci
à toute l'équipe de Villa-Maria, qui sont présentes avec nous aujourd'hui dans
nos tribunes, pour votre travail exemplaire,
et, aussi, bon 170e anniversaire. Et je suis confiante que, dans cinq ans,
on va se retrouver pour fêter le 175e anniversaire à
Notre-Dame-de-Grâce. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Et
bravo à vous aussi. Et je reconnais maintenant Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme Tardif :
Mme Cécile Marcouiller est bénévole depuis 68 ans et elle en a
74. Elle a commencé à l'âge de six ans dans une chorale d'église. Sa mission,
c'est d'aider les autres.
implications sociales, eh bien, elle en fait tellement qu'elles ne se comptent
plus : membre des Filles d'Isabelle, secrétaire-trésorière, chancelière, vice-régente et régente du cercle de
l'église Saint-Paul, membre du mouvement Cursillos, animatrice, rectrice,
responsable régionale et responsable diocésaine pendant des années, catéchète,
marguillière, célébrante de messe,
responsable de la pastorale à l'église de Saint-Jean-des-Piles et de
Sainte-Flore, directrice de chorales, membre du Club Optimiste et d'une
troupe de théâtre qui remet ses recettes au club, auxiliaire bénévole au CHSLD
Laflèche. Et, malgré
ses traitements de chimiothérapie, elle continue de bénévoler et d'être une
mère, une grand-mère et une épouse généreuse et attentive.
Merci,
Mme Marcouiller. Vous êtes extraordinaire.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice. Félicitations, madame!
Et la parole revient
maintenant à M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, j'aimerais souligner le cinquième anniversaire de l'Institut national pour l'équité, l'égalité et l'inclusion
des personnes en situation de handicap, un important organisme de ma
circonscription.
L'institut
a pour mission la réalisation d'une société juste, inclusive, sécuritaire et
égalitaire où la participation des personnes en situation de handicap de tous
âges, de tous genres et de toutes origines ethnoculturelles est pleine et
entière.
En ce
3 décembre, journée internationale des droits des personnes handicapées,
et en cette période d'actions contre les
violences faites aux femmes et aux enfants, rappelons-nous que chaque action
compte. Nous devons continuer à bâtir des communautés équitables,
sécuritaires et inclusives.
À l'occasion de cet
important anniversaire, cela me fait plaisir d'utiliser ce slogan qui résume
bien la campagne actuelle menée par l'organisme : Contre les violences
genrées, moi, j'agis. Et vous?
Bonne fête et bravo
pour votre travail! Merci beaucoup.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député d'Anjou—Louis-Riel.
Et je reconnais maintenant Mme la députée... Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Merci, M. le député de Laurier-Dorion. Mme la députée.
Mme Boivin
Roy : Merci, M. le Président. Depuis 1992, la Journée internationale
des personnes handicapées est célébrée chaque année le 3 décembre à
travers le monde. Elle vise à promouvoir et à mobiliser le soutien en faveur de
la dignité, des droits et du bien-être des personnes en situation de handicap
dans toutes les sphères de la société. De plus,
elle vise à promouvoir la compréhension des enjeux liés au handicap et à
accroître la sensibilisation à leur situation particulière.
Cette journée
constitue aussi une occasion de mettre en lumière les actions menées par des
associations pour améliorer leur qualité de vie.
Dans cette foulée, je
désire souligner le 15e anniversaire du Regroupement des activistes pour
l'inclusion au Québec, appelé communément le RAPLIQ. L'organisme mène ce combat
sans relâche sous la direction générale de Mme Linda
Gauthier. Récipiendaire du grade d'officière de l'Ordre de Montréal 2023,
celle-ci est un exemple de ténacité et de volonté en faveur d'une
société digne et inclusive.
3 décembre nous rappelle chaque année le rôle que nous avons à jouer pour
permettre aux personnes en situation de handicap de se réaliser
pleinement. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Et la parole revient maintenant à Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
M. le Président, j'ai le plaisir de souligner aujourd'hui le
40e anniversaire de la Fondation de l'Institut de gériatrie de Montréal,
située dans mon comté de Mont-Royal—Outremont.
Depuis quatre
décennies, elle place le mieux-être des aînés au coeur de sa mission. La
fondation joue un rôle essentiel dans le maintien et le leadership de
l'institut, qui se distingue par ses soins spécialisés et son centre de recherche
et de partage du savoir sur le vieillissement et la santé des personnes âgées.
Je profite de cette
occasion pour saluer la contribution de tous celles et ceux qui rendent cette
mission possible, les bénévoles, les
donateurs, les partenaires, les chercheurs et toutes les équipes de la
fondation et de l'institut. Les aînés sont les piliers de notre société
et méritent notre plus grande attention et notre soutien, guidés par les
valeurs de respect et de dignité.
Merci et longue vie à la fondation et à l'Institut
de gériatrie de Montréal! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. Au tour, maintenant, de la députée de Hull.
Mme Tremblay :
M. le Président, j'ai l'honneur de prendre un moment pour souligner le
80e anniversaire de Centraide
Outaouais, un organisme incontournable qui a pour importante mission de lutter
contre la pauvreté et l'exclusion sociale.
Centraide Outaouais,
c'est un moteur de bienveillance et d'entraide et surtout un allié essentiel au
soutien des organismes communautaires de
notre région. Grâce à ses campagnes de financement, c'est plus de
150 millions de dollars qui ont été amassés au fil des ans. Toujours
présent au coeur de notre collectivité, Centraide Outaouais vient aujourd'hui
en aide à 88 organismes qui oeuvrent
pour le mieux-être de nos citoyens. Véritable acteur de changement social,
l'organisme agit sur plusieurs fronts, allant de la satisfaction des
besoins essentiels des personnes démunies jusqu'au soutien de la réussite des
jeunes.
Je tiens à rendre
hommage aux bénévoles, partenaires, employés, donateurs qui, année après année,
participent aux campagnes et travaillent sans relâche pour soutenir les
organismes de l'Outaouais. Sans votre dévouement, votre expertise et votre
compassion, rien de tout cela ne serait possible.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Hull. La parole revient maintenant à M. le député de
Taillon.
M. Carmant :
Merci, M. le Président. J'aimerais souligner aujourd'hui la Journée
internationale des personnes handicapées. Cette année, la thématique du
3 décembre sera Un monde plus inclusif, j'embarque!
Nous avons
tous un rôle à jouer afin de rendre la société québécoise toujours plus
inclusive. L'inclusion, à mes yeux, c'est
mettre fin à la stigmatisation et aussi se mobiliser afin d'accroître le
pouvoir d'agir des personnes handicapées. Au cours des dernières années,
nous avons fait d'importants progrès en ce sens. Il reste cependant encore
beaucoup à faire pour mieux soutenir les
personnes en situation de handicap et leurs proches, et ça, au quotidien.
Chacun mérite de se sentir écouté, respecté et valorisé. Chacun mérite
de s'accomplir et de faire rayonner ses forces et ses talents.
En cette Journée
internationale des personnes handicapées, je réitère notre engagement envers
les personnes handicapées. Poursuivons nos efforts pour réduire les obstacles
et faciliter leur intégration. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Taillon. Et je cède
maintenant la parole à Mme la députée des Plaines.
Mme Lecours (Les Plaines) : Merci
beaucoup, M. le Président. Vous savez quoi? Aujourd'hui, je tiens à féliciter
Mme Fatou Diop pour son travail acharné et son engagement exceptionnel
envers la communauté de La Plaine.
Son parcours inspire
et reflète l'énergie et la passion animant notre circonscription.
Finaliste dans la
catégorie Leadership lors du Gala du trophée Waraba, Mme Diop continue de
s'illustrer par son expertise dans le
démarrage d'entreprises et par son engagement à soutenir de nouveaux
entrepreneurs issus de la diversité culturelle.
Son implication est
une véritable richesse pour notre région et une source d'inspiration pour tous.
Je lui adresse mes sincères félicitations pour cette reconnaissance pleinement
méritée.
Bravo, Mme Diop!
Bravo, Fatou!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée des Plaines. La parole revient maintenant à Mme la
députée de Rimouski.
Mme Blanchette
Vézina : Merci, M. le Président. En cette approche du temps des fêtes,
j'aimerais aujourd'hui mettre en lumière la contribution essentielle de Moisson
Rimouski-Neigette, qui offre une aide alimentaire de dernier recours aux
personnes vulnérables de notre société.
Depuis
plus de 30 ans, sa mission première est de venir en aide aux gens qui
n'ont pas les moyens de s'alimenter de façon suffisante. Plusieurs services
sont proposés afin de répondre aux multiples besoins grandissants : dépannage alimentaire, distribution de denrées à
d'autres organismes, cuisines collectives et de récupération, et plus
encore.
Pour y arriver,
Moisson Rimouski-Neigette a besoin de nous, particulièrement avec la période
des fêtes qui arrive à grands pas. Que ce
soit par un don en argent, ou en temps, ou en denrées, je vous invite et je
nous invite à répondre généreusement à leur appel.
J'en profite pour
remercier Marie-Eve St-Pierre et son équipe de lutins et lutines qui viennent
en aide aux gens tout au long de l'année et
particulièrement pendant cette période de réjouissances afin que tous puissent
festoyer le ventre plein. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Rimouski. Au tour, maintenant, de M. le député
d'Orford.
M. Bélanger : M. le Président, c'est
avec un immense plaisir qu'aujourd'hui je rends hommage à Orford Musique.
Depuis
près de 75 ans, récipiendaire de nombreux prix Opus, Orford Musique
contribue de manière exceptionnelle au
développement des talents et des carrières de musiciens classiques et jazz. Son
académie de renommée internationale accueille chaque année des centaines
de jeunes artistes désireux de perfectionner leur art, et son festival attire
près de 25 000 visiteurs, renforçant ainsi son rôle de pilier
culturel dans notre région.
L'organisme
offre également des résidences artistiques dans sept pavillons conçus par des
architectes de renom, permettant à des créateurs de se consacrer
pleinement à leurs projets dans un environnement propice à l'inspiration.
Orford Musique
collabore étroitement avec le ministère de la Culture et des Communications
pour mettre en place un projet majeur de rénovation de ses infrastructures
vieillissantes.
Je souligne la
présence ici aujourd'hui de son équipe de direction. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député d'Orford. La parole revient
maintenant à Mme la députée de Brome-Missisquoi.
Mme Charest :
Merci, M. le Président. Le rôle des élus a malheureusement été mis à mal,
ces dernières années, ce qui donne une perception injuste de leur travail. À
l'approche des élections municipales, qui auront lieu en novembre 2025, je veux
rendre hommage aux élus de Brome-Missisquoi.
Certains d'entre
vous, que je côtoie depuis 2018, quitteront leurs fonctions, et d'autres
renouvelleront leur engagement pour quatre
nouvelles années. Maires, mairesses, conseillers, conseillères, vous travaillez
quotidiennement à résoudre des
enjeux, à répondre aux urgences et à planifier l'avenir de votre municipalité.
Vous prenez part aux activités locales et faites
partie de la vie des
concitoyens et concitoyennes. C'est par votre implication et votre dévouement
que vous démontrez de manière concrète l'attachement que vous avez pour votre
quartier et votre municipalité.
Je lance un appel à
tous ceux qui ont à coeur la vitalité de notre démocratie locale à suivre votre
exemple en présentant leur candidature pour ainsi participer au bien-être et au
développement de leur communauté. Une invitation particulière est faite aux femmes et aux jeunes, qui sont plus nombreux
à s'engager en politique mais encore sous-représentés. Votre
contribution est essentielle pour bâtir des municipalités inclusives et
dynamiques. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Brome-Missisquoi. Alors,
voilà qui met fin à la rubrique Déclarations des députés. Je vous remercie pour
vos déclarations.
Et nous allons
suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 56)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Vous êtes nombreux, aujourd'hui.
Mesdames messieurs, le parlement du Québec, c'est chez vous. Bienvenue.
Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
J'ai le
plaisir de souligner aujourd'hui la présence, dans les tribunes, de
l'ambassadeur de la République tunisienne, Son Excellence M. Lassaad
Boutara, à l'occasion de sa visite officielle.
J'ai également le plaisir de souligner la
présence, dans les tribunes, de Mme Carole Poirier, ancienne députée
d'Hochelaga-Maisonneuve, et de M. Jean Boucher, ancien député d'Ungava,
qui est ici aussi.
Et nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui,
bonjour, Mme la Présidente. Je vous demande d'appeler l'article a du
feuilleton, s'il vous plaît.
Présidente : À l'article a du feuilleton, M. le ministre de la
Santé présente le projet de loi n° 83, Loi favorisant
l'exercice de la médecine au sein du réseau public de la santé et des services
sociaux. M. le ministre.
M. Dubé : Alors, merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Ce projet de
loi vise à favoriser l'exercice de la médecine au sein du réseau public de la
santé et des services sociaux.
À cette fin, le projet de loi oblige tout
nouveau médecin à participer pendant cinq ans au régime public institué par la
Loi sur l'assurance maladie afin de
prévoir... de pouvoir, pardon, devenir un professionnel non participant exerçant
sa profession en dehors des cadres du régime. Il fait du manquement à cette
obligation une infraction pénale spécifique. Il adapte également certaines
dispositions des lois du domaine de la santé et des services sociaux pour tenir
compte de la nouvelle obligation.
Le projet de loi modifie de plus... sur la
gouvernance du système de la santé et des services sociaux afin de permettre au gouvernement d'imposer aux étudiants
et aux résidents en médecine qu'il détermine, avant le début de leur
formation ou de leur résidence, la signature d'un engagement à exercer la
médecine au Québec après celle-ci, assorti d'une clause pénale. Il octroie au
gouvernement le pouvoir de fixer la durée et les autres conditions et modalités
de cet engagement.
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente : Et je reconnais M.
le leader de l'opposition officielle. Je vous écoute.
M. Derraji : Mme
la Présidente, nous aimerions la tenue de consultations particulières sur ce
projet de loi. Merci.
La Présidente : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
La Présidente : Adopté. M. le
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Ce projet de loi vise à maintenir l'autonomie des personnes aînées.
À cette fin, il leur reconnaît plusieurs
droits... — c'est
l'article b, là, qu'il fallait appeler — il
leur reconnaît plusieurs droits, dont le droit de vivre dans leur
domicile aussi longtemps que possible, le droit à un logement abordable et
adapté à leurs besoins ainsi que le droit à
la sécurité financière. Il modifie aussi la Charte des droits et libertés de la
personne afin d'investir la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse de la mission
de veiller au respect de ces droits.
Par ailleurs, le projet de loi institue une
stratégie nationale pour l'autonomie et le maintien à domicile des personnes
aînées. Les objectifs principaux de cette stratégie sont de garantir à ces
personnes un accès adéquat à des soins et à des services adaptés et de qualité, de faciliter
prioritairement le maintien à domicile et de veiller à la satisfaction
des personnes aînées à l'égard des services publics qui leur sont rendus.
Le projet de loi crée aussi l'obligation pour le
gouvernement de déposer un plan d'action quinquennal précisant les activités
qu'il prévoit réaliser pour atteindre ces objectifs.
Présidente : Et, à l'article b du feuilleton, M. le député des Îles-de-la-Madeleine
nous a présenté le projet de loi n° 893,
Loi sur le maintien de
l'autonomie des personnes aînées.
Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
La Présidente :
Adopté. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui,
Mme la Présidente, je vous demande d'appeler l'article c du feuilleton,
s'il vous plaît.
La Présidente : À l'article c
du feuilleton, j'ai reçu le rapport de la directrice de la législation sur le
projet de loi n° 213, Loi concernant certains immeubles situés dans la
Municipalité de Dixville. La directrice de la législation a constaté que les
avis ont été faits et publiés conformément aux règles de fonctionnement des
projets de loi d'intérêt privé. Je dépose donc ce rapport.
conséquence, Mme la députée de Saint-François présente le projet de loi d'intérêt privé n° 213, Loi concernant
certains immeubles situés dans la Municipalité de Dixville.
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de
ce projet de loi?
La Présidente : Adopté.
Alors, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Mme la Présidente, conformément au premier alinéa de l'article 267 du
règlement, je propose la motion suivante :
«Que le projet de loi d'intérêt privé n° 213, Loi concernant certains immeubles situés dans la
Municipalité de Dixville, soit renvoyé pour consultation et étude
détaillée à la Commission de la santé
et des services sociaux et que le
ministre de la Santé soit membre de ladite commission pour la durée de ce
mandat.» Merci.
La Présidente : Cette motion
est-elle adoptée? Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, je dépose le
nouveau diagramme de l'Assemblée en date d'aujourd'hui.
Et, à la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, Mme la présidente de la Commission de l'administration publique et
députée de Saint-Laurent, c'est à vous de déposer un rapport.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Je dépose le rapport sur l'imputabilité de l'automne 2024 de la Commission
de l'administration publique donnant
suite aux auditions des sous-ministres et des dirigeants d'organismes publics sur leur gestion administrative. La
commission a procédé à l'audition suivante le 10 octobre 2024 :
Audition du Tribunal administratif du logement sur sa gestion administrative,
sur ses engagements financiers et sur le rapport annuel du Protecteur du citoyen. La commission
s'est également réunie en séance de travail le 21 février, le
19 avril, le 10 octobre
ainsi que les 7 et 28 novembre 2024. Ce rapport contient quatre recommandations.
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente :
Voilà. Ce rapport est déposé. M.
le président de la Commission de
l'aménagement du territoire et député
de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je dépose le rapport de l'aménagement de
la commission du territoire qui, le 3 décembre 2024, a procédé à
l'audition des intéressés et à l'étude détaillée des projets de loi d'intérêt
privé suivants : loi n° 210, Loi concernant la
Ville de Blainville, la
commission a adopté le texte de loi avec
amendements; et
le projet de loi n° 209, Loi
concernant la Ville de Terrebonne, la
commission a adopté le texte de loi sans amendement.
La Présidente :
Et ces rapports sont-ils adoptés?
La Présidente :
Adopté. Et à la rubrique Dépôt de pétitions, maintenant, je reconnais le député
de Marquette.
M. Ciccone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 902 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu que l'Organisation
mondiale de la santé définit l'obésité comme une maladie chronique complexe se
caractérisant par une adiposité excessive qui peut altérer la santé des
individus;
«Attendu
que le nombre de personnes adultes atteintes d'obésité au Québec correspond à
28,6 % de la population;
«Attendu
que l'obésité est associée à un excédent important d'utilisation de services de
santé et, conséquemment, engendre des coûts supplémentaires majeurs qui
peuvent être évités;
«Attendu
que chaque réduction de 1 % de la prévalence de l'obésité entraînerait des
gains fiscaux nets de 229,7 millions de dollars chaque année
au Canada;
«Attendu qu'il existe
maintenant des solutions médicamenteuses permettant la prise en charge de
l'obésité;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de reconnaître l'obésité comme étant une
maladie chronique et de rendre accessible la médication permettant de mieux
contrôler cette maladie.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente :
Cet extrait de pétition est déposé.
À la rubrique
Interventions... Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions.
À la rubrique
Interventions portant sur une violation de droit ou de privilège ou sur un fait
personnel, j'ai reçu, dans les délais prescrits, de M. le leader de
l'opposition officielle une demande d'intervention portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Dans
son avis, M. le leader de l'opposition officielle allègue que Mme la ministre
des Transports et de la Mobilité durable
aurait commis un outrage au Parlement en omettant de déposer à l'Assemblée
nationale, dans les délais impartis par la loi, le rapport annuel de
gestion 2023 de la Société de l'assurance automobile du Québec.
Dans l'avis qu'il me
transmet, M. le leader de l'opposition officielle mentionne que, même si le
rapport annuel de gestion de la société pour l'année 2023 avait été remis
à la ministre le 30 avril 2024, soit le délai maximal en vertu de l'article 19 de la
Loi sur la Société de
l'assurance automobile du Québec, la ministre aurait dû déposer ce rapport
devant l'Assemblée nationale dans les
15 jours de sa réception ou, si elle ne siège pas, dans les 15 jours
de la reprise de ses travaux.
L'avis fait également
mention de l'intention de M. le leader de l'opposition officielle de présenter
une motion en vertu des articles 315 et suivants du règlement.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole, en question principale, au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. On le sait, maintenant, c'est clair,
l'agence Santé Québec est une agence de
recouvrement, elle a le mandat premier d'aller chercher dans le réseau de la
santé 1,5 milliard de dollars. Et sa P.D.G., Mme Biron, le dit très clairement, je la cite :
«Il faut que le réseau contribue à réduire le déficit.» Fin de la citation.
Pourtant, et
pourtant, le 24 avril, le premier ministre disait, je le cite : «On a
décidé de ne pas faire de coupures dans les services en santé.» Fin de la
citation. Bien, ça n'aura pas duré longtemps, Mme la Présidente. Vendredi
dernier, dans un élan de candeur, le ministre de la Santé a affirmé ce qui suit :
«On est en train de tout regarder pour être sûrs qu'il va y avoir une rigueur
budgétaire et qu'on va être capables de minimiser — et je le dis, le bon
mot, c'est minimiser — l'impact sur les services.» Fin de la citation.
Donc, lui, il reconnaît que les coupures auront un impact sur les
services en santé.
Les coupures sont
réelles et leurs impacts le sont également, Mme la Présidente. De nombreux cas
d'affichages de postes suspendus. Laval,
570 postes de première ligne, affichage suspendu. Montérégie-Est,
500 postes, affichage suspendu. L'est de Montréal ne remplace pas
les congés de maladie et ne pourvoit pas les postes vacants.
premier ministre peut-il, à l'exemple de son ministre de la Santé, reconnaître
qu'il y aura un impact sur les services?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, d'abord, rétablissons les faits. Depuis six ans, on
a augmenté les budgets de la santé de
50 %, incluant, dans la dernière année, de 3 %. Donc, il n'y a pas de
coupure de budget en santé. Les budgets pour l'année 2024‑2025, ça
veut dire du 1er avril 2024 au 31 mars 2025, vont augmenter de
3 %.
Maintenant,
ce que demande, avec raison, le ministre de la Santé, c'est qu'on respecte
cette augmentation de 3 %. Mme la Présidente, quand on donne à un
ministère ou à une agence un budget pour une année, on s'attend à ce que ce budget soit respecté. En tout cas, nous, c'est
comme ça qu'on voit la bonne gestion. C'est comme ça qu'on a réussi à la fois
à bien financer les services et à réduire
les impôts de la classe moyenne. On pense que c'est un juste équilibre, un
équilibre que n'a pas réussi à
au réseau de la santé de respecter l'augmentation de budget de 3 %
pour l'année 2024‑2025.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay :
Dans son incapacité, Mme la Présidente, au gouvernement caquiste, de donner
les services de santé à la population, le
premier ministre est en train de nous dire que, parce qu'il a augmenté les
budgets, on n'a pas plus les services
aujourd'hui, mais qu'en diminuant les budgets on va avoir plus les services. Ça
ne tient pas la route, Mme la Présidente.
ministre de la Santé l'a dit clairement, le bon mot, c'est de minimiser
l'impact. Il y en aura donc un, impact. Ça ne se peut pas que, seul le
premier ministre, au Québec, est le seul rendu à nier cette évidence-là.
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien, Mme la
Présidente, d'abord, encore une fois, je veux rectifier les faits. Vous le
savez, je le dis depuis au moins 20 ans, la seule façon de rendre
le réseau de la santé québécois efficace, c'est d'avoir une première ligne
forte, c'est-à-dire d'avoir pour chaque Québécois un médecin ou un accès à un
groupe de médecine de famille.
Quand on est arrivés,
en 2018, quand on a pris le relais des libéraux, il y avait 6,4 millions
de Québécois qui avaient accès à un médecin
de famille ou à un GMF. On est rendu à 7 millions, Mme la Présidente, plus
de 600 000, mais on négocie actuellement pour que tous les Québécois
aient accès à un médecin ou à un GMF.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay :
Là, Mme la Présidente, agence Santé Québec, l'agence de recouvrement, elle
est au travail. Savez-vous, Mme la
Présidente, que, dans moins de deux heures, à 16 heures, aujourd'hui, à
l'hôpital de Sept-Îles... savez-vous ce qui va se
passer? Bien, jusqu'au 10 décembre, la pouponnière et les soins intensifs
pédiatriques seront en rupture de services.
Ça veut dire quoi? Les grossesses à risque, les femmes, grossesse à risque,
devront voyager à Québec, parce que l'agence de recouvrement est
là-dessus.
Alors, Mme la
Présidente, est-il le seul à nier l'impact?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, vous le savez, il y avait trois ententes avec
trois syndicats qui étaient primordiales pour avoir la flexibilité de bien
offrir les services dans chacune des sous-régions du Québec. Le ministre de la
Santé puis la présidente du Conseil du trésor ont réussi à faire une entente
avec les infirmières, avec la FIQ. Cette entente va s'appliquer au mois de
janvier, donc dans un peu plus qu'un mois, à peu près à la mi-janvier. On est
en négociation avec les deux syndicats de médecins.
Évidemment, quand on
n'est pas capables d'offrir les services dans une sous-région, par sécurité, on
envoie ces services-là au centre régional, comme l'ont fait...
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : Justement, Mme la
Présidente, le premier ministre vient de le dire, ils sont tannés d'être
considérés comme des sous-régions,
Mme la Présidente, ils veulent le service auquel ils ont droit, puis qui
envoient des milliards de dollars à Québec, puis que c'est gaspillé, que
ce n'est pas dépensé, puis qui n'en ont pas pour leur argent.
postes sont coupés notamment au CIUSSS—Centre-Sud, 50 postes supprimés, ce n'est pas
juste l'affichage qui est suspendu,
des postes titularisés, avec des gens qui l'occupaient. Hôpital Notre-Dame,
trois postes d'infirmière en soins intensifs ont été coupés.
Est-il le seul apport
à ne pas reconnaître qu'il coupe dans la santé?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente,
je vais être obligée de rappeler au chef de l'opposition officielle les propos
de Gaétan Barrette et de Carlos Leitão, deux
anciens ministres libéraux qui disaient : C'est effrayant, on a beaucoup trop
coupé dans les services en santé.
Nous,
Mme la Présidente, la réalité, c'est que, depuis six ans, on a augmenté les
budgets de la santé de 50 %. 50 %, Mme la Présidente. Donc, je
cherche les coupures.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Pontiac.
M. Fortin : Oui, il a augmenté les budgets puis il a diminué les services.
Aujourd'hui, il diminue les budgets puis il diminue les services encore.
Pour une fois, par
exemple, Mme la Présidente, on est d'accord avec le ministre de la Santé. Il
admet que les services aux patients vont être compromis par ces compressions. Mais
je me permets quand même de lui dire, Mme la Présidente, que ce n'est pas juste
au futur, c'est déjà commencé. Le CISSS de l'Estrie, là, a annoncé des
réductions de services de proximité. À Montréal, on réduit les soins à domicile.
À Laval, sur la Rive-Sud et à Lévis, on suspend l'embauche d'infirmières et de préposés. En Mauricie, c'est les
psychologues puis les intervenants jeunesse qu'on arrête d'embaucher. On
arrête les projets de dialyse, les projets d'unité mère-enfant. Et, sur la Côte-Nord,
dans la sous-région du premier ministre, on envoie les mères à risque
d'accoucher à Québec.
Alors, Mme la
Présidente, est-ce que le ministre de la Santé pense encore qu'il réussit à
minimiser l'impact sur les services?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé :
Merci, Mme la Présidente. Puis je suis content d'avoir ces questions-là,
parce que je pense que les Québécois se rendent compte qu'il y a deux façons de
regarder les choses en ce moment.
Nous,
ce qu'on dit, c'est que, depuis la pandémie, on doit regarder notre système de
la santé de façon différente, Mme la Présidente. On a des enjeux excessivement
importants qui ne sont pas encore réglés. L'effet bénéfique du règlement dont
le premier ministre parlait tout à l'heure avec la FIQ, on ne l'a pas eu
encore. Les ententes ont été faites récemment. Il reste des documents à signer,
j'espère que ça va se signer dans les prochains jours. On pourra avoir des
bénéfices très importants.
L'autre élément, et
j'en ai parlé beaucoup, et ma collègue travaille très fort, la présidente du
Conseil du trésor, sur les ententes avec les
médecins, je comprends l'opposition de nous donner des exemples où, en ce
moment, on a des difficultés, mais, si on n'avait pas fait ces
changements-là de fond à nos conventions collectives, si on ne continuait pas de mettre une certaine pression sur nos
médecins pour avoir des changements dans la façon de gérer le réseau, jamais
on n'aura des solutions. Le gouvernement
précédent n'a pas été capable d'avoir le courage de faire ces changements-là.
Nous, on est dans une période de transition,
Mme la Présidente. On fait les changements nécessaires pour que nos
gestionnaires puissent avoir un meilleur environnement pour donner un service
de qualité.
Présidente : Première complémentaire.
M. Fortin : À chaque fois qu'ils parlent, en face, la situation, elle empire. Le
premier ministre nous avait dit que la santé serait épargnée des coupures.
Ensuite, Santé Québec nous a dit : Ah! bien, c'est juste
1 milliard de dollars.
Ensuite, le ministre de la Santé nous a dit : Ah! bien, je vais y arriver
sans toucher aux services.
Aujourd'hui, ils nous disent que c'est 1,5, puis le ministre dit du bout des
lèvres que les patients vont être touchés. Mais, dans les quatre
prochains mois, dans les quatre prochains mois à venir, là, le CISSS de la
Côte-Nord doit couper plus de la moitié de son budget. Et il continue de
nous dire que c'est mission possible, de faire ça sans toucher aux services?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Dubé :
Vous savez, Mme la Présidente, moi, quand j'ai fait le projet de loi n° 15, l'an dernier, avec les gens de l'opposition, on trouvait ça bien drôle, d'être capables de
parler des états financiers mensuels. Ça semble être une peccadille,
mais savez-vous que... j'ai expliqué, l'autre fois, puis je m'excuse de
répéter, là, mais que, d'obtenir les états financiers d'un CISSS ou d'un CIUSSS
avec 16 semaines de retard, quand on dépense, à la Santé, 1 milliard
par semaine, comment voulez-vous être capable de gérer un réseau de façon
rigoureuse? C'était impossible. On a fait ces changements
de loi là et on a réalisé, cette année, qu'il y avait un déficit qui
s'accumulait sans avoir... être capables d'avoir le contrôle sur cette rigueur
budgétaire là. Mme la Présidente, je pense que les Québécois s'attendent à ce
qu'on...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : Bon, bien, c'est clair, Mme la Présidente, le ministre de
la Santé choisit l'équilibre budgétaire au détriment de la santé des patients.
En créant Santé Québec, là, ce qu'il nous a dit, c'est qu'il nous parlait
constamment de l'expérience patient. Et il a raison sur une chose, Mme la
Présidente, il a raison sur une affaire, le patient, il en vit toute une, expérience,
en ce moment, le patient qui voit le nombre de travailleurs réduits dans les
CHSLD, la mère qui attend pour accoucher puis qui doit aller à Québec plutôt
que de le faire sur la Côte-Nord. On est loin de l'expérience hôtel cinq
étoiles qui nous avait été promise.
Présidente : La réponse du ministre.
M. Dubé :
Mme la Présidente, quand j'ai vu
les coupes paramétriques qui ont été faites par l'ancien gouvernement,
je ne pense pas que cet ancien gouvernement-là... qu'il peut faire la leçon.
Alors, moi, ce que
j'ai dit, j'ai été très transparent, j'ai dit : On a des difficultés, on a
besoin d'une plus grande rigueur budgétaire. J'ai été transparent. Ce qu'on va
faire, c'est minimiser l'impact. Et c'est ça qu'on demande à nos gestionnaires
maintenant qu'ils ont les outils.
Dans ce temps-là, on
faisait des coupes paramétriques. D'ailleurs, les anciens ministres, ils ont
dit qu'ils ont fait une erreur de le faire
de cette façon-là. On ne refera pas la même erreur. Si les libéraux veulent
administrer de la même façon, bien, ce
sera leur choix, mais, nous, les Québécois nous demandent de faire les choses
correctement, en transparence et avec rigueur. Merci beaucoup.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass :
Merci, Mme la Présidente. La semaine dernière s'est tenu les quatrièmes États
généraux sur l'itinérance, qui a réuni des centaines d'acteurs du milieu pour
trouver des solutions concrètes, car, clairement, ceux mis de l'avant par le gouvernement ne répondent pas aux réalités sur le
terrain. La déclaration commune, d'ailleurs, qui a découlé des états
généraux demande au gouvernement de mettre en place un comité de suivi
transpartisan de ses recommandations. Le maire de Québec, la mairesse de
Gatineau, la mairesse de Montréal et l'Union des municipalités sont tous sortis pour dire que l'offre de services
en matière d'itinérance de la CAQ ne répond pas aux besoins et ils exigent
le dépôt d'un plan national, d'un plan d'action national pour répondre à ces
besoins.
la Présidente, encore cette année, le gouvernement de la CAQ échoue, cet hiver,
en matière de planification. Il n'y aura pas assez de place en refuge ni
en halte-chaleur pour répondre à la forte demande.
Alors,
Mme la Présidente, on demande au gouvernement d'enfin prendre ses
responsabilités et mettre de l'avant des solutions pour régler l'enjeu
de l'itinérance.
Présidente : La réponse du ministre responsable des Services sociaux.
M. Carmant : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je remercie la députée de D'Arcy-McGee pour sa question, qui va me permettre de revenir sur tous les changements
qu'on a faits au niveau de l'itinérance au Québec au cours des dernières
années.
Premièrement, je
tiens à le rappeler encore une fois à tout le monde, là, que l'approche 24/7,
12 mois par année, c'est notre gouvernement qui l'a implantée partout au
Québec. Avant, c'étaient des mesures hivernales qui étaient présentes seulement
de décembre jusqu'au mois de mars, Mme la Présidente. On a rehaussé les
budgets. On a créé des trajectoires de services partout au Québec, Mme la
Présidente. Je suis allé dans le nord du Lac-Saint-Jean, en Abitibi, en Gaspésie, en Outaouais, partout on a créé une trajectoire
avec des refuges, oui, pour capter les gens dans l'urgence, mais aussi avec du logement de transition et du
logement supervisé, pour sortir les gens de l'itinérance et pour devenir
autonomes.
J'ai profité de ma
présence aux états généraux, Mme la Présidente, pour faire une annonce qui a
été très saluée. Le programme PRISM, pour la santé mentale des itinérants,
qu'on avait annoncé à Montréal il y a quelques mois, bien, on va le débuter ici aussi, à Québec. Ça a été
reçu de façon très positive par les équipes, qui nous disent que, oui, ils ont
un problème avec les itinérants avec des problèmes de santé mentale, autour de
Lauberivière. C'est 24 lits qu'on va ouvrir, Mme la Présidente, c'est
fantastique, pour la... (panne de son) ...de Québec.
Présidente : Première complémentaire. Pour ce faire, je reconnais la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, Mme la Présidente.
Une des façons de sortir les gens de la rue, c'est de leur donner accès
au Programme de supplément au loyer, les fameux PSL, qui permettent d'avoir un
accès... un logement social, pardon, à travers un logement régulier. Dans le
passé, j'ai souvent interpelé la ministre de l'Habitation à ce sujet. Je lui
avais mentionné qu'il y avait des enjeux
avec les critères du programme, ce qu'elle a toujours nié. Mais, belle
évolution, vendredi dernier elle a admis que, oui, il y a des enjeux
avec les critères.
Est-ce qu'elle peut
nous dire, maintenant, ce qu'elle compte faire pour améliorer l'accès au PSL?
Présidente : La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Effectivement, c'est ce que j'ai mentionné, vendredi, auprès
d'un auditoire qui est sous pression, là, au maximum puis qu'il faut aider.
Alors, j'ai mentionné qu'il fallait les aider en
matière de livraison de logements, qu'ils en ont déjà assez sur leurs épaules
puis que moi, j'allais trouver des solutions pour les aider à livrer des logements pour les personnes en situation
d'itinérance puis arriver avec des nouvelles solutions, l'année
prochaine, à cet égard-là.
concernant le PSL, effectivement, il y a une sous-utilisation du PSL, puis je
travaille avec les équipes de la SHQ pour
le rendre plus agile et moins contraignant, à l'intérieur des balises qu'on se
doit de respecter comme gouvernement. Mais mon but, Mme la Présidente,
c'est d'aider avec des solutions bien concrètes à cet égard-là.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Dufour :
Il est vraiment sous-utilisé. Ce n'est pas moins de 9 000 PSL qui
sont financés mais non utilisés, actuellement, notamment à cause de critères
trop restrictifs. C'est des milliers de ménages qu'on pourrait aider à...
évidemment, qu'on pourrait soutenir, mais surtout sortir de la rue.
Le premier ministre nous
demande souvent des solutions. Bien, il y en a une. J'avais proposé de revoir à
la hausse les loyers maximums admissibles, parce que les montants établis par
la SHQ n'ont pas suivi le marché.
Alors, la ministre, est-ce qu'elle accepte ma
suggestion? Et s'engage-t-elle à la mettre en place rapidement?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Duranceau : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Alors, je tiens à mentionner que les chiffres
soulevés par la députée des Mille-Îles sont inexacts. Il y a des PSL qui
sont... pour lesquels des budgets sont réservés, ils sont associés aux unités
qui sortent de terre, là, dans les prochains mois. Alors, le chiffre qui est
soulevé n'est pas le bon.
Et on continue de suivre ça de manière très
précise. Au même titre, Mme la Présidente, là, que les unités d'AccèsLogis, elles n'étaient pas suivies par les
libéraux, bien, les PSL, ils n'étaient pas plus suivis. Alors là, nous, ce
qu'on fait, c'est qu'on suit tout de
manière chirurgicale et ordonnée, puis je vais m'assurer que les PSL qui sont
financés, bien, ils sont déployés sur le terrain, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Nelligan.
M. Derraji : Mme la Présidente,
sept mois de retard pour les états financiers de la SAAQ, sept mois de retard.
L'enquête menée par Mathieu Lamothe, des Coops de l'information, soulève
beaucoup, beaucoup d'enjeux. On parle même des difficultés chez la
Vérificatrice générale du Québec.
Quel est le problème, Mme la Présidente? C'est
la pièce maîtresse du rapport annuel de gestion, à savoir l'audit des états
financiers. La Vérificatrice générale du Québec a du mal à obtenir toutes les
données dont elle a besoin auprès de la SAAQ. Pour compléter quoi? Son audit.
Alors, Mme la
Présidente, ma question est très simple : Est-ce que, cette fois-ci, la
ministre des Transports et de la Mobilité durable était au courant de la
situation? Et est-ce qu'elle trouve la situation normale?
La Présidente : La réponse de la
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bien, écoutez, la
question du député, qui fait... qui est en lien aussi avec l'intervention que
vous avez faite, Mme la Présidente, là, au début de la période de questions... portent toutes sur le même sujet, le rapport
annuel de gestion de la Société de l'assurance automobile du Québec. Il y a
effectivement un enjeu avec le document en question. Alors, je ne peux pas
déposer un document qui ne m'a pas été déposé à moi. Donc, je ne peux pas
déposer à l'Assemblée nationale un document qui ne m'a pas été déposé à moi.
Il y a différentes raisons qui expliquent le
fait que le document n'a pas pu m'être déposé, et là, en tout cas, je ne veux pas non plus... ça, il y a une question,
aussi, parlementaire à travers ça, là, ça fait que mon leader, mon collègue
leader va s'occuper de cet aspect-là, alors je veux juste être sûre de
ne pas ajouter au problème parlementaire avec ma réponse actuelle, mais donc,
oui, il y a un enjeu, oui, il y a un enjeu, alors... Mais, bon, ce n'est pas la
première fois qu'il y a des enjeux avec la
SAAQ depuis que je suis ministre des Transports, Mme la Présidente, puis que je
me lève ici pour le confirmer. Mais, écoutez, on travaille avec eux.
Donc, on va s'assurer, évidemment, que, dès que le document sera disponible... Je le dis avec le plus grand
sérieux, Mme la Présidente, là, parce que je suis bien consciente qu'il y a des
processus à respecter. Dès que j'aurai le rapport, je serai en mesure de
le déposer.
La Présidente : Et laissez-moi vous
ajouter que, sur la question que vous avez soumise tout à l'heure, relativement
à une violation de droit ou de privilège, je tiens à vous souligner que je vais
prendre cette question très au sérieux, en délibéré, et que je rendrai ma
décision à ce sujet dans les meilleurs délais.
M. Derraji : Mme la Présidente,
j'ai pleine confiance dans votre travail, sans aucun doute, et je ne fais pas
le lien avec ma question de privilège. La
question est très simple : Est-ce qu'aujourd'hui la ministre peut nous
partager les raisons de l'absence des
états financiers? C'est très grave, Mme la Présidente. C'est elle, la
responsable. La Vérificatrice générale
du Québec, maintenant, est en attente d'un document dont elle est responsable.
Maintenant, on veut savoir pourquoi il y a ce retard, Mme la Présidente.
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, écoutez, Mme la Présidente, je l'ai dit, là,
tout à l'heure, il y a des enjeux. Alors, je ne peux pas déposer un document
que je n'ai pas. Évidemment que, si j'avais le document, je l'aurais déposé,
comme on dépose tous les rapports qu'on est
tenus de déposer. On travaille fort, vous savez, on a un nouveau... bien, qui
est rendu moins nouveau qu'il
l'était, le P.D.G. de la SAAQ, M. Ducharme, donc, on travaille très fort.
Lui-même souhaite me déposer le rapport dès que ce sera possible,
travaille très fort pour corriger cette situation-là. Évidemment, les rapports
annuels de gestion portent sur l'année
financière précédente, c'est bien connu, mais encore faut-il être capable
d'avoir les données, d'avoir l'information et d'avoir le rapport en
question pour pouvoir le déposer à l'Assemblée nationale. Ce sera fait...
Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : ...dès que je l'aurai, Mme la Présidente.
Présidente : Et deuxième complémentaire.
M. Derraji : Mme la Présidente, je
veux savoir les raisons. Elle est responsable et elle le sait très bien. Je
n'ai pas besoin de rappeler la responsabilité ministérielle. Elle est
responsable de son ministère, elle est responsable de la SAAQ.
question que tout le monde veut savoir au Québec aujourd'hui : Pourquoi il
y a un retard au niveau des états financiers de la SAAQ? Je sais, ça fait rire,
de l'autre côté, mais ce n'est pas drôle, ce n'est pas drôle, Mme la
Présidente. Donc, est-ce que... On veut savoir les raisons de ce retard.
Présidente : La réponse de la ministre des Transports et de la
Mobilité durable. On écoute.
Mme Guilbault : Oui. Bien, Mme la Présidente, j'ai dit, tout à l'heure, que
je répondais avec le plus grand sérieux. Je
ne suis pas en train de rire, là, je suis en train de dire qu'il y a un enjeu
suffisamment sérieux pour qu'on n'ait pas été en mesure de me déposer le
rapport annuel de gestion. Pour les gens qui ont un peu d'expérience ici, des
rapports annuels de gestion, on en
dépose régulièrement, tous les ministères et organismes en déposent, c'est un
peu des formalités administratives, dans des cycles administratifs qui
sont prévus dans une loi, et tout ça fonctionne, normalement. Mais, quand il y a un enjeu de cette nature-là et qu'on
n'est pas capable d'avoir le rapport annuel de gestion, c'est parce que l'enjeu
est sérieux. Alors, on travaille à le corriger. On a un excellent P.D.G.,
M. Ducharme, on travaille avec lui pour corriger la situation. Il y
a un conseil d'administration aussi à la SAAQ, on le rappelle.
Alors,
dès que j'aurai le rapport en question, Mme la Présidente, j'en assure tous mes
collègues, je le déposerai avec diligence.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, pour moi, le Québec, c'est la
liberté. Pour moi et pour toutes les femmes,
le Québec, c'est la liberté de faire nos propres choix pour nous-mêmes, pas
pour nos maris, pas pour nos parents, pas pour le curé ni pour l'imam,
mais pour nous-mêmes. Je viens d'une région du monde où mes cousines, encore
aujourd'hui, n'ont pas cette liberté de choix. C'est pour ça que je suis si
fière d'être Québécoise. C'est pour ça que
j'admire tant le chemin parcouru par les Québécoises. Et c'est aussi pour ça
que je ne prendrai jamais, jamais rien pour acquis.
Trump
et Poilievre, ça se passe juste à côté de chez nous. Quand les droits
reproductifs des femmes sont attaqués juste
à côté de chez nous, notre responsabilité ici, au Québec, c'est de les faire
avancer. 100 000 Québécoises et Québécois demandent au premier
ministre du Québec de poser un geste féministe.
Est-ce
que le premier ministre s'engage fermement ce matin à rendre la contraception
gratuite pour toutes les femmes du Québec?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente.
D'abord, je veux souhaiter la bienvenue à la députée de Mercier.
J'aurai le plaisir, pendant les prochains mois, d'échanger avec elle.
Maintenant, elle touche à un dossier qui,
effectivement... qui sera toujours préoccupant. J'ai eu l'occasion de passer du
temps avec la ministre de la Condition féminine sur ce dossier. On le sait, au
Québec, là, heureusement, la grande, grande, grande majorité de la population, peu importe le parti,
est pour l'avortement. Donc, déjà, c'est encourageant de voir où est le peuple québécois. Par contre, il
y a des défis, au Québec. La ministre de la Condition féminine me disait
que, dans certaines régions, il peut y avoir
des difficultés d'accès à l'avortement. Donc, avec le ministre de la Santé,
elle a travaillé sur un plan, qu'elle a annoncé, pour rendre bien
disponible l'avortement.
Maintenant, on a
réalisé aussi... Quand on regarde la pilule abortive, là, pas la pilule du
lendemain, la pilule abortive, qui peut être
utilisée pendant trois mois, elle est beaucoup plus utilisée en Ontario, en
France qu'au Québec. Il y a encore beaucoup de gens au Québec qui ne sont même
pas au courant de son existence. Donc, c'est important de bien informer
les femmes du Québec. Ça fait
partie du plan de la ministre de la Condition
féminine.
Donc,
je pense qu'on avance. On va continuer d'avancer, on va continuer de s'assurer
que le Québec est un endroit où les femmes peuvent compter...
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
j'aimerais, ce matin, entendre un engagement clair de la part du premier
ministre. Moi, quand j'étais jeune,
je me rappelle, comme beaucoup de femmes, j'avais très peur d'être enceinte, puis
aujourd'hui je pense à toutes ces jeunes femmes qui, aujourd'hui, ont
aussi peur d'être enceintes, aujourd'hui, en 2024.
plus grande barrière, tous les experts, les médecins le disent, la plus grande
barrière à la contraception, c'est le coût, c'est un fait. Est-ce que le
premier ministre peut s'engager à enlever cette barrière, ce matin, puis rendre
la contraception gratuite?
M. Legault :
La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, je pense que c'est une bonne suggestion. Je pense
que c'est une bonne suggestion. Maintenant,
on en reçoit beaucoup, de bonnes suggestions. Il faut être capable... Non,
mais, Mme la Présidente, on a augmenté le budget de la santé de
50 %. Quand je demande au ministre de la Santé est-ce qu'il aurait la
marge de manoeuvre pour répondre positivement à la demande de Québec solidaire,
la réponse, c'est : Pas vraiment.
Donc, on a posé des
gestes. Je pense qu'il y avait un 15 millions dans le projet d'actions qui
a été déposé par la ministre de la Condition
féminine. Allons-y graduellement puis continuons de nous assurer que tous les
services sont disponibles, entre autres...
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal :
Bien, je suis contente que le premier ministre aille sur le terrain plus
comptable, parce que, tous les deux, on a une chose en commun. Moi aussi, j'ai
un diplôme des HEC, comme lui. Et je vais lui parler en langage de comptable.
Le retour sur
investissement, en matière de contraception, il est très, très rapide. Ça coûte
beaucoup moins cher de payer pour la pilule
ou tout autre moyen de contraception que pour un avortement. Donc, si le
premier ministre trouve que c'est une bonne mesure, je l'invite à faire
cet investissement pour les droits des femmes.
Présidente : La réponse du ministre.
M. Legault :
Bien, je suis content que la députée de Mercier soit passée par les HEC. Ça
m'a frappé, moi aussi, de voir que la pilule
abortive coûte beaucoup moins cher qu'un avortement. Donc, il y a peut-être, à
la fois, un service additionnel à
donner, sans un coût qui est additionnel. Donc, c'est des choses qu'on regarde.
Mais, je pense, c'est une bonne idée, là. Je l'invite à continuer
d'aller avec ses idées constructives.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le
député...
Présidente : S'il vous plaît! En question principale, le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Merci,
Mme la Présidente. Le transport en commun, c'est une mission de l'État, puis,
là-dessus, la ministre des Transports
et moi, on a un profond désaccord, je pense. Pendant que la ministre demande à
l'ARTM de faire
des coupures, moi, je côtoie les gens qui utilisent les services de transport
en commun et qui demandent l'amélioration de l'offre au Québec.
Ce matin, on a pris
connaissance de sa demande à l'ARTM. Elle veut une priorisation des projets
pour éviter les hausses de coûts et des
dépenses excessives. Personne n'est dupe, Mme la Présidente. Tout ça, c'est
juste de l'austérité caquiste appliquée aux services de transport en
commun au Québec. Quand je parle aux usagers, là, ce qu'ils nous demandent, là,
c'est simplement que la ministre respecte ses politiques. Augmenter l'offre de
transport en commun de 5 % par année, c'est dans la Politique de mobilité
durable du Québec.
Est-ce que la
ministre peut reconnaître qu'il y a une crise dans les transports collectifs,
au Québec, et qu'elle doit y répondre?
Présidente : La réponse de la ministre des Transports et de la
Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui. Merci, Mme la Présidente. J'allais oublier de sortir mes tableaux,
parce que j'ai tellement de choses à répondre.
Mme la Présidente,
honnêtement, je ne pensais pas avoir une question sur ma lettre de ce matin,
parce que je l'aurais même pensée
consensuelle tellement que, pour moi, c'est le gros bon sens. Mais tant mieux.
Je le disais la semaine dernière, je n'ai pas souvent de question. Quand
j'en ai, j'en profite.
la Présidente, quand je suis arrivée aux Transports, il y a deux ans, c'était
un peu fouillis, l'affaire du financement du transport collectif. Avec
la pandémie...
Mme Guilbault : Non, non, non, mais attendez, je n'ai pas fini. Je n'ai pas
fini.
Mme Guilbault : Il faut-tu que je m'assoie?
Présidente : Bon, nous allons poursuivre. Il y a le chronomètre qui
tourne, mesdames messieurs. Alors, j'aimerais entendre la réponse.
Mme Guilbault : Oui. Alors, c'était un fouillis, Mme la Présidente, non
pas, non pas parce que mon prédécesseur n'a pas bien fait son travail, rien à
voir, mais il y a eu une pandémie de trois ans, qui fait en sorte qu'on a donné des milliards aux sociétés de transport
pour compenser les pertes de revenus tarifaires, et après c'est comme si
elles ont gardé l'habitude de dire :
Maintenant, nos déficits vont être épongés par le gouvernement. C'est dans ce
sens-là où, en 2022, après la pandémie, il a fallu se... il a fallu
mener de front cette réflexion-là sur le financement du transport collectif. Et
je compléterai avec les deux autres réponses.
Présidente : Première complémentaire.
M. Grandmont :
C'était un beau désaveu, ça, Mme la Présidente, tout le monde l'a bien
entendu.
Dans
l'entente que la ministre a signée avec les sociétés de transport pour les
quatre prochaines années, la ministre, encore une fois, est en
contradiction avec sa politique de mobilité durable. Aucune augmentation de
services. Dans la politique, c'est 5 %
par année qui est annoncé. Dans son entente, aucune augmentation, au contraire,
des coupures de services. C'est de l'austérité, Mme la Présidente.
Si la ministre avait
été à la rencontre des usagers de Montréal, lors de la fermeture des stations
de métro, là, peut-être qu'elle aurait entendu leur cri du coeur. Ce qu'ils
veulent, c'est une augmentation des services.
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Guilbault : Donc, Mme la Présidente, je suis arrivée et j'ai dit :
Il faut régler cette problématique-là, postpandémie, parce qu'on ne peut pas
juste mettre de l'argent à l'infini, sans reddition de comptes et sans avoir
aucun droit de regard dans la gestion des sociétés de transport, je le
rappelle.
Alors, qu'est-ce qu'on a
fait depuis ce temps-là? On a donné, faut-il le rappeler, plus de
2,4 milliards en aide d'urgence. Le gouvernement qui investit le plus en
transport collectif. J'ai déposé, il y a quelque temps, des audits de performance
financière qui nous confirment qu'on pourrait économiser jusqu'à presque 365...
350 millions par année. On a annoncé, à la mise à jour économique, près de
880 millions, un cadre financier long terme que je m'étais engagée à déposer sur cinq ans, de la prévisibilité aux
sociétés de transport, exactement ce qui est demandé. Et, dans le projet de
loi n° 61, j'ai donné la possibilité de faire du développement immobilier puis
de maximiser les retombées financières.
La Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Grandmont : Tout ce qui est
annoncé de la bouche de la ministre, ce sont des coupures, Mme la Présidente.
C'est ça, la réalité sur le terrain.
J'ai un recueil, ici, de plus de
1 000 personnes, des usagers du transport en commun, qui, depuis
quelque temps, ont signé ce recueil-là et demandent des augmentations de
services, tel qu'il était promis par la CAQ au début de leur mandat, en 2018.
Ça ne s'est pas matérialisé, Mme la Présidente.
Il y a des gens ici qui représentent les usagers
des transports en commun. Est-ce que la ministre va aller à leur rencontre pour
entendre leur cri du coeur?
La Présidente : La réponse de la
ministre des Transports.
Mme Guilbault : Mme la Présidente, j'ai déjà accepté, à la demande du collègue, de les
rencontrer tout à l'heure avec lui. Donc, la réponse, c'est oui.
Deuxièmement, ce tableau-là, Mme la Présidente,
les colonnes bleues de la CAQ, beaucoup plus hautes que toutes les colonnes des
gouvernements précédents, c'est nos investissements en transport collectif.
Troisièmement, il me dit : C'est des
coupures. 880 millions, je suis désolée, mais c'est loin d'être des
coupures. Mais Québec solidaire a une drôle de conception de l'argent. Troisièmement,
voici les éléments que j'ai donnés comme attentes à l'ARTM. La performance et
l'optimisation. Est-ce qu'il est contre ça? Revoir la politique de financement avec une sensibilité pour les couronnes nord et
sud. Est-ce qu'il est contre ça? Un nouveau plan stratégique de développement,
qui n'a jamais été déposé avant, je veux qu'ils le déposent. Est-ce qu'il est
contre ça? Une saine gestion financière et le
retour de l'ARTM à l'équilibre budgétaire. Est-ce qu'il est contre ça? Et le
renforcement des relations avec les élus des deux couronnes et de
Montréal.
Donc, à quoi s'oppose Québec solidaire
là-dedans?
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la
Présidente, je veux utiliser la tribune que j'ai aujourd'hui pour aborder un
sujet qui est très rarement abordé en cette Chambre, je parle de la question
des centres de détention.
J'aimerais d'abord exprimer au gardien du centre
correctionnel de Sorel-Tracy qui a été sauvagement attaqué ainsi qu'à sa
famille et ses collègues que nos pensées les accompagnent.
Lorsqu'on prend la peine d'écouter ce que les
gens du milieu nous disent, ce qu'on voit dans notre système carcéral, c'est une perte de contrôle. De plus en
plus de drones rentrent et sortent de nos prisons, une plus grande utilisation
du cellulaire pour orchestrer des crimes à même la prison, des crimes qui ont
lieu à l'intérieur du centre de détention et à l'extérieur, de graves enjeux de
santé mentale et un manque criant d'effectifs, un manque de gardiens alors que
la violence est toujours de plus en plus grande, de plus en plus brutale, et
que la tâche, elle, se complexifie.
Les centres correctionnels font un travail d'une
très grande importance pour la société, celle de faire appliquer les peines que nos tribunaux imposent aux
criminels. Sans les moyens nécessaires à leur bon fonctionnement, ce sont les
travailleurs de ces milieux qui en paient un prix très lourd et ce sera la
société qui paiera un prix très lourd.
Est-ce que le
premier ministre peut prendre la mesure de ce qui se passe dans nos centres de
détention? Est-ce qu'il peut rapidement s'engager à redresser la
situation?
La Présidente : La réponse de la
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Évidemment, moi aussi, je veux que... nos
premières pensées, nos premières paroles, évidemment, vont à cet
homme-là, qui a vécu une situation, à l'établissement de détention de
Sorel-Tracy, qui est hautement déplorable, à sa famille et à son entourage.
Donc,
ceci étant dit, Mme la Présidente, malheureusement, c'est des situations qui
surviennent à l'occasion dans le milieu de
la sécurité publique. On le sait, ce sont des métiers qui sont à risque, que ce
soit dans le milieu correctionnel, dans le milieu policier ou dans le
milieu de la sécurité civile ou de la sécurité incendie.
Maintenant,
Mme la Présidente, l'enjeu de la main-d'oeuvre, on le sait, il est partout,
l'enjeu de la main-d'oeuvre. On vit
avec, évidemment, une compétition pour les talents dans le milieu correctionnel
comme dans d'autres milieux, une compétition entre le secteur privé, le
secteur parapublic et le secteur public.
Donc,
c'est une situation à laquelle on s'est attaqués, Mme la Présidente. On a mis
sur pied le Centre de formation et de perfectionnement correctionnel,
notamment, qui fait en sorte qu'on est capables de former plus de gens plus
rapidement pour le milieu correctionnel. Ce sont des locaux de formation qui
sont à même l'établissement de détention Leclerc, de Laval. Donc, depuis ce
temps-là, on a un taux de postes vacants, parce que, je l'ai dit, la
main-d'oeuvre est un enjeu important... le taux de postes vacants est le plus
bas, actuellement, depuis cinq ans. Donc, on est capables de combler plus de
postes. Et, bien sûr, il y a une négociation qui est en cours, menée par ma
collègue du Trésor, que je ne ferai pas sur la place publique, mais...
Présidente : Première complémentaire.
M. St-Pierre
Plamondon : Le Parti québécois a proposé la tenue d'un mandat
d'initiative sur la question de l'évolution inquiétante des gangs criminalisés
au Québec justement pour éviter que ces personnes se ramassent en centre de
détention plus tard. Le journaliste de La Presse Daniel Renaud
croit nécessaire qu'on fasse cet exercice. Les corps de police y sont aussi
favorables. Ça permettrait d'examiner la situation des centres de détention.
Le premier ministre
peut-il s'engager à mettre de l'avant notre proposition?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui. Bien, Mme la Présidente, comme on le sait, les propositions en
commission parlementaire sont gérées par les
parlementaires qui siègent sur chacune des commissions. Je vois bien qu'à peu
près à chaque semaine un des partis d'opposition propose de tenir une
commission spéciale.
la Présidente, c'est un problème, effectivement, qui est inquiétant, toute la
question des gangs de rue. On a mis des ressources additionnelles au cours des
dernières années pour essayer de contrer ce phénomène. Ce n'est vraiment
pas, entre autres, à Montréal, mais aussi
dans d'autres grandes villes, le genre de Québec qu'on veut. Donc, on va
continuer de prendre...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. St-Pierre
Plamondon : Bien, les partis d'opposition parlent de la perte de
contrôle sur la criminalité et la perte de
contrôle dans les centres de détention dans l'espoir qu'on voie du leadership
politique. Donc, ma question au premier ministre : Est-ce que le gouvernement peut exercer un leadership
comme il y a 30 ans dans l'escouade Carcajou? Il en va de la
confiance envers notre système de justice et la protection de nos travailleurs
comme de nos concitoyens.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, faut-il rappeler que ma collègue qui est
aujourd'hui aux Transports, qui était à l'époque
à la Sécurité publique, a lancé la stratégie CENTAURE, où les corps de police
ont travaillé ensemble? Ça a eu un
certain impact, mais il reste encore des problèmes à régler. Je pense que le
ministre actuel à la Sécurité publique en discute avec les différents
corps de police, puis je leur fais confiance pour trouver des solutions.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci, Mme la Présidente. Alors que nos cégeps font déjà face à des
coupures dans leurs budgets d'infrastructures
depuis cet été, le journal Le Devoir révèle aujourd'hui que le
gouvernement impose des coupures dans l'achat des livres. Ça représente
une baisse de 42 % des achats de livres en moyenne.
Quand on coupe dans l'achat de livres, là, ce
n'est pas seulement les livres qu'on coupe, mais notre capacité à faire
découvrir et rayonner la culture québécoise. Depuis 2018, la CAQ aime se draper
dans la fierté d'être Québécois, mais aujourd'hui, quand
les cégeps ont besoin de livres, bien là, il n'y a plus d'argent pour ça. La
CAQ soumet le réseau de l'enseignement supérieur à une politique d'austérité
qui compromet sa mission.
La ministre de l'Enseignement supérieur est-elle
fière d'être en train de rejoindre Yves Bolduc au sommet du palmarès des
ministres qui trouvent que les livres, ce n'est pas si important que ça?
La Présidente : La réponse de la
ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme Déry : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. D'abord, je veux réitérer à quel point notre gouvernement a
investi des sommes extrêmement importantes en enseignement supérieur depuis
qu'on est au pouvoir, en 2018. Le budget est passé de 6,9 milliards à
8,8 milliards, et, de cette somme, on parle de 3,5 milliards
uniquement, uniquement pour le réseau collégial. Donc, c'est du jamais-vu,
alors je préfère en parler.
Les livres et
la culture sont extrêmement importants pour nous. Moi, je me promène, j'ai fait
les 48 cégeps, et je peux vous dire que la grande majorité de
toutes les bibliothèques collégiales ont été rénovées, ont été rénovées au
cours des dernières années.
Le constat
est le même pour l'enveloppe qui sert notamment, justement, à financer les
livres et les bibliothèques. Ce
financement-là est passé de 58 millions à 67 millions lors du dernier
budget, là, ça ne remonte pas à plusieurs années. Le dernier budget, il
y a une augmentation de 59 millions à 67 millions.
Donc, s'il y a bien quelqu'un qui se soucie de
nos bibliothèques, et de nos livres, et de la culture dans nos établissements
d'enseignement supérieur, c'est bien nous, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Zanetti : Mme la Présidente, il y a quelque chose que je ne
comprends pas. Tout le réseau de l'enseignement supérieur, en ce moment,
dit la même affaire. Les présidences de conseils administration, les D.G., la
Fédération des cégeps, des associations
étudiantes, des professeurs, des syndicats, tout le monde dit : On est
soumis à une politique d'austérité qui
compromet notre mission, on n'est plus capables d'acheter le matériel qu'il
nous faut pour tous nos cours, il y a plein de projets absolument essentiels en
infrastructures qui sont suspendus. La ministre, pourquoi elle ne le reconnaît
pas?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Déry : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, ce que je peux vous dire, c'est qu'on y
investit des sommes colossales. Et, comme je vous disais, je comprends
les inquiétudes qui sont soulevées par les établissements collégiaux en ce moment, parce qu'on leur demande des seuils,
on leur demande de respecter les budgets et les enveloppes qu'on leur
alloue. Et ça, c'est important, il faut absolument qu'on soit capable de
respecter les budgets qu'on leur alloue. Donc, il y a des seuils qui ont été imposés. J'ai communiqué avec les
48 cégeps pour m'assurer que la planification de cette année, en 2024‑2025,
où les sommes n'ont pas changé, soit respectée, que ce soit en infrastructures,
que ce soit dans l'achat d'équipement, que ce soit dans les contenus de
programmes ou les programmes qu'on doit déployer. Quand on déploie un programme, là, quand on accepte de déployer un
programme, Mme la Présidente, on le déploie en ayant, justement, tout le
financement qui va avec. Alors, je peux comprendre qu'il y a des enjeux en ce
moment...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Zanetti : C'est drôle d'être
devant une évidence telle que celle-là, l'austérité caquiste, et en même temps
se faire... je ne sais pas trop comment dire ça, mais on essaie de nous faire
croire des affaires qui sont en complète contradiction avec l'expérience
terrain et avec ce qui se passe dans la réalité.
Est-ce qu'il
y a dans les lignes de communication, là, des ministres caquistes quelque chose
comme une directive qui dit : Pas le droit de reconnaître qu'on
fait de l'austérité? Est-ce qu'il y a ça?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Déry : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bien, j'inviterais mon collègue, de l'autre côté
de la Chambre, à ouvrir le bouquin du budget. Je ne l'ai pas ici,
dommage, je l'ai retiré il n'y a pas si longtemps que ça. Mais, en même temps,
la ligne, elle est claire, là. 59 millions, on est passé à
67 millions. Alors, je ne comprends pas pourquoi vous parlez de coupures.
Ce que je vous explique,
c'est qu'il y a des seuils, il y a des enveloppes à respecter, puis c'est ce
qu'on leur demande de respecter, Mme la Présidente. Encore une fois, les
montants ont grimpé de 59 à 67 millions uniquement cette année, donc les budgets ne sont pas en baisse. On demande aux établissements
d'enseignement supérieur, Mme la Présidente,
de respecter les budgets. Et, ceci dit, c'est pour toutes les enveloppes qui
leur sont octroyées, que ce soit en infrastructures,
que ce soit dans les programmes, les déploiements de programmes ou l'achat
d'équipement, on leur demande de respecter les enveloppes allouées.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Mme la
Présidente, dans les derniers mois, la situation dans les établissements de
détention s'est grandement détériorée, mais
dimanche on a atteint un autre niveau. À l'établissement de Sorel-Tracy, on a
retrouvé un agent de détention sauvagement attaqué par un détenu. Il repose toujours
dans un état critique, et nos pensées sont avec lui et
sa famille.
Hier, en
entrevue, le président du Syndicat des agents de la paix a dit que le ministère
était au courant du manque d'effectifs
depuis le printemps dernier, que cette agression aurait pu être évitée et que
le ministère est responsable de ce qui est arrivé.
Aujourd'hui,
les agents sont sortis dans les rues et sortis des murs des prisons pour
attirer l'attention du ministre. Si leur travail, c'est de protéger la
population, le vôtre, c'est de protéger eux. Ils veulent des actions urgentes
pour garantir leur sécurité et pour éviter de nouvelles tragédies. Pas des
mots, des gestes concrets, s'il vous plaît.
La Présidente : Et vous vous
adressez à la présidence. Et la réponse de la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Bien, c'est une question qui
porte sur le même sujet que la question du député de Camille-Laurin, alors il y
a des éléments de ma réponse qui vont se ressembler, évidemment. Et, encore une fois, je veux réitérer notre plus
grande empathie à cette situation-là, Mme la Présidente. J'ai été ministre de
la Sécurité publique pendant quatre ans et
j'ai été dans ce milieu-là pendant de nombreuses années auparavant. Je le
disais, c'est un milieu qui est à risque. Et ce n'est pas pour rien que
nous, notre gouvernement, saisissons toutes les occasions de remercier ces gens-là pour le travail périlleux
qu'ils accomplissent, que ce soit dans le milieu correctionnel, le milieu
policier, le milieu de la sécurité civile ou de la sécurité incendie.
Ceci étant
dit, Mme la Présidente, je l'ai nommé tout à l'heure de manière très claire et
très transparente, il y a un enjeu de
main-d'oeuvre flagrant. Ma collègue en a parlé. Il y a un enjeu de
main-d'oeuvre. Il y a actuellement une négociation qui se déroule aussi
entre ma collègue qui est présidente du Conseil du trésor et le syndicat, puis,
comme je l'ai dit tout à l'heure, ce n'est
pas une négociation qu'on va faire sur la place publique, mais donc il y a des
enjeux qui sont discutés aux tables de négociation actuellement. Je vais
laisser à ma collègue du Trésor le soin de mener ces négociations-là. Mais, quoi qu'il en soit, on reconnaît qu'il y a
un enjeu de main-d'oeuvre. On a mis en place plusieurs actions pour nous
aider à pouvoir attirer plus de talents dans le milieu correctionnel. J'aurai
l'occasion peut-être d'y revenir.
La Présidente : Cela met fin à la
période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y
a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis,
et, pour ce faire, je cède la place
au troisième vice-président de l'Assemblée nationale. Merci beaucoup pour votre
attention. Bonne fin de journée.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
bonjour, collègues. Nous allons passer à la rubrique des motions sans préavis. En fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais un membre du
groupe formant le troisième groupe d'opposition. M. le député de
Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Oui,
M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le député d'Arthabaska, la motion
suivante :
«Que le leader parlementaire du gouvernement du
Québec s'engage à faire appeler pour étude et adoption le projet de loi n° 796,
Loi remplaçant le nom de la
circonscription électorale d'Arthabaska par celui d'"Arthabaska-L'Érable", présenté
par le député d'Arthabaska, à temps pour qu'il puisse être effectif pour la
prochaine élection générale de 2026.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Vice-Président (M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Alors,
nous allons passer à la prochaine motion, un membre du groupe formant le
gouvernement. Et je reconnais M. le ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Oui. Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter
la motion suivante conjointement avec le
député de l'Acadie, le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, le député de Jean-Talon et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée
nationale affirme qu'aucun discours haineux n'est tolérable au Québec;
«Qu'elle déplore
l'exception religieuse prévue aux articles 319(3)
b) et 319(3.1)
b) du Code
criminel sur le discours haineux;
«Qu'elle
déplore que cette exception religieuse offre un bouclier légal à des
extrémistes radicaux pour encourager la
haine et l'intolérance envers des groupes ethniques, religieux ou encore pour
diffuser des messages racistes, misogynes ou homophobes;
«Que
l'Assemblée nationale soutienne l'urgence d'abroger les articles 319(3)
b) et 319(3.1)
b) du Code criminel afin d'assurer
la pleine application des protections légales contre les discours haineux à
tous les citoyens du Québec et du Canada.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Consentement,
sans débat, M. le Président. Je vous demanderais un vote électronique.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote électronique a été demandé. La période de
vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 106
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Donc, la motion est adoptée.
Nous allons
maintenant passer à la prochaine motion, qui revient à un membre du groupe
formant l'opposition officielle. Et je reconnais Mme la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter
la motion suivante conjointement avec le ministre responsable des Services
sociaux, le député des Îles-de-la-Madeleine et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte des inquiétudes et des difficultés causées par la
proximité entre [les] écoles et des centres de consommation de drogues
supervisée comme La Maison Benoît-Labre;
«Qu'enfin,
[qu'elle] demande au gouvernement caquiste de prendre dans les meilleurs délais
les mesures nécessaires afin
d'interdire les centres de consommation de drogues supervisée à proximité des
écoles ou des installations offrant des services de garde éducatifs à
l'enfance.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Nous allons donc
passer à la prochaine motion, qui revient au deuxième groupe d'opposition. Et
je reconnais Mme la députée... M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci, M. le Président. Alors, je sollicite le consentement de cette
Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement avec la députée de
Robert-Baldwin et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée
nationale souligne avec fierté le rôle historique de Télé-Québec dans la
production et la diffusion culturelle au Québec depuis sa création en 1968;
«Qu'elle reconnaisse l'expertise de
Télé-Québec en matière de capsules pédagogiques et la valeur de ses
productions;
«Qu'enfin, elle rappelle que Télé-Québec est
indépendante dans ses choix de production [et] de contenu.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il... Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote électronique a été demandé. Donc, la
période de vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 102
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Donc,
la motion est adoptée. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc :
Merci, M. le Président. Est-ce que copie de cette motion pourrait être
envoyée à notre belle société d'État, Télé-Québec? Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait.
Et, pour la prochaine
motion, je reconnais M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
pour présenter la motion suivante conjointement avec le ministre délégué à
l'Économie, la députée de Westmount—Saint-Louis, le leader parlementaire du deuxième groupe d'opposition, le député de
Matane-Matapédia, le député de Saint-Jérôme et la députée de
Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale affirme qu'il est temps de réviser le mécanisme de
contrôle, soit le timbre de droit, des bouteilles et canettes de bières
instauré en 1971;
«Qu'elle reconnaisse
que ce système d'une autre époque entraîne des irritants majeurs pour les
restaurateurs, les hôteliers et
propriétaires de bars et de microbrasseries du Québec, tant en matière de
coûts, de main-d'oeuvre, de temps, de logistique et de risque de
poursuite;
«Qu'elle reconnaisse
que les microbrasseries jouent un rôle important dans le développement
économique des régions et contribuent à exprimer notre créativité collective;
«Qu'elle
reconnaisse que les microbrasseries doivent appliquer souvent à la main ces
timbres sur chaque bouteille ou canette qui sont destinée à la vente;
«Que l'Assemblée
nationale admette qu'il existe désormais des applications et des moyens
technologiques, dont le module
d'enregistrement des ventes — le
MEV — qui
pourraient faciliter le contrôle et la traçabilité des alcools vendus
notamment dans les bars, hôtels et restaurants;
«Que l'Assemblée
nationale rappelle qu'elle a voté pour la suppression des timbres CSP en 2018
lors de l'adoption du projet de loi 170;
«Qu'elle souligne que
cette mesure qui devait entrer en vigueur en juin 2020 a été reportée par
le gouvernement actuel;
«Qu'enfin l'Assemblée
nationale demande au gouvernement du Québec de revoir la possibilité d'éliminer
lesdits timbres de droit CSP pour les
microbrasseries et d'ainsi alléger le fardeau des producteurs et productrices
tout en préservant une régulation moderne, technologique et efficace.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il y a consentement, sans débat. M. le député
d'Arthabaska.
Vice-Président (M. Benjamin) : Est-ce que j'ai l'appui au moins
d'un parti pour un vote électronique? Est-ce que...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : J'ai
l'appui d'un parti. Alors, un vote électronique a été demandé. La période
de vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 105
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est donc adoptée. M. le député
d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Oui, M. le Président, j'aimerais qu'on envoie une copie, s'il vous plaît, à
l'Association des microbrasseries du Québec et à l'Association des
restaurateurs du Québec, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait, M. le député.
Et nous sommes
maintenant rendus à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions.
Je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président.
Et donc j'avise cette
Assemblée que la Commission de la culture et de l'éducation va entendre les
intéressés et procéder à l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt privé n° 211, la
Loi sur l'École Polytechnique de Montréal,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18 heures, à la salle
Pauline-Marois;
La Commission de
l'aménagement du territoire va entreprendre les consultations particulières et
les auditions publiques sur le projet de loi n° 79, la Loi
édictant la
Loi sur les contrats des organismes municipaux et modifiant
diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
administratif des organismes municipaux, de 19 heures à
20 h 50, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. J'en
profite pour demander aux collègues qui doivent quitter le salon rouge de le
faire, s'il vous plaît, de manière discrète, s'il vous plaît, nous poursuivons
nos travaux.
Pour ma part, je vous
avise que la Commission de l'aménagement du territoire se réunira en séance de
travail aujourd'hui, de 16 heures à
16 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine,
afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un mandat d'initiative portant sur
la question de la résilience des infrastructures municipales, de leur
adaptation aux changements climatiques et de l'encadrement des sinistres
dans les inondations.
De plus, je vous
avise que la Commission des transports et de l'environnement se réunira en
séance de travail aujourd'hui, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, de 16 h 30 à 17 heures, afin de
statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un mandat
d'initiative pour étudier la situation du transport interurbain; de
17 heures à 17 h 30, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse d'un mandat d'initiative portant sur le projet
d'utilisation de la technologie de reconnaissance faciale par la Société de
l'assurance automobile du Québec.
Je vous avise
également que la commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'alimentation
et des ressources naturelles... de l'énergie et des ressources naturelles se
réunira en séance de travail le mercredi 4 décembre 2024, de 8 h 30 à 9 heures, à la salle Marie-Claire-Kirkland, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse de la pétition concernant une demande visant à
décréter un moratoire sur les coupes forestières à Saint-Zénon.
Finalement, je vous
avise que la Commission de la santé et des services sociaux se réunira en
séance de travail le mercredi 4 décembre 2024, à la salle Pauline-Marois,
de 8 heures à 8 h 30, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse d'un mandat d'initiative portant sur la gestion et la
transparence des données sur la performance du réseau de la santé; de
8 h 30 à 9 heures, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse de la pétition portant
sur une demande visant l'automatisation des allocations financières aux
familles d'accueil pour les enfants de la direction de la protection de
la jeunesse.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant
passer aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article 5 du
feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : À l'article 5 du feuilleton, l'Assemblée
prend en considération le rapport de la Commission des relations avec les
citoyens sur le projet de loi n° 74, Loi visant principalement à améliorer
l'encadrement relatif aux étudiants
étrangers, ainsi que les amendements
transmis en vertu de l'article 252 du règlement par M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
Ces amendements sont déclarés recevables.
Y a-t-il des
interventions sur ce rapport ainsi que sur ces amendements? Je reconnais, dans
un premier temps, M. le ministre de l'Immigration et de la Francisation.
M. Roberge : Merci bien, madame... M.
le Président. Merci bien, M. le Président. Très content de prendre la parole,
justement, pour ces dernières étapes avant
l'adoption souhaitée du projet de loi n° 74, Loi visant principalement à améliorer
l'encadrement relatif aux étudiants étrangers.
pense qu'il faut remettre les choses en contexte. On assiste à une hausse très,
très importante d'une... du nombre d'immigrants
temporaires, résidents non permanents ces dernières années, mais le
gouvernement a agi. Le gouvernement du Québec prend la situation bien au
sérieux. Au mois d'août, ma prédécesseure a posé un geste important pour geler,
sauf exception, l'arrivée de travailleurs
étrangers sur Montréal. Et on a ce projet de loi très important parce qu'au
gouvernement du Québec on ne contrôle
pas l'ensemble des travailleurs étrangers temporaires et des immigrants
temporaires sur notre territoire, loin s'en faut. Environ 33 % des
immigrants temporaires sont sous le contrôle du gouvernement du Québec, donc
les deux tiers relèvent d'Ottawa. Je pense aux gens qui sont sous le Programme
de mobilité internationale, le PMI, ça
relève d'Ottawa. Les demandeurs d'asile, ça relève d'Ottawa aussi. Et on a vu
qu'Ottawa, dernièrement, a voulu aussi agir sur les étudiants étrangers
lorsque, l'an passé, ils ont annoncé une réduction, à l'échelle du Canada, de
33 % d'étudiants étrangers. Et, cette année, ils ont annoncé, pour l'an
prochain, une réduction supplémentaire de 10 %, donc, 45 % en deux
ans. La première baisse, ça n'avait pas touché le Québec. La seconde, on est
sur la limite. Et Ottawa ambitionne aussi de cibler des secteurs.
Donc, ce que ça veut
dire, M. le Président, et c'est très important de le dire, c'est que, pour
demeurer maîtres chez nous en matière
d'enseignement supérieur, il faut impérativement adopter ce projet de loi n° 74 pour gérer nous-mêmes bien
mieux l'arrivée d'étudiants étrangers, qu'on peut appeler les étudiants
internationaux, sans quoi, bien, c'est Ottawa qui va débarquer dans
notre champ de compétence, qui va nous imposer à la fois des quotas et des
secteurs prioritaires sans connaître la
réalité sur le terrain, dans nos écoles primaires et secondaires, dans nos
centres de formation professionnelle, dans
notre niveau collégial et universitaire. Donc, c'est extrêmement important de
le faire, et c'est plus important que jamais.
C'est important aussi
parce que, dans le contexte, on a vu qu'au cours des 10 dernières années
on est passés de 50 000 à
120 000 étudiants étrangers sur le territoire québécois. Donc, c'est
une hausse qui est extrêmement importante, une hausse de 140 %.
Évidemment, il n'y a pas 140 % de plus d'étudiants sur le territoire
québécois. Et donc il y a 140 % plus
d'étudiants étrangers, c'est-à-dire qu'il y a une croissance beaucoup plus
grande des étudiants étrangers que des résidents québécois.
On voit aussi dans
les médias, dernièrement, qu'il y a eu des dérapages, il y a eu des abus. Il y
a eu des choses qui nous ont interpelés,
notamment de voir que, par exemple, à l'Université
de Montréal, la grande majorité des
étudiants qui ont besoin, malheureusement, d'un soutien alimentaire, qui
fréquentent les banques alimentaires sont des étudiants étrangers,
manifestement des étudiants qui n'ont pas les moyens d'étudier ici, chez nous,
malheureusement. Il y a eu, notamment à Rimouski, beaucoup d'étudiants qui ont
été contraints de passer une session complète dans des hôtels. Donc, quand on dit que l'arrivée de centaines de
milliers de personnes, et, dans les dernières années, de dizaines de milliers
de personnes, bien, ça contribue à la pénurie de logements et à la hausse du
coût de loyer, bien, on le voit ici, carrément, des étudiants qui sont obligés
de faire une session à l'hôtel. Il y a quelque chose comme un dérapage
là-dedans.
Puis
on voit aussi qu'il y a beaucoup d'étudiants étrangers qui arrivent inscrits
dans une institution, reçoivent leur certificat d'acceptation du Québec,
reçoivent leur permis d'études d'Ottawa, alors que leur intention n'a jamais
été d'étudier. En réalité, ils viennent ici pour demander l'asile. Donc, on a
des choses à réparer dans nos mécanismes.
Donc,
ce projet de loi va permettre, justement, de recueillir davantage
d'informations par mes collègues à l'Éducation et à l'Enseignement
supérieur. Avec ces nouvelles informations, on va être capables d'agir plus
finement. Donc, c'est un projet de loi qui
vient nous donner une agilité gouvernementale additionnelle, une loi qui va
nous permettre de prendre des décisions plus éclairées pour la société
québécoise, éviter, comme je l'ai mentionné, des dommages collatéraux et
être capables de poser des gestes ciblés,
parce qu'il faut prendre garde... Quand on touche à l'éducation, quand on
touche à l'enseignement supérieur, on ne voudrait pas arriver avec des mesures
paramétriques. Or, la situation législative actuelle ne nous permet que deux options, le laisser-aller
ou des mesures paramétriques sans aucune agilité en fonction des régions, des
ordres de gouvernement ou des programmes. Donc, il est impératif d'adopter
cette loi-là pour avoir cette agilité, cette capacité de bouger.
C'est important de
mentionner que, lors des auditions, lorsque les groupes sont venus, certains
ont manifesté des inquiétudes. On en a tenu compte lors des amendements déposés
par ma formation politique, déposés aussi par les oppositions. On a bonifié le projet de loi. Je pense qu'il est meilleur,
évidemment, qu'au dépôt, et c'est pas mal tout le temps comme ça qu'on travaille, normalement, au Parlement,
en collégialité. D'ailleurs, le ton des travaux était très cordial pendant
les travaux.
On introduit aussi deux concepts nouveaux dans
la loi, la notion d'établissement désigné. Donc, à l'avenir, pour pouvoir
accueillir les étudiants étrangers, bien, il faudra être un établissement
sérieux, reconnu, un établissement désigné par le gouvernement du Québec. Ce
n'est pas toutes les écoles qui pourraient recevoir des étudiants étrangers. Et
ça ne doit pas être un modèle d'affaires, c'est-à-dire créer une école avec des
programmes plus ou moins reconnus dans le seul but d'attirer des étudiants
étrangers qui, ensuite, dans le fond, voudraient surtout devenir des résidents
québécois, canadiens. Pour prévenir ça, on a aussi créé la notion de programme
reconnu. Donc, il y a des établissements désignés qui ont plusieurs programmes
reconnus, mais il faut aussi s'assurer que tous les programmes qui servent à
attirer des étudiants étrangers soient des programmes reconnus. Donc, il en va
ici, je vous dirais, de la réputation du Québec et de la qualité de notre
enseignement, de notre éducation et des diplômes que nous délivrons.
Plusieurs outils sont élaborés, dans ce projet
de loi là, pour faire des distinctions. Je vous parlais tout à l'heure de gestes ciblés, d'agilité gouvernementale. Bien,
on pourra maintenant utiliser les critères des ordres d'enseignement pour
sélectionner le nombre d'étudiants qu'on... à qui on veut donner des CAQ, des
certificats d'acceptation du Québec, en fonction
des régions aussi. Il peut y avoir des pénuries d'emploi... pardon, des
pénuries de main-d'oeuvre dans certaines régions. Il peut y avoir aussi des enjeux économiques, région par
région. On veut tenir compte des cycles d'études. On veut tenir compte
des différents programmes.
Et, suite aux recommandations aussi du Commissaire
à la langue française, qui est venu en auditions, bien, on a inscrit en toutes lettres dans le projet de loi
la notion de langue française comme langue commune puis le principe que,
lorsqu'on travaille en matière d'enseignement supérieur, pour l'accueil
d'étudiants étrangers, bien, on doit aussi prendre en compte la vitalité et la pérennité de la langue
française. On a même inscrit la notion de programme d'études comme étant
un critère à considérer. Puis je souligne, M. le Président, que cet
amendement-là a été adopté à l'unanimité lors de nos travaux, ce qui veut dire que tout le monde était d'accord avec la
notion de critère et avec la notion de l'utilisation de critère de la
langue française.
Donc, en tenant compte aussi des programmes
d'études, on va être capables de tenir compte de nos chaires de recherche, de nos créneaux d'excellence. Et je
sais qu'il y a plusieurs institutions qui s'inquiétaient pour ça. Laissez-moi
vous dire que les conversations lors de
l'étude
article par
article et les conversations personnelles que j'ai eues
avec la ministre de l'Enseignement
supérieur vont dans le sens, bien
sûr, de prendre garde à nos chaires de recherche, qui sont très importantes, pour assurer et garantir la qualité
de la recherche, la reconnaissance internationale de nos institutions, de nos
programmes du Québec.
Un élément important du projet de loi aussi,
c'est maintenant de préciser que les décisions qui seront prises seront des décisions communes, suite à du travail
d'équipe entre le ministre de l'Immigration, le ministre de l'Éducation et
la ministre de l'Enseignement supérieur aussi, parce que, quand on parle
d'étudiants étrangers, on parle, évidemment, d'une question de ressortissants
étrangers, donc d'immigration, mais aussi d'éducation et d'enseignement
supérieur.
Donc, je
remercie les membres des oppositions, tous ceux et toutes celles qui ont
travaillé aux travaux, les équipes. Et
je veux remercier particulièrement aussi les gens qui ont travaillé à
conserver, je vous dirais, un climat de collaboration tout le long des
travaux. Et je vous remercie.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le ministre de l'Immigration et de la Francisation. Et je cède maintenant la parole à M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Je suis heureux de prendre la parole cet après-midi en cette
Assemblée à l'étape de la prise en
considération du rapport de la commission sur le projet de loi n° 74, Loi visant principalement
à améliorer l'encadrement relatif aux étudiants étrangers. Et j'ai
écouté avec beaucoup d'attention les propos de M. le ministre et je vous dirai... D'emblée, je vais commencer par
vous partager certaines considérations, certaines réponses que je veux fournir
suite... suite à ce que M. le ministre soulignait.
Le gouvernement... Et M. le ministre a parlé
beaucoup des résidents temporaires. Il y en a beaucoup. Il a parlé des
demandeurs d'asile. Il y en a beaucoup. D'ailleurs, M. le Président, ce n'est
pas pour rien que, comme porte-parole de
l'opposition officielle en matière, entre autres, d'immigration, de
francisation et d'intégration, j'ai demandé au gouvernement de créer un
bureau intégré de la planification au sein du ministère de l'Immigration. On ne
dit pas que le Québec ne doit exercer aucun
contrôle en immigration. Au contraire, ce qu'on dit, c'est qu'ils doivent
planifier. Ça, c'est important. Ça, ça se fait avec les régions. Ça, ça se fait
à l'intérieur du ministère pour ne pas que les gens travaillent en silo.
On a demandé aussi la création d'une cellule
d'urgence en francisation. M. le ministre parlait du français, notre langue
commune. C'est vrai, c'est hyperimportant, le français, mais encore faut-il
être capables de franciser les gens au Québec.
Je vous dis ça parce que... Loin de moi l'idée
de penser qu'on ne doit pas s'intéresser à l'immigration, qu'on ne doit pas contrôler l'immigration. Ce n'est pas
ce que je dis. Mais, encore là, il faut être capables d'identifier les
véritables problèmes pour être
capables de les régler. Et l'inquiétude que j'ai, avec ce projet de loi, que je
partage, d'ailleurs, avec ma collègue
la députée de Mont-Royal—Outremont, qui a siégé avec moi, parce que ce projet de loi
touche l'immigration, bien sûr, mais touche
beaucoup l'enseignement supérieur... Et je tiens publiquement à la remercier.
Elle a fait un travail exceptionnel. On a
très bien travaillé en équipe. Mais nous partageons cette préoccupation-là,
parce que le projet de loi de M. le
ministre vise, en fait, à lui donner énormément de pouvoirs, probablement
beaucoup plus que ce qu'il faut pour enrayer
certains abus qu'on a maintenant, certains abus qui sont documentés. Et je l'ai
dit en commission parlementaire. Et,
en plus, en plus, tout ce qu'on nous a dit, tout ce que les groupes nous ont
dit, c'est qu'il fallait, en matière d'immigration, de la prévisibilité.
Or, ce projet de loi là accorde, accorde au ministre énormément de pouvoirs
discrétionnaires, d'où, évidemment, les réticences que j'ai face à ce projet de
loi.
Vous savez, on nous a parlé d'abus. D'ailleurs,
c'est toujours intéressant de voir, quand on débat de questions importantes en
commission parlementaire, de voir un peu ce qui se passe dans la sphère
médiatique. Et, à peu près au moment où on travaillait le projet de loi, le
bureau d'enquête du Journal de Montréal , je crois, je ne crois pas faire
d'erreur en affirmant ça, a publié des
articles sur... Admissions suspendues jusqu'en 2026 au collège supérieur de
Montréal . Donc, il y aurait eu
une explosion de demandes d'admission. En fait... En fait, dans l'article, on
dit : «Québec a autorisé un record
de 12 000 étudiants étrangers dans un collège privé de Montréal.» Et
là ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'article du journal, du bureau
d'enquête : «Québec a autorisé un record», donc, «Québec a autorisé».
Alors, quand
je vous parle de planification, M. le Président, bien, il y a des moyens pour
régler ça. Peut-être que le projet de loi va un petit peu plus loin que
les moyens déjà à la... en fait, à la disposition du gouvernement pour régler ces problèmes-là. Il y a 3 300 étudiants
internationaux qui fréquentent l'établissement, mais ils ont
1 147 élèves prévus. Il y a quand même un écart notable, M. le
Président. Alors, ma question est la suivante : Au ministère de
l'Immigration... puis je ne vous dis
pas qu'il ne faut pas contrôler l'immigration, mais il n'y a aucun drapeau
rouge qui s'est levé? Étonnant, étonnant.
Alors, M. le ministre nous dit : Moi, j'ai
besoin de données, j'ai besoin de pouvoir contrôler, identifier. C'est sûr, je ne suis pas contre ça. Mais j'ai
l'impression que le ministre a déjà des moyens à sa disposition pour régler des
cas comme ça, qui nous ont été révélés par les médias.
Et on essayait de comprendre, M. le Président,
mais, au fond, c'était quoi, le problème? Il est où, le problème? Parce que, s'il y a des abus, bien, c'est sûr qu'on
ne peut pas cautionner les abus. M. le ministre disait : Il y a des gens
qui viennent, mais c'est des demandeurs d'asile ou ils demandent l'asile
puis ils voulaient venir étudier. Donc, est-ce que, légitimement, ils avaient fait de véritables demandes? Bien, c'est une
question qui se pose, mais, si quelqu'un entre au pays, si quelqu'un ne
dit pas la vérité sur ses formulaires, bien, il y a des moyens pour contrôler
ça par la suite. Et, plus tard, parce qu'on
cherchait toujours à identifier le problème qu'on voulait régler, plus tard, on
nous a dit : Bien, c'est parce que... c'est parce qu'il y a eu des
litiges à la cour. Ça, on nous a dit ça, M. le Président, pendant le briefing
technique. Ah! Ha! Bien là, on s'est
dit : Peut-être, peut-être que c'est ça, la raison. Bien, à ce moment-là,
oui, partagez ça avec nous, et on va l'étudier, on est là pour ça, en
commission parlementaire.
Alors, on nous a... peu de temps après le
briefing technique, on commençait l'étude
article par article. On nous a, en
fait, divulgué, on nous a partagé les différents documents, pourvois en
contrôle judiciaire, demandes introductives d'instance pour, entre autres, le
cégep de la Gaspésie contre le Procureur général du Québec et le collège Canada
inc. contre le Procureur général du Québec, et c'était en lien avec un arrêté
ministériel qui a été pris par le gouvernement. Ah! bien, on s'est dit : C'était peut-être là, le problème,
peut-être que le ministère n'a pas utilisé les bons moyens. Mais tout ce
qu'on a su, c'est qu'effectivement il y a une demande d'injonction provisoire
qui a été accordée, il y a une ordonnance de
sauvegarde. Il y a eu, finalement, une injonction provisoire d'ordonnée. Mais,
après ça, ce qu'on a appris, c'est que le ministère, plutôt que de
débattre de la question au fond, a retiré et... s'est engagé à respecter la
demande d'injonction et a retiré l'arrêté ministériel. Donc, au fond, le vrai
débat, le véritable problème, bien, on ne l'a pas su.
Alors, on a quand même continué à étudier le
projet de loi
article par
article puis, avant ça, on avait écouté plusieurs groupes qui sont venus nous parler et
qui nous ont partagé leurs appréhensions de ce que ce projet de loi pouvait
faire. Et plusieurs... Et je vais vous donner des exemples très concrets, M. le
Président, des recteurs d'université, des directeurs de cégeps, la présidente
de la Fédération des cégeps, des représentants des collèges d'enseignement
privés... sont venus nous parler et ils nous
ont tous dit : Écoutez, il faut faire attention. Les universités nous ont
dit : S'il y a des abus, on va s'en occuper. S'il y en a eu dans le
passé, on va les gérer.
Mais les étudiants internationaux étrangers,
pour nous, c'est quand même un élément qui est très important, très important,
parce que ça permet... ça permet, évidemment, de faire avancer la recherche, ça
permet de faire avancer l'innovation, ça permet d'avoir des étudiants au
deuxième et au troisième cycle. On nous a dit, dans certaines maisons d'enseignement universitaire en région, que c'est
souvent par l'apport d'étudiants étrangers qu'ils sont capables de faire
fonctionner des programmes. Bien, ce n'est quand même pas banal. Et puis moi,
comme porte-parole de l'opposition officielle, bien, évidemment, je suis
attentif à ces demandes des universités. Mais, encore là, ça ne veut pas dire
qu'on peut faire n'importe quoi, ça ne veut pas dire qu'on peut admettre
n'importe qui. Le gouvernement a quand même des moyens à sa disposition, mais
il fallait absolument le projet de loi n° 74.
Et, vous savez, quand les recteurs d'université
sont venus nous parler, et qu'ils nous ont informés de tout ça, puis qu'ils
nous ont dit comment c'est important, bien, je suis allé voir le plan
stratégique 2023-2027 du ministère de l'Enseignement supérieur, M. le Président.
Je prends la peine de dire les dates, 2023-2027, parce que le plan, il est toujours en vigueur, et c'est intéressant de voir
qu'au moment où le plan est toujours en vigueur le gouvernement dépose ce
projet de loi là. Et, dans le plan qui est en vigueur, la ministre de
l'Enseignement supérieur nous dit : «Nous devons accompagner le réseau
dans son développement en soutenant sa capacité d'accueil et en favorisant la
collaboration. Nous devons faire une place
toute particulière à la valorisation et à l'amélioration de la maîtrise de la
langue française, au soutien à la recherche, à l'innovation. Il faut
développer des compétences, et donc il faut absolument qu'on puisse soutenir
les étudiants pour qu'ils puissent éventuellement bien intégrer le marché du
travail.»
Et la sous-ministre nous
dit dans le même plan qui est toujours en vigueur : «Devant la croissance
constante de l'effectif étudiant sur nos campus, provenant de l'international,
compte tenu de la diversification des profils — entre autres — le
ministère s'est doté d'un nouveau secteur qui se consacre à l'accessibilité, à
la réussite, à l'expérience étudiante, qui permettra la synergie des actions du
ministère afin de mieux atteindre les objectifs et les enjeux.»
Et dans le plan, dans le plan, vous avez un
enjeu, vous avez «un réseau accueillant, accessible, ouvert sur le monde et
orienté vers l'avenir». Et, dans le même plan, on nous dit :
«Internationalisation de l'enseignement supérieur. Attirer davantage d'étudiants internationaux dans les collèges et les
universités francophones de la province est une priorité
gouvernementale.» Et le plan est toujours en vigueur, M. le Président. Le
Québec a des atouts pour ces étudiants. «Attirer
davantage d'étudiants internationaux dans les collèges et les universités
francophones est une priorité gouvernementale.»
Or, ce que ce projet de loi là va venir faire, c'est probablement exactement
l'inverse. À tout le moins, c'est ce que nous ont dit les recteurs et
les principaux d'université. Et je me fie à eux, c'est dans leur domaine.
Donc, c'est à tout le moins un peu ambigu, tout
ça. Vous avez le gouvernement qui, d'une main, dit : Écoutez, on a un plan stratégique, là, il est encore en
vigueur pour deux ans, puis finalement il faut se positionner à l'international,
c'est bon pour les universités, puis, au même moment, le gouvernement... le
même gouvernement de la CAQ dépose le projet
de loi n° 74, qui dit : Ah! bien non. Là, il faut contrôler, il faut
être capable de voir exactement ce qui en est. Et c'est ce que disait...
c'est ce que disait M. le ministre. Donc, ça me semble bien contradictoire.
Vous savez,
quand on a entendu les recteurs des universités, ils nous ont tous dit :
Faites attention. Et par la suite, alors qu'on avait commencé, déjà, les
travaux, ils ont écrit, tout le monde, tous les principaux chefs des
établissements universitaires québécois, et ça, ça inclut le réseau de
l'Université du Québec, alors ils ont écrit à la ministre de l'Enseignement
supérieur et au ministre de l'Immigration en disant — c'est
eux qui le disent, ce n'est pas moi, là, mais je vais... je vais le
partager : «Nous croyons que cette nouvelle loi aurait des effets très
négatifs pour nos établissements et pour le Québec. Faut-il rappeler que
l'internationalisation de nos cours, programmes et activités demeure une
réalité nécessaire et incontournable pour les étudiants québécois?» Puis
évidemment on a à coeur la francisation des gens qui sont ici. On nous dit à la page 3 : «Nous sommes profondément
convaincus qu'au-delà de la question litigieuse des chiffres imposés par
le débat sur l'immigration temporaire au Québec l'inclusion du réseau
universitaire québécois dans ce débat, et
dans ce projet de loi en particulier, met à mal les nombreux efforts qui ont
été investis pour planifier et gérer avec sérieux l'accueil et la
rétention des étudiants internationaux dans nos établissements.»
Ici, on ne parle pas des gens qui viennent ici
sous des faux prétextes. Ça, quand ça arrive, le gouvernement doit agir. Je
vous le disais tantôt, M. le Président, quelqu'un qui, sous des faux prétextes,
fait accroire qu'il veut venir étudier, mais
qu'il fait d'autres choses, bien là le gouvernement doit sévir, évidemment. Ce
n'est pas de ça dont on parle. Et évidemment les universités québécoises
ont conclu de nombreuses ententes avec des centres de recherche, des
universités dans d'autres pays, et donc ça peut mettre à mal ces différentes
ententes.
Les recteurs de Laval, Montréal, Sherbrooke et
le principal de McGill sont venus nous dire à peu près la même chose : Il
faut de la prévisibilité, et là, avec le projet de loi, nous n'en aurons pas.
Quand M. le ministre, tout à l'heure, vous parlait des demandeurs d'asile, on
pourrait même parler des travailleurs temporaires, mais ce n'est pas de ça dont
on parle ici... Les étudiants
internationaux, d'après les recteurs de Laval, Montréal, Sherbrooke et le
principal de McGill, c'est
57 440 étudiants, pas 300 000, pas 600 000, 57 000, et
ils nous disent qu'ils sont capables de les gérer. On a eu le même son de cloche de la part du réseau de
l'Université du Québec, et je cite leur mémoire à la page 8 :
«L'Université du Québec considère que
les paramètres proposés dans le projet de loi n° 74
et une éventuelle réduction des étudiants pourraient entraîner des
conséquences négatives majeures sur toutes les régions du Québec ainsi que sur
les universités mêmes.»
Donc, il
s'agit quand même d'un élément qui est sérieux. On a à coeur... Moi, j'ai à
coeur les régions du Québec, j'ai à coeur nos universités, puis évidemment on
nous dit : Faites attention, il n'y a pas de prévisibilité là-dedans,
et ça risque de poser un problème.
Donc, quand on a vu ça, bien, évidemment, ma
collègue de Mont-Royal—Outremont et
moi-même, on s'est dit : On pourrait
présenter des motions préliminaires, puisqu'il y a un enjeu tellement sérieux,
pour entendre d'autres groupes, évidemment,
qui avaient été... qui n'avaient pas été identifiés dans un premier temps, et
on a demandé d'entendre la ministre de
l'Enseignement supérieur. Pourquoi? Bien, parce que ça la touche. Et
d'ailleurs, vous avez vu, l'ensemble des dirigeants des universités lui
ont écrit. Alors, le gouvernement a refusé.
On a demandé,
parce qu'on découvrait un peu au compte-goutte puis on cherchait toujours
l'objectif, toutes les notes,
documents explicatifs, les impacts du projet de loi, parce que je ne peux pas
croire, M. le Président, que le gouvernement n'a pas fait une évaluation
d'impact avant. En tout cas, ça a été refusé. Donc, pas eu de documentation,
sauf les débats judiciaires.
On a demandé à entendre la Commission des droits
de la personne et des droits de la jeunesse. Pourquoi? Bien, parce que c'est un
organisme du gouvernement, en fait, c'est un... c'est un organisme de l'État
québécois, et on nous disait : Écoutez,
on voudrait avoir plus de temps, ça nous interpelle, ça crée une grande
incertitude, ce projet de loi. On a,
et je cite, à la page 3 de la lettre du président : «Une
grande incertitude plane donc sur la manière dont le projet de loi sera mis en oeuvre, et la commission des droits se
désole de ne pouvoir faire, dans les circonstances, une analyse complète du
projet de loi.» Écoutez, les droits
fondamentaux, la charte québécoise
des droits et libertés de la
personne, c'est un document hyperimportant au Québec. Donc, on s'est
dit : Il faudrait les entendre, il me semble que ça aiderait le Parlement.
Bien, ça a été refusé. Et finalement, à cause de l'impact sur le tourisme, on a
voulu entendre l'ITHQ, et ça a été aussi refusé.
Donc, on a
continué notre travail avec ce qu'on avait, et il y a eu effectivement
plusieurs, plusieurs amendements qui
ont été déposés par le ministre, notamment, et par... et certains par l'opposition, et certains par l'opposition officielle, en lien avec le projet de loi.
le ministre a raison, il y a un amendement qui a été déposé pour ajouter, dans
les critères, le français comme langue commune. Et le français, au Québec,
c'est hyperimportant, et effectivement, d'une façon unanime, nous avons voté en
faveur de cet amendement-là.
Sauf qu'une fois que
j'ai dit ça, nous, de l'opposition officielle, ce que les universités nous ont
demandé, c'est carrément d'être exclues, et surtout, surtout, les cycles
supérieurs. Alors, vous comprendrez que ma collègue la députée de Mont-Royal—Outremont et moi-même, on
a déposé un amendement en ce sens. Et on a fait un débat là-dessus, et évidemment ça a été refusé par le gouvernement.
Après ça, on est revenus à la charge en se disant : Bien, peut-être qu'on
pourrait exclure uniquement le deuxième et le troisième cycle. Ça a été aussi
rejeté.
Donc, on se retrouve
aujourd'hui, à l'étape de la prise en considération, avec un projet de loi qui
va permettre au gouvernement de prendre des
décisions relatives au traitement des demandes et en ce qui concerne,
évidemment, les demandes d'étudiants étrangers. Et cette décision-là va
devoir tenir compte des orientations et des objectifs fixés au plan annuel d'immigration, des besoins
économiques, de la main-d'oeuvre, du besoin de favoriser une diversité de
provenances des demandes de sélection. Et là on nous a demandé, justement...
Nous, ça nous inquiétait beaucoup, parce qu'on s'est dit : Il
pourrait y avoir de la discrimination. On nous a assuré que la charte serait
respectée. On va suivre ça de près. Ça peut tenir
compte de considérations humanitaires, situations pouvant compromettre la
santé, la sécurité, le bien-être des personnes immigrantes, la capacité
d'accueil, l'intégration au Québec, le français et même l'intérêt public. Et
tout ça, tout ça, éventuellement, va voir le
jour, avec certains critères, par règlement, mais aujourd'hui, M. le Président,
je peux vous dire qu'il y a ça. Comment ça va être mis en oeuvre? On ne
le sait pas.
il y aura, effectivement, des établissements d'enseignement désignés, désignés
par le gouvernement. Puis ça, bien, évidemment, il y a quelques
critères.
«Sont des
établissements [...] désignés :
«1° les
établissements d'enseignement visés à l'article 36 de la
Loi sur l'instruction[...];
«2° les
établissements d'enseignement que désigne le gouvernement...»
Je comprends que ça
va être sur recommandation conjointe, mais, ça, on verra.
«Un décret de
désignation», pris par le gouvernement du Québec, on ne sait pas ce qu'ils vont
faire.
donc, au fond, en bout de piste, ce que ça va permettre au ministre de faire,
c'est d'aller voir dans chaque université, chaque programme, chaque
cycle puis... Théoriquement, parce qu'aujourd'hui, là, je ne peux pas vous le
garantir, je ne sais pas ce que ça va donner, c'est un peu inquiétant, mais je
ne sais pas ce que ça va faire. Et là le ministre disait : Bien, écoutez, oui, c'est... tel endroit, tel
programme, ça pourrait être tant. Et donc ce que ça peut faire, M. le
Président, compte tenu de ce que les recteurs d'université nous ont dit, compte
tenu du recrutement qu'ils font à l'international, compte tenu des
programmes qu'ils ont développés, compte tenu de ce que je vous disais au
départ, c'est-à-dire, on le sait, dans des régions
du Québec, il y a des programmes qui sont capables de subsister grâce à
l'apport d'étudiants internationaux étrangers, bien, ça pourrait faire en sorte qu'ils vont devoir fermer, ou être
moins efficaces, ou avoir moins d'argent pour faire de la recherche.
Et là ce que ça fait
au niveau des universités... Parce que, rappelez-vous, au Québec, on a aussi
une
Loi sur la liberté académique. Eh oui!
Alors, quoi, le ministre va aller jouer dans la liberté académique des
universités? Je ne peux pas vous
répondre. On a posé des questions, il n'y a pas de réponse présentement, mais
je fais miennes les inquiétudes des recteurs d'université.
Et on a même voulu
faire entendre l'institut de la mer de Rimouski, l'ISMER. C'est le seul centre
ça a été refusé. Parce qu'ils ont... ils ont des chaires de recherche, ils ont des subventions, mais ils ont aussi un
grand nombre, grand nombre d'ententes avec des universités étrangères. Et donc c'est avec l'apport
d'étudiants étrangers que certains programmes fonctionnent au niveau de la
maîtrise et du doctorat. Donc, là-dessus, ça n'a pas réussi, et on n'a
pas pu non plus exclure les universités.
Donc,
on se ramasse avec un projet de loi où le ministre va avoir énorm