Institutions — 4 October 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CI 2023-10-04
Quebec — Committees
(Onze heures dix-sept minutes)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît!
Bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 34, Loi visant à moderniser la profession
notariale et à favoriser l'accès à la justice.
Avant de débuter, M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est remplacé par M. Jacques (Mégantic);
Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)
est remplacée par Mme Grondin
(Argenteuil); et Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)
est remplacée par Mme Cadet (Bourassa-Sauvé).
Président (M. Bachand) :
Donc, nous sommes aux remarques
préliminaires. Alors, M. le ministre
de la Justice, vous disposez de 20 minutes. À vous la parole.
Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Écoutez, on a entendu les
différents intervenants hier, sur le projet de loi n° 34, en termes de consultations,
et je vous dirais qu'il y a quand même une belle unanimité, M. le Président,
à l'effet que le projet de loi n° 34
était attendu depuis fort longtemps. L'ensemble des intervenants ont souligné
l'importance de moderniser la
profession notariale et ont tous souligné le courage du gouvernement et le fait
que ça allait améliorer la profession, mais aussi l'accès à la justice
pour les citoyens, donc sur l'acte notarié technologique, sur l'acte notarié
exécutoire. On a entendu également certaines réserves de la part du Barreau du
Québec, de la part de l'Association du
Barreau canadien. Je tiens à les rassurer, avec l'acte notarié exécutoire, on
va y aller progressivement, notamment par voie réglementaire. C'est
justement ce que permet de faire un règlement. Alors... et je note que le
projet de loi est consensuel et qu'il fait avancer le système de justice.
Alors, on
sera disponibles aujourd'hui pour répondre aux questions des collègues des
oppositions avec l'ensemble des
équipes du ministère de la Justice, donc deux blocs importants. Puis on a fait
communiquer à nos collègues également une
version administrative afin de simplifier le travail pour... considérant le
fait qu'il y a beaucoup de références aux lois antérieures, N-2 et N-3. Donc, dans un souci d'efficacité et de
compréhension, on a partagé ces documents-là. Alors, on entame l'étude
détaillée avec enthousiasme et sérénité. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Mon Dieu! C'est quasiment
touchant. Merci. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci. Merci, M. le
Président. M. le ministre, collègues députés, alors effectivement, pendant les
minutes qui vont suivre, je vais partager mes remarques préliminaires en ce qui
a trait au projet de loi n° 34 qui vise à moderniser la profession notariale et
à favoriser l'accès à la justice.
On a entendu hier, M. le Président, plusieurs
groupes qui sont venus nous éclairer sur certains enjeux que le projet de loi peut soulever, et je pense que, bon,
il est quand même important de le souligner avant d'entreprendre l'étude
détaillée du projet de loi. Je vous dirais
que, dans l'ensemble, la majorité des associations ou des groupes... sous
certaines réserves, là, mais voient quand même le projet de loi d'un bon
oeil. Il y a des éléments sur lesquels je vais vouloir attirer votre attention d'une façon particulière, mais, dans l'ensemble,
je vous dirais que le projet est quand même assez bien reçu.
Il y a une
disposition du projet de loi qui a suscité plusieurs débats intéressants hier,
et c'est l'article 3 du projet de
loi, celui qui traite de l'exécution forcée, qui, en fait, serait un ajout au
Code civil, à l'article 1603.1. Je comprends l'intention du gouvernement, évidemment, de vouloir faire en sorte que
le système de justice puisse se consacrer à d'autres tâches que, par exemple,
entériner des obligations contractuelles, surtout si c'est par défaut.
Mais on nous a quand même souligné qu'il fallait avoir une certaine
prudence, notamment en relation avec le vocabulaire qui est utilisé dans l'article. Le gouvernement mentionne des
catégories de contrats. Plusieurs groupes nous ont dit qu'il était probablement
préférable de parler d'obligations à l'intérieur de certains contrats.
Qu'on veuille dégager les tribunaux de dossiers
qui vont procéder par défaut, parce qu'évidemment une des parties ne se présente pas, j'en suis. Cependant,
il faut toujours garder à l'esprit l'importance des droits des créanciers,
mais également des
droits des débiteurs. Et on aura l'occasion d'en reparler, M. le Président,
dans le cadre de l'étude
article par
article, mais il faut être conscient que l'intention du gouvernement, c'est de
créer certaines catégories d'obligations à l'intérieur de contrats et
par règlement. Alors... et, bien sûr, un acte réglementaire est beaucoup plus
souple et plus facile à adopter et à
modifier qu'un texte législatif, mais il n'en demeure pas moins que ça évite,
évidemment, des débats au Parlement
sur ces questions-là, et qui sont par
ailleurs importantes. Donc, je tenais
quand même à vous souligner cet aspect-là, qui n'est quand même pas...
qui n'est pas banal.
Je vous dirais que, dans l'ensemble, les groupes
qui représentent les notaires, que ce soient l'Association professionnelle des notaires, l'Union des
notaires, Me Brochu de l'Université
Laval, la Chambre des notaires,
reçoivent le projet de loi d'une
façon favorable. Cependant, j'ai quand même posé plusieurs questions pour
m'assurer, parce que ces groupes sont
des groupes d'experts, avec une expertise qui est reconnue, que l'objectif qui
est suivi par le gouvernement sera atteint par le projet de loi. Et je
dois souligner aussi qu'un des atouts du projet de loi, c'est évidemment de
reconnaître la profession de notaire, profession qui existe au Québec depuis
des siècles. Et le notaire accompagne souvent
une ou des parties dans... pour des contrats ou des actes dans des moments
importants de nos vies — on
pense, entre autres, notamment, au
testament — et
donc il joue un rôle fondamental. Les notaires vont jouer un rôle fondamental
dans la vie des Québécois et des
Québécoises, et le fait de reconnaître l'importance de cette profession au sein
de ce projet de loi, je pense, est une chose qui est très positive.
Cependant,
quand on regarde les différents articles, j'ai quand même posé plusieurs
questions sur le fonctionnement du greffe numérique, parce qu'au fond, c'est de
ça dont on parle et c'est de ça dont il est question dans le projet de
loi, notamment, donc, la création d'un greffe numérique. Et ma compréhension du
projet de loi, mais, encore là, on aura la
chance d'en discuter plus à fond avec M. le ministre, c'est que ce serait la
Chambre des notaires qui va gérer ce fonds. Il y a des dispositions dans le projet de loi qui permettent au fonds
d'études juridiques de la Chambre des notaires, donc, de contribuer au
financement, mais c'est quand même un changement majeur et important pour
l'ensemble de la profession notariale au Québec.
Et je dois vous dire que j'étais quand même
heureux d'entendre, de la part de la Chambre des notaires, qu'ils planchent sur
ce greffe numérique depuis longtemps, mais, quand même, il y a plusieurs
groupes qui ont soulevé des questions en se disant : Oui, mais, si jamais
il y a une cyberattaque, si jamais la confidentialité des documents ou du
greffe numérique est attaquée et que quelqu'un peut aller chercher de
l'information, qui en sera responsable? Et là, évidemment, ce sont des questions que nous aurons pour le ministre
lorsque nous allons procéder à l'analyse et à l'étude détaillée du
projet de loi.
Je suis sensible au fait qu'en 2023 on veuille
évidemment procéder avec un greffe numérique qui sera probablement dans un
nuage quelque part, puis je suis aussi conscient... puis j'ai une attention toute
particulière parce qu'il y a des groupes qui
nous ont parlé de ça en évoquant la tragédie de Lac-Mégantic, où des greffes
complets de notaires ont été perdus.
Et évidemment, présentement, ce sont des documents papier, et je peux très bien
comprendre non seulement l'impact, mais en plus, dans le cadre de la
tragédie de Lac-Mégantic, ça ne fait qu'augmenter tous les enjeux pénibles que
les gens de Lac-Mégantic ont dû à vivre... ont eu à vivre. Alors, ça, je peux
comprendre.
Cependant,
c'est sûr que, dans un greffe, actuellement, bien, c'est un notaire avec ses
actes, plusieurs dossiers, mais dans un endroit particulier. Ma compréhension,
et, si elle n'est pas bonne, bien, évidemment, le gouvernement nous donnera des informations là-dessus, mais
c'est évidemment... dans le greffe numérique, bien, tous les greffes des notaires
devraient être au même endroit. Et donc ce que ça veut dire, c'est que, si
jamais il y a quelqu'un qui est capable de déjouer les mécanismes de protection
et d'avoir accès, la personne pourrait donc avoir accès à une somme incroyable
de documentation, et de documentation, évidemment, très privilégiée. Donc,
c'est une préoccupation.
L'autre
préoccupation... et on verra ça à la longue, comment ça va évoluer, mais on
nous a dit... plusieurs groupes nous
ont dit également qu'il y a peut-être des notaires qui ne voudront pas
nécessairement prendre ce virage numérique, et donc qu'ils songeraient
de quitter à la retraite. Et donc j'ai posé certaines questions là-dessus, M.
le Président, parce que vous comprendrez
que, pour moi, il est très important que des citoyens, citoyennes du Québec
aient accès à des services de
notaires partout. Donc, est-ce que ça va créer une pénurie de notaires? Est-ce
qu'il y a des endroits au Québec où ils n'auront plus accès à des
notaires? Bon, ça, ça reste à voir. On n'a pas eu de réponse catégorique
là-dessus.
Cependant, le
projet de loi permet aussi, dans des circonstances exceptionnelles, d'avoir
recours à des signatures ou à des services de notaires par phénomène télé...
télévisuel ou en visioconférence. Donc, ça, évidemment, ça peut être un
élément qui va faire en sorte que les gens pourront avoir accès quand même aux
services de notaires, même s'il n'y en a
plus dans leur localité, puis ça, je pense que c'est important de le soulever.
Donc, c'est un projet de loi qui est important.
Le projet de
loi va également permettre au ministre de la Justice et notaire général de
créer un greffe. On aura aussi des questions sur la tenue de ce greffe, sur les
mesures de protection qui seront envisagées, de savoir qui consulte le
ministère dans cette transformation numérique, parce que malheureusement,
lorsque l'État, actuellement, se lance dans des projets de transformation
numérique, et je le soulignais hier à plusieurs reprises, ça ne clique pas.
Alors, il faudra s'assurer que, pour des documents aussi importants, il n'y ait
pas de pépin, n'est-ce pas, avec le système qui sera mis en place.
M. Morin : SAAQclic pas. SAAQclic
pas.
Morin : SAAQclic pas. Voilà.
Alors
donc, ça, c'est un autre élément, évidemment, que je tiens en ligne et que j'ai
en tête, et évidemment on en discutera.
Plusieurs articles
sur les formalités des actes notariés, ça, je pense que c'est également
important.
vous souligne également que ce projet de loi modifie également la
Loi sur les
tribunaux judiciaires. Il s'agit là de dispositions plus techniques en lien,
entre autres, avec les régimes de retraite, pensions des juges. Je comprends qu'il s'agit d'éléments qui sont évidemment techniques, mais je pense qu'il aurait
été important qu'on puisse, à tout le moins,
entendre ou lire des conférences de magistrats pour s'assurer que ces
dispositions-là... évidemment, ils les demandent, que ça n'a aucun impact sur leur travail ou sur
l'indépendance de la magistrature, parce qu'on a déjà eu, M. le Président, au
sein de cette commission, des débats fort
animés sur ces questions. Alors, on verra, et puis, ça, je pourrai vous en
reparler dans les minutes qui viennent.
Par ailleurs, je note
également que le projet de loi modifie la
Loi sur le Barreau pour permettre
notamment d'utiliser le Fonds d'études juridiques pour faire en sorte que le
Barreau puisse promouvoir la qualité des services professionnels, la réforme du droit, la formation professionnelle, la
formation permanente, la recherche, l'information juridique et
évidemment financer des mesures qui vont avoir pour objet de favoriser l'accès
à la justice. Et vous savez, M. le
Président, en tant que porte-parole de l'opposition officielle en matière de
justice, comment il est important pour moi que les citoyens et les
citoyennes du Québec aient accès à la justice.
y a présentement, au Québec... et j'ai même rencontré des gens dans ma
circonscription, celle de l'Acadie, qui, entre autres, offrent des services juridiques dans la rue, n'est-ce pas,
pour rejoindre le plus possible la population, et ce sont d'excellentes
initiatives, et je souhaite vivement que ces différents projets là puissent
être évidemment financés. Ça, ça m'apparaît
hyperimportant, et je constate également que la Chambre des notaires pourra
faire de même. Alors, ça, c'est un aspect très positif du projet de loi.
Alors, quand on
regarde le projet de loi dans l'ensemble, ce projet de loi crée également la
catégorie des notaires à la retraite, ce qui est aussi fort important parce que
ça va permettre à des notaires de grande expérience de pouvoir continuer de
donner des conseils, et donc de faire en sorte que les gens aient accès à des
conseils juridiques donnés par des professionnels, évidemment, de grande
qualité, mais, encore là, il faudra être attentif et voir,
article après
article, parce que souvent c'est dans les détails qu'on trouve certains
problèmes... de s'assurer qu'évidemment il n'y a rien là-dedans qui va porter
ou avoir un impact négatif sur la population.
En terminant,
j'aimerais souligner aussi le dernier groupe qui a comparu, M. Taillefer, en
fait, de la Chambre des huissiers de justice
du Québec, qui nous a expliqué un peu comment ça se passait, finalement, dans
son quotidien. J'ai trouvé ça fort intéressant parce qu'il nous a permis de
mieux comprendre comment, évidemment, des actes allaient être exécutés,
et lui, il a parlé tout particulièrement en lien avec l'article, bien sûr, 3 du
projet de loi, qui va modifier l'article 1603.1. Comme je lui demandais... Il
faut se rappeler et savoir cependant que, dans un cas de 1603.1, il ne va pas, comme tel, exécuter un jugement, mais bien
un acte notarié. Et donc moi, je veux évidemment m'assurer que, dans un
cas comme ça, le débiteur saura et qu'il sera informé que, si jamais il y a une
contestation à faire, il pourra le faire et évidemment être capable de
s'adresser aux tribunaux en ce sens, et ça, je pense que c'est très, très
important.
Je vais terminer en
vous parlant du témoignage de la bâtonnière, Me Claveau, et de la
secrétaire du Barreau, Me Champagne, qui, en
fait, invitaient le ministre et les parlementaires à profiter de l'occasion
pour apporter certaines modifications
à la loi qui, au fond, permettraient aussi au Barreau du Québec d'utiliser, en
fait, plus de numérique en ce qui a trait au registre des testaments,
parce que, comme vous le savez, M. le Président, les notaires sont évidemment
habilités à faire des testaments, qui sont des actes authentiques dans leur
cas, mais évidemment il y a plein de gens qui
ont recours également à des avocats pour leur testament. Donc, un greffe
central qui ferait en sorte que la recherche serait plus facilitée, plus
efficace, enfin, bref, on en reparlera dans le cadre de l'étude plus détaillée
du projet de loi, mais je pense que c'est un élément qui mérite d'être soulevé.
Alors,
voilà, ceci complète mes remarques préliminaires. Je comprends que j'avais une
période de 20 minutes qui était à ma
disposition. Il reste quelques minutes, M. le Président. Est-ce que ma collègue
veut ajouter des éléments?
Président (M. Bachand) : ...on fait un
premier tour de table, et, après ça, chaque membre peut intervenir pour un
maximum de 20 minutes. Alors, il y aura du temps en masse pour la députée.
M. Morin : Parfait,
merci, M. le Président. Alors, moi, c'est terminé pour moi. Je vous remercie.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Avant d'aller plus loin, on a fait un petit oubli de
remplacement qui... vous allez le comprendre, qui est très important.
Alors, M. le secrétaire.
Le Secrétaire :
Oui, merci, M. le Président. M.
Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
Le Président (M. Bachand) : Et, sur ce, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, vous avez la parole pour 20
minutes.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. M. le ministre, son équipe, chers collègues, content
d'être ici avec vous pour cette étude détaillée. D'abord, merci aux
groupes qu'on a entendus hier. Ça laisse quand même peu de temps pour réfléchir, le fait qu'on passe
si vite en étude détaillée. Quand même, évidemment, il reste plusieurs
questions qu'on va étudier dans les prochains jours ou les prochaines heures.
D'abord,
le caractère d'exception, si les circonstances l'exigent, pour l'acte notarié à
distance, ça, ça va rester à préciser et ça va rester à définir. On nous a
parlé que certains promoteurs immobiliers passent des centaines de fois
ou une centaine de fois par année devant un
notaire. Alors, il va rester à déterminer en quoi le caractère exceptionnel ou
en quoi le caractère «lorsque les circonstances l'exigent» va pouvoir
être démontré ou va devoir être démontré dans ces circonstances.
évidemment on va parler ou on va s'intéresser au greffe central numérique. Le
règlement... pardon, le projet de loi
prévoit que, sur décision du gouvernement, il pourrait être hébergé à
l'étranger. Il y a eu des questions qui ont été soulevées là-dessus,
évidemment, par certains groupes, d'autres questions qui ont été soulevées sur
la coresponsabilité de la voûte et de
la numérisation avec le notaire général. Donc, c'est des questions qu'il va
falloir étudier. Certains groupes nous
ont soulevé aussi la question de clauses transitoires pour les notaires qui le
voudraient, donc, une espèce de droit acquis
pour certains peut-être moins familiers avec les technologies de l'information.
Bref, ça a été soulevé par plusieurs groupes.
évidemment, tout le monde en a parlé, l'article 3, l'acte notarié exécutoire,
pas tout à fait clair encore comment ça va fonctionner ni comment ça va
réellement favoriser l'accès à la justice. Plusieurs questions restent en
suspens. En fait, ça va favoriser la justice de qui? C'est une question qu'on
se pose. Est-ce que ça va être volontaire? Est-ce que ça va être imposé? Finalement, dans les faits, est-ce
qu'il va y avoir un débalancement ou ce sera toujours exigé, je ne sais pas,
par les banques, par exemple? Est-ce qu'il va y avoir un genre de contrat
d'adhésion, et finalement les gens vont systématiquement devoir signer ce genre
d'acte notarié exécutoire?
C'est des questions
qu'on va avoir. Évidemment, que se passe-t-il pour les actes notariés déjà
signés? Comment ça va fonctionner, le pouvoir de contester, si jamais la
personne en défaut conteste le défaut? Comment ça va fonctionner, sur qui va être le fardeau? Bref, plusieurs questions
demeurent en suspens, en plus du fait où il y avait un débat sur, bon, la notion de contrat versus
obligation, le fait qu'un contrat peut contenir plusieurs obligations.
Plusieurs groupes nous ont parlé de ça aussi.
On a parlé aussi de
notaires à la retraite, intéressant, tant mieux, d'élargir leur rôle. Certains
ont mentionné qu'on devrait l'élargir un
peu, même leur permettre de prêter serment, leur permettre de superviser les
étudiants dans une clinique juridique. Donc, il y a eu des éléments qui
ont été apportés et qu'on pourra étudier ensemble.
Alors, on sera
disponibles pour écouter et pour poser nos questions dans cette étude
détaillée. Merci.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de
Saint-Jean, s'il vous plaît.
M. Lemieux : Merci beaucoup, M. le Président. Quelques secondes
à peine pour saluer tout le monde et pour dire que j'aime beaucoup ça, pendant
les consultations, à chaque fois qu'on entend, comme on l'a entendu cette
fois-ci, des témoins qui sont presque... en tout cas, à qui on pose la
question : Pourquoi ça ne s'est pas fait avant?, puis qu'on se fait répondre : Bien, je ne sais pas, ça
fait longtemps qu'on attend, puis je ne sais pas vraiment pourquoi on ne l'a
pas fait avant, pourquoi personne n'y a pensé avant.
Ça, c'est le genre de
projet de loi et de mesures pour lesquels il fait bon de travailler un projet
de loi parce qu'on se rend compte que le
monde évolue. Ce n'est pas pour rien qu'on est en train de se demander dans
quel nuage on va placer nos informations et en quelle sécurité est-ce
qu'elles seront, parce qu'on est rendus là, puis, parce qu'on est rendus là,
bien, il y a des choses qu'on peut faire. Il y en a d'autres, on n'est pas
certains s'il faut faire... J'ai entendu des commentaires au sujet du
présentiel devant le notaire, qui, dans certains cas, est presque... En tout
cas, la notion d'exception devient exceptionnelle, et, dans d'autres, c'était
beaucoup plus large.
On va en parler
pendant l'étude détaillée, mais, je résume, j'aime ça. J'aime qu'on aborde ces
questions-là. J'aime qu'on fasse avancer les choses. Et, comme le disait si
bien le ministre... Non, ça ne vous émouvra pas, M. le Président, je vous le promets, mais, comme le disait le ministre, ça
fait... tout ça pour donner plus d'accès à la justice, plus de gros bon
sens au système, pour faire avancer les choses, et c'est très bien ainsi.
Merci, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
députée de Bourassa-Sauvé, s'il vous plaît.
Mme Cadet : Merci,
M. le Président. Salutations, donc, à tous les collègues. J'aimerais donc à mon
tour, donc, remercier les différents groupes
qui ont pris la peine de venir témoigner en commission parlementaire hier, donc,
les groupes, et ainsi, donc, à tous ceux,
donc, qui ont pu, donc, procéder, donc, au dépôt de mémoires. Les groupes ont eu peu de temps pour se préparer. Donc, on a eu,
donc, peu d'occasions, donc, de pouvoir les entendre. Donc, c'est d'autant
plus apprécié qu'ils soient venus avec des
propositions aussi exhaustives, aussi complètes et aussi pertinentes pour
l'étude détaillée pour le projet... du projet de loi. Pour nous, comme
législateurs, ça nous donne un fort coup de main.
le Président, je reviendrais d'abord sur le principe. Évidemment, donc, nous,
notre formation politique, donc, nous
nous sommes positionnés, donc, en faveur du principe du projet de loi,
notamment, et mon collègue de l'Acadie, donc, a parlé, donc, de l'accès à la justice, de la pertinence de ce
principe et d'à quel point... donc, dans nos circonscriptions respectives, on peut voir à quel point moderniser notre
système de justice, voir comment nous pouvons être créatifs, pour qu'il soit le
plus adapté possible aux défis des justiciables d'aujourd'hui. Et
manifestement, donc, nous, comme formation politique, donc, nous serons là,
lors de l'étude... à l'occasion de l'étude détaillée du projet de loi, pour
nous assurer que chaque disposition, que chaque article, que chaque élément qui
sera étudié soit vraiment adopté en convergence
avec ce principe, en convergence avec l'esprit de véritablement procéder... et
donc un véritable... donc, une meilleure accessibilité à la justice pour
tous et chacun.
Les collègues, donc,
ont parlé, donc, des différents éléments qui ont été soulevés par les groupes
hier. Je n'ai pas eu l'occasion, donc,
d'entendre l'Association professionnelle des notaires du Québec et l'Union des
notaires du Québec, mais, lorsqu'on
prend en considération les éléments de Me Brochu, de l'Association du Barreau
canadien, du Barreau du Québec,
de la Chambre des notaires et de la Chambre des huissiers de justice du Québec,
donc là, on dénote, d'une part, donc, des groupes qui sont ouverts, donc, qui
ont l'esprit ouvert, donc, face aux propositions du projet de loi, mais également,
donc, qui ont, donc, certaines préoccupations.
Les collègues, donc,
ont parlé de l'article 3, donc, de l'exécution forcée d'une obligation
qui... et bon, donc, je pense que
rapidement, donc, aujourd'hui ou dans les prochains jours, on aura l'occasion,
donc, de revoir, donc, le texte de la
proposition, donc, d'ajouter l'article 1603.1 au Code civil du Québec,
avec le souci, donc, de potentiellement, donc, amender certains contrats ou catégories de contrats, donc, qu'on va dire
que le règlement, donc, peut exclure de l'application, donc, du présent article, donc, ces éléments ou
certaines personnes ou catégories de personnes. Donc, plusieurs groupes,
avocats, notaires, donc, sont venus nous
mentionner que, donc, «certaines obligations» ou «catégories d'obligations»
était peut-être plus exact.
Le Barreau du Québec,
également, a souhaité nous mettre en garde, donc, a souhaité mettre en garde
les législateurs de cette nouvelle disposition parce qu'elle a pour effet de
modifier le fondement du droit des obligations et a soulevé de nombreuses questions quant à l'application de cette
disposition. Je les nomme. Quels contrats seront visés? Donc, quelles
obligations seront visées? Sur quelle base aurait lieu l'exécution forcée?
Quels moyens devraient être invoqués pour
prouver le défaut du débiteur? Comment le débiteur serait-il informé de la
procédure et à quel moment? Comment pourrait-il faire valoir ses moyens
de défense et à quel moment? Est-ce que les tiers pourront intervenir et de quelle manière? Qu'en est-il des obligations
conditionnelles? Est-ce que le notaire qui a rédigé l'acte pourra agir dans
l'exécution? Comment sera-t-il rémunéré? Et j'en passe.
Donc,
vous voyez, M. le Président, qu'il y a énormément, donc, de questionnements,
donc, qui feront en sorte que nous étudierons avec grande attention
l'article 3 du projet de loi. Donc, j'ai nommé les préoccupations du
Barreau du Québec, mais évidemment ce n'est pas la seule institution qui a eu
l'occasion de venir témoigner ou de déposer un mémoire dans l'enceinte de cette commission, qui a, donc, soulevé, donc,
différentes préoccupations quant à cet élément du projet de loi. Les
collègues, donc, ont mentionné, donc, tout ce qui sera étudié aujourd'hui,
donc, évidemment, donc, tout ce qui sera
accessible sur le support numérique et la question, donc, de la protection des
données personnelles, la question, donc, du greffe central.
J'aimerais aussi
revenir sur la signature à distance. Donc, le projet de loi n° 34 prévoit
des dispositions concernant l'acte notarié technologique reçu à distance, et
quelques groupes sont venus, donc, nous demander, donc, de peut-être, donc, porter une attention particulière au caractère
exceptionnel, donc, qui est prévu dans le texte actuel du projet de loi
afin que l'on s'assure que... d'une part, que la responsabilité, donc,
professionnelle, donc, des notaires, donc,
ne soit pas, donc, mise en cause, donc, qu'on n'aille pas, donc, à l'encontre
de la volonté du législateur lorsqu'il est question, donc, de permettre
ces cas-là, mais également de leur assurer, donc, une certaine latitude dans la
prise en considération de la capacité des parties à pouvoir consentir à, donc,
l'acte notarié, donc, reçu ou conclu à distance.
Le projet de loi
prévoit également la création d'une catégorie de notaires à la retraite de
façon analogue à ce qui prévaut présentement
pour les avocats à la retraite membres du Barreau du Québec. Donc, le Barreau a
eu l'occasion de s'exprimer, donc,
sur cette question de leur côté, et la Chambre des notaires, donc, nous
enjoint, dans une perspective d'accès à la justice, justement, donc, en sus de
ce qui est proposé, d'autoriser le notaire à la retraite à exercer d'autres
types d'activités, donc, superviseur dans
une clinique juridique, la prestation de serment, pouvoir agir comme médiateur,
et donc d'autres potentielles activités. Donc, on aura l'occasion d'en débattre
et de voir, donc, ce qui... lorsqu'il n'y a pas redondance, donc, de ce
qui permettra véritablement d'atteindre, donc, cet objectif d'accessibilité à
la justice.
Donc, M. le
Président, donc, merci de m'accueillir dans cette commission pour une première
fois. Ça va me faire plaisir de pouvoir étudier,
article par article, le projet
de loi n° 34.
Le Président (M. Bachand) : Merci infiniment. Est-ce qu'il y a d'autres remarques préliminaires?
S'il n'y a pas d'autre remarque préliminaire, nous aurons une motion
préliminaire. M. le député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, merci, M. le Président. J'aurais une motion
préliminaire à déposer, et elle se lit comme suit : Conformément à
l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion
afin :
«Que la Commission
des institutions tienne, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 34,
Loi visant à moderniser la profession notariale et à favoriser l'accès à la
justice, des consultations particulières et qu'à cette fin elle entende conjointement la Conférence des juges
de la Cour du Québec, la Conférence des juges municipaux à
titre
exclusif du Québec, la Conférence des juges municipaux du Québec et la
Conférence des juges de paix magistrats du Québec.»
Et je vous explique pourquoi. Ce matin, M. le
ministre de la Justice nous a informés... demandé notre accord pour qu'on
puisse proposer... et qu'on puisse travailler par blocs, et donc en divisant le
projet de loi en deux blocs et en voulant commencer avec le bloc B, qui est le
régime de retraite des juges.
Alors,
évidemment, vous comprendrez, M. le Président, qu'un des rôles importants du
député, c'est de légiférer, et, dans ce projet de loi, qui traite
surtout et avant tout de la modernisation de la profession notariale et l'accès
à la justice, nous retrouvons des dispositions qui vont venir modifier la Loi
sur les tribunaux judiciaires ainsi que le régime
de prestations supplémentaires des juges, auquel s'applique le régime de
retraite, prévu à la
partie V.1 de la
Loi sur les tribunaux judiciaires. Et évidemment, là, nous n'avons rien
devant nous qui fait en sorte que ces dispositions-là n'entraîneront pas
aucun problème pour les différentes conférences et pour les juges. Je comprends
que c'est des conférences des juges qui s'occupent particulièrement de la
question, en fait, de régimes de retraite.
Donc, on n'a
pas de mémoire, on n'a rien, puis je voulais simplement m'assurer qu'en
adoptant ces dispositions-là il n'y ait aucun souci ou qu'il n'y ait pas
d'impact négatif sur la magistrature au Québec. Donc, je pense que ce serait approprié, à tout le moins, s'ils veulent
présenter un mémoire ou les inviter à le faire, et, à ce moment-là, bien, ça
nous permettrait après, en toute connaissance de cause, de bien saisir
les différents articles qui vont modifier la
Loi sur les tribunaux judiciaires
et le régime de prestations supplémentaires des juges, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc,
interventions? M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bonjour, M. le
Président. Bien, écoutez, j'ai eu l'occasion d'en discuter avec le député de l'Acadie, relativement au fait que, dans le
fond, ça fait suite à une résolution de l'Assemblée nationale pour la mise
en oeuvre du rapport sur la rémunération des juges. Dans le fond, on sait
qu'auparavant c'était un cycle de trois ans pour la rémunération des juges,
depuis le renvoi sur la rémunération des juges de l'Île-du-Prince-Édouard.
Donc, le Québec s'est doté, dans la
Loi sur les
tribunaux judiciaires, d'un mécanisme de rémunération des juges qui fait en
sorte que les recommandations sont aux trois ans. Mme Vallée, à l'époque où
elle était ministre de la Justice, elle a
rendu ça sur un comité aux quatre ans, donc, à l'époque, lors de
l'acceptation... bien, en fait, lors du dépôt du rapport et de la résolution de l'Assemblée nationale relativement au
rapport de 2014. Le projet de loi répond à cette recommandation-là qui a
été adoptée par l'Assemblée nationale.
Puis l'enjeu, pourquoi est-ce qu'aujourd'hui on
est là avec des dispositions législatives sept ans plus tard, c'est le fait que, dans la loi fédérale, il y a
une exception pour les juges de nomination fédérale relativement au calcul de leur
régime de retraite, parce que la problématique que nous avons, c'est... dû au
salaire des juges, qui a grandement évolué
au cours des dernières années. Il y a une règle fiscale fédérale qui fait en
sorte que vous ne pouvez pas cotiser plus que, dans votre régime de retraite, environ 23 000 $, 25 000 $, 21 000 $... En tout cas, on
va me revenir avec la précision.
Donc, au bout
de l'année, il y a un maximum du régime de retraite auquel vous pouvez cotiser,
mais plus votre salaire est élevé... Le taux de cotisation, dans le
fond, arrive à... Pour 2023, c'est 22 672 $, le plafond de
cotisations. Et donc le fait que les juges... leur régime de retraite soit plus
élevé, parce qu'ils ont un taux de cotisation de 9 %, maintenant, par rapport à leur salaire, auparavant
c'était 7 %... Mme Vallée a fait passer ça de 7 %, à 8 %, à
9 %. Ça faisait suite aux recommandations des comités de
rémunération.
Donc là, ce plafond-là de 22 000 $
fait en sorte que les juges ne peuvent pas cotiser pleinement au montant auquel
ils doivent cotiser en fonction du 9 % de leur salaire, ce qui fait en
sorte qu'on est avec des dispositions législatives...
Au cours des dernières années, on a essayé de s'entendre avec le fédéral pour
qu'il y ait une modification à la loi fédérale sur la fiscalité pour
faire en sorte que ce maximum-là de 22 156 $, qui est indexé
annuellement, soit... ne soit pas applicable aux juges de nomination
québécoise. Le fédéral a refusé, comme pour certains types d'autres personnes
qui ont des rémunérations plus élevées.
Donc, la solution pour faire en sorte que ça ne
soit pas les Québécois qui assument la part de traitement des juges qui leur est dû... parce que le gouvernement
met sa partie, mais là ce qui arrivait, c'est qu'annuellement le gouvernement,
par juge, au Québec, mettait 4 000 $ de cotisations qui
auraient dû être payées par les juges, puis la conférence des juges est d'accord avec ça, d'assumer, mais légalement,
ils ne pouvaient pas. Ça fait qu'on vient créer une fiducie de retraite
où l'argent qui est... qui ne peut être capté, en vertu de la loi fiscale
fédérale, dans le 22 156 $, ce
4 000 $ là va être versé dans la fiducie de retraite. Et là, au
moment du décaissement de la retraite, les sommes vont être prises à la fois au fonds consolidé, parce
que le régime de retraite des juges n'est pas une caisse capitalisée, c'est sur
le fonds consolidé, et une
partie qui va être prise dans cette... dans
ce régime, dans cette fiducie-là, pour assumer...
Donc, dans le
fond, ce qu'on fait, c'est qu'on applique les recommandations de 2014. Et,
durant les dernières années, les
juges ont eu un congé de cotisations important, qui représente
7 millions de dollars pour le trésor public québécois, et les modalités du projet de loi font en sorte
qu'on avait pris l'engagement, dans le cadre du comité de rémunération, que ça n'allait pas être rétroactif. Donc, on ne
revient pas recotiser avec une double imposition. Ça, ça faisait
partie du
rapport du comité de rémunération, qu'il ne fallait pas mettre une double
imposition aux juges. Ça fait que, dans le fond,
ils ont eu un congé de cotisations de 7 millions collectivement au cours
des dernières années. Ils sont d'accord pour faire en sorte qu'on vienne répondre au comité, mais, pour ça, ça nous
prenait un outil juridique pour pouvoir verser leurs cotisations. Alors,
c'est ce qu'on fait.
Donc,
en réponse à votre question, on n'entend pas les juges à l'Assemblée nationale,
la séparation des pouvoirs, alors, mais il
n'y a pas d'enjeu, tout le monde sait que le gouvernement... Bien, le
législateur devait faire ça. Et je
note qu'il n'y a pas eu de mémoire de soumis par les différentes conférences de
juges, que ce soit la Conférence des juges de la Cour du Québec, la
Conférence des juges de paix magistrats, la conférence des juges municipaux
actifs et exclusifs et la Conférence
des juges de paix municipaux à la séance. Alors, on ne donnera pas suite à
votre motion pour les raisons suivantes.
Le Président (M. Bachand) : Merci. M. le député de Saint-Henri—Saint-Jacques...
Saint-Henri—Sainte-Anne.
Cliche-Rivard : Merci. Le ministre nous explique le projet de loi,
mais j'aurais aimé ça l'entendre un petit peu plus sur la motion préliminaire.
Bon, il nous dit à la fin qu'il n'y a pas de litige. Donc, il y a accord des
conférences des juges, si je vous comprends et je vous entends. Vous avez
raison de dire qu'on n'a pas reçu de mémoire,
c'est un fait. On n'a pas reçu de communication, c'est un fait. Cela dit, c'est
allé relativement vite, tout ça. Alors, on va vous croire sur parole.
Tant mieux s'il n'y a pas de litige, allons de l'avant, mais il aurait été
préférable, probablement, qu'on puisse entendre les parties concernées par le
projet de loi. Merci.
Le Président (M. Bachand) : Autres interventions sur la motion? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que... On peut apporter la motion à la mise aux voix. Est-ce que
la motion est adoptée?
Président (M. Bachand) : Rejeté. Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres motions préliminaires?
S'il n'y a pas
d'autre motion préliminaire, nous allons commencer l'étude du projet de loi
article par article. M. le ministre, s'il vous plaît.
Jolin-Barrette : Oui, M. le Président, avec le consentement des
collègues, on a proposé un plan de travail, un bloc A, Modernisation de la
profession notariale, et un bloc B, Régime de retraite des juges. Les équipes pour le régime de retraite des juges sont avec
nous aujourd'hui. Alors, je vous proposerais de commencer par le bloc B, donc, les articles 50 à 56, 58 et 70 à 73, de
façon à pouvoir libérer les équipes par la suite et de revenir au bloc A par la
suite.
Président (M. Bachand) : M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Oui,
brièvement, M. le Président, avant d'entreprendre l'étude
article par article,
conformément à l'article 245 de notre règlement, je vous demande à ce que
le projet de loi soit étudié
article par article, alinéa par alinéa et
paragraphe par paragraphe.
Le Président (M. Bachand) : Parfait, il n'y a aucun souci. Donc, est-ce qu'il y a consentement pour
y aller par blocs? Alors, M. le ministre, s'il vous plaît.
Jolin-Barrette : Oui,
article 50, M. le Président,
Loi sur les
tribunaux judiciaires.
L'article 122 de
la
Loi sur les tribunaux judiciaires est modifié :
1° par l'insertion,
dans le deuxième alinéa et après «de cette cotisation», de «et y déterminer un
fonds auquel cette cotisation doit être versée»;
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
président du Conseil du trésor est chargé d'établir une politique de placement
relativement au fonds visé au deuxième alinéa.»
Commentaire :
L'article habilite le gouvernement à déterminer un fonds dans lequel serait
versée la cotisation des juges à leur régime prévoyant des prestations
supplémentaires.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions? M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Merci,
M. le Président. Quand l'article dit «et y déterminer un fonds auquel cette
cotisation doit être versée», quand on utilise le mot «fonds», est-ce que ça
fait référence à la fiducie dont parlait M. le ministre tout à l'heure ou si
c'est un autre fonds?
Jolin-Barrette : Ça fait référence à la fiducie. On va le voir à
l'article 58. Un petit peu plus loin dans les articles qu'on va adopter, 58, ça va être : «Les cotisations
versées en vertu du présent
article le sont à un fonds prenant la forme
d'une fiducie de convention de retraite.»
M. Morin : Donc, quand on parle de
fonds ici, c'est bien la fiducie à laquelle vous avez fait référence?
M. Jolin-Barrette : Exactement, oui,
qu'on va voir à l'article 58 tantôt.
M. Morin : Parfait, merci.
Président (M. Bachand) :
Autres interventions sur
l'article 50? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 50
est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : 51,
M. le Président : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 122, du suivant :
«122.0.0.1. Lorsque, conformément au deuxième
alinéa de l'article 122, le gouvernement détermine un fonds auquel verser la
cotisation des juges au régime prévoyant des prestations supplémentaires, il
verse à ce fonds une contribution annuelle au moins équivalente au total des
cotisations versées par les juges au cours de la même année.»
Commentaire :
Ce nouvel
article vise à prévoir l'obligation pour le gouvernement de verser,
dans un fonds particulier qu'il aurait créé en vertu de la nouvelle
habilitation, une contribution annuelle au moins équivalente à la cotisation des juges à leur régime de prestation
supplémentaire au cours de la même année ainsi... et qu'ainsi ce régime
puisse se qualifier de convention de retraite au sens de la
loi sur l'impôt sur
le revenu.
Donc, le
montant excédentaire qui va être versé par les juges, dans le fond, ce qui
n'est pas prélevé normalement sur le
fonds... qui s'en va au fonds consolidé, le 9 %, supposons, la
partie
du... En fait, je vais être plus clair. La
partie du 9 % de leur salaire qui ne peut pas être
cotisé normalement vers le fonds consolidé pour le régime de retraite, donc
le 22 656 $, qui représente environ 4 000 $ par année, des
juges, ce 4 000 $ là va être versé dans le fonds, qui est la fiducie de retraite, et, par cet article-là,
l'article 51, le gouvernement vient faire en sorte de verser lui aussi
l'équivalent de 4 000 $. Parce que, pour les règles, en vertu de la
Loi sur l'impôt sur le revenu, pour que ça se qualifie de convention de
retraite, il faut que l'employeur aussi mette le montant équivalent dedans.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Interventions? M. le député de l'Acadie, s'il vous
plaît, oui.
Morin : Merci, M. le Président. Et, à ce moment-là, c'est
le Conseil du trésor qui va établir les règles et qui va
s'assurer de verser l'argent de la part du gouvernement? C'est comme ça que ça
va fonctionner? Comment...
Jolin-Barrette : Bien, en fait, on me corrigera, mais les juges...
le montant du taux de cotisation des juges sur le régime de retraite,
c'est 9 % de leur salaire. Donc, ils vont cotiser jusqu'au montant maximum
admissible par la loi fédérale. Donc, cette année, c'est 22 656 $...
22 672 $, donc ils cotisent le maximum.
M. Jolin-Barrette : Bon, pour un
juge, Cour du Québec, le 9 %, c'est à peu près 27 900 $, donc il
y a un écart de 5 228 $. Donc, ce
5 228 $ là va être envoyé dans la fiducie. Donc, le gouvernement du
Québec, lui, va venir arrimer ce
5 228 $ là dans la fiducie, parce que la loi fédérale, pour que le
régime se qualifie comme régime de retraite, il faut que l'employeur
verse 50 % aussi.
Ça fait que,
dans le fond, dans cette fiducie-là, cette caisse de retraite là, le
gouvernement du Québec, l'employeur, doit
verser le même montant que les juges. Ça fait que, dans le fond, annuellement,
il va y avoir 10 000 quelques dollars de versés, 5 000 $
des juges, 5 000 $ de ça. Donc, la pension du juge va provenir de
deux sources au moment de sa retraite. Elle va provenir du fonds consolidé
pour... sur son chèque et de la fiducie de retraite pour le décaissement. Parce
que si on veut être en mesure que le juge cotise à la hauteur qu'il doit
cotiser légalement, son 9 %, il doit en verser une
partie dans la fiducie
de retraite à cause du plafond qui existe, de 22 656 $.
M. Morin : D'accord. Et cette
fiducie-là, c'est le ministère de la Justice qui l'a créée?
M. Jolin-Barrette : Bien là, on va
la créer par la loi avec...
Jolin-Barrette : Oui, puis ça va être administré par Retraite Québec.
M. Morin : O.K. Donc, par
l'organisme qui gère toutes les retraites des employés et des juges.
M. Jolin-Barrette : Exactement, oui.
C'est comme un régime complémentaire de retraite. Comme, exemple, je donne un exemple, le régime de retraite des
membres de l'Assemblée nationale est géré par Retraite Québec. Tous les
régimes de retraite sont gérés par...
M. Morin : O.K. C'est bien.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé,
s'il vous plaît.
Mme Cadet : ...M. le Président.
Donc, le libellé dit qu'on verse à ce fonds une contribution annuelle... le
gouvernement, donc, «verse
à ce fonds une contribution annuelle au moins équivalente au total des
cotisations versées par les juges au cours
de la même année», donc au moins équivalente, puisque, M. le ministre, donc,
vous venez de dire, donc, essentiellement, donc, que c'est un 50-50. Donc, est-ce qu'il y a une volonté, ici,
donc, de laisser une latitude au gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Bien,
en fait, de ce que je comprends, c'est que la loi fédérale exige un minimum de
50 % pour que ça se qualifie comme régime.
Mme Cadet : O.K. Donc, ici, donc, on
dit «au moins»...
M. Jolin-Barrette : «Au moins
équivalent.»
Mme Cadet : O.K., pour ce... pour
que ce soit arrimé avec la loi fédérale.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. D'autres Interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 51 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
Article
L'article 127 de cette loi est modifié :
1° par
l'ajout, à la fin du premier alinéa, de la phrase suivante : «Pour le paiement
des prestations supplémentaires, elles peuvent également être prises sur
le fonds déterminé en vertu du deuxième alinéa de l'article 122.»;
2° par le remplacement du deuxième alinéa par le
suivant :
contribution des municipalités au régime de prestations supplémentaires établi
en vertu du deuxième alinéa de l'article 122 est versée au fonds
consolidé du revenu.».
Commentaires.
L'article est modifié afin de
prévoir que les sommes requises pour payer des prestations aux juges en vertu du régime de prestations
supplémentaires pourraient être prises à même le fonds déterminé par le régime,
en plus du fonds consolidé du revenu, tel que déjà prévu. Cet
article est
également modifié afin de verser au fonds consolidé
du revenu uniquement la contribution des municipalités et non les cotisations
des juges qui, elles, seraient versées au fonds déterminé par le régime.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? M. le
député de l'Acadie.
Morin : Merci. Merci, M. le Président. Donc, à 1°, on
parle évidemment du fonds dont on parle depuis quelques minutes déjà, mais, en 2°, là,
je comprends que, pour les juges municipaux, là, c'est les municipalités qui
vont contribuer.
Jolin-Barrette : Oui, et c'est déjà le cas actuellement. Mais ce
qu'on fait également dans le projet de loi, là, puis ça, je pense que
c'était une recommandation aussi qu'on assume les...
M. Jolin-Barrette : Oui, c'est ça. Dans le fond, ça faisait
partie
des recommandations que les régimes de retraite des juges municipaux soient versés dans le même... soient administrés
par le même administrateur et soient versés dans le régime de retraite
des juges de la Cour du Québec.
Donc,
il n'y aura plus de régime de retraite pour les juges, à
titre exclusif, de
Montréal. Maintenant, ça va être centralisé aux régimes de retraite des juges
de la Cour du Québec en fonction de leurs paramètres, parce que, dans le fond, tout ce qui est la question de la
rémunération des juges, que ce soit municipal ou québécois, c'est le rapport
sur la rémunération qui traite ça. Ça fait qu'il a été
convenu de faire en sorte de tout verser à Québec. Mais, dans le fond, la charge financière associée à un juge, que
ce soit le salaire ou le régime de retraite d'un juge municipal, est à la
charge de la municipalité. Ça fait que, la
municipalité, au lieu de mettre la somme dans le régime de retraite des juges
de la cour municipale de Montréal, ils vont
prendre l'argent, puis ils vont l'envoyer à Québec, puis c'est Québec qui va
payer. Mais, dans le fond, c'est calculé
d'une façon actuarielle, puis combien est-ce que la charge... ça fait qu'au
lieu de le verser, parce qu'on vient centraliser le tout...
M. Morin : Et ça s'applique pour les
juges municipaux de la ville de Québec également?
M. Jolin-Barrette : Tous les juges
municipaux au Québec.
M. Morin : Au Québec, donc, parce
que...
M. Jolin-Barrette : Il n'y aura plus
des régimes de retraite distincts. Tout le monde va être centralisé.
M. Morin : O.K. Il y a des
municipalités où il y a des juges municipaux qui sont comme payés...
M. Jolin-Barrette : À la séance.
M. Morin : ...à la séance. Donc, là
également, ils ont accès à un régime de retraite.
Jolin-Barrette : Eux, ils sont compensés. Eux, ils ont des
bénéfices marginaux. Ils n'ont pas de régime de retraite.
M. Morin : O.K. Donc, au fond, ça,
ça vise les juges des cours municipales de Québec et Montréal.
M. Jolin-Barrette : À
titre
exclusif. Puis Laval, hein?
M. Morin : Laval puis Montréal.
M. Jolin-Barrette : Oui, puis
Montréal, ça va être les prochains articles qu'on va voir.
M. Morin : O.K. Parfait.
Maintenant...
M. Jolin-Barrette : Mais là vous
devancez les travaux législatifs qui enthousiasment M. le président, parce qu'il nous a dit : On se revoit bientôt, et
tout ça. Vous savez que, d'ici le 1er juillet 2024, il faut avoir adopté
un projet de loi qui va faire en
sorte de transformer les juges municipaux à la séance en juges municipaux à
titre exclusif. Donc, on aura l'occasion..
M. Morin : Mais ça, on en reparlera.
M. Jolin-Barrette : Oui, mais c'est
un avant-goût, c'est une primeur.
Morin : Oui, oui, c'est important, mais c'est bien. C'est
bien de partager ça avec nous, et nous allons y contribuer, évidemment,
avec enthousiasme.
M. Jolin-Barrette : Mais vous connaissez
ma transparence pour la bonne conduite de nos travaux.
M. Morin : Non, mais j'apprécie.
J'apprécie.
Maintenant,
dans l'article, juste pour ma compréhension, au départ, on parle que les sommes
peuvent être prises sur le fonds
déterminé en vertu de 122, et là, ici, on parle qu'en vertu du deuxième alinéa
de 122, c'est versé au fonds consolidé
du revenu pour les municipalités. Donc, est-ce qu'on parle du même fonds ou de
deux fonds différents?
Jolin-Barrette : Dans le fond, les municipalités, pour ne pas
qu'ils déposent à deux places, les municipalités vont envoyer un chèque à Québec, puis ils vont être déposés dans le fonds consolidé du revenu, puis ensuite ça va être Retraite Québec
qui va l'administrer puis qui va verser ça vers la fiducie. C'est ça.
M. Morin : O.K. Donc, à ce moment...
Oui.
Jolin-Barrette : Ça fait que, dans le fond, ville de Montréal, ils
n'envoient pas deux chèques, un pour le fonds consolidé à Québec, un au
ministre des Finances, puis un à la fiducie. Ils vont envoyer un chèque au
ministre des Finances, puis là Retraite Québec va prendre l'argent puis elle va
l'envoyer à l'endroit approprié.
Jolin-Barrette : Dans le fond, on simplifie la vie des municipalités.
M. Morin : Oui. Puis j'imagine que
vous avez informé les municipalités de ce nouveau régime.
Jolin-Barrette : Oui. Donc, Québec et Laval sont déjà comme ça,
puis Montréal, bien, oui, avec les nouveaux articles, effectivement.
M. Morin : Très bien. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 52 est adopté?
Le Président (M. Bachand) : Ah! excusez-moi.
Président (M. Bachand) :
Oui, j'ai... mais l'article est
adopté, mais, quand même, Mme la... allez-y, Mme la députée, quand même,
oui. Pardon.
Mme Cadet : Oui. Merci, M. le
Président, là. C'était tout simplement ce que le ministre a dit. Donc, on nous a donné, de façon exclusive, là, donc,
l'information par rapport, donc, au projet de loi qui viendra faire en sorte
que, donc, les juges qui sont
rémunérés, donc, à la séance, donc, deviendront donc de compétence exclusive.
Donc, à ce moment-ci, les libellés, donc... bien, en fait, le libellé
actuel, donc, n'aura pas besoin, donc, d'être...
M. Jolin-Barrette : Ajusté.
Mme Cadet : ...d'être ajusté par la
suite.
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait,
ils vont devenir des juges municipaux exclusifs, donc...
M. Jolin-Barrette : Oui. Donc, non,
ça n'aura pas besoin d'être ajusté.
Mme Cadet : Pas besoin d'être ajusté
à ce moment-là. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Pardon.
Alors, M. le ministre, pour la suite des choses.
Jolin-Barrette :
L'article 224.7 de cette loi est modifié par
le remplacement, dans le paragraphe 3° du premier alinéa, de
«l'article 224.30» par «l'un des articles 224.30 et 224.33».
Commentaires.
L'article est un
article de concordance concernant la nouvelle participation
des juges de la cour municipale de Montréal au régime de retraite prévu
à la
partie VI... bien, V.1, pardon, de la
Loi sur les tribunaux judiciaires.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions? Oui, allez-y, M.
le ministre.
Jolin-Barrette : C'est ça, bien, c'est le transfert. Dans le fond,
la ville de Montréal avait son propre régime, contrairement à Laval et à
Québec, où ils versaient déjà au fonds consolidé. C'était déjà administré par
Québec. Là, Montréal, maintenant, son régime
de retraite pour les juges, il va être administré comme Laval et Québec par
Québec, Québec capitale.
M. Morin : Québec, capitale
nationale.
M. Jolin-Barrette : Le gouvernement.
Morin : Oui, c'est ça. Maintenant, je comprends que, pour
la ville de Montréal, ils doivent avoir présentement un fonds où ils
versent cet argent-là. Est-ce qu'ils vont transférer tout ce fonds-là au fonds
consolidé puis, après ça, à la fiducie? Comment ça va fonctionner?
M. Jolin-Barrette : Alors, oui, on
va transférer. C'est comme un miroir. C'est un copier-coller qu'on vient mettre dans notre régime. Donc, les sommes vont
être transférées dans notre régime en fonction des dates qu'on va voir
dans le projet de loi un petit peu plus tard.
M. Morin : D'accord.
Puis évidemment, le fait de transférer tout ça, il n'y aura pas d'impact
fiscal, il n'y a pas personne qui... tu sais, je veux dire, parce que...
Jolin-Barrette : Il n'y a pas personne qui va perdre d'argent.
Inquiétez-vous pas.
M. Morin : O.K.
C'est parce que ça serait un petit peu dommage, n'est-ce pas? Vaut mieux poser
la question avant ça. Tu sais, c'est transféré, puis là, à un moment donné,
woups, il y a une ponction qui est faite.
Jolin-Barrette : Je pense que, si on faisait perdre de l'argent à
quelqu'un, on en entendrait parler.
M. Morin : Vous
en auriez entendu parler. D'accord.
Président (M. Bachand) : ...interventions?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 53 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : 54, M. le Président.
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 224.32, des
suivants :
«224.33.
À l'égard du juge de la cour municipale de Montréal qui exerce sa charge le 31
mars 2024, sont créditées au présent régime les années et parties
d'années qui, à cette date, sont créditées au régime de retraite équivalent en
vigueur au sein de la ville de Montréal.
«224.34. Toute
cotisation versée avant le 1er avril 2024 par un juge de la cour municipale de
Montréal au régime de retraite équivalent à
celui de la présente
partie en vigueur au sein de la ville de Montréal et toute
cotisation dont il a été exonéré
avant cette même date à ce régime sont réputées être des cotisations versées en
application de l'article 224.2.
«224.35. Le juge qui
reçoit au 31 mars 2024 une pension en vertu du régime de retraite équivalent à
celui de la présente
partie en vigueur au sein de la ville de Montréal est
réputé être un juge qui reçoit une pension en vertu du présent régime.
«De plus, le juge ou
toute autre personne qui, à cette même date, a droit à un bénéfice, à un
avantage ou à un remboursement en vertu du régime de retraite équivalent à celui
de la présente
partie en vigueur au sein de la ville de Montréal continue d'y
avoir droit en vertu du présent régime.»
Donc,
essentiellement, c'est la continuation du régime. Si vous aviez un bénéfice par
le régime de retraite des juges de la ville
de Montréal, le tout est transféré dans la présente partie, c'est-à-dire le
régime québécois des juges de la Cour du Québec.
M. Morin : O.K. Donc, ça ne couvre pas uniquement le
pourcentage ou le montant de la cotisation au régime de retraite, mais ça va
inclure également tous les bénéfices, avantages ou remboursements du régime de
retraite actuel et ça va le transférer dans le nouveau régime.
M. Jolin-Barrette : Exactement. Exemple, vous
me corrigerez, Me Plante, mais supposons, M. ou Mme la juge est décédé, il y avait un conjoint survivant qui
bénéficiait d'une rente de retraite en vertu du régime de retraite des juges
de la cour municipale de Montréal, cette rente de retraite là va être maintenue
pour le veuf ou la veuve dans le cadre du
régime de pension des juges de la Cour
du Québec, parce que le régime de
retraite des juges de la cour municipale est versé dans le régime de retraite.
Dans le fond, c'est une continuation des obligations, mais qui sont au niveau
québécois.
M. Morin : O.K. Puis évidemment, le fait de souligner un
bénéfice, un avantage ou un remboursement, ça inclut, sans exception, tous les bénéfices ou avantages
qu'ils peuvent avoir. Parce qu'évidemment on ne les énumère pas, là, mais,
en transférant, ça, il n'y aura rien qui va être échappé.
Jolin-Barrette : Rien ne se perd.
Président (M. Bachand) : Autres
interventions?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 54 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui, 55, M. le Président.
Cette loi est modifiée par l'insertion, à l'article 244.13, du suivant :
«244.14.
Le juge qui reçoit au 31 mars 2024 une pension en vertu du régime de retraite
équivalent à celui de la présente
partie en vigueur au sein de la ville
de Montréal est réputé être un juge qui reçoit une pension en vertu du présent
régime.
plus, le juge ou toute autre personne qui, à cette même date, a droit à un
bénéfice, à un avantage ou à un remboursement en vertu du régime de retraite
équivalent à celui de la présente
partie en vigueur au sein de la ville de
Montréal continue d'y avoir droit en vertu du présent régime.».
Commentaires.
L'article prévoit que les juges qui reçoivent une pension du régime de retraite
de la ville de Montréal sont
considérés comme des juges recevant une pension du régime de retraite prévu à
la
partie VI de la
Loi sur les tribunaux judiciaires.
Cet
article maintient
également tous les bénéfices, avantages ou remboursements dont peuvent
bénéficier d'autres personnes que les juges qui reçoivent une pension, tels
leurs conjoints ou leurs héritiers.
Donc,
c'est... la disposition est de même nature que l'article précédent, qu'on vient
d'introduire par l'article 54.
Président (M. Bachand) : Interventions? M.
le ministre.
M. Jolin-Barrette : Donc, ce qu'on me dit,
c'est la même chose, mais celui-là, c'est pour les juges qui ont été
nommés avant 2001, parce que j'imagine qu'il y avait un régime distinct en
M. Morin : O.K.
Donc, on ne mentionne pas 2001, mais c'est ce que ça couvre.
Jolin-Barrette : C'est la
partie VI de la
Loi sur les tribunaux
judiciaires.
M. Morin :
O.K. Merci.
Le Président (M. Bachand) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : ...bien
saisir, donc, parce que, donc... Donc, ici, donc, on parle, donc, des juges
recevant une pension en vertu de la
partie... voyons, du régime de retraite prévu à la
partie VI de la
Loi sur
les tribunaux judiciaires. Donc, ceux qui sont visés par cette partie,
donc, ce sont ceux qui ont été nommés avant 2001. C'est bien ça?
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
Mme Cadet : O.K. Donc, ce qu'on a adopté, donc, précédemment,
donc, concernait, donc, les juges nommés après?
M. Jolin-Barrette : Oui, nommés avant 2001.
Dans le fond, voyez-vous, au 31... là, on a pour... 31 décembre 2019,
il y avait sept retraités et conjoints
survivants qui recevaient une rente du régime de retraite qui était sous ce
couvert-là. Donc, on n'a pas les chiffres 2023, mais ce n'est pas beaucoup.
Mais, dans le fond, pour ces sept personnes-là, si elles sont toujours
parmi nous, c'est versé.
Mme Cadet : Donc,
ce sera transféré pour ces sept individus-là.
Jolin-Barrette : C'est ça.
Cadet : Puis, dans le fond,
juste bien comprendre, donc, en fait, qu'est-ce que... En fait, pourquoi, donc,
les juges, donc, nommés, donc, avant 2001, donc, étaient sous le couvert, donc,
d'une autre
partie de la loi?
Jolin-Barrette : Pouvez-vous répéter la fin de votre question?
Mme Cadet : Oui, bien, je pense que vous l'avez saisi, là.
Dans le fond, pourquoi ils étaient sous le couvert, donc, d'une autre
partie de la
Loi sur les tribunaux judiciaires, donc, les juges nommés avant
2001?
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait, le régime
de retraite, avant 2001, n'était pas le même que nommés après 2001, parce que, dans le fond, généralement, les juges
qui bénéficient d'une clause d'antériorité, dans le fond, quand le régime, il
change, bien, ils bénéficient du meilleur régime.
Président (M. Bachand) : ...interventions?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 55 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui, l'article 56,
M. le Président.
L'article 246.24 de cette loi est modifié par l'insertion, au début
du premier alinéa, de «Avant le 1er avril 2024,».
Commentaires.
L'article
met fin à la possibilité de conclure une entente de transfert concernant les
juges de la Cour du Québec, les juges des
cours municipales ainsi que les juges de paix magistrats, puisque l'ensemble de
ces juges participeraient désormais au régime de retraite de la
partie
V.1 de la
Loi sur les tribunaux judiciaires.
Donc, exemple, Québec et Laval, il y avait une
entente avec le gouvernement du Québec que les sommes étaient versées au fonds consolidé. Là, il n'y a plus besoin d'entente
parce que tout le monde est versé au fonds consolidé. Dans le fond, il
n'y aura plus de régime de retraite de juges cours municipales.
Le Président (M.
Bachand) : ...député d'Acadie.
Morin : Oui et... Merci, M. le Président. Et je comprends
que, pour les juges de paix magistrats, ils avaient un régime également
différent, et là tout va être consolidé dans le même régime.
M. Jolin-Barrette : Le régime des
juges de paix magistrats était avec celui des cours du Québec, hein?
M. Jolin-Barrette : C'était le même
régime.
M. Morin : C'était le même régime.
Eux autres, ce n'était pas différent, là.
Jolin-Barrette : Ce n'était pas différent, à l'exception que leur
9 % n'est pas le même qu'un 9 % Cour du Québec à cause du salaire.
Morin : Oui, c'est parce que ça dépend du salaire, là,
mais c'était le même régime. Alors, c'étaient vraiment des juges des
cours municipales qui, eux, avaient... bien, surtout Montréal, là, qui avaient un
régime différent.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Morin : O.K. Et ça s'explique pour des raisons
historiques, parce qu'ils sont là depuis longtemps ou ils avaient un
régime différent?
M. Jolin-Barrette : Pourquoi
Montréal avait sa propre caisse de retraite?
Jolin-Barrette : Bien, ce qu'on me dit, c'est qu'à l'époque c'était
un choix, là, mais on n'a pas fait l'historique.
M. Morin : L'historique. Parfait.
Merci.
Le Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Cadet : Oui, merci. Donc, je comprends, rapidement, donc,
en lisant l'article, donc, la modification, donc, à 246.24, c'est qu'essentiellement, donc, après le
1er avril, donc, l'article au complet va devenir caduc. Donc, est-ce qu'essentiellement,
donc, dans la
Loi sur les tribunaux judiciaires, donc, après cette date, on
n'aura plus besoin de la balance, là, du libellé?
M. Jolin-Barrette : Vous voulez dire
qu'avant...
Cadet : Parce que là, dans le fond, avant le 1er avril,
donc là, donc, vous nous disiez que, donc, les villes, donc, peuvent conclure, donc, entre elles, donc,
une entente de transfert, donc, soit entre elles ou soit au fonds consolidé.
Là, puisque tout le monde s'en va au fonds
consolidé, donc, entre elles, c'est caduc, puis ensuite, par la suite, ça ne
servira à rien.
Jolin-Barrette : Donc, c'est ça, dans le fond, l'année fiscale va
commencer le 1er avril, ça fait que c'est pour arrimer tout le monde. Puis là on me dit : Il y a certaines autres
dispositions, par contre, qui ne rentrent pas dans le régime de retraite
en vertu de la
Loi sur les tribunaux judiciaires.
Mme Cadet : O.K. Donc, le reste,
donc, du libellé va demeurer pertinent, donc, après l'adoption de la loi.
Jolin-Barrette : Oui, c'est ça, parce que ce qu'on me dit, c'est
qu'il y a d'autres dispositions actuellement en vigueur, la
Loi sur les tribunaux judiciaires, qui font référence à
cet article-là, 246.24. Puis, en considérant les années ou parties
d'année qui ont été transférées à la suite de la conclusion d'une telle
entente, ces années ou parties d'année de
service ainsi créditées doivent continuer de produire leurs effets, notamment
lors du calcul de la pension d'un juge. Donc, c'est pour ça.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 56 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre.
Jolin-Barrette : 58, M. le Président, donc, Régime de prestations
supplémentaires des juges auxquels s'applique le régime de retraite
prévu à la
Partie V.1 de la
Loi sur les tribunaux judiciaires.
L'article 10 du Régime de prestations
supplémentaires des juges auxquels s'applique le régime de retraite prévu à la
Partie V.1 de la
Loi sur les tribunaux judiciaires est modifié par l'ajout, à
la fin, de l'alinéa suivant :
«Les
cotisations versées en vertu du présent
article le sont à un fonds prenant la
forme d'une fiducie de convention de retraite.».
Commentaires.
L'article prévoit la cotisation des juges au régime de prestations
supplémentaires. Cette cotisation dépasse
la limite fiscale permettant, en vertu de la
Loi sur l'impôt sur le revenu,
d'obtenir une déduction fiscale à son égard. Afin de permettre cette déduction, il est proposé de créer une fiducie
de convention de retraite et d'y verser les cotisations.
Donc, on revient à la question de départ du
député de l'Acadie. Le fonds, quelle forme ça va prendre? Ça va être une
fiducie.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions?
M. le député de l'Acadie, oui.
M. Morin : Et en fait, très
brièvement, donc, vous êtes convaincu que ça va donner, évidemment, droit à une
déduction fiscale et qu'il n'y aura pas de souci, de cette façon-là, en créant
la fiducie?
M. Jolin-Barrette : Non, parce que
l'enjeu, avec le comité de rémunération des juges, c'était que les juges ne
subissent pas une double imposition. Ça fait qu'avec ce mécanisme-là on nous
assure qu'il n'y aura pas de double imposition pour le juge.
Le Président (M.
Bachand) : Autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 58 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Donc, 70, M. le
Président :
Malgré le
premier alinéa de l'article 10 du Régime de prestations supplémentaires des
juges auxquels s'applique le régime
de retraite prévu à la
Partie V.1 de la
Loi sur les tribunaux judiciaires,
aucune cotisation n'est versée au régime de prestations supplémentaires
du 20 mai 2015 au 31 décembre 2023.
L'application
du premier alinéa n'affecte pas l'accumulation des années de service créditées
au régime de retraite mentionné à cet alinéa.
Donc, commentaires :
L'article prévoit des
règles transitoires.
Donc, tantôt,
quand je vous parlais du 4 000 $ par juge qui n'avait pas été cotisé,
c'est ce montant-là qui nous amène à
7 millions. Donc, on n'en fait pas une application rétroactive. Donc,
c'est l'équivalent que le trésor public québécois fait un cadeau, pendant toutes ces années-là, de
4 000 $ par jour. Donc, ça fait suite notamment au taux de cotisation
qui avait été monté de 7 % à 8 %, puis à 9 % par la suite, là. Depuis 2019, c'est 9 %, le taux de cotisation, puis ça, ça fait suite
au rapport de rémunération des juges.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions? M. le député
d'Acadie.
Morin : Merci. Merci, M. le Président. Donc, je comprends
que, quand vous dites : «aucune cotisation n'est versée au régime de prestations supplémentaires de
2015 à 2023», c'est cette partie-là de l'article 70 qui fait en sorte que des
juges n'auront pas à cotiser.
M. Jolin-Barrette : Rétroactivement.
M. Morin : Rétroactivement.
Jolin-Barrette : Ça fait qu'en moyenne, supposons, le
4 000 $ par juge entre 2015 puis 2023 qui n'ont pas cotisé parce
qu'il n'y avait pas de véhicule pour cotiser, dans le fond, à cause du plafond
de la loi fiscale fédérale, bien, dans le fond, ce 4 000 $ là,
on ne vient pas le récupérer rétroactivement.
M. Morin : Exact,
puis...
Jolin-Barrette : Ça fait que leur rente de retraite n'est pas
imputée, malgré le fait qu'ils ont eu l'équivalent d'un congé de
cotisation de 4 000 $ par juge par année.
M. Morin : Sauf que cet argent-là,
c'est l'État qui va le verser?
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Morin : Et ça, cet argent-là, ce
n'est pas une cotisation de la part de l'État?
Jolin-Barrette : Dans le fond, l'État... Dans le fond, de la façon,
là, que ça fonctionne, là, les juges versent leur 9 % de leurs
salaires. Antérieurement, c'était envoyé au fonds consolidé, puis là,
maintenant, ça va être envoyé au fonds
consolidé à hauteur de 22 656 $, puis l'excédent, le
5 000 $ supplémentaire, va s'en aller dans la fiducie de retraite.
M. Morin : Dans la fiducie, oui.
M. Jolin-Barrette : Là, ce
5 000 $ là, actuellement, il n'était pas prélevé sur la paie des
juges.
Jolin-Barrette : Puis là, dans le fond, la prestation de retraite
du juge, elle est établie, puis c'est x pourcentage de leurs années...
En tout cas, il y a un calcul pour la retraite, mais, dans le fond, ce n'est
pas parce que... En fait, il manque... L'État québécois s'engage à verser une
prestation déterminée.
Jolin-Barrette : Ça fait que peu importe que le juge ait cotisé ou
non sa
partie à lui... dans ce cas-ci, il ne l'a pas fait.
M. Morin : L'État va cotiser, il va
verser.
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait,
c'est dans le fonds consolidé. Ça fait que, dans le fond, de la façon que ça fonctionne pour les régimes de retraite, c'est que
l'État décaisse ça annuellement, et on s'emprunte à nous-mêmes. Dans le
fond, c'est un passif qui est à la charge de l'État, mais ce n'est pas des
caisses de retraite distinctes. Donc, ce n'est pas une caisse de retraite qui est séparée pour dire : L'État
finance les régimes de retraite à même son fonds de roulement.
M. Morin : À même, c'est ça, à même
le fonds de roulement de l'État.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
M. Morin : Donc, il n'y a pas un
fonds particulier dédié pour les retraites.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
M. Morin : Alors, je vous posais la
question...
Jolin-Barrette : Dans le fond, ce n'est pas comme, supposons, la
RRQ, où, la RRQ, c'est une caisse de retraite séparée. Le régime est séparé. Il n'est pas dans le fonds consolidé,
c'est séparé. Pour les régimes de pension des juges, notamment, c'est
directement dans le fond consolidé.
M. Morin : Exact. Alors donc, quand
vous dites : «aucune cotisation n'est versée au régime de prestations supplémentaires», ça ne fait pas en sorte que ça
empêche l'État de verser sa part, parce que l'État ne versera pas de part puisque
c'est dans le fonds consolidé.
M. Jolin-Barrette : Mais, en fait,
là, la fiducie, elle, est démarrée à partir de 1er janvier 2024. Ça fait
que, là, l'État, à partir du
1er janvier 2024, va cotiser. Mais, pour les années passées, l'État,
elle, elle assume ça au niveau du fonds consolidé.
Vous vous souvenez, dans les articles qu'on a
adoptés, pour que ça se qualifie comme régime de retraite complémentaire, il
faut que l'État verse au moins l'équivalent. Ça fait que, dans le fond, on va
arrimer.
M. Morin : Mais ce que je veux
m'assurer, c'est que...
M. Jolin-Barrette : Les juges vont
avoir leur pension payée.
Morin : Non, mais pas juste ça. C'est que ça n'empêchera
pas l'État de verser des cotisations. Parce que, là, il dit :
«aucune cotisation n'est versée».
M. Jolin-Barrette : Mais on ne verse
pas les cotisations passées.
M. Morin : C'est ça. Donc, il n'y a
pas de souci.
Jolin-Barrette : Au 1er janvier 2024, on commence le
régime de la fiducie. Les juges ont versé leur 5 000 $. L'État québécois va verser au moins leur
5 000 $ dans la fiducie. Puis, pour le passé, bien, c'est les
citoyens qui assument collectivement le fait que le législateur fédéral
n'a pas voulu modifier la loi.
M. Morin : Je comprends.
Le Président (M.
Bachand) : Autres interventions? Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Cadet : Oui. Bien, je pense que la dernière phrase m'a
aidée avec la compréhension, là. Disons, je prends donc à partir, donc, de la fiducie, l'origine de
la fiducie, donc, commence le 1er janvier. Donc, à ce moment-là, donc, là,
c'est dans un régime distinct, ce n'est pas dans le fonds consolidé.
M. Jolin-Barrette : Le régime
distinct?
Mme Cadet : Ce n'est pas dans le
fonds consolidé à partir du 1er janvier.
M. Jolin-Barrette : Il y a une
partie qui est dans le fonds consolidé.
Mme Cadet : Une
partie qui est dans
le fonds consolidé.
Jolin-Barrette : Mais, dans le fond, votre 22 656 $, il
est dans le fonds consolidé. Le 5 000 $ supplémentaire qui ne peut pas être prélevé à cause du maximum,
lui, il s'en va dans la fiducie de retraite, puis l'État québécois, lui, verse
l'équivalent, au moins, de 5 000 $ dans la fiducie de retraite.
Cadet : O.K. Puis donc, pour ce qui est des prestations
passées, donc, à ce moment-là, donc là, c'est issu complètement du fonds
consolidé.
M. Jolin-Barrette : Exact.
Cadet : Puis pourquoi ce choix-là, il a été fait? Ce n'est
pas un régime distinct comme la RRQ. Pourquoi c'est le choix du fonds
consolidé qui a été fait?
Mme Cadet : Ça, c'est historique. Il
faudrait qu'on ait la discussion avec le ministre des Finances. Mais les
régimes de retraite, aussi, des employés de l'État, je ne crois pas qu'il y a
une caisse séparée, comme le RREGOP. En
fait, sous réserve de certaines exceptions, les régimes de retraite, notamment,
des travailleurs de l'État québécois... est financé sur le fonds consolidé. Dans le fond, c'est plutôt
l'exception qu'il y a des caisses de retraite séparées pour les
employés, au niveau national, national étant québécois. Vous êtes d'accord avec
moi?
Mme Cadet : Tout à fait.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions? M.
le député d'Acadie, oui.
M. Jolin-Barrette : Ça avance-tu
votre projet de constitution?
Morin : Merci. Et, comme vous l'avez mentionné, là, c'est
Retraite Québec qui va gérer la fiducie, comme elle gère d'autres fonds
de retraite, là?
M. Jolin-Barrette : Exactement.
M. Morin : O.K. Puis là il y a une
structure juridique qui encadre la fiducie?
Jolin-Barrette : Bien, Retraite Québec est l'organisme qui gère,
dans le fond, l'ensemble des régimes de retraite.
M. Morin : O.K. Parfait.
Président (M. Bachand) :
D'autres interventions? S'il n'y
a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 70 est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. M. le ministre, s'il
vous plaît.
Jolin-Barrette : 71, M. le Président, et on a un amendement qui est
de la clarification de concordance, qui est déjà sur Greffier.
Donc :
71. Les
cotisations devant être versées par les juges de la Cour municipale de Montréal
après le 31 décembre 2023 et
avant le 1er avril 2024 au régime de prestations supplémentaires dont ils
bénéficient sont réputées être des cotisations versées au fonds visé au
cinquième alinéa de l'article 10 du Régime de prestations supplémentaires
des juges auxquels s'applique le
régime de retraite prévu à la
Partie V.1 de la
Loi sur les tribunaux
judiciaires, tel qu'édicté par l'article 58 de la présente loi.
Une somme équivalente à ces cotisations est
prise sur le fonds consolidé du revenu et versée au fonds visé au premier
alinéa.
Commentaires :
L'article prévoit des règles
transitoires.
Et l'amendement, M. le Président : À
l'article 71 du projet de loi :
1° insérer,
dans le premier alinéa et après «bénéficient», «, incluant celles pour
lesquelles ils ont été exonérés,»;
2° insérer, dans le deuxième alinéa et
après «cotisations», «, excluant les cotisations dont ces juges ont été
exonérés,».
Commentaires : La modification proposée au
premier alinéa de l'article 71 du projet de loi est nécessaire afin que la fiducie de convention de retraite
s'applique aussi à un juge de la cour municipale de la ville de Montréal qui aurait
été exonéré de verser des cotisations au
régime de prestations supplémentaires entre le 1er janvier et le
31 mars 2024, en raison, par exemple, d'une invalidité.
Avec cette
modification, la fiducie de convention de retraite s'appliquerait à tous les
juges de la cour municipale de
Montréal à compter du 1er janvier 2024, indépendamment du fait qu'ils
doivent verser des cotisations au régime de prestations supplémentaires
ou qu'ils en sont exonérés.
La seconde
modification proposée par l'amendement prévoit que les cotisations pour
lesquelles ces juges ont été exonérés
ne sont pas prises en considération dans le calcul de la somme qui serait
versée à la fiducie de convention de retraite.
Donc, je
pense que le commentaire est clair, c'est : si jamais le juge est en
maladie ou en invalidité puis il était exonéré de cotiser pendant ce
temps-là, on ne vient pas le pénaliser.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions sur
l'amendement du ministre?
M. Morin : Bien, en fait... (panne
de son) ...Montréal, parce que Montréal est la seule ville qui ne cotise pas,
contrairement à Laval et Québec...
M. Jolin-Barrette : Qui étaient
déjà...
M. Morin : C'est ça, qui étaient
déjà incluses, eux autres.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Président (M. Bachand) :
Merci. S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Président (M. Bachand) :
Adopté. Donc, on revient à
l'article 71 tel qu'amendé. Interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 71, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre,
s'il vous plaît.
Jolin-Barrette : 72, M. le Président. Au plus tard le 1er juin
2024, la ville de Montréal remet au président du Conseil du trésor un rapport faisant état de la valeur actuarielle
des bénéfices accumulés dans les régimes de retraite auxquels
participent les juges de la cour municipale de Montréal le 31 mars 2024
ainsi que de celle des bénéfices accumulés dans les régimes de prestations
supplémentaires dont ces juges bénéficient à cette même date. Ces valeurs sont
calculées en fonction des données arrêtées au 31 mars 2024 et des hypothèses
actuarielles établies à cette même date,
mais en utilisant les méthodes actuarielles qui ont été utilisées pour les
évaluations actuarielles préparées à l'égard de chacun de ces régimes
sur la base des données arrêtées au 31 décembre 2019.
Le rapport prévu au premier alinéa doit
également indiquer le taux d'actualisation applicable à chacune des valeurs
actuarielles dont il fait état. Le rapport est produit par les actuaires
désignés par la ville de Montréal.
Commentaires :
L'article prévoit la préparation d'un rapport déterminant la valeur actuarielle
des bénéfices accumulés par les juges de la cour municipale de Montréal.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Interventions?
M. Morin :
Oui, brièvement.
Président (M. Bachand) : M. le député d'Acadie, oui.
M. Morin : Merci,
M. le Président. Donc, la date du 1er juin, est-ce qu'elle a été arrêtée
en consultation avec la ville de Montréal?
Est-ce qu'ils vont avoir assez de temps? Il n'y aura pas de report? Comment
vous êtes arrivés à la date du 1er juin 2024?
M. Jolin-Barrette : C'est consensuel. On a
contacté la ville de Montréal. Donc, ça va leur laisser le temps puis ça
fait
partie de l'entente pour rapatrier le régime, pour avoir un état de situation
du régime de retraite.
M. Morin : O.K. Puis dans l'article on dit : «...les
évaluations actuarielles préparées à l'égard de chacun de ces régimes
sur la base des données arrêtées au 31 décembre 2019.» Donc, pourquoi
2019?
M. Jolin-Barrette : C'est la dernière
évaluation actuarielle du régime de retraite, d'où l'intérêt, maître me
dit, d'en faire... de faire une nouvelle étude actuarielle en 2024.
M. Morin : Parfait.
Merci.
Jolin-Barrette : Puis c'est ce qui a été convenu aussi avec Retraite
Québec.
M. Morin : D'accord.
Merci.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Donc, vous dites que c'est consensuel, mais j'imagine que ça tombe, donc, pile
à la fin du trimestre, donc, la fin de
l'année financière de la ville. Donc, j'imagine qu'aussi c'est pour ça que vous
vous êtes arrêtés sur la date du 1er juin.
M. Jolin-Barrette : ...avril, ça débute le
1er avril, le régime, puis le 1er juin, c'est pour leur laisser le
temps de faire le rapport.
Mme Cadet :
...donc, un trimestre complet?
Jolin-Barrette : Oui.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'article 72 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : 73. Au plus tard
30 jours suivant la date de la remise au président du Conseil du trésor du
rapport visé à l'article 72 de la présente loi, la ville de Montréal verse
au gouvernement un montant équivalent à la somme
des valeurs actuarielles dont fait état ce rapport, augmentée des intérêts
accumulés depuis le 1er avril 2024 et jusqu'à la date du versement. Ces intérêts sont calculés
en additionnant ceux accumulés durant cette période sur chacune de ces valeurs
selon le taux d'actualisation qui lui est applicable.
montant est versé au fonds d'amortissement des régimes de retraite formé à la
Caisse de dépôt et placement du Québec en application de
l'article 8 de la
Loi sur l'administration financière.
Commentaires :
L'article prévoit que la ville de Montréal doit verser au gouvernement un
montant équivalent à la somme des valeurs actuarielles des bénéfices de ses
juges, tel que déterminé dans le rapport visé à l'article 72 du projet de
loi.
Président (M. Bachand) : Merci.
Interventions sur 73? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le Président. Donc, ce montant-là, finalement,
c'est la Caisse de dépôt et de placement qui gère l'ensemble des régimes
de retraite ou...
Jolin-Barrette :
L'article 8 de la
Loi sur l'administration
financière dit : «Le ministre des Finances peut déposer auprès de la Caisse de dépôt et placement du Québec des sommes
prises sur le fonds consolidé du revenu jusqu'à concurrence de celles qui sont comptabilisées au compte non budgétaire
des régimes de retraite apparaissant aux états financiers du gouvernement, afin de former un fonds d'amortissement des
régimes de retraite pour pourvoir au paiement d'une
partie ou de
l'ensemble des prestations de ces régimes. Le paiement de toute prestation qui
affecte ce compte peut être remboursé au fonds consolidé du revenu sur ce fonds
d'amortissement.
«La Caisse de dépôt et placement du Québec
administre ces sommes suivant la politique de placement déterminée par le
ministre des Finances.»
Donc, dans le
fond, le fait de faire fructifier l'argent, le ministre des Finances peut
l'envoyer dans ce compte-là à la Caisse de dépôt et de placement, qui est
chargée d'aller chercher des rendements pour que l'État québécois puisse
assumer ses responsabilités relativement aux régimes de retraite.
Morin : Donc, le montant qui va être transféré de la ville
de Montréal, ce montant-là qui est... bien, en fait, qui est la somme de
ce que la ville et les juges ont cotisé pendant ces années-là pour leur
retraite?
Jolin-Barrette : Bien, en fait, comment je pourrais dire, ça ne
veut pas dire que la ville a cotisé annuellement, là. Tu sais, dans le fond, c'est un passif à la
charge de la ville. Exemple, sur l'historique des fonds de pension, là, puis
on l'a vécu, là... à l'époque, il y a quelques années de cela, les villes, des
fois, ils prenaient des congés de cotisation aussi,
mais, dans le fond, il y a un passif qui est là, là, ça fait que ça... Mais,
dans le fond, ce qu'ils vont devoir faire, c'est faire un chèque pour
que l'argent qu'ils doivent dans le régime, en fonction des valeurs
actuarielles, ça va s'en aller à Québec.
Morin : C'est ça, puis là, bien, ce montant là, lui, il va
être renvoyé... lui, il ne sera pas dans le fonds consolidé du revenu.
M. Jolin-Barrette : Non, lui, il va
être...
M. Morin : Il va être envoyé...
M. Jolin-Barrette : Au FARR.
M. Morin : ...à la Caisse de dépôt.
Jolin-Barrette : Bien, il est envoyé au Fonds d'amortissement des
régimes de retraite, puis cette somme-là permet au ministre des Finances de l'envoyer à la Caisse de dépôt pour
que la... en fonction des orientations de placement... qui est déterminé par la ministre des Finances, pour
que cet actif-là grossisse pour pouvoir assumer les pensions des juges, puis
de leurs conjointes, puis des enfants des bénéficiaires.
Morin : Donc là, si je comprends bien, corrigez-moi si je
fais erreur, il va y avoir, comme, trois montants, trois fonds. Il y a le fonds consolidé du revenu,
pour des retraites, il y a la fiducie qui est créée pour le montant
additionnel puis, en plus, il va y avoir le Fonds d'amortissement des régimes
de retraite.
Jolin-Barrette : Mais le Fonds d'amortissement des régimes de
retraite, là, quand il y a une prestation qui est donnée, dans le fond,
l'argent qui est pris peut être décaissé du Fonds d'amortissement des régimes
de retraite puis il est envoyé au
fonds consolidé. Parce que l'agent payeur, là, dans le fond, pour les régimes
de retraite, c'est le fonds consolidé, dans le budget, annuellement.
Ça fait que le ministre des Finances, quand il
fait son budget, annuellement, il sait, supposons, qu'il faut qu'il donne
100 millions en retraites pour le RREGOP, le régime d'encadrement, le
régime des membres de l'Assemblée nationale,
le régime des policiers puis tout le... Bien, les policiers, je ne suis pas
sûr, je pense qu'ils ont une caisse... En tout cas, je m'avance, là, mais c'est juste pour illustrer le propos,
là. Et, en attendant, l'argent, quand il est, comment je pourrais dire... quand il est capitalisé, comme
dans ce cas-là, bien, il existe un fonds où l'argent peut être envoyé là puis confié
à la Caisse de dépôt pour faire fructifier les sommes pour assumer.
La fiducie,
elle, elle est là pour des fins fiscales, parce qu'on ne peut pas cotiser les
juges plus haut que le plafond de 22 656 $. Ça fait que, dans
le fond, ça prend un véhicule fiscal pour déposer la cotisation des juges. Puis
on ne peut pas juste déposer la cotisation
des juges là-dedans parce que, pour que ce soit qualifié, au sens fiscal, par le
fédéral comme un véhicule de retraite, il faut que le gouvernement du
Québec verse au moins l'équivalent dans la fiducie, tu sais, pour que la fiducie soit valide sur le plan légal, qu'elle serve
ce à quoi... C'est pour ça qu'il y a de l'argent du Québec qui s'en va
dans la fiducie, puis c'est le ministère des Finances qui décide s'il l'envoie
au FARR ou non... à la Caisse de dépôt.
Morin : O.K. Donc, le ministre des Finances pourrait
décider de prendre une
partie de l'argent de la fiducie puis l'envoyer
au Fonds d'amortissement des régimes de retraite pour le faire fructifier.
M. Jolin-Barrette : Il peut-tu faire
ça pour la fiducie?
Jolin-Barrette : Non, pas la fiducie. Pas la fiducie, la
partie du
fonds consolidé. Ça fait qu'exemple, là, supposons,
là, le ministre des Finances, là, pour... Prenons le cas d'un juge, là. Je ne
sais pas, supposons, la
partie Québec, c'est... C'est quoi, c'est
200 000 $, une pension de juge, par année, à peu près?
M. Jolin-Barrette : Oui. Faisons ça «rough»,
là, mais un juge... actuellement, le salaire d'un juge de la Cour du Québec, c'est 310 000 $, suite au
dernier rapport de rémunération. S'il travaille toutes ces années, je pense,
ils sont sur une formule à peu près 85 ou 80...
M. Jolin-Barrette : Bon, ils sont sur une formule 80, les juges de la Cour du Québec.
Ça veut dire les années de service,
plus l'âge, donnent 80. Puis ça fait plusieurs années qu'ils sont là, supposons.
À ce moment-là, ils ont une pension d'à
peu près 200 000 $ par année, mais, dans le fond, sur ces sommes-là
que le gouvernement sait qu'il va devoir payer annuellement, le ministre
des Finances, quand il planifie ses choses, il regarde est-ce que j'en envoie
une partie, justement, dans le Fonds d'amortissement des régimes de retraite,
pour que la Caisse de dépôt soit chargée de faire fructifier l'actif pour être
en mesure de payer le 200 000 $ indexé, quand le juge qui est nommé
aujourd'hui, qui va prendre sa retraite dans 30 ans, puisse recevoir sa
prestation de retraite.
M. Morin : Exact. Mais pas pour le montant qui va être versé
dans la fiducie. Ça, ça va rester dans la fiducie.
Jolin-Barrette : Non, la fiducie, c'est séparé.
M. Morin : O.K.
Puis la fiducie, il va y avoir des règles pour la faire...
Jolin-Barrette : Fructifier.
M. Morin : ...fructifier
ou...
Jolin-Barrette : J'imagine.
M. Morin : Comment
ça fonctionne?
M. Jolin-Barrette : Donc, ça, c'est
administré par Retraite Québec. Ils ont une politique de placement qui va être faite
avec le secrétaire au Conseil du trésor.
M. Morin : O.K. Donc, ça, ça va faire partie, finalement, des
normes ou des règles que le Conseil du trésor va mettre en place pour
faire... gérer, fructifier la...
Jolin-Barrette : Fructifier l'argent, mais la fiducie va être gérée
par Retraite Québec.
M. Morin : O.K.
Parfait. Puis la fiducie a été créée par un notaire du ministère de la Justice?
Comment vous l'avez... Comment vous l'avez créée, la fiducie?
Jolin-Barrette : Bien là...
M. Morin : Ça,
ça va être la loi, là, mais après ça, là?
Jolin-Barrette : Au 1er janvier, elle va être créée. Ça fait que
le...
Jolin-Barrette : ...le mandat à Retraite Québec de créer la fiducie.
Président (M. Bachand) : ...Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : ...la politique de placement, donc, elle serait équivalente,
donc, à celle des autres régimes de retraite qui sont gérés par Retraite
Québec?
Jolin-Barrette : Pour la fiducie?
Jolin-Barrette : Bien, j'imagine. L'objectif, c'est de faire le
plus d'argent possible, tout en étant en mesure de payer les
cotisations, parce que c'est un régime de prestations déterminées.
Cadet : Puis, si je comprends bien, donc, le Fonds
d'amortissement des régimes de retraite de la caisse, donc, ça, ce
serait... sur le plan fiscal, ça n'aurait pas pu, donc, se qualifier, là, comme
c'est le cas pour la fiducie.
M. Jolin-Barrette : Vous voulez
dire, pour la politique de placement, que ce soit la Caisse de dépôt...
Cadet : Non, mais ce que... dans le fond, ce que vous
disiez plus tôt, c'est que la fiducie, donc, elle, elle a été créée parce que, sur le plan fiscal, pour que
les prestations du gouvernement, donc, puissent être faites, donc, il fallait,
donc, créer, donc, un véhicule. Donc, le véhicule...
M. Jolin-Barrette : Pas les
prestations du gouvernement, les prestations des juges.
Mme Cadet : O.K. Pour les
prestations des juges. O.K.
M. Jolin-Barrette : Oui, parce que,
dans le fond, les juges, comme, exemple, pour 2023, ils sont supposés cotiser
27 000 $, mais, à cause de la loi fiscale fédérale, ils peuvent juste
cotiser 22 000 $. Ça fait que c'est le 5 000 $ qu'on verse dans la fiducie de retraite. Pour
votre information, là, exemple, les juges de la Cour du Québec, c'est leurs
trois dernières années... trois meilleures
années, 3 % par année, rente maximale de 65 %. Donc, le maximum
admissible, c'est 201 500 $ de pension, actuellement.
Cadet : O.K. Puis au début, donc, on voit, donc, que...
parce que, donc, à 72, ce qu'on a adopté tantôt, c'était la remise du
rapport au président du Conseil du trésor. Puis, à 73, ici, on dit, donc :
«Au plus tard 30 jours suivant la date
de la remise». Donc là, donc, on verse, on fait des versements. Donc, la ville
de Montréal, donc, fait des versements. Est-ce que... Donc, ça aussi, cette date-là, j'imagine que ça, ça a été
discuté avec la ville de Montréal. C'était consensuel aussi?
Jolin-Barrette : Oui. Bien, dans le fond, le régime va être
administré par nous maintenant. Ça fait que l'argent qui était à
Montréal pour les retraites, il nous est transféré, puis là on va se charger
d'administrer le régime.
Cadet : Bien, je parlais de la date... le 30 jours,
le délai de 30 jours pour le transfert. Donc, ça, c'est un délai
qui a été discuté avec la
partie prenante?
M. Jolin-Barrette : Tout a été
discuté avec la ville. Le chèque est dans la malle.
Mme Cadet : Merci. Parfait.
Président (M. Bachand) :
Merci. Autres interventions sur 73?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 73 est
adopté?
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Donc, M. le ministre.
Jolin-Barrette : Oui. Alors, M. le Président, on a terminé le bloc
B, donc là, on viendrait au bloc A, en commençant... en débutant par
l'article 1. C'est au début du cahier.
Jolin-Barrette : O.K. Puis on... M. le Président, vous me
permettrez de remercier les équipes du ministère de la Justice qui nous ont accompagnés pour cette partie, ici. Donc,
c'est pour ça qu'il y aura un petit peu de mouvement, M. le Président, parce que c'est une autre équipe
du ministère de la Justice qui a travaillé sur cette partie-là. Alors, je vais
entamer le tout. Alors, on a des gens qui ont travaillé sur les deux dossiers,
M. le Président, on assure une continuité.
Donc :
L'article 441 du Code civil
du Québec est modifié :
1° par la suppression de «de la minute», partout
où cela se trouve;
2° par le remplacement de «original» par
«d'origine»;
3° par le remplacement de «sur la minute par
sur» par «au contrat et à»;
4° par le remplacement, dans le texte anglais,
de «the number of his minute» par «its minute number»;
5° par
l'ajout, à la fin, de la phrase suivante : «Une telle mention peut être
inscrite au contrat ou, le cas échéant, à la copie ou à un écrit joint à
ce contrat ou à cette copie, directement ou au moyen d'une référence.»
Commentaires :
L'article 44 modifie l'article... Pardon.
L'article modifie
l'article 441 du Code civil du Québec afin de l'adapter au contexte
technologique.
L'article est également modifié afin de se
détacher de l'ancienne conception du numéro de minute.
Le Président (M. Bachand) : Merci.
Interventions? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : ...bien, brièvement, parce que, là, les gens
quittent, mais je voulais également remercier les gens qui accompagnaient M. le
ministre, parce qu'ils ont été... elles ont été très utiles pour répondre à nos
questions. Alors, c'est très apprécié.
Maintenant,
je comprends que ces modifications-là sont nécessaires, parce qu'évidemment,
quand il y aura le greffe numérique
et que les actes notariés seront, donc, fabriqués, produits, rédigés par
ordinateur, il n'y aura plus nécessairement de papier.
M. Jolin-Barrette : Effectivement. Dans le
fond, tous les actes se retrouveront, dans le fond, sur support technologique.
Le citoyen, par contre, qui veut avoir une copie papier de son acte notarié va
pouvoir l'avoir certifiée conforme.
M. Morin : O.K. Donc, si le... Alors, évidemment, on ne peut
pas... Alors, évidemment, on ne peut pas dire... Bien, si on n'utilise plus
«original», c'est qu'au fond l'original va être le document qui va être dans le
nuage, quelque part? Parce que, si je comprends bien votre modification puis ce
que vous dites, M. le ministre, c'est que, quand on va imprimer, le
notaire va imprimer quelque chose, ça va être une copie certifiée conforme.
Jolin-Barrette : C'est ça.
M. Morin :
Ce ne sera pas un original?
M. Jolin-Barrette :
Bien, ça va être d'origine.
M. Morin :
Oui, bien...
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, ce n'est plus... Dans le fond, ce n'est plus le papier
original, dans le fond, c'est le document d'origine.
Donc, ça ne sera plus la copie papier, là. Dans le fond, vous allez chez le
notaire faire un contrat de mariage;
un coup que le projet de loi va être adopté, ce n'est pas la copie originale
puisque c'est le numérique. Donc, c'est la copie d'origine.
M. Morin :
Et vous pourrez avoir plusieurs copies d'origine?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Morin :
O.K. Puis elles seront toutes
certifiées conformes à l'original qui sera sur un support informatique
intemporel?
M. Jolin-Barrette :
Oui, sauf que vous allez pouvoir l'avoir papier aussi, si vous la voulez
papier.
M. Morin :
Oui, oui. Puis je comprends
qu'une fois que vous l'avez papier, parce que le notaire peut produire un
acte authentique, donc, votre copie certifiée conforme va devenir un acte
authentique.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Morin :
O.K. Avec la même force que si c'était un acte authentique créé par un
notaire aujourd'hui?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
Président (M. Bachand) : ...s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça? Je ne me trompe pas...
M. Cliche-Rivard : Et donc, si je comprends
bien, là, on va signer électroniquement, il n'y aura plus de version papier
sur laquelle on va signer, sauf exception.
M. Jolin-Barrette :
Bien, en fait...
M. Cliche-Rivard :
En personne, on va signer.
M. Jolin-Barrette :
Règle générale...
M. Cliche-Rivard : Règle
générale.
M. Jolin-Barrette :
...vous allez signer sur une tablette.
M. Cliche-Rivard :
Sur une tablette. Voilà.
M. Jolin-Barrette : Règle générale. Cependant, vous
me corrigerez, supposons que vous vouliez signer papier, vous pourriez
signer papier...
M. Jolin-Barrette :
Non, mais il pourrait numériser le document.
M. Jolin-Barrette : C'est ça. Donc, le
notaire, dans son bureau, il peut signer sur support technologique, donc, exemple, sur la tablette, il présente la tablette
au citoyen qui vient le rencontrer, mais peut aussi présenter une copie papier,
faire signer le papier...
M. Cliche-Rivard :
Numériser ensuite.
M. Jolin-Barrette :
...numériser ensuite. Dans le fond...
M. Cliche-Rivard :
Mais est-ce qu'un des deux est l'exception ou est ce que les deux ont...
M. Jolin-Barrette :
Il peut faire les deux?
M. Cliche-Rivard :
Il peut faire les deux. Ce sera à sa discrétion.
M. Jolin-Barrette :
Il peut faire les deux, c'est à sa discrétion ou à la discrétion du client, mais...
M. Cliche-Rivard :
Et, dans un cas comme dans l'autre, les deux auront la même valeur
probante?
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait, c'est
parce que le document comme tel, sa valeur, c'est un coup qu'il est sur le support technologique. Dans le fond, c'est la
conservation du document, désormais... Dans sa voûte, là, le papier, là,
un coup que vous allez l'avoir signé, là, puis il est numérisé, il va être
détruit.
M. Cliche-Rivard :
Exact.
M. Jolin-Barrette :
Il va être détruit. Il n'y aura pas d'obligation de conservation. L'acte
qui est un acte authentique, c'est l'acte qui est sur le support technologique,
entreposé sur le support technologique.
M. Cliche-Rivard :
Toujours?
M. Jolin-Barrette :
Toujours.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que ce sera
toujours cette copie électronique numérisée qui aura la meilleure valeur
probante?
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait, c'est
la... Ce que je veux dire, c'est que le document que vous signez, il va être
numérisé.
M. Cliche-Rivard :
Tout de suite?
M. Jolin-Barrette :
Tout de suite. Bien...
M. Cliche-Rivard :
Bien, incessamment.
M. Jolin-Barrette : Incessamment. Lorsque le
client va vouloir avoir une copie, le notaire va vous envoyer une copie, par
courriel, de votre acte. Si jamais vous voulez en avoir une copie papier pour
conservation dans vos dossiers, certifiée authentique, le notaire va
pouvoir tirer copie du registre, le mettre avec son sceau...
M. Cliche-Rivard :
Avec son sceau.
M. Jolin-Barrette : ...copie
authentique.Vous en conservez une copie dans vos dossiers chez vous ou vous la
conservez sur votre disque dur ou... Ça va
être à la discrétion. Mais la copie, si vous avez une copie papier du document,
qui est certifiée conforme, elle a la même valeur légale que celle qui
est sur le support technologique.
Président (M. Bachand) : Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Président (M. Bachand) : O.K.
Parfait.
Mme Cadet : Pour la copie papier,
donc, si, donc, le client, donc, lui, désire en obtenir une, donc là, ce sera
sans frais. Donc, est-ce que le
notaire, donc, pourra, donc, demander, donc, des frais pour une délivrance
d'une copie papier ou pas du tout?
M. Jolin-Barrette : Bien, dans le fond, c'est
le notaire qui va déterminer est-ce qu'il y a des frais associés à ça. Le
règlement de la chambre va venir encadrer ça aussi. Puis, tu sais, dans le fond,
l'objectif, c'est de faire en sorte que le notaire, quand il... Ce qui
est plus simple, là, c'est que le citoyen vienne signer électroniquement sur un
support. Mais il peut arriver que certaines
personnes, supposons, aient plus de difficulté avec le support technologique,
pour signer, ça fait que le notaire, s'il le juge approprié d'imprimer une
copie papier puis, par la suite, de la numériser, c'est ce qu'il va faire. Par la suite, pour le citoyen, pour avoir
une copie papier, bien entendu que, si le citoyen veut avoir une copie papier
de son dossier, certifiée conforme, le notaire va lui donner.
Mme Cadet : Oui,
bien, c'est ça, mais je pense que ce serait bien que la personne, surtout si...
Dans le cas d'espèce que vous venez d'exposer, donc, si, donc, il y a un
citoyen qui ne se sent pas tout à fait à l'aise avec les outils technologiques, qui demande une copie
papier, ce serait dommage que le... Ça devient, donc, un outil, là, pour qu'on
puisse charger...
Jolin-Barrette : Financier.
Mme Cadet : C'est
ça, donc charger le citoyen.
M. Jolin-Barrette : Oui. Donc, la
chambre, dans son règlement, va prévoir les modalités, la Chambre des notaires,
associées à ça. C'est sûr qu'actuellement, quand vous demandez,
supposons, 40 copies, le notaire peut vous charger.
Mme Cadet : Non, on s'entend. On s'entend, mais une copie
papier pour que la personne puisse se... dans ses dossiers, surtout dans
la période de transition...
Jolin-Barrette : Exactement.
Mme Cadet : Donc, la Chambre des notaires, donc, dans son
règlement, va pouvoir prévoir ça pour qu'on s'assure d'encadrer cette
pratique, que ça ne devienne pas...
M. Jolin-Barrette : Oui, c'est ça, mais il
n'y a personne qui a avantage à ce que le client n'ait pas copie de son acte.
Mme Cadet : Non.
Puis pour ce qui est de la signature en tant que telle, donc là, dans la
question posée par mon collègue, donc, le
citoyen, donc, lui, donc, il peut, donc... Donc, on peut imprimer une copie, il
signe, il est numérisé. Il peut
signer, donc, sur une tablette, donc, de la même manière. Pour ce qui est,
donc, des logiciels de signature, Docusign,
par exemple, donc, ce type de signature là, est-ce que ça a la même valeur
aussi?
M. Jolin-Barrette :
Qu'est-ce que vous voulez dire? Supposons...
Mme Cadet : Donc, par exemple, donc, il y a deux... donc, la
signature numérique, donc, il y a deux types de signature numérique, là, il y a celle où est-ce que... qui ressemble,
donc, à la véritable signature papier, là, que la personne, donc, fait, donc, avec un crayon de ce type puis,
bon, signe de cette manière-là, ou il y a celle... la signature numérique, où
la personne, donc, essentiellement, donc, tape son nom, et là, donc, on a,
donc, un moment et une date de signature qui est confirmée par un logiciel. Est-ce que cette façon-là de signer,
donc, a la même valeur probante que les deux autres?
Jolin-Barrette : Mais, par un logiciel, quand vous êtes à distance?
Mme Cadet : Bien, pas nécessairement à distance. Non, je pense
que, ça, on va s'occuper de la portion à distance à un autre moment.
Mais j'imagine, donc, une étude notariale, donc, qui aurait soit, donc, un...
Mme Cadet : C'est
ça. Bien, c'est ça, soit que la personne, donc, a une tablette, vous l'avez
mentionné, ou, donc, qu'elle arrive puis
elle a passé, donc, le document dans
Docusign, pour ne pas le nommer,
donc, ou tout autre logiciel, donc,
de signature qui, normalement, est à distance, mais là, donc, le ferait en
présentiel, parce que c'est ce dont il est question ici. Est-ce que ça,
cette façon-là de signer, aussi, donc, serait possible?
Jolin-Barrette : Dans le fond, le notaire va faire signer, dans le
fond, manuscrit avec le crayon sur la tablette.
Mme Cadet : O.K., manuscrit.
Jolin-Barrette : Est-ce que... La question c'est : Est-ce
qu'il pourrait y avoir une clé de signature quelconque?
Jolin-Barrette : Bien, dans les faits, la Chambre des notaires
pourrait venir réglementer ça, d'avoir une clé de signature, sauf que ce qui est favorisé, c'est le fait que le citoyen
se présente au bureau du notaire, comme c'est le cas actuellement, et signe avec une signature
manuscrite sur le document. Il n'y a pas vraiment d'avantage à développer...
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup.
Sur ce, la commission suspend ses travaux
jusqu'à 15 heures. Bon lunch.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Président (M. Bachand) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Bon
après-midi. La Commission des
institutions reprend ses
travaux.
On poursuit
donc l'étude détaillée du projet loi n° 34, Loi visant à moderniser la profession notariale et à favoriser
l'accès à la justice.
Lors de la
suspension de nos travaux, nous étions à l'étude de l'article 1. J'avais
la députée de Bourassa-Sauvé
qui avait la parole. Je ne sais pas si vous aviez terminé.
Le Président (M. Bachand) : S'il vous plaît! Mme la députée.
Mme Cadet : Oui, merci, M. le
Président. Donc, comme je...
Président (M. Bachand) :
O.K. Alors, merci. Donc, M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne, s'il vous plaît.
Cliche-Rivard : Oui, j'en étais à me demander, M. le
ministre : Est-ce qu'il pourrait y avoir une formule hybride où une
personne signe manuscrit, et on numérise le document, et une autre personne,
elle, signe électronique, et on aurait donc le document? Est-ce que ça doit
être un ou l'autre ou ça peut être hybride?
M. Jolin-Barrette : La réponse à
cette question-là, M. le Président, c'est oui. Et on a fait des vérifications, durant l'heure du midi, et la solution serait avec
Notarius. Donc, déjà, ça arrive certaines situations où il y a une personne
physiquement, dans le bureau du notaire,
supposons, puis une autre personne qui est à distance. Donc, il pourrait y
avoir une solution technologique comme ça qui sera déterminée par
règlement de la chambre.
M. Cliche-Rivard : Excellent, et...
Président (M. Bachand) :
Excusez-moi, M. le député,
peut-être descendre juste votre micro un petit peu. Merci. Merci
infiniment.
Cliche-Rivard : Je profiterais de la connaissance de l'équipe ministérielle
pour m'informer sur l'ancienne conception
du numéro de la minute qu'on se... de laquelle on se détache. Si vous pouviez
nous informer un peu sur... ou, M. le ministre, là. En quoi ça
constituait, ça?
M. Jolin-Barrette : Vous voulez dire
au niveau de la minute?
M. Cliche-Rivard : La... oui, la
conception du numéro de la minute.
Jolin-Barrette : O.K. Alors, maintenant, la minute va être dans le
greffe central numérique, donc il n'y aura plus d'erreur de minute dans
le greffe du notaire.
Cliche-Rivard : O.K. Parce qu'elle va être tout de suite dans le
système numérique...
Jolin-Barrette : Exactement.
Cliche-Rivard : ...qui contrôle l'heure de manière... et la minute et
la seconde de manière automatique.
Jolin-Barrette : Exactement.
Cliche-Rivard : Merci. C'est...
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui, merci. Merci, M. le Président. Donc, pour
revenir où on en était juste avant la pause, donc, je comprends que la
signature pourrait être effectuée sur une tablette.
Jolin-Barrette : Juste une précision, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Oui, M. le
ministre. Oui.
M. Jolin-Barrette : Ah! ma gourde est rendue
là-bas. Bien, la minute, là, ce n'est pas la minute au sens de l'heure, là...
Cliche-Rivard : Bien non, bien non.
M. Jolin-Barrette : ...c'est au sens du
numéro de l'acte, c'est pour retrouver les actes. Ce n'est pas, genre, je n'ai
pas signé à 12 h 05 puis, la prochaine, je l'ai signée à
12 h 06, là. C'est le numéro de l'acte, donc, qui se retrouve... Exemple, en France, il y a le minutier central.
Alors, nous, les actes en minute, bien, c'est parce qu'ils sont numérotés
et versés dans la greffe du notaire.
M. Cliche-Rivard : O.K. Et ça, la réponse,
c'est la même, le système va la tenir à jour, donc on ne pourra plus se
tromper.
Jolin-Barrette : Exactement.
Cliche-Rivard : Merci.
Président (M. Bachand) : Donc, M. le
député de l'Acadie.
Jolin-Barrette : Vous n'avez rien mis dedans sur l'heure du midi, là?
M. Morin :
Je n'ai aucune idée. Pourquoi?
Vous êtes inquiet pour votre gourde, M. le ministre? Vous l'avez mise où?
Jolin-Barrette : Non, mais c'est parce que c'était votre caucus ici,
ça fait que...
M. Morin : Ah!
puis vous l'avez laissée ici?
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Morin : Ah!
bien là. Ah! bien là.
Jolin-Barrette : Il y avait un micro dedans.
Le Président (M. Bachand) : On ne peut pas prêter de mauvaises intentions, vous le savez, hein,
alors donc, la règle est claire.
M. Morin : Bien, c'est ça. Moi, je fais encore un appel au
règlement. Le ministre me prête toujours des mauvaises intentions.
Président (M. Bachand) : ...j'ai confiance
en vous, M. le député.
M. Morin : M.
le Président, agissez, faites quelque chose.
Président (M. Bachand) : O.K. Allez-y.
Morin : Ceci étant, donc, pour la signature, puis c'est ce
que ma collègue la députée de Bourassa soulignait, donc la personne pourra
signer dans le bureau du notaire sur une espèce de tablette, là, bien, comme on
peut le faire dans certaines institutions. Puis on parlait aussi de la signature, ce qu'on
appelle une signature, tu sais, comme électronique, là, avec un
calendrier de chiffrement. Donc, ça, est-ce que ça va être aussi possible ou si
ça va être exclu?
M. Jolin-Barrette : Ça pourrait être
possible. Dans le fond, ça va être dans les règlements de la chambre, mais physiquement, en personne, ce qui va être
favorisé, c'est la signature manuscrite sur support informatique. Mais, comme dans l'exemple que je donnais au député de Saint-Henri—Sainte-Anne, c'est... supposons, quelqu'un à distance, ce serait avec
Notarius. Donc, il y a déjà une clé avec une signature numérique qui existe
présentement.
Morin : Parfait. Donc, merci, puis, donc, je comprends
qu'au fond l'original va rester dans le nuage. Ce ne sera que des copies qui pourront être données,
mais les copies vont avoir le même... en fait, la même valeur probante qu'un
acte authentique. Est-ce qu'on se comprend bien?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Dans le fond, si
on transforme ce que nous connaissons aujourd'hui, actuellement, le document original est dans la voûte du notaire,
est conservé dans la voûte du notaire, et le notaire peut en tirer des copies
certifiées conformes. C'est un peu la même
chose au niveau du greffe central numérique. Le greffe central numérique
se retrouve à être le greffe papier du notaire, mais qui est hébergé par la
Chambre des notaires. Donc, tous les actes originaux
sont ceux qui se retrouvent sur le greffe central numérique. Donc, lorsque le
notaire en tirera copie, supposons, pour remettre une copie papier,
bien, il va l'officialiser aussi, mais le document... Si on fait le parallèle à
aujourd'hui, le document officiel est sur le greffe central numérique, est
enregistré là, et c'est lui, l'acte authentique.
Morin : C'est ça, exact. Puis lui, donc, il va être dans
une forme numérique, contrairement à l'acte aujourd'hui qui est dans...
M. Jolin-Barrette : Qui est dans la
voûte du notaire.
M. Morin : Le greffe du notaire est
quand même papier.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Morin : O.K. Excellent. Et donc, théoriquement, dans un
avenir que nous espérons rapproché, mais on verra comment la
transformation numérique avance au ministère de la Justice. Dans le cadre d'un
litige, un notaire pourrait transférer
numériquement un acte, qui aurait valeur d'acte authentique, et tout pourrait
se faire sur un support informatique.
M. Jolin-Barrette : Tout à fait.
Morin : Parfait. Excellent. Toujours à l'article 1,
vous voulez remplacer, à l'article 441, la formulation anglaise «the number of its minute» by «its minute number»,
et j'essayais de... J'aurais besoin d'explications. Qu'est-ce qui ne
fonctionne pas avec «the number of its minute»? Merci beaucoup. C'est à la
toute fin de 441.
Jolin-Barrette : Souvent, c'est les traducteurs de l'Assemblée
nationale qui nous indiquent les modalités, mais probablement...«the
number of its minute», «its minute number», probablement que ça se dit mieux en
anglais par «its minute number», mais je vais vous revenir avec la réponse plus
précise.
M. Morin : O.K. Parfait. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Cadet : Merci, M. le Président. Je veux revenir, donc, sur
l'aspect de la numérotation. Donc, M. le ministre, vous avez dit, donc,
que la numérotation, donc, serait numérique maintenant. C'est bien ça? Donc, on...
revenir à la question du député de Saint-Henri—Sainte-Anne, donc, il n'y a plus de
numérotation manuelle.
Jolin-Barrette : Dans le fond, lorsque le notaire va le déposer au
greffe central numérique, il va y avoir un numéro d'acte lorsqu'il va
l'enregistrer au greffe central numérique.
Mme Cadet : Et là ici, donc... ici,
on dit, donc : «Le dépositaire est tenu de faire mention du changement.» Donc, si on est dans le contrat de mariage qui
modifie un contrat antérieur, changement au contrat et à toute copie qu'il en
délivre en indiquant la date du contrat, le nom du notaire et le numéro de sa
minute, ce que... là, dans les autres... Ailleurs,
dans l'article, donc, on enlève, donc, la notion de minute, mais on la garde
ici. Donc, j'essaie de comprendre, donc, comment est-ce que ça se tient.
Jolin-Barrette : Donc, si on lit l'article, là : «Le notaire
qui reçoit le contrat de mariage modifiant un contrat antérieur doit, sans délai, en donner avis au dépositaire
du contrat de mariage d'origine et au dépositaire de tout contrat modifiant le régime matrimonial. Le dépositaire est tenu de
faire mention du changement au contrat et à toute copie qu'il en délivre — parce
que, dans le fond, maintenant, le contrat, ce n'est pas celui qui est en minute
dans le greffe du notaire, c'est
celui qui va être sur le greffe — en
indiquant la date du contrat, le nom du notaire et le numéro de sa minute. Une
telle mention peut être inscrite au contrat ou, le cas échéant, à la copie ou à
un écrit joint à ce contrat ou à cette copie, directement ou au moyen
d'une référence.»
fait que, dans le fond, on va venir altérer... bien, en fait, modifier le
contrat qui est déjà sur le greffe central numérique.
Mme Cadet : On
vient le modifier ici avec...
Jolin-Barrette : Bien, en fait, s'il y a une modification, «modifiant
un contrat antérieur».
Mme Cadet : Ah! O.K., d'accord. Donc, dans ce contexte-là,
donc, c'est pour ça, donc, qu'on vient inscrire...
Jolin-Barrette : C'est ça, le contrat d'origine.
Mme Cadet : Parfait.
Et «au moyen d'une référence», qu'est-ce qu'on dit ici? Qu'est-ce qu'on veut
dire par «directement ou au moyen d'une référence»?
Jolin-Barrette : Bien, si vous modifiez un acte, vous devez y faire
référence.
Mme Cadet : O.K, donc, en y faisant référence, c'est ce que
vous voulez dire par «au moyen d'une référence».
Président (M. Bachand) : ...interventions
sur l'article 1?
Mme Cadet : Bien,
peut-être...
Président (M. Bachand) : Oui, allez-y.
Allez-y, Mme la députée.
Mme Cadet : Bien oui, parce que, plus tôt, donc, vous parliez,
donc, de Notarius. Ça fait que peut-être, pour le bénéfice de tous,
donc, nous expliquer un peu comment ce logiciel fonctionne.
M. Jolin-Barrette : Bien, dans le fond, c'est
une solution technologique et laquelle... la Chambre des notaires avait développé la solution technologique,
notamment, et ça permet notamment l'identification et avoir une clé sécurisée
pour signer le document en question, l'acte en question. Puis, bien souvent, je
pense, ça se fait en deux étapes. Donc, il y
a un code qui est envoyé, puis ça doit être confirmé, un peu comme... Pour que
tout le monde comprenne, ça ressemble à quand vous vous connectez avec
votre institution financière. C'est un identifiant à deux étapes, vous avez
votre mot de passe, supposons, puis là vous
recevez un autre code sur votre cellulaire ou votre téléphone, vous recevez un
appel. Donc, c'est à double vérification.
Mme Cadet : O.K.
Puis, vu le niveau de sécurisation, donc, pourquoi la signature manuscrite sur
la tablette est préférée à ce mode de signature par clé de... bien, via la clé
de signature?
Jolin-Barrette : Bien, vous êtes physiquement dans le bureau du
notaire, dans ce cas-là, donc il va devoir vous identifier avec deux pièces d'identité, comme
ça se fait actuellement. Donc, il... Dans le fond, ce n'est pas différent d'actuellement, quand vous...
quand le notaire, avant de vous faire signer un acte sur du papier avec votre crayon à l'encre, il vérifie votre identité, votre
aptitude, puis tout ça. Ça fait que c'est un peu la même chose, on fait juste
changer le papier par...
Mme Cadet : Par
la tablette, là...
Jolin-Barrette : Par la tablette, exactement.
Cadet : ...pour la signature
manuscrite, mais sur l'appareil technologique. Vous dites, donc, cette façon de
faire, donc, elle est préférée, donc, à celle qui serait faite, donc, via,
donc, le chiffrement, donc, la clé de chiffrement.
Jolin-Barrette : Exactement.
Mme Cadet : Parce que j'essaie de comprendre, donc, on dit,
donc, que ce serait préféré. Il n'y aura pas de... le statut sera le
même.
M. Jolin-Barrette : Bien, vous... Oui, mais
la personne est physiquement devant vous. C'est plus simple qu'il signe
le document.
Mme Cadet : Donc,
c'est plus simple, mais ce n'est pas nécessairement... donc, il n'y a pas de
distinction, donc, de statut entre les deux niveaux de signature.
Jolin-Barrette : Bien, moi, je ne vois pas d'avantage à ce qu'u