Health and Social Services — 3 December 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2015-12-03
Quebec — Committees
(Quinze
heures onze minutes)
Président (M. Tanguay) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services sociaux
ouverte. Je demande à toutes les personnes présentes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de votre téléphone cellulaire.
mandat de la commission est de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 66,
Loi sur les activités funéraires.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Paradis (Lévis) est remplacé par
Mme Lavallée (Repentigny).
Président (M. Tanguay) :
Merci. Nous allons donc, sans plus tarder, débuter avec les remarques préliminaires. Et, M. le ministre, en ce sens-là, vous
disposez d'une période maximale de 20 minutes.
Barrette : Alors, M. le Président, je vais être très bref. Alors, je vais évidemment, simplement, résumer la situation, que nous connaissons tous. Bien, d'abord, évidemment,
avant de la résumer, je veux saluer mes collègues parlementaires qui vont encore
une fois participer avec énergie et
avec tout le professionnalisme dont ils sont capables.
Alors,
M. le Président, cette loi-là, comme on l'a dit, c'est une loi qui
vient essentiellement mettre à jour l'ensemble des lois et règlements
qui traitent des services funéraires dans la province de Québec
dans un contexte bien connu qui veut
que nous avons un éventail de lois actuellement qui traitent du même sujet et qui complexifient évidemment,
tant pour l'utilisateur que pour le
juriste, le sujet. Et, comme les refontes de ce genre de législation se font de façon très espacée, dans le cas présent... et la dernière ayant eu lieu il y a presque...
ou plus de 40 ans, il y a donc lieu, M. le Président, non
pas de créer une nouvelle loi mais de mettre à jour les lois et règlements.
à la base, ce qui est intrinsèquement proposé ici est de rassembler sous une
loi l'ensemble des provisions qui se retrouvent dans une multitude de lois et règlements
du Québec pour en faire un texte législatif spécifique à la loi... oh! pas spécifique à la loi mais aux services
funéraires, en rapport donc à la création de cette loi. Et, le cas échéant,
évidemment, compte tenu de
l'évolution de certaines pratiques funéraires, notamment l'apparition de
nouvelles techniques de disposition d'un
corps, notamment par l'Aquamation par exemple, alors il y a lieu de mettre à
jour notre réglementation pour s'assurer que, un, le traitement du corps de la personne décédée se fasse d'une
façon claire, nette et précise, que le consommateur soit protégé dans
l'exercice en question, que les règles relatives, évidemment, à la pratique de
la thanatopraxie soient clarifiées et, peut-être
aurais-je dû dire initialement, au départ, que le personnel qui oeuvre dans ce
secteur-là soit, comme le public, protégé, en termes d'exposition à de
potentielles maladies transmissibles.
Alors,
M. le Président, nous sommes donc, ici, à l'étude détaillée d'un projet de loi
qui a une certaine longueur mais qui
a essentiellement une portée qui est celle que je viens de décrire :
d'abord administrative, et ensuite de mise à jour de ses différents
thèmes. Voilà, M. le Président. Donc, on est prêts à aller de l'avant.
Président (M. Tanguay) : Oui, merci beaucoup. Chère collègue de
Taillon, vous disposez également, pour des remarques préliminaires,
d'une période maximale de 20 minutes. La parole est à vous.
Mme Lamarre :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, moi aussi, je serai assez brève. Nous
avons déjà eu l'occasion, lors du débat sur
le principe, d'évoquer les grands enjeux sur lesquels nous allons nous pencher.
Bien sûr, une réforme législative qui s'impose après cette période de
40 ans où... en plus, dans un secteur où, vraiment, on a vu des
changements majeurs, dans les 10 ou 15 dernières années, dans les rites,
dans les rites religieux, dans les rituels non religieux, dans les rites non
religieux qui sont également demandés par les familles, par les personnes. Je pense
que ça justifie tout à fait une réflexion.
Il y a
des enjeux au niveau de la division des cendres. Est-ce qu'on doit les maintenir en un seul site, un seul endroit, un seul contenant? On a vu qu'il y avait des opinions différentes sur ce sujet-là. La dispersion des cendres
aussi, je pense qu'il y a des
enjeux qu'on aura à évaluer au niveau de la santé publique.
registre des préarrangements funéraires, là aussi, ça semble difficile pour les
familles de parfois retracer les préarrangements qui ont été faits.
La prestation
de décès de la Régie des rentes du
Québec, donc, c'est une prestation
qui, depuis plusieurs années, est
à 2 500 $. Maintenant, quel
est le juste montant? Si on doit l'ajuster, quel serait le montant qui serait
le plus approprié pour à la fois
soutenir les familles qui ont un proche qui décède mais en même temps s'assurer
qu'il n'y a pas de débordement du côté des frais funéraires qui sont
facturés aux personnes en deuil?
L'obligation de détenir un lot pour
les cendres, là aussi, des réalités nouvelles auxquelles on n'avait
probablement pas pensé quand on a vu
l'arrivée des columbariums, par exemple. Bien, maintenant, on peut avoir des
columbariums qui font faillite, qui
vendent, qui ferment, en fait. Et donc comment dispose-t-on des cendres? Est-ce
qu'on doit prévoir un mécanisme qui
garantit que ces cendres seront récupérées, entreposées de façon à préserver la
dignité des personnes décédées?
Effectivement, la
notion... et là peut-être que ce sera quelque chose sur laquelle on aura à se
pencher assez rapidement : Est-ce qu'on
va maintenir dans le projet de loi le mot «cadavre»? Il y a des organisations
qui sont venues faire des
représentations en suggérant qu'on le remplace par les mots «personne décédée».
Alors, il pourrait y avoir une ouverture aussi, de ce côté-là, à
regarder tous ensemble.
formation, formation des directeurs de funérailles, qui est prévue dans le
projet de loi et sur laquelle on a des questions
à se poser mutuellement, et la formation continue des thanatologues, avec, par
exemple, l'arrivée de nouvelles maladies comme l'Ebola, qui était
complètement inconcevable il y a quelques années, à tout le moins au Canada.
Le rôle du Directeur
de l'état civil : les processus d'accélération de délivrance des
certificats de décès.
Ensuite, le respect
de l'environnement.
Peut-être
une approche un peu plus contemporaine et qui anticipe même le futur par
rapport aux proches parents de la
personne défunte et de la façon dont on doit hiérarchiser, finalement,
prioriser ces personnes-là dans les processus de décision en cas de
conflit.
Donc,
je pense que c'est un projet de loi qui, dans l'ensemble, nous semble assez
consensuel. Par contre, on le voit,
il y a quelques éléments sur lesquels on aura l'occasion d'échanger, de trouver
des pistes qui, je l'espère, rapporteront les meilleures solutions possible, mais qui répondront bien. Et
j'aimerais ça qu'on se positionne un peu en perspective, là, comme on voit que c'est des projets de
loi sur
lesquels on ne se repenche pas avant plusieurs années, bien, de s'assurer
qu'on anticipe un peu des problèmes qui sont
peut-être naissants à ce moment-ci mais qu'on sait être potentiellement
beaucoup plus importants, beaucoup plus fréquents dans un avenir
rapproché.
Alors,
moi, j'assure tout le monde de notre collaboration. Et on va travailler très
rapidement et le plus efficacement, mais
quand même pour être sûrs qu'on arrive à un projet de loi qui va être bien
interprété par tout le monde et qui amènera une amélioration par rapport à des paramètres qui sont pertinents et qui
ont été portés à... Je pense que les préoccupations, entre autres, de la Corporation des thanatologues
et de plusieurs autres organismes qui sont venus nous rencontrer traduisent
des difficultés réelles, fréquentes, qui ont
des retombées sur les proches des personnes décédées. Je pense qu'on est tout
à fait justifiés de travailler à bonifier
cette législation et éventuellement, également, de permettre peut-être de recevoir également des conseils des gens pour les règlements,
la portion réglementaire où les gens vont exprimer aussi leur volonté
de participer au moment de la rédaction, à
tout le moins, de certains règlements. Alors, je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole, pour une
période maximale de 20 minutes, à notre collègue de Repentigny.
Lavallée : Je serai très
brève. Donc, je veux dire au ministre, Mme la
députée de Taillon
et aux collègues que je
suis prête à travailler. Je vous offre mon entière collaboration afin de bonifier ce projet de
loi là, et on commence.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Je vais maintenant m'enquérir s'il y a
d'autres collègues qui désireraient faire des remarques préliminaires? Je n'en
vois pas.
Alors,
chers collègues, nous allons maintenant, s'il n'y a pas de
motion préliminaire, débuter l'étude
article
par article. Collègue
de Taillon.
Mme Lamarre :
Je fais une proposition, M. le Président : Que nous abordions
article par
article, paragraphe par paragraphe. Est-ce que c'est...
Le Président (M.
Tanguay) : Alinéa par alinéa?
Mme Lamarre :
Alinéa par alinéa.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, comme on fait...
Mme Lamarre :
Comme on fait...
Président (M. Tanguay) :
...d'habitude, là. Donc, alinéa par alinéa. Il y a une distinction : il y
a l'article, l'alinéa, le paragraphe. Vous voulez y
aller par alinéa ou par paragraphe? Souvent...
Le Président (M. Tanguay) : Par
alinéa, c'est ça.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, parfait, nous allons faire de même. Merci beaucoup.
Alors,
s'il n'y a pas d'autre motion préliminaire, chers collègues,
nous allons débuter par l'article 1. Et, M.
le ministre, en ce sens-là, je vous invite à nous en faire lecture, et
ce sera l'objet de notre débat.
Barrette : Même s'il n'y a
pas d'amendement? Oui, d'accord, c'est vrai. O.K. Alors, M. le Président, juste peut-être... Tout
à l'heure, là, c'est dans le thème,
là, j'ai oublié de faire mention que nous n'aurons probablement pas ou très peu d'amendements,
là, qu'on verra au fil du temps, là, compte tenu de la vitesse à laquelle on
est allés jusqu'à date. Et j'invite tout le monde, là, à déposer peut-être leurs amendements à l'avance, ça permettrait d'aller plus vite.
Mais je n'ai pas d'amendements vraiment particuliers, là, qui vont
arriver, sauf peut-être lorsqu'on arrivera, par exemple, à la séparation des
cendres.
Alors,
chapitre I, Dispositions générales, M. le Président.
Article 1 :
«La présente loi s'applique aux activités funéraires suivantes :
«1° la fourniture de
services funéraires;
«2° les activités de
thanatopraxie;
«3° les opérations
d'inhumation, d'exhumation et de transport de cadavres;
«4° l'exploitation
d'installations funéraires;
«5° la disposition de
cendres humaines.
«Elle s'applique
également à la disposition de cadavres non réclamés.»
Alors,
M. le Président, évidemment, on parle ici des définitions et du champ d'application de la loi. Nous n'avons pas d'amendement à proposer à cet article-là.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il des commentaires sur l'article 1? Collègue de Taillon.
Lamarre : Oui. En fait, un
premier commentaire. Puisque c'est la première fois qu'on nomme, déjà, le
mot «cadavre», je voudrais juste voir
avec le ministre... Je sais que «cadavre» nous permet de distinguer «cadavre»
de «cendres», mais, si on utilisait
«personne décédée» et «cendres», on pourrait aussi faire cette distinction-là.
Je voyais d'autres... Je suis allée
chercher, là, dans les définitions potentielles, soit «le corps» ou «les
cendres», si on veut parler de deux entités distinctes pour nous permettre de préciser quand on voudra garder «les
cendres». Et je vois aussi «dépouille mortelle», qui fait réfé